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26/07/2018

EPR : encore du retard ! Arrêtons les frais.

EPR vieux dessin de Red.jpg

On pourrait s’en gondoler les zygomatiques si ce n’était pas dramatique. L’EPR – ce très dangereux monstre technologique doublé d’un gouffre financier – va subir un an de plus de retard assorti évidemment d’un surtout de 400 millions d’euros. En cause, des "écarts de qualités" sur des soudures du circuit secondaire de l’EPR (celui qui conduit la vapeur brûlante depuis le réacteur jusqu’à la turbine), détectés en avril dernier. Après avoir contrôlé 148 des 150 soudures, EDF a conclu que 53 d’entre elles sont à refaire. Les « écarts de qualité » constatés : des bulles d’air d’un ou deux millimètres au cœur du métal. 10 autres présentent de légères anomalies mais, bon…

Bof, quelques soudures, ce n’est pas la mer à boire ! Ouais mais reprendre ces soudures n’est pas une mince affaire. Chaque reprise va prendre huit semaines. Il s’agit de souder des tubes d’acier de 55 à 85 centimètres de diamètre et épais de 4 à 5 centimètres. Il faut faire le tour une centaine de fois, soit plusieurs hectomètres de soudures à chaque fois.

Voilà donc l’EPR (Eh ! Pour Rire) retardé jusqu’en ? Qui le sait ? Pour quel prix ? Qui le sait ? Le devis initial était de 3,3 milliards pour une mise en service en 2012, il est actuellement de 10,9 milliards pour une mise en service – soyons optimistes – en 2020 ! Ça s’appelle un fiasco technologique et un gouffre financier.

Bon. La sagesse voudrait que l’on prenne enfin la bonne décision : abandonner cette monstruosité imposée par le sinistre lobby des nucléocrates qui sévit avec autant d’impudence que d’impunité depuis des décennies.

En d’autres temps, Lionel Jospin a pris la décision salutaire d’arrêter un autre monstre nucléaire, encore pire que l’EPR, le surrégénérateur Superphénix en arguant sur son coût excessif. Mais aujourd’hui, quand bien même il le voudrait, Macron ne pourrait pas arrêter l’EPR. En effet la loi relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, dite « loi TSN », crée l’autorité de sûreté du nucléaire (ASN) et institue le premier régime légal complet des installations nucléaires de base. Mais elle prive aussi le pouvoir politique de la capacité de fermer les réacteurs pour des raisons autres que sécuritaires. La fermeture d’une centrale relève de la décision de l’exploitant et de l’ASN.

L’EPR est merdique. Sa construction foire aussi bien en Finlande qu’à Flamanville.

- Où qu’on le construise, l’EPR sera dangereux.

- Il produit des déchets nucléaires qu’il faudra stocker durant des millions d’années. Pour chaque mégawatt d’électricité produite en un an, chaque centrale produit la radioactivité à vie courte et à vie longue d’une bombe d’Hiroshima. Deux EPR à 1 600 MWe chacun produiront la radioactivité de 3 200 bombes de Hiroshima.

- Partout où des hommes travaillent, les erreurs humaines sont possibles.

- L’EPR est gigantesque au lieu d’être sûr.

- Les systèmes de sécurité passifs de l’EPR ne sont pas suffisants, armatures et pompes sont toujours entraînées par des moteurs, qui peuvent s’arrêter à la moindre panne de courant. La seule innovation de l’EPR est le réservoir destiné, en cas d’accident majeur, à recevoir et refroidir le cœur en fusion. Pour ce faire, il faudrait d’une part que le bassin soit absolument sec, sans quoi les risques d’explosion de vapeur sont très élevés, et d’autre part, il faudrait recouvrir d’eau le cœur en fusion, ce qui provoquerait justement ces explosions de vapeur à éviter…

- Et pour l’EPR, des gens mourront dans les mines d’extraction, par les radiations proches des centrales, dans les usines de plutonium (dites de retraitement) et d’enrichissement d’uranium.

- Comme toute autre centrale nucléaire conventionnelle, l’EPR produira des rejets radioactifs lors de son fonctionnement dit « normal ».

- Destiné à l’exportation, l’EPR aggrave donc le risque que de nouveaux pays entrent en possession de la bombe atomique.

- Le projet EPR a commencé bien avant les événements du 11 septembre 2001. L’EPR n’est pas prévu pour faire face à une éventuelle attaque terroriste. Une attaque terroriste ou un accident nucléaire majeur rendraient une grande partie de l’Europe inhabitable pour toujours. Un pays possédant des centrales nucléaires est à la merci de tous les chantages.L’industrie nucléaire est tournée vers le passé alors qu’une vraie préparation de l’avenir exige le développement des alternatives.

La pénurie d’uranium précédera le déclin de la production d’uranium qui commencera vers 2025. Alors, si les réacteurs doivent être arrêtés par manque de combustible, pourquoi en construire de nouveaux ?

Arrêter enfin l'EPR serait une bonne affaire – aussi – pour nos finances. Quant aux travailleurs du nucléaire, leur savoir-faire sera indispensable pour déconstruire non seulement le parc français, mais encore les parcs nucléaires européen et mondial.

 

EPR gouffre.jpg

 

Illustrations X - Droits réservés

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