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30/08/2018

Au bistro de la toile : les éleveurs qui ont vu l’homme qui a vu l’ours.

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- Moi Loulle, ce qui m’emmerde avec les vacances de M.Hulot, c’est que pour ce qui est du prochain lâcher de deux ourses slovènes dans les Pyrénées, ce sera oualou… On a dû s'arsouiller sévère chez les bédigas des Pyrénées, tandis qu’on devait trinquer avec un bon verre de glyphosate chez les empoisogriculteurs de la FNSEA !

- C’est vrai qu’ils ne les aiment pas beaucoup leurs ours les bédigas. Et c’est bien dommage. C’est joli un ours, c’est gentil, mais c’est gros, ça fait peur et ça bouffe ! Des fruits, des champignons, du miel et même parfois une bédigue… « Nous sommes soulagés mais nous restons concentrés sur l’objectif : ne pas permettre la réintroduction de l’ours », a dit à l’AFP Julien Lassalle, qui élève 500 brebis basco-béarnaises en vallée d’Aspe. Et ils ont foutu le bordel à Etsaut, un village pyrénéen favorable à l’ours avec du sang et des dépouilles de moutond, des menaces et quelques frittages avec les flics… (lien)

- Ils en ont déjà dégommé des ours, ces soi-disant menaces pour leurs troupeaux. Ça me rappelle Canelle, le dernier ours véritable des Pyrénées, flingué par un ami de Thierry Coste, le lobbyiste des chasseurs qui fait la bise à Micmacron. Et puis Paloma, l’ourse slovène introduite après ça, qui est morte victime d’un « accident » de montagne.

- Mouais. Certaines mauvaises langues disent que Paloma aurait bouffé du miel au verre pilé qui lui serait resté sur l’estomac !

- Eh, tu vois, tout de même, ils sont gentils les éleveurs de moutons des Pyrénées. De peur que l’ours ne crève de faim, ils lui apportent, sur son terrain, de quoi casser la croûte. Ils lui portent du miel tout en lui disant : « Tu prendras bien un verre avec nous ? » Le kon, c’est que le verre est cassé et mélangé au miel… Faut quand même avoir les boyaux de la tête sérieusement constipés pour inventer des saloperies pareilles.

- Tè, regardez là Madame l’Ourse (Paloma de son prénom). Elle avance peinard dans le petit matin. Un peu grasse du cul, mais encore sexy la bougresse ! Et je te renifle une fleur, et je te gobe un essaim d’abeilles, et je te bouffe une belle charogne de blaireau bien faisandée de quatre jours – les meilleures - et je te pisse un petit coup sur un rhododendron, et je te… Tiens mais ça sent le miel par ici. « Oh ! Puteng qu’elle se dit la mère Paloma dans son dialecte slovéno-oursien, mais en voilà tout un pot ! Et pas besoin de se faire emmerder par ces chieries d’abeilles qui me chatouillent la glotte quand je les bouffe. Ouarf. Le pied. Quel dessert. »

Et, sortant une langue aussi râpeuse que celle d’un député micmacronien, elle engloutit avec gourmandise le pot tout entier. La goulue avale tout, d’un coup, comme une felleuse de compétition. Ça l’a bien un peu picoté au passage, mais bon, se dit-elle, ça doit être une de ces garces d’abeilles… Et puis elle s’allonge pour se faire un petit pénéqué, tranquille, au soleil, en faisant un rêve cochon… Et alors ça commence. Un mal au bide terrible. Et qui va en s’accentuant. « T’aurais pas dû tant bouffer, qu’elle se dit. Tu le sais pourtant que ça te donne la chiasse trop de miel. Bof. Ça passera. » Mais ça ne passe pas et trois jours après, ahurie de souffrance, la pauvre Paloma crève sous la petite falaise si sympa où elle campait depuis son arrivée dans les Pyrénées…

- Tout ça parce que Madame Paloma et ses quelques cousins, beau-frères et neveux bouffent quelques dizaines, allez, quelques centaines de brebis par an sur l’ensemble des Pyrénées. À comparer aux 15 000 brebis tuées par des chiens errant dans le même temps ! S’il est un sujet tabou dans le milieu agricole, c’est bien la mortalité parmi le cheptel domestique. 1000 bêtes par semaine ! Admettre que l’on perd des bêtes, c’est comme avouer être un « mauvais éleveur ». Ainsi donc, on n’en parle pas…, sauf quand il s’agit de l’ours ! Au point que l’on pourrait croire qu’il est la principale, voire la seule cause de mortalité. Les associations pastorales disent même qu’il menace le pastoralisme dans les Pyrénées…

- À mon époque verte, Loulle, j’ai été bûcheron dans les Pyrénées. Et j’allais très haut dans la montagne. Nous dormions dehors dans de petits abris rustiques. Nous vivions donc sur le territoire de l’ours. Eh bien, malheureusement, je n’ai jamais vu l’ours, ni même rencontré l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours…

Ce qu’il faut savoir, c’est que dans les Pyrénées, les éleveurs ne gardent pas leurs troupeaux l’été, à l’estive. Ils lâchent leurs bêtes dans la montagne et montent les voir une fois par semaine. S’il y a des pertes, des moutons morts, ils récupèrent une preuve (oreille marquée par ex.) et se font rembourser.

- Leur comportement ne découle donc ni d’une logique économique, ni d’une crainte d’être attaqué, il procède de la seule méchanceté, donc de leur incommensurable bêtise. En cela, ces "écolos de terrain" gavés aux subventions comme les tireurs de loups justifient grandement le slogan d’un de mes blogs : « La connerie humaine est la seule approche que l’on puisse avoir de l’infini… »

- Dans les Pyrénées, la prédation par l’ours (ou le loup en Pyrénées-Orientales) est la seule cause de mortalité systématiquement indemnisée par l’État. Après expertise, l’éleveur dont le troupeau a été victime d’une attaque d’ours est indemnisé d’une somme recouvrant trois aspects : la valeur de la bête, au cours du marché ; une indemnisation pour « manque à gagner » (l’agneau ou le lait qu’aurait fait cette brebis) ; une prime de dérangement, forfaitisée par attaque, pour compenser le temps passé pour la déclaration et l’expertise sur site. En moyenne, en se basant sur une moyenne de 2 brebis tuées par attaque (1,6 en réalité), chaque brebis tuée donne lieu à une indemnisation de 250 euros environ. À rapprocher du prix d’un mouton vivant, que l’on trouve à 140 euros sur le Bon Coin ou Paru Vendu. Et il en meurt beaucoup de bédigues. 18 000 à 30 000 pertes par été sur les 6 à 700 000 brebis présentes en montagne chaque été. Ces animaux ne passent pas par l’équarrissage, ils sont « laissés aux vautours ».

- Sans les vautours que certains considèrent comme nuisible et qu’ils flinguent allègrement, les éleveurs devraient monter en estive pour redescendre dans la vallée et souvent à plusieurs dizaines de kilomètres pour atteindre le clos d’équarrissage, de 18 000 à 30 000 carcasses dans leurs "kangoo" blanches ou les disperser dans les bois.

- En fait ce qu’ils veulent, ce sont des sous. À cela, à cette indemnisation généreuse, il faut de plus ajouter un complément prévu en cas de « gros dégât », si l’ours tue un grand nombre de brebis d’un coup (dérochement) ou s’il tue en plusieurs fois de nombreuses brebis d’un même éleveur. Globalement, l’indemnisation par brebis perdue peut alors dépasser 300 euros. Des brebis sont également indemnisées « au bénéfice du doute » par une commission statuant au cas par cas quand l’expertise n’a pu écarter la responsabilité de l’ours, ou sur demande de l’éleveur. Le système d’indemnisation des dégâts d’ours en vigueur dans les Pyrénées est à l’échelle européenne le plus rapide, le plus complet et le plus généreux.

- Allez trinquons à l’ours et souhaitons bonnes vacances à Monsieur Hulot qui, lui, les a bien pendus, les aliboffis !!

 

Sources :

https://www.paruvendu.fr/p/mouton/

http://www.buvettedesalpages.be/2012/06/la-mortalite-des-...

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/08/29/les-anti-ours-manifestent-a-etsaut-important-deploiement-de-gendarmes, 2411472.php

http://www.buvettedesalpages.be/2012/06/presse-les-vautou...

http://www.buvettedesalpages.be/2012/04/ariege-des-mouton...


Illustration: merci au regretté Chimulus

07:25 Publié dans actualités, humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ours

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