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11/10/2015

Ouiquinde gastronomique : les quenelles Nantua !

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Comment peut-on laisser la superbe quenelle

Être dégueulassée par des mains criminelles ?

Cette douceur oblongue, célèbre à Nantua,

Fille de Lucullus et de Gargantua

Représente pour moi le bonheur des papilles

Et non quelque vulgaire Hitler de pacotille.

- Oh ! Victor, calme-toi, tu deviens chatouilleux !

- Foin de ces konneries, redevenons sérieux.

On va donc préparer, pour ce soir, des quenelles

Ces filles de l’amour sont aussi…queue’n-elle !

Versez dans une casserole à fond épais,

Un quart de litre d’eau, un bloc de beurre frais

Une pincée de sel et montez à bouillir ;

Deux hectos de farine et tournez sans mollir

Jusqu’à ce que la pâte se dessèche un bon peu ;

Incorporez alors trois beaux œufs, hors du feu.

Lorsque la pate est tiède, faites-en un boudin

Sur un plan fariné, la roulant dans vos mains.

Sectionnez l’appareil oblong en six portions

Que vous allez rouler, avec grand attention,

Pour en faire, à la main, six accortes quenelles.

Dans de l’eau frémissante, pochez alors les belles,

Dès qu’elles remontent, seules, à la surface

Mettez-les dans un plat, disposées en rosace.

Réservez-les au chaud et attaquez la sauce.

Au mortier et pilon, et sans être flemmard,

Concassez les carcasses d’écrevisses ou homards

Dans de l’huile d’olive, cinq minutes, à feu vif,

Vous faites revenir votre dispositif,

Rajoutez de l’oignon, du poireau émincé,

Laissez cuire, en tournant, cinq minutes tassées,

Singez à la farine, puis mouillez aussitôt

Au fumet de poisson, vin blanc sec et Pineau.

Pressez trois gousses d’ail, concentré de tomate,

Du piment d’Espelette et quelques aromates

(Persil, thym et laurier), laissez cuire sans hâte.

En milieu de cuisson ajoutez poivre et sel,

Buvez un coup de blanc pour vous remettre en selle.

Un quart d’heure plus tard, vous passez au chinois

En pressant bien les ingrédients sur les parois.

Nappez de cette sauce votre plat de quenelles,

Et alors le bonheur vous prendra sous son aile.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Photo X – Droits réservés

 

10/10/2015

Ouiquinde érotique avec Villon et Queneau

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Quand me regarde toute nue,

Et je me vois si très changée,

Pauvre, sèche, maigre, menue,

Je suis presque toute enragée.

 

Qu'est devenu ce front poli,

Cheveux blonds, ces sourcils voûtils,

Grand entrœil, ce regard joli,

Dont prenaye les plus subtils;

Ce beau nez droit grand ni petit,

Ces petites jointes oreilles,

Menton fourchu, clair vis traictis,

Et ces belles lèvres vermeilles?

 

Ces gentes épaules menues,

Ces bras longs et ces mains traictisses,

 Petits tétins, hanches charnues,

Elevées, propres, faictisses

A tenir amoureuses lisses;

Ces larges reins, ce sadinet

Assis sur grosses fermes cuisses,

Dedans son petit jardinet ?..

 

Mamelles quoi? toutes retraites.

Telles les hanches que les têtes.

Du sadinet, fi ! Quant des cuisses,

Cuisses ne sont plus, mais des cuissètes

 

Grivelées comme saucisses...

 

François Villon

 

 

*****************

 

Si tu t'imagines



Si tu t'imagines 
Si tu t'imagines 
Fillette fillette 
Si tu t'imagines 
Xa va xa va xa 
Va durer toujours 
La saison des za 
La saison des za
Saison des amours 
Ce que tu te goures 
Fillette fillette 
Ce que tu te goures

Si tu crois petite 
Si tu crois ah ah 
Que ton teint de rose 
Ta taille de guêpe 
Tes mignons biceps 
Tes ongles d'émail 
Ta cuisse de nymphe
Et ton pied léger 
Si tu crois petite 
Xa va xa va xa 
Va durer toujours 
Ce que tu te goures 
Fillette fillette 
Ce que tu te goures

Les beaux jours s'en vont 
Les beaux jours de fête
Soleils et planètes 
Tournent tous en rond
Mais toi ma petite 
Tu marches tout droit 
Vers s’que tu vois pas 
Très sournois s'approchent 
La ride véloce 
La pesante graisse 
Le menton triplé 
Le muscle avachi 
Allons cueille cueille 
Les roses les roses
Roses de la vie 
Et que leurs pétales 
Soient la mer étale 
De tous les bonheurs 
Allons cueille cueille 
Si tu le fais pas 
Ce que tu te goures 
Fillette fillette 
Ce que tu te goures

Raymond Queneau

 

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Photos X - Droits réservés


09/10/2015

Une France sous influence (étazunienne !)

oncle sam chapeau et dollar.jpg

 

Tiens ! Qu’est-ce qui leur arrive à France-Inter ? Un éclair de lucidité ? Voilà que ce matin j’ai entendu une info fort intéressante titrée : « L'oncle Sam : un ami très influent. » Il s’agit des méthodes  de « soft power », de « diplomatie douce », plutôt d’influence sournoise, de mise en condition de complicité que Tonton Sammy utilise pour conditionner à ses valeurs et intérêts les « young leaders », les « jeunes dirigeants » que les espions de leur ambassade repèrent en France comme ailleurs. Leur arme : la séduction.

 

Concrètement : depuis les années 1940, l’ambassade des Etats-Unis à Paris repère – dans les grandes écoles genre ENA, HEC, Polytechnique, etc. mais aussi dans les partis politiques, les rédactions de presse, les entreprises voire les syndicats - chaque année ceux qui seront les futures élites françaises. Elle mise sur elles et les invite outre atlantique à participer à un programme d’échanges avec les futures élites américaines. Et, outre-Atlantique, on les caresse dans le sens du poil pour s’en faire des complices, voire des obligés, en tout cas de futurs partenaires compréhensifs et dévoués. La French American Foundation a mis sur pied un programme similaire avec des fonds privés. Et la machine à dollar tourne sans compter.

 

Créé en 1981, le programme Young Leaders est le programme phare de la French-American Foundation et continue de jouer un rôle clé « dans l’approfondissement de la coopération entre la France et les Etats-Unis ». Il rassemble aujourd’hui 400 dirigeants issus du monde de l’entreprise, de la haute fonction publique, de l’armée, des médias et de la recherche. Chaque année, vingt français et américains âgés de 30 à 40 ans et appelés à jouer un rôle important dans les relations franco-américaines, sont sélectionnés par un jury en France et aux Etats-Unis. Les candidats retenus participent à deux séminaires de cinq jours chacun, sur deux années consécutives – alternativement en France et aux États-Unis – afin « d’échanger sur sujets d’intérêts communs aux deux pays et tisser des liens d’amitié durable » qu’ils disent. Ben voyons !

 

Parmi les anciens « Yougs leaders » on trouve, entre autres, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Pierre Moscovici, Emmanuel Macron, Najat Vallaud Belkacem. Voilà qui explique bien des choses et notamment l’alignement servile sur les désidératas étazuniens. Cette année, Frédéric Mazzela, le fondateur de Blablacar, ou encore Alexis Morel, directeur de la stratégie de Thalès, font partie de ceux qui ont été invités à Washington pour un voyage d’étude. « On va chercher les gens qui peuvent avoir une influence un jour par leur réussite » explique Pierre Servan -Schreiber, un avocat d’affaires qui a travaillé dans un cabinet américain. « C’est une volonté délibéré de connaitre les gens qui seront à même de prendre des décisions, et à qui on pourra rappeler notre passé commun et faire passer des messages ».

 

Mais la traque « soft » vise encore plus large avec le programme « Jeunes espoirs ». Créé en 2012, le programme d’échange « Jeunes Espoirs » répond à un triple objectif : permettre à de jeunes lycéens à haut potentiel de réussite et issus de milieux défavorisés d’acquérir une ouverture internationale à travers la découverte des Etats-Unis et de la France, de son histoire et de sa culture. Ensuite, favoriser la création de liens durables avec d’autres jeunes au parcours similaire par une immersion dans le quotidien d’une école américaine. Enfin, exposer les jeunes à des parcours « brillants » en organisant des rencontres avec des décideurs américains et français influents.

 

Á cela s’ajoute la colonisation culturelle par la langue et surtout les tombereaux d’amérikonneries déversées à plein dégueulis par les radios (chansons et musiques étazuniennes à saturation) et les télés (séries prônant « l’américan way of life » dégoulinantes de « valeurs » étazuniennes et de violence).

 

Cette influence, cette colonisation « douce » se multiplie auprès de tous les pays de l’Union Européenne et aussi, à haute dose, auprès des technocrates de Bruxelles. Presque tous les dirigeants (non élus) de la Commission ont fait leurs études aux Etats-Unis…

 

Ajoutez à cela l’Otan - force armé des multinationales étazuniennes – qui impose des forces de « défenses » sous contrôle de Washington, et vous aurez une idée de la colonisation de la vieille Europe.

 

Tafta, si cette horreur passe, complètera le dispositif de vassalisation totale de l’Europe. De Gaulle doit faire le ventilateur dans sa tombe…

 

 Photo X - Droits réservés

 

08/10/2015

Au bistro de la toile : de la Syrie poutinisée à l’Europe allemande.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

 - « Ils ont massacré des millions d’Amérindiens, ils se sont enrichis avec l’esclavage, ils ont utilisé la bombe atomique, partout où ils passent ils sèment la merde ! ». Ben dit donc Victor, il est pas tendre notre Gégé national avec les bouffeurs de caoutchouc !

 

- Il a raison Depardieu, Loulle. Et encore il est gentil. Il a oublié de parler de la guerre bactériologique inventée par les pasteurs qui « offraient » généreusement aux Amérindiens des couvertures infectées de « smal pox », la variole, agrémenté d’ « eau de feu », la gnole pour les éradiquer de leurs terres. Il a oublié les villages viets cramés au napalm. Il a oublié le sac de merde laissé au Moyen-Orient par ces criminels de guerre que sont les Bush père et fils. Il a oublié le massacre d’un hôpital en Afghanistan par les sbires d’Obama. Mais là, 22 morts seulement, ça fait petit bras…

 

- Ils sont moins fiers les cow-boys en Syrie depuis que tonton Wladimir a mis le paquet ! Depuis des mois, leurs F16 balancent des bombinettes on ne sait où mais sûrement pas sur les tueurs de l’Etat Islamique, leur enfant putatif. En plus, ils daubaient sur la coalition de Poutine « Bachar el Assad, les Iraniens et les Russes, alors que notre coalition comprend une quarantaine de pays ! » Sauf qu’en quelques jours, les Russkoffs font plus de boulot que ce ramassis de bras cassés en plusieurs mois ! Les Russes ont pris la main au Moyen-Orient, et c’est très bien ainsi. Quant à François…

 

- Mouais… Quant à François, il se couvre de merde et laisse la France se faire rouler dans le caca par la mère Le Pen à Bruxelles. Une honte. Il se montre comme le toutou docile non seulement des Yankees, mais aussi de la Cimbro-Teutonne Merkel ! Eh oui ! Concernant les « réfugiés », il s’est aligné sur la Chancelière concernant les quotas. Et alors là, on nage dans le mensonge et le bourrage de crâne. Il est question de 150 ou 200 mille « réfugiés » a répartir entre les 28 pays de l’Union alors  que la seule Allemagne revendique l’accueil non plus de 800.000 « réfugiés » mais de 1,5 millions par an ! Avec un regroupement familial oscillant entre 4 et 8 personnes, c’est entre 6 et 12 millions de musulmans chaque année que l’Allemagne veut imposer à l’Europe. Aux fous ! Angela Merkel a essayé de se faire bien voir de ses amis ultralibéraux, des grandes entreprises multinationales et des « sponsors » de son parti en ouvrant brusquement sa frontière aux « réfugiés » de toutes sortes, même à ceux qui viennent de pays sûrs. 40 % de ces « réfugiés » viennent d’Albanie et du Kosovo, ce pays volé à la Serbie par la soldatesque de l’Otan et devenu la plaque tournante européenne de tous les trafics, qu’ils soient d’êtres humains, d’armes, de drogues, de putes et, pire que tout, de « pièces de rechange » humaines… Ces migrants doivent contribuer à faire baisser les salaires allemands qui, après des années de croissance zéro, ont lentement commencé à augmenter à nouveau. Il faut s’attendre à un formidable retour de bâton contre les politiciens européens qui, comme Frau Merkel, encouragent les migrants à venir dans leur pays. Les salaires stagnent ou baissent en Europe et le chômage est encore beaucoup trop élevé. La dernière chose que les gens veulent en Europe, en ce moment, c’est de se retrouver avec encore plus de concurrence sur le marché du travail. Les parties d’extrême droite vont profiter de tout cela. La Le Pen l’a éructé sans vergogne à François, hier, à Bruxelles.

 

- D’ailleurs l’étoile de la Saxonne commence sérieusement à pâlir. Elle s’est faite sèchement tacler dans son propre parti : “La politique d’ouverture des frontières menée actuellement ne correspond ni au droit européen ni au droit allemand et est en désaccord avec le programme de la CDU.” Des mouvements contre cette invasion se lèvent outre-Rhin. Et l’expérience, hélas, nous montre ce qui risque d’arriver en Allemagne – donc à notre porte, quasiment chez nous – lorsque les foules germaniques se mettent à déconner…

 

- Bon. Á  la nôtre quand même !

 

 Illustration: merci à Chimulus

07/10/2015

On a survécu !

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Hier, je suis allé boire quelques canons avec mon Président ! Non, pas François, ça c’est du président de consommation courante, d’entrée de gamme. Non, mon pote Roger, président du Club des Fainéants, qui fêtait ses 90 vendanges ! Et j’ai pu ainsi rencontrer quelques solides « survivants ». Avec lesquels nous avons fait les "anciens combattants".

 

Survivants de quoi ? Ben, d’une vie considérée comme terriblement dangereuse à l’aune de notre monde régit par le « principe de précaution » et ayant peur de son ombre.

 

Nous avons d’abord survécu à l’accouchement à domicile, sorti du ventre créateur par une sage-femme aussi rassurante qu’efficace. Et – comble de l’horreur – nos mères buvaient des canons et parfois fumaient pendant leurs grossesses. Leurs médicaments, c’était un cachet d’aspirine « usine du Rhône ». Et elles mangeaient gras, sucré, sans se soucier de diabète ou de cholestérol.

 

Après ce traumatisme, on s'endormait n'importe où, on nous couchait sur le ventre dans des lits faits de paillasses de feuilles de maïs dans des chambres sans serrures, décorées à la peinture au plomb. On a survécu !

 

Plus tard, fallait voir nos bicyclettes ! Des cranques de quinze kilos, sans dérailleur. Et - comble de l’imprudence coupable – nous n’avions même pas de casques de protection, simplement un béret basque ou une casquette. On a survécu !

 

Nous passions des journées à construire nos « traineaux à roulements ». Les roulements étaient des objets précieux que nous allions demander avec déférence, le cœur battant, à Bébert, le mécano. Et nous descendions les côtes, sans autres freins que nos galoches à semelles de bois frottant sur la route. On en a pris des gamelles ! On en a eu des genoux et des coudes ensanglantés, soignés au mercurochrome rouge. Après avoir foncé dans les buissons une paire de fois, nous avons appris à gérer les problèmes. On a survécu !

 

Nous avons appris à nager au « trou bleu », un endroit creusé par les tourbillons du Rhône qui était encore un fleuve fougueux, sauvage, magique. Un Rhône que nous traversions à la nage à 12 ans. On a survécu !

 

Nous partions en expéditions, à vélo, nous gaver de cerises bien rouges, de melons juteux, de pêches savoureuses dans les vergers du pays, dans « le jardin de màon oncle ! Bravant les coups de pieds au cul et risquant la cartouche de gros sel. On a survécu.

 

Nous buvions l’eau des pompes et des fontaines, dont les canalisations étaient au plomb. On a survécu !

 

Nous allions à l’école à pied ou à vélo, puis nous jouions dans la rue, avec nos traineaux, nos cerceaux faits d’une vieille jante. Nous mangions des gâteaux secs, du pain rassis, du vrai beurre, du saindoux, du lard. Nous buvions du chocolat avec du vrai sucre. On goûtait chez l’un ou chez l’autre, sans besoin d’invitation. Et nous n'étions pas obèses parce qu’on se bougeait le cul du matin au soir. Et nous rentrions à la nuit, sans que nos parents ne pensent à l’enlèvement. On a survécu !

 

Nous avions plein d’amis. Des ennemis aussi avec lesquels on se peignaient la gueule « sous les cloitres », lieu planqué derrière l’église où se réglaient à coups de poings les questions d’honneur. On grimpait aux arbres, on tombait aussi. On se cassait un bras, une jambe, des dents. Les propriétaires de nos terrains de jeu ou le maire du village ne risquaient pas de poursuites judiciaires pour çà. On a survécu !

 

Nous fabriquions nos lance-pierres avec des fourches de micocoulier et des morceaux de chambre à air. Nous fabriquions aussi des arcs et des flèches avec des tiges de frêne. Au plus « riches » on offrait des carabines à plomb. Et nous nous tirions dessus. On a survécu !

 

Lorsque nous avions des poux, on nous couvrait abondamment la tête de poudre DDT. Nous allions à l’école en culottes courtes par tous les temps. Nous sautions et plongions des souches d'arbres dans le Rhône. Nous bricolions avec toutes sortes d'outils réputés dangereux des ateliers de nos parents – scies, marteaux, gouges, poinçons, couteaux. Nous jouions avec des pétards à mèches et même des tablettes de poudre trouvées dans de vieux dépôts de munitions de la guerre. Nous fabriquions des explosifs avec du chlorate, du sucre et du charbon de bois. On a survécu !

 

Nous sucions toute la journée des boites de coco qui nous niquaient les dents comme dit Renaud. L’hiver, les rares jours de neige étaient des jours de fête. Nous dévalions les rues enneigées, sur des traineaux en bois fabriqués le jour même avec de vieilles planches et des cerclages métalliques d'emballages sous les patins. Nous étions sans gants et avions les mains violettes. On a survécu !

 

Nous n’avions même pas de nintendo, nos tablettes étaient de chocolats et si le maitre d’école nous mettait une tarte, nos parents ne portaient pas plainte mais doublaient la mise !

 

Allez ! Assez de nostalgie. Et à tes bientôt cent ans, Président des Fainéants, mon frère !

 

Illustration X - Droits réservés.

 

06/10/2015

Les sans-chemises et les sans-culottes d’Air-France

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Ils y ont laissé la chemise

Arrachée par les Sans-culottes !

Finies les foules soumises

Les patrons font dans leur culotte.

 

Variable d’ajustement

Des profits des multinationales

Les exploités, brutalement,

Ont montré à la gent patronale

 

Que le rapport de force pouvait

Changer pourvu que la plèbe

Cesse de se laisser caver

 

Le pognon sorti de la glèbe

Par leur travail, par leur labeur.

Olé ! Les parasites ont peur !

 

 

Photo X - Droits réservés

 

05/10/2015

Morano. Tempête dans un verre d’eau ?

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Tempête dans un verre d’eau… Tout ce qui tient micro, plume ou clavier se déchaine contre la ci-devant Morano Nadine, plus connue pour ses provocs que pour sa finesse d’analyse. Mais un tel « Morano bashing » implique qu’on regarde de près ses « paroles sacrilèges » : «On a besoin d'être dans cette cohésion nationale chez nous. Pour qu'il y ait une cohésion nationale, il faut garder un équilibre dans le pays, c'est-à-dire sa majorité culturelle. Nous sommes un pays judéo-chrétien, le général De Gaulle le disait, de race blanche qui accueille des personnes étrangères, a-t-elle déclaré. Je n'ai pas envie que la France devienne musulmane. Ce ne serait plus la France.»

 

« Pays judeo-chrétien », « race blanche », « je n’ai pas envie que la France devienne musulmane. » Voilà les mots qui déclenchent les tombereaux d’insultes qui accablent la créature de Sarko. Comme si la Nadine avait pété dans la sacristie ! Même son patron – l’homme délicat du « Casse-toi,  pauv’kon » - la laisse tomber. Regardons de plus près ce que recouvrent ces « gros mots » qui mettent en transes toute la bien-pensance du pays.

 

« Pays judeo-chrétien ». Même moi - qui suis un athée viscéral, mécréant, renégat, apostat, qui abhorre et combat tout ce qui ressemble à une croix, à une kipa, à une burka tout comme un turban hindou ou une robe safran bouddhiste – je suis bien obligé de vivre dans un pays où l’influence « judeo-chrétienne » occupe une grande partie de l’espace : un pays régit par un calendrier chrétien, ayant des fêtes (Noël, Pâques, Pentecôte, Toussaint, etc.) imposées par la névrose collective appelée religion chrétienne qui a façonné le pays. Les cathédrales, les églises, comme les synagogues font partie du paysage. L’art sacré pictural, musical, architectural, littéraire représente une part plus que conséquente de la culture tant nationale qu’européenne. Vrai ou faux ? Vrai. Dès lors baver contre cette évidence est une tempête dans un verre d’eau…

 

« Race blanche ». « Race », c’est le gros mot extrême, valant excommunication ou exislamisation ! Il n’y a pas de race humaine, c’est une évidence. Mais le terme race est pourtant inscrit dans la Constitution, justement pour permettre de lutter contre les discriminations… Pas de race, donc pas de racisme et le fait de confondre la méfiance voire le rejet d’une névrose collective appelée « religion » avec du racisme est une stupidité sémantique et un amalgame vicieux. Quant aux « Blancs », qu’est-ce que c’est ? Les Blancs européens sont issus de deux rameaux d’origines géographiques européennes qui se sont depuis des millénaires mélangés entre eux sur le sol du continent européen : une branche est originaire du nord-est de la mer Noire (la majorité des Européens autochtones actuels) et l’autre branche est originaire de la région à l’ouest de l’Oural (les peuples de cette branche sont aussi des Européens autochtones, mais cette branche est actuellement minoritaire : les Hongrois, les Finlandais, etc.). Les divers peuples issus de ces deux rameaux, qui forment le groupe des Blancs européens, sont les peuples premiers d’Europe. Les peuples sémites (arabes, juifs), ainsi que les Persis (Iran, nord de l’Inde) sont aussi des « humains de couleur de peau blanche ».

Bien que les statistiques ethniques soient interdites par la Loi, les « êtres humains ayant une couleur de peau noire » oscillent entre 3 et 5 % de la population de la France. C’était beaucoup moins du temps de De Gaulle. Les autres êtres humains – y compris les Maghrébins - constituant la nation France sont donc à 95 % de couleur de peau blanche, (ceux ayant une couleur de peau jaune restant dans l’épaisseur du trait statistique). Vrai ou faux ? Vrai. Dès lors attraper des boutons devant ces évidences est là encore une tempête dans un verre d’eau…

 

« Je n'ai pas envie que la France devienne musulmane. » On touche là le cœur du problème où se mêlent fantasme et réalité. Selon les propos que lui prête Peyrefitte, De Gaulle ne redoutait-il pas que Colombey-les-Deux-Eglises deviennent Colombey-les-Deux Mosquées ? La France peut-elle devenir musulmane ? Si telle est la volonté de la population, c’est évidemment possible. Mais une telle décision doit être prise non pas par les oligarques qui confisquent le pouvoir mais par la volonté du peuple exprimée par un référendum ! Chacun a le droit d’être différent de son voisin sans que cela implique une hostilité envers lui. Il peut garder, pratiquer sa différence dans son cercle privé, chez lui, mais on peut légitimement exprimer le fait de ne pas souhaiter qu’il impose aux autres sa différence. Libre à chacun de devenir comme lui si chacun le décide librement. Mais la France peut aussi devenir musulmane contre le gré des indigènes, des autochtones, des « peuples premiers » puisque que le terme « Français de souche » est un gros mot. Pour cela, il faut que la population venue d’ailleurs - immigrée, naturalisée, née sur place de deuxième et troisième génération, regroupée familialement - devienne majoritaire. Fantasme ? Peut-être. Encore que…

 

Encore que certains milieux décisionnels poussent dans ce sens. Des lobbies,  représentant de très gros intérêts économiques privés, ont intérêt à maintenir un haut niveau d’activité économique en Europe afin de continuer à s’assurer un haut niveau de profits et pour cela veulent une forte immigration non-européenne. Dans le but d’accroître encore la richesse de quelques cercles restreints, les lobbies ont poussé les dirigeants européens à mettre en place une politique d’immigration qui permettra d’importer en Europe autour de 10 millions de nouveaux immigrés par an. Ces immigrés étant un formidable réservoir de main d’œuvre bon marché et peu regardante concernant les conditions de travail.

Les institutions européennes ultralibérales abondent dans le sens de ces « immigrationnistes ». En effet, le traité d’Amsterdam, signé le 2 octobre 1997 et entré en vigueur le 1er mai 1999, a transféré à la Commission européenne à Bruxelles et au Conseil de l’Union européenne statuant à la majorité qualifiée, la quasi-totalité des pouvoirs en matière d’immigration. Ainsi, dans ce cadre, la Commission européenne a lancé le 23 octobre 2007 et adopté le 25 mai 2009 la « carte bleue », équivalent européen de la « carte verte » étazunienne, dont la fonction est d’ouvrir plus facilement les portes à l’immigration en provenance d’autres continents. Le but affiché est de pourvoir à certaines mains-d’œuvre en manque de bras en Europe. Le but camouflé est de combler le déficit démographique de certains pays membres, Allemagne et Italie en tête. De là à parler de politique de « remplacement » (encore un gros mot Victor !), il n’y a pas loin. Et pourtant…

 

Pourtant, la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a publié un rapport « Migration de remplacement : est-ce une solution pour les populations en déclin et vieillissantes ? » Ce rapport prétend qu’il n’y a qu’une seule solution au déclin démographique des Européens autochtones : l’immigration massive en provenance d’autres continents. L’ONU précise que dans un pays où le taux de fertilité est dans la moyenne européenne, il faut chaque année 6.000 immigrés par million d’habitants. Pour l’Union européenne il faudrait donc que chaque année 3 millions d’immigrés non-européens viennent remplacer les Européens autochtones en voie de disparition. lien. A rapprocher avec les décisions de Mme Merkel d’accueillir en Allemagne 800.000 « réfugiés » par an. Ce qui fait plus que le compte onusien pour la seule Allemagne avec le regroupement familial…

Le fait est  que la population européenne indigène est en voie de disparition avec un taux de natalité catastrophique de 1,3 à 1,4 enfants par femme. La France est moins concernée avec 2 enfants par femme. De serait-il pas plus judicieux de favoriser (crèches, allocations familiales modulées, garantie de retrouver son travail, etc.) les naissances « autochtones » ? lien

Á comparer avec l’Afrique sub-saharienne où certains pays ont des taux de fécondité de 7 à 8 enfants par femme et où la population va tripler d’ici 2050, atteignant les 2 milliards d’habitants.

Autre constatation : cette immigration venant d’autres continents est principalement musulmane.

En 1960, seulement 600.000 musulmans vivaient en Europe, en 2010, ils étaient 30 millions et aujourd'hui 44.138.000 lien. Le seuil de tolérance est atteint et explique les dangereuses dérives vers l'extrême-droite qui se font jour partout en Europe. L'introduction massive de l'islam sur le Vieux Continent est-elle sans conséquence ? Il ne va pas de soi que les religions puissent coexister. Donc cette question de la croyance religieuse est une vraie question en Europe, car l'islam est une culture religieuse qui prétend structurer toute la société. Est-ce compatible avec la démocratie et la tradition européenne ? Non.

L'alternative est dramatique : l'extrême-droite néo-nazi ou la charia. Voilà où mène la politique de l'autruche menée par nos dirigeants européens...

 

Sources :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/demographie-et-immigration-suicide-32156

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_musulmans_par_pays

http://www.un.org/esa/population/publications/migration/pressfr.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_bleue_%28Union_europ%C3%A9enne%29

https://salembenammar.wordpress.com/2015/10/01/lettre-ouverte-aux-francais-ce-nest-pas-lislam-qui-est-la-cause-du-mal-francais-cest-vous-memes/

https://salembenammar.wordpress.com/2015/09/27/il-ny-a-pas-de-place-au-racisme-dans-la-lutte-contre-le-peril-musulman/

http://identitenational.canalblog.com/archives/2009/11/20/15886549.html

 

Photo X - Droits réservés

 

04/10/2015

Ouiquinde gastronomique : aujourd’hui, je fais la tête de veau !

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Quand revient chaque année le temps du vin nouveau

Je convie mes amis pour la Tête de Veau.

C'est un plat collectif, festif, essentiel;

C'est un repas royal ou... présidentiel !

Me méfiant des veaux qui ont "la vache folle",

Je vais chercher les miens en terres cévenoles.

Pour avoir du bon veau, et pas de la charogne,

Je commande la tête au boucher de Langogne.

Et je vais la chercher moi-même, par le train

Qui, de Nîmes, hardiment, gravit avec entrain

Les mille et un lacets, les soixante tunnels,

Les trente viaducs suspendus en plein ciel

Reliant les splendeurs de la cité romaine

Aux sauvages attraits des terres lozériennes.

Heureux, le nez au vent, ma glacière à la main,

J'en prend plein les mirettes, je hume le terrain

Qui défile et s'enfuit, lentement, pas pressé.

Cités mélancoliques de mines délaissées,

Juvéniles chahuts, rires à chaque arrêt,

À-pics vertigineux, oppressantes forêts,

Rivières et torrents, petits lacs de barrages

Viennent et disparaissent après chaque virage.

Paisibles bovidés paissant dans les prairies,

Spectacle interrompue par chaque galerie,

Le voyage est trop beau, le voyage et trop court...

- Oh ! Victor, bois un coup, arrête tes discours,

Si maïses coume aco, la testa de vedeù

Bouto, la manjaren beleù a l' an nouveù ! (l)

- C'est bien vrai. Sers-moi donc un primeur agréable

- Qui chatouille si bien mon gosier insondable.

Zou ! Trinquons et buvons, et ne fais pas la bête,

Je vais te raconter comment on fait la tête.

Lorsque j'arrive avec mon chef en bandoulière,

La Lionne a déjà sorti la gazinière

Des grandes occasions. Ce qui se fait de mieux:

Un feu sur doubles rampes se croisant au milieu.

Dans une oulo (2) profonde, voire une lessiveuse

On met à dégorger la tête voyageuse

Dans de l'eau claire et froide pendant une heure ou deux.

La laisser une nuit pourrait être hasardeux.

On la sort, on la met sur un large torchon,

On noue les quatre coins tout comme un baluchon.

Ainsi enveloppée, au fond de la bassine

On place, dans l'eau chaude, la caboche bovine.

Trois oignons giroflées, trois poignées de sel gros

Du thym et du laurier, du persil, mais pas trop.

Quand ça bout on écume avec application,

Puis on baisse le feu à tout petit bouillon.

On laisse cuire ainsi entre trois et quatre heures

Cette lenteur voulue rend la cuisson meilleure.

Pour la vérifier, je plante une fourchette:

Quand ça rentre tout seul, on chauffe les assiettes.

Soulevant le torchon, je sors alors la tête

Que je fais égoutter, coiffée d'une serviette

Pour bien tenir au chaud la viande qui tremblote.

Alors ma femme attaque la sauce ravigote :

Pour une tête entière, donc pour dix gros mangeurs,

Gourmands tant que gourmets, solides bambocheurs,

Elle écrase au mortier persil et estragon,

Cerfeuil et ciboulette, câpres et cornichons,

Tout cela manié dans trois hectos de beurre,

Elle s'en servira dans sa phase ultérieure.

Elle met à réduire huit ou dix échalotes

Dans un verre de vinaigre, au fond d'une cocotte,

Lorsque c'est bien réduit, trois cuillers de farine

Dans du beurre fondu (pas de la margarine)

Puis elle mouille avec cinq verres de bouillon,

Le jaune de cinq œufs, sale avec précaution.

Tournant au bain-marie, elle incorpore alors

Deux bons hectos de beurre, du demi-sel d'Armor.

Lorsque la sauce prend certaine consistance

Elle y met l'appareil préparé par avance

Et manie bien le tout à la cuillère en bois.

La sauce est enfin prête pour un repas de choix.

C'est alors que j'apporte, avec solennité

La tête décorée avec habileté

Par du persil frisé, dans le nez, les oreilles.

L'assemblée s’esbaudit devant cette merveille.

Les manches retroussées, armé du Laguiole,

Je découpe en public la brûlante bestiole

Les joues souples et grasses qui fument et tressautent,

Le dedans du palais, puis la langue et la glotte,

Les viandes délicates, mousseuses du cou,

Les oreilles craquantes, les muscles des bajoues,

Enfin, le dernier bout, le bonheur des gourmets:

La pointe du museau, avec les trous du nez.

Nicole distribue: chacun son bout de veau,

Moi, je remplis les verres avec du vin nouveau.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour huit personnes:

Une tête de veau, ça pèse autour de dix kilos et plus. Mais il reste beaucoup moins de viande mangeable !

Pour la tête: - 1 tête, - 3 ou 4 gros oignons piqués de clous de girofle, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - 6 feuilles de laurier, - 3 branches de persil plat, - eau à la demande (la tête doit toujours cuire entièrement immergée, au besoin mettez un poids dessus).

Pour la sauce ravigote : - 3 branches de persil plat, - 3 branches d'estragon, - quelques tiges de cerfeuil, - autant de ciboulette, - 1 cuillerée à café de câpres, - 2 cornichons. Tous ces ingrédients, pilés au mortier, seront maniés dans un hecto de beurre.

- 5 échalottes, - 1 verre de vinaigre, - 2 cuillerées de farine. - 3 verres de bouillon, - 3 jaunes d'œuf, - 2 hectos de beurre demi-sel.

- persil pour décorer les oreilles et les trous de nez.

 

Les vins conseillés:

La tête de veau s'accompagne idéalement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-­les-Vignes, Rochegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de : Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin.

Coteaux du Languedoc.

Côtes de Provence.

Et même, en cas de pénurie de Côtes-du-Rhône, Bordeaux légers et Vins de Loire.

­

 

 


(1) Si tu parles comme ça, la tête de veau, on la mangera peut-être, mais l’an prochain !

 

(2) oulo : grand récipient profond destiné à la cuisson des aliments, soit suspendu à la crémaillère d’une cheminée, soit posé sur un trépied.

 

03/10/2015

Ouiquinde érotique avec Mirabeau

femme magritte.jpg

 

 

Mirabeau, flamboyant révolutionnaire au physique...pittoresque, « Grand Homme » enterré puis sorti du Panthéon, était aussi un puissant amoureux, conscient de ses défauts physiques. Enfermé au donjon de Vincennes, il écrivait des lettres enflammées à sa maitresse, Sophie de Monnier, bouclée elle-même dans un couvent. Qu'on en juge :

 

Lettres à Sophie

(...)

Cette rose, c’est ma maîtresse,
Digne d’un dieu, d’un immortel.
Cette rose, c’est sa poitrine,
C’est sa cuisse au contour nerveux,
C’est sa peau, c’est l’odeur divine
Qui coule de ses bruns cheveux.


C’est toi tout entière, ô Sophie
Quand ton corps souple et musculeux,
Sous ma grosse face bouffie,
Sous mon front large et pustuleux
Se débat et roule en délire,
Comme dans le creux du ravin,
La nymphe, sous son vieux satyre,
Tout gonflé d’amour et de vin.


Va, tu n’es pas une Française,
Qui n’aime que du bout des dents,
Ton corps en prend tout à son aise,
Et tes baisers sont bien mordants !
Oh ! viens, ma bacchante romaine,
Laisse mon bras te dérouler,
Laisse-moi boire ton haleine,
Laisse-moi te décheveler !


Ô Dieu ! que ma Sophie est belle,
Quand le rouge lui monte au front !
Que de beautés son corps révèle
Dans cet instant sublime et prompt !
Son œil blanchit et s’illumine,
Et son flanc plein de volupté
Surpasse en ardeur Messaline
Et l’antique lubricité !
(...)

 
Mirabeau

 

 

Illustration Magritte

 

02/10/2015

Le credo (non credo) d'un athée

athée liberté par Gros.jpg

 

 

 

En ces temps où les diverses névroses collectives appelées « religions » étendent leurs méfaits mortifères sur la terre, il est utile de lire ce remarquable « credo d'un athée » :

 

« Je crois qu’il est souhaitable et possible de connaître les lois simples qui gouvernent l’ensemble de l’univers et président à son évolution inexorable; que ces lois sont éternelles comme l’univers, objectives, extérieures à nous, invariables, universelles, et vérifiables.

 

Je crois qu’elles sont progressivement connues des humains, que ces lois ne sont pas de pures créations de leur cerveau, et qu’elles ne sont pas la propriété de l’un ou de l’autre sexe, ou de quelques cultures particulières.

 

Je crois que tous les humains peuvent y avoir accès et que, si d’aventure il y a d’autres roseaux pensants dans l’univers, ils découvriront les mêmes lois de la nature que nous et expliqueront de la même manière la naissance et la mort des étoiles, l’explosion des supernovas, la formation des trous que l’on dit noirs, et la structure des protons, des atomes ou de l’ADN.

 

Je crois que notre destin est de ce monde, où nous pourrions être seuls, et où nous avons fait irruption par la plus grande des chances et le plus incroyable des hasards.

 

Je crois comme Aristote que ce qui est engendré par hasard n’est pas engendré en vue d’un but; et je crois comme Stephen Jay Gould que les humains sur cette planète sont de simples possibles et non pas le but recherché et nécessaire de l’univers, semblables en cela aux abeilles, aux dinosaures, aux roses et aux nénuphars, aussi bien, hélas, qu’aux rats, à la mouche tsé-tsé, à la peste, à la variole et aux plantes vénéneuses.

 

Je crois comme Parménide que l’univers est incréé et éternel, je crois comme Martin Rees qu’un multivers est possible, et je crois comme Bertrand Russell qu’il est sans compagnon divin inutile.

 

Je crois comme Pascal, Lao-Tseu et le Bouddha qu’il y a un infini et que nous en ignorons la cause et la nature; et je crois comme la Bible qu’il ne faut pas invoquer le nom de dieu en vain. Je veux dire, ici, qu’il est, en effet, vain et inutile de se référer à un dieu pour expliquer le monde.

 

Je crois que la planète Terre et la vie qu’elle supporte sont pour nous ce qu’il y a de plus précieux dans l’Univers, que notre lot, notre devoir, notre souci, ou même notre mission, est de prêter vie, notre vie, si l’on peut, à cet univers pour le temps qu’il durera dans le multivers; que c’est là la plus sacrée de nos tâches de Terriens, notre joie, notre passion et notre dramatique aventure.

 

Je crois que rien de nous ne subsistera après notre mort que les descendants et les souvenirs que nous laisserons après nous, et que les atomes dont nous étions faits et qui seront recyclés dans l’Univers; je crois que nous serons éternellement anéantis, et qu’il faut accepter notre destin sans se plaindre. Pas de vaine et consolatrice espérance.

 

Je crois que nous devons nous reconnaître pour ce que nous sommes, des êtres finis et mortels qui participons tous de l’infirmité commune : rien ne pourra jamais totalement nous satisfaire, et nous serons toujours irrémédiablement ignorants du secret ultime des choses. Nobliau ou grand seigneur de l’Univers, notre destin est fait de joies et de peines terrestres passagères, et de connaissances limitées. Évitons les peines, si l’on peut, et combattons notre ignorance. Sachons nous contenter de notre condition; sortis de l’Univers, connaissons l’Univers. Là est notre tâche et notre destin, là est la sagesse humaine, là, le bonheur des Terriens.

 

Je crois que nous ne savons pas pourquoi il en est ainsi. Mais je crois qu’il en est ainsi.

 

Voilà mon credo.

 

Je ne crois pas en un Dieu qui aurait créé le Ciel et la Terre; on sait assez comment la Terre a été formée et les cieux étoilés ont été allumés au-dessus de nos têtes. Et nous n’avons pas besoin de “cette hypothèse” pour expliquer le Big Bang.

 

Je ne crois pas à la fable du dénommé Jésus-Christ, Fils unique de ce que l’on appelle le Père Éternel, qu’il ait été conçu du Saint-Esprit, et soit né d’une vierge de Palestine il y a 2000 ans pour le salut du genre humain.

 

Je peux admettre qu’un Galiléen ait souffert sous Ponce-Pilate, ou sous un autre, qu’il ait été crucifié, qu’il soit mort et ait été enseveli; ce sont là des choses que l’on peut vérifier, qui peuvent donc être vraies ou fausses, et qui arrivent lorsque l’on n’est pas raisonnable et que l’on se prend pour le fils de Dieu et le Roi des Juifs.

 

Il est absurde de dire que ce crucifié soit descendu aux enfers, qu’il soit ressuscité, et qu’il ait monté au ciel.

 

Il est prétentieux et absurde d’affirmer qu’un faux prophète de Palestine soit assis à la droite d’un être éternel, et qu’il viendra juger les vivants et les morts.

 

Il est inutile et également absurde de croire à un saint-esprit, troisième personne d’un dieu trine.

 

Je n’estime guère l’Église catholique qui se qualifie elle-même de sainte, et je lis son histoire avec tristesse, horreur, colère et indignation.

 

J’admire sans réserve les croyants en une divinité qui vouent leur vie au soulagement des maux qui affligent les Terriens, mais je trouve inutile de faire accompagner ce dévouement admirable de dogmes absurdes; j’ai en sainte horreur les fables, les censures, les mensonges, les fabrications de faux, les inquisitions et les excommunications; et je n’ai que faire d’un dieu qui nous menace des feux de l’enfer tout en disant nous aimer.

 

Je ris franchement de la communion des saints et de la résurrection de la chair, comme je ris de la transmigration des âmes, mais je crois de tout mon être en la solidarité nécessaire de tous les humains sur terre.

 

Je trouve inadmissible d’affirmer sans preuve qu’il y a une vie éternelle.

 

Quant à la rémission des péchés, nous avons les tribunaux pour les crimes contre l’humanité, les vols, les viols et les évasions fiscales; nous invitons les humains à se corriger de leurs défauts et à se repentir de leurs fautes, et nous faisons ce que nous pouvons pour faire progresser l’humanité et lui enlever de l’esprit de fausses et d’inutiles croyances.

 

Abandonnons ces mysticismes inquiétants qui troublent les cœurs et qui égarent les esprits, ces dogmes et ces dévotions inutiles qui distraient les humains de la vérité la plus haute: l’Univers est comme un temple et la vie est sacrée; il n’y a pas d’autre dieu à chercher; seul est véritablement religieux, qui sert, qui respecte et qui sauve les vivants.

 

Je ne vois pas ce que l’affirmation gratuite d’un dieu muet, caché, silencieux et distinct du monde, donc à toutes fins utiles inexistant, vient ajouter de lumières à ce monde ténébrescent qu´il nous faut, ombres noctiluques, illuminer de nos connaissances, de nos rêves, de nos chants, de nos désirs, de nos amours et de nos créations. »

 

Roger Léger

Roger Léger est un professeur de philosophie Québécois. D’origine acadienne et voltairien dans l’âme, à sa manière, il a participé à la déconstruction des dogmes catholiques et essayé de proposer des voies alternatives à la pensée québécoise traditionnelle. Rédacteur de la revue « Idées et pratiques alternatives », il a été un des premiers à se pencher de manière insistante sur les enjeux écologiques de la fin du XXe siècle et à publier un inventaire des applications pratiques inventives invitant le grand public à solutionner les problèmes que cette discipline naissante dénonçait. Sa pensée ne se laisse guider que par un seul dogmatisme : éviter le dogmatisme.

 

Illustration : merci à Gros

 

01/10/2015

Commander une pizza en France en 2025 !

 

 

 Nous sommes en 2025, (3ème année du premier mandat présidentiel de Manuel Macron).

 L'esprit néfaste de mai 68 est enfin révolu. La France a repris goût au  travail. Grâce à la nouvelle loi de sécurité intérieure, le croisement des fichiers est enfin autorisé et permet, pour notre bien-être et notre  sécurité, l'affichage des informations en temps réel.Rien à voir avec Big Brother, bien sûr!

 

Illustration. 

Voilà à quoi pourrait ressembler la commande d'une pizza en 2025.

 

  - Standardiste : Speed-Pizza, bonjour.

 

  - Client : Bonjour, je souhaite passer une commande s'il vous plaît.

 

  - Standardiste : Oui, puis-je avoir votre NIN, Monsieur ?

 

  - Client : Mon Numéro d'Identification National, oui, un instant, voila,   c'est le 6102049998-45-54610.

 

  - Standardiste : Je me présente je suis Habiba Ben Said, merci Monsieur  Jacques Lavoie. Donc, nous allons actualiser votre fiche, votre adresse est bien le 174 avenue de Villiers à Carcassonne, et votre numéro de   téléphone le 04 68 69 69 69. Votre numéro de téléphone professionnel à la Société Durandest le 04 72 25 55 41 et votre numéro de téléphone mobile  le 06 06 05 05 01. C'est bien ça Monsieur Lavoie ?

 

  - Client (timidement) : Oui !!

 

  - Standardiste : Je vois que vous appelez d'un autre numéro qui  correspond au domicile de Mlle Isabelle Denoix, qui est votre assistante technique. Sachant qu'il est 23h30 et que vous êtes en RTT, nous ne  pourrons vous livrer au domicile de Mlle Denoix que si vous nous envoyez un XMS à partir de votre portable en précisant le code suivant  AZ25/JkPp+88.

 

  - Client : Bon, je le fais, mais d'où sortez-vous toutes ces  Informations ?

 

  - Standardiste : Nous sommes connectés au système croisé, MonsieurLavoie.

 

  - Client (Soupir) : Ah bon !.... Je voudrais deux de vos pizzas spéciales mexicaines.

 

  - Standardiste : Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Monsieur  Lavoie.

 

  - Client : Comment ça ???...

 

  - Standardiste : Votre contrat d'assurance maladie vous interdit un  choix aussi dangereux pour votre santé, car selon votre dossier médical, vous souffrez d'hypertension et d'un niveau de cholestérol supérieur aux valeurs contractuelles. D'autre part, Mlle Denoix ayant été médicalement traitée il y a 3 mois pour hémorroïdes, le piment est fortement déconseillé. Si la commande est maintenue, la société qui l'assure risque d'appliquer une surprime.

 

  - Client : Aïe ! Qu'est-ce que vous me proposez alors ?...

 

  - Standardiste : Vous pouvez essayer notre Pizza allégée au yaourt de  soja. Je suis sûre que vous l'adorerez.

 

  - Client : Qu'est-ce qui vous fait croire que je vais aimer cette pizza ?

 

  - Standardiste : Vous avez consulté les « Recettes gourmandes au soja » à  la bibliothèque de votre comité d'entreprise la semaine dernière, Monsieur Lavoie et Mlle Denoix a fait, avant hier, une recherche sur le  Net, en utilisant le moteur recherche sur le  Net, en utilisant le moteur http://www.gloubiboulga.com mots clefs « soja » et « alimentation ». D'où ma suggestion.

 

  - Client : Bon d'accord. Donnez m'en deux, format familial.

 

  - Standardiste : Vu que vous êtes actuellement traité par Dipronex et que Mlle Denoix prend depuis 2 mois du Ziprovac à la dose de 3 comprimés par jour et que la pizza contient, selon la législation, 150mg de  Phenylseptine par100g de pâte, il y a un risque mineur de nausées si vous consommez le modèle familial en moins de 7 minutes. La législation nous interdit donc de vous livrer. Par contre, j'ai le feu vert pour vous livrer immédiatement le modèle mini.

 

  - Client : Bon, bon, ok, va pour le modèle mini. Je vous donne mon   numéro de carte de crédit.

 

  - Standardiste : Je suis désolée Monsieur, mais je crains que vous ne  soyez obligé de payer en liquide. Votre solde de carte de crédit VISA dépasse la limite et vous avez laissé votre carte American Express sur votre lieu de travail. C'est ce qu'indique le « Credicard-Satellis-Tracer. »

 

  - Client : J'irai chercher du liquide au distributeur avant que le  livreur n'arrive.

 

  - Standardiste : Ça ne marchera pas non plus Monsieur Lavoie, vous avez dépassé votre plafond de retrait hebdomadaire.

 

  - Client : Mais ? Ce n'est pas vos oignons ! Contentez-vous de m'envoyer  les pizzas ! J'aurai le liquide. Combien de temps ça va prendre ?

 

  - Standardiste : Compte tenu des délais liés aux contrôles de qualité,  elles seront chez vous dans environ 45 minutes. Si vous êtes pressé, vous pouvez gagner 10 minutes en venant les chercher, mais transporter des pizzas en scooter est pour le moins acrobatique.

 

  - Client : Comment diable pouvez-vous savoir que j'ai un scooter ?

 

  - Standardiste : Votre Peugeot 408 est en réparation au garage de l'Avenir, par contre votre scooter est en bon état puisqu'il a passé le contrôle technique hier et qu'il est actuellement stationné devant le domicile de Mlle Denoix. Par ailleurs, j'attire votre attention sur les risques liés à votre taux d'alcoolémie. Vous avez, en effet réglé quatre cocktails « afroblack » au Tropicalbar il y a 45 minutes. En tenant compte de la composition de ce cocktail et de vos caractéristiques  morphologiques, ni vous ni Mlle Denoix n'êtes en état de conduire. Vous risquez donc un retrait de permis immédiat.

 

  - Client : grrrr..@#%/$@&?#!...!!

 

  - Standardiste : Je vous conseille de rester poli Monsieur Lavoie. Je vous informe que notre standard est doté d'un système anti-insulte en ligne qui se déclenchera à la deuxième série d'insultes. Je vous informe en outre que le dépôt de plainte est immédiat et automatisé. Or, je vous rappelle que vous avez déjà été condamné en juillet 2022 pour outrage à  agent.

 

  - Client : (Sans voix)

 

  - Standardiste : Autre chose Monsieur Lavoie ?

 

  - Client : Non, rien. Ah si, n'oubliez pas le Caoca gratuit avec les  pizzas, conformément à votre pub.

 

  - Standardiste: Je suis désolée Monsieur Lavoie, mais notre démarche qualité nous interdit de proposer des sodas gratuits aux personnes en surpoids. Cependant, à titre de dédommagement, je peux vous consentir 15% de remise sur une adhésion flash au contrat « Jurishelp », le contrat de protection et d'assistance juridique de Speed assurance. Ce contrat  couvre, en particulier, les frais annexes liés au divorce. Il pourrait donc vous être utile, vu que vous êtes marié à Mme Claire Lavoie née Girard depuis le 15/02/2018 et vu votre présence tardive chez Mlle Denoix, ainsi que l'achat il y a une heure à la pharmacie du Canal d'une boite de 15 préservatifs et d'un flacon de lubrifiant à usage intime. A titre promotionnel, je vais faire joindre aux pizzas un bon de 5 euros de  réduction pour vos prochains achats de préservatifs valable chez Speed-Parapharma. Toutefois, veuillez éviter les pratiques susceptibles d'irriter les hémorroïdes de Mlle Denoix, pour lesquelles Speed-Parapharma se décharge de toute responsabilité.

 

  Bonsoir Monsieur et merci d'avoir fait appel à Speed-Pizza.

 

 

Illustration X – Droits réservés