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13/04/2016

Brésil. Le « golpe » (coup d’État) s'avance de moins en moins masqué.

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Le président de la commission parlementaire spéciale recommande la destitution de la présidente Dilma Rousseff. 38 députés pour, 27 contre. Celle-ci est accusée par l’opposition de maquillage des comptes publics en 2014, année de sa réélection, et en 2015, pour minimiser l’ampleur des déficits publics de son pays en pleine récession. Dilma Rousseff se défend pour sa part d’avoir commis un « crime de responsabilité » (késako?) justifiant sa destitution. Les charges retenues, aussi bien que les arguments des factions de l'opposition amplement relayés par les médias relèvent de la manipulation.

 

Une majorité de deux tiers des députés, soit 342 sur les 513, sera requise pour que la procédure se poursuive faute de quoi elle sera enterrée. Selon un décompte effectué chaque jour par le quotidien Estado de Sao Paulo, 290 députés étaient favorables dimanche à la destitution et 115 étaient contre. Restaient 61 indécis et 47 autres refusant de se prononcer, objets de toutes les attentions.

 

Si l’opposition réussissait à réunir 342 votes (deux tiers des 513 députés) en faveur de l’impeachment, ce serait alors au Sénat de former une commission pour analyser la demande, un processus qui devrait s’achever d’ici le 2 mai 2016. La présidente « déchue » serait alors remplacée par son vice-président Michel Temer, qui l'a laisé tombée et a ouvertement basculé dans l’opposition. Il est l'un des deus ex machina de ce « golpe », de ce coup d'état feutré mais bien réel. Si la destitution est dûment prévue par la constitution, l’histoire qui s’emballe au Brésil releve de la manipulation, voire de la farce. Il faut rappeler que, contrairement à ce que beaucoup de Brésiliens sont poussés à penser, Dilma Rousseff ne fait l’objet d’aucune accusation de corruption. On reproche à la chef d’État d’avoir retardé les transferts du Trésor national aux entreprises publiques chargées de financer notamment les programmes sociaux. La pratique est banale. Et pas seulement au Brésil. Magouille, oui. Mais où est le « crime » ?

 

Quant aux parlementaires « golpistes » qui se sont prononcés pour la destitution, ils sont aussi clairs qu'un balkani… Beaucoup ont gamellés auprès de Petrobras, machine à sous généreuse, d'autres sont poursuivis pour crimes et corruption…

 

Deux faces d’un même pays s’affrontent par partis interposés, le Brésil des riches et celui des pauvres. « Je n’aurais jamais imaginé que ma génération verrait des putschistes en train d’essayer de renverser une présidente démocratiquement élue », s'enrage l’ancien président Lula, « mentor » de Dilma Rousseff, et qui reste l'homme politique le plus populaire du pays.

 

La droite « est sortie du placard » et occupe la rue en s'appuyant sur les réseaux sociaux. Ses officines organisent le bombardement des pages Facebook et des boîtes emails des députés osant se dire contre la destitution de la présidente ou hésitant encore à prendre position. La bourgeoisie brésilienne ne se satisfait pas de sa condition de classe dominante. Elle exige des conditions qui lui permettent d'exploiter sans entrave la force de travail dont elle dispose : les plus pauvres, les sans-terres. Et les classes moyennes sont exaspérées non pas parce que leur niveau de vie se dégrade mais parce qu'elles voient les plus démunis gagner un peu plus de droits ! Cette pseudo élite ne reconnaît le principe de majorité que lorsqu’il répond à ses intérêts…

 

La droite arbore sans complexe des idées carrément fachos : le retour à des valeurs autoritaires, le droit au port d’armes pour tous, l’abaissement de la majorité pénale, le refus de politiques d’« assistance » (allocations familiales, quotas de discrimination positive dans les universités) à destination des plus pauvres, des plus déshérités comme les noirs, les indiens, les haïtiens immigrés, mais encore les homosexuels. Il s'est ainsi constitué un front de conspirateurs qui réunit des juges, des procureurs, des agents de la police, des associations du patronat, des partis politiques, des think tanks conservateurs, tous appuyés par une grande presse oligarchique. Ces « golpistes » sont abreuvés de fric par le patronat et sont soutenus par quelques juges plus que douteux, par l'ensemble de la presse brésilienne et bénéficie de la « compréhension » de la presse internationale aux ordres des multinationales et des marchands d'armes. Avec, n'en doutons pas, quelques coups tordus de la CIA.

 

Voilà la clique qui veut foutre en l'air Dilma Roussel. Son objectif est de s'attaquer à la souveraineté populaire, exprimée par le vote et de la mettre sous la tutelle de la magistrature dont les membres, non élus et protégés de tout contrôle social, sont engagés dans un programme de changements rétrogrades qui ne sont pas exprimés. Contre la gauche – qu'ils vomissent – tout leur est bon, y compris un putsch militaire.

 

Le pantin prévu pour donner un coup de peinture « propre » au coup d'état est le vice-président actuel Michel Temer, un jeune homme de 75 ans. Sa rupture avec Roussel et son activisme pour que la destitution aille vite est plus que douteuse. Il est en effet lui aussi cité dans le scandale ces détournements de fonds au profit de la coalition au pouvoir, dont son parti était une pièce essentielle ! Il devrait savoir, pépé Temer, que quand on veut grimper au mat, il vaut mieux avoir les fesses propres...

 

Mais il n'est probablement qu'une marionnette. Les véritables organisateur du putsch se dévoileront plus tard. S'ils réussissent leur mauvais coup. Ce qui n'est pas encore sûr, les « pauvres » n'ayant pas dit leur dernier mot. Au moins soixante organisations de gauche, y compris syndicats et mouvements populaires, ont participé récemment à des rassemblements de défense du gouvernement, dans une quinzaine des plus importantes villes de ce pays gigantesque, notamment à Brasilia, Rio de Janeiro, Sao Paulo, etc.

 

Les « sans-dents » brésiliens ont défié les manifestants d’extrême-droite et les nantis en criant : « No ver ter golpe ! ». « Il n’y aura pas de coup d’état ».

 

Mais en France, les me(r)dias « main stream » ne voient que les golpistes en Prada… Il est vrai que que peut-on attendre d'autre d'une presse aux mains des multinationales, des banksters et des marchands de canons...

 

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11/04/2016

« Glossophobie » ! Halte au « racisme » à l'encontre des minorités audibles !

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Glossophobie. C'est nouveau, ça vient de sortir. C'est la peur, le rejet des accents régionaux. En écrivant ce texte, je les entends baver dans le poste autour de cette cagade. Et bien je suis d'accord. On nous gonfle les aliboffis à longueur d'antennes avec des histoires d'ostracisme, de stigmatisation, de racisme. Pourquoi pas. Alors moi je vais vous en dénoncer un de « racisme », mais qui n'émeut personne. Cest le racisme à l'encontre des minorités visibles. Et pourtant...

 

Le matin, dans ma cambrousse margeridienne de l'été, je me réveille avec le poste local de France-bleue, c'est-à-dire France bleue Gard-Lozère. Le reste de l'année, pareil mais avec radio-bleu Vaucluse ou Provence.

 

Eh bien, je ne me reconnais pas à travers ceux qui « parlent dans le poste », ils ne sont en aucune manière le reflet des « pays » qu'ils sont censés représenter : ils parlent « pointu ».

 

Ils parlent TOUS « pointu » ! C'est comme ça qu'on qualifie, dans le Midi, ceux qui ont l'accent parisien. Disons ceux qui vivent en Provônce et qui pôncent que l'accônt des autochtones ne fait vraimônt pas distingué...

 

J'ai un cousin qui parle dans le poste. Dans la vie « normale », il a comme tout le monde ici un parler qui fleure bon le thym, les cigales et les rabasses. Eh bien dans son métier, c'est le Mickael Jackson de l'élocution: pour se fondre dans la masse « politiquement correcte », il gomme son élocution naturelle pour essayer d'endosser le parler insipide, formaté, sans couleur de l'ethnie dominante. « Mais, me dit-il lorsque je lui en fais gentiment la remarque, on nous oblige à avoir ce parler neutre! Si je veux garder mon boulot, je dois me plier à cette contrainte ». Voilà comment et pourquoi les radios locales, qui devraient être le reflet de leur région, sont toutes formatées sur le même moule. A Avignon, Nîmes ou Perpignan, « on » parle comme à Tours, Arras ou Plougastel.... C'est navrant et même révoltant. Le racisme – que l'on met à toutes les sauces – ne s'expriment-il pas ainsi, aussi ?

 

C'est de l'ostracisme. C'est de la discrimination envers les minorités non pas visibles mais AUDIBLES. Et ce n'est pas un détail futile. Essayez, si vous avez le parler provençal ou si vous votre langue roule comme les cailloux de l'Adour, même si vous en avez largement les capacités, de postuler à la radio ou, pire encore à la télévision... Ou bien dans l'enseignement supérieur, dans la magistrature...Tè! Fumes. On vous regardera avec un sourire amusé et, comme mon cousin, on vous fera clairement savoir qui faudra revenir lorsque « vous parlerez normalement ». Où est la normalité en l'occurrence?

 

Oui mais vous me direz le journaliste Jean-Michel Apathie, le philosophe Michel Serres... Oui. Et après? Vous en connaissez beaucoup d'autres?

 

Alors? Faut-il ne rien dire ? Accepter cette mise à l'écart qui est aussi choquante que celle fondée sur la couleur de peau?

 

Tè, voilà une chanson – sur l'air du Drapeau rouge de Fugain - qui illustre bien cette colère qui gronde sourdement dans le Midi à l'encontre de ce colonialisme de l'intérieur imposé par les descendants des sinistres et sanguinaires barons franchimands qui ont saccagé, il y a quelques siècles, la brillante civilisation des troubadours. Un épisode terrible qui reste dans l'inconscient collectif de tout le Midi :

 

Se vos desenant faire toumba lis iruge

Si tu veux à présent te débarrasser des sangsues

Que te pipon tout toun sang

Qui te pompent tout ton sang

Te faus peravans, sènso cerca lou grabuge

Il te faut d’abord sans chercher la bagarre

Prendre toun astrado en man

Prendre ta destinée en main

Te fau jamai douna ta fianço

Il ne te faut jamais donner ta confiance

Pèr que fagon sempre respeta ti dre

Pour toujours faire respecter tes droits

Qu’a n’aquéli que soun sens doutanço

Qu’a ceux-là qui sont sans aucun doute

De Prouvènçau ni court-ni coustié.

Des Provencaux ni d'un bord ni de l'autre

 

Prouvençau di campagno,  Prouvançau di ciéuta

Provençaux des campagnes, Provençaux des villes.

Petara la castagno se sian pas escouta

Nous nous battrons si nous ne sommes pas écoutés

Faudra pamens lou recounquista

Il faudra pourtant le reconquérir

Tout ço qu’au nostre nous avien rauba

Tout ce qu’aux nôtres ils ont volé

A l’asard Bautezar, se sian pas de bastard

Advienne que pourra si nous ne sommes pas des moins que rien

Fasèn lèu, deman sara trop tard.

Faisons vite,  demain il sera trop tard.

 

 

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07/04/2016

Au bistro de la Toile. « Panama papers » : la part du feu !

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- ...teng Victor, je cherche mais je trouve pas ton blaze dans la liste des crapules qui ont fait marcher la machine à laver le pognon sale au Panama. Je suis fier de connaître quelqu'un d'honnête !

 

- Il n'y a pas le tien non plus Loulle. Nous, on est de la petite poiscaille.

 

- On y trouve des gens comme Platini, quelques membres de la Fifa, des joueurs de foot-ball, l'entourage de Poutine, de Bachar, de la Corée du Nord et même une grosse banque française, la Société générale. C'est pas de la petite poiscaille effectivement.

 

- Mais si, Loulle. C'est tout ce qu'il y a de louche cette histoire de « Panama papers ». Par principe, moi, dès que sort dans les me(r)dias une grosse info dans ce genre, je suis dubitatif. Et je cherche ce que ça cache.

Attends, Loulle. Une centaine de journalistes ont eu ces données pendant un an. Pourquoi des journalistes et pas des officiels de l'ONU par exemple ?

 

- Mouais. Peut-être parce qu'il n'existe pas d'agence internationale chargée de traquer ce genre de fraudeurs !

 

- Bien vu Loulle. Mais qui sont ces journalistes « Robin des bois », redresseurs de torts ? Ce sont des membres d'un consortium pompeux, le “International Consortium of Investigative Journalists”, qui est financé et organisé par le Center for Public Integrity des Etats-Unis, officine inondée de pognon par
Ford Foundation
, Carnegie Endowment
, Rockefeller Family Fund
, W K Kellogg Foundation, Open Society Foundation, oui celle du sulfureux milliardaire Soros.

 

- Effectivement, faut pas s'attendre à voir dénoncer les sales secrets des plus grandes multinationales ou des banksters. On jette à la populace quelques noms pour qu'elle s'offusque, ce qui permet de planquer les magouilles des vrais crapules. Tiens, pour ce qui est de la France, on aurait pu s'attendre à trouver les noms des dirigeants des entreprises du Caca-Rente. Mais que dalle. Même Tapie n'a pas eu l'honneur de ces gazettes…

 

- Il doit se sentir humilié !

 

- C'est la part du feu Loulle, ce truc. On sacrifie quelques pantins, quelques entreprises dont la pourriture est trop voyante, on jette la suspicion sur la Russie, la Syrie, l'Iran, quelques princes arabes trop voyants pour faire bonne mesure. On disqualifie un pays comme l'Islande qui a su dire merde aux capitalisme mondial. Et ainsi les gros poissons passent à travers le filet. A noter qu'il n'y a pas d'Etasuniens et pas d'entreprises étasuniennes dans les noms qui « fuitent ». Rien que ça met la puce à l'oreille !

Cette escouade de journalistes mondiaux qui ont eu un an pour fouiller dans ces infos, qu'auraient-ils trouvé s'ils avaient cherché les milliers d'entreprises qui relient les cartels de la drogue mondiaux aux leaders de la politique américaine, incluant des membres de Congrès, des gouverneurs d’Etats, des maires de villes, des membres de la Cour Suprême des Etats-Unis et une poignée d’ancien président des Etats-Unis ? Et s'ils avaient cherché sur toutes les entreprises en bourse sur toutes les places boursières du monde ? Et s'ils avaient cherché sur la liste connue des quelques milliers de milliardaires qui constituent le 1 % de ceux qui possèdent autant que les 99 % du reste des habitants de cette boule puante magnifique appelée Terre ?

 

- Mouais… Effectivement. T'as raison Victor. Cette affaire, c'est trop beau pour ne pas être louche. Au fait, qui a balancé ? Un employé de ce cabinet d'avocats panaméens ? Facile à trouver. Il a intérêt à planquer ses miches le mec ou la nana !

 

- Récolter plus d'un million de données n'est pas à la portée d'un lanceur d'alerte. Il faut des moyens. Il y aurait la patte de la CIA ou de quelque autre officine malfaisante derrière ce truc que ça ne m'étonnerait pas.

 

- Fort possible Victor. Et puis au fait, ces cent journalistes dans le secret, il seraient plus crédibles s'ils laissaient le peuple fouiller et juger par lui-même, en mettant en ligne l'ensemble de ces informations !

 

- Compte là-dessus, Loulle… En attendant, mets ma tournée !

 

Illustration: merci à Chimulus

 

 

 

05/04/2016

ALERTE ! Une directive européenne pour protéger les magouilles des entreprises arrive.

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Dans quelques jours, le 13 avril, une première séance aura lieu au Parlement européen pour « débattre », c'est-à-dire adopter une directive totalement scélérate concernant le « secret des affaires » et qu' « ils » ont prévu d'adopter le 16 juin. Lancée en novembre 2013 par la Commission européenne, cette proposition définit le secret des affaires comme des techniques (procédés de fabrication, recettes, composés chimiques, etc.) ou des informations commerciales (listes de clients, résultats d’études de marketing, etc.) ayant une valeur économique pour l’entreprise. Les dispositions de cette loi destinées, en principe, à contrecarrer les pratiques d'une concurrence sans scrupules ni éthique pourraient en effet être détournées pour empêcher la publication juste et légitime d'informations qui pourraient être dérangeantes...

Ce qui veut dire que toute entreprise pourra, selon ses propres critères, décider si une information la concernant a « une valeur économique » et donc pourra ou non être divulguée. Avec pour conséquence de mettre sous le coup de la loi tout journaliste qui pourrait les révéler, avec des dommages et intérêts plus que dissuasifs. Et pour corollaire qu'aucun rédacteur en chef n'osera se mettre dans une situation délictueuse et que les journalistes eux-mêmes pratiqueront à grande échelle l'auto-censure...

C'est une loi scélérate car des considérations économiques prévalent ainsi sur l'exigence démocratique de garantir la liberté d'expression et le droit à l'information concernant les pratiques douteuses de certains groupes, entreprises et acteurs économiques ou financiers.

« Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publié  : tout le reste n’est que relations publiques.  » Orwell.

« ...d'autres », c'est-à-dire les lobbys représentants les grandes entreprises et les multinationales qui font des pieds et des mains pour que les journalistes, ces affreux fouille-merde, se contentent de copier-coller les communiqués de presse, les belles brochures en couleurs données au cours de généreux repas d'information voire de coûteux voyage de presse au soleil !

Mais ça ne suffit pas puisqu'il y a parfois quelques lanceurs d'alerte, traités de « fouille-merde », qui ne se contentent pas de la bouillie pré-mâchée des « services communication » des entreprises. Ces malotrus ont ainsi révélé au grand public des « broutilles » comme les affaires du Médiator, de l'amiante, du Crédit Lyonnais, des défauts de l'EPR, des magouilles des multinationales au Luxembourg, etc. Pas bon pour les affaires ça, Coco ! Pas bon pour les affaires...

Alors les dirigeants de ces grands groupes tirent les ficelles de leurs marionnettes politiques pour mettre en place des lois interdisant ou dissuadant les journalistes et les lanceurs d'alerte de dévoiler des pratiques scandaleuses ou des produits dangereux. Tout ceci sous un faux-nez, bien sûr, celui de « protéger le secret des affaires des entreprises ». Ben voyons...

En France, une disposition vicelarde de la Loi Macron voulait « protéger le secret des affaires », c'est-à-dire réduire au silence les « fouille-merde ». Une forte mobilisation des journalistes et des syndicats a forcé le gouvernement à retirer cette disposition. Mais la voilà qui revient avec cette proposition de directive européenne qui, si elle passe, sera automatiquement retranscrite dans le droit français.

Mais rien n'est gagné pour les « étouffeurs », comme le montre ces jours-ci la mise au grand jour du scandale « Panama ». Une coalition européenne d’organisations de la société civile, de travailleurs et de journalistes demande aux membres du Parlement européen de rejeter la directive sur les secrets d’affaires

Le projet de directive européenne sur la « protection du secret des affaires » créerait un droit au secret pour les entreprises qui est excessif : il menace directement le travail des journalistes et de leurs sources, les lanceurs d’alerte, les syndicalistes, la liberté d’expression des salariés et nos droits d’accéder à des informations d’intérêt public (par exemple sur les médicaments, les pesticides, les émissions des véhicules, etc.).

Une coalition européenne d’associations, de syndicats, de journalistes, de lanceurs d’alerte et de scientifiques a envoyé aujourd’hui aux membres du Parlement Européen une analyse critique du projet de directive (voir-ci-joint), leur demandant de la rejeter (un premier débat en séance plénière est prévu le 13 avril). Une pétition européenne a également été lancée.

Cette directive est officiellement appelée « Directive sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués (secrets d’affaires) contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites ». Mais la définition du secret des affaires prévue est tellement large que presque toutes les informations internes d’une société peuvent y correspondre. Cela mettra en danger toute personne qui révèle ces informations sans le consentement de l’entreprise.

Informer n’est pas un délit et les syndicats de journalistes, les citoyens, les journalistes ou encore les scientifiques ont parfois besoin d’avoir accès à ces informations et de les publier dans l’intérêt général.

Si la directive est approuvée au niveau européen, les États membres pourront encore aller plus loin quand ils l’adapteront à leurs droits nationaux, et on peut compter sur les multinationales pour les pousser en ce sens !

Une pétition européenne contre cette horreur peut-être signée là :

https://act.wemove.eu/campaigns/les-lanceurs-d-alerte-en-...

N'oublions jamais que « Les tyrans ne sont grands que si nous sommes à genoux ».

BANZAÏE !


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04/04/2016

Le SPORT serait-il l'ENNEMI du PEUPLE ?

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On est en plein déballage ! Les gentils visiteurs des paradis fiscaux, aussi nombreux que les morpions sur un pubis de curé pédophile. Et les sportifs farcis aux meilleures substances troubles des labos pharmaceutiques. Allez, parlons un peu de ceux-ci, on s'occupera des autres plus tard.

 

Les plumitifs du Sunday Times ont piégé le bon docteur Bonar en filmant ses révélations « à l'insu de son plein gré ». Et il est bonnard tonton Bonar. spécialiste de la lutte contre le vieillissement ! Il affirme avoir un réseau de clients secrets parmi les sportifs : cyclistes britanniques brillants sur le Tour de France, champions de la baballe des plus grands clubs anglais, joueurs de tennis, boxeurs, etc. Eh ! Oh ! Il fait seulement son boulot le Dr Bonar : « Le fait que certains de mes patients sont des athlètes professionnels est sans importance. S'ils ont des carences, je vais leur proposer un traitement. Ils sont parfaitement conscients des risques de l'utilisation de ces médicaments dans le sport professionnel, et il est de leur responsabilité de se conformer à la réglementation anti-dopage", explique-il. Imparable. Et il a raison tonton Bonar. Il soigne des « malades » avec les médicaments existants sur le marché : EPO, stéroïdes, hormone de croissance, etc. Point/barre. Reste tout de même à savoir si ces « sportifs » sont réellement malades… Mais ça, seul le toubib peut le dire, pas les journalistes.

 

Le sport spectacle porte en lui toutes ces dérives. Parce qu'il génère beaucoup de fric et qu'il est un outil puissant pour façonner l'esprit des gens. En bref, le sport nous prend pour des kons et rend kons ceux qui adhèrent à ses valeurs. L’invention du sport se situe au XIXème siècle, en pleine révolution industrielle, en vue de rendre les corps et les esprits dociles aux nouvelles formes du travail en usine, de domestiquer les nouvelles couches sociales que l’on met au travail. Il vise à, créer un nouveau type d'humain qui mécanise son corps et son esprit en vue de la « performance ». Il faut lui donner un « mental de gagnant ». Et accessoirement le conditionner au fétichisme des marques qui « sponsorisent » les grandes épreuves (Nike, Coca-Cola, Adidas, Lacoste, etc.).

 

Le sport enseigne la soumission à un certain ordre social. Pour arriver à LA performance qui fait bêler les foules abruties des « supporters », tout est bon, et surtout toutes les substances douteuses. Écoutons le footballeur Dhorasso. Il dit : « Il faut être cohérent et un peu honnête. On ne peut pas demander aux gars de battre des records, aux cyclistes de monter des cols à des vitesses incroyables, et tout ça à l’eau claire. Défendre à la fois la course à la performance à tout prix et la chasse au dopage, c’est prendre les gens pour des imbéciles ». Et il est poli Dhorasso…

 

Churchill disait : « never sport ! ». Attention ce n'était pas un mépris de l'épanouissement du corps mais un refus de sacrifier à cette nouvelle religion qui colonise l'existence de milliards d'individus et impose une manière de penser couplant le culte de la performance et les affaires, particulièrement la publicité. Les sportifs de haut niveau, les « champions » sont les nouveaux dieux de la jeunesse. La plupart des jeunes rêvent d'imiter Zidane, Messi, Armstrong. Et pas Fleming, Pasteur ou Einstein. Même les pires tricheurs sont admirés, voire imités car ils sont des gagneurs, des « winners ». Qu'importe les moyens, seule compte la fin. On ne s'épanouit pas personnellement en s'adaptant aux circonstances de l'existence, mais on imite, on s'identifie à ces modèles fabriqués par le complexe médiatico-publicitaire... C'est la négation de l'imagination et de l'intelligence. Regardez-les les sportifs et surtout les « supporters » : on dirait des clones, partout dans le monde. Braillards, violents, sectaires, intolérants, obéissant à des slogans.

 

Le sport usine « l'homme nouveau » d'Orwell : uniformité de pensée et de comportement, endoctrinement, violence, inculture. Les dirigeants politiques ne s'y trompent pas. Les Chinois, les Russes « élèvent » les sportifs en batterie. Mais quid des étasuniens et de leurs « étudiants » ? Quid de nos « clubs de formation » ? Certains pays ferment un peu plus les yeux que d'autres. Ils sont un peu plus hypocrites quoi.

 

Le sport serait-il l'ennemi du peuple ?

 

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31/03/2016

Terrorisme. Le spectre glaçant de la « bombe sale ».

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« Bombe sale ». Comme s'il pouvait y avoir des bombes propres… Une bombe, c'est une machine à tuer, à déchiqueter des chairs, à bruler de la viande humaine, à semer la mort et la terreur. Lorsque cette bombe est « atomique », c'est l'apocalypse. Demandez aux survivants Hiroshima et de Nagasaki. Mais une « bombe sale », c'est quoi ?

La « bombe sale « (également appelée bombe radiologique) est une bombe conventionnelle, entourée de matériaux radioactifs destinés à être répandus en poussière lors de l'explosion. Cette explosion a donc l'intensité thermique et mécanique d'une bombe conventionnelle, mais dissémine autour d'elle des éléments radioactifs qui auront des effets à long terme. Le but principal n'est donc pas de détruire, mais de contaminer une zone géographique et les personnes présentes sur cette zone par des radiations directes (premier effet) et l'ingestion et l'inhalation de matériaux radioactifs. Bombe sale désigne principalement la bombe radiologique, mais elle désigne également tout engin détonant disséminant un ou plusieurs produits chimiquement ou biologiquement toxiques (NRBC pour nucléaire, radiologique, biologique ou chimique). Ces diverses armes, réalisables sans une importante infrastructure industrielle, sont génériquement dénommées Engin explosif improvisé (EEI).

Voilà, on y voit plus clair, si l'on peut dire. Eh bien cette « bombe sale » est au centre des préoccupations de la cinquantaine de chefs d’États réunis à Washington à l'invitation de M.Obama pour discuter de la sûreté nucléaire. Le président Obama accueille donc une cinquantaine de dignitaires étrangers, parmi lesquels ses homologues français, François Hollande, chinois, Xi Jinping, sud-coréenne, Park Geun-Hye, turc, Recep Tayyip Erdogan, ukrainien, Petro Porochenko, ainsi que les premiers ministres japonais, Shinzo Abe, et indien, Narendra Modi. E n revanche, le président russe, Vladimir Poutine, à la tête d’une puissance militaire nucléaire majeure, et les dirigeants d’Iran et de Corée du Nord, aux programmes nucléaires controversés, seront absents.

Au centre des préoccupations, la possible fabrication par l’État Islamiste ou Al Qaeda d'engins de cette sorte suite aux informations qui ont filtrées après les attentats de Bruxelles étayées par la découverte de la surveillance video d'un expert nucléaire belge par deux kamikazes, les frères Bakraoui.

La possibilité que des matériaux nucléaires soient employés par des organisations terroristes n'est pas irréaliste.

Si très peu d’experts pensent que le groupe terroriste E.I. puisse un jour se doter d’une vraie bombe atomique, beaucoup craignent qu’il ne s’empare d’uranium ou de plutonium pour tenter d’assembler une bombe sale. Un tel engin ne provoquerait pas d’explosion nucléaire, mais la diffusion de radioactivité aurait de terribles conséquences sanitaires, psychologiques et économiques.

D’après des données de l’AIEA, quelque 2800 incidents relatifs à des trafics, possessions illégales ou pertes de matériaux nucléaires ont été répertoriés dans le monde ces 20 dernières années. Et selon des experts américains en non-prolifération, le stock mondial d’uranium hautement enrichi s’élevait à la fin de 2014 à 1370 tonnes ! Ainsi chez nous, à Cadarache, 39 kilos de plutonium ont été « oubliés »...

Faisons un peu de fiction. Effervescence à la préfecture de police de Paris : un courriel signé de l’État Islamiste vient d'arriver prévenant que plusieurs « bombes sales » étaient placées quelques parts dans Paris. Pour donner plus de poids à leur menace, les terroristes donnent les coordonnées GPS d'une localisation en pleine campagne où une de ces bombes va exploser trois minutes après réception du courriel... Les terroristes donnent 24 heures au gouvernement pour obéir à leurs exigences exorbitantes : libération de tous les « prisonniers politiques musulmans », arrêt des frappes aériennes en Syrie, évacuation des forces françaises des théâtres d'opération d'Afrique, paiement d'un « dédommagement » de plusieurs milliards d'euros, etc. Faute de quoi ces bombes exploseraient, répandant leur miasmes radioactifs et rendant les lieux atteints inhabitables pour des années voire des décennies. Imaginez le cauchemar résultant de ce chantage à la « bombe sale »…

Puisqu'ils sont réunis entre eux, les grosses têtes du monde devraient en profiter pour mettre au ban des nations non seulement ces « bombes sales », mais également ces autres saloperies que sont les munitions à uranium appauvri, largement utilisées par les armées des Etats-Unis lors de la première guerre du Golfe, la guerre d'Afghanistan, la guerre du Kosovo ainsi que lors des premières phases de la guerre d'Irak. Il s'agit essentiellement d'obus antichars. La densité très élevé de l'uranium donne à ces obus-flèches une force de pénétration permettant de transpercer les blindages ou les bunkers les plus épais. Avec pour effet secondaire de volatiliser et donc de répandre dans l'atmosphère autour de l'impact des quantité de particules radioactives empoisonnées. Dans les zones les plus touchées, il a été constaté une hausse spectaculaire des malformations ainsi que des cancers.

La saloperie en matière d'engins de mort est sans limite et est présente des deux côtés… Ce qui conforte l'adage d'Einstein : « Il y a deux approches possibles de l'infini : la bêtise humaine et l'expansion de l'univers. Encore que pour l'univers, je ne sois pas sûr... »



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23/03/2016

Le deuil et la rage.

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Le deuil en solidarité avec nos frères belges à leur tour touchés par la barbarie aveugle des fous d'allah. La rage devant l'aveuglement de cette Europe réduite à l'impuissance, ventre mou opulent, proie juteuse et désarmée.

 

Rage contre nos gouvernants et ceux de l'Europe qui, par électoralisme, ont laissé s'installer le communautarisme et – pire - ont pactisé avec le diable, en l’occurrence le salafisme, le wahhabisme et autres sectes fanatiques moyenâgeuses maniant leur coran saignant comme la kalachnikov et le couteau à découper les têtes. Tout cela pour quelques contrats de fourniture pétrolières et de vente de machines à tuer.

 

Rage devant la naïveté imbécile, voire l'énorme konnerie d'avoir laissé les portes grandes ouvertes à tous les rapaces du monde. Et avant tout aux musulmans qui voient dans nos grasses contrées sans défense, peuplés de couilles-molles, des terres de mission pour leurs sectes mortifères et de rapine tant pour les crève-la-faim fuyant leurs terres d'islam où leurs sectes s’entre-dévorent que pour les sordides féodalités pétrolières qui achètent non seulement nos plus beaux fleurons mais aussi nos âmes, comme l'illustre à en dégueuler la Légion d'honneur attribué à un « prince » coupeurs de tête.

 

Sur un autre plan, rage devant cette oligarchie européenne et ses relais nationaux qui sacrifient avec cynisme les peuples de l'Union au bénéfice du seul PROFIT de banksters et de multinationales. Les travailleurs détachés en sont l'illustration tout comme l'attitude invraisemblable des instances européennes qui, par copinage ou corruption, repoussent encore une fois la décision d'interdire le dangereux glyphosate, produit phare de Monsanto avec sa marque RounUp. Depuis sept ans, les « Zeuropéens » autorisent la diffusion et l'utilisation du RounUp malgré les innombrables mises en garde. N'ayant pas obtenu de majorité pour prolonger de 15 ans l'autorisation de mise en marché de ce poison, elle repousse sa décision aux calendes grecques. Mais en laissant le produit en vente, évidemment ! Il est vrai qu'en face de la Commission européenne, il y a un immeuble qui abrite le nid de cafards de tous les lobbyistes du monde et leurs meutes de juristes. Le fric coule à flot. Dans les poches de qui ?

 

Cette Europe de boutiquiers se suicide. Et les attentats qui se multiplient en sont les premiers soubresauts sanglants. Mais ça, nos « zélites » s'en foutent. Ce qui les intéresse, c'est que l'économie tourne, que la sacro sainte « croissance » continue de façon à ce que les quelques milliers de parasites qui pressurent le monde s'engraissent encore plus. Et des populations immigrées peu éduquées, en situation de faiblesse et abruties par des idéologies obscurantistes sont toujours plus dociles que des autochtones lucides et récalcitrants ! Elles se regroupent en ghettos communautaires où les tueurs d'allah évoluent comme le poisson dans l'eau. Comme le montre les planques et les filières complices dont y bénéficient tous les assassins qui sèment la mort aveugle tant à Bruxelles qu'à Paris, Madrid, Londres et bientôt ailleurs.

 

Combien de « Molenbeckistan » en France, en Belgique, en Allemagne ? « On est en guerre » proclame une fois encore notre fier torero Valls. En guerre contre qui ? Contre les terroristes islamistes. Donc contre Daech et Al Qaïda. Mais qui finance, forme au meurtre, éduque à la haine ces sinistres crétins ? L'Arabie saoudite, le Qatar et autres féodalités pétrolières du golfe arabo-persique...que nous armons. Où est la cohérence ?

 

Ceux que notre président couve du regard de Chimène. Et parmi les pires, celui qu'il vient de gratifier de la plus haute distinction de la république : la Légion d'Honneur, pardon, la Légion d'HORREUR.

 

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21/03/2016

Au bistro de la Toile : roundup en Europe et risque de coup d’état au Brésil.

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- Oh ! Victor. T’as des couleurs ce matin. T’as mis du Tavel dans ton café ? T’as fait du vélo ? T’as fait le jardin ?

 

- Un peu de tout ça. Mais pour ce qui est du jardin, c’est un jour décisif : la Commission européenne, après avoir repoussé, le 8 mars, sa décision de renouveler ou non l’autorisation de mise en marché du poison chimique glyphosate, doit se décider aujourd’hui. Les commissaires européens avaient reculé devant la mobilisation populaire, mais est-ce pour mieux sauter aujourd’hui ?

 

- C’est quoi ce truc, ce glypho chez pas quoi comme tu dis ?

 

- C’est un pesticide plus connu par les  « exploitants agricoles » (note que je ne dis plus « paysan ») et par les jardiniers du dimanche sous le nom commercial de RoundUp. C’est radical : où le roundup passe, plus aucune herbe de repousse ! C’est l’Attila du chiendent ! Le Ben Laden du liseron !

 

- Mouais… Vaut mieux pas en mettre dans son café, quoi.

 

- Et pourtant, malgré les belles promesses de Ségolène, on en trouve dans toutes les jardineries… Et si les « Zeuropéens » cèdent aux pressions de Monsanto, on en aura encore pour 15 ans. Faut bien fournir en cancers l’industrie pharmaceutique, sœur jumelle de l’industrie des pesticides ! Le glyphosate, la molécule efficace du RoundUp, est classée « cancérogène probable » - délicate pudeur ! – par l’OMS (organisation mondiale de la santé) en 2015. Mais l’autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA) qui fait, hélas, autorité en Europe, dit le contraire, d’où la volonté des instances européennes de ré-autoriser pour 15 ans ce poison. Il faut savoir que l’AESA se base, pour ses recommandations à la Commission européenne sur des évaluations fournies par le Glyphosate Task Force (GTF, groupe de travail sur le glyphosate). Ce GTF est un consortium d’entreprises agrochimiques auquel participe très activement…Monsanto, le fabricant du RoundUp, avec d’autres maitres empoisonneurs de l’agrochimie.

 

- Bon. On verra dans la journée jusqu’où va la complicité coupable des « Zeuropéens » avec le lobby des empoisonneurs… Tè. Changeons de sujet. T’as vu, les filles qui jouent au ballon à la main ont gagné leur billet pour Rio. Elles iront aux J.O. au Brésil ! Cocorico les filles !

 

- Mouais. Parlons-en du Brésil. Une campagne gigantesque de manipulation et de désinformation déferle sur ce valeureux pays. Les mé(r)dias aux ordres nous bourrent le mou avec les manifestations « géantes » des nantis demandant la destitution de la président Dilma Roussel et du héros du pays, Lula, qui a sorti le pays des griffes des multinationales étasuniennes et de leurs relais locaux, la classe aisée et les propriétaires terriens qui n’ont pas digérés de devoir cracher un peu au bassinet. Ils ont donc monté une histoire secondaire de corruption (sport national la-bas encore plus qu’ici) pour se débarrasser du gouvernement régulièrement élu. Mais ces médias évitent soigneusement de parler des manifestations en défense du gouvernement de gauche, encore plus importantes. Plus d’un million de personnes ont envahis les rues des grandes villes à travers tout le pays pour défendre la démocratie et soutenir le gouvernement en dénonçant la façon dont l’extrême-droite et les milieux d’affaire, cornaquée par les Etats-Unis et soutenue par la presse mondiale, mène une campagne de diffamation en vue de se débarrasser du gouvernement de gauche. La Fédération des Industries de Sao Paulo (FIESP, qui regroupe plus de 130.000 entreprises) annonce d’ailleurs la couleur : « Destitution, maintenant » proclame-t-elle sur une gigantesque pancarte apposée sur la façade de son siège, prenant publiquement position en faveur de la destitution de la présidente régulièrement et démocratiquement élue.

Mais au moins soixante organisations de gauche, y compris syndicats et mouvements populaires, ont participé à des rassemblements de défense du gouvernement, dans une quinzaine des plus importantes villes de ce pays gigantesque, notamment à Brasilia, Rio de Janeiro, Sao Paulo, etc. Les « sans-dents » ont défié les manifestants d’extrême-droite et les nantis en criant : « No ver ter golpe ! ». « Il n’y aura pas de coup d’état ». Parce que c’est ça qui est en route : un coup d’état « soft ». La date serait même prévue pour  début mai et le futur « président temporaire » choisi : le vice-président actuel Michel Temer, chef du parti centriste PMDB, marionnette qui assumerait le pouvoir jusqu’aux élections générales de 2018.

 

- Ben dis donc. Elles feraient mieux de rester ici nos jolies handballeuses… Allez ! Á la nôtre !

 

 Illustration: merci à Chimulus

17/03/2016

Haro sur Lula, ce pelé, ce galeux dont viendrait tout le mal !

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Écoutez les beaux-parleurs des machines à bruits et des lucarnes à décerveler ; parcourez en vous bouchant le nez les écrits des plumitifs aux ordres dans les canards-laquais. Tous pourrissent Lula et Wilma Roussel comme ils pourrissaient Chavez et font de même avec son successeur Maduro.

 

Ils présentent les images d'immenses foules descendant dans la rue pour réclamer « l'impeachment » - le terme est significatif ! - de la présidente brésilienne démocratiquement élue. La corruption est le prétexte (comme si elle ,n'existait pas ailleurs). La réalité c'est que l'Oncle Sam, à la manœuvre, veut remettre ses sales pattes sur toute l'Amérique du Sud, qu'il a toujours considéré comme son pré carré. Avec les méthodes qui lui réussissaient si bien dans les années soixante-soixante-et-dix, le temps béni pour les Yankees de Pinochet et Kissinger.

 

Mais il faut savoir que ceux qui manifestent, fussent-ils des millions dans l'ensemble de ce pays gigantesque, appartiennent à « l'élite », aux privilégiés, aux propriétaires, à ces classes moyennes supérieures qui jouissent de voir leur juge-marionnette, le dénommé Sergio Moro, initiateur du mouvement «  lava jaro » (lavage rapide) - inspiré (de loin) par l'opération « mani pulite » contre les politicards complices des mafias en Italie – menacer Lula, l’icône des pauvres.

 

Ce qu'ils veulent, les nantis brésiliens soutenus, poussés, aiguillonnés en sous-main par les Étasuniens, 'est salir les représentants des pauvres, des sans-grades, des toujours-perdants, des exploités, des sans-dents qui ont retrouvé leur fierté, leurs espoirs, leur dignité avec Lula, cet ouvrier arrivé, sans violence, par les urnes, aux plus hautes fonctions. Ce qu'ils oublient, ces fossoyeurs de la démocratie, c'est qu'en quelques années, Lula a fait passé son pays de la récession ,à une croissance continue de plus de 7 % par an. Ce qu'ils ne supportent pas, ces profiteurs à la solde de étranger, c'est qu'ils doivent rendre des comptes, payer leurs impôts, obéir aux lois que le peuple s'est donné. Ce qu'ils tentent, avec l'appui étasunien et la CIA en manœuvres sournoises, c'est de reprendre le pouvoir. Tous les pouvoirs.

 

Pour discréditer le pouvoir populaire en place, ils s'appuient sur les difficultés actuelles du pays dont l'économie est avant tout basé sur l'exportation de matières premières et subissant ainsi de plein fouet le ralentissement de la demande mondiale, et particulièrement chinoise, de ces matières premières.

 

Profitant du fait que les projecteurs de l'actualité mondiale sont braqués sur le foutoir du Moyen-Orient, sur l'Afrique et en Ukraine, les Yankees attaquent tous azimuts en Amérique latine. Ils mobilisent des montagnes de dollars (sortis de la planche à billet) pour manipuler tous les groupes de pression possibles – oligarchies locales, clergés, et surtout presses locales et internationales totalement dédiées à, conditionner les opinions publiques. C'est ce qui se passe actuellement au Brésil. Leur but: faire tomber tous les gouvernements du continent qui échappent à leur emprise. Particulièrement ciblés : le Brésil, le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, l'Argentine. Les Yankees ont déjà la main-mise sur le Mexique, le Honduras, le Chili, la Colombie, le Paraguay, le Pérou. Ils y disposent d'appuis stratégiques voire de bases militaires plus ou moins secrètes à partir desquelles leurs « forces spéciales » peuvent à tout moment donner la main, organiser, aider physiquement les manifestations tendant à renverser les gouvernements émergents.

 

Plus encore que le Brésil, c'est le Venezuela qui est visé. Parce qu'il exerce une influence sur les autres pays latinos et surtout parce qu'il possède les réserves de pétrole les plus importantes du monde. D'où les manœuvres conjointes des USA et de l'Arabie saoudite pour faire chuter le prix du pétrole et ainsi mettre à genoux non seulement le Venezuela, mais encore la Russie, autre cible privilégiée des politicards voyous de Washington.

Par le mensonge, la manipulation, une « morale » maison, les USA tentent par tous les moyens de discréditer ceux qui s'opposent à leurs basses œuvres. Ce qu'ils font avec Lula, ils le font aussi avec Evo Morales en Bolivie, avec Correa en Equateur, etc.

 

Lula, Morales, Correa. Trop proches des intérêts de leurs peuples pour plaire aux prédateurs yankees. Ne nous laissons pas enfumer par les me(r)dias aux ordres et soutenons-les.

 

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16/03/2016

Au bistro de la toile : La "loi travail" cache une sournoise attaque contre la laïcité.

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- Oh ! Loulle. Que ferais-tu si le ci-devant Ali, notre pote qui marche au son du canon (de rouge) avec nous, te demande un jour de pousser quelques tables pour pouvoir faire sa prière ?

 

- Ben, puisqu'il sera à genoux et tête basse, je lui demanderais de regarder sous les meubles s'il ne voit pas les clés que ma femme a paumées!

 

- Ah ! Ah ! Ah ! Ça s'appelle allier l'utile à la tolérance ! Mais au-delà de la rigolade, ce sont des problèmes que risquent de connaître bien des patrons d'entreprises...

 

- Pourquoi ?

 

- Parce que c'est inscrit dans un article scélérat planqué dans cette fameuse Loi Travail qui fout la zone actuellement.

 

- La Loi El Khomeri ? C'est une konnerie... Explique.

 

- Tiens, je te lis l'article 6 de ce projet de loi : « La liberté du salarié de manifester ses convictions, y compris religieuses, ne peut connaître de restrictions que si elles sont justifiées par l'exercice d'autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l'entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. » Ça semble anodin mais ça officialise l'entrée du fait religieux dans l'entreprise ! Jusqu'à maintenant, ces problèmes étaient résolus au sein même de la boite, mais avec cette loi, si elle passe, le chef d'entreprise devra établir, preuves à l'appui, devant je ne sais quelle juridiction extérieure à la boite, que son refus de satisfaire aux demandes de caractère religieux de n'importe lequel de ses salariés est justifié...

 

- Mais alors Victor, cette loi s'assoit sur un des principes fondateurs de notre république : la laïcité.

 

- Exactement Loulle. On peut s'attendre à des offensives tous azimuts des cul-bénis de tous poils avec cet article de loi. Bonjours le foutoir... Et les emmerdements vont se multiplier. Le principal résultat de cette disposition sera de favoriser le communautarisme dans l'entreprise, et donc les embrouilles, les rivalités, les conflits voire les bagarres. Au détriment évidemment de la bonne marche de l'entreprise. On a un bon exemple de ce qui arrivera en voyant ce qui se passe à la RATP, la société qui régit le métro parisien. Des mecs qui - par "convictions religieuses" comme dit l'article 6 - refusent de serrer la main d'une collègue de travail parce que c'est une femme, qui refusent d'obéir à un supérieur si celui-ci est une femme, qui refusent même de conduire un autobus après que celui-ci aie été conduit, donc touché par une femme ! On en est là Loulle ! Voilà ce qui va arriver dans plein d'entreprises. Et qu'est-ce qu'il fera le patron ? Il sera poussé à établir lui-même une forme de communautarisme au sein de son établissement. Ségrégation entre hommes et femmes, frein à la progression des femmes dans la hiérarchie et les responsabilités, etc.

Avec un autre effet pervers qui résultera du pragmatisme du chef d'entreprise : il évitera soigneusement d'embaucher des salariés susceptibles de lui causer de tels problèmes. Et tous les Abou-pseudointellos-donneurs-de-leçons vont gueuler au « racisme », à l'islamophobie, à l'ostracisme, à la victimisation, etc. Ce sera le triomphe du communautarisme, ce chancre de la société qui salope déjà les hôpitaux. Et d'autres institutions de la république...

 

- C'est sordide cette histoire Victor. Mais enfin, les syndicats qui canardent à tout va contre cette loi vont bien lever le lièvre ?

- Eh bien non Loulle. Le retrait de cet article n’apparaît pas dans leurs revendications. Ils ont le nez dans le guidon de leurs prud’hommes, de leur temps de travail, etc. mais vont laisser passer cette horreur. Horreur au sujet de laquelle on peut se poser quelques questions : qui a imposé cet article ? Sous l'influence de qui ? Au profit de qui ?

- Fatche ! On n'est pas sorti de l'auberge Victor. Tè ! Je mets ma tournée. Et du Rouge !



14/03/2016

L'Allemagne a désormais son « Front NaZional ». Merci Frau Merkel...

On le voyait venir depuis longtemps mais ça y est : l'Allemagne, qui avait réussi de manière exemplaire à se défaire de ses terribles démons, vient de rejoindre le camp de l'extrême-droite à la manœuvre partout en Europe. Banal pourrait-on dire. Comme en France, comme au Danemark, comme aux Pays-Bas... Oui mais là, c'est en Allemagne. Et ça glace les sangs.

 

AFD.jpgHier, dimanche 13 mars 2016, 13 millions d'électeurs allemands se sont assis sur leurs scrupules et ont réservé sinon un triomphe, du moins une effrayante victoire au tout nouveau parti d'extrême-droite Alternative Fur Deutschland (AFD) qui obtient autour de 10 % en Rhénanie-Palatinat, près de 15 % dans le riche Bade-Wurtemberg et près de 25 % en Saxe-Anhalt, ce lander venu de l'Est. Dans ces deux États-nations, les deux partis dits « de gouvernement » - CDU et SPD, les partis de droite équivalents outre-Rhin de l'UMP (LR) et du PS, canal Valls-Hollande – n'ont même pas, ensemble, assez de voix pour constituer une majorité !

 

merkel fait la gueule.jpgÀ qui et à quoi devons-nous cette perspective redoutable ? À Frau Merkel et sa prétendue « générosité » ouvrant toutes grandes les portes non seulement de l'Allemagne mais de toute l'Europe à l'invasion des migrants déferlants depuis la Turquie et le foutoir des terres d'islam vers les grasses pâtures d'Europe. Parce qu'autour des véritables réfugiés fuyant la guerre en Syrie, et se camouflant derrière ceux-ci, s'agglomèrent des centaines de milliers de migrants économiques venant d'Afghanistan, du Pakistan, mais aussi du Maghreb et d'Afrique subsaharienne. I,3 millions de demandes de statut de réfugiés en 2015. Et le flux ne se tarit pas malgré des cadeaux fait à l'un des principaux responsables du foutoir moyen-oriental, l'islamiste Erdogan, sultan fou de Turquie que Frau Merkel voir plus souvent que ses propres ministres et à qui elle prétend ouvrir les portes de l'Union Européenne !

 

Parce qu'il est bien là le problème qui va tuer l'Europe : non pas les réfugiés, mais le fait que ces « réfugiés » sont, pour l'essentiel, musulmans. Mais ça, faut pas le dire sinon on risque l'excommunication pour « crime » d'islamophobie, ce mot inventé par les mollahs de Komeini et qui, par un étrange détour sémantique ne signifie plus « peur de l'islam » mais « racisme anti musulman » ! Comme si une idéologie mortifère pouvait être une race...

 

On assiste en se fouettant la couenne de culpabilité dégoulinante à un véritable suicide collectif de l'Europe. Les ventres stériles de nos femmes, les couilles molles de nos hommes incitent nos « zélites dirigeantes », sous la pression des patronats avides d'exploiter des quasi-esclaves, rien moins qu'à envisager, voire à organiser le remplacement des populations autochtones d'Europe par des peuplades venues d'autres continents, difficiles sinon impossibles à assimiler, étrangers à notre manière de vivre, de penser, de vivre ensemble. Des « zélites » qui refusent de voir que cette immigration massive change fondamentalement les valeurs traditionnelles dominantes en Europe, et que d’autre part à terme cette immigration extra-européenne contribue sinon à l’extinction des Européens autochtones du moins au remplacement de leurs cultures, de leur civilisation.

 

Cette situation ne se fera pas sans soubresauts sanglants. Mais ça, nos « zélites » s'en foutent. Ce qui les intéresse, c'est que l'économie tourne, que la sacro sainte « croissance » continue de façon à ce que les quelques milliers de parasites qui pressurent le monde s'engraissent encore plus. Et des populations immigrées peu éduquées, en situation de faiblesse et abruties par des idéologies obscurantistes sont toujours plus dociles que des autochtones lucides et récalcitrants ! La prétendue générosité de Merkel n'est rien d'autre qu'une allégeance totale aux demandes du patronat allemand friand de cette main-d’œuvre docile et si bon marché !

 

Frau Merkel, vous avez oublié que la vie d'un pays, la vie de l'Europe, ce n'est pas seulement l'économie, ce n'est pas seulement les marchés, ce n'est pas seulement la sacro-sainte croissance. C'est aussi le bien-être des gens, le vivre ensemble, le respect de tous, non seulement des « migrants » mais aussi des citoyens Lambda de chaque pays. Les électeurs viennent de vous le rappeler.

 

Mais, à cause de votre aveuglement, nous aussi risquons gros avec la résurrection de « La Bête ». À cause de vous, soixante-et-dix ans d'efforts exemplaires de votre grand peuple risquent d'être effacés. Et la confiance, la fraternité, l'amitié risquent de laisser place à la méfiance, à la germanophobie, à la peur de l'Allemagne... Beau résultat !

 

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10/03/2016

Nucléaire. Il y a cinq ans, Fukushima… Et en France ?

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Cinq ans. Il y a cinq ans, la centrale nucléaire de Fukushima explosait, plongeant le Japon, au-delà des horreurs d’un terrible tsunami, dans la terreur nucléaire. Depuis, les gouvernements japonais – aussi nuls que la compagnie nucléaire propriétaire du site – s’efforcent de minimiser les dégâts et d’inciter la population à retourner vivre dans la région. Tè ! Fumes…

Plus de 160.000 personnes ont été évacuées des villes situées autour de la centrale et près de 10% d'entre elles vivent dans des logements temporaires disséminés dans la circonscription territoriale de Fukushima. Seuls une douzaine de moins de trente ans sont pour l'instant revenus vivre dans la ville de Naraha, une ville rurale située à une vingtaine de kilomètres de la centrale théâtre du plus grave accident du nucléaire civil depuis Tchernobyl, en 1986.

Pour « fêter » ce sinistre anniversaire, les magistrats japonais viennent d’ordonner l'arrêt des deux centrales nucléaires qui viennent juste de redémarrer, parce que  « jugées pas assez sûres ». Une ONG nippone prévoit 10.000 cancers de plus à venir pour les habitants du site. Et l’ancien premier ministre nippon qui a eu à gérer la crise estime que d’ici quelques années, il n’y aura plus une seule centrale nucléaire en service dans le monde. Le nucléaire, c'est dépassé, le nucléaire, c’est le passé.

Et nous, les « champions » du nucléaire ? Ben, nous on dit, comme au jeu des mille euros «  Banco ! On continue ! » Sauf que nos voisins européens ne sont pas d’accord. Il est vrai que les Suisses, les Luxembourgeois, les Allemands, voisins de nos « belles » centrales, ne savent pas que les radiations ne passent pas les frontières ! Quelle ignorance, n’est-ce pas professeur Pèlerin ? Ils sont culottés ! Ils osent mettre en doute la fiabilité de notre formidable filière nucléaire et ont l’impertinence de demander l’arrêt non seulement de Fessenheim en Alsace, mais aussi de Bugey (Ain), mais encore de Cattenom (Moselle). Sous prétexte qu’elles sont vieilles, obsolètes et qu’elles mettent en danger non seulement les populations françaises mais aussi leurs propres populations. Quelle impudence! Ils sont vraiment étranges ces étrangers...

Et même chez nous, il y a des organisations hostiles à l’atome qui engagent des actions judiciaires, notamment un recours auprès du Conseil d’Etat, pour réclamer l’annulation d’un certain arrêté (https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2015/12/30/DEVP... ) concernant les équipements nucléaires sous pression. Ce sont tous les équipements contenant des fluides radioactifs comme la cuve où a lieu la fission nucléaire, les circuits de refroidissement et les générateurs de vapeur, éléments essentiels de toute centrale et donc cruciaux quant à la sécurité. Cet arrêté scélérat donne à l’exploitant un délai supplémentaire de trois ans pour se mettre en conformité avec la règlementation en vigueur depuis… 2005, donc cinq ans avant Fukushima ! Quelle peut être l’utilité d’un tel arrêté sinon de permettre aux industriels de déroger à leurs obligations de sûreté ? Ceci pour protéger l’EPR de Flamanville qui, justement, présente – en cours de construction – de graves faiblesses au niveau de la cuve, élément essentiel qui doit impérativement être sans défaut car ni changeable ni réparable une fois l’équipement en service. Quand c’est foireux, on change la loi, pas l’équipement !

Que penser d’une filière qui fait pression auprès des plus hautes autorités afin d’arracher l’autorisation de mettre en service une cuve nucléaire dont elle sait qu’elle est potentiellement dangereuse, faisant ainsi courir sciemment des risques catastrophiques à toute une population ? Les nucléocrates ça ose tout… La mauvaise foi du lobby nucléaire, elle, est inoxydable !

Cette filière industrielle du passé s’escrimant sur une énergie dépassée a pourtant un bel avenir devant elle. C’est celui du démantèlement des centrales existantes. Elle peut y mettre le savoir-faire indéniable de ses personnels au service d’une cause plus noble, infiniment plus utile et mieux acceptée par les populations.

Encore faudrait-il avoir des politiques sachant résister à la mafia nucléocrates qui sévit depuis la mise en route de cette filière, décidée par De Gaulle, ne l’oublions jamais, pas pour l’électricité, mais pour faire LA BOMBE.

 

 

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09/03/2016

Au bistro de la toile : Allumez le feu !

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- Oh ! Victor, t’as pas été bloqué par les embouteillages ?

 

- Y aura-t-il des embouteillages Loulle ? « Ouate Inde scie » comme disent les rosbifophones. Les appels à la manif vont-ils être entendus ? On verra. P’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non. Mais quoi qu’il se passe, le fait que pour se faire entendre il faille passer par la rue, les manifs, les grèves, mais aussi – et c’est nouveau - les manifs virtuelles, les « e-manifs » : pétitions en lignes capables de grouper un million de signatures en quelques jours, rendez-vous organisées spontanément à travers les réseaux sociaux, etc.

On touche là du doigt le fait que la démocratie représentative n’est pas toute la démocratie. Elle est surtout celle que l’on voit et qui prend les coups. Tout ça parce que les technologie du « net » permettent de redonner du peps à cette démocratie sclérosée, confisquée par les professionnels de la politique qui forment, quels que soit leurs bord politique, une caste sortie du même moule, développant naturellement une tendance oligarchique anti-démocratique, une hégémonie des « représentants » sur les « représentés ». Avec un contrôle très épisodique – tous les cinq ou six ans – au cours de grands raouts électoraux pour donner un semblant de légitimité populaire à cette anti-démocratie.

 

- Bien vu Victor. « Elections, piège à kons ? » Mais ce bulletin, c’est notre seule arme. Il ne faut pas l’oublier.

 

- Bien sûr qu’il faut aller voter lorsque l’on nous en donne l’occasion. Mais cela appelle un élargissement de l'espace démocratique, à côté et en tension avec les mécanismes de représentation : démocratie directe, pétitions, votations, démocratie participative, démocratie délibérative, rôle des syndicats, des associations et des mouvements sociaux dans la constitution d'une espace démocratique pluraliste et conflictuel, place de médias indépendants des pouvoirs économiques et politiques, etc. La démocratie est encore largement à conquérir et n'est pas le monopole d'un pré-carré représentatif à tendance oligarchique. Voilà ce dont « ils » ont peur les « oligarques » qui confisquent le pouvoir.

 

- Intéressant. Intéressant. Bon, heureusement, il y a ces résultats « exemplaires » des Zeuropéens et des Turcs concernant le problème des migrants…

 

- Ah ! Ah ! Ah ! J’aime ton second degré, mastroquet de mon cœur ! Contrairement à ce que veulent nous faire croire les « politiques » et les me(r)dias aux ordres, cette réunion euro-turque est un échec retentissant. Pas pour les Turcs qui peuvent pavoiser et fêter leur victoire, mais pour les Européens qui se sont faits rouler dans la merde.

Les résultats ? Echange 1 pour 1 entre les migrants clandestins passés en Grèce (qui seront censés être renvoyés et accueillis par le Turquie !!??!!) et un nombre égal de « réfugiés » garantis Syriens bon teint. Qu’est-ce que ça change au niveau du volume de migrants ? Rien. Et puis t’iras les chercher les clandestins passés en Grèce, t’iras leur dire « Non non non, messieurs les clandestins. Faut pas le faire. C’est interdit. C’est réservé aux « vrais » Syriens. Allez, soyez gentils, retournez chez nos amis Turcs » ! Tè ! Fumes… qu’ils te diront.

Autre résultat : les ressortissants turcs, dès le mois de juin, vont pouvoir venir librement, sans visas, en Europe. Alors, avec la dictature islamiste qui écrase de plus en plus la Turquie, ce ne sont plus seulement les réfugiés syriens qui vont déferler, mais les réfugiés turcs, qui risquent de fuir la dictature d’Erdogan et de ses sbires par centaines de milliers et viendront - légalement ceux-là à partir de juin – dans tous les pays de l’Union européenne. Les patrons allemands (mais pas qu’eux), instigateurs de la « générosité » de Fraù Merkel, vont se frotter les mains : de la belle et bonne main d’œuvre pas chère. C’est ce qu’il faut pour mettre au pas les laborieux qui prétendent lutter contre les « avancées sociales » prônées par tous les Valls, Macron, El Komeri, Schaub et Renzi…

Enfin, résultat ahurissant à venir si la Turquie est admise dans l’U.E. : les ressortissants de tous les pays limitrophes de la Turquie – Syrie, Irak, Iran, Azerbadjian, Georgie – et par extension Afghanistan, Pakistan, etc. n’auront qu’à passer – légalement ou clandestinement - en Turquie pour être en Europe. Et donc déferler sans entraves, en toute légalité européenne selon le principe de libre circulation des personnes, sur nos grasses contrées ramollies. Bonjour les dégâts…

 

- Ben dis donc… Merci madame Merkel et son appel « généreux » qui nous met à la merci des islamistes d’Erdogan.

 

- Ce même Erdogan qui proclame à qui veut l’entendre « Nos minarets sont nos glaives et les coupoles de nos mosquées nos boucliers ». A rapprocher des paroles de Boumedienne à l’ONU en 1974 « Un jour, des millions d'hommes quitteront l'hémisphère sud pour faire irruption dans l'hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils, c'est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire. »

Avec la complicité de gaucho-islamistes et d’associations collabos pro-émigration, cette invasion rampante ouvre la porte à des mouvements violents au sein même de l'Europe (ça commence en Allemagne), et crée les conditions d'une venue au pouvoir de partis d'extrême-droite violents. Avec risque de guerres civiles en Europe et la fin de la belle idée européenne. La lâcheté devant les faibles est une des formes les plus actives, les plus subtiles et les plus mortelles de la lâcheté !

 

- A la nôtre tout de même ! Et du rouge, tant que c’est permis.

08/03/2016

La Commission européenne s’apprête à céder à Monsanto. Disons NON au glyphosate !

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Catastrophe ! La Commission européenne est sur le point de renouveler l'autorisation du glyphosate pour une durée de 15 ans.

Cette substance, que l'on retrouve dans l'herbicide RoundUp de Monsanto, a pourtant été classée cancérogène "probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015. Classement que réfute en bloc l'Autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA), affirmant qu'au contraire la substance ne serait probablement pas cancérogène.

Malentendu ? Cafouillage administratif ? Pas du tout… loin de là ! Il s'agit ici tout simplement d'un cas flagrant de prise de pouvoir des multinationales aux dépens de notre santé. En effet, la ré-autorisation proposée les 7 et 8 mars à Bruxelles, se base sur des évaluations fournies par la Glyphosate Task Force (GTF - groupe de travail sur le glyphosate), un consortium d'entreprise de l'agrochimie auquel appartient -- avec d'autres géant de l'agrochimie -- Monsanto. Quelle bonne surprise !

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) avait classé le glyphosate comme cancérogène "probable" en mars 2015 suite à la réunion d'un comité de 17 experts scientifiques indépendants ayant étudié pendant plus d'un an 260 études menées aux États-Unis, en Suède et au Canada depuis 2001. En d'autres termes, une classification prise au sérieux et basée sur des données scientifiques solides.

Monsanto, qui accuse le CIRC d'avoir écarté de son évaluation les études commissionnées par les industriels de l'agrochimie, ne dit pas toute la vérité. Comme le rappel Kathryn Guyton, directrice de recherche au CIRC, les recherches menées par les industriels comme Monsanto n'ont jamais été publiées publiquement et n'ont donc pas pu être évaluées par les chercheurs indépendants.

Alors, aujourd'hui se pose une question très simple : pourquoi la Commission européenne et l'AESA refusent l'évaluation du CIRC concernant les dangers du glyphosate pour l'homme ? La réponse est simple : la Commission est à la botte du lobby du glyphosate et des industriels de l'agrochimie comme Monsanto.

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

Une centaine d'experts réputés se sont levés contre l'évaluation de l'AESA qu'ils qualifient de "peu crédible" -- du jamais vu ! Aussi, le gouvernement suédois prévoit de s'opposer à ce renouvellement alors que des voix s'élèvent contre le glyphosate au sein des gouvernements français et allemand. La pression monte à mesure que la contestation publique s'amplifie !

Le vote des 7 et 8 mars prochains sera déterminant. Ensemble, nous nous sommes déjà mobilisés contre Monsanto et ses pratiques antidémocratiques pour imposer les OGMs. Il est temps de dire aux gouvernements des pays membres de l'UE que nous exigeons que notre santé passe avant les profits de Monsanto et de l'industrie agrochimique.

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

 

Plus d'informations :

Glyphosate : la Commission européenne propose de renouveler son autorisation, France TV Info, le 25 février 2016.
Pesticides : la malédiction du soja, Envoyé Spécial, le 19 février 2016
Glyphosate et cancer : la décision de l'Agence européenne de suivre l'avis de Monsanto n'est pas crédible !, Les Amis de la Terre, novembre 2015.

 

Pour signer la pétition :

https://www.foodwatch.org/fr/s-informer/topics/glyphosate...

 

Illustration X - Droits réservés

03/03/2016

LA VIANDE A LA MERDE !

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Depuis belle lurette, des vétérinaires, des bouchers et des agents de la DCCRF - l’ancienne Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes qui se nomme désormais DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) - s’échangeaient l’information sous le manteau et conseillaient de ne pas donner de viande hallal aux enfants, qu’ils soient ou non musulmans. Le conseil valait notamment pour les parties avant des animaux et, surtout, les steaks hachés, qui ne contiennent souvent que des parties avant.

 

Pour le grand public, c’était motus et bouche cousue, quasiment un secret d’État ! Il était simplement fortement recommandé de manger les steaks hachés très bien cuits, ce qui sur le plan gustatif évoque plus le pâté de sciure que l’entrecôte de bœuf Angus, Kobé ou fin gras du Mézenc...

 

La viande hallal contient de la merde et, plus gravement, l’e-coli (*) qui prolifère dans le système digestif.

        

Sa présence, statistiquement inquiétante, découle directement de la technique utilisée pour l’abattage rituel. Parce que le bestiau, fou de terreur devant la mort qui s’approche, se chie dessus. Comme tout le monde quoi. Et cette merde tombe sur les parties avant. On lave bien sûr. Mais la merde, c’est malin, c’est opiniâtre, ça se glisse partout. Et il en reste.

 

Et pour ceux qui ne mangent pas hallal ?

        

C’est quasiment la même chose car, pour de sordides raisons économiques (pas d’étourdissement, ça fait des postes de dépenses en moins) de nombreux abattoirs tuent façon hallal d’innombrables bovins et ovins, ce qui entraîne pour eux une souffrance aussi effrayante qu’inutile et, pour les consommateurs, le risque de dégustation de matières fécales, dont les qualités organoleptiques restent à démontrer, ainsi que d’e-coli, dont la nocivité n’est plus à démontrer.

 

Le respect des normes sanitaires et la simple légalité sont fortement sollicitées en la « matière » tant les contrôles sont aléatoires.

 

Lorsque vous achetez du chocolat fantaisie, il suffit de chausser de bonnes lunettes pour apprendre que ce que vous allez manger « est susceptible de contenir des traces de noisette ou d’autres fruits à coque ».

        

Lorsque vous achetez de la viande, même équipé d’une grosse loupe, vous ne saurez jamais que ce que vous allez manger « est susceptible de contenir des traces de merde et quelques e-coli ».

        

Mais si vous faites très très bien cuire et surcuire votre steak haché, il n’y a pas de problème. C’est eux qui le disent !

 

Bon appétit, bonne santé et donnez du saucisson aux bébés, c’est moins dangereux.

 

         (*) E.coli (EHEC) Enterohaemorrhagic : bactérie susceptible de provoquer une maladie grave, guérissant spontanément dans la plupart des cas mais pouvant évoluer vers une forme mortelle, notamment chez les enfants et les vieillards. La charmante bestiole adore le fumier où elle peut survivre plusieurs mois.

 

 

Photo X – Droits réservés       

 

 

02/03/2016

Catastrophes écologiques. POLLUEUR-PAYEUR : le gouvernement Valls voulait en faire CONTRIBUABLE-PAYEUR

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Pendant les raouts agricoles, migrants et autre loi sur le travail, le gouvernement Valls a présenté à l’Assemblée nationale, ce mardi 1er mars, en deuxième lecture, la loi sur la biodiversité.

C’est la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité, la ci-devant « écologiste » Pompili Barbara qui est chargé de défendre ce projet de loi dans lequel le gouvernement avait sournoisement, à quelques heures de la présentation du texte, glissé un amendement directement dicté par le MEDEF et l’Association française des entreprises privées AFEP). Cet amendement vicelard entre tous consistait non seulement à exempter les pollueurs, genre Total pour l’Erika, de payer les dommages causés par leurs actes, mais à transférer le paiement de ce risque sur l’État, donc sur le contribuable !

Total en a rêvé, Valls voulait le faire. « Voulait » parce que, devant la montée au créneau de quelques parlementaires lucides et courageux comme Delphine Batho, cet amendement scélérat a été retiré. Mais jusqu’à quand ? Ne va-t-il pas revenir sous une autre forme sournoise puisque le débat parlementaire est reporté au 15 mars ?

Que disait cet amendement gouvernemental? Rappelons-le pour bien montrer la collusion entre ce gouvernement de « gôôche » et les lobbies patronaux.

Il dit ceci (voir le premier paragraphe http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD1048.asp )

« De la réparation du préjudice écologique

« Art. 1386‑19. - Indépendamment des préjudices réparés suivant les modalités du droit commun, est réparable, dans les conditions prévues au présent titre, le préjudice écologique résultant d’une atteinte anormale aux éléments et aux fonctions des écosystèmes ainsi qu’aux bénéfices collectifs tirés par l’homme de l’environnement.

« N’est pas réparable, sur le fondement du présent titre, le préjudice résultant d’une atteinte autorisée par les lois, règlements et engagements internationaux de la France ou par un titre délivré pour leur application. »

Ça ne semble rien mais cela veut dire que quelque pollution que ce soit causée par une activité qui a obtenu une autorisation administrative (autorisation de faire circuler des produits dangereux en mer, sur les fleuves mais aussi autorisation de forer, autorisation d’exploiter, permis de construire, etc.) ne pourra être qualifié juridiquement de préjudice écologique et ne pourra donc prétendre à aucune réparation dès lors que le responsable de la pollution pourra démontrer qu’il possède une autorisation pour cette activité. Et à qui incombera alors la charge de payer les dégâts ? Ben, à l’administration qui aura délivré l’autorisation, bien sûr ! Donc à l’État, donc au contribuable, à nos poches. C’est un véritable PERMIS DE POLLUER !

Avec cette loi, Total n’aurait pas eu à payer pour les dégâts causés par la marée noire de l’Erika.

Cette inversion de la responsabilité, si elle passait pour les dégâts écologiques, serait rapidement étendue, sous les énormes pressions des lobbies, à d’autres activités. Notamment en matière de préjudices causés par des médicaments, des pesticides, etc.

Ne crions pas avant d’avoir mal puisque cet amendement a été retiré in extremis. Mais cet épisode montre la duplicité de ce gouvernement qui trahit sans vergogne ceux qui les ont élus. Remercions les lanceurs d’alertes qui ont permis à des parlementaires honnêtes (mais si, on en trouve) comme Delphine Batho de présenter un contre amendement qui a fait reculer le gouvernement.

Hollande, Valls, Macron, Medef, Total, Servier, même combat ultralibéral !

 

Illustration: merci à Luz

29/02/2016

Au « SALON DE LA SUBVENTION »

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Les « paysans » (pardon, les « exploitants agricoles ») qui ont insulté la fonction présidentielle, donc la République, à travers François Hollande, méritent-ils l’indulgence dont ils bénéficient traditionnellement pour leurs exactions ?

 

Question : pourquoi l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark taillent-ils des croupières à l’agriculture française, jadis championne d’Europe voire du monde, alors qu’elle a reçu de l’Europe des centaines de milliards d’euros (environ 10 milliards chaque année) ?

 

Parce que ces pays ont profité des aides européennes pour moderniser leurs agricultures et leurs élevages dans l’esprit ultralibéral prôné par Bruxelles, afin de les rendre plus productifs, donc plus générateurs de profits. Il en est résulté une agriculture et surtout des élevages industrialisés, appartenant à des groupements financiers ou industriels, n’ayant pas d’états d’âmes à exploiter sans vergogne des mains d’œuvre venus de l’immigration (souvent clandestine) ou des travailleurs « détachées ». Ceci dans des exploitations que l’on ne peut plus appeler « fermes », enfermant plusieurs milliers de vaches monoraces (prime holstein) pissant des millions de litres de mauvais lait, sans jamais voir le soleil ni manger un brin d’herbe, nourris aux aliments industriels à base de soja OGM provenant d’Amérique (Nord et Sud), puis inondant le marché et faisant chuter les prix avec des tonnes de barbaque de réforme vendue par la grande distribution. Idem pour le porc et les volailles.

 

Question : Pourquoi la France n’a-t-elle pas suivi ce même processus ?

 

Parce que les gouvernements (où la droite reste largement dominante dans le temps) - en pleine connivence avec la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et avec la complicité intéressées du Crédit agricole et des Chambres d’agriculture – ont œuvrés non pas pour bâtir un avenir viable à l’agriculture française, mais avant tout pour maintenir un électorat traditionnellement acquis à la droite (voire actuellement à l’extrême-droite). Ils ont étalé dans le temps (et donc les scrutins !) la baisse régulière du nombre d’exploitations afin de maintenir quantitativement cet électorat. Les paysans français disparaissent inexorablement pour être remplacés par des « exploitants agricoles » sous contrat qui sont en réalité des ouvriers spécialisés « uber style », maillons faibles d’une agro-industrie préoccupée avant tout de profit financier. Et comme leur poid électoral s’est considérablement rétrécit, les « politiques » s’en foutent. Et TAFTA, s’il est signé, consacrera leur mise à mort.

 

L’ « exploitant agricole » a perdu son âme de paysan. Son âme et son savoir-faire. Il est devenu un chasseur de subventions, celles-ci représentant l’essentiel du revenu des « exploitants agricoles ». A noter que, sans assurer l’avenir de l’agriculture française, la Politique agricole commune a razzié l’essentiel des fonds européens au détriment d’autres politiques européennes. Les Français, principaux bénéficiaires des fonds européens, ont - sous la bannière de la FNSEA - toujours lutté contre les velléités bruxelloises de différentiation des subventions en fonction d’autres critères que la surface et la seule rentabilité des exploitations. Résultats : ces subventions ont été surtout – et sont toujours – pompés par les gros exploitants céréaliers (80 % du fric pour 20 % d’ « exploitants »-exploiteurs). Comme par hasard, c’est parmi ceux-ci que se recrutent l’essentiel des dirigeants de la FNSEA !

 

Les quotas laitiers, qui permettaient de produire à des prix rémunérateurs, ont été supprimés le 1er avril 2015. Suppression signée et ratifiée sous la droite de Sarko, rappelons-le à l’électorat de droite des « exploitants agricoles » qui sifflent et insultent le président actuel. Dès lors ces derniers somment l’Etat – avec nos sous - de prendre le relais de Bruxelles pour continuer de subventionner une agriculture responsable de biens des dégradations environnementales, stérilisant la terre par les engrais chimiques, empoisonnant l’eau et l’air par les pesticides, sans oublier la non qualité des aliments.

 

Et que dire de la désertification rurales résultant du regroupement des exploitations ; que dire des milliers de cancers contractés par les agriculteurs suite aux divers traitement chimiques ; que dire des suicides (deux pas jours) d’ « exploitants agricoles » flingués par les dettes contractées auprès du Crédit agricole pour sacrifier à la course au plus gros tracteur…

 

Et que penser de ce drôle de « syndicat » agricole dont le président, Xavier Belin, préside aussi une multinationale…qui vend – très cher, et c’est une des raisons occultée des problèmes de prix actuels - aux éleveurs qu’il est censé défendre l’aliment industriel à base de tourteaux de soja OGM ? Xavier Belin, le paysan en Prada est un homme d'affaires aux multiples casquettes. Il est président du syndicat majoritaire mais aussi : PDG de la société Avril-Sofiprotéol, multinationale aux multiples activités, vice-président du Copa-Cogeca, structure qui rassemble des syndicats et organisations agricoles au niveau européen, particulièrement favorable à la signature du  traité TAFTA, président du port de commerce de La Rochelle, deuxième port français pour l’exportation de céréales, propriétaire dans le Loiret d'une exploitation de 500 hectares de blé, orge, colza, tournesol, maïs et pois protéagineux, etc. Quel homme pour s'occuper de tant de choses !

Quant à Sofiprotéol, rebaptisé Avril – ça fait plus printanier ! - c'est un mastodonte de 7 milliards d’euros de chiffre d'affaires, qui regroupe plus de 150 sociétés, présent dans 22 pays, notamment au Maghreb. L'objectif de cette pieuvre : assurer un maximum de débouchés à la filière des huiles et des protéines végétales (tournesol, colza, etc.)

Sofiprotéol-Avril, ce sont les huiles Lesieur et Puget, les œufs Mâtines, c'est des porcs, de la volaille, du bétail avec Glon Sanders, n°1 de l'alimentation animale. On la retrouve aussi dans la santé et la génétique animale, dans l'oléochimie (cosmétiques, peintures, mousse polyuréthane), dans les carburants (Diester industrie, n°1 européen du bio-diesel). On la rencontre encore dans le financement de l'agriculture industrielle, dans l'huile de palme, dans les semences, dans les additifs alimentaires, dans... les OGM (par Biogemma), et même dans la presse agricole !

Et les « floués de la terre » confient la défense et l’élaboration de leur futur à ce cartel qui montre sa force au salon de l’agriculture – qu’il faudrait rebaptiser « SALON DE LA SUBVENTION » - en orchestrant les insultes, le démontage du stand gouvernemental, les jets de bouses afin d’intimider le gouvernement…

Les ex-paysans, devenus « exploités agricoles » n’ont que les représentants syndicaux qu’ils méritent et l’avenir que ceux-ci leur concoctent.

Que faudrait-il faire alors ? Qui lo sa ?

Il faudrait peut-être organiser, voire imposer, des négociations tripartites entre la grande distribution, les industriels de l’agroalimentaire et aussi les paysans (pardon, les exploitants agricoles). Mais qui pour les représenter face à des colosses structurés, avides et sans états d’âmes ? Certainement pas la FNSEA. Alors, des groupements de producteurs ? Existent-ils ?

Il faudrait certainement imposer l’étiquetage pour que le consommateur sache ce qu’il achète. Encore faudrait-il que nos représentants auprès de l’Europe ne se couchent pas, comme d’habitude.

Il faudrait évidemment sortir de la monoculture, avec des fermes à taille humaine pratiquant une pluriculture destinée à nourrir une clientèle de proximité et sortir du mirage de l’exportation de produits de qualité médiocre concurrencés par leurs équivalents venant des pays à bas prix de main d’œuvre (Brésil) ou exploitant sans vergogne les travailleurs « détachés » (Allemagne).

 

Et surtout remplacer ces productions qui ne peuvent pas, compte tenu des prix de main d’œuvre chez nous et de la structure familiale de nos exploitations, concurrencer les productions des usines à lait ou à barbaque de la mondialisation. En surfant sur l'image très positive de la France, terre d'excellence gastronomique, terre de luxe, terre de savoir-faire, terre de savoir-vivre pour se diriger vers des productions de qualité, de haut de gamme, lait et viandes bio, produits transformés AOC et AOP, etc., à des prix rémunérateurs.

 

Et nos paysans retrouveront le goût du bel et bon labeur et la joie de vivre plutôt que la tentation de la corde...

 

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25/02/2016

Agressions de Cologne : « oui, il y a un racisme qui insinue qu’on peut violer une non-musulmane sans conséquences ».

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Je viens d’entendre, dans la revue de presse de France-Inter, quelques phrases qui me sont allés droit au cœur et à l’intelligence. La journaliste radio citait une chronique parue sous la signature de Fawzia Zouari dans l’excellent magazine Jeune Afrique.

Cet article, en voici ce qui m’a paru essentiel. Mais vous pouvez le trouver in extenso ici :

 

« Hier porté au pinacle, l'écrivain et chroniqueur algérien Kamel Daoud est désormais cloué au pilori.

Pourquoi ? Parce qu’il a osé affirmer que les viols perpétrés à Cologne par des immigrés issus du monde arabo-musulman sont la conséquence logique d’une tradition portée sur la répression sexuelle et génératrice de frustration chez les jeunes. Que n’a-t-il dit ! Culturalisme radical, clichés orientalistes, islamophobie, en a conclu un collectif d’intellectuels dans les colonnes du quotidien français Le Monde  (...)

Contents, les intellectuels de Paris, vous qui observez nos sociétés de vos balcons et les jugez à l’aune de vos théories ? Je vous défie de démontrer le contraire de ce qu’affirme Kamel Daoud, qui, lui, vit sur le terrain, observe quotidiennement un monde où les femmes doivent arriver vierges chez leurs maris et où les célibataires sont rendus fous par la misère sexuelle, subit cette loi qui ne permet ni à l’homme ni à la femme d’avoir des relations physiques hors mariage. De quel droit lui déniez-vous la liberté de dénoncer un puritanisme réel et le courage de souligner les travers des siens ? 

Il faut un « débat apaisé et approfondi », allègue ce collectif bon teint. C’est-à-dire ? Renoncer à franchir la ligne rouge en soutenant, comme le fait Daoud, que, oui, il existe une psychologie de la foule arabe ; oui, nous trimbalons une mentalité millénaire qui définit la femme comme un appât et une honte ; oui, il y a chez nous un rapport pathologique à la sexualité ; oui, il y a un racisme qui insinue qu’on peut violer une non-musulmane sans conséquences ; oui, certains nouveaux arrivants en Europe doivent se faire à l’égalité des sexes et à la laïcité ! »

Voilà qui mouche ces pseudo intellos donneurs de leçons, ces idiots utiles, que dis-je, ces crétins complices des sinistres barbus nazislamistes. Et Fawzia Zouari enfonce le clou :

« N’en déplaise à nos avocats autoproclamés, de plus en plus d’intellectuels arabes refusent la vision d’un Orient lisse et innocent aussi erronée que celle d’un Orient obscurantiste et haineux. Ils ne veulent plus jouer les admirateurs béats de leurs propres traditions et de leur religion. Ni devenir les otages d’un monde occidental traumatisé par l’accusation d’islamophobie et plombé par les scrupules d’une gauche qui va jusqu’à leur dénier le droit d’aimer dans l’Occident l’espace de liberté et d’émancipation auquel ils aspirent (...) »

 Et elle conclut :

« Kamel Daoud dérange le confortable angélisme sur l’islam et les musulmans. (…) Il s’inscrit dans une autre lignée de musulmans : celle des écrivains rebelles et des penseurs du doute qui travaillent à desserrer l’étau du dogme et à faire naître l’individu musulman. Celle que nos signataires du Monde viennent d’acculer au silence. Voilà comment on fait de l’islamisme comme Monsieur Jourdain de la prose… »

Fawzia Zouari

http://www.jeuneafrique.com/mag/304007/societe/polemique-...

 

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23/02/2016

Industrie nucléaire : la saga d’un fiasco.

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Heu-reux ! Heureux parce que ma facture d’électricité a baissé de façon drastique. Pas parce que le prix a baissé, non, mais parce que je ne sacrifie plus à cette aberration prônée pendant des décennies par EDF : se chauffer à l’électricité. Je suis un bon élève de la « transition énergétique » : je chauffe à l’aide d’un poêle à granulés de bois ! Chaleur douce et régulée, belle flamme, on jette les cendres une fois par saison de chauffe, et en plus chauffage totalement écololo : il ne rejette dans l’atmosphère que le gaz carbonique que les arbres lui ont pris !

 

Ben ouais, Victor. Mais ça n’arrange pas les affaires d’EDF un comportement pareil… EDF, c’est l’électricité avant tout nucléaire. Moderne ça Coco ! Pas comme tes bouts de bois transformés en granulés genre « totaliment ». Et ce n’est pas bon pour les comptes d’EDF, donc pour les bénefs des actionnaires c’est-à-dire monsieur L’État à plus de 84 % ! La valeur de l’action de ce qui fut l’un des plus beaux fleurons de l’industrie française s’enfonce dans un gouffre : elle a été divisée par 8,5 en moins de dix ans… Et ce n’est pas fini.

 

L’industrie nucléaire est une industrie du passé, du siècle dernier. Son avenir est derrière elle depuis longtemps déjà. Mais EDF, appuyé sur le puissant lobby nucléaire, n’a rien compris. Au niveau mondial, la production d’électricité nucléaire ralentit depuis l’orée de ce siècle. Les nouvelles centrales mises en service ne le sont qu’en remplacement des unités arrêtées pour obsolescence. Et la catastrophe de Fukushima n’a pas arrangé les choses, notamment au Japon et en Allemagne qui ont arrêté les frais (et les risques). Par contre l’électricité d’origine renouvelable est en expansion rapide partout dans le monde. Sauf en France. On a tout faux…

 

Tout faux parce que la consommation d’électricité n’augmente plus tant au niveau français qu’européen.

 

Tout faux parce que la loi de transition énergétique ambitionne de diviser par deux la consommation d’énergie d’ici 2050, et que l’énergie « électricité » ne restera évidemment pas à l’écart de cette baisse drastique.

 

Tout faux surtout pour les dirigeants d’EDF – en tête desquels Henri Proglio, son ancien président – qui prédisait une augmentation de la consommation électrique de 40 à 50 % d’ici 2025 ! Et donc que le passage figurant dans la loi de l’électricité nucléaire de 75 à 50 % n’entrainerait pas de fermeture de centrales nucléaire. Bonjour la compétence !

 

Tout faux parce qu’aucun pays européen ne programme d’augmenter son nombre de centrales nucléaires. L’Allemagne a arrêté les frais, la Grande-Bretagne se contente de remplacer ses trop vieilles centrales par deux EPR, et même la France limite son parc à son potentiel actuel.

 

Tout faux parce que la France est à la traine concernant les énergies électriques renouvelables telles l’éolien, le photovoltaïque, la biomasse, etc.

 

Et, cerise sur le gâteau nucléaire, la chute des prix du pétrole n’arrange pas les affaires des nucléocrates.

 

L’aveuglement tant des dirigeants d’EDF que d’AREVA – autre fleuron en faillite par l’impéritie de des dirigeants – et des gouvernements successifs, quel que soit leur bord politique est flagrant et reflète l’influence néfaste du lobby pro nucléaire à l’œuvre depuis des décennies. Leur crédo : la consommation d’électricité va augmenter, il faut donc anticiper cette augmentation; le marché mondial ouvre un bel avenir à la technique nucléaire française qui est la première du monde  Mouais…

 

Et ce fut donc l’aventure des EPR. Areva en vend un clé en mains à la Finlande et un autre à EDF à Flamanville. Fiasco sur toute la ligne. Ces deux prototypes multiplient les déboires techniques, les retards. Leur prix est multiplié par 4 et leur mise en ouvre sans cesse retardée. Aucun des deux ne fonctionne actuellement. Fonctionneront-ils d’ailleurs un jour ? Idem pour deux EPR construits en Chine. Quant à ceux soi-disant vendus aux Anglais, on en reparlera… Bref, un sacré bide !

 

Le pognon jeté dans l’EPR manque ailleurs, en notamment dans la maintenance du parc de centrales existantes, au risque de catastrophes incommensurables. La vétusté des installations fait que la disponibilité du parc est en baisse constante, d’autant plus que Fukushima est passé par là et que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) impose à l’opérateur des mesures de mise aux nouvelles normes. C’est ce qu’ils appellent le « grand carénage », opération de rénovation dont la facture oscille de 55 milliards (selon les « organisateurs », EDF) à 100 milliards (selon « la police », la Cour des comptes). Ceci dans le but hypothétique de prolonger l’utilisation des centrales de 10 ans supplémentaires. Hypothétique parce que ces travaux excluent les éléments essentiels : la cuve et l’enceinte de confinement qui ne sont en aucune manière remplaçables. Bonjour les risques…

 

Et combien coûtera le démantèlement des centrales ? Démantèlement que les techniciens nucléaire sont incapables de mener à bien (voir Brénilis).

 

Enfin, quid du stockage des déchets, le site d’enfouissement de Bure étant loin d’être opérationnel ?

 

 

 Illustration X - Droits réservés

18/02/2016

GRANDES VOIX. Kamel Daoud prend du recul : «Je me résous à creuser et non déclamer.»

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Lettre à un ami étranger

par Kamel Daoud

Cher ami. J'ai lu avec attention ta lettre, bien sûr. Elle m'a touché par sa générosité et sa lucidité. Étrangement, ton propos est venu conforter ce que j'ai déjà pris comme décision ces jours, et avec les mêmes arguments. J'y ai surtout retenu l'expression de ton amitié tendre et complice malgré l'inquiétude.

Je voudrais cependant répondre encore. J'ai longtemps écrit avec le même esprit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et j'ai essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur. J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seulement parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme en Algérie, durant les années dures, m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit, le mythe de l'expérience. J'ai donc écrit souvent, trop, avec fureur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la conscience ou à l'abdication et l'intégrisme. Selon nos buts dans la vie.

Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses.

D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. Si on n'est pas d'un côté, on est de l'autre; le texte sur « Cologne », j'en avais écrit une partie, celle sur la femme, il y a des années. A l'époque, cela n'a fait réagir personne ou si peu. Aujourd'hui, l'époque a changé : des crispassions poussent à interpréter et l'interprétation pousse au procès. J'avais écrit cet article et celui du New York Times début janvier; leur succession dans le temps est donc un accident et pas un acharnement de ma part. J'avais écrit, poussé par la honte et la colère contre les miens, et parce que je vis dans ce pays, dans cette terre. J'y ai dit ma pensée et mon analyse sur un aspect que l'on ne peut cacher sous prétexte de « charité culturelle ». Je suis écrivain et je n'écris pas des thèses d'universitaires. C'est une émotion aussi. Que des universitaires pétitionnent contre moi aujourd'hui, pour ce texte, je trouve cela immoral parce qu'ils ne vivent pas ma chair, ni ma terre et que je trouve illégitime sinon scandaleux que certains me servent le verdict d'islamophobie à partir de la sécurité et des conforts des capitales de l'Occident et ses terrasses. Le tout servi en forme de procès stalinien et avec le préjugé du spécialiste : je sermonne un indigène parce que je parle mieux des intérêts des autres indigènes et post-décolonisés. Et au nom des deux mais avec mon nom. Et cela m'est intolérable comme posture. Je pense que cela reste immoral de m'offrir en pâture à la haine locale sous le verdict d'islamophobie qui sert aujourd'hui aussi d'inquisition. Je pense que c'est honteux de m'accuser de cela en restant bien loin de mon quotidien et celui des miens.

L'islam est une belle religion selon l'homme qui la porte, mais j'aime que les religions soient un chemin vers un dieu et qu'y résonnent les pas d'un homme qui marche. Ces pétitionnaires embusqués ne mesurent pas la conséquence de leurs actes et du tribunal sur la vie d'autrui.

Cher ami.

J'ai compris aussi que l'époque est dure. Comme autrefois, l'écrivain venu du froid, aujourd'hui, l'écrivain venu du monde dit « arabe » est piégé, sommé, poussé dans le dos et repoussé. La surinterprétation le guette et les médias le harcèlent pour conforter qui une vision, qui un rejet et un déni. Le sort de la femme est lié à mon avenir, à l'avenir des miens. Le désir est malade dans nos terres et le corps est encerclé. Cela, on ne peut pas le nier et je dois le dire et le dénoncer. Mais je me retrouve soudainement responsable de ce qui va être lu selon les terres et les airs. Dénoncer la théocratie ambiante chez nous devient un argument d'islamophobe ailleurs. Est-ce ma faute ? En partie. Mais c'est aussi la faute de notre époque, son mal du siècle. C'est ce qui s'est passé pour la tribune sur « Cologne ». Je l'assume mais je me retrouve désolé pour ce à quoi elle peut servir comme déni et refus d'humanité de l'Autre. L'écrivain venu des terres d'Allah se retrouve aujourd'hui au centre de sollicitations médiatiques intolérables. Je n'y peux rien mais je peux m'en soustraire : par la prudence comme je l'ai cru, mais aussi par le silence comme je le choisis désormais.

Je vais donc m'occuper de littérature et en cela tu as raison. J'arrête le journalisme sous peu. Je vais aller écouter des arbres ou des cœurs. Lire. Restaurer en moi la confiance et la quiétude. Explorer. Non pas abdiquer, mais aller plus loin que le jeu de vagues et des médias. Je me résous à creuser et non déclamer.

J'ai pour ma terre l'affection du déchanté. Un amour secret et fort. Une passion. J'aime les miens et les cieux que j'essaye de déchiffrer dans les livres et avec l'œil la nuit. Je rêve de puissance, de souveraineté pour les miens, de conscience et de partage. Cela me déçoit de ne pas vivre ce rêve. Cela me met en colère ou me pousse au châtiment amoureux. Je ne hais pas les miens, ni l'homme en l'autre. Je n'insulte pas les raisons d'autrui. Mais j'exerce mon droit d'être libre. Ce droit a été mal interprété, sollicité, malmené ou jugé. Aujourd'hui, je veux aussi la liberté de faire autre chose. Mille excuses si j'ai déçu, un moment, ton amitié cher A… Et si je rends publique cette lettre aujourd'hui, avant de t'en parler, c'est parce qu'elle s'adresse aux gens affectueux, de bonne foi comme toi. Et surtout à toi. A Oran.

 

Sources:

http://lequotidien-oran.com/?news=5224963
http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantasmes-de-kamel-daoud_4863096_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-li...

 

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