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26/02/2012

Ouiquinde gastronomique qui tient au corps.

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Le bœuf à l'Hermitage des mariniers de Condrieu

 

Au sortir de Lyon, le fleuve - lourd des masses

De séracs écroulés, et des torrents de glace,

Et des prairies de neige, et des mers domestiques

Qu'a enfanté pour lui la vigueur helvétique ­

Se joint à l'opulence des grandes eaux de Saône

Pour mériter enfin son nom de Dieu: le Rhône.

Il plonge vers le Sud voluptueusement

Pour créer sa vallée de soleil et de vent.

Il féconde en roulant, et la terre, et la pierre

Pour engendrer la Vigne et ses grains de lumière.

Dans le Septentrion, les vignes du vertige,

Sur les coteaux du Sud, celles du Félibrige.

Vignerons sur les roches, mariniers sur les eaux,

Qui avec ses tonneaux, qui avec ses bateaux,

Les hommes du grand fleuve étaient tous des gagneurs

Car à fleuve divin, il sied d'être un seigneur.

En ces temps là, petit, le Rhône était un dieu

Et sa Jérusalem était à Condrieu.

Ce bourg de pierres blondes, entre l'eau et les vignes,

Engendra les meilleurs, les plus forts, les plus dignes

De ces seigneurs du fleuve. Ah ! il fallait les voir

Les longs trains de bateaux, lorsque tombait le soir

S'arrimer à la rive. Vingt-cinq hommes par rigue

Et autant de chevaux débarquaient dans le bourg

Pour boire, manger, chanter et chasser la fatigue,

Pour se battre parfois, et pour faire l'amour.

Partout dans les auberges, les troquets, les bord' eaux

On débitait friture, vin fort et fricandeaux,

Mais ce que préféraient, avant l'appareillage

Les mariniers, c'était le bœuf à l'Hermitage.

Ce petit port du Rhône, en face de Tournon,

Escarpe sa syrah aux flancs d'un mamelon

Et produit l'un des meilleurs vins rouges qui soit,

Puissant comme un volcan, souple comme la soie.

C'est dans sa robe pourpre que les bons cuisiniers

Mettent à mariner le bœuf des mariniers.

Deux kilos et demi de paleron d'Aubrac

Coupés en gros morceaux et disposés en vrac

Dans un profond faitout avec thym et laurier,

Sel, poivre du moulin et un bel ail entier,

Un verre d'huile d'olive, du marc de Condrieu

Ainsi qu'une bouteille d'Hermitage un peu vieux.

Le lendemain matin, tu fais la retirade

Du bœuf bien imprégné avec ta marinade.

Dispose les morceaux dans un poêlon onché,

Avec plusieurs oignons grossièrement hachés.

Alterne bien les strates de viande et de légumes,

Pour finir, une couche d'oignons de beau volume.

Verse sur l'appareil ton jus de marinade,

Fait cuire à feu très doux, couvert, à l'estouffade.

Un quart d'heure plus tard, du vinaigre, un bon verre,

Ainsi que de gros sel une bonne cuillère.

Tu laisses encore un heure mijoter au frisson.

Pendant ce temps, prépare donc la liaison.

Tu haches finement deux anchois dessalés

Avec deux gousses d'ail, du persil ciselé,

Deux cornichons hachés, saupoudre de farine,

Mouille avec la bonne huile d'olive comtadine.

Puis verse doucement ce bol de liaison

Pour bien l'incorporer à la préparation.

Tu laisses mijoter encore cinq minutes

C'est prêt, tu sers très chaud, et la fête débute.

En accompagnement, quelques pommes vapeur,

Ou bien des pâtes fraîches, et vive le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 2,5 kilos de paleron de bœuf d'Aubrac (si possible), - 2 verres d'huile d'olive de la vallée des Baux, - 1 verre de marc, - 1 bouteille d'Hermi­tage, - 1 verre de vinaigre, - 4 gros oignons, - 2 gousses d'ail, - 2 anchois en filets, - 2 cornichons, - sel, poivre, thym, laurier, farine, - 2 kilos de pommes de terre vapeur ou 1 kilo de pâtes fraîches.

 

Les vins conseillés:

Essentiellement des vins rouges des Côtes-du-Rhône septentrionales: - Condrieu, - Hermitage, - Crozes-Hermitage, - Côte-Rôtie, - Saint-Jo­seph, - Cornas.

 

In : Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s – Jean-Victor Joubert – http://www.ayoli.fr

 

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Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

24/02/2012

Duplicité et connivence entre la Sarkozie et le patronat : repousser les plans sociaux…

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La tribu Le Pen and C° n’est pas ma tasse de thé – ou plutôt pas mon ballon de rouge – mais si la Marine dit qu’il pleut et qu’en fait, en mettant le nez dehors, je vois qu’effectivement il pleut, je serais stupide de dire qu’il fait beau ! Ce préambule pour introduire une information qui était jusque là passée (presque) inaperçue et qu’a dévoilée la candidate FN hier soir. Après quelques recherches, la voici, tirée du site de Challenge dans un article de Fanny Guinochet daté du 15 février :

 

« EXCLUSIF : Les patrons de la Fnac et d'Areva ont reçu des instructions pour ne pas durcir leurs projets de licenciements. PSA et Renault ont promis de ne rien annoncer avant le mois de mai.

Le cabinet du ministre du Travail, Xavier Bertrand fait le forcing auprès des patrons pour éviter les plans sociaux. En cette période électorale, l’ex-secrétaire général de l'UMP qui n’a pas envie que les chiffres du chômage, déjà très élevés, ne se dégradent encore veut calmer le jeu d’ici aux élections.

Ainsi, Alexandre Bompard (Fnac) ou encore Luc Oursel (Areva) ont reçu des instructions pour repousser de quelques mois leurs projets de licenciement. La Fnac, qui a fait part de son intention de supprimer 500 postes (dont 300 en France) en janvier dernier, a été priée de ne pas aller au-delà pour le moment. Idem pour le groupe Areva qui projetait de se délester de 3.000 emplois dans l’Hexagone.

 Dans le secteur automobile, le couperet tombera après le mois de mai

Les constructeurs automobiles ne sont pas en reste. PSA avait à l’automne annoncé une réduction de la voilure. Sur les conseils de la rue de Grenelle, le groupe ne fera aucune communication qui puisse inquiéter les salariés d’ici à mai 2012.

Chez Renault, les relations avec l’Etat –actionnaire à hauteur de 15%- sont plus complexes, mais les mesures d’économie évoquées fin décembre par Carlos Tavares, le DG du groupe, sont repoussées de quelques mois. Elles devraient prendre effet au second semestre et non au premier comme prévu à l’origine.

Les dirigeants ont bien compris que le timing ne leur était pas favorable. L’exemple de Lejaby en a échaudé plus d’un. Ils savent qu’au moindre plan social, les politiques s’en mêleront. Beaucoup n’ont pas envie de voir défiler dans leur usine, les différents candidats prendre fait et cause pour leurs employés. »

source : Challenges  

 

 

Illustration lumineuse de la duplicité et de la connivence sévissant au plus haut niveau de l’état et des instances patronales ! Et accessoirement, cadeau empoisonné pour Hollande…

 

 

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 Sextidi 6 ventose 220

 

 

Photos X - Droits réservés

 

 

 

 

 

19/02/2012

Ouiquinde gastronomique révolutionnaire et qui tient au ventre!

Cassoulet pour web.jpg

 

 

 

Le Cassoulet de Paulette

 

En ce temps là, petit, les terres occitanes

Subissaient les horreurs des foudres vaticanes.

La conjonction rapace de talibans papistes

Et de seigneurs brumeux aux vues colonialistes

Jetait en pays d'Oc des hordes franchimandes.

Ils tuaient, ils violaient, ces barbares en bandes,

Saccageant les campagnes, pillant villes et bourgs,

Exterminant le peuple, brûlant les troubadours.

Sous les exhortations de l'affreux Dominique

Ils cramaient les parfaits, sous le nom d'hérétiques.

Ces bœufs au front obtus, à l'ombre de leur croix

Menaient honteusement, pour leur pape et leur roi

La razzia des voleurs: la guerre de conquête.

Finies les Cours d'Amour, place au bal des squelettes.

- Ces temps étaient bien durs, ces gens étaient bien laids

Mais, Victor, on devait parler du cassoulet!

- Exactement, petit. Ouvre ce Saint-Nabor

Et buvons à la Dame Jéhanne de Lavaur,

Car c'est elle qui, en ces périodes troublées,

Au front de l'ennemi, créa le Cassoulet!

Ah ! Il fallait la voir notre Dame Jéhanne,

Indomptable, farouche et belle comme Diane,

Culbutant les marauds, écrasant les soudards,

Taillant et estoquant Franchimands et Picards,

Plus de six pieds de haut et lourde d'un quintal,

Sa crinière de geai et ses yeux de cristal,

Galvanisaient le peuple assiégé de la ville

Et glaçaient de terreur les assaillants débiles.

Tous abordaient l'hiver de l'an mille cent onze.

Les rives de l'Agout changeaient leurs ors en bronze,

Les assiégeants, menés par Simon de Montfort

S'efforçaient d'affamer le peuple de Lavaur,

Place fortifiée entre Albi et Toulouse,

Capitale du Sud, de son honneur jalouse.

L'Occitanie d'alors était démocratique,

On discutait de tout sur la place publique,

On s’aimait, s'entraidait, partageait l'assiettée,

Les maîtres mots étaient Amour et Liberté.

Dans Lavaur étranglée, la position est grave.

Jéhanne alors regroupe et harangue ses braves:

- « Monfort veut notre peau, il devra payer cher,

Ne nous nourrissons pas d' avés et de paters !

Amenez tous céans ce qui se peut manger,

Tout ce que vous avez, nous l'allons partager. »

Et chacun apporta, de caves et greniers,

Qui des tours de saucisses, qui des cochons entiers,

Qui des canards confits, qui de la graisse d'oie,

Qui des sacs de Pamiers, qui des fèves de Foix.

Dans de vastes chaudrons on fit cuire le tout.

C'est ainsi que naquit le célèbre ragoût,

L'un des plats les meilleurs qui se puisse avaler,

Puissant, tonitruant, fondant: le Cassoulet!

De Castelnaudary à Toulouse et Lavaur

De Castelsarrasin à Pamiers et Cahors,

Des berges de l'Ariège aux rives de Garonne,

Du château de Phoebus aux tours de Carcassonne,

Le cassoulet est roi, le cassoulet est maître,

Il donne à ses sujets plénitude et bien-être,

De tout le Sud-Ouest il est le plat fanion

Symbole de l'union et de la rébellion.

Voici comment le fait Paula de la Verrière,

Jéhanne d'aujourd'hui, grande, forte et altière.

Les premiers ingrédients, ce sont les haricots,

Il te faut des Pamiers, ou sinon des Cocos.

S'ils sont secs, trempe-les avant de mettre à cuire,

S'ils sont frais, dans de l'eau, tu les mets à blanchir

Demi-heure environ, toujours à gros bouillons,

Du sel évidemment et des petits oignons.

Lorsque les haricots sont souples sous le doigt

Tu égouttes et réserves, au chaud comme il se doit.

Range de belles couennes au fond de la marmite,

Place tes haricots par dessus tout de suite,

Un carré de cochon frotté d'ail et de sauge,

Quelques tours de saucisse, de Foix, Toulouse ou Auch,

(À Toulouse on y met un morceau de mouton,

À Castelnaudary, seulement du cochon),

Trois tomates en quartiers, mondées, épépinées,

Un saucisson de couennes et du petit-salé,

Quelques clous de girofles, poivre, bouquet garni.

Tu mouilles avec le jus où les fayots ont cuit,

Tu couvres et tu mets pour trois heures à feu doux.

Va-t'en boire un canon, et oublies ton faitout.

Deux heures après tu ouvres et vérifies le plat,

Si besoin est, rajoute du bouillon, juste un doigt,

Tu poses sur le tout - avec quelle allégresse! ­

Des cuisses de canard confit, avec leur graisse.

Tu fermes de nouveau et remets sur le feu,

Ou plutôt dans le four, une bonne heure ou deux.

Pour l'onctuosité - c'est un secret, écoute! ­

Sept fois, à la cuiller, tu casseras la croûte

Qui se forme au-dessus de ton plat qui mijote,

Fait délicatement, avec tact et jugeote.

Ton cassoulet est prêt, met l' oulo sur la table

Et sert à tes convives des portions équitables.

Accompagne ce plat d'un vin rouge puissant,

Cairanne, Châteauneuf, Gigondas ou Visan.

Dégustant ce fleuron des cuisines de France,

Tu manges, avec Jéhanne, un plat... de Résistance!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- 2 kg de haricots frais, des pamiers, des cavaillonnais, des cocos de Paimpol, à la rigueur des soissons (avec des haricots secs, divisez cette quantité par deux et faites tremper une nuit avec un peu de bicarbonate), - 3 couennes de cochon, - 1 carré d'un demi kilo de cochon (rouelle ou filet), - 1 kilo de saucisse de Toulouse, - 1 saucisson de couenne, - éven­tuellement 1 demi kilo de mouton (morceaux pour ragoût), - 2 hectos de petit-salé en dés, - 6 cuisses de canard confit, - 6 gousses d'ail, - 6 feuilles de sauge (fraîche ou sèche), - 1 oignon piqué de six clous de girofle, - 3 tomates coupées en quartiers, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil), - 2 cuillerées à café de poivre noir, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - de l'eau à la demande (pour cuire les haricots).

 

Les vins conseillés:

 

A plat puissant, vins généreux. Pour le cassoulet, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du-Comtat, Beaumes-de- Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou...Cor­bières, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

Sans oublier, bien sûr, les Gaillac, les Madiran, les Cahors et les Pécharmant.

 

© VictorAyoli

 

Primidi 1er ventose 220

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

01/01/2012

Et si on débutait l’année avec quelques bonnes idées ?

 

 

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Il est des similitudes de situations à des époques différentes qui donnent à réfléchir et à aller voir ce qui se pensaient avant. Ainsi des réflexions de Pierre Kropotkine, penseur, géographe et homme d’action :

 

« L’histoire de la pensée humaine rappelle les oscillations du pendule, et ces oscillations durent déjà depuis des siècles. Après une longue période de sommeil arrive un moment de réveil. Alors la pensée s’affranchit des chaînes dont tous les intéressés — gouvernants, hommes de loi, clergé — l’avaient soigneusement entortillée. Elle les brise. Elle soumet à une critique sévère tout ce qu’on lui avait enseigné et met à nu le vide des préjugés religieux, politiques, légaux et sociaux, au sein desquels elle avait végété. Elle lance la recherche dans des voies inconnues, enrichit notre savoir de découvertes imprévues ; elle crée des sciences nouvelles.

 

Mais l’ennemi invétéré de la pensée — le gouvernant, l’homme de loi, le religieux — se relèvent bientôt de la défaite. Ils rassemblent peu à peu leurs forces disséminées ; ils rajeunissent leur foi et leurs codes en les adaptant à quelques besoins nouveaux. Et, profitant de ce servilisme [sic] du caractère et de la pensée qu’ils avaient si bien cultivé eux-mêmes, profitant de la désorganisation momentanée de la société, exploitant le besoin de repos des uns, la soif de s’enrichir des autres, les espérances trompées des troisièmes — surtout les espérances trompées — ils se remettent doucement à leur œuvre en s’emparant d’abord de l’enfance par l’éducation.

 

L’esprit de l’enfant est faible. Il est si facile de le soumettre par la terreur ; c’est ce qu’ils font. Ils le rendent craintif, et alors ils lui parlent des tourments de l’enfer ; ils font miroiter devant lui les souffrances de l’âme damnée, la vengeance d’un dieu implacable. Un moment après, ils lui parleront des horreurs de la Révolution, ils exploiteront un excès des révolutionnaires pour faire de l’enfant « un ami de l’ordre ». Le religieux l’habituera à l’idée de loi pour le faire mieux obéir à ce qu’il appellera la loi divine, et l’avocat lui parlera de loi divine pour le faire mieux obéir à la loi du code. Et la pensée de la génération suivante prendra ce pli religieux, ce pli autoritaire et servile en même temps — autorité et servilisme marchent toujours la main dans la main — cette habitude de soumission que nous ne connaissons que trop chez nos contemporains.

 

Pendant ces périodes de sommeil, on discute rarement les questions de morale. Les pratiques religieuses, l’hypocrisie judiciaire en tiennent lieu. On ne critique pas, on se laisse mener par l’habitude, par l’indifférence. On ne se passionne ni pour ni contre la morale établie. On fait ce que l’on peut pour accommoder extérieurement ses actes à ce que l’on dit professer. Et le niveau moral de la Société tombe de plus en plus. On arrive à la morale des Romains de la décadence, de l’ancien régime, de la fin du régime bourgeois.

 

Tout ce qu’il y avait de bon, de grand, de généreux, d’indépendant chez l’homme s’émousse peu à peu, se rouille comme un couteau resté sans usage. Le mensonge devient vertu ; la platitude, un devoir. S’enrichir, jouir du moment, épuiser son intelligence, son ardeur, son énergie, n’importe comment, devient le mot d’ordre des classes aisées, aussi bien que de la multitude des pauvres gens dont l’idéal est de paraître bourgeois. Alors la dépravation des gouvernants – du juge, du clergé et des classes plus ou moins aisées – devient si révoltante que l’autre oscillation du pendule commence.

 

La jeunesse s’affranchit peu à peu, elle jette les préjugés par-dessus bord, la critique revient. La pensée se réveille, chez quelques-uns d’abord ; mais insensiblement le réveil gagne le grand nombre. La poussée se fait, la révolution surgit.

(…) »

 

Pierre Kropotkine.

 

Duodi 12 Nivose 220

 

Illustration X - Droits réservés

 

31/12/2011

Vœux à Sarko and C°

 

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Tous nos vœux de bonheur Monsieur le Président,

De douceur domestique et de désir ardent

Traitez donc en princesse votre Charlotte Brun,

Elle, belle Toscane et vous, sinistre Hun.

 

Elle vous susurrera de tendres sérénades,

Vous fera oublier la France dans la panade

Vous voguerez, heureux, dans la félicité

Bien loin du triple A, des grèves et des cités

 

Loin des mauvais sondages et des contestations,

Roulez-vous dans le stupre et la fornication,

Aimez à en mourir votre belle Italienne,

 

Partez donc en voyage dans quelqu’île lointaine

Avec la toute fraîche Giulia Sarkozy,

Et surtout RESTEZ-Y !

 

 

Primidi 11 Nivose 220

 

Merci à Tropicalboy

25/12/2011

Ouiquinde érotico-calendal: Dernier cadeau du Père Noël…

 

 

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Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Pas mal la tante ! Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.

 

Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huitres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Emilion et Chateauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…

 

Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !

 

Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme, devant la glace, se fait éclater deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.

 

Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…

 

Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».

 

Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se débarrasser. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se libère d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure sombre, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.

 

Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs.

 

 Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël.  Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons tous ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.

 

N'en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d'anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous bois, de truffes et de violettes.

 

Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure  de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête!

La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.

Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparait comme elle est venue.

 

Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêves de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bain.

 

Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille…à tante Jennifer !

 

 

Quintidi 5 Nivose 220

 

Photo X - Droits réservés

14/11/2011

Au bistro de la toile : le racket légal des semenciers.

 

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- La C.V.O., vous savez ce que c’est ? La « Contribution Volontaire Obligatoire »…

 

- Eh ! Oh ! Victor, tu nous prends pour des cons ou quoi ? C’est ce qu’on appelle un oxymore : deux termes assemblés dont l’un dit le contraire de l’autre. Par exemple « l’assourdissant silence », « l’obscure clarté », ou encore « un banquier honnête », etc.

 

 -Voilà. Ça rappelle le tristement célèbre « ARBEIT MACHT FREI »…  Pourtant, cette énormité existe : depuis 2001, l'industrie semencière française prélève une Contribution Volontaire Obligatoire (CVO) auprès des paysans qui réutilisent leur propre récolte de blé tendre comme semences ! Incroyable mais vrai…

 

- C’est ni plus ni moins qu’un racket légal !

 

- Exact. Alors que la spéculation sur les prix des céréales déclenche une nouvelle crise alimentaire mondiale, l'Union Française des Semenciers (UFS) – puissant lobby de manipulateurs du ministère de l’agriculture - réclame une augmentation de cette taxe sur les semences de ferme et sa généralisation à toutes les espèces cultivées. Le 9 novembre, la Commission Économie de l'Assemblée nationale a examiné une proposition de loi sur les Certificats d'Obtention Végétale qui devrait être soumise au vote des députés courant novembre. Cet examen a été repoussé au 15, c’est-à-dire demain. Cette loi, si elle est adoptée en l'état, interdira aux paysans de réutiliser leurs propres semences à moins de payer des royalties à l'industrie semencière ! Adopté en juillet par l'ancienne majorité sénatoriale, ce texte est soutenu par un gouvernement qui défend les intérêts privés des financiers et des actionnaires des industriels semenciers au détriment de la liberté de cultiver des produits sains et soigneusement sélectionnés naturellement par des générations de paysans.

 

- Et ils ne bougent pas les paysans ? Qu’est-ce qu’ils attendent pour balancer leurs tombereaux de fumier devant les préfectures ?

 

- La Confédération Paysanne et la Coordination Rurale restent farouchement hostiles au texte. « Il est inacceptable que la loi, censée défendre l'intérêt général, renforce les droits privés de l'industrie semencière au détriment des droits collectifs des paysans. La proposition de loi favorise la confiscation du vivant par cette industrie et la régression de la biodiversité », s’insurge la CP.

« Imposer aux agriculteurs de verser des "royalties" sur leurs récoltes issues de semences fermières, c’est les déposséder de leur droit ancestral et les rendre dépendants des semenciers », note la CR qui ajoute que « ces derniers en ressortiraient renforcés et en quasi possession de l'arme alimentaire ! ».

Par contre la FNSEA ne dit mot et donc consent à ce racket légal. Comme d’habitude…

Le texte présenté à la Commission économique de l’Assemblée nationale précise hypocritement que « les agriculteurs ont le droit d’utiliser sur leur propre exploitation, sans l’autorisation de l’obtenteur, à des fins de reproduction ou de multiplication, le produit de la récolte qu’ils ont obtenu par la mise en culture d’une variété protégée ». Mais « l’agriculteur doit une indemnité aux titulaires des certificats d’obtention végétale dont il utilise les variétés ».

 

- Putaing ! Il est de plus en plus urgent de se débarrasser de cette mafia de sarko-trafiquants.  

 

Sources : http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/le-projet-de-loi-sur-les-certificats-d-obtention-vegetale-porte-a-l-assemblee-nationale-205-75707.html

 

Quartidi 24 Brumaire 220

 

Merci à Chimulus

 

 

 

 

12/11/2011

Bunga! Bunga! Cio et va fan culo!

berlusconi sarko.jpg

 

  

Ah ! Je n’ai pas pu m’en empêcher, c’était trop tentant ! Alors, à l’heure de l’Europe, voici une des plus célèbres chansons paillardes de nos fratelli italiani que j’ai un peu berlusconisée :

 

 

Osteria numero uno

Para poun si poun si pan

In osteria non c'è nessuno

Para poun si poun si pan

Solo Berlusconi contro il muro

Per vedere ce l' ha sempre duro

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

Osteria numero due

Para poun si poun si pan

Le mie gambe tra le tue

Para poun si poun si pan

Le tue gambe tra le mie

Cosi fa il Berlusconi

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

Osteria numero tre

Para poun si poun si pan

Berlusconi fa il caffè

Para poun si poun si pan

Fa il caffè a la milanese

Con le pezze de marchese

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

Osteria numero quattro

Para poun si poun si pan

Berlusconi aveva un gatto

Para poun si poun si pan

Con la coda del feline

Si faceva un ditalino

Dà-a  la me biondina

Dà-a la me bionda

 

 

Osteria numero cinque

Para poun si poun si pan

C’è chi perde c’è chi vince

Para poun si poun si pan

Berlusconi caso strano

Se lo prende dentro l’ano

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

  

Osteria numero sei

Para poun si poun si pan

E il casino de mi e lei

Para poun si poun si pan

Berlusconi il sporcaccioni

Sbora dentro anche i ciglioni

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

Osteria numero sette

Para poun si poun si pan

Il salame piace a fette

Para poun si poun si pan

Berlusconi caso strano

Il salame piace sano

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

Osteria numero otto

Para poun si poun si pan

La marchesa fa il risotto

Para poun si poun si pan

Fa il risotto ben condito

Con la sbora del marito

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

Osteria del Vaticano

Para poun si poun si pan

E ucceso un fatto strano

Para poun si poun si pan

Berlusconi con ioccale

Inculava il cardinale

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

 E tutti quanti! Il y en a d'autres!

 

E viva Italia sensa Berlusconi!

 

 

Duodi 22 Brumaire 220

 

 

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08/11/2011

OGM : le retour ? Et l’homme mutera vers le zombie…

 

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Le géant de l’industrie chimique allemand BASF a demandé à la Commission européenne l’autorisation de cultiver et de mettre sur le marché des pommes de terre OGM destinées à l’alimentation humaine. Son « avantage » : elle serait résistante au mildiou…

« Fortuna », c’est le nom donné à cette merde destinée à faire la fortune des empoisonneurs patentés. En cas d’autorisation, elle sera sur le marché dès 2014 ou 2015.

Rappelons que BASF, n°1 de la chimie en Europe n’en est pas à son coup d’essai : il a déjà obtenue en 2010 de Bruxelles l’autorisation de commercialiser la première pomme de terre OGM, baptisée Amflora et – parait-il - uniquement destinée à l’industrie de la pâte à papier. Ben voyons. S’ils nous le disent…

Deux OGM seulement sont autorisés à la culture en Europe. Il s'agit du « célèbre » maïs MON810 de Monsanto et donc de cette patate « industrielle » pomme de terre Amflora. Cela ne devrait pas s'arrêter là. BASF développe un colza transgénique enrichi en oméga-3, destiné à la préparation culinaire et aux compléments alimentaires. Un partenariat avec le groupe agroalimentaire américain Cargill qui permettrait de produire à bas prix une huile « riche en acides gras polyinsaturés oméga-3 », qui pourrait être mise à la disposition de l'industrie agroalimentaire et pharmaceutique « d'ici la fin de la décennie ».

Les frites OGM vont donc bientôt sévir… Et risquent de transformer à terme les gogos qui les boufferont en pittoresques zombies…

 

Voici à cet effet un article remarquablement clair – même moi j’ai compris ! – traitant des dangers des OGM, de TOUS les OGM sur le métaboliste humain :

 

Les micro ARN  un pavé dans la marre des OGM ?

Par Bahram Houchmandzadeh Directeur de Recherche au CNRS

Je ne suis pas un anti OGM ; ceci dit, un article parut récemment dans une revue prestigieuse devrait faire avancer sérieusement le camp des adeptes du principe de précaution. L'article n'a pas eu beaucoup d'écho dans la communauté scientifique pour l'instant. L'article montre que les gènes des organismes que l'on mange peuvent modifier notre fonctionnement. 

1- Contexte. L'article concerne les microARN que l'on digère et  il me faut un peu de place pour l'expliquer. L'administration d'une cellule vivante est divisée (moléculairement parlant) entre une banque de données et des travailleurs. La banque de données (une sorte de  disque dur de la même capacité qu'un DVD pour les humains) est appelé ADN. Les travailleurs sont appelé les protéines. Tout le fonctionnement extrêmement complexe d'une cellule est effectué ou dirigé par les diverses protéines (les cellules humaines ont environ 25000 protéines différentes). L'ADN peut être vu comme un immense manuel dont chaque page contient les instructions pour fabriquer une protéine particulière. Ces pages sont appelées les gènes. Certaines protéines "lisent" certaines pages (gènes) et construisent les protéines correspondant à ces pages. Bien que l'ADN humain contienne 25000 gènes, à chaque instant, dans une cellule, on ne peut trouver qu'un petit nombre de protéines effectivement construit, est c'est l'ensemble de ces protéines  en activité qui détermine le fonctionnement d'une cellule. C'est pour cela que les cellules de foie, de l'œil  ou de la peau, bien que possédant exactement le même ADN, ont des activités si différentes.

En 1960, Jacob et Monod ont fait une découverte fondamentale : entre l'ADN et la protéine, on passe par une étape intermédiaire qu'on appelle l'ARN messager. Il faut voir ces derniers comme une photocopie des pages intéressantes et précieuses du manuel (des gènes donc) qui est jeté à la poubelle une fois la construction de protéines achevée.  

Pendant longtemps, l'ARN paraissait comme le parent passif et pauvre de l'ADN et de la protéine. Au fur et à mesure que nos connaissances ont progressé, l'ARN a pris une place de plus en plus importante et certains ont même envisagé que le monde vivant ait commencé par ces molécules. Depuis la fin des années 1990 l'ARN a acquis le statut d'une molécule centrale à travers la découverte des microARN. On s'est rendu compte que certaines pages du manuel (des gènes)  ne contenaient pas des instructions pour construire des protéines, mais pour construire des petits ARN qui n'étaient pas  une étape intermédiaire, mais  le  produit final. Le rôle de ces ARN est de contrôler la production d'autres protéines. Par exemple, si le microARN A est produit, alors la protéine B n'est pas produite. 

2- L'article en question. Dans leur article, la vingtaine de chercheurs chinois qui sont co-auteurs démontrent la chose suivante : contrairement à ce qu'on pensait jusque là, quand on mange quelque chose, les microARN de la chose mangée ne sont pas dégradés lors de la digestion, mais certains trouvent leurs chemins vers l'intérieur de nos cellules. De plus, les microARN des autres espèces que l'on mange peuvent avoir un rôle dans le contrôle de la production des protéines dans nos cellules.    

Voilà deux dogmes brisés d'un seul coup. Concrètement, ces chercheurs ont trouvé dans le sang des humains (chinois) énormément de microARN. En séquençant ces ARN, ils se sont rendu compte que certains de ces microARN provenaient du monde végétal, et ils ont tracé un de ces microARN au riz. Ces microARN ont donc été dans nos cellules (de foie) à un moment ou un autre et sont passés de ces cellules dans le sang ensuite. Ils ont démontré cela sur des souris. Ils ont ensuite démontré que ce microARN étranger (le riz étant une espèce très différente de l'humain ou de la souris) peut contrôler la production dans les cellules de la souris d'une classe importante de protéine qu'on appelle des LDL, responsable du transport du gras (comme le cholestérol) dans le sang. 

 3- Conséquence. L'article peu paraître très technique, mais sa portée est très grande. Premièrement, on croyait jusque là que les gènes que l'on ajoute au patrimoine de nos plantes n'ont aucune conséquence directe chez nous, puisque tout le matériel génétique est dégradé et digéré quand on mange. Deuxièmement, ces gènes provenant d'une espèce très loin de nous ne pouvait avoir un rôle de régulation chez nous. Ce sont ces deux croyances que cet article vient de briser. Certes, on n'ajoute pas (encore)  des séquences codantes pour des microARN dans les OGM; ceci dit, cela démontre que le matériel génétique que l'on mange n'est pas forcément dégradé. On mange du riz depuis très longtemps et nous savons à priori qu'il n'est pas nocif pour nous. Mais qu'en est il des gènes que l'on apporte des autres espèces lointaines que nous ne connaissons pas (evolutionnairement parlant) ? Nous manquons de recul pour avoir une réponse à cette question.

Par Bahram Houchmandzadeh Directeur de Recherche au CNRS

Article publié dans Médiapart le 26 octobre 2011

http://blogs.mediapart.fr/blog/Bahram%20Houchmandzadeh

A diffuser largement !

 

Octidi 18 Brumaire 220 – anniversaire d’une date terrible pour la France

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04/11/2011

Halte aux fous de dieu !

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 Des milliers de fondamentalistes catholiques ont manifesté à Paris contre la « christianophobie » et environ 200 ont prié près du Théâtre de la Ville où se joue une pièce de l'Italien Romeo Castellucci intitulée « Sur le concept du visage du fils de Dieu », qu'ils jugent « blasphématoire ». Des troubles mais pas de violence.

Il y a quelques mois, l’exposition d’un cliché de l’artiste américain Andres Serrano dans la galerie de la collection Lambert à Avignon - le « Piss Christ » représentant un Christ en croix plongé dans l’urine – jugée « blasphématoire » par les ultra cathos, a donné lieu à des manifestations violentes - dont le saccage de l’œuvre - de la part de ces illuminés. Des troubles, du vandalisme.

Le 7 octobre dernier à Tunis, Nabil Karoui le patron de la chaine Nessma TV a été menacé de mort, son établissement incendié par les fondamentalistes musulmans pour avoir diffusé le film d’animation « Persepolis », de la réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi. Violences physiques sur des personnes et des biens.

Mardi dernier, c’est le siège parisien de Charlie Hebdo qui subit les attaques de ces fous de dieu : menaces de mort sur les réseaux sociaux, piratage de leur site internet, enfin incendie criminel des locaux du magazine. Violences physiques sur des biens.

Ras les aliboffis des agissements de ces handicapés du cerveau. Le blasphème n’est en aucune manière interdit en France et les lois de la république priment encore (pour combien de temps ?) sur les diktats des illuminés de la « foi », messagers-soldats de la haine et de la mort. Qu’ils croient s’ils veulent, ce qu’ils veulent, mais chez eux, dans la sphère privée ! Qu’est-ce donc que ces abrutis qui veulent « faire mon salut » (!!!???) malgré moi ? Ces fanatiques sont aussi tarés les uns que les autres. Avec tout de même des degrés différents dans la nuisibilité de leurs actes.

 

Ami croyant, renvoie ta foi à ton seigneur
Pour toutes les hontes qui submergent la terre
Et dit à ceux qui parlent en son nom
Qu’ils aillent se faire griller en enfer

 

 

A lire, à relire, à méditer le livre de Michel Onfray – Traité d’athéologie  chez Grasset, dont voici quelques feuilles :

 

(…) près de deux cent cinquante versets - sur les six mille deux cent trente-cinq du Livre - justifient et légitiment la guerre sainte, le djihad. Assez pour que se trouvent noyées les deux ou trois phrases bien inoffensives qui invitent à la tolérance, au respect de l'autre, à la magnanimité ou au refus de la contrainte en matière de religion ( !). Dans un pareil océan de sang, qui peut encore prendre la peine de s'arrêter sur deux ou trois phrases qui invitent plutôt à l'humanité qu'à la barbarie? D'autant que la biographie du Prophète témoigne: on y trouve constamment le meurtre, le crime, l'épée et l'expédition punitive. Trop de pages invitent à l'antisémitisme, à la haine des juifs, à leur spoliation et leur extermination pour qu'un combattant musulman ne se croie pas légitimé à passer les juifs par le fil de l'épée.

 

La communauté musulmane pense comme les membres de l'Alliance: eux aussi se proclament le peuple élu, choisi par Allah, préféré par lui (IX, 19, mais aussi III, 11 0). Or deux prétendants au statut d'élite, c'est un de trop! Croire que les autres sont de race inférieure, qu'il existe des sous-hommes, que Dieu établit une hiérarchie entre les humains en distinguant la petite communauté désignée du restant de l'humanité interdit qu'un autre prétende au même statut que soi. La haine des Hébreux pour les Cananéens hier génère la haine des Palestiniens pour les juifs aujourd'hui, chacun se croyant appelé par Dieu à dominer l'autre - les autres - donc s'imaginant légitime à l'exterminer.

 

Car l'islam refuse par essence l'égalité métaphysique, ontologique, religieuse, donc politique. Le Coran l'enseigne: au sommet, les musulmans, en dessous, les chrétiens, parce que gens du Livre eux aussi, puis, à la suite, les juifs, également partie prenante du groupe, parce que monothéistes. Enfin, après le musulman, le chrétien et le juif, arrive en quatrième position, toutes catégories confondues dans la réprobation générale, le groupe des incroyants, infidèles, mécréants, polythéistes et, bien sûr, athées... La loi coranique qui interdit de tuer ou de commettre des délits ou des massacres sur son prochain concerne seulement de manière restrictive les membres de la communauté: l'umma. Comme chez les juifs.

 

Au sein même de la communauté musulmane de prétendus semblables, la hiérarchie persiste: les hommes dominent les femmes, les religieux dominent les croyants, les fidèles pieux dominent les pratiquants tièdes, les vieux dominent les jeunes. Phallocratie, théocratie, gérontocratie, le modèle tribal et primitif des origines ne cesse pas depuis treize siècles. Il est fondamentalement incompatible avec les sociétés issues des Lumières. Le musulman n'est pas fraternel : frère du coreligionnaire, oui, mais pas des autres, tenus pour rien, quantités négligeables ou détestables.

 

Le local comme universel. En lecteurs de Carl Schmidt qu’ils ne sont pas, les musulmans coupent le monde en deux: les amis, les ennemis. D'un côté, les frères en islam, de l'autre, les autres, tous les autres. Dâr al-islam contre dar al-harb : deux univers irréductibles, incompatibles, régis par des relations sauvages et brutales: un prédateur une proie, un mangeur un mangé, un dominant un dominé. Comme dans la plus banale des jungles, les félins entre eux, et le reste du territoire à soumettre, asservir et posséder. La loi qui règle le rapport entre les animaux.

 

Une vision du monde pas bien éloignée de celle d'Hitler qui justifie les logiques de marquage, de possession, de gestion et d'extension du territoire. Le renard et le poulailler, le faucon et sa proie, le lion et la gazelle, les forts et les faibles, l'islam et les autres. Pas de droit, pas de loi, pas de langage, pas d'échange ou de communication, pas d'intelligence, pas de cerveau, mais des muscles, de l'instinct, de la force, du combat, de la guerre et du sang.

 

L'universel ? Le local moins les murs - pour paraphraser Miguel Torga. Le tribal du VIIème siècle, le féodal du désert arabe, le clanique primitif transposé à chaque fois sans changement dans la civilisation du moment, y compris la nôtre, postmoderne, hyper industrielle et numérique. Le village du désert devient le modèle du monde. L'oasis où rien ne pénètre depuis des siècles, sinon les caravanes nomades chargées de denrées de première nécessité, fonctionne comme archétype social, humain, métaphysique et politique.

 

Un livre datant des premières années de 630, hypothétiquement dicté à un gardeur de chameaux illettré, décide dans le détail du quotidien de milliards d'hommes à l'heure de la vitesse supersonique, de la conquête spatiale, de l'informatisation généralisée de la planète, du temps réel et universel des communications généralisées, du séquençage du génome humain, de l'énergie nucléaire, des premières heures du post-humain... La remarque vaut pour les louba­vitchs accrochés à la Torah et au Talmud qui partagent eux aussi une semblable ignorance du temps qui passe.

 

Comme sous la tente il y a mille cinq cents ans, la famille constitue le noyau. Pas la communauté nationale ou patriotique, encore moins l'entité universelle ou cosmopolitique, mais celle du chef de famille possédant ses deux, trois ou quatre femmes soumises - car la polygamie primitive persiste dans le Talmud comme dans le Coran (IV, 3) - au milieu d'enfants nombreux - une bénédiction de Dieu, l'autorité procédant d'Allah, bien sûr, mais par la voix du Père, du Mari, de l'Epoux, figures de Dieu sous la toile en poil de chèvre.

Toute action se vit sous le regard de la tribu qui la juge à l'aune de la conformité aux règles coraniques ou musulmanes. Le père, mais aussi, dans une logique phallocrate totale, le grand frère, le frère et autres variations sur le thème du mâle. Le lieu de la religion incarnée, donc du politique et de la théocratie, c'est la cellule de base de la société: ni Platon - dans La République -, ni Hegel - dans Les principes de la philosophie du droit -, ni Mussolini, ni Hitler, ni Pétain et autres fascistes ne s'y trompent: tous savent que le début de la communauté, la généalogie de la collectivité se noue là, dans l'espace intime de la famille - la tribu primitive. Lire ou relire Engels et L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat pour s'en convaincre...

 

 

Quartidi 14 Brumaire

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02/11/2011

Epharisto poli ! Merci les Grecs !

 

grèce dette.jpg

 

Merci et mille bravos d’avoir eu les cojones de dire merde aux diktats de la Teutonne Merkel et de son teckel Sarko. Non mais, écoutez-les les « (ir)responsables politiques », écoutez-les les « (ir)responsables patronaux », les « zéditorialistes » des boites à bruit et des lucarnes à décerveler ! Ils sont « consternés », ils sont « atterrés », ils sont « accablés ». Et pourquoi cet accablement ? Parce qu’un chef politique grec – humiliés au-delà de l’acceptable par la Teutonne Merkel et de son teckel Sarko – ose en appeler au peuple pour déterminer son avenir ! Il ose demander au peuple ce qu’il pense des crises d’austérité qui les plongent dans l’incertitude, la misère, la désespérance. Au nom de quoi ? De l’intérêt des « marchés » !!!

 

Et ils sont étonnés, les (ir)responsables européens ! A force de faire des pipes aux « marchés », ils en ont totalement oubliés les peuples ! Ils ne comprennent pas les technocrates européens élus par personne ! Et ils agitent l’excommunication suprême : décision « populiste », imbécilité du peuple incapable de comprendre la subtilité et l’importance des enjeux. Stupide le peuple qui demande seulement que l’on respecte la démocratie ? Mot et concept inventés ne l’oublions pas par ces Grecs que l’on vilipende, que l’on roule dans la boue, que l’on humilie.

 

Certes l’état grec est responsable pour beaucoup dans sa déconfiture actuelle. En premier lieu les armateurs qui sont exemptés d’impôt par la constitution ! Les très nombreux riches grecs ne paient pas l’impôt, ou si peu. Plus de deux cents milliards d’euros détournés par ces voyous légaux dormiraient dans les banques suisses ! Il n’existe pas de cadastre, donc pas de taxes foncières… Et les curés ! Enfin, on les appelle popes là-bas, mais c’est pareil. Ils sont à la tête d’un patrimoine foncier et immobilier dépassant les 700 milliards d’euros ; l’église orthodoxe est entièrement exonérée d’impôts ! Voilà où il est le pognon. Et les technocrates européens pas plus que les (ir)responsables politiques de cette Europe ultralibérale n’ont rien dit ! N’imposent en aucune manière à Papandréou – qui a hérité ne l’oublions pas cette situation de ses prédécesseurs de droite, la mafia Caramenlis - de mettre son nez dans ces scandales. Non. Ils préfèrent plonger le peuple dans la misère. Baisse des salaires, des pensions, augmentation des prix, saccage des services publics, bradage généralisé des entreprises nationales, etc.

 

Il serait peut-être bon de creuser pour voir ce que représente cette dette abyssale. Je n’en sais évidemment rien sauf que le budget de l’armée est, proportionnellement au nombre d’habitants, le deuxième du monde après les Etats-Unis et le plus important d’Europe (4,5% du PIB !). Et que cet énorme pognon sert à acheter des armes…à l’Allemagne et à la France ! Et il y a quelques jours seulement, ces deux pays se sont rudement accrochés pour vendre…des frégates militaires à la Grèce ! Avec paiement différé… Il faut savoir aussi que les banques (surtout françaises et allemandes encore une fois) se sont gavées et continuent à se gaver sur le dos des Grecs : elles prêtent à 15%, 20% et peut-être plus encore à l’état grec de l’argent qu’elles empruntent à 1% auprès de la Banque centrale européenne !

 

Les Grecs ont un exemple à suivre : celui de l’Argentine, pays poussé à la ruine il y a quelques années par les mêmes qui massacrent la Grèce : FMI, « marchés », banques, fonds de pension, hedges fonds, accrochage de leur monnaie au dollar. Ils ont dit Merde ! Ont refusé de payer cette dette illicite et se sont démerdé seuls. Avec succès puisqu’après quelques années de vache enragée, les Argentins sont repartis vers la prospérité avec leur honneur et leur indépendance retrouvé.

 

Autre conséquence redoutable de cette crise, la dangereuse dérive de l’Allemagne - ou plus précisemment de la droite allemande - qui prétend régenter l’Europe au profit de ces seuls intérêts, avec morgue et égoïsme. Ce pays justifie ses diktats par les traumatismes de son histoire récente et notamment l’inflation qui a amené chez elle le nazisme. Mais elle ne devrait pas oublier que toute l’Europe a subi le pire des traumatismes à cause d’elle. Si la France était dirigée avec dignité, elle ferait en sorte de lui rappeler ces terribles évidences. 

 Duodi 12 Brumaire 220

 

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21/10/2011

Stéphane Hessel et Edgar Morin: Pour que la France retrouve le chemin de l'espérance

 

 

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Appel lancé par Stéphane Hessel et Edgar Morin sur Mediapart le 19 octobre 2011

 

1. Nous constatons que la force libertaire de la jeunesse, utilisant les  moyens informatiques nouveaux, a été capable d'abattre des despotismes dans les pays arabes, d'y réveiller tous les âges et toutes les classes sociales, et qu'elle est devenue une force déferlante d'indignés sur la planète, défiant les pouvoirs, notamment le pouvoir sans entraves du capitalisme financier. Si cette force est apte à provoquer des ruptures et des éveils, il lui manque une pensée politique capable d'ouvrir une voie qui unisse les forces vives des peuples sur un chemin d'espérance. C'est la formulation d'une telle pensée que nous proposons aux candidats.

 

2. Comme la France n'est pas seule dans le monde et que son destin en dépend en partie, elle devrait proposer une réforme de l'ONU qui la rende apte à traiter les conflits en cours, dont le douloureux conflit israélo-palestinien, et qui instituerait trois instances planétaires dotées de pouvoirs : 
– pour  surmonter la crise mondiale actuelle en régulant véritablement son économie ;
– pour protéger la biosphère dont la dégradation accélérée dégrade les conditions de vie de l'humanité ;
– pour entreprendre l'élimination des armes de destruction massive.

 

3. Comme la France est dans l'Union européenne, elle devrait y militer pour y développer une politique commune de protection de ses populations, de développement de ses coopérations, d'intégration des immigrations, et de justes propositions pour la paix dans le monde.

 

4. La politique en France devrait avoir pour orientation le « bien vivre » qui englobe et dépasse le bien-être matériel pour restaurer une qualité de vie de plus en plus dégradée.

 

5. Une telle politique pourrait, en même temps, traiter la crise économique et réduire le chômage en développant des mesures appropriées pour :
– juguler la spéculation financière ;
– combiner la mondialisation de coopérations et d'échanges à une démondialisation de protection des intérêts vitaux locaux, régionaux, nationaux ;
– opérer une vive croissance de l'économie verte, de l'économie sociale et solidaire, du commerce équitable, et une décroissance parallèle de l'économie du futile, du jetable, du gaspillage, elle-même liée au développement d'une consommation désintoxiquée ;
– favoriser la croissance de l'agriculture et de l'élevage fermiers et biologiques et la décroissance de la grande exploitation industrialisée.

 

6. Une telle politique entreprendrait la réduction des inégalités, notamment par une réforme fiscale et la création d'un observatoire des inégalités, qui ferait annuellement ses recommandations.

 

7. Une telle politique opérerait une régénération de la solidarité notamment en instituant dans toutes villes des maisons de fraternité et en établissant un service civique de solidarité.

 

8. Une telle politique inciterait à une débureaucratisation des administrations et des entreprises par décompartimentation des travailleurs et restitution de leurs possibilités d'initiatives.

 

9. Une telle politique inciterait à la démocratie participative en instituant des conseils de gouvernance urbaine et municipale, comportant élus, administrateurs, professions compétentes et citoyens.

 

10. Une telle politique comporterait une réforme de l'enseignement à tous niveaux de façon que les problèmes fondamentaux et globaux, qui nécessitent des compétences polydisciplinaires, y soient enseignés dès les petites classes. Elle répondrait à ce que prescrivait Jean-Jacques Rousseau : « Enseigner à vivre ».

 

11. Toutes ces réformes devraient s'entre-compléter et converger en un grand dessein qui ouvrirait à la France le chemin de l'espérance.

 

12. Un Président de la République doit d'abord prendre acte des grands défis devant lesquels se trouve notre monde, où la France a sa place et sa responsabilité (l'énergie, l'eau, la faim, le climat, la pollution, etc.). Il doit avoir le courage de réduire drastiquement les énormes dépenses inutiles ou nocives, comme les dépenses d'armement et de guerre et l'investissement nucléaire, et de réduire tous les énormes gaspillages qui empêchent l'essor d'une économie saine et productive. Il doit savoir que d'immenses ressources humaines sont inemployées, qu'il y a dans le peuple de France, s'il est rendu à l'initiative et à l'espérance, de très grandes potentialités créatrices. La nouvelle politique doit se mettre au service des citoyens, et ceux-ci se mettront à son service.

 

Nous sommes au seuil d'une nouvelle Histoire humaine et déjà partout, notamment dans les jeunes générations, naissent des initiatives porteuses d'un futur d'espérance.

 

 

Décadi 30 Vendémiaire 220

 

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05/10/2011

Le Français langue officielle européenne ?

drapeau-europeen.jpgLa Commission Européenne a finalement tranché : après la monnaie unique, l’Union Européenne va se doter d’une langue unique, à savoir... le français.

Trois langues étaient en compétition : le français (parlé dans le plus grand nombre de pays de l’Union), l’allemand (parlé par le plus grand nombre d’habitants de l’Union) et l’anglais (langue internationale par excellence). L’anglais a vite été éliminé, pour deux raisons : l’anglais aurait été le cheval de Troie économique des Etats-Unis et les Britanniques ont vu leur influence limitée au profit du couple franco-allemand à cause de leur réticence légendaire à s’impliquer dans la construction européenne.

Le choix a fait l’objet d’un compromis, les Allemands ayant obtenu que l’orthographe du français, particulièrement délicate à maîtriser soit réformée, dans le cadre d’un plan de cinq ans, afin d’aboutir à l’eurofrançais.

- La première année, les sons actuellement distribués entre « s », « z », « c », « k » et « q » seront répartis entre « z » et « k », ze ki permettra de zupprimer beaukoup de la konfuzion aktuelle.

- La deuzième année, on remplazera le « ph » par « f », ze ki aura pour effet de rakourzir un mot comme « fotograf » de kelke vingt pour zent.

- La troizième année, des modifikazions plus draztikes seront pozzibles, notamment ne plus redoubler les lettres ki l’étaient ; touz ont auzi admis le prinzip de la zuprezion des « e » muets, zourz éternel de konfuzion, en efet, tou kom d’autr letr muet.

 

- La katrièm ané, les gens zeront devenu rézeptif à dé changements majeurs, tel ke remplazé « g », zoi par « ch », - avek le « j » - zoi par « k », zelon les ka, ze ki zimplifira davantach l’ékritur de touz.

 

- Duran la zinkièm ané, le « b » zera remplazé par le « p » et le « v » zera lui auzi apandoné - au profi du « f », éfidamen on kagnera ainzi pluzieur touch zur no klafié.

Un foi ze plan de zink an achefé, l’ortograf zera defenu lochik, et lé chen pouron ze komprendr et komuniké.

 

Quartidi 14 Vendémiaire 220

 

29/09/2011

Et la Méluche, keskidi ?

mélanchon et Laurent.jpg

 

On ne l’a pas trop entendu dans les lucarnes à décerveler ni lu dans les canards laquais, pourtant il en a des chose à dire Mélanchon ! Et il les dit bien :

 

Discours au meeting de la Fête de l’Humanité

  

Je vois notre rassemblement. Je mesure toute la force qu’il contient. Elle m’inspire et elle m’envahit à cet instant où me revient la rude tâche de marcher devant, portant notre drapeau commun.


Dans un moment, la musique et la poésie vont agrandir de nouveau nos cœurs. Acceptons-en toute la leçon : il est temps de penser, de vouloir, et d’agir en grand comme la France le peut, forte de sa puissance et de son peuple travailleur, créatif, imaginatif, dévoué à la cause de la liberté universelle depuis l’abolition des privilèges en 1789.

 

Nous ne faisons pas campagne pour un homme, pour un candidat ni pour un parti mais pour une immense ambition collective.

 

Un monde nous appelle à l’action, puisqu’en définitive celui que nous voyons roule à sa fin. Il a une apparence, celle des tyrans du G8 et du G20 qui ont comme président commun celui de notre pays Nicolas Sarkozy. Cet ordre roule à sa fin. C’est celui du productivisme absurde qui pourrit l’air, vide les mers, épuise les hommes et la nature comme le disait Karl Marx si justement. L’ordre productiviste, combiné à celui du règne complet de la finance qui pourrit tout, domine les cœurs, les esprits, et réduit toute chose vivante ou inerte au statut de marchandise.
Ce dont il est question à travers ce que nous entreprenons, c’est d’empêcher que l’écroulement de cet ordre n’entraine la civilisation humaine elle-même dans sa chute.

 


Mes amis, dans la nuit noire du libéralisme, des recettes du FMI, des brutalités de toute sorte dont le monde avait été accablé, le jour s’est levé. Celui de la grande révolution citoyenne que notre temps appelle. Elle a commencé en Amérique du sud avec les peuples du Venezuela, de la Bolivie, de l’Equateur, de l’Argentine. 
Elle a franchi l’océan. Elle est venue dans le Maghreb où nos frères et nos sœurs ont porté la parole universelle d’exigence de la liberté, de la dignité, du bien-vivre, qui sont en définitive le programme commun de tous les peuples, sous toutes les latitudes.
Et la voici qui a franchi la Méditerranée. Elle porte le nom des douze grèves générales des travailleurs grecs. Elle a le visage des indignés qui se rassemblent sur toutes les places. La voici, qui s’est avancée jusqu’à celle de Stalingrad et à présent sur la vôtre, à la fête de l’Humanité.

 

Le jour se lève. Il est demandé le bien-vivre, la décence d’une vie digne où nous ne réclamons rien d’autre que de pouvoir vivre décemment de notre travail, de notre paye justement gagnée dans l’œuvre mise au service de toute la société. Tel est notre programme. C’est le programme qui dit son nom : « L’Humain d’abord ! », nouveau drapeau du peuple !
Si le peuple le veut, par sa majorité, il imposera que ce qui n’a pas été partagé de bon gré quand c’était temps le soit de force. Par la force de la loi, celle que nous voterons, qui interdira les licenciements boursiers, qui mettra à contribution le capital et ses revenus et d’abord celui des grandes entreprises félonnes, qui ayant accumulé des richesses sur le travail humain ne les ont mis d’aucune façon en partage : les Total qui ne paye pas un seul euro d’impôt, les banques qui se sont gavées d’argent.

 


Pas un salaire dans une entreprise ne pourra en haut de la hiérarchie être vingt fois supérieur à celui du bas. Pas un revenu ne pourra être supérieur à 360 000 euros.  Et il faut augmenter le SMIC à 1700 euros ! A ceux qui disent que c’est trop, nous posons la question de savoir comment ils expliquent aux gens qui vivent pour plus de 100 euros seulement que le seuil de pauvreté comment ils payent leur loyer, comment ils se nourrissent, comment ils se soignent. Réglez cette difficulté et alors nous écouterons le reste. Nous, nous la réglons.
Nous proposons à la France un nouvel horizon de développement et de progrès, celui de la planification écologique qui poussera à réorganiser redévelopper tout notre appareil de production et à réindustrialiser le pays. Ce sont des milliers, des milliers, des millions d’emplois qui sont à la clé de ce projet.

 


Enfin, nous allons en finir avec les traités iniques qui ont confisqué la souveraineté du peuple français pour le soumettre à l’absurde règle de la concurrence prétendument libre et non faussée. Le traité de Lisbonne, nous nous en affranchirons.
Et nous montrerons, d’abord dans notre propre pays, le changement institutionnel qui libère l’énergie populaire. Nous passerons à la sixième République. A bas la monarchie présidentielle et le régime des valises qui va avec !
Pour cela, avant toute chose, et avant même que vous ayez commencé à penser à vos bulletins de vote, tenez pour dite là leçon qui s’impose à chacun d’entre nous, à l’image des camarades que vous voyez sur cette tribune : Résistez ! Résistez ! Ne cédez jamais ! Résistez !
(La foule scande « Résistance ! Résistance ! »)

 

Amis, concitoyens, résistez ! Pas une usine ne doit être délocalisée. Pas une machine ne doit partir ! Pas une paye ne doit être rognée ni pillée comme elles le sont aux Fonderies du Poitou ! Résistez au premier euro qu’il s’agit de vous prendre ! Résistez à la première école qu’on veut fermer ! Résistez chaque fois que l’on distille autour de vous, dans les cœurs, le poison de la division :  non ce n’est pas l’immigré l’ennemi qui vous prend votre pain, c’est le financier ! Résistez à la bêtise à front de bœuf qui condamne les femmes à l’odieux sexisme qui nie leur parole quand elles protestent contre les violences qui leur sont faites, en plus des discriminations professionnelles dans lesquelles elles sont enfermées !

 


Résistez contre le coup d’Etat qui se déroule à présent dans toute l’Europe, sous le prétexte absurde qui dit bien quel est le maître qui est servi, de la prétendue règle d’or. Et bien, nous ne connaîtrons, nous, qu’une seule règle : la règle républicaine ! Ceux qui ont le plus doivent donner le plus ! Et ils donneront !

 


Si le Président Sarkozy est si sûr de son affaire, lui qui pensait qu’il allait faire passer sa règle d’or dans la Constitution comme il nous avait déjà berné en faisant passer le traité de Lisbonne contre nos votes majoritaires pour le « non » en 2005, alors si vous êtes si sûr de votre affaire, au lieu de tenter ce petit coup de force en cachette dans le palais des versaillais, consultez le peuple ! Demandez-lui son avis ! Comme le réclame les indignés d’Espagne, du Portugal et de Grèce. Ne décidez pas contre nous !

 

J’achève. Mes amis, notre ambition est immense et rien ne nous intimide, cette fois-ci davantage que par le passé. A la suite de nos ainés, quelle que soit la difficulté qui se présente, nous savons que les seuls rêves qui finissent par périr sont ceux qui ne sont pas portés par des cœurs ardents. Alors ce monde nouveau qu’il faut faire naître, ce n’est pas un accord entre états-majors qui va le faire naître. C’est l’union du peuple tout entier ! 
C’est ce front du peuple qui commencera la nouvelle Révolution française, la révolution citoyenne qui, pour notre chance puisque nous avons une élection en 2012, peut commencer là où tout commence pour un citoyen avec des bulletins de vote dans des urnes.

 

Haut les cœurs, ardents à la lutte, tous nous allons faire avancer une nouvelle fois le fanal de combat qui rend la France à son peuple !

 

 

 

Octidi 8 Vendémiaire 220

 

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18/09/2011

Ouiquinde gastronomique: l'andouille au Côtes-du-Rhône


 

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Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

 

 

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La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes en rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le plat bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

2ème jour des sans-culottides de l'an 219 

 

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09/09/2011

11 septembre : les Etats-Unis instaurent le fascisme au Chili.

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Le 11 septembre 1973 au matin, les trois armées factieuses attaquent la « Moneda, siège du gouvernement chilien régulièrement sortie des urnes. Salvator Allende, le président élu, se suicide (ou est « suicidé ») dans son palais. Ses dernières paroles radiodiffusées furent : « Continuez et sachez que s’ouvriront bientôt les grandes avenues où l’homme digne s’avancera pour construire une société meilleure.

 

Les grands profiteurs et exploiteurs du pays, alliés à l’armée et à la police fomentèrent un coup d’état militaire sous la direction d’Augusto Pinochet, une caricature de troufion borné au nom d’opérette. S’ensuivirent la dissolution du Congrès national, des conseils municipaux, des syndicats et des partis politiques. La liberté de la presse fut abolie, le couvre-feu instauré.

 

Dès lors la barbarie de la soldatesque donna toute sa mesure sanglante : des dizaines de milliers de militants parqués dans le Stadio nacional, les doigts du chanteur Victor Jara sectionnés à la hache (« Et maintenant, joue de ta guitare ! »), les rumeurs de tortures et d’assassinats en masse, l’agonie de Pablo Neruda dans sa maison pillée...

 

Le Chili s’enfonça dans une nuit sanglante de 17 ans…

 

Derrière ce désastre, derrière cet attentat terroriste contre la démocratie, un pays : les Etats-Unis d’Amérique et un assassin qui sera couronné du prix Nobel de la paix : Henri Kissinger…

 

Alors les tours du World Trade Center… Va fan culo !

 

Tridi 23 fructidor 219

 

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02/09/2011

Je vous parle d’un temps…

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Je vous parle d’un temps

Que les plus de quatre ans

Risque de tous connaître

La France maintenant

Est donnée aux ruffians

Et à leur petit maître

En votant Sarkozy

Les veaux n’ont pas saisi

Dans leur crasse bovine

Qu’avec ce parvenu

Les pauvres crient famine

Et les gosses sont nus

 

Le problème, le problème

C’est que Sarko est dangereux

Le problème, le problème

C’est que les Français sont peureux

 

Tous les connards friqués

La mafia du Fouquet’s

Qui tire les ficelles

Met le pays à sac

Pire que des cosaques

Descendant de leur selle

C’est le temps des magouilles

C’est le temps des fripouilles

Aidées par la flicaille

Triomphent les voyous

Les porcs les rats d’égout

Les escrocs la canaille

 

Le problème, le problème

C’est que Sarko est dangereux

Le problème, le problème

C’est que les Français sont peureux

 

Français réveillons-nous

Cessons d’être à genoux

Fini le temps des larmes

Ces tigres de papiers

Faisons-les expier

Au besoin par les armes

Massacrons les banquiers

Pendons les financiers

Faisons tomber des têtes

D’autres ont montré la voie

Ils ont chassé les rois

A coups de baïonnettes

 

Le problème, le problème

Sera alors bien résolu

Le problème, leur système

Mettons-leur profond dans le cul.

 

 

Merci au grand Charles Aznavour

 

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Sextidi 16 fructidor 219

30/08/2011

Les marchés pour les nuls : La crise des ânes

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Je viens de recevoir cette perle savoureuse au courriel. Je vous en fais profiter :

« Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l'entendre qu'il achèterait cash 100 euros l'unité tous les ânes qu'on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 euros par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 euros et ceux qui ne l'avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants.

Constatant qu'il n'en restait plus un seul, il fit savoir qu'il reviendrait les acheter 500 euros dans huit jours et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu'il venait d'acheter et l'envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 euros l'unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 euros dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu'ils l'avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.

Comme il fallait s'y attendre, les deux hommes d'affaire s'en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu'au cou, ruinés.

Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l'âne s'effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s'en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s'il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l'argent aux habitants du village pour qu'ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime  et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

Voyant sa note en passe d'être dégradée et pris à la gorge par les taux d'intérêts, la commune demanda l'aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu'elles ne pouvaient en aucun cas l'aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses: moins d'argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l'âge de départ à la retraite, on supprima des postes d'employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C'était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.

Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.


Cette histoire n'est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois. Et vous, qu'auriez-vous fait à leur place? Que ferez-vous ? »

 

Tridi 13 fructidor 219

 

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01/08/2011

Le corbeau et le lapin

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Un corbeau sur un arbre perché

Ne foutait rien de la journée.

Un lapin voyant le corbeau

L'interpella aussitôt :

« Moi aussi, comme toi, puis-je m'asseoir

Et ne rien foutre du matin jusqu'au soir ? »

Le corbeau lui répondit de sa branche :

« Bien sur, ami à la queue blanche,

Dans l'herbe tu peux te coucher

Et ainsi de la vie profiter ! »

Blanc lapin s'assit alors par terre

Et sous l'arbre resta à ne rien faire…

Tant et si bien qu'un renard affamé,

Voyant ainsi le lapin somnoler,

S'approcha du rongeur en silence…

Et d'une bouchée en fit sa pitance.

 

Moralité :

Pour rester assis à ne rien branler…

Il vaut mieux être très haut placé... !

 

 

Quatridi 14 thermidor 219

 

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08:32 Publié dans actualités, Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fable

11/05/2011

Tontonmania : c’est quoi être de droite ou de gauche ?

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 Il a été difficile, hier soir, d’éviter les commémorations tontoniennes. J’ai donc visionné une petite partie du film de Moatti. Il aime bien s’auto-gargariser le Moatti mais son film nous a replongé dans une époque flamboyante, celle du triomphe de la gauche puis… Bof. Mais ceci m’a fait un peu travailler les boyaux de la tête, notamment cette parole tontonienne : « La France est un pays de droite qui vote de temps en temps pour la gauche ».

 

Les idées de Le Pen ou de son clone Sarkozy, ressemblent à ces papiers tue-mouches englués que l'on pend au plafond l'été, à la campagne, pour attraper les diptères bourdonnant. Moins il bouge, le tue-mouches, mieux ça vaut. Les mouches, à force de penser n'importe quoi dans tous les sens, finissent par venir s'y coller. Il n'a pas besoin d'être actif, le tue-mouches. Les idées des uns ou des autres, les tiennes, les miennes, sont naturellement égoïstes, individualistes plutôt que collectives, réactionnaires, sujettes aux peurs, au désir de repli, de fermeture, de rejet de l’inconnu, de l'étrange, de l’inquiétant, du mal compris, de l'Autre, de l'Avenir, du désordre... Si l'on s'imagine l'adhérent du Front national ou le sarkozien comme une personne totalement étrangère à nous, si l'on fait avec lui ce qu’il fait avec l'étranger, nous ne pourrons jamais rien contre sa multiplication inexorable. Si, au contraire, nous cherchons à comprendre en nous-mêmes ce que nous avons en commun avec lui - c'est-à-dire presque tout -, nous pouvons espérer avancer un peu.

 

Pour être « de droite » radicalement, il suffit de se laisser aller. C'est une pente. Ça procède presque du réflexe, du cerveau reptilien. Nos idées vont forcément un jour ou l'autre aller se coller au papier collant où s'agglutinent leurs consœurs.

 

Être « de gauche » et démocrate, au contraire, demande une réflexion, un effort. C'est une construction intellectuelle, ça n'est pas instinctif. Ça demande de penser son propre désir et de le conduire à trouver les conditions les plus harmonieuses et les plus durables à son accomplissement. C’est un effort de tous les jours.

 

Les idées de droite sont dans la satisfaction immédiate. C'est oui ou non. C'est les immigrés dehors, tout de suite, et non aux impôts, tout de suite.

 

Être de gauche, ou d'une droite antifasciste et respectueuse des droits, si, si, ça existe, ce n'est pas forcément être meilleur, plus gentil, plus humain. C’est surtout être moins con. C’est penser les phénomènes dans leur histoire et n’approuver que les décisions politiques qui, à terme, ne rendent impossibles ni le progrès des libertés ni l’amélioration du « vivre ensemble ».

 

Dans la foire d’empoigne qui se met en place, toi, future candidate ou candidat de la gauche, c’est cette frange de 3 ou 4 millions d’électeurs indécis, pas plus, qu’il te faut convaincre. C’est ceux-là qu’il te faut faire réfléchir. Leur pente naturelle conduisant vers la droite, ton travail — tout de rectitude, d’honnêteté intellectuelle, de refus des promesses intenables, de pédagogie — est beaucoup plus ardu que celui de ton principal concurrent qui, lui, surfe sans vergogne sur les bas instincts de l’Homme.

 

Tu auras — tu as déjà — contre toi tous les médias inféodés à la haute finance mafieuse (pléonasme), aux bétonneurs et aux marchands d’armes (tous les profiteurs qui se gavent au frais de cet Etat qu’ils abhorrent). Tu as contre toi, dans ton propre camp, tous les jaloux jamais repus et les incapables chroniques qui stérilisent le débat politique. Tu auras contre toi, si tu es une femme, tous les fiers-à-bras machos empastissés de frais qui te méprisent du fond de leur cloaque, tout simplement parce que tu es une femme.

 

Mais n’oublie pas que tu as avec toi tous ceux qui veulent vivre, qui veulent rêver leur avenir, qui préfèrent l’Etre à l’Avoir. Ceux qui, au bout du compte, auront le dernier mot avec leur bulletin de vote.

 

Alors fait-nous rêver.

 

 Photo X - Droits réservés

 

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Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

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Duodi 22 floréal de l'an 219 de l'ère de la Liberté