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13/02/2017

Taxer les robots ? Hamon en parle, l’Europe y pense aussi.

caisses automatiques.jpg

J’ai entendu sur une radio je ne sais plus quel « économiste distingué » - distingué peut-être mais plein de morgue et de mépris pour la piétaille - gloser sur l’idée de « taxer les robots », en appuyant sur le retard de la France en matière de robots (3 fois moins nombreux chez nous qu’en Allemagne, 2 fois moins qu’en Italie). Ce sont des réalités : il y a moins de robots en usine en France parce qu’il n’y a plus d’usines ! (Enfin, presque plus). Innombrables sont celles ont été bradées à des fonds financiers voyous qui prennent la trésorerie, les brevets, le savoir-faire, les commandes puis ferment, lourdent les salariés et, au mieux, déménagent les machines et rouvrent en Pologne, Slovaquie ou Roumanie, au pire disparaissent de la circulation en laissant le personnel sur le carreau, à la charge de la société.

N’en déplaise à ce monsieur, l’idée d’Hamon de taxer les robots est loin d’être ridicule. L’Europe s’intéresse de très près au problème de l’invasion des robots et la commission juridique du Parlement européen a adopté un amendement pour la mise en place d’une pénalité financière, peu ou prou la même que propose Benoît Hamon.

Bien sûr qu’il faut taxer à un taux différentiel en fonction de leur utilité non seulement les robots des usines mais il faut aussi et surtout faire payer toutes ces machines (caisses automatiques d’autoroute, d’hypermarché, etc.) qui prennent la place de personnes qui cotisaient, elles !

Bien sûr la carte vitale facilite le travail des médecins et simplifie les remboursements, mais… que sont devenus les employés qui saisissaient les feuilles de Sécu ? Bien sûr celle-ci va économiser de l’argent, mais les Assedic vont payer et les gens seront désespérés. Alors le revenu universel trouve tout son intérêt pour ne pas désespérer non seulement les caissières mais aussi les paysans.

Taxer les robots n’est pas une réaction contre le progrès, au contraire. Il ne s’agit pas de « brûler les métiers à tisser » mais de mettre en place une taxe équitable.

Derrière cette idée, il y a les travaux d’un Anglais de France, John Mitchell. Il veut taxer ces machines mangeuses d’emplois en leur collant la « cotisation ROSE ». Rose pour « Robots, ordinateurs et systèmes experts ». Le bénéfice de cette taxe servirait à créer des emplois, à assister les chômeurs, à financer des formations, à aider les entreprises à embaucher.

Le raisonnement de John Mitchell est le suivant : « A job égal, les salariés ne sont pas compétitifs avec les machines, d’abord parce qu’ils sont moins efficaces, ensuite parce qu’ils représentent de lourdes charges sociales pour l’employeur. L’idée de la cotisation Rose est donc de rétablir l’équilibre pour qu’il n’y ait pas de « concurrence déloyale » accrue entre humains et machines, lesquelles doivent devenir les « nouvelles vaches à lait ». En faisant payer une taxe sur les robots, ordinateurs et systèmes experts, la compétition se réduirait, le chômage aussi.

La cotisation Rose frapperait les petits ordinateurs comme les gros systèmes, lecteurs de cartes, distributeurs, robots, pompes à essence automatiques, billetteries, trieuses postales et serait une « taxe sur la capacité de production » basée sur un ratio de son invention, le Mac/Man (Machine/homme), évaluant la capacité de production d’une machine par rapport à l’homme. Serait ainsi établie une cotisation mensuelle sur tous les robots, ordinateurs et systèmes experts à un taux en fonction de leur capacité de production mesuré en équivalent-hommes qui serait la base de la taxation. Comme la puissance fiscale des véhicules est mesuré en équivalents-chevaux.

Les gains de productivité ne profitent pas à tous. Les machines au lieu de libérer l’homme en diminuant sa charge de travail le privent parfois totalement de son emploi. La cotisation sociale sur les machines rééquilibrerait l’injuste compétition entre la machine et l’homme.

Il y en a là du pognon a prendre ! ! Et une idée formidable dans le droit fil de la justice, de la liberté retrouvée, de l’égalité homme-machine, de la fraternité (?!) patron-employés.

Voilà. Benoît, voilà Jean-Luc. Y a plus qu’à…

Et puis ROSE, ça doit vous rappeler quelque chose ?

 

Sources :

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legisla...

https://www.developpez.com/actu/100362/Les-robots-et-IA-p...

https://www.developpez.com/actu/111150/Emploi-l-intellige...

https://www.developpez.com/actu/110805/L-IA-pourrait-fair...

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legisla...


Photo X - Droits réservés

 

12/02/2017

Ouiquide gastronomique: une recette à ne pas faire !

hérisson clignant de l

 

Yolande

 

Yolande scintillait, là-haut, près des étoiles,

Perchée sur les agrès d’un chapiteau sans toile.

Son corps de caoutchouc volait de mains en mains

Porté par un courage et un cran surhumains.

 

Elle virevoltait, la jolie Bohémienne

Dans un rai de lumière, presque nue, aérienne,

Elle fendait les airs de son corps gracieux,

Ignorait les humains et s’approchait des dieux.

 

Moi, perdu tout en bas parmi les spectateurs,

Ignoré de la belle, je souffrais mille peurs.

Je découvrais l’Amour, ses affres hédonistes,

 

Sous l’aspect flamboyant de cette trapéziste.

Mon tout premier amour, Yolande, avait sept ans,

Moi, si je me souviens, j’en avais presque autant…

 

Le hérisson des Boumians

- Eh, petit ! Les amours d’enfants sont précieux,

Ils sont une fenêtre ouverte sur les cieux,

Les joies de leur avers sont sans équivalence,

Mais leur revers caché n’est que larme et souffrance…

Tandis que je rêvais, dans mon lit, à Yolande,

Les Bohémiens pressés décrochaient les guirlandes,

Eteignaient les lampions, démontaient les gradins

Et le cirque était loin lorsque vint le matin…

La belle a dû laisser, dans mon âme, un message :

« Si tu veux me trouver, entreprends le Voyage »,

Peut-être que si j’ai vécu en bourlinguant,

C’était, au fond de moi, pour relever le gant

Que jeta en mon cœur la petite princesse

Qui a, sans le savoir, mis ma vie en liesse.

- Les Bohémiens, Victor, sont de rudes gaillards

Qui n’ont pas tous les jours droit à la soupe au lard.

Quand on est sur les routes, en verdine, en voiture,

Pour se remplir le ventre, tout corps fait nourriture,

Une poule empruntée, un grillé d’escargots,

Mais leur plat préféré, leur must, c’est le niglo.

Ils appellent ainsi dans leur idiome étrange

Le hérisson commun, qu’ils préparent, et qu’ils mangent.

Angélo-le-Boumian, un ami de mon père,

Nous a souvent montré comment il faut le faire.

Tu prends un hérisson de grosseur convenable,

Aux piquants acérés, bien dodu, gras du râble.

Tu lui perces la gorge et tu en bois le sang,

C’est un aphrodisiaque remarquable et puissant.

Pour cuire un hérisson, la méthode est facile,

Il faut un feu de bois, de l’eau et de l’argile.

Avec la terre glaise bien assouplie à l’eau,

Enrobe entièrement tout le corps du niglo,

Sur trois doigts d’épaisseur et pas d’endroits manquants,

Tu fais bien pénétrer pour couvrir les piquants.

Au bord du feu de camp tu creuses un nid de cendre

Où tu vas déposer ton niglo, bien au centre,

Tu recouvres le tout de cendre et de brandons,

Fais chanter la guitare en buvant des litrons

Et, deux heures plus tard tu sors la terre cuite

Enrobant ton niglo. Casse-là tout de suite,

Les piquants et la peau s’enlèvent avec la gangue

Et tu humes un parfum qui réveille ta langue.

Tu saupoudres de thym, de sel et de piment

Et manges avec les doigts ce repas de gourmands !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 3 hérissons de grosseur convenable à défaut, une brave poule non plumée fera l'affaire), - 1 seau de terre glaise (l'argile grossière suffit), - eau, - feu de camp avec braise et cendre, - thym, - sel, - piment d'Espelette.

Les vins conseillés:

Ce plat de feu de camp s'accompagne de vins de large soif, qui préparent la voix pour les goualantes flamencas. Les vins rosés de Tavel, Lirac, Chusclan, Sainte-Cécile-les-Vignes, Valréas, Camaret, les rosés des Côtes-du-Ventoux, les vins gris d'Aigues-Mortes, les rosés de Palette, de Pierrefeu font parfaitement l'affaire.

Bien entendu, tous les bons vins de soif sont les bienvenus.

Codicille :

Cette recette est l'expression d'une culture et évidemment pas une incitation à tuer et manger ces petits animaux si sympathiques, les voitures en font déjà un énorme massacre chaque année sur les routes. Remplacez donc le niglo par une poule !

 

Photo X - Droits réservés

 

08/02/2017

Fillon. Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirais qui tu es.

bilderberg brute à la hache.jpg

« Mea culpa ». Il a fait son cinoche pour tenter d’éteindre le feu de ses magouilles devant des journalistes bien gentils. Il a rejeté ses fautes sur la presse et sur les magistrats, c’est une tradition. Puis il a rameuté les satrapes de son parti pour leur distribuer les éléments de langage. Et maintenant il reprend les avirons…

« Papa, c’est loin l’Élysée ? - Tais-toi et rame ! »

Bon. Allons voir qui rame pour lui sur les bancs de sa galère.

Dans la hiérarchie des rameurs il y a d’abord le pognon. Sur le banc de l’économie, donc du fric, le rameur en chef est le ci-devant Castries Henri de. C’est au prestigieux et très discret Links Club de New-York, lors d’un cocktail organisé par ses soins durant un voyage express les 8 et 9 septembre derniers, qu’Henri de Castries, président du comité de direction du Groupe Bilderberg depuis 2012, avait présenté son ami François Fillon à un parterre international de patrons et de banquiers, afin de lever des fonds. Castrie et Fillon, c'est une vieille amitié. Fillon a été « introduit » par Castries auprès de Bilderberg en 2013, en Grande-Bretagne, en compagnie de Christine Lagarde et Valérie Pécresse.

Bilderberg… Tiens les voilà ceux-la ! Lorsqu’il était Premier ministre de Sarko, Fillon a reçu une trentaine de membres des Bilderberg à Matignon. Et pas des seconds couteaux. Il y avait là, selon L’Obs, outre Henri de Castries, leur patron, une trentaine de membres du comité de direction de ce groupe sulfureux : le patron de Goldman Sachs Peter Sutherland, le directeur de la banque Lazard Ken Jacobs, le gourou des néoconservateurs états-uniens Richard Perle, le patron de Shell Jorma Ollila, le futur chef du gouvernement italien, également coopté par Goldman Sachs, Mario Monti, la présidente du musée d’art moderne de New-York Marie-Josée Kravis, épouse de Henry Kravis, propriétaire d’un fonds d’investissement états-unien.

Bilderberg ? Kesako. Allez voir ici cette remarquable enquête canadienne : https://youtu.be/1eqXJIZs-ck

Ce groupe discret, presque secret, a été fondé en 1954 à l’Hôtel Bilderberg à Osterbeek à l’invitation du Prince Bernhard des Pays-Bas, ancien nazi, co-fondateur du Groupe avec David Rockefeller. Ce « club » est sans doute le plus puissant des réseaux d’influence. Il rassemble des personnalités de tous les pays du monde occidental, leaders de la politique, de l’économie, de la finance, des médias, des responsables de l’armée ou des services secrets, ainsi que quelques scientifiques et universitaires. Il prétend être un véritable « gouvernement mondial » occulte… mais sans les BRICS, ce qui relativise les prétentions de ses membres ! Son potentiel de nuisance reste néanmoins important, surtout sur l'Amérique du Nord et l'Europe. Ses orientations stratégiques sont avant tout la mondialisation ultralibérale au profit des multinationales et des puissances financières. Ses actions occultes peuvent concerner l’initiation d’une crise économique ou d’une phase de croissance, les fluctuations monétaires et boursières, les alternances politiques, le choix des dirigeants et ministres, les politiques sociales, la gestion démographique du globe et même le déclenchement d’une guerre.

Les politiciens sont très flattés d'y être invités pour la grande séance annuelle. En 2014 un certain Emmanuel Macron était invité ! L’an dernier il y a eu… Juppé. Parmi d'autres, mais comme par hasard ceux-là postulent pour l'un, a postulé pour l'autre à la magistrature suprême.

Très structuré, le Groupe de Bilderberg est organisé en trois cercles successifs. Le « Cercle extérieur » est assez large et comprend 80 % des participants aux réunions. Les membres de ce cercle ne connaissent qu’une partie des finalités et des stratégies du Club. Le deuxième cercle, le « Steering Committee », est un conseil de direction restreint, fort de trente-cinq membres, où se discutent et se préparent les orientations principales. Au-dessus, il y a le premier cercle, le « Bilderberg Advisory Committee » (Comité consultatif) qui comprend une dizaine de « parrains », les seuls à connaître intégralement les stratégies et les buts réels de l’organisation.

L’opacité est de règle. La presse n’est évidemment pas invitée et rien ne filtre. L’omerta. A leur raout annuel, ce sont toujours des conditions de sécurité dignes de Fort-Knox ! Des flics partout. Que se trame-t-il derrière les paravents blancs qui cachent les lieux et les participants ? Quelles magouilles sordides prennent naissance entre ces dangereux personnages? Qui lo sa ?

Les intérêts des « Bilderbergers » gravitent autour du projet central consistant à la fois à éliminer les États nationaux et des droits sociaux, à créer une immense classe pauvre de personnes précaires, nomades et disposées à tout pour survivre, à détruire les constitutions et les frontières nationales, à mettre en place de nouveaux traités internationaux contraignants qui font primer l’économie et la Banque, à attaquer tous azimuts le monde du travail et les garanties sociales.

Les unions et les traités internationaux sont utilisés comme moyens pour mettre fin aux souverainetés nationales et démocratiques, et par là même, déstructurer le Droit et l’État social, en imposant comme seul paramètre la compétitivité au niveau international.

Au travers des traités internationaux comme Tafta et Ceta, les gouvernements sont en réalité privés de leur pouvoir qu’ils cèdent à des agences internationales et financières, lesquelles se substituent de plus en plus aux États nationaux dont les dirigeants étaient, du moins sur le papier, élus par le peuple.

Rappelons que le capo de tuti i capi actuel de ces gens est donc Henri de Castries, le pote au Sourcilleux. Il est le premier Français à présider le Bilderberg. Ancien patron du groupe d’assurances Axa, c’est un pote à Sarko mais aussi de Hollande, à travers la célèbre promotion de l’ENA Voltaire… C’est lui qui pilote le programme économique de Fillon. On comprend mieux le côté « social » de ce programme visant entre autres horreurs, à tuer la Sécu pour refiler le gâteau… aux assurances privées ! Ben voyons.

Certains le voient à Matignon ou à Bercy en cas de victoire de son bourrin, mais en principe, les « Bilderberger » ne participent pas directement aux gouvernements, mais choisissent les marionnettes politiques qui travailleront pour eux et imposeront leur programme. Quelques marionnettes qui ont eu un bel avenir suite à leur invitation à un de leur grand raout annuel ou, mieux, à leur adoubement : Kissinger, Margaret Thatcher, Bill Clinton, Van Rompuy, Etienne Davignon, Zapatero, Mario Monti, mais aussi (tiens, tiens!) Manuel Valls, Michel Sapin, Laurent Fabius mais encore Giovanni Agnelli et même… Christine Okrent. (Liste des participants 2016 ici)

Ah ! Au fait, Bilderberg a un autre fer au feu, pour ferrer un autre poulain au cas où Fillon se ramasserait une gamelle. Un dénommé Emmanuel Macron.

 

Sources ;

lien 1

lien 2

 

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05/02/2017

Gastronomie dominicale : La daube du tueur.

daube tueur pour web.jpg

 

J’ai un ami tueur, c’est vrai, je le confesse…

Un homme plein d’humour, de rugueuse tendresse,

Apte à faire passer de la vie au trépas,

Qui n’officie jamais aux heures des repas.

Honnête travailleur, fier de son savoir-faire,

Il tue au quotidien. Tuer, c’est son affaire.

C’est au couteau qu’il tue les jours de la semaine.

Le dimanche, au fusil, mais sans aucune haine.

Mon ami Angelo, tueur aux abattoirs,

Fin chasseur, est aussi un cuistot de devoir.

Pourvoyeur naturel de produits de mangeaille,

Sa cour est composée de docteurs es ripaille.

Son cabanon, perché au bord d’une falaise

Domine, au levant, la terre avignonnaise.

De doctes assemblées de gens de haulte graisse

En ont fait un haut lieu consacré à l’ivresse,

Au pantagruélisme, au culte des bougresses,

Aux goinfreries sacrées, aux ventrées d’allégresse,

Aux gaillardes chansons, aux grands éclats de rire,

Aux joutes oratoires, aux poètes, au bien-dire.

Il faut voir Angelo haranguant ses ouailles.

La panse rebondie, la moustache en bataille,

Étranglant un goulot, le touille sauce en main.

Annonçant le menu, tel un tribun romain :

Gras double, pieds-paquets, civet de marcassin,

Grives, tourdres, bécasses ont hanté ce lieu saint.

Mais la spécialité d’Angelo le tueur

Parangon de parfums, chef-d’œuvre de saveurs,

Ce plat de paysans, velours de l’estomac,

Les experts sont d’accord : c’est sa daube au Lirac.

- Qu’a-t-elle donc, Victor, la daube d’Angelo

Pour que tu en parles avec des trémolos !

- Classique si ce n’est la qualité du vin,

Peut-être bien, aussi, un certain tour de main.

Choisis bien tes morceaux : paleron, plat de côtes,

Gallinette, jarret et un bout de culotte.

Coupés grossièrement en tronçons bien épais,

Dans un profond faitout tu les mets à tremper

Au moins toute une nuit dans du vin de Lirac,

Avec sel, poivre, thym, oignons jetés en vrac,

Met aussi un dégou de cette huile d’olive

Qui sublime les goûts, parfume et enjolive.

Sors et sèche ta viande le lendemain matin,

Passe ta marinade et jette oignons et thym.

Dans du lard de cochon fondu fais revenir

Deux cèbes du Vigan, mais ne fais pas roussir.

Tu rajoutes ta viande et tu la fais suer

Doucement, à feu doux, sans trop la remuer.

Mets un bouquet garni, sarriette et romarin,

Sale légèrement, poivre avec ton moulin,

Pendant ce temps tu chauffes ta marinade à part.

Attention ! du Lirac, pas du mauvais pinard !

Là, petit, il te faut être un peu dégourdi :

Rajoute louche à louche ton liquide tiédi

Puis fait cuire à feu doux deux heures pour le moins.

Sors du feu et réserve jusques au lendemain.

En se refroidissant, ton bœuf va se confire,

Et pour le réchauffer, deux heures vont suffire,

Mais sur un feu très doux, sous la chaude caresse

De cendres sous lesquelles couve l’ardente braise.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe ct la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour la marinade : - 2 kg de bœuf (culotte, jarret, gallinette, paleron), - 3 oignons coupés grossièrement, - 1 grosse touffe de thym, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance. – 1 verre d’huile d’olive, - 2 bouteilles de Lirac rouge.

Pour le plat : - 1 hecto de lard de cochon. – 2 cèbes du Vigan (à défaut de Lézignan ou d’ailleurs, mais douces), - bouquet garni riche (thym, laurier, sarriette, romarin, persil plat), - sel, - poivre, - marinade purgée de ses légumes et tiédie.

 

Les vins conseillés :

Rien en dessous de 14° ! Mais le choix reste large. En vallée du Rhône : Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Châteauneuf-de-Gadagne, Saint-Gervais, Vinsobres, Saint-Maurice-sur-­Aigues, Visan, Rochegude.

En vins du Languedoc et du Roussillon : Saint-Chinian, Fitou, Collioure.

En vins de Provence : Bandol, Pierrefeu, Tourves, Brignolles, Saint-­Zacharie, Les Arcs. Et, bien sûr, tous les bons vins d’ailleurs !

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

02/02/2017

Les coquins d'abord

les rats quittent le navire.jpg

Sur l'air des "Copains d'abord "de tonton Georges! 

 

Non ce n'était pas qu'un dévot

Un cul-béni de caniveau

Qu'on se le dise parmi les porcs

...dise parmi les porcs

Il magouillait en père peinard

Sans se méfier du Canard

Et pensait le pognon d'abord,

Le pognon d'abord

 

Ses « fluctuat ET mergitur »

C'est pire qu'une caricature

N'en déplaise aux vieux dinosaures

Aux vieux dinosaures

Leur capitaine est un salaud

Piquant le pognon des prolos

Pour se constituer un trésor

...tuer un trésor

 

Tout en se prenant pour De Gaulle

Il rétribuait sa cagole

Avec du bon argent public

Bon argent public

Son « attachée parlementaire »

Passait plus d' temps au baptistère

Qu'aux séances de l'Assemblée

...anses de l'Assemblée.

 

Il s'croyait déjà couronné

Mais il est plutôt couillonné

Il a beau ramer comme un mort

Ramer comme un mort

Il peut lancer des SOS

Son barlut est en plein' détresse

Et les rats quittent le navire

Quittent le navire

 

Au rendez-vous de ses copains

Y a de plus en plus de lapins

Tous gambergent à un Plan B

Pourquoi pas Juppé

Propre sur lui, pas trop souffrant

Il serait presque rassurant

Mais le vieux n'a pas accepté

On a sa fierté

 

Alors la meute a attaqué

Tous les requins, tous les roquets

Les maquereaux et les escrocs

Ont sorti les crocs

Laissons-les s'entredévorer

Et restons hors de la curée

Mais pour un bon coup de torchon

Votons Mélenchon !

 

Illustration X - Droits réservés

 

30/01/2017

Au Bistro de la Toile : Hamon, Fillon, le triomphe des seconds couteaux.

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- Je te salue, Victor, "apérologue" distingué! T’as vu, après Fillon voilà Hamon. C’est le triomphe des seconds couteaux.

- Tu l’as dit Loulle. Des seconds couteaux mais aussi des seconds coûteux ! D’un côté un déprimé magouilleur qui a tout subi de la part de son « employeur » Sarko, de l’autre une deuxième gâchette. Tous deux ont en commun qu’ils n’ont jamais, JAMAIS travaillés. Ils ont toujours grenouillé dans le milieu politicien. Dès lors ils sont totalement coupés des réalités, des problèmes du pélucre de base qui s’estime heureux de son sort s’il arrive à avoir un job merdique payé au SMIC. Ils sont l’illustration de cette caste politique qui contourne allègrement les lois qu’ils ont eux-mêmes votées.

Fillon est un exemplaire caricatural de ces professionnels de la politique.. Ce bourge, fils de notaire, élevé chez les curés se targue de hauts faits divers révolutionnaires : il aurait fait le mur de son école et y aurait été ramené entre deux gendarmes en chantant l’Internationale !

- Je me doutais bien qu’il y avait du révolutionnaire bolchevique chez ce sourcilleux « Mister Nobody » comme l’appellent ses collègues.

- Un révolutionnaire qui ne s’est jamais sali les pognes. Il est « entré dans la carrière » comme assistant parlementaire d’un ami du papa notaire, le ci-devant Le Theule, député RPR de la Sarthe puis plusieurs fois ministre. Grenouillant dans son sillage, il en sera le second couteau pendant des années. Lorsque celui-ci casse sa pipe, il se glisse dans ses pantoufles chaudes d’élu : conseiller général de la Sarthe puis député.

- Un paraît exemple de réussite clanique en quelque sorte.

- Exactement. Second couteau il est, second couteau il restera, notamment dans les basques de Philippe Séguin, puis de Balladur, enfin de Sarkozy. Bref, un parfait apparatchik rompu à toutes les embrouilles politiciennes.

- Il n’empêche que maintenant il est en haut de l’affiche !

- Par défaut. C’est le syndrome Hollande : il a gagné parce que les électeurs ont voté pour lui afin de virer Sarko ! Et par la même occasion celui dont il était prêt à prendre le sillage : Juppé.

- Il a « fait du monde » à son meeting de ce dimanche.

- Ce ne sont que des convaincus, des complices applaudissant debout sa tendre et chère – très chère - épouse Pénélope. Ils applaudissent une femme qui a pondu deux articles de quelques lignes et qui a pompé « modestement » les finances publiques : de 3 900 euros en 2001 à 7 900 euros en 2006. Les vrais assistants parlementaires, payés au max 2 500 boules par mois l’ont en travers d’ailleurs. Et c’est ce Fillon-là qui gueule que le SMIC est trop élevé. Et, François, c’est pas très « chrétien » ça!

- Ouais mais elle était une bonne gagneuse ailleurs qu’avec son patron de mari, la Pénélope : 100 000 euros comme pigiste dans une revue microscopique n’employant que le rédacteur unique et la secrétaire!

- Ben voyons ! Les deux notes de lecture - disponibles sur le site de la Revue des deux mondes et Marianne - permettent de faire le compte : elles cumulent 3 474 caractères au total, ce qui revient à 27 € le caractère si l’on considère que le salaire correspond aux deux notes de lecture. Il serait toutefois plus juste de compter 3 475 caractères, car la seconde note de lecture, de 926 caractères, comporte une erreur sur le verbe « illustrer », auquel il manque un « r ». À ce tarif-là, je serais millionnaire depuis longtemps !

- Eh ouais. C’est comme ça quand on est dans la politique depuis 40 ans. Le broussailleux, il n’a jamais connu les fins de mois qui commencent le 15. Il n’en a même pas idée. En plus, il a une haute idée de ce qu’il fait, de son « utilité » alors qu’il est un super-assisté qui a toujours vécu d’argent public pour un service rendu plus que contestable. Cinq ans sous Sarko, ça fait tache sur un CV ! Dans le privé, il se ferait virer à la fin de sa première semaine…

- C’est la mentalité de ces professionnels de la politique : ils ne se rendent pas compte que ce qui leur semble normal, équitable les concernant est profondément immoral pour les cochons de payants…

- Alors, Fillon, futur président ?

- Je n’y crois pas. Quoi que, avec un peuple qui a élu Sarko et Hollande, on peut s’attendre à tout…

- Et Hamon?

- Pareil. Encore un qui n’a jamais travaillé. JAMAIS ! Même parcours commençant par assistant parlementaire, le centre d’apprentissage en quelque sorte des politicards professionnels. Il a été élu « candidat du parti socialiste » à la présidentielle. Mais dans la réalité, il s’est juste positionné comme futur secrétaire du PS. Parce que ceux qui sont intéressés par son programme original et novateur – j’en suis – ne s’embarqueront pas dans une galère destinée à faire naufrage et préféreront l’original à la copie en votant Mélenchon. Et les autres rejoindront Macron.

- À voir. Allez, à la nôtre !


Illustration: merci au regretté Chimulus

 

27/01/2017

Pendant les « Primaires » les « affaires » continuent : Fillon mais aussi Dassault

verrou de bercy dessin.jpg

 

Fillon et sa Pénélope, « faisons confiance à la justice de notre pays.  On aura l’occasion d’y revenir. Parlons de Serge Dassault. Il n’a pas daigné se déplacer, Pépé Dassault, au procès intenté contre lui l’été dernier et ayant repris ces jours derniers, pour blanchiment de fraude fiscale. Le PDG du groupe Dassault et sénateur Les Républicains est notamment accusé d’avoir détenu quatre comptes de fondations et sociétés à l’étranger (aux îles Vierges, au Luxembourg et au Liechtenstein) pour dissimuler des actifs (jusqu’à 31 millions d’euros en 2006 et 11 millions d’euros en 2014) au fisc français.

Une bricole quoi.

Pourtant, question rigueur, il n’est pas avare de donner des leçons Pépé. Ce qui lui a été renvoyé dans le groin par la procureure Ulrika Delaunay-Weiss se farcissant le fabricant des Rafales payés par nos impôts mais également le patron de presse « envoyant ses vœux aux lecteurs du Figaro pour s’inquiéter que l’État français soit en cessation de paiement, comme la Grèce. Rassurez-vous, il ne parlait pas d’évasion fiscale mais de fraude à la carte vitale… » Pas tendre la dame avec Pépé qui « a piétiné toutes les lois qu’il a votées sur le thème de la fiscalité » et « trahi son mandat ». Eh ! Oh ! qu’il fait dire par ses bavards Pépé : il a hérité de ces fonds de sa famille et il n’a appris leur existence que sur le tard. Eh ! À cet âge, on perd un peu la tête…

Pépé Serge est un habitué des prétoires, même s’il ne s'y présente que rarement. Il est encore mis en examen dans une affaire concernant l’existence de « cagnottes » au Luxembourg et au Liechtenstein qui auraient servi à acheter des voix lors de campagnes d'élections municipales. En 2009, le Conseil d'État avait annulé sa réélection à la mairie de Corbeil-Essonnes l’année précédente en raison de « dons d’argent » et avait déclaré M. Dassault, qui avait piqué cette ville aux communistes en 1995, inéligible pendant un an.

Allons, allons. Bricoles que tout ça. Plus important, la procureure Ulrika Delaunay-Weiss met les pieds dans le plat en disant regretter « l’absence de plainte de la CIF (Commission des infractions fiscales). » Ce faisant, elle met en cause ce qu’on appelle « le verrou de Bercy ». Kesako ? C’est un pouvoir discrétionnaire donné au ministre et aux hauts fonctionnaires de Bercy (ministère de finances). Concernant la répression des infractions pénales, la loi donne au procureur de la République la responsabilité de juger de l’opportunité de poursuites. En matière fiscale, en revanche, c’est le ministre du budget qui a l’initiative ! Il transmet au parquet, après avoir sollicité l’avis de la Commission des infractions fiscales (CIF), les dossiers qu’il souhaite voir poursuivis. Ni la Commission, ni le ministère des Finances n’ont à motiver leur décision de poursuivre ou ne pas poursuivre le contribuable. Ni la CIF ni le parquet n’ont la possibilité de connaître les cas de fraude que Bercy choisit de ne pas poursuivre en justice. Le ministre poursuit qui il veut et absout qui il veut ! Plus de 90 % des cas de fraudes constatés par l’administration fiscale échappent à l’appréciation du ministère public…

Ainsi dans l’affaire Cahuzac, Jérome Cahuzac, ministre du Budget en 2012, aurait été le seul à pouvoir décider de l’opportunité de poursuites contre lui-même, avant sa démission ! On marche sur la tête… C’est non seulement un verrou mais aussi une insupportable mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire.

L’administration fiscale peut ainsi traiter de façon inégale et donc foncièrement injuste les contribuables, en proposant arbitrairement à certains une transaction « convenable » et la refusant à d’autres. C’est une atteinte caractérisée au principe d’égalité des citoyens devant la loi. Selon la Cour des comptes « La politique de répression pénale des services fiscaux est ciblée sur les fraudes faciles à sanctionner et non sur les plus répréhensibles. […] Les dépôts de plaintes par la DVNI (direction des Vérifications nationales et internationales) ou la DNVSF (Direction nationale des vérifications de situations fiscales), qui vérifient les grandes entreprises ou des particuliers à fort enjeu, sont extrêmement rares. »

Ce monopole organiserait l’inefficacité voire l’impunité en matière de fraude fiscale.

Ah ! Au fait, le Conseil constitutionnel, célèbre pour ses décisions souvent « pittoresques » a déclaré le « verrou de Bercy » conforme à la Constitution…



Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Verrou_de_Bercy#cite_note- : 3-15

http://www.optionfinance.fr/droit-affaires/entreprise-expertise/fiscal/le-conseil-constitutionnel-valide-le-verrou-de-bercy.html

http://www.liberation.fr/france/2017/01/19/au-proces-de-serge-dassault-la-justice-epingle-le-verrou-de-bercy_1542686

 

Illustration X - Droits rservés

25/01/2017

Marchandages nucléaires : « Tu fermes Fessenheim ou je te plombe l’EPR ! »

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Comme d’habitude, la magouille a prévalu concernant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. EDF et l’État ont marchandé comme des margoulins : c’est Fessenheim contre l’EPR de Flamanville.

On se souvient que la fermeture de Fessenheim (Haut-Rhin) était une promesse du candidat François Hollande, qui argumentait ainsi : « Fessenheim est la plus ancienne centrale, elle était prévue normalement pour trente ans et aura quarante ans d’âge en 2017. De plus elle est proche d’une zone sismique, ce qui est quand même un risque. » Il oublie de dire qu’il se fait pousser au cul par les voisins allemands et suisses qui tremblent devant les risques que leur font prendre les Français, et donc gueulent en conséquence !

La chose était cause d’une embrouille au niveau gouvernemental entre Ségolène Royal qui voulait fermer Fessenheim et Manuel Vals qui ne voulait pas. Cazeneuve a tranché. Et donc le conseil d’administration d’EDF a approuvé le mardi 24 janvier le protocole d’indemnisation du groupe par l’État français pour la fermeture anticipée de la centrale. Les employés et les élus locaux doivent l’avoir en travers… Qu'ils se rassurent, la bête bougera encore longtemps.

Mais derrière cette saine décision il y a des tractations de marchands de tapis : c’est Fessenheim contre Flamanville ! En effet, le décret de création de l’EPR de Flamanville donne 10 ans à EDF pour finaliser la construction du réacteur. Et cette autorisation arrive à échéance en avril prochain. Or les nombreux problèmes de réalisation de ce monstre font que, de retard en retard, il n’entrera en service, au mieux, que fin 2018.

EDF dit avoir envoyé en temps utile – le 11 octobre 2015 – une lettre au ministre en charge de l’énergie (Ségolène Royal) demandant une prolongation de cette autorisation de 18 à 20 mois. C'est une procédure qui s’est déjà faite, notamment pour les réacteurs de Civaux (Vienne) et de Chooz (Ardennes).

EDF mettait donc comme condition à l’arrêt de Fessenheim la prolongation de l’autorisation de l’EPR. Mais ce n’est pas tout. EDF a également obtenu l’assurance de pouvoir redémarrer le réacteur n° 2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime), à l’arrêt depuis mai 2015 alors que la loi de transition énergétique prévoit qu’un réacteur à l’arrêt depuis plus de deux ans devrait être considéré comme en arrêt "définitif". « La ministre chargée de l’Énergie donnera suite positivement aux demandes que le conseil d’administration vient d’exprimer », a indiqué Ségolène Royal. Autrement dit, elle accepte la combine d'EDF. On peut toujours s’arranger pour qu’une promesse électorale, au moins une, soit tenue ! Encore que...

Encore que l’article L.593-13 du code de l’environnement dit que si une installation nucléaire de base (INB) n’est pas mise en service dans le délai fixé par son autorisation de création, « il peut être mis fin à l’autorisation de l’installation, après avis de l’ASN ». Et l’avis de l’ASN n’est pas obligatoirement celui que voudrait EDF…

Si la demande de modification du décret déposée par EDF constitue une modification notable, EDF devra compter avec une nouvelle procédure d’autorisation comprenant la réalisation d’une enquête publique. C’est donc au gouvernement qu’il reviendra de décider si la demande de prolongation constitue une modification notable ou non.

Corinne Lepage l’avocate spécialiste du droit de l’environnement, explique que « les faits, comme la législation, ont évolué depuis 2007, ne serait-ce qu’à cause de la catastrophe de Fukushima et des défauts à répétition de l’EPR, ce qui impose de refaire un dossier et de le soumettre aux citoyens ».

Ce décret devrait être pris un mois avant la présidentielle. Est-ce que ce sera le cas ? Car cette demande de prolongation d’autorisation sera vraisemblablement attaquée devant le Conseil d'État et fera probablement l’objet d’une QPR (question prioritaire de constitutionnalité). Tout ça prend du temps. Quel sera alors le gouvernement qui aura à trancher ?

« Ouate Inde Scie ». On verra bien.


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21/01/2017

Au bistro de la toile: pour qui vote-t'on? (vos tétons?)

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- Alors Victor, tu vas allez voter à la primaire de gauche ?

- Ben ouais. Parce que je respecte ce droit de vote pour lequel nos valeureux ancêtres ont lutté, pour lequel certains ont laissé leur peau. Mais sans illusion. D'autant plu qu'à la vraie élection, je voterai sans beaucoup de doute pour Mélenchon.

- Alors pourquoi tu te dérangerais pour choisir quelqu'un pur lequel tu ne voteras pas à la vraie élection ?!

- Je n'ai pas d'explication. C'est comme ça.

- Et tu sais pour qui tu vas voter ?

- Je sais en tout cas pour qui je ne voterai pas. Mais pour rester positif, mon bulletin va balancer entre Benoit Hamon et Sylvia Pinel.

Hamon, ce que je lui trouve POUR :

- il ne se prosterne pas devant le « dieu-travail », comme Montebourg ; il prend en compte la réalité du chômage de masse et la précarité, il pense aux conséquences de cette raréfaction du travail en proposant la création « à terme » d'un revenu universel.

- il est pour le non cumul des mandats non seulement au niveau du nombre de mandats différents, mais aussi au niveau de la longueur des mandatures : pas plus de 3 consécutives. Personnellement, je préfèrerais 2 mandats et deux mandatures maxi, et sans dérogation.

- il veut revenir à un septennat unique, ce qui éviterait radicalement au président élu de plus penser à sa réélection qu'à sa mission. Et de plus li veut publier les débats de ce Conseil constitutionnel, qui prends dans le plus grand flou puant la magouille, des décisions pour le moins « pittoresques ».

- il veut établir un contrôle du citoyen sur leurs élus avec une sorte de « 49.3 citoyen », qui permettrai à 1 % du corps électoral d’imposer au Parlement d’examiner une proposition de loi proposée par les citoyens (droit d’initiative citoyenne), de suspendre l’application d’une loi adoptée par le Parlement, jusqu’à un an après sa promulgation, pour que celle-ci soit soumise à référendum. Ca refilerai un coup de jeune à la démocratie.

- il veut créer une fiscalité sur les robots et les machines qui prennent le travail des humains.

- il veut lutter contre les déserts médicaux en retirant le conventionnement aux médecins qui s’installent en zone surdotée.

- il veut lutter pour une harmonisation fiscale européenne.

- il veut mettre en place une loi antitrust dans les médias.

- il veut maintenir l'interdiction des gaz de schiste, réduire à 50 % la part d’électricité nucléaire en 2025 et fermer les centrales nucléaires à risque en fin de vie.

- il veut légaliser la consommation de cannabis.

- il veut refuser les traités TAFTA et CETA.

 

Je lui trouve CONTRE :

- il est favorable au maintien de la France dans le commandement intégré de la France.

- il est pour l'assassinat médical rebaptisé « euthanasie ».

 

- Bon. Et Sylvia Pinel. Qu'est-ce que tu lui trouves de bon ?

- D'abord, c'est une femme ! Et au milieu de ce monde de machos assumés et prétentiards, son sourire réchauffe. Mais si c'est nécessaire, ce n'est pas suffisant comme disent les matheux.

Pinel, ce que lui trouve POUR :

- elle veut dialoguer avec la Russie, grande nation européenne, avec laquelle le dialogue, même s’il doit être ferme, est indispensable, pense-t-elle.

- elle est défavorable à l’autorisation en France de la GPA, qui reviendrait à admettre une inacceptable marchandisation du corps de la femme. Par contre elle veut ouvrir la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

- elle est la seule qui pense aux « aidants », ceux qui sacrifient leur existence personnelle pour accompagner leurs parents, compagne ou compagnon en grave difficulté.

- elle est pour la légalisation contrôlée du cannabis.

 

Je lui trouve CONTRE :

- elle est elle aussi pour l'assassinat médical rebaptisé « euthanasie ».

- Tè, bois un coup, Victor, ça t'aidera à prendre ta décision !

- A la nôtre !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus.

15/01/2017

Ouiquinde gastronomique pour temps de grands froids

 

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Le Baeckeoffe d’Alsace et de Lorraine.

 

Il me souvient de grandes fêtes vigneronnes

Entre les vins d’Alsace et les Côtes-du-Rhône

Où, avec ma chorale de vigoureux soiffards,

Nos pifs enluminés jouaient les gyrophares.

Nous avons ripaillé, chanté, mangé, et bu

Avant que de sombrer, fin remplis et fourbus

Dans les bras de Morphée, de Sophie ou Gisèle

Vaincus par la bamboche plus que les demoiselles…

- Tu le sais bien Victor que le vin, s’il enflamme,

En amour est meilleur s’il est bu par les femmes !

Au cours de ces agapes, qu’avez-vous donc mangé ?

- Dans ces contrées de froid si loin de ma Provence

Nous avons dégusté, au cours de ces bombances,

Le célèbre Baeckeoffe, la potée alsacienne

Un plat qui tient au ventre, platée rabelaisienne.

Les femmes le préparaient, enfin, c’est ce qu’on dit,

Le dimanche matin pour le cuire lundi.

 

Tu tailles en gros morceaux de la viande sans os

Ton boucher, s’il est bon, te le fait rapidos,

Une livre de bœuf, gite ou paleron,

Une livre de porc et autant de mouton.

Tu fais tremper tout ça dans une marinade :

Oignons, poireau, carotte, ail, girofle, muscade,

Bouquet garni, sel, poivre et bien sûr vin d’Alsace,

Riesling ou Sylvaner sont les plus efficaces.

Tu laisses mariner, au frais, vingt-quatre heures.

Emince cinq oignons, deux kilos de patates

Comme pour préparer la truffade auvergnate.

Le « Baeckeoffe » est aussi le nom du plat en terre

Large, ovale et profond, solide, utilitaire.

Etale tes patates en couches sur le fond,

Sale, poivre et dispose au dessus les oignons,

Sel, poivre de nouveau puis dispose les viandes

Egouttées, séparées d’avec leur marinade,

Mouille avec celle-ci jusqu’à demi terrine

Complète avec du vin…et remplit ma chopine !

Pour donner du moelleux, met un pied de cochon

Ou bien un pied de veau…et verse ton cruchon !

Ajoute par-dessus ce qui a mariné

Sel, poivre du moulin et…remet ta tournée !

Ferme alors ton couvercle très hermétiquement

Avec farine et eau maniées fermement,

Ça s’appelle « luter » : fermer avec la pâte.

C’est fini, il faut cuire longuement et sans hâte,

Dans un four préchauffé, cent-quatre-vingt degrés,

Quatre heures minimum et plus si ça t’agrée.

Ce plat pourrait sauver bien des anorexiques,

Régale les gourmets, stoppe les boulimiques.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

D’un Gewurztraminer à la saveur friponne

Et  laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients pour six personnes :

½ kilo de gîte, poitrine ou paleron de bœuf sans os – ½ kilo d’épaule ou d’échine de porc sans os – ½ kilo d’épaule de mouton ou d’agneau sans os – 1 queue, 1 pied de porc ou de veau (facultatif) – 1/2 d’oignons – 1 grosse carotte - 2 gousses d’ail – 2 kg de pommes de terre – 2 blancs de poireau – 1 bouteille de Riesling ou de Sylvaner – 1 bouquet garni – girofle – sel et poivre – farine.

 

Vins conseillés :

En rouges, des Alsaces Pinot noir ; en blancs Alsace Pinot gris (Tokay), Riesling, Sylvaner ; en vins d’Allemagne Riesling, Rheingau.

 

 Illustration X - Droits réservés

 

 

09/01/2017

Campagne présidentielle : Mélenchon flamboyant à Tourcoing !

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« Vous êtes 13 millions ! Vous êtes la classe la plus puissante de notre pays. Alors ne vous abstenez pas. N’abandonnez pas votre bulletin de vote ! Ne vous éliminez pas de la décision ! »

Il avait du gaz Mélenchon dimanche après-midi à Tourcoing ! Salle trop pleine, et un millier de personnes qui bravaient le froid et la brume dehors. C’est d’ailleurs dehors que le premier de « La France insoumise » a prononcé l’essentiel de son discours de plus d’une heure et demi, essentiellement axé sur le volet Travail de son programme.

Il a soulevé l’enthousiasme de la foule en s’en prenant sans fioritures à Auchan, l’entreprise où une caissière a fait récemment une fausse couche à cause de conditions de travail déplorables. « Cette jeune femme a perdu son enfant uniquement du fait du mépris de ceux qui en avaient la responsabilité, qui n’ont pas écouté ce qu’elle avait à dire…/… « Le patron de ce groupe qui est responsable du malheur de cette jeune vendeuse, M.Mulliez n’habite pas très loin d’ici, mais en Belgique ! Eh bien quand je serais président, il paiera les impôts qu’il doit où qu’il soit, même en enfer ! »

Et Mélenchon s’appuie sur ce fait divers pour préciser ses idées sut la question : « Quand je serais président, l’impôt sera universel, basé sur la nationalité du cotisant quand il n’est plus en France. Les citoyens français devront déclarer partout dans le monde ce qu’ils paient comme impôt à la nation qui les accueille. Il est bien normal qu’ils en paient là où ils se trouvent, car nous pratiquons de même chez nous, mais ils devront déclarer ce montant au fisc, et celui-ci regardera si, après avoir payé cette somme, en France, ils ne devraient pas encore d’argent. »

« N’écoutez pas les bonimenteurs. Le problème ce n’est pas le coût du travail ni celui des chômeurs le problème, ce sont les banquiers ! Le problème ce sont les Mulliez !…/… Chaque mois la BCE (Banque centrale européenne) donne 85 milliards aux banques, ce qui équivaut à six millions de SMIC ! Où sont ces milliards ? Que devient cet argent ? Il sert à soutenir l’activité ? Pas du tout, pour l’essentiel ces milliards repartent immédiatement dans la sphère spéculatrice financière ».

« Savez-vous ce qui est arrivé le 3 janvier, à 18 heures ? Non, vous ne savez pas ? Eh bien en deux jours et demi, les cent vingt patrons les mieux payés de France ont gagné autant que tous les salariés ! Nous avons le record d’Europe des dividendes ! »

Il fustige le gouffre du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) qui est un cadeau de 20 milliards par an aux entreprises. « Chaque emploi créé grâce au CICE coûte 200.000 euro à l’État ! Et l’État, c’est nous ! Voilà pourquoi le CAC 40 est la plus grande association d’assistés de France ! »

« Le système capitaliste fonctionne sur la quasi-gratuité du travail qu’implique la mondialisation. Voilà pourquoi ils délocalisent, voilà pourquoi ils font appel aux travailleurs détachés…./… Nous sommes tous riches des 2 000 milliards qui sont le fruit de notre travail. Mais vous êtes spoliés d’une partie de votre part. En quelques années dix % des bénéfices générés par ce travail sont passés de la poche des salariés dans celle des actionnaires. »

Jean-Luc Mélenchon s’en prend à la Loi El Khomry : « Elle est là pour détruire. Détruire la hiérarchie des normes sociales. Désormais, un accord d’entreprise peut s’imposer même si un accord de branche ou la loi sont plus favorables aux salariés. C’est la porte ouverte au dumping à l’intérieur d’une même branche entre entreprises et à la régression de tous les droits des salariés. L’accord d’entreprise ne doit prier que s’il est plus favorable aux salariés. Il en va de l’égalité des salariés et de la justice entre les entreprises. La Loi El Khomty, c’est le temps de travail légal à 48 heures, comme le veut l’Europe. Et les heures supplémentaires payées à 10 % et non plus à 25 % comme aujourd’hui. Cette loi sera supprimée. »

Il prône le retour aux 35 heures, le renchérissement des heures supplémentaires, la semaine de 5 jours avec 2 jours de congé consécutifs, fustigeant au passage Fillon « Avec Fillon, plus de durée légale du travail ! » Il s’élève contre la généralisation du travail du dimanche qui désorganise la vie. « C’est une stratégie à long terme dont le but est que les femmes restent à la maison et abandonnent leurs carrières professionnelles. C’est leur façon de résoudre le chômage et éliminant les femmes du monde du travail ! »

L’orateur propose le SMIC à 1700 euro brut immédiatement, net plus tard. « Savez-vous que ceux qui sont payés au SMIC touchent 100 euro de plus seulement que le seuil de pauvreté ! ? ! ? » Mais pour ne pas écraser les TPE et PME, Mélenchon propose de faire une caisse commune de cotisations sociales entre entreprises, grosses et petites.

Il illustre ses propos concernant la défense des PME avec l’histoire des Ecopla, cette entreprise de fabrication de récipients jetables en aluminium pour l’agroalimentaire, entreprise mise en faillite par une succession de magouilles entre fonds d’investissement voyous et que le tribunal de commerce à refuser de vendre à une Scoop créée par les salariés. « Il faudra réformer les tribunaux de commerce pour lesquels la priorité n’est pas de défendre l’emploi mais l’intérêt des créanciers. » Ce qui l’amène à envisager un « droit de remontrance » pour les salariés si les patrons font des erreurs manifestes.

Très en verve, Mélenchon exhorte ses auditeurs à ne pas se résigner : « Avec leur indifférence au sort des autres, les puissants veulent toujours avoir le dernier mot et c’est avec ça qu’ils impressionnent, qu’ils font peur et que les gens ont peur et c’est de cette peur que nous voulons délivrer le monde du travail », puis le candidat invite les salariés, les ouvriers et les chômeurs a « relever la tête » avec la France insoumise.

Enfin, l’orateur, très applaudi, cite Jaurès : « La révolution de 1789 a fait les Français rois dans la cité, mais ils restent serfs dans l’entreprise. »


Photo X - Droits réservés

 

04/01/2017

Au bistro de la toile : Mélenchon, Trump, Fillon et la Sécu.

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- Oh ! Victor, je viens d’entendre La Merluche ce matin sur France Inter, face à la péronnelle Salamé. Ah ! Il a du gaz le Jean-Luc. Mais avec beaucoup plus de sérénité qu’avant. Il ne se laisse plus aller à ses coups de gueule qui faisaient la joie des questionneurs, mais il ne laisse rien passer !

- Je l’ai entendu aussi. Lorsque Salamé, avec insistance, lui demande ce qu’il faut faire de Bachar El Assad, il lui répond l’évidence : « Mais c’est aux Syriens de le dire ! Pas à nous. » Il considère que Poutine et Erdogan, ce n’est pas la même chose, le Turc étant pour lui un dictateur, « un illuminé fanatisé par sa religion » et dont l’armée a franchi les frontières de son voisin syrien « sans que cela émeuve personne ». Et il met les pendules à l’heure en évoquant les vraies raisons de la guerre en Syrie : « Ce n’est pas une guerre de religion mais un conflit de territoire dans lequel la Turquie a mis les doigts jusqu’au coude, une guerre pour savoir où vont passer le pétrole et le gaz et ce que l’on fait des Kurdes ». Et là, Loulle, il fait preuve de plus de lucidité que la plupart de nos politiques et de tous les matamores qui squattent les plateaux de télévision et de radio. Il pense à juste titre qu’il serait plus judicieux et plus facile, sous l’égide de l’ONU, d’organiser des élections honnêtes en Syrie, avec les réfugiés de retour dans leur pays, que de tout bombarder.

La journaliste le relance pour Trump voulant imposer à Ford de rapatrier ses usines aux USA. « S’il le fait c’est très bien mais on verra. Comme Français, soyons habiles, si Trump renonce à Tafta je serais d’accord avec lui. Je ferais tout pour planter Tafta et aussi Ceta qui sont des pourvoyeurs de chômage et de destruction de toutes nos protections et normes environnementales. »

Tout le monde le pourri, le Trump, mais il n’empêche qu’avant même d’être en fonction, il fait plier les plus puissantes multinationales comme Ford et même Général Motors.

Raison de plus pour y regarder de plus près. Il sera peut-être une calamité pour certains de ses concitoyens, une bénédiction pour d’autres. Mais ça, on s’en fout Loulle, qu’ils se démerdent entre eux chez eux. Ce qui importe pour nous, c’est sa politique étrangère. Les plumitifs le qualifient tous d’ignare en la matière. Et pourtant le Trump, il pense que la guerre en Irak a été une énorme konnerie ; il pense que l’Otan ne sert à rien et coûte trop de pognon aux Étasuniens ; il est contre les traités commerciaux genre Tafta, Ceta, Alena et autres ; il est pour un rapprochement pragmatique avec la Russie ; il n’a rien à foutre des embrouilles du Moyen-Orient, etc. Et ça, c’est très bon pour nous, Loulle !

- C’est vrai. Tiens, les « milieux autorisés », comme disait Coluche, parlent aussi de Fillon et de ses « convictions gaullistes et chrétiennes »

- Je me demande bien ce que le rappel à la statue du Commandeur et les convictions de grenouilles de bénitiers de Fillon ont à voir avec la Sécu ! Le « Faillitaire » fait le tango : un pas en avant, deux pas en arrière et un sur le côté. En fait c’est un mou. Il rétropédale au moindre froncement de sourcil. Alors s’il est élu, on verra comment il réglera le bordel social que ses « réformes » vont fatalement générer, dès la rentrée.

Fillon est une marionnette du Medef. Son programme : faire d’énormes cadeaux aux entreprises avec du pognon pris dans la poche des ménages. Avec en corollaire un danger mortel pour l’une des principales conquêtes de la Libération : tuer la Sécu. Depuis des décennies le patronat en rêve, Valls – sur instruction de Hollande – a essayé de le faire. Ce rêve cauchemardesque, c’est donner de plus en plus de parts de l’énorme gâteau de la protection sociale aux assurances privées. Fillon, Gattaz, Bébéar, même combat…

D’ailleurs la nouvelle législation européenne sur les marchés publics conforte cette dérive vers la privatisation. En effet pour le Parlement européen, il convient « d’encourager une concurrence équitable et de permettre un meilleur rapport qualité-prix » en ouvrant au maximum les marchés publics au secteur public, y compris l’ouverture à la concurrence des services de Sécurité sociale obligatoire ».

La directive sur la passation des marchés publics ne fait pas mystère des intentions d’ouvrir à la concurrence les services de Sécurité sociale obligatoire dans son article 74 (Attribution de marchés pour des services sociaux et d’autres services spécifiques) et son annexe XVI.

La directive permet à un « État de l’Union européenne [qui le] souhaiterait – dans le cadre de son autonomie en la matière – [d’] organiser certains services de Sécurité sociale à travers un contractant.. »

Ainsi un État membre pourra construire son marché des services de Sécurité sociale en respectant les règles de la concurrence libre et non faussée en matière de services de Sécurité sociale obligatoire. C’est la privatisation de la Sécu.

- Raison de plus pour voter Mélenchon. Allez, à la nôtre !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

01/01/2017

Qui veut de mes voeux baveux tirés par les cheveux ?

 

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Je nous souhaite non pas une bonne année, c’est trop restrictif, mais de BONNES ANNÉES, ou des bonnes à nez.

Je nous souhaite que notre viande – pas celle qui nous nourrit, celle qui nous constitue - soit saine. Enfin, la plus saine possible.

Je nous souhaite que nos cervelles fument bien et de moins puer du cerveau que des pieds.

Je nous souhaite que la bouffe soit bonne, abondante et variée.

Je nous souhaite que notre très large soif  puisse toujours s’étancher avec les meilleurs de nos vins.

Je nous souhaite que l’amitié, la fraternité, la sororité, la générosité, la tolérance nous réchauffent.

Je nous souhaite que l’amour nous fasse chanter la viande dans une lumière bleue où crépitent des étincelles d’or.

Je nous souhaite à tous, nous les Humains, poussières d’étoiles ou fiente du cosmos, des palanquées de bonheurs.

Le bonheur, toujours furtif, dont on s’aperçoit – comme disait Prévert - qu’il existe au bruit qu’il fait lorsqu’il s’en va.

 

Bonnes années et longo maï.

A l’an qué vèn

E qué si sian pas maï,

O men siguèn pas mens !

 

Illustration: merci à Geluck

28/12/2016

Centrales nucléaires vieillardes : elles redémarrent… avec un déambulateur !

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Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) s’entretenait ce mercredi matin avec une journaliste de France Inter. Il s’agissait de faire le point sur l’état des réacteurs du parc générateur d’électricité nucléaire du pays. Avec en arrière-plan le risque de manque d’électricité pour les périodes critiques cet hiver...

Rappelons que 21 réacteurs sur les 58 que comporte le parc ont été récemment mis à l’arrêt Sur ces 21 réacteurs, 15 ont été en maintenance technique « planifiée », donc normale, 7 ont dû subir des tests sur leurs générateurs de vapeur, potentiellement défectueux. Suite à la détection d’anomalies sur ces générateurs de vapeur, l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) a imposé à EDF des inspections poussées sur 18 réacteurs présentant des risques sur des équipements sous pression (cuves, générateurs de vapeur et tuyauteries du circuit primaire principal) ainsi que sur des emballages de transport de substances radioactives.

À l’heure actuelle, selon l’ASN, décisionnaire en la matière, sept réacteurs parmi les huit actuellement à l’arrêt pour des contrôles sur leurs générateurs de vapeur pourront redémarrer d’ici la fin du mois de décembre. Un générateur de vapeur est un échangeur thermique qui permet de refroidir le circuit primaire qui est porté à haute température (320 °C) dans le cœur du réacteur. Le fond primaire est un composant en acier qui a la forme d’une portion de sphère située à la base du générateur de vapeur. Il permet de confiner l’eau du circuit primaire. C’est une pièce essentielle, impossible à changer une fois le réacteur en service.

À la demande de l’ASN, EDF a lancé en 2015 des analyses pour recenser les équipements de ses réacteurs en exploitation qui pourraient être affectés par une anomalie de la concentration en carbone de leur acier. Ces analyses ont conclu que les fonds primaires de certains générateurs de vapeur sont concernés par cette anomalie. Celle-ci peut conduire à des propriétés mécaniques de l’acier plus faibles qu’attendu, et remettre en cause la sûreté des réacteurs, qui repose sur l’exclusion de la rupture de ces composants.

EDF a transmis à l’ASN, par courriers des 7 octobre et 15 novembre 2016, un dossier générique destiné à justifier l’aptitude au service des fonds primaires de générateur de vapeur. Ces pièces essentielles ont été fabriquées non pas en France, mais au Japon, par l’entreprise JCFC (Japan Casting & Forging Corporation). Elles équipent des réacteurs de 900 MWe. Il a fait l’objet d’une instruction par l’ASN et l’IRSN, qui ont vérifié que les hypothèses et la méthode utilisées sont acceptables. Les hypothèses du dossier d’EDF devront toutefois être confirmées par un programme d’essais sur des pièces sacrificielles représentatives.

À la suite de cette instruction, l’ASN a formulé des demandes à EDF portant sur des contrôles complémentaires à réaliser, des mesures compensatoires d’exploitation à mettre en place ou renforcer et des compléments d’essais ou d’études à apporter à moyen terme. Chaque redémarrage de réacteur reste par ailleurs soumis à l’accord de l’ASN au vu d’un dossier spécifique.

L’ASN a rendu public le 7 avril 2015 une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville. La détection de cette anomalie a conduit l’ASN à demander à Areva NP et EDF de tirer l’ensemble du retour d’expérience de cet évènement. Trois processus sont en cours :

- la recherche, sur d’autres composants des réacteurs d’EDF, d’anomalies techniques similaires à celle détectée sur la cuve de l’EPR de Flamanville. Cette recherche a conduit EDF à identifier des anomalies similaires sur les fonds primaires de certains générateurs de vapeur ;

- des revues de la qualité de la fabrication des pièces dans les usines de fabrication d’Areva NP qui ont permis à Areva NP de détecter des irrégularités dans les dossiers de fabrication de Creusot Forge ;

- le lancement de réflexions sur la surveillance réalisée par les exploitants d’installations nucléaires de base sur leurs prestataires et sous-traitants, le contrôle effectué par l’ASN et les mécanismes d’alerte.

Le patron de l’ASN a donné aussi une information qui va rendre caduque une promesse de plus du président Hollande, celle d’arrêter la centrale doyenne du parc français, celle de Fessenheim. Celle-ci a reçu le feu vert de l’ASN pour fonctionner… encore dix années ! Tremblez, Alsaciens, Allemands et autres voisins de cette vieillerie…

Et la France continue de s’enferrer dans cette industrie du passé. Il faudra entre 50 et 60 milliards d’euros pour permettre aux réacteurs français de rempiler pour 10 ans. Comment peut-on être aussi ringard ?

Pendant ce temps, l’industrie, la recherche, la technologie allemandes ont œuvré, et de belle manière. Ils sont très avancés en matière d’éoliennes, de photovoltaïque, de géothermie, d’économie d’énergie, de bâtiments à bilan énergétique neutre, etc. Toutes matières neuves, d’avenir, pourvoyeuses d’emplois et de devises à l’exportation.

Pendant ce temps, nous construisons à coups de milliards toujours plus nombreux un EPR ringard puisque n’étant que le prolongement technologique des centrales existantes. Et menacé d’arrêt avant même sa mise en route… Pendant ce temps, nous imposons à nos voisins Allemands, Belges, Luxembourgeois, Suisses le danger d’une centrale de Fessenheim à bout de souffle.

De plus, l’arrêt de toutes les centrales allemandes en implique le démantèlement. Opération particulièrement délicate (les Français n’ont pas encore réussi, depuis vingt ans, à démanteler leur petite et vieille centrale de Brennilis !) et pour laquelle les Allemands vont acquérir – on peut leur faire confiance - une maîtrise, un savoir-faire et donc des marchés mondiaux juteux qui auraient dû, logiquement, nous revenir, nous qui sommes les champions mondiaux des technologies nucléaires ! Cocus et battus les Français…

Enfin, l’avance allemande en matière d’énergies renouvelables et d’économie d’énergie va se transformer en suprématie. L’Allemagne aura un train économique d’avance sur la France et caracolera à la tête de l’Europe.

Il faudra s’en rappeler au printemps prochain, dans l’isoloir : pas de bulletin pour les candidats ne mettant pas explicitement dans leur programme la sortie programmée et définie dans un temps raisonnable (20 ans) non pas seulement du « tout nucléaire » mais DU NUCLEAIRE.

 

Source: https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Situation-des-gene...


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27/12/2016

Paul Hueur et Paul Hué s'engueulent.

 

 

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- Oh là ! Sieur Paul Hué, vos vaches pètent trop

Il vous faudra réduire leurs délires ventraux

Car leurs rots et leurs pets, ce sont du gaz méthane

Qui risque de changer nos prairies en savanes.

- Oh là ! Sieur Paul Hueur, rengainez vos leçons !

Que sont nos pets de vaches comparés au boxon

Que génère sur terre l’hyper consommation

De vos sociétés, vos « civilisations »

Basées sur le paraitre et sur le racolage,

Sur l’avoir plus que l’être, et où le gaspillage

Est le mode normal de concevoir la vie,

Où l’on prend, casse et jette au gré de ses envies.

- Notre mode de vie n’est pas négociable

Vous feriez comme nous si vous étiez capables !

De quoi donc rêvez-vous dans vos sombres gourbis ?

De bagnoles, de viandes, d’alcools, de beaux habits,

De maisons confortables à l’air conditionné,

De piscines, de plages, de routes bétonnées.

D’ailleurs que faites-vous quand vous avez des thunes ?

Une station de ski au milieu de vos dunes…

- Qui nous pollue la tête avec ces âneries ?

Vos programmes télé avec leurs konneries.

N’avons-nous pas le droit d’être aussi kons que vous ?

Nous marchons sur vos traces, cependant, je l’avoue,

Ces travers me désolent et me mettent en rage

Mais avant d’arriver au niveau de carnage

Que vous faites subir à l’environnement

Nous avons de la marge pour vivre décemment.

Quand un Indien produit une tonne de carbone,

Vous, les Zétazuniens en produisez vingt tonnes

Et dix tonnes en Europe. Mais zéro en Afrique !

C’est à vous d’arrêter vos pollutions chroniques !

- De quoi vous plaignez-vous ? Vous êtes bien contents,

Sûrement pas le peuple, mais vous, les dirigeants

D’accepter nos déchets à pleines palanquées

Car nous vous payons cash pour que vous les planquiez,

Qu’ils soient radioactifs, domestiques ou chimiques !

Euros, yens ou dollars, tout est bon pour vos cliques…

- Taisez votre cynisme, et gardez vos poubelles.

Car par la corruption vos actions criminelles

Saccagent nos contrées, empoisonnent nos gens,

Les poussent à émigrer pour trouver quelque argent.

C’est vous qui polluez depuis bientôt deux siècles.

Vous voudriez en plus nous imposer vos règles ?

C’est à vous de payer ! Vous tuez la nature

Et voulez que ce soit nous qui fassions ceinture ?

Le monde va crever ? Nous n’y sommes pour rien !

Si vous ne casquez pas, on ne répond de rien…

 

VictorAyoli

 

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26/12/2016

Gastronomie de lendemain de bringue : « l'aïgo boulido »

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L'aïgo boulido

Sauvo la vido

Ainsi dit-on en terres provençales

Lorsqu'après les agapes calendales

L'estomac demande grâce

Tripes et foie aussi, hélas...

Lorsque l'esprit se trouble,

Et lorsque l'on voit double.

Il s'agit d'un soupe très, très facile à faire

Qui chasse les miasmes des fêtes calendaires,

Faites bouillir un litre d'eau salée

Et dès l'ébullition, arrêtez sans délai,

Jetez dans le liquide frémissant, apaisé,

Six à huit gousses d'ail épluchées, écrasées,

Une branche de sauge, du thym, du romarin

Deux feuilles de laurier, poivre et sel marin.

Vous couvrez et laissez infuser dix minutes.

Respirez les fragrances s'échappant en volutes !

Mettez dans les assiettes des croûtons frottés d’ail,

Du gruyère râpé, pas d'autres victuailles.

Versez votre bouillon, soupe peu nutritive,

Parfumée, à la fin, de bonne huile d'olive.

 

Ingrédients pour six personnes :

Un litre d'eau, sel, poivre, six gousses d'ail, sauge, thym, romarin, laurier, gruyère ou emmental râpé, croûtons frottés d'ail, huile d'olive.

 

Boissons pour accompagner :

Rien !

 

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20/12/2016

Blog en deuil et en colère contre la konnerie et la barbarie islamiste.

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Wütend trauernde Blog

19/12/2016

La Russie, peuple frère de l’Europe, pas ennemi

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Tiens, le grand méchant ours ne va pas mettre son véto à une proposition française visant à sécuriser l’évacuation des civils et des terroristes d’un petit quartier d’Alep écrasé sous les bombes. C’est bien. C’est même très bien. Gargarise-toi François. Plus fort qu’Obama, t’as réussi à te faire entendre sinon écouter par Vlad-le-terrible, ce Poutine que la propagande ultralibérale affuble de tous les défauts et traite d’infâme dictateur liberticide. Pire encore : protecteur de Bachar el Aassad, suppôt de l’enfer !

Au fait, ce Poutine, élu en 2000, il va prendre en main un pays en pleine désintégration, saccagé par des oligarques avides cornaquées par des officines occidentales, surtout yankees ou allemandes, leur déléguant des « experts » préconisant des thérapies ultralibérales. Résultat : une chute du PIB russe de près de la moitié entre 1990 à 1998, la paupérisation de la moitié de la population accrue par les privatisations et l’accaparement des richesses par une mafia. C’était la grande époque de la curée de ce pays « dirigé » par l’ivrogne Elsine, pantin des Étasuniens.

Poutine va rétablir l’État frappé par une profonde crise de légitimité. Il oblige les grandes sociétés à payer leurs impôts. Les rentrées fiscales se redressent sensiblement de 24 % du PIB en 1998 à 32 % en 2004. La décennie 2000 à 2010 est marquée par une croissance annuelle remarquable de 7 %.

Il est populaire Poutine parce qu’il a mis un terme à la désagrégation du pays et aux humiliations infligées à la Russie par l’extension de l’OTAN (trahissant les promesses faites à Gorbachev) ou à travers les bombardements de la Yougoslavie et l’occupation du Kosovo en 1999. Les relations politiques vont se détériorer avec les « révolutions de couleur » fomentées par les États-Unis en Géorgie et en Ukraine avec velléités d’intégrer ces marches de la Russie dans l’Otan. L’encerclement militaire de la Russie par les forces belliqueuses de l’Otan justifie les réactions de Poutine, tant en Crimée qu’en Ukraine. S’ensuivent les attaques économiques contre la Russie à travers la baisse du prix du pétrole orchestrée par l’Arabie saoudite et les États-Unis et les sanctions économiques. Celles-ci s’avèrent contre-productives tant pour la Russie que pour l’Europe. Mais pas trop pour le principal fauteur de trouble, les États-Unis… Ces sanctions sont une faute géopolitique grave, car elles rejettent la Russie vers l’Asie et principalement vers la Chine. L’effet d’éviction du marché russe pour les entreprises européennes sera durable. Or, le peuple russe est un grand peuple européen. La Russie est un acteur majeur de la politique européenne depuis la fin du XVIIIe C’est méconnaître le rôle que peut jouer le sentiment de l’humiliation ou de la dignité blessée dans l’Histoire des peuples.

Pourtant, la Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Que représentent les Etazuniens, « passés directement de la barbarie à la décadence en oubliant la civilisation », par rapport à cette grande nation qui a donné au monde les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace et le seul actuellement capable de ravitailler la station internationale orbitale !

C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées. Ils ont parlé français dans les hautes sphères pendant deux siècles. Et que savons-nous d’eux ?

Ce sont des terres infinies, de l’Arctique au Pacifique, de la Sibérie à la Mer Noire. C’est une mosaïque de peuples mêlant les blonds vikings des terres du froid aux yeux obliques des steppes d’Asie. Et nous les méprisons ?

Vous imaginez la puissance d’une entité Europe Russie de Lisbonne à Vladivostok ? Un bloc continu, possédant toutes les matières premières voulues, fort d’une population de 700 millions de personnes éduquées, dynamiques, fruit de la filiation civilisationnelle allant d’Athènes, Rome et Byzance à la Renaissance, aux Lumières, à la Science moderne, aux Droits de l’Homme, à la Liberté. Le cœur, la quintessence de la civilisation occidentale. La Russie ne devrait-elle pas être invitée à la réalisation de ce grand dessein ? La Russie manque à l’Europe comme l’Europe manque à la Russie. Si on ne l’y invite pas, c’est par lâcheté, veulerie, vassalité, servitude volontaire envers ces États-Unis lointains, méprisants et nuisibles prédateurs du globe.

En fait, nous leur en voulons d’être ce que nous ne sommes plus : un pays fier, conscient de sa force. Un pays qui croit encore à l’instruction, au savoir, en ses institutions. Qui croit en son destin quand nous confions le nôtre aux cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street, de Francfort et de la City.

Nous nous coupons de notre destin pour obéir aux injonctions de ces grands « démocrates » qui font Guantanamo, qui assassinent par drones aux quatre coins du monde, qui embastillent sans procès, qui assassinent légalement leur propre peuple, qui, par de sordides guerres jamais gagnées, ont semé l’enfer sur terre de Kaboul à Bagdad, qui pillent le monde à l’aide de leur dollar. Qui nous espionnent, nous épient et nous méprisent.

Les Russes sont nos frères, pas nos ennemis

 

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18/12/2016

Ouiquinde gastronomique calendal : Les cardons à l'anchois

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On les voit à l'étal des marchands de légumes,

Ils y sont tout l'hiver. On les prend, on les hume,

Puis, généralement, on les remet en place,

Car de les préparer, peu de gens ont l'audace...

Parce qu'on ne sait pas bien comment les apprêter,

Les cardes et cardons sont souvent contestés.

Et pourtant, en Provence, ils sont indispensables

Quand vient le "Gros souper" des tables calendales.

Le cardon à l'anchois est un plat rituel

Du grand repas festif de la nuit de Noël,

Autant que la morue, l'àpi (1), les escargots,

Le muge (2) et les desserts à tire l'arigo.

On appelle cardon la cote de la carde,

Espèce d’artichaut qui, l'hiver, s'acagnarde

À l'abri des cébisses (3) et des haies de cyprès.

Les meilleures sont celles qui sont serrées très près

Du sol pour qu'elles restent bien tendres et blanches

Et non fibreuses, raides comme de vieilles branches.

Compte deux bons kilos pour quatre ou cinq personnes:

Il y a du déchet plus qu'on ne le soupçonne.

Jette toutes les feuilles et les côtes squameuses,

Ôte soigneusement les parties filandreuses,

Puis coupe tes cardons en tronçons de trois doigts,

Dans de l'eau vinaigrée plonge-les tout de suite,

Par cette précaution le cuisinier évite

Que les cardons brunissent sans qu'on sache pourquoi.

Puis, en eau abondante, salée et citronnée,

Tu les fais cuire une heure. Lorsque c'est terminé,

Tu va les égoutter et réserver au frais

Jusques au lendemain. C'est là l'un des secrets

Pour réussir ce plat, parce que, je le prétends

La carde est un légume qui se cuit en deux temps.

Attaquons maintenant notre phase finale,

Mais sers-moi un canon: il faut mouiller la dalle !

Dans de l'huile d'olive chaude au fond d'un faitout

Tu fais suer tes cardes doucement, à feu doux.

Pendant ce temps tu prends dix beaux anchois salés,

Sous l'eau du robinet, sépare les filets.

Fait une Béchamel avec un quart de lait,

Ajoute les anchois et, en tournant, fond-les

Dans la préparation avec une cuiller.

Dans le premier faitout, tu verses alors ceci,

Tu mélanges aux cardons en ayant le souci

De ne point écraser tes tronçons légumiers.

Un quart de lait de plus, de noix muscade un peu,

Sel, poivre du moulin, puis retire du feu.

Tu incorpores, alors, du râpé de gruyère,

Enfin verse le tout dans un plat à gratin

Saupoudre de fromage de façon régulière,

Puis tu mets à four chaud sans plus de baratin.

Lorsque c'est gratiné, tu sers chaud et fumant.

Ce plat est idéal en accompagnement

D'une côte de bœuf ou d'un poisson au four.

C'est un plat du terroir, simple comme bonjour,

Mais un plat succulent et, de plus, diététique

Que l'on mange en Provence depuis les temps antiques.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Trois kilos de cardes, - 1 verre de vinaigre, - 1 jus de citron, - 1 poignée de gros sel, - 3 cuillerées d'huile d'olive, - 10 anchois salés, - 1 demi-litre de lait, - muscade, - poivre du moulin, - 3 hectos de gruyère râpé.

 

Les vins conseillés:

Les cardons étant surtout un plat d'accompagnement, le choix du vin dépend du plat principal. Avec une côte de bœuf, des vins rouges jeunes ou même primeurs. En Côtes-du-Rhône: Sainte-Cécile-les-Vignes, Rochegude, Tulette, Saze, Domazan, Gallician. En vins du Languedoc: Aspiran, Berlou, Cournonterral, Poujols. En vins de Provence: Allauch, Châteauneuf-le-Rouge, Cuers, Flassans-sur-Issole.

Avec un poisson au four, des blancs capiteux. En Côtes-du-Rhône: Laudun, Uchaux, Châteauneuf-de-Gadagne, Codolet. En Languedoc: Argeliers, Bize-Minervois, Puichéric, Roubia. En Provence: Camps-la-­Soure, Rocbaron, Meyreuil, Le Tholonet.

 

 

(1) L'api : le céleri.

(2) Muge: encore appelé mulet - c'est un poisson de mer qui monte frayer dans fleuves et rivières et particulièrement dans le Rhône.

(3) Cébisses : haies coupe-vent faites en cannes de Provence.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

14/12/2016

Offusqués par la fin de la guerre à Alep !

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Offusqués le représentant des États-Unis à l’ONU, accusant sans vergogne le régime syrien légitime et ses alliés russes de « crimes contre l’humanité ». Manque pas d’air le digne représentant de cette nation de cul-bénits voleurs de terres, fondée sur le génocide de trente millions d’Amérindiens, enrichie par l’esclavage de trente millions de Noirs et maintenant son hégémonie par l’exploitation du reste du monde. Une nation qui a inventé la guerre bactériologique et la seule qui a utilisé l’apocalypse nucléaire atomisant des centaines de milliers de civils. Bonjour les donneurs de leçon…

Offusqué Eyraud, notre inexistant ministre des affaires étrangères.

Offusqués Bernard Guetta, tonton Legrand et tous les bavards de France Inter et autres machines à bruits et étranges lucarnes…

Offusqués par quoi ? Par la fin de la guerre à Alep. Par l’arrêt des bombardements. Par l’évacuation des civils et des islamistes vaincus.

Et de nous servir ad nauseum les « massacres de civils par les soldats de Bachar ». Possible mais qui les a vues ces exactions ? Les envoyés spéciaux de nos médias à Alep Est ? Faux : il n’y en a aucun sur place. Les envoyés spéciaux des journaux étrangers couvrent ces évènements depuis Beyrouth ou la Turquie. Les rares courageux qui sont allés sur place ont été, soit au mieux mis en taule, soit égorgés s’ils n’ont pas réussi à foutre le camp dans le coffre d’une bagnole. Et ils ont raison de ne pas risquer leur peau, de ne pas mettre leur vie entre les mains de l’opposition armée. Parce que cette opposition armée, ce sont les tueurs islamistes et non pas cette armée d’opposition démocratique fantasmée. Elle n’existe pas, du moins elle n’existe plus si elle a jamais existé un jour, phagocytée par les groupes islamistes d’Al Qaeda, même rebaptisés, et ceux de l’État Islamiste. Et nos politiques, nos journalistes, nos éditorialistes, bref toutes nos belles élites pensantes continuent à s’accrocher à cette fiction. En Syrie, il y a deux camps : le pouvoir légitime et ses alliés d’une part, les divers groupes islamistes d’autre part. Les militaires du régime, même si ce régime n’est pas très fréquentable et les égorgeurs islamistes, les tueurs d’allah. Et Basta.

Les informations considérées comme vraies par nos me (r) dias, en provenance de zones tenues par les kidnappeurs, les preneurs d’otages et les égorgeurs, émanent toutes des mêmes sources qui ne peuvent opérer qu’avec l’autorisation des maîtres des lieux. Il est évident qu’un groupe terroriste qui lutte pour sa survie ne va laisser passer que les informations qui les arrangent. Aux médias de faire le tri. Pas facile. Mais les lecteurs et surtout les téléspectateurs conditionnés à l’émotion réclament des images qui leur permettent de s’offusquer et d’étaler leur compassion. Les larmes, ça fait vendre du temps de cerveau disponible pour les margoulins… Dès lors la tentation est grande d’accorder crédit à des informations de deuxième voire troisième main quand ce ne sont pas des reportages bidonnés et des éléments de propagande.

Qui a commencé les guerres au Moyen-Orient ? La Russie ? Non, les États-Unis envahissant l’Irak pour mettre la main sur son pétrole, mentant effrontément à la face du monde en prétendant que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive…

Qui a « inventé » Al Qaeda ? Les Russes ? Non, les États-Unis armant et entraînant avec l’aide des services secrets du Pakistan les plus fanatiques des religieux afin, justement, de lutter en Afghanistan contre les Russes de l’URSS de l’époque.

Qui était derrière ces « printemps arabes » qui ont dégagé des pouvoirs certes brutaux voire dictatoriaux et corrompus mais maintenant malgré tout en paix les diverses factions religieuses qui ne demandent qu’à s’entre-tuer ? Les États-Unis et leurs caniches dévoués : Sarko et Cameron. Avec pour résultat – à l’exception de cette valeureuse Tunisie – la prise du pouvoir par les militaires au mieux (Égypte), les Islamistes au pire.

Derrière la guerre en Syrie, il y a une lutte sournoise mais sans merci entre Étasuniens et Russes pour le pétrole, le gaz et les moyens d’exporter ces richesses, les oléoducs, les gazoducs et les ports.

La géopolitique imposée aux dirigeants du monde par les multinationales n’a que faire des misères de quelques milliers de malheureux…

Et puis, tous ces pays à reconstruire… Hummm ! Y a bon les montagnes de fric !

 

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