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31/12/2015

Pour 2016, je nous souhaite insolence, impertinence, jouissance et tolérance !

bonne annee Ceno.jpg

 

 

Après l'annus horribilis 2015, que 2016 soit une annus jouissif !

Je nous souhaite de boire, manger, baiser, fumer, pétarder, prendre son pied de toutes manières.

Je nous souhaite plein de foie gras, de gras-double, de tripes à la mode de Caen ou de Provence, de tripoux de Lozère, de pintades farcies aux truffes et de tourne-dos-Rossini.

Je nous souhaite plein de cochonnailles chaudes et odorantes, de caillettes, de sauciflards, de jambons à l'os.

Je nous souhaite d'entendre avec les yeux qui pétillent et les papilles qui vibrent le pop léger et festif d'un bouchon qui saute, qu'il soit de Côtes-du-Rhône, du Languedoc, de Bourgogne, de Bordeaux, d'Alsace, de la Loire et même d'Italie, d'Espagne, de Hongrie, du Chili...

Je nous souhaite plein d'amours, qu'elles soient sentimentales ou vénales. Avec de gros seins et de gros culs pour les hommes, de gros pafs solides et vigoureux pour les femmes.

Je nous souhaite de l'espoir si nous sommes malades, du réconfort si nous sommes déprimés et de la sérénité si la Camarde nous fait de l’œil et que le trou nous guette.

Je nous souhaite même du travail pour ceux qui aiment ça, mais aussi et surtout le pognon minima pour vivre (revenu universel, pourquoi pas ?)

Je nous souhaite beaucoup d'humour, de provocations, de rires, d'impertinence, d'insolence, de blasphèmes contre toutes les névroses collectives.

Je nous souhaite de rire à s'en faire péter l'embourigue en se moquant de tous les « dieux », de Jésus, d'Allah, de Jéhovah, de Vishnou, de Bouddha, d'Odin, de Râ, de Jupiter, de Zeus et même de Mitterrand (qui fut dieu en son temps !). Tiens, il n'y a que des mâles parmi ces tyrans de l'esprit...

Je nous souhaite une presse libérée des marchands d'armes et de béton, avec plein de nouveaux Cabu, de nouveaux Wolinsky, de nouveaux Charb, de nouveaux Tignoux.

Et une mention particulière Siné à qui je souhaite plein de canons, pleins de jolis culs de femmes à peloter, pleins de dessins iconoclastes à faire. Et, fait gaffe Bob! Si tu meurs, je te tue !

Je nous souhaite plein de livres « à l'index », plein de tableaux boutefeux, de musiques étranges, de ballets provocateurs.

Je nous souhaite plein de spectacles grivois, « osés », blasphématoires.

Je nous souhaite plein de Rabelais, plein de Molière, plein de François Villon, plein de Diderot, plein de Voltaire.

Je nous souhaite plein de Brassens, plein de Ferré, plein de Desproges, plein de Jean Yanne, plein de Pierre Dac, plein de Coluche.

Je nous souhaite plein de Chaplin, plein de Mocky, plein de Rivette, plein de Pasolini, plein de Ferreri, plein de Woody Allen

Je nous souhaite plein de Jean Jaurès, plein de Léon Blum, plein de Mendès-France, plein de Mandela.

Et je ne nous souhaite pas de Le Pen, pas de Sarko, pas de Hollande.

Bonnes années (au pluriel), et large soif !

 

Illustration: Merci à Céno

 

27/12/2015

Gastronomie de lendemain de bringue : « l'aïgo boulido »

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L'aïgo boulido

Sauvo la vido

Ainsi dit-on en terres provençales

Lorsqu'après les agapes calendales

L'estomac demande grâce

Tripes et foie aussi, hélas...

Lorsque l'esprit se trouble,

Et lorsque l'on voit double.

Il s'agit d'un soupe très, très facile à faire

Qui chasse les miasmes des fêtes calendaires,

Faites bouillir un litre d'eau salée

Et dès l'ébullition, arrêtez sans délai,

Jetez dans le liquide frémissant, apaisé,

Six à huit gousses d'ail épluchées, écrasées,

Une branche de sauge, du thym, du romarin

Deux feuilles de laurier, poivre et sel marin.

Vous couvrez et laissez infuser dix minutes.

Respirez les fragrances s'échappant en volutes !

Mettez dans les assiettes des croûtons frottés d’ail,

Du gruyère râpé, pas d'autres victuailles.

Versez votre bouillon, soupe peu nutritive,

Parfumée, à la fin, de bonne huile d'olive.

 

Ingrédients pour six personnes :

Un litre d'eau, sel, poivre, six gousses d'ail, sauge, thym, romarin, laurier, gruyère ou emmental râpé, croûtons frottés d'ail, huile d'olive.

 

Boissons pour accompagner :

Rien !

 

Photo X - Droits réservés

 

25/12/2015

La dure vie (le dur vit?) du père Noël

 

vins jesus marie joseph.jpg

 

C'est ce soir, le 24 décembre. Le père Noel, aidé d’un assistant, fait la distribution des cadeaux en passant, comme d’hab, par les cheminées.


Sur un toit d'immeuble, les deux compères descendent par une cheminée, arrivent dans une chambre où ils trouvent une fille superbe qui dort à poil dans son lit.

 

Le père Noël est ébahi ! Bouche ouverte, les yeux qui font tilt ! Il reste plusieurs minutes, fasciné, à observer la fille. Son assistant lui donne un coup de coude dans les côtes et lui dit : « Alors tu te décides ? Qu’est ce tu lui mets à la fille ? »


Et le père No
ël lui répond: « Ben, si je lui mets ce que je pense, je retourne pas au paradis, si je ne le lui mets pas, je retournerai pas par la cheminée ! »

 

 Illustration X - Droits réservés

 

24/12/2015

Joyeux « Noïo Hel » !

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Sacré petit Jésus ! Il s'est fait remballer au rang de vieillerie poussiéreuse par le gros débile en rouge symbole de cacacola chez les Zétazuniens et qui a envahi le monde. Ces « fêtes » obligées sont tout à la gloire de Saint-Commerce. Pourtant, beaucoup ignorent que le mot "Noël" est un terme païen bien antérieur au christianisme. L'origine la plus vraisemblable du mot Noël ne serait pas le latin natalis dies (jour de naissance) mais le gaulois noïo hel signifiant «nouveau soleil». .

Avant la réforme du calendrier par Jules César, le solstice d'hiver correspondait au 25 décembre du calendrier romain et les festivités ont continué de se tenir à cette date même après que le solstice eut correspondu au 21 décembre du calendrier julien. Étymologiquement parlant, les laïques, les libres penseurs et les athées auraient donc toutes les raisons du monde de se souhaiter Joyeux Noël, et ce faisant ils n'empruntent rien à la religion chrétienne.

Voilà qui me rassure : je vais pouvoir me goinfrer d’huîtres, de foie gras, de chapon farci, de monceaux de fromages bien crémeux et délicieusement puant. En me rinçant le clapoir de moult flacons millésimés, et – ne soyons pas sectaires – pas seulement de Côtes-du-Rhône !

Quels cadeaux dans nos petits souliers ?

Il y a ceux qui font plaisir :

Du carburant pas cher...

Des températures largement au-dessus de la moyenne.

Des Airbus qui se vendent bien partout dans le monde.

Et même des Rafales que nos marchands d'armes arrivent à fourguer...à ceux qui soutiennent nos ennemis !

Du foie gras dans nos frigos, et des rabasses, et des huîtres, et des poulardes bien grasses dans nos assiettes.

Bof...



Puis il y a les cadeaux dont on se passerait volontiers :

Le chomdu, toujours plus de chomdu.

La pauvreté, toujours plus de pauvres, toujours plus de « sans-dents ».

Les « affaires », toujours plus d'affaires politicardes. Et toujours moins de sanctions contre les magouilleurs.

Même Tapie qui sort de sa naphtaline dorée.

Le fossé, que dis-je, le gouffre entre la France « d'en-bas » et celles de cette caste politico-économique qui accapare à son profit le fruit de la compétence, de l'imagination, de la créativité, de la sueur des laborieux.

Avec pour résultat le redoutable danger qui menace notre démocratie avec le spectre qu'on ne peut plus occulter depuis les Régionales, de l'arrivée de la fille du borgne au pouvoir. Son parti accapare, transforme, utilise à son service toutes les saloperies des politicards en place, toutes les faiblesses de cette cinquième république à bout de souffle, conçue pour un géant et enfoncée dans la fange par des cloportes, des lémures, des hyènes, des vautours alliés pour la dépecer.

Cadeau dont on se passerait volontiers aussi cette insécurité maintenant quotidienne résultant d'actions criminelles islamistes. Merah, Charlie, c'était de l’artisanat. Maintenant les massacres se comptent par des nombres à trois chiffres.

On comprend le désarroi des dirigeants surtout que ces exactions à jet continu sont maintenant le fait Français, voire de « convertis ». Des Jean-Philippe ou des Kevin devenus - par dépit envers notre société pervertie par l'égoïsme cynique ultralibéral – des Mohamed ou des Bilal. Dès lors ils deviennent de la chair à canon, des tueurs jetables, des instruments extrêmement efficaces aux mains des islamistes qui leur insufflent leur haine, leur pulsions de mort. Imaginez-en un planquant sa bombe sous une houppelande de Père Noël et se faisant sauter dans un marché de noël au milieu de gosses...



Oh ! Eh ! Victor ! Bois un coup, ça te passera.

Exact ! Tè, on fait péter la première roteuse !

Joyeux « Noïo Hel »  tout de même  !

 

Illustration X - Droits réservés

22/12/2015

¿ Y nosotros, porqué no podemos ?

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Oui, nous, pourquoi nous ne pouvons pas ? Parce que notre « classe politique » est un ramassis de politicards professionnels, plus enclin à se servir qu'à servir. Nos voisins et frères latins ont, en moins de deux ans, su bâtir non pas un, mais deux partis neufs – Podemos et Ciudadanos – émanation des aspirations de ces millions d'électeurs écœurés de l'incompétence, de la corruption, des magouilles des partis « classiques », des partis dit « de gouvernement » : le PSOE (supposé représenter la gauche) et le PP (supposé représenter les conservateurs). Que ces élections rendent le pays difficilement gouvernables et laissent se profiler de nouvelles élections n'enlève rien au formidable espoir de changement véritable, de renouvellement drastique du personnel politique chez nos voisins. De nouvelles élections accentueront encore le rejet des partis classiques.

 

Et chez, pourquoi « no podemos » ? Pourquoi restons-nous bloqué par le carcan d'une « classe politique » faites de vieux politicards rompus à toutes les embrouilles pour rester au pouvoir, pour se partager – entre eux – le gâteau crémeux de la république ? Parce que la politique, chez nous, est faite par et pour une coterie de professionnels issus d'un même moule et s'accrochant au pouvoir comme des morpions sur le pubis d'un moine !

 

Responsable de cette sclérose ? Le cumul des mandats et des mandatures. Parce qu'un homme ou une femme politique ne vit que pour être élu (ou réélu). Vous vous posez des questions sur l’emploi, le logement, la crise ? Eux se demandent comment gagner les prochaines élections même si elles ont lieues dans plusieurs années. Une loi a été voté pour limiter ce cumul ? Et vous croyez que les cumulards vont rester les bras croisés sans défendre leur peau, loi ou pas loi. Faisons-leur confiance puisque nous les avons élus ! D'ailleurs, pas plus tard qu'aujourd'hui, le Sénat – modèle caricatural d'un consortium de cumulards impénitents - « travaille » sur un projet de loi foutant en bas la loi, pourtant bien tendre, contre ce cumul. Et la droite a promis d'abroger cette loi si elle reprend le pouvoir. J’entends, en écrivant ces mots, le ci-devant Woerth ramer mais revendiquer le cumul des mandats. Indécrottable le mec...

 

Le parti socialiste, comme son frère ennemi (encore que ?!) uhèmepets qui, pour planquer ses turpitudes, salope le beau terme de « républicains », c’est deux tiers de membres déjà élus et un tiers qui aspire à l’être ! Hors de ces deux grosses machines, point de salut pour qui veut faire de la politique un métier, alors que c’est une mission, quasiment un sacerdoce. On comprend dès lors les coups de frein violents et récurrents des caciques de,ces deux partis qui ne veulent en aucune manière lâcher le fromage dont ils se gavent. Le PS, comme le PC et l'UMP regorgent de ces « notables », caciques locaux voire satrapes qui se croient élus de droit divin. Et ils ne veulent pas le lâcher le morceau ! La droite, protectrice de toutes les magouilles, est évidemment sur une ligne encore plus extrême.

 

De droite ou de gauche, un seul vainqueur : le mandarinat et donc la paralysie du système. Des maires, des présidents d’exécutifs régionaux réélus pour la troisième, la quatrième, voire la cinquième fois… Et qui sont aussi députés, sénateurs, députés européens. Désolant de konnerie. Révoltant d’inefficacité.

 

Comment un élu peut-il apporter encore quelque chose à ses concitoyens lorsqu’il est englué dans la routine et, surtout, le clientélisme !

 

Car ne nous leurrons pas, toute réélection doit autant sinon plus au renvoi d’ascenseur qu’au travail réalisé pendant la mandature.

 

À la première mandature, un maire, un conseiller général ou régional, un député voire un président de la République, ont un enthousiasme, un élan, des idées à faire passer, une équipe soudée et volontariste autour de lui. Il a le temps et peut s’exprimer dans les faits. À la deuxième mandature, les choses changent. Le travail principal d’un élu en place, c’est de se faire réélire ! Il y donne l’essentiel de son temps et de sa force. Et il a des comptes à rendre à ceux qui l’ont aidé dans sa conquête du pouvoir. « - Qui t’a fait duc ? - Qui t’a fait roi ? ». Quant à la troisième et plus si affinités, elle est toujours et uniquement sous le signe de la routine et des compromissions innombrables à gérer.

 

Que peut encore apporter un élu qui est en place depuis des décennies ? Rien, sinon stériliser le terrain sur lequel il sévit, décourager les volontés, neutraliser tout dynamisme, ficelé qu’il est dans le clientélisme.

 

Et soyons sérieux, qui peut croire qu'un « élu » peut se consacrer correctement à un travail de député ou de sénateur, mais aussi de maire d'une ville, de président de conseil général ou régional, voire de conseiller départemental ou régional, de président d'agglomération, etc. ? Personne. Et pourtant c'est le cas.

 

Voilà une raison pour laquelle « no podemos ».

 

Il y en a une autre : c'est le fait que nos élus ne représentent absolument pas le pays. Combien d'ouvriers, d'employés, de paysans, de petits chef d'entreprises, de chômeurs parmi les élus ? Zéro ou presque, nada. Et combien de fonctionnaires, de toubibs, d'avocats, de plumitifs, de professions libérales ? Presque tous.

 

Autre raison de cette sclérose politique, la porosité entre hauts fonctionnaires (énarques, inspecteurs des finances) et politiques. Ils grenouillent dans les cabinets ministériels, puis se trouvent une élection sur mesure, et, s'ils sont battus, ils retrouvent sans problème leur, ancien poste ! Ben voyons ! A comparer avec le sort d'un élu battu qui serait ouvrier, employé, paysan, petit chef d'entreprise. Bonjour la démocratie !

 

Le problème de la démocratie, c’est l’impuissance des peuples à contrôler ce que font leurs gouvernants. Le bulletin de vote ne revient qu’à donner un blanc-seing à ceux que nous élisons, sans possibilité de changement ou de rectification. La démocratie représentative correspond-elle encore au monde d’aujourd’hui où les technologies de communication moderne permettent l’existence d’une agora mondiale ? Peut-on continuer à donner à des professionnels carriéristes de la politique des pouvoirs aussi exorbitants, sans contre-pouvoirs réels, les médias étant à la solde des marchands d’armes, de béton et de soupe ?

 

Après ça on s’étonnera du rejet du parlementarisme et de la montée des populismes…Si on ne veut pas que les fascistes arrivent LEGALEMENT au pouvoir, comme Hitler en Allemagne, il est temps de jeter à la poubelle de l’histoire cette république « des copains et des coquins » pour mettre en place une République n°6.

 

Pour parer au risque de voir, dès la Constituante, revenir tous les vieux chevaux de retour, il faut écouter Montaigne : « Lorsque dans la république le peuple en corps a la souveraine puissance c’est une démocratie ; lorsque la souveraine puissance est entre les mains d’une partie du peuple, cela s’appelle une aristocratie. » Ce géant proposait pour mettre en place par exemple une Constituante…le tirage au sort ! « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie, le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne, il laisse a chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. » Et il estimait que les lois devaient être mises à l’essai : « La constitution de Rome et d’Athènes à cet égard étoit tres sage, les arrêts du senat avoient force de loi pendant un an ils ne devenoient perpetuels, que par la volonté du peuple. »

 

Mais qui lit Montaigne de nos jours où la culture politique passe par TF1 ?



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21/12/2015

Pendant les « Fêtes », les arnaques continuent : assurances complémentaires d'entreprise.

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Dès le 1er janvier, les salariés vont « bénéficier » d'une assurance complémentaire d'entreprise. Oh ! La belle avancée sociale ! Et il y en a – des mauvaises langues ! - qui doutent que Hollande, Vals et Macron fissent une politique de gauche ! Alors qu'ils mettent en place, courageusement, une belle avancée sociale : l'assurance complémentaire obligatoire payée par les employeurs au bénéfice des salariés. Ce qui correspondra à une augmentation de salaire. Tè ! Fume...

 

En fait, cet « Accord national interprofessionnel » est tout le contraire d'une avancée sociale. Il rend obligatoire, à dater de ce 1er janvier, l'adhésion des salariés à une assurance complémentaire santé d'entreprise. Mumm ! La bonne soupe pour les assurances privées, au détriment de la protection sociale collective ! Un énorme gâteau.

 

Des millions de salariés vont ainsi être obligés de souscrire des contrats collectifs d'entreprise gérés, évidemment, par les assurances privées. Le Conseil constitutionnel a en effet imposé qu’en absence d’accord d’entreprise ou de branche, la complémentaire santé soit choisie par l’employeur. Des grands groupes vont donc balayer les petites mutuelles pour se partager la gamelle ! Cette pseudo avancée sociale va accroître les inégalités entre salariés puisque la couverture différera d'une entreprise à l'autre. Il va de soi que les employeurs opteront pour une couverture limitée à un panier de soins minimum ; dès lors, les salariés qui voudront plus de couverture...devront se payer un sur-complémentaire supplémentaire ! Quant à l'employeur, lui, il pourra déduire sa part de cotisations de la masse salariale au détriment des rémunérations. Au fou ! Mais tout ça, on ne vous le dit pas dans les merdias aux ordres...

 

La plupart des salariés ont déjà une assurance complémentaire. Ils ne garderont donc pas les deux, ou alors leur complémentaire habituelle leur fera miroiter les délices de souscrire, chez eux, une « sur-complémentaire ». Et la concurrence sera rude entre les chacals de l'Assurance ! Moralité, sauf peut-être dans les très grands groupes, cette konnerie coûtera plus cher aux assurés.

 

Et ki ki se frotte les mains, et la panse rebondie ? Ben, les grands groupes d'assurance privés.

 

Ce salarié qui aura vu, provisoirement, son salaire net augmenté de 60 ou 70 euros le regrettera vite. Moins d’argent dans les caisses de la sécurité sociale provoquera une nouvelle baisse des prises en charge par l’assurance maladie ou une nouvelle baisse des pensions.

 

Dans tous les cas, si ce salarié veut se soigner ou bénéficier d’une retraite convenable il devra prendre une ou des assurances complémentaires et sur-complémentaires. Les 60 euros qu’il aura gagnés n’y suffiront pas.

 

Ce que le gouvernement aura donné d’une main aux salariés, le Medef le reprendra au centuple par le biais des compagnies d’assurance et de leurs actionnaires. Il s’agit d’un vol en bande organisée. Les chefs de bande s’appellent Hollande et Gattaz.

 

Ambroise CROIZAT, fils d'ouvrier et l'un des créateurs de la Sécurité sociale disait : « La cotisation sociale c’est de la création de richesse immédiatement investie pour les citoyens, c’est le meilleur système de création de richesse sans actionnaires »… Il doit faire le ventilateur dans sa tombe Ambroise ! Parce que les cotisations versées à ces « complémentaires obligatoires » vont surtout gonfler les dividendes des actionnaires des grands groupes d'assurance. Deux fois : par les cotisations des employeurs, par celles des salariés forcés de souscrire des sur-complémentaires pour être correctement couverts.

 

Il s'agit donc d'un pas de plus dans le cadre de la stratégie de démantèlement des conquêtes sociales du C.N.R. Organisé par le patronat. Le chantre du Medef Denis Kessler avait au moins le mérite de la franchise lorsqu'il disait : « …/... La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

 

Et la gauche (??!!) n'est pas la dernière à participer à ce dépècement de l'un des fleurons de notre modèle social. Le plan massif d'allègement des cotisations sociales (plus de cotisations sociales employeur pour le smic et rabotage significatif jusqu'à 1,6 smic, etc.) sans qu'un financement ne soit trouvé est significatif de cette collusion de « J'aime l'entreprise » avec le Medef.

 

La tactique pour la mise à mort de la Sécu ? On ruine celle-ci (qui pourtant arrive à baisser son déficit!) de façon à la déconsidérer vis-à-vis des assujettis ; parallèlement, on prend prétexte de ce déficit abyssal pour baisser les taux de remboursement des médicaments, voire on dérembourse des médicaments considérés comme peu efficaces ; le résultat est un transfert du remboursement du reste à payer sur les assurances dites « complémentaires ». Ce faisant, on habitue le cotisant à s'appuyer de plus en plus sur les assurances privées et à critiquer la Sécurité sociale. C'est de l'action psychologique destiné à préparer les cerveaux (déjà karchérisés par la télé et les merdias) à l'abandon progressif de la Sécu.

 

Ah ! Au fait, ça se fait sous un gouvernement dit « de gauche ».

 

Gattaz, Seillère, Bébéar en ont rêvé, Hollande, Vals, Macron l'ont fait !

 


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18/12/2015

« Homo sapiens » ou « homo demens » ?

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Il en est fier Fafa, autant que François. N’ont-ils pas « sauvé la terre » par leur pugnacité lors de COP 21 ? Il serait temps. Mais peut-on vraiment y croire ? Bof… Les promesses rendent les enfants joyeux et rassurent les bons con-sommateurs.

 

« On va la refroidir la terre, mais si, mais si. En attendant, mangez de la merde, respirez l’air pourri et fermez vos gueules : on pense pour vous. »

 

Pourtant « ils » gueulent encore un peu. Marrant tous ces cris d’orfraie (au fait vous avez souvent entendu crier une orfraie, sorte de balbuzard ? Moi non plus…) autour des bidoches pourries que le bizenesse agroalimentaire nous enfourne dans le clapoir ! Tout aussi cyniquement marrant la « découverte » que les ouvriers, les voisins de parcelles agricoles et viticoles bourrées de pesticides chopent toutes les saloperies possibles, du cancer du foie, du pancréas à la parkinson ! Désopilant la fonte des glaciers, le saccage des forêts, la mise à mort de la biodiversité, les maladies environnementales et génétiques, la perte de fécondité (tant mieux !), les palanquées de maladies nouvelles et concoctées de toutes pièces, les cent mille molécules chimiques lâchées dans les sols, les eaux et les airs, les pesticides et biocides dans la rosée matinale et dans nos urines, les milliards de terriens souffrant chaque année les méfaits de la pollution, le recul des terres fertiles, les catastrophes « naturelles » de plus en plus nombreuses et meurtrières, et bientôt les hordes de réfugiés de l’environnement...

 

Et alors ? On découvre quoi ? Que ce poulet pelé qui se nomme – prétentiard et m’as-tu-vu – « homme sage sage » (homo sapiens sapiens) est LA calamité de la planète Terre. Il est gonflé le poulet pelé ! Ses « performances » sont particulièrement brillantes : hécatombes, holocaustes, exterminations, pogroms, génocides, guerres, invasions conquêtes à travers les siècles, puis déforestation, productivisme agricole, agro terrorisme, mort biologique des sols, désertification, sixième crise d'extinction massive d’espèces pour causes anthropiques, pollutions, réchauffement du climat, fonte des glaces, montée des océans, tarissement accéléré de toutes les ressources non-renouvelables, une planète bleue désormais en déliquescence... Cet incommensurable cortège de « réussites » est à porter à notre crédit. Et on en est fier en plus !

 

Exterminateur et invasif, Homo sapiens est la seule espèce de grande taille à avoir investi selon une croissance infernale la quasi-totalité des niches écologiques des autres espèces comme dit l’essayiste décapant Michel Tarrier. Nous sommes ainsi les auteurs du plus effroyable laminoir de biodiversité que l’on pouvait imaginer. Nous souffrons d’une incurable cécité écologique doublée d’un besoin maniaco-dépressif d’asservir, de dominer, régner, contrôler, ordonner, gérer, intervenir, décider, nous ne sommes bons qu’à saccager, détruire, modifier, altérer, uniformiser, aligner, nettoyer, vider, couper, tailler, tondre, scalper, raser, décapiter, brûler. Bref FAIRE CHIER ! Le plus souvent sans comprendre, sans donner, sans admirer et même sans regretter. Guerres et discriminations envers et contre tout, contre soi, contre l’homme, surtout contre « l’autre » et « le différent », contre les espèces non rentables, en un mot... contre la Nature. Sexisme contre l’autre sexe, racisme contre les autres races, spécisme contre les autres espèces, pillage du vivant réduit à la notion étroitement utilitaire de ressources, saccage des paysages défigurés en autant de formes géométriques écostériles. Avec un dépassement de 30% de la biocapacité planétaire, notre humanité s’est octroyé un crédit écologique qui est une fatale fuite en avant. Où est la sagesse ? Notre politique est bien celle de la terre brûlée. Ne rien laisser derrière soi qui puisse profiter à l’ennemi est une stratégie de guerre…totale. Mais quel est donc cet ennemi si exécré, sinon nous ?!!

 

Homo sapiens doit donc sa longue et envahissante existence à sa domination, jusqu'à extinction finale, sur son frère néandertalien. Oui, tonton Neandertal, celui que l’on présente comme une sombre brute, et qui a été littéralement bouffé par son cousin Cro-Magnon parce qu’il était gentil, altruiste, pacifique ! Depuis, sapiens demens, espèce mégalomane, a construit toute sa prééminence sur l'éviction ou la maîtrise des autres espèces. Pas étonnant que le monothéisme ait été plus tard son choix spirituel : « Tu seras la terreur du Vivant » ! Il le fut, il l'est, mais plus pour très longtemps. Car ce qui est pris n'est plus à prendre.

 

Comme dit l’ami Yves Paccalet, « L’espèce humaine disparaîtra ? Bon débarras… » Mais en attendant, elle lapinise l’espèce humaine ! Responsable des maux actuels infligés à la Terre, cette espèce-là pullule. Mais pour combien de temps ? Neuf milliards en 2050. Et après ? Ils mangeront peut-être, mais ils devront manger debout !

 

 

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17/12/2015

Au bistro de la toile : affaire de gros sous !

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- Oh, Loulle ! Tes collègues gargotiers vont tirer la gueule je crois.

 

- Pourquoi Victor ?

 

- Parce que la Cour des Comptes remet grave les pendules à l'heure concernant la baisse de la TVA concédée aux restaurateurs, passée de 19,6 à 5,5 % sous l'ère Sarko, ceci évidemment « pour soutenir l'emploi » dans un secteur gourmand de main d’œuvre. En échange, les professionnels s’étaient engagés à répercuter la baisse de TVA sur au moins sept produits, ce qui devait profiter aux consommateurs et à créer 40.000 emplois supplémentaires sur deux ans.

 

- Et alors ? Ce n'est pas le cas ?

 

- Ben, il semble bien que non ! Et que c'est même un fiasco assez scandaleux. Cette baisse ressemble à une baise. Du con-sommateur comme du con-tribuable ! Elle a surtout permis « d'améliorer la marge des entreprises du secteur », qu'ils disent les comptables de la Cour. Et à quel prix ! Cette mesure a coûté chaque année en moyenne 2,6 milliards d’euros à l’État, bien que ce taux intermédiaire ait été relevé deux fois depuis (à 7 % en 2012 puis 10 % en 2014). Et elle n’a pas eu l’effet escompté sur l’emploi. Selon les études, cette mesure aurait permis de créer de 6.000 à 9.000 emplois supplémentaires par an entre 2009 et 2012 par rapport à la tendance naturelle. Résultat, le coût par emploi créé est estimé entre 175.000 et 262.000 euros ! A rapprocher du coût, toutes charges comprises, d'un salarié au Smic, qui tourne autour de 30.000 euros par an ! Six à huit fois plus...

 

- Bonjour l'efficacité. C'est du Sarko pur jus. Note que Hollande n'a pas abrogé cette mesure... Les me(r)dias restent singulièrement discrets à ce sujet.

 

- Bof ! Sarko, Hollande, c'est « bonnet blanc et blanc bonnet ». Tè ! Il y a une autre histoire de sous, un peu plus médiatisée : c'est celle de l'abandon des « parachutes dorés » par PSA, c’est-à-dire Peugeot-Citroen. L'entreprise devrait ainsi économiser 34 millions dès cette année, et ce pognon sera distribué aux salariés à travers les primes de participation ou d’intéressement. Soit environ 450 euros par salarié. Rappelons tout de même que les salaires sont gelés depuis pas mal de temps.

 

- En voilà une nouvelle qu'elle est bonne !

 

- En effet. Et c'est assez rare pour qu'on le souligne. « Le nouveau dispositif sera plus transparent, moins coûteux et plus directement lié à la performance économique de l'entreprise » qu'il dit Louis Gallois, le président du directoire de PSA. Et les syndicats applaudissent. Difficile de ne pas approuver. Mais qu'est-ce que ça cache ? Dans ces grosses entreprises, on n'est pas habitué à l'altruisme et à la recherche de la justice dans les rapports avec les salariés...

 

- Ah ! Il y a un loup ?

 

- Eh bien, la taxe sur le montant de ces pensions haut de gamme, payée par l'employeur, est passé, grâce aux sénateurs, de 12 à 24 %.. Ainsi pour 100 euros de retraite complémentaire (net de taxes et d'impôts) payés à un ancien cadre supérieur, l'entreprise doit maintenant s'acquitter de 316 euros, contre 285 avant la taxe sénatoriale, alors que 100 euros de salaire lui en coûteraient "seulement" 256 ! Payer une rente devient ainsi très coûteux pour l'entreprise. C'est plus cher qu'un salaire...

 

- Je me disais aussi... Allez, à la nôtre.

 

15/12/2015

Le vent du boulet...

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"Avoir pour objectif, au premier tour de la présidentielle, d'être le deuxième derrière Marine Le Pen ! C'est à dégueuler !" C'est pourtant l'ambition de chiotte qui anime les états-majors politique des deux partis dits « de gouvernement ». Ont-ils vraiment rien compris ? Les cadors de ces partis, oui. Mais derrière, les choses changent.

 

Et ce changement vient d'où on ne l'attendait pas. Xavier Bertrand et Christian Estrosi remerciant sans barguigner les électeurs de gauche qui leur ont permis de battre le FN, c'est nouveau. Bertrand abandonnant tous ses mandats, et même sa candidature à la primaire à droite, pour se consacrer uniquement à la Région, ce n'est pas habituel. De même Estrosi rencontrant immédiatement son prédécesseur Vauzelles et exprimant sa volonté de travailler avec les élus du camp adverse qui l'a fait roi, ce n'est pas habituel non plus.

 

Ce fameux « changement » dont on nous bassine depuis des années verra-t-il le jour sous la pression marinienne ? Et pour quoi faire ? Quel est l'état des forces à la sortie de cette élection séisme ?

 

L'abstention, « premier parti de France ». Près de la moitié des électeurs ne s'est pas déplacée au premier tour, un peu moins au second. Qui sont ces abstentionnistes ? Les classes laborieuses et les jeunes. 60 % des ouvriers boudent les urnes, 70 % des jeunes de 18 à 24 ans font de même. Á l'inverse, 70 % des plus de 65 ans vont voter. Autrement dit les jeunes laissent les décisions qui concerneront leur vie à ceux qui sont en fin de parcours ! Le changement, ce serait de donner à ces classes désabusées quelques bonnes raisons d'exercer leur droit – et devoir – de voter.

 

Le F.N. Il est le battu-vainqueur de ce scrutin. Battu parce qu'il n'a gagné aucune région. Vainqueur parce qu'il a regroupé sur son nom autour de 7 millions de voix dans un scrutin pourtant boudé par presque la moitié des électeurs. C'est beaucoup. Mais pas suffisant. Le F.N. - il faut bien se reconnaître – mobilise ses électeurs plus que les autres partis. Il est sur une dynamique gagnante et la servilité des médias qui lui passe les plats lui permet de diffuser ses idées. Des idées piquées à droite et à gauche sans aucune cohérence ni fiabilité, mais qui attirent le gogo. Á côté de leur vieux fond fachisto-cul-béni, ils ont piqué le programme social du Front de gauche, la sortie de l'euro, le rejet de l'Europe des souverainistes, etc. Mais leur « programme » ne résisterait pas à la réalité du pouvoir. Ils ne franchiront jamais la dernière marche. Marine Le Pen ne sera jamais présidente de la république. Sauf si...

 

La droite. Elle est en pleine bagarre. La ligne « buissonnière » de Sarko – coller au plus près au FN pour lui siphonner son électorat – est ouvertement mise en cause par les cadors du parti. Avec 7 régions sur 12, elle a gagné. Mais deux de ses victoires sont dues...aux électeurs de gauche qui, eux, n'ont pas hésité à se salir les pognes en votant pour l'adversaire afin de l'aider à vaincre l'ennemi. Ni Bertrand, ni Estrosi, ni Pécresse n'accepteront de rester au rang de godillot au service des ambitions personnelles du grand homme à talonnettes... Et que dire de Juppé, Kossiusko-Morizet, Raffarin, Lemaire, Wauquiez ? Fini l'homme providentiel et le petit doigt sur la couture du pantalon. Un courant du parti, à trop vouloir coller au FN, sera absorbé par lui. L'autre retrouvera-t-il ses racines gaullistes en s'ouvrant à la « droite de la gauche » pour former une grande alliance d'union nationale à l'allemande ?

 

Le parti socialiste. Il n'a plus de socialiste que le nom. Son électorat n'est plus, depuis longtemps, celui des « masses laborieuses » mais celui des fonctionnaires, enseignants, classes moyennes. Plus d'ouvriers, quelques employés, plus de paysans, beaucoup de retraités, presque pas de jeunes. Ses gens « de gauche », de Montebourg à Aubry, soit ont quitté le navire, soit n'ont pas eu les couilles d'affronter la Marine ! Un parti de ramollis et de notables concernés avant tout par la conservation de leurs petits avantages. Un parti qui voit son avenir dans...Macron, le grand ami du Medef... Bonjour la dynamique « de gôôche ». Ses forces les plus à droite pourraient retrouver la « gauche » de la droite pour cette fameuse (ou fumeuse) grande alliance nationale.

 

La gauche de la gauche. Inaudible dans cette campagne. Inexistante dans les urnes. Aucune campagne commune, aucun drapeau unitaire. Mélenchon, lucide et abattu, en tire lui-même l'amer bilan : « en additionnant toutes les variétés de listes contenant tout ou partie de Front de Gauche, on arrive péniblement à 1,4 million de voix. C’est l’étiage du Front de Gauche depuis sa création. Très loin des 4 millions d’électeurs que nous avons réunis à la présidentielle en 2012. (.../...) Un tiers des électeurs du Front de Gauche qui s’était quand même déplacé aux européennes n’est plus venu voter cette fois-ci ! Là encore, c’est le taux le plus fort parmi les différents électorats. » Les écolos ne valent pas mieux, tiraillés dans des querelles d'ego et d'ambitions personnelles. Un seul de cette mouvance tire son épingle, c'est Onesta qui à la tête d'une liste d'union des gauches, a réuni 10 % des voix en Languedoc-Midi et permis à la gauche de gagner en fusionnant sa liste avec celle du parti socialiste.

 

Alors, la prochaine échéance sera-t-elle la bonne pour Marine Le Pen – et la catastrophe pour la France ? Á mon humble avis, NON ! Parce que les Français ont montré qu'ils ne voulaient pas que le FN « brise le plafond de verre » (c'est nouveau, ça vient de sortir dans la nov'langue politico-médiatique) des 50 %.

 

Sauf si les partis « de gouvernement » montrent qu'encore une fois, malgré leurs belles paroles la main sur le cœur, ils n'ont rien compris et que rien de change.

 

Et si face à la patronne du F.N. – que tout le monde semble accepter de voir arriver en tête du premier tour ! – on retrouve les duettistes les plus rejetés par les Français et qui ont fait la preuve de leur nullité : Sarkozy et Hollande.

 

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14/12/2015

COP 21 : succès ou enfumage ?

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Voilà une semaine qui se termine sur deux (apparemment) bonnes nouvelles : la réussite relative de la COP 21 et l'échec du FN aux élections régionales. Laissons décanter les résultats électoraux et regardons les résultats de la COP 21.

 

Des sanglots dans la voix, Fabius, frappant de son marteau, scellait la réussite de la conférence mondiale sur la lutte contre le réchauffement climatique. Un accord « historique », selon Fafa « insuffisant » selon plusieurs organisations de la société civile.

 

Le texte "accords de Paris" fixe un objectif : contenir le réchauffement « en deçà de 2°C, et à poursuivre les efforts pour limiter une hausse des températures en s’efforçant de limiter cette augmentation à 1,5°C ». Bon. Vœux pieux ou volonté pugnace ? Les deux mon colonel, car comment faire se retrouver l'Arabie saoudite et le Qatar, flingueurs sans vergogne de cette conférence, et le Vanuatu et le Bangladesh, qui subissent de plein fouet le changement climatique ? Une seule voie : le plus petit dénominateur commun. C'est ce dont a accouché la COP .

 

Pour réussir à contenir le réchauffement à 2°C, les experts reconnus du GIEC préconisent que, d'ici 2050, il faudra impérativement avoir réduit les émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70 % ! Ils insistent aussi sur la nécessité de laisser dans le sous-sol 80 % des ressources énergétiques fossiles connues (charbon, pétrole, gaz). Allez faire comprendra ça à l'Arabie saoudite, au Qatar, voire aux Russes... Est-ce possible ? Et si oui, comment ? De toute façon, ceci n'est pas mentionné dans l'accord. Pétroliers 1, Giec 0.

 

Deux perspectives positives clairement affichées : « atteindre le pic d'émissions mondiales aussi vite que possible » et assurer un « équilibre entre les émissions anthropiques et à l’absorption de ces émissions par des puits de gaz à effet de serre » après 2050.

 

Que veut dire ce charabia ?

Le « pic d'émissions mondiales », c'est le maximum de rejet de gaz à effet de serre par toutes les populations du monde. Après quoi, ça diminuerait. Mais rien de contraignant, pas de date prévu. Ça ressemble à de l'enfumage.

Atteindre un « équilibre entre les émissions anthropiques et à l’absorption de ces émissions par des puits de gaz à effet de serre » après 2050. Ce qui veut dire qu'on pourra balancer des gaz à effet de serre tant qu'on voudra, mais à conditions de capter l'équivalent de ces émissions. Cette « neutralité climatique » est une énorme konnerie, car elle veut dire : plantation massive de forêts de résineux au détriment des forêts naturelles, et donc de la biodiversité, plantation de palmiers à huile, etc., ceci en concurrence avec les forêts primaires (Amazonie, Bornéo, Afrique). Par contre, aucun objectif n'est fixé concernant le développement des énergies renouvelables. Industriels bouffeurs de forêts 1, Giec 0.

 

Autre grave préconisation de cette COP 21, avancée celle-là par le Giec : le recours à l'énergie nucléaire ! C'est s’inoculer le sida pour guérir de la vérole !

 

Autre grand absent de l'accord : un prix du carbone qui ferait payer les pollueurs . Et qu'est-ce qu'ils ont dit les pollueurs ? « Tè ! Fume...

 

Reste la question des sous. La COP 21 entérine l'apport d'une aide de 100 milliards par an venant des pays « riches » à destination des pays « pauvres » pour les aider à respecter les objectifs des accords de Paris. Ceci à partir de 2020. Question : dans les poches de qui iront ces 100 milliards ? Qui en contrôlera l'usage ? Qui paiera et selon quel barème ?

 

Ah ! Pour savoir si ces accords sont de « bons accords », surveillons les cours en bourse des compagnies pétrolières et gazières : s'ils s'effondrent, ce sont de bons accords. S'ils restent stables ou – pire – montent, on aura compris...

 


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13/12/2015

Gastronomie électorale: comment accomoder les andouilles

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Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l'eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l'eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l'ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l'andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le met bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

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09/12/2015

Au bistro de la toile: « Bonum vinum laetificat cor hominis ! ».

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- Ouarf ! Ils s'étranglent avec leur eau minérale les peine-à-jouir regroupés en lobby anti bonheur ! Ils avalent de travers les quelques publicités que les vignerons, enfin légèrement libérés du carcan de cette loi Evin faite pour lutter contre les alcools forts mais qui, en fait, saccage cette perle emblématique de notre civilisation : le VIN !

 

- T'as raison, Victor. Á les entendre, ces cul-serrés, le « danger » commence à partir d'un seul verre par jour ! Si leur konnerie les étranglait, ils rempliraient les cimetières... Je ne vois qu'un remède à cette constipation chronique de leurs zygomatiques : une cure de dragées Fuca !

 

- Allez, c'est ma tournée. Laissons entre eux ces tristes buveurs d'eau, risquons gaiement notre vie en levant nos verres et régalons-nous, entre bons vivants, de ces saines prescriptions des fameux médecins de l'Ecole de Salerne :

 

Le meilleur vin

 

Le vin dans les humeurs verse son influence :

Est-il noir ? Dans le sang il répand l'indolence.

J'estime un vin mûri dont la chaude liqueur

Fait sauter le bouchon et ravit le buveur ;

Quand sa vertu dénote une illustre vieillesse,

De ses dons généreux usons avec sagesse.

Je cherche dans un vin le brillant, la couleur,

J'y cherche plus encor le bouquet, la chaleur ;

Je veux qu'il ait du corps, une teinte écarlate,

Que pétillant, mousseux, en écume il éclate.

À l'écume le vin se jugera d'abord :

Bon, elle reste au centre, et, mauvais, court au bord.

 

 

Effets du bon vin.

 

Le bon vin au vieillard rend vigueur de jeunesse ;

Au jeune homme un vin plat prête un air de vieillesse.

Le vin pur réjouit le cerveau contristé,

Et verse à l'estomac un ferment de gaieté.

Il chasse les vapeurs et les met en déroute,

Des viscères trop pleins il dégage la route,

De l'oreille plus fine aiguise les ressorts,

Donne à l'œil plus d'éclat, plus d'embonpoint au corps,

De l'homme plus robuste allonge l'existence,

Et de l'esprit dormant réveille la puissance.

De ta table aie bien soin d'exclure

Le pain encore chaud et le pain qui moisit,

Le dur biscuit, les pâtes en friture.

Que ton pain soit d'un bon grain, bien cuit,

Plein d’yeux et peu salé, ce pain fait un bon chyle.

 

L'eau comme boisson

 

L'eau, fatale boisson, nuisible en un repas,

Refroidit l'estomac qui ne digère pas:

Bois-en, soit, mais très peu, si la soif te talonne ;

Assez, pas trop : ainsi la sagesse l'ordonne.

D'une eau trop abondante en l'estomac noyé,

Ne va pas submerger l'aliment délayé.

Pour éteindre le feu de ta soif dévorante,

Ne bois pas à longs traits une eau froide et courante,

D'un peu d'eau fraîche humecte un gosier irrité.

Au tempérament buveur, inspirant la gaieté,

Dissolvant et cuisant tous mets, l'eau pluviale

Propice à la santé, ne craint pas la rivale.

La source, à l'est coulant, se boit avec plaisir ;

Descend-elle du midi ? réprime ton désir.

 

 

Des excréments, des vents et de l’urine.

 

Pissez six fois par jour, et dans le même temps

Rendez deux ou trois fois les plus gros excréments.

De péter en pissant ne faites pas mystère

C'est un ancien usage, aux reins fort salutaire ;

Pratiquez-le sans honte, ou bien dans l'intestin,

Reste un gaz malfaisant rapporté du festin.

En grande pompe un roi traverse-t-il la ville ?

Occupé de pisser, demeurez immobile.

Ta main, pressant ton ventre empêchera souvent

Qu'il ne s'y loge à l'aise et n'y séjourne un vent ;

Aux replis d'intestin sa nuisible présence

D'un mal long et secret peut hâter la naissance.

 

 Contre l'excès de boisson

 

Si pour avoir trop bu la nuit,

Vers le matin il t'en cuit,

Dès le matin, reprends la bouteille :

Le remède fera merveille.

 

(L'École de Salerne  - Jean de Milan (fin X1° - début XII°) -, traduction en vers français par Charles Meaux-Saint-Marc.)

 

08/12/2015

Les hémorroïdes de la démocratie.

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Coups de mentons virils, paroles définitives, appel aux valeurs de la république... Vals et Sarko ont joué à la perfection leur rôle de duettistes. Tremblez braves gens. Où votez pour nous : la peste brune est aux portes du pouvoir ! Mais il faut raison garder et relativiser les chiffres qui sont loin de comptabiliser un ras-de-marée FN. Le premier parti de France n'est pas le parti de la SA Le Pen and C° mais le parti des grévistes de l'élection, encore appelés abstentionnistes, soit 22,4 millions des inscrits, auxquels il faut ajouter 900.000 votes blancs et nuls. D'accord, le FN arrive en tête dans six des douze grandes régions de la métropole. Il comptabilise 6 millions de voix et gagne 1,3 millions de voix par rapport aux européennes de 2014. Mais 28 % de la moitié des inscrits, cela ne fait que 14 % des Français en age de voter.

 

Malgré des succès incontestables, la montée du parti d'extrême-droite n'est pas irrésistible. Bien sûr les assassinats du 7 janvier et les attentats du 13 novembre, cristallisant les peurs, ont apporté de l'eau au moulin du FN. Mais le déni de réalité des partis classiques et surtout des partis de la gauche vrai face aux problèmes – vrais ou fantasmés – ressenti par la population concernant l'immigration et l'islam lui ouvre un boulevard. Et que dire des « idiots utiles », des crétins complices, intellos autoproclamés qui à longueur de colonnes et de plateaux télés lèchent les babouches des tueurs d'allah...

 

Mais cela n'explique pas tout. L'arbre vénéneux FN plonge ses racines ailleurs.

Au plan national :

- Un chômage qui ne cesse de progresser depuis une dizaine d'années, avec 3,6 millions de travailleurs sans aucune activité et bien plus si l'on considère ceux qui ne connaissent que de petits boulots épisodiques et mal payés.

- Des gouvernements successifs qui n'offrent d'autres perspectives que l'austérité, le saccage des services publics, le détricotage des lois sociales, la soumission aux diktats de la « concurrence libre et non faussée »...

- La mainmise vorace sur les richesses du pays par une petite fraction de la population amplifiant d'autant des inégalités devenues insupportables.

 

Au plan européen :

- Des institutions antidémocratiques au service unique de la finance et des multinationales, brutales avec les pays pauvres (le traitement de la Grèce est ahurissant) et laxistes avec les riches, Allemands en tête.

- Des membres trop nombreux, hétéroclites, incapables de proposer autre chose que d'imposer la concurrence « libre et non faussée », sociale, fiscale, économique, de conditions de travail, montant les citoyens européens les uns contre les autres.

- Aucune politique extérieure claire et cohérente face aux menaces découlant d'un foutoir géopolitique tant au Moyen-Orient qu'en Afrique où guerres civiles et régimes corrompus jette des millions de malheureux dans le désarroi et le risque de mort.

- Avec pour conséquence un flux migratoire torrentiel que l'Europe s'avère incapable de réguler. Et qui nourrit la montée des extrêmes-droites partout en Europe.

 

Mais, nous – tous ceux et celles qui prétendent vouloir proposer une alternative à ces politiques d’inégalité, d'austérité, de gestion financière de court terme – nous montrons incapables de séduire les électeurs. C'est dur à admettre, mais les urnes sont sans pitiés. Les listes de la gauche autre que socialiste (Front de gauche, écolos, communistes, etc.) ont perdus 1,2 million de voix par rapport aux régionales de 2010. Rivalités d'ego, luttes d'appareils rendent cette gauche incapable d'incarner un espoir, encore moins une alternative. La triste réalité, dure à avaler, c'est que les ouvriers, les employés, les paysans se réfugient dans l'abstention ou – pire et qui devrait interpeller méchamment les « dirigeants » - ont rejoint le F.N....

 

Pas de Syriza ni de Podemos en France... Á la place, le F.N. : les hémorroïdes de la démocratie !

 

Mondo cane...

 

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06/12/2015

Ouiquinde gastronomique électoral : l'Aïoli !

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Il y a deux jours, j'ai vécu des moments terribles... Au hasard d'une de ces nombreuses émissions culinaires, je suis tombé sur une cheffe se disant Marseillaise et qui donnait la recette de l'Aïoli. J'ai donc regardé et... j'ai vécu des affres s'approchant des angoisses ultimes ! D’abord, cette brave cheffe a qualifié l'Aïoli – sauce suprême – de « mayonnaise à l’ail ». La mayonnaise est à l'Aïoli ce qu'une branlette est à une nuit d'amour avec Monica Bellucci !

Bon. Voilà que notre belle dame met dans un saladier en verre un jaune d’œuf. Correct. Puis elle ajoute...une grosse cuillère de moutarde. De la moutarde dans l'Aïoli ! Les horreurs commençaient. Elle bouroule son étrange appareil au fouet, puis ajoute – non pas en filet délicat, mais à pleine cuillère à soupe – de l'huile. Et alors les horreurs se précisent, m'occasionnant quelques extra systoles : elle préconise de l'huile...de pépins de raisin ! Elle bouroule l'ensemble, n'obtenant évidemment qu'un bouillie qui cague. Je n'étais pas au bout de mes terreurs. Voilà que la dame, pour donner quelques consistances à sa diarrhée culinaire, écrase dans une passoire une pomme de terre bouillie et l'incorpore dans sa cagade ! J'étais au bord de l'apoplexie et ce n'était pas fini... Puis la cheffe met trois gousses d'ail entière dans un mortier inox genre instrument de pharmacie, rajoute une pincée de sel, et s'efforce de casser les gousses. Elle y arrive laborieusement mais n'obtient pas cette purée lisse et onctueuse que donne le mortier provençal de marbre, à quatre oreilles, et le trisson (pilon) de bois d'olivier. Elle incorpore cette chose filamenteuse dans son appareil et, fièrement proclame : « Voilà, l'aïoli est prête ». Ayant bu le calice jusqu'à la lie, je suis allé me rincer le clapoir avec un coup de blanc Picpoul de Pinet pour me remettre de mes émotions...

 

Puis, je me suis mis en cuisine pour faire l'Aïoli authentique dont voici la recette :

 

L'Aïoli des Académiciens

 

« Aïoli! » Mot sonnant comme un salut gaillard !

D'Avignon à Marseille il est un étendard.

Emblème culinaire en terres de Provence

Il engendre gaieté, amour et pétulance.

Pour unir ceux qui l'aiment, il est avantageux

Tant son parfum puissant éloigne les fâcheux.

L'aïoli est en soi un éloquent symbole

Des valeurs des pays où court la Farandole :

L'or de l'œuf est fortune, rondeur, fécondité,

L'ail est puissance mâle, santé, virilité

Quant à l'huile d'olive, impériale maîtresse

C'est elle l'unité, l'harmonie, la richesse.

L'aïoli est parfait quand « lou trissoun ten dré » (1),

Quand le pilon de bois, dans la sauce dorée,

Tient droit tel un Priape redoutable et vainqueur

Dans l'onctueux parfum qui chavire les cœurs.

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli,

Chaque année, réunie en un conclave, élit

Parmi les cuisiniers du pays des cigales

Celui dont la recette lui paraît idéale.

Voici celle que fait, lors de grandes agapes,

Henry Estévenin, de Châteauneuf-du-Pape.

Truculent moustachu, buveur et quintalien (1)

Il est le "Grand Aillé" (2) des Académiciens.

 

Pour que ton aïoli soit de bonne facture

Tout doit bien être à la même température :

L'huile, l'ail et les œufs, le mortier, le pilon

Sont préparés la veille ou le matin selon

Que tes invités viennent dîner ou souper :

Car voilà un travers qu'il convient de stopper,

On n'est pas dans le nord, c'est à midi qu'on dîne

Et le soir que l'on soupe en terres comtadines !

Pour six convives il te faut douze gousses d'ail

Dont tu ôtes les germes pour faire un bon travail.

Quatre beaux jaunes d'œuf, du sel, du poivre blanc,

Beaucoup de jus de coude et un pichet de blanc.

Le vin, dans l'aïoli, ce n'est pas pour la sauce

Mais pour le cuisinier dont la soif est très grosse !

À l'aide du pilon, dans un mortier de marbre,

Tu écrases en pommade ail et sel, sans palabre.

Tu mets tes jaunes d'œufs et tu tournes, tu tournes,

Qu'aucune distraction, jamais, ne te détourne,

Pendant deux, trois minutes pour tout bien mélanger.

Puis laisse reposer dans un coin ombragé,

Juste le temps de boire deux ou trois bons canons

Avec tes acolytes, devant le cabanon.

Reprend ton appareil et coince le mortier

Entre tes deux genoux, et serre volontiers.

Éloigne les badauds et concentre-toi bien,

C'est là que ça se passe : ou c'est tout, ou c'est rien !

Tu commences à verser ton huile goutte à goutte

En tournant de bon cœur, d'un seul sens, tu t'en doutes.

Si tu suis la recette très rigoureusement,

L'émulsion doit se faire assez rapidement.

Quand l'aïoli a pris, verse en un fin filet

Ta bonne huile d'olive. Mais pas sur ton gilet !

Maintiens ton mouvement régulier jusqu'au bout

Ne mollis surtout pas. S'arrêter, c'est tabou.

Si elle est réussie, elle doit être épaisse,

Onctueuse, dorée, mais pleine de finesse.

Le pilon, en son sein, tient droit sans se vautrer.

Présentant ton chef d' œuvre, dit: « Lou trissoun ten dré » !

Traditionnellement, l'aïoli accompagne

La morue dessalée, seul poisson des campagnes.

Fait-là tremper deux jours dans de l'eau fraîche et claire

Que tu changes souvent sans souci des horaires.

En de belles portions il te la faut trancher,

Juste avant de servir tu la feras pocher.

Fais bouillir à l'avance œufs durs et escargots,

Du chou-fleur, des carottes et de verts haricots,

Des patates, bien sûr, une pleine fourchée

Que, pas plus que les œufs, il ne faut éplucher.

Sers ces aliments chauds dans des plats séparés

Et, trônant au milieu, l'aïoli vénéré.

Que boire avec ce plat ? La question reste ouverte.

Sur ce point important, l'Académie concerte.

Du rouge, du blanc sec, ou même du rosé

Si c'est servi bien frais, on peut tout écluser.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

(1)  « Lou trissoun »:  c'est le « pilon » la pièce de bois qui sert à piler les ingré­dients dans le mortier et à « monter » l'aïoli. Lorsque la sauce est réussie, « lou trissoun ten dré » - le pilon tient debout dans la sauce ferme et onctueuse.

(2) Quintalien : personnage de poids, ayant tourné le quintal.

(3) « Grand Aillé » : grade suprême dans la hiérarchie de l'Académie des Amoureux de l'Aïoli.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

Pour la sauce: - six gousses d'aï !, blanc de préférence, desquelles vous enlever les germes, - deux cuillerées à café de sel fin, - quelques tours de poivre blanc du moulin, - deux jaunes d'œuf, - trois-quarts de litre d'huile d'olive vierge extra A.O.C.. Vallée des Baux.

Attention : faites en sorte que tous ces ingrédients soient à la même tem­pérature. C'est primordial pour prévenir tout ratage (on dit alors, si ce malheur arrive, que l'aïoli a « cagué »).

Pour le plat: - un kilo de morue sèche que vous ferez dessaler, - un kilo de carottes, - un kilo de haricots verts, éventuellement quelques bettera­ves rouges, - douze œufs durs, - trois douzaines d'escargots de mer (les « bioù », escargots dont la coquille présente des cornes), - trois douzaines d'escargots des garrigues provençales, - 3 kilos de pommes-de-terre cuites à la vapeur.

 

 

Les vins conseillés

 

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli, autorité incontestée en la matière, a longuement travaillé - verre en main - sur le délicat problème des vins les plus aptes à accompagner l'aïoli.

Le poisson qui en constitue une partie essentielle incite à pencher pour des vins blancs secs. Les légumes cuits à la vapeur appellent des vins rosés. La délicatesse des fragrances de l'huile d'olive s’accommode fort bien de vins rouges charpentés. Mais la puissance de la sauce dominée par l'ail ne s’accommode que... d'eau prétendent certains Académiciens. On ne peut tout de même pas aller jusqu'à de telles extrémités !

Essayez donc des blancs de Cassis, Châteauneuf-du-Pape, Cairanne, Rochegude, Picpoul de Pinet ; des rosés Tavel, Chusclan, Valréas, Vaison-la-Romaine, Côtes-de-Provence; des rouges de Vacqueyras, de Lirac, de Sablet, de Rasteau, de Violès, des Costières de Nîmes.

 

Voilà. Maintenant que c'est prêt, je peux aller voter !

 

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Illustration: Vincent Barbantant et X - Droits réservés

 

 

 

03/12/2015

Zuckerberg, Bill Gates, grands philanthropes ou cyniques filous ?

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Ils sont pas beaux ? Ils sont pas mignons ? Ah ! Quel joli petit couple étazunien avec leur premier bébé. Ils sont craquants. Et quelle formidable générosité : Mark Zuckerberg, patron fondateur de Facebook, fait don de 99 % de sa fortune à sa toute nouvelle fondation, la « Chan Zuckerberg Initiative ». Une « montagne de sucre ». 45 milliards de dollars ! Plus que le PIB du Cambodge. Et tout ça pour faire le bien dans le monde. Suivant en cela l'exemple du héros de son enfance, le très aimé philanthrope Bill Gates. Merveilleuse Amérique ! Phare du monde. Axe bienveillant de la galaxie. Modèle exemplaire pour le reste du monde. Mouais... Tè ! Fumes...

 

Tiens, parlons-en de Bill Gates et de sa « formidable » fondation. Parlons-en de cette admirable philanthropie des milliardaires étazuniens.

 

Pour les milliardaires étazuniens, il y a quelques bonnes raisons de créer une fondation philanthropique :

- Fiscalité très, très avantageuse accordée aux capitaux placés dans une fondation à caractère caritatif.

- Excellente image de marque pour le ou les fondateurs.

- Surtout l'article 501c3 du code des impôts étazunien qui permet des exonérations importantes et depuis 1981, énorme cerise sur le gâteau : elles sont seulement tenues à un minimum de distribution égal à 5 % de leur dotation !

Pour la fondation de notre bon Bill et de son adorable femme Mélinda, dotée de 100 milliards de dollars, cela représente dans les 5 milliards de dollars. Une belle somme qui va servir au « bien-être » des plus défavorisés, notamment en Afrique. Seulement il reste 95 % des capitaux de la Fondation. Autour de 95 milliards de dollars qui échappent totalement à l'impôt étazunien ! Cette montagne de thunes est gérée et investie par un cabinet propre à la fondation : « Cascade Investment LLC ». Et puisqu'il s'agit d'une fondation « caritative », ce cabinet n'est pas tenu de divulguer ce que sont ses activités !

Résultat : 5% des fonds va à des causes « humanitaires » et le reste, les 95 %, ils vont où ? Devinez ? Dans les industries pétrochimiques et pharmaceutiques. Autrement dit et pour faire simple les pesticides et les vaccins. Une part conséquente de ces fonds « caritatifs » est aussi utilisé pour la propagande au sujet des belles actions présumées de la Fondation. Ben voyons, la pube grassement mais judicieusement délivrée vous met les canards-laquais dans la poche ! Voilà qui explique la dégoulinante obséquisité des commentateurs télé et radio, bavant devant la « générosité » de Zuckerberg. Bourrage de crâne révoltant, surtout sur des antennes publiques.



La Fondation Gates, appuyée par les États-Unis, s’est opposée à une politique nutritionnelle contraignante proposée par l’ONU en vue de réduire les sucres, le sel et les matières grasses saturées dans les aliments préparés. Or la Fondation Gates possède 10 % des actions de Coca-Cola, premier responsable de l'épidémie d'obésité mondiale ! La même fondation en collaboration avec la Fondation Rockefeller promeut les semences OGM dans les pays africains auxquels elle accorde une aide agricole alors qu’elle a investi 23 millions de dollars dans l’achat de 500 000 actions Monsanto en 2010 !



On est rassuré. Les banksters internationaux, Rockfeller et les autres font partie du club et à sa tête la fondation Gates qui pousse et se focalise sur la fabrication de vaccins. Marché plus que juteux.

On peut me rétorquer que la vaccination des enfants du monde entier et surtout dans les pays pauvres sera un bien. Certes, mais les méthodes employées sont en réalité des méthodes de voyous sous des façades altruistes.

Par l'achat de 500.000 actions de Monsanto, la Fondation Bill et Melinda Gates, a complètement jeté le masque de la « philanthropie. » Encore une association qui ne surprendra guère. Il s'agit d'un mariage entre deux monopoles des plus cyniques de l'histoire industrielle : Bill Gates contrôle plus de 90 % de part du marché de l'informatique propriétaire et Monsanto environ 90 % du marché mondial des semences transgéniques et la majorité des semences commerciales du monde. Bonjour la philanthropie...
Où va ce pognon ? La plupart des « dons » des milliardaires à leurs fondations finissent par favoriser leurs investissements commerciaux. Quoi qu'il en soit, ce ne sont absolument pas des « dons » puisque au lieu de payer des impôts à l'État, les « Fondations » investissent les bénéfices des entreprises mères là où c'est favorable économiquement, y compris dans la propagande sur ses bonnes intentions présumées. Ces « dons » financent au contraire des projets aussi destructeurs que la géo-ingénierie ou le remplacement des médicaments de la communauté naturelle par des médicaments brevetés de haute technologie dans les régions les plus pauvres du monde.
Comme Monsanto, Gates est aussi engagé dans une tentative de destruction de l'agriculture rurale dans le monde, principalement à travers " l'Alliance pour une révolution verte en Afrique " (AGRA). Il fait office de cheval de Troie dans le but de déposséder les agriculteurs pauvres africains de leurs semences traditionnelles, afin de les remplacer d'abord par des semences de leurs compagnies, et ensuite par des semences génétiquement modifiées.
Alors des « philanthropes » comme Bill Gates et Marc Zuckerberg - patron de Facebook, fille putative de la CIA - j'en fais de biens moulés tous les matins...
Photo X - Droits réservés

30/11/2015

Au bistro de la Toile : COP 21, lapinisme,vin

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- Ça y est les soiffards, c’est parti pour le grand raout de la terre qui chope la fièvre. 150 chefs d’États. Un bordel pas possible à Paris. Avec l’ombre des tarés nazislamistes qui plane. Au fait, c’est tout bon pour les mastroquets le réchauffement climatique : si les gens ont trop chaud, ils auront soif, et alors ils viendront au bistro !

 

- T’entend Bert. Ce puteng de Loulle, finalement c’est un grand optimiste : il voit le bon côté des choses… Surtout pour son portefeuille.

 

- Attend, Victor, ils nous gonflent les aliboffis avec des conneries qu’on n’y comprend rien. On parle de la montée du niveau de la mer en 2100, du risque d'avoir une concentration de CO2 de 850 ppm dans l'atmosphère en 2050... Moi, pour tout te dire, j’y comprend nibe et je m’en fous complètement de se qui se passera en 2100. Y a longtemps que je fumerais les pissenlits par la racine !

 

- C’est vrai que toutes ces abstractions ne mobilisent pas trop. Tout le monde s’en fout. Seulement le bordel qui va résulter du changement climatique, ce sera du concret : une affaire de territoire, de nourriture, d’air, de terres. Le changement climatique n'a d'intérêt que pour les sociétés et les cultures. La terre s'en fout, elle, du changement climatique ! Elle en a vu d’autres. Et si l’humanité disparait, elle n’en crèvera pas pour autant ! Nos économies occidentales sont les véritables responsables de cette merde climatique. Á partir du moment où, en un siècle environ, on renvoie dans l’atmosphère des gaz que la nature a mis des millions d’années à transformer en pétrole et en charbon, faut pas s’étonner si le climat tend à redevenir ce qu’il était à l’époque du carbonifère : une étuve.

 

- Bon. On aura un peu plus chaud ? On mettra la clim. Les palmiers remplaceront les vignes ? On boira du vin de palme. Le pétrole manquera ? On roulera dans des bagnoles électriques…

 

- Voilà. Le changement climatique est là, dans la tête des gens. Mais beaucoup, comme toi Loulle, semblent croire qu'ils pourront continuer à vivre comme ils le font aujourd'hui, s'ils consentent à quelques ajustements techniques. Ta bagnole électrique, c’est bien, mais d’où elle viendra ton électricité ? Il serait peut-être plus malin de réfléchir à l’utilité des déplacements ! De l’utilité de faire venir sur nos tables de l’ail de Chine ou du raisin du Chili. De l’utilité de prendre sa bagnole pour aller se goinfrer de conneries dans ces temples de la consommation que sont les hypermarchés et les zones commerciales. De la pertinence d’avoir son lieu de vie à des dizaines de kilomètres de son lieu de travail. Tout est à repenser. Mais il est plus facile de se laisser bercer par les propos rassurants de nos gouvernants car ce que nous rabâchent depuis des années les lanceurs d’alerte est trop énorme. Il s'agit de conclusions révolutionnaires pour nos sociétés et les conséquences sont trop désagréables pour être abordées de front.

 

- Bof… Et alors, qu’est-ce qui va se passer ?

 

- Nous appartenons aux pays les plus riches du monde. Mais le nombre de ces « happy few » va décliner dans les années qui viennent, avec la poussée démographique mondiale. Les habitants des pays industrialisés représentent aujourd'hui environ 20% de la population mondiale, représentant 95% de la richesse mondiale. Dans 10 ans, ils ne seront plus que 17%. Qui veut abandonner ça ? Nous en profitons. C'est très confortable d'être là où nous sommes. Seulement les 80 % que nous pigeonnons, ben, ils sont aussi kons que nous, ils veulent tout simplement faire comme nous, vivre comme nous, se goinfrer comme nous, saloper la planète comme nous et si nécessaire prendre notre place. Par la force. On se farcir déjà les réfugiés de guerre, mais les réfugiés climatiques qui vont arriver, vous croyez qu’ils seront tout doux et tout gentils ? Et vous pensez que nos sociétés vieillissantes et repues seront en mesure de les arrêter ? L’avenir, il risque d’avoir un goût de sang. Mais le danger ne viendra pas seulement de l’extérieur. Tous les problèmes que nous connaissons vont s'accentuer : la pénurie de nourriture et d'eau, les inégalités... Le climat sera à l'origine des guerres du XXIe siècle. Au sein de nos sociétés, les inégalités générationnelles vont devenir conflictuelles. Parce que c'est la première fois de l'histoire moderne que nous exploitons à ce point les ressources des générations à venir. Nous vivons à crédit. En bouffant le pain de nos enfants ! Et ils nous le feront payer cher. Enfin, il y a un autre problème, plus important que tous les autres car il les soutend…

 

- Ah ! Encore ? C’est quoi ?

 

- C’est le lapinisme Loulle. C’est le lapinisme. L’homme et sa copine la femme ne pensent qu’à baiser ! Et c’est très bien. Mais si on baise non pas seulement pour se régaler la viande mais pour mettre la petite graine, ben, comme les lapins, on pullule (j’ai pas dis on pue Loulle !).

Sais-tu, Loulle, et toi aussi Bert, que pour chaque battement de ton palpitant, trois bébés naissent quelque part dans le monde ! Essaye d’imaginer ce fleuve, cette marée de nouveaux venus braillards sur cette pauvre boule puante qu’on appelle Terre ! Ouais, me direz-vous. Mais pendant ce temps, il y en a un paquet qui passent l’arme à gauche et vont servir de patapon aux asticots. Allez les vers ! C’est vrai. Mais il n’en meurt qu’un lorsqu’il en naît trois ! On est loin du compte… Trois marmots par seconde qui réclament tout de suite à bouffer. Soit 180 par minute, 260.000 par jour, 95 millions par an, autant que la France et l’Espagne réunies. Et comme il ne meurt « que » 35 millions d’homo sapiens (homme sage ! ! ? ?) par an, ça nous laisse un confortable « bénef » d’environ 60 millions supplémentaires chaque année — l’équivalent d’une France ! — de bouches à nourrir… Comme ces bouches viennent principalement dans des pays où on crève déjà de faim, vous voyez le tableau. Et comme ces pays, qui sortent de la misère, comme la Chine actuellement et l’Inde, veulent accéder au « progrès » que représente la manière de vivre occidentale, ça va en faire des bagnoles qui cracheront leurs gaz pourris, des forêts qu’il faudra couper pour leur fournir des salons de jardin en teck et des tonnes de pubs débiles, des poissons qu’il faudra pêcher pour leur procurer du patapon pour leurs chien-chiens… Vive la croissance ! « Croissez et multipliez-vous » qu’il a dit l’Autre. Ouais. Jusque dans le mur. Et le mur, ce sera un coquetèle agréable de guerres pour l’eau, de catastrophes naturelles, de bonnes et belles épidémies… Tout ça orchestré par de gras et gros dictateurs qui pueront autant du cerveau que des pieds !

 

- Puteng, Victor. Tu nous la fais raide là. C'est vrai que ça fait du monde. Ils mangeront peut-être, mais ils mangeront debout ! Tè ! Buvons un coup pour oublier…

 

- Á la nôtre. Bientôt, Loulle, tu pourras vendre des vins scandinaves, belges ou anglais !

- Dieu – enfin, Bacchus! - me garde, Victor ! Ne profère pas des insanités pareilles!

- Pas du tout Loule. Des gens de l'Inra se sont penchés sur le problème et ils estiment que la précocité des vendanges - et la teneur à l'alcool qui en résulte - sont liées au réchauffement climatique, un phénomène susceptible de bouleverser la viticulture traditionnelle qui pourrait aller jusqu'au « grand chambardement ».

- Què chambardement?

- La date des vendanges est liée aux températures d'avril à septembre. Les études agronomiques mais également historiques le confirment : l'avancée actuelle est liée en quasi-totalité au réchauffement climatique. Dans le temps, lors des années froides, c'était la catastrophe, il fallait mettre du sucre dans le vin qui n'était pas suffisamment alcoolisé ; c’était la « chaptalisation ». Mais depuis dix ans, on constate une augmentation du degré alcoolique des vins, c'est très net, partout. Ce qui était du 11 degrés avant, c'est du 13 degrés maintenant. Et chez nous, c'est même du 14 et 15°. Ça pose problèmes...

- Eh! Même les gens qui ont le gosier en pente, comme toi, lèvent moins facilement le coude à l'heure de l'apérobic. Pauvre de moi...

- Les professionnels du vin sont inquiets. Dans un premier temps, un léger réchauffement climatique c'est plutôt positif pour le vin. Jusqu'à 1 ou 2 degrés Celsius de plus, on peut penser qu'en modifiant les conditions de conduite de la vigne, on pourrait garder les productions traditionnelles et leur valeur de terroir. Mais au-delà c'est le grand chambardement. Pour les politiques, l'objectif est de limiter le réchauffement à deux degrés, seuil à partir duquel les impacts commenceraient à devenir dangereux pour les activités humaines. Pour la vigne, deux degrés, c'est le moment où cela commencerait à basculer. Si le réchauffement atteignait 3 ou 4 degrés en moyenne mondiale - ce qui se produira si les tendances actuelles se poursuivent - on pourrait trouver de la vigne dans le sud de la Suède, comme les vignobles qu'on commence à avoir en Angleterre, en Belgique, aux Pays-Bas. Et ici, on plantera des palmiers à huile…

- Tè! Victor, l'année prochaine, je te servirai du véritable Knock-le-Zout-Village, du Manchester Grand Cru classé ou des Premières Côtes de Stockholm !

- Eh ! Ce sera peut-être bon. Á la nôtre !

 

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27/11/2015

Du deuil à la colère

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Consolation

 

Quand le Dieu qui me frappe, attendri par mes larmes,
De mon cœur oppressé soulève un peu sa main,
Et, donnant quelque trêve à mes longues alarmes,
Laisse tarir mes yeux et respirer mon sein ;

Soudain, comme le flot refoulé du rivage
Aux bords qui l'ont brisé revient en gémissant,
Ou comme le roseau, vain jouet de l'orage,
Qui plie et rebondit sous la main du passant,

Mon cœur revient à Dieu, plus docile et plus tendre,
Et de ses châtiments perdant le souvenir,
Comme un enfant soumis n'ose lui faire entendre
Qu'un murmure amoureux pour se plaindre et bénir !

Que le deuil de mon âme était lugubre et sombre !
Que de nuits sans pavots, que de jours sans soleil !
Que de fois j'ai compté les pas du temps dans l'ombre,
Quand les heures passaient sans mener le sommeil !

Mais loin de moi ces temps! que l'oubli les dévore !
Ce qui n'est plus pour l'homme a-t-il jamais été ?
Quelques jours sont perdus; mais le bonheur encore,
Peut fleurir sous mes yeux comme une fleur d'été !

Tous les jours sont à toi! que t'importe leur nombre ?
Tu dis : le temps se hâte, ou revient sur ses pas;
Eh! n'es-tu pas celui qui fit reculer l'ombre
Sur le cadran rempli d'un roi que tu sauvas ?

Si tu voulais ! ainsi le torrent de ma vie,
À sa source aujourd'hui remontant sans efforts,
Nourrirait de nouveau ma jeunesse tarie,
Et de ses flots vermeils féconderait ses bords ;

Ces cheveux dont la neige, hélas ! argente à peine
Un front où la douleur a gravé le passé,
S'ombrageraient encor de leur touffe d'ébène,
Aussi pur que la vague où le cygne a passé !

L'amour ranimerait l'éclat de ces prunelles,
Et ce foyer du cœur, dans les yeux répété,
Lancerait de nouveau ces chastes étincelles
Qui d'un désir craintif font rougir la beauté !

Dieu ! laissez-moi cueillir cette palme féconde,
Et dans mon sein ravi l'emporter pour toujours,
Ainsi que le torrent emporte dans son onde
Les roses de Saron qui parfument son cours !

Quand pourrai-je la voir sur l'enfant qui repose
S'incliner doucement dans le calme des nuits ?
Quand verrai-je ses fils de leurs lèvres de rose
Se suspendre à son sein comme l'abeille aux lis !

A l'ombre du figuier, près du courant de l'onde,
Loin de l’œil de l'envie et des pas du pervers,
Je bâtirai pour eux un nid parmi le monde,
Comme sur un écueil l'hirondelle des mers !

Là, sans les abreuver à ces sources amères
Où l'humaine sagesse a mêlé son poison,
De ma bouche fidèle aux leçons de mes pères,
Pour unique sagesse ils apprendront ton nom !

Là je leur laisserai, pour unique héritage,
Tout ce qu'à ses petits laisse l'oiseau du ciel,
L'eau pure du torrent, un nid sous le feuillage,
Les fruits tombés de l'arbre, et ma place au soleil !

Alors, le front chargé de guirlandes fanées,
Tel qu'un vieux olivier parmi ses rejetons,
Je verrai de mes fils les brillantes années
Cacher mon tronc flétri sous leurs jeunes festons !

Alors j'entonnerai l'hymne de ma vieillesse,
Et, convive enivré des vins de ta bonté,
Je passerai la coupe aux mains de la jeunesse,
Et je m'endormirai dans ma félicité !



Alphonse de Lamartine

 

* * * *

 

Colère

 

La colère chez moi ne vient pas d'emblée.
Si rapide qu'elle soit à naître, elle est précédée d'un grand bonheur, toujours, et qui arrive en frissonnant.

Il est soufflé d'un coup et la colère se met en boule.

Tout en moi prend son poste de combat, et mes muscles qui veulent intervenir me font mal.

Mais il n'y a aucun ennemi.
Cela me soulagerait d'en avoir.
Mais les ennemis que j'ai ne sont pas des corps à battre, car ils manquent totalement de corps.

Cependant, après un certain temps, ma colère cède... par fatigue peut-être, car la colère est un équilibre qu'il est pénible de garder...
Il y a aussi la satisfaction indéniable d'avoir travaillé et l'illusion encore que les ennemis s'enfuirent renonçant à la lutte.



Henri Michaud

 

Illustration: merci à Picasso

 

25/11/2015

C’est la journée Internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

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Femmes battues

Femmes vendues

Victime des stupides couillus

Femmes voilées

Femmes enfermées

Femmes niées

Femmes lapidées

Femmes brûlées

Femmes massacrées

Au nom d’un obscurantisme borné.

Femme maîtresse

Ouverte, offerte sous les caresses

Femme mère

Créatrice de la vie sur terre

Femme putain

Désir de soie et de satin

Femme dirigeante

Intuitive et compétente

Femme politique

Courageuse et démocratique

Femme enfant

Que l’on protège et l’on défend

Femme salope

Qui fait jouir et rend myope

Femme avide

Calculatrice, sans cœur, cupide

Femme sorcière

Envoûtante, sournoise, incendiaire

Femme lesbienne

Délicate et altière clitoridienne

Femme, femmes FEMMES !

Vous êtes des Humains pour le meilleur et pour le pire

Je vous respecte, je vous adore et je vous aime !

 

Victorayoli

 

Illustration X - Droits réservés

 

24/11/2015

La France, c'est beau. La France c'est grand. La France, ça marche !

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Déclinante la France ? Poussiéreuses les valeurs de la Révolution ? Ringards les Français ? Désorganisée notre République ? Allons donc... Les attentats ont fait au contraire la preuve d'une formidable vitalité et d'une cohésion exemplaire. Et a révélé au monde cette réalité : la France, ça marche !

 

Et la France garde une formidable image dans le monde entier. Les manifestations de solidarité voire d'amour qui ont mis le monde aux couleurs bleu-blanc-rouge font chaud au cœur.

 

Des massacres sordides meurtrissent le pays ? Regardez ce qui se passe. Pas de panique. Une redoutable efficience au contraire.

 

La police fait face, sécurise les lieux et : pas de catastrophe au stade de France. Les coupables repérés dans un appartement sont neutralisés par des flics aussi courageux qu'efficaces face à des fanatiques suicidaires.

 

Plus d'une centaine de morts et des centaines de blessés.

Les pompiers assument, portent les premiers secours, transportent les blessés vers les hôpitaux.

Hôpitaux immédiatement mobilisés et qui fonctionnent à fond. Médecins, chirurgiens, infirmiers, infirmières, en congé ou à la retraite, se présentent spontanément pour aider, pour servir, pour apporter leur pierre à l'édifice national renforçant d'autant sa solidité.

Les Français se pressent par milliers pour offrir leur sang !

 

Même les politiques qui, pour une fois, font preuve de responsabilité et de réactivité. Le président et son ministre de l'intérieur sont sur tous les fronts, et prennent les bonnes décisions.

Les députés et les sénateurs votent sans barguigner l'état d'urgence par lequel le pouvoir administratif prend momentanément le pas sur le judiciaire non par volonté de casser les libertés publiques mais par soucis d'efficacité.

Perquisitions administratives, assignations à résidence, descentes policières dans les territoires perdus de la république portent leurs fruits : des armes trouvées, des suspects arrêtés, de la drogue saisie.

Ces coups de pieds dans la fourmilière, s’ils se maintiennent à un niveau élevé, ne vont pas tarder à faire avancer : les voyous, qui voient leurs bizness sérieusement mis à mal par ces coups de boutoirs vont bientôt se faire les alliés de fait des flics contre les nazislamistes selon le deal : « Aidez-nous à trouver qui sont et où sont les terroristes et on fermera – un peu – les yeux sur vos petits trafics ». Au besoin, ils exécuteront quelques terroristes qui attirent un peu trop les flics sur leurs territoires. Faut pas faire les fines gueules...

 

L'état d'urgence a été prorogé pour trois mois. Après l'urgence – remarquablement gérée – nos responsables politiques et administratifs sauront-ils utiliser les facilités de cet état pour faire le ménage ?

 

Auront-ils la volonté de fermer ces dizaines, ces centaines de prétendues « mosquées » ou « salles de prières » qui sont autant de nids de vipères, où des « imams » autoproclamés prêchent sans être inquiétés la haine et l'appel au meurtre, y compris à des enfants ?

 

Les services de lutte contre la cybercriminalité sauront-ils contrer efficacement les sites qui font l'apologie de la barbarie nazislamiste ? Au besoin en s'appuyant sur des réseaux de hackers ?

 

Et puis, nos politiques prendront-ils enfin la décision de rompre cette alliance sordide avec le pays qui est le modèle de Daech : l'Arabie saoudite et sa verrue le Qatar ?

 

Quant à l'Europe, il serait peut-être temps qu'elle sorte de sa condition de grosse larve invertébrée, avec des frontières passoires, proie juteuse pour tous les prédateurs du monde, incapable de se défendre et totalement inféodé aux États-Unis.

 

L'espoir fait vivre...

 

« Á l'aqua bar ! »

 

Photo X - Droits réservés

 

23/11/2015

« Formez vos bataillons ! » Le retour du Service militaire ?

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Depuis ce vendredi 13 de malheur, dans les plis du drapeau tricolore revigoré, on entend retentir partout, dans les stades, dans les rues et même à l'étranger les paroles de ce chant de route des volontaires du Midi qui, à la révolution, remontaient depuis Marseille vers la capitale pour défendre le sol de la France foulé par les soudards des armées étrangères. Depuis une dizaine de jours, on nous conseille, on nous incite, on nous enjoint, on nous conjure de « former nos bataillons » et de « marcher, marcher » afin que ce fa(u)meux « centguimpur » puisse étancher la soif de nos sillons !

 

Pour cela, pour crier « Aux armes, citoyens !  », et puisque « nous sommes en guerre » comme nous le répètent sans cesse notre président comme son premier ministre, peut-être faudrait-il revenir à cette notion de « la Nation en armes », de l'armée citoyenne contrairement à l'armée professionnelle. L'armée citoyenne, l'armée des conscrits qui – ne l'oublions pas – est garante de la loyauté de l'Armée et l'a prouvé notamment lors du putsch des généraux il y un demi siècle en Algérie et en France.

 

Le service militaire n'est pas supprimé mais seulement suspendu par Chirac. Faut-il y revenir ?

C'était un temps de rencontre entre la nation et sa jeunesse. Le Service militaire avait un rôle de creuset social de cette nation. Il mettait en contact des individus venant de cadres sociaux différents, d’éducations différentes, de religions différentes ou de pas de religion du tout. Il faisait vivre ensemble quotidiennement, pendant des mois, des jeunes qui autrement n'auraient jamais eu l'occasion de se rencontrer...et de se connaître, de s'apprécier dans des conditions de vie similaires, face à des problèmes à résoudre communs, en butte éventuellement à une adversité identique, fusse-t-elle la konnerie d'un chien de quartier vindicatif !

 

Tous râlaient contre ce foutu service qu'ils considéraient comme du temps perdu, des mois de belle jeunesse confisquées. Pourtant ce temps, après coup, laisse à tous des souvenirs positifs, la mémoire de moments heureux vécus en commun. Ah ! Les copains de régiments ! Ils se sont aussi découverts capables de faire des choses qu'ils n'osaient imaginer en matière de sport et d'activités physiques : sauter en parachute, escalader des montagnes, faire de la plongée sous-marine, etc. Ils découvraient aussi les règles de la vie en commun, le respect des autres et de la hiérarchie, surtout la force de la cohésion, de la solidarité, de l'entraide, de l'esprit d'équipe.

 

L'adversité affrontée en commun balayait leurs préventions, leurs idées préconçues, leurs vantardises de matamores. Une marche de 40 km de nuit, sous la pluie, dans le froid et la gadoue leur montrait que pour s'en sortir, il valait mieux savoir lire une carte et utiliser une boussole que faire des rodéos pétaradants avec une bagnole « empruntée » dans les cités. Ils apprenaient alors que le chef, ce n'est pas celui qui fait le beau au volant d'une grosse bagnole acquise avec le pognon pourri de la drogue, mais celui qui a la compétence et en qui on peut faire confiance pour vous sortir d'un mauvais pas. Ils apprenaient que la vitesse de marche d'une section est celle du plus faible. C'est donc celui-ci qu'il fallait aider, soutenir, pour être plus efficace. De plus, ils y passaient, gratuitement, le permis de conduire et certains y apprenaient un métier. Ce temps du service militaire apportait des référents forts. Il était une école de la fraternité à la dure, un outil efficace d'intégration et d'éducation à la citoyenneté.

 

Ces référents, cette citoyenneté comprise et acceptée était forgée par quatre outils : - la famille d'abord, - l'école de la République, - l'usine et les syndicats, - enfin le service militaire.

 

La famille a trop souvent abdiquée. L'usine est de plus en plus rare et les syndicats douloureusement affaiblis. Le service militaire n'existe plus. Ne reste que l'école qui, malgré les efforts d'un personnel enseignant dans sa grande majorité plein d'abnégation et de bonne volonté, ne peut pas tout faire.

 

Dès lors, ne conviendrait-il pas de réfléchir au retour du service militaire obligatoire, filles et garçons – et pas un service civil sur la base du volontariat ? Puisqu'on parle de la création d'une Garde Nationale, elle serait tout naturellement là, dans cette conscription nouvelle manière.

 

D'accord ? Pas d'accord ?

 

« J'veux pas l'savoir ! Gaard'vous ! R'pos. Pouvez fumer » (Ah non, merde, ça c'est interdit maintenant.)