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19/03/2017

Gastronomie érotique indienne

hindou visage main.jpg

 

Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’as eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi-poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salée dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

 

Photo X - Droits réservés

 

***************************

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Quelle différence y a-t-il entre des cacahuètes et un clitoris?

IL n'y en a pas, ce sont des amuses-gueule!

 

11/03/2017

Ouiquinde érotique avec Clovis Hugues

bouche-chatte.jpg

 

Quand une femme est en chemise
Les épaules de marbre blanc,
Le cul, forme encore indécise
Dans les plis du voile tremblant,
Le parfum épars dans la chambre,
L'orteil, le mollet qui se cambre,
Les nichons rosés d'un émoi,
Les bras, la taille forte ou frêle,
Tout t'annonce, tout te révèle,
Rien n'est attirant que pour toi.

Le voile glisse. Extase ! Aurore !
Exquis prélude des bons coups !
Les cuisses te cachent encore,
Mais voici ton poil souple et doux,
Ton poil, touffe d'or ou d'ébène
Que l'on croirait posée à peine
Au bas du ventre point plissé,
Et qui, lentement caressée,
Allonge sa pointe frisée
Comme un triangle renversé.

Mais les cuisses s'ouvrent. Victoire !
Voici le con dans sa beauté,
Sous sa frisure blonde ou noire
Adorablement abrité,
Humide comme une prunelle,
Frissonnant déjà comme une aile
Dans le fouillis des rameaux verts,
Détendu sur sa fente rose,
Et l'air tout de même un peu chose,
Avec son sourire en travers !

La main de l'amant t'entre-baille
Vivante rose de cypris,
Et de tout de suite elle travaille,
D'un doigt léger, le clitoris.
Fin chef-d'œuvre de la nature,
Vit d'oiseau, pine en miniature,
Bouton subitement durci,
Qui, dans l'écartement des lèvres,
Tout baigné d'amoureuses fièvres,
Dresse la tête et bande aussi.

Ô paradis ! joie étoilée !
Explosion du désir fou !
La langue, la langue effilée,
Toute la langue dans le trou !
Pendant que, de ses mains savantes,
Il étreint les fesses mouvantes
Ou chatouille le bout des seins,
Et que, la chevelure éparse,
L'impétueuse et belle garce
Halète en mordant les coussins !

Victoire charnelle de l'homme
Rayonnant et transfiguré !
Le pape vient d'entrer dans Rome,
La pine est dans l'antre sacré,
La calotte vite abaissée,
Électrique, droite, élancée
Comme une flèche dans l'azur,
Faisant, sans que rien l'interrompe,
Son léger mouvement de pompe,
Les nerfs tendus, le couillon dur.

La caresse devient morsure,
Les voix se mêlent : "- Prends-moi bien !
- Arrange-toi pour que ça dure !
- Mon petit con ! - Mon petit chien !
- Colombe ! - Scélérat ! - Rusée !
Celui qui ne t'a pas baisée
N'a pas plus joui que vécu !
- Entre et sors, envahis mon être !
- Bel ange pur, laisse-moi mettre
Mon doigt dans le trou du cu !

- Oh ! mourir ainsi, que t'en semble ?
- Non, vivons pour recommencer !
- Comme c'est bon ! partons ensemble !
Va toujours, mais sans te presser !"
Et tandis que la bien aimée
Célèbre, d'une voix pâmée,
La pine active et sans arrêts,
Toi, tu l'engouffres tout entière,
La bouche ardente et carnassière,
Comme si tu la dévorais.

Tu fonds en célestes coulées,
Tu te tords et t'épanouis,
Quand, les prunelles envolées,
Elle a soupiré : "- Je jouis !"
Et quelle extase sans seconde !
Quel heureux vol dans l'autre monde !
Quels délires vertigineux,
Si le sort, la voulant parfaite,
Te donna le casse-noisette,
Mystérieux étau des nœuds !

Telle est ton œuvre sur la terre,
Vagin, faiseur de paradis,
Unique bien du prolétaire,
Consolation des maudits,
Trésor de la déshéritée,
Tabernacle sans un athée,
Temple au chapiteau frisotté
Qui, sur le renflement des hanches,
As pour piliers deux cuisses blanches,
Et pour prêtre l'Humanité !

Tant pis pour toi, quand une vierge,
Les rêves et le teint pâlots,
Te laissant jaunir comme un cierge
Sous le pantalon toujours clos,
Dérobe ta douce ouverture
Aux pines rouges de luxure,
Te tient captif, comme emmuré,
Te met sans raison à la diète
Ou ne t'effleure - la pauvrette ! -
Que d'un doigt vite retiré !

Mais, gloire à toi, quand une belle,
Le cul, l'âme et les yeux ardents,
T'offre à toute la ribambelle
Des vits affamés et bandants !
J'admire le con de Lucrèce,
Mais ce n'est point, je le confesse,
De s'être fermé pour Tarquin :
C'est, en se fermant pour cet homme,
De s'être un instant conduit comme
Un noble con républicain.

Et nargue aux poètes sans couilles,
Aux filandreux bouffe-Jésus
Qui prétendirent que tu souilles
Le vers en te posant dessus !
Ce que tout Roméo désire,
Avec son pâle et doux sourire
Flottant de la lune au balcon,
C'est dans le chant de l'alouette,
Moins le baiser de Juliette
Que la morsure de son con.

A toi l'amour doré du Verbe,
Les chants délicats et fleuris,
Chat féminin, matou superbe
Dont nous sommes tous les souris,
Que nous mangeons et qui nous manges
Avec des pâmoisons étranges,
Dans un bâillement sans pareil,
Et qui, pour nos yeux plein de rêve,
Sembles errer là-haut, sans trêve,
Tout emmitouflé de soleil !

Erre toujours ainsi, va, marche !
Si je vieillis, doux rabâcheur,
Souviens-toi que le patriarche
Fut de tout temps un vieux marcheur,
Tout ce qu'à présent je souhaite,
C'est de mourir en bon poète,
Libéré de nos soucis vains,
Sans bruit et surtout sans harangue,
Avec ma langue sur ta langue,
Et mon front dans tes poils divins.

Clovis Hugues (Ode au vagin, extraits)

 

 

Courbet lorigine du monde.jpg

Courbet - La création du monde

 

 

Illustrations X - Droits réservés

 

05/03/2017

Ouiquinde gastronomique : la brandade de Nîmes.

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La Fanny est serveuse au café des Platanes

Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent

Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir

Tant elles sont promesses de joies et de plaisir.

 

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,

Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,

Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,

Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

 

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent

Tous restent bouche bée et en perdent la boule

Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

 

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne

On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne

Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny

 

Victor ! Tes pétanqueurs qui rêvent d’embrassades

En matant les rondeurs de la belle Fanny,

Ils devraient s’entraîner à faire la brandade,

Ca calmerait un peu leur érotomanie !

Voici comment la font, pour leur table éponyme

Serge, et Wladimir, restaurateurs à Nîmes.

Pour réussir ton plat, éloigne les intrus,

Une nuit, à l’eau fraîche, dessale ta morue,

En six coups de hachoir frappés sur une planche,

Sans enlever la peau, en portions tu la tranches.

Tu la mets, à l’eau froide, dans un large faitout

Que tu lèves du feu quand le liquide bout,

Et tu laisses tremper dix minutes environ,

Le temps de te verser quelques petits canons.

Puis égoutte, essore, et lève les arêtes,

Dans une casserole, met ta morue défaite,

Dès lors, tu vas chauffer l’ensemble au bain-marie.

A la cuillère en bois, à tour de bras, manie,

Ecrase la morue d’une main combative

En ajoutant du lait et de l’huile d’olive,

L’un et l’autre, tiédis, de façon mesurée

Pour obtenir enfin une lisse purée.

Cette crème doit être onctueuse et épaisse

Pour cela, il te faut branler fort, sans faiblesse.

Lorsque tu en est là, prend le temps de souffler,

Décontracte ton bras, laisse-le dégonfler,

Verse-toi volontiers un vin blanc des Costières

Et va faire un câlin avec la cuisinière.

Reprend ton appareil, oublie la rigolade

Si tu veux, comme un chef, réussir ta brandade.

Il faut la parfumer, la monter en saveur.

Elle doit embaumer pour chavirer les cœurs.

Ecrase, au mortier, une gousse d’ail blanc,

Râpe un peu de muscade – excellent stimulant ! -

Un zeste de citron que finement tu haches,

Un peu de poivre blanc, un soupçon de pistache,

Du sel si nécessaire, mais reste circonspect,

Enfin, lorsque tu sers, une truffe râpée.

Ce plat emblématique de Nîmes la Romaine

Incitera Fanny, à la dernière mène,

A laisser les vainqueurs autant que les vaincus,

Selon la tradition, lui embrasser le cul !

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

C’est deux anciens qui discutent sur le banc des sénateurs, près du jeu de boule. L’un dit à l’autre :

- Tu crois qu’on joue à la pétanque dans l’au-delà ?

 

- J’en sais rien, répond l’autre, mais on va se faire une promesse : celui qui partira le premier devra prévenir l’autre par tous les moyens…

 

Et un jour, hélas mais c’est la nature, l’un d’eux meurt.

Quelque temps après, une nuit, il apparait à son ami qui lui demande :

- Alors, c’est comment là-haut, ou là-bas ? On joue aux boules ?

 

L’autre répond :

- Eh bien, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi.

- Ah bon !

- La bonne c’est qu’on joue à la pétanque ici, la mauvaise, c’est que tu es inscrit au concours de samedi prochain.

 

 

04/03/2017

Ouiquinde érotique potager avec tonton Georges!

brassens à table.jpg

 

Les radis

 

Chacun sait qu'autrefois les femm's convaincues d'adultère
Se voyaient enfoncer dans un endroit qu'il me faut taire
Par modestie...
Un énorme radis.

Or quand j'étais tout gosse, un jour de foire en mon village,
J'eus la douleur de voir punir d'une épouse volage
La perfidie,
Au moyen du radis.

La malheureuse fut traînée sur la place publique
Par le cruel cornard armé du radis symbolique,
Ah ! sapristi,
Mes aïeux quel radis !

Vers la pauvre martyre on vit courir les bonn's épouses
Qui, soit dit entre nous, de sa débauche étaient jalouses.
Je n'ai pas dit :
Jalouses du radis.

Si j'étais dans les rangs de cette avide et basse troupe,
C'est qu'à cette époqu'-là j' n'avais encor' pas vu de croupe
Ni de radis,
Ça m'était interdit.

Le cornard attendit que le forum fût noir de monde
Pour se mettre en devoir d'accomplir l'empal'ment immonde,
Lors il brandit
Le colossal radis.

La victime acceptait le châtiment avec noblesse,
Mais il faut convenir qu'elle serrait bien fort les fesses
Qui, du radis,
Allaient être nanties.

Le cornard mit l' radis dans cet endroit qu'il me faut taire,
Où les honnêtes gens ne laissent entrer que des clystères.
On applaudit
Les progrès du radis.

La pampe du légume était seule à présent visible,
La plante était allée jusqu'aux limites du possible,
On attendit
Les effets du radis.

Or, à l'étonnement du cornard et des gross's pécores
L'empalée enchantée criait : "Encore, encore, encore,
Hardi hardi,
Pousse le radis, dis !"

Ell' dit à pleine voix : "J' n'aurais pas cru qu'un tel supplice
Pût en si peu de temps me procurer un tel délice !
Mais les radis
Mènent en paradis !"

Ell' n'avait pas fini de chanter le panégyrique
Du légume en question que toutes les pécor's lubriques
Avaient bondi
Vers les champs de radis.

L'œil fou, l'écume aux dents, ces furies se jetèrent en meute
Dans les champs de radis qui devinrent des champs d'émeute.
Y en aura-t-y
Pour toutes, des radis ?

Ell's firent un désastre et laissèrent loin derrière elles
Les ravages causés par les nuées de sauterelles.
Dans le pays,
Plus l'ombre d'un radis.

Beaucoup de maraîchers constatèrent qu'en certain nombre
Il leur manquait aussi des betterav's et des concombres
Raflés pardi
Comme de vils radis.

Tout le temps que dura cette manie contre nature,
Les innocents radis en vir'nt de vert's et de pas mûres,
Pauvres radis,
Héros de tragédie.

Lassés d'être enfoncés dans cet endroit qu'il me faut taire,
Les plus intelligents de ces légumes méditèrent.
Ils se sont dit :
"Cessons d'être radis !"

Alors les maraîchers semant des radis récoltèrent
Des melons, des choux-fleurs, des artichauts, des pomm's de terre
Et des orties,
Mais pas un seul radis.

A partir de ce jour, la bonne plante potagère
Devint dans le village une des denrées les plus chères
Plus de radis
Pour les gagne-petit.

Certain's pécor's fûtées dir'nt sans façons : "Nous, on s'en fiche
De cette pénurie, on emploie le radis postiche
Qui garantit
Du manque de radis."

La mode du radis réduisant le nombre de mères
Qui donnaient au village une postérité, le maire,
Dans un édit
Prohiba le radis.

Un crieur annonça : "Toute femme prise à se mettre
Dans l'endroit réservé au clystère et au thermomètre
Même posti-
Che un semblant de radis

Sera livrée aux mains d'une maîtresse couturière
Qui, sans aucun délai, lui faufilera le derrière
Pour interdi-
Re l'accès du radis."

Cette loi draconienne eut raison de l'usage louche
D'absorber le radis par d'autres voies que par la bouche,
Et le radis,
Le légume maudit,

Ne fut plus désormais l'instrument de basses manœuvres
Et n'entra plus que dans la composition des hors-d'œuvre
Qui, à midi,
Aiguisent l'appétit.

 

 

légumes et fruits érotiques.jpg

Paroles: Georges Brassens. Musique: Georges Brassens   1957 © Editions musicales 57

 

 

Ecoutez donc Tonton:

 

https://www.youtube.com/watch?v=zi3t3RYxfXU

Photos X - Droits réservés

19/02/2017

Amour et Gastronomie au pays de Tonton Georges

bourride sétoise.jpg

 

Nicole

Dans la chambre au fenêtres closes

La vue de sa peau dénudée

Plus enivrante que la rose,

Plus somptueuse que l’orchidée,

 

Met mon cœur et mon corps en transes

Depuis ce si beau jour d’été

Où le ciel m’a donné la chance

D’avoir l’honneur de la goûter.

 

Nicole est une fleur sauvage

Que j’eus le bonheur de cueillir

Dans les dunes, près des rivages

 

Où Phébus la faisait fleurir.

Depuis ce jour je suis ravi :

C’est elle l’amour de ma vie.

 

La bourride sétoise de La Lionne

 

Compagne de ma vie en restant ma maîtresse

Elle mêle à souhait la fougue et la tendresse.

Sa peau de soie moirée, ses yeux de velours vert

Sa grâce de félin sensuel et pervers,

Le dangereux désir qui effraie et passionne

Font que je la surnomme, fièrement, La Lionne.

Oh ! Victor ! Cette fois t’es mordu ! Qui l’eût cru ?

T’as pas peur, quand tu dors, qu’elle te bouffe cru ?

Il faut se méfier des mantes religieuses :

Elles croquent leurs mâles lorsqu’elles sont heureuses !

Vivre heureux même si c’est dangereusement

Tel a toujours été le credo des amants.

Et puis, si ses étreintes sont longues et torrides,

Pour manger, elle préfère encore la bourride !

A queste co, Victor ! Voilà qui est rassurant

Car il faut savoir fuir un amour dévorant.

Maintenant sa bourride, qu’elle en est la recette ?

C’est, en un peu plus riche, la bourride de Sète.

Première opération, prépare un court bouillon :

Deux carottes, un poireau, du fenouil, deux oignons,

Plus un zeste d’orange, du laurier et du thym,

Fleur de sel de Camargue et poivre du moulin.

Un litre et demi d’eau, demi litre de blanc

De Laudun ou Pujaut, quelques brins de safran.

Mets la tête d’un congre, deux poignées de favouilles,

Fais cuire vingt minutes, à feu vif, que ça bouille.

Passe au presse légumes, puis exprime au torchon.

Pendant que ça tiédit, fais péter un bouchon.

Dans ce jus, mets ta lotte dix minutes en cuisson.

Tes loups et ton colin débités en tronçons

Tu les rajoutes alors, mais pas comme une brute,

Et les cuis en faisant frissonner dix minutes.

Retire les poissons que tu réserves au chaud,

Tu reprends ton bouillon et le passes à nouveau.

Pendant que ça cuisait tu as fait l’aïoli,

Soit généreux car en manquer est impoli,

Pour la changer en rouille, une fois qu’elle est faite,

Tu va incorporer du piment d’Espelette,

Ça va te la muscler et te la colorer.

En deux portions égales tu vas la séparer :

La moitié dans un bol, pour manger le poisson,

L’autre te servira à lisser le bouillon.

Dans une casserole, pour cela incorpore

Deux ou trois jaunes d’œuf. Tu dois tourner encore

En versant doucement le bouillon toujours chaud.

Tu remets à feu doux sur le bord du réchaud

Et tu tournes comme pour une crème anglaise.

Quand la cuillère nappe, ton bouillon est à l’aise.

Tu mets dans les assiettes quelques croûtons dorés,

Frottés d’ail et couverts avec la rouille ambrée,

Que chacun mouillera comme il veut de bouillon

Et tu sers à côté le plat de tes poissons.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour le bouillon: - 6 carottes, - 3 poireaux, - 3 oignons piqués de clous de gi­rofles, - 3 branches de fenouil, - 1 gros bouquet garni, - l zeste d'orange, - 3 cuillerées à soupe rase de sel de Ca­margue, - safran, - 2 têtes de congre, - 1 kilo de petits crabes (appelés favouilles en Provence), - 1 litre de vin blanc sec.

Pour les poissons: - 3 queues de baudroie (appelées aussi lotte) coupées en tron­çons épais, - 3 loups (appelés encore bars) coupés en darnes, - 6 darnes de colin.

Pour la rouille: - 1 demi litre d’huile d'olive, - 6 gousses d'ail, - 1 jaune d' œuf.

- 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - sel.

Pour la liaison: - 6 jaunes d'œuf.

Pour le service: - croûtons de pain séchés au four et frottés d'ail.

 

Les vins conseillés:

La bourride fait bon ménage avec tous les vins blancs secs de la vallée du Rhône: Côtes-du-Rhône, Coteaux-du-Tricastin, Coteaux-du-Diois, Coteaux-du-Luberon, Côtes-du-Ventoux, Costières-de-Nîmes.

En vins du Languedoc: Picpoul-de-Pinet, blancs de La Clape.

En vins de Provence: Cassis, Palette, Coteaux-d'Aix.

 

 

Hier soir, Tonton Georges nous a enchanté. Sur la 2. Alors, en mangeant la bourride, régalons-nous avec lui :

 

http://www.dailymotion.com/video/xda294_quatre-vingt-quin...

 

 

Brassens à table.jpg

 

 Photos X - Droits réservés

14/02/2017

Saint-Valentin: sonnet pour ma chérie.

Le temps marche sur moi, quant à toi, il t’effleure

Ma taille s’épaissit, mes cheveux ? je les pleure…

Le temps est un voyou, un voleur de jeunesse,

Mais il transmute aussi la passion en tendresse.

 

Si le torrent fougueux de notre amour total

S’est calmé dans le lac du bonheur conjugal

Après trente ans pourtant, il n’a pas une ride,

Et s’il est moins ardent, il n’est que plus solide.

 

Et même si parfois s’en vont tes souvenirs

Mon cœur a de la place pour tous les retenir,

Je serais près de toi jusqu’au bout de mes jours.

 

Pour tes yeux de velours je me fais troubadour

Et, pour Saint-Valentin, te dédie ce poème

Je t’aime.

 

 

Illustration: merci à l'irremplacé Peynet

 

 

11/02/2017

Ouiquinde érotique avec Léo Ferré

 

dessin Milo Manara femme.jpg

 

 

 

Ta source

Elle naît tout en bas d'un lieu géométrique
A la sentir couler je me crois à la mer
Parmi les poissons fous c'est comme une musique
C'est le printemps et c'est l'automne et c'est l'hiver
L'été ses fleurs mouillées au rythme de l'extase
Dans des bras de folie accrochent les amants
On dirait que l'amour n'a plus besoin de phrases
On dirait que les lèvres n'ont plus besoin d'enfants
Elles coulent les sources en robe ou en guenilles
Celles qui sont fermées celles qu'on n'ouvre plus
Sous des linges qu'on dit marqués du sceau des filles
Et ces marques ça me fait croire qu'il a plu
Qui que tu sois toi que je vois de ma voix triste
Microsillonne-toi et je n'en saurai rien
Coule dans ton phono ma voix de l'improviste
Ma musique te prend les reins alors tu viens
Ta dune je la vois je la sens qui m'ensable
Avec ce va-et-vient de ta mer qui s'en va
Qui s'en va et revient mieux que l'imaginable
Ta source tu le sais ne s'imagine pas
Et tu fais de ma bouche un complice estuaire
Et tes baisers mouillés dérivant de ton cygne
Ne se retourneront jamais pour voir la terre
Ta source s'est perdue au fond de ma poitrine

Léo Ferré

Ecoutez le grand Léo:

http://www.dailymotion.com/video/x8iwx9_leo-ferre-ta-sour...

 

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

04/02/2017

Ouiquinde érotique avec Edmond Haraucourt

fontaine_eau.jpg
 

 

La Source



Source vénérienne où vont boire les mâles !

Fissure de porphyre où frise un brun gazon,
 

Qui, fin comme un duvet, chaud comme une toison,
 

Moutonne dans un bain de senteurs animales.

Quand un homme a trempé dans tes eaux baptismales

Les désirs turgescents qui troublaient sa raison,

Il en garde à jamais la soif du cher poison
 

Dont s’imprégna sa peau dedans tes eaux thermales.

Ô Jouvence des cœurs ! Fontaine des plaisirs !

Abreuvoir où descend le troupeau des désirs

Pour s’y gorger d’amour, de parfum et d’extases !

Il coule de tes flancs, le nectar enchanté,

Elixir de langueur, crème de volupté…

Et pour le recueillir nos baisers sont des vases !


Edmond Haraucourt

 

 

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

28/01/2017

Ouiquinde érotique avec l’inventeur du phonographe !

chat_sein.jpg

 

Coin de tableau

Sensation de haschisch

 

Tiède et blanc était le sein

Toute blanche était la chatte.

Le sein soulevait la chatte.

La chatte griffait le sein.

 

Les oreilles de la chatte

Faisaient ombre sur le sein.

Rose était le bout du sein,

Comme le nez de la chatte.

 

Un signe noir sur le sein

Intrigua longtemps la chatte;

Puis, vers d'autres jeux, la chatte

Courut, laissant nu le sein

 

Ventre de jade blanc, poli,

Veiné de lapis-lazuli,

Comme ces coupes que Desgosffe

Peint sur un tond de lourde étoffe

 

Ventre de nacre dont nul pli

Ne ride le cintre assoupli

Je veux, paphique philosophe,

Sur ta blancheur graver ma strophe

 

Ventre de satin, emperlé

Par le frisson qui t’a frôlé,

Ventre frais, je t’aime et te baise.

 

Ventre de neige, ton nombril

Rose comme un bouton d’avril

Sourit au désir et l’apaise.

 

Guy Charles Cros

 

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07/01/2017

Ouiquinde érotique sous le signe de Lesbos

 

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Amours de femme


Oui, ce sont des regards de femme
Que cherche son regard brûlant,
Elle a soif de l'ardeur infâme
Qu'une autre sait mettre en son flanc.

Les yeux hagards, le trouble à l'âme,
La langue aux lèvres se collant,
Chacune tour à tour se pâme,
Se tord et retombe en râlant.

Bientôt leur tendresse lascive,
Comme une chaîne qui les rive,
Dresse dans l'ombre leurs tombeaux ;

Et sur la pierre, quand arrive
Le soir à la marche craintive,
Pleurent les filles de Lesbos.


(1884)

Albert Sémiane

 

 

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29/12/2016

Au bistro de la Toile : extases…

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- Oh Victor! T’as les yeux en couilles d’hirondelles après ces Fêtes. C’est le petit Jésus qui t’a mis dans cet état ? Où la sainte Vierge ? Où alors t’as trop tété le vin de messe ?

- Y a un peu de tout ça Loulle. Le vieux mécréant que je suis a, comme la plupart de nos compatriotes, été élevé dans la religion catholique. Chez nous, mon père jurait gras, et c’était plus une tradition qu’une conviction. Alors lorsque j’étais minot, comme tout le monde, on m’envoyait à la messe et au catéchisme, dans une chapelle plus petite que la grande église du patelin. C’était le jeudi matin. Avec mon pote Davide, nous nous installions devant la Madone et nous la fixions d’un regard extatique. Parce que nous l’aimions la belle Madone. D’un amour physique, charnel en quelque sorte. Nous trompions Saint-Joseph avec sa bourgeoise, la belle Marie, rejoignant en cela le Saint-Esprit qui devenait ainsi en quelque sorte notre beau-frère.

La chapelle en question était occupée pour moitié par le tombeau de ce brave Innocent 5 ou 6 - j’ai retenu la marque mais pas le millésime - qui, en son temps, fut pape à Avignon. C’était un monument de pierres et de stuc, haut, avec un ciel de lit ajouré par des dentelles de pierres et, allongée, mains jointes sur la poitrine, la représentation du client qui était à l’intérieur du tombeau. Il avait une bonne gueule, avec sa tiare comme un saint-honoré à la crème posée sur la tronche et qui lui donnait un petit air mystérieux devenant franchement égrillard selon la lumière. Nous lui mettions parfois une fleur à la bouche, ce qui égayait sa posture éternelle.

Allongé comme il était, Innocent – pas si innocent que ça - semblait mater sous les jupes de Marie. Une vierge superbe, polychrome, dégageant délicatement un téton pour donner la gamelle à son minot. Le mouvement qu’elle faisait pour assurer le repas au fils putatif de Joseph l’obligeait à un déhanchement bien suggéré par les plis du drapé de son long voile. Merde, on la trouvait bandante la Marie !, Davide et moi Nous nous mettions contre le tombeau d’Innocent, planqué ainsi des regards directs du curé Tressy, au boulot devant l’autel. Et nous imaginions ce qu’il y avait sous la longue robe bleue. Les nichons, le cul, le ventre, les poils, la myntch de la Marie… Autant d’images sacrilèges qui hantaient nos esprits enfiévrés. Et lorsque Brespin, l’enfant de cœur de service, secouait son machin à encens, l’odeur envoûtante nous en suggérait une autre que nous supposions bien plus capiteuse : celle qui devait régner sous les voiles de la Marie ! Immanquablement, nos habitudes reprenaient le dessus : par les poches trouées de nos pantalons courts, nous nous astiquions l’asperge en tendant nos narines frémissantes vers la belle jeune mère de famille que nous couvions de regards enamourés.

C’est là, planqué par un vieux pape complice que nous a été donnée la révélation - non pas de l’existence de dieu, on s’en foutait complètement, Davide et moi - mais du plaisir, en retirant, après un spasme délicieux, libérateur et tellement nouveau, une main poisseuse de nos premiers jus d’hommes !

- Ben, mes saguoins ! Si tu vas en enfer, tu l’auras pas volé !

- J’espère bien Loulle. J’y connaîtrais du monde. Et en plus, c’est chauffé ! Tè ! Je lui ai fait un sonnet à la belle Marie :

Tu as su, ô Marie, toi si belle, si femme,

Illuminer mon cœur, et mon corps, et mon âme.

Ta sensualité a enflammé mon sang,

Je t’ai aimé d’amour, à l’ombre d’Innocent.

 

La douceur de ton sein, la courbe de tes hanches

L’éclat malicieux de tes grands yeux pervenche

Le parfum de ta chair, ta douce carnation

Ont allumés en moi le feu de la passion.

 

Oui, j’ai joui de toi, de tes parfums intimes

Et quand viendront pour moi les angoisses ultimes

Un sourire de toi calmera mes tourments,

 

Moi qui t’aimais d’amour, moi qui fus ton amant.

Une telle passion vaut quelques privilèges,

Car quand le cœur est pur, où est le sacrilège ?



23/12/2016

Hosannah! Hosannah! La Nativité selon Sein-Cavanna

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La Nativité selon Sein-François Cavanna

/...

1. Or Joseph vit le ventre de Marie, et il demanda : « Qu'est cela ?»

2. Et Marie lui répondit qu'il ne devait pas aller imaginer je ne sais quelles bêtises, que ce n'était pas du tout ce que n'importe quel imbécile pourrait penser à première vue, qu'il fallait examiner tout ça bien posément entre gens civilisés, et d'abord prends donc un siège et bois un petit coup de ratafia, et ne quitte pas ta laine, te voilà tout en nage, un chaud et froid est si vite attrapé. Là ... Voilà, mon gros Jojo, encore une petite goutte ?

3. Et elle lui raconta l'ange, et l'opération du Saint-Esprit, et le tressaillement de l'enfant dans sa cousine, et les Prophètes qui avaient prédit tout ça mot pour mot, si, si, je t'assure, tu n'as qu'à regarder toi-même, tel et tel chapitre, tel et tel verset, les hommes vous êtes bien tous les mêmes, vous faites des tas d'histoires pour les choses les plus simples.

4. Et Joseph retourna dans sa maison, et il n'était pas sûr d'avoir tout compris, et il se coucha en pensant à tout ça dans sa tête, et il se disait que c'était bien la peine d'avoir attendu si longtemps avant de se marier pour se faire finalement faucher sa fiancée par le Seigneur, un type encore plus vieux que lui, si on veut aller par là.

5. Et puis il s'endormit. Or un ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, tout ce que t'a dit Marie est vrai. Ne crains point de la prendre pour épouse, car ce qu'elle a conçu se trouve en elle par l'opération du Saint-Esprit .

6. Et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus afin que soit accompli ce que le Seigneur Dieu a dit par Son prophète : « Voici. Une vierge sera enceinte, et elle enfantera un fils, et on le nommera Emmanuel, ce qui signifie : Dieu avec nous ». (Jésus ou Emmanuel ? Si vous trouvez que tout ça ne fait pas très sérieux, reportez·vous à l'Évangile selon saint Matthieu, l, 21-22-23.)

7. Alors Joseph fut convaincu. Et il se dit en lui-même que, bof, puisqu'il était écrit qu'il fallait qu'il y passe, autant que ce soit par le Seigneur.

8. Et il se dit encore qu'il s'en tirait même plutôt bien, car les Prophètes auraient tout aussi bien pu écrire qu'il devait l'être par le facteur.

9. Et, sur son élan, il continua à penser dans sa tête - la pensée, c'est comme ça quand on commence on ne sait jamais où ça va vous emmener - que la Bible tout entière n'avait été écrite que pour prédire par qui il serait fait cocu, lui, Joseph.

10. Et, certes, c'était pas tout le monde qui pouvait en dire autant.

 

1. Et donc Joseph épousa la vierge Marie.

2. Or; les premiers temps, il était un peu gêné, à cause du gros ventre de la jeune épousée, et à cause des gens qui le montraient du doigt et riaient sur lui.

3. Et Joseph dit aux gens: «Sachez que cette femme, mon épouse, est vierge comme le jour où sa mère la mit au monde. Et je ne l'ai moi-même jamais touchée, bien qu'elle soit mon épouse devant la loi.

4. Or les gens rirent de plus belle. Alors Joseph leur dit : «L'ange m'a très bien expliqué cela, mais je ne me rappelle pas tout. Cependant, je peux vous faire voir. »

5. Et Joseph emmena les gens dans sa maison, et il pria Marie de leur faire voir sa virginité, et c'était une très belle virginité, car Marie était fort brune et bien dodue

6. Et les gens s'étonnèrent, et ils n'en crurent pas leurs yeux, et ils dirent : «Nous n'en croyons pas nos yeux !»

7. Et Joseph leur dit : «Vous pouvez toucher. Mais n'appuyez pas trop fort, s'il vous plaît. »

8. Et les gens touchèrent, et ils furent convain­cus.

9. Et ils allèrent partout portant la bonne parole.

10. Mais certains, dont le cœur était perverti, dirent que peut-être c'était là le résultat d'un coït contre nature qui aurait défoncé une cloison d'entre les fragiles cloisons que l'Éternel a placées entre l'orifice excrémentiel et la porte des bénédictions. Le monde est si méchant.

10. Quoi qu'il en soit, les gens accoururent toujours plus nombreux pour voir et toucher la virginité de Marie, et Joseph la leur montra volontiers moyennant une modeste participation aux frais fixée à une drachme par per­sonne.



1. En ce temps-là, l'empereur César Auguste fit publier un édit afin que l'on effectuât le dénombrement des habitants de toute la Terre.

2. Or chacun devait aller se faire recenser à l'endroit d'où était issue sa famille.

3. Et donc Joseph quitta la ville de Nazareth, où il demeurait, et s'en alla en Judée, à Bethléem, car il était de la race de David,

4. Et Marie, son épouse, partit avec lui.

5. Et pendant qu'ils étaient à Bethléem, le temps auquel elle devait accoucher arriva.

6. Or il n'y avait point de place à l'hôtellerie, à cause de la grande affluence du recensement, et ils finirent par s'installer dans une étable.

7. Et Marie accoucha, et elle eut très mal, car le passage n'avait point été ouvert et assoupli par l'action du membre de l'homme, ainsi qu Il est d'usage,

8. Et elle pensa que si Dieu avait voulu Se faire un petit peu souffrir pour sauver les hommes, c'était Son affaire,

9. Mais que ce n'était en tout cas pas une raison pour la faire souffrir plus que son compte, elle à qui l'On n'avait pas demandé son avis.

10. Et tout ça parce que Monsieur ne voulait pas naître comme tout le monde, et qu'il fallait toujours qu'Il Se fasse remarquer !

11. Ça prétend vouloir partager le destin des hom­mes, et vivre, et souffrir, et mourir comme un homme ordinaire, et Ça commence par naître d'une vierge, comme si c'était vraiment là le cas de tout un chacun, je vous demande un peu !

12. Ah, là là, ces aristocrates, quand ça veut jouer au peuple, c'est bien tous les mêmes, Trianon et compagnie.

13. Or il y avait dans la crèche un âne, et il y avait aussi un bœuf.

14. Et c'était la divine Providence qui les avait mis là afin que le petit eût de quoi se nourrir.

15. Car la divine Providence est comme ça : pleine de bonnes intentions, mais pas très renseignée.

16. Et l'âne et le bœuf essayèrent de toutes leurs forces d'avoir du lait, mais ils eurent beau pousser, ce n'est jamais du lait qui sortit. Les miracles, ça ne fonctionne que quand on n'en a pas vraiment besoin.

17. Or il y avait une campagne autour de Bethléem, et dans cette campagne il y avait des bergers qui gardaient leurs moutons.

18. Et les moutons faisaient une mine renfrognée, et ils bêlaient des bêlements mécontents, car on était dans la nuit du 25 décembre, et il n'est pas coutume d'emmener paître les moutons au cœur de l'hiver, et ils ne trouvaient à brouter que de la neige, et ils se gelaient les pattes,

19. Mais la divine Providence s'était avisée au dernier moment que ce serait plus joli avec des bergers, et alors elle avait arrangé ça en vitesse, et en effet c'était très joli très réussi, et il faut avoir le cœur bien sec pour aller chicaner sur des détails.

20. Tout à coup, une grande lumière entoura ces bergers, et du firmament descendirent des légions d'anges aux trompettes éclatantes.

21. Et les bergers, voyant cela, furent saisis d'une grande peur, et ils cachèrent derrière leur dos les gigots des tendres agneaux qu'ils avaient fait rôtir pour se tenir chaud au ventre, et ceux qui étaient en train de forniquer avec les brebis se reboutonnèrent discrètement.

2. Et ils se dirent entre eux : « N’était-ce donc pas assez que nos cruels patrons, les propriétaires de ces moutons, nous envoyassent garder les troupeaux aux champs par ce temps de chien ? Voilà maintenant que ces méfiants-là nous envoient ces espèces de flics emplumés afin de nous prendre sur le fait, et de compter les agneaux mangés pour les déduire de nos maigres gages, et de déceler notre jeune semence sur la laine des brebis pour nous faire payer le nettoyage ! »

23. Mais le chef des anges leur dit de sa voix formidable : « Ne craignez point, ô culs-terreux, car le Seigneur Dieu m'envoie vous annoncer une grande joie. »

24. Et les bergers répondirent : Merci, ô plume­au-cul, mais tu nous as fait une belle peur. Merci quand même pour la grande joie. Or le Seigneur, qui sait tout, sait que la seule joie qui puisse nous toucher, nous autres pauvres bergers, maintenant que nos ventres sont pleins, c'est du vin et des femmes. Pose donc les tonneaux à droite et les femmes à gauche, et dis merci au Seigneur de notre part. Bien blanches et un peu grasses de la motte, les femmes, s'il te plaît. »

25. Alors le chef des anges fit « Ts, ts... », et il roula sur son tambour un formidable roulement, et il dit : « Si vous m'interrompez tout le temps, jamais on n'y arrivera. » Et puis il fit encore tonner son tambour, et il lut ceci sur un parchemin qu'il avait apporté roulé sous son bras :

26. «Avis. Il vous est né un Sauveur dans la ville de David, et ce Sauveur est le Christ, le Seigneur, le fils de l'Éternel votre Dieu. Et les populations le reconnaîtront à ceci : Il est enveloppé de langes et couché par terre dans une étable. Il est vivement recommandé d'aller lui rendre spontanément hommage et de l'adorer. Les heures de visite seront inscrites à la porte. Qu'on se le dise ! »

27. Et l'ange frappa son tambour, et au même instant la multitude des anges souffla dans les binious et tapa sur les grosses caisses, et ils entonnèrent bien en mesure ce cantique qui n'est pas de la crotte de bique:

28.                                                      Gloire, gloire, gloire

A Dieu au plus haut des cieux !

Et

Paix, paix, paix

Sur la terre

Aux hommes, zommes, zommes

De bonne volonté!

Hosannah! Hosannah!

Cornes au cul ! (bis)

Vive le petit Jésus !

 

 

 

 

Extrait de "Les Ecritures"

"Les aventures du petit Jésus"

ISBN: 2-253-03400-2

 

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17/12/2016

Ouiquinde érotique philopyge

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Contacts

Ton visage blotti au creux de mon épaule,
J'aime sentir ton corps qui sur mon corps se colle,
Souple et dur à la fois. Ondoyante liane
Qui épouse le tronc de l'arbre qu'elle gagne.

Tu presses en ondulant ton ventre sur la bosse
Qui gonfle à ce contact comme l'épée d'Athos.
Ma main serrant ton dos, amorce une caresse
Qui la conduit bientôt vers tes aimables fesses

A travers le tissu, mes doigts suivent la raie
Douce et mystérieuse qui conduit à l'entrée
Brûlante du bonheur blottie entre tes cuisses.

Ta bouche prend la mienne, délicieuses prémices,
Mélange de saveurs, délicate morsure,
Merveilleuse promesse pour d'autres ouvertures.

Moi

 

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10/12/2016

Ouiquinde érotique animalier avec Arthur Rimbaud

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Les anciens animaux

 

Les anciens animaux saillissaient, même en course,
Avec des glands bardés de sang et d’excrément.
Nos pères étalaient leur membre fièrement
Par le pli de la gaine et le grain de la bourse.

Au Moyen Âge pour la femelle, ange ou pource,
Il fallait un gaillard de solide gréement :
Même un Kléber, d’après la culotte qui ment
Peut-être un peu, n’a pas dû manquer de ressource.

D’ailleurs l’homme au plus fier mammifère est égal ;
L’énormité de leur membre à tort nous étonne ;
Mais une heure stérile a sonné : le cheval

Et le bœuf ont bridé leurs ardeurs, et personne
N’osera plus dresser son orgueil génital
Dans les bosquets ou grouille une enfance bouffonne.

 

Arthur Rimbaud

 

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04/12/2016

« Collééé Serré. Collééé Serré. » Les risques de l'amour au Mali !

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Lu dans l’excellent journal du net africain Maliactu ce fait divers extraordinaire. Je ne résiste pas au bonheur de le partager avec vous :

 

Mali : Ségou Pelengana : Un couple reste collé après les ébats sexuels… Impossible de les défaire

1er décembre 2016

Ça n’arrive pas que chez les autres ! Les faits incroyables décrits ici remontent au 5 mai dernier et plus précisément à Ségou, au quartier Péléngana. Mais les protagonistes se rendront sous d’autres cieux afin de trouver réponse à leur infortune. La fin est tout simplement tragique.

À la vue de ces deux corps nus imbriqués l’un dans l’autre, le propriétaire de la maison, alerté par les appels au secours des deux malheureux, ne pouvait qu’à son tour, solliciter l’aide des voisins. Mais l’histoire ne faisait que commencer ce 5 mai 2016 au quartier Péléngana à Ségou.

Victimes ou capables ? Difficile de le dire. La jeune fille répondant au nom de Araba n’avait pas jugé nécessaire de raconter son histoire à son amant Lamine avant d’entamer une partie de plaisir avec celui-ci. Et le couple ne parvint pas à se défaire après l’acte. Mais que s’est-il passé ? Quelle est donc cette histoire dont la dame Araba s’est abstenue de parler ?

Un homme mystérieux, Marchand de chiens et venant du pays bobo…

Avant Lamine, la jeune fille, âgée d’environ 25 ans, a connu un premier amant à Ségou. L’homme est marchand de chiens (rien d’étonnant ! Les chiens se vendent ici comme du bétail et il existe de gros amateurs de viande canine). Ces personnes ont la réputation de détenir de grandes sciences occultes.

Araba et son amant, après quelques jours à Ségou et après que son amant eut conclu ses affaires, décidèrent de se rendre au pays bobo en vue d’officialiser leur union.

Sur place, ils passèrent un temps relativement long ensemble. Si long que la jeune dame demanda des comptes. Mais l’amant ne se décidait toujours pas. Après plusieurs mois de concubinage, Araba décida de revenir à Ségou et de vivre une autre vie. Elle en informa son amant qui ne s’opposa guère à son projet mais non sans la mettre en garde. Elle partit et connut alors Lamine.

Le cauchemar !

Avec son nouvel amant, la jeune femme fit ce qu’il y a de plus normal aujourd’hui pour les jeunes. Quand le couple estima être satisfait, il voulut se défaire l’un de l’autre. Mais mission impossible ! Quelque chose au fond de l’autre retenait l’un. Ils patientèrent quelque temps, négocièrent un moment et forcèrent sans succès. La prise ne lâchait pas.

Après plusieurs heures de vaines tentatives, ils appelèrent du secours. Le propriétaire de la maison se présenta mais visiblement sans solution de rechange. Ce dernier contacte les parents de l’homme, lesquels, après plusieurs péripéties, et de manière discrète les convoyèrent sur un village de Markala, contrée d’origine de Araba. Un véhicule fut loué à cet effet.

Sur place, dans ladite contrée, les détenteurs des sciences occultes se réunirent autour du cas. Mais les sacrifices et les incantations ne donnèrent rien. Le couple restait collé comme un timbre sur une enveloppe. De guerre lasse, le plus coriace des féticheurs avoua son impuissance à remédier au mal. Mais pour autant, ses génies lui avaient donné un début de réponse. C’est l’auteur du maléfice seul qui était en mesure de briser le mauvais sort. Autrement dit, la solution existait seulement dans le pays bobo, entre les mains du premier amant, le marchand de chiens. Là se fit donc transporter le malheureux couple. Hélas, le cauchemar ne faisait que commencer.

Le choix cornélien

Il était là, imperturbable et sûr de lui-même. Après avoir entendu les supplications du couple et des parents, l’homme leur offrit la solution, ou du moins, une solution. Il reconnut être en effet l’auteur du maléfice mais ne disposait pas de moyens pour sauver le couple. L’un d’eux devrait mourir pour sauver l’autre. À eux de décider. Et il ne mettra ses pouvoirs à profit que lorsque le couple aurait désigné, d’un commun accord, celui devant mourir. L’opposition de l’un signifierait le statu quo, c’est-à-dire, le « collé-collé » à vie.

Aux dernières nouvelles, les malheureux n’avaient pas trouvé le consensus, chacun se refusant de périr pour l’autre.

À suivre donc !

B.S. Diarra

 

Suis en encadré l’explication et la solution :

Et pourtant, le « maléfice » en question a un nom scientifique. Il s’appelle pénis captivus. Et une solution que voici… !

Nous avions cherché à savoir pourquoi ? Le phénomène devrait avoir une explication et une solution beaucoup plus rationnelle quand même demeurent les mystères du continent. Voici la quintessence de nos recherches.

Le pénis captivus
Pendant l’amour, tout à coup, on se rend compte qu’on est coincés. Le pénis est dans le vagin, et il est impossible de le faire sortir. Au début, on attend un peu, et ça reste coincé.
C’est le vagin qui retient le pénis. Les muscles du périnée, situés autour du vagin, se contractent très fort, de manière totalement involontaire. La fille n’y peut rien, c’est comme un réflexe anormal, mais incontrôlable. Elle ne peut pas relaxer ces muscles. C’est une sorte de spasme musculaire (crampe) autour du vagin.

Le geste qui décoince. Au couple de choisir !

Avant d’appeler le médecin, il existe un geste susceptible de débloquer la situation. C’est donc toujours à tenter avant d’appeler les urgences !

Le geste qui décoince, c’est un toucher rectal. Il s’agit de mettre un doigt dans l’anus de la fille. Pas très poli, certes, mais c’est cela ou le fait divers à la Une des journaux.

Ce geste provoque un réflexe de décontraction des muscles du périnée. Vous pouvez le faire ou la fille peut le faire elle-même. Sinon, appelez d’autres !

Mamadou Makadji

 

Illustration: merci au très regretté Reiser

26/11/2016

Ouiquinde érotique : le panaris et le panard.

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Le mal d'aventure (le panaris)

Alison se mourait d'un mal
Au bout du doigt, mal d'aventure.
- Va trouver le père Pascal,
Lui dit sa sœur, et plus n'endure ;
Il a fait mainte et mainte cure,
Ses remèdes sont excellents.
Il te guérira, je t'assure.
Il en a pour le mal de dents,
Pour l'écorchure et pour l'enflure ;
Il fait l'onguent pour la brûlure.
Va donc sans attendre plus tard ;
Le mal s'accroît, quand on recule.
Et donne lui le bonjour de ma part.
Elle va, frappe à la cellule
Du Révérend frère Frappart,
- Bonjour, mon frère. Dieu vous gard !
Dit-elle, ma sœur vous salue,
Et moi qui suis ici venue,
Lasse à la lin de trop souffrir ;
Mais ma sœur vient de me promettre
Que vous voudrez bien me guérir
De ce doigt qui me fera mourir ;
Non, je ne sais plus où le mettre.
— Mettez, dit Pascal, votre doigt
Les matins en certain endroit
Que vous savez. — Hélas, que sais- je ?
Répond Alix, où le mettrai-je ?
Dites-le moi, frère Pascal,
Tôt, car mon doigt me fait grand mal.
— O ! l'innocente créature !
Avez-vous la tête si dure ?
Certain endroit que connaissez ;
Puisqu'il faut que je vous le dise,
C'est l'endroit par où vous pissez.
Eh bien, m'entendez-vous, Alise ?
— Mon frère, excusez ma bêtise.
Répond Alix, baissant les yeux ;
Suffit, j'y ferai de mon mieux,
Grand merci pour votre recette ;
J'y cours, car le mal est pressé.
— Quand votre mal sera passé,
Venez me voir, Alisonnette,
Dit le frère, et n'y manquez pas.
Soir et matin à la renverse,
Suivant l'ordre du bon Pascal
Elle met remède à son mal.
Enfin l'abcès mûrit et perce ;
Alison saine va soudain
Rendre grâce à son médecin
Et du remède spécifique
Lui vante l'étonnant succès.
Pascal, d'un ton mélancolique,
Lui repart : - Un pareil abcès
Depuis quatre jours me tourmente,
Vous seriez ingrate et méchante
Si vous me refusez le bien
Que vous avez par mon moyen ;
Alix, j'ai besoin de votre aide,
Puisque vous portez le remède
Qui, sans faute, peut me guérir.
Eh quoi ! me verrez-vous mourir
Après avoir avoir bien guérie ?
— Non, dit Alix, sur ma vie,
Je ferais un trop grand péché ;
Tel crime... allons donc, je vous prie,
Guérissez-vous, frère Pascal,
Approchez vite votre mal.
A ces mots, Dom Pascal la jette,
Sans marchander, sur sa couchette,
L'étend bravement sur le dos
Et l'embrasse. - Ô Dieu ! qu'il est gros !
Dit Alix, quel doigt ! Eh ! de grâce,
Arrêtez... Je le sens qui passe.
— Ma chère Alix, attends un peu,
Je me meurs... souffre que j'achève.
— Ah ! reprit Alix tout en feu,
Vous voilà guéri, l'abcès crève.

Jacques Vergier

 

Illustration X - Droits réservés

19/11/2016

Ouiquinde érotique avec ce grivois de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais

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L'épouse à la mode


La jeune Elvire, à quatorze ans, 
Livrée à des goûts innocents,
Voit, sans en deviner l'usage,
Éclore ses appas naissants ;
Mais l'amour, effleurant ses sens,
Lui dérobe un premier hommage :
Un soupir
Vient d'ouvrir
Au plaisir
Le passage ;
Un songe a percé le nuage.


Lindor, épris de sa beauté,
Se déclare ; il est écouté :
D'un songe, d'une vaine image,
Lindor est la réalité ;
Le sein d'Elvire est agité,
Le trouble a couvert son visage.
Quel moment
Si l'amant,
Plus ardent
Ou moins sage
Pouvait hasarder davantage !


Mais quel transport vient la saisir ! 
Cet objet d'un premier désir,
Qu'avec rougeur elle envisage,
Est l'époux qu'on doit lui choisir ; 
On les unit :
Dieux ! Quel plaisir ! 
Elvire en fournit plus d'un gage.
Les ardeurs,
Les langueurs,
Les fureurs,
Tout présage
Qu'on veut un époux sans partage.


Dans le monde, un essaim flatteur 
Vivement agite son cœur ;
Lindor est devenu volage,
Lindor méconnaît son bonheur.
Elvire a fait choix d'un vengeur ;
Il la prévient, il l'encourage : 
Vengez-vous ;
Il est doux,
Quand l'époux
Se dégage,
Qu'un amant répare l'outrage.


Voilà l'outrage réparé ;
Son cœur n'est que plus altéré
Des plaisirs le fréquent usage
Rend son désir immodéré ;
Son regard fixe et déclaré
A tout amant tient ce langage
Dès ce soir,
Si l'espoir
De m'avoir
Vous engage,
Venez, je reçois votre hommage.


Elle épuise tous les excès ;
Mais, au milieu de ses succès,
L'époux meurt, et, pour héritage, 
Laisse des dettes, des procès.
Un vieux traitant demande accès :
L'or accompagne son message...
Ce coup d'œil
Est l'écueil
Ou l'orgueil
Fait naufrage :
Un écrin consomme l'ouvrage.


Dans ce fatal abus du temps
Elle a consumé son printemps ;
La coquette d'un certain âge
N'a plus d'amis, n'a plus d'amants : 
En vain, de quelques jeunes gens
Elle ébauche l'apprentissage ;
Tout est dit,
L'amour fuit,
On en rit :
Quel dommage !...
 
Pierre Augustin Caron de Beaumarchais
 
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15/11/2016

Ayant observé le clair de lune, décrivez le clair de l'autre.

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Hier c'était lundi, le jour (di) de la lune. Elle était froide comme le mistral hier soir. Mais belle, féconde de tous nos rêves, pleine de tous nos désirs. Pour les Grecs Séléné, fille d'Hypérion et de Théia. Pour les Hindous Chandra, déesse de la fertilité. La reine des nuits est la muse de tous les poètes.


Ecoutons le grand Charles (Baudelaire) dans Tristesse de la lune :


Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse;

Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,

Qui d'une main distraite et légère caresse

Avant de s'endormir le contour de ses seins,


Sur le dos satiné des molles avalanches,

Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,

Et promène ses yeux sur les visions blanches

Qui montent dans l'azur comme des floraisons.


Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,

Elle laisse filer une larme furtive,

Un poète pieux, ennemi du sommeil,


Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,

Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,

Et la met dans son cœur loin des yeux du soleil.


...et puis Paul Verlaine dans Clair de lune :


Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

 

Tout en chantant sur le mode mineur

L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

 

Au calme clair de lune triste et beau,

Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.


...et enfin, bien sûr : Au clair de la lune

Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume,
Pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte,
Je n'ai plus de feu;
Ouvre-moi ta porte
Pour l'amour de Dieu !

Au clair de la lune,
Pierrot répondit :
Je n'ai pas de plume,
Je suis dans mon lit.
Va chez la voisine,
Je crois qu'elle y est;
Car dans sa cuisine,
On bat le briquet.

 

Au clair de la lune,
L'aimable Arlequin
Frappa chez la Brune,
Qui répond soudain :

Qui frapp' de la sorte ?
Il dit à son tour :
Ouvrez votre porte,
Pour le dieu d'amour.

 

Au clair de la lune,
On n'y voit que peu;
On chercha la plume,
On chercha le feu.
Cherchant de la sorte
Ne sais c'qu'on trouva;
Mais je sais qu'la porte
Sur eux se ferma.

 

...et oui, la lune, complice de tous les Amours !

 

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06/11/2016

Ouiquinde gastronomique gargantuesque

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Théry

 

 

Longue, fine, éthérée, de grands yeux clairs intenses

Théry est arrivée comme une providence

Lorsque trahi, banni, méprisé, délabré,

J’étais au bord du gouffre et prêt à y sombrer.

 

Avec son cœur, son corps, sa tendresse de femme

Elle a pansé les plaies que des houris infâmes

Avaient creusées à vif de leurs griffes de hyènes

Pour assouvir sur moi leurs appétits de chiennes.

 

Théry m’a ramassé, souriante et jolie

Puis m’a ouvert ses bras, et son cœur, et son lit.

Elle fût à la fois amie, maîtresse et mère,

 

Goûtant sans calculer un bonheur éphémère.

Dans les recoins secrets du jardin de mon cœur,

Théry aura toujours une place d’honneur.

 

Pour honorer, Victor, ta Théry Providence,

Il te faut préparer une grasse bombance,

Qui réchauffe le cœur et remplit bien le corps,

Fait pour une princesse, pas pour une pécore.

Je te propose un plat bien fait pour les amants,

Bien qu’un rien onéreux : c’est le rôti gourmand.

Prend une olive noire aux câpres et aux anchois,

Mets-là dans un becfigue, c’est un oiseau surchoix,

Mets-le, sans tête et pattes, dedans un ortolan

Bien gras et que tu bardes avec du bon lard blanc,

Mets celui-ci dedans le corps d’une alouette

Que tu as amputé des pattes et de la tête,

Introduis celle-ci dans le corps d’une grive

Que tu auras trempé dans de l’huile d’olive,

Mets-là dans une caille de vigne bien dodue,

Introduis celle-ci dans un vanneau ventru,

Puis glisse celui-ci dans le corps d’un perdreau,

A chaque oiseau tu poivres et sales mais pas trop,

Mets dans une bécasse assez mortifiée

Que tu introduiras, pour la glorifier

Dedans un pintadeau bien bardé de ventrêche

Que tu mets dans le corps d’une poularde fraîche,

Introduis ta poularde dans un canard mulard,

Bride bien celui-ci par des bardes de lard

Avant de le glisser dans une oie de Guinée,

Qu’il te faut introduire, doucement, in fine

Dans une grosse dinde. Pour la remplir à ras,

Tu bourres avec des truffes  ainsi que du foie gras.

Lorsque tous tes oiseaux sont ainsi disposés,

Dans un grand pot de terre tu vas les déposer,

Accompagnés d’oignons, carottes, céleri,

Petits dés de jambons, lard et bouquet garni,

Poivre, sel, coriandre, persil, thym et sarriette,

Quatre ou cinq gousses d’ail et piment d’Espelette,

Quelques grains de genièvre et un peu de cumin,

Mouilles avec du vin blanc, mais des Quatre-Chemins.

Tu dois fermer ton pot bien hermétiquement,

La mie de pain mouillée va admirablement.

Met le pot dans un four à chaleur modérée

La cuisson doit se faire toute dans la durée,

Vingt-quatre heures au moins, une journée entière

Afin que la coction soit lente et régulière.

Ce repas précieux apprécié des cours

Au palmarès des goûts est placé hors-concours.

L’intimité des sucs de tant de volatiles

Révèle des saveurs somptueuses, subtiles,

Quintessence des bois, des marais et des plaines

Qui comblent de bonheur les gourmets et les reines.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 olive noire farcie de 2 câpres et d'1 anchois au sel, ­- 1 becfigue, - 1 ortolan, - 1 alouette, - 1 grive (chacha de préférence), - 1 caille, - 1 vanneau, - 1 perdreau, - 1 bécasse, - 1 pintadeau, - 1 poularde, - 1 canard mulard, - 1 oie de Guinée, - 1 dinde, - 3 truffes de grosseur raisonnable, - 1 livre de foie gras d'oie, - 12 bardes de lard et autant de ventrêche, - sel, - poivre, - huile d'olive, - 1 kilo d'oignons, - 1 kilo de carottes, - 1 botte de céleri trié, - 5 gousses d'ail, - 1 cuillerée à soupe de coriandre en grains, - 12 grains de ge­nièvre, - 1 cuillerée à café de cumin en poudre, - 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - 3 cuillerées à soupe de sel, - 1 cuillerée à café de poivre noir, - 1 gros bouquet garni (laurier, thym, sarriette, persil plat), - 3 bouteilles de vin blanc des Quatre-Chemins à Laudun.

 

Les vins conseillés:

Cette préparation gargantuesque exige les plus grands vins rouges. Évidemment des vins rouges des Côtes-du-Rhône septentrionales:

Condrieu, Hermitage, Crozes-Hermitage, Côte-Rôtie, Saint­-Joseph, Cornas.

Mais aussi Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Vacqueyras, Cai­ranne, Lirac.

 

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05/11/2016

Ouiquinde érotique avec Aristide Bruant

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Aristide Bruant (1851-1925)

 

À Grenelle


Quand j'vois des fill's de dix-sept ans,
Ça m'fait penser qu'y a ben longtemps,
Moi aussi j'l'ai été pucelle,
A Grenelle.

Mais c'est un quartier plein d'soldats,
On en renconte à tous les pas,
Jour et nuit i's'font sentinelle,
A Grenelle.

J'en ai t'i' connu des lanciers,
Des dragons et des cuirassiers,
I's m'montraient à m'tenir en selle,
A Grenelle.

Fantassins, officiers, colons
Montaient à l'aussaut d'mes mam'lons,
I' m'prenaient pour eun' citadelle,
A Grenelle.

Moi j'les prenais tous pour amants,
J'commandais tous les régiments,
On m'app'lait mam' la colonelle,
A Grenelle.

Mais ça m'rapportait que d'l'honneur,
Car si l'amour ça fait l'bonheur,
On fait pas fortune avec elle,
A Grenelle.

Bientôt j'm'aperçus qu'mes beaux yeux
Sonnaient l'extinction des feux,
On s'mirait pus dans ma prunelle
A Grenelle.

Mes bras, mes jambes, mes appas,
Tout ça foutait l'camp, à grands pas.
J'osais pus fair' la p'tit' chapelle,
A Grenelle.

Aujord'hui qu'j'ai pus d'position,
Les régiments m'font eun'pension :
On m'laiss' manger à la gamelle,
A Grenelle.

Ça prouv' que quand on est putain,
Faut s'établir Chaussé'-d'Antin,
Au lieu d'se faire eun'clientèle,
A Grenelle.

 

Ils ne pensent qu'à çà !

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A écouter ICI

 

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