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14/02/2014

Saint-Valentin: Plaisirs d’amour…

peynet colombe.jpg

 

 

 

 

Le temps marche sur moi, quant à toi, il t’effleure

 

Ma taille s’épaissit, mes cheveux ? Je les pleure…

 

Le temps est un voyou, un voleur de jeunesse,

 

Mais il transmute aussi la passion en tendresse.

 

 

 

Si le torrent fougueux de notre amour total

 

S’est calmé dans le lac du bonheur conjugal

 

Après trente ans pourtant, il n’a pas une ride,

 

Et s’il est moins ardent, il n’est que plus solide.

 

 

 

Pour mon cœur, pour ma queue, tu restes la plus belle,

 

Fière, douce et sexy, ma lionne d’amour,

 

Plus attirante encor que bien des jouvencelles.

 

 

 

Pour tes yeux de velours je me fais troubadour

 

Et, pour Saint-Valentin, te dédie ce poème

 

Je t’aime.

 

 

 

 

 

Sextidi 26 Pluviose 222

 

 

 

Merci à l’irremplacé Peynet

 

 

 

 

08/02/2014

Ouiquinde érotique avec Beaumarchais

femmes fleurs.jpg

 

 

L'épouse à la mode


La jeune Elvire, à quatorze ans, 
Livrée à des goûts innocents,
Voit, sans en deviner l'usage,
Éclore ses appâts naissants ;
Mais l'amour, effleurant ses sens,
Lui dérobe un premier hommage :
Un soupir
Vient d'ouvrir
Au plaisir
Le passage ;
Un songe a percé le nuage.


Lindor, épris de sa beauté,
Se déclare ; il est écouté :
D'un songe, d'une vaine image,
Lindor est la réalité ;
Le sein d'Elvire est agité,
Le trouble a couvert son visage.
Quel moment
Si l'amant,
Plus ardent
Ou moins sage
Pouvait hasarder davantage !


Mais quel transport vient la saisir ! 
Cet objet d'un premier désir,
Qu'avec rougeur elle envisage,
Est l'époux qu'on doit lui choisir ; 
On les unit :
Dieux ! quel plaisir ! 
Elvire en fournit plus d'un gage.
Les ardeurs,
Les langueurs,
Les fureurs,
Tout présage
Qu'on veut un époux sans partage.


Dans le monde, un essaim flatteur 
Vivement agite son cœur ;
Lindor est devenu volage,
Lindor méconnaît son bonheur.
Elvire a fait choix d'un vengeur ;
Il la prévient, il l'encourage : 
Vengez-vous ;
Il est doux,
Quand l'époux
Se dégage,
Qu'un amant répare l'outrage.


Voilà l'outrage réparé ;
Son cœur n'est que plus altéré
Des plaisirs le fréquent usage
Rend son désir immodéré ;
Son regard fixe et déclaré
A tout amant tient ce langage
Dès ce soir,
Si l'espoir
De m'avoir
Vous engage,
Venez, je reçois votre hommage.


Elle épuise tous les excès ;
Mais, au milieu de ses succès,
L'époux meurt, et, pour héritage, 
Laisse des dettes, des procès.
Un vieux traitant demande accès :
L'or accompagne son message...
Ce coup d'œil
Est l'écueil
Ou l'orgueil
Fait naufrage :
Un écrin consomme l'ouvrage.


Dans ce fatal abus du temps
Elle a consumé son printemps ;
La coquette d'un certain âge
N'a plus d'amis, n'a plus d'amants : 
En vain, de quelques jeunes gens
Elle ébauche l'apprentissage ;
Tout est dit,
L'amour fuit,
On en rit :
Quel dommage !...
Elvire, il fallait être sage.

 

 

 

Pierre Augustin Caron dit BEAUMARCHAIS

 

Décadi 20 pluviôse 222

 

Illustration X - Droits réservés

 



 

05/02/2014

Pour sortir de la grisaille : de l’Amour et du Vin

Triomphe de Bacchus par Cornelis de Vos.jpg

 

 

 

 

Tiens, je viens de déboucher une bouteille de Côtes-du-Rhône primeur de chez David, que j’avais oubliée. Elle reste très bonne, avec un peu moins de fraîcheur, mais plus de rondeur. Révérence envers les seuls dieux que je révère : Dionysos-Bacchus et Aphrodite-Vénus. Chantons la gloire du Vigneron, ce paysan sacré dont la sueur féconde les entrailles de la terre, ce magicien qui, d'arides cailloux, tire le sang de dieu.

 

 

 

Que fit dieu pour guérir nos maux

 Le vieux vin et les jeunes femmes !

 Il créa pour notre bonheur

 Le sexe et le jus de la treille

 Aussi je veux en son honneur

 Chanter le con et la bouteille

 Dans l'Olympe, séjour des dieux

 On boit, on patine les fesses

 Et le nectar délicieux

N'est que le foutre des déesses !

Si j'y vais, jamais Apollon

Ne charmera plus mon oreille

De Vénus je saisis le con

De Bacchus arrach'la bouteille!

Dans les bassinets féminins

Quand on a brûlé des amorces

Quelques bouteilles de vieux vin

Au vit rendent toute sa force

Amis, plus on boit plus on jouit

Un buveur décharge à merveille,

Aussi le vin pour dire tout

C'est du foutre mis en bouteille

On ne peut pas toujours bander

Du vit le temps borne l'usage

On se fatigue à décharger

Mes amis on boit à tout âge !

Quant au vieillard aux froids couillons

Qu'ils utilisent mieux leurs vieilles !

Quand on n'peut plus boucher de cons

On débouche au moins des bouteilles !

Mais hélas depuis longtemps

Pour punir nos fautes maudites

Le Bon Dieu fit les cons trop grands

Et les bouteilles trop petites !

Grand Dieu fais, nous t'en supplions

Par quelque nouvelle merveille

Toujours trouver le fond du con

 Jamais celui de la bouteille !

 

 

Écrit par le grand poète catalan Alonzo Bobinar

 

 

 

Septidi 17 pluviôse 222

 

Illustration Cornelis de Vos

 

03/02/2014

M’ame Michu et M’ame Chazotte : l’apéhèma et l’agépéa.

vamps.jpg

 

 

- Dites-moi, M’ame Chazotte, vous avez vu tout ce monde à Paris et à Lyon, avec de belles pancartes roses. Bien propre sur eux, avec souvent des ribambelles de petits. Sur leurs pancartes, ils gueulaient contre PMA et GPA. Mais c’est quoi ces PMA et GPA dont on nous rebat les oreilles ? PMA, c’est Petite Maison Accueillante, je suppose ? Une maison de retraite où les vieux ne sont pas que de la marchandise. Et GPA, c’est quoi ? Généreux Plan d’Assistance aux vieux ? Ben ils font des progrès moi je trouve les politiques. Quand même, la gauche, c’est autre chose…

 

- Ben, je vois que vous planez toujours, M’ame Michu. « Heureux les simples d’esprit… » qu’il a parait-il dit l’Autre. Faut dire que c’est lui qui a inventé ces conneries : le mec, il serait né d’une mère porteuse supposée vierge inséminée artificiellement par le célèbre docteur Saint-Esprit ! Non, M’ame Michu, PMA, ça veut dire Procréation Médicalement Assisté.

 

- Ah ! Donc, quand j’étais jeune et que le docteur Langougnole me mettait sa…, enfin, son…, pour me soigner qu’il disait, il faisait de la PMA ?

 

- En quelque sorte M’ame Michu. Mais c’est moins romantique que les traitements pittoresques du bon docteur Langougnole. La PMA, c’est engrosser artificiellement une femme que la nature n’a pas équipé pour.

 

- Comment ça ?

 

- Comment ? Ben, au lieu d’écarter les cuisses sous un rude gaillard, comme tout le monde, elle les écarte devant un toubib qui lui refile dans la boite à bonheur un embryon congelé.

 

- Comme chez Elie alors, mon cousin paysan d’Ariège. L’inséminateur vient avec sa blouse verte, soulève la queue de la vache qui a ses chaleurs et lui enfonce une grosse seringue et même tout le bras. Et ben, je vais vous dire M’ame Chazotte, la vache n’a pas l’air très heureuse… Elle regrette l’époque de Topino. C’était le taureau d’Elie…

 

- Voilà. Vous avez tout compris M’ame Michu. C’est tout pareil. Bonjour le romantisme, bonjour l’amour…

 

- Et la GPA, c’est quoi ?

 

- La GPA, ça veut dire Gestation Pour Autrui.

 

- Compris. C’est pareil, mais pour les truies.

 

- Ah ! Ah ! Ah ! C’est beau l’humour naïf, M’ame Michu. On pourrait dire aussi GPA = Grosses Putes Avides. Ce sont des femmes avides de pognon qui louent leur ventre. Les putes, elles, ne louent que leur chatte, et pour quelques minutes seulement. Mais les « Gestationneuses Pour Oh ! Truies » louent carrément leur ventre entier pendant neuf mois, pour faire un chiard qu’elles refileront à leurs clients, contre pas mal de thunes. Au Zétazunis, on peut choisir sur catalogue !

 

- Mais c’est dégueulasse M’ame Chazotte ! C’est une sordide affaire commerciale ! Et comment qu’ils font ?

 

- Ben, ils refilent dans l’utérus de la porteuse un ovocyte de la cliente – ou d’une autre donneuse qui se fait sortir du bide ses ovules pour les vendre. Ovocyte fécondé dans des petits tubes en verres avec le foutre du mari, ou d’un vendeur de foutre si le mec a les œufs clairs !

 

- Ben ça alors ! Ben ça alors ! De mon temps, M’ame Chazotte, quand une femme ne pouvait pas se faire engrosser par son homme, elle s’arrangeait autrement, discrètement. Les facteurs, les employés de l’EDF ou du gaz portaient haut la réputation du Service public, et les plombiers celui du privé !

 

- Et ça ne coûtait rien à la Sécu…

 

- Oui mais, ces femmes qui ne peuvent pas avoir d’enfants, comme ça elles peuvent profiter des joies de la maternité… Pareil pour les couples d’homos puisqu’ils se marient maintenant.

 

- Egoïstement M’ame Michu. Egoïstement. Parce qu’elles/ils veulent pour elles ou pour eux les – comme vous dites – « joies de la maternité ». Sans penser au devenir du gosse à venir. Elles/ils revendiquent le droit Á l’enfant, et pas les droits DE l’enfant. Et puis, vous croyez qu’il n’y a pas assez de gosses sur Terre ? On est déjà entre sept et huit milliards par « les voies naturelles ». Faut encore en faire d’autres artificiellement ?

 

- C’est ben vrai ça…

 

- Je vais vous dire M’ame Michu. La sexualité a deux fonctions : procurer du plaisir ET procréer. Les deux étant liés : sans le plaisir croyez-vous que les femmes et les hommes se livreraient à cette gymnastique cocasse et passablement ridicule qu’on appelle « faire l’amour » ? La grande majorité de l’humanité accepte cette dualité : plaisir ET procréation. Une petite minorité ne prend de ce diptyque qu’un seul volet - le plaisir – en s’affranchissant volontairement des contraintes du second – la procréation. Or cette minorité, au fort pouvoir d'influence, veut maintenant aussi accéder à ces joies indéniables que sont la présence d’un petit être dans la famille. Mais sans en payer le prix : croyez-vous que nous, les femmes, sans le hochet du plaisir on supporterait de se déformer, de dégueuler pendant 9 mois, de souffrir le martyre pour expulser un lardon ? Puis de se décarcasser pour l’élever ? Il faut être maso pour ça... Il faut être cohérent, non ?

 

- Ben c’est vrai ça. Ils ou elles veulent le beurre et l’argent du beurre…

 

- Et le cul de la fermière ou du fermier par-dessus le marché !

 

 

Quintidi 15 pluviôse 222

 

Photo X – Droits réservés

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

C'est une femme qui monte dans un autobus bondé. Elle s'approche d'un monsieur assis et lui dit : 
- Pourriez-vous me laisser votre place, s'il vous plaît, je suis enceinte ? 
L'homme répond : 
- Oui, bien sûr. 
Il se lève et lui laisse sa place, puis demande : 
- Mais ça ne se voit pas du tout. Ça fait combien de temps ? 
Et elle répond : 
- Dix minutes. Mais ça m'a coupé les jambes !

 

02/02/2014

Ouiquinde gastronomique aphrodisiaque: le colombo d'agneau

colombo agneau et riz.jpg

 

« X. »

 

 

Précipite tes vagues, Boléro de Ravel,

Tes rythmes envoûtants, obsédants, sensuels

Entraînent les amants dans une chevauchée

Qui marie le désir au plaisir du péché.

 

« X » avait sur la peau la marque des sorcières,

Et prenait dans les rets de son charme incendiaire

Les hommes kimboisés qu’elle broyait d’amour

Puis qu’elle rejetait au temps du désamour.

 

« X » était avant tout une femme de proie

Jouissant de croquer ses victimes avec joie.

J’ai pris bien du plaisir en tenant dans mes bras

 

Cette fleur dangereuse au venin de cobra.

Napoléon disait, et là on peut le croire :

La fuite est très souvent une grande victoire !

 

 

Le Colombo d’agneau

 

 

- Cette fleur carnivore arrivait des Antilles,

Iles où voient le jour les plus belles des filles.

Elle parlait créole et j’en étais troublé,

Disant : “ En cas coqué dbou, jamb a ou tremblé ? ”

Pour donner de l’ardeur, à ses nombreux amants,

« X » leur préparait un repas détonnant,

Propre à faire surgir les zombis des tombeaux,

Plat national des îles : l’agneau au Colombo.

- C’est vrai Victor, ces îles sont paradisiaques,

Mais comment tu la fais ta bombe aphrodisiaque ?

- Tranche en tronçons épais courgette et aubergine,

Égrène, pèle et coupe en dés la cristophine,

Fais de même avec deux belles pommes de terre,

Prépare deux oignons de façon coutumière,

Pèle deux gousses d’ail et coupe ton agneau,

Épaule si possible, en assez gros morceaux.

Tu fais chauffer de l’huile au fond d’une cocotte,

Fais sauter cinq minutes viande, oignons en compote,

Met trois cuillères pleines de poudre de Colombo,

Tu remues et tu mouilles avec trois verres d’eau.

Rajoutes, si tu veux, un peu de tamarin,

Un gros bouquet garni, poivre, et sel marin.

Monte à ébullition, rajoutes tes légumes,

Du piment de Cayenne, ici c’est la coutume,

C’est du feu ! Tu en mets la pointe d’un couteau.

Tu laisses cuire une heure, à couvert, et bientôt

Des parfums capiteux taquinant tes narines

Vont réveiller en toi des puissances taurines.

Tu sers ce plat bien chaud avec du riz créole.

Pour le faire tu mets dans une casserole

Pour cinq ou six personnes, trois verres de riz blanc,

Et tu fais attention qu’il ne soit pas collant.

Abondamment à l’eau  tu vas donc le rincer

Et tu cuis à grand feu dans beaucoup d’eau salée.

Les Antilles sont un grand carrefour de races,

Caraïbes, Indiens, Noirs et Blancs ont leur place.

Du Sri Lanka provient le nom de Colombo

Car c’est la capitale de ce pays si beau

D’où sont venus nombreux pour vivre et travailler

Tamouls et Cinghalais aux deux siècles derniers.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 aubergine, - 1 courgette, - 1 cristophine (encore appelée chayotte), - 2 pommes de terre de bonne taille, - 2 gousses d'ail, - 2 oignons pelés et hachés, - 1 épaule d'agneau désossée et coupée en morceaux assez gros, - 3 cuillères à soupe d'huile d'olive, - 3 cuillères à soupe bombées de poudre de colombo, - 1 peu de tamarin (on trouve ces ingrédients spécifiques chez les épiciers asiatiques ou antillais), - 1 bouquet garni, - sel, - poivre, - 1 cuillère à café de piment de Cayenne (ou moins pour les non habitués).

 

Les vins conseillés:

Les Antillais boivent force rhum avec ce plat particulièrement relevé. Mais il s'accompagne aussi très bien de vins doux naturels qui vont en atténuer le feu: Frontignan, Lunel, Rivesaltes, Maury, Rasteau et évidemment Beaumes-de-Venise.

 

 

Quartidi 14 pluviôse 222

 

Photo X - Droits réservés

 

01/02/2014

Ouiquinde érotique avec Pierre Louys

cuisses britney.jpeg

 

 

 

Le croisement des jambes


Ah ! dans mes jambes… ah ! dans mes jambes qui bandent
Comme l’étau d’un double phallus sous mon ventre
Dans mes jambes ta cuisse, ta cuisse en rut, entre
Mes jambes, entre mes jambes qui se bandent.
 
Ta cuisse a chaud… Tu me brûles. Ta cuisse tremble
Et jouit, je sens qu’elle jouit, ta… ta cuisse,
Qu’elle bande, je voudrais que, qu’elle jouisse
Et les miennes, et qu’elles déchargent ensemble.
 
Mes mains, sous ton genou par-derrière… oh ! serrantes
En levier ta cuisse dans mes fesses errantes
Comme des lèvres qui baisent, et qui masturbent
 
Ta rotule, et qui masturbent toute ta jambe
Et s’affolent, et se désespèrent de stupre
Sans pouvoir téter du sperme hors de ta jambe.

 

Tridi 13 pluviôse 222

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

 

30/01/2014

Cavanna: "Peu importe"

cavanna ciel.jpg

 

Peu importe

 

Peu importe que la vie soit un accident, une chimie de hasard,

 

Peu importe que ce qui n'était même pas un point ait soudain explosé, que l'espace et le temps aient alors commencé, que champs et particules déchaînés aient poussé devant eux cet espace-temps au fur et à mesure qu'ils le créaient en se créant eux-mêmes,

 

Peu importe que se soient condensés galaxies et soleils, planètes et satellites,

 

Peu importe que quelques molécules se soient accolées en une première gelée vivante,

 

Peu importe que la vie ait empli les océans, et puis en soit sortie, et puis soit devenue crapaud, lézard, singe et enfin homme,

 

Peu importe.

 

Tu es là.

 

Au bout de tout cela, Tu es là.

 

Tout cela s'est fait pour toi.

Ces milliards d'années, ces univers, ces hécatombes,

Tout cela pour aboutir à toi.

Et voilà: tu es là.

 

Tu n'es pas un « maillon de la chaîne ».

Tu es toi.

Toi tout seul.

 

Tu es un point infime de l'espace, un instant fugitif du temps,

Mais tu es toi.

Toi tout seul.

 

Tu n'es pas la continuation de ton père, ni du père de ton père, ni des pères des pères de tes pères.

Tu n'as pas demandé à être là,

Mais tu y es.

Tu es là,

Tu es toi,

Toi tout seul.

 

Tu ne dois rien à personne ni à rien.

Tu ne peux savoir pourquoi tu es là, ni si quelqu'un t’y a mis, pas même s'il y a un « pourquoi» ni s'il y a « quelqu'un »,

Et qu'importe?

Tu es là.

 

N'écoute pas les menteurs.

N'écoute pas les peureux.

N'écoute pas la peur au fond de toi,

 

N'écoute pas la tentation de la peur au fond de toi,

N'écoute pas les profiteurs de la peur.

 

Surtout,

Surtout,

Ne crois pas.

Ne crois en rien, jamais,

Ni par peur,

Ni par amour,

Ni par pitié,

Ni par faiblesse,

Ni par convenance.

Ne crois pas!

 

François Cavanna

 

 

Illustration X - Droits réservés

 

25/01/2014

Ouiquinde érotico-grivois

 

 

asiatique nue 2.jpg

 

Ta source

Elle naît tout en bas d'un lieu géométrique
A la sentir couler je me crois à la mer
Parmi les poissons fous c'est comme une musique
C'est le printemps et c'est l'automne et c'est l'hiver
L'été ses fleurs mouillées au rythme de l'extase
Dans des bras de folie accrochent les amants
On dirait que l'amour n'a plus besoin de phrases
On dirait que les lèvres n'ont plus besoin d'enfants
Elles coulent les sources en robe ou en guenilles
Celles qui sont fermées celles qu'on n'ouvre plus
Sous des linges qu'on dit marqués du sceau des filles
Et ces marques ça me fait croire qu'il a plu
Qui que tu sois toi que je vois de ma voix triste
Microsillonne-toi et je n'en saurai rien
Coule dans ton phono ma voix de l'improviste
Ma musique te prend les reins alors tu viens
Ta dune je la vois je la sens qui m'ensable
Avec ce va-et-vient de ta mer qui s'en va
Qui s'en va et revient mieux que l'imaginable
Ta source tu le sais ne s'imagine pas
Et tu fais de ma bouche un complice estuaire
Et tes baisers mouillés dérivant de ton cygne
Ne se retourneront jamais pour voir la terre
Ta source s'est perdue au fond de ma poitrine

Léo Ferré

 

 

dessin Milo Manara femme.jpg

 

 

 

696666…69

 

Les inverses 6 et 9

Se sont dessinés comme un chiffre étrange

Comme un chibre d’ange

69

Deux serpents fatidiques

Deux vermisseaux

Nombre impudique et cabalistique

6 : 3 et 3

9 : 3 3 et 3

La trinité

La trinité partout

Qui se retrouve

Avec la dualité

Car 6 deux fois 3

69 dualité trinité

Et ces arcanes seraient plus sombres

Mais j’ai crainte de les sonder

Julia Josepha Marguerite

Les 3 jolies suceuses de bites

Rue Grégoire-de-Tours

 

Guillaume Apollinaire

 

 

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SEXtidi 6 pluviôse 22

 

Photos X - Droits réservés

 

 

 

 

 

19/01/2014

Ouiquinde gastronomique aérien

Hotesse de l'air.jpg

 

Danielle

 

J'ai rencontré Danielle à vingt-cinq mille pieds

Dans le ventre inquiétant d’un Boeing long-courrier.

Sous l’uniforme chic des hôtesses d’Air France

Ses hanches balancées mettaient mon cœur en transes.

 

Elle se penche vers moi pour me servir du vin,

Exposant à ma vue quelques appâts divins,

Quand un brusque trou d’air fait tanguer la cabine

La plaquant contre moi, mon nez sur sa poitrine.

 

Tant que l’avion plonge, elle se colle à moi

Durcissant ma nature d’un délicieux émoi.

Hélas, trois fois hélas, les turbulences cessent

 

Arrachant à mes bras la ravissante hôtesse.

Elle vrille mes yeux d’une flèche azurée…

Serait-ce, pour ce soir, le bonheur espéré ?

 

 

Le king fish tandoori

 

— Bon. Et alors, Victor, ton hôtesse de l’air,

Est-ce que tu l’as revue ? Qu’as-tu fait pour lui plaire ?

— J’ai retrouvé Danielle le soir au « Sun and Sand »,

Palace de Bombay où Air France descend.

Elle se relaxait sur une balancine,

En bikini mini au bord de la piscine.

J’ai abordé la belle avec quelque émotion

Mais elle a acquiescé à mon invitation !

Ce fut au Taj Mahal, derrière l’Indian Gate

Un hôtel fastueux pour touriste en goguette,

Face au soleil plongeant dans la mer d’Arabie

Que nous avons mangé le “ King fish Tandoori ”.

— Si tu me parles indien, Victor, je peux pas suivre

Et ce n’est même pas la peine de poursuivre !

— T’encagne pas, petit, ça te rendrait malade.

En guise de “ king fish ”, tu prends une dorade,

Royale si possible, pêchée au Grau-du-Roi

Lorsque la mer s’ébroue sous un vent de norois.

Pour deux, compte un poisson d’une livre et demi,

Tu en prendras plusieurs si tu as des amis.

Pour plus de sûreté, demande au poissonnier

De te les préparer vidés et écaillés.

Attention : ce plat pour sa préparation

A besoin de douze heures de macération.

Pour ce faire, il te faut apprêter la mixture

Qui lui apportera son parfum d’aventure.

Si tu étais aux Indes, tu pourrais préparer,

Ecraser au mortier, mélanger, mesurer

Les graines et les baies, les poudres, les épices

Qui font s’épanouir les saveurs en délices :

Du cumin et du sel, de l’ail et du gingembre,

Cannelle, fenugrec, oignon, curry et poivre,

Des graines de moutarde, du laurier, du piment,

Produits faits pour fouetter la vigueur des amants.

Mais sur tous les marchés fleurissant en Provence

On trouve ce mélange tout préparé d’avance :

C’est une poudre rouge au joli colori

Et au parfum subtil appelée « Tandoori ».

Dans une jatte creuse, fais un égal mélange

De deux cuillères à soupe de cette poudre étrange,

De citron, de vinaigre, de yaourt naturel,

Et d’huile d’arachide. Ajoute un peu de sel.

Cet appareil, fouetté, sera la marinade

Où va évoluer, pour la nuit, ta dorade.

Juste avant le repas, tu la mets à four chaud

Quinze minutes au plus, le temps d’un gaspacho.

C’est un met délicat qui fait tourner les têtes,

Appelle la boisson et met le cœur en fête.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 dorades royales d'une livre et demi.

Pour la marinade: - 6 cuillerées à soupe rase de poudre de Tandoori, - 3 yaourts goût nature, - 3 cuillerées à soupe de vi­naigre de vin, -le jus de 3 citrons, - 2 cuillerées à soupe d'huile d'arachide, - 3 cuillerées à dessert de sel de Camargue.

 

Les vins conseillés:

Le « king fish tandoori » est un plat très parfumé. Il faut donc l'accompagner d'un vin frais, léger, gouleyant et, lui aussi, parfumé. Les vins rosés sont parfaits.

En Côtes-du-Rhône: rosés de Tavel, de Chusclan, de Travaillan, de Camaret, de Suze-la-Rousset, du Ventoux, du Luberon, des Costières-de-Nîmes, de Saint-Désirat, de Bouchet, de Nyons, de Bollène, de Roaix, de Saint-Pantaléon-les-Vignes.

En Coteaux-du-Languedoc: rosés de Cabrières, de Faugères, des Corbières.

En vins de Provence: les rosés de Pierrefeu, Brignoles, La Selle, Ollières, Saint-Zacharie, Tourves, Tavernes.

 

Décadi 30 nivôse 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

 

13/01/2014

Au bistro de la toile : les feux de l’amour à l’Elysée.

chimulus cocus élysée.jpg

 

 

- Sacré François ! Avec son air de ravi de la crèche, c’est une fine gâchette ! Et, rien que des belles femmes ! La Ségo : première série A, la Valérie, première série A, quant à la nouvelle, j’ai pas encore la fiche, mais elle a l’air canon !

 

- Le pouvoir Loulle. Le pouvoir. Dans la nature, les femelles n’accordent leurs faveurs qu’aux plus forts, qu’à ceux qui sont capables d’écarter leurs rivaux. Et chez les humains, c’est pareil. Le pouvoir donne beaucoup de séduction aux mâles. Et particulièrement en politique. Giscard avait la séduction de l’intelligence ; Mitterrand avait la fascination du cobra ; Chirac, lui était le séducteur né : taille, physique, prestance ; Sarko a la tchatche, François a l’humour mais les deux ne sont pas des Adonis. Pourtant tous se la serait mise sous le bras s’ils n’avaient pas l’incommensurable charme que donne le POUVOIR.

 

- Hier, à la télé, Ségo était invitée. Elle a évidemment botté en touche à LA question que ne pouvait manquer de lui poser le journaleux de service. Mais on a vu dans ses beaux yeux étinceler  un bref éclair de jouissance vengeresse. L’air de dire « Bienvenue dans la grande famille des cocus ! »

 

- Seuls les hommes sont cocus Loulle. Et leur situation prête à rire. Les femmes sont trompées et c’est un déchirement dramatique.

 

- C’est vrai. Tè, moi, lorsque je présente celle qui partage ma vie de mastroquet, je ne dis pas « ma femme », mais « notre femme ». Ça fait moins prétentieux, d’autant plus qu’on ne sait pas à qui l’on parle ! C’est peut-être celui qui vous rend « cornuto »…

 

- Bof… Tu sais, Loulle, maintenant, il existe des cornes montées sur rotules et ressorts : elles se baissent toutes seules au passage des portes et se redressent ensuite ! Et puis, Loulle, mieux vaut avoir une participation sur un volcan que l’exclusivité d’une banquise !

 

- Bien parlé, Victor. On voit que tu dois connaître la question !

 

- Comme tout le monde Loulle ! Comme tout le monde. Il n’empêche que cette jeune femme, Valérie, se trouve dans une situation épouvantable. Elle est la risée du monde entier. On comprend qu’elle craque, d’où son hospitalisation… Probablement pas pour une gastro ou une migraine…

 

- En France, Victor, les frasques présidentielles sont dans la nature des choses. Ça donne même quelques bons points à ceux qui en sont les héros. On n’est pas aux Zétazunis où on a cloué au pilori ce pauvre Bill Clinton pour s’être fait souffler dans la canule tout en bonifiant ses cigares dans un endroit chaud et humide !

 

- C’est vrai, et c’est très bien ainsi. Mais tout de même Loulle. Ça donne à réfléchir ce président planqué sous son casque intégral, rejoignant sa chérie la nuit, sur son scooter trois roues, avec la petite valise contenant le bouton de TCHBOUUMMM ! tenue par un sandow sur le porte-bagage de son pétaro… Avec un garde-du-corps forcément complice qui l’escorte. Tu vois les menaces de pressions de tous bords qui planent sur le mec !

 

- Bah ! Celà-ne-nous-regarde-pas ! On verra bien comment François-la-gâchette s’en tirera demain soir lors de sa conférence de presse. Allez, c’est ma tournée ! Buvons à la grande famille universelle des cocus !

 

Quartidi 24 frimaire 222

 

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 Merci à Chimulus...


...et à tonton Georges!


 

11/01/2014

Ouiquinde érotique sous le signe de la lune

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SONNET SUR LE CUL D'UNE DEMOISELLE

Beau cul de marbre vif, dont l'amour fait sa gloire,
Cul dont les doux regards sont d'attraits embellis,
Cul qui par sur tout autre oblige mes écrits,
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire;

Cul qui sur tous les culs remportes la victoire,
Cul qui passes en blancheur et la Rose et les Lis,
Cul de qui le mérite oblige mes écrits
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire,

Beau cul, bien que tant de bonheur se marque assez en vous,
Ce n'est pas le sujet qui fait qu'aux yeux de tous,
J'étale en ces écrits vos beautés que j'admire,

Mais surtout, je vous aime ô beau cul tout divin
Pour être le plus proche et l'unique voisin
De ce doux Paradis où l'Amour se retire!

ROBERT ANGOT DE L'ÉPERONNIÈRE (1640)

 

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Et puis, le grand TONTON GEORGES !



Duodi 22 frimaire 222


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01/01/2014

Je vous souhaite une année !

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Que vous souhaiter ?

Que nous souhaiter ?

Quoi donc ambitionner ?

Simplement UNE ANNÉE !

Sera-t-elle bonne, sera-t-elle dure ?

Sera-t-elle belle, sera-t-elle sure ?

Modestement qu’elle soit

C’est bien le principal en soi.

Une année c’est bien court

Lorsqu’on est bien en cour.

Une année c’est bien long

Ça vous prend le melon

Lorsque l’on est taulard, lorsque l’on est otage

Lorsque chaque minute vous fait pleurer de rage.

Une année devant soi lorsqu’on est en sursis,

Malade ou condamné, mais c’est un grand Merci !

Une année, c’est le temps que met dans le cosmos

Notre Terre aguicheuse autour du bel Hélios.

On sait qu’après l’hiver reviendra le printemps,

Le temps ne passe pas, nous passons dans le temps.

Nous passons comme passe une étoile filante

Éclair de conscience dans la rumeur géante

D’un cosmos infini.

Mais nous avons LA VIE !

Mais nous avons l’HUMOUR !

Mais nous avons l’AMOUR !

 

 

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Duodi 12 nivôse 222

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29/12/2013

Ouiquinde érotique à la neige

skieuse nue debout.jpg

 

 

Odile

 

 

 

Sur une piste noire par un écart vexant

J’ai eu avec Odile un contact renversant.

Skis et corps emmêlés dans la neige profonde

J’ai goûté dans le froid sa chaude peau de blonde,

 

 

Et ses seins écrasés contre mes pectoraux

Ont fait monter en moi une ardeur de taureau.

Percevant mon émoi elle ondule et s’étire

Et – heureuse jeunesse ! – nous éclatons de rire.

 

 

La serrant plus encor je lui vole un baiser,

Je savoure ses lèvres et sa langue épicée.

J’ai retrouvé Odile le soir à la station

 

 

Où nous avons vécu une ardente passion.

Depuis ce jour heureux et ces moments exqui

J’espère en Cupidon lorsque je fais du ski…



La tartiflette de Roger

 

 

 

- Raconte-moi, Victor, Odile, ta victime

N’a pas dû t’accorder tous ses trésors intimes

Par dévotion pour tes talents contondants,

Ta façon de lui faire du rentre-dedans !

Tu as dû tout de même lui faire un peu de gringue,

L’emmener au ciné, lui acheter des fringues…

- Bien sûr allons, petit ! Faut être gentleman

Si l’on veut que ces dames nous prennent pour amant !

Je l'ai menée manger un bon menu de fête

Chez mon ami Roger, roi de la Tartiflette.

- Ques aco ?

- C’est un plat que l’on mange en Savoie

Qui te remplit la panse et qui te met en joie.

Le mot vient de “ tartifle ” ce qui, en provençal

Comme en latin d’ailleurs aussi bien qu’en rital

Signifie pomme-de-terre ou encore patate

Qu’elles soit fontenoy, noirmoutier ou bien rates.

La Tartiflette et donc un délicieux mélange

De patates, d’oignons, de lard et de fromage.

Tu cuis à la vapeur tes patates épluchées,

Les coupes en rondelles puis tu vas les coucher

Dans une poêle chaude ou tu vas les saisir

A l’huile et les brunir sans les faire roussir.

Coupe en dés tes lardons, émince ail et oignons

Vivement, à la poêle, travaille leur union.

Puis dans un large plat pouvant aller au four

Met tes deux appareils en couches, tour à tour.

Les patates d’abord, lard, oignon, ail ensuite

Sel, poivre du moulin, en nappes, ainsi de suite.

Coupe tes reblochons en deux dans l’épaisseur

Pose-les croûte en haut comme frères et sœurs.

Voilà. C’est presque prêt. Sors le tire-bouchon

Et dépucelle vite un flacon d’Apremont

Tu vas mouiller ton plat avec un ou deux verres,

Et finir la bouteille avec quelques compères.

Tu fais dorer ton plat au four à deux cents vingt

Le temps qu’il te faudra pour achever le vin.

Le fromage, en fondant, va pénétrer le reste,

L’Apremont va le rendre moelleux et digeste,

Lorsque le reblochon commence à gratiner,

Tu dois servir bien chaud : il est temps de dîner.

Á nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

Á la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

 

Nonidi 9 frimaire 222

 

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28/12/2013

Souvenirs érotiques

 

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Les souvenirs

Combien j'ai douce souvenance
De nos amours, ô ma Clémence,
Ces jours à jamais effacés,

J'y pense,

Où sont nos coïts insensés

Passés !


Te souvient-il lorsque ma pine,
Luxurieuse et libertine,
Entre tes lèvres se glissant,

Coquine

Tu me suçais en rougissant

Souvent ?


Dis-moi, te souvient-il encore
De ces caresses que j'adore :
Ma langue avide en frémissant

Dévore

Ton clitoris rose et dardant

Son gland.


Te souvient-il du tour agile
De notre tête-bêche habile,
Quand ma langue, du cul au con,

Docile,

Répondait à ton postillon

Mignon ?


Te souvient-il de ta sœur Luce
Qui me branlottait le prépuce,
Tandis que toi, tu lui mettais

En puce

Ta langue au con et lui faisais

Minet ?


Oh ! qui nous rendra nos foutries,
Nos jouissances, nos orgies ?
Oh ! qui nous rendra ces amours

Jolies

Qui doraient nos nuits et nos jours

Toujours !

 

Albert Patin De La Fizelière (1819-1878)


Octidi 8 frimaire 222


Illustration X - Droits réservés


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Et puis tiens, écoutez plutôt la coquine Colette!


https://www.youtube.com/watch?v=Ezq09KYH574




27/12/2013

Un peu de douceur dans ce monde de brutes.

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Le poussin et le motard

 

 

Un motard de l'escorte de quelque Ubu-Roi

Fonçait à 140 sur route de campagne

Il tomba nez à nez, et avec grand effroi

Au sortir d'un virage, au sommet d'une fagne

Avec un tout petit poussin jaune et mignon.

Le motard tente d'éviter le joli champignon

Mais, hélas, il accroche le petit animal

Qu'il voit, dans son rétro, après un bond fatal

Étendu sur le dos, son petit bec en l'air...

Le motard est un tendre, il retourne en arrière

Et ramasse l'oiseau inconscient mais vivant.

Il le met à l'abri derrière son coupe-vent

Et le soir lui achète une petite cage

Où il l'installe au chaud, avec pain et breuvage.

Le lendemain matin, le poussin se réveille

Voit les barreaux, le pain, l'eau, pense à la veille

Et s'exclame, la tête pleine de boussignoles:

 

« J'ai tué le motard, et me voilà en taule! »

 

 

 

Septidi 7 nivôse 222

 

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25/12/2013

Premier cadeau de Mère Noël !

 

 

Mère Noël sexy.jpg

 

 

Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Pas mal la tante ! Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.

 

Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huitres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Emilion et Chateauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…

 

Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !

 

Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme, devant la glace, se fait éclater deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.

 

Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…

 

Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».

 

Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se débarrasser. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se libère d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure sombre, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.

 

Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs.

 

 Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël.  Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons tous ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.

 

N'en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d'anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous bois, de truffes et de violettes.

 

Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure  de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête!

La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.

Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparait comme elle est venue.

 

Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêve de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bain.

 

Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille…à tante Jennifer !

 

 

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Quintidi 5 Nivose 222

 

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21/12/2013

Ouiquinde érotique avec la Marquise

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Ça fait du bien, Madame le Marquise !

 

Ah ! Vous dirais-je Maman 
à quoi nous passons le temps
avec mon cousin Eugène ? 
Sachez que ce phénomène 
nous a inventé un jeu auquel
nous jouons tous les deux. 

Il m'emmène dans le bois
et me dit: "déshabille-toi " . 
Quand je suis nue tout entière,
il me fait coucher par terre,
et de peur que je n'aie froid
il vient se coucher sur moi. 

Puis il me dit d'un ton doux :

"Écarte bien tes genoux"
Et la chose va vous faire rire.
Il embrasse ma tirelire !
 
Oh ! Vous conviendrez,
Maman, qu'il a des idées vraiment.... 

Puis il sort, je ne sais d'où,
un petit animal très doux. 
Une espèce de rat sans pattes 
Qu'il me donne et que je flatte. 
Oh ! Le joli petit rat ! 
D'ailleurs il vous le montrera. . 
Et c'est juste à ce moment 
Que le jeu commence vraiment


Eugène prend sa petite bête 
Et la fourre dans une cachette 
Qu'il a trouvée, le farceur,

où vous situez mon honneur....

Mais ce petit rat curieux,
très souvent devient furieux.
Voilà qu'il sort et qu'il rentre, 
Et qu'il me court dans le ventre.
 
Mon cousin a bien du mal 
à calmer son animal. 

Complètement essoufflé,

Il essaye de le rattraper.
Moi je ris à perdre haleine
devant les efforts d'Eugène. 
Si vous étiez là Maman, 
Vous ririez pareillement. 

Au bout de quelques instants 
Le petit rat sort en pleurant. 
Alors Eugène qui tremblote
le remet dans sa redingote.
Et puis tous deux nous rentrons
sagement à la maison

Mon cousin est merveilleux
Il connaît des tas de jeux. 
Demain soir sur la carpette
il doit m'apprendre la levrette. 
Si vraiment c'est amusant,
je vous l'apprendrai en rentrant. 

Voici ma chère Maman 

Comment je passe mon temps.
Vous voyez je suis très sage.
Je fuis tous les bavardages.
J'écoute vos leçons.
Je ne parle pas aux garçons.

 

Lettre de Grignan à Madame de Sévigné


Ecoutez donc Colette Renard!




Primidi 1er nîvose 222


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15/12/2013

La cuisine de l'Amour: La "boumiane" de la belle Margot

 

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Margot


Margot roulait à bicyclette

Par des chemins de fruits dorés.

Dans le vent volait sa jupette

Sur de longues cuisses dorées.


Comme un champion du Tour de France

Moi, derrière, je salivais,

Fasciné par les abondances

Que par éclair je découvrais.


Percés au cœur par Cupidon

Devant son lascif abandon,

Gonflé d'amour j'ai eu l'honneur


De butiner cette orchidée.

Elle m'a donné du bonheur

Pour plus de mille éternités.



 

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- Oh ! Victor ! Tu tirais la langue

Pour suivre ta jolie mousmée,

Tu pédalais comme une branque

Dans son sillage parfumé !

- Crois-moi, pour garder la cadence

Je n'avais pas besoin d'EPO,

J'étais fasciné par la danse

De ces jolis éclairs de peau.

Nous allions sur les bords du Rhône

Vers quelques nids d'amour discrets

Et dans ses grands yeux de Madone

J'ai découvert le Grand Secret,

Celui qui fait tourner le monde,

Celui qui peint les cœurs en bleu,

Qui fait sourire la Joconde,

Le seul vrai dieu, l'Amour, parbleu !

- Mais vivre d'amour et d'eau fraîche

Ca ne dure qu'un temps, pardi !

Quand Cupidon lance ses flèches,

Elles ouvrent aussi l'appétit !

Je te propose un plat champêtre,

Simple, léger, plein d'agréments,

Suffisant pour faire renaître

La fougue ardente des amants :

C'est la succulente Boumiane

Que vénèrent les Provençaux.

Prends quelques belles mérinjanes

Que tu coupes en gros morceaux.

Tu les saupoudres de sel gros

Afin qu'elles crachent leur eau.

Au bout d'une heure tu les rinces,

Les recoupes en portions plus minces,

Puis dans une large sartan

Tu les fais frire en ajoutant

Un grand verre d'huile d'olive

Et tu fais cuire à flamme vive.

Tu tournes régulièrement

Pour éviter l'attachement.

Dans une poêle séparée,

Tu cuis des tomates parées,

Les marmandes sont les plus sûres

Mais surtout il les faut bien mûres.

Tu ajoutes un bouquet garni,

Du sel, du poivre en harmonie,

Une cuiller de sucre en poudre

Pour l'acidité à résoudre.

Lorsque le jus aura réduit

Amalgame les deux produits

Dans la plus grande de tes poêles

Et laisse cuire encore un poil.

Avant de servir tu complètes

D'un peu de piment d'Espelette,

De trois gousses d'ail écrasées.

Ça se mange chaud ou glacé.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l'amour !



Quintidi 25 frimaire 222


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14/12/2013

Ouiquinde érotique avec Lucie Delarue-Mardrus

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L'étreinte marine

Une voix sous-marine enfle l'inflexion
De ta bouche et la mer est glauque tout entière
De rouler ta chair pâle en son remous profond.

Et la queue enroulée à ta stature altière
Fait rouer sa splendeur au ciel plein de couchant,
Et, parmi les varechs où tu fais ta litière,

Moi qui passe le long des eaux, j'ouïs ton chant
Toujours, et, sans te voir jamais, je te suppose
Dans ton hybride grâce et ton geste alléchant.

Je sais l'eau qui ruisselle à ta nudité rose,
Visqueuse et te salant journellement ta chair
Où une flore étrange et vivante est éclose ;

Tes dix doigts dont chacun pèse du chaton clair
Que vint y incruster l'algue ou le coquillage
Et ta tête coiffée au hasard de la mer ;

La blanche bave dont bouillonne ton sillage,
L'astérie à ton front et tes flancs gras d'oursins
Et la perle que prit ton oreille au passage ;

Et comment est plaquée en rond entre tes seins
La méduse ou le poulpe aux grêles tentacules,
Et tes colliers d'écume humides et succincts.

Je te sais, ô sirène occulte qui circule
Dans le flux et le reflux que hante mon loisir
Triste et grave, les soirs, parmi les crépuscules,

Jumelle de mon âme austère et sans plaisir,
Sirène de ma mer natale et quotidienne,
Ô sirène de mon perpétuel désir !

Ô chevelure ! Ô hanche enflée avec la mienne,
Seins arrondis avec mes seins au va-et-vient
De la mer, ô fards clairs, ô toi, chair neustrienne !

Quand pourrais-je sentir ton cœur contre le mien
Battre sous ta poitrine humide de marée
Et fermer mon manteau lourd sur ton corps païen,

Pour t'avoir nue ainsi qu'une aiguille effarée
A moi, dans le frisson mouillé des goémons,
Et posséder enfin ta bouche désirée ?

Ou quel soir, descendue en silence des monts
Et des forêts vers toi, dans tes bras maritimes
Viendras-tu m'emporter pour, d'avals en amonts,

Balancer notre étreinte au remous des abîmes ?...

 

Lucie Delarue-Mardrus

 

 Illustration X - Droits réservés

 

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Pensée:

 

« Le sexe masculin est ce qu’il y a de plus léger au monde : une simple pensée le soulève ! » Frédéric Dard


Quartidi 24 frimaire 222


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Copinage:

Eh! Il n'y a pas d’oursins ni de bogue de châtaigne dans vos poches! Alors allez vite acheter Siné mensuel.

 

amour,sexe,poésie



APPEL AU PEUPLE !

Bravo à tous ! Notre souscription à peine lancée, nous avons déjà reçu 20 000 euros. Nous sommes encore loin du compte mais cela signifie que, pas plus que nous, vous n’avez envie qu’un journal de gauche baisse les bras et jette l’éponge devant ses adversaires de droite bourrés de thune.

Vous ne voulez pas voir disparaître une revue libre et indépendante qui rue dans les brancards et refuse le servage et redoutez de ne plus trouver, bientôt, dans vos kiosques, que Le Figaro, Valeurs actuelles ou Le Chasseur français.

Nous sommes, au point de vue fric, sur une corde tellement raide que la moindre baisse des ventes risque de nous être fatale.

Or nous avons perdu 11 000 euros sur le numéro de septembre, vendu seulement à 19 000 exemplaires, ce qui est nettement au-dessus de nos moyens. Chaque numéro coûte environ 66 000 euros et, même sans comprendre une broque à l’économie, on imagine aisément le marasme qui nous pend au nez.

Il nous manque pourtant très peu de chose pour survivre :
il nous faudrait 25 000 acheteurs en tout pour ne plus avoir de soucis, c’est-à-dire seulement 5 000 ou 6 000 de plus !

En fait, comme vous le voyez, c’est beaucoup plus d’acheteurs que d’argent dont nous avons un besoin urgent pour nous sortir de ce guêpier. N’empêche que si chacun des fidèles nous envoyait, en vitesse, ne serait-ce que 10 ou 20 euros, nous pourrions garder le sourire et la pêche pour continuer encore un bout de temps cette belle aventure.

Nous envisageons d’adopter, dès le numéro de janvier, grâce à votre générosité (croisons les doigts), un nouveau format, plus petit mais plus épais et sur papier couché, dans le style magazine. Cela créera un surcoût mais nous pensons être ainsi être plus visible chez les marchands de journaux et, du coup, augmenter nos ventes.
En tout cas, encore merci pour tout, et hurlons en chœur : « ON LES AURA ! »

 

Siné


http://www.sinemensuel.com/faire-un-don-a-sine-mensuel/


 

07/12/2013

Ouiquinde érotique avec Alphonse Allais

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Complainte amoureuse


Oui, dès l'instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l'amour qu'en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
En vain je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que j'y mis.
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Qu'avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu'en vain je m'opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez !

 

Alphonse Allais

 

Septidi 17 frimaire 222

 

Illustration X – Droits réservés