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06/02/2016

Ouiquinde érotique : Bienvenue dans la Grande Famille !

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TABLEAU ANALYTIQUE DU COCUAGE par CHARLES FOURIER (1808)

LES COCUS D’ORDRE SIMPLE



Nº 1. Cocu en herbe ou anticipé est celui dont la femme a eu des intrigues amoureuses avant le sacrement et n’apporte pas à l’époux sa virginité, « et ne l’être qu’en herbe est pour lui peu de chose », dit Molière. — Nota : Ne sont pas réputés en herbe ceux qui ont connaissance des amours antérieures et trouvent malgré cela leur convenance à épouser ; ainsi celui qui s’allie à une veuve, non plus que celui qui connaît les galanteries antérieures de sa femme et s’en accommode.

Nº 2. Cocu présomptif est celui qui, longtemps avant le mariage, redoute le sort commun, se met l’esprit à la torture pour y échapper, et souffre le mal avant de l’éprouver réellement. Chacun entrevoit que ses défiances ne serviront qu’à l’égarer dans le choix d’une épouse et accélérer, par excès de précaution, l’événement qu’il redoute.

Nº 3. Cocu imaginaire est celui qui ne l’est pas encore et se désole en croyant l’être. Celui-là, comme le présomptif, souffre du mal imaginaire avant le mal réel. Molière l'a peint dans une de ses pièces.

Nº 4. Cocu martial ou fanfaron est celui qui, par d’effrayantes menaces contre les galants, croit s’être mis à l’abri de leurs entreprises, et porte néanmoins la coiffure tout en se flattant d’y échapper par la terreur qu’il répand ostensiblement. Il est pour l’ordinaire cocufié par un de ceux qui applaudissent à ses rodomontades et lui assurent qu’il est le seul qui sache veiller sur son ménage.

Nº 5. Cocu argus ou cauteleux est un fin matois qui, connaissant toutes les ruses d’amour et flairant de loin les galants, fait de savantes dispositions pour les mettre en défaut. Il remporte sur eux des avantages signalés, mais, comme le plus habile général éprouve à la fin des revers, celui-ci est à la fin soumis à la commune destinée. Au moins s’il est cocu, il ne l’est guère.

Nº 6. Cocu goguenard est celui qui plaisante sur les confrères et les donne pour des imbéciles qui méritent bien ce qui leur arrive. Ceux qui l’entendent se regardent en souriant et lui appliquent tacitement le verset de l’Évangile : « Tu vois une paille dans l’œil du voisin, tu ne vois pas une poutre dans le tien. »

Nº 7. Cocu pur et simple est un jaloux honorable qui ignore sa disgrâce, et ne prête point à la plaisanterie par des jactances ni par des mesures maladroites contre l’épouse et les poursuivants. C’est de toutes les espèces de cocus la plus louable.

Nº 8. Cocu fataliste ou résigné est celui qui, dépourvu de moyens personnels pour fixer son épouse, se résigne à ce qu’il plaira à Dieu d’ordonner et se retranche sur la Justice et le devoir, en observant que sa femme serait bien coupable si elle le trompait ; c’est à quoi elle ne manque pas.

Nº 9. Cocu condamné ou désigné est celui qui, affligé de difformités ou infirmités, se hasarde à prendre une belle femme. Le public, choqué d’un tel contraste le condamne d’une voix unanime à porter la coiffure, et l’arrêt du public n’est que trop bien exécuté.

Nº 10. Cocu irréprochable ou victime est celui qui, joignant les prévenances aux avantages physiques et moraux, et méritant sous tous les rapports une épouse honnête, est pourtant trompé par une coquette, et emporte les suffrages du public qui le déclare digne d’un meilleur sort.

Nº 11. Cocu de prescription est celui qui fait des absences, de longs voyages pendant lesquels la nature parle aux sens d’une épouse qui, après une longue défense suffisante est enfin forcée, par la longue durée des privations, à accepter les secours d’un charitable voisin.

Nº 12. Cocu absorbé est celui que le torrent des affaires éloigne sans cesse de l’épouse à laquelle il ne peut donner aucuns soins ; il est forcé de fermer les yeux sur ceux que rend un discret ami de la maison.

Nº 13. Cocu de santé est celui qui, par ordonnance de la faculté, s’abstient de l’œuvre de chair. Sa femme pense qu’elle ne peut moins faire que de recourir à des suppléants, sans que l’époux ait le droit de s’en offenser.

Nº 14. Cocu régénérateur ou conservateur est celui qui prend en main les intérêts de la communauté, surveille les ménages des confrères et les avertit des dangers que leur honneur peut courir. Entre-temps, il ne voit pas ce qui se passe dans son ménage et ferait mieux de faire sentinelle pour son propre compte, et prendre garde à ce qui pousse sur son front.

Nº 15. Cocu propagandiste est celui qui va chantant les douceurs du ménage, excitant chacun à prendre femme et gémissant sur le malheur de ceux qui différent à jouir comme lui… et de quoi ? du cocuage. À qui conte-t-il ses apologies du mariage ? C’est fort souvent à celui qui lui en fait porter.

Nº 16. Cocu sympathique est celui qui s’attache aux amants de sa femme, en fait ses amis intimes. On en voit qui, lorsque la dame est de mauvaise humeur et brouillée avec son amant, vont le trouver et lui dire : « On ne vous voit plus, nous sommes tout tristes ; je ne sais ce qu’a notre femme, venez donc un peu nous voir, cela la dissipera. »

Nº 17. Cocu tolérant ou débonnaire est celui qui, voyant un amant installé chez lui, se comporte en galant homme qui veut faire les honneurs de sa maison, se borne avec la dame à des remontrances secrètes, et traite l’amant comme les autres, avec cette parfaite égalité que recommande la philosophie.

Nº 18. Cocu réciproque est celui qui rend la pareille, et qui ferme les yeux parce qu’il se dédommage sur la femme ou parente de celui qui lui en fait porter. C’est un prêté rendu ; on se tait en pareil cas.

Nº 19. Cocu auxiliaire ou coadjuteur est celui qui paraît peu dans le ménage, et ne s’y montre que pour répandre la joie, reprocher aux amoureux transis de sa femme qu’ils ne rient pas, qu’ils ne boivent pas, les excite, sans s’en douter, à oublier leurs disputes et vivre en bons républicains entre qui tout est commun. Celui-là aide le commerce ; les cornes sont pour lui des sentiers de roses.

Nº 20. Cocu accélérant ou précipitant est celui qui travaille à devancer l’époque, s’empresse de produire sa jeune femme, l’abonner au spectacle, et l’encourager à choyer les amis et vivre avec les vivants. Celui-là est comparable aux balles qu’on remet au roulage accéléré et qui arrivent plus tôt au but.

Nº 21. Cocu traitable ou bénin est celui qui entend raison et à qui les poursuivants font comprendre qu’un mari doit faire quelques sacrifices pour la paix du ménage, et permettre à madame des délassements sans conséquence pour une femme qui a des principes ; on lui persuade que les principes doivent préserver de toute séduction et il se laisse convaincre.

Nº 22. Cocu optimiste ou bon vivant est celui qui voit tout en beau, s’amuse des intrigues de sa femme, boit à la santé des cocus et trouve à s’égayer là où d’autres s’arrachent des poignées de cheveux. N’est-il pas le plus sage ?

Nº 23. Cocu converti ou ravisé est celui qui d’abord a fait vacarme et s’est habitué avec peine à la coiffure, mais qui est revenu à la raison et finit par plaisanter de la chose et se consoler avec les autres.

Nº 24. Cocu fédéral ou coalisé est celui qui, voyant l’affaire inévitable, veut bien admettre un amant, mais de son choix ; puis on les voit coalisés comme Pitt et Cobourg pour cerner la femme et écarter de concert les poursuivants.

Nº 25. Cocu transcendant ou de haute volée est le plus habile homme de toute la confrérie. Aussi est-il placé au centre. C’est celui qui, épousant une très belle femme, la produit avec éclat, mais sans la prodiguer, et qui, lorsqu’elle a excité la convoitise générale, la cède pour un coup de haute fortune, comme une grande place, une forte commandite, après quoi il peut faire trophée du cocuage et dire : « Ne l’est pas qui veut à ce prix-là. Soyez-le comme moi et vous ferez les bons plaisants. »

Nº 26. Cocu grandiose ou impassible est celui qui ne s’affecte ni ne plaisante du cocuage qu’il entrevoit, et conserve un calme inaltérable sans descendre à aucune démarche qui porte au ridicule. Tels sont, dans la classe opulente, la plupart des époux mariés par intérêt ; — ou bien c’est celui qui ne prend femme que pour se prêter aux bizarreries de l’usage et pour avoir un héritier légal ; il ne cesse pour cela d’avoir ses maîtresses affichées, et vit avec madame en homme de bonne compagnie qui ne s’inquiète pas des tracas du ménage.

Nº 27. Cocu déserteur ou scissionnaire est celui qui, ennuyé des amours du ménage, s’affiche pour renoncer à sa femme, et dit, lorsqu’il lui voit un amant : « Quand il en aura eu autant que moi, il en sera bien las. »

Nº 28. Cocu de l’étrier ou prête-nom est un homme de paille à qui l’on donne de l’avancement sous la condition d’épouser la maîtresse d’un homme en place et adopter l’enfant. Un tel cocu épouse souvent la vache et le veau ; ses cornes lui mettent le pied à l’étrier, puisqu’elles lui valent un emploi, un avantage quelconque, etc.

Nº 29. Cocu pouponné ou compensé est celui qui se doute de quelque chose, mais est si bien caressé, choyé et bichonné par sa femme, que ses soupçons comme ses reproches expirent lorsqu’elle lui passe la main sous le menton.

Nº 30. Cocu ensorcelé ou à cataracte est celui qu’une femme sait fasciner et endormir au point qu’elle lui fait croire les choses les plus absurdes. Il est le seul à ignorer maintes fredaines qui sont la fable du public, et il verrait la belle en flagrant délit qu’il n’en croirait pas ses propres yeux. Elle lui persuade que les bruits de sa galanterie sont répandus par des soupirants éconduits ; il rit avec elle de leur prétendue disgrâce, et elle rit bien mieux avec eux de la crédulité du bonhomme.

Nº 31. Cocu glaneur ou banal est celui qui vient humblement prendre part au gâteau, et courtise chaudement sa chère moitié pour obtenir d’elle ce qu’elle accorde à tant d’autres, après qui il vient modestement glaner.

Nº 32. Cocu en tutelle est celui dont la femme « porte les culottes » et qui dans le monde a besoin d’être appuyé d’elle, ne peut pas voler de ses propres ailes. J’en ai vu un dire à une compagnie qui le mystifiait : « Ah ! si ma femme était ici, elle saurait bien vous répondre ! »

Nº 33. Cocu révérencieux ou à procédés est un benêt qui ne se venge que par de bonnes raisons et sans déroger aux règles de la civilité. Un d’eux, trouvant un homme de qualité couché avec sa femme, lui dit : « C’est fort mal, monsieur, je n’aurais jamais cru cela d’un homme comme vous. » Assis dans un fauteuil, il débita quelques raisons de même force. Le galant, ennuyé de l’apostrophe, se lève en chemise et lui dit : « Monsieur, bien des pardons si je vous dérange, mais vous êtes assis sur ma culotte. » Le mari se lève et dit très poliment : « Ah ! monsieur, je ne la voyais pas, prenez votre culotte. » Puis il continua ses sages remontrances.

Nº 34. Cocu mystique ou encafardé est celui qui, pour éviter le danger, entoure sa femme de prêtres et de saintes gens parmi lesquels il laisse se glisser quelque tartufe, quelque frappart qui lui en plante sur la tête pour la plus grande gloire de Dieu.

Nº 35. Cocu orthodoxe ou endoctriné est le catéchumène du métier. C’est celui qui a la foi, qui croit aux principes et aux bonnes mœurs, pense avec les gens de bien que les libertins en disent plus qu’ils n’en font, qu’il reste plus d’honnêtes femmes qu’on ne pense, et qu’il ne faut pas croire si légèrement aux mauvais propos. Il a bien eu quelques soupçons, mais ayant été bien entouré, bien catéchisé, il est décidé à croire aux vrais principes du métier, et met toute son espérance dans le bon naturel de son épouse et l’influence de la morale.

Nº 36. Cocu apostat ou transfuge est l’homme qui, après avoir été un modèle de raison, après avoir reconnu et publié que tout n’est que cornes en mariage, après avoir prémuni les autres contre le piège conjugal, finit par y donner tête baissée et tomber dans toutes les faiblesses qu’il signalait et dénonçait. Celui-là est un apostat du bon sens et un transfuge à la folie. Tel fut Molière qui, après avoir tant éclairé et désabusé la confrérie, finit par s’y enrôler très sottement et par reproduire tous les ridicules qu’il avait joués.

Nº 37. Cocu mâté ou perplexe, concentré, est celui qui est réduit à ronger son frein en silence. Des convenances de famille ou d’intérêt l’obligent à filer doux, même avec sa femme et avec les amis qui connaissent sa position embarrassante ; il concentre son dépit sans aucun éclat et fait contre [mauvaise] fortune bon cœur.

Nº 38. Cocu sordide est un harpagon qui ne veut pas fournir à la toilette de sa femme, l’oblige à écouter des offres généreuses, tire encore parti du galant qui entretient sa femme et se fait illusion sur cette intrigue par le double avantage qu’il y trouve.

Nº 39. Cocu goujat ou crapuleux est un manant contre qui le public prend parti, qui soulève les esprits par le contraste de sa vilaine conduite avec le bon ton de sa femme. Chacun alors soutient la dame et dit : « Ce serait bien dommage qu’elle fût fidèle à un cochon de cette espèce. »

Nº 40. Cocu déniaisé, ébahi est celui qui, croyant obstinément à la vertu de sa femme et figurant depuis longtemps dans les Ensorcelés (Nº 30) ou les Orthodoxes (Nº 35) est enfin désabusé par un coup d’éclat, comme une galanterie qu’elle lui donne. Ce cadeau, ou autre événement, lui fait ouvrir les yeux un peu tard, et il passe tristement au rang des Déniaisés.

Nº 41. Cocu récalcitrant est celui qui ne veut pas s’habituer à voir le galant, fait des esclandres, des remue-ménages ; on est obligé d’entremettre les parents, amis, voisins, qui lui persuadent que tout cela est sans conséquence, et l’on ne parvient encore à établir qu’une trêve, qu’une paix plâtrée.

Nº 42. Cocu fulminant est celui qui entremet l’autorité de la Justice, soulève le public, cause un scandale affreux, menace de voies de fait et n’aboutit qu’à s’exposer à la risée, qu’il eût évitée en suivant le sage conseil de Sosie, qui dit aux amis d’Amphytrion : « Sur pareilles affaires, toujours le plus sage est de n’en rien dire. »

Nº 43. Cocu trompette est celui qui va, d’un ton larmoyant, mettre le public dans sa confidence, disant : « Mais, monsieur, je les ai pris sur le fait. » À quoi on lui répond que c’était peut-être un badinage et qu’il ne faut pas se presser de croire le mal. Il ne continue pas moins à se dédommager en racontant l’outrage à tout venant, et volontiers il s’adjoindrait un trompette pour assembler plus de monde et soulever le public contre l’injustice de sa femme.

Nº 44. Cocu disgracié est celui sur qui sa femme a pris un tel empire qu’elle ne veut pas même l’admettre et qu’il n’est reçu que rarement chez elle. Encore moins se montre-t-elle en public avec lui. C’était assez souvent le sort d’un roturier qui épousait une demoiselle noble. On voit aussi des barbons envoyer à une maîtresse l’argent, la pension convenue, sans obtenir d’être admis chez elle : ceux-là figurent dans les disgraciés.

Nº 45. Cocu pot-au-feu est un mari d’espèce subalterne, que la femme fait vivre et qui se prête respectueusement à tout ce qui est nécessaire pour le bien du commerce amoureux. Cette espèce n’est pas des plus rares.

Nº 46. Cocu cornard ou désespéré. C’est le George Dandin de Molière qui essuie toutes les tribulations imaginables et qui, dupé, ruiné, maltraité, outragé par sa femme, trouve dans le mariage un moyen d’aller droit au ciel, en faisant son purgatoire en ce monde.

Nº 47. Cocu porte-bannière est un manant qui, allié à une jolie femme, provoque par sa crédulité, sa bêtise, sa laideur et son avarice les assauts des galants, et fait tomber une pluie de cornes sur sa tête. À son apparition, tout retentit du mot de cornes, et le public, en le citant à la tête des cocus, l’élève au rang de porte- bannière.

Nº 48. Cocu porte-quenouille est celui qui veille aux soins du ménage pendant que la dame va se divertir. Il se charge des travaux réservés aux femmes, fait accueil et politesse aux chevaliers qui viennent prendre madame, et dispose tout en son absence pour lui rendre le ménage agréable au retour. Est-il à la promenade avec madame ? Elle marche en avant avec le galant, et il suit en portant le ridicule sur un bras et le carlin de l’autre, moins chargé encore sur les bras qu’il ne l’est sur le front.

Nº 49. Cocu posthume ou des deux mondes est celui dont la femme fait des enfants dix à douze mois après son décès. La loi les lui adjuge quoiqu’il n’ait pas pu en être le père, et il se trouve par là cocu des deux mondes ou cocu en cette vie et en l’autre, puisqu’après lui avoir fait porter des cornes en cette vie, on lui en plante encore sur son cercueil. Cette espèce est opposée avec le cocu en herbe, l’un étant avant, l’autre après le mariage. Ils sont de plein droit appelés à ouvrir et fermer la marche de la procession. De ce nombre sont aussi compris ceux qui meurent avec un violent amour, sollicitant leur veuve à garder le célibat, et une crainte d’infidélité qu’on n’attend pas même après leur mort pour réaliser.

 

Illustration X - Droits réservés

 

Eh puis quoi, mieux vaut avoir une participation sur un volcan que l'exclusivité d'une banquise !

Écoutons plutôt tonton Georges:

LE COCU

 

05/02/2016

Allez Berthe, faîs la vâlise !

 

valise billets 500 euros.jpg

 

 

- Berthe, faîs ta vâlise, on part en Suisse.

- Chercher des chôcolats ?

- Non, porter notre pôgnon à la banque.

- Pfff… La Suisse, depuis qu’on y va mon bîchon. Tu ne préfèrerais pas Singâpour ? Ça fait plus clâsse vîs-à-vîs de nos âmis.

- Ben ouais, mais on fera pas l’âller-retour dans la journée… Et après-demain, j’aî conseil mûnicipal, réunion à la présîdence de la cômmunauté de cômmunes, puis le soir présîdence de l’ôffice de HLM sans oublier une réunion de chântier avec les entreprîses que j’ai choisî sans appel d’ôffre pour la constrûction du lycée.

- Tu trâvailles trôp mon bîchon. Hûmmm ! Vîens que je te poûtoune ! Bon, pour cette foîs, la Suisse, çâ ira. Qu’est-ce que je mêts dans la vâlise ?

- Ben comme d’hâbitude, les liâsses de billets de 500 euros.

- Quelle trouvâille ces billets ! A croîre qu’ils ont été faîts exprès pour nous !

- C’est un peu çâ ma Berthinou jôlie. L’Europe les â créés sur l’insîstance intéressée de gens qui, comme nous, sont oblîgés de se trimbâler des vâlises de pôgnon. Tu te râppelles à l’époque des francs ? Pfff ! Quelle gâlère…

- Ah ! Notre premier mîllion détoûrné en Suisse… Avec la 404 Coupé Pinin-Farina ! Toute une épôque.

- Notre jeunesse ma Berthînette. Mon premier mândat, mes premières cômmissions.

- Bon. Allez. La prochaîne fois on ira à Singâpour.

- Promîs ?

- Promîs !

 

Illustratîon X – Droîts réservés

 

 

03/02/2016

Manifestations paysannes : les pathétiques jacqueries des cocus de la terre.

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L'agriculture française se meurt. Les agriculteurs français crient au secours. Certains manifestent bruyamment, voire brutalement. D'autres se pendent... Alors qu'il y a quelques années, allez, plusieurs décennies, cette agriculture était une des premières du monde. Et la première en Europe. Pourquoi ? Qu'a-t-elle manquée ? Qui l'a poussée dans le mur ?

 

La mutation de l'agriculture est une chose ancienne. Après les carnages de 14-18 les paysans ont quitté les pays pour devenir ouvriers, agents de lycée, gendarmes...ou chômeurs. Le salaire plutôt que le grand air. La sécurité plutôt que la liberté.Ceux qui restaient sont devenus des « agriculteurs ». Puis, sous les injonctions des chambres d'agriculture et du crédit agricole, ils sont devenus des « exploitants agricoles ».

 

Plus gros mais pas assez. Mieux équipés, mais pas assez. Ils ont tout de même pu grandir et prospérer sous le parapluie de la Politique agricole commune (PAC) mis en place par l'Europe à travers le marché commun puis l'Union européenne. Puis est arrivé la « mondialisation », c'est-à-dire en ce qui les concerne l'abandon de la noble fonction de nourrir les hommes aux rapaces de la finance mondiale. Nouveaux objectifs : la REN-TA-BI-LI-TÉ ! À tout prix. Et surtout au prix de la qualité.

 

Pas rentables les fermes d'élevages avec 80 bêtes heureuses de paître dans des champs. Pas rentables les élevages de porcs de quelques dizaines d'animaux courant sous les chênes. Pas rentables les élevages de volailles taquinant le ver de terre. Pas rentables les maraîchers faisant pousser leurs tomates locales sur la terre. Pas rentables les arboriculteurs osant proposer des pommes avec quelques tavelures. Les Paysans ont donc obéi à leurs instances professionnelles, elles-mêmes sous le feu des diktats de la grande distribution.

 

« Paysans » ? Méritent-ils encore ce beau vocable ? Certainement pas. Ils sont devenus des « exploitants agricoles » qui ont perdu leur culture. Les jeunes générations sont obnubilées, sous la poussée de leurs instances professionnelles (FNSEA, chambres d'agriculture, crédit agricole), par le culte du rendement à tout prix, du progrès technique, du machinisme démesuré. Ils ont l'obsession de cette nature dans ils vivent, où ils vivent, mais qu'ils saccagent à coups d'engrais chimiques et de pesticides tant elle leur est devenu étrangère. L'enquête présenté par Élise Lucet sur la deuxième chaîne télé est effrayante. Elle montre la main-mise cynique voire criminelle des multinationales de l'agro-industrie sur l'agriculture et les redoutables dangers pour la santé de consommer les produits de la terre ! Un comble.

 

Les paysans devenus exploitants(tés) agricoles ont perdu leur fameux « bon sens paysan » mais pas que...

 

Ils ont perdu leurs savoirs ancestraux, leurs techniques, la connaissance de leur terroir, du temps mais aussi et surtout de leurs semences puisqu'ils sont les clients forcés, obligés des grandes sociétés semencières (Monsanto entre autres), des fabricants d'aliments pour animaux auprès desquels ils sont lourdement endettés, des marchands de pesticides et d'engrais chimiques.

 

Ils ont perdu leurs représentations professionnelles et notamment les coopératives – ces superbes organisations, au départ ! - qui sont devenus des monstres d'aliénation au service de l'agriculture industrielle ultra productiviste. Le premier groupe coopératif français « Invivo » a un chiffre d'affaires de 5,7 milliards, emploie 8.000 personnes dans 28 pays. On fera croire à qui qu'une telle structure – profitant des avantages fiscaux, entre autres, de la coopération – s'occupe encore des intérêts des paysans ?

 

Ils ont perdu la maîtrise de leur destin, de leur avenir et sont devenus l'un des bataillons des exploités de l'économie financière globalisée, nourrissant de leur sueur avant tout les banques (Crédit agricole !) auprès desquelles ils sont endettés jusqu'au cou.

 

Ils ont perdu leurs instances représentatives, leur principal syndicat – la FNSEA – se servant d'eux comme chair à canon et jouant un jeu plus qu'ambigu : la FNSEA sert l'agro-industrie productiviste tout en faisant semblant de défendre les « petits paysans ».

 

Parlons-en de la FNSEA. C'est le loup chargé de garder les brebis ! Son grand patron, le ci-devant Belin Xavier – qui vient d'être reçu par François Hollande - est un homme d'affaires aux multiples casquettes. Il est président du syndicat majoritaire mais aussi : PDG de la société Avril-Sofiprotéol, multinationale aux multiples activités, vice-président du Copa-Cogeca, structure qui rassemble des syndicats et organisations agricoles au niveau européen, particulièrement favorable à la signature du  traité TAFTA, président du port de commerce de La Rochelle, deuxième port français pour l’exportation de céréales, propriétaire dans le Loiret d'une exploitation de 500 hectares de blé, orge, colza, tournesol, maïs et pois protéagineux, etc. Quel homme pour s'occuper de tant de choses !

 

Quant à Sofiprotéol, rebaptisé Avril – ça fait plus printanier ! - c'est un mastodonte de 7 milliards de chiffre d'affaires, qui regroupe plus de 150 sociétés, présent dans 22 pays, notamment au Maghreb. L'objectif de cette pieuvre : assurer un maximum de débouchés à la filière des huiles et des protéines végétales (tournesol, colza, etc.)

 

Sofiprotéol-Avril, ce sont les huiles Lesieur et Puget, les œufs Mâtines, c'est des porcs, de la volaille, du bétail avec Glon Sanders, n°1 de l'alimentation animale. On la retrouve aussi dans la santé et la génétique animale, dans l'oléochimie (cosmétiques, peintures, mousse polyuréthane), dans les carburants (Diester industrie, n°1 européen du bio-diesel). On la rencontre encore dans le financement de l'agriculture industrielle, dans l'huile de palme, dans les semences, dans les additifs alimentaires, dans... les OGM (par Biogemma), et même dans la presse agricole !

 

Et c'est le patron de cette énorme multinationale qui prétend défendre la petite paysannerie française ? Alors que son propre intérêt est de faire grandir toujours plus les troupeaux de telle sorte qu'il soit difficile de nourrir toutes ces vaches à l'herbe, dans des prairies ! Il pourra ainsi leur vendre ses tourteaux de soja, ses aliments tout faits, ses additifs alimentaires, voire ses médicaments... Il n'y a pas là un conflit d'intérêt ? MDR !

 

Les paysans français sont cornaqués par un syndicat qui se fout de leur gueule. Sous les coups de boutoirs complices de l'Union Européenne, du ministère de l'agriculture et le bras armé de la FNSEA, la fin des paysans est programmé depuis 50 ans. Les paysans disparaissent, laissant la place à des entrepreneurs « indépendants » mais sous contrat, simples ouvriers spécialisés prenant les responsabilités et laissant les bénéfices aux grosses structures qui les exploitent.

 

La FNSEA les a conduit vers une production intensive de produits de bas de gamme. Où ils se heurtent aux productions allemandes et espagnoles moins chères du fait d'entreprises toujours plus grosses, toujours plus industrielles et exploitants sans vergogne une main-d’œuvre étrangère à la limite de l'esclavagisme. Sur ce terrain ils sont battus.

 

Alors qu'ils auraient dû surfer sur l'image extrêmement positive de la France en matière d'excellence, voire de luxe. Et se diriger vers des productions de qualité, de haut de gamme, à des prix rémunérateurs. Ce que réussissent des entreprises restant à l'échelle humaine et ayant choisi cette voie.

Ceux qui ne jouent pas la carte de la qualité sont destinées à disparaître. La FNSEA, à sa manière, y veille.

 

On n'a que les syndicats que l'on mérite...

 

Illustration X - Droits réservés

02/02/2016

LES VOLEURS DE SAVOIRS.

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Une information sourd discrètement dans les machines à bruits et les canards laquais : le brevetage par un institut public de recherche français, l' « Institut de recherche et développement » (IRD) d'une molécule issue d'un petit arbre des forêts de Guyane, le Quassia amara. Molécule permettant de lutter contre ce fléau qu'est le paludisme. On pourrait dire bravo et merci à ces chercheurs. Sauf que...

 

Sauf que les chercheurs de l'IRD n'auraient rien trouvés s'ils n'avaient pas interrogés les communautés guyanaises Palikur et Kali'na pour connaître leurs remèdes traditionnels, leurs modes d'emplois, leurs effets. Sans les indigènes, qui aurait pensé à cette plante, et qui aurait compris son potentiel ? Les « chercheurs » ont pourtant« oublier », pour breveter ces savoirs, de demander l'autorisation des peuples premiers et, évidemment de les associer de quelques manières que ce soit aux bénéfices de ces brevets. Bonjour l'éthique ! Si ce n'est pas du vol, ça y ressemble.

 

Nous sommes dans un cas d'école d'accaparement de savoirs ancestraux et de ressources biologiques « puisés » pour ne pas dire volés à des peuples autochtones par des firmes pharmaceutiques ou cosmétiques. Parce que les vertus médicinales et insecticides des feuilles de Quassia amara sont connues et utilisées depuis longtemps par les peuplades amérindiennes d'Amérique latine, notamment contre le paludisme ! C'est la Fondation France Liberté qui a soulevé le lièvre en faisant opposition auprès de l'Office européen des brevets.

 

Mais les spoliés n'ont pas l'intention de se laisser faire. Mardi 26 janvier, le président de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre dit avoir appris « avec grand étonnement », le dépôt d’un brevet sur une « espèce typique de la pharmacopée traditionnelle locale » et dénonce « l’absence totale d’éthique de la part de ces chercheurs ».

 

La méthode est bien rodée pour piller les savoirs autochtones. Sous couvert de recherches scientifiques, une entreprise – institut comme l'IRD, laboratoire pharmaceutique, firme cosmétique, etc. - envoie une équipe étudier une communauté indigène, en Amazonie, en Afrique, à Bornéo, etc. Les « explorateurs » font ami-ami puis s'intéressent de près à l'utilisation des plantes, de la pharmacopée locale. Ils rapportent des échantillons et les confient aux techniciens et laborantins maisons. Ceux-ci extraient le principe actif, isolent la molécule efficace possédant les vertus recherchées. La firme élabore alors un produit à partir de ce rincipe actifs et dépose un brevet. S'accaparant dès lors sous forme de « royalties » tous les bénéfices de la plante en question. En fait, elle n'a rien « découvert », elle n'a rien inventé, elle a volé un savoir ancestral. Les firmes biopirates s'appuient sur le flou juridique actuel autour de l’autorisation ou non de breveter le vivant. La situation actuelle oblige les peuples détenteurs des savoirs et utilisateurs des ressources à apporter la preuve qu'ils utilisaient et connaisaient les principes actifs des plantes avant le dépôt du brevet ! Bonjour l’escroquerie...

 

Ça devrait changer. En effet, les sénateurs ont votés, le 26 janvier, une « loi bio diversité. » Il s'agit en fait de transcrire dans la loi française le « protocole de Nagoya » visant à encadrer l'exploitation des ressources génétiques naturelles et de lutter contre la biopiraterie. Il serait temps. En effet, si 90 % de la biodiversité se trouve dans les contrées du Sud, 90 % des brevets correspondants à l'utilisation des substances issues de cette biodiversité « sudiste » appartiennent aux Etats-Unis et à moindre titre à l'Europe et au Japon. Ceci à travers ces « grands altruistes » que sont les firmes agrochimiques, biotechnologiques, pharmaceutiques, semencières, cosmétiques...

Aux voleurs !



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01/02/2016

Au bistro de la toile : grâce présidentielle et élections…

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- Alors, Victor, quelles nouvelles ? Des bonnes ? Des mauvaises ?

 

- Ben, les deux ! Bonne nouvelle : François qui gracie Mme Sauvage, cette femme condamnée à 10 plombes de zonzon pour avoir eu le courage d’accomplir une œuvre de salubrité publique pour avoir débarrassé le monde d’un infâme salaud qui non seulement attendrissait sa femme comme l’on fait au poulpes, à coups de poings, mais en plus violait ses filles. Bravo François. Moi qui te pourris très souvent, je dis bravo. N’en déplaise à quelques coincés du râble, qui regrettent l’abandon de la veuve à Deibler parmi lesquels – et je m’en étonne parce que j’appréciais jusque là ce type – l’ancien juge Bilger qui viens de baver sa hargne sur France-Inter. Sais-tu qu’une femme sur vingt subit des violences voire des meurtres chaque jour ? Sais-tu que 400 femmes sont tuées chaque année par leurs mecs ? Alors que l’une d’elle ait eu le courage de prendre un flingue et de foutre à son tortionnaire un peu de plomb dans la viande, je lui tire mon chapeau. Battre une femme, c’est l’acte d’un lâche, d’un fumier, qui ne mérite que le mépris. Et quelques balles dans la peau au besoin.

 

- T’as raison Victor. Les femmes, ça se caresse. Tè ! Moi par exemple, les femmes, je les mets sur un piédestal ! Mais toute de même, un piédestal suffisamment haut pour qu’elles ne puisent pas descendre pur me faire chier… Bon. Et les autres nouvelles ?

 

- Eh bien, il y en a une autre qui concerne encore notre François national. C’est une mauvaise-bonne nouvelle. Mauvaise parce que le chômage continue de progresser. Ce qui est désespérant. Parce que le droit du travail est trop complexe ? Peut-être. Mais ne serait-ce pas aussi parce que les patrons sont mauvais ? Les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, cèdent devant toutes leurs demandes, déversent des palanquées de milliards dans leurs fouilles et, résultats : ils perdent des marchés, se font bouffer par les étrangers. Et personne ne met en cause la capacité des patrons ? Etrange…

 

- C’est vrai Victor. Mais où est la bonne nouvelle là-dedans ?

 

- La bonne-mauvaise nouvelle, c’est que si la courbe du chômage ne s’inverse pas franchement, significativement et durablement dans le courant de cette année, François ne se représentera pas !

 

- S’il ne s’assoit pas sur sa promesse, une fois de plus… Primaire à gauche alors ?

 

- Primaire à gauche.

 

- Mais si la courbe s’inverse et que François se présente ? Il faudra encore une fois sortir la vaseline ?

 

- Peut-être pas. Si la gauche – pas la gôôôche genre François, Valls ou Macron – s’accorde sur un programme et présente un candidat unique.

 

- Tu rêves pas un peu là, Victor ? Ils ont tous les dents qui rayent le parquet, que ce soit Duflot, Montebourg ou Mélenchon ?

 

- Il y a pourtant une candidature évidente, de quelqu’un ayant fait la preuve de son courage, de son intégrité, de ses convictions, de sa culture, de son éloquence, de son humanité et même de son humour : c’est Christiane Taubira.

 

- En plus, elle est exécrée par la droite, ce qui est un brevet de qualité, c’est une femme, et une « minorité visible » comme ils disent. L’idée est séduisante ! Allez, à la nôtre ! Et à Taubira !

 

30/01/2016

Ouiquinde érotique avec Jean Ferrat et Louis Aragon

 

 

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Chambres d'un moment

Sur de blancs canots
Suivant les canaux
Ombreux et tranquilles
Les touristes font
Les chemins profonds
Qui baguent la ville

Les bars qu'on entend
Les cafés-chantants
Les marins y règnent
Et la rue a des
Sourires fardés
Ses enseignes saignent

Chambres d'un moment
Qu'importe comment
On se déshabille
Tout est comédie
Hormis ce qu'on dit
Dans les bras des filles

Traîne sur les quais
L'enfance manquée
Des gamins étranges
Qui parlent entre eux
Qui sait de quel jeu
Peu fait pour les anges

Et dans ce quartier
Où le monde entier
Cherche l'aventure
Celui qu'on y joue
Montre ses bijoux
A la devanture

Chambres d'un moment
Qu'importe comment
On se déshabille
Tout est comédie
Hormis ce qu'on dit
Dans les bras des filles

Femmes-diamant
Qui patiemment
Attendent preneur
Pour la somme due
Qui débitent du
Rapide bonheur

Beaux monstres assis
Tout le jour ainsi
Près de leur fenêtre
Vivre ici les voue
Aux faux rendez-vous
D'où rien ne peut naître

Chambres d'un moment
Qu'importe comment
On se déshabille
Tout est comédie
Hormis ce qu'on dit
Dans les bras des filles

La main le rideau
Le petit cadeau
Mets-toi là qu'on s'aime
Leurs habits ôtés
Ce que les beautés
Au fond sont les mêmes

Souvenirs brisés
Baisers ô baisers
Amours sans amour
Une fois de plus
A Honolulu
Comme à Singapour

Chambres d'un moment
Qu'importe comment
On se déshabille
Tout est comédie
Hormis ce qu'on dit
Dans les bras des filles


Les matelas crient
La même tuerie
A d'autres oreilles
Et les matelots
Ont même sanglot
A moment pareil

Tous les hommes sont
La même chanson
Quand c'est à voix basse
Et leur cour secret
Bat tant qu'on dirait
Qu'il manque de place

Chambres d'un moment
Qu'importe comment
On se déshabille
Tout est comédie
Hormis ce qu'on dit
Dans les bras des filles

 

Paroles de Louis Aragon, musique de Jean Ferrat

 Ecoutez-le ICI

 

 

 

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28/01/2016

Taxis : emmerdo, ergo sum !

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Avec une régularité méritoire, une corporation - celle des taxis – fout le bordel. Circulation bloquée, affrontement avec les forces de l’ordre, violences à l’encontre des chauffeurs de VTC (véhicules de transport avec chauffeurs) et de chauffeurs « Uber ». Les taxis défendent leur gamelle : prix de la bagnole, prix des carburants, prix des assurances, prix de la licence… On peut comprendre qu’ils luttent contre une concurrence. D’autant plus qu’ils n’y sont pas habitués, jouissant d’une situation de monopole confortable mais totalement aberrante.

 

Prix de la voiture : les taxis, en société ou en se groupant pour les individuels, peuvent négocier de sérieuses remises.

Prix des carburants : les exploitants de taxi bénéficient d'une détaxation partielle de la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE), sous la forme d'un remboursement a posteriori en fonction de la consommation réelle de carburant (gazole ou super sans plomb), utilisée pour les besoins de leur activité professionnelle 

Prix des assurances: artisan taxi propriétaire ou non de leur véhicule et de leur licence, la profession entre dans le cadre du transport de personnes. Il leur est donc indispensable de souscrire une assurance professionnelle spécifique. Avec la encore une force de négociation conséquente.

Prix de la licence : c’est en quelque sorte le fond de commerce des taxis. La licence est chère. Mais elle a été voulue par la corporation, ceci afin de renforcer le numerus clausus, de protéger la profession contre toute concurrence. Ce protectionnisme se retourne contre les taxis.

 

Á quoi servent-ils ? Á transporter des personnes d’un point à un autre. Comme bien d’autres moyens de transport : la marche à pied, le vélo, le scooter, la moto, la voiture particulière, les autobus, les trains, les avions, les bateaux.

 

Le font-ils bien ? Faire rouler une grosse bagnole pour un seul client, c’est une aberration aussi bien économique qu’écologique. Ils encombrent les rues, ils polluent pour un service cher et souvent mal rendu : ils ne sont jamais là lorsqu’on a besoin d’eux, ils ont une conception « pittoresque » des itinéraires, ils sourient toutes les années bissextiles... Mais ils se tiennent, constituent un lobby puissant et ont jusqu’ici toujours réussi à bloquer toute concurrence, que ce soit les taxis collectifs, les véhicules dit de tourisme et même les vélos taxis ! Alors la concurrence des VTC et – pire pour eux - d’UberPop, c’est la guerre !

 

Mais pourquoi n’ont-ils jamais voulu évoluer ? Pourquoi n’ont-ils pas mis au point eux-mêmes, en collaboration avec les services municipaux des villes où ils travaillent, une application électronique permettant au client de trouver très vite, sur son i-phone, un taxi ? Ce qu’a fait Uber, pourquoi ne le font-ils pas ?

 

Non. Ils se contentent de refuser toute avancée, de repousser toute concurrence, de s’arc-bouter sur leur numerus clausus (nombre de taxis fixe). Parce qu’ils se sentent forts. Parce qu’ils ont une arme, comme les routiers ou les exploitants agricoles : ils peuvent bloquer la circulation, donc les échanges économiques. Et ils s’en servent de cette arme. Les gouvernements reculent plus vite devant ces emmerdeurs, leurs bahuts, leurs bagnoles et leurs tracteurs que devant les infirmières et leur blouse blanche ou les enseignants et leur stylo…

 

J’emmerde, donc je suis.

 

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27/01/2016

Au bistro de la toile : vin rouge, sport, cul-bénis et statues à poil.

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- Oh ! Loulle, quand je pense que ton rade est l'équivalent d'une salle de sport, ou d'un stade ! Et que chaque fois que nous levons le coude chez toi, nous faisons du sport ! Je ne me savais pas tant sportif !



- Qu'est-ce tu racontes Victor. T'a attaqué au Tavel de bon matin ? Je sais bien que tu fais du sport, et que t'as même acheté un véritable Peugeot-frères pour ça. Un moulin à café je veux dire. Pas un vélo. Mais explique-moi pourquoi mon bistro est une salle de sport. Á ouais ! Compris : tu veux parler de l'apéro-bic, le lever du coude et même des deux coudes pour ne pas attraper le « bistro-elbow » !



- Bien sûr, y a un peu de ça Loulle. Et nous avons avec toi un très bon entraîneur ! Mais il s'agit d'autre chose. Des « chercheurs » ont déterminé que boire un verre de vin rouge est équivalent à une heure de sport intensif. Voilà pourquoi ton rade est une sacré salle de muscu ! « Après une dure journée de travail, si vous vous sentez coupable parce que vous avez la flemme d’aller faire votre jogging aujourd’hui, installez-vous confortablement dans votre canapé, détendez-vous et buvez un bon verre de vin rouge à la place. » qu'ils disent les chercheurs ! Ils disent encore qu'il y a dans le rouge du resvératrol, « un polyphénol qui a des effets extrêmement positifs sur le cœur, mais également sur les muscles, les os… ».



- Tout de même, il y a du bon dans la science Victor. Et je suis fier de dispenser sans compter les bienfaits du rouquin.



- Autre chose. T'as vu, hier le grand caïd de l'Iran a rencontré le capo de tutte i capi de la chrétienté. Il fallait les voir tous les deux, face à face, assis chacun d'un côté d'une superbe table, en robe, et se fendant la gueule ! Eux, ils savent... Eux ne sont pas dupes. On aurait dit Whilpool en face d'Indesit !



- Whilpool ? Indesit ? Mais c'est des machines à laver ça.



- Ben justement, les deux sont les représentants de commerce, que dis-je, les directeurs des ventes des machines à laver les cervelles que sont les religions !



- Bof. Si ces fariboles, ces contes pour enfants aident à vivre – et surtout à mourir – les trois milliards de Terriens qui se reconnaissent dans ces deux religions, pourquoi pas... Pourvu qu'ils ne prétendent pas « sauver » les gens malgré eux... Mais t'as vu, pour ne pas « choquer » leur hôte, les Italiens ont caché les superbes statues de femmes à poil qui font l'honneur de ce pays hyper civilisé !



- Ça, ça me gonfle Loulle. Que nos frères Italiens se soient couchés devant ce cul-béni. Et tout ça pour quelques milliards de contrats. Que ne feraient-on pas pour du fric. Finalement, c'est pas les putes qui manquent, c'est le pognon...



- Exact Victor. Tous s'achète, même l'honneur. Allez, je te sers « une heure de sport intensif » ! Á la nôtre !

 

- Á la nôtre !



25/01/2016

Calais : la croisière ne s'amuse plus...

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Ah ! Ils les ont eu les foies ! Ils en ont fienté dans leurs calbars jusqu'à en souiller leurs couilles en or( ! « Ils » ? Qui « ils » ? Ben, les sbires de ces quelques dizaines de milliers de parasites qui pensent « posséder » le monde. Bref, les tenants de « l'ordre » ultralibéral. Ils ont eu peur lorsque les « migrants » ont envahi un ferry dans le port de Calais ! Allez hop!Vite, les CRS pour évacuer cette racaille.

 

Pourtant, c'est ça qu'ils doivent faire les « migrants ». Plutôt que de' s'entasser dans une « jungle » sordide, plutôt que se mettre à dos toute une population excédée, plutôt que de tenter de passer par la route, via les camions ou l'Eurostar, ne serait-il pas plus efficace et utile pour eux de passer par la mer ! Sur la mer. Avec des bateaux. Comme ils l'ont, pour beaucoup, déjà fait pour arriver en Europe à travers la Méditerranée sans y laisser leur peau. Puis - individuellement ou en groupe - ils ont traversé toute l'Europe sans se faire alpaguer par les diverses polices. À croire qu'ils ont des complices parmi les nombreuses associations dites humanitaires qui leur facilite le job... Ils ont casqué jusqu'à deux ans de salaires pour arriver jusqu'à Calais, puis ils restent là, à croupir sous des sacs poubelles alors que leur « eldorado » n'est qu'à quelques dizaines de miles nautiques ? Quelques dizaines de kilomètres ? Ils sont kons ou quoi? La France, ils n'en veulent pas. Ça tombe bien parce que c'est réciproque.

 

Alors plutôt que de faire le boulot des Anglais – protéger la frontière de Grande-Bretagne qui se situe en France  à cause des accords scélérats du Touquet – ne vaudrait-il pas mieux leur faciliter la tâche en les aidant (discrètement, pas officiellement bien sûr) à traverser la Manche, le « Channel » comme disent les Rosbifs ?

 

Les passeurs qui les ont guidé jusqu'à Calais pour les y abandonner ne pourraient-ils pas mettre au point des systèmes de passages à bord de vedettes rapides, partant de n'importe quel point des côtes françaises ou belges pour arriver n'importe ou sur la côte anglaise ? Une petite heure de navigation.C'est plus facile que de traverser la Méditerranée que je sache ! Rappelez-vous les passages de milliers de « réfugiés » jetés sur les plages italiennes par des bateaux rapides albanais.

 

Pourquoi ces « migrants » veulent-ils aller en Angleterre, Parce que beaucoup viennent de pays qui ont subi le knout colonial britannique mais qui, en revanche, se sont appropriés la langue du colonisateur. Parce qu'en Angleterre, il n'y a pas de carte d'identité et donc que le migrant, une fois arrivé, se fond dans la masse. Parce que cette masse est organisée en communautés ethniques et/ou religieuses dans lesquelles le migrant peut espérer de l'aide. Enfin et surtout parce que l'économie britannique est une expression caricaturale de l'ultralibéralisme et donc que les patrons britanniques se frottent les mains de pouvoir embaucher cette main d’œuvre docile travaillant dans des conditions peu enviables pour des salaires de misère. Voilà pourquoi la Grande-Bretagne agit comme une véritable pompe à migrants.

 

Bertrand, nouveau président de la région Nord-Pas-de-Calais -Picardie, lors de sa campagne électorale,

s'est courageusement élevé contre ces accords du Touquet. C'est le moment pour lui de passer à l'action. Quitte à provoquer une crise diplomatique avec nos meilleurs ennemis anglais.

 

Que disent ces accords du Touquet ? Ils disent que c'est nous qui devons contrôler, à Calais comme à Eurostar ou ailleurs, non pas seulement les sorties du territoire français mais les entrées en territoire britannique ! Á nos frais ! Nos douaniers, nos flics doivent courser les migrants qui veulent entrer en Angleterre chez nous. Alors que ce devrait être aux douaniers et aux flics britanniques de les contrôler voire de les courser chez eux, à Douvres, et pas à Calais ! Parce que la frontière de Grande-Bretagne n'est pas au passage des côtes anglaises mais...en France ! Qu'est-ce que c'est que cette konnerie ? Ben, un exploit (un de plus) de Sarkozy et de Chirac avec les accords du Touquet mettant les frontières britanniques en France ! Ça paraît incroyable ? On revient au temps des bourgeois de Calais ?

 

Ben, c'est comme ça. Les Rosbifs, comme souvent, nous ont roulé dans la farine.

 

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24/01/2016

Ouiquinde gastronomique gitan et amours enfantines

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Yolande scintillait, là-haut, près des étoiles,

Perchée sur les agrès d’un chapiteau sans toile.

Son corps de caoutchouc volait de mains en mains

Porté par un courage et un cran surhumains.

 

Elle virevoltait, la jolie Bohémienne

Dans un rai de lumière, presque nue, aérienne,

Elle fendait les airs de son corps gracieux,

Ignorait les humains et s’approchait des dieux.

 

Moi, perdu tout en bas parmi les spectateurs,

Ignoré de la belle, je souffrais mille peurs.

Je découvrais l’Amour, ses affres hédonistes,

 

Sous l’aspect flamboyant de cette trapéziste.

Mon tout premier amour, Yolande, avait sept ans,

Moi, si je me souviens, j’en avais presque autant…

 

 

Le hérisson comme les « boumians ».

 

- Eh, petit ! Les amours d’enfants sont précieux,

Ils sont une fenêtre ouverte sur les cieux,

Les joies de leur avers sont sans équivalence,

Mais leur revers caché n’est que larme et souffrance…

Tandis que je rêvais, dans mon lit, à Yolande,

Les Bohémiens pressés décrochaient les guirlandes,

Eteignaient les lampions, démontaient les gradins

Et le cirque était loin lorsque vint le matin…

La belle a dû laisser, dans mon âme, un message :

« Si tu veux me trouver, entreprends le Voyage »,

Peut-être que si j’ai vécu en bourlinguant,

C’était, au fond de moi, pour relever le gant

Que jeta en mon cœur la petite princesse

Qui a, sans le savoir, mis ma vie en liesse.

- Les Bohémiens, Victor, sont de rudes gaillards,

Qui n’ont pas, tous les jours, droit à la soupe au lard.

Quand on est sur les routes, en verdine, en voiture,

Pour se remplir le ventre, tout corps fait nourriture,

Une poule empruntée, un grillé d’escargots,

Mais leur plat préféré, leur must, c’est le niglo.

Ils appellent ainsi dans leur idiome étrange

Le hérisson commun, qu’ils préparent, et qu’ils mangent.

Angélo-le-Boumian, un ami de mon père,

Nous a souvent montré comment il faut le faire.

Tu prends un hérisson de grosseur convenable,

Aux piquants acérés, bien dodu, gras du râble.

Tu lui perces la gorge et tu en bois le sang,

C’est un aphrodisiaque remarquable et puissant.

Pour cuire un hérisson, la méthode est facile,

Il faut un feu de bois, de l’eau et de l’argile.

Avec la terre glaise bien assouplie à l’eau,

Enrobe entièrement tout le corps du niglo,

Sur trois doigts d’épaisseur et pas d’endroits manquants,

Tu fais bien pénétrer pour couvrir les piquants.

Au bord du feu de camp tu creuses un nid de cendre

Où tu vas déposer ton niglo, bien au centre,

Tu recouvres le tout de cendre et de brandons,

Fais chanter la guitare en buvant des litrons

Et, deux heures plus tard tu sors la terre cuite

Enrobant ton niglo. Casse-là tout de suite,

Les piquants et la peau s’enlèvent avec la gangue

Et tu humes un parfum qui réveille ta langue.

Tu saupoudres de thym, de sel et de piment

Et manges avec les doigts ce repas de gourmands !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

3 hérissons de grosseur convenable, - 1 seau de terre glaise (l'argile grossière suffit), - eau, - feu de camp avec braise et cendre, - thym, - sel, - piment d'Espelette. Ah !

Prévoir aussi la guitare ! Et puis si vous ne voulez pas manger ces gentils et utiles animaux que sont les hérissons - et je vous approuve – des poulets, plumés ou non, feront l’affaire !

 

Les vins conseillés:

Ce plat de feu de camp s'accompagne de vins de large soif, qui préparent la voix pour les goualantes flamencas. Les vins rosés de Tavel, Lirac, Chusclan, Sainte-Cécile-les-Vignes, Valréas, Camaret, les rosés des Côtes-du-Ventoux, les vins gris d'Aigues-Mortes, les rosés de Palette, de Pierrefeu sont parfaits.

 

23/01/2016

Ouiquinde érotique sextoyé

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Le Gaude Michi

 

L'on m'a dit que, le plus souvent,
L'amour vous contraint, en dormant,
De faire à l'envers la grenouille ;
La nuit sait vos ardants regrets,
Et les doux mystères secrets
De votre doigt qui vous chatouille.

Mais, je me plains que, tout le jour,
Fuyant même le nom d'Amour,
Vous contrefaites la doucette,
Cependant que, toute la nuit,
Vous prenez un nouveau déduit
Avec un manche d'épousette.

Mais un clou qui se détacha,
Ces jours passés vous écorcha,
Dont vous faites si triste mine
Que vous allez tout dédaignant
Et ne pouvez plus maintenant,
Tenir le cours de votre urine.

Une autrefois, il faut choisir
Le temps, le lieu, et le plaisir
De vous caresser à votre aise ;
Usant de ces bâtons polis
Dont l'on rehausse les gros plis
Et les bouillons de votre fraise.

Ceux de velours ne coulent pas,
Ceux de satin deviennent gras,
Et sont rudes à la couture ;
Ceux de verre, par un malheur,
S'ils se cassaient, en la chaleur,
Vous pourraient gâter la nature.

Si vous en prenez un de fer,
Avant qu'il se puisse échauffer
Il ne fera rien qui vous plaise ;
Mais je me trope en cet endroit,
Car aussitôt il se fondroit
Comme dedans une fournaise.

Il vaudrait bien mieux pratiquer
L'amour même, sans se moquer,
Sans aimer l'ombre de son ombre,
Et sans, par un ébat nouveau,
Vous jouer de quelque naveau
Ou d'un avorton de concombre.

Ce n'est pas ainsi qu'il vous faut
Contenter cet endroit si chaud
Qui d'une feinte ne s'abuse,
Et qui pourrait, en un instant,
Allumer dans un régiment
Toutes les mêches d'harquebuse ; 

Ni se tromper de la façon
De celle qui, pour un garçon,
Embrassait souvent une femme,
Et qui mourant de trop aimer,
Ne trouva qu'au fond de la mer
Un remède à sa chaude flamme.

Vous n'attendez qu'un mari neuf,
Quelque veau pour devenir bœuf,
Qui vous ôte ce faux nom de fille,
Et, en tenant clos votre vallon,
Craignant l'enflure du ballon,
Vous vous ébattez d'une quille.

Mais qui que ce soit le sot né,
Votre mari prédestiné,
Bien qu'il ne soit qu'une bête,
Heureux il sera, le cocu,
Oui bien, si vous avez le cul
Aussi léger comme la tête !


Charles Timoléon de Beauxoncles (1609)

 

 

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22/01/2016

Au bistrot de la toile : la « victoire » des toubibs

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- ...teng ! T'as vu ça Victor : ils ont gagné les toubibs. Le Conseil Constitutionnel a retoqué l'une des mesures phares de la loi Santé de Marisol Touraine : le paiement direct de la facture du toubib par la Sécu et les mutuelles.

 

- On touche là du doigt la puissance occulte de cette corporation qui est très présente tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat et dans toutes les instances décisionnelles, mairies, conseils généraux, conseils régionaux. Sans oublier les centres d'influence occultes, loges, clubs, rotary, etc. Ils ont donc des relais d'influence fort utiles...jusqu'au Conseil Constitutionnel !

 

- Pourtant ce système du tiers payant est une bonne chose que je sache. Et ce n'est sûrement pas très difficile à mettre en œuvre. Ce que font les pharmaciens, les toubibs ne seraient pas capables de le faire ?

 

- Ils pourraient évidemment le faire sans beaucoup de problèmes. Mais leur revendication à ce sujet est pourtant recevable : ils ont affaire avec plus de 500 mutuelles ! Enfin, quand je dis mutuelles, c'est une façon de parler, parce qu'il y a longtemps que les « mutuelles » ont oublié la dimension sociale et solidaire de leur fonction pour devenir des machines à fric. En fait ce qu'elles veulent, c'est bouffer la Sécu. Et c'est en bonne voie, notamment avec cette fausse loi sociale qui, depuis le 1er janvier, impose à toutes les entreprises de « payer » une mutuelle à leurs salariés.

 

- À bon. Et pourquoi ?

 

- Des millions de salariés vont ainsi être obligés de souscrire des contrats collectifs d'entreprise gérés, évidemment, par les assurances privées. Le Conseil constitutionnel – encore lui - a en effet imposé qu’en absence d’accord d’entreprise ou de branche, la complémentaire santé soit choisie par l’employeur. Des grands groupes vont donc balayer les petites mutuelles pour se partager la gamelle ! Cette pseudo avancée sociale va accroître les inégalités entre salariés puisque la couverture différera d'une entreprise à l'autre. Il va de soi que les employeurs opteront pour une couverture limitée à un panier de soins minimum ; dès lors, les salariés qui voudront plus de couverture...devront se payer un sur-complémentaire supplémentaire ! Quant à l'employeur, lui, il pourra déduire sa part de cotisations de la masse salariale au détriment des rémunérations. Au fou ! Mumm ! La bonne soupe pour les assurances privées, au détriment de la protection sociale collective ! Un énorme gâteau. Et puis, la plupart des salariés ont déjà une assurance complémentaire. Ils ne garderont donc pas les deux, ou alors leur complémentaire habituelle leur fera miroiter les délices de souscrire, chez eux, une « sur-complémentaire ». Et la concurrence sera rude entre les chacals de l'Assurance ! Moralité, sauf peut-être dans les très grands groupes, cette konnerie coûtera plus cher aux assurés.

 

- Et la Sécu la dedans ?

 

- La Sécu, elle est attaquée de toutes part. La tactique pour sa mise à mort ? On ruine celle-ci (qui pourtant arrive à baisser son déficit !) de façon à la déconsidérer vis-à-vis des assujettis ; parallèlement, on prend prétexte de ce déficit abyssal pour baisser les taux de remboursement des médicaments, voire on dérembourse des médicaments considérés comme peu efficaces ; le résultat est un transfert du remboursement du reste à payer sur les assurances dites « complémentaires ». Ce faisant, on habitue le cotisant à s'appuyer de plus en plus sur les assurances privées et à critiquer la Sécurité sociale. C'est de l'action psychologique destiné à préparer les cerveaux (déjà karchérisés par la télé et les merdias) à l'abandon progressif de la Sécu. Ah ! Au fait, ça se fait sous un gouvernement dit « de gauche ». Hollande, Valls, Macron, Gattaz, Bébéar, même combat !

 

- Et que faudrait-il faire ?

 

- Supprimer toutes ces « mutuelles » parasitaires. Et rendre toutes ses prérogatives à la Sécurité sociale. À défaut d'un remboursement à 100 % - ce qui devrait être pourtant la norme – il suffit de créer, au sein de la Sécu, un département d'assurance volontaire, couvrant le remboursement de ce qui ne serait pas pris en compte par la Sécu principale. Avec évidemment, pour l'assuré, le versement volontaire d'une cotisation modulable selon ses besoins qui, de toute façon, serait bien moins chère que celle des assurances « complémentaires » privées, mutuelles ou non (les frais de fonctionnement de la Sécu étant de 3 % contre 15 % chez les assureurs privés qui se goinfrent et ne prennent que les petits risques). Et, surtout, supprimer toutes les exonérations de cotisations car, si les entreprises ont de l'argent pour payer des complémentaires d'entreprise, pourquoi n'en auraient-elle pas pour payer des cotisations à la Sécu ?

 

- Évidemment. Sans compter que dès lors, les toubibs ne pourraient plus refuser le tiers payant puisqu’ils n’auraient qu'un seul interlocuteur – la Sécu - au lieu de 500 « mutuelles ».

 

- Allez. À la nôtre !

 

 

20/01/2016

Au bistro de la toile : la dinde gavée au silicone et les canards gavés au maïs

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- Oh ! Victor, tu préfères la dinde ou la foie gras ?

- La réponse est dans la question Loulle. Non mais tu l’as vu la Pamela je ne sais quoi, une espèce de Brigitte Bardot d’entrée de gamme, une bimbo de consommation courante gavée aux silicones et au botox, venant nous faire la leçon «Je demande aux députés français d’abolir le gavage […] Le foie gras n’est pas un produit sain et n’a pas sa place dans une société civilisée […] Ces canards n’ont jamais eu un jour heureux». C'est cocasse d'entendre une Etazunienne nous parler de compassion, de bonheur animal et de société civilisée ! Venant de la représentante d’un peuple qui élève tous ses bestiaux en batterie en les bourrant d’antibiotique et d’OGM et qui torture allègrement les humains à Guantanamo et ailleurs, il y aurait de quoi se faire rigoler les boyaux si ce n’était si dramatique… Ces pisses-froids semblent oublier qu’ils sont un peuple de voleurs de terres, fondé sur le génocide de trente millions d’Amérindiens, l’esclavage de trente millions de Noirs et qui perpétue ses forfaits partout dans le monde en pillant les ressources naturelles, en salopant la planète, voire en soutenant les pires dictatures. Toujours la main sur le cœur, bien sûr, et Dieu à leur côté ! Sensiblerie vis-à-vis des animaux, massacre sans merci des humains…

- C'est vrai que l'élevage des bestiaux, chez eux, c'est pas « le bonheur est dans le pré » ! Le gavage de tous les animaux, là-bas, c'est pas au maïs ! C'est aux antibiotiques, aux hormones de croissance, aux farines animales, aux aliments tous OGM et même aux litières de volailles broyées et compostées !

- Ouais. Et c'est celle-là qui viens nous faire la morale ! Un pays qui protège les canards mais qui n’a toujours pas supprimé la peine de mort pour les humains… Fuck off…

- Et elle vient nous faire la leçon sur le bien-être des animaux !

- Cette notion, c'est le b.a.-ba de nombreux éleveurs français, qu'ils soient de volailles, de porcs ou de bovins, mais aux États-Unis, ça n'est pas exactement le souci numéro 1. La réglementation européenne encadre la protection des animaux de l'élevage à l'abattage, alors qu'aux États-Unis, on fait l'impasse sur les conditions d'élevage. Les bovins doivent se satisfaire de la "règle des 28 heures de transport au maximum", alors qu'en Europe, la durée maximale sans pause est de 14h. Un « feedlot » - un élevage à l'étazunienne - peut contenir plus de 32.000 bovins - et cela représente presque 40% de la production américaine - alors qu'en France, une exploitation "intensive" comporte en moyenne entre 60 et 200 bovins. Bonjours le bien-être animal ! Je préfèrerais être canard gras en Ariège ou dans le Gers que vache dans le Wisconsin ou au Texas !

- Le foie gras, Victor ! Tè ! Tu jettes quelques grains de fleur de sel de Camargue dans une sartan bien chaude. Lorsque le sel saute, tu poses dans la poêle une escalope de foie gras d'un demi-doigt d'épaisseur. Trente secondes d'un côté. Tu l'entends chanter ! Trente secondes de l'autre. Avec un verre de Sauternes « Château Rieussec » par exemple.

- Hum ! C'est de la poésie gustative Loulle !

- Allez ! A la nôtre ! Et laissons baver les bouffeurs de macdo.

 

 

 

 

17/01/2016

Gastronomie dominicale: la Bombine ardéchoise de Mamé Zizou.

 

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Les temps de pénurie ne sont guère de mise

Et chacun, plus ou moins, peut manger à sa guise

Bien sûr, ce sont souvent des bouffes dégueulasses:

Sous vide, surgelés ou conserves fadasses.

Le pire étant bien sûr ces affreux "hambourgeois"

Dont les Zétazuniens, puritains rabat-joie,

Punissent tristement tout le reste du monde

En voulant le gaver de leur pâtée immonde:

Un peu de vache folle en tranche agglomérée

Prise entre deux éponges assaisonnées diarrhée

Pourtant, il y a peu – trois, quatre décennies –

Faire bouillir la marmite donnait des insomnies

À bien des ménagères. Mais avec presque rien,

Des patates, des restes, et du goût, ô combien!

Elles vous mitonnaient de solides gamelles

Qui régalaient le ventre mieux que des regardelles.

René-Louis Thomas, mon ami ardéchois,

Grand amateur de vins et de repas de choix

M'a préparé un jour - j'en lèche mes babines –

De sa Mamé Zizou la fameuse Bombine.

- Je t'écoute Victor: comment ça se prépare,

Avec quels ingrédients, cette recette rare

Ce n'est pas compliqué comme tu vas le voir,

Pourtant c'est un bouquet de saveurs du terroir.

Hache fin deux ou trois cèbes de Lézignan

Que tu feras blondir dans l'huile lentement.

Quand je dis dans de l'huile, c'est d'olive bien sûr

Et non les jus douteux de quelques grains obscurs.

Ajoute des lardons, si possible un peu rances,

Ça apporte un parfum, mais évite l'outrance.

Il est temps maintenant de remplir ta toupine

De ce qui constitue le corps de la bombine :

Des rattes de l'année, entières, avec leur peau,

Mêlées de rattes vieilles, pelées et en morceaux.

Couvre juste à niveau d'eau chaude assez salée,

Met une gousse d'ail, du laurier et du thym

N'oublie pas d'ajouter un verre de bon vin,

Ferme et met en cuisson deux heures d'affilée,

À petit feu bien sûr, il faut que ça mijote.

Ce plat de fin de mois des montagnes gavottes

Te remplit le palais de fragrances rugueuses.

Il cala l'estomac des gavots et des gueuses

L'arrosant de clinton, ce cépage ardéchois

Qui te chauffe la tète et maltraite le foie.

Mais, comme dit Ferrat il fait des centenaires

Qui ne vont pas souvent chez les apothicaires.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire.

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 cèbes de Lézignan (ou autres oignons doux si vous n'en trouvez pas), - 2 hectos de lards (si possible un peu rance), - 1 kilo de pommes de terre rattes nouvelles, - 1 kilos de rattes vieilles, - 1 cuillerée à soupe de gros sel, - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 2 litres d'eau améliorée d’un verre de vin blanc.

 

Les vins conseillés:

Vous ne trouverez plus de clinton, ce cépage qui poussait sur les arides restanques ardéchoises, car, dangereux, il est interdit et c'est une bonne chose. Mais essayez un de ces rouges étonnants de fraîcheur et de parfums des Coteaux ardéchois : Saint-Désirat, Saint-Joseph, Tournon, La Roche-de-Glun ; des rouges des Corbières ; des rouges des Coteaux varois.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

16/01/2016

Ouiquinde érotique sulfureux avec Jean Cocteau

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La toison d'or



Bouclée, bouclée, l'antiquité.
Plate et roulée, l'éternité.
Plate, bouclée et cannelée, j'imagine l'antiquité.
Haute du nez, bouclée du pied,

plissée de la tête aux pieds.

Plate et roulée, l'éternité,
Plate, bouclée, l'antiquité.
Plate, bouclée et annelée; annelée et cannelée.
Ailée, moulée, moutonnée.

La rose mouillée, festonnée, boutonnée et déboutonnée.
La mer sculptée et contournée.
La colonne aux cheveux frisés.

Antiquité bouclée, bouclée :
Jeunesse de l'éternité !



* * * * * *

 

 

Musée secret



Alice quitte un peu la terre
entre les bras du militaire
malgré ce qu'elle avait promis
formellement à son ami

***

Carmen prompte au plaisir
qui longtemps la secoue
se cramponne au rebord du lit
cabrée à l'avant du roulis
comme une figure de proue

***

Le matelot sous sa chemise qu'il remet
cache aux yeux amoureux de Flora la négresse
son ventre tatoué où préside aux caresses
un Peau-Rouge accroupi fumant le calumet

***

Les sirènes d'un paquebot
Montent la nuit tristement
Céline lave en son hublot
L'orage du dernier amant

***

Silence


oursin de nos narines
dans le désordre
écartelé

à ton odeur rose marine
tout le visage
est attelé

 

 

* * * * * * * *

 

Á Jean Marais



Ah ! Jeannot je chante, je chante
Pour t’avoir le même demain
Car la vie a l’air trop méchante
Sans la caresse de ta main.





Dessin de Jean Cocteau

 

15/01/2016

Rigolothérapie. Ecoute ! Ecoute !

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Un député effectue une tournée de sa circonscription.

Il visite en premier un complexe scolaire et écoute les plaintes des élèves et des profs.

« Monsieur le Député,  le chauffage est vieillot et on s'attend à un hiver rigoureux, nos salles de cours sont exigües et nécessiteraient une réfection, beaucoup de bancs et chaises sont plus que vétustes, toutes les fenêtres laissent passer l'air … etc., etc., etc. »

Après avoir entendu toutes leurs doléances, le Député répond :

« Ne vous en faites pas, tout sera corrigé le plus tôt possible. »
Il monte alors dans sa flamboyante Citroën et continue sa tournée en s’arrêtant à la prison locale.

Là aussi les doléances sont nombreuses notamment celles des détenus :

« Monsieur le Député, on aimerait avoir une meilleure qualité de vie, une amélioration des repas serait la bienvenue, on souhaiterait avoir des draps et des couvertures neuves tous les 6 mois, des TV grand écran, home cinéma, piscine, court de tennis, petites masseuses privées une fois par semaine, etc., etc., etc. »
Après avoir une fois encore entendu toutes les doléances, le Député répond :

« Ne vous en faites pas, tout sera corrigé le plus tôt possible. »

Il retrouve à nouveau sa Citroën et, pendant le voyage de retour, donne des instructions à son secrétaire :

« Alors, Michel, faites envoyer à l’école une équipe de réparations pour remplacer quelques fenêtres et boucher quelques trous,  mais rien d’autre.
Ensuite, faites envoyer une autre équipe à la prison pour installer une piscine, des bains jacuzzi, des bains turcs (hammam),  un sauna, un court de tennis, une salle de loisirs avec un téléviseur de 80 centimètres, etc., etc. »

Le secrétaire, tout surpris, lui répond :

« Mais, ce que vous me demandez, monsieur le Député, n’a pas de sens. »

Et celui-ci de lui répondre:

« Voyons Michel, on est déjà allés à l’école, on n’y retournera plus. Mais pour ce qui est de la prison… on ne sait jamais ! »

 

* * * * * * * *

 

C'est une femme qui rentre dans une église et se dirige vers l'autel où le curé est entrain de préparer son office. Elle lui dit : « Monsieur le curé, j'ai envie de vous, faites moi l'amour ».

Le curé a un mouvement de recul et lui répond : « Mais ma fille remettez-vous, vous n'y pensez pas ? J'ai fait un serment à Dieu et je ne puis faire ce que vous me demandez !

La femme alors, ouvre son manteau sous lequel elle est nue et superbe. Elle réitère sa question avec insistance : « Faites moi l'amour mon père, je n'en peux plus c'est une souffrance pour moi ! ».

Elle s'avance vers le prêtre qui ne sait plus quoi faire. Il regarde à gauche, à droite, personne pour lui venir en aide…

Il lève les yeux au ciel ! La seule présence est cette croix avec le christ accroché à un pilier. Alors, en désespoir de cause et dans un ultime appel, il s'adresse à lui : « Que puis je faire seigneur, par pitié venez moi en aide ! »

Alors Jésus répond : « DECROCHE MOI, CONNARD » !

 

* * * * * * * *

 

Un mari dit à sa femme :

« Chérie j'aimerai mettre mon sexe dans ton oreille. »

La femme dit :

« OK mais fait attention que je ne devienne pas sourde ».

Le mari lui répond :

« Ça fait 40 ans que je te la mets dans la bouche, t'as jamais fermé ta gueule..! Et j ai beau te la mettre dans le cul, tu fais chier quand même ! »Photo X -

 

Droits réservés

 

14/01/2016

Au bistro de la toile : nourriture pour chiens et vieux ; néfaste-food.

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- Tè, Victor, j'ai là une nouvelle qui devrait te plaire ! En Allemagne, une association caritative a organisé un repas festif pour les anciens, pour les « séniors » comme on dit maintenant. Bref, pour les vieux. Et ils leur ont fait manger « une préparation à base de viande de cerf, de pommes de terre et de légumes du jardin ».

 

- Ben dis donc ! Ils les bichonnent leurs vieux les Allemands ! Chez nous, ces repas existent aussi, bien sûr, mais ce n'est que rarement du gibier !

 

- Mouais... À part que cette « préparation à base de viande de cerf, de pommes de terre et de légumes du jardin » était de la viande pour chien, de la « charcuterie pour animaux » !

 

- Et ils en sont mort les petits vieux d'outre-Rhin ?

 

- On n'en parle pas.

 

- Ma foi... De la pâtée pour chiens pour nourrir les vieux, c'est tout de même mieux que le contraire, de la pâtée de viande de vieux euthanasiés pour les chiens. Une sorte d'économie circulaire en quelque sorte. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, disait tonton Antoine Lavoisier ! On se rapproche de « Soleil vert » , ce formidable film prémonitoire sorti en 1973 et qui décrit l'existence de l'humanité en 2022. Les vieux, on les « euthanasie » (on les assassine) à partir d'un certain âge et leur cadavre, comme celui de tous les « inutiles » raflés à pleines pelles mécaniques dans des manifs géantes, sert à faire des pastilles de nourriture pour la surpopulation démente dans un monde glauque, sans arbres, sans fleurs, plein de la merdes jetées par la « croissance » effrénée d'un monde devenu fou.

 

- Après tout, c'est peut-être bon la pâtée pour chiens !

 

- Oh ! Bien assaisonnée, c'est toujours aussi bon que les merguèses des hypermarchés, ou des OGM qu'on bouffera de force lorsque que le Traité transatlantique aura été signé, ou encore la « néfaste-food » des macdo et autres. Il y a quelques décennies, un tel scandale s'est passé en France. Des vieux, trop pauvres avec leur retraite de misère, mangeaient de la pâtée pour chiens. Alors le gouvernement, sous Giscard je pense, a pris une décision pour résoudre ce problème.

 

- Il a augmenté la retraite des vieux...

 

- Tu rigoles Loulle ! Non. Il a élevé les normes sanitaires de la nourriture pour chiens et chats, de façon à ce que les vieux puissent en bouffer sans risques !

 

- Ça c'est de la bonne gouvernance compassionnelle ! Tiens, en parlant de « néfaste-food », j'ai une autre nouvelle, Victor : « Les élus du comité d'entreprise de McDonald’s Ouest Parisien ont déposé plainte pour blanchiment de fraude fiscale et abus de biens sociaux, mettant en cause des pratiques fiscales rendant "impossible" tout bénéfice et donc tout intéressement des salariés, a-t-on appris de source syndicale.

La plainte a été déposée à Paris auprès du procureur de la République financier " pour blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, comptes inexacts, faux et usage de faux, et recel.", a précisé à l'AFP Eva Joly, avocate, avec son confrère Pierre Lumbroso, du CE composé en majorité d'élus Unsa et CGT. »

 

- En voilà une nouvelle qu'elle est bonne, Loulle ! C'est le système bien rôdé de ces multinationales qui créent une entité-mère au Luxembourg ou en Irlande. L’excédent d’exploitation réalisé chaque année dans ces gargotes est de l’ordre de 20 % du chiffre d’affaires en moyenne, mais chaque restaurant verse des redevances exorbitantes à une société défiscalisante basée au Luxembourg à hauteur de 22% du chiffre d’affaires en moyenne. Le bénéfice est donc impossible. Le manque à gagner pour les salariés est grand puisque s'il n'y a pas de bénéfices au niveau comptable, il n'y a pas d'intéressement ! Pour l’État français, ce détournement est colossal. Sans parler des conditions de travail qui ne peuvent s'améliorer puisqu'il n'y a pas de marges ! Pauvres actionnaires de Mac-Do qui risquent leur pognon pour rien...

 

- Lorsqu'on aura le temps, on les plaindra... Allez, à la nôtre !

 

 

11/01/2016

Notre-Dame-des-Landes : à qui profite le crime ?

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Crime, mort d’homme, il n’y en a pas encore eu, contrairement au barrage de Sivens. Il n’empêche que, droit dans ses bottes, le préfet a « sollicité les forces de l’ordre » pour évacuer les tracteurs et les vélos des « fauteurs de troubles », c’est-à-dire » les gens du commun, la vulgaire populace qui ne comprend évidemment rien aux grands problèmes économiques et prétend entraver le glorieux projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (qui, contrairement à son nom, n’est pas dans les Landes, mais quelque part en Bretagne).

 

Seulement les pékins du coin, les bouseux comme les sans-dents sont remontés comme des pendules ! Ouarf ! Putaing ! Ça nous rajeunit ! Comme aux temps flamboyants du Larzac ! Allez les jeunes ! Notre génération à fait reculer l’Armée ! La glorieuse armée françouaise ! Alors les partisans douteux d’un minable aéroport de province… Tè ! Fume !

 

Car est-il vraiment indispensable cet aéroport ? Ce type de grands travaux, traumatisant pour la région et extrêmement coûteux est-il vraiment utile à la collectivité, capable de générer de l’emploi et de dynamiser l’économie de la région qui va l’accueillir et…le subir ? Á qui va-t-il servir ? Qui, dans la région prend l’avion ? Les dizaines de milliers de « Français d’en bas » qui vont subir les conséquences, être expulsés de leurs terres ? Non. Quelques centaines, allez, quelques milliers de privilégiés. Ce type d’aéroport attire, comme la merde appâte les mouches, les compagnies « low cost », parasites de la profession, qui font payer aux collectivités locales leur activité sur ces plateformes.

 

Notre-Dame-des-Landes n’est-il pas plutôt l’expression de la mégalomanie de quelques satrapes locaux voulant péter plus haut que leur cul ? On peut leur conseiller d’aller faire un petit voyage d’étude en Espagne où ils pourront visiter l’aéroport fantôme de Ciudad Real, l’aéroport « piétonnier » de Castellón-Costa Azahar ou encore celui de Huesca. Tous fruits empoisonnés de la folie des grandeurs de « décideurs » stupides et pour certains magouillant sans vergogne avec quelques grandes compagnies de travaux publics…

 

L’affaire est un serpent de mer qui dure depuis 40 ans. Il provient de la folie des grandeurs d’une centaine de chefs d’entreprises acoquinée à la bourgeoisie locale pour décider les « décideurs » locaux. Pourtant, comme l’écrivait déjà le Monde à cette époque : « L'aviation commerciale mobilise d'énormes capitaux pour le bénéfice d'un petit nombre. Cette activité ne subsiste que grâce à l'aide des pouvoirs publics. Elle fonctionne comme un important appareil de redistribution à l'envers où le pauvre paie pour plus riche que lui. Elle mobilise des ressources qui seraient socialement mieux utilisées ailleurs. » Tout est dit. (Il est vrai que le Monde, en 1976, était encore un vrai journal, LE journal de référence en France. Ce temps est bien révolu…)

 

Oui mais, qu’ils disent les bétonneurs, l’aéroport actuel est saturé, perturbe la vie des riverains. Faux. Archi faux ! Il pourrait, avec un aménagement de l’aérogare, décupler son trafic, ce qui ne sera jamais le cas. (L’aéroport de Gatwick, à une quarantaine de km de Londres, traite 34 millions de passagers par an, contre 3,5 à Nantes, dix fois plus, et 242.000 mouvements d’avion, avec une piste plus courte, sans être saturé pour autant !) Qui peut penser qu’on prendra un jour l’avion à Nantes pour un vol direct vers New-York, Shanghai, Rio de Janeiro ou Moscou ?

 

Aujourd'hui, l'aéroport existant Nantes-Atlantique est à 10 km de Nantes. Il est géré par les CCI de Nantes et de Saint-Nazaire et par AGO, aéroports du Grand Ouest, associée à Vinci, omniprésente en France, et TPO, société de travaux publics raflant les gros marchés de la région. Vinci ! Hou ! La la ! Le transfert de l’aéroport libèrerait des dizaines d’hectares convoités avec gourmandise par les promoteurs immobiliers et autres aménageurs ! Au nombre desquels l’inévitable…Vinci. Notez que la piste (3800 mètres contre 3200 à Notre-Dame-des-Landes) resterait en place puisqu’elle la condition sine qua non du maintien de l’usine Airbus !!!

 

Bon. N’en jetez plus. Cet aéroport est une énorme konnerie assortie de juteuses magouilles.

 

Cette stupidité mégalo a été la tombe politique de Ayrault. Et toi, président Normalou, il risque d’être ton Larzac !

 

 

 Photo X - Droits réservés

 

 

09/01/2016

Ouiquinde érotique fort fessu !

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Á Louise Callipyge

 

Ce n'est point votre soueur, marquises et comtesses,
Celle qui dans mes sens fait couler le désir ;
Le robuste idéal de mon charnel loisir,
C'est une grosse fille avec de grosses fesses.

Elle a le corps poilu comme aux rudes faunesses

Et des yeux grands ouverts distillant le plaisir.
Mais dans sa belle chair, le meilleur à saisir
C'est son cul souple et dur, si frais sous les caresses ;

Plus frais qu'en juin la source et qu'aux prés le matin,

Quand il vient en levrette avec un jeu mutin
Au ventre s'adapter d'harmonieuse manière ;

Et rien alors n'est plus gai pour le chevaucher

Que de voir, dans un cadre ondoyant de blancheur,
Le joyeux va-et-vient de l'énorme derrière...

Albert Glatiny




* * * * * * * *

 

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La serveuse

Verger de la Christine aux relents de cloaque, 
Buisson mouillé portant quelques morpions pour baies, 
Une motte à feux roux comme la haie 
En août d'une femme sans époques. 

Mais quelles fesses, voyez-vous ! 
Fesses magistrales, comtales, princières, 
Bonnes à condamner à la dossière 
La verge ponceau des récureurs d’égouts. 

Mais la langue vive et la bouche 
Baveuse et buveuse d'orgeats ! 
Langue fourrée, langue pineuse d'entrechats 
Ou d'entre-fesses ! Et les chibres qu'elle débouche ! 

Goulot d'amour, sa poitrine fleurie, ô ses seins ! 
Mammes roussottes ! Son anus rond : mon ergastule. 
- Gare, Christine ! si jamais je pars et te décule 
Et te brise les colonnades du bassin. 

 

Arthur Rimbaud

 

Photos X - Droits réservés

 

08/01/2016

M'ame Michu et M'ame Chazotte en goguette

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- Alors, M’ame Chazotte, si on se payait un petit resto avec l'Hénorme augmentation de nos pensions ? Hum ! Moi, j’ai envie d’un os à moelle pour commencer, puis de cuisses de grenouilles, après, on verra… J’vais pas souvent au restaurant, mais avec la baisse de la TVA de Sarko reprise par Hollande, on doit pourvoir manger plus pour le même prix !

 

- Ah ! Ah ! Ah ! Impayable M’ame Michu ! V’z’êtes impayable ! La baisse de la TVA, elle passe directement de la poche des con-tribuables – vous, moi - dans les fouilles des gargotiers ! Ils vont pouvoir changer leur 4x4 avec nos sous. Le hold-up de 3 milliards d’euros par an, ça a été fait par les sarko-trafiquants pour récupérer des voix. Et François n'y a rien changé. Si bien que chaque emploi créé coûte 175.000 euros ! Et en plus ils nous font manger de la merde…

 

- Oh ! Comme vous parlez vous alors…

 

- A quelques exceptions près, M’ame Michu, v’savez ce que c’est la manière normale de cuisiner en France ? Faut être moderne ! Faut être moderne ! Sachez que la majorité, l’énorme majorité des cent vingt mille restos de France pratique cette méthode qui consiste à réchauffer, au micro-onde ou, au mieux au bain-marie, des préparations culinaires industrielles achetées à bas prix chez Métro ou autre distributeur équivalent. Et vendues à des prix aberrants. Ils appellent ça la « cuisine d’assemblage », portée aux nues par presque tous les gargotiers de France et de Navarre.  Ils ont même réussi à imposer aux écoles hôtelières françaises ce type de « formation »…

 

- Moi j’en mange des fois des surgelés. Des pizzas surtout.

 

- Ben vous êtes par bégueule… Chez vous, pourquoi pas, mais au resto ! Où est l’authenticité de la cuisine françouaiiise ? Faut dire qu’ils risquent pas grands choses les gargotiers : l’inénarrable Christine Lagarde, à l’époque où elle sévissait comme ministre de l’économie, a signé une « Charte des droits des entreprises du secteur des cafés, hôtels et restaurants ». Objectif de ce torchon chaleureusement applaudit par les dits gargotiers : faire en sorte que les contrôles des agents de la répression des fraudes « se déroulent dans les meilleures conditions possibles ». Autrement dit, les contrôleurs doivent prévenir les contrôlés, ils ne peuvent plus divulguer les résultats de leur travail, un « médiateur » - désigné par la profession ! ! ! -  veille, dans chaque département à « tenter une conciliation » avant toute sanction, enfin, chaque année un comité départemental noyauté par la profession évalue les contrôleurs et donne des bons et des mauvais points. De plus, le nombre des contrôleurs ont été réduit comme la conscience d’un gargotier !

 

- Ben ça alors !

 

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