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20/07/2015

Réflexion depuis mon hamac : la machine à laver les boyaux de la tête !

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Depuis le printemps, les médias nous ont gonflés avec Roland-Garros, les machins d’Europe de basket et en ce moment le Tour de France, sans oublier le raout pour essayer encore une fois de se coltiner dans quelques années les jeux olympiques. Voilà une illustration parfaite de cet élément primordial du contrôle social : la stratégie de la diversion. Elle consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes.

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l'économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

Garder l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux !

 

Et la censure ? Elle revient sous une forme directe contre ces extraordinaires espaces de liberté que sont (qu’étaient ?) les blogs. Ceci à travers des officines douteuses utilisant des logiciels robots. Elle prend la forme d’autocensure chez les professionnels de l’information…qui ménagent leurs employeurs et donc les consortiums financiers, marchands d’armes ou de béton qui les contrôlent.

Toute la subtilité de la censure moderne réside dans l'absence de censeurs. Ceux-ci ont été efficacement remplacés par la « loi du marché » et la « loi de l'audience ». Par le simple jeu de conditions économiques habilement créées, les chaînes de télévision – puisque la télé demeure le plus puissant, le plus influent des média - n'ont plus les moyens de financer le travail d'enquête du vrai journalisme, alors que dans le même temps, le reality-show et les micro-trottoir font plus d'audience avec un coût de production réduit.

 

Même les évènements importants sont traités sous un angle « magazine », par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, un sommet international donnera lieu à une interview du chef cuistot chargé du repas, à des images de limousines officielles et de salutations devant un bâtiment, mais aucune information ni analyse à propos des sujets débattus par les chefs d'états. De même, un attentat sera traité par des micros-trottoirs sur les lieux du drame, avec les impressions et témoignages des passants, ou une interview d'un secouriste ou d'un policier.

 

A ces insignifiances s'ajouteront le sport, les faits-divers, les reportages pittoresques sur les villages de la France profonde, sans oublier les pubs déguisées pour les produits culturels faisant l'objet d'une campagne de promotion (spectacles, films, livres, disques...).

 

            Information déstructurée pour mémorisation minimale. Tous les psychologues et spécialistes des neurosciences savent que la mémorisation des informations par le cerveau se fait d'autant mieux que ces informations sont présentées de façon structurée et hiérarchisée. La structuration et la hiérarchisation de l'information sont aussi des principes de base enseignés à tous les étudiants en journalisme.

 

Or depuis 20 ans, les journaux télévisés font exactement le contraire, en enchaînant dans le désordre des sujets hétéroclites et d'importance inégale (un fait divers, un peu de politique, du sport, un sujet social, un autre fait divers, puis à nouveau de la politique, etc.), comme si le but recherché était d'obtenir la plus mauvaise mémorisation possible des informations par le public. Une population amnésique est en effet beaucoup plus facile à manipuler...

 

C’est bon ça Coco ! C’est bon pour fournir du temps de cerveau disponible à caca-cola !

 

Bon, je retourne vers mon hamac.

 

Photo X - Droits réservés

 

19/07/2015

Ouiquinde gastronomique en Lozère

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Le sac d’os

 

- Dis-moi, sais-tu, petit, ce que c’est qu’un sac d’os ?

- C’est une jeune fille qu’est pour sûr pas très grosse…

- Ce parallèle-là n’est vraiment pas galant,

Pour la gent féminine, c’est bien désobligeant !

Non, petit, un sac d’os, même si c’est étrange,

C’est un plat délicieux, paysan, que l’on mange

Partout dans la Lozère lorsqu’on tue le cochon

Et non pas les appâts d’une maigre Fanchon.

Coupe en petits morceaux les os des côtelettes

En laissant de la viande, et pas qu’une lichette,

Coupe aussi tout petit un bon kilo de couennes

Met la queue du cochon, un peu de péritoine,

Dans une grande jatte, mélange tes parcelles

Avec de l’ail pilé, thym, laurier, poivre et sel.

Généreux sur le sel pour conserver le met,

Tu laisses reposer pendant que tu soumets

L’estomac du cochon à quelques tours de mains :

Retourner, bien gratter au couteau et laver

Soigneusement le tout dans de l’eau vinaigrée.

Puis tu remets d’aplomb cet estomac-saquette

Dans lequel tu ensaches couennes et côtelettes.

Tu fermes le sac d’os en cousant les entrées,

Saupoudre de gros sel et conserve aux frais.

Après trois quatre jours tu dessales une nuit

Alors, dans beaucoup d’eau, tu vas le faire cuire

Serre-le dans un linge pour ne pas qu’il éclate

Et à tout petit feu il mijote sans hâte

Trois ou quatre heures au moins pour qu’il s’épanouisse.

En bouche alors, petit, c’est un feu d’artifice !

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne !

 

Photo X - Droits réservés

 

18/07/2015

Ouiquinde érotique à Lesbos

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Amours de femme


Oui, ce sont des regards de femme
Que cherche son regard brûlant,
Elle a soif de l'ardeur infâme
Qu'une autre sait mettre en son flanc.

Les yeux hagards, le trouble à l'âme,
La langue aux lèvres se collant,
Chacune tour à tour se pâme,
Se tord et retombe en râlant.

Bientôt leur tendresse lascive,
Comme une chaîne qui les rive,
Dresse dans l'ombre leurs tombeaux ;

Et sur la pierre, quand arrive
Le soir à la marche craintive,
Pleurent les filles de Lesbos.



Albert Sémiane (1884)

15/07/2015

CANICULE : VERS LA CLIMATISATION DES AISSELLES

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Chercheur au CIPC de Cros (Saint-Sylvestre, Ardèche), René-Louis Thomas, déconologue émérite, anime l’équipe qui met la dernière main au prototype de climatiseur à aisselles, rendu possible par l’extrême miniaturisation des composants et les progrès de la micro-électronique.

 

« Coiffant » un chapeau de soleil spécifique, très léger, des cellules photovoltaïques de dernière génération fournissent l’énergie nécessaire pour alimenter une minuscule pompe à chaleur inversible, une soufflante pas plus grosse qu’un dé à coudre et une régulation électronique relativement simple.

 

Complètement invisible, ce dispositif peut être connecté à deux conduits souples, transparents ou couleur chair, raccordés aux diffuseurs ergonomiques souples (moulés dans un matériau hypo-anallergique) placés sous les aisselles.

 

Le monde agricole, le secteur du BTP, l’armée…et les simples randonneurs sont intéressés par cette invention qui apporte un confort et une sensation de bien être spectaculaires. Il est évidemment possible de clipser des prolongateurs vers les chaussures ou vers le bas du dos et le scrotum, zones particulièrement sensibles aux effets de la canicule.

 

Chacun sait que l’échauffement des pieds et la macération qui en résulte provoquent des mycoses et il est, par ailleurs, scientifiquement démontré que l’échauffement prolongé des gonades réduit considérablement la fertilité masculine.

 

Qui a dit que les chercheurs français n'étaient pas des trouveurs ?

 

 

Contact presse :Laboratoire d’essais Véga du CIPC – CROS - 07440 SAINT-SYLVESTRE - tomaplats07@orange.fr

 

 Photo X - Droits réservés

 

14/07/2015

14 juillet. Les bastilles à abattre, elles sont au niveau de l'Europe.

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Les bastilles à abattre, aujourd'hui, elles sont au niveau de l'Europe.

La bastille de la Commission européenne, modèle d'anti-démocratie.

Le bastille du parlement européen, siège de l'incompétence et de l’inefficacité.

La bastille du Conseil européen, lieu de toutes les injustices où règne sans partage la loi du plus fort.

Les bastilles, surtout, de la finance et de l'ultralibéralisme sauvage, où le culte du fric balaie toutes valeurs d'humanisme, de solidarité, de justice.

 

Écoutons plutôt Victor Hugo:

 

Célébration du 14 juillet dans la forêt.

Qu'il est joyeux aujourd'hui
Le chêne aux rameaux sans nombre,
Mystérieux point d'appui
De toute la forêt sombre !

Comme quand nous triomphons,
Il frémit, l'arbre civique ;
Il répand à plis profonds
Sa grande ombre magnifique.

D'où lui vient cette gaieté ?
D'où vient qu'il vibre et se dresse,
Et semble faire à l'été
Une plus fière caresse ?

C'est le quatorze juillet.
À pareil jour, sur la terre
La liberté s'éveillait
Et riait dans le tonnerre.

Peuple, à pareil jour râlait
Le passé, ce noir pirate ;
Paris prenait au collet
La Bastille scélérate.

À pareil jour, un décret
Chassait la nuit de la France,
Et l'infini s'éclairait
Du côté de l'espérance.

Tous les ans, à pareil jour,
Le chêne au Dieu qui nous crée
Envoie un frisson d'amour,
Et rit à l'aube sacrée.

Il se souvient, tout joyeux,
Comme on lui prenait ses branches !
L'âme humaine dans les cieux,
Fière, ouvrait ses ailes blanches.

Car le vieux chêne est gaulois :
Il hait la nuit et le cloître ;
Il ne sait pas d'autres lois
Que d'être grand et de croître.

Il est grec, il est romain ;
Sa cime monte, âpre et noire,
Au-dessus du genre humain
Dans une lueur de gloire.

Sa feuille, chère aux soldats,
Va, sans peur et sans reproche,
Du front d'Epaminondas
À l'uniforme de Hoche.

Il est le vieillard des bois ;
Il a, richesse de l'âge,
Dans sa racine Autrefois,
Et Demain dans son feuillage.

Les rayons, les vents, les eaux,
Tremblent dans toutes ses fibres ;
Comme il a besoin d'oiseaux,
Il aime les peuples libres.

C'est son jour. Il est content.
C'est l'immense anniversaire.
Paris était haletant.
La lumière était sincère.

Au loin roulait le tambour...?
Jour béni ! jour populaire,
Où l'on vit un chant d'amour
Sortir d'un cri de colère !

Il tressaille, aux vents bercé,
Colosse où dans l'ombre austère
L'avenir et le passé
Mêlent leur double mystère.

Les éclipses, s'il en est,
Ce vieux naïf les ignore.
Il sait que tout ce qui naît,
L'oeuf muet, le vent sonore,

Le nid rempli de bonheur,
La fleur sortant des décombres,
Est la parole d'honneur
Que Dieu donne aux vivants sombres.

Il sait, calme et souriant,
Sérénité formidable !
Qu'un peuple est un orient,
Et que l'astre est imperdable.

Il me salue en passant,
L'arbre auguste et centenaire ;
Et dans le bois innocent
Qui chante et que je vénère,

Étalant mille couleurs,
Autour du chêne superbe
Toutes les petites fleurs
Font leur toilette dans l'herbe.

L'aurore aux pavots dormants
Verse sa coupe enchantée ;
Le lys met ses diamants ;
La rose est décolletée.

Aux chenilles de velours
Le jasmin tend ses aiguières ;
L'arum conte ses amours,
Et la garance ses guerres.

Le moineau-franc, gai, taquin,
Dans le houx qui se pavoise,
D'un refrain républicain
Orne sa chanson grivoise.

L'ajonc rit près du chemin ;
Tous les buissons des ravines
Ont leur bouquet à la main ;
L'air est plein de voix divines.

Et ce doux monde charmant,
Heureux sous le ciel prospère,
Épanoui, dit gaiement :
C'est la fête du grand-père.


Victor Hugo

13/07/2015

"Deutschland über Alles" ! BASTA

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BASTA du terrorisme que le nouveau Reich allemand fait subir au reste de l'Europe, avec la complicité des boutiquiers de la Hollande et l'aide de supplétifs comme la Finlande, la Slovaquie, les pays baltes et autres passagers clandestins de l'Europe imposées par Tonton Sammy et son caniche Rosbif suite à l'implosion de l'URSS.

 

Les Grecs de Tsipras peuvent faire tout ce qu'ils peuvent, accepter toutes les concessions qu'ils veulent pour complaire à l'Eurogroupe au garde-à-vous devant Bismarkel et l'avorteuton Chat-au-bleu, rien n'y fera. Ce que veulent les Germains (de moins en moins cousins) qui mènent la danse au bal des Eurocrates, c'est SE DEBARRASSER DU GOUVERNEMENT TSIPRAS pour prouver qu'il n'y a pas la place pour un gouvernement authentiquement de gauche en Europe. Ils veulent faire un exemple pour remettre au pas l'Espagne, le Portugal. Et surtout faire planer une menace sur la France, seul pays capable de faire face aux prétentions exorbitantes des Teutons.

 

L'histoire, hélas, se répète. C'est la troisième fois que l'Allemagne met toute sa puissance, son organisation, sa population au service d'un même dessein : dominer l'Europe...en la transformant en champs de ruines ! Ce qu'elle n'a pas réussi, au prix de millions de morts, par les armes, elle est en passe de le réussir par l'économie. Et, le pire, en toute bonne foi... Ce que redoutait, avec lucidité et dépit leur ancien ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer qui expliquait en 2012 qu’« il serait à la fois tragique et ironique que l’Allemagne réunifiée provoque pour la troisième fois, par des moyens pacifiques cette fois et avec les meilleures intentions du monde, la ruine de l’ordre européen ».

 

Varoufakis, le charismatique autant que très compétent ex ministre de l'économie grecque, ne s'y trompe pas : « Ma conviction, écrit-il dans une chronique parue dans le Gardian britannique, est que le ministre des Finances allemand veut que la Grèce soit poussée hors de la monnaie unique pour insuffler la crainte de Dieu chez les Français et leur faire accepter son modèle d'Eurozone disciplinaire. »

 

Et qu'est-ce-qu'ils disent les Français ? Rien ou pas grand-chose. Hollande et Sapin veulent donner le change en proclamant du bout des lèvres « qu'il faut tout faire pour maintenir la Grèce dans l'Euro. » Mais, Nom de Zeus, qu'attendent-ils pour ouvrir enfin leur gueule ? Et dire leur fait à nos « amis allemands ».

 

Le blocage paranoïaque autour de la crise grecque, les braillements qui l'accompagnent assortis de nauséeux relents nationalistes sont en train de mettre en pièce soixante ans d'efforts consentis par toute l'Europe, et en premier chef l'Allemagne elle-même, pour remettre ce pays dans le concert européen et lui accorder la confiance qu'elle mérite. La germanophobie monte dans toute l'Europe. Et – pour de stupides questions de boutiquiers – voilà que, dans l'esprit des peuples d'Europe, le Bôche renaît tandis que l'Allemand s'efface.

 

L’arrogance des députés, des fonctionnaires et des ministres d'outre-Rhin qui font passer les Grecs pour des imbéciles, des corrompus et des fainéants, dépasse l’insolence. La stratégie de la chancelière, qui ne fait qu’inciter les spéculateurs à faire grimper les taux d’intérêts vis-à-vis de la Grèce jusqu’à ce que sa faillite devienne inévitable, relève de l’irresponsabilité la plus totale face à ses partenaires européens.

 

Et si ceux-ci exigeaient non pas le « Grexit » mais la sortie de l'Allemagne de la zone euro ? Parce que les problèmes de la monnaie européenne viennent moins de la Grèce que du soi-disant bon élève allemand. L'euro a été créé par les Allemands, pour les Allemands. C'est en fait le mark qui a changé de nom. D'ailleurs, c'est le mark qui a servi d'étalon (1 euro = 2 marks) et c'est en Allemagne que se trouve la banque européenne. Conçu pour l'économie allemande, basée sur l'exportation de machines-outils et de grosses voitures, produits toujours demandés par les pays se développant et donc s'industrialisant. Et pas pour les pays du sud comme la Grèce, sans industrie et important presque tout. Cette monnaie forte a, en quelques années, ruinée les pays du sud, avec la complicité des banques (allemandes et françaises pour le cas de la Grèce) poussant ces pays et leurs populations à vivre à crédit quasiment sans compter. On sait ce qu'il est advenu : endettements insupportables des particuliers, des entreprises, des états. Crise et hold up faramineux : les banques privées, mises à mal par leur gestion irresponsable (prêts inconsidérés) ont refilé leurs dettes au public. Les pays les plus faibles, ou les plus réceptifs aux sirènes des banquiers-banksters, se retrouvent endettés jusqu'au cou, donc à la merci de leurs créanciers. Et ceux-ci leur imposent des plans d'austérités aberrants, le saccage des services publics, la privatisation-braderie des meilleurs fleurons industriels et économiques, la baisse des salaires, la misère pour les populations pauvres et le pillages des richesses par les riches locaux ou étrangers, avec évasion des capitaux, etc. Voilà le résultat du système ultralibéral triomphant.

 

Pour en sortir, pourquoi ne pas « conseiller » fermement à l'Allemagne, seule bénéficiaire de l'euro, de reprendre son cher mark ? On les voit d'ici, nos « cousins germains », avec leur sentiment de supériorité, mépriser ceux à qui ils auront laissé un euro qui perdra immédiatement de sa valeur. Mais l'euphorie ne durerait pas longtemps... Car qu'est-ce qui arriverait alors ? Le mark serait immédiatement réévalué de 30% au moins. Quel bonheur et quelle chance pour le reste de l'Europe ! Car ceci donnerait un énorme avantage concurrentiel à l'Italie, à la France et à tous les autres pays de l'euro, générant un véritable boum des exportations, en particulier...vers l'Allemagne ! Et qu'est-ce qu'ils feront les Allemands avec leur beau mark puissant ? Le fameux « made in Germany » deviendra trop cher et les exportations allemandes s'effondreront. Ce que la France, l'Italie, l'Espagne et autres vendront en plus, c'est autant que les entreprises allemandes ne vendront plus ! Le chômage augmentera, de même que la dette publique, creusée par l’accroissement des allocations à verser. La croissance allemande, qui repose exclusivement sur les exportations, s’essoufflera. Le coût de la main-d’œuvre augmentant, le gel des salaires deviendra inévitable. Puis, au bout de quelques années, viendra le temps des privations. Sans oublier les pertes des banques et assurances allemandes par une diminution automatique de leurs avoirs européens (600 milliards d'euros). Pertes qui se monteraient à 200 milliards.

 

C'est ça qu'ils veulent nos « amis allemands » ? C'est ça la saine gestion de ces gens qui prétendent donner des leçons à tout le monde ? Parce que le « grexit », s'il a lieu, marquera le point de départ de la désintégration de l'euro. L'Espagne sortira, le Portugal aussi, pourquoi pas l'Italie et la France ? Ce qui reviendra au même que la sortie de l'Allemagne !

 

Les conditions qui se dessinent à Bruxelles sont monstrueuses. Humiliation d'un pays que l'on prétend mettre sous tutelle. Vol des meilleurs actifs grecs qui seraient mis virtuellement à l'abri chez le receleur luxembourgeois. Colonisation politique de la Grèce avec une supervision en amont de toutes les décisions de ce pays. Etc.

 

Et puis, il faut sortir de cette mentalité de boutiquiers qui ne voient pas plus loin que le bout de leur carte de crédit. La Grèce peut trouver auprès de la Russie les quelques sous qu'on lui refuse.

 

La flotte russe au Pirée, c'est ça la vision géopolitique de Frau Merkel ?

 

Les flots de réfugiés auxquels la Grèce donnera généreusement un visa pour traverser son territoire pour aller en Allemagne, en Suède, en France, c'est ça qu'il veut le ridicule Chat-au-bleu ?

 

Le « couple franco-allemand » n'est plus qu'une illusion. Alors, François, tu as les cartes en mains. Et tes cartes sont meilleures que celles de Frau Merkel. Tu peux (enfin, la France) sauver l'Europe, lui redonner une colonne vertébrale, un sens et un avenir autre que celui d'une grosse larve économique, voire une dictature molle.

 

La Teutonne n'est qu'une boutiquière égoïste, dogmatique, arrogante et brutale. Son action imbécile est en train de détruire l'Europe une nouvelle fois. Montre-toi à la hauteur. Fais-nous voir que tu en as !

 

Sinon, cette construction européenne qui se fait contre les peuples devient nuisible et n'a plus de raison d'être. C'est devenu une dictature froide, il faut la laisser crever.

 

Et repartir sur de nouvelles bases, avec un nouveau traité, et des partenaires restreints.

 


Photo X - Droits réservés

 

12/07/2015

Gastronomie du ouiquinde du 14 juillet : l’homo parasitus en croûte d'argile.

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Prenez un homo parasitus bien gras

C’est facile à trouver, il n’y a pas d’embarras :

Banquier, patron voyou ou élu cumulard

Curé, imam, rabbin, juge, flic ou bavard,

Faites à votre goût, ou selon l’arrivage,

Sans souci de couleurs, de sexe ou bien d’âge.

Tous sont aptes à fournir matière à bon mâchon.

A défaut, vous pouvez vous servir d’un cochon

Il doit être saigné, vidé, émasculé

Si mâle (garder les attributs dans du lait)

Garnissez l’intérieur d’herbes aromatiques,

Thym, romarin, oignons coupés façon rustique,

Quatre ou cinq têtes d’ail, trois poignés de gros sel,

Salez bien tout le corps, cuisses, dos, fesses, aisselles,

Entourez le porc long de feuilles de fougères

Puis recouvrez le tout d’argile ménagère.

Vous avez préparé, à l’avance, un foyer

Dont le fond est garni de pierres, de galets

Chauffés à blanc par un grand feu de bois bien sec.

Dégagez-en les braises, allongez-y le mec,

Puis recouvrez de braises, de pierres et de terre,

De saisines d’huissiers, de relevés bancaires…

Laissez cuire douze heures, au moins, à l’étouffé,

Cette douce cuisson efface les méfaits.

Enfin, sortez le mets de sa croûte de gangue

Et régalez vous en, ça craque sous la langue !

Ainsi, même les pires, retenons la leçon,

Peuvent avoir du bon : c’est question de cuisson !

 

 

Illustrations X – Droits réservés

 

11/07/2015

Ouiquinde érotique plutôt voyeur...

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L'occasion perdue recouverte 


(...)
Par une secrette avenue,
Il fut dans son appartement,
Et la trouva nonchalamment
Dormant sur son lit étendue :
Mais, dieux ! que devint-il alors ?
En approchant de ce beau corps,
Il eut de mouvements étranges,
Lorsqu'une cuisse à découvert
Lui fit voir le bonheur des Anges
Et le ciel de l'Amour ouvert.

Dans cette agréable surprise
Où Cloris n'avait pas songé,
Elle avait assez mal rangé
Et ses jupes et sa chemise ;
Lisandre aussi, trop curieux,
Vit lors les délices des dieux,
La peine et le plaisir des hommes,
Nôtre tombe et nôtre berceau,
Ce qui nous fait ce que nous sommes
Et ce qui nous brûle dans l'eau.

Aimant de la Nature humaine,
Bijou chatouilleux et cuisant,
Précipice affreux et plaisant,
Cruel repos, aimable peine,
Remède et poison de l'amour,
Bûcher ardent, humide four
Où les hommes se doivent cuire,
Jardin d'épines et de fleurs,
Sombre fanal qui fait reluire
Nos fortunes et nos malheurs ;

Nid branlant qui nous sert de mue,
Asile où l'on est en danger,
Raccourci qui fait allonger
La chose la moins étendue,
Fort qui se donne et qui se prend,
Œil couvert qui rit en pleurant,
Bel or, beau corail, belle ivoire,
Doux canal de vie et de mort
Où, pour acquérir de la gloire,
L'on fait naufrage dans le port.

Petit trésor de la Nature, 
Etroite et charmante prison, 
Doux tyran de nôtre raison, 
Vivifiante sépulture, 
Autel que l'on sert à genoux, 
Dont l'offrande est le sang de tous, 
Sangsue avide et libérale, 
Roi de la honte et de l'honneur, 
Permettez que ma plume étale 
Ce que Lisandre eut de bonheur. 

Beau composé, belle partie,
Je sais bien que, lorsqu'il vous vit,
II n'observa dessus ce lit
Ni l'honneur ni la modestie ;
Mu d'amour et de charité
Il couvrit votre nudité,
Pour faire évaporer sa flamme,
Et savoura tous les plaisirs
Que le corps fait sentir à l'âme
Dans le transport de nos désirs

Ce beau dédale qu'il contemple
Avec des yeux étincelants
Fait naître et couler dans ses sens
Une ardeur qui n'a point d'exemple.
Ce feu qui consume son cœur
Porte partout sa vive ardeur,
Eclate enfin sur son visage.
Et ce lâche de l'autre jour (1),
Se raidissant d'un fier courage,
Ecume le feu de l'amour.

Plein d'ardeur, d'audace et de joie 
De remporter un si beau prix, 
Le galant sauta sur Cloris, 
Comme un faucon dessus sa proie, 
Quand cette belle, ouvrant les yeux, 
Vit Lisandre, victorieux, 
Forçant ses défences secrètes, 
Et, la tenant par les deux bras, 
Entrer, tout fier de ses conquêtes. 
En un lieu qu'on ne nomme pas. 
(...)

 

Jean Benech De Cantenac (1630-1714) 

 

In Poésies nouvelles et autres œuvres galantes (1662) ce poème d’amour fut attribué un temps, par erreur, à Corneille. On ne prête qu’aux riches

 

(1) dans une précédente tentative, Lisandre…resta piteusement en panne !

 

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

10/07/2015

Coup de force: l’autorisation de la poubelle nucléaire de Bure cachée dans la Loi Macron !

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Ce gouvernement est sans vergogne : il vient de glisser sournoisement, dans la très droitière Loi Macron, un amendement présenté avec l’assentiment de l’Élysée et défendu à l’Assemblée par le ci-devant Brottes François, président PS de la commission spéciale, reprenant mot pour mot l’amendement du ci-devant Longuet, parlementaire de droite ayant parfois affaire à la justice. Objet de cet amendement : ouvrir la voie au projet « Cigeo », présenté par l’ANDRA (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) d’enfouissement en sous-sol des déchets radioactifs sur le site de Bure, en Lorraine. Cette disposition avait déjà été glissée en décembre 2014, toujours à la sournoise, dans le projet de loi « pour la croissance et l’activité », mais retiré in extremis devant la levée de bouclier des Verts et des associations de lutte contre les projets nuisibles et récurrents des nucléocrates. Eh bien cet amendement a été adopté, comme toute la Loi Macron, avec ce déni de démocratie qu’est le « 49/3 », procédure totalitaire permettant à l’exécutif de s’assoir allègrement sur le législatif !

On va donc pouvoir enfin mettre en route ce camouflage des raclures de l’industrie nucléaire, déchets hautement dangereux, et pour des milliers d’années…

Rappelons ce qu’est ce « centre de stockage géologique des déchets radioactifs » à Bure. Il s’agit de créer un centre de stockage des déchets atomiques résultant de l’activité des centrales électronucléaires. Pour ce faire, l’ANDRA (l’organisme en charge de cette réalisation) doit creuser dans le sous-sol argileux de Bure (petite localité de Lorraine) des puits d’accès, des galeries de circulation et des loges où seront entreposés pour des millénaires et des millénaires des conteneurs d’acier emplis des déchets nucléaires vitrifiés. Á charge pour l’Andra de faire en sorte que ce stockage soit réversible, c’est-à-dire que – si l’avancement de la science le permet dans l’avenir – ces colis soient récupérables ! Ce qui n’est pas évident comme l’a montré un incendie dans une installation similaire aux Etats-Unis…

Ce pilote industriel devrait permettre de tester sur le terrain, en vrai situation, l’ensemble des équipements, avec de faux colis d’abord puis avec de vrais colis radioactifs représentatifs de tout ce qui devra être stocké. Ces tests devront prouver la réversibilité du procédé en montrant que tous ces colis sont récupérables durant une centaine d’année ainsi que la qualité et la durée du scellement des alvéoles de stockage. L'Andra prévoit un démarrage lent, puis une montée en cadence jusqu'au 3.000 colis par an, la vitesse de croisière visée.

Suite aux luttes des opposants au projet, celui-ci a subi quelques évolutions :

- l’acheminement des colis se fera uniquement par voie ferrée (avec création d’une voie finale spécifique) ;

- le creusement des galeries se fera grâce à un tunnelier (technique éprouvée et meilleure maitrise des coûts) ;

- les alvéoles de stockage des colis radioactifs vitrifiés pourront atteindre cent mètres ;

- la descente de ces colis se fera par un système de funiculaire de façon à ce que les moteurs soient en surface donc toujours accessibles.

Ces évolutions sont positives, mais qu’en est-il de la mémoire à très long terme de ces sites ? Et que penser de la sureté du site à long terme, qui dépend uniquement des propriétés géologiques de la couche d’argile à 500 mètres de fond ? Ça, ce n’est pas le souci des nucléocrates… Les générations futures n’auront qu’à se démerder avec !

Au-delà des dangers de ce stockage, il convient de s’interroger sur la manière de faire passer cette décision engageant les générations à venir : en toute mauvaise foi, sournoisement, en glissant ce « cavalier » (disposition qui n’a rien à voir avec l’objectif de base du projet de loi, et donc inconstitutionnelle).

Dès lors, comment accorder quelque confiance que ce soit à un gouvernement qui non seulement renie avec une remarquable constance ses promesses électorales et donc trahit ses électeurs (dont je fus…), mais qui utilise des dispositifs autoritaires antidémocratiques (le recours au « 49/3) ?

Vivement un Syriza ou un Podemos français ! On peut toujours rêver…

 

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09/07/2015

Grandes voix : Pierre Rabhi, semeur d'espoirs

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« Le superflu est sans limite alors qu'on n'assure pas l'indispensable... »

 

C'est quoi être en vacances ?

Le concept contemporain des vacances est un phénomène assez nouveau, qui va de pair avec la modernité. Le travail mobilise autant qu’il immobilise, de façon très institutionnalisée, contre rétribution. Il engendre le besoin d’un espace où l’individu peut se retirer momentanément, prendre du temps pour lui-même. La plupart des civilisations antérieures, souvent agraires ou nomades, ne connaissaient pas cette notion. Je n’en ai par exemple jamais entendu parler durant mon enfance, jusqu’à la découverte de mines houillères dans nos terres ; les Français sont alors venus les exploiter, embauchant du personnel et instaurant en même temps que ce type de travail de brèves périodes de vacances. Auparavant notre vie était cadencée par le travail de la terre, qui alterne les périodes d’activité avec les saisons dites « mortes ». L’hiver, saison où l’on ne peut agir, il n’y avait pas de travaux des champs, les phases de repos étaient déterminées par la nature et non par une organisation sociale particulière.

 

Aujourd’hui, dans le cadre de cette sorte de servitude quasiment à vie qu’est devenu le travail, où il faut chaque jour aller pointer, les vacances représentent naturellement un moment bienvenu, mais le temps de souffler, à peine a-t-on repris quelques forces qu’il faut reprendre le collier – expression en elle-même très évocatrice de la condition humaine dans le monde actuel.

 

Mais peut-on légitimement considérer les vacances comme un temps vraiment libéré ou bien encore soumis à des comportements prédéterminés par des attitudes collectives standardisées ? Il faut bien admettre que là aussi le profit règne. Quand les vacanciers vont passer un séjour à l’étranger ils deviennent des touristes actifs et alimentent ainsi l’économie du pays. A contrario, les troubles actuels dans les pays du Maghreb ont fait reculer le tourisme et l’on constate déjà le sérieux déséquilibre financier que cela induit. L’importance attribuée au tourisme dans ces pays les a d’ailleurs affaiblis, cette politique menée par leurs gouvernants est regrettable dans la mesure où elle les rend dépendants de l’extérieur au lieu de les inciter à cultiver leurs propres ressources naturelles. Ce type de dépendance se paye malheureusement très cher, lorsque des troubles graves affectent les nations.

 

Le temps libre est bel et bien transformé en temps économique, il n’est plus consacré à la méditation, à l’épanouissement de l’esprit, au fait de se retrouver soi-même. Une vie de labeur ponctuée de quelques pauses pour faire des glissades sur la neige ou quelques bains de mer. Les vacances comme parenthèses dans un temps de travail parfois excessif sont-elles suffisantes pour régénérer notre être profond ? Cette question ne vient pas remettre en cause les activités nécessaires à notre survie mais interroge la répartition du temps dédié à l’avoir par rapport à celui qui concerne l’être. Selon les cadences millénaires auxquelles se sont adaptées les civilisations, c’est aux beaux jours d’été que la nature est en effervescence, l’hiver elle entre en dormance ; aujourd’hui les vacances estivales induisent plutôt une cessation du travail. L’administration du repos en fonction de l’économie et non selon les rythmes naturels de la terre et de ceux l’espèce humaine est complètement artificielle, c’est une sorte d’anomalie. Le véritable repos est plus harmonieux : la nature, les animaux, les sols et l’homme devraient goûter ce répit à l’unisson, c’est un temps d’inspiration très puissant où puiser des ressources vitales avant de reprendre une activité.

 

* * * * *

 

Des songes heureux pour ensemencer les siècles...


Sachez que la Création ne nous appartient pas, mais que nous sommes ses enfants.
Gardez-vous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également enfants de la Création.


Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière.
Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude.


Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don.


Sachez établir la mesure de toute chose.


Ne faites point de bruit inutile, ne tuez pas sans nécessité ou par divertissement.


Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu’ensemble ils enfantent, et l’oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que la terre.


Soyez très éveillés lorsque le soleil illumine vos sentiers et lorsque la nuit vous rassemble, ayez confiance en elle, car si vous n’avez ni haine ni ennemi, elle vous conduira sans dommage, sur ses pirogues de silence, jusqu’aux rives de l’aurore.


Que le temps et l’âge ne vous accablent pas, car ils vous préparent à d’autres naissances, et dans vos jours amoindris, si votre vie fut juste, il naîtra de nouveaux songes heureux, pour ensemencer les siècles.

 

 

Pierre Rabhi, Extrait du Recours à la Terre, Terre du ciel, 1995

 

 

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06/07/2015

BRAVO ELLAS ! Quel superbe OXI more.

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HEU-REUX ! Je suis heureux ! Presqu'au bord de l'orgasme !

Car les Grecs ont dit NON, avec enthousiasme,

A tous ces charognards qui saccagent leur vie

A tous ces eurocrates écrasant à l'envi

Jusqu'à leur dignité. Avec quelle arrogance

Ces suppôts des banksters menaçaient leur pitance...

Les merdias ont créé un climat anxiogène

Pour influer le vote de ceux que l'OXI gène

Ils ont tué l'information publique...

Qui ça « ils » ? Cette clique

De collabos au service de la Troïka

Qui désespère Plaka.

Ces docteurs Diafoirus du tout austéritaire

Saignant à blanc la Grèce, lui donnant moult clystères

Pour mener à la mort leur malade « guéri ».

Ont-ils quelque culture, ces margoulins pourris ?

Et savent-ils au moins qu'Europe (Εὐρώπη ) est fille grecque ?

Qu'au pays d'Epicure, eux n'étaient que métèques ?

Savent-ils seulement que la démocratie (δημοκρατία )

N'est pas née à Berlin, ni à Londres ou ici

Mais sur les agoras de Patras ou d'Athènes

Par les voix de Socrate, Platon ou Démosthène.

Pousser au désespoir un peuple à l'agonie

Est toujours dangereux pour le bourreau honni.

Les ultralibéraux les ont mis dans la merde,

Les Grecs ont voté NON, ils n'ont plus rien à perdre.

Tsipras, Varoufakis ne se paient plus de mots

Sachant comment sauver la Grèce de ses maux.

Ces maux ? Les armateurs, banquiers et proprios,

Les popes gras et gros qui s'exemptent d’impôts,

Tous les Papandréou, tous les Caramanlis

Politicards véreux, qui ont de père en fils,

Saccagé sans vergogne le pays de Platon

Au profit des banksters, ces sinistres gloutons...

Puis vinrent les vautours au hideux cou pelé,

Fouailler les tripes chaudes du lion affalé :

Marchands d'armes, banquiers de l'Europe du nord,

Déchirèrent la Grèce avec leur groin de porc.

C'est la sainte curée, le bal des branquignoles,

Les Chinois au Pirée, les Boches à l'Acropole...

Et les Grecs laissaient faire tous ces puants sagouins

Jusqu'à ce que Tsipras vint et qu'il tape du poing !

Regardez le Junker :

Plein la gueule !

Regardez la Merkel :

Plein la gueule !

Regardez le François :

Plein la gueule !

Surtout le Chat-au-bleu :

Plein la gueule !

Et tous ces plumitifs, tous ces canards laquais

Dans la main de leurs maîtres attendant la béquée,

Plein la gueule !

Heureux peuple hellène qui peut s’enorgueillir

D'avoir des dirigeants qui luttent sans faillir.

Chez nous, qui est Tsipras ? Où est Varoufakis ?

Nous n'en avons ni l'ombre, ni l'ébauche ou l'esquisse...

Nous, nous avons François, l'excité du zizi...

Avec en vue Marine, où pire : Sarkozy...

Disparaissez, faquins ! Retournez dans vos bauges,

Les rats vous fêteront et feront votre éloge.

 

 

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05/07/2015

Ouiquinde gastronomique GREC !

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Perrine

 

Perrine dansait nue sur la grève luisante,

Pieds légers, ondulante, bras tendus vers Phébus,

Dans les fraîches senteurs de l’aurore naissante,

Elle sacrifiait au culte de Vénus.

 

 

Sa taille se ployait jusqu’à frôler l’arène

Puis elle s’élançait pour caresser les cieux,

Ventre offert, seins dressés, plus fière qu’une reine.

Perrine avait vingt ans et tutoyait les dieux.

 

 

Un grand faune barbu, velu et chevelu

A la flûte de Pan rythmait la sarabande.

Il dévorait des yeux le corps de son élue

 

 

Et savait que bientôt il aurait sa prébende.

Il sauta sur la nymphe, l’entraîna dans la mer

Où il la posséda d’une étreinte primaire.

 

 

La salade crétoise

 

- En ce temps-là petit, la Grèce était à terre,

Écrasée sous le joug de troufions sanguinaires :

Des colonels bornés alliés à des popes

Martyrisaient sans fin le berceau de l’Europe.

Pourtant à Màtala, au fin fond de la Crête

Existait une baie retirée et discrète

Où quelques chevelus à la barbe fleurie

Vivaient en troglodytes dans de curieux abris,

Grottes aménagées dans le roc des falaises

Qui regardent la mer jusqu’au Dodécanèse.

Ils vivaient là heureux, simplement différents,

Tolérés des Crétois, oubliés des tyrans.

Sur la plage, la nuit, au son des bouzoukis

Ils dansaient jusqu’aux transes d’aériens sirtakis

Buvant force hanaps de vin à la résine

Tout en mangeant tomates, oignons et aubergines.

- Alors dis-moi, Victor, ce régime crétois

Dont on nous parle tant. Qu’est-ce que c’est d’après toi ?

- Avant tout des légumes de façon exhaustive,

Du poisson, du fromage et de l’huile d’olive.

Le plat de tous les jours : la salade crétoise

Qui rappelle parfois la salade niçoise.

Tu coupes des tomates assez mures en tranches,

Des morceaux de fêta, fromage à pâte blanche,

Tu épluches un concombre et le coupes en rondelles,

Un poivron vert coupé, sans pépins ni carpelles,

Tu éminces un oignon, cisèle des pourpiers

Et tu ranges le tout dans un grand saladier.

Ajoute une poignée de belles olives noires,

Ça apporte du goût et en plus, ça fait boire.

Tu assaisonnes avec beaucoup d’huile d’olive,

Poivre, jus de citron, fleur de sel, quelques cives.

C’est un plat délicieux, remontant, simple à faire

Et qui - c’est reconnu - fait de verts centenaires !

Voilà ce que mangeait le faune de Perrine

Avant de l’entraîner dans des amours marines.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 12 tomates, - 3 concombres, - 3 poivrons verts, - 3 oignons doux, - la valeur de 3 bols de pourpiers (c'est une plante très commune, avec de petites feuilles épaisses et arrondies, presque grasses, sur des tiges un peu rosées. Les jardiniers les arrachent comme des mauvaises herbes et c'est pourtant l'une des bases du fameux régime crétois ! Ne garder que les feuilles, pas les tiges.) - quelques cives si vous en avez, - 3 hectos de feta coupée en petits dés, - 3 poignées d'olives noires dénoyautées, - 1 quart de litre d'huile d'olive, - sel, - poivre, - le jus de deux citrons.

 

Les vins conseillés:

Les crétois boivent beaucoup de vin blanc à la résine, mais à défaut, essayez avec des vins blancs secs des Côtes-du-Rhône, Coteaux-du-Tricastin, Coteaux-du-Diois, Coteaux-du-Luberon, Côtes-du-Ventoux, Costières-de-Nîmes.

En vins du Languedoc: Picpoul-de-Pinet, blancs de La Clape.

En vins de Provence: Cassis, Palette, Coteaux-d'Aix.

 

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03/07/2015

Référendum en Grèce : le rire des hyènes...

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Écoutez le sale rire inquiet des hyènes qui souhaitent la mort de la Grèce à travers la mort de Syriza ! Tous les politicards ultralibéraux, qu'ils soient nationaux ou européens, font pression sur le malheureux peuple grec pour qu'il « vote comme il faut » ! Ils sont soutenus dans leur tâche de fossoyeurs de la liberté par les merdias aux ordres, les canards laquais où sévissent une cohorte de « journalistes » formatés par et pour la doxa ultralibérale. L'ennemi à abattre : Syriza qui ose défier le monstre.

 

Car l'objet, pour les institutions européennes et leurs séides, n'est pas de sauver ou non la Grèce, mais d'écraser, par tous les moyens, le gouvernement Syriza, ces « malotrus », ces gueux, ces gens du « peuple » qui osent s'élever contre leurs maîtres ! Il faut non seulement écraser Tsipras et son gouvernement, mais il faut leur infliger un châtiment exemplaire, une punition suffisamment dure pour qu'elle serve d'exemple à toutes les autres nations qui auraient l'idée de ne pas se plier aux diktats des « institutions », mot plus neutre que la troïka honnie. Ces institutions, ce sont la banque centrale européenne (institution en dehors de tout contrôle démocratique), le Fond monétaire international (bras séculier de l'ultralibéralisme sous direction réelle étazunienne, en dehors de tout contrôle démocratique), la Commission européenne (où sévissent des technocrates élus par personne, agissant en dehors de tout contrôle démocratique). Leur vraie mission est de protéger, conforter, promouvoir un système bancaire prédateur vicié et pourri jusqu'à la moelle. Syriza, pour ces gens, c'est la bête à abattre car elle représente la première alternance politique en Europe depuis sa création.

 

Cette Europe des marchés, celle des Delors, Barroso, Junker (spécialiste reconnue de toutes les magouilles liées à l'évasion fiscale et aux multinationales), est moribonde. Elle remue encore, mais par l'action des vers qui grouillent dans sa carcasse. Mais ses relents empestent pourtant toujours. L'Europe des fondateurs, celle de la paix et de la solidarité entre les nations, est bien morte, remplacée par cette grosse larve invertébrée, sans structure ni projet autre que d'enfler inconsidérément et d'instaurer une concurrence « libre et non faussée » entre les peuples qui la composent et maintenant la subissent. Une Europe qui méprise les peuples. Et refuse de les entendre. Il n'est que de voir comment a été traité la volonté du peuple français lors du référendum de mai 2005... « Circulez! Vous êtes trop kons pour comprendre des enjeux qui vous dépassent ». Toute velléité de protestation est traitée de « populiste ». Il est vrai que dans populiste, il y a peuple. Pouah ! Quelle horreur ! Comment avons-nous pu nous laisser abuser par des traités (de Maastricht et de Lisbonne) qui puent le mépris du peuple ? Qui sont uniquement dévolus au profit de la finance et du mercantiliste des multinationales ? Qui persécutent et pillent les peuples au profit des puissants, des voyous, des nantis, des salauds ? Et la bête à abattre, aujourd'hui, c'est Syriza, considéré dès son avènement démocratique non pas comme un partenaire mais comme un ennemi à terrasser.

 

Pour les « institutions », il faut détruire l'espoir soulevé par Syriza. Par tous les moyens. Sait-on pour quel genre de chose Tsipras à renversé la table ? Parce qu'au-delà d'un cadrage général de son économie, totalement délirant, la troïka prétend s'immiscer dans tous les compartiments de la vie de la Grèce et des Grecs. Par exemple, elle a refusé une augmentation du taux de l’impôt sur les sociétés que Syriza proposait de passer de 26 à 29 % ; elle a refusé une taxe exceptionnelle de 12 % sur les profits supérieurs à 500.000 euros ; elle a refusé la taxation des jeux en ligne  ; elle a refusé la taxation des armateurs (Protection des riches). Par contre cette troïka a refusé le maintient d'une petite allocation supplémentaire de solidarité pour les retraites les plus pauvres ; elle a refusé le subventionnement du diesel pour les petits paysans. Elle n'a que faire des conditions de vie de la population grecque poussée par une austérité aberrante au suicide, à l'abaissement de l'espérance de vie, à la ruine de la qualité des soins médicaux et hospitaliers.

 

Les Grecs vont voter dimanche. Mais le contrôle des capitaux institué dès le lundi 29 juin, les restrictions pour les déposants d'avoir accès à leur argent, les campagnes de presse prédisant l'apocalypse, les menaces en tous genres, tout est mis en œuvre pour aiguiller les Grecs à « bien voter », donc à dire Oui à la continuation de l'austérité, Oui au dépouillement du pays, Oui à toutes les privatisation et donc au pillage de ses ressources (il y a du pétrole au sud de la Crête ! Beaucoup de pétrole !!!).

 

Les « men in black » de Bruxelles, avec leurs complices de Berlin et de Paris, espèrent écraser l'espoir venu de Grèce. Ceci pour montrer aux Espagnols et aux Portugais, qui vont bientôt voter, l'exemple du « désastre grec » et les inciter à « bien voter » et ne pas contester l'ordre germanique qui prévaut actuellement au sommet de l'Union Européenne.

 

Et nous dans cette histoire, qu'est-ce qu'on fait. François, comme d'hab, se met à plat ventre devant la Teutonne...

 

Quand aurons-nous le courage des Grecs de nous débarrasser de cette « classe » politique menteuse, inefficace et arc-boutée sur ses privilèges ?

 

A quand une 6ème République ?

 

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01/07/2015

Au bistro de la Toile : il paraît qu'il fait chaud !

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- Il fait chaud ! Il fait chaud ! Eh ! C'est l'été non ? Qu'est-ce qu'il y a d'anormal ? Et puis, c’est tout bon pour les mastroquets ça : si les gens ont trop chaud, ils auront soif, et alors ils viendront au bistro !

 

- T’entends Bert. Ce puteng de Loulle, finalement c’est un grand optimiste : il voit le bon côté des choses… Surtout pour son portefeuille.

 

- Attend, Victor, ils nous gonflent les aliboffis avec des conneries qu’on n’y comprend rien. On parle de la montée du niveau de la mer en 2100, du risque d'avoir une concentration de CO2 de 850 ppm dans l'atmosphère en 2050... Moi, pour tout te dire, j’y comprends nibe et je m’en fous complètement de se qui se passera en 2100. Y a longtemps que je fumerais les pissenlits par la racine !

 

- C’est vrai que toutes ces abstractions ne mobilisent pas trop. Tout le monde s’en fout. Seulement le bordel qui va résulter du changement climatique, ce sera du concret : une affaire de territoire, de nourriture, d’air, de terres. Le changement climatique n'a d'intérêt que pour les sociétés et les cultures. La terre s'en fout, elle, du changement climatique ! Elle en a vu d’autres. Et si l’humanité disparaît, elle n’en crèvera pas pour autant, la Terre !

Nos économies occidentales sont les véritables responsables de cette merde climatique. Á partir du moment où, en un siècle environ, on renvoie dans l’atmosphère des gaz que la nature a mis des millions d’années à transformer en pétrole et en charbon, faut pas s’étonner si le climat tend à redevenir ce qu’il était à l’époque du carbonifère : une étuve.

 

- Bon. On aura un peu plus chaud ? On mettra la clim. Les palmiers remplaceront les vignes ? On boira du vin de palme. Le pétrole manquera ? On roulera dans des bagnoles électriques…

 

- Voilà. Le changement climatique est là, dans la tête des gens. Mais beaucoup, comme toi Loulle, semblent croire qu'ils pourront continuer à vivre comme ils le font aujourd'hui, s'ils consentent à quelques ajustements techniques. Ta bagnole électrique, c’est bien, mais d’où elle viendra ton électricité ? Il serait peut-être plus malin de réfléchir à l’utilité des déplacements ! De l’utilité de faire venir sur nos tables des aulx de Chine ou des raisins du Chili. De l’utilité de prendre sa bagnole pour aller se goinfrer de conneries dans ces temples de la consommation que sont les hypermarchés et les zones commerciales. De la pertinence d’avoir son lieu de vie à des dizaines de kilomètres de son lieu de travail. Tout est à repenser. Mais il est plus facile de se laisser bercer par les propos rassurants de nos gouvernants car ce que nous disent les verts et autres écolos est trop énorme. Il s'agit de conclusions révolutionnaires pour nos sociétés et les conséquences sont trop désagréables pour être abordées de front.

 

- Bof… Et alors, qu’est-ce qui va se passer ?

 

- Nous appartenons aux pays les plus riches du monde. Mais le nombre de ces « happy few » va décliner dans les années qui viennent, avec la poussée démographique mondiale. Les habitants des pays industrialisés représentent aujourd'hui environ 20% de la population mondiale, mais 95% de la richesse mondiale ! Dans 10 ans, ils ne seront plus que 15 %. Qui veut abandonner ça ? Nous en profitons. C'est très confortable d'être là où nous sommes. Seulement les 80 % que nous pigeonnons, ben, ils veulent tout simplement faire comme nous, vivre comme nous, et si nécessaire prendre notre place. Par la force. Les problèmes des migrants ne font que commencer. Les réfugiés climatiques qui vont arriver, vous croyez qu’ils seront tout doux et tout gentils ? Et vous pensez que nos sociétés vieillissantes, repues, bouffies et lâches seront en mesure de les arrêter ? La lâcheté devant les faibles est une des formes les plus actives, les plus subtiles et les plus mortelles de la lâcheté ! L’avenir, il risque d’avoir un goût de sang. Mais le danger ne viendra pas seulement de l’extérieur.

Tous les problèmes que nous connaissons vont s'accentuer : la pénurie de nourriture et d'eau, les inégalités... Le climat sera à l'origine des guerres du XXIe siècle. Au sein de nos sociétés, les inégalités générationnelles vont devenir conflictuelles. Parce que c'est la première fois de l'histoire moderne que nous exploitons à ce point les ressources des générations à venir. Nous vivons à crédit. En bouffant le pain de nos enfants ! Et ils nous le feront payer cher. Enfin, il y a un autre problème, plus important que tous les autres car il les sou-tend…

 

- Ah ! Encore ? C’est quoi ?

 

- C’est le lapinisme Loulle. C’est le lapinisme. Sais-tu, Loulle, et toi aussi Bert, que pour chaque battement de ton palpitant, trois bébés naissent quelque part dans le monde ! Essaye d’imaginer ce fleuve, cette marée de nouveaux venus braillards sur cette pauvre boule puante qu’on appelle Terre ! Ouais, me direz-vous. Mais pendant ce temps, il y en a un paquet qui passent l’arme à gauche et vont servir de patapon aux asticots. Allez les vers ! C’est vrai. Mais il n’en meurt qu’un lorsqu’il en naît trois ! On est loin du compte… Trois marmots par seconde qui réclament tout de suite à bouffer. Soit 180 par minute, 260.000 par jour, 95 millions par an, autant que la France et l’Espagne réunies. Et comme il ne meurt « que » 35 millions d’homo sapiens sapiens (homme sage sage ! ! ? ?) par an, ça nous laisse un confortable « bénef » d’environ 60 millions supplémentaires chaque année — l’équivalent d’une France ! — de bouches à nourrir… Comme ces bouches viennent principalement dans des pays où on crève déjà de faim, vous voyez le tableau. Et comme ces pays, qui sortent de la misère, comme la Chine actuellement et l’Inde, veulent accéder au « progrès » que représente la manière de vivre occidentale, ça en fait des bagnoles qui crachent leurs gaz pourris, des forêts qu’il faut couper pour leur fournir des salons de jardin en teck et des tonnes de pubs débiles, des poissons qu’il faut pêcher pour leur procurer du patapon pour leurs chien-chiens… Vive la croissance ! « Croissez et multipliez-vous » qu’il a dit l’autre. Ouais. Jusque dans le mur. Et le mur, ce sera un coquetèle agréable de guerres pour l’eau, de catastrophes naturelles, de bonnes et belles épidémies… Tout ça orchestré par de gras et gros dictateurs qui pueront autant du cerveau que des pieds !

 

- Puteng, Victor. Tu nous la fais raide là. Tè ! Buvons un coup pour oublier…

 

- Profitons : dans 20 ans, nos successeurs dans ce rade - s'il existe toujours ! - ne boiront plus du côtes-du-rhône mais des côtes-de-stockholm ou du vin d’Écosse grand cru...

 

- Á la nôtre !

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

30/06/2015

Voici venir la canicule. Comment veux-tu... Comment veux-tu...

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Ça y est. Nous y sommes. Avignon-la-Sensuelle, alanguie au bord du Rhône et cambrée sous les caresses du mistral, s'apprête à s'ouvrir et à s'offrir pour son grand rut de l'été. Une lune durant la belle va se donner sans retenue, de tous ses pores de pierres, de toutes ses ruelles, de tous ses cloîtres, de toutes ses places, de tous ses patios mystérieux, de tous ses forums, de tous ses lieux scéniques à son dévorant amour estival : le Festival.

 

Troisième monument historique de la cité papale, après le célèbre Palais et le non moins fameux Pont-Saint-Bénézet, le Festival - premier d'Europe - draine vers l'intérieur du collier de pierres blondes des remparts une foule cosmopolite et bigarrée d'artistes et de touristes, d'intellos et de clodos, de saltimbanques et de rêveurs, de poètes et de voleurs, tous attirés comme les éphémères par la flamme vers cette scène planétaire de l'illusion théâtrale, ce grand marché du rêve.

 

La cité est une énorme caisse de résonance où s'entrechoquent les musiques et les cultures, le drame et la comédie, le rire et les pleurs.

 

Les Avignonnais ont une approche contradictoire de leur Festival. Lorsqu'ils sont à l'extérieur de leur ville, ils ne tarissent pas d'éloge sur lui. Et à les entendre pérorer, tous ont bu le pastis avec Jean Vilar, joué aux boules avec Gérard Philippe où mangé l'aïoli avec Jean-Pierre Darras. Ils sont fiers de ce monument virtuel même si beaucoup n'y mettent jamais les pieds.

 

Pourtant, lorsque juillet annonce le grand chambardement, les Avignonnais, en masse, fuient leur ville chérie, l'abandonnant pour une lune entière aux hordes lutéciennes et franchimanes, outre-quiévrines et bataves, albioniennes et tudesques, helvètes et transalpines, ibères et lusitaniennes, africaines et orientales, américaines et nippones. Ils retrouveront plus tard leur ville, cette somptueuse salope comblée, apaisée et fécondée par les semences mêlées de ses milliers d'amoureux de l'été.

 

Si tu y passes en été, ami, quand le soleil-lion de juillet écrase la ville de sa chape incandescente, quand les lancinantes stridulations des cigales font vibrer les vertes toisons aériennes des grands platanes, quand les monuments, les livrées et les tours semblent fumer sous la tremblante réverbération des murs gorgés de lumière, va faire un petit pèlerinage païen sur la fameuse place de l'horloge. Lorsque le soleil cru ne permet plus que le mouvement des langues dans les bouches, assied-toi à l’abri délicieux de ces grands platanes aux larges poitrines, dont les bras jamais taillés dressent jusque dans les hauteurs du ciel des toisons miraculeuses d’ombres vertes qui sentent l’anis, bruissantes de la symphonie lancinante des cigales et cigalons.

 

Sur cette agora, en buvant le pastis, tu peux savourer les trésors que t’offre Avignon-le-Belle, t’enivrer de la vie qui l’enfièvre, essayer de découvrir l’âme de la Provence à travers les Avignonnais, leur art de vivre, leurs légendes, leur cuisine, leurs vins, leurs divertissements, leurs festivals. Avec en prime ce sens inné, naturel, de la palabre, du geste, de la “ tchatche ”, propre à tous les peuples de la Mare Nostrum.

 

Moi, j'ai déjà fui vers les Hautes Terres où le vent léger chante dans les sapins, les épicéas, les grands frênes et les boulots compliqués. Où les vaches aux grands yeux en amande se prélassent, alanguies et opiniâtres pour refaire et refaire leur repas. Où le moindre pas dans les hautes herbes soulèvent des gerbes bruissantes de sauterelles et de grillons. Où, la-haut, les grandes buses planent et tournent, ponctuant leur vol de sifflements brefs et impératifs, voulant dire aux autres rapaces : attention, ici, c'est chez moi ! Puis en voilà une qui plonge, flèche de vie agressive, et saisit entre ses serres un de ces rats-taupiers qui pullulent.

 

Moi, j'ai installé mon « bureau » - un hamac ! - entre deux sapins et je glande ! Je glande ! Je glande ! J'écoute pousser l'herbe, je goûte le vent, je compose avec le soleil. Et je laisse mes pensées s'évader et se perdre dans des prairies de rêves cosmiques.

 

Glander : un bonheur réservé à cette élite somptueuse : les fainéants !

 

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29/06/2015

Grandes voix : Alexis Tsipras, le 26 juin 2015.

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Sapin et la Grèce... « La place de la Grèce est dans l'euro ». Plus faux-cul que moi, tu meurs... Il s'en contrefout de la Grèce, Sapin. Mais il fait semblant. Il joue le « good cop » en laissant aux autres « Européens » le rôle des « bad cops ». Mais c'est pareil. Il annonce sans mollir que c'est l'attitude de Tsipras qui – ô sacrilège – ose demander à son peuple de s'exprimer. Ce que Sapin appelle des négociations, ce sont des diktats venus de l'Europe du Nord au garde-à-vous devant les Teutons. Écraser, humilier ce pays qui a osé démocratiquement confier sa destinée à des gens jeunes, intègres, nouveaux, pleins d'idées, plutôt qu'à des crapules pillant le pays depuis des décennies. Surtout ne pas donner quelque espoir à ce « mauvais exemple ».

 

La doxa que les merdias appartenant aux marchands d'armes assène est celle-ci : « les Grecs sont des fainéants qui ne paient pas d'impôts, ce n'est pas aux autres européens de casquer pour qu'ils se la coulent douce... » Simpliste, faux, mais ça marche. Et qui sait que c'est l'Eurogroupe qui refuse que les Grecs taxent les riches, les armateurs, les curés ? Et pourquoi, puisque nous « sommes toujours prêts à aider la Grèce » dixit Sapin, ne détachons-nous pas quelques centaines, voire un millier de nos brillantes têtes d’œuf – énarques et inspecteurs des finances – pour mettre en place, avec le gouvernement grec, un vrai cadastre et un système de collecte de l'impôt efficace et hors de la corruption ?

 

Et puis qu'est-ce que c'est que ces propos alarmistes : « La Grèce au bord de la catastrophe » « La Grèce en faillite : elle sera incapable de rembourser 1,2 milliards au FMI ». Quelle catastrophe ? Les comptes de la Grèce – recette/dépense – sont légèrement positifs hors remboursement des intérêts d'une dette pour une grande part illégitime et qui ne sera, tous le savent, jamais remboursée (pas plus que celle de la France d'ailleurs) ! La France peut-elle en dire autant ? La Grèce sera incapable de rembourser le FMI... Cela mettra à terre cette institution nuisible parmi les nuisibles ? Si ça pouvait être vrai...

 

Il n'était que de voir la gueule des « Eurogroupéens » pour comprendre que Tsipras, n'ayant plus rien à perdre, a eu raison de décider avec courage, dignité et panache de renverser la table. En donnant la parole au Peuple.

 

Le voilà ce fameux discours prononcé à la télévision le 26 juin 2015 par Alexis Tsipras, premier ministre de la Grèce, pays qui a inventé la Démocratie :

 

Citoyens grecs,

 

Au cours des six derniers mois, le gouvernement grec a mené une bataille sous une asphyxie économique sans précédent, dans le but d’appliquer le mandat que vous lui avez donné le 25 janvier.

Le mandat de négocier avec nos partenaires pour arriver à mettre un terme à l’austérité et pour faire revenir dans notre pays la prospérité et la justice sociale.

Pour un accord durable qui respectera la démocratie, les règles européennes, et qui conduira à une sortie définitive de la crise.

Durant les négociations, il nous a été demandé de manière répétitive de mettre en œuvre les politiques du mémorandum que les précédents gouvernements avaient accepté, en dépit du fait que ce mémorandum avait été condamné sans équivoque par le peuple grec lors des récentes élections.

Nous n’avons jamais envisagé d’abandonner – pas même pendant un instant. Ni de trahir votre confiance.

Après cinq mois d’âpres négociations, nos partenaires ont soumis une proposition-ultimatum à la rencontre de l’Eurogroupe, menaçant la démocratie et le peuple grec.

Un ultimatum qui contrevient aux principes et aux valeurs qui ont fondé l’Europe. Les valeurs de notre projet européen commun.

Il a été demandé au gouvernement grec d’accepter une proposition qui ajoutera un poids insupportable sur les épaules du peuple grec, et qui minera le rétablissement de l’économie et la société grecques – pas seulement en alimentant l’incertitude, mais aussi en aggravant les inégalités sociales.

La proposition des institutions (l'autre nom de la troïka honnie – ndlr) inclut des mesures qui vont augmenter la dérégulation du marché du travail, les coupes dans les pensions de retraite, et inclut de nouvelles réductions de salaires le secteur public – mais aussi une augmentation de la TVA sur la nourriture, les restaurants et le tourisme, tout en éliminant les exonérations d’impôts sur les îles grecques.

Ces propositions – qui violent directement les acquis sociaux européens et les droits fondamentaux à travailler, à l’égalité et à la dignité – prouvent que certains partenaires et membres des institutions ne veulent pas trouver un accord viable qui bénéficierait à toutes les parties, mais cherchent plutôt l’humiliation du peuple grec.

Ces propositions illustrent principalement l’insistance du FMI pour des mesures d’austérité sévères et punitives. Il est maintenant temps pour les pouvoirs dirigeants européens de se montrer à la hauteur de l’occasion et de prendre l’initiative pour mettre un terme définitif à la crise grecque, une crise qui affecte également d’autres pays européens, en menaçant le future proche de l’intégration européenne.

 

Citoyens grecs,

 

Nous faisons face à la responsabilité historique de ne pas laisser les luttes et les sacrifices du peuple grec rester vains, et de renforcer la démocratie et notre souveraineté nationale – cette responsabilité pèse sur nous.

Notre responsabilité pour le futur de notre pays.

Cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum sur la base de la volonté souveraine du peuple grec.

Plus tôt ce soir, le Conseil des ministres était convoqué et j’ai proposé d’organiser un référendum afin que le peuple grec puisse décider.

Ma proposition a été unanimement acceptée.

Demain, le Parlement tiendra une session extraordinaire pour ratifier la proposition du Conseil des ministres pour qu’un référendum soit mis en place dimanche prochain, le 5 juillet. La question posée sera de savoir si la proposition des institutions doit être acceptée ou rejetée.

J’ai déjà informé le président français, la chancelière allemande et le président de la BCE de ma décision ; demain, je demanderai aux leaders de l’UE et des institutions une courte extension du programme – en cours d’écriture – pour que le peuple grec puisse décider sans pression et sans chantage, comme il l’est disposé dans la Constitution de notre pays et dans la tradition démocratique européenne.

 

Citoyens grecs,

 

Je vous appelle à choisir – avec la souveraineté et la dignité que l’Histoire grecque exige – si nous devons accepter l’exorbitant ultimatum qui appelle à une stricte et humiliante austérité sans fin, et qui ne donne aucune perspective de pouvoir un jour nous tenir debout sur nos deux pieds, socialement et financièrement.

Nous devrions répondre à l’autoritarisme et l’austérité sévère par la démocratie – dans le calme et la fermeté.

La Grèce, lieu de naissance de la démocratie, devrait envoyer un retentissant message démocratique aux Européens et à la communauté mondiale.

Et je m’engage personnellement à respecter la conséquence de votre choix démocratique, quel qu’il puisse être.

Je suis absolument certain que votre choix fera honneur à l’Histoire de notre pays et enverra un message de dignité à travers le monde.

Dans ces temps critiques, nous allons devoir rappeler que l’Europe est la maison commune de tous ses peuples.

Qu’en Europe, il n’y a ni propriétaires, ni invités.

La Grèce est et restera une partie intégrante de l’Europe, et l’Europe une partie intégrante de la Grèce.

Mais une Europe sans démocratie sera une Europe sans identité et sans boussole.

Je vous appelle tous à agir avec sang-froid dans l’unité nationale et à prendre une décision digne.

Pour nous, pour les générations futures, pour l’Histoire grecque.

Pour la souveraineté et la dignité de notre pays.

 

Alexis Tsipras, le 26 juin 2015

 

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28/06/2015

Ouiquinde érotico-gastronomique caniculaire

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Charlotte

 

 

Lorsque l’air surchauffé tremble au soleil lion

Qui calcine la plaine au feu de ses rayons,

En émergeant de l’ombre, Charlotte vient au puits

Et plonge son amphore dans l’eau fraîche qui luit.

 

 

Cambrée, les bras au ciel, elle ôte sa chemise

D’un geste coutumier mais d’une grâce exquise.

Voluptueusement elle fait couler l’eau

Qui caresse ses seins, et ses reins, et son dos.

 

 

Pâmée, les yeux mi-clos, secouant sa crinière

Elle crée une aura de perles de lumière.

Arquée comme une harpe, elle s’offre à Phoebus.

 

 

Tapi dans un fourré, mon cœur, mes sens s’enflamment,

Fascinés de désir pour la fleur de lotus

Qui orne la vallée qui fait d’elle une femme.

 

 

La lotte au safran

 

 

 

- Au lieu de te planquer pour mater la Charlotte

Pourquoi pas l’inviter, Victor ? C’était plus franc !

Ce qu’il te fallait faire, c’est une queue de lotte

Que tu lui cuisinais à l’ail et au safran.

Pour séduire Charlotte en un repas intime

Il faut, évidemment, lui faire un peu de frime.

Sur le bord de son puits, pose un bouquet de fleurs !

Chante-lui une aubade ! Montre-toi enjôleur !

Mets-toi à ses genoux ! Mieux encor, fais-la rire,

C’est souvent le moyen le plus sûr pour séduire.

- Oh ! Lâche-moi la grappe, car pour le baratin

J’en remontrerais même à un Napolitain !

Dis-moi plutôt comment je fais cette baudroie,

C’est le nom de la lotte, ici, dans nos endroits.

- Prends une queue de lotte d’une livre et demi

Faut être généreux, fais pas d’économies.

Demande au poissonnier d’enlever l’os central,

Il n’y a pas d’arêtes dans ce drôle d’animal.

Au mortier tu écrases un ail et du persil

Quelques grains de cumin, du safran en pistils

Allonge l’appareil d’un peu d’huile d’olive

C’est la plus parfumée et la plus digestive.

Tu en mets à chauffer aussi dans ta cocotte.

Sur ton plan de travail, étends tes demi-lottes,

Tu garnis l’intérieur de ta préparation,

Sales légèrement, reformes le poisson

Enfin, avec du fil, tu le brides serré

Tu le mets en cocotte et tu le fais dorer.

Puis tu baisses le feu et fais cuire à feu doux,

Tu le tournes et surveilles, vingt-cinq minutes en tout.

Puis tu réserves au chaud sur le plat de service.

Déglace ta cocotte au Beaumes-de-Venise

Rajoute du safran en pistils ou en poudre

Puis un jet de Cognac, mais pas un dé à coudre,

Un peu de crème fraîche pour donner du liant

Tu nappes ton poisson et sers ce plat friand.

Tu verras pétiller dans les yeux de ta belle

Des promesses de joie, d’amour et de dentelles.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 3 queues de lotte d'une livre et demi chacune, - 3 gousses d'ail, - 1 bouquet de persil plat, - 1 cuillerée à café de cumin en poudre, - 12 pistils de safran, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 3 cuillerées à dessert de fleur de sel de Camargue, - 1 petit pot de crème fraîche, - 1 verre de Beaumes-de-Venise, - 1 verre de Cognac.

 

 

Les vins conseillés :

Ce plat de poisson à la saveur puissante s'accommode parfai­tement de vins blancs ayant du caractère: Côtes-du-Rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Châteauneuf-­du-Pape.

 

Coteaux-du-Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette-de-Bellegarde.

 

Côtes-de-Provence de Palette, Coteaux-varois de Salernes, Saint-Maximin, Bellet.

 

Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du ­Rhône d'Estézargues, Côteaux-d'Avignon, Chusclan, Roche­gude, Saint-Maurice-sur-Aygues, Sablet. Costières-de-Nîmes. Coteaux-du-Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Coteaux-varois de Tour­ves, Barjols, Nans-les-Pins.

 

 

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26/06/2015

Taxis : j’emmerde donc je suis !

taxis

 

Circulation bloquée, violence « inadmissible » (qu’il a dit Fauxçois), affrontement avec les forces de l’ordre. Bref, c’est de nouveau le bordel. Comme à l’époque des « bonnets rouges ». Á  la manœuvre, encore fois une corporation, celle des taxis. Ils défendent leur gamelle : le prix de la bagnole, le prix de la licence, le prix des carburants, le prix des assurances… On peut comprendre qu’ils luttent contre une concurrence.  D’autant plus qu’ils n’y sont pas habitués, jouissant d’une situation de monopole totalement aberrante.

 

On peut les comprendre, mais il faut faire un effort ! C’est une profession qui a une image déplorable, et largement méritée. Une corporation devenue archaïque, protégée par un numerus clausus devant lequel les gouvernements français ont toujours reculé.  Faire rouler une grosse bagnole pour un seul client, c’est une aberration aussi bien économique qu’écologique. Ils encombrent les rues, ils polluent pour un service cher et souvent mal rendu : ils ne sont jamais là lorsqu’on a besoin d’eux, ils ont une conception « pittoresque » des itinéraires, ils sourient toutes les années bissextiles... Mais ils se tiennent, constituent un lobby puissant et ont jusqu’ici toujours réussi à bloquer toute concurrence, que ce soit les taxis collectifs, les véhicules dit de tourisme et même les vélos taxis ! Alors la concurrence d’UberPop, c’est pour eux la guerre !

 

Parlons-en d’UberPop. C’est une de ces compagnies étazuniennes surfant sur les nouvelles technologies. Le concept est à la fois moderne, utile, facile d’utilisation, peu cher. C’est le transport par chemin de fer par rapport aux diligences… Il permet à des gens de rentabiliser leur véhicule et d’arrondir les fins de mois. Oui mais UberPop se fout complètement des lois françaises, tout comme Amazon et autres. Mais enfin, ils servent à quoi nos têtes d’œufs sortis de l’ENA ? Ils ne sont pas capables de donner à l’action – positive, utile, nouvelle, écologique – d’UberPop un cadre juridique équitable ? Qui permette la protection sociale des chauffeurs ? Qui permette à l’Etat de taxer normalement cette nouvelle profession ? Ils servent à quoi alors ces fifres ?

 

Et nos brillants polytechniciens, ils ne sont pas capables de créer des concepts équivalents à UberPop, Amazon, Facebook ? Ils servent à quoi alors ces fifres ? Ils préfèrent pantoufler et gameller sans risques dans de gros « gâteaux »…

 

Le transport des personnes ne répond plus aux besoins. Les lourdes structures ne sont plus adaptées.  La France est à la traine en la matière. On se déplace beaucoup plus facilement à Istanbul, avec les « dolmüs », à Beyrouth, avec les « services », et même à Bombay, avec les « rickshaws ». Et pour beaucoup moins cher…

 

Les taxis ont une arme, comme les routiers ou les exploitants agricoles : ils peuvent bloquer la circulation, donc les échanges économiques. Et ils s’en servent de cette arme. Les gouvernements reculent plus vite devant ces emmerdeurs, leurs bahuts, leurs bagnoles  et leurs tracteurs que devant les infirmières et leur blouse blanche…

 

Rappelons-nous le dernier conflit avec les taxis et la dernière reculade du gouvernement. C’était il y a quelques temps au sujet  des abus de la profession concernant le transport des malades.

 

S’ils ne transportaient plus les malades, ils prétendaient qu’ils allaient perdre au moins 30% de leur chiffre d’affaire. Ils ont évidemment le droit de défendre leur gamelle, mais les dessous de ces manifs restent suspects. La Cour des Comptes a sèchement allumé la Sécu à l’époque, lui reprochant un vrai foutoir dans le remboursement des transports des malades. Cela va de l’utilisation abusive de transports par ambulances qui coûtent un bras à la Sécu, à la prise en charge de plusieurs personnes en même temps, ce qui est louable au niveau environnement et économie d’énergie mais ce qui l’est moins, c’est de facturer séparément et donc plusieurs fois la même course, sans oublier de temps en temps la facturation de courses fictives, le gonflement des kilométrages, etc. L’imagination est prolixe en la matière… La vocation de la Sécu – que nous payons tous – est-elle d’assurer le chiffre d’affaire d’une profession ?

 

Que croyez-vous qu’il se passât ? Les couilles-molles du gouvernement ont reculé. Et la Sécu continue de casquer.

 

Et que croyez-vous qu’il va se passer avec les nouveaux problèmes ? Fauxçois l’a déjà dit : on se dégonfle et au lieu de chercher à normaliser UberPop ou autres manières modernes de se déplacer, on donne raison aux dinosaures…

 

Mondo cane…

 

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23/06/2015

Serrons les miches : les Jeux Olympiques menacent la France !

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Aïe ! Aïe ! Aïe ! C’est aujourd’hui que les Parigots doivent décider (pour toute la France !) de poser la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de je ne sais quand. 2024 je crois. Espérons que cette fois encore on évitera d’être « choisis » par le Comité olympique. On est passé près trois fois, on a de l’entrainement. De ce côté, ça va.

 

La plus grande escroquerie mentale, c’est de faire croire que les « J.O. » sont une fête de la jeunesse, un instant de paix mondiale.

 

Mon cul ! comme dirait Siné…

 

Les J.O., sont nés dans la cervelle d’un baron aux idées plus que douteuses et ont été portés pendant des années par Samaranche, fruit délicat du franquisme. Il représentent l’embrigadement, le nationalisme le plus chauvin, une compétition sordide sous-tendue par les drogues fournies par les grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux et grassement commissionnés (notez, j’ai pas dit sponsorisés !) par les marchands de merde mondiaux. Les « villages olympiques » sont autant de ghettos où les robots programmés ne se rencontrent jamais, ne se côtoient pas, ne se parlent pas. Surveillés qu’ils sont par des « entraineurs  kapos ».

 

Tè ! parlons-en des « Jeux Olympiques » ! Le sport vu par le père Coubertin, c’est pas mal : plus haut, plus vite, plus fort. Les J.O. sont de droite, et même d’extrême droite.

 

Au fait le Coubertin (Baron Pierre de…), il était pas mal dans le genre facho, raciste et machiste. Il se proclamait lui-même comme un « colonialiste fanatique ». Il prônait la pratique sportive et physique comme un moyen de redressement de l’esprit. Allez, court coco, et ne réfléchit surtout pas !

 

Les idées du baron sont pour le moins « pittoresques » :

 

« La théorie de l'égalité des droits pour toutes les races humaines conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial. Sans naturellement s'abaisser à l'esclavage ou même à une forme adoucie du servage, la race supérieure a parfaitement raison de refuser à la race inférieure certains privilèges de la vie civilisée. » (The Review of the Reviews, avril 1901).

 

« La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion. En ciselant son corps par l’exercice comme le fait un sculpteur d’une statue, l’athlète antique honorait les dieux. En faisant de même, l’athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau. » (Pierre de Coubertin, Les Assises philosophiques de l’Olympisme moderne).

 

« Une olympiade femelle serait impratique(sic), inintéressante, inesthétique et incorrecte. Le véritable héros olympique est à mes yeux, l'adulte mâle individuel. Les J.O. doivent être réservés aux hommes, le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs. » Il a dit ça lors des Jeux Olympiques de 1912 à Stockholm.

 

Il considérait que les Jeux Olympiques de Berlin de 1936 ont été les mieux organisés depuis l'origine. Il était un grand admirateur d’Hitler qui le lui rendait bien : le sinistre führer a appuyé une demande de prix Nobel pour Coubertin (qui lui aurait été refusé à cause de cet appui). Hitler (à la recherche de crédibilité pacifiste) a également proposé de subvenir aux besoins de Coubertin via une rente (refusée par ce dernier tout de même).

 

Le C.I.O., multinationale au moins aussi douteuse que la Fifa pour le foutebal, bourrée de thunes, domicilié évidemment en Suisse, a été dirigé par un autre grand démocrate : Juan Antonio Samaranch Torello, marquis de Samaranch, né le 17 juillet 1920 à Barcelone, président du comité international olympique (CIO) de 1980 à 2001. Né dans une riche famille, il a été chef de mission pour l'équipe espagnole à de nombreux événements olympiques avant d'être nommé au gouvernement espagnol secrétaire des sports par Franco en 1967. Il devint aussi à cette époque président du comité national olympique et un membre du CIO. Il a été vice-président du CIO de 1974 à 1978, et il a été nommé ambassadeur d'Espagne en Union soviétique et en Mongolie de 1977 à 1980.

 

Après les jeux d'été de 1980, le président Lord Killanin démissionna et Samaranch fut élu comme successeur. Durant son mandat, Samaranch a réussi à améliorer la santé financière du mouvement olympique grâce aux droits télévisuels et aux partenariats. C’est à lui qu’on doit la forme moderne, c’est-à-dire totalement dévolu au fric roi, des J.O. Le roi d'Espagne lui a conféré le titre de Marquis de Samaranch en 1982.

 

Comme quoi les Jeux Olympiques sont une organisation d’extrême droite, destinée à faire du fric et à aveugler les pauvres cons. « Donnez au peuple du pain et des jeux » ! Il a avait tout compris le César.

 

En plus, ça coûte un bras et demi cette konnerie de quinze jours. Tiens, rien que le dossier pour présenter la candidature de Paris coûte déjà 60 millions ! On parle en tout d’un budget de « seulement » 6 milliards. Ben voyons. Une paille.

 

Et les sportifs là-dedans ? Parce qu’il y en a qui y croient, qui se décarcassent pour le rêve d’une médaille… Et bien on les prend pour des kons. On les traite comme des sous merdes. Dictateurs et « sponsors » les élèvent, les entraînent à des rythmes de fous, les engraissent aux hormones de croissance et autres saloperies bien connues des « sportifs », les fanatisent pour qu’ils se surpassent et écrasent leurs adversaires. Ce sont des champions élevés en batterie, c’est pas du nourri sous la mère ! Tu les fais pisser par terre, ça fait un trou ! Et puis tout de même… Un peu de décence : le formidable Teddy Riner…proche de Balkany ! Et les frères Karabacik, en correctionnelle pour tricherie ! Bonjours les exemples…

 

Mais rassurons-nous, on sera sûrement éliminés. Trop indisciplinés ces Français, trop rouspéteurs, trop bordéliques.

 

Peut-être mais surtout trop lucides !

 

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19/06/2015

"MATIN BRUN". Et une piqûre de rappel. Une !

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Loi liberticide sur le renseignement permettant le flicage total, loi européenne éliminant toute enquête journalistique sur les malversations d'entreprises, métpris du parlement par l'utilisation de cette disposition dictatoriale appelée « 49.3 », le TAFTA qui se profile et mettra les états à la merci des multinationales... Le totalitarisme rampant s'implante sournoisement. Et c'est mal barré...

 

Tenez : une petite piqûre de rappel avec « Matin brun ».

 

Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son côté. Des moments agréables où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu’il m’a dit qu’il avait dû faire piquer son chien, ça m’a surpris, mais sans plus.

 

C’est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l’idée qu’un jour ou l’autre il va mourir.

- Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.

- Ben, un labrador, c’est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?

- C’est pas la question, c’était pas un chien brun, c’est tout.

- Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?

- Oui, pareil.

Pour les chats, j’étais au courant. Le mois dernier, j’avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir.

C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’État national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns.

Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’étaient pas bruns.

Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d’arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux. Mon cœur s’était serré, puis on oublie vite. Les chiens, ça m’avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c’est plus gros, ou que c’est le compagnon de l’homme comme on dit. En tout cas Charlie venait d’en parler aussi naturellement que je l’avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c’est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.

On n’avait plus grand-chose à se dire, on s’était quittés mais avec une drôle d’impression. Comme si on ne s’était pas tout dit. Pas trop à l’aise. Quelque temps après, c’est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus. Il en était resté sur le cul : le journal qu’il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !

- Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?

- Non, non, c’est à la suite de l’affaire des chiens.

- Des bruns ?

- Oui, toujours. Pas un jour sans s’attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu’à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu’il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !

- À trop jouer avec le feu...

- Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.

- Mince alors, et pour le tiercé ?

- Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes, il n’y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route. Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu’il reste un canard dans la ville, on ne pouvait pas se passer d’informations tout de même.

J’avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j’avais sûrement tort de m’inquiéter. Après ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore. Les maisons d’édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville, étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques. Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d’édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.

- Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n’a rien à y gagner à accepter qu’on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation.

Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles.

On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ça nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations. Un jour, avec Charlie, je m’en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu’il débarque avec un nouveau chien ! Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marron.

- Tu vois, finalement il est plus affectueux que l’autre, et il m’obéit au doigt et à l’œil. Fallait pas que j’en fasse un drame du labrador noir.

A peine il avait dit cette phrase, que son chien s’était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n’obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris.

- Non, toi aussi ?

- Ben oui, tu vas voir.

Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l’armoire. Un matou au regard et aux poils bruns.

Qu’est ce qu’on avait ri. Tu parles d’une coïncidence !

- Tu comprends, je lui avais dit, j’ai toujours eu des chats, alors... Il est pas beau, celui-ci ?

- Magnifique, il m’avait répondu.

Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l’œil.

Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu’on avait passé un sacré bon moment, et qu’on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité, nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr je pensais au petit garçon que j’avais croisé sur le trottoir d’en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s’il écoutait bien ce qu’on lui disait, les chiens n’étaient pas interdits, il n’avait qu’à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l’ancien.

Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j’ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m’ont pas reconnu, parce qu’ils sont nouveaux dans le quartier et qu’ils ne connaissent pas encore tout le monde.

J’allais chez Charlie. Le dimanche, c’est chez Charlie qu’on joue à la belote. J’avais un pack de bières à la main, c’était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J’ai fait semblant d’aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l’ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.

- Pourtant son chien était un vrai brun, on l’a bien vu, nous !

- Oui, mais à ce qu’ils disent, c’est que avant, il en avait un noir, pas un brun. Un noir.

- Avant ?

- Oui, avant. Le délit maintenant, c’est aussi d’en avoir eu un qui n’aurait pas été brun. Et ça, c’est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin.

J’ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j’étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu’avant j’avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n’y aurais jamais pensé !

Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n’est pas parce qu’on aurait acheté récemment un animal brun qu’on aurait changé de mentalité, ils ont dit.

« Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. » Le speaker a même ajouté « Injure à l’État national. »

Et j’ai bien noté la suite. Même si on n’a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu’un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait ce qu’une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.

Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C’est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun.

Bien sûr, s’ils cherchent avant, ils n’ont pas fini d’en arrêter des proprios de chats et de chiens.

Je n’ai pas dormi de la nuit. J’aurais dû me méfier des bruns dès qu’ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour êtreun peu tranquilles, non?

On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun au dehors.

- Mais, arrêtez de taper si fort, j’arrive.

 

Franck Pavloff

 

 

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