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21/05/2015

Moyen-Orient : Ah ! La belle guerre de religion !

Daech crimes.jpg

 

Daech bouffe l'Irak et la Syrie jour après jour. Ramadi en Irak (100 km à l’ouest de Bagdad) la semaine dernière, Palmyre en Syrie (80 km de Damas). Les troupes des armées régulières qui lui sont opposées semblent plus douées pour la course à pied que pour la lutte gréco-romaine...

 

Côté Irak, les bidasses mal payés, mal entraînés, peu motivés à laisser leur peau (Pour quoi ? Pour qui ?) foutent le camp en abandonnant les armes, les véhicules, les munitions aux mains des djihadistes de Daech. Du bel et bon matos à tuer made in USA. En face, Daech a récupéré l'essentiel des cadres de l'armée de Saddam Hussein, jetés à la rue par l'incommensurable konnerie étazunienne. Les trésors de Palmyre vont subir le sort des antiquités de Mossoul ou de Nimrod : vendus aux riches collectionneurs (Etazuniens pour la plupart) pour ce qui est démontable, explosés pour les autres. Pour ces obscurantistes sauvages, tout ce qui n'est pas islam (enfin, leur conception de l'Islam) n'existe pas... Des barbares bourrés de thunes, ils « gagnent » avec la vente du pétrole et des antiquités autour de un million de dollars par jour! Et malgré leurs exactions – décapitations, massacres de civil pour « collaboration avec le régime » - ils bénéficient d'une certaine popularité parmi les populations (sunnites) conquises parce qu'ils se présentent comme le rempart et de glaive sunnite face aux « mécréants » chiites.

 

Côté Syrie, l'armée du régime (allaouite, donc presque chiite) est fatiguée, manque de munitions, semble douter de sa mission, ou préfère peut-être se replier pour défendre Damas, à deux heures de pick-up de Palmyre. On a accusé Bachar El Assad de tous les maux. Va-t-il pourtant falloir l'aider à défendre Damas ? Ou laisser les terroristes de Daech triompher ?

 

Dans quelques jours va s'ouvrir une conférence entre les diverses parties de la coalition hétéroclite des ennemis de Daech. Que pourront-ils se dire, sinon constater leur impuissance tant militaire que diplomatique ? Pour une bonne raison : le seul pays capable de défaire, sur le terrain, au sol, les barbares fanatiques sunnites de Daech ne sont pas les soldats d'opérette de l'Arabie saoudite ni les frappes aériennes mais les Iraniens, qui possèdent une armée puissante, bien équipée, aguerrie et motivée. Seulement voilà : les Iraniens ne sont pas invités à cette conférence ! Allez savoir...

 

Alors, quand Damas va tomber aux mains de Daech, que faudra-t-il faire ? Le Liban sera la première cible. Mais là, il y a le Hezbollah, donc les Iraniens... Que feront les Occidentaux ? Que feront les Russes (qui ont une base navale importante en Syrie). Que feront les Israéliens (bien « compréhensifs » jusqu'à présent au sujet de Daech) ? Que feront les Turcs (eux aussi bien « compréhensifs » avec Daech) ?

 

Au fait, on assiste aux derniers soubresauts de la main mise anglo-franco-étazunienne sur les pays du Moyen-Orient de l'ex-empire ottoman. Les frontières artificielles, dessinées pour séparer afin de mieux régner pour mieux piller, s'effacent. Place très bientôt au grand affrontement religieux intra-islamique entre les chiites de l'Iran et d'une grande partie de la population de l'Irak et les sunnites du reste du Moyen-Orient. Entre Perses et Arabes, rivaux ancestraux. Ça a déjà commencé au Yémen.

 

Et nous dans ce foutoir sanglant ? Bof. Le mieux est de s'en tenir le plus loin possible. "Qu'ils se démerdent entre eux, qu'ils s'étripent si ça leur chante. On pourra toujours leur vendre des armes..." pensent-on discrètement.

 

Ouais... C'est oublier les millions de réfugiés qui vont fuir ces zones à feu et à sang. Et où viendront-ils ?

 

Devinez.

 

Mondo cane...

 

Photo X - Droits réservés

 

20/05/2015

Mieux que le nucléaire: Vive la merde, énergie propre et renouvelable !

gaz de merde en chine.jpg

 

 

En voilà une nouvelle qu’elle est bonne ! Tous ceux qui nous font chier, tous ceux qui sèment la merde, tous ceux qui la remue, tous ceux qui nous y mettent jusqu’au cou peuvent devenir des sauveurs de la planète ! La merde, il y en a partout, tous le monde en fait, du plus riche au plus pauvre, sans distinction de race, de couleurs, de religions, d’âge, de condition sociale. La merde, voilà notre sauveur !

Pompons la merde, et pompons-la gaiement !

 

« Fille de roi, de ta beauté si fière

Tu dois chier, ainsi dieu l’a voulu

Ton cul royal, comme un cul prolétaire

A la nature, doit payer son tribu…

Et puisqu’il faut que rien n’se perde

Dans la nature, où tout est bon

Ami pressons la pompe à merde

Le jour parait à l’horizon…. »

 

Un jour de gloire, un jour radieux se lève enfin sur l’humanité grâce aux produits de nos boyaux culiers, mais aussi des merdes de vaches, de cochons, de poules, de mac-do. Le grand œcuménisme du saint Caca !

 

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » disait Lavoisier. Eh bien les Honorables fils de Confucius ont pris au mot le génial physicien français : ils transforment, à échelle industrielle, la merde humaine ainsi que les lisiers en BIOGAZ ! Et ça marche du feu de dieu !

Mais ce merdo-carburant industriel ne fait que reprendre des procédés mis en service au niveau familial depuis longtemps dans la province du Si-chouan. Il existe dans cette région rurale de Chine des milliers de réalisations qui transforment la merde tant humaine qu’animale en biogaz directement utilisé par la famille, sur place, pour la cuisine et l’éclairage, voire la production d’électricité avec une installation collective plus importante.

Ecoutons la narration de Florita Botts, une voyageuse à l’esprit ouvert : (.../...) J'ai été menée dehors, derrière la maison. Le cadre et la femme au foyer m’ont montré un couvercle dans la terre, avec un tube en plastique émergeant de lui et menant par le mur de leur cuisine. Sous ce couvercle, il y avait un puits hermétique appelé le « digesteur », où les déchets organiques fermentaient et créaient le biogaz. Le gaz était amené dans la maison par le tube en plastique.

À côté de la maison étaient deux hangars. C'était la porcherie de la famille, contenant deux porcs roses très propres reniflant et grognant. Leurs excréments et urine s'écoulaient par une gouttière inclinée directement vers le digesteur souterrain. L'autre hangar était le WC de la famille. Il était également écoulé directement dans le digesteur de biogaz. La porte des latrines a été ouverte de sorte que je puisse aller voir tandis que le cadre expliquait. C'était un deux-sièges. Il n'y avait aucune puanteur.

Les excréments de porcs et d'humains déversés dans le réservoir souterrain sont mélangés à des déchets végétaux tels que des tiges de paille ou de plantes, avec assez de boue liquide pour créer une couverture étanche protectrice, sous laquelle des microbes travaillent pour fermenter ce mélange et pour produire le biogaz. Cela est défini comme une fermentation anaérobie. 

Le cadre m’a expliqué que les excrétions d'une famille de quatre personnes et deux porcs fournissaient les besoins de carburant du ménage quotidien. Non seulement ce système produit un carburant propre, inodore, sans fumée, mais il fournit également un engrais organique au contenu élevé d'azote et de phosphore. Le gaz sort d’une boue liquide - également inodore. Cette boue est écopée régulièrement par une sortie ouverte à côté du digesteur et épandue directement sur les récoltes.

Un autre aspect extraordinaire du biogaz est sa contribution  au contrôle de la pollution et à un environnement sain. Pendant le processus de fermentation, les parasites intestinaux - comme le ténia, ankylostome, amibes - les bacilles de bactéries entériques, de dysenterie et de paratyphoïde sont détruits. C'est un dispositif extrêmement important de santé publique dans des conditions tropicales et subtropicales. Il signifie que les latrines sont non polluantes, et que l'engrais propre retourne au sol et aux récoltes.

 

Bon, je vous laisse, je vais de ce pas sauver la planète !

 

Sources :

http://www.lepost.fr/article/2010/05/18/2077429_la-m-e-r-...

http://www.drylandfarming.org/FB/Biogas4.html

 

Illustration X - Droits réservés

19/05/2015

Au bistro de la toile : profs,Outreau, Boulin, Kerviel...

chimulus bistro copie.jpg

 

- Ça y est Victor, les profs sont dans la rue : ils gueulent contre la énième réforme de l'enseignement...

 

- Chaque gouvernement veut faire « bouger le mammouth » mais il est sacrément lourd le bestiau ! Force est de constater que nos mistons ne savent plus lire, ni écrire, ni compter, encore moins penser. Pourquoi ? Des palanquées de bonnes intentions qui s'avèrent bidons à l'usage, des changements de programme constants, des rivalités de chapelle ont foutu en l'air, en 40 ans,ce qui fut l'un des meilleurs système éducatif du monde et qui est devenu au fil des « réformes » une fabrique de crétins ignares voire analphabètes. Qui est responsable ? Les profs ? Les politiques ? Les parents d'élèves ? Les syndicats ? Les programmes ? Un peu tous. Le triste résultat, c'est que l'école, marche-pieds vers la réussite, est devenu l'école de l'échec et de l'inégalité sociale. Les hussards noirs de la République doivent se retourner dans leur tombe...

 

- Et ces histoires de Justice qui reviennent, Victor. Outreau. Boulin. Kerviel...

 

- Ce n'est pas glorieux pour l'institution judiciaire.

 

Outreau. C'est le procès d'un acquitté ! Á quoi elle joue la justice ? Elle est à la paillole et elle gaspille du pognon – quinze jours de procès, des dizaines de magistrats, flics, huissiers, etc. mobilisés – pour « juger » un pauvre jeune qui a été déjà acquitté et lavé de toutes les accusations dont il était l'objet pour sa période « adulte », et qui est jugé aujourd'hui pour sa période « mineur »! On marche sur la tête. Accusation de viol envers des enfants alors que lui-même était adolescent. Accusation jamais formulée par les deux enfants « victimes » durant le premier procès ! Mais je viens d'entendre ce matin que ces deux gosses, maintenant des hommes, demandent plus...de pognon ! Et le pauvre Daniel Legrand, saccagé psychologiquement, dont la vie est fracassée pour longtemps, va devoir de nouveau se trouver au centre de ce torrent de boue, jouet d'une Justice qui, dans cette affaire, ne mérite pas son nom.

Boulin. Voilà un ramdam que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Robert Boulin, ministre du travail du gouvernement Barre sous la présidence Giscard, est retrouvé « suicidé » dans un étang de la forêt de Rambouillet. Suicidé avec des marques de coups sur la gueule et autres anomalies. La Justice conclut au non-lieu. Pourtant... Des palanquées d'embrouilles dans l'enquête : double découverte du corps, disparition de pièces, refus d'entendre des témoins, modification de lettres, disparition d'archives (16 années!!!) du ministère de la justice comme de la mairie de Libourne (dont Boulin était maire), etc. R.A.B. ! Non-lieu, dit la Justice... Sauf que la fille du « suicidé » est particulièrement tenace. Elle vient de porter une nouvelle plainte avec un fait nouveau : un témoin qui s'est trouvé face à face avec la voiture de la victime à proximité des lieux de sa mort. Et cette personne a vu dans la voiture 3 personnes : un chauffeur qui n'était pas Boulin, celui-ci en place passager et un troisième individu derrière lui ! Probablement des « demoiselles d'honneur » pour le « suicidé » !

Kerviel. Là encore, tout a été fait pour coller cette affaire de banksters sur le seul râble de Kerviel. La Société Générale, employeur du trader qui lui a fait perdre 5 ou 6 milliards d'euros ? Hors du coup ! Pas au courant la hiérarchie. Ben voyons... Qui va croire ça ? Ben, les juges chargées de l'affaire. Sauf qu'une enquêtrice importante reconnaît maintenant bien des embrouilles dans son travail...

 

- Ah ! Au fait, les flics qui ont poursuivi les jeunes jusque dans un transformateur EDF ont été relaxé. Dix ans après.

 

- « Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendrons blanc ou noir... »

 

Illustration: merci à Chimulus

 

17/05/2015

Ouiquinde gastronomique: la tajine de Sabine

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Dans l’été parfumé, un peu avant minuit

Antoine va rejoindre Sabine dans la nuit.

Sous un bouquet de pins perché sur la falaise

Ils se creusent un lit d’amour et de liesse,

 

Puis, gonflés de désir, leurs deux corps dénudés,

Se jettent l’un sur l’autre avec voracité.

Emportés par l’élan de leurs folles étreintes

Ils goûtent sans compter un plaisir sans contrainte.

 

Enfin le corps repu ils s’étendent sans voiles

Pour écouter la nuit et parler aux étoiles.

Ils appellent Deneb, Véga et Altaïr,

 

Complices de leurs jeux, témoins de leur plaisir.

Plus tard lorsque la vie les aura séparés

Ils se retrouveront en voyant Cassiopée.

 

- L’on ne vit pas toujours que d’amour et d’eau fraîche

Et lorsque Cupidon a remballé ses flèches,

Quand le corps est comblé, il faut bien le remplir

Pour lui donner les forces d’où monte le désir.

Manger sous les étoiles est un plaisir subtil

Qui joint élégamment l’agréable à l’utile.

Je te propose donc, pour Antoine et Sabine

Un plat oriental : de l’agneau en tajine.

Les tajines se font toujours à l’étouffée

Et sont encor meilleurs lorsqu’ils sont réchauffés.

Tu désosses au couteau une épaule d’agneau

Que tu vas découper en assez gros morceaux.

Avec huile et oignon, tu les fais rissoler,

Qu’ils soient juste dorés et l’oignon pas brûlé.

Tout en surveillant bien, met dans une coupelle

Du gingembre râpé, ail, poudre de cannelle,

Un zeste de citron, un peu de persil plat

Puis tu verses l’ensemble, en tournant, dans ton plat.

Ajoute poivre et sel et mouille à ras d’eau chaude,

Monte à ébullition et couvre avec méthode.

Tu laisses cuire une heure, en couvrant ta cocotte

Puis tu vas rajouter un kilo de carottes,

Une botte de feuilles de coriandre hachées,

Tu trouves cette plante chez les bons maraîchers,

Et enfin n’oublie pas, pour couronner tout ça

Une grosse cuillère à café d’harissa,

Mélange emblématique dans le nord de l’Afrique

Qui redonne du nerf aux plus neurasthéniques !

Tu trouves ça en tube ou en boite, tout prêt

Mais tu peux aisément, aussi, le préparer.

Tu piles deux ou trois gousses d’ail au mortier,

Du coriandre frais, des piments antillais,

Algériens, tunisiens, ou encor marocains,

Une cuillère d’eau, du sel et du cumin.

Puis tu fais revenir dans de l’huile, à feu doux.

Ton harissa est prêt et, “ Ah, dis donc, Doudou ! ”

Il y a là de quoi relever les ardeurs

Amoureuses de trois régiments d’artilleurs !

Pour demi-heure encore tu laisses mijoter,

Puis tu mets des olives noires dénoyautées.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 épaule d'agneau désossée, - 4 oignons émincés, - 1 kilo de carottes, - 1 botte de coriandre frais, - 6 branches de persil plat, - 1 bon morceau de gingembre frais râpé, - 3 gousses d'ail, - 1 cuillerée à café de poudre de cannelle, - 1 cuillerée à café d'harissa, - 3 hectos d'olives noires dénoyautées.

 

Les vins conseillés:

À plat puissant, vins généreux. Pour l'agneau en tajine, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du­-Comtat, Beaumes-de-Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-­Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou, Corbières, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

* * * * * * * *

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Aux portes du paradis, un nouvel arrivant commence son récit: 
- Cela faisait un certain temps que je soupçonnais ma femme d’avoir une relation extra conjugale. Je suis donc rentre chez moi à l’improviste et évidemment, je l'ai trouvé complètement nue sur le lit. J’ai immédiatement fouillé l'appartement pour trouver le coupable. En vain. Et puis, je me suis souvenu qu'habitant le 15ème étage d'une tour, nous disposions d'un petit balcon. J'ai donc ouvert la porte-fenêtre et c'est la que j'ai vu cet homme suspendu dans le vide et s'agrippant à la rambarde du balcon. Je lui ai piétiné les mains pour qu'il tombe, mais il tenait bon. Alors je suis parti chercher un marteau. A grands coups sur chaque main, il a fini par lâcher prise. Mais un arbre a amorti sa chute. Voyant qu'il bougeait encore, j'ai attrapé le réfrigérateur de la cuisine et je l'ai fait basculer sur cet individu. L'effort a été si violent que j'ai succombé à une crise cardiaque. Et donc me voilà. 

- Ah bon ! Répond St Pierre passionné. C'est bon vous êtes admis au paradis.

 

Un second homme se présente peu après et commence à raconter l'histoire de sa mort a St Pierre: 
- Voyez-vous, débute-t-il, j'étais en train de repeindre mon balcon au 17ème étage d'une tour. Mon tabouret a vacillé et j'ai basculé dans le vide. Mais j'ai eu la possibilité de me rattraper à un balcon, deux étages plus bas. Je pensais être sauvé quand le propriétaire de ce balcon a commencé à me piétiner les mains puis à me casser les doigts à coups de marteau. Il était fou furieux que je m’accroche à son balcon. Et pire, lorsque j'ai lâché prise, comme je ne suis pas mort tout de suite, il m'a balancé son frigo sur la tête pour m’achever.

 

St Pierre : 
- Oui, j'ai entendu parler de cette histoire, vous pouvez entrer au paradis.

 

Un troisième homme arrive et entame, lui aussi, son récit à St Pierre: 
- Franchement, je ne sais pas comment c'est arrivé ! J’étais caché à poil dans un frigo et me voilà !!! 

 

 

16/05/2015

Ouiquinde érotique, de Baudelaire à Magritte

femme magritte.jpg

 

 

Les promesses d'un visage

 

J'aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,
D'où semblent couler des ténèbres,
Tes yeux, quoique très noirs, m'inspirent des pensers
Qui ne sont pas du tout funèbres.

Tes yeux, qui sont d'accord avec tes noirs cheveux,
Avec ta crinière élastique,
Tes yeux, languissamment, me disent : " Si tu veux,
Amant de la muse plastique,

Suivre l'espoir qu'en toi nous avons excité,
Et tous les goûts que tu professes,
Tu pourras constater notre véracité
Depuis le nombril jusqu'aux fesses ;

Tu trouveras au bout de deux beaux seins bien lourds,
Deux larges médailles de bronze,
Et sous un ventre uni, doux comme du velours,
Bistré comme la peau d'un bonze,

Une riche toison qui, vraiment, est la sœur
De cette énorme chevelure,
Souple et frisée, et qui t'égale en épaisseur,
Nuit sans étoiles, Nuit obscure !

 

Charles Baudelaire

 

Photo X - Droits réservés

 

14/05/2015

C'est l'Ascension...du Ventoux ! Dur, dur...

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Lorsque j'étais (un peu plus) jeune, il était un rendez-vous que nous ne manquions pas – avec une équipe de joyeux pédaleurs amis - c'était le jeudi de l'Ascension. Il y a lurette (belle ? Je ne sais pas. Qui la connaît celle-là ?) que j'ai jeté à la poubelle les balivernes infligées au catéchisme et donc, pour nous, ce jour férié signifiait : ascension à vélo du mont Ventoux ! Et croyez-moi, c'est pas de la tarte ! Il faut l'avoir fait pour savoir.

 

D'abord, tu t'es un peu chauffé les jambes entre Crillon-le-brave et Bédouin, pour ne pas partir à froid, t'affuter un peu les bielles. Puis, au sortir de ce village, tu as quelques lignes droites d'un petit pourcentage jusqu'au fameux virage de Saint-Estève. Pas de problème.

 

Mais à partir de là, tu attaques dans le dur : du huit pour cent. Et tu pédales, tu appuies. Tu as la forme, ça se passe bien. Tu grimpes avec ton premier souffle... Un, deux, aspiration sur deux coups de pédales, un temps mort sur un coup de pédale, un, deux, trois, tu souffles sur trois coups de pédales. Et tu recommences. Les deux, trois premières bornes se passent comme ça. Les jambes chauffent mais tournent bien, la magnéto garde un rythme élevé mais normal...

 

Puis tu arrives aux sept virages. Le premier, à droite, tu te sens costaud, tu le prends à la corde, d'un coup de rein rageur. Les six autres, tu élargiras de plus en plus ta trajectoire. Tu es parti avec quatre ou cinq collègues, mais tu es vite seul. L'un va plus vite, ne t'accroches pas, tu le reverras sûrement plus haut ; l'autre colle un peu à ta roue puis lâche...

 

La sueur. Partout. Tu lèves tes lunettes de soleil qui sont vite mascarées. La sueur te coule dans la raie du cul. Tu as laissé depuis quelques virages ton premier souffle. C'est maintenant un, inspiration, gueule grande ouverte, deux, expiration, sur deux coups de pédales. Tu tournes sur 39x24 mais ça ne va pas durer.

 

Te voilà dans la partie étouffante de l'ascension, dans la forêt de cèdres, de pins Lariccio, de chênes blancs, de chênes verts. La route monte, monte... Tu guettes les bornes : sommet 12 km, sommet 10 km... Au mois de mai, il fait encore frais, mais en juillet, la chaleur est terrible. Les cigales te foutent un raffut pas possible. Tchikitchikjitchikitchikitchiiiiiiii font les grosses qui s'arrêtent et repartent pour une longue phrase d'appel d'amour. Ka ka ka ka ka font les petits cigalons, plus feignants...

 

La sueur coule. Le goudron fond par plaques. Tu bois un coup de thé froid, enfin, tiédas. Tu bouffes deux abricots secs. Et c'est long, c'est long... Puis, après quelques virages à gauche, tu arrives au Chalet-Reynard. Ouf... Un petit faux plat descendant de trois cents mètres en large virage à gauche. Tu t'étires, tu soulages ton cul qui te fait mal, tu secoues tes jambes pour décontracter tant soit peu tes muscles... Puis, virage à droite et te voilà sur la Lune, ou sur Mars.

 

De la caillasse blanche, squelette de pierres concassées. Tu le vois enfin le sommet. La flèche de l'antenne télé. Les bâtiments de l'ancien observatoire... Á main droite, tu as cette pente qui monte vers un infini minéral. Á main gauche, ta vue, si elle n'est pas trop embuée, découvre les vastes plaines provençales écrasées de soleil, avec au loin le scintillement serpentin du Rhône et l'éblouissement des serres de verres... Et voilà maintenant le vent. Il y a toujours du vent au Ventoux. Par définition. Tu l'as toujours dans le nez. Les lacets sont longs, très longs. Tu as mis le 28 depuis longtemps. Tu n'en peux plus. Tu te demandes ce que tu fous dans cette galère...

 

Tè, voilà deux jeunots qui te doublent sans un regard... Juste devant la stèle marquant le lieu maudit où est mort Tommy... Tu as envie de t'arrêter. Mais tu t'engueules à haute voix : « Pédale, feignasse ! Personne ne t'as forcé, alors ta gueule et appuie, connard ! » Tè ! Voilà la fontaine qui ne coule plus. Virage à gauche, puis longues, longues lignes droites battues par le vent, assommées par ce terrible soleil-lion. Le sommet est presque là, mais, putaing, il semble reculer à chaque coup de pédale.

 

Tu te fais ton cinéma pour te donner du punch. Chacun le sien. Moi, j'imagine à vingt mètres devant moi, une belle nana à poil sur son vélo. Elle tortille du fignedé et te montre un joufflu bien fendu et bien appétissant en tournant la tête vers toi, te regardant avec un air vicelard comme pour te dire : « Attrape-moi, et tu m'auras... ». Alors tu pédales comme un calus... Tu la rattrapes dans ta tête, t'as la langue qui pend, les yeux qui font tilt, puis avec un rire moqueur, elle se met en danseuse et s'éloigne, s'éloigne. Alors tu pédales encore, et encore. Pour rattraper ta vision extatique.

 

Voilà le col des Tempêtes. Tu tournes à gauche, le parapet, à main droite, te découvre les montagnes riantes, domestiques, humaines de la Drôme provençale. Le vent te rafraîchit. Le voilà le sommet. Á quelques coups de pédales. Une pente raide de deux hectomètres, puis virage à droite et le dernier rampaillou, brutal, jusqu'au sommet ! Ouarff ! Tu gueules ta joie ! Tu oublies ta fatigue monumentale. Tu oublies cette heure et demie de torture. Ta compagne te sèches avec une serviette et te donnes un thermos de thé chaud. Le bonheur !

 

Voilà ce que c'est pour moi, l'Ascension ! Chacun son fantasme.

 

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13/05/2015

AU SECOURS ! Voilà le festival de Cannes...

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Ras les aliboffis de ces konneries ! Depuis hier, et pour deux inter minables semaines, les merdias vont nous les gonfler jusqu'à nous les exploser avec les stupidités à paillettes de ce gouffre des vanités, cet abyme des nullités qu'est ce « festival » de l'illusion, du mensonge, du m'as-tu-vu, de la niaisitude triomphante. La seule utilité de cette manif c'est de, comme Rantanplan, fuir les "oeuvres" qui y sont primées...

 

Rinçons-nous les boyaux de la tête avec un peu de poésie :

 

 

Aux frustrées et aux mal baisées

Aux frustrées et aux mal baisées,
Qui du haut de leur morale,
Me jugent et me mènent à mal
Écoutez ces quelques mots
Rougissez, outrez-vous et appelez-moi nympho
Êtes-vous plus heureuse le soir quand seules dans votre lit

 

Les traces de l'âge sur votre corps décati
Vous vous endormez en maudissant ces belles salopes
Qui sans vergogne vous volent vos potes
Quand moi je m'endors dans les bras d'un inconnu
Les cheveux en bataille et le corps repu ?

Votre vie est-elle mieux remplie
Quand vous sommeillez auprès de votre ami
L'étouffant dans votre morosité
Et vos habitudes de femmes bien rangées
Quand je rigole, partant à mille lieux
Emportant avec moi mon amant ressuscité sous mes feux ?

Vous épanouissez-vous davantage
Quand votre esprit se torture d'être sage
Pour vous consoler me salir
Quand à vos amis vous tentez de médire ?
En eux vous n'éveillez que l'envie
D'un jour encore connaître ces folies

Baiser, sauter, sucer vous choque
Habituez-vous encore à mes électrochocs
Courrez prévenir votre cours
Que la marquise se lance dans les grands discours
Amenez-les, je n'attends que ça
Je saurai les convaincre de mon combat

Pas un ne doutera entre mes mains
Que si j'ai choisi ce chemin
Ce n'est pas par dépit ou vengeance
Juste pour fuir ces frustrées de la bienséance
Qui par mesquinerie et jalousie
Oublient simplement qu'on n'a qu'une vie

De l'amour je ne connais que les prémices
Je suis bien décidée à en goûter tous les délices
Aimer une heure ou toute une éternité
Quelle est la différence puisque tous m'auront passionnée
Chacun est unique, ils comblent mes rêves à outrance
A deux nous aurons partagé un morceau de vie intense

Si la légèreté est synonyme de bêtise
Mes paroles ne sont que sottises
Quelques-uns auront souri
Se souvenant de ce temps où rien n'était si pourri
D'autres n'auront rien compris
Et retourneront à leur mépris

Sur ces quelques vers qui vous blessent
Je m'en retourne à ce que vous appelez des faiblesses
Profiter de ces messieurs
Leur proposer mes jeux
Eux décèleront entre mes lignes
Que de leur amour je suis digne

2005 ©
La Marquise de Sade

 

 

Copyright © Cyr

Sources : http://www.poesie-erotique.net/Amfmarquisade02.html

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12/05/2015

Faire casquer les Grecs !

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« Nous sommes sur la bonne voie ! » Ah ! Ah ! On se tape dans le dos avec des clins d’œil de connivence bien appuyés, on ricane chez les eurocrates et autres banksters qui veulent remettre cet impudent de Tsipras au pas : les Teutons Merkel et Schauble, l'eurogroupie Dijsselbloem, le comique troupier Moscovici, la Efémienne en cheffe Lagarde et tous les banksters qui veulent à tout prix étouffer dans l’œuf l'émancipation grecque, casser cette « menace » venue du Sud contre l'écrasement des peuples au profit d'une oligarchie financière. Écraser ainsi tout risque de « contagion » à des peuples qui prétendraient secouer le joug ultralibéral, Espagne, Portugal, Italie, et même France...

 

On se tape dans le dos parce que le Grec a casqué ! L’agence de la dette grecque a annoncé avoir donné l’ordre de paiement pour rembourser l’échéance de 750 millions d’euros au FMI du mardi 12 mai. Pour ce faire, le gouvernement grec a dû racler les fonds de tiroir en réquisitionnant les réserves des collectivités locales et des entreprises publiques. Ce qui n'est pas très bon pour la popularité du gouvernement, mais qui réjouit d'autant les étrangleurs de Bruxelles et Washington ! Le prochain remboursement important de la Grèce interviendra le 5 juin, avec un dû de 302,5 millions d’euros au FMI. Ces remboursements ne sont que le paiement d'intérêts, et aucunement d'une partie du principal. C'est-à-dire du pognon pompé dans la poche des Grecs par un « machin » sous domination étazunienne, le FMI (fonds monétaire international) dont la finalité est de contraindre les États, sous couvert « d'aides financières », à accepter privatisations à outrance, saccage de tout système social, abandon au privé de toutes les infrastructures publiques, etc.

 

Pour engraisser les banksters, Tsipras a déjà dû mettre pas mal d'eau dans son « krassi » ou sa « retszina » : reconnaissance de la dette, poursuite des privatisations mais à l'initiative de la Grèce, abrogation des taux réduits de TVA, ouverture à la concurrence du marché de l'énergie. Mais il n'a pas cédé sur tout et notamment sur le régime des retraites et le salaire minimum. Il faudra pourtant revoir le système de retraite peu en adéquation avec les difficultés du pays (retraite abaissée à 60 ans, préretraites entre 50 et 55 ans, treizième mois de pension, etc.). Quant au marché du travail, si Lagarde et le FMI estiment que le gouvernement grec doit assouplir les conditions de licenciement, il semble que la Commission européenne ne soit pas sur la même longueur d'onde, le pays comptant 25 % de chômeurs... Ce qui fait tousser les Allemands et le FMI. La zizanie chez les banksters, c'est toujours bon.

 

Reste le problème majeur de l'allègement de la dette. Les « zétrangleurs » restent arc-boutés sur le paiement intégral du nominal, soit 320 milliards d'euros. Mais ils semblent aller vers un allongement du « remboursement », de 30 à 50 ans. Ben voyons, sachant bien que le nominal ne sera jamais remboursé, mieux vaut se gaver cinquante ans que trente de bels et bons intérêts pris sur la sueur de deux générations de Grecs !

 

Quant au maintien ou non dans la zone euro, Tsipras – qui est allé voir Russes et Chinois – n'est pas défavorable à la tenue d'un référendum sur ce sujet. Il n'a pas grand-chose a y perdre. Soit le peuple grec vote pour le maintien dans l'euro, et alors il lui sera malvenu de gueuler contre une baisse éventuelle des salaires et une refonte du régime des retraites ; soit il vote la sortie de l'Euro, et Tsipras se tournera vers les Russes et les Chinois, faisant ainsi un superbe doigt d'honneur aux « zétrangleurs » de l'U.E. Et du FMI en refusant, cerise sur le gâteau, le remboursement de toute la « dette » du pays !

 

Il n'a pas de si mauvaises cartes dans son jeu, le roué Tsipras !

 

Photo X - Droits réservés

11/05/2015

Au bistro de la toile : des Cubains aux Rosbifs en passant par Moscou.

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- Buenas dias, senor Victor. Que quieres beber ? Un Cuba libre ?

 

- Donne-moi plutôt un rouge. « Cuba libre », c'est de la propagande imbuvable. C'est le rhum de Cuba saccagé par la saloperie du Coca-cola yankee. Ce pays héroïque a réussi à vivre, à survivre diront certains, malgré la terrible pression étazunienne et son blocus. J'ai entendu ce matin les bavards de France-Inter cracher sournoisement sur le pays qui les reçoit courtoisement. Oh ! Pas directement, mais insidieusement, en faisant parler un seul tenant du régime castriste - un vague ancien dirigeant retraité qui, avec gourmandise, « attendait l'invasion des touristes étazuniens » - contrebalancé par les interviouvs bidonnés d'un chauffeur de taxi « diplomé mais ne trouvant pas de travail dans sa branche où si mal payé » et bavant devant la « propina » des riches touristes (la « propina », c'est le mot espagnol pour « pourboire », « backchich », bref, corruption). Ou encore en laissant s'épancher de pseudo opposants qui rêvent de vendre leur pays aux multinationales yankees. Voilà ce dont rêve les « Cubains libres » qu'appelle Cohen de ses vœux ! Pas un mot sur les centaines de médecins que Cuba a envoyé en Afrique de l'Ouest pour combattre l'épidémie d'Ebola tandis que les USA envoyait...des troufions ! Pas un mot sur l'excellence de l'enseignement dans ce pays où tout le monde est très bien éduqué et soigné. Par contre de grandes déclarations sur les « milliers de Cubains opposants au régime et qui sont emprisonnés ». Mais pas un mot sur Guantanamo, cette portion du territoire cubain volé et colonisé par les Etazuniens et transformé en centre de détention arbitraire et de torture mise au rang de pratique ordinaire...

 

- Bref, le « progrès » qui guette les Cubains, c'est de devenir le casino et le bordel des USA... Mouais... Ne jamais prendre pour argent comptant les « vérités » imposées par les merdias à la solde des marchands d'armes et de béton. Enfin, pour nous redonner la pêche printanière, il y a comme chaque année la Victoire ! Celle de 45 contre les Boches !

 

- Parlons-en Loulle ! C'est la honte, ouais ! « On » n'a pas invité aux cérémonies du 8 mai les dirigeants du principal pays vainqueur des nazis, la Russie ! Et, encore pire, « on » n'a pas daigné assister aux cérémonies grandioses organisées le 9 mai à Moscou. Pour obéir aux injonctions des États-Unis qui ont interdit aux Européens de se montrer aux côté de Poutine ! Ceci parce que le dirigeant russe n'est pas dupe des manœuvres belliqueuses de l'Otan étazunien en Ukraine et ne s'en laisse pas compter. J'ai honte de mon pays Loulle. C'est faire insulte aux 30 millions de Russes – TRENTE MILLIONS, Loulle ! - qui ont laissé leur peau pour que nous puissions maintenant bouffer du mac-do et picolant du coca... Quelle vergogne, Loulle. Quelle vergogne. Sans le sacrifice des Russes, nous serions toujours sous le joug nazi...

 

- Eh ! Les Anglais et les Ricains n'y sont pas pour peu à notre libération !

 

- Ils n'y sont pas pour peu, c'est vrai, et respectons la mémoire de ces « boys » venus de loin se faire tuer sur nos terres. Mais pour 1 mort étazunien, il y a eu 97 morts russes... On ne joue pas dans la même catégorie.

 

- ...teng ! Le Poutine, il a fait fort hier ! Un défilé militaire digne de la plus grande époque de Khrouchtchev ou Brejnev ! Des dizaines de milliers de troufions, des centaines de canons, des missiles énormes. Tout ça rutilant. Une sacrée démonstration de force !

 

- Il a raison de montrer ses muscle le Poutine. Pour bien faire savoir aux va-t'en-guerre étazuniens que ce n'est pas leurs 300 parachutistes envoyés en Ukraine pour entraîner les nazis de Kiev qui feront le poids ! Et nous, Français, qui sommes liés depuis toujours par la civilisation comme par la guerre aux Russes, nous nous coupons de ces puissants partenaires naturels par veule soumission aux diktats de Washington. Nous qui nous plaçons délibérément du côté des salauds !

 

- Merde, mais c'est vrai ça Victor. Nous sommes du côté des salauds, des belliqueux, des menaçants, du côté de l'injustice. Puteng ! Ça fait drôle.

 

- Et ça fait honte surtout...

 

- Allez, changeons de sujet. Tu sais que j'ai pour les Rosbifs – comme la plupart des Français – des sentiments d'amour-haine. Mais là je leur tire le chapeau...

 

- Arrête Victor. Tu vas pas me chouiner autour du « royal-baby » non ? Pas toi !

 

- Non. Laisse la Charlotte dans ses langes. Mais je veux parler de la leçon donnée par les Rosbifs en matière de démocratie : les dirigeants des partis battus aux élections ont tous démissionné, tout de suite. Á comparer avec nos politicards cumulards qui ont fait de la politique une profession alors que c'est une mission. Ici, on replace les nuls refusés par les électeurs dans de beaux fromages (Europe où on recycle les plus mauvais, fromages gras comme le Conseil économique et social, direction de grandes sociétés à participation d’État, commissions Tartempion, etc). Ce qui conforte les électeurs dans leur obstination de ne pas aller voter où de voter, pas dépit ou provocation, pour la fille du borgne...

 

- C'est vrai que c'est une belle leçon de civisme. Allez, à la nôtre !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

10/05/2015

Ouiquinde gstronomique: L'Aïoli des Académiciens

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Aïoli ! Mot sonnant comme un salut gaillard !

D’Avignon à Marseille il est un étendard.

Emblème culinaire en terres de Provence

Il engendre gaieté, amour et pétulance.

Pour unir ceux qui l'aiment, il est avantageux

Tant son parfum puissant éloigne les fâcheux.

L'aïoli est en soi un éloquent symbole

Des valeurs des pays où court la Farandole:

L'or de l'œuf est fortune, rondeur, fécondité,

L'ail est puissance mâle, santé, virilité

Quant à l'huile d'olive, impériale maîtresse

C'est elle l'unité, l'harmonie, la richesse.

L'aïoli est parfait quand lou trissoun ten dré (1),

Quand le pilon de bois, dans la sauce dorée,

Tient droit tel Priape redoutable et vainqueur

Dans l'onctueux parfum qui chavire les cœurs.

L’académie des Amoureux de l'Aïoli,

Chaque année, réunie en un conclave, élit

Parmi les cuisiniers du pays des cigales

Celui dont la recette lui paraît idéale.

Voici celle que fait, lors de grandes agapes,

Henry Estévenin, de Châteauneuf-du-Pape.

Truculent moustachu, buveur et quintalien (2)

Il est le "Grand Aillé" (3) des Académiciens.

Pour que ton aïoli soit de bonne facture

Tout doit bien être à la même température :

L'huile, l'ail et les œufs, le mortier, le pilon

Sont préparés la veille ou le matin selon

Que tes invités viennent dîner ou souper:

Car voilà un travers qu'il convient de stopper,

On n'est pas dans le nord, c'est à midi qu'on dîne

Et le soir que l'on soupe en terres comtadines !

Pour six convives il te faut douze gousses d'ail

Dont tu ôtes les germes pour faire un bon travail.

Quatre beaux jaunes d'œuf, du sel, du poivre blanc,

Beaucoup de jus de coude et un pichet de blanc.

Le vin, dans l'aïoli, ce n'est pas pour la sauce

Mais pour le cuisinier dont la soif est très grosse!

À l'aide du pilon, dans un mortier de marbre,

Tu écrases en pommade ail et sel, sans palabre.

Tu mets tes jaunes d'œufs et tu tournes, tu tournes,

Qu'aucune distraction, jamais, ne te détourne,

Pendant deux, trois minutes pour tout bien mélanger.

Puis laisse reposer dans un coin ombragé,

Juste le temps de boire deux ou trois bons canons

Avec tes acolytes, devant le cabanon.

Reprend ton appareil et coince le mortier

Entre tes deux genoux, et serre volontiers.

Éloigne les badauds et concentre-toi bien,

C'est là que ça se passe : ou c'est tout, ou c'est rien!

Tu commences à verser ton huile goutte à goutte

En tournant de bon cœur, d'un seul sens, tu t'en doutes.

Si tu suis la recette très rigoureusement,

L'émulsion doit se faire assez rapidement.

Quand l'aïoli a pris, verse en un fin filet

Ta bonne huile d'olive. Mais pas sur ton gilet!

Maintiens ton mouvement régulier jusqu'au bout

Ne mollit pas surtout. S'arrêter, c'est tabou.

Si elle est réussie, elle doit être épaisse,

Onctueuse, dorée, mais pleine de finesse.

Le pilon, en son sein, tient droit sans se vautrer.

Présentant ton chef-d’œuvre, dit : "Lou trissoun ten dré" !

Traditionnellement, l'aïoli accompagne

La morue dessalée, seul poisson des campagnes.

Fait-là tremper deux jours dans de l'eau fraîche et claire

Que tu changes souvent sans souci des horaires.

En de belles portions il te la faut trancher,

Juste avant de servir tu la feras pocher.

Fais bouillir à l'avance œufs durs et escargots,

Du chou-fleur, des carottes et de verts haricots,

Des patates, bien sûr, une pleine fourchée

Que, pas plus que les œufs, il ne faut éplucher.

Sers ces aliments chauds dans des plats séparés

Et, trônant au milieu, l'aïoli vénéré.

Que boire avec ce plat? La question reste ouverte.

Sur ce point important, l'Académie concerte.

Du rouge, du blanc sec, ou même du rosé

Si c'est servi bien frais, on peut tout écluser.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

 Pour la sauce : - six gousses d'aï !, blanc de préférence, desquelles vous enlever les germes, - deux cuillerées à café de sel fin, - quelques tours de poivre blans du moulin, - deux jaunes d'œuf, - trois-quarts de litre d'huile d'olive vierge extra AO.C. Vallée des Baux.

 

Attention: faites en sorte que tous ces ingrédients soient à la même température. C'est primordial pour prévenir tout ratage (on dit alors, si ce malheur arrive, que l'aïoli a "cagué").

 

Pour le plat : - un kilo de morue sèche que vous ferez dessaler, - un kilo de carottes, - un kilo de haricots verts, éventuellement quelques betteraves rouges, - douze œufs durs, - trois douzaines d'escargots de mer (les "bioù", escargots dont la coquille présente des cornes), - trois douzaines d'escargots des garrigues provençales, - 3 kilos de pommes de terre cuites à la vapeur.

 

 

Les vins conseillés

L’Académie des Amoureux de l'Aïoli, autorité incontestée en la matière, a longuement travaillé - verre en main - sur le délicat problème des vins les plus aptes à accompagner l'aïoli.

 

Le poisson qui en constitue une partie essentielle incite à pencher pour des vins blancs secs. Les légumes cuits à la vapeur appellent des vins rosés. La délicatesse des fragrances de l'huile d'olive s'accommode fort bien de vins rouges charpentés. Mais la puissance de la sauce dominée par l'ail ne s'accommode que... d'eau prétendent certains Académiciens. On ne peut tout de même pas aller jusqu'à de telles extrémités.

 

Essayez donc des blancs de Cassis, Châteauneuf-du-Pape, Cairanne, Rochegude, Picpoul de Pinet ; des rosés Tavel, Chusclan, Valréas, Vaison-la-Romaine, Côtes-de-Provence; des rouges de Vacqueyras, de Lirac, de Sablet, de Rasteau, de Violès, des Costières de Nîmes.

 

 

(1)  "Lou trissoun " :  c'est le "pilon", la pièce de bois qui sert à piler les ingrédients dans le mortier et à "monter" l'aïoli. Lorsque la sauce est réussie, "lou trissoun ten dré" - le pilon tient debout dans la sauce ferme et onctueuse.

 

(2) Quintalien : personnage de poids, ayant tourné le quintal.

 

(3) "Grand Aillé" : grade suprême dans la hiérarchie de l'Académie des Amoureux de l'Aïoli.

 

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

09/05/2015

Ouiquinde érotique pour préparer mon enfer !

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Sonnet pour une belle nonnain

Qui se disoit espouse du christ et repoussoit un cavalier

 

Tousjours : Jesus par-cy; tous jours : Jesus par-là,

Jesus veut la vertu, la pudeur il réclame;

Sans combler, ce pendant, le désir qu'il affame,

Jesus deffend cecy, Jesus deffend cela.

 

Sambregoy ! Je vous plains si vous estes sa femme

Car dans ceste famille aucun ne bricola :

Fust-ce pas un pigeon que l'Esprit racola

Pour foutre en lieu de Luy dans le Trou Nostre -Dame?

 

Il faut, ce Jesus-là, le faire un peu cocu:

Quoy ! souffrir qu'un tyran régisse vostre Cu ?

Qu'il le laisse béant, sans gloire et sans usage?

 

Tenez, je le renie, ouy, je change de Foy,

J'honnore Cupidon propice au culletage,

Et vivent les faux-dieux qui bandent comme moy!

 

Fernand Fleuret/Annibal Louvigné du Dézert

 

Photo X - Droits réservés

08/05/2015

8 mai, la Victoire. Sous un soleil menteur...

 

 Le passe-droit de la HONTE

 

On commémore la Victoire de 1945. Tout cela semble lointain, suranné, dépassé… Et pourtant, « il est encore fécond le ventre de la Bête ». Tiens, je vais vous raconter une histoire. Une histoire authentique que je tiens de la bouche même de celui qui en fut le seul « héros » survivant.

Laurent Pascal était dans sa vingtaine année à la Libération. Cet homme a eu de la chance. Beaucoup de chance: il fut le seul rescapé, l'unique survivant d'un massacre au cours duquel trente-cinq de ses camarades du maquis Ventoux ont été assassinés par les Nazis et leurs sordides complices français de la milice. Cela s'est passé à Izon-la-Bruisse, petit village des contreforts drômois du massif du Ventoux, près de Sèderon. Leur section a été vendue par des miliciens. Prisonniers, ils vont être massacrés. Écoutons son récit :

 

« Il est environ 13 heures. Un beau soleil d'hiver fait scintiller la neige autour de nous.

 

Un soleil menteur...

 

- Vous quatre là. Avancez. Allez! Plus vite que ça!

 

Ce sont ceux qui se trouvent du côté d'Eygalayes. Je me trouve moi-même à l'autre extrémité de la colonne. Ils partent derrière le bâtiment. Nous ne voyons pas ce qui se passe mais nous entendons une première, puis une seconde rafale de mitraillette: les quatre premiers fusillés d'Izon viennent d'être abattus...

 

Le premier tueur, un milicien, un Français comme nous, sa sale besogne terminée, revient. Un autre "prend livraison" des quatre victimes suivantes, toujours à partir de l'autre bout de la colonne. Il les conduit derrière la ferme en passant par l'angle Ouest alors que les premiers étaient passés par l'angle Est.

 

Rafales...

 

Mes camarades, pétrifiés mais courageux, attendent la mort...

 

Les bourreaux, se remplaçant, alterneront ainsi côté Est et côté Ouest jusqu'au quatre derniers: le Toubib, un jeune homme de Saint-Auban, un autre jeune et moi.

 

C'est notre tour...

 

Nous savons parfaitement ce qui nous attend. Les rafales de mitraillettes et les plaintes de nos camarades ne nous laissent aucun doute sur ce qui se passe derrière la ferme.

 

Je suis pourtant étonnamment lucide. Crever pour crever, je ne vais pas me laisser tuer comme un mouton. Je suis décidé à tenter ma chance.

 

Le milicien dont c'est le tour de nous conduire au massacre, un homme d'une quarantaine d'années, nous fait passer devant lui. Je l'observe en marchant. Il n'est pas très à l'aise me semble-t-il. Arrivé au coin de la ferme, j'aperçois les cadavres ensanglantés de mes camarades étendus dans la neige. Le Toubib, qui est derrière moi, a compris que je veux tenter quelque chose.

 

Je regarde une dernière fois le tueur, puis mes camarades morts. Le Toubib se rapproche de moi et me souffle:

 

- "C'est le moment. Vas-y!"

 

Je me rue en avant. J'ai le temps d'entendre mon copain Blanchet, abattu mais pas encore mort me crier: "Merde! Rolland." C'était son vœu de bonne chance. Un cri qui me va droit au cœur et me donne des ailes. Je cours de toutes mes forces. C'est un pré nu et plat, sans le moindre obstacle. Il y a bien une rangée de pommiers en contrebas, mais je préfère foncer droit devant moi.

Le Toubib me suis. Mais il n'a pas ma jeunesse. Il sera mon bouclier. Volontairement? Je le crois...

 

Les souliers de Toto - que j'ai maudits ce matin - me serrent et tiennent bien à mes pieds malgré l'absence de lacets. Une chance. J’entends le bruit sec des mitraillettes et des fusils. Les balles sifflent autour de moi, ricochent en miaulant sur des rochers...J'ai environ 400 mètres à parcourir, à découvert, dans la neige.

 

Les premiers instants de surprise passés, tous les boches  et les miliciens, qui attendaient, décontractés, que le massacre fut terminé, réagissent et me tirent comme un lapin. J'entends des éclats de voix, des ordres aboyés en allemand. Je perçois des éclatements de grenades autour de moi...

 

Je ne pense à rien. Je fonce, je fonce...

 

Cette course éperdue dure environ une minute. Il me semble que je n'arriverai jamais au bout du champ. Mon cœur bat la chamade, mais j'ai conscience que j'ai la joie de le sentir battre!

 

J'arrive au bout du champ. Je saute un petit mur qui me met provisoirement à l'abri des tirs de mes poursuivants. J'ai la présence d'esprit de ruser pour les égarer: je fonce ostensiblement en direction du village, puis, en me baissant, je remonte dans mes traces et fonce vers la montagne, en direction opposée.

 

La ruse a pris: les Boches se ruent vers la route. Ils me chercheront tout d'abord en direction de Séderon, me laissant quelques précieuses minutes de répit. Maintenant à couvert, je grimpe à toutes jambes les premiers escarpements au-dessus d'Eygalayes. Je passe devant une ferme. Le paysan, qui a assisté impuissant à la fusillade de la fenêtre de sa chambre, craint que je ne m'arrête chez lui. Je n'en ai pas la moindre intention et je le lui dis.

 

Á ce moment-là je me considère comme presque sauvé. J'ai en tout cas gagné la première manche. Je connais parfaitement la montagne, je suis jeune, fort et entrainé. Et puis j'ai ma peau à sauver… »

 

Alors souvenons-nous, et méditons sur les redoutables tensions que des égoïsmes nationaux irresponsables font ressurgir. 

 

Illustration X – Droits réservés

 

05/05/2015

Au bistrot de la toile : rafales, Charlotte, Le Pen, Vichy

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- Alors Loulle, quoi de neuf dans les journaux ?

 

- Ah, ben, on parle surtout de trois choses : François qui triomphe comme voyageur de commerce en fourguant des Rafales aux pétro-monarchies du golfe arabo-persique, puis la petite Charlotte, la royal-pisseuse britiche, enfin la « tragédie shakespearienne » qui déchire la petite entreprise Le Pen.

 

- Bref, l'enfumage habituel quoi. Les Rafales, on s'en gargarise en haut lieu : « François réussit ce que Sarko n'a jamais réussi... C'est du tout bon pour l'emploi en France... ». En oubliant de dire que nous vendons des armes terrifiantes à des gens qui, par ailleurs, financent, arment, manipulent les groupes islamistes contre lesquels luttent et se font trouer la peau nos soldats ! En oubliant de dire que cette charia barbare, sanguinaire qui nous horrifie chez les gens de Gaech ou d'Al Quaïda – fouet, membres coupés, égorgements, crucifixion, décapitation, lapidation et autres joyeusetés – sont légalement en service chez nos « amis » des monarchies féodales auxquelles nous vendons nos belles machines à tuer... Où est la cohérence ?

 

La petite Charlotte, ze « royal-pisseuse » anglaise ? Quelle vie elle aura cette pauvre petite ? Aucune fantaisie permise. Sa vie est déjà tracée : elle ne foutra rien de sa vie, ne sera jamais reine des Rosbifs, mais il lui faudra savoir enfourcher des canassons, jouer au polo et au golf, boire le thé en levant le petit doigt, faire les choux gras de la presse people en faisant quelques konneries lorsque son « royal-pussy » commencera à la gratter, inaugurer des trucs et des machins chiants, puis se marier avec une fin de série pour lui pondre deux ou trois chiards... Tu parles d'une vie ! A se flinguer, ouais !

 

Enfin, les Le Pen and Co. Bof. Bourrage de crâne. Enfumage là encore. La fille du borgne veut se faire une « virginité » républicaine. Et donc elle fout – pour la galerie ! - le vieux à la lourde pour faire croire que son parti est devenu fréquentable. Ça ne trompera que ceux qui le veulent bien. Grattez un peu sous la peinture bleu-marine, et vous y trouverez le brun d'origine... Le vieux considère l'assassinat de 6 millions de juifs et de tziganes comme un « détail de l'histoire », la fille rêve de se débarrasser des Arabes. Le vieux glorifie Pétain, la fille fait semblant de s'en offusquer. Chacun sa spécialité, chacun sa partition, mais la musique est la même.

 

Tiens. Au sujet de Pétain, j'ai reçu un message d'un mien blogami de Vichy qui me dit ceci : « Victor, il s'agit, en maniant la rigoureuse vérité historique consistant à appeler un chat un chat, de faire cesser cet amalgame insultant, diffamatoire, récurrent sur une ville au prétexte que des événements pénibles et douloureux s'y déroulèrent ! Or, il faut le constater, Vichy est victime de cet amalgame-là, ce, depuis trop longtemps !

 

Alors, lorsqu'on parle de "Régime de Vichy", il ne peut être question, là, que des réalisations culinaires propres à la Ville de Vichy et à son bassin, tels que les Carottes Vichy, le Pâté de pommes de terre, les maroquins, les Pastilles Vichy, les Pâtes de fruit, les eaux (Vichy Saint-Yorre et Vichy Célestin), les vins de la Région (Saint-Pourçain blanc, rouge ou rosé), les moutardes de Charroux, les fromages de la région...

 

Il s'agit tout simplement d'interdire la diffamation pure et simple, l'opprobre, l'insulte gratuite, d'autant qu'il y a un slogan dont l'hebdomadaire français PARIS MATCH est l'auteur : "le poids des mots, le choc des photos", qui prend ici tout son sens !

 

Pour rappels, il faut penser à lire la proposition de loi de Gérard Charasse, Député de l'Allier, visant à substituer, dans les communications publiques invoquant la période de l’État français, aux référence à la ville de Vichy, l'appellation de Dictature de Pétain.

 

Sinon, ma pétition, Faire respecter la Ville de Vichy et ses habitants en demandant, au final, la promulgation de la proposition de loi de Gérard Charasse, Député de l'Allier, vous expliquera, je le pense, le sens de ma démarche. »

 

Il a raison mon pote Dominique. Tè ! Je vais signer sa pétition.

 

- Pourquoi pas. Bon. On va arroser ça. Je te sers un Vichy, Victor ?

 

- Eh ! Oh ! N'allons tout de même pas jusque-là ! Du rouge, Loulle !

 

Illustration: merci à Chimulus

03/05/2015

Ouiquinde gastronomique en Alsace et Lorraine

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Le Baeckeofe d’Alsace et de Lorraine.

 

Il me souvient de grandes fêtes vigneronnes

Entre les vins d’Alsace et les Côtes-du-Rhône

Où, avec ma chorale de vigoureux soiffards,

Nos pifs enluminés jouaient les gyrophares.

Nous avons ripaillé, chanté, mangé, et bu

Avant que de sombrer, fin remplis et fourbus

Dans les bras de Morphée, de Sophie ou Gisèle

Vaincus par la bamboche plus que les demoiselles…

- Tu le sais bien Victor que le vin, s’il enflamme,

En amour est meilleur s’il est bu par les femmes !

Au cours de ces agapes, qu’avez-vous donc mangé ?

- Dans ces contrées de froid si loin de ma Provence

Nous avons dégusté, au cours de ces bombances,

Le célèbre Baeckeofe, la potée alsacienne

Un plat qui tient au ventre, platée rabelaisienne.

Les femmes le préparaient, enfin, c’est ce qu’on dit,

Le dimanche matin pour le cuire lundi.

 

Tu tailles en gros morceaux de la viande sans os

Ton boucher, s’il est bon, te le fait rapidos,

Une livre de bœuf, gite ou paleron,

Une livre de porc et autant de mouton.

Tu fais tremper tout ça dans une marinade :

Oignons, poireau, carotte, ail, girofle, muscade,

Bouquet garni, sel, poivre et bien sûr vin d’Alsace,

Riesling ou Sylvaner sont les plus efficaces.

Tu laisses mariner, au frais, vingt-quatre heures.

Emince cinq oignons, deux kilos de patates

Comme pour préparer la truffade auvergnate.

Le « Baeckeofe » est aussi le nom du plat en terre

Large, ovale et profond, solide, utilitaire.

Etale tes patates en couches sur le fond,

Sale, poivre et dispose au dessus les oignons,

Sel, poivre de nouveau puis dispose les viandes

Egouttées, séparées d’avec leur marinade,

Mouille avec celle-ci jusqu’à demi terrine

Complète avec du vin…et remplit ma chopine !

Pour donner du moelleux, met un pied de cochon

Ou bien un pied de veau…et verse ton cruchon !

Ajoute par-dessus ce qui a mariné

Sel, poivre du moulin et…remet ta tournée !

Ferme alors ton couvercle très hermétiquement

Avec farine et eau maniées fermement,

Ça s’appelle « luter » : fermer avec la pâte.

C’est fini, il faut cuire longuement et sans hâte,

Dans un four préchauffé, cent-quatre-vingt degrés,

Quatre heures minimum et plus si ça t’agrée.

Ce plat pourrait sauver bien des anorexiques,

Régale les gourmets, stoppe les boulimiques.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

D’un Gewurztraminer à la saveur friponne

Et  laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients pour six personnes :

½ kilo de gîte, poitrine ou paleron de bœuf sans os – ½ kilo d’épaule ou d’échine de porc sans os – ½ kilo d’épaule de mouton ou d’agneau sans os – 1 queue, 1 pied de porc ou de veau (facultatif) – 1/2 d’oignons – 1 grosse carotte - 2 gousses d’ail – 2 kg de pommes de terre – 2 blancs de poireau – 1 bouteille de Riesling ou de Sylvaner – 1 bouquet garni – girofle – sel et poivre – farine.

 

Vins conseillés :

En rouges, des Alsaces Pinot noir ; en blancs Alsace Pinot gris (Tokay), Riesling, Sylvaner ; en vins d’Allemagne Riesling, Rheingau.

 

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02/05/2015

Ouiquinde érotique animalier avec Pierre Louïs

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Je n’aime pas à voir la princesse autrichienne
Qui fait raidir le vit de son grand lévrier,
Puis se courbe sous lui pour lui servir de chienne
Avant que l’empereur songe à la marier.


Je n’aime pas qu’Alice en rut lève son linge
Montre son clitoris dardé, rouge et durci,
Long comme un vit de chien, droit comme un vit de singe,
Et soupire : « Ah ! Ma gousse ! Un coup de langue ici ! »

 


Je n’aime pas à voir qu’une fille de ferme
Fourre un vit de cheval au con d’une jument
Et racle avec la main tout le surplus du sperme
Pour se lécher la patte au soleil, goulûment.


Je n’aime pas à voir derrière une roulotte
La gitane en levrette et qui baise trop bien,
Ruisselle par la croupe, inonde la culotte,
Puis se torche le cul dans l’herbe comme un chien.


Je n’aime pas, Judith, celles pour qui tu mouilles ;
Ces vaches de Lesbos qui n’ont pas de taureaux,
Prennent tous les tétons pour des paires de couilles
Et les godemichés pour des godelureaux.


Je n’aime pas à voir la jeune chevrière
Qui présente au bouc noir son petit cul tout nu
Mais se fourre le vit du bouc dans le derrière
De peur d’avoir un fils ruminant et cornu.


Je n’aime pas à voir le cocher de remise
Qui, sur le quai désert, enfile sa jument
Puis essuie à l’écart son vit dans sa chemise
Et regarde le con qui bâille encor fumant.

 

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01/05/2015

Premier mai! Ce n'est pas que le muguet.

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Le premier mai... Les ultralibéraux triomphants en ricanent. Et, hélas, les syndicats - qui affichent leur désunion - ne font rien pour leur claquer le beignet. Pourtant cette date est emplie d'une charge émotionnelle forte. Il est a première marche de bien des révoltes ouvrières. Il est le point de départ de bien des avancées sociales vers plus de justice. A ce titre, il mérite mieux que les quelques sarcasmes de plumitifs à la solde des puissances financières.

Un petit retour sur sa genèse n'est pas inutile.

 

Aux États-Unis, dans les années 1880, la colère gronde dans un monde ouvrier soumis à des cadences de travail harassantes: 12h, parfois 14h par jour. Le 1er mai 1886, début de l'année comptable des entreprises, une grande manifestation est organisée par les syndicats de Chicago. La grève s'étend bientôt au pays tout entier et la mobilisation est telle que le mouvement obtient satisfaction : la journée de travail est réduite à 8h, mais non sans perte. Plusieurs ouvriers de la fabrique McCormick à Chicago trouvent la mort dans des affrontements avec les forces de l'ordre. Sur l'une des tombes sont gravés ces quelques mots : "Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui".

 

De notre côté de l'Atlantique, la IIème Internationale socialiste se réunit à Paris, en 1889 pour le centenaire de la Révolution française et décide d'organiser tous les ans, dans tous les pays et à date fixe, une grande manifestation ouvrière. Ici aussi, la journée de 8h est la principale revendication. Et c'est la date du 1er mai qui est retenue, en souvenir des manifestations de Chicago. Dans les années qui suivent, le 1er mai s'impose peu à peu comme un grand rendez-vous ouvrier. Mais c'est en 1936 qu'ont lieu les plus grandes manifestations.

 

Ces manifestations du 1er mai 1936 marquent durablement l'imaginaire français. Elles contribuent en effet à l'élection de la première coalition républicaine de centre gauche, deux jours plus tard : le Front populaire. Présidée par le socialiste Léon Blum, ce gouvernement ne tarde pas à adopter des mesures historiques pour les travailleurs: la semaine de 40h, les deux premières semaines de congés payés ou la reconnaissance du droit syndical.

 

En 1941, le régime de Vichy récupère ce rendez-vous ouvrier et le transforme en jour férié, "fête du Travail et de la Concorde sociale".

 

Le 29 avril 1947, les autorités issues de la Libération reprennent la mesure. Le 1er mai est officiellement déclaré jour chômé-payé dans toutes les entreprises françaises, et le restera.

 

Attention donc à ne pas laisser ce jour symbole des luttes ouvrières à…Marine Le Pen et sa fête de Jeanne-d’Arc !

 

 

 

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28/04/2015

Au bistro de la toile. En deuil de Katmandou...

 

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- Je suis en deuil, Loulle

 

- Oh ! De qui Victor ? Dis-nous ?

 

- En deuil de Katmandou. En deuil d'un pays, d'une ville, d'un peuple fascinant. Un autre monde. Les maisons de bois sculptées en dentelles. Les palais. Les temples aux toits en pagode, ornés de motifs dingues, avec toutes sortes d’histoires de cul merveilleuses gravées dans le bois...

Le bruit des cloches aux pieds de chaque temple. Pleins de cloches que tu fais sonner, comme les Népalais, en guise de prières. Les Népalais, petits, avec leur futal serré sur les mollets et bouffant aux couilles, leur petit calot posé sur le côté. Leur sourire... Leur gentillesse.

Le marché. Des amoncellements de fruits, de tissus de défonce, d’étranges objets, de tresses rouges, noires, de gros légumes, de plants de ganga séchés, de blocs d’encens. Nanda, le taureau sacré, gigantesque, noir, avec une bosse énorme et une paire de couilles à te rendre modeste. Il avance paisible à travers la foule. Bouffe une banane à l’étal d’un marchand et continu.

Les sherpas qui descendent de la montagne. Jambes nues, en trimbalant tout leur bordel dans des couffins de jute qu’ils portent dans le dos, accroché à une sangle qui leur passe sur le front. Claudicants, sautillants...

Le masque effrayant de Beyrab. En or. Énorme. Avec des prunelles de feu et des dents acérées... Représentation de Kali la noire...

Et la fantastique fête de la Déesse Vivante à Katmandou... Des milliers et des milliers de mecs, de femmes agglutinés sur les marches en pyramide des temples de la ville. Ces temples maintenant écroulés... Les chars colossaux. En bois massif. Plusieurs fois centenaires. Ils parcourent la ville, tirés par des centaines de népalais. Grinçants, cahotants sur leurs grosses roues pleines, en bois. Á l’intérieur, dans une bonbonnière de soieries éclatantes et de pierreries étincelantes, la Déesse vivante. Petite merveille de grâce, de beauté juvénile, de pureté. Somptueusement habillée d’or, d’azur et de pourpre. Les Népalais qui psalmodient, qui se pressent pour voir la Déesse de près. Qui s’emplissent les yeux, puis se voilent la face, comme éblouis par tant de beauté... Tous les temples, toutes les statues ornées de fleurs, enduites de beurre, peintes avec des poudres sacrées. Le combat de Ganesh, le dieu éléphant, avec les esprits néfastes devant la statue de Shiva... Nanda, notre pote Nanda le taureau qui déambule dans la foule qui s’écarte sur son passage. Seul. Énorme...

Et le temple des singes ! Faut d’abord traverser la rivière, là où ils font cramer les calanchés. En ce moment, les bûchers brûlent, brûlent... Puis tu crapahutes un peu, tranquille, sur un chemin étroit qui te mène à un petit village habité par des tibétains. Et le petit marchand de gnôle de fruits ! Parfumée qu’elle en peut plus. Puis tu attaques la montée vers le temple, à travers les arbres. Il y a plein de singes qui te montrent leur cul rouge ! Tu vois le stupa qui te regarde d’en haut. Et ça grimpe, merde...

 

- Tu ne nous avais jamais raconté ça Victor !

 

- C'est un de mes jardins secrets.

 

- Continue.

 

- Tu arrives enfin en haut, sur l’esplanade du temple. Au milieu, le stupa. C'est une sorte de tour. Énorme. Avec quatre yeux sur quatre faces, qui regardent les horizons. Il est tombé celui-là. Écroulé sur lui-même. Tout autour, plein de moulins à prières. Des espèces de cylindres verticaux qui tournent en grinçant autour d’un axe. Tu fais le tour par la gauche, en laissant traîner ta pogne qui fait tourner tous les cylindres. Á chaque coup, c’est une prière ! Pas à te casser le trognon. La mécanique au service de la bondieuserie 

Au nord, en direction des grandes chaînes de l’Himalaya, il y a la pagode qui abrite un énorme Bouddha. En or. Á ses pieds, pleins de lamas tibétains avec la boule à zéro, mais avec la robe grenat foncé, pas safran comme les autres bonzes. Faut dire que ceux-là, c’est les kakous de la profession ! Des pros. Les mecs du Grand Véhicule comme ils disent. Pas ceux du Petit Véhicule. Faut pas confondre. Directement en prise avec le Nirvana les mecs. Suppression des intermédiaires. Toute la journée ils chantent des psaumes, des espèces de litanies monocordes, en tibétain.

Á une certaine phrase, il y en a un – un gros balaise - qui balance un grand coup sur un gong de deux mètres de haut. Le bruit que ça fait ! Bas, sombre, vibrant longuement. Ça te pénètre la viande, t’aiguise les nerfs. Il redouble, il tape encore, en augmentant le rythme. Puis il s’arrête et il y a trois autres lamas qui embouchent de longues trompettes noires, longues, fines, droites. Le bout, avec un petit pavillon recourbé vers le haut, est posé par terre. Et ils soufflent les mecs ! Longtemps, longtemps… Ça résonne dans la pagode, ça résonne jusque dans la vallée que tu vois en bas... Le pied !  T’oses pas les déranger ces mecs-là. Ils planent trop haut pour nous. D’ailleurs ils ne nous voient même pas. On peut s’asseoir à côté, tomber le chiloum, ils s’en foutent... Et au loin, l’œil du stupa tourné vers le nord-ouest regarde la grande chaîne des Annapurnas. Écrasante de blancheur verticale taquinant des abîmes de ciel. Fantastique. Mais faut qu’il fasse beau. Émergeant de la brume, on dirait une escadre de grandes frégates blanches, toutes voiles déployées, cinglant vers l’éternité.

 

- ...teng ! Le pied Victor.

 

- Maintenant tout est en partie détruit. Ce peuple souffre. Ces gens pleurent. Mais ce pays est éternel. Il en a vu d'autres. Il se relèvera. Comme il relèvera ses temples, ses stupas. Allez, Loulle ! Mets-nous une tournée. Pour oublier...

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

 

27/04/2015

Pour casser le miroir aux alouettes de l’Europe, quel développement pour l’Afrique ?

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L’Europe couilles-molles a décidé…rien ! Un pet de lapin concernant les problèmes nés de l’immigration sauvage, par terre comme par mer. Quelques bateaux pour empêcher quelques noyades mais rien sinon des mots sur la destruction des nids de vipères des passeurs-trafiquants d’êtres humains, et rien surtout sur la manière de tarir cette immigration à la base : dans les pays de départ. Ceci en mettant sur pied un véritable plan de développement de l’Afrique sur place. Encore faudrait-il que ces pays soient en paix… Entre eux et à l’intérieur de chaque pays. Ce qui n’est pas le cas et même l’exception. Et ne nous faisons pas d’illusion : il n’est pas dans le pouvoir de l’Europe de pacifier ces régions. François « Normalou » Hollande en sait quelque chose. Merci à Sarkozy a qui nous devons le foutoir libyen.

 

Un plan de développement efficace doit être débarrassé du racket et de l’exploitation par les multinationales des ressources gigantesques de cet énorme continent. Dehors Areva ! Où paye. Dehors Bolloré ! Ou paye. Dehors Total ! Ou paye. Dehors Nestlé ! Ou paye. Dehors Bill Gates ! Ou paye.

 

 L’Afrique attire les « investisseurs » internationaux. Mais pour quel développement ? Pour un développement prédateur, néo-colonialiste. Ces firmes-voyous saccagent les forêts, extraient les arbres les plus rentables, puis déboisent et plantent des palmiers à huile. Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoient à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

 

Ces firmes-voyous extraits les minerais d’uranium, de cuivre, de cobalt, d’or, de diamants et laissent une terre ruinée de latérite stérile et polluée. Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoient à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

 

Á côté des firmes-voyous, il y a les états-voyous, états voleurs de terre : (Chine, Corée du Sud, Arabie saoudite, Libye, Qatar, etc.) et les investisseurs-voyous privés (fonds de pensions, banques, etc.). Ces bandits achètent la terre, le territoire, envoient les bulldozers, saccagent, défrichent, font fuir les paysans avec l’aide musclée des potentats locaux à la patte grassement graissée, puis plantent des cultures d’exportation (cacao, arachide, café, riz, fleurs). Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoient à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

 

Au lieu de cette économie de prédation, ne vaudrait-il pas mieux mettre en place une réforme agraire en expulsant les grands propriétaires terriens pour partager, avec le soutien financier et réglementaire de l’Etat, les terrains en petites exploitations principalement axées sur les cultures et l’élevage vivriers ?! Il y aura forcément une faible productivité, mais tant mieux : ça donnera du travail aux populations locales. Mais attention au syndrome « Zimbabwe » ou une réforme agraire de ce type mal menée a ruiné le pays…

 

Ne vaudrait-il pas mieux mettre en place de petites unités industrielles locales, directement en prise avec les besoins locaux : fabrication d’outils,  de vêtements, de biens de consommation, d’habitations préfabriquées, de véhicules bon marché adaptés au pays, etc. ?! Et même les pousser à exporter mais en assortissant ce développement local d’un indispensable protectionnisme vis-à-vis de la concurrence des grands pays développés qui subventionnent leurs exportations, refilent aux Africains leurs produits de seconde zone et tuent ainsi dans l’œuf toutes les initiatives locales.

 

Ce modèle de développement, aux antipodes de celui proposé, imposé plutôt par les organisations prédatrices que sont le FMI (Fond Monétaire International), la Banque mondiale, l’OMC (Organisation mondiale du commerce), a réussi il y a quelques décennies au Japon, puis en Corée du Sud, en Malaisie, au Vietnam.

 

Ne serait-il pas plus réaliste, et efficace, de s’inspirer de ce qui a réussi ailleurs plutôt que de laisser la bride sur le cou à toutes ces institutions, multinationales et Etats nuisibles ? L’acceptation les investissements des états et firmes prédatrices devrait s’assortir d’un accord de ce genre : sur 1000 que vous investissez, on vous en concède 500 pour vos cultures exportatrices, mais on vous impose d’investir 500 pour le développement de cultures vivrières à travers une aide financière et technique aux petits paysans locaux. Et idem pour les implantations industrielles venant en appui de l’artisanat et à la petite industrie locale. Pour que ça rapporte enfin aux Africains, que ça leur rende la fierté de leurs pays, et que leur enlève de l’esprit ce mirage qui les envoient, à travers déserts et Méditerranée, vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

 

On nous rétorquera que l’argent de l’aide internationale coule à flot en Afrique… Mais il coule dans quelles poches ? Car peut-on envisager un tel développement positif avec des dirigeants et des administrations corrompus jusqu’à la moelle ? Mais qui dit corrompus dit corrupteurs. Et les corrupteurs, qui sont-ils ? Et où sont-ils ? Devinez…

 

Enfin, il est une question taboue qu’il faut pourtant bien aborder : les bienfaits de la médecine moderne ont fait chuter heureusement la mortalité infantile. On s’en réjouit. L’espérance de vie s’en est trouvée allongée. Et donc la démographie a explosée tandis que la production restait au niveau d’une agriculture de subsistance, elle-même ruinée par les exportations subventionnées de produits européens.

 

Conclusion : une aide massive ne s’évaporant pas dans des poches corrompues doit se conjuguer avec une régulation efficace de la surpopulation. Les Chinois l’on fait, les Indiens tentent de le faire. Mais, au delà de toute coercition, la manière la plus efficace de limiter les naissances, c’est l’éducation.

 

Faute de résoudre ce double défi : développement économique de l’Afrique et limitation des naissances, l’Europe va se trouver confronter, dans les décennies qui viennent, à une gigantesque question migratoire. Qui ne se résoudra pas avec le sourire…

 

Ne jamais oublier les paroles de Boumedienne qui déclarait, en 1974 devant l'assemblée de l'ONU : « Un jour, des millions d'hommes quitteront l'hémisphère sud pour faire irruption dans l'hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils, c'est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire. »

 

 Illustration X - Droits réservé

26/04/2015

Ouiquinde gastronomique: Le tian de haricots au cochon

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En Provence, petit, ce qu'on appelle un "tian"

C'est un grand plat en terre, vernissé et brillant,

Ovale très souvent, ou tout simplement rond,

De largeur variable, mais jamais très profond.

Les potiers de village, au temps de nos grand-mères

Fabriquaient et cuisaient ces grands plats à tout faire.

Car on y faisait tout, dans ces récipients

Rustiques, allant au feu, solides, pas fainéants:

La barbe, la vaisselle, la toilette des gosses,

Les légumes à tremper, les fayots qu'on écosse.

Après quoi, bien rincés, sans prévention mesquine,

On s'en servait surtout pour faire la cuisine!

Ce grand plat à gratin, simple et astucieux

Est aussi synonyme de repas copieux,

De nourriture simple en grande quantité,

Qu'en bonne compagnie on aime ingurgiter.

Notre tian de cochon et de haricots frais

Est bien dans la lignée des nourritures vraies.

C'est un plat que l'on fait lorsqu'on a récolté

Les tarbais, les pamiers ou les cavaillonnais,

Ces haricots fameux, moelleux, souples en bouche,

Aux accents musicaux, rocailleux et farouches.

A défaut prenez donc des cocos de Paimpol.

Par chaque commensal, écossez-en un bol.

Inutile, bien sûr, de les faire tremper,

Lavez-les à grande eau et puis égouttez-les,

Cuisez-les à moitié, demi-heure environ

Dans beaucoup d'eau salée chantant à gros bouillons.

Tout ça m'a donné soif, petit, remplis mon verre

D'un bon blanc de Laudun, un vin vif et sincère,

Un vin qui donne soif, le vin que je préfère

Pour préparer au mieux la cuisine porchère.

Ton boucher t'a coupé une large rouelle

De jambon de cochon. Elle est épaisse et belle.

Tu vas la piquer d'ail et la frotter de sauge

Puis la mettre à four chaud un demi-tour d'horloge

Dans ton tian frotté d'ail et graissé au saindoux.

Quand ta viande est dorée, sale et poivre le tout,

Rajoute deux oignons émincés, trois tomates

Pelées, épépinées, thym, laurier, aromates.

Laisse fondre un moment puis déglace au vin blanc.

Égoutte maintenant tes haricots brûlants

Et mets-les dans le tian, au-dessus de ta viande

Vérifie les saveurs et poivre à la demande.

Tu mouilles, à niveau, par ton eau de cuisson

Et tu remets au four, chaud mais sans déraison,

Une heure ou même plus. Il faut que tes fayots

Gonflent sans éclater, en buvant toute l'eau.

Lorsque ton plat est cuit, juste avant de servir

Passe-le sous le grill afin de l'enrichir

D'une croûte dorée, odorante et aimable.

Parsème de persil et sers le tian sur table.

Accompagne ce plat d'un blanc vif, effronté,

Ou bien d'un vin primeur gouleyant et fruité.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

1 kilo de haricots frais (pamiers, tarbais, cavaillonnais, cocos de Paim­pol), - 1 kilo de rouelle de cochon, - 1 tête d'ail, - 1 hecto de saindoux, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 10 feuilles de sauge, - thym, laurier, sel, - 2 verres de vin blanc, - 3 litres d'eau (pour la première cuisson des haricots).

 

Les vins conseillés:

Profitez de ce plat paysan pour apprécier les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Peray, vins tranquilles du Diois, Saint-­Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur­-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ardèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon. En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul de Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons, ­Source-d'Argens, Bruc-Auriac, Châteauvert.

Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins pri­meurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les- Vignes, Sabran, Codolet, Roche­fort, Lirac, Laudun.

 

 Illustration originale Vincent Barbantan

 

25/04/2015

Ouiquinde érotique champêtre avec Jean de La Fontaine

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Éloge de la Volupté 

Ô douce Volupté, sans qui, dès notre enfance,
Le vivre et le mourir nous deviendraient égaux ;
Aimant universel de tous les animaux,
Que tu sais attirer avecque violence !
Par toi tout se meut ici-bas.
C'est pour toi, c'est pour tes appâts,
Que nous courons après la peine :
Il n'est soldat, ni capitaine,
Ni ministre d'État, ni prince, ni sujet,
Qui ne t'ait pour unique objet.
Nous autres nourrissons, si pour fruit de nos veilles
Un bruit délicieux ne charmait nos oreilles,
Si nous ne nous sentions chatouillés de ce son,
Ferions-nous un mot de chanson ?
Ce qu'on appelle gloire en termes magnifiques,
Ce qui servait de prix dans les jeux olympiques,
N'est que toi proprement, divine Volupté.
Et le plaisir des sens n'est-il de rien compté ?
Pour quoi sont faits les dons de Flore,
Le Soleil couchant et l'Aurore,
Pomone et ses mets délicats,
Bacchus, l'âme des bons repas,
Les forêts, les eaux, les prairies,
Mères des douces rêveries ?
Pour quoi tant de beaux arts, qui tous sont tes enfants ?
Mais pour quoi les Chloris aux appâts triomphants,
Que pour maintenir ton commerce ?
J'entends innocemment : sur son propre désir
Quelque rigueur que l'on exerce,
Encore y prend-on du plaisir.
Volupté, Volupté, qui fus jadis maîtresse
Du plus bel esprit de la Grèce,
Ne me dédaigne pas, viens-t'en loger chez moi ;
Tu n'y seras pas sans emploi.
J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout ; il n'est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu'au sombre plaisir d'un cœur mélancolique.
Viens donc ; et de ce bien, ô douce Volupté,
Veux-tu savoir au vrai la mesure certaine ?
Il m'en faut tout au moins un siècle bien compté ;
Car trente ans, ce n'est pas la peine.

 

Jean de La Fontaine

 

* * * * *

 

Epigramme

 

Aimons, foutons, ce sont plaisirs
Qu'il ne faut pas que l'on sépare ;
La jouissance et les désirs
Sont ce que l’âme a de plus rare.
D'un Vit, d'un Con, et de deux cœurs,
Naît un accord plein de douceurs,
Que les dévots blâment sans cause.
Amarillis, pensez y bien :
Aimer sans foutre est peu de chose,
Foutre sans aimer ce n'est rien.

 

Jean de La Fontaine

 

poésie érotique,la fontaine

 

 

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