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03/02/2015

Haro sur ces salauds de pauvres, voleurs de poubelles !

les animaux malades de la peste -.jpg

 

 

 

- Ah! Vraiment, ces salauds cumulent tous les vices !

Ces pauvres sont voleurs. Mais que fait la police ?

Ils s'attrapent à tout, ces voyous, ces déchets,

Ils ne travaillent pas, vivent à nos crochets...

- Oh ! je suis bien d'accord chère Marie-Charlotte,

Ils sont laids, et ils puent, ne voient jamais la flotte,

Pissent contre les murs, ces affreux malotrus,

Enfin, a-t’ont idée de dormir dans les rues ?

- Eh oui ! Cher Charles-Edouard, mais il y a la Justice,

Il y a des procureurs poursuivant leurs sévices,

Ainsi, après-midi, passent au Tribunal

De Montpellier trois de ces sinistres chacals.

Ces gueux se nomment Mike, Adrien et Léa

Ils vont, de leurs méfaits, payer les aléas.

- Quel sont donc les forfaits commis par ces crevures ?

- Ils sont allés voler des sacs de nourriture

Dans un Intermarché proche de Frontignan

De plus, écoutez-moi, c'est vraiment répugnant :

Pour voler ces salauds, ces pauvres, ces rebelles

Ils ont pénétré dans le local à poubelles

Où l'organisation de ce supermarché

Jette les aliments périmés, les déchets.

Mais alors qu'ils fuyaient, chargés de leur butin,

Pour apaiser les cris venus de l'intestin,

Ils furent arrêtés par les flics de la BAC

Qui, fort opportunément, les prirent au colback.

Fouille au corps, garde-à-vue chez les flics, et ensuite,

Voilà le procureur qui lance des poursuites

Pour avoir : « frauduleusement soustraits

Des denrées périssables avec date dépassée ».

Espérons, chère amie, que ces salauds de pauvres

Subiront, de nos juges, un très cuisant opprobre.

Rien que la prison, la taule sont capables

D'expier leur forfait. Il faut leur faire voir.

« Selon que vous serez puissants ou misérables,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir »

 

 

VictorAyoli

 

Illustration X - Droits réservés

 

* * * * * * * *

 

19 h: les jeunes n'ont pas été relaxés par le tribunal, ils ont été reconnus coupables d'avoir « frauduleusement soustraits

des denrées périssables avec date dépassée » mais dispensés de peine...

 

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02/02/2015

GRANDES VOIX. La formidable modernité de Diderot.

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Diderot. L’Encyclopédie Avertissement du tome VIII. 1765 :

 

« Puisse l’instruction générale s’avancer d’un pas si rapide que, dans vingt ans d’ici, il y ait à peine en mille de nos pages une seule ligne qui ne soit populaire !

 

C’est aux maîtres du monde à hâter cette heureuse révolution. Ce sont eux qui étendent ou resserrent la sphère des lumières. Heureux le temps où ils auront tous compris que leur sécurité consiste à commander à des hommes instruits !

 

Les grands attentats n’ont jamais été commis que par des fanatiques aveuglés !

 

Oserions-nous murmurer de nos peines et regretter nos années de travaux [la publication de l’Encyclopédie a duré vingt ans, y compris les années de censure], si nous pouvions nous flatter d’avoir affaibli cet esprit de vertige si contraire au repos des sociétés, et d’avoir amené nos semblables à s’aimer, à se tolérer et à reconnaître enfin la supériorité de la Morale universelle sur toutes les morales particulières qui inspirent la haine et le trouble, et qui rompent ou relâchent le lien général et commun ?

 

Tel a été partout notre but. »

 

 

 

Diderot. Observations sur le Nakaz. 1774 [texte adressé à Catherine II, Tsarine de toutes les Russies, lancée dans une réforme du code des lois]

 

« La distance entre l’autel et le trône ne peut jamais être trop grande. L’expérience de tous les temps a démontré le danger du voisinage de l’autel pour le trône.

 

[…] En aucun lieu du monde on n’a pu réduire les prêtres sans violence à l’état de purs et simples citoyens ; ils ont souvent osé dire qu’ils ne relevaient que de Dieu ; ils n’ont jamais cessé de le penser. Partout ils ont prétendu à une juridiction particulière, partout ils ont prétendu au droit de lier ou de délier le serment [qui les lie à la nation] ; c’est accéder à leurs prétentions que de les en rendre dépositaires ; on ne peut tenir trop bas une race d’hommes qui sanctifient le crime quand il lui plaît ; on ne peut trop se méfier d’une race d’hommes qui a conservé seul le privilège royal de parler aux peuples assemblés, au nom du maître de l’univers.»

 

Illustration X - Droits réservés

 

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01/02/2015

Ouiquinde gastronomique grec

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Hélène

 

Lorsque la belle Hélène, femme de Ménélas,

Fut ravie par Pâris, elle goûta l’extase.

Ravie d’être ravie, la pétulante Hélène

Suivant le beau Pâris, courut à perdre haleine.

 

 

Son cocu magnifique, vert de rage et jaloux

Envoya son armée châtier le filou.

Les deux amants s’aimaient, le barbon n’aimait guère…

Pour venger son honneur, il déclencha la guerre.

 

 

Des Grecs contre des Grecs, en une lutte à mort

Vont, neuf années durant, s’étriper sans remords.

Pour les seins blancs d’Hélène, ses étreintes brûlantes,

 

 

Pour sa peau de satin et sa fougue d’amante,

Des guerriers, des héros, des princes et des rois

Pour la gloire et l’Amour périront devant Troie.

 

 

Les poulpes au vin rouge

 

- Oh, Victor ! Ménélas, ce vieux cocu notoire,

Ta belle Hélène l’a bien pris pour une poire !

Et tous ces va-t-en-guerre au front obtus de bœuf

Se trucidant entre eux pour les yeux d’une meuf,

En guise de cerveau avaient dans le cigare

Quelques pots de yaourt brassés au goût bulgare !

Ménélas le cornu peut bien battre sa coulpe,

Se venger dans le sang, réduire Troie en cendre…

Les femmes ont en commun ceci avec le poulpe :

C’est qu’au plus on les bat, au plus elles sont tendres !

- J’adhère à tes propos, petit, sans réticence

Tant ils semblent frappés à l’aune du bon sens.

Tes réflexions hardies sont dignes de Silène,

Alors levons nos verres et trinquons à Hélène.

Son Spartiate aurait pu la garder jour et nuit

S’il avait réveillé ses ardeurs assoupies,

Et chatouillé en lui le cochonnet qui bouge

En cuisinant pour elle une poulpe au vin rouge.

Le nom grec en est « Oktapodhi krasato »

Mais on le mange aussi à Naples ou à Porto.

Comment prépares-tu ce plat aphrodisiaque

Que les Grecs tirent de leur culte dionysiaque ?

C’est un plat délicieux, ni cher, ni compliqué.

Bats longuement le poulpe, sans faire de chiqué,

Tu le laves et le coupes en petites portions

Que tu sèches avec du papier à absorption.

Chauffe quatre cuillers de bonne huile d’olive

Dans une casserole bien anti-adhésive,

Quatre ou cinq gousses d’ail pelées et écrasées,

Puis tes morceaux de poulpe. En cuistot avisé

Fais revenir le tout jusqu’à ce que ça dore.

Un verre de vin rouge puissant de Roquemaure,

Bois-en un toi aussi, c’est pas toi qui conduit,

Et tourne gentiment pendant que ça réduit.

Tu cisèles une branche de fenouil odorant

Dont le parfum subtil est très revigorant.

Pèle, émonde, écrase deux tomates bien mures

Que tu vas rajouter, enfin, à ta mixture.

Laisse cuire à feu doux trois-quarts d’heure environ,

La sauce épaissira et deviendra marron.

Jette-z-y une grosse poignée d’olives noires,

Sel, poivre du moulin, piment obligatoire,

Deux pincées seulement, pour chauffer les papilles

Sans mettre pour autant son estomac en vrille.

Quelques minutes encore sur le feu, en tournant,

Puis sers ton plat très chaud. L’effet est surprenant !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 3 beaux poulpes bien battus, - 1 quart d'huile d'olive, - 3 verres de vin rouge puissant de Roquemaure (plus un pour le cuistot), - quelques branches de fenouil ciselées, - 6 tomates bien mûres, - 2 poignées d'olives noires dénoyautées, - sel, poivre, - 3 cuillerées à dessert de piment d'Espelette.

 

Les vins conseillés:

Intéressants pour ce plat, des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire".

 

En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-les-Vignes, Côtes-du-Ventoux, Coteaux-du-Luberon, Coteaux-du-Tricastin, Costières-de-Nîmes.

 

En vins du Languedoc : Saint-Saturnin, Pic-saint-Loup, Saint-Christol, Saint-Drézery.

 

En vins de Provence : Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

Et pourquoi ne pas tenter la "retzina" grecque !

 

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31/01/2015

Ouiquinde érotique avec ce grand pistachier de Victor Hugo !

 

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Le sonnet d'Arvers... à revers


Son con est sans secret, sa vulve est sans mystère,
Mais j'ai pris cette nuit, en un moment son cul.
Elle était endormie, aussi j'ai dû me taire,
Celle à qui je l'ai fait n'en a jamais rien su.

Hélas ! j'aurai piné près d'elle inaperçu,
Sans me l'asticoter et pourtant solitaire ;
J'aurais planté mon bout dans cette jeune terre,
Et sans rien demander elle aura tout reçu.

En elle, à qui Dieu fit la fesse douce et tendre,
Je suivrai mon chemin, me distrayant d'entendre
Ce bruit que dans la glaise on fait à chaque pas.

Au postère de voir ma semence fidèle
Elle dira, vidant son cul tout rempli d'elle :
"Quel est donc ce blanc d’œuf ?" et ne comprendra pas...

Victor Hugo - Pastiche du:


Sonnet d’Arvers

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère :
Un amour éternel en un moment conçu.
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas ! j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire,
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas ;

À l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
« Quelle est donc cette femme ? » et ne comprendra pas.

Félix Arvers

 

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29/01/2015

GRANDES VOIX. Abdennour Bidar : « Lettre ouverte au monde musulman »

Abdennour Bidar.JPGCher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin - de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd'hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident

Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres, sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois, toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d'enfanter un monstre qui prétend se nommer Etat islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : Daesh. Mais le pire est que je te vois te perdre - perdre ton temps et ton honneur - dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Tu cries : « Ce n'est pas moi ! », « Ce n'est pas l'islam ! » Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (#NotInMyName). Tu t'insurges que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu'à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l'islam dénonce la barbarie. Mais c'est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l'autodéfense sans assumer aussi et surtout la responsabilité de l'autocritique. Tu te contentes de t'indigner alors que ce moment aurait été une occasion historique de te remettre en question ! Et tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous, les Occidentaux, et vous, tous les ennemis de l'islam, de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n'est pas l'islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre mais la paix ! »

J'entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui, tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde, l'islam a créé tout au long de son histoire de la beauté, de la justice, du sens, du bien, et il a puissamment éclairé l'être humain sur le chemin du mystère de l'existence... Je me bats ici, en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l'islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine je vois aussi autre chose que tu ne sais pas voir... Et cela m'inspire une question - « la » grande question : pourquoi ce monstre t'a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? C'est qu'en réalité derrière ce monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il faudra bien pourtant que tu finisses par en avoir le courage.

Ce problème est celui des racines du mal. D'où viennent les crimes de ce soi-disant « Etat islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c'est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd'hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre - et il en surgira autant d'autres monstres pires encore que celui-ci que tu tarderas à admettre ta maladie, pour attaquer enfin cette racine du mal !

Même les intellectuels occidentaux ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu'est la puissance de la religion - en bien et en mal, sur la vie et sur la mort - qu'ils me disent : « Non, le problème du monde musulman n'est pas l'islam, pas la religion, mais la politique, l'histoire, l'économie, etc. » Ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur de réacteur d'une civilisation humaine ! Et que l'avenir de l'humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité tout entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l'échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l'homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent - et qui comme l'islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Malgré la gravité de ta maladie, il y a en toi une multitude extraordinaire de femmes et d'hommes qui sont prêts à réformer l'islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l'humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C'est à tous ceux-là, musulmans et non-musulmans, qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes ouvrages ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu'entrevoit leur espérance !

Mais ces musulmanes et ces musulmans qui regardent vers l'avenir ne sont pas encore assez nombreux, ni leur parole, assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c'est l'état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d'Al-Qaïda, Jabhat Al-Nosra, Aqmi ou « Etat islamique ». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté ; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion ; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

Tout cela serait-il donc la faute de l'Occident ? Combien de temps précieux vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ?

Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l'avouer, tu as été incapable de répondre au défi de l'Occident. Soit tu t'es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l'intérieur de tes frontières - un wahhabisme que tu répands à partir de tes Lieux saints de l'Arabie saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité - je veux parler notamment de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie mondiale qu'est le culte du dieu Argent.

Qu'as-tu d'admirable aujourd'hui, mon ami ? Qu'est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes ? Qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l'Inde à l'Espagne ? En réalité, tu es devenu si faible derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même... Tu ne sais plus du tout qui tu es, ni où tu veux aller, et cela te rend aussi malheureux qu'agressif... Tu t'obstines à ne pas écouter ceux qui t'appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie tout entière.

Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l'islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l'Etat que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu'à l'intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d'imposer que l'islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu'« il n'y a pas de contrainte en religion » (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son appel à la liberté l'empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ? Je dis qu'il est l'heure, dans la civilisation de l'islam, d'instituer cette liberté spirituelle - la plus sublime et difficile de toutes - à la place de toutes les lois inventées par des générations de théologiens !

De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s'élèvent aujourd'hui dans la Oumma pour dénoncer ce tabou d'une religion autoritaire et indiscutable... Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, chouyoukhs, etc.) qu'ils ne comprennent même pas qu'on leur parle de liberté spirituelle, ni qu'on leur parle de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l'islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge » si sacrée qu'ils n'osent pas donner à leur propre conscience le droit de la remettre en question ! Et il y a tant de familles où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès le plus jeune âge et où l'éducation spirituelle est d'une telle pauvreté que tout ce qui concerne la religion reste quelque chose qui ne se discute pas !

Or, cela, de toute évidence, n'est pas imposé par le terrorisme de quelques troupes de fous fanatiques embarqués par l'« Etat islamique ». Non, ce problème-là est infiniment plus profond ! Mais qui veut l'entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n'écoute plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t'illusionnes, ô mon ami, en faisant croire que, quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste, l'islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d'évoquer - une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive - est trop souvent l'islam ordinaire, l'islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l'islam du passé dépassé, l'islam déformé par tous ceux qui l'instrumentalisent politiquement, l'islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement spiritualité et liberté ?

Bien sûr, dans ton immense territoire il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d'approfondissement spirituel ; des lieux où l'islam donne encore le meilleur de lui-même, une culture du partage, de l'honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l'être humain et la réalité ultime qu'on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en terre d'Islam, et partout dans les communautés musulmanes du monde, des consciences fortes et libres. Mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans reconnaissance d'un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l'instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J'ai mon propre rapport à l'islam » n'a été reconnu par l'« islam officiel » des dignitaires. Ceux-là, au contraire, s'acharnent à imposer que « la doctrine de l'islam est unique » et que « l'obéissance aux piliers de l'islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l'une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l'un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d'un bien et d'un mal, d'un licite (halâl) et d'un illicite (harâm) que personne ne choisit mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées, tu associes encore la religion et la violence - contre les femmes, les « mauvais croyants », les minorités chrétiennes ou autres, les penseurs et les esprits libres, les rebelles - de sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du djihad !

Alors ne fais plus semblant de t'étonner, je t'en prie, que des démons tels que le soi-disant Etat islamique t'aient pris ton visage ! Les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C'est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l'éducation que tu donnes à tes enfants, dans chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n'es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! C'est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas, tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction.

Cher monde musulman... Je ne suis qu'un philosophe, et comme d'habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu'à faire resplendir à nouveau la lumière - c'est le nom que tu m'as donné qui me le commande, Abdennour, « Serviteur de la Lumière ». Je n'aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français, « qui aime bien châtie bien ». Et, au contraire, tous ceux qui aujourd'hui ne sont pas assez sévères avec toi - qui veulent faire de toi une victime -, tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.

 

Abdennour Bidar

Photo X - Droits réservés

 

 

Texte publié en octobre 2014 dans sur le site de Marianne – Les passages surlignés l'ont été à mon initiative.

 

 

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25/01/2015

ON TUE LE COCHON !

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En nettoyant l'étable, avec pelle et fourchon,

Élie m'a dit : « Demain, c'est le jour du cochon !

Il fait froid, il fait sec, il y aura du monde,

Le « Monsieur » est bien gras, il a la cuisse ronde,

On attaque à huit heures, on peut compter sur toi ?

Sûr, mon beau ! Je descends juste après le caoua ! »

Le lendemain matin, la tribu est en place

On a posé la mée auprès de la terrasse,

Alors Élie pénètre, seul, dans le cochonnier,

Le Monsieur a compris, il commence à crier,

Une lutte s'engage entre l'homme et la bête,

Lui bloquant la mâchoire avec sa cordelette,

Élie tire dehors le cochon qui se bat

En hurlant de fureur, mais vain est son combat.

Empoigné, soulevé par quatre hommes solides,

Puis couché sur la mée. Tout est alors rapide :

Alfred, maître-tueur, plonge son long couteau

Dans la gorge du porc. Le sang gicle aussitôt.

Il est récupéré au creux d'une bassine

Puis brassé à la main et mené en cuisine.

Le cochon lutte encore de ses puissants cuissots

Puis il passe, enfin, d'un dernier soubresaut.

On le pousse par terre, on retourne la mée

Dans laquelle on replace la bête inanimée.

On l'arrose, alors, avec de l'eau bouillante

Et l'on gratte les poils de la couenne fumante.

 

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Puis le porc est hissé par les pattes arrières

Et pendu, tête en bas, dépouille carnassière...

Alfred ouvre le ventre et en sort les boyaux

Qui seront retournés et rincés au ruisseau.

Il dégage le cœur, les poumons et le foie,

Ces abats trouveront très bientôt leur emploi.

Avec force et adresse, Alfred coupe la tête

Puis, à coups de hachette, partage en deux la bête.

Les femmes, à la cuisine, préparent le boudin :

Le sang, sel, poivre, thym et un peu de cumin,

Sont mis dans les boyaux soigneusement grattés.

Rangé en larges tours, le boudin apprêté

Est plongé dans de l'eau à peine frémissante.

On plonge, on soulève pour une cuisson lente,

On perce d'une aiguille pour voir lorsque c'est cuit,

Puis on suspend au frais. Fin du premier circuit.

 

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Le lendemain, à l'aube, dans la brume glacée,

L'équipe cochonnière arrive, espacée.

Dans le froid du hangar, les tâches charcutières

Sont réparties selon ce que chacun sait faire.

C'est Alfred et René qui taillent dans la viande,

Les jambons pour le sel, le reste à la demande,

Puis il faut désosser et découenner les chairs,

Trier dans des bassines cette viande porchère :

Saucisse, saucisson, couenne, viande à caillette

Que l'on cuira plus tard avec du vert de blette.

Le travail va bon train, la rigolade aussi !

Et zou les blagues grasses ! Et zou les facéties !

Les jambons sont parés, très poivrés près de l'os

Puis recouverts de sel et serrés rapidos

Dans un linge cousu, puis portés au séchoir.

Dans le hachoir à viande, on passe les morceaux

Qui seront embossés plus tard dans les boyaux.

Saucisses d'un côté, et saucissons de l'autre

Car l'assaisonnement varie de l'un à l'autre.

On plaisante gaillard sur Nicole et Ginette

Qui, de leurs douces mains, d'une habile branlette

Façonnent la saucisse au sortir du hachoir,

Leurs gestes délicats suscitent des espoirs !

On garde les filets pour faire des rôtis,

Rien ne sera jeté, tout fera du frichti.

Puis, le travail fini vient le temps du mâchon

On mange, on boit, on chante en l'honneur du cochon.

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Ô toi, dont le trépas annonce bonne chère,

Je te salue bien bas, toi dont le sacrifice

Fournit à nos repas fricassées et saucisses.

Merci pour ton boudin, merci pour tes jambons,

Merci, merci pour tout, car en toi tout est bon !

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Tu sais rassasier nos ardeurs carnassières,

Nous aimons tout en toi, ta tripe, ta chair fraîche

Tes bajoues, tes rognons, ta langue, ta ventrèche.

Merci pour tes pâtés, merci pour tes caillettes,

Tes quatre pieds panés, ton fromage de tête.

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Car toi seul assouvit nos passions charcutières,

Salé, fumé, grillé, braisé ou même cru,

Tu es le compagnon des meilleurs de nos crûs.

Merci pour les ardeurs que chez nous tu éveilles,

Car en chacun de nous, un peu de toi sommeille !

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras-bord mon verre

De ce nectar divin de la côte-du-rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

VictorAyoli

 

 

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Et n'oublions pas:

 

ΜΟΝΙΜΗ ΕΛΛΗΝΙΚΗ ΦΙΛΟΙ !

DEBOUT AMIS GRECS !

24/01/2015

Ouiquinde érotique avec Pierre Louÿs

nue mer.JPG

 

Pierre Louÿs

LA FEMME

 

Ex libris, nequam scriptoris

His libellus, o clitoris,

Ad limen te mittat oris.

 

Madame, vois l'ex-libris

D'un auteur français, qui peut-être

A mouillé votre clitoris

Plus d'une fois sans vous connaître.

 

L'ORCHIDÉE

 

Une fleur a mangé ton ventre jusqu'au fond

Sa tige se prolonge en dard sous les entrailles

Fouille la chair de sa racine et tu tressailles

Quand aux sursauts du cœur tu l'entends qui répond

 

C'est une fleur étrange et rare, une orchidée

Mystérieuse, à peine encore en floraison

Ma bouche l'a connue et j'ai conçu l'idée

D'asservir sous ses lois l'orgueil de ma raison.

 

C'est pourquoi, de ta fleur de chair endolorie,

Je veux faire un lys pur pour la Vierge Marie

Damasquiné d'or rouge et d'ivoire éclatant,

 

Corolle de rubis comme une fleur d'étoile

Chair de vierge fouettée avec des flots de sang

Ta Vulve rouge et blanche et toute liliale.

 

LA VULVE

 

I. LES POILS

 

Un rayon du soleil levant caresse et dore

Sa chair marmoréenne et les poils flavescents

Ô que vous énervez mes doigts adolescents

Grands poils blonds qui vibrez dans un frisson d'aurore.

 

Quand son corps fatigué fait fléchir les coussins

La touffe délicate éclaire sa peau blanche

Et je crois voir briller d'une clarté moins franche

Sous des cheveux moins blonds la chasteté des seins,

 

Et sous des cils moins longs les yeux dans leur cernure.

Car ses poils ont grandi dans leur odeur impure

La mousse en est légère et faite d'or vivant

 

Et j'y vois les reflets du crépuscule jaune ;

Aussi je veux prier en silence devant

Comme une Byzantine aux pieds d'un saint icône.

 

II. LES POILS

 

Quand j'énerve mes doigts dans vos épaisseurs claires

Grands poils blonds, agités d'un frisson lumineux,

Je crois vivre géante, aux âges fabuleux

Et broyer sous mes mains les forêts quaternaires.

 

Quand ma langue vous noue à l'entour de mes dents

Une autre nostalgie obsède mes narines :

Je crois boire l'odeur qu'ont les algues marines

Et mâcher des varechs sous les rochers ardents.

 

Mais mes yeux grands ouverts ont mieux vu qui j'adore :

C'est un peu d'océan dans un frisson d'aurore,

La mousse d'une lame, un embrun d'or vivant,

 

Flocon vague oublié par la main vénérée

Qui façonna d'écume et de soleil levant

Ta peau blanche et ton corps splendide, Cythérée !

 

III. LE MONT DE VÉNUS

 

Sous la fauve toison dressée en auréole

À la base du ventre obscène et triomphant,

Le Mont de Vénus, pur ainsi qu'un front d'enfant,

Brille paisiblement dans sa blancheur créole.

 

J'ose à peine le voir et l'effleurer du doigt ;

Sa pulpe a la douceur des paupières baissées

Sa pieuse clarté sublime les pensées

Et sanctifie au cœur ce que la chair y voit.

 

Ne t'étonne pas si ma pudeur m'empêche

De ternir l'épiderme exquis de cette pêche,

Si j'ai peur, si je veux l'adorer simplement

 

Et, penché peu à peu dans les cuisses ouvertes,

Baiser ton Vénusberg comme un saint sacrement

Tel que Tannhäuser baisant les branches vertes.

 

IV. LES NYMPHES

 

Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses

Mais d'une chair plus tendre et plus fragile encor

Des rêves de chair rose à l'ombre des poils d'or

Qui palpitent légers sous les mains amoureuses.

 

Des fleurs aussi, des fleurs molles, des fleurs de nuit,

Pétales délicats alourdis de rosée

Qui fléchissent, pliés sur la fleur épuisée,

Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit.

 

Ô lèvres, versez-moi les divines salives

La volupté du sang, la chaleur des gencives

Et les frémissements enflammés du baiser

 

Ô fleurs troublantes, fleurs mystiques, fleurs divines,

Balancez vers mon cœur sans jamais l'apaiser,

L'encens mystérieux des senteurs féminines.

 

V. LE CLITORIS

 

Blotti sous la tiédeur des nymphes repliées

Comme un pistil de chair dans un lys douloureux

Le Clitoris, corail vivant, cœur ténébreux,

Frémit au souvenir des bouches oubliées.

 

Toute la Femme vibre et se concentre en lui

C'est la source du rut sous les doigts de la vierge

C'est le pôle éternel où le désir converge

Le paradis du spasme et le Cœur de la Nuit.

 

Ce qu'il murmure aux flancs, toutes les chairs l'entendent

À ses moindres frissons les mamelles se tendent

Et ses battements sourds mettent le corps en feu.

 

Ô Clitoris, rubis mystérieux qui bouge

Luisant comme un bijou sur le torse d'un dieu

Dresse-toi, noir de sang, devant les bouches rouges !

 

VI. L'HYMEN

 

Vierge, c'est le témoin de ta virginité

C'est le rempart du temple intérieur, ô Sainte !

C'est le pur chevalier défenseur de l'enceinte

Où le culte du Cœur se donne à la Beauté

 

Nul phallus n'a froissé la voussure velue

Du portail triomphal par où l'on entre en Dieu

Nul homme n'a connu ton étreinte de feu

Et le rut a laissé ta pudeur impollue.

 

Mais ton hymen se meurt, ses bords se sont usés

À force, nuit et jour, d'y boire des baisers

Avec l'acharnement de la langue farouche.

 

Et quelque jour, heurtant le voile exténué,

Le membre furieux dardé hors de ma bouche

Le déchiquettera comme un mouchoir troué.

 

Pierre Louÿs

 

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21/01/2015

Au bistro de la toile : routiers en grève

chimulus bistro copie.jpg

 

- Oh ! Victor, t'as pas été bloqué par les routiers ?

 

- Non Loulle. Ma reccette : du 44 fillette, et tu passes partout...

 

- Il n'empêche que ceux qui doivent marner et qui restent bloqués par ces gros culs, ils ont de quoi l'avoir en travers. C'est vrai que chacun défend sous bout de gras, mais le potentiel d'emmerdement d'une colonne de camions est bien supérieur à celui, par exemple, d'une brochette d'infirmières...

 

- C'est le principe du « J'emmerde donc je suis » ! Mais sur ce coup-là, Loulle, je suis d'accord avec les chauffeurs routiers. Parce que c'est une grève de prolos, pas de patrons routiers. Les chauffeurs ont des horaires de fadas, et ils sont payés à coups de lance-pierre. Lorsqu'ils touchent le smic ou un peu plus, ils sont vernis. Ils réclament 100 euros de plus par mois, c'est pas le bout du monde pour la responsabilité qui est la leur, les dangers qu'ils courent et font courir aux autres, l'importance du services qu'ils rendent, leurs conditions de travail. Pourtant les patrons des entreprises de transports françaises sont sincères lorsqu'ils disent qu'ils ne peuvent pas accorder une telle augmentation.

 

- Et Pourquoi ?

 

- Parce que l'Europe ultralibérale autorise maintenant ce qu'ils appellent « le cabotage ».

 

- Kézako ?

 

- Eh bien voilà. Les transporteurs étrangers – polonais, bulgares, roumains, lituaniens, etc. - qui traversent l'Europe pour livrer des produits venus de l'Est de l'Europe, ou d'Angleterre ou d'ailleurs et qui doivent, livraisons faite, retourner à leur base à vide, ont le droit, désormais, de faire en France trois chargements dits « de cabotages », c’est-à-dire de charger des produits dans une ville de France pour le livrer dans une autre ville de France.

 

- C'est pas kon ça Victor. En tout cas moins kon que de polluer la planète avec ces gros culs roulant à vide !

 

- Bien sûr que c'est pas kon Loulle, seulement voilà : ce « cabotage », c'est Bolkeinstein sur la route. Parce que les chauffeurs bulgares, roumains, polonais ou autres sont payés comme dans leur pays d'origine, à des niveaux du tiers ou du quart des chauffeurs français. Et idem pour les charges qui sont payés dans le pays d'origine et à des niveaux n'ayant rien à voir avec ce qui se fait chez nous. Partant de là, ils proposent aux clients des tarifs archi-bradés ! Et les clients marchent, bien sûr.

 

- Ouais, mais enfin, trois voyages par semaines, bof...

 

- Ne crois pas ça Loulle. D'abord ces trois « cabotages » sont à multiplier par les milliers de camions étrangers qui sillonnent la France qui, rappelons-le, par sa position géographique, est un point de passage obligé pour tous les trafics nord-sud et est-ouest. De plus, ces quotas sont largement dépassés puisqu'il n'y a aucun contrôle sérieux. Et il est très facile pour eux de trouver du fret de cabotage : il existe des applications sur leurs i-phones qui mettent en contacts camionneurs et chargeurs.

 

- Je comprends mieux pourquoi les patrons routiers font la gueule...

 

- Mais eux-mêmes ne sont pas les derniers à embaucher des chauffeurs polonais, roumains ou bulgares qui conduisent des barlus français avec un régime de « travailleurs détachés ».

 

- Bref, l'ultralibéralisme de l'Union européenne frappa encore...

 

- Exactement. Allez, sers ma tournée !

 

 

Merci à Chimulus

 

 

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19/01/2015

Mais d’où nous viennent les islamistes ?

kamel daoud 2.jpg

Kamel Daoud, vous connaissez : c'est ce prestigieux écrivain algérien, qui a manqué d'une seule voix le prix Goncourt de littérature cet automne pour son roman Meursault, contre-enquête (Actes Sud). Cet homme de savoir, d'ouverture, de grand talent vit actuellement sous la menace d'une « fatwa », c'est-à-dire d'un appel à l'assassinat, comme pour Charlie. L’écrivain estime que « ceux qui défendent l’islam comme pensée unique le font souvent avec haine et violence. Ceux qui se sentent et se proclament Arabes de souche ont cette tendance à en faire un fanatisme plutôt qu’une identité heureuse ou un choix de racine capable de récoltes. Ceux qui vous parlent de constantes nationales, de nationalisme et de religion sont souvent agressifs, violents, haineux, ternes, infréquentables et myopes : ils ne voient le monde que comme attaques, complots, manipulations et ruses de l’Occident. Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. »

 

Nous avons tous un grand intérêt à écouter, à lire ce que pensent, disent et écrivent ces élites musulmanes. Voici un texte publié en 2012 par Kamel Daoud :

« La religion, c’est comme un appel en absence d’un numéro masqué : vous savez qu’on vous a appelé, mais vous ne savez pas qui. Alors, vous dites que c’est Allah, Dieu, Jéhovah, Bouddha ou le Râ. La révélation, c’est comme un SMS : cela doit vous dire tout, mais en trois lignes et 150 caractères. A vous d’interpréter. La foi est une ligne d’abonné. La croyance se recharge comme des unités. Trêve d’humour. Le sujet du jour est une question : pourquoi les islamistes sont des islamistes qui veulent imposer la chariâ partout ? Ils sont comme nous, vivent et respirent et vont aux toilettes. Pourquoi à un moment, ils se prennent pour les guichetiers du ciel et les émissaires de Dieu ? Pourquoi ils n’aiment pas la nudité, la femme, la liberté, le choix, l’homme, l’urne et le choix du choix ? Pourquoi ils sont comme ça : violents, laids, souffreteux et impénétrables aux nuances de l’humanité ? A quel moment un être humain devient un être islamiste ? Faute d’amour ? De bons livres ? D’accès à canal + ? D’attente déçue ? D’emploi ou de sens ? D’où viennent les Djihadistes justement ? Qui les enfantent ? D’où vient l’islamisme ?

 

Réponse : de l’école. Ensuite, plus profond, des livres qui sont en circulation, puis des chaînes satellitaires religieuses, de la question palestinienne et des échecs sensuels et amoureux et de salaires et de voyages ratés. Ensuite ? Là, il faut le dire comme l’a dit un collègue : de l’Arabie Saoudite. Ce pays qui mange l’argent des pèlerins crédules et vit d’être le PDG des Lieux Saints, qui exporte le pétrole vers l’Occident et le wahhabisme vers le monde « arabe ». C’est de là que viennent ces idées qui empêchent les femmes de prendre le volant des voitures et les « arabes » de prendre le volant du monde. C’est de là que vient l’argent des élections, des maquis, des Djihadistes. Et ce n’est pas de la propagande bas de gamme pro-occidentale mais la réalité : ce pays exporte la mort et forme nos malades tueurs de lueurs et de levers de soleil. La source du Mal est là : dans ce pays qui lutte contre le terrorisme chez lui mais l’encourage ailleurs comme un désert qui avance. Les islamistes sont les petits pupilles de cette nation familiale : ils y tètent les idées noires et l’irrespect des libertés au nom d’une obligation de croyance. C’est dans ce pays, et son sosie l’Iran, que naissent ces fatwas qui nous ridiculisent et ces Cheikhs pervers chevillés à la libido par la tête, la haine.

 

Car il faut se poser la question sur les « islamistes » et leur origine idéologique. Le rêve d’AQMI, c’est le remake pauvre de ce Royaume. La question a longtemps préoccupée le chroniqueur : d’où viennent les islamistes qui naissent comme nous avant de se transformer contre nous ? Qui a fait que des enfants se transforment en hideux guerriers d’AQMI et d’ailleurs ? Des idées. Des idées surtout qui viennent de ce pays de sable et de mort où un peuple entier est condamné à être serviteur des faux serviteurs de ces Lieux. Du coup, une conclusion : le vrai printemps arabe commencera le jour où ce foyer sombre sera éclairé par la révolte et le sursaut de son peuple qui tourne en rond autour d’une famille. C’est de là que nous viennent ces méchants tristes qui veulent emprisonner nos femmes, voler nos arbres, nous imposer les ablutions après les éternuements et nous faire croire que l’on peut marcher vers la lune, le front en semelle de leurs croyances. C’est le jour où l’on cassera le tabou derrière lequel se cache les Al Saoud pour se proclamer garants de nos croyances et gardiens des espaces sacrés, que nous entameront la marche du monde. AQMI et les autres ? Se ne sont que les enfants perdus de la monstrueuse paternité de ce Royaume. Il ne sert à rien de lutter contre le terrorisme sans s’avouer qu’il a une origine et des Pères fondateurs. »

 

 

jamel debbouze.jpgEcoutons aussi ce que dit (TF1 dimanche « 7 à 8 » – Le Parisien  )l'un des acteurs du chobise parmi les plus aimés de France, Jamel Debbouze :

«J'ai passé mon temps à ne pas dire que j'étais musulman. Pas parce que je n'étais pas fier, loin de là. Mais parce que je considérais que ce n'était pas un sujet, qu'on n'avait pas besoin d'affirmer son identité ou sa différence » Aujourd'hui, j'ai presque besoin de le revendiquer comme pour dire : ne vous inquiétez pas, on est pareil, malgré nos différences. Je suis Français, musulman, artiste, je suis né à Barbès, j'ai grandi à Trappes, je suis père de deux enfants, marié à une chrétienne journaliste très, très belle (ndlr : Mélissa Theuriau). Et ça, pour moi, c'est la France. La France, c'est ma mère, on ne touche pas à ma mère ! »

Questionné sur les élèves n'ayant pas voulu respecter la minute de silence en hommage aux victimes de Charlie Hebdo, Jamel Debbouze a poussé un cri de colère. 
« C'est complètement débile, c'est irrespectueux. Ça ne se fait pas de ne pas respecter les morts. On ne se comporte pas comme ça. C'est sans précédent ce qui est arrivé, c'est arrivé au cœur de la capitale et ça concerne tout le monde ! (...) Ces gamins-là ils ne sont pas éduqués, ne sont pas encadrés ou ne sont tout simplement pas aimés. »

 

Tenez: voilà un lien fort éclairant...sur "Inspire", le magazine pratique des jihadistes

Photos X - Droits réservés

 

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18/01/2015

Mortifié, humilié, couvert de honte: j'ai raté l'aïoli...

aioli.jpg

 

 

Humilié, honteux, rongé par la vergogne

J’en ai le rouge au front et l’horreur dans la pogne

Je voudrais disparaitre, me cacher dans la boue

Et même me passer, morbleu, la corde au cou

Putaing ! Hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Pourtant l’œuf, le mortier, comme l’huile d’olive

Ont été sortis tôt, pas de façon hâtive

Mes ingrédients avaient même température

J’étais frais et dispos, même pas de biture,

Pourtant hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Le lourd mortier de marbre avec ses quatre oreilles

Le beau trisson en buis, et même la bouteille,

Les quatre gousses d’ail, la pincée de gros sel,

Mon bras était fringant, du poignet à l’aisselle…

Pourtant hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Les aulx bien écrasés en pommade odorante

J’ai voulu casser l’œuf. Ce souvenir me hante…

Maladresse fatale, le blanc m’a échappé

Au dessus du mortier ! Dès lors c’était râpé…

Putaing ! Hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

J’ai eu beau brandouiller, bourouler l’appareil

Même avec le batteur – horreur ! – c’était pareil.

J’ai vidé le mortier dans un bol, à côté.

Un jaune d’œuf, de l’huile, et j’ai recommencé.

Pourrais-je, ô folie

Remonter l’aïoli ?

 

Victoire ! Ça repart, je la remonte à l’huile

Elle à la consistance, elle est ferme et ductile

Et quand j’ai rajouté mon appareil raté

Catastrophe, défaite, l’aïoli a chié…

Putaing ! Quelle chienlit

J’ai raté l’aïoli !

 

Comment puis-je, dès lors donner une recette

Moi qui viens d'essuyer cette dure défaite...

Pas de cuisine donc, ce serait indécent,

Et surtout, oui, surtout...pas de canard au sang !

 

 Photo Moi

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

C'est un caquou de l’Estaque, balaise comme un mangeur d’aïoli, qui a émigré au Québec. Il frappe à la porte du chef du personnel d'une entreprise de bûcherons, car il cherche du travail
- Vous avez l'air costaud. Vous avez des références ?
- Ouais ! J'ai travaillé au Sahara !
- Vous vous foutez de ma gueule ? Y'a pas d'arbres au Sahara !
- Y'a PLUS d'arbres !

 

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17/01/2015

Ouiquinde gaillard avec notre grand Rabelais.

torchecul.jpg

 

 

Revenons aux fondamentaux, retrouvons notre grand Rabelais, immense philosophe, chercheur en hédonisme. Changeons-nous les idées et délectons-nous avec ses expériences torcheculières :

 

 

« Les cents et une manières de se torcher le cul.

 

J'ay (respondit Gargantua) par longue et curieuse experience inventé un moyen de me torcher le cul, le plus seigneurial, le plus expedient que jamais feut veu.


- Quel ? dict Grandgousier.


- Comme vous le raconteray (dist Gargantua) presentement.
« Je me torchay une foys d'un cachelet de velours de une damoiselle, et le trouvay bon, car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande;
« une aultre foys d'un chapron d'ycelles, et feut de mesmes;
« une aultre foys d'un cache coul;
« une aultre foys des aureillettes de satin cramoysi, mais la dorure d'un tas de spheres de merde qui y estoient m'escorcherent tout le derrière; que le feu sainct Antoine arde le boyau cullier de l'orfebvre qui les feist et de la damoiselle qui les portoit!
« Ce mal passa me torchant d'un bonnet de paige, bien emplumé à la Souice.
« Puis, fiantant derrière un buisson, trouvay un chat de Mars; d'icelluy me torchay, mais ses gryphes me exulcererent tout le perinée.
« De ce me gueryz au lendemain, me torchant des guands de ma mere, bien parfumez de maujoin.
« Puis me torchay de saulge, de fenoil, de l'aneth, de marjolaine, de roses, de fueilles de courles, de choulx, de bettes, de pampre, de guymaulves, de verbasce (qui est escarlatte de cul), de lactues et de fueilles de espinards, - le tout me feist grand bien à ma jambe, - de mercuriale, de persiguire, de orties, de consolde; mais j'en eu la cacquesangue de Lombard, dont feu gary me torchant de ma braguette.
« Puis me torchay aux linceux, à la couverture, aux rideaulx, d'un coissin, d'un tapiz, d'un verd, d'une mappe, d'une serviette, d'un mouschenez, d'un peignouoir. En tout je trouvay de plaisir plus que ne ont les roigneux quand on les estrille.

 
- Voyre, mais (dist Grandgousier) lequel torchecul trouvas tu meilleur ?

 
- Je y estois (dist Gargantua), et bien toust en sçaurez le tu autem. Je me torchay de foin, de paille, de bauduffe, de bourre, de laine, de papier. Mais
Tousjours laisse aux couillons esmorche
Qui son hord cul de papier torche.


- Quoy ! (dist Grandgousier) mon petit couillon, as tu prins au pot, veu que tu rimes desjà ?


- Ouy dea (respondit Gargantua), mon roy, je rime tant et plus, et en rimant souvent m'enrime. Escoutez que dict nostre retraict aux fianteurs :
Chiart,
Foirart,
Petart,
Brenous,
Ton lard
Chappart
S'espart
Sur nous.
Hordous,
Merdous,
Esgous,
Le feu de sainct Antoine te ard!
Sy tous
Tes trous
Esclous
Tu ne torche avant ton depart !
« En voulez vous dadventaige ?


- Ouy dea, respondit Grandgousier.


- Adoncq dist Gargantua :

 


RONDEAU
En chiant l'aultre hyer senty
La guabelle que à mon cul doibs;
L'odeur feut aultre que cuydois :
J'en feuz du tout empuanty.
O ! si quelc'un eust consenty
M'amener une que attendoys
En chiant !
Car je luy eusse assimenty
Son trou d'urine à mon lourdoys;
Cependant eust avec ses doigtz
Mon trou de merde guarenty
En chiant.

 
- « Or dictes maintenant que je n'y sçay rien! Par la mer Dé, je ne les ay faict mie, mais les oyant reciter à dame grand que voyez cy, les ay retenu en la gibbessiere de ma memoire.

 

- Retournons (dist Grandgousier) à nostre propos.


- Quel ? (dist Gargantua) chier ?

 

- Non (dist Grandgousier), mais torcher le cul.

 

- Mais (dist Gargantua) voulez vous payer un bussart de vin Breton si je vous foys quinault en ce propos ?


- Ouy vrayement, dist Grandgousier.


- Il n'est (dist Gargantua) poinct besoing torcher cul, sinon qu'il y ayt ordure; ordure n' y peut estre si on n'a chié; chier doncques nous fault davant que le cul torcher.


- O (dist Grangousier) que tu as bon sens, petit guarsonnet! Ces premiers jours je te feray passer docteur en gaie science, par Dieu! car tu as de raison plus que d'aage. Or poursuiz ce propos torcheculatif, je t'en prie. Et, par ma barbe! pour un bussart tu auras soixante pippes, j'entends de ce bon vin Breton, lequel poinct ne croist en Bretaigne, mais en ce bon pays de Verron.


- Je me torchay après (dist Gargantua) d'un couvre chief, d'un aureiller, d'ugne pantophle, d'ugne gibbessiere, d'un panier, - mais ô le mal plaisant torchecul! - puis d'un chappeau. Et notez que les chappeaulx, les uns sont ras, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres taffetasser, les aultres satinizez. Le meilleur de tous est celluy de poil, car il faict très bonne abstersion de la matiere fecale.
« Puis me torchay d'une poulle, d'un coq, d'un poulet, de la peau d'un veau, d'un lievre, d'un pigeon, d'un cormoran, d'un sac d'advocat, d'une barbute, d'une coyphe, d'un leurre.
« Mais, concluent, je dys et mantiens qu'il n'y a tel torchecul que d'un oyzon bien dumeté, pourveu qu'on luy tienne la teste entre les jambes. Et m'en croyez sus mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté mirificque, tant par la doulceur d'icelluy dumet que par la chaleur temperée de l'oizon, laquelle facilement est communicquée au boyau culier et aultres intestines, jusques à venir à la region du cuers et du cerveau. Et ne pensez que la beatitude des heroes et semi dieux, qui sont par les Champs Elysiens, soit en leur asphodele, ou ambrosie, ou nectar, comme disent ces vieilles ycy. Elle est (scelon mon opinion) en ce qu'ilz se torchent le cul d'un oyzon, et telle est l'opinion de Maistre Jehan d'Escosse. »

 

Illustration X - Droits réservés

 

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16/01/2015

Tremblez, braves gens ! Les menaces islamistes intérieures sont bien réelles...

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On semble s'étonner et découvrir avec inquiétude, voire effroi la réalité des attentats aveugles qui menacent nos sociétés occidentales. Massacres à Paris, attentats déjoués de justesse en Belgique, etc. Des idiots utiles gaucho-islamistes sévissent tant dans la presse que dans les blogosphères. Toujours prompts à dénoncer comme « islamophobes » ceux qui osent ouvrir les yeux.

 

Pourtant la connaissance de ces menaces est accessible à qui se donne la peine de chercher un peu. Il existe un magazine en langue anglaise qui se veut la voix quasi officielle d'Al Quaïda : « Inspire » 

 

Tenez, voilà ce qu'on y trouve. Tremblez, braves gens. Ou réagissez !

 

« …/...

Le gouvernement américain a été incapable de protéger ses citoyens de bombes cocottes-minute transportées dans des sacs à dos [au Marathon de Boston de 2013] ; je me demande s´ils seront capables de déjouer des voitures piégées ! Par conséquent, au nom de notre responsabilité envers la oumma musulmane en général et envers les musulmans résidant en Amérique en particulier, le magazine Inspire vous présente humblement une recette-maison simple et improvisée pour fabriquer la voiture piégée de Shahzad.

 

Et, bonne nouvelle, vous pouvez aussi la confectionner dans la cuisine de maman [référence au célèbre ‘Fabriquez une bombe dans la cuisine de maman’, article paru dans le numéro d´été 2010 d’Inspire].

 

Dans sa rubrique "Open Source Jihad, Inspire propose un manuel de fabrication de voitures piégées aux États-Unis et une liste de cibles potentielles aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France.

 

"Ce type de voiture piégée est conçu pour tuer des personneset non pour détruire des bâtiments ; par conséquent, cherchez une foule dense. Faites preuve de créativité dans votre djihad, et  apprenez à avoir l’esprit large" recommande Inspire.

 

Surprenez l´ennemi, ne suivez pas de protocole particulier. Croyez-moi, il n´existe pas de permis pour le type de voiture que vous conduisez.

 

Déguisez-vous pour l'opération, paraissez gros (ajoutez des couches de vêtements), changez de teint, soyez un clone, utilisez n’importe quel masque (croyez-moi, la peur du ridicule sera la dernière chose de vos considérations), portez un masque adapté aux fêtes, une barbe blanche le 25 décembre. Dans l'ensemble, soyez créatifs, Frères ! La partie la plus importante à cacher, c’est les yeux et leur contour.

 

Choisir le bon endroit et le bon moment est un facteur crucial de réussite de toute opération. Choisissez des cibles dans votre propre pays. Vous connaissez mieux l'ennemi, vous agissez de l’intérieur. Nous vous suggérons quelques cibles générales et spécifiques à titre d´exemple

 

Des lieux et restaurants [fréquentés par] des personnalités de haut rang. Habituellement, ces personnes se rendent au restaurant pendant le week-end: Arlington, Alexandrie, restaurants et bars de la rue M à Washington [DC]. 

 

Les stades de tennis : ils sont fréquentés par des milliers de personnes, et des personnalités de haut rang, notamment pour l'US Open... 

 

 [Perpétrer ces attentats est recommandé pendant] la saison des élections, tant présidentielles que du Congrès. Pendant Noël et la Saint-Sylvestre, les 25 et 31 décembre. "

 

Inspire dresse une liste de cibles à Washington DC, New York, Chicago, Los Angeles

 

"L'Amérique est notre première cible, suivie par le Royaume-Uni, la Franceet les autres pays de croisés. Quant au champ d’action pour une voiture piégée, il y a des endroits inondés de gens, par exemple les événements sportifs auxquels des dizaines de milliers de personnes participent, les campagnes électorales, les festivals et autres rassemblements. L'important est que vous cibliez des gens et non des bâtiments.

 

Washington est la capitale, et New York est l´ancienne capitale. Toutes deux revêtent une importance symbolique pour le peuple et le gouvernement américain. Par ailleurs, la Maison Blanche se trouve à Washington, qui abrite environ 347 000 employés du gouvernement fédéral, et de nombreuses personnalités importantes du gouvernement y vivent. Quant à New York, elle est connue pour son statut de centre financier, culturel, ses transports et ses usines ; c’est le centre de la Banque, des finances et de la communication des États-Unis.

 

La Virginie du Nord : Elle jouit d’une grande présence militaire ; presque toutes les bases militaires sont situées dans cet Etat, à l´exception de l´Armée de l´Air, qui se trouve à Chicago. Il y a des organismes fédéraux en Virginie du Nord, dont le siège du ministère de la Défense et de la CIA, et des installations militaires à Hampton Roads, site du principal port de la région. La Virginie attire généralement les touristes.

 

- Chicago : Elle est au centre des États-Unis, c’est une plaque tournante des transports. Elle joue un rôle important dans la distribution mondiale, est le troisième plus grand port intermodal du monde. C’est également un important centre commercial mondial. La ville abrite le deuxième plus grand centre financier américain. Parmi ses structures financières les plus importantes : Sears Tower, un gratte-ciel de 108 étages, qui a détenu le titre du plus haut bâtiment du monde pendant environ 25 ans. [Et] le Chicago Board du Trade Building.

 

- Los Angeles : La ville la plus peuplée de l´État de Californie, et la deuxième plus peuplée des Etats-Unis. C’est également le plus grand centre de production de l´ouest américain. C’est aussi le foyer d’Hollywood ».

 

- Au Royaume-Uni : Plusieurs moments et lieux sont propices à un attentat. Vous avez les stades de football, en particulier pendant les matchs de la Première Ligue et de la coupe de la FA. Ils bénéficient d’une couverture médiatique internationale. Le meilleur moment, c’est après le coup de sifflet final, quand les foules quittent le stade et font la fête autour des entrées.

 

Au début de l'été, nous avons Cheltenham, et à la fin de l'été, nous avons Epsom, où les courses de chevaux sont suivies par des milliers de gens à travers le royaume, y compris par la reine. Il y a aussi les tournois de tennis.

 

Mentionnons une cible plus spécifique, l´hôtel Savoy, situé sur The Strand, au centre de Londres. Vers 22 heures GMT, des hommes d´affaires et des cibles de premier plan quittent l´hôtel. C´est le lieu et le moment idéal pour faire exploser votre voiture piégée... »

 

Avec plus de 82 millions de touristes étrangers par an, la France est classée première destination touristique du monde : plages et cités balnéaires, stations de ski et zones rurales que beaucoup apprécient pour leur beauté et leur tranquillité (tourisme vert).

 

Les stations du Transport express régional (TER). Les heures de pointe feront toujours l’affaire. La vallée de la Dordogne, pendant les étés. Faire d’une pierre deux coups ; [frapper] les Anglais et les Français.

 

La Coupe de la Ligue ; ouvert uniquement aux clubs professionnels. Attendre des foules immenses de supporters devant des entrées.

 

La parade militaire du Jour de la Bastille : le matin du 14 juillet chaque année à Paris. »

 

Pendant l´exposition spéciale au musée du Louvre : le musée d’art le plus visité au monde et un monument historique. 

 

 [Et] la Côte d´Azur

 

Inspire fournit un manuel détaillé de fabrication de voitures piégées : "C’est tout à fait simple - et nous le simplifions encore pour vous..."

 

L'objectif du magazine Inspire est de donner aux jeunes musulmans les moyens d’agir. Or comment peut-on agir sans force, puissance et intelligence ?

 

Dans cette rubrique, nous vous vous donnons force, puissance et intelligence. Croyez-moi, le recours aux voitures piégées vous apporte tout cela. 

 

C’est tout à fait simple. Et nous simplifions encore les choses pour vous... afin que chaque musulman qui aime Allah et Son messager, et qui veut précipiter la victoire de l'Islam, se prépare à [en] fabriquer, même si c´est la première fois qu’il a affaire à une arme.

 

Cette recette vous donne la possibilité de fabriquer une voiture piégée, même dans des pays sous haute sécurité et surveillance. La raison : des matières premières très accessibles et qui n’éveillent pas les soupçons. Ce ne sont pas des explosifs à l’origine. Mais après les avoir assemblés et préparés, ils deviennent une bombe prête à détruire... 

 

Le mérite de cette méthode est que vous pouvez préparer une voiture piégée en quelques heures, dès que les matières premières se trouvent à votre disposition. Donc, vous avez moins de soucis à vous faire pour votre sécurité personnelle. 

 

Mon frère musulman, avant de commencer à lire ces instructions, n´oublie pas que dans ce type d´opération, si elle bien préparée et que la cible est bien choisie, Allah te promet le succès. L´histoire ne l´oubliera jamais. On s’en souviendra comme d’une cuisante défaite imposée aux ennemis de l´Islam. »

 

Sources :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Inspire_%28magazine%29

http://www.slate.fr/story/70479/inspire-al-qaida.

http://www.nuitdorient.com/dernart20.htm

 

15/01/2015

Ségolène Royal envisage...35 réacteurs nucléaires à construire !

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En total accord avec l’Élysée, Ségolène Royal a déclaré dans plusieurs médias qu'elle envisageait la construction de plusieurs centrales nucléaires, nouvelles en remplacement des centrales vieillissantes, sur les mêmes sites. Au CEA, on parle de 35 réacteurs à construire d'ici 2050 ! Ce remplacement concernerait les centrales dont la prolongation au-delà des 40 ans prévus demanderait des investissements trop lourds. Rappelons que, suite à Fukushima, l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) impose aux opérateurs de mettre toutes les centrales aux nouvelles normes de sûreté. Ce « grand carénage » prévu par EDF pour respecter les nouvelles normes de sécurité va coûter 55 milliards d'euros selon EDF. Probablement bien plus au vu des chiffrages pittoresques de l'énergéticien national concernant le coût de l'EPR de Flamanville, passé de 3 milliards à bientôt 9 milliards...

 

« On fermera les réacteurs dès que l’EPR de Flamanville ouvrira. C’est une opération qu’il faut bien prévoir et organiser car cela ne se fait pas du jour au lendemain. Mon projet de loi définit précisément les étapes : dix-huit mois avant la mise en service de la nouvelle centrale, EDF devra s’engager à en fermer une autre pour respecter le plafonnement, puis cela sera acté par décret. …/... Je n’ai pas mis dans la loi sur la transition énergétique une limitation à quarante ans comme le voulaient les écologistes. Ce n’est pas une bonne façon de procéder vis-à-vis de notre industrie. À l’international, ce serait un couperet trop idéologique. Certaines centrales peuvent vivre plus longtemps. Une partie du grand carénage a été adoptée par le conseil d’administration d’EDF avec mon accord. Il faut maintenant programmer les investissements de sécurité des réacteurs existants. Mais il faut aussi programmer la construction d’une nouvelle génération de réacteurs, qui prendront la place des anciennes centrales lorsque celles-ci ne pourront plus être rénovées.» a déclaré Ségolène Royal lien 

 

Les plus anciennes centrales sont devenues de dangereuses machines accumulant les « incidents » comme dit avec pudeur EDF. Ainsi, le 31 décembre au soir, des détonations, des sifflements énormes ont inquiété les habitants de la région rhodanienne de Pierrelatte. Ils provenaient de la centrale du Tricastin qui a été confrontée à des surchauffes et des surpressions de vapeur l'obligeant à quatre dégazages en 24 heures ! Il faut dire que cette centrale-poubelle est coutumière du fait. Elle a dépassé son millième « incident » ! Incendies, explosions, tritium radioactif qui promène, etc. Il en est de même à Bugey, à Fessenheim et ailleurs dans ces centrales usées jusqu'à la corde et que l'on prétend garder en service, au risque d'une catastrophe majeure, genre Fukushima, à coup de dizaines de milliards jetés par les fenêtres. Tout ça en partie pour assurer la survie de l'entreprise Areva, endettée jusqu'au cou suite à des opérations plus que douteuses en Afrique.

 

Tout ce pognon ne sera pas mis dans les énergies renouvelables... Le très nuisible lobby pro-nucléaire a encore sévi. Serrons les miches aux abords des centrales.

 

Et que faire des déchets qui vont encore se multiplier ? Le site de Bure connaît lui-même des problèmes de taille. Les promoteurs de ce « projet » ont soigneusement caché la présence, à 1000 mètres seulement en dessous du site de Bure, d'une énorme nappe d'eau chaude à 66°. Ceci déclasse ce site puisque la règle fondamentale de sûreté n°III-2-f prévoit d’empêcher la création d’un tel site : « les sites retenus ne devront pas présenter d’intérêt particulier du point de vue de la géothermie et du stockage de chaleur ». Ne vaudrait-il ps mieux utiliser le formidable potentiel géothermique de ce site?

 

Les associations accusent l’Andra d’avoir délibérément dissimulé cette ressource géothermique, et portent plainte devant les tribunaux. lien

 

Nous voilà donc reparti pour un tour avec le nucléaire, en contradiction totale avec les promesses du candidat-président.

 

François, Ségolène, décidément, le reniement de la parole donnée semble être une constante dans la famille...

 


Illustration X - Droits réservés

 

 Et, pour vous changer les idées :

Savourez un sulfureux Voyage

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14/01/2015

Charlimages

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Ben, voilà un renfort de taille !

 

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Les vautours restent en embuscade...

 

 

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On ne nous empêchera pas de gueuler !

 

 

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Dans une journal israélien, les femmes ne sont pas les bienvenues ! Exit Mme Merkel, exit Mme Hidalgo ! Sacré photoshop...

 

 

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Chassons tous les obscurantismes assassins...

 

 

Illustrations X - Droits réservés

13/01/2015

Le seul barrage contre les terrorismes : la LAÏCITÉ sans concession.

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Quel est le seul barrage contre le terrorisme islamique ? L’éducation clairement laïque et sans concession à toute prétention religieuse, de quelque secte qu’elle soit (sectes chrétiennes, juives, musulmanes, hindouistes, etc.).

 

La laïcité n'est pas une opinion, c'est la liberté d'en avoir une. Elle est parfaitement exprimée par la Loi 1905 . Il n’y a rien à débattre, rien à négocier.

 

La laïcité n'est ni dogmatique ni intégriste, elle est le cadre dans lequel un individu est libre de pratiquer ou non une religion ; de critiquer ou non un dogme ; de croire ou non en une vérité révélée.

 

Clef de voûte de l'édifice républicain, la laïcité est le garant essentiel des libertés individuelles et de l'égalité des droits. Elle constitue, encore aujourd'hui, le fondement indispensable de l'harmonie sociale et de l'unité de la nation.


En défendant le droit absolu à la liberté de conscience, à la liberté d'expression et au libre choix, la laïcité contribue à la construction d'un humanisme moderne qui donne à chaque homme et à chaque femme un accès égal aux connaissances et aux responsabilités ; aux mêmes droits et aux mêmes devoirs.


La laïcité ne se négocie pas, elle ne sert pas à défendre une position dogmatique, œcuménique ou communautariste. Il n’est pas question de réduire le sens de la laïcité à l'affirmation qu'elle permet à chaque religion de trouver sa place.

 

Élargissons le champ d'action de la laïcité. Elle n'est pas seulement la séparation des Églises et de l'État. Elle est au contraire, un principe universel, porteur d'avenir et d'espoir pour tous les hommes, qu'ils soient agnostiques, athées ou croyants, comme ceux qui ne se reconnaissent dans aucune de ces définitions. C'est la possibilité de l'expression de l'athéisme qui peut seule faire reculer les religions dans leur prétention à l'hégémonie morale et politique.

 

Il n’y a rien à négocier, rien à changer, seulement une loi à faire appliquer rigoureusement. Et une valeur à rajouter au fronton de nos édifices républicains :

Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité.

 

LAÏCITÉ : « Y’a pas, y’a pas, y’a pas d’arrangement… »

 

 

 

 

 

12/01/2015

La France, debout, l'a dit : « Même pas peur ! Le fascisme ne passera pas » !

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- T'as vu Victor : pas morte la vieille ! Pas morte la plus ancienne nation d'Europe ! Ils peuvent aller se faire jilladenfiler tous les « déclinistes », les « suicidaires », les Zemmour, les Houellebecque et tous ces crapauds puants qui nous serinent à longueur d'antennes et de colonnes que la France est foutue, que son peuple baisse honteusement la tête et sera bientôt remplacé par des hordes sauvages venus d'ailleurs.

 

- Un bonheur Loulle ! Et tout ça pour quoi ? Pour défendre une joyeuse bande d'anars qui se battent par le rire, avec leurs crayons, avec leurs petits dessins pour que l'Homme soit un peu moins kon ! Et qui ont été massacrés par des assassins tarés lobotomisés par une idéologie de mort venue d'ailleurs que révulsent des mots comme Liberté d'expression, de vie, d'idée, de penser, de croire ou de ne pas croire, Égalité homme femme, Fraternité au-delà des couleurs de peau ou de moyens. Ce pays frondeur entre tous, irrévérencieux, toujours prompt à se moquer de tout et de tous et en particulier de lui-même, que tous les Cassandre de mauvaise augure roulaient dans la merde, s'est spontanément dressé, avec dignité et avec joie ! Ça fait chaud au cœur Loulle.

 

- Espérons que les dirigeants sauront maintenant se montrer à la hauteur du Peuple...

 

- Et ce ne sera pas facile. Les lampions sont éteints, Loulle. Et les problèmes posés par cette guerre asymétrique ne vont pas se résoudre en claquant des doigts. Il faudra d'abord cesser de vouloir ménager la chèvre et le chou. Et désigner les choses par leur nom. Oui, les tueurs étaient des musulmans. Oui ils ont agi au nom de l'Islam. Il ne suffit pas de dire que « l'Islam, ce n'est pas ça ». On voudrait bien le croire. Mais le vrai Islam c'est quoi ? Ce ne peut être que celui de l'Arabie saoudite puisque ce pays est le gardien des lieux « sacrés » ! Alors là c'est le top : femmes niées par le voile, lapidées, violées, homosexuels égorgés, esclavage institutionnalisé, petits délinquants mutilés. Exactement ce que font les fous de dieu de Daesch et d'Al Quaïda. Exactement l'idéologie des massacreurs de Charlie qui proclamaient sans ambiguïté agir au nom de l'Islam. Le nier, se voiler (!!) la face ne résoudra pas le problème. Ce sont bien des musulmans qui ont massacré les Charlie, mais des musulmans qui interprètent leur religion d'une façon essentiellement violente, suivant en cela une interprétation salafiste née en Arabie saoudite. Prétendre que « l'Islam ce n'est pas ça », c'est probablement en partie vrai. Prétendre que l'Islam est étranger à ces tueurs est de l'hypocrisie. Le constater ne n'est pas de l'amalgame. Les tueurs de Daesch, de Boko haram, d'Al Quaïda, et autres groupuscules assassins puisent leurs sources dans le même fondement religieux, dans le même Coran que les musulmans paisibles, mais en font une interprétation atroce. Les musulmans non radicaux sont d'ailleurs les premières victimes de ces illuminés. 17 morts en France, ça chamboule le monde, mais en Irak, au Nigeria, en Syrie, c'est tous les jours qu'il y a des massacres dix fois plus importants. Et les victimes sont le plus souvent des musulmans... C'est donc avec eux, les citoyens musulmans paisibles, que doit se résoudre le problème. Ils sont les mieux placés pour connaître les filières djihadistes. Il faut les aider...à aider la France, leur pays – ils l'ont dit hier - en leur faisant confiance.

 

- C'est évident Victor. Tous les musulmans ne sont pas des fous de dieu, mais les assassins de Paris étaient bien des musulmans, pas des hindouistes, des bouddhistes ou des athées. Ces gens-là sont des fascistes, comme l'étaient les nazis. Tous les Allemands n'étaient pas nazis, mais les nazis, au départ, étaient tous Allemands. Le siècle dernier a été marqué par ce fascisme épouvantable issu de la civilisation occidentale. Il y a actuellement un fascisme qui vient de la civilisation islamique. Le nier est de l'angélisme coupable, de l’hypocrisie d’État, sans oublier la trouille agissante des « idiots utiles » de ce nazislamisme. Il faut lui appliquer la même maxime qu'à tous les autres: « Le fascisme ne passera pas ! »

 

- Bien dit. Allez Loulle. Mets ma tournée !

 

Illustration : merci à Chimulus.

 

11/01/2015

Ouiquinde gastronomique : Nourrissons-nous l'esprit avec Omar Kháyyám et François Cavanna.

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Si assuré et ferme que tu sois, ne cause de peine à personne ; 
Que personne n’ait à subir le poids de ta colère.
Si le désir est en toi de la paix éternelle,
Souffre seul, sans que l’on puisse, ô victime, te traiter de bourreau. 

 

 

Combien de temps jetterai-je des pierres dans la mer !
Je suis écœuré des idolâtres de la pagode :
Kháyyám ! Qui peut assurer qu’il habitera l’Enfer ?
Qui donc jamais visita l’Enfer ? Qui, jamais, revint du Ciel ?

Omar Kayyam

 

 

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Peu importe

 

Peu importe que la vie soit un accident, une chimie de hasard,

Peu importe que se soient condensées galaxies et soleil, planètes et satelittes,

Peu importe que quelques molécules se soient accolées en uhe première gelée vivante,

Peu importe que la vie ai emplie les océans, et puis en soit sortie, et puis soit devenue crapeau, lézard, singe et enfin homme,

Peu importe,

Tu es là.

Au bout de tout cela,

Tu es là.

Tout cela s'est fait pour toi.

Ces milliards d'années, ces univers, ces hécatombes,

Tout cela pour aboutir à toi.

Et voilà : tu es là.

Toi tout seul.

Tu es un point infime de l'espace, un instant fugitif du temps,

Mais tu es toi,

Toi tout seul.

Tu n'es pas la continuation de ton père, ni du père de ton père, ni des pères des pères de tes pères.

Tu n'as pas demandé à être là,

Mais tu y es,

Tu es là,

Tu es toi,

Toi tout seul.

Tu ne dois rien à personne ni à rien.

Tu ne peux savoir pourquoi tu es là, ni si quelqu'un t'y a mis, pas même s'il y a un « pourquoi » ni s'il y a un « quelqu'un »,

Et qu'importe ?

Tu es là.

N'écoute pas les menteurs.

N'écoute pas les peureux.

N'écoute pas la peur au fond de toi,

N'écoute pas la tentation de la peur au fond de toi,

N'écoute pas les profiteurs de la peur.

Surtout,

Surtout,

Ne crois pas.

Ne crois en rien, jamais,

Ni par peur,

Ni par amour,

Ni par pitié,

Ni par faiblesse,

Ni par convenance.

 

Ne crois pas !

 

François Cavanna

 



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Tu n’as pas aujourd’hui de pouvoir sur demain ;
L’anxiété du lendemain est inutile.
Si ton cœur n’est pas insensé, ne te soucies même pas du présent ;
Sais-tu ce que vaudront les jours qu’il te reste à vivre ? 

 

Sache ceci : que de ton âme tu seras séparé,
Tu passeras derrière le rideau des secrets de Dieu.
Sois heureux…tu ne sais pas d’où tu es venu;
Bois du vin…tu ne sais où tu iras.

 



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Œcuménisme

 

Qu'ont en commun les inquisiteurs, les brûleurs de sorcières, les masacreurs de populations au nom de la foi (soixante mille égorgés lors de la prise de Jérusalem pendant la première Croisade), les bénisseurs d'armées, les pendeurs d'hérétiques, les incitateurs à l'assassinat pieu, les lapideurs de femmes adultères, les qui-vont-à-la-messe, bouffent du foie gras et laisse un abbé Pierre leur astiquer la bonne conscience en se faisant le bouc émissaire de la charité ?

 

Ils ont en commun le mot clé de tous les culs-bénits :

 

AMOUR

 

 

 Illustrations X - Droits réservés

10/01/2015

Ouiquinde (tout de même) érotique avec Charlie Baudelaire et Charlie Paul Verlaine

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La Mort des amants

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et plus tard un Ange, entrouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

 

Charlie Baudelaire

 

...et son pastiche par Charlie Paul Verlaine

 

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La mort des cochons

 

Nous reniflerons dans les pissotières,
Nous gougnotterons loin des lavabos,
Et nous lècherons les eaux ménagères
Au risque d’avoir des procès-verbaux.

Foulant à l’envi les pudeurs dernières,
Nous pomperons les vieillards les moins beaux,
Et fourrant nos nez au sein des derrières,
Nous humerons la candeur des bobos.

Un soir plein de foutre et de cosmétique,
Nous irons dans un lupanar antique
Tirer quelques coups longs et soucieux.

Et la maquerelle entrouvrant les portes
Viendra balayer - ange chassieux -
Les spermes éteints et les règles mortes.

 

Charlie Paul Verlaine

 

Illustrations X - Droits réservés

 

09/01/2015

Dieu aussi est-il Charlie ?

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Si j’étais Dieu,

Nom de Moi,

Je ferais cuire tous ces cagots

Ces insupportables bigots,

Ces punaises de sacristie,

Tous ces culs bénis abrutis,

Ces flagorneurs et ces badernes,

Ces lèche culs qui se prosternent

Genoux ployés ou culs levés,

Pour Jésus, Allah ou Yahvé.

Ils proclament que je suis Tout,

Que je suis le Grand Manitou

Omniscient, plein de sagesse,

Généreux devant leurs faiblesses,

Et voyez, nom de Moi !,

Comment agissent-ils avec moi !

Ils me traitent comme un vieux kon,

Ridicule vieillard abscons,

Fort avide de privations,

Jouissant des propitiations,

Des louanges bêlantes, des sanglants sacrifices,

Capable d’imposer de m’immoler son fils

Á celui que j’aurais choisi comme prophète,

Et bavant de plaisir en cette immonde fête.

Si j’étais ce pervers, ce névrosé sadique,

Ce parano borné, ce tyran narcissique.

 

Si j’étais Dieu,

 Nom de Moi,

Et si j’étais salaud tout autant qu’ils  le sont,

Pour les gratifier d’une bonne leçon

Je leur infligerais cette terrible peine

Qu’ils ont imaginé, par bêtise et par haine,

Que j’eus pu concevoir, que je puisse appliquer :

C’est eux ! ces tristes kons, eux ! que je damnerais !

En enfer les croyants ! Satan, met du charbon !

Mais bouche-toi le nez : ils sont nauséabonds.

Leurs curés, leurs imams, leurs rabbins rabat-joie,

Infligent à tous de Moi une image d’effroi,

D’une espèce de flic, d’adjudant implacable,

Les menacent en mon nom de tourments redoutables.

Ils prétendent m’aimer avec leurs simagrées,

Leurs prières débiles, leurs rituels tarés,

Leurs cérémonials qu’ils veulent grandioses

Mais qui ne sont que le reflet de leurs névroses.

Comme si je pouvais — Moi, Dieu, Être parfait,

Suprême intelligence — être par ça bluffé ! ! !

 

Si j'étais Allah,

Oh ! La la...

Je punirais ces assassins

Qui tuent pour quelques dessins

Qui massacrent en mon nom

Au fusil, au couteau, au canon

Qui prétendent, ces allumés

Venger Mahomet !

Comme s'il ne pouvait le faire lui-même.

Ces sinistres gangsters

Ont tué les fils de Voltaire.

Et ces salauds prétendent qu'ils m'aiment ?

Pour baiser soixante-et-dix vierges ?

Ils ne sont pas sortis de l'auberge.

En récompense, ces sinistres rats

Seront sodomisés par des verrats.

Mon langage serait-il abscons ?

C'est dur d'être aimé par des kons...

 

Si j’étais Dieu,

Nom de Moi,

Les athées, les sans-dieu, les non-croyants,

Ceux-qui-se-posent-des-questions, les mécréants,

Ceux qui refusent d’ingurgiter

Les réponses prêt-à-porter,

Qu’un soi-disant Élu, prétentieux allumé,

Aurait reçu de Moi ! Pauvre illuminé,

En haut d’une montagne, en quelque lieu secret

Et qu’il aurait transcris dans un livre sacré.

Ceux-là, tous ceux qui doutent, les hommes de Raison,

Ceux qui n’acceptent pas, de la foi, le poison,

Et qui ne vivent pas pour autant en bandits,

Pour ceux-là j’ouvrirais, tout grand, mon paradis.

 

Si je suis Dieu,

Nom de Moi,

Si je suis cet être infiniment bon,

Comment peut-on penser que je suis assez kon

Pour vouloir tourmenter

Toute une éternité

Ce pauvre humain mortel qui dans son désarroi

Ne croit pas en moi !

Si je suis cette suprême intelligence

Comment peut-on penser, et par quelle aberrance,

Que j’ai créé les Hommes pour en être adoré,

Et que je prends en compte toutes leurs logorrhées !

 

Si je suis Dieu,

Nom de Moi,

Si j’ai donné à l’Homme la Raison,

Cet outil merveilleux pour poser des questions,

La faculté de pouvoir discerner

Si un événement est vrai,

Possible ou invraisemblable,

Il faut vraiment être minable

Pour penser que je vais punir

Tous ceux qui osent s’en servir !

 

 

Par chance, je ne suis pas Dieu,

Nom de Dieu…

Á la santé de ceux qui refusent de croire,

 

Satan, verse-moi à boire !

 

 

Illustration X - Droits réservés

 

04/01/2015

Gastronomie dominicale: le renard

 

 

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Le civet de renard de l'Oncle Pinet

J'ai déjà vu, petit, Maître Renard en chasse.
Il marche à pas feutrés, nez au vent, la queue basse.
Soudain Goupil se fige, tous les sens en alerte,
Laissant venir la poule, caquetant, vers sa perte.
Panache déployé, il bondit gueule ouverte,
Saisissant par le cou la belle proie offerte.
Pas de bruit, seulement une gerbe de plumes
Laissera, de la poule, une trace posthume.
Respectons le renard, c'est une noble bête
Et que l'on peut aimer. " jusque dans son assiette!
Bien sûr Renard n'est pas un gibier très courant
Mais ce rusé gourmet régale les gourmands!
C'est mon oncle Pinet, je dois m'en réjouir,
Qui, voilà des années, me l'a fait découvrir.
L'oncle Pin et était un gaillard remarquable,
Un savant, un chercheur des choses de la table.
Casquetté, clope au bec, l'oncle avait belle allure.
Cet humoriste heureux détestait la torture,
Or, "travail" provenant du latin "trepaliare",
Supplice du tri pal, soit dit pour les ignares,
Il avait décidé de n'y jamais toucher.
Je l'ai vu plus souvent bambocher que piocher!
Nous partagions, joyeux, des bouteilles multiples,
Et il a fait de moi, en ce sens, son disciple.
Dédaignant les lazzis des idiots qui ricanent,
Il a fait préparer à la tante Suzanne
Corneilles et corbeaux, écureuils, hérissons,
Pies, geais, blaireaux, mouettes, cigalons, limaçons.
Et la tante mettait son imagination
Culinaire au service de ces préparations.
Chasseurs et gardes-chasse, paysans, braconniers
Venaient vider chez lui leur rebut de carnier,
Et beaucoup, toujours prêts si l'on rit, boit et mange,
Acceptaient de goûter ses cuisines étranges.
À l'ombre de la treille, devant le cabanon,
On mangeait, on chantait, en buvant des canons.
- Il est des personnages avec qui l'on se marre,
- Mais ce renard, Victor, comment tu le prépares?
- L'oncle, sans se salir, dirigeait les travaux.
Ses amis s'escrimaient à enlever la peau
En se faisant larder par les milliers de puces,
De joyeux animaux qui sautent, piquent, sucent.
Puis, les mains dans le sang, ils libéraient les tripes
Chaudes et irisées qui salissaient leurs nippes.
On pendait le renard, écorché, nettoyé,
Dans un lieu frais et sec pour le mortifier
Pendant quatre ou cinq jours en fonction des saisons.
On fait toujours ainsi avec la venaison.
On le coupe en morceaux, on le fait mariner
Trois jours dans du vin rouge puissant, carabiné,
Avec sel, poivre noir, genièvre, oignon et thym.
Alors tante Suzanne prenait les choses en mains!
Égouttés, essuyés, les morceaux de renard
Sont flambés au vieux marc puis, sans aucun retard,
Fait sautés à feu vif dans du saindoux fondu,
On remue et on tourne souvent, bien entendu
Pour bien dorer la viande sur toutes ses faces,
On déglace la poêle au Noilly, une tasse,
Puis on laisse réduire sans attacher au fond.
On blondit des oignons dans un faitout profond
Puis on jette dessus les morceaux de renard,
On flambe à l'eau-de-vie, un verre de soiffard,
Sel, poivre de haut goût, bouquet garni, genièvre,
Enfin, tout ce qu'on met pour faire cuire un lièvre.
On mouille abondamment, pas dans la marinade,
Dans un rouge corsé mis en larges rasades.
On fait cuire quatre heures, à feu doux ou moyen,
Tout dépend si Goupil est jeunôt ou ancien!
Ainsi accommodé, c'est un plat délicieux,
Ceux qui le goûteront feront des envieux.
Une bonne polenta en accompagnement,
Et du vin généreux, beaucoup, évidemment.
Avec des commensaux triés sur le volet,
De solides mangeurs, jamais des gringalets,
L'Oncle Pinet régnait avec cette recette
Sur un aréopage d'amoureux de la Fête.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 


Ingrédients et proportions pour six à huit personnes (ayant bon appétit)

Il va de soi que l'Oncle Pinet ne faisait pas le bec fin sur la taille du renard que lui apportaient ses rabatteurs. Faites comme lui!
Il faut donc:
- Pour la marinade: - un renard mis à mortifier si possible en chambre froide quatre ou cinq jours puis coupé en morceaux, - 5 litres de vin rouge 13 ou 14°, - 5 poignées de gros sel, - 2 cuillerées à soupe de poivre noir concassé, - 20 baies de genièvre, - 5 oignons en quartiers piqués de clous de girofle, - 2 belles touffes de thym.
- Pour le civet: 2 verres d'eau-de-vie pour flamber, - 250 g de sain-doux, - 1 verre de Noilly-Prat, - 5 autres oignons émincés, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance, - 1 gros bouquet garni, - 20 nouvelles baies de genièvre, - 3 bouteilles de bon vin rouge AO.C. 14,5°C, - 2 verres d'huile d'olive, - 2 kilos de farine de polenta pour l'accompagnement.

Les vins conseillés:

Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fragrances ani-males et en goûts musqués. Il y a donc deux écoles pour le choix des vins: - soit on reste dans la tonalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques. En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villages" ; en vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure; en vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols; - soit on joue l'opposition et l'on prend des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire". En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-les-Vi-gnes, Côtes du Ventoux, Coteaux du Luberon, Coteaux du Tricastin, Costières-de-Nîmes ; en vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-saint-Loup, Saint-Christol, Saint-Drézery ; en vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

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