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20/09/2014

FEMMES! Je vous aime TOUTES.

 

lamazou femmes.jpg

 

Femme maîtresse

Ouverte, offerte sous les caresses

Femme mère

Créatrice de la vie sur terre

Femme putain

Désir de soie et de satin

Femme dirigeante

Intuitive et compétente

Femme politique

Courageuse et démocratique

Femme enfant

Que l’on protège et l’on défend

Femme salope

Qui fait jouir et rend myope

Femme avide

Calculatrice, sans cœur, cupide

Femme sorcière

Envoûtante, sournoise, incendiaire

Femme lesbienne

Délicate et altière clitoridienne

Femmes battues

Femmes vendues

Victime des stupides couillus

Femmes voilées

Femmes enfermées

Femmes niées

Femmes lapidées

Femmes brûlées

Femmes massacrées

Au nom d’un obscurantisme borné

Femme, femmes FEMMES !

Vous êtes des Humains pour le meilleur et pour le pire

Je vous respecte, je vous adore et je vous aime !

 

VictorAyoli

 

 

Mais…n’oublions pas :

 

Miss Maggie, du Renaud de sa grande époque…

 

Femme du monde ou bien putain
Qui bien souvent êtes les mêmes
Femme normale, star ou boudin,
Femelles en tout genre je vous aime
Même à la dernière des connes,
Je veux dédier ces quelques vers
Issus de mon dégoût des hommes
Et de leur morale guerrière
Car aucune femme sur la planète
N’ s’ra jamais plus con que son frère
Ni plus fière, ni plus malhonnête
Á part peut-être Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Lorsque le sport devient la guerre
Y a pas de gonzesse ou si peu
Dans les hordes de supporters
Ces fanatiques, fous-furieux
Abreuvés de haines et de bières
Déifiant les crétins en bleu,
Insultant les salauds en vert
Y a pas de gonzesse hooligan,
Imbécile et meurtrière
Y’en a pas même en Grande Bretagne
Á part bien sûr Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Une bagnole entre les pognes
Tu n’ deviens pas aussi con que
Ces pauvres tarés qui se cognent
Pour un phare un peu amoché
Ou pour un doigt tendu bien haut
Y’en a qui vont jusqu’à flinguer
Pour sauver leur autoradio
Le bras d’honneur de ces cons-là
Aucune femme n’est assez vulgaire
Pour l’employer à tour de bras
Á part peut être Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Tu vas pas mourir à la guerre
Parc’ que la vue d’une arme à feu
Fait pas frissonner tes ovaires
Parc’ que dans les rangs des chasseurs
Qui dégomment la tourterelle
Et occasionnellement les Beurs,
J’ai jamais vu une femelle
Pas une femme n’est assez minable
Pour astiquer un revolver
Et se sentir invulnérable
A part bien sûr Madame Thatcher

C’est pas d’un cerveau féminin
Qu’est sortie la bombe atomique
Et pas une femme n’a sur les mains
Le sang des indiens d’Amérique
Palestiniens et arméniens
Témoignent du fond de leurs tombeaux
Qu’un génocide c’est masculin
Comme un SS, un torero
Dans cette putain d’humanité
Les assassins sont tous des frères
Pas une femme pour rivaliser
Á part peut être Madame Thatcher

Femme je t’aime surtout enfin
Pour ta faiblesse et pour tes yeux
Quand la force de l’homme ne tient
Que dans son flingue ou dans sa queue
Et quand viendra l’heure dernière,
L’enfer s’ra peuplé de crétins
Jouant au foot ou à la guerre,
Á celui qui pisse le plus loin
Moi je me changerai en chien

Si je peux rester sur la Terre
Et comme réverbère quotidien
Je m’offrirai Madame Thatcher

 

 

 

 Illustration: Merci à Titouan Lamazou

 

4ème jour complémentaire dit "de l'opinion" de l'an 222

 

 

18/09/2014

M’ame Michu et M’ame Chazotte et le « cadeau » de Valls aux retraités.

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- Ben alors, M’ame Michu, qu’est-ce qu’vous allez en faire de tout ce pognon que Valls va vous refiler ? Ah ! dis-donc… Ils en ont de la veine ces nantis de retraités. Y en a que pour eux…

 

- Ben, j’m’interroge, M’ame Chazotte. J’hésite entre une croisière aux bas-à-masse et…chez pas si j’ose vous le dire M’ame Chazotte…, me payer un chip-en-dèle.

 

- Mouais… Avec quarante euros pour l’année, ce sera plus facilement un plat de pâtes ou un stripe-tise avec déambulateur ! Ce type d’annonce, ma bonne M’ame Michu, c’est encore de l’enfumage. Comme « l’augmentation » de 8 euros par mois. Ça vous permettra d’acheter une boite de patapon de plus par semaine. Pour vous, bien sûr, pas pour votre chat…

 

- Parait que notre « pouvoir d’achat » aurait augmenté M’ame Chazotte. Je dois mal compter parce que j’ai plutôt vu le contraire…

 

- Mais c’est parce que vous n’êtes pas « la ménagère de moins de cinquante ans » ma brave M’ame Michu ! Ce que vous achetez vous, c’est pour bouffer alors que « la ménagère de moins de cinquante ans », avec son bobo de mari, ses ados débiles, achète – elle – des écrans plats, des ordinateurs portables, change le quatre-quatre pour mener à l’école ses chiards-roi en montant sur le trottoir. Et toutes ces belles choses, M’ame Michu, elles ont baissé ! Donc le « pouvoir d’achat » moyen a augmenté !

 

- Ben j’ai pas vu… Pour moi la réalité est celle-ci, ce qui augmente régulièrement : l’électricité, le loyer, les billets SNCF, l’essence, le gazole, le gaz, mais aussi et surtout pour moi la farine, le pain, les pâtes, le café, le beurre, l’huile, le chocolat, le camembert, les biscuits, les légumes, les fruits, la viande, le lait… Oh ! Pas de beaucoup chaque fois, mais ça va jamais à la baisse…

 

- Eh ! M’ame Michu, le pouvoir d’achat des bobos augmente statistiquement parce que le vôtre baisse !

 

- Ben ça alors,  M’ame Chazotte ! Vous v’là experte en économie politique !

 

 

2ème  jour complémentaire dit « du génie » de l’an 222

 

Photo X – Droits réservés

 

17/09/2014

« L'appel de Paris » des musulmans de France

appel musulmans modérés.jpg

 

 

Des responsables musulmans français affichent leur unité dans la condamnation des exactions commises en Irak et en Syrie par l'Etat islamique, qualifié d'«organisation terroriste», et lancent un appel « aux jeunes musulmans de France qui seraient tentés d’aller combattre » à leurs côtés.

 

Cet « Appel de Paris » est enfin une prise de position claire de nos compatriotes musulmans. Jusqu'à maintenant leur silence face aux exactions des nazislamistes irritait beaucoup de monde. Silence des responsables musulmans ou...silence des médias occultant (pourquoi ? pour qui?) ces prises de positions ?

 

Bravo et merci à eux. Relayons au maximum cet appel de paix :

 

« Nous, responsables musulmans de France, signataires du présent appel :

Nous condamnons fermement les exactions commises par l’organisation « Daesh », connue sous l’appellation « Etat Islamique » (EIL), à l’encontre des civils en Irak et en Syrie parmi les chrétiens, les Yézidis, les kurdes, les turcomans, les musulmans chiites ou sunnites, les humanitaires, les journalistes et les reporters.

Nous considérons que cette organisation, en dépit de son appellation usurpée, n’a rien ni d’Etat ni d’islamique. Ses actions criminelles et barbares, dont les décapitations macabres des deux journalistes américains James Foley et Steven Sotloff et de l’humanitaire britannique David Haines, d’une cruauté et d’une violence insoutenables, sont en totale contradiction avec les principes élémentaires de la religion musulmane.

Nous saluons la réaction spontanée, responsable et unanime des musulmans de France et de leurs imams qui ont condamné fermement les actes abjects du groupe terroriste «Daesh ».

Nous saluons la position des autorités chrétiennes, qui tout en condamnant les exactions perpétrées contre les chrétiens d’Irak et de Syrie, refusent toute instrumentalisation de cette tragédie et soulignent que les musulmans sont également victimes de cette organisation terroriste.

Nous appelons tous les citoyens épris de paix et de justice quelle que soit leur religion ou leur conviction à afficher, aujourd’hui plus que jamais, leur unité face au terrorisme et à la barbarie et à œuvrer sans relâche pour que le dialogue et la solidarité entre eux puissent faire barrage aux adeptes de la prétendue « guerre des civilisations ».

Nous réitérons notre appel aux jeunes musulmans de France qui seraient tentés d’aller combattre aux côtés de ces terroristes, de prendre conscience de l'ampleur de la gravité des crimes dont ils pourraient se rendre complices, ainsi que de la lourde responsabilité, devant Dieu et devant l'Humanité, d’une telle complicité.

Face à l’ampleur des crimes commis par « Daesh » et l’importance des moyens matériels dont elle dispose, nous appelons la communauté internationale à diligenter une enquête afin que soient déterminés les responsabilités des soutiens de cette organisation terroriste ainsi que l’origine de ses moyens.

Nous demandons aux musulmans de France d’apporter leur aide aux exilés, notamment à ceux présents en France, d’élever des prières, tous les vendredis, pour le repos des âmes de toutes les victimes et implorer le Très Miséricordieux afin qu’Il accorde Son Aide et Son Soutien à ceux qui souffrent des actes de cette organisation terroriste. »


Signataires

Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), représenté par Ahmet Ogras, président.

Fédération française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA), représentée par Cheikh Moussa Touré, président.

Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris (FNGMP), représentée par le Recteur Dalil Boubakeur, président.

Foi et Pratique, représentée par Hamadi Hammami.

Grande Mosquée d’Evry-Courcouronnes, représentée par le Recteur Khalil Merroun

Grande Mosquée de Lyon, représentée par le Recteur Kamel Kabtane

Grande Mosquée de Saint-Denis de l’île de la Réunion, représentée par Aslam Timol

Rassemblement des musulmans de France (RMF), représenté par Anouar Kbibech, président.

Union des mosquées de France (UMF), représentée par Mohammed Moussaoui, président

Union des organisations islamiques de France, représentée par Amar Lasfar, président.

 

 


Photo X – Droits réservés

 

1er jour complémentaire dit « de la vertu » de l'an 222

 



 

 

 

 

 

16/09/2014

M’ame Michu et M’ame Chazotte : histoires de poulets.

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- Alors M’ame Michu. C’est quoi que je vois dans votre cabas ?

 

- C’est un poulet fumé. C’est bien emballé, presque appétissant, et c’est pratique quand on doit manger à plusieurs dans les bois, à la recherche d’hypothétiques champignons.

 

- Eh ben ! V’z’êtes pas dégoûtés vous. Ne m’amenez pas aux champignons !

 

- Bè ! je viens de recevoir une info – vrai ou faux, j’en sais rien - montrant des chinoiseries pas très ragoutantes.

 

- Ah ? Et c’est quoi ?

 

- Ben ! Votre beau poulet fumé, il vient peut-être de Chine. Et il a – peut-être encore – une origine plus que douteuse…

 

- Ah bon ! Racontez-moi ?

 

- J’ai eu connaissance d’un truc pas très ragoutant concernant ces poulets fumés : parait qu’en Chine, dans les cambrousses, chaque matin, des équipes de mecs à motos font le tour des fermes et des élevages où ils récupèrent tous les poulets morts. Y en a des paquets… Ils les centralisent dans une cour ou sous un hangar, les foutent dans de l’eau bouillante pour les plumer, puis les trempent dans une solution de produits chimiques – chlore et autres saloperies – de façon à les décontaminer, puis ils les foutent dans un bain coloré pour leur donner meilleure mine. Les cadavres passent ensuite au fumoir puis sont très joliment emballés et hop ! En voiture Simone : ça fera un conteneur réfrigéré pour ces cons d’Européens ! Le prix du poulet passe, après conditionnement, de 1 à 10 ! Avant la marge du super marché !

 

- Ben ça alors ! Mais comment savoir si ça viens de Chine ou pas ? C’est pas marqué sur l’emballage.

 

- Si, c’est marqué, mais de telle sorte que le con-sot-mateur ne puisse pas le déchiffrer. Le gouvernement et les services  associés ne tiennent pas à renseigner les consommateurs  sur ce sujet.

 

- Ah ? Et comment savoir si ça viens de France, de Chine, des Etats-Unis, de Thaïlande ou de Tataouine ?

 

- Laissez-moi vous dire comment faire... C’est indiqué sur le code barre. Les 3 premiers chiffres du code-barres d'un produit indiquent en fait le code du pays où le produit a été fait. Tous les codes qui commencent par : par exemple 690, 691, 692 jusqu'à 695 indiquent des produits venant de la Chine.

 

- V’z’en savez des choses vous, M’ame Chazotte !

 

- Mouais… Enfin, je me renseigne. Tè, je vais vous donner un tuyau qui vous évitera d’acheter idiot.

 

Voici les principaux codes-barres utilisés :   


00  à  13   : Etats-Unis et Canada  
30  à  37   : France 
40  à  44   : Allemagne 
49             : Japon
50             : Grande-Bretagne
57             : Danemark 
64             : Finlande 
76             : Suisse et Liechtenstein 
628           : Arabie Saoudite 
629           : Émirats Arabes Unis

690 à 695 : Chine 

729        : Israël
740 à 745 : Amérique Centrale 
480 à 489 : Philippines

etc. 

 

14/09/2014

Ouiquinde gastronomique corse

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Regina

 

C’est à Porto Polo, près de Pila Canale

Que vivait Regina sur sa Corse natale.

Les pouristes n’avaient pas encore envahis

Les criques parfumées de ce si beau pays.

 

Je plongeais au corail et chassais la girelle

Dans la mer cristalline ou bien sous les tonnelles

De la guinguette bleue où, aux parfums du soir,

La jeunesse dansait quand chantaient les guitares.

 

Moi j’avais dix-huit ans, elle tout juste seize,

Je sentais contre moi frémir son corps de braise

Elle m’a serré fort quand je l’ai caressée,

 

J’ai plongé dans ses yeux et je l’ai embrassée.

Le lendemain matin, c’était une autre affaire 

Quand ses frères m’ont dit : « Qu’est-ce que tu comptes faire ? ! »

 

 

Les rougets à la cendre

 

— Bon. Et alors, Victor ! Franchement, qu’as-tu fait ?

— Ils n’étaient pas méchants, ils voulaient m’esbrouffer,

Ça m’a coûté plusieurs tournées de Casanis

Si bien qu’en rien de temps, nous étions des amis.

Je suis allé chez eux et nous avons mangé

Ce que j’avais pêché : de superbes rougets.

Le père était pêcheur et s’appelait Toussaint,

Il a fait les rougets à la crème d’oursins.

Tu comptes deux poissons moyens par invité,

Alors, par les ouïes, il te faut les vider,

C’est assez délicat mais c’est indispensable,

Avec un peu de soin, tu en seras capable.

Tu vas les écailler, les rincer, les sécher,

Dans un plat les saler, poivrer et asperger

D’huile d’olive corse et puis les oublier

Pendant trente minutes, au frais, dans le cellier.

Pendant ce temps, petit, tu prépares ta farce

Tout en buvant un coup avec quelques comparses.

Un peu de mie de pain humectée dans du lait,

Des feuilles de myrte fraîches finement ciselées,

Sel, poivre, jaune d’œuf, du beurre ramolli,

Gousses d’ail écrasées comme pour l’aïoli,

Tu pistes bien le tout dans le creux d’un mortier,

Mets de l’huile d’olive et tournes pour lier.

Avec cet appareil, tu farcis tes poissons,

Toujours par les ouïes, c’est la seule façon.

Place chaque rouget sur un papier d’alu,

Saupoudre avec du sel et du poivre moulu.

Ferme tes papillotes, glisse-les sous la cendre

Chaude mais pas brûlante. Dessus tu vas épandre

Des braises rougeoyantes avec la pince en fer.

Laisse-les comme ça, un quart d’heure, sans t’en faire.

Pendant ce temps, occupe-toi de tes oursins.

Tu les ouvres au ciseau, pas comme un assassin,

Bien délicatement tu en sors le corail,

Tu récupères l’eau ainsi que la mouscaille

Qu’il te faudra filtrer finement au chinois,

Un peu d’huile d’olive et du beurre, une noix,

Tu mélanges le tout et fouettes vivement

Afin d’émulsionner ces quatre ingrédients.

Tu sers tes papillotes ouvertes sur l’assiette,

Et nappes avec ta crème d’oursins à peine tiède.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

VictorAyoli

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour les poissons et leur farce:

- 12 rougets de roche vidés par les ouies, - 2 douzaines de feuilles de myrtes fraîche (à défaut prenez du basilic), - 3 jau­nes d'œuf, - gros comme un œuf de beurre ramolli (sorti du frigo une heure avant), - de la mie de pain humectée de lait (la valeur d'un bol), - 3 gousses d'ail, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - sel, - poivre.

Pour la sauce:

- 3 douzaines d'oursins, - 1 cuillerée à soupe d'huile d'olive, - 1 noix de beurre ramolli.

 

Les vins conseillés:

Les vins corses sont évidemment idéaux pour cette recette insulaire. Rosés Patrimonio, rosés de la côte orientale. Mais les Côtes-du-Rhône blancs et rosés accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-les-Vi­gnes, Villedieu, Visan, Beaumes-de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Saint-Hilaire-d'Ozilhan.

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux-d'Aix-en-Provence, Bellet.

 

 

Octidi 28 fructidor 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

13/09/2014

Eros, de Villon à Queneau: les ravages du temps...

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Quand me regarde toute nue,

Et je me vois si très changée,

Pauvre, sèche, maigre, menue,

Je suis presque toute enragée.

 

Qu'est devenu ce front poli,

Cheveux blonds, ces sourcils voûtils,

Grand entrœil, ce regard joli,

Dont prenaye les plus subtils;

Ce beau nez droit grand ni petit,

Ces petites jointes oreilles,

Menton fourchu, clair vis traictis,

Et ces belles lèvres vermeilles?

 

Ces gentes épaules menues,

Ces bras longs et ces mains traictisses,

 Petits tétins, hanches charnues,

Elevées, propres, faictisses

A tenir amoureuses lisses;

Ces larges reins, ce sadinet

Assis sur grosses fermes cuisses,

Dedans son petit jardinet ?..

 

Mamelles quoi? toutes retraites.

Telles les hanches que les têtes.

Du sadiner, fi ! Quant des cuisses,

Cuisses ne sont plus, mais des cuissètes

 

Grivelées comme saucisses...

 

François Villon

 

 

*****************

 

Si tu t'imagines



Si tu t'imagines 
Si tu t'imagines 
Fillette fillette 
Si tu t'imagines 
Xa va xa va xa 
Va durer toujours 
La saison des za 
La saison des za
Saison des amours 
Ce que tu te goures 
Fillette fillette 
Ce que tu te goures

Si tu crois petite 
Si tu crois ah ah 
Que ton teint de rose 
Ta taille de guêpe 
Tes mignons biceps 
Tes ongles d'émail 
Ta cuisse de nymphe
Et ton pied léger 
Si tu crois petite 
Xa va xa va xa 
Va durer toujours 
Ce que tu te goures 
Fillette fillette 
Ce que tu te goures

Les beaux jours s'en vont 
Les beaux jours de fête
Soleils et planètes 
Tournent tous en rond
Mais toi ma petite 
Tu marches tout droit 
Vers s’que tu vois pas 
Très sournois s'approchent 
La ride véloce 
La pesante graisse 
Le menton triplé 
Le muscle avachi 
Allons cueille cueille 
Les roses les roses
Roses de la vie 
Et que leurs pétales 
Soient la mer étale 
De tous les bonheurs 
Allons cueille cueille 
Si tu le fais pas 
Ce que tu te goures 
Fillette fillette 
Ce que tu te goures

Raymond Queneau

 

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Septidi 27 fructidor 222

 

Photos X - Droits réservés



12/09/2014

Abrutir les masses pour mieux les manipuler…

foule patates.jpg

 

Le bourrage de crâne sévit à haute dose. Sur l’Ukraine, sur la Russie, sur la dette, sur les « montres branchées », sur les Chinois, sur la Syrie, sur Israël, etc. Il y a toute une science de la manipulation des masses.

En voici les « 10 commandements » qui aident à imposer aux gens une société qui les prive de leur libertés en les empêchant de s’en rendre compte par exemple en détournant leur attention sur des sujets futiles ou en leur faisant croire que ce sont des mesures nécessaires pour les protéger, tout en causant sans le montrer ce qui nécessite ces mesures de protection.

 

1/ La stratégie de la distraction. Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles ».

 

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions. Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

 

3/ La stratégie de la dégradation. Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

 

4/ La stratégie du différé. Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

 

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge. La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

 

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion. Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

 

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise. Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

 

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité. Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

 

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité. Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !…

 

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes. Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.


Sources:

lien1

lien2

  

Illustration : lien

Sextidi 26 fructidor 222

10/09/2014

Au bistro de la Toile : « machinutiles » et « détecteurs de kons »

chimulus bistro copie.jpg

 

- Oh! Victor, fais voir ta montre... Ah ! T'es décidément pas dans le coup, mon pauvre. T'as une vieille tocante de goulamas. Ça ressemble à rien. Maintenant, faut avoir une montre « branchée », qui te permet de savoir le temps qu'il fait, de connaître les boutiques qui peuvent te vendre des produits dont tu n'as pas besoin, d'envoyer des essémèsses à des amis auxquels tu ne dis même pas bonjour quand tu les croises dans la rue, etc., etc.

 

- Ouais, je te vois venir Loulle. Tu veux parler de ce raout médiatique auquel succombe avec une bonne dose de masochisme la presse-purée concernant le lancement d'une nouvelle « machinutile ». Masochisme parce que les marchands de soupe qui convoquent les plumitifs à ce genre de raout se paient ainsi gratos des pages et du temps de pub. Sans dépenser un rond ! « Plus kon que moi tu meurs », qu'ils peuvent dire les rédac'chefs de ces médiarrhées !

 

- Bien vu Victor !

 

- En fait, la nouvelle machinutile mise sur le marché a un nom et une fonction finalement assez saine si l'on prend un peu de recul. Le nom c'est : « D.D.K. » pour « détecteur de kons ». La fonction : signaler, dans la rue, le degré de haute konnerie de nos concitoyens. On a déjà subi la konnerie de ces demi-conversations bruyamment infligées, dans les trains, dans les bistros, par des goujats débiles ; on subit à présent les étranges gratouillis de ces personnes qui semblent vouloir soulager le prurit impératif d'une petite machine rectangulaire ; bientôt, on va donc se régaler de voir des débiles « branchés » se foutre la gueule dans une pancarte, dans un agent de police, dans un platane, trop occupés qu'ils seront à gratouiller la montre « branchée » de leur poignet !

 

- Pas mal, pas mal. Effectivement cet ustensile qui arrive sera bien un D.D.K. un Détecteur de Kons !

 

- D'autant plus kons que cette machinutile est aussi et surtout un implacable espion de la vie personnelle de son utilisateur. Le GPS qui y est intégré permet à Google et autres rufians « branchés » de vous suivre à la trace, et les programmes planqués dans la bête permettent de savoir qui vous appelez, de traquer vos goûts, vos affinités, de connaître vos amis, vos ennemis, vos opinions politiques et religieuses, vos inclinations sentimentales et sexuelles, etc. C'est tout simplement « little Big Brother » à son poignet !

 

- Et le pire, Victor, c'est que les kons paient, et cher, pour cette servitude volontaire !

 

-Eh oui, Loulle. La konnerie humaine est vraiment la seule approche que l'on puisse avoir de l'infini ! Allez ! Á la nôtre !

 

Quartidi 24 fructidor 222

 

Illustration : merci à Chimulus

 

07/09/2014

Ouiquinde gastronomique: l'AÏOLI !

Aïoli pour web.jpg

 

A.A.A., c’est le sigle glorieux d’une docte académie dont je fus l’un des honorables membres fondateurs ! C’est l’Académie des Amoureux de l’Aïoli. Une redoutable organisation qui encense ou déclasse les cuistots qui confectionnent la Sauce Suprême au cours d’assemblées plénières plus que mémorables puisque se déroulant généralement à…Châteauneuf-du-pape !

 

Je vous donne donc la recette de l’Aïoli des Académiciens :

 

L'Aïoli des Académiciens

 

Aïoli! Mot sonnant comme un salut gaillard!

D'Avignon à Marseille il est un étendard.

Emblème culinaire en terres de Provence

Il engendre gaieté, amour et pétulance.

Pour unir ceux qui l'aiment, il est avantageux

Tant son parfum puissant éloigne les fâcheux.

L'aïoli est en soi un éloquent symbole

Des valeurs des pays où court la Farandole:

L'or de l'œuf est fortune, rondeur, fécondité,

L'ail est puissance mâle, santé, virilité

Quand à l'huile d'olive, impériale maîtresse

C'est elle l'unité, l'harmonie, la richesse.

L'aïoli est parfait quand lou trissoun ten dré (l),

Quand le pilon de bois, dans la sauce dorée,

Tient droit tel Priape redoutable et vainqueur

Dans l'onctueux parfum qui chavire les cœurs.

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli,

Chaque année, réunie en un conclave, élit

Parmi les cuisiniers du pays des cigales

Celui dont la recette lui paraît idéale.

Voici celle que fait, lors de grandes agapes,

Henry Estévenin, de Châteauneuf-du-Pape.

Truculent moustachu, buveur et quintalien (l)

Il est le "Grand Aillé" (2) des Académiciens.

Pour que ton aïoli soit de bonne facture

Tout doit bien être à la même température :

L'huile, l'ail et les œufs, le mortier, le pilon

Sont préparés la veille ou le matin selon

Que tes invités viennent dîner ou souper:

Car voilà un travers qu'il convient de stopper,

On n'est pas dans le nord, c'est à midi qu'on dîne

Et le soir que l'on soupe en terres comtadines!

Pour six convives il te faut douze gousses d'ail

Dont tu ôtes les germes pour faire un bon travail.

Quatre beaux jaunes d'œuf, du sel, du poivre blanc,

Beaucoup de jus de coude et un pichet de blanc.

Le vin, dans l'aïoli, ce n'est pas pour la sauce

Mais pour le cuisinier dont la soif est très grosse!

À l'aide du pilon, dans un mortier de marbre,

Tu écrases en pommade ail et sel, sans palabre.

Tu mets tes jaunes d'œufs et tu tournes, tu tournes,

Qu'aucune distraction, jamais, ne te détourne,

Pendant deux, trois minutes pour tout bien mélanger.

Puis laisse reposer dans un coin ombragé,

Juste le temps de boire deux ou trois bons canons

Avec tes acolytes, devant le cabanon.

Reprend ton appareil et coince le mortier

Entre tes deux genoux, et serre volontiers.

Éloigne les badauds et concentre-toi bien,

C'est là que ça se passe: ou c'est tout, ou c'est rien!

Tu commences à verser ton huile goutte à goutte

En tournant de bon cœur, d'un seul sens, tu t'en doutes.

Si tu suis la recette très rigoureusement,

L'émulsion doit se faire assez rapidement.

Quand l'aïoli a pris, verse en un fin filet

Ta bonne huile d'olive. Mais pas sur ton gilet!

Maintiens ton mouvement régulier jusqu'au bout

Ne mollit pas surtout. S'arrêter, c'est tabou.

Si elle est réussie, elle doit être épaisse,

Onctueuse, dorée, mais pleine de finesse.

Le pilon, en son sein, tient droit sans se vautrer.

Présentant ton chef d’œuvre, dit: "Lou trissoun ten dré" !

Traditionnellement, l'aïoli accompagne

La morue dessalée, seul poisson des campagnes.

Fait-là tremper deux jours dans de l'eau fraîche et claire

Que tu changes souvent sans souci des horaires.

En de belles portions il te la faut trancher,

Juste avant de servir tu la feras pocher.

Fais bouillir à l'avance œufs durs et escargots,

Du chou-fleur, des carottes et de verts haricots,

Des patates, bien sûr, une pleine fourchée

Que, pas plus que les œufs, il ne faut éplucher.

Sers ces aliments chauds dans des plats séparés

Et, trônant au milieu, l'aïoli vénéré.

Que boire avec ce plat? La question reste ouverte.

Sur ce point important, l'Académie concerte.

Du rouge, du blanc sec, ou même du rosé

Si c'est servi bien frais, on peut tout écluser.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

© VictorAyoli

 

in : Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s

 

 Illustration Vincent Barbantan

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

Pour la sauce: - six gousses d'ail, blanc de préférence, desquelles vous enlever les germes, - deux cuillerées à café de sel fin, - quelques tours de poivre blans du moulin, - deux jaunes d'œuf, - trois-quarts de litre d'huile d'olive vierge extra A.O.C. Vallée des Baux.

Attention: faites en sorte que tous ces ingrédients soient à la même tem­pérature. C'est primordial pour prévenir tout ratage (on dit alors, si ce malheur arrive, que l'aïoli a "cagué").

Pour le plat: - un kilo de morue sèche que vous ferez dessaler, - un kilo de carottes, - un kilo de haricots verts, éventuellement quelques bettera­ves rouges, - douze œufs durs, - trois douzaines d'escargots de mer (les "bioù", escargots dont la coquille présente des cornes), - trois douzaines d'escargots des garrigues provençales, - 3 kilos de pommes de terre cui­tes à la vapeur.

 

Les vins conseillés

 

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli, autorité incontestée en la matière, a longuement travaillé - verre en main - sur le délicat problème des vins les plus aptes à accompagner l'aïoli.

Le poisson qui en constitue une partie essentielle incite à pencher pour des vins blancs secs. Les légumes cuits à la vapeur appellent des vins rosés. La délicatesse des fragrances de l'huile d'olive s'accommode fort bien de vins rouges charpentés. Mais la puissance de la sauce dominée par l'ail ne s'accommode que... d'eau prétendent certains Académiciens. Il faut savoir raison garder: on ne peut tout de même pas aller jusqu'à de telles extrémités.

Essayez donc des blancs de Cassis, Châteauneuf-du-Pape, Cairanne, Rochegude, Picpoul de Pinet ; des rosés de Tavel, Chusclan, Valréas, Vaison­la-Romaine, Côtes-de-Provence; des rouges de Vacqueyras, de Lirac, de Sablet, de Rasteau, de Violès, des Costières de Nîmes.

 

(1)  "Lou trissoun " :  c'est le "pilon", la pièce de bois qui sert à piler les ingré­dients dans le mortier et à "monter" l'aïoli. Lorsque la sauce est réussie, "lou trissoun ten dré" - le pilon tient debout dans la sauce ferme et onctueuse.

(2) Quintalien : personnage de poids, ayant tourné le quintal.

(3) "Grand Aillé" : grade suprême dans la hiérarchie de l'Académie des Amoureux de l'Aïoli.

 

Primidi 21 fructidor 222

  

03/09/2014

Vignerons français, serrez les miches ! Bientôt les vins belges, anglais et suédois ?

chimulus bistro copie.jpg

 

« Á boire, à boire, à boiiiire

 Á boire Tavernier! »

 

- Oh ! Victor, t'as un bel organe ! C'est le temps des vendanges qui te met de bonne humeur je suppose !

 

- Eh! Loule, y a de ça. Il est bon ton rouge. Après t'avoir caressé le clapoir, il te glisse délicieusement vers le cimetière à andouillettes en te réchauffant les tuyaux que c'en est un bonheur.

 

- Côtes-du-Rhône Victor! Côtes-du-Rhône!

 

- Seulement, en sortant de ton merveilleux antre de perdition après deux canons, je risque – si je conduis et me fais contrôler par les lollis – d'y laisser le permis...

 

- Tu risques pas grand chose: tout ce que tu conduis, c'est tes panards qui marchent en canard! Tè! A la tienne!

 

- Ce que je reproche à mes potes vignerons, c'est de faire des vins trop forts en alcool. Le moindre Côtes-du-Rhône titre 14°. Trop lourd.

 

- Moi, je préfèrerais proposer des vins à 11 ou 12°. Mais ça se trouve de moins en moins, et jamais en A.O.C. Il y a vingt ans, seuls les Châteauneuf-du-pape et les Gigondas titraient 14°. Maintenant, c'est la majorité des vins. Je vends ce que j'ai...

 

- Bientôt, Loule, tu pourras vendre des vins scandinaves, belges ou anglais!

 

- Dieu – enfin, Bacchus! - me garde, Victor ! Ne profère pas des insanités pareilles!

 

- Pas du tout Loule. Des gens de l'Inra se sont penchés sur le problème et ils estiment que la précocité des vendanges - et la teneur à l'alcool qui en résulte - sont liées au réchauffement climatique, un phénomène susceptible de bouleverser la viticulture traditionnelle qui pourrait aller jusqu'au « grand chambardement ».

 

- Què chambardement?

 

- La date des vendanges est liée aux températures d'avril à septembre. Les études agronomiques mais également historiques le confirment : l'avancée actuelle est liée en quasi-totalité au réchauffement climatique. Dans le temps, lors des années froides, c'était la catastrophe, il fallait mettre du sucre dans le vin qui n'était pas suffisamment alcoolisé ; c’était la « chaptalisation ». Mais depuis dix ans, on constate une augmentation du degré alcoolique des vins, c'est très net, partout. Ce qui était du 11 degrés avant, c'est du 13 degrés maintenant. Et chez nous, c'est même du 14 et 15°. Ça pose problèmes...

 

- Eh! Même les gens qui ont le gosier en pente, comme toi, lèvent moins facilement le coude à l'heure de l'apérobic. Pauvre de moi...

 

- Les professionnels du vin sont inquiets. Dans un premier temps, un léger réchauffement climatique c'est plutôt positif pour le vin. Jusqu'à 1 ou 2 degrés Celsius de plus, on peut penser qu'en modifiant les conditions de conduite de la vigne, on pourrait garder les productions traditionnelles et leur valeur de terroir. Mais au-delà c'est le grand chambardement. Pour les politiques, l'objectif est de limiter le réchauffement à deux degrés, seuil à partir duquel les impacts commenceraient à devenir dangereux pour les activités humaines. Pour la vigne, deux degrés, c'est le moment où cela commencerait à basculer. Si le réchauffement atteignait 5 ou 6 degrés en moyenne mondiale - ce qui se produira si les tendances actuelles se poursuivent - on pourrait trouver de la vigne dans le sud de la Suède, comme les vignobles qu'on commence à avoir en Angleterre, en Belgique, aux Pays-bas. Et ici, on plantera des palmiers à huile…

 

- Tè! Victor, l'année prochaine, je te servirai du véritable Knock-le-Zout-Village, du Manchester Grand Cru classé ou des Premières Côtes de Stockholm !

 

 

Septidi 17 fructidor 222

 

Illustration X – Droits réservés

31/08/2014

Ouiquinde gastronomique: Les cèpes farcis de La Lionne

cèpes farcis copie.jpg
 
 

 

Quand août éteint ses feux vient le temps des vendanges

De Cornas à Ampuis, de Tavel à Orange

Les garçons et les filles, en colles qui trépignent

Cueillent avec ardeur les raisins dans les vignes.

Ils coupent en riant les grappes de soleil

Et les foulent en jus d'opale ou de vermeil

Que tous les vignerons, dans l'ombre des caveaux

Transmuteront en vins gouleyants et nouveaux.

Et c'est aussi le temps où sur les hautes terres

Du Ventoux, de Provence, d'Ardèche et de Lozère

Dans les sombres forêts que cerfs et daims recèpent

Surgit, mystérieux, Sa Majesté le Cèpe.

Mais pour le découvrir, sous sapins et fougères

Il faut expérience, œil vif et main légère.

Tôt levé le matin, dans la sylve mouillée

Le bâton d'une main, dans l'autre le panier,

Il faut marcher, ramper, jouer au sanglier,

Pour atteindre ce lieu secret et singulier:

Sa "bouletière" cachée même à ses familiers !

Le cèpe, s'il est là, tu le sais par le nez,

Son parfum délicat te le fait deviner.

Avance à quatre pattes dans les épais fourrés

Respire à petits coups, tout comme un chien d'arrêt,

Cherche sous les plus basses branches des sapins

Et si tu trouves un cèpe, cherche aussi ses copains:

Il est rarement seul le Prince des forêts.

Il te faut le couper et non le déterrer,

En respectant ainsi le cèpe et son domaine

Tu t'y retrouveras à la saison prochaine.

Range bien sur des feuilles, dans un large panier,

Ce dont tu as besoin, pour ne pas gaspiller.

Boletus Eludis procure trois plaisirs:

Le plus primordial, c'est bien de le cueillir,

Puis le plus cérébral, c'est de le cuisiner,

Enfin le plus charnel, c'est de le déguster.

Je vais te raconter comment fait La Lionne

(C'est l'élue de mon cœur, grande, fière et mignonne)

Pour préparer, farcis, les cèpes les plus gros,

Superbes dômes bruns dépassant le kilo.

Elle nettoie le cèpe sans pourtant le laver,

À la brosse, au couteau, sans jamais s'énerver.

Elle enlève la queue qu'elle hache menu,

Deux aulx, deux échalotes, du persil, revenus,

Elle poêle cent grammes de chair à saucisse,

Incorpore échalotes puis queues de cèpes; épice

Avec du sel, du poivre noir, un peu de thym,

En tournant elle y introduit la mie de pain.

Hors du feu elle lie par un œuf et du beurre.

Sa farce est terminée. Tu sens ce qu'elle fleure !

C'est alors qu'elle fait rissoler le chapeau

Environ cinq minutes de chaque côté

Un peu plus côté mousse qu'elle n'a pas ôtée,

Le fait de le saler lui fait rendre son eau.

Elle beurre le fond d'un plat à gratin rond

D'un diamètre à peine égal au champignon.

Elle garnit le fond de pâte feuilletée

Et y pose dessus son cèpe renversé

Elle étale sa farce harmonieusement

Façonnant de la sorte un dôme culminant.

Le tout est recouvert de pâte feuilletée,

Au sommet elle ménage une cheminée.

Léger nappage à l'œuf pour fournir le brillant

Qui donnera au plat un côté attrayant.

Cuisson à four moyen pendant une bonne heure.

On sert le plat sur table ! C'est alors le bonheur !

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Un gros cèpe de 25 à 30 cm de diamètre (ils ne sont pas rares), - 2 gousses d'ail, - 3 échalotes hachées, - 2 branches de persil plat hachées, - 1 à 2 hectos de chair à saucisse, - 1 demi-bol de mie de pain trempée au lait, - sel, poivre noir, thym, - 1 œuf, - 3 noix de beurre, - 2 feuilles de pâte feuilletée, - 1 jaune d'œuf (pour nappage).

 

Les vins conseillés:

Accordez ce plat avec des vins rouges à base de syrah, qui donnent des parfums de sous-bois, d'animal. En côtes-du-rhône : Saint-Joseph, Cornas, Crozes-Hermi­lage, Saint-Désirât, Saint-Pierre-de-Bœuf, Mauves. Certains Lirac.

En vins du Languedoc: Saint-Chinian. Fitou.

En vins de Provence, Bandol. Coteaux des Baux

 

Quartidi 14 fructidor 222

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

30/08/2014

Ouiquinde érotique avec de foutus beaux oiseaux !

chatte tatouée.jpg

 

 

Mysticis umbraculis

 

Elle dormait: son doigt tremblait, sans améthyste

Et nu, sous sa chemise, après un soupir triste

Il s'arrêta, levant au nombril la batiste.

 

Et son ventre sembla de la neige où serait,

Cependant qu'un rayon redore la forêt,

Tombé le nid moussu d'un gai chardonneret.

 

Stéphane Mallarmé

 

* * * * * * *

Sonnet pour une jeune dame


Le Pigeon fout la Colombelle,

Le coq fout la poule souvent,

Et le moyneau, moins continent,

Fout et refout la passerelle.

 

Ceste mignarde Tourterelle

Á foutre a du contentement,

Le cheval saute la Jument,

Le taureau la Génisse appelle.

 

Il n'est animal montagnard,

Tygre, Grifon, ny Leopard,

Lyon, ne Dragon, qui ne foute.

 

Pourquoy avons nous des Couillons,

Sinon pour foutre, compagnons,

Suyvans de nos Pères la route ?

 

Pierre Motin

 

* * * * *

 

Du pucelage

 

Philis, me voyant désolé,

M'avoit promis son pucelage,

Mais l'oiseau s'était envolé,

Je n'ai plus trouvé que la cage.

 

Sans mentir, aimable Isabeau,

Il faut que vostre pucelage,

Soit un fier et farouche oiseau;

L'on n'ose approcher de sa cage.

 

C'est-à-dire, en autre langage,

Aimable et charmante Nanon,

Que si vous n'estiez pas si sage

On pouroit vous prendre le con.

 

Gardez-le bien, ce pucelage,

Puisque c'est un si bel oiseau,

Mais pour le moins, jeune Isabeau,

Laissez-moi toucher à sa cage.

 

Le cas me paraît impossible,

Sans choquer la droite raison,

Ton con sent, belle Louison,

Et pourtant il est insensible.

 

Levons ta jupe, Louison,

- Arestez-vous, estes-vous sage?

Monsieur vous perdez la raison...

- Et roi tu perds ton pucelage.

 

- Á quel jeu, belle Janeton,

As-tu perdu ton pucelage?

- Au doux jeu du vit et du con.

- Mon Dieu! Le plaisant assemblage!

 

 

François de Maucroix

 

 

Tridi 13 fructidor 222

 

Photo X – Droits réservés

 

25/08/2014

Quand l'humain commença sa chute vers le « progrès »…

art préhistorique le-panneau-des-lions.jpg

 

 

Eh oui ! C'est la rentrée... Á la morosité de l'esprit s'ajoute la morosité du temps. Du temps qui passe, ou plus exactement devant lequel on passe, mais aussi le temps qu'il fait (au fait qui c'est ce « il » ?). Ce temps qui a été pourri tout l'été. C'est comme ça... Depuis qu'on nous parle du changement climatique, on le touche du doigt ! Et l'histoire des humains nous montre que lorsque le climat change, ce n'est pas anodin. Loin de là.

 

Nous allons faire un petit voyage dans le temps. Il y a environ douze mille ans, un changement climatique important a eu lieu : la fin de la dernière glaciation dite de Würms. Fonte des glaces, recul de la toundra vers le nord, arrivée des grandes forêts, arrêt des migrations des immenses troupeaux de rennes, extinction des mammouths, des rhinocéros laineux, etc.

 

Je ne vais pas vous faire un cours de préhistoire, mais un petit éclairage rétrospectif permettra de mieux comprendre l’actualité.

 

Il est résulté de ce changement du climat — mais aussi et surtout de la nature, de l’habitat, de la faune, — un bouleversement radical dans le mode de vie des humains. De chasseurs cueilleurs ceux-ci, par la force des choses, sont devenus pasteurs et agriculteurs. C’est ce qu’on appelle le « néolithique ». D’aucuns y voient le début de la « civilisation ». C’est un point de vue qu’on n’est pas obligé de partager… Personnellement, j'estime que ce fut la plus terrible des catastrophes.

 

Je m'explique. C’est faire preuve d’autant de fatuité que de stupidité que de penser qu’une humanité ayant pu concevoir et réaliser des œuvres artistiques telles que les peintures rupestres de Lascaux, d’Altamira, de la grotte Chauvet, de la grotte Cosquer ne soit qu’un ramassis de brutes sanguinaires et bestiales. Ces vestiges picturaux, ainsi que divers objets de silex, de corne et d’os, permettent de penser que ces gens jouissait d’une haute civilisation qui devait se traduire dans d’autres arts que l’art pictural – danse, oralité, théâtre, etc. Mais le mode de vie essentiellement nomade de ces populations suivant les troupeaux nourriciers les obligeait à aller toujours à l’essentiel, et donc à ne pas s’encombrer d’objets superflus. Leur organisation sociale s’articulait autour du clan : un petit groupe soudé, hiérarchisé selon la compétence.

 

Puis l’humain, pour pallier les effets du changement climatique, est devenu pasteur et agriculteur. Pour cela il s’est sédentarisé. Il a clôturé les lopins de terre où il faisait pousser son épeautre et où il élevait ses mouflons devenus moutons. Il a donc inventé la propriété privé, et avec elle l’envie, la jalousie, le vol. Pour la défendre il a inventé les flics, les soldats, les curés, la hiérarchie, et enfin la guerre.

 

L’Homme est alors devenu kon. C’est l’homme « moderne ».

 

 

Octidi 8 fructidor 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

24/08/2014

Ouiquinde gastronomique: les pieds et paquets.

pieds paquets.jpg
 
 

Je viens de régaler quelques épicuriens

Des mangeurs de cadavres, pas des végétariens

D'un plat que l'on ne peut décemment oublier:

Les très fameux pieds et paquets marseillais.

Écoute bien, petit, et débouche une quille,

La subtile recette du père Bonnefille,

Grand pêcheur, bambocheur, joyeux et fin cuistot

Adepte du premier des pêchés capitaux.

À moins que vous n'ayez des façons de puriste

Demandez au boucher de vous confectionner

Les délicats paquets avec ses doigts d'artiste

Sinon vous risquez fort d'y passer la journée...

Mais pour votre gouverne, en voici le principe:

Il faut emprisonner dans un carré de tripe

Large de quatre doigts, une portion de farce

Faite de boyau gras et de petit-salé,

D'ail frais et de persil, bien poivrée et salée

Et hachée à la main de manière efficace.

En repliant trois pointes on fabrique une poche

Serrée pour éviter que la farce bavoche

Puis on passe le tout dans une boutonnière

De la dernière pointe. Tout est dans la manière !

Quand aux pieds, prenez-les de moutons ou d'agneaux,

Refendez-les en long, d'un coup sur le billot,

Blanchissez cinq minutes dans de l'eau vinaigrée

Puis rincez, égouttez, réservez et couvrez.

Faites alors revenir, jusqu'au premier roussi

Deux oignons émincés, carotte, ail et persil,

Ajoutez un bouquet garni, bien entendu,

Dans un hecto de lard auparavant fondu.

Deux bonnes cuillerées de coulis de tomates,

Deux verres de vin blanc sur tous ces aromates,

Puis vous laissez réduire, doucement, en tournant

Tout en vous humectant d'un bon gorge on de blanc.

Au fond d'une cocotte ou autre plat idoine

Mais profond et en fonte, disposez une couenne

Sur laquelle vous rangez soigneusement les pieds

Ainsi que les paquets. Faites moitié-moitié.

Une couche de votre précédent appareil,

Sel, poivre du moulin. Recommencez pareil

En couches successives, puis mettez au dessus

Un demi-pied de veau, bien moelleux et ossu,

Quatre clous de girofle piqués dans un oignon,

Puis mouillez de vin blanc allongé de bouillon.

Le père Bonnefille les fait cuire en deux fois:

Quatre heures au moins la veille du jour où il reçoit,

Il laisse refroidir, et dégraisse au besoin,

Puis cuit quatre heures encor, doucement, avec soin,

Le jour de réception. Il faut voir son sourire

D'épicurien heureux, lorsque sans plus mot dire

Il apporte son plat fumant et odorant.

C'est un feu d'artifices de parfums attirants,

De fragrances subtiles, de délicats arômes

Sublimés par un verre de bon Côtes-du-Rhône.

En accompagnement, quelques pommes vapeur

Écrasées dans le jus prendront belle saveur.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

Qui naissent au soleil en terres de Provence.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- Comptez 6 paquets par personnes, soit 36 paquets à commander à vo­tre boucher. Allez, disons une quarantaine; - 3 pieds par personnes, soit 18, disons 20 pieds d'agneaux, - 1 pied de veau, - 1 large couenne de cochon, - 1 hecto de lard à fondre, - 2 gros oignons émincés, - 1 demi­ kilo de carottes émincées, - 6 gousses d'ail écrasées, - 3 branches de persil plat haché, - 1 verre de vinaigre, - 1 bouquet garni, - 2 ou 3 cuille­rées à soupe de coulis de tomates, - 1 bouteille de vin blanc, - 2 cuillerées à soupe de sel fin, - poivre du moulin en abondance, - 1 oignon entier piqué de 3 clous de girofle, - 1 demi-litre de bouillon de viande, - 1 kilo et demi de pommes de terre (à cuire séparément à la vapeur).

 

Les vins conseillés:

 

Les Côtes-du-Rhône Villages rouge accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-Ies-Vignes, Villedieu, Visan, Beaumes­-de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Hilaire­d'Ozilhan.

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux­d'Aix-en-Provence, Bellet.

 

 

In : Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s

 

Septidi 7 fructidor 222

 


 

 Photo X - Droits réservés

 


 

23/08/2014

Ouiquinde érotique avec André Breton

 dessin gauguin femme tahiti.jpg

 

L'Union libre

 

Ma femme à la chevelure de feu de bois

Aux pensées d'éclairs de chaleur

A la taille de sablier

Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre

Ma femme à la bouche de cocarde et de bou­quet d'étoiles de dernière grandeur

Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche

A la langue d'ambre et de verre frottés

Ma femme à la langue d'hostie poignardée

A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux

A la langue de pierre incroyable

Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant

Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle

Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre Et de buée aux vitres

Ma femme aux épaules de champagne

Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace

Ma femme aux poignets d'allumettes

Ma femme aux doigts de hasard et d'as de cœur

Aux doigts de foin coupé

Ma femme aux aisselles de martre et de fênes

De nuit de la Saint-Jean

De troène et de nid de scalares

Aux bras d'écume de mer et d'écluse

Et de mélange du blé et du moulin

Ma femme aux jambes de fusée

Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir

Ma femme aux mollets de moelle de sureau

Ma femme aux pieds d'initiales

Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent

Ma femme au cou d'orge imperlé

Ma femme à la gorge de Val d'or

De rendez-vous dans le lit même du torrent

Aux seins de nuit

Ma femme aux seins de taupinière marine

Ma femme aux seins de creuset du rubis

Aux seins de spectre de la rose sous la rosée

Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours

Au ventre de griffe géante

Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical

Au dos de vif-argent

Au dos de lumière

A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée

Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire

Ma femme aux hanches de nacelle

Aux hanches de lustre et de pennes de flèche

Et de tiges de plumes de paon blanc

De balance insensible

Ma femme aux fesses de grès et d'amiante

Ma femme aux fesses de dos de cygne

Ma femme aux fesses de printemps

Au sexe de glaïeul

Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque

Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens

Ma femme au sexe de miroir

Ma femme aux yeux pleins de larmes

Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée

Ma femme aux yeux de savane

Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison

Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache

Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu.

 

ANDRÉ BRETON

 

Sextidi 6 fructidor 222

 

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22/08/2014

Les contes de mon hamac. Tè ! En langue provençale !

pâtre rosa bonheur.jpg

 

Lou bédigas que se vaù marida.

 

De plus malérous que ièou, n’i a dji

Aï maùgri d’un quintaù dins l’afaïre d’un mes !

E bouto ! li boulangié podoun ben faïre grèvo,

Aco me faï rèn ! Aï ni paoù, ni trèvo !

Mangé plù. Dormé plù. Beuvé plù.

Sieù sec coume un claveù.

Si ere pas qu’aï vougu prendre part a la festo

Me sarieù, contre un mur, vin cop brisa la testo.

Plouré coume un foù, plouré touti li nieù.

Remplissé un baseù.

Veses, l’aùtré matin, la chambre ero pleno.

E tout aco per qué ? Per qué aï dji de féno.

Me voudrieù marida. Maï sieù tan tarnagas

Que qouro volé ié parla, me risoun touti o nas,

Me mandoun promena come une veillo barico d’anchoïo !

Me disoun : de tù n’en farian un fio de joio !

O ! Se savias de qu’eï d’estre vieil garcoun !

Faù faïre sa biasso, planta si boutoun, coùdura si braïo.

E lou plu terrible : faù resta soulé sur lou champ de sa bataillo.

La nieù, quand dourmé pas, me faù ploura soulé,

E que de marri sang dedin ma ciboulo.

E quand duro des cops que plouré a peire fendre,

S’avié un poù de cor, uno pourrié m’entendre

E n’en pourrié juja de moun sort malérous.

Encaro couprendrieù s’ero un poù difficilo.

Mé bouto, lou sieù pas !

E maï siguesso boussudo,

Panardo, sourdo o mudo,

E maï siguesse un ome, s’aguesse de coutillouns,

Lou prendrieù d’afection sin faïre reflexioun,

E me crérieù lou plu heùrous dou moundo !

Maï, que aï besoun de cerca, maugré tout

Sinoun es vieil garçoun que ma faudra resta.

E cerco que cercaras ! Y avié bèn un ermito

Que me l’avié proumès. Maï es mort de mort subito…

A trento sies dounavo coumisioun !

N’aï placarda d’afficho din tout lou village,

Escrivoun sur li journaù e sur li armana

Qu’avan la fin doù mes vous anan marida…

N’en aï pas maï trouva que de meloun per pasco !

Qu’aco vous foutes pas la masco !

Aco poù plu dura.

N’en perdraï la boussolo !

Me vole marida !

A maï siguesse amé ma miolo !

 

Quintidi 5 fructidor 222

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21/08/2014

Les fables de mon hamac

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Le singe et le tigre

 

Un jour, maigre et sentant un royal appétit,

Un singe d'une peau de tigre se vêtit.

Le tigre avait été méchant, lui, fut atroce.

Il avait endossé le droit d'être féroce.

Il se mit à grincer des dents, criant : « Je suis

Le vainqueur des halliers, le roi sombre des nuits ! »

Il s'embusqua, brigand des bois, dans les épines ;

Il entassa l'horreur, le meurtre, les rapines,

Egorgea les passants, dévasta la forêt,

Fit tout ce qu'avait fait la peau qui le couvrait.

Il vivait dans un antre, entouré de carnage.

Chacun, voyant la peau, croyait au personnage.

Il s'écriait, poussant d'affreux rugissements :

Regardez, ma caverne est pleine d'ossements ;

Devant moi tout recule et frémit, tout émigre,

Tout tremble ; admirez-moi, voyez, je suis un tigre !

Les bêtes l'admiraient, et fuyaient à grands pas.

Un belluaire vint, le saisit dans ses bras,

Déchira cette peau comme on déchire un linge,

Mit à nu ce vainqueur, et dit : « Tu n'es qu'un singe ! »

 

Victor Hugo

 

Quartidi 4 fructidor 222

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09:19 Publié dans art de vivre, humour, poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : conte

20/08/2014

Conte : Le bûcheron et les vérités à la carte.

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Un jour, un bûcheron était occupé à couper une branche qui s'élevait au-dessus de la rivière. Soudain la hache tomba dans la rivière. L'homme pleurait si amèrement que Dieu lui apparût et lui demanda la raison de son désespoir. Le bûcheron lui expliqua alors que sa hache était tombée dans la rivière. Á sa grande surprise il vit Dieu plonger dans la rivière et remonter une hache d'or à la main : 

 

- Est-ce là ta hache ?, Lui demanda-t-il.
Le bûcheron lui répondit : 
- Non.
Aussitôt Dieu retourna dans l'eau et revint cette fois avec une hache en argent :
- Est-ce là ta hache ?, Lui demanda-t-il à nouveau.
Á nouveau le bûcheron lui dit: "Non".
Á la troisième tentative, Dieu revint avec une hache en fer, et lui demanda à nouveau :
- Est-ce là ta hache ?
- Oui!, Lui répondit cette fois le bûcheron. 

 

Dieu, touché par l'honnêteté de l'homme, lui donna les trois haches. Le bûcheron rentra tout heureux à la maison.

 

 

Quelques jours plus tard, le bûcheron longeait la rivière en compagnie de son épouse. Soudain celle-ci tomba à l'eau. Comme l'homme se mit à pleurer, Dieu lui apparût à nouveau et lui demanda la raison de son chagrin. 
- Ma femme est tombée dans la rivière, lui répondit l'homme en sanglotant.
Alors Dieu plongea dans la rivière et réapparut avec Jennifer Lopez dans les bras: 
- Est-ce là ta femme ?, lui demanda-t-il.
- Oui! hurla l'homme. Dieu, furieux, fustigea l'homme:
- Tu prends le risque de me mentir ? Je devrais te damner !


 

Le bûcheron l'implora : 
- S'il te plaît, Dieu, pardonne moi! Comment aurais-je dû répondre ? Si j'avais dit non à Jennifer Lopez, la fois prochaine tu serais remonté avec Catherine Zeta-Jones. Si, à nouveau, j'avais dit non, tu serais revenu avec mon épouse et j'aurais dit oui. Á ce moment-là tu me les aurais données toutes les trois. Mais je suis pauvre et pas du tout en mesure de nourrir trois femmes. Ce n'est que pour cette raison là que j'ai dit « Oui » la première fois. 


 

La morale de cette histoire ? Finalement, les hommes ne mentent que pour des raisons parfaitement honnêtes et totalement compréhensibles !

 

Tridi 3 fructidor

 

Illustration X - Droits réservés

 

19/08/2014

Les Bédouins razziés en plein Paname ! Olè !

bédouins Tissot.jpg

 

La smala du bédouin

Fout un beau tintouin

Au cœur de Paname

 

Les bagnoles du bédouin

Ça a fait du foin

Sont parties en flamme

 

Le pognon du bédouin

Est parti au loin

C’est rien pour l’Infâme

 

De Clichy à Saint-Ouen

On rigole bien

De ce polygame

 

Qui, vert-bleu de pétoche

S’est fait emplâtrer

Son argent de poche

 

Etc. A vous de continuer…

 

Eh ! Il est des jours comme ça. Où on se lève sur une bonne nouvelle ! Et ça réjouit pour toute la journée ! Le bédouin qui se fait razzier en plein Paname ! L’arroseur arrosé !

 

Bof. 250.000 euros, c’est même pas l’argent de poche de sa quinzième femme-esclave au Kon-Prinz… Mais c’est le symbole qui est beau. Huit ou neuf grosses limousines aux vitres teintées, dont certaines devaient être emplies de gros mastards garde du corps armés jusqu’au keffieh, arrêtés par deux bagnoles ! Et en quelques secondes, ces véritables polytechniciens de la truanderie ont dépouillé les « zaltesses » de leur argent de poche, mais aussi de documents qu’ils pourront revendre au plus offrant. Sans violence, sans un coup de feu. Chapeau les artistes !

 

Tout de même ! Faire ça à nos grands « amis » de l’Arabie saoudite… Ça la fout mal. Ces « amis » saoudiens, tout comme leurs concurrents qataris, mettent en application ce que la casuistique islamique appelle le « dahir » (le visible) et le « bâtin » (l’occulte). Le Dahir, c’est le pragmatisme économique, le commerce, l’achat des bijoux de famille de la république, la pénétration financière dans ses plus grandes entreprises, c’est les Airbus, les écoles cogérées ( !!??), les musées, etc. Le Bâtin, c’est l’achat des consciences et des influences en finançant certaines campagnes électorales, c’est le prosélytisme islamique en douce, en investissant dans les cités, c’est le financement des mosquées et des imams chargés de porter la voix d’Allah en terre de mission, c’est insuffler sournoisement la haine contre les chrétiens et les juifs, c’est mettre en place, insidieusement, des filières envoyant de pauvres  jeunes déboussolés se former au Jihad et Syrie, en Irak pour ensuite revenir former cette armée de l’ombre prête à sacrifier sa vie pour le « triomphe de l’islam », etc.

 

L’Arabie saoudite, c’est aussi le soutient financier et idéologique des Frères musulmans, qui prêchent ouvertement l'avènement de la charia – horreur archaïque à l'état pur – dans le monde entier, c’est le soutient de ce « califat islamique » qui plante la merde en Syrie et en Irak et contre lequel on envoie des armes (!!), c’est également le soutien financier des mouvements salafistes contre lesquels la France envoie ses soldats...

 

Avec des amis comme ça, on est tranquille !

 

La smala du bédouin

Fout un beau tintouin

Au cœur de Paname

 

Etc.etc.etc…

 

Olé ! Que du bonheur.

 

Duodi 2 fructidor 222

 

Illustration James Tissot – Droits réservés

 

17/08/2014

Gastronomie estivale : La soupe au pistou

soupe pistou pour blogs.jpg

 

Comment peut-on servir, les soirs de canicule

Une soupe brûlante sans être ridicule?

Et pourtant, en Provence, terre où l'on ose tout,

Il en existe une: c'est la soupe au pistou.

Nous l'avons héritée de nos amis niçois,

Eux-mêmes la tenant de nos cousins génois.

C'est vrai que de chez nous, l'Italie est bien proche,

Le cœur, les chants, le goût, presque tout nous rapproche.

« Pistar », c'est « écraser » en langue provençale.

Et le fameux « pistou » dont chacun se régale

C'est l'ail, le basilic, le fromage mêlés

Dans le mortier de marbre, et simplement pilés.

Le basilic, chez nous, ce n'est pas le « pistou »

Mais c'est « lou balicot ». Voilà. Un point, c'est tout !

-        Oh ! Doucement, Victor ! Tu as les arcanettes ? (1)

Respire, bois un coup et dis-moi ta recette !

- Tu as raison, petit, fais péter le bouchon !

Pour une bonne soupe, il te faut du cochon.

Une couenne, un pied, un petit jambonneau

Que tu vas nettoyer et que tu mets en eau

Froide dans un faitout, puis que tu fais bouillir.

Tu laisses demi-heure et souvent tu écumes.

Pendant que ça cuira, épluches tes légumes:

Des haricots blancs, verts, rouges. Et sans mollir.

Quatre grosses courgettes, quatre belles tomates

Mondées, épépinées, et cinq ou six patates.

Dans ta viande qui bout, mets tes légumes entiers,

Sale et fais cuire une heure. Prépare ton mortier.

Du sel, dix gousses d'ail, deux pieds de basilic,

Qu'avecque ton pilon, cet emblème phallique,

Tu écrases en pommade. En tournant vivement

Verse l'huile d'olive, et ne soit pas feignant.

Rajoute trois tomates pelées, mondées, hachées,

Enfin du parmesan ou de l'édam râpé.

Vérifie si la viande est correctement cuite,

Et rectifie le goût. Écoute bien la suite:

Avec une écumoire, sors patates, courgettes

Que tu vas écraser avec une fourchette.

Elles te serviront de liant pour ta soupe.

Enfin tu mets les pâtes. Pour pas que tu les loupes

Tu les tastes souvent et tu les cuis « al dente ».

Quand c'est prêt, hors du feu, dans l'oulo qui chuinte,

Introduis ton pistou en mélange homogène

Directement à table, comme l'on fait à Gênes.

Respire ce parfum d'ail et de balicot,

Qui transcende cochon, tomates, haricots !

Cette soupe est un plat complet à elle seule,

Qui ravit les gourmets et les plus fines gueules.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la soupe: - 1 couenne, - 1 pied, - 1 jambonneau de cochon, - 150 g de haricots blancs secs, - 100 g de haricots rouge (ces haricots seront mis à tremper une nuit), - 500 g de haricots verts frais, - 4 ou 5 belles courgettes non pelées, - 4 ou 5 tomates (saint-pierre si vous en trouvez), - 5 ou 6 pommes de terre, - 500 g de pâtes genre petits macaronis, - 3 litres d'eau, - 2 cuillerées de gros sel de Camargue.

Pour le "pistou" : - 2 pieds de basilic à grandes feuilles, - 10 gousses d'ail, - 1 cuillère à café de sel fin, - 200 g de parmesan ou d'edam râpé (évitez le gruyère qui fait trop de fils), - 2 décilitres d'huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

La soupe au pistou est un plat très parfumé qui se sert très chaud, en période estivale ! Il faut donc l'accompagner d'un vin frais, léger, gouleyant et, lui aussi, parfumé. Les vins rosés sont parfaits.

En Côtes-du-rhône: rosés de Tavel, de Chusclan, de Travaillan, de Camaret, de Suze-la-Rousse, du Ventoux, du Luberon, des Costières-de-Nîmes, de Saint-Désirât, de Bouchet, de Nyons, de Bollène, de Roaix, de Saint­-Pantaléon-les-Vignes.

En Coteaux du Languedoc: rosés de Cabrières, de Faugères, des Corbiè­res.

En vins de Provence: les rosés de Pierrefeu, Brignoles, La Selle, Ollières, Saint-Zacharie, Tourves, Tavernes.

 

(1) Avoir les arcanettes .. faire preuve d'une certaine irritation.

 

Nonidi 29 thermidor 222

Illustration originale Vincent Barbantan