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27/06/2014

La cour de justice européenne au secours des « Gestationneuses Pour Oh ! Truies »

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L'ancienne manière était plus jouissive, non?

 

 

La cour de justice européenne vient d'enjoindre la France de reconnaître la filiation d'enfants nés de mères porteuses à l'étranger. Ça a l'allure d'une décision juste, équitable, c'est en fait la porte ouverte à la marchandisation imposée des corps. Et la prime à ceux qui ont du pognon pour se dispenser d'obéir aux lois de leur pays.

 

Vous avez du fric ? Vous voulez goûter aux joies de la parentalité ? Mais vous ne voulez pas déformer votre joli petit ventre et souffrir des désagréments de la grossesse ? Allez donc aux Etats-Unis ou en Inde, louez le ventre d'une Indienne crève-la-faim dans une usine à bébés, récupérez votre bébé-produit estampillé pur foutrovule parental, puis ramenez-le en France. La cour de justice européenne imposera désormais aux autorités françaises de leur délivrer le label Made in France...

 

Le fric permet tout. Même de s'affranchir des lois. Avec cette saloperie, les autorités françaises – obligés de reconnaître des enfants nés de GPA bien que cette pratique soit interdite par la loi en France – vont être poussées par de puissants lobbys bobos...à accepter la GPA en France sous prétexte d'égalité, de ne pas favoriser les plus riches. Et le tour sera joué.

 

Un « progrès » la GPA ? Tè ! Fume...G.P.A. = Grosses Putes Avides. Ce sont des femmes avides de pognon qui louent leur ventre. Les putes, elles, ne louent que leur chatte, et pour quelques minutes seulement. Mais les « Gestationneuses Pour Oh ! Truies » louent carrément leur ventre entier pendant neuf mois, pour faire un chiard qu’elles refileront à leurs clients, contre pas mal de thunes. Au Zétazunis, on peut choisir sur catalogue ! En Inde il existe des cliniques spécialisées. Le recours aux mères porteuses procède d'une logique profondément réactionnaire pour les droits des femmes parce qu'il implique une instrumentalisation du corps féminin.

 

Partout où elle a été légalisée dans le monde, la pratique des mères porteuses se traduit concrètement par une nouvelle exploitation, radicale, au sens où il s’agit de la prise de contrôle sur la vie d’une femme pendant neuf mois, et généralement d’un rapport inégalitaire et d’aliénation, entre commanditaires aisés et mères porteuses défavorisées souvent recrutées par des sociétés aux pratiques marchandes plus ou moins attentatoires à la dignité humaine. Les mères porteuses, loin d’être un progrès, sont une cause régressive et un mauvais combat pour la gauche, la plus récente et peut-être la plus choquante des extensions du domaine contemporain de l’aliénation. Il faut au contraire combattre résolument ce commerce du corps féminin qui a des conséquences scandaleuses pour les femmes les plus défavorisées, celles des pays en voies de développement contraintes par l’appât du gain ou la pression familiale pour cause de fric à accepter cette nouvelle forme d'exploitation.

 

Autorisée depuis 2002, la gestation pour autrui est devenue en Inde un marché aussi lucratif que florissant. Chaque année, des milliers de couples occidentaux ne parvenant pas à concevoir s'envolent vers l'Inde dans l'espoir de trouver une mère porteuse en l'échange d'une compensation financière de 28.000 dollars !

 

Pour mieux contrôler, mais aussi exploiter toutes les « ressources » de ce marché des mères porteuses, estimé à un milliard de dollars par an dans le pays, le Dr Nayna Patel, spécialiste de la fécondation in vitro, a décidé de créer une clinique dédiée à la gestation pour autrui. Établie à Anand, dans le nord-est de l'Inde, l'usine à bébés du Dr Patel abrite des centaines de mères porteuses. D'après la BBC, 500 bébés ont vu le jour depuis la création de l'établissement. 

 

Et le marché des mères porteuses en Inde n'est pas près de décroître. Dans un pays où un tiers de la population vit avec moins de 0,6 dollar par jour, porter l'enfant d'un autre laisse espérer aux mères porteuses un avenir meilleur, grâce aux 8.000 dollars qui leurs sont versés pour chaque naissance. La « compensation financière » s'élève à 10.000 dollars si elles portent des jumeaux. En cas de fausse couche lors des trois premiers mois de grossesse, elles ne touchent en revanche que 600 dollars. Lien 

 

Les couples, les femmes qui veulent les « joies de la maternité » sans en avoir les inconvénients sont des monstres d'égoïsme. Sans penser au devenir du gosse à venir. Ils/elles revendiquent le droit à l’enfant, et pas les droits de l’enfant. Et puis, vous croyez qu’il n’y a pas assez de gosses sur Terre ? On est déjà entre sept et huit milliards par « les voies naturelles ». Faut encore en faire d’autres artificiellement ?

 

La gestation pour autrui (GPA), c'est-à-dire les mères porteuses, c’est la marchandisation, la financiarisation du ventre de la femme. Comment le qualifier ? Esclavage moderne ? Il y a de ça. Prostitution ? Il y a de ça. Exploitation de la misère ? Il y a de ça.

 

François, voilà une bonne occasion de te faire respecter en Europe, en refusant ce diktat.

 

On peut toujours rêver...

 

 

 

Octidi 8 messidor 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

26/06/2014

Au bistro de la toile : la peine de mort est rétablie...

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- T'as vu, Victor. Il a été acquitté le toubib qui a tué sept personnes...

 

- J'ai vu Loulle. Et ça me glace d'effroi. Ce type était mu par quoi ? La compassion ? La méchanceté ? L'altruisme ? Le vice meurtrier ? La cupidité ? La dépression ? Le souci de rentabiliser les lits ? Tout est ouvert.

 

- Mais il a été non seulement blanchi mais acquitté. C'est-à-dire que les jurés ont estimé que ses actes ne sont, en aucune manière, répréhensibles. Ça veut dire quelque chose toute de même ! D'autant plus que ça va dans le sens général puisqu'un sondage vient parait-il de montrer que 9 Français sur 10 sont favorables à l'euthanasie.

 

- Nous sommes au siècle du spectacle, Loulle. L'affect populaire est modulé par la télévision, c'est-à-dire par le degré zéro de la culture. Ce jury a jugé non par la raison mais par l'émotion. Et les 90% de sondés qui acceptent le rétablissement de la peine de mort – parce que c'est de ça qu'il s'agit – confondent la compassion altruiste avec une sensiblerie pleurnicharde. Eh ! Oh ! Le « bon » docteur Casabuena, Goodhouse, Iyiev, Guthause, Buenhogar ou tout ce que tu voudras, il a tout de même tué volontairement et sciemment, malgré ses dénégations concernant son « intention de tuer ». Il a injecté du CURARE – substance létale du cocktail de poisons des tueurs légaux étazuniens – la nuit, en catimini, à des personnes qui n'ont JAMAIS demandé à mourir. Á des personnes très, très vulnérables venues en milieu hospitalier pour chercher une guérison, au moins un espoir. Et il les a tués, sans concertation avec des collègues, sans même en prévenir la famille ! Ce type – par ailleurs fragile mentalement - est sorti sous les applaudissements ! Et les jurés, comme les applaudisseurs peuvent encore se regarder dans la glace ?

 

- Ils ont pensé à la souffrance des pauvres gens dans les angoisses ultimes de l'agonie.

 

- Allons, allons. Sensiblerie. Sous la pression de très nombreux imbéciles heureux, la justice populaire a statué sur la mise à mort des malades, des comateux, des vieux, des handicapés, des trop malades. Bientôt, sous Marine par exemple, pourquoi pas des trop moches, des trop bronzés, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. Á la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu ! Pourtant, le meurtre par empoisonnement d’une personne, ça a un nom précis : ASSASSINAT ! Mais c’est pas joli.

Le jugement de Pau fera jurisprudence. Il donne à une corporation – les médecins – qui se croit déjà au-dessus des lois, le droit de vie ou de mort sur des personnes en état de souffrance et de vulnérabilité extrême. Il s’agit ni plus ni moins du rétablissement de la peine de mort mais décrétée non pas par un jury populaire et des juges professionnels, mais par un collège de toubibs et de personnes de l’entourage du « patient » ! La porte ouverte à toutes les magouilles ou les intérêts les plus sordides le disputeront à la vraie compassion.

 

- Oui mais si le mourant a, lorsqu'il était lucide, demander la mort assistée et douce plutôt que la souffrance ?

 

- Oh ! Loulle, en finir avec la vie, c'est facile d'en parler lorsqu'on est en bonne santé, fort et un peu bravache. C'est probablement différent dans les angoisses ultimes, non ? Et puis, cette mise à mort légale, est-ce à la demande du malade ou à celle de sa famille, de son entourage ? Il faut se méfier de ce premier réflexe qui se veut altruiste et compassionnel : abréger les souffrances du malade en accédant, voire en lui suggérant de mettre fin à ses jours.

 

- Alors qu'est-ce qu'il faut faire ?

 

- La loi Léonetti est une bonne loi. Encore faudrait-il l'appliquer. Il existe des moyens de rendre les derniers instants dignes et apaisés. Encore faut-il que le monde hospitalier se donne les moyens de ces indispensables soins palliatifs. Ce qui compte, avant tout, c’est d’abattre la souffrance, pas de tuer le souffrant. Seulement ça coûte des sous. Beaucoup de sous. Et des sous, y en a pas...

Derrière tout ça, Loulle, il y a des calculs trop sordides pour qu'on les laisse apparaître au grand jour. C'est le culte du pognon de la société ultralibérale : élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu.  Une journée d'hôpital coûte cher à la collectivité, donc en ces temps d'austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu'ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques !

 

- Putaing. C'est pas drôle tout ça. Tè ! Je préfère encore ne pas mourir ! Á la nôtre de santé !

 

 

Septidi 7 messidor 222

Illustration : merci à Chimulus

 

25/06/2014

E viva Ecuador !

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Le président Rafael Correa

 

Ce soir nos dignes représentants footballistiques vont taper dans un ballon contre les dignes représentants footballistiques d'un pittoresque petit pays d'Amériques répondant au nom d'Equateur.

 

L'Equateur? Qu'es aco ?

 

C'est un pays formidable. Un pays exemplaire. Un pays qui a eu le courage de dire MERDE aux banques et à tous les charognards du monde financier mondialisé, c'est-à-dire étazunien.

 

Ce petit pays, qui doit son nom à sa position géographique (sur la côte ouest de l'Amérique du Sud et...sur l'équateur), était mis en coupe réglé par les multinationales étazuniennes. Sa monnaie – le Sucre – a même été remplacé par le dollar US. C'est dire la main mise yankee sur le pays.

 

Eh bien le 14 décembre 2008, Rafael Correa, président de l'Equateur, prend une décision simple, évidente et ferme : annuler unilatéralement la part qu'il juge « illégitime » de la dette publique de son pays, et suspendre le remboursement de tous les titres de la dette. Cette part illégitime fut estimée à 70% de la totalité de la dette !

 

Cette décision faisait suite aux travaux d'un audit de la dette du pays sur la période 1976-2006 effectué dès 2007 par une commission d'enquête indépendante. Il faut savoir que l’Équateur avait alors perdu sa souveraineté, placé qu'il était sous les diktats du FMI et de la Banque mondiale.

 

Les experts de la Commission ont identifié des tranches de dettes dites «illégales» (dont le contrat est contraire au droit international ou équatorien), «odieuses» (contractées par un gouvernement despotique, à l'encontre de l'intérêt des populations) ou encore «illégitimes» (par exemple lorsqu'elles sont creusées pour voler au secours des banques privées...).

 

Les banques ricaines ont gueulé au charron, mais Correa les a envoyé chier ! Et que croyez-vous qu'il se passât ? 95% des créanciers de l’Équateur (FMI, Banques, et autres fonds institutionnels) ont accepté cette décision ! 

 

Ainsi le président Correa, s'appuyant sur l'outil fort efficace de l'audit de la dette mais aussi sur une mobilisation populaire sans faille, a su établir un rapport de force suffisant pour faire avaler aux mafias financières que la part de la dette qu'il annulait n'était pas celle du peuple et que ce n'était donc pas au peuple de la payer !

 

La nouvelle constitution, approuvée par 64 % des votants lors du référendum de septembre 2008, renforce le rôle du Plan national de développement et fait de l’État un acteur central dans la production de biens, la construction d’infrastructures et la régulation. Les activités financières sont désormais considérées comme un « bien public » et le contrôle des ressources naturelles par l’État devient un principe constitutionnel.

 

Le président Correa entend s’attaquer à des chantiers où l’immobilisme a longtemps été la règle, en particulier l’amélioration de la qualité du système éducatif et l’efficacité de l’administration. Le gouvernement essaie de diversifier ses partenaires commerciaux, en privilégiant une coopération économique et technique Sud-Sud avec des pays comme l’Iran, la Chine et, surtout, l’ALBA (Alternative bolivarienne pour les Amériques). Le pays a quitté le Centre international de règlement des différends (CIRDI), refusant les arbitrages internationaux. Le gouvernement tente de promouvoir la création d’instances exclusivement régionales au nom de l’indépendance et la souveraineté vis-à-vis des pays industrialisés.

 

Voilà ce que c'est l’Équateur. Alors finalement, si ce soir nos footballeurs millionnaires enfants gâtés ne gagnent pas face aux représentants de ce si sympathique pays, je n'en serais pas plus affecté que ça...

 

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Sextidi 7 messidor 222

Illustrations X - Droits réservés

 

 

24/06/2014

Après les emmerdeurs du rail, les emmerdeurs des airs et...les emmerdempoisonneurs de la FNSEA

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Non mais vous les avez entendu les gougnafiers de l'agriculture chimico-industrielle de la FNSEA ! Ils gueulent, ils s’époumonent (enfin, ceux qui n'ont pas les éponges trop mitées...), ils bloquent la circulation, ils EMMERDENT, et vous savez pourquoi ? Parce que le gouvernement veut faire passer une loi leur interdisant de répandre leurs saloperies de pesticides à moins de 200 mètres d'une école, d'un hôpital, d'une maison de retraite, d'une habitation, d'un lieu de vie quoi !

 

Début mai, une vingtaine d'enfants et une enseignante d'une école primaire de la Gironde ont été pris de malaises après l'épandage d'un fongicide sur des vignes situées à proximité de l'établissement. La préfecture du département avait relevé une utilisation du produit dans des « conditions inappropriées ».

 

Traiter jusque dans les cours des écoles, c'est raisonnable ça ?

 

Qui ne s’est pas énervé en traversant les nuages de pesticides généreusement pulvérisés sur les cultures, du printemps à la récolte, soit pendant quatre mois ! Oui, nous répondent les tenants de l’agriculture intensive, mais si on ne traite pas, on n’a pas de récolte correcte… Sauf que l’agriculture biologique prouve chaque jour le contraire.

 

Oui nous diront les Fnsea-boys mais le bio, c'est marginal, ce n'est pas ça qui va nourrir les foules affamées. Laissez-nous traiter « raisonnablement ».

 

Pour appuyer leurs revendications corporatistes, ils ont salopé la place de la Concorde... Leur but : Donner un « carton jaune » comme ils disent, au gouvernement pour faire pression au moment où le projet de loi d’avenir sur l’agriculture commencera à être examiné en commission à l’Assemblée nationale. Le texte passera ensuite en seconde lecture dans l’hémicycle les 7 et 8 juillet.

 

Le ministre Le Foll, faisant preuve d'une évidente mollesse des génitoires, a tenté de les rassurer mardi sur RTL, en réaffirmant qu'il n'était n’était pas prévu d’interdire les épandages de pesticides à moins de 200 mètres des habitations. Eh ! Oh ! Ci-devant ministre, faudrait savoir, non ? Tu préfères empoisonner les gosses plutôt que de faire preuve de fermeté vis-à-vis d'une bande de parpagnas gavés de subventions européennes ou nationales ?

 

Il faut savoir que 349 pesticides différents sont présents dans les produits alimentaires vendus dans l'UE !

 

« Pour votre santé, mangez cinq fruits et légumes par jour » qu’ils nous serinent à longueur de bourrage crâne. A mon avis, c’est une manière originale pour tenter de résoudre les problèmes de surpopulation : en effet, en suivant ces judicieux conseils, vous avez toutes les chances de vous fabriquer un chou-fleur bien gaillard qui va vous envoyer ad patres en quelques  mois. Le crabe nourri aux pesticides, c’est du redoutable !

 

Quintidi 5 messidor 222

 

Photo X – Droits réservés

 

22/06/2014

Ouiquinde gastronomique : la brandade de Nîmes

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 La Fanny est serveuse au café des Platanes

Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent

Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir

Tant elles sont promesses de joies et de plaisir.

 

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,

Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,

Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,

Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

 

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent

Tous restent bouche bée et en perdent la boule

Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

 

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne

On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne

Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny !

 

 

 

— Victor ! Tes pétanqueurs qui rêvent d’embrassades

En matant les rondeurs de la belle Fanny,

Ils devraient s’entraîner à faire la brandade,

Ça calmerait un peu leur érotomanie !

Voici comment la font, pour leur table éponyme

Serge et Wladimir, restaurateurs à Nîmes.

Pour réussir ton plat, éloigne les intrus,

Une nuit, à l’eau fraîche, dessale ta morue,

En six coups de hachoir frappés sur une planche,

Sans enlever la peau, en portions tu la tranches.

Tu la mets, à l’eau froide, dans un large faitout

Que tu lèves du feu quand le liquide bout,

Et tu laisses tremper dix minutes environ,

Le temps de te verser quelques petits canons.

Puis égoutte, essore, et lève les arêtes,

Dans une casserole, mets ta morue défaite,

Dès lors, tu vas chauffer l’ensemble au bain-marie.

A la cuillère en bois, à tour de bras, manie,

Ecrase la morue d’une main combative

En ajoutant du lait et de l’huile d’olive,

L’un et l’autre, tiédis, de façon mesurée

Pour obtenir enfin une lisse purée.

Cette crème doit être onctueuse et épaisse

Pour cela, il te faut branler fort, sans faiblesse.

Lorsque tu en es là, prends le temps de souffler,

Décontracte ton bras, laisse-le dégonfler,

Verse-toi volontiers un vin blanc des Costières

Et va faire un câlin avec la cuisinière.

Reprends ton appareil, oublie la rigolade

Si tu veux, comme un chef, réussir ta brandade.

Il faut la parfumer, la monter en saveur.

Elle doit embaumer pour chavirer les cœurs.

Écrase, au mortier, une gousse d’ail blanc,

Râpe un peu de muscade — excellent stimulant ! —

Un zeste de citron que finement tu haches,

Un peu de poivre blanc, un soupçon de pistache,

Du sel si nécessaire, mais reste circonspect,

Enfin, lorsque tu sers, une truffe râpée.

Ce plat emblématique de Nîmes-la-Romaine

Incitera Fanny, à la dernière mène,

À laisser les vainqueurs autant que les vaincus,

Selon la tradition, lui embrasser le cul !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 1 grosse morue sèche, - 1 demi litre de lait tiède, - 1 demi litre d'huile d'olive tiède, - 3 gousses d'ail de belle taille, - 1 zeste de citron, - 1 cuillerée à dessert de poivre blanc, - 1 peu de muscade râpée, - 2 graines de pistache, - 1 truffe (accessoire), - beaucoup de vigueur dans le bras (indispensable !)

 

Les vins conseillés:

Profitez de ce plat gardois pour apprécier les vins rouges des Costières-de-Nîmes mais aussi les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Péray, vins tranquilles du Diois, Saint-Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ar­dèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon.

En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul-de-Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons-source-d'Argens, Brue-Auriac, Châteauvert.

Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins primeurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les-Vignes, Sabran, Codolet, Rochefort, Lirac, Laudun.

 

Tridi 3 messidor 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

21/06/2014

Ouiquinde érotique avec le grand Léo (Ferré, bien sûr!)

 

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Géometriquement tien

Ton corps est comme un vase clos
J'y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mon squale qui viendra te voir
Du fond de moi si tu l'en pries

Un herbe douce comme un lit
Un lit de taffetas de carne
Une source dans le midi
Quand l'ombre glisse et me décharne
Un sentiment de rémission
Devant ta violette de Parme
Me voilà soumis comme un pion
Sur l'échiquier que ta main charme

Mon organe qui fait ta voix
Mon pardessus sur ta bronchite
Mon alphabet pour que tu croies
Que je suis là quand je te quitte
Ma symphonie dans ton jardin
La mer dans ta rivière close
L'aigre parfum de mon destin
Sur le delta d'où fuit ta rose

L'odeur canaille de ta peau
Tendue comme un arc vers sa cible
Quand pointe de mes oripeaux
Le point de mire inaccessible
Du feu pour le bel incendie
Que j'allumerai à ta forge
Cette nuit puisque tu me dis
Que ça te remonte à la gorge

Et moi qui ne suis pas régent
De tes propriétés câlines
J'irai comme l'apôtre Jean
Dormir un peu sur ta poitrine
J'y verrai des oiseaux de nuit
Et leurs géométriques ailes
Ne pourront dessiner l'ennui
Dont se meurent les parallèles

 

Ecoutez-le ICI

 

Duodi 2 messidor 222

 

Photo X - Droits réservés

 

18/06/2014

Transhumance...

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Allez! Je quitte aujourd'hui les foules du festival (s'il a lieu...)...

 

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...pour les hautes terres du Pays des sources où même les vaches soutiennent les Bleus!

 

Nonidi 29 prairial 222

 

Photo moi et X - Droits réservés

 

17/06/2014

Au bistro de la toile : intermittents du spectacle.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Oh Loulle ! Il me semble que tu tires la gueule. Ce serait pas par hasard que tu aurais les flubes que le festival d'Avignon soit annulé ?

 

- Y a un peu de ça Victor... Le festival apporte sur la ville, en un mois, une manne de bel et bon pognon venu d'ailleurs. Les festivaleux, les journaleux, ça a soif sous le soleil-lion, et donc ça boit Victor ! Plus que les vieilles carnes comme toi...

 

- Ah ! Loulle. Je retrouve bien là la hauteur de vue de l'amoureux des arts vivants, le digne « fils de Vilar » ! Au fond, le premier festival mondial des arts vivants, tu t'en tamponnes l'oigne Loulle. Mais les lovés que ça fait tomber dans ton tiroir caisse, c'est un deuil plus difficile à porter...

 

- Soyons honnête Victor : y a de ça. Ya de ça... Au fait, je n'y entrave que dalle à leur histoire d'intermittents du spectacle. C'est quoi ce foutoir ? Quelques-uns de mes clients pensent que c'est une bande de feignasses qui vivent grassement sur le dos des autres travailleurs...

 

- Ceux qui pensent ça, Loulle, que ce sont des feignasses et qu'ils abusent, ils n'ont qu'à ne plus aller voir un seul spectacle, un seul événement sportif, un seul concert. Ils peuvent et doivent aussi fermer leur télé et leur poste de radio. Parce qu'aucun de ces événements culturels ne peut exister sans les intermittents dits du spectacle.

 

- Mais qui sont ces intermittents du spectacle ?

 

- Eh bien ce sont toutes les personnes qui marnent de près ou de loin dans le monde du spectacle ou de la culture. Elles ont le droit de bénéficier du statut d’intermittent. Il s’agit des acteurs, des chanteurs, des metteurs en scène mais pas seulement. Il y a aussi beaucoup de techniciens, tous ceux qui équipent les lieux de spectacles : installation de la scène, des gradins, de l'éclairage, de la sonorisation, de la billetterie, etc. Bref toutes les petites mains que l'on ne voit pas mais qui sont indispensables à toute manifestation culturelle.

 

- D'accord. Mais quel est ce statut que le Medef veut balayer et prétextant qu'il coûte un bras et auxquels les intermittents s'accrochent bec et ongles ?

 

- Pour bénéficier des indemnités de chômage versées par l'Assedic, qui est une caisse interprofessionnelle de solidarité, l'intermittent doit justifier un certain nombre d'heures au minimum dans une période donnée. Il faut avoir travaillé 507 heures (soit approximativement trois mois de travail à 8 heures par jour) au cours des 319 derniers jours pour les artistes ou des 304 derniers jours pour les ouvriers ou les techniciens, soit dix mois environ. À titre de comparaison (si la comparaison est possible, dans la mesure où, notamment, certains artistes travaillent à perte sur des périodes parfois importantes et non rémunérées : répétitions, montage de projet et autres démarches autonomes) le régime général pour l'allocation chômage demande 122 jours d'affiliation ou 610 heures de travail au cours des 28 mois qui précédent la fin du contrat de travail pour les moins de 50 ans ou 36 mois pour les 50 ans et plus. Lien

 

- Ah, tout de même. On comprend qu'ils se défendent... et que d'autres gueulent.

 

- Il y a des embrouilles, comme partout, mais ce n'est pas de la tarte Loulle. Un artiste qui se produit pendant un spectacle de deux heures aura « travaillé » 2 heures, mais combien de temps aura-t-il passé pour apprendre son texte, pour répéter son rôle ? Côté technicien, c'est un boulot de galérien. Ma belle-fille, Anne, est dans ce milieu : elle est régisseur de spectacle, c'est-à-dire qu'il lui faut se démerder pour que tout marche (éclairage, son, installations de scène et de salle, etc), et à l'heure ! Imagines un peu Loulle, l'équipement pour le spectacle de la fameuse « carrière Callet », à Boulbon, un des lieux emblématiques des plus grands spectacles du festival d'Avignon. Elle l'a fait ça Anne. Sous un cagnard dément, avec la poussière soulevée par le mistral. De cinq heures du matin à 11 heures du soir. Elle rentrait complètement naze... Tu crois qu'elle vole son pognon ? Eh bien il a fallu qu'elle arrive à l'âge de 39 ans pour avoir, dans ce milieu, et à Avignon pourtant place forte du spectacle, son premier CDI !

 

- Ouais, pas de la tarte effectivement. Mais alors où est le scandale ?

 

- Le scandale vient du fait que certaines boites de production qui marnent pour la télé abusent de ce statut. De même les grands parcs d'attraction comme Disneyland, Puy-du-fou, Astérix, etc. tournent toute l'année avec des personnels permanents mais déclarés « intermittents ». Les chaînes de télévision aussi et surtout usent et abusent de ce statut en multipliant les contrats d'intermittent au détriment des contrats de travail à temps plein. Les standardistes, les secrétaires, les personnels d'entretien, etc. encombrent et parasitent le système. Voilà où est le scandale Loulle.

 

- Alors qu'est-ce qu'il faut faire ?

 

- Ne pas donner satisfaction au Medef dans un premier temps, puis tout remettre à plat et réserver ce statut particulier uniquement à celles et ceux qui travaillent effectivement par intermittence, alternant période de gros boulot et période de chômage.

 

- Je comprends mieux Victor. A la nôtre !

 

Octidi 28 prairial 222

 

Merci à Chimulus

 

16/06/2014

Emmerdo, ergo sum ! J'emmerde, donc je suis...

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A tort ou à raison, c'est ainsi que sont perçus les grèves dures à la SNCF d'une part, parmi les intermittents du spectacle d'autre part. Les cheminots sont perçus comme les “bonnets rouges” corporatistes du chemin de fer: ceux qui emmerdent les usagers!

 

Pour contrer cette hostilité du public, les syndicats grévistes ont le tort de ne pas expliquer les raisons de leur combat, notamment concernant le lien entre la défense de leur statut très protecteur et le service public efficace et sécure. Ce manque d'explication est d'autant plus préjudiciable que la grève a démarré alors qu'un rapport pointait du doigt les graves négligences de la SNCF dans la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge qui a coûté la vie à 7 personnes et en a blessé 32 l'an passé.

 

La Cour des comptes dans un rapport trop au vitriol pour ne pas en être suspect les considèrent comme une caste de privilégiés arc-boutée sur ses acquis sociaux et dénonce sans nuance des temps de travail inférieurs à la durée légale, des augmentations de salaires régulières, la gratuité des transports, etc. Mais peut-on reprocher aux grévistes de la SNCF de ne pas se laisser rouler dans la farine, de voir leurs conditions de travail se dégrader au prix de la sécurité, de se voir pousser vers les salaires et les conditions de travail des cheminots des compagnies ferroviaires privées (comme Euro Cargo Rail) qui sévissent déjà dans le fret ferroviaire ?

 

Derrière ce mouvement plane l'ombre menaçante de l'ouverture totale à la concurrence (fret et voyageurs) dès 2019. C'est pourquoi le cœur de la contestation est la réforme ferroviaire qui arrive devant l'Assemblée nationale demain 17 juin après deux ans de discussions et de travaux entre toutes les parties. Au centre de cette réforme, la dette colossale du secteur ferroviaire : 44 milliards d'euros!). Dette pour l'essentiel liée aux mauvais choix du « tout TGV » et en particulier au lancement simultanée de quatre lignes à grande vitesse sous financement SNCF. On paie là la mégalomanie de dirigeants qui, eux, ne risquent pas le chomdu... Cette réforme propose de regrouper sous une même entité SNCF (ceux qui roulent) et Réseau Ferré de France (ceux qui possèdent les rails). Mais c'était comme ça avant !!!

 

Actuellement, c'est un vrai bordel : RFF est censé entretenir les voies, mais elle n'en a pas les moyens et...sous-traite ce travail aux personnels de la SNCF ! Autrement RFF paie SNCF pour le travail des employés de celle-ci qui entretiennent les voies. Et SNCF paie à RFF un loyer pour que ses trains circulent sur les rails... Bonjours la simplicité, bonjour l'efficacité...

 

Un des arguments essentiels des grévistes est que la SNCF sera alors éclatée et incapable de répondre aux besoins de transport, avec de plus en plus de lignes et de gares fermées et toujours plus de camions sur les routes.

 

A noter que chaque jour de grève coûte à la SNCF, de la bouche même de Pépy, son patron, plus de 13 millions d'euros...

 

Rappelons aussi à tous ceux qui l'oublient que la SNCF est un service public et qu'elle est donc au service du public. Ce qu'elle semble avoir oublier depuis longtemps...

 

Septidi 27 prairial 222

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14/06/2014

Grivoiseries littéraires estivales

 

Sonnet pour une belle nonnain

Qui se disoit espouse du christ et repoussoit un cavalier

 

Tousjours : Jesus par-cy; tous jours : Jesus par-là,

Jesus veut la vertu, la pudeur il réclame;

Sans combler, ce pendant, le désir qu'il affame,

Jesus deffend cecy, Jesus deffend cela.

 

Sambregoy ! Je vous plains si vous estes sa femme

Car dans ceste famille aucun ne bricola :

Fust-ce pas un pigeon que l'Esprit racola

Pour foutre en lieu de Luy dans le Trou Nostre -Dame?

 

Il faut, ce Jesus-là, le faire un peu cocu:

Quoy ! souffrir qu'un tyran régisse vostre Cu ?

Qu'il le laisse béant, sans gloire et sans usage?

 

Tenez, je le renie, ouy, je change de Foy,

J'honnore Cupidon propice au culletage,

Et vivent les faux-dieux qui bandent comme moy!

 

 

Fernand Fleuret/Annibal Louvigné du Dézert

 

 

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Sonnet pour un petit conin

 

Petit nid sous un petit toit,

D'une oyselle fine industrie;

Nid qui n'a rien d'un nid de pie,

Mais où la pie hier estoit;

 

Petit annelet trop estroit

Dont je tente l'escroquerie;

Chef-d'œuvre de serrurerie

Qu'un vit en crochet n'ouvriroit ,

 

Fissure où vrille une lambrusque,

Bosquet où le Plaisir s'embusque:

Tel est le conin d'Alison,

 

Luy qui regalle ma braguette

Du sphincter d'un jeune garçon

Sous la motte d'une fillette.

 

 

Quintidi 25 prairial 222

Photo X - Droits réservés

 



13/06/2014

Il fait chaud : la faute à Paul Hussion ?

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  • Oh là ! Sieur Paul Hué, vos vaches pètent trop

Il vous faudra réduire leurs délires ventraux

Car leurs rots et leurs pets, ce sont du gaz méthane

Qui risque de changer nos prairies en savanes.

- Oh là ! Sieur Paul Hueur, rengainez vos leçons

Que sont nos pets de vaches comparés au boxon

Que génère sur terre l’hyper consommation

De vos sociétés, vos civilisations

Basées sur le paraître et sur le racolage,

Sur l’avoir plus que l’être, et où le gaspillage

Est le mode normal de concevoir la vie

Où l’on prend, casse et jette au gré de ses envies.

- Notre mode de vie n’est pas négociable

Vous feriez comme nous si vous étiez capables !

De quoi donc rêvez-vous dans vos sombres gourbis ?

De bagnoles, de viande, d’alcools, de beaux habits,

De maisons confortables à l’air conditionné,

De piscines, de plages, de routes bétonnées.

D’ailleurs que faites-vous quand vous avez des thunes ?

Une station de ski au milieu de vos dunes…

- Qui nous pollue la tête avec ces âneries ?

Vos programmes télés avec leurs konneries.

N’avons-nous pas le droit d’être aussi kons que vous ?

Nous marchons sur vos traces, cependant, je l’avoue,

Ces travers me désolent et me mettent en rage

Mais avant d’arriver au niveau de carnage

Que vous faites subir à l’environnement

Nous avons de la marge pour vivre décemment.

Quand un Indien produit une tonne de carbone,

Vous, les Zétazuniens en produisez vingt tonnes

Et dix tonnes en Europe. Mais zéro en Afrique !

C’est à vous d’arrêter vos pollutions chroniques !

- De quoi vous plaignez-vous ? Vous êtes bien contents,

Sûrement pas le peuple, mais vous, les dirigeants,

D’accepter nos déchets à pleines palanquées

Car nous vous payons cash pour que vous les planquiez,

Qu’ils soient radioactifs, domestiques ou chimiques !

Euros, yens ou dollars, tout est bon pour vos cliques…

- Taisez votre cynisme, et gardez vos poubelles.

Car par la corruption vos actions criminelles

Saccagent nos contrées, empoisonnent nos gens,

Les poussent à émigrer pour trouver quelque argent.

C’est vous qui polluez depuis bientôt deux siècles.

Vous voudriez en plus nous imposer vos règles ?

C’est à vous de payer ! Vous tuez la nature

Et voulez que ce soit nous qui fassions ceinture ?

Le monde va crever ? Nous n’y sommes pour rien !

Si vous ne casquez pas, on ne répond de rien…

 

 

Quartidi 24 prairial 222

 

Merci à Chimulus

 



 



12/06/2014

Mort à la MORT ! Et vive la VIE !

 

 

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Ce mois de juin va cumuler trois décisions qui ont de quoi faire trembler le clampin. En effet il s’agit de rétablir – ou NON – la peine de mort. Il s’agit de légaliser – ou NON – le meurtre avec préméditation, c’est-à-dire l’ASSASSINAT.

 

Á travers le procès du ci-devant ex médecin Bonnemaison Nicolas, traduit en assises pour avoir « abréger la vie » de personnes dites « condamnées ».

Á travers le Conseil d’État qui doit statuer, en séance publique, sur la situation de Lambert Vincent, tétraplégique au sujet duquel sa famille se déchire sur le fait de le faire (pas de le laisser) CREVER - ou NON.

Á travers le rapport du Comité consultatif national d’éthique concernant l’autorisation du meurtre légal et du « suicide » assisté…

 

Sous la pression de très nombreux imbéciles heureux, le gouvernement mais aussi la justice doivent ainsi statuer sur la mise à mort des malades, des comateux, des vieux, des handicapés, des trop malades. Bientôt pourquoi pas des trop moches, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. A la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu ! Pourtant, le meurtre par empoisonnement d’une personne, ça a un nom précis : ASSASSINAT ! Mais c’est pas joli…

 

Il s’agit ni plus ni moins du rétablissement de la peine de mort mais décrétée non pas par un jury populaire et des juges professionnels, mais par un collège de toubibs et de personnes de l’entourage du « patient » ! La porte ouverte à toutes les magouilles ou les intérêts les plus sordides le disputeront à la vraie compassion.

 

Il serait bon de jouer l’honnêteté intellectuelle : en finir avec la vie, est-ce la demande du malade ou celle de sa famille, de son entourage ? Il faut se méfier de ce premier réflexe qui se veut altruiste et compassionnel : abréger les souffrances du malade en accédant - voire en lui suggérant (la volonté affirmée de mourir « dans la dignité » nait dans l’esprit d’une personne consciente et lucide, bien en amont des angoisses du grabat, ce qui change tout !) – de mettre fin à ses jours.

Au-delà de l’euthanasie, l'assistance au suicide par respect de la liberté d'une personne qui veut mourir tangente la non-assistance à personne en danger.  Ce qui compte, avant tout, c’est d’abattre la souffrance, pas de tuer le souffrant.

 

Ces lois sociétales soi-disant modernistes « d’optimisation de la vie » (euthanasie, suicide assisté, gestation pour autrui) seront-elles imposées à la masse populaire par les puissants lobbies de bobos influents ? (Ironie de la chose, c’est souvent les mêmes qui « s’offusquent » de la corrida de toros !) Eux-mêmes manipulés par le culte du pognon de la société ultralibérale: élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu.  Une journée d'hôpital coûte cher à la collectivité donc, en ces temps d'austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu'ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques !

C’est choquant ? Eh… Ouvrez les yeux. En Belgique, les vieux ont une peur panique d’aller à l’hosto. En Hollande (Pays-Bas), la question du vieillissement de la population et de son coût pour la société a été clairement posée puis lâchée tant elle choquait la population…

Et vive la VIE ! Même merdique.



Tridi 23 prairial 222

 

Illustration : merci à Chimulus

 

11/06/2014

Les mésaventures de Gastontruite et de Monsieur Nokill.

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- Gloup ! Gloup ! Le pied ! Qu’est-ce qu’elle est belle  cette cascade.

 

- Eh ! Gastontruite, si tu arrives à sauter jusqu’en haut, je te ferais des gâteries comme jamais on ne t’en a fait dans ta vie de machotruite. Foi de Berthetruite !

 

- Ouarf ! Tu vas voir ! Tout avec ma queue ! Tè ! Regarde.

 

Gastontruite est un superbe truiton de l’année, c’est le fils Fario. D’Auguste Fario, celui qui habite derrière le rocher pointu. Oui, celui que sa mère, la Joséphine Fario a fini meunière le mois dernier. Pauvre femme. Au beurre… Elle qui faisait le régime. Enfin, c’est dur la vie des Truites.

 

Gastontruite s’élance de toute la force de sa vigoureuse queue — on a toujours eu des queues solides chez les Fario — donne un grand coup de rein et franchit victorieusement le petite cascade qui chante quelque part entre Larzac et Cévennes.

 

Avant de redescendre chercher sa récompense dans les bras lascif de la séduisante Berthetruite, une gourgandine fort sexy, il nage paresseusement dans le plan d’eau en amont de la cascade de ses exploits.

 

- Tiens se dit-il, en voilà une mouche qu’elle est belle ! Ces efforts m’ont  creusé l’appétit. Un petit gueuleton me fera pas de mal avant de me taper la belle Berthetruite.

 

Et il fonce sur cette jolie mouche qui se prélasse en surface.

Il ouvre grand sa gueule et Vrouououff !

 

Aïïïïïe ?!?!? Le voilà avec la bouche à demi arrachée. Il se débat, accentuant les terribles dégâts de sa gueule martyrisée par le terrible hameçon. La douleur est atroce. « Maman ! » crie-t-il au désespoir. Puis le voilà brutalement enlevé hors de l’eau. Il vole dans cet élément dangereux : l’air. Il s’abat lourdement sur des graviers qui lui défoncent les côtelettes et lui meurtrissent les  pauvres nageoires. Son œil rond voit quelque chose d’énorme et qui bouge, avec des pattes accrochées au sol et d’autres pattes tenant une sorte de canne. Il sent quelque chose de chaud qui le serre, qui le presse. Gastontruite a le cœur qui bat à éclater. Ses ouïes s’asphyxient. Il est au bord de la défaillance, torturé par le fer autant que par l’angoisse de la mort.

 

Puis cette chose qui le tient lui arrache le fer meurtrier de la bouche. Cette chose le caresse sur le dos puis…le relâche. Ah ! L’eau. De nouveau l’eau.

 

Gastontruite, abasourdi, met un moment à récupérer quelques forces, puis il se laisse glisser dans le courant qui le fait basculer dans la cascade.

 

Gastontruite vient de rencontrer l’Homme.

 

Mais l’homme le plus faux-cul, le plus hypocrite qui soit. Le pêcheur « nokill » !

 

Pourtant il est fier de lui le pêcheur « nokill ». Il respecte la vie lui, monsieur ! D’ailleurs, il manifeste régulièrement avec les anti-corridas contre cette ignoble barbarie…

 

- Oh ! Kevin, t’as vu si elle était belle celle-là !

 

- Ouarf ! On aurait pu se la bouffer, non ?

 

- Ça va pas non ? Sauvage ! Qu’est-ce que t’en fait du respect de la vie des animaux ? Tè ! Sors plutôt le sauciflard et prépare le barbecue pour cuire la côte de bœuf.

 

 

Duodi 22 prairial 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

10/06/2014

Au bistro de la toile : je fais du rab !

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- Putaing, Loulle ! Il y a quelques semaines, j’ai franchis le cap des…septante et quelques vendanges ! Alors que normalement, avec les critères sociologiques et les normes actuels JE DEVRAIS ÊTRE MORT depuis lurette (on dit toujours qu’elle est belle celle-là, je sais pas…).Je fais donc du rab Loulle. Je suis un de ces salauds qui bouffent le pognon de la Sécu. Et oui Loulle. Et tu es complice, toi qui me conforte, voire me pousse à lever le coude pour emplir la caisse de ton merveilleux rade de perdition !  Tu te rends compte, maître empoisonneur, de ce que tu fais ! J’ai entendu un « professeur » émérite asséner des vérités terribles comme par exemple que l’on risque le cancer dès le premier verre de vin !

 

- …taing ! Bon anni (verre serré) versaire Victor ! T'as tenu jusque là, c'est donc que tu peux encore tenir quelques temps, mais, couillon,  ne bois pas le verre de vin qui donne le cancer, bois les autres !

 

- Voilà un bon conseil, Loulle. Tè. Mets ma tournée. Eh ! Maintenant, l’essentiel c’est le propre, l’inodore, le sans saveur, le « zéro risque ». Le principe de précaution institué au niveau de la Constitution !

 

- Économise-toi Victor. On a encore besoin de toi !

 

- Quand j’étais miston Loulle, il y avait des peintures au plomb partout et les tuyaux d’adduction d’eau étaient aussi en plomb. Ça faisait de jolies hernies quand il gelait, alors on appelait…le plombier !

Les prises électriques étaient évidemment sans protection, les fils de la lampe pendaient, les isolants étaient en bois et, bien sûr, il n’y avait pas de prises de terre.

On se chauffait au charbon dans une seule pièce et il n’y avait pas d’aération, sauf par les portes et fenêtres bancales.

On mettait l’eau de Javel, le permanganate et le crésyl (produits indispensables et courants à l’époque) dans des bouteilles de pinard vidées généreusement.

Quand aux quelques médicaments (vermifuge Lune, alunosal, lactéol, élixir parégorique, cachets d’aspirine « usine du Rhône », etc.) ils étaient sur l’étagère de la cuisine, à côté de la boite à sel et de la bouteille d’huile.

On buvait l’eau au robinet ou à la pompe dans la rue, et non des bouteilles cachetées.

On bouffait du pain, du beurre quand il y en avait, des gâteaux bien sucrés et on n’était pas obèses pour autant parce qu’on se bougeait le cul !

On jouait, quand il n’y avait pas école, toujours dans la rue, dans les terrains vagues, au bord du Rhône.

On fabriquait des traîneaux à roulements avec des planches et des roulements à billes qu’on allait chercher chez Bébert, le garagiste, et on descendait à fond la caisse. Les gamelles étaient nombreuses et ça nous apprenait à vivre.

 

- Putaing, les genoux et les coudes écorchés soignés à l’eau oxygénée et au mercurochrome rouge !

 

- On grimpait aux arbres, aux poteaux de la ville et on se cassait parfois un bras ou quelques ratiches sans faire d’histoires ni porter plainte contre le maire.

On allait faucher les cerises chez les paysans ce qui nous valait parfois une volée de gros sel dans le cul.

Il nous arrivait, pour des questions de « t’es pas chiche ! » de bouffer des hannetons ou des vers de terre. Sans dommage.

On avait plein de potes partout : il suffisait de sortir dans la rue, tous les gosses étaient là, c’était notre terrain de jeux. Et si on allait chez un pote, on entrait nature, sans invitation, et sa mère nous faisait goûter sans histoires.

On rentrait chez nous à la nuit sans que nos parents ne se tracassent la tête.

 Quant on avait des poux, on nous mettait la boule à zéro et on nous couvrait de DDT !

 

- Ouais Victor, mais pense donc, quelle horreur: on n’avait pas de portables ! Et même pas de nintendo, de play station, d’ordinateurs, de baladeurs, de télé 80 chaînes, etc. Quelle triste vie !

  

- On a pourtant survécu Loulle ! A l’école, dans nos classes à quarante élèves, quand un mec ne suivait pas bien, on l’aidait et s’il était trop branque, il redoublait. Sans que les « parents d’élèves » ne s’offusquent. Et si on était trop chiants et que le « maître » nous traitait par la podoculothérapie (l’art de soigner par le coup de pied au cul), les parents non seulement ne le faisaient pas mettre en taule, mais ils redoublaient la sanction podoculesque !

 

- J’ai connu ça moi aussi Victor. Pareil pour les gardes champêtres et les flics qui nous coursaient quand on faisait des konneries et nous secouaient le matricule sans qu’on soit pour autant des « victimes de la société ». On faisait les kons ? On assumait les conséquences. On roulait partout avec nos vieilles cranques de vélo, sans casque évidemment. Et les bagnoles, plus tard, nos vieilles Deuches ou 4L n’avaient ni ceintures ni air bag, quant aux freins ils étaient plus que douteux.

 

- Et je te dis pas le nombre très conséquent de verres de vin que j'ai bu tout au long de mes décennies d'existence ! Tellement au delà du "premier verre qui donne le cancer" que je devrais fumer les pissenlits par la racine depuis... Pfff! Et c’est pourtant notre génération qui a fait exploser les inventions qui font la réalité d’aujourd’hui !

 

- On avait la liberté, on assumait les risques, on acceptait les échecs, on jouissait des succès, on était RESPONSABLES ! Je me rends compte que normalement, avec une vie aussi « risquée », un environnement aussi « hostile », des façons de vivre aussi « aberrantes », je devrais être mort depuis bien longtemps ! Seulement ma femme m'a menacé: "Si tu meurs, je te tue!"  Alors je me tiens à carreau…

 

- Et vous nous dîtes ?

 

- Je continue !

 

- A la nôtre !

 

 

Primidi 21 prairial 222

 

Merci à Chimulus

09/06/2014

Á Nîmes, aux arènes, a las cinco de la tarde…

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L’Humain - moi, toi, lui, nous – est vraiment un drôle d’animal. Une sale bête…

 

Il fait chaud. Très chaud. A las cinco de la tarde…

 

Les vieux gradins de pierres blondes des arènes de Nîmes sont garnis jusqu’au sommet d’une foule aux couleurs excessives. Sous un soleil excessif. Pour trembler, hurler, s’enthousiasmer, applaudir, haïr de manière excessive devant un spectacle excessif.

 

Un rituel ancestral codifiant le combat de l’homme et du dieu Mithra.

 

La corrida.

 

Transcendée ou honnie.

 

A las cinco de la tarde…

 

Symboliquement, c’est le combat de l’homme et de la femme. Combat toujours perdu par l’homme.

 

L’homme, ici, c’est le toro, sa puissance brute, son courage insensé, ses charges désordonnée. La beauté de la force.

 

La femme, c’est le torero. Léger, aérien, si féminin dans son allure et ses attitudes. Opposant à la force l’intelligence, l’esquive, le leurre. La beauté.

 

Au centre du cirque, sous dix mille paires d’yeux, il y a un homme.

 

Une « danseuse » dit Cabrel qui n’a manifestement jamais vu l’œil d’un toro de près . Et un monstre mythique. Six cents kilos de force brute, de bravoure, de volonté de détruire tout ce qui s’oppose à lui.

 

Des deux, un seul sortira vivant. Et ce sera, presque toujours, l’homme. L’animal n’a jamais sa chance. C’est vrai. Combat inégal, certes, mais où l’homme risque toujours sa vie. Où son existence est suspendue à une erreur, une inattention. Où il frôle constamment la cogida,  la blessure, le désastre, la mort.

 

On est là. Assis. Pétrifié par une attention insupportable. Tous nos sens tendus vers le ballet de mort qui se déroule à quelques dizaines de mètres.

 

Ambigüité de l’homme : on tremble pour le torero mais on sent pourtant monter, malgré tous les barrages de la civilisation, depuis les tréfonds cachés de notre personnalité, l’angoisse mais aussi quelque chose de moche, de sale : l’espoir honteux de la victoire du toro, de la défaite et du massacre de l’homme. Le dompteur mangé par le lion…

 

La corrida, c’est du sang, de la peur, de la violence.

C’est la mort toujours présente. Fascinante et répugnante. Appelée et rejetée.

 

La corrida, c'est beau et obscène. Grandiose et pervers.

Comme la vie. Comme la mort.

 

Picasso disait : « Un bon dimanche, c’est le matin à la messe, l’après-midi à la corrida, le soir au bordel ! ».

 

Je suis aussi sanguinaire que Picasso : j’aime la corrida.

Je suis aussi nul que Montherlant : j’aime la corrida.

Je suis aussi débile qu’Hemingway : j’aime la corrida.

Je suis aussi crétin que Cocteau : j’aime la corrida.

Je suis aussi con que la majorité des habitants natifs de la Méditerranée, de Fréjus à Perpignan : j’aime la corrida.

Olé !

Et alors ?

 

Décadi 20 prairial 222

 

Photo X - Droits réservés

 

 

08/06/2014

Gastronomie dominicale : l’agneau en tajine

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Dans l’été parfumé, un peu avant minuit

Antoine va rejoindre Sabine dans la nuit.

Sous un bouquet de pins perché sur la falaise

Ils se creusent un lit d’amour et de liesse,

 

Puis, gonflés de désir, leurs deux corps dénudés,

Se jettent l’un sur l’autre avec voracité.

Emportés par l’élan de leurs folles étreintes

Ils goûtent sans compter un plaisir sans contrainte.

 

Enfin le corps repu ils s’étendent sans voiles

Pour écouter la nuit et parler aux étoiles.

Ils appellent Déneb, Véga et Altaïr,

 

Complices de leurs jeux, témoins de leur plaisir.

Plus tard lorsque la vie les aura séparés

Ils se retrouveront en voyant Cassiopée.

 

Pour Sabine : L'agneau en tajine

- L’on ne vit pas toujours que d’amour et d’eau fraîche

Et lorsque Cupidon a remballé ses flèches,

Quand le corps est comblé, il faut bien le remplir

Pour lui donner les forces d’où monte le désir.

Manger sous les étoiles est un plaisir subtil

Qui joint élégamment l’agréable à l’utile.

Je te propose donc, pour Antoine et Sabine

Un plat oriental : de l’agneau en tajine.

Les tajines se font toujours à l’étouffée

Et sont encor meilleurs lorsqu’ils sont réchauffés.

Tu désosses au couteau une épaule d’agneau

Que tu vas découper en assez gros morceaux.

Avec huile et oignon, tu les fais rissoler,

Qu’ils soient juste dorés et l’oignon pas brûlé.

Tout en surveillant bien, mets dans une coupelle

Du gingembre râpé, ail, poudre de cannelle,

Un zeste de citron, un peu de persil plat

Puis tu verses l’ensemble, en tournant, dans ton plat.

Ajoute poivre et sel et mouille à ras d’eau chaude,

Monte à ébullition et couvre avec méthode.

Tu laisses cuire une heure, en couvrant ta cocotte

Puis tu vas rajouter un kilo de carottes,

Une botte de feuilles de coriandre hachées,

Tu trouves cette plante chez les bons maraîchers,

Et enfin n’oublie pas, pour couronner tout ça

Une grosse cuillère à café d’harissa,

Mélange emblématique dans le nord de l’Afrique

Qui redonne du nerf aux plus neurasthéniques !

Tu trouves ça en tube ou en boite, tout prêt

Mais tu peux aisément, aussi, le préparer :

Tu piles deux ou trois gousses d’ail au mortier,

De la coriandre fraîche, des piments antillais,

Algériens, tunisiens, ou encor marocains,

Une cuillère d’eau, du sel et du cumin.

Puis tu fais revenir dans de l’huile, à feu doux.

Ton harissa est prêt et, « Ah, dis donc, Doudou ! »

Il y a là de quoi relever les ardeurs

Amoureuses de trois régiments d’artilleurs !

Pour demi-heure encore tu laisses mijoter,

Puis tu mets des olives noires dénoyautées.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 épaule d'agneau désossée, - 4 oignons émincés, - 1 kilo de carottes, - 1 botte de coriandre frais, - 6 branches de persil plat, - 1 bon morceau de gingembre frais râpé, - 3 gousses d'ail, - 1 cuillerée à café de poudre de cannelle, - 1 cuillerée à café d'harissa, - 3 hectos d'olives noires dénoyautées.

 

Les vins conseillés:

À plat puissant, vins généreux. Pour l'agneau en tajine, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du­-Comtat, Beaumes-de-Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-­Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou, Corbières, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

 

Nonidi 19 prairial 222

Photo X – Droits réservés

 

06/06/2014

Débarquement… Faites l’amour, pas la guerre !

 

Guernica Picasso.jpg

 

On nous saoule jusqu’à plus soif de belles cérémonies glorifiant la guerre. On fait de beaux discours tandis qu’elle sévit, qu’elle tue, qu’elle massacre ailleurs, pas très loin.

La guerre, ce n'est pas une promenade virile. Ce n'est pas le défilé pimpant, presque gai derrière les musiques martiales de ces beaux jeunes gens solides, virils et disciplinés.

Demandez donc à ces quelques centaines de rescapés des massacres des plages normandes.

La guerre, c'est l'ombre sombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

La guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

La guerre, c'est le traumatisme constant du bruit des explosions, l’odeur de la fumée acre qui vous aveugle, le cliquetis rageur des tirs, le sifflement menaçant des balles qui ricochent autour de vous.

La guerre, c'est le corps tremblant qui s'efforce de se rétrécir au delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans le sable de la plage normande, ou la boue de la tranchée, la caillasse du djebel, la vase de la rizière.

La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver.

La guerre, c'est la haine de l'autre, de celui qui veut votre peau. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots d’une pauvre chair martyrisée.

La guerre, ce sont les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

La guerre, c'est le désespoir torrentiel du camarade touché et qui attend des secours qui ne viendront pas.

La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une roquette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche: « ouf, c'est lui, c'est pas moi! »

La guerre, c'est de la merde.

La guerre, c’est aussi une formidable opportunité d’enrichissement pour les méga pourris fabricants de choses en acier bien pointues, bien aiguisés, qui entrent dans les viandes, qui labourent les chairs, qui brisent les os, qui éclatent les cranes, qui arrachent les yeux, qui explosent en beaux feux d’artifices de mort, et massacrent la vile plèbe. Pour le plus grand profit des premiers 

La guerre, c’est une chance pour la frange de population la plus bornée, la plus avide, la plus lâche. Ceux-là, partout, toujours, se lâchent, se goinfrent, s’engraissent, se tapissent la tripe de sauces chaudes et onctueuses pendant que les « pauv’cons » se font trouer la viande.

C’est cette même lie de la population que l’on retrouvera parmi les vichystes, les patrons et les collabos en 40 pendant que les cocos, au coude à coude avec la droite républicaine gaulliste, se battaient. C’est cette même droite sans vergogne, cupide, inculte, avide, pleine de morgue, qui envisage sans vergogne de s’allier aux collabos du F.Haine

 La guerre est « l’art » de faire s’entretuer des gens pauvres, qui ne se connaissent pas, au profit de gens riches qui, eux, se connaissent… Cette maxime à la véracité sans cesse renouvelée à travers les époques marque le désespoir, la résignation mais aussi la révolte de ceux qu’on envoie à l’abattoir souvent pour rien, sinon transcender la konnerie humaine, seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

 

VictorAyoli

 

Septidi 17 prairial 222

Illustration: Merci à Picasso

 

 

 

 

 

04/06/2014

Changement de parasite en Espagne… « Ah ! Ça ira… Ça ira… Ça ira… »

manif républicaine à madrid.gif

 

Maintenant, en plus des tapeurs dans la baballe de Roland-Garros, les lucarnes à décerveler nous gonflent les aliboffis avec…le roi d’Espagne qui refile son rôle de parasite en chef à son lardon ! Un roi, ou une reine… Comment peut-on accepter ça si on un tant soit peu de fierté et d’estime de soi ? Comment peut-on accepter d’être le sujet d’un autre ? Être « sujet » de quelqu’un, c’est dénier à l’individu une identité propre autre que celle de la soumission. Un « sujet » accepte l’obéissance, ne se rebelle pas, il porte en lui les attributs de l’esclave. Pis : de l’esclave volontaire !

 

La royauté, c’est accepter que quelqu’un, qu’une famille s’attribue le privilège exorbitant d’être au-dessus des autres. C’est l’expression de l’injustice la plus sordide élevée au rang d’institution. En vertu de quoi le « roi » serait-il supérieur au plus faible de ses « sujets » ? Toujours en vertu de la force, de la brutalité, de la cupidité, de la méchanceté, du cynisme. Bref de tous les concepts honnis qui font le fascisme. Et que l’on se refile d’une génération à l’autre.

 

Et le bon kon s’y laisse prendre… Il faut dire que les canards-laquais et les lucarnes à décerveler en rajoutent pour abrutir le populo. Et que je t’étale ces couenneries sur cinq cols, en gros titres, avec photos princières bien dégoulinantes ! Et que je te sature les écrans d’images de reines ou princesses qui nous honorent de leurs pets royaux ! Quand ce n’est pas le royal chiard de Kate rosbif, c’est le bibide gonflée de la princesse du rocher de tous les trafics, fécondé par la semence princière de Bébert. Princesses et reines ? Des plantes grasses avec un ventre. Un ventre pour perpétuer la « race » des parasites exploiteurs.

 

Et maintenant voilà l’Espanche fatigué par la goutte qui passe la main et refile le gâteau à sa « royale » descendance… Pendant ce temps, les Espagnols se sont tout de même rassemblés par milliers pour réclamer la fin de cette mascarade « royale » et le retour à la République. Mais on ne les a montrés que quelques secondes… « C’est pas vendeur ça, Coco. Fais moi un plutôt un sujet sur la nouvelle reine espagnole, avec quelques photos sexy. Démerde-toi. » 

 

Tout ça, c’est fait pour endormir le bon kon. On lui refile du faux rêve bidon pour qu’il ne regarde pas les saloperies qui l’écrasent au profit d’une oligarchie nuisible où se mêlent et se congratulent mafieux de la finance, de l’industrie, de la magouille, de la spéculation et fin de séries au nom à rallonge. Ça pue le pipi de chat, l’hypocrisie et l’extrême droite ultra catho. Ça prône la « charité » qui est d’essence foncièrement inégalitaire, illustration de l’humiliation, de l’asservissement là où il devrait y avoir justice.

 

Finalement, on n’en a pas raccourci assez… Eh ! Oh ! C’est barbare tout de même la « veuve » au père Guillontin ! Oui, mais comme était barbare l’asservissement de tout un peuple au profit exclusif d’une petite mafia appelée « noblesse ». En tuant le roi, le peuple se libérait définitivement, irrémédiablement. Parce qu’il tuait symboliquement dieu. Ce fut un acte majeur de notre grande Révolution.

 

« Ah ! Ça ira… Ça ira… Ça ira… »

 

Sextidi 16 prairial 222

 

Photo X - Droits réservés

 

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03/06/2014

Régions : je vais monter l'aïoli à la graisse d'oie et faire le cassoulet à l'huile d'olive !

reforme region hub.jpg

 

Ça y est, les satrapies locales s'enflamment. Les potentats locaux agitent leurs petits bras. Ceux qui ont les ont longs, ces bras, s'efforcent de faire capoter cette réforme des régions que François – dans la confortable efficacité de son impopularité – impose enfin, avec courage et lucidité.

 

Bourquin, président de Languedoc-Roussillon – obscur successeur du flamboyant George Frèche – crie même à l'humiliation ! Humilié ? De quoi ? De devoir marier l'excellence en matière de bio-technologie de Montpellier avec la puissance aéronautique de Toulouse ? Humilié de devoir associer la viticulture languedocienne - sortie depuis longtemps de sa réputation de petits pinards pour accéder au statut de deuxième région viticole de France, fière de ses AOC – avec l'élevage de qualité de Midi-Pyrénées ; les bovins haut de gamme Aubrac de la Lozère et les bovins haut de gamme Aubrac de l'Aveyron ont depuis longtemps fusionnés leurs forces.

 

Cette réforme est nécessaire pour que nos régions atteignent la taille européenne. Et si elle paraît parfois marier la carpe (ou la rascasse) et le canard (grrras), c'est une bonne chose. L'erreur serait de remettre au goût du jour les provinces d'ancien régime. Car c'est le risque, sinon la certitude, de voir renaître des velléités indépendantistes avec tout leur cortège de problèmes graves (voir les douteux « bonnets rouges »).

 

Premier problème : le danger de renforcer le sentiment d'identité régionale forte en faisant coïncider le découpage des provinces nouvelles avec celui des provinces traditionnelles d'ancien régime. Les Révolutionnaires, fondateurs de la France moderne, ont volontairement cassé ce système afin de créer une France une et indivisible. Ce n'est pas pour revenir au mode d'administration d'un régime que l'on a abattu au prix de convulsions sanglantes.

 

En second lieu : le risque de susciter ou de conforter les égoïsmes économiques régionaux, comme en Italie (volonté d'indépendance des provinces riches « padanes » du nord refusant de contribuer à l'essor des provinces plus pauvres du « mezzogiorno ») ; en Espagne (volonté d'indépendance de la Catalogne riche, refusant de contribuer à l'effort national) ; en Grande-Bretagne (volonté d'indépendance de l’Écosse, riche de son pétrole), sans oublier la Belgique.

 

Bon. Moi qui vis l'essentiel de l'année sur la rive droite du Rhône, la partie donc...languedocienne de l'agglomération avignonnaise, j'aurais préféré que la partie rhodanienne du Gard soit rattachée, ce qui serait logique, à Provence-Alpes-Côte-d'azur (évitons l'ignoble raccourci « paca »), mais ça ne m'empêchera pas de glander au cagnard en écoutant les cigales !

 

Et puis, ça va me faire travailler les boyaux de la tête : il va me falloir travailler à une recette de cassoulet...à l'huile d'olive et m’entraîner à monter l'aïoli à la graisse d'oie ! En voilà de biens beaux challenges !

 

Quintidi 15 prairial 222

Illustration: merci à Hub

 

 

P.S. - C'est un vrai bordel pour arriver maintenant à publier sur son blog! Il y a des modifications qui demandent des explications claires.

02/06/2014

Au bistro de la toile : pour qui la baballe ?

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Alors Victor, ce match, qu'est-ce que t'en penses ?

 

- Plaisant, engagé, avec quelques actions lumineuses mais rares. Surtout un choc de bourrins...

 

- Bof. Moi j'ai trouvé ça plutôt mou, pour ne pas dire désespérant. Un match nul qui porte bien son nom.

 

- Ah ! Je crois qu'on n'est pas sur la même longueur d'onde Loulle. Moi je te parle de la finale de rugby entre les mercenaires flamboyants de Toulon et les bouffeurs de magrets renforcés de Castres.

Et ce match est quasi catastrophique pour le rugby français. En effet, dans l'équipe gagnante, Toulon, seulement trois joueurs français ! Un peu plus à Castres. Résultat : difficile, en tout cas pour moi, de s'enthousiasmer pour un match de finale du championnat de FRANCE, jouée au stade de FRANCE et où il y avait sur le terrain plus d'Anglais, plus de Sud-Africains, plus de Néo-zélandais que de Français. Et significatif de la faiblesse du rugby français : comment former une équipe nationale digne de ce nom alors que les équipes fanions du championnat ne donne pas aux joueurs locaux la chance de se former, de s'épanouir, de briller. On touche là les horreurs du professionnalisme. Il faut gagner, pour satisfaire les « sponsors », c'est-à-dire les marchands qui mettent leur pognon dans une équipe d’hommes-sandwichs et qui exigent des résultats, pour que leur « image » soit associée à des gagneurs. Résultats, tous les joueurs internationaux des championnats étrangers viennent finir leur carrière, souvent brillante, dans nos équipes. Prenant ainsi la place des jeunes joueurs locaux relégués dans les divisions inférieures, et encore...

 

- Ça se défend. Mais moi je te parlais de foute...

 

- Parlons-en du foute : attentat dans un stade de foute au Nigéria : 40 morts... Et je vais te dire Loulle, ceux qui nous manipulent ont raison de nous prendre pour des kons, puisque nous nous comportons comme des kons... De quoi parlons-nous depuis que j'ai poussé la porte de ton rade ? Des « exploits » de quelques bourrins ou de quelques manchots se disputant une baballe. Sans oublier ceux qui se renvoient laborieusement cette baballe en criant à Rolland-Garros. Puis, après, on aura droit jusqu'au dégueuli à la coupe du monde de foute, puis au Tour de France. Encore que ça, j'aime. Bourrage de crâne, abrutissement organisé par les guignols qui nous gouvernent avec la complicité de la presse purée et des canards laquais. Ça évite de parler des problèmes de chômage, de rabotage des libertés, de hausse des prix, des escroqueries sans vergogne des politicards de tous bords, de léchage du cul des banques, de la montée des nationalismes partout dans le monde, du terrorisme de plus en plus présent, du flicage généralisé, etc... Enfumage général. Occuper l'esprit de la « populasse » (c'est ainsi qu'ils parlent de nous entre eux, les parasites qui nous gouvernent si mal) avec de l'émotionnel, du fait-divers, des « peoples », du sport. Faire la Une avec les douleurs de dos de Ribéry ! Important ça coco... Et insinuer au « populo », sournoisement, la peur via l'insécurité sociale organisée. La peur via les risques d'attentat. Et avant tout la peur du chomdu. La peur incite à la soumission envers ceux qui prétendent pouvoir les « protéger »... Tremblez, braves gens, et obéissez servilement : Big Brother et Big Bâton veillent sur vous !

 

- Mouais... T'es trop lucide Victor, ça ne fait pas un citoyen bien obéissant ça...

 

- Ne pas penser Loulle. Ne pas penser. De la pensée naît l'inquiétude et l'inquiétude, c'est pas bon pour les affaires... Allez ! Á la nôtre !

 

Quartidi 14 prairial 222

 

Illustration : merci à Chimulus