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03/11/2012

Ouiquinde nostalgie et viande froide

brassens tête.jpg

 

 LES FUNERAILLES D'ANTAN

1

Jadis, les parents des morts vous mettaient dans le bain,
De bonne grâce ils en faisaient profiter les copains:
«Y a un mort à la maison, si le cœur vous en dit,
Venez le pleurer avec nous sur le coup de midi...»
Mais les vivants d'aujourd'hui ne sont plus si généreux,
Quand ils possèdent un mort ils le gardent pour eux.
C'est la raison pour laquelle, depuis quelques années,
Des tas d'enterrements vous passent sous le nez.
Des tas d'enterrements vous passent sous le nez.

Refrain
Mais où sont les funérailles d'antan?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards,
De nos grands-pères, qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées,
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues, elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres,
On ne les reverra plus, et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

2
Maintenant les corbillards à tombeau grand ouvert
Emportent les trépassés jusqu'au diable Vauvert,
Les malheureux n'ont même plus le plaisir enfantin
De voir leurs héritiers marron marcher dans le crottin.
L'autre semaine, des salauds, à cent quarante à l'heure,
Vers un cimetière minable emportaient un des leurs...
Quand sur un arbre en bois dur, ils se sont aplatis
On s'aperçut que le mort avait fait des petits.
On s'aperçut que le mort avait fait des petits.

Refrain
Mais où sont les funérailles d'antan?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards,
De nos grands-pères, qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées,
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues, elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres,
On ne les reverra plus, et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

3
Plutôt que d'avoir des obsèques manquant de fioritures,
J'aimerais mieux, tout compte fait, me passer de sépulture,
J'aimerais mieux mourir dans l'eau, dans le feu, n'importe où,
Et même à la grande rigueur, ne pas mourir du tout.
Ô, que renaisse le temps des morts bouffis d'orgueil,
L'époque des m'as-tu-vu-dans-mon-joli-cercueil,
Où, quitte à tout dépenser jusqu'au dernier écu,
Les gens avaient le cœur de mourir plus haut que leur cul.
Les gens avaient le cœur de mourir plus haut que leur cul.

Refrain
Mais où sont les funérailles d'antan?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards,
De nos grands-pères, qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées,
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues, elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres,
On ne les reverra plus, et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

 

 

Georges Brassens

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=3fj6Jx0KMo4

 

 

Duodi 12 Brumaire 221

 

Photo X – Droits réservés

02/11/2012

Morts pour des champignons…

boletus edulis 1.jpg

 

Dans le triangle des Bermudes de Lozère – Villefort, Florac, Saint-Chély-d’apcher – il y a eu au cours de la courte saison des champignons 4 morts et une disparue. Les gendarmes ont été appelés des centaines de fois par des champignonneurs perdus dans les forêts des Cévennes et de Margeride. Forêts attirantes comme les cèpes qu’elles recèlent, mais pouvant s’avérer dangereuses, voire mortelles.

 

Pourtant c’est le pied de traquer le boletus edulis (cèpes), le boletus pinicola (cèpe de pins), le lactarius sanguifluus (lactaire sanguin), l’inégalable cantharellus cibarius (girolle) ou sa modeste cousine cantharellus lutescens (petite chanterelle). Eh ! Ne faites pas gaffe, j’apprends le latin avec « Le latin pour les nuls » !

 

Tè ! Hier matin, il faisait 2°C quand je suis parti avec la motocyclette. Sous les bois, l’eau condensée la nuit par les aiguilles de pins te coule dans le cou, te mouille les brailles, te trempe les grolles. C’est pas grave. Tu regardes bien entre les massifs de myrtilles et de bruyère à la recherche des précieux cryptogames (c’est savant ça, non ?). Les toiles d’araignées ornées de rosée difractent délicatement le soleil levant. Entre les branches, un geai se faufile en ricanant. Et toi tu marches, tranquille, le regard aiguisé.

 

Puis, voilà la première coulemelle. On ne peut pas la manquer celle-là : une large ombrelle blanche saupoudrée de brun. S’il y en a une, il y en a d’autres. Et c’est bon les coulemelles ! Faut les peler, les poêler à l’huile d’olive, les saler, les poivrer et les déguster…

 

Puis voilà le premier sanguin (lactarius delicious). Tu le coupes délicatement avec ton couteau spécial à lame recourbée, et tu en cherches d’autres. Il y en a toujours d’autres.

 

Puis voilà le premier cèpe. Superbe, joufflu, solide sur son pied trapu, se dégageant fièrement de sa gangue de feuilles mortes…

 

Eh oui ! Quand tu rentres dans le bois, tu te repères au soleil s’il fait clair. Mais s’il n’y en a pas ? Et si pendant ta cueillette le brouillard se lève ? Et si, absorbé par ta recherche, tu te laisses saisir par la nuit ? Alors tu commences à t’inquiéter. Tu cherches à te repérer, à te rappeler tes trajectoires. Impossible : après une heure dans les bois, tu ne sais plus ou tu es. Alors tu accélères ta marches, tu gravis des talus, tu franchis des ruisseaux que tu avais – te semble-t’il – repéré. Mais en fait tu tournes en rond. Et la panique commence à te chatouiller les boyaux de la tête. Tu prends ton téléphone portable et tu veux appeler. Mais…pas de signal dans ces forêts éloignées des relais… Alors c’est le stress, le cœur qui s’emballe, la panique. L’homo modernus n’est plus capable de se démerder seul en situation un peu délicate. Pourtant, on ne meurt pas en s’organisant pour dormir dans le bois. Pourtant on ne se perd pas si l’on prend quelques précautions élémentaires.

 

Moi, quand je vais en forêt, j’ai toujours la boussole, et je ne me suis jamais pommé. De plus – faut être moderne – avec mon voisin Michel qui est un vrai sanglier pour débusquer les champignons, on a fait chacun l’acquisition d’une boussole électronique, un « Track-back ». Avec ce petit truc extraordinaire, basé sur la technologie GPS, lorsque tu arrives au bois, tu enregistres (avec deux appuis du doigt !) la position de ta bagnole ou de ta moto, tu t’éloignes de 20 mètres et tu appuies comme indiqué sur le mode d’emploi pour vérifier si la position a été correctement enregistrée. Alors tu peux éteindre et fouiller les forêts sans aucun souci de te perdre: lorsque tu voudras retourner, tu allumes ton truc, qui te donnes le cap à suivre et t’indique au mètre près la distance qui te sépares de ton véhicule.

 

boussole & track back 001.jpg

Ça coûte moins cher que de déplacer des centaines de flics, avec hélicoptères, chiens et tout le bastringue pour tenter de retrouver un con incapable de se démerder dans les bois…

 

Il y a une femme qui, depuis dix jours, a disparu quelque part dans le triangle des Bermudes lozérien. On la trouvera peut-être au printemps, ou à l’ouverture de la chasse ou…à la prochaine saison des cèpes. Comme l’étudiant chinois retrouvé bouffé par les renards, les corbeaux et les grands vautours de la Jonte…

 

Eh ! C’est pas gai tout ça Victor ! Normal, c’est le jour des morts, non ?

 

 Primidi 11 Brumaire 221


Photos Moi !

01/11/2012

Au bistro de la toile : Catariiiii, Quatariiii….

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- « Catariiii, Quatariiii, l’OM hier soir l’arbitre te la mis… »

 

- …teng Loulle ! Tu chantes bien ! On dirait le Pavarotti de l’Estaque !

 

- C’est pour dire que hier soir, l’O.M. s’est fait sodomiser sans vaseline. Un pénalty absolument inexistant. Volé comme dans un bois !

 

- Eh ! C’est ça « la glorieuse incertitude du sport » Loulle. Je ne regarde pas le foute, mais hier soir, pendant une interruption de pube sur le programme que je survolais, j’ai zappé sur LE match, juste au moment de cette action. Effectivement, le Marseillais a attaqué régulièrement le Quatarien en dehors de la « surface de réparation » comme ils disent, et l’autre – formé selon la plus pure tradition italienne – s’est jeté par terre en hurlant d’une douleur tout aussi imaginaire que la faute. Et voilà l’arbitre qui fait ni une ni deux : péno et carton rouge ! Le soir, en rentrant à son hôtel (Quatari ?), peut-être qu’une pulpeuse Natalia l’attendait, ainsi qu'une jolie enveloppe sous son oreiller… Enfin, je n’y étais pas !

 

- Le fric Victor. Le fric… Il fallait que le PSG gagne, chez lui. Le fric a de bonnes jambes…

 

- Le sport – donné comme porteur de valeurs altruistes, collectives, de dépassement de soi – n’est qu’une affaire de fric. Les Quatariens en déversent des tombereaux, donc, ils gagnent. Le sport – cette aberration inventée par les Anglais - est pourri. Les valeurs qu’il véhicule sont plutôt la tricherie, le mépris voire la haine de l’autre, et même un penchant suicidaire avec le dopage. Armstrong dans le vélo n’est que l’arbre qui cache l’immense forêt des camés de la gonflette. Le cyclisme est montré du doigt, mais c’est pareil pour les foutebaleurs, les tennismènes, les coureurs à pieds, etc. T’as regardé de près les gueules ravagées de tic des sprinters au départ d'un cent mètres olympique ? Dopage et tricherie. Par un heureux hasard, les athlètes Rosbifs ont trusté les médailles aux derniers J.O. Il FALLAIT qu’ils gagnent ! Donc, pression sur les arbitres (scandaleusement en boxe), magouilles et compagnie. C’est la loi devenue normale du sport.

 

- Un Anglais célèbre, le plus respectable de tous, le dénomme Churchill disait, concernant le secret de sa prodigieuse santé : « No sport ! ». Quant à Georges Orwell, il avait tout compris, qui disait : « Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins. »

 

- Bien dit. Il y en un qui mène un sacré match contre l’adversaire ultime, c’est l’ami Siné qui, avec sa verve caustique et son courage à toute épreuve, fait un doigt d’honneur à la Camarde qui relève sans vergogne son suaire pour le séduire ! Un pied dans la tombe, il garde l’autre pour le foutre au cul de tous les emmerdeurs, la mort comprise ! Allez vite voir son site  et courrez au kiosque le plus proche pour acheter le dernier numéro de Siné Mensuel !

 

- A Siné et à la nôtre !


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Décadi 10 brumaire 221


Merci à Chimulus et à Siné

30/10/2012

Normalou, Tranquilou et les prétentions des gargotiers.

tord boyaux.jpg

 

Eh ! Oh ! Ras les aliboffis de Sindi… Cette perturbation atmosphérique a fait plus de 80 morts dans les Caraïbes ? Qui en parle ? Mais que cet orage baigne les pieds de quelques cons de nouillorquais et on n’entend plus que ça ! Ils nous gonflent avec ça les bavards des lucarnes à décerveler.

 

Bon. Parlons plutôt de ce qui touche nos portefeuilles : cette connerie de TVA à 5,5 puis maintenant 7% pour les gargotiers. Encore un exploit de Sarko. La TVA réduite pour les restaurateurs, un cadeau formidable pour une profession qui vote comme un seul gargotier à droite quand ce n’est à l’extrême-droite : 3 milliards par an. En cette époque où on nous serre la ceinture, il est temps d’enfin supprimer cette stupidité.

 

Les restaurateurs n’ont – à quelques exceptions près – pas jouer le jeu. Pas ou peu d’embauches, pas ou peu d’amélioration des conditions de travail, pas ou peu d’augmentation de salaires, pas ou peu de baisses de tarifs des ardoises. Eh ! Oh ! Il faut changer le 4x4, et c’est pas donné les vacances aux Caraïbes…

 

La « gastronomie « française part en couille, malgré qu’elle soit distinguée comme patrimoine de l’Unesco. Elle part en couille parce 80% des établissements ne servent ques des produits d’assemblages surgelés, lyophilisés ou sous vide produits par l’industrie agroalimentaire. C’est devenu la manière normale de cuisiner en France. Faut être moderne coco ! Faut être moderne ! Sachez que la majorité, l’énorme majorité des cent vingt mille restos de France pratique cette méthode qui consiste à réchauffer, au micro-onde ou, au mieux au bain-marie, des préparations culinaires industrielles achetées à bas prix chez Métro ou autre distributeur équivalent. Et vendues à des prix aberrants (culbute de x 4 à x 8 !). Ils appellent ça la « cuisine d’assemblage », portée aux nues par presque tous les gargotiers de France et de Navarre. Ils ont même, réussi à imposer aux écoles hôtelières françaises ce type de « formation »…

 

Fort heureusement, il y a encore de vrais restaurants, avec de vrais cuisiniers. Et c’est ceux-ci qu’il faut mettre en avant et aider. Comment ? En modulant la TVA selon un critère simple : cuisine faite « maison », par de vrais cuistots, avec des produits frais, provenant de producteurs locaux, respectant la saisonnalité. Pour ceux-ci, TVA à 5,5%. Pour les autres, tous les autres, indépendants comme chaines, 19,6%. Et imposer de signaler clairement sur la carte le fait que tel plat, tel met provient ou non de l’industrie agroalimentaire. De plus, comme pour les boulangers, il faudrait imposer par la loi une distinction sémantique claire et précise au niveau de la dénomination des établissements. Point-barre.

 

Les Italiens – dont la cuisine est bien aussi bonne que la nôtre ! – ont fait ce choix (de signaler les plats industriels sur leur carte) depuis 16 ans. Et ils s’en portent fort bien ! Relance d’une cuisine authentique, renouveau de ceintures vertes autour des villes, et confiance des clients.

 

Et puis, est-il normal que pour couper des cheveux il faille un CAP et plus et que pour faire manger le public – donc être responsable de sa santé - on ne demande rien ? Aucun diplôme ! N’importe qui peut ouvrir un resto. On voir fleurir des milliers de gargotes infâmes l’été, sur les plages, au festival d’Avignon et autres.

 

Normalou, Tranquilou, ne cèdez rien à ces gargotiers. Pas plus qu’à toute cette bande de « pigeons », « dindons » et autres volailles derrière lesquels se cachent de vrais vautours.

 

 Nonidi 9 Brumaire 221


Illustration X - Droits réservés

28/10/2012

Ouiquinde gastronomique pour Nicole : La bourride de La Lionne

bourride sétoise.jpg

 

- Compagne de ma vie en restant ma maîtresse

Elle mêle à souhait la fougue et la tendresse.

Sa peau de soie moirée, ses yeux de velours vert

Sa grâce de félin sensuel et pervers,

Le dangereux désir qui effraie et passionne

Font que je la surnomme, fièrement, La Lionne.

- Oh ! Victor ! Cette fois t’es mordu ! Qui l’eût cru ?

T’as pas peur, quand tu dors, qu’elle te bouffe cru ?

Il faut se méfier des mantes religieuses :

Elles croquent leurs mâles lorsqu’elles sont heureuses !

- Vivre heureux même si c’est dangereusement

Tel a toujours été le credo des amants.

Et puis, si ses étreintes sont longues et torrides,

Pour manger, elle préfère encore la bourride !

- A queste co, Victor ! Voilà qui est rassurant

Car il faut savoir fuir un amour dévorant.

Maintenant sa bourride, qu’elle en est la recette ?

- C’est, en un peu plus riche, la bourride de Sète.

Première opération, prépare un court bouillon :

Deux carottes, un poireau, du fenouil, deux oignons,

Plus un zeste d’orange, du laurier et du thym,

Fleur de sel de Camargue et poivre du moulin.

Un litre et demi d’eau, demi-litre de blanc

De Laudun ou Pujaut, quelques brins de safran.

Mets la tête d’un congre, deux poignées de favouilles,

Fais cuire vingt minutes, à feu vif, que ça bouille.

Passe au presse-légumes, puis exprime au torchon.

Pendant que ça tiédit, fais péter un bouchon.

Dans ce jus, mets ta lotte dix minutes en cuisson.

Tes loups et ton colin débités en tronçons

Tu les rajoutes alors, mais pas comme une brute,

Et les cuis en faisant frissonner dix minutes.

Retire les poissons que tu réserves au chaud,

Tu reprends ton bouillon et le passes à nouveau.

Pendant que ça cuisait tu as fait l’aïoli,

Soit généreux car en manquer est impoli,

Pour la changer en rouille, une fois qu’elle est faite,

Tu va incorporer du piment d’Espelette,

Ça va te la muscler et te la colorer.

En deux portions égales tu vas la séparer :

La moitié dans un bol, pour manger le poisson,

L’autre te servira à lisser le bouillon.

Dans une casserole, pour cela incorpore

Deux ou trois jaunes d’œuf. Tu dois tourner encore

En versant doucement le bouillon toujours chaud.

Tu remets à feu doux sur le bord du réchaud

Et tu tournes comme pour une crème anglaise.

Quand la cuillère nappe, ton bouillon est à l’aise.

Tu mets dans les assiettes quelques croûtons dorés,

Frottés d’ail et couverts avec la rouille ambrée,

Que chacun mouillera comme il veut de bouillon

Et tu sers à côté le plat de tes poissons.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour le bouillon: - 6 carottes, - 3 poireaux, - 3 oignons piqués de clous de gi­rofles, - 3 branches de fenouil, - 1 gros bouquet garni, - l zeste d'orange, - 3 cuillerées à soupe rase de sel de Ca­margue, - safran, - 2 têtes de congre, - 1 kilo de petits crabes (appelés favouilles en Provence), - 1 litre de vin blanc sec.

Pour les poissons: - 3 queues de baudroie (appelées aussi lotte) coupées en tron­çons épais, - 3 loups (appelés encore bars) coupés en darnes, - 6 darnes de colin.

Pour la rouille: - 1 demi litre d’huile d'olive, - 6 gousses d'ail, - 1 jaune d' œuf.

- 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - sel.

Pour la liaison: - 6 jaunes d'œuf.

Pour le service: - croûtons de pain séchés au four et frottés d'ail.

 

Les vins conseillés:

La bourride fait bon ménage avec tous les vins blancs secs de la vallée du Rhône: Côtes-du-Rhône, Coteaux-du-Tricastin, Coteaux-du-Diois, Coteaux-du-Luberon, Côtes-du-Ventoux, Costières-de-Nîmes.

En vins du Languedoc: Picpoul-de-Pinet, blancs de La Clape.

En vins de Provence: Cassis, Palette, Coteaux-d'Aix.

 

 

Puteng ! Ici, il neige, el fait moins 6 et il souffle un vèn terraù – la bise du nord – à décorner tous les bovidés et tous les cocus de la Margeride ! Restons donc bien au chaud à l’intérieur et mettons-nous aux fourneaux.

L’ami "Erreur 403", un blogueur de Médiapart, propose un jumelage fort judicieux entre la « bourride sétoise » (ci-dessus) et la « marmite dieppoise ». Voici ce qu’il préconise :

 

Les secrets de la Marmite Dieppoise/Sétoise

 

La Marmite "Normandie/Sète-end" se démarre comme une marmite Dieppoise classique : par la confection de la "nage". Pour ma part, j'ai opté, en sus des ingrédients traditionnels, pour une carotte finement émincée en bâtonnets. Quand les blancs de poireaux, filaments de carotte, échalote et oignons émincés ont commencé à suer doucement au fond de la cocotte, j'ai mis sur le feu une casserole d'eau pour éplucher la tomate ébouillantée.

La variante commence ici : dans cette eau bouillante, la tomate évacuée, pelée et concassée, j'ai placé un bol contenant 45g de beurre, comme pour faire un beurre clarifié.(Au bain-marie)

Puis j'ai poché dans la nage assaisonnée de poivre blanc, piment d'Espelette, cannelle et coriandre, les différents poissons et coquillages, selon leur dose, de trois à cinq minutes. Aujourd'hui, le marché était : cabillaud, rougets, plies, St Jacques, crevettes et moules,(à part, bien entendu)... Je les ai réservés dans un plat au four à 65°, juste avant qu'ils ne s'émiettent dans la nage.

C'est là que m'est revenu une vielle réminiscence de Bourride : au lieu de monter un roux avec farine et beurre, que je devrai détendre avec une louche de nage, je décide de monter un léger aïoli au beurre clarifié qui va lier  le reste de bouillon.

La règle d'or pour monter un aïoli ou une mayonnaise est que les ingrédients soient à la même température. Eh bien pourtant, grâce au pouvoir émulsionnant du suc d'une belle gousse d'ail, mon appareil prend.Ca marche !

Ce qui va me permettre d'économiser vingt bons centilitres de crème fraîche pour lier ma sauce jusqu'à la consistance de "crème anglaise" qui fait l'onctuosité de la Dieppoise.

L'émulsion prend à merveille avec la crème. Je retire à la louche l'excès de la nage que je conserverai dans un bocal. Mes poissons et fruits de mer plongent dans le bouillon lié qui donne envie de pain grillé .

Le résultat est une splendide Dieppoise au léger arrière-goût de Bourride Sétoise.

Nec plus ultra : la faible dose de crème et la dilution des jaunes d'œuf dans le beurre clarifié permet même un réchauffage à 70°, et même la congélation du reste..

 Béni soit Loué ! Vive l'alliance culinaire Nord-Sud !

 

marmite dieppoise.jpg

 

 Septidi 7 Brumaire 221


Illustrations X - Droits réservés

27/10/2012

Ouiquinde érotique: big bang

cosmos.jpg

 

Le coït des atomes

 

Rien n'était. Le Néant s'étalait dans la nuit.
Nul frisson n'annonçait un monde qui commence.
Sans forme, sans couleur, sans mouvement, sans bruit,
Les germes confondus flottaient dans l'ombre immense.

(...)

Soudain, sous l'œil de Dieu qui regardait, sans but,
Frémit une lueur vague de crépuscule.
L'atome vit l'atome : il bougeât. L'amour fut ;
Et du premier Coït naquit la molécule.


Or l'Esprit, stupéfait de ces accouplements
Qui grouillaient dans l'abîme insondé du désordre,
Vit, dans la profondeur des nouveaux firmaments,
D'infimes embryons se chercher et se tordre.


Pleins de lenteur pénible et d'efforts caressants,
Les corps erraient, tournaient et s'accrochaient, sans nombre ;
L'amour inespéré subtilisait leurs sens ;
La lumière naissait des frottements de l'ombre.


Et les astres germaient. O splendeur ! O matins !
Chaudes affinités des êtres et des formes !
Les soleils s'envolaient sur les orbes lointains,
Entraînant par troupeaux les planètes énormes.


Des feux tourbillonnants fendaient l'immensité,
Et les sphères en rut roulaient leurs masses rondes ;
Leurs flancs brûlés d'amour et de fécondité
Crachaient à pleins volcans le sperme ardant des mondes.


Puis les éléments lourds s'ordonnaient, divisés :
Les terres s'habillaient de roches et de plantes ;
L'air tiède enveloppait les globes de baisers,
Et les mers aux flots bleus chantaient leurs hymnes lentes.

 


C'est alors, qu'au milieu du monde épais et brut,
Debout, fier, et criant l'éternelle victoire,
Chef-d’œuvre de l'amour, l'Être Vivant parut !
- Et Dieu sentit l'horreur d'être seul dans sa gloire.

 

Edmond Haraucourt

 

 

Sextidi 6 Brumaire 221

 

Merci à Poésie érotique  

 

Illustration X – Droits réservés
 

25/10/2012

Le poids des mots, le choc des fautes

alphabets.jpg

 

 

Ces jours derniers, j’ai été sollicité par une jeune personne proche de la famille pour « jeter un œil » sur un travail écrit qu’elle devait remettre dans le cadre d’une formation au métier…de formateur.

 

Le fond du travail était très correct, les idées claires et leur cheminement logique. Mais que dire de la forme ! ! ! Des fautes d’orthographe tous les deux ou trois mots (du genre « et » pour « est »), des erreurs de syntaxe aberrantes, sans parler des participes passés avec une terminaison en « er », quand à l’accord du complément d’objet direct placé avant le sujet, alors là, c’est plus que de l'hébreu, c’est de l’aztèque…

 

Cette personne – par ailleurs éduquée, intelligente, vive - était honteuse et j’en étais moi-même gêné.

 

Des fautes, on en fait tous, et moi par le premier. Mais il ne faut pas en faire trop ! !

 

Comment voulez-vous que le jury d’une commission auquel vous donnez à apprécier un manifeste littéralement bourré de fautes puisse vous juger à votre juste valeur ?

 

« Je suis victime, m’a-t’elle dit, des méthodes d’apprentissage de la lecture et de l’écriture qui avaient cours pendant ma scolarité… »

 

Ces fameuses méthodes dites « globales », « structurales » et autres conneries de ce genre qui ont fait – et continuent à faire - des générations d’analphabètes. Un enseignant avec lequel je m’entretenais à ce sujet me confia que sa hiérarchie et même ses collègues l’avait fortement dissuadé de revenir à la traditionnelle dictée complétant la lecture, à l’analyse logique, à l’apprentissage du vocabulaire et surtout de la grammaire. « C’est dépassé, c’est ringard… ». C’est même mal vu paraît-il par la hiérarchie.

 

Il est évident que la folie des « textos » n'arrange pas les choses...

 

Mesdames et messieurs les enseignants, cessez – comme dit l’ami Brighelli – de nous fabriquer des crétins.


Quartidi 4 Brumaire 221


Photo X - Droits réservés

23/10/2012

Le savant a dit la vérité, il doit être exécuté !

rats cancéreux monsanto.jpg

 

Quel salaud ce professeur Séra.. séra quoi au fait ? à oui Séralini : « Gilles-Éric Séralini, né le 23 août 1960 à Bône en Algérie, est un universitaire français1, professeur de biologie moléculaire depuis 1991 et chercheur à l'Institut de biologie fondamentale et appliquée (IBFA) de l'université de Caen et co-directeur du pôle Risques de l'université de Caen2 (pôle associé au CNRS). » Wikipédia.

 

Quel salaud, ce type qui ose proclamer – et surtout prouver – que les OGM produits par la sacro-sainte multinationale Monsanto refilent aux rats des tumeurs aussi grosses que la mauvaise conscience des « zexperts » qui le contredisent et jettent ses travaux aux gémonies !

 

Non mais franchement, c’est à n’y rien comprendre ! Mais quel dépravé ce professeur Séralini ! Monsanto a fait des études sur l’innocuité de ses OGM. Des études payées par la firme, faites par des « savants » au service de la firme, avec des jolis petits rats qui, après trois mois (90 jours) de régime au maïs Monsanto n’ont même pas développé de tumeurs ! Et ce vilain professeur Séralini, au lieu de croire les « savants » Monsanto, pousse le vice jusqu’à nourrir les mêmes rats que Monsanto non pas pendant trois mois, mais pendant 2 ans ! (730 jours d’expérimentation au lieu de 90 !). Et qu’est-ce qu’ils font les jolis petits rats de Séralini ? Eh bien les rats nourris aux maïs OGM déclenchent des tumeurs et des affections du rein et du foie très tôt (une explosion vers les 12e et 13e mois) alors que les rats non traités ne déclencheront en moyenne des tumeurs qu'en fin de  vie. Soit dix mois plus tard. Or ce sont des rats issus de la même espèce. Sauf que les uns ont été nourris au maïs OGM le plus souvent traité au Roundup et les autres non. Une différence de dix mois chez le rat, vulnérable ou non aux tumeurs, c'est un écart de 40 à 45 ans chez l'Homme. C’est cet écart qui est bien évidemment significatif et glaçant.

 

Bah ! Bah ! Bah ! qu’elles ricanent les « zautorités autorisées » comme disaient Coluche : l’Efsa l'Agence de Sécurité Alimentaire Européenne (EFSA), l’Agence de sécurité alimentaire française (Anses), le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) et autres officines « officielles » mais dont certains membres font parfois des aller-retour entre leur organisme et…Monsanto (voir lira l'article du Canard Enchainé qui rappelle que les plus critiques des experts français à l'égard de Séralini ont des intérêts disons croisés sur le dossier.)

 

Alors qu’est-ce qu’ils disent ces « zexperts » ? Que bouffer du maïs Monsanto et arroser son pastis au Round-Up, faudrait peut-être voir à voir, et donc faire des études plus longues que celles à 90 jours qui font autorité jusqu’à présent. Ben, c’est ce qu’a fait Séralini, non ?

 Eh ! Le temps de réunir les fonds pour ces études, le temps de trouver les « zexperts » qui les feront, et enfin le temps de ces études (deux ans : faut faire comme Séralini si on prétend le battre en brèche). Ça en fait du temps tout ça. Et pendant ce temps, Monsanto pourra continuer à vendre ses poisons… Et éventuellement acheter les « zexperts »…



Duodi 2 Brumaire 221


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 Sources: lien 1,  lien 2 , lien 3

 

21/10/2012

Gastronomie campagnarde: le sac d'os

sac d'os 2.jpg

 

Le sac d’os

 

- Dis-moi, sais-tu, petit, ce que c’est qu’un sac d’os ?

- C’est une jeune fille qu’est pour sûr pas très grosse…

- Ce parallèle-là n’est vraiment pas galant,

Pour la gent féminine, c’est bien désobligeant !

Non, petit, un sac d’os, même si c’est étrange,

C’est un plat délicieux, paysan, que l’on mange

Au fond de nos campagnes lorsqu’on tue le cochon

Et non pas les appâts d’une maigre Fanchon.

Coupe en petits morceaux les os des côtelettes

En laissant de la viande, et pas qu’une lichette,

Coupe aussi tout petit un bon kilo de couennes

Met la queue du cochon, un peu de péritoine,

Dans une grande jatte, mélange tes parcelles

Avec de l’ail pilé, thym, laurier, poivre et sel.

Généreux sur le sel pour conserver le met,

Tu laisses reposer pendant que tu soumets

L’estomac du cochon à quelques tours de mains :

Retourner, bien gratter au couteau et laver

Soigneusement le tout dans de l’eau vinaigrée.

Puis tu remets d’aplomb cet estomac-saquette

Dans lequel tu ensaches couennes et côtelettes.

Tu fermes le sac d’os en cousant les entrées,

Saupoudre de gros sel et conserve aux frais.

Après trois quatre jours tu dessales une nuit

Alors, dans beaucoup d’eau, tu vas le faire cuire

Serre-le dans un linge pour ne pas qu’il éclate

Et à tout petit feu il mijote sans hâte

Trois ou quatre heures au moins pour qu’il s’épanouisse.

En bouche alors, petit, c’est un feu d’artifice !

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi l coupe et la bonbonne !

 

VictorAyoli 

 

 Décadi 30 Vendémiaire 221


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20/10/2012

Ouiquinde érotique : Chambres d'un moment

 

Ferrat.jpg



Sur de blancs canots
Suivant les canaux
Ombreux et tranquilles
Les touristes font
Les chemins profonds
Qui baguent la ville

Les bars qu'on entend
Les cafés-chantants
Les marins y règnent
Et la rue a des
Sourires fardés
Ses enseignes saignent

Chambres d'un moment
Qu'importe comment
On se déshabille
Tout est comédie
Hormis ce qu'on dit
Dans les bras des filles

Traîne sur les quais
L'enfance manquée
Des gamins étranges
Qui parlent entre eux
Qui sait de quel jeu
Peu fait pour les anges

Et dans ce quartier
Où le monde entier
Cherche l'aventure
Celui qu'on y joue
Montre ses bijoux
A la devanture

Chambres d'un moment
Qu'importe comment
On se déshabille
Tout est comédie
Hormis ce qu'on dit
Dans les bras des filles

Femmes-diamant
Qui patiemment
Attendent preneur
Pour la somme due
Qui débitent du
Rapide bonheur

Beaux monstres assis
Tout le jour ainsi
Près de leur fenêtre
Vivre ici les voue
Aux faux rendez-vous
D'où rien ne peut naître

Chambres d'un moment
Qu'importe comment
On se déshabille
Tout est comédie
Hormis ce qu'on dit
Dans les bras des filles

La main le rideau
Le petit cadeau
Mets-toi là qu'on s'aime
Leurs habits ôtés
Ce que les beautés
Au fond sont les mêmes

Souvenirs brisés
Baisers ô baisers
Amours sans amour
Une fois de plus
A Honolulu
Comme à Singapour

Chambres d'un moment
Qu'importe comment
On se déshabille
Tout est comédie
Hormis ce qu'on dit
Dans les bras des filles

Les matelas crient
La même tuerie
A d'autres oreilles
Et les matelots
Ont même sanglot
A moment pareil

Tous les hommes sont
La même chanson
Quand c'est à voix basse
Et leur cour secret
Bat tant qu'on dirait
Qu'il manque de place

Chambres d'un moment
Qu'importe comment
On se déshabille
Tout est comédie
Hormis ce qu'on dit
Dans les bras des filles


Paroles: Louis Aragon. Musique: Jean Ferrat


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Nonidi 29 Vendémiaire 221


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Ecoutez

ICI 

19/10/2012

Ach so ! Mon Vranzois, che d’aime… Moi non plus.

Hollande Merkel fachés.jpg

 

- Tu as enfin técité te serrer le Kiki de tes Vonctionnaires, de taxer zérieusement tes Zalariés feignant qui zont touchours en kongé, de lacher la grappe de tes Patrons en baissant leurs charges. Bref, tu commence à te germaniser ! On s’est bien disputer zette nuit au zommet européen. Mais à la fin, c’est encore moi qui ai gagné ! Comme d’habitude. Tu voulais mettre en place un mécanisme de supervision des banques, de toutes les banques, même des miennes ! Ach so ! Comparer nos bonnes banques « Kalité allemande » avec vos officines douteuses, quel culot ! C’est repoussé à la fin 2013, après les élections que che compte bien remporter encore une fois ! Ah ! Ah ! Ah !  Un à zéro mon Vranzois ! Che t’aime…

 

- Moi non plus. Mais, chère Angéla BisMerkel, tu voulais glisser sous le tapis les magouilles de tes banques locales et régionales. Eh bien la supervision concernera toutes les banques de l’Union, y compris les tiennes ! Un à un Angela. La balle au centre. Si tu es réélu, on s’arrangera bien. Mais je n’oublie pas que tu as refusé de me recevoir lorsque j’étais en campagne. Et que tu as bruyamment soutenu mon adversaire qui, il est vrai, était ton teckel dévoué !

 

- Ach so, Vranzois, c’est comme ça. Che d’aime…

 

- Moi non plus. Et si on parlait de la dette réelle de ton pays, Angéla ! Toi qui donne des leçons de rigueur à tout le monde, dans un dossier intitulé « La vérité », le très sérieux quotidien économique de ton pays Handelsblatt en a filé un sacré coup dans ton modèle de « vertu germanique » en recensant les magouilles que les gouvernements allemands successifs, et surtout le tien, chère Angéla, ont utilisé et utilisent pour fourrer le cadavre dans le placard, c'est-à-dire cacher la dette abyssale de ton pays !

 

- Ach so ! Grrr !!!! Vranzois, che grois que tu va m’énerver…

 

- Officiellement, la dette allemande en 2011 est de 2 000 milliards d’euros. Pour l'expert financier Jens Boysen-Hogrefe, un de chez toi chère, très chère, trop chère Angéla : "Il est difficile de faire des reproches aux autres pays lorsque l'on décide de contracter de nouvelles dettes au lieu de profiter d'une situation propice aux économies". On est pourtant encore loin de la réalité, puisque la majeure partie des dépenses prévues, ne sont pas inclues dans ce chiffre. La vrai dette en chiffre, je vais te la dire, très, trop chère Angéla : Il comprend les retraites, la sécurité sociale, l’évolution démographique défavorable de ton pays, les malades ou encore les personnes dépendantes. D'après de nouveaux calculs, l’addition est autrement plus salée : un mensonge de 5 000 milliards d’euros supplémentaires ! Soit un total de  7 000 milliards d’euros de dette publique ! L'Allemagne serait donc endettée à hauteur de 270 % de son produit intérieur brut et non pas 83 % comme officiellement annoncé. Par comparaison, la dette grecque devrait être de 186% du PIB en 2012. Et c’est toi qui prétends nous donner des leçons de rigueur Angéla ? Ah ! Ah ! Ah ! C’est l’Hôpital qui le moque de la Charité, ou le sida qui se moque du cancer…

- Ach so ! Vranzois. Che t’aime de moins en moins. Tu me fais regretter Sarko…

- Et si tu me disais, chère, très chère, trop chère Angéla dans quel pays d’Europe 20% des salariés gagnent moins de 10,36 euros brut de l’heure ? Le pays où ces salaires concernent 3 employés sur 4 dans les salons de coiffures, le nettoyage, les restos, les chauffeurs de taxis, etc. et encore, en CDD ? Le pays où 10% des travailleurs doit avoir un second boulot pour survivre ? Le pays où seulement un jeune sur cinq décroche un diplôme supérieur à celui de ses parents ? Tu peux me dire quel est le pays dont 10% des citoyens possèdent 53% des richesses tandis que la moitié des salariés s’en partagent seulement 1% ? Tu peux me le dire Angéla ?

- Ach so ! Grrr…

Eh bien je vais te le dire moi : c’est l’Allemagne ! Alors si c’est ça le modèle que tu veux imposer à l’Europe, va fan culo ! comme dirait Berlusconi !

 

Sources : Arte journal 

Le Canard enchainé du 17/10/2012

 

Octidi 28 Vendémiaire 221

 

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18/10/2012

Pour Einstein, dieu serait-il une omelette : œufs = aime ces deux…

einstein dessin.jpg

 

Backchich nous apprend que la fameuse lettre manuscrite d’Albert Eisntein au philosophe Eric Gutkind est en vente sur…ebay ! J’ai donc cherché ce qu’il y avait dans cette lettre. C’est savoureux, rassurant et éclairant. Vive le grand Bébert qui n’hésitait pas à casser les œufs de la superstition :

« …Le mot Dieu n’est pour moi rien de plus que l’expression et le produit des faiblesses humaines, et la Bible un recueil de légendes certes honorables, mais primitives et qui sont assez puériles. Pour moi, aucune interprétation aussi subtile soit-elle ne peut changer cela. Les interprétations subtiles, très torturées, n’ont souvent presque rien à voir avec le texte original. Pour moi, la religion juive comme toutes les autres religions est une incarnation de la plupart de ces superstitions puériles. Le peuple juif, auquel j’appartiens volontiers et dont j’apprécie profondément la mentalité, ne présente pas pour moi de qualités différentes des autres personnes. A en juger par mon expérience, il n’est pas meilleur que d’autres groupes humains encore qu’il soit protégé contre le pire cancer, la guerre, du fait de son manque de puissance. Je ne vois donc rien « d’élu » à son sujet….

 Maintenant que je vous ai fait part tout à fait ouvertement des différences dans nos convictions intellectuelles, il me semble clair que nous sommes très proches l’un de l’autre sur l’essentiel des choses, c’est à dire dans notre appréciation du comportement humain. Nous ne sommes séparés que par des « accessoires » intellectuels et la notion de « rationalisation » au sens Freudien. Par conséquent je pense que nous nous comprendrions parfaitement si nous parlions de choses concrètes. Avec d’aimables remerciements et mes meilleurs vœux »

Deux mois plus tard, dans une lettre du 24 mars, ce cher Albert remettra le couvert : « Ce que vous avez lu sur mes convictions est bien entendu un mensonge. Un mensonge répété systématiquement. Je ne crois pas en un Dieu personnifié et je ne l’ai jamais nié et au contraire exprimé clairement. S’il y a en moi quelque chose de religieux, alors c’est mon admiration sans borne pour la structure du monde pour autant que la science puisse nous la révéler… »


Septidi 27 Vendémiaire 221


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17/10/2012

C’est pour quand le jihad contre la bêtise ?

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Formidable Sophie Aram qui, ce matin sur France Inter, face au ministre de l’intérieur, a dégainé l’arme du rire contre la connerie ambiante exacerbée par les sectateurs de ces névroses collectives qu’on appelle « religions ». En quelques mots elle a recadré le débat, mettant le doigt sur l’énorme régression apportée par les Frères musulmans et ensuite leurs « enfants » naturels : salafistes, wahabites et autres nazes islamistes. Pour cela, elle a fait écouté un discours de Nasser datant de plus d’un demi siècle où le Raïs, parlant des « frères » déclenchait les rires en simplement énonçant la prétention de ces fanatiques de vouloir voiler les femmes. « Qu’ils se voilent eux-mêmes ».


C'est ICI

 

Regardez cette vidéo de 1953 et faites le parallèle avec l’Egypte d’aujourd’hui et vous comprendrez la colossale faute des Zétazuniens et en règle générale des Zoccidentaux qui ont inventés, créés et fait grandir ces extrémistes religieux pour, justement, contrer Nasser, coupable à leurs yeux de vouloir libérer son pays de l’exploitation éhontée des pays arabes, de leur pétrole, de leur canal de Suez et autres richesses.

 

Nasser était un laïque, un émancipateur dans la droite ligne de Kémal Atatürk. Le monde ne serait pas au bord de l’affrontement armé inter culture si la bêtise, la cupidité de nos dirigeants n’avaient pas tout fait pour abattre cette génération de dirigeants arabes éclairés.


Sextidi 26 Vendémiaire 221


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16/10/2012

Horreur ! Peillon parle du « shit » ! On dirait qu’il a pété dans la sacristi…

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Ben dis donc ! On aurait dit qu’il avait pété dans la sacristi Peillon, le philosophe ministre de l’éducation nationale ! Pourquoi ? Pour avoir répondu à un journaliste qu’il était personnellement partisan d’ouvrir le débat sur la dépénalisation du cannabis. Il parle de « dépénalisation » et non pas de « légalisation ».

 

Il n’empêche que les règlements de comptes se multiplient voire se banalisent, tant à Marseille qu’à Paris, Grenoble et ailleurs. Le moindre différent se règle au calibre et à la kalachnikov. Les flics font ce qu’ils peuvent, c’est-à-dire pas grand-chose. Quand ils ne sont complices et partie prenante dans ce trafic… Cette ambiance de far-west est sous tendue par deux choses : le chômage à haute dose qui sévit dans les quartiers dits sensibles avec pour conséquence la nécessité d’une économie parallèle, en l’occurrence le trafic de drogues, essentiellement de shit (cannabis).

 

Ce trafic est parfaitement organisé avec les gros bonnets (voir le démantèlement récent d’un réseau de trafic de hasch et de blanchiment d’argent, impliquant des chefs d’entreprises, des professions libérales, des politiques et bien sûr des banquiers…suisses ! lien)  qui organisent la filière depuis le Maroc (production dans le Rif bénéficiant de très, très hautes protections locales), les pourvoyeurs qui remontent la drogue depuis ce pays, soit en grosses bagnoles (go fast), soit planquée dans des cargaisons de poids lourds, les revendeurs (dealers) dans les citées, les « nourrices » qui logent les stocks souvent par la menace, les guetteurs qui surveillent l’éventuelle venue des flics, les rabatteurs de clients. Tout ça croque plus ou moins selon la place dans la hiérarchie du trafic. Mais la dure loi de la concurrence « libre et non faussée » fait que les conflits de territoires, de parts de marchés sont nombreux. Et se règlent à la kalach…

 

Comment casser cette spirale de la mort ? Certainement pas avec des gesticulations policières. Les bataillons de CRS de Villeneuve près de Grenoble ou dans les quartiers nord de Marseille ne sont pas inutiles en ce sens qu’ils donnent un coup de pied dans la fourmilière et désorganisent momentanément les réseaux, mais ils ne règlent pas le problème de fond : misère due au manque de boulot et trafic. Le chômage étant ce qu’il est, le boulot n’arrivera pas dans les citées à coup de baguette magique, on n’est pas dans Harry Potter. Reste le trafic de drogue.

 

Avant Peillon, avant Duflot, Daniel Vaillant a, en son temps, préconisé de réfléchir sur la légalisation du cannabis. Une position aussitôt vigoureusement combattue par L'UMP, qui par l'intermédiaire de son secrétaire national à la sécurité, Eric Ciotti, reste « fermement opposé à toute tentative de légalisation du cannabis ou des drogues dites douces qui conduisent inexorablement à l'usage de drogues de type cocaïne ou ecstasy ». Des conneries que réfutent ceux qui connaissent la question, le cannabis étant jugé moins dangereux que l’alcool et moins adductif que le tabac. En tout cas, Daniel Vaillant a eu le courage de faire bouger les lignes. Quant à Peillon… Circulez, y a rien à discuter, pas de débat ont dit nos pères la pudeur Hollande et son premier sministre…

 

La France est le pays qui envoie le plus de gens en taule pour possession ou trafic de cannabis: 10.000 personnes emprisonnées en ce moment, parfois pour des quantités minimes. Et la France est le pays où on fume le plus (4 millions de consommateurs, 30% des jeunes, 12% des adultes). C'est bien la preuve que cette politique répressive ne mène nulle part, et au contraire permet le financement des réseaux mafieux, car plus c'est illégal, plus c'est rentable. 



Peillon parlait seulement de dépénalisation. Ce qui est une connerie. En effet, ceci autoriserait les consommateurs à fumer leurs tarpets sans risquer de se faire embastiller mais ils devraient se fournir…auprès des mêmes dealers ! Confortant ainsi le système !

 

Ce qu’il faut avoir le pragmatisme cynique de faire, c’est légaliser ce produit, certes toxique comme sont toxiques le tabac et l’alcool ! Le système de légalisation permettrait : - production en France ou en Europe via des filières contrôlées, - autoproduction pour ceux qui veulent pour leur conso perso, - vente dans des « coffees-shop » bien contrôlés ou dans les bureaux de tabacs, - interdiction évidente pour les mineurs. 

Les résultats seraient : - remise des flics sur des taches utiles, donc moins d’insécurité dans les villes et lutte efficace contre les drogues dures, - du boulot pour les agriculteurs notamment en zones de montagnes, - de l’activité pour les buralistes et les « coffees shop », - la fin des financement des réseaux maffieux, puisqu'ils n’auraient plus rien à y gagner, - une meilleure détection des personnes à la dérive par surconsommation, - une prévention plus aisée, notamment par la suppression de « l'attirance pour l'interdit » chez les ados, - des taxes pour la sécu, -  une meilleure qualité, contrôlée, garantie pour les consommateurs, - et pourquoi pas, des « dealers » devenant chef d’entreprises et confrontés alors aux règles de concurrence !

 

Et puis, moins de jeunes en taule pour quelques grammes de shit, au contact de vrais voyous et des prêcheurs fanatiques salafistes qui récupèrent et canalisent leur haine de la société, cela ferait moins de risques de voir se multiplier de très dangereux réseaux terroristes sur notre sol.

 

Mais il est plus facile, comme l’autruche, de mettre sa tête dans le sable pour ne pas affronter la réalité.

 


Quintidi 25 Vendémiaire 221


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14/10/2012

Ouiquinde antigastronomique : bouffez du patron !

cuisine

Pas seulement à Noel: le patron peut se bouffer toute l'année

 

 

Prenez un patron bien gras et dodu. La meilleure race, c’est la Cacarente. Le nec plus ultra, le Bresse de ces volailles restant tout de même le Patrondebanque, à égalité avec l’Exiléfiscal, surtout celui du genre Pigeonvautour-déserteur-fiscal. Evitez les patrons Depéhèmeux, ils sont trop petits, ils triment souvent autant que vous et sont trop durs à cuire.


Plumez-le autant qu’il vous a plumé. A vif autant que possible : ça crée une production d’endorphine qui donnera à la viande un fumet particulier qui vous rappellera le jour où il vous a convoqué pour vous lourder.

Flambez-le, si possible sur les ruines fumantes de son bureau ou de son usine. Puis égorgez-le en gardant le sang, il est fait de celui qu’il vous a fait suer. Coupez lui immédiatement les génitoires s’il en a : les laisser donne mauvais goût à la viande.

Videz-le de ses tripes qu’il a toute sa vie copieusement tapissées de sauces chaudes et onctueuses avec le pognon qu’il vous a volé. Jetez-les, de toute façon un patron de Cacarente n’a rien dans les tripes, et beaucoup de merde dans la tête.

Coupez-le en morceaux, au hachoir ou à la tronçonneuse selon affinités. Faites macérer ces morceaux dans une marinade faites de moitié bile, aussi amère que celle qu’il vous a faite faire, moitié merde diarrhéique, c’est ce qui convient le mieux.

Après deux jours de marinade, faites revenir les morceaux dans de l’huile de vidange. Puis mettre à cuire à l’étouffé avec la marinade passée au chinois, comme ceux chez qui il a délocalisé votre usine.

Enfin, comme c’est immangeable, foutez le tout au chiotte, c’est la place de ce genre de patrons !


Tridi 23 Vendémiaire 221


Illustrations: merci à Siné


 

cuisine

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13/10/2012

Ouiquinde érotique avec un sacré Julot

 

 

 Jules Verne par Nadar.jpg

 Jules Verne, explorateur de fantasme

 

Lamentation d'un poil de cul de femme

Il est dur lorsque sur la terre
Dans le bonheur on a vécu
De mourir triste et solitaire
Sur les ruines d’un vieux cul.
Jadis dans un forêt vierge,
Je fus planté, sur le versant
Qu’un pur filet d’urine asperge,
Et parfois un filet de sang.

Alors dans ce taillis sauvage,
Les poils poussaient par mes sillons,
Et sous leur virginal ombrage,
Paissaient de jolis morpions.
Destin fatal un doigt nubile
Un soir par là vint s’égarer,
Et de sa phalange mobile
Frotter, racler et labourer.

Bientôt au doigt le vit succède,
Et, dans ses appétits ardents,
Appelant la langue à son aide ;
Il nous déchire à belle dents.
J’ai vu s’en aller nos dépouilles
Sur le fleuve des passions,
Qui prend sa source - dans les couilles,
Et va se perdre dans les cons.

Hélas ! l’épine est sous la rose,
Et la pine sous le plaisir
Bientôt au bord des exostoses,
Des chancres vinrent à fleurir.
Les coqs de leur crête inhumaine
Se parent dans tous les chemins :
Dans le département de l’Aine
Gambadent les jeunes poulains.

Mais, quand le passé fut propice,
Pourquoi songer à l’avenir ?
Et qu’importe la chaudepisse
Quand il reste le souvenir ?
N’ai-je pas vu tous les prépuces,
Avoir chez nous un libre accès,
Alors même qu’ils étaient russes,
Surtout quand ils étaient français.


J’ai couvert de mon ombre amie
La grenette de l’écolier,
Le membre de l’Académie,
Et le vit du carabinier.
J’ai vu le vieillard phosphorique,
Dans un effort trop passager,
Charger avec son dard étique,
Sans parvenir à décharger.

J’ai vu – mais la motte déserte
N’a plus de flux ni de reflux,
Et la matrice trop ouverte,
Attend vainement le phallus.
J’ai perdu, depuis une année,
Mes compagnons déjà trop vieux,
Et mes beaux poils du périnée
Sont engloutis dans divers lieux.

Aux lèvres des jeunes pucelles,
Croissez en paix, poils ingénus.
Adieu, mes cousins des aisselles,
Adieu, mes frères de l’anus !
J’espérais à l’heure dernière,
Me noyer dans l’eau des bidets,
Mais j’habite sur un derrière
Qu’hélas on ne lave jamais.

- Il eut parlé longtemps encore,
Lorsqu’un vent vif précipité,
Broyant, mais non pas inodore,
Le lança dans l’éternité.
Ainsi tout retourne dans la tombe,
Tout ce qui vit, tout ce qui fut,
Ainsi tout changent ainsi tout tombe,
Illusions…et poils de cul.

JULES VERNE (1855)

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Duodi 22 Vendémiaire 221


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07/10/2012

Ouiquinde érotico-gastronomique au curry

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Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’as eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi-poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salée dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

VictorAyoli


Sextidi 16 Vendémiaire 221


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06/10/2012

Eh ! Mosco, les « pigeons », on les étouffe, on les rôtit et on les déguste !

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Les deux Pigeons


Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre. 
L'un d'eux s'ennuyant au logis 
Fut assez fou pour entreprendre 
Un voyage en lointain pays. 
L'autre lui dit : Qu'allez-vous faire ? 
Voulez-vous quitter votre frère ? 
L'absence est le plus grand des maux : 
Non pas pour vous, cruel. Au moins, que les travaux, 
Les dangers, les soins du voyage, 
Changent un peu votre courage. 
Encor si la saison s'avançait davantage ! 
Attendez les zéphyrs. Qui vous presse ? Un corbeau 
Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau. 
Je ne songerai plus que rencontre funeste, 
Que Faucons, que réseaux. Hélas, dirai-je, il pleut : 
Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut, 
Bon soupé, bon gîte, et le reste ? 
Ce discours ébranla le cœur 
De notre imprudent voyageur ; 
Mais le désir de voir et l'humeur inquiète 
L'emportèrent enfin. Il dit : Ne pleurez point : 
Trois jours au plus rendront mon âme satisfaite ; 
Je reviendrai dans peu conter de point en point 
Mes aventures à mon frère. 
Je le désennuierai : quiconque ne voit guère 
N'a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint 
Vous sera d'un plaisir extrême. 
Je dirai : J'étais là ; telle chose m'advint ; 
Vous y croirez être vous-même. 
À ces mots en pleurant ils se dirent adieu. 
Le voyageur s'éloigne ; et voilà qu'un nuage 
L'oblige de chercher retraite en quelque lieu. 
Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage 
Maltraita le Pigeon en dépit du feuillage. 
L'air devenu serein, il part tout morfondu, 
Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie, 
Dans un champ à l'écart voit du blé répandu, 
Voit un pigeon auprès ; cela lui donne envie : 
Il y vole, il est pris : ce blé couvrait d'un las, 
Les menteurs et traîtres appas. 
Le las était usé ! si bien que de son aile, 
De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin. 
Quelque plume y périt ; et le pis du destin 
Fut qu'un certain Vautour à la serre cruelle 
Vit notre malheureux, qui, traînant la ficelle 
Et les morceaux du las qui l'avait attrapé, 
Semblait un forçat échappé. 
Le vautour s'en allait le lier, quand des nues 
Fond à son tour un Aigle aux ailes étendues. 
Le Pigeon profita du conflit des voleurs, 
S'envola, s'abattit auprès d'une masure, 
Crut, pour ce coup, que ses malheurs 
Finiraient par cette aventure ; 
Mais un fripon d'enfant, cet âge est sans pitié, 
Prit sa fronde et, du coup, tua plus d'à moitié 
La volatile malheureuse, 
Qui, maudissant sa curiosité, 
Traînant l'aile et tirant le pié, 
Demi-morte et demi-boiteuse, 
Droit au logis s'en retourna. 
Que bien, que mal, elle arriva 
Sans autre aventure fâcheuse. 
Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger 
De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines. 
Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ? 
Que ce soit aux rives prochaines ; 
Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau, 
Toujours divers, toujours nouveau ; 
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ; 
J'ai quelquefois aimé ! je n'aurais pas alors 
Contre le Louvre et ses trésors, 
Contre le firmament et sa voûte céleste, 
Changé les bois, changé les lieux 
Honorés par les pas, éclairés par les yeux 
De l'aimable et jeune Bergère 
Pour qui, sous le fils de Cythère, 
Je servis, engagé par mes premiers serments. 
Hélas ! quand reviendront de semblables moments ? 
Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants 
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ? 
Ah ! si mon cœur osait encor se renflammer ! 
Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ? 
Ai-je passé le temps d'aimer ? 

   La Fontaine


Quand aux "pigeons-patrons", si vous voulez savoir

pourquoi et comment ils nous pigeonnent, appuyer

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Quintidi 15 Vendémiaire 221

 

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05/10/2012

Pantaïe…

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Aïe avé drim

C'est de pendre tous les banquiers,

Par les couilles ou par les pieds

Ou encor' de les fusiller

Mais, avant, de leur faire raquer

Tout le pognon qu'ils ont piqué,

Aux pauvres cons qu'ils ont niqués.

 

Aïe avé drim

C'est d'exploser les politiques

Sans vergogne et sans éthique,

Ces vieux cumulards prostatiques,

Résidus de fosses septiques

Dont la seule et unique tactique

Est: parasiter la République.

 

Aïe avé drim

C'est d'empaler tous les bigots

Ces insupportables cagots

Curés, rabbins, imams dingos

Qui se dressent sur leurs ergots

Pour abrutir tous les gogos

Et leur emplâtrer le magot.

 

Aïe avé drim

C'est d'arracher les deux roustons

Puis de couler dans le béton

Les marchands de merde en veston

Qui nous vendent leurs rogatons,

Viandes pourris et faux frometons

Dans leurs grandes surfaces de con.

 

Aïe avé drim:

La revanche de ceux qui triment...

 

 

 Quartidi 14 Vendémiaire 221


Illustration X - Droits réservés

 

 

03/10/2012

L’hiver arrive, préparons notre enfer : c’est chauffé !

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Oh ! Dieu, Yahvé, Allah, Bouddha et tutti quanti

Existez-vous ou pas ? On s’en fout ! Sapristi !

Mais si par quelqu’hasard vous existassiez

Dites à vos employés qu’ils nous font tous chier !

Curés, rabbins, imams, tous ces bourreurs de crânes

Culs serrés rabat-joie, nous prennent pour des ânes.

Ils nous les gonflent grave avec leurs conneries

Est-elle hallal, casher, des bestiaux la tuerie ?

Sont-ils donc estourbis, égorgés ou saignés ?

Cornedieu ! On s’en fout de ces discours de niais !

Les imbéciles heureux que le besoin de croire

Rend aptes à gober des monceaux de bobards.

Croire n’importe quoi, croire n’importe qui !

Surtout ne pas penser ! Trop dangereux Kiki !

De la pensée nait l’inquiétude.

Pas confortable l’inquiétude !

Faut-il avoir vraiment un Q.I. de mérou

Pour croire en vous, curés, imâms, rabbins, gourous

Qui vous précipitez sur la misère humaine

Comme mouches à merde sur des fruits de bedaine.

Vous confisquez la Vie, vous promettez le Ciel

Votre esprit est tordu, votre voix est de fiel,

Partout où vous passez agonise l’espoir,

Vous mettez la Raison, toujours, sous l’éteignoir.

Votre fond de commerce, votre sale bizness,

N’est que l’exploitation de l’insigne faiblesse

Et la crédulité de gens déboussolés

Prêt à tout abdiquer pour être consolés.

Pour vos sombres desseins, toute détresse est belle,

Vous êtes des machines à laver les cervelles

Des crédules victimes qui tombent dans vos rets

Et qui seront broyés, ruinés puis essorés

Pour vous servir d’esclaves, de chiens, de trous à bites,

De zombies asservis, de main d’œuvre gratuite.

Ô toi, Humain mon frère, que l’existence angoisse

Fuit comme le sida leurs sinistres paroisses

N’écoute pas la peur et fuit tous ces menteurs

N’écoute pas tous les profiteurs de la peur

Surtout ne croit en rien, rejette toute foi

Que le doute, toujours, soit ton ultime Loi.

Puisque tu n’y peux rien, puisqu’au bout de la Route

Inconnu ou néant apaiseront tes doutes.

Puisque tu n’y peux rien, attends sans peur la mort

Goûte plutôt la Vie sans pleurer sur ton sort.

 

VictorAyoli

 

Duodi 12 Vendémiaire 221

 

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