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24/01/2017

Au Bistro de la Toile : du revenu universel au don d'organe obligatoire.

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- Ben voilà. Tu l’avais vu venir Victor : c’est Hamon qui vire en tête. Nettement. Mais y avait pas beaucoup de spectateurs tout de même…

- C’est vrai. 1,3 million d’électeurs, ce n’est pas rien, mais ça ne légitime pas grand-chose si on compare ce chiffre aux 45 millions d’électeurs inscrits sur les listes. L’intérêt c’est que les deux finalistes incarnent réellement deux visions « irréconciliables » du socialisme.

Vals, c’est la continuité. La continuité à gérer comme il l’a fait avec Hollande, dans le sillage des économistes néolibéraux. Vals, c’est Blair ou Schroeder avec 20 ans de retard. Vals, c’est une social-démocratie éculée, qui a perdu son attractivité, sa nouveauté, qui est rentrée dans le moule ultralibéral triomphant. Comment espère-t-il faire rêver en se faisant complice d’une organisation de la société qui fait de l’homme, et encore plus de la femme, des esclaves « modernes » trimant avec des contrats précaires, sans possibilité de se défendre. Ceci au seul profit d’une petite minorité de parasites qui leur distille « l’emploi » comme une aumône rare. Et avec pour perspectives le stress, la dépression, le « burn out » comme ils disent maintenant, le cancer dû au travail, les maladies cardio-vasculaires, voire le suicide. Et s’il évite tout cela, la retraite à 67 ans et plus si affinité. Après quoi, esquinté par le travail, il ira pour quelques années (ou mois) de retraite « bien gagnée » dans des mouroirs où ses maigres éconocroques iront remplir les poches des maquereaux promoteurs des maisons de retraite. Là, gavés de médicaments assommoirs pour foutre la paix à un personnel rare et mal payé et engraisser l’industrie pharmaceutique, il attendra de débarrasser le plancher. Et si quelques morceaux de ses viandes sont récupérables avant d’être avariées, elles seront vendues pour être greffées sur d’autres. Sans sa permission maintenant. C’est nouveau, ça vient de sortir depuis le début de l’année.

- Qu’est-ce que tu dis là ?

- Ben ouais. Le don d’organe, tu connais. C’est formidable. J’ai un voisin, l’été, dans les Hautes Terres, qui a été greffé du foie et d’un tas d’autres bouts de barbaques. Il pète le feu. Je suis donc foncièrement pour le don d’organe mais je tiens à garder la décision. Or depuis le premier janvier, tout Français est donneur d’office. S’il ne veut pas, il doit s’inscrire sur une liste !

- Eh ! Oh ! Et qui c’est qui a la décision ?

-Ben, les toubibs. Dès qu’un toubib, ou j’espère plusieurs, dans un hosto ou une clinique, constate - ou considère - qu’un patient est en état de mort cérébrale, il peut le détailler en pièces détachées… Bien sûr, ça facilitera les greffes mais… gare aux dérives !

- …teng ! T’as raison. Faut faire gaffe. Si les toubibs ont des « commandes » de riches malades, ils peuvent éventuellement « anticiper » ou « aider » la « mort cérébrale ». Bon. Buvons un coup et parlons d’autre chose. Alors tu parlais de Vals et Hamon. Vals, c’est du réchauffé. Mais Hamon, c’est mieux ?

- Hamon, c’est « de gauche ». Il a un programme réellement de gauche, assumé, en rupture avec un système éculé. Sa mesure phare – le revenu universel – sur lequel Vals tape comme un sourd, ne sera évidemment pas mise en place du jour au lendemain. Mais le fait d’ouvrir le débat est positif.

- Tu y crois toi à ce truc ?

- Sans être naïf, on peut espérer qu’il sera un jour prochain mis à l’essai. Mais il y a différentes visions de ce revenu universel, ou revenu de base. Il peut être pensé comme un moyen de s’affranchir de l’aliénation par le travail imposé par le capitalisme. Benoît Hamon veut un revenu de base pour tous, quel que soit le revenu du bénéficiaire. Il rétablit ensuite l’égalité par la fiscalité : ce revenu touché par une personne ayant un bon salaire sera en fait restitué en partie par l’impôt puisqu'il changerait de tranche. Dans son système, toute la protection sociale demeure, tant l’assurance maladie que l’assurance chômage. Le financement serait assuré en partie par les économies réalisées grâce à la fusion de toutes les aides existantes et par une rénovation de la fiscalité, notamment avec la création d’une taxe carbone, d’une taxe sur les transactions financières, d’une taxe sur les robots. Hamon pense qu’avec ce revenu universel, les salariés retrouveraient un pouvoir de négociation face aux patrons puisqu’ils ne seraient plus tenus de s’incliner toujours plus bas par crainte du chômage.

Il y a aussi la manière ultralibérale de voir ce revenu universel. C’est l’école de l’économiste étasunien Milton Friedman. On donne à chaque adulte une somme (pas très importante, de l’ordre du RSA actuel). Ce « revenu de liberté » serait financé par une « flat tax », un impôt uniforme autour de 22 à 25 % pris sur tous les revenus, y compris ceux du patrimoine. Un impôt qui remplacerait l’impôt progressif sur le revenu mais aussi tous les prélèvements obligatoires. Avec évidemment suppression de toutes les aides existantes, prestations familiales, minima sociaux, bourses, etc. De plus, la simplification administrative permettrait de se débarrasser de milliers de fonctionnaires. Censée lutter contre la pauvreté, ce système reviendrait en fait à supprimer tous les filets de sécurité des plus fragiles tout en effectuant un transfert de fric vers les plus hauts revenus.

- Ouais. Pas facile tout ça. Il convient donc de ne pas se laisser éblouir par cette proposition, peut-être trop belle pour être honnête. On peut aussi redouter que les patrons en profite pour déduire du salaire qu’ils proposent le montant de ce revenu universel qui ne serait dès lors plus qu’une subvention généralisée aux entreprises, abaissant d’autant le coût du travail ! Et puis, avec ce système, les femmes au foyer toucheraient ce revenu, ce qui serait une façon de reconnaître leur énorme travail domestique. Elles resteraient à la maison et feraient des petits ? Eh ! Oh ! Ce serait peut-être bon pour la démographie du pays tout en résorbant le chômage mais bonjour l’épanouissement des femmes ! Ce serait plutôt un piège pour les remettre sous la coupe des mâles… Pas très bon tout ça Victor.

-Tu touches du doigt la complexité de la chose Loulle. Mais tu vois, rien que le fait d’en parler fait avancer le schmilblick. Le revenu universel est une utopie brillante, à notre portée ! Pour en revenir à Hamon, il a besoin de clarifier sa position sur quelques points : il n’est pas clair sur la laïcité, pas clair avec l’islam, pas clair avec les migrants. Il devra clarifier car se faire élire à la présidentielle, ce n’est pas pareil qu’au conseil municipal de sa ville de Trappes où il y a une importante filière de départ de djihadistes.

- Allez ! À la nôtre ! Ça nous éclaircira les boyaux de la tête !



Illustration: merci au regretté Chimulus

22/01/2017

Gastronomie dominicale: La tête de veau en l'honneur de Louis.

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Quand revient chaque année le temps des jours nouveaux

Je convie mes amis pour la Tête de Veau.

On la mange toujours le 21 janvier

En souvenir du jour où la Veuve d'acier

Décolleta Louis, le seizième du nom,

En des temps de fureur, de fusils, de canons.

C'est un plat collectif, festif, essentiel;

C'est un repas royal ou... présidentiel!

Me méfiant des veaux qui ont "la vache folle",

Je vais chercher les miens en terres cévenoles.

Pour avoir du bon veau, et pas de la charogne,

Je commande la tête au boucher de Langogne.

Et je vais la chercher moi-même, par le train

Qui, de Nîmes, hardiment, gravit avec entrain

Les mille et un lacets, les soixante tunnels,

Les trente viaducs suspendus en plein ciel

Reliant les splendeurs de la cité romaine

Aux sauvages attraits des terres lozériennes.

Heureux, le nez au vent, ma glacière à la main,

J'en prend plein les mirettes, je hume le terrain

Qui défile et s'enfuit, lentement, pas pressé.

Cités mélancoliques de mines délaissées,

Juvéniles chahuts, rires à chaque arrêt,

À-pics vertigineux, oppressantes forêts,

Rivières et torrents, petits lacs de barrages

Viennent et disparaissent après chaque virage.

Paisibles bovidés paissant dans les prairies,

Spectacle interrompue par chaque galerie,

Le voyage est trop beau, le voyage et trop court...

- Oh ! Victor, bois un coup, arrête tes discours,

Si maïses coume aco, la testa de vedeù

Bouto, la manjaren beleù a l' an nouveù ! (l)

- C'est bien vrai. Sers-moi donc un primeur agréable

Qui chatouille si bien mon gosier insondable.

Zou ! Trinquons et buvons, et ne fais pas la bête,

Je vais te raconter comment on fait la tête.

Lorsque j'arrive avec mon chef en bandoulière,

La Lionne a déjà sorti la gazinière

Des grandes occasions. Ce qui se fait de mieux:

Un feu sur doubles rampes se croisant au milieu.

Dans une oulo (2) profonde, voire une lessiveuse

On met à dégorger la tête voyageuse

Dans de l'eau claire et froide pendant une heure ou deux.

La laisser une nuit pourrait être hasardeux.

On la sort, on la met sur un large torchon,

On noue les quatre coins tout comme un baluchon.

Ainsi enveloppée, au fond de la bassine

On place, dans l'eau chaude, la caboche bovine.

Trois oignons giroflées, trois poignées de sel gros

Du thym et du laurier, du persil, mais pas trop.

Quand ça bout on écume avec application,

Puis on baisse le feu à tout petit bouillon.

On laisse cuire ainsi entre trois et quatre heures

Cette lenteur voulue rend la cuisson meilleure.

Pour la vérifier, je plante une fourchette:

Quand ça rentre tout seul, on chauffe les assiettes.

Soulevant le torchon, je sors alors la tête

Que je fais égoutter, coiffée d'une serviette

Pour bien tenir au chaud la viande qui tremblote.

Alors ma femme attaque la sauce ravigote :

Pour une tête entière, donc pour dix gros mangeurs,

Gourmands tant que gourmets, solides bambocheurs,

Elle écrase au mortier persil et estragon,

Cerfeuil et ciboulette, câpres et cornichons,

Tout cela manié dans trois hectos de beurre,

Elle s'en servira dans sa phase ultérieure.

Elle met à réduire huit ou dix échalotes

Dans un verre de vinaigre, au fond d'une cocotte,

Lorsque c'est bien réduit, trois cuillers de farine

Dans du beurre fondu (pas de la margarine)

Puis elle mouille avec cinq verres de bouillon,

Le jaune de cinq œufs, sale avec précaution.

Tournant au bain-marie, elle incorpore alors

Deux bons hectos de beurre, du demi-sel d'Armor.

Lorsque la sauce prend certaine consistance

Elle y met l'appareil préparé par avance

Et manie bien le tout à la cuillère en bois.

La sauce est enfin prête pour un repas de choix.

C'est alors que j'apporte, avec solennité

La tête décorée avec habileté

Par du persil frisé, dans le nez, les oreilles.

L'assemblée s' esbaudit devant cette merveille.

Les manches retroussées, armé du Laguiole,

Je découpe en public la brûlante bestiole

Les joues souples et grasses qui fument et tressautent,

Le dedans du palais, puis la langue et la glotte,

Les viandes délicates, mousseuses du cou,

Les oreilles craquantes, les muscles des bajoues,

Enfin, le dernier bout, le bonheur des gourmets:

La pointe du museau, avec les trous du nez.

Nicole distribue: chacun son bout de veau,

Moi, je remplis les verres avec du vin nouveau.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

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Ingrédients et proportions pour huit personnes:

 

Une tête de veau, même sans la cervelle (depuis la vache folle les bou­chers la vende écervelée), ça pèse autour de dix kilos et plus. Mais il reste beaucoup moins de viande mangeable!

Pour la tête: - 1 tête sans la cervelle (dommage...), - 3 ou 4 gros oignons piqués de clous de girofle, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - 6 feuilles de laurier, - 3 branches de persil plat, - eau à la demande (la tête doit toujours cuire entièrement immergée, au besoin mettez un poids dessus).

Pour la sauce ravigotte : - 3 branches de persil plat, - 3 branches d'estra­gon, - quelques tiges de cerfeuil, - autant de ciboulette, - 1 cuillerée à café de câpres, - 2 cornichons. Tous ces ingrédients, pilés au mortier, seront maniés dans un hecto de beurre.

- 5 échalottes, - 1 verre de vinaigre, - 2 cuillerées de farine. - 3 verres de bouillon, - 3 jaunes d'œuf, - 2 hectos de beurre demi-sel.

- persil pour décorer les oreilles et les trous de nez.

 

Les vins conseillés:

 

La tête de veau s'accompagne idéalement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-­les-Vignes, Rochegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de : Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin.

Coteaux du Languedoc.

Côtes de Provence.

Et même, en cas de pénurie de Côtes-du-Rhône, Bordeaux légers et Vins de Loire.

 

(1) Si tu parles comme ça, la tête de veau, on la mangera peut-être, mais l’an prochain !

(2) oulo : grand récipient profond destiné à la cuisson des aliments, soit suspendu à la crémaillère d’une cheminée, soit posé sur un trépied.

 

Photos X - Droits réservés

15/01/2017

Ouiquinde gastronomique pour temps de grands froids

 

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Le Baeckeoffe d’Alsace et de Lorraine.

 

Il me souvient de grandes fêtes vigneronnes

Entre les vins d’Alsace et les Côtes-du-Rhône

Où, avec ma chorale de vigoureux soiffards,

Nos pifs enluminés jouaient les gyrophares.

Nous avons ripaillé, chanté, mangé, et bu

Avant que de sombrer, fin remplis et fourbus

Dans les bras de Morphée, de Sophie ou Gisèle

Vaincus par la bamboche plus que les demoiselles…

- Tu le sais bien Victor que le vin, s’il enflamme,

En amour est meilleur s’il est bu par les femmes !

Au cours de ces agapes, qu’avez-vous donc mangé ?

- Dans ces contrées de froid si loin de ma Provence

Nous avons dégusté, au cours de ces bombances,

Le célèbre Baeckeoffe, la potée alsacienne

Un plat qui tient au ventre, platée rabelaisienne.

Les femmes le préparaient, enfin, c’est ce qu’on dit,

Le dimanche matin pour le cuire lundi.

 

Tu tailles en gros morceaux de la viande sans os

Ton boucher, s’il est bon, te le fait rapidos,

Une livre de bœuf, gite ou paleron,

Une livre de porc et autant de mouton.

Tu fais tremper tout ça dans une marinade :

Oignons, poireau, carotte, ail, girofle, muscade,

Bouquet garni, sel, poivre et bien sûr vin d’Alsace,

Riesling ou Sylvaner sont les plus efficaces.

Tu laisses mariner, au frais, vingt-quatre heures.

Emince cinq oignons, deux kilos de patates

Comme pour préparer la truffade auvergnate.

Le « Baeckeoffe » est aussi le nom du plat en terre

Large, ovale et profond, solide, utilitaire.

Etale tes patates en couches sur le fond,

Sale, poivre et dispose au dessus les oignons,

Sel, poivre de nouveau puis dispose les viandes

Egouttées, séparées d’avec leur marinade,

Mouille avec celle-ci jusqu’à demi terrine

Complète avec du vin…et remplit ma chopine !

Pour donner du moelleux, met un pied de cochon

Ou bien un pied de veau…et verse ton cruchon !

Ajoute par-dessus ce qui a mariné

Sel, poivre du moulin et…remet ta tournée !

Ferme alors ton couvercle très hermétiquement

Avec farine et eau maniées fermement,

Ça s’appelle « luter » : fermer avec la pâte.

C’est fini, il faut cuire longuement et sans hâte,

Dans un four préchauffé, cent-quatre-vingt degrés,

Quatre heures minimum et plus si ça t’agrée.

Ce plat pourrait sauver bien des anorexiques,

Régale les gourmets, stoppe les boulimiques.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

D’un Gewurztraminer à la saveur friponne

Et  laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients pour six personnes :

½ kilo de gîte, poitrine ou paleron de bœuf sans os – ½ kilo d’épaule ou d’échine de porc sans os – ½ kilo d’épaule de mouton ou d’agneau sans os – 1 queue, 1 pied de porc ou de veau (facultatif) – 1/2 d’oignons – 1 grosse carotte - 2 gousses d’ail – 2 kg de pommes de terre – 2 blancs de poireau – 1 bouteille de Riesling ou de Sylvaner – 1 bouquet garni – girofle – sel et poivre – farine.

 

Vins conseillés :

En rouges, des Alsaces Pinot noir ; en blancs Alsace Pinot gris (Tokay), Riesling, Sylvaner ; en vins d’Allemagne Riesling, Rheingau.

 

 Illustration X - Droits réservés

 

 

12/01/2017

Au bistro de la Toile : « Latinia »

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- Salut Loulle. Je viens d’entendre ce matin une proposition originale et fort intéressante. Elle émanait d’un de ces présidents éphémères de la France qui s’expriment très brièvement chaque matin sur France Inter.

- Ah ! Et alors c’est quoi ?

- Ce président d’un matin propose de reconstruire l’Europe selon des regroupements de nations. Un peu comme on a regroupé les départements français en grandes régions selon les proximités géographiques et culturelles. Il propose donc la création d’une grande Nation latine, qui s’appellerait Latinia et qui regrouperait la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique Wallonne et, je crois encore la Suisse non alémanique (parlant français, italien, romanche). Ce président éphémère définissait ainsi brièvement cette nation latine : langue, l’italien (facile à apprendre dit-il), armée commune, diplomatie commune, monnaie : l’euro latin.

- Bref, les buveurs de vins, ayant subi la religion catholique.

- On peut le voir comme ça, selon ta vision de mastroquet. Je modulerais un peu la chose en intégrant à cette Nation latine un pays qui, certes n’a pas de continuité territoriale avec les pays précédents, mais qui est latin par la langue, c’est la Roumanie. Et je mettrais comme langue commune, non pas l’italien mais évidemment le latin, langue de base de tous les idiomes parlés dans cet espace géographique, et véritable ciment culturel entre leurs populations. Ce pourrait être une confédération, sur le modèle suisse. Quant à la capitale confédérale, ce serait probablement Paris, ou Barcelone ? Ou Milan ? Ou Genève ?

- Pourquoi pas Avignon Victor ? Ville qui a déjà été capitale de la chrétienté ! Et qui a une position géographique idéale entre le nord de la France, l’Espagne et l’Italie ?… teng ! Mon bistro prendrait de la valeur. Je vois d’ici la pancarte : « Bistrotum Loulo. Potest bibere, manducare, disputatio. »

- C’est vrai que ça aurait de la gueule. Ce Latinia aurait une population de plus de 210 millions d’habitants, atteignant ainsi la taille critique des grands pays (plus que la Russie, plus que le Japon). Son PIB atteindrait les 10 000 milliards d’euros, à comparer à celui des États-Unis (18 000 milliards) et de la Chine (12 000 milliards d’euros). Il serait au troisième rang mondial.

- Mais, et l’Allemagne ? On ne va pas encore se fâcher avec nos cousins germains ? On sait trop où ça mène…

- L’Allemagne pourrait, sur le même modèle, créer une autre grande Nation regroupant les pays de culture et de langue nordico-germanique : l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique flamande, le Danemark, la Suède, l’Autriche, le Luxembourg, la Finlande, les Pays baltes et peut-être, mais pas sûr, la Pologne. Ça ferait une nation – Germania – équivalente, avec 182 millions d’habitants et 6 500 milliards d’euro de PIB. Avec pour monnaie l’euro nordique. Les deux monnaies étant liées mais dans une union moins rigide, genre de serpent monétaire, l'une pouvant fluctuer par rapport à l'autre mais dans une proportion modérée.

- Le pays buveurs de bière. Ayant subi la religion protestante.

- C’est vrai. Quant aux pays de l’est de l’Europe, Grèce comprise, ils pourraient eux aussi se regrouper en une autre grande Nation.

Et comme il s'agit avant tout et surtout de ne pas de se taper sur la gueule entre ces nouvelles entités, ces trois nations refonderaient ensuite naturellement, ensemble, l’Union des Grandes Nations d’Europe. Basée sur la solidarité et non sur la « concurrence libre et non faussée ». Il serait probablement plus facile de faire vivre et travailler ensemble des populations se comprenant et ayant des affinités naturelles. Et plus facile de se mettre d'accord à trois qu'à vingt-sept.

- Ce serait toujours mieux que le foutoir actuel. Allez,  At nostri ! Vinum purpuriso !

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France 66 M, Italie 61 M, Espagne 47, Portugal 10,5, Wallonie 3,5, Roumanie 20, soit 208 millions d’habitants et un PB de 10 000 milliards d’euros.

Allemagne 82 M, Pays-Bas 17 M, Flandre belge 7,5, Danemark 5,5, Luxembourg 0,5 Suède 10, Finlande 5,5, Pays baltes, Autriche 8,5, Pologne 39, soit 182 millions d’habitants et un PIB de 6 500 milliards d’euro.


Illustration: merci au regretté Chimulus

 

11/01/2017

Trois Pater, deux Ave Maria et un Big Mac

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Un ami, qui manie le second de gré avec maestria,  m'envoie cette fiction aussi subtile que cynique. Je vous en fais profiter:

 

 

(Chambre Arbitrale des Conflits du Commerce - Piazza Cavour - Rome - Italie 5 Janvier 2022)

Nous sommes, chers amis, le 5 Janvier 2022, exactement dans cinq ans. Et cet imposant bâtiment, le Palazzo di Giustizia, surplombant la Piazza Cavour n'est plus aujourd’hui le siège de l'ancienne Corte Suprema di Cassazione, la Cour de Cassation de la République Italienne.

Simple déménagement, peut-être afférent aux difficultés de l'État italien dans la gestion de son magnifique patrimoine de monuments historiques ? Non, il s'agit de tout autre chose. Et nous allons vous en parler.

Au lendemain de l'adoption le 5 Janvier 2021 du TAFTA (Traité de Libre Échange Transatlantique) entre l'UE et les USA, le Président Jean-Claude Juncker pouvait enfin annoncer, considérable mesure d'économie pour les différents États de l'Union, la mise en congé définitive, dans les 28 pays qui la composent, de toutes les instances judiciaires étatiques traditionnelles et de leurs encombrantes et coûteuses magistratures. La Piazza Cavour allait accueillir d'autres institutions.

Quand on apprend de surcroît, ce n'est pas là notre sujet, que le même Jean-Claude Juncker peinait à ce même moment à se dépêtrer d'un imbroglio judiciaire où il était poursuivi pour trafic d'influence et blanchiment de fraude fiscale à l'échelle de l'Union, on devine l'immense soulagement qui dut l'étreindre en décrétant cette mesure de pure rationalité économique et de souci du bon usage de l'argent public.

Il n'y aurait plus désormais de crimes et de délits, du moins justifiant d'être poursuivis, mais de simples conflits ou différends entre parties. Plus de Tribunal jugeant en fonction de la Loi, cet ancien instrument de la volonté générale, plus de Tribunal, mais des Chambres Arbitrales, arbitrant en fonction du Contrat, cet autre nom dans notre monde néolibéral de l'accord entre deux parties, chacune, dans ce tope-là, espérant obtenir de l'autre la Chose au moindre coût. Le Contrat, a estimé Pierre Gattaz, est tellement plus simple que la Loi. Sage formule. Qui ne s’y rangerait ?

Vous n'êtes pas sans savoir qu'une des dispositions actuellement les plus controversées de ce projet de Libre Commerce Transatlantique serait que désormais toute entreprise ou multinationale s'estimant lésée, au nom de la Concurrence Libre et Non Faussée, lésée par la réglementation ou la norme sociale ou environnementale en vigueur dans un pays signataire, aurait toute latitude de déposer plainte auprès d'une chambre arbitrale ad hoc pour régler le différend. En clair, pour contraindre l'État récalcitrant à réviser sa législation ou sa réglementation.

Plus de loi, plus de juge, plus de tribunal. Mais un contrat et une chambre arbitrale et ses arbitres. Cet autre nom pour parler d'avocats d'affaires véreux. À eux de départir et de condamner si nécessaire.

Nous vous devinons un peu perplexes. Et c'est bien compréhensible. L'entrée en vigueur du TAFTA au 5 Janvier 2021 ? Mais ne nous avait-il pas été dit au tournant des années 2016-2017, que le TAFTA était enterré, jugé par nos gouvernants trop compliqué à mettre en œuvre et trop impopulaire pour être ratifié, y compris par des parlements-croupions, ne parlons pas de référendums populaires. Que le Président Trump le regardait d'un très mauvais œil, ce qui, vu le personnage, semblait de fort mauvais augure pour ce traité de Libre Concurrence et de Libre Échange. Au frontispice duquel était prévu de graver, Jean-Claude Juncker y avait absolument tenu « Liberté chérie, j'écris ton nom ! »

Eh bien, chers amis, on vous avait amusé et abusé. Sitôt les périlleuses et toujours inconfortables périodes électorales de 2017 passées, le TAFTA chassé par la porte était rentré par la fenêtre, toujours négocié secrètement à Bruxelles, jusqu'à cette habile clause rédigée et adoptée par les 28 ministres du Commerce Extérieur, à savoir que le Traité pourrait être mis en œuvre sans avoir été préalablement ratifié. Il suffisait d'y penser.

Au terme de cet un peu long mais nécessaire préambule juridico-économico-politique, il serait peut- être temps de revenir maintenant à la Piazza Cavour, adresse officielle aujourd'hui, depuis un an, de la Chambre Arbitrale des Conflits du Commerce. Adieu la Corte Suprema di Cassazione.

Il vient d'y être arbitrée et expédiée en une matinée d'audience, c'est l'objet de notre chronique, la difficile affaire qui empoisonnait depuis plus de cinq ans les relations jusque-là tout à fait courtoises et de respect mutuel qu'entretenaient le Vatican et McDonald's, le géant américain du fast-food.

Affaire dont nous voulons à tout prix vous rendre brièvement compte.

La dénonciation par Monsignore Ottavio Paolino, grand camérier du Saint-Siège et gestionnaire de la société de biens immobiliers du Vatican, dénonciation du contrat de location autorisant McDonald's et sa gentille mascotte Ronnie à ouvrir leurs échoppes Place Saint-Pierre, à l'entrée de la Basilique. Entre 3 et 5 millions de visiteurs annuels. « Nous n'allons pas laisser tomber tout cela dans l'escarcelle de quelques trattorias » avait estimé Steve Easterbrook, le juvénile et dynamique PDG de la firme au Big Mac, approuvé publiquement, allié de circonstance, par Heinz Clifford, le magnat du ketchup.

Fronde des cardinaux, homélies répétées du Pape François, pétitions des associations de quartiers, processions de pleureuses et de flagellants, émotion et motions au Conseil municipal de Rome, rien n'y a fait.

Déjà chassé de la Piazza del Duomo de Florence en 2016, au motif un peu léger des autorités municipales, que la Piazza était classée au patrimoine mondial de l'Unesco, Steve Easterbrook n'a pas voulu jeter cette fois l'éponge. Puisqu'il y a TAFTA et Chambre Arbitrale, nous irons jusqu'au bout, avait-il décidé.

L'affaire a fait grande émotion lorsque l'on a su que Ronnie envisageait de demander quelque 50 milliards de dollars de dédommagement, préjudice moral compris, avec toutes ses conséquences : la vente aux enchères de la Basilique à un consortium sino-canadien et le Pape François dans l'obligation de rejoindre un ordre mendiant.

Heureuse conclusion. Le différend du Commerce a trouvé ce matin solution à l'audience de la Chambre Arbitrale, avec la concession à Ronnie d'un bail emphytéotique de 99 ans, en échange de la fermeture des fast-foods durant le carême et de la garantie d'un fish and chips sur la carte des menus chaque vendredi.

Lorsque l'entente est possible, fol est qui ne s'y prête.

 

Jean Casanova


Photo X - Droits réservés

08/01/2017

Il fait froid ! Pour vous réchauffer, faites l'andouille.

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L’andouille au Côte-du-Rhône

 

Il fait froid dites-vous ? C'est normal : c'est l'hiver !

Protégez-vous la couenne avec des pull-over

Réchauffez-vous le cœur d'un début de biture,

Tapissez-vous la tripe de saines nourritures :

Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes en rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le plat bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

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Photo X - Droits réservés

07/01/2017

Ouiquinde érotique sous le signe de Lesbos

 

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Amours de femme


Oui, ce sont des regards de femme
Que cherche son regard brûlant,
Elle a soif de l'ardeur infâme
Qu'une autre sait mettre en son flanc.

Les yeux hagards, le trouble à l'âme,
La langue aux lèvres se collant,
Chacune tour à tour se pâme,
Se tord et retombe en râlant.

Bientôt leur tendresse lascive,
Comme une chaîne qui les rive,
Dresse dans l'ombre leurs tombeaux ;

Et sur la pierre, quand arrive
Le soir à la marche craintive,
Pleurent les filles de Lesbos.


(1884)

Albert Sémiane

 

 

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02/01/2017

Ras le hanap de ces vins trop lourds qui veulent péter plus haut que leur cru.

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Nous avons largement festoyé ces derniers jours. Et Sa Majesté le Vin a été l’un des indispensables rois de la Fête.

Seulement voilà : les vins actuels titrent quasiment tous au-dessus de 13 degré alcoolique. Les vignerons sont à côté de la plaque avec leurs vins hyper alcoolisés. Il fut un temps où seul le Châteauneuf, voire le Gigondas tangentaient les 13,5 ou 14°. Maintenant, le moindre vin de pays affiche son 13,5°. Aberration énorme ! Comment voulez-vous, amis vignerons, que nous buvions ça ? Les temps ont changé, les lois routières aussi, il faut vous adapter !

Les vignerons subissent une crise qu’ils ont eux-même, en partie, généré. Ceci avec le système de paiement des coopérateurs au degré-hecto qui a formé – ou plutôt déformé – les mentalités et régit les pratiques pendant des décennies. Ce système faisait que pour un volume déterminé, plus le degré était fort, plus le vigneron gagnait d’argent. Résultat : des encépagements qui pissent du degré, des vendanges en surmaturation, etc. Nos amis vignerons rétorquent : « Oui mais le soleil… oui mais la chaleur… ».

Qu’ils se débrouillent ! Qu’ils replantent des aramons ! Ce sont eux les professionnels, eux qui paient (fort cher) les services d’oenologues sortis du même moule influencé par l’ignoble Parker, le fossoyeur de la viticulture française de qualité. Ces oenologues ont fait en sorte qu’il n’y aie plus de mauvais vins, mais il n’y en a plus de grandioses… Les vignerons d’antan manquaient souvent une cuvée, mais ils nous concoctaient parfois des nectars sublimes. Maintenant il n’y a plus que des vins corrects, sans plus. Et surtout qui cachent leurs défauts derrière un degré d’alcool aberrant. Les grands Pétrus ne titre pourtant que rarement plus de 12°…

Les professionnels du vin sont évidemment préoccupés par ce dilemme : le réchauffement climatique augmente la teneur en sucre donc en alcool, mais la clientèle réclame des vins faciles à boire, plus léger en alcool.

Les vignerons ont à leur disposition plusieurs techniques pour empêcher que le degré d’alcool ne s’élève trop : vendanger plus tôt, avant complète maturité. Mais cela peut être gênant sur certains vins. Si l’on veut que le fruit s’exprime, que le vin soit souple, élégant, il faut que le fruit soit mûr…

Il y a aussi maintenant des techniques de désalcoolisation partielle des vins :

- Le procédé REDUX de réduction de la teneur en sucre des moûts. Ce procédé, proposé par la société Bucher-Vaslin, associe ultrafiltration et nanofiltration pour éliminer une partie du sucre contenu dans le moût. Cette technique ne permet pas de dépasser une baisse de degré supérieure à 2 % vol. Les vins obtenus par ce procédé sont de bonne qualité avec des équilibres en bouche très intéressants. Les profils aromatiques de ces vins sont proches des vins sans traitement issus de la même date de récolte, contrairement aux vins issus de récolte précoce mais de même degré. Le principal inconvénient de la technique est une perte de volume importante : environ 7 % pour 1 % volume d’éthanol éliminé.

- Le procédé Spinning Cone Column (SCC) ou colonne à cônes rotatifs (CCR). Une fraction du vin passe une première fois dans une colonne à 30°pour en extraire les composés très volatils (arômes) puis une deuxième fois pour éliminer l’alcool de cette fraction désaromatisée. L'extrait aromatique est alors réintroduit, puis cet ensemble est réintégré dans l’ensemble du vin traité. On descend ainsi le degré final d’alcool du vin à la demande.

- Le procédé de désalcoolisation membranaire Memstar. Ce procédé est basé sur la nanofiltration par le double passage du vin à travers une membrane. Un premier passage permet d’extraire un liquide eau-alcool. Un second passage à travers des membranes hydrophobes permet d’extraire l’alcool. Là encore les extraits aromatique récupérés au premier passage sont réintroduits.

Les techniques existent, encore faut-il que les professionnels les adoptent et que les législations les intègrent. C’est à la filière viticole de faire le nécessaire auprès des pouvoirs publics, tant nationaux qu’européens.

La filière viticole est organisée par les syndicats professionnels et par les Comités interprofessionnels qui regroupent les vignerons indépendants, les vignerons coopérateurs (à travers leurs représentants), les négociants, les courtiers. Bien. C’est très positif de s’organiser. Seulement voilà, il manque le maillon LE PLUS IMPORTANT de la filière. Celui sans qui tous ceux qui sont en amont travaillent pour rien. Je veux parler évidemment du BUVEUR DE VIN ! Celui qui sort ses sous de sa poche pour acheter les produits que concoctent amoureusement les autres. C’est son avis à lui qui compte. C’est lui le roi : il achète ce qui lui plaît, et pas ce que la filière vigneronne veut lui faire acheter. Croyez-vous qu’on lui demande son avis ? Pas du tout. Il n’existe pas, ce cochon de payant. Alors il ne faut pas s’étonner s’il va chercher ailleurs des vins qui lui conviennent.

Nous — buveurs de vin, fiers de l’être, pas ivrognes du tout, amateurs militants des bonnes choses de la vie, disciples vénérables de Bacchus — voulons retrouver des vins plaisir, des vins de soif, des vins légers comme une caresse de jeune fille, des vins spirituels et pas spiritueux, des vins dont un verre en appelle un autre.

Ce que nous ne voulons plus, ce sont des vins assommoirs, des vins fabriqués par des « vitiplanchistes » ayant tous le même goût d’infusion de parquet.

Amis vignerons, faîtes-nous de nouveau plaisir. Arrêter de tous vouloir faire des vins qui veulent péter plus haut que leur cru !


Liens : http://www.vignevin-sudouest.com/publications/fiches-prat...

http://avis-vin.lefigaro.fr/magazine-vin/o28431-vin-et-cl...


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01/01/2017

Qui veut de mes voeux baveux tirés par les cheveux ?

 

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Je nous souhaite non pas une bonne année, c’est trop restrictif, mais de BONNES ANNÉES, ou des bonnes à nez.

Je nous souhaite que notre viande – pas celle qui nous nourrit, celle qui nous constitue - soit saine. Enfin, la plus saine possible.

Je nous souhaite que nos cervelles fument bien et de moins puer du cerveau que des pieds.

Je nous souhaite que la bouffe soit bonne, abondante et variée.

Je nous souhaite que notre très large soif  puisse toujours s’étancher avec les meilleurs de nos vins.

Je nous souhaite que l’amitié, la fraternité, la sororité, la générosité, la tolérance nous réchauffent.

Je nous souhaite que l’amour nous fasse chanter la viande dans une lumière bleue où crépitent des étincelles d’or.

Je nous souhaite à tous, nous les Humains, poussières d’étoiles ou fiente du cosmos, des palanquées de bonheurs.

Le bonheur, toujours furtif, dont on s’aperçoit – comme disait Prévert - qu’il existe au bruit qu’il fait lorsqu’il s’en va.

 

Bonnes années et longo maï.

A l’an qué vèn

E qué si sian pas maï,

O men siguèn pas mens !

 

Illustration: merci à Geluck

31/12/2016

Bonnes années ! On peut toujours rêver...

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   2 comme les couillons, comme les gendarmes

   0 comme les quinquennats de Hollande et de Sarko

   1 comme tous les as

   7 comme les jours de la semaine, les salopards...

 

Illustration: merci à Dubus

30/12/2016

RACISME SANS FRONTIERE...

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Le e-magasine « Tunisie Numérique » relate un fait divers sanglant qui donne une image désolante de ce pourtant si sympathique et si courageux pays, la Tunisie.

«  Le 24 décembre 2016, trois congolais (un jeune homme et deux jeunes femmes) se sont faits agressé au niveau du Passage à l’arme blanche par un tunisien. Le jeune homme a pu s’en sortir avec quelques blessures au bras droit grâce à sa veste qui l’a protégé. Les deux jeunes femmes ont été bien moins chanceuses puisque l’une est actuellement en réanimation tandis que l’autre, gravement blessé au couteau au niveau du cou et du visage, est entrée dans le coma. » …/… (suite de l'article ici

Cette agression est largement commenté par l'excellent magazine africain « Jeune Afrique » qui publie des témoignages édifiants sur le racisme subit par les Noirs au Maghreb. Qu'on en juge :

Paul Laurent Nyobe Lipot, 24 ans, étudiant camerounais à Sfax :

« Étudiant en génie pétrolier dans une école d’ingénieurs à Sfax, je suis également vice-président de l’association des étudiants et stagiaire camerounais en Tunisie (AESCT) et je souffre malheureusement régulièrement  d’actes, d’agressions et de paroles racistes à cause de ma couleur de peau. Ceux-ci peuvent aller de l’injure publique (« guira-guira » en référence au singe, « kahlouch » qui signifie « noir » au sens péjoratif, et j’en passe) à l’humiliation (pincement du nez pour signifier qu’on sent mauvais, moqueries gratuites, refus de s’asseoir à côté « du noir », des chauffeurs de taxis qui ne veulent pas faire monter de noirs, etc.)

Un matin, alors que j’allais en cours, des jeunes sur une moto se sont mis à m’insulter. Habitué à ces mots, je n’ai pas daigné répondre aux provocations. Ils sont alors revenus vers moi et m’ont lancé des œufs pourris. Je n’ai pas eu la force d’aller en cours ce jour-là… Et ce racisme se fait aussi parfois ressentir dans le domaine de la santé. Un jour par exemple, j’ai dû conduire une jeune étudiante camerounaise dans un centre spécialisé pour interrompre une grossesse non désirée – l’interruption volontaire de grossesse est légale en Tunisie depuis 1973. Les médecins ont refusé de lui prescrire des pilules abortives pour la simple raison qu’elle n’était pas, je cite, « arabe ».

Tout cela nous donne l’impression d’être des sous-hommes en Tunisie. Il est affligeant d’entendre les Tunisiens parler de l’Afrique comme si la Tunisie était un pays non-africain, ou de percevoir encore l’Afrique subsaharienne comme une zone de pauvreté dans laquelle les habitants n’ont aucun pouvoir d’achat. Loin de moi l’idée d’accabler tous les Tunisiens, et je garde aussi de bons souvenirs de l’hospitalité avec laquelle j’ai été accueilli, je suis fier d’apprendre auprès de ce peuple révolutionnaire.

Aujourd’hui, la Tunisie a le courage de prendre le problème au sérieux et la société civile agit pour tenter de faciliter notre intégration. La récente réaction du gouvernement est à louer, car il a enfin décidé de rompre avec la pratique du mutisme. Mais beaucoup reste encore à faire… »

Imen Guenich, 21 ans, étudiante tunisienne à Tunis :

« Ma couleur de peau n’a jamais représenté un handicap pour moi, mon quotidien ressemble à celui de toutes les jeunes Tunisiennes de mon âge. On me prend par contre souvent pour une étrangère. Plus petite, je subissais les moqueries de mes camarades de classe sur ma couleur de peau. Je sentais bien que j’étais différente et je trouvais cela injuste. Je reçois aussi parfois des réflexions et des surnoms désagréables dans la rue.

Mais avec le temps, je m’y suis habituée et j’ai même appris à en rire. Cela m’a poussé à constamment m’interroger : pourquoi le Tunisien a-t-il une image unidimensionnelle de la Tunisie ? Pourquoi, avec mes cheveux frisés et ma peau ébène, je ne peux représenter la beauté tunisienne ou arabe ? La lutte contre la discrimination raciale est principalement une lutte contre des mentalités individuelles et collective (société civile, médias, État). L’État doit d’ailleurs intervenir en premier lieu au niveau de l’éducation, car je me souviens d’ « Amadou », l’unique personnage noir des manuels scolaires désigné comme un « Africain »… comme si la Tunisie faisait partie de l’Union européenne !

La Tunisie doit pénaliser la discrimination raciale car aujourd’hui encore, au nom du racisme, des personnes agressent, volent, braquent, insultent, humilient et ségrèguent des personnes compétentes qui ont du mal à pratiquer certains métiers comme animateur télé ou hôtesse par exemple. »

On peut lire l'intégralité de l'article ici  :

Au fait, en France, la personnalité préférée des Français, c'est Omar Si et avant lui ça a longtemps été Yannick Noa.

 

Illustration: Merci à Titouan Lamazou

 

A lire aussi :

Racisme : au Maghreb, les Noirs sont-ils des citoyens comme les autres ?

Racisme en Tunisie : Saadia Mosbah, l'indignée

Tunisie : des ONG proposent une loi pour criminaliser le racisme

"Ni esclave, ni nègre" : coup d’envoi de la première campagne transmaghrébine contre le racisme

 

29/12/2016

Au bistro de la Toile : extases…

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- Oh Victor! T’as les yeux en couilles d’hirondelles après ces Fêtes. C’est le petit Jésus qui t’a mis dans cet état ? Où la sainte Vierge ? Où alors t’as trop tété le vin de messe ?

- Y a un peu de tout ça Loulle. Le vieux mécréant que je suis a, comme la plupart de nos compatriotes, été élevé dans la religion catholique. Chez nous, mon père jurait gras, et c’était plus une tradition qu’une conviction. Alors lorsque j’étais minot, comme tout le monde, on m’envoyait à la messe et au catéchisme, dans une chapelle plus petite que la grande église du patelin. C’était le jeudi matin. Avec mon pote Davide, nous nous installions devant la Madone et nous la fixions d’un regard extatique. Parce que nous l’aimions la belle Madone. D’un amour physique, charnel en quelque sorte. Nous trompions Saint-Joseph avec sa bourgeoise, la belle Marie, rejoignant en cela le Saint-Esprit qui devenait ainsi en quelque sorte notre beau-frère.

La chapelle en question était occupée pour moitié par le tombeau de ce brave Innocent 5 ou 6 - j’ai retenu la marque mais pas le millésime - qui, en son temps, fut pape à Avignon. C’était un monument de pierres et de stuc, haut, avec un ciel de lit ajouré par des dentelles de pierres et, allongée, mains jointes sur la poitrine, la représentation du client qui était à l’intérieur du tombeau. Il avait une bonne gueule, avec sa tiare comme un saint-honoré à la crème posée sur la tronche et qui lui donnait un petit air mystérieux devenant franchement égrillard selon la lumière. Nous lui mettions parfois une fleur à la bouche, ce qui égayait sa posture éternelle.

Allongé comme il était, Innocent – pas si innocent que ça - semblait mater sous les jupes de Marie. Une vierge superbe, polychrome, dégageant délicatement un téton pour donner la gamelle à son minot. Le mouvement qu’elle faisait pour assurer le repas au fils putatif de Joseph l’obligeait à un déhanchement bien suggéré par les plis du drapé de son long voile. Merde, on la trouvait bandante la Marie !, Davide et moi Nous nous mettions contre le tombeau d’Innocent, planqué ainsi des regards directs du curé Tressy, au boulot devant l’autel. Et nous imaginions ce qu’il y avait sous la longue robe bleue. Les nichons, le cul, le ventre, les poils, la myntch de la Marie… Autant d’images sacrilèges qui hantaient nos esprits enfiévrés. Et lorsque Brespin, l’enfant de cœur de service, secouait son machin à encens, l’odeur envoûtante nous en suggérait une autre que nous supposions bien plus capiteuse : celle qui devait régner sous les voiles de la Marie ! Immanquablement, nos habitudes reprenaient le dessus : par les poches trouées de nos pantalons courts, nous nous astiquions l’asperge en tendant nos narines frémissantes vers la belle jeune mère de famille que nous couvions de regards enamourés.

C’est là, planqué par un vieux pape complice que nous a été donnée la révélation - non pas de l’existence de dieu, on s’en foutait complètement, Davide et moi - mais du plaisir, en retirant, après un spasme délicieux, libérateur et tellement nouveau, une main poisseuse de nos premiers jus d’hommes !

- Ben, mes saguoins ! Si tu vas en enfer, tu l’auras pas volé !

- J’espère bien Loulle. J’y connaîtrais du monde. Et en plus, c’est chauffé ! Tè ! Je lui ai fait un sonnet à la belle Marie :

Tu as su, ô Marie, toi si belle, si femme,

Illuminer mon cœur, et mon corps, et mon âme.

Ta sensualité a enflammé mon sang,

Je t’ai aimé d’amour, à l’ombre d’Innocent.

 

La douceur de ton sein, la courbe de tes hanches

L’éclat malicieux de tes grands yeux pervenche

Le parfum de ta chair, ta douce carnation

Ont allumés en moi le feu de la passion.

 

Oui, j’ai joui de toi, de tes parfums intimes

Et quand viendront pour moi les angoisses ultimes

Un sourire de toi calmera mes tourments,

 

Moi qui t’aimais d’amour, moi qui fus ton amant.

Une telle passion vaut quelques privilèges,

Car quand le cœur est pur, où est le sacrilège ?



27/12/2016

Paul Hueur et Paul Hué s'engueulent.

 

 

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- Oh là ! Sieur Paul Hué, vos vaches pètent trop

Il vous faudra réduire leurs délires ventraux

Car leurs rots et leurs pets, ce sont du gaz méthane

Qui risque de changer nos prairies en savanes.

- Oh là ! Sieur Paul Hueur, rengainez vos leçons !

Que sont nos pets de vaches comparés au boxon

Que génère sur terre l’hyper consommation

De vos sociétés, vos « civilisations »

Basées sur le paraitre et sur le racolage,

Sur l’avoir plus que l’être, et où le gaspillage

Est le mode normal de concevoir la vie,

Où l’on prend, casse et jette au gré de ses envies.

- Notre mode de vie n’est pas négociable

Vous feriez comme nous si vous étiez capables !

De quoi donc rêvez-vous dans vos sombres gourbis ?

De bagnoles, de viandes, d’alcools, de beaux habits,

De maisons confortables à l’air conditionné,

De piscines, de plages, de routes bétonnées.

D’ailleurs que faites-vous quand vous avez des thunes ?

Une station de ski au milieu de vos dunes…

- Qui nous pollue la tête avec ces âneries ?

Vos programmes télé avec leurs konneries.

N’avons-nous pas le droit d’être aussi kons que vous ?

Nous marchons sur vos traces, cependant, je l’avoue,

Ces travers me désolent et me mettent en rage

Mais avant d’arriver au niveau de carnage

Que vous faites subir à l’environnement

Nous avons de la marge pour vivre décemment.

Quand un Indien produit une tonne de carbone,

Vous, les Zétazuniens en produisez vingt tonnes

Et dix tonnes en Europe. Mais zéro en Afrique !

C’est à vous d’arrêter vos pollutions chroniques !

- De quoi vous plaignez-vous ? Vous êtes bien contents,

Sûrement pas le peuple, mais vous, les dirigeants

D’accepter nos déchets à pleines palanquées

Car nous vous payons cash pour que vous les planquiez,

Qu’ils soient radioactifs, domestiques ou chimiques !

Euros, yens ou dollars, tout est bon pour vos cliques…

- Taisez votre cynisme, et gardez vos poubelles.

Car par la corruption vos actions criminelles

Saccagent nos contrées, empoisonnent nos gens,

Les poussent à émigrer pour trouver quelque argent.

C’est vous qui polluez depuis bientôt deux siècles.

Vous voudriez en plus nous imposer vos règles ?

C’est à vous de payer ! Vous tuez la nature

Et voulez que ce soit nous qui fassions ceinture ?

Le monde va crever ? Nous n’y sommes pour rien !

Si vous ne casquez pas, on ne répond de rien…

 

VictorAyoli

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

26/12/2016

Gastronomie de lendemain de bringue : « l'aïgo boulido »

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L'aïgo boulido

Sauvo la vido

Ainsi dit-on en terres provençales

Lorsqu'après les agapes calendales

L'estomac demande grâce

Tripes et foie aussi, hélas...

Lorsque l'esprit se trouble,

Et lorsque l'on voit double.

Il s'agit d'un soupe très, très facile à faire

Qui chasse les miasmes des fêtes calendaires,

Faites bouillir un litre d'eau salée

Et dès l'ébullition, arrêtez sans délai,

Jetez dans le liquide frémissant, apaisé,

Six à huit gousses d'ail épluchées, écrasées,

Une branche de sauge, du thym, du romarin

Deux feuilles de laurier, poivre et sel marin.

Vous couvrez et laissez infuser dix minutes.

Respirez les fragrances s'échappant en volutes !

Mettez dans les assiettes des croûtons frottés d’ail,

Du gruyère râpé, pas d'autres victuailles.

Versez votre bouillon, soupe peu nutritive,

Parfumée, à la fin, de bonne huile d'olive.

 

Ingrédients pour six personnes :

Un litre d'eau, sel, poivre, six gousses d'ail, sauge, thym, romarin, laurier, gruyère ou emmental râpé, croûtons frottés d'ail, huile d'olive.

 

Boissons pour accompagner :

Rien !

 

Photo X - Droits réservés

 

24/12/2016

La crèche et le premier Réveillon selon Sein-Cavanna

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Résumé des chapitres précédents.

Par dessein politique plutôt que par passion amoureuse, Dieu séduit la vierge Marie et lui fait un enfant. Joseph, fiancé de la jeune fille, prend d’abord mal la chose. Mais au fond c’est une bonne pâte et il se résigne au ménage à trois, quoiqu’il ne puisse se débarrasser tout à fait de l’habitude d’ouvrir les placards pour voir si Dieu, en caleçon, n’y est pas caché. La vierge Marie accouche dans des conditions d’hygiène déplorables. Le petit Jésus naît de père inconnu. Jusqu’ici, tout ça n’est pas très moral. C’est parce que Dieu n’est pas encore chrétien. Patience !

 

 .../...

 1. Et après que les anges se furent retirés dans les profondeurs du ciel, les bergers s’entre-regardèrent et se dirent les uns aux autres  : « Mouais… »

 2. Et ils dirent encore : « Bof ! » Et puis : « Allons toujours voir, ça ne peut pas être plus moche qu’ici. » Et ils descendirent tous à Bethléem, et quant aux moutons, qu’ils se gardent donc tout seuls, on ne peut être partout à la fois.

 3. Et les bergers furent dans Bethléem, et ils cherchèrent la crèche, et voici. Des crèches, ce n’est pas ce qui manquait, à Bethléem.

 4. Et toutes ces crèches étaient pleines de gens venus pour le recensement et qui n’avaient pu trouver de place dans l’hôtellerie.

5. Et parmi ces gens il y avait une grande quantité d’enfants nouveau-nés, car la fin décembre vient juste neuf mois après le début d’avril, qui est l’époque charmante des fleurs nouvelles et de l’herbe douce, et aussi l’époque où le bas-ventre des hommes se pousse de la tête en avant comme un bélier fougueux, et aussi l’époque où les talons des femmes deviennent ronds et peu stables et les font basculer en arrière.

 6. Et, devant cette abondance de Sauveurs, les bergers furent embarrassés. Et ils entraient dans toutes les crèches, et ils demandaient : « Le Sauveur, c’est ici ? On vient pour la chose de l’adoration. »

 7. Et les gens entassés dans les crèches répon­daient : « On connaît, le coup du Sauveur ! Pas­sez votre chemin, va-nu-pieds, il n’y a plus de place ici. » Et ils leur jetaient des trognons de choux et des excréments.

 8. Et les bergers furent découragés, et à la fin il ne restait qu’une seule crèche à visiter.

 9. Or cette crèche était celle où étaient Joseph, Marie et le petit Jésus. Elle se trouvait à l’autre bout de la ville, dans les faubourgs, c’est pourquoi ils ne l’avaient pas encore trouvée. Et, la voyant, ils la reconnurent aussitôt.

11. Car il y avait un écriteau à la porte, et cet écri­teau disait :

VENEZ VOIR

en chair et en os,

le seul, le véritable, l’incomparable MESSIE

Fils de Dieu,

Vraie Vie de Vraie Vie,

Lumière de Lumière,

Flambeau de Flambeau,

dit aussi

CHRIST

et

VERBE

et

AGNEAU DE DIEU

La seule bête au monde

à être née d’une vierge.

(On peut voir et toucher.)

Une stupéfiante curiosité de la nature.

Entrée : 1 drachme

Militaires et bonnes d’enfants  : demi-tarif.

12. Et tout autour il y avait des écriteaux plus petits qui disaient : « UNIQUE ! » « SENSATIONNEL ! » « RENVERSANT ! »,

13. Et Joseph, devant la porte, criait : « Entrez, entrez ! Le spectacle va commencer ! »

14. Et les bergers virent cela, et ils dirent : « Mais nous n’avons pas de drachmes ! Nous sommes de pauvres bergers. »

15. Et Joseph dit  : « Ah, c’est vous, les bergers ? Vous n’êtes pas en avance ! Pour les figurants, c’est par la porte de derrière. Faites le tour. »

16. Et les bergers entrèrent dans la crèche, et ils virent l’enfant Jésus sur sa paille, et ils s’agenouillèrent en rond tout autour de lui, et ils lui offrirent les cadeaux qu’ils avaient apportés.

17. Or les uns avaient apporté du fromage de brebis, d’autres de la laine de brebis, d’autres du pot-au-feu de brebis, d’autres des yeux de brebis pour jouer aux billes, d’autres du placenta de brebis pour faire des farces sales, d’autres des cornes de brebis pour jouer au cocu, d’autres des intestins de brebis pour faire des préservatifs, d’autres des crottes de brebis pour remplacer les olives dans le Martini, d’autres des têtes de brebis pour faire des lampes de chevet, d’autres des anus de brebis pour faire des bagues de fiançailles,

18. Et les petites bergères aux joues rondes, qui n’avaient rien apporté parce que les brebis étaient plus fortes qu’elles, retroussaient leur petite jupe et montraient leur zizi à l’enfant Jésus pour le faire rire.

19. Et les passants qui passaient payaient une drachme, et ils entraient dans la crèche, et ils voyaient toutes ces merveilles, à savoir :

20. Le petit Jésus sur sa paille qui riait aux anges à cause des zizis des bergères, et la Sainte Vierge qui faisait voir sa virginité et pour ceux qui voulaient toucher c’était une drachme de plus, et les bergers alentour qui jouaient au poker les troupeaux de leurs maîtres, et le Saint-Esprit qui volait comme un fou et se cognait aux poutres parce qu’une chouette voulait le sodomiser, et Joseph qui expliquait bien tout et qui disait à la fin : « Voilà. La visite est terminée. N’oubliez pas le guide, s’il vous plaît. »

21. Or le bœuf et l’âne étaient tout resserrés dans un coin, et ils pensaient dans leurs têtes de bœuf et d’âne des pensées de bœuf et d’âne, et ces pensées étaient moroses, et ces pensées étaient telles :

22. « Ce dieu des hommes ne manque pas d’un certain culot pour venir ainsi naître dans une étable habitée sans même demander leur avis aux habitants,

23. Et pour souiller leur litière toute fraîche de sang noir et de placenta, sachant bien qu’il n’y a rien de répugnant pour des animaux herbivores.

24. Et ils se disaient encore que tous ces gens qui piétinaient leur bonne paille avec leurs pieds sales, et qui prenaient toute la place, et qui gueulaient à tue-tête leurs alléluias, et qui brûlaient des choses qui puent dans dès trucs j : dorés, qu’auraient-ils pensés, ces sans-gêne, si le dieu des bœufs, ou celui des ânes, avait décidé de naître - d’une ânesse ou d’une vache vierge, cela va sans dire - au beau milieu de leur salle à manger, hein, hein ?

25. Et l’âne dit au bœuf, dans son langage d’âne : « En vérité, en vérité je te le dis, frère bœuf, ceci ne saurait contenir rien de bon pour nous. Quand les hommes se réjouissent et honorent leurs dieux, c’est en premier lieu les bœufs qui en font les frais, et aussi les veaux, les moutons, les oies, les dindes et les poulets. Et l’âne a beau être un animal impur, sa graisse est bien assez pure pour faire des bougies. »

  26. Et le bœuf et l’âne sentirent la crainte tordre les boyaux de leur ventre, et ils fientèrent leur fiente suivant l’usage et la coutume de leur espèce, savoir  : l’âne crottant son crottin, le bœuf bousant sa bouse.

27. Or la foule dans la crèche était toujours plus nombreuse, et à la fin quelqu’un dit : « C’est ce bœuf et cet âne qui tiennent toute la place. Et ils répandent sur nous leur fiente de puanteur et de calamité. »

28. Et ce quelqu’un dit encore : « Écoutez, ô frères qui croyaient en Jésus, j’ai une idée. Tuons le bœuf et faisons-le rôtir, et faisons un banquet en l’honneur de tout ça. »

29. Et il dit encore : « Quant à l’âne, tuons-le aussi, bien qu’il soit impur, et prenons sa graisse, elle sera bien assez pure pour fondre des bougies. »

30. Et tous les autres dirent « Alléluia ! » et ils tuèrent le bœuf et l’âne, et ils firent rôtir le bœuf, et ils fondirent l’âne en bougies, et les bergers coururent chercher leurs moutons, et l’on tua les moutons, et on les fit rôtir, et d’autres allèrent quérir des volailles de toute sorte selon leur espèce, et d’autres rapportèrent des marrons pour les coudre dans le tendre ventre des volailles,

31. Et d’autres coururent jusqu’à la mer salée, et ils plongèrent dans la mer, et ils arrachèrent l’huître pensive à son rocher natal, et d’autres rapportèrent des tonneaux de vin,

32. Et l’on mangea, et l’on but, et l’on rota, et l’on vomit, et au dessert on distribua des chapeaux de papier, et des serpentins, et des mirlitons dérouleurs, et l’on se mélangea un peu dans la paille, et le lendemain tout le monde fut malade, et on en parla pendant toute une année,

33. Et ce fut le premier réveillon.

 

Illustration: Merci à Delize

23/12/2016

Hosannah! Hosannah! La Nativité selon Sein-Cavanna

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La Nativité selon Sein-François Cavanna

/...

1. Or Joseph vit le ventre de Marie, et il demanda : « Qu'est cela ?»

2. Et Marie lui répondit qu'il ne devait pas aller imaginer je ne sais quelles bêtises, que ce n'était pas du tout ce que n'importe quel imbécile pourrait penser à première vue, qu'il fallait examiner tout ça bien posément entre gens civilisés, et d'abord prends donc un siège et bois un petit coup de ratafia, et ne quitte pas ta laine, te voilà tout en nage, un chaud et froid est si vite attrapé. Là ... Voilà, mon gros Jojo, encore une petite goutte ?

3. Et elle lui raconta l'ange, et l'opération du Saint-Esprit, et le tressaillement de l'enfant dans sa cousine, et les Prophètes qui avaient prédit tout ça mot pour mot, si, si, je t'assure, tu n'as qu'à regarder toi-même, tel et tel chapitre, tel et tel verset, les hommes vous êtes bien tous les mêmes, vous faites des tas d'histoires pour les choses les plus simples.

4. Et Joseph retourna dans sa maison, et il n'était pas sûr d'avoir tout compris, et il se coucha en pensant à tout ça dans sa tête, et il se disait que c'était bien la peine d'avoir attendu si longtemps avant de se marier pour se faire finalement faucher sa fiancée par le Seigneur, un type encore plus vieux que lui, si on veut aller par là.

5. Et puis il s'endormit. Or un ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, tout ce que t'a dit Marie est vrai. Ne crains point de la prendre pour épouse, car ce qu'elle a conçu se trouve en elle par l'opération du Saint-Esprit .

6. Et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus afin que soit accompli ce que le Seigneur Dieu a dit par Son prophète : « Voici. Une vierge sera enceinte, et elle enfantera un fils, et on le nommera Emmanuel, ce qui signifie : Dieu avec nous ». (Jésus ou Emmanuel ? Si vous trouvez que tout ça ne fait pas très sérieux, reportez·vous à l'Évangile selon saint Matthieu, l, 21-22-23.)

7. Alors Joseph fut convaincu. Et il se dit en lui-même que, bof, puisqu'il était écrit qu'il fallait qu'il y passe, autant que ce soit par le Seigneur.

8. Et il se dit encore qu'il s'en tirait même plutôt bien, car les Prophètes auraient tout aussi bien pu écrire qu'il devait l'être par le facteur.

9. Et, sur son élan, il continua à penser dans sa tête - la pensée, c'est comme ça quand on commence on ne sait jamais où ça va vous emmener - que la Bible tout entière n'avait été écrite que pour prédire par qui il serait fait cocu, lui, Joseph.

10. Et, certes, c'était pas tout le monde qui pouvait en dire autant.

 

1. Et donc Joseph épousa la vierge Marie.

2. Or; les premiers temps, il était un peu gêné, à cause du gros ventre de la jeune épousée, et à cause des gens qui le montraient du doigt et riaient sur lui.

3. Et Joseph dit aux gens: «Sachez que cette femme, mon épouse, est vierge comme le jour où sa mère la mit au monde. Et je ne l'ai moi-même jamais touchée, bien qu'elle soit mon épouse devant la loi.

4. Or les gens rirent de plus belle. Alors Joseph leur dit : «L'ange m'a très bien expliqué cela, mais je ne me rappelle pas tout. Cependant, je peux vous faire voir. »

5. Et Joseph emmena les gens dans sa maison, et il pria Marie de leur faire voir sa virginité, et c'était une très belle virginité, car Marie était fort brune et bien dodue

6. Et les gens s'étonnèrent, et ils n'en crurent pas leurs yeux, et ils dirent : «Nous n'en croyons pas nos yeux !»

7. Et Joseph leur dit : «Vous pouvez toucher. Mais n'appuyez pas trop fort, s'il vous plaît. »

8. Et les gens touchèrent, et ils furent convain­cus.

9. Et ils allèrent partout portant la bonne parole.

10. Mais certains, dont le cœur était perverti, dirent que peut-être c'était là le résultat d'un coït contre nature qui aurait défoncé une cloison d'entre les fragiles cloisons que l'Éternel a placées entre l'orifice excrémentiel et la porte des bénédictions. Le monde est si méchant.

10. Quoi qu'il en soit, les gens accoururent toujours plus nombreux pour voir et toucher la virginité de Marie, et Joseph la leur montra volontiers moyennant une modeste participation aux frais fixée à une drachme par per­sonne.



1. En ce temps-là, l'empereur César Auguste fit publier un édit afin que l'on effectuât le dénombrement des habitants de toute la Terre.

2. Or chacun devait aller se faire recenser à l'endroit d'où était issue sa famille.

3. Et donc Joseph quitta la ville de Nazareth, où il demeurait, et s'en alla en Judée, à Bethléem, car il était de la race de David,

4. Et Marie, son épouse, partit avec lui.

5. Et pendant qu'ils étaient à Bethléem, le temps auquel elle devait accoucher arriva.

6. Or il n'y avait point de place à l'hôtellerie, à cause de la grande affluence du recensement, et ils finirent par s'installer dans une étable.

7. Et Marie accoucha, et elle eut très mal, car le passage n'avait point été ouvert et assoupli par l'action du membre de l'homme, ainsi qu Il est d'usage,

8. Et elle pensa que si Dieu avait voulu Se faire un petit peu souffrir pour sauver les hommes, c'était Son affaire,

9. Mais que ce n'était en tout cas pas une raison pour la faire souffrir plus que son compte, elle à qui l'On n'avait pas demandé son avis.

10. Et tout ça parce que Monsieur ne voulait pas naître comme tout le monde, et qu'il fallait toujours qu'Il Se fasse remarquer !

11. Ça prétend vouloir partager le destin des hom­mes, et vivre, et souffrir, et mourir comme un homme ordinaire, et Ça commence par naître d'une vierge, comme si c'était vraiment là le cas de tout un chacun, je vous demande un peu !

12. Ah, là là, ces aristocrates, quand ça veut jouer au peuple, c'est bien tous les mêmes, Trianon et compagnie.

13. Or il y avait dans la crèche un âne, et il y avait aussi un bœuf.

14. Et c'était la divine Providence qui les avait mis là afin que le petit eût de quoi se nourrir.

15. Car la divine Providence est comme ça : pleine de bonnes intentions, mais pas très renseignée.

16. Et l'âne et le bœuf essayèrent de toutes leurs forces d'avoir du lait, mais ils eurent beau pousser, ce n'est jamais du lait qui sortit. Les miracles, ça ne fonctionne que quand on n'en a pas vraiment besoin.

17. Or il y avait une campagne autour de Bethléem, et dans cette campagne il y avait des bergers qui gardaient leurs moutons.

18. Et les moutons faisaient une mine renfrognée, et ils bêlaient des bêlements mécontents, car on était dans la nuit du 25 décembre, et il n'est pas coutume d'emmener paître les moutons au cœur de l'hiver, et ils ne trouvaient à brouter que de la neige, et ils se gelaient les pattes,

19. Mais la divine Providence s'était avisée au dernier moment que ce serait plus joli avec des bergers, et alors elle avait arrangé ça en vitesse, et en effet c'était très joli très réussi, et il faut avoir le cœur bien sec pour aller chicaner sur des détails.

20. Tout à coup, une grande lumière entoura ces bergers, et du firmament descendirent des légions d'anges aux trompettes éclatantes.

21. Et les bergers, voyant cela, furent saisis d'une grande peur, et ils cachèrent derrière leur dos les gigots des tendres agneaux qu'ils avaient fait rôtir pour se tenir chaud au ventre, et ceux qui étaient en train de forniquer avec les brebis se reboutonnèrent discrètement.

2. Et ils se dirent entre eux : « N’était-ce donc pas assez que nos cruels patrons, les propriétaires de ces moutons, nous envoyassent garder les troupeaux aux champs par ce temps de chien ? Voilà maintenant que ces méfiants-là nous envoient ces espèces de flics emplumés afin de nous prendre sur le fait, et de compter les agneaux mangés pour les déduire de nos maigres gages, et de déceler notre jeune semence sur la laine des brebis pour nous faire payer le nettoyage ! »

23. Mais le chef des anges leur dit de sa voix formidable : « Ne craignez point, ô culs-terreux, car le Seigneur Dieu m'envoie vous annoncer une grande joie. »

24. Et les bergers répondirent : Merci, ô plume­au-cul, mais tu nous as fait une belle peur. Merci quand même pour la grande joie. Or le Seigneur, qui sait tout, sait que la seule joie qui puisse nous toucher, nous autres pauvres bergers, maintenant que nos ventres sont pleins, c'est du vin et des femmes. Pose donc les tonneaux à droite et les femmes à gauche, et dis merci au Seigneur de notre part. Bien blanches et un peu grasses de la motte, les femmes, s'il te plaît. »

25. Alors le chef des anges fit « Ts, ts... », et il roula sur son tambour un formidable roulement, et il dit : « Si vous m'interrompez tout le temps, jamais on n'y arrivera. » Et puis il fit encore tonner son tambour, et il lut ceci sur un parchemin qu'il avait apporté roulé sous son bras :

26. «Avis. Il vous est né un Sauveur dans la ville de David, et ce Sauveur est le Christ, le Seigneur, le fils de l'Éternel votre Dieu. Et les populations le reconnaîtront à ceci : Il est enveloppé de langes et couché par terre dans une étable. Il est vivement recommandé d'aller lui rendre spontanément hommage et de l'adorer. Les heures de visite seront inscrites à la porte. Qu'on se le dise ! »

27. Et l'ange frappa son tambour, et au même instant la multitude des anges souffla dans les binious et tapa sur les grosses caisses, et ils entonnèrent bien en mesure ce cantique qui n'est pas de la crotte de bique:

28.                                                      Gloire, gloire, gloire

A Dieu au plus haut des cieux !

Et

Paix, paix, paix

Sur la terre

Aux hommes, zommes, zommes

De bonne volonté!

Hosannah! Hosannah!

Cornes au cul ! (bis)

Vive le petit Jésus !

 

 

 

 

Extrait de "Les Ecritures"

"Les aventures du petit Jésus"

ISBN: 2-253-03400-2

 

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21/12/2016

Les adorateurs de LA MORT.

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Ils ont massacré. Aveuglément. Lâchement. C’est une constante chez eux. Ils ont frappé en Allemagne, le pays qui a ouvert son territoire et, dans un premier temps, son cœur à tous les migrants..

Qui sont ces « ils » ? Des adorateurs de la mort. Des musulmans fanatisés par les idées moyenâgeuses de l’islam salafiste, enfermés dans des luttes sanguinaires mais archaïques jusque dans leur vocabulaire, parlant de « croisés », de « mécréants », d'« infidèles », de « koufars ». Ils se réfèrent à une idéologie obscurantiste n’admettant aucune contradiction.

Ces « ils » sont gavés jusqu’au fanatisme des versets les plus porteurs de mort du coran, oubliant soigneusement tous les versets porteurs de miséricorde et de tolérance. Cette dérive émane d’un pays bien précis : l’Arabie saoudite, propriété privée possédée par un ramassis de tyrans. Eh ! Oh ! Pas touche Victor : ce sont des clients…

Ces créatures nourries à la haine exècrent tout ce que nous aimons, tout ce qui fait notre art de vivre : ils détestent la fête, la musique, les couleurs, le bonheur, la joie de vivre ; ils rejettent l’égalité, en particulier celle entre les hommes et les femmes ; ils vénèrent la mort, celle des autres comme la leur ; ils rejettent tous ceux qui ne sont strictement de leur secte ; ils rejettent toutes nos valeurs de tolérance envers les choix de vie y compris sexuels, le goût de la fête, le rejet de tous les tabous, l’acceptation de toutes les religions et de ne pas avoir de religion du tout, etc.

Douze morts et quarante-huit blessés en Allemagne. Mais durant la même période, il y a eu trente-huit morts au cœur d’Istanbul. Contre des flics et des gens qui sortaient d’un stade de football… Il y a eu vingt-cinq morts au Caire. Dans une église copte orthodoxe. Ils tuent bien plus de musulmans que de « koufars ». Par rapport aux hécatombes que ces tueurs d’allah ont commises en terre d’islam, les massacres en France ou en Allemagne pourraient passer pour des « dommages collatéraux »…

Si on fait le décompte macabre de tous les attentats sanglants perpétrés par cette engeance se réclamant de l’islam, leurs principales cibles ne sont pas les chrétiens, les athées, les juifs, les hindous mais les musulmans ! Des gens de la même culture, parlant souvent la même langue. Des frères mais… d’une obédience religieuse un peu différente… Ça remonte à loin. À l’héritage du patron. Les uns révèrent un pote du bédouin illuminé, le dénommé Abou Bakr, ce sont les sunnites ; les autres lui préfèrent le gendre du Mahomet, pour que ça ne sorte pas de la famille, ce sont les chiites. Et depuis l’an 632, ils se haïssent et s’entre-égorgent avec beaucoup d’entrain et de constance, à toutes les époques et sous tous les cieux. Ce sont les corollaires normaux de toutes les névroses collectives appelés « religions ».

Ces rivalités ne nous regardent pas. Mais le problème c’est qu’à cause des interventions belliqueuses auxquelles nous avons participé, dans le sillage des États-Unis, leur guerre intestine se retourne contre nous. Chiites, sunnites : union sacre contre les koufars ! Les « koufars », les incroyants, c’est nous… À nos bombes sophistiquées répondent leurs bombes humaines… Un redoutable boomerang.

Le pire c’est que les tueurs sont parmi nous, ils sont de chez nous, ou ils y sont venus, parfois mêlés aux cohortes de migrants. Ils sont souvent s sur notre sol, ont été éduqués selon nos valeurs. Et pourtant ils tuent. Ils nous tuent au nom d’une dérive sectaire qui, certes, n’est pas l’islam, mais qui pourtant s’en revendique. Ces tueurs lobotomisés sont responsables de leurs actes. Ils ne sont ni des malades mentaux, ni des « loups solitaires » victime d’une société qui les rejetterait (selon la doxa des idiots utiles des nazislamistes). Mais ils partagent cette responsabilité avec ceux qui les endoctrinent et les poussent à l’acte : les imams ultra-radicaux envoyés par l’Arabie saoudite et le Qatar qui puisent leur idéologie haineuse dans la doctrine des frères musulmans et du salafisme. Ce sont eux qui encouragent et légitiment les actes les plus barbares.

Mais ce ne sont pas les principaux responsables des guerres du Moyen-Orient – les États-Unis d’Amérique – qui sont les plus touchés. Eux, ils sont loin. Ils plantent la merde puis ils se replient. Et les Européens, complices forcés par le piège de l’Otan, subissent les attaques des terroristes et l’invasion des migrants…

Alors on fait quoi ? On commence par se doter de moyens militaires et policiers adéquats à cette nouvelle forme de guerre. En y mettant les moyens financiers nécessaires. Eh oui ! Ça coûte cher la guerre…

Les moyens, ils sont ceux de la police, de l’armée, surtout du renseignement puisque l’ennemi est dans la place « comme un poisson dans l’eau ». Mais pour ce faire, encore faut-il ne pas casser ce qui existe, comme Sarko supprimant les Renseignements Généraux et supprimant 13 000 policiers. Les services ne sont pas coordonnés, ils se tirent la bourre, ne se communiquent pas, ou avec réticence, leurs informations, les gendarmes, pourtant au plus près de la population, ne sont même pas intégrés aux services de renseignement. Et que dire de ces services au niveau européen ! Nul ! Scandaleusement nul !

Les moyens doivent être au service d’une stratégie. La stratégie actuelle à pour but de rassurer. C’est le plan Vigipirate, l’opération Sentinelle, les soldats patrouillant dans les gares, etc. Ça rassure, mais ça n’empêche rien. Le carnage de Nice en est l’illustration dramatique…

En temps de guerre, il faut apprendre à vivre avec le danger d’être tué sournoisement, lâchement. Ça, c’est pour la mentalité des citoyens. Finie la belle tranquillité d’esprit : « Les guerres, c’est loin ». Non, maintenant c’est ici. Le danger est partout et tous les jours. Tout peut être une arme par destination, comme ce camion. Après Nice, les Allemands s’en rendent eux aussi compte. Les tueurs potentiels susceptibles de les activer sont partout, sous l’influence de ces sectes barbares appelant quotidiennement au meurtre des « mécréants ».

Les autorités doivent donc passer à une stratégie différente.

D’abord sécuriser tous les lieux publics écoles, stades, aéroports, gares, etc. Non pas par des vérifications aléatoires, mais par le passage sous des portiques de détection, la fouille systématique de tous les sacs, etc. C’est très chiant, c’est cher, ça demande beaucoup de personnel. C’est vrai, mais puisque c’est la guerre, il faut en passer par là et se donner les moyens de lutter. On ne vit pas en temps de guerre avec l’insouciance confortable des temps de paix. Il reste encore bien des vieux de la vieille qui peuvent en témoigner.

Ne pas laisser rentrer n’importe qui venant de pays où vivent des gens potentiellement hostiles. Et expulser sans état d’âme tout étranger condamné pour quelque fait que ce soit. Mettre en rétention tout individu classé S.

Traquer et « neutraliser » les salafistes « jusque dans les chiottes » comme disait Poutine. Pour cela, il est indispensable de s’appuyer sur les Français de culture musulmane, les mieux placés pour détecter les tueurs potentiels. D’autant plus que la « communauté musulmane » y semble prête. La marche de Mantes-la-jolie en solidarité avec les deux policiers lâchement assassinés marque une prise de conscience très positive. Comme les prises de position immédiate et sans restriction des diverses organisations musulmanes comme la Mosquée de Paris de Boubaqueur et même l’UOIF à la suite des attentats de France.

S’occuper de cette jeunesse issue de l’immigration afin de détourner les plus fragiles de l’idéologie de mort que leur proposent les salafistes. En soutenant, en aidant ceux qui le méritent, quitte à instituer dans une certaine mesure et provisoirement une « discrimination positive ». Mais aussi en mettant hors d’état de nuire sans faiblesse les quelques milliers de racailles qui pourrissent la vie des cités. Pour ce faire, la légalisation du cannabis couperait l’herbe sous les pieds de tous ces petits délinquants, viviers des salafistes.

Enfin, sur les « opex », les théâtres d’opérations extérieures, il convient d’être pragmatique pour être efficace et non satisfaire les lubies mercantiles des Etasuniens ou de Frau Merkel. Ce qui veut dire s’allier avec ceux qui, réellement, luttent contre l’État Islamique : l’armée de Bachar el Assad, les Kurdes et les Russes.

Hors de ça, point de salut.

 

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18/12/2016

Ouiquinde gastronomique calendal : Les cardons à l'anchois

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On les voit à l'étal des marchands de légumes,

Ils y sont tout l'hiver. On les prend, on les hume,

Puis, généralement, on les remet en place,

Car de les préparer, peu de gens ont l'audace...

Parce qu'on ne sait pas bien comment les apprêter,

Les cardes et cardons sont souvent contestés.

Et pourtant, en Provence, ils sont indispensables

Quand vient le "Gros souper" des tables calendales.

Le cardon à l'anchois est un plat rituel

Du grand repas festif de la nuit de Noël,

Autant que la morue, l'àpi (1), les escargots,

Le muge (2) et les desserts à tire l'arigo.

On appelle cardon la cote de la carde,

Espèce d’artichaut qui, l'hiver, s'acagnarde

À l'abri des cébisses (3) et des haies de cyprès.

Les meilleures sont celles qui sont serrées très près

Du sol pour qu'elles restent bien tendres et blanches

Et non fibreuses, raides comme de vieilles branches.

Compte deux bons kilos pour quatre ou cinq personnes:

Il y a du déchet plus qu'on ne le soupçonne.

Jette toutes les feuilles et les côtes squameuses,

Ôte soigneusement les parties filandreuses,

Puis coupe tes cardons en tronçons de trois doigts,

Dans de l'eau vinaigrée plonge-les tout de suite,

Par cette précaution le cuisinier évite

Que les cardons brunissent sans qu'on sache pourquoi.

Puis, en eau abondante, salée et citronnée,

Tu les fais cuire une heure. Lorsque c'est terminé,

Tu va les égoutter et réserver au frais

Jusques au lendemain. C'est là l'un des secrets

Pour réussir ce plat, parce que, je le prétends

La carde est un légume qui se cuit en deux temps.

Attaquons maintenant notre phase finale,

Mais sers-moi un canon: il faut mouiller la dalle !

Dans de l'huile d'olive chaude au fond d'un faitout

Tu fais suer tes cardes doucement, à feu doux.

Pendant ce temps tu prends dix beaux anchois salés,

Sous l'eau du robinet, sépare les filets.

Fait une Béchamel avec un quart de lait,

Ajoute les anchois et, en tournant, fond-les

Dans la préparation avec une cuiller.

Dans le premier faitout, tu verses alors ceci,

Tu mélanges aux cardons en ayant le souci

De ne point écraser tes tronçons légumiers.

Un quart de lait de plus, de noix muscade un peu,

Sel, poivre du moulin, puis retire du feu.

Tu incorpores, alors, du râpé de gruyère,

Enfin verse le tout dans un plat à gratin

Saupoudre de fromage de façon régulière,

Puis tu mets à four chaud sans plus de baratin.

Lorsque c'est gratiné, tu sers chaud et fumant.

Ce plat est idéal en accompagnement

D'une côte de bœuf ou d'un poisson au four.

C'est un plat du terroir, simple comme bonjour,

Mais un plat succulent et, de plus, diététique

Que l'on mange en Provence depuis les temps antiques.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Trois kilos de cardes, - 1 verre de vinaigre, - 1 jus de citron, - 1 poignée de gros sel, - 3 cuillerées d'huile d'olive, - 10 anchois salés, - 1 demi-litre de lait, - muscade, - poivre du moulin, - 3 hectos de gruyère râpé.

 

Les vins conseillés:

Les cardons étant surtout un plat d'accompagnement, le choix du vin dépend du plat principal. Avec une côte de bœuf, des vins rouges jeunes ou même primeurs. En Côtes-du-Rhône: Sainte-Cécile-les-Vignes, Rochegude, Tulette, Saze, Domazan, Gallician. En vins du Languedoc: Aspiran, Berlou, Cournonterral, Poujols. En vins de Provence: Allauch, Châteauneuf-le-Rouge, Cuers, Flassans-sur-Issole.

Avec un poisson au four, des blancs capiteux. En Côtes-du-Rhône: Laudun, Uchaux, Châteauneuf-de-Gadagne, Codolet. En Languedoc: Argeliers, Bize-Minervois, Puichéric, Roubia. En Provence: Camps-la-­Soure, Rocbaron, Meyreuil, Le Tholonet.

 

 

(1) L'api : le céleri.

(2) Muge: encore appelé mulet - c'est un poisson de mer qui monte frayer dans fleuves et rivières et particulièrement dans le Rhône.

(3) Cébisses : haies coupe-vent faites en cannes de Provence.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

17/12/2016

Ouiquinde érotique philopyge

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Contacts

Ton visage blotti au creux de mon épaule,
J'aime sentir ton corps qui sur mon corps se colle,
Souple et dur à la fois. Ondoyante liane
Qui épouse le tronc de l'arbre qu'elle gagne.

Tu presses en ondulant ton ventre sur la bosse
Qui gonfle à ce contact comme l'épée d'Athos.
Ma main serrant ton dos, amorce une caresse
Qui la conduit bientôt vers tes aimables fesses

A travers le tissu, mes doigts suivent la raie
Douce et mystérieuse qui conduit à l'entrée
Brûlante du bonheur blottie entre tes cuisses.

Ta bouche prend la mienne, délicieuses prémices,
Mélange de saveurs, délicate morsure,
Merveilleuse promesse pour d'autres ouvertures.

Moi

 

Photo X  Droits réservés

 

16/12/2016

Au Bistro de la Toile : il ne faut pas, ah! bai(s)ser Lagarde !

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- Elle peut rigoler la patronne du FMI. Le réquisitoire du procureur est on ne peut plus tendre pour elle. Non seulement il se garde bien d’abaisser Lagarde mais il a carrément demandé un non-lieu en sa faveur. Les voleurs de poules voudraient bien bénéficier des faveurs d’un tel proc !

- Eh ! C’est comme ça Loulle. Le proc Marin, c’est le plus cador dans sa profession. Il est au top. Et qui l’a mis au top ? Son ami Sarko. Dame Lagarde était ministre de qui ? De Sarko. Remarque, en droit, son réquisitoire se tient : « Prendre une mauvaise décision n’est pas en soi répréhensible. Cela peut constituer une faute politique mais pas un délit pénal ». Une « négligence » Loulle. Une simple négligence. Disons qu’elle a oublié dans un taxi son sac à main avec 403 millions dedans. Mais des sous pris dans nos poches…

- Pourtant, la juge l’avait sérieusement allumée Lagarde, et mise en difficulté. On pouvait penser que le proc allait en tenir compte dans ses réquisitions. Après tout c’est lui le défenseur de l’intérêt public, c’est lui qui doit le défendre notre fric que Lagarde a contribué à refiler au ci-devant Tapie Bernard.

- Ben voyons. D’abord le proc Marin a une grande mansuétude envers les politiques contre lesquels il a à requérir. Ensuite il faut savoir ce qu’est ce « machin », la Cour de Justice de la République. Si toi ou moi on fait des konneries, Loulle, on est passible de la correctionnelle, ou de la cour d’assises, selon la gravité des faits reprochés. Mais toi et moi, nous sommes le commun des citoyens. Tandis que Lagarde, elle fait partie de la Haute. Elle occupe une fonction importante au niveau international, le FMI (Fabrique de Magouilles Internationales) et elle est jugée en tant qu’ancienne ministre. Et pour ces gens-là, il a été créé un tribunal d’exception. Une juridiction faites par des élus pour des élus. Un machin conçut avant tout pour ne pas fonctionner ! Cette juridiction spéciale a été créée à l’issue de l’affaire du sang contaminé, en 1994. Premiers résultats, sur cette terrible affaire du sang contaminé : Fabius, Dufoix : relaxés ; Edmond Hervé : légèrement condamné mais dispensé de peine. Puis il y a eu Pasqua : relaxé pour les affaires GEC Alsthom et du casino d’Annemasse, légèrement condamné pour l’ensemble de son œuvre.

- Attends Victor, il peut difficilement en être autrement. Les prévenus sont jugés par leurs pairs. On est entre soi, entre gens de bonne composition, on peut toujours s’arranger. Et puis une certaine « compréhension » peut valoir de bons retours d’ascenseurs, non ? C’est un peu comme le tribunal de commerce d’une petite ville, de Plougastel, de Carpentras ou de Pamiers s’il y en a : les juges et les jugés se connaissent, bouffent ensemble, font des affaires ensemble, vont aux putes ensemble peut-être, alors on s’arrange… La Cour de Justice de la République, c’est du pareil au même.

- T’as tout compris Loulle. C’est une aberration démocratique, une juridiction de connivence. Sa véritable fonction, dissimulée derrière un simulacre de justice, c’est d’organiser l’immunité des politiques. C’est la justice des copains et des coquins. François « Rantanplan » Hollande avait promis de la supprimer : « je ferai voter une loi supprimant la Cour de Justice de la République. Les ministres doivent être des citoyens comme les autres. »

- Ben voyons ! Il n’est pas à un reniement près, pépère… Bonjour l’exemple ! Après ça tu vas prôner le civisme aux jeunes qui font quelques konneries. Tu voles un vélo, la justice te fout en taule ; tu voles des millions au peuple, la justice te fait des courbettes et te gratifie d’un non-lieu. Avec peut-être des dommages et intérêts…

- Ne préjugeons pas de la décision des juges. Ne crions pas avant d’avoir mal : on verra en début de semaine prochaine. Mais ne nous faisons pas trop d’illusions. Il m’étonnerait que les députés aillent jusqu’à bai(s) ser Lagarde !

- Zou. C’est ma tournée. À la nôtre. Et à la claque probable dans la gueule des millions de citoyens qui « font confiance à la justice » de notre beau pays.

 

Illustration:merci au regretté Chimulus