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14/12/2012

Au bistro de la toile : esclavage moderne.

chimulus bistro copie.jpg

 

- ….allo ! Attends, je te rappelle, j’ai des clients qui arrivent.

 

- Oh ! Loulle. …taing ! T’en a un beau téléphone ! Je te savais pas si « geek » !

 

- Oh ! Victor. C’est ma fille qui me l’a refilé. Elle en a acheté un plus « moderne », alors elle m’a refilé son riblon.

 

- Riblon ! Putaing ! C’est quand même un i-phone de Apple. Et, tu sais qui l’a fabriqué ce petit bijou Loulle ?

 

- Ben… Apple, c’est ricain non ?

 

- C’est ricain, mais les zétazuniens les font fabriquer en Chine. Par des esclaves modernes. Hier soir, l’émission « Envoyé spécial » a montré un tout petit volet de la manière dont ces petites merveilles sont fabriquées. Et dans quelles conditions. Par des esclaves travaillant 12 à 14 heures par jours et 7 jours sur sept, couchant dans des dortoirs sordides, bouffant juste ce qu’il faut pour ne pas crever, poussés à travailler, travailler, travailler par des « cadres » qui ne sont que des kapos. Bien des ouvriers chinois qui subissent ce régime se foutent en l’air, fuyant ces conditions sordides dans le suicide.

 

- Ils ne sont pas obligés de s’embaucher dans ces usines…

 

- Non. Mais ont-ils vraiment le choix ? Ce sont des gens des cambrousses, crevant de faim dans un environnement saccagé. Les rabatteurs de ces gros consortiums industriels viennent dans les villages, placardent de belles affiches promettant des situations alléchantes et les villageois envoient leur jeunes en ville, s’enrôler comme esclaves modernes. Et c’est là qu’ils sont fort, les ultras capitalistes chinois : les « esclaves » viennent d’eux-mêmes solliciter leur esclavage, et signent des papiers par lesquels ils acceptent des conditions léonines.

 

- Pour quelques poignées de figues je suppose.

 

- Pour quelques bols de riz. Il faudrait peut-être rétablir l’esclavage classique, authentique, par lequel un patron achète un individu pour lui soutirer sa force de travail !

 

- Oh ! Victor, tu pars en couille ou quoi ?

 

- Le plus intelligent, ou plutôt le plus roublard des esclavagistes , c’est celui qui a inventé le salariat ! En les payant (pas beaucoup) et en les gargarisant de grands mots comme « liberté », le roublard en question profite de la force de travail de ses « salariés » - c’est le nouveau nom pour esclave – sans avoir a en assurer la subsistance matérielle. Il s’est rendu compte, ce roublard, que les salariés coûtaient bien moins chers que les esclaves. L’esclave, il faut l’acheter, et ce n’est pas donné. De plus il y a pas mal de perte durant les voyages de la « marchandise » appelée alors « bois d’ébène ». Il faut ensuite le nourrir, le loger, lui assurer des conditions de travail acceptables sous peine de voir se détériorer sa santé, donc sa valeur marchande. Car l’esclave est un investissement amortissable sur une longue durée. Le patron peut évidemment le vendre, mais la valeur d’un esclave vieux ou malade n’est pas grand-chose. Deux solutions alors : l’affranchir, c'est-à-dire en lui octroyant « généreusement sa « liberté », on le jette à la rue ; ou alors on simule une évasion et on le flingue… Tu me diras l’esclave génère tout de même des produits connexes : il se reproduit et si on sait bien conduire cette reproduction - en sélectionnant les souches les plus robustes et en les croisant avec les souches les plus dociles – ça peu rapporter gros…

 

- Oh ! Putaing Victor, là t’es parti dans des élucubrations qui flairent bon la causticité et l’ironie sarcastique qui te caractérisent…

 

- Ouais. Mais crois-tu que les esclavagistes modernes n’y pensent pas ? Allez, sers-nous un canon. Pour oublier que la connerie et la saloperie humaine sont la seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

 

 

 

Quartidi 24 Frimaire 221

 

Merci à Chimulus

13/12/2012

Notre-Dame-des-Landes : des marrons pour La Châtaigne !

notre dame landes village gaulois.jpg

 

Pas vraiment décidé à se laisser éradiquer le « kyste » de Notre-Dame-des-Landes ! Les « enkystés » promettent même des rations de marrons pour toute tentative d’évacuation par la force de leur camp retranché ironiquement baptisé « La Châtaigne ». Ce village gaulois comprend une demi douzaine de maisons en bois, un lieu de réunion, une cuisine et, indispensable, un bistro ! En cours de montage, une grande serre (pour assurer la gamelle dans le long terme ? )

 

Le juge des référés concerné à néanmoins donné au préfet l’autorisation de « solliciter les forces de l'ordre pour démolir les constructions qu'il juge illicites ». Allez, Préfet ! Du courage. Envoie  les argousins de la République ! Matraques et gaz lacrymo contre marrons chauds  et…tracteurs, les paysans de Conf’ formant barrage avec leurs gros tracteurs autour de « La Châtaigne » ! Du courage Vallsounet, d’autant plus que les « enkystés » ont promis des métastases dans tous les lieux de pouvoir de France en cas d’attaque. Il y a une centaine de comités locaux de soutien dans tout le pays, remontés comme des pendules ! Ouarf ! Putaing ! Ça nous rajeunit ! Comme aux temps flamboyants du Larzac ! Allez les jeunes ! Notre génération à fait reculer l’Armée ! La glorieuse armée françouaise ! Alors les partisans douteux d’un minable aéroport de province… Tè ! Fume !

 

Car est-il vraiment indispensable cet aéroport ? Ce type de grands travaux, traumatisant pour la région et extrêmement coûteux est-il vraiment utile à la collectivité, capable de générer de l’emploi et de dynamiser l’économie de la région qui va l’accueillir et…le subir ? A qui va-t-il servir ? Qui, dans la région prend l’avion ? Les dizaines de milliers de « Français d’en bas » qui vont subir les conséquences, être expulsés de leurs terres ? Non. Quelques centaines, allez, quelques milliers de privilégiés. Ce type d’aéroport attire, comme la merde appâte les mouches, les compagnies « low cost », parasites de la profession, qui font payer aux collectivités locales leur activité sur ces plateformes.

 

Notre-Dame-des-Landes n’est-il pas plutôt l’expression de la mégalomanie de quelques satrapes locaux voulant péter plus haut que leur cul ? On peut leur conseiller d’aller faire un petit voyage d’étude en Espagne où ils pourront visiter l’aéroport fantôme de Ciudad Real, l’aéroport « piétonnier » de Castellón-Costa Azahar  ou encore celui de Huesca. Tous fruits empoisonnés de la folie des grandeurs de « décideurs » stupides et pour certains magouillant sans vergogne avec quelques grandes compagnies de travaux publics…

 

L’affaire est un serpent de mer qui dure depuis 40 ans. Il provient de la folie des grandeurs d’une centaine de chefs d’entreprises acoquinée à la bourgeoisie locale pour décider les « décideurs » locaux. Pourtant, comme l’écrivait déjà le Monde à cette époque : « L'aviation commerciale mobilise d'énormes capitaux pour le bénéfice d'un petit nombre. Cette activité ne subsiste que grâce à l'aide des pouvoirs publics. Elle fonctionne comme un important appareil de redistribution à l'envers où le pauvre paie pour plus riche que lui. Elle mobilise des ressources qui seraient socialement mieux utilisées ailleurs. » Tout est dit. (Il est vrai que le Monde, en 1976, était encore un vrai journal, LE journal de référence en France. Ce temps est bien révolu…)

 

Oui mais, l’aéroport actuel est saturé, perturbe la vie des riverains qu’ils disent, les bétonneurs. Faux. Il pourrait, avec un aménagement de l’aérogare, décupler son trafic, ce qui ne sera jamais le cas. (L’aéroport de Gatwick, à une quarantaine de km de Londres, traite 34 millions de passagers par an, contre 3,5 à Nantes, dix fois plus, et 242.000 mouvements d’avion, avec une piste plus courte, sans être saturé pour autant !) Qui peut penser qu’on prendra un jour l’avion à Nantes pour un vol direct vers New-York, Shanghai, Rio de Janeiro ou Moscou ?

 

Aujourd'hui, l'aéroport existant Nantes-Atlantique est à 10 km de Nantes. Il est géré par les CCI de Nantes et de Saint-Nazaire et par AGO, aéroports du Grand Ouest, associée à Vinci, omniprésente en France,  et TPO, société de travaux publics raflant les gros marchés de la région. Vinci ! Hou ! La la ! Le transfert de l’aéroport libèrerait des dizaines d’hectares convoités avec gourmandise par les promoteurs immobiliers et autres aménageurs ! Au nombre desquels l’inévitable…Vinci. Notez que la piste (3800 mètres contre 3200 à Notre-Dame-des-Landes) resterait en place puisqu’elle est la condition sine qua non du maintien de l’usine Airbus !!!

 

Bon. N’en jetez plus. Cet aéroport est une énorme connerie assortie de juteuses magouilles.

 

Ayrault, il sera ta tombe politique. Et toi, président Normalou, il risque d’être ton Larzac !


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 Tridi 23 Frimaire 221


Photos X - Droits réservés

12/12/2012

Douze, douze, douze

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Douze, douze, douze

J’ai mis le pied dans une bouse

Sur la pelouse !

Puteng, c’est bathouse :

J’aurais plein de flouse

Pour faire des partouzes

Avec des putes et des barbouzes

Eh ! Faut pas le dire à mon épouse

Elle est jalouse

Comme une Andalouse !

Bof ! J’y offrirai une bagouze

Avec de belles perlouses !

 

Et Depardieu

Ce vieux

Chassieux

Autant que pieux

Mais pas impécunieux,

Ce déserteur injurieux

Et prétentieux

Oublieux

Que c’est le fric des pouilleux

Allant voir ses films, Tudieu

Qui l’engraisse, Sacredieu !

Casse toi, t’es odieux !

 

Devient donc Belge…hic !

Il n’y manque pas d’alambics

Ni de Gueuze Lambic

Ni de belles barriques

Pleines de liquides bénéfiques

Sauf peut-être pour les diabétiques.

Qu’est-ce que tu feras de ton fric

Dans ce trou belge fantomatique

Sans tes frasques homériques,

Tes démêlés avec les flics ?

Tu nous déçois, immense pochtron poétique

Par une décision si merdique.

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

Duodi 22 Frimaire 221

11/12/2012

SINE: ses dernières volontés.

siné par Berth.jpg

 

Eh ! Vous avez pensé à acheter le dernier numéro de Siné Mensuel ? Il est en kiosque depuis bientôt une semaine. Un numéro fumant ! Dans lequel Siné présente himself ses dernières volontés. Eh ! Bob. On n’est pas pressé.

 

 

 SinéCRÉMATION AU PÈRE-LACHAISE

Tout d’abord, pour la crémation, m’allonger délicatement, vêtu de noir et de rouge, dans un cercueil en carton ondulé acheté chez Leclerc ou tout autre spécialiste des funérailles bon marché, après s’être assuré que je suis bien mort !

Pas la peine de claquer bêtement du grisbi pour partir en fumée !

Sur le cercueil, en revanche, le logo de l’anarchie, tagué à la bombe, en noir, au milieu, sera de la meilleure veine.

N’importe quel copain dessinateur fera ça très bien.

Toutes les fleurs devront être rouges et j’aimerais que tous les amis présents s’habillent en noir, pas par respect des convenances, mais pour évoquer les anars !

Cette cérémonie noire et rouge aura, j’en suis sûr, beaucoup de gueule et satisfera, à la fois, mon sens de l’esthétique et mon goût de la provoc.

Quelques morceaux de musique que je n’ai pas encore eu le temps de choisir mais dans lesquels figurera obligatoirement Try a Little Tenderness chanté par Otis Redding, seront les bienvenus et m’aideront à avaler mon bulletin de naissance et à rejoindre fissa tous les gens que j’aime et qui ont lâché la rampe avant moi ! Après, champ libre ! En général, tout le monde va bouffer et picoler à la mémoire du défunt mais, n’étant plus là pour participer avec vous aux agapes, je préfère ne pas y penser !

Mais, gaffe : même en poudre, j’ai l’oreille fine !


ENTERREMENT AU CIMETIÈRE DE MONTMARTRE

Quelques jours plus tard, selon les possibilités des uns et des autres ( je laisse le soin à Catherine, ma divine veuve, d’organiser tout ça au mieux) j’aimerais une fiesta sympa avec orchestre et buffet campagnard sur tréteaux.

Je recommande un tonnelet de beaujolais, de chez Marie-Lapierre bien sûr, plus convivial que des bouteilles et qui a l’avantage de ne pas laisser de cadavres, superflus dans un cimetière !

Évidemment, il sera servi dans des verres et non dans de sinistres gobelets en carton.

Si certains tiennent à apporter des couronnes de fleurs, de toutes les couleurs cette fois, qu’ils fassent inscrire sur les bandeaux des slogans tels que « Ni Dieu, ni maître », « Mort aux cons ! » ou « On les aura ! » selon leur inspiration et la complicité du fleuriste, pour choquer les familles catholiques éplorées qui viendront les jours suivants pleurer les leurs et liront avec horreur ces incongruités en se signant pour éloigner le démon.

Plus la peine d’être sapés en noir ce jour-là. Au contraire, des fringues couleur pétard sont souhaitées ( je n’ai rien contre les excès ni le mauvais goût).

La musique sera joyeuse, enjouée et plutôt jazzy.  Je fais une parfaite confiance à mon ami Stéphane Maggi pour réunir les musiciens adéquats qui seront payés avec un élastique et qui ne seront là que par amitié et pour boire un coup à ma santé (expression quelque peu maladroite, j’en conviens !).

À la fin, quand tout le monde sera parti, j’irai peut-être alors trinquer avec La Goulue qui a sa tombe tout à côté et il ne me restera plus qu’à attendre patiemment les suivants, car il restera encore 59 places à mes côtés dans cette concession à perpétuité achetée en commun avec Benoît Delépine et conçue pour accueillir 60 zigotos pour l’éternité.

Nous ne sommes, ni l’un ni l’autre, très satisfaits de la statue en  bronze qui ressemble plus à un cactus  qu’à un doigt d’honneur et n’est donc pas assez explicite. Il m’a promis d’y remédier mais, dommage,  je ne verrai la nouvelle version que du dessous. Tant pis !

En revanche, l’épitaphe en lettres d’or : « MOURIR ? PLUTÔT CREVER ! » tient bien la route !

Si un jour vous croisez, au hasard de vos balades, un bonobo qui me ressemble, n’ayez aucun doute, ce sera moi, réincarné !

À plus !

 

Primidi 21 Frimaire 221

 

Merci à Berh 

 

10/12/2012

Berlusconi! Bunga ! Bunga ! Il revient !

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Ah ! Coucou ! Le revoilou le bouffon fossoyeur de l’Italie. Je n’ai pas pu m’en empêcher, c’était trop tentant ! Alors, à l’heure de l’Europe, voici une des plus célèbres chansons paillardes de nos fratelli italiani que j’ai un peu berlusconisée :

 

 

Osteria numero uno

Para poun si poun si pan

In osteria non c'è nessuno

Para poun si poun si pan

Solo Berlusconi contro il muro

Per vedere ce l'ha sempre duro

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

Osteria numero due

Para poun si poun si pan

Le mie gambe tra le tue

Para poun si poun si pan

Le tue gambe tra le mie

Cosi fa il Berlusconi

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

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Osteria numero tre

Para poun si poun si pan

Berlusconi fa il caffè

Para poun si poun si pan

Fa il caffè a la milanese

Con le pezze de marchese

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

Osteria numero quattro

Para poun si poun si pan

Berlusconi aveva un gatto

Para poun si poun si pan

Con la coda del feline

Si faceva un ditalino

Dà-a  la me biondina

Dà-a la me bionda

 

 

berlusconi dessin femmes.jpg

 

Osteria numero cinque

Para poun si poun si pan

C’è chi perde c’è chi vince

Para poun si poun si pan

Berlusconi caso strano

Se lo prende dentro l’ano

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

Osteria numero sei

Para poun si poun si pan

E il casino de mi e lei

Para poun si poun si pan

Berlusconi il sporcaccioni

Sbora dentro anche i ciglioni

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

Osteria numero sette

Para poun si poun si pan

Il salame piace a fette

Para poun si poun si pan

Berlusconi caso strano

Il salame piace sano

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

berlusconerectus.jpg

 

 

Osteria numero otto

Para poun si poun si pan

La marchesa fa il risotto

Para poun si poun si pan

Fa il risotto ben condito

Con la sbora del marito

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

Osteria del Vaticano

Para poun si poun si pan

E ucceso un fatto strano

Para poun si poun si pan

Berlusconi con ioccale

Inculava il cardinale

Dage  la me biondina

Dage la me bionda

 

 

berlusconi gueule en sang.jpg

 

 

 Décadi 20 Frimaire 221


Illustrations X - Droits réservés

09/12/2012

Ouiquinde érotico-gastronomique : Les vulves de truie farcies

aphrodite statue.jpg

 

Bérénice

 

Titus désirait tant la belle Bérénice 

Que, des  Romains,  il la rêvait impératrice.

L’empereur, pour ses yeux de geai, se consumait,

Elle était étrangère et pourtant il l’aimait.

 

La rondeur de ses seins, la courbe de ses hanches

Sa crinière d’ébène, sa carnation si blanche

Enflammaient, du monarque,  et les jours et les nuits.

Cette princesse juive, il la voulait à lui.

 

Mais c’était faire fi du racisme borné

Qui se dressa dans Rome contre cette hyménée.

Elle fut rejetée par le peuple et la cour,

 

Et Titus dût choisir : son trône ou son amour.

Tout empereur qu’il fut, il dût rendre les armes,

Noyant sa vie gâchée dans un torrent de larmes.

 

 

Les vulves de truie farcies

 

- Tout empereur qu’il fût, ton Titus est un âne !

Lui sait comment séduire une aguichante ânesse,

Comment en obtenir les plus tendres caresses

En l’emmenant brouter les meilleures avoines !

- Tu as raison, petit ! Pour avoir Bérénice,

Pour avoir le bonheur de goûter sa peau lisse,

Pour entrer dans son lit et croquer ses appâts

Il eût dû mitonner, pour elle, un bon repas !

Sur un grand triclinia mollement allongés

L’empereur et sa belle auraient alors mangé

Pour se faire la bouche un grand plateau d’oursins,

Des huîtres de Lucrin et de légers gressins.

Grillées dans l’ail pillé, des darnes de murènes,

Les meilleures étant nourries de chair humaine.

Puis un mulet farci de prunes, d’abricots,

Poché dans du garum et du lait de coco.

Pour réchauffer les sens et délier les langues.

Viendrait un foie gras d’oie à la crème de mangue,

Des foies de rossignols, des cervelles de paon,

Des escargots au lait. Des trompes d’éléphants

Que l’on servait braisées dans un bouquet de menthe

Dont chacun reconnaît les vertus excitantes.

Puis on aurait servi des talons de chameaux

Que l’on confit longtemps dans un jus de pruneaux.

Des becfigues farcis d’une rabasse noire

Sur des fonds d’artichauts venus des bords de Loire.

Tout ceci n’est qu’hors-d’œuvre, simplement des gustus

Accompagnés de vins au miel et au lotus.

Titus aurait troublé l’esprit de sa convive

En commandant un corps de danseuses lascives,

Des gladiateurs nus luttant avec ardeur

Dont les muscles huilés dégageant une odeur

De mâles étalons à têtes d’Adonis

Auraient fort excité la belle Bérénice.

Serait alors venu le temps de la cena

Qui est chez les Romains le temps fort du repas.

Mais parmi tous les mets que les Romains révèrent

C’est la vulve de truie farcie que tous préfèrent.

- Eh ! Oh ! Dis donc, Victor, il sont fous tes Romains !

Car pour cuisiner ça, faut en avoir un grain !

- Ne croit pas ça petit, ce plat était célèbre

Dans cet immense empire, du Tigre jusqu’à l’Ebre.

- Pour te farcir ces vulves, Victor, comment tu fais ?

- Sers-moi d’abord à boire, je suis trop assoiffé.

Tu haches, de la truie,  un morceau de ventrèche

Ou bien d’échine grasse, mais pas de viande sèche,

Deux têtes de poireaux épluchées jusqu’au blanc,

Tu piles au mortier cumin et poivre blanc

Ajoute du garum et des feuilles de rue

Mais attention le nez car l’un et l’autre puent !

Tu mélanges le tout pour en faire une farce

Qui te sers à garnir la vulve de la garce

Tout en y ajoutant du poivre noir en grains,

Un soupçon de cumin et des pignons de pin.

Par du fil à brider, tu couds les orifices.

Pendant tout ce travail, tu prépares à l’office

Un court bouillon léger parfumé au garum,

Ce nuoc-mam des Romains au si puissant arôme,

Un peu d’huile d’olive et un bouquet garni,

Quelques graines d’aneth et de l’oignon bruni.

Tu y poches tes vulves vingt à trente minutes.

C’est le plat préféré des patriciens en rut !

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 2 vulves de truie d'ampleur convenable, - 9 hectos d'échine grasse de cochon, - 6 têtes de poireau, - 3 oignons, - 3 cuille­rées à dessert rase de cumin, - autant de poivre blanc, - autant de graines d'aneth, - 3 cuillerées à dessert bombées de poivre noir en grains, - 3 poignées de pignons de pin, - 12 feuilles de rue (on trouve facilement cette plante dans nos garrigues, on la reconnaît à son odeur forte plutôt fétide), - 6 cuillers à soupe de nuoc mam, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, sarriette, persil plat), - 3 cuillers à soupe d'huile d'olive, - sel, - eau, - fil à brider.

 

Les vins conseillés:

Tous les vins rosés. En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquiè­res-St-Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St-Victor-la-Coste, Remoulins.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint-­Christol.

En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux-varois.



Nonidi 19 Frimaire 221


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08/12/2012

Ouiquinde pour nous, ­Ami Glandeur, mon frère !

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Ah ! Cette bluette chantée par Michel Simon, sur des paroles de Serge Gainsbourg ! Quel bonheur !

 

 

D'avoir vécu le cul

Dans l'herbe tendre

Et d'avoir su m'étendre

Quand j'étais amoureux

 

J'aurais vécu obscur

Et sans esclandre

En gardant le cœur tendre

Le long des jours heureux

 

Pour faire des vieux os

Faut y aller mollo

Pas abuser de rien pour aller loin

 

Pas se casser le cul

Savoir se fendre

De quelques baisers tendres

Sous un coin de ciel bleu

 

Pas se casser le cul

Savoir se fendre

De quelques baisers tendres

Sous un coin de ciel bleu.

 

Octidi 18 Frimaire 221

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=-_7Nhs0SSAc

 

 

 

 

01/12/2012

Ouiquinde érotique : DSK au Guiness’bouc

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L’ancien patron du FMI pourrait faire son entrée dans le livre des records avec la turlute (*) la plus chère du monde.

 

La hauteur de la transaction entre l’expert financier planétaire et sa partenaire d’un soir (6 millions de dollars selon nos confrères du Monde) a créé la stupeur dans les milieux professionnels, représentés par un collectif composé entre autres d’Anita (KM 69, RN 86, Estafette beige), Nadia Carte-bleue (porte St-Lazare Avignon) et Mado Langue-de-velours (camping-car blanc, sous le pont de l’autoroute entre Avignon et Nîmes).

 

Elles ont déclaré lors d’une conférence de presse tenue sur le parking PL de la Mule Blanche : « Nous avons calculé qu’il nous fallait à chacune travailler de façon ininterrompue pendant 87 ans pour gagner ce que notre collègue étazunienne a gagné en 3 minutes 18 secondes. C’est d’autant plus scandaleux que c’est une simple intérimaire, non déclarée, ne payant pas d’impôts sur la somme qu’elle va recevoir et exerçant par ailleurs une profession rémunérée. Notre collectif demande une revalorisation des tarifs et la franchise fiscale pour toutes nos dévouées collègues qui exercent honnêtement leur métier ».                                                                                                                

(*) amabilité labiale pratiquée avec détermination.

 

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Primidi 11 Frimaire 221

 

Illustrations X – Droits réservés

 

27/11/2012

Eh ! Oh ! Y a pas marqué La Poste là !

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Ah ! La poste… Dany Boon en a fait, du temps du service public, une charge désopilante. Depuis, cette vieille dame un peu coincée mais chère au cœur de tous les Français a été privatisée. On a supprimé les barrières et les hygiaphones, on a repeint en jaune, on a mis plein de choses inutiles à vendre, on a remplacé moult employés par des machines rutilantes censées vendre des timbres, recharger un monéo, affranchir un colis, etc. Seulement, lorsqu’elles ne sont pas en panne, ces machines requièrent de l’usager (pardon, du « client »), un stage de trois mois de formation avec deux ingénieurs pour en maitriser l’emploi… Au fait, madame Sécurité sociale, pour combler ton trou (si j’ose coucher sur l’écran cette image osée !), pourquoi ne pas taxer ces robots qui, à la poste, aux péages d’autoroute, maintenant dans les hypermarchés et demain partout, prennent la place et jettent dans les bras radins de monsieur Paul Emploi autant d’employés en chair et en os ?

 

Bon, ça nous éloigne de mon propos. J’y reviens. J’ai la chance de pouvoir, chaque année, vivre l’été en Margeride, à 1200 mètres d’altitude, au milieu des vaches, des grandes gentianes, des jonquilles, des ruisseaux à truites et des grandes forêts à cèpes ; et l’hiver, je réintègre mes pénates provençales autour d’Avignon. Du 15 mai au 15 novembre, je fais donc réexpédier mon courrier d’une adresse à l’autre. Cette année, comme il faisait très beau, je suis resté une semaine de plus « en haut » de façon à pouvoir récupérer mes derniers courriers réexpédiés. Or, surprise, cette réexpédition à continué de se faire après la date d’arrêt du 15 novembre.  Dans ma grande naïveté, j’ai pensé résoudre facilement ce problème en donnant un coup de téléphone à mon bureau de poste provençal. Donc internet, pages jaunes et voilà un numéro genre 36 quelque chose. Voix anonyme puis musiquette entrecoupée de pubes pour les divers produits maison. Dix minutes… Les aliboffis remontent et commencent à gonfler, à gonfler… Je vais donc au village le plus proche où se trouve un bureau de poste. J’explique mon problème, demandant à la préposée de téléphoner elle-même au bureau émetteur pour régler le problème. « Hou la la ! J’ai pas le numéro mon pauvre monsieur. Téléphoner à la ville dont on dépend. Tè ! Je vous fais le numéro ». Nouvelle explication auprès d’une autre brave dame me renvoyant…au numéro de téléphone musiquette. Les aliboffis arrivent au bord de l’explosion.

 

Bref. Je transhume vers la Provence et, hier matin, je vais au bureau responsable pour résoudre la question, c'est-à-dire suspendre le renvoi erroné de courrier. Premier contact avec un petit jeunot. « Bon, ce n’est pas de mon ressort, je vais chercher quelqu’un ». Après quelques minutes, arrive une brave dame, celle du grade au dessus. « Bou ! Nous, on ne peut rien, ça dépend d’Avignon » - « Ben, téléphonez leur ! » - « C’est pas possible » (je ne vous dis pas l’état de gonflement des aliboffis). Le ton monte un peu et la dame va chercher un « chef ». Re-belote, re-explication, re-refus de faire quoi que ce soit ni de reconnaitre l’erreur du service et, évidemment engueulade du genre « Monsieur, vous êtes un service public, donc au service du public. Ce n’est pas le prix de vos timbres qui vous paie mais mes, nos impôts… » Bla bla bla bla et voilà que la « chef » va chercher un autre « chef », probablement le « grand chef ». Re re explication et…voilà que le grand chef reconnait l’erreur, va dans les services et deux minutes plus tard m’assure que le problème – pour lequel on ne pouvait rien faire - est résolu !

 

Eh ! Dany Boon, reviens, tu apprécieras le changement !

 

 

Sextidi 6 Frimaire 221

 

Illustration, merci à Placide

 

 

26/11/2012

La chasse tue plus de Français que la guerre en Afghanistan !

chasseurs bourrés.jpg

 

Michel, malgré ses 71 ans et une retraite d’agriculteur, taillait sa vigne acagnardée aux contreforts des Cévennes, près d’Alès. Il aimait bien ces longues heures  de tranquillité Michel. Seul dans sa vigne, sous la caresse du vent et la lumière de l’automne qui fait resplendir la palette des rouges, des ors, des ocres des feuilles de vignes et des châtaigniers tout proche en contrepoint des verts sombres des forêts de résineux. Moments de calme, de retour sur soi-même où remontent et s’ordonnent les souvenirs d’une vie.

 

Soudain Michel sent un énorme choc : une balle lui fouaille le ventre. Il s’écroule. Il va agoniser de longues minutes dans les douleurs atroces d’une blessure au ventre. Ces yeux enfin se ferment sous le soleil d’automne. Un soleil menteur.

 

Un peu plus haut dans la colline avait lieu une battue aux sangliers. Une balle « perdue » a trouvé Michel. Il ne demandait qu’à vivre les années qui lui restaient. Des années qui lui ont été volées…

 

Il n’est pas le seul Michel à avoir payé de sa vie le laxisme qui autorise quelques viandards avinés à faire n’importe quoi derrière la puissance de leurs fusils. Car ces « sportifs » déguisés en tartarins s’approprient bois et halliers quatre jours par semaine. Ils chassent les cochongliers (croisement de sangliers et de laies, horreur génétique qui chie des portées innombrables) qu’ils nourrissent. Ils sillonnent les bois en 4x4 et mieux vaut ne pas être sur leur chemin. Ils sont armés de carabines très puissantes type Remington, tirant des balles restant mortelles à 2 km  de leur coup de départ. Autrement dit, jusqu’à 2 km de rayon d’une battue aux sangliers, tout promeneur, cycliste, ramasseur de champignon ou…paysan travaillant dans sa vigne est en danger de mort !

 

Rien à voir avec le chasseur bucolique - comme mon pote le Grand Gaby! - aimant surtout marcher dans la nature avec son chien, et content de ramener, de temps en temps, une caille ou un lapin de champs…

 

La chasse, ces cinq dernières années, a tué plus de monde en France que la guerre en Afghanistan :

 

Morts victimes de la chasse :     Morts en Afghanistan

2007  24                                                       1

2008  15                                                     10

2009  22                                                       6

2010  19                                                     14

2011  18                                                     26

 

Total :      98                                                    67



Quintidi 5 Frimaire 221


Illustration X - Droits réservés

25/11/2012

Ouiquinde gastronomiques: Les lapins de champs du Grand Gaby

lapins de champs pour le web.jpg

 

Grand long, dégingandé, sec

Perché sur un long cou d'échassier famélique,

Le Grand Gaby est un Prince de la barrique.

Ce fervent défenseur de l'ardeur vigneronne

Est médaillé d'honneur de la Coste-du-Rhône :

N'a-t-il pas englouti, pour se mouiller la glotte

Six cents hectos de vin, sans un verre de flotte!

Ceci en soixante ans d'une soif flamboyante,

Éteinte verre en bouche, de manière constante.

Tout comme d'autres tirent, Gaby boit des deux mains,

En saluant la foule, tel un tribun romain.

Le Grand Gaby, doté d'un vigoureux sésame

Est, cela va de soi, le chéri de ses dames.

Minettes délurées, bourgeoises en goguette

Attirées par sa réputation d'athlète,

Négligeant les on-dit qui prédisent leur perte,

Viennent à son mazet, ouvertes et offertes.

Elles doivent aimer le suint de sanglier

Car leur amant dégage un fumet de gibier.

Priape, Éros, Bacchus, protecteurs de Gaby,

Bénissent les amours cachés dans son gourbi.

Ses conquêtes, souvent, mangeront du lapin

Lorsque leur étalon part avec ses copains...

Le lapin, il est vrai, est sa spécialité,

Tant dans la casserole que contre ses beautés.

Souvent le Grand Gaby, quand vient le crépuscule,

Part hanter la garrigue où la chouette hulule.

Silencieusement, tous les sens aux aguets,

Il s'en va, dans la nuit, pour tendre ses arqués (1) :

De puissants pièges ronds, tendus par un ressort,

Pour les lapins de champs, synonymes de mort...

Quant l'aube aux doigts de roses éveille la nature

Gaby est déjà là pour prendre ses captures.

Les gardes le connaissent, tous veulent le coincer,

Mais le Grand, plus malin que la maréchaussée,

A toujours évité les rencontres néfastes

Tant, de son territoire, sa connaissance est vaste.

- Oh ! Victor, ton Gaby, c'est un bel oiseau rare !

Mais ses lapins de champs, comment il les prépare ?

- Espuillés (2), étripés, coupés en huit morceaux,

Un lapin de garenne chaque deux commensaux,

Tu frottes du thym sec de la dernière estive,

Tu arroses le tout de bonne huile d'olive,

Sel, poivre du moulin et quelques aromates

Et tu fais reposer cela dans une jatte.

Dans ta sartan (3), fond du petit-salé en dés

Dans un peu de saindoux, quantité limitée.

Quand c'est cuit, mets de l'ail, trois oignons émincés

Trois tomates pelées, soigneusement pressées,

Fais réduire à feu vif sans cesser de tourner,

Rajoutes ton lapin à peine fariné,

Fais prendre la couleur en remuant l'ensemble,

Trois verres de vin blanc ou plus si bon te semble,

Plus un morceau de sucre dans quelques verres d'eau.

Encore que la flotte ne sois pas mon credo. . .

Fais cuire sans couvrir, vivement, demi-heure.

Le Gaby l'accompagne par des pâtes au beurre.

Parmi les invités de ces repas de maître,

Le Grand convie parfois.. .notre garde-champêtre!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 lapins de champs (de garenne), - 2 verres d'huile d'olive la vallée des Baux, - thym sec émietté, - sarriette, - laurier, - sel, - poivre du moulin, ­2 noix de saindoux, - 2 hectos de petit-salé, - 6 gousses d'ail pelées et écrasées, 3 oignons finement émincés, - 3 tomates pelées, mondées, épépi­nées, - 1 cuillerée à soupe de farine, - 3 grands verres de vin blanc, - 1 morceau de sucre, - 3 verres d'eau, - 1 kilo de pâtes.

 

Les vins conseillés: 

Tous les vins rosés bien frais: Côtes-du-Rhône, Tricastin, Ventoux, Lu­beron, Costières de Nîmes, Coteaux du Languedoc, Côtes de Provence, Coteaux varois.

 

Arqués: pièges demi-circulaires à ressort central.

(2) Espuillé : écorché.

(3) Sartan : poêle.

 

 Illustration originale de Vincent Barbantan.

in: Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s


Quintidi 5 Frimaire 221 de l'ère de la Liberté

24/11/2012

De l’Amour et du Vin

ovaires dose.jpg

 

 

Ovaires dose

 

Ça y est c'est le temps des vins nouveaux ! Période bénis des seuls dieux que je révère: Dionysos-Bacchus et Aphrodite-Vénus.

C'est le temps de gloire du Vigneron, ce paysan sacré dont la sueur féconde les entrailles de la terre, ce magicien qui, d'arides cailloux, tire le sang de dieu.


Que fit dieu pour guérir nos maux

Le vieux vin et les jeunes femmes!

 

Il créa pour notre bonheur

Le sexe et le jus de la treille

 

Aussi je veux en son honneur

Chanter le con et la bouteille

 

Dans l'Olympe séjour des dieux

On boit, on patine les fesses

 

Et le nectar délicieux

N'est que le foutre des déesses!

 

Si j'y vais jamais Apollon

Ne charmera plus mon oreille

 

De Vénus je saisis le con

De Bacchus arrach'la bouteille!

 

Dans les bassinets féminins

Quand on a brûlé des amorces

 

Quelques bouteilles de vieux vin

Au vit rendent toute sa force

 

Amis, plus on boit plus on jouit

Un buveur décharge à merveille,

 

Aussi le vin pour dire tout

C'est du foutre mis en bouteille

 

On ne peut pas toujours bander

Du vit le temps borne l'usage

 

On se fatigue à décharger

Mes amis on boit à tout âge!

 

Quant au vieillard aux froids couillons

Qu'ils utilisent mieux leurs vieilles!

 

Quand on n'peut plus boucher de cons

On débouche au moins des bouteilles!

 

Mais hélas depuis longtemps

Pour punir nos fautes maudites

 

Le Bon Dieu fit les cons trop grands

Et les bouteilles trop petites!

 

Grand Dieu fais, nous t'en supplions

Par quelque nouvelle merveille

 

Toujours trouver le fond du con

Jamais celui de la bouteille!

 

Ecrit par le grand poète  catalan Alonzo Bobinar

 

Quartidi 4 Frimaire 221

 

Photo X - Droits réservés 

 

19/11/2012

Au bistro de la toile : l’huile de foie de morue

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Eh ! Victor, Ali m’a dit qu’il allait probablement se faire virer de la boite de BTP où il marne depuis quinze ans. Belle récompense…

 

- Il m’en a parlé. Son patron se débarrasse de ses propres employés, sans s’encombrer de problèmes humains, pour sous-traiter en cascade le travail à des entreprises étrangères. Résultat : à la place de gars comme Ali, régulièrement affiliés à toutes les obligations sociales françaises, ce sont des Portos et des Polacks qui viennent faire le boulot, dans des conditions de travail déplorables et à des conditions aberrantes. Sans que les autorités compétentes françaises ne puissent rien faire, l’inspection du travail ayant été quasiment démantelée sous Sarko. C’est une manière de délocaliser des emplois sur place. Ces magouilles ont cours essentiellement dans le BTP, la restauration, voire l’agriculture. C’est le retour de Bolkeinstein…

 

- Puteng ! Mais elle sert à quoi alors l’Europe ? C’est pas normal que des travailleurs européens puissent venir mettre à la rue d’autres travailleurs européens.

 

- Tout ça parce qu’il n’y a pas d’harmonisation fiscale et sociale. Cette aberration remonte au traité de Maastricht. Elle est l’œuvre de la toujours perfide Albion. Les Anglais ont imposé en loucedé dans ce fameux traité fondateur de l’Union Européenne actuelle, un petit paragraphe qui dit que « les questions fiscales et sociales doivent être réglés à l’unanimité », et non à la majorité. Ce qui revient à dire que chaque pays a droit de véto sur ces questions. C’est la prime au moins-disant social et fiscal. D’où l’existence au cœur de l’Europe de pays voyous comme Luxembourg, Pays-Bas, Irlande, Grande-Bretagne. Ces pays, avec des pratiques fiscales et sociales au plancher, pompent l’énergie et les forces vives des autres…

 

- C’est dégueulasse…

 

- Eh ! Faut poser les valises les mecs ! L’Europe ultralibérale actuelle, c’est ça : liquider les acquis sociaux et les protections sociales, saccager les codes du travail en alignant tout cela sur le moins-disant. Pour y arriver, il suffit d’instituer une concurrence « libre et non faussée » entre travailleurs, un chômage de masse et de mettre une bonne dose de déficit pour installer une précarité générale de façon à créer une ambiance de peur bloquant toute revendications, qu’elles soient salariales, de conditions de travail ou de protection sociale. Cette volonté de plongée vers le bas ne s’arrêtera que lorsque les travailleurs européens en seront réduits aux conditions des travailleurs chinois.

Ecoute-les, à la télé, les parasites et autres « pigeons » qui, retour d’un ouiquinde aux îles Caïman, garent leur Ferrari pour venir nous seriner à longueur d’émission, à travers la voix de leurs lèche-cul attitrés, les « zéconomistes distinguées », qu’il faut baisser le « coût du travail », qu’ils sont étranglés par les impôts ( ???!!!), qu’ils vont foutre le camp à l’étranger. Ecoute-les nous baver que tout ça, c’est la faute du smicard trop payé qui ruine le pays, la faute du salaud de vieux qui prétend se faire soigner, la faute de ces bandes de feignasses qui veulent prendre leur retraite à 60 balais… Ecoute les « zéconomistes distinguées » qui nous serinent qu’il convient de faire des sacrifices ! Allez les petits, prenez votre huile de foie de morue, c’est pas bon, mais c’est pour votre bien !

 

- Alors qu’est-ce qu’on fait ? On aiguise les faux ? On prépare les cordes ? On chante « Ah ça  ira ça ira, ça ira » ?

 

- Il faudra bien y venir Loulle. En attendant, sers ma tournée.

 

 Nonidi 29 Brumaire 221


Merci à Chimulus

18/11/2012

Gastronomie dominicale: la truffade de morue

truffade de morue pour internet.jpg

La truffade de morue

Avoir du poisson frais, aujourd'hui est banal
Même si l'on habite loin du littoral.
Cependant bien souvent, dans les grandes surfaces,
Le frais est remplacé par le froid de la glace,
Si bien que pour le nez, l'étal du poissonnier
Fait penser que le "pei" (1) a dû venir à pieds!
Avant l'avènement du sous-vide attrayant,
Du surgelé vainqueur, du frigo triomphant,
Le seul poisson des provençaux de l'intérieur
N'était pas le plus cher, n'était pas le meilleur,
C'était la "merlusso" (2), c'était la morue sèche
Que les rudes bretons faisant la Grande Pêche
Venaient, par tombereaux, troquer contre le sel
À Salin-de-Giraud, Aigues-Mortes ou Lunel.
Ah ! il fallait les voir tous ces rugueux rouliers
Descendant en convois par chemins et halliers,
Poussant à coups de gueule, coups de fouets, coups de pieds,
Leurs grands chevaux fumants tractant leurs lourds fardiers.
Quand les jours étaient longs et qu'ils étaient pressés,
Ils dormaient à la dure, dehors, dans les fossés,
Et lorsqu'ils emplissaient les auberges routières
Pour boire et pour bâfrer, pour rire sans manière,
Ces hommes au sang chaud et à la poigne leste
Jouaient du poing, du fouet pour la moindre conteste.
Les convois descendant amenaient la morue
Fournie par la Bretagne et ses marins bourrus.
Les convois remontant en un grand carrousel
Vers les ports océans étaient chargés de sel.
De ce commerce ancien sont nées des accointances
Entre gens de Bretagne et gens de la Provence.
C'est ainsi que naquit la morue en truffade
La "merlusso'n raïto » " (3) ainsi que la brandade.

Fais dessaler, petit, une morue épaisse
Vingt-quatre heures au moins en changeant l'eau trois fois,
Ôte peau, cartilage avec délicatesse,
Puis tu coupes, en portions, mais en faisant bon poids.
Dans de l'huile d'olive tu feras revenir
Deux oignons émincés sans les faire roussir,
Ajoute trois tomates pelées, mondées, hachées
Trois belles gousses d'ail, du thym et du laurier
Du poivre du moulin, safran, zeste d'orange,
Mais surtout pas de sel. Tourne bien ce mélange
Qu'après tu vas mouiller avec deux litres d'eau.
Ajoute douze "truffo" (4) coupées grosso-modo.
Les "truffo" par chez nous sont les pommes-de-terre,
Les véritables truffes, elles, sont les "rabasso" (5),
Joie des meilleurs gourmets ainsi que des pourceaux,
Et des chiens "rabassié" (6) qui les sentent sous terre.
Tu fais cuire à feu vif, surveille la cuisson
De tes pommes-de-terre. Goûte. Lorsqu'elles sont
Cuites à mi-parcours, avec une écumoire
Tu déposes dessus tes morceaux de morue.
Complète la cuisson à feu vif maintenu
Tu rectifies en goût, un canon tu vas boire.
Tu sers dans chaque assiette la morue, les patates,
Tu purges le bouillon de tous ses aromates
Et tu le sers à part, en soupière fumante.
Enjolive ton plat de façon élégante
En piquant ça et là quelques brins de persil.
Qui l'agrémenteront de leur parfum subtil.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.


VictorAyoli



(1) Pei".. poisson. (2) Merlusso .. morue. (3) Merlusso'n raito" .. morue aux pommes-de-terre. (4) Truffo.. pommes-de-terre (on dit aussi "tartifles "). (5) Rabasso .. truffes véritables (melanosporum).
(6) Chiens rabassié .. chiens truffiers.



Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 1 morue sèche de 600 g environ, - 3 cuillerées d'huile d'olive, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 3 ou 4 gousses d'ail triées, - thym, - laurier, -safran, - poivre, - zeste d'orange, - 12 pommes de terres, - 3 branches de persil plat.

Les vins conseillés:
Tous les vins rosés. En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquières-St-Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St- Victor-Ia-Coste, Remoulins.
En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint-ChristoL
En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux varois.


Octidi 28 Brumaire 221


Illustration originale Vincent Barbantan

16/11/2012

Le temps de la crise

Revolution-Delacroix.gif

 

 

Il est revenu le temps de la crise

Le temps des torgnoles le temps des chômeurs

Sans rien dans l’assiette

Pour les banquiers c’est le temps de la fête

Mais pour les prolos c’est le temps des pleurs

Pour éradiquer le temps de la crise

Bientôt va sonner le temps des fureurs.

 

 

Ras le cul de tous les fauteurs de crise

De tous les salauds de tous les rufians

Qui piquent l’oseille

Il est temps que le peuple se réveille

Que vienne l’espoir aux couleurs de sang

Car il a bon dos le temps de la crise

Mais bientôt la peur va changer de camp

 

 

Elle vous arrange cette sacrée crise

Merkel, Parizot tous vos beaux discours

Et ceux de Bruxelles

C’est pas ça qui remplira nos gamelles

Avec ce que laissent vos becs de vautours

Vous regretterez le temps des valises

Lorsque vous aurez une corde au cou

 

Ecoutez gronder  la rumeur sans fin

Des peuples battus qui crèvent de faim

Dans la riche Europe

Espagnols et Grecs, tous ceux qui écopent

L’océan de pleurs des sombres chagrins

Qu’engendrent banquiers et autres salopes

Qui se goinfrent en bouffant notre grain

 

Entendez le bruit du fer qu’on aiguise

Des balles qui vous laisseront au cœur

Une plaie ouverte

La Révolution qui nous est offerte

Va vous dévorer comme une tumeur

Ô Peuples debout, foules insoumises

Vous retrouverez enfin votre honneur


VictorAyoli

 

Merci à Jean-Baptiste Clément, Antoine Renard et Eugène Delacroix


Sextidi 26 Brumaire 221

 

13/11/2012

Toubibs dans la rue : la grève de la honte.

 

salaires toubibs.jpg

 

Au village, on a de nouveau un toubib. Un Espagnol. Il succède à deux Roumaines. La Maison de santé est rutilante, bien équipée, avec un logement au dessus. Grace à une municipalité volontariste. Pourtant pendant plus d’un an il n’y avait pas de toubib au village… Les jeunes médecins – sortis fraichement diplômés des internes qui manifestaient hier dans les rues de Paris – rejettent d’un revers de main méprisant l’idée même d’installation dans ces trous du cul du monde.

 

Les toubibs, dont les études ont été payées par la collectivité, par vos et mes impôts, rechignent à s’isoler dans les cambrousses. Il est plus facile de gagner du pognon en expédiant 40 clients (on ne peut plus dire patient…) par jour dans les villes du sud ou en région parigote que de se farcir les scrofules purulentes qu’il faut aller nettoyer souvent dans la gadoue, le brouillard, les merdes de vaches et parfois même la méfiance de populations isolées. Là, le 4x4 a une raison d’être…

 

Ces internes se plaignent de leurs conditions de travail ? Mais ne sont-ils pas en formation dans les hôpitaux ? Ce sont des stages en entreprises comme d’autres. Qui ne méritent pas un salaire mais un dédommagement, une gratification, comme tout stage en entreprise. Les conditions de travail difficiles des internes dans les hôpitaux, les manques de postes sont connues, mais personne ne les oblige d'accepter ce contrat qui est la garantie d'une formation de qualité. Et pourquoi ne pas augmenter le nombre d'interne en supprimant le numerus clausus et donc mettre un peu de « concurrence libre et non faussée » selon la doxa ultralibérale ?

Et contre quoi gueulent-ils surtout ? Contre le « risque » de ne pas pouvoir s’installer où ils veulent. Bon. Pourquoi pas. Mais qui a payé leurs études ? Nous ! Ces études sont gratos en France mais elle ont un coût : il faut payer les locaux des facultés, les professeurs, etc. Aus Zétazunis – pays dont rêvent bien des toubibs – leurs sept ans d’études leur auraient coûté au bas mots 20.000 x 7 soit 140.000 euros ! Ne pourraient-ils pas avoir la décence de rembourser un peu cet effort de la collectivité en acceptant pendant quelques années de s’installer dans les « déserts médicaux » ?

 

Dans la rue, il y avait aussi les nantis, ces « richissimes geignards » qui se goinfrent sans vergogne avec leurs dépassements d’honoraires. Les « spécialistes » gagnent en moyenne 9000 euros pas mois, les chirurgiens 11.500 euros par mois, les anesthésistes 15.000 euros pas mois. Eh ! Oh ! Arrêtez de nous faire pleurer sur vos fins de mois difficiles. Quand on aura le temps, on vous plaindra ! Ils sont tous actionnaires de cliniques privées ou de maisons de retraites qui sont autant de machines à sous fort juteuses payées par la Sécu, donc pas nous !

 

De plus en plus de gens ne se soignent plus. Alors que valent les résistances corporatistes et les privilèges de quelques milliers de personnes face aux dizaines de millions qui ne se soignent plus, ou mal, ou trop tardivement ? Pour des raisons surtout de coût et de plus en plus d'éloignement.

 

Est-il acceptable que la Sécu au trou abyssal aide ces gens qui pratiquent des dépassements abusifs ?

 

Est-il acceptable que les hôpitaux – secteur public – concèdent un secteur privé de plus en plus important, avec des moyens payés pour le public, par tous ceux qui cotisent, au profit exclusif des plus favorisés ?


Et ils arrivent encore à se regarder dans une glace ? Mais il y a longtemps que la vergogne ne tue plus…


Ils obtiennent tout ce qu'ils veulent les toubibs parce qu'ils sont en position de force. Parce qu'ils sont nombreux sur les bancs du Sénat et de la Chambre des députés; parce que le numerus clausus imbécile organise la pénurie.


Bon. Le mieux pour nous, cambrousards, c'est encore de manger bon, boire dru, brosser madame, respirer un air pur et encore gratuit en écoutant les petits oiseaux...

 

Tridi 23 Brumaire 221

11/11/2012

Faites l’amour, pas la guerre !

tanks qui baisent.jpg

 

 

La guerre, c'est pas une mission humanitaire.

C'est pas le défilé pimpant, presque gai derrière les musiques martiales de ces beaux jeunes gens solides, virils et disciplinés.

La guerre, c'est l'ombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

La guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

La guerre, c'est le bruit des explosions, le cliquetis rageur des tirs, le sifflement menaçant des balles qui ricochent autour de vous.

La guerre, l'embuscade, c'est le corps qui s'efforce de se rétrécir au delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans la boue de la tranchée, la caillasse du djebel ou la vase de la rizière.

La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver. C'est la haine de l'autre, de celui qui veut votre peau. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots, les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

La guerre, c'est le désespoir du camarade touché et qui attend des secours qui ne peuvent venir.

La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une rockette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche: « ouf, c'est lui, c'est pas moi! »

La guerre, c'est de la merde.

 

Pendant la grande boucherie 14-18, les profiteurs et fauteurs de guerre se le faisaient belle. Les grands boulevards de Paris affichaient une vie trépidante ; les théâtres, les brasseries, les cafés concerts, les boites de nuits étaient pleins de fêtards…

 

Pendant que les Français Schneider, De Wendel et autres faisaient discrètement la bringue avec leurs homologues, rivaux et…amis allemands Krupp, Thyssen et autres fabricants de choses en aciers bien pointues, bien aiguisés, qui entrent dans les viandes, qui labourent les chairs, qui brisent les os, qui éclatent les cranes, qui arrachent les yeux, qui explosent en beaux feux d’artifices de mort, la France d’en-bas s’étripait avec l’Allemagne d’en-bas. Pour le plus grand profit des précédents.

 

La droite la plus bornée, la plus avide, la plus lâche se lâchait, se goinfrait, s’engraissait, se tapissait la tripe de sauces chaudes et onctueuses pendant que les « pauv’cons » se faisaient trouer la viande. C’est cette même droite que l’on retrouvera parmi les vichystes, les patrons et les collabos en 40 pendant que les cocos, au coude à coude avec la droite républicaine gaulliste, se battaient. C’est cette même droite sans vergogne, cupide, inculte, avide, pleine de morgue, qui envisage sans vergogne de s’allier aux collabos du F.Haine

 

 La guerre est « l’art » de faire s’entretuer des gens pauvres, qui ne se connaissent pas, au profit de gens riches qui, eux, se connaissent… Cette maxime à la véracité sans cesse renouvelée à travers les époques a été superbement illustrée par cette chanson qui marque le désespoir, la résignation mais aussi la révolte de ceux qu’on envoyait à l’abattoir pour rien, sinon transcender la connerie humaine, seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

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La chanson de Craône


Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé

On va reprendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

 

- Refrain :

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés

 

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve

Soudain dans la nuit et le silence

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseurs à pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

 

- Refrain -

 

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués

Feraient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien

Nous autres les pauv' purotins

Tous les camarades sont enterrés là

Pour défendr' les biens de ces messieurs là

 

- Refrain :

Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros

De monter sur l'plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau


Primidi 21 Brumaire 221


Illustrations X - Droits réservés

 

 

 

05/11/2012

Au bistro de la toile : François au Laos !

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- Oh ! Victor, ici on ne parle pas des élections chez les Zétazuniens ! Nous sommes une exception culturelle en quelque sorte. Parlons plutôt de François qui voyage.

 

- Puteng ! Les mecs. François, il est au Laos ! Quel pied le Laos.

 

- Tu connais ?

 

- Un peu ouais ! C’était un haut lieu du Voyage à l’époque des grandes migrations hippies… Quand je suis arrivé avec mon baluchon à Vientiane, capitale du Laos, j’ai cherché un dénommé Max. On m'avait tellement parlé de lui et de sa piaule que j'ai trouvée sans chercher longtemps.

 

« Salut ! C’est toi Max ? que je fais au mec que je trouve dans la piaule en arrivant !

—  Non qu'y me répond, ch’uis le P’tit Marcel. Max, y l’est au marché...

Il est arrivé après le temps d'un joint, le pape des hippies d’Indo !

—  Je viens de la part d’Agnès, que je lui fais.

—  Bon. Tu sais où dormir ?

— Non, que j'y dis. Juste j’arrive.

— Alors tu peux t’installer là derrière. Y a un lit de camp, de l’eau, fait comme chez toi...

J'étais parti la veille au soir de Bangkok. Toute la nuit en stop avec ces gros camions Izuzu. Passage du Mékong le lendemain matin. C’est deux vieux coloniaux français qui m'ont indiqué le quartier à Max.

 

Difficile de pas repérer l'endroit faut dire !  Comme auvent à la porte d'entrée, la moitié arrière d'une vieille bagnole ricaine... Sur le côté, en façade, une autre moitié de bagnole, mais coupée dans le sens de la longueur. Le tout peint psychédélique, bien sûr. Au milieu de Dong Palane, ça faisait sérieux !  Parce que Dong Palane, ça avait beau être le Pigalle et le St Germain des Prés de Vientiane, c’était quand même de la terre battue, des piaules en planches et les poules et les cochons noirs qui traînent devant les boites et les bordels !

 

La porte à Max, elle était ouverte à tout le monde. Mais nom de Dieu faut connaître ! Plein de pièges... D'abord pour passer sous le pare-chocs de la bagnole, tu te baisses. Tu regardes en l'air quand tu pousses le rideau... et tu vois pas la marche !  Une vraie fosse aux cons !  Une coudée de profondeur... Tu es déséquilibré, tu baisses les yeux... et tu t’emplafonnes une poutre placée à hauteur de front !  Après quoi tu te casses la gueule en avant, tu ouvres avec ton nez une porte genre saloon et tu t’affales les bras en avant, dans une attitude très humble de prosternation, aux pieds du « Maître » qui te reçoit avec un grand sourire...

- Welcome in my house!, qu'il te fait si t’as l'air Engliche. You want a joint ? Tout ça avec un putain d'accent de Belleville...

 

Le dedans de la piaule, ça valait le dehors ! Une pièce assez grande, aux parois de bois recouvertes de tentures, de cotonnades multicolores, avec surtout du jaune et du rouge. Au fond, un plateau de bois circulaire. En fait, c’est une table ronde que Max y a coupé les pieds... Derrière, y a « le Maître », accroupi en tailleur, comme Bouddha... Il est généralement torse nu, la taille prise par un sarong ou un pantalon vietnamien en soie.

 

Visage osseux de méditerranéen avec un coup d'Asie. Chevelure noire. Frisée. Mi-longue et rejetée sur le côté. Avec du flou dans les vagues. Des yeux noirs, ironiques. Sarcastiques même. Une voix chaude, prenante. Agrémentée d'un accent parisien carabiné !

 

À la gauche de Max, un énorme lustre suspendu bas depuis le plafond. Fait lui aussi de pièces de voitures. La généralmotor revue et corrigée par Max... Turbine de refroidissement, filtre à air, ventilateur, soupapes, engrenages de tous les calibres. Le tout recouvert des cascades figées des bougies brûlant toute la nuit.

 

Devant Max, une petite planchette, un hachoir, des brassées de gandga, des paquets de cigarettes Sam Dao, les moins chères au Laos...

 

Max, c'était le portier de l’illusion. Il gagnait sa croûte en faisant des joints ! Il allait le matin au marché acheter sa gandga. C’est un bon client... Avec sa planchette et son hachoir, il prépare la gandga fine et sans graines, puis remplit les cigarettes filtre que le petit Marcel lui a vidées. Le P’tit-Marcel, c’est son disciple !

 

Mais ce ne sont pas des commerçants. Plutôt des bienfaiteurs...  Le Max, il vend ses cigarettes vingt kips pièce. Autrement dit vingt centimes français, disons trois centimes d’euro... Pas de quoi s’en priver. Et du pur. Sans mélange... Aussi, fallait voir la consommation qui se faisait chez Max !

 

Le soir, quand le « Troisième Œil » fermait, tous les défonceurs se rappliquaient chez le Max. Le dernier salon où l'on cause ! Mais on ne faisait pas qu'y causer ! Deux ou trois pipes cambodgiennes qui tournaient en permanence, sans compter les joints que Max fournissait à tout son monde. Sa cour il faudrait plutôt dire. Ça jactait français, ça jactait anglais, mais ça fumait Max !

 

Des fois, il y avait un voyageur qui arrivait du Népal ou d'Inde et qui avait un bout de noir. Il était pour Max, bien sûr ! Une offrande. La coutume du pays. Comme aux bonzes qui vont mendier leur croûte le matin. Mais le Max, il fumait pas en radin.  Il sortait le chiloum et le préparait sous les regards goulus de l'assistance.

 

Tous les soirs, il y avait vingt, trente, jusqu'à cinquante types et nanas affalés sur les nattes de chez Max. Discussions de dingues jusqu'au matin. Pas rare que la moitié des mecs dorment sur place. C’était évidemment « le Maître » qui donnait le ton des conversations, entre deux crises de rire collectif. Il débloquait ses théories métaphisico-cuisino-cosmiques à la lumière de ses expériences personnelles, de ses voyages !

 

Faut dire que Max, il était mort !  En tout cas, c’est lui qui le disait. Il racontait qu’une fois, il était allé dans la pièce d'à côté, attiré par une force cosmique, et qu'il avait vu un cadavre sur un catafalque, entre deux cierges... Il a regardé, c’était lui !

— C'est depuis que je sais que je suis mort ! qu'il assurait. Et que le Max que vous voyez n'est qu’une réincarnation de moi-même !

Ben voyons…

 

Une fois, le Max  était en grande conversation avec un professeur qui venait passer des heures avec lui. Il prenait son pied le mec. Une grosse tête, mais bon mec quand même. Et alors il lui dit :

— Tu sais Max, tes théories se rapprochent beaucoup de celles d’Adlous Huxley.

— Max, il hoche la tête, il se gratte pour activer la réflexion, il tire une goulée sur sa cambodgienne et il répond :

— Ouais. On m’a déjà parlé de lui. Parait qu'il est pas mal cet Aldo Sexuel...

 

- Ouarf ! Le personnage ! Allez, ici, pas de chiloum mais du bon côtes-du-Rhône ! A la nôtre.

 

 

Quartidi 14 Brumaire 221

 

04/11/2012

Ouiquinde gastronomique : un plat qui a de l’accent et tient au ventre !

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Le Baeckeofe d’Alsace et de Lorraine.

 

Il me souvient de grandes fêtes vigneronnes

Entre les vins d’Alsace et les Côtes-du-Rhône

Où, avec ma chorale de vigoureux soiffards,

Nos pifs enluminés jouaient les gyrophares.

Nous avons ripaillé, chanté, mangé, et bu

Avant que de sombrer, fin remplis et fourbus

Dans les bras de Morphée, de Sophie ou Gisèle

Vaincus par la bamboche plus que les demoiselles…

- Tu le sais bien Victor que le vin, s’il enflamme,

En amour est meilleur s’il est bu par les femmes !

Au cours de ces agapes, qu’avez-vous donc mangé ?

- Dans ces contrées de froid si loin de ma Provence

Nous avons dégusté, au cours de ces bombances,

Le célèbre Baeckeofe, la potée alsacienne

Un plat qui tient au ventre, platée rabelaisienne.

Les femmes le préparaient, enfin, c’est ce qu’on dit,

Le dimanche matin pour le cuire lundi.

 

Tu tailles en gros morceaux de la viande sans os

Ton boucher, s’il est bon, te le fait rapidos,

Une livre de bœuf, gite ou paleron,

Une livre de porc et autant de mouton.

Tu fais tremper tout ça dans une marinade :

Oignons, poireau, carotte, ail, girofle, muscade,

Bouquet garni, sel, poivre et bien sûr vin d’Alsace,

Riesling ou Sylvaner sont les plus efficaces.

Tu laisses mariner, au frais, vingt-quatre heures.

Emince cinq oignons, deux kilos de patates

Comme pour préparer la truffade auvergnate.

Le « Baeckeofe » est aussi le nom du plat en terre

Large, ovale et profond, solide, utilitaire.

Etale tes patates en couches sur le fond,

Sale, poivre et dispose au dessus les oignons,

Sel, poivre de nouveau puis dispose les viandes

Egouttées, séparées d’avec leur marinade,

Mouille avec celle-ci jusqu’à demi terrine

Complète avec du vin…et remplit ma chopine !

Pour donner du moelleux, met un pied de cochon

Ou bien un pied de veau…et verse ton cruchon !

Ajoute par-dessus ce qui a mariné

Sel, poivre du moulin et…remet ta tournée !

Ferme alors ton couvercle très hermétiquement

Avec farine et eau maniées fermement,

Ça s’appelle « luter » : fermer avec la pâte.

C’est fini, il faut cuire longuement et sans hâte,

Dans un four préchauffé, cent-quatre-vingt degrés,

Quatre heures minimum et plus si ça t’agrée.

Ce plat pourrait sauver bien des anorexiques,

Régale les gourmets, stoppe les boulimiques.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

D’un Gewurztraminer à la saveur friponne

Et  laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients pour six personnes :

½ kilo de gîte, poitrine ou paleron de bœuf sans os – ½ kilo d’épaule ou d’échine de porc sans os – ½ kilo d’épaule de mouton ou d’agneau sans os – 1 queue, 1 pied de porc ou de veau (facultatif) – 1/2 d’oignons – 1 grosse carotte - 2 gousses d’ail – 2 kg de pommes de terre – 2 blancs de poireau – 1 bouteille de Riesling ou de Sylvaner – 1 bouquet garni – girofle – sel et poivre – farine.

 

Vins conseillés :

En rouges, des Alsaces Pinot noir ; en blancs Alsace Pinot gris (Tokay), Riesling, Sylvaner ; en vins d’Allemagne Riesling, Rheingau.

 

Tridi 13 Brumaire 221

 

Illustration X - Droits réservés

03/11/2012

Ouiquinde nostalgie et viande froide

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 LES FUNERAILLES D'ANTAN

1

Jadis, les parents des morts vous mettaient dans le bain,
De bonne grâce ils en faisaient profiter les copains:
«Y a un mort à la maison, si le cœur vous en dit,
Venez le pleurer avec nous sur le coup de midi...»
Mais les vivants d'aujourd'hui ne sont plus si généreux,
Quand ils possèdent un mort ils le gardent pour eux.
C'est la raison pour laquelle, depuis quelques années,
Des tas d'enterrements vous passent sous le nez.
Des tas d'enterrements vous passent sous le nez.

Refrain
Mais où sont les funérailles d'antan?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards,
De nos grands-pères, qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées,
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues, elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres,
On ne les reverra plus, et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

2
Maintenant les corbillards à tombeau grand ouvert
Emportent les trépassés jusqu'au diable Vauvert,
Les malheureux n'ont même plus le plaisir enfantin
De voir leurs héritiers marron marcher dans le crottin.
L'autre semaine, des salauds, à cent quarante à l'heure,
Vers un cimetière minable emportaient un des leurs...
Quand sur un arbre en bois dur, ils se sont aplatis
On s'aperçut que le mort avait fait des petits.
On s'aperçut que le mort avait fait des petits.

Refrain
Mais où sont les funérailles d'antan?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards,
De nos grands-pères, qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées,
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues, elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres,
On ne les reverra plus, et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

3
Plutôt que d'avoir des obsèques manquant de fioritures,
J'aimerais mieux, tout compte fait, me passer de sépulture,
J'aimerais mieux mourir dans l'eau, dans le feu, n'importe où,
Et même à la grande rigueur, ne pas mourir du tout.
Ô, que renaisse le temps des morts bouffis d'orgueil,
L'époque des m'as-tu-vu-dans-mon-joli-cercueil,
Où, quitte à tout dépenser jusqu'au dernier écu,
Les gens avaient le cœur de mourir plus haut que leur cul.
Les gens avaient le cœur de mourir plus haut que leur cul.

Refrain
Mais où sont les funérailles d'antan?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards,
De nos grands-pères, qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées,
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues, elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres,
On ne les reverra plus, et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

 

 

Georges Brassens

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=3fj6Jx0KMo4

 

 

Duodi 12 Brumaire 221

 

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