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17/10/2012

C’est pour quand le jihad contre la bêtise ?

Nasser.jpg

 

 

Formidable Sophie Aram qui, ce matin sur France Inter, face au ministre de l’intérieur, a dégainé l’arme du rire contre la connerie ambiante exacerbée par les sectateurs de ces névroses collectives qu’on appelle « religions ». En quelques mots elle a recadré le débat, mettant le doigt sur l’énorme régression apportée par les Frères musulmans et ensuite leurs « enfants » naturels : salafistes, wahabites et autres nazes islamistes. Pour cela, elle a fait écouté un discours de Nasser datant de plus d’un demi siècle où le Raïs, parlant des « frères » déclenchait les rires en simplement énonçant la prétention de ces fanatiques de vouloir voiler les femmes. « Qu’ils se voilent eux-mêmes ».


C'est ICI

 

Regardez cette vidéo de 1953 et faites le parallèle avec l’Egypte d’aujourd’hui et vous comprendrez la colossale faute des Zétazuniens et en règle générale des Zoccidentaux qui ont inventés, créés et fait grandir ces extrémistes religieux pour, justement, contrer Nasser, coupable à leurs yeux de vouloir libérer son pays de l’exploitation éhontée des pays arabes, de leur pétrole, de leur canal de Suez et autres richesses.

 

Nasser était un laïque, un émancipateur dans la droite ligne de Kémal Atatürk. Le monde ne serait pas au bord de l’affrontement armé inter culture si la bêtise, la cupidité de nos dirigeants n’avaient pas tout fait pour abattre cette génération de dirigeants arabes éclairés.


Sextidi 26 Vendémiaire 221


Photo X - Droits réservés

 

16/10/2012

Horreur ! Peillon parle du « shit » ! On dirait qu’il a pété dans la sacristi…

cannabis vache qui rit.jpg

 

 

Ben dis donc ! On aurait dit qu’il avait pété dans la sacristi Peillon, le philosophe ministre de l’éducation nationale ! Pourquoi ? Pour avoir répondu à un journaliste qu’il était personnellement partisan d’ouvrir le débat sur la dépénalisation du cannabis. Il parle de « dépénalisation » et non pas de « légalisation ».

 

Il n’empêche que les règlements de comptes se multiplient voire se banalisent, tant à Marseille qu’à Paris, Grenoble et ailleurs. Le moindre différent se règle au calibre et à la kalachnikov. Les flics font ce qu’ils peuvent, c’est-à-dire pas grand-chose. Quand ils ne sont complices et partie prenante dans ce trafic… Cette ambiance de far-west est sous tendue par deux choses : le chômage à haute dose qui sévit dans les quartiers dits sensibles avec pour conséquence la nécessité d’une économie parallèle, en l’occurrence le trafic de drogues, essentiellement de shit (cannabis).

 

Ce trafic est parfaitement organisé avec les gros bonnets (voir le démantèlement récent d’un réseau de trafic de hasch et de blanchiment d’argent, impliquant des chefs d’entreprises, des professions libérales, des politiques et bien sûr des banquiers…suisses ! lien)  qui organisent la filière depuis le Maroc (production dans le Rif bénéficiant de très, très hautes protections locales), les pourvoyeurs qui remontent la drogue depuis ce pays, soit en grosses bagnoles (go fast), soit planquée dans des cargaisons de poids lourds, les revendeurs (dealers) dans les citées, les « nourrices » qui logent les stocks souvent par la menace, les guetteurs qui surveillent l’éventuelle venue des flics, les rabatteurs de clients. Tout ça croque plus ou moins selon la place dans la hiérarchie du trafic. Mais la dure loi de la concurrence « libre et non faussée » fait que les conflits de territoires, de parts de marchés sont nombreux. Et se règlent à la kalach…

 

Comment casser cette spirale de la mort ? Certainement pas avec des gesticulations policières. Les bataillons de CRS de Villeneuve près de Grenoble ou dans les quartiers nord de Marseille ne sont pas inutiles en ce sens qu’ils donnent un coup de pied dans la fourmilière et désorganisent momentanément les réseaux, mais ils ne règlent pas le problème de fond : misère due au manque de boulot et trafic. Le chômage étant ce qu’il est, le boulot n’arrivera pas dans les citées à coup de baguette magique, on n’est pas dans Harry Potter. Reste le trafic de drogue.

 

Avant Peillon, avant Duflot, Daniel Vaillant a, en son temps, préconisé de réfléchir sur la légalisation du cannabis. Une position aussitôt vigoureusement combattue par L'UMP, qui par l'intermédiaire de son secrétaire national à la sécurité, Eric Ciotti, reste « fermement opposé à toute tentative de légalisation du cannabis ou des drogues dites douces qui conduisent inexorablement à l'usage de drogues de type cocaïne ou ecstasy ». Des conneries que réfutent ceux qui connaissent la question, le cannabis étant jugé moins dangereux que l’alcool et moins adductif que le tabac. En tout cas, Daniel Vaillant a eu le courage de faire bouger les lignes. Quant à Peillon… Circulez, y a rien à discuter, pas de débat ont dit nos pères la pudeur Hollande et son premier sministre…

 

La France est le pays qui envoie le plus de gens en taule pour possession ou trafic de cannabis: 10.000 personnes emprisonnées en ce moment, parfois pour des quantités minimes. Et la France est le pays où on fume le plus (4 millions de consommateurs, 30% des jeunes, 12% des adultes). C'est bien la preuve que cette politique répressive ne mène nulle part, et au contraire permet le financement des réseaux mafieux, car plus c'est illégal, plus c'est rentable. 



Peillon parlait seulement de dépénalisation. Ce qui est une connerie. En effet, ceci autoriserait les consommateurs à fumer leurs tarpets sans risquer de se faire embastiller mais ils devraient se fournir…auprès des mêmes dealers ! Confortant ainsi le système !

 

Ce qu’il faut avoir le pragmatisme cynique de faire, c’est légaliser ce produit, certes toxique comme sont toxiques le tabac et l’alcool ! Le système de légalisation permettrait : - production en France ou en Europe via des filières contrôlées, - autoproduction pour ceux qui veulent pour leur conso perso, - vente dans des « coffees-shop » bien contrôlés ou dans les bureaux de tabacs, - interdiction évidente pour les mineurs. 

Les résultats seraient : - remise des flics sur des taches utiles, donc moins d’insécurité dans les villes et lutte efficace contre les drogues dures, - du boulot pour les agriculteurs notamment en zones de montagnes, - de l’activité pour les buralistes et les « coffees shop », - la fin des financement des réseaux maffieux, puisqu'ils n’auraient plus rien à y gagner, - une meilleure détection des personnes à la dérive par surconsommation, - une prévention plus aisée, notamment par la suppression de « l'attirance pour l'interdit » chez les ados, - des taxes pour la sécu, -  une meilleure qualité, contrôlée, garantie pour les consommateurs, - et pourquoi pas, des « dealers » devenant chef d’entreprises et confrontés alors aux règles de concurrence !

 

Et puis, moins de jeunes en taule pour quelques grammes de shit, au contact de vrais voyous et des prêcheurs fanatiques salafistes qui récupèrent et canalisent leur haine de la société, cela ferait moins de risques de voir se multiplier de très dangereux réseaux terroristes sur notre sol.

 

Mais il est plus facile, comme l’autruche, de mettre sa tête dans le sable pour ne pas affronter la réalité.

 


Quintidi 25 Vendémiaire 221


Illustration X - droits réservés

14/10/2012

Ouiquinde antigastronomique : bouffez du patron !

cuisine

Pas seulement à Noel: le patron peut se bouffer toute l'année

 

 

Prenez un patron bien gras et dodu. La meilleure race, c’est la Cacarente. Le nec plus ultra, le Bresse de ces volailles restant tout de même le Patrondebanque, à égalité avec l’Exiléfiscal, surtout celui du genre Pigeonvautour-déserteur-fiscal. Evitez les patrons Depéhèmeux, ils sont trop petits, ils triment souvent autant que vous et sont trop durs à cuire.


Plumez-le autant qu’il vous a plumé. A vif autant que possible : ça crée une production d’endorphine qui donnera à la viande un fumet particulier qui vous rappellera le jour où il vous a convoqué pour vous lourder.

Flambez-le, si possible sur les ruines fumantes de son bureau ou de son usine. Puis égorgez-le en gardant le sang, il est fait de celui qu’il vous a fait suer. Coupez lui immédiatement les génitoires s’il en a : les laisser donne mauvais goût à la viande.

Videz-le de ses tripes qu’il a toute sa vie copieusement tapissées de sauces chaudes et onctueuses avec le pognon qu’il vous a volé. Jetez-les, de toute façon un patron de Cacarente n’a rien dans les tripes, et beaucoup de merde dans la tête.

Coupez-le en morceaux, au hachoir ou à la tronçonneuse selon affinités. Faites macérer ces morceaux dans une marinade faites de moitié bile, aussi amère que celle qu’il vous a faite faire, moitié merde diarrhéique, c’est ce qui convient le mieux.

Après deux jours de marinade, faites revenir les morceaux dans de l’huile de vidange. Puis mettre à cuire à l’étouffé avec la marinade passée au chinois, comme ceux chez qui il a délocalisé votre usine.

Enfin, comme c’est immangeable, foutez le tout au chiotte, c’est la place de ce genre de patrons !


Tridi 23 Vendémiaire 221


Illustrations: merci à Siné


 

cuisine

et  X - Droits réservés

13/10/2012

Ouiquinde érotique avec un sacré Julot

 

 

 Jules Verne par Nadar.jpg

 Jules Verne, explorateur de fantasme

 

Lamentation d'un poil de cul de femme

Il est dur lorsque sur la terre
Dans le bonheur on a vécu
De mourir triste et solitaire
Sur les ruines d’un vieux cul.
Jadis dans un forêt vierge,
Je fus planté, sur le versant
Qu’un pur filet d’urine asperge,
Et parfois un filet de sang.

Alors dans ce taillis sauvage,
Les poils poussaient par mes sillons,
Et sous leur virginal ombrage,
Paissaient de jolis morpions.
Destin fatal un doigt nubile
Un soir par là vint s’égarer,
Et de sa phalange mobile
Frotter, racler et labourer.

Bientôt au doigt le vit succède,
Et, dans ses appétits ardents,
Appelant la langue à son aide ;
Il nous déchire à belle dents.
J’ai vu s’en aller nos dépouilles
Sur le fleuve des passions,
Qui prend sa source - dans les couilles,
Et va se perdre dans les cons.

Hélas ! l’épine est sous la rose,
Et la pine sous le plaisir
Bientôt au bord des exostoses,
Des chancres vinrent à fleurir.
Les coqs de leur crête inhumaine
Se parent dans tous les chemins :
Dans le département de l’Aine
Gambadent les jeunes poulains.

Mais, quand le passé fut propice,
Pourquoi songer à l’avenir ?
Et qu’importe la chaudepisse
Quand il reste le souvenir ?
N’ai-je pas vu tous les prépuces,
Avoir chez nous un libre accès,
Alors même qu’ils étaient russes,
Surtout quand ils étaient français.


J’ai couvert de mon ombre amie
La grenette de l’écolier,
Le membre de l’Académie,
Et le vit du carabinier.
J’ai vu le vieillard phosphorique,
Dans un effort trop passager,
Charger avec son dard étique,
Sans parvenir à décharger.

J’ai vu – mais la motte déserte
N’a plus de flux ni de reflux,
Et la matrice trop ouverte,
Attend vainement le phallus.
J’ai perdu, depuis une année,
Mes compagnons déjà trop vieux,
Et mes beaux poils du périnée
Sont engloutis dans divers lieux.

Aux lèvres des jeunes pucelles,
Croissez en paix, poils ingénus.
Adieu, mes cousins des aisselles,
Adieu, mes frères de l’anus !
J’espérais à l’heure dernière,
Me noyer dans l’eau des bidets,
Mais j’habite sur un derrière
Qu’hélas on ne lave jamais.

- Il eut parlé longtemps encore,
Lorsqu’un vent vif précipité,
Broyant, mais non pas inodore,
Le lança dans l’éternité.
Ainsi tout retourne dans la tombe,
Tout ce qui vit, tout ce qui fut,
Ainsi tout changent ainsi tout tombe,
Illusions…et poils de cul.

JULES VERNE (1855)

 epilation_sexe_-_humour.jpg

Duodi 22 Vendémiaire 221


Photos X - Droits réservés

 

07/10/2012

Ouiquinde érotico-gastronomique au curry

hindou visage main.jpg

 

Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’as eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi-poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salée dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

VictorAyoli


Sextidi 16 Vendémiaire 221


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06/10/2012

Eh ! Mosco, les « pigeons », on les étouffe, on les rôtit et on les déguste !

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Les deux Pigeons


Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre. 
L'un d'eux s'ennuyant au logis 
Fut assez fou pour entreprendre 
Un voyage en lointain pays. 
L'autre lui dit : Qu'allez-vous faire ? 
Voulez-vous quitter votre frère ? 
L'absence est le plus grand des maux : 
Non pas pour vous, cruel. Au moins, que les travaux, 
Les dangers, les soins du voyage, 
Changent un peu votre courage. 
Encor si la saison s'avançait davantage ! 
Attendez les zéphyrs. Qui vous presse ? Un corbeau 
Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau. 
Je ne songerai plus que rencontre funeste, 
Que Faucons, que réseaux. Hélas, dirai-je, il pleut : 
Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut, 
Bon soupé, bon gîte, et le reste ? 
Ce discours ébranla le cœur 
De notre imprudent voyageur ; 
Mais le désir de voir et l'humeur inquiète 
L'emportèrent enfin. Il dit : Ne pleurez point : 
Trois jours au plus rendront mon âme satisfaite ; 
Je reviendrai dans peu conter de point en point 
Mes aventures à mon frère. 
Je le désennuierai : quiconque ne voit guère 
N'a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint 
Vous sera d'un plaisir extrême. 
Je dirai : J'étais là ; telle chose m'advint ; 
Vous y croirez être vous-même. 
À ces mots en pleurant ils se dirent adieu. 
Le voyageur s'éloigne ; et voilà qu'un nuage 
L'oblige de chercher retraite en quelque lieu. 
Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage 
Maltraita le Pigeon en dépit du feuillage. 
L'air devenu serein, il part tout morfondu, 
Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie, 
Dans un champ à l'écart voit du blé répandu, 
Voit un pigeon auprès ; cela lui donne envie : 
Il y vole, il est pris : ce blé couvrait d'un las, 
Les menteurs et traîtres appas. 
Le las était usé ! si bien que de son aile, 
De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin. 
Quelque plume y périt ; et le pis du destin 
Fut qu'un certain Vautour à la serre cruelle 
Vit notre malheureux, qui, traînant la ficelle 
Et les morceaux du las qui l'avait attrapé, 
Semblait un forçat échappé. 
Le vautour s'en allait le lier, quand des nues 
Fond à son tour un Aigle aux ailes étendues. 
Le Pigeon profita du conflit des voleurs, 
S'envola, s'abattit auprès d'une masure, 
Crut, pour ce coup, que ses malheurs 
Finiraient par cette aventure ; 
Mais un fripon d'enfant, cet âge est sans pitié, 
Prit sa fronde et, du coup, tua plus d'à moitié 
La volatile malheureuse, 
Qui, maudissant sa curiosité, 
Traînant l'aile et tirant le pié, 
Demi-morte et demi-boiteuse, 
Droit au logis s'en retourna. 
Que bien, que mal, elle arriva 
Sans autre aventure fâcheuse. 
Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger 
De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines. 
Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ? 
Que ce soit aux rives prochaines ; 
Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau, 
Toujours divers, toujours nouveau ; 
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ; 
J'ai quelquefois aimé ! je n'aurais pas alors 
Contre le Louvre et ses trésors, 
Contre le firmament et sa voûte céleste, 
Changé les bois, changé les lieux 
Honorés par les pas, éclairés par les yeux 
De l'aimable et jeune Bergère 
Pour qui, sous le fils de Cythère, 
Je servis, engagé par mes premiers serments. 
Hélas ! quand reviendront de semblables moments ? 
Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants 
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ? 
Ah ! si mon cœur osait encor se renflammer ! 
Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ? 
Ai-je passé le temps d'aimer ? 

   La Fontaine


Quand aux "pigeons-patrons", si vous voulez savoir

pourquoi et comment ils nous pigeonnent, appuyer

ICI

 

Quintidi 15 Vendémiaire 221

 

Illustration X – Droits réservés

05/10/2012

Pantaïe…

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Aïe avé drim

C'est de pendre tous les banquiers,

Par les couilles ou par les pieds

Ou encor' de les fusiller

Mais, avant, de leur faire raquer

Tout le pognon qu'ils ont piqué,

Aux pauvres cons qu'ils ont niqués.

 

Aïe avé drim

C'est d'exploser les politiques

Sans vergogne et sans éthique,

Ces vieux cumulards prostatiques,

Résidus de fosses septiques

Dont la seule et unique tactique

Est: parasiter la République.

 

Aïe avé drim

C'est d'empaler tous les bigots

Ces insupportables cagots

Curés, rabbins, imams dingos

Qui se dressent sur leurs ergots

Pour abrutir tous les gogos

Et leur emplâtrer le magot.

 

Aïe avé drim

C'est d'arracher les deux roustons

Puis de couler dans le béton

Les marchands de merde en veston

Qui nous vendent leurs rogatons,

Viandes pourris et faux frometons

Dans leurs grandes surfaces de con.

 

Aïe avé drim:

La revanche de ceux qui triment...

 

 

 Quartidi 14 Vendémiaire 221


Illustration X - Droits réservés

 

 

03/10/2012

L’hiver arrive, préparons notre enfer : c’est chauffé !

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Oh ! Dieu, Yahvé, Allah, Bouddha et tutti quanti

Existez-vous ou pas ? On s’en fout ! Sapristi !

Mais si par quelqu’hasard vous existassiez

Dites à vos employés qu’ils nous font tous chier !

Curés, rabbins, imams, tous ces bourreurs de crânes

Culs serrés rabat-joie, nous prennent pour des ânes.

Ils nous les gonflent grave avec leurs conneries

Est-elle hallal, casher, des bestiaux la tuerie ?

Sont-ils donc estourbis, égorgés ou saignés ?

Cornedieu ! On s’en fout de ces discours de niais !

Les imbéciles heureux que le besoin de croire

Rend aptes à gober des monceaux de bobards.

Croire n’importe quoi, croire n’importe qui !

Surtout ne pas penser ! Trop dangereux Kiki !

De la pensée nait l’inquiétude.

Pas confortable l’inquiétude !

Faut-il avoir vraiment un Q.I. de mérou

Pour croire en vous, curés, imâms, rabbins, gourous

Qui vous précipitez sur la misère humaine

Comme mouches à merde sur des fruits de bedaine.

Vous confisquez la Vie, vous promettez le Ciel

Votre esprit est tordu, votre voix est de fiel,

Partout où vous passez agonise l’espoir,

Vous mettez la Raison, toujours, sous l’éteignoir.

Votre fond de commerce, votre sale bizness,

N’est que l’exploitation de l’insigne faiblesse

Et la crédulité de gens déboussolés

Prêt à tout abdiquer pour être consolés.

Pour vos sombres desseins, toute détresse est belle,

Vous êtes des machines à laver les cervelles

Des crédules victimes qui tombent dans vos rets

Et qui seront broyés, ruinés puis essorés

Pour vous servir d’esclaves, de chiens, de trous à bites,

De zombies asservis, de main d’œuvre gratuite.

Ô toi, Humain mon frère, que l’existence angoisse

Fuit comme le sida leurs sinistres paroisses

N’écoute pas la peur et fuit tous ces menteurs

N’écoute pas tous les profiteurs de la peur

Surtout ne croit en rien, rejette toute foi

Que le doute, toujours, soit ton ultime Loi.

Puisque tu n’y peux rien, puisqu’au bout de la Route

Inconnu ou néant apaiseront tes doutes.

Puisque tu n’y peux rien, attends sans peur la mort

Goûte plutôt la Vie sans pleurer sur ton sort.

 

VictorAyoli

 

Duodi 12 Vendémiaire 221

 

Photo X – Droits réservés

 

 

02/10/2012

La liberté d'expression est menacée, raison de plus pour soutenir URTIKAN.NET !

Vous aimez pouvoir dire ce que vous voulez, vous aimez pouvoir rire de tout, vous voulez pouvoir vous moquez de tout? Très bien, vous exprimez par là votre soif de LIBERTE. Cette liberté est largement menacée par les intégristes de tous bords.


Alors soutenons ceux qui se battent pour défendre cette liberté d'expression, fanion de toutes les autres libertés !

 

 

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Primidi 11 Vendémiaire 221

30/09/2012

Gastronomie de pauvres : la Bombine ardéchoise de Mamé Zizou.

Bombine pour web.jpg

 

 

Les temps de pénurie ne sont guère de mise

Et chacun, plus ou moins, peut manger à sa guise

Bien sûr, ce sont souvent des bouffes dégueulasses:

Sous vide, surgelés ou conserves fadasses.

Le pire étant bien sûr ces affreux "hambourgeois"

Dont les Zétazuniens, puritains rabat-joie,

Punissent tristement tout le reste du monde

En voulant le gaver de leur pâtée immonde:

Un peu de vache folle en tranche agglomérée

Prise entre deux éponges assaisonnées diarrhée

Pourtant, il y a peu – trois, quatre décennies –

Faire bouillir la marmite donnait des insomnies

À bien des ménagères. Mais avec presque rien,

Des patates, des restes, et du goût, ô combien!

Elles vous mitonnaient de solides gamelles

Qui régalaient le ventre mieux que des regardelles.

René-Louis Thomas, mon ami ardéchois,

Grand amateur de vins et de repas de choix

M'a préparé un jour - j'en lèche mes babines –

De sa Mamé Zizou la fameuse Bombine.

- Je t écoute Victor: comment ça se prépare,

Avec quels ingrédients, cette recette rare?


Ce n'est pas compliqué comme tu vas le voir,

 Pourtant c'est un bouquet de saveurs du terroir.

Hache fin deux ou trois cèbes de Lézignan

Que tu feras blondir dans l’huile lentement.

Quand je dis dans de l'huile, c'est d'olive bien sûr

Et non les jus douteux de quelques grains obscurs.

Ajoute des lardons, si possible un peu rances,

Ça apporte un parfum, mais évite l'outrance.

Il est temps maintenant de remplir ta toupine

De ce qui constitue le corps de la bombine :

Des rattes de l'année, entières, avec leur peau,

Mêlées de rattes vieilles, pelées et en morceaux.

Couvre juste à niveau d'eau chaude assez salée,

Met une gousse d'ail, du laurier et du thym

N'oublie pas d'ajouter un verre de bon vin,

Ferme et met en cuisson deux heures d'affilée,

À petit feu bien sûr, il faut que ça mijote.

Ce plat de fin de mois des montagnes gavottes

Te remplit le palais de fragrances rugueuses.

Il cala l'estomac des gavots et des gueuses

L'arrosant de clinton, ce cépage ardéchois

Qui te chauffe la tète et maltraite le foie.

Mais, comme dit Ferrat il fait des centenaires

Qui ne vont pas souvent chez les apothicaires.

Cessons pour aujourd'hui cc conte culinaire.

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Nonidi 9 Vendémiaire 221

 

Illustration originale Vincent Barbantan


 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 cèbes de Lezignan (ou autres oignons doux si vous n'en trouvez pas), - 2 hectos de lards (si possible un peu rance), - 1 kilo de pommes de terre rattes nouvelles, - 1 kilos de rattes vieilles, - 1 cuillerée à soupe de gros sel, - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 2 litres d'eau améliorée d’un verre de vin blanc.

Les vins conseillés:

Vous ne trouverez plus de clinton, ce cépage qui poussait sur les arides restanques ardéchoises, car, dangereux, il est interdit et c'est une bonne chose. Mais essayez un de ces rouges étonnants de fraîcheur et de par­fum des Coteaux ardéchois : Saint-Désirat, Saint-Joseph, Tournon, La Roche-de-Glun ; des rouges des Corbières ; des rouges des Coteaux varois.

 

 

29/09/2012

Ouiquinde érotique avec Alfred Jarry

 

A la découverte de la femme

Femmes1.JPG

Une forme nue et qui tend les bras,
Qui désire et qui dit : Est-ce possible ?
Yeux illuminés de joie indicible,
- Qui peut, diamants, nombrer vos carats !

Bras si las quand les étreintes les rompent.
Chair d'un autre corps pliée à mon gré,
Et grands yeux si francs, surtout quand ils trompent,
- Salez moins vos pleurs, car je les boirai.

Au frisson debout elle est, endormie,
Un cher oreiller en qui bat un cœur ;
Mais rien n'est plus doux que sa bouche amie,
Que sa bouche amie, et c'est le meilleur.

 

LE BAISER DE RODIN MARBRE MUSEE PARIS.jpg

 


Nos bouches, formez une seule alcôve,
Comme on unit deux cages par leurs bouts
Pour célébrer un mariage fauve
Où nos langues sont l'épouse et l'époux.

Tel Adam qu'animait une double haleine
A son réveil trouve Ève à son côté,
Mes sommeils enfuis, je découvre Hélène,
Vieux mais éternel nom de la beauté.
Au fond des temps par un cor chevroté :

- Hélène,
La plaine
Hellène
Est pleine
D'Éros.
Vers Troie
La proie,
S'éploie
La joie
D'Argos.

 

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L'agile
Achille
Mutile
La ville
Où pâme
Priam.

 

 

Pompeya_erótica5 Priape mosaïque.jpg

 


Le sillon de son char qui traîne
Hector à l'entour des remparts
Encadre un miroir où la reine
Toute nue et cheveux épars,
La reine
Hélène
Se pare.

- Hélène,
La plaine
Hellène
Est pleine
D'amour.

Le vieux Priam implore sur la tour :

- Achille, Achille, ton cœur est plus dur
Que l'or, l'airain, le fer des armures,
Achille, Achille, plus dur que nos murs,
Que les rochers bruts de nos remparts !

 

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A son miroir Hélène se pare :

- Mais non, Priam, il n'est rien si dur
Que le bouclier d'ivoire de mes seins ;
Leur pointe s'avive au sang des blessures,
De corail comme l'œil de blancs oiseaux marins :

Dans la prunelle froide on voit l'âme écarlate.
Il n'est rien si dur, non, non, non, Priam.

Pâris archer
Comme Cupidon
S'en vient flécher
Achille au talon ;

Pâris Éros
Si blond et si rosé,
Le beau Pâris, juge des déesses,
Qui choisit d'être amant d'une femme ;
Le ravisseur d'Hélène de Grèce,
Fils de Priam,
Pâris l'archer est découvert :
Sur sa trace éperdue exulte un char de guerre,
Son sexe et ses yeux morts nourrissent les vautours :

- Hélène,
La plaine
Hellène
Est pleine
D'amour.

 

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Destin, Destin, trop cruel Destin !
Le buveur du sang des mortels festoie :
Les corps hellènes jonchent la plaine de Troie,
Destin et vautours font même festin.
Trop cruel Destin, dur aïeul des dieux !

- Destin n'est qu'un mot, et les cieux sont vides.
S'il était des cieux autres que mes yeux.
Mortels, osez en scruter sans pâlir
L'abîme de bleu, l'arrêt s'y peut lire :
L'époux et l'amant, Ménélas, Pâris,
Sont morts et de morts la plaine est couverte
Pour faire à mes pieds un plus doux tapis,
Un tapis d'amour qui palpite et bouge ;
Et puis j'ai souvent une robe verte

Et... je ne sais pas... ces jours là, j'aime le rouge.

 

Alfred Jarry

Dans: Le Surmâle (chapitre 13, 1902)


 

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Octidi 8 Vendémiaire 221


Photos X - Droits réservés

28/09/2012

Racisme anti-blancs ? Chut ! Pas de gros mots…

 

 

Depuis quelques jours la ville de Nîmes est secouée par l’émergence dans les médias - essentiellement Radio France Gard-Lozère, le quotidien local Midi-Libre restant étonnamment discret – de faits « d’incivilités » dans le quartier populaire dit « du chemin bas d’Avignon ». En fait « d’incivilités », il s’agit de choses bien plus graves : depuis plusieurs semaines, au marché qui se tient chaque mardi dans ce quartier, un groupe de jeunes salafistes menacent des commerçants qui vendent du vin, de la viande de porc, de la charcuterie et même des vêtements « légers » ! Injonctions de ne plus venir exercer leur commerce sur ce marché assorties de menaces de mort…

 

Par crainte légitime de représailles, aucun n’a porté plainte ; certains ont préféré ne plus venir ; d’autres ont prévenu les médias, d’où un reportage radio de l’antenne locale de Radio France qui a dévoilé la chose. A tel point que le préfet du Gard a organisé hier une rencontre entre commerçants, conseil de quartier, police, élus municipaux, associations, organisations musulmanes reconnues.

 

Epiphénomène local ou réalité cachée dans bien d’autres villes et quartiers ? Ces individus se revendiquant des principes archaïques, barbares et meurtriers d’une secte dangereuse terrorisent les commerçants « gaulois » aussi bien que leurs coreligionnaires. Sous prétexte de ne « pas mettre d’huile sur le feu », faut-il que les autorités de la République aient une attitude munichoise ? Faut-il subir sans rien dire ? Accepter ces pressions insupportables d’une idéologie étrangère ? Les salafistes sont nos ennemis. Il convient de les traiter comme tels.

 

Au fait, si les commerçants menacés s’étaient groupés et avaient flanqué une bonne raclée à coups de triques à ces voyous, qu’aurait-on dit ? Qu’il s’agissait de racisme anti arabe, d’islamophobie, etc.

 

Que dit le Robert : racisme [Rasismn. m. 

• 1902; de race  

1 - Théorie de la hiérarchie des races, qui conclut à la nécessité de préserver la race dite supérieure de tout croisement, et à son droit de dominer les autres. Le racisme n'a aucune base scientifique. « Mein Kampf est  l'évangile du national-socialisme, ou, plus exactement, du racisme » (Bainville) 

- Ensemble de réactions qui, consciemment ou non, s'accordent avec cette théorie. Faire preuve de racisme. Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (L. I. C. R. A.).  

2 - Abusivt Hostilité violente contre un groupe social. Racisme envers les femmes.  sexismeRacisme anti-jeunes. « ça a été très compliqué d'entrer dans le cinéma à cause du type à l'entrée qui faisait du racisme anti petits garçons » (R. Forlani).

 

Mais, les actions d’un groupe d’individus se réclamant d’une idéologie religieuse étrangère, menaçant de mort des commerçants vendant des produits prohibés par cette secte religieuse, manifestant une hostilité violente contre un groupe social définie comme « gaulois », ça s’appelle comment ? Chut ! Pas de gros mots, ça risque d’incommoder les « idiots utiles »…

 

 

Septidi 7 Vendémiaire 221


 

racisme,salafistes

Un visage de la haine religieuse


Photo x - Droits réservés

 


 

23/09/2012

Ouiquinde de chasse !

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Le civet de sanglier de Sébastien et Anita

 

Mon ami Sébastien, redoutable tueur,

Utilise son temps, son flair et sa sueur

À courir les forêts, les bois et les broutières,

À sauter les ruisseaux des terres de Lozère

Pour traquer, débusquer, viser et fusiller

Son gibier préféré: le cochon sanglier.

Dès que pointe le jour vrombissent les quat'quatres

Où piaffent les chasseurs équipés pour combattre,

Montent les hurlements des meutes carnassières

Serrées dans des remorques, dans des malles arrières.

La battue se déploie par chemins et sentiers,

S'efforçant de boucler le massif forestier

Où laies et marcassins, cochons et sangliers

Commencent à gratter le sol d'un pied inquiet.

Le journée sera rude pour la bête à poil dur

Quand, poussées par les chiens hors des fourrés obscurs,

Pour tenter d'échapper à la meute hurlante,

Ses courses, à découvert dans les clairs et les pentes,

L'amènent à croiser les chemins et les sentes

Qui sont autant d'affûts où les fusils l'attendent.

Les coups de feu éclatent à travers la nature.

Si la bête s'échappe, on reprend les voitures ­

Pour lui couper la fuite au bord d'une autre route.

Parfois le sanglier met la meute en déroute,

Quand, acculé, blessé, forcé hors de son antre

Il se rue sur les chiens qu'il piétine et éventre.

Très souvent Sébastien, heureux bien que fourbu,

S'en retourne bredouille, au soir de la battue.

Mais lorsqu'un animal est tombé sous les balles,

Il faut voir son sourire, son allure martiale

Lorsqu'il brandit sa part de viande dépecée

Qu'il — fier comme Artaban — offre à sa fiancée.

Alors, tranquillement, avec ses doigts d'artistes

Dégoulinant de sang, Anita entre en piste.

Pour faire un bon civet, l'épaule ou le cuissot

Sont des pièces de choix. Coupez-les en morceaux

De taille conséquente. Récupérez le sang

Qui, pour lier la sauce, est bien intéressant.

Gardez-le au frigo pour qu'il ne se dégrade.

Préparez ce qu'il faut pour votre marinade.

Celle de Anita est un poème en soi:

Quatre, cinq oignons moyens, cévenols ou niçois;

Cinq ou six gousses d'ail et autant de carottes;

Un bouquet de persil; céleri, feuilles, côtes;

Du thym et du laurier; un peu de noix muscade;

Une écorce d'orange et quelques grains de cade;

Du poivre du moulin; du gros sel de Camargue.

Deux litres de Côtes-du-Rhône d'Estézargues,

Un verre d'huile d'olive et deux de bon vinaigre.

Vous cuisez demi-heure à feu vif et allègre.

Rangez le sanglier au fond d'un pot en grès,

Un grand verre de marc pour rendre du degré

À votre marinade versée, chaude, dessus.

Le pot, au frais trois jours, recouvert d'un tissu

Est alors le théâtre d'une superbe idylle

Entre les ingrédients. Une alchimie subtile

Va attendrir la viande, sublimer les parfums

Et les goûts de gibier du sanglier défunt.

Quand, le jour du repas, l'aurore aux doigts de roses

Du sommeil des Buveurs dissipe les hypnoses,

Vous sortez et séchez à l'aide d'un torchon ­

Les morceaux marinés de viande de cochon.

Séparez au chinois légumes et liquide.

Petit, sers-moi un verre, j'ai le clapoir acide!

Dans de l'huile d'olive, au fond d'une toupine

Votre petit-salé embaume les narines.

Rajoutez en tournant les légumes essorés,

Puis intégrez la viande que vous faites dorer.

Mouillez alors avec le jus de marinade,

Et cuisez à feu doux, cinq heures, à l'estouffade.

Il faut voir le sourire heureux de Sébastien

Quand Anita apporte, de son pas aérien

Son plat qu'elle découvre, très fière, sur la table

Exhalant en volutes des parfums admirables.

Ce chef-d'œuvre requiert, pour de grandes agapes,

Rien moins que le meilleur des Châteauneuf-du-Pape.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

Pour la marinade: - 4 oignons moyens coupés en quarts et piqués de clous de girofle, - 6 gousses d'ail écrasées, - 6 à 8 carottes en tronçons, ­l bouquet de persil grossièrement coupé, - l pied de céleri côtes et feuilles, grossièrement coupées, - l gros bouquet de thym, - 6 feuilles de laurier, - l douzaine de grains de genièvre, - 2 poignées de gros sel de Camargue,

- l cuillerée à soupe de poivre noir du moulin, - noix de muscade, - l écorce d'orange séchée, - l verre d'huile d'olive, - 2 verres de bon vinaigre, - 2 litres de bon vin rouge. N'oubliez pas de cuire cette mari­nade et de la verser chaude sur les morceaux de sanglier avant de laisser reposer trois jours.

Pour le plat: - l cuissot ou l épaule de sanglier, - le sang récupéré ou l verre de sang (à demander à votre boucher), - l verre d'huile d'olive, - 250 grammes de petit-salé coupé en dés, - les légumes essorés de la marinade cuite, - le jus de la marinade.

 

 

 

Les vins conseillés:

Le civet de sanglier préparé de cette manière est un plat somptueux, à la fois puissant et très parfumé. Il faut donc des vins à la hauteur.

En vallée du Rhône: Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Lirac, Vacqueyras, Cornas, Hermitage, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph, Côte-Rôtie.

On peut également l'accorder avec bonheur à de vieilles bouteilles de Cairanne, Visan, Séguret, Valréas, Gallician.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure, Maury.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Pierrefeu, Puyloubier, Cabasse, La Cadière-d'azur, vins de Bellet.

 

 Duodi 2 Vendémiaire de l'an 221


Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

 

 

22/09/2012

BONNE ANNEE REPUBLICAINE et LARGE SOIF !

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C’est aujourd’hui le premier jour de l’année 221 de l’ère de la Liberté. Le primidi 1er Vendémiaire, jour du raisin ! Alors à boire tavernier !

 

« Le calendrier étant une chose à laquelle on a si souvent recours, il faut profiter de la fréquence de cet usage, pour glisser parmi le peuple les notions rurales élémentaires, pour lui montrer les richesses de la nature, pour lui faire aimer les champs, et lui désigner, avec méthode, l'ordre des influences du ciel et des productions de la terre.

Les prêtres avaient assigné à chaque jour de l'année, la commémoration d'un prétendu saint : ce catalogue ne présentait ni utilité, ni méthode ; il était le répertoire du mensonge, de la duperie ou du charlatanisme.

Nous avons pensé que la nation, après avoir chassé cette foule de canonisés de son calendrier, devait y retrouver en place tous les objets qui composent la véritable richesse nationale, les dignes objets, sinon de son culte, au moins de sa culture ; les utiles productions de la terre, les instruments dont nous nous servons pour la cultiver, et les animaux domestiques, nos fidèles serviteurs dans ces travaux ; animaux bien plus précieux, sans doute, aux yeux de la raison, que les squelettes béatifiés tirés des catacombes de Rome.

En conséquence, nous avons rangé par ordre dans la colonne de chaque mois, les noms des vrais trésors de l'économie rurale. Les grains, les pâturages, les arbres, les racines, les fleurs, les fruits, les plantes, sont disposés dans le calendrier, de manière que la place et le quantième que chaque production occupe est précisément le temps et le jour où la nature nous en fait présent. »

 

Fabre d'Églantine,

 

A boire, à boire, à boire, à boire tavernier

Mets tes tonneaux en perce et verse volontiers

En  nos verres et nos coupes le vin de l’amitié

Que le Côtes du Rhône abreuve nos gosiers !

 

Quand août éteint ses feux, vient le temps des vendanges

De Cornas à Ampuis, de Tavel à Orange

Les garçons et les filles en colles qui trépignent

Cueillent avec ardeur les  raisins de nos vignes

 

Ils coupent en riant les grappes de soleil

Et les foulent en jus d’opale et de vermeil

Que tous les vignerons dans l’ombre des caveaux

Transmuteront en vins gouleyants et nouveaux.

 

A nous belles soubrettes, le vin vous embellit

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, dansons et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour.

 

JVJ

  

Primidi 1er Vendémiaire de l’an 221 - Jour du Raisin


Illustration Martine Benoit

20/09/2012

Ma santé sans Monsanto !

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Eh ! Vous avez vu la gueule du rat qui se goinfre de maïs OGM Monsanto NK 603 pour être précis ? Putaing ! Le mec, on dirait qu’il a avalé des balles de golf ! Et il a l’air aussi heureux qu’un responsable FNSEA a qui on vient de mettre sous le nez l’étude qui vient de dénoncer la mafia OGM ! Une étude menée en secret, à l’abri de toutes pressions, pendant deux ans, par le français Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen. Cancéreux jusqu’au bout des moustaches, les pauvres ratichons ! Et si les OGM pourrissent les rats jusqu’à la moelle, il en est évidemment pareil pour les humains !

 

Bon. Moi, je m’efforce de ne pas en bouffer des OGM, mais…je me fais endoffer sans  vaseline car ces putaings d’OGM sont partout.  Biscottes, huile de colza, sauces et crèmes de soja, tofu, plats avec de l'amidon, céréales ou chips à base de maïs peuvent en contenir. Jusqu’à 0,9% d’OGM présents dans le produit, aucun un étiquetage n’est obligatoire… Merci les instances concernées de l’Europe.

 

Et dans la barbaque alors ? Moi, naïf, je pense que la bonne entrecôte de vache de l’Aubrac que j’achète chez Bouquet, au village, est tout ce qu’il y a de sain. Mouais… D’accord, elle mange de la bonne herbe la vache de l’Aubrac. Mais j’ai vu mes voisins éleveurs : ils leurs mettent aussi dans les mangeoires des espèces de granulés parait-il de céréales. Et il y a de forte chance que dans ces granulés se trouvent des céréales transgéniques dont l’importation est autorisée. En France, 35 sortes d'OGM peuvent être importées : 3 espèces de soja, 25 de maïs, 2 de colza, 3 de coton, une de pomme de terre et une de betterave. Et une étude de l’Autorité française de sécurité sanitaire des aliments datant de 2001 (alors depuis, ce doit être bien pire !) montre que des traces d’OGM sont également présentes même dans les plants dits « conventionnels » !

 

Les universitaires ont travaillé en même temps sur le maïs OGM NK603 et le Roundup, les deux marchant ensemble. Le Round Up, cette saloperie que l’on trouve en vente libre dans toutes les jardineries, dans toutes les grandes surfaces, et que les agriculteurs mais aussi les jardiniers utilisent à fond la caisse ! Un poison redoutable. « A la dose la plus faible de Roundup (…) on observe 2,5 fois plus de tumeurs mammaires » précise le professeur Séralini! « Le crime, c’est que ça n’ait pas été testé avant, que les autorités sanitaires n’aient pas exigé des tests plus longs alors qu’on est à 15 ans de commercialisation » s’insurge-t-il.

 

La majorité des études précédentes ont été faites par…les firmes concernées ! Et sur une durée de 90 jours maximum alors que celle qui vient de sortir a duré deux années. Elle a coûté plus de 3 millions d’euros, financés notamment par les fondations Ceres et la Fondation Charles Leopold Meyer pour le progrès pour l’homme. Les fonds ont été gérés par le Comité de recherche et d’informations indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), strictement indépendant des compagnies de biotechnologies et dont M. Séralini préside le conseil scientifique.

L’étude doit s’accompagner le 26 septembre d’un film, "Tous cobayes", qui rend compte de cette expérience, ainsi que d’un livre chez Flamarion.

Qu’on se le dise !


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 5ème jour des Sansculottides de l'an 220 - Jour des Récompenses


Illustrations X - Droits réservés


19/09/2012

Au bistro de la toile : ces obscurantistes qui nous emmerdent!

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- Oh ! Victor, il y a des années que je n’achète plus Charly Hebdo, depuis qu’ils ont viré Siné exactement, mais cette semaine, je crois que je vais l’acheter. Parce qu’au milieu de l’autocensure des médias collabos qui se coupent les aliboffis devant les menaces des sinistres barbus, je trouve rafraîchissante et courageuse leur attitude de répondre par la provoc aux provocs permanentes de tous ces barjos de nazislamistes qui veulent nous imposer des manières de vivres à dégueuler. Le délit de blasphème n’existe plus en France depuis 1791. On n’est plus à l’époque où les curés passaient au barbecue tous ceux qui ne « croyaient » pas. Rappelons-nous le chevalier de La Barre, torturé et brûlé parce qu’il n’avait pas ôté son chapeau…devant une procession catholique !

 

- Absolument d’accord, Loulle. Les musulmans en sont aujourd’hui où nous en étions il y a à peine deux siècles. Fort heureusement, depuis il y a eu Voltaire, Rousseau, le marquis de Sade qui ont ouvert la voie à la Révolution française qui, elle, a fait le travail sans fioriture en mettant les curés à leur place, la sphère strictement privée. Puis les lois sur la laïcité et l’instruction publique ont permis aux gens de réfléchir par eux-mêmes et donc de se rendre compte du fatras de conneries que sont les religions, et du danger qu’elle représentent, particulièrement celles dites « du livre » qui sont des idéologies sectaires d’exclusion, de terreur, de mort. Actuellement, c’est l’islam qui gueule le plus fort, ce sont ces cons de barbus qui prétendent détenir la vérité absolue et qui veulent nous l’imposer ou nous égorger, le fait de tuer un « infidèle » valant ticket d’accès direct au paradis d’Allah…

 

- Enfin, comment peut-on avoir les boyaux de la tête assez tartrés pour se laisser dicter sa manière de vivre entière, de la façon de baiser à celle de bouffer en passant par celles de pisser et de se torcher le cul ! Et dicter par qui ? Par les écrits  traduits, déformés, interprétés de quelques illuminés analphabètes qui ne devaient pas fumer que la moquette ! Et tout ça au nom de « l’amour » bien entendu ! Surtout au profit des maquereaux qui s’engraissent sur ces croyances d’un autre âge. Asservir les pauvres ignorants, ça rapporte le pognon et le pouvoir…

 

- Le « monde arabo-musulman » comme ont dit a raté le coche à la sortie de la guerre  de 39-45. Des mouvements de libérations nationales victorieux les ont libérés du joug du colonialisme. Des partis laïques comme les partis baas, des hommes déterminés comme Nasser en Egypte, Mossadeg en Iran laissaient espérer la libération non seulement des nations, mais aussi des esprits. Ils empruntaient la même voie que Mustapha Kemal Atatürk après la guerre de 14-18 qui n’hésitait pas à chasser les ulémas, les imans et autres exploiteurs musulmans par la podoculothérapie ! Il n’y allait pas par quatre chemins le grand Mustapha qui proclamait : « L’islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral est un cadavre qui empoisonne nos vies ». Mais ces révolutions libératrices se sont heurtées…aux intérêts des Zétazuniens, des Rosbifs et aussi de nous-mêmes. Vous pensez, ces révolutionnaires prétendent se réapproprier leur canal de Suez et nous vendre leur pétrole que nous leur prenons gratos ! Alors l’exécuteur des basses œuvres de l’oncle Sam, la CIA et avant elle l’OSS ont tout fait pour abattre ou saccager ces régimes progressistes qui leur faisaient peur en flirtant « dangereusement » avec la puissante URSS. Pour cela, ces officines se sont appuyés sur la religion : ils ont inventé les Frères musulmans, ils ont conforté les régimes féodaux sanguinaires de l’Arabie saoudite, Qatar et autres émirats pétroliers qui propagent et arrosent de pognon partout dans le monde l’idéologie salafiste, le pire des obscurantismes. Plus tard ils ont créé, entrainés et armé les talibans afghans, et que dire des accointances financières entre les familles Bush et…Ben Laden…

 

- Donc, la solution pour se débarrasser de tous ces nazislamistes, c’est de taper fort sur l’Arabie saoudite, le Qatar et autres émirats du golfe ! Or ces féodalités sont…nos principaux alliés dans la région… Quel bordel…

 

- Un bordel qui peut très bien déboucher sur une guerre. Mais est-ce qu’une guerre gênerait les puissances de l’argent qui nous gouvernent ? Ça rapporte beaucoup, Monsieur, une guerre ! Et ça permet de réduite un peu le troupeau… Il n’empêche que, concernant les provocs des salafistes et autres intégristes de toutes obédiences, y compris chrétiennes et juives, il ne faut pas reculer d’un poil. Tout accommodement est considéré par ces extrémistes comme une faiblesse et donc une incitation à pousser plus loin le bouchon.

 

- Donc si les barbus organisent une manif comme l’autre jour à Paris, qu’est-ce qu’il doit faire Valls ?

 

- Taper. Et fort !

 

 

 4ème jour des Sansculottides de l'an 220 - Jour de l'opinion


Merci à Chimulus

17/09/2012

Débouchons-nous les boyaux de la tête avec l’immense Omar Khayam

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"La distance qui sépare l’incrédulité de la foi n’est que d’un souffle, celle qui sépare le doute de la certitude n’est également que d’un souffle ; passons donc gaiement cet espace précieux d’un souffle car notre vie aussi n’est séparée (de la mort) que par l’espace d’un souffle."

 

Et encore :

 

"On affirme qu’il y aura, qu’il y a même un enfer. C’est une assertion erronée : on ne saurait y ajouter foi, car s’il existait un enfer pour les amoureux et les ivrognes, le paradis serait, dès demain, aussi vide que le creux de ma main."

 

Et une dernière pour la route :

 

"Si je fais le mal, Dieu, pour me punir, me fait du mal. Entre lui et moi, où est la différence ?"


2ème jour des Sans-Culottides de l’an 220 - jour du génie


Merci à Chimulus

16/09/2012

Ouiquinde gastronomique: Les cèpes farcis de La Lionne

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Quand août éteint ses feux vient le temps des vendanges

De Cornas à Ampuis, de Tavel à Orange

Les garçons et les filles, en colles qui trépignent

Cueillent avec ardeur les raisins dans les vignes.

Ils coupent en riant les grappes de soleil

Et les foulent en jus d'opale ou de vermeil

Que tous les vignerons, dans l'ombre des caveaux

Transmuteront en vins gouleyants et nouveaux.

Et c'est aussi le temps où sur les hautes terres

Du Ventoux, de Provence, d'Ardèche ou de Lozère

Dans les sombres forêts que cerfs et daims recèpent

Surgit, mystérieux, Sa Majesté le Cèpe.

Mais pour le découvrir, sous sapins et fougères

Il faut expérience, œil vif et main légère.

Tôt levé le matin, dans la sylve mouillée

Le bâton d'une main, dans l'autre le panier,

Il faut marcher, ramper, jouer au sanglier,

Pour atteindre ce lieu secret et singulier:

Sa "bouletière" cachée même à ses familiers!

Le cèpe, s'il est là, tu le sais par le nez,

Son parfum délicat te le fait deviner.

Avance à quatre pattes dans les épais fourrés

Respire à petits coups, tout comme un chien d'arrêt,

Cherche sous les plus basses branches des sapins

Et si tu trouves un cèpe, cherche aussi ses copains:

Il est rarement seul le Prince des forêts.

Il te faut le couper et non le déterrer,

En respectant ainsi le cèpe et son domaine

Tu t'y retrouveras à la saison prochaine.

Range bien sur des feuilles, dans un large panier,

Ce dont tu as besoin, pour ne pas gaspiller.

Boletus Eludis procure trois plaisirs:

Le plus primordial, c'est bien de le cueillir,

Puis le plus cérébral, c'est de le cuisiner,

Enfin le plus charnel, c'est de le déguster.

Je vais te raconter comment fait La Lionne

(C'est l'élue de mon cœur, grande, fière et mignonne)

Pour préparer, farcis, les cèpes les plus gros,

Superbes dômes bruns dépassant le kilo.

Elle nettoie le cèpe sans pourtant le laver,

À la brosse, au couteau, sans jamais s'énerver.

Elle enlève la queue qu'elle hache menu,

Deux aulx, deux échalotes, du persil, revenus,

Elle poêle cent grammes de chair à saucisse,

Incorpore échalotes puis queues de cèpes; épice

Avec du sel, du poivre noir, un peu de thym,

En tournant elle y introduit la mie de pain.

Hors du feu elle lie par un œuf et du beurre.

Sa farce est terminée. Tu sens ce qu'elle fleure !

C'est alors qu'elle fait rissoler le chapeau

Environ cinq minutes de chaque côté

Un peu plus côté mousse qu'elle n'a pas ôtée,

Le fait de le saler lui fait rendre son eau.

Elle beurre le fond d'un plat à gratin rond

D'un diamètre à peine égal au champignon.

Elle garnit le fond de pâte feuilletée

Et y pose dessus son cèpe renversé

Elle étale sa farce harmonieusement

Façonnant de la sorte un dôme culminant.

Le tout est recouvert de pâte feuilletée,

Au sommet elle ménage une cheminée.

Léger nappage à l’œuf pour fournir le brillant

Qui donnera au plat un côté attrayant.

Cuisson à four moyen pendant une bonne heure.

On sert le plat sur table! C'est alors le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

1er jour des Sans-Culottides de l’an 220 – Jour de la Vertu

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

 

15/09/2012

Ouiquinde érotique avec Guy de Maupassant

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Je ne l'entendais pas, tant je la regardais.

Par sa robe entr’ouverte, au loin je me perdais,

Devinant les dessous et brûlé d'ardeurs folles;

Elle se débattait, mais je trouvai ses lèvres!

Ce fut un baiser long comme une éternité

Qui tendit nos deux corps dans l'immobilité.

Elle se renversa, râlant sous ma caresse;

Sa poitrine oppressée et dure de tendresse

Haletait fortement avec de longs sanglots.

Sa joue était brûlante et ses yeux demi-clos;

Et nos bouches, et nos sens, nos soupirs se mêlèrent

Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,

Un cri d'amour monta, si terrible et si fort

Que des oiseaux dans l'ombre effarés s'envolèrent.

Ainsi que deux forçats rivés aux mêmes fers

Un lien nous tenait, l'affinité des chairs.

 

Guy de Maupassant

 

Décadi 30 Fructidor 220


Photo X - Droits réservés

11/09/2012

Au bistro de la toile : quelques tuyaux pour Normalou.

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- Et alors Loulle, tu vas fuir en Belgique ou t’es fiscalement patriote ?

 

- Bof. Les frites, c’est trop gras, la bière ne vaut pas le vin et ce que je sauverais ou rien, c’est pareil… Je vis en France, j’y suis né, je m’y suis éduqué, je suis râleur et plutôt anar, alors je reste solidaire. Et même si je dois payer un peu plus, ben, je n’en ferais pas un caca nerveux. De plus Victor, je n’augmenterai pas le prix des consommations !

 

- Voilà qui t’honore Loulle. Mais n’en profite pas pour nous mettre des verres plus petits !

 

- Tè ! J’ai un tuyau pour François s’il veut racler quelques milliards. La glorieuse armée françouaise ressemble à l’armée mexicaine : il y a un officier pour 5 soldats ! Et des tombereaux  de généraux, des palanquées de colonels sans aucune affectation. Qui ne servent donc à rien. Et ces gens-là, ils touchent de bonnes payes !

 

- En voilà une idée qu’elle est bonne Loulle ! Et il y en a d’autres de tuyaux à lui donner. La niche Copé. Cet amendement présenté et défendu à la tribune par Copé, à l’époque ministre délégué au budget vise à exonérer d'impôt sur les sociétés la revente, par une société-mère, de ses titres de participation dans une filiale. Cet énorme cadeau aux grandes entreprises et surtout aux holdings financiers a coûté 22 milliard de manque à gagner pour le budget national en trois ans…

 

- Et les cadeaux aux labos pharmaceutiques qui ruinent la sécu…

 

- Et les cadeaux aux gargotiers-restaurateurs-hôteliers – je ne parle pas pour toi Loulle ! – qui coûtent entre 3 et 4 milliards par an.

 

- Mouais… On pourrait aussi parler des dérogations fiscales pour les journaleux et…les faiseuses de pipes de Saint-Claude !

 

- Donc, ce qu’on attend de notre Normalou de président, c’est une réforme fiscale totale, globale, qui remette tout à plat pour repartir sur des bases justes.

 

- A la nôtre Victor !

 

 

Sextidi 26 Fructidor 220

 

Merci à Chimulus