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20/07/2012

Salut à toi, ami Fainéant, mon frère !

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Salut à toi, ami estivalier qui, le temps de quelques semaines, va t’initier à ce subtil bonheur : glander ! Marcher avec le temps au lieu de te laisser dévorer par lui. Ecouter ta vie. En ex-Indochine, un proverbe dit : « Les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser, les Laotiens l’écoutent pousser ». Toute une philosophie de vie qui désacralise le « travail ». « Travail » (du latin tripalium, instrument de torture). Ils sont bien plus valorisant les termes « labeurer » ou « labourer » plus spécifique et « œuvrer », accomplir une œuvre.

 

Le travail implique contrainte, souffrance, malédiction divine. Le sinistre M. Thiers, dans le sein de la Commission sur l'instruction primaire de 1849, disait: «Je veux rendre toute-puissante l'influence du clergé, parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l'homme qu'il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l'homme: "Jouis".» Thiers formulait la morale de la classe bourgeoise dont il incarna l'égoïsme féroce et l'intelligence étroite. Il a eu cinq longues et sombres années durant un digne successeur en la personne de Sarkozy et de son « travailler plus pour… ».

 

La paresse, la fainéantise, le glandage sont l’apanage d’une sorte d’élite. On naît fainéant. C’est une chance immense et une injustice pour les autres. L’art de ne rien faire est difficile et ne semble pas donné à tout le monde. Même les loisirs en prennent un coup : le temps libre est de plus en plus confisqué par la télévision et les industriels des loisirs. Nombreux sont ceux qui redoutent l’inaction et réclament un ordre du jour même pendant leurs vacances. Comme s’ils craignaient de se laisser aller, de se laisser guider par la fantaisie. Peut-être par peur de se retrouver seuls avec eux-mêmes ?

 

Nous sommes influencés par cette culture où le religieux  ( "Tu te nourriras à la sueur de ton front !") se mêle à l’économique (travailler plus pour gagner plus) et condamne l’oisif à travailler. Sauf s’il est rentier ou/et actionnaire ! Dans ce cas, c’est son capital qui travaille pour lui, c’est-à-dire vous, moi, les cochons de payants de la France d’en-bas.

 

Après des siècles de christianisme et avec l’esprit du capitalisme, on n’imagine pas passer sa vie dans l’inactivité, à moins de passer pour un marginal ou un illuminé. Et malheur à vous si vous avez la malchance d’être au chômage ou si vous avez choisi de faire passer votre vie personnelle avant le travail. On aura vite fait de vous soupçonner de paresse, fainéantise ou de manque d’ambition. Et vous perdrez votre vie à la gagner. Et pourtant ! Dans une autre vie, j’ai même été « chef d’entreprise ». Et je n’embauchais que des fainéants avoués. Ils sont les plus fiables, les plus efficaces des collaborateurs : un fainéant œuvre vite pour avoir plus vite fini et bien pour ne pas avoir à y revenir !

 

Il y a dans l’art de ne rien faire le signe d’une conscience vraiment affranchie des multiples contraintes qui, de la naissance à la mort, font de la vie une frénétique production de néant. Niquer ces contraintes est une libération.

 

Dans le système capitaliste d’exploitation de l’humain, il y a de la malice, assurément, à en faire le moins possible pour un patron, à s’arrêter dès qu’il a le dos tourné, à saboter les cadences et les machines, à pratiquer l’art de l’absence justifiée. La paresse ici sauvegarde la santé et prête à la subversion un caractère plaisamment roboratif. Elle rompt l’ennui de la servitude, elle brise le mot d’ordre, elle rend la monnaie de sa pièce à ce temps qui vous ôte huit heures de vie et qu’aucun salaire ne vous laissera récupérer. Elle double avec un sauvage acharnement les minutes volées à l’horloge pointeuse, où le décompte de la journée accroît le profit patronal. Voler ainsi un patron, ce n’est que de la récupération !

 

Pourtant, il plane sur la paresse une telle culpabilité que peu osent la revendiquer comme un temps d’arrêt salutaire, qui permet de se ressaisir et de ne pas aller plus avant dans l’ornière où le vieux monde s’enlise. Encore que ! Certains entreprise découvrent les bienfaits de la sieste !

 

Qui, des allocataires sociaux, proclamera qu’il découvre dans l’existence des richesses que la plupart cherchent où elles ne sont pas ? Ils n’ont nul plaisir à ne rien faire, ils ne songent pas à inventer, à créer, à rêver, à imaginer. Ils ont honte le plus souvent d’être privés d’un abrutissement salarié, qui les privait d’une paix dont ils disposent maintenant sans oser s’y installer. La culpabilité dégrade et pervertit la paresse, elle en interdit l’état de grâce, elle la dépouille de son intelligence. Pourtant ils feraient dans la fainéantise d’étonnantes découvertes : un coucher de soleil, le scintillement de la lumière dans les sous-bois, l’odeur des champignons, le goût du pain qu’il a pétri et cuit, le chant des cigales, la conformation troublante de l’orchidée, les rêveries de la terre à l’heure de la rosée, sans oublier les formidables rêves érotiques !

 

- Oh ! Victor ! Bois un coup, ça te passera !

 

- Merci !

 

Nous aurons bien mérité la retraite, soupirent les travailleurs. Ce qui se mérite, dans la logique de la rentabilité, a déjà été payé dix fois plutôt qu’une !

 

Si la paresse s’accommodait de la veulerie, de la servitude, de l’obscurantisme, elle ne tarderait pas à entrer dans les programmes d’État qui, prévoyant la liquidation des droits sociaux, mettent en place des organismes caritatifs privés qui y suppléeront : un système de mendicité où s’effaceront les revendications qui, il est vrai, en prennent docilement le chemin si l’on en juge par les dernières supplications publiques sur le leitmotiv « donnez-nous de l’argent ! ». L’affairisme de type mafieux en quoi se reconvertit l’économie en déclin ne saurait coexister qu’avec une oisiveté vidée de toute signification humaine.

 

La paresse est jouissance de soi ou elle n’est pas. N’espérez pas qu’elle vous soit accordée par vos maîtres ou par leurs dieux. On y vient comme l’enfant par une naturelle inclination à chercher le plaisir et à tourner ce qui le contrarie. C’est une simplicité que l’âge adulte excelle à compliquer.

 

Que l’on en finisse donc avec la confusion qui allie à la paresse du corps le ramollissement mental appelé paresse de l’esprit - comme si l’esprit n’était pas la forme aliénée de la conscience du corps.

 

L’intelligence de soi qu’exige la paresse n’est autre que l’intelligence des désirs dont le microcosme corporel a besoin pour s’affranchir du travail qui l’entrave depuis des siècles.

 

La paresse est un moment de la jouissance de soi, une création, en somme ! Le fainéant est un créateur naturel. Un créateur de bonheur !

 

 

Victor Mammifère omnivore ampélophile - Maître siestologue – Vice-président du Club des Fainéants de Villeneuve – Fondateur de l’Académie des Amoureux de l’Aïoli – Fondateur des Bistrots du Cœur – Fondateur de Buveurs sans Frontières – Fondateur de la Chorale des Bois-sans-soif.

 

 

Tridi 3 Thermidor

 

Illustration : merci à Franquin


P.S.: Ce soir, sur France Inter, à partir de 20 heures, on pourra écouter: "Eloge de la paresse", de Lafargue, gendre de...Karl Marx !

 

 

19/07/2012

Pour se laver les boyaux de la tête : salade de mots d’été.

 

 

rafraichissement.jpg

 

 

 

 

Sur le collier du chien que tu laisses au mois d'août

Sur la vulgarité de tes concours de pets

Sur l'étendard nazi et sur le drapeau rouge

Sur la rosette au coin du vieillard officiel

Sur les blousons kaki, sur les képis dorés

Sur le cul blanc des féministes

Sur le mandrin des misogynes

Sur le béret obtus des chauvins aveuglés

Sur la croix des cathos, le croâ des athées

Sur tous les bulletins et sur toutes les urnes

Où les crétins votants vont se faire entuber

Sur l'espoir en la gauche

Sur la gourmette en or de mon coiffeur de droite

Sur la couenne des connes aplaties sur les plages

Sur l'asphalte encombré de cercueils à roulettes

Sur les flancs blancs d'acier des bombes à neutron

Que tu t'offres à prix d'or sur tes impôts forcés

Sur la sébile humiliante et dérisoire

Qu'il faut tendre pourtant à tous les carrefours

Pour aider à freiner l'ardeur des métastases

Sur le mur de la honte et sur les barbelés

Sur les fronts dégarnis des commémorateurs

Pleurant au cimetière qu'ils ont eux-mêmes empli

Sur le petit écran qui bave encore plus blanc

Sur l'encéphalogramme éternellement plat

Des musclés, des Miss France et des publicitaires

Sur l'étendard vainqueur de la médiocrité

Qui flotte sur les ondes hélas abandonnées

Aux moins méritants des handicapés mentaux

Sur la Bible et sur Mein Kampf

Sur le Coran frénétique

Sur le missel des marxistes

Sur les choux-fleurs en trop balancés aux ordures

Quand les enfants d'Afrique écartelés de faim

Savent que tu t'empiffres à mourir éclaté

Sur le nuage

Sur la lune

Sur le soleil atomique

Sur le cahier d'écolier de mes enfants irradiés

J'écris ton nom

HOMME.

 

Victor Chabert

remarquable pastiche de la poésie "Liberté" de Paul Éluard, 1942


Duodi 2 Thermidor 220


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15/07/2012

Ouiquinde érotico-gastronomique sur l'Aubrac

randonneuse souriante.jpg

 

Vanessa

 

La brune Vanessa chemine sur l’Aubrac.

Pressée par la nature, elle pose son sac

Et, discrète, s’épanche derrière une murette.

Soudain elle bondit en hurlant, la pauvrette…

 

Une vipère avait planté ses crocs pointus

Dans la partie charnue de son individu !

Foin de toute pudeur ! La malheureuse appelle,

Et je me précipite au secours de la belle.

 

Agenouillé près de ses trésors féminins,

Je mord, suce, aspire et crache le venin.

Pour sauver Vanessa, sans ménager ma peine,

 

Je presse à pleines mains la jolie lune pleine.

Pour me remercier de ce vaillant combat,

La belle offre à ma bouche son sourire d’en bas…

 

 

 

- Afin de rassurer ta charmante marcheuse

Qui, d’après tes écrits ne semblaient pas bêcheuse,

Tu aurais pu l’amener dans un buron d’Aubrac,

C’est ainsi qu’on appelle les sortes de barraques

En pierres de granit qui servent aux bouviers

De solides refuges ainsi que d’ateliers

Où ils mettent au point les somptueux fromages

Dont la réputation à traversé les âges :

Tommes de lait de vaches d’Aveyron et Lozère

De Laguiole, d’Aubrac et de la Fau de Peyre.

Elle aurait pu manger, avec toi, l’aligot,

Compagnon idéal d’un bon plat d’escargots.

Tu ramasses, en marchant, quelques gastéropodes

Si nombreux sur l’Aubrac après une pluie chaude.

Comptes-en deux douzaines pour chacun des mangeurs.

Surtout si tes convives ont l’appétit majeur.

au vinaigre et au sel tu les fait dégorger,

Pendant deux heures au moins puis rince les rejets

Et met-les à bouillir dedans un court-bouillon

Avec laurier, fenouil, sel, poivre, thym, oignons.

Deux heures après tu vas, à l’aide d’une aiguille,

Sortir tes escargots, chacun, de leur coquille,

Puis tu vas supprimer carrément les entrailles

C’est, au bout de la chair, une noire tripaille.

Pendant cette cuisson, tu prépares ta sauce :

Des oignons rissolés avec du lard des Causses,

De la chair à saucisses, quelques anchois pilées,

Epinard, vert de blettes, oseille acidulée.

Jette les escargots dedans ta cassolette,

Poivre, sel, noix muscade et piment d’Espelette,

Mouille si nécessaire d’un peu de court-bouillon

Mijoter vingt minutes mais sans ébullition.

Tu sers ta gargoulade avec de l’aligot,

En buvant du vin rouge de derrière les fagots.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Octidi 28 Messidor 220


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14/07/2012

Sourire du 14 juillet

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Célébration du 14 juillet dans la forêt.

Qu'il est joyeux aujourd'hui
Le chêne aux rameaux sans nombre,
Mystérieux point d'appui
De toute la forêt sombre !

Comme quand nous triomphons,
Il frémit, l'arbre civique ;
Il répand à plis profonds
Sa grande ombre magnifique.

D'où lui vient cette gaieté ?
D'où vient qu'il vibre et se dresse,
Et semble faire à l'été
Une plus fière caresse ?

C'est le quatorze juillet.
À pareil jour, sur la terre
La liberté s'éveillait
Et riait dans le tonnerre.

Peuple, à pareil jour râlait
Le passé, ce noir pirate ;
Paris prenait au collet
La Bastille scélérate.

À pareil jour, un décret
Chassait la nuit de la France,
Et l'infini s'éclairait
Du côté de l'espérance.

Tous les ans, à pareil jour,
Le chêne au Dieu qui nous crée
Envoie un frisson d'amour,
Et rit à l'aube sacrée.

Il se souvient, tout joyeux,
Comme on lui prenait ses branches !
L'âme humaine dans les cieux,
Fière, ouvrait ses ailes blanches.

Car le vieux chêne est gaulois :
Il hait la nuit et le cloître ;
Il ne sait pas d'autres lois
Que d'être grand et de croître.

Il est grec, il est romain ;
Sa cime monte, âpre et noire,
Au-dessus du genre humain
Dans une lueur de gloire.

Sa feuille, chère aux soldats,
Va, sans peur et sans reproche,
Du front d'Epaminondas
À l'uniforme de Hoche.

Il est le vieillard des bois ;
Il a, richesse de l'âge,
Dans sa racine Autrefois,
Et Demain dans son feuillage.

Les rayons, les vents, les eaux,
Tremblent dans toutes ses fibres ;
Comme il a besoin d'oiseaux,
Il aime les peuples libres.

C'est son jour. Il est content.
C'est l'immense anniversaire.
Paris était haletant.
La lumière était sincère.

Au loin roulait le tambour...?
Jour béni ! jour populaire,
Où l'on vit un chant d'amour
Sortir d'un cri de colère !

Il tressaille, aux vents bercé,
Colosse où dans l'ombre austère
L'avenir et le passé
Mêlent leur double mystère.

Les éclipses, s'il en est,
Ce vieux naïf les ignore.
Il sait que tout ce qui naît,
L'oeuf muet, le vent sonore,

Le nid rempli de bonheur,
La fleur sortant des décombres,
Est la parole d'honneur
Que Dieu donne aux vivants sombres.

Il sait, calme et souriant,
Sérénité formidable !
Qu'un peuple est un orient,
Et que l'astre est imperdable.

Il me salue en passant,
L'arbre auguste et centenaire ;
Et dans le bois innocent
Qui chante et que je vénère,

Étalant mille couleurs,
Autour du chêne superbe
Toutes les petites fleurs
Font leur toilette dans l'herbe.

L'aurore aux pavots dormants
Verse sa coupe enchantée ;
Le lys met ses diamants ;
La rose est décolletée.

Aux chenilles de velours
Le jasmin tend ses aiguières ;
L'arum conte ses amours,
Et la garance ses guerres.

Le moineau-franc, gai, taquin,
Dans le houx qui se pavoise,
D'un refrain républicain
Orne sa chanson grivoise.

L'ajonc rit près du chemin ;
Tous les buissons des ravines
Ont leur bouquet à la main ;
L'air est plein de voix divines.

Et ce doux monde charmant,
Heureux sous le ciel prospère,
Épanoui, dit gaiement :
C'est la fête du grand-père.


Victor Hugo


Septidi 27 Messidor 220

09/07/2012

Merkel et Hollande : les bisous !

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L’Europe est la plus belle idée du siècle passé. Elle a bercé nos rêves, suscité beaucoup d’espoirs. Elle est aussi – hélas – une grande déception car cette belle idée a été dévoyée. Au lieu de bâtir une Europe des solidarités, les technocrates — non élus et mis en place par les lobbies financiers multinationaux — ont établi une Europe de la concurrence sauvage non seulement entre les nations mais surtout entre les peuples qui la constituent.

 

Il n’est pas inutile de revenir à ce qui a été la véritable volonté des Pères Fondateurs : la paix et la réconciliation entre l’Allemagne et la France. Ce but — ô combien difficile à seulement envisager à cette époque — est atteint au delà de toute espérance. Dès lors, faut-il que ces deux grands pays se diluent dans une construction complexe, sans ambition ni frontières, qui les met au même niveau que Malte, Chypre ou la Lituanie ? Certainement pas. Le Non — en cassant cette marche vers la simple zone de libre échange appelée de leurs vœux par les Anglais — aurait du inciter France et Allemagne à avancer dans le sens d’une intégration politique, militaire et diplomatique réelle sous peine d’être reléguées au rang de la Hongrie ou du Portugal. C’est loin d’être le cas.

 

Après l’épisode Merkozy, où la France n’était que la carpette de l’Allemagne, la diplomatie tranquille mais ferme de François Hollande fait bouger les lignes : restant intelligemment au second plan mais tirant en fait les ficelles, le trio Italie, Espagne France a fait reculer Merkel.

 

Arriveront-ils par réalisme à conduire France et Allemagne à un mariage de raison à défaut d’amour. Il serait temps, car la tentation du cavalier seul de l’Allemagne est à redouter. Cette tentation est due pour une bonne partie au décrochage économique de la France par rapport à son grand partenaire. Pourtant, hors de cette imbrication entre les deux pays, pas de salut.

 

Cette Françallemagne, englobant évidemment la Belgique, cohérente géographiquement, atteindrait la taille critique tant en matière démographique (autant que la Russie) qu’économique (autant que le Japon). Elle constituerait une entité stratégique réelle capable de parler d’autant plus haut et fort qu’elle pourrait s’appuyer sur une puissance militaire conséquente, restant à bâtir (faut pas être angélique). Dès lors le siège de la France — de la Françallemagne — au Conseil de sécurité de l’Onu ne pourrait plus être contesté. Et le reste de l’Europe aurait un noyau fort autour duquel se constituer politiquement. En oubliant tout de même les Anglais, bien sûr !

 

Si cette utopie ne devient pas réalité rapidement, l’histoire montre que les relations entre les deux pays glisseront vers l’incompréhension, de l’incompréhension vers la défiance, de la défiance vers la rivalité, de la rivalité vers… Ne cauchemardons pas. Merkel et Hollande en sont maintenant aux bisous ! C’est plus rassurant !

 

 Duodi 22 Messidor 220



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08/07/2012

Ouiquinde gastronomique: la garburrre arrriègeoise, milodioù !


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Zelli

 

Prosper coupe du bois dans les forêts d’Ariège

Où la jolie Zelli cherche des champignons.

Brusquement le brouillard l’attrape dans son piège

Et la belle apeurée perd le Septentrion.

 

Elle tourne, affolée et quitte le sentier

Elle se heurte aux arbres, s’accroche dans les ronces,

S’étale lourdement, en oublie son panier,

Ses appels au secours demeurent sans réponse.

 

Soudain elle se sent accroché par le bras,

Paralysée d’effroi, bien près de défaillir,

Elle voit, tout contre elle, Prosper, l’homme des bois.

 

Eclatant en sanglot elle va se blottir

Sur le poitrail velu de son rude sauveur

Puis, très reconnaissante, lui offre ses faveurs…



- Pour ton coupeur de bois embaumant la résine

Zelli eût plus d’attraits que la fée Mélusine !

Pour le remercier de sa protection

Elle lui a donné bien des satisfactions !

Mais pour Zelli aussi, perdue et paniquée

La force rassurante d’un homme baraqué

Etait un beau cadeau, un don de la nature

Au parfum de sous bois et au goût d’aventure.

La belle a découvert au fond de la forêt

Que le brouillard sournois a parfois des attraits.

- Plus tard, dans la cabane de rondins équarris

Prosper et sa Zelli se sont aimés, ont ri,

Puis ils ont eu besoin de quelques nourritures,

Alors le bûcheron prépara la Garbure.

Ce plat emblématique des rudes Pyrénées,

Des rochers ariégeois aux terroirs béarnais,

Fabrique des géants, bouscatiers, rugbymans,

Joyeux et forts en gueules, tous solides amants.

Pour faire la garbure, petit, d’abord tu dois

Avoir du vrai confit de canard ou bien d’oie.

Retires-en la graisse ou tu feras blondir

Deux oignons émincés sans les faire roussir.

Au fond d’une cassole met confit et oignons,

Puis deux litres d’eau froide, monte à ébulition,

Quand ça bout tu rajoutes un choux coupé en quatre

Dont tu retires les feuilles dures, jauneâtres.

Tu couvres et fais cuire pour une heure et demi.

Pendant ce temps tu coupes du pain complet rassis,

Tu rapes deux hectos de tome de Bethmale,

Sec, ancien, parfumé, aux saveurs animales.

Dans un tian à hauts bords, tu disposes le pain,

Puis les feuilles de choux hachées pas trop rupin,

Le confit désossé coupé en filets minces,

Le fromage râpé de nos belles provinces,

Et puis tu recommences jusques à demi pot,

Et enfin tu arroses avec le bouillon chaud,

Tu saupoudres au dessus le reste du fromage

Et tu fais gratiner, à four chaud, sans brûlage.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Primidi 21 Messidor 220



Merci à l'irremplacé Peynet

 

 

 

 

 

 

07/07/2012

Complainte d’un lavoir malheureux

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Il était une fois, blotti sous la falaise

Du village des Angles, un lavoir bien à l’aise.

Ce lavoir provençal vivait là, bien peinard,

Sa superbe charpente l’abritait du cagnard,

D’une source discrète, une eau fraîche et limpide

Enluminait ses pierres de ses trésors liquides.

Il vivait avec elle une histoire d’amour

Qu’il pensait pouvoir faire rimer avec toujours…

Les jeunes du village venaient s’y rencontrer

Y boire quelques bières, rire fort, chahuter.

Le lavoir aimait ça ! Le bruit, les cris, les rires

Lui rappelait le temps lointain où les délires

Des belles lavandières, toujours le verbe haut

Réglaient en s’engueulant leurs comptes conjugaux !

Ah ! Il en avait vu des vertes et des pas mûres !

Les gaillardes tapaient le linge et, pour sûr,

Quelques fois leurs battoirs s’abattaient sur les fesses

Quand ce n’est sur la tête de ces rudes diablesses !

Le lavoir cru enfin retrouver la vraie vie

Quand de nouveaux Anglois lavèrent leurs tapis.

Mais c’était sans compter sur quelque acharnement,

On plaqua sur ces murs cet avis infamant :

« Avis à la population

Sous peine de contravention

Il est désormais interdit

De laver, ici, des tapis »

Foin de salamalecs, de pater ou d’avés,

Le propre d’un lavoir n’est-il pas de laver !

Les anciens en faisaient leur « banc des sénateurs »,

Les rires des enfants égaillaient le secteur…

Hélas, quelques voisins, égoïstes grincheux

Allaient jouer bientôt le rôle de fâcheux,

Excédés par les cris, les chansons et les rires

Ils obtinrent du maire ce qui se fait de pire

En Provence, où l’eau est un bien précieux

Que l’on doit respecter comme un cadeau des dieux.

Alors « on » détourna cette eau vers des gargouilles

Où elle se perd pour tous, hormis pour les grenouilles…

Comme l’ont illustré, et Pagnol, et Giono

C’est un crime en Provence que de détourner l’eau.

Le lavoir, éploré de son amour perdu,

Réclame à qui de droit cette eau qui lui est due !

 

VictorAyoli - Anglois

 

 

lavoir des Angles.jpg

 

Décadi 20 Messidor 220

 

Photos X - Droits réservés

  

04/07/2012

Eh ! Goûtez mes girolles avec un magret de canard !

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Hier il s’en est passé des choses croquignoles :

Chez Sarko, ses bureaux et sa piaule

Une armée de guignols

A fait une perquise rock n’roll

Pour coincer le troll !

Je trouve ça très drôle.

Ailleurs, dans le foot-ball

C’est les as de la grôle

Qui se font rincer l’entresol

Ces sales branquignoles.

A l’Assemblée, c’est Ayrault qui s’y colle

Portant sur ses épaules

Une dette trop folle

Pour une croissance molle…

Ben, moi hier j’ai mis mes grosses grôles

Oublié la bagnole

Et autres fariboles

Pour aller aux GIROLLES !

J’ai sauté des rigoles

Parmi les herbes folles

J’ai vu des lucioles

Des petites bestioles

Qui rampent et qui volent

Dans les airs, sur le sol.

Et alors, ma parole

Entre fayards et saules

J’ai trouvé mon pactole,

J’ai pas dit mon pétrole !

Je suis trop mariolle

Pour faire des idoles

Du sans-plomb, du gazole.

Je préfère mes guiboles

Qui font la farandole,

Avec ma belle Nicole,

Amoureuse et frivole,

Dont le doux entresol

Pousse à la gaudriole.

Zou ! Sors les casseroles

Sers-moi un coup de gnole

Et, c’est bon et c’est drôle :

Dégustons les GIROLLES !

 

 

 Septidi 17 Messidor 220

 

02/07/2012

Au bistro de la toile : foie gras sulfureux !

chimulus bistro copie.jpg

 


- …taing, Victor ! Vaut mieux vivre à Toulouse ou Cahors qu’à San-Francisco ou Los-Angeles ! Là-bas, parait que si tu bouffes du foie gras, tu risques la taule !

 

- On n’en est pas là, mais dans l’esprit, c’est pareil : les sectes de culs-bénis qui tiennent le haut du pavé chez les Zétazuniens ont réussi à faire activer une vieille loi interdisant la fabrication et la vente du foie-gras ! Tortures sur animaux qu’ils disent… Venant d’un peuple qui élève tous ses bestiaux en batterie en les bourrant d’antibiotique et d’OGM et qui torture allègrement les humains à Guantanamo et ailleurs, y aurait de quoi se faire rigoler les boyaux si ce n’était si dramatique… Ces pisses-froids semblent oublier qu’ils sont un peuple de voleurs de terres, fondé sur le génocide de trente millions d’Amérindiens, l’esclavage de trente millions de Noirs et qui perpétue ses forfaits partout dans le monde en pillant les ressources naturelles, en salopant la planète, voire en soutenant les pires dictatures. Toujours la main sur le cœur, bien sûr, et Dieu à leur côté ! Sensiblerie vis-à-vis des animaux, massacre sans merci des humains…

 

- Mouais ! Ben tu les allumes grave les machouilleurs de caoutchouc ! Eh ! Moi, si j’étais là-bas, je saurais comment me faire du beurre sur le foie-gras ! Il est interdit de gaver ? Une aubaine pour les contrebandiers ! Il existe bien des états de l’Union qui n’interdisent pas le gavage ! Et puis, comme au bon temps de la prohibition de l’alcool, des petits malins vont gaver dans des caves et, encore mieux, en acheter chez nous du foie-gras !

 

- Eh ! Tu imagines les Elliot Ness du foie-gras ! Pétoires à camenbert contre gaveuses électriques ! Sans compter que ça va faire une pube formidable pour le foie-gras ! En lui donnant la saveur sulfureuse de l’interdit ! Il va s’ouvrir des restos clandestins où, en montrant patte blanche et liasse de dollars, tu pourras t’encanailler « à la française » en bouffant du foie-gras ! Il s’en vendra sous le manteau, comme autrefois la gnole ! Et puis dans un resto, s’il est interdit de le vendre, tu le donnes ! En te rattrapant sur autre chose bien sûr…

 

- Ah ! Ah ! Ah ! Tè ! Victor, si on allait monter un clandé à foie-gras à San-Francisco ?

 

- Trop dangereux de mettre les pieds dans ce pays Loulle. Pour un oui pour un non tu te retrouves au trou sans savoir pourquoi. Cette Californie de carte postale, avec ses bimbos et ses cagoles, si elle a donné au monde la parenthèse enchantée des hippies et les génies dégingandés de la Silicon Valley a tout de même produit en politique Reagan et Schwarzenegger. Un pays qui protège les canards mais qui n’a toujours pas supprimé la peine de mort pour les humains… Fuck off…

 

- Et à la nôtre !

Merci à Chimulus

30/06/2012

Ouiquinde grivois pour préparer mon enfer

cul béni.JPG 

 

Sonnet pour une belle nonnain

Qui se disoit espouse du christ et repoussoit un cavalier


Tousjours : Jesus par-cy; tous jours : Jesus par-là,

Jesus veut la vertu, la pudeur il réclame;

Sans combler, ce pendant, le désir qu'il affame,

Jesus deffend cecy, Jesus deffend cela.


Sambregoy ! Je vous plains si vous estes sa femme

Car dans ceste famille aucun ne bricola :

Fust-ce pas un pigeon que l'Esprit racola

Pour foutre en lieu de Luy dans le Trou Nostre -Dame?


Il faut, ce Jesus-là, le faire un peu cocu:

Quoy ! souffrir qu'un tyran régisse vostre Cu ?

Qu'il le laisse béant, sans gloire et sans usage?


Tenez, je le renie, ouy, je change de Foy,

J'honnore Cupidon propice au culletage,

Et vivent les faux-dieux qui bandent comme moy!



Fernand Fleuret/Annibal Louvigné du Dézert



Tridi 13 Messidor 220


Photos X - Droits réservés

29/06/2012

Ça y est, voilà le temps du bronze-cul !

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- Allez, Jennifer, on file dès ce soir!

 

- Bou ! Kevin, j’ai rien à me mettre…

 

- Prends ton string de l’an dernier, ça fera la maille…

 

Asseyons-nous à la terrasse du bistrot, devant un « flaille » odorant ou petit blanc des Côtes-du-Rhône bien frais, et regardons, et écoutons, et savourons :

 

- Oh ! putaing ! Y s'est pas narré ! Sa boule, elle tête le garri, ça leur en fait trois et y finissent. Coquin de sort Loulle, tire volontiers ou on est foutu !

 

- Oh, fatche ! Si j'avais pas ce rhumatisme qui me mange le bras... Ça me prend au poignet, ça me monte au coude et ca m'estransigne l'épaule.

 

- Ça serait pas plutôt la paoule de baiser Fanny qui te mange le bras ? 

 

Et Loulle, souverain, sans relever le lazzi lourd de menace pour son honneur de boulomane, essuie son intégrale, se concentre et rapidement son bras se déploie, la boule part, monte et... s'abat en un claquement de triomphe sur la boule adverse qu'elle chasse, prenant exactement sa place. Le carreau parfait qui douche l'enthousiasme de ses adversaires et fait sauter de joie, bras au ciel, ses partenaires.

 

- Un rhumatisme comme ça, si tu veux me le vendre, je suis preneur...

 

La pétanque, c'est la scène ombragée où les provençaux, sans se forcer, expriment leur talent inné, naturel pour le théâtre, la geste, la répartie cinglante, l'humour ravageur. Bref, pour l'estrambord.

 

Ça ne va pas durer, alors faites tourner le glaçon dans le « flaille », dégustez les moules farcies, tapez-vous la sieste ou le pénéquet, brossez madame ou la voisine de camping, tapez la boule sans oublier d’apprécier spectacles, festivals et musées (on n’est pas des bœufs !). Ce qui vous attend, ben, on verra après…  Mais, si c’est la rigueur, ce sera une rigueur de gôôche !

 

 Duodi 12 Messidor 220


Merci à Lasserpe

28/06/2012

Au bistro de la toile : « Soignez-vous à la malbouffe » !

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- Eh ! T’as vu Victor dans le Canard : les toubibs, réunis en congrès national, à Nice, ont été « sponsorisés » par…Mac-Do ! Autrement dit, « Manger du Mac-Do : ça soigne ! »… Si c’est ça le message qu’ils veulent faire passer subrepticement les marchands de malbouffe, c’est vraiment prendre les gens pour des cons…

 

- C’est effectivement prendre les con-sommateurs pour des cons. Fort heureusement pour l’honneur des professionnels de santé, c’est pas gagné parce qu’à Nice, justement, ils ont été dénoncés par des toubibs, des nutritionnistes, des étudiants en médecine réunis dans un « Mouvement de désanéliénation des médecins ». Au cours de ce congrès – national, rappelons-le et donc sous l’égide du ministère de la santé – des représentants de l’agroalimentaires ont pris la parole, notamment (dixit Canard enchainé du 27 juin 2012 – p5) le dénommé Sébastien Pérochain, responsable du département « affaires publiques » de…Mac-Donald’s France et la nutritionniste Pascale Modaï, très liée à…Coca-Cola !

 

- Donc, lorsque je vais chez mon toubib, je vais en quelque sorte un peu chez Mac-Do et chez Caca-Cola…

 

- N’exagérons pas. Les toubibs ne sont pas dupes. Mais le fait est que non seulement ils sont poussés à la roue par les représentants des laboratoires pharmaceutiques, mais aussi par ceux des fabricants de malbouffe ! Ce qui peut évidemment influer sur leur manière de conseiller leurs patients qui sont de plus en plus de simples clients… L’épisode de la grippe H1N1 et le scandale du Médiator ont mis en lumière les liens d’intérêt entre les « experts » et l’industrie pharmaceutique, ceux-là étant souvent rémunérés part celle-ci, mais aujourd’hui, voilà l’arrivée d’un nouveau et puissant groupe de pression, celui des firmes agroalimentaires qui soutiennent financièrement des études de spécialistes ou des manifestations de professionnels comme de congrès. Comme on peut s’en douter, tout ça n’a pas très désintéressé…

 

- Le mieux, c’est encore de ne pas être malade. Et pour ça, buvons un coup ! De rouge ! A la tienne !

 

Sources :

Canard enchainé n°4783 du 27 juin 2012

http://www.initiativecitoyenne.be/article-le-lobby-agroal...

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Le-lo...

 

 

Primidi 11 Messidor 220

 

Illustration X – Droits réservés

24/06/2012

Ouiquinde gastronomique avec la belle Hélène

aphrodite tableau.jpg

 

Hélène

 

Lorsque la belle Hélène, femme de Ménélas,

Fut ravie par Pâris, elle goûta l’extase.

Ravie d’être ravie, la pétulante Hélène

Suivant le beau Pâris, courut à perdre haleine.

 

Son cocu magnifique, vert de rage et jaloux

Envoya son armée châtier le filou.

Les deux amants s’aimaient, le barbon n’aimait guère…

Pour venger son honneur, il déclencha la guerre.

 

Des grecs contre des grecs, en une lutte à mort

Vont, neuf années durant, s’étriper sans remords.

Pour les seins blancs d’Hélène, ses étreintes brûlantes,

 

Pour sa peau de satin et sa fougue d’amante,

Des guerriers, des héros, des princes et des rois

Pour la gloire et l’Amour périront devant Troie.

 

 

 

- Oh, Victor ! Ménélas, ce vieux cocu notoire

Ta belle Hélène l’a bien pris pour une poire !

Et tous ces va-t-en-guerre au front obtus de bœuf

Se trucidant entre eux pour les yeux d’une meuf,

En guise de cerveau avaient dans le cigare

Quelques pots de yaourts brassés au goût bulgare !

Ménélas le cornu peut bien battre sa coulpe,

Se venger dans le sang, réduire Troie en cendre

Les femmes ont en commun ceci avec le poulpe :

C’est qu’au plus on les bats, au plus elles sont tendres !

- J’adhère à tes propos, petit, sans réticence

Tant ils semblent frappés à l’aune du bon sens.

Tes réflexions hardis sont dignes de Silène,

Alors levons nos verres et trinquons à Hélène.

Son Spartiate aurait pu la garder jour et nuit

S’il avait réveillé ses ardeurs assoupies,

Et chatouillé en lui le cochonnet qui bouge

En cuisinant pour elle une poulpe au vin rouge.

Le nom grec en est “ Oktapodhi krasato ”

Mais on le mange aussi à Naples ou à Porto.

- Comment prépares-tu ce plat aphrodisiaque

Que les Grecs tirent de leur culte dionysiaque ?

- C’est un plat délicieux, ni cher, ni compliqué.

Bat longuement le poulpe, sans faire de chiqué,

Tu le laves et le coupes en petites portions

Que tu sèches avec du papier à absorption.

Chauffe quatre cuillers de bonne huile d’olives

Dans une casserole bien anti-adhésive,

Quatre ou cinq gousses d’ail pelées et écrasées,

Puis tes morceaux de poulpe. En cuistot avisé

Fais revenir le tout jusqu’à ce que ça dore.

Un verre de vin rouge puissant de Roquemaure,

Bois-en un toi aussi, c’est pas toi qui conduit,

Et tourne gentiment pendant que ça réduit.

Tu cisèles une branche de fenouil odorant

Dont le parfum subtil est très revigorant.

Pèle, émonde, écrase deux tomates bien mures

Que tu vas rajouter, enfin, à ta mixture.

Laisse cuire à feu doux trois-quarts d’heure environ,

La sauce épaissira et deviendra marron.

Jettes-y une grosse poignée d’olives noires,

Sel, poivre du moulin, piment obligatoire,

Deux pincées seulement, pour chauffer les papilles

Sans mettre pour autant son estomac en vrille.

Quelques minutes encore sur le feu, en tournant,

Puis sert ton plat très chaud. L’effet est surprenant !

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Septidi 7 Messidor 220


Illustration X - Droits réservés

 

 

 

 

 

 

 

 

23/06/2012

Ouiquinde érotique avec tonton Georges Brassens !

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MISOGYNIE À PART


Misogynie à part, le sage avait raison:
Il y a les emmerdantes, on en trouve à foison,
En foule elles se pressent.
Il y a les emmerdeuses, un peu plus raffinées,
Et puis, très nettement au-dessus du panier,
Y'a les emmerderesses.

La mienne, à elle seule, sur toutes surenchérit,
Elle relève à la fois des trois catégories,
Véritable prodige,
Emmerdante, emmerdeuse, emmerderesse itou,
Elle passe, elle dépasse, elle surpasse tout,
Elle m'emmerde, vous dis-je.

Mon Dieu, pardonnez-moi ces propos bien amers,
Elle m'emmerde, elle m'emmerde, elle m'emmerde,
Elle m'emmerde, elle abuse, elle attige.
Elle m'emmerde et je regrette mes belles amours avec
La petite enfant de Mari que m'a soufflée l'évêque,
Elle m'emmerde, vous dis-je.

Elle m'emmerde, elle m'emmerde, et m'oblige à me cu-
rer les ongles avant de confirmer son cul,
Or, c'est pas callipyge.
Et la charité seule pousse ma main résigné
Vers ce cul rabat-joie, conique, renfrogné,
Elle m'emmerde, vous dis-je.

Elle m'emmerde, elle m'emmerde, je le répète et quand
Elle me tape sur le ventre, elle garde ses gants,
Et ça me désoblige.
Outre que ça dénote un grand manque de tact,
Ça ne favorise pas tellement le contact,
Elle m'emmerde, vous dis-je.

Elle m'emmerde, elle m'emmerde, quand je tombe à genoux
Pour certaines dévotions qui sont bien de chez nous
Et qui donnent le vertige,
Croyant l'heure venue de chanter le credo,
Elle m'ouvre tout grand son missel sur le dos,
Elle m'emmerde, vous dis-je.

Elle m'emmerde, elle m'emmerde, à la fornication
Elle s'emmerde, elle s'emmerde avec ostentation,
Elle s'emmerde, vous dis-je.
Au lieu de s'écrier: "Encore! Hardi! Hardi!"
Elle déclame du Claudel, du Claudel, j'ai bien dit,
Alors ça, ça me fige.

Elle m'emmerde, elle m'emmerde, j'admets que ce Claudel
Soit un homme de génie, un poète immortel,
Je reconnais son prestige,
Mais qu'on aille chercher dedans son oeuvre pie,
Un aphrodisiaque, non, ça, c'est de l'utopie!
Elle m'emmerde, vous dis-je.
Elle m'emmerde, vous dis-je.

 

Georges Brassens

 

http://www.youtube.com/watch?v=2Oy6rogjdn0

 

Sextidi 6 Messidor 220

 

Photo x – Droits réservés

18/06/2012

La pelle du 18 juin…

 

Dans la chambre aux fenêtres closes

La vue de sa peau dénudée

Plus enivrante que la rose

Plus somptueuse que l’orchidée

 

Met mon cœur et mon corps en transes

Depuis ce si beau jour d’été

Où le ciel m’a donné la chance

D’avoir l’honneur de la goûter.

 

Nicole est une fleur sauvage

Que j’eus le bonheur de cueillir

Dans les dunes, près des rivages

 

Où Phébus la faisait fleurir.

Depuis ce jour je suis ravi :

C’est elle l’amour de ma vie.

 

 

peynet colombe.jpg

 

Elle m’a ouvert ses bras, et son cœur, et son être il y a bien des années, ce même jour de juin. Et le premier matin de notre longue idylle, on entendit Risso, le poubelleur du village, poussant de son balai et raclant de la pelle les escoubilles qui trainaient dans la rue pour en emplir son charreton. Au raclement rythmé de la pelle sur le goudron, j’ai dit à ma conquête : « Tiens ! Ecoute ! C’est la pelle du 18 juin… »

 

 

Le 1er Messidor 220

 

Merci à Peynet

09/06/2012

Ouiquinde érotique avec Arthur Rimbaud

 

femmes et griffes.jpg

 

 

L'orgie parisienne ou Paris se repeuple...



Ô lâches, la voilà ! Dégorgez dans les gares !
Le soleil essuya de ses poumons ardents
Les boulevards qu'un soir comblèrent les Barbares.
Voilà la Cité sainte, assise à l'occident !

Allez ! on préviendra les reflux d'incendie,
Voilà les quais, voilà les boulevards, voilà
Les maisons sur l'azur léger qui s'irradie
Et qu'un soir la rougeur des bombes étoila !

Cachez les palais morts dans des niches de planches !
L'ancien jour effaré rafraîchit vos regards.
Voici le troupeau roux des tordeuses de hanches:
Soyez fous, vous serez drôles, étant hagards !

Tas de chiennes en rut mangeant des cataplasmes,
Le cri des maisons d'or vous réclame. Volez !
Mangez ! Voici la nuit de joie aux profonds spasmes
Qui descend dans la rue. Ô buveurs désolés,

Buvez ! Quand la lumière arrive intense et folle,
Fouillant à vos côtés les luxes ruisselants,
Vous n'allez pas baver, sans geste, sans parole,
Dans vos verres, les yeux perdus aux lointains blancs ?

Avalez, pour la Reine aux fesses cascadantes !
Ecoutez l'action des stupides hoquets
Déchirants! Ecoutez sauter aux nuits ardentes
Les idiots râleux, vieillards, pantins, laquais !

Ô cœurs de saleté, bouches épouvantables,
Fonctionnez plus fort, bouches de puanteurs !
Un vin pour ces torpeurs ignobles, sur ces tables...
Vos ventres sont fondus de hontes, ô Vainqueurs !

Ouvrez votre narine aux superbes nausées !
Trempez de poisons forts les cordes de vos cous !
Sur vos nuques d'enfants baissant ses mains croisées
Le Poète vous dit: "Ô lâches, soyez fous !

Parce que vous fouillez le ventre de la Femme,
Vous craignez d'elle encore une convulsion
Qui crie, asphyxiant votre nichée infâme
Sur sa poitrine, en une horrible pression.

Syphilitiques, fous, rois, pantins, ventriloques,
Qu'est-ce que ça peut faire à la putain Paris,
Vos âmes et vos corps, vos poisons et vos loques ?
Elle se secouera de vous, hargneux pourris !

Et quand vous serez bas, geignant sur vos entrailles,
Les flancs morts, réclamant votre argent, éperdus,
La rouge courtisane aux seins gros de batailles
Loin de votre stupeur tordra ses poings ardus !

Quand tes pieds ont dansé si fort dans les colères,
Paris! quand tu reçus tant de coups de couteau,
Quand tu gis, retenant dans tes prunelles claires
Un peu de la bonté du fauve renouveau,

Ô cité douloureuse, ô cité quasi morte,
La tête et les deux seins jetés vers l'Avenir
Ouvrant sur ta pâleur ses milliards de portes,
Cité que le Passé sombre pourrait bénir:

Corps remagnétisé pour les énormes peines,
Tu rebois donc la vie effroyable ! tu sens
Sourdre le flux des vers livides en tes veines,
Et sur ton clair amour rôder les doigts glaçants !

Et ce n'est pas mauvais. Les vers, les vers livides
Ne gêneront pas plus ton souffle de Progrès
Que les Stryx n'éteignaient l'œil des Cariatides
Où des pleurs d'or astral tombaient des bleus degrés."

Quoique ce soit affreux de te revoir couverte,
Ainsi; quoiqu'on n'ait fait jamais d'une cité
Ulcère plus puant à la Nature verte,
Le Poète te dit: "Splendide est ta Beauté !"

L'orage t'a sacrée suprême poésie;
L'immense remuement des forces te secourt;
Ton œuvre bout, la mort gronde, Cité choisie !
Amasse les strideurs au cœur du clairon sourd.

Le Poète prendra le sanglot des Infâmes,
La haine des Forçats, la clameur des Maudits;
Et ses rayons d'amour flagelleront les Femmes.
Ses strophes bondiront: Voilà! voilà! bandits!

- Société, tout est rétabli: - les orgies
Pleurent leur ancien râle aux anciens lupanars:
Et les gaz en délire, aux murailles rougies,
Flambent sinistrement vers les azurs blafards !

Arthur Rimbaud

 

Duodi 22 Prairial 220


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07/06/2012

« Marasmius oreades »

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Bon. J’ai pas trop le temps ce matin : je mets les bottes – de véritables « Baudou » - et je vais aux champignons ! Oh ! Ce ne sont encore que les faux mousserons, les « marasmes des oréades », « marasmius oreades » dans le Solar. Ils sont petits, comme des boutons de guêtres (c’est quoi des guêtres ?), mais ils poussent en rond et quand on trouve le coin, il y en a des masses. Je les ramasse au ciseau. De quoi se faire péter le bédélet avec quelques tranches de gigots de la Margeride et du rosé bio de mon pote Alain David. Faut ce qui faut… Le pouvoir d’achat étant ce qu’il est, faut trimer dans les bois et les prairies pour chercher sa pitance…

 

Ah ! La vie est dure pour le pauvre gueux…C’est dur… Ainsi, ce matin, je vais partir pas très loin : à deux cents mètres de chez moi. Sur une pente exposé à l’ouest, là où les vaches vont chier et dormir, pas là où elles bouffent. Là où elles bouffent, ce sont de belles prairies bourrées d’engrais. Aucun champignon n’y pousse… Puis je traverse le ruisseau, je regarde s’il y a quelques morilles et je remonte sur le talus d’en face. Sous les bois, l’eau condensée la nuit par les aiguilles de pins te coule dans le cou, te mouille les brailles, te trempe les grolles. C’est pas grave. Les toiles d’araignées ornées de rosée difractent délicatement le soleil levant. Entre les branches, un geai se faufile en ricanant. Et toi tu marches, tranquille, le regard aiguisé parmi les petites nigelles bleues, les cardamines des près, les bourses à pasteur, les ficaires et les orgueilleuses ancolies.

 

Tè ! Voilà le premier « rond de sorcière » comme ils disent. Tu le vois de loin si t’as l’œil : l’herbe est un peu plus haute et un peu plus verte. Alors on s’assoie avec La Lionne, chacun d’un côté du rond et on remplit le panier d’osier. Le pied !

 

Puis voilà… Et puis merde ! Vous avez qu’à y aller vous aussi !

 

Après, il faut les trier, enlever l’herbe, certains ne gardent que les chapeaux, moi je mets les queues aussi. La Lionne – qui s’y connait – dit que la queue, c’est le meilleur ! Bon. J’y vais. J’élucubrerais plus tard !


 

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Décadi 20 Prairial 220

 

06/06/2012

Tarpé ! Cécile Duflot ouvre un débat fumant !

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Eh ! On dirait qu’elle a pété dans la sacristie Cécile Duflot, notre fringante ministre de…de quoi au fait ? Ah oui, du logement. Avec la franchise de sa jeunesse, elle a proposé d’ouvrir le débat sur un sujet qui fait hurler les chaisières : le cannabis ! Les Français sont les premiers consommateurs en Europe de « l’herbe qui fait rire ». Et il faudrait étouffer le débat ? Daniel Vaillant, ancien ministre de l’intérieur, déclare sans problème qu’il y a dans le gouvernement des gens qui ont tiéé le tarpé ! Pas de quoi en chier des bulles… En Suisse, sans faire d’histoire, le gouvernement vient de donner à l’usage du cannabis l’importance qu’il a : un plaisir ou un petit vice selon qui parle ou pense, dont l’usage dans la rue sera puni d’une simple contredanse de 100 francs suisse (80 euros). Toujours en Suisse, romande celle-là, il est permis de cultiver quatre plants de gandja (cannabis) pour son usage personnel. Et en France, oser soulever le problème soulève les tollés des autruches et voit cette caricature de Copé hurler comme s’il avait un piment dans l’oigne !

 

Médicalement, le cannabis pose peut-être problème mais moins que l’alcool et le tabac, drogues légales…qui engraissent l’Etat ! Mais au niveau sociétal, ce n’est pas le cannabis en lui-même mais son TRAFIC qui est une CALAMITÉ ! Il crée toute une économie parallèle qui génère une ambiance de western. Regarder, Marseille ressemble au Chicago des plus sombres heures de la prohibition. Je dis Marseille, mais c’est toutes les villes de France qui sont concernées, que dis-je gangrénées. Les règlements de comptes se multiplient, voire se banalisent. Le moindre différent se règle au calibre et – escalade – à la kalachnikov. Les flics font ce qu’ils peuvent, c’est-à-dire pas grand-chose. Cette ambiance de far-west est sous tendue par deux choses : le chômage à haute dose qui sévit dans les quartiers dits sensibles, avec pour conséquence la nécessité d’une économie parallèle, en l’occurrence le trafic de drogues, essentiellement de shit (cannabis).

 

Ce trafic est parfaitement organisé avec les gros bonnets (n’habitant pas sur place mais de luxueuses demeures au soleil), les pourvoyeurs qui remontent la drogue depuis le Maroc où elle est cultivée sous très haute protection, soit en grosses bagnoles, soit planquée dans des cargaisons de poids lourds, les revendeurs (dealers) dans les citées, les « nourrices » qui logent les stocks, les guetteurs qui surveillent l’éventuelle venue des flics, les rabatteurs de clients. Tout ça croque plus ou moins selon la place dans la hiérarchie du trafic. Mais la dure loi de la concurrence « libre et non faussée » fait que les conflits de territoires, de parts de marchés sont nombreux. Et se règlent à la kalach…

 

Comment casser cette spirale de la mort ? Certainement pas avec des gesticulations policières. Les bataillons de CRS de Villeneuve près de Grenoble ou dans les quartiers nord de Marseille ne sont pas inutiles en ce sens qu’ils donnent un coup de pied dans la fourmilière et désorganisent momentanément les réseaux, mais ils ne règlent pas le problème de fond : misère due au manque de boulot et trafic. Le chômage étant ce qu’il est, le boulot n’arrivera pas dans les citées à coup de baguette magique, on n’est pas dans Harry Potter. Reste le trafic de drogue.

 

La politique, jusqu’à maintenant, c’est répression, répression, répression…du petit fumeur surtout ! Les flics se montrent impuissants à lutter contre le trafic et ont même perdu le contrôle de pans entiers du territoire de la république. C'est bien la preuve que cette politique répressive ne mène nulle part, et au contraire permet le financement des réseaux mafieux, car plus c'est illégal, plus c'est rentable. Elle a été privilégiée par la droite…qui y trouve quelques avantages (flicage généralisé, fichages, possibilité de jouer sur la peur d l’électeur, etc.). Mais on attend autre chose de la gauche.

 

Le système de légalisation sous contrôle strict permettrait : - production en France ou en Europe via des filières contrôlées, - autoproduction déclarée et contrôlée (4 plants, comme en Suisse romande) pour ceux qui veulent pour leur conso perso, - vente d’un produit non trafiqué dans des « coffees-shop » bien contrôlés ou dans les bureaux de tabacs, - interdiction évidente pour les mineurs. 

Les résultats seraient : - remise des flics sur des taches utiles, - du boulot pour les agriculteurs notamment en zones de montagnes, - de l’activité pour les buralistes et les « coffees shop », - la fin des financement des réseaux maffieux, puisqu'ils n’auraient plus rien à y gagner, - une meilleure détection des personnes à la dérive par surconsommation, - une prévention plus aisée, notamment par la suppression de « l'attirance pour l'interdit » chez les ados, - des taxes pour la sécu, -  une meilleure qualité, contrôlée, garantie pour les consommateurs, - et pourquoi pas, des « dealers » devenant chef d’entreprises et confrontés alors aux règles de concurrence !

 

Et donc beaucoup moins d’insécurité dans nos villes…

 

Alors, François, on l’ouvre ce débat ?

 

C’est quand l’appel du 18 joints !

 Nonidi 19 Prairial 220


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03/06/2012

Gastronomie jubilienne : le Royal Pudding

pudding royal.jpg

 


Pas moyen d’y couper, partout les médias couinent

Autour du jubilée d’Elisabeth la Queen…

Moi, j’aime les Rosbifs bien rouge et bien saignant !

J’ai connu Margareth, dont le corps enseignant

M’a donné quelques cours d’amour et de…cuisine !

Voici une recette venue de ma copine :

 

— Nous avons, nous aussi, dans la vieille Angleterre

Quelques spécialités, au plan alimentaire.

Celle que nous aimons, celle qui nous rend dingue

Pour notre Jubilé : c’est « Le Royal pouddingue » !

Un gâteau bien épais, bien lourd, poisseux et gras,

Qui envahit la bouche et cale l’estomac !

Je vais vous révéler, peuplades autochtones

Le secret de ce savoureux joyau de la Couronne.

Allons. Listen to me ! Et prenez tous des notes

Pour goûter aux plaisirs de mes compatriotes.

Demander au boucher deux gros rognons de bœuf…

— Eh ! Oh ! Arrêtez-là ! Allez chercher les « keufs » !

Rien que d’entendre ça, j’ai la cervelle molle !

Margareth, ton pudding, c’est de la vache folle ?

— …Vous en ôtez la graisse et vous la moulinez

Avec du vieux pain sec de Guinness imbibé.

Hachez grossièrement des raisins de Corinthe,

Des écorces confites d’orange et coloquinte.

Dans une grande jatte, ajoutez la farine,

Des fruits confis hachés, un peu de gélatine,

Amandes effilées, sucre roux et mélasse…

— Arrête Margareth ! C’est trop, c’est dégueulasse…

— …Muscade râpée fin, gingembre, et cannelle

Vous mouillez à la bière, cognac, un peu de sel.

Travaillez à la main cette pâte onctueuse…

— Margot ! Ça ira mieux avec la bétonneuse !

— …Vous couvrez votre jatte et laissez reposer,

Huit à dix jours au moins. Chaque jour, malaxez !

— Margareth, maintenant, il te faut nous instruire :

Ce plat, tu nous le fais pour manger…ou construire ?

— …Au bout de tout ce temps, mettez des œufs battus…

— C’est pour améliorer ton tas de détritus ?

— …Beurrez soigneusement une grande terrine

Saupoudrez-là ensuite avec de la farine,

Vous y versez la pâte et vous la tassez bien…

— C’est du béton vibré, ou je n’y connais rien !

— …Enveloppez le tout avec un grand torchon

Dont vous nouerez les coins tout comme un baluchon

Plongez alors le tout dans un pot d’eau bouillante

Laissez cuire cinq heures dans cette eau frémissante.

— Tu rajoutes une pierre de margelle du puits,

Quand le caillou est tendre, Eh ! Le pudding est cuit !

— Retirez le pudding et laissez-le tiédir

Puis vous le retournez sur un plat à servir,

Nappez de sucre roux et flambez au Cognac

Au rhum brun de Cuba  ou au vieil Armagnac,

Et alors, n’en déplaise à ce vieillard maniaque

Vous aimerez, je crois, les goûts de l’Union Jack !

 

 

JVJ

 

Sextidi 16 Prairial 220

 

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02/06/2012

Ouiquinde érotique biblique avec...le Cantique des Cantiques !


 

Cantique des cantiques


 

Les contours de tes reins sont comme des colliers

Ouvrés par une main d'artiste.

Ta gorge est une coupe arrondie,

Pleine d'un vin parfumé.

Ton corps est comme une meule de froment,

Couronnée de lis.

Tes deux seins sont comme les faons

Jumeaux d'une gazelle.


 

Ô mon amour, source de délices!

Ta taille est souple comme un palmier.

Et tes seins ressemblent à des grappes.

J'ai dit: «Je veux monter à la cime de ce palmier,

J'en saisirai les rameaux! »

Que tes seins soient pour moi comme les grappes de la vigne,

 

Que ta bouche me verse un vin généreux...


- Oui, un vin qui ne coulera que pour mon bien-aimé,

Et qui rafraîchira nos lèvres à l'heure du sommeil !...

 

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Pierre Perret, dans sa savoureuse « Anthologie de la poésie érotique », laisse entendre que ce texte issue du Cantique des cantiques serait de la plume de…Salomon !

 

Quintidi 15 Prairial 220

 

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