Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

11/03/2012

Je te salue, ami Cochon, mon frère!

 

2cochons.jpg

 

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Ô toi, dont le trépas annonce bonne chère,

Je te salue bien bas, toi dont le sacrifice

Fournit à nos repas fricassées et saucisses.(bis)

Merci pour ton boudin, merci pour tes jambons,

Merci, merci pour tout, car en toi tout est bon !

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

 

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Tu sais rassasier nos ardeurs carnassières,

Nous aimons tout en toi, ta tripe, ta chair fraîche

Tes bajoues, tes rognons, ta langue, ta ventrèche.(bis)

Merci pour tes pâtés, merci pour tes caillettes,

Tes quatre pieds panés, ton fromage de tête.

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

 

 

cochon broche.jpg

 

 

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

En humant les parfums montant de la daubière

Où mijote à feu doux dans du Côtes-du-Rhône

Les morceaux succulents que ton trépas nous donne.(bis)

Merci pour ton échine et ton  filet mignon,

Merci pour ton jésus et pour tes saucissons.

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

 

 Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère

Fidèle compagnon des sorties rabassières

Où dans les bois de chêne, ton odorat subtil

Te fait trouver les truffes de décembre à avril. (bis)

Merci pour ton regard espiègle et rigolard,

Pour ton grand appétit, pour tes chants, pour ton lard.

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

 

 Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Car toi seul assouvit nos passions charcutières,

Salé, fumé, grillé, braisé ou même cru,

Tu es le compagnon des meilleurs de nos crûs. (bis)

Merci pour les ardeurs que chez nous tu éveilles,

Car en chacun de nous, un peu de toi sommeille !

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère. (bis)

 

cochonne.jpg

 

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère

Car ta réputation excite les rosières

Idol’ des sautopafs et terreur des cocus

Tu portes le flambeau de ceux qui aim’ le cul. (bis)

Merci pour les tétons et pour les rondes fesses

Pour les peaux satinées appelant les caresses.

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

 

VictorAyoli ©

 

Duodi 22 ventôse 220

 

Illustrations X - Droits réservés

 

 

10/03/2012

Ouiquinde érotique chez Guillaume Apollinaire

femme au vent.jpg

 

A Paris dans la nuit tombante
La reine des belles du quai
O crinière écluse indolente
Quand son amant vient forniquer
Se change en cavale écumante


Ainsi par le désir trompé
L'amour subit quelques mécomptes
Pour s'être un jour émancipé
Fougeret de Montbron raconte
Qu'il fut changé en canapé


Mais au Canapé des Pucelles
C'est encor d'amour qu'il s'agit
J'y ai vu deux pêches jumelles
Sous la soie le cul de Sylvie
Et deux oranges ses mamelles


Le soir en la mettant à l'aise
Ses clunes s'ouvrent sous mon dard
Et duvetée comme les fraises
Elle ressemble à un miroir
Dans une estampe japonaise


Barbe ou Brigitte sœurs jumelles
Voilà celles qu'il me faudrait
La rainure est dit-on chez elles
Plus grasse que du cassoulet
Et plus poivrée que les aisselles


Je les ai trouvées en chemin
Fredonnant une chanson grise
Mais dans leur bouche le refrain
S'est défait comme par surprise
Sous un baiser déjà lointain


Paris dort pris dans la couronne
Que lui font les filles perdues
Qui ne sont baisées par personne
Et que l'on trouve morfondues
Dans un cabinet de cretonne


Vénus breneuse en pâmoison
A coups de cul tette une pine
Dont le parfum de venaison
Mêlé de marolle et d'urine
Ferait bander buffle et bison


Mais chez Trostolle où la pénombre
Est propice à la volupté
J'ai vu Désiderio Descombes
Danser sur un fil argenté
Tout en piant la rose immonde

 

Guillaume Apollinaire in Le verger des amours 

 

Primidi 21 ventôse 220

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

 

 

06/03/2012

Dans ma boite à courriel : « Ses cheveux ont blanchi en quelques jours »

justice injustice.jpg

Lorsque la reine Marie-Antoinette fut extraite de son cachot pour être guillotinée, la foule fut médusée : ses longs cheveux châtains étaient devenus blancs, en quelques jours.

C'est ce qui est arrivé à Maurice Boisard, maire de Cousolre, une petite commune du Nord. Sa vie a basculé lorsque cet honnête homme a été traîné devant un tribunal comme un vulgaire délinquant.

Le 24 août 2010, Maurice Boisard, élu de sa commune depuis trente ans, sans étiquette, surprend un jeune en train d'escalader le grillage entourant les bâtiments municipaux.

Ce grillage est tout neuf. Il a coûté 10 000 euros, une somme importante pour un village de 2500 habitants. L'attitude du jeune est d'autant plus suspecte que tous les jeunes de la commune savent qu'une clé est à leur disposition pour pénétrer dans les lieux.

Mais surtout, il se trouve que ce jeune est le chef d'une petite bande qui, depuis longtemps, empoisonne la vie des habitants.

Selon la presse locale, ils parlent fort, tard et traficotent sous les fenêtres. Les habitants se plaignent, à tel point que le Maire a été obligé de prendre un arrêté municipal interdisant les rassemblements à certains endroits du village, comme dans les pays en guerre ! (Nous sommes pourtant dans l'Avesnois, une région rurale réputée tranquille).

En rétorsion, les jeunes multiplient les provocations, insultes, bris de vitres, bouteilles d'alcool jetées sur la chaussée. Des tags agressifs maculent les murs de la commune un peu partout. Les vasques de fleurs sont piétinées. Les plaintes affluent au commissariat... qui est trop débordé pour réagir.

Le Maire organise alors un voyage pour les jeunes de la commune, espérant leur montrer sa bonne volonté.

Rien n'y fait. Le 18 juin 2010, le jeune chef de bande vient ouvertement provoquer le maire et rigoler pendant la commémoration avec les anciens combattants. Il se « met ostensiblement devant sa voiture lorsqu'il va chercher son petit-fils à la sortie de l'école communale » raconte le chroniqueur judiciaire du Monde.

La tension est d'autant plus forte dans la commune que le prédécesseur de Maurice à la mairie de Cousolre a démissionné en 2006 après avoir été battu à coups de manche de pioche pour avoir refusé un droit de stationnement à un forain.

Alors, ce jour-là, le maire décide de ne pas laisser passer. Il sort de la mairie et exige du jeune qu'il descende immédiatement du grillage, le menaçant de « l'emmener au poste ».

Devant une douzaine de copains, le jeune rétorque qu'il veut aller chercher un ballon « C'est pas toi qui va m'empêcher de faire ce que je veux ». « Il m'a insulté, m'a traité de 'bâtard' » raconte le Maire. Celui-ci décide de réagir et lui administre une gifle.

L'adolescent sort de ses gonds, les insultes pleuvent – "Fils de pute, je vais niquer ta mère, attends si t'es un homme, je vais te tuer". Mettant ses menaces à exécution, il cherche d'abord à le frapper à coup de poing, puis rentre chez lui, prend deux couteaux qu'il glisse dans ses chaussettes et revient sur la place de la mairie !!!

Il s'en faut d'un cheveu que l'irréparable soit commis : seule l'intervention de ses « copains » permet d'éviter le drame.

Quand les parents du jeune apprennent ce qui s’est passé, leur réaction est d'aller... porter plainte contre le Maire pour « violence ».

Et voilà que la Justice, parfois si peu pressée de défendre les citoyens, se saisit immédiatement du dossier. Maurice Boisard se retrouve au Tribunal, à la barre des accusés.

La scène est surréaliste : le Procureur Bernard Beffy l'accuse de s’être organisé pour pouvoir fanfaronner devant la Cour, faire parler de lui et se faire passer pour une « victime » !

Le journaliste du Monde raconte :

"Vous vouliez le tribunal, parce que vous vouliez une tribune !", lui lance le procureur. Il s'en prend avec la même agressivité aux élus – pour la plupart des maires sans étiquette de petites communes et d'autres, sympathisants ou militants du PS – venus soutenir leur collègue et à leur "corporatisme un peu primaire". Il ironise avec lourdeur : "On voudrait savoir, Cousolre, c'est Chicago des années 30 ? Heureusement que vous n'êtes pas maire de Montfermeil, Monsieur Boisard !"

 

Et la charge continue, sur le même ton.

 

    Avez-vous mis en place un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance ?

    Mais on est une commune de 2 500 habitants..., souffle le maire.

    Voulez-vous autoriser tous les maires de France à donner des gifles à leurs administrés, à rendre eux-mêmes la justice, à se voir confier des pouvoirs de shérif ?, poursuit le procureur.

 

A son banc, Maurice Boisard semble sonné. La voix du procureur résonne encore dans la salle : "Vous êtes quelqu'un de bien, et à 62 ans, vous êtes d'autant moins pardonnable de vous être laissé aller à un emportement contre un jeune de 16 ans, ces jeunes auxquels notre génération laisse si peu d'espoir... La jeunesse est insolente, turbulente, mais ce n'est pas une maladie !", tonne-t-il encore avant de requérir une peine de 500 euros contre le maire.

 

Deux semaines plus tard, la sanction tombe : le Tribunal a décidé d'aller plus loin encore que ne le réclamait le Procureur : non seulement il décide de condamner pénalement Maurice Boisart, qui se retrouve avec un casier judiciaire, mais il exige en plus qu'il verse 250 euros de dommages et intérêts au jeune voyou, et surtout de prendre à sa charge tous les frais de Justice !

L'assistance n'en croit pas ses oreilles. Maurice Boisart avait cru qu'il était de son devoir de « marquer une limite aux insultes à l’homme et à la fonction qu’il représente ».

Surtout, chacun réalise avec effroi que la Justice vient de retirer au Maire le peu d'autorité qu'il avait encore : « C'est une gifle qui coûte cher mais est-ce vraiment le plus important ? Si je suis condamné, les jeunes vont faire ce qu'ils veulent, les maires ne vont plus se retourner. On va faire jouer les assurances et puis c'est tout », déclare Maurice Boisart, ravagé. (La voix du Nord – 3 février)

Le constat est partagé par le maire PS de la commune voisine de Jeumont, dans le Nord, Benjamin Saint-Huile : « La sanction financière, on s'en moque (..). Le symbole, c'est vous, mesdames et messieurs les élus de la République, qui faites le choix de vous engager pour les autres. Quand vous aurez un problème, sachez qu'il faudra vous débrouiller, que l'institution judiciaire ne considérera pas que vous avez un statut particulier ».

Mais surtout, ce que vous devez savoir, c'est qu'en dehors de quelques réactions isolées, personne ne s'est exprimé publiquement pour défendre Maurice Boisart.

Aucune réaction massive n'a eu lieu dans la population, jusqu'à présent.

Le « jeune » va toucher son chèque, ses amis ricanent, Maurice Boisart est détruit. La fonction de Maire, en France, a perdu encore un peu de son prestige. D'autorité, il ne lui reste quasiment plus rien, et il est certain que, la prochaine fois qu'ils sont confrontés à des actes de vandalisme, l'ensemble des Maires de France se souviendront de ce qui est arrivé à leur collègue.

Tout ceci est inéluctable. Mais il reste un grand espoir :

L'affaire n'est pas tout à fait terminée. Maurice Boisart a fait appel.

Et cette fois, nous pouvons tout changer à ce procès en rassemblant des centaines de milliers de signatures pour le soutenir.

Oui, si vous signez la déclaration de soutien ci-dessous, et si vous passez ce message à tout votre carnet d'adresses, nous pouvons provoquer une vague de solidarité historique dans le pays.

Nous pouvons faire en sorte que Maurice se sache soutenu par des centaines de milliers de Français, et manifester publiquement notre réprobation la plus totale contre cette Justice-là qui marche à l'envers et qui nuit aussi directement à la paix et à la bonne entente dans notre pays.

Notre mobilisation commune, si elle est massive, changera complètement l'état d'esprit de Maurice Boisart. D'homme seul, abandonné de tous, il passera au statut de héros d'une cause qui nous appartient à tous.

L'Institut pour la Justice vous appelle donc solennellement à signer la déclaration officielle de soutien à Maurice Boisard, et à la faire signer par tout votre entourage.

Cela ne vous demandera qu'un instant, mais c'est un moyen concret de réparer, au moins partiellement, la bêtise et l'agressivité déplacée de ce fonctionnement-là de la Justice

S'il vous plaît, ne fermez pas cet email pour l'envoyer aux oubliettes. Ce serait un énorme gâchis. Puisque vous avez investi du temps pour lire ce message jusqu'ici, faites ce geste simple de signer la déclaration officielle de soutien au maire de Cousolre.

Alors merci de soutenir notre ami Maurice Boisart en signant maintenant la pétition (cliquer ici). C'est une question d'élémentaire justice et équilibre. C'est aussi une question d'honneur.

Un grand merci,

Laurence Havel
secrétaire nationale

Pour signer la pétition de soutien : http://petitions.institutpourlajustice.com/maire_cousolre/

 

Je ne connais pas cette association mais je trouve ce combat digne et j’y adhère. Un mien excellent ami, sur le même thème a réagi ainsi :

 

Monsieur Maurice Boisart

Maire du Village

7, rue Aldegonde

59149  COUSOLRE

 

Monsieur le Maire,

 

Vous trouverez sous ce pli un chèque de 10 € pour participation à vos éventuels frais de justice ou pour trinquer avec vos amis.

Bien cordialement,

 

 

Septidi 17 ventôse 220

 

Illustration X – Droits réservés

 

04/03/2012

Tè! C'est que je mange aujourd'hui !

 

Le civet de sanglier.jpg

 

Le civet de sanglier de Sébastien et Anne

 

Mon ami Sébastien, redoutable tueur,

Utilise son temps, son flair et sa sueur

À courir les forêts, les bois et les broutières,

À sauter les ruisseaux des terres de Lozère

Pour traquer, débusquer, viser et fusiller

Son gibier préféré: le cochon sanglier.

Dès que pointe le jour vrombissent les quat'quatres

Où piaffent les chasseurs équipés pour combattre,

Montent les hurlements des meutes carnassières

Serrées dans des remorques, dans des malles arrières.

La battue se déploie par chemins et sentiers,

S'efforçant de boucler le massif forestier

Où laies et marcassins, cochons et sangliers

Commencent à gratter le sol d'un pied inquiet.

La journée sera rude pour la bête à poil dur

Quand, poussées par les chiens hors des fourrés obscurs,

Pour tenter d'échapper à la meute hurlante,

Ses courses, à découvert dans les clairs et les pentes,

L'amènent à croiser les chemins et les sentes

Qui sont autant d'affûts où les fusils l'attendent.

Les coups de feu éclatent à travers la nature.

Si la bête s'échappe, on reprend les voitures ­

Pour lui couper la fuite au bord d'une autre route.

Parfois le sanglier met la meute en déroute,

Quand, acculé, blessé, forcé hors de son antre

Il se rue sur les chiens qu'il piétine et éventre.

Très souvent Sébastien, heureux bien que fourbu,

S'en retourne bredouille, au soir de la battue.

Mais lorsqu'un animal est tombé sous les balles,

Il faut voir son sourire, son allure martiale

Lorsqu'il brandit sa part de viande dépecée

Qu'il - fier comme Artaban - offre à sa fiancée.

Alors, tranquillement, avec ses doigts d'artistes

Dégoulinant de sang, Anita entre en piste.

Pour faire un bon civet, l'épaule ou le cuissot

Sont des pièces de choix. Coupez-les en morceaux

De taille conséquente. Récupérez le sang

Qui, pour lier la sauce, est bien intéressant.

Gardez-le au frigo pour qu'il ne se dégrade.

Préparez ce qu'il faut pour votre marinade.

Celle de Anita est un poème en soi:

Quatre, cinq oignons moyens, cévenols ou niçois;

Cinq ou six gousses d'ail et autant de carottes;

Un bouquet de persil; céleri, feuilles, côtes;

Du thym et du laurier; un peu de noix muscade;

Une écorce d'orange et quelques grains de cade;

Du poivre du moulin; du gros sel de Camargue.

Deux litres de Côtes-du-Rhône d'Estézargues,

Un verre d'huile d'olive et deux de bon vinaigre.

Vous cuisez demi-heure à feu vif et allègre.

Rangez le sanglier au fond d'un pot en grès,

Un grand verre de marc pour rendre du degré

À votre marinade versée, chaude, dessus.

Le pot, au frais trois jours, recouvert d'un tissu

Est alors le théâtre d'une superbe idylle

Entre les ingrédients. Une alchimie subtile

Va attendrir la viande, sublimer les parfums

Et les goûts de gibier du sanglier défunt.

Quand, le jour du repas, l'aurore aux doigts de roses

Du sommeil des Buveurs dissipe les hypnoses,

Vous sortez et séchez à l'aide d'un torchon ­

Les morceaux marinés de viande de cochon.

Séparez au chinois légumes et liquide.

Petit, sers-moi un verre, j'ai le clapoir acide!

Dans de l'huile d'olive, au fond d'une toupine

Votre petit-salé embaume les narines.

Rajoutez en tournant les légumes essorés,

Puis intégrez la viande que vous faites dorer.

Mouillez alors avec le jus de marinade,

Et cuisez à feu doux, cinq heures, à l'estouffade.

Il faut voir le sourire heureux de Sébastien

Lorsque Anita apporte, de son pas aérien

Son plat qu'elle découvre, très fière, sur la table

Exhalant en volutes des parfums admirables.

Ce chef-d'œuvre requiert, pour de grandes agapes,

Rien moins que le meilleur des Chateauneuf-du-Pape.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour deux fois six personnes:

 Pour la marinade: - 4 oignons moyens coupés en quarts et piqués de clous de girofle, - 6 gousses d'ail écrasées, - 6 à 8 carottes en tronçons, ­l bouquet de persil grossièrement coupé, - l pied de céleri côtes et feuilles, grossièrement coupées, - l gros bouquet de thym, - 6 feuilles de laurier, - l douzaine de grains de genièvre, - 2 poignées de gros sel de Camargue,

- l cuillerée à soupe de poivre noir du moulin, - noix de muscade, - l écorce d'orange séchée, - l verre d'huile d'olive, - 2 verres de bon vinaigre, - 2 litres de bon vin rouge. N'oubliez pas de cuire cette marinade et de la verser chaude sur les morceaux de sanglier avant de laisser reposer trois jours.

Pour le plat: - l cuissot ou l épaule de sanglier, - le sang récupéré ou l verre de sang (à demander à votre boucher), - l verre d'huile d'olive, - 250 grammes de petit-salé coupé en dés, - les légumes essorés de la marinade cuite, - le jus de la marinade.

 

 

 

Les vins conseillés:

Le civet de sanglier préparé de cette manière est un plat somptueux, à la fois puissant et très parfumé. Il faut donc des vins à la hauteur.

En vallée du Rhône: Chateauneuf-du-Pape, Gigondas, Lirac, Vacqueyras, Cornas, Hermitage, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph, Côte-Rôtie.

On peut également l'accorder avec bonheur à de vieilles bouteilles de Cairanne, Visan, Séguret, Valréas, Gallician.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure, Maury.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Pierrefeu, Puyloubier, Cabasse, La Cadière-d'azur, vins de Bellet.

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 Quintidi 15 ventôse 220

 

in: Le Bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s

 

 

 

 

 

03/03/2012

Ouiquinde érotique avec Arthur Rimbaud

 

Les anciens animaux

 

rut tigres.jpg

Les anciens animaux saillissaient, même en course,
Avec des glands bardés de sang et d'excrément. 
Nos pères étalaient leur membre fièrement
Par le pli de la gaine et le grain de la bourse. 

Au moyen âge pour la femelle, ange ou pource,
Il fallait un gaillard de solide gréement :
Même un Kléber, d'après la culotte qui ment
Peut-être un peu, n'a pas dû manquer de ressource. 

D'ailleurs l'homme au plus fier mammifère est égal ;
L'énormité de leur membre à tort nous étonne ;
Mais une heure stérile a sonné : le cheval 

Et le bœuf ont bridé leurs ardeurs, et personne
N'osera plus dresser son orgueil génital
Dans les bosquets ou grouille une enfance bouffonne. 

 

Arthur Rimbaud

 

rut bouquetins.jpg

 

Quartidi 14 ventôse 220

 

Photos X - Droits réservés

28/02/2012

Un salon de l’agriculture sans Chichi ? Vous rigolez…

chirac maman guignols.jpg

 

 

- Maman, où sont mes bottes ?

 

- Pour quoi faire mon ami ? Nous ne sommes pas en Corrèze…

 

- Crénom de dieu la mère, c’est le salon de l’agriculture non ?

 

- Et alors ? Vous n’avez pas l’intention de vous commettre cette année encore dans cette foire à la bouse ? Dans votre état… Vous voulez que tous les journalistes, toutes les télés montrent votre état ?

 

- Ah ! Ah ! Ah ! Qu’est-ce qu’il a mon état la mère ? Tenez, tâtez : je bande comme un jeune séminariste, je me trimballe un démonte-pneu de camionneur ! Ça vous étonne maman ? C’est parce que je pense à toutes ces croupes lisses, soyeuses, crémeuses, souples sous la main, à ces mamelles gonflées, si émouvantes ! Les vaches mamans ! Les vaches et leurs cornes altières et redoutables ! Toute ma jeunesse, toute ma vie… Sans vouloir vous offenser ma chère, ça me change de vos noix tristounettes de fin de série.

 

- Oh ! Goujat ! Malotru ! Pour ce qui est des cornes, j’en sais quelque chose… Vous n’êtes qu’un vil cul-terreux, un homme du commun. Je retrouve bien là vos ascendances douteuses de radical-socialiste de province.

 

- Cause toujours la mère ! Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ! Ah ! Maman, je rêve ! Je vais m’empiffrer en bonne compagnie ! Du foie gras de Gascogne, des tripes normandes, du cassoulet bien gras et onctueux, et ces superbes et si subtils pieds et paquets à la marseillaise ! Huummm ! Tout le monde me connaît, tout le monde m’attend ! Je n’ai que des amis là-bas moi !

 

- Mais votre régime Jacques ? Vos docteurs ne veulent pas que vous alliez encore vous goinfrer.

 

- Au diable le régime ! Au diable les toubibs ! Au point où j’en suis… Laissez-moi jouir encore un peu, vous et tous les pisse-froid, tous les peine-à-jouir qui m’étouffent sous votre direction « affectueuse ». Huummm ! Le fumé subtil d’un Haut-médoc, la fragrance d’un Pommard, la puissance d’un Gigondas, la suavité d’un Sylvaner. Et puis une bonne bibine pour faire passer le tout !

 

- Et votre cholestérol Jacques ? Qu’en faites-vous ?

 

- Cholestérol mon cul ! Ch’uis pas un buveur de coca ou de flotte moi ma chère ! Pas comme l’autre… Eh ! V’z’avez vu mon pote Hollande chez les péquenots ? Ça c’est un bon élève ! Un vrai Corrézien ! Pour l’occasion, il a laissé tomber son régime, levant le coude comme un sapeur, ingurgitant du pâté aux cèpes, des caillettes aux herbes, du sauciflard ardéchois, des accras antillais. Même les tripes à la provençale, souples, onctueuses et délicieusement piquantes sur la langue ! Buvant des canons, faisant des promesses - ça mange pas d’pain ! – embrassant les gosses, se faisant photographier avec les belles bouseuses ! Tâtant le cul des vaches comme un vrai élu de la Corrèze qu’il est ! Mon fils spirituel maman, je vous dis ! Mon fils !

 

- Jacques ! Enfin, un peu de retenue…

 

- Quand je pense que ces cons croient que j’ai… comment disent-ils déjà ? Ah oui ! L’alzei…Merde, j’ai oublié…

 

- Vous n’irez pas Jacques ! Je vous l’interdis !

 

- … « C’est la cuiiiite finaaaale… Saoulons-nous car demain… Les eaux minéraaaales remplaceront le viiiin ! »

 

 

Décadi 10 ventôse 220

 

 

Merci aux Guignols de l’info

 

 

26/02/2012

Ouiquinde gastronomique qui tient au corps.

boeuf hermitage pour le web.jpg

 

Le bœuf à l'Hermitage des mariniers de Condrieu

 

Au sortir de Lyon, le fleuve - lourd des masses

De séracs écroulés, et des torrents de glace,

Et des prairies de neige, et des mers domestiques

Qu'a enfanté pour lui la vigueur helvétique ­

Se joint à l'opulence des grandes eaux de Saône

Pour mériter enfin son nom de Dieu: le Rhône.

Il plonge vers le Sud voluptueusement

Pour créer sa vallée de soleil et de vent.

Il féconde en roulant, et la terre, et la pierre

Pour engendrer la Vigne et ses grains de lumière.

Dans le Septentrion, les vignes du vertige,

Sur les coteaux du Sud, celles du Félibrige.

Vignerons sur les roches, mariniers sur les eaux,

Qui avec ses tonneaux, qui avec ses bateaux,

Les hommes du grand fleuve étaient tous des gagneurs

Car à fleuve divin, il sied d'être un seigneur.

En ces temps là, petit, le Rhône était un dieu

Et sa Jérusalem était à Condrieu.

Ce bourg de pierres blondes, entre l'eau et les vignes,

Engendra les meilleurs, les plus forts, les plus dignes

De ces seigneurs du fleuve. Ah ! il fallait les voir

Les longs trains de bateaux, lorsque tombait le soir

S'arrimer à la rive. Vingt-cinq hommes par rigue

Et autant de chevaux débarquaient dans le bourg

Pour boire, manger, chanter et chasser la fatigue,

Pour se battre parfois, et pour faire l'amour.

Partout dans les auberges, les troquets, les bord' eaux

On débitait friture, vin fort et fricandeaux,

Mais ce que préféraient, avant l'appareillage

Les mariniers, c'était le bœuf à l'Hermitage.

Ce petit port du Rhône, en face de Tournon,

Escarpe sa syrah aux flancs d'un mamelon

Et produit l'un des meilleurs vins rouges qui soit,

Puissant comme un volcan, souple comme la soie.

C'est dans sa robe pourpre que les bons cuisiniers

Mettent à mariner le bœuf des mariniers.

Deux kilos et demi de paleron d'Aubrac

Coupés en gros morceaux et disposés en vrac

Dans un profond faitout avec thym et laurier,

Sel, poivre du moulin et un bel ail entier,

Un verre d'huile d'olive, du marc de Condrieu

Ainsi qu'une bouteille d'Hermitage un peu vieux.

Le lendemain matin, tu fais la retirade

Du bœuf bien imprégné avec ta marinade.

Dispose les morceaux dans un poêlon onché,

Avec plusieurs oignons grossièrement hachés.

Alterne bien les strates de viande et de légumes,

Pour finir, une couche d'oignons de beau volume.

Verse sur l'appareil ton jus de marinade,

Fait cuire à feu très doux, couvert, à l'estouffade.

Un quart d'heure plus tard, du vinaigre, un bon verre,

Ainsi que de gros sel une bonne cuillère.

Tu laisses encore un heure mijoter au frisson.

Pendant ce temps, prépare donc la liaison.

Tu haches finement deux anchois dessalés

Avec deux gousses d'ail, du persil ciselé,

Deux cornichons hachés, saupoudre de farine,

Mouille avec la bonne huile d'olive comtadine.

Puis verse doucement ce bol de liaison

Pour bien l'incorporer à la préparation.

Tu laisses mijoter encore cinq minutes

C'est prêt, tu sers très chaud, et la fête débute.

En accompagnement, quelques pommes vapeur,

Ou bien des pâtes fraîches, et vive le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 2,5 kilos de paleron de bœuf d'Aubrac (si possible), - 2 verres d'huile d'olive de la vallée des Baux, - 1 verre de marc, - 1 bouteille d'Hermi­tage, - 1 verre de vinaigre, - 4 gros oignons, - 2 gousses d'ail, - 2 anchois en filets, - 2 cornichons, - sel, poivre, thym, laurier, farine, - 2 kilos de pommes de terre vapeur ou 1 kilo de pâtes fraîches.

 

Les vins conseillés:

Essentiellement des vins rouges des Côtes-du-Rhône septentrionales: - Condrieu, - Hermitage, - Crozes-Hermitage, - Côte-Rôtie, - Saint-Jo­seph, - Cornas.

 

In : Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s – Jean-Victor Joubert – http://www.ayoli.fr

 

Octidi 8 ventôse 220

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

25/02/2012

Ouiquinde érotico-culturel avec Guillaume Apollinaire

coeur cul.JPG

 

Epithalame

 

Tes mains introduiront mon beau membre asinin

Dans le sacré bordel ouvert entre tes cuisses

Et je veux l’avouer, en dépit d’Avinain,

Que me fait ton amour pourvu que tu jouisses !

 

Ma bouche à tes seins blancs comme des petits suisses

Fera l’honneur abject des suçons sans venin.

De ma mentule mâle en ton corps féminin

Le sperme tombera comme l’or dans les sluices.

 

Ô ma tendre putain ! Tes fesses ont vaincu

De tous les fruits pulpeux le savoureux mystère,

L’humble rotondité sans sexe de la terre,

 

La lune, chaque mois, si vaine de son cul

Et de tes yeux jaillit même quand tu les voiles

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles.

 

Guillaume Apollinaire

(Les onze mille verges ou les amours d’un hospodar)

 

 

Septidi 7 ventose 220

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

23/02/2012

Eh! Secouez-vous les zygomatiques avec URTIKAN !

Allez vite voir  Urtikan

c'est savoureux, redoutable et gratos mais...faites leur un petit don (comme moi)

cambon coq 1.gif

 

 

 

sarko plouf jiho.jpg

 

 

chimulus allègre sarko.jpg

 

mric fierté nationale.jpg

 

Quintidi 5 ventose 220

 

 

Urtikan

 

22/02/2012

Athée souhaits !

 

 

Dieu en slip dessin.jpg

 

Ils nous les gonflent grave avec leurs conneries

Est-elle hallal, casher, des bestiaux la tuerie ?

Sont-ils donc estourbis, égorgés ou saignés ?

Cornedieu ! On s’en fout de ces discours de niais !

Les imbéciles heureux que le besoin de croire

Rend aptes à gober des monceaux de bobards.

Croire n’importe quoi, croire n’importe qui !

Surtout ne pas penser ! Trop dangereux Kiki !

De la pensée nait l’inquiétude.

Pas confortable l’inquiétude !

Faut-il avoir vraiment un Q.I. de mérou

Pour croire en vous, curés, imâms, rabbins, gourous

Qui vous précipitez sur la misère humaine

Comme mouches à merde sur des fruits de bedaine.

Vous confisquez la Vie, vous promettez le Ciel

Votre esprit est tordu, votre voix est de fiel,

Partout où vous passez agonise l’espoir,

Vous mettez la Raison, toujours, sous l’éteignoir.

Votre fond de commerce, votre sale bizness,

N’est que l’exploitation de l’insigne faiblesse

Et la crédulité de gens déboussolés

Prêt à tout abdiquer pour être consolés.

Pour vos sombres desseins, toute détresse est belle,

Vous êtes des machines à laver les cervelles

Des crédules victimes qui tombent dans vos rets

Et qui seront broyés, ruinés puis essorés

Pour vous servir d’esclaves, de chiens, de trous à bites,

De zombies asservis, de main d’œuvre gratuite.

Ô toi, Humain mon frère, que l’existence angoisse

Fuit comme le sida leurs sinistres paroisses

N’écoute pas la peur et fuit tous ces menteurs

N’écoute pas tous les profiteurs de la peur

Surtout ne croit en rien, rejette toute foi

Que le doute, toujours, soit ton ultime Loi.

Puisque tu n’y peux rien, puisqu’au bout de la Route

Inconnu ou néant apaiseront tes doutes.

Puisque tu n’y peux rien, attends sans peur la mort

Goûte plutôt la Vie sans pleurer sur ton sort.

 

VictorAyoli

 

Quartidi 4 ventose 220

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

21/02/2012

APRES LA VACHE FOLLE, LA VIANDE A LA (L ?) MERDE !

e coli viande hachée.jpg

 

 

" Depuis belle lurette, des vétérinaires, des bouchers et des agents de la DCCRF - l’ancienne Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes qui se nomme désormais DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) - s’échangeaient l’information sous le manteau et conseillaient de ne pas donner de viande hallal aux enfants, qu’ils soient ou non musulmans. Le conseil valait notamment pour les parties avant des animaux et, surtout, les steaks hachés, qui ne contiennent souvent que des parties avant.

 

Pour le grand public, c’était motus et bouche cousue, quasiment un secret d’Etat ! Il était simplement fortement recommandé de manger (tous) les steaks hachés très bien cuits, ce qui sur le plan gustatif évoque plus le pâté de sciure que l’entrecôte de bœuf Angus, Kobé ou fin gras du Mézenc...

 

Depuis le 16 février 2012 et l’émission d’Envoyé Spécial « la viande dans tous ses états », le voile est levé sur une réalité dont l’évocation est déconseillée aux âmes sensibles : la viande hallal contient de la merde et, plus gravement, l’e-coli (*) qui prolifère dans le système digestif.

        

Sa présence, statistiquement inquiétante, découle directement de la technique utilisée pour  l’abattage rituel, ce que l’émission a très clairement et fort courageusement démontré.

 

Et pour ceux qui ne mangent pas hallal ?

        

C’est quasiment la même chose car, pour de sordides raisons économiques, d’innombrables ovins et bovins « non hallal » subissent un abattage rituel, ce qui entraîne pour eux une souffrance aussi effrayante qu’inutile et, pour les consommateurs, le risque de dégustation de matières fécales, dont les qualités organoleptiques restent à démontrer, ainsi que d’e-coli, dont la nocivité n’est plus à démontrer.

 

Le respect des normes sanitaires et la simple légalité sont fortement sollicitées en la matière (…), tant les contrôles sont aléatoire et parfois surréalistes (quand une caissière de l’entreprise d’abattage remplace le vétérinaire !!!)

 

Lorsque vous achetez du chocolat fantaisie, il suffit de chausser de bonnes lunettes pour apprendre que ce que vous allez manger « est susceptible de contenir des traces de noisette ou d’autres fruits à coque ».

        

Lorsque vous achetez de la viande, même équipé d’une grosse loupe, vous ne saurez jamais que ce que vous allez manger « est susceptible de contenir des traces de merde et quelques e-coli ».

        

Mais si vous faites très très bien cuire et surcuire votre steak haché, il n’y a pas de problème. C’est eux qui le disent !

 

Bon appétit, bonne santé et donnez du saucisson aux bébés. "

 

 

René-Louis THOMAS

 

 

         (*) E.coli (EHEC) Enterohaemorrhagic : bactérie susceptible de provoquer une maladie grave, guérissant spontanément dans la plupart des cas mais pouvant évoluer vers une forme mortelle, notamment chez les enfants et les vieillards.

 

         La charmante bestiole adore le fumier où elle peut survivre plusieurs mois.

 

P.S. – Absolument d’accord avec ce point de vue, rien à rajouter.

 

           Tridi 3 ventose 220

 

Photo X - Droits réservés      

 

20/02/2012

L’avenir rêvé par Sarko : une plongée vers la chape de plomb d’un nouveau moyen-âge.

goya_inquisition.jpg

 

Il suffit de l’entendre dégueuler ses couenneries Microlax-Pinocchio pour déceler la société dont il rêve pour nous, lui l’ami du curé, du rabbin, de l’imam, et qui se méfit de l’instituteur.

 

Marche arrière toute ! Fini l’Humanisme, aux poubelles la Renaissance, aux chiottes les Lumières.

 

L’avenir ? Sectes, fanatismes religieux, nous font chuter vers un nouveau moyen-âge… Et à toute vibure !

 

Le sens de l’histoire s’est inversé depuis l’ultralibéralisme de Reagan et Thatcher dans les années 80, avec un bon coup d’accélérateur dû au néo-conservatisme de Bush chez les Yankees puis, chez nous, de Blair, Sarko, Merkel, Barrosso…

 

Mais, à la différence du passé, ce nouveau moyen-âge possède les apparences et les pouvoirs de la technologie. Une technologie dont l'usage sera réservé à une élite, et qui sera utilisée pour asservir, contrôler, réprimer, torturer, détruire et assassiner, avec une violence et une cruauté inédites. L’inquisition plus l’ordinateur ! On y arrive avec hadopi, Acta, les innombrables fichiers...

 

Les points communs entre le Moyen-âge et la période actuelle ne manquent pas :

 

— le fantastique décalage entre riches et pauvres (écart des revenus de 1 à 300);

 

— une société gouvernée par une élite issue de castes héréditaires et de moules réservés (Ena, X, Ponts et autres grandes écoles) ;

 

— le peu de valeur accordé à la vie humaine ;

 

— le retour de l'esclavage, en Chine et en Asie d’abord, déjà en Europe et en Amérique ;

 

— le retour à la Loi du plus fort imposée au mépris des Droits de l’homme (Guantanamo, Syrie, bagnes russes…) ;

 

— le retour des empires totalitaires (USA, Chine, Russie);

 

— le retour de l'obscurantisme (islamistes, néo-chrétiens évangélistes américains, explosion des sectes) ;

 

— le retour aux guerres de religion (charia islamiste et « croisades » occidentales) ;

 

— le recul de la culture et de l'éducation, le retour de l'illettrisme, l’accès à l'éducation privatisée réservé aux plus riches, une école rendue volontairement indigente chargée de former des esprits dociles au service des « marchés » ;

 

— la réapparition des « bandits de grands chemins » et des pirates en mer. Retour à une insécurité des transports (attaque sur les autoroutes, « home jacking », etc.)

 

— le retour des épidémies et des maladies qui avaient été éliminées depuis un siècle. La typhoïde, la tuberculose, la diphtérie et la gale ont fait leur réapparition en Occident à cause du développement de la misère. La peste et le choléra sont à nouveau en progression dans certains pays du tiers-monde. En attendant la peste aviaire transmissible d’humain à humain (c’est inventé, à l’abri dans un labo des Pays-Bas, prêt à être lâché le moment venu, dès qu’on aura rendu le virus sélectif…) ;

 

— le retour des pratiques tribales (piercings, tatouages, organisation en tribus des exclus, etc.) ;

 

— la mode « gothique » (les modes étant souvent un révélateur des tendances sociales à venir) ;

 

— le retour de la sorcellerie et des rites de magie noire ;

 

— l’influence prédominante des ordres occultes et des sociétés secrètes ésotériques parmi les élites dirigeantes (Skull and Bones, Bohemians Club, Bildenberg, Trilatérale, Le Siècle, etc…)

 

— une population de plus en plus misérable et inculte, décérébrée par les médias de masse au service des mercantis, dont la seule fonction est de préparer les cerveaux pour cacacola et de fournir des esclaves à l'élite. D'autant plus qu'avec la surpopulation, l'esclavage est finalement le mode de production le plus approprié et le moins coûteux, surtout si les machines devaient être un jour paralysées par les pénuries d'énergie.

— etc.

 

Votez Sarko ! Votez Merkel ! Ils sont les marionnettes des banksters et donc tenants de ce cauchemar.

 

La chape de plomb du Moyen-âge a duré 12 à 13 siècles… Bonjour l’avenir !

 

 

Duodi 2 ventose 220

 

Illustration Goya – Droits réservés

 

19/02/2012

Ouiquinde gastronomique révolutionnaire et qui tient au ventre!

Cassoulet pour web.jpg

 

 

 

Le Cassoulet de Paulette

 

En ce temps là, petit, les terres occitanes

Subissaient les horreurs des foudres vaticanes.

La conjonction rapace de talibans papistes

Et de seigneurs brumeux aux vues colonialistes

Jetait en pays d'Oc des hordes franchimandes.

Ils tuaient, ils violaient, ces barbares en bandes,

Saccageant les campagnes, pillant villes et bourgs,

Exterminant le peuple, brûlant les troubadours.

Sous les exhortations de l'affreux Dominique

Ils cramaient les parfaits, sous le nom d'hérétiques.

Ces bœufs au front obtus, à l'ombre de leur croix

Menaient honteusement, pour leur pape et leur roi

La razzia des voleurs: la guerre de conquête.

Finies les Cours d'Amour, place au bal des squelettes.

- Ces temps étaient bien durs, ces gens étaient bien laids

Mais, Victor, on devait parler du cassoulet!

- Exactement, petit. Ouvre ce Saint-Nabor

Et buvons à la Dame Jéhanne de Lavaur,

Car c'est elle qui, en ces périodes troublées,

Au front de l'ennemi, créa le Cassoulet!

Ah ! Il fallait la voir notre Dame Jéhanne,

Indomptable, farouche et belle comme Diane,

Culbutant les marauds, écrasant les soudards,

Taillant et estoquant Franchimands et Picards,

Plus de six pieds de haut et lourde d'un quintal,

Sa crinière de geai et ses yeux de cristal,

Galvanisaient le peuple assiégé de la ville

Et glaçaient de terreur les assaillants débiles.

Tous abordaient l'hiver de l'an mille cent onze.

Les rives de l'Agout changeaient leurs ors en bronze,

Les assiégeants, menés par Simon de Montfort

S'efforçaient d'affamer le peuple de Lavaur,

Place fortifiée entre Albi et Toulouse,

Capitale du Sud, de son honneur jalouse.

L'Occitanie d'alors était démocratique,

On discutait de tout sur la place publique,

On s’aimait, s'entraidait, partageait l'assiettée,

Les maîtres mots étaient Amour et Liberté.

Dans Lavaur étranglée, la position est grave.

Jéhanne alors regroupe et harangue ses braves:

- « Monfort veut notre peau, il devra payer cher,

Ne nous nourrissons pas d' avés et de paters !

Amenez tous céans ce qui se peut manger,

Tout ce que vous avez, nous l'allons partager. »

Et chacun apporta, de caves et greniers,

Qui des tours de saucisses, qui des cochons entiers,

Qui des canards confits, qui de la graisse d'oie,

Qui des sacs de Pamiers, qui des fèves de Foix.

Dans de vastes chaudrons on fit cuire le tout.

C'est ainsi que naquit le célèbre ragoût,

L'un des plats les meilleurs qui se puisse avaler,

Puissant, tonitruant, fondant: le Cassoulet!

De Castelnaudary à Toulouse et Lavaur

De Castelsarrasin à Pamiers et Cahors,

Des berges de l'Ariège aux rives de Garonne,

Du château de Phoebus aux tours de Carcassonne,

Le cassoulet est roi, le cassoulet est maître,

Il donne à ses sujets plénitude et bien-être,

De tout le Sud-Ouest il est le plat fanion

Symbole de l'union et de la rébellion.

Voici comment le fait Paula de la Verrière,

Jéhanne d'aujourd'hui, grande, forte et altière.

Les premiers ingrédients, ce sont les haricots,

Il te faut des Pamiers, ou sinon des Cocos.

S'ils sont secs, trempe-les avant de mettre à cuire,

S'ils sont frais, dans de l'eau, tu les mets à blanchir

Demi-heure environ, toujours à gros bouillons,

Du sel évidemment et des petits oignons.

Lorsque les haricots sont souples sous le doigt

Tu égouttes et réserves, au chaud comme il se doit.

Range de belles couennes au fond de la marmite,

Place tes haricots par dessus tout de suite,

Un carré de cochon frotté d'ail et de sauge,

Quelques tours de saucisse, de Foix, Toulouse ou Auch,

(À Toulouse on y met un morceau de mouton,

À Castelnaudary, seulement du cochon),

Trois tomates en quartiers, mondées, épépinées,

Un saucisson de couennes et du petit-salé,

Quelques clous de girofles, poivre, bouquet garni.

Tu mouilles avec le jus où les fayots ont cuit,

Tu couvres et tu mets pour trois heures à feu doux.

Va-t'en boire un canon, et oublies ton faitout.

Deux heures après tu ouvres et vérifies le plat,

Si besoin est, rajoute du bouillon, juste un doigt,

Tu poses sur le tout - avec quelle allégresse! ­

Des cuisses de canard confit, avec leur graisse.

Tu fermes de nouveau et remets sur le feu,

Ou plutôt dans le four, une bonne heure ou deux.

Pour l'onctuosité - c'est un secret, écoute! ­

Sept fois, à la cuiller, tu casseras la croûte

Qui se forme au-dessus de ton plat qui mijote,

Fait délicatement, avec tact et jugeote.

Ton cassoulet est prêt, met l' oulo sur la table

Et sert à tes convives des portions équitables.

Accompagne ce plat d'un vin rouge puissant,

Cairanne, Châteauneuf, Gigondas ou Visan.

Dégustant ce fleuron des cuisines de France,

Tu manges, avec Jéhanne, un plat... de Résistance!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- 2 kg de haricots frais, des pamiers, des cavaillonnais, des cocos de Paimpol, à la rigueur des soissons (avec des haricots secs, divisez cette quantité par deux et faites tremper une nuit avec un peu de bicarbonate), - 3 couennes de cochon, - 1 carré d'un demi kilo de cochon (rouelle ou filet), - 1 kilo de saucisse de Toulouse, - 1 saucisson de couenne, - éven­tuellement 1 demi kilo de mouton (morceaux pour ragoût), - 2 hectos de petit-salé en dés, - 6 cuisses de canard confit, - 6 gousses d'ail, - 6 feuilles de sauge (fraîche ou sèche), - 1 oignon piqué de six clous de girofle, - 3 tomates coupées en quartiers, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil), - 2 cuillerées à café de poivre noir, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - de l'eau à la demande (pour cuire les haricots).

 

Les vins conseillés:

 

A plat puissant, vins généreux. Pour le cassoulet, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du-Comtat, Beaumes-de- Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou...Cor­bières, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

Sans oublier, bien sûr, les Gaillac, les Madiran, les Cahors et les Pécharmant.

 

© VictorAyoli

 

Primidi 1er ventose 220

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

18/02/2012

Ouiquinde érotique avec des auteurs actuels: Aphrodisia

Pompeya_erótica5 Priape mosaïque.jpg

 

 

Saint Phallus



Quelle que soit l'art ou la manière
Je te sortirais de ta tanière !

Tapis dans l'ombre tu me guettes
Juste caché derrière une braguette

Tu es petit doux, recroquevillé
Dans un sommeil profond ensommeillé

Mais en un rien de temps je te fais surgir
Par la stimulation de ton plaisir

Pleinement et subtilement irrigué
Enfin je te sais éveillé

Mes mains t'ont libéré de ton piège
Et enfin la pression s'allège

Tel un condor tu t'élèves sans effort
Vers ces cieux divins avec l'envie d'encore

Je te prends de mes yeux, de mes mains pas farouches,
Pour enfin te déguster de ma délicate bouche

Ma langue te bénit si dévouée
Et jamais, non jamais je ne pourrais cesser

De penser à la sublime ascension
Que je provoque en toi par mes coquines intentions

Oh merveilleux Phallus tant adoré
Dont enfin je découvre le gland décaloté

Hmmmmmmmmmmmmmmm je suis toute soumise
A tes excès interdits quoique tu me dises

Je coule comme une fontaine
Tu libères mes chaines

Glisses sur moi sans hésiter
Car mon corps t'est tout dévoué

Sors ta lance vaillant guerrier
Pour enfin me chevaucher

Montres-moi ta plus belle arme
Qui capitulera sous mes charmes

Aucun tabou, vice, excès ne saura m'arrêter
Pour assouvir ta faim Oh toi mon bien-aimé

Je ne peux que m'ouvrir à tant de bonté
Et bénir ce Phallus qui vient s'enfoncer

Explores-moi, plus loin encore... c'est bon
Cette vague orgasmique qui monte de mes fonds

Je te sens te tendre en moi magnifiquement
Pendant que mon nectar envahit tout ton gland

Hmmmmmmmmmmmmmmmmm ces reins qui se balancent
Donnant un rythme à cette belle danse

Je me cambre sur ta verge tant excitée
Pour qu'enfin tu me livres cette sève convoitée

Oh Saint Phallus enfin j'ose
M'ouvrir à toi pour que tu y exploses

Nos saveurs se mélangent je suis au 7ème ciel
C'est certain mon chéri, c'est toi qui me rend belle

Après le feu l'appaisement enfin
Ma langue redescend vers ton bel engin

Je te lèche, te suce avec délicatesse
Explorant tout... jusqu'à tes fesses

Car déjà mon vénéré
Je me sentais comme délaissée

J'en implore au plus grand Dieu
Pour qu'enfin il vous fassent mieux

Pendant que nos corps aiment tant vous chevaucher
Nos bouches se languissent de votre verge excitée

Oh Saint Phallus soit assuré
Qu'à tout jamais je te serais dévouée

 

Aphrodisia


Décadi 30 pluviose 220


Merci à Aphrodisia ©

 

14/02/2012

Des nouvelles du front : Monsanto condamné ! Olé !

monsanto conseil administration dessin.jpg

 

Eh ben ! En voilà une nouvelle qu’elle est bonne ! Monsanto a été condamné lundi par le Tribunal de grande instance de Lyon pour l’intoxication du céréalier Paul François. Celui-ci estime avoir été littéralement gazé par les émanations d’une cuve de 2.500 litres d’un pesticide Monsanto, le « Lasso ». Ce produit désherbant à la toxicité reconnue a été retiré du marché en 1985 au Canada, puis en 1992 au Royaume-Uni, en Belgique également, et en 2007…en France ! On est quand même plus con que la moyenne…

Paul François n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler un « petit paysan ». Sur 240 ha en Charente, il cultive (cultivait ?) de façon « conventionnelle », c’est-à-dire avec force traitements chimiques du blé, du maïs et du colza. Une cuve de 2.500 litres de pesticide sur l’exploitation, cela donne une idée de la manière de cultiver du bonhomme… Il s’est parait-il amendé depuis (« aujourd’hui, c’est plus d’agronomie et moins de chimie ») proclame-t-il. Il aura tout de même fallu qu’il s’empoisonne avec les merdes fournies en toute légalité par Monsanto…dont il était alors le client convaincu et le complice conscient.

Ne gâchons tout de même pas notre plaisir : la décision de Tribunal de Lyon ouvrant droit à indemnisation, espérons que de nombreux agriculteurs eux aussi intoxiqués emboiteront le pas à Paul François !

Au fait et nous ! Nous, les consommateurs des produits de Paul François et de ses congénères agriculteurs productivistes ; nous qui avons avalé sans en avoir été avertis les saloperies en question ; nous qui avons peut-être chopé un chou-fleur qui nous ronge, n’y a-t-il pas moyen de nous retourner contre Monsanto et consort, au besoin à travers des actions contre les Paul François et autres producteurs « productivistes » ? ?

 

Sextidi 26 pluviose 2012

 

Dessin X - Droits réservés

 

******************************************************

 

******************************************************

 

N'oublions pas Seins-Val-en-teint

 



A ma femme



Lorsque tout près de moi, douce et tendre, chaude et lisse

Ma main trouve à coup sûr l’aimant de ton pubis,

Lorsque mes doigts explorent le soyeux de tes cuisses,

Et les douces rondeurs qui gonflent ta chemise,



Lorsque ton ventre offert vibre sous ma caresse

Je sens toujours en moi vivre de chaudes braises.

Tu es toujours pour moi ma lionne d’amour,

Mon océan de rêve, la rosée de mes jours,



Pour l’éclat lumineux de tes yeux de cristal,

Pour ton sourire pur qui pour moi fut fatal,

Pour vivre auprès de toi je me fais troubadour,



Ecuyer, maître-queu ou chanteur de faubourg

Et, pour pour fêter la Femme, te dédie ce poème,

Je t’aime !

 

 

13/02/2012

Cochon qui s'en dédit !

cochons trois.jpg

 

Ben, mon cochon !

 

« Des chercheurs britanniques et australiens ont étudié la santé de trois groupes de cochons. Les premiers étaient à l’extérieur, pouvant se salir à loisir. Les seconds étaient ensemble, à l’intérieur d’un bâtiment. Les troisièmes étaient à l’isolement et bourrés d’antibiotiques.

 

Résultat sur la part de bactéries intestinales renforçant l’immunité et la résistance de l’organisme porcin aux maladies : 90% pour le premier groupe, 70% pour le second, 50% pour le troisième. Moralité : mieux vaut soumettre son corps à rude épreuve que le protéger à outrance. Un porc en bonne santé est un porc sale. »

 

Pour moi qui suis aussi cochonophile que cochonophage, voilà une info qu’elle est sympa !

 

Le cochon – gloire à lui – est un animal fort propre et bien organisé. Dans une autre vie, alors que j’étais bucheron dans l’Ariège, j’ai élevé un cochon. Pompidou on l’appelait et sa maison était tout naturellement dénommée Elysée. Tous les dimanches, j’invitais quelques rudes amis coupeurs de bois ou paysans à trinquer chez Pompon à l’Elysée. Pompon avait le coin où il dormait, dans de la paille très propre ; le coin où il mangeait, correct bien qu’il laissât parfois quelques reliefs qu’il n’appréciait pas ; enfin l’endroit où il chiait, éloigné des deux premiers. Faut dire qu’il avait de la place. Et il n’était pas malade le  bougre ! Nous avons aimé Pompon jusqu’au bout, jusqu’à la dernière rondelle de saucisson.

 

Lorsque je trainais mon Nikon au Vietnam, les troufions ricains - dont pratiquement toute la nourriture arrivait des Zuhessa et qui chassaient la bactérie plus efficacement que le Viet – choppaient toutes les maladies qui passaient. Moi, bouffeur de tout, pas du tout intégriste de l’hygiène, je n’ai jamais été malade. Même pas des amibes, juste une traditionnelle chaude-lance…

 

Alors, lavons-nous mes mains bien sûr, mais ne nous cassons pas trop le cul pour ces questions de « propreté ». D’autant plus qu’il faut économiser l’eau !

 

Pour ça, je suis exemplaire : je ne bois que du vin.

-         « Et pour te laver me direz-vous, comment tu fais Victor ».

-         Ben ! C’est simple, je pratique le nettoyage à sec.

-          ????? C’est quoi ça ????

-         Je me gratte…

 

Quintidi 25 pluviose 220

 

Photo X - Droits réservés

12/02/2012

Ouiquinde gastronomique: sac d'os !

sac d'os 2.jpg

 

Le sac d’os

 

- Dis-moi, sais-tu, petit, ce que c’est qu’un sac d’os ?

- C’est une jeune fille qu’est pour sûr pas très grosse…

- Ce parallèle-là n’est vraiment pas galant,

Pour la gent féminine, c’est bien désobligeant !

Non, petit, un sac d’os, même si c’est étrange,

C’est un plat délicieux, paysan, que l’on mange

Au fond de nos campagnes lorsqu’on tue le cochon

Et non pas les appâts d’une maigre Fanchon.

Coupe en petits morceaux les os des côtelettes

En laissant de la viande, et pas qu’une lichette,

Coupe aussi tout petit un bon kilo de couennes

Met la queue du cochon, un peu de péritoine,

Dans une grande jatte, mélange tes parcelles

Avec de l’ail pilé, thym, laurier, poivre et sel.

Généreux sur le sel pour conserver le met,

Tu laisses reposer pendant que tu soumets

L’estomac du cochon à quelques tours de mains :

Retourner, bien gratter au couteau et laver

Soigneusement le tout dans de l’eau vinaigrée.

Puis tu remets d’aplomb cet estomac-saquette

Dans lequel tu ensaches couennes et côtelettes.

Tu fermes le sac d’os en cousant les entrées,

Saupoudre de gros sel et conserve aux frais.

Après trois quatre jours tu dessales une nuit

Alors, dans beaucoup d’eau, tu vas le faire cuire

Serre-le dans un linge pour ne pas qu’il éclate

Et à tout petit feu il mijote sans hâte

Trois ou quatre heures au moins pour qu’il s’épanouisse.

En bouche alors, petit, c’est un feu d’artifice !

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi l coupe et la bonbonne !

 

 

Quartidi 24 pluviose 220

 

Photo X - Droits réservés

 

11/02/2012

Ouiquinde érotique: réchauffons-nous avec Paul Verlaine!

culs tournés.jpg

 

Ouverture



Je veux m'abstraire vers vos cuisses et vos fesses,
Putains, du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies,
Beautés mûres ou non, novices et professes,
Ô ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies !

Vos pieds sont merveilleux, qui ne sont qu'à l'amant,
Ne reviennent qu'avec l'amant, n'ont de répit
Qu'au lit pendant l'amour, puis flattent gentiment
Ceux de l'amant qui las et soufflant se tapit.

Pressés, fleurés, baisés, léchés depuis les plantes
Jusqu’aux orteils sucés les uns après les autres,
Jusqu'aux chevilles, jusqu'aux lacs des veines lentes,
Pieds plus beaux que des pieds de héros et d'apôtres !

J'aime fort votre bouche et ses jeux gracieux,
Ceux de la langue et des lèvres et ceux des dents
Mordillant notre langue et parfois même mieux,
Truc presque aussi gentil que de mettre dedans ;

Et vos seins, double mont d'orgueil et de luxure
Entre quels mon orgueil viril parfois se guinde
Pour s'y gonfler à l'aise et s'y frotter la hure :
Tel un sanglier ès vaux du Parnasse et du Pinde.

Vos bras, j'adore aussi vos bras si beaux, si blancs,
Tendres et durs, dodus, nerveux quand faut et beaux
Et blancs comme vos culs et presque aussi troublants,
Chauds dans l'amour, après frais comme des tombeaux.

Et les mains au bout de ces bras, que je les gobe !
La caresse et la paresse les ont bénies,
Rameneuses du gland transi qui se dérobe,
Branleuses aux sollicitudes infinies !

Mais quoi ? Tout ce n'est rien, Putains, aux pris de vos
Culs et cons dont la vue et le goût et l'odeur
Et le toucher font des élus de vos dévots,
Tabernacles et Saints des Saints de l'impudeur.

C'est pourquoi, mes sœurs, vers vos cuisses et vos fesses
Je veux m'abstraire tout, seules compagnes vraies,
Beautés mûres ou non, novices ou professes,
Et ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies.

 

Paul Verlaine

 

Tridi 23 pluviose 220

 

Photo X - Droits réservés

06/02/2012

Fromages ! Ô désespoir ? Ou espoirs venant d’outre-Atlantique ?

 

fromages


 

Hier, avec moins dix degrés et un mistral à 90 km/h, on n’avait pas trop envie de baguenauder dehors, malgré le soleil ! Je suis donc tombé sur un excellent reportage sur France 5 où il était question de fromages. Quand j’entends ce mot, mes papilles mouillent et ma langue bande ! Le Fromage, avec un grand F ! La création humaine mêlant le plus subtilement nature et culture ! Travail humain et imagination créatrice !

 

Bien. Seulement ce documentaire traitait des fromages…outre-Atlantique ! De quoi réveiller quelques préventions. Le fromage au pays de la malbouffe, qu’est-ce que ça peut bien être… Et je suis tombé sur le cul : les yankees (enfin, une partie des yankees) créent de toute pièce chez eux des terroirs consacrés aux fromages AU LAIT CRU ! Et avec quel amour, avec quel enthousiasme, avec quelle débauche de moyens ! Et rajoutons, avec quel succès auprès des consommateurs ! Un véritable phénomène.

 

Des pionniers sont venus en France étudier de très près les spécificités des terroirs, les méthodes de fabrication des meilleurs crus fromagers français. Espionnage ? Pillage de nos valeurs ? Peut-être. Mais moi j’y vois un grand espoir. Comme pour le vin, nos meilleurs techniciens apprennent aux Etazuniens et aux Québequois les techniques mais aussi l’éthique des fromages AU LAIT CRU, les seuls méritant le noble nom de fromage. Et l’aïoli monte, monte et embaume ! Il existe un véritable engouement des jeunes générations nord-américaines pour la nourriture naturelle, le fromage AU LAIT CRU devenant l’emblème, l’étendard de ce mouvement ! Formidable non ?

 

Pendant ce temps, en France, la malbouffe venue de chez eux étend ses ravages. Eux la rejettent, nous, nous la subissons. Entre autre en laissant les barons de l’industrie laitière saccager les meilleures appellations françaises en imposant – en connivence avec la grande distribution – d’affreux ersatz de fromages fabriqués industriellement avec des laits de provenances douteuses pasteurisés ou thermisés (ce qui revient au même). Rappelons-nous le saccage du Camembert par Lactalis… Sur les rayons de la grande distribution ne subsistent plus que d’affreux plâtres recouverts de farine sans goût, sans vie, uniformes dans leur médiocrité même s’ils sont bien habillés et maquillés comme des putes !

 

Dernier méfait connu (voir dans Marianne de cette semaine l’article de Périco Légasse titré « Lactalis étouffe les bergers basques »), les procédés révoltants d’un consortium de tripoteurs de lait – Lactalis, Bongrain, MLC et Andros - en vue d’étouffer la création de la Coopérative laitière du pays basque (CLPB). Ce groupement d’éleveurs indépendants n’a-t-il pas le culot, que dis-je l’impudence de prétendre  créer une structure pour produire ses propres fromages ! Et AU LAIT CRU en plus ! C’est trop pour le consortium des gougnafiers qui, en rétorsion, laissent le lait de ces producteurs dans leurs cuves pour s’approvisionner en Espagne ou ailleurs. C’est marche avec nous ou crève ! Ces bergers basques produisent le lait de brebis qui sert à élaborer l’excellent  fromage AOC Ossau-Iraty. Lassés de voir le fruit de leur travail confisqué par les industriels et leurs complices de la grande distribution, ils se regroupent donc pour créer leur propre unité de production, cette fameuse CLPB.

 

Consommateurs, ne soyons pas de pauvres cons-sots-mateurs ! N’achetons QUE des fromages au lait cru, QUE des fromages portant les deux seuls gages d’authenticité qui soient : les fromages arborant les sigles AOC (appellation d’origine contrôle) ou AOP (appellation d’origine protégée) qui est l’extension européenne de l’AOC.

 

Le salut viendra-t-il d’Amérique ? Pourquoi pas !

 

Octidi 18 pluviose 220


Photo X - Droits réservés

05/02/2012

Ouiquinde triple A comme Andouille Aux hAricots

andouille haricots.jpg

 

L’andouille au Côte-du-Rhône

 

Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le met bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Septidi 17 pluviose 220

 

Photo X - Droits réservés