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23/10/2011

Ouiquinde gastronomique: Le bœuf à l'Hermitage des mariniers de Condrieu

 

 

boeuf hermitage pour le web.jpg

 

 

Au sortir de Lyon, le fleuve - lourd des masses

De séracs écroulés, et des torrents de glace,

Et des prairies de neige, et des mers domestiques

Qu'a enfanté pour lui la vigueur helvétique ­

Se joint à l'opulence des grandes eaux de Saône

Pour mériter enfin son nom de Dieu: le Rhône.

Il plonge vers le Sud voluptueusement

Pour créer sa vallée de soleil et de vent.

Il féconde en roulant, et la terre, et la pierre

Pour engendrer la Vigne et ses grains de lumière.

Dans le Septentrion, les vignes du vertige,

Sur les coteaux du Sud, celles du Félibrige.

Vignerons sur les roches, mariniers sur les eaux,

Qui avec ses tonneaux, qui avec ses bateaux,

Les hommes du grand fleuve étaient tous des gagneurs

Car à fleuve divin, il sied d'être un seigneur.

En ces temps là, petit, le Rhône était un dieu

Et sa Jérusalem était à Condrieu.

Ce bourg de pierres blondes, entre l'eau et les vignes,

Engendra les meilleurs, les plus forts, les plus dignes

De ces seigneurs du fleuve. Ah ! il fallait les voir

Les longs trains de bateaux, lorsque tombait le soir

S'arrimer à la rive. Vingt-cinq hommes par rigue

Et autant de chevaux débarquaient dans le bourg

Pour boire, manger, chanter et chasser la fatigue,

Pour se battre parfois, et pour faire l'amour.

Partout dans les auberges, les troquets, les bord' eaux

On débitait friture, vin fort et fricandeaux,

Mais ce que préféraient, avant l'appareillage

Les mariniers, c'était le bœuf à l'Hermitage.

Ce petit port du Rhône, en face de Tournon,

Escarpe sa syrah aux flancs d'un mamelon

Et produit l'un des meilleurs vins rouges qui soit,

Puissant comme un volcan, souple comme la soie.

C'est dans sa robe pourpre que les bons cuisiniers

Mettent à mariner le bœuf des mariniers.

Deux kilos et demi de paleron d'Aubrac

Coupés en gros morceaux et disposés en vrac

Dans un profond faitout avec thym et laurier,

Sel, poivre du moulin et un bel ail entier,

Un verre d'huile d'olive, du marc de Condrieu

Ainsi qu'une bouteille d'Hermitage un peu vieux.

Le lendemain matin, tu fais la retirade

Du bœuf bien imprégné avec ta marinade.

Dispose les morceaux dans un poêlon onché,

Avec plusieurs oignons grossièrement hachés.

Alterne bien les strates de viande et de légumes,

Pour finir, une couche d'oignons de beau volume.

Verse sur l'appareil ton jus de marinade,

Fait cuire à feu très doux, couvert, à l'estouffade.

Un quart d'heure plus tard, du vinaigre, un bon verre,

Ainsi que de gros sel une bonne cuillère.

Tu laisses encore un heure mijoter au frisson.

Pendant ce temps, prépare donc la liaison.

Tu haches finement deux anchois dessalés

Avec deux gousses d'ail, du persil ciselé,

Deux cornichons hachés, saupoudre de farine,

Mouille avec la bonne huile d'olive comtadine.

Puis verse doucement ce bol de liaison

Pour bien l'incorporer à la préparation.

Tu laisses mijoter encore cinq minutes

C'est prêt, tu sers très chaud, et la fête débute.

En accompagnement, quelques pommes vapeur,

Ou bien des pâtes fraîches, et vive le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 2,5 kilos de paleron de bœuf d'Aubrac (si possible), - 2 verres d'huile d'olive de la vallée des Baux, - 1 verre de marc, - 1 bouteille d'Hermi­tage, - 1 verre de vinaigre, - 4 gros oignons, - 2 gousses d'ail, - 2 anchois en filets, - 2 cornichons, - sel, poivre, thym, laurier, farine, - 2 kilos de pommes de terre vapeur ou 1 kilo de pâtes fraîches.

 

Les vins conseillés:

Essentiellement des vins rouges des Côtes-du-Rhône septentrionales: - Condrieu, - Hermitage, - Crozes-Hermitage, - Côte-Rôtie, - Saint-Jo­seph, - Cornas.

 

In : Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s – http://www.ayoli.fr

 

Duodi 2 Brumaire 220

 

 

 

22/10/2011

Ouiquinde érotique avec Georges Brassens

tonton Brassens et son chat.jpg

 

Voilà trente ans qu’il s’en est allé chanter dans les vignes du seigneur ( ??!!), mais ils reste toujours très présent dans nos cœurs !

 

 

 

Mélanie

 

 

Les chansons de salle de garde
Ont toujours été de mon goût,
Et je suis bien malheureux, car de
Nos jours on n'en crée plus beaucoup.
Pour ajouter au patrimoine
Folklorique des carabins,

Folklorique des carabins,
J'en ai fait une, putain de moine,
Plaise à Dieu qu'elle plaise aux copains

Plaise à Dieu qu'elle plaise aux copains.

Ancienne enfant d'Marie-salope
Mélanie, la bonne au curé,
Dedans ses trompes de Fallope,
S'introduit des cierges sacrés.
Des cierges de cire d'abeille
Plus onéreux, mais bien meilleurs,

Plus onéreux, mais bien meilleurs.
Dame! la qualité se paye
A Saint-Sulpice, comme ailleurs

A Saint-Sulpice, comme ailleurs.

Quand son bon maître lui dit : "Est-ce
Trop vous demander Mélanie,
De n'user, par délicatesse,
Que de cierges non encore bénits ?"
Du tac au tac, elle réplique
Moi, je préfère qu'ils le soient,

Moi, je préfère qu'ils le soient.
Car je suis bonne catholique
Elle a raison, ça va de soi

Elle a raison, ça va de soi.

Elle vous emprunte un cierge à Pâques
Vous le rend à la Trinité.
Non, non, non, ne me dites pas que
C'est normal de tant le garder.
Aux obsèques d'un con célèbre,
Sur la bière, ayant aperçu,

Sur la bière, ayant aperçu.
Un merveilleux cierge funèbre,
Elle partit à cheval dessus,

Elle partit à cheval dessus.

Son mari, pris dans la tempête
La Paimpolaise était en train
De vouer, c'était pas si bête,
Un cierge au patron des marins.
Ce pieux flambeau qui vacille
Mélanie se l'est octroyé,

Mélanie se l'est octroyé
Alors le saint, cet imbécile,
Laissa le marin se noyer,

Laissa le marin se noyer.

Les bons fidèles qui désirent
Garder pour eux, sur le chemin
Des processions, leur bout de cire
Doiv'nt le tenir à quatre mains,
Car quand elle s'en mêl', sainte vierge,
Elle cause un désastre, un malheur,

Elle cause un désastre, un malheur.
La Saint-Barthélemy des cierges,
C'est le jour de la Chandeleur,

C'est le jour de la Chandeleur.

Souvent quand elle les abandonne,
Les cierges sont périmés;
La saint' famill' nous le pardonne
Plus moyen de les rallumer.
Comme ell' remue, comme elle se cabre,
Comme elle fait des soubresauts,

Comme elle fait des soubresauts.
En retournant au candélabre,
Ils sont souvent en p'tits morceaux.

Ils sont souvent en p'tits morceaux.

Et comme elle n'est pas de glace,
Parfois quand elle les restitue
Et qu'on veut les remettre en place,
Ils sont complètement fondus.
Et comme en outre elle n'est pas franche,
Il arrive neuf fois sur dix

Il arrive neuf fois sur dix.
Qu'sur un chandelier à sept branches
Elle n'en rapporte que six.

Elle n'en rapporte que six.

Mélanie à l'heure dernière
A peu de chances d'être élue;
Aux culs bénits de cett' manière
Aucune espèce de salut.
Aussi, chrétiens, mes très chers frères,
C'est notre devoir, il est temps,

C'est notre devoir, il est temps.
De nous employer à soustraire
Cette âme aux griffes de Satan.

Cette âme aux griffes de Satan.

Et je propose qu'on achète
Un cierge abondamment béni
Qu'on fera brûler en cachette
En cachette de Mélanie.
En cachette car cette salope
Serait fichue d'se l'enfoncer

Serait fichue d'se l'enfoncer
Dedans ses trompes de Fallope,
Et tout s'rait à recommencer,

Et tout s'rait à recommencer.

 

Georges Brassens

 

Photo X - Droits réservés

 

http://www.youtube.com/watch?v=wi5msXhIkPI

 

 

Primidi 1er Brumaire 220

 

16/10/2011

Ouiquinde gastronomique: La gardiane camarguaise

Gardiane copie.jpg

 

La gardiane camarguaise

 

Tout Provençal se doit, au moins une fois l'an,

D'aller se ressourcer, reprendre son élan,

De mettre le vaisseau de sa vie au grand largue

Dans l'eau, le sel, le vent, le soleil de Camargue.

Terres demi-noyées, secouées de mistral

- Jumeau du fleuve-dieu, fleuve d'air magistral - ­

Pétries et façonnées par le Rhône et la mer,

Puis soudain ravagées par le fleuve en colère.

Terres où le soleil fait naître des mirages,

Terre où le sol et l'onde hésitent leur partage,

Terres de solitude, rivages de naufrage,

Qui mesurent les hommes à l'aune du courage.

 Digues, lônes, marais, étangs, sables mouvants,

Boue sèche et craquelée, cristaux étincelants

Du sel sur la sansouire, faisceaux arachnéens

Des tamaris en fleurs d'où s'envolent soudain

Des millions d'oiseaux venus d'ailleurs lointains,

Royaume incontesté des flamands africains.

Terre des chevaux blancs et des taureaux sauvages,

Où Mithra règne en dieu depuis le fond des âges.

Il faut voir la Camargue lorsque 1 'hiver l'étreint

Lorsque le ven terraù sauvage court sans frein,

Lorsque les Camarguais déplacent la manade:

Des milliers taureaux menés en cavalcade.

Conduits par cent gardians, par cent puissants centaures

Défile l'infernal troupeau de minotaures,

Taureaux noirs, chevaux blancs, aux narines fumantes

Remplissent la contrée d'une clameur géante.

Taureaux dont les meilleurs combattront dans l'arène

Face aux hommes, mains nus, que leur fierté entraîne

Entre les noirs poignards. Pour la rouge cocarde

Et les yeux d'une belle, ils défient la Camarde!

Certains de ces taureaux, à l'ardeur légendaire,

Adulées tels des dieux par la gent populaire,

Sont enterrés debout et ont leur mausolée,

Comme le grand Goya (1), l'immense Sanglier (2).

Ceux qui n'ont pas le sang pour les j eux et la gloire

Termineront leur vie dans une rôtissoire,

Car en mangeant Mithra, les Provençaux dévorent,

Avec sa chair, sa force. Et, ce faisant, l’honorent.

Cette hostie des gardians s'appelle "La gardiane".

— Oh ! Victor. Et alors, on les coupe ces couennes?

   Bien sûr, petit, mais je voulais que tu comprennes

Que c'est un plat sacré, et qu'il en vaut la peine.

Fais mariner trois tranches de taureau bien épaisses

Dans le l'huile d'olive. Rajoute avec largesse

Poivre et clous de girofle, ail, oignon, thym, laurier.

Laisse toute la nuit, comme pour du gibier.

Au fond de ta marmite, en fonte uniquement,

Dispose quelques couennes, de porc évidemment,

Sur lesquelles tu places une première tranche.

Couvre avec de l'oignon et de l'ail effilés,

Carottes en rondelles et du persil en branche,

Sel, poivre du moulin, un anchois en filets.

Tu fais ainsi trois couches. Enfin, pour terminer,

Zeste d'orange séché, girofle, laurier, thym,

Puis tu mouilles avec six grands verres de bon vin,

Du Costières de Nîmes, rouge carabiné.

Met ta marmite au four, fermée soigneusement,

Et fais cuire cinq heures, doucement, lentement.

Ce taureau parfumé, tendre, confis, moelleux,

Découvre-le sur table, et accompagne-le

D'une jatte fumante de long riz camarguais.

Dans les verres tu sers un Gallician bien gai.

Mais attention, petit, le riz est un plat riche,

N'en fais pas - c'est courant - de la colle d'affiche.

Pour qu'il ne colle pas, tu dois bien le laver,

C'est donc tout l'amidon qu'il te faut enlever.

Dans une jatte creuse ou un plat similaire,

Tu frottes entre tes mains le riz dans de l'eau claire,

Tu changes et recommences dès que ton eau blanchit,

Après quoi tu égouttes, tu bois et réfléchis:

Il y a plusieurs façons de cuire le riz blanc,

Comme les Espagnols, comme les Catalans,

Comme les Vietnamiens ou comme les Créoles,

Surtout pas comme les Français de métropole!

À Saigon ou Vientiane, à Phnom Pen ou... Paris

C'est deux mesures d'eau par mesure de riz,

Tu couvres quand ça bout et tu réduis la flamme,

Si ça attache au fond, tu n'en fais pas un drame,

Tu ne sales pas l'eau, tu ne remues jamais,

Et tu laisses gonfler en tenant bien fermé.

Mais comme à Fort-de-France ou bien à Pointe-à-Pitre,

Tu fais bouillir ton riz dans de l'eau, plusieurs litres,

Légèrement salée. Quand c'est cuit tu égouttes,

Puis tu réserves au chaud, du beurre tu ajoutes.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- Trois tranches épaisses de taureau à braiser, environ un kilo, - 4 ou cinq couennes de porc, - 1 kilo d'oignons paille émincés, - 2 têtes d'ail éplu­chées et également émincées, - 1 kilo de carottes découpées en rondel­les, - 4 ou 5 branches de persil non frisé, - 3 anchois en filets, - 3 verres d'huile d'olive, - 3 cuillerées à soupe de sel de Camargue, - poivre noir du moulin à la demande, - 6 clous de girofle, - 4 feuilles de laurier, - 3 cuillerées à soupe de sommités sèches de thym ou 3 ou 4 belles bran­ches de thym frais, - 1 zeste d'écorce d'orange séché, - 1 bouteille de bon vin rouge, - 500 grammes de riz long de Camargue.

 

Les vins conseillés:

 

La gardianne est un plat de haut goût qui demande des vins rouges puissants, épicés, tanniques. De grands Costières de Nîmes, comme

les Gallician font parfaitement l'affaire. Mais on l'accompagnera éga­lement avec bonheur d'un Côtes-du-Rhône de Saint-Joseph, d'un Croze­Hermitage, d'un Vacqueyras, d'un Gigondas, d'un Lirac ou d'un des nombreux crus "Villages" des Côtes-du-Rhône.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Mi­nervois, Fitou, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Bellet, Palette, Pierrefeu, Gonfaron.

 

(1) (2) "Goya ", "Sanglier": noms de taureaux cocardiers célèbres. "Goya" a une statue à Beaucaire, "Sanglier" un mausolée à l'entrée de Le Cailar, en Camargue.

 

 Quintidi 25 Vendémiaire 220

 

Illustration originale: Vincent Barbantan

 

15/10/2011

Ouiquinde érotique avc Guy de Maupassant

 

 

amours champêtres.jpg

Je ne l'entendais pas, tant je la regardais.

Par sa robe entr’ouverte, au loin je me perdais,

Devinant les dessous et brûlé d'ardeurs folles;

Elle se débattait, mais je trouvai ses lèvres!

Ce fut un baiser long comme une éternité

Qui tendit nos deux corps dans l'immobilité.

Elle se renversa, râlant sous ma caresse;

Sa poitrine oppressée et dure de tendresse

Haletait fortement avec de longs sanglots.

Sa joue était brûlante et ses yeux demi-clos;

Et nos bouches, et nos sens, nos soupirs se mêlèrent

Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,

Un cri d'amour monta, si terrible et si fort

Que des oiseaux dans l'ombre effarés s'envolèrent.

Ainsi que deux forçats rivés aux mêmes fers

Un lien nous tenait, l'affinité des chairs.

 Guy de Maupassant

 

Quartidi 24 Vendémiaire 220


Illustration X - Droits réservés

11/10/2011

La bandaison…de gauche !

Brassens à table.jpg

 

Je viens de voir Flamby faire le beau au JT, il m'a gonflé, alors je vais un peu modifier !

  

Quand je pense à Hollande

Je (dé)bande, je (dé)bande

Quand je pense à Aubry

Je (dé)bande aussi

Montebourg et son score

Me font bander encore

Mais quand j’pense au Glandu

Là je ne bande plus

La bandaison papa

Ça n’se commande pas

 

C’est ce refrain plutôt gaillard

Que la Gauche fredonne

Pour savoir à qui ell’ se donne…

…Ra dimanche dans l’isoloir

 

Quand je pense à Hollande

Je (dé)bande, je (dé)bande

Quand je pense à Aubry

Je (dé)bande aussi

Montebourg et son score

Me font bander encore

Mais quand j’pense au Glandu

Là je ne bande plus

La bandaison papa

Ça n’se commande pas

 

Ça me file un peu le cafard

Eclairez ma lanterne

Choisir entre ces deux badernes

Ce n’est vraiment pas le panard

 

Quand je pense à Hollande

Je (dé)bande, je (dé)bande

Quand je pense à Aubry

Je (dé)bande aussi

Montebourg et son score

Me font bander encore

Mais quand j’pense au Glandu

Là je ne bande plus

La bandaison papa

Ça n’se commande pas

 

Pourtant malgré ce terne choix

Faudra bien que l’on vote

Ni l’une ni l’autre ne sont mes potes

Mais je respecterai le choix

 

Quand je pense à Hollande

Je (dé)bande, je (dé)bande

Quand je pense à Aubry

Je (dé)bande aussi

Montebourg et son score

Me font bander encore

Mais quand j’pense au Glandu

Là je ne bande plus

La bandaison papa

Ça n’se commande pas

 

La France court à l’asphyxie

L’important dans l’affaire

Faut pas se tromper d’adversaire

C’est de foutre en l’air Sarkozy

 

Quand je pense à Hollande

Je (dé)bande, je (dé)bande

Quand je pense à Aubry

Je (dé)bande aussi

Montebourg et son score

Me font bander encore

Mais quand j’pense au Glandu

Là je ne bande plus

La bandaison papa

Ça n’se commande pas

 

 

Merci affectueux et toujours admiratif à Tonton Georges

 

Nonidi 19 Vendémiaire 220

 

Photo X – Droits réservés

 

 

 

 

 

 

08/10/2011

Ouiquinde érotique avec Edmond Haraucourt

coeur fleur 2.jpg

 

Sonnet pointu


Reviens sur moi ! Je sens ton amour qui se dresse ;
Viens, j'ouvre mon désir au tien, mon jeune amant.
Là... Tiens... Doucement... Va plus doucement...
Je sens, tout au fond, ta chair qui me presse.

Rythme bien ton ardente caresse 
Au gré de mon balancements, 
Ô mon âme... Lentement, 
Prolongeons l'instant d'ivresse. 


Là... Vite ! Plus longtemps ! 
Je fonds ! Attends, 
Oui, je t'adore... 


Va ! va ! va ! 
Encore. 
Ha !

 

 

 

Edmond Haraucourt 

 

 Septidi 17 Vendémiaire 220

 

 

Et au-delà de la gaudriole, n'oubliez pas demain

 

 

LE DEVOIR DE TOUTE FEMME

ET HOMME DE GAUCHE

EST DE VOTER ET FAIRE VOTER

 MONTEBOURG

 

 

 

04/10/2011

Nouveau Larousse (le vonou roussela)

sarko caillera.jpg

 

 

Mon amie Marielle – poète et respectée maire de la Commune Libre de Montmartre – vient de m’envoyer ces quelques perles :

 

La prochaine édition du Larousse intégrera un certain nombre de nouveaux mots issus de la langue d’aujourd’hui. Les voici.

 Balle (C’est de la) : Exprime l’enthousiasme, quelque chose de bien, de beau, de positif. Cette meuf, c’est de la balle (Je ne suis pas insensible aux charmes de cette demoiselle).

 Bouffon : Qui ne s’apparente pas au clan. Nique-lui sa race à ce bouffon ! (Rabats-lui son caquet à cet individu qui ne s’apparente pas à notre milieu !). 

 Carotte : Du verbe carotter (extorquer, voler), mais dans une forme invariable. Il m’a carotté un zedou de teuchi, l’bâtard, tu vas voir comment je vais le niquer grâve (Le scélérat m’a dérobé douze grammes de marijuana, il va s’en mordre les doigts).

 Chelou : Bizarre, inhabituel. Par extension, qui ne s’apparente pas au clan. La prof d’anglais elle a des veuch tout chelous (Ce n’est pas tous les jours que l’on voit une coupe de cheveux aussi inhabituelle et cocasse que celle de la professeur d’anglais, qui par extension ne s’apparente pas à notre milieu).

 Comment : Exprime l’intensité. Comment je lui ai niqué sa race à ce bouffon ! (Je sors indéniablement vainqueur du combat qui m’a opposé à cet individu qui ne s’apparente pas à notre style de vie, ceci dit en toute modestie, s’entend, et avec la sportivité qui s’impose en de pareilles circonstances).

 Foncedé : Se dit d’une personne qui vient de consommer de la marijuana ou une autre drogue. Je suis foncedé (Mon regard est vitreux, je perds mes mots, un mince filet de bave s’écoule sur mon menton et je rigole comme un décérébré, sans aucune raison. J’ai payé assez cher pour me mettre dans cet état. Bref : je viens de consommer du shit.)

 Gun : Arme à feu. Ziva prête moi ton gun, l’aut’batârd  y m’a manqué de respect (Pourrais-tu s’il te plaît me prêter ton arme à feu, afin que je règle son compte à l’importun qui n’a été qu’à moitié urbain à mon égard).

 Kiff (er) : Apprécier. Comment je kiffe trop son cul (Le sien postérieur n’est pas sans éveiller chez moi des pulsions bien naturelles, qui me mettent dans une humeur joviale, pour ne pas oser dire gauloise).

 Mortel : Bien, beau, dont on peut se réjouir (invariable). Elles sont trop mortelles tes Nike (Vos chausses s’entendraient fort bien avec mes pieds, aussi vous demanderai-je de m’en faire l’offrande sans opposer de résistance).

 Mito : Mensonge. Dérivé de mythomane (menteur). On me fait pas des mitos à moi, bouffon ! (Je ne suis pas le genre de crédule à qui vous ferez gober vos sornettes, individu qui n’appartient pas à notre milieu !).

 Race (sa) : Exprime le mécontentement. Sa race ! (Je suis d’humeur maussade). Sa race, c’bouffon ! (Mon anneau pylorique est complètement fermé. C’est le résultat de la proximité de cet individu).

 Sérieux : Indique que le propos est grave, solennel, et qu’il faut donc lui accorder le plus grand crédit. Sérieux, j’kiffe trop son cul à votre fille (Monsieur, j’ai l’honneur de vous demander la main de votre fille).

 Tèj : Jeter, refuser, réfuter, envoyer promener. T’aurais vu comment Jamel il a tèj la prof d’anglais ! (Le facétieux Jamel ne s’est pas laissé démonter face aux réprimandes de la professeur d’anglais !).

 Trop : Exprime l’intensité. En cela, synonyme de comment. Trop et comment peuvent éventuellement cohabiter dans la même phrase, pour exprimer une intensité très élevée. Trop la honte, ce blouson (Ce blouson est ridicule, et dans des proportions considérables). Trop comment je suis foncedé ! (J’ai fumé une quantité déraisonnable de drogue qui fait rire. Je crains que mon acuité intellectuelle en pâtisse pour la paire d’heures à venir).

 Truc-de-ouf : Désigne une chose peu commune, qui dépasse l’entendement. C’est un truc de ouf ! (Mon dieu, mon entendement est tout dépassé !).

 Zyva : Indique que la demande est pressante. Zyva, fais méfu, sale chacal (Ne sois donc pas si avare de ta cigarette purgative, et fais-en profiter ton vieil ami qui trépigne d’impatience)

Tridi 13 Vendémiaire 220

Photo X – Droits réservés

 

02/10/2011

Ouiquinde érotico-gastronomique à Munich

fetes biere trois femmes.jpg

 

 

Ursula

 

Ursula la Germaine avait grand appétit

De mâles vigoureux, qu’ils soient grands ou petits.

Jeannot, Bruno, Gaby goûtèrent à ses charmes

Et, tout gaillards qu’ils fussent, durent rendre les armes.

 

Aux fêtes de la bière, à Munich, en automne,

Les mœurs sont débridés et les femmes teutonnes

Epinglent les amants qui goûtent leurs peaux lisses

Dans une orgie de bruit, de bière et de saucisses.

 

Ursula convoqua deux autres walkyries

Et nos Pieds Nickelés, défendant la patrie,

Montèrent hardiment les fougueuses cavales,

 

Dépensant sans compter leur vaillance de mâles.

Au matin, portant haut leur vanité de coq,

Ils rentrèrent en France… avec des gonocoques !

 

 

Le bœuf au paprika

 

— Eh bien, vois-tu Victor, si tes Pieds Nickelés

Etaient sortis couverts pour mieux batifoler

Au lieu de pérorer comme des coqs minus

Ils auraient évité ces cadeaux de Vénus !

Mais qu’avaient-ils mangé pour être performants

Car les excès de bière n’aident pas les amants !

— A Munich il n’y a pas que choucroute et saucisses,

On trouve des plats hongrois qui sont de vrais délices.

Savoureux entre tous, le bœuf au paprika,

Particulièrement tonique bien que très délicat.

Coupe en portions du bœuf choisi dans la culotte,

Fais-le dorer à l’huile d’olive dans la cocotte,

À feu vif mais en tournant bien tous les morceaux

Pour qu’ils prennent couleurs recto comme verso.

Tu mets trois gousses d’ail, du coriandre en grains,

Deux feuilles de laurier, sel, poivre du moulin,

Trois grandes cuillerées à soupe de paprika.

Arrose bien tout ça d’un verre de muscat,

Rajoute de l’eau chaude, couvre et cuis vingt minutes.

Respire ces parfums s’échappant en volutes,

C’est déjà un plaisir sensuel pour le nez,

Ne sois pas impatient, ce n’est pas terminé.

Prépare six poivrons, trois rouges et trois verts,

Coupe-les en lamelles, mets-les dans ta braisière,

Rajoute trois oignons correctement hachés,

Cuis encor dix minutes, c’est le temps d’éplucher

Quelques pommes de terre, puis coupe-les en dés

Et mets-les dans ton plat, attention, sans tourner.

Tu rajoutes un peu d’eau, puis six belles tomates

Coupées en huit morceaux, saupoudrées d’aromates.

Tu vérifies que soit bien fermé ton faitout

Et finis la cuisson un quart d’heure à feu doux.

Ce plat revigorant, puissant quoique subtil

À de quoi relancer les ardeurs érectiles

D’un régiment entier de cosaques du Don,

De tes Pieds Nickelés, à plus forte raison !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 1 kilo de bœuf dans la culotte, - 3 gousses d'ail, - 12 grains de coriandre, - 2 feuilles de laurier, - 3 cuillères à soupe bombées de paprika, - 3 poivrons rouges, - 3 poivrons verts, - 3 oignons hachés, - 6 pommes de terre, - 6 grosses tomates, - 1 verre de muscat (de Beaumes-de-Venise si possible), - sel, - poivre du moulin.

 

Primidi 11 Vendémiaire 220

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

 

 

01/10/2011

Ouiquinde d'amour avec Paul Verlaine

 

 

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Ouverture



Je veux m'abstraire vers vos cuisses et vos fesses,
Putains, du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies,
Beautés mûres ou non, novices et professes,
Ô ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies !

Vos pieds sont merveilleux, qui ne sont qu'à l'amant,
Ne reviennent qu'avec l'amant, n'ont de répit
Qu'au lit pendant l'amour, puis flattent gentiment
Ceux de l'amant qui las et soufflant se tapit.

Pressés, fleurés, baisés, léchés depuis les plantes
Jusqu'aux orteils sucés les uns après les autres,
Jusqu'aux chevilles, jusqu'aux lacs des veines lentes,
Pieds plus beaux que des pieds de héros et d'apôtres !

J'aime fort votre bouche et ses jeux gracieux,
Ceux de la langue et des lèvres et ceux des dents
Mordillant notre langue et parfois même mieux,
Truc presque aussi gentil que de mettre dedans ;

Et vos seins, double mont d'orgueil et de luxure
Entre quels mon orgueil viril parfois se guinde
Pour s'y gonfler à l'aise et s'y frotter la hure :
Tel un sanglier ès vaux du Parnasse et du Pinde.

Vos bras, j'adore aussi vos bras si beaux, si blancs,
Tendres et durs, dodus, nerveux quand faut et beaux
Et blancs comme vos culs et presque aussi troublants,
Chauds dans l'amour, après frais comme des tombeaux.

Et les mains au bout de ces bras, que je les gobe !
La caresse et la paresse les ont bénies,
Rameneuses du gland transi qui se dérobe,
Branleuses aux sollicitudes infinies !

Mais quoi ? Tout ce n'est rien, Putains, aux pris de vos
Culs et cons dont la vue et le goût et l'odeur
Et le toucher font des élus de vos dévots,
Tabernacles et Saints des Saints de l'impudeur.

C'est pourquoi, mes sœurs, vers vos cuisses et vos fesses
Je veux m'abstraire tout, seules compagnes vraies,
Beautés mûres ou non, novices ou professes,
Et ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies.


Paul Verlaine


Décadi 10 Vendémiaire 220

30/09/2011

Et si on faisait un peu d’anti obscurantisme primaire ?

lapidation taille des pierres.gif

Au hasard d’une pérégrination sur la toile, je suis tombé sur une note concernant Ayub et Mosleh, âgés respectivement de 20 et 21 ans, deux jeunes homosexuels iraniens qui ont été condamnés à mort par lapidation dans une ville kurde iranienne proche de la frontière avec l’Irak. Concernant l’homosexualité, Mahomet a dit : « Lorsque vous trouvez deux hommes accomplissant le péché de Loth, mettez-les à mort, le passif comme l’actif » (al-Tirmidhi, 1456; Abou Daoud , 4462; Ibn Maajah, 2561). Le seul point sur lequel divergent les « savants » musulmans, c’est la façon de tuer les homosexuels. Pour certains, il faut les jeter du haut d’une montagne, pour d’autres, il faut les lapider ou les brûler vifs. Ou encore, chez Amadinejad les pendre. En cas de lapidation, le choix de la taille des pierres est crucial.

Bon. Et dans la Bible qu’est-ce qu’on dit ? C’est pas mal non plus… Le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 (Verset 22) dit: "Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination". D'après l’article 20.13, les deux coupables doivent être punis de mort.  1 à 1, la balle au centre.

 

En cherchant un peu dans la Bible, on trouve quelques perles. Il faudra que je demande conseil au curé du village lorsque je le rencontrerai au bistro, chez Carmen.

 

* Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c'est indiqué dans le livre de l'Exode, chapitre 21, verset 7. À votre avis, quel serait le meilleur prix ?

 

* Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu'ils soient achetés dans des nations voisines. Que me conseillez-vous, des Suisses ou des Espagnols ?

 

* J'ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L'Exode, Chapitre 35, verset 2, dit clairement qu'il doit être condamné à mort. Suis-je obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante d'une quelconque manière ?

 

* Le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu'on ne peut pas s'approcher de l'autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J'ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse car je n’ai pas de mutuelle ?

 

* Un dernier conseil Monsieur le curé. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de cultures différentes dans le même champ, de même que sa femme qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester. De plus, il passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d'aller jusqu'au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ? On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d'une simple réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, tel qu'il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14 ? Je me confie pleinement à votre aide, Monsieur le curé.

 

Nonidi 9 Vendémiaire 220

 

 

 

26/09/2011

Réflexions montagnardes depuis mon hamac !

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Ben en voilà des nouvelles qu’elles sont bonnes ce matin ! Même dans mon pays d’adoption estivale, cette Lozère superbe mais mise sous l’étouffoir de la droite la plus calotine qui soit ! Un vent de renouveau souffle sur la Margeride ! D’abord la première ville, Mende, qui est passé à gauche pour la première fois depuis toujours je crois, puis – divine surprise ! – ce même Bertrand qui coiffe sur le poteau, Jacques Blanc, le satrape local qui règne sur le département depuis des lustres après avoir gouverné le Languedoc-Roussillon ! A l’échelon local, c’est un vrai séisme !

 

Maintenant, au niveau national c’est la mise sous tension du Karcher qui va balayer, nettoyer, éradiquer, pulvériser cette mafia qui pressure, étrangle, exploite, enfonce la France depuis des années. Hardi la gauche ! Cette fois, on va les avoir ! Et à la primaire, votons pour celui dont le programme est vraiment neuf, pour celui qui veut en finir avec cette république des copains et des coquins, cette république décadente, votons pour Montebourg !

 

Autre bonne nouvelle : la mise en garde de l’Agence française du médicament sur son site Internet de Alli, ce médicament à la con (n’est-ce pas l’ami Descamino !) qui fait soit disant maigrir mais risque aussi de pourrir le foie des bons gros qui veulent perdre un peu de ventrêche ! Alli, commercialisé en France depuis mai 2009 par GlaxoSmithKline (tiens, tiens ! le revoilou le labo multinational qui achète les élus ! http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/ces-elus-qui-se-font-subventionner-100828

), est vendu sans ordonnance en pharmacie et, pour cette raison, fait l'objet d'un suivi national de pharmacovigilance depuis sa commercialisation.

 

Mais mauvaises nouvelles aussi : la dernière corrida à Barcelone, victoire des mercantiles avec un faux-nez de défense des animaux et puis…il ne pleut toujours pas, la campagne est désespérément sèche, les prairies crient leur soif et donc il n’y a pas de champignons… Adieu cèpes, girolles, pied-de-mouton…

 

Quintidi 5 Vendémiaire 220

 

Photo X - Droits réservés

 

25/09/2011

Ouiquinde gastronomique: le sac d'os

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Le sac d’os

 

- Dis-moi, sais-tu, petit, ce que c’est qu’un sac d’os ?

- C’est une jeune fille qu’est pour sûr pas très grosse…

- Ce parallèle-là n’est vraiment pas galant,

Pour la gent féminine, c’est bien désobligeant !

Non, petit, un sac d’os, même si c’est étrange,

C’est un plat délicieux, paysan, que l’on mange

Au fond de nos campagnes lorsqu’on tue le cochon

Et non pas les appâts d’une maigre Fanchon.

Coupe en petits morceaux les os des côtelettes

En laissant de la viande, et pas qu’une lichette,

Coupe aussi tout petit un bon kilo de couennes

Met la queue du cochon, un peu de péritoine,

Dans une grande jatte, mélange tes parcelles

Avec de l’ail pilé, thym, laurier, poivre et sel.

Généreux sur le sel pour conserver le met,

Tu laisses reposer pendant que tu soumets

L’estomac du cochon à quelques tours de mains :

Retourner, bien gratter au couteau et laver

Soigneusement le tout dans de l’eau vinaigrée.

Puis tu remets d’aplomb cet estomac-saquette

Dans lequel tu ensaches couennes et côtelettes.

Tu fermes le sac d’os en cousant les entrées,

Saupoudre de gros sel et conserve aux frais.

Après trois quatre jours tu dessales une nuit

Alors, dans beaucoup d’eau, tu vas le faire cuire

Serre-le dans un linge pour ne pas qu’il éclate

Et à tout petit feu il mijote sans hâte

Trois ou quatre heures au moins pour qu’il s’épanouisse.

En bouche alors, petit, c’est un feu d’artifice !

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi l coupe et la bonbonne !

 

 Quartidi 4 Vendémiaire 220

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

24/09/2011

Ouiquinde értotique: Théry

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Longue, fine, éthérée, de grands yeux clairs intenses

Théry est arrivée comme une providence

Lorsque trahi, banni, méprisé, délabré,

J’étais au bord du gouffre et prêt à y sombrer.

 

Avec son cœur, son corps, sa tendresse de femme

Elle a pansé les plaies que des houris infâmes

Avaient creusées à vif de leurs griffes de hyènes

Pour assouvir sur moi leurs appétits de chiennes.

 

Théry m’a ramassé, souriante et jolie

Puis m’a ouvert ses bras, et son cœur, et son lit.

Elle fût à la fois amie, maîtresse et mère,

 

Goûtant sans calculer un bonheur éphémère.

Dans les recoins secrets du jardin de mon cœur,

Théry aura toujours une place d’honneur.

 

JVJ

 

 

Tridi 3 Véndémiaire 220

 

 

Photo X - Droits réservés 

 

23/09/2011

Journée de la GASTRONOMIE !

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Profitons-en pour nous écarter des remugles nauséabonds de la cuisine politicarde qui nous gonfle jusqu’au dégueulis. Voici donc un plat aussi gargantuesque que délicat : le rôti gourmand d’oiseaux.

 

Je te propose un plat bien fait pour les amants,

Bien qu’un rien onéreux : c’est le rôti gourmand.

Prend une olive noire aux câpres et aux anchois,

Mets-là dans un becfigue, c’est un oiseau surchoix,

Mets-le, sans tête et pattes, dedans un ortolan

Bien gras et que tu bardes avec du bon lard blanc,

Mets celui-ci dedans le corps d’une alouette

Que tu as amputé des pattes et de la tête,

Introduis celle-ci dans le corps d’une grive

Que tu auras trempé dans de l’huile d’olive,

Mets-là dans une caille de vigne bien dodue,

Introduis celle-ci dans un vanneau ventru,

Puis glisse celui-ci dans le corps d’un perdreau,

A chaque oiseau tu poivres et sales mais pas trop,

Mets dans une bécasse assez mortifiée

Que tu introduiras, pour la glorifier

Dedans un pintadeau bien bardé de ventrêche

Que tu mets dans le corps d’une poularde fraîche,

Introduis ta poularde dans un canard mulard,

Bride bien celui-ci par des bardes de lard

Avant de le glisser dans une oie de Guinée,

Qu’il te faut introduire, doucement, in fine

Dans une grosse dinde. Pour la remplir à ras,

Tu bourres avec des truffes  ainsi que du foie gras.

Lorsque tous tes oiseaux sont ainsi disposés,

Dans un grand pot de terre tu vas les déposer,

Accompagnés d’oignons, carottes, céleri,

Petits dés de jambons, lard et bouquet garni,

 

Poivre, sel, coriandre, persil, thym et sarriette,

Quatre ou cinq gousses d’ail et piment d’Espelette,

Quelques grains de genièvre et un peu de cumin,

Mouilles avec du vin blanc, mais des Quatre-Chemins.

Tu dois fermer ton pot bien hermétiquement,

La mie de pain mouillée va admirablement.

Met le pot dans un four à chaleur modérée

La cuisson doit se faire toute dans la durée,

Vingt-quatre heures au moins, une journée entière

Afin que la coction soit lente et régulière.

Ce repas précieux apprécié des cours

Au palmarès des goûts est placé hors-concours.

L’intimité des sucs de tant de volatiles

Révèle des saveurs somptueuses, subtiles,

Quintessence des bois, des marais et des plaines

Qui comblent de bonheur les gourmets et les reines.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Duodi 2 Vendémiaire 220

 

18/09/2011

Ouiquinde gastronomique: l'andouille au Côtes-du-Rhône


 

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Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

 

 

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La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes en rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le plat bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

2ème jour des sans-culottides de l'an 219 

 

 Photos X - Droits réservés

17/09/2011

Ouiquinde érotique avec Denis Sanguin de Saint-Pavin

 

 

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Enigme

Je vis un jour dans l'île fortunée
Un petit mont qu'on ne peut trop chérir ;
II a des fleurs tous les mois de l'année,
Et quelquefois est neuf mois sans fleurir :
Vers le penchant un sentier le partage,
Tout rebordé de roses à l'entour ;
Là, dans un temple, au milieu d'un bocage
On va traiter les mystères d'amour.

Le pèlerin peu de temps y demeure,
Pour la santé c'est un lieu dangereux ;
Si par hazard il advient qu'il y meure,
II ressuscite, et refait d'autres vœux.
De ce coteau découle une fontaine ;
On le cultive, il est ensemencé :
En y montant souvent on perd haleine,
On en descend toujours fort harassé.

 

Denis Sanguin de Saint-Pavin

 

 

 1er jour des Sans-culottides de l'an 219 de l'ère de la Liberté

 

 Illustration x - Droits réservés

04/09/2011

Ouiquinde éroticogastronomique: poulet au curry

 

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 Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’a eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salé dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

 

Octidi 18 fructidor 219

 

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In: Le bonheur grâce à la cuisine de l'amour

 

27/08/2011

Ouiquinde érotique avec Appolinaire

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Epithalame

 

Tes mains introduiront mon beau membre asinin

Dans le sacré bordel ouvert entre tes cuisses

Et je veux l’avouer, en dépit d’Avinain,

Que me fait ton amour pourvu que tu jouisses !

 

Ma bouche à tes seins blancs comme des petits suisses

Fera l’honneur abject des suçons sans venin.

De ma mentule mâle en ton corps féminin

Le sperme tombera comme l’or dans les sluices.

 

Ô ma tendre putain ! Tes fesses ont vaincu

De tous les fruits pulpeux le savoureux mystère,

L’humble rotondité sans sexe de la terre,

 

La lune, chaque mois, si vaine de son cul

Et de tes yeux jaillit même quand tu les voiles

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles.

 

Guillaume Apollinaire

 

 

(Les onze mille verges ou les amours d’un hospodar)

 

Décadi 10 fructidor 219

 

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15/08/2011

Euthanasie : meurtre avec préméditation = ASSASSINAT !

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Nicolas-Kevin tourne et retourne dans la main le lettre qu’il vient de recevoir. L’en-tête officiel l’angoisse. Il faut dire que depuis les lois sur l’Optimisation de la vie, votées par le premier gouvernement Marine Le Pen du deuxième quinquennat de Sarkozy, les vieux ne sont pas à la fête…

 

Il y a d’abord eu sous Sarko 1, les lois sur les retraites poussant les anciens à la misère, au travail dégradant, à fouiller dans les poubelles, à subir l’ostracisme et les moqueries des « djeuns ». Puis il y a eu le grand fichier dit « des gens honnêtes » dans lequel tout citoyen est répertorié de la naissance à la mort, avec toutes ses maladies, tares, opérations, traitements. Et, en parallèle, un puissant logiciel permettant de connaitre à l’instant T combien coûte à la collectivité la prise en charge de tel ou tel citoyen ! Il y a eu encore la loi permettant l’internement forcé en milieu psychiatrique de « patients » déviants, sur demande des autorités ou de la famille.

 

Puis il y a eu, sous le premier gouvernement Sarko 2 – Le Pen, la loi sur l’euthanasie. Sous la pression de très nombreux imbéciles heureux, le gouvernement a autorisé la mise à mort des vieux « pour abréger leurs souffrances ». A la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu ! Pourtant, le meurtre prémédité par empoisonnement d’une personne, ça a un nom précis : ASSASSINAT ! Mais c’est pas joli…

 

Enfin a été voté le grand œuvre du gouvernement Le Pen – Sarko 2 : les « lois d’Optimisation de la vie ». Des lois permettant enfin la remise à flot de la Sécu, des économies conséquentes sur les retraites, l’élimination de gens qui ne sont plus « productifs ». Les « marchés » ont, à l’époque du vote de ces lois « modernes », salué comme il se doit cette décision en rendant à la France son « triple A » !

 

Ces lois mêlent avec beaucoup d’opportunité des textes précédents : fichiers déterminant le « coût » de chaque individu, possibilité d’internement d’office pour les récalcitrants – comme au plus beau temps du goulag -, pour s’appuyer ensuite sur les statistiques. Celles-ci déterminent chaque année la durée de vie moyenne des citoyens : cette année-là 78 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes. Ainsi, à la date anniversaire des citoyennes et citoyens atteignant ces limites statistiques, ceux-ci reçoivent de l’administration une lettre officielle leur signifiant qu’à dater de ce jour, leurs dépenses de santé ne sont plus prises en compte par la société. Dès lors, s’ils sont à l’hôpital, le service comptable de l’établissement demande à la famille de payer entièrement les frais et, en cas de refus ou de non solvabilité, donnent aux médecins l’ordre d’euthanasier le « patient ».

 

Pour ceux qui sont en relative bonne santé, comme notre ami Kevin-Nicolas, existe la possibilité de « racheter » une année supplémentaire renouvelable s'il en a les moyens, à condition de déposer auprès de la Caisse des dépôts et consignation un montant très conséquent déterminé par la loi, sous forme de numéraire ou d’hypothèque sur des biens. A défaut, si le vieux entre à l’hôpital pour quelque affection, son sort sera rapidement scellé. Mais, dans sa grande mansuétude, la société ultralibérale lui offre la possibilité de « choisir » lui-même « d’optimiser  sa vie » en libérant le territoire, gracieusement, dans « de très agréables conditions » comme dit la lettre que tient Kevin-Nicolas…

 

Mondo cane…

 

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Octidi 28 thermidor 219

 

13/08/2011

Ouiquinde érotico-quinzoutal

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LE SIGNE DE LA CROIX

Adorez la croix de l'amour
Qui se forme de quatre roses,
Deux en bouton, et deux écloses, 
Trois fleurs de nuit, une de jour.

Voici pour ce Dieu que j'honore
Le symbole qui dit: Je crois!
Quatre baisers donnés en croix
Sur les quatre fleurs qu'il colore : 

Sur les lèvres, dont le carmin 
Fait honte aux roses purpurines,
Où deux beaux rangs de perles fines
Brillent, comme dans un écrin;

Puis, en descendant de la bouche
A gauche, à droite tour à tour,
Sur deux seins dont le pur contour
Frémit du baiser qui les touche;

Et plus bas, sur celle des fleurs
Qui ne reçoit, tendre et craintive,
L’ardent baiser d'une foi vive
Qu’en y répondant par des pleurs.

De ce culte tel est l’emblème,
Quand finit, quand renaît le jour,
Signez-vous de la croix d’amour
Devant la beauté qui vous aime.

Théophile Gautier

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Sextidi 26 thermidor 219