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06/02/2012

Fromages ! Ô désespoir ? Ou espoirs venant d’outre-Atlantique ?

 

fromages


 

Hier, avec moins dix degrés et un mistral à 90 km/h, on n’avait pas trop envie de baguenauder dehors, malgré le soleil ! Je suis donc tombé sur un excellent reportage sur France 5 où il était question de fromages. Quand j’entends ce mot, mes papilles mouillent et ma langue bande ! Le Fromage, avec un grand F ! La création humaine mêlant le plus subtilement nature et culture ! Travail humain et imagination créatrice !

 

Bien. Seulement ce documentaire traitait des fromages…outre-Atlantique ! De quoi réveiller quelques préventions. Le fromage au pays de la malbouffe, qu’est-ce que ça peut bien être… Et je suis tombé sur le cul : les yankees (enfin, une partie des yankees) créent de toute pièce chez eux des terroirs consacrés aux fromages AU LAIT CRU ! Et avec quel amour, avec quel enthousiasme, avec quelle débauche de moyens ! Et rajoutons, avec quel succès auprès des consommateurs ! Un véritable phénomène.

 

Des pionniers sont venus en France étudier de très près les spécificités des terroirs, les méthodes de fabrication des meilleurs crus fromagers français. Espionnage ? Pillage de nos valeurs ? Peut-être. Mais moi j’y vois un grand espoir. Comme pour le vin, nos meilleurs techniciens apprennent aux Etazuniens et aux Québequois les techniques mais aussi l’éthique des fromages AU LAIT CRU, les seuls méritant le noble nom de fromage. Et l’aïoli monte, monte et embaume ! Il existe un véritable engouement des jeunes générations nord-américaines pour la nourriture naturelle, le fromage AU LAIT CRU devenant l’emblème, l’étendard de ce mouvement ! Formidable non ?

 

Pendant ce temps, en France, la malbouffe venue de chez eux étend ses ravages. Eux la rejettent, nous, nous la subissons. Entre autre en laissant les barons de l’industrie laitière saccager les meilleures appellations françaises en imposant – en connivence avec la grande distribution – d’affreux ersatz de fromages fabriqués industriellement avec des laits de provenances douteuses pasteurisés ou thermisés (ce qui revient au même). Rappelons-nous le saccage du Camembert par Lactalis… Sur les rayons de la grande distribution ne subsistent plus que d’affreux plâtres recouverts de farine sans goût, sans vie, uniformes dans leur médiocrité même s’ils sont bien habillés et maquillés comme des putes !

 

Dernier méfait connu (voir dans Marianne de cette semaine l’article de Périco Légasse titré « Lactalis étouffe les bergers basques »), les procédés révoltants d’un consortium de tripoteurs de lait – Lactalis, Bongrain, MLC et Andros - en vue d’étouffer la création de la Coopérative laitière du pays basque (CLPB). Ce groupement d’éleveurs indépendants n’a-t-il pas le culot, que dis-je l’impudence de prétendre  créer une structure pour produire ses propres fromages ! Et AU LAIT CRU en plus ! C’est trop pour le consortium des gougnafiers qui, en rétorsion, laissent le lait de ces producteurs dans leurs cuves pour s’approvisionner en Espagne ou ailleurs. C’est marche avec nous ou crève ! Ces bergers basques produisent le lait de brebis qui sert à élaborer l’excellent  fromage AOC Ossau-Iraty. Lassés de voir le fruit de leur travail confisqué par les industriels et leurs complices de la grande distribution, ils se regroupent donc pour créer leur propre unité de production, cette fameuse CLPB.

 

Consommateurs, ne soyons pas de pauvres cons-sots-mateurs ! N’achetons QUE des fromages au lait cru, QUE des fromages portant les deux seuls gages d’authenticité qui soient : les fromages arborant les sigles AOC (appellation d’origine contrôle) ou AOP (appellation d’origine protégée) qui est l’extension européenne de l’AOC.

 

Le salut viendra-t-il d’Amérique ? Pourquoi pas !

 

Octidi 18 pluviose 220


Photo X - Droits réservés

05/02/2012

Ouiquinde triple A comme Andouille Aux hAricots

andouille haricots.jpg

 

L’andouille au Côte-du-Rhône

 

Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le met bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Septidi 17 pluviose 220

 

Photo X - Droits réservés

31/01/2012

Au bistro de la toile: c’est quoi le « modèle allemand » que veut nous vendre Sarko ?

chimulus bistro copie.jpg

 

- Wie geht es dir, Loulle? EinGlas Rotwein, bitte!

 

- Oh! Herr Victor, vasistas? Qu’est-ce qu’il t’arrive? T’as la casquàboulonite ?

 

- Ben, faut se mettre au goût du jour non ? Not’bon président ne jure plus que par l’Allemagne. Alors faut se reconvertir. Hast du gehört ! Ça va réchauffer des souvenirs...

 

- Il est tout de même vrai  qu’en termes de croissance économique, de chômage, de commerce extérieur et de maîtrise de la dette publique les statistiques allemandes peuvent séduire : une croissance économique de 3 % en 2011 et un taux de chômage de 5,5 % en novembre 2011… Ça laisse rêveur…

 

- Ça, c’est ce que chantent sur l’air des lampions les thuriféraires du modèle ultralibéral initié par le « socialiste » Gerhard Schröder et imposée par Merkel et que reprennent comme des perroquets les sarko-trafiquants. L’Organisation Internationale du Travail remet fort opportunément les pendules à l’heure dans un rapport au vitriol publié le 24 janvier sur la stratégie allemande de massacre des salaires à l’œuvre depuis une décennie. En plombant la croissance européenne, la politique des bas salaires allemands serait, selon l’institution onusienne, la cause structurelle des difficultés actuelles de la zone euro : « Les coûts du travail en Allemagne ont chuté depuis une décennie par rapport aux concurrents, mettant leur croissance sous pression, avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques".

 

- En clair, ça veut dire quoi ?

 

- Ça veut dire que le marché intérieur allemand s’est rétréci au même rythme que les salaires, plombant ainsi les exportations vers l’Allemagne des produits des autres pays de la zone euro. L’Allemagne « d’en-bas »  n’ayant pas de pognon, elle n’achète donc pas de produits français, italien, espagnols, grecs, etc. De plus pour rester compétitifs avec les produits allemands – pour beaucoup fabriqués en Pologne, Tchéquie ou Roumanie puis assemblés en Allemagne pour avoir l’estampille vendeuse « made in Germanie » - les partenaires de l’Allemagne sont contraints à durcir leur austérité salariale. Avec au bout de la route la récession qui se profile sur toute la zone euro ! Et parallèlement une envolée de la dette qui a plus que doublé en France sous Sarkozy.

 

- Pourtant les Allemands nous en foutent plein la vue avec leurs grosses bagnoles…

 

- Illusion Loulle. Illusion ! Ils sont de moins en moins nombreux à pouvoir venir faire les beaux chez nous. Il y a de plus en plus de pauvres et de précaires chez eux où le Smic n’existe pas. Comme le souligne le rapport, ce sont tout particulièrement les catégories de salariés les plus fragiles qui ont supporté le poids de l’ajustement salarial, puisque les créations d’emplois ont porté essentiellement sur des emplois précaires à bas salaires dans le secteur tertiaire. Les "working poors" (travailleurs pauvres) qui alimentent la progression de la pauvreté en Allemagne ne sont donc plus un mythe depuis longtemps Outre-rhin, la politique de flexibilisation du travail du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, engagée en 2003, politique synonyme de précarisation de l’emploi, ayant une lourde responsabilité en la matière selon le rapport. Voilà le modèle que nous vante et veut nous « vendre » Sarko.

 

- Mouais… Alors restons Vranzais ! Tè ! C’est ma tournée.

 

- Prosit !

 

 

Duodi 12 pluviose 220

 

Merci à Chimulus

 

 

29/01/2012

Ouiquinde gastronomique du côté du Bosphore

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Alors que les rodomontades de la Lumière de l'Elysée nous ont fâchés pour de bas calculs électoralistes avec ce peuple naturellement et traditionnellement francophile que sont les Turcs, faisons une petite incursion dans les cuisines du Bosphore, dans les petites échoppes du pont Galata:

 

Les KADINBUDU KOFTE (boules de viandes "cuisses de femme")

 

On sait être coquin du côté du Bosphore

Faire vibrer les sens et jubiler les corps,

Car au pays du grand Nasr Eddin Hodja

- Ce savoureux poète, celui qui érigea

Dans son œuvre subtile un monument d’humour

Où bon sens, paillardise riment avec amour –

On aime conjuguer les plaisirs de la table

Avec ceux du divan, tout aussi agréables.

C’est ainsi que l’on mange, près du pont Galata

Les « cuisses de jolies femmes » : Kadinbudu kofta.

 

Faites cuire à grande eau un grand verre de riz

Et préparez le reste durant le temps qu’il cuit :

Emincez une oignon de taille convenable,

Hachez une livre de bœuf de bonne étable

Malaxez à la main tout en incorporant

Une cuillère à soupe de baies qui, au Levant

Portent le nom de kuş uzumu, à défaut

Mettez des baies de myrtes ; ça c’est une info

Me venant d’une Etoile qui connaît le pays

Pour y avoir vécu, et aimé, et joui !

Ajoutez une cuillère à café de piments

Rouges, des pignons ; salez normalement

Puis une cuillerée de poudre de cannelle

Du persil, de l’aneth pour le goût sensuel,

Vous ajoutez un œuf puis le riz égoutté

Malaxez bien le tout ; avec un doigt, goûtez,

Remontez en épices si c’est indispensable

Enfin confectionnez sur le bord de la table

Des fuseaux allongés comme cuisses de femmes

Objets de nos désirs autant que de nos flammes.

Puis dans deux œufs battus vous passez les boulettes

Un peu de chapelure et les cuisses sont prêtes.

Faites-les frire à l’huile et servez sans maraude :

Les cuisses les meilleures sont toujours les plus chaudes !

Cessons pour aujourd’hui ces contes culinaires,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

1/2kg de viande de bœuf hachée, 1 verre à thé (100 ml) de riz, 1 oignon de taille moyenne, 1 cuillère à soupe de pignons, 1 cuillère à soupe de kuş uzumu (C'est très petit, rond et noir. C’est une petite baie comme la myrte. Les Turcs l’utilisent séchée), 1 cuillère à thé de piment rouge, 1 cuillère à thé de cannelle

1 cuillère à café de sel,1 œuf, un peu d’aneth et un peu de persil. Pour couvrir les boules avant de les frire:

2 œufs battus et de la chapelure.

 

Boissons conseillées :

Bien sûr le thé si on veut se la jouer à l’orientale… mais on n’est pas obligé !

Ce plat parfumé et relevé s’accorde parfaitement avec des vins rosés frais, soyeux et parfumés comme…des cuisses de femmes.

A EVITER ABSOLUMENT : les tristes breuvages dits « rosés Barroso », du nom du détestable  président de la Commission européenne, promoteur – sur la demande du super faux-cul Michel Barnier - des vins « zéros » et non « rosés » confectionnés industriellement par coupage de mauvais vins blancs avec des rouges dégueulasses.

 

 

Décadi 10 pluviose 220

 

Photo X - Droits réservés

 

28/01/2012

Ouiquinde érotique avec Georges Brassens

brassens à table.jpg

 

Les radis

 

Chacun sait qu'autrefois les femm's convaincues d'adultère
Se voyaient enfoncer dans un endroit qu'il me faut taire
Par modestie...
Un énorme radis.

Or quand j'étais tout gosse, un jour de foire en mon village,
J'eus la douleur de voir punir d'une épouse volage
La perfidie,
Au moyen du radis.

La malheureuse fut traînée sur la place publique
Par le cruel cornard armé du radis symbolique,
Ah ! sapristi,
Mes aïeux quel radis !

Vers la pauvre martyre on vit courir les bonn's épouses
Qui, soit dit entre nous, de sa débauche étaient jalouses.
Je n'ai pas dit :
Jalouses du radis.

Si j'étais dans les rangs de cette avide et basse troupe,
C'est qu'à cette époqu'-là j' n'avais encor' pas vu de croupe
Ni de radis,
Ça m'était interdit.

Le cornard attendit que le forum fût noir de monde
Pour se mettre en devoir d'accomplir l'empal'ment immonde,
Lors il brandit
Le colossal radis.

La victime acceptait le châtiment avec noblesse,
Mais il faut convenir qu'elle serrait bien fort les fesses
Qui, du radis,
Allaient être nanties.

Le cornard mit l' radis dans cet endroit qu'il me faut taire,
Où les honnêtes gens ne laissent entrer que des clystères.
On applaudit
Les progrès du radis.

La pampe du légume était seule à présent visible,
La plante était allée jusqu'aux limites du possible,
On attendit
Les effets du radis.

Or, à l'étonnement du cornard et des gross's pécores
L'empalée enchantée criait : "Encore, encore, encore,
Hardi hardi,
Pousse le radis, dis !"

Ell' dit à pleine voix : "J' n'aurais pas cru qu'un tel supplice
Pût en si peu de temps me procurer un tel délice !
Mais les radis
Mènent en paradis !"

Ell' n'avait pas fini de chanter le panégyrique
Du légume en question que toutes les pécor's lubriques
Avaient bondi
Vers les champs de radis.

L'œil fou, l'écume aux dents, ces furies se jetèrent en meute
Dans les champs de radis qui devinrent des champs d'émeute.
Y en aura-t-y
Pour toutes, des radis ?

Ell's firent un désastre et laissèrent loin derrière elles
Les ravages causés par les nuées de sauterelles.
Dans le pays,
Plus l'ombre d'un radis.

Beaucoup de maraîchers constatèrent qu'en certain nombre
Il leur manquait aussi des betterav's et des concombres
Raflés pardi
Comme de vils radis.

Tout le temps que dura cette manie contre nature,
Les innocents radis en vir'nt de vert's et de pas mûres,
Pauvres radis,
Héros de tragédie.

Lassés d'être enfoncés dans cet endroit qu'il me faut taire,
Les plus intelligents de ces légumes méditèrent.
Ils se sont dit :
"Cessons d'être radis !"

Alors les maraîchers semant des radis récoltèrent
Des melons, des choux-fleurs, des artichauts, des pomm's de terre
Et des orties,
Mais pas un seul radis.

A partir de ce jour, la bonne plante potagère
Devint dans le village une des denrées les plus chères
Plus de radis
Pour les gagne-petit.

Certain's pécor's fûtées dir'nt sans façons : "Nous, on s'en fiche
De cette pénurie, on emploie le radis postiche
Qui garantit
Du manque de radis."

La mode du radis réduisant le nombre de mères
Qui donnaient au village une postérité, le maire,
Dans un édit
Prohiba le radis.

Un crieur annonça : "Toute femme prise à se mettre
Dans l'endroit réservé au clystère et au thermomètre
Même posti-
Che un semblant de radis

Sera livrée aux mains d'une maîtresse couturière
Qui, sans aucun délai, lui faufilera le derrière
Pour interdi-
Re l'accès du radis."

Cette loi draconienne eut raison de l'usage louche
D'absorber le radis par d'autres voies que par la bouche,
Et le radis,
Le légume maudit,

Ne fut plus désormais l'instrument de basses manœuvres
Et n'entra plus que dans la composition des hors-d'œuvre
Qui, à midi,
Aiguisent l'appétit.

Paroles: Georges Brassens. Musique: Georges Brassens   1957 © Editions musicales 57

 

 

Ecoutez cette excellente interprétation de Pacachade  :

 

http://www.youtube.com/watch?v=SkpWp1gCgRg

 

Nonidi 9 pluviose 220

 

Photo X - Droits réservés

27/01/2012

Vive la révolution pâtissière !

tarte crême.jpg

 

 

Ce matin je n’ai pas le temps d’élucubrer mais je vous mets une petite perle de la Toile.

Hum !

Savoureux.

On ne s’en lasse pas !

 

http://www.youtube.com/watch?v=LHK7hHh1u8M&feature=player_embedded

 

Octidi 8 pluviose 220

 

Photo et video  X – Droits réservés

 

 

22/01/2012

Ouiquinde gastronomique : Lucie et les pieds de cochon comme chez Lucifer

cochons trois.jpg

 

Hier, pour fêter le jour où la Révolution a tranché entre république et royauté – et par voie de conséquence le col du ci-devant Capet Louis le seizième – j’ai mangé trois pieds de cochons ! Des pieds comme les prépare Lucifer ! En pensant à la douce et ardente Lucie !

 

Je retrouvais Lucie avec grande émotion

Lorsqu’elle s’échappait de sa triste pension.

Nous prenions rendez-vous, souvent, dans une église

Communiant corps et âme dans son ombre propice.

 

Nous nous sommes aimés serrés sur un prie-Dieu

Et, comblé de bonheur, j’ai cru entendre Dieu

Disant à Lucifer : « Laisse-moi ces deux-là,

Un amour aussi beau, c’est un apostolat ! »

 

Depuis ce jour l’encens envoûtant des chapelles

A pour moi la saveur troublante des dentelles.

Dois-je, pour ces pensées, faire mea-culpa ?

 

Quand vers l’un de ces temples se dirigent mes pas

Je pénètre en ces lieux dévolus au Messie,

Mais, pour l’amour de Dieu ou celui de Lucie ?

 

 

Les pieds de cochon comme chez Lucifer

 

— Ben mon cochon, Victor ! Ça alors, faut le faire !

Mais c’est bien innocent pour te valoir l’enfer.

Ces lieux sont dévolus parait-il à l’Amour,

Des dieux ou du prochain, c’est de l’amour toujours.

— D’autant plus que l’enfer, c’est dans le cœur des Hommes

Qu’il se loge et non pas dans les élans de mômes

Qui découvrent la vie et se sucent la poire,

Fusse dans les lieux saints qui cachent le ciboire.

— Tu parles d’or, Victor ! Vive la vie, bon sang,

Et trinquons sans tarder à ces jeux innocents,

Puis je vais te donner une étrange recette

Qui correspond, je crois, à ta belle amourette.

Bon marché, délicieux, très faciles à faire,

C’est les pieds de cochons « comme chez Lucifer ».

Tu prends chez ton boucher quatre pieds de pourceaux

Ou plus selon le nombre de tes commensaux,

Tu vas les faire cuire dans un bon court-bouillon

Parfumé au safran, ail, sel, poivre et oignon.

Cuis à tout petit feu pour deux tours de tocante

Afin de parfumer et d’attendrir la viande.

Pendant ce temps tu ne va pas rester inerte :

Il te faut préparer ta bonne sauce verte.

Tu piles au mortier persil, thym, vert de blette,

Oseille, basilic, estragon et sarriette,

Ail, poivre vert, cannelle et gingembre râpé,

Mouille au vinaigre fort mais garde assez épais.

Réserve et fais confire quelques oignons hachés

Dans de l’huile d’olive, sans laisser attacher,

Mets un peu de moutarde et le jus d’un citron,

Puis pense un peu à toi et débouche un litron.

Bois un canon ou deux et quand tu es à l’aise,

Au barbecue ou l’âtre, prépare de la braise.

Sors les pieds du bouillon, sèche-les, coupe-les

Puis sur ton gril ardent, il te faut les hâler,

Les faire bien dorer sans pourtant qu’ils ne grillent,

Leur odeur va déjà t’exciter les papilles !

Dans un plat de service, mets tes oignons en lit

Dispose par dessus tes pieds fort embellis,

Entoure l’appareil avec ta sauce verte.

Au moment de servir, d’un coup de pince experte

Tu places sur les pieds quelques charbons ardents,

Le gras des pieds grésille et fûmèle en fondant.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour les pieds: - 6 pieds de cochons flambés et lavés, - safran, - sel, - poivre, - 2 oignons piqués de 2 clous de girofle, - eau.

Pour la sauce verte: - 1 bouquet de persil plat, - le vert de 6 feuilles de blette (sans les côtes), - 2 cuillerées à soupe de thym, - 6 feuilles d'oseille (ou plus si les feuilles sont petites), - 3 branches de sarriette (supprimer les parties ligneuses), - 1 bouquet de basilic frais, - 1 bouquet d'estragon frais, - 6 gousses d'ail, - 1 cuillerée à soupe de grains de poivre vert, - 1 cuillerée à soupe bombée de gingembre frais râpé, - cannelle, - 1 verre de bon vinaigre, - huile d'olive, - moutarde, - 2 citrons, - sel, - poivre du moulin.

 

Les vins conseillés:

Les pieds de cochon acceptent des vins éclectiques. Essayez donc de les déguster avec des blancs, avec des Viognier par exemple: Condrieu, Saint-Gervais, Uchaux, en vallée du Rhône.

La Clape, Clairette de Ceyras, Adissan, Saint-André-de-San­gonis en Languedoc. Cassis, Palette, Bellet en Provence.

Appréciez-les avec des vins primeurs ou très jeunes, des vins de soif: Tulette, Travaillan, Chusclan, Roquemaure en vallée du Rhône. Saint Guiraud, Arboras, Castelnau-le-Lez en vins du Languedoc. Barjols, Nans-les-Pins, Carcès, Le Castellet, La Croix-Valmer en vins de Provence.

 

Tridi 3 pluviose 220

 

Illustration X – Droits réservés

 

21/01/2012

Ouiquinde érotique : fêtons la Saint-Cochon

cochonsquiniquent copie.jpg

 

Le bon roi Dagobert

 

1 - Le bon roi Dagobert
Baisait à tort et à travers
Le grand Saint-Eloi
Lui dit oh mon roi
Votre Majesté
Va se fatiguer
"Cochon!" lui dit le roi
"Tu voudrais bien foutre pour moi"
.

2 - Le bon roi Dagobert
Enfilait les femmes à l'envers
Le grand Saint-Eloi
Lui dit oh mon roi
Vous êtes entré
Du mauvais côté
"Crétin" lui dit le roi
"Tu sais bien que l'envers vaut l'endroit"
.

3 - C'est le roi Dagobert

Qui bandait toujours comme un cerf

Le grand Saint-Eloi

Lui dit oh mon roi

On voit votre gland

Ce n'est pas élégant

Le roi dit aussitôt

"Bon je vais y accrocher mon chapeau".

 

4 - Le bon roi Dagobert
Avait toujours la queue à l'air
Le grand Saint-Eloi
Lui dit oh mon roi
Au mois de décembre
Faut rentrer son membre
Le roi lui dit très fier
"Rien ne vaut le vit au grand air"
.

5 - Le bon roi Dagobert
Etait demeuré très primaire
Au grand Saint-Eloi
Qui lui demanda
"Dites-moi au moins
Combien font un et un?"
Il gueula comme un boeuf
"Un et un, ça fait soixante-neuf"
.

6 - Le bon roi Dagobert
Se faisait sucer au dessert
La reine fort choquée
Lui dit c'est assez
Devant tout le palais
C'est vraiment très laid
Le roi lui dit: "Souveraine,
On ne doit pas parler la bouche pleine"
.

 

7 - Le bon roi Dagobert
En mourant fit cette prière
"Mon cher Saint-Eloi
Je voudrais ma foi
Que l'on mît à part
Mon grand braquemart
Il servira d'ailleurs
De sceptre à tous mes successeurs"
.

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=PduhKWFfFOk&feature=player_embedded

 

Duodi 2 pluviose 220

 

Illustration X – Droits réservés

 

18/01/2012

Citoyens cochons de payants, exigeons un débat sur la « dette » !

dette dessin boulet.jpg

 

Cette fameuse dette, dont on nous gonfle à longueur de journée, et que Sarkozy – Lumière de la galaxie – a doublé, que représente-t-elle ? Qui la détient ? Omerta complète sur la question. Alors exigeons la lumière sur ce sujet crucial. Un Collectif national pour un audit de la dette publique, soutenu par des personnalités comme Etienne Balibar, Frédéric Lordon, Susan George ou Ariane Mnouchkine a lancé une pétition pour exiger ce débat.

Objectif du collectif, qui regroupe une vingtaine de syndicats et d'associations: organiser un «débat démocratique au plan local, national et européen» sur la question de la dette des Etats.

 

 

« Écoles, hôpitaux, hébergement d'urgence… Retraites, chômage, culture, environnement... nous vivons tous au quotidien l'austérité budgétaire et le pire est à venir. «Nous vivons au-dessus de nos moyens», telle est la rengaine que l'on nous ressasse dans les grands médias. Maintenant «il faut rembourser la dette», nous répète-t-on matin et soir. «On n’a pas le choix, il faut rassurer les marchés financiers, sauver la bonne réputation, le triple A de la France».


Nous refusons ces discours culpabilisateurs. Nous ne voulons pas assister en spectateurs à la remise en cause de tout ce qui rendait encore vivables nos sociétés, en France et en Europe. Avons-nous trop dépensé pour l’école et la santé, ou bien les cadeaux fiscaux et sociaux depuis vingt ans ont-ils asséché les budgets? Cette dette a-t-elle été tout entière contractée dans l'intérêt général, ou bien peut-elle être considérée en partie comme illégitime? Qui détient ses titres et profite de l'austérité? Pourquoi les États sont-il obligés de s'endetter auprès des marchés financiers et des banques, alors que celles-ci peuvent emprunter directement et pour moins cher à la Banque centrale européenne?


Nous refusons que ces questions soient évacuées ou traitées dans notre dos par les experts officiels sous influence des lobbies économiques et financiers. Nous voulons y répondre nous-mêmes dans le cadre d'un vaste débat démocratique qui décidera de notre avenir commun.

En fin de compte, ne sommes-nous plus que des jouets entre les mains des actionnaires, des spéculateurs et des créanciers, ou bien encore des citoyens, capables de délibérer ensemble de notre avenir?

Nous nous mobilisons dans nos villes, nos quartiers, nos villages, nos lieux de travail, en lançant un vaste audit citoyen de la dette publique. Nous créons au plan national et local des collectifs pour un audit citoyen, avec nos syndicats et associations, avec des experts indépendants, avec nos collègues, nos voisins et concitoyens. Nous allons prendre en main nos affaires, pour que revive la démocratie. »
 
Signer l'appel:  http://www.audit-citoyen.org/

 

Nonidi 29 nivose 220

 

Merci à MichaelSki

14/01/2012

Ouiquinde érotique avec Jean de La Fontaine

Lion amoureux de Briton Rivière.jpg

 

Le Lion amoureux


Sévigné, de qui les attraits
Servent aux Grâces de modèle,
Et qui naquîtes toute belle,
A votre indifférence près,
Pourriez-vous être favorable
Aux jeux innocents d'une fable,
Et voir, sans vous épouvanter,
Un lion qu'Amour sut dompter ?
Amour est un étrange maître.
Heureux qui peut ne le connaître
Que par récit, lui ni ses coups !
Quand on en parle devant vous,
Si la vérité vous offense,
La fable au moins se peut souffrir
Celle-ci prend bien l'assurance
De venir à vos pieds s'offrir,
Par zèle et par reconnaissance
Du temps que les bêtes parlaient,
Les lions, entre autres, voulaient
Etre admis dans notre alliance.
Pourquoi non ? Puisque leur engeance

Valait la nôtre en ce temps-là,
Ayant courage, intelligence,
Et belle hure outre cela.
Voici comment il en alla.
Un lion de haut parentage
En passant par un certain pré,
Rencontra bergère à son gré
Il la demande en mariage.
Le père aurait fort souhaité
Quelque gendre un peu moins terrible.
La donner lui semblait bien dur ;
La refuser n'était pas sûr ;
Même un refus eût fait possible,
Qu'on eût vu quelque beau matin
Un mariage clandestin ;
Car outre qu'en toute matière
La belle était pour les gens fiers,
Fille se coiffe volontiers
D'amoureux à longue crinière.
Le père donc, ouvertement
N'osant renvoyer notre amant,
Lui dit " Ma fille est délicate ;
Vos griffes la pourront blesser
Quand vous voudrez la caresser.
Permettez donc qu'à chaque patte
On vous les rogne, et pour les dents,
Qu'on vous les lime en même temps.
Vos baisers en seront moins rudes,
Et pour vous plus délicieux ;
Car ma fille y répondra mieux,
Etant sans ces inquiétudes."
Le lion consent à cela,
Tant son âme était aveuglée !
Sans dents ni griffes le voilà,
Comme place démantelée.
On lâcha sur lui quelques chiens
Il fit fort peu de résistance.
Amour, amour, quand tu nous tiens,
On peut bien dire " Adieu prudence !"

 

 

Quintidi 25 nivose 220

 

Illustration X – Droits réservés

 

12/01/2012

C'est le temps des soldes

 

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On solde tout: le pouvoir d'achat, les emplois, les libertés, la dignité, la liberté d'expression, les insultes de campagne. Approchez! Approchez! Il y en a pour tout le monde!

 Tridi 23 nivose 220

Merci à Chimulus

08/01/2012

Ouiquinde gastronomique: le civet de renard

 

 

civet renard.jpg


Le civet de renard de l'Oncle Pinet

J'ai déjà vu, petit, Maître Renard en chasse.
Il marche à pas feutrés, nez au vent, la queue basse.
Soudain Goupil se fige, tous les sens en alerte,
Laissant venir la poule, caquetant, vers sa perte.
Panache déployé, il bondit gueule ouverte,
Saisissant par le cou la belle proie offerte.
Pas de bruit, seulement une gerbe de plumes
Laissera, de la poule, une trace posthume.
Respectons le renard, c'est une noble bête
Et que l'on peut aimer. " jusque dans son assiette!
Bien sûr Renard n'est pas un gibier très courant
Mais ce rusé gourmet régale les gourmands!
C'est mon oncle Pinet, je dois m'en réjouir,
Qui, voilà des années, me l'a fait découvrir.
L'oncle Pin et était un gaillard remarquable,
Un savant, un chercheur des choses de la table.
Casquetté, clope au bec, l'oncle avait belle allure.
Cet humoriste heureux détestait la torture,
Or, "travail" provenant du latin "trepaliare",
Supplice du tri pal, soit dit pour les ignares,
Il avait décidé de n'y jamais toucher.
Je l'ai vu plus souvent bambocher que piocher!
Nous partagions, joyeux, des bouteilles multiples,
Et il a fait de moi, en ce sens, son disciple.
Dédaignant les lazzis des idiots qui ricanent,
Il a fait préparer à la tante Suzanne
Corneilles et corbeaux, écureuils, hérissons,
Pies, geais, blaireaux, mouettes, cigalons, limaçons.
Et la tante mettait son imagination
Culinaire au service de ces préparations.
Chasseurs et gardes-chasse, paysans, braconniers
Venaient vider chez lui leur rebut de carnier,
Et beaucoup, toujours prêts si l'on rit, boit et mange,
Acceptaient de goûter ses cuisines étranges.
À l'ombre de la treille, devant le cabanon,
On mangeait, on chantait, en buvant des canons.
- Il est des personnages avec qui l'on se marre,
- Mais ce renard, Victor, comment tu le prépares?
- L'oncle, sans se salir, dirigeait les travaux.
Ses amis s'escrimaient à enlever la peau
En se faisant larder par les milliers de puces,
De joyeux animaux qui sautent, piquent, sucent.
Puis, les mains dans le sang, ils libéraient les tripes
Chaudes et irisées qui salissaient leurs nippes.
On pendait le renard, écorché, nettoyé,
Dans un lieu frais et sec pour le mortifier
Pendant quatre ou cinq jours en fonction des saisons.
On fait toujours ainsi avec la venaison.
On le coupe en morceaux, on le fait mariner
Trois jours dans du vin rouge puissant, carabiné,
Avec sel, poivre noir, genièvre, oignon et thym.
Alors tante Suzanne prenait les choses en mains!
Égouttés, essuyés, les morceaux de renard
Sont flambés au vieux marc puis, sans aucun retard,
Fait sautés à feu vif dans du saindoux fondu,
On remue et on tourne souvent, bien entendu
Pour bien dorer la viande sur toutes ses faces,
On déglace la poêle au Noilly, une tasse,
Puis on laisse réduire sans attacher au fond.
On blondit des oignons dans un faitout profond
Puis on jette dessus les morceaux de renard,
On flambe à l'eau-de-vie, un verre de soiffard,
Sel, poivre de haut goût, bouquet garni, genièvre,
Enfin, tout ce qu'on met pour faire cuire un lièvre.
On mouille abondamment, pas dans la marinade,
Dans un rouge corsé mis en larges rasades.
On fait cuire quatre heures, à feu doux ou moyen,
Tout dépend si Goupil est jeunôt ou ancien!
Ainsi accommodé, c'est un plat délicieux,
Ceux qui le goûteront feront des envieux.
Une bonne polenta en accompagnement,
Et du vin généreux, beaucoup, évidemment.
Avec des commensaux triés sur le volet,
De solides mangeurs, jamais des gringalets,
L'Oncle Pinet régnait avec cette recette
Sur un aréopage d'amoureux de la Fête.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 


Ingrédients et proportions pour six à huit personnes (ayant bon appétit)

Il va de soi que l'Oncle Pinet ne faisait pas le bec fin sur la taille du renard que lui apportaient ses rabatteurs. Faites comme lui!
Il faut donc:
- Pour la marinade: - un renard mis à mortifier si possible en chambre froide quatre ou cinq jours puis coupé en morceaux, - 5 litres de vin rouge 13 ou 14°, - 5 poignées de gros sel, - 2 cuillerées à soupe de poivre noir concassé, - 20 baies de genièvre, - 5 oignons en quartiers piqués de clous de girofle, - 2 belles touffes de thym.
- Pour le civet: 2 verres d'eau-de-vie pour flamber, - 250 g de sain-doux, - 1 verre de Noilly-Prat, - 5 autres oignons émincés, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance, - 1 gros bouquet garni, - 20 nouvelles baies de genièvre, - 3 bouteilles de bon vin rouge AO.C. 14,5°C, - 2 verres d'huile d'olive, - 2 kilos de farine de polenta pour l'accompagnement.

Les vins conseillés:

Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fragrances ani-males et en goûts musqués. Il y a donc deux écoles pour le choix des vins: - soit on reste dans la tonalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques. En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villa-ges" ; en vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure; en vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols; - soit on joue l'opposition et l'on prend des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire". En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-Ies-Vi-gnes, Côtes du Ventoux, Coteaux du Luberon, Coteaux du Tricastin, Cos-tières-de-Nîmes ; en vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-saint-Loup, Saint-Christol, Saint-Drézery ; en vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

 

Nonidi 19 Nivose 220

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

07/01/2012

Ouiquinde érotique. Sacré Jules Verne! Il aimait voyager dans la lune...

 


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Lamentation d’un poil de cul de femme

Il est dur lorsque sur la terre
Dans le bonheur on a vécu
De mourir triste et solitaire
Sur les ruines d’un vieux cul.
Jadis dans un forêt vierge,
Je fus planté, sur le versant
Qu’un pur filet d’urine asperge,
Et parfois un filet de sang.

Alors dans ce taillis sauvage,
Les poils poussaient par mes sillons,
Et sous leur virginal ombrage,
Paissaient de jolis morpions.
Destin fatal un doigt nubile
Un soir par là vint s’égarer,
Et de sa phalange mobile
Frotter, racler et labourer.

Bientôt au doigt le vit succède,
Et, dans ses appétits ardents,
Appelant la langue à son aide ;
Il nous déchire à belle dents.
J’ai vu s’en aller nos dépouilles
Sur le fleuve des passions,
Qui prend sa source - dans les couilles,
Et va se perdre dans les cons.

Hélas ! l’épine est sous la rose,
Et la pine sous le plaisir
Bientôt au bord des exostoses,
Des chancres vinrent à fleurir.
Les coqs de leur crête inhumaine
Se parent dans tous les chemins :
Dans le département de l’Aine
Gambadent les jeunes poulains.

Mais, quand le passé fut propice,
Pourquoi songer à l’avenir ?
Et qu’importe la chaudepisse
Quand il reste le souvenir ?
N’ai-je pas vu tous les prépuces,
Avoir chez nous un libre accès,
Alors même qu’ils étaient russes,
Surtout quand ils étaient français.


J’ai couvert de mon ombre amie
La grenette de l’écolier,
Le membre de l’Académie,
Et le vit du carabinier.
J’ai vu le vieillard phosphorique,
Dans un effort trop passager,
Charger avec son dard étique,
Sans parvenir à décharger.

J’ai vu – mais la motte déserte
N’a plus de flux ni de reflux,
Et la matrice trop ouverte,
Attend vainement le phallus.
J’ai perdu, depuis une année,
Mes compagnons déjà trop vieux,
Et mes beaux poils du périnée
Sont engloutis dans divers lieux.

Aux lèvres des jeunes pucelles,
Croissez en paix, poils ingénus.
Adieu, mes cousins des aisselles,
Adieu, mes frères de l’anus !
J’espérais à l’heure dernière,
Me noyer dans l’eau des bidets,
Mais j’habite sur un derrière
Qu’hélas on ne lave jamais.

- Il eut parlé longtemps encore,
Lorsqu’un vent vif précipité,
Broyant, mais non pas inodore,
Le lança dans l’éternité.
Ainsi tout retourne dans la tombe,
Tout ce qui vit, tout ce qui fut,
Ainsi tout changent ainsi tout tombe,
Illusions…et poils de cul.

JULES VERNE (1855)


Jules Verne par Nadar.jpg
 
 
Octidi 18 Nivose 220
 
Photos X - Droits réservés


 

06/01/2012

Jeanne-d’Arc: "je ne suis pucelle que vous croyez"!

jeanne d'arc dessin.jpg

 

Tè ! Voilà tous les « sauveurs de la France » qui se tapent le pèlerinage à Dom Rémy, chez la pucelle. Pucelle la Jeanneton ? Mouais… Paysanne la Jeannette ? Boff… D’autres disent qu’elle serait le résultat de quelque somptueux lonchage entre la belle Isabeau de Bavière – une fière gaillarde ! – et Louis d’Orléans, le frangin play-boy de l’époux légitime de la luronne, Charles VI, un tracassé du melon. Mais à cette époque, les coups d’Opinel volaient bas et voilà que le beau Louis-bite-en-bronze se prend six pouces de fer dans le gras du bide de la part d’un certain Jean-sans-peur, par ailleurs duc de Bourgogne. Au fait, le pauvre Loulou-braque-d’or appartenait, comme son frangin qu’il cocufiait allègrement, au clan des Armagnacs. Ah ! Rappelez-vous un peu votre Histoire de France : les Armagnacs et les Bourguignons ! Eh ! La somptueuse liqueur de chez Montesquiou ou de chez Dauzet contre les sublimes Aloxe-Corton ou les grands Pommard ! Bref, ces deux tribus se haïssaient cordialement et fricottaient façon Ganelon ou Besson avec les Rosbifs qui gonflaient les aliboffis à tout le pays.

 

Revenons à nos moutons. La belle Isabeau - qui avait les grelots que le méchant surineur, ne s’en prenne à la petite Jeanne – confie celle-ci à une de ses dames de compagnie qui planque la pitchounette chez ses vieux, quelque part en Lorraine, ou le vieux, un certain Jacques d’Arc avait quelques biens près de Dom Rémy. Là, la petite s’élève entre les moutons, les bondieuseries et probablement le « jouer-au-docteur » avec les petits bergers chauds du tisonnier à moustache. Jusqu’au jour où…

 

Jusqu’au jour où, après son petit quatre-heures arrosé au Clos-Vougeot, voilà le grand Saint-Michel « himself » qui lui parle dans les portugaises et lui dit texto : « Eh ! Oh ! Jeanneton ! Laisse un peu tomber tes bédigues, ta quenouille et tes bergers vicelards et va flanquer les Rosbifs à la porte du royaume de France, fille aînée de l’église ! » La France à l’époque était cabossée, partagée, déchirée entre les Armagnacs résistants aux Rosbifs et les Bourguignons plutôt collabos. La jeannette prend les choses aux sérieux. Tata Yolande lui apprend les bonnes manières tandis que l’écuyer en chef Jeannot de Novelempont lui apprend à écarter les cuisses au dessus d’un canasson de guerre ! Bref, la voilà qui devient une rugueuse.

 

Voilà donc que le 12 octobre 1428, les « pudding-eater » assiègent Orléans. La baston qui se prépare est terrible car Charlot le Septième – une troisième série, B – sait que s’il prend la pâtée, c’en est fini de son royaume… La France deviendra la Rosbifie… Faut pas déconner, on n’a pas envie de bouffer du cheddar et du gigot bouilli à la menthe ! Voilà que Saint-Michel bat le ban et l’arrière-ban des saints et saintes et que tous disent à Jeannette-fesses-tannées de lever une armée et de se rendre dare-Dard délivrer Charles VII à Orléans. En passant à Chinon, elle boit quelques canons en pensant à Rabelais et…reçoit d’un envoyé de tata Yolande, reine de son état, un coffret contenant des lettres attestant que la Jeanne dite d’Arc était en fait la fille (le fils ?!) d’Isabeau et du grand Louis, donc la frangine (frangin?!) au Charlot ! Plein d’embrouilles, de vérification du berlingot puis enfin Charlot, le 15 avril 1429, remet à la pucelle le commandement en chef de l’armée ! L’armée ? En fait la Jeanne embauche et galvanise tous les traine-sabre, coupe-jarret, malfrats, voleurs, violeurs, détrousseurs et assassins qui trainent autour d’Orléans assiégée. Il y a même une certain Gille de Rais (un gaillard qui, soi dit en passant, se trimballait une réputation à faire pâlir DSK !).

 

Et c’est la baston. Pendant dix jours. Et les Rosbifs prennent bel et bien la pâtée, pire qu’en Nouvelle-Zélande en demi-finale ! Les Bourguignons en sont réduits à picoler du kiravi et Jeanne fait sacrer Charles VII à Reims au mois de juillet…

 

Bon. Il s’en passera d’autres et la pauvre Jeanne finira comme une merguez au barbecue de l’évêque Cauchon. Enfin, elle ou…une pauvre fille qu’on aurait cloquée à sa place !

 

Allez ! A la nôtre !

 

Septidi 17 Nivose 220

Illustration X - Droits réservés

02/01/2012

Racistes les Français ? Ça va pas la tête !

 

tropicalboy préférés des français.jpg

 

 

Effectivement, ils ont bonne mine les pisse-froids qui traitent les Français de racistes. Il suffit de voir la liste des personnalités préférées : un métis, un maghrébin et un noir. Sauf pour certains tracassés des boyaux de la tête, c’est sans commentaire ! Ollé !

 

Tridi 13 Nivose 220

 

Merci à Tropicalboy

 

29/12/2011

Le corbeau et le lapin

 

lapin corbeau.jpg 

 

Un corbeau sur un arbre perché

Ne foutait rien de la journée.

Un lapin voyant le corbeau

L'interpella aussitôt :

« Moi aussi, comme toi, puis-je m'asseoir

Et ne rien foutre du matin jusqu'au soir ? »

Le corbeau lui répondit de sa branche :

« Bien sur, ami à la queue blanche,

Dans l'herbe tu peux te coucher

Et ainsi de la vie profiter ! »

Blanc lapin s'assit alors par terre

Et sous l'arbre resta à ne rien faire…

Tant et si bien qu'un renard affamé,

Voyant ainsi le lapin somnoler,

S'approcha du rongeur en silence…

Et d'une bouchée en fit sa pitance.

 

Moralité :

Pour rester assis à ne rien branler…

Il vaut mieux être très haut placé... !

 

Nonidi 9 Nivose 220

 

Illustration X - Droits réservés

28/12/2011

Au bistro de la toile : Fainéants de tous les pays, unissez-vous !

 

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- « Françaises, Français, je vous propose de rejoindre dès mon élection cette élite triomphante que sont les Fainéantes et les Fainéants. Pour vous permettre d’intégrer enfin cette cohorte du savoir-bien-vivre - un fainéant est plus efficace que tout autre car il travaille vite pour avoir plus vite fini, et bien pour ne pas avoir à y revenir -  je m’engage à ce que mon gouvernement verse à chaque Française, à chaque Français, de sa naissance à sa mort, une allocation de 1000 euros chaque mois ! »

 

 

- Oh ! Victor, si tu proposes ça, t’es sûr d’être élu ! Et haut-la-main ! Mais tu crois pas que t’envoie le bouchon un peu loin ?

 

- Pas du tout. Il est temps de se débarrasser de cette culture influencée par le religieux et le politique, cette horreur imposé par les parasites des clergés et des puissants : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » et « travailler plus pour gagner plus ». Une telle allocation, permettait à chacun de vivre sans la contrainte du travail forcé, exploité mais avec la perspective du travail choisi, rémunérateur, épanouissant. Le prix total de cette mesure : 1000 euros par personne et par mois, soit 12 fois 1000 multiplié par 65 millions égale 780 milliards d’euros ! Soit grosso-modo l’équivalent de toutes les allocations chômage, familiales, logements, bourse, retraite, etc. sans oublier toutes les subventions, exemptions de charges et autres fatras de niches fiscales, sans oublier non plus les économies en matière de gestion fiscale ou de sécurité. En somme, distribuer à chaque Français un revenu garanti pendant toute la vie ne coûterait pas beaucoup plus au budget de l’État-providence que le système actuel qui a réussi l’exploit de dépenser autant pour faire de la France le pays où le sentiment d’insécurité est le plus élevé. Bien loin d’être une méthode grossière et utopique de lutte contre la pauvreté, l’allocation universelle, dont le coût de distribution est négligeable au regard des dispositifs actuels, apparaît donc comme un moyen d’atteindre toutes les personnes pauvres à moindre coût. Ne serait-ce pas un énorme progrès qu’une société dont l’activité serait basée sur la passion et le volontariat plutôt que sur la contrainte ?

 

- …taing ! Victor, ça fait rêver ton système. Mais enfin, il y a des activités qui ne sont pas très bandante et qu’il faut pourtant faire : ramasser les poubelles, laver le cul des vieux, etc. Qui les fera ?

 

- N’oublie pas que ce système va complètement changer les rapports de force entre patronat et salariat. Actuellement, ces boulots peu valorisant sont, en plus, mal payés, mais les volontaires, dans mon système, serait rares, donc recherchés, donc bien payés ! Ce système n’est pas neuf : il traine dans les cartons des « zéconomistes » depuis une vingtaine d’années. Il a même été proposé – sous une forme édulcoré - par…des candidats de droite : Villepin et Boutin ! Moi, j’attends que Hollande s’en saisisse. Il a dit qu’il voulait apporter du rêve aux français : il est là son levier pour nous faire enfin rêver et croire en l’avenir. Tiens, je vais te faire lire le travail sur la question d’un « néconomiste » distingué, Jacques Marseille, récemment décédé, qui n’était pas toujours ma tasse de thé ni mon ballon de rouge, mais qui a sérieusement creusé la question :

 

  Octidi 8 Nivose 220

 

Merci à Chimulus

 

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26/12/2011

Retrouvez la paix intérieure. Hipps !

 

bison bourré.jpg

  

En cette époque de retour vers la spiritualité, j’ai entendu, outre le pape parlant urbi et orbi, un représentant du Dalaï-lama qui affirmait que, pour obtenir la paix intérieure, nous devions toujours finir ce que nous avions commencé et qu'à cette condition, nous bénéficierions de davantage de calme et de paix intérieure dans nos existences. Eh bien pour moi, ça a marché !

J'ai regardé autour de moi, j'ai fait le tour de la maison pour trouver les choses que j'avais commencées sans les terminer...
 

Et j'ai fini une bouteille de rosé de Provence, une bouteille de bordeaux, une bouteille de côte du Roussivon, une vouteile de bodka, un buteil de poââre, le rest dwiski, et 1 bpoit de choccccla.
Tou nimaggine pa com jem sens achemen mieu mintnan.

Psassez dnoc el mssage a tou ceux con bsoin de paixintrieur et dite leurrke jeu lé zèm ekke chleur souhait de choyeuz faithe.

 

Hipps !

 

Sextidi 6 Nivose 220

 

Merci à Hara-Kiri

 

 

25/12/2011

Ouiquinde érotico-calendal: Dernier cadeau du Père Noël…

 

 

Mère Noël sexy.jpg

 

 

Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Pas mal la tante ! Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.

 

Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huitres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Emilion et Chateauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…

 

Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !

 

Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme, devant la glace, se fait éclater deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.

 

Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…

 

Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».

 

Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se débarrasser. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se libère d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure sombre, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.

 

Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs.

 

 Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël.  Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons tous ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.

 

N'en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d'anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous bois, de truffes et de violettes.

 

Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure  de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête!

La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.

Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparait comme elle est venue.

 

Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêves de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bain.

 

Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille…à tante Jennifer !

 

 

Quintidi 5 Nivose 220

 

Photo X - Droits réservés

24/12/2011

Hommage d’un mécréant à son père : Magie de Noio Hel.

 

nougat noir.jpg 

 

Le dur mistral d’hiver ronfle et mugit dans les larges poitrines des grands platanes de la place Jean-Jaurès. Marcel, le pâtissier de Villeneuve, regarde sa femme et ses quatre chers petits, main dans la main, partir dans le froid, emmitouflés dans de grands manteaux, la tête couverte de châles de laine. Ils ne vont pas très loin : seulement chez “ Marraine ” où se tient traditionnellement la veillée calendale de la famille. Marraine, c’est l’aïeule, la maîtresse respectée de la ferme dont les bâtiments s’étagent au pied des  redoutables murailles du fort Saint-André.

 

Marcel, cette fois encore, ne sera pas de la fête : il est pâtissier et son métier l’oblige à travailler pour préparer le plaisir des autres… Un court moment de tendre mélancolie, puis il redescend vite au laboratoire. Les bûches sont roulées, les chocolats sont coulés, mais il reste un travail difficile à réussir : le nougat noir…

 

Dans le grand “ cul-de-poule ” de cuivre, Marcel a mis à cuire le miel et les amandes. C’est très délicat le nougat noir. Trop de cuisson : le nougat sera cassant, avec un goût de brûlé. Pas assez : il sera collant aux doigts. Il faut tourner doucement, cuire à feu doux et s’arrêter à la minute près. Pour connaître ce seuil, Marcel n’hésite pas à sucer son doigt puis à le tremper rapidement dans le sucre en fusion. Le nougat noir est tout un art. C’est une question de coup d’œil, d’odeur, d’intuition, de compétence.

 

A la ferme, chez Marraine, les femmes ont disposé, sur les trois nappes blanches, les services de fêtes, les verres du dimanche. Dans l’âtre qui flamboie, l’aïeule et le “ caga-nis ” — chez nous, on nomme ainsi le plus jeune des enfants — apportent une bûche d’arbre fruitier bien sec.

 

D’un verre de vin cuit versé avec respect, Marraine — en l’absence de son mari, tombé sous les balles de la grande guerre — bénit la bûche puis, d’un ton solennel prononce à belle voix la formule rituelle des Provençaux :

 

“ Alègre ! Alègre !

Mi bèus enfant, Dièu nous alègre !

Emé Calèndo tout bèn vèn…

Dièu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,

E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens ! ”

 

La famille s’installe alors à table, réservant une place, pas très loin de la porte, pour le pauvre transi que le sort accable. Cette nuit, s’il vient, il aura l’amour, le couvert et le gîte.

 

Et les femmes, dès lors, servent le Gros Souper : les petits escargots à la “ suçarelle ” que l’on aspire d’un coup, les cardons à l’anchois, la raïto de merlusso, le muge aux olives, le gratin de brandade, et, pour laver la bouche l’àpi à la pebrado.

 

On arrose ces mets aux grands vins de la Coste-du-Rhône.

 

Enfin voici venu le moment où l’on sert, avec cérémonie, les treize desserts : les amandes, les noix et les noisettes, les figues sèches, les dattes, les mandarines, les oranges, les pommes, les poires, les raisins que l’on garde depuis septembre suspendus par leur branche dans le grenier, puis voici le nougat blanc, voici enfin le nougat noir…

 

Le nougat noir ! Marcel, seul dans son laboratoire se bat avec son nougat noir… Il a laissé son esprit vagabonder quelques minutes vers sa chère famille réunie pas très loin. Cette minute de spleen a été fatale : le nougat est trop cuit !

 

Marcel sent en lui la morsure sournoise du désespoir. Sa cuisson est fichue ! Il ne pourra pas honorer les commandes de ses clients. C’est le déshonneur…

 

Il y a pourtant encore une solution : prendre sa bicyclette, atteler la remorque — nous sommes au sortir de la guerre — traverser dans le froid le pont suspendu, aller à Avignon chez Perrier, son maître es pâtisserie et lui demander — toute honte bue — de lui fournir un peu de ce fameux nougat noir !

 

C’est Noël, les clients de Marcel lui font confiance, il doit les satisfaire quitte à s’asseoir sur son orgueil. Il accepte donc l’humiliation.

 

Soudain, la lumière s’éteint dans le laboratoire. Une étrange lueur diaphane scintille, semblant irradier les formes de bois dans lesquelles Marcel devait couler son nougat noir. Un étrange parfum, délicat, suave, remplace la désagréable odeur de la cuisson brûlée. Les oreilles de Marcel résonnent d’une musique inconnue, envoûtante, céleste. L’étrange lueur s’estompe et revient la lumière. Dans les formes, Marcel, incrédule, découvre des plaques du nougat le plus fin, le plus délicat, le plus succulent qui se puisse rêver. Un nougat divin !

 

Marcel — tout mécréant qu’il soit, souvent en délicatesse avec les choses de la religion, n’hésitant pas, lors de tonitruantes colères à qualifier le bon dieu d’épithètes forts sonnantes, assurant qu’il lui facilite le transit intestinal et émettant avec véhémence des doutes sur la vertu de la Vierge — Marcel se laisse tomber à genoux. Les mains jointes, il goûte un morceau de ce nougat venu d’ailleurs…

 

Chez Marraine, on apporte enfin la pompe à l’huile, symbole de l’espoir ! On mange, on boit, on chante, on est tout à sa joie. Puis sonne minuit. On se lève de table, on s’emmitoufle dans les manteaux, les pèlerines, les châles et les fichus. On lutte contre le vent glacial sous le goulet étroit et venté qui relie la ferme au village et on va tous à la messe…

 

Marcel, lui aussi, a entendu les douze coups sonner au clocher de la collégiale. Le visage transcendé de bonheur, il met sa canadienne dont il emplit les poches de morceaux de nougat. Puis il descend la rue pour se rendre à l’église. Lorsqu’il arrive, Brunel, le baryton, accompagné à l’orgue, chante à pleine voix le “ Minuit chrétien ” de Capeau et Adam.

 

Marcel rejoint discrètement sa famille. Il donne à chacun de ses quatre enfants un morceau de nougat :

  “ Tenez les petits, prenez et mangez : c’est le nougat du Bon Dieu ”.

 

VictorAyoli

 

 

Quartidi 4 Nivose 220

 

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