Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

24/04/2011

Gastronomie: Le chevreau pascal aux herbes fines

chevreau.jpg

 

Quelques jours avant Pâques, lorsque j’étais minot

Mon père achetait, chaque année, un chevreau.

Attaché dans la cour en attendant la fête,

Qu’il soit noir, blanc ou brun, il l’appelait « Blanquette ».

Nous, nous le caressions, lui donnions à manger

Epluchures, salades, déchets du potager,

Et le bestiau bêlait, pleurait à fendre l’âme

Comme s’il devinait son destin sous la lame.

Puis un soir arrivait, perché sur son vélo,

Armé de ses couteaux, le terrible Angelo !

Casquette de côté, poilu, rouquin et borgne

C’était un Espagnol venu de Catalogne.

Le père maitrisait le chevreau sur le banc,

Mon frère et moi tenions les pattes en tremblant

Et le chevreau criait, soufflait comme une forge

Tandis que le tueur, sûr, lui tranchait la gorge.

Quelques brefs soubresauts de la pauvre bestiole

Marquaient les derniers pas d’une vie qui s’envole.

Puis, s’essuyant les mains, le terrible Angelo

Sortait de son carnier la valve de vélo.

Alors, perçant la peau du chevreau sur le râble,

Il y introduisait l’accessoire cyclable,

Mon père, puis, avec la pompe à bicyclette

Gonflait, gonflait, gonflait, gonflait la bête.

La peau se décollait. On pendait le bestiau

On espuyait la peau, on sortait les boyaux…

 

Souvenirs, nostalgie…Allez ! A la cuisine !

La chevrette, pour Pâques, sera viande divine.

Sur la plaque du four, mettez les deux cuissots

A dorer vingt minutes sur de l’huile des Baux.

Dans une casserole, fondez du lard fumé

Avec des échalotes et de l’ail écrasé,

Ajoutez du vin blanc, plutôt sec, un demi,

Lorsque tout cela bout, ajoutez thym, persil,

Basilic, coriandre, ciboulette, estragon

Mijotez dix minutes, et buvez un gorgeon.

Sortez le plat du four, salez, poivrez la viande,

Arrosez-là avec la sauce précédente,

Puis remettez au four pour cinquante minutes

Cent-quatre-vingt, pas plus. Vous touchez presque au but.

Arrosez très souvent, que la viande s’imprègne.

Attention toutefois, il faut pas que ça baigne.

Découpez, saupoudrez des herbes qui vous restent,

Citronnez puis servez sans faire le modeste !

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ces nectars divins de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne !

 

Les ingrédients pour 8 personnes :

Les deux gigots d’un chevreau, - quatre cuillère à soupe d’huile d’olive (des Baux…ou d’ailleurs), - deux hectos de lard gras-maigre fumé, - une bouteille de vin blanc sec (1/2 litre pour le chevreau, le reste pour le cuistot), - cinq échalotes, - cinq gousses d’ail, - une grosse poignée de persil haché, - autant de coriandre haché, un bouquet de basilic, - ciboulette, - estragon, - thym émietté, - sel, poivre du moulin, - un citron. En accompagnement le chevreau accepte tout : haricots blancs, pommes de terre sarladaise, petit épeautre de Sault ou polenta.

 

JVJ ©

 

 

 

Photo X - Droits réservés

 

***********************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ

 

Quintidi 5 floréal de l'an 219 de l'ère de la Liberté

22/04/2011

Connaissez-vous les « Scouts musulmans » ?

 

scouts musulmans.jpg

 

J'ai toujours proféré une méfiance viscérale à l'égard de tous mouvements de jeunesse sous-tendus par des visées religieuses. Ainsi les scouts ont toujours été pour moi l'exemple même de ces mouvements d'embrigadement « soft » des jeunes à travers une éthique de vie réelle mais foncièrement conservatrice. Pourtant, quelques mots saisis ce matin dans le journal de France Inter ont chatouillé ma curiosité : une nommée Aïcha parlait de scouts...musulmans. J'ai donc cherché sur mon esclave informatique (je n'aime pas le mot « ordinateur » qui n'a rien a m'ordonner, ce con de tas de plastique et de silice !). Et voilà ce que j'ai trouvé sur : http://scoutsmusulmans.fr/presentation/

 

« Je voudrais simplement...

... que vous soyez des hommes et des femmes vrais, droits, honnêtes dans votre vie avec tout le monde, des êtres qui vivent en accord et en harmonie dans le monde avec leurs semblables et respectueux de la Création.
Les S.M.F. doivent être une école où l’esprit qui y règne est un esprit de tolérance, de fraternité, d’amour, de compassion, d’aide et non un esprit limité à notre appartenance culturelle et religieuse. Nous ne sommes ni meilleurs, ni pires que les autres. Transmettez avant tout ce message : les hommes sont frères...

Cheikh Khaled Bentounes
Président Fondateur

 

Présentation

L’association, loi 1901, des Scouts Musulmans de France a été fondée en 1991 par Cheikh Khaled Bentounes.
Elle est agréée comme mouvement de Jeunesse et d’Education Populaire par le Haut-Commissariat à la Jeunesse.
Membre de la fédération du Scoutisme Français, reconnue d’utilité publique et dont nous assurons la présidence depuis le 1er janvier 2009, les SMF sont de part cette appartenance membre de l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout et de l’Association Mondiale des Guides et des Eclaireuses.
Le 1er juillet 2007 nous avons signé un protocole d’accord (Protocole de Paris) avec l’Union Internationale du Scoutisme Musulman qui donne aux SMF la représentativité sur le continent européen de l’IUSM et la charge de développer le scoutisme musulman européen. Depuis nous avons contribué à la création de l’association des Scouts Musulmans Belges et à l’émergence de Scouts Musulmans en Allemagne, en Espagne et en Hollande.

 

Charte

Mouvement de scoutisme :

Nous avons pour mission de contribuer à l’éducation des filles et des garçons pour un monde plus fraternel, plus tolérant et plus humain.

Nous proposons une méthode originale (la méthode scoute) où chacun est le principal artisan de son propre développement physique, émotionnel, intellectuel, social et spirituel.

Nous accompagnons les filles et les garçons dans la construction d’un système de valeurs basé sur des principes spirituels, sociaux et personnels exprimés dans la Loi et dans la Promesse Scoute.

Nous fondons nos actions sur le volontariat et le bénévolat, indépendant et non politique. Nous sommes ouverts à tous sans discrimination de religion, d’origine sociale et de sexe.

Mouvement de scoutisme musulman :

Nous sommes membres de l’UISM (Union Internationale des Scouts Musulmans). Nous nous nourrissons des principes fondateurs de l’Islam : le respect, le dialogue et l’ouverture inscrits dans le CORAN et la SUNNA, ainsi que dans sa tradition spirituelle et universelle.

Nous croyons à l’Unicité divine, Essence de la Création et principe par lequel nous vivons et réalisons cet idéal.

Nous reconnaissons l’apport de tous les Messages Spirituels légués à l’Humanité, comme un appel à s’élever et à découvrir les liens de la fraternité humaine.

Nous considérons les Prophètes comme des modèles pour notre épanouissement. Leur Message est un repère pour le développement personnel.

Nous offrons la possibilité de progresser individuellement par étapes successives à travers l’ISLAM (la Loi), l’IMAN (la Foi), l’IHSAN (l’Excellence), Fondements de cette religion.

Mouvement de jeunesse de France :

Nous nous inscrivons dans le respect des valeurs et des lois républicaines, de la Démocratie et des Droits de l’Homme.

Nous invitons les filles et les garçons à grandir à travers un processus éducatif qui complète l’éducation apportée par la famille, l’école et la société.

Nous voulons la socialisation des jeunes dans le respect de leurs cultures, à travers notre proposition éducative.

Nous nous inscrivons dans la société d’aujourd’hui. Nous voulons aider les filles et les garçons à devenir des citoyens à part entière : autonomes, solidaires, responsables et engagés, agissant dans la Cité, en France, en Europe et dans le Monde. (…) »

 

Voilà qui est loin d'être inintéressant et qui change des discours intolérants, sectaires voire haineux habituels. Creusant un peu, je découvre que Cheikh Khaled Bentounes est maître spirituel de la Voie soufie Alâwiyya de Mostaganem (http://aisa-net.com/tag/alawiya/). Le soufisme est la voie la plus authentiquement spirituelle de l'Islam. La tolérance en est une des composantes essentielles. En conséquence le soufisme a été définitivement désigné par le wahabisme - les naze-islamistes ! - comme un ennemi juré qu'il fallait éradiquer. Voilà qui donne une réelle caution à ces « scouts musulmans ». Et puis, je trouve que ce Cheikh Khaled Bentounes est un ami de Pierre Rabbi, initiateur de l'association Terre et Humanisme (http://www.terre-humanisme.org/), un grand sage vivant dans les Cévennes et...que je connais !

 

Ben, en voilà des choses rafraichissantes de bon matin ! Ça nous change des imprécations des « idiots utiles » qui lèchent le cul des islamistes assassins et des maquereaux des porteuses de burqa...

 

 Illustration X - Droits réservés

***********************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ

 

Tridi 3 floréal de l'an 219 de l'ère de la Liberté

17/04/2011

Gastronomie dominicale: et si nous faisions l'andouille !?!

andouille en sauce.jpg

 

L'andouille au Côte-du-Rhône

 

Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le met bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 andouille ici nous faisons.jpg 

Photos X - Droits réservés 

***********************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ

 

Octidi 28 germinal de l'an 219 de l'ère de la Liberté

16/04/2011

Ouquinde érotique avec Alfred Jarry

aphrodite tableau.jpg

A la découverte de la femme


Une forme nue et qui tend les bras,
Qui désire et qui dit : Est-ce possible ?
Yeux illuminés de joie indicible,
— Qui peut, diamants, nombrer vos carats !

Bras si las quand les étreintes les rompent.
Chair d'un autre corps pliée à mon gré,
Et grands yeux si francs, surtout quand ils trompent,
— Salez moins vos pleurs, car je les boirai.

Au frisson debout elle est, endormie,
Un cher oreiller en qui bat un cœur ;
Mais rien n'est plus doux que sa bouche amie,
Que sa bouche amie, et c'est le meilleur.

Nos bouches, formez une seule alcôve,
Comme on unit deux cages par leurs bouts
Pour célébrer un mariage fauve
Où nos langues sont l'épouse et l'époux.

Tel Adam qu'animé une double haleine
A son réveil trouve Ève à son côté,
Mes sommeils enfuis, je découvre Hélène,
Vieux mais éternel nom de la beauté.
Au fond des temps par un cor chevroté :

— Hélène,
La plaine
Hellène
Est pleine
D'Éros.
Vers Troie
La proie,
S'éploie
La joie
D'Argos.

L'agile
Achille
Mutile
La ville
Où pâme
Priam.
Le sillon de son char qui traîne
Hector à l'entour des remparts
Encadre un miroir où la reine
Toute nue et cheveux épars,
La reine
Hélène
Se pare.

— Hélène,
La plaine
Hellène
Est pleine
D'amour.

Le vieux Priam implore sur la tour :

— Achille, Achille, ton coeur est plus dur
Que l'or, l'airain, le fer des armures,
Achille, Achille, plus dur que nos murs,
Que les rochers bruts de nos remparts !

A son miroir Hélène se pare :

— Mais non, Priam, il n'est rien si dur
Que le bouclier d'ivoire de mes seins ;
Leur pointe s'avive au sang des blessures,
De corail comme l'œil de blancs oiseaux marins :

Dans la prunelle froide on voit l'âme écarlate.
Il n'est rien si dur, non, non, non, Priam.

Paris archer
Comme Cupidon
S'en vient flécher
Achille au talon ;

Pâris Éros
Si blond et si rosé,
Le beau Paris, juge des déesses,
Qui choisit d'être amant d'une femme ;
Le ravisseur d'Hélène de Grèce,
Fils de Priam,
Paris l'archer est découvert :
Sur sa trace éperdue exulte un char de guerre,
Son sexe et ses yeux morts nourrissent les vautours :

— Hélène,
La plaine
Hellène
Est pleine
D'amour.

Destin, Destin, trop cruel Destin !
Le buveur du sang des mortels festoie :
Les corps hellènes jonchent la plaine de Troie,
Destin et vautours font même festin.
Trop cruel Destin, dur aïeul des dieux !

— Destin n'est qu'un mot, et les cieux sont vides.
S'il était des cieux autres que mes yeux.
Mortels, osez en scruter sans pâlir
L'abîme de bleu, l’arrêt s'y peut lire :
L'époux et l'amant, Ménélas, Pâris,
Sont morts et de morts la plaine est couverte
Pour faire à mes pieds un plus doux tapis,
Un tapis d'amour qui palpite et bouge ;
Et puis j'ai souvent une robe verte

Et... je ne sais pas... ces jours là, j'aime le rouge.

 

 

 

Alfred Jarry dans Le Surmâle 

 

Illustration X - Droits réservés 

 

***********************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ

 

Septidi 27 germinal de l'an 219 de l'ère de la Liberté

10/04/2011

Ouiquinde érotico-gastronomique: Hélène et les poulpes

guerre_de_troie-147.jpg

Hélène

 

Lorsque la belle Hélène, femme de Ménélas,

Fut ravie par Pâris, elle goûta l’extase.

Ravie d’être ravie, la pétulante Hélène

Suivant le beau Pâris, courut à perdre haleine.

 

Son cocu magnifique, vert de rage et jaloux

Envoya son armée châtier le filou.

Les deux amants s’aimaient, le barbon n’aimait guère…

Pour venger son honneur, il déclencha la guerre.

 

Des Grecs contre des Grecs, en une lutte à mort

Vont, neuf années durant, s’étriper sans remords.

Pour les seins blancs d’Hélène, ses étreintes brûlantes,

 

Pour sa peau de satin et sa fougue d’amante,

Des guerriers, des héros, des princes et des rois

Pour la gloire et l’Amour périront devant Troie.

 

 

Hélène Les poulpes au vin rouge

 

— Oh, Victor ! Ménélas, ce vieux cocu notoire,

Ta belle Hélène l’a bien pris pour une poire !

Et tous ces va-t-en-guerre au front obtus de bœuf

Se trucidant entre eux pour les yeux d’une meuf,

En guise de cerveau avaient dans le cigare

Quelques pots de yaourt brassés au goût bulgare !

Ménélas le cornu peut bien battre sa coulpe,

Se venger dans le sang, réduire Troie en cendre…

Les femmes ont en commun ceci avec le poulpe :

C’est qu’au plus on les bat, au plus elles sont tendres !

— J’adhère à tes propos, petit, sans réticence

Tant ils semblent frappés à l’aune du bon sens.

Tes réflexions hardis sont dignes de Silène,

Alors levons nos verres et trinquons à Hélène.

Son Spartiate aurait pu la garder jour et nuit

S’il avait réveillé ses ardeurs assoupies,

Et chatouillé en lui le cochonnet qui bouge

En cuisinant pour elle une poulpe au vin rouge.

Le nom grec en est “ Oktapodhi krasato ”

Mais on le mange aussi à Naples ou à Porto.

— Comment prépares-tu ce plat aphrodisiaque

Que les Grecs tirent de leur culte dionysiaque ?

— C’est un plat délicieux, ni cher, ni compliqué.

Bats longuement le poulpe, sans faire de chiqué,

Tu le laves et le coupes en petites portions

Que tu sèches avec du papier à absorption.

Chauffe quatre cuillers de bonne huile d’olive

Dans une casserole bien anti-adhésive,

Quatre ou cinq gousses d’ail pelées et écrasées,

Puis tes morceaux de poulpe. En cuistot avisé

Fais revenir le tout jusqu’à ce que ça dore.

Un verre de vin rouge puissant de Roquemaure,

Bois-en un toi aussi, c’est pas toi qui conduit,

Et tourne gentiment pendant que ça réduit.

Tu cisèles une branche de fenouil odorant

Dont le parfum subtil est très revigorant.

Pèle, émonde, écrase deux tomates bien mures

Que tu vas rajouter, enfin, à ta mixture.

Laisse cuire à feu doux trois-quarts d’heure environ,

La sauce épaissira et deviendra marron.

Jette-z-y une grosse poignée d’olives noires,

Sel, poivre du moulin, piment obligatoire,

Deux pincées seulement, pour chauffer les papilles

Sans mettre pour autant son estomac en vrille.

Quelques minutes encore sur le feu, en tournant,

Puis serts ton plat très chaud. L’effet est surprenant !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 beaux poulpes bien battus, - 1 quart d'huile d'olive, - 3 ver­res de vin rouge puissant de Roquemaure (plus un pour le cuistot), - quelques branches de fenouil ciselées, - 6 tomates bien mûres, - 2 poignées d'olives noires dénoyautées, - sel, poivre, - 3 cuillerées à dessert de piment d'Espelette.

 

Les vins conseillés:

Intéressants pour ce plat, des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire".

En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-les-­Vignes, Côtes-du-Ventoux, Coteaux-du-Luberon, Coteaux-du­-Tricastin, Costières-de-Nîmes.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-saint-Loup, Saint-­Christol, Saint-Drézery.

En vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

 

 

 

***********************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ

 

Primidi 21 germinal de l'an 219 de l'ère de la Liberté

09/04/2011

Ouiquinde érotique avec Fernand Fleuret

missfrance2.jpg

 

Sonnet pour une belle nonnain

 

Qui se disoit espouse du christ et repoussoit un cavalier

 Tousjours : Jesus par-cy; tous jours : Jesus par-là,

Jesus veut la vertu, la pudeur il réclame;

Sans combler, ce pendant, le désir qu'il affame,

Jesus deffend cecy, Jesus deffend cela.

 

Sambregoy ! Je vous plains si vous estes sa femme

Car dans ceste famille aucun ne bricola :

Fust-ce pas un pigeon que l'Esprit racola

Pour foutre en lieu de Luy dans le Trou Nostre­-Dame?

 

Il faut, ce Jesus-là, le faire un peu cocu:

Quoy ! souffrir qu'un tyran régisse vostre Cu ?

Qu'il le laisse béant, sans gloire et sans usage?

 

Tenez, je le renie, ouy, je change de Foy,

J'honnore Cupidon propice au culletage,

Et vivent les faux-dieux qui bandent comme moy!

 

Fernand Fleuret

 

Photo X - droits réservés

 

***********************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ

 

Décadi 20 germinal de l'an 219 de l'ère de la Liberté

04/04/2011

Sidaction : pour la vie.

 

sidaction pour la vie.jpg

 

Le Sidaction va rapporter un peu plus de 5 millions d’euros aux associations qui luttent contre ce fléau. Le gouvernement a annoncé un plan national contre le sida, mais en même temps les subventions pour les associations ont été réduites de 3 à 14% cette année. Pour l'association AIDES les subventions sont diminuées de 1 million d'euros. Pendant ce temps, Lagarde, la ministre des sous de la Sarkozie s’offusque que l’on puisse mettre en doute la régularité du transfert de 250 millions d’euros de la poche des contribuables français vers celle du ci-devant Tapie Bernard. D’un côté des citoyens qui font preuve de compassion, de générosité, de charité (terme que j’abhorre tellement il est l’antithèse de la justice), de l’autre l’impudence de l’injustice. Rapport 1 à 50. Cherchez l’erreur…

 

 

L'association AIDES considère qu’il faut faire plus de dépistages, pour que les gens soient traités plus tôt. Par exemple – dixit Aides - dans la communauté gay parisienne, une personne sur six est séropositive, et parmi ces gens, 20% ne le savent pas, ce qui aggrave le risque de transmission. Le dépistage et le traitement permettent de diminuer de 99% ce risque de transmission. Si tous les séropositifs pouvaient être dépistés, il n'y aurait plus de sida dans 30 ans. 50.000 personnes sont affectées par cette maladie sans le savoir et propagent donc à leur insu le terrible virus. Alors que le problème n’est qu’une question de moyens. Les 250 millions de Tapie suffiraient plus que largement…

 

Mondo cane…

 

Illustration X - droits réservés

 

*************************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ

 

Quintidi 15 germinal de l'an 219 de l'ère de la Liberté

 

03/04/2011

Ouiquinde gastronomique printanier: sardines

reiser votez printemps.jpg

Coquin de printemps !

 

Enfin ce coquin de printemps

Nous a ramené le beau temps

L’soleil réchauff’ les libidos

Tout l’monde fait la bête à deux dos

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Au bord du Rhône et dans les zup

Le mistral soulève les jupes

Tous les mecs à l’œil égrillard

Tapent des jetons, ces vieux paillards !

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Dans son bureau j’ai vu le maire

Qui embourbait sa secrétaire

Derrière une pile de dossiers

Il lui travaillait le fessier

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Mêm’ les flics entrent dans la danse

Ils en oublient les contredanses

Et préfèrent se l’astiquer

Devant les belles à croquer

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

A la première communion

Le curé sort son goupillon

Qu’il met dans la main de ma sœur

Pour bénir les enfants de chœur

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Cré nom de dioù, j’laisse ma plume

Mon frère d’en bas prend du volume

Je vais sauter sur ma Lionne

Car pour le cul c’est la championne

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

 

 

reiser soleil.jpg

Les sardines à la "Brulo dé" du Pégot

 

Éclairs d'acier bleuté bondissant hors de l'onde

Pour tenter d'échapper à la dent furibonde

De quelque carnassier montant des eaux profondes

Pour croquer tout de go ces poissons qui abondent...

C'est la reine des mers! Succulente et divine,

Pas la langouste, non. Simplement la sardine!

Sa réelle fonction, sa vie, son aventure

Généreuse et bornée: c'est d'être nourriture!

Les poissons s'en délectent, l'homme la met en boite,

Lui fait boucher le port si la passe est étroite...

Chez nous, dans le Midi, on l'aime tellement

Que chaque Provençal est un peu son amant.

Mon ami le Pégot, marin-pêcheur de Sète,

Les fait à "Brulo dé". En voici la recette.

Prenez-les sur le quai, juste au cul de la barque,

Chez votre poissonnier, la fraîcheur se remarque

Par la roideur arquée du petit corps luisant.

Un bon kilo pour deux, ce sera suffisant.

Devant le cabanon, à l'ombre de la treille,

Tandis que sa moitié débouche les bouteilles,

Le Pégot fait brûler un fagot de "gabel"

C'est les sarments de vignes du côté de Lunel.

Un bon coup de muscat met les convives à l'aIse

Juste le temps qu'il faut pour apaiser la braise.

Sur un bout de grillage il range les sardines,

Ni lavées, ni vidées. Nature les ondines.

Les poissons sur la grille sont posés sur le feu

Puis retournés après une minute ou deux.

Sur un grand plateau rond, au milieu de la table

Calée par des galets pour qu'elle reste stable,

Le Pégot sert en vrac sa première tournée

Puis remet sur le feu la prochaine fournée.

Un jet d'huile d'olive dans le creux de l'assiette,

On mange avec les mains, nul besoin de fourchette.

D'une pression du doigt on enlève la peau

Libérant les filets odorants et bien chauds,

La tête entre deux doigts, dans deux autres la queue,

La sardine grésille. Quel bonheur, maugrebeleu !

On se "rabine" un peu, d'où le nom: "brulo dé"

Mais c'est tellement bon! vous n'avez pas idée.

Avec les dents du haut, on bloque la sardine,

La mâchoire du bas, retroussant les babines

Fort délicatement détache le filet

Qu'un" ggluuff" aspirera jusqu'au fond du palais.

Sous le pin parasol où s'aiment les cigales

Montent les petits bruits des gens qui se régalent.

Ca fait des: "Ah !", des "Hum !" des "Fatche que c'est bon !"

C'est toute la marée, plus un goût de charbon.

Toute les deux sardines on boit un coup de blanc,

De Cassis ou de Saint-Hilaire-d'Ozilhan,

On parle avec les mains, on sort la galéjade

Et la journée se passe en franche rigolade.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Rien de plus simple: des sardines, encore des sardines, seulement des sardines (comptez 1 demi kilo par personne, soit 3 kilos). Mais fraîches, pas trop grosses et de Méditerranée évidemment. Plus un peu de fleur de sel de Camargue et de l'huile d'olive dans chaque assiette.

 

Les vins conseillés:

La sardine est bonne fille et s'accompagne sans problème de vins blancs secs, de rosés, voire de rouges jeunes et frais.

En vallée du Rhône, blancs de Roaix, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Laudun, Villedieu ; rosés de Tavel, Rochefort, Chusc1an, Ventoux, Luberon, Cos­tières de Nîmes; rouges légers de Sainte-Cécile-Ies- Vignes.

En vins du Languedoc blancs Picpoul-de-Pinet, blancs de la Clape ; rosés de Saint-Saturnin, vins des sables d' Aigues-mortes.

En vins de Provence, les blancs de Cassis, tous les rosés des Côtes-de­-Provence et des Coteaux varois.

 

In « Le bonheur grâce à la cuisine de l’amour »

 

 

  

Merci à l'irremplacé Reiser 

*************************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

 

VOTEZ

Quatridi 14 germinal de l'an 219 de l'ère de la Liberté

27/03/2011

Gastronomie dominicale: L'alose d' Avignon comme ma mère

alose.jpg

 

 

- Regarde bien, petit, cette superbe alose

Les anciens l'appelaient “la princesso dou Rose”

Éclair de vif argent, longue, fine et puissante

Bien que lourde des flancs, elle reste élégante.

Sais-tu que c'est l'amour dont elle est satisfaite

Qui va te l'amener, demain, dans ton assiette?

Respecte-la, petit, et débouche le vin

Car manger de l'amour est un plaisir divin.

C'est un poisson magique, délicieux à manger

En bonne compagnie. Et subtil à pêcher!

Lorsque le Rhône était le Fleuve-Dieu sauvage,

Point encore castré par digues et barrages,

Indomptable et fougueux quand le mistral le fouette,

Crainte des riverains et bonheur des poètes,

Braconniers et pêcheurs, au mois des primes roses

Armaient les vire-vire pour pêcher les aloses.

C'étaient des bateaux larges aux ailes de moulin

Arrimés à la rive par quatre gros filins.

Deux paniers grillagés, avec le courant, tournent.

Lorsque l'un est en haut, son opposé s'enfourne

Dans l'onde trouble et vive où peinent les aloses

Cherchant un abri sûr pour que leurs œufs éclosent.

Beaucoup n'arriveront jamais à leur frayère,

Cueillies par les paniers montant vers la lumière.

Enlevée dans les airs, l'alose se tortille

Dans une pluie dorée de gouttes qui scintillent.

Elle tombe, ahurie, dans le fond de la barque

Où le fil de sa vie est coupé par les Parques.

Le pêcheur, averti, en interrompt sa sieste,

Achève le poisson d'un coup de barre preste,

Bois un coup de rosé si sa gorge s'assèche,

Puis se rendort, heureux: pour lui le Rhône pêche!

Cette façon subtile, je crois unique en France

N'a pu être inventée que chez nous, en Provence!

Il paraît que certains, les nuits de pleine lune,

Jouant flûte et violon au bord de la lagune

Ont eu, comme Aristote, la fantastique chance

De voir, debout sur l'eau, les aloses qui dansent...

Les belles ménagères avaient leur opinion:

"Les meilleures sont les aloses d'Avignon."

En dessous d'Aramon, elles sentaient la vase,

Et après Caderousse, ce n'était que carcasses,

Mais dans le Rhône vif courant sur les galets

Roulés de Villeneuve, ou au pied du Palais

Des Papes d'Avignon, elles étaient à point:

Dévasées, mais encor avec de l'embonpoint.

Et comment tu la cuis, ton alose, Victor?

Oh ! Vaï t'en plan, pitchoun, y a pas lou fio a bord!

Sers-moi d'abord un coup de rosé du Ventoux

Ou de Côtes-du-Rhône, et je te dirais tout.

L'alose, tu la laves, tu l'écailles, la vides.

Tu réserves les œufs dans un torchon humide,

Prends-en un soin jaloux, c'est les meilleurs morceaux

Pour les gourmets, c'est le caviar des Provençaux.

Puis tu tranches la tête et la fends en longueur,

Coupe l'alose en darnes de deux doigts d'épaisseur.

Tu auras pris chez un compère jardinier

Une brassée d'oseille, des épinards triés.

Tu vas hacher ces herbes assez grossièrement:

Elles vont te servir en accompagnement.

Tu prends une cocotte, mais une vrai, en fonte!

Des cocottes-minute n'accepte pas la honte.

Tu graisses bien le fond, mais à l'huile d'olive

C’est le nec plus ultra, faut pas que tu t'en prives.

Au tonneau de vin blanc, tu remplis un cruchon,

Puis tu places la tête, ouverte, sur le fond.

Tu recouvres d'un lit d'oseille et d'épinards

Sel, poivre noir, muscade, va-z-y, sois pas flemmard.

Tu peux y mettre aussi des oignons émincés,

Certains cuistots rajoutent... oui, du petit-salé.

De ton huile d'olive, une bonne giclée

Car pour ta réussite c'est là l'une des clés.

Mets tes darnes à plat, sur 1'herbe, bien serrées,

Qu'elles ne bougent pas quand ça va macérer.

Un autre lit d'oseille, encore un de poisson

Chaque fois sel et poivre et de l’huile, un soupçon.

Lorsque tout est placé, bien délicatement,

Tu poses sur le tout les œufs avec leur poche.

N'aie pas peur de forcer sur l'assaisonnement

Car ce n'est qu'un poisson, et pas de la bidoche.

On atteint maintenant un moment crucial,

Pour réussir ton plat, voilà le principal:

Tu arroses le tout de trois verres de gnole.

Des verres de soiffards, pas des verres symboles.

Enfin tu mouilles avec du blanc sec de Laudun,

Mais pas trop tout de même: ce qui est opportun.

Tu fermes ta cocotte bien hermétiquement

Avec la mie de pain mouillée légèrement.

Arrive maintenant le temps de la cuisson,

Sa longueur fondra les arêtes du poisson.

C'est sous la cendre chaude, dans un cantoun de l'âtre

Que doit cuire l'alose, dans les braises rougeâtres.

Cuis-la huit heures au moins d'une chaleur tranquille.

Le tout sera confit. Une alchimie subtile

Des herbes et de l'alcool dissoudra les arêtes.

Petit, sers-moi à boire, ou sinon je m'arrête!

C'est un plat rituel pour tous les gens du Rhône.

Enfin, écoute-moi: l'alose est très friponne,

Après tout le plaisir qu'elle te donne à table

Elle fera de toi un gaillard redoutable!

Tu seras comme un cerf quand résonne son brame:

Ce plat est souverain... pour le bonheur des dames.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Deux belles aloses d'un kilo et demi chacune, - un kilo d'oseille, - un kilo d'épinards en branches ou - mieux - de vert de blettes, à défaut, de la laitue, - trois oignons émincés, - 2 hectos de petit-salé haché, - deux verres d'huile d'olive, - trois cuillerées à soupe de sel fin, - poivre noir du moulin, - muscade (à votre appréciation, mais généreusement), - une bouteille et demi de vin blanc sec, - trois verres d’"aigarden" (eau-de-vie).

 

Les vins conseillés:

Ce plat de poisson à la saveur puissante, animale, s'accommode parfai­tement de vins blancs ayant du caractère: Côtes-du-Rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Châteauneuf-du-Pape.

Côteaux du Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette de Bellegarde.

Côtes de Provence de Palette, Coteaux varois de Salernes, Saint-Maxi­min, Bellet.

Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du-Rhône d'Estézargues, Côteaux-d'Avignon, Chusclan, Rochegude, Saint-Mau­rice-sur-Aygues, Sablet. Costières de Nîmes. Côteaux du Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Côteaux varois de Tourves, Barjols, Nans-les-Pins.

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan 

in: Le bonheur et dans l'assiette et dans les ver(re)s

 

********************

 

 Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

 

VOTEZ

Septidi 7 germinal de l'an 219 de l'ère de la Liberté

26/03/2011

Ouiquinde érotique avec Léo Ferré

LEO-FERRE dessin.jpg

Ta source

Elle naît tout en bas d'un lieu géométrique
A la sentir couler je me crois à la mer
Parmi les poissons fous c'est comme une musique
C'est le printemps et c'est l'automne et c'est l'hiver
L'été ses fleurs mouillées au rythme de l'extase
Dans des bras de folie accrochent les amants
On dirait que l'amour n'a plus besoin de phrases
On dirait que les lèvres n'ont plus besoin d'enfants
Elles coulent les sources en robe ou en guenilles
Celles qui sont fermées celles qu'on n'ouvre plus
Sous des linges qu'on dit marqués du sceau des filles
Et ces marques ça me fait croire qu'il a plu
Qui que tu sois toi que je vois de ma voix triste
Microsillonne-toi et je n'en saurai rien
Coule dans ton phono ma voix de l'improviste
Ma musique te prend les reins alors tu viens
Ta dune je la vois je la sens qui m'ensable
Avec ce va-et-vient de ta mer qui s'en va
Qui s'en va et revient mieux que l'imaginable
Ta source tu le sais ne s'imagine pas
Et tu fais de ma bouche un complice estuaire
Et tes baisers mouillés dérivant de ton cygne
Ne se retourneront jamais pour voir la terre
Ta source s'est perdue au fond de ma poitrine

 

Léo Ferré  

Illustration X - droits réservés

********************

 



Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

 

VOTEZ

Sextidi 6 germinal de l'an 219 de l'ère de la Liberté

21/03/2011

Au bistro de la toile : A boire tavernier !

chimulus bistro copie.jpg

 

- Eh ! Loulle, t’as pas peur de voir arriver les keufs de la Police de la Vertu et de la Tristesse te faire fermer ton antre de la débauche ?

 

- ??!!??!!??!!

 

- Ben oui quoi. Fait pas cette gueule d’ahuri. Regarde le journal : (…) il n'y a pas de consommation d'alcool sans risque de cancer. Ainsi, le seul fait de boire un verre de vin par jour majore ce risque de 9 % à 168 % selon la localisation. (…) Environ 10,8 % des cancers chez l'homme et 4,5 % chez la femme sont dus à l'alcool. (…) L'augmentation du risque est significative à partir d'un verre par jour. (…) Un verre d'alcool correspond à 3 centilitres de whisky, à 10 centilitres de vin ou de champagne, 25 centilitres de bière… Putaing ! Ça me fait peur Loulle. Tè ! Donne-moi un canon pour me remonter…

 

- Tè, Victor. Remets-toi ! Mais si tu réfléchis un peu sur les chiffres du journal, ça veut dire que 90% des cancers chez l’homme et plus de 95% chez les femmes ne sont pas dus au cancer ! Voilà qui devrait te rassurer !

 

- T’as raison Loulle. A la nôtre ! D’autant plus que les Français boivent 3 ou 4 fois moins qu’hier et le nombre de cancers est 3 ou 4 fois plus important ! Ce qui veut dire qu’on nous prend pour des cons et qu’on nous empoisonne, que la toxicité des médicaments, les infections nosocomiales, l'insuffisance des connaissances et les erreurs médicales sont plus dangereuses que le vin ! Oui mais, les accidents de la route…

 

- Eh ! Victor, Desproges disait que si 10% des accidents de la route sont le fait de pochtrons, 90% de ces accidents sont commis par des buveurs d’eau ! Dangereux ces gens ! Faudrait que les bourres verbalisent aussi ceux qui, en soufflant dans le ballon, accusent leur addiction à la flotte !

 

- Pas con ça Loulle ! Cette campagne de propagande nous prépare sûrement encore une loi « peine-à-jouir », mais dans laquelle ils devraient inclure un article stipulant que la consommation d'alcool est interdite dans les établissements publics de toute nature : présidence de la république, assemblée nationale, sénat, ministères, préfectures et sous-préfectures, conseils régionaux et départementaux, mairies, structures intercommunales, gendarmeries et commissariats de police, bureaux des douanes, et plus généralement tous autres locaux recevant du public ! Sans oublier les entreprises, les maisons de retraite et tous lieux où l’on fête un départ, un anniversaire, etc. Et bientôt la Police de la Vertu et de la Tristesse, à travers les « réseaux sociaux » et, éventuellement des visites inopinées sur place, pourra, que dis-je, devra perquisitionner chez les particuliers, dans les maisons et appartements pour faire « respecter la loi » ! Ainsi, les consommateurs seront surprotégés et donc…déresponsabilisés !

 

- Le plaisir, le bonheur, la joie, voilà l’ennemi Victor. Soyez tristes, soyez rabat-joie, soyez constipés des boyaux de la tête, soyez coincés des zygomatiques et vous vivrez vieux…

 

- C’est vrai que vivre est une activité dangereuse, mortelle même et qui se finit toujours prématurément !

 

- Allez ! A la nôtre les futurs morts ! Tournée générale ! Tous ensemble faisons un doigt d’honneur à tous ces cons de peine-à-jouir et chantons : « C’est la cuiiiiiite finaaaaale. Saoulons-nous car demaiiiiin. Les eauuuuux minéraaaaales remplaceront le viiiiiin ! C’est la cuiiiite finaaaaaale….. »

 

********************

 



Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

 

VOTEZ

Primidi 1er germinal de l'an 219 de l'ère de la Liberté

 

Merci à Chimulus

19/03/2011

Un peu d'amour et de poésie dans ce monde de brutes

dessin femme couchée.jpg

 

 

L'occasion perdue recouverte


(...)
Par une secrette avenue,
Il fut dans son appartement,
Et la trouva nonchalamment
Dormant sur son lit étendue :
Mais, dieux ! que devint-il alors ?
En approchant de ce beau corps,
Il eut de mouvements étranges,
Lorsqu'une cuisse à découvert
Lui fit voir le bonheur des Anges
Et le ciel de l'Amour ouvert.

Dans cette agréable surprise
Où Cloris n'avait pas songé,
Elle avait assez mal rangé
Et ses jupes et sa chemise ;
Lisandre aussi, trop curieux,
Vit lors les délices des dieux,
La peine et le plaisir des hommes,
Nôtre tombe et nôtre berceau,
Ce qui nous fait ce que nous sommes
Et ce qui nous brûle dans l'eau.

Aimant de la Nature humaine,
Bijou chatouilleux et cuisant,
Précipice affreux et plaisant,
Cruel repos, aimable peine,
Remède et poison de l'amour,
Bûcher ardent, humide four
Où les hommes se doivent cuire,
Jardin d'épines et de fleurs,
Sombre fanal qui fait reluire
Nos fortunes et nos malheurs ;

Nid branlant qui nous sert de mue,
Asile où l'on est en danger,
Raccourci qui fait allonger
La chose la moins étendue,
Fort qui se donne et qui se prend,
Œil couvert qui rit en pleurant,
Bel or, beau corail, belle ivoire,
Doux canal de vie et de mort
Où, pour acquérir de la gloire,
L'on fait naufrage dans le port.

Petit trésor de la Nature, 
Etroite et charmante prison, 
Doux tyran de nôtre raison, 
Vivifiante sépulture, 
Autel que l'on sert à genoux, 
Dont l'offrande est le sang de tous, 
Sangsue avide et libérale, 
Roi de la honte et de l'honneur, 
Permettez que ma plume étale 
Ce que Lisandre eut de bonheur. 

Beau composé, belle partie,
Je sais bien que, lorsqu'il vous vit,
II n'observa dessus ce lit
Ni l'honneur ni la modestie ;
Mu d'amour et de charité
Il couvrit votre nudité,
Pour faire évaporer sa flamme,
Et savoura tous les plaisirs
Que le corps fait sentir à l'âme
Dans le transport de nos désirs

Ce beau dédale qu'il contemple
Avec des yeux étincelants
Fait naître et couler dans ses sens
Une ardeur qui n'a point d'exemple.
Ce feu qui consume son cœur
Porte partout sa vive ardeur,
Eclate enfin sur son visage.
Et ce lâche de l'autre jour (1),
Se raidissant d'un fier courage,
Ecume le feu de l'amour.

Plein d'ardeur, d'audace et de joie 
De remporter un si beau prix, 
Le galant sauta sur Cloris, 
Comme un faucon dessus sa proie, 
Quand cette belle, ouvrant les yeux, 
Vit Lisandre, victorieux, 
Forçant ses défences secrètes, 
Et, la tenant par les deux bras, 
Entrer, tout fier de ses conquêtes. 
En un lieu qu'on ne nomme pas. 
(...)

 

Jean Benech De Cantenac (1630-1714) 

 

In Poésies nouvelles et autres œuvres galantes (1662) ce poème d’amour fut attribué un temps, par erreur, à Corneille. On ne prête qu’aux riches

 

(1) dans une précédente tentative, Lisandre…resta piteusement en panne !

 

********************

 

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

 

VOTEZ

Nonidi  29 Ventose 219 de l'ère de la Liberté

 

Illustration X - Droits réservés

13/03/2011

Ouiquinde érotico gastronomique comme en Crète

aphrodite statue.jpg

Perrine

 

Perrine dansait nue sur la grève luisante

Pieds légers, ondulante, bras tendus vers Phébus,

Dans les fraîches senteurs de l’aurore naissante,

Elle sacrifiait au culte de Vénus.

 

Sa taille se ployait jusqu’à frôler l’arène

Puis elle s’élançait pour caresser les cieux

Ventre offert, seins dressés, plus fière qu’une reine

Perrine avait vingt ans et tutoyait les dieux.

 

Un grand faune barbu, velu et chevelu

A la flûte de Pan rythmait la sarabande

Il dévorait des yeux le corps de son élue

 

Et savait que bientôt il aurait sa prébende.

Il sauta sur la nymphe, l’entraîna dans la mer

Où il la posséda d’une étreinte primaire.

 

 

 

 

- En ce temps là, petit, la Grèce était à terre

Ecrasée sous le joug de troufions sanguinaires :

Des colonels bornés alliés à des popes

Martyrisaient sans fin le berceau de l’Europe.

Pourtant à Matala, au fin fond de la Crête

Existait une baie retirée et discrète

Où quelques chevelus à la barbe fleurie

Vivaient en troglodytes dans de curieux abris,

Grottes aménagées dans le roc des falaises

Qui regardent la mer jusqu’au Dodécanèse.

Ils vivaient là heureux, simplement différents,

Tolérés des Crétois, oubliés des tyrans.

Sur la plage, la nuit, au son des bouzoukis

Ils dansaient jusqu’aux transes d’aériens sirtakis

Buvant force hanaps de vin à la résine

Tout en mangeant tomates, oignons et aubergines.

- Alors dis-moi, Victor, ce régime crétois

Dont on nous parle tant. Qu’est-ce que c’est d’après toi ?

Avant tout des légumes de façon exhaustive,

Du poisson, du fromage et de l’huile d’olive.

Le plat de tous les jours : la salade crétoise

Qui rappelle parfois la salade niçoise.

Tu coupes des tomates assez mures en tranches,

Des morceaux de Fêta, fromage à pâte blanche,

Tu épluches un concombre et le coupes en rondelles,

Un poivron vert coupé, sans pépins ni carpelles,

Tu éminces un oignon, cisèle des pourpiers

Et tu ranges le tout dans un grand saladier.

Ajoute une poignée de belles olives noires,

Ca apporte du goût et en plus, ça fait boire.

Tu assaisonnes avec beaucoup d’huile d’olive,

Poivre, jus de citron, fleur de sel, quelques cives.

C’est un plat délicieux, remontant, simple à faire

Et qui – c’est reconnu – fait de verts centenaires !

Voilà ce que mangeait le faune de Perrine

Avant de l’entraîner dans des amours marines.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

in: Le bonheur grace à la cuisine de l'amour

 

 

 

 

*********************



Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

 

VOTEZ

Tridi  23 Ventose 219 de l'ère de la Liberté

12/03/2011

Ouiquinde érotique avec Anna de Noailles

anna de noailles.jpg

S'il y avait un paradis

 

S'il y avait un paradis,
Vous n'y seriez pas, ô Cécile,
Mais, chez les damnés, les maudits,
Chez ceux qu'un grand désir exile, 


Dans l'enfer d'amour et de sang,
Vous rôderiez, sainte bacchante !


Loin de la calme Trinité,
À ces bouches pleines de soufre,
Vous verseriez la volupté
D'un chant qui jouit et qui souffre. 


Il n'est pas d'innocents accords,
Il n'est pas de sainte harmonie,
L'extase pénètre les corps
Comme une amoureuse agonie.

 

* * * * * * * * * *

Parfois, quand j'aperçois mon flamboyant visage.

 

Parfois, quand j'aperçois mon flamboyant visage.
Lorsqu'il vient d'échapper à ta bouche et tes doigts.
Je ne reconnais pas cette exultante image.
Et je contemple avec un déférent effroi
Cette beauté que je te dois !



Comme des bleus raisins mes noirs cheveux oscillent,
Ma joue est écarlate et mon œil qui jubile
Mêle à sa calme joie un triomphant maintien ;
Je n'ai vu ce regard fleurissant et païen
Que chez les chèvres de Sicile !



Moment fier et sacré où, sevré de désir,
Mon cœur méditatif dans l'espace contemple
La seule vérité, dont nous sommes le temple ;
Car que peut-il rester dans le monde à saisir
Pour ceux qui possèdent leur univers ensemble,
Ont mis l'honneur dans le plaisir ?...

*********************



Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

 

VOTEZ

Duodi  22 Ventose 219 de l'ère de la Liberté

08/03/2011

Femmes, Femmes, FEMMES

 

lamazou femmes.jpg

 

Femme maîtresse

Ouverte, offerte sous les caresses

Femme mère

Créatrice de la vie sur terre

Femme putain

Désir de soie et de satin

Femme dirigeante

Intuitive et compétente

Femme politique

Courageuse et démocratique

Femme enfant

Que l’on protège et l’on défend

Femme salope

Qui fait jouir et rend myope

Femme avide

Calculatrice, sans cœur, cupide

Femme sorcière

Envoûtante, sournoise, incendiaire

Femme lesbienne

Délicate et altière clitoridienne

Femmes battues

Femmes vendues

Victime des stupides couillus

Femmes voilées

Femmes enfermées

Femmes niées

Femmes lapidées

Femmes brûlées

Femmes massacrées

Au nom d’un obscurantisme borné

Femme, femmes FEMMES !

Vous êtes des Humains pour le meilleur et pour le pire

Je vous respecte, je vous adore et je vous aime !

 

 

Mais…n’oublions pas :

 

Miss Maggie, du Renaut de sa grande époque…

 

Femme du monde ou bien putain
Qui bien souvent êtes les mêmes
Femme normale, star ou boudin,
Femelles en tout genre je vous aime
Même à la dernière des connes,
Je veux dédier ces quelques vers
Issus de mon dégoût des hommes
Et de leur morale guerrière
Car aucune femme sur la planète
N’ s’ra jamais plus con que son frère
Ni plus fière, ni plus malhonnête
A part peut-être Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Lorsque le sport devient la guerre
Y a pas de gonzesse ou si peu
Dans les hordes de supporters
Ces fanatiques, fous-furieux
Abreuvés de haines et de bières
Déifiant les crétins en bleu,
Insultant les salauds en vert
Y a pas de gonzesse hooligan,
Imbécile et meurtrière
Y’en a pas même en grande Bretagne
A part bien sûr Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Une bagnole entre les pognes
Tu n’ deviens pas aussi con que
Ces pauvres tarés qui se cognent
Pour un phare un peu amoché
Ou pour un doigt tendu bien haut
Y’en a qui vont jusqu’à flinguer
Pour sauver leur autoradio
Le bras d’honneur de ces cons-là
Aucune femme n’est assez vulgaire
Pour l’employer à tour de bras
A part peut être Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Tu vas pas mourir à la guerre
Parc’ que la vue d’une arme à feu
Fait pas frissonner tes ovaires
Parc’ que dans les rangs des chasseurs
Qui dégomment la tourterelle
Et occasionnellement les Beurs,
J’ai jamais vu une femelle
Pas une femme n’est assez minable
Pour astiquer un revolver
Et se sentir invulnérable
A part bien sûr Madame Thatcher

C’est pas d’un cerveau féminin
Qu’est sortie la bombe atomique
Et pas une femme n’a sur les mains
Le sang des indiens d’Amérique
Palestiniens et arméniens
Témoignent du fond de leurs tombeaux
Qu’un génocide c’est masculin
Comme un SS, un torero
Dans cette putain d’humanité
Les assassins sont tous des frères
Pas une femme pour rivaliser
A part peut être Madame Thatcher

Femme je t’aime surtout enfin
Pour ta faiblesse et pour tes yeux
Quand la force de l’homme ne tient
Que dans son flingue ou dans sa queue
Et quand viendra l’heure dernière,
L’enfer s’ra peuplé de crétins
Jouant au foot ou à la guerre,
A celui qui pisse le plus loin
Moi je me changerai en chien

Si je peux rester sur la Terre
Et comme réverbère quotidien
Je m’offrirai Madame Thatcher

 

 

…ni, bien sûr la ci-devant LE PEN Marine

 

 

 Illustration: Merci à Titouan Lamazou



*********************



Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

 

VOTEZ

Octidi  18 Ventose 219 de l'ère de la Liberté

06/03/2011

Gastronomie dominicale: Le tian de haricots au cochon

tian de haricot web.jpg

En Provence, petit, ce qu'on appelle un "tian"

C'est un grand plat en terre, vernissé et brillant,

Ovale très souvent, ou tout simplement rond,

De largeur variable, mais jamais très profond.

Les potiers de village, au temps de nos grand-mères

Fabriquaient et cuisaient ces grands plats à tout faire.

Car on y faisait tout, dans ces récipients

Rustiques, allant au feu, solides, pas fainéants:

La barbe, la vaisselle, la toilette des gosses,

Les légumes à tremper, les fayots qu'on écosse.

Après quoi, bien rincés, sans prévention mesquine,

On s'en servait surtout pour faire la cuisine!

Ce grand plat à gratin, simple et astucieux

Est aussi synonyme de repas copieux,

De nourriture simple en grande quantité,

Qu'en bonne compagnie on aime ingurgiter.

Notre tian de cochon et de haricots frais

Est bien dans la lignée des nourritures vraies.

C'est un plat que l'on fait lorsqu'on a récolté

Les tarbais, les pamiers ou les cavaillonnais,

Ces haricots fameux, moelleux, souples en bouche,

Aux accents musicaux, rocailleux et farouches.

A défaut prenez donc des cocos de Paimpol.

Par chaque commensal, écossez-en un bol.

Inutile, bien sûr, de les faire tremper,

Lavez-les à grande eau et puis égouttez-les,

Cuisez-les à moitié, demi-heure environ

Dans beaucoup d'eau salée chantant à gros bouillons.

Tout ça m'a donné soif, petit, remplis mon verre

D'un bon blanc de Laudun, un vin vif et sincère,

Un vin qui donne soif, le vin que je préfère

Pour préparer au mieux la cuisine porchère.

Ton boucher t'a coupé une large rouelle

De jambon de cochon. Elle est épaisse et belle.

Tu vas la piquer d'ail et la frotter de sauge

Puis la mettre à four chaud un demi-tour d'horloge

Dans ton tian frotté d'ail et graissé au saindoux.

Quand ta viande est dorée, sale et poivre le tout,

Rajoute deux oignons émincés, trois tomates

Pelées, épépinées, thym, laurier, aromates.

Laisse fondre un moment puis déglace au vin blanc.

Égoutte maintenant tes haricots brûlants

Et mets-les dans le tian, au-dessus de ta viande

Vérifie les saveurs et poivre à la demande.

Tu mouilles, à niveau, par ton eau de cuisson

Et tu remets au four, chaud mais sans déraison,

Une heure ou même plus. Il faut que tes fayots

Gonflent sans éclater, en buvant toute l'eau.

Lorsque ton plat est cuit, juste avant de servir

Passe-le sous le grill afin de l'enrichir

D'une croûte dorée, odorante et aimable.

Parsème de persil et sers le tian sur table.

Accompagne ce plat d'un blanc vif, effronté,

Ou bien d'un vin primeur gouleyant et fruité.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

1 kilo de haricots frais (pamiers, tarbais, cavaillonnais, cocos de Paim­pol), - 1 kilo de rouelle de cochon, - 1 tête d'ail, - 1 hecto de saindoux, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 10 feuilles de sauge, - thym, laurier, sel, - 2 verres de vin blanc, - 3 litres d'eau (pour la première cuisson des haricots).

Les vins conseillés:

Profitez de ce plat paysan pour apprécier les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Peray, vins tranquilles du Diois, Saint-­Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur­-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ardèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon. En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul de Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons, ­Source-d'Argens, Bruc-Auriac, Châteauvert.

Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins pri­meurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les- Vignes, Sabran, Codolet, Roche­fort, Lirac, Laudun.

 

 Illustration originale Vincent Barbantan

in: Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s

*********************



Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ

Sextidi  16 Ventose 219 de l'ère de la Liberté

 

05/03/2011

ouiquine érotique avec Giorgio Zorzi Baffo: l'entrée du paradis

 

bouche-chatte.jpg

  

 

 

Et voici le troisième volet érotique de l'ami Buffo:

 

 

Éloge de la Moniche



Chère Moniche qui, entre deux colonnes,
Est mise là, ainsi qu'un chapiteau, 
Pour coupole tu as deux grosses fesses 
Et le trou du cul, au-dessus, est ton ciel. 

Parce que t'adorent toutes les personnes, 
Tu te tiens couverte d'un voile blanc, 
Et si quelqu'un te le soulève, et te montre, 
Victime sur ton autel tombe tout oiseau. 

Tu me sembles le bois sacré de Diane ; 
À l'entrée est une paire de grosses moustaches, 
Qui conduisent à l'arche de la manne. 

Nuit et jour tu opères de grands miracles, 
Car l'eau que fait jaillir ta fontaine 
Donne la vie aux morts et l'esprit aux couillons.

 

Giorgio Zorzi Baffo

 

*********************



 

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !

Quintidi  15 Ventose 219 de l'ère de la Liberté

03/03/2011

Pourquoi des huitres m'on refilé la cagagne !?

Huîtres pour le web.jpg

 

Ce matin, je suis allé au marché. Je suis passé devant l'étal du marchand d'huîtres. J'ai hésité car je mangerais des huîtres sur la tête d'un mort ! Mais je suis passé sans acheter. A cause d'une cagagne qui m'a secoué la tripe et torturé les boyaux trois semaines avant...après avoir mangé des huîtres ! Ouarf... La peinture au pistolet !

 

Bon. Qu'est-ce que je raconte là ? Vous vous en foutez de l'état de mes tripes, et vous avez bien raison. Mais comme je suis curieux, j'ai un peu creusé la question.

 

Ah ! Les amours des huitres ! Extraordinaire ! Ça fait rêver. Figurez-vous madame Huitre, aguicheuse. Elle s'ouvre largement comme une starlette en quête de contrat, dévoile ses dedans gracieux, montre même subrepticement quelques portions de nacre délicatement irisé, les plus salopes dévoilent même impudiquement une jolie perle... Et voilà qu'arrive monsieur Huitre. Excité comme un jeune abbé dans un couvent de jeune fille ou un kamize pensant, avant d'appuyer sur le bouton, aux soixante et douze vierges qui l'attendent les cuisses écartées, le string à la main ! Monsieur huitre, il en peut plus. Il prend son pied et balance la fumée dans une extase marine. Madame Huitre, ouverte et offerte, se gave du nuage de jus intime de monsieur Huitre et connait enfin la grande secousse et le fameux petit frisson.

 

Heureuse, elle va couver sa progéniture avec sa belle chair laiteuse des mois sans R. Puis qu'est-ce qu'elle fait quand elle a chié ses lardons madame Huitre ? Qu'est-ce qu'elle fait ? Je vais vous le dire. Je vais vous le dire. Eh ! Oh ! Calmos. Faut pas s'exciter comme ça. Bon. Madame Huitre elle change de sexe ! Elle devient monsieur huitre ! Et monsieur Huitre, qu'est-ce qu'il fait après avoir pris son panard ? Ben, il va pisser, il boit un coup, un fume une clope puis il rentre chez sa femme. Comme tout le monde, quoi. Et bien non ! Monsieur l'huitre, après avoir tiré son coup, il change de sexe ! Putaing ! Le pied les mecs et les meufs, non ? Connaître les deux plaisirs ! Le rêve de tout jouisseur hédoniste...

 

Mais je m'égare. Oui et non. Pas étonnant qu'avec des mœurs pareilles, ces huitres-là se ramassent toutes les maladies honteuses qui passent. C'est comme ça que, jadis, les huitres plates ont chopé une ch'touille qui les a presque toutes flinguées, puis que leurs remplaçantes, les portugaises, ont subit le même sort, remplacées par les japonaises. Et celle-ci sont en train de crever d'une saleté d'herpès ! C'est la nature quoi...

 

Mouais... Sauf que.

 

Sauf que les producteurs d'huitres, ça les emmerdait les huitres laiteuses des mois d'été. Les clients n'aiment pas trop. Hors ils sont nombreux l'été au bord de la mer. Alors Ifremer, organisme de recherche et de régulation des produits de la mer, a fait travailler ses ingénieurs en blouses blanches. Ces braves gens n'ont pas fait de manips génétiques, non. Huitre OGM, ça fait un peu trop craignos... Ils ont travaillé non pas sur les gènes, mais sur les chromosomes. http://www.infogm.org/spip.php?article3767 Ils font niquer une huitre normale « diploïde », à 2n chromosomes avec une huitre anormale « tétraploïdes » à 4n chromosomes, ce qui donne une huitre à 3n chromosomes dite « triploïde ». Et cette « merveille », stérile,  se développe dans n'importe quelle eau, grossit plus vite puisque n'ayant pas à se reproduire, et donc n'a pas la laitance qui n'est pas très vendeuse, est commercialisable toute l'année. La poule aux œufs d'or ! Elles occupent actuellement le tiers du marché.  Les males triploïdes ne sont pas aussi veinards que leurs compères diploïdes normaux : ils sont tués dès qu'ils ont balancé la fumée dans les écloseries !

 

Résultats, pas de brassages génétiques. Toutes les huitres françaises descendent de quelques centaines de géniteurs. Ces huitres débiles n'ont évidemment pas la résistance des sauvages face aux attaques du milieu marin et des virus et germes des côtes. Elles chopent toutes les maladies honteuses... Et les refilent aux autres, les normales, les diploïdes. Voilà pourquoi les huitres « graines » - le naissain - crèvent à 90% !

 

Et accessoirement pourquoi j'ai chopé une cagagne...qui m'a permis de me cultiver !

 

Sources : http://www.rue89.com/planete89/2011/02/09/mort-des-huitres-lun-des-suspects-charge-denqueter-189389

 

Bonne adresse: http://www.ostreiculteurtraditionnel.fr/

 

*********************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !

Tridi  13 Ventose 219 de l'ère de la Liberté

01/03/2011

NO GAZARAN !

anti gaz de schiste cul photo-le-dl-stephane-marc.jpg

 

Près de 20.000 personnes - autour de José Bové, Michèle Rivasi et de nombreux élus des régions concernées - ont manifesté samedi à Villeneuve-de-Berg, dans l'Ardèche, contre la prospection, prélude à l'exploitation de ces horreurs que sont les gaz de schiste. Rassemblement festif mais déterminé où fleurissaient des slogans tels que « No gazaran ! », « Ne gazpille pas ta vie ! », « pas la peine d'inschister ! » C'est la première manifestation de masse d'un combat qui ne fait que commencer.

 

Ce dossier est significatif de la duplicité des responsables politiques et de leur complicité avec les industriels.

 

Duplicité : il y a un an, Jean-Louis Borloo signait en catimini trois permis autorisant l'exploration du sous-sol d'une zone de 15.000 km2, à la recherche de gaz de schiste.

 

Duplicité encore : les modifications apportées au code minier qui simplifient la vie des prospecteurs.  

 

Complicité : Six mois plus tôt, les sociétés Toreador Energy France (dont le vice-président est...Julien Balkany, le demi-frère du maire de Levallois-Perret !) et Hess Oil France - à la recherche de pétrole de schiste - avaient déjà obtenu un permis pour sonder le sous-sol de l'Aisne, de Seine-et-Marne et de la Marne (« Permis de Château-Thierry »).

 

Complicité encore : dans les archives de la Drire de Midi-Pyrénées, le rapport « Bilan 2007, objectif 2008 » démontre sans équivoque que la fracturation hydraulique a déjà été utilisée en France. Cette première a eu lieu sur la commune de Franquevielle (Haute-Garonne), en mars et en avril 2007, dans le cadre du « Permis de Foix ».

 

Complicité toujours : un forage qui se voulait discret sous l'égide de Total à Garn, dans le Gard concluant à la présence de « forte potentialité d'eau disponible ». Curieuse coïncidence lorsque l'on sait que l'exploitation des gaz de schiste demande d'énormes quantités d'eau...

La seule technique pour récupérer des « gaz de schistes » - la fragmentation hydraulique  - est celle utilisée aux Etats-Unis qui saccage, défigure des régions entières et perturbe gravement la santé des habitants. Couverts par des brevets et jalousement tenus secrets par l'industrie (plus de 600 ont toutefois été recensés), la plupart sont accusés d'avoir des impacts sur la peau, les yeux ou le système respiratoire, nerveux, immunitaire ou cardiovasculaires (site en anglais). Les témoignages d'habitants désespérés du documentaire Gasland de Josh Fox - attaqué à l'artillerie lourde par les gaziers, surtout depuis sa nomination aux Oscars - démontrent sans fard que la fracturation hydraulique peut aussi avoir des effets catastrophiques.

La fragmentation hydraulique ? Ques aco ? Pour réussir une bonne fracturation hydraulique : mélangez beaucoup d'eau (entre 15.000 et 20.000 m3), du sable et quantités de produits chimiques de synthèse. Projetez ce cocktail à forte pression sur des roches compactes, entre 2.000 et 3.000 mètres de profondeur, pour les fracturer. Vous libérerez alors des hydrocarbures « non conventionnels », dont les fameux « gaz et pétrole de schiste ». Et vous saccagerez la région...

Des nappes phréatiques polluées, des terres trouées de centaines de milliers de puits, des caravanes de camions géants jetés sur les routes, un air toxique en rase campagne, sans oublier l'augmentation des émissions de CO2... Voilà le spectacle dramatique créé par l'industrie des gaz de schiste aux Etats-Unis. Les produits chimiques de synthèse, utilisés pour dissoudre les minéraux, limiter le développement de bactéries nuisibles au bon état des tuyaux ou encore « sécher » le gaz, sont particulièrement décriés.

Voilà les saloperies  que des intérêts privés, avec la complicité des sarko-trafiquants, veulent commettre dans nos régions...

 

Ah ! Voilà qui nous rajeunit ! Voilà qui nous rappelle les grandes heures du combat victorieux contre l'armée française au Larzac, le temps glorieux et exaltant du « Gardarem lou Larzac » ! De belles bagarres en perspective.

 

NO GAZARAN !

Photos Stéphane Marc - D.L. - Droits réservés

 

Sources : http://www.mediapart.fr/journal/france/110211/le-mensonge-par-omission-du-ministre-sur-les-gaz-de-schiste

http://www.mediapart.fr/journal/france/250211/gaz-de-schiste-toreador-une-societe-pressee

Autres infos :http://owni.fr/2011/02/27/josh-fox-realisateur-anti-gaz-de-schiste-classe-terroriste/#

documentaire Gasland de Josh Fox

 

www.la-bas.org

 

http://www.ledauphine.com/drome/2011/02/27/10000-manifestants-contre-le-gaz-de-schiste?image=10F672FF-33BC-4D3F-9071-78052D438D2F#galery

 

 

*********************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !

Primidi  11 Ventose 219 de l'ère de la Liberté

anti gaz de schiste photo-le-dl-stephane-marc.jpg

27/02/2011

Ouiquinde gastronomique: La daube du tueur

daube tueur pour web.jpg

 

J'ai un ami tueur, c'est vrai, je le confesse ...

Un homme plein d'humour, de rugueuse tendresse,

Apte à faire passer de la vie au trépas,

Qui n'officie jamais aux heures des repas.

Honnête travailleur, fier de son savoir-faire,

Il tue au quotidien. Tuer, c'est son affaire.

C'est au couteau qu'il tue les jours de la semaine.

Le dimanche, au fusil, mais sans aucune haine.

Mon ami Angelo, tueur aux abattoirs,

Fin chasseur, est aussi un cuistot de devoir.

Pourvoyeur naturel de produits de mangeaille,

Sa cour est composée de docteurs es-ripaille.

Son cabanon, perché au bord d'une falaise

Domine, au levant, la terre avignonnaise.

De doctes assemblées de gens de haulte graisse

En ont fait un haut-lieu consacré à l'ivresse,

Au pantagruélisme, au culte des bougresses,

Aux goinfreries sacrées, aux ventrées d'allégresse,

Aux gaillardes chansons, aux grands éclats de rire,

Aux joutes oratoires, aux poètes, au bien-dire.

I1 faut voir Angelo haranguant ses ouailles.

La panse rebondie, la moustache en bataille,

Etranglant un goulot, le touille-sauce en main.

Annonçant le menu, tel un tribun romain

Gras double, pieds-paquets, civet de marcassin,

Grives, tourdres, bécasses ont hanté ce 1ieu saint.

Mais la spécialité d'Angelo le tueur

Parangon de parfums, chef d'œuvre de saveurs,

Ce plat de paysans, velours de l'estomac,

Les experts sont d'accord: c'est sa daube au Lirac.

- Qu'a-t-elle donc, Victor, la daube d'Angelo

Pour que tu en parles avec des trémolos !

- Classique si ce n'est la qualité du vin,

Peut-être bien, aussi, un certain tour de main.

Choisis bien tes morceaux: paleron, plat de côtes,

Gallinette, jarret et un bout de culotte.

Coupés grossièrement en tronçons bien épais,

Dans un profond faitout tu les mets à tremper

Au moins toute une nuit dans du vin de Lirac,

Avec sel, poivre, thym, oignons jetés en vrac,

Met aussi un dégou de cette huile d'olive

Qui sublime les goûts, parfume et enjolive.

Sors et sèche ta viande le lendemain matin,

Passe ta marinade et jette oignons et thym.

Dans du lard de cochon fondu fais revenir

Deux cèbes du Vigan, mais ne fais pas roussir.

Tu rajoutes ta viande et tu la fais suer

Doucement, à feu doux, sans trop la remuer.

Mets un bouquet garni, sarriette et romarin,

Sale légèrement, poivre avec ton moulin,

Pendant ce temps tu chauffes ta marinade à part.

Attention ! du Lirac, pas du mauvais pinard !

Là, petit, il te faut être un peu dégourdi :

Rajoute louche à louche ton liquide tiédi

Puis fait cuire à feu doux deux heures pour le moins.

Sors du feu et réserve jusques au lendemain.

En se refroidissant, ton bœuf va se confire,

Et pour le réchauffer, deux heures vont suffire,

Mais sur un feu très doux, sous la chaude caresse

De cendres sous lesquelles couve l'ardente braise.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe ct la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la marinade: - 2 kilos de bœuf (culotte, jarret, gallinette, paleron), - 3 oignons coupés grossièrement, - 1 grosse touffe de thym, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance. - 1 verre d'huile d'olive, - 2 bouteilles de Lirac rouge.

Pour le plat: - 1 hecto de lard de cochon. - 2 cèbcs du Vigan (à défaut de Lézignan ou d'ailleurs, mais douces), - bouquet garni riche (thym, laurier, sarriette, romarin, persil plat), - sel, - poivre, - marinade purgée de ses légumes et tiédie.

 

Les vins conseillés:

Rien en dessous de 14° ! Mais le choix reste large. En vallée du Rhône: Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairann, Châteauneuf-de-Gadagne, Saint-Gervais, Vinsobres, Saint-Maurice-sur-­Aigues, Visan, Rochegude.

En vins du Languedoc et du Roussillon : Saint-Chinian, Fitou, Collioure.

En vins de Provence : Bandol. Pierrefeu, Tourves, Brignolles, Saint-­Zacharie, Les Arcs. Et, bien sûr, tous les bons vins d'ailleurs !

 

Illustration originale Vincent Barbantan.

in: Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s

*********************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !

Nonidi  9 Ventose 219 de l'ère de la Liberté