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28/09/2014

Ouiquinde gastronomique redoutable: les anguilles d'Alexis.

catigot d'anguille pour blog.jpg

 

Le métier d'Alexis: facteur, mais en Camargue.

La passion d'Alexis: les taureaux que l'on nargue

En courant la cocarde, le dimanche aux arènes

Pour les yeux de velours d'une belle Arlésienne.

En ces temps difficiles de guerre et de malheur,

Alexis, à vélo, pratiquait son labeur.

Pour livrer dans les mas les colis et les lettres,

Il roulait, chaque jour plus de cent kilomètres.

Il n'hésitait donc pas, pour prendre un raccourci,

À traverser les champs où paissaient les taureaux,

Son vélo à la main, sans beaucoup de soucis,

Car il "sentait" les bioù tout comme un torero.

Or donc voilà qu'un jour, sautant la barricade,

Notre Alexis marchait à travers la manade.

Il venait de quitter les animaux grégaires

Lorsque, venant de loin, un taureau solitaire,

Étalon portugais ombrageux et sournois, ­

Chargea notre facteur, son vélo et ses lettres !

Alexis, razeteur, par un écart adroit,

Évite les poignards meurtriers de la bête.

Le vélo vole en l'air ainsi que la sacoche.

Le taureau la reprend et sa corne l'embroche.

Alors notre Alexis fait son plus beau combat.

Il cite le taureau par le haut, par le bas,

Il virevolte autour des cornes de la bête,

Puis, en un geste sûr, enfin sa main crochète

La musette de cuir de l'Administration.

Le fauve, dépité, a baissé pavillon

Pour se fondre à nouveau parmi ses congénères

Et se faire moquer parmi la gent vachère...

C'est à pieds, son vélo démoli sur l'épaule

Qu'Alexis a fini sa tournée un peu folle...

Il ramenait toujours des fermes et des mas

Quelques lapins de champs, des anguilles bien grasses

Que dans tous les canaux on attrape à gogo.

Le plat qu'il préférait: "l'anguille en catigot".

- Dis donc, ton Alexis, c'était un homme fort!

Mais comment on les fait ces anguilles Victor?

- Tu prends deux, trois anguilles, pas trop grosses, vivantes,

Que tu vas estourbir de manière décente.

N'enlève pas la peau, mais au papier journal

Enlève le mucus du gluant animal.

Les anguilles trop grosses, pèle, ça va de soi.

Vide-les, coupe-les en bouts de quatre doigts

Que tu farineras et mettras à raidir

Dix petites minutes dans un large faitout.

Puis tu sors les morceaux, sales et poivres le tout

Et tu mets de côté sans laisser refroidir.

Dans de l'huile d'olive tu mets à colorer

Deux oignons émincés et deux blancs de poireaux,

Ne laisse pas roussir, tu fais juste dorer.

Mouille d'une bouteille de rouge de Pujaut,

Incorpore girofles, céleri, thym, laurier,

Gousses d'ail écrasées, tomates concassées,

Sel, poivre du moulin, une écorce d'orange

Sommités de fenouil. Et tu cuis ton mélange

Demi-heure à feu doux. Dans une autre sauteuse,

Avec un peu de beurre, dore des champignons

De couches émincés et des petits oignons.

Tu arrêtes, et réserves quand l'odeur est flatteuse.

Quand ta sauce est bien cuite, tu vas éliminer

Thym, écorce d'orange, le fenouil, le laurier,

Puis au moulin légumes il te faut la passer,

Avec la grille fine, qu'elle soit bien lissée.

Range dans le faitout poisson, légume et sauce,

Tu mijotes un quart d'heure pour que les goûts s'exhaussent,

Puis tu sers, décoré de persil vert et gai,

Avec du riz pilaf, mais du riz Camarguais.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce divin nectar de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 anguilles de taille moyenne, - 1 verre d'huile d'olive, - 2 cuille­rées à café de sel fin de Camargue, - poivre du moulin, - 2 oignons, - 2 blancs de poireau, - 1 bouteille de vin rouge, - 1 branche de céleri épluchée et hachée, côte et vert, - 4 gousses d'ail, - 4 tomates concas­sées, - sommités de trois branches de fenouil, - thym- laurier, - écorce d'orange séchée, - 1 noix de beurre, - 3 hectos de champignons de cou­che, - 1 demi kilo de petits oignons, - 1 branche de persil, - 1 demi kilo de riz long de Camargue.

 

Les vins conseillés:

Ce plat typique des mas de Camargue s'accorde tout naturellement avec des vins rouges frais tels, en vallée du Rhône: Costières-de-Nîmes, Domazan, Comps, Estézargues, Fournès, Montfrin, Remoulins, Saze, Saint- Hilaire-d' Ozilhan.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Cabrières, Cazevieille, Saint­Gély-du-Fesc, Valflaunès.

En vins de Provence: Coteaux des Baux, Coteaux d'Aix, Coteaux varois de Saint-Zacharie, Saint-Maximin, Barjols, Sainte-Anastasie.

 

 

Sextidi 6 vendémiaire 223

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

 

30/08/2014

Ouiquinde érotique avec de foutus beaux oiseaux !

chatte tatouée.jpg

 

 

Mysticis umbraculis

 

Elle dormait: son doigt tremblait, sans améthyste

Et nu, sous sa chemise, après un soupir triste

Il s'arrêta, levant au nombril la batiste.

 

Et son ventre sembla de la neige où serait,

Cependant qu'un rayon redore la forêt,

Tombé le nid moussu d'un gai chardonneret.

 

Stéphane Mallarmé

 

* * * * * * *

Sonnet pour une jeune dame


Le Pigeon fout la Colombelle,

Le coq fout la poule souvent,

Et le moyneau, moins continent,

Fout et refout la passerelle.

 

Ceste mignarde Tourterelle

Á foutre a du contentement,

Le cheval saute la Jument,

Le taureau la Génisse appelle.

 

Il n'est animal montagnard,

Tygre, Grifon, ny Leopard,

Lyon, ne Dragon, qui ne foute.

 

Pourquoy avons nous des Couillons,

Sinon pour foutre, compagnons,

Suyvans de nos Pères la route ?

 

Pierre Motin

 

* * * * *

 

Du pucelage

 

Philis, me voyant désolé,

M'avoit promis son pucelage,

Mais l'oiseau s'était envolé,

Je n'ai plus trouvé que la cage.

 

Sans mentir, aimable Isabeau,

Il faut que vostre pucelage,

Soit un fier et farouche oiseau;

L'on n'ose approcher de sa cage.

 

C'est-à-dire, en autre langage,

Aimable et charmante Nanon,

Que si vous n'estiez pas si sage

On pouroit vous prendre le con.

 

Gardez-le bien, ce pucelage,

Puisque c'est un si bel oiseau,

Mais pour le moins, jeune Isabeau,

Laissez-moi toucher à sa cage.

 

Le cas me paraît impossible,

Sans choquer la droite raison,

Ton con sent, belle Louison,

Et pourtant il est insensible.

 

Levons ta jupe, Louison,

- Arestez-vous, estes-vous sage?

Monsieur vous perdez la raison...

- Et roi tu perds ton pucelage.

 

- Á quel jeu, belle Janeton,

As-tu perdu ton pucelage?

- Au doux jeu du vit et du con.

- Mon Dieu! Le plaisant assemblage!

 

 

François de Maucroix

 

 

Tridi 13 fructidor 222

 

Photo X – Droits réservés

 

10/08/2014

Ouiquinde gastronomique : La bouillabaisse.

bouillabaisse web.jpg

 

 

 « Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains…

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

À l’époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galéjaient, sentaient l'ail.

Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes !

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j’ai mes petites !

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiala, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

Quelques grosses pincées de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum !

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ),saint-pierre (5 à 700 g), - 1 queue de baudroie (800 g), - 1 kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d’huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

(1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue et fond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martégua!e : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l’italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais en forme de boudin à base de farine de pois-chiche à l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu’on suspend au dessus de la cheminée ou que l’on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

In : « Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s

 

Duodi 22 thermidor 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

19/07/2014

Ouiquinde foutrement érotique avec Alfred Delvau !

bacchante nue.jpg

 

 

Fouterie de poète


La fille :

Á quoi rêves-tu sous la couverture,
Ô mon cher poète, ô mon doux amant ?
Ne suis-je donc plus cette créature
Que tu désirais passionnément ?

Tu mourais pour moi d'un amour immense,
Dans des vers fort beaux... que je n'ai pas lus ;
Notre fouterie à peine commence,
Et déjà, mon cher, tu ne bandes plus !

Tes couilles, je vois, se vident plus vite
Que ton encrier plein de sperme noir ;
Ta pine n'est plus qu'une humble bibite
Indigne d'entrer dans mon entonnoir !

Pourtant, si j'en crois mes propres rivales.
Je réveillerais le plus mort des morts :
D'un coup de ce cul qu'ici tu ravales
Sans en éprouver le moindre remords.

Ma gorge se tient mieux qu'un militaire ;
Mon con est boisé comme l'est Meudon,
Afin de cacher l'autel du mystère
Où l'on officie en toute saison.

J'ai des cheveux roux comme des carottes ;
Des yeux de faunesse émerillonnés,
Qui guignent les vits au fond des culottes
Et des pantalons les mieux boutonnés.

Je possède l'art du casse-noisette,
Qui ferait jouir un nœud de granit ;
Un coup avec moi n'est qu'une amusette :
Quand on est à douze, on n'a pas fini !

Et lorsque mon con a soif de ton sperme,
Lorsqu'il en attend dix litres au moins,
Tu sers une goutte ou deux, puis tu fermes
Le doux robinet des ruisseaux divins !

Est-ce du mépris ou de l'impuissance ?
Es-tu pédéraste ou castrat, voyons ?
Un pareil état m'excite et m'offense :
Donc, descends du lit, ou bien rouscaillons !


Le poète :

Je sens les sonnets pousser sur mes lèvres,
Á vous contempler dans cet abandon ;
Vous me rappelez les biscuits de Sèvres
Pétris par la main du grand Clodion.

Corrège vous eût peinte en Antiope,
Á voir votre pose et vos charmes nus...
Je vous aime ainsi, divine salope :
La Farcy n'a pas de telles Vénus !

Je vous chanterai dans mes hexamètres,
Superbe catin dont je suis l'amant :
Des vers parfumés comme ceux des Maîtres,
Qu'on lit d'une main, tout en se pâmant.


La fille :

Conserve tes vers pour une autre muse
Qui se montera mieux le bourrichon ;
Ce n'est pas cela, mon cher, qui m'amuse :
Sois moins poète et beaucoup plus cochon !

Ingrat ! tu m'as mis le foutre à la bouche !
J'allais presque entrer dans le paradis ;
Maintenant je suis réduite, farouche,
Á me branler... moi ! Que je te maudis !...

Bande ta pine et débande ta lyre :
L'important au lit est de pisser droit ;
La femme n'est pas au monde pour lire...
Le nœud d'un goujat vaut celui d'un roi !

Ah ! ! je n'y tiens plus ! le cul me démange !
Qu'on m'aille chercher l'Auvergnat du coin :
Car je veux sentir le vit de cet ange
Enfoncer mon con, comme avec un coin !

 

Alfred Delvau

 (Ce fier gaillard, avec Ledru-Rollin, est un des pères du suffrage universel en France)

 

 

Primidi 1er thermidor 222

 

Illustration X - Droits réservés

 

08/07/2014

Au bistro de la toile : syndicats...

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Oh ! Victor, je te voyais pas ce matin, j'ai cru que tu boycottais mon rade et que tu choisissais la politique de la chaise vide.

 

- Non Loulle. On n'est plus dans la cour de l'école, on ne boude pas. Ton rade n'est-il pas l'un des derniers lieux ouverts où l'on puisse confronter dans la bonne humeur toutes les opinions ?

 

- C'est vrai Victor. La conférence sociale ici, c'est tous les jours. Pas comme là-haut, chez les « zélites », chez les décideurs qui font de la surenchère au lieu de discuter de tout, qui prenne des postures au lieu de défendre des idées.

 

- Les syndicats, Loulle, qu'ils soient ouvriers ou patronaux, sont dans la posture parce qu'ils ne sont pas représentatifs. En France, la proportion de salariés syndiqués tourne autour de 7% à 8%. La France a le plus faible taux de syndicalisation des pays de l'OCDE. Á comparer avec l'Allemagne 18,6%, le Royaume-Uni 26,5%, l'Italie 35% et la Finlande 70%. Ils sont donc tous en concurrence pour séduire le plus de monde possible, avec toutes les surenchères que cela implique.

 

- Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour augmenter le nombre de syndiqués et donc leur donner plus de puissance...

 

- ...et de responsabilité ! Il faut savoir qu'ici, Loulle, lorsque des accords sont conclus, ils s'appliquent à tous les salariés. Autrement dit, 92 à 93% des salariés bénéficient des avancées, ou subissent les reculades des syndicats, sans avoir rien fait pour.

 

- C'est bien ça ,Victor. C'est toujours les minorités agissantes qui font avancer les choses.

 

- C'est vrai. Mais ces avancées se font toujours dans la douleur, par les grèves, les mouvements sociaux, les manifestations. Ce ne sont jamais des solutions équitables résultant de négociations dures, opiniâtres mais sereines. Il y a toujours un vainqueur et un vaincu. Avec toutes les rancœurs et les désirs de revanche que ça implique.

 

- Alors, tu vois une solution ? Rendre l'inscription syndicale obligatoire?

 

- Certainement pas Loulle. Mais imagine que les résultats des négociations entre syndicats salariés et patronaux ne soient applicables qu'aux seuls syndiqués, les autres se démerdant individuellement. Tu verrais que les choses changeraient vite ! Pour bénéficier des avancés obtenues par les syndicats, les salariés se presseraient pour se syndiquer ! Et idem, de leur côté, pour les petits patrons. Dès lors, avec 80% de syndiqués ou plus, les représentants syndicaux auraient un autre poids et les discussions seraient forcément plus positives. Une fois par an, à l'occasion d'une conférence sociale, les partenaires mettraient tout sur la table et, poussés par leur base énorme, ils ne sortiraient que lorsqu'un accord serait signé. Sans compter que les seules cotisations des syndiqués donneraient des moyens considérables aux syndicats, soulageant les finances publiques et mettant fin à bien des pratiques douteuses...

 

- En voilà une idée qu'elle est bonne Victor ! Tè, à la nôtre, c'est ma tournée !

 

 

Décadi 20 messidor 222

Illustration : merci à Chimulus

 

01/07/2014

Olé ! Ah ! Qu'il y a des nouvelles jouissives !

sarko en taule

 

Le renard piégé dans le poulailler.

 

 

Sarko est mis en examen !

Comme un voleur de grand chemin,

Il y rejoint quelques complices,

« Élites » plus voyous que Jocrisse.

 

 

 Enfin ses méfaits le rattrapent.

 Mettez-moi tout ça à la trappe

 Où ils vont goûter les douceurs

 Comme de vulgaires casseurs

 

 

 Des geôles de la République.

 Juste retour pour cette clique

 Pour cette sinistre engeance

 

 

 Qui a cambriolé la France.

 Sarko est mis en examen ?

 Amen !

 

 

* * * * * * *

 

Mise en examen : En France, la mise en examen (terme juridique remplaçant inculpation depuis 1993) est une compétence exclusive du juge d'instruction. Elle vise la personne contre laquelle il existe des indices graves ou (1) concordants rendant vraisemblable qu'elle ait pu participer, comme auteur ou complice, à la commission d'une infraction (article 80-1 du code de procédure pénale (2). Si tel n'est pas le cas, une personne peut être placée sous le statut de témoin assisté. https://fr.wikipedia.org/wiki/Mise_en_examen

 

Le juge peut décider de mettre en œuvre des mesures contraignantes envers le mis en examen tels qu'un contrôle judiciaire ou une détention provisoire.

 

Duodi 12 messidor 222

 

Merci à Chimulus

 

 

10/06/2014

Au bistro de la toile : je fais du rab !

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Putaing, Loulle ! Il y a quelques semaines, j’ai franchis le cap des…septante et quelques vendanges ! Alors que normalement, avec les critères sociologiques et les normes actuels JE DEVRAIS ÊTRE MORT depuis lurette (on dit toujours qu’elle est belle celle-là, je sais pas…).Je fais donc du rab Loulle. Je suis un de ces salauds qui bouffent le pognon de la Sécu. Et oui Loulle. Et tu es complice, toi qui me conforte, voire me pousse à lever le coude pour emplir la caisse de ton merveilleux rade de perdition !  Tu te rends compte, maître empoisonneur, de ce que tu fais ! J’ai entendu un « professeur » émérite asséner des vérités terribles comme par exemple que l’on risque le cancer dès le premier verre de vin !

 

- …taing ! Bon anni (verre serré) versaire Victor ! T'as tenu jusque là, c'est donc que tu peux encore tenir quelques temps, mais, couillon,  ne bois pas le verre de vin qui donne le cancer, bois les autres !

 

- Voilà un bon conseil, Loulle. Tè. Mets ma tournée. Eh ! Maintenant, l’essentiel c’est le propre, l’inodore, le sans saveur, le « zéro risque ». Le principe de précaution institué au niveau de la Constitution !

 

- Économise-toi Victor. On a encore besoin de toi !

 

- Quand j’étais miston Loulle, il y avait des peintures au plomb partout et les tuyaux d’adduction d’eau étaient aussi en plomb. Ça faisait de jolies hernies quand il gelait, alors on appelait…le plombier !

Les prises électriques étaient évidemment sans protection, les fils de la lampe pendaient, les isolants étaient en bois et, bien sûr, il n’y avait pas de prises de terre.

On se chauffait au charbon dans une seule pièce et il n’y avait pas d’aération, sauf par les portes et fenêtres bancales.

On mettait l’eau de Javel, le permanganate et le crésyl (produits indispensables et courants à l’époque) dans des bouteilles de pinard vidées généreusement.

Quand aux quelques médicaments (vermifuge Lune, alunosal, lactéol, élixir parégorique, cachets d’aspirine « usine du Rhône », etc.) ils étaient sur l’étagère de la cuisine, à côté de la boite à sel et de la bouteille d’huile.

On buvait l’eau au robinet ou à la pompe dans la rue, et non des bouteilles cachetées.

On bouffait du pain, du beurre quand il y en avait, des gâteaux bien sucrés et on n’était pas obèses pour autant parce qu’on se bougeait le cul !

On jouait, quand il n’y avait pas école, toujours dans la rue, dans les terrains vagues, au bord du Rhône.

On fabriquait des traîneaux à roulements avec des planches et des roulements à billes qu’on allait chercher chez Bébert, le garagiste, et on descendait à fond la caisse. Les gamelles étaient nombreuses et ça nous apprenait à vivre.

 

- Putaing, les genoux et les coudes écorchés soignés à l’eau oxygénée et au mercurochrome rouge !

 

- On grimpait aux arbres, aux poteaux de la ville et on se cassait parfois un bras ou quelques ratiches sans faire d’histoires ni porter plainte contre le maire.

On allait faucher les cerises chez les paysans ce qui nous valait parfois une volée de gros sel dans le cul.

Il nous arrivait, pour des questions de « t’es pas chiche ! » de bouffer des hannetons ou des vers de terre. Sans dommage.

On avait plein de potes partout : il suffisait de sortir dans la rue, tous les gosses étaient là, c’était notre terrain de jeux. Et si on allait chez un pote, on entrait nature, sans invitation, et sa mère nous faisait goûter sans histoires.

On rentrait chez nous à la nuit sans que nos parents ne se tracassent la tête.

 Quant on avait des poux, on nous mettait la boule à zéro et on nous couvrait de DDT !

 

- Ouais Victor, mais pense donc, quelle horreur: on n’avait pas de portables ! Et même pas de nintendo, de play station, d’ordinateurs, de baladeurs, de télé 80 chaînes, etc. Quelle triste vie !

  

- On a pourtant survécu Loulle ! A l’école, dans nos classes à quarante élèves, quand un mec ne suivait pas bien, on l’aidait et s’il était trop branque, il redoublait. Sans que les « parents d’élèves » ne s’offusquent. Et si on était trop chiants et que le « maître » nous traitait par la podoculothérapie (l’art de soigner par le coup de pied au cul), les parents non seulement ne le faisaient pas mettre en taule, mais ils redoublaient la sanction podoculesque !

 

- J’ai connu ça moi aussi Victor. Pareil pour les gardes champêtres et les flics qui nous coursaient quand on faisait des konneries et nous secouaient le matricule sans qu’on soit pour autant des « victimes de la société ». On faisait les kons ? On assumait les conséquences. On roulait partout avec nos vieilles cranques de vélo, sans casque évidemment. Et les bagnoles, plus tard, nos vieilles Deuches ou 4L n’avaient ni ceintures ni air bag, quant aux freins ils étaient plus que douteux.

 

- Et je te dis pas le nombre très conséquent de verres de vin que j'ai bu tout au long de mes décennies d'existence ! Tellement au delà du "premier verre qui donne le cancer" que je devrais fumer les pissenlits par la racine depuis... Pfff! Et c’est pourtant notre génération qui a fait exploser les inventions qui font la réalité d’aujourd’hui !

 

- On avait la liberté, on assumait les risques, on acceptait les échecs, on jouissait des succès, on était RESPONSABLES ! Je me rends compte que normalement, avec une vie aussi « risquée », un environnement aussi « hostile », des façons de vivre aussi « aberrantes », je devrais être mort depuis bien longtemps ! Seulement ma femme m'a menacé: "Si tu meurs, je te tue!"  Alors je me tiens à carreau…

 

- Et vous nous dîtes ?

 

- Je continue !

 

- A la nôtre !

 

 

Primidi 21 prairial 222

 

Merci à Chimulus

18/05/2014

Gastronomie érotique : allons nous faire voir chez les Grecs !

cuisine,poésie,grèce

Hélène

 

Lorsque la belle Hélène, femme de Ménélas,

Fut ravie par Pâris, elle goûta l’extase.

Ravie d’être ravie, la pétulante Hélène

Suivant le beau Pâris, courut à perdre haleine.

 

Son cocu magnifique, vert de rage et jaloux,

Envoya son armée châtier le filou.

Les deux amants s’aimaient, le barbon n’aimait guère…

Pour venger son honneur, il déclencha la guerre.

 

Des grecs contre des grecs, en une lutte à mort

Vont, neuf années durant, s’étriper sans remords.

Pour les seins blancs d’Hélène, ses étreintes brûlantes,

 

Pour sa peau de satin et sa fougue d’amante,

Des guerriers, des héros, des princes et des rois

Pour la gloire et l’Amour périront devant Troie.

 

 

 

- Oh, Victor ! Ménélas, ce vieux cocu notoire

Ta belle Hélène l’a bien pris pour une poire !

Et tous ces va-t-en-guerre au front obtus de bœuf

Se trucidant entre eux pour les yeux d’une meuf,

En guise de cerveau avaient dans le cigare

Quelques pots de yaourts brassés au goût bulgare !

Ménélas le cornu peut bien battre sa coulpe,

Se venger dans le sang, réduire Troie en cendre

Les femmes ont en commun ceci avec le poulpe :

C’est qu’au plus on les bats, au plus elles sont tendres !

- J’adhère à tes propos, petit, sans réticence

Tant ils semblent frappés à l’aune du bon sens.

Tes réflexions hardies sont dignes de Silène,

Alors levons nos verres et trinquons à Hélène.

Son Spartiate aurait pu la garder jour et nuit

S’il avait réveillé ses ardeurs assoupies,

Et chatouillé en lui le cochonnet qui bouge

En cuisinant pour elle une poulpe au vin rouge.

Le nom grec en est “ Oktapodhi krasato ”

Mais on le mange aussi à Naples ou à Porto.

- Comment prépares-tu ce plat aphrodisiaque

Que les Grecs tirent de leur culte dionysiaque ?

- C’est un plat délicieux, ni cher, ni compliqué.

Bat longuement le poulpe, sans faire de chiqué,

Tu le laves et le coupes en petites portions

Que tu sèches avec du papier à absorption.

Chauffe quatre cuillers de bonne huile d’olives

Dans une casserole bien antiadhésive,

Quatre ou cinq gousses d’ail pelées et écrasées,

Puis tes morceaux de poulpe. En cuistot avisé

Fais revenir le tout jusqu’à ce que ça dore.

Un verre de vin rouge puissant de Roquemaure,

Bois-en un toi aussi, c’est pas toi qui conduit,

Et tourne gentiment pendant que ça réduit.

Tu cisèles une branche de fenouil odorant

Dont le parfum subtil est très revigorant.

Pèle, émonde, écrase deux tomates bien mures

Que tu vas rajouter, enfin, à ta mixture.

Laisse cuire à feu doux trois-quarts d’heure environ,

La sauce épaissira et deviendra marron.

Jette-s’y une grosse poignée d’olives noires,

Sel, poivre du moulin, piment obligatoire,

Deux pincées seulement, pour chauffer les papilles

Sans mettre pour autant son estomac en vrille.

Quelques minutes encore sur le feu, en tournant,

Puis sert ton plat très chaud. L’effet est surprenant !

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 beaux poulpes bien battus, - 1 quart d'huile d'olive, - 3 ver­res de vin rouge puissant de Roquemaure (plus un pour le cuistot), - quelques branches de fenouil ciselées, - 6 tomates bien mûres, - 2 poignées d'olives noires dénoyautées, - sel, poivre, - 3 cuillerées à dessert de piment d'Espelette.

 

Les vins conseillés:

Intéressants pour ce plat, des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire".

En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-les-Vignes, Côtes-du-Ventoux, Coteaux-du-Luberon, Coteaux-du­-Tricastin, Costières-de-Nîmes.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-saint-Loup, Saint-­Christol, Saint-Drézery.

En vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

 

Nonidi 29 floréal

 

Photo X - Droits réservés

 

17/05/2014

Ouiquinde érotique déhescannien avec Gabriel Seinac De Meilhan

Rapaces-amour_1024.jpg

 

La Foutro-manie (extraits)

 

(...)

 J'aime en amour le train de la canaille
Et point les tons des gens de qualité.
Lorsque je fous, il faut qu'un Con travaille,
Qu'il me féconde, et avec volupté,
Pompant les sucs de ma couille fertile,
Dans son allure, il fait leste et facile.
Car de passer ses jarrets et ses reins
Á dérouiller le Con d'une Robine,
Qui ne demande à Dieu tous les matins,
Que le bonheur de presser des engins,
Et cependant contrefait l'enfantine,
Quand on la fout à triple carillon,
C'est se plonger dans l'abîme d'un Con.
Vous la verriez défendre son téton,
Comme à quinze ans une jeune Pucelle,
Vous rebuter pour une bagatelle,
Pour un baiser, pour un mot polisson,
En minaudant, trancher de la cruelle.
Mais offrez-lui quelque gros saucisson,
Un Vit de bronze, elle aime ce lardon;
Elle vous va livrer sa citadelle.
Les deux battants pour vous seront ouverts,
Et vous pourrez sur la froide Aridelle,
Faire expirer vos caprices divers:
Á vrai dire, vous aurez à combattre
Tous les valets, qui la foutent par quatre,
Et qui depuis environ dix-neuf ans,
Tous les neuf mois lui flanquent des enfants.
(...)

 

Octidi 28 floréal 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

13/04/2014

Gastronomie dominicale : la bouillabaisse !

bouillabaisse web.jpg

 

 

 « Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains…

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

À l’époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galégeaient, sentaient l'ail.

Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

 

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes!

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j’ai mes petites !

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiala, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

Quelques grosses pincées de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum !

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ),1 saint-pierre (5 à 700 g), - 1 queue de baudroie (800 g), - 1 kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d’huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

(1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue e tfond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martégua!e : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l’italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais enforme de boudin à hase de farine de pois-chiche cl l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu’on suspend au dessus de la cheminée ou que l’on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

Quartidi 24 germinal 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

10/04/2014

Journées internationales de la semence du 1er au 4 mai en Ariège

légumes et fruits érotiques.jpg

 

 

Au mois de janvier de cette année, la Confédération paysanne a réussi à arracher au Gouvernement une promesse à travers une déclaration claire : « il présentera un amendement afin que les semences de ferme ne soient plus concernées par la loi contre les contrefaçons ». Cette victoire est celle des paysans face à l'agro-industrie, elle est aussi celle des citoyens qui ne souhaitent pas céder leur droit à l'alimentation aux multinationales. Il convient évidemment de rester vigilant – les promesses n’engageant que ceux qui les croient – et de continuer à lutter pour que les droits des paysans d'échanger, ressemer et sélectionner leurs semences soient totalement reconnus.

 

Ce combat est mondial. Il faut le mener aussi en Europe où les puissants lobbys semenciers font la loi. Il faut savoir que des associations bien connues des jardiniers, comme Kokopelli ou Semailles , qui collectent, protègent et distribuent des semences traditionnelles, se retrouvent dans l’illégalité et à ce titre régulièrement poursuivis devant les tribunaux. Leur crime : commercialiser des semences de légumes et de fruits oubliés, qui font le bonheur des jardiniers mais…qui ne paient pas de redevance (de racket plutôt) aux semenciers. Ceci avec la complicité des pouvoirs publics à la solde des lobbys multinationaux qui sont derrière les semenciers. Ainsi les décisions de Bruxelles ont essentiellement pour but de protéger les profits des grosses multinationales semencières (Monsanto, Pionner, DuPont, Sygenta, Limagrain-Vilmorin, KWS, etc.)

 

Les semenciers ont pour cela fait une OPA sur le catalogue officiel qui fait force de loi en la matière, et s'ingénient à en évincer les variétés dites anciennes, car ces dernières reproduisent des graines parfaitement fiables pour reproduire la plante mère. Le hic, c'est que ces variétés qu'on peut ressemer ne rapportent donc plus d'argent au semenciers, qui ont donc intérêt à les faire disparaître au profit de leurs hybrides ! CQFD.

 

Il suffirait pourtant d'inclure ces variétés anciennes au catalogue officiel pour les commercialiser en toute légalité. Seulement voilà, elles se trouvent dans le domaine public et après 20 ans, si personne ne les a réinscrites au catalogue (ce qui coûte très cher !), elles en sont éliminées. A cause de cette réglementation, plus de 80% de la biodiversité en matière de semences a disparu…

 

Si ces problèmes essentiels vous intéressent, sachez que l’association Kokopelli, maintenant installée en Ariège, organise dans ce beau département (cher à mon cœur) les Journées internationales de la semence les 1, 2, 3 et 4 mai 2014 au Mas d’Azil. Ce grand festival de quatre jours est destiné à célébrer l’amitié en lançant une nouvelle coordination européenne des organisations dédiées à la sauvegarde de la diversité semencière, ainsi qu’à fêter la fertilité et l’abondance semencière que nous offre, de manière toujours renouvelée, la Terre mère.

Tous renseignements ici : http://kokopelli-semences.fr/journee_internationales_seme...

 

Primidi 21 germinal 222

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

04/04/2014

Alors Manu, on le bouffe ce mille-feuille administratif ?

millefeuille administratif.jpg

 

 

 

Bon. Alors Manu, puisqu'il faut faire de sérieuses éconocroques, on commence par quoi ? Je te propose de faire une cure sérieuse d'amincissement au mille-feuille administratif. On a le plus de communes de toute l'Europe : 36.681 dont 31.500 ont moins de 2000 habitants et 41 seulement dépassent 100.000 habitants. Cerise sur le gâteau : 6 communes françaises n'ont aucun habitant !

 

A titre de comparaison, l'Allemagne en a 12196 (81,5 millions d’habitants), l'Italie 8101 (61 millions d’habitants) et l’Espagne 8111 (47,3 millions d’habitants).

 

Ces communes sont rattachées à 4055 cantons, 101 départements, qui eux-mêmes sont regroupés dans 26 régions.

 

Le jacobinisme chers aux Français a créé au fil des années un mille-feuille administratif pour le moins pittoresque : en 1890, création des premiers SIVU (Syndicat Intercommunal à Vocation Unique), en 1950 les Districts Urbains, en 1959 les SIVOM (Syndicat Intercommunal à vocation multiple), en 1966 les CU (15 Communautés Urbaines), en 1983 les SAN (4 Syndicats d’Agglomération Nouvelle), en 1992 les CC (1903 Communautés de Communes), en 1999 les CA (222 Communautés d’Agglomérations), en 2010 les Métropoles. Il faut rajouter les 2145 EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunales) à fiscalité propre qui supervisent 99,8 % des communes. On peut encore ajouter les arrondissements des grandes villes.

 

A chaque niveau son administration, donc ses fonctionnaires, donc ses dépenses. A titre de comparaison, dans les 12 principaux pays d’Europe, 8 fonctionnent à deux niveaux, 4 ont une organisation à 3 niveaux.

 

Manu, il y a là un « gisement » d'économie conséquent comme disent les « zékonomistes distinqués ». De plus, la simplification drastique de ce foutoir faciliterait grandement la vie des Français et des entreprises. C'est bien ce qu'on veut, non ?

 

Alors va-z'y Manu. Tranche allègrement dans les tranches du mille-feuille. Bien sûr, ça va foutre la zone dans le landernau des petits satrapes locaux qui trouvent que ce mille-feuille est un gâteau savoureux, leur assurant des prébendes, des situations juteuses, des honneurs. Mais tu t'en fous Manu, au contraire tape fort : les communes sont passées à droite ! Tu n'as donc plus de gants à prendre avec les petits roitelets de gôôche qui pouvaient te mettre des bâtons dans les roues !

 

Allez, faut pas trop brusquer les habitudes : pour commencer, tu divises au moins par deux le nombre de communes, tu supprimes les départements (ils vont passer à droite aux prochaines cantonales...) et tu réduis le nombre de régions. Tiens, par exemple chez moi, ne serait-il pas judicieux de faire une grande région Méditerranée en regroupant Provence-Côte-d'azur et Languedoc-Roussillon, tout en laissant les Alpes à Rhône-Alpes ?

 

Les grandes réformes structurelles, c'est le moment de les faire ! Évidemment, ça ne fera pas remonter la côte popu dans les sondages, mais ça ferait un sacré grand bien au pays.

 

C'est bien pour ça qu'on vous a élus, non ?

 

 

 

Sources : http://www.economiematin.fr/

 

 

 

Quintidi 15 germinal 222

 

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

 

 

 

 

 

 



 

23/03/2014

Gastronomie de printemps : l'alose d'Avignon comme ma mère.

alose.jpg

 

- Regarde bien, petit, cette superbe alose

Les anciens l'appelaient “la princesso dou Rose”

Éclair de vif argent, longue, fine et puissante

Bien que lourde des flancs, elle reste élégante.

Sais-tu que c'est l'amour dont elle est satisfaite

Qui va te l'amener, demain, dans ton assiette ?

Respecte-la, petit, et débouche le vin

Car manger de l'amour est un plaisir divin.

C'est un poisson magique, délicieux à manger

En bonne compagnie. Et subtil à pêcher !

Lorsque le Rhône était le Fleuve-Dieu sauvage,

Point encore castré par digues et barrages,

Indomptable et fougueux quand le mistral le fouette,

Crainte des riverains et bonheur des poètes,

Braconniers et pêcheurs, au mois des primes roses

Armaient les vire-vire pour pêcher les aloses.

C'étaient des bateaux larges aux ailes de moulin

Arrimés à la rive par quatre gros filins.

Deux paniers grillagés, avec le courant, tournent.

Lorsque l'un est en haut, son opposé s'enfourne

Dans l'onde trouble et vive où peinent les aloses

Cherchant un abri sûr pour que leurs œufs éclosent.

Beaucoup n'arriveront jamais à leur frayère,

Cueillies par les paniers montant vers la lumière.

Enlevée dans les airs, l'alose se tortille

Dans une pluie dorée de gouttes qui scintillent.

Elle tombe, ahurie, dans le fond de la barque

Où le fil de sa vie est coupé par les Parques.

Le pêcheur, averti, en interrompt sa sieste,

Achève le poisson d'un coup de barre preste,

Bois un coup de rosé si sa gorge s'assèche,

Puis se rendort, heureux: pour lui le Rhône pêche !

Cette façon subtile, je crois unique en France

N'a pu être inventée que chez nous, en Provence !

Il paraît que certains, les nuits de pleine lune,

Jouant flûte et violon au bord de la lagune

Ont eu, comme Aristote, la fantastique chance

De voir, debout sur l'eau, les aloses qui dansent...

Les belles ménagères avaient leur opinion:

"Les meilleures sont les aloses d'Avignon."

En dessous d'Aramon, elles sentaient la vase,

Et après Caderousse, ce n'était que carcasses,

Mais dans le Rhône vif courant sur les galets

Roulés de Villeneuve, ou au pied du Palais

Des Papes d'Avignon, elles étaient à point:

Dévasées, mais encor avec de l'embonpoint.

    Et comment tu la cuis, ton alose, Victor ?

    Oh ! Vaï t'en plan, pitchoun, y a pas lou fio a bord !

Sers-moi d'abord un coup de rosé du Ventoux

Ou de Côtes-du-rhône, et je te dirais tout.

L'alose, tu la laves, tu l'écailles, la vides.

Tu réserves les œufs dans un torchon humide,

Prends-en un soin jaloux, c'est les meilleurs morceaux

Pour les gourmets, c'est le caviar des Provençaux.

Puis tu tranches la tête et la fends en longueur,

Coupe l'alose en darnes de deux doigts d'épaisseur.

Tu auras pris chez un compère jardinier

Une brassée d'oseille, des épinards triés.

Tu vas hacher ces herbes assez grossièrement:

Elles vont te servir en accompagnement.

Tu prends une cocotte, mais une vraie, en fonte!

Des cocotte-minute n'accepte pas la honte.

Tu graisses bien le fond, mais à l'huile d'olive

C’est le nec plus ultra, faut pas que tu t'en prives.

Au tonneau de vin blanc, tu remplis un cruchon,

Puis tu places la tête, ouverte, sur le fond.

Tu recouvres d'un lit d'oseille et d'épinards

Sel, poivre noir, muscade, va-z-y, sois pas flemmard.

Tu dois y mettre aussi des oignons émincés,

Certains cuistots rajoutent... oui, du petit-salé.

De ton huile d'olive, une bonne giclée

Car pour ta réussite c'est là l'une des clés.

Mets tes darnes à plat, sur l'herbe, bien serrées,

Qu'elles ne bougent pas quand ça va macérer.

Un autre lit d'oseille, encore un de poisson

Chaque fois sel et poivre et de l’huile, un soupçon.

Lorsque tout est placé, bien délicatement,

Tu poses sur le tout les œufs avec leur poche.

N'aie pas peur de forcer sur l'assaisonnement

Car ce n'est qu'un poisson, et pas de la bidoche.

On atteint maintenant un moment crucial,

Pour réussir ton plat, voilà le principal:

Tu arroses le tout de trois verres de gnole.

Des verres de soiffards, pas des verres symboles.

Enfin tu mouilles avec du blanc sec de Laudun,

Mais pas trop tout de même: ce qui est opportun.

Tu fermes ta cocotte bien hermétiquement

Avec la mie de pain mouillée légèrement.

Arrive maintenant le temps de la cuisson,

Sa longueur fondra les arêtes du poisson.

C'est sous la cendre chaude, dans un cantoun de l'âtre

Que doit cuire l'alose, dans les braises rougeâtres.

Cuis-la huit heures au moins d'une chaleur tranquille.

Le tout sera confit. Une alchimie subtile

Des herbes et de l'alcool dissoudra les arêtes.

Petit, sers-moi à boire, ou sinon je m'arrête !

C'est un plat rituel pour tous les gens du Rhône.

Enfin, écoute-moi: l'alose est très friponne,

Après tout le plaisir qu'elle te donne à table

Elle fera de toi un gaillard redoutable !

Tu seras comme un cerf quand résonne son brame:

Ce plat est souverain... pour le bonheur des dames.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Deux belles aloses d'un kilo et demi chacune, - un kilo d'oseille, - un kilo d'épinards en branches ou - mieux - de vert de blettes, à défaut, de la laitue, - trois oignons émincés, - 2 hectos de petit-salé haché, - deux verres d'huile d'olive, - trois cuillerées à soupe de sel fin, - poivre noir du moulin, - muscade (à votre appréciation, mais généreusement), - une bouteille et demi de vin blanc sec, - trois verres d’"aigarden" (eau-de-vie).

 

Les vins conseillés: 

Ce plat de poisson à la saveur puissante, animale, s'accommode parfaitement de vins blancs ayant du caractère: Côtes-du-rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Chateauneuf-du-Pape.

Coteaux du Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette de Bellegarde.

Côtes de Provence de Palette, Coteaux varois de Salernes, Saint-Maximin, Bellet.

Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du-rhône d'Estézargues, Côteaux-d'Avignon, Chusclan, Rochegude, Saint-Mau­rice-sur-Aygues, Sablet. Costières de Nîmes. Côteaux du Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Côteaux varois de Tourves, Barjols, Nans-les-Pins.

 

Tridi 3 germinal 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

****************

Avant ou après le gueuleton dominical

ALLEZ VOTER !

 

20/02/2014

Culture de pomme de terre sous carton. Olé ! Voilà une vrai culture pour FAINEANTS.

patate géante.jpg

Voilà ce que j'envisage pour cet été!

 

Tè ! Ça nous changera des merdes d'Ukraine, des konneries des jiho, de la Ma(rga)rine : je viens de tomber par hasard sur une des plus grandes avancées techniques de ce siècle, apte à transcender la suprématie de ces élites que sont les FAINEANTS, mes frères. Et en plus c'est écolo. J'ai nommé : la culture des patates sans rien foutre !

 

Pour vous faire partager cette grande découverte, je laisse la parole à Stéphane, sur le site « Végéculture » http://www.vegeculture.net/spip.php?article65

 

 

« Vous trouvez fastidieuse la méthode traditionnelle de culture de la pomme de terre. Et bien tentez l’expérience permaculture pour voir !!!

 

Traditionnellement, la culture des pommes de terre consiste à travailler le sol pour l’ameublir ; ensuite on fait une tranchée pour y déposer les tubercules que l’on recouvre avec la terre précédemment déplacée ; puis à quelques reprises au cours de l’été, il faut buter les rangs, ce qui consiste à prendre la terre des allées et à la ramener par dessus le rang pour faire de plus grosses buttes.

 

L’objectif du buttage est de donner plus d’espace aux plants pour faire des tubercules, garder les tubercules à l’abri de la lumière (sinon ils verdissent) et lutter contre les adventices en les recouvrant de terre.

 

Lors de la récolte, les buttes sont totalement défaites afin d’y récupérer les tubercules.

 

Cette technique occasionne plusieurs problèmes :

 

  • Favorise l’érosion du sol en le gardant à nue.

  • Accélère la décomposition de la matière organique (et l’épuisement du sol) car le travail du sol apporte de l’oxygène.

  • Le travail du sol rend la vie très difficile aux vers de terres et autres organismes du sol.

  • Le sol à nu favorise son assèchement, créant ainsi un milieu défavorable à la vie du sol, en particulier les champignons (dont les bénéfiques mycorhizes)

 

Alternative !

 

La méthode avec carton inspirée de la permaculture propose une toute autre approche.

 

Les étapes :

 

  1. Si la végétation est très haute, il faut couper l’herbe, ou du moins bien l’écraser.

  2. Recouvrir la parcelle avec de gros cartons en les faisant se chevaucher d’au moins 20 cm pour éviter que la végétation ressorte.

  3. À l’aide d’un exacto (cutter) ou d’un bon couteau, faire des petits X dans le carton pour créer une ouverture.

  4. Déposer une pomme de terre dans chacune des ouvertures afin que le tubercule soit en contact avec le sol.

  5. Replier le carton par-dessus le tubercule

  6. Recouvrir l’ensemble du carton avec une bonne couche de foin

  7. Bien arroser le tout.

  8. Lors de la récolte, il suffit d’écarter le foin et on y trouve les pommes de terre. Ne reste plus qu’à les ramasser !

 

 

Note : Si le sol est sec et qu’on ne prévoit aucune pluie pour plusieurs jours, il est recommandé d’arroser un peu à chaque étape...

 

Note2 : Au cours de l’été, selon le niveau de décomposition du foin et l’état des plants, il faut rajouter du foin à une ou deux reprises afin de s’assurer que les tubercules ne soient pas exposés à la lumière du jour.

 

La récolte se faire en poussant le mulch( ??? NDLR – Ce doit être le terreau qui se sera formé en surface)

 

Bien sûr, il faut aussi considérer l’état du sol. Par exemple un sol très argileux et compacté de donnera pas des résultats extraordinaires dès la première année. Il faut laisser le temps à la nature de faire son travail ! Même chose pour les sols très pauvres, mais au fur et à mesure que le foin se décomposera, le sol s’enrichira.

 

Si vous tenter l’expérience, nous apprécierions énormément connaître vos résultats et commentaires !

 

Voir en ligne : Voyez les étapes en images !

 

 

Ouarf ! Dès que je remonte sur les Hautes terres pour mon glandage d'été, je mets ça en pratique. Je me suis établi une solide réputation de « plus mauvais jardinier du village » à laquelle je tiens beaucoup : les autres se disent : « Ce Victor, il est bon pour nibe ! ». Et ils me portent, qui des salades, qui des haricots verts, qui des blettes, qui du persil. Peinard ! Je vais les espanter avec mes cartons à patates !

 

A diables !

 

Duodi 2 ventôse 222

 

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18/02/2014

Sénateurs nuisibles et doigt d'honneur à Google.

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On savait que les sénateurs étaient de pittoresques et coûteuses « danseuses » de la République, mais ils montrent désormais sans vergogne leur côté nuisible. Ils se comportent comme des rouages de nos institutions au service de lobbies, particulièrement des semenciers. Le 20 novembre dernier, ils votaient sans états d'âme un projet de loi élargissant aux plantes le délit de contrefaçon. Hier ils ont récidivé en rejetant un projet de décret interdisant les maïs OGM sur le territoire français, proposé par le gouvernement afin de contrecarrer la carence (ou la complicité) de la commission européenne. Résultat : des gros céréaliers du sud-ouest sont prêts à semer ces merdes, quitte à mettre en péril le patrimoine génétique de nos territoires. Monsanto a pourtant compris que les peuples européens ne veulent pas d'OGM et ont donc décidé de ne plus en vendre dans l'U.E. Hypocrisie car ils vendent tout de même à travers un pays collabo en la matière : l'Espagne, complètement infesté par les OGM et inféodé aux multinationales semencières. Il est tout de même aberrant qu'un seul pays, avec la complicité de quelques pays du nord n'ayant jamais vu un plant de maïs (Suède, Danemark, Grande-Bretagne, etc.), puisse saloper non seulement son territoire national mais aussi celui de ses voisins.

 

Autre chose. Demain M'aame Merkel vient furer avec notre fine gâchette nationale (non, pas Martin Fourcade, François.) Prévu aux discussions : une riposte face aux programmes étazuniens d'espionnage tous azimuts comme Prism ou XKeycore. Angèla a annoncé qu'elle évoquerait avec François la création d’un réseau européen de communications pour éviter que les données personnelles transmises via Internet transitent par les Etats-Unis. Enfin ! En voilà une idée qu'elle est bonne. Chacun a expérimenté cet espionnage domestique : faite sur Google une demande concernant tel ou tel produit, et dans les heures suivantes et pour plusieurs jours chaque fois que vous ouvrez un site, vous êtes abreuvés jusqu'à plus soif, quasiment agressés par des palanquées de pubes concernant les produits en question. L'espionnage de chacun de nous, il est là. Des firmes comme Google, Yahoo, Amazon, Facebook, Twitter constituent sur chaque internaute des fiches complètes avec leurs goûts, leurs préférences, leurs photos, leur état-civil, leur adresse, voire leur coordonnées bancaires ! En toute illégalité bien sûr. Ces firmes commerciales sont en plus les auxiliaires zélés des espions de la NSA.

 

Mais on peut lutter contre cette intrusion qui file les boules. C'est ce que j'ai fait hier : j'ai débarrassé mon ordinateur de Google, de Chrome, d'Internet explorer et autres moteurs de recherches de cet acabit. À la place, il suffit d'installer Firefox Mozilla  et de le compléter avec Ixquick , métamoteur plus puissant encore que Google et ne dévoilant jamais votre adresse IP. Avec ça, depuis, je fais un doigt d'honneur à Google et à la NSA !

 

Nonidi 29 pluviôse 222

 

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01/01/2014

Je vous souhaite une année !

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Que vous souhaiter ?

Que nous souhaiter ?

Quoi donc ambitionner ?

Simplement UNE ANNÉE !

Sera-t-elle bonne, sera-t-elle dure ?

Sera-t-elle belle, sera-t-elle sure ?

Modestement qu’elle soit

C’est bien le principal en soi.

Une année c’est bien court

Lorsqu’on est bien en cour.

Une année c’est bien long

Ça vous prend le melon

Lorsque l’on est taulard, lorsque l’on est otage

Lorsque chaque minute vous fait pleurer de rage.

Une année devant soi lorsqu’on est en sursis,

Malade ou condamné, mais c’est un grand Merci !

Une année, c’est le temps que met dans le cosmos

Notre Terre aguicheuse autour du bel Hélios.

On sait qu’après l’hiver reviendra le printemps,

Le temps ne passe pas, nous passons dans le temps.

Nous passons comme passe une étoile filante

Éclair de conscience dans la rumeur géante

D’un cosmos infini.

Mais nous avons LA VIE !

Mais nous avons l’HUMOUR !

Mais nous avons l’AMOUR !

 

 

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Duodi 12 nivôse 222

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25/11/2013

Haro sur Bercy ! Chauffe Ayrault !

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Il y a quelques jours j’ai publié un billet concernant un amendement susceptible de permettre de lutter de façon enfin efficace contre ce vol organisé appelé « optimisation fiscale » lien . Une pétition était assortie à ce billet. Et bien sachez que celle-ci a recueilli plus de 100.000 signatures et que l’amendement n°530 présenté par le député socialiste du Rhône Pierre-Alain Muet a été adopté ! Cet amendement a pour effet de donner à l’administration fiscale des moyens efficaces pour contrecarrer l’évasion-optimisation fiscale. Les textes législatifs actuels ne permettent à l’administration de mettre en cause ces manœuvres que si « l’optimisation » a UNIQUEMENT pour but de soustraire l’entreprise à ses obligations fiscales. Le député Pierre-Alain Muet propose de remplacer le mot UNIQUEMENT par le mot PRINCIPALEMENT, ce qui change tout…et fait bouillir de rage tous les patrons-voyous adeptes des paradis fiscaux !

 

C’est une belle victoire des citoyens sur la toute puissance ultralibérale usurpée par les hauts fonctionnaires de Bercy. Cette victoire a été conquise de haute lutte au cours d’un débat animé lien contre le ministre du budget, Bernard Cazeneuve. L’argument principal de celui-ci : « Avec la réforme proposée, on passera d'une question de droit précise – le but fiscal est-il ou non exclusif ? – à une question de fait – le but fiscal est-il ou non principal ? L'appréciation deviendra pure appréciation de fait, donc discutable. » Une argumentation qui procède surtout de la volonté de sodomiser les diptères (enculer les mouches) pour tenter de faire obstacle à un amendement de bon sens mais qui hérisse au plus haut point les gros patrons du Caca-rente, gros « optimiseurs fiscaux » puisque la plupart des multinationales de ce caca-rente ne paie pas ou peu l’impôt, contrairement aux PME qui, elles, paient plein pot. Cazeneuve, son patron Moscovici et les satrapes élus par personnes de Bercy en ont des boutons, mais cet amendement a été adopté…avec deux ans pour le mettre en œuvre tout de même ! Faut pas trop brusquer messieurs les tricheurs

 

Espérons que l’offensive de Jean-Marc Ayrault contre la forteresse de Bercy ne fera pas long feu. Celui-ci veut – enfin ! – donner un coup de pied dans ce panier à crabes où les ultralibéraux mis en place par Sarko font la pluie et le beau temps. Les ministres passent, mais les patrons de Bercy restent… Le ci-devant Ramon Fernandez, directeur du Trésor depuis 2009, devrait être démis de ses fonctions pour être remplacé par François Villeroy de Galhau, ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn lorsqu’il était aux finances. Eh, ne nous faisons pas trop d’illusions : l’impétrant est…un banquier : il est actuellement directeur de Cetelem, la filiale de crédit à la consommation de BNP Paribas.  Quant au directeur du budget, le ci-devant Julien Dubertret, il serait quant à lui remplacé par Denis Morin, directeur de cabinet de la ministre des affaires sociales, Marisol Touraine. lien

 

Les directions du trésor et du Budget s’entourent de « banques conseil » qui profitent de leur position pour inspirer des réformes ou décisions favorables au monde de la finance ou au contraire pour étouffer dans l’œuf des réformes ou décisions contraires aux intérêts de ce même monde de la finance (voir la calamiteuse réforme bancaire à minima, ainsi que la création d’une entité bidon, la BPI, inexistante sauf pour les dépenses somptuaires de son siège !). Etre agréée « banque conseil », c’est une sinécure ! Les places sont chères et font l’objet d’une débauche de concurrence feutrée entre établissements : avoir l’oreille du « Trésor », c’est avoir la main sur les manettes de l’Etat. Ces « banques conseils » sont écoutées par les haut fonctionnaires de Bercy avec d’autant plus d’intérêt que – outre leur identité de vue ultralibérale – ceux-ci espèrent bien en retour de celles-là de confortables situations de pantouflage à leur sortie de Bercy ! Ben voyons, ça vaut des millions leur influence dans les rouages de l’Etat et leur carnet d’adresse !

 

Chauffe Ayrault ! Si tu arrives à foutre en bas ce panier à crabes de Bercy, il te sera beaucoup pardonné !

 

Quintidi 5 frimaire 222

 

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18/11/2013

Un amendement pour FAIRE PAYER LES TRICHEURS DE L'IMPÔT

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 Allez, on doit se farcir les dépenses obligés de ces sinistres fêtes commerciales dites « de Noël ». Ce qui nous fait un peu oublier les rafales d’impôts que l’on doit payer, ce qui est très normal, même si ça fait un peu tousser.

 

Ça fait d’autant plus tousser que l’on sait que les riches (les gros riches, pas les classes moyennes) et les entreprises (les grosses entreprises, pas les PME) ont les moyens de se payer les services d’officines pointues en matière d’évasion fiscale, et donc échappent à la plus grande partie de l’impôt qu’ils devraient payer.

 

Les multinationales échappent à l’impôt en particulier parce que l'administration n'a le droit d'enquêter sur leurs montages fiscaux que si le montage a uniquement pour but d'éviter l'impôt... Les multinationales trouvent toujours d'autres raisons (compétitivité, restructuration de l’outil de travail et patin coufin) pour justifier ces montages Et c’est suffisant pour écarter l’abus de droit. Google, Amazon et Apple paient ainsi 22 fois moins d'impôts qu'ils ne devraient et Total n'a pas versé un centime malgré 10 milliards de bénéfices! Ces magouilles représentent des dizaines de milliards d'euros chaque année! Autant que notre déficit! Et on ne ferait rien?

Et pourtant…

…et pourtant, un député a trouvé depuis longtemps le moyen de battre en brèche ces insupportables abus. Ce député socialiste expert de la lutte anti évasion fiscale, Pierre-Alain Muet, a trouvé une solution de bon sens: remplacer "uniquement" par "principalement". Ce changement d’un seul mot pourrait rapporter des milliards, mais le gouvernement fait l'objet d'immenses pressions pour s'y opposer et serait sur le point de refuser cet amendement qui pourrait rapporter des milliards dans la lutte contre l'évasion fiscale…. et réduire nos impôts ! Eh ! Oh ! Ayrault, pose un peu les valises et ne te laisse pas enfumer comme Moscovici par les patrons-voyous et les banksters !

 

Ce gouvernement a prouvé qu’il ne comprend que le rapport de force. Il recule devant toutes les pressions corporatistes droitières. La démocratie directe existe à partir de l’internet. Servons-nous de cet outil et forçons-le nous aussi, simples contribuables, a accepter cet amendement lors de la prochaine discussion de la loi de finance.

 

Une pétition circule dans ce but, signons-là et faisons pression auprès de notre député.

 

POUR SIGNER LA PETITION 

 

 

POUR FAIRE PRESSION SUR VOTRE DEPUTE

 

 

 

Octidi 28 brumaire b222

 

 

Illustration X – Droits réservés

17/11/2013

Ouiquinde gastronomique taurin

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Le métier d'Alexis: facteur, mais en Camargue.

La passion d'Alexis: les taureaux que l'on nargue

En courant la cocarde, le dimanche aux arènes

Pour les yeux de velours d'une belle Arlésienne.

En ces temps difficiles de guerre et de malheur,

Alexis, à vélo, pratiquait son labeur.

Pour livrer dans les mas les colis et les lettres,

Il roulait, chaque jour plus de cent kilomètres.

Il n'hésitait donc pas, pour prendre un raccourci,

À traverser les champs où paissaient les taureaux,

Son vélo à la main, sans beaucoup de soucis,

Car il "sentait" les bioù tout comme un torero.

Or donc voilà qu'un jour, sautant la barricade,

Notre Alexis marchait à travers la manade.

Il venait de quitter les animaux grégaires

Lorsque, venant de loin, un taureau solitaire,

Étalon portugais ombrageux et sournois, ­

Chargea notre facteur, son vélo et ses lettres!

Alexis, razeteur, par un écart adroit,

Évite les poignards meurtriers de la bête.

Le vélo vole en l'air ainsi que la sacoche.

Le taureau la reprend et sa corne l'embroche.

Alors notre Alexis fait son plus beau combat.

Il cite le taureau par le haut, par le bas,

Il virevolte autour des cornes de la bête,

Puis, en un geste sûr, enfin sa main crochète

La musette de cuir de l'Administration.

Le fauve, dépité, a baissé pavillon

Pour se fondre à nouveau parmi ses congénères

Et se faire moquer parmi la gent vachère...

C'est à pieds, son vélo démoli sur l'épaule

Qu'Alexis a fini sa tournée un peu folle...

Il ramenait toujours des fermes et des mas

Quelques lapins de champs, des anguilles bien grasses

Que dans tous les canaux on attrape à gogo.

Le plat qu'il préférait: l'anguille en catigot.

- Dis donc, ton Alexis, c'était un homme fort!

Mais comment on les fait ces anguilles Victor?

- Tu prends deux, trois anguilles, pas trop grosses, vivantes,

Que tu vas estourbir de manière décente.

N'enlève pas la peau, mais au papier journal

Enlève le mucus du gluant animal.

Les anguilles trop grosses, pèle, ça va de soi.

Vide-les, coupe-les en bouts de quatre doigts

Que tu farineras et mettras à raidir

Dix petites minutes dans un large faitout.

Puis tu sors les morceaux, sales et poivres le tout

Et tu mets de côté sans laisser refroidir.

Dans de l'huile d'olive tu mets à colorer

Deux oignons émincés et deux blancs de poireaux,

Ne laisse pas roussir, tu fais juste dorer.

Mouille d'une bouteille de rouge de Pujaut,

Incorpore girofles, céleri, thym, laurier,

Gousses d'ail écrasées, tomates concassées,

Sel, poivre du moulin, une écorce d'orange

Sommités de fenouil. Et tu cuis ton mélange

Demi-heure à feu doux. Dans une autre sauteuse,

Avec un peu de beurre, dore des champignons

De couches émincés et des petits oignons.

Tu arrêtes, et réserves quand l'odeur est flatteuse.

Quand ta sauce est bien cuite, tu vas éliminer

Thym, écorce d'orange, le fenouil, le laurier,

Puis au moulin légumes il te faut la passer,

Avec la grille fine, qu'elle soit bien lissée.

Range dans le faitout poisson, légume et sauce,

Tu mijotes un quart d'heure pour que les goûts s'exhaussent,

Puis tu sers, décoré de persil vert et gai,

Avec du riz pilaf, mais du riz Camarguais.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce divin nectar de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 anguilles de taille moyenne, - 1 verre d'huile d'olive, - 2 cuille­rées à café de sel fin de Camargue, - poivre du moulin, - 2 oignons, - 2 blancs de poireau, - 1 bouteille de vin rouge, - 1 branche de céleri épluchée et hachée, côte et vert, - 4 gousses d'ail, - 4 tomates concas­sées, - sommités de trois branches de fenouil, - thym- laurier, - écorce d'orange séchée, - 1 noix de beurre, - 3 hectos de champignons de cou­che, - 1 demi kilo de petits oignons, - 1 branche de persil, - 1 demi kilo de riz long de Camargue.

 

Les vins conseillés:

Ce plat typique des mas de Camargue s'accorde tout naturellement avec des vins rouges frais tels, en vallée du Rhône: Costières-de-Nîmes, Domazan, Comps, Estézargues, Fournès, Montfrin, Remoulins, Saze, Saint- Hilaire-d' Ozilhan.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Cabrières, Cazevieille, Saint­Gély-du-Fesc, Valflaunès.

En vins de Provence: Coteaux des Baux, Coteaux d'Aix, Coteaux varois de Saint-Zacharie, Saint-Maximin, Barjols, Sainte-Anastasie.


Septidi 27 brumaire 222


Illustration originale Vincent Barbantan

 


 

25/08/2013

L’andouille au Côte-du-Rhône


 

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Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

 

 

andouille en sauce.jpg

 


La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes en rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le plat bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

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Octidi 8 Fructidor 221


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