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29/07/2015

TAFTA : menace de mort pour les éleveurs français et européens !

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Les éleveurs français sont en effervescence. Raison principale : ils ne parviennent plus à vivre de leur travail. Leur révolte est donc légitime car vitale pour eux. Responsables désignés : les grandes surfaces, les abatteurs et les transformateurs qui privilégient l'achat de viandes européennes (allemande, polonaise, espagnole) moins chère car produites dans des conditions considérées comme déloyales : main d’œuvre « détachée » à bas coût, conditions de travail déplorables, horaires aberrants, normes environnementales et sociales moins sévères. Les viandes « étrangères » arrivent donc à des prix inférieurs. Et toute une clientèle (cantines, restaurants d'entreprises, d'hôpitaux, etc.) considère le prix comme la donnée principale dans leur choix d'achat. Mais ne se trompent-ils pas d'adversaire?

 

Et pourtant... Et pourtant, la distorsion de prix entre viandes françaises et viandes « européenne » tourne autour de quelques dizaines d'euros à la tonne. Mais se présente à l'horizon une menace d'un tout autre calibre, qui risque de balayer irrémédiablement non seulement l'élevage français (axé sur la qualité et les exploitations de 80 à 200 bêtes) mais aussi européens (axé, en Allemagne, au Pays-Bas, sur les volumes et les exploitations de 1000 à 3000 têtes). Cette menace de mort à nom TAFTA.

 

Il est prévu, dans ces accords transatlantiques menés dans la plus sournoise opacité, l'importation annuelle en Europe de 300.000 à 600.000 tonnes de bœuf, soit entre 4 et 8%, de la production européenne, en provenance du Canada, des Etats-Unis, et du Brésil, puisqu'un accord doit être signé simultanément entre les Etats membres du Mercosur et de l'Europe. Des viandes produites dans des conditions qui n'ont rien à voir avec ce qui se fait en Europe !

 

Qu'on en juge :

Sanitaire.

En Europe, la traçabilité est strictement établie à tous les stades, de la naissance à la commercialisation de l'animal. Aucune traçabilité aux États-Unis et au Brésil.

Alimentation.

- Aux États-Unis et au Brésil, les hormones et les antibiotiques comme facilitateurs de croissance sont la norme. Ces produits sont strictement interdits en Europe pour des raisons sanitaires et surtout de risque de résistance aux antibiotiques.

- Outre-Atlantique, les farines animales, les litières de volailles sont autorisées dans la nourriture de ces bovins « mange-merde » ! Ils sont rigoureusement interdits en Europe depuis la catastrophe de la « vache folle ».

- Dans les gigantesques parcs de gavage des bovins (jusqu'à 30.000 bêtes dans chaque « feedlots »), la nourriture des animaux comportent à plus de 80 % des maïs et des sojas OGM. Eu Europe, en tout cas en France, les animaux sont nourris à 70 % de fourrages et de céréales produits sur l'exploitation ou dans la région. Les OGM sont interdits (encore que...)

Environnement.

Les méthodes de production français et américains, tant dans les normes que dans les pratiques, sont radicalement opposés :

- Les éleveurs français produisent l'alimentation de leurs troupeaux (fourrage, ensilage). Les éleveurs américains (étazuniens, brésiliens) ont recours à des achats d'aliments industriels bourrés d'OGM, d'antibiotiques et autres délicatesses.

- En France, il y des levées de boucliers lorsqu'un industriel veut mettre en œuvre une « ferme des mille vaches ». Outre-Atlantique, ce sont des entassements d'un minimum de 30.000 bêtes chiant des milliers de tonnes d'excréments azotés, polluant les sols et les eaux de ruissellement jusqu'aux nappes phréatiques.

 

Quant au bien-être animal, toujours présent chez les éleveurs français, les Américains, qu'ils soient des États-Unis ou du Brésil, s'en branlent éperdument. Les bêtes sont les unes sur les autres, sans espace vital, ne voient que rarement un brin d'herbe et voyagent dans des conditions répugnantes (28 heures de transport maximum sans pause aux États-Unis et au Brésil, contre 14 heures maximum en Europe). Á noter que ce sont ces gens qui s'offusquent et boycottent notre foie gras !

 

Voilà donc quelques éléments pour envisager ce qui risque d'arriver dans nos assiettes si le TAFTA est signé...

 

Et puis, sur un strict plan financier, puisque c'est le principal critère pris en compte par les ultralibéraux, que feront les éleveurs français et européens lorsque arriveront d'outre-Atlantique ces carcasses dégueulasses à 150 euros la tonne contre environ 300 euros pour les bovins européens ?

 

Ils fermeront boutique et n'auront plus qu'à se pendre...

 

Photo X - Droits réservés

 

12/07/2015

Gastronomie du ouiquinde du 14 juillet : l’homo parasitus en croûte d'argile.

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Prenez un homo parasitus bien gras

C’est facile à trouver, il n’y a pas d’embarras :

Banquier, patron voyou ou élu cumulard

Curé, imam, rabbin, juge, flic ou bavard,

Faites à votre goût, ou selon l’arrivage,

Sans souci de couleurs, de sexe ou bien d’âge.

Tous sont aptes à fournir matière à bon mâchon.

A défaut, vous pouvez vous servir d’un cochon

Il doit être saigné, vidé, émasculé

Si mâle (garder les attributs dans du lait)

Garnissez l’intérieur d’herbes aromatiques,

Thym, romarin, oignons coupés façon rustique,

Quatre ou cinq têtes d’ail, trois poignés de gros sel,

Salez bien tout le corps, cuisses, dos, fesses, aisselles,

Entourez le porc long de feuilles de fougères

Puis recouvrez le tout d’argile ménagère.

Vous avez préparé, à l’avance, un foyer

Dont le fond est garni de pierres, de galets

Chauffés à blanc par un grand feu de bois bien sec.

Dégagez-en les braises, allongez-y le mec,

Puis recouvrez de braises, de pierres et de terre,

De saisines d’huissiers, de relevés bancaires…

Laissez cuire douze heures, au moins, à l’étouffé,

Cette douce cuisson efface les méfaits.

Enfin, sortez le mets de sa croûte de gangue

Et régalez vous en, ça craque sous la langue !

Ainsi, même les pires, retenons la leçon,

Peuvent avoir du bon : c’est question de cuisson !

 

 

Illustrations X – Droits réservés

 

20/02/2015

Agriculture française: la qualité résistera-t-elle à l’industrialisation galopante ?

manif contre millevache.jpg

 

 

Aujourd’hui s’ouvre à Paris la « plus grande ferme du monde », c’est-à-dire le Salon de l’agriculture. Cette exposition de la qualité de l’agriculture française cache pourtant une réalité moins glorieuse : l’industrialisation de l’agriculture française. Au détriment évidemment de la qualité des produits qui sont à la base de ce fleuron du savoir-faire français : la gastronomie. Mais aussi de la qualité de ce chacun de nous mange tous les jours. Avec peut-être des problèmes de santé publique…

 La Confédération paysanne vient de publier une carte fort documentée sur les installations géantes, existantes ou à venir, qui tendent à faire de l’agriculture française une agriculture allemande ou hollandaise comme les autres…

Á vous de juger.

 

Ferme-usine de Monts (37)

Projet d’extension d’une exploitation laitière, objectif :
420 vaches laitières, 260 Génisses, 210 Taurillons, 1300 chèvres, soit 2200 animaux au total.
Acteurs : GAEC de la Tardivière
Avancement : Suite à l’enquête publique, avis favorable du commissaire enquêteur avec réserves environnementales
Autorisation préfectorale non encore délivrée
Mairie de Monts opposée

Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires :
Pas de création d’emplois
Bâtiments à une centaine de mètres des premières habitations
10 000 m3 de lisier à épandre sur 883 ha sur 7 communes

Opposants : Le collectif « Des fermes, pas des usines » (Riverains + Confédération paysanne + Aspie + EELV + Nouvelle donne + PG)

http://www.politis.fr/Encore-plus-fort-que-la-ferme-des,2...

 

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Usine à porcelets du Trébrivan (22)

Maternité industrielle de 900 truies pour 23 000 porcelets par an
Acteurs : Sofiprotéol, via la filiale SCEA Kerloann, est apporteur de capital et de garanties bancaires - 4 exploitations agricoles des Côtes d’Armor
Avancement : En activité depuis 2012
Les opposants ont obtenu par deux fois la suspension d’exercice de la maternité au tribunal administratif. A chaque fois le préfet des Côtes d’Armor a pris un arrêté autorisant l’exploitation
Financements : Investissement d’1,9 millions d’euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 3 emplois (emploi divisé par 4 au regard de la taille moyenne nationale des naisseurs porcins)
Chaine de production entièrement robotisée.
5 millions de litres de lisiers + 7 tonnes d’ammoniac, zones d’épandage sur 480ha.
Département français le plus touché par les algues vertes
Risque de pollution de l’eau dans une zone fragile, château d’eau de la Bretagne. Risque reconnu par le tribunal administratif
Opposants : Combat depuis 2008
L’association « Sous le vent, les pieds sur terre », Eaux & rivières de Bretagne, Confédération paysanne, ATTAC

http://www.liberation.fr/economie/2014/11/13/a-trebrivan-...

 

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Usine à porcelets du Poiroux (85)

Maternité industrielle de 900 truies pour 23 000 porcelets par an
Acteurs : Sofiprotéol via la filiale SCEA Kerloann est apporteur de capital et de garanties bancaires - 3 exploitations agricoles de Vendée, Charentes-maritimes, Finistère + une société spécialisée dans la production d’électricité.
Avancement : Refus d’autorisation d’exploiter par le préfet en 2010. Décision cassée par le tribunal administratif début 2013, puis autorisation d’exploiter accordée par le préfet.
Recours des opposants en cours. Début des travaux prévus pour mi-février 2015
Financement : Investissement de 2,3 millions d’euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 4 emplois (emploi divisé par 3 par rapport à la moyenne des naisseurs porcins). Chaîne de production entièrement robotisée.
5 millions de litres de lisiers + 7 tonnes d’ammoniac, zones d’épandage sur 200ha sur 3 communes, 7 sources concernées, qui se jettent dans 2 bassins ostréicoles et mytilicoles (60 emplois de paysans de la mer menacés).
Risques d’algues vertes aux sables d’Olonne
Opposants : Collectif contre le projet d’usine à porcelet du Poiroux, composé d’Avigen, la Feve et Terres et rivières, Confédération paysanne, ATTAC

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/agricultur...

 

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1000 taurillons de la Courtine (23)

Centre d’engraissement de 1000 taurillons sur le plateau de Millevaches (1400 jeunes bovins par an). Projet de panneaux photovoltaïques + méthaniseur.
Acteurs : SAS Alliance Millevaches - SVA Jean Rozé (filiale d’intermarché)
Avancement : Permis de construire + autorisation d’exploiter délivrés par le préfet.
En travaux. Mise en activité au printemps 2015.
Financement : Coût du projet : 1,4 millions d’euros - Plus de 75% du projet financé par des fonds publics (Etat, région, département, communauté de commune)
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 3 emplois crées et éleveurs sous contrat de la SVA Jean Rozé.
Adossé à la production d’énergie, ce projet va tirer les prix à la baisse, pénalisant ainsi les autres éleveurs.
15 000 tonnes / an d’effluents d’élevage + 18 000 tonnes de déchets (dont déchets abattoirs) pour le méthaniseur.
Projet en plein cœur du parc national régional Millevaches
Bilan carbone catastrophique : les taurillons seront découpés à Rennes pour être ensuite envoyés au Maghreb.
Opposants : Collectif « 1000 voix – NOVISSEN Creuse » - Confédération paysanne du Limousin

http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/departement/...

 

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3000 porcs à Loueuse (60)

Projet d'extension d'un élevage porcin à 3000 places.
Acteurs :
SCEA Borgoo-Martin - Projet accompagné par la Cooperl (1er opérateur du porc en France)
Avancements : Avis favorable de l'enquête publique en janvier 2015. Décision du préfet attendue pour le mois de juin.
Financement : 800 000€ nécessaires pour l'extension.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Au cœur de la Picardie verte, dans le cadre de zone Natura 2000 et des zones d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZIEFF).
5000 m3 de lisier épandus sur 400 ha.
Opposants : Novissen - Decicamp : Démocratie pour les citoyens des campagnes.

 

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Ferme-usine de 4500 porcs par an d'Heuringhem (62)

Projet d'engraissement de 4500 porcs par an.
Acteurs : EARL Bridault - Chevalier
Avancements : Malgré l'autorisation d'exploiter et le permis de construire délivrés par le préfet du Nord-Pas-de-Calais en mars 2013, les travaux ont été suspendus par le Tribunal administratif en octobre 2013.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Epandage en zone humide, sur le « château d'eau » de la région.
Opposants : Aives (association d'opposants locaux, 600 membres)
Confédération paysanne du Nord-Pas-de-Calais

 

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250 000 poules pondeuses à Doullens (80)

250 000 poules pondeuses à Doullens. Objectif de 400 millions d’œufs par an.
Acteurs : Pascal Lemaire, président de la société de conditionnement Œuf Nord Europe. Une partie des œufs à destination d’Ovoproduits pour une filiale de Lactalis.
Avancement : Projet incomplet selon la préfecture.
Financement : Investissement de 7 millions d’euros

 

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2000 taurillons dans l'Aube (10)

Centre d'engraissement de 2000 taurillons à Arcis-sur-Aube.
Les déjections des taurillons seront valorisées dans une unité de méthanisation
Acteurs : Copélis, société crée par la coopérative Cialyn assurera la gestion de l'engraissement.
La SAS Biogaz d'Arcis pour la méthanisation. Une société de déconditionnement organique s'occupera de récupérer les déchets issus des industries agro-alimentaires pour les méthaniser.
Avancement : Démarrage prévu pour le premier trimestre 2016
Financement : Investissement de 3 millions d'euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Epandage sur 15 000 hectares dans un rayon de 15 km.

 

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25 ha de serres de tomates à Echillais (17)

25 ha de serres de tomates hors sol chauffée avec la chaleur émise par un méga incinérateur.
50 tonnes de tomates produites par jour, 9 000 tonnes par an
Acteurs : Le SIL (Syndicat intercommunautaire du littoral) qui représente 5 communautés de communes. L'incinérateur sera construit par Vinci pour le compte du SIL. Une entreprise de BTP
Société hollandaise A&G Van den Bosch, adossée au groupe Greenery, multinationale néerlandaise de commerce de fruits et légumes frais (CA 1,5 milliards d'euros).
Avancement : 810 observations défavorables dans l'enquête publiques contre 6 favorables. Le commissaire enquêteur rend un avis positif. Feu vert pour la construction de l'incinérateur en septembre 2014. Occupation en cours par une trentaine de zadistes.
Financement : 100 millions d'euros pour l'incinérateur (fonds publics) ; 27 millions d'euros pour les serres à tomates.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires :
Risque important de rejets de dioxines, particules fines, métaux lourds et perturbateurs endocriniens dans les zones environnantes.  Problématique de la gestion des rejets de produits phytosanitaires. Inquiétude pour l'activité ostréicole et mytilicole proche

Opposants : Pays rochefortais alerte (1000 adhérents), ATTAC, Confédération paysanne.

Incinérateur : http://multinationales.org/Vive-contestation-d-un-projet-d
Tomates : http://www.sudouest.fr/2014/11/13/l-une-des-plus-grandes-...

 

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Usine des 1000 vaches (80)

Elevage de 1000 vaches laitières et 750 génisses, adossé à un méthaniseur de 0,6 MW
Acteurs : Michel Ramery (349ème fortune de France) via la SCEA Côte de la Justice, SA Ramery (BTP) et la SCL Lait Pis Carde.
Avancement : Usine en activité avec 500 vaches laitières. Demande d’autorisation pour 899 dans les mois à venir. Objectif de 1000 officiellement confirmé. Le méthaniseur n'est pas encore construit.
Procédures en cours au Tribunal administratif par les opposants.
Financement : 11 millions d'euros d'investissement (SA Ramery) dont des subventions estimées à 2 millions d'euros d'aides publiques à l'investissement et 2 millions d'aides diverses à l'année.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Une dizaine d'emplois salariés pour la partie laitière. Nombre d’emplois divisés par quatre par rapport à la moyenne nationale des élevages laitiers.
Prix du lait tiré vers le bas (270€ la tonne annoncé), alors que les éleveurs s’en sortent à peine à 350€ la tonne. Le lait devient un sous-produit des déjections animales.
Accaparement de 3000 ha de foncier par des montages sociétaires.
Risque de lessivage des épandages dans la baie de Somme avoisinante, classée au patrimoine mondial de l'Humanité.
Opposants : Novissen (Nos villages se soucient de leur environnement, 2400 membres) -
Confédération paysanne, 9 militants condamnés le 28 octobre 2014, 6 avec des peines de prison avec sursis dont 5 mois pour Laurent Pinatel, son porte-parole.

http://confederationpaysanne.fr/gen_article.php?id=2874

 

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1000 jeunes bovins de Saint-Didier-d'Aussiat (01)

Projet d’engraissement de 1000 jeunes bovins.
Acteurs : GAEC de l’Espérance
Avancement : Autorisé début Janvier 2015

http://www.ain.gouv.fr/IMG/pdf/GAEC_DE_L_ESPERANCE_APA_05...

 

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350 000 poulets à Missé (79)

Extension d’un poulailler de 91 000 volailles à 350 000 volailles.
Acteurs : EARL Biavi
Avancement : Autorisé juillet 2014
Financement : Investissement d’1 million d’euros
Opposants :  Bon vent, Bien vivre à Doret, Confédération paysanne

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/...

 

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15 000 porcs à Vitry-le-François (51)

Projet d’extension d‘un élevage porcin à 15 600 places de porcs - 1100 truies reproductrices / 30 000 porcs engraissés par an
Acteurs : SCEA la Certine
Acheteur : Carrefour
Avancement : Réalisé
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : En plus des 580 ha de céréales produites sur l’exploitation, il faut huit camions par semaine pour apporter l’alimentation animale.
50 000 m3 de lisier / Epandages sur 2700 ha / 15 communes

 

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1,2 million de volailles à Pamproux (79)

Elevage de 600 000 poulettes - Plus de 600 000 poules pondeuses - 700 millions d’œufs commercialisés par an - Préparation de 13 000 tonnes d’ovoproduits (produits à base d’œufs pour l’industrie agro-alimentaire) - 2600 ha de productions céréalières - CA de 64 millions. d’euros
Acteur : Pampr’oeuf

Avancement : Réalisé

 

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25 ha de serre de tomates à Brécey (50)

25 ha de serres de tomates hors sol chauffée.
50 tonnes de tomates produites par jour, 9 000 tonnes par an
Acteurs :Mêmes protagonistes qu’à Echillais (17) : Une entreprise de BTP
Société hollandaise A&G Van den Bosch, adossée au groupe Greenery, multinationale néerlandaise de commerce de fruits et légumes frais (CA 1,5 milliards d'euros).
Avancement : En projet.

http://www.lagazettedelamanche.fr/2014/11/06/economie-120...

 

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8ha de serres de tomates à Lapouyade (33)

8ha de tomates pour une production annuelle de 4000 tonnes - Chaleur fournie par une unité de biogaz issu d’un site d'enfouissement de déchets ultimes Veolia.
Acteurs : Union des paysans de Rougeline
Avancement : Permis de construire accordé fin 2014 - Les travaux devraient être finalisés à l'été 2015 - Premiers plants attendues en Novembre pour une première récolte en février...
Financement : 10 millions d'euros pour les serres à tomate - 5 millions d’euros pour le système de biogaz

http://www.sudouest.fr/2015/01/07/des-serres-de-tomates-c...

 

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125 000 poulets à Grillon (84)

Elevage de 850 000 poulets par an. 125 000 poulets en permanence. - Panneaux photovoltaïque sur les 11 000 m2 de bâtiments
Acteurs : Entreprise M. Vincent Vernet
Avancement : Recours au Tribunal administratif de Nîmes en cours - En construction
Opposants : Association pour la protection de l'environnement du Pays de Grignan

 

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115 000 poulets à Lannepax (32)

Elevage de 725 000 poulets par an. 115 000 poulets en permanence.
Acteurs : Issu d’un appel à projet de la coopérative Vivadour - Exploitante sous contrat avec la coopérative. Vivadour annonce aux candidats qu’une fois les emprunts remboursés, l’exploitant n’aura plus qu’à travailler deux heures par jour pour un revenu de 1700€ net par jour.
Avancement : En activité depuis fin 2013.
Annulation de l’autorisation d’exploiter par le Tribunal administratif fin 2014 - Début 2015, le préfet du Gers maintien l’activité du poulailler pour 2 mois.
Financement : 900 000€ prêtés par Vivadour
Opposants : Bien vivre dans le Gers, collectif regroupant 17 associations dont la Confédération paysanne.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/23/2016830-l-elev...

 

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115 000 poulets à Saint-Élix-Theux (32)

Elevage de 725 000 poulets par an. 115 000 poulets en permanence.
Acteurs : Issu d’un appel à projet de la coopérative Vivadour.  Exploitante sous contrat avec la coopérative. Vivadour annonce aux candidats qu’une fois les emprunts remboursés, l’exploitant n’aura plus qu’à travailler deux heures par jour pour un revenu de 1700€ net par jour.
Avancement : En activité depuis fin 2013.
Financement : Investissement de 900 000€
Opposants : Bien vivre dans le Gers, collectif regroupant 17 associations dont la Confédération paysanne.

 

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690 000 poules à Steinseltz (67)

Passer d’un élevage de 800 000 poulettes à l’année (306 000 poulettes en permanence) à un élevage de 1,5 million de poulettes par an (692 000 poulettes en permanence).
Acteurs : SARL Ferme Schafbusch
Coût : 1 million d’euros
Avancement : Autorisation préfectorale délivrée en mars 2014
Opposants : Alsace nature

 

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280 vaches laitières pour 4 robots de traite à Bréhan (56)

Elevage de 280 vaches laitières avec quatre robots de traite et deux robots de fonctionnement (racleur et affourragement).
Acteurs : EARL Ropert
Avancement : En activité
Financement : Investissement d’1,5 million d’euros
Enjeux : Robotisation totale : la partie laitière de l’exploitation n’occupe plus que 2 emplois (emploi divisé par 6 par rapport à la moyenne nationale)

http://www.ouest-france.fr/letable-xxl-de-brehan-et-ses-r...

 

 

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11 000 porcs à Saint Symphorien (33)

Projet d’extension d’un élevage de porcs de 7 000 à 11 000 places de porcs - Les surfaces d’épandage nécessaires seraient d’environ 1000 ha.
Acteurs : SAS Le Lay
Avancement : Enquête publique défavorable en mars 2014. En attente de décision préfectorale.

 

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1000 taurillons à Coussay-les-Bois (86)

Projet d’engraissement de 1 200 taurillons à Coussay-les-Bois. - 10 000 m2 de bâtiments - Projet de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments
Acteurs : Pierre Liot : éleveur et dirigeant d’une usine d’alimentation animale.
Entreprise technique solaire pour les bâtiments et les panneaux photovoltaïques
Avancement : Demande de permis de construire rejetée par le maire de la commune - Dossier dans les mains de la Direction Départementale des Territoires (DDT).
Opposants : ASPECT : association de sauvegarde et de la protection de l‘environnement de Coussay-les-Bois et de sa région thermale, Confédération paysanne

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Econo...

 

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1000 taurillons à Landifay (02)

Projet d’engraissement de 1 500 taurillons à Landifay - Epandage sur 12 communes
Acteurs : SA Bertaignemont
Avancement : Projet validé - 650 taurillons pour le moment

http://www.aisnenouvelle.fr/region/deja-650-taurillons-en...

 

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Usine à porcelets de Luzay (79)

Projet de maternité de 1000 truies pour 25 000 porcelets par an.
Acteurs : SCEA la Micha, 6 éleveurs associés.
Avancement : Dossier accepté par la préfète en novembre 2011 - Procédure au Tribunal administratif en cours
Financement : Investissement de 4 millions d’euros
Opposants : Association Bon vent

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/...

 

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Engraissement de 120 000 agneaux par an (12)

Engraissement de 120 000 agneaux par an à Rullac-Saint-Cirq - Unité de méthanisation en activité.
Acteurs : Société Grimal
Avancement : En activité

 

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3000 brebis laitières et 300 chèvres à Espelette (64)

3000 brebis laitières et 300 chèvres à Espelette. Elevage conduit en hors sol.
Acteurs : EARL Kukulu.
Avancement : En activité

 

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4500 brebis laitières et 700 chèvres à Souraïde (64)

4500 brebis laitières et 700 chèvres en hors sol.
Acteurs : Entreprise MAIS ALDAPA
Avancement : En activité

 

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10 ha de serres de tomates à Parentis (40)

10ha de tomates hors sol pour une production de 5 000 tonnes de tomates par an.
Chaleur produite par une chaudière à bois de 2,5 MW (8500 tonnes de bois par an).
Acteurs : Les paysans de Rougeline
Avancement : En activité.
Financement : Pour les serres de tomates, investissement de 8 millions d’euros.  40% de la chaudière à bois financée par l’Ademe.

 

 

Photo X - Droits réservés

 

15/02/2015

Ouiquinde gastronomique turc

 

femme au vent.jpg

Katy

 

J’ai rencontré Katy sur un paquebot turc

Qui reliait Marseille au pays d'Atatürk

Longue, fine, élancée, androgyne et très blonde,

En voyage de noce elle courait le monde.

 

Un regard prometteur longuement échangé,

Deux verres de raki, près du bar, partagés,

Et nous nous retrouvons, sans parole inutile,

Sur le pont, envoûtés, commençant une idylle.

 

Je cueille sur ses lèvres un baiser épicé,

Je roule entre mes doigts ses petits seins dressés

Elle m’offre, cambré, le bas de son échine

 

Et nous faisons l’amour, au rythme des machines

Nous grimpons, enlacés, vers le septième ciel

Croquant à belles dents dans sa lune de miel !

 

 

Les “ Dolma yalanci ” – Les feuilles de vignes farçies

 

Le mari de Katy, un pasteur anglican

Pratiquait avec flegme une juste devise :

“ Mieux vaut une participation sur un volcan

Que l’exclusivité d’une froide banquise ! ”

Nous nous sommes aimés de fougue et d’abondance

De Marseille à Capri, du Pirée à Byzance,

Au hasard des recoins du bateau haletant

Toujours sur le qui-vive et pressés par le temps,

Sur des bâches pliées, sur des tas de cordages,

Mais surtout dans les chaloupes de sauvetage.

Grand, solide et rougeaud, le regard ironique,

Le pasteur buvait sec du rhum de Martinique

Il connaissait les hommes, les femmes et le péché

Et savait que Katy, sa belle amourachée

Lui reviendrait bientôt, et sans perdre la boule,

Sitôt que le bateau atteindrait Istamboul…

Le pasteur généreux, grand seigneur, m’invita

Dans un resto flottant, sous le pont Galata,

Il reprit possession, avec verve et humour

De sa volage épouse, de sa poupée d’amour,

Et la gorge serrée, je dus rendre les armes

Quand Katy me quitta, sans verser une larme…

- Eh ! Victor, ici bas, chacun porte sa croix,

Et souvent, le cocu n’est pas celui qu’on croit !

Il t’a bien fait marron, le serviteur de dieu !

Mais qu’avez-vous mangé comme repas d’adieu ?

- Un plat oriental, les “ Dolma yalanci ”,

On connaît : ce sont les feuilles de vignes farcies.

Tu fais blanchir trente secondes,

Dans de l’eau bouillante et salée,

Des feuilles de vignes que tu émondes

Des nervures et parties talées.

Tu les sèches sur du sopalin

Et tu te bois un coup de vin.

Tu colores un oignon et de l’agneau haché

Dans de l’huile d’olive sans laisser attacher,

Un verre de riz sec, laisse prendre du goût,

Puis recouvre d’un doigt d’eau, citronnée surtout.

Laisse cuire dix minutes, rajoute des raisins

Secs trempés, égouttés, cannelle, pignons de pin,

Sale, poivre, cuis à absorber le liquide,

Vide ton verre plein et plains ton verre vide.

Dispose cette farce sur tes portions de feuilles

Roule-les en cylindres, c’est fait en un clin d’œil,

Et pour ne pas qu’ils s’ouvrent, avec un cure-dent

Tu rapproches les bords et tu piques dedans.

Dans le fond d’une poêle, met ces petits rouleaux,

Un peu d’huile d’olive, un demi verre d’eau,

Et fais cuire à feu doux, vingt minutes à couvert.

C’est un plat délicieux, qui rend les hommes verts !

Á nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

JVJ

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

25/01/2015

ON TUE LE COCHON !

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En nettoyant l'étable, avec pelle et fourchon,

Élie m'a dit : « Demain, c'est le jour du cochon !

Il fait froid, il fait sec, il y aura du monde,

Le « Monsieur » est bien gras, il a la cuisse ronde,

On attaque à huit heures, on peut compter sur toi ?

Sûr, mon beau ! Je descends juste après le caoua ! »

Le lendemain matin, la tribu est en place

On a posé la mée auprès de la terrasse,

Alors Élie pénètre, seul, dans le cochonnier,

Le Monsieur a compris, il commence à crier,

Une lutte s'engage entre l'homme et la bête,

Lui bloquant la mâchoire avec sa cordelette,

Élie tire dehors le cochon qui se bat

En hurlant de fureur, mais vain est son combat.

Empoigné, soulevé par quatre hommes solides,

Puis couché sur la mée. Tout est alors rapide :

Alfred, maître-tueur, plonge son long couteau

Dans la gorge du porc. Le sang gicle aussitôt.

Il est récupéré au creux d'une bassine

Puis brassé à la main et mené en cuisine.

Le cochon lutte encore de ses puissants cuissots

Puis il passe, enfin, d'un dernier soubresaut.

On le pousse par terre, on retourne la mée

Dans laquelle on replace la bête inanimée.

On l'arrose, alors, avec de l'eau bouillante

Et l'on gratte les poils de la couenne fumante.

 

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Puis le porc est hissé par les pattes arrières

Et pendu, tête en bas, dépouille carnassière...

Alfred ouvre le ventre et en sort les boyaux

Qui seront retournés et rincés au ruisseau.

Il dégage le cœur, les poumons et le foie,

Ces abats trouveront très bientôt leur emploi.

Avec force et adresse, Alfred coupe la tête

Puis, à coups de hachette, partage en deux la bête.

Les femmes, à la cuisine, préparent le boudin :

Le sang, sel, poivre, thym et un peu de cumin,

Sont mis dans les boyaux soigneusement grattés.

Rangé en larges tours, le boudin apprêté

Est plongé dans de l'eau à peine frémissante.

On plonge, on soulève pour une cuisson lente,

On perce d'une aiguille pour voir lorsque c'est cuit,

Puis on suspend au frais. Fin du premier circuit.

 

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Le lendemain, à l'aube, dans la brume glacée,

L'équipe cochonnière arrive, espacée.

Dans le froid du hangar, les tâches charcutières

Sont réparties selon ce que chacun sait faire.

C'est Alfred et René qui taillent dans la viande,

Les jambons pour le sel, le reste à la demande,

Puis il faut désosser et découenner les chairs,

Trier dans des bassines cette viande porchère :

Saucisse, saucisson, couenne, viande à caillette

Que l'on cuira plus tard avec du vert de blette.

Le travail va bon train, la rigolade aussi !

Et zou les blagues grasses ! Et zou les facéties !

Les jambons sont parés, très poivrés près de l'os

Puis recouverts de sel et serrés rapidos

Dans un linge cousu, puis portés au séchoir.

Dans le hachoir à viande, on passe les morceaux

Qui seront embossés plus tard dans les boyaux.

Saucisses d'un côté, et saucissons de l'autre

Car l'assaisonnement varie de l'un à l'autre.

On plaisante gaillard sur Nicole et Ginette

Qui, de leurs douces mains, d'une habile branlette

Façonnent la saucisse au sortir du hachoir,

Leurs gestes délicats suscitent des espoirs !

On garde les filets pour faire des rôtis,

Rien ne sera jeté, tout fera du frichti.

Puis, le travail fini vient le temps du mâchon

On mange, on boit, on chante en l'honneur du cochon.

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Ô toi, dont le trépas annonce bonne chère,

Je te salue bien bas, toi dont le sacrifice

Fournit à nos repas fricassées et saucisses.

Merci pour ton boudin, merci pour tes jambons,

Merci, merci pour tout, car en toi tout est bon !

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Tu sais rassasier nos ardeurs carnassières,

Nous aimons tout en toi, ta tripe, ta chair fraîche

Tes bajoues, tes rognons, ta langue, ta ventrèche.

Merci pour tes pâtés, merci pour tes caillettes,

Tes quatre pieds panés, ton fromage de tête.

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Car toi seul assouvit nos passions charcutières,

Salé, fumé, grillé, braisé ou même cru,

Tu es le compagnon des meilleurs de nos crûs.

Merci pour les ardeurs que chez nous tu éveilles,

Car en chacun de nous, un peu de toi sommeille !

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras-bord mon verre

De ce nectar divin de la côte-du-rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

VictorAyoli

 

 

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Et n'oublions pas:

 

ΜΟΝΙΜΗ ΕΛΛΗΝΙΚΗ ΦΙΛΟΙ !

DEBOUT AMIS GRECS !

18/01/2015

Mortifié, humilié, couvert de honte: j'ai raté l'aïoli...

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Humilié, honteux, rongé par la vergogne

J’en ai le rouge au front et l’horreur dans la pogne

Je voudrais disparaitre, me cacher dans la boue

Et même me passer, morbleu, la corde au cou

Putaing ! Hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Pourtant l’œuf, le mortier, comme l’huile d’olive

Ont été sortis tôt, pas de façon hâtive

Mes ingrédients avaient même température

J’étais frais et dispos, même pas de biture,

Pourtant hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Le lourd mortier de marbre avec ses quatre oreilles

Le beau trisson en buis, et même la bouteille,

Les quatre gousses d’ail, la pincée de gros sel,

Mon bras était fringant, du poignet à l’aisselle…

Pourtant hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Les aulx bien écrasés en pommade odorante

J’ai voulu casser l’œuf. Ce souvenir me hante…

Maladresse fatale, le blanc m’a échappé

Au dessus du mortier ! Dès lors c’était râpé…

Putaing ! Hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

J’ai eu beau brandouiller, bourouler l’appareil

Même avec le batteur – horreur ! – c’était pareil.

J’ai vidé le mortier dans un bol, à côté.

Un jaune d’œuf, de l’huile, et j’ai recommencé.

Pourrais-je, ô folie

Remonter l’aïoli ?

 

Victoire ! Ça repart, je la remonte à l’huile

Elle à la consistance, elle est ferme et ductile

Et quand j’ai rajouté mon appareil raté

Catastrophe, défaite, l’aïoli a chié…

Putaing ! Quelle chienlit

J’ai raté l’aïoli !

 

Comment puis-je, dès lors donner une recette

Moi qui viens d'essuyer cette dure défaite...

Pas de cuisine donc, ce serait indécent,

Et surtout, oui, surtout...pas de canard au sang !

 

 Photo Moi

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

C'est un caquou de l’Estaque, balaise comme un mangeur d’aïoli, qui a émigré au Québec. Il frappe à la porte du chef du personnel d'une entreprise de bûcherons, car il cherche du travail
- Vous avez l'air costaud. Vous avez des références ?
- Ouais ! J'ai travaillé au Sahara !
- Vous vous foutez de ma gueule ? Y'a pas d'arbres au Sahara !
- Y'a PLUS d'arbres !

 

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04/01/2015

Gastronomie dominicale: le renard

 

 

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Le civet de renard de l'Oncle Pinet

J'ai déjà vu, petit, Maître Renard en chasse.
Il marche à pas feutrés, nez au vent, la queue basse.
Soudain Goupil se fige, tous les sens en alerte,
Laissant venir la poule, caquetant, vers sa perte.
Panache déployé, il bondit gueule ouverte,
Saisissant par le cou la belle proie offerte.
Pas de bruit, seulement une gerbe de plumes
Laissera, de la poule, une trace posthume.
Respectons le renard, c'est une noble bête
Et que l'on peut aimer. " jusque dans son assiette!
Bien sûr Renard n'est pas un gibier très courant
Mais ce rusé gourmet régale les gourmands!
C'est mon oncle Pinet, je dois m'en réjouir,
Qui, voilà des années, me l'a fait découvrir.
L'oncle Pin et était un gaillard remarquable,
Un savant, un chercheur des choses de la table.
Casquetté, clope au bec, l'oncle avait belle allure.
Cet humoriste heureux détestait la torture,
Or, "travail" provenant du latin "trepaliare",
Supplice du tri pal, soit dit pour les ignares,
Il avait décidé de n'y jamais toucher.
Je l'ai vu plus souvent bambocher que piocher!
Nous partagions, joyeux, des bouteilles multiples,
Et il a fait de moi, en ce sens, son disciple.
Dédaignant les lazzis des idiots qui ricanent,
Il a fait préparer à la tante Suzanne
Corneilles et corbeaux, écureuils, hérissons,
Pies, geais, blaireaux, mouettes, cigalons, limaçons.
Et la tante mettait son imagination
Culinaire au service de ces préparations.
Chasseurs et gardes-chasse, paysans, braconniers
Venaient vider chez lui leur rebut de carnier,
Et beaucoup, toujours prêts si l'on rit, boit et mange,
Acceptaient de goûter ses cuisines étranges.
À l'ombre de la treille, devant le cabanon,
On mangeait, on chantait, en buvant des canons.
- Il est des personnages avec qui l'on se marre,
- Mais ce renard, Victor, comment tu le prépares?
- L'oncle, sans se salir, dirigeait les travaux.
Ses amis s'escrimaient à enlever la peau
En se faisant larder par les milliers de puces,
De joyeux animaux qui sautent, piquent, sucent.
Puis, les mains dans le sang, ils libéraient les tripes
Chaudes et irisées qui salissaient leurs nippes.
On pendait le renard, écorché, nettoyé,
Dans un lieu frais et sec pour le mortifier
Pendant quatre ou cinq jours en fonction des saisons.
On fait toujours ainsi avec la venaison.
On le coupe en morceaux, on le fait mariner
Trois jours dans du vin rouge puissant, carabiné,
Avec sel, poivre noir, genièvre, oignon et thym.
Alors tante Suzanne prenait les choses en mains!
Égouttés, essuyés, les morceaux de renard
Sont flambés au vieux marc puis, sans aucun retard,
Fait sautés à feu vif dans du saindoux fondu,
On remue et on tourne souvent, bien entendu
Pour bien dorer la viande sur toutes ses faces,
On déglace la poêle au Noilly, une tasse,
Puis on laisse réduire sans attacher au fond.
On blondit des oignons dans un faitout profond
Puis on jette dessus les morceaux de renard,
On flambe à l'eau-de-vie, un verre de soiffard,
Sel, poivre de haut goût, bouquet garni, genièvre,
Enfin, tout ce qu'on met pour faire cuire un lièvre.
On mouille abondamment, pas dans la marinade,
Dans un rouge corsé mis en larges rasades.
On fait cuire quatre heures, à feu doux ou moyen,
Tout dépend si Goupil est jeunôt ou ancien!
Ainsi accommodé, c'est un plat délicieux,
Ceux qui le goûteront feront des envieux.
Une bonne polenta en accompagnement,
Et du vin généreux, beaucoup, évidemment.
Avec des commensaux triés sur le volet,
De solides mangeurs, jamais des gringalets,
L'Oncle Pinet régnait avec cette recette
Sur un aréopage d'amoureux de la Fête.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 


Ingrédients et proportions pour six à huit personnes (ayant bon appétit)

Il va de soi que l'Oncle Pinet ne faisait pas le bec fin sur la taille du renard que lui apportaient ses rabatteurs. Faites comme lui!
Il faut donc:
- Pour la marinade: - un renard mis à mortifier si possible en chambre froide quatre ou cinq jours puis coupé en morceaux, - 5 litres de vin rouge 13 ou 14°, - 5 poignées de gros sel, - 2 cuillerées à soupe de poivre noir concassé, - 20 baies de genièvre, - 5 oignons en quartiers piqués de clous de girofle, - 2 belles touffes de thym.
- Pour le civet: 2 verres d'eau-de-vie pour flamber, - 250 g de sain-doux, - 1 verre de Noilly-Prat, - 5 autres oignons émincés, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance, - 1 gros bouquet garni, - 20 nouvelles baies de genièvre, - 3 bouteilles de bon vin rouge AO.C. 14,5°C, - 2 verres d'huile d'olive, - 2 kilos de farine de polenta pour l'accompagnement.

Les vins conseillés:

Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fragrances ani-males et en goûts musqués. Il y a donc deux écoles pour le choix des vins: - soit on reste dans la tonalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques. En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villages" ; en vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure; en vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols; - soit on joue l'opposition et l'on prend des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire". En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-les-Vi-gnes, Côtes du Ventoux, Coteaux du Luberon, Coteaux du Tricastin, Costières-de-Nîmes ; en vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-saint-Loup, Saint-Christol, Saint-Drézery ; en vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

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01/01/2015

Repas de jour de l'an original: bouffez du patron voyou !

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Ras le bol de la dinde ou du chapon, du foie gras et des langoustes, étonnez vos amis avec un repas de jour de l'an original !

Prenez un riche bien gras et dodu. De la variété française, c'est les mieux nourris. S'il se fait rare, achetez-le (ou mieux, chassez-le) en Belgique, en Suisse, en Angleterre, à Monaco. Du fouteux (mais c'est filandreux), du showbizzeux (mais c'est gras et ça a un gout de coke prononcé), du patron. 

Prenez donc un patron bien gras et dodu. La meilleure race, c’est la Cacarente. Le nec plus ultra, le Bresse de ces volailles restant tout de même le Patrondebanque, à égalité avec l’Exiléfiscal, surtout celui du genre Pigeonvautour-déserteur-fiscal. Evitez les patrons Depéhèmeux, ils sont trop petits, ils triment souvent autant que vous et sont trop durs à cuire.


Plumez-le autant qu’il vous a plumé. Á vif autant que possible : ça crée une production d’endorphine qui donnera à la viande un fumet particulier qui vous rappellera le jour où il vous a convoqué pour vous lourder.

Flambez-le, si possible sur les ruines fumantes de son bureau ou de son usine. Puis égorgez-le en gardant le sang, il est fait de celui qu’il vous a fait suer. Coupez lui immédiatement les génitoires s’il en a : les laisser donne mauvais goût à la viande.

Videz-le de ses tripes qu’il a toute sa vie copieusement tapissées de sauces chaudes et onctueuses avec le pognon qu’il vous a volé. Jetez-les, de toute façon un patron de Cacarente n’a rien dans les tripes et beaucoup de merde dans la tête.

Coupez-le en morceaux, au hachoir ou à la tronçonneuse selon affinités. Faites macérer ces morceaux dans une marinade faite de moitié bile, aussi amère que celle qu’il vous a faite faire, moitié merde diarrhéique, c’est ce qui convient le mieux.

Après deux jours de marinade, faites revenir les morceaux dans de l’huile de vidange. Puis mettre à cuire à l’étouffé avec la marinade passée au chinois, comme ceux chez qui il a délocalisé votre usine.

Enfin, comme c’est immangeable, foutez le tout au chiotte, c’est la place de ce genre de patrons !

Et bonne année !

 

 

  Illustration Salvator Dali - Centre Pompidou 

 

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28/12/2014

Gastronomie de régime: Le catigot d’anguilles d’Alexis

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 Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

Le métier d'Alexis: facteur, mais en Camargue.

La passion d'Alexis: les taureaux que l'on nargue

En courant la cocarde, le dimanche aux arènes

Pour les yeux de velours d'une belle Arlésienne.

En ces temps difficiles de guerre et de malheur,

Alexis, à vélo, pratiquait son labeur.

Pour livrer dans les mas les colis et les lettres,

Il roulait, chaque jour plus de cent kilomètres.

Il n'hésitait donc pas, pour prendre un raccourci,

À traverser les champs où paissaient les taureaux,

Son vélo à la main, sans beaucoup de soucis,

Car il "sentait" les bioù tout comme un torero.

Or donc voilà qu'un jour, sautant la barricade,

Notre Alexis marchait à travers la manade.

Il venait de quitter les animaux grégaires

Lorsque, venant de loin, un taureau solitaire,

Étalon portugais ombrageux et sournois, ­

Chargea notre facteur, son vélo et ses lettres!

Alexis, razeteur, par un écart adroit,

Évite les poignards meurtriers de la bête.

Le vélo vole en l'air ainsi que la sacoche.

Le taureau la reprend et sa corne l'embroche.

Alors notre Alexis fait son plus beau combat.

Il cite le taureau par le haut, par le bas,

Il virevolte autour des cornes de la bête,

Puis, en un geste sûr, enfin sa main crochète

La musette de cuir de l'Administration.

Le fauve, dépité, a baissé pavillon

Pour se fondre à nouveau parmi ses congénères

Et se faire moquer parmi la gent vachère...

C'est à pieds, son vélo démoli sur l'épaule

Qu'Alexis a fini sa tournée un peu folle...

Il ramenait toujours des fermes et des mas

Quelques lapins de champs, des anguilles bien grasses

Que dans tous les canaux on attrape à gogo.

Le plat qu'il préférait: l'anguille en catigot.

- Dis donc, ton Alexis, c'était un homme fort!

Mais comment on les fait ces anguilles Victor?

- Tu prends deux, trois anguilles, pas trop grosses, vivantes,

Que tu vas estourbir de manière décente.

N'enlève pas la peau, mais au papier journal

Enlève le mucus du gluant animal.

Les anguilles trop grosses, pèle, ça va de soi.

Vide-les, coupe-les en bouts de quatre doigts

Que tu farineras et mettras à raidir

Dix petites minutes dans un large faitout.

Puis tu sors les morceaux, sales et poivres le tout

Et tu mets de côté sans laisser refroidir.

Dans de l'huile d'olive tu mets à colorer

Deux oignons émincés et deux blancs de poireaux,

Ne laisse pas roussir, tu fais juste dorer.

Mouille d'une bouteille de rouge de Pujaut,

Incorpore girofles, céleri, thym, laurier,

Gousses d'ail écrasées, tomates concassées,

Sel, poivre du moulin, une écorce d'orange

Sommités de fenouil. Et tu cuis ton mélange

Demi-heure à feu doux. Dans une autre sauteuse,

Avec un peu de beurre, dore des champignons

De couches émincés et des petits oignons.

Tu arrêtes, et réserves quand l'odeur est flatteuse.

Quand ta sauce est bien cuite, tu vas éliminer

Thym, écorce d'orange, le fenouil, le laurier,

Puis au moulin légumes il te faut la passer,

Avec la grille fine, qu'elle soit bien lissée.

Range dans le faitout poisson, légume et sauce,

Tu mijotes un quart d'heure pour que les goûts s'exhaussent,

Puis tu sers, décoré de persil vert et gai,

Avec du riz pilaf, mais du riz Camarguais.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce divin nectar de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 anguilles de taille moyenne, - 1 verre d'huile d'olive, - 2 cuille­rées à café de sel fin de Camargue, - poivre du moulin, - 2 oignons, - 2 blancs de poireau, - 1 bouteille de vin rouge, - 1 branche de céleri épluchée et hachée, côte et vert, - 4 gousses d'ail, - 4 tomates concas­sées, - sommités de trois branches de fenouil, - thym- laurier, - écorce d'orange séchée, - 1 noix de beurre, - 3 hectos de champignons de cou­che, - 1 demi kilo de petits oignons, - 1 branche de persil, - 1 demi kilo de riz long de Camargue.

 

Les vins conseillés:

Ce plat typique des mas de Camargue s'accorde tout naturellement avec des vins rouges frais tels, en vallée du Rhône: Costières-de-Nîmes, Domazan, Comps, Estézargues, Fournès, Montfrin, Remoulins, Saze, Saint- Hilaire-d' Ozilhan.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Cabrières, Cazevieille, Saint­Gély-du-Fesc, Valflaunès.

En vins de Provence: Coteaux des Baux, Coteaux d'Aix, Coteaux varois de Saint-Zacharie, Saint-Maximin, Barjols, Sainte-Anastasie.

 

 


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22/09/2014

Boycottons les légumes des saccageurs bretons.

saccage paysan Morlaix.jpg

 

Lorsque quelques excités cassent des abri-bus, foutent le feu à quelques poubelles, voire à quelques bagnoles, pour les média(rhées), ce sont des racailles, ils risquent la taule.

 

Lorsque des pollueurs fonctionnaires de l'Union européenne – encore appelé « exploitants(teurs) agricoles » - saccagent, détruisent, incendient des biens de l’État, pour ces mêmes média(rhées) c'est une « juste révolte », ils ne risquent rien ou pas grand chose. Enfin, s'ils sont affiliés à un syndicat-voyou, la FNSEA. S'ils ont l'outrecuidance de vouloir être des paysans responsables voulant seulement vivre de leur travail, affiliés à la Conf' paysanne, comme ceux qui ont manifesté contre l'usine « mille vaches », c'est autre chose.

 

Non, mais vous les avez vu, ces pov' paysans manifester à Morlaix, juchés sur leurs tracteurs 4x4 à 80.000 euros pièces ? Pov' paysans, va. On avait sous les yeux toute la misère du monde !

 

Ils sont arrivés dans la soirée avec une centaine de ces engins et autant de remorques. Ça impressionne. Ils ont envahi les locaux de la MSA (Mutuelle sociale agricole). Ils ont tout cassé, tout saccagé, puis ils ont foutu le feu après avoir déversé des tonnes et des tonnes de leurs légumes immangeables bourrés de pesticides et d'engrais. Agrémenté de quelques tonnes de bon fumier bien odorant. Faut ce qu'il faut...

 

Tout a cramé. Un bâtiment neuf, au service de la profession. Le contribuable (vous, moi) paiera ! Où étaient donc les flics, si prompts à tabasser le moindre jeune un peu excité ?

 

Puis, après quelques bibines pour fêter ça, ils sont allés remettre ça à l'hôtel des impôts de Morlaix. Même objectif, mêmes éléments, même résultat...

 

Là aussi tout a cramé. Là encore, le contribuable (vous, moi) paiera ! Là encore où étaient donc les flics, si prompts à tabasser le moindre jeune un peu excité ?

 

Ces gens-là se permettent de foutre la merde parce qu'ils savent qu'ils ne risquent rien !

 

Rappelez-vous les incroyables saccages des « bonnets rouges » parmi lesquels les FNSEA-boys n'étaient pas les moins excités. Rien. Aucune sanction.

 

Rappelez-vous le saccage, à Paris, du bureau de la ministre de l'environnement, à l'époque Dominique Voynet. Rien. Aucune sanction.

 

Rappelez-vous, l'incendie du Parlement de Bretagne, un des plus prestigieux bâtiments de France. Aucune sanction.

 

Que ces gens aient des problèmes, c'est une évidence. Ce sont des problèmes de marché. Qu'ils les règlent – selon leurs méthodes « pittoresques » - avec ceux qui sont responsables de ces « marchés » : le grande distribution. Là est leur véritable ennemi.

 

Et puis, a-t-on encore besoin de cette agriculture productiviste, hyper polluante, gavée à la subvention, qui fournit plus qu'il n'est nécessaire des produits insipides, dangereux pour la santé, faits pour engraisser quelques grossiums ?

 

Pour ma part, j'achète mes légumes chez le paysan bio du coin... Et ils sont bons ! Et désormais je boycotterais tout ce qui porte la marque « Bretagne ».

 

 

Eh ! Au fait, c'est le Jour de l'An !

Nous sommes le Premier vendémiaire de l'an 223 de l'ère de la Liberté !

On fête le Raisin.

 

Bonne année républicaine ! Et à la nôtre !

  X - Droits réservés

 

16/09/2014

M’ame Michu et M’ame Chazotte : histoires de poulets.

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- Alors M’ame Michu. C’est quoi que je vois dans votre cabas ?

 

- C’est un poulet fumé. C’est bien emballé, presque appétissant, et c’est pratique quand on doit manger à plusieurs dans les bois, à la recherche d’hypothétiques champignons.

 

- Eh ben ! V’z’êtes pas dégoûtés vous. Ne m’amenez pas aux champignons !

 

- Bè ! je viens de recevoir une info – vrai ou faux, j’en sais rien - montrant des chinoiseries pas très ragoutantes.

 

- Ah ? Et c’est quoi ?

 

- Ben ! Votre beau poulet fumé, il vient peut-être de Chine. Et il a – peut-être encore – une origine plus que douteuse…

 

- Ah bon ! Racontez-moi ?

 

- J’ai eu connaissance d’un truc pas très ragoutant concernant ces poulets fumés : parait qu’en Chine, dans les cambrousses, chaque matin, des équipes de mecs à motos font le tour des fermes et des élevages où ils récupèrent tous les poulets morts. Y en a des paquets… Ils les centralisent dans une cour ou sous un hangar, les foutent dans de l’eau bouillante pour les plumer, puis les trempent dans une solution de produits chimiques – chlore et autres saloperies – de façon à les décontaminer, puis ils les foutent dans un bain coloré pour leur donner meilleure mine. Les cadavres passent ensuite au fumoir puis sont très joliment emballés et hop ! En voiture Simone : ça fera un conteneur réfrigéré pour ces cons d’Européens ! Le prix du poulet passe, après conditionnement, de 1 à 10 ! Avant la marge du super marché !

 

- Ben ça alors ! Mais comment savoir si ça viens de Chine ou pas ? C’est pas marqué sur l’emballage.

 

- Si, c’est marqué, mais de telle sorte que le con-sot-mateur ne puisse pas le déchiffrer. Le gouvernement et les services  associés ne tiennent pas à renseigner les consommateurs  sur ce sujet.

 

- Ah ? Et comment savoir si ça viens de France, de Chine, des Etats-Unis, de Thaïlande ou de Tataouine ?

 

- Laissez-moi vous dire comment faire... C’est indiqué sur le code barre. Les 3 premiers chiffres du code-barres d'un produit indiquent en fait le code du pays où le produit a été fait. Tous les codes qui commencent par : par exemple 690, 691, 692 jusqu'à 695 indiquent des produits venant de la Chine.

 

- V’z’en savez des choses vous, M’ame Chazotte !

 

- Mouais… Enfin, je me renseigne. Tè, je vais vous donner un tuyau qui vous évitera d’acheter idiot.

 

Voici les principaux codes-barres utilisés :   


00  à  13   : Etats-Unis et Canada  
30  à  37   : France 
40  à  44   : Allemagne 
49             : Japon
50             : Grande-Bretagne
57             : Danemark 
64             : Finlande 
76             : Suisse et Liechtenstein 
628           : Arabie Saoudite 
629           : Émirats Arabes Unis

690 à 695 : Chine 

729        : Israël
740 à 745 : Amérique Centrale 
480 à 489 : Philippines

etc. 

 

31/08/2014

Ouiquinde gastronomique: Les cèpes farcis de La Lionne

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Quand août éteint ses feux vient le temps des vendanges

De Cornas à Ampuis, de Tavel à Orange

Les garçons et les filles, en colles qui trépignent

Cueillent avec ardeur les raisins dans les vignes.

Ils coupent en riant les grappes de soleil

Et les foulent en jus d'opale ou de vermeil

Que tous les vignerons, dans l'ombre des caveaux

Transmuteront en vins gouleyants et nouveaux.

Et c'est aussi le temps où sur les hautes terres

Du Ventoux, de Provence, d'Ardèche et de Lozère

Dans les sombres forêts que cerfs et daims recèpent

Surgit, mystérieux, Sa Majesté le Cèpe.

Mais pour le découvrir, sous sapins et fougères

Il faut expérience, œil vif et main légère.

Tôt levé le matin, dans la sylve mouillée

Le bâton d'une main, dans l'autre le panier,

Il faut marcher, ramper, jouer au sanglier,

Pour atteindre ce lieu secret et singulier:

Sa "bouletière" cachée même à ses familiers !

Le cèpe, s'il est là, tu le sais par le nez,

Son parfum délicat te le fait deviner.

Avance à quatre pattes dans les épais fourrés

Respire à petits coups, tout comme un chien d'arrêt,

Cherche sous les plus basses branches des sapins

Et si tu trouves un cèpe, cherche aussi ses copains:

Il est rarement seul le Prince des forêts.

Il te faut le couper et non le déterrer,

En respectant ainsi le cèpe et son domaine

Tu t'y retrouveras à la saison prochaine.

Range bien sur des feuilles, dans un large panier,

Ce dont tu as besoin, pour ne pas gaspiller.

Boletus Eludis procure trois plaisirs:

Le plus primordial, c'est bien de le cueillir,

Puis le plus cérébral, c'est de le cuisiner,

Enfin le plus charnel, c'est de le déguster.

Je vais te raconter comment fait La Lionne

(C'est l'élue de mon cœur, grande, fière et mignonne)

Pour préparer, farcis, les cèpes les plus gros,

Superbes dômes bruns dépassant le kilo.

Elle nettoie le cèpe sans pourtant le laver,

À la brosse, au couteau, sans jamais s'énerver.

Elle enlève la queue qu'elle hache menu,

Deux aulx, deux échalotes, du persil, revenus,

Elle poêle cent grammes de chair à saucisse,

Incorpore échalotes puis queues de cèpes; épice

Avec du sel, du poivre noir, un peu de thym,

En tournant elle y introduit la mie de pain.

Hors du feu elle lie par un œuf et du beurre.

Sa farce est terminée. Tu sens ce qu'elle fleure !

C'est alors qu'elle fait rissoler le chapeau

Environ cinq minutes de chaque côté

Un peu plus côté mousse qu'elle n'a pas ôtée,

Le fait de le saler lui fait rendre son eau.

Elle beurre le fond d'un plat à gratin rond

D'un diamètre à peine égal au champignon.

Elle garnit le fond de pâte feuilletée

Et y pose dessus son cèpe renversé

Elle étale sa farce harmonieusement

Façonnant de la sorte un dôme culminant.

Le tout est recouvert de pâte feuilletée,

Au sommet elle ménage une cheminée.

Léger nappage à l'œuf pour fournir le brillant

Qui donnera au plat un côté attrayant.

Cuisson à four moyen pendant une bonne heure.

On sert le plat sur table ! C'est alors le bonheur !

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Un gros cèpe de 25 à 30 cm de diamètre (ils ne sont pas rares), - 2 gousses d'ail, - 3 échalotes hachées, - 2 branches de persil plat hachées, - 1 à 2 hectos de chair à saucisse, - 1 demi-bol de mie de pain trempée au lait, - sel, poivre noir, thym, - 1 œuf, - 3 noix de beurre, - 2 feuilles de pâte feuilletée, - 1 jaune d'œuf (pour nappage).

 

Les vins conseillés:

Accordez ce plat avec des vins rouges à base de syrah, qui donnent des parfums de sous-bois, d'animal. En côtes-du-rhône : Saint-Joseph, Cornas, Crozes-Hermi­lage, Saint-Désirât, Saint-Pierre-de-Bœuf, Mauves. Certains Lirac.

En vins du Languedoc: Saint-Chinian. Fitou.

En vins de Provence, Bandol. Coteaux des Baux

 

Quartidi 14 fructidor 222

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

24/08/2014

Ouiquinde gastronomique: les pieds et paquets.

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Je viens de régaler quelques épicuriens

Des mangeurs de cadavres, pas des végétariens

D'un plat que l'on ne peut décemment oublier:

Les très fameux pieds et paquets marseillais.

Écoute bien, petit, et débouche une quille,

La subtile recette du père Bonnefille,

Grand pêcheur, bambocheur, joyeux et fin cuistot

Adepte du premier des pêchés capitaux.

À moins que vous n'ayez des façons de puriste

Demandez au boucher de vous confectionner

Les délicats paquets avec ses doigts d'artiste

Sinon vous risquez fort d'y passer la journée...

Mais pour votre gouverne, en voici le principe:

Il faut emprisonner dans un carré de tripe

Large de quatre doigts, une portion de farce

Faite de boyau gras et de petit-salé,

D'ail frais et de persil, bien poivrée et salée

Et hachée à la main de manière efficace.

En repliant trois pointes on fabrique une poche

Serrée pour éviter que la farce bavoche

Puis on passe le tout dans une boutonnière

De la dernière pointe. Tout est dans la manière !

Quand aux pieds, prenez-les de moutons ou d'agneaux,

Refendez-les en long, d'un coup sur le billot,

Blanchissez cinq minutes dans de l'eau vinaigrée

Puis rincez, égouttez, réservez et couvrez.

Faites alors revenir, jusqu'au premier roussi

Deux oignons émincés, carotte, ail et persil,

Ajoutez un bouquet garni, bien entendu,

Dans un hecto de lard auparavant fondu.

Deux bonnes cuillerées de coulis de tomates,

Deux verres de vin blanc sur tous ces aromates,

Puis vous laissez réduire, doucement, en tournant

Tout en vous humectant d'un bon gorge on de blanc.

Au fond d'une cocotte ou autre plat idoine

Mais profond et en fonte, disposez une couenne

Sur laquelle vous rangez soigneusement les pieds

Ainsi que les paquets. Faites moitié-moitié.

Une couche de votre précédent appareil,

Sel, poivre du moulin. Recommencez pareil

En couches successives, puis mettez au dessus

Un demi-pied de veau, bien moelleux et ossu,

Quatre clous de girofle piqués dans un oignon,

Puis mouillez de vin blanc allongé de bouillon.

Le père Bonnefille les fait cuire en deux fois:

Quatre heures au moins la veille du jour où il reçoit,

Il laisse refroidir, et dégraisse au besoin,

Puis cuit quatre heures encor, doucement, avec soin,

Le jour de réception. Il faut voir son sourire

D'épicurien heureux, lorsque sans plus mot dire

Il apporte son plat fumant et odorant.

C'est un feu d'artifices de parfums attirants,

De fragrances subtiles, de délicats arômes

Sublimés par un verre de bon Côtes-du-Rhône.

En accompagnement, quelques pommes vapeur

Écrasées dans le jus prendront belle saveur.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

Qui naissent au soleil en terres de Provence.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- Comptez 6 paquets par personnes, soit 36 paquets à commander à vo­tre boucher. Allez, disons une quarantaine; - 3 pieds par personnes, soit 18, disons 20 pieds d'agneaux, - 1 pied de veau, - 1 large couenne de cochon, - 1 hecto de lard à fondre, - 2 gros oignons émincés, - 1 demi­ kilo de carottes émincées, - 6 gousses d'ail écrasées, - 3 branches de persil plat haché, - 1 verre de vinaigre, - 1 bouquet garni, - 2 ou 3 cuille­rées à soupe de coulis de tomates, - 1 bouteille de vin blanc, - 2 cuillerées à soupe de sel fin, - poivre du moulin en abondance, - 1 oignon entier piqué de 3 clous de girofle, - 1 demi-litre de bouillon de viande, - 1 kilo et demi de pommes de terre (à cuire séparément à la vapeur).

 

Les vins conseillés:

 

Les Côtes-du-Rhône Villages rouge accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-Ies-Vignes, Villedieu, Visan, Beaumes­-de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Hilaire­d'Ozilhan.

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux­d'Aix-en-Provence, Bellet.

 

 

In : Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s

 

Septidi 7 fructidor 222

 


 

 Photo X - Droits réservés

 


 

13/08/2014

Et si on reparlait des OGM ?

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L'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger – ce grand « humaniste » responsable, entre autres méfaits de la mise au pouvoir de Pinochet au Chili - a dit : « si vous contrôlez le pétrole vous contrôlez les nations, mais si vous contrôlez l'alimentation, vous contrôlez les personnes. » Pour s’assurer le contrôle de l’alimentation des peuples, les USA ont inventé et s’efforcent d’imposer une arme redoutable : les OGM. Et des entreprises spécialisées dans le bio-terrorisme dont le chef de file est Monsanto.

 

Mais cette entreprise est la partie émergée d’un iceberg politico-financier. Derrière, dessous, il y a des institutions sournoises : les fondations étazuniennes et en particulier Rockfeller et Bill Gates. La famille Rockefeller, magnat du pétrole, a entrepris de contrôler l'agriculture mondiale par le biais de la « révolution verte » dépendant de l'industrie pétrochimique. Quant à Bill Gates, sa fondation « philanthropique » est un des actionnaires majeur de…Monsanto !

 

Pour réussir cette mainmise sur les populations du tiers-monde, il convient d’abord d’éradiquer l’agriculture vivrière en réduisant au maximum le rôle des petits agriculteurs. Ceci se fait avec la complicité active de dirigeants corrompus grâce à un flot généreux de « billets verts ». Ainsi, en Inde les petites exploitations représentent 92 % des exploitations et occupent environ 40 % de toutes les terres agricoles. Ils forment le socle de la production alimentaire. Cependant, il y a un effort concerté pour éliminer les agriculteurs de la terre et les remplacer par de grandes sociétés utilisant à fond…les OGM. Monsanto contrôle déjà l'industrie du coton en Inde et façonne de plus la mentalité des entrepreneurs en finançant la recherche agricole dans les universités et les instituts publics. Ses pratiques de colonisation des institutions de ce grand pays lui valent d’être appelé la « Contemporary East India Company » - la « Compagnie des Indes de l’Est » contemporaine.

 

Ceci évolue dans le cadre du programme de contrôle des peuples par l’alimentation établi par Kissinger. Les OGM représentent désormais la mainmise ultime sur la nourriture grâce à la technologie de semences «Terminator», le brevetage des semences et des droits de propriété intellectuelle.

 

Rockfeller, Bill Gates…et derrière encore le groupe Bildenberg dont l’un des principaux soucis est la réduction du troupeau humain dans les pays du tiers-monde ! (Peu leur importe qu’un Etazunien gaspille et pollue la Terre 20 fois plus qu’un Indien ou un Africain). On approche de la « solution finale » à travers l’eugénisme qui est probablement la forme la plus fondamentale et la plus efficace de contrôle social. Cette philosophie vise entre autres à réduire la capacité de reproduction des personnes les « moins désirées ». Eh bien sachez qu’en 2001, Monsanto et DuPont ont acheté une petite entreprise de biotechnologie nommée Epicyte qui avait créé un gène causant la stérilité chez l’homme et la femme !

 

Nous avons de quoi nous inquiéter, non seulement des conséquences néfastes des monopoles des semences et des OGM sur la santé et l’environnement mais aussi des types de gènes pouvant se trouver à notre insu dans notre nourriture !

 

 

Quintidi 25 thermidor 222

Illustration X – Droits réservés

 

10/08/2014

Ouiquinde gastronomique : La bouillabaisse.

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 « Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains…

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

À l’époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galéjaient, sentaient l'ail.

Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes !

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j’ai mes petites !

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiala, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

Quelques grosses pincées de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum !

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ),saint-pierre (5 à 700 g), - 1 queue de baudroie (800 g), - 1 kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d’huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

(1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue et fond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martégua!e : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l’italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais en forme de boudin à base de farine de pois-chiche à l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu’on suspend au dessus de la cheminée ou que l’on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

In : « Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s

 

Duodi 22 thermidor 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

27/07/2014

Ouiquinde gastronomique. Et si nous faisions l'andouille!

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Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le met bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Nonidi 9 thermidor 222

Photo X – Droits réservés

 

 

Ecoute ! Ecoute !

Dans ce restaurant quatre étoiles, un client pour le moins furieux appelle le serveur et se met à tempêter:


- « Dégueulasse, votre bœuf bourguignon ! Vous pourrez dire au chef qu'il se le foute au cul ! »


- « Ah ! Monsieur, répond le garçon, très stylé, je crois que ce n'est pas possible pour le moment. À l'endroit que vous dites, il a déjà un coq au vin, une truite aux amandes et une quiche lorraine... »

20/07/2014

Ouiquinde gastronomique: La soupe d’ablettes du Père Bijoudi

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Sous son passe-montagne enroulé en bonnet,

Deux yeux d'un gris normand et un nez basané

Surmontaient une barbe hirsute et flamboyante

Chapeautée par le tourbillon de deux bacchantes.

Émergeait de sa bouche aux dents de carnassiers

Une longue bouffarde à tête de bélier.

Vêtu de hardes vertes et botté de cuissardes

Le Père Bijoudi, aux origines sardes,

Surnommé par ici « le pirate du Rhône »,

Menait sa barque plate parmi ilots et lônes.

Le fleuve dangereux, ami et adversaire,

N'avait pas de secret pour ce grand solitaire.

Il connaissait par cœur les remous, les courants,

Les vasières, les trous, les nids de cormorans,

Les gouffres à anguilles, les passages d'aloses,

Les grands cadavres d'arbres que chaque crue dépose,

Agachon des brochets, perchoirs pour les butors,

Cauchemar des pêcheurs. refuge des castors.

Quand le jour s'estompait, calé dans sa barcasse,

II ramait pour poser ses filets et ses nasses

Qu'il irait relever à l’aurore suivante

Sans jamais déroger, qu'il pleuve, neige ou vente.

Personnage secret, taciturne à l’envi

Lc Père Bijoudi a sauvé bien des vies

Lorsque le Fleuve-dieu, en ses grandes colères

Happait les imprudents dans ses eaux meurtrières.

Les jours de grandes crues, devant la ville inquiète,

Il préparait sa barque pour pêcher les ablettes:

Un grand filet carré ouvert par deux arceaux,

Pendu à un levier en tête de vaisseau.

A chaque relevée, le piège, en émergeant

Prélevait dans les eaux quelques éclairs d'argent.

Le Père Bijoudi les vendait aux badauds

Qui surveillaient la crue, au sec, sur les bord' eaux.

Lui, ce qu'il préférait, c'est la soupe d'ablettes...

- Ça c'est original Victor! Zou ! la recette!

- Prépare et fais sauter tomates et oignons

Dans de l'huile d'olive. Thym, laurier et sarriette.

Quand c'est bien coloré, rajoute tes ablettes.

Puis tu mouilles au vin blanc, cabernet-sauvignon,

Des vins de la Vallée, pas des vins bourguignons,

Ugni blanc ou clairette, coupé d'eau par moitié.

Bois un coup toi aussi et sales volontiers.

Attention! Tes poissons ne sont jamais vidés

C'est par là que ta soupe prend son parfum iodé.

Fais bouillir à feu vif dix à douze broquilles,

Le temps de fusiller, entre amis, une quille.

Au moulin à légumes tu vas alors passer

Les ablettes et leur jus. Après, tu vas presser

L'ensemble dans un linge. Serre sans te brûler,

Exprime tous les sucs et laisse bien couler.

Tu remets sur le feu, ajoutes du safran,

Attention, du pistil et pas du colorant,

Le safran est très cher, mais ne soit pas grigou:

Ton assaisonnement doit être de haut goût,

Coupées en minces tranches, quelques pommes-de-terre

Donneront à ta soupe du corps, du caractère.

Sers avec du râpé, gruyère ou parmesan,

Ce plat original, parfumé et puissant.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

Qui naissent au soleil en terres de Provence.

 

 

Illustration Vincent Barbantan

 

 

Duodi 2 thermidor 222

 

29/06/2014

Gastronomie dominicale: le civet de renard!

civet renard.jpg

Le civet de renard de l'Oncle Pinet

 

J'ai déjà vu, petit, Maître Renard en chasse.

Il marche à pas feutrés, nez au vent, la queue basse.

Soudain Goupil se fige, tous les sens en alerte,

Laissant venir la poule, caquetant, vers sa perte.

Panache déployé, il bondit gueule ouverte,

Saisissant par le cou la belle proie offerte.

Pas de bruit, seulement une gerbe de plumes

Laissera, de la poule, une trace posthume.

Respectons le renard, c'est une noble bête

Et que l'on peut aimer. " jusque dans son assiette!

Bien sûr Renard n'est pas un gibier très courant

Mais ce rusé gourmet régale les gourmands!

C'est mon oncle Pinet, je dois m'en réjouir,

Qui, voilà des années, me l'a fait découvrir.

L'oncle Pin et était un gaillard remarquable,

Un savant, un chercheur des choses de la table.

Casquetté, clope au bec, l'oncle avait belle allure.

Cet humoriste heureux détestait la torture,

Or, "travail" provenant du latin "trepaliare",

Supplice du tri pal, soit dit pour les ignares,

Il avait décidé de n'y jamais toucher.

Je l'ai vu plus souvent bambocher que piocher!

Nous partagions, joyeux, des bouteilles multiples,

Et il a fait de moi, en ce sens, son disciple.

Dédaignant les lazzis des idiots qui ricanent,

Il a fait préparer à la tante Suzanne

Corneilles et corbeaux, écureuils, hérissons,

Pies, geais, blaireaux, mouettes, cigalons, limaçons.

Et la tante mettait son imagination

Culinaire au service de ces préparations.

Chasseurs et gardes-chasse, paysans, braconniers

Venaient vider chez lui leur rebut de carnier,

Et beaucoup, toujours prêts si l'on rit, boit et mange,

Acceptaient de goûter ses cuisines étranges.

À l'ombre de la treille, devant le cabanon,

On mangeait, on chantait, en buvant des canons.

- Il est des personnages avec qui l'on se marre,

Mais ce renard, Victor, comment tu le prépares?

- L'oncle, sans se salir, dirigeait les travaux.

Ses amis s'escrimaient à enlever la peau

En se faisant larder par les milliers de puces,

De joyeux animaux qui sautent, piquent, sucent.

Puis, les mains dans le sang, ils libéraient les tripes

Chaudes et irisées qui salissaient leurs nippes.

On pendait le renard, écorché, nettoyé,

Dans un lieu frais et sec pour le mortifier

Pendant quatre ou cinq jours en fonction des saisons.

On fait toujours ainsi avec la venaison.

On le coupe en morceaux, on le fait mariner

Trois jours dans du vin rouge puissant, carabiné,

Avec sel, poivre noir, genièvre, oignon et thym.

Alors tante Suzanne prenait les choses en mains!

Égouttés, essuyés, les morceaux de renard

Sont flambés au vieux marc puis, sans aucun retard,

Faits sauter à feu vif dans du saindoux fondu,

On remue et on tourne souvent, bien entendu

Pour bien dorer la viande sur toutes ses faces,

On déglace la poêle au Noilly, une tasse,

Puis on laisse réduire sans attacher au fond.

On blondit des oignons dans un faitout profond

Puis on jette dessus les morceaux de renard,

On flambe à l'eau-de-vie, un verre de soiffard,

Sel, poivre de haut goût, bouquet garni, genièvre,

Enfin, tout ce qu'on met pour faire cuire un lièvre.

On mouille abondamment, pas dans la marinade,

Dans un rouge corsé mis en larges rasades.

On fait cuire quatre heures, à feu doux ou moyen,

Tout dépend si Goupil est jeunot ou ancien!

Ainsi accommodé, c'est un plat délicieux,

Ceux qui le goûteront feront des envieux.

Une bonne polenta en accompagnement,

Et du vin généreux, beaucoup, évidemment.

Avec des commensaux triés sur le volet,

De solides mangeurs, jamais des gringalets,

L'Oncle Pinet régnait avec cette recette

Sur un aréopage d'amoureux de la Fête.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 

 

Ingrédients et proportions pour six à huit personnes (ayant bon appétit)

Il va de soi que l'Oncle Pinet ne faisait pas le bec fin sur la taille du renard que lui apportaient ses rabatteurs. Faites comme lui!

Il faut donc:

- Pour la marinade: - un renard mis à mortifier si possible en chambre froide quatre ou cinq jours puis coupé en morceaux, - 5 litres de vin rouge 13 ou 14°, - 5 poignées de gros sel, - 2 cuillerées à soupe de poivre noir concassé, - 20 baies de genièvre, - 5 oignons en quartiers piqués de clous de girofle, - 2 belles touffes de thym.

- Pour le civet: - 2 verres d'eau-de-vie pour flamber, - 250 g de sain­doux, - 1 verre de Noilly-Prat, - 5 autres oignons émincés, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance, - 1 gros bouquet garni, - 20 nouvelles baies de genièvre, - 3 bouteilles de bon vin rouge A.O.C. 14,5°C, - 2 verres d'huile d'olive, - 2 kilos de farine de polenta pour l'accompagnement.

 

Les vins conseillés:

 Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fragrances ani­males et en goûts musqués. Il y a donc deux écoles pour le choix des vins:

 - soit on reste dans la tonalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques. En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villa­ges" ; en vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure; en vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols;

- soit on joue l'opposition et l'on prend des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire". En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-Ies-Vi­gnes, Côtes du Ventoux, Coteaux du Luberon, Coteaux du Tricastin, Cos­tières-de-Nîmes ; en vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-saint-Loup, Saint-Christol, Saint-Drézery ; en vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

Décadi 10 messidor 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

24/06/2014

Après les emmerdeurs du rail, les emmerdeurs des airs et...les emmerdempoisonneurs de la FNSEA

pesticides combinaison protection.jpg

 

 

Non mais vous les avez entendu les gougnafiers de l'agriculture chimico-industrielle de la FNSEA ! Ils gueulent, ils s’époumonent (enfin, ceux qui n'ont pas les éponges trop mitées...), ils bloquent la circulation, ils EMMERDENT, et vous savez pourquoi ? Parce que le gouvernement veut faire passer une loi leur interdisant de répandre leurs saloperies de pesticides à moins de 200 mètres d'une école, d'un hôpital, d'une maison de retraite, d'une habitation, d'un lieu de vie quoi !

 

Début mai, une vingtaine d'enfants et une enseignante d'une école primaire de la Gironde ont été pris de malaises après l'épandage d'un fongicide sur des vignes situées à proximité de l'établissement. La préfecture du département avait relevé une utilisation du produit dans des « conditions inappropriées ».

 

Traiter jusque dans les cours des écoles, c'est raisonnable ça ?

 

Qui ne s’est pas énervé en traversant les nuages de pesticides généreusement pulvérisés sur les cultures, du printemps à la récolte, soit pendant quatre mois ! Oui, nous répondent les tenants de l’agriculture intensive, mais si on ne traite pas, on n’a pas de récolte correcte… Sauf que l’agriculture biologique prouve chaque jour le contraire.

 

Oui nous diront les Fnsea-boys mais le bio, c'est marginal, ce n'est pas ça qui va nourrir les foules affamées. Laissez-nous traiter « raisonnablement ».

 

Pour appuyer leurs revendications corporatistes, ils ont salopé la place de la Concorde... Leur but : Donner un « carton jaune » comme ils disent, au gouvernement pour faire pression au moment où le projet de loi d’avenir sur l’agriculture commencera à être examiné en commission à l’Assemblée nationale. Le texte passera ensuite en seconde lecture dans l’hémicycle les 7 et 8 juillet.

 

Le ministre Le Foll, faisant preuve d'une évidente mollesse des génitoires, a tenté de les rassurer mardi sur RTL, en réaffirmant qu'il n'était n’était pas prévu d’interdire les épandages de pesticides à moins de 200 mètres des habitations. Eh ! Oh ! Ci-devant ministre, faudrait savoir, non ? Tu préfères empoisonner les gosses plutôt que de faire preuve de fermeté vis-à-vis d'une bande de parpagnas gavés de subventions européennes ou nationales ?

 

Il faut savoir que 349 pesticides différents sont présents dans les produits alimentaires vendus dans l'UE !

 

« Pour votre santé, mangez cinq fruits et légumes par jour » qu’ils nous serinent à longueur de bourrage crâne. A mon avis, c’est une manière originale pour tenter de résoudre les problèmes de surpopulation : en effet, en suivant ces judicieux conseils, vous avez toutes les chances de vous fabriquer un chou-fleur bien gaillard qui va vous envoyer ad patres en quelques  mois. Le crabe nourri aux pesticides, c’est du redoutable !

 

Quintidi 5 messidor 222

 

Photo X – Droits réservés

 

22/06/2014

Ouiquinde gastronomique : la brandade de Nîmes

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 La Fanny est serveuse au café des Platanes

Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent

Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir

Tant elles sont promesses de joies et de plaisir.

 

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,

Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,

Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,

Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

 

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent

Tous restent bouche bée et en perdent la boule

Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

 

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne

On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne

Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny !

 

 

 

— Victor ! Tes pétanqueurs qui rêvent d’embrassades

En matant les rondeurs de la belle Fanny,

Ils devraient s’entraîner à faire la brandade,

Ça calmerait un peu leur érotomanie !

Voici comment la font, pour leur table éponyme

Serge et Wladimir, restaurateurs à Nîmes.

Pour réussir ton plat, éloigne les intrus,

Une nuit, à l’eau fraîche, dessale ta morue,

En six coups de hachoir frappés sur une planche,

Sans enlever la peau, en portions tu la tranches.

Tu la mets, à l’eau froide, dans un large faitout

Que tu lèves du feu quand le liquide bout,

Et tu laisses tremper dix minutes environ,

Le temps de te verser quelques petits canons.

Puis égoutte, essore, et lève les arêtes,

Dans une casserole, mets ta morue défaite,

Dès lors, tu vas chauffer l’ensemble au bain-marie.

A la cuillère en bois, à tour de bras, manie,

Ecrase la morue d’une main combative

En ajoutant du lait et de l’huile d’olive,

L’un et l’autre, tiédis, de façon mesurée

Pour obtenir enfin une lisse purée.

Cette crème doit être onctueuse et épaisse

Pour cela, il te faut branler fort, sans faiblesse.

Lorsque tu en es là, prends le temps de souffler,

Décontracte ton bras, laisse-le dégonfler,

Verse-toi volontiers un vin blanc des Costières

Et va faire un câlin avec la cuisinière.

Reprends ton appareil, oublie la rigolade

Si tu veux, comme un chef, réussir ta brandade.

Il faut la parfumer, la monter en saveur.

Elle doit embaumer pour chavirer les cœurs.

Écrase, au mortier, une gousse d’ail blanc,

Râpe un peu de muscade — excellent stimulant ! —

Un zeste de citron que finement tu haches,

Un peu de poivre blanc, un soupçon de pistache,

Du sel si nécessaire, mais reste circonspect,

Enfin, lorsque tu sers, une truffe râpée.

Ce plat emblématique de Nîmes-la-Romaine

Incitera Fanny, à la dernière mène,

À laisser les vainqueurs autant que les vaincus,

Selon la tradition, lui embrasser le cul !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 1 grosse morue sèche, - 1 demi litre de lait tiède, - 1 demi litre d'huile d'olive tiède, - 3 gousses d'ail de belle taille, - 1 zeste de citron, - 1 cuillerée à dessert de poivre blanc, - 1 peu de muscade râpée, - 2 graines de pistache, - 1 truffe (accessoire), - beaucoup de vigueur dans le bras (indispensable !)

 

Les vins conseillés:

Profitez de ce plat gardois pour apprécier les vins rouges des Costières-de-Nîmes mais aussi les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Péray, vins tranquilles du Diois, Saint-Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ar­dèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon.

En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul-de-Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons-source-d'Argens, Brue-Auriac, Châteauvert.

Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins primeurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les-Vignes, Sabran, Codolet, Rochefort, Lirac, Laudun.

 

Tridi 3 messidor 222

 

Illustration X – Droits réservés