Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

08/06/2010

Eh ! Pancho ! Ne ramène pas ta fraise ! C’est de la merde…

 

fraises.jpgJe viens d’acheter deux barquettes de superbes fraises de Provence. Humm ! Un petit producteur, en ayant ras le cul de se faire exploiter par les grandes surfaces, les vends à un prix très correct au cul de sa camionnette. Et les clients ne s’y trompent pas !  Ça change de ces putains de « fraises » espagnoles qu’on trouve aux supermarchés ! T’as l’impression de croquer dans un bout de caoutchouc dur qui aurait un vague gout de tomates transgénique… Dégueulasse. Et les mecs, ils vendent ça en belles barquettes, à 2,5 € pièce. Comme ça paraît pas cher, les bons cons achètent.

 

Seulement voilà, ces saloperies sont le nec plus ultra de la  merde. Elles arrivent du sud de l’Espagne et ont donc parcourues au bas mot 1500 à 2000 bornes en camions crachant leur gazole à la tonne. Près de 90.000 tonnes chaque année ! À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16.000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi totalité de ces merdes poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe. Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

 

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et

stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005… ! ! !); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

 

Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main d'œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans papiers sous payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l'hiver. Mais c’est qu’en plus ils polluent ces cons d’esclaves mon brave, en plus d’avoir les poumons pourris par les merdes qu’ils resporent et la peau vérolées par les pesticides !

 

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.

 

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.

 

estron.jpgQuant aux esclaves, ils sont priés de se barrer, retourner chez eux ou s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respiré ...

 

La production et l'exportation de la fraise espagnole représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises...

 

Mangez cinq fruits et légumes par jour qu’ils nous bassinent… Vous crèverez plus tôt, ça soulagera la sécu !

 

 

02/06/2010

Honneur à José qui a chié dans la colle (à viande !)

 

Jose_bove_portrait-1.jpgJosé (Bové bien sûr) et ses collègues du Parlement européen ont fait un doigt d’honneur aux chiapacans de la Commission en refusant d’autoriser – comme celle-ci le demandait - l’utilisation de la « colle à viande » - la thrombine - pour faire bouffer aux pauvres les déchets de viande pour animaux. La Commission voulait harmoniser les législations nationales, puisque la thrombine est déjà autorisée en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas, mais les députés européens, sous la conduite des députés Verts, ont opposé leur véto. La France, pays de la gastronomie où les gargotiers sont rois, était…pour ! Elle avait même anticipé sur cette directive européenne rejetée en autorisant cette merde par un arrêté provisoire entre 2003 et 2005, ceci à la suite de deux avis positifs de l'Afssa, l'Agence de sécurité sanitaire des aliments ! On peut s'interroger sur l'indépendance des membres de cet organisme qui a la charge d'autoriser ou non tel ou tel produit sur le marché...

 

De la « colle à viande », de la « thrombine » ? Kézako ? La thrombine est un enzyme qui accélère la coagulation du sang et qui, mélangée avec de la thromboplastine issue des muscles des animaux, donne une sorte de colle alimentaire. Autrement dit du plasma sanguin de porc ou de vache mélangé à des bouts de muscles finement broyés.

 

Quel est l’intérêt de cet ingrédient ? Avant tout de faire gagner encore plus de pognon aux gougnafiers de l’industrie agro-alimentaire. Comment ? En agglomérant avec cette colle tous les bas morceaux invendables en l’état et que l’on trouve au rayon « viande pour animaux » dans les grandes surfaces. Vous voulez la méthode ? Vous broyez en copeaux toutes les « pélangrougnes » (bas morceaux de barbaque en Provence), dans un bac, vous les mélangez avec cette « colle », vous laissez reposer quelques heures au frais et vous obtenez des morceaux de « viande » presque présentable vendus sous plastique avec, en tout petit, tout petit, la mention « produit carné ». Un régal pour les salmonelles !

 

Vous trouvez ces merdes dans les plats cuisinés, les raviolis, les boulettes de viande, les jambons cuits bon marché « reconstitué », les « jambons de poulet », etc.

 

Les députés européens ont dit Niet à la Commission. Mais celle-ci, sous la pression des puissants lobbies de l’agroalimentaire, va revenir à la charge, en noyant la « colle » dans une vingtaine de demande d’autorisation pour des additifs alimentaires.

 

Donc : meffi et vive José et ses potes verts du parlement européen !

 


*****************************************************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !


 

24/05/2010

Long ouiquinde gastronomique: Les lapins de champs du Grand Gaby

 

 

 

lapins de champs pour le web.jpg

 

 

 

Grand, long, déguingandé, sec comme un coup de trique

Le nez en coupe-vent, le regard ironique

Perché sur un long cou d'échassier famélique,

Le Grand Gaby est un Prince de la barrique.

Ce fervent défenseur de l'ardeur vigneronne

Est médaillé d'honneur de la Coste-du-Rhône :

N'a-t-il pas englouti, pour se mouiller la glotte

Six cents hectos de vin, sans un verre de flotte!

Ceci en soixante ans d'une soif flamboyante,

Éteinte verre en bouche, de manière constante.

Tout comme d'autres tirent, Gaby boit des deux mains,

En saluant la foule, tel un tribun romain.

Le Grand Gaby, doté d'un vigoureux sésame

Est, cela va de soi, le chéri de ses dames.

Minettes délurées, bourgeoises en goguette

Attirées par sa réputation d'athlète,

Négligeant les on-dit qui prédisent leur perte,

Viennent à son mazet, ouvertes et offertes.

Elles doivent aimer le suint de sanglier

Car leur amant dégage un fumet de gibier.

Priape, Éros, Bacchus, protecteurs de Gaby,

Bénissent les amours cachés dans son gourbi.

Ses conquêtes, souvent, mangeront du lapin

Lorsque leur étalon part avec ses copains...

Le lapin, il est vrai, est sa spécialité,

Tant dans la casserole que contre ses beautés.

Souvent le Grand Gaby, quand vient le crépuscule,

Part hanter la garrigue où la chouette hulule.

Silencieusement, tous les sens aux aguets,

Il s'en va, dans la nuit, pour tendre ses arqués (1) :

De puissants pièges ronds, tendus par un ressort,

Pour les lapins de champs, synonymes de mort...

Quant l'aube aux doigts de roses éveille la nature

Gaby est déjà là pour prendre ses captures.

Les gardes le connaissent, tous veulent le coincer,

Mais le Grand, plus malin que la maréchaussée,

A toujours évité les rencontres néfastes

Tant, de son territoire, sa connaissance est vaste.

- Oh ! Victor, ton Gaby, c'est un bel oiseau rare !

Mais ses lapins de champs, comment il les prépare ?

- Espuillés (2), étripés, coupés en huit morceaux,

Un lapin de garenne chaque deux commensaux,

Tu frottes du thym sec de la dernière estive,

Tu arroses le tout de bonne huile d'olive,

Sel, poivre du moulin et quelques aromates

Et tu fais reposer cela dans une jatte.

Dans ta sartan (3), fond du petit-salé en dés

Dans un peu de saindoux, quantité limitée.

Quand c'est cuit, mets de l'ail, trois oignons émincés

Trois tomates pelées, soigneusement pressées,

Fais réduire à feu vif sans cesser de tourner,

Rajoutes ton lapin à peine fariné,

Fais prendre la couleur en remuant l'ensemble,

Trois verres de vin blanc ou plus si bon te semble,

Plus un morceau de sucre dans quelques verres d'eau.

Encore que la flotte ne sois pas mon credo. . .

Fais cuire sans couvrir, vivement, demi-heure.

Le Gaby l'accompagne par des pâtes au beurre.

Parmi les invités de ces repas de maître,

Le Grand convie parfois.. .notre garde-champêtre!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 


diane chasseresse shaw2.jpg

 

 


Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 lapins de champs (de garenne), - 2 verres d'huile d'olive, - thym sec émietté, - sarriette, - laurier, - sel, - poivre du moulin, ­2 noix de saindoux, - 2 hectos de petit-salé, - 6 gousses d'ail pelé et écrasé, - 3 oignons finement émincés, - 3 tomates pelées, mondées, épépi­nées, - 1 cuillerée à soupe de farine, - 3 grands verres de vin blanc, - 1 morceau de sucre, - 3 verres d'eau, - 1 kilo de pâtes.

 

Les vins conseillés:

Tous les vins rosés bien frais: Côtes-du-Rhône, Tricastin, Ventoux, Lu­beron, Costières de Nîmes, Coteaux du Languedoc, Côtes de Provence, Coteaux varois.

 

Arqués: pièges demi-circulaires à ressort central.

(2) Espuillé : écorché.

(3) Sartan : poêle.

 

In: "Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s" - Jean-Victor Joubert


*****************************************************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !


 

23/05/2010

Ouiquinde érotico-gastronomique avec Fanny


 

Fanny4.jpg


 

La brandade de Serge et Wladimir



La Fanny est serveuse au café des Platanes

Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent

Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir

Tant elles sont promesses de joies et de plaisir.


Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,

Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,

Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,

Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.


Sous l'effet ravageur de ses hanches qui roulent

Tous restent bouche bée et en perdent la boule

Parmi les équipiers, voilà la zizanie :


On s'insulte, on se crie, pour un point on s'encagne

On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne

Tous rêvent du Zéro... et de baiser Fanny !


Fanny2.jpg

 

- Victor ! Tes pétanqueurs qui rêvent d'embrassades

En matant les rondeurs de la belle Fanny,

Ils devraient s'entraîner à faire la brandade,

Ça calmerait un peu leur érotomanie !

Voici comment la font, pour leur table éponyme

Serge et Wladimir, restaurateurs à Nîmes.

Pour réussir ton plat, éloigne les intrus,

Une nuit, à l'eau fraîche, dessale ta morue,

En six coups de hachoir frappés sur une planche,

Sans enlever la peau, en portions tu la tranches.

Tu la mets, à l'eau froide, dans un large faitout

Que tu lèves du feu quand le liquide bout,

Et tu laisses tremper dix minutes environ,

Le temps de te verser quelques petits canons.

Puis égoutte, essore, et lève les arêtes,

Dans une casserole, mets ta morue défaite,

Dès lors, tu vas chauffer l'ensemble au bain-marie.

A la cuillère en bois, à tour de bras, manie,

Ecrase la morue d'une main combative

En ajoutant du lait et de l'huile d'olive,

L'un et l'autre, tiédis, de façon mesurée

Pour obtenir enfin une lisse purée.

Cette crème doit être onctueuse et épaisse

Pour cela, il te faut branler fort, sans faiblesse.

Lorsque tu en es là, prends le temps de souffler,

Décontracte ton bras, laisse-le dégonfler,

Verse-toi volontiers un vin blanc des Costières

Et va faire un câlin avec la cuisinière.

Reprends ton appareil, oublie la rigolade

Si tu veux, comme un chef, réussir ta brandade.

Il faut la parfumer, la monter en saveur.

Elle doit embaumer pour chavirer les cœurs.

Ecrase, au mortier, une gousse d'ail blanc,

Râpe un peu de muscade - excellent stimulant ! -

Un zeste de citron que finement tu haches,

Un peu de poivre blanc, un soupçon de pistache,

Du sel si nécessaire, mais reste circonspect,

Enfin, lorsque tu sers, une truffe râpée.

Ce plat emblématique de Nîmes-la-Romaine

Incitera Fanny, à la dernière mène,

À laisser les vainqueurs autant que les vaincus,

Selon la tradition, lui embrasser le cul !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l'amour !



Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 1 grosse morue sèche, - 1 demi litre de lait tiède, - 1 demi litre d'huile d'olive tiède, - 3 gousses d'ail de belle taille, - 1 zeste de citron, - 1 cuillerée à dessert de poivre blanc, - 1 peu de muscade râpée, - 2 graines de pistache, - 1 truffe (accessoire), - beaucoup de vigueur dans le bras (indispensable !)


Les vins conseillés:

Profitez de ce plat gardois pour apprécier les vins rouges des Costières-de-Nîmes mais aussi les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Péray, vins tranquilles du Diois, Saint-Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ar­dèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon.

En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul-de-Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons-source-d'Argens, Brue-Auriac, Châteauvert.

Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins primeurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les-Vignes, Sabran, Codolet, Rochefort, Lirac, Laudun.

 

quel-cul.jpg

 

 

19/05/2010

Pompons la merde, et pompons la gaiement ! Vive la merde, énergie propre et renouvelable !


 

chieur Topor.jpg

En voilà une nouvelle qu'elle est bonne ! Tous ceux qui nous font chier, tous ceux qui sèment la merde, tous ceux qui la remue, tous ceux qui nous y mettent jusqu'au cou peuvent devenir des sauveurs de la planète ! La merde, il y en a partout, tous le monde en fait, du plus riche au plus pauvre, sans distinction de race, de couleurs, de religions, d'âge, de condition sociale. La merde, voilà notre sauveur !

 


« Fille de roi, de ta beauté si fière

Tu dois chier, ainsi dieu l'a voulu

Ton cul royal, comme un cul prolétaire

A la nature, doit payer son tribu...

Et puisqu'il faut que rien n'se perde

Dans la nature, où tout est bon

Ami pressons la pompe à merde

Le jour parait à l'horizon.... »


Un jour de gloire, un jour radieux se lève enfin sur l'humanité grâce aux produits de nos boyaux culiers, mais aussi des merdes de vaches, de cochons, de poules, de mac-do. Le grand œcuménisme du saint Caca !


biogas-photo1.jpg« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » disait Lavoisier.

 

Eh bien les Honorables fils de Confucius ont pris au mot le génial physicien français : ils transforment, à échelle industrielle, la merde humaine ainsi que les lisiers en BIOGAZ ! Et ça marche du feu de dieu !

Allez, je vais téléphoner à Sarko (enfin, je vais chier !) pour sauver la planète !




Allez-y voir sur cette video :

http://www.lepost.fr/article/2010/05/18/2077429_la-m-e-r-...


*****************************************************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !

 

17/05/2010

Vive les femmes, vive les poils...


 

poilue-aisselle.jpg

 

 

 


 

Femme à poils


Rien n'est plus émouvant,

Rien n'est plus excitant

Rien n'est plus envoûtant

Qu'une bell' femme à poil


Sachez mesdemoiselles

Que pour le sensuel

Que pour le sexuel

Il faut avoir du poil !


Touffe noire

Ciboire

Touffe blonde

Profonde

Touffe rousse

Qui mousse


Ecrin doux et soyeux

Du temple du désir

Toboggan broussailleux

Vers la grotte à plaisir

Le poil, le poil, le poil, le poiiiil

 

 

poilues.jpg

 

 


- Oh !  Victor, tu en parles avec tant d'émotion !

D'où te viens, pour le poil une telle passion ?

- De ma prime jeunesse où, branleur émérite,

J'ai vécu, envoûté, un bonheur insolite.

Carmencita Sanchez était la fille aînée

D'une famille ayant franchi les Pyrénées

Pour fuir les catastrophes d'une guerre civile.

Tous travaillaient aux champs du mas de la famille.

Carmencita, ce jour, préparait l'aïoli

Un « foudaoù » sur le ventre, un caraco joli

Laissant nu sa gorge, ses bras et ses épaules.

Je m'étais proposé, moi, jeune branquignole

Pour l'aider à peler patates et carottes

En matant, de la belle les chairs blanches et rondes.

Je sors pour emporter les épluches aux cochons

En rêvant à ses yeux, son cul et ses nichons.

Je reviens, tête en feu et la gaule en folie

Derrière la Carmen qui montait l'aïoli.

Assise, le mortier coincé entre ses cuisses,

Elle tournait l'aïoli d'un geste ample et lisse.

J'arrive doucement, par derrière la belle

Et glisse prestement ma queue sous son aisselle,

La chair tiède en sueur, les poils, le mouvement

Rythmé, les parfums d'ail font un coquetèle dément,

Carmen crie en français, m'insulte en espagnol

Voudrait bien me pousser, me donner des torgnioles

Mais l'aïoli est sacré, s'arrêter, c'est tabou

Car sinon elle cague, le déshonneur au bout !

Ses cris deviennent rauques, feulement de féline

Son bras se fait complice, sa tête dodeline,

Je voudrais tant l'avoir, toute nue, dans un lit !

Puis mon plaisir jaillit, parfumant...l'aïoli !



 

femmeapoils2dw1.jpg

 

 


*****************************************************



Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !


 

11/05/2010

Les mange-merdes au service de l’industrie chimique ont encore frappé :

 

 

insolite-072.jpg

Bon. J'ai bien digéré l'alose. Je suis donc en bonne disposition pour vous parler de gastronomie... Enfin, c'est un euphémisme.

Un « concours » gastronomique commandité par Nestlé – expert en malbouffe  - a désigné les « meilleurs restaurants du monde ». Rien que ça ! Et parmi ces « restaurants », on trouve évidemment les gargotes chimiques type Ferran Adrià, l’escroc culinaire catalan, son alter ego en merdes chimiques, le rosbif Blumenthal et voilà le nouveau venu, le nouveau « meilleur cuisinier du monde », un obscur gargotier danois, le nommé Redzepi. Ces gens-là pratiquent avec une grande maestria la promotion du dégueuli moléculaire. Ils ne travaillent pas du bar de ligne, de l’entrecôte de l’Aubrac, du foie gras des Landes, des aubergines de Provence, de l’agneau de prés salés. Non ! Ils donnent le meilleur de leur art en assemblant avec subtilité des  alginates, des carraghénanes, du nitrite de potassium, de l’acide hydrochlorique, du propio­nate de calcium, de l’acide cyclamique, du ferro­-cyanure de sodium, du méthylcellulose, etc. Par chance, dans ce classement, on ne trouve aucun chef français. Ouf !

 

On touche là le nec plus ultra de la malbouffe triomphante : cette mode pour bobos fort thunés de la « cuisine moléculaire ». Celle que portent en triomphe ces « guides » prétentieux et corrompus à travers les étoiles attribuées au chimiste catalan Ferran Adria ou à l’empoisonneur anglais Heston Blumental (gargote fermée il y a quelques mois suite à l’intoxication d’une quarantaine de clients !). Quand tu sors de là, si t’as envie de pisser, meffi de pas faire des trous dans tes godasses !

 

En fait, ces connards servent à légitimer une vaste offensive des industriels de la malbouffe à travers un programme appelé « Inicon », financé par l’Union européenne (Ferran Adria à reçu ainsi 15 millions d’euros pour faire bouffer sa merde !!). Ce programme a vu le jour à Bremerhaven, dans les éprouvettes du chimiste TTZ – Technologie-Transfer-Zentrum. Son but : comment remplacer les produits agricoles par des produits de synthèse élaborés en usine, de sorte que les industriels récupèrent les fantastiques profits du fabuleux marché de la bouffe.

 

Tè ! Je vous ai concocté une petite recette de derrière les fag… pardon, de derrière les cuves à mazout : La fricassée de pneus au benzopyrène.

 

- Pour 6 personnes, prenez un pneu Continental de taille raisonnable. Tranchez-le en darnes assez fine et mettez-le à mariner deux jours dans des larmes d’ouvriers lourdés.

- Le matin du repas, sortez vos morceaux de pneus, essorez-les et réservez la marinade de larmes.

- Dans une poêle anti adhésive, faites revenir une douzaine de benzopyrène pas trop mûrs dans un peu de fleur d’hydrocarbure polycyclique aromatique (les meilleurs sont ceux de B.P., ils ont un goût prononcé de marée noire.) Réservez au chaud.

- Epluchez une demi livre d’ovobulmine butylohydrogénée et hachez-les grossièrement puis les verser dans le précédent appareil que vous sublimisez dans de l’azote hydro butanisée. Montez en neige au fouet vigoureusement manié.

- Dressez les darnes de pneus sur les assiettes de vos convives et versez dessus la préparation de benzopyrène. Flambez le tout au kerozène lampant. Parsemez d’oxyde d’uranium râpé. Servir à côté, en accompagnement, les d’ovobulmine butylohydrogénée.

- Priez vos invités de revêtir la tenue étanche n° 65 bis mod 04AD ainsi que le masque à gaz mod 2008 C à rétroviseur incorporé, et passez à table.

 

Ce plat subtil et relevé s’accommode parfaitement de la fragrance délicate d’un Super 95 Château Total ou, pour les connaisseurs, d’un Gazole 2000 grand crû bourgeois « Fleur de Louisiane » de chez B.P..

 

Régalez-vous et  le lendemain, observez les délicats frémissements des petits sarcomes qui poussent sur votre peau ainsi que le délicieux gargouillis de votre cancer de l’œsophage.

 

*****************************************************


Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !


 

09/05/2010

Aujourd'hui, décadi 20 floréal de l'an 218, on est vingt-deux pour manger l'ALOSE !


 

imageAlose copie.gif


 


C'est un ami qui les a pêchées, c'est moi qui les ai préparées et faites cuire, et on sera toute une tribu de bambocheurs pour les déguster. On boira du Côtes-du-Rhône blanc Domaine de Loyane, puis du Lirac AOC rouge de chez Roudil avec les gigots à la ficelle !

Bon. Je vous laisse la recette et je retourne à mes gamelles : l'alose ne pardonne pas le manque de rigueur ! A la vôtre !




L'alose d' Avignon comme ma mère


- Regarde bien, petit, cette superbe alose

Les anciens l'appelaient "la princesso dou Rose"

Éclair de vif argent, longue, fine et puissante

Bien que lourde des flancs, elle reste élégante.

Sais-tu que c'est l'amour dont elle est satisfaite

Qui va te l'amener, demain, dans ton assiette?

Respecte-la, petit, et débouche le vin

Car manger de l'amour est un plaisir divin.

C'est un poisson magique, délicieux à manger

En bonne compagnie. Et subtil à pêcher!

Lorsque le Rhône était le Fleuve-Dieu sauvage,

Point encore castré par digues et barrages,

Indomptable et fougueux quand le mistral le fouette,

Crainte des riverains et bonheur des poètes,

Braconniers et pêcheurs, au mois des primes roses

Armaient les vire-vire pour pêcher les aloses.

C'étaient des bateaux larges aux ailes de moulin

Arrimés à la rive par quatre gros filins.

Deux paniers grillagés, avec le courant, tournent.

Lorsque l'un est en haut, son opposé s'enfourne

Dans l'onde trouble et vive où peinent les aloses

Cherchant un abri sûr pour que leurs œufs éclosent.

Beaucoup n'arriveront jamais à leur frayère,

Cueillies par les paniers montant vers la lumière.

Enlevée dans les airs, l'alose se tortille

Dans une pluie dorée de gouttes qui scintillent.

Elle tombe, ahurie, dans le fond de la barque

Où le fil de sa vie est coupé par les Parques.

Le pêcheur, averti, en interrompt sa sieste,

Achève le poisson d'un coup de barre preste,

Bois un coup de rosé si sa gorge s'assèche,

Puis se rendort, heureux: pour lui le Rhône pêche!

Cette façon subtile, je crois unique en France

N'a pu être inventée que chez nous, en Provence!

Il paraît que certains, les nuits de pleine lune,

Jouant flûte et violon au bord de la lagune

Ont eu, comme Aristote, la fantastique chance

De voir, debout sur l'eau, les aloses qui dansent...

Les belles ménagères avaient leur opinion:

"Les meilleures sont les aloses d'Avignon."

En dessous d'Aramon, elles sentaient la vase,

Et après Caderousse, ce n'était que carcasses,

Mais dans le Rhône vif courant sur les galets

Roulés de Villeneuve, ou au pied du Palais

Des Papes d'Avignon, elles étaient à point:

Dévasées, mais encor avec de l'embonpoint.

Et comment tu la cuis, ton alose, Victor?

Oh ! Vaï t'en plan, pitchoun, y a pas lou fio a bord!

Sers-moi d'abord un coup de rosé du Ventoux

Ou de Côtes-du-Rhône, et je te dirais tout.

L'alose, tu la laves, tu l'écailles, la vides.

Tu réserves les œufs dans un torchon humide,

Prends-en un soin jaloux, c'est les meilleurs morceaux

Pour les gourmets, c'est le caviar des Provençaux.

Puis tu tranches la tête et la fends en longueur,

Coupe l'alose en darnes de deux doigts d'épaisseur.

Tu auras pris chez un compère jardinier

Une brassée d'oseille, des épinards triés.

Tu vas hacher ces herbes assez grossièrement:

Elles vont te servir en accompagnement.

Tu prends une cocotte, mais une vrai, en fonte!

Des cocottes-minute n'accepte pas la honte.

Tu graisses bien le fond, mais à l'huile d'olive

C'est le nec plus ultra, faut pas que tu t'en prives.

Au tonneau de vin blanc, tu remplis un cruchon,

Puis tu places la tête, ouverte, sur le fond.

Tu recouvres d'un lit d'oseille et d'épinards

Sel, poivre noir, muscade, va-z-y, sois pas flemmard.

Tu peux y mettre aussi des oignons émincés,

Certains cuistots rajoutent... oui, du petit-salé.

De ton huile d'olive, une bonne giclée

Car pour ta réussite c'est là l'une des clés.

Mets tes darnes à plat, sur 1'herbe, bien serrées,

Qu'elles ne bougent pas quand ça va macérer.

Un autre lit d'oseille, encore un de poisson

Chaque fois sel et poivre et de l'huile, un soupçon.

Lorsque tout est placé, bien délicatement,

Tu poses sur le tout les œufs avec leur poche.

N'aie pas peur de forcer sur l'assaisonnement

Car ce n'est qu'un poisson, et pas de la bidoche.

On atteint maintenant un moment crucial,

Pour réussir ton plat, voilà le principal:

Tu arroses le tout de trois verres de gnole.

Des verres de soiffards, pas des verres symboles.

Enfin tu mouilles avec du blanc sec de Laudun,

Mais pas trop tout de même: ce qui est opportun.

Tu fermes ta cocotte bien hermétiquement

Avec la mie de pain mouillée légèrement.

Arrive maintenant le temps de la cuisson,

Sa longueur fondra les arêtes du poisson.

C'est sous la cendre chaude, dans un cantoun de l'âtre

Que doit cuire l'alose, dans les braises rougeâtres.

Cuis-la huit heures au moins d'une chaleur tranquille.

Le tout sera confit. Une alchimie subtile

Des herbes et de l'alcool dissoudra les arêtes.

Petit, sers-moi à boire, ou sinon je m'arrête!

C'est un plat rituel pour tous les gens du Rhône.

Enfin, écoute-moi: l'alose est très friponne,

Après tout le plaisir qu'elle te donne à table

Elle fera de toi un gaillard redoutable!

Tu seras comme un cerf quand résonne son brame:

Ce plat est souverain... pour le bonheur des dames.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.


 

deesses-fitness-photos-nues-dahmo-hight-L-6.jpeg

C'est pas une alose, mais une belle girelle qui donne autant envie de pêcher que de pécher !

 


Ingrédients et proportions pour six personnes:


- Deux belles aloses d'un kilo et demi chacune, - un kilo d'oseille, - un kilo d'épinards en branches ou - mieux - de vert de blettes, à défaut, de la laitue, - trois oignons émincés, - 2 hectos de petit-salé haché, - deux verres d'huile d'olive, - trois cuillerées à soupe de sel fin, - poivre noir du moulin, - muscade (à votre appréciation, mais généreusement), - une bouteille et demi de vin blanc sec, - trois verres d'"aigarden" (eau-de-vie).


Les vins conseillés:


Ce plat de poisson à la saveur puissante, animale, s'accommode parfai­tement de vins blancs ayant du caractère: Côtes-du-Rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Châteauneuf-du-Pape.

Côteaux du Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette de Bellegarde.

Côtes de Provence de Palette, Coteaux varois de Salernes, Saint-Maxi­min, Bellet.

Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du-Rhône d'Estézargues, Côteaux-d'Avignon, Chusclan, Rochegude, Saint-Mau­rice-sur-Aygues, Sablet. Costières de Nîmes. Côteaux du Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Côteaux varois de Tourves, Barjols, Nans-les-Pins.

 

*****************************************************


Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !


18/04/2010

Gastronomie dominicale: L'Aïoli des Académiciens

 

 

 

 

Aïoli pour web.jpg

 

 

Aïoli! Mot sonnant comme un salut gaillard!

D'Avignon à Marseille il est un étendard.

Emblème culinaire en terres de Provence

Il engendre gaieté, amour et pétulance.

Pour unir ceux qui l'aiment, il est avantageux

Tant son parfum puissant éloigne les fâcheux.

L'aïoli est en soi un éloquent symbole

Des valeurs des pays où court la Farandole:

L'or de l'œuf est fortune, rondeur, fécondité,

L'ail est puissance mâle, santé, virilité

Quand à l'huile d'olive, impériale maîtresse

C'est elle l'unité, l'harmonie, la richesse.

L'aïoli est parfait quand "lou trissoun ten dré" (l),

Quand le pilon de bois, dans la sauce dorée,

Tient droit tel Priape redoutable et vainqueur

Dans l'onctueux parfum qui chavire les cœurs.

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli,

Chaque année, réunie en un conclave, élit

Parmi les cuisiniers du pays des cigales

Celui dont la recette lui paraît idéale.

Voici celle que fait, lors de grandes agapes,

Henry Estévenin, de Châteauneuf-du-Pape.

Truculent moustachu, buveur et quintalien (2)

Il est le "Grand Aillé" (3) des Académiciens.

Pour que ton aïoli soit de bonne facture

Tout doit bien être à la même température :

L'huile, l'ail et les œufs, le mortier, le pilon

Sont préparés la veille ou le matin selon

Que tes invités viennent dîner ou souper:

Car voilà un travers qu'il convient de stopper,

On n'est pas dans le nord, c'est à midi qu'on dîne

Et le soir que l'on soupe en terres comtadines!

Pour six convives il te faut douze gousses d'ail

Dont tu ôtes les germes pour faire un bon travail.

Quatre beaux jaunes d'œuf, du sel, du poivre blanc,

Beaucoup de jus de coude et un pichet de blanc.

Le vin, dans l'aïoli, ce n'est pas pour la sauce

Mais pour le cuisinier dont la soif est très grosse!

À l'aide du pilon, dans un mortier de marbre,

Tu écrases en pommade ail et sel, sans palabre.

Tu mets tes jaunes d'œufs et tu tournes, tu tournes,

Qu'aucune distraction, jamais, ne te détourne,

Pendant deux, trois minutes pour tout bien mélanger.

Puis laisse reposer dans un coin ombragé,

Juste le temps de boire deux ou trois bons canons

Avec tes acolytes, devant le cabanon.

Reprend ton appareil et coince le mortier

Entre tes deux genoux, et serre volontiers.

Éloigne les badauds et concentre-toi bien,

C'est là que ça se passe: ou c'est tout, ou c'est rien!

Tu commences à verser ton huile goutte à goutte

En tournant de bon cœur, d'un seul sens, tu t'en doutes.

Si tu suis la recette très rigoureusement,

L'émulsion doit se faire assez rapidement.

Quand l'aïoli a pris, verse en un fin filet

Ta bonne huile d'olive. Mais pas sur ton gilet!

Maintiens ton mouvement régulier jusqu'au bout

Ne mollit pas surtout. S'arrêter, c'est tabou.

Si elle est réussie, elle doit être épaisse,

Onctueuse, dorée, mais pleine de finesse.

Le pilon, en son sein, tient droit sans se vautrer.

Présentant ton chef d' œuvre, dit: "Lou trissoun ten dré" !

Traditionnellement, l'aïoli accompagne

La morue dessalée, seul poisson des campagnes.

Fait-là tremper deux jours dans de l'eau fraîche et claire

Que tu changes souvent sans souci des horaires.

En de belles portions il te la faut trancher,

Juste avant de servir tu la feras pocher.

Fais bouillir à l'avance œufs durs et escargots,

Du chou-fleur, des carottes et de verts haricots,

Des patates, bien sûr, une pleine fourchée

Que, pas plus que les œufs, il ne faut éplucher.

Sers ces aliments chauds dans des plats séparés

Et, trônant au milieu, l'aïoli vénéré.

Que boire avec ce plat? La question reste ouverte.

Sur ce point important, l'Académie concerte.

Du rouge, du blanc sec, ou même du rosé

Si c'est servi bien frais, on peut tout écluser.

Cessons pour aujourd 'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la sauce: - six gousses d'aï!, blanc de préférence, desquelles vous enlever les germes, - deux cuillerées à café de sel fin, - quelques tours de poivre blans du moulin, - deux jaunes d'œuf, - trois-quarts de litre d'huile d'olive vierge extra AO.C. Vallée des Baux.

Attention: faites en sorte que tous ces ingrédients soient à la même tem­pérature. C'est primordial pour prévenir tout ratage (on dit alors, si ce malheur arrive, que l'aïoli a "cagué").

Pour le plat: - un kilo de morue sèche que vous ferez dessaler, - un kilo de carottes, - un kilo de haricots verts, éventuellement quelques bettera­ves rouges, - douze œufs durs, - trois douzaines d'escargots de mer (les "bioù", escargots dont la coquille présente des cornes), - trois douzaines d'escargots des garrigues provençales, - 3 kilos de pommes de terre cui­tes à la vapeur.

 

Les vins conseillés:

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli, autorité incontestée en la matière, a longuement travaillé - verre en main - sur le délicat problème des vins les plus aptes à accompagner l'aïoli.

Le poisson qui en constitue une partie essentielle incite a pencher pour des vins blancs secs. Les légumes cuits à la vapeur appellent des vins rosés. La délicatesse des fragrances de l'huile d'olive s'accomode fort bien de vins rouges charpentés. Mais la puissance de la sauce dominée par l'ail ne s'accomode que... d'eau prétendent certains Académiciens. On ne peut tout de même pas aller jusqu'à de telles extrémités.

Essayez donc des blancs de Cassis, Châteauneuf-du-Pape, Cairanne, Rochegude, Picpoul de Pinet ; des rosés Tavel, Chusclan, Valréas, Vaison­le-Romaine, Côtes-de-Provence; des rouges de Vacqueyras, de Lirac, de Sablet, de Rasteau, de Violès, des Costières de Nîmes.

 

(1) "Lou trissoun ", c'est le "pilon", la pièce de bois qui sert à piler les ingré­dients dans le mortier et à "monter" l'aïoli. Lorsque la sauce est réussie, "lou trissoun ten dré" - le pilon tient debout dans la sauce ferme et onctueuse.

(2) Quintalien .. personnage de poids, ayant tourné le quintal.

(3) "Grand Aillé" .. grade suprême dans la hiérarchie de l'Académie des Amoureux de l'Aïoli.

 

 

*****************************************************


Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !

 

26/03/2010

Gargotiers : le triomphe de la malbouffe.

Les gargotiers se carcagnent pour savoir qui dirigera leur « syndicat ». Il faut croire que la gamelle doit être copieuse, on s’en doute. Ils triomphent sur toute la ligne les gargotiers : TVA à 5,5% pour leur gonfler les poches, « Charte des droits des entreprises du secteur des cafés, hôtels et restaurants » (voir ci-dessous), neutralisation des inspecteurs de la Direction générale de la répression des fraudes. Elle est pas belle la vie pour une profession qui, à 80%, ne cuisine plus mais se contente de réchauffer des plats préparés par l’industrie agroalimentaire !

 

L’inénarrable Christine Lagarde, ci-devant ministre de l’économie, a signé une « Charte des droits des entreprises du secteur des cafés, hôtels et restaurants ». Objectif de ce torchon chaleureusement applaudit par les gargotiers : faire en sorte que les contrôles des agents de la répression des fraudes « se déroulent dans les meilleures conditions possibles ». Autrement dit, les contrôleurs devront prévenir les contrôlés, ils ne pourront plus divulguer les résultats de leur travail, un « médiateur » - désigné par la profession ! ! ! - devra veiller, dans chaque département à « tenter une conciliation » avant toute sanction, enfin, chaque année un comité départemental noyauté par la profession évaluera les contrôleurs et donnera des bons et des mauvais point.

 

Ça ne suffisait pas. Un arrêté paru au J.O. du 31 décembre 2009 concernant l’hygiène alimentaire enlève aux agents de la répression des fraudes « l’habilitation pénale », autrement dit la possibilité d’envoyer directement aux procureurs les procès-verbaux concernant les infractions constatées. Donc plus d’infractions ! La porte ouverte pour les gargotiers et autres margoulins de mettre en vente de la barbaque pourrie, des poissons aussi frais que la conscience d’un député ump, des surgelés dégelés plusieurs fois, etc.

 

- « Dites garçon, cette sole que vous me servez, elle vient d’où ?

- De Boulogne monsieur.

– Et, elle est venue à pieds ? »

 

C'est le triomphe des mange-merde...

 

La Sarkozie, c’est ça : des paillettes, de l’esbrouffe, beaucoup de mensonges, et surtout beaucoup de cadeaux aux riches.

 

Vous l’avez voulu ? Vous l’avez…

 

*****************************************************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:


VOTEZ !


10/03/2010

ALERTE MALBOUFFE ! ALERTE MALBOUFFE ! ALERTE MALBOUFFE !



insolite-072.jpg

 

C'est rond, c'est noir, c'est deux rondelles de biscuit bourré de sucre avec au milieu une vague pâte blanchâtre sans une goutte de lait, ça s'appelle Oseo et c'est fabriqué par le géant de l'agroalimentaire Kraft qui va tout faire pour vous en faire bouffer. Vous voulez savoir ce qu'il y a dedans ? Voilà la composition exacte : sucre-farine de blé-graisse végétale (antioxygène E 320)-cacao maigre en poudre (7%)-sirop de glucose et fructose-poudre à lever (carbonate acide de sodium-carbonate acide d'ammonium)-lactoserum en poudre-sel-pâte de
cacao-émulsifiant (lécithine de soja)-arôme.

Kraft Foods Inc., coté au New York Stock Exchange,  c'est  plus de 100.000 employés dans le monde et des centaines de marques dont beaucoup de françaises : Carte Noire, Jacques Vabre, Grand'Mère, Maxwell House,Velours Noir, Milka, Côte d'Or, Daim, Toblerone et Suchard et le système de boissons chaudes Tassimo. Kraft a racheté à Danone le groupe des biscuits LU et ses nombreuses marques, dont certaines font partie du patrimoine culturel bouffe de la France : Belin, Petit Beurre, Petit Brun Extra, Sablé des Flandres, Granola, Petits Cœurs, Pépito, Prince, Mikado, La Paille d'or, Thé, Cent Wafers, Tuc, Pim's, Pelletier, Vandame, Heudebert, Napolitain, Petit écolier, etc...

Et oui, tout ça c'est Kraft, n° 2 de l'agroalimentaire mondial derrière Nestlé.. Les marques du groupe Kraft Foods sont présentes dans plus de 150 pays dans le monde. Pour vous dire qu'ils ont les moyens de vous - nous - faire bouffer toutes les étranges choses qu'ils veulent. Pour attaquer le marché français les campagnes de publicité vont être massive et « musclées ». Ils vont distribuer gratos 400.000 échantillons dans les grandes villes de France, dixit le dossier de presse du biscuit Oreo. Le message qu'ils vont faire passer : un message simple : Oreo, c'est bon comme du bon lait. Ben voyons... Du lait, il n'y en a pas lerche dans la crème d'Oreo, il n'y a pas non plus beaucoup de cacao dans son « biscuit cacaoté », puisque la composition affiche un petit 7% (en fin de liste, après le sel, il y a aussi un soupçon de pâte de cacao...). Ce n'est pas bien grave, l'arôme, le sucre, le sirop de glucose-fructose et la graisse végétale (agrémentée de buthylhydroxyanisol, un antioxydant chargé de retarder le rancissement) sont là pour faire le boulot.

Kraft, ils s'en foutent des marques françaises qui combinent une composition nutritionnelle relativement simple et un prix au kilo décent : autour de 5 euros. Oreo, ce ne sera pas pareil : vendu entre 8 et 13 euros le kilo, selon les formats et les distributeurs. Putaing ! C'est pas dégueulasse pour un produit qui ne contient ni beurre, ni lait frais, ni œuf, ni fruit, ni crème !

« La marge ! Kiki... La marge ! C'est ça le principal ingrédient ! »


Sources : http://www.rue89.com/dessous-assiette/2010/02/08/biscuits...


*****************************************************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

 

03/03/2010

Derrière les flonflons du salon : ces paysans qu'on assassine !

Pendant que les politicards de tous bords se pressent pour tâter le cul des vaches à la plus grand foire du monde – le salon de l’agriculture – celle-ci meurt.

Assassinée sous l’œil indifférent voire cynique des millions de Français qui en sont issus et qu’elle a nourri.

Assassinée avec la complicité perfide des pouvoirs publics.

Assassinée par les « conseils » des chambres d’agriculture aux ordres d’une FNSEA inféodée aux lobbies agroindustriels et phytosanitaires.

Assassinée par des subventions qui ont fait des paysans des assistés tributaires de ce robinet à pognon qu’il suffit de fermer pour les faire disparaitre.

Assassinée par l’image déplorable de pollueurs et d’empoisonneurs que leur a donnée la course au productivisme « à l’américaine » prônée par les « conseillers agricoles », les écoles d’agriculture et le syndicat majoritaire.

Une France sans paysans ? C’est ce qui se dessine. Sans paysans, mais pas sans exploitations agricoles. Le plan de l’Etat et de la FNSEA est de faire disparaître les petites exploitations familiales au profit de grosses entités de production à l’américaine ou à la hollandaise.

Des usines à lait avec les seules Prim Holstein pissant leur cinquante litres de liquide blanchâtre chaque jour.

Des usines à barbaque avec les seules limousines et charolaises ayant perdues depuis longtemps les vertus de leurs races.

Des kilomètres-carrés de blé bourré d’engrais, fongicide et autres herbicides. Des kilomètres-carrés de betteraves destinées…aux bagnoles. Des kilomètres-carrés de maïs imbouffable bientôt OGM. Des kilomètres-carrés de pommes golden n’ayant plus que le goût des pesticides et autres fongicides. Des kilomètres-carrés de serres où prolifèrent fruits et légumes hors  sol. Etc.

Le tout avec pour finalité non pas de procurer le gagne-pain décent de milliers de paysans, non pas de participer à l’harmonie de ces paysages français qui font de notre pays la première destination touristique du monde, non pas simplement la bonne et saine nourriture de la population, mais de garantir un maximum de profits selon une logique bancaire aux maquereaux de l’agroalimentaire et de la grande distribution.

Et les paysans crèvent. Les paysans se pendent ou se foutent en l’air en avalant les poisons qu’on leur impose de mettre sur leurs cultures. L’histoire de Pierre Priollet, dont je vous ai parlé il y a quelques jours, est édifiante d’une agriculture en phase terminale. Le revenu paysan a trinqué. Globalement, les payes ont régressé de 32 % en 2009, après avoir déjà chuté de 20 % en 2008. Quelle branche, quelle profession peut survivre à de pareilles coupes sombres ?

Mais que les paysans se prennent en mains, créent des structures de distribution qu’ils dominent (voir les idées de Priollet à ce sujet :) , qu’ils désertent en masse cette FNSEA qui les utilise comme de la chair à canon pour la défense des gros céréaliers, betteraviers et éleveurs industriels, qu’ils foutent en l’air ces chambres d’agriculture dont les « conseillers » les fourvoient dans des voies sans issue. Et s’il faut sortir les fourches ? Pourquoi pas…

Paysans, revenez à votre vrai et beau métier et vendez au plus près : paysans et acheteurs y trouveront leur compte et la nature aussi !

 

*****************************************************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

09/02/2010

Industrie agroalimentaire : La coprophagie à la portée de toutes les bourses !

 

insolite-072.jpg

Je suis allé faire quelques courses dans un hypermarmerdeché voisin. Pendant que ma compagne prenait ce dont elle avait besoin, moi, curieux, j’ai regardé les étiquettes des plats cuisinés devant lesquels je me trouvais. Pizzas emballées, gratins dauphinois, lazagnes, etc. Pratiques, prêts à être réchauffées. Le pied ! La liste des ingrédients – écrite en tout petit, tout petit – laisse apparaître de drôles de choses fleurant bon l’arnaque coprophagique. Tomates lyophilisées, exhausteurs de goûts, arômes artificiels, un tas de E trois chiffres et… du « fromage analogue ». (analogue : comparable, parent, semblable, similaire, voisin, qui remplissent la même fonction même si leur nature est différente, qu’il dit Le Robert)

Alors, revenu au gourbi, j’ai tapé « fromage analogue » sur google. Putaing ! On en apprend de belles !  Ainsi les « fromages » qui ornent les pizzas par exemple et brunissent légèrement pendant la cuisson au four n'ont pas grand chose à voir avec le lait et les vaches. Il s'agit au contraire d'un cocktail de graisse végétale, de blancs d'œuf et d'arômes divers qui évoquent la consistance et l'odeur du fromage, mais ne contiennent que 15% de protéines de lait, reviennent beaucoup moins cher et ne grillent pas si facilement que le vrai. Rien d’interdit en soi mais une belle escroquerie tout de même lorsque l'on fait passer le fromage analogue pour de l'original !

Mais ce n’est pas tout. Il y a pire ! La multinationale étazunienne Cargill (célèbre entre autre pour la catastrophe de Bhopal en Inde, 3000 morts sur le coup plus une vingtaine de milliers à terme) a mis au point le nec plus ultra pour les industriels de la malbouffe : le fromage…sans lait ! Vous voulez fabriquer du fromage sans lait! Comment faire? C’est très simple! Il suffit de mélanger 3 amidons, du galactomannane (fibre végétale) et du carraghénane (gélifiant).

« Cargill lance une vraie innovation, qui permet de fabriquer un fromage analogue très économique et sans aucun ingrédient laitier, destiné au marché des pizzas et divers plats préparés. Le système fonctionnel Lygomme™ACH Optimum reproduit la fonctionnalité des protéines du lait et les remplace totalement, offrant ainsi au producteur un avantage sans précédent en termes de coût. » dixit la brochure de cette firme

Selon Cargill, ce produit n’a que des avantages : moins de calories et de phosphates, kasher, hallal, adapté aux personnes intolérantes au lactose et aux végétaliens. De même, il coûte 200% moins cher que l’emmental ou la mozzarella que l’on met sur les pizzas. Et ce qui est top, c’est que cette chose procure le « même plaisir et la même satisfaction » qu’un fromage à pâte dure comme le gouda ou le gruyère.

Putaing ! En voilà une belle innovation ! Et bon pour tout le monde  Tout est compatible avec le fromage sans fromage !

Je vais en parler à Denis, mon voisin éleveur de vaches lozériennes lorsque je transhumerais de nouveau vers les hautes terres. Lui qui se lève le cul du matin au soir pour faire du bon lait qu’on lui paie une poignée de figue, il va être content !

De la merde directement assimilable ! De la bouche au trou du cul : de la merde ! La coprophagie à la portée de toutes les bourses !


 

 

15/01/2010

Les Zéta-Zuniens, qui en ont ras les aliboffis de la malbouffe, découvrent la cuisine paléolithique !

Etats-Unis : suivre un régime préhistorique pour vivre mieux.

Les hommes préhistoriques étaient-ils trop gros ? Non, il paraît qu'ils mangeaient correctement. Du coup, c'est la nouvelle mode aux Etats-Unis : les plus branchés des urbains se nourrissent « paléolithique »(…) Article paru dans Rue89

  cro magnon chasseur.jpg

Il y a lurette (belle ?) que je sais que la cuisine de nos ancêtres – les vrais, ceux du paléolithique, pas les cons du néolithique qui ont inventé le travail (beurk !) – était succulente ! Ayant vécu environ deux ans (dans ma tête !) avec une extraordinaire tribu de cette époque heureuse, je vais vous faire participer à une grande « bafrâde » paléolithique.

 

 

(…)Présentés sur de grandes omoplates de mammouths arrivent de superbes poissons fumants. « Les saumons de la Sa’Hône sauce basilic façon Bôkh-Hüz, accompagnés de bhôj’holpîf blanc de l’année », annonce Nôbruh-Rimpêh.

 

Pendant que les serveurs s’activent, Tass’Hânn, le grand maître des Liquides de Bôkh-Hüzz, une outre pleine à l’épaule, emplit les hanaps du breuvage légèrement pétillant qu’adorent

les Kânn’Hutts.

 

La délicatesse du mets tire des Oh ! des Ah ! des Hum ! aux heureux convives. Les boissons, servies à profusion, font monter l’ambiance. Déférente au départ vis à vis du chef prestigieux,

elle devient de plus en plus chaleureuse et sonore.

 

Suivent, pour faire patienter, quelques liches de jambon de rhinocéros laineux roulées sur des tranches de melons sauvages.

 

Puis arrivent les gras, spécialités de la cuisine locale : pieds de sangliers bouillis puis grillés, viande salée de sanglier à la graisse de marmotte serrée dans des boyaux de bouquetins, estomacs de bouquetins, couilles d’aurochs à la moelle.

 

Les frigos naturels de Bôkh-Hüzz regorgent de ressources alimentaires que le grand chef fait préparer selon son extraordinaire imagination culinaire. On bâfre à pleines mains, à pleine gueule. On rote, on rit, on se lève pour pisser, on dégueule et on recommence. Le bhôj’holpîf et le nârpi coulent à fl ots dans les trognes qui s’épanouissent de bonheur.

 

C’est alors que Bôkh-Hüzz se lève et se dirige vers les cuisines. Quelques minutes plus tard, il revient à la tête de la brigade au grand complet. Les hommes portent à l’épaule, sur deux brancards de rondins, deux cylindres dorés et croustillants de trois coudées de long sur un pan de section, posées sur trois omoplates de mammouths agencées de façon à en faire un large plat de service.

 

cro magnon bouffe copie.jpg« Les filets d’aurochs en croûte fourrés aux truffes du Trick’Hastin, de Bôkh-Hüz ! » annonce lui-même fièrement le chef Kânn’Hutt, aussi célèbre pour ses inspirations culinaires géniales que par sa très relative modestie.

 

Les serveurs présentent le plat aux convives, puis retournent dans la cuisine pour la découpe. Ils posent les filets fumants sur la table qui coiffe le four où ils ont cuit et Nôbruh-Rimpêh, à l’aide d’un couteau de silex long et mince, découpe des portions solides. La viande, rosée, embaume la truffe tandis que le jus imbibe la croûte de pâte d’épeautre. Au fur et à mesure,

Gourg’Houya place les portions sur les grandes omoplates et la brigade de service s’active avec célérité, discrétion et efficacité.

 

Femmes, hommes, enfants savourent à pleines bouches, à pleines dents, à pleines mains la succulente viande d’aurochs.

 

Le jus dégouline dans les barbes des hommes, sur le menton, sur le cou, entre les seins des femmes. Leurs compagnons et voisins de bâfrade lèchent goulûment ce jus délicat à même la peau des belles, donnant au repas une tonalité d’érotisme de plus en plus torride. Les bustiers de cuir des femmes, les jambières des hommes se délacent sous les doigts graisseux des partenaires au comble de l’excitation. (…)

 

In : « Les mammouths ne viendront plus » de Jean-Victor Joubert

06/01/2010

La neige est là: faites du ski sexy et...restaurez-vous solidement!

 

ski sexy 1.jpg

Odile


Sur une piste noire par un écart vexant

J’ai eu avec Odile un contact renversant.

Skis et corps emmêlés dans la neige profonde

J’ai goûté dans le froid sa chaude peau de blonde,


Et ses seins écrasés contre mes pectoraux

Ont fait monter en moi une ardeur de taureau.

Percevant mon émoi elle ondule et s’étire

Et – heureuse jeunesse ! – nous éclatons de rire.


La serrant plus encor je lui vole un baiser,

Je savoure ses lèvres et sa langue épicée.

J’ai retrouvé Odile le soir à la station


Où nous avons vécu une ardente passion.

Depuis ce jour heureux et ces moments exquis

J’espère en Cupidon lorsque je fais du ski…




- Raconte-moi, Victor, Odile, ta victime

N’a pas dû t’accorder tous ses trésors intimes

Par dévotion pour tes talents contondants,

Ta façon de lui faire du rentre-dedans !

Tu as dû tout de même lui faire un peu de gringue,

L’emmener au ciné, lui acheter des fringues…

- Bien sûr allons, petit ! Faut être gentleman

Si l’on veut que ces dames nous prennent pour amant !

Je l'ai menée manger un bon menu de fête

Chez mon ami Roger, roi de la Tartiflette.

- Ques aco ?

- C’est un plat que l’on mange en Savoie

Qui te remplit la panse et qui te met en joie.

Le mot vient de “ tartifle ” ce qui, en provençal

Comme en latin d’ailleurs aussi bien qu’en rital

Signifie pomme-de-terre ou encore patate

Qu’elles soit fontenoy, noirmoutier ou bien rates.

La Tartiflette et donc un délicieux mélange

De patates, d’oignons, de lard et de fromage.

Tu cuis à la vapeur tes patates épluchées,

Les coupes en rondelles puis tu vas les coucher

Dans une poêle chaude ou tu vas les saisir

A l’huile et les brunir sans les faire roussir.

Coupe en dés tes lardons, émince ail et oignons

Vivement, à la poêle, travaille leur union.

Puis dans un large plat pouvant aller au four

Met tes deux appareils en couches, tour à tour.

Les patates d’abord, lard, oignon, ail ensuite

Sel, poivre du moulin, en nappes, ainsi de suite.

Coupe tes reblochons en deux dans l’épaisseur

Pose-les croûte en haut comme frères et sœurs.

Voilà. C’est presque prêt. Sors le tire-bouchon

Et dépucelle vite un flacon d’Apremont

Tu vas mouiller ton plat avec un ou deux verres,

Et finir la bouteille avec quelques compères.

Tu fais dorer ton plat au four à deux cents vingt

Le temps qu’il te faudra pour achever le vin.

Le fromage, en fondant, va pénétrer le reste,

L’Apremont va le rendre moelleux et digeste,

Lorsque le Reblochon commence à gratiner,

Tu dois servir bien chaud : il est temps de dîner.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Jean-Victor Joubert



************************************************


Dernière minute: recommandations  contre la propagatoion de la grippe H1N1

 

 

grippe__a_h1n1.jpg


 




28/12/2009

Gloire au Père Tim Jones

 

A nom des crève-faim survivant par l’aumône

Et fouillant les poubelles, honneur à toi Tim Jones

Qui du haut de ta chaire a oser proclamer

Que plutôt qu’agresser, casser ou tapiner

Mieux valait chouraver dans les grandes surfaces

De quoi calmer un peu l’estomac qui grimace.

 

Car voler des voleurs, en quoi est-ce pécher

Lorsque c’est pour manger et pas pour bambocher ?

Ces temples dévolus au dieu Consommation

Croyez-vous qu’ils en prennent, eux, des précautions

Pour gruger fournisseurs, clients, salariés ?

Avec les fournisseurs, des tarifs meurtriers,

 

Le client quant à lui, il faut  qu’il casque grave,

Quant aux salariés, traités pire qu’esclaves.

Donc le père Tim Jones, un curé anglican

Se pique une rabia et proclame à l’encan :

« Voler à l’étalage en grande distribution

Lorsque c’est pour manger vaudra l’absolution

 

A tous les malheureux, pauvres et démunis

Que la société traite par le mépris.

Mais respectez pourtant tous les petits commerces

Qui traversent souvent des fortunes diverses. »

Moi qui, plus qu’à mon tour, boulotte du curé

J’applaudis à deux mains et voudrais décorer

Cet homme généreux qui dit avec courage

Des choses essentielles. Et avec quel panache !

 

 

 

24/12/2009

Eroticonte: Dernier cadeau du Père Noël!

Mère Noël sexy.jpg

Dernier cadeau du Père Noël…

 

Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.

 

Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huitres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Emilion et Chateauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…

 

Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !

 

Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme se fait éclater devant la glace deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.

 

Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…

 

Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».

 

Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se débarrasser. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se libère d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure sombre, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.

 

Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs.

 

Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël. Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons toutes ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.

 

N'en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d'anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous bois, de truffes et de violettes.

Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête!

La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.

Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparait comme elle était venue.

Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêves de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bain.

Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille…à tante Jennifer !

Eroticonte: Dernier cadeau du Père Noël!

Mère Noël sexy.jpg

Dernier cadeau du Père Noël…

 

Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.

 

Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huitres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Emilion et Chateauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…

 

Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !

 

Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme se fait éclater devant la glace deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.

 

Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…

 

Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».

 

Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se débarrasser. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se libère d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure sombre, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.

 

Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs. 

 

 Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël.  Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons toutes ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.

 

N'en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d'anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous bois, de truffes et de violettes.

Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure  de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête!

La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.

Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparait comme elle était venue.

Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêves de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bain.

Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille…à tante Jennifer !

 

20/12/2009

Gastronomie de Noël: Les cardons à l'anchois




cardons.jpg


On les voit à l'étal des marchands de légumes,

Ils y sont tout 1 'hiver. On les prend, on les hume,

Puis, généralement, on les remet en place,

Car de les préparer, peu de gens ont l'audace.. .

Parce qu'on ne sait pas bien comment les apprêter,

Les cardes et cardons sont souvent contestés.

Et pourtant, en Provence, ils sont indispensables

Quand vient le "Gros souper" des tables calendales.

Le cardon à l'anchois est un plat rituel

Du grand repas festif de la nuit de Noël,

Autant que la morue, l'àpi (1), les escargots,

Le muge (2) et les desserts à tire l'arigo.

On appelle cardon la cote de la carde,

Espèce d' artichaut qui, 1'hiver, s'acagnarde

À l'abri des cébisses (3) et des haies de cyprès.

Les meilleures sont celles qui sont serrées très près

Du sol pour qu'elles restent bien tendres et blanches

Et non fibreuses, raides comme de vieilles branches.

Compte deux bons kilos pour quatre ou cinq personnes:

Il y a du déchet plus qu'on ne le soupçonne.

Jette toutes les feuilles et les côtes squameuses,

Ôte soigneusement les parties filandreuses,

Puis coupe tes cardons en tronçons de trois doigts,

Dans de l'eau vinaigrée plonge-les tout de suite,

Par cette précaution le cuisinier évite

Que les cardons brunissent sans qu'on sache pourquoi.

Puis, en eau abondante, salée et citronnée,

Tu les fais cuire une heure. Lorsque c'est terminé,

Tu va les égoutter et réserver au frais

Jusques au lendemain. C'est là l'un des secrets

Pour réussir ce plat, parce que, je le prétend

La carde est un légume qui se cuit en deux temps.

Attaquons maintenant notre phase finale,

Mais sers-moi un canon: il faut mouiller la dalle!

Dans de l'huile d'olive chaude au fond d'un faitout

Tu fais suer tes cardes doucement, à feu doux.

Pendant ce temps tu prends dix beaux anchois salés,

Sous l'eau du robinet, sépare les filets.

Fait une Béchamel avec un quart de lait,

Ajoute les anchois et, en tournant, fond-les

Dans la préparation avec une cuiller.

Dans le premier faitout, tu verses alors ceci,

Tu mélanges aux cardons en ayant le souci

De ne point écraser tes tronçons légumiers.

Un quart de lait de plus, de noix muscade un peu,

Sel, poivre du moulin, puis retire du feu.

Tu incorpores, alors, du râpé de gruyère,

Enfin verse le tout dans un plat à gratin

Saupoudre de fromage de façon régulière,

Puis tu mets à four chaud sans plus de baratin.

Lorsque c'est gratiné, tu sers chaud et fumant.

Ce plat est idéal en accompagnement

D'une côte de bœuf ou d'un poisson au four.

C'est un plat du terroir, simple comme bonjour,

Mais un plat succulent et, de plus, diététique

Que l'on mange en Provence depuis les temps antiques.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- Trois kilos de cardes, - 1 verre de vinaigre, - 1 jus de citron, - 1 poignée de gros sel, - 3 cuillerées d'huile d'olive de la Vallée des Baux, - 10 anchois salés, - 1 demi-litre de lait, - muscade, - poivre du moulin, - 3 hectos de gruyères râpé.

 

Les vins conseillés:

 

Les cardons étant surtout un plat d'accompagnement, le choix du vin dépend du plat principal. Avec une côte de bœuf, des vins rouges jeunes ou même primeurs. En Côtes-du-Rhône: Sainte-Cécile-Ies-Vignes, Rochegude, Tulette, Saze, Domazan, Gallician. En vins du Languedoc: Aspiran, Berlou, Cournonterral, Poujols. En vins de Provence: Allauch, Châteauneuf-Ie-Rouge, Cuers, Flassans-sur-Issole.

Avec un poisson au four, des blancs capiteux. En Côtes-du-Rhône: Laudun, Uchaux, Châteauneuf-de-Gadagne, Codolet. En Languedoc: Argeliers, Bize-Minervois, Puichéric, Roubia. En Provence: Camps-la-­Soure, Rocbaron, Meyreuil, Le Tholonet.

 

 

(1) L'api : le céleri.

(2) Muge: encore appelé mulet - c'est un poisson de mer qui monte frayer dans fleuves et rivières et particulièrement dans le Rhône.

(3) Cébisses : haies coupe-vent faites en cannes de Provence.

 

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *


AVIS A LA POPULATION

 

vaccination rage.jpg

 

Merci à Tropicalboy

 

 

 

03/12/2009

Nous sommes tous des mange-merde : LES FAUX PRODUITS DU TERROIR

estron.jpg

Les champignons de Paris. De Paris, ils n'ont que le nom. Pire: 88% d'entre eux viennent de l'étranger, les rayons des supermarchés regorgeant le plus souvent de champignons issus des États-Unis, de la Chine ou des Pays-Bas, les trois principaux pays producteurs. En France, s'ils ont pendant longtemps été élevés dans la capitale, les fameux champignons ne poussent désormais plus qu'à Saumur. La ville dans le Maine-et-Loire regroupe 70% de la  production nationale.(mais 12 % seulement du global consommé)

La charcuterie corse. Elle est présentée comme un des plus purs produits du terroir français. Et pourtant la charcuterie corse ne dispose d'aucune « Appellation d'origine contrôlée ». Le consommateur ne trouvera donc sur les rayons des supermarchés du continent que des produits dont les matières premières proviennent d'ailleurs à plus de 90 %. Ainsi, par exemple, malgré les têtes de Maure et les mentions « produit de l'ile de Beauté » sur les étiquettes, le saucisson d'âne est importé d'Argentine et les jambons sont pour la plupart composés de carcasses issues de Chine.

Le jambon d'Aoste. Voilà une des plus belles et des plus juteuses escroquerie « marketing » ! C'est l'un des jambons les plus consommés de France, mais ce dernier n'a rien à voir avec la charcuterie de la ville italienne d'Aoste. Ce produit est en fait fabriqué en France à partir de carcasses chinoises et américaines, dans une commune du même nom mais située en... Isère.  Et contrairement à son homologue transalpin, qui est un jambon cru, il s'agit d'un jambon mi-cuit. Le subterfuge a fonctionné pendant des années puisque la marque déposée « Jambon d'Aoste » a été la propriété du groupe Aoste (Cochonou/Justin Bridou), leader français de la charcuterie. Il aura fallu que la Commission européenne interdise récemment (2008) l'utilisation de cette appellation qui prête à confusion pour que l'ambiguïté cesse. La marque a depuis été renommée « Jambon Aoste » et plus « Jambon d’Aoste ».

L'A.O.C de Bretagne. Présentée comme de purs produits du terroir français, les charcuteries de Bretagne disposent d'une  « Appellation d'origine contrôlée » qui n'oblige les fabricants qu'à une seule chose: posséder au moins un lieu d'emballage ou de transformation en Bretagne. Le consommateur  trouvera donc sur les rayons des supermarchés des produits dont 82 % des matières premières proviennent du monde entier. Ainsi, les carcasses de porcs, souvent  issues de Chine, de Hollande ou de Pologne, le sel dit de Guérande, importé d'Argentine et du Vietnam, et les boyaux d'andouille importés pour la plupart de Corée. L'andouille dite de Vire, et autres charcuteries « De Bretagne »,  rejoignent ainsi la mythologie des produits bretons, comme le beurre et la pâtisserie, dont 73% proviennent de la communauté Européenne et d'Asie.

La moutarde de Dijon. Pour faire de la moutarde de Dijon, il faut du vinaigre, de l'eau, du sel et des graines du... Canada! Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la moutarde utilisée dans la préparation de la fameuse pâte ne vient pas de la région de Dijon. Une explication à cette bizarrerie : à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec la mise en place de la Politique agricole commune, les agriculteurs se sont désintéressés de la moutarde, qui ne leur permettait pas de recevoir les subsides de l'Union européenne. Résultat : 90% de la production utilisée pour la moutarde de Dijon provient maintenant du Canada.

Le couteau Laguiole. L'abeille, la lame fine légèrement relevée, la croix sur le manche... Beaucoup croient que ces symboles apposés sur les couteaux de Laguiole sont des signes d'authenticité. Erreur ! Malgré leur charme et leur beauté, elles n'attestent ni de l'origine du couteau ni de sa qualité de fabrication. Parce que la marque du plus célèbre des couteaux français n'a jamais été déposée, Laguiole est depuis plus d'un siècle l'objet de contrefaçons en France et à l'étranger, 80% proviennent de Chine et du Pakistan. Résultat : moins de 10% des Laguioles sont fabriqués dans le bourg aveyronnais !

Le savon de Marseille. Avec le pastis et la lavande, c'est l'autre symbole de la Provence. Seul hic, les savons estampillés « savon de Marseille » ne sont pas fabriqués dans le Sud-est. Car si les savonniers marseillais ont inventé le procédé de fabrication au Moyen-âge l'appellation n'est pas protégée. Résultat : les plus gros fabricants sont aujourd'hui les Chinois et les Turcs ! Et les huiles végétales utilisées pour la fabrication du savon, notamment l'huile de palme, proviennent de l'étranger, les savons passant à Marseille uniquement pour être parfumés et emballés.

Le melon charentais. C'est l'emblème du melon français. Jaune ou vert, le melon charentais fait la fierté des producteurs de la région de Cognac où les sols argilo-calcaires sont parfaitement adaptés à sa culture. Mais contrairement à son cousin de Cavaillon, le melon de Charente ne possède pas d'AOC. Résultat : 80 % des melons charentais que l'on trouve sur les étals ne viennent pas de Cognac mais d'Espagne, du Maroc des Caraïbes, de Chine et du Sénégal...

Le camembert. Emblème de la gastronomie française, le camembert de Normandie est de loin le fromage le plus copié dans les rayons des supermarchés. Une explication à ce phénomène : tombé dans le domaine public, le nom « camembert » peut-être utilisé par n'importe quel producteur de n'importe quel pays. Et malgré une AOC « Camembert de Normandie », qui existe depuis 1983, de nombreux fabricants utilisent le terme très proche de « Camembert fabriqué en Normandie ». Les différences : du lait pasteurisé au lieu du lait cru, un affinage raccourci et une fabrication qui n'est soumise à aucune règle. Ils sont présentés comme les fleurons du terroir, mais quand on y regarde de plus près on découvre que leur appellation est douteuse. Matières premières importées de l'étranger, (30 %du lait vient de Chine, 50 % de toute l'Europe). Étiquetage souvent mensonger, additifs non précisés, fabrication hors des limites de la région ou seuls existent de vagues bureaux de courtiers. Dans les rayons des hyper et super, il faut vraiment les chercher : les vrais Camenbert ont l’estamplilles « Appelation d’Origine Contrôlée » et sont spécifiés « au lait cru ».

L'huile d'olive. Rare et chère, l'huile d'olive française est certainement le produit qui compte le plus d'étiquetages frauduleux. En 2006, seulement 56% des échantillons analysés étaient « conformes » à la réglementation, certaines bouteilles contenant jusqu'à 50% d'huile de tournesol ou présentant une fausse indication d'origine ou de variété d'olive. Le symbole de la cuisine méditerranéenne ne comptant que 7 appellations d'origine protégée et une AOC « Huile de Provence », de nombreux producteurs jouent en effet sur la confusion en ajoutant sur les étiquettes des paysages évoquant le Sud ou des origines non-reconnues comme « huile de Provence-Côte d'azur ». Sans parler de l'une des fraudes les plus courantes qui consiste à remplacer l'huile d'olive par l'huile de grignons d'olive, un résidu de la pâte d'olives difficile à détecter pour le simple amateur. Bonne journée quand même. De plus, la circulation des fruits étant totalement libre en Europe, des camions entiers d’olives espagnoles ou italiennes arrivent – de préférence de nuit ! – dans les moulins à huile provençaux et languedociens…pour faire de la bonne huile « de chez nous » !

(source : Ministère de l'agriculture)