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20/01/2013

Gastronomie hivernale : « Li paquetoun de bioù »

paquetoun de bioù web.jpg

 

 

Voici quelques années, Septèmes-les-Vallons

Confronta en concours ses Vénus du poêlon.

« Li paquetoun de biou » (1) comme on dit à Septèmes

Ou « paupiettes de bœuf » tel en était le thème.

On les appelle encore « Alouettes sans tête »,

C'est un plat de Provence pour un repas de fête.

Montant en procession vers la vieille chapelle

Les jolies ménagères embaumaient les ruelles

Des multiples fragrances de leurs préparations

Quelles allaient livrer, non sans quelqu’émotion

Aux subtiles papilles d'un jury redoutable,

Fait de professionnels des plaisirs de la table,

Présidé gentiment par Maître Guy Gedda

Pape des fourneaux de Bormes-les-Mimosas.

Sert un canon, petit, car ma gorge languit:

Voilà les « Paquetoun de bioù » de Maistre Guy !

Prépare les paquets et ensuite la sauce,

C'est la cuisson finale qui scellera les noces

De tous les ingrédients habilement mêlés,

Offrant aux commensaux du bonheur au palais.

Commande à ton boucher du paleron en tranches

Minces que tu aplatiras bien sur la planche.

Prend du petit salé et coupe-le en dés

Mélange bien le tout et poivre à la demande,

Fais-en de petits tas sur tes tranches de viande.

Emprisonne le tout en roulant chaque tranche

Pour que ton appareil fasse une poche étanche

Que tu feras glisser dans une boutonnière.

Si tu n’y parviens pas: du fil de couturière.

Dans un large rondeau où chante du saindoux,

Fais raidir tes paupiettes trente minutes en tout.

Tu les retourneras avec délicatesse,

Elles sont bien fragiles, alors tu les caresses.

Entre temps tu épluches et haches trois oignons,

De l'ail et du persil, quelques petits lardons.

Puis, amoureusement, enlève tes paupiettes.

Pour bien y arriver, sers-toi de deux fourchettes.

A présent, pour la sauce, en route compagnon !

Dans le jus frissonnant, fais blondir les oignons,

Rajoute des tomates, ail, persil, thym, laurier,

Tu sales de haut goût et poivres volontiers,

Mouille d'un bon demi de vin blanc de Provence,

Laisse réduire un peu, puis un quart d'eau de France.

Fais cuire demi-heure, passe à la moulinette,

Enfin dans le rondeau, tu remets tes paupiettes,

Verse dessus ta sauce, Couvre et met à feu doux.

Pendant deux heures au moins, fait mijoter le tout.

Avec la polenta, les pâtes ou la purée,

Tes « paquetoun de biou » vont fort bien figurer.

Accompagne ce plat d'un rosé de Tavel,

Du Ventoux ou d'ailleurs, mais prend un bon label.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

Qui naissent au soleil en terres de Provence.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

Pour les « paquetoun »: - 1,5 kg de palerons de bœuf coupé en 24 tranches minces, - 4 hectos de petit-salé, - 12 gousses d'ail épluchées et hachées, - 1 bouquet de persil haché, - 1 cuillerée de saindoux.

Pour la sauce: - 4 oignons, - 4 tomates pelées, mondées, épépinées, - 6 gousses d'ail hachées, - 1 bouquet de persil haché, - 3 feuilles de laurier, - 2 cuillerées à café de sel, - poivre blanc du moulin à la demande mais assez abondant. - 1 demi-litre de vin blanc sec.

 

Les vins conseillés:

 

Le choix en symbiose privilégie des vins rouges très aromatiques, avec des notes épicées et du corps, ce qui est le cas de la plupart des Côtes-du­-Rhône Villages: Saint-Gervais, Laudun, Rousset-les-Vignes, Vinsobres, Beaumes-de-Venise, Roaix, Séguret. En vins du Languedoc, les Saint­-Chinian, Fitou, Faugères, Corbières. En vins de Provence, les Bandol, Cogolin, Puyloubier, Pierrefeu.

Le choix en opposition vous dirige vers des rosés ronds et chauds:

Tavel, Lirac, Saint-Maurice, Saint-Pantaléon, Caromb ou Bédoin dans les Ventoux. En Languedoc, Saint-Saturnin, Costières-de-Nîmes. En vins de Provence, les Coteaux varois.

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

C'est une carotte, une patate et une bite qui discutent des difficultés de leurs vies. 

La carotte dit: « Ah, c'est terrible, on me coupe en rondelles, on me met de la vinaigrette sur la gueule, quelle vie! » 

La patate, à son tour, dit: « Moi, c'est pire, on me coupe en rondelles, on me plonge dans un bain d'huile bouillant ou alors, on me coupe en dés ! » 

La bite dit: « Oh ! Il y en a pour tout le monde, vous savez… Moi, on me fout la gueule dans un sac plastique et on me fait faire des pompes jusqu'à ce que je dégueule… »


Primidi 1er Pluviose 221


Illustration originale Vincent Barbantan

17/01/2013

Sanglier dans les villes : une solution.

Le civet de sanglier.jpg

 

 

Nous recevons de Maître R.L.T, éminent philosophe ampélophile et suidivore ardéchois, mais aussi farouche opposant au P.I.P.I (Porc Industriel Polluant Immangeable), cette fort intéressante proposition :

 

 

« SOLUTION RADICALE ET GASTRONOMIQUE

A LA PROLIFERATION DES SANGLIERS

 

 

         Dans une partie de l’Europe, la prolifération des sangliers qui deviennent progressivement citadins est enfin prise en considération et la presse s’en fait l’écho.

 

         Les pouvoirs publics, qui ont d’autres chats à fouetter, espèrent peut-être que le phénomène se résorbera naturellement, alors que c’est tout le contraire qui se prépare.

 

         Bien nourri, de plus en plus malin et adapté, le sus crofa copule et se reproduit à grande allure et sa population est exponentielle, notamment en Ardèche !

 

         Une solution simple et radicale existe :

-         multiplication des périodes de prélèvement intensif ;

-         aménagement de corridors de tir parallèles aux semis ;

-         contrôles sanitaires sérieux mais raisonnables et gratuits ;

-         mise en place d’une filière économique.

 

         Traitée à la façon du corned beef ou selon la technique du fameux pâté breton, la viande de sanglier est une mine de protéines, assez pauvre en graisse. Et c’est très bon.

 

         Avec le label « Ardèche », ce serait encore meilleur !

 

         De plus, les musulmans pourraient s’en délecter puisque ce n’est pas du porc, le nombre de chromosomes n’étant pas le même. Ce détail est théologiquement décisif puisque c’est dans ses deux chromosomes supplémentaires que le porc recèle la femme et le diable.

 

         La filière et le lobby du P.I.P.I.  (Porc Industriel Polluant Immangeable) pourraient en prendre ombrage, mais avec une subvention compensatrice du manque à polluer et des aides ciblées à la reconversion partielle tenant compte du marché et du marché des comptes, les têtes d’œufs européennes trouveraient une solution juste, raisonnable et citoyenne. »

 

René-Louis THOMAS


Octidi 28 Nivose 221


Illustration Vincent Barbantan

 

 

 

 

 

 

 

13/01/2013

Gastronomie de la Capitale européenne de la Culture : La bouillabaisse de Juvénal.

bouillabaisse web.jpg

 

 

 « Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains…

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

A l’époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galégeaient, sentaient l'ail.

 Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

 

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes!

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j’ai mes petites !

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiela, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

Quelques grosses pincées de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum !

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 VictorAyoli

 in "Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s"

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ),

saint-pierre (5 à 700 g), - l queue de baudroie (800 g), - l kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d’huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

 

(1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue e tfond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martégua!e : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l’italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais enforme de boudin à hase de farine de pois-chiche cl l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu’on suspend au dessus de la cheminée ou que l’on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

 Quartidi 24 Nivose 221


Illustration originale Vincent Barbantan

06/01/2013

Ouiquinde gastronomico musical !

bouche mange femme.jpg

 

 

Ouiquinde gastronomico musical !

 

Nicooooole

Nicooooole

La bouff’ c’est pas de la bricooole

Notre amour atteint de hauts niveaux

Surtout quand tu me fais la têêêtee

Mais la têteee de veau.


J'aime manger les langoustines

 Le foie gras et le cassoulet

J’adore aussi les aubergines

Pourtant je n’oublierai jamais…

 

Nicooooole

Nicooooole

La bouff’ c’est pas de la bricooole

Notre amour atteint de hauts niveaux

Surtout quand tu me fais la têêêtee

Mais la têteee de veau.

 

Quand tu me fais de la blanquette

De la daube ou de l’aligot

J’ai le cœur et la tripe en fête

Oui mais ce qui me rend dingo…

 

Nicooooole

Nicooooole

La bouff’ c’est pas de la bricooole

Notre amour atteint de hauts niveaux

Surtout quand tu me fais la têêêtee

Mais la têteee de veau.

 

Un week-end d’amour à Venise

A Jonquières ou à Pujaut

Procurent des heures exquises

Mais moi ce qui me rend barjo…

 

Nicooooole

Nicooooole

La bouff’ c’est pas de la bricooole

Notre amour atteint de hauts niveaux

Surtout quand tu me fais la têêêtee

Mais la têteee de veau.

 

tete de veau nez langue.jpg

 

Septidi 17 Nivose 221

 

Photos X - Droits réservés


31/12/2012

Epatez vos amis avec un repas de réveillon original : bouffez du riche !

dali cannibalisme 2.jpeg

 

 

Prenez un riche bien gras et dodu. De la variété française, c'est les mieux nourris. S'il se fait rare, achetez-le (ou mieux, chassez-le) en Belgique, en Suisse, en Angleterre, à Monaco. Du fouteux (mais c'est filandreux), du showbizzeux (mais c'est gras et ça a un gout de coke prononcé), du patron. Prenez un patron bien gras et dodu. La meilleure race, c’est la Cacarente. Le nec plus ultra, le Bresse de ces volailles restant tout de même le Patrondebanque, à égalité avec l’Exiléfiscal, surtout celui du genre Pigeonvautour-déserteur-fiscal. Evitez les patrons Depéhèmeux, ils sont trop petits, ils triment souvent autant que vous et sont trop durs à cuire.


Plumez-le autant qu’il vous a plumé. A vif autant que possible : ça crée une production d’endorphine qui donnera à la viande un fumet particulier qui vous rappellera le jour où il vous a convoqué pour vous lourder.

Flambez-le, si possible sur les ruines fumantes de son bureau ou de son usine. Puis égorgez-le en gardant le sang, il est fait de celui qu’il vous a fait suer. Coupez lui immédiatement les génitoires s’il en a : les laisser donne mauvais goût à la viande.

Videz-le de ses tripes qu’il a toute sa vie copieusement tapissées de sauces chaudes et onctueuses avec le pognon qu’il vous a volé. Jetez-les, de toute façon un patron de Cacarente n’a rien dans les tripes, et beaucoup de merde dans la tête.

Coupez-le en morceaux, au hachoir ou à la tronçonneuse selon affinités. Faites macérer ces morceaux dans une marinade faite de moitié bile, aussi amère que celle qu’il vous a faite faire, moitié merde diarrhéique, c’est ce qui convient le mieux.

Après deux jours de marinade, faites revenir les morceaux dans de l’huile de vidange. Puis mettre à cuire à l’étouffé avec la marinade passée au chinois, comme ceux chez qui il a délocalisé votre usine.

Enfin, comme c’est immangeable, foutez le tout au chiotte, c’est la place de ce genre de patrons !

Et bon réveillon !

 

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  Illustrations Salvator Dali - Centre Pompidou 


Primidi 11 Nivose 221

30/12/2012

Ouiquinde érotico-gastronomique à la neige.

skieuse nue debout.jpg

 

Odile

 

Sur une piste noire, par un écart vexant

J’ai eu avec Odile un contact renversant.

Skis et corps emmêlés dans la neige profonde

J’ai goûté dans le froid sa chaude peau de blonde,

 

Et ses seins écrasés contre mes pectoraux

Ont fait monter en moi une ardeur de taureau.

Percevant mon émoi elle ondule et s’étire

Et - heureuse jeunesse ! - nous éclatons de rire.

 

La serrant plus encor je lui vole un baiser,

Je savoure ses lèvres et sa langue épicée.

J’ai retrouvé Odile le soir à la station

 

Où nous avons vécu une ardente passion.

Depuis ce jour heureux et ces moments exquis

J’espère en Cupidon lorsque je fais du ski…

 

 

La tartiflette.

 

- Drôles d’exploits alpestres

Pour une Saint-Sylvestre !

Raconte-moi, Victor, Odile, ta victime

N’a pas dû t’accorder tous ses trésors intimes

Par dévotion pour tes talents contondants,

Ta façon de lui faire du rentre-dedans !

Tu as dû tout de même lui faire un peu de gringue,

L’emmener au ciné, lui acheter des fringues…

- Bien sûr allons, petit ! Faut être gentleman

Si l’on veut que ces dames nous prennent pour amant !

Je l’ai menée manger un bon menu de fête

Chez mon ami Roger, roi de la Tartiflette.

- Ques aco ?

- C’est un plat que l’on mange en Savoie

Qui te remplit la panse et qui te met en joie.

Le mot vient de « tartifle » ce qui, en provençal

Comme en latin d’ailleurs aussi bien qu’en rital

Signifie pomme-de-terre ou encore patate

Qu’elles soient fontenoy, noirmoutier ou bien rates.

La Tartiflette est donc un délicieux mélange

De patates, d’oignons, de lard et de fromage.

Tu cuis à la vapeur tes patates épluchées,

Les coupes en rondelles, puis tu vas les coucher

Dans une poêle chaude où tu vas les saisir

À l’huile et les brunir sans les faire roussir.

Coupe en dés tes lardons, émince ail et oignons,

Vivement, à la poêle, travaille leur union.

Puis dans un large plat pouvant aller au four

Mets tes deux appareils en couches, tour à tour.

Les patates d’abord, lard, oignon, ail ensuite

Sel, poivre du moulin, en nappes, ainsi de suite.

Coupe tes Reblochons en deux dans l’épaisseur

Pose-les croûte en haut comme frères et sœurs.

Voilà. C’est presque prêt. Sors le tire-bouchon

Et dépucelle vite un flacon d’Apremont.

Tu vas mouiller ton plat avec un ou deux verres,

Et finir la bouteille avec quelques compères.

Tu fais dorer ton plat au four à deux cents vingt

Le temps qu’il te faudra pour achever le vin.

Le fromage, en fondant, va pénétrer le reste,

L’Apremont va le rendre moelleux et digeste,

Lorsque le Reblochon commence à gratiner,

Tu dois servir bien chaud : il est temps de dîner.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 kilo et demi de pommes de terre (plus si les convives sont de gros mangeurs), - 1 demi kilo de lard blanc ou de petit salé (selon le goût des convives), - 6 oignons, - 6 gousses d'ail, - 1 bouteille d'Apremont, - 3 Reblochons coupés en deux, - sel, - poivre.

 

Les vins conseillés:

La tartiflette est un plat de grande faim et donc de large soif. Accordez-le avec des vins rouges à base de syrah, qui donnent des parfums de sous-bois, d'animal: Saint-Joseph, Cornas,

Crozes-Hermitage, Saint-Désirat, Saint-Pierre-de-Bœuf, Mau­ves, certains Lirac.

En Languedoc: Saint-Chinian, Fitou.

En Provence, Bandol, Coteaux-des-Baux.

 Sans oublier, bien sûr, l'irremplaçable Apremont, vin fanion des Savoies. 

 


Décadi 10 Nivose 221

 

 

Illustration X – Droits réservés

29/12/2012

Ouiquinde de fin d’année classé X : Ô cul passion !

cul N&B.jpg

 



Femme, à ton cul ce jour, je voudrais rendre hommage,
Moi qui suis culophile, moi qui suis culophage.
Tes divines rondeurs de Vénus callipyge
Aiguisent mes fantasmes et font gonfler ma tige.
Je t’imagine donc en accorte soubrette,
Petit tablier blanc et très courte jupette,
Un tout petit slip blanc dissimule ta raie,
Tu es dans ta cuisine, tu as le dos tourné.
Tu te penches en avant pour allumer ton four,
Ta croupe qui se tend soulève tes atours,
Me révélant ainsi l’affriolant spectacle
De ton slip délicat couvrant ton réceptacle.
Moi, je tombe à genoux, faire mes dévotions
A ce cul adoré, ce cul plein d’émotions.
Toi, tu cambres les reins et ondule des fesses,
Mouvement lancinant appelant la caresse.
J’ai les mains dans le dos, mais ma bouche est active,
Avec les dents j’abaisse ton string décoratif,
Mon nez fouille tes poils, hume, grume ta raie
Ma bouche se ventouse au petit trou doré,
Qui orne la forêt de ta ligne médiane.
J’aime son goût amer, d’absinthe et de gentiane,
J’admire l’abricot de ta vulve enflée,
Qui s’ouvre et qui se fend pour mon engin gonflé,
Saoulé de tes humeurs, envoûté de tes goûts,
Je laisse enfin ta fente et me remet debout.
Tu te cambres et présente ta croupe en offrande,
Brûlant fourreau de chair pour ma bite qui bande.
Les mouvement mutins du petit œil de bronze
Qui s’ouvre et qui me dit : « j’attends que tu m’enfonces »,
Un peu d’huile d’olive ou mieux d’huile d’argan
Pour y pouvoir entrer comme un doigt dans un gant
J’enfonce enfin ma queue dans ton lotus ouvert,
Et je rentre, et je sors de ton volcan de chair.
La chaleur de ton cul me fait monter aux anges,
Nos corps ne font plus qu’un, nos humeurs se mélangent
Se lâchent, se reprennent en un ballet d’amour.
Notre désir atteint le point de non retour,
Aux grands coups de boutoir sur ton cul de ma queue
Tu réponds en ouvrant ton œillet délicieux,
Ma queue sort, ma queue rentre,
Une douce chaleur irradie tout mon ventre
Je vais bientôt jouir, je le sens dans mes couilles,
Tu roucoules et tu geins, ton cul aspire et mouille,
Nous perdons la notion de ce qui est autour,
Le plaisir nous submerge en un long cri d’amour,
Et mon foutre brûlant se répand dans ton antre
En un feu d’artifice au soleil de ton ventre. 


 

cul,amour



Nonidi 9 Nivose 221


Photo X - Droits réservés

27/12/2012

« Normalou » chez les louchebems de Rungis.

normalou mange.jpg

 

 

- Ah ! Lesieumic président, nous sommes flattés que vous aimiez la tripe. Vous larlépem le louchebem ? Non ? C’est le parler des bouchers, monsieur le président. Aussi incompréhensible aux profanes que le sabir de vos énarques ! Enfin, nous sommes heureux que vous aimiez le lorpic, la charcutaille, la bonne cochonnaille bien de chez nous. Et aussi, nous sommes fiers que vous acceptiez de jaffer la tête de veau  avec des loufs comme nous, comme le faisait un de vos célèbres prédécesseurs, corrézien lui aussi !

 

- Ah ! Mes amis (le président, inquiet, regarde à droite, à gauche, derrière lui. De solides gardes du corps seulement. La redoutable Valérie n’est pas là). Quel bonheur ! Je suis des vôtres. Aheueueu…

 

- Le président s’assoie parmi les bouchers, une accorte lamfé du lafécaisse lui noue une grande serviette à carreaux rouges et blancs autour du cou, et la fête commence. Deux louchebems sortent de la grande bassine fumante un drap noué en baluchon et l’égouttent dans la rigole. Dans un nuage de vapeur odorante, ils posent la tête de veau sur une large table. Tandis qu’on décore le chef fumant de persil dans les oreilles et les narines, le patron des louchebems, le ventre opulent barré d’un grand tablier (encore) blanc se prépare à officier. En quatre coups sonores sur son fusil, il donne à son couteau de découpe le tranchant idéal et attaque. Les joues souples et grasses qui fument et tressautent, le dedans du palais, la langue et la glotte, les viandes délicates, mousseuses, du cou, les oreilles craquantes, les muscles des bajoues, les yeux aux muscles si délicats. Enfin le bonheur des gourmets : la pointe du museau avec les trous de nez qu’il offre au président dont les yeux brillent !

 

Normalou, sans faire d’histoire, pique à la fourchette dans le plat, travaille du laguiole et s’enfourne de belles portions de viande gélatineuse. Les louchebems lui font une ovation. Le côtes du Rhône coule à flot et bientôt toute l’assemblée entonne à pleine voix ce morceau de bravoure : « La femme qui pète au lit… » :

 

« La femme qui pète au lit

Connait quatre jouissances

Elle bassine son lit

Elle soulage son ventre

Elle entend son cul qui chante,

Dans le silence de la nuit.

Elle entend son cul qui chante

Elle emmerde son mari ».

 

Bon. C’est peut-être pas vrai, mais ça pourrait l’être. On n’en sait rien puisque les journaleux n’étaient pas acceptés à cette visite de Rungis…

 

A la nôtre !

 

 Septidi 7 Nivose 221


Photo X - Droits réservés

24/12/2012

Noël: "Aquéoù coun de rastèoù !"

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Cette année-là, il faisait un vrai temps de Noël : il avait un peu neigé deux jours avant et le mistral bouffait à débanner tous les cocus du village.

 

La famille se réunissait traditionnellement pour la veillée calendale à la ferme familiale, un merveilleux mas au sommet du village, à l’ombre tutélaire du puissant Fort Saint-André. Il faut dire qu’à l’époque, Villeneuve-les-Avignon était encore un village paysan et non pas ce qu’elle est devenue : une ville-dortoir pour parvenus voulant péter plus haut que leur cul.

 

Pour monter à la ferme, depuis la pâtisserie des parents, il fallait traverser la grande place et lutter contre les tourbillons d’un vent glacial soulevant des nuages de  poudreuse qui s’infiltrait partout, malgré les manteaux, les châles et les fichus. Après le grand portail de fer, une sente empierrée menait à la grande cour de la ferme.

 

Dans la journée, les oncles avaient dégagé la voie avec pelle et râteau, instruments qu’ils avaient ensuite abandonnés sur la neige à côté de la porte, prêts à resservir si nécessaire.

 

Dans la grande salle à manger de la ferme, les femmes ont disposé, sur les trois nappes blanches, les services de fêtes, les verres du dimanche. Dans l’âtre qui flamboie, l’aïeule et le « caga-nis » — chez nous, on nomme ainsi le plus jeune des enfants — apportent une bûche d’arbre fruitier bien sec.

 

D’un verre de vin cuit versé avec respect, la grand-mère que tous appellent Marraine — en l’absence de son mari, tombé sous les balles de la grande boucherie — bénit la bûche puis, d’un ton solennel prononce à belle voix la formule rituelle des Provençaux :

 

« Alègre ! Alègre !

Mi bèus enfant, Dièu nous alègre !

Emé Calèndo tout bèn vèn…

Dièu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,

E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens ! »

 

La famille s’installe alors à table, réservant une place, pas très loin de la porte, pour le pauvre transi que le sort accable. Cette nuit, s’il vient, il aura l’amour, le couvert et le gîte.

 

Et les femmes, dès lors, servent le Gros Souper : les petits escargots « à la suçarelle » que l’on aspire d’un coup, les cardons à l’anchois, la raïto de merlusso, le muge aux olives, le gratin de brandade, et, pour laver la bouche l’àpi à la pebrado.

 

On arrose ces mets aux grands vins de la Coste-du-Rhône.

 

Enfin voici venu le moment où l’on sert, avec cérémonie, tous les treize desserts : les amandes, les noix et les noisettes, les figues sèches, les dattes, les mandarines, les oranges, les pommes, les poires, les raisins que l’on garde depuis septembre suspendus par leur branche dans le grenier, voici le nougat blanc, voici le nougat noir… Marraine apporte enfin la pompe à l’huile, symbole de l’espoir !

 

On mange, on boit, on chante, l’oncle Gus sort le piston d’où s’échappent bientôt quelques canards, on est tout à sa joie. Puis l’oncle arrête d’un coup sa musique et dit : « Oh ! Les petits, je crois que j’entends les pas du père Noël ! Chuuuttt ! » Tout le monde se tait. Nous, les petits, on bade, emportés par le délicieux frisson du rêve…

 

Il faut dire que les adultes avaient préparé le coup avec le Grand Gaby, un intime de la famille - dont la trogne barbue enluminée au Côte-du-Rhône est orné d’un tarbouif alliant la texture de la morille à la couleur de l’aubergine. Il s’était vêtu d’une grande robe rouge et portait dans chaque main un panier d’osier plein de petits cadeaux, de papillotes, de chocolats, de mandarines.

 

On entend donc marcher dans la cour, puis une grosse voix s’élève, atténuée par le vent: « Ouvrez-moi, les petits, c’est le père Noël ! »

 

Les parents nous poussent amicalement vers la porte où nous restons groupés, l’oreille aux aguets, tendus par le mystère.

 

Dehors le père Noël avance, met le pied sur le râteau qui - vous savez qu’il n’y a rien de plus sournois qu’un râteau - lui fout un grand coup de manche dans la gueule !

 

Et alors on entend un fracas anormal et une voix qui gueule : « Aquéou coun de rasteoù ! »

 

On ouvre…et on trouve le père Noël le cul dans la neige au milieu de ses paquets.

 

« C’est Gaby ! C’est Gaby ! » qu’on crie en frappant des mains !

 

C’est comme ça que j’ai perdu mes illusions d’enfant crédule.


Quartidi 4 Nivose 221


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C'est ce soir, le 24 décembre. Le père Noel, aidé d’un assistant, fait la distribution des cadeaux en passant, comme d’hab, par les cheminées.


Sur un toit d'immeuble, les deux compères descendent par une cheminée, arrivent dans une chambre où ils trouvent une fille superbe qui dort à poil dans son lit.

 

Le père Noël est ébahi ! Bouche ouverte, les yeux qui font tilt ! Il reste plusieurs minutes, fasciné, à observer la fille. Son assistant lui donne un coup de coude dans les côtes et lui dit : « Alors tu te décides ? Qu’est ce tu lui mets à la fille ? »


Et le père No
ël lui répond: « Ben, si je lui mets ce que je pense, je retourne pas au paradis, si je ne le lui mets pas, je retournerai pas par la cheminée ! »

 

 Illustrations X - Droits réservés

 

23/12/2012

Gastronomie calendale: les cardons à l'anchois

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Les cardons à l'anchois

 

On les voit à l'étal des marchands de légumes,

Ils y sont tout l'hiver. On les prend, on les hume,

Puis, généralement, on les remet en place,

Car de les préparer, peu de gens ont l'audace.. .

Parce qu'on ne sait pas bien comment les apprêter,

Les cardes et cardons sont souvent contestés.

Et pourtant, en Provence, ils sont indispensables

Quand vient le "Gros souper" des tables calendales.

Le cardon à l'anchois est un plat rituel

Du grand repas festif de la nuit de Noël,

Autant que la morue, l'àpi (1), les escargots,

Le muge (2) et les desserts à tire l'arigo.

On appelle cardon la cote de la carde,

Espèce d’artichaut qui, 1'hiver, s'acagnarde

À l'abri des cébisses (3) et des haies de cyprès.

Les meilleures sont celles qui sont serrées très près

Du sol pour qu'elles restent bien tendres et blanches

Et non fibreuses, raides comme de vieilles branches.

Compte deux bons kilos pour quatre ou cinq personnes:

Il y a du déchet plus qu'on ne le soupçonne.

Jette toutes les feuilles et les côtes squameuses,

Ôte soigneusement les parties filandreuses,

Puis coupe tes cardons en tronçons de trois doigts,

Dans de l'eau vinaigrée plonge-les tout de suite,

Par cette précaution le cuisinier évite

Que les cardons brunissent sans qu'on sache pourquoi.

Puis, en eau abondante, salée et citronnée,

Tu les fais cuire une heure. Lorsque c'est terminé,

Tu va les égoutter et réserver au frais

Jusques au lendemain. C'est là l'un des secrets

Pour réussir ce plat, parce que, je le prétends

La carde est un légume qui se cuit en deux temps.

Attaquons maintenant notre phase finale,

Mais sers-moi un canon: il faut mouiller la dalle!

Dans de l'huile d'olive chaude au fond d'un faitout

Tu fais suer tes cardes doucement, à feu doux.

Pendant ce temps tu prends dix beaux anchois salés,

Sous l'eau du robinet, sépare les filets.

Fait une Béchamel avec un quart de lait,

Ajoute les anchois et, en tournant, fond-les

Dans la préparation avec une cuiller.

Dans le premier faitout, tu verses alors ceci,

Tu mélanges aux cardons en ayant le souci

De ne point écraser tes tronçons légumiers.

Un quart de lait de plus, de noix muscade un peu,

Sel, poivre du moulin, puis retire du feu.

Tu incorpores, alors, du râpé de gruyère,

Enfin verse le tout dans un plat à gratin

Saupoudre de fromage de façon régulière,

Puis tu mets à four chaud sans plus de baratin.

Lorsque c'est gratiné, tu sers chaud et fumant.

Ce plat est idéal en accompagnement

D'une côte de bœuf ou d'un poisson au four.

C'est un plat du terroir, simple comme bonjour,

Mais un plat succulent et, de plus, diététique

Que l'on mange en Provence depuis les temps antiques.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- Trois kilos de cardes, - 1 verre de vinaigre, - 1 jus de citron, - 1 poignée de gros sel, - 3 cuillerées d'huile d'olive de la Vallée des Baux, - 10 anchois salés, - 1 demi-litre de lait, - muscade, - poivre du moulin, - 3 hectos de gruyères râpé.

 

Les vins conseillés:

 

Les cardons étant surtout un plat d'accompagnement, le choix du vin dépend du plat principal. Avec une côte de bœuf, des vins rouges jeunes ou même primeurs. En Côtes-du-Rhône: Sainte-Cécile-Ies-Vignes, Rochegude, Tulette, Saze, Domazan, Gallician. En vins du Languedoc: Aspiran, Berlou, Cournonterral, Poujols. En vins de Provence: Allauch, Châteauneuf-Ie-Rouge, Cuers, Flassans-sur-Issole.

Avec un poisson au four, des blancs capiteux. En Côtes-du-Rhône: Laudun, Uchaux, Châteauneuf-de-Gadagne, Codolet. En Languedoc: Argeliers, Bize-Minervois, Puichéric, Roubia. En Provence: Camps-la-­Soure, Rocbaron, Meyreuil, Le Tholonet.

 

 

(1) L'api : le céleri.

(2) Muge: encore appelé mulet - c'est un poisson de mer qui monte frayer dans fleuves et rivières et particulièrement dans le Rhône.

(3) Cébisses : haies coupe-vent faites en cannes de Provence.

 

 

Tridi 3 Nivose 221

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

16/12/2012

Gastronomie orientale: Les KADINBUDU KOFTE (cuisses de femme)

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On sait être coquin du côté du Bosphore
Faire vibrer les sens et jubiler les corps,
Car au pays du grand Nasr Eddin Hodja
Ce savoureux poète, celui qui érigea
Dans son œuvre subtile un monument d’humour
Où bon sens, paillardise riment avec amour,
On aime conjuguer les plaisirs de la table
Avec ceux du divan, tout aussi agréables.
C’est ainsi que l’on mange, près du pont Galata
Les « cuisses de jolies femmes » : Kadinbudu kofta.

Faites cuire à grande eau un grand verre de riz
Et préparez le reste durant le temps qu’il cuit :
Emincez une oignon de taille convenable,
Hachez une livre de bœuf de bonne étable
Malaxez à la main tout en incorporant
Une cuillère à soupe de baies qui, au Levant
Portent le nom de kuş uzumu, à défaut
Mettez des baies de myrtes ; ça c’est une info
Me venant d’une Etoile qui connaît le pays
Pour y avoir vécu, et aimé, et joui !
Ajoutez une cuillère à café de piments
Rouges, des pignons ; salez normalement
Puis une cuillerée de poudre de cannelle
Du persil, de l’aneth pour le goût sensuel,
Vous ajoutez un œuf puis le riz égoutté
Malaxez bien le tout ; avec un doigt, goûtez,
Remontez en épices si c’est indispensable
Enfin confectionnez sur le bord de la table
Des fuseaux allongés comme cuisses de femmes
Objets de nos désirs autant que de nos flammes.
Puis dans deux œufs battus vous passez les boulettes
Un peu de chapelure et les cuisses sont prêtes.
Faites-les frire à l’huile et servez sans maraude :
Les cuisses les meilleures sont toujours les plus chaudes !
Cessons pour aujourd’hui ces contes culinaires,
Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.


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Ingrédients et proportions pour six personnes :
1/2kg de viande de bœuf hachée, 1 verre à thé (100 ml) de riz, 1 oignon de taille moyenne, 1 cuillère à soupe de pignons, 1 cuillère à soupe de kuş uzumu (C'est très petit, rond et noir. C’est une petite baie comme la myrte. Les Turcs l’utilisent séchée), 1 cuillère à thé de piment rouge, 1 cuillère à thé de cannelle
1 cuillère à café de sel,1 œuf, un peu d’aneth et un peu de persil. Pour couvrir les boules avant de les frire:
2 œufs battus et de la chapelure.

Boissons conseillées :
Bien sûr le thé si on veut se la jouer à l’orientale… mais on n’est pas obligé !
Ce plat parfumé et relevé s’accorde parfaitement avec des vins rosés frais, soyeux et parfumés comme…des cuisses de femmes. N'oubliez pas, messieurs, que le vin n'est jamais autant aphrodisiaque que lorsque ce sont les femmes qui le boivent!

 

Sextidi 26 Frimaire 221


Illustrations: Magritte - X droits réservés

02/12/2012

Gastronomie de RESISTANCE : le Cassoulet !

Bou du con ! J’arrive de Toulouse. Alors, pour la recette dominicale, il y en a une qui s’impose, c’est évidemment l’incontournable cassoulet !

 

D’autant plus que son histoire remonte à une époque qui a vu le déferlement des sauvages franchimands à la conquête des riches terres hautement civilisées du Sud.


 « Brûlez-les tous, dieu reconnaitra les siens… »

 
 
 
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Le Cassoulet de Paulette

 

En ce temps là, petit, les terres occitanes

Subissaient les horreurs des foudres vaticanes.

La conjonction rapace de talibans papistes

Et de seigneurs brumeux aux vues colonialistes

Jetait en pays d'Oc des hordes franchimandes.

Ils tuaient, ils violaient, ces barbares en bandes,

Saccageant les campagnes, pillant villes et bourgs,

Exterminant le peuple, brûlant les troubadours.

Sous les exhortations de l'affreux Dominique

Ils cramaient les parfaits, sous le nom d'hérétiques.

Ces bœufs au front obtus, à l'ombre de leur croix

Menaient honteusement, pour leur pape et leur roi

La razzia des voleurs: la guerre de conquête.

Finies les Cours d'Amour, place au bal des squelettes.

- Ces temps étaient bien durs, ces gens étaient bien laids

Mais, Victor, on devait parler du cassoulet!

- Exactement, petit. Ouvre ce Saint-Nabor

Et buvons à la Dame Jéhanne de Lavaur,

Car c'est elle qui, en ces périodes troublées,

Au front de l'ennemi, créa le Cassoulet!

Ah ! Il fallait la voir notre Dame Jéhanne,

Indomptable, farouche et belle comme Diane,

Culbutant les marauds, écrasant les soudards,

Taillant et estoquant Franchimands et Picards,

Plus de six pieds de haut et lourde d'un quintal,

Sa crinière de geai et ses yeux de cristal,

Galvanisaient le peuple assiégé de la ville

Et glaçaient de terreur les assaillants débiles.

Tous abordaient l'hiver de l'an mille cent onze.

Les rives de l'Agout changeaient leurs ors en bronze,

Les assiégeants, menés par Simon de Montfort

S'efforçaient d'affamer le peuple de Lavaur,

Place fortifiée entre Albi et Toulouse,

Capitale du Sud, de son honneur jalouse.

L'Occitanie d'alors était démocratique,

On discutait de tout sur la place publique,

On s’aimait, s'entraidait, partageait l'assiettée,

Les maîtres mots étaient Amour et Liberté.

Dans Lavaur étranglée, la position est grave.

Jéhanne alors regroupe et harangue ses braves:

- « Monfort veut notre peau, il devra payer cher,

Ne nous nourrissons pas d' avés et de paters !

Amenez tous céans ce qui se peut manger,

Tout ce que vous avez, nous l'allons partager. »

Et chacun apporta, de caves et greniers,

Qui des tours de saucisses, qui des cochons entiers,

Qui des canards confits, qui de la graisse d'oie,

Qui des sacs de Pamiers, qui des fèves de Foix.

Dans de vastes chaudrons on fit cuire le tout.

C'est ainsi que naquit le célèbre ragoût,

L'un des plats les meilleurs qui se puisse avaler,

Puissant, tonitruant, fondant: le Cassoulet!

De Castelnaudary à Toulouse et Lavaur

De Castelsarrasin à Pamiers et Cahors,

Des berges de l'Ariège aux rives de Garonne,

Du château de Phoebus aux tours de Carcassonne,

Le cassoulet est roi, le cassoulet est maître,

Il donne à ses sujets plénitude et bien-être,

De tout le Sud-Ouest il est le plat fanion

Symbole de l'union et de la rébellion.

Voici comment le fait Paula de la Verrière,

Jéhanne d'aujourd'hui, grande, forte et altière.

Les premiers ingrédients, ce sont les haricots,

Il te faut des Pamiers, ou sinon des Cocos.

S'ils sont secs, trempe-les avant de mettre à cuire,

S'ils sont frais, dans de l'eau, tu les mets à blanchir

Demi-heure environ, toujours à gros bouillons,

Du sel évidemment et des petits oignons.

Lorsque les haricots sont souples sous le doigt

Tu égouttes et réserves, au chaud comme il se doit.

Range de belles couennes au fond de la marmite,

Place tes haricots par dessus tout de suite,

Un carré de cochon frotté d'ail et de sauge,

Quelques tours de saucisse, de Foix, Toulouse ou Auch,

(À Toulouse on y met un morceau de mouton,

À Castelnaudary, seulement du cochon),

Trois tomates en quartiers, mondées, épépinées,

Un saucisson de couennes et du petit-salé,

Quelques clous de girofles, poivre, bouquet garni.

Tu mouilles avec le jus où les fayots ont cuit,

Tu couvres et tu mets pour trois heures à feu doux.

Va-t'en boire un canon, et oublies ton faitout.

Deux heures après tu ouvres et vérifies le plat,

Si besoin est, rajoute du bouillon, juste un doigt,

Tu poses sur le tout - avec quelle allégresse! ­

Des cuisses de canard confit, avec leur graisse.

Tu fermes de nouveau et remets sur le feu,

Ou plutôt dans le four, une bonne heure ou deux.

Pour l'onctuosité - c'est un secret, écoute! ­

Sept fois, à la cuiller, tu casseras la croûte

Qui se forme au-dessus de ton plat qui mijote,

Fait délicatement, avec tact et jugeote.

Ton cassoulet est prêt, met l' oulo sur la table

Et sert à tes convives des portions équitables.

Accompagne ce plat d'un vin rouge puissant,

Cairanne, Châteauneuf, Gigondas ou Visan.

Dégustant ce fleuron des cuisines de France,

Tu manges, avec Jéhanne, un plat... de Résistance!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- 2 kg de haricots frais, des pamiers, des cavaillonnais, des cocos de Paimpol, à la rigueur des soissons (avec des haricots secs, divisez cette quantité par deux et faites tremper une nuit avec un peu de bicarbonate), - 3 couennes de cochon, - 1 carré d'un demi kilo de cochon (rouelle ou filet), - 1 kilo de saucisse de Toulouse, - 1 saucisson de couenne, - éven­tuellement 1 demi kilo de mouton (morceaux pour ragoût), - 2 hectos de petit-salé en dés, - 6 cuisses de canard confit, - 6 gousses d'ail, - 6 feuilles de sauge (fraîche ou sèche), - 1 oignon piqué de six clous de girofle, - 3 tomates coupées en quartiers, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil), - 2 cuillerées à café de poivre noir, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - de l'eau à la demande (pour cuire les haricots).

 

Les vins conseillés:

 

A plat puissant, vins généreux. Pour le cassoulet, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du-Comtat, Beaumes-de- Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou...Cor­bières, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

Sans oublier, bien sûr, les Gaillac, les Madiran, les Cahors et les Pécharmant.


 

Duodi 12 Frimaire 221


Illustration originale Vincent Barbantan

 

25/11/2012

Ouiquinde gastronomiques: Les lapins de champs du Grand Gaby

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Grand long, dégingandé, sec

Perché sur un long cou d'échassier famélique,

Le Grand Gaby est un Prince de la barrique.

Ce fervent défenseur de l'ardeur vigneronne

Est médaillé d'honneur de la Coste-du-Rhône :

N'a-t-il pas englouti, pour se mouiller la glotte

Six cents hectos de vin, sans un verre de flotte!

Ceci en soixante ans d'une soif flamboyante,

Éteinte verre en bouche, de manière constante.

Tout comme d'autres tirent, Gaby boit des deux mains,

En saluant la foule, tel un tribun romain.

Le Grand Gaby, doté d'un vigoureux sésame

Est, cela va de soi, le chéri de ses dames.

Minettes délurées, bourgeoises en goguette

Attirées par sa réputation d'athlète,

Négligeant les on-dit qui prédisent leur perte,

Viennent à son mazet, ouvertes et offertes.

Elles doivent aimer le suint de sanglier

Car leur amant dégage un fumet de gibier.

Priape, Éros, Bacchus, protecteurs de Gaby,

Bénissent les amours cachés dans son gourbi.

Ses conquêtes, souvent, mangeront du lapin

Lorsque leur étalon part avec ses copains...

Le lapin, il est vrai, est sa spécialité,

Tant dans la casserole que contre ses beautés.

Souvent le Grand Gaby, quand vient le crépuscule,

Part hanter la garrigue où la chouette hulule.

Silencieusement, tous les sens aux aguets,

Il s'en va, dans la nuit, pour tendre ses arqués (1) :

De puissants pièges ronds, tendus par un ressort,

Pour les lapins de champs, synonymes de mort...

Quant l'aube aux doigts de roses éveille la nature

Gaby est déjà là pour prendre ses captures.

Les gardes le connaissent, tous veulent le coincer,

Mais le Grand, plus malin que la maréchaussée,

A toujours évité les rencontres néfastes

Tant, de son territoire, sa connaissance est vaste.

- Oh ! Victor, ton Gaby, c'est un bel oiseau rare !

Mais ses lapins de champs, comment il les prépare ?

- Espuillés (2), étripés, coupés en huit morceaux,

Un lapin de garenne chaque deux commensaux,

Tu frottes du thym sec de la dernière estive,

Tu arroses le tout de bonne huile d'olive,

Sel, poivre du moulin et quelques aromates

Et tu fais reposer cela dans une jatte.

Dans ta sartan (3), fond du petit-salé en dés

Dans un peu de saindoux, quantité limitée.

Quand c'est cuit, mets de l'ail, trois oignons émincés

Trois tomates pelées, soigneusement pressées,

Fais réduire à feu vif sans cesser de tourner,

Rajoutes ton lapin à peine fariné,

Fais prendre la couleur en remuant l'ensemble,

Trois verres de vin blanc ou plus si bon te semble,

Plus un morceau de sucre dans quelques verres d'eau.

Encore que la flotte ne sois pas mon credo. . .

Fais cuire sans couvrir, vivement, demi-heure.

Le Gaby l'accompagne par des pâtes au beurre.

Parmi les invités de ces repas de maître,

Le Grand convie parfois.. .notre garde-champêtre!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 lapins de champs (de garenne), - 2 verres d'huile d'olive la vallée des Baux, - thym sec émietté, - sarriette, - laurier, - sel, - poivre du moulin, ­2 noix de saindoux, - 2 hectos de petit-salé, - 6 gousses d'ail pelées et écrasées, 3 oignons finement émincés, - 3 tomates pelées, mondées, épépi­nées, - 1 cuillerée à soupe de farine, - 3 grands verres de vin blanc, - 1 morceau de sucre, - 3 verres d'eau, - 1 kilo de pâtes.

 

Les vins conseillés: 

Tous les vins rosés bien frais: Côtes-du-Rhône, Tricastin, Ventoux, Lu­beron, Costières de Nîmes, Coteaux du Languedoc, Côtes de Provence, Coteaux varois.

 

Arqués: pièges demi-circulaires à ressort central.

(2) Espuillé : écorché.

(3) Sartan : poêle.

 

 Illustration originale de Vincent Barbantan.

in: Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s


Quintidi 5 Frimaire 221 de l'ère de la Liberté

18/11/2012

Gastronomie dominicale: la truffade de morue

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La truffade de morue

Avoir du poisson frais, aujourd'hui est banal
Même si l'on habite loin du littoral.
Cependant bien souvent, dans les grandes surfaces,
Le frais est remplacé par le froid de la glace,
Si bien que pour le nez, l'étal du poissonnier
Fait penser que le "pei" (1) a dû venir à pieds!
Avant l'avènement du sous-vide attrayant,
Du surgelé vainqueur, du frigo triomphant,
Le seul poisson des provençaux de l'intérieur
N'était pas le plus cher, n'était pas le meilleur,
C'était la "merlusso" (2), c'était la morue sèche
Que les rudes bretons faisant la Grande Pêche
Venaient, par tombereaux, troquer contre le sel
À Salin-de-Giraud, Aigues-Mortes ou Lunel.
Ah ! il fallait les voir tous ces rugueux rouliers
Descendant en convois par chemins et halliers,
Poussant à coups de gueule, coups de fouets, coups de pieds,
Leurs grands chevaux fumants tractant leurs lourds fardiers.
Quand les jours étaient longs et qu'ils étaient pressés,
Ils dormaient à la dure, dehors, dans les fossés,
Et lorsqu'ils emplissaient les auberges routières
Pour boire et pour bâfrer, pour rire sans manière,
Ces hommes au sang chaud et à la poigne leste
Jouaient du poing, du fouet pour la moindre conteste.
Les convois descendant amenaient la morue
Fournie par la Bretagne et ses marins bourrus.
Les convois remontant en un grand carrousel
Vers les ports océans étaient chargés de sel.
De ce commerce ancien sont nées des accointances
Entre gens de Bretagne et gens de la Provence.
C'est ainsi que naquit la morue en truffade
La "merlusso'n raïto » " (3) ainsi que la brandade.

Fais dessaler, petit, une morue épaisse
Vingt-quatre heures au moins en changeant l'eau trois fois,
Ôte peau, cartilage avec délicatesse,
Puis tu coupes, en portions, mais en faisant bon poids.
Dans de l'huile d'olive tu feras revenir
Deux oignons émincés sans les faire roussir,
Ajoute trois tomates pelées, mondées, hachées
Trois belles gousses d'ail, du thym et du laurier
Du poivre du moulin, safran, zeste d'orange,
Mais surtout pas de sel. Tourne bien ce mélange
Qu'après tu vas mouiller avec deux litres d'eau.
Ajoute douze "truffo" (4) coupées grosso-modo.
Les "truffo" par chez nous sont les pommes-de-terre,
Les véritables truffes, elles, sont les "rabasso" (5),
Joie des meilleurs gourmets ainsi que des pourceaux,
Et des chiens "rabassié" (6) qui les sentent sous terre.
Tu fais cuire à feu vif, surveille la cuisson
De tes pommes-de-terre. Goûte. Lorsqu'elles sont
Cuites à mi-parcours, avec une écumoire
Tu déposes dessus tes morceaux de morue.
Complète la cuisson à feu vif maintenu
Tu rectifies en goût, un canon tu vas boire.
Tu sers dans chaque assiette la morue, les patates,
Tu purges le bouillon de tous ses aromates
Et tu le sers à part, en soupière fumante.
Enjolive ton plat de façon élégante
En piquant ça et là quelques brins de persil.
Qui l'agrémenteront de leur parfum subtil.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.


VictorAyoli



(1) Pei".. poisson. (2) Merlusso .. morue. (3) Merlusso'n raito" .. morue aux pommes-de-terre. (4) Truffo.. pommes-de-terre (on dit aussi "tartifles "). (5) Rabasso .. truffes véritables (melanosporum).
(6) Chiens rabassié .. chiens truffiers.



Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 1 morue sèche de 600 g environ, - 3 cuillerées d'huile d'olive, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 3 ou 4 gousses d'ail triées, - thym, - laurier, -safran, - poivre, - zeste d'orange, - 12 pommes de terres, - 3 branches de persil plat.

Les vins conseillés:
Tous les vins rosés. En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquières-St-Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St- Victor-Ia-Coste, Remoulins.
En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint-ChristoL
En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux varois.


Octidi 28 Brumaire 221


Illustration originale Vincent Barbantan

02/11/2012

Morts pour des champignons…

boletus edulis 1.jpg

 

Dans le triangle des Bermudes de Lozère – Villefort, Florac, Saint-Chély-d’apcher – il y a eu au cours de la courte saison des champignons 4 morts et une disparue. Les gendarmes ont été appelés des centaines de fois par des champignonneurs perdus dans les forêts des Cévennes et de Margeride. Forêts attirantes comme les cèpes qu’elles recèlent, mais pouvant s’avérer dangereuses, voire mortelles.

 

Pourtant c’est le pied de traquer le boletus edulis (cèpes), le boletus pinicola (cèpe de pins), le lactarius sanguifluus (lactaire sanguin), l’inégalable cantharellus cibarius (girolle) ou sa modeste cousine cantharellus lutescens (petite chanterelle). Eh ! Ne faites pas gaffe, j’apprends le latin avec « Le latin pour les nuls » !

 

Tè ! Hier matin, il faisait 2°C quand je suis parti avec la motocyclette. Sous les bois, l’eau condensée la nuit par les aiguilles de pins te coule dans le cou, te mouille les brailles, te trempe les grolles. C’est pas grave. Tu regardes bien entre les massifs de myrtilles et de bruyère à la recherche des précieux cryptogames (c’est savant ça, non ?). Les toiles d’araignées ornées de rosée difractent délicatement le soleil levant. Entre les branches, un geai se faufile en ricanant. Et toi tu marches, tranquille, le regard aiguisé.

 

Puis, voilà la première coulemelle. On ne peut pas la manquer celle-là : une large ombrelle blanche saupoudrée de brun. S’il y en a une, il y en a d’autres. Et c’est bon les coulemelles ! Faut les peler, les poêler à l’huile d’olive, les saler, les poivrer et les déguster…

 

Puis voilà le premier sanguin (lactarius delicious). Tu le coupes délicatement avec ton couteau spécial à lame recourbée, et tu en cherches d’autres. Il y en a toujours d’autres.

 

Puis voilà le premier cèpe. Superbe, joufflu, solide sur son pied trapu, se dégageant fièrement de sa gangue de feuilles mortes…

 

Eh oui ! Quand tu rentres dans le bois, tu te repères au soleil s’il fait clair. Mais s’il n’y en a pas ? Et si pendant ta cueillette le brouillard se lève ? Et si, absorbé par ta recherche, tu te laisses saisir par la nuit ? Alors tu commences à t’inquiéter. Tu cherches à te repérer, à te rappeler tes trajectoires. Impossible : après une heure dans les bois, tu ne sais plus ou tu es. Alors tu accélères ta marches, tu gravis des talus, tu franchis des ruisseaux que tu avais – te semble-t’il – repéré. Mais en fait tu tournes en rond. Et la panique commence à te chatouiller les boyaux de la tête. Tu prends ton téléphone portable et tu veux appeler. Mais…pas de signal dans ces forêts éloignées des relais… Alors c’est le stress, le cœur qui s’emballe, la panique. L’homo modernus n’est plus capable de se démerder seul en situation un peu délicate. Pourtant, on ne meurt pas en s’organisant pour dormir dans le bois. Pourtant on ne se perd pas si l’on prend quelques précautions élémentaires.

 

Moi, quand je vais en forêt, j’ai toujours la boussole, et je ne me suis jamais pommé. De plus – faut être moderne – avec mon voisin Michel qui est un vrai sanglier pour débusquer les champignons, on a fait chacun l’acquisition d’une boussole électronique, un « Track-back ». Avec ce petit truc extraordinaire, basé sur la technologie GPS, lorsque tu arrives au bois, tu enregistres (avec deux appuis du doigt !) la position de ta bagnole ou de ta moto, tu t’éloignes de 20 mètres et tu appuies comme indiqué sur le mode d’emploi pour vérifier si la position a été correctement enregistrée. Alors tu peux éteindre et fouiller les forêts sans aucun souci de te perdre: lorsque tu voudras retourner, tu allumes ton truc, qui te donnes le cap à suivre et t’indique au mètre près la distance qui te sépares de ton véhicule.

 

boussole & track back 001.jpg

Ça coûte moins cher que de déplacer des centaines de flics, avec hélicoptères, chiens et tout le bastringue pour tenter de retrouver un con incapable de se démerder dans les bois…

 

Il y a une femme qui, depuis dix jours, a disparu quelque part dans le triangle des Bermudes lozérien. On la trouvera peut-être au printemps, ou à l’ouverture de la chasse ou…à la prochaine saison des cèpes. Comme l’étudiant chinois retrouvé bouffé par les renards, les corbeaux et les grands vautours de la Jonte…

 

Eh ! C’est pas gai tout ça Victor ! Normal, c’est le jour des morts, non ?

 

 Primidi 11 Brumaire 221


Photos Moi !

30/10/2012

Normalou, Tranquilou et les prétentions des gargotiers.

tord boyaux.jpg

 

Eh ! Oh ! Ras les aliboffis de Sindi… Cette perturbation atmosphérique a fait plus de 80 morts dans les Caraïbes ? Qui en parle ? Mais que cet orage baigne les pieds de quelques cons de nouillorquais et on n’entend plus que ça ! Ils nous gonflent avec ça les bavards des lucarnes à décerveler.

 

Bon. Parlons plutôt de ce qui touche nos portefeuilles : cette connerie de TVA à 5,5 puis maintenant 7% pour les gargotiers. Encore un exploit de Sarko. La TVA réduite pour les restaurateurs, un cadeau formidable pour une profession qui vote comme un seul gargotier à droite quand ce n’est à l’extrême-droite : 3 milliards par an. En cette époque où on nous serre la ceinture, il est temps d’enfin supprimer cette stupidité.

 

Les restaurateurs n’ont – à quelques exceptions près – pas jouer le jeu. Pas ou peu d’embauches, pas ou peu d’amélioration des conditions de travail, pas ou peu d’augmentation de salaires, pas ou peu de baisses de tarifs des ardoises. Eh ! Oh ! Il faut changer le 4x4, et c’est pas donné les vacances aux Caraïbes…

 

La « gastronomie « française part en couille, malgré qu’elle soit distinguée comme patrimoine de l’Unesco. Elle part en couille parce 80% des établissements ne servent ques des produits d’assemblages surgelés, lyophilisés ou sous vide produits par l’industrie agroalimentaire. C’est devenu la manière normale de cuisiner en France. Faut être moderne coco ! Faut être moderne ! Sachez que la majorité, l’énorme majorité des cent vingt mille restos de France pratique cette méthode qui consiste à réchauffer, au micro-onde ou, au mieux au bain-marie, des préparations culinaires industrielles achetées à bas prix chez Métro ou autre distributeur équivalent. Et vendues à des prix aberrants (culbute de x 4 à x 8 !). Ils appellent ça la « cuisine d’assemblage », portée aux nues par presque tous les gargotiers de France et de Navarre. Ils ont même, réussi à imposer aux écoles hôtelières françaises ce type de « formation »…

 

Fort heureusement, il y a encore de vrais restaurants, avec de vrais cuisiniers. Et c’est ceux-ci qu’il faut mettre en avant et aider. Comment ? En modulant la TVA selon un critère simple : cuisine faite « maison », par de vrais cuistots, avec des produits frais, provenant de producteurs locaux, respectant la saisonnalité. Pour ceux-ci, TVA à 5,5%. Pour les autres, tous les autres, indépendants comme chaines, 19,6%. Et imposer de signaler clairement sur la carte le fait que tel plat, tel met provient ou non de l’industrie agroalimentaire. De plus, comme pour les boulangers, il faudrait imposer par la loi une distinction sémantique claire et précise au niveau de la dénomination des établissements. Point-barre.

 

Les Italiens – dont la cuisine est bien aussi bonne que la nôtre ! – ont fait ce choix (de signaler les plats industriels sur leur carte) depuis 16 ans. Et ils s’en portent fort bien ! Relance d’une cuisine authentique, renouveau de ceintures vertes autour des villes, et confiance des clients.

 

Et puis, est-il normal que pour couper des cheveux il faille un CAP et plus et que pour faire manger le public – donc être responsable de sa santé - on ne demande rien ? Aucun diplôme ! N’importe qui peut ouvrir un resto. On voir fleurir des milliers de gargotes infâmes l’été, sur les plages, au festival d’Avignon et autres.

 

Normalou, Tranquilou, ne cèdez rien à ces gargotiers. Pas plus qu’à toute cette bande de « pigeons », « dindons » et autres volailles derrière lesquels se cachent de vrais vautours.

 

 Nonidi 9 Brumaire 221


Illustration X - Droits réservés

28/10/2012

Ouiquinde gastronomique pour Nicole : La bourride de La Lionne

bourride sétoise.jpg

 

- Compagne de ma vie en restant ma maîtresse

Elle mêle à souhait la fougue et la tendresse.

Sa peau de soie moirée, ses yeux de velours vert

Sa grâce de félin sensuel et pervers,

Le dangereux désir qui effraie et passionne

Font que je la surnomme, fièrement, La Lionne.

- Oh ! Victor ! Cette fois t’es mordu ! Qui l’eût cru ?

T’as pas peur, quand tu dors, qu’elle te bouffe cru ?

Il faut se méfier des mantes religieuses :

Elles croquent leurs mâles lorsqu’elles sont heureuses !

- Vivre heureux même si c’est dangereusement

Tel a toujours été le credo des amants.

Et puis, si ses étreintes sont longues et torrides,

Pour manger, elle préfère encore la bourride !

- A queste co, Victor ! Voilà qui est rassurant

Car il faut savoir fuir un amour dévorant.

Maintenant sa bourride, qu’elle en est la recette ?

- C’est, en un peu plus riche, la bourride de Sète.

Première opération, prépare un court bouillon :

Deux carottes, un poireau, du fenouil, deux oignons,

Plus un zeste d’orange, du laurier et du thym,

Fleur de sel de Camargue et poivre du moulin.

Un litre et demi d’eau, demi-litre de blanc

De Laudun ou Pujaut, quelques brins de safran.

Mets la tête d’un congre, deux poignées de favouilles,

Fais cuire vingt minutes, à feu vif, que ça bouille.

Passe au presse-légumes, puis exprime au torchon.

Pendant que ça tiédit, fais péter un bouchon.

Dans ce jus, mets ta lotte dix minutes en cuisson.

Tes loups et ton colin débités en tronçons

Tu les rajoutes alors, mais pas comme une brute,

Et les cuis en faisant frissonner dix minutes.

Retire les poissons que tu réserves au chaud,

Tu reprends ton bouillon et le passes à nouveau.

Pendant que ça cuisait tu as fait l’aïoli,

Soit généreux car en manquer est impoli,

Pour la changer en rouille, une fois qu’elle est faite,

Tu va incorporer du piment d’Espelette,

Ça va te la muscler et te la colorer.

En deux portions égales tu vas la séparer :

La moitié dans un bol, pour manger le poisson,

L’autre te servira à lisser le bouillon.

Dans une casserole, pour cela incorpore

Deux ou trois jaunes d’œuf. Tu dois tourner encore

En versant doucement le bouillon toujours chaud.

Tu remets à feu doux sur le bord du réchaud

Et tu tournes comme pour une crème anglaise.

Quand la cuillère nappe, ton bouillon est à l’aise.

Tu mets dans les assiettes quelques croûtons dorés,

Frottés d’ail et couverts avec la rouille ambrée,

Que chacun mouillera comme il veut de bouillon

Et tu sers à côté le plat de tes poissons.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour le bouillon: - 6 carottes, - 3 poireaux, - 3 oignons piqués de clous de gi­rofles, - 3 branches de fenouil, - 1 gros bouquet garni, - l zeste d'orange, - 3 cuillerées à soupe rase de sel de Ca­margue, - safran, - 2 têtes de congre, - 1 kilo de petits crabes (appelés favouilles en Provence), - 1 litre de vin blanc sec.

Pour les poissons: - 3 queues de baudroie (appelées aussi lotte) coupées en tron­çons épais, - 3 loups (appelés encore bars) coupés en darnes, - 6 darnes de colin.

Pour la rouille: - 1 demi litre d’huile d'olive, - 6 gousses d'ail, - 1 jaune d' œuf.

- 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - sel.

Pour la liaison: - 6 jaunes d'œuf.

Pour le service: - croûtons de pain séchés au four et frottés d'ail.

 

Les vins conseillés:

La bourride fait bon ménage avec tous les vins blancs secs de la vallée du Rhône: Côtes-du-Rhône, Coteaux-du-Tricastin, Coteaux-du-Diois, Coteaux-du-Luberon, Côtes-du-Ventoux, Costières-de-Nîmes.

En vins du Languedoc: Picpoul-de-Pinet, blancs de La Clape.

En vins de Provence: Cassis, Palette, Coteaux-d'Aix.

 

 

Puteng ! Ici, il neige, el fait moins 6 et il souffle un vèn terraù – la bise du nord – à décorner tous les bovidés et tous les cocus de la Margeride ! Restons donc bien au chaud à l’intérieur et mettons-nous aux fourneaux.

L’ami "Erreur 403", un blogueur de Médiapart, propose un jumelage fort judicieux entre la « bourride sétoise » (ci-dessus) et la « marmite dieppoise ». Voici ce qu’il préconise :

 

Les secrets de la Marmite Dieppoise/Sétoise

 

La Marmite "Normandie/Sète-end" se démarre comme une marmite Dieppoise classique : par la confection de la "nage". Pour ma part, j'ai opté, en sus des ingrédients traditionnels, pour une carotte finement émincée en bâtonnets. Quand les blancs de poireaux, filaments de carotte, échalote et oignons émincés ont commencé à suer doucement au fond de la cocotte, j'ai mis sur le feu une casserole d'eau pour éplucher la tomate ébouillantée.

La variante commence ici : dans cette eau bouillante, la tomate évacuée, pelée et concassée, j'ai placé un bol contenant 45g de beurre, comme pour faire un beurre clarifié.(Au bain-marie)

Puis j'ai poché dans la nage assaisonnée de poivre blanc, piment d'Espelette, cannelle et coriandre, les différents poissons et coquillages, selon leur dose, de trois à cinq minutes. Aujourd'hui, le marché était : cabillaud, rougets, plies, St Jacques, crevettes et moules,(à part, bien entendu)... Je les ai réservés dans un plat au four à 65°, juste avant qu'ils ne s'émiettent dans la nage.

C'est là que m'est revenu une vielle réminiscence de Bourride : au lieu de monter un roux avec farine et beurre, que je devrai détendre avec une louche de nage, je décide de monter un léger aïoli au beurre clarifié qui va lier  le reste de bouillon.

La règle d'or pour monter un aïoli ou une mayonnaise est que les ingrédients soient à la même température. Eh bien pourtant, grâce au pouvoir émulsionnant du suc d'une belle gousse d'ail, mon appareil prend.Ca marche !

Ce qui va me permettre d'économiser vingt bons centilitres de crème fraîche pour lier ma sauce jusqu'à la consistance de "crème anglaise" qui fait l'onctuosité de la Dieppoise.

L'émulsion prend à merveille avec la crème. Je retire à la louche l'excès de la nage que je conserverai dans un bocal. Mes poissons et fruits de mer plongent dans le bouillon lié qui donne envie de pain grillé .

Le résultat est une splendide Dieppoise au léger arrière-goût de Bourride Sétoise.

Nec plus ultra : la faible dose de crème et la dilution des jaunes d'œuf dans le beurre clarifié permet même un réchauffage à 70°, et même la congélation du reste..

 Béni soit Loué ! Vive l'alliance culinaire Nord-Sud !

 

marmite dieppoise.jpg

 

 Septidi 7 Brumaire 221


Illustrations X - Droits réservés

23/10/2012

Le savant a dit la vérité, il doit être exécuté !

rats cancéreux monsanto.jpg

 

Quel salaud ce professeur Séra.. séra quoi au fait ? à oui Séralini : « Gilles-Éric Séralini, né le 23 août 1960 à Bône en Algérie, est un universitaire français1, professeur de biologie moléculaire depuis 1991 et chercheur à l'Institut de biologie fondamentale et appliquée (IBFA) de l'université de Caen et co-directeur du pôle Risques de l'université de Caen2 (pôle associé au CNRS). » Wikipédia.

 

Quel salaud, ce type qui ose proclamer – et surtout prouver – que les OGM produits par la sacro-sainte multinationale Monsanto refilent aux rats des tumeurs aussi grosses que la mauvaise conscience des « zexperts » qui le contredisent et jettent ses travaux aux gémonies !

 

Non mais franchement, c’est à n’y rien comprendre ! Mais quel dépravé ce professeur Séralini ! Monsanto a fait des études sur l’innocuité de ses OGM. Des études payées par la firme, faites par des « savants » au service de la firme, avec des jolis petits rats qui, après trois mois (90 jours) de régime au maïs Monsanto n’ont même pas développé de tumeurs ! Et ce vilain professeur Séralini, au lieu de croire les « savants » Monsanto, pousse le vice jusqu’à nourrir les mêmes rats que Monsanto non pas pendant trois mois, mais pendant 2 ans ! (730 jours d’expérimentation au lieu de 90 !). Et qu’est-ce qu’ils font les jolis petits rats de Séralini ? Eh bien les rats nourris aux maïs OGM déclenchent des tumeurs et des affections du rein et du foie très tôt (une explosion vers les 12e et 13e mois) alors que les rats non traités ne déclencheront en moyenne des tumeurs qu'en fin de  vie. Soit dix mois plus tard. Or ce sont des rats issus de la même espèce. Sauf que les uns ont été nourris au maïs OGM le plus souvent traité au Roundup et les autres non. Une différence de dix mois chez le rat, vulnérable ou non aux tumeurs, c'est un écart de 40 à 45 ans chez l'Homme. C’est cet écart qui est bien évidemment significatif et glaçant.

 

Bah ! Bah ! Bah ! qu’elles ricanent les « zautorités autorisées » comme disaient Coluche : l’Efsa l'Agence de Sécurité Alimentaire Européenne (EFSA), l’Agence de sécurité alimentaire française (Anses), le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) et autres officines « officielles » mais dont certains membres font parfois des aller-retour entre leur organisme et…Monsanto (voir lira l'article du Canard Enchainé qui rappelle que les plus critiques des experts français à l'égard de Séralini ont des intérêts disons croisés sur le dossier.)

 

Alors qu’est-ce qu’ils disent ces « zexperts » ? Que bouffer du maïs Monsanto et arroser son pastis au Round-Up, faudrait peut-être voir à voir, et donc faire des études plus longues que celles à 90 jours qui font autorité jusqu’à présent. Ben, c’est ce qu’a fait Séralini, non ?

 Eh ! Le temps de réunir les fonds pour ces études, le temps de trouver les « zexperts » qui les feront, et enfin le temps de ces études (deux ans : faut faire comme Séralini si on prétend le battre en brèche). Ça en fait du temps tout ça. Et pendant ce temps, Monsanto pourra continuer à vendre ses poisons… Et éventuellement acheter les « zexperts »…



Duodi 2 Brumaire 221


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 Sources: lien 1,  lien 2 , lien 3

 

21/10/2012

Gastronomie campagnarde: le sac d'os

sac d'os 2.jpg

 

Le sac d’os

 

- Dis-moi, sais-tu, petit, ce que c’est qu’un sac d’os ?

- C’est une jeune fille qu’est pour sûr pas très grosse…

- Ce parallèle-là n’est vraiment pas galant,

Pour la gent féminine, c’est bien désobligeant !

Non, petit, un sac d’os, même si c’est étrange,

C’est un plat délicieux, paysan, que l’on mange

Au fond de nos campagnes lorsqu’on tue le cochon

Et non pas les appâts d’une maigre Fanchon.

Coupe en petits morceaux les os des côtelettes

En laissant de la viande, et pas qu’une lichette,

Coupe aussi tout petit un bon kilo de couennes

Met la queue du cochon, un peu de péritoine,

Dans une grande jatte, mélange tes parcelles

Avec de l’ail pilé, thym, laurier, poivre et sel.

Généreux sur le sel pour conserver le met,

Tu laisses reposer pendant que tu soumets

L’estomac du cochon à quelques tours de mains :

Retourner, bien gratter au couteau et laver

Soigneusement le tout dans de l’eau vinaigrée.

Puis tu remets d’aplomb cet estomac-saquette

Dans lequel tu ensaches couennes et côtelettes.

Tu fermes le sac d’os en cousant les entrées,

Saupoudre de gros sel et conserve aux frais.

Après trois quatre jours tu dessales une nuit

Alors, dans beaucoup d’eau, tu vas le faire cuire

Serre-le dans un linge pour ne pas qu’il éclate

Et à tout petit feu il mijote sans hâte

Trois ou quatre heures au moins pour qu’il s’épanouisse.

En bouche alors, petit, c’est un feu d’artifice !

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi l coupe et la bonbonne !

 

VictorAyoli 

 

 Décadi 30 Vendémiaire 221


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14/10/2012

Ouiquinde antigastronomique : bouffez du patron !

cuisine

Pas seulement à Noel: le patron peut se bouffer toute l'année

 

 

Prenez un patron bien gras et dodu. La meilleure race, c’est la Cacarente. Le nec plus ultra, le Bresse de ces volailles restant tout de même le Patrondebanque, à égalité avec l’Exiléfiscal, surtout celui du genre Pigeonvautour-déserteur-fiscal. Evitez les patrons Depéhèmeux, ils sont trop petits, ils triment souvent autant que vous et sont trop durs à cuire.


Plumez-le autant qu’il vous a plumé. A vif autant que possible : ça crée une production d’endorphine qui donnera à la viande un fumet particulier qui vous rappellera le jour où il vous a convoqué pour vous lourder.

Flambez-le, si possible sur les ruines fumantes de son bureau ou de son usine. Puis égorgez-le en gardant le sang, il est fait de celui qu’il vous a fait suer. Coupez lui immédiatement les génitoires s’il en a : les laisser donne mauvais goût à la viande.

Videz-le de ses tripes qu’il a toute sa vie copieusement tapissées de sauces chaudes et onctueuses avec le pognon qu’il vous a volé. Jetez-les, de toute façon un patron de Cacarente n’a rien dans les tripes, et beaucoup de merde dans la tête.

Coupez-le en morceaux, au hachoir ou à la tronçonneuse selon affinités. Faites macérer ces morceaux dans une marinade faites de moitié bile, aussi amère que celle qu’il vous a faite faire, moitié merde diarrhéique, c’est ce qui convient le mieux.

Après deux jours de marinade, faites revenir les morceaux dans de l’huile de vidange. Puis mettre à cuire à l’étouffé avec la marinade passée au chinois, comme ceux chez qui il a délocalisé votre usine.

Enfin, comme c’est immangeable, foutez le tout au chiotte, c’est la place de ce genre de patrons !


Tridi 23 Vendémiaire 221


Illustrations: merci à Siné


 

cuisine

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