Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

14/06/2015

Ouiquinde gastronomique: les rougets de Porto Polo

femme nue plage denise-richard.jpg

 

Regina

 

C'est à Porto Polo, près de Pila Canale

Que vivait Regina sur sa Corse natale

Les pouristes n'avaient pas encore envahis

Les criques parfumées de ce si beau pays

 

Je plongeais au corail et chassais la girelle

Dans la mer cristalline ou bien sous les tonnelles

De la guinguette bleue où, aux parfums du soir,

La jeunesse dansait quand chantaient les guitares.

 

Moi j'avais dix-huit ans, elle tout juste seize

Je sentais contre moi frémir son corps de braise

Elle m'a serré fort quand je l'ai caressée,

 

J'ai plongé dans ses yeux et je l'ai embrassé.

Le lendemain matin, c'était une autre affaire

Quand ses frères m'ont dit : " Qu'est-ce que tu comptes faire ? ! "

 

 

rouget ligne.jpg

 

 

- Bon. Et alors, Victor ! Franchement, qu'as-tu fait ?

- Ils n'étaient pas méchants, ils voulaient m'esbrouffer,

Ca m'a coûté plusieurs tournées de Casanis

Si bien qu'en rien de temps, nous étions des amis.

Je suis allé chez eux et nous avons mangé

Ce que j'avais pêché : de superbes rougets.

Le père était pêcheur et s'appelait Toussaint,

Il a fait les rougets à la crème d'oursins.

Tu comptes deux poissons moyens par invité,

Alors, par les ouïes, il te faut les vider,

C'est assez délicat mais c'est indispensable,

Avec un peu de soin, tu en seras capable.

Tu vas les écailler, les rincer, les sécher,

Dans un plat les saler, poivrer et asperger

D'huile d'olive corse et puis les oublier

Pendant trente minutes, au frais, dans le cellier.

Pendant ce temps, petit, tu prépares ta farce

Tout en buvant un coup avec quelques comparses.

Un peu de mie de pain humectée dans du lait,

Des feuilles de myrte fraîche finement ciselées,

Sel, poivre, jaune d'œuf, du beurre ramolli,

Gousses d'ail écrasées comme pour l'aïoli,

Tu pistes bien le tout dans le creux d'un mortier

Met de l'huile d'olive et tourne pour lier.

Avec cet appareil, tu farcis tes poissons,

Toujours par les ouïes, c'est la seule façon.

Place chaque rouget sur un papier d'alu,

Saupoudre avec du sel et du poivre moulu,

Ferme tes papillotes, glisses-les sous la cendre

Chaude mais pas brûlante. Dessus tu vas répandre

Des braises rougeoyantes avec la pince en fer.

Laisse-les comme ça, un quart d'heure, sans t'en faire.

Pendant ce temps, occupe-toi de tes oursins.

Tu les ouvres au ciseau, pas comme un assassin,

Bien délicatement tu en sors le corail,

Tu récupères l'eau ainsi que la mouscaille

Qu'il te faudra filtrer finement au chinois,

Un peu d'huile d'olive et du beurre une noix,

Tu mélanges le tout et fouettes vivement

Afin d'émulsionner ces quatre ingrédients.

Tu sers tes papillotes ouvertes sur l'assiette,

Et nappes avec ta crème d'oursins à peine tiède.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l'amour !

 

Photos X - Droits réservés

07/06/2015

Ouiquinde gastronomique. Le requin de Gunilla

requin mange femme 1.jpg

 

 

Gunilla

 

Ma jolie suédoise s’appelait Gunilla

Ses cheveux étaient d’or et ses grands yeux lilas

Nous vivions en sauvages sur une plage indienne

J’étais son Robinson, elle, ma Bohémienne

 

Sa bouche était de miel, sa peau était dorée

Elle croquait la vie et moi je l’adorais.

Elle est allée nager, nue, dans les déferlantes,

Jeune, belle à croquer, forte et appétissante.

 

Elle s’est éloignée d’un crawl souple et puissant

Dans les reflets d’argent de l’astre éblouissant.

Un trait noir fendant l’eau s’en arrive du large.

 

Gunilla ne voit pas le monstre qui la charge.

Un cri dans une gerbe d’écume et de rubis…

Les requins sont cruels dans la mer d’Arabie.

 

 

- Voilà, Victor, une bien funeste aventure…

Qui pourtant porte en elle une philosophie :

On est tous prédateur, on est tous nourriture,

Telle est la dure loi qui régule la vie.

- Non, mais, écoutez-le ce Socrate à la manque !

J’y parle d’une meuf bouffée par les requins,

Et lui, il me dégoise une philo de branque…

Que c’est presque normal et tout le saint-frusquin…

Depuis ce jour, petit, j’ai la haine des squales,

Je ne peux les aimer que bien cuits, dans la poêle.

Ce mangeur de bonheur, les pêcheurs l’ont chopé,

Grand capoun de boun dieù, ce fut une épopée !

Mes amis Malabars à gueules de pirates

L’ont pris dans leurs filets sur la côte marathe,

Le bestiau dépassait trois mètres de longueur,

Ses mâchoires claquaient de toute sa fureur,

Des grands coups de bâtons, de couteaux et de masses

Ont enfin eu raison  du monstre coriace.

On lui creva les yeux pour mieux l’humilier

Puis, dans son estomac, on trouva un collier :

Un pendentif d’argent serti d’une turquoise,

Celui offert par moi – oui ! – à ma Suédoise…

Les cinq pêcheurs et moi, nous étions sous le choc,

L’alcool, le sang, le bang nous rendaient tous amok.

Les clameurs du combat réveillant le village,

Femmes, vieillards, enfants s’en vinrent sur la plage.

Un grand feu lumineux se mit à crépiter

Pour griller le requin en darnes débité.

C’est une viande ferme, moins rouge que le thon

Qu’on pose sur la braise, à même les brandons,

Quand la chair est saisi, qu’elle grésille et fume,

D’un bâton on la tourne et puis on la parfume

D’une pincée de sel, de carry mêlé d’ail

Tandis que l’on prépare, à côté, le rougail.

De l’océan indien, c’est un produit typique,

C’est frais, c’est parfumé, mais ça brûle et ça pique !

Tu haches deux oignons et tu les fais blondir,

Rajoutes trois tomates, coupées, ça va sans dire,

Deux, trois piments z’oiseau, attention, c’est sévère ,

De l’ail, du sel, du sucre, du jus de citrons verts,

Puis deux cuillers à soupe de bon carry hindou,

Dix minutes, à la poêle, tu fais cuire à feu doux.

On mange chaud ou froid cet accompagnement,

Mais il ne faut vraiment pas craindre le piment !

Sous les rais de Chandra, assis sur la terrasse,

Ensemble nous avons dévoré le vorace.

Comme assiette une simple feuille de bananier,

Comme couverts, nos doigts, comme les boucaniers

En mangeant son mangeur, j’aimais ma Gunilla

Tandis que sous la lune résonnaient les tablas.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour le poisson: - 3 tranches de requin de taille convenable, - de la braise, - sel, - 1 cuiller à soupe de carry en poudre, ­ 3 gousses d'ail.

Pour le Rougail : - 6 oignons, - 6 grosses tomates, - 9 à 10 pe­tits "piments z'oiseaux" (selon la force que l'on veut obtenir), - 6 cuillerées à soupe de carry, - 6 gousses d'ail, - 3 cuillers à dessert de sel de Camargue, - 1 cuillerée à soupe de sucre en poudre, - le jus de 3 citrons (verts si possible).

 

Les vins conseillés

Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fra­grances animales et en goûts musqués. On doit rester dans la to­nalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques.

En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villages".

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols.

 


Illustration X - Droits réservés

 

 

 

 

02/06/2015

Au bistro de la toile : « Les turlutes du cœur » et « Foutre sans frontière ».

chimulus bistro copie.jpg

- Oh putaing ! Victor. Il y a des choses plutôt réjouissantes dans le journal. Ça concerne les femmes qui veulent maigrir, c'est-à-dire presque toutes à l'arrivée de l'été, mais aussi le cancer, ce qui est plus sérieux. Tè ! Je vous lis, les mecs :

« D’après une étude réalisée sur 200 femmes suivie pendant un an, suivant le même régime alimentaire et ayant un cadre de vie identique sous la direction du professeur Ingrid Fleischer de l’université de Hambourg en Allemagne « les femmes pratiquant la fellation et qui avalent le sperme de leurs compagnons réussissent à maigrir jusqu’à deux fois plus vite que les autres ». Ces vertus amincissantes du sperme sont dues à la présence d’une substance nommée alcaline qui ne fonctionne aussi efficacement comme agent anti-graisse qu’en présence des autres composantes du sperme masculin. 
Mais ses vertus ne s’arrêtent pas là puisqu’il permettrait aussi l’équilibre des hormones féminines et protégerait, semble-t-il, efficacement des cancers de type hormonal. En effet, une étude a été réalisée en Californie du Sud sur 15.000 femmes âgées de 25 à 45 ans dont 6.246 pratiquaient la fellation de manière régulière depuis 5 à 10 ans et 9.728 femmes qui ne pratiquaient la fellation que peu ou pas du tout. Dans le groupe qui pratiquait régulièrement la fellation seulement 1,9 % d’entre elles avaient été touchées par un cancer du sein contre 10,4% dans l’autre groupe. Cette étude démontre que la fellation réalisée 2 fois par semaine diminuerait le risque du cancer du sein de 40 %.  La source est Doctissimo. »

 

- Fatche ! Donc Loulle, on peut dire que nous sommes un peu docteur ! Chaque fois que Madame – ou quelque belle gourgandine ! - nous gratifie de quelques aller-retour sur la grande bleue et déguste notre bonheur sans retenue, nous la soignons !

 

- Exactement Victor ! Faudrait peut-être se faire rembourser par la Sécu !

 

- Je vois tout de même dans cette excellente nouvelle une grande injustice.

 

- Ah ! Dis-moi…

 

- Eh bien les femmes qui sont seules, qui n’ont pas sous la main – et sous la langue – un instrument dispensateur de bonheur et de santé, sont désavantagées…

 

- C’est vrai ça Victor. Faut faire quelques choses pour elles. S’il faut se dévouer, on le fera. C’est un peu comme le don du sang. Faut faire preuve de civisme autant que d’altruisme.

 

- Voilà qui est bien dit Loulle ! Et si on créait une ONG ! Par exemple « Les turlutes du cœur » ou « Foutre sans frontière » !

 

- En voilà une idée qu’elle est bonne, Victor ! Les Turlutes du Cœur ! …taing ! Ça sonne bien ! Sans compter que c’est pas les donneurs qui manqueraient…

 

- Justement. Il me vient une autre idée qui permettrait de boucher le fameux trou de la Sécu.

 

- Oh ! Victor, si tu trouves ça, à coup sûr, t’es le prochain ministre de la santé ! Et comment tu fais ?

 

- Ben ! Tu prends quelques ronds aussi bien aux donneurs qu’aux bénéficiaires !

 

- ???!!!???!!!

 

- Ecoutes Loulle. Quand tu vas te faire souffler dans la canule par Mado-langue-de-velours, Natalia-bouche-d’or ou Nadia-carte-bleue, ça te coûte combien ?

 

- Ben, moi je consomme pas, mais ces dames, qui sont de bonnes clientes, prennent entre 30 et 40 euros pour ce service. Si j’en crois ce que me disent les clients, bien sûr Victor !

 

- Bon. Eh bien suppose que tu demandes à tes « donneurs » une participation, disons, de 15 euros, ou plutôt 20 pour ne pas casser le marché des pros. Participation payée à la Sécu et pas par la Sécu, ça fera vite du pognon ! Et suppose que tu demandes pareil à la bénéficiaire de ces soins, payée à la Sécu et pas par la Sécu, pris en charge éventuellement par les mutuelles. Si tu rajoutes les économies énormes réalisées par la même Sécu puisqu’il y aura beaucoup moins de malades à traiter, le trou de la Sécu serait vite comblé !

 

- Génial Victor ! Génial. Mais il reste à résoudre le côté pratique. Comment faire puisque le traitement n’a de valeur que si le médicament est pris directement, à la source ? Et que donneurs comme receveurs doivent garder un strict anonymat ? Pas facile non ?

 

- Pas impossible Loulle. Pas impossible !

 

- Ah ! Alors dis-nous !

 

- On va y réfléchir. En attendant, mets ma tournée. Pour se rincer la bouche !

 

Illustration:merci à Chimulus

 

01/06/2015

BHL entarté : Chauffe Godin !

BHL entarté 2.jpg

 

Gloire à toi, Ô Godin, moderne Robin-des-bois

Qui, armé de ta crème, met les kons aux abois !

Tes exploits ont un nom : « Attentats pâtissiers » !

Une nouvelle fois, tu as fait vaciller

 

Le prototype même de toute tête-à-claque :

BHL, honoré d'une nouvelle attaque !

Béhachelle soi-même, prince des Entartés

A reçu, en Belgique, sa dixième pâtée.

 

Mieux encor, cher Gloupier : tu as dédicacé

Cet attentat crémeux à notre ami Siné.

Que BHL et Val rêvent d'assassiner

 

Mais le vieil Anarco, défiant la Camarde

Dessine, bois des coups et puis s'en va pisser.

Godin, pour BHL : la tarte à la moutarde ?

 

 

 

Photo X - Droits réservés

 

31/05/2015

Ouiquinde gastronomique : Les sardines à la "Brulo dé" du Pégot

 

sardines web.jpg

 

Éclairs d'acier bleuté bondissant hors de l'onde

Pour tenter d'échapper à la dent furibonde

De quelque carnassier montant des eaux profondes

Pour croquer tout de go ces poissons qui abondent...

C'est la reine des mers ! Succulente et divine,

Pas la langouste, non. Simplement la sardine !

Sa réelle fonction, sa vie, son aventure

Généreuse et bornée : c'est d'être nourriture !

Les poissons s'en délectent, l'homme la met en boite,

Lui fait boucher le port si la passe est étroite...

Chez nous, dans le Midi, on l'aime tellement

Que chaque Provençal est un peu son amant.

Mon ami le Pégot, marin-pêcheur de Sète,

Les fait à "Brulo dé". En voici la recette.

 

Prenez-les sur le quai, juste au cul de la barque.

Chez votre poissonnier, la fraîcheur se remarque

Par la roideur arquée du petit corps luisant.

Un bon kilo pour deux, ce sera suffisant.

Devant le cabanon, à l'ombre de la treille,

Tandis que sa moitié débouche les bouteilles,

Le Pégot fait brûler un fagot de "gabels"

C'est les sarments de vignes du côté de Lunel.

Un bon coup de muscat met les convives à l'aise

Juste le temps qu'il faut pour apaiser la braise.

Sur un bout de grillage il range les sardines,

Ni lavées, ni vidées. Nature les ondines.

Les poissons sur la grille sont posés sur le feu

Puis retournés après une minute ou deux.

Sur un grand plateau rond, au milieu de la table

Calée par des galets pour qu'elle reste stable,

Le Pégot sert en vrac sa première tournée

Puis remet sur le feu la prochaine fournée.

Un jet d'huile d'olive dans le creux de l'assiette,

On mange avec les mains, nul besoin de fourchette.

D'une pression du doigt on enlève la peau

Libérant les filets odorants et bien chauds,

La tête entre deux doigts, dans deux autres la queue,

La sardine grésille. Quel bonheur, maugrebeleu !

On se "rabine" un peu, d'où le nom : "brulo dé"

Mais c'est tellement bon ! vous n'avez pas idée.

Avec les dents du haut, on bloque la sardine,

La mâchoire du bas, retroussant les babines

Fort délicatement détache le filet

Qu'un "gluuff" aspirera jusqu'au fond du palais.

Sous le pin parasol où s'aiment les cigales

Montent les petits bruits des gens qui se régalent.

Ça fait des: "Ah !", des "Hum !" des "Fatche que c'est bon !"

C'est toute la marée, plus un goût de charbon.

Toute les deux sardines on boit un coup de blanc,

De Cassis ou de Saint-Hilaire-d'Ozilhan,

On parle avec les mains, on sort la galéjade

Et la journée se passe en franche rigolade.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Rien de plus simple : des sardines, encore des sardines, seulement des sardines (comptez 1 demi kilo par personne, soit 3 kilos). Mais fraîches, pas trop grosses et de Méditerranée évidemment. Plus un peu de fleur de sel de Camargue et de l'huile d'olive dans chaque assiette.

 

Les vins conseillés:

La sardine est bonne fille et s'accompagne sans problème de vins blancs secs, de rosés, voire de rouges jeunes et frais.

 

En vallée du Rhône : blancs de Roaix, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Laudun, Villedieu ; rosés de Tavel, Rochefort, Chusclan, Ventoux, Luberon, Cos­tières-de-Nîmes ; rouges légers de Sainte-Cécile-les-Vignes.

 

En vins du Languedoc : blancs Picpoul-de-Pinet, blancs de la Clape ; rosés de Saint-Saturnin, vins des sables d'Aigues-mortes.

 

En vins de Provence : les blancs de Cassis, tous les rosés des Côtes-de­-Provence et des Coteaux varois.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

24/05/2015

Ouiquinde gastronomique de Féria : La gardiane camarguaise

Gardiane.jpg

 

 

Tout Provençal se doit, au moins une fois l'an,

D'aller se ressourcer, reprendre son élan,

De mettre le vaisseau de sa vie au grand largue

Dans l'eau, le sel, le vent, le soleil de Camargue.

Terres demi-noyées, secouées de mistral

- Jumeau du fleuve-dieu, fleuve d'air magistral ­

Pétries et façonnées par le Rhône et la mer,

Puis soudain ravagées par le fleuve en colère.

Terres où le soleil fait naître des mirages,

Terre où le sol et l'onde hésitent leur partage,

Terres de solitude, rivages de naufrage,

Qui mesurent les hommes à l'aune du courage.

Digues, lônes, marais, étangs, sables mouvants,

Boue sèche et craquelée, cristaux étincelants

Du sel sur la sansouire, faisceaux arachnéens

Des tamaris en fleurs d'où s'envolent soudain

Des millions d'oiseaux venus d'ailleurs lointains,

Royaume incontesté des flamands africains.

Terre des chevaux blancs et des taureaux sauvages,

Où Mithra règne en dieu depuis le fond des âges.

Il faut voir la Camargue lorsque 1 'hiver l'étreint

Lorsque le ven terraù sauvage court sans frein,

Lorsque les Camarguais déplacent la manade:

Des milliers taureaux menés en cavalcade.

Conduits par cent gardians, par cent puissants centaures

Défile l'infernal troupeau de minotaures,

Taureaux noirs, chevaux blancs, aux narines fumantes

Remplissent la contrée d'une clameur géante.

Taureaux dont les meilleurs combattront dans l'arène

Face aux hommes, mains nus, que leur fierté entraîne

Entre les noirs poignards. Pour la rouge cocarde

Et les yeux d'une belle, ils défient la Camarde !

Certains de ces taureaux, à l'ardeur légendaire,

Adulées tels des dieux par la gent populaire,

Sont enterrés debout et ont leur mausolée,

Comme le grand Goya (1), l'immense Sanglier (2).

Ceux qui n'ont pas le sang pour les j eux et la gloire

Termineront leur vie dans une rôtissoire,

Car en mangeant Mithra, les Provençaux dévorent,

Avec sa chair, sa force. Et, ce faisant, l’honorent.

Cette hostie des gardians s'appelle "La gardiane".

Oh ! Victor. Et alors, on les coupe ces couennes ?

Bien sûr, petit, mais je voulais que tu comprennes

Que c'est un plat sacré, et qu'il en vaut la peine.

Fais mariner trois tranches de taureau bien épaisses

Dans le l'huile d'olive. Ajoute avec largesse

Poivre et clous de girofle, ail, oignon, thym, laurier.

Laisse toute la nuit, comme pour du gibier.

Au fond de ta marmite, en fonte uniquement,

Dispose quelques couennes, de porc évidemment,

Sur lesquelles tu places une première tranche.

Couvre avec de l'oignon et de l'ail effilés,

Carottes en rondelles et du persil en branche,

Sel, poivre du moulin, un anchois en filets.

Tu fais ainsi trois couches. Enfin, pour terminer,

Zeste d'orange séché, girofle, laurier, thym,

Puis tu mouilles avec six grands verres de bon vin,

Du Costières-de-Nîmes, rouge carabiné.

Mets ta marmite au four, fermée soigneusement,

Et fais cuire cinq heures, doucement, lentement.

Ce taureau parfumé, tendre, confis, moelleux,

Découvre-le sur table, et accompagne-le

D'une jatte fumante de riz long camarguais.

Dans les verres tu sers un Gallician bien gai.

Mais attention, petit, le riz est un plat riche,

N'en fais pas - c'est courant - de la colle d'affiche.

Pour qu'il ne colle pas, tu dois bien le laver,

C'est donc tout l'amidon qu'il te faut enlever.

Dans une jatte creuse ou un plat similaire,

Tu frottes entre tes mains le riz dans de l'eau claire,

Tu changes et recommences dès que ton eau blanchit,

Après quoi tu égouttes, tu bois et réfléchis :

Il y a plusieurs façons de cuire le riz blanc,

Comme les Espagnols, comme les Catalans,

Comme les Vietnamiens ou comme les Créoles,

Surtout pas comme les Français de métropole !

À Saigon ou Vientiane, à Phnom Pen ou... Paris

C'est deux mesures d'eau par mesure de riz,

Tu couvres quand ça bout et tu réduis la flamme,

Si ça attache au fond, tu n'en fais pas un drame,

Tu ne sales pas l'eau, tu ne remues jamais,

Et tu laisses gonfler en tenant bien fermé.

Mais comme à Fort-de-France ou bien à Pointe-à-Pitre,

Tu fais bouillir ton riz dans de l'eau, plusieurs litres,

Légèrement salée. Quand c'est cuit tu égouttes,

Puis tu réserves au chaud, du beurre tu ajoutes.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Trois tranches épaisses de taureau à braiser, environ un kilo, - 4 ou cinq couennes de porc, - 1 kilo d'oignons paille émincés, - 2 têtes d'ail épluchées et également émincées, - 1 kilo de carottes découpées en rondelles, - 4 ou 5 branches de persil non frisé, - 3 anchois en filets, - 3 verres d'huile d'olive, - 3 cuillerées à soupe de sel de Camargue, - poivre noir du moulin à la demande, - 6 clous de girofle, - 4 feuilles de laurier, - 3 cuillerées à soupe de sommités sèches de thym ou 3 ou 4 belles branches de thym frais, - 1 zeste d'écorce d'orange séché, - 1 bouteille de bon vin rouge, - 500 grammes de riz long de Camargue.

 

Les vins conseillés :

La gardianne est un plat de haut goût qui demande des vins rouges puissants, épicés, tanniques. De grands Costières-de-Nîmes, comme les Gallician font parfaitement l'affaire. Mais on l'accompagnera également avec bonheur d'un Côtes-du-Rhône de Saint-Joseph, d'un Croze-Hermitage, d'un Vacqueyras, d'un Gigondas, d'un Lirac ou d'un des nombreux crus "Villages" des Côtes-du-Rhône.

 En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Fitou, Collioure.

 En vins de Provence: Bandol, Bellet, Palette, Pierrefeu, Gonfaron.

 

(1) (2) "Goya ", "Sanglier": noms de taureaux cocardiers célèbres. "Goya" a une statue à Beaucaire, "Sanglier" un mausolée à l'entrée de Le Cailar, en Camargue.

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

20/05/2015

Mieux que le nucléaire: Vive la merde, énergie propre et renouvelable !

gaz de merde en chine.jpg

 

 

En voilà une nouvelle qu’elle est bonne ! Tous ceux qui nous font chier, tous ceux qui sèment la merde, tous ceux qui la remue, tous ceux qui nous y mettent jusqu’au cou peuvent devenir des sauveurs de la planète ! La merde, il y en a partout, tous le monde en fait, du plus riche au plus pauvre, sans distinction de race, de couleurs, de religions, d’âge, de condition sociale. La merde, voilà notre sauveur !

Pompons la merde, et pompons-la gaiement !

 

« Fille de roi, de ta beauté si fière

Tu dois chier, ainsi dieu l’a voulu

Ton cul royal, comme un cul prolétaire

A la nature, doit payer son tribu…

Et puisqu’il faut que rien n’se perde

Dans la nature, où tout est bon

Ami pressons la pompe à merde

Le jour parait à l’horizon…. »

 

Un jour de gloire, un jour radieux se lève enfin sur l’humanité grâce aux produits de nos boyaux culiers, mais aussi des merdes de vaches, de cochons, de poules, de mac-do. Le grand œcuménisme du saint Caca !

 

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » disait Lavoisier. Eh bien les Honorables fils de Confucius ont pris au mot le génial physicien français : ils transforment, à échelle industrielle, la merde humaine ainsi que les lisiers en BIOGAZ ! Et ça marche du feu de dieu !

Mais ce merdo-carburant industriel ne fait que reprendre des procédés mis en service au niveau familial depuis longtemps dans la province du Si-chouan. Il existe dans cette région rurale de Chine des milliers de réalisations qui transforment la merde tant humaine qu’animale en biogaz directement utilisé par la famille, sur place, pour la cuisine et l’éclairage, voire la production d’électricité avec une installation collective plus importante.

Ecoutons la narration de Florita Botts, une voyageuse à l’esprit ouvert : (.../...) J'ai été menée dehors, derrière la maison. Le cadre et la femme au foyer m’ont montré un couvercle dans la terre, avec un tube en plastique émergeant de lui et menant par le mur de leur cuisine. Sous ce couvercle, il y avait un puits hermétique appelé le « digesteur », où les déchets organiques fermentaient et créaient le biogaz. Le gaz était amené dans la maison par le tube en plastique.

À côté de la maison étaient deux hangars. C'était la porcherie de la famille, contenant deux porcs roses très propres reniflant et grognant. Leurs excréments et urine s'écoulaient par une gouttière inclinée directement vers le digesteur souterrain. L'autre hangar était le WC de la famille. Il était également écoulé directement dans le digesteur de biogaz. La porte des latrines a été ouverte de sorte que je puisse aller voir tandis que le cadre expliquait. C'était un deux-sièges. Il n'y avait aucune puanteur.

Les excréments de porcs et d'humains déversés dans le réservoir souterrain sont mélangés à des déchets végétaux tels que des tiges de paille ou de plantes, avec assez de boue liquide pour créer une couverture étanche protectrice, sous laquelle des microbes travaillent pour fermenter ce mélange et pour produire le biogaz. Cela est défini comme une fermentation anaérobie. 

Le cadre m’a expliqué que les excrétions d'une famille de quatre personnes et deux porcs fournissaient les besoins de carburant du ménage quotidien. Non seulement ce système produit un carburant propre, inodore, sans fumée, mais il fournit également un engrais organique au contenu élevé d'azote et de phosphore. Le gaz sort d’une boue liquide - également inodore. Cette boue est écopée régulièrement par une sortie ouverte à côté du digesteur et épandue directement sur les récoltes.

Un autre aspect extraordinaire du biogaz est sa contribution  au contrôle de la pollution et à un environnement sain. Pendant le processus de fermentation, les parasites intestinaux - comme le ténia, ankylostome, amibes - les bacilles de bactéries entériques, de dysenterie et de paratyphoïde sont détruits. C'est un dispositif extrêmement important de santé publique dans des conditions tropicales et subtropicales. Il signifie que les latrines sont non polluantes, et que l'engrais propre retourne au sol et aux récoltes.

 

Bon, je vous laisse, je vais de ce pas sauver la planète !

 

Sources :

http://www.lepost.fr/article/2010/05/18/2077429_la-m-e-r-...

http://www.drylandfarming.org/FB/Biogas4.html

 

Illustration X - Droits réservés

17/05/2015

Ouiquinde gastronomique: la tajine de Sabine

amours champêtres.jpg

 

 

Dans l’été parfumé, un peu avant minuit

Antoine va rejoindre Sabine dans la nuit.

Sous un bouquet de pins perché sur la falaise

Ils se creusent un lit d’amour et de liesse,

 

Puis, gonflés de désir, leurs deux corps dénudés,

Se jettent l’un sur l’autre avec voracité.

Emportés par l’élan de leurs folles étreintes

Ils goûtent sans compter un plaisir sans contrainte.

 

Enfin le corps repu ils s’étendent sans voiles

Pour écouter la nuit et parler aux étoiles.

Ils appellent Deneb, Véga et Altaïr,

 

Complices de leurs jeux, témoins de leur plaisir.

Plus tard lorsque la vie les aura séparés

Ils se retrouveront en voyant Cassiopée.

 

- L’on ne vit pas toujours que d’amour et d’eau fraîche

Et lorsque Cupidon a remballé ses flèches,

Quand le corps est comblé, il faut bien le remplir

Pour lui donner les forces d’où monte le désir.

Manger sous les étoiles est un plaisir subtil

Qui joint élégamment l’agréable à l’utile.

Je te propose donc, pour Antoine et Sabine

Un plat oriental : de l’agneau en tajine.

Les tajines se font toujours à l’étouffée

Et sont encor meilleurs lorsqu’ils sont réchauffés.

Tu désosses au couteau une épaule d’agneau

Que tu vas découper en assez gros morceaux.

Avec huile et oignon, tu les fais rissoler,

Qu’ils soient juste dorés et l’oignon pas brûlé.

Tout en surveillant bien, met dans une coupelle

Du gingembre râpé, ail, poudre de cannelle,

Un zeste de citron, un peu de persil plat

Puis tu verses l’ensemble, en tournant, dans ton plat.

Ajoute poivre et sel et mouille à ras d’eau chaude,

Monte à ébullition et couvre avec méthode.

Tu laisses cuire une heure, en couvrant ta cocotte

Puis tu vas rajouter un kilo de carottes,

Une botte de feuilles de coriandre hachées,

Tu trouves cette plante chez les bons maraîchers,

Et enfin n’oublie pas, pour couronner tout ça

Une grosse cuillère à café d’harissa,

Mélange emblématique dans le nord de l’Afrique

Qui redonne du nerf aux plus neurasthéniques !

Tu trouves ça en tube ou en boite, tout prêt

Mais tu peux aisément, aussi, le préparer.

Tu piles deux ou trois gousses d’ail au mortier,

Du coriandre frais, des piments antillais,

Algériens, tunisiens, ou encor marocains,

Une cuillère d’eau, du sel et du cumin.

Puis tu fais revenir dans de l’huile, à feu doux.

Ton harissa est prêt et, “ Ah, dis donc, Doudou ! ”

Il y a là de quoi relever les ardeurs

Amoureuses de trois régiments d’artilleurs !

Pour demi-heure encore tu laisses mijoter,

Puis tu mets des olives noires dénoyautées.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 épaule d'agneau désossée, - 4 oignons émincés, - 1 kilo de carottes, - 1 botte de coriandre frais, - 6 branches de persil plat, - 1 bon morceau de gingembre frais râpé, - 3 gousses d'ail, - 1 cuillerée à café de poudre de cannelle, - 1 cuillerée à café d'harissa, - 3 hectos d'olives noires dénoyautées.

 

Les vins conseillés:

À plat puissant, vins généreux. Pour l'agneau en tajine, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du­-Comtat, Beaumes-de-Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-­Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou, Corbières, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

* * * * * * * *

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Aux portes du paradis, un nouvel arrivant commence son récit: 
- Cela faisait un certain temps que je soupçonnais ma femme d’avoir une relation extra conjugale. Je suis donc rentre chez moi à l’improviste et évidemment, je l'ai trouvé complètement nue sur le lit. J’ai immédiatement fouillé l'appartement pour trouver le coupable. En vain. Et puis, je me suis souvenu qu'habitant le 15ème étage d'une tour, nous disposions d'un petit balcon. J'ai donc ouvert la porte-fenêtre et c'est la que j'ai vu cet homme suspendu dans le vide et s'agrippant à la rambarde du balcon. Je lui ai piétiné les mains pour qu'il tombe, mais il tenait bon. Alors je suis parti chercher un marteau. A grands coups sur chaque main, il a fini par lâcher prise. Mais un arbre a amorti sa chute. Voyant qu'il bougeait encore, j'ai attrapé le réfrigérateur de la cuisine et je l'ai fait basculer sur cet individu. L'effort a été si violent que j'ai succombé à une crise cardiaque. Et donc me voilà. 

- Ah bon ! Répond St Pierre passionné. C'est bon vous êtes admis au paradis.

 

Un second homme se présente peu après et commence à raconter l'histoire de sa mort a St Pierre: 
- Voyez-vous, débute-t-il, j'étais en train de repeindre mon balcon au 17ème étage d'une tour. Mon tabouret a vacillé et j'ai basculé dans le vide. Mais j'ai eu la possibilité de me rattraper à un balcon, deux étages plus bas. Je pensais être sauvé quand le propriétaire de ce balcon a commencé à me piétiner les mains puis à me casser les doigts à coups de marteau. Il était fou furieux que je m’accroche à son balcon. Et pire, lorsque j'ai lâché prise, comme je ne suis pas mort tout de suite, il m'a balancé son frigo sur la tête pour m’achever.

 

St Pierre : 
- Oui, j'ai entendu parler de cette histoire, vous pouvez entrer au paradis.

 

Un troisième homme arrive et entame, lui aussi, son récit à St Pierre: 
- Franchement, je ne sais pas comment c'est arrivé ! J’étais caché à poil dans un frigo et me voilà !!! 

 

 

10/05/2015

Ouiquinde gstronomique: L'Aïoli des Académiciens

Aïoli.jpg

 

Aïoli ! Mot sonnant comme un salut gaillard !

D’Avignon à Marseille il est un étendard.

Emblème culinaire en terres de Provence

Il engendre gaieté, amour et pétulance.

Pour unir ceux qui l'aiment, il est avantageux

Tant son parfum puissant éloigne les fâcheux.

L'aïoli est en soi un éloquent symbole

Des valeurs des pays où court la Farandole:

L'or de l'œuf est fortune, rondeur, fécondité,

L'ail est puissance mâle, santé, virilité

Quant à l'huile d'olive, impériale maîtresse

C'est elle l'unité, l'harmonie, la richesse.

L'aïoli est parfait quand lou trissoun ten dré (1),

Quand le pilon de bois, dans la sauce dorée,

Tient droit tel Priape redoutable et vainqueur

Dans l'onctueux parfum qui chavire les cœurs.

L’académie des Amoureux de l'Aïoli,

Chaque année, réunie en un conclave, élit

Parmi les cuisiniers du pays des cigales

Celui dont la recette lui paraît idéale.

Voici celle que fait, lors de grandes agapes,

Henry Estévenin, de Châteauneuf-du-Pape.

Truculent moustachu, buveur et quintalien (2)

Il est le "Grand Aillé" (3) des Académiciens.

Pour que ton aïoli soit de bonne facture

Tout doit bien être à la même température :

L'huile, l'ail et les œufs, le mortier, le pilon

Sont préparés la veille ou le matin selon

Que tes invités viennent dîner ou souper:

Car voilà un travers qu'il convient de stopper,

On n'est pas dans le nord, c'est à midi qu'on dîne

Et le soir que l'on soupe en terres comtadines !

Pour six convives il te faut douze gousses d'ail

Dont tu ôtes les germes pour faire un bon travail.

Quatre beaux jaunes d'œuf, du sel, du poivre blanc,

Beaucoup de jus de coude et un pichet de blanc.

Le vin, dans l'aïoli, ce n'est pas pour la sauce

Mais pour le cuisinier dont la soif est très grosse!

À l'aide du pilon, dans un mortier de marbre,

Tu écrases en pommade ail et sel, sans palabre.

Tu mets tes jaunes d'œufs et tu tournes, tu tournes,

Qu'aucune distraction, jamais, ne te détourne,

Pendant deux, trois minutes pour tout bien mélanger.

Puis laisse reposer dans un coin ombragé,

Juste le temps de boire deux ou trois bons canons

Avec tes acolytes, devant le cabanon.

Reprend ton appareil et coince le mortier

Entre tes deux genoux, et serre volontiers.

Éloigne les badauds et concentre-toi bien,

C'est là que ça se passe : ou c'est tout, ou c'est rien!

Tu commences à verser ton huile goutte à goutte

En tournant de bon cœur, d'un seul sens, tu t'en doutes.

Si tu suis la recette très rigoureusement,

L'émulsion doit se faire assez rapidement.

Quand l'aïoli a pris, verse en un fin filet

Ta bonne huile d'olive. Mais pas sur ton gilet!

Maintiens ton mouvement régulier jusqu'au bout

Ne mollit pas surtout. S'arrêter, c'est tabou.

Si elle est réussie, elle doit être épaisse,

Onctueuse, dorée, mais pleine de finesse.

Le pilon, en son sein, tient droit sans se vautrer.

Présentant ton chef-d’œuvre, dit : "Lou trissoun ten dré" !

Traditionnellement, l'aïoli accompagne

La morue dessalée, seul poisson des campagnes.

Fait-là tremper deux jours dans de l'eau fraîche et claire

Que tu changes souvent sans souci des horaires.

En de belles portions il te la faut trancher,

Juste avant de servir tu la feras pocher.

Fais bouillir à l'avance œufs durs et escargots,

Du chou-fleur, des carottes et de verts haricots,

Des patates, bien sûr, une pleine fourchée

Que, pas plus que les œufs, il ne faut éplucher.

Sers ces aliments chauds dans des plats séparés

Et, trônant au milieu, l'aïoli vénéré.

Que boire avec ce plat? La question reste ouverte.

Sur ce point important, l'Académie concerte.

Du rouge, du blanc sec, ou même du rosé

Si c'est servi bien frais, on peut tout écluser.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

 Pour la sauce : - six gousses d'aï !, blanc de préférence, desquelles vous enlever les germes, - deux cuillerées à café de sel fin, - quelques tours de poivre blans du moulin, - deux jaunes d'œuf, - trois-quarts de litre d'huile d'olive vierge extra AO.C. Vallée des Baux.

 

Attention: faites en sorte que tous ces ingrédients soient à la même température. C'est primordial pour prévenir tout ratage (on dit alors, si ce malheur arrive, que l'aïoli a "cagué").

 

Pour le plat : - un kilo de morue sèche que vous ferez dessaler, - un kilo de carottes, - un kilo de haricots verts, éventuellement quelques betteraves rouges, - douze œufs durs, - trois douzaines d'escargots de mer (les "bioù", escargots dont la coquille présente des cornes), - trois douzaines d'escargots des garrigues provençales, - 3 kilos de pommes de terre cuites à la vapeur.

 

 

Les vins conseillés

L’Académie des Amoureux de l'Aïoli, autorité incontestée en la matière, a longuement travaillé - verre en main - sur le délicat problème des vins les plus aptes à accompagner l'aïoli.

 

Le poisson qui en constitue une partie essentielle incite à pencher pour des vins blancs secs. Les légumes cuits à la vapeur appellent des vins rosés. La délicatesse des fragrances de l'huile d'olive s'accommode fort bien de vins rouges charpentés. Mais la puissance de la sauce dominée par l'ail ne s'accommode que... d'eau prétendent certains Académiciens. On ne peut tout de même pas aller jusqu'à de telles extrémités.

 

Essayez donc des blancs de Cassis, Châteauneuf-du-Pape, Cairanne, Rochegude, Picpoul de Pinet ; des rosés Tavel, Chusclan, Valréas, Vaison-la-Romaine, Côtes-de-Provence; des rouges de Vacqueyras, de Lirac, de Sablet, de Rasteau, de Violès, des Costières de Nîmes.

 

 

(1)  "Lou trissoun " :  c'est le "pilon", la pièce de bois qui sert à piler les ingrédients dans le mortier et à "monter" l'aïoli. Lorsque la sauce est réussie, "lou trissoun ten dré" - le pilon tient debout dans la sauce ferme et onctueuse.

 

(2) Quintalien : personnage de poids, ayant tourné le quintal.

 

(3) "Grand Aillé" : grade suprême dans la hiérarchie de l'Académie des Amoureux de l'Aïoli.

 

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

03/05/2015

Ouiquinde gastronomique en Alsace et Lorraine

alsacienne sans culotte2.jpg

 

Le Baeckeofe d’Alsace et de Lorraine.

 

Il me souvient de grandes fêtes vigneronnes

Entre les vins d’Alsace et les Côtes-du-Rhône

Où, avec ma chorale de vigoureux soiffards,

Nos pifs enluminés jouaient les gyrophares.

Nous avons ripaillé, chanté, mangé, et bu

Avant que de sombrer, fin remplis et fourbus

Dans les bras de Morphée, de Sophie ou Gisèle

Vaincus par la bamboche plus que les demoiselles…

- Tu le sais bien Victor que le vin, s’il enflamme,

En amour est meilleur s’il est bu par les femmes !

Au cours de ces agapes, qu’avez-vous donc mangé ?

- Dans ces contrées de froid si loin de ma Provence

Nous avons dégusté, au cours de ces bombances,

Le célèbre Baeckeofe, la potée alsacienne

Un plat qui tient au ventre, platée rabelaisienne.

Les femmes le préparaient, enfin, c’est ce qu’on dit,

Le dimanche matin pour le cuire lundi.

 

Tu tailles en gros morceaux de la viande sans os

Ton boucher, s’il est bon, te le fait rapidos,

Une livre de bœuf, gite ou paleron,

Une livre de porc et autant de mouton.

Tu fais tremper tout ça dans une marinade :

Oignons, poireau, carotte, ail, girofle, muscade,

Bouquet garni, sel, poivre et bien sûr vin d’Alsace,

Riesling ou Sylvaner sont les plus efficaces.

Tu laisses mariner, au frais, vingt-quatre heures.

Emince cinq oignons, deux kilos de patates

Comme pour préparer la truffade auvergnate.

Le « Baeckeofe » est aussi le nom du plat en terre

Large, ovale et profond, solide, utilitaire.

Etale tes patates en couches sur le fond,

Sale, poivre et dispose au dessus les oignons,

Sel, poivre de nouveau puis dispose les viandes

Egouttées, séparées d’avec leur marinade,

Mouille avec celle-ci jusqu’à demi terrine

Complète avec du vin…et remplit ma chopine !

Pour donner du moelleux, met un pied de cochon

Ou bien un pied de veau…et verse ton cruchon !

Ajoute par-dessus ce qui a mariné

Sel, poivre du moulin et…remet ta tournée !

Ferme alors ton couvercle très hermétiquement

Avec farine et eau maniées fermement,

Ça s’appelle « luter » : fermer avec la pâte.

C’est fini, il faut cuire longuement et sans hâte,

Dans un four préchauffé, cent-quatre-vingt degrés,

Quatre heures minimum et plus si ça t’agrée.

Ce plat pourrait sauver bien des anorexiques,

Régale les gourmets, stoppe les boulimiques.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

D’un Gewurztraminer à la saveur friponne

Et  laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients pour six personnes :

½ kilo de gîte, poitrine ou paleron de bœuf sans os – ½ kilo d’épaule ou d’échine de porc sans os – ½ kilo d’épaule de mouton ou d’agneau sans os – 1 queue, 1 pied de porc ou de veau (facultatif) – 1/2 d’oignons – 1 grosse carotte - 2 gousses d’ail – 2 kg de pommes de terre – 2 blancs de poireau – 1 bouteille de Riesling ou de Sylvaner – 1 bouquet garni – girofle – sel et poivre – farine.

 

Vins conseillés :

En rouges, des Alsaces Pinot noir ; en blancs Alsace Pinot gris (Tokay), Riesling, Sylvaner ; en vins d’Allemagne Riesling, Rheingau.

 

Illustration X - Droits réservés

26/04/2015

Ouiquinde gastronomique: Le tian de haricots au cochon

tian de haricot web.jpg

 

 

En Provence, petit, ce qu'on appelle un "tian"

C'est un grand plat en terre, vernissé et brillant,

Ovale très souvent, ou tout simplement rond,

De largeur variable, mais jamais très profond.

Les potiers de village, au temps de nos grand-mères

Fabriquaient et cuisaient ces grands plats à tout faire.

Car on y faisait tout, dans ces récipients

Rustiques, allant au feu, solides, pas fainéants:

La barbe, la vaisselle, la toilette des gosses,

Les légumes à tremper, les fayots qu'on écosse.

Après quoi, bien rincés, sans prévention mesquine,

On s'en servait surtout pour faire la cuisine!

Ce grand plat à gratin, simple et astucieux

Est aussi synonyme de repas copieux,

De nourriture simple en grande quantité,

Qu'en bonne compagnie on aime ingurgiter.

Notre tian de cochon et de haricots frais

Est bien dans la lignée des nourritures vraies.

C'est un plat que l'on fait lorsqu'on a récolté

Les tarbais, les pamiers ou les cavaillonnais,

Ces haricots fameux, moelleux, souples en bouche,

Aux accents musicaux, rocailleux et farouches.

A défaut prenez donc des cocos de Paimpol.

Par chaque commensal, écossez-en un bol.

Inutile, bien sûr, de les faire tremper,

Lavez-les à grande eau et puis égouttez-les,

Cuisez-les à moitié, demi-heure environ

Dans beaucoup d'eau salée chantant à gros bouillons.

Tout ça m'a donné soif, petit, remplis mon verre

D'un bon blanc de Laudun, un vin vif et sincère,

Un vin qui donne soif, le vin que je préfère

Pour préparer au mieux la cuisine porchère.

Ton boucher t'a coupé une large rouelle

De jambon de cochon. Elle est épaisse et belle.

Tu vas la piquer d'ail et la frotter de sauge

Puis la mettre à four chaud un demi-tour d'horloge

Dans ton tian frotté d'ail et graissé au saindoux.

Quand ta viande est dorée, sale et poivre le tout,

Rajoute deux oignons émincés, trois tomates

Pelées, épépinées, thym, laurier, aromates.

Laisse fondre un moment puis déglace au vin blanc.

Égoutte maintenant tes haricots brûlants

Et mets-les dans le tian, au-dessus de ta viande

Vérifie les saveurs et poivre à la demande.

Tu mouilles, à niveau, par ton eau de cuisson

Et tu remets au four, chaud mais sans déraison,

Une heure ou même plus. Il faut que tes fayots

Gonflent sans éclater, en buvant toute l'eau.

Lorsque ton plat est cuit, juste avant de servir

Passe-le sous le grill afin de l'enrichir

D'une croûte dorée, odorante et aimable.

Parsème de persil et sers le tian sur table.

Accompagne ce plat d'un blanc vif, effronté,

Ou bien d'un vin primeur gouleyant et fruité.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

1 kilo de haricots frais (pamiers, tarbais, cavaillonnais, cocos de Paim­pol), - 1 kilo de rouelle de cochon, - 1 tête d'ail, - 1 hecto de saindoux, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 10 feuilles de sauge, - thym, laurier, sel, - 2 verres de vin blanc, - 3 litres d'eau (pour la première cuisson des haricots).

 

Les vins conseillés:

Profitez de ce plat paysan pour apprécier les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Peray, vins tranquilles du Diois, Saint-­Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur­-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ardèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon. En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul de Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons, ­Source-d'Argens, Bruc-Auriac, Châteauvert.

Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins pri­meurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les- Vignes, Sabran, Codolet, Roche­fort, Lirac, Laudun.

 

 Illustration originale Vincent Barbantan

 

19/04/2015

Gastronomie dominicale : La truite de Joubert !

la truite de joubert.jpg

 

 

Dans les profondeurs des eaux claires

Aux saveurs de schistes, de granit, de calcaire,

Elles nagent sans trop d'efforts

Dans ce beau lac de Villefort,

Eaux descendues du Gard, de Lozère et d'Ardèche

Elles hantent les rêves des amateurs de pêche :

Les truites !

 

Éclairs de vif argent, longues, fines, puissantes,

Vives, futées, lutteuses et toujours élégantes,

Elles font le bonheur des princes de la gaule

Autant que des clients...de la ferme aquacole !

Ces superbes ondines, subtiles à pêcher

Sont, aussi, délicieuses à manger,

Bien cuites !

 

Je vais vous donner une recette super :

La truite de Joubert.

Pêchez – ou achetez – quelques truites portions

Que vous allez vider mais là, faites attention

L'idéal c'est de les vider par les ouïes

Avec un fil de fer recourbé en saillie

C’est assez délicat mais c’est indispensable,

Avec un peu de soin, vous en serez capable.

Rincez les intérieurs, séchez et réservez

Car il vous reste alors la farce à préparer.

Hachez trois échalotes et un demi poivron

Les dorer à la poêle avec quelques lardons

Hachez un pélardon avec un joli cèpe,

Du piment d'Espelette pour lui donner du pep,

Des liches de saumons ou de truites fumées,

Du beurre ramolli et du fenouil haché

Sel, poivre, mie trempée et un peu de curri

Maniez l'appareil avec galanterie.

Viens alors le moment de farcir vos poissons

Par les ouïes, bien sûr, embuquez sans façon.

Le principal est fait. Vous pouvez boire un coup !

Mais pas beaucoup !

 

Rangez vos truites, sur dos, dans un plat

Tapissé de rondelles d'oignon et persil plat,

Mouillez d'un ou deux grands verres de bon vin blanc,

Du Picpoul de Pinet, Muscadet ou Gros plan.

Saupoudrez de fenouil, de thym et d'aromates

Puis couvrez par de fines tranches de tomates.

Mettez alors au four, cent-quatre-vingt degré,

Pour quarante minutes, ou plus, à votre gré.

Avec quelques amis, et des flacons ouverts

Appréciez alors, la truite de Joubert !

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire.

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ces nectars divins de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Eh puis, tiens

ECOUTEZ

 

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

**************************

 

C'est le printemps :

Savourez un sulfureux Voyage

livre,chiloum

Livre classique ICI !

ou e-book  LA !

Mieux encore:

Feuilletez-le gratos ICI !

 

12/04/2015

Ouiquinde gastronomique: les cuisses de femmes !

cuisses de femmes kadinbudukofte.jpg

 

 

Les KADINBUDU KOFTE

(boules de viandes "cuisses de femme")

 

 

 

On sait être coquin du côté du Bosphore

Faire vibrer les sens et jubiler les corps,

Car au pays du grand Nasr Eddin Hodja,

Ce savoureux poète, celui qui érigea

Dans son œuvre subtile un monument d’humour

Où bon sens, paillardise riment avec amour,

On aime conjuguer les plaisirs de la table

Avec ceux du divan, tout aussi agréables.

C’est ainsi que l’on mange, près du pont Galata

Les « cuisses de jolies femmes » : Kadinbudu kofta.

 

Faites cuire à grande eau un grand verre de riz

Et préparez le reste durant le temps qu’il cuit :

Émincez une oignon de taille convenable,

Hachez une livre de bœuf de bonne étable

Malaxez à la main tout en incorporant

Une cuillère à soupe de baies qui, au Levant

Portent le nom de kuş uzumu, à défaut

Mettez des baies de myrtes ; ça c’est une info

Me venant d’une Étoile qui connaît le pays

Pour y avoir vécu, et aimé, et joui !

Ajoutez une cuillère à café de piments

Rouges, des pignons ; salez normalement

Puis une cuillerée de poudre de cannelle

Du persil, de l’aneth pour le goût sensuel,

Vous ajoutez un œuf puis le riz égoutté

Malaxez bien le tout ; avec un doigt, goûtez,

Remontez en épices si c’est indispensable

Enfin confectionnez sur le bord de la table

Des fuseaux allongés comme cuisses de femmes

Objets de nos désirs autant que de nos flammes.

Puis dans deux œufs battus vous passez les boulettes

Un peu de chapelure et les cuisses sont prêtes.

Faites-les frire à l’huile et servez sans maraude :

Les cuisses les meilleures sont toujours les plus chaudes !

Cessons pour aujourd’hui ces contes culinaires,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ce divin "tcharab" de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

1/2kg de viande de bœuf hachée, 1 verre à thé (100 ml) de riz, 1 oignon de taille moyenne, 1 cuillère à soupe de pignons, 1 cuillère à soupe de kuş uzumu (C'est très petit, rond et noir. C’est une petite baie comme la myrte. Les Turcs l’utilisent séchée), 1 cuillère à thé de piment rouge, 1 cuillère à thé de cannelle, 1 cuillère à café de sel,1 œuf, un peu d’aneth et un peu de persil. Pour couvrir les boules avant de les frire: 2 œufs battus et de la chapelure.

 

Boissons conseillées :

Bien sûr le thé si on veut se la jouer à l’orientale… mais on n’est pas obligé. Ce plat parfumé et relevé s’accorde parfaitement avec des vins rosés frais, soyeux et parfumés comme…des cuisses de femmes.

 

Photo X - Droits réservés

 

**************************

 

C'est le printemps :

Savourez un sulfureux Voyage

livre,chiloum

Livre classique ICI !

ou e-book  LA !

Mieux encore:

Feuilletez-le gratos ICI !

05/04/2015

Gastronomie pascale: le gigot d'agneau en cuisson douce

gigot agneau.jpeg

 

 

Moi qui suis un athée très anticlérical

Lorsque vient le printemps, j’aime l’agneau pascal.

J’aime sa chair gorgée de toutes les fragrances

Qu’exhalent les collines entre Rhône et Durance,

J’aime le jus coulant de cette peau dorée

Fleurant l’ail et le thym. J’aime le dévorer,

Oui mais avant cela, encor faut-il le cuire

Comme on fait en Provence. Je m’en vais vous le dire.

Prenez donc un gigot d’agneau de Sisteron

D’environ deux kilos, au cuissot doux et rond.

Coupez six gousses d’ail dégermées en lamelles,

Glissez-les sous la peau avec votre Opinel ;

Dans un hecto de beurre fondu demi sel

Vous mélanger cumin, thym, poivre, pas de sel ;

Enduisez le gigot avec cette pommade,

Et laissez reposer dans  cette marinade

Trois heures de pendule ; mieux : la nuit au frigo,

Pour que tous ces parfums pénètrent le gigot.

Placé votre appareil dans un plat bien beurré

Dans votre four réglé sur cent-trente degrés.

Laissez cuire deux heures en le tournant souvent

Il va se colorer et cuire doucement,

Puis baisser votre four sur 110 ou sur Un

Tournez et arrosez lorsque c’est opportun,

Laissez encore cuire pour une heure et demie

Sur la fin vous salez avec parcimonie.

Cette cuisson très douce va sublimer la viande

Qui restera rosée, bien juteuse et gourmande.

Coupez « à la française » : angle droit avec l’os,

Pour que ça reste chaud, vous servez rapidos

Avec des flageolets réchauffés dans le jus

Mais cèpes et girolles sont aussi bienvenus !

Buvez très largement de la tété d’automne

Ces vins de large soif de la Côte-du-Rhône,

Et pour laisser le monde des maigres, des sans-goûts,

Alors RESSERVEZ-VOUS !

 

 

Photo X – Droits réservés

 

29/03/2015

Ouiquinde gastronomique : le cheval en daubière

cheval comtois 2.jpg

 

 

Les chevaux, n'en déplaise à Brigitte Bardot,

 

Tout autant que les ânes, les mulets, les bardots,

 

Ne doivent leur survie, leur existence même

 

Qu'à ceux qui les aiment !

 

Les aiment tellement qu'à la fin, ils les mangent,

 

Et oui ! C'est comme ça, l'homme n'est pas un ange...

 

Les chevaux ont été condamnés, par qui ? Par le tracteur,

 

Ce cheval mécanique, cher aux agriculteurs !

 

Son déclin commença avec l'automobile

 

Qui jeta au rebut les chars hippomobiles.

 

Et oui, c'est comme ça ! Alors, chère Brijou !

 

Qu'ils s'appellent Coquet, Ninette ou Bijou

 

Ces si beaux équidés ne doivent, c'est étrange,

 

La survie de l'espèce, qu'à nous : ceux qui les mangent !

 

Les Bretons, Percherons, Comtois, poney des Landes

 

Ne sont plus élevés, hélas, que pour leur viande.

 

C'est dur ? Mais c'est pourtant ça la réalité

 

Sans les mange-cadavre, finis les équidés...

 

Voici pour les aimer dignement la manière

 

De cuisiner ce plat : le cheval en daubière.

 

Fais mariner trois tranches de cheval bien épaisses

 

Dans le l'huile d'olive. Rajoute avec largesse

 

Poivre et clous de girofle, ail, oignon, thym, laurier.

 

Laisse toute la nuit, comme pour du gibier.

 

Au fond de ta marmite, en fonte uniquement,

 

Dispose quelques couennes, de porc évidemment,

 

Sur lesquelles tu places une première tranche.

 

Couvre avec de l'oignon et de l'ail effilés,

 

Carottes en rondelles et du persil en branche,

 

Sel, poivre du moulin, un anchois en filets.

 

Tu fais ainsi trois couches. Enfin, pour terminer,

 

Zeste d'orange séché, girofle, laurier, thym,

 

Puis tu mouilles avec six grands verres de bon vin,

 

Tannique, fort en degré, rouge carabiné.

 

Mets ta marmite au four, fermée soigneusement,

 

Et fais cuire cinq heures, doucement, lentement.

 

Ce cheval parfumé, tendre, confis, moelleux,

 

Découvre-le sur table, et accompagne-le

 

D'une jatte fumante de long riz camarguais.

 

Dans les verres tu sers un bon rouge bien gai.

 

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

 

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

 

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

 

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

 Photo X - Droits réservés

15/03/2015

Ouiquinde gastronomique :un tian qui tient au ventre.

tian de haricot web.jpg

En Provence, petit, ce qu'on appelle un "tian"

C'est un grand plat en terre, vernissé et brillant,

Ovale très souvent, ou tout simplement rond,

De largeur variable, mais jamais très profond.

Les potiers de village, au temps de nos grand-mères

Fabriquaient et cuisaient ces grands plats à tout faire.

Car on y faisait tout, dans ces récipients

Rustiques, allant au feu, solides, pas fainéants:

La barbe, la vaisselle, la toilette des gosses,

Les légumes à tremper, les fayots qu'on écosse.

Après quoi, bien rincés, sans prévention mesquine,

On s'en servait surtout pour faire la cuisine!

Ce grand plat à gratin, simple et astucieux

Est aussi synonyme de repas copieux,

De nourriture simple en grande quantité,

Qu'en bonne compagnie on aime ingurgiter.

Notre tian de cochon et de haricots frais

Est bien dans la lignée des nourritures vraies.

C'est un plat que l'on fait lorsqu'on a récolté

Les tarbais, les pamiers ou les cavaillonnais,

Ces haricots fameux, moelleux, souples en bouche,

Aux accents musicaux, rocailleux et farouches.

A défaut prenez donc des cocos de Paimpol.

Par chaque commensal, écossez-en un bol.

Inutile, bien sûr, de les faire tremper,

Lavez-les à grande eau et puis égouttez-les,

Cuisez-les à moitié, demi-heure environ

Dans beaucoup d'eau salée chantant à gros bouillons.

Tout ça m'a donné soif, petit, remplis mon verre

D'un bon blanc de Laudun, un vin vif et sincère,

Un vin qui donne soif, le vin que je préfère

Pour préparer au mieux la cuisine porchère.

Ton boucher t'a coupé une large rouelle

De jambon de cochon. Elle est épaisse et belle.

Tu vas la piquer d'ail et la frotter de sauge

Puis la mettre à four chaud un demi-tour d'horloge

Dans ton tian frotté d'ail et graissé au saindoux.

Quand ta viande est dorée, sale et poivre le tout,

Rajoute deux oignons émincés, trois tomates

Pelées, épépinées, thym, laurier, aromates.

Laisse fondre un moment puis déglace au vin blanc.

Égoutte maintenant tes haricots brûlants

Et mets-les dans le tian, au-dessus de ta viande

Vérifie les saveurs et poivre à la demande.

Tu mouilles, à niveau, par ton eau de cuisson

Et tu remets au four, chaud mais sans déraison,

Une heure ou même plus. Il faut que tes fayots

Gonflent sans éclater, en buvant toute l'eau.

Lorsque ton plat est cuit, juste avant de servir

Passe-le sous le grill afin de l'enrichir

D'une croûte dorée, odorante et aimable.

Parsème de persil et sers le tian sur table.

Accompagne ce plat d'un blanc vif, effronté,

Ou bien d'un vin primeur gouleyant et fruité.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

1 kilo de haricots frais (pamiers, tarbais, cavaillonnais, cocos de Paim­pol), - 1 kilo de rouelle de cochon, - 1 tête d'ail, - 1 hecto de saindoux, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 10 feuilles de sauge, - thym, laurier, sel, - 2 verres de vin blanc, - 3 litres d'eau (pour la première cuisson des haricots).

Les vins conseillés:

Profitez de ce plat paysan pour apprécier les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Peray, vins tranquilles du Diois, Saint-­Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur­-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ardèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon. En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul de Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons, ­Source-d'Argens, Bruc-Auriac, Châteauvert.

Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins pri­meurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les- Vignes, Sabran, Codolet, Roche­fort, Lirac, Laudun.

 

 Illustration originale Vincent Barbantan

 

08/03/2015

Ouiquinde gourmand : récoltez votre viande !

saucissons forêt de.jpg

Forêt de saucissons !

 

Savourez le charme délicieusement décalé de ces esprits pétillants d'une autre époque, celle des chansonniers qui brocardaient avec talent et esprit les "grands" de l'époque, emplissaient le Théâtre des Deux-ânes et assemblaient devant le poste de TSF la famille qui dégustait comme de succulentes bouchées, à l'heure du repas du soir, les saillies, les vers de Robert Rocca, de Jacques Grello ou de Pierre-Jean Vaillard :

 

La viande se récolte.

 

Au cours d'une session du Conseil Général,

Un conseiller frappa de son poing sur la table,

Et, cherchant dans sa tête un effet théâtral,

Il prononça des mots, pour le moins, mémorables,

Abordant un sujet peu fait pour égayer

Le prix de ce bifteck qui fait notre amertume,

Et comparant alors le bétail aux légumes,

« La viande se récolte », a dit un conseiller.

 

 

« La viande se récolte »... Oh ! phrase de poète !

S'il faisait beau, ma mie, nous irions tout de go

Cueillir des entrecôtes et glaner des gigots ;

Nous irions dans les bois chercher des côtelettes ;

Mais octobre et sa pluie mes jardins ont mouillés.

Dans le verger frileux, les faux-filets se penchent

Et les rognons de veau frémissent dans les branches...

« La viande se récolte », a dit un conseiller.

 

 

Quand reviendra le temps où fleurit l'andouillette,

Quand nous écraserons des jambons sous nos pieds,

Quand il nous tombera des biftecks sur la tête,

Lorsque nous secouerons le tronc du bifteckier,

Je cueillerai pour toi, pour mettre à ton corsage,

Un saucisson des champs, puis au creux du sentier,

Nous ferons des bouquets d'escalopes sauvages,

« La viande se récolte », a dit un conseiller.

 

 

Le soir, dans mon verger, où pousseront, superbes,

Des émincés de veau taillés comme des ifs,

Je chargerai tes bras de saucisses en gerbes,

Et nous ferons l'amour à l'ombre des rosbifs.

Enfin, nous reviendrons parmi les côtelettes,

Cueillant négligemment des grappes de gésiers ;

 Nous aurons le parfum des pieds panés en tête ;

« La viande se récolte », a dit un conseiller.

 

« La viande se récolte ». Oh ! prends ton luth, poète,

Imagine un instant ce bouleversement.

S'il arrivait un jour de semblables cueillettes,

Que se passerait-il alors, inversement ?

Peut-être verrions-nous des troupeaux de courgettes,

Aller vers l'abattoir et, le long des sentiers,

Des troupeaux de patates agitant leurs clochettes ;

« La viande se récolte » a dit un conseiller.

 

 

Femmes, ne stockez plus, ne faites plus de chaînes ;

Messieurs les conseillers ne sont point des feignants ;

Prenez donc vos paniers et partez dans nos plaines :

Vous reviendrez, ployant sous les biftecks saignants.

Pendant ce temps, faisant des repas de misère,

Les « Messieurs compétents », d'un geste familier,

S'en iront peloter leurs tendres secrétaires...

« La viande se récolte », a dit un conseiller.

 

 

Pierre-Jean Vaillard

 

* * * * * * *

Et n'oublions pas: c’est la journée des

femmes, Femmes, FEMMES

 

Femme maîtresse

Ouverte, offerte sous les caresses

Femme mère

Créatrice de la vie sur terre

Femme putain

Désir de soie et de satin

Femme dirigeante

Intuitive et compétente

Femme politique

Courageuse et démocratique

Femme enfant

Que l’on protège et l’on défend

Femme salope

Qui fait jouir et rend myope

Femme avide

Calculatrice, sans cœur, cupide

Femme sorcière

Envoûtante, sournoise, incendiaire

Femme lesbienne

Délicate et altière clitoridienne

Femmes battues

Femmes vendues

Victime des stupides couillus

Femmes voilées

Femmes enfermées

Femmes niées

Femmes lapidées

Femmes brûlées

Femmes massacrées

Au nom d’un obscurantisme borné

Femme, femmes FEMMES !

Vous êtes des Humains pour le meilleur et pour le pire

Je vous respecte, je vous adore et je vous aime !

 

VictorAyoli

 

chansonniers,humour,poésie

 

 Photos X - Droits réservés

01/03/2015

Ouiquinde gastronomique :la tartiflette

skieuse sexy couchée.jpg

 

 

 

Odile

 

Sur une piste noire, par un écart vexant

J’ai eu avec Odile un contact renversant.

Skis et corps emmêlés dans la neige profonde

J’ai goûté dans le froid sa chaude peau de blonde,

 

 

Et ses seins écrasés contre mes pectoraux

Ont fait monter en moi une ardeur de taureau.

Percevant mon émoi elle ondule et s’étire

Et - heureuse jeunesse ! - nous éclatons de rire.

 

 

La serrant plus encor je lui vole un baiser,

Je savoure ses lèvres et sa langue épicée.

J’ai retrouvé Odile le soir à la station

 

 

Où nous avons vécu une ardente passion.

Depuis ce jour heureux et ces moments exquis

J’espère en Cupidon lorsque je fais du ski…

 

 

Pour Odile : La tartiflette de Roger

 

- Raconte-moi, Victor, Odile, ta victime

N’a pas dû t’accorder tous ses trésors intimes

Par dévotion pour tes talents contondants,

Ta façon de lui faire du rentre-dedans !

Tu as dû tout de même lui faire un peu de gringue,

L’emmener au ciné, lui acheter des fringues…

- Bien sûr allons, petit ! Faut être gentleman

Si l’on veut que ces dames nous prennent pour amant !

Je l'ai menée manger un bon menu de fête

Chez mon ami Roger, roi de la Tartiflette

- Ques aco ?

- C’est un plat que l’on mange en Savoie

Qui te remplit la panse et qui te met en joie.

Le mot vient de « tartifle » ce qui, en provençal

Comme en latin d’ailleurs aussi bien qu’en rital

Signifie pomme-de-terre ou encore patate

Qu’elles soient fontenoy, noirmoutier ou bien rates.

La Tartiflette est donc un délicieux mélange

De patates, d’oignons, de lard et de fromage.

Tu cuis à la vapeur tes patates épluchées,

Les coupes en rondelles, puis tu vas les coucher

Dans une poêle chaude où tu vas les saisir

À l’huile et les brunir sans les faire roussir.

Coupe en dés tes lardons, émince ail et oignons,

Vivement, à la poêle, travaille leur union.

Puis dans un large plat pouvant aller au four

Mets tes deux appareils en couches, tour à tour.

Les patates d’abord, lard, oignon, ail ensuite

Sel, poivre du moulin, en nappes, ainsi de suite.

Coupe tes Reblochons en deux dans l’épaisseur

Pose-les croûte en haut comme frères et sœurs.

Voilà. C’est presque prêt. Sors le tire-bouchon

Et dépucelle vite un flacon d’Apremont.

Tu vas mouiller ton plat avec un ou deux verres,

Et finir la bouteille avec quelques compères.

Tu fais dorer ton plat au four à deux cents vingt

Le temps qu’il te faudra pour achever le vin.

Le fromage, en fondant, va pénétrer le reste,

L’Apremont va le rendre moelleux et digeste,

Lorsque le Reblochon commence à gratiner,

Tu dois servir bien chaud : il est temps de dîner.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

1 kilo et demi de pommes de terre (plus si les convives sont de gros mangeurs), - 1 demi kilo de lard blanc ou de petit salé (selon le goût des convives), - 6 oignons, - 6 gousses d'ail, - 1 bouteille d'Apremont, - 3 Reblochons coupés en deux, - sel, - poivre.

 

 

Vins pour accompagner ce plat :

Évidemment les vins blancs secs de Savoie : Apremont bien sûr, mais aussi Abîmes, Chignin. Á défaut, tous les bons blancs secs.

 

Photo X - Droits réservés

 

22/02/2015

La Bombine ardéchoise de Mamé Zizou.

Bombine pour web.jpg

 

 

Les temps de pénurie ne sont guère de mise

Et chacun, plus ou moins, peut manger à sa guise

Bien sûr, ce sont souvent des bouffes dégueulasses :

Sous vide, surgelés ou conserves fadasses.

Le pire étant bien sûr ces affreux "hambourgeois"

Dont les Zétazuniens, puritains rabat-joie,

Punissent tristement tout le reste du monde

En voulant le gaver de leur pâtée immonde :

Un peu de vache folle en tranche agglomérée

Prise entre deux éponges assaisonnées diarrhée

Pourtant, il y a peu – trois, quatre décennies –

Faire bouillir la marmite donnait des insomnies

À bien des ménagères. Mais avec presque rien,

Des patates, des restes, et du goût, ô combien!

Elles vous mitonnaient de solides gamelles

Qui régalaient le ventre mieux que des regardelles.

René-Louis Thomas, mon ami ardéchois,

Grand amateur de vins et de repas de choix

M'a préparé un jour - j'en lèche mes babines –

De sa Mamé Zizou la fameuse Bombine.

- Je t écoute Victor : comment ça se prépare,

Avec quels ingrédients, cette recette rare ?

Ce n'est pas compliqué comme tu vas le voir,

Pourtant c'est un bouquet de saveurs du terroir.

Hache fin deux ou trois cèbes de Lézignan

Que tu feras blondir dans l'huile lentement.

Quand je dis dans de l'huile, c'est d'olive bien sûr

Et non les jus douteux de quelques grains obscurs.

Ajoute des lardons, si possible un peu rances,

Ça apporte un parfum, mais évite l'outrance.

Il est temps maintenant de remplir ta toupine

De ce qui constitue le corps de la bombine :

Des rattes de l'année, entières, avec leur peau,

Mêlées de rattes vieilles, pelées et en morceaux.

Couvre juste à niveau d'eau chaude assez salée,

Met une gousse d'ail, du laurier et du thym

N'oublie pas d'ajouter un verre de bon vin,

Ferme et met en cuisson deux heures d'affilée,

À petit feu bien sûr, il faut que ça mijote.

Ce plat de fin de mois des montagnes gavottes

Te remplit le palais de fragrances rugueuses.

Il cala l'estomac des gavots et des gueuses

L'arrosant de clinton, ce cépage ardéchois

Qui te chauffe la tête et maltraite le foie.

Mais, comme dit Ferrat, il fait des centenaires

Qui ne vont pas souvent chez les apothicaires.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire.

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.



 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 cèbes de Lézignan (ou autres oignons doux si vous n'en trouvez pas), - 2 hectos de lards (si possible un peu rance), - 1 kilo de pommes de terre rattes nouvelles, - 1 kilo de rattes vieilles, - 1 cuillerée à soupe de gros sel, - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 2 litres d'eau améliorée d’un verre de vin blanc.

 

Les vins conseillés:

Vous ne trouverez plus de clinton, ce cépage qui poussait sur les arides restanques ardéchoises, car, dangereux, il est interdit et c'est une bonne chose. Mais essayez un de ces rouges étonnants de fraîcheur et de parfum des Coteaux ardéchois : Saint-Désirat, Saint-Joseph, Tournon, La Roche-de-Glun ; des rouges des Corbières ; des rouges des Coteaux varois.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

20/02/2015

Agriculture française: la qualité résistera-t-elle à l’industrialisation galopante ?

manif contre millevache.jpg

 

 

Aujourd’hui s’ouvre à Paris la « plus grande ferme du monde », c’est-à-dire le Salon de l’agriculture. Cette exposition de la qualité de l’agriculture française cache pourtant une réalité moins glorieuse : l’industrialisation de l’agriculture française. Au détriment évidemment de la qualité des produits qui sont à la base de ce fleuron du savoir-faire français : la gastronomie. Mais aussi de la qualité de ce chacun de nous mange tous les jours. Avec peut-être des problèmes de santé publique…

 La Confédération paysanne vient de publier une carte fort documentée sur les installations géantes, existantes ou à venir, qui tendent à faire de l’agriculture française une agriculture allemande ou hollandaise comme les autres…

Á vous de juger.

 

Ferme-usine de Monts (37)

Projet d’extension d’une exploitation laitière, objectif :
420 vaches laitières, 260 Génisses, 210 Taurillons, 1300 chèvres, soit 2200 animaux au total.
Acteurs : GAEC de la Tardivière
Avancement : Suite à l’enquête publique, avis favorable du commissaire enquêteur avec réserves environnementales
Autorisation préfectorale non encore délivrée
Mairie de Monts opposée

Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires :
Pas de création d’emplois
Bâtiments à une centaine de mètres des premières habitations
10 000 m3 de lisier à épandre sur 883 ha sur 7 communes

Opposants : Le collectif « Des fermes, pas des usines » (Riverains + Confédération paysanne + Aspie + EELV + Nouvelle donne + PG)

http://www.politis.fr/Encore-plus-fort-que-la-ferme-des,2...

 

* * * * *

 

Usine à porcelets du Trébrivan (22)

Maternité industrielle de 900 truies pour 23 000 porcelets par an
Acteurs : Sofiprotéol, via la filiale SCEA Kerloann, est apporteur de capital et de garanties bancaires - 4 exploitations agricoles des Côtes d’Armor
Avancement : En activité depuis 2012
Les opposants ont obtenu par deux fois la suspension d’exercice de la maternité au tribunal administratif. A chaque fois le préfet des Côtes d’Armor a pris un arrêté autorisant l’exploitation
Financements : Investissement d’1,9 millions d’euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 3 emplois (emploi divisé par 4 au regard de la taille moyenne nationale des naisseurs porcins)
Chaine de production entièrement robotisée.
5 millions de litres de lisiers + 7 tonnes d’ammoniac, zones d’épandage sur 480ha.
Département français le plus touché par les algues vertes
Risque de pollution de l’eau dans une zone fragile, château d’eau de la Bretagne. Risque reconnu par le tribunal administratif
Opposants : Combat depuis 2008
L’association « Sous le vent, les pieds sur terre », Eaux & rivières de Bretagne, Confédération paysanne, ATTAC

http://www.liberation.fr/economie/2014/11/13/a-trebrivan-...

 

* * * * *

 

Usine à porcelets du Poiroux (85)

Maternité industrielle de 900 truies pour 23 000 porcelets par an
Acteurs : Sofiprotéol via la filiale SCEA Kerloann est apporteur de capital et de garanties bancaires - 3 exploitations agricoles de Vendée, Charentes-maritimes, Finistère + une société spécialisée dans la production d’électricité.
Avancement : Refus d’autorisation d’exploiter par le préfet en 2010. Décision cassée par le tribunal administratif début 2013, puis autorisation d’exploiter accordée par le préfet.
Recours des opposants en cours. Début des travaux prévus pour mi-février 2015
Financement : Investissement de 2,3 millions d’euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 4 emplois (emploi divisé par 3 par rapport à la moyenne des naisseurs porcins). Chaîne de production entièrement robotisée.
5 millions de litres de lisiers + 7 tonnes d’ammoniac, zones d’épandage sur 200ha sur 3 communes, 7 sources concernées, qui se jettent dans 2 bassins ostréicoles et mytilicoles (60 emplois de paysans de la mer menacés).
Risques d’algues vertes aux sables d’Olonne
Opposants : Collectif contre le projet d’usine à porcelet du Poiroux, composé d’Avigen, la Feve et Terres et rivières, Confédération paysanne, ATTAC

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/agricultur...

 

* * * * *

 

1000 taurillons de la Courtine (23)

Centre d’engraissement de 1000 taurillons sur le plateau de Millevaches (1400 jeunes bovins par an). Projet de panneaux photovoltaïques + méthaniseur.
Acteurs : SAS Alliance Millevaches - SVA Jean Rozé (filiale d’intermarché)
Avancement : Permis de construire + autorisation d’exploiter délivrés par le préfet.
En travaux. Mise en activité au printemps 2015.
Financement : Coût du projet : 1,4 millions d’euros - Plus de 75% du projet financé par des fonds publics (Etat, région, département, communauté de commune)
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 3 emplois crées et éleveurs sous contrat de la SVA Jean Rozé.
Adossé à la production d’énergie, ce projet va tirer les prix à la baisse, pénalisant ainsi les autres éleveurs.
15 000 tonnes / an d’effluents d’élevage + 18 000 tonnes de déchets (dont déchets abattoirs) pour le méthaniseur.
Projet en plein cœur du parc national régional Millevaches
Bilan carbone catastrophique : les taurillons seront découpés à Rennes pour être ensuite envoyés au Maghreb.
Opposants : Collectif « 1000 voix – NOVISSEN Creuse » - Confédération paysanne du Limousin

http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/departement/...

 

* * * * *

 

3000 porcs à Loueuse (60)

Projet d'extension d'un élevage porcin à 3000 places.
Acteurs :
SCEA Borgoo-Martin - Projet accompagné par la Cooperl (1er opérateur du porc en France)
Avancements : Avis favorable de l'enquête publique en janvier 2015. Décision du préfet attendue pour le mois de juin.
Financement : 800 000€ nécessaires pour l'extension.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Au cœur de la Picardie verte, dans le cadre de zone Natura 2000 et des zones d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZIEFF).
5000 m3 de lisier épandus sur 400 ha.
Opposants : Novissen - Decicamp : Démocratie pour les citoyens des campagnes.

 

* * * * *

 

Ferme-usine de 4500 porcs par an d'Heuringhem (62)

Projet d'engraissement de 4500 porcs par an.
Acteurs : EARL Bridault - Chevalier
Avancements : Malgré l'autorisation d'exploiter et le permis de construire délivrés par le préfet du Nord-Pas-de-Calais en mars 2013, les travaux ont été suspendus par le Tribunal administratif en octobre 2013.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Epandage en zone humide, sur le « château d'eau » de la région.
Opposants : Aives (association d'opposants locaux, 600 membres)
Confédération paysanne du Nord-Pas-de-Calais

 

* * * * *

 

250 000 poules pondeuses à Doullens (80)

250 000 poules pondeuses à Doullens. Objectif de 400 millions d’œufs par an.
Acteurs : Pascal Lemaire, président de la société de conditionnement Œuf Nord Europe. Une partie des œufs à destination d’Ovoproduits pour une filiale de Lactalis.
Avancement : Projet incomplet selon la préfecture.
Financement : Investissement de 7 millions d’euros

 

* * * * *

 

2000 taurillons dans l'Aube (10)

Centre d'engraissement de 2000 taurillons à Arcis-sur-Aube.
Les déjections des taurillons seront valorisées dans une unité de méthanisation
Acteurs : Copélis, société crée par la coopérative Cialyn assurera la gestion de l'engraissement.
La SAS Biogaz d'Arcis pour la méthanisation. Une société de déconditionnement organique s'occupera de récupérer les déchets issus des industries agro-alimentaires pour les méthaniser.
Avancement : Démarrage prévu pour le premier trimestre 2016
Financement : Investissement de 3 millions d'euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Epandage sur 15 000 hectares dans un rayon de 15 km.

 

* * * * *

 

25 ha de serres de tomates à Echillais (17)

25 ha de serres de tomates hors sol chauffée avec la chaleur émise par un méga incinérateur.
50 tonnes de tomates produites par jour, 9 000 tonnes par an
Acteurs : Le SIL (Syndicat intercommunautaire du littoral) qui représente 5 communautés de communes. L'incinérateur sera construit par Vinci pour le compte du SIL. Une entreprise de BTP
Société hollandaise A&G Van den Bosch, adossée au groupe Greenery, multinationale néerlandaise de commerce de fruits et légumes frais (CA 1,5 milliards d'euros).
Avancement : 810 observations défavorables dans l'enquête publiques contre 6 favorables. Le commissaire enquêteur rend un avis positif. Feu vert pour la construction de l'incinérateur en septembre 2014. Occupation en cours par une trentaine de zadistes.
Financement : 100 millions d'euros pour l'incinérateur (fonds publics) ; 27 millions d'euros pour les serres à tomates.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires :
Risque important de rejets de dioxines, particules fines, métaux lourds et perturbateurs endocriniens dans les zones environnantes.  Problématique de la gestion des rejets de produits phytosanitaires. Inquiétude pour l'activité ostréicole et mytilicole proche

Opposants : Pays rochefortais alerte (1000 adhérents), ATTAC, Confédération paysanne.

Incinérateur : http://multinationales.org/Vive-contestation-d-un-projet-d
Tomates : http://www.sudouest.fr/2014/11/13/l-une-des-plus-grandes-...

 

* * * * *

 

Usine des 1000 vaches (80)

Elevage de 1000 vaches laitières et 750 génisses, adossé à un méthaniseur de 0,6 MW
Acteurs : Michel Ramery (349ème fortune de France) via la SCEA Côte de la Justice, SA Ramery (BTP) et la SCL Lait Pis Carde.
Avancement : Usine en activité avec 500 vaches laitières. Demande d’autorisation pour 899 dans les mois à venir. Objectif de 1000 officiellement confirmé. Le méthaniseur n'est pas encore construit.
Procédures en cours au Tribunal administratif par les opposants.
Financement : 11 millions d'euros d'investissement (SA Ramery) dont des subventions estimées à 2 millions d'euros d'aides publiques à l'investissement et 2 millions d'aides diverses à l'année.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Une dizaine d'emplois salariés pour la partie laitière. Nombre d’emplois divisés par quatre par rapport à la moyenne nationale des élevages laitiers.
Prix du lait tiré vers le bas (270€ la tonne annoncé), alors que les éleveurs s’en sortent à peine à 350€ la tonne. Le lait devient un sous-produit des déjections animales.
Accaparement de 3000 ha de foncier par des montages sociétaires.
Risque de lessivage des épandages dans la baie de Somme avoisinante, classée au patrimoine mondial de l'Humanité.
Opposants : Novissen (Nos villages se soucient de leur environnement, 2400 membres) -
Confédération paysanne, 9 militants condamnés le 28 octobre 2014, 6 avec des peines de prison avec sursis dont 5 mois pour Laurent Pinatel, son porte-parole.

http://confederationpaysanne.fr/gen_article.php?id=2874

 

* * * * *

 

1000 jeunes bovins de Saint-Didier-d'Aussiat (01)

Projet d’engraissement de 1000 jeunes bovins.
Acteurs : GAEC de l’Espérance
Avancement : Autorisé début Janvier 2015

http://www.ain.gouv.fr/IMG/pdf/GAEC_DE_L_ESPERANCE_APA_05...

 

* * * * *

 

350 000 poulets à Missé (79)

Extension d’un poulailler de 91 000 volailles à 350 000 volailles.
Acteurs : EARL Biavi
Avancement : Autorisé juillet 2014
Financement : Investissement d’1 million d’euros
Opposants :  Bon vent, Bien vivre à Doret, Confédération paysanne

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/...

 

* * * * *

 

15 000 porcs à Vitry-le-François (51)

Projet d’extension d‘un élevage porcin à 15 600 places de porcs - 1100 truies reproductrices / 30 000 porcs engraissés par an
Acteurs : SCEA la Certine
Acheteur : Carrefour
Avancement : Réalisé
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : En plus des 580 ha de céréales produites sur l’exploitation, il faut huit camions par semaine pour apporter l’alimentation animale.
50 000 m3 de lisier / Epandages sur 2700 ha / 15 communes

 

* * * * *

 

1,2 million de volailles à Pamproux (79)

Elevage de 600 000 poulettes - Plus de 600 000 poules pondeuses - 700 millions d’œufs commercialisés par an - Préparation de 13 000 tonnes d’ovoproduits (produits à base d’œufs pour l’industrie agro-alimentaire) - 2600 ha de productions céréalières - CA de 64 millions. d’euros
Acteur : Pampr’oeuf

Avancement : Réalisé

 

* * * * *

 

25 ha de serre de tomates à Brécey (50)

25 ha de serres de tomates hors sol chauffée.
50 tonnes de tomates produites par jour, 9 000 tonnes par an
Acteurs :Mêmes protagonistes qu’à Echillais (17) : Une entreprise de BTP
Société hollandaise A&G Van den Bosch, adossée au groupe Greenery, multinationale néerlandaise de commerce de fruits et légumes frais (CA 1,5 milliards d'euros).
Avancement : En projet.

http://www.lagazettedelamanche.fr/2014/11/06/economie-120...

 

* * * * *

 

8ha de serres de tomates à Lapouyade (33)

8ha de tomates pour une production annuelle de 4000 tonnes - Chaleur fournie par une unité de biogaz issu d’un site d'enfouissement de déchets ultimes Veolia.
Acteurs : Union des paysans de Rougeline
Avancement : Permis de construire accordé fin 2014 - Les travaux devraient être finalisés à l'été 2015 - Premiers plants attendues en Novembre pour une première récolte en février...
Financement : 10 millions d'euros pour les serres à tomate - 5 millions d’euros pour le système de biogaz

http://www.sudouest.fr/2015/01/07/des-serres-de-tomates-c...

 

* * * * *

 

125 000 poulets à Grillon (84)

Elevage de 850 000 poulets par an. 125 000 poulets en permanence. - Panneaux photovoltaïque sur les 11 000 m2 de bâtiments
Acteurs : Entreprise M. Vincent Vernet
Avancement : Recours au Tribunal administratif de Nîmes en cours - En construction
Opposants : Association pour la protection de l'environnement du Pays de Grignan

 

* * * * *

 

115 000 poulets à Lannepax (32)

Elevage de 725 000 poulets par an. 115 000 poulets en permanence.
Acteurs : Issu d’un appel à projet de la coopérative Vivadour - Exploitante sous contrat avec la coopérative. Vivadour annonce aux candidats qu’une fois les emprunts remboursés, l’exploitant n’aura plus qu’à travailler deux heures par jour pour un revenu de 1700€ net par jour.
Avancement : En activité depuis fin 2013.
Annulation de l’autorisation d’exploiter par le Tribunal administratif fin 2014 - Début 2015, le préfet du Gers maintien l’activité du poulailler pour 2 mois.
Financement : 900 000€ prêtés par Vivadour
Opposants : Bien vivre dans le Gers, collectif regroupant 17 associations dont la Confédération paysanne.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/23/2016830-l-elev...

 

* * * * *

 

115 000 poulets à Saint-Élix-Theux (32)

Elevage de 725 000 poulets par an. 115 000 poulets en permanence.
Acteurs : Issu d’un appel à projet de la coopérative Vivadour.  Exploitante sous contrat avec la coopérative. Vivadour annonce aux candidats qu’une fois les emprunts remboursés, l’exploitant n’aura plus qu’à travailler deux heures par jour pour un revenu de 1700€ net par jour.
Avancement : En activité depuis fin 2013.
Financement : Investissement de 900 000€
Opposants : Bien vivre dans le Gers, collectif regroupant 17 associations dont la Confédération paysanne.

 

* * * * *

 

690 000 poules à Steinseltz (67)

Passer d’un élevage de 800 000 poulettes à l’année (306 000 poulettes en permanence) à un élevage de 1,5 million de poulettes par an (692 000 poulettes en permanence).
Acteurs : SARL Ferme Schafbusch
Coût : 1 million d’euros
Avancement : Autorisation préfectorale délivrée en mars 2014
Opposants : Alsace nature

 

* * * * *

 

280 vaches laitières pour 4 robots de traite à Bréhan (56)

Elevage de 280 vaches laitières avec quatre robots de traite et deux robots de fonctionnement (racleur et affourragement).
Acteurs : EARL Ropert
Avancement : En activité
Financement : Investissement d’1,5 million d’euros
Enjeux : Robotisation totale : la partie laitière de l’exploitation n’occupe plus que 2 emplois (emploi divisé par 6 par rapport à la moyenne nationale)

http://www.ouest-france.fr/letable-xxl-de-brehan-et-ses-r...

 

 

* * * * *

 

11 000 porcs à Saint Symphorien (33)

Projet d’extension d’un élevage de porcs de 7 000 à 11 000 places de porcs - Les surfaces d’épandage nécessaires seraient d’environ 1000 ha.
Acteurs : SAS Le Lay
Avancement : Enquête publique défavorable en mars 2014. En attente de décision préfectorale.

 

* * * * *

 

1000 taurillons à Coussay-les-Bois (86)

Projet d’engraissement de 1 200 taurillons à Coussay-les-Bois. - 10 000 m2 de bâtiments - Projet de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments
Acteurs : Pierre Liot : éleveur et dirigeant d’une usine d’alimentation animale.
Entreprise technique solaire pour les bâtiments et les panneaux photovoltaïques
Avancement : Demande de permis de construire rejetée par le maire de la commune - Dossier dans les mains de la Direction Départementale des Territoires (DDT).
Opposants : ASPECT : association de sauvegarde et de la protection de l‘environnement de Coussay-les-Bois et de sa région thermale, Confédération paysanne

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Econo...

 

* * * * *

 

1000 taurillons à Landifay (02)

Projet d’engraissement de 1 500 taurillons à Landifay - Epandage sur 12 communes
Acteurs : SA Bertaignemont
Avancement : Projet validé - 650 taurillons pour le moment

http://www.aisnenouvelle.fr/region/deja-650-taurillons-en...

 

* * * * *

 

Usine à porcelets de Luzay (79)

Projet de maternité de 1000 truies pour 25 000 porcelets par an.
Acteurs : SCEA la Micha, 6 éleveurs associés.
Avancement : Dossier accepté par la préfète en novembre 2011 - Procédure au Tribunal administratif en cours
Financement : Investissement de 4 millions d’euros
Opposants : Association Bon vent

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/...

 

* * * * *

Engraissement de 120 000 agneaux par an (12)

Engraissement de 120 000 agneaux par an à Rullac-Saint-Cirq - Unité de méthanisation en activité.
Acteurs : Société Grimal
Avancement : En activité

 

* * * * *

 

3000 brebis laitières et 300 chèvres à Espelette (64)

3000 brebis laitières et 300 chèvres à Espelette. Elevage conduit en hors sol.
Acteurs : EARL Kukulu.
Avancement : En activité

 

* * * * *

 

4500 brebis laitières et 700 chèvres à Souraïde (64)

4500 brebis laitières et 700 chèvres en hors sol.
Acteurs : Entreprise MAIS ALDAPA
Avancement : En activité

 

* * * * *

 

10 ha de serres de tomates à Parentis (40)

10ha de tomates hors sol pour une production de 5 000 tonnes de tomates par an.
Chaleur produite par une chaudière à bois de 2,5 MW (8500 tonnes de bois par an).
Acteurs : Les paysans de Rougeline
Avancement : En activité.
Financement : Pour les serres de tomates, investissement de 8 millions d’euros.  40% de la chaudière à bois financée par l’Ademe.

 

 

Photo X - Droits réservés