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22/01/2014

Ail-avé-drime : qu’une énorme avalanche engloutisse Davos !

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Ça y est. C’est la grand messe de l’oligarchie qui pourrie le monde. C’est le forum de Davos. Ils sont là haut,  quelques 2500. Tous nuisibles à plus ou moins grande échelle. Ils sont entièrement responsables de la merde économique dans laquelle le monde entier se débat. Une crise d’ailleurs programmée, organisée et dirigée par eux et qui les engraisse! Ils prétendent pourtant continuer à régir l’existence de 7 milliards d’individus, dont 95% subissent les conséquences des méfaits de ces voyous en col blanc.

 

Cette année, ils vont – entre autres magouilles – plancher sur « les dangers que représente l’aggravation des inégalités pour la stabilité mondiale ». Attention, ce qui les inquiète, ce ne sont pas les inégalités, ni même leur aggravation ! De ça, ils s’en tamponnent le fondement comme de leur première rolex. Non, ce qui leur fout les flubes, ce sont LES DANGERS (pour eux) que représente « l’aggravation des inégalités pour la stabilité mondiale ». Ce qu’ils appellent « stabilité mondiale », c’est le maintien sans trop de problème de leur mainmise sur l’économie du monde. Que les pauvres s’appauvrissent un peu plus, ils s’en branlent complètement, mais que les esclaves du Bangladesh ou du Cambodge foutent le feu aux usines qui les exploitent jusqu’à la mort, ça oui ça les chagrinent ! Et ils ne sont pas tranquilles, comme s’il y avait des cailloux dans leur caviar. Voilà-t-il pas qu’ils fientent dans leurs calbars parce qu’ils sentent et redoutent la rugosité du chanvre de la corde les « maitres du monde » ! La première centaine des personnes les plus riches du monde possèdent autant que la moitié de la population la plus pauvre du monde !

 

Qui sont-ils pour prétendre à cet extraordinaire pouvoir ? Qui les a élus ? Qui représentent-ils ? Devant qui sont-ils responsables ? Ils sont les représentants de quelques centaines d’officines financières et de compagnies multinationales qui mettent la terre en coupe réglée, qui réduisent au quasi esclavage l’essentiel de l’humanité, au profit de quelques milliers, allez, soyons large, quelques dizaines de milliers de parasites. Élus par personne évidemment si ce n’est par ces cercles mafieux qui se camouflent sous le nom de « conseils d’administration ».

 

Ils sont les « apôtres » de la mondialisation, de la dérégulation sans freins, de la croissance à tout crin. Résultat de l’action de ces nuisibles : la planète dévastée, le climat déréglé, la clochardisation généralisée des populations laborieuses, l’accaparement des richesses mondiales au profit d’une poignée d’escrocs cupides et veules, la défaite des démocraties, le règne des dictatures, l’abrutissement des foules par l’obscurantisme religieux. Quant aux « politiques » qui se montrent à ce bal des sorcières, ils ne sont que les marionnettes de ces crapules. Les Français ont la décence de ne pas trop s’y montrer. François n’ira pas, mais trois ministres feront néanmoins le déplacement : Pierre Moscovici (finances), Laurent Fabius (affaires étrangères) et Fleur Pellerin (économie numérique).

 

Oui, vraiment, ail-avé-drime : qu’une énorme avalanche engloutisse Davos !

 

Tridi 3 pluviôse 222

 

Illustration X – Droits réservés

20/01/2014

Je paie, tu paies, il pollue, nous payons, vous payez, ils polluent…

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Dans le sud, il pleut comme vache qui pisse, avec inondations, glissement de terrain et autres joyeusetés ; en Australie, tout crame ; aux Zétazunis, c’est du moins 40°C et de la neige en veux-tu en voilà.

 

Ben ça a une cause ça Môssieu : le changement climatique. Et quelle est la cause de ce réchauffement climatique ? Les activités humaines qui salopent l’atmosphère en balançant à pleine palanquées des millions de tonnes de gaz carbonique.

Le quotidien en ligne Médiapart vient de publier une enquête particulièrement fouillée sur les principaux pollueurs français, donc sur les premiers responsables hexagonaux de ces dérèglements. Lien 

Le palmarès des plus gros pollueurs climatiques sur le territoire national, d’après Médiapart, est celui-ci : le groupe de métallurgie Arcelor-Mittal et l’énergéticien EDF arrivent loin devant les autres, avec respectivement 19 et 16,5 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent de 18 % et 16 % de l’ensemble, selon nos estimations. Ils sont suivis du pétrolier Total (9 % des émissions totales de CO2), de l’énergéticien allemand E.ON (5 %), du groupe GDF-Suez (4 %), du spécialiste des matériaux de construction Lafarge (4 %), du pétrolier ExxonMobil (4 %). Suivent ensuite le cimentier Italcementi, le producteur de chaux Lhoist et le cimentier Vicat.

EDF arrive à la deuxième place. Bonjour le bourrage de crâne de notre champion de l’électricité nucléaire « propre » ! Mais il est largement battu par les entreprises du sardar Laksmi Mittal. Les sites Arcelor-Mittal de Dunkerque et de Fos-sur-Mer produisent de l’acier liquide, dont la fabrication requiert une consommation massive de charbon afin d’obtenir des températures très élevées. Ils rejettent chacun une quantité colossale de dioxyde de carbone, respectivement 11,2 et 7,1 millions de tonnes. Ils sont de très loin les sites les plus émetteurs du pays. 

Ouais, mais s’il pollue, le sardar Laksmi Mittal, il doit payer en conséquence à travers le marché des « droits à polluer » ( !!!). C’est quoi ce truc ? Pour se conformer en partie au Protocole de Kyoto, sous la pression des lobbies capitalistes, certains pays, dont l’Europe, ont mis en place un « marché carbone » qui fonctionne comme une bourse. Les entreprises polluantes reçoivent gratuitement bien sûr de la C.E., à travers le gouvernement français, des allocations annuelles de « tonnes de carbone » à rejeter. Si l’entreprise recevant cette allocation dépasse son quota, elle doit soit arrêter son activité, soit…acheter sur ce marché des « tonnes de carbone » à d’autres entreprises, plus civiques, qui ont mis en place des processus plus écologiques et donc qui ont des « tonnes de carbone » à vendre. C’est ça le marché de la pollution. Autrement dit on peut se faire beaucoup de thunes en étant civique et écolo.

 

C’est bien non ? Ben voyons… Ce marché donne lieu à de gigantesques magouilles touchant non seulement le carbone mais d’autres saloperies issues de l’industrie chimique lien   Et Mittal, il est champion dans ce domaine de magouille. Comment ? Vous allez comprendre. Les allocations carbone entreprise par entreprise sont allouées par les gouvernements nationaux et sont fixés pour plusieurs années sans tenir compte de l’activité réelle du site. Alors qu’est-ce qu’il fait le sardar Mittal ? Il va voir les gouvernements français, belge, luxembourgeois, espagnol et leur tord les couilles : « vous m’allouez tant de tonnes carbone ou je ferme mes usines chez vous ». Voilà comment le sardar Mittal touché chaque année, pour le seul site de Florange, 4 millions de tonnes de CO2.

 

Bon. Et ça veut dire quoi ?

 

Eh bien lorsqu’une usine est à l’arrêt, Mittal touche quand même ses tonnes carbone. Il les économise donc et peut les revendre sur le marché ! Voilà pourquoi le sardar ferme, puis redémarre des usines. Mettre un haut-fourneau à l’arrêt, c’est que du bonheur pour le sardar Mittal : il thésaurise des « tonnes carbone » et les salariés sont mis au chomdu partiel (http://www.emploi.gouv.fr/dispositif/activite-partielle-longue-dureee-apld) payé par qui ? Par vous, par moi, et très peu par Mittal. A la sortie, ces arrêts de site lui rapportent sans rien faire beaucoup, beaucoup de sous : sur le marché, à la fin de 2012, la tonne s’échangeait à 6,4 euros. Ainsi, rien que pour Florange, Mittal a ainsi encaissé 30,7 millions d’euros ! Mais le sardar fait pareil partout où il a mis ses billes (Arcelor bouffé à l’été 2006 par une OPA hostile, ne l’oublions pas, avec assentiment du gouvernement de l’époque). Sur ses sites européens, à coup d’arrêts partiels, Mittal a ainsi accumulé un bonus de 123 millions de tonnes de carbone. Soit l’équivalent de 1,58 milliards d’euros ! Elle est pas belle la vie ?

 

Comme on arrive au moment de l’attribution des nouvelles allocations carbone pour les 4 ans à venir, et que Mittal ne pourra pas refaire ce coup fabuleux, il ferme définitivement, fout le camp et ouvre ailleurs dans des pays qui n’ont rien à foutre du protocole de Kyoto des aciéries avec le pognon qu’il nous a pris. Et lorsqu’on aura besoin d’acier, il faudra le lui importer !

 

Vous avez suivi ? Qui est-ce qui l’a dans l’oigne ?

 

Nous.

 

Et qui est-ce qui paie la vaseline ?

 

Nous encore.

 

Primidi 1er pluviôse 222

 

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17/01/2014

Accords transatlantiques et économie de marché ? Tè ! Fume…

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Quelle est la différence entre les dirigeants étazuniens et les curés ? Il n’y en a pas : tous prônent : « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ! » On ne s’en étonnera pas, vue le « culbénitisme » des fistons de l’oncle Sam.

 

Ainsi, en matière économique, les Zétazuniens proclament haut et fort leur attachement sans faille aux vertus de la  déréglementation totale, du non interventionnisme de l’état, de la privatisation à tout crin, de la libre concurrence, de l’autorégulation des « marchés », etc., etc., bref, toutes les antiennes de l’idéologie néo libérale.

 

Et c’est sur ce modèle que les « élites » européennes bâtissent l’Europe, à mille lieux de ce que pensent et veulent les peuples qui s’efforcent de la composer. La constitution – rejetée, rappelons-le par les Français et les Hollandais - prétendait graver dans le marbre ces principes là. Hélas les sarkonuisibles, en trahissant le peuple, l’ont faite revenir par la fenêtre… Nous en subissons les conséquences et ce sera bien pire si on laisse passer les accords transatlantiques scélérats que nous concoctent en se planquant les eurocrates sous la pression des lobbies yankees.

 

Des Yankees qui – eux - utilisent à leur profit, avec un cynisme désarmant, les recettes mêmes qu’ils interdisent aux autres !

 

    Ainsi, leur banque centrale, à l’opposé de celle de l’Union Européenne dirigée…par un « Goldman-Sachs boy » a des statuts qui lui donnent pour mission de mener une politique monétaire qui assure le plein emploi, sous le contrôle du Congrès. Elle n’a donc cesse de réguler les taux d’intérêt de sorte d’éviter toute récession durable.

    Ils utilisent des déficits massifs et durables pour contrer les effets négatifs des crises.

    Ils subventionnent grassement leurs industries de pointe afin de devenir ou de rester lideurs dans les secteurs clés (informatique, communication, aéronautique, etc.) et assurent la prospérité des branches concernées par des commandes publiques.

    Ils autorisent sans états d’âme la création de champions nationaux par des fusions d’entreprises qui seraient illégales en Europe.

    Ils réservent une part importante des commandes publiques à leurs PME, leur assurant ainsi des avantages conséquents pour affronter la concurrence mondiale.

    Ils s’arrogent le droit d’interdire une OPA étrangère sur une entreprise stratégique américaine.

    Ils recourent unilatéralement aux barrières douanières dès lors qu’une industrie nationale est menacée.

    Etc., etc.

     

Et nous, comme des kons, on s’applique des règles qu’eux édictent et imposent au reste du monde sauf…à eux !

 

Dans la guerre économique que nous ont imposé les « neo libéraux », les Ricains se permettent l’emploi des fusils et ne nous autorisent que les lance-pierres ! Ma foi, tant qu’on est assez stupides pour accepter…

 

Octidi 28 frimaire 222

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

 

02/01/2014

Complices évadés fiscaux, on a gagné ! CHAMPAGNE !!!

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L’optimisation (évasion !) fiscale, vous connaissez ? Ça permet aux pleins de thunes ainsi qu’aux multinationales et autres grosses entreprises qui ont les moyens de se payer des bataillons de conseillers fiscaux de ne pas payer d’impôts en France, ou si peu. Et tout ça légalement. Ouais, mais ce n’est pas pour vous, salauds de pauvres !

 

Un député PS, Pierre-Alain Muet, malgré l’hostilité de Bercy et du premier ministre, a réussi lors du débat sur la Loi des Finances 2014, à faire passer un amendement qui pourrait permettre enfin de  poursuivre et faire payer les tricheurs. Les multinationales échappent en effet à l’impôt en particulier parce que l'administration n'a le droit d'enquêter sur leurs montages fiscaux que si le montage a uniquement pour but d'éviter l'impôt... Les multinationales trouvent toujours d'autres raisons (compétitivité, restructuration de l’outil de travail et patin coufin) pour justifier ces montages Et c’est suffisant pour écarter l’abus de droit. Google, Amazon et Apple paient ainsi 22 fois moins d'impôts qu'ils ne devraient et Total n'a pas versé un centime malgré 10 milliards de bénéfices! Ces magouilles représentent des dizaines de milliards d'euros chaque année! Autant que notre déficit! Le député Muet, dont la parole est d’or, a trouvé une solution de bon sens: remplacer "uniquement" par "principalement". Ce changement d’un seul mot pourrait rapporter des milliards. Malgré les pressions à hautes doses de tous les patrons-voyoux et autres banksters, l’Assemblée nationale – divine surprise ! – a inclus cet amendement de bon sens dans la loi.

 

Ouf ! En voilà une victoire qu’elle est belle ! Tè, fume !

 

Le Conseil constitutionnel vient de se prononcer sur la conformité de la loi de finances pour 2014. Et les « sages » ont mis la machine à sabrer en route. Principale victime de ce « machin » tenue par la droite la plus réac : le fameux amendement Muet… Le Conseil constitutionnel annule les mesures relatives à la lutte contre l'optimisation fiscale abusive. Ces dispositions devaient permettre à l'administration fiscale de sanctionner plus facilement les abus en la matière grâce à :
- une définition plus souple de l'abus de droit fiscal, l'administration fiscale devant démontrer le but principalement fiscal d'un schéma d'optimisation fiscale pour procéder à un redressement au lieu d'un but exclusivement fiscal ;

- une déclaration préalable des schémas d'optimisation fiscale par les conseils les élaborant et les commercialisant et les entreprises les élaborant et les mettant en œuvre, sous peine d'amende.

Ces dispositions n'entreront donc pas en vigueur.

 

Puteng mais c’est quoi ce « machin », ce conseil constitutionnel

 ? C’est qui ces personnages qui sabrent systématiquement tout ce qui peut aller vers plus de justice ? En voilà la liste :

2013-2016 du 14 mars 2013 au 5 mars 2016

Président : Jean-Louis Debré,

Membres nommés par le président de la République :

Jean-Louis Debré, nommé par Jacques Chirac en 2007,

Michel Charasse, nommé par Nicolas Sarkozy en 2010,

Nicole Maestracci, nommée par François Hollande en 201317,

Membres nommés par le président du Sénat :

Renaud Denoix de Saint Marc, nommé par Christian Poncelet en 2007,

Hubert Haenel, nommé par Gérard Larcher en 2010,

Nicole Belloubet, nommée par Jean-Pierre Bel en 201318,

Membres nommés par le président de l'Assemblée nationale :

Guy Canivet, nommé par Jean-Louis Debré en 2007,

Jacques Barrot, nommé par Bernard Accoyer en 2010,

Claire Bazy-Malaurie, nommée par Claude Bartolone en 201319.

Membres de droit :

Valéry Giscard d'Estaing,

Jacques Chirac (ne siège plus à partir de mars 2011),

Nicolas Sarkozy (refuse de siéger à partir de juillet 2013)

 

Voilà à qui les magouilleurs fiscaux peuvent dire merci !


Tridi 13 nivôse 222


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26/12/2013

Gastronomie de lendemain de fête : La fricassée de pneus au benzopyrène.

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-         Pour 6 personnes, prenez un pneu de taille raisonnable. Tranchez-le en darnes assez fines et mettez-le à mariner deux jours dans des larmes d’ouvriers lourdés.

 

-         Le matin du repas, sortez vos morceaux de pneus, essorez-les et réservez la marinade de larmes.

 

 

-         Dans une poêle anti adhésive, faites revenir une douzaine de benzopyrène pas trop mûrs dans un peu de fleur d’hydrocarbure polycyclique aromatique (les meilleurs sont ceux de Total, ils ont un goût prononcé de marée noire.) Réservez au chaud.

 

-         Epluchez une demi livre d’ovobulmine butylohydrogénée et hachez-les grossièrement puis les verser dans le précédent appareil que vous sublimisez dans de l’azote hydro butanisée. Montez en neige au fouet vigoureusement manié.

  

-         Dressez les darnes de pneu sur les assiettes de vos convives et versez dessus la préparation de benzopyrène. Flambez le tout au kerozène lampant. Parsemez d’oxyde d’uranium râpé. Servir à côté, en accompagnement, les meringues d’ovobulmine butylohydrogénée.

 

-         Priez vos invités de revêtir la tenue étanche n° 65 bis mod 04AD ainsi que le masque à gaz mod 2008 C à rétroviseur incorporé, et passez à table.

 

Ce plat subtil et relevé s’accommode parfaitement de la fragrance délicate d’un Super 95 Château Total ou, pour les connaisseurs, d’un Gazole 2000 grand crû bourgeois de chez Shell.

 

Régalez-vous et  le lendemain, observez les délicats frémissement des petits sarcomes qui poussent sur votre peau ainsi que le délicieux gargouillis de votre cancer de l’œsophage.


Sextidi 6 Nivose 222



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23/12/2013

Derrière le merdier africain, il y a de gros intérêts ! Faut le dire ça François !

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Nous nous enfonçons toujours plus dans le merdier centrafricain en proie à des exactions multiples. Guerres tribales, guerres de religions, mais aussi conflits d’intérêts. Car si les Centrafricains sont parmi les plus pauvres du monde, le pays est riche. Il y a du diamant, de l’or, de l’uranium et…du pétrole !


Ceci pour dire que la présence de l’armée française n’est pas QUE humanitaire. Et que les velléités maintenant affichées de séparatisme nord-sud voudraient s’appliquer à ces zones : mines surtout au nord, forêts et agriculture surtout au sud. Nord musulman, sud chrétien… Bref, le merdier assuré.


A côté, il y a le Niger. Là encore beaucoup de richesses mais…pas beaucoup pour les Nigériens !  Là encore des intérêts français prépondérants. Alors qu’en France une ampoule sur trois est éclairée grâce à l’uranium nigérien, 90% des Nigériens n’ont pas l’électricité ! Le Niger est l’un des Etats les plus pauvres du monde. Plus de 60% de sa population vit avec moins de 1euro par jour.
Pourtant, le Niger est aussi le 4ème producteur mondial d’uranium, le 2ème fournisseur d’AREVA (juste après le Kazakhstan), et un partenaire stratégique de la France, à qui il fournit plus de 30% de l’approvisionnement de ses centrales nucléaires. Paradoxe aberrant et significatif de la mise à sac de l’Afrique par les multinationales, actuellement, alors qu’il est le principal produit d’exportation du pays, l’uranium ne contribue qu’à hauteur de 5% du budget de l’Etat du Niger !


Depuis plus de 40 ans, Areva exploite l'uranium du Niger. Premier employeur privé et plus gros exportateur du Niger, Areva a enregistré l'an passé un chiffre d'affaires total de 9,3 milliards d'euros, soit près du double du PIB du pays. Depuis plus de 40 ans le géant mondial du nucléaire bénéficie d’avantages fiscaux exorbitants et est loin de payer tous les impôts qu’il doit au Niger. Areva est une entreprise privée mais dont le capital est détenu à 87%...par l’Etat français.


Le contrat liant cette entreprise à l’Etat nigérien arrive à échéance dans quelques jours, au 31 décembre 2013. Il est actuellement l’objet d’âpres négociations, qui, à l’évidence, vont se prolonger deux à trois mois de plus. Le nouveau contrat va lier le Niger pour de nombreuses années. S’il est mal négocié, il continuera de priver le Niger de revenus essentiels dont sa population a cruellement besoin. Lutte contre la pauvreté, réponse aux crises alimentaires, éducation, accès aux soins, développement du réseau routier, tout le développement de ce pays dépend de la teneur de ce contrat. Si la France veut éviter le prix du sang en Afrique, l’Etat français doit imposer à Areva un contrat équilibré.


L’essentiel de l’uranium exploité par Areva provient de la mine d’Arlit, celle-là même où on été enlevés quelques otages maintenant libérés. Mais il y a un autre site enjeu de ces négociations: le site d’Imouraren qui, à terme, sera le site minier principal. Areva a monté deux sociétés avec l’Etat nigérien pour exploiter ce site dès 2014, Cominak et Somaïr. Mais (suite à la baisse mondiale de la demande d’uranium) elle veut reporter l’exploitation de ce site en 2016. Si elle n’exploite pas comme prévu, elle devra payer de lourdes indemnités au Niger. Ce qu’elle ne veut pas, évidemment. Avec un risque: que l’Etat nigérien dénonce le contrat et remette le site d’Imouraren sur le marché ! Les Chinois sont à l’affut !


Comme quoi, derrière le merdier africain, il y a de gros intérêts ! Faut le dire ça François !

 

Tridi 3 nivose 222

 

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13/12/2013

Au bistro de la toile : portiques écotaxe.

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- Oh ! Loulle, il n’y a pas de portique à l’entrée de ton rade, non ?

 

- Keskidi lui ? Oh ! Victor, t’as fumé la moquette avant de venir t’engorgeonner chez moi ? Du porc il y en a mais dans les rillettes et le sauciflard, des tiques, peut-être sur mon chien Marcel sous le comptoir, mais des portiques ? Vasisdas ? Késaco ?

 

- Allez, sers ma tournée, mastroquet de mon cœur. Je voulais te parler de ces fameux portiques de l’écotaxe qui ont tant foutu les Bretons en rogne. Tu sais à quoi ils servent ces fameux portiques de la discorde ?

 

- Ben, à reconnaitre les camions et à leur faire payer la taxe, non ?

 

- Eh bé non, justement ! C’est le Canard enchainé qui a levé le lièvre, ou le caneton. D’après le fameux palmipède, toujours bien informé, ces fameux portiques sont « inutiles, ruineux et dangereux pour les libertés publiques » ! C’est la CNIL (commission nationale informatique et liberté), dont l’avis a été sollicité sur les fichiers informatiques forcément générés par ces portiques, qui s’est étonné. Ces portiques ne servent aucunement à calculer la taxe véhicule par véhicule et a en assurer le paiement, mais uniquement  à repérer les éventuels fraudeurs ! Ces machins coûtent entre 600.000 et 1 million d’euros pièce ! Il doit y en avoir 273 en tout et 200 sont déjà installées…

 

- …dont quelques unes passées au barbecue par les Bretons !

 

- …ou réduite à l’état de ferraille. Mais c’est toi et moi qui payons, Loulle, ne l’oublie pas.

 

- Mais alors comment les taxes sont calculées et facturées aux camionneurs ?

 

- Directement par le boitier informatique sophistiqué obligatoire pour les véhicules assujettis à cette taxe. Ce système, qui combine GPS et émetteur radio, est le seul équipement nécessaire pour percevoir la taxe.

 

- Autrement dit on aurait pu se passer de ces portiques honnis, véritables chiffons rouges cristallisant toutes les rancœurs et coûtant un bras ! Mais alors, ça doit bien rapporter quelque chose à quelqu’un ou quelques uns ces machins ?

 

- Il n’est pas interdit de le penser… D’autant plus que l’équipement informatique des camions est bien visible et qu’il y a suffisamment de flics, motards ou automobilistes sur les routes pour épingler les éventuels fraudeurs… Mais la CNIL a levé un autre lièvre. Et qui nous concerne tous celui-là.

 

- Oh ! C’est des bons chasseurs cette CNIL ! Raconte.

 

- Eh bien pour que ça marche, ces portiques filment tout ce qui passe. Camions, voitures, vélos, piétons et tout ce qui bouge. C’est Big Brother. Ils filment tout, stockent les images plus de temps qu’il n’est nécessaire et permettent ainsi de fliquer les déplacements de millions d’usagers de la route.

 

- Est-ce qu’on ne toucherait pas là la véritable fonction de ces portiques à la kon ? Puteng, moi qui gueulais contre les Bretons, je crois que vais les applaudir chaque fois qu’ils foutront en bas un de ces portiques espions !

 

- A la nôtre !

 

Tridi 23 frimaire 222

 

Merci à Chimulus

12/12/2013

Mobilisons-nous pour rejeter le sordide Accord de Partenariat Transatlantique !

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Il y a quelques mois, une entreprise étazunienne a tenté de demander des dédommagements faramineux à la France. Raison : le gouvernement, suite à une loi votée par les députés et les sénateurs (soit les représentants légitimes du peuple français) a interdit toute recherche sur le territoire français des gaz de schistes par les procédés de fracturation. Cette loi s'applique a tout le monde, donc également à cette multinationale. Qui a dû rabattre son caquet.

 

On touche là l'exemple de la catastrophe qui guette non seulement la France mais aussi toute l'Europe avec ce qui se prépare dans l'opacité habituelle de ce genre « d'accord » : le traité de libre-échange Union-Européenne – Etats-Unis, encore dénommé Accord de Partenariat Transatlantique (APT).

 

On se souvient du très mal nommé AMI (accord multilatéral sur l'investissement), repoussé par les peuples européens malgré la duplicité complice des instances européennes. Cet accord scélérat revenait à aliéner les droits des États aux intérêts des multinationales en matière de droit du travail, de protection de l'environnement, etc. Eh bien ces clauses extravagantes reviennent en force avec le sus dénommé APT. L'objet central de ce traité APT est de considérer superflu tout ce qui ralentit la circulation des marchandises ; ainsi la régulation de la finance, la lutte contre le réchauffement climatique, les codes du travail ou le simple exercice de la démocratie est censé de ne pas s'appliquer au monde prédateur des multinationales. C'est ce qui se passera si cet accord scélérat est signé. Cette volonté de passer par-dessus l'intérêt des peuples démontre l'absence totale de prise en compte de l'intérêt commun de la part du monde des affaires et de la finance.

 

Les négociations ont commencé en juillet de cette année, l'Europe, béate de konnerie, faisant fi de l'espionnage de ses populations, de ses entreprises et même de ses dirigeants au plus haut niveau par les grandes oreilles des Yankees. Sans qu'il y ait de débat au parlement français, pour une raison bien simple : dans les traités qui régissent l'Europe, la Commission européenne a une compétence exclusive sur les accords commerciaux. Barroso uber alles ! Pas de débat ! Circulez, y a rien à voir !

 

Sept cents lobbyistes étazuniens, plus des dizaines de négociateurs officiels US sont au travail à Bruxelles. On peut s'attendre à ce que les désidératas étazuniens s'imposent sur les réticences européennes, d'autant plus aisément que la marionnette Barroso, soucieux d'une future carrière juteuse à Washington, n'a rien à refuser à ses maîtres...

 

Un véritable marché de dupes entre une puissance toujours dominatrice – les USA – et une grosse larve molle, sans projet, sans frontières, sans représentation réellement démocratique – L’Union Européenne. Ce qui reviendra à accepter les conditions et les normes étaziniennes. Aux U.S, les normes environnementales sont moins élaborées qu'en Europe, il faudra donc encore s'aligner sur le moins-disant : bœuf aux hormones, volailles lavées au chlore, forage pour les gaz de schiste, intrants chimiques, etc... Comme toujours, la logique néolibérale reviendra à la baisse sur ces normes sacrifiées sur l'autel de la libre concurrence. Les droits de douane étant globalement moins élevées pour les importations U.S qu’elles ne le sont aux Etats-Unis pour nos produits, cet accord se fera unilatéralement en leur faveur. Sinon, eh ! tè, fume ! les Zétazuniens sont pragmatiques, ils ne le feraient pas... En fait, l'enjeu stratégique est pour les Zétazuniens de prendre de vitesse le déclin de leur influence dans le monde, en s'aliénant économiquement l'Europe contre le bloc des pays émergents et en particulier la Chine.

 

Pour qu’il y ait accord, les Européens devront renoncer à un grand nombre de leurs normes (juridiques, environnementales, sanitaires, culturelles…). Ce sont tous les pans des sociétés européennes qui sont visés : cadres juridiques, sanitaires, environnementaux, jusqu’au droit du travail. Bonjour les dégâts ! Avec…le retour de l’A.M.I. puisque dans le mandat de négociation de la Commission, il y a une réelle menace d’autoriser un règlement des différends entre Etats et multinationales – c’est-à-dire le droit pour les multinationales et les investisseurs de porter plainte contre les Etats pour exiger des dommages et intérêts, quand une politique publique ne leur plaira pas… Le mandat de négociation pour ce traité révèle la volonté de la Commission européenne de renforcer le pouvoir des entreprises transnationales et leur accordant le pouvoir de contester les réglementations nationales et internationales si elles affectent leurs profits. Ainsi, les États membres de l’UE pourraient voir leurs lois nationales, qui visent à protéger l’intérêt général, contestées dans des tribunaux ad hoc, secrets, dans lesquels les lois nationales n’auront aucun poids et les élus politiques aucun pouvoir d’intervention. C'est ce qui se passe déjà en Amérique du Nord avec les accords du même acabit signés par les USA avec ses voisins canadiens, mexicains et autres.

 

L’Europe politique, l’Europe puissance a toujours été la hantise des Etazuniens. Cet accord, ficelant les économies européennes aux USA, la diluera dans une vaste zone de libre-échange, aux plus grands profits des multinationales U.S. Ceci complétera la mise sous tutelle politique résultant du principe inscrit noir sur blanc dans le Traité de Lisbonne disant que la défense de l’Union européenne se fait dans le cadre de l’OTAN, cette alliance créée en d’autres temps, à présent révolus (guerre froide avec l’URSS), donc sans objet actuellement sinon d’imposer la tutelle étazunienne sur les armées européennes. Et Sarko, puis Hollande ont réintégré, la queue entre les jambes, ce machin aussi agressif qu’inefficace (voir en Afghanistan).

 

Alors mobilisons-nous ! Repoussons cette saloperie ! Les élections européennes, c’est pour bientôt…

 

Duodi 22 frimaire 222

 

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11/12/2013

On a de l’Afrique assez, je vais donc vous parler du débit de lait.

 

 

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Il est bien laid le débit de lait ! Tandis que le cours mondial de la poudre de lait s’envole, le prix payé aux producteurs stagne, souvent en dessous du prix de revient. Sauf pour les grosses laiteries industrielles telles celle qui sort de terre dans la Somme, clone des usines à lait allemandes, hollandaises ou danoises où des milliers de vaches Holstein nourries aux saloperies transgéniques et aux antibiotiques, ne voyant jamais le ciel, ne sachant pas ce qu’est l’herbe verte pissent des milliers de tonnes d’un étrange liquide blanchâtre encore appelé « lait », ce mot noble, magique, symbole de la Vie.


Pendant ce temps, les petits producteurs crèvent. Mon pote Denis élève (pardon, élevait) une vingtaine de belles vaches montbéliardes sur les rudes terres des hauts plateaux lozériens. Il est mort mon pote Denis.


Mort la fourche à la main près de son tas de fumier.


Mort à 60 ans d’épuisement physique et de désarroi moral. Dépassé par un système qui broie les petits, menacé de ne plus pouvoir vendre son bon lait s’il ne mettait pas ses installations traditionnelles aux « normes ». Investissement dont il n’avait évidemment pas les moyens…


Mort parce que certains grands groupes refusent de payer les producteurs au juste prix alors que le lait atteint des records historiques sur les marchés mondiaux en raison de la demande croissante des pays émergents.


Mort pour que prospère le Crédit agricole.


Mort pour que s’engraissent Lactalis, Danone, Bongrain, Bel, Senoble, Sofiprotéol et autres…


En hommage à mon pote Denis, écoutez donc ce qui suit :

http://www.youtube.com/watch?v=5guMYOFphto&list=HL135...

 

Primidi 21 frimaire 222


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10/12/2013

Travailleurs détachés : « ils » les ont bien pendues, mais elles manquent un peu de vigueur…

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Bon, ben on doit admettre « qu’ils » les ont eu bien pendues puisqu’un accord reprenant les deux revendications essentielles réclamées par la France - mais aussi l’Italie, la Belgique et même l’Allemagne de l’ultra libérale Merkel poussée au cul par ses partenaires sociaux-démocrates – a été acté à Bruxelles, par une majorité qualifiée obtenue grâce au ralliement de la Pologne. Ces deux pierres d’achoppement : - liberté pour chaque pays de déterminer lui-même les contrôles qu’il estime nécessaires sur la situation des « travailleurs détachés » sur son territoire ; - responsabilisation de l’entreprise donneuse d’ordre solidairement avec ses sous-traitants.

 

C’est bien. Malgré les exhortations du nuisible Barroso, c’est une première victoire contre les ultras libéraux manipulés par les Britanniques. Mais ce n’est qu’un coup de nettoyage sur une directive obsolète, datant de 1996, et plus du tout adaptée à la nouvelle Europe à 28. Cette directive doit être entièrement revue.

 

Mais pour la première fois, il semble que les grosses têtes d’œuf de Bruxelles aient parlé des  travailleurs, de leurs conditions de travail, du dumping social, et autres.

 

Pour la première fois encore, la Pologne a pris ses responsabilités de grand pays européen au lieu de rester le caniche des Anglais et le fournisseur d’esclaves de l’Allemagne. Ce revirement ouvre des perspectives européennes nouvelles.

 

Mais qu’en sera-t-il sur le terrain ? D’abord, l’article concernant la responsabilité solidaire des donneurs d’ordre est limité au seul secteur du bâtiment ! C’est donc très restrictif et ne gênera en rien les entrepreneurs-forbans allemands du secteur de l’agro-alimentaire.

 

Ensuite, cet accord conserve la possibilité de concurrence déloyale avec la prime au moins disant social, puisqu’il ne remet pas en cause le principe du paiement des cotisations sociales dans le pays exportateur de main d’œuvre, principale cause de concurrence déloyales entre pays de l’U.E.

 

Enfin, la France n’a pas les moyens d’effectuer les contrôles nécessaires pour faire respecter les salaires, les conditions de travail, la vérification du paiement des cotisations sociales, etc. Pour une raison bien  simple : depuis les ravages des sarko-trafiquants, l’administration ne compte plus que 535 inspecteurs du travail et 1.171 contrôleurs pour suivre 1,6 million d'entreprises ! Soit un inspecteur ou contrôleur pour mille entreprises. Les fraudeurs aux « travailleurs détachés » ont encore de beaux jours devant eux. N’est-ce pas Bouygues, Eiffage et autres kadors du BTP…

 

Décadi 20 frimaire 222

 

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09/12/2013

Travailleurs « détachés » : on saura ce soir si nos négociateurs ont les aliboffis bien pendus !

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« Eh ! M'sieur Medef, j'ai de la bonne viande polonaise, de la roumaine aussi, même de la portugaise si tu préfères. C'est de la viande sur pied docile, travailleuse, pas difficile à nourrir et loger. Ça te dit ? T'y gagnes 30% minimum et plus si tu sais te démerder. Tiens, voilà quelques bonnes adresses de marchands d'esclaves (on dit aussi « entreprises d'intérim »).

 

En chargeant à peine le trait, on pourrait dire que la légalisation de l'esclavage « moderne », c'est aujourd'hui que ça se joue, à Bruxelles. On ne dit pas esclavage, bien sûr, entre gens polis, bien propres sur eux, mais puant du cerveau plus que des pieds. On dit « travailleurs détachés ». Ce sont ces manards que l'on voit sur tous les grands chantiers français et européens, sur l'EPR de Flamanville, sur le chantier Iter de Cadarache, sur tous les chantiers régit par le système voyou des PPP (partenariats public privé). Ils sont taillables et corvéables à merci, sont logés au mieux dans des algécos, sont nourris loin de la gastronomie françouaise, font des heures supplémentaires non payés, ne sont souvent pas déclarés, voient une partie conséquente (jusqu'à 50%) de leur smic français retenue par leurs « employeurs » pour « frais de nourriture et de logement », et autres gracieusetés.

 

Les entrepreneurs français en raffolent ! Ces esclaves leur permettent des économies fort juteuses. Mais ils se font parfois baiser sur leur propre terrain par des entreprises étrangères leur soufflant des marchés publics en accentuant encore plus qu'eux le système. Le principe est celui-ci : dans le cadre de la libre circulation des travailleurs sur le territoire de l'U.E., une entreprise d'un pays peut « détacher » dans un autre ses propres travailleurs. Ceux-ci seront payés au tarif du pays d'accueil et seront assujettis aux conditions légales de travail du pays d'accueil, mais les charges sociales des entreprises resteront celles du pays « exportateurs » de ces travailleurs. Et une cascade de sous-traitance noie les responsabilités, le donneur d'ordre premier se libérant ainsi de ses responsabilités.

 

Pourtant ça commence à gueuler au charron un peu partout contre les effets délétères de cette directive européenne obsolète (datant de 1996!), qui n'est rien d'autres que le moyen de délocaliser sur place ce qui ne peut l'être à l'extérieur, selon la logique ultralibérale du nivellement par le bas qui sévit dans l'Union européenne. Il faut voir les magouilles, les sociétés écrans au Luxembourg ou à Chypre qui échappent aux cotisations sociales, les entreprises “boîtes aux lettres” dans les pays de l'Est sans y avoir d'activité réelle, spécialement créées pour détacher de la main-d'œuvre à bas prix, qui paient la plupart du temps au taux horaire du pays d'origine.

 

C'est donc aujourd'hui que la refonte de cette directive scélérate doit être discutée à Bruxelles. Deux articles sont au cœur des discussions. Le 9 concernant les mesures de contrôle : les Français, mais aussi les Allemands, les Belges et quelques autres proposent de laisser à chaque état la liberté de durcir les contrôles s'il l'estime nécessaire. Un consensus pourrait exister en la matière. Le 12 pose plus problème. Il s'agit d'instaurer une responsabilité conjointe et solidaire de tous les sous-traitants afin que les donneurs d'ordres premiers ne soient plus exemptés de leurs responsabilités. C'est là que le bât blesse. La France voudrait que cette responsabilité soit « obligatoire » tandis que d'autres membres de l'U.E. préfèreraient qu'elle soit « optionnelle » (c'est à dire nulle!). Au côté de la France donc, la Belgique et l'Allemagne, mais contre, évidemment la Grande-Bretagne, éternel parasite de l'Union, l'Irlande, pays forban de l'Union et la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Lettonie, l'Estonie, principaux pays « exportateurs » d'esclaves modernes.

 

Voilà où on en est. On saura ce soir si nos négociateurs ont les aliboffis bien pendus...

 

Nonidi 19 frimaire 222

 

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02/12/2013

« François, t’es foutu, les bourrins sont dans la rue ! »

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Il y a les bourrins crottins et les bourrins vapeur. Puis il y a aussi les bourrins bonnetés de rouge et les bourrins mélenchoniens. Tout ça fait beaucoup de monde, beaucoup de bruits.

 

Les plus nombreux, bretonnaient gaiement à Carhaix, en Bretagne. Une manif qui regroupait sous le même bonnet rouge des paysans de la FNSEA, des artisans, des commerçants, des transporteurs, des marins pêcheurs, des chanteurs bretonnants, des indépendantistes et…les patrons des entreprises qui se gavent de subventions européennes et s’en foutent plein les fouilles. Une manif qui regroupe la droite, l’extrême-droite, les patrons exploiteurs et les ouvriers exploités, ça pue. Les ouvriers qui défilent aux côtés de leurs patrons sont atteints du syndrome de la « servitude volontaire ». Quant à leurs patrons, ils doivent jubiler et se taper sur les cuisses entre eux en se gobergeant de les voir caresser la main qui les étrangle. Parce qu’ils ont eu sept ans les patrons de l’agroalimentaire bretons pour transformer leur production industrielle de très bas de gamme, invendable en France et en Europe et viable seulement grâce aux « restitutions » européennes permettant l’exportation vers des pays du Moyen-orient et d’Afrique ou, soit dit en passant, ces poulets surgelés imbouffables nourris au OGM et bourrés d’antibiotiques ruinent toute la petite paysannerie locale, nourrissant par là-même cette immigration illégale qui pose problème. Sept ans durant lesquels ils auraient pu évoluer vers une production haut de gamme, profitant de l’image d’excellence de la France en la matière. Mais ils ont préféré se goinfrer sur le dos des contribuables européens et donc français (France, deuxième contributeur au budget européen) et enfermer leurs entreprises dans cette impasse dont ils se sortiront, eux, avec le pognon placé sous des soleils hospitaliers tandis que leurs ouvriers qui défilent servilement à leurs côté iront pointer au chomdu… Lamentable.

 

Et puis les transporteurs routiers. Ceux-là ont une doctrine simple : « J’emmerde, donc je suis ! » Comme il plus facile de bloquer le pays avec quelques milliers de camions qu’avec des blouses blanches, leurs revendication corporatistes sont toujours plus efficaces que celles des infirmières ! Ils sont vent de bout contre l’écotaxe…qu’ils répercuteront finalement sur le consommateur. Ils oublient de dire qu’ils bénéficient déjà d’un tas d’avantages comme la détaxation partielle du carburant, sans oublier qu’un camion détériore 1000 fois plus une route qu’une voiture. Le vrai combat qu’ils ont à mener, c’est contre la concurrence déloyale des grosses boites qui tournent à prix cassés grâce à l’embauche systématique de salariés « détachés » venus de Roumanie, Bulgarie, Pologne, voire Turquie, payés une poignée de figues, avec des charges sociales quasi nulle sinon inexistante pour non-déclaration, et des salaires jusqu’à 13 fois inférieurs à ceux des chauffeurs français ! Merci l’Europe et sa « concurrence libre et non faussée » qui permet ce dumping social qui ruine des pans entiers de notre économie, avec la complicité active de patrons-voyous.

 

Ah ! Il y a les bourrins-crottins aussi. Bon. Quant on aura le temps, on les plaindra. On va pleurer sur le sort de quelques bourges qui devront payer quelques euros de plus par an pour se taper le cul sur un canasson entre « gens de chevaux » du même monde. De plus, la hausse de TVA contestée résulte d’une directive européenne dont le non respect coûte d’ores et déjà des centaines de millions à l’Etat, donc à nous, contribuables français.

 

Puis il y avait Mélenchon. Combien sur le pavé parisien ? 7.000 ? 100.000 ? Qui lo sa… Enfin, il y devait y avoir 30.000 militants et sympathisants. Ce n’est pas négligeable, surtout en ces temps où la rue est abandonnée aux hordes droitisantes. Le combat revendiqué : la « révolution fiscale ». Bien, mais laquelle ? La lutte contre les ajustements de TVA (de 7 à 10 % pour le taux intermédiaire, de 19,6 à 20%  pour le taux principal) est perdue d’avance. Mais cette manifestation a permis de ressouder quelque peu des partis de gauche aux vues fort divergentes, notamment entre le pragmatisme des communistes (soucieux de ménager leur implantation locale par des accords électoraux avec les socialistes) et le jusqu’au-boutisme du P.G. et de son lideur Mélenchon ulcéré par ce qu’il considère comme une trahison. Elle peut servir de base pour aiguillonner de l’extérieur Ayrault et sa « remise à plat » de la fiscalité.

 

Allez, on va faire les truffes au chocolat de Noël. Ça au moins, c’est du tangible !


Duodi 12 frimaire 222


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27/11/2013

Les sénateurs lèchent l’oignon des semenciers…

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Il y a quelques années, je fus invité en tant que rédacteur en chef d’un magazine économique, à un raout d’esbrouffe à Beaumanière, cet établissement chicos des Baux-de-Provence (qui, soit dit en passant veut dire « grotte à puces ! ! »). Ceci pour le lancement d’une tomate industrielle appelée « rougeline » ou quelque chose comme ça. Des nanas habillées à raz la touffe ondulaient entre les tables pour nous vanter les mérites de leurs tomates bien rondes et bien rouges (alors que les journaleux émoustillés par le champ’ qui coulait à flot mataient plutôt les jolis melons de ces demoiselles).  Après dégustation (des tomates, pas des demoiselles hélas…) il nous fut demandé de donner notre avis sur le produit. Ma réponse fut rapide et précise : imbouffable.

 

Tout est là. L’industrie agroalimentaire, avec l’aide d’organismes tels que l’Inra, crée des variétés de fruits et légumes beaux, sains (mouais…), résistant au pourrissement et au transport mais rigoureusement insipide. « Le goût n’est pas notre priorité » me fut-il répondu… Tout est dit.

 

Bon. Ceci pour donner une idée de l’industrialisation forcenée de ce qui est le patrimoine ancestral, de tous : les fruits, les légumes et toute la technique millénaire mise au point par des centaines de générations de paysans et de jardiniers. Ainsi, je plante des tomates, je garde les graines des meilleurs fruits, et l’an prochain, j’aurais des fruits de meilleure qualité. Toutes ces recherches empiriques, fruits du savoir-faire, de l’imagination de tous les gens de la terre, sont actuellement volés par des firmes agro-alimentaires prédatrices qui brevètent sans vergogne le vivant, avec la complicité des autorités, qu’elles soient européennes ou nationales.

 

La semence, essence même de la vie, est aujourd’hui menacée. 12 000 ans de construction collective patiente et réfléchie ont abouti à la création d’un patrimoine végétal, technique et culturel inestimable, commun à toute l’humanité. Cet héritage court aujourd’hui le risque d’être confisqué par une infime minorité. L’aliénation de la semence par l’agro-industrie, constitue un danger sans précédent pour l’avenir : l’indépendance alimentaire et la santé des peuples.

 

Les vendeurs de pesticides bricolent dans leurs laboratoires des chimères génétiquement modifiées, qu’ils osent appeler semences, générant des plantes dépendantes entraînant une régression technique pour les paysans, les jardiniers et les amateurs.


Les lobbys, aidés par l’État, pour obtenir le monopole de ce qui appartient à tous, veulent supprimer le droit inaliénable de chacun de ressemer sa récolte. Les sélections de terroir garantissent des plantes saines et savoureuses. La semence industrielle est malade, elle ne peut vivre sans pesticides, engrais chimiques ou manipulations génétiques. Polluante pour l’environnement, elle est le point de départ de la mal-bouffe.

 

Et pourtant les maraîchers qui produisent et commercialisent des légumes ont obligation de ne produire que des légumes issus du catalogue officiel. Or plus de 90% des variétés inscrites à ce catalogue officiel sont des variétés hybrides, inventées par les semenciers, qui reproduisent des graines dégénératives donc inutilisables pour reproduire la plante. Autrement dit, le maraîcher, pour produire d'une année sur l'autre la même variété de tomate doit acheter à nouveau sa semence au semencier.


Les semenciers ont donc fait une OPA sur le catalogue officiel et s'ingénient à en évincer les variétés dites anciennes, car ces dernières reproduisent de graines parfaitement fiables pour reproduire la plante mère. Le hic, c'est que ces variétés qu'on peut ressemer ne rapportent donc plus d'argent au semenciers, qui ont donc intérêt à les faire disparaître au profit de leurs hybrides. CQFD.

 

Les paysans qui ressèment leur récolte seront-ils considérés comme des trafiquants ? Oui, ont répondu les sénateurs en adoptant le 20 novembre un projet de loi élargissant aux plantes le délit de contrefaçon. Les sénateurs ont voté à l’unanimité – y compris les écologistes – une proposition de loi destinée à renforcer « la lutte contre la contrefaçon ». S’émanciper des droits de propriété détenus par les grandes firmes semencières sera désormais un délit. La loi prévoit aussi de nouveaux moyens de répression contre paysans et jardiniers clandestins. Pour les promoteurs de la loi, il s’agit simplement de « protéger les entreprises ». Ainsi, le jardinier sera désormais considéré comme un dangereux délinquant, au même titre que celui qui imprime de la fausse monnaie, qui fabrique des faux médicaments, de faux parfums, de fausses Rolex, de fausses Nike et de fausses chemise Lacoste. Bientôt, la police des jardins!


Merci,  mesdames et messieurs du Sénat ! Votre duplicité (ils paient bien les lobbys ?) n’a d’égale que votre incommensurable konnerie. Ne sommes-nous pas légitimement en droit de nous demander à quoi vous servez ?


 

Septidi 7 frimaire 222

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26/11/2013

Au bistro de la toile : l’Europe qui protège contre celle qui saccage.

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- Oh ! Victor, ça y est, je l’ai vu le plombier polonais ! La semaine dernière. C’est un fumiste. Son patron – une petite entreprise de chauffage, fumisterie, entretien de chaudière et autres – l’a amené le matin à 8 heures et l’a repris le soir à 6 heures et demi. Il s’est arrêté une petite demi-heure à midi pour bouffer sa biasse. Il ne parle pas français, mais il travaille bien. Et sans regarder ses heures…

 

- Ton Polonais, Loulle, il travaille en France probablement dans le cadre de la directive sur les « travailleurs détachés ». Le travail détaché repose sur une directive européenne de 1996, qui visait à garantir le respect de normes sociales minimales pour tous les salariés européens exerçant dans un autre pays de l’UE. Dans le cadre du détachement, le salarié est temporairement affecté à une tâche dans un autre pays de l’Union européenne. Il reste couvert par la sécurité sociale de son pays d’origine mais a le droit au salaire minimum local.

Le principe du détachement en lui-même n’est pas mauvais, mais la législation a vieilli et est dépassée ( La directive 96/71 du parlement européen "concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d'une prestation de services" ). De nombreux employeurs peu scrupuleux la tourne pour s’engraisser sur le dos de ces travailleurs étrangers. D’autres, sans vergogne, ne déclarent pas les détachements, mettant les pauvres mecs dans l’illégalité et la précarité. Taillables et corvéables à la discrétion de ces gougnafiers. Sur le terrain, il est en effet extrêmement difficile pour les Inspecteurs du Travail de contrôler la régularité du détachement, par exemple, s’assurer que le salarié est bien couvert par la Sécurité sociale de son pays d’origine. Ainsi, le Ministère du Travail estime les travailleurs détachés à 145 000 en France, auxquels il faut rajouter 300 000 détachements non déclarés  !

 

- Tu veux dire que mon brave Polak, il n’était peut-être pas déclaré ?

 

- Pas de procès d’intention, mais c’est possible, et courant… Ces pratiques ont une conséquence évidente : ceux qui les utilisent font une concurrence déloyale aux employeurs qui sont clairs et utilisent de la main-d’œuvre française. Même déclaré et à salaire égal, la différence, importante, se fait sur les charges sociales. Ceci pose le problème récurrent de l’harmonisation fiscale et sociale de l’Europe. Les différences entre les salaires minimum, lorsqu’ils existent, sont effarantes. La Belgique paie au moins 1501,82 euros par mois, la France 1430,22, les Pays-Bas 1477,80. C’est dans les mêmes eaux. Mais la Pologne paie 368,87 , la Slovaquie 337,70, la Roumanie 179,36. Quant à l’Allemagne, dont on nous rebat de longue les oreilles avec son fameux « modèle », elle n’a même pas de Smic. Merkel va peut-être devoir en instaurer un si elle veut sa « grande coalition » avec des sociaux démocrates de son pays ! Voilà pourquoi les entreprises germaniques concurrencent de façon déloyale celles du reste de l’Europe : en utilisant des quasi-esclaves payés une poignée de figues (de 2 à 5 euros l’heure) avec des charges dérisoires. Voilà pourquoi l’Allemagne pousse les employeurs français entre autres soit à mettre la clé sous la porte et des milliers de travailleurs au chomdu, soit à tricher avec, notamment, ces « travailleurs détachés ». Voilà comment l’Allemagne est devenu l’ennemi économique de l’Europe…

 

- Tant qu’il n’y aura pas d’harmonisation européenne sur le salaire minimal, sur les temps de travail, sur le niveau des charges sociales, les salariés continueront à être mis en concurrence sur la base non pas des compétences, mais du moins disant au niveau des droits sociaux et des conditions de travail.

 

- Exactement Loulle. Mais ce combat contre le dumping social n’est pas un combat entre ton fumiste polonais et un fumiste français, mais entre ceux qui veulent une Europe sociale (France, Espagne, Italie, quelques voix en Allemagne) et ceux qui veulent la concurrence à outrance et le tout marché (Grande-Bretagne et ex-pays de l’est). C’est le combat entre l’Europe qui protège celle qui saccage.

 

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Sextidi 6 frimaire 222

 

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Merci à Chimulus

 

 

 

 

 

25/11/2013

Haro sur Bercy ! Chauffe Ayrault !

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Il y a quelques jours j’ai publié un billet concernant un amendement susceptible de permettre de lutter de façon enfin efficace contre ce vol organisé appelé « optimisation fiscale » lien . Une pétition était assortie à ce billet. Et bien sachez que celle-ci a recueilli plus de 100.000 signatures et que l’amendement n°530 présenté par le député socialiste du Rhône Pierre-Alain Muet a été adopté ! Cet amendement a pour effet de donner à l’administration fiscale des moyens efficaces pour contrecarrer l’évasion-optimisation fiscale. Les textes législatifs actuels ne permettent à l’administration de mettre en cause ces manœuvres que si « l’optimisation » a UNIQUEMENT pour but de soustraire l’entreprise à ses obligations fiscales. Le député Pierre-Alain Muet propose de remplacer le mot UNIQUEMENT par le mot PRINCIPALEMENT, ce qui change tout…et fait bouillir de rage tous les patrons-voyous adeptes des paradis fiscaux !

 

C’est une belle victoire des citoyens sur la toute puissance ultralibérale usurpée par les hauts fonctionnaires de Bercy. Cette victoire a été conquise de haute lutte au cours d’un débat animé lien contre le ministre du budget, Bernard Cazeneuve. L’argument principal de celui-ci : « Avec la réforme proposée, on passera d'une question de droit précise – le but fiscal est-il ou non exclusif ? – à une question de fait – le but fiscal est-il ou non principal ? L'appréciation deviendra pure appréciation de fait, donc discutable. » Une argumentation qui procède surtout de la volonté de sodomiser les diptères (enculer les mouches) pour tenter de faire obstacle à un amendement de bon sens mais qui hérisse au plus haut point les gros patrons du Caca-rente, gros « optimiseurs fiscaux » puisque la plupart des multinationales de ce caca-rente ne paie pas ou peu l’impôt, contrairement aux PME qui, elles, paient plein pot. Cazeneuve, son patron Moscovici et les satrapes élus par personnes de Bercy en ont des boutons, mais cet amendement a été adopté…avec deux ans pour le mettre en œuvre tout de même ! Faut pas trop brusquer messieurs les tricheurs

 

Espérons que l’offensive de Jean-Marc Ayrault contre la forteresse de Bercy ne fera pas long feu. Celui-ci veut – enfin ! – donner un coup de pied dans ce panier à crabes où les ultralibéraux mis en place par Sarko font la pluie et le beau temps. Les ministres passent, mais les patrons de Bercy restent… Le ci-devant Ramon Fernandez, directeur du Trésor depuis 2009, devrait être démis de ses fonctions pour être remplacé par François Villeroy de Galhau, ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn lorsqu’il était aux finances. Eh, ne nous faisons pas trop d’illusions : l’impétrant est…un banquier : il est actuellement directeur de Cetelem, la filiale de crédit à la consommation de BNP Paribas.  Quant au directeur du budget, le ci-devant Julien Dubertret, il serait quant à lui remplacé par Denis Morin, directeur de cabinet de la ministre des affaires sociales, Marisol Touraine. lien

 

Les directions du trésor et du Budget s’entourent de « banques conseil » qui profitent de leur position pour inspirer des réformes ou décisions favorables au monde de la finance ou au contraire pour étouffer dans l’œuf des réformes ou décisions contraires aux intérêts de ce même monde de la finance (voir la calamiteuse réforme bancaire à minima, ainsi que la création d’une entité bidon, la BPI, inexistante sauf pour les dépenses somptuaires de son siège !). Etre agréée « banque conseil », c’est une sinécure ! Les places sont chères et font l’objet d’une débauche de concurrence feutrée entre établissements : avoir l’oreille du « Trésor », c’est avoir la main sur les manettes de l’Etat. Ces « banques conseils » sont écoutées par les haut fonctionnaires de Bercy avec d’autant plus d’intérêt que – outre leur identité de vue ultralibérale – ceux-ci espèrent bien en retour de celles-là de confortables situations de pantouflage à leur sortie de Bercy ! Ben voyons, ça vaut des millions leur influence dans les rouages de l’Etat et leur carnet d’adresse !

 

Chauffe Ayrault ! Si tu arrives à foutre en bas ce panier à crabes de Bercy, il te sera beaucoup pardonné !

 

Quintidi 5 frimaire 222

 

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21/11/2013

Les opulents céréaliers bloquent Paris : la manif sans vergogne des gavés de subventions.

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« Allez, Jénifer, prend-moi un costard et des chaussures. Tu prends le cat’quatre Porsche Cayenne et on se retrouve là où tu sais. Après la manif, je me change et on se fait une belle java à Paris. »

 

Il est vrai que Kevin, céréalier de la Beauce, n’est pas des plus rupins. D’autres auraient pu aller à la manif en hélico. Kevin se contente du plus gros tracteur que l’on trouve sur le marché. Pourtant Kevin, à l’appel de son groupement professionnel, filiale de la FNSEA, va manifester. Avec ses « pauvres » collègues, ils vont bloquer toutes les entrées de Paris, distribuer des tracs aux automobilistes pour les amadouer, faire, comme ils disent, « entendre leur voix ». Manifestation pacifique bien sûr. Un mort à la clé ce matin, un pompier… Six blessés ailleurs…

 

Eh ! Il faut les comprendre ces braves gens. C’est dur le travail de la terre… En 2012, le revenu des exploitations de grandes cultures – céréaliers, betteraviers, protéagineux - atteint 76 500 euros par salarié avant impôt. Dans certaines régions comme en Ile-de-France, en Haute Normandie et dans le Centre, le revenu moyen a même progressé de plus de 50% !  Á titre de comparaison, pour les producteurs de viande, le niveau de revenu est tout juste stable ou en baisse et structurellement faible autour de 17 100 euros par éleveur ; dans la viticulture, les disparités sont marquées selon les régions: le revenu atteint 67 100 en Champagne à 19 300 euros en Languedoc-Roussillon. 

 

Les éleveurs appellent les céréaliers les « 3 M : Mer, Montagne, Moissons ». Céréalier, c’est une vraie rente de situation, avec une charge de travail très faible et très peu d’emplois. Leur chantage au chômage est bidon. De plus ces agro-industriels consomment un tiers de l'eau consommée en France pour l'arrosage de leurs cultures, et balancent des pesticides sur leur champs pour améliorer la production, donc forcément polluent l'environnement, ils reçoivent des subventions de la communauté européennes et ils ne sont pas content. Ils spéculent en stockant leurs céréales pour faire grimper les prix quand il y a pénurie et vendre plus cher quelques jours plus tard.

 

Ils représentent 20% de la population agricole et récupèrent 80% des subventions de la PAC. Il est vrai que la répartition de cette manne européenne était jusqu’à présent dévolue aux représentations professionnelles. Or le principal syndicat agricole, la FNSEA, est depuis longtemps tenu par…les céréaliers ! Cela devrait changer si l’on en croit Le Foll, avec une répartition plus équitable de ces subventions (traduisons : argent coulant dans votre poche sans rien faire, seulement parce que vous êtes bien placé sous le robinet !) au profit des éleveurs. 

 

Ah ! Cette manif des céréaliers bien repus… On a sous les yeux toute la misère du monde !

 

Eh ! François, prépare-toi : on attend la manif des banquiers…

 

 

Primidi 1er frimaire 222

 

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18/11/2013

Un amendement pour FAIRE PAYER LES TRICHEURS DE L'IMPÔT

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 Allez, on doit se farcir les dépenses obligés de ces sinistres fêtes commerciales dites « de Noël ». Ce qui nous fait un peu oublier les rafales d’impôts que l’on doit payer, ce qui est très normal, même si ça fait un peu tousser.

 

Ça fait d’autant plus tousser que l’on sait que les riches (les gros riches, pas les classes moyennes) et les entreprises (les grosses entreprises, pas les PME) ont les moyens de se payer les services d’officines pointues en matière d’évasion fiscale, et donc échappent à la plus grande partie de l’impôt qu’ils devraient payer.

 

Les multinationales échappent à l’impôt en particulier parce que l'administration n'a le droit d'enquêter sur leurs montages fiscaux que si le montage a uniquement pour but d'éviter l'impôt... Les multinationales trouvent toujours d'autres raisons (compétitivité, restructuration de l’outil de travail et patin coufin) pour justifier ces montages Et c’est suffisant pour écarter l’abus de droit. Google, Amazon et Apple paient ainsi 22 fois moins d'impôts qu'ils ne devraient et Total n'a pas versé un centime malgré 10 milliards de bénéfices! Ces magouilles représentent des dizaines de milliards d'euros chaque année! Autant que notre déficit! Et on ne ferait rien?

Et pourtant…

…et pourtant, un député a trouvé depuis longtemps le moyen de battre en brèche ces insupportables abus. Ce député socialiste expert de la lutte anti évasion fiscale, Pierre-Alain Muet, a trouvé une solution de bon sens: remplacer "uniquement" par "principalement". Ce changement d’un seul mot pourrait rapporter des milliards, mais le gouvernement fait l'objet d'immenses pressions pour s'y opposer et serait sur le point de refuser cet amendement qui pourrait rapporter des milliards dans la lutte contre l'évasion fiscale…. et réduire nos impôts ! Eh ! Oh ! Ayrault, pose un peu les valises et ne te laisse pas enfumer comme Moscovici par les patrons-voyous et les banksters !

 

Ce gouvernement a prouvé qu’il ne comprend que le rapport de force. Il recule devant toutes les pressions corporatistes droitières. La démocratie directe existe à partir de l’internet. Servons-nous de cet outil et forçons-le nous aussi, simples contribuables, a accepter cet amendement lors de la prochaine discussion de la loi de finance.

 

Une pétition circule dans ce but, signons-là et faisons pression auprès de notre député.

 

POUR SIGNER LA PETITION 

 

 

POUR FAIRE PRESSION SUR VOTRE DEPUTE

 

 

 

Octidi 28 brumaire b222

 

 

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14/11/2013

Au bistro de la toile : « Ça va péter… »

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- Ça va péter ! Victor. Ça va péter. La grogne est généralisée. Á tort ou à raison, mais c’est comme ça. Ça a commencé avec les Bretons, puis les minots des lycées, les artisans et commerçants, les parents d’élèves, les profs et instits, les flics et même les clubs de canassons !

 

- Possible Loulle. Possible. Mais si ça pète, ce ne sera pas dans le bon sens, ce ne sera pas pour le bien du peuple, ce ne sera ni pour la liberté, ni pour l’égalité, ni pour la fraternité, encore moins pour la justice. Toutes ces révoltes dont tu parles, ce sont les révoltes de toutes les droites. Révoltes corporatistes (éleveurs, paysans, transporteurs de Bretagne), révoltes obscurantistes (les anti mariage pour tous), révoltes fascistes (identitaires, groupuscules fascisant), révolte de la konnerie (ceux qui brûle les radars et les portiques écotaxes). Ce sont les révoltes d’une France réactionnaire, d’une France recroquevillée, d’une France de la peur. Peur de l’avenir qui lui fait redouter la mondialisation dans ce qu’elle a de positif, peur de l’Autre, qu’il soit différent : l’étranger, l’immigré, le gay, le rom, l’arabe, le noir, ou qu’il soit très proche : le jeune, le voisin bruyant, le pauvre (pour les uns), le riche (pour les autres). Avec pour conséquence le corporatisme, l’égoïsme, le racisme, l’anti parlementarisme..

 

- Putaing, mais pourquoi cette peur Victor ?

 

- Va-t-en savoir… Une population vieillissante peut-être, dont plus conservatrice. Un niveau de vie qui se dégrade, encore que… lorsqu’on compare notre situation à celle des Espagnols, des Grecs et même des Allemands où les riches pérorent du haut de leur morgue mais où les pauvres crèvent de faim, où les chômeurs sont poussés à accepter le travail forcé, où les travailleurs étrangers sont plus des esclaves que des ouvriers. Mais il y a autre chose Loulle, c’est la rupture entre le peuple et ses élites. Les « affaires » (Cahuzac, Bettencourt, Sarkozy, Woerth, Balkany, etc.) ont profondément irrité, foncièrement scandalisé la « France d’en-bas » comme disait l’autre. Le Français « d’en-bas » (l’électeur !) rejettent majoritairement le personnel politique dont il a le sentiment souvent justifié qu’il le trompe et s’engraisse sur son dos. Le salarié rejette le patron dont il a la preuve qu’il le considère non plus comme un partenaire mais comme une variable d’ajustement. Le plus inquiétant Loulle, c’est le rejet de l’impôt.

 

- Eh ! Quand je reçois la douloureuse, je fais comme tout le monde, j’ai la rabia…

 

- Le peuple a oublié que l’impôt est la base de la démocratie, la condition du développement harmonieux, le ciment de la cohésion sociale, le garant de l’indépendance nationale. Il rejette l’impôt parce qu’il voit qu’il est foncièrement injuste. Le pauvre kon paie tous les jours, cher, en achetant sa pitance et il voit le riche kon (Depardieu, Arnault, Aznavour, Johnny, etc.) fuir son devoir national. Il rejette l’impôt parce qu’il sait que les grandes entreprises qui les lourdent sans états d’âmes ne paient pas l’impôt grâce à leur fameuse « optimisation fiscale » tout en se gavant d’aides publiques prises…sur les impôts des cochons de payants.

 

- Oh ! François, on a voté pour toi pour que ça, change ! Où est-il le changement ?

 

- Exactement Loulle. Ce rejet du monde politique tient aussi, et beaucoup, à la désillusion ravageuse du « peuple de gauche ». On lui a promis – on nous a promis – une reforme bancaire. Résultat : que dalle ! On nous a promis la transparence et le non cumul des mandats. Que dalle ! On nous a promis une grande réforme fiscale. Que dalle ! Voilà pourquoi le « peuple de gauche » est déboussolé, abasourdi, écœuré, prêts à se laisser entraîner dans des dérives lepénistes effarantes d’horreur. Voilà pourquoi la rue a été désertée par le peuple de gauche et est devenue le domaine des nervis, des obscurantistes, des fachos, bref, de tous ceux qui, en d’autres circonstances, formèrent la phalange honteuse des collabos, de la milice, des profiteurs du marché noir. Ce n’est pas celle-là la Révolution que l’on attendait Loulle…

 

- Mondo cane… Tè ! Buvons un coup Victor. Du rouge, mais pas de celui des bonnets de la honte.

 

Quartidi 24 brumaire 222

 

 

Merci à Chimulus

13/11/2013

« C’est d’la merde polyphosphatée » ce jambon !

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 Cette fois, c’est décidé : je n’achèterai plus jamais de jambon cuit tranché et mis sous emballage bien coloré, avec plein de belles phrases comme « jambon supérieur », « cuit au torchon » et autre menteries publicitaires. Parce que hier soir, sur la chaine 2, j’ai suivi l’excellente enquête de « l’emmerdeuse » (une journaliste aussi tenace et teigneuse que jolie) concernant le trajet du cochon, de l’élevage jusqu’à notre assiette dans les gigantesques usines de mort du cochon matière première vivante. Comme dirait Coffe : « C’est d’la merde polyphosphatée ». Et même pire que ça. Après ce reportage, on a de quoi regarder d’un autre œil – un œil incitant fortement au boycott – les « pauvres » producteurs bretons et leur douteux bonnet rouge. Les cochons élevés dans ces usines de mort sont des hybrides, des races que l'on mélange pour obtenir des bêtes qui engraisseront le plus rapidement possible. On abat les porcs à 6 mois. Dans des bonnes conditions d'élevage, il faut entre dix et seize mois pour « faire » un cochon du même poids. C'est du simple au double. Ce sont des cochons qui arrivent à grossir très vite parce que leur chair retient l'eau. Ils sont nourris avec du soja OGM. Et je ne vous parle pas des conditions de vie de ces pauvres bestiaux, élevés les uns sur les autres sur leur propre merde, auxquels on lime les dents, on coupe la queue et autres joyeusetés (Eh ! Les casse-burnes anti-corridas, si vous alliez voir un peu de ce côté ?)

 

Savez-vous que les très franchouillardes marques Aoste, Calixte, Cochonou, Justin Bridou, Jean Caby (exSociété Bretonne de Salaisons, S.B.S.), Jean d'Erguet et Imperator font parti du groupe étazunien  Smithfield France, lui-même racheté depuis peu par le chinois Shuanghui. Une opération à plus de 7 milliards de dollars ! Alors la défense du beau pays breton, Tè ! Fume…

Smithfield est une énorme multinationale du cochon, qui a exporté ses usines de mort dans le monde entier suite à l’interdiction de ses méthodes aux USA. Á titre informatif, c’est d’une de ses usines au Mexique que serait partie la fameuse pandémie H5N1 il y a quelques années. L'apparition d'épidémies humaines résulte pratiquement toujours du passage d'un virus à travers la barrière inter espèces. Or la barrière entre le porc et l'homme est ténue, de même que celle qui sépare les volailles des porcs. C'est ainsi que les épidémiologistes redoutent depuis longtemps le mécanisme selon lequel un virus aviaire se transmet aux porcs, puis acquiert chez ces derniers la capacité de se transmettre du porc à l'homme. C'est la raison pour laquelle l'Union européenne a édicté des règles interdisant une trop grande proximité entre un élevage hors sol de volailles et un élevage hors sol de porcs. Notons que la Bretagne regorge d’élevages des uns comme des autres. Les élevages industriels concentrationnaires de porcs et de volailles sont de véritables bombes sanitaires à retardement. En effet, animaux et humains ne peuvent survivre dans ces conditions qu'en recourant à une panoplie pharmaceutique considérable : tout éleveur industriel de volailles ou de porcs doit soumettre ses animaux à des traitements antibiotiques pratiquement continus, d'autant plus forts que la concentration et le stress des animaux sont importants.

 

En Bretagne, jusqu’à présent, les usines à cochons doivent se conformer à des règles de dimensions. Le droit européen (directive 2010/75) soumet à une procédure d’autorisation et d’encadrement technique renforcés, dite "IED", les projets d’élevages de plus de 2000 emplacements de porcs charcutiers ou de plus de 750 emplacements de truies. Le droit français, jusqu’à ce jour, soumettait à autorisation les élevages porcins de plus de 450 « animaux-équivalents » (soit 450 porcs charcutiers ou 150 truies). Le gouvernement a décidé de mettre en place au sein de la rubrique 2102 de la nomenclature un régime d’enregistrement pour les projets compris entre 450 « animaux-équivalents » et le seuil européen précité (2000 porcs charcutiers ou 750 truies), le régime de l’autorisation restant applicable au-delà de ce seuil européen.  Or, un député breton, le ci-devant Le Fur dit « le député du cochon » est à la manœuvre depuis des années pour faire tomber cette limite. (Les projets de textes qui seront soumis au conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT) du 19 novembre 2013 sont disponibles. Vous pouvez consulter ces projets de textes et faire part de vos observations, via les questionnaires dédiés de l’onglet "participez", du 25 octobre 2013 jusqu’au 15 novembre 2013 inclus. http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/csprt-du-19-novembre-2013-a167.html)

 

Voilà pourquoi, pour mon jambon cuit, j’oublierai complètement d’acheter ces merdes de supermarché, quitte à faire un détour, à m’emmerder à me garer, pour me procurer, même plus cher, du jambon tranché devant moi par un véritable artisan boucher-charcutier. Enfin, ce que je vous en dit… Vous faites comme vous voulez !



Tridi 23 brumaire 222


Illustration X - Droits réservés

 

12/11/2013

Beaux nez rouges de honte : les voleurs de symboles.

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Qui sont les « bonnets rouges », du rouge de la honte ?

Des pauvres malheureux, tristes laissés pour compte ?

Venus à la manif en béhème, en cat’quatre,

Si leur bonnet est rouge, leur cervelle est brunâtre.

Boutiquiers, transporteurs, tricheurs de TVA,

Paysans pollueurs et patrons scélérats,

Fachos et cagoulards venus là pour casser,

Ventre-à-choux archaïques lourds à désencrasser,

Éleveurs de poulets et de porcs immangeables,

Et puis…des ouvriers ayant pété un câble.

Tous défilent,  jacassent, saccagent en gueulant,

Conspuent la République de leurs groins flatulents,

L’objet de leur révolte ? Ou plutôt le prétexte ?

Une taxe votée dans un autre contexte,

Par un autre pouvoir, à l’unanimité,

Taxe juste pourtant, mais qui a excité

Contre elle et regroupé sous un même drapeau

Tous ces gens égoïstes réfractaires à l’impôt.

D’une mesure juste, les sombres têtes-d’œuf

Sévissant à Bercy – costard et front de bœuf –

Ont pondu une horreur, bancale, inapplicable,

Déléguant au privé une charge régale.

La FNsea mobilise ses troupes

Le Medef fait pareil, heureux de l’entourloupe,

La CGPME, l’UDB, l’UPA,

Évidemment FO et même…le NPA,

Cohorte bigarrée, rassemblement baroque

D’intérêts opposés unis dans la provoc.

Pourquoi donc les patrons lourdent leurs ouvriers ?

Pourquoi les paysans crèvent sur leur lisier ?

Parce qu’ils ont commis des erreurs stratégiques

Par un productivisme obtus et boulimique,

Parce qu’ils n’élèvent que des bestiaux bas de gamme

Parce que le goût du fric leur tient lieu de sésame.

Écoutez-les beugler ces voleurs de symboles

Ils manipulent ceux qui en ont ras-le-bol,

Agitateurs, curés, droite et extrême-droite

Conduisent la Bretagne dans une voie étroite,

Dans une économie gavée aux subventions

Aux exonérations et aux dérogations.

Ami Breton revient à ce qui fait ton charme

Unité, loyauté, courage sous les armes 

Et le supplément d’âme qu’est cette différence

Qui fait de ton pays la fierté de la France.

 

 

Duodi 22 brumaire 222

 

Merci à Chimulus