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30/08/2016

TAFTA : pour tuer la bête, il faut aussi écraser son avatar, le CETA.

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Mort le TAFTA ? Meffi, il bouge encore et risque de revenir après une hibernation le temps de laisser passer les élections en France et en Allemagne.

Mort ? Peut-être, mais il risque d’exister sous son avatar canadien, le trop oublié CETA (Comprehensive Economic Trade Agreement).

En tout cas, il a pris du plomb dans l’aile, l’exécrable Tafta. En effet, le gouvernement français va demander en septembre à la Commission européenne d’arrêter les négociations, dixit le ci-devant Matthias Fekl, secrétaire d’État au Commerce extérieur. Le projet d’accord est rejeté par un nombre croissant de Français et d’Européens. Fervent partisan de l’accord en 2014, François Hollande s’y est radicalement opposé en 2016. C’est une bonne chose, mais quand on connaît Rantanplan, on peut rester dubitatif…

C’est en Allemagne que l’opposition de la société civile au traité transatlantique est la plus vive dans l’UE. Le vice-chancelier Sigmar Gabriel s’est carrément déclaré favorable, comme son collège français, à l’arrêt des négociations. Pourtant la chancelière allemande Merkel ne cesse pas de se montrer favorable à la signature du traité qu’elle estimait, en juillet, « absolument juste et important et dans l’intérêt absolu de l’Europe ». Il est vrai qu’après le Brexit, l’Allemagne devient la tête de pont privilégiée des multinationales yankees, et donc de la politique européenne des USA.

Il bouge encore même si, après 14 « rounds » de négociations opaques (disons plutôt d’expression unilatérale des volontés étasuniennes), l’Union européenne et les États-unis n’ont pas trouvé le moindre accord sur aucun 27 chapitres du projet de traité ! Pourtant un quinzième « round » doit s’ouvrir début octobre aux États-Unis… Quant à la Commission européenne, elle est favorable à ces accords, prête comme toujours à se coucher devant les diktats des multinationales qui sont les instigatrices réelles et les seules bénéficiaires potentielles de ce traité.

Hypocrisie des institutions européennes : en juin, juste avant le 14e round de négociations qui avait lieu à Bruxelles, les États membres ont renouvelé à l’unanimité le mandat de la Commission. Forte de ce mandat accepté à l’unanimité, le porte-parole de la C.E., le ci-devant Schinas martèle : « Nous avons un mandat de négociation qui a été accepté unanimement. Si les conditions sont remplies, la Commission européenne est prête à boucler l’accord à la fin de l’année ». Avec évidemment le soutien du patronat allemand… « Le TTIP (Tafta) ne doit pas être sacrifié sur l’autel de la campagne électorale qui commence », s’est pour sa part insurgé le chef de la puissante fédération automobile VDA, Matthias Wissmann. D’ailleurs, en coulisses, des diplomates sont convaincus que les négociations devront être suspendues au moins jusqu’à après les élections en France et en Allemagne en 2017. Pour revenir ensuite par la fenêtre…

Rappelons que le Tafta est un projet de partenariat de libre-échange transatlantique, négocié depuis juin 2013 – dans la plus grande opacité – par l’Union européenne et les États-Unis. Son but est de créer la plus grande zone de libre-échange du monde pour un marché de près de 800 millions de consommateurs. Dans la réalité, il s’agit de faire de l’Europe un simple vassal économique des États-Unis…

Ne faisons pas les fines gueules et savourons cette victoire du bon sens. Mais, bien camouflé dans l’ombre du tonitruant TAFTA sévit le CETA pour Comprehensive Economic and Trade Agreement. Négocié entre l’Union Européenne et le Canada comme toujours dans la plus grande opacité en 2009 et signé très discrètement en 2014, ce traité est aussi nuisible que le tant détesté TAFTA. Signé, mais pas ratifié !

Bien qu’il soit censé ne concerner que les échanges commerciaux entre l’U.E. et le Canada, le CETA est en fait le cheval de Troie des États-Unis puisque 81 % des entreprises étasuniennes présentes en Europe ont aussi une filiale au Canada. Par ce biais, les multinationales yankees pourront utiliser ce traité pour attaquer, via leur filiale canadienne, les États européens qui adopteraient des lois pouvant porter préjudice aux intérêts réels ou supposés de ces multinationales ! De plus, tout comme TISA (http://www.agoravox.fr/auteur/victor-71026) ce traité - contrairement à l’OMC (organisation mondiale du commerce), qui utilise des « listes positives » dans lesquelles les États énumèrent clairement les services publics qu’ils souhaitent inclure dans l’accord à l’exclusion de tous les autres – CETA propose la libéralisation de tous les services sauf ceux mentionnés dans des « listes négatives ». Ce qui change tout et entérine les desiderata des multinationales avides de bouffer tous les services publics, y compris la santé, l’éducation, l’environnement, le droit au travail et, pourquoi pas, la police et l’armée. Ainsi, stopper le TAFTA et ratifier le CETA serait une énorme konnerie.

Comme il se disait il y a quelques décennies, « ce n’est qu’un début, le combat continu ! »


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22/08/2016

La FNSEA sonne l'hallali contre Lactalis. Les requins se boufferaient-ils entre eux ? Olé !

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Le lait des producteurs français acheté par le principal industriel français, Lactalis, au prix du lait indien ! 0,25 euro le litre soit 250 euros la tonne. À rapprocher des prix de 2010 qui étaient de 295 euros, déjà en dessous du prix de revient générant un simple salaire au SMIC pour l’exploitant. Lactalis paie 25 à 30 euros de moins que la concurrence. Les producteurs estiment qu’il faudrait que le prix du lait atteigne 386 euros la tonne pour être très modérément rentable.

Mais comme le groupe Lactalis, numéro Un européen est le plus puissant, les contrats qu’il a signés avec les producteurs contraints et forcés le confortent dans son approche uniquement mercantile de ses rapports avec la production.

Lactalis se justifie en arguant de la chute des cours et de la surproduction mondiale. Surproduction organisée à partir de l’abandon des quotas laitiers par l’Union européenne, favorisant les usines à lait (les « fermes 1 000 vaches ») qui sont pléthore en Allemagne, aux Pays-Bas et au Danemark et qui sont plutôt d’ailleurs des fermes à 5 000 vaches. Les 90 laitières broutant de la bonne herbe de la Margeride de mon voisin estival Hervé ne font pas le poids…

Les producteurs de la FNSEA, aux abois ont décidé d’une épreuve de force avec Lactalis. Ce lundi 22 août, à l’appel de leur syndicat, ils assiègent les bâtiments du groupe à Laval, empêchant toute entrée et sortie de produits.

Pourtant, dans des publicités multisupports, Lacatalis met en avant la qualité du lait français et le savoir-faire des producteurs. Une manière de se ménager la presse, grâce à des budgets pube généreux… que l’on peut suspendre en cas de « mauvais articles »…

Lactalis est pourtant l’exemple d’une petite PME familiale de province – Besnier - qui a brillamment réussi en se hissant au premier plan tant européen que mondial. Chapeau ! Oui mais on ne réussit dans ce monde sans pitié, sans foi ni loi des multinationales qu’en piétinant allègrement ses sous-traitants et ses producteurs. Et qu’en agissant souvent aux limites de la loi. Ainsi, en 2000, le groupe, qui s’appelait encore Besnier, a été condamné pour « fraude sur le lait et publicité mensongère » pour mouillage (ajout d’eau) systématique du lait de consommation. En décembre 2012, le Canard enchaîné dénonce les pratiques du groupe, l’accusant de vendre du lait UHT pour du lait frais pasteurisé, au prix bien plus élevé. Cette fraude a été découverte en 2010 lors d’un contrôle d’une laiterie dans l’Ille-et-Vilaine par la répression des fraudes. Le parquet de Rennes n’a cependant pas donné suite à leur rapport en raison d’un vide réglementaire. En mars 2015, l’entreprise est condamnée dans l’affaire dite du « Cartel du yaourt », pour entente illicite sur les prix et les appels d’offres pour produits laitiers frais vendus sous marque de distributeur à une amende de 56,1 millions d’euros, par l’Autorité française de la concurrence. Le groupe a aussi tenté de faire modifier par l’INAO (institut national des appellations d’origine) le cahier des charges très strict des AOC (appellation d’origine contrôlée) fromagères afin de pouvoir vendre sous ce label prestigieux ses camemberts industriels au lait pasteurisé ou thermisé. Lactalis a perdu mais dans les rayons des grandes surfaces, il faut vraiment avoir l’œil exercé pour trouver des vrais camemberts (portant le logo AOC ou AOP) au milieu des flopées de fromages industriels agrémentés de belles images et de mentions ne voulant rien dire…

Pour aider les producteurs, quelques supermarchés boudent les produits Lactalis. Dans le même esprit, nous, consommateurs, pouvons éventuellement ne pas acheter les fromages President, Rouy, Lanquetot, Bridélight, Galbani, Rondelé, Munster Les petits amis, Chaussée aux moines ; ou aussi les beurres et crèmes Président, Bridélice, Bridélight, Primevère, Le Marin ; ou encore les produits laitiers La Laitière, Yoco, Flanby, Sveltesse, Viennois, Yaourt à la grecque, Kremly, B’A, Bercail, Chambourcy,Bidel ; et même les produits AOC Pochat, Istara, Beult, Salakis, Lanquetot, Société (eh oui, les célèbres Roquefort…), Boule d’Or, Lou Pérac, Le Roitelet, Ragui, Le pont de la Pierre. Etc.

Bon. Ben reste plus qu’à acheter une vache, tirer son lait, faire son beurre, sa crème, ses yaourts, ses flans, ses fromages.

Et pourquoi pas ?


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17/08/2016

Au bistro de la toile : on s’arrange entre amis lorsqu’on fait partie de la Caste des Riches…

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- Alors Victor, qu’est-ce qu’il se passe d’un peu croustillant et caché pendant qu’on nous bourre le mou avec les bourrins des Jiho ?

- Tiens, il y en a une d’histoire qui n’est pas mal. Elle concerne notre grand argentier, le ci-devant Michel Sapin.

- Celui qui rigole toujours en nous prenant nos sous ?

- Celui-là même. Notre ami Abies pectinata ?

- Qui c’est çuilà ? Abies pectinata !… teng, tu fais dans le latin maintenant Victor ?

- Ben ouais quoi, c’est une réminiscence de quand j’étais bûcheron : sapin, l’arbre, c’est un abies et il peut être pectinata, c’est-à-dire pectiné ou encore amabilis, aimable.

- Bon. Revenons à notre maître des sous des autres. Qu’est-ce qu’il a fait ?

- Il se comporte comme un oligarque, un de ces privilégiés de cette bande qui détient tous les pouvoirs, qu’ils soient politiques ou financiers et se partagent la gamelle. Par exemple, il vient d’embaucher – discrètement – comme « conseiller » un jeune « retraité ». Pas n’importe qui : le dénommé Thierry Aulagnon, énarque. Celui-ci avait déjà été son directeur de cabinet de 1992 à 1993 alors que Sapin était ministre des finances du gouvernement de Pierre Bérégovoy, ce socialiste adulé des riches pour avoir dérégulé les marchés, permettant ainsi à la finance d’asseoir son pouvoir sur l’économie et de transformer la bourse en casino. Le ci-devant Aulagnon, fort de son carnet d’adresses et des réseaux qu’il a pu se constituer à Bercy, est ensuite allé pantoufler chez l’assureur privé GAN, au poste de directeur général, puis est passé à un poste de haut dirigeant à la Société Générale.

Bercy est un panier à crabes pourri par l’idéologie ultralibérale. Ainsi les directions du Trésor et du Budget s’entourent de « banques conseil » qui profitent de leur position pour inspirer des réformes ou décisions favorables au monde de la finance ou au contraire pour étouffer dans l’œuf des réformes ou décisions contraires aux intérêts de ce même monde de la finance (voir la calamiteuse réforme bancaire à minima, ainsi que la création d’une entité bidon, la BPI, inexistante sauf pour les dépenses somptuaires de son siège !). Être agréée « banque conseil », c’est une sinécure ! Les places sont chères et font l’objet d’une débauche de concurrence feutrée entre établissements : avoir l’oreille du « Trésor », c’est avoir la main sur les manettes de l’État. Ces « banques conseils » sont écoutées par les haut fonctionnaires de Bercy avec d’autant plus d’intérêt que – outre leur identité de vue ultralibérale – ceux-ci espèrent bien en retour de celles-là de confortables situations de pantouflage à leur sortie de Bercy ! Ben voyons, ça vaut des millions leur influence dans les rouages de l’État et leur carnet d’adresses ! Le ci-devant Aulagnon en est l’exemple caricatural.

- Faut croire qu’il est compétent le mec…

- Espérons ! Manquerait plus qu’il soit une branque en plus. Mais la discrétion de Sapin s’explique par le fait que son poulain surfe allègrement avec des palanquées de « conflits d’intérêts » comme ils disent. Pour tenter d’éviter toute embrouille, Abies amabilis a envoyé une bafouille étrange à tous ses collaborateurs, avec des consignes strictes disant en substance que pour l’ensemble des questions concernant la Société Générale, Thalès, BPCE, Air-France-KLM et les sociétés We share bonds et MAB Finances, des entreprises auxquelles Thierry Aulagnon a été lié d’une manière ou d’une autre, les collaborateurs devront absolument l’ignorer et éviter de lui communiquer toute information.

- À quoi ça sert un collaborateur auquel on ne fait pas confiance ? Ça sert à quoi de le payer, grassement?

- Si Abies Sapin est si prudent, c’est parce qu’il marche sur des œufs. Mais des œufs à un prix exorbitant : 2,2 milliards d’euros.

- Fatche. Et c’est quoi cette montagne de thunes ?

- Ça remonte à l’affaire Kerviel, le mec qui aurait fait perdre 5 milliards à la Société Générale, sans que les plus hauts dirigeants ne soient au courant ! Faut pas nous prendre pour plus kon qu’on est… Et voilà où on retrouve le susnommé Aulagnon Thierry, alors ponte de la pôôvre banque « victime » de son salaud de salarié ! Parce que la banque, considérée comme « victime », a bénéficié de not' bon coeur, à travers Bercy qui a refilé à la Société Générale 2,2 milliards de crédit d’impôts. Aulagnon – qui était aux affaires de la S.G. et donc bénéficiaire au moment de cette fabuleuse ristourne – se retrouve maintenant dans le camp de ceux qui ont payé.

- Si c’est casqué on peut toujours s’aligner…

- Pas sûr Loulle. Pas sûr. Parce que cette affaire doit trouver son épilogue le 23 septembre par la décision en appel du tribunal de Versailles. Et que les largesses de Bercy étaient assorties d’une condition sine qua non : que la justice n’épingle pas les défaillances de la banque dans la faillite de ses mécanismes de contrôle. Ce que la Commission bancaire avait pourtant fait en juillet 2008 en condamnant la "SG" à une amende de 4 millions d’euros pour des "carences graves du système de contrôle interne". Ce qui fait que la S.G. risque d’avoir à rembourser ces 2,2 milliards.

- Position délicate pour le ministre qui embauche un personnage que l’on pourra soupçonner d’avoir joué contre l’institution à laquelle maintenant il émarge !

- Bof. Dan ce milieu, ce n’est pas la vergogne qui les étouffe. Ils bouffent sans états d’âme à tous les râteliers. La classe dominante n’est pas homogène, elle compte des catholiques, des protestants, des juifs. Et des sensibilités politiques diverses, de la gauche socialiste à l’UMP, en passant par le centre. C’est la même caste, la même mafia, ils sortent tous du même moule, se connaissent, se cooptent dans les conseils d’administration, se côtoient dans leurs clubs privés et passent allègrement du public au privé et vice-versa.

- Voilà donc des gens qui ont une éminente conscience de leur classe, qui sont solidaires quand la mode est à l’individualisme, qui sont organisés et mobilisés, qui défendent énergiquement leurs intérêts. Il faut suivre leur exemple ! Faisons comme eux. Battons-nous !

- Exact Loulle. Conclusion : il est temps de nettoyer les écuries d’Augias…


Illustration: merci à Chimulus


02/08/2016

TAFTA gueule à la récrée !

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En voilà une nouvelle qu’elle est bonne : il semblerait que le très exécré TAFTA aie du plomb dans l’aile ! Pourquoi ? Parce que les peuples, tant d’Europe que des États-Unis n’en veulent pas. Et que nous sommes en période électorale des deux côtés de l’Atlantique. Or, les politiciens ne respectent les volontés des peuples que lorsqu’ils ont besoin de leurs voix pour parvenir au pouvoir. Si bien que, en France par exemple, le président dit qu’en l’état des choses, la France ne signera pas les accords, même si Frau Merkel, dont le pays est ligoté aux États-Unis, poussée aux fesses par Obama, voudrait que l’U.E. signe ces accords scélérats avant la fin de l’année. Mais ses électeurs ne sont pas d’accord et les manifestations anti-Tafta qui ont perturbé la récente venue d’Obama outre-Rhin doivent lui donner à réfléchir. Ils étaient quelque 35 000, selon la police, à Hanovre au mois d’avril à demander l’abandon du traité de libre-échange. C’était la veille de la rencontre entre Barack Obama et Angela Merkel, lesquels s’entendent très bien sur le dossier. Ils ont pourtant du mal à convaincre les citoyens et les politiques, que ce soit en Europe ou aux USA, où les rangs des opposants au traité transatlantique grossissent.

Il n’est pas inutile, encore et encore, de dénoncer la nocivité de ce projet d’accord. TAFTA, on connait maintenant. C’est ce traité de vassalisation de l’Union Européenne – donc de la France – aux États-Unis. Vassalisation économique s’entend, les vassalisations politique et militaire étant depuis longtemps réalisées avec l’Otan. Ainsi, en matière d’agriculture par exemple : si TAFTA est signé, on abandonne le mécanisme de régulation des marchés. Les prix plongent. Les Américains, eux, sont protégés par le Farm Bill. Ici en Europe, que ce soit en matière de lait, de céréale ou de viande, tout accord avec les USA ferait plonger les prix et ne protégerait pas les producteurs. Sortons de l’épouvantail du poulet aux hormones lavé à l’eau de javel et regardons les choses en face : que pourront faire les fermiers, les éleveurs français et européens avec leurs productions « raisonnables » face aux gigantesques usines à fabriquer de la barbaque étasunienne ? C’est dans de véritables fermes usines - les feedlots - que sont produites 95 % de la viande bovine aux États-Unis. Des parcs d’engraissement industriels au sein desquels les considérations de « bien-être animal » liées à la production de viande sont beaucoup moins prégnantes qu’en France et en Europe. Les dés sont pipés.

Au-delà de cela, les mécanismes de règlement privé des conflits entre les multinationales et les États, seront utilisés pour attaquer des lois protectrices de l’environnement, les lois sociales et les lois de santé publique. Un des points les plus contestés de ces « accords », c’est l’établissement de tribunaux privés chargés de régler les litiges entre multinationales et États. Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des États qu’ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l’U.E.

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d’avocats d’affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales peuvent attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner. Juridictions sans appel possible. Depuis qu’ils ont eu connaissance de ces horreurs ultralibérales les peuples de l’Union Européenne font entendre leur voix farouchement contre. À tel point que le gouvernement français a annoncé, à plusieurs reprises, son opposition à ces juridictions privées, menaçant même de refuser de signer TAFTA si ces tribunaux privés étaient retenus. On ne peut que se féliciter de cette fermeté.

Sauf que, par ailleurs, la France prône tout le contraire à l’intérieur même de l’Europe ! Il existe quelque 200 traités bilatéraux régissant le commerce entre les membres les plus anciens de l’Europe et ceux qui ont été récemment intégrés. Bruxelles souhaite – à raison – supprimer tous ces traités, vestiges d’autres temps et incompatibles avec le droit européen. Mais plusieurs pays de l’Union – dont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande – se disent d’accord pour abroger ces traités obsolètes à condition de sauvegarder le mécanisme de règlement des différends investisseurs-États qui est une juridiction arbitrale privée vers laquelle les entreprises peuvent se tourner au lieu des tribunaux nationaux ! C’est exactement le mécanisme farouchement combattu dans le TAFTA ! Les arguments avancés sont exactement ceux du lobby patronal « Business Europe »

On peut légitimement se demander pour qui travaille le gouvernement : pour les citoyens et les consommateurs français ou pour les multinationales ? Il est vrai que François, le Rantanplan de la politique, nous a depuis longtemps habitués à faire l’exact contraire de ce qu’il proclame.

Mais si le TAFTA a du plomb dans l’aile, ce plomb est tiré depuis l’autre côté de l’Atlantique : en effet, les deux candidats à la succession d’Obama, Hillary Clinton et Donald Trump, se sont prononcés contre le TAFTA. Pour cela, ils ont regardé les résultats catastrophiques de l’ALENA, ces accords équivalents au TAFTA mais pour le continent américain, qui ont généré des millions de chômeurs tant aux USA que dans les autres pays de l’accord, au profit des multinationales.

La défense des multinationales ne fait pas une élection. Alors « Ouate Inde Scie ». Mais ne nous leurrons pas : si ce TAFTA est enterré, il reviendra dans quelques années, sous une autre forme, mais avec un fond équivalent.


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28/07/2016

L’électricité sans le nucléaire ? C’est possible et… moins cher !

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Savez-vous que la France pourrait tirer, dès 2050, la totalité de ses besoins en électricité des énergies renouvelables ? Donc SANS NUCLÉAIRE ! Ben oui, c’est faisable.

Un rapport très précis de l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), sortie non sans difficulté au printemps dernier grâce à la pugnacité de Médiapart le démontre.

Ce rapport de 119 pages, fruit de 14 mois de travail et très argumenté explique que rien n’empêche qu’en France 100 % de l’électricité provienne de sources renouvelables en 2050. Il vèle aussi que ce scénario ne coûterait guère plus aux consommateurs que le maintien du nucléaire à 50 %, seuil fixé par François Hollande pour 2025. Il révèle également, calculs détaillés à l’appui, que ce scénario ne coûterait pas beaucoup plus cher aux consommateurs que le maintien du nucléaire à 50 % de la production électrique, seuil fixé par François Hollande pour 2025.

Un mix électrique 100 % renouvelable est atteignable « à coût maîtrisé » calculé à 119 euros par Mégawatt/heure (MW/h). A rapprocher du coût actuel de 91 euros le MW/h. Mais ce prix, basé sur une production presque essentiellement nucléaire, est très largement sous-évalué puisqu’il ne tient pas compte des coûts faramineux du stockage des déchets nucléaires et de celui, abyssal, du démantèlement des centrales nucléaires que tant EDF qu’AREVA sont par ailleurs incapables de faire… Mais la gigantesque imposture du nucléaire « pas cher » continue à faire des ravages.

Qu’y a-t-il dans ce mix de production électrique renouvelable ? De l’éolien terrestre et marin, de l’hydraulique, du photovoltaïque, de la géothermie, de la cogénération au bois, de la méthanisation des ordures ménagères, des énergies marines (énergie des marées, des vagues, des courants), du solaire thermodynamique à concentration, des centrales hydroélectriques à réservoir.

Afin d’assurer l’adéquation à chaque instant entre la demande et la production, ce qui est une spécificité de l’énergie électrique, l’ADEME a également étudié les moyens de stockage, à court terme (batteries), à moyen terme (par les STEP, station de transfert d’énergie par pompage ), à long terme inter-saisonnier par les filières de méthanisation « power to gas » et ensuite « gas to power ».

On comprend qu’un tel rapport soit resté le plus confidentiel possible, tant il dérange les nucléocrates qui sévissent dans les milieux politiques décisionnaires…

Et pourtant…

et pourtant une évolution semble en route dans les sphères décisionnaires. Ségolène Royal, ministre entre autres de l’énergie, a présenté, mercredi 27 juillet de cette année 2016, un projet d’ordonnance concernant l’autoconsommation de l’électricité. Ce texte, approuvé par la Commission de régulation de l’énergie, prévoit que les particuliers et les entreprises consommant leur propre courant pourront bénéficier d’un tarif spécifique, plus avantageux, pour leur utilisation du réseau de distribution de l’électricité. Ce tarif sera arrêté par la Commission de régulation. De plus, la ministre va lancer dans les prochains jours un appel d’offres auprès des entreprises industrielles, agricoles et tertiaires intéressées par l’autoconsommation. L’État retiendrait alors entre 100 et 400 projets pour un volume de production total de 40 mégawatts. Ces projets seraient subventionnés. Ils concernent essentiellement, actuellement, les panneaux solaires des centres commerciaux et des installations agricoles et industrielles, les ombrières des parkings.

La pratique de produire et de consommer son électricité reste très marginale en France. 90 à 95 % de l’électricité auto-produite sont actuellement revendus à EDF, celle-ci étant obligée de l’acheter à des prix prohibitifs subventionnés par l’État payé à la sortie… par les contribuables. Mas les choses sont en train de changer puisque le coût des installations photovoltaïques a chuté et qu’elles deviennent plus fiables, et que d’autre part le tarif de rachat de l’électricité auto-produite ne cesse lui aussi de baisser. Il va donc être plus rentable de consommer l’électricité que l’on produit que de la vendre à EDF ou aux compagnies concurrentes.

On est ainsi en train d’évoluer vers une production et une consommation d’électricité décentralisées. Ce qui – excellente nouvelle – pourrait enfin sonner le glas du tout nucléaire, à la fois ruineux et tellement dangereux.

 

Illustration: Merci à Olivero

27/06/2016

Au bistro de la toile : « Si le peuple vote mal, il faut changer le peuple » !

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- Alors Victor, il s'en passe des choses en ce moment ! C'est la valse des élections, chez les Rosbifs, chez les Espanches et même chez les Bretons… Et les électeurs ne votent pas « comme il faut » me semble-t-il !

 

- Parlons de chez les Rosbifs. Le peuple s'est exprimé. Et qu'est-ce qu'on entend dans toutes les machines à bruit, qu'est-ce qu'on voit sur toutes les lucarnes à décerveler ? Des interviews des perdants, des bobonimenteurs pourrissant la « stupidité » de cette populace qui n'a pas voté « comme il faut » ! On n'entend que ça. Et on met en avant une vague pétition réclamant rien moins...qu'un niveau référendum ! Et on fait parler des « brexiteurs » qui disent regretter leur vote.

Et l'on parle d'un pays qui se réveille comme après une grosse cuite. Et l'on oppose le vote des gens éduqués, aisés, propres sur eux de Londres aux ploucs puants de la gueule de la cambrousse qui ont voté contre le maintient dans cette Europe des banksters. Salaud de peuple va ! « Si le peuple vote mal, il faut changer le peuple » qu'il a dit un jour Berthold Brecht !

 

- S'il y avait un référendum en France, le résultat serait le même que chez les Rosbifs : il y a un rejet général de L'Europe telle qu'elle nous est infligée.

 

- « Infligée ». T'as trouvé le bon mot Loulle. Cette Europe qui nous est infligée par des traités scélérats n'est plus celle qui nous a tant fait rêver. Cette formidable utopie qui nous a amené la paix en nous réconciliant avec les Allemands a failli réussir. Et elle peut réussir maintenant qu'elle est débarrassée des Britanniques qui ont tout fait pour la casser.

 

- Aussi, pourquoi les avoir fait entrer les British ?

 

- Parce que les Etasuniens l'ont imposé. Faisons un petit retour en arrière. Á l'époque de la création du Marché Commun, la Grande-Bretagne a tout fait pour le contrer, notamment en créant parallèlement une « zone de libre- échange » avec quelques pays de l'Europe du Nord. Mais les milieux d'affaires britanniques, assistant impuissants au rapide développement économique du Marché Commun sans en profiter, ont poussé les politiques à demander leur adhésion.

De Gaulle – qui les connaissait bien - s'est en son temps farouchement opposé à leur entrée, en 1963 puis en 1967. Pour des raisons stratégiques : il avait compris que la Grande-Bretagne serait le cheval de Troie des États-Unis. Ce en quoi, là encore, sa vision était pertinente. Mais Rothschild-Pompidou, à la solde la City de Londres, leur ouvrit les portes et, après deux ans de négociations, la Grande-Bretagne adhéra à l'Europe en 1972, amenant dans ses bagages l'Irlande et le Danemark.

La Grande-Bretagne s'est tout de suite opposé à la seule réalisation européenne tangible, la politique agricole commune. Et le bordel européen a commencé... Souvenons-nous de la Thatcher réclamant, telle une virago : « I want my money back ! » Et obtenant un chèque annuel de restitution de tout ce que la Grande-Bretagne verse au budget de l'Europe. Et ça dure toujours !!! De même, Thatcher s'opposa aux tentatives de Jacques Delors d'avancer vers une certaine fédéralisation, vers une Europe intégrée d’États-Nations.

De tous temps, lorsqu'elle met le pied dans une organisation, la Grande-Bretagne n'a qu'une chose en tête : la dominer et la façonner selon ses seuls intérêts ou sinon la faire capoter. Le premier terme de l'alternative n'étant pas réalisable, il fallait donc couler l'Europe, la faire échouer en tant que puissance politique, diplomatique, militaire. Ceci évidemment en étroite concertation avec les États-Unis.

 

- Comment ?

 

- D'abord en poussant à un élargissement sans frein, et le plus rapidement possible. Et ça a été l'intégration catastrophique de tous les pays de l'Est... 28 États dans une organisation où les décisions se prennent à l'unanimité ! Un « machin » rigoureusement ingouvernable, donc paralysé. C'est ce qui se passe actuellement.

Ensuite freiner, par tous les moyens, toute avancée vers une plus grande intégration fédéraliste.

Puis influer pour ouvrir cette Europe passoire à tous les vents d'une « mondialisation » façonnée par et pour les États-Unis (et leur cheval de Troie britannique).

Puis vint Maastricht et la création de l'Euro. Ce sont les Britanniques qui ont lutté farouchement, et avec succès, pour que la fiscalité et le social soient exclus des lois communes européennes. C'est donc à eux que l'on doit la concurrence sauvage entre pays vers le moins-disant fiscal et social. C'est à cause d'eux que des pays sans scrupules comme le Luxembourg et les Pays-Bas ont mis au point des mécanismes exploitant cette faille et livrent l'Europe aux appétits sans frein des multinationales. C'est à cause d'eux que celles-ci ne paient pas d'impôts.

Quant à l'euro, non seulement ils n'y sont pas entré, mais ils en profitent outrageusement grâce à la puissance financière de leurs nid de banksters qu'est la City…

 

- Il faut en revenir aux pays fondateurs. D'ailleurs ça bouge. Les six fondateurs discutent ensemble pour un nouveau départ.

- Il serait temps. Mais attention à l'Allemagne qui est liée « à l'insu de son plein gré » aux Etats-Unies. La fable qui nous est racontée – en France essentiellement, et dans le but de manipuler mentalement nos seuls compatriotes – serait que le « couple franco-allemand » constituerait l’axe fondamental de la stratégie internationale des deux États, et la clé de voûte de la « construction européenne ».

Pourtant le traité de l’Élysée signé par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer le 22 janvier 1963 fut entièrement dénaturé, 5 mois après, par un fameux « préambule interprétatif » voté sans crier gare par le Bundestag allemand le 15 juin 1963 au moment de sa ratification.

Ce « préambule interprétatif » réintroduisit unilatéralement, sans l’accord de la France, tous les éléments que Charles de Gaulle avait justement délibérément exclus du traité, dans l’objectif de desserrer les liens entre l’Allemagne et les États-Unis afin de soustraire l’Europe à l’hégémonie américaine.

Les députés allemands, dûment chapitrés par les émissaires de Washington, insistèrent donc dans ce « préambule interprétatif » – qui devrait plutôt être qualifié de « préambule destructeur » http://www.assemblee-nationale.fr/14/evenements/50-ans-tr...

 

- Ouais. On comprend mieux l'attitude de Frau Merkel qui freine des quatre fers pour dégager le Royaume-Uni rapidement de l'Europe, selon le souhait de ses électeurs. Barrack « Blackbush » Obama a dû lui passer un coup de fil lui rappelant sa vassalisation signée vis-à-vis des USA !

 

- Exact. Avec la défection des Rosbifs, elle perd un allié ultra-libéral de taille et se retrouve seule face à la France plus ou moins soutenue par les pays du Sud plus qu'irrités par les diktats allemands et pour lesquels l'Europe sociale et politique compte plus que l'économie austéritaire à la Wolfganf Schäuble.

- « Ouate Inde scie »… Allez, à la nôtre.


Illustration:merci à Chimulus

09:48 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : europe

24/06/2016

MERCI aux Anglais pour ce « kick in the ass » : Ils ont LIBERE L'EUROPE !

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C'est une formidable bouffée d'air frais qui nous vient des îles britanniques. Preuve de la puissance de ce petit bout de papier : le bulletin de vote !

En dépit de toutes les menaces de catastrophisme, le peuple britannique a dit non à une bureaucratie européenne illégitime car élue par personne, non aux mensonges, non aux diktats et aux privilèges d'une pseudo élite, non aux multinationales, non aux banksters, non à la corruption, .

Rejet des « zélites », rejet des partis dominants, rejet des personnels politiques. Il n'est que de voir la gueule de Cameron, celle de Junker, celle de Hollande, celle de Merkel ; il n'est que de jubiler devant la chute des bourses, la panique parmi les crapules de la City pour comprendre que ce carcan a éclaté.

« Ils » devraient comprendre que l'Europe, ce n'est pas seulement l'économie, c'est aussi des femmes et des hommes qui veulent vivre décemment, dignement, fraternellement, avec confiance en leur avenir. « Ils » devraient dégager, tous, pour laisser une nouvelle génération tout faire pour nous rendre enfin l'Europe que les « zélites » ont trahie et volontairement laissée confisquer par la « phinance » et les multinationales sans foi ni loi.

Les British ont eu le courage de dire « No » malgré le tir roulant de toutes les grosses têtes, de tous les « faiseurs d'opinion » qui leur promettait pis que pendre s'ils ne votaient pas « correctement ».

Le peuple laborieux, par son bulletin, a dit son ras-le-bol de voir les salaires dégringoler sous la concurrence soi-disant « libre et non faussée » de ces travailleurs détachées, de voir la précarité galoper avec des contrats de travail aberrants.

Le peuple, il veut être logé à des prix normaux, il veut être soigné sans attendre des mois, il veut être instruit dans des écoles publiques performantes. Il veut décider lui-même ce qui doit conditionner sa vie, son avenir et non laisser ces décisions vitales être tranchées par quelques sinistres bureaucrates planqués dans le gras fromage de Bruxelles à la solde de tous les lobbies. Il veut aussi rester maitre chez lui et non ouvrir la porte à tous les miséreux du monde que les « zélites » sous l'aiguillon d'un patronat cupide et avide accueillent non pas par altruisme, mais pour avoir une armée de pauvres gens taillables et corvéables à merci pesant de tout son poids sur les salaires et les conditions de travail. C'est ça qu'ils ont dit les British.

Et ils ne sont pas les seuls. Les contestations en Europe sont générales. L'Italie à balayé les mafieux qui tenaient les villes de Rome, de Turin. Les Espagnols s'apprêtent à mettre dehors les partis qui l'ont si mal dirigés, les Autrichiens ont envoyés aux oubliettes ces mêmes oligarchies bouffies de morgue.

Les peuples européens n'ont que rarement été concertés. Et lorsqu'ils l'ont été, comme en France et au Pays-Bas au sujet de la « Constitution européenne», leur décision sortie démocratiquement des urnes a été jetée à la poubelle par des politicards trahissant sans vergogne.

Et nous, les Français, qu'attendons-nous ? Faudra-t-il la calamité d'un 22 avril réussi pour enfin se réveiller ?

A nous de réinventer cette Europe trahie par une oligarchie exécrée. A nous de dire oui à une Europe des solidarités voulues et acceptées par les peuples et non à cette horreur économique qu'est devenu l'U.E. basée sur la mise en concurrence féroce des peuples qui la compose, au seul profit des banksters et des multinationales.

Le carcan de cette Europe bouffie, honnie, ne peut pas résister à ce rejet salutaire que lui infligent les Britanniques.

Merci aux Britanniques de lui avoir donné ce « kick in the ass » ce coup de pied au cul appelé Brexit.

 

Illustration: merci à Ben Garrison



21/06/2016

Euro 2016 : gazon maudit pour nos très chers stades !

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Bien sûr ça fait rigoler cette pelouse peinte pour qu’elle soit plus « télé visuelle ». Ce qui s’est passé à Lille, ville devenue célèbre ces jours derniers pour les artistiques gamelles des fouteux, n’est pourtant pas très rigolo ni pour les joueurs, ni pour l’image de la ville à travers son stade Pierre Maurois. C’est l’UEFA qui a exigé le changement de la pelouse de ce stade – qui pourtant donnait satisfaction – pour la remplacer, fin mai, par une pelouse « UEFA » fournie par l’entreprise autrichienne Richter Rasen. Quelles magouilles se cachent derrière cette coûteuse opération, au frais du gestionnaire. Notons qu’une même opération de changement de pelouse a été imposée par l’UEFA aux stades de Marseille et Nice… L’herbe rapporte plus aux pelouseurs « agréés UEFA » qu’aux paysans de Lozère ou d’Ariège…

 

Cette péripétie qui serait cocasse si elle n’était si coûteuse, donne l’occasion d’aller voir d’un peu plus près ce qu’il y a derrière la construction de ces stades pharaoniques. Combien ça coûte, qui paie et pour quoi ?

 

Ainsi ce fameux stade de Lille, baptisé du nom de l’ancien maire de Lille Pierre Maurois, compte 50 000 places, il est doté d’un toit ouvrant et d’une pelouse rétractable (?!). Il coûte 324 millions auxquels s’ajoutent 161 millions d’aménagements autour du stade (parking, voies d’accès, etc.). Il appartient à la Métropole européenne de Lille (MEL) et est géré par la société Eiffage. Enfin, il appartiendra à la MEL à l’issue du remboursement des loyers, pendant trente ans, à Eiffage dans le cadre du Partenariat Public Privé (PPP).

 

Il y a déjà plusieurs embrouilles en cours. La société Eiffage réclame en justice 167 millions supplémentaires pour des travaux non prévus, genre normes parasismiques et autres couleurs de moquette des loges privés ! Ce n’est pas tout. Un juge d’instruction (le juge Gentil) enquête sur l’attribution à Eiffage alors que l’offre de Bouygues était plus compétitive (10,7 millions de loyer annuel pour l’un, 14,2 pour l’autre. Et c’est le plus cher qui a été choisi… Bizarre, bizarre. La différence, sur 30 ans que durera le contrat, est de 108 millions qui sortira des poches des assimilés Lillois de la MEL. De plus, si le club hôte – le LOSC – descend en ligue 2, le loyer annuel qu’il paie tombera de 4,7 millions à un seul petit million… La ville a intérêt à ce qu’ils soient bon, les fouteux du LOSC !

 

A Marseille, le Stade vélodrome – qui n’avait plus de piste cycliste depuis bien longtemps – a été agrandi, rénové et en partie couvert, pour un coût prévu oscillant entre 120 et 160 millions d’euros. Les estimations de coût étant comme les quenelles qui gonflent, qui gonflent, ce sera finalement 268 millions dont 43,5 millions pour la ville de Marseille et 90 millions pour l’État et les autres collectivités locales. Le reste est financé là encore par un PPP juteux pour Arema, filiale de Bouygues : la mairie va lui signer chaque année un chèque de 12 millions, pendant 35 ans. Montant que la Chambre régionale des Comptes estime à plutôt 14,6 millions… Ce PPP a été voté par la municipalité phocéenne sur la promesse que l’OM paie un loyer annuel de 7 à 8 millions. Or le club a tapé sur la table et a fait ramener le loyer à 3 millions pour 2015, et 4 millions les deux années suivantes. Après, on verra… Que penser de l’énormité dans la konnerie d’un conseil municipal qui signe un PPP énorme sur la simple promesse verbale du montant du loyer du club résident ? C’est vrai qu’il y a aussi une part de 20 % des recettes de la billetterie. Donc, là encore, ils ont intérêt à être bons les fouteux marseillais (ce qui n’est pas le cas) parce que lorsqu’ils perdent, il y a moins de monde et c’est le contribuable qui paie…

 

Ailleurs (Nice, Saint-Etienne, Bordeaux, etc.), cherchez vous-même.

 

Ouais, mais les stades sont les cathédrales modernes. Est-ce qu’on se soucie du coût de la cathédrale de Chartres ou de Notre-Dame de Paris ?

Sans compter que, à défaut d’élever l’âme, ces « cathédrales » modernes vibrent aussi de leurs cantiques « Oh Hisse ! Enculé… »

 

Et puis, les stades peuvent être facilement recyclés. Comme au Vel’d’Hiv ?

 

Photo X - Droits réservés

sources: http://www.bastamag.net/Euro-2016-de-nouveaux-stades-trop...

17/06/2016

Au bistro de la toile : Martinez chez El Khomry

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- Alors ! Victor, tu crois qu'ils vont se rouler une pelle ?

 

- Qui ça ?

 

- Ben, M'ame El Komry et le camarade Martinez, ci-devant moustachu de la CGT.

 

- C'est vrai qu'ils se rencontrent ce matin. Si leurs négociations durent jusqu'à demain , ce qui voudrait dire que ça avance positivement, et qu'ils se se fassent une salade de museau pour fêter ça, on pourra dire que c'est « la pelle du 18 juin » !

 

- Il doit y avoir tarpé parce que les kroumirs vindicatifs du Sénat sont en train de lui filer de sacrés suppositoires au cul à cette Loi El Komry pour la bouster ! Sous sa version actuelle, elle leur semble trop « gauchiste ». Ils ont même voté l'abandon des 35 heures.

 

- Le Sénat, après un bref passage à gôôôche, a retrouvé sa vocation : être la grosse caisse de tout ce que la droite la plus bornée peut proposer. Ainsi, le fameux article 2, celui qui préconise l'inversion des normes leur semble encore trop favorable aux manards…

 

- Et qu'est-ce qu'il dit cet article ? C'est quoi « inverser les normes » ?

 

- En matière de négociations entre syndicats et patronat la règle est que ces négociations se passent au niveau des « branches ». Les branches, ce sont les organisations professionnelles qui regroupent les entreprises œuvrant dans un même secteur. La branche textile regroupe ainsi toutes les boites qui marnent dans le tissu, la branche métallurgie regroupent toutes celles qui sont dans la ferraille, etc. Ce système donne un certain poids à ces « branches », poids que n'auraient évidemment pas les entreprises prises séparément. Ce sont les « accords de branche » d'où découlent les « conventions collectives » qui régissent les rapports entre patrons et salariés.

La Loi El Komry, sur diktat du patronat, veut donc casser ce rapport de force. « Inverser les normes » consiste à donner priorité aux accords directs entre salariés et patrons au sein des entreprises, sans passer par les « branches », bien trop puissantes pour les patrons. Note que cette inversion des normes comme ils disent dans leur jargon est dictée par la Commission Européenne qui l'a déjà exigée de la Belgique, l'Espagne, l'Italie, pays qui avaient des accords équivalents aux nôtres.

 

- Et ça va changer quoi ?

 

- Ben, si cette loi passe, une entreprise pourra désormais négocier avec ses salariés des conditions moins favorables que la convention collective de branche, ce qui ouvre la porte au dumping social. Les salariés, seuls, avec l'épée de Damoclès du chomdu sur leur tête, seront des proies plus faciles à plumer par les patrons. Voilà ce que Martinez refuse.

 

- Oui mais la CFDT est pourtant d'accord pour signer ces accords ? Pour eux les négociations ont été positives...

 

- Bof. Comme disent les slogans des manifs, « Si le Medef voulaient instaurer l'esclavage, la CFDT négocierait le poids des chaines »…

 

- Bon. En attendant le résultats des négociations, levons nos verres !

 

- A la nôtre !

 

Illustration: merci à Chimulus

13/06/2016

PAS D'IMPÔTS pour cette grande cause nationale : l'Euro 2016 de foutebol...

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Qui dit qu'on paie trop d'impôts en France ? Qui sont ces pisse-froid qui ne comprennent pas la beauté de l'acte de payer son écot pour le bien public en fonction de ses moyens ? Vous ? Moi? Mais alors c'est que vous, et moi, n'avons pas la chance de faire partie de cette « élite » qui, grâce au dieu foutebol, ne sortira pas un seul fifrelin en impôts – si ce n'est la TVA – au cours du grand raout foutebalistique – l'EURO 2016 - qui sévit dans notre beau pays depuis quelques jours.

Oui, vous avez bien lu : aucune taxe, aucun impôts sur les sociétés, aucune autre fiscalité française pour les entreprises partenaires de l'UEFA. C'était la condition sine qua non, en 2010, pour obtenir cette organisation... Qui sont ces heureux partenaires qui vont pouvoir se gaver sans reverser la moindre thune ? Il y a les « sponsors » officiels qui sont : La Française des Jeux (On les connaît ceux-là, ce sont les racketteurs officiels ; c'est une entreprise publique française datant de 1976, détenue à 72 % par l'État français qui lui a confié le monopole des jeux de loterie et de paris sportifs sur tout son territoire), McDonald's (L'empereur mondial de la malbouffe, grand pourvoyeur d'obèses), Coca-cola (Ceux-là aussi on les connait, c'est pour eux que TF1 « prépare le cerveau de ses téléspectateurs »), Carlsberg (entreprise danoise, troisième ou quatrième fabriquant de bière mondial), Continental (oui, ce fabriquant de pneus allemand qui a laissé des milliers d'ouvriers sur le carreau), Hyunday-Kia (conglomérat coréen : automobile, construction navale, militaire, électronique, écrans plats notamment), SOCAR (ceux-la, c'est la State Oil Company of Azerbaijan Republic, c'est-à-dire la compagnie nationale pétrolière et gazière d'Azerbaïdjan.), Hisense, fabricant chinois de téléviseurs, électroménager, smartphones. S'ajoute à ces veinards le groupe suisse Kuoni, spécialisé dans l'organisation de voyages, responsable de l'hébergement pour les équipes participantes, les officiels de match, les partenaires commerciaux et de diffusion, les journalistes, les fournisseurs et équipes responsables de l'organisation de la phase finale. L'UEFA va passer encore quelques partenariats encore inconnus.

Nouveau venu parmi ces veinards, le traiteur Hédiard, - la célèbre maison d’épicerie fine de la place de la Madeleine à Paris – qui, associé au chef Robuchon, a été retenue pour assurer les services d’« hospitalité ». C'est donc lui qui assurera les prestations organisées autour des matchs – en particulier la restauration – et qui sont vendues aux entreprises. « Deux niveaux de prestations : « Platinium » (sacré Platini, va !) pour les loges privatives; « Gold » pour les places de catégorie affaires, les « business seats » dans le jargon professionnel. Le prix moyen pour cette seconde catégorie est de l'ordre de 1.700 à 2.200 euros par place. Pour les loges, la note varie selon les stades et les matchs, le maximum étant atteint par la finale avec un montant de la prestation à l'unité de 4.270 euros. « Nous sommes dans les prix de marché », assure Jacques Lambert, le président d'Euro 2016 SAS, la structure juridique ad hoc, détenue à 95 % par l'UEFA, la Fédération française de football en possédant 5 %. » (Les Echos.)

A côté » de ces cadors, il y a de solides second couteaux : Adidas, Crédir Agricole, Proman, SNCF, Orange, Turkish Airlines, La Poste.

Le principal bénéficiaire de cette opération, c'est cet organisme à structure mafieuse nommé UEFA qui, lui, se gave. Le gouvernement va en effet exonérer de tout impôt les différentes entités chargées d'organiser l'Euro 2016 de football. En dehors de la TVA, qui est pilotée par des règles européennes, aucune taxe, aucun impôt sur les sociétés, aucune autre fiscalité française ne sera prélevée sur l'UEFA et ses filiales françaises. Pour l'événement, une structure juridique ad hoc a été créée, baptisée « Euro 2016 SAS », et détenue à 95 % par l'UEFA et à 5 % par la Fédération française de football. Elle gère toute l'organisation de la compétition, à l'exception de la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. »

Voilà à qui nous allons refiler ce manque-à-gagner de l’État. Eh ! Il ne faut pas être égoïstes, il faut aider les malheureux du monde...

Comme vous pouvez voir, juste quelques entreprises françaises parmi ces heureux « exemptés d'impôts ». Par contre l'organisation laisse à l’État et aux collectivités françaises la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. Selon une étude commandée par l'UEFA, l'Euro 2016 coûtera au total 1,650 milliard d’euros (investissement pour la construction ou la rénovation des stades, sans compter 400 millions pour améliorer l'accès et les transports) pour des retombées évaluées à 1,134 milliard d’euros pour l’activité en France.

Ben voyons ! Et kikiva payer pour ces beaux stades construits selon la juteuse procédure du Partenariat Public Privé (le public casque, le privé encaisse le fric) ? Et kukiva casquer pour les flics qui garderont ces stades des débordements de ces hordes de « supporters » bourrés de Carlsberg (interdite aux abords des stades la kro ou les bières locales ! ) Les tarés qui ont tout cassé sur le Vieux-Port se sont bourrés à la danoise, uniquement.

Ainsi, alors qu'il n'y a pas un kopeck pour les collectivités locales, le gouvernement a prévu 2 milliards d'euros dont 1,6 euros pour les stades et 400 millions pour les accès net les transports. Et la sécurité, vous croyez que c'est gratos ? Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a détaillé les dispositifs de sécurité qui seront déployés lors du championnat. Au total, 77.000 personnels du ministère de l'Intérieur sont mobilisés: 42.000 policiers (dont 2.000 de la sécurité publique, 5.000 de la police aux frontières, 2.000 membres des Compagnies républicaines de sécurité (CRS), 10.000 de la préfecture de police de Paris), 30.000 gendarmes (dont des membres du GIGN) et 5.200 personnels de la sécurité civile (dont 2.500 sapeurs-pompiers et 300 démineurs). Dans les infrastructures de transport, une partie des militaires de l'opération Sentinelle sera mobilisée. De plus, 13.000 agents de sécurité privée et 1.000 bénévoles des associations de secourisme seront présents. Enfin, le GIGN, le RAID et la BRI seront prêts à intervenir. Le secrétaire d'état aux sports, Thierry Braillard a annoncé quelques jours avant le début de la compétition que la diffusion des matchs à la terrasse des cafés et restaurants serait interdite pour des raisons de sécurité.

Ouais mais le prestige ! L'image de la France ! Les « retombées » touristiques ! Mouais… Avec les poubelles partout, les grèves qui n'ont – à juste raison – rien à foutre du raout foutebalistique, les bagarres de « supporters » mononeuronés, elle n'est pas très reluisante l'image.

Ouais, mais les retombées économiques... Parlez-en aux Brésiliens !!!

 

Photo X - Droits réservés

20/05/2016

Glyphosate : le tango des dép(u)ités européens.

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Un pas en avant, deux pas en arrière, un pas glissé sur le côté… Les têtes d'oeufs de l'Europe de Bruxelles n'en finissent pas de tergiverser sur l'arrêt ou non de ce poison reconnu mais...autorisé par l'U.E. Les peuples de l'Union ne veulent pas du glyphosate, molécule du tueur d'herbe Roundup, substance « probablement cancérogène » selon l'OMS (organisation mondiale de la santé). Mais, si « on » tenait compte de l'avis de la « populace » dans les bureaux feutrés de Bruxelles, ça se saurait…

Le lobby des empoisonneurs, très influent parmi les « on » qui décident pour nous, font la roue ( ! sonnante et trébuchante la roue ? Qui lo sa…) devant eux pour les séduire. Ca a failli marcher au mois de mars, mais une vague citoyenne a fait réfléchir les députés qui étaient prêts à donner quinze années supplémentaires d'autorisation d'utilisation de la molécule maudite. Ils ont alors repoussé leur décision à ces jours derniers. Nouvelle levée de bouclier, nouveau doutes parmi les députés, le vote n'est pas suffisamment probant. Que fait l'U.E. ? Elle repousse de nouveau sa décision...tout en laissant les produits en vente, bien sûr. Jusqu'à quand ? Elle espère probablement faire passer l'embrouille durant l'été, lorsque les citoyens sont moins mobilisés, occupés qu'ils sont à se bronzer la couenne… Entre temps, on va voir fleurir des « études scientifiques » démontrant l'innocuité de cette substance. Ben voyons.

Cette substance, que l'on retrouve dans l'herbicide RoundUp de Monsanto, a pourtant été classée cancérogène "probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015. Classement que réfute en bloc l'Autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA) – chargée de veiller sur notre santé !!! - affirmant qu'au contraire la substance ne serait probablement pas cancérogène. Même l'OMS, travaillée au corps par les lobbies, remet en doute son précédent avis.

On assiste à un cas flagrant de prise de pouvoir des multinationales aux dépens de notre santé. En effet, la ré-autorisation proposée à Bruxelles, se base sur des évaluations fournies par la Glyphosate Task Force (GTF - groupe de travail sur le glyphosate), un consortium d'entreprises de l'agrochimie auquel appartient -- avec d'autres géants de l'agrochimie -- Monsanto. Quelle bonne surprise !

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) avait classé le glyphosate comme cancérogène "probable" en mars 2015 suite à la réunion d'un comité de 17 experts scientifiques indépendants ayant étudié pendant plus d'un an 260 études menées aux États-Unis, en Suède et au Canada depuis 2001. En d'autres termes, une classification prise au sérieux et basée sur des données scientifiques solides.

Monsanto, qui accuse le CIRC d'avoir écarté de son évaluation les études commissionnées par les industriels de l'agrochimie, ne dit pas toute la vérité. Comme le rappelle Kathryn Guyton, directrice de recherche au CIRC, les recherches menées par les industriels comme Monsanto n'ont jamais été publiées publiquement et n'ont donc pas pu être évaluées par les chercheurs indépendants.

Alors, aujourd'hui se pose une question très simple : pourquoi la Commission européenne et l'AESA refusent l'évaluation du CIRC concernant les dangers du glyphosate pour l'homme ? La réponse est simple : la Commission est à la botte du lobby du glyphosate et des industriels de l'agrochimie comme Monsanto. Il sera d'autant plus difficile de lutter contre les pressions des industriels qu'une nouvelle OPA géante pourrait bouleverser bientôt la chimie. Le groupe allemand de chimie et de pharmacie Bayer, qui vaut 80 milliards d'euros, a indiqué ce jeudi 19 mai avoir proposé de racheter l'américain Monsanto, numéro un mondial des semences et producteur de l'herbicide Roundup. Frau Merkel, soucieuse des intérêts de ses industriels, pourrait faire pencher la balance. Dans le mauvais sens bien sûr, celui de l'autorisation du poison.

Restons vigilants ! Ne pouvant, comme les lobbies, les inviter dans de grands restos pour les influencer, abreuvons nos députés européens de lettres ou de courriels pour leur rappeler comment voter !

Liste des députés européens français :

http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?country=FR

Liste des députés européens belges :

http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?country=BE

Pour signer la pétition contre le glyphosate: https://www.foodwatch.org/fr/s-informer/topics/glyphosate/petition-contre-le-glyphosate/

 

Illustration X - Droits réservés

 

19/05/2016

TAFTA – FRANCE : « Plus faux-cul que moi, tu meurs ! »

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Comment s'étonner du fossé qui se creuse dangereusement entre le Peuple et les gouvernants ?

Comment s'étonner que la violence remplace le dialogue dès lors que derrière les belles paroles des gouvernants se cachent des manœuvres sournoises en contradiction totale ?

Comment dès lors s'étonner de cette insurrection qui risque d'arriver ?

 

Ce gouvernement, élu sur un programme de gauche totalement bafoué, nous donne encore un exemple révoltant de son cynisme faux-cul. C'est un article du Monde qui nous en donne une nouvelle illustration.

 

De quoi s'agit-il ?

 

TAFTA, vous connaissez maintenant. C'est ce traité de vassalisation de l'Union Européenne – donc de la France – aux Etats-Unis. Vassalisation économique s'entend, les vassalisations politique et militaire étant depuis longtemps réalisées avec l'Otan. Un des point les plus contestés de ces « accords », c'est l'établissement de tribunaux privés chargés de régler les litiges entre multinationales et Etats. Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des Etats qu'ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l'U.E.

 

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d'avocats d'affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales peuvent attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner. Juridictions sans appel possible. Depuis qu'ils ont eu connaissance de ces horreurs ultra libérales les peuples de l'Union Européenne font entendre leur voix farouchement contre. A tel point que le gouvernement français à annoncé, à plusieurs reprises, son opposition à ces juridictions privées, menaçant même de refuser de signer TAFTA si ces tribunaux privés étaient retenus. On ne peut que se féliciter de cette fermeté. Sauf que…

 

Sauf que, par ailleurs, la France prône tout le contraire à l'intérieur même de l'Europe ! Explications. Il existe quelques 200 traités bilatéraux régissant le commerce entre les membres les plus anciens de l'Europe et ceux qui ont été récemment intégrés. Bruxelles souhaite – à raison – supprimer tous ces traités, vestiges d'autres temps et incompatibles avec le droit européen. Mais cinq pays de l'Union – la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande – se disent d'accord pour abroger ces traités obsolètes à conditions de sauvegarder le mécanisme de règlement des différends investisseurs-États qui est une juridiction arbitrale privée vers laquelle les entreprises peuvent se tourner au lieu des tribunaux nationaux ! C'est exactement le mécanisme farouchement combattu dans le TAFTA ! Les arguments avancés sont exactement ceux du lobby patronal « Business Europe »

 

On peut légitimement se demander pour qui travaille le gouvernement : pour les citoyens et les consommateurs français ou pour les multinationales ?

 

On peut légitimement se demander à quoi mène cette privatisation de la justice, sinon à une démission de l’État devant les seuls intérêts privés.

 

On peut légitimement se demander ce qu'est devenue la formidable idée de l'Europe enfin unie, maintenant qu'elle est tombée au mains des lobbies au services des banksters et des multinationales .

 

On peut légitimement se demander si nos gouvernant, avec leur double langage, nous prennent pour des kons ! La majorité des Français, comme des autres Européens d'ailleurs, est contre ce système d'arbitrage privé, porte ouverte à toutes les magouilles.

 

Et puis, en continuant dans cette logique de privatisation de tout et de tous, pourquoi ne pas privatiser le gouvernement ? Vous me direz, c'est déjà fait en partie, tant les intérêt privés et les conflit d'intérêt sont d'ores et déjà présents à tous les niveaux décisionnaires… Et puis, il serait temps d'enseigner dans nos « grandes » écoles la corruption et les techniques les plus efficaces des magouilles. Ceci au nom du pragmatisme, de l'efficacité, de la concurrence « libre et non faussée » car l'honnêteté et la probité sont sources de désavantages de compétitivité pour nos entreprises !

 

Et on s'étonne que ça risque de péter partout ?

 

Illustration: merci à Geluck

13/05/2016

Avant le temps des cerises, c'est celui des fraises. Oui, mais lesquelles ?

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J'ai sous le nez deux barquettes de superbes fraises « ciflorette ». Elles viennent de chez mon neveu qui les fait pousser dans son jardin, près de Bédarrides, dans le Vaucluse. Hum ! C'est son voisin – un petit producteur - qui lui appris comment les faire pousser, en pleine terre. Celui-ci, en ayant ras le cul de se faire exploiter par les grandes surfaces, les vends à un prix très correct – 7 euros la barquette d’un kilo - au cul de sa camionnette. Et les clients ne s’y trompent pas ! Ça change de ces putains de « fraises » espagnoles qu’on trouve aux supermarchés ! T’as l’impression de croquer dans un bout de caoutchouc dur qui aurait un vague gout de tomates transgénique… Dégueulasse. Et les mecs, ils vendent ça en belles barquettes d'un demi-kilo, autour de 2 ou 3 € pièce. Comme ça ne paraît pas cher, les bons kons achètent. En fait, ils paient autant que chez mon petit jardinier provençal. Seulement voilà, ces saloperies sont le nec plus ultra de la merde.

 

Elles arrivent du sud de l’Espagne et ont donc parcourues au bas mot 1.500 à 2.000 bornes en camions crachant leur gazole à la tonne. Près de 90.000 tonnes chaque année ! À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16.000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi totalité de ces merdes poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe. Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

 

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la micro faune détruite avec du bromure de méthyle et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005… ! ! !); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

 

Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main d'œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans papiers sous payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l'hiver. Mais c’est qu’en plus ils polluent ces cons d’esclaves mon brave, en plus d’avoir les poumons pourris par les merdes qu’ils respirent et la peau vérolées par les pesticides !

 

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui intègre des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2.000 hectares ont été rasées pour faire place aux fraisiers.

 

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.

 

Quant aux esclaves, ils sont priés de se barrer, retourner chez eux ou s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner - à leurs frais puisque la plupart de son pas déclarés ! - au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respirés...

 

La production et l'exportation de la fraise espagnole - l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril - représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises…

 

Mangez cinq fruits et légumes par jour qu’ils nous bassinent… Vous crèverez plus tôt, ça soulagera la sécu !

 

 

 

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09/05/2016

C'est la Journée de l'Europe…

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Peut-on, doit-on encore y croire à cette Europe ? Fait-elle encore rêver ? Elle fait rêver ceux qui veulent venir s'y installer (un peu trop souvent sans y être invités), mais elle prend de plus en plus figure de repoussoir pour ceux qui y vivent. Et cette constatation est consternante, déprimante. Parce qu'elle est belle l'idée de l'EUROPE ! Et elle est indispensable en ces temps difficiles. Rappelons brièvement sa genèse.

 

Le 9 mai 1950, il y a donc 66 ans Robert Schumann, alors ministre français des Affaires étrangères français, faisait dans les salons de l'Horloge du Quai d'Orsay, à Paris, la déclaration qui marquait le premier acte de la construction européenne. Il proposait aux pays qui s'étaient entre-déchirés en 14-18 puis 39-45 de gérer en commun leurs ressources en charbon et acier. C'était la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA). « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait »…/...« la mise en commun des productions de charbon et d’acier changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes. »

 

Six pays ont répondu à cet appel et ont créé, par le traité de Paris du 18 avril 1951, la Communauté économique du charbon et de l’acier (CECA) : l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.

 

Un grand espoir était né. L'Europe s'est construite non sans mal, non sans soubresauts. Cette belle idée était acceptée, plébiscitée par les peuples européens. Mais, héla, elle se construisait selon les plans des Etats-Unis qui voulaient en faire un énorme marché pour leurs productions et, en lui imposant l'Otan, un glacis militaire face à l'URSS. L'Europe grandissait, s'émancipait, innovait. Allait-elle tailler des croupières à son maître d'Outre-Atlantique ? Les Etats-Unis lui imposèrent donc d'intégrer la Grande-Bretagne, son cheval de Troie. Et ce fut le début de la fin…

 

Sous la pression de la Grande-Bretagne, pitbull de l'Oncle Sam, qu'est devenue l'Europe ? Un énorme marché ouvert à tous les vents. Une construction pléthorique ayant intégré trop vite trop de nations trop différentes. Elle s'est laissée phagocyter par les seules forces économiques ultra libérales. Elle est devenu le terrain où sévissent sans contraintes tous les banksters du monde, où se gavent toutes les multinationales. Et cela au détriment des peuples européens en instituant leur concurrence sauvage à la place de la solidarité. Concurrence fiscale, alignement sur le moins-disant social, démantèlement et privatisation de tous les systèmes de protection, travailleurs détachés, etc. Il n'est pas inutile, à ce sujet, de rappeler ce que disait Jean Jaurès il y a bien longtemps mais qui est de plus en plus actuel :« Ce que nous ne voulons pas, c’est que le capital international aille chercher la main-d’œuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont le plus bas. C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que nous voulons protéger la main-d’œuvre française contre la main-d’œuvre étrangère, non pas je le répète, par un exclusivisme chauvin, mais pour substituer l’internationale du bien-être à l’internationale de la misère . » Jean-Jaurès « discours pour un socialisme douanier » 17 février 1894.

 

L'Europe, pour revivre, devrait méditer aussi ces propos de De Gaulle en 1962 : «  L’Europe occidentale est devenue sans même s’en apercevoir, un protectorat des Américains. Il s’agit maintenant de nous débarrasser de leur domination. Mais la difficulté dans ce cas, c’est que les colonisés ne cherchent pas vraiment à s’émanciper. Les vues du Pentagone sur la stratégie planétaire, les vues du business sur l’économie mondiale nous sont imposées. Bien des Européens y sont favorables. » Obama n'est-il pas, il y a quelques jours venu faire sa tournée des popotes en Europe, indiquant aux Britanniques comment voter, donnant ses directives et sa feuille de route à son autre pittbull, Frau Merkel ?

 

Ce protectorat imposé coupe l'Europe de son partenaire naturel : la Russie. Les USA ne veulent surtout pas d'une Europe et d'une Russie prospères et amies car cela constituerait une puissance économique et militaire qui serait la première au monde, bien dvant les USA et la Chine. Ce que les yankees ne veulent surtout pas.

 

Ce qui est insupportable, ce sont les diktats étasuniens imposant aux entreprises européennes de se plier aux droit étasunien et ainsi d'être directement tributaire de la politique étrangère de ce pays étranger bien qu'  « allié ». En acceptant ça, l'UE accepte sans bouger son allégeance aux USA.

 

Ce qui est insupportable, c’est le « choix » de « l'ennemi », en l'occurrence la Russie par les mêmes USA.

 

Ce qui est insupportable, c'est la délimitation des frontières de l'Europe qui doivent correspondre aux frontières de l'Otan

 

Fait nous de nouveau rêver, Europe ! Émancipe-toi, refonde-toi autour des membres premiers. Les autres viendront ensuite, mais pas à n'importe quelles conditions.

 

L'horizon pourrait s'éclaircir au mois de juin, si les Anglais « libèrent l'Europe ». Par le « Brexit » !

 

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04/05/2016

Dans l'ombre du désastreux TAFTA (avec les Etats-Unis) , le tout aussi nuisible CETA (avec le Canada).

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Merci aux Belges Wallons ! Ils vont nous sauver du petit frère planqué de l'exécrable Tafta. Parce que - bien camouflé dans l'ombre du tonitruant TAFTA (le traité de vasslisation de l'Europe par les Etats-Unis) – sévit le CETA pour Comprehensive Economic and Trade Agreement. Négocié entre l'Union Européenne et le Canada comme toujours dans la plus grande opacité en 2009 et signé très discrètement en 2014, ce traité est aussi nuisible que le tant détesté TAFTA. Signé, mais pas ratifié ! Or, tout comme le TAFTA, le CETA est un accord qui nécessite l'adoption du texte par le Conseil européen ET les Etats membres de l'Union. Tous les Etats membres. Le refus des Wallons entraine automatiquement le refus de la Belgique, qui rejoint ainsi la Bulgarie et la Roumanie dans le front du refus de la vassalisation. Et la France ? Toujours à la traine ?

 

Bien qu'il soit censé ne concerner que les échanges commerciaux entre l'U.E. et le Canada, le CETA est en fait le cheval de Troie des Etats-Unis puisque 81 % des entreprises étasuniennes présentes en Europe ont aussi une filiale au Canada. Par ce biais, les multinationales yankees pourront utiliser ce traité pour attaquer, via leur filiale canadienne, les Etats européens qui adopteraient des lois pouvant porter préjudice aux intérêts réels ou supposés de ces multinationales ! De plus, tout comme TISA ( http://www.agoravox.fr/auteur/victor-71026 ) ce traité - contrairement à l'OMC (organisation mondiale du commerce), qui utilise des « listes positives » dans lesquelles les Etats énumèrent clairement les services publics qu'ils souhaitent inclure dans l'accord à l'exclusion de tous les autres – CETA propose la libéralisation de tous les services sauf ceux mentionnés dans des « listes négatives ». Ce qui change tout et entérine les désidératas des multinationales avides de bouffer tous les services publics, y compris la santé, l'éducation, l'environnement, le droit au travail et, pourquoi pas, la police et l'armée.

 

Le texte prévoit aussi une convergence des normes entre le Canada et l’UE, alors qu’il n’existe pas de règles communes au sein même de l’Europe. Ce qui reviendrait à s'aligner sur les normes les plus basses donc à balayer les normes européennes, ce qui enfoncerait encore un peu plus la difficile construction européenne.

 

José Bové tire la sonnette d'alarme ( https://blogs.mediapart.fr/jose-bove/blog/020516/accord-d... ). Le député européen considère que « l’agriculture sert de monnaie d’échange. Une fois de plus, l’Union Européenne abandonne ses paysans pour obtenir d’hypothétiques avantages pour ses multinationales des services. Un marché de 50.000 tonnes de viande bovine et 75.000 tonnes de viande porcine s’ouvre en Europe pour l’agro-business canadien. Ces importations massives ont de quoi mettre définitivement à terre des dizaines de milliers de paysans européens, alors que ces productions sont déjà en crise. » …/… L’Accord va bien plus loin : L’Union européenne va lui sacrifier les 90 % de ses Appellations d’Origine Protégée. Aujourd’hui, la labellisation AOP est la garantie  pour un producteur que son savoir-faire et le terroir qu’il fait vivre sont uniques et ne seront pas plagiés. C’est un parcours du combattant. Lorsque la reconnaissance officielle arrive enfin, elle fait la fierté des paysans qui se considèrent, à juste titre comme les passeurs d’une tradition. Pour les consommateurs, c’est la garantie d’avoir un met de qualité, produit selon un cahier des charges exigeant. La France compte 45 AOP de fromage, dont le Roquefort, première AOP de l’histoire, obtenue en 1925, 3 de beurre et 2 de crème. Dans cette liste se trouve des noms qui nous sont familiers comme le Comté, le Rocamadour, le Laguiole, l’Ossau Iraty, le Broccio, le Salers, le Bleu de Gex, le Pélardon… Les Appellations d’Origine Protégée sont loin d’être une spécificité hexagonale. L’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Allemagne, le Royaume-Uni ont fait reconnaitre bières, fromages, salaisons, huiles d’Olives. Au total près de 1400 produits qui font le bonheur des gastronomes ont obtenu cette reconnaissance de l’Union européenne. De nombreux autres, en particulier dans les pays de l’est de l’Europe, sont dans l’attente de décrocher l’étiquette rouge et jaune.  Mais revenons à l’accord qui nous préoccupe. Il faut aller dans les détails du CETA pour se rendre compte de l’étendu des dégâts. Sur les 1400 AOP européennes, seules 174 ont eu la chance d’être nommées dans l’Annexe 20-A qui se trouve à la page 516 de ce document roboratif. » 

 

Pour la France 50 AOP laitières seulement sont prises en compte… On risque donc d'avoir dans nos "BigDistrib" de l'Osso Irati, du Pélardon, du Banon, de l'Epoisse, du Munster, de la Brucchio et autres dénominations usurpées « made in Canada ». Des notoriétés, des appellations volées en toute légalité...

 

Un débat sur le CETA est prévu le 13 mai prochain au Parlement européen. Il faut se mobiliser avant et se manifester auprès de nos députés européens.

 

Stopper le TAFTA et ratifier le CETA serait une énorme konnerie.

 

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02/05/2016

ATTENTION ! Un TAFTA (moribond) peut en cacher un autre, le TISA.

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Il semble mal barré le TAFTA. Greenpeace dévoile ce jour une partie de son contenu, soigneusement caché par les parties complices en négociation aux principaux intéressés, les populations européennes et étasuniennes. Il en ressort que ces négociations bloquent, que les peuples étasuniens ne sont pas plus chauds que les peuples européens pour ce machin uniquement pensé et conçu par et pour les multinationales et les banksters. L'expérience de l'ALENA, qui s'est traduit par une vague de délocalisations d'entreprises étasuniennes au Mexique, un chute des salaires et des milliers de chômeurs est passée par là.

 

Les « zélites » étasuniennes - fidèles à leur principe qui dit « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi, ça se discute » - refusent toute réglementation sur les services financiers comme ils refusent l'ouverture de leurs marchés publics. Sur le reste, et notamment les questions de normes environnementales, fiscales, sociales qui sont très divergentes, aucun accord ne semblant possible, les deux parties s'achemineraient, à défaut d'harmonisation, vers une reconnaissance mutuelle des règlementations de l'autre partie, avec inversion de la charge de la preuve en matière de dangerosité d'un produit. Cette reconnaissance mutuelle des standards ouvre la porte à une course au moins disant en matière d'environnement et de santé. Bonjour ou plutôt adieu le « principe de précaution » !

 

Derrière TAFTA, une autre horreur se trame, se construit dans une opacité encore plus grande, il s'agit de TISA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français. Comme pour le Tafta, les négociations ont été lancées dans une opacité totale, en Suisse en mars 2010. Il sagit d'un nouveau projet de traité commercial international («Trade In Services Agreement») qui concerne 50 pays, dont les 28 de l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Australie, le Japon, etc… Le but de cet accord est de libéraliser l’ensemble des services pour cadrer avec le contexte actuel de la révolution numérique. Tous les services seraient libéralisés, y compris les services publics – transports, hôpitaux, écoles… Tout notre quotidien est concerné : utilisation de nos téléphones, de nos cartes de crédit, du e-commerce, des réseaux sociaux, des moyens de transport, etc. L’objectif est d' «ouvrir les économies nationales à plus d’investissements étrangers, notamment dans le système bancaire et financier, sans limite de volume et du nombre d’investisseurs, avec un minimum de régulations
nationales ».

 

Vous avez aimé la directive Bolkestein, vous adorerez TISA !

 

Actuellement, un pays membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) n'est tenu de libéraliser que les secteurs sur lesquels il a explicitement donné son accord, en les inscrivant sur une « liste positive ». TiSA prévoit d'inverser cette logique en introduisant des listes négatives : seuls les secteurs cités explicitement dans les accords ne seront pas libéralisables.

Ce qui ouvrira la possibilité de libéraliser par défaut tous les nouveaux secteurs de l'économie, de la santé à l'éducation, en passant par l'énergie. Les États seront donc menacés de poursuites s'ils maintiennent des monopoles publics ou favorisent leurs entreprises locales pour relancer leur économie par exemple, à moins d'avoir auparavant négocié des exemptions dans certains secteurs.

Et l'accord prévoit un effet cliquet qui rend toute décision irréversible. Ainsi un nouveau gouvernement ne pourrait pas revenir sur une décision prise par le gouvernement précédent. Bonjour le progrès !

 

Ce traité, imposé comme d'hab par les Étasuniens, a une autre visée, géopolitique celle-là : il s'agit d'isoler les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) soigneusement écartés de ces négociations. La tactique : battre en brèche la montée en puissance des BRICS en fixant des standards mondiaux favorables aux multinationales étasuniennes et affidés, sans les consulter, puis les leur imposer. Il s'agit aussi de saboter l'accord concurrent baptisé RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership, accord économique régional complet) négocié actuellement par la Chine avec l'Asie (hors Japon, Taïwan, Corée du sud, Hong Kong, l'Inde, l'Océanie, partenaires dans TISA).

 

Et nos députés européens, qui ont voté les doigts dans le nez l'ouverture de ces négociations, ils servent à quoi ? Ils ont des lunettes en peau de saucisson pour ne pas voir l'arnaque ? Ou bien sont-ils complices ?

 

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25/04/2016

Obama. La morgue du suzerain venant tancer ses vassaux.

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Il est en tournée d'inspection, le BlackBush de Washington. Il est d'abord allé donner ses ordres aux Britichs : « No Brexit » où alors panpan culcul ! Puis il est allé rappeler à Fraù Merkel les accords secrets qui lie son pays aux USA. On ne le sait pas ça mais à peine sèche l'encre de ce beau et généreux « Traité de l'Elysée » signé par De Gaulle et Adenauer et consacrant l'amitié de ces deux frères ennemis qu'étaient la France et l'Allemagne, Adenauer était convoqué à Washington où il s'est fait remettre les pendules à l'heure. Résultat : un « Préambule interprétatif » à ce traité fut introduit subrepticement, sans en avertir ni la France ni De Gaulle, et voté par le Bundestag allemand le 15 juin 1963 à l'occasion de la ratification. Il se trouve que ce « préambule interprétatif » réintroduit les éléments que De Gaulle avait précisément exclus du traité afin de libérer la future Europe de l'hégémonie étasunienne : - subordination de l'Europe en devenir à l'intégration de ses membres à l'alliance atlantique( Otan), tuant ainsi dans l’œuf toute velléité d'armée européenne indépendante, - coopération obligatoire de cette Europe en construction avec les États-Unis, - faire entrer la Grande-Bretagne dans cette Europe. Dans l'oigne, De Gaulle… On comprend dès lors la docilité de Merkel envers les injonctions de Washington.

 

Fort du soutien de Merkel, Obama convoque dans sa province teutonne ses plus grands vassaux – le Français Hollande, l'Italien Renzi, l'Anglais Cameron – à rejoindre Merkel pour recevoir ses ordres. Ses ordres, elles se résument à deux mots : « Buy american ! » Un ordre qui s'adresse aux Européens, mais aussi aux Étasuniens, incités et même obligés pour les marchés publics, de privilégier les entreprises étasuniennes. En ce sens, Obama est parfaitement dans son rôle de président des États-Unis : il défend son industrie, ses PME, ses agriculteurs.

 

Parce que TAFTA, c'est ça et uniquement ça : ouvrir tous les secteurs économiques européens aux produits, services, finances étasuniennes. Avec évidemment le moins de contreparties possibles pour les Européens aux États-Unis. « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est toi, ça se négocie. »

 

C'est qu'il ne s'agit pas d'accords de commerce ordinaires. Il n'est pas seulement question de baisser les barrières douanières qui subsisteraient encore, ni d'harmoniser les normes techniques : il s'agit de mettre un terme qui se veut définitif aux normes internes qui gênent les entreprises transnationales. Moratoire sur les OGM, sur l'exploitation des huiles et gaz de schistes, normes environnementales, services publics accessibles, protections sociales : voilà ce qui, entre autres, est visé. Ces accords commerciaux internationaux négociés dans la plus totale opacité veulent la mise en place de mécanismes qui rendront inopérants tout choix publics qui pourraient, de près ou de loin, aboutir à une réduction des bénéfices escomptés des entreprises. Avec le mécanisme dit « investisseurs-État », une entreprise pourra remettre en cause une réglementation devant un organe d'arbitrage privé et faire condamner les États et les collectivités locales à de lourdes amendes. Avec le mécanisme de « coopération réglementaire », tout gouvernement qui voudra, dans l'avenir, revenir sur une décision antérieure de libéralisation ou prendre une mesure de protection des populations ne pourra pas le faire s'il rentre en contradiction avec l'accord.

 

Obama n'est que le commis voyageur des multinationales Étasuniennes qui ont financé ses campagnes électorales. Les lobbies d'affaires – les corrupteurs - font la loi, dans l'Union européenne autant qu'aux États-Unis où ils décident de l'agenda politique. Et les institutions, européennes ou gouvernementales, s'en font leurs serviteurs zélés.

 

Mais si les dirigeants sont couchés, les peuples se sont réveillés. Une manifestation impressionnante s'est déroulé samedi 23 à Hanovre, là où Obama vient donner ses ordres. 90.000 personnes ont battu le pavé et crié leur hostilité à ces « accords » calamiteux dans une nouvelle tranche de « négociations » débute ce jour à New-York, sur les terres du suzerain… En octobre 2015 déjà, une manifestation anti-Tafta encore plus impressionnante s’était déroulée à Berlin. Les Allemands sont en pointe dans ce combat, pourtant Merkel reste sourde et veut conclure au plus vite. Quant aux Français, plus timidement que les Allemands, ils manifestent eux aussi leur méfiance envers ce traité. Et même François Hollande qui – conviction profonde ou coup médiatique pour se concilier sa gauche ? - passe à l'offensive, déclarant que « la France pouvait dire non » si les conditions qu'elle a posé n ont pas respectées. «La France a fixé ses conditions. S'il n'y a pas de réciprocité, s'il n'y a pas de transparence, si pour les agriculteurs il y a un danger, si on n'a pas accès aux marchés publics et si, en revanche, les États-Unis peuvent avoir accès à tout ce que l'on fait ici, je ne l'accepterai pas"», a claironné le président.Beaucoup de "si"...

 

Brassage de vent ou volonté de – enfin – retrouver l'indépendance de la France qui, de De Gaulle à Mitterrand et Chirac, à toujours su garder ses distances avec notre grand « ami » d'outre-Atlantique ?

 

Et puis, à côté de Tafta il y a l'équivalent déjà signé avec le Canada (CECA). Et si Tafta est rejeté, rien n’empêchera les entreprises étasuniennes, à travers leurs innombrables filiales au Canada, d'attaquer l'Europe en matière de droit des investisseurs. Ce qui veut dire que si l'on ratifie le traité canadien, ça revient à signer pour toute l'Amérique du Nord…

 

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01/04/2016

François Hollande : « Pour moi ce TTIP est tout sauf top »

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Tiens. Il comprendrait enfin quelque chose ou c'est un poisson d'avril ? Parait que c'est ce qu'il aurait dit en aparté au cours du ramdam actuel à Washington sur la sureté nucléaire. Il serait temps que le fier « pourfendeur de la finance » s'intéresse plus aux besoins des cinq cent millions de citoyens européens qu'aux bénéfices des banksters et des des multinationales yankees puisque ce TTIP, ou TAFTA, c'est-à-dire le si décrié Traité Transatlantique, a pour finalité d'imposer aux Européens un statut de vassalisation de l'Europe aux Etats-Unis.

 

Puisqu'il ouvre les yeux notre phénix scootériste, il pourrait en profiter pour dire son fait à Obama concernant ce « traité ».

 

Il pourrait lui dire que l'Europe rejette l'arbitrage d'investissement (ISDS), sous toutes ses formes. Qu'aucun autre mécanisme ne doit être introduit s’il donne des droits privilégiés et l’accès à une justice dérogatoire aux investisseurs étrangers. La loi et l’accès à la justice doivent rester les mêmes pour tous.

 

Il devrait lui dire qu'il ne veut pas d’organe transatlantique de coopération réglementaire. Tous les processus de réglementation doivent s’opérer dans le cadre d’instances et de méthodes transparentes et démocratiques.

 

Il devrait lui faire savoir que l’impératif climatique doit être pris en compte. Les traités de libre-échange ne peuvent pas primer sur la lutte contre les dérèglements climatiques et les émissions de gaz à effet de serre. Dans le cadre de la COP21, les aspects les plus dangereux pour le climat - accroissement des échanges transatlantiques d’énergies fossiles, ISDS et coopération réglementaire - n’ont pas leur place dans la politique de l’UE. L’impact de l’augmentation des flux commerciaux transatlantiques sur les émissions de gaz à effet de serre mondiales doit être calculé et mentionné.

 

Il devrait lui dire que nos agriculteurs valent bien les siens. Et qu'il n'accepte pas que la suppression des barrières tarifaires concernant les productions agricoles accélère la course à l'industrialisation de l'élevage en Europe, fusille notre mode de production et nos paysans et aggrave encore la contribution de l'agriculture au dérèglement climatique.

 

Mais pour cela, il faudrait encore « qu'il en ait » !

 

Mais ça, ça semble vraiment un poisson d'avril...

 

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30/03/2016

Au bistro de la toile : M'sieur, pipi !

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- T'as vu Victor, à partir du 1er juin pourra s'inscrire sur une liste si on ne veut pas être gonflé à toute heure par les marchands d'assurances, de produits contre les bestiaux qui rongent les charpente et autres konneries.

 

- Mouais… On verra. Il y avait déjà Pacitel, je m'y suis inscrit et ça n'a rien arrêté. Mais cette fois, ça pourrait être plus efficace. Les entreprises auront l'interdiction formelle de contacter les personnes inscrites sur cette liste qui sera géré pour cinq ans par la société Opposetel, désigné par Macron. Cette fois, les boites qui prospectent au téléphone en direct ou par l'intermédiaire d'une société de téléprospection, doivent impérativement respecter le liste sous peine d'amendes pouvant aller jusqu'à 75.000 euros. Ca va en calmer quelques uns !

 

- ...teng ! Ecoute celle-là Victor. J'ai un client que tu connais, la Gargouille, qui m'a dit comment il répondait à ces emmerdeurs. Il lui dit : « Mais Madame, comment pouvez-vous m'appeler puisque je n'ai pas le téléphone ? » C'est tellement gros que la femme ou le mec raccroche…

 

- Moi j'ai ma méthode, très efficace : je leur réponds en allemand, avec le ton d'un casque-à-boulon de la Grande vadrouille : « Wir ist spechen, bite ? Was volen sie ? ». Et c'est radical. L'opérateur raccroche et je pense qu'il doit marquer sur sa liste « TDC » pour « tête de con » !

 

- Pas mal ! Pas mal ! Mais ces pauvres mecs ou filles qui appellent, souvent du Maroc ou de Madagascar, se font chier toute la journée pur une poignée de figues…

 

- « Chier »… S'ils en ont l'autorisation, Loulle ! Même pour les entreprises de télé-appel travaillant depuis la France, c'est pas le paradis. C'est des espaces ouverts bruyants, tout le monde parle en même temps, les horaires sont contraignant en fonction des demandes des clients, généralement quand les prospects sont là, aux heures de repas ou le soir, il y a toujours un kapo derrière les opérateurs pour leur foutre la pression. Et, tiens-toi bien, chez SFR-Numéricable du sulfureux Drahi, il fallait demander une autorisation écrites pour aller pisser !

 

- Tu rigoles.

 

- Pas du tout. Il fallait passer par un logiciel qui gérait ça. Les salariés travaillant désireux de faire une pause devaient cliquer sur le pictogramme d’une tasse à café. Une fenêtre s’ouvrait pour choisir le type de pause demandé : « repos » (cela inclut la pause toilette), « débrief », « appel clients », « brief », « panne », « appel sortant », « formation » ou encore « historisation ». Pour aller aux cagouinces, les téléconseillers devaient attendre la réponse de leur responsable qui pouvait accepter, refuser ou différer la demande en la décalant éventuellement de 10, 20, 30 minutes ou d’un ou deux appels. Si le besoin était pressant, le salarié pouvait toujours tenter d’insister par écrit, en se justifiant. Et en serrant les fesses !

 

- Comme disait Coluche « Suivez la ligne jaune ! ».

 

- Mais il y a eu du ramdam. Pour protester contre ce nouveau procédé humiliant et infantilisant, l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, Sud) avait appelé les salariés à le grève. Mais l'affaire a été dévoilée et la boite a « corrigé » son logiciel paraît-il. La grève a été annulée car entre temps, la direction a reculé : toute demande de pause sera désormais validée automatiquement par le logiciel.

 

- M'sieur, pipi ! D'accord qu'il répond désormais le logiciel. Mais en rajoutant je suppose « Grouille-toi ! »

 

 

22/03/2016

Comment les con-tribuables français vont payer l'électricité des Anglais !

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Ils se marrent les Rosbifs. Non pas d'avoir mis la pâtée à nos vaillants rugbymen, mais parce que – si le projet d'EPR d'Hinkley Point voit le jour – les contribuables français et les abonnés d'EDF français vont payer pour eux !



Eh ! Oh ! Ça va pas la tête ? Et pourtant si.



EDF, dans ses tractations en vue de construire deux réacteurs nucléaires type EPR en Angleterre, avait obtenu la garantie de l’État britannique sur la dette découlant du projet ainsi qu'une garantie de prix de l'électricité produit de 120 euros le Mwh (92 livres) sur 35 ans. Qui planifie sur 35 ans ? Qui dit que les successeurs de Cameron tiendront ces accords ?



Mais tout a été remis en cause avec la venue dans le projet de l'opérateur électricien chinois CGN prenant 33,5 % des patrs, EDF restant chef de file et donc responsable final avec 66,5 % des parts. Notons que les Britanniques restent totalement en dehors du capital, donc des responsabilités alors qu'ils seront les seuls bénéficiaires de l'opération ! Trop malin les Anglais. Ou plutôt trop kons les Français d'EDF.



Le prix affiché : 25 milliards d'euros. Mais l'expérience désastreuse des EPR de Flamanville et de Finlande permet de douter de ce chiffre, celui de Flamanville ayant été multiplié par plus de trois... De quoi foutre en l'air l'entreprise EDF déjà endettée au niveau de 37,4 milliards d'euros, dette qui risquerait alors de doubler. Intenable pour l'entreprise. Et qui paiera l'addition ? Nous la verrons planquée sur notre facture EDF tandis que des palanquées de salariés EDF connaîtront les joies de rencontrer Monsieur Paul Emploi ! Avec à la sortie le risque de démantèlement de ce qui fut l'un des plus beaux fleurons de notre industrie. Voilà où risque de mener l'entêtement criminel de la mafia des nucléocrates qui sévit tant à EDF qu'à Areva.



En plus, ces apprentis sorciers ont promis la mise en service du premier réacteur pour 2023. Totalement irréaliste si l'on considère les retards énormes pris tant par le réacteur de Flamanville que par celui de Finlande. À la sortie on peut donc s'attendre à des pénalités énormes à casquer par EDF, donc par nous ! On court au désastre. Aux fous !



Il faut dire qu'EDF gagne fièrement et régulièrement la cuillère de bois en ce qui touche aux aventures à l'export.

Parlons de la prise de contrôle de Britsh Energy, l'opérateur britannique. Cette entreprise, qui accumulait les pertes et doit payer le gouffre du démantèlement de ses centrales nucléaires obsolètes, a été racheté pour 15,8 milliards d'euros, bien au-dessus de sa valeur, par EDF .

Parlons d'Edison, en Italie, payée plus de 6 milliards d'euros et qui continue d’accumuler les pertes, comblées par EDF, donc par nos factures.

Parlons de Constellation aux États-Unis : 5 milliards d'euros jetés en pure perte pour prendre une participation dans un groupe qui va maintenant à la casse ! De quoi faire se bidonner le milliardaire yankees Warren Buffet, principal bénéficiaire de l'opération !



Bon. Mais enfin, le principal actionnaire d'EDF, c'est l’État, à 85 %. Et qu'est-ce qu'il en pense Monsieur l’État de ce foutoir ?



Ben, écoutons le ci-devant Macron, ministre de l'économie : « Ne pas construire le réacteur de Hinkley Point serait une erreur.  S’il faut mettre au pot pour que l’entreprise publique réalise l’EPR britannique de Hinkley Point, l’État français sera au rendez-vous. S’il fallait renoncer aux dividendes, l’État le ferait également.”



Emmanuel Macron justifie la décision du gouvernement en précisant : “On ne peut pas se dire pour l’énergie nucléaire et laisser échouer un projet comme Hinkley Point.”



Décidément, là où il y a des coups à prendre, EDF est toujours là ! Avec nos sous, c'est facile...

 

Sources:

lien 1

lien 2

 

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