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02/05/2016

ATTENTION ! Un TAFTA (moribond) peut en cacher un autre, le TISA.

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Il semble mal barré le TAFTA. Greenpeace dévoile ce jour une partie de son contenu, soigneusement caché par les parties complices en négociation aux principaux intéressés, les populations européennes et étasuniennes. Il en ressort que ces négociations bloquent, que les peuples étasuniens ne sont pas plus chauds que les peuples européens pour ce machin uniquement pensé et conçu par et pour les multinationales et les banksters. L'expérience de l'ALENA, qui s'est traduit par une vague de délocalisations d'entreprises étasuniennes au Mexique, un chute des salaires et des milliers de chômeurs est passée par là.

 

Les « zélites » étasuniennes - fidèles à leur principe qui dit « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi, ça se discute » - refusent toute réglementation sur les services financiers comme ils refusent l'ouverture de leurs marchés publics. Sur le reste, et notamment les questions de normes environnementales, fiscales, sociales qui sont très divergentes, aucun accord ne semblant possible, les deux parties s'achemineraient, à défaut d'harmonisation, vers une reconnaissance mutuelle des règlementations de l'autre partie, avec inversion de la charge de la preuve en matière de dangerosité d'un produit. Cette reconnaissance mutuelle des standards ouvre la porte à une course au moins disant en matière d'environnement et de santé. Bonjour ou plutôt adieu le « principe de précaution » !

 

Derrière TAFTA, une autre horreur se trame, se construit dans une opacité encore plus grande, il s'agit de TISA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français. Comme pour le Tafta, les négociations ont été lancées dans une opacité totale, en Suisse en mars 2010. Il sagit d'un nouveau projet de traité commercial international («Trade In Services Agreement») qui concerne 50 pays, dont les 28 de l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Australie, le Japon, etc… Le but de cet accord est de libéraliser l’ensemble des services pour cadrer avec le contexte actuel de la révolution numérique. Tous les services seraient libéralisés, y compris les services publics – transports, hôpitaux, écoles… Tout notre quotidien est concerné : utilisation de nos téléphones, de nos cartes de crédit, du e-commerce, des réseaux sociaux, des moyens de transport, etc. L’objectif est d' «ouvrir les économies nationales à plus d’investissements étrangers, notamment dans le système bancaire et financier, sans limite de volume et du nombre d’investisseurs, avec un minimum de régulations
nationales ».

 

Vous avez aimé la directive Bolkestein, vous adorerez TISA !

 

Actuellement, un pays membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) n'est tenu de libéraliser que les secteurs sur lesquels il a explicitement donné son accord, en les inscrivant sur une « liste positive ». TiSA prévoit d'inverser cette logique en introduisant des listes négatives : seuls les secteurs cités explicitement dans les accords ne seront pas libéralisables.

Ce qui ouvrira la possibilité de libéraliser par défaut tous les nouveaux secteurs de l'économie, de la santé à l'éducation, en passant par l'énergie. Les États seront donc menacés de poursuites s'ils maintiennent des monopoles publics ou favorisent leurs entreprises locales pour relancer leur économie par exemple, à moins d'avoir auparavant négocié des exemptions dans certains secteurs.

Et l'accord prévoit un effet cliquet qui rend toute décision irréversible. Ainsi un nouveau gouvernement ne pourrait pas revenir sur une décision prise par le gouvernement précédent. Bonjour le progrès !

 

Ce traité, imposé comme d'hab par les Étasuniens, a une autre visée, géopolitique celle-là : il s'agit d'isoler les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) soigneusement écartés de ces négociations. La tactique : battre en brèche la montée en puissance des BRICS en fixant des standards mondiaux favorables aux multinationales étasuniennes et affidés, sans les consulter, puis les leur imposer. Il s'agit aussi de saboter l'accord concurrent baptisé RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership, accord économique régional complet) négocié actuellement par la Chine avec l'Asie (hors Japon, Taïwan, Corée du sud, Hong Kong, l'Inde, l'Océanie, partenaires dans TISA).

 

Et nos députés européens, qui ont voté les doigts dans le nez l'ouverture de ces négociations, ils servent à quoi ? Ils ont des lunettes en peau de saucisson pour ne pas voir l'arnaque ? Ou bien sont-ils complices ?

 

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25/04/2016

Obama. La morgue du suzerain venant tancer ses vassaux.

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Il est en tournée d'inspection, le BlackBush de Washington. Il est d'abord allé donner ses ordres aux Britichs : « No Brexit » où alors panpan culcul ! Puis il est allé rappeler à Fraù Merkel les accords secrets qui lie son pays aux USA. On ne le sait pas ça mais à peine sèche l'encre de ce beau et généreux « Traité de l'Elysée » signé par De Gaulle et Adenauer et consacrant l'amitié de ces deux frères ennemis qu'étaient la France et l'Allemagne, Adenauer était convoqué à Washington où il s'est fait remettre les pendules à l'heure. Résultat : un « Préambule interprétatif » à ce traité fut introduit subrepticement, sans en avertir ni la France ni De Gaulle, et voté par le Bundestag allemand le 15 juin 1963 à l'occasion de la ratification. Il se trouve que ce « préambule interprétatif » réintroduit les éléments que De Gaulle avait précisément exclus du traité afin de libérer la future Europe de l'hégémonie étasunienne : - subordination de l'Europe en devenir à l'intégration de ses membres à l'alliance atlantique( Otan), tuant ainsi dans l’œuf toute velléité d'armée européenne indépendante, - coopération obligatoire de cette Europe en construction avec les États-Unis, - faire entrer la Grande-Bretagne dans cette Europe. Dans l'oigne, De Gaulle… On comprend dès lors la docilité de Merkel envers les injonctions de Washington.

 

Fort du soutien de Merkel, Obama convoque dans sa province teutonne ses plus grands vassaux – le Français Hollande, l'Italien Renzi, l'Anglais Cameron – à rejoindre Merkel pour recevoir ses ordres. Ses ordres, elles se résument à deux mots : « Buy american ! » Un ordre qui s'adresse aux Européens, mais aussi aux Étasuniens, incités et même obligés pour les marchés publics, de privilégier les entreprises étasuniennes. En ce sens, Obama est parfaitement dans son rôle de président des États-Unis : il défend son industrie, ses PME, ses agriculteurs.

 

Parce que TAFTA, c'est ça et uniquement ça : ouvrir tous les secteurs économiques européens aux produits, services, finances étasuniennes. Avec évidemment le moins de contreparties possibles pour les Européens aux États-Unis. « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est toi, ça se négocie. »

 

C'est qu'il ne s'agit pas d'accords de commerce ordinaires. Il n'est pas seulement question de baisser les barrières douanières qui subsisteraient encore, ni d'harmoniser les normes techniques : il s'agit de mettre un terme qui se veut définitif aux normes internes qui gênent les entreprises transnationales. Moratoire sur les OGM, sur l'exploitation des huiles et gaz de schistes, normes environnementales, services publics accessibles, protections sociales : voilà ce qui, entre autres, est visé. Ces accords commerciaux internationaux négociés dans la plus totale opacité veulent la mise en place de mécanismes qui rendront inopérants tout choix publics qui pourraient, de près ou de loin, aboutir à une réduction des bénéfices escomptés des entreprises. Avec le mécanisme dit « investisseurs-État », une entreprise pourra remettre en cause une réglementation devant un organe d'arbitrage privé et faire condamner les États et les collectivités locales à de lourdes amendes. Avec le mécanisme de « coopération réglementaire », tout gouvernement qui voudra, dans l'avenir, revenir sur une décision antérieure de libéralisation ou prendre une mesure de protection des populations ne pourra pas le faire s'il rentre en contradiction avec l'accord.

 

Obama n'est que le commis voyageur des multinationales Étasuniennes qui ont financé ses campagnes électorales. Les lobbies d'affaires – les corrupteurs - font la loi, dans l'Union européenne autant qu'aux États-Unis où ils décident de l'agenda politique. Et les institutions, européennes ou gouvernementales, s'en font leurs serviteurs zélés.

 

Mais si les dirigeants sont couchés, les peuples se sont réveillés. Une manifestation impressionnante s'est déroulé samedi 23 à Hanovre, là où Obama vient donner ses ordres. 90.000 personnes ont battu le pavé et crié leur hostilité à ces « accords » calamiteux dans une nouvelle tranche de « négociations » débute ce jour à New-York, sur les terres du suzerain… En octobre 2015 déjà, une manifestation anti-Tafta encore plus impressionnante s’était déroulée à Berlin. Les Allemands sont en pointe dans ce combat, pourtant Merkel reste sourde et veut conclure au plus vite. Quant aux Français, plus timidement que les Allemands, ils manifestent eux aussi leur méfiance envers ce traité. Et même François Hollande qui – conviction profonde ou coup médiatique pour se concilier sa gauche ? - passe à l'offensive, déclarant que « la France pouvait dire non » si les conditions qu'elle a posé n ont pas respectées. «La France a fixé ses conditions. S'il n'y a pas de réciprocité, s'il n'y a pas de transparence, si pour les agriculteurs il y a un danger, si on n'a pas accès aux marchés publics et si, en revanche, les États-Unis peuvent avoir accès à tout ce que l'on fait ici, je ne l'accepterai pas"», a claironné le président.Beaucoup de "si"...

 

Brassage de vent ou volonté de – enfin – retrouver l'indépendance de la France qui, de De Gaulle à Mitterrand et Chirac, à toujours su garder ses distances avec notre grand « ami » d'outre-Atlantique ?

 

Et puis, à côté de Tafta il y a l'équivalent déjà signé avec le Canada (CECA). Et si Tafta est rejeté, rien n’empêchera les entreprises étasuniennes, à travers leurs innombrables filiales au Canada, d'attaquer l'Europe en matière de droit des investisseurs. Ce qui veut dire que si l'on ratifie le traité canadien, ça revient à signer pour toute l'Amérique du Nord…

 

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01/04/2016

François Hollande : « Pour moi ce TTIP est tout sauf top »

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Tiens. Il comprendrait enfin quelque chose ou c'est un poisson d'avril ? Parait que c'est ce qu'il aurait dit en aparté au cours du ramdam actuel à Washington sur la sureté nucléaire. Il serait temps que le fier « pourfendeur de la finance » s'intéresse plus aux besoins des cinq cent millions de citoyens européens qu'aux bénéfices des banksters et des des multinationales yankees puisque ce TTIP, ou TAFTA, c'est-à-dire le si décrié Traité Transatlantique, a pour finalité d'imposer aux Européens un statut de vassalisation de l'Europe aux Etats-Unis.

 

Puisqu'il ouvre les yeux notre phénix scootériste, il pourrait en profiter pour dire son fait à Obama concernant ce « traité ».

 

Il pourrait lui dire que l'Europe rejette l'arbitrage d'investissement (ISDS), sous toutes ses formes. Qu'aucun autre mécanisme ne doit être introduit s’il donne des droits privilégiés et l’accès à une justice dérogatoire aux investisseurs étrangers. La loi et l’accès à la justice doivent rester les mêmes pour tous.

 

Il devrait lui dire qu'il ne veut pas d’organe transatlantique de coopération réglementaire. Tous les processus de réglementation doivent s’opérer dans le cadre d’instances et de méthodes transparentes et démocratiques.

 

Il devrait lui faire savoir que l’impératif climatique doit être pris en compte. Les traités de libre-échange ne peuvent pas primer sur la lutte contre les dérèglements climatiques et les émissions de gaz à effet de serre. Dans le cadre de la COP21, les aspects les plus dangereux pour le climat - accroissement des échanges transatlantiques d’énergies fossiles, ISDS et coopération réglementaire - n’ont pas leur place dans la politique de l’UE. L’impact de l’augmentation des flux commerciaux transatlantiques sur les émissions de gaz à effet de serre mondiales doit être calculé et mentionné.

 

Il devrait lui dire que nos agriculteurs valent bien les siens. Et qu'il n'accepte pas que la suppression des barrières tarifaires concernant les productions agricoles accélère la course à l'industrialisation de l'élevage en Europe, fusille notre mode de production et nos paysans et aggrave encore la contribution de l'agriculture au dérèglement climatique.

 

Mais pour cela, il faudrait encore « qu'il en ait » !

 

Mais ça, ça semble vraiment un poisson d'avril...

 

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30/03/2016

Au bistro de la toile : M'sieur, pipi !

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- T'as vu Victor, à partir du 1er juin pourra s'inscrire sur une liste si on ne veut pas être gonflé à toute heure par les marchands d'assurances, de produits contre les bestiaux qui rongent les charpente et autres konneries.

 

- Mouais… On verra. Il y avait déjà Pacitel, je m'y suis inscrit et ça n'a rien arrêté. Mais cette fois, ça pourrait être plus efficace. Les entreprises auront l'interdiction formelle de contacter les personnes inscrites sur cette liste qui sera géré pour cinq ans par la société Opposetel, désigné par Macron. Cette fois, les boites qui prospectent au téléphone en direct ou par l'intermédiaire d'une société de téléprospection, doivent impérativement respecter le liste sous peine d'amendes pouvant aller jusqu'à 75.000 euros. Ca va en calmer quelques uns !

 

- ...teng ! Ecoute celle-là Victor. J'ai un client que tu connais, la Gargouille, qui m'a dit comment il répondait à ces emmerdeurs. Il lui dit : « Mais Madame, comment pouvez-vous m'appeler puisque je n'ai pas le téléphone ? » C'est tellement gros que la femme ou le mec raccroche…

 

- Moi j'ai ma méthode, très efficace : je leur réponds en allemand, avec le ton d'un casque-à-boulon de la Grande vadrouille : « Wir ist spechen, bite ? Was volen sie ? ». Et c'est radical. L'opérateur raccroche et je pense qu'il doit marquer sur sa liste « TDC » pour « tête de con » !

 

- Pas mal ! Pas mal ! Mais ces pauvres mecs ou filles qui appellent, souvent du Maroc ou de Madagascar, se font chier toute la journée pur une poignée de figues…

 

- « Chier »… S'ils en ont l'autorisation, Loulle ! Même pour les entreprises de télé-appel travaillant depuis la France, c'est pas le paradis. C'est des espaces ouverts bruyants, tout le monde parle en même temps, les horaires sont contraignant en fonction des demandes des clients, généralement quand les prospects sont là, aux heures de repas ou le soir, il y a toujours un kapo derrière les opérateurs pour leur foutre la pression. Et, tiens-toi bien, chez SFR-Numéricable du sulfureux Drahi, il fallait demander une autorisation écrites pour aller pisser !

 

- Tu rigoles.

 

- Pas du tout. Il fallait passer par un logiciel qui gérait ça. Les salariés travaillant désireux de faire une pause devaient cliquer sur le pictogramme d’une tasse à café. Une fenêtre s’ouvrait pour choisir le type de pause demandé : « repos » (cela inclut la pause toilette), « débrief », « appel clients », « brief », « panne », « appel sortant », « formation » ou encore « historisation ». Pour aller aux cagouinces, les téléconseillers devaient attendre la réponse de leur responsable qui pouvait accepter, refuser ou différer la demande en la décalant éventuellement de 10, 20, 30 minutes ou d’un ou deux appels. Si le besoin était pressant, le salarié pouvait toujours tenter d’insister par écrit, en se justifiant. Et en serrant les fesses !

 

- Comme disait Coluche « Suivez la ligne jaune ! ».

 

- Mais il y a eu du ramdam. Pour protester contre ce nouveau procédé humiliant et infantilisant, l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, Sud) avait appelé les salariés à le grève. Mais l'affaire a été dévoilée et la boite a « corrigé » son logiciel paraît-il. La grève a été annulée car entre temps, la direction a reculé : toute demande de pause sera désormais validée automatiquement par le logiciel.

 

- M'sieur, pipi ! D'accord qu'il répond désormais le logiciel. Mais en rajoutant je suppose « Grouille-toi ! »

 

 

22/03/2016

Comment les con-tribuables français vont payer l'électricité des Anglais !

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Ils se marrent les Rosbifs. Non pas d'avoir mis la pâtée à nos vaillants rugbymen, mais parce que – si le projet d'EPR d'Hinkley Point voit le jour – les contribuables français et les abonnés d'EDF français vont payer pour eux !



Eh ! Oh ! Ça va pas la tête ? Et pourtant si.



EDF, dans ses tractations en vue de construire deux réacteurs nucléaires type EPR en Angleterre, avait obtenu la garantie de l’État britannique sur la dette découlant du projet ainsi qu'une garantie de prix de l'électricité produit de 120 euros le Mwh (92 livres) sur 35 ans. Qui planifie sur 35 ans ? Qui dit que les successeurs de Cameron tiendront ces accords ?



Mais tout a été remis en cause avec la venue dans le projet de l'opérateur électricien chinois CGN prenant 33,5 % des patrs, EDF restant chef de file et donc responsable final avec 66,5 % des parts. Notons que les Britanniques restent totalement en dehors du capital, donc des responsabilités alors qu'ils seront les seuls bénéficiaires de l'opération ! Trop malin les Anglais. Ou plutôt trop kons les Français d'EDF.



Le prix affiché : 25 milliards d'euros. Mais l'expérience désastreuse des EPR de Flamanville et de Finlande permet de douter de ce chiffre, celui de Flamanville ayant été multiplié par plus de trois... De quoi foutre en l'air l'entreprise EDF déjà endettée au niveau de 37,4 milliards d'euros, dette qui risquerait alors de doubler. Intenable pour l'entreprise. Et qui paiera l'addition ? Nous la verrons planquée sur notre facture EDF tandis que des palanquées de salariés EDF connaîtront les joies de rencontrer Monsieur Paul Emploi ! Avec à la sortie le risque de démantèlement de ce qui fut l'un des plus beaux fleurons de notre industrie. Voilà où risque de mener l'entêtement criminel de la mafia des nucléocrates qui sévit tant à EDF qu'à Areva.



En plus, ces apprentis sorciers ont promis la mise en service du premier réacteur pour 2023. Totalement irréaliste si l'on considère les retards énormes pris tant par le réacteur de Flamanville que par celui de Finlande. À la sortie on peut donc s'attendre à des pénalités énormes à casquer par EDF, donc par nous ! On court au désastre. Aux fous !



Il faut dire qu'EDF gagne fièrement et régulièrement la cuillère de bois en ce qui touche aux aventures à l'export.

Parlons de la prise de contrôle de Britsh Energy, l'opérateur britannique. Cette entreprise, qui accumulait les pertes et doit payer le gouffre du démantèlement de ses centrales nucléaires obsolètes, a été racheté pour 15,8 milliards d'euros, bien au-dessus de sa valeur, par EDF .

Parlons d'Edison, en Italie, payée plus de 6 milliards d'euros et qui continue d’accumuler les pertes, comblées par EDF, donc par nos factures.

Parlons de Constellation aux États-Unis : 5 milliards d'euros jetés en pure perte pour prendre une participation dans un groupe qui va maintenant à la casse ! De quoi faire se bidonner le milliardaire yankees Warren Buffet, principal bénéficiaire de l'opération !



Bon. Mais enfin, le principal actionnaire d'EDF, c'est l’État, à 85 %. Et qu'est-ce qu'il en pense Monsieur l’État de ce foutoir ?



Ben, écoutons le ci-devant Macron, ministre de l'économie : « Ne pas construire le réacteur de Hinkley Point serait une erreur.  S’il faut mettre au pot pour que l’entreprise publique réalise l’EPR britannique de Hinkley Point, l’État français sera au rendez-vous. S’il fallait renoncer aux dividendes, l’État le ferait également.”



Emmanuel Macron justifie la décision du gouvernement en précisant : “On ne peut pas se dire pour l’énergie nucléaire et laisser échouer un projet comme Hinkley Point.”



Décidément, là où il y a des coups à prendre, EDF est toujours là ! Avec nos sous, c'est facile...

 

Sources:

lien 1

lien 2

 

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08/03/2016

La Commission européenne s’apprête à céder à Monsanto. Disons NON au glyphosate !

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Catastrophe ! La Commission européenne est sur le point de renouveler l'autorisation du glyphosate pour une durée de 15 ans.

Cette substance, que l'on retrouve dans l'herbicide RoundUp de Monsanto, a pourtant été classée cancérogène "probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015. Classement que réfute en bloc l'Autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA), affirmant qu'au contraire la substance ne serait probablement pas cancérogène.

Malentendu ? Cafouillage administratif ? Pas du tout… loin de là ! Il s'agit ici tout simplement d'un cas flagrant de prise de pouvoir des multinationales aux dépens de notre santé. En effet, la ré-autorisation proposée les 7 et 8 mars à Bruxelles, se base sur des évaluations fournies par la Glyphosate Task Force (GTF - groupe de travail sur le glyphosate), un consortium d'entreprise de l'agrochimie auquel appartient -- avec d'autres géant de l'agrochimie -- Monsanto. Quelle bonne surprise !

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) avait classé le glyphosate comme cancérogène "probable" en mars 2015 suite à la réunion d'un comité de 17 experts scientifiques indépendants ayant étudié pendant plus d'un an 260 études menées aux États-Unis, en Suède et au Canada depuis 2001. En d'autres termes, une classification prise au sérieux et basée sur des données scientifiques solides.

Monsanto, qui accuse le CIRC d'avoir écarté de son évaluation les études commissionnées par les industriels de l'agrochimie, ne dit pas toute la vérité. Comme le rappel Kathryn Guyton, directrice de recherche au CIRC, les recherches menées par les industriels comme Monsanto n'ont jamais été publiées publiquement et n'ont donc pas pu être évaluées par les chercheurs indépendants.

Alors, aujourd'hui se pose une question très simple : pourquoi la Commission européenne et l'AESA refusent l'évaluation du CIRC concernant les dangers du glyphosate pour l'homme ? La réponse est simple : la Commission est à la botte du lobby du glyphosate et des industriels de l'agrochimie comme Monsanto.

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

Une centaine d'experts réputés se sont levés contre l'évaluation de l'AESA qu'ils qualifient de "peu crédible" -- du jamais vu ! Aussi, le gouvernement suédois prévoit de s'opposer à ce renouvellement alors que des voix s'élèvent contre le glyphosate au sein des gouvernements français et allemand. La pression monte à mesure que la contestation publique s'amplifie !

Le vote des 7 et 8 mars prochains sera déterminant. Ensemble, nous nous sommes déjà mobilisés contre Monsanto et ses pratiques antidémocratiques pour imposer les OGMs. Il est temps de dire aux gouvernements des pays membres de l'UE que nous exigeons que notre santé passe avant les profits de Monsanto et de l'industrie agrochimique.

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

 

Plus d'informations :

Glyphosate : la Commission européenne propose de renouveler son autorisation, France TV Info, le 25 février 2016.
Pesticides : la malédiction du soja, Envoyé Spécial, le 19 février 2016
Glyphosate et cancer : la décision de l'Agence européenne de suivre l'avis de Monsanto n'est pas crédible !, Les Amis de la Terre, novembre 2015.

 

Pour signer la pétition :

https://www.foodwatch.org/fr/s-informer/topics/glyphosate...

 

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03/03/2016

LA VIANDE A LA MERDE !

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Depuis belle lurette, des vétérinaires, des bouchers et des agents de la DCCRF - l’ancienne Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes qui se nomme désormais DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) - s’échangeaient l’information sous le manteau et conseillaient de ne pas donner de viande hallal aux enfants, qu’ils soient ou non musulmans. Le conseil valait notamment pour les parties avant des animaux et, surtout, les steaks hachés, qui ne contiennent souvent que des parties avant.

 

Pour le grand public, c’était motus et bouche cousue, quasiment un secret d’État ! Il était simplement fortement recommandé de manger les steaks hachés très bien cuits, ce qui sur le plan gustatif évoque plus le pâté de sciure que l’entrecôte de bœuf Angus, Kobé ou fin gras du Mézenc...

 

La viande hallal contient de la merde et, plus gravement, l’e-coli (*) qui prolifère dans le système digestif.

        

Sa présence, statistiquement inquiétante, découle directement de la technique utilisée pour l’abattage rituel. Parce que le bestiau, fou de terreur devant la mort qui s’approche, se chie dessus. Comme tout le monde quoi. Et cette merde tombe sur les parties avant. On lave bien sûr. Mais la merde, c’est malin, c’est opiniâtre, ça se glisse partout. Et il en reste.

 

Et pour ceux qui ne mangent pas hallal ?

        

C’est quasiment la même chose car, pour de sordides raisons économiques (pas d’étourdissement, ça fait des postes de dépenses en moins) de nombreux abattoirs tuent façon hallal d’innombrables bovins et ovins, ce qui entraîne pour eux une souffrance aussi effrayante qu’inutile et, pour les consommateurs, le risque de dégustation de matières fécales, dont les qualités organoleptiques restent à démontrer, ainsi que d’e-coli, dont la nocivité n’est plus à démontrer.

 

Le respect des normes sanitaires et la simple légalité sont fortement sollicitées en la « matière » tant les contrôles sont aléatoires.

 

Lorsque vous achetez du chocolat fantaisie, il suffit de chausser de bonnes lunettes pour apprendre que ce que vous allez manger « est susceptible de contenir des traces de noisette ou d’autres fruits à coque ».

        

Lorsque vous achetez de la viande, même équipé d’une grosse loupe, vous ne saurez jamais que ce que vous allez manger « est susceptible de contenir des traces de merde et quelques e-coli ».

        

Mais si vous faites très très bien cuire et surcuire votre steak haché, il n’y a pas de problème. C’est eux qui le disent !

 

Bon appétit, bonne santé et donnez du saucisson aux bébés, c’est moins dangereux.

 

         (*) E.coli (EHEC) Enterohaemorrhagic : bactérie susceptible de provoquer une maladie grave, guérissant spontanément dans la plupart des cas mais pouvant évoluer vers une forme mortelle, notamment chez les enfants et les vieillards. La charmante bestiole adore le fumier où elle peut survivre plusieurs mois.

 

 

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02/03/2016

Catastrophes écologiques. POLLUEUR-PAYEUR : le gouvernement Valls voulait en faire CONTRIBUABLE-PAYEUR

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Pendant les raouts agricoles, migrants et autre loi sur le travail, le gouvernement Valls a présenté à l’Assemblée nationale, ce mardi 1er mars, en deuxième lecture, la loi sur la biodiversité.

C’est la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité, la ci-devant « écologiste » Pompili Barbara qui est chargé de défendre ce projet de loi dans lequel le gouvernement avait sournoisement, à quelques heures de la présentation du texte, glissé un amendement directement dicté par le MEDEF et l’Association française des entreprises privées AFEP). Cet amendement vicelard entre tous consistait non seulement à exempter les pollueurs, genre Total pour l’Erika, de payer les dommages causés par leurs actes, mais à transférer le paiement de ce risque sur l’État, donc sur le contribuable !

Total en a rêvé, Valls voulait le faire. « Voulait » parce que, devant la montée au créneau de quelques parlementaires lucides et courageux comme Delphine Batho, cet amendement scélérat a été retiré. Mais jusqu’à quand ? Ne va-t-il pas revenir sous une autre forme sournoise puisque le débat parlementaire est reporté au 15 mars ?

Que disait cet amendement gouvernemental? Rappelons-le pour bien montrer la collusion entre ce gouvernement de « gôôche » et les lobbies patronaux.

Il dit ceci (voir le premier paragraphe http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD1048.asp )

« De la réparation du préjudice écologique

« Art. 1386‑19. - Indépendamment des préjudices réparés suivant les modalités du droit commun, est réparable, dans les conditions prévues au présent titre, le préjudice écologique résultant d’une atteinte anormale aux éléments et aux fonctions des écosystèmes ainsi qu’aux bénéfices collectifs tirés par l’homme de l’environnement.

« N’est pas réparable, sur le fondement du présent titre, le préjudice résultant d’une atteinte autorisée par les lois, règlements et engagements internationaux de la France ou par un titre délivré pour leur application. »

Ça ne semble rien mais cela veut dire que quelque pollution que ce soit causée par une activité qui a obtenu une autorisation administrative (autorisation de faire circuler des produits dangereux en mer, sur les fleuves mais aussi autorisation de forer, autorisation d’exploiter, permis de construire, etc.) ne pourra être qualifié juridiquement de préjudice écologique et ne pourra donc prétendre à aucune réparation dès lors que le responsable de la pollution pourra démontrer qu’il possède une autorisation pour cette activité. Et à qui incombera alors la charge de payer les dégâts ? Ben, à l’administration qui aura délivré l’autorisation, bien sûr ! Donc à l’État, donc au contribuable, à nos poches. C’est un véritable PERMIS DE POLLUER !

Avec cette loi, Total n’aurait pas eu à payer pour les dégâts causés par la marée noire de l’Erika.

Cette inversion de la responsabilité, si elle passait pour les dégâts écologiques, serait rapidement étendue, sous les énormes pressions des lobbies, à d’autres activités. Notamment en matière de préjudices causés par des médicaments, des pesticides, etc.

Ne crions pas avant d’avoir mal puisque cet amendement a été retiré in extremis. Mais cet épisode montre la duplicité de ce gouvernement qui trahit sans vergogne ceux qui les ont élus. Remercions les lanceurs d’alertes qui ont permis à des parlementaires honnêtes (mais si, on en trouve) comme Delphine Batho de présenter un contre amendement qui a fait reculer le gouvernement.

Hollande, Valls, Macron, Medef, Total, Servier, même combat ultralibéral !

 

Illustration: merci à Luz

29/02/2016

Au « SALON DE LA SUBVENTION »

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Les « paysans » (pardon, les « exploitants agricoles ») qui ont insulté la fonction présidentielle, donc la République, à travers François Hollande, méritent-ils l’indulgence dont ils bénéficient traditionnellement pour leurs exactions ?

 

Question : pourquoi l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark taillent-ils des croupières à l’agriculture française, jadis championne d’Europe voire du monde, alors qu’elle a reçu de l’Europe des centaines de milliards d’euros (environ 10 milliards chaque année) ?

 

Parce que ces pays ont profité des aides européennes pour moderniser leurs agricultures et leurs élevages dans l’esprit ultralibéral prôné par Bruxelles, afin de les rendre plus productifs, donc plus générateurs de profits. Il en est résulté une agriculture et surtout des élevages industrialisés, appartenant à des groupements financiers ou industriels, n’ayant pas d’états d’âmes à exploiter sans vergogne des mains d’œuvre venus de l’immigration (souvent clandestine) ou des travailleurs « détachées ». Ceci dans des exploitations que l’on ne peut plus appeler « fermes », enfermant plusieurs milliers de vaches monoraces (prime holstein) pissant des millions de litres de mauvais lait, sans jamais voir le soleil ni manger un brin d’herbe, nourris aux aliments industriels à base de soja OGM provenant d’Amérique (Nord et Sud), puis inondant le marché et faisant chuter les prix avec des tonnes de barbaque de réforme vendue par la grande distribution. Idem pour le porc et les volailles.

 

Question : Pourquoi la France n’a-t-elle pas suivi ce même processus ?

 

Parce que les gouvernements (où la droite reste largement dominante dans le temps) - en pleine connivence avec la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et avec la complicité intéressées du Crédit agricole et des Chambres d’agriculture – ont œuvrés non pas pour bâtir un avenir viable à l’agriculture française, mais avant tout pour maintenir un électorat traditionnellement acquis à la droite (voire actuellement à l’extrême-droite). Ils ont étalé dans le temps (et donc les scrutins !) la baisse régulière du nombre d’exploitations afin de maintenir quantitativement cet électorat. Les paysans français disparaissent inexorablement pour être remplacés par des « exploitants agricoles » sous contrat qui sont en réalité des ouvriers spécialisés « uber style », maillons faibles d’une agro-industrie préoccupée avant tout de profit financier. Et comme leur poid électoral s’est considérablement rétrécit, les « politiques » s’en foutent. Et TAFTA, s’il est signé, consacrera leur mise à mort.

 

L’ « exploitant agricole » a perdu son âme de paysan. Son âme et son savoir-faire. Il est devenu un chasseur de subventions, celles-ci représentant l’essentiel du revenu des « exploitants agricoles ». A noter que, sans assurer l’avenir de l’agriculture française, la Politique agricole commune a razzié l’essentiel des fonds européens au détriment d’autres politiques européennes. Les Français, principaux bénéficiaires des fonds européens, ont - sous la bannière de la FNSEA - toujours lutté contre les velléités bruxelloises de différentiation des subventions en fonction d’autres critères que la surface et la seule rentabilité des exploitations. Résultats : ces subventions ont été surtout – et sont toujours – pompés par les gros exploitants céréaliers (80 % du fric pour 20 % d’ « exploitants »-exploiteurs). Comme par hasard, c’est parmi ceux-ci que se recrutent l’essentiel des dirigeants de la FNSEA !

 

Les quotas laitiers, qui permettaient de produire à des prix rémunérateurs, ont été supprimés le 1er avril 2015. Suppression signée et ratifiée sous la droite de Sarko, rappelons-le à l’électorat de droite des « exploitants agricoles » qui sifflent et insultent le président actuel. Dès lors ces derniers somment l’Etat – avec nos sous - de prendre le relais de Bruxelles pour continuer de subventionner une agriculture responsable de biens des dégradations environnementales, stérilisant la terre par les engrais chimiques, empoisonnant l’eau et l’air par les pesticides, sans oublier la non qualité des aliments.

 

Et que dire de la désertification rurales résultant du regroupement des exploitations ; que dire des milliers de cancers contractés par les agriculteurs suite aux divers traitement chimiques ; que dire des suicides (deux pas jours) d’ « exploitants agricoles » flingués par les dettes contractées auprès du Crédit agricole pour sacrifier à la course au plus gros tracteur…

 

Et que penser de ce drôle de « syndicat » agricole dont le président, Xavier Belin, préside aussi une multinationale…qui vend – très cher, et c’est une des raisons occultée des problèmes de prix actuels - aux éleveurs qu’il est censé défendre l’aliment industriel à base de tourteaux de soja OGM ? Xavier Belin, le paysan en Prada est un homme d'affaires aux multiples casquettes. Il est président du syndicat majoritaire mais aussi : PDG de la société Avril-Sofiprotéol, multinationale aux multiples activités, vice-président du Copa-Cogeca, structure qui rassemble des syndicats et organisations agricoles au niveau européen, particulièrement favorable à la signature du  traité TAFTA, président du port de commerce de La Rochelle, deuxième port français pour l’exportation de céréales, propriétaire dans le Loiret d'une exploitation de 500 hectares de blé, orge, colza, tournesol, maïs et pois protéagineux, etc. Quel homme pour s'occuper de tant de choses !

Quant à Sofiprotéol, rebaptisé Avril – ça fait plus printanier ! - c'est un mastodonte de 7 milliards d’euros de chiffre d'affaires, qui regroupe plus de 150 sociétés, présent dans 22 pays, notamment au Maghreb. L'objectif de cette pieuvre : assurer un maximum de débouchés à la filière des huiles et des protéines végétales (tournesol, colza, etc.)

Sofiprotéol-Avril, ce sont les huiles Lesieur et Puget, les œufs Mâtines, c'est des porcs, de la volaille, du bétail avec Glon Sanders, n°1 de l'alimentation animale. On la retrouve aussi dans la santé et la génétique animale, dans l'oléochimie (cosmétiques, peintures, mousse polyuréthane), dans les carburants (Diester industrie, n°1 européen du bio-diesel). On la rencontre encore dans le financement de l'agriculture industrielle, dans l'huile de palme, dans les semences, dans les additifs alimentaires, dans... les OGM (par Biogemma), et même dans la presse agricole !

Et les « floués de la terre » confient la défense et l’élaboration de leur futur à ce cartel qui montre sa force au salon de l’agriculture – qu’il faudrait rebaptiser « SALON DE LA SUBVENTION » - en orchestrant les insultes, le démontage du stand gouvernemental, les jets de bouses afin d’intimider le gouvernement…

Les ex-paysans, devenus « exploités agricoles » n’ont que les représentants syndicaux qu’ils méritent et l’avenir que ceux-ci leur concoctent.

Que faudrait-il faire alors ? Qui lo sa ?

Il faudrait peut-être organiser, voire imposer, des négociations tripartites entre la grande distribution, les industriels de l’agroalimentaire et aussi les paysans (pardon, les exploitants agricoles). Mais qui pour les représenter face à des colosses structurés, avides et sans états d’âmes ? Certainement pas la FNSEA. Alors, des groupements de producteurs ? Existent-ils ?

Il faudrait certainement imposer l’étiquetage pour que le consommateur sache ce qu’il achète. Encore faudrait-il que nos représentants auprès de l’Europe ne se couchent pas, comme d’habitude.

Il faudrait évidemment sortir de la monoculture, avec des fermes à taille humaine pratiquant une pluriculture destinée à nourrir une clientèle de proximité et sortir du mirage de l’exportation de produits de qualité médiocre concurrencés par leurs équivalents venant des pays à bas prix de main d’œuvre (Brésil) ou exploitant sans vergogne les travailleurs « détachés » (Allemagne).

 

Et surtout remplacer ces productions qui ne peuvent pas, compte tenu des prix de main d’œuvre chez nous et de la structure familiale de nos exploitations, concurrencer les productions des usines à lait ou à barbaque de la mondialisation. En surfant sur l'image très positive de la France, terre d'excellence gastronomique, terre de luxe, terre de savoir-faire, terre de savoir-vivre pour se diriger vers des productions de qualité, de haut de gamme, lait et viandes bio, produits transformés AOC et AOP, etc., à des prix rémunérateurs.

 

Et nos paysans retrouveront le goût du bel et bon labeur et la joie de vivre plutôt que la tentation de la corde...

 

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24/02/2016

Gaz de schiste, gaz de couche : coucou, les revoilou !

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Cinq ans après la première grande manifestation de Villeneuve-sur-Berg (Ardèche, 15.000 personnes), quatre ans après celle de Saint-Christol-lès-Alès (5.000), les militants anti-gaz de schiste ont ressorti cette semaine les banderoles et les masques à gaz pour manifester, le 28 février, à partir de 14 heures. Ça va se passer au pied de ces Cévennes rugueuses et rebelles, dans un village célèbre pour son engagement écologique à Barjac, dans le Gard. Cette petite ville, engagée dans une démarche environnementale, notamment en passant sa cantine au bio et en créant un « Service Public de Restauration Éducative et Sociale », a fait l'objet d'un documentaire : Nos enfants nous accuseront.

 

Raison de cette nouvelle mobilisation : le retour de la menace « gaz de schiste ». Avec la loi Jacob de juillet 2011, qui interdit la fracturation hydraulique, les choses s'étaient un peu calmées. Mais en janvier dernier, la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'abrogation du permis de recherches en hydrocarbures dit de Montélimar D'un point de vue légal, ce n'était pas illogique puisque Total n'a jamais parlé de fracturation hydraulique. Mais c'est bien une preuve que la loi Jacob est insuffisante. Les organisations d'opposants qui appellent à manifester estiment qu'il faut une nouvelle loi pour interdire de manière définitive toute recherche d'hydrocarbure dans la roche mère puisque ce n'est pas possible sans fracturation. Ce permis couvre en fait 4.327 km2 et s'étend sur l'Ardèche, la Drôme, le Gard, l'Hérault et le Vaucluse.

 

Ce retour des manifs contre l'exploitation des hydrocarbures « non conventionnel » met également les projecteurs sur un autre type d'exploitation, que certains considèrent comme acceptables mais que d’autres rejettent au même titre que le gaz de schiste : le gaz de couche.

 

Gaz de couche ? Késako ? Le grisou ? Ce gaz qui a tué tant de mineurs ? Non. Le grisou, c'est le « gaz de mine », qui peut-être récupéré sans forage, à la sortie des mines. Pauvre en méthane, il est peu rentable. Il s'agit du méthane piégé au sein des veines de charbon des anciennes houillères Ce méthane est fixé dans le charbon, souvent profondément enfoui au-delà de 1000 mètres sous terre. Le gaz, prisonnier des veines de charbon, ne peut-être récupéré en surface comme le gaz de mine. Il est exploité aux États-Unis, au Canada et en Australie. Mais d’anciens bassins houillers français dans le Nord-Pas-de-Calais, le Jura, la Lorraine, la Provence et les Cévennes intéressent des entreprises gazières.Certaines possèdent d'ores et déjà de permis exclusifs de recherche en Lorraine (lien 1, lien 2) , dans le Jura et en Provence, dans le bassin de Gardanne.

 

Arnaud Montebourg, lorsqu'il était ministre, était plutôt favorable à l'exploitation de ce « gaz en marinière » qui pouvait, pensait-il, réduire le risque de délocalisation des industries chimiques vers des pays où le prix du gaz est très bas, et attirer dans les régions concernées des entreprises consommatrices de gaz et soucieuses de sécuriser leur approvisionnement.

 

C'est un point de vue. Il n'est pas partagé par tous. Ainsi, un rapport publié en 2013 sous l'égide du ministère de l'écologie, par l'Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) et le Bureau de recherches géologiques et minière (BRGM) ( ) émet de sérieuses craintes relatives aux impacts environnementaux générés par ces exploitations sont cependant émises dans un récent rapport de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). Le niveau des nappes phréatiques, la qualité des eaux souterraines et de surface, ainsi que celle de l’air et des sols pourraient être affectés. Le rapport pointe également des risques accidentels comme la migration non-maîtrisée de gaz vers la surface.

 

Au niveau technique, pour exploiter le gaz de couche, il est nécessaire de coupler à un forage vertical des forages horizontaux en étoile qui s’étendent dans la veine de charbon. Par le pompage de l’eau en bas du puits, il est possible de créer une dépression qui facilite la libération du méthane. La stimulation par l’injection d’un fluide, que ce soit de l’eau ou un autre fluide de fracturation, permet l’exploitation industrielle du gaz de couche. Aux États-Unis et au Canada, qui exploitent ces gaz, c’est le plus souvent la fracturation hydraulique qui est utilisée pour rentabiliser les forages.

 

L’exploration des gaz de couche, si elle est autorisée, entraînera une exploitation, toujours de courte durée qui dévastera les régions de par la multiplicité des forages nécessaires, impactera les paysages, polluera l’air et les ressources en eau, dévalorisera le patrimoine bâti…

 

Au temps de la « transition énergétique » et...du pétrole à prix bradé, le jeu (des gaz de couche) en vaut-il la chandelle (des torchères!)?

 

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Sources:

http://www.bastamag.net/Les-gaz-de-couche-nouveau-filon

http://www.ineris.fr/centredoc/note-brgm-ineris-gaz-de-ch...

23/02/2016

Industrie nucléaire : la saga d’un fiasco.

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Heu-reux ! Heureux parce que ma facture d’électricité a baissé de façon drastique. Pas parce que le prix a baissé, non, mais parce que je ne sacrifie plus à cette aberration prônée pendant des décennies par EDF : se chauffer à l’électricité. Je suis un bon élève de la « transition énergétique » : je chauffe à l’aide d’un poêle à granulés de bois ! Chaleur douce et régulée, belle flamme, on jette les cendres une fois par saison de chauffe, et en plus chauffage totalement écololo : il ne rejette dans l’atmosphère que le gaz carbonique que les arbres lui ont pris !

 

Ben ouais, Victor. Mais ça n’arrange pas les affaires d’EDF un comportement pareil… EDF, c’est l’électricité avant tout nucléaire. Moderne ça Coco ! Pas comme tes bouts de bois transformés en granulés genre « totaliment ». Et ce n’est pas bon pour les comptes d’EDF, donc pour les bénefs des actionnaires c’est-à-dire monsieur L’État à plus de 84 % ! La valeur de l’action de ce qui fut l’un des plus beaux fleurons de l’industrie française s’enfonce dans un gouffre : elle a été divisée par 8,5 en moins de dix ans… Et ce n’est pas fini.

 

L’industrie nucléaire est une industrie du passé, du siècle dernier. Son avenir est derrière elle depuis longtemps déjà. Mais EDF, appuyé sur le puissant lobby nucléaire, n’a rien compris. Au niveau mondial, la production d’électricité nucléaire ralentit depuis l’orée de ce siècle. Les nouvelles centrales mises en service ne le sont qu’en remplacement des unités arrêtées pour obsolescence. Et la catastrophe de Fukushima n’a pas arrangé les choses, notamment au Japon et en Allemagne qui ont arrêté les frais (et les risques). Par contre l’électricité d’origine renouvelable est en expansion rapide partout dans le monde. Sauf en France. On a tout faux…

 

Tout faux parce que la consommation d’électricité n’augmente plus tant au niveau français qu’européen.

 

Tout faux parce que la loi de transition énergétique ambitionne de diviser par deux la consommation d’énergie d’ici 2050, et que l’énergie « électricité » ne restera évidemment pas à l’écart de cette baisse drastique.

 

Tout faux surtout pour les dirigeants d’EDF – en tête desquels Henri Proglio, son ancien président – qui prédisait une augmentation de la consommation électrique de 40 à 50 % d’ici 2025 ! Et donc que le passage figurant dans la loi de l’électricité nucléaire de 75 à 50 % n’entrainerait pas de fermeture de centrales nucléaire. Bonjour la compétence !

 

Tout faux parce qu’aucun pays européen ne programme d’augmenter son nombre de centrales nucléaires. L’Allemagne a arrêté les frais, la Grande-Bretagne se contente de remplacer ses trop vieilles centrales par deux EPR, et même la France limite son parc à son potentiel actuel.

 

Tout faux parce que la France est à la traine concernant les énergies électriques renouvelables telles l’éolien, le photovoltaïque, la biomasse, etc.

 

Et, cerise sur le gâteau nucléaire, la chute des prix du pétrole n’arrange pas les affaires des nucléocrates.

 

L’aveuglement tant des dirigeants d’EDF que d’AREVA – autre fleuron en faillite par l’impéritie de des dirigeants – et des gouvernements successifs, quel que soit leur bord politique est flagrant et reflète l’influence néfaste du lobby pro nucléaire à l’œuvre depuis des décennies. Leur crédo : la consommation d’électricité va augmenter, il faut donc anticiper cette augmentation; le marché mondial ouvre un bel avenir à la technique nucléaire française qui est la première du monde  Mouais…

 

Et ce fut donc l’aventure des EPR. Areva en vend un clé en mains à la Finlande et un autre à EDF à Flamanville. Fiasco sur toute la ligne. Ces deux prototypes multiplient les déboires techniques, les retards. Leur prix est multiplié par 4 et leur mise en ouvre sans cesse retardée. Aucun des deux ne fonctionne actuellement. Fonctionneront-ils d’ailleurs un jour ? Idem pour deux EPR construits en Chine. Quant à ceux soi-disant vendus aux Anglais, on en reparlera… Bref, un sacré bide !

 

Le pognon jeté dans l’EPR manque ailleurs, en notamment dans la maintenance du parc de centrales existantes, au risque de catastrophes incommensurables. La vétusté des installations fait que la disponibilité du parc est en baisse constante, d’autant plus que Fukushima est passé par là et que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) impose à l’opérateur des mesures de mise aux nouvelles normes. C’est ce qu’ils appellent le « grand carénage », opération de rénovation dont la facture oscille de 55 milliards (selon les « organisateurs », EDF) à 100 milliards (selon « la police », la Cour des comptes). Ceci dans le but hypothétique de prolonger l’utilisation des centrales de 10 ans supplémentaires. Hypothétique parce que ces travaux excluent les éléments essentiels : la cuve et l’enceinte de confinement qui ne sont en aucune manière remplaçables. Bonjour les risques…

 

Et combien coûtera le démantèlement des centrales ? Démantèlement que les techniciens nucléaire sont incapables de mener à bien (voir Brénilis).

 

Enfin, quid du stockage des déchets, le site d’enfouissement de Bure étant loin d’être opérationnel ?

 

 

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15/02/2016

Agriculture. Le ministre Le Foll à l'assaut de la forteresse ultralibérale européenne ?

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Le ministre Le Foll l'a dit : il va à Bruxelles défendre son « memorandum » dans lequel il demande à la Commission européenne de réguler les marchés du lait et du porc pour faire remonter les prix. Il proposera aussi de mettre en place un système de stockage des produits en surproduction.

 

Pendant ce temps ils continuent leurs actions spectaculaires. A Vannes aujourd'hui. Avec la redoutable force des « desperados ». « Ils » ? Ce sont les pagoulins, les parpagnas, les culs-terreux, les pacans, les bouseux. Elle est inépuisable la liste des termes moqueurs, péjoratifs, insultants dont « les gens des villes » affublent, voire accablent les paysans.

 

PAYSANS ! Quel mot magnifique pourtant. Les gens du « pays ». Ceux qui entretiennent, cultivent, façonnent, embellissent le pays. Ceux qui nourrissent leurs compatriotes. Avec leur sueur, avec leur labeur, avec leur courage, avec leur ingéniosité. Mais « les gens des villes » regrettent vite leur morgue. Parce que pour l'essentiel d'entre eux, leurs parents, leurs grands-parents étaient des paysans.

 

De paysans, il n'y en a plus guère. Ils sont devenus agriculteurs, puis « exploitants agricoles ». Ils ont bien écouté leurs instances professionnelles : ils se sont « modernisés ». Ils ont fait, avec application, tout ce qu'on leur a dit de faire. « On » ? Ben, les divers gouvernements, leur syndicat hégémonique la FNSEA, les Chambres d'agriculture, les lycées agricoles, le Crédit agricole. Sans oublier l'Europe avec la PAC, puis la réforme de la PAC. Ils ont adopté la doxa productiviste, le culte du rendement, le machinisme démesuré. Ils ont fait - ou subi – le « remembrement » avec son saccage des haies et le lessivage des terres. Comme on leur a dit, ils ont pourris, stérilisés les terres à coups d'engrais chimiques et des pesticides tueurs. Ils ont tué la terre qui leur est devenue étrangère. Ils ont perdu leur âme de paysan, leur légendaire bon sens paysan.

 

Ils ont écouté la FNSEA qui leur disait que pour s'en sortir ils devaient choisir la quantité et les prix bas plutôt que la qualité et les prix rémunérateurs. Avec pour moyen la sacro-sainte exportation. Seulement le modèle agricole français, fait de petites et moyennes exploitations familiales, gage de qualité, n'est pas concurrentiel. Les puissances financières et économiques n'en veulent plus. Pas assez rentables. Ce qui fait jouir les technocrates de Bruxelles et les « défenseurs » de la FNSEA, ce sont les usines à lait, les « fermes » de mille vaches, les milliers de cochons élevés sur leur merde, les hangars à volailles crachant de la barbaque bien calibrée mais insipide. Et à ce jeu, les petits se font logiquement bouffer. Les gouvernements, la FNSEA, toutes les instances professionnelles ont voulu faire de l'agriculture une industrie. Mais ceux qui les ont suivi perdent contre les industriels de l'agriculture. Et les industriels de l'agroalimentaire importent de la barbaque dégueulasse à bas prix.

 

Que peut faire Pascal, mon voisin d'été en Lozère, avec ses 70 vaches à lait mangeant de l'herbe poussée, selon les normes modernes, à coup de nitrates, face aux usines à lait de l'ex-Allemagne de l'Est, exploitant les milliers d'hectares des anciens structures communistes, dirigées par des financiers, faisant trimer pour des salaires de misère une main d’œuvre sous-payés venue de Bulgarie, de Roumanie et des ex-pays de l'Est ?

 

Ils ne peuvent pas lutter sur ce terrain nos paysans. Ils seront battus, balayés. Leurs porcs d'entrée de gamme, même élevés en quantité raisonnable, ne peuvent concurrencer les usines à barbaques allemandes ou espagnoles. Leur filière contribue à les enfoncer : les coopératives bretonnes qui achètent leurs porcs à bas prix vont les faire abattre...en Allemagne. Et les industriels de la charcuterie s'approvisionnent à 40 % à l'étranger où ils trouvent du « minerai » de viande 30 à 40 % moins cher...

 

De plus, ces « bons élèves » crèvent de normes souvent loufoques : la France surenchérissant à ce niveau sur les normes européennes ! Ils crèvent aussi et surtout de cette règle imposée par l'Europe ultralibérale : l’ouverture totale des frontières sans harmonisation fiscale et sociale. Une Europe dont le projet n'est plus de nourrir les Européens puis le monde tout en protégeant ses ressortissants paysans, mais de faire gagner toujours plus de fric par les multinationales agroalimentaires et la grande distribution.

 

Ils ont perdu jusqu'à leur fierté, nos « exploités agricoles », humiliés qu'ils sont de travailler à perte et de devoir leur survie à des subventions et à des « plans d'aide » qui se succèdent sans résultats alors qu'ils demandent seulement des prix leur permettant de vivre.

 

Le Foll fait ce qu'il peut, c'est-à-dire pas grand-chose. Parce qu'il est impuissant. Parce que ses appels « à la responsabilité » lancés en direction de la grande distribution fait bidonner les responsables de celle-ci. Parce qu'il faudrait tout remettre sur la table au niveau européen et exiger l'harmonisation sociale et fiscale mais que ce n'est pas ce gouvernement de mous qui s’aplatissent devant Merkel ou même Junker qui en sera capable... Fait nous mentir, Le Foll !

 

Quant à la profession, elle devrait utiliser l'image très positive de la France, terre d'excellence gastronomique, terre de luxe, terre de savoir-faire, terre de savoir-vivre pour se diriger vers des productions de qualité, de haut de gamme, à des prix rémunérateurs.

 

Pour redonner le goût de vivre à nos paysans et le goût des bons produits aux consommateurs que nous sommes.

 

 

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09/02/2016

Et si on reparlait de TAFTA ?

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Excellente nouvelle, pour une fois, concernant cette horreur économique que les Étasuniens veulent infliger à cette Europe molle et veule qui nous déçoit tant. Cette bouffée d'espoir nous vient d'où on s'y attend le moins : d'Allemagne. Pas de Frau Merkel, non, mais des magistrats allemands. En effet, la DRB (l'association des magistrats allemands) a rejeté la proposition de la Commission européenne de mettre en place une Cour pour les Investissements, ceci dans le cadre du TAFTA, ces dangereuses négociations de « partenariat » transatlantique. Les magistrats allemands ne voit ni la nécessité ni la base légale d'un tel tribunal privé.

 

TAFTA, tout comme l'ALENA en Amérique et le TPP en Asie est une des griffes des États-Unis destinée à s'accaparer le monde. C'est une série « d'accords » asymétriques que les Yankees tentent d'imposer à cette Europe molle, sans défense et minée de l'intérieur par des institutions dont les principaux responsables sont à la botte des États-Unis. Les négociations de ces prétendus accords se font dans la plus grande opacité. Même les députés européens n'ont pas connaissance de ce qui se trame sournoisement entre négociateurs étasuniens et européens. Le but poursuivit par les yankees est en fait la vassalisation de l'Union Européenne aux États-Unis d'Amérique. Ou plus précisément aux banksters et aux multinationales étasuniennes.

 

TAFTA comprend, entre autres projets d'accord toujours en défaveur de l'Europe, une clause « d'arbitrage d'investissement », l'ISDS (« Investor State Dispute Settlement »), l'acronyme anglais du mécanisme de règlement des différends. Cela revient à donner la primauté juridique à des tribunaux d'arbitrages privés concernant les conflits entre multinationales et États. Ceci, en passant par-dessus l’institution judiciaire de chaque pays concerné. Le contribuable serait, ainsi, condamné à payer pour des choix qu'il a validés en tant que citoyen. Certaines entreprises contestent, sous couvert « d'expropriation indirecte », le droit des États à décider des normes environnementales, sanitaires ou sociales. Interdiction de la fracturation hydraulique, retrait du nucléaire ou mesures antitabac : ces décisions pourraient ainsi permettre à des entreprises étrangères de réclamer aux États concernés, devant un jury d'arbitres privés, des indemnités souvent faramineuses en réparation du manque à gagner ! Voilà ce que TAFTA veut nous imposer.

 

L'U.E., pour sauver la face, propose une version maison, fort peu différente, le « Investment Court System » (ICS). Ce « tribunal » ne limiterait pas seulement les pouvoirs législatifs de l’U.E. et des États membres ; il affecterait également le système judiciaire existant au sein des États membres et de l’Union européenne. Les décisions qui seraient prises par l’ICS ne relèveraient pas seulement du droit civil, mais également du droit administratif, du droit du travail, du droit social et du droit fiscal. Et elles seraient contraignantes ! Voilà ce que proposent, sournoisement, les négociateurs à plat ventre de la Commission européenne !

 

Et voilà ce que les magistrats allemands viennent de refuser. Ils estiment en effet que le postulat selon lequel les tribunaux des États membres de l’Union européenne ne réussiraient pas à accorder une sécurité juridique effective et suffisante aux investisseurs étrangers, clairement implicite dans la proposition d’une Cour Internationale sur l’Investissement, ne s’appuie pas sur des observations objectives. Ils affirment, à juste titre, que les États membres de l'U.E. sont tous des États de Droit qui fournissent et garantissent l’accès à la Justice dans tous les domaines où l’État est compétent pour toutes les parties requérantes. Il appartient donc à ces États membres d’assurer l’accès à la Justice pour tous et de garantir un accès possible aux investisseurs en fournissant aux tribunaux les moyens pertinents. Pour cette raison, la création d’un ICS est la mauvaise solution pour garantir la sécurité juridique, estiment-ils.



Ce que disent ces magistrats, c'est que les États de l'Union européenne étant tous des Etats de Droit, il n'est en aucune façon nécessaire de créer une juridiction hors sol dont le seul intérêt serait de permettre aux « investisseurs » d'échapper au droit des divers États de l'Union. Les « investisseurs » ne sont ni différents ni supérieurs aux citoyens.



Et puis, qui sont ces « investisseurs » ? Surtout des spéculateurs et des banksters dont les « investissements » servent surtout à mettre leurs griffes sur tout ce qui a de la valeur en Europe, pour le piller de ses brevets, de ses marchés, de ses savoir-faire, puis les fermer pour écarter une concurrence et jeter des milliers de salariés à la rue. Rappelez-vous Continental, Arcelor et plus près de nous Alstom...



Bravo et merci aux magistraux Magistrats allemands qui commencent à réaliser où nous mène la politique d'acceptation de vassalisation de l'Union européenne des Junker ou Moscovici.



À quand une telle réaction de la France ?


Source: http://www.drb.de/cms/index.php?id=952


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04/02/2016

Traité Transpacifique. La pieuvre déploie ses tentacules en Asie.

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Après cinq ans de laborieuses discussions, l’accord TPP (Trans-Pacific Partnership – accord de partenariat transpacifique) a été signé officiellement jeudi 4 février 2016 en Nouvelle-Zélande. À noter qu'à Auckland, des milliers de manifestants sont descendus dans la rue en signe de protestation.

Cet accord réunit Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, USA (États-Unis) et Vietnam. Mais pas la Chine, le mastodonte de l'Asie... Ces 12 pays représentent 40% de l'économie mondiale. Cet accord, très large, vise à abattre les barrières douanières entre les signataires. Il prévoit, entre autres, une ouverture conséquente des marchés des produits agricoles pour le bœuf, le sucre, le riz et même le fromage. Il débouchera sur une déréglementation générale, au seul profit des multinationales essentiellement étasuniennes. Avec des effets pervers sur les droits des travailleurs, la perte de souveraineté, l'environnement, l'accès aux médicaments.

Il concerne aussi l'échange des données et la propriété intellectuelle. Les États-Unis, dans ces négociations, se sont montrés particulièrement agressifs concernant les droits de propriété des firmes pharmaceutiques, ces énormes machines à fric. Ces accords sont pour eux un bon moyen d'empêcher certains pays de rattraper leur retard sur les compagnies étasuniennes. Ils vont bloquer l'innovation et nuire évidemment aux consommateurs...

Il s'agit en fait, par le renforcement des multinationales, d'assurer la main-mise des États-Unis sur l'Asie. Barack Obama ne s'en cache pas, qui se réjouit d'un texte qui va favoriser l'économie étasunienne par rapport aux autres grandes économies (Europe, Brics) : "C'est un nouveau genre d'accord commercial qui donnera la priorité aux salariés américains. Ce traité renforcera notre leadership à l'étranger et soutiendra les emplois, ici, aux États-Unis." À côté du cynisme, ça a au moins le mérite de la franchise !

Et la Chine dans cet affaire ? La Chine – deuxième, voire première économie mondiale - n'a que faire de ces gesticulations. Elle n'a nul besoin ni envie de se lier les mains avec son seul concurrent mondial. Elle met en place sa propre zone d'influence commerciale, en faisant évoluer l'APEC (coopération économique en Asie-Pacifique) vers une zone de libre échange Asie-Pacifique (FTAAP) concurrentielle de la TPP sous domination étasunienne. La Chine a déjà ses entrées au Nicaragua et au Costa Rica, et se rapproche de la Colombie. Elle a par ailleurs lancé la BAII (la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures) institution financière destinée à contrebalancer la Banque mondiale sous influence de Washington et la Banque asiatique de développement (BAD) sous influence de Tokyo. Lien

Ces accords verront-ils le jour ? Ce n'est pas évident car s'ils sont signés, pour entrer en vigueur ils doivent être ratifiés par chaque pays signataire. Et ceci sans aucune modification, dans les deux ans. Rien n'est fait. La principale difficulté de ratification pouvant venir...des États-Unis eux-mêmes ! Au Congrès, chez les Démocrates, certains élus hésitant – en période électorale cruciale - à braquer les industriels agricoles qui critiquent ces accords. Quant aux élus Républicains, idéologiquement favorables, vont-ils tomber dans le panneau, donner une victoire à Obama et ainsi conforter leurs adversaires ? Eh ! Oh ! Au mieux, la ratification sera probablement repoussée après les élections présidentielles...



Et puis avant de s'enflammer sur cette « avancée » qui préfigure d'autres accords qui nous préoccupent au plus haut point, - le Grand Marché Transatlantique (GMT ou TAFTA, ou TIPP, c'est pareil) - il n'est pas inutile de jeter un œil sur les résultats du plus ancien de ces accords commerciaux sous domination étasunienne, l'ALENA. Loin d’avoir offert de nouveaux débouchés aux entreprises américaines et de les avoir poussées à embaucher, l’Alena a favorisé les délocalisations industrielles et l’ouverture de succursales à l’étranger, en particulier au Mexique, où la main-d’œuvre est bon marché.

L’accord a également eu des effets désastreux au Mexique. Autorisés à exporter sans entraves, les États-Unis ont inondé ce pays de leur maïs subventionné et issu de l’agriculture intensive, engendrant une baisse des prix qui a déstabilisé l’économie rurale. Des millions de campesinos (paysans) expulsés des campagnes ont migré pour se faire embaucher dans des maquiladoras  où ils ont pesé à la baisse sur les salaires, ou ont tenté de passer la frontière et de s’installer aux Etats-Unis. L’exode rural a également exacerbé les problèmes sociaux dans les villes mexicaines, conduisant à une montée en intensité de la guerre de la drogue.

Alors que l’Alena devait leur apporter la prospérité, plus de 50 % des Mexicains vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Entre 1994 et 2014, le produit intérieur brut (PIB) par habitant du Mexique n’a augmenté que de 24 %. Entre 1960 et 1980, il avait bondi de 102 % (soit 3,6 % par an). Si le Mexique avait continué de croître à ce rythme, son niveau de vie serait aujourd’hui proche de celui des pays européens..

Les négociateurs de la Commission européenne qui œuvrent dans la plus grande opacité sut ces accords TAFTA feraient bien d'aller voir au Mexique...

Tout accord avec le Diable pue le souffre...



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03/02/2016

Manifestations paysannes : les pathétiques jacqueries des cocus de la terre.

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L'agriculture française se meurt. Les agriculteurs français crient au secours. Certains manifestent bruyamment, voire brutalement. D'autres se pendent... Alors qu'il y a quelques années, allez, plusieurs décennies, cette agriculture était une des premières du monde. Et la première en Europe. Pourquoi ? Qu'a-t-elle manquée ? Qui l'a poussée dans le mur ?

 

La mutation de l'agriculture est une chose ancienne. Après les carnages de 14-18 les paysans ont quitté les pays pour devenir ouvriers, agents de lycée, gendarmes...ou chômeurs. Le salaire plutôt que le grand air. La sécurité plutôt que la liberté.Ceux qui restaient sont devenus des « agriculteurs ». Puis, sous les injonctions des chambres d'agriculture et du crédit agricole, ils sont devenus des « exploitants agricoles ».

 

Plus gros mais pas assez. Mieux équipés, mais pas assez. Ils ont tout de même pu grandir et prospérer sous le parapluie de la Politique agricole commune (PAC) mis en place par l'Europe à travers le marché commun puis l'Union européenne. Puis est arrivé la « mondialisation », c'est-à-dire en ce qui les concerne l'abandon de la noble fonction de nourrir les hommes aux rapaces de la finance mondiale. Nouveaux objectifs : la REN-TA-BI-LI-TÉ ! À tout prix. Et surtout au prix de la qualité.

 

Pas rentables les fermes d'élevages avec 80 bêtes heureuses de paître dans des champs. Pas rentables les élevages de porcs de quelques dizaines d'animaux courant sous les chênes. Pas rentables les élevages de volailles taquinant le ver de terre. Pas rentables les maraîchers faisant pousser leurs tomates locales sur la terre. Pas rentables les arboriculteurs osant proposer des pommes avec quelques tavelures. Les Paysans ont donc obéi à leurs instances professionnelles, elles-mêmes sous le feu des diktats de la grande distribution.

 

« Paysans » ? Méritent-ils encore ce beau vocable ? Certainement pas. Ils sont devenus des « exploitants agricoles » qui ont perdu leur culture. Les jeunes générations sont obnubilées, sous la poussée de leurs instances professionnelles (FNSEA, chambres d'agriculture, crédit agricole), par le culte du rendement à tout prix, du progrès technique, du machinisme démesuré. Ils ont l'obsession de cette nature dans ils vivent, où ils vivent, mais qu'ils saccagent à coups d'engrais chimiques et de pesticides tant elle leur est devenu étrangère. L'enquête présenté par Élise Lucet sur la deuxième chaîne télé est effrayante. Elle montre la main-mise cynique voire criminelle des multinationales de l'agro-industrie sur l'agriculture et les redoutables dangers pour la santé de consommer les produits de la terre ! Un comble.

 

Les paysans devenus exploitants(tés) agricoles ont perdu leur fameux « bon sens paysan » mais pas que...

 

Ils ont perdu leurs savoirs ancestraux, leurs techniques, la connaissance de leur terroir, du temps mais aussi et surtout de leurs semences puisqu'ils sont les clients forcés, obligés des grandes sociétés semencières (Monsanto entre autres), des fabricants d'aliments pour animaux auprès desquels ils sont lourdement endettés, des marchands de pesticides et d'engrais chimiques.

 

Ils ont perdu leurs représentations professionnelles et notamment les coopératives – ces superbes organisations, au départ ! - qui sont devenus des monstres d'aliénation au service de l'agriculture industrielle ultra productiviste. Le premier groupe coopératif français « Invivo » a un chiffre d'affaires de 5,7 milliards, emploie 8.000 personnes dans 28 pays. On fera croire à qui qu'une telle structure – profitant des avantages fiscaux, entre autres, de la coopération – s'occupe encore des intérêts des paysans ?

 

Ils ont perdu la maîtrise de leur destin, de leur avenir et sont devenus l'un des bataillons des exploités de l'économie financière globalisée, nourrissant de leur sueur avant tout les banques (Crédit agricole !) auprès desquelles ils sont endettés jusqu'au cou.

 

Ils ont perdu leurs instances représentatives, leur principal syndicat – la FNSEA – se servant d'eux comme chair à canon et jouant un jeu plus qu'ambigu : la FNSEA sert l'agro-industrie productiviste tout en faisant semblant de défendre les « petits paysans ».

 

Parlons-en de la FNSEA. C'est le loup chargé de garder les brebis ! Son grand patron, le ci-devant Belin Xavier – qui vient d'être reçu par François Hollande - est un homme d'affaires aux multiples casquettes. Il est président du syndicat majoritaire mais aussi : PDG de la société Avril-Sofiprotéol, multinationale aux multiples activités, vice-président du Copa-Cogeca, structure qui rassemble des syndicats et organisations agricoles au niveau européen, particulièrement favorable à la signature du  traité TAFTA, président du port de commerce de La Rochelle, deuxième port français pour l’exportation de céréales, propriétaire dans le Loiret d'une exploitation de 500 hectares de blé, orge, colza, tournesol, maïs et pois protéagineux, etc. Quel homme pour s'occuper de tant de choses !

 

Quant à Sofiprotéol, rebaptisé Avril – ça fait plus printanier ! - c'est un mastodonte de 7 milliards de chiffre d'affaires, qui regroupe plus de 150 sociétés, présent dans 22 pays, notamment au Maghreb. L'objectif de cette pieuvre : assurer un maximum de débouchés à la filière des huiles et des protéines végétales (tournesol, colza, etc.)

 

Sofiprotéol-Avril, ce sont les huiles Lesieur et Puget, les œufs Mâtines, c'est des porcs, de la volaille, du bétail avec Glon Sanders, n°1 de l'alimentation animale. On la retrouve aussi dans la santé et la génétique animale, dans l'oléochimie (cosmétiques, peintures, mousse polyuréthane), dans les carburants (Diester industrie, n°1 européen du bio-diesel). On la rencontre encore dans le financement de l'agriculture industrielle, dans l'huile de palme, dans les semences, dans les additifs alimentaires, dans... les OGM (par Biogemma), et même dans la presse agricole !

 

Et c'est le patron de cette énorme multinationale qui prétend défendre la petite paysannerie française ? Alors que son propre intérêt est de faire grandir toujours plus les troupeaux de telle sorte qu'il soit difficile de nourrir toutes ces vaches à l'herbe, dans des prairies ! Il pourra ainsi leur vendre ses tourteaux de soja, ses aliments tout faits, ses additifs alimentaires, voire ses médicaments... Il n'y a pas là un conflit d'intérêt ? MDR !

 

Les paysans français sont cornaqués par un syndicat qui se fout de leur gueule. Sous les coups de boutoirs complices de l'Union Européenne, du ministère de l'agriculture et le bras armé de la FNSEA, la fin des paysans est programmé depuis 50 ans. Les paysans disparaissent, laissant la place à des entrepreneurs « indépendants » mais sous contrat, simples ouvriers spécialisés prenant les responsabilités et laissant les bénéfices aux grosses structures qui les exploitent.

 

La FNSEA les a conduit vers une production intensive de produits de bas de gamme. Où ils se heurtent aux productions allemandes et espagnoles moins chères du fait d'entreprises toujours plus grosses, toujours plus industrielles et exploitants sans vergogne une main-d’œuvre étrangère à la limite de l'esclavagisme. Sur ce terrain ils sont battus.

 

Alors qu'ils auraient dû surfer sur l'image extrêmement positive de la France en matière d'excellence, voire de luxe. Et se diriger vers des productions de qualité, de haut de gamme, à des prix rémunérateurs. Ce que réussissent des entreprises restant à l'échelle humaine et ayant choisi cette voie.

Ceux qui ne jouent pas la carte de la qualité sont destinées à disparaître. La FNSEA, à sa manière, y veille.

 

On n'a que les syndicats que l'on mérite...

 

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02/02/2016

LES VOLEURS DE SAVOIRS.

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Une information sourd discrètement dans les machines à bruits et les canards laquais : le brevetage par un institut public de recherche français, l' « Institut de recherche et développement » (IRD) d'une molécule issue d'un petit arbre des forêts de Guyane, le Quassia amara. Molécule permettant de lutter contre ce fléau qu'est le paludisme. On pourrait dire bravo et merci à ces chercheurs. Sauf que...

 

Sauf que les chercheurs de l'IRD n'auraient rien trouvés s'ils n'avaient pas interrogés les communautés guyanaises Palikur et Kali'na pour connaître leurs remèdes traditionnels, leurs modes d'emplois, leurs effets. Sans les indigènes, qui aurait pensé à cette plante, et qui aurait compris son potentiel ? Les « chercheurs » ont pourtant« oublier », pour breveter ces savoirs, de demander l'autorisation des peuples premiers et, évidemment de les associer de quelques manières que ce soit aux bénéfices de ces brevets. Bonjour l'éthique ! Si ce n'est pas du vol, ça y ressemble.

 

Nous sommes dans un cas d'école d'accaparement de savoirs ancestraux et de ressources biologiques « puisés » pour ne pas dire volés à des peuples autochtones par des firmes pharmaceutiques ou cosmétiques. Parce que les vertus médicinales et insecticides des feuilles de Quassia amara sont connues et utilisées depuis longtemps par les peuplades amérindiennes d'Amérique latine, notamment contre le paludisme ! C'est la Fondation France Liberté qui a soulevé le lièvre en faisant opposition auprès de l'Office européen des brevets.

 

Mais les spoliés n'ont pas l'intention de se laisser faire. Mardi 26 janvier, le président de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre dit avoir appris « avec grand étonnement », le dépôt d’un brevet sur une « espèce typique de la pharmacopée traditionnelle locale » et dénonce « l’absence totale d’éthique de la part de ces chercheurs ».

 

La méthode est bien rodée pour piller les savoirs autochtones. Sous couvert de recherches scientifiques, une entreprise – institut comme l'IRD, laboratoire pharmaceutique, firme cosmétique, etc. - envoie une équipe étudier une communauté indigène, en Amazonie, en Afrique, à Bornéo, etc. Les « explorateurs » font ami-ami puis s'intéressent de près à l'utilisation des plantes, de la pharmacopée locale. Ils rapportent des échantillons et les confient aux techniciens et laborantins maisons. Ceux-ci extraient le principe actif, isolent la molécule efficace possédant les vertus recherchées. La firme élabore alors un produit à partir de ce rincipe actifs et dépose un brevet. S'accaparant dès lors sous forme de « royalties » tous les bénéfices de la plante en question. En fait, elle n'a rien « découvert », elle n'a rien inventé, elle a volé un savoir ancestral. Les firmes biopirates s'appuient sur le flou juridique actuel autour de l’autorisation ou non de breveter le vivant. La situation actuelle oblige les peuples détenteurs des savoirs et utilisateurs des ressources à apporter la preuve qu'ils utilisaient et connaisaient les principes actifs des plantes avant le dépôt du brevet ! Bonjour l’escroquerie...

 

Ça devrait changer. En effet, les sénateurs ont votés, le 26 janvier, une « loi bio diversité. » Il s'agit en fait de transcrire dans la loi française le « protocole de Nagoya » visant à encadrer l'exploitation des ressources génétiques naturelles et de lutter contre la biopiraterie. Il serait temps. En effet, si 90 % de la biodiversité se trouve dans les contrées du Sud, 90 % des brevets correspondants à l'utilisation des substances issues de cette biodiversité « sudiste » appartiennent aux Etats-Unis et à moindre titre à l'Europe et au Japon. Ceci à travers ces « grands altruistes » que sont les firmes agrochimiques, biotechnologiques, pharmaceutiques, semencières, cosmétiques...

Aux voleurs !



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26/01/2016

La Chine accédant au statut « Économie de marché » : 3 millions de chômeurs de plus en Europe. Aux fous !

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L'idiot du village, le fada, le nessi, le fadoli, le babet, le simplet, bref le couillon, vous connaissez tous. C'est celui dont on se moque, que l'on ne respecte pas, à qui l'on donne des coups de tatanes en douce. Celui dont on n'a pas peur ! Qui ne se défend pas. Qui rie même stupidement avec ceux qui le tourmentent. Eh bien dans le village planétaire, le fada, l'imbécile heureux, c'est l'Europe !

 

L'Europe que se farcit avec une naïveté confondante - au prix de sa civilisation ! - les millions de « réfugiés » qui fuient des pays où sévissent la guerre ou les dictatures. Guerres fomentées, dictatures longtemps soutenues par qui ? Par les États-Unis. Les Yankees sèment la merde et nous récoltons les estrons...

 

Mais ce n'est pas tout. Nous sommes aussi le calu, l'idiot, le fadoli ,au niveau économique. La commission européenne a ouvert ces derniers jours, discrètement comme toujours, des négociations en vue de concéder à la Chine le statut « d'économie de marché ».

 

Késako? La Chine, membre depuis 2001 de l’OMC, pourrait accéder d’ici fin 2016 au statut d’économie de marché. Un statut qui empêcherait tout pays membre de l’OMC de lui opposer des mesures anti-dumping ! Bonjour les dégâts...

 

Actuellement, la Chine est considérée comme une « économie non marchande ». Subventions d’État aux entreprises chinoises, absence de concurrence, obligations des entreprises étrangères de s’associer avec des entreprises chinoises pour s’implanter en Chine, etc.. Mais si elle obtient le statut « d'économie de marché », il ne sera plus possible d'utiliser contre elle l'arsenal des outils de défense commerciale. Et notamment des mesures anti-dumping commercial et social.

 

Il y a, dans la Commission européenne, un certain nombre de fonctionnaires et d’idéologues qui sont pour l'attribution de ce statut à la Chine. À quoi jouent-ils ? Qui les soudoie ? Quels intérêts défendent-ils ? Est-ce que l’on veut que l’Europe soit l’idiot du village planétaire en étant la seule à respecter les règles ? Et puis quelle naïveté des tenants de ce changement de statut qui n’hésitent pas à dire que « ça encouragerait la Chine à se réformer ». Ben voyons... Qui va croire ça ? Leur argument principal est d'une niaiserie confondante : certaines personnes à la Commission pensent que la Chine va déverser sur l’Europe des millions et des milliards. C'est d'ailleurs ce que la Chine veut faire croire. Les industriels européens peuvent trembler... Ils sont d'ailleurs très inquiets.

 

L'Europe – cette grosse larve molle - est seule à céder aux pressions de Pékin. Le Japon, le Canada ou l’Inde sont tous opposés à cette idée. Même les États-Unis n'y sont pas favorables ! États-Unis, chantre de l'ultra-libéralisme qui, soit dit en passant, sont tout ce qu'il y a de protectionnistes ! Ainsi l'Union européenne laisse 80 % de ses marchés ouverts au « libre-échange » tandis que les États-Unis n'en ont que 40 % ! Par le « Buy American Act », le secteur public est réservé aux entreprises étazuniennes. Faites ce que je dis et pas ce que je fais... Les Yankees sont avant tout pragmatiques : libéraux ou protectionnistes selon leurs intérêts...

 

En France, on craint le porc allemand. On va « apprécier » le porc chinois à quelques centimes le kilo ! Et que dire de l'acier chinois qui – la Chine voyant sa croissance ralentir – va foutre en l'air ce que l'Indien Mittal a encore laissé aux Européens...

 

Alors, Mesdames et Messieurs les têtes d’œufs de la Commission européenne, entre 2 et 3 millions de chômeurs de plus dans l'Union, ça ne vous défrise pas ?


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21/01/2016

Valls, Macron… La « gauche » française à l’assaut de Davos ! Ah mais…

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La petite station alpine des Grisons suisses, bourrée de flics, transformée en camp retranché, reçoit cette année encore le « Parasite-club » mondial. D’autres les appellent les « grands décideurs » ou encore les « maitres du monde ».

 

2.500 participants dont 1.500 chefs d'entreprise, plus de 50 chefs d'Etat y compris des pays émergents (Chine, Russie, Brésil, Mexique, etc.). Tout ce beau monde représenté par des ministres des finances, du travail ou de l'environnement. Mais aussi les patrons de Google, Facebook, Microsoft, Alibaba, Baidu, Uber et Airbnb, mais encore les représentants des principales ONG mondiales, sans oublier des universitaires, 300 journalistes et quelques guignols du chaubiz... La France est représentée par Manuel Valls et Emmanuel Macron. C’est la « gauche » française à l’assaut de Davos ! On va voir ce qu’on va voir…

 

Avec toutes ces grosses têtes, on pourrait s’attendre à ce que toutes les crises soient anticipées et réglées au mieux. Tè ! Fumes… Ils n’ont jamais rien vu venir. Ni la crise financière, ni les « printemps » arabes, ni Daech, ni la crise migratoire. A quoi servent-ils alors ? A rien. Enfin si, à échanger entre gros rapaces des cartes de visites utiles ! Á oui, j’oubliais : ils vont œuvrer à la « stabilité mondiale » !

 

Ce qu’ils appellent « stabilité mondiale », c’est le maintien sans trop de problèmes de leur mainmise sur l’économie du monde. Que les pauvres s’appauvrissent un peu plus, ils s’en branlent complètement. Mais ils ne sont pas tranquilles, comme s’il y avait des cailloux dans leur caviar. Ces cailloux, ce sont la crise des matières premières, l’effondrement du prix du pétrole, la poudrière du Moyen-Orient, le terrorisme islamique, les ratés du moteur chinois, le déferlement des migranvahisseurs, la montée de la dictaturocratie en Europe, sans oublier le bordel généré par le changement climatique. etc.

 

Parait qu’ils n’on pas le moral les davosistes. Voilà-t-il pas qu’ils fientent dans leurs calbars. Seraient ce parce qu’ils sentent et redoutent la rugosité du chanvre de la corde les « maitres du monde » ! 1 % des personnes les plus riches du monde possèdent autant que le reste de la population du monde ! Finalement, ça ne fait pas beaucoup de monde à éliminer…

 

Et ça coûte des thunes ce raout ! Beaucoup de thunes. A moins de 5 milliards de chiffre d’affaire, une entreprise ne peut prétendre à ce que son patron fasse partie du sérail. Puis il y a la cotise annuelle. C’est plus cher qu’au club bouliste de l’Estaque : 40.000 euros de cotisation annuelle versée à la Fondation Davos basée à Genève, ce qui donne droit à une entrée au Forum. Il faut encore casquer des frais d'organisation : 16.000 euros hors frais d'hébergement et de transport. Ainsi, envoyer entre deux et cinq représentants pour les quatre jours de conférence coûte de 200.000 à 400.000 euros, selon le niveau de notoriété. Mais c’est de l’investissement productif ça, Coco ! Ça permet de se claquer les salsifis directement avec les « maitres du monde » !

 

Le thème cette année, c’est « la quatrième révolution industrielle », c'est à dire ce qu’on appelle la révolution numérique Cette mutation se caractérise par sa vitesse, le changement radical des façons de travailler, l’évolution des systèmes économiques. Avec un impact sur toute l'humanité, la façon dont elle consomme, produit, échange, aime, vit… et survit pour la plus grande partie de la population mondiale. Avec évidemment des expositions sur les robots et le rapport de l'homme et de la machine qui est en train de le remplacer…

 

Mais qui sont-ils ces auto-proclamés « maitres du monde » pour prétendre à cet extraordinaire pouvoir ? Qui les a élus ? Qui représentent-ils ? Devant qui sont-ils responsables ? Ils sont les représentants de quelques centaines d’officines financières et de compagnies multinationales qui mettent la terre en coupe réglée, qui réduisent au quasi esclavage l’essentiel de l’humanité, au profit de quelques milliers, allez, soyons large, quelques dizaines de milliers de parasites. Elus par personne évidemment si ce n’est par ces cercles mafieux qui se camouflent sous le nom de « conseils d’administrations ».

 

Ils sont les « apôtres » de la mondialisation, de la dérégulation sans freins, de la croissance à tout crin. Résultat de l’action de ces nuisibles : la planète dévastée, le climat déréglé, la clochardisation généralisée des populations laborieuses, l’accaparement des richesses mondiales au profit d’une poignée d’escrocs cupides et veules, la défaite des démocraties, le règne des dictatures, l’abrutissement des foules par l’obscurantisme religieux. Quant aux « politiques » qui se montrent à ce bal des sorcières, ils ne sont que les marionnettes de ces crapules.

 

Tiens ! Et s’il y avait une énorme avalanche à Davos ? On peut toujours rêver…

 

 Illustration: merci à Fred

20/01/2016

Au bistro de la toile : la dinde gavée au silicone et les canards gavés au maïs

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- Oh ! Victor, tu préfères la dinde ou la foie gras ?

- La réponse est dans la question Loulle. Non mais tu l’as vu la Pamela je ne sais quoi, une espèce de Brigitte Bardot d’entrée de gamme, une bimbo de consommation courante gavée aux silicones et au botox, venant nous faire la leçon «Je demande aux députés français d’abolir le gavage […] Le foie gras n’est pas un produit sain et n’a pas sa place dans une société civilisée […] Ces canards n’ont jamais eu un jour heureux». C'est cocasse d'entendre une Etazunienne nous parler de compassion, de bonheur animal et de société civilisée ! Venant de la représentante d’un peuple qui élève tous ses bestiaux en batterie en les bourrant d’antibiotique et d’OGM et qui torture allègrement les humains à Guantanamo et ailleurs, il y aurait de quoi se faire rigoler les boyaux si ce n’était si dramatique… Ces pisses-froids semblent oublier qu’ils sont un peuple de voleurs de terres, fondé sur le génocide de trente millions d’Amérindiens, l’esclavage de trente millions de Noirs et qui perpétue ses forfaits partout dans le monde en pillant les ressources naturelles, en salopant la planète, voire en soutenant les pires dictatures. Toujours la main sur le cœur, bien sûr, et Dieu à leur côté ! Sensiblerie vis-à-vis des animaux, massacre sans merci des humains…

- C'est vrai que l'élevage des bestiaux, chez eux, c'est pas « le bonheur est dans le pré » ! Le gavage de tous les animaux, là-bas, c'est pas au maïs ! C'est aux antibiotiques, aux hormones de croissance, aux farines animales, aux aliments tous OGM et même aux litières de volailles broyées et compostées !

- Ouais. Et c'est celle-là qui viens nous faire la morale ! Un pays qui protège les canards mais qui n’a toujours pas supprimé la peine de mort pour les humains… Fuck off…

- Et elle vient nous faire la leçon sur le bien-être des animaux !

- Cette notion, c'est le b.a.-ba de nombreux éleveurs français, qu'ils soient de volailles, de porcs ou de bovins, mais aux États-Unis, ça n'est pas exactement le souci numéro 1. La réglementation européenne encadre la protection des animaux de l'élevage à l'abattage, alors qu'aux États-Unis, on fait l'impasse sur les conditions d'élevage. Les bovins doivent se satisfaire de la "règle des 28 heures de transport au maximum", alors qu'en Europe, la durée maximale sans pause est de 14h. Un « feedlot » - un élevage à l'étazunienne - peut contenir plus de 32.000 bovins - et cela représente presque 40% de la production américaine - alors qu'en France, une exploitation "intensive" comporte en moyenne entre 60 et 200 bovins. Bonjours le bien-être animal ! Je préfèrerais être canard gras en Ariège ou dans le Gers que vache dans le Wisconsin ou au Texas !

- Le foie gras, Victor ! Tè ! Tu jettes quelques grains de fleur de sel de Camargue dans une sartan bien chaude. Lorsque le sel saute, tu poses dans la poêle une escalope de foie gras d'un demi-doigt d'épaisseur. Trente secondes d'un côté. Tu l'entends chanter ! Trente secondes de l'autre. Avec un verre de Sauternes « Château Rieussec » par exemple.

- Hum ! C'est de la poésie gustative Loulle !

- Allez ! A la nôtre ! Et laissons baver les bouffeurs de macdo.

 

 

 

 

18/01/2016

François, le chomdu et la dette.

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François va nous parler de « son plan contre le chômage ».Va-t-il nous enfumer ? Il en a l’habitude et nul ne peut nier son expertise en la matière. Il veut faire sortir 500.000 chômeurs des statistiques. En les sortant du tiroir « chômeur » pour les glisser dans le tiroir « en formation ». Ce qui ne créera aucun emploi mais fera « statistiquement » baisser la courbe, peut-être même jusqu’à « l’inverser ». Et lui permettre de se représenter ! En se foutant royalement de l’opinion des Français qui, à 75 %, ne souhaitent pas qu’il se représente. Pareil pour son alter ego, l’autre comique troupier du parti concurrent-complice.

 

Pour cela il a besoin de deux milliards d’euros. Notons en passant que des milliards, il y en a 34 qui sont dévolus chaque année à la formation. Mais presqu’exclusivement pour les salariés ayant un travail ! Pas étonnant que les chômeurs mal formés ne trouvent pas de boulot…

 

Quant on aura le temps, on le croira, le François… Parce qu’il ne gouverne rien, du moins pas grand-chose. Les pays européens, et donc la France, sont gouvernés actuellement non pas par la volonté de leurs peuples à travers leurs gouvernements élus mais par une petite mafia financière qui œuvre avec opiniâtreté dans une seule direction : la destruction de tous les acquis sociaux, la privatisation de tous les services publics, l’esclavagisation des travailleurs, le massacre de la sécu et de tous les services sociaux, etc. La « crise » étant le choc volontairement provoqué par une nébuleuse mafieuse appelée « Les marchés » afin de faire accepter de force toutes leurs saloperies. « Les marchés », ils vont tenir ces prochains jours leur conseil des parrains mafieux à Davos. On en reparlera…

 

Mais comment sortir des griffes de ces pourris ? « Les marchés » ce sont en fait quelques fonds de pension, quelques groupements bancaires, quelques fonds spéculatifs à l’abri dans des paradis fiscaux. Presque tous ricains ou rosbifs. La konnerie de nos gouvernants est d’emprunter du pognon à ces gens, se mettant ainsi à leur merci.

 

Le pognon – pour la formation mais aussi pour la modernisation de l’armée, de la police, de la justice entre autres impératifs dictés par la réalité géopolitique – il est dans le remboursement du seul intérêt de la dette : 45 milliards par an, soit l’équivalent de l’impôt sur le revenu ! Cette dette a doublée sous Sarko (1700 milliards) et est passée à 2100 avec Hollande. Et voilà les deux brillants gouvernants qui prétendent briguer nos suffrages pour « challenger » la fille du Borgne…

 

Un gouvernement qui aurait des couilles aurait vite résolu le problème. D’abord faire un audit de cette dette qui cache bien des créances illégitimes. Ça permettra déjà d’en éliminer une bonne partie. Les Islandais, les Argentins, les Equatoriens l’ont fait avec succès. Puis, sans même changer le mode de fonctionnement de la Banque Centrale Européenne - qui lui interdit stupidement de prêter du pognon directement aux états -, imposer à toutes les banques travaillant en France d’accorder des prêts obligatoires à l’Etat à concurrence des 2100 milliards de la dette. Les banques pour trouver ce pognon emprunteront – elles le peuvent, elles ! – à la BCE au taux habituel pour elles, soit 0,05 %, c’est-à-dire rien. Après quoi, l’Etat remboursera à ces banques à un taux de 0,01%. Largement suffisant pour les banques qui doublent ainsi leurs bénefs... C’est bien assez pour payer le fonctionnement de ces établissements qui se gavent sur le dos des Français avec des taux allant de 4 à 24%, dans les prêts « revolving » ! Dès lors le service de la dette diminuera drastiquement et une grosse partie des 45 milliards servira pour partie à financer les besoins réels mais aussi à rembourser réellement cette dette alors qu’actuellement il ne sert qu’à rembourser les intérêts.

 

Et s’il faut emprunter pour investir, créer de nouvelles infrastructure, il suffit de lancer un « emprunt patriotique » auprès des Français, à un taux d’un demi point au-dessus du taux du livret A. On peut aussi envisager un emprunt forcé auprès des trois millions de « millionnaires français » ! Ainsi on se sort des griffes de « Les marchés » ! Et leur triple A, ils peuvent se le foutre dans l’oigne et sans vaseline… De plus les milliards correspondant aux intérêts qu’il faudra tout de même rembourser resteront dans le circuit économique du pays, relançant d’autant la consommation et n’iront plus engraisser, comme c’est le cas actuellement, les retraités du Texas, du Wisconsin ou de Californie. L’état Japonais a une dette de 200% de son PIB et se branle complètement des ukases des « Marchés » puisque cette dette est entièrement détenue par les Japonais !

 

Serions-nous plus kons qu’eux ?

 

Illustration:merci à Burki