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17/06/2016

Au bistro de la toile : Martinez chez El Khomry

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- Alors ! Victor, tu crois qu'ils vont se rouler une pelle ?

 

- Qui ça ?

 

- Ben, M'ame El Komry et le camarade Martinez, ci-devant moustachu de la CGT.

 

- C'est vrai qu'ils se rencontrent ce matin. Si leurs négociations durent jusqu'à demain , ce qui voudrait dire que ça avance positivement, et qu'ils se se fassent une salade de museau pour fêter ça, on pourra dire que c'est « la pelle du 18 juin » !

 

- Il doit y avoir tarpé parce que les kroumirs vindicatifs du Sénat sont en train de lui filer de sacrés suppositoires au cul à cette Loi El Komry pour la bouster ! Sous sa version actuelle, elle leur semble trop « gauchiste ». Ils ont même voté l'abandon des 35 heures.

 

- Le Sénat, après un bref passage à gôôôche, a retrouvé sa vocation : être la grosse caisse de tout ce que la droite la plus bornée peut proposer. Ainsi, le fameux article 2, celui qui préconise l'inversion des normes leur semble encore trop favorable aux manards…

 

- Et qu'est-ce qu'il dit cet article ? C'est quoi « inverser les normes » ?

 

- En matière de négociations entre syndicats et patronat la règle est que ces négociations se passent au niveau des « branches ». Les branches, ce sont les organisations professionnelles qui regroupent les entreprises œuvrant dans un même secteur. La branche textile regroupe ainsi toutes les boites qui marnent dans le tissu, la branche métallurgie regroupent toutes celles qui sont dans la ferraille, etc. Ce système donne un certain poids à ces « branches », poids que n'auraient évidemment pas les entreprises prises séparément. Ce sont les « accords de branche » d'où découlent les « conventions collectives » qui régissent les rapports entre patrons et salariés.

La Loi El Komry, sur diktat du patronat, veut donc casser ce rapport de force. « Inverser les normes » consiste à donner priorité aux accords directs entre salariés et patrons au sein des entreprises, sans passer par les « branches », bien trop puissantes pour les patrons. Note que cette inversion des normes comme ils disent dans leur jargon est dictée par la Commission Européenne qui l'a déjà exigée de la Belgique, l'Espagne, l'Italie, pays qui avaient des accords équivalents aux nôtres.

 

- Et ça va changer quoi ?

 

- Ben, si cette loi passe, une entreprise pourra désormais négocier avec ses salariés des conditions moins favorables que la convention collective de branche, ce qui ouvre la porte au dumping social. Les salariés, seuls, avec l'épée de Damoclès du chomdu sur leur tête, seront des proies plus faciles à plumer par les patrons. Voilà ce que Martinez refuse.

 

- Oui mais la CFDT est pourtant d'accord pour signer ces accords ? Pour eux les négociations ont été positives...

 

- Bof. Comme disent les slogans des manifs, « Si le Medef voulaient instaurer l'esclavage, la CFDT négocierait le poids des chaines »…

 

- Bon. En attendant le résultats des négociations, levons nos verres !

 

- A la nôtre !

 

Illustration: merci à Chimulus

13/06/2016

PAS D'IMPÔTS pour cette grande cause nationale : l'Euro 2016 de foutebol...

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Qui dit qu'on paie trop d'impôts en France ? Qui sont ces pisse-froid qui ne comprennent pas la beauté de l'acte de payer son écot pour le bien public en fonction de ses moyens ? Vous ? Moi? Mais alors c'est que vous, et moi, n'avons pas la chance de faire partie de cette « élite » qui, grâce au dieu foutebol, ne sortira pas un seul fifrelin en impôts – si ce n'est la TVA – au cours du grand raout foutebalistique – l'EURO 2016 - qui sévit dans notre beau pays depuis quelques jours.

Oui, vous avez bien lu : aucune taxe, aucun impôts sur les sociétés, aucune autre fiscalité française pour les entreprises partenaires de l'UEFA. C'était la condition sine qua non, en 2010, pour obtenir cette organisation... Qui sont ces heureux partenaires qui vont pouvoir se gaver sans reverser la moindre thune ? Il y a les « sponsors » officiels qui sont : La Française des Jeux (On les connaît ceux-là, ce sont les racketteurs officiels ; c'est une entreprise publique française datant de 1976, détenue à 72 % par l'État français qui lui a confié le monopole des jeux de loterie et de paris sportifs sur tout son territoire), McDonald's (L'empereur mondial de la malbouffe, grand pourvoyeur d'obèses), Coca-cola (Ceux-là aussi on les connait, c'est pour eux que TF1 « prépare le cerveau de ses téléspectateurs »), Carlsberg (entreprise danoise, troisième ou quatrième fabriquant de bière mondial), Continental (oui, ce fabriquant de pneus allemand qui a laissé des milliers d'ouvriers sur le carreau), Hyunday-Kia (conglomérat coréen : automobile, construction navale, militaire, électronique, écrans plats notamment), SOCAR (ceux-la, c'est la State Oil Company of Azerbaijan Republic, c'est-à-dire la compagnie nationale pétrolière et gazière d'Azerbaïdjan.), Hisense, fabricant chinois de téléviseurs, électroménager, smartphones. S'ajoute à ces veinards le groupe suisse Kuoni, spécialisé dans l'organisation de voyages, responsable de l'hébergement pour les équipes participantes, les officiels de match, les partenaires commerciaux et de diffusion, les journalistes, les fournisseurs et équipes responsables de l'organisation de la phase finale. L'UEFA va passer encore quelques partenariats encore inconnus.

Nouveau venu parmi ces veinards, le traiteur Hédiard, - la célèbre maison d’épicerie fine de la place de la Madeleine à Paris – qui, associé au chef Robuchon, a été retenue pour assurer les services d’« hospitalité ». C'est donc lui qui assurera les prestations organisées autour des matchs – en particulier la restauration – et qui sont vendues aux entreprises. « Deux niveaux de prestations : « Platinium » (sacré Platini, va !) pour les loges privatives; « Gold » pour les places de catégorie affaires, les « business seats » dans le jargon professionnel. Le prix moyen pour cette seconde catégorie est de l'ordre de 1.700 à 2.200 euros par place. Pour les loges, la note varie selon les stades et les matchs, le maximum étant atteint par la finale avec un montant de la prestation à l'unité de 4.270 euros. « Nous sommes dans les prix de marché », assure Jacques Lambert, le président d'Euro 2016 SAS, la structure juridique ad hoc, détenue à 95 % par l'UEFA, la Fédération française de football en possédant 5 %. » (Les Echos.)

A côté » de ces cadors, il y a de solides second couteaux : Adidas, Crédir Agricole, Proman, SNCF, Orange, Turkish Airlines, La Poste.

Le principal bénéficiaire de cette opération, c'est cet organisme à structure mafieuse nommé UEFA qui, lui, se gave. Le gouvernement va en effet exonérer de tout impôt les différentes entités chargées d'organiser l'Euro 2016 de football. En dehors de la TVA, qui est pilotée par des règles européennes, aucune taxe, aucun impôt sur les sociétés, aucune autre fiscalité française ne sera prélevée sur l'UEFA et ses filiales françaises. Pour l'événement, une structure juridique ad hoc a été créée, baptisée « Euro 2016 SAS », et détenue à 95 % par l'UEFA et à 5 % par la Fédération française de football. Elle gère toute l'organisation de la compétition, à l'exception de la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. »

Voilà à qui nous allons refiler ce manque-à-gagner de l’État. Eh ! Il ne faut pas être égoïstes, il faut aider les malheureux du monde...

Comme vous pouvez voir, juste quelques entreprises françaises parmi ces heureux « exemptés d'impôts ». Par contre l'organisation laisse à l’État et aux collectivités françaises la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. Selon une étude commandée par l'UEFA, l'Euro 2016 coûtera au total 1,650 milliard d’euros (investissement pour la construction ou la rénovation des stades, sans compter 400 millions pour améliorer l'accès et les transports) pour des retombées évaluées à 1,134 milliard d’euros pour l’activité en France.

Ben voyons ! Et kikiva payer pour ces beaux stades construits selon la juteuse procédure du Partenariat Public Privé (le public casque, le privé encaisse le fric) ? Et kukiva casquer pour les flics qui garderont ces stades des débordements de ces hordes de « supporters » bourrés de Carlsberg (interdite aux abords des stades la kro ou les bières locales ! ) Les tarés qui ont tout cassé sur le Vieux-Port se sont bourrés à la danoise, uniquement.

Ainsi, alors qu'il n'y a pas un kopeck pour les collectivités locales, le gouvernement a prévu 2 milliards d'euros dont 1,6 euros pour les stades et 400 millions pour les accès net les transports. Et la sécurité, vous croyez que c'est gratos ? Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a détaillé les dispositifs de sécurité qui seront déployés lors du championnat. Au total, 77.000 personnels du ministère de l'Intérieur sont mobilisés: 42.000 policiers (dont 2.000 de la sécurité publique, 5.000 de la police aux frontières, 2.000 membres des Compagnies républicaines de sécurité (CRS), 10.000 de la préfecture de police de Paris), 30.000 gendarmes (dont des membres du GIGN) et 5.200 personnels de la sécurité civile (dont 2.500 sapeurs-pompiers et 300 démineurs). Dans les infrastructures de transport, une partie des militaires de l'opération Sentinelle sera mobilisée. De plus, 13.000 agents de sécurité privée et 1.000 bénévoles des associations de secourisme seront présents. Enfin, le GIGN, le RAID et la BRI seront prêts à intervenir. Le secrétaire d'état aux sports, Thierry Braillard a annoncé quelques jours avant le début de la compétition que la diffusion des matchs à la terrasse des cafés et restaurants serait interdite pour des raisons de sécurité.

Ouais mais le prestige ! L'image de la France ! Les « retombées » touristiques ! Mouais… Avec les poubelles partout, les grèves qui n'ont – à juste raison – rien à foutre du raout foutebalistique, les bagarres de « supporters » mononeuronés, elle n'est pas très reluisante l'image.

Ouais, mais les retombées économiques... Parlez-en aux Brésiliens !!!

 

Photo X - Droits réservés

20/05/2016

Glyphosate : le tango des dép(u)ités européens.

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Un pas en avant, deux pas en arrière, un pas glissé sur le côté… Les têtes d'oeufs de l'Europe de Bruxelles n'en finissent pas de tergiverser sur l'arrêt ou non de ce poison reconnu mais...autorisé par l'U.E. Les peuples de l'Union ne veulent pas du glyphosate, molécule du tueur d'herbe Roundup, substance « probablement cancérogène » selon l'OMS (organisation mondiale de la santé). Mais, si « on » tenait compte de l'avis de la « populace » dans les bureaux feutrés de Bruxelles, ça se saurait…

Le lobby des empoisonneurs, très influent parmi les « on » qui décident pour nous, font la roue ( ! sonnante et trébuchante la roue ? Qui lo sa…) devant eux pour les séduire. Ca a failli marcher au mois de mars, mais une vague citoyenne a fait réfléchir les députés qui étaient prêts à donner quinze années supplémentaires d'autorisation d'utilisation de la molécule maudite. Ils ont alors repoussé leur décision à ces jours derniers. Nouvelle levée de bouclier, nouveau doutes parmi les députés, le vote n'est pas suffisamment probant. Que fait l'U.E. ? Elle repousse de nouveau sa décision...tout en laissant les produits en vente, bien sûr. Jusqu'à quand ? Elle espère probablement faire passer l'embrouille durant l'été, lorsque les citoyens sont moins mobilisés, occupés qu'ils sont à se bronzer la couenne… Entre temps, on va voir fleurir des « études scientifiques » démontrant l'innocuité de cette substance. Ben voyons.

Cette substance, que l'on retrouve dans l'herbicide RoundUp de Monsanto, a pourtant été classée cancérogène "probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015. Classement que réfute en bloc l'Autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA) – chargée de veiller sur notre santé !!! - affirmant qu'au contraire la substance ne serait probablement pas cancérogène. Même l'OMS, travaillée au corps par les lobbies, remet en doute son précédent avis.

On assiste à un cas flagrant de prise de pouvoir des multinationales aux dépens de notre santé. En effet, la ré-autorisation proposée à Bruxelles, se base sur des évaluations fournies par la Glyphosate Task Force (GTF - groupe de travail sur le glyphosate), un consortium d'entreprises de l'agrochimie auquel appartient -- avec d'autres géants de l'agrochimie -- Monsanto. Quelle bonne surprise !

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) avait classé le glyphosate comme cancérogène "probable" en mars 2015 suite à la réunion d'un comité de 17 experts scientifiques indépendants ayant étudié pendant plus d'un an 260 études menées aux États-Unis, en Suède et au Canada depuis 2001. En d'autres termes, une classification prise au sérieux et basée sur des données scientifiques solides.

Monsanto, qui accuse le CIRC d'avoir écarté de son évaluation les études commissionnées par les industriels de l'agrochimie, ne dit pas toute la vérité. Comme le rappelle Kathryn Guyton, directrice de recherche au CIRC, les recherches menées par les industriels comme Monsanto n'ont jamais été publiées publiquement et n'ont donc pas pu être évaluées par les chercheurs indépendants.

Alors, aujourd'hui se pose une question très simple : pourquoi la Commission européenne et l'AESA refusent l'évaluation du CIRC concernant les dangers du glyphosate pour l'homme ? La réponse est simple : la Commission est à la botte du lobby du glyphosate et des industriels de l'agrochimie comme Monsanto. Il sera d'autant plus difficile de lutter contre les pressions des industriels qu'une nouvelle OPA géante pourrait bouleverser bientôt la chimie. Le groupe allemand de chimie et de pharmacie Bayer, qui vaut 80 milliards d'euros, a indiqué ce jeudi 19 mai avoir proposé de racheter l'américain Monsanto, numéro un mondial des semences et producteur de l'herbicide Roundup. Frau Merkel, soucieuse des intérêts de ses industriels, pourrait faire pencher la balance. Dans le mauvais sens bien sûr, celui de l'autorisation du poison.

Restons vigilants ! Ne pouvant, comme les lobbies, les inviter dans de grands restos pour les influencer, abreuvons nos députés européens de lettres ou de courriels pour leur rappeler comment voter !

Liste des députés européens français :

http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?country=FR

Liste des députés européens belges :

http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?country=BE

Pour signer la pétition contre le glyphosate: https://www.foodwatch.org/fr/s-informer/topics/glyphosate/petition-contre-le-glyphosate/

 

Illustration X - Droits réservés

 

19/05/2016

TAFTA – FRANCE : « Plus faux-cul que moi, tu meurs ! »

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Comment s'étonner du fossé qui se creuse dangereusement entre le Peuple et les gouvernants ?

Comment s'étonner que la violence remplace le dialogue dès lors que derrière les belles paroles des gouvernants se cachent des manœuvres sournoises en contradiction totale ?

Comment dès lors s'étonner de cette insurrection qui risque d'arriver ?

 

Ce gouvernement, élu sur un programme de gauche totalement bafoué, nous donne encore un exemple révoltant de son cynisme faux-cul. C'est un article du Monde qui nous en donne une nouvelle illustration.

 

De quoi s'agit-il ?

 

TAFTA, vous connaissez maintenant. C'est ce traité de vassalisation de l'Union Européenne – donc de la France – aux Etats-Unis. Vassalisation économique s'entend, les vassalisations politique et militaire étant depuis longtemps réalisées avec l'Otan. Un des point les plus contestés de ces « accords », c'est l'établissement de tribunaux privés chargés de régler les litiges entre multinationales et Etats. Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des Etats qu'ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l'U.E.

 

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d'avocats d'affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales peuvent attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner. Juridictions sans appel possible. Depuis qu'ils ont eu connaissance de ces horreurs ultra libérales les peuples de l'Union Européenne font entendre leur voix farouchement contre. A tel point que le gouvernement français à annoncé, à plusieurs reprises, son opposition à ces juridictions privées, menaçant même de refuser de signer TAFTA si ces tribunaux privés étaient retenus. On ne peut que se féliciter de cette fermeté. Sauf que…

 

Sauf que, par ailleurs, la France prône tout le contraire à l'intérieur même de l'Europe ! Explications. Il existe quelques 200 traités bilatéraux régissant le commerce entre les membres les plus anciens de l'Europe et ceux qui ont été récemment intégrés. Bruxelles souhaite – à raison – supprimer tous ces traités, vestiges d'autres temps et incompatibles avec le droit européen. Mais cinq pays de l'Union – la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande – se disent d'accord pour abroger ces traités obsolètes à conditions de sauvegarder le mécanisme de règlement des différends investisseurs-États qui est une juridiction arbitrale privée vers laquelle les entreprises peuvent se tourner au lieu des tribunaux nationaux ! C'est exactement le mécanisme farouchement combattu dans le TAFTA ! Les arguments avancés sont exactement ceux du lobby patronal « Business Europe »

 

On peut légitimement se demander pour qui travaille le gouvernement : pour les citoyens et les consommateurs français ou pour les multinationales ?

 

On peut légitimement se demander à quoi mène cette privatisation de la justice, sinon à une démission de l’État devant les seuls intérêts privés.

 

On peut légitimement se demander ce qu'est devenue la formidable idée de l'Europe enfin unie, maintenant qu'elle est tombée au mains des lobbies au services des banksters et des multinationales .

 

On peut légitimement se demander si nos gouvernant, avec leur double langage, nous prennent pour des kons ! La majorité des Français, comme des autres Européens d'ailleurs, est contre ce système d'arbitrage privé, porte ouverte à toutes les magouilles.

 

Et puis, en continuant dans cette logique de privatisation de tout et de tous, pourquoi ne pas privatiser le gouvernement ? Vous me direz, c'est déjà fait en partie, tant les intérêt privés et les conflit d'intérêt sont d'ores et déjà présents à tous les niveaux décisionnaires… Et puis, il serait temps d'enseigner dans nos « grandes » écoles la corruption et les techniques les plus efficaces des magouilles. Ceci au nom du pragmatisme, de l'efficacité, de la concurrence « libre et non faussée » car l'honnêteté et la probité sont sources de désavantages de compétitivité pour nos entreprises !

 

Et on s'étonne que ça risque de péter partout ?

 

Illustration: merci à Geluck

13/05/2016

Avant le temps des cerises, c'est celui des fraises. Oui, mais lesquelles ?

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J'ai sous le nez deux barquettes de superbes fraises « ciflorette ». Elles viennent de chez mon neveu qui les fait pousser dans son jardin, près de Bédarrides, dans le Vaucluse. Hum ! C'est son voisin – un petit producteur - qui lui appris comment les faire pousser, en pleine terre. Celui-ci, en ayant ras le cul de se faire exploiter par les grandes surfaces, les vends à un prix très correct – 7 euros la barquette d’un kilo - au cul de sa camionnette. Et les clients ne s’y trompent pas ! Ça change de ces putains de « fraises » espagnoles qu’on trouve aux supermarchés ! T’as l’impression de croquer dans un bout de caoutchouc dur qui aurait un vague gout de tomates transgénique… Dégueulasse. Et les mecs, ils vendent ça en belles barquettes d'un demi-kilo, autour de 2 ou 3 € pièce. Comme ça ne paraît pas cher, les bons kons achètent. En fait, ils paient autant que chez mon petit jardinier provençal. Seulement voilà, ces saloperies sont le nec plus ultra de la merde.

 

Elles arrivent du sud de l’Espagne et ont donc parcourues au bas mot 1.500 à 2.000 bornes en camions crachant leur gazole à la tonne. Près de 90.000 tonnes chaque année ! À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16.000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi totalité de ces merdes poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe. Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

 

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la micro faune détruite avec du bromure de méthyle et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005… ! ! !); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

 

Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main d'œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans papiers sous payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l'hiver. Mais c’est qu’en plus ils polluent ces cons d’esclaves mon brave, en plus d’avoir les poumons pourris par les merdes qu’ils respirent et la peau vérolées par les pesticides !

 

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui intègre des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2.000 hectares ont été rasées pour faire place aux fraisiers.

 

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.

 

Quant aux esclaves, ils sont priés de se barrer, retourner chez eux ou s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner - à leurs frais puisque la plupart de son pas déclarés ! - au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respirés...

 

La production et l'exportation de la fraise espagnole - l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril - représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises…

 

Mangez cinq fruits et légumes par jour qu’ils nous bassinent… Vous crèverez plus tôt, ça soulagera la sécu !

 

 

 

Illustration X – Droits réservés

09/05/2016

C'est la Journée de l'Europe…

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Peut-on, doit-on encore y croire à cette Europe ? Fait-elle encore rêver ? Elle fait rêver ceux qui veulent venir s'y installer (un peu trop souvent sans y être invités), mais elle prend de plus en plus figure de repoussoir pour ceux qui y vivent. Et cette constatation est consternante, déprimante. Parce qu'elle est belle l'idée de l'EUROPE ! Et elle est indispensable en ces temps difficiles. Rappelons brièvement sa genèse.

 

Le 9 mai 1950, il y a donc 66 ans Robert Schumann, alors ministre français des Affaires étrangères français, faisait dans les salons de l'Horloge du Quai d'Orsay, à Paris, la déclaration qui marquait le premier acte de la construction européenne. Il proposait aux pays qui s'étaient entre-déchirés en 14-18 puis 39-45 de gérer en commun leurs ressources en charbon et acier. C'était la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA). « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait »…/...« la mise en commun des productions de charbon et d’acier changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes. »

 

Six pays ont répondu à cet appel et ont créé, par le traité de Paris du 18 avril 1951, la Communauté économique du charbon et de l’acier (CECA) : l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.

 

Un grand espoir était né. L'Europe s'est construite non sans mal, non sans soubresauts. Cette belle idée était acceptée, plébiscitée par les peuples européens. Mais, héla, elle se construisait selon les plans des Etats-Unis qui voulaient en faire un énorme marché pour leurs productions et, en lui imposant l'Otan, un glacis militaire face à l'URSS. L'Europe grandissait, s'émancipait, innovait. Allait-elle tailler des croupières à son maître d'Outre-Atlantique ? Les Etats-Unis lui imposèrent donc d'intégrer la Grande-Bretagne, son cheval de Troie. Et ce fut le début de la fin…

 

Sous la pression de la Grande-Bretagne, pitbull de l'Oncle Sam, qu'est devenue l'Europe ? Un énorme marché ouvert à tous les vents. Une construction pléthorique ayant intégré trop vite trop de nations trop différentes. Elle s'est laissée phagocyter par les seules forces économiques ultra libérales. Elle est devenu le terrain où sévissent sans contraintes tous les banksters du monde, où se gavent toutes les multinationales. Et cela au détriment des peuples européens en instituant leur concurrence sauvage à la place de la solidarité. Concurrence fiscale, alignement sur le moins-disant social, démantèlement et privatisation de tous les systèmes de protection, travailleurs détachés, etc. Il n'est pas inutile, à ce sujet, de rappeler ce que disait Jean Jaurès il y a bien longtemps mais qui est de plus en plus actuel :« Ce que nous ne voulons pas, c’est que le capital international aille chercher la main-d’œuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont le plus bas. C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que nous voulons protéger la main-d’œuvre française contre la main-d’œuvre étrangère, non pas je le répète, par un exclusivisme chauvin, mais pour substituer l’internationale du bien-être à l’internationale de la misère . » Jean-Jaurès « discours pour un socialisme douanier » 17 février 1894.

 

L'Europe, pour revivre, devrait méditer aussi ces propos de De Gaulle en 1962 : «  L’Europe occidentale est devenue sans même s’en apercevoir, un protectorat des Américains. Il s’agit maintenant de nous débarrasser de leur domination. Mais la difficulté dans ce cas, c’est que les colonisés ne cherchent pas vraiment à s’émanciper. Les vues du Pentagone sur la stratégie planétaire, les vues du business sur l’économie mondiale nous sont imposées. Bien des Européens y sont favorables. » Obama n'est-il pas, il y a quelques jours venu faire sa tournée des popotes en Europe, indiquant aux Britanniques comment voter, donnant ses directives et sa feuille de route à son autre pittbull, Frau Merkel ?

 

Ce protectorat imposé coupe l'Europe de son partenaire naturel : la Russie. Les USA ne veulent surtout pas d'une Europe et d'une Russie prospères et amies car cela constituerait une puissance économique et militaire qui serait la première au monde, bien dvant les USA et la Chine. Ce que les yankees ne veulent surtout pas.

 

Ce qui est insupportable, ce sont les diktats étasuniens imposant aux entreprises européennes de se plier aux droit étasunien et ainsi d'être directement tributaire de la politique étrangère de ce pays étranger bien qu'  « allié ». En acceptant ça, l'UE accepte sans bouger son allégeance aux USA.

 

Ce qui est insupportable, c’est le « choix » de « l'ennemi », en l'occurrence la Russie par les mêmes USA.

 

Ce qui est insupportable, c'est la délimitation des frontières de l'Europe qui doivent correspondre aux frontières de l'Otan

 

Fait nous de nouveau rêver, Europe ! Émancipe-toi, refonde-toi autour des membres premiers. Les autres viendront ensuite, mais pas à n'importe quelles conditions.

 

L'horizon pourrait s'éclaircir au mois de juin, si les Anglais « libèrent l'Europe ». Par le « Brexit » !

 

 Illustration X - Droits réservés

04/05/2016

Dans l'ombre du désastreux TAFTA (avec les Etats-Unis) , le tout aussi nuisible CETA (avec le Canada).

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Merci aux Belges Wallons ! Ils vont nous sauver du petit frère planqué de l'exécrable Tafta. Parce que - bien camouflé dans l'ombre du tonitruant TAFTA (le traité de vasslisation de l'Europe par les Etats-Unis) – sévit le CETA pour Comprehensive Economic and Trade Agreement. Négocié entre l'Union Européenne et le Canada comme toujours dans la plus grande opacité en 2009 et signé très discrètement en 2014, ce traité est aussi nuisible que le tant détesté TAFTA. Signé, mais pas ratifié ! Or, tout comme le TAFTA, le CETA est un accord qui nécessite l'adoption du texte par le Conseil européen ET les Etats membres de l'Union. Tous les Etats membres. Le refus des Wallons entraine automatiquement le refus de la Belgique, qui rejoint ainsi la Bulgarie et la Roumanie dans le front du refus de la vassalisation. Et la France ? Toujours à la traine ?

 

Bien qu'il soit censé ne concerner que les échanges commerciaux entre l'U.E. et le Canada, le CETA est en fait le cheval de Troie des Etats-Unis puisque 81 % des entreprises étasuniennes présentes en Europe ont aussi une filiale au Canada. Par ce biais, les multinationales yankees pourront utiliser ce traité pour attaquer, via leur filiale canadienne, les Etats européens qui adopteraient des lois pouvant porter préjudice aux intérêts réels ou supposés de ces multinationales ! De plus, tout comme TISA ( http://www.agoravox.fr/auteur/victor-71026 ) ce traité - contrairement à l'OMC (organisation mondiale du commerce), qui utilise des « listes positives » dans lesquelles les Etats énumèrent clairement les services publics qu'ils souhaitent inclure dans l'accord à l'exclusion de tous les autres – CETA propose la libéralisation de tous les services sauf ceux mentionnés dans des « listes négatives ». Ce qui change tout et entérine les désidératas des multinationales avides de bouffer tous les services publics, y compris la santé, l'éducation, l'environnement, le droit au travail et, pourquoi pas, la police et l'armée.

 

Le texte prévoit aussi une convergence des normes entre le Canada et l’UE, alors qu’il n’existe pas de règles communes au sein même de l’Europe. Ce qui reviendrait à s'aligner sur les normes les plus basses donc à balayer les normes européennes, ce qui enfoncerait encore un peu plus la difficile construction européenne.

 

José Bové tire la sonnette d'alarme ( https://blogs.mediapart.fr/jose-bove/blog/020516/accord-d... ). Le député européen considère que « l’agriculture sert de monnaie d’échange. Une fois de plus, l’Union Européenne abandonne ses paysans pour obtenir d’hypothétiques avantages pour ses multinationales des services. Un marché de 50.000 tonnes de viande bovine et 75.000 tonnes de viande porcine s’ouvre en Europe pour l’agro-business canadien. Ces importations massives ont de quoi mettre définitivement à terre des dizaines de milliers de paysans européens, alors que ces productions sont déjà en crise. » …/… L’Accord va bien plus loin : L’Union européenne va lui sacrifier les 90 % de ses Appellations d’Origine Protégée. Aujourd’hui, la labellisation AOP est la garantie  pour un producteur que son savoir-faire et le terroir qu’il fait vivre sont uniques et ne seront pas plagiés. C’est un parcours du combattant. Lorsque la reconnaissance officielle arrive enfin, elle fait la fierté des paysans qui se considèrent, à juste titre comme les passeurs d’une tradition. Pour les consommateurs, c’est la garantie d’avoir un met de qualité, produit selon un cahier des charges exigeant. La France compte 45 AOP de fromage, dont le Roquefort, première AOP de l’histoire, obtenue en 1925, 3 de beurre et 2 de crème. Dans cette liste se trouve des noms qui nous sont familiers comme le Comté, le Rocamadour, le Laguiole, l’Ossau Iraty, le Broccio, le Salers, le Bleu de Gex, le Pélardon… Les Appellations d’Origine Protégée sont loin d’être une spécificité hexagonale. L’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Allemagne, le Royaume-Uni ont fait reconnaitre bières, fromages, salaisons, huiles d’Olives. Au total près de 1400 produits qui font le bonheur des gastronomes ont obtenu cette reconnaissance de l’Union européenne. De nombreux autres, en particulier dans les pays de l’est de l’Europe, sont dans l’attente de décrocher l’étiquette rouge et jaune.  Mais revenons à l’accord qui nous préoccupe. Il faut aller dans les détails du CETA pour se rendre compte de l’étendu des dégâts. Sur les 1400 AOP européennes, seules 174 ont eu la chance d’être nommées dans l’Annexe 20-A qui se trouve à la page 516 de ce document roboratif. » 

 

Pour la France 50 AOP laitières seulement sont prises en compte… On risque donc d'avoir dans nos "BigDistrib" de l'Osso Irati, du Pélardon, du Banon, de l'Epoisse, du Munster, de la Brucchio et autres dénominations usurpées « made in Canada ». Des notoriétés, des appellations volées en toute légalité...

 

Un débat sur le CETA est prévu le 13 mai prochain au Parlement européen. Il faut se mobiliser avant et se manifester auprès de nos députés européens.

 

Stopper le TAFTA et ratifier le CETA serait une énorme konnerie.

 

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02/05/2016

ATTENTION ! Un TAFTA (moribond) peut en cacher un autre, le TISA.

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Il semble mal barré le TAFTA. Greenpeace dévoile ce jour une partie de son contenu, soigneusement caché par les parties complices en négociation aux principaux intéressés, les populations européennes et étasuniennes. Il en ressort que ces négociations bloquent, que les peuples étasuniens ne sont pas plus chauds que les peuples européens pour ce machin uniquement pensé et conçu par et pour les multinationales et les banksters. L'expérience de l'ALENA, qui s'est traduit par une vague de délocalisations d'entreprises étasuniennes au Mexique, un chute des salaires et des milliers de chômeurs est passée par là.

 

Les « zélites » étasuniennes - fidèles à leur principe qui dit « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi, ça se discute » - refusent toute réglementation sur les services financiers comme ils refusent l'ouverture de leurs marchés publics. Sur le reste, et notamment les questions de normes environnementales, fiscales, sociales qui sont très divergentes, aucun accord ne semblant possible, les deux parties s'achemineraient, à défaut d'harmonisation, vers une reconnaissance mutuelle des règlementations de l'autre partie, avec inversion de la charge de la preuve en matière de dangerosité d'un produit. Cette reconnaissance mutuelle des standards ouvre la porte à une course au moins disant en matière d'environnement et de santé. Bonjour ou plutôt adieu le « principe de précaution » !

 

Derrière TAFTA, une autre horreur se trame, se construit dans une opacité encore plus grande, il s'agit de TISA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français. Comme pour le Tafta, les négociations ont été lancées dans une opacité totale, en Suisse en mars 2010. Il sagit d'un nouveau projet de traité commercial international («Trade In Services Agreement») qui concerne 50 pays, dont les 28 de l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Australie, le Japon, etc… Le but de cet accord est de libéraliser l’ensemble des services pour cadrer avec le contexte actuel de la révolution numérique. Tous les services seraient libéralisés, y compris les services publics – transports, hôpitaux, écoles… Tout notre quotidien est concerné : utilisation de nos téléphones, de nos cartes de crédit, du e-commerce, des réseaux sociaux, des moyens de transport, etc. L’objectif est d' «ouvrir les économies nationales à plus d’investissements étrangers, notamment dans le système bancaire et financier, sans limite de volume et du nombre d’investisseurs, avec un minimum de régulations
nationales ».

 

Vous avez aimé la directive Bolkestein, vous adorerez TISA !

 

Actuellement, un pays membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) n'est tenu de libéraliser que les secteurs sur lesquels il a explicitement donné son accord, en les inscrivant sur une « liste positive ». TiSA prévoit d'inverser cette logique en introduisant des listes négatives : seuls les secteurs cités explicitement dans les accords ne seront pas libéralisables.

Ce qui ouvrira la possibilité de libéraliser par défaut tous les nouveaux secteurs de l'économie, de la santé à l'éducation, en passant par l'énergie. Les États seront donc menacés de poursuites s'ils maintiennent des monopoles publics ou favorisent leurs entreprises locales pour relancer leur économie par exemple, à moins d'avoir auparavant négocié des exemptions dans certains secteurs.

Et l'accord prévoit un effet cliquet qui rend toute décision irréversible. Ainsi un nouveau gouvernement ne pourrait pas revenir sur une décision prise par le gouvernement précédent. Bonjour le progrès !

 

Ce traité, imposé comme d'hab par les Étasuniens, a une autre visée, géopolitique celle-là : il s'agit d'isoler les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) soigneusement écartés de ces négociations. La tactique : battre en brèche la montée en puissance des BRICS en fixant des standards mondiaux favorables aux multinationales étasuniennes et affidés, sans les consulter, puis les leur imposer. Il s'agit aussi de saboter l'accord concurrent baptisé RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership, accord économique régional complet) négocié actuellement par la Chine avec l'Asie (hors Japon, Taïwan, Corée du sud, Hong Kong, l'Inde, l'Océanie, partenaires dans TISA).

 

Et nos députés européens, qui ont voté les doigts dans le nez l'ouverture de ces négociations, ils servent à quoi ? Ils ont des lunettes en peau de saucisson pour ne pas voir l'arnaque ? Ou bien sont-ils complices ?

 

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25/04/2016

Obama. La morgue du suzerain venant tancer ses vassaux.

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Il est en tournée d'inspection, le BlackBush de Washington. Il est d'abord allé donner ses ordres aux Britichs : « No Brexit » où alors panpan culcul ! Puis il est allé rappeler à Fraù Merkel les accords secrets qui lie son pays aux USA. On ne le sait pas ça mais à peine sèche l'encre de ce beau et généreux « Traité de l'Elysée » signé par De Gaulle et Adenauer et consacrant l'amitié de ces deux frères ennemis qu'étaient la France et l'Allemagne, Adenauer était convoqué à Washington où il s'est fait remettre les pendules à l'heure. Résultat : un « Préambule interprétatif » à ce traité fut introduit subrepticement, sans en avertir ni la France ni De Gaulle, et voté par le Bundestag allemand le 15 juin 1963 à l'occasion de la ratification. Il se trouve que ce « préambule interprétatif » réintroduit les éléments que De Gaulle avait précisément exclus du traité afin de libérer la future Europe de l'hégémonie étasunienne : - subordination de l'Europe en devenir à l'intégration de ses membres à l'alliance atlantique( Otan), tuant ainsi dans l’œuf toute velléité d'armée européenne indépendante, - coopération obligatoire de cette Europe en construction avec les États-Unis, - faire entrer la Grande-Bretagne dans cette Europe. Dans l'oigne, De Gaulle… On comprend dès lors la docilité de Merkel envers les injonctions de Washington.

 

Fort du soutien de Merkel, Obama convoque dans sa province teutonne ses plus grands vassaux – le Français Hollande, l'Italien Renzi, l'Anglais Cameron – à rejoindre Merkel pour recevoir ses ordres. Ses ordres, elles se résument à deux mots : « Buy american ! » Un ordre qui s'adresse aux Européens, mais aussi aux Étasuniens, incités et même obligés pour les marchés publics, de privilégier les entreprises étasuniennes. En ce sens, Obama est parfaitement dans son rôle de président des États-Unis : il défend son industrie, ses PME, ses agriculteurs.

 

Parce que TAFTA, c'est ça et uniquement ça : ouvrir tous les secteurs économiques européens aux produits, services, finances étasuniennes. Avec évidemment le moins de contreparties possibles pour les Européens aux États-Unis. « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est toi, ça se négocie. »

 

C'est qu'il ne s'agit pas d'accords de commerce ordinaires. Il n'est pas seulement question de baisser les barrières douanières qui subsisteraient encore, ni d'harmoniser les normes techniques : il s'agit de mettre un terme qui se veut définitif aux normes internes qui gênent les entreprises transnationales. Moratoire sur les OGM, sur l'exploitation des huiles et gaz de schistes, normes environnementales, services publics accessibles, protections sociales : voilà ce qui, entre autres, est visé. Ces accords commerciaux internationaux négociés dans la plus totale opacité veulent la mise en place de mécanismes qui rendront inopérants tout choix publics qui pourraient, de près ou de loin, aboutir à une réduction des bénéfices escomptés des entreprises. Avec le mécanisme dit « investisseurs-État », une entreprise pourra remettre en cause une réglementation devant un organe d'arbitrage privé et faire condamner les États et les collectivités locales à de lourdes amendes. Avec le mécanisme de « coopération réglementaire », tout gouvernement qui voudra, dans l'avenir, revenir sur une décision antérieure de libéralisation ou prendre une mesure de protection des populations ne pourra pas le faire s'il rentre en contradiction avec l'accord.

 

Obama n'est que le commis voyageur des multinationales Étasuniennes qui ont financé ses campagnes électorales. Les lobbies d'affaires – les corrupteurs - font la loi, dans l'Union européenne autant qu'aux États-Unis où ils décident de l'agenda politique. Et les institutions, européennes ou gouvernementales, s'en font leurs serviteurs zélés.

 

Mais si les dirigeants sont couchés, les peuples se sont réveillés. Une manifestation impressionnante s'est déroulé samedi 23 à Hanovre, là où Obama vient donner ses ordres. 90.000 personnes ont battu le pavé et crié leur hostilité à ces « accords » calamiteux dans une nouvelle tranche de « négociations » débute ce jour à New-York, sur les terres du suzerain… En octobre 2015 déjà, une manifestation anti-Tafta encore plus impressionnante s’était déroulée à Berlin. Les Allemands sont en pointe dans ce combat, pourtant Merkel reste sourde et veut conclure au plus vite. Quant aux Français, plus timidement que les Allemands, ils manifestent eux aussi leur méfiance envers ce traité. Et même François Hollande qui – conviction profonde ou coup médiatique pour se concilier sa gauche ? - passe à l'offensive, déclarant que « la France pouvait dire non » si les conditions qu'elle a posé n ont pas respectées. «La France a fixé ses conditions. S'il n'y a pas de réciprocité, s'il n'y a pas de transparence, si pour les agriculteurs il y a un danger, si on n'a pas accès aux marchés publics et si, en revanche, les États-Unis peuvent avoir accès à tout ce que l'on fait ici, je ne l'accepterai pas"», a claironné le président.Beaucoup de "si"...

 

Brassage de vent ou volonté de – enfin – retrouver l'indépendance de la France qui, de De Gaulle à Mitterrand et Chirac, à toujours su garder ses distances avec notre grand « ami » d'outre-Atlantique ?

 

Et puis, à côté de Tafta il y a l'équivalent déjà signé avec le Canada (CECA). Et si Tafta est rejeté, rien n’empêchera les entreprises étasuniennes, à travers leurs innombrables filiales au Canada, d'attaquer l'Europe en matière de droit des investisseurs. Ce qui veut dire que si l'on ratifie le traité canadien, ça revient à signer pour toute l'Amérique du Nord…

 

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01/04/2016

François Hollande : « Pour moi ce TTIP est tout sauf top »

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Tiens. Il comprendrait enfin quelque chose ou c'est un poisson d'avril ? Parait que c'est ce qu'il aurait dit en aparté au cours du ramdam actuel à Washington sur la sureté nucléaire. Il serait temps que le fier « pourfendeur de la finance » s'intéresse plus aux besoins des cinq cent millions de citoyens européens qu'aux bénéfices des banksters et des des multinationales yankees puisque ce TTIP, ou TAFTA, c'est-à-dire le si décrié Traité Transatlantique, a pour finalité d'imposer aux Européens un statut de vassalisation de l'Europe aux Etats-Unis.

 

Puisqu'il ouvre les yeux notre phénix scootériste, il pourrait en profiter pour dire son fait à Obama concernant ce « traité ».

 

Il pourrait lui dire que l'Europe rejette l'arbitrage d'investissement (ISDS), sous toutes ses formes. Qu'aucun autre mécanisme ne doit être introduit s’il donne des droits privilégiés et l’accès à une justice dérogatoire aux investisseurs étrangers. La loi et l’accès à la justice doivent rester les mêmes pour tous.

 

Il devrait lui dire qu'il ne veut pas d’organe transatlantique de coopération réglementaire. Tous les processus de réglementation doivent s’opérer dans le cadre d’instances et de méthodes transparentes et démocratiques.

 

Il devrait lui faire savoir que l’impératif climatique doit être pris en compte. Les traités de libre-échange ne peuvent pas primer sur la lutte contre les dérèglements climatiques et les émissions de gaz à effet de serre. Dans le cadre de la COP21, les aspects les plus dangereux pour le climat - accroissement des échanges transatlantiques d’énergies fossiles, ISDS et coopération réglementaire - n’ont pas leur place dans la politique de l’UE. L’impact de l’augmentation des flux commerciaux transatlantiques sur les émissions de gaz à effet de serre mondiales doit être calculé et mentionné.

 

Il devrait lui dire que nos agriculteurs valent bien les siens. Et qu'il n'accepte pas que la suppression des barrières tarifaires concernant les productions agricoles accélère la course à l'industrialisation de l'élevage en Europe, fusille notre mode de production et nos paysans et aggrave encore la contribution de l'agriculture au dérèglement climatique.

 

Mais pour cela, il faudrait encore « qu'il en ait » !

 

Mais ça, ça semble vraiment un poisson d'avril...

 

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30/03/2016

Au bistro de la toile : M'sieur, pipi !

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- T'as vu Victor, à partir du 1er juin pourra s'inscrire sur une liste si on ne veut pas être gonflé à toute heure par les marchands d'assurances, de produits contre les bestiaux qui rongent les charpente et autres konneries.

 

- Mouais… On verra. Il y avait déjà Pacitel, je m'y suis inscrit et ça n'a rien arrêté. Mais cette fois, ça pourrait être plus efficace. Les entreprises auront l'interdiction formelle de contacter les personnes inscrites sur cette liste qui sera géré pour cinq ans par la société Opposetel, désigné par Macron. Cette fois, les boites qui prospectent au téléphone en direct ou par l'intermédiaire d'une société de téléprospection, doivent impérativement respecter le liste sous peine d'amendes pouvant aller jusqu'à 75.000 euros. Ca va en calmer quelques uns !

 

- ...teng ! Ecoute celle-là Victor. J'ai un client que tu connais, la Gargouille, qui m'a dit comment il répondait à ces emmerdeurs. Il lui dit : « Mais Madame, comment pouvez-vous m'appeler puisque je n'ai pas le téléphone ? » C'est tellement gros que la femme ou le mec raccroche…

 

- Moi j'ai ma méthode, très efficace : je leur réponds en allemand, avec le ton d'un casque-à-boulon de la Grande vadrouille : « Wir ist spechen, bite ? Was volen sie ? ». Et c'est radical. L'opérateur raccroche et je pense qu'il doit marquer sur sa liste « TDC » pour « tête de con » !

 

- Pas mal ! Pas mal ! Mais ces pauvres mecs ou filles qui appellent, souvent du Maroc ou de Madagascar, se font chier toute la journée pur une poignée de figues…

 

- « Chier »… S'ils en ont l'autorisation, Loulle ! Même pour les entreprises de télé-appel travaillant depuis la France, c'est pas le paradis. C'est des espaces ouverts bruyants, tout le monde parle en même temps, les horaires sont contraignant en fonction des demandes des clients, généralement quand les prospects sont là, aux heures de repas ou le soir, il y a toujours un kapo derrière les opérateurs pour leur foutre la pression. Et, tiens-toi bien, chez SFR-Numéricable du sulfureux Drahi, il fallait demander une autorisation écrites pour aller pisser !

 

- Tu rigoles.

 

- Pas du tout. Il fallait passer par un logiciel qui gérait ça. Les salariés travaillant désireux de faire une pause devaient cliquer sur le pictogramme d’une tasse à café. Une fenêtre s’ouvrait pour choisir le type de pause demandé : « repos » (cela inclut la pause toilette), « débrief », « appel clients », « brief », « panne », « appel sortant », « formation » ou encore « historisation ». Pour aller aux cagouinces, les téléconseillers devaient attendre la réponse de leur responsable qui pouvait accepter, refuser ou différer la demande en la décalant éventuellement de 10, 20, 30 minutes ou d’un ou deux appels. Si le besoin était pressant, le salarié pouvait toujours tenter d’insister par écrit, en se justifiant. Et en serrant les fesses !

 

- Comme disait Coluche « Suivez la ligne jaune ! ».

 

- Mais il y a eu du ramdam. Pour protester contre ce nouveau procédé humiliant et infantilisant, l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, Sud) avait appelé les salariés à le grève. Mais l'affaire a été dévoilée et la boite a « corrigé » son logiciel paraît-il. La grève a été annulée car entre temps, la direction a reculé : toute demande de pause sera désormais validée automatiquement par le logiciel.

 

- M'sieur, pipi ! D'accord qu'il répond désormais le logiciel. Mais en rajoutant je suppose « Grouille-toi ! »

 

 

22/03/2016

Comment les con-tribuables français vont payer l'électricité des Anglais !

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Ils se marrent les Rosbifs. Non pas d'avoir mis la pâtée à nos vaillants rugbymen, mais parce que – si le projet d'EPR d'Hinkley Point voit le jour – les contribuables français et les abonnés d'EDF français vont payer pour eux !



Eh ! Oh ! Ça va pas la tête ? Et pourtant si.



EDF, dans ses tractations en vue de construire deux réacteurs nucléaires type EPR en Angleterre, avait obtenu la garantie de l’État britannique sur la dette découlant du projet ainsi qu'une garantie de prix de l'électricité produit de 120 euros le Mwh (92 livres) sur 35 ans. Qui planifie sur 35 ans ? Qui dit que les successeurs de Cameron tiendront ces accords ?



Mais tout a été remis en cause avec la venue dans le projet de l'opérateur électricien chinois CGN prenant 33,5 % des patrs, EDF restant chef de file et donc responsable final avec 66,5 % des parts. Notons que les Britanniques restent totalement en dehors du capital, donc des responsabilités alors qu'ils seront les seuls bénéficiaires de l'opération ! Trop malin les Anglais. Ou plutôt trop kons les Français d'EDF.



Le prix affiché : 25 milliards d'euros. Mais l'expérience désastreuse des EPR de Flamanville et de Finlande permet de douter de ce chiffre, celui de Flamanville ayant été multiplié par plus de trois... De quoi foutre en l'air l'entreprise EDF déjà endettée au niveau de 37,4 milliards d'euros, dette qui risquerait alors de doubler. Intenable pour l'entreprise. Et qui paiera l'addition ? Nous la verrons planquée sur notre facture EDF tandis que des palanquées de salariés EDF connaîtront les joies de rencontrer Monsieur Paul Emploi ! Avec à la sortie le risque de démantèlement de ce qui fut l'un des plus beaux fleurons de notre industrie. Voilà où risque de mener l'entêtement criminel de la mafia des nucléocrates qui sévit tant à EDF qu'à Areva.



En plus, ces apprentis sorciers ont promis la mise en service du premier réacteur pour 2023. Totalement irréaliste si l'on considère les retards énormes pris tant par le réacteur de Flamanville que par celui de Finlande. À la sortie on peut donc s'attendre à des pénalités énormes à casquer par EDF, donc par nous ! On court au désastre. Aux fous !



Il faut dire qu'EDF gagne fièrement et régulièrement la cuillère de bois en ce qui touche aux aventures à l'export.

Parlons de la prise de contrôle de Britsh Energy, l'opérateur britannique. Cette entreprise, qui accumulait les pertes et doit payer le gouffre du démantèlement de ses centrales nucléaires obsolètes, a été racheté pour 15,8 milliards d'euros, bien au-dessus de sa valeur, par EDF .

Parlons d'Edison, en Italie, payée plus de 6 milliards d'euros et qui continue d’accumuler les pertes, comblées par EDF, donc par nos factures.

Parlons de Constellation aux États-Unis : 5 milliards d'euros jetés en pure perte pour prendre une participation dans un groupe qui va maintenant à la casse ! De quoi faire se bidonner le milliardaire yankees Warren Buffet, principal bénéficiaire de l'opération !



Bon. Mais enfin, le principal actionnaire d'EDF, c'est l’État, à 85 %. Et qu'est-ce qu'il en pense Monsieur l’État de ce foutoir ?



Ben, écoutons le ci-devant Macron, ministre de l'économie : « Ne pas construire le réacteur de Hinkley Point serait une erreur.  S’il faut mettre au pot pour que l’entreprise publique réalise l’EPR britannique de Hinkley Point, l’État français sera au rendez-vous. S’il fallait renoncer aux dividendes, l’État le ferait également.”



Emmanuel Macron justifie la décision du gouvernement en précisant : “On ne peut pas se dire pour l’énergie nucléaire et laisser échouer un projet comme Hinkley Point.”



Décidément, là où il y a des coups à prendre, EDF est toujours là ! Avec nos sous, c'est facile...

 

Sources:

lien 1

lien 2

 

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08/03/2016

La Commission européenne s’apprête à céder à Monsanto. Disons NON au glyphosate !

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Catastrophe ! La Commission européenne est sur le point de renouveler l'autorisation du glyphosate pour une durée de 15 ans.

Cette substance, que l'on retrouve dans l'herbicide RoundUp de Monsanto, a pourtant été classée cancérogène "probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015. Classement que réfute en bloc l'Autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA), affirmant qu'au contraire la substance ne serait probablement pas cancérogène.

Malentendu ? Cafouillage administratif ? Pas du tout… loin de là ! Il s'agit ici tout simplement d'un cas flagrant de prise de pouvoir des multinationales aux dépens de notre santé. En effet, la ré-autorisation proposée les 7 et 8 mars à Bruxelles, se base sur des évaluations fournies par la Glyphosate Task Force (GTF - groupe de travail sur le glyphosate), un consortium d'entreprise de l'agrochimie auquel appartient -- avec d'autres géant de l'agrochimie -- Monsanto. Quelle bonne surprise !

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) avait classé le glyphosate comme cancérogène "probable" en mars 2015 suite à la réunion d'un comité de 17 experts scientifiques indépendants ayant étudié pendant plus d'un an 260 études menées aux États-Unis, en Suède et au Canada depuis 2001. En d'autres termes, une classification prise au sérieux et basée sur des données scientifiques solides.

Monsanto, qui accuse le CIRC d'avoir écarté de son évaluation les études commissionnées par les industriels de l'agrochimie, ne dit pas toute la vérité. Comme le rappel Kathryn Guyton, directrice de recherche au CIRC, les recherches menées par les industriels comme Monsanto n'ont jamais été publiées publiquement et n'ont donc pas pu être évaluées par les chercheurs indépendants.

Alors, aujourd'hui se pose une question très simple : pourquoi la Commission européenne et l'AESA refusent l'évaluation du CIRC concernant les dangers du glyphosate pour l'homme ? La réponse est simple : la Commission est à la botte du lobby du glyphosate et des industriels de l'agrochimie comme Monsanto.

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

Une centaine d'experts réputés se sont levés contre l'évaluation de l'AESA qu'ils qualifient de "peu crédible" -- du jamais vu ! Aussi, le gouvernement suédois prévoit de s'opposer à ce renouvellement alors que des voix s'élèvent contre le glyphosate au sein des gouvernements français et allemand. La pression monte à mesure que la contestation publique s'amplifie !

Le vote des 7 et 8 mars prochains sera déterminant. Ensemble, nous nous sommes déjà mobilisés contre Monsanto et ses pratiques antidémocratiques pour imposer les OGMs. Il est temps de dire aux gouvernements des pays membres de l'UE que nous exigeons que notre santé passe avant les profits de Monsanto et de l'industrie agrochimique.

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

 

Plus d'informations :

Glyphosate : la Commission européenne propose de renouveler son autorisation, France TV Info, le 25 février 2016.
Pesticides : la malédiction du soja, Envoyé Spécial, le 19 février 2016
Glyphosate et cancer : la décision de l'Agence européenne de suivre l'avis de Monsanto n'est pas crédible !, Les Amis de la Terre, novembre 2015.

 

Pour signer la pétition :

https://www.foodwatch.org/fr/s-informer/topics/glyphosate...

 

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03/03/2016

LA VIANDE A LA MERDE !

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Depuis belle lurette, des vétérinaires, des bouchers et des agents de la DCCRF - l’ancienne Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes qui se nomme désormais DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) - s’échangeaient l’information sous le manteau et conseillaient de ne pas donner de viande hallal aux enfants, qu’ils soient ou non musulmans. Le conseil valait notamment pour les parties avant des animaux et, surtout, les steaks hachés, qui ne contiennent souvent que des parties avant.

 

Pour le grand public, c’était motus et bouche cousue, quasiment un secret d’État ! Il était simplement fortement recommandé de manger les steaks hachés très bien cuits, ce qui sur le plan gustatif évoque plus le pâté de sciure que l’entrecôte de bœuf Angus, Kobé ou fin gras du Mézenc...

 

La viande hallal contient de la merde et, plus gravement, l’e-coli (*) qui prolifère dans le système digestif.

        

Sa présence, statistiquement inquiétante, découle directement de la technique utilisée pour l’abattage rituel. Parce que le bestiau, fou de terreur devant la mort qui s’approche, se chie dessus. Comme tout le monde quoi. Et cette merde tombe sur les parties avant. On lave bien sûr. Mais la merde, c’est malin, c’est opiniâtre, ça se glisse partout. Et il en reste.

 

Et pour ceux qui ne mangent pas hallal ?

        

C’est quasiment la même chose car, pour de sordides raisons économiques (pas d’étourdissement, ça fait des postes de dépenses en moins) de nombreux abattoirs tuent façon hallal d’innombrables bovins et ovins, ce qui entraîne pour eux une souffrance aussi effrayante qu’inutile et, pour les consommateurs, le risque de dégustation de matières fécales, dont les qualités organoleptiques restent à démontrer, ainsi que d’e-coli, dont la nocivité n’est plus à démontrer.

 

Le respect des normes sanitaires et la simple légalité sont fortement sollicitées en la « matière » tant les contrôles sont aléatoires.

 

Lorsque vous achetez du chocolat fantaisie, il suffit de chausser de bonnes lunettes pour apprendre que ce que vous allez manger « est susceptible de contenir des traces de noisette ou d’autres fruits à coque ».

        

Lorsque vous achetez de la viande, même équipé d’une grosse loupe, vous ne saurez jamais que ce que vous allez manger « est susceptible de contenir des traces de merde et quelques e-coli ».

        

Mais si vous faites très très bien cuire et surcuire votre steak haché, il n’y a pas de problème. C’est eux qui le disent !

 

Bon appétit, bonne santé et donnez du saucisson aux bébés, c’est moins dangereux.

 

         (*) E.coli (EHEC) Enterohaemorrhagic : bactérie susceptible de provoquer une maladie grave, guérissant spontanément dans la plupart des cas mais pouvant évoluer vers une forme mortelle, notamment chez les enfants et les vieillards. La charmante bestiole adore le fumier où elle peut survivre plusieurs mois.

 

 

Photo X – Droits réservés       

 

 

02/03/2016

Catastrophes écologiques. POLLUEUR-PAYEUR : le gouvernement Valls voulait en faire CONTRIBUABLE-PAYEUR

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Pendant les raouts agricoles, migrants et autre loi sur le travail, le gouvernement Valls a présenté à l’Assemblée nationale, ce mardi 1er mars, en deuxième lecture, la loi sur la biodiversité.

C’est la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité, la ci-devant « écologiste » Pompili Barbara qui est chargé de défendre ce projet de loi dans lequel le gouvernement avait sournoisement, à quelques heures de la présentation du texte, glissé un amendement directement dicté par le MEDEF et l’Association française des entreprises privées AFEP). Cet amendement vicelard entre tous consistait non seulement à exempter les pollueurs, genre Total pour l’Erika, de payer les dommages causés par leurs actes, mais à transférer le paiement de ce risque sur l’État, donc sur le contribuable !

Total en a rêvé, Valls voulait le faire. « Voulait » parce que, devant la montée au créneau de quelques parlementaires lucides et courageux comme Delphine Batho, cet amendement scélérat a été retiré. Mais jusqu’à quand ? Ne va-t-il pas revenir sous une autre forme sournoise puisque le débat parlementaire est reporté au 15 mars ?

Que disait cet amendement gouvernemental? Rappelons-le pour bien montrer la collusion entre ce gouvernement de « gôôche » et les lobbies patronaux.

Il dit ceci (voir le premier paragraphe http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD1048.asp )

« De la réparation du préjudice écologique

« Art. 1386‑19. - Indépendamment des préjudices réparés suivant les modalités du droit commun, est réparable, dans les conditions prévues au présent titre, le préjudice écologique résultant d’une atteinte anormale aux éléments et aux fonctions des écosystèmes ainsi qu’aux bénéfices collectifs tirés par l’homme de l’environnement.

« N’est pas réparable, sur le fondement du présent titre, le préjudice résultant d’une atteinte autorisée par les lois, règlements et engagements internationaux de la France ou par un titre délivré pour leur application. »

Ça ne semble rien mais cela veut dire que quelque pollution que ce soit causée par une activité qui a obtenu une autorisation administrative (autorisation de faire circuler des produits dangereux en mer, sur les fleuves mais aussi autorisation de forer, autorisation d’exploiter, permis de construire, etc.) ne pourra être qualifié juridiquement de préjudice écologique et ne pourra donc prétendre à aucune réparation dès lors que le responsable de la pollution pourra démontrer qu’il possède une autorisation pour cette activité. Et à qui incombera alors la charge de payer les dégâts ? Ben, à l’administration qui aura délivré l’autorisation, bien sûr ! Donc à l’État, donc au contribuable, à nos poches. C’est un véritable PERMIS DE POLLUER !

Avec cette loi, Total n’aurait pas eu à payer pour les dégâts causés par la marée noire de l’Erika.

Cette inversion de la responsabilité, si elle passait pour les dégâts écologiques, serait rapidement étendue, sous les énormes pressions des lobbies, à d’autres activités. Notamment en matière de préjudices causés par des médicaments, des pesticides, etc.

Ne crions pas avant d’avoir mal puisque cet amendement a été retiré in extremis. Mais cet épisode montre la duplicité de ce gouvernement qui trahit sans vergogne ceux qui les ont élus. Remercions les lanceurs d’alertes qui ont permis à des parlementaires honnêtes (mais si, on en trouve) comme Delphine Batho de présenter un contre amendement qui a fait reculer le gouvernement.

Hollande, Valls, Macron, Medef, Total, Servier, même combat ultralibéral !

 

Illustration: merci à Luz

29/02/2016

Au « SALON DE LA SUBVENTION »

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Les « paysans » (pardon, les « exploitants agricoles ») qui ont insulté la fonction présidentielle, donc la République, à travers François Hollande, méritent-ils l’indulgence dont ils bénéficient traditionnellement pour leurs exactions ?

 

Question : pourquoi l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark taillent-ils des croupières à l’agriculture française, jadis championne d’Europe voire du monde, alors qu’elle a reçu de l’Europe des centaines de milliards d’euros (environ 10 milliards chaque année) ?

 

Parce que ces pays ont profité des aides européennes pour moderniser leurs agricultures et leurs élevages dans l’esprit ultralibéral prôné par Bruxelles, afin de les rendre plus productifs, donc plus générateurs de profits. Il en est résulté une agriculture et surtout des élevages industrialisés, appartenant à des groupements financiers ou industriels, n’ayant pas d’états d’âmes à exploiter sans vergogne des mains d’œuvre venus de l’immigration (souvent clandestine) ou des travailleurs « détachées ». Ceci dans des exploitations que l’on ne peut plus appeler « fermes », enfermant plusieurs milliers de vaches monoraces (prime holstein) pissant des millions de litres de mauvais lait, sans jamais voir le soleil ni manger un brin d’herbe, nourris aux aliments industriels à base de soja OGM provenant d’Amérique (Nord et Sud), puis inondant le marché et faisant chuter les prix avec des tonnes de barbaque de réforme vendue par la grande distribution. Idem pour le porc et les volailles.

 

Question : Pourquoi la France n’a-t-elle pas suivi ce même processus ?

 

Parce que les gouvernements (où la droite reste largement dominante dans le temps) - en pleine connivence avec la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et avec la complicité intéressées du Crédit agricole et des Chambres d’agriculture – ont œuvrés non pas pour bâtir un avenir viable à l’agriculture française, mais avant tout pour maintenir un électorat traditionnellement acquis à la droite (voire actuellement à l’extrême-droite). Ils ont étalé dans le temps (et donc les scrutins !) la baisse régulière du nombre d’exploitations afin de maintenir quantitativement cet électorat. Les paysans français disparaissent inexorablement pour être remplacés par des « exploitants agricoles » sous contrat qui sont en réalité des ouvriers spécialisés « uber style », maillons faibles d’une agro-industrie préoccupée avant tout de profit financier. Et comme leur poid électoral s’est considérablement rétrécit, les « politiques » s’en foutent. Et TAFTA, s’il est signé, consacrera leur mise à mort.

 

L’ « exploitant agricole » a perdu son âme de paysan. Son âme et son savoir-faire. Il est devenu un chasseur de subventions, celles-ci représentant l’essentiel du revenu des « exploitants agricoles ». A noter que, sans assurer l’avenir de l’agriculture française, la Politique agricole commune a razzié l’essentiel des fonds européens au détriment d’autres politiques européennes. Les Français, principaux bénéficiaires des fonds européens, ont - sous la bannière de la FNSEA - toujours lutté contre les velléités bruxelloises de différentiation des subventions en fonction d’autres critères que la surface et la seule rentabilité des exploitations. Résultats : ces subventions ont été surtout – et sont toujours – pompés par les gros exploitants céréaliers (80 % du fric pour 20 % d’ « exploitants »-exploiteurs). Comme par hasard, c’est parmi ceux-ci que se recrutent l’essentiel des dirigeants de la FNSEA !

 

Les quotas laitiers, qui permettaient de produire à des prix rémunérateurs, ont été supprimés le 1er avril 2015. Suppression signée et ratifiée sous la droite de Sarko, rappelons-le à l’électorat de droite des « exploitants agricoles » qui sifflent et insultent le président actuel. Dès lors ces derniers somment l’Etat – avec nos sous - de prendre le relais de Bruxelles pour continuer de subventionner une agriculture responsable de biens des dégradations environnementales, stérilisant la terre par les engrais chimiques, empoisonnant l’eau et l’air par les pesticides, sans oublier la non qualité des aliments.

 

Et que dire de la désertification rurales résultant du regroupement des exploitations ; que dire des milliers de cancers contractés par les agriculteurs suite aux divers traitement chimiques ; que dire des suicides (deux pas jours) d’ « exploitants agricoles » flingués par les dettes contractées auprès du Crédit agricole pour sacrifier à la course au plus gros tracteur…

 

Et que penser de ce drôle de « syndicat » agricole dont le président, Xavier Belin, préside aussi une multinationale…qui vend – très cher, et c’est une des raisons occultée des problèmes de prix actuels - aux éleveurs qu’il est censé défendre l’aliment industriel à base de tourteaux de soja OGM ? Xavier Belin, le paysan en Prada est un homme d'affaires aux multiples casquettes. Il est président du syndicat majoritaire mais aussi : PDG de la société Avril-Sofiprotéol, multinationale aux multiples activités, vice-président du Copa-Cogeca, structure qui rassemble des syndicats et organisations agricoles au niveau européen, particulièrement favorable à la signature du  traité TAFTA, président du port de commerce de La Rochelle, deuxième port français pour l’exportation de céréales, propriétaire dans le Loiret d'une exploitation de 500 hectares de blé, orge, colza, tournesol, maïs et pois protéagineux, etc. Quel homme pour s'occuper de tant de choses !

Quant à Sofiprotéol, rebaptisé Avril – ça fait plus printanier ! - c'est un mastodonte de 7 milliards d’euros de chiffre d'affaires, qui regroupe plus de 150 sociétés, présent dans 22 pays, notamment au Maghreb. L'objectif de cette pieuvre : assurer un maximum de débouchés à la filière des huiles et des protéines végétales (tournesol, colza, etc.)

Sofiprotéol-Avril, ce sont les huiles Lesieur et Puget, les œufs Mâtines, c'est des porcs, de la volaille, du bétail avec Glon Sanders, n°1 de l'alimentation animale. On la retrouve aussi dans la santé et la génétique animale, dans l'oléochimie (cosmétiques, peintures, mousse polyuréthane), dans les carburants (Diester industrie, n°1 européen du bio-diesel). On la rencontre encore dans le financement de l'agriculture industrielle, dans l'huile de palme, dans les semences, dans les additifs alimentaires, dans... les OGM (par Biogemma), et même dans la presse agricole !

Et les « floués de la terre » confient la défense et l’élaboration de leur futur à ce cartel qui montre sa force au salon de l’agriculture – qu’il faudrait rebaptiser « SALON DE LA SUBVENTION » - en orchestrant les insultes, le démontage du stand gouvernemental, les jets de bouses afin d’intimider le gouvernement…

Les ex-paysans, devenus « exploités agricoles » n’ont que les représentants syndicaux qu’ils méritent et l’avenir que ceux-ci leur concoctent.

Que faudrait-il faire alors ? Qui lo sa ?

Il faudrait peut-être organiser, voire imposer, des négociations tripartites entre la grande distribution, les industriels de l’agroalimentaire et aussi les paysans (pardon, les exploitants agricoles). Mais qui pour les représenter face à des colosses structurés, avides et sans états d’âmes ? Certainement pas la FNSEA. Alors, des groupements de producteurs ? Existent-ils ?

Il faudrait certainement imposer l’étiquetage pour que le consommateur sache ce qu’il achète. Encore faudrait-il que nos représentants auprès de l’Europe ne se couchent pas, comme d’habitude.

Il faudrait évidemment sortir de la monoculture, avec des fermes à taille humaine pratiquant une pluriculture destinée à nourrir une clientèle de proximité et sortir du mirage de l’exportation de produits de qualité médiocre concurrencés par leurs équivalents venant des pays à bas prix de main d’œuvre (Brésil) ou exploitant sans vergogne les travailleurs « détachés » (Allemagne).

 

Et surtout remplacer ces productions qui ne peuvent pas, compte tenu des prix de main d’œuvre chez nous et de la structure familiale de nos exploitations, concurrencer les productions des usines à lait ou à barbaque de la mondialisation. En surfant sur l'image très positive de la France, terre d'excellence gastronomique, terre de luxe, terre de savoir-faire, terre de savoir-vivre pour se diriger vers des productions de qualité, de haut de gamme, lait et viandes bio, produits transformés AOC et AOP, etc., à des prix rémunérateurs.

 

Et nos paysans retrouveront le goût du bel et bon labeur et la joie de vivre plutôt que la tentation de la corde...

 

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24/02/2016

Gaz de schiste, gaz de couche : coucou, les revoilou !

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Cinq ans après la première grande manifestation de Villeneuve-sur-Berg (Ardèche, 15.000 personnes), quatre ans après celle de Saint-Christol-lès-Alès (5.000), les militants anti-gaz de schiste ont ressorti cette semaine les banderoles et les masques à gaz pour manifester, le 28 février, à partir de 14 heures. Ça va se passer au pied de ces Cévennes rugueuses et rebelles, dans un village célèbre pour son engagement écologique à Barjac, dans le Gard. Cette petite ville, engagée dans une démarche environnementale, notamment en passant sa cantine au bio et en créant un « Service Public de Restauration Éducative et Sociale », a fait l'objet d'un documentaire : Nos enfants nous accuseront.

 

Raison de cette nouvelle mobilisation : le retour de la menace « gaz de schiste ». Avec la loi Jacob de juillet 2011, qui interdit la fracturation hydraulique, les choses s'étaient un peu calmées. Mais en janvier dernier, la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'abrogation du permis de recherches en hydrocarbures dit de Montélimar D'un point de vue légal, ce n'était pas illogique puisque Total n'a jamais parlé de fracturation hydraulique. Mais c'est bien une preuve que la loi Jacob est insuffisante. Les organisations d'opposants qui appellent à manifester estiment qu'il faut une nouvelle loi pour interdire de manière définitive toute recherche d'hydrocarbure dans la roche mère puisque ce n'est pas possible sans fracturation. Ce permis couvre en fait 4.327 km2 et s'étend sur l'Ardèche, la Drôme, le Gard, l'Hérault et le Vaucluse.

 

Ce retour des manifs contre l'exploitation des hydrocarbures « non conventionnel » met également les projecteurs sur un autre type d'exploitation, que certains considèrent comme acceptables mais que d’autres rejettent au même titre que le gaz de schiste : le gaz de couche.

 

Gaz de couche ? Késako ? Le grisou ? Ce gaz qui a tué tant de mineurs ? Non. Le grisou, c'est le « gaz de mine », qui peut-être récupéré sans forage, à la sortie des mines. Pauvre en méthane, il est peu rentable. Il s'agit du méthane piégé au sein des veines de charbon des anciennes houillères Ce méthane est fixé dans le charbon, souvent profondément enfoui au-delà de 1000 mètres sous terre. Le gaz, prisonnier des veines de charbon, ne peut-être récupéré en surface comme le gaz de mine. Il est exploité aux États-Unis, au Canada et en Australie. Mais d’anciens bassins houillers français dans le Nord-Pas-de-Calais, le Jura, la Lorraine, la Provence et les Cévennes intéressent des entreprises gazières.Certaines possèdent d'ores et déjà de permis exclusifs de recherche en Lorraine (lien 1, lien 2) , dans le Jura et en Provence, dans le bassin de Gardanne.

 

Arnaud Montebourg, lorsqu'il était ministre, était plutôt favorable à l'exploitation de ce « gaz en marinière » qui pouvait, pensait-il, réduire le risque de délocalisation des industries chimiques vers des pays où le prix du gaz est très bas, et attirer dans les régions concernées des entreprises consommatrices de gaz et soucieuses de sécuriser leur approvisionnement.

 

C'est un point de vue. Il n'est pas partagé par tous. Ainsi, un rapport publié en 2013 sous l'égide du ministère de l'écologie, par l'Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) et le Bureau de recherches géologiques et minière (BRGM) ( ) émet de sérieuses craintes relatives aux impacts environnementaux générés par ces exploitations sont cependant émises dans un récent rapport de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). Le niveau des nappes phréatiques, la qualité des eaux souterraines et de surface, ainsi que celle de l’air et des sols pourraient être affectés. Le rapport pointe également des risques accidentels comme la migration non-maîtrisée de gaz vers la surface.

 

Au niveau technique, pour exploiter le gaz de couche, il est nécessaire de coupler à un forage vertical des forages horizontaux en étoile qui s’étendent dans la veine de charbon. Par le pompage de l’eau en bas du puits, il est possible de créer une dépression qui facilite la libération du méthane. La stimulation par l’injection d’un fluide, que ce soit de l’eau ou un autre fluide de fracturation, permet l’exploitation industrielle du gaz de couche. Aux États-Unis et au Canada, qui exploitent ces gaz, c’est le plus souvent la fracturation hydraulique qui est utilisée pour rentabiliser les forages.

 

L’exploration des gaz de couche, si elle est autorisée, entraînera une exploitation, toujours de courte durée qui dévastera les régions de par la multiplicité des forages nécessaires, impactera les paysages, polluera l’air et les ressources en eau, dévalorisera le patrimoine bâti…

 

Au temps de la « transition énergétique » et...du pétrole à prix bradé, le jeu (des gaz de couche) en vaut-il la chandelle (des torchères!)?

 

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Sources:

http://www.bastamag.net/Les-gaz-de-couche-nouveau-filon

http://www.ineris.fr/centredoc/note-brgm-ineris-gaz-de-ch...

23/02/2016

Industrie nucléaire : la saga d’un fiasco.

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Heu-reux ! Heureux parce que ma facture d’électricité a baissé de façon drastique. Pas parce que le prix a baissé, non, mais parce que je ne sacrifie plus à cette aberration prônée pendant des décennies par EDF : se chauffer à l’électricité. Je suis un bon élève de la « transition énergétique » : je chauffe à l’aide d’un poêle à granulés de bois ! Chaleur douce et régulée, belle flamme, on jette les cendres une fois par saison de chauffe, et en plus chauffage totalement écololo : il ne rejette dans l’atmosphère que le gaz carbonique que les arbres lui ont pris !

 

Ben ouais, Victor. Mais ça n’arrange pas les affaires d’EDF un comportement pareil… EDF, c’est l’électricité avant tout nucléaire. Moderne ça Coco ! Pas comme tes bouts de bois transformés en granulés genre « totaliment ». Et ce n’est pas bon pour les comptes d’EDF, donc pour les bénefs des actionnaires c’est-à-dire monsieur L’État à plus de 84 % ! La valeur de l’action de ce qui fut l’un des plus beaux fleurons de l’industrie française s’enfonce dans un gouffre : elle a été divisée par 8,5 en moins de dix ans… Et ce n’est pas fini.

 

L’industrie nucléaire est une industrie du passé, du siècle dernier. Son avenir est derrière elle depuis longtemps déjà. Mais EDF, appuyé sur le puissant lobby nucléaire, n’a rien compris. Au niveau mondial, la production d’électricité nucléaire ralentit depuis l’orée de ce siècle. Les nouvelles centrales mises en service ne le sont qu’en remplacement des unités arrêtées pour obsolescence. Et la catastrophe de Fukushima n’a pas arrangé les choses, notamment au Japon et en Allemagne qui ont arrêté les frais (et les risques). Par contre l’électricité d’origine renouvelable est en expansion rapide partout dans le monde. Sauf en France. On a tout faux…

 

Tout faux parce que la consommation d’électricité n’augmente plus tant au niveau français qu’européen.

 

Tout faux parce que la loi de transition énergétique ambitionne de diviser par deux la consommation d’énergie d’ici 2050, et que l’énergie « électricité » ne restera évidemment pas à l’écart de cette baisse drastique.

 

Tout faux surtout pour les dirigeants d’EDF – en tête desquels Henri Proglio, son ancien président – qui prédisait une augmentation de la consommation électrique de 40 à 50 % d’ici 2025 ! Et donc que le passage figurant dans la loi de l’électricité nucléaire de 75 à 50 % n’entrainerait pas de fermeture de centrales nucléaire. Bonjour la compétence !

 

Tout faux parce qu’aucun pays européen ne programme d’augmenter son nombre de centrales nucléaires. L’Allemagne a arrêté les frais, la Grande-Bretagne se contente de remplacer ses trop vieilles centrales par deux EPR, et même la France limite son parc à son potentiel actuel.

 

Tout faux parce que la France est à la traine concernant les énergies électriques renouvelables telles l’éolien, le photovoltaïque, la biomasse, etc.

 

Et, cerise sur le gâteau nucléaire, la chute des prix du pétrole n’arrange pas les affaires des nucléocrates.

 

L’aveuglement tant des dirigeants d’EDF que d’AREVA – autre fleuron en faillite par l’impéritie de des dirigeants – et des gouvernements successifs, quel que soit leur bord politique est flagrant et reflète l’influence néfaste du lobby pro nucléaire à l’œuvre depuis des décennies. Leur crédo : la consommation d’électricité va augmenter, il faut donc anticiper cette augmentation; le marché mondial ouvre un bel avenir à la technique nucléaire française qui est la première du monde  Mouais…

 

Et ce fut donc l’aventure des EPR. Areva en vend un clé en mains à la Finlande et un autre à EDF à Flamanville. Fiasco sur toute la ligne. Ces deux prototypes multiplient les déboires techniques, les retards. Leur prix est multiplié par 4 et leur mise en ouvre sans cesse retardée. Aucun des deux ne fonctionne actuellement. Fonctionneront-ils d’ailleurs un jour ? Idem pour deux EPR construits en Chine. Quant à ceux soi-disant vendus aux Anglais, on en reparlera… Bref, un sacré bide !

 

Le pognon jeté dans l’EPR manque ailleurs, en notamment dans la maintenance du parc de centrales existantes, au risque de catastrophes incommensurables. La vétusté des installations fait que la disponibilité du parc est en baisse constante, d’autant plus que Fukushima est passé par là et que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) impose à l’opérateur des mesures de mise aux nouvelles normes. C’est ce qu’ils appellent le « grand carénage », opération de rénovation dont la facture oscille de 55 milliards (selon les « organisateurs », EDF) à 100 milliards (selon « la police », la Cour des comptes). Ceci dans le but hypothétique de prolonger l’utilisation des centrales de 10 ans supplémentaires. Hypothétique parce que ces travaux excluent les éléments essentiels : la cuve et l’enceinte de confinement qui ne sont en aucune manière remplaçables. Bonjour les risques…

 

Et combien coûtera le démantèlement des centrales ? Démantèlement que les techniciens nucléaire sont incapables de mener à bien (voir Brénilis).

 

Enfin, quid du stockage des déchets, le site d’enfouissement de Bure étant loin d’être opérationnel ?

 

 

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15/02/2016

Agriculture. Le ministre Le Foll à l'assaut de la forteresse ultralibérale européenne ?

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Le ministre Le Foll l'a dit : il va à Bruxelles défendre son « memorandum » dans lequel il demande à la Commission européenne de réguler les marchés du lait et du porc pour faire remonter les prix. Il proposera aussi de mettre en place un système de stockage des produits en surproduction.

 

Pendant ce temps ils continuent leurs actions spectaculaires. A Vannes aujourd'hui. Avec la redoutable force des « desperados ». « Ils » ? Ce sont les pagoulins, les parpagnas, les culs-terreux, les pacans, les bouseux. Elle est inépuisable la liste des termes moqueurs, péjoratifs, insultants dont « les gens des villes » affublent, voire accablent les paysans.

 

PAYSANS ! Quel mot magnifique pourtant. Les gens du « pays ». Ceux qui entretiennent, cultivent, façonnent, embellissent le pays. Ceux qui nourrissent leurs compatriotes. Avec leur sueur, avec leur labeur, avec leur courage, avec leur ingéniosité. Mais « les gens des villes » regrettent vite leur morgue. Parce que pour l'essentiel d'entre eux, leurs parents, leurs grands-parents étaient des paysans.

 

De paysans, il n'y en a plus guère. Ils sont devenus agriculteurs, puis « exploitants agricoles ». Ils ont bien écouté leurs instances professionnelles : ils se sont « modernisés ». Ils ont fait, avec application, tout ce qu'on leur a dit de faire. « On » ? Ben, les divers gouvernements, leur syndicat hégémonique la FNSEA, les Chambres d'agriculture, les lycées agricoles, le Crédit agricole. Sans oublier l'Europe avec la PAC, puis la réforme de la PAC. Ils ont adopté la doxa productiviste, le culte du rendement, le machinisme démesuré. Ils ont fait - ou subi – le « remembrement » avec son saccage des haies et le lessivage des terres. Comme on leur a dit, ils ont pourris, stérilisés les terres à coups d'engrais chimiques et des pesticides tueurs. Ils ont tué la terre qui leur est devenue étrangère. Ils ont perdu leur âme de paysan, leur légendaire bon sens paysan.

 

Ils ont écouté la FNSEA qui leur disait que pour s'en sortir ils devaient choisir la quantité et les prix bas plutôt que la qualité et les prix rémunérateurs. Avec pour moyen la sacro-sainte exportation. Seulement le modèle agricole français, fait de petites et moyennes exploitations familiales, gage de qualité, n'est pas concurrentiel. Les puissances financières et économiques n'en veulent plus. Pas assez rentables. Ce qui fait jouir les technocrates de Bruxelles et les « défenseurs » de la FNSEA, ce sont les usines à lait, les « fermes » de mille vaches, les milliers de cochons élevés sur leur merde, les hangars à volailles crachant de la barbaque bien calibrée mais insipide. Et à ce jeu, les petits se font logiquement bouffer. Les gouvernements, la FNSEA, toutes les instances professionnelles ont voulu faire de l'agriculture une industrie. Mais ceux qui les ont suivi perdent contre les industriels de l'agriculture. Et les industriels de l'agroalimentaire importent de la barbaque dégueulasse à bas prix.

 

Que peut faire Pascal, mon voisin d'été en Lozère, avec ses 70 vaches à lait mangeant de l'herbe poussée, selon les normes modernes, à coup de nitrates, face aux usines à lait de l'ex-Allemagne de l'Est, exploitant les milliers d'hectares des anciens structures communistes, dirigées par des financiers, faisant trimer pour des salaires de misère une main d’œuvre sous-payés venue de Bulgarie, de Roumanie et des ex-pays de l'Est ?

 

Ils ne peuvent pas lutter sur ce terrain nos paysans. Ils seront battus, balayés. Leurs porcs d'entrée de gamme, même élevés en quantité raisonnable, ne peuvent concurrencer les usines à barbaques allemandes ou espagnoles. Leur filière contribue à les enfoncer : les coopératives bretonnes qui achètent leurs porcs à bas prix vont les faire abattre...en Allemagne. Et les industriels de la charcuterie s'approvisionnent à 40 % à l'étranger où ils trouvent du « minerai » de viande 30 à 40 % moins cher...

 

De plus, ces « bons élèves » crèvent de normes souvent loufoques : la France surenchérissant à ce niveau sur les normes européennes ! Ils crèvent aussi et surtout de cette règle imposée par l'Europe ultralibérale : l’ouverture totale des frontières sans harmonisation fiscale et sociale. Une Europe dont le projet n'est plus de nourrir les Européens puis le monde tout en protégeant ses ressortissants paysans, mais de faire gagner toujours plus de fric par les multinationales agroalimentaires et la grande distribution.

 

Ils ont perdu jusqu'à leur fierté, nos « exploités agricoles », humiliés qu'ils sont de travailler à perte et de devoir leur survie à des subventions et à des « plans d'aide » qui se succèdent sans résultats alors qu'ils demandent seulement des prix leur permettant de vivre.

 

Le Foll fait ce qu'il peut, c'est-à-dire pas grand-chose. Parce qu'il est impuissant. Parce que ses appels « à la responsabilité » lancés en direction de la grande distribution fait bidonner les responsables de celle-ci. Parce qu'il faudrait tout remettre sur la table au niveau européen et exiger l'harmonisation sociale et fiscale mais que ce n'est pas ce gouvernement de mous qui s’aplatissent devant Merkel ou même Junker qui en sera capable... Fait nous mentir, Le Foll !

 

Quant à la profession, elle devrait utiliser l'image très positive de la France, terre d'excellence gastronomique, terre de luxe, terre de savoir-faire, terre de savoir-vivre pour se diriger vers des productions de qualité, de haut de gamme, à des prix rémunérateurs.

 

Pour redonner le goût de vivre à nos paysans et le goût des bons produits aux consommateurs que nous sommes.

 

 

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09/02/2016

Et si on reparlait de TAFTA ?

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Excellente nouvelle, pour une fois, concernant cette horreur économique que les Étasuniens veulent infliger à cette Europe molle et veule qui nous déçoit tant. Cette bouffée d'espoir nous vient d'où on s'y attend le moins : d'Allemagne. Pas de Frau Merkel, non, mais des magistrats allemands. En effet, la DRB (l'association des magistrats allemands) a rejeté la proposition de la Commission européenne de mettre en place une Cour pour les Investissements, ceci dans le cadre du TAFTA, ces dangereuses négociations de « partenariat » transatlantique. Les magistrats allemands ne voit ni la nécessité ni la base légale d'un tel tribunal privé.

 

TAFTA, tout comme l'ALENA en Amérique et le TPP en Asie est une des griffes des États-Unis destinée à s'accaparer le monde. C'est une série « d'accords » asymétriques que les Yankees tentent d'imposer à cette Europe molle, sans défense et minée de l'intérieur par des institutions dont les principaux responsables sont à la botte des États-Unis. Les négociations de ces prétendus accords se font dans la plus grande opacité. Même les députés européens n'ont pas connaissance de ce qui se trame sournoisement entre négociateurs étasuniens et européens. Le but poursuivit par les yankees est en fait la vassalisation de l'Union Européenne aux États-Unis d'Amérique. Ou plus précisément aux banksters et aux multinationales étasuniennes.

 

TAFTA comprend, entre autres projets d'accord toujours en défaveur de l'Europe, une clause « d'arbitrage d'investissement », l'ISDS (« Investor State Dispute Settlement »), l'acronyme anglais du mécanisme de règlement des différends. Cela revient à donner la primauté juridique à des tribunaux d'arbitrages privés concernant les conflits entre multinationales et États. Ceci, en passant par-dessus l’institution judiciaire de chaque pays concerné. Le contribuable serait, ainsi, condamné à payer pour des choix qu'il a validés en tant que citoyen. Certaines entreprises contestent, sous couvert « d'expropriation indirecte », le droit des États à décider des normes environnementales, sanitaires ou sociales. Interdiction de la fracturation hydraulique, retrait du nucléaire ou mesures antitabac : ces décisions pourraient ainsi permettre à des entreprises étrangères de réclamer aux États concernés, devant un jury d'arbitres privés, des indemnités souvent faramineuses en réparation du manque à gagner ! Voilà ce que TAFTA veut nous imposer.

 

L'U.E., pour sauver la face, propose une version maison, fort peu différente, le « Investment Court System » (ICS). Ce « tribunal » ne limiterait pas seulement les pouvoirs législatifs de l’U.E. et des États membres ; il affecterait également le système judiciaire existant au sein des États membres et de l’Union européenne. Les décisions qui seraient prises par l’ICS ne relèveraient pas seulement du droit civil, mais également du droit administratif, du droit du travail, du droit social et du droit fiscal. Et elles seraient contraignantes ! Voilà ce que proposent, sournoisement, les négociateurs à plat ventre de la Commission européenne !

 

Et voilà ce que les magistrats allemands viennent de refuser. Ils estiment en effet que le postulat selon lequel les tribunaux des États membres de l’Union européenne ne réussiraient pas à accorder une sécurité juridique effective et suffisante aux investisseurs étrangers, clairement implicite dans la proposition d’une Cour Internationale sur l’Investissement, ne s’appuie pas sur des observations objectives. Ils affirment, à juste titre, que les États membres de l'U.E. sont tous des États de Droit qui fournissent et garantissent l’accès à la Justice dans tous les domaines où l’État est compétent pour toutes les parties requérantes. Il appartient donc à ces États membres d’assurer l’accès à la Justice pour tous et de garantir un accès possible aux investisseurs en fournissant aux tribunaux les moyens pertinents. Pour cette raison, la création d’un ICS est la mauvaise solution pour garantir la sécurité juridique, estiment-ils.



Ce que disent ces magistrats, c'est que les États de l'Union européenne étant tous des Etats de Droit, il n'est en aucune façon nécessaire de créer une juridiction hors sol dont le seul intérêt serait de permettre aux « investisseurs » d'échapper au droit des divers États de l'Union. Les « investisseurs » ne sont ni différents ni supérieurs aux citoyens.



Et puis, qui sont ces « investisseurs » ? Surtout des spéculateurs et des banksters dont les « investissements » servent surtout à mettre leurs griffes sur tout ce qui a de la valeur en Europe, pour le piller de ses brevets, de ses marchés, de ses savoir-faire, puis les fermer pour écarter une concurrence et jeter des milliers de salariés à la rue. Rappelez-vous Continental, Arcelor et plus près de nous Alstom...



Bravo et merci aux magistraux Magistrats allemands qui commencent à réaliser où nous mène la politique d'acceptation de vassalisation de l'Union européenne des Junker ou Moscovici.



À quand une telle réaction de la France ?


Source: http://www.drb.de/cms/index.php?id=952


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