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16/12/2014

La taxe Taubin sent le Sapin...

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La taxe Tobin, vous connaissez ? Mais si, c'est cette taxe, proposée depuis des années (1972) par James Tobin, ci-devant prix Nobel d'économie. C'est une taxe très minime sur les transactions financières internationales. La Commission européenne – pour une fois bien inspirée - a présenté en février dernier un projet qui prévoit d’imposer à 0,1 % les actions et les obligations et à 0,01 % les produits dérivés, ce qui pourrait selon elle rapporter jusqu’à 35 milliards d’euros par an. Pas mal, bien que ça n'aille pas chier loin au niveau des taux. Pas de quoi ruiner les banquiers... Mais c'est toujours ça et ces fonds récupérés chez les spéculateurs pourraient servir à relancer la croissance et à désendetter les États.

 

Il s'agit de la première coopération renforcée entre pays européens dans le domaine de la fiscalité. La France, l'Allemagne, la Belgique, le Portugal, la Slovénie, l'Autriche, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, la Slovaquie et l'Estonie en sont les premiers signataires. On pourrait penser qu'un gouvernement « socialiste », en France, devrait sauter sur l'occasion et pousser de toute sa persuasion pour que les partenaires européens signent en grand nombre la mise en place de cette taxe. Tè ! Fume...

 

Mosco, lorsqu'il sévissait à Bercy, s'est vautré dans la soumission la plus veule en promettant de mener «en concertation avec les acteurs du secteur financier, un travail d’amélioration de la proposition de la commission pour mettre en œuvre une taxe qui ne nuise pas au financement de l’économie ». En terme clair : enterrer la taxe, selon les desiderata des financiers et banquiers.

 

Exit Mosco, qui est allé sévir au niveau de l'Europe. Voilà Sapin. Les ministres passent, mais les satrapes élus par personne de Bercy sont toujours là. Ce panier à crabe de « haut fonctionnaires » ultralibéraux fait la pluie et le beau temps dans ce ministère-clé. Et le beau temps, pour eux, c'est celui voulu par les banquiers. Car leur passage à Bercy est pour ces « grands serviteurs de l’État » (???) un tremplin efficace, il leur procure un carnet d'adresse prestigieux pour entamer enfin leur véritable carrière : le pantouflage dans le monde feutré, sournois et juteux de la finance où ils pourront jouer pour le privé, contre les intérêts publics.

 

Exemple ? Le ci-devant Benoît de La Chapelle vient de rejoindre la Fédération bancaire française (FBF), puissant lobby des banques, adversaire farouche de la taxe Tobin. Ce Bercy-boy était, depuis 2010, responsable des « affaires financières et monétaires » à la représentation permanente française auprès des institutions européennes. Il avait à ce titre un pouvoir d'influence conséquent dans les négociations sur la taxe Tobin. Il fut aussi directeur de cabinet adjoint de Jean-Pierre Jouyet, lorsque ce dernier était secrétaire d'État aux affaires européennes.

 

Les décisions des Bercy-boys, spécialement celles de la Direction du Trésor sont édifiantes. Écoutons plutôt Ludovic Lamant, dans Médiapart :

 

« 1/ vis à vis des banques : Affaire Crédit Lyonnais, Affaire Crédit Foncier, arbitrages sur l'épargne et l'information financière toujours défavorables à la Caisse des dépôts (publique) et toujours favorables aux banques (privées) les plus spéculatives ; refus, malgré les enseignements de la crise de 2008, de restaurer la séparation indispensable entre banques de dépôts et banques d'affaires ; sabotage constant de la taxe Tobin ; etc...

2/ en matière d'entreprises publiques et de privatisation : refus des nécessaires dotations en capital des entreprises publiques pour assurer leur croissance ; recherche systématique de privatisation ; Vente à perte des licences audiovisuelles, vente à perte des Autoroutes ; etc ... Et çà continue avec l'aéroport de Toulouse et plein d'autres dossiers en instance.

3/ en matière de dettes : assujettissement, contraire à l'intérêt et l'indépendance de la Nation, de la dette publique aux agences anglo-saxonnes de notation, avec refus de faire appel spécifiquement à l'épargne nationale ; refus de consolider la dette des grandes entreprises publiques (dont RFF/SNCF) sur les fonds d'épargne disponibles dans les banques comme à la CDC, afin de pousser à leur privatisation.

4/ en matière de "politique sociale" : appui systématique aux aides imbéciles à "effet d'aubaine" pour le secteur privé dans les domaines de l'énergie, du Logement et de la Santé publique. De multiples exemples peuvent être cités, de l'APL aux aides aux éoliennnes en passant par les remboursements de la SS. »

 

Et Sapin, qu'est-ce qu'il fait ? En complicité avec le Rothschild-boy Macron, le mois dernier, il a proposé une taxe réduite aux seules actions et à quelques contrats d'assurance CDS. Mais surtout pas de taxer l'essentiel de ce qui fait la spéculation, les fameux produits dérivés. La taxe Taubin risque donc d'être enterrée par la France, alors que le candidat François Hollande en avait fait un des axes de son programme...

 

Depuis, le candidat Franc-çois est de venu le président Faux-çois...

 

Illustration X – Droits réservés

 

15/12/2014

Au bistro de la Toile : climat chaud, chaud, show à Lima

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- Ça y est. Ils sont tous contents : à Lima, « ils » se sont mis d'accord vraiment à minima mais tout de même, au grand raout de la terre qui chope la fièvre. Lien  Donc rien ne changera... C’est tout bon pour les mastroquets ça : si les gens ont trop chaud, ils auront soif, et alors ils viendront au bistro !

 

- T’entends Bert. Ce puteng de Loulle, finalement c’est un grand optimiste : il voit le bon côté des choses… Surtout pour son portefeuille.

 

- Attend, Victor, ils nous gonflent les aliboffis avec des conneries qu’on n’y comprend rien. On parle de la montée du niveau de la mer en 2100, du risque d'avoir une concentration de CO2 de 850 ppm dans l'atmosphère en 2050... Moi, pour tout te dire, j’y comprends nibe et je m’en fous complètement de se qui se passera en 2100. Y a longtemps que je fumerais les pissenlits par la racine !

 

- C’est vrai que toutes ces abstractions ne mobilisent pas trop. Tout le monde s’en fout. Seulement le bordel qui va résulter du changement climatique, ce sera du concret : une affaire de territoire, de nourriture, d’air, de terres. Le changement climatique n'a d'intérêt que pour les sociétés et les cultures. La terre s'en fout, elle, du changement climatique ! Elle en a vu d’autres. Et si l’humanité disparaît, elle n’en crèvera pas pour autant, la Terre !

Nos économies occidentales sont les véritables responsables de cette merde climatique. Á partir du moment où, en un siècle environ, on renvoie dans l’atmosphère des gaz que la nature a mis des millions d’années à transformer en pétrole et en charbon, faut pas s’étonner si le climat tend à redevenir ce qu’il était à l’époque du carbonifère : une étuve.

 

- Bon. On aura un peu plus chaud ? On mettra la clim. Les palmiers remplaceront les vignes ? On boira du vin de palme. Le pétrole manquera ? On roulera dans des bagnoles électriques…

 

- Voilà. Le changement climatique est là, dans la tête des gens. Mais beaucoup, comme toi Loulle, semblent croire qu'ils pourront continuer à vivre comme ils le font aujourd'hui, s'ils consentent à quelques ajustements techniques. Ta bagnole électrique, c’est bien, mais d’où elle viendra ton électricité ? Il serait peut-être plus malin de réfléchir à l’utilité des déplacements ! De l’utilité de faire venir sur nos tables des aulx de Chine ou des raisins du Chili. De l’utilité de prendre sa bagnole pour aller se goinfrer de conneries dans ces temples de la consommation que sont les hypermarchés et les zones commerciales. De la pertinence d’avoir son lieu de vie à des dizaines de kilomètres de son lieu de travail. Tout est à repenser. Mais il est plus facile de se laisser bercer par les propos rassurants de nos gouvernants car ce que nous disent les verts et autres écolos est trop énorme. Il s'agit de conclusions révolutionnaires pour nos sociétés et les conséquences sont trop désagréables pour être abordées de front.

 

- Bof… Et alors, qu’est-ce qu’il va se passer ?

 

- Nous appartenons aux pays les plus riches du monde. Mais le nombre de ces « happy few » va décliner dans les années qui viennent, avec la poussée démographique mondiale. Les habitants des pays industrialisés représentent aujourd'hui environ 20% de la population mondiale, mais 95% de la richesse mondiale ! Dans 10 ans, ils ne seront plus que 15 %. Qui veut abandonner ça ? Nous en profitons. C'est très confortable d'être là où nous sommes. Seulement les 80 % que nous pigeonnons, ben, ils veulent tout simplement faire comme nous, vivre comme nous, et si nécessaire prendre notre place. Par la force. Les réfugiés climatiques qui vont arriver, vous croyez qu’ils seront tout doux et tout gentils ? Et vous pensez que nos sociétés vieillissantes et repues seront en mesure de les arrêter ? L’avenir, il risque d’avoir un goût de sang. Mais le danger ne viendra pas seulement de l’extérieur. Tous les problèmes que nous connaissons vont s'accentuer : la pénurie de nourriture et d'eau, les inégalités... Le climat sera à l'origine des guerres du XXIe siècle. Au sein de nos sociétés, les inégalités générationnelles vont devenir conflictuelles. Parce que c'est la première fois de l'histoire moderne que nous exploitons à ce point les ressources des générations à venir. Nous vivons à crédit. En bouffant le pain de nos enfants ! Et ils nous le feront payer cher. Enfin, il y a un autre problème, plus important que tous les autres car il les soutend…

 

- Ah ! Encore ? C’est quoi ?

 

- C’est le lapinisme Loulle. C’est le lapinisme. Sais-tu, Loulle, et toi aussi Bert, que pour chaque battement de ton palpitant, trois bébés naissent quelque part dans le monde ! Essaye d’imaginer ce fleuve, cette marée de nouveaux venus braillards sur cette pauvre boule puante qu’on appelle Terre ! Ouais, me direz-vous. Mais pendant ce temps, il y en a un paquet qui passent l’arme à gauche et vont servir de patapon aux asticots. Allez les vers ! C’est vrai. Mais il n’en meurt qu’un lorsqu’il en naît trois ! On est loin du compte… Trois marmots par seconde qui réclament tout de suite à bouffer. Soit 180 par minute, 260.000 par jour, 95 millions par an, autant que la France et l’Espagne réunies. Et comme il ne meurt « que » 35 millions d’homo sapiens (homme sage ! ! ? ?) par an, ça nous laisse un confortable « bénef » d’environ 60 millions supplémentaires chaque année — l’équivalent d’une France ! — de bouches à nourrir… Comme ces bouches viennent principalement dans des pays où on crève déjà de faim, vous voyez le tableau. Et comme ces pays, qui sortent de la misère, comme la Chine actuellement et l’Inde, veulent accéder au « progrès » que représente la manière de vivre occidentale, ça en fait des bagnoles qui crachent leurs gaz pourris, des forêts qu’il faut couper pour leur fournir des salons de jardin en teck et des tonnes de pubs débiles, des poissons qu’il faut pêcher pour leur procurer du patapon pour leurs chien-chiens… Vive la croissance ! « Croissez et multipliez-vous » qu’il a dit l’autre. Ouais. Jusque dans le mur. Et le mur, ce sera un coquetèle agréable de guerres pour l’eau, de catastrophes naturelles, de bonnes et belles épidémies… Tout ça orchestré par de gras et gros dictateurs qui pueront autant du cerveau que des pieds !

 

- Puteng, Victor. Tu nous la fais raide là. Tè ! Buvons un coup pour oublier…

 

- Profitons : dans 20 ans, nos successeurs dans ce rade - s'il existe toujours ! - ne boiront plus du cotes-du-rhône mais des côtes-de-stockholm ou du vin d’Écosse grand cru...

 

- Á la nôtre !

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

 Et, pour trinquer :

Savourez un sulfureux Voyage

livre,chiloum

 

Sous forme de livre ou de e-book...

CHILOUM

 

08/12/2014

Dette ZERO et déficit ZERO en six mois ? Facile et évident !

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« Ayavédrim »… Que not’bon président Fauxçois redeviennent Francçois. Qu’il montre enfin qu’il a des aliboffis et qu’enfin il renverse la table.

 

Il est au fond du trou, donc les critiques, RàB.

 

Il n’a aucune chance d’être réélu, donc les manœuvres électorales, RàB.

 

Dès lors, s’il était franc, honnête et réellement soucieux du bien-être des Français, il profiterait de ces circonstances pour débarrasser la France du principal fardeau qui obère son développement : la dette et – à la fois cause et conséquence – le déficit.

 

Ceci en partant d’un constat, d’une vérité que tout le monde connait mais que (Chut ! Faut pas le dire…) l’on cache sous le tapis : la France ne remboursera JAMAIS la dette de 2000 milliards, dont un tiers revient au seul Sarkozy, qu’on prétend lui imputer ! Dette pour une large part illégitime découlant d’un mécanisme infernal - la loi scélérate de 1973 - mise en place au profit des banques par deux politicards parmi les plus nuisibles que la France républicaine aie portés, à savoir le ci-devant Pompidou, tête de pont politique des Rothschild, et son valet de l’époque, le faux nobliaux de sous-préfecture Giscard. Ben voilà ! C’est dit !

 

François, homme cultivé qui a certainement lu Machiavel, pourrait parvenir à ces fins en deux temps.

 

1 – La signature de la France restant très bonne et elle emprunte à des taux proches de zéro. Il fait donc emprunter par les instances gouvernementales autorisés jusqu’à 500 milliards sur les « marchés » (en fait des fonds de pensions spéculatifs étazuniens et britanniques). En appuyant ces emprunts massifs sur des études concernant de grands travaux d’infrastructures, etc, etc.

 

2 – Une fois que ce pognon est engrangé, dans un grand discours grave et solennel, François fait publiquement son mea culpa, admet qu’il s’est trompé de politique, qu’il a trahi ses électeurs, qu’il s’est couché devant l’Europe de Merkel, qu’il s’est fourvoyé en suivant aveuglément les USA dans leur mauvais coups internationaux. Il annonce alors qu’il rétablit immédiatement le contrôle des changes aux frontières et qu’il nomme Mélenchon (ou Montebourg, ou même Aubry) à Matignon ! Avec une feuille de route : la suspension unilatérale immédiate du remboursement de la dette.

 

Ce serait un véritable coup de tonnerre dans le landerneau des voyous de la finance ! Cris d’orfraie, menaces, dégradation de la « note ». Rien à foutre ! Et que croyez-vous qu’il se passerait ? Les détenteurs des titres de cette dette sont à 60% des fonds de pension étazuniens ou britiches, des fonds spéculateurs planqués dans les paradis fiscaux et recyclant le fric dégueulasse des trafics d’armes, de drogues, d’êtres humains, d’organes, etc., des banques d’affaires véreuses, des fonds souverains rapaces du Golfe et de Chine.

 

Que feraient donc ces « marchés » ? Ben, en bons margoulins qu’ils sont, ils braderaient ces dettes, qui sont titrisées, jusqu’à 20% de leur valeur (nominal et intérêts compris). Et alors là, il suffirait de prendre ces « marchés » à leur propre jeu : le gouvernement français, par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts et des Caisses d’épargne, rachèterait ces titres de dettes à bas prix - avec les 500 milliards empruntés récemment ! - réduisant des deux tiers cette dette ! Un emprunt obligatoire à intérêt inflation + 0,5% auprès des 2,6 millions de millionnaires français jusqu’à apurement total de la dette remet le pays à flot. Les dizaines de milliards d’euros ainsi soustraient au service de la dette seraient utilisés à investir dans de grands travaux d’énergies nouvelles, de conquête d’une «nouvelle frontière» : la transition énergétique, la mer, le développement durable, une augmentation raisonnée mais conséquente des salaires, des efforts de réindustrialisation du pays, etc.

 

« Ayavédrim »… Je rêve ? Heureusement. Utopique ? Faites un référendum pour savoir ce que les Français en pense…

 

Photo X – Droits réservés

 

 Et pour avoir des idées:

Savourez un sulfureux Voyage

pour le prix de deux cafés !

 

livre,chiloum

 

C'est un "hibouc" ou e-book...

CHILOUM

 

28/11/2014

Chômage record: Gagner sa vie en travaillant ? Une idée dépassée…

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- Eh allez, t’as vu Victor : encore 30.000 chômeurs de plus… Où est-elle la si attendue inversion de la courbe du chômage ?

 

- Elle n’arrivera jamais Loulle. Il faut se faire à cette idée : le travail comme moyen de répartition des ressources du pays, c’est mort, c’est fini. Où alors il faut tendre vers la remise en service de l’esclavagisme comme chez les Anglais (avec les « contrats » à l’heure) et chez les Allemands avec le travail forcé à 1 euros de l’heure pour les chômeurs. Le plein emploi qui permet à celui qui n’a que sa force de travail pour vivre, c’est mort et enterré. Il n’y a qu’à voir le fossé de plus en plus abyssal entre ceux qui possèdent un patrimoine et ceux qui n’ont que leurs bras. Les premiers s’enrichissent à flot continu, les seconds ont pour perspective d’avenir le chomdu et la rue…

 

- Alors on fait quoi ?

 

- On change le logiciel en instituant un revenu de base universel. L’Etat paie des impôts négatifs.

 

- Attends c’est quoi ça. Les impôts, je sais ce que c’est : je donne à l’Etat pour les services public une partie de ce que je gagne par mon travail, par mon épargne, par éventuellement des actions, par mon patrimoine. Mais les impôts négatif c’est quoi ?

- C’est l’Etat qui verse à chaque citoyen un revenu inconditionnel afin de lui permettre d’assurer sa subsistance, tout en lui laissant le choix d’occuper ou non, en plus, un emploi rémunéré.

 - Tu rigoles ou quoi ? Ce serait trop chouette ça !

 

- C’est plus que chouette Loulle, c’est une simple question de bon sens. Inspiré des utopies fouriéristes, voire plus anciennes, le revenu de base inconditionnel (aussi appelé allocation universelle) veut remplacer le « filet social » actuel et sa bureaucratie par un droit inscrit dans la Constitution, permettant à chacun de « mener une existence modeste mais digne »,

 

- Quand même Victor. Qui aura envie de marner dans ces conditions ? C’est une prime à la fainéantise, non ?

 

- Pas du tout, c’est, enfin, être réaliste. Le travail salarié est une manière de répartir au plus grand nombre des moyens, plus ou moins généreux, de partager le gâteau national afin que la machine économique – production – consommation – puisse tourner. Mais il faut se rendre à l’évidence : il n’y a pas – et il n’y aura plus - de travail pour tous. On aura beau faire ce qu’on voudra, relocaliser, fermer les frontières, revenir au franc (?!), imposer des boulots de merde payés 1 euros de l’heure comme en Allemagne, rien n’y fera : il n’y aura jamais plus de boulot pour tous. Il faut donc mettre au point un système qui permette de donner à tous un revenu de base permettant de vivre petit bras peut-être, mais de vivre à tous. Et donc de faire tourner la machine consommation-production tout en retrouvant la dignité.

 

- Mais qui fera tourner la machine s’il n’y a plus personne pour marner ?

 

- Mais il y en aura du monde pour marner ! Et que font les retraités ? Ils ont des activités choisies, souvent altruistes (resto du cœur, banque alimentaire, aide aux devoirs des gosses, etc.), qui s’avèrent indispensables à la bonne marche de la société. On peut parier qu’un individu préférera toujours cumuler ce revenu de base à un autre salaire, surtout quand ce salaire correspondra à un travail qu’il aura plus librement choisi. Le besoin de s’occuper et d’être utile demeure, les gens continueront de travailler pour compléter leur revenu de base, mais différemment d’aujourd’hui. Ils auront plus de temps pour des activités nécessaires au bon fonctionnement de la société qui s’en trouvera mieux.

 

- Et d’où sortira le pognon Victor ?

 

- Des « zéconomistes distingués » ont creusé la question. Ce revenu de base coûterait autour de 200 milliards par an. Ce qui n’est pas insurmontable. Les pistes ne manquent pas : fusion de l’aide sociale, du système de chômage et du système de retraite ; redistribution de la rente pétrolière ; un impôt sur le patrimoine, etc. mais avant tout récupération de la fraude fiscale (80 milliards par an) ; ajoutons les près de 20 milliards de la fraude à la TVA, les 15 milliards de la fraude sociale, les 8 milliards du RSA, les 1,5 milliards du Pôle emploi devenu inutile, etc. Les moyens de financement ne manquent pas.

 

- Merde, mais ce n’est pas si utopique que ça ce truc Victor !

 

- Et il faut regarder les conséquences positives d’une telle mesure : elle amènerait logiquement la disparition du chômage ainsi qu’une forte relance de la consommation, permettant aux entreprises d’embaucher éventuellement. Dans ce cas-là, les patrons qui voudraient garder ou embaucher de bons collaborateurs seraient plus attentifs aux besoins des salariés, favorisant aussi une hausse des salaires et une amélioration des conditions de travail.

 

- Ouais mais, Victor, il y a des activités qui ne sont pas très bandantes et qu’il faut pourtant faire : ramasser les poubelles, laver le cul des vieux, etc. Qui les fera ?

 

- N’oublie pas que ce système va complètement changer les rapports de force entre patronat et salariat. Actuellement, ces boulots peu valorisants sont, en plus, mal payés, mais les volontaires, dans ce système, seraient rares, donc recherchés, donc bien payés !

 

- Wouarf ! Je rêve Victor. Le glandage enfin reconnu, apprécié et rémunéré ! Lafargue, l’apologue de la Paresse, doit se pisser dessus de bonheur dans sa tombe

 

- C’est une mentalité complète à changer Loulle. Nous sommes influencés par cette culture où le religieux  ( "Tu te nourriras à la sueur de ton front !") se mêle à l’économique (travailler plus pour gagner plus) et condamne l’oisif à travailler. Sauf s’il est rentier… Après des siècles de christianisme et avec l’esprit du capitalisme, on n’imagine pas passer sa vie dans l’inactivité ou l’activité choisie et gratuite, à moins de passer pour un marginal ou un illuminé. Et malheur à vous si vous avez la malchance d’être au chômage ou si vous avez choisi de faire passer votre vie personnelle avant le travail. On aura vite fait de vous soupçonner de paresse, fainéantise ou de manque d’ambition. Et vous perdrez votre vie à la gagner.

 

- Y a qu’un fainéant pour inventer des trucs aussi géniaux Victor.

 

- Parce que le fainéant à l’esprit libre Loulle. Les fainéants sont une élite ! Et même s’il doit travailler, le fainéant est plus efficace : il travaille vite pour avoir plus vite fini, et bien pour ne pas avoir à y revenir !

 

- A la nôtre Victor. Et vive les Fainéants !

 

 

Merci à Chimulus

 

19/11/2014

ALERTE ! Les banksters s'apprêtent à supprimer les emprunts à taux fixe.

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La crise des « subprimes », vous vous souvenez ? Oui, mais en fait késaco ? Ce sont des banques étazuniennes qui ont prêté généreusement de l'argent pour acheter leur maison à des gens modestes baratinés par des courtiers voyous. Seulement ces prêts, alléchants au départ, étaient des prêts à taux variable. Qui ont – on s'en doute – varié dans le sens d'une augmentation vertigineuse. Résultats : les emprunteurs incapables de rembourser, les maisons saisies par les organismes bancaires, ces prêts pourris noyés dans des titres, ces titres refilés aux banques, des banques qui perdent du pognon et viennent pleurer dans le giron de l’État, l’État qui renfloue les banksters et qui va chercher le pognon dans la poche des contribuables. La crise quoi... La routine.

 

En France lorsque vous voulez acheter votre maison ou votre appartement, vous négociez avec votre banquier ou un organisme de prêt un emprunt à taux fixe. C'est-à-dire que sur 20 ans, vous savez que vous paierez tant par mois, ni plus, ni moins. Vous pouvez organiser votre investissement sur la durée.

 

Il faut savoir que votre banque vous prête du pognon qu'elle n'a pas, en vertu du principe même de cette activité d'escrocs appelée « activité bancaire » : une banque n'est obligée d'avoir en caisse (en fonds propres comme ils disent, ce qui laisse entendre que le reste est sale !) que 8% du montant du prêt qu'elle accorde. Où prend-elle alors le pognon nécessaire ? Ce sont les dépôts des clients (dans les banques de dépôt) et si nécessaire elle l'emprunte à la Banque Centrale Européenne (en zone Euro, ce qui nous intéresse) actuellement à taux proche de zéro. Mais si votre taux de remboursement est fixe, le taux de ré-emprunt de la banque peu varier. Á la hausse comme à la baisse. La banque prend donc un risque. Oh ! Le gros mot ! Eh bien c'est ce risque (très théorique car les banques s'en préservent à travers des systèmes compliqués d'assurance – les « SWAP de taux » - qu'elles font payer quelque part à leurs clients !), ce risque donc, les banques ne veulent plus l'assumer. Pour ce faire, la combine est de remplacer les prêts à taux fixe par des prêts à taux variable. Autrement dit transférer le risque sur l'emprunteur. Ben voyons !

 

C'est le Comité de Bâle , organisme où sont traités, quatre fois par an, les sujets relatifs à la supervision bancaire, qui est chargé d'imposer ce changement radical. Sous la pression des banksters anglo-saxons qui tiennent la finance mondiale. Il faut savoir que ce système à taux fixe est une très positive exception française. Il faut donc la foutre en bas.

 

Ce méfait - catastrophique pour la marché immobilier français – devrait être décidé avant la fin de l'année pour une mise en place dès 2015. Attendez-vous donc à une visite mielleuse de votre banquier qui va tenter de vous enfumer en vous faisant miroiter les « avantages » des taux variables !

 

ATTENTION ! MEFFI ! Et faites-le savoir.

 

18/11/2014

Fonctionnaires, mais si on vous aime ! Quand vous fonctionnez...

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Je racontais, dans une chronique du 29 septembre le redoutable parcours du combattant qu'a dû effectuer un ami afin d'aider son petit-fils à s'inscrire dans un cursus d'apprentissage. Il paraît qu'on manque d'apprentis en France, que not'bon président est favorable à cette filière et qu'il a lancé un grand chantier de simplification des procédures administratives. On devrait donc s'attendre à ce que les jeunes désireux de suivre cette voie soient accueillis à bras ouverts, et facilement.

 

Mouais... Tè ! Fume...

 

Revenons au petit-fils de mon pote. Après des jours de recherche, des dizaines de coups de téléphone, des visites nombreuses dans diverses administrations, le tout avec beaucoup de bonne volonté, de pugnacité et de suite dans les idées, notre binôme petit-fils-grand-père a réussi à trouver un chef d'entreprise acceptant le jeune homme. Tout rentre donc dans l'ordre, semble-t-il. Ben, non !

 

La Chambre de commerce de Nîmes, partenaire de l'opération, envoie au chef d'entreprise non pas le contrat d'apprentissage mais...un « projet de contrat d'apprentissage ». Et oui : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Elle réclame aussi et avant toute chose un chèque de 72 euros ! Pour quoi ? Pour envoyer un formulaire de contrat tenant sur une simple feuille. Ça fait cher de la photocopie !

 

Imaginez la tête du chef de PME, qui accepte de jouer le jeu de l'apprentissage ! Il considère cette demande de pognon comme du racket et on le comprend. Il refuse donc, prend son téléphone et remonte les bretelles de ses interlocuteurs de la CCI ! Cause à mon cul, ma tête est malade... Aucun résultat.

 

Voilà donc notre jeune impétrant apprenti le cul entre deux chaises. Le grand-père (ancien chef d'entreprise) a les aliboffis qui gonfle et il se rend au CFA où il plante un peu la zone. Un responsable, pour se débarrasser de l'emmerdeur, se charge de l'affaire. Il donne deux coups de téléphone... et débloque le schmilblick ! Comme quoi ce n'était pas très difficile. Tout est bien qui finit bien. Eh ! Pas tout à fait. Vous allez voir.

 

Le contrat est signé le 4 novembre avec l'employeur, puis retour au CFA pour connaître la date de début des cours.
 

- « Jeune homme, vous commencerez le 3 novembre ». Soit...la veille du jour de signature du contrat ! Ce doit être ça la relativité, l'espace-temps d'Einstein.

 

Bon. Aux dernières nouvelles, le jeune Nils, impétrant apprenti, a commencé son apprentissage dans l'entreprise et commencera ses cours le 24 novembre... Ouf !

 

Eh ! Tonton Courteline, ça va où tu es ? Ici, rien n'a changé...

 

Illustration: merci à l'irremplaçable et irremplacé Dubout.

 

14/11/2014

Radios, télés, journaux et magazines : outils du bourrage de crânes ultralibéral.

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Françoa, Valls, Macron, vous pouvez y aller ! Appliquez sans états d'âme le programme du Medef : les boyaux de la tête du peuple sont plus que correctement malaxés, massés, gavés à l'idéologie ultralibérale par les outils les plus efficaces pour le bourrage de crâne : radios, télés, journaux et magazines.

 

Dès le matin, les machines à bruits résonnent de la bouillie ultralibérale qui travaille au lavage de cerveau des populations. Sur la radio publique, c'est Cohen, Seux et compagnie. Sur les lucarnes à décerveler, il est – toujours sur le service public - une émission de plus en plus outrageusement morpionnisée par la cohorte des employés des boites de propagande du patronat, sous la baguette complice du ci-devant Calvi. Quant à la presse écrite, même les journaux dit «  de gôôche » sont tenus par des banquiers, des bétonneurs et des marchands d'armes. Bonjour la pluralité !

 

On est loin du programme du Conseil national de la Résistance sur la presse ! Contrairement aux lois sortis de la Résistance, les banquiers, les marchands d’armes, les marchands de béton et autres industriels ont mis leurs griffes sur la presse.

 

Libération, journal des bobos de gôôche (on est loin du Libé des débuts, fondé par Sartre !), convaincu des « bienfaits » de l’ultra libéralisme, a été renfloué par Rothschild, a appartenu à Bergé et est passé dans les pognes d'un autre requin : l'homme d’affaires franco-israélien Patrick Drahi, propriétaire des sociétés Numéricable et SFR.

 

Le Nouvel’Obs rebaptisé L'OBS et son groupe ( L'OBS, Sciences et Avenir, Challenges, Rue89)  appartenait au fabriquant de baignoires, de spas, de sanibroyeurs Claude Perdriel qui l'a cédé récemment aux actionnaires du « Monde », le trio Bergé-Neel-Pigasse.

 

Le Point appartient à François Pinault, industriel sulfureux engraissé sur les dépouilles d’entreprises en difficulté avec la complicité des plus hautes instances politiques.

 

Le Monde, qui fut LE journal de référence est devenu un torchon ultralibéral depuis qu’il est la propriété des hommes d’affaires Pierre Bergé (confection de luxe, haute couture), Mathieu Pigasse (Banque Lazard) et Xavier Niel (Free, après avoir fait fortune avec le minitel rose, les peep-show et les sex-shop).

 

L’Express appartient au plus important groupe de presse-purée belge (Roularta Media Group) qui l’a racheté à Dassault. Le même Dassault (fabriquant d’avions de combat – Rafale, Mirage, etc. – d’avions civils – Falcon – et de systèmes électroniques) est propriétaire du Figaro. Il est question qu’il rachète Le Parisien.

 

Et n’oublions pas le marchand de béton Bouygues chez TF1… Etc. Etc.

 

Ces organes de presse peuvent s'appuyer sur des officines dévolues aux idées du grand patronat (pas des PME, nuance). Officines qui souvent se débrouillent pour être déclarées « d'utilité publique » et sont dès lors payées...par les deniers publics !

 

L'AFEP (association française des entreprises privées). Fondé par Ambroise Roux (Compagnie Générale des Eaux, rebaptisée Vivendi et Veolia) à l'arrivée de Mitterrand au pouvoir. C'est un lobby patronal puissant chargé d’influencer les politiques économiques et sociales : droit du travail,fiscalité, énergie, environnement. On y trouve toutes les entreprises du CAC 40. Présidée par Pierre Pringuet (Directeur général de Pernod Ricard) depuis juin 2012, l’Afep a porté à sa tête cinq autres présidents depuis sa création en 1982 : Ambroise Roux, son fondateur, jusqu’en 1999, Didier Pineau-Valencienne (Schneider Electric) jusqu’en 2001, Bertrand Collomb (Lafarge) jusqu’en 2007, Jean-Martin Folz (Peugeot SA) jusqu’en mars 2010 puis Maurice Lévy (Publicis). Elle dispose d'un bureau de lobbying à Bruxelles.

 

L'IFRAP (Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), il a été fondé en 1985 par Bernard Zimmern, un ancien trésorier du lobby anti-impôt les Contribuables associés. Officine proche de Valeurs actuelles (!?) dont la directrice Agnès Verdier-Molinié, est l’un des piliers de l’émission « C dans l’air ». Son credo, en s'appuyant sur des « expertises » bidons : pri-va-ti-ser ! Ses méthodes : influencer l’opinion publique à coups d’« études » souvent bidonnées ou faire du lobbying auprès des parlementaires ou du gouvernement.

 

L’INSTITUT SUPÉRIEUR DU TRAVAIL (IST). Cette officine se présente comme un « organisme d’expertise et de formation sur le fait syndical, la représentation du personnel et les relations sociales ». En fait, sous couvert de s'intéresser aux syndicats, cet « institut » a pour finalité de contrer le mouvement ouvrier. Fondée en 1969 par le vichyste et ancien collaborateur Georges Albertini (homme politique socialiste et pacifiste avant la Seconde guerre mondiale, passé à l'extrême-droite et engagé dans la collaboration), l’IST sera chargé par le patronat, et singulièrement celui de la métallurgie, de former l’encadrement pour lutter pied à pied contre la CGT dans les entreprises. Son directeur, Bernard Vivier, dispense ses « analyses » et ses « expertises » sur les plateaux de radios et télés. Un des piliers de « C dans l'air ».

 

L’INSTITUT DE L’ENTREPRISE. Il se présente comme la « boite à idées », le « think tank » de l'entreprise. Son crédo : le profit. Son cheval de bataille : « la réduction de la dépense publique et des prélèvements obligatoires ». Et donc le financement de la Sécurité sociale par l'impôt. On y retrouve Vinci, Axa, BNP Paribas, PSA parmi 120 grosses entreprises.

 

COE-REXECODE ( Centre d’observation économique et de recherches pour l’expansion de l’économie et le développement des entreprises. Ouf!). Encore un institut privé qui fournit des « études économiques, des veilles conjoncturelles et des prévisions » pour « participer au débat de politique économique ». En leit-motiv : la durée du temps de travail. On y retrouve les grandes banques et assurances ainsi de grands groupes tels EDF, Bouygues et des organisations patronales comme l'UIMM.

 

Tous ces braves gens ne tiennent pas trop à ce que le bon populo soit trop bien informé. On comprend pourquoi on nous bourre le mou avec de l’émotionnel, de l’accessoire, du fait-divers et du sport…

 

Le travail de ce type d'officines et de journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des puissances de l’Argent.

 

Ils sont les outils obéissants des puissants et des riches qui tirent les ficelles dans les coulisses.

 

Leurs talents, leurs facultés et leurs vies appartiennent à ceux qui les paient. Ils sont comme les prostiputes : elles vendent leur cul, ils vendent leurs cerveaux…

 

Moralité : si vous voulez avoir des informations un peu plus fiables, cherchez-les dans internet où s'imposent quelques journaux en lignes (Médiapart, Agoravox) et une profusion de sites et de blogs n'ayant aucune accointance avec les requins de la finance et des multinationales ! Encore faut-il ne pas avoir le cerveau déjà rendu irrécupérable par TF1 et consort, en avoir la volonté et...le temps.

 

Une des sources :lien

 

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05/11/2014

Conquérir les grands projets inutiles : mode d'emploi.

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Le barrage de Sivens (huit millions, un mort) comme l'aéroport de Notre-dame-des-Landes illustrent jusqu'à la caricature cette passion de nos « zélus » et de nos « zélites » pour ces cathédrales modernes : les grands projets inutiles.

 

Les projecteurs sont actuellement braqués sur ce fumeux barrage de Sirvens (au sujet duquel Ségolène a décidé...de ne rien décider ! Il est vrai qu'on ne vit pas impunément des décennies avec François sans que ça déteigne...). Mais il n'est que l'un parmi tant d'autres de ces projets pharaoniques qui ne servent à rien sinon à caresser dans le sens du poil l'ego m'as-tu-vu de quelques potentats locaux. On a daubé sur les Espagnols et leurs aéroports vides, leurs lotissements vides. Mais nous aussi on jette des milliards en l'air (pardon, dans la poche de quelques grands groupes) sans aucun avantage pour la population. Ces « grands projets » sont les fruits empoisonnés de la folie des grandeurs de « décideurs » stupides et pour certains magouillant sans vergogne avec quelques grandes compagnies de travaux publics…

 

Notre-Dame-des-Landes. Á tout seigneur tout honneur. Notre-Dame-des-Landes est l’expression de la mégalomanie de quelques satrapes locaux voulant péter plus haut que leur cul. L'aéroport actuel est loin d'être saturé et la région, en cul-de-sac, accueille déjà douze aéroports ! L’aéroport de Gatwick, à une quarantaine de km de Londres, traite 34 millions de passagers par an, contre 3,5 à Nantes, dix fois plus, et 242.000 mouvements d’avion, avec une piste plus courte, sans être saturé pour autant ! Idem pour celui de Genève. En mépris du rejet par la population, les mégalos locaux viennent de recevoir le soutien de Valls...

 

La « ferme des 1.000 vaches ». Exploitée depuis septembre dans la Somme, avec un premier troupeau de 500 vaches laitières, cette « méga-ferme » se double d’un méthaniseur qui produit de l’électricité à partir des rejets des bestiaux. Une noria de camion chaque jour sur les routes pour évacuer le lait. Réalisation portée par un millionnaire du BTP. Y'a bon les subventions!

 

Le site d’enfouissement nucléaire de Bure. Porté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), il consiste à enterrer 80.000 m3 de résidus nucléaires à haute activité et à vie longue dans le sous-sol lorrain, à partir de 2025. Une poubelle nucléaire extrêmement aléatoire voire dangereuse qui se heurte depuis dix ans à l’hostilité de militants antinucléaires français et allemands.

 

La ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin. Son coût en est évalué à plus de 26 milliards d’euros dont plus de 10 milliards pour le seul tunnel sous les Alpes, long de 57 kilomètres, qui doit permettre de relier les deux métropoles en deux heures environ. Alors que la rentabilité des TGV est sérieusement remise en cause et que le réseau « normal », celui qu'utilisent « les Français d'en-bas » est laissé à l'abandon...

 

Le Grand Stade de Lyon. 640 millions d’euros pour cet équipement sportif, à Décines, en banlieue lyonnaise. Malgré 71 procédures lancés par les opposants, les travaux sont en route...

 

Et il y en a d'autres, partout. Á la lumière de ces « réussites », donnons quelques conseils aux maitres d’œuvre pour réussir au mieux à se remplir les poches avec ces projets inutiles, sur le dos des contribuables.

 

1 – Pour séduire vos interlocuteurs locaux, proposez des projets pharaoniques. La démesure doit être votre crédo. Faites jouer la concurrence entre métropoles. Tous les grands « zélus » rêvent du viaduc de Millau chez eux. Une fois que vous aurez conquis ces grands satrapes locaux, ceux-ci sauront gagner à votre cause les « zélus » secondaires (43 sur 45 conseillers généraux en faveur du barrage de Sirvens). N'oubliez pas de faire valoir de nombreux, de très nombreux emplois à la clé. Si ce n'est pas vrai, vous pourrez toujours arguer de « la crise ».

 

2 – Faites travailler des bureaux d'études sachant compliquer les choses pour rendre des dossiers indéchiffrables. Ça en impose toujours à l'élu de base de ne rien comprendre. Et ça décourage l'emmerdeur un peu trop curieux. Si ces bureaux d'études sont dans la mouvance des « zélus », c'est tout bénef.

 

3 - Mettez-vous dans la poche la presse locale. Ce n'est pas difficile : une visite de la maquette assortie d'un bon gueuleton pour les plumitifs et quelques pages publicitaires vous assureront la docilité d'alliés efficaces, aptes à encenser vos travaux et à démolir l'attitude « rétrograde » des éventuels opposants.

 

4 – Pour financer ces projets à la viabilité économique plus qu'aléatoire, proposez avec persuasion (discrète, bien ciblée, chiffrée) l'extraordinaire pompe à fric du fameux (et fumeux) Partenariat Public Privé (PPP). Á vous dès lors non seulement la construction mais aussi la maintenance, la gestion, l'exploitation de l'infrastructure en question. C'est pour vous une maîtrise complète et les collectivités n'auront plus qu'à casquer en loyers faramineux deux fois, voire trois fois plus que le prix total des travaux !

 

5 – Vous aurez à faire face à des associations d'opposants. Ce sont des amateurs : opposez à leurs arguments de bons rêveurs coupés de la dure réalité économique ceux, rigoureux, de vos spécialistes. Ridiculisez-les, brandissez l'étendard de l'intérêt national face à leur vision passéiste. N'hésitez pas à participer aux concertations publiques pour montrer votre sincérité. Noyez le poisson sous des chiffres et des termes incompréhensibles : l'alliance des « zélus » locaux et de la presse locale (annihilée par vos largesses publicitaires) feront le reste.

 

6 – Il est possible que vous deviez vous heurter à l'occupation du site en question. Á la légitimité revendiquée par les opposants – que vous devez qualifier « d'occupants » -, opposez la légalité institutionnelle. Montrez votre « détermination », assignez les organisations opposantes en justice et n'hésitez pas à faire appel à la force publique. Mais attention, cette option est délicate : des nuages de gaz lacrimo, tant que vous voulez, mais gare au syndrome de Sirvens : un mort peut tout foutre en l'air...

 

7 – Si vous perdez le gâteau, ne vous découragez pas, il y en a d'autres : stades, piscines, infrastructures sportives, centres commerciaux, tours « prestigieuses », centres hospitaliers, quartiers d'affaires, etc...

 

Enfin, n'oubliez pas l'essentiel pour vous : l'inutile, c'est très rentable !

 

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03/11/2014

PAS D'IMPÔTS pour cette grande cause nationale : l'Euro 2016 de foot-ball...

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Qui dit qu'on paie trop d'impôts en France ? Qui sont ces pisse-froid qui ne comprennent pas la beauté de l'acte de payer son écot pour le bien public en fonction de ses moyens ? Vous ? Moi? Mais alors c'est que vous, et moi, n'avons pas la chance de faire partie de cette « élite » qui, grâce au dieu foutebol, ne sortira pas un seul fifrelin en impôts – si ce n'est la TVA – au cours du grand raout foutebalistique – l'EURO 2016 - qui va sévir dans notre beau pays à l'été 2016. Et pour lequel 2,5 millions de billets seront vendus...

 

C'est le journal Les Echos de ce jour qui a révélé ce tour de passe-passe : « le gouvernement va exonérer de tout impôt les différentes entités chargées d'organiser l'Euro 2016 de football, qui se déroulera en France du 10 juin au 10 juillet 2016. En dehors de la TVA, qui est pilotée par des règles européennes, aucune taxe, aucun impôt sur les sociétés, aucune autre fiscalité française ne sera prélevée sur l'UEFA et ses filiales françaises. Pour l'événement, une structure juridique ad hoc a été créée, baptisée « Euro 2016 SAS », et détenue à 95 % par l'UEFA et à 5 % par la Fédération française de football. Elle gère toute l'organisation de la compétition, à l'exception de la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. »

 

Oui, vous avez bien lu : aucune taxe, aucun impôts sur les sociétés, aucune autre fiscalité française pour les entreprises partenaires de l'UEFA. C'était la condition sine qua non, en 2010, pour obtenir cette organisation...

 

Qui sont ces heureux partenaires qui vont pouvoir se gaver sans reverser la moindre thune ? Il y a les sept « sponsors » officiels qui sont : La Française des Jeux (On les connaît ceux-là, ce sont les racketteurs officiels ; c'est une entreprise publique française datant de 1976, détenue à 72 % par l'État français qui lui a confié le monopole des jeux de loterie et de paris sportifs sur tout son territoire), McDonald's (L'empereur mondial de la malbouffe, grand pourvoyeur d'obèses), Coca-cola (Ceux-là aussi on les connait, c'est pour eux que TF1 « prépare le cerveau de ses téléspectateurs »), Carlsberg (entreprise danois, troisième ou quatrième fabriquant de bière mondial), Continental (oui, ce fabriquant de pneus allemand qui a laissé des milliers d'ouvriers sur le carreau), Hyunday-Kia (conglomérat coréen : automobile, construction navale, militaire, électronique, écrans plats notamment), SOCAR (ceux-la, c'est la State Oil Company of Azerbaijan Republic, c'est-à-dire la compagnie nationale pétrolière et gazière d'Azerbaïdjan).

 

S'ajoute à ces veinards le groupe suisse Kuoni, spécialisé dans l'organisation de voyages, responsable de l'hébergement pour les équipes participantes, les officiels de match, les partenaires commerciaux et de diffusion, les journalistes, les fournisseurs et équipes responsables de l'organisation de la phase finale. L'UEFA va passer encore quelques partenariats encore inconnus.

 

Nouveau venu parmi ces veinards, le traiteur Hédiard - la célèbre maison d’épicerie fine de la place de la Madeleine à Paris - qui a été retenue pour assurer les services d’« hospitalité ». C'est donc lui qui assurera les prestations organisées autour des matchs – en particulier la restauration – et qui sont vendues aux entreprises. « Deux niveaux de prestations : « Platinium » (sacré Platini, va !) pour les loges privatives; « Gold » pour les places de catégorie affaires, les « business seats » dans le jargon professionnel. Le prix moyen pour cette seconde catégorie est de l'ordre de 1.700 à 2.200 euros par place. Pour les loges, la note varie selon les stades et les matchs, le maximum étant atteint par la finale avec un montant de la prestation à l'unité de 4.270 euros. « Nous sommes dans les prix de marché », assure Jacques Lambert, le président d'Euro 2016 SAS, la structure juridique ad hoc, détenue à 95 % par l'UEFA, la Fédération française de football en possédant 5 %. » (Les Echos.)

 

Comme vous pouvez voir, pas beaucoup d'entreprises françaises parmi ces heureux « exemptés d'impôts ». Par contre l'organisation laisse à l’État et aux collectivités françaises la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. Ben voyons ! Et kikiva payer pour ces beaux stades ? Et kukiva casquer pour les flics qui garderont ces stades des débordements de ces hordes de « supporters » bourrés de Carlberg (interdite aux abords des stades la kro ou les bières locales ! On se bourrera à la danoise, uniquement.) Alors qu'il n'y a pas un kopeck pour les collectivités locales, le gouvernement a prévu 2 milliards d'euros dont 1,6 euros pour les stades et 400 millions pour les accès net les transports.

 

Voilà à qui nous allons refiler ce manque-à-gagner de l’État. Eh ! Il ne faut pas être égoïstes, il faut aider les malheureux du monde...

 

Ouais, mais les retombées économiques...

 

Parlez-en aux Brésiliens !!!

 

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31/10/2014

Ah ! La vache !

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Quelles salopes, ces vaches... Ça rote comme un émir, ça pète comme un gendarme et ça pollue plus que toutes les usines à charbon de la Chine ! Ouais Mossieur ! Quelles vaches ces vaches. Savez-vous que les quelque 1,3 milliard de vaches de la planète (une vache pour cinq humains) pètent et rotent environ 300.000 milliards de litres de méthane par an ! Ce qui représente presque 20 pour cent des émissions de méthane reliées aux activités humaines. Ah ! La vache... Et après ça on me casse les burnes pour mon petit diesel...

 

Mais heureusement le Superman de la Productivité est là ! Le Zorro de la défense de l'environnement veille sur nous. On va te les surveiller ces vaches de vaches. Et de près. De l'intérieur même. Comment ? Vous allez voir.

 

Jusqu'où pousse l'avidité débridée en vue de faire le plus de pognon possible... Je vais vous parler d'un truc qui relègue la corrida au rang de distraction pour jeune fille : les vaches à hublots ! C'est une des dernières trouvailles pour « le bien de l'homme ».

 

Quésaco ?

 

Le magazine « Courrier international » a publié ceci il y a quelques mois :

 

« Vous avez l’estomac bien accroché ? Alors lisez ceci : des vaches suisses sont équipées de hublots pour mieux servir la science. Les bovins de l’Agroscope de Grangeneuve ont un trou de 15 centimètres dans le flanc. Cette ouverture permet d’accéder directement au bol alimentaire pour en analyser le contenu. Pour prélever des échantillons, il suffit de passer le bras dans le trou, comme le montre cette vidéo de la RTS. 

Grâce à cette trappe de visite en caoutchouc, les chercheurs peuvent ”tester la digestion de mélanges d’avoines expérimentaux, et à terme, obtenir une alimentation plus saine”, note la 
Tribune de Genève.

Les vaches helvètes ne sont pas les seules à bénéficier de ce traitement. En France, l’INRA travaille depuis belle lurette des lustres sur des bovins fistulés. Cette pratique permet notamment de plancher sur la production de méthane des bovins. Entre rots et pets, comme chacun sait, les ruminants libèrent une effroyable quantité de gaz à effet de serre. Voilà peu, en Allemagne, des vaches laitières ont failli faire exploser leur étable, relate le Spiegel. La réaction entre une décharge d’électricité statique émise par une machine à massage et le méthane rejeté par les herbivores a déclenché un incendie. »

 

Les Hollandais sont depuis longtemps passé au stade de la production. Grâce à ce procédé « innovant », ils arrivent à fabriquer des vaches qui pissent 100.000 lotres de lait par an. Gràace à ce trou, ils peuvent vérifier la qualité de la digestion des bestiaux, éventuellement ajouter quelques adjuvant, voir quelques hormones, quelques antibiotiques... Bref rien que de bonnes choses qui ,font la qualité des oroduits bataves, « cet autre pays du fromage » !

 

Eh ! En France, l'INRA traille sérieusement la question. Et au fait, qu'est-ce qu'on nous installe en ce moment, quelque part dans le Nord ? Une usine avec mille vaches ? Ouais. C'est ça. Sur le modèle hollandais. Eh ! Les écolos nordistes, faudra aller regarder de près ce qui s'y passe. Par le hublot ?

 

pets de vaches par Topi.jpg

 

 

Liens :

 

http://www.rts.ch/info/regions/fribourg/5588165-dans-le-canton-de-fribourg-les-vaches-a-hublot-intriguent.html

http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/vaches-a-hublot-ou-comment-l-inra-52566

http://www.organicagcentre.ca/ResearchDatabase/res_livestock_cowmethane_f.asp

http://www.courrierinternational.com/chronique/2014/02/11...

http://www.terrafemina.com/societe/buzz/articles/34929-va...

 

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29/10/2014

L'Ukraine selon Monsanto et consorts.

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L’interdiction de culture des OGM dans ce pays va-t-elle être levée ? C'est fort probable et ce sera le gros lot pour Monsanto et autres multinationales étazuniennes et européennes.

 

Selon l’Oakland Institute « alors que l’Ukraine n’autorise pas l’utilisation des OGM dans l’agriculture, l’Article 404 de l’accord avec l’UE, en rapport avec l’agriculture, inclut une clause qui est généralement passée inaperçue : cette clause indique, entre autres, que les deux parties vont coopérer pour étendre l’utilisation des biotechnologies. Il ne fait aucun doute que cette clause rencontre les attentes de l’agro-industrie. Comme Michael Cox, directeur de recherche à la banque d’investissement Piper Jaffray, l’a observé, « l'Ukraine, et de manière générale l’Europe de l’Est, sont parmi les marchés en croissance les plus prometteurs pour le géant de l’équipement en matériel agricole Deere, ainsi que pour les producteurs Monsanto et Dupont ».

 

Hummm ! Y a bon l'Ukraine ! De belles et grasses terres noires parmi les plus fertiles du monde. Un pays qui fut le grenier à céréales de l'URSS et même de l'Europe. Toujours selon Oakland Institut, les conditions du prêt accordé à l’Ukraine par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont déjà conduit à « un accroissement des investissements étrangers, qui entraînera probablement une expansion des acquisitions de terres agricoles sur une grande échelle par des compagnies étrangères et une future privatisation de l’agriculture du pays ». Ben voyons. Pourquoi se gêner ? On a maintenant un gouvernement « légal » ouvertement à la botte des USA et de l'UE, faut en profiter pour sucer jusqu'au bout les richesses de ce pays. Il y a longtemps déjà que des « fondations » étazuniennes ont mis en place les conditions de ce pillage (Maidan ne fut que la partie émergée de l'iceberg). On comprend que ce pactole excite jusqu'à l'érection les multinationales euro-atlantiques ! Et on oserait interdire les OGM ? Eh ! Oh ! Ça va pas la tête !

 

En mai 2013 Monsanto a investi 140 M$ dans une usine de production de semences conventionnelles en Ukraine. Ça, c'est la première étape. Mais plusieurs associations regroupant les plus gros agriculteurs ukrainiens ont fourni aux lobbies chargés de manipuler le parlement un projet d’amendement à la loi, poussant à « créer, tester, transporter et utiliser des OGM dans le cadre de la législation sur les semences génétiquement modifiées », amendements dont les termes coïncident avec l’accord d’association UE-Ukraine. Ça, c'est la seconde étape.

 

Le 13 décembre 2013, le vice-président de Monsanto, Jesus Madrazo, déclara dans une conférence U.S-Ukraine à Washington D.C. que la compagnie voyait « l’importance de la création d’un environnement favorable [en Ukraine], qui encourage l’innovation et émule le développement continu de l’agriculture. L’Ukraine a l’opportunité de développer encore plus le potentiel des cultures conventionnelles, là où nous concentrons actuellement nos efforts. Nous espérons aussi que, le moment venu, la biotechnologie sera un outil disponible pour les agriculteurs ukrainiens dans le futur ». Cet « environnement favorable », ils l'ont maintenant avec le régime godillot mis en place. Dès lors, la voie peut être largement ouverte à l'achat par les multinationales et les banksters euro-atlantiques des plus riches terres de ce pays ruiné, ainsi qu'à l'implantation des OGM.

 

Ah ! La guerre, ça a du bon. Pour les banksters et le capitalisme financier...

 

Photo X - Droits réservés

 

Sources :

http://en.interfax.com.ua/news/press-conference/173536.html

http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/ukraine-pendant-que-les-fascistes-158428

http://www.oaklandinstitute.org/press-release-world-bank-and-imf-open-ukraine-western-interests

http://www.initiative-communiste.fr/articles/international/vague-privatisation-en-ukraine-femeture-mines-donbass-ue-usa-se-partagent-pays/

http://monsantoblog.com/2013/12/19/monsanto-and-its-commitment-to-ukraine/

 

* * * * * * * * * * * * * * *

 

Et n'oublions pas de déboucher une bouteille à la mémoire de notre cher Tonton Georges Brassens, qui est allé baguenauder dans les vignes du seigneur voilà 33 ans.

 

 

ukraine,ogm

 

http://www.youtube.com/watch?v=aOvcTl_6VpQ

 

 

 

28/10/2014

Rémi Fraisse, 20 ans, mort pour le maïs.

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Il serait mort « d’une bombe ». Dans le Tarn. De nuit. Au cours d’une manif durement réprimée par les « forces de l’ordre » contre la construction du barrage sur le Tescou, plus connu sous le vocable de « barrage de Sivens ».

 

On bombarde dans le Tarn maintenant ? Comme en Syrie ? Comme en Irak ? Pas tout à fait tout de même mais un jeune homme de 20 ans, étudiant réfléchi, conscient de ses devoirs de défense de son univers de vie, est mort. Et pas de peur…

 

Alors c’est quoi ce barrage qui tue ? Dont on n’avait jamais entendu parler hors du terroir concerné ? Il s’agit d’un mur en béton de 12 mètres de haut sur 230 mètres de large, barrant la rivière. 48 hectares de forêts et de zones humides sont ainsi sacrifiés pour pouvoir irriguer…300 hectares. Cette irrigation profitera à 20, peut-être 30 exploitants(teurs) agricoles seulement cultivant la céréale la plus vorace en eau : le maïs.

 

Tenons-nous en aux chiffres. Le coût de l’ouvrage s’élèvera à 8,5 millions d’euros. Il stockera 1.400.000 m3 d’eau. Ce qui fait plus de 6 euros le m3 d’eau stockée. Même la Saur ou Véolia n’oseraient pas vendre l’eau potable à ce prix ! Alors pour de la simple eau d’arrosage… Ça fait aussi plus de 28.000 € par hectare irrigué, à comparer au prix moyen des terres agricoles dans le Gaillacois – dans les 5.000 € (cette moyenne incluant aussi les vignobles, beaucoup plus chers que les terres à maïs !). Au fil des ans, il ne reste plus que 20 agriculteurs bénéficiaires, ce qui fait 425.000 € par exploitation ! Ben dis donc ! Ils se démerdent bien les « maïsiculteurs » (c’est leur nom) du Gers et du Tarn !

 

Les objectifs de ce barrage :

-         soutien d’étiage (30 %). En clair ça veut dire remettre de l’eau quand les maïsiculteurs en ont trop pompée

-          irrigation (30 %). C’est la constitution d’une réserve en cas de sécheresse.

 

Sécheresse : le mot est lâché. Avec les bouleversements climatiques, la sécheresse est de plus en plus présente dans le Sud-ouest. La logique et le bon sens voudraient que l’on cultive sur ces terres les plantes les moins gourmandes en eau. Oui mais ça c’est « le bon sens ». Dans la réalité, le « bon sens paysan » a depuis longtemps déserté les campagnes au profit…du profit immédiat, quel qu’en soit le prix. La culture du maïs continue donc de plus belle, avec de très fortes pressions pour introduire le pourtant honni maïs transgénique.

 

Cet ouvrage est porté à la fois par le Conseil général du Gers et par la Chambre d’agriculture de ce département. Le président de cet organisme corporatif, Henri-Bernard Cartier, est un farouche partisan de la construction du barrage.

 

Ah ! J’allais oublier : ce monsieur est aussi vice-président de la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG). La CACG appartient en partie aux Conseils généraux du Gers et du Tarn. C’est cette même CACG qui a fait les études justifiant la construction de ce barrage. Et c’est à la même CACG qu’a été attribué – entre autres - le marché de la construction de ce barrage.

 

Même les experts du ministère de l’écologie, mandatés par Ségolène Royal estime cet ouvrage surdimensionné et son utilité réservée à trop peu de bénéficiaires. Pourtant, ces « experts » considèrent que « les travaux sont trop avancés pour les interrompre ».

 

La France, état de droit ? On peut raisonnablement en douter puisqu’il suffit de mettre les « autorités » devant le fait accompli pour que ces « autorités » entérinent les décisions les plus aberrantes.

 

Tè! Mon foie gras, je l’achèterai dorénavant dans les Landes, plus dans le Gers ou le Tarn !

 

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27/10/2014

« Stress tests » des banques : bonjour l'enfumage !

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Les élections au Brésil, en Ukraine, en Tunisie, finalement on s'en fout. Ce qui intéresse nos têtes d’œuf, nos zéditorialistes, c'est que nos chères banques (très chères !) sont entrées en « résistance ». Eh ! Regardez-les, n'ont-ils pas fière allure les dirigeants du Crédit Agricole, de la BNP, de la Société générale, le front ceint du bandeau rouge, ou coiffés du béret du Ché, la kalash à la main ! Parce qu'ils ont réussi haut la main les « stress tests » de résistance des banques. Ouf. On est rassuré... Notre pognon est entre de bonnes (!!??) mains.

 

Les « stress tests », quésaco ? Une konnerie inventée pas les Etatzuniens pour enfumer (rendre confiance !!??) la populace, et qui a été reprise par la BCE. « Ces tests, conjugués à une « revue de la qualité des actifs » (AQR) des banques, visent à mesurer la capacité de résistance des banques à divers scénarios économiques, y compris un scénario « stressé » de récession, de montée du chômage, de chute des prix immobiliers et de ralentissement continu de l’inflation, pour déterminer si elles doivent lever des fonds propres afin de renforcer leur solvabilité. La BCE, qui soumet à ces tests quelque 130 banques de la zone euro, assumera à compter du 4 novembre la supervision de l’ensemble du secteur. »

 

Vous n'avez rien compris ? C'est normal, c'est fait pour ça. C'est de la novlangue. Il ne faut pas que vous compreniez des choses simples.

 

Les grosses têtes de la Banque Centrale Européenne (BCE) ont planché sur un « ratio » clé : le bien connu (!!??) chez les novlanguiens Core Tier One (CET1). C'est quoi ce truc ? Ben, simplement le pognon (fonds propres) que la banque doit avoir en caisse par rapport à ce qu'elle prête (ses engagements). Ce « ratio » (rapport) est, selon la réglementation européenne, de 8%. En clair, ça veut dire qu'une banque peut prêter 100 euros avec seulement 8 euros en caisse ! Le reste alors c'est quoi ? Ben, du vent, du bidon, de la tchatche, de la dette ! Donc, en dessous de ce ratio de 8%, la banque va au piquet ! Pas bonne la banque. Elle vend un peu trop de dettes ! Faut rester correct : pas plus de 92% de dettes !

 

Comment faire pour être dans ce « ratio » ? Il n'y a pas trente manières, il n'y en a que trois :

  • en augmentant les fonds propres grâce aux résultats bénéficiaires de la banque (c'est-à-dire en pompant au max le client) ;

  • en faisant une augmentation de capital (en faisant cracher au bassinet les actionnaires bien gras);

  • en réduisant l'encours de prêts des banques (en serrant le kiki des PME-PMI et des particuliers).

 

C'est ce troisième choix qui est le plus courant. Ainsi, pour réussir ces « stress tests », donc pour passer sous les fourches caudines de la BCE, les banques ont réduit le volume de leurs prêts, en contradiction avec la seule justification de leur existence qui est de financer l'économie. Ainsi, pour réduire leurs propres risques, les banquiers « résistants » mettent en péril les acteurs de l'économie réelle que sont les PME-PMI.

 

Au fait, qui sont ces mauvais élèves ? En France, c'est seulement la très confidentielle « Caisse de refinancement de l’habitat » (CRH). Ailleurs les principales banques recalées sont, en Italie Monte Dei Paschi, Banca Carige, Banco Popolare di Vicenza et Banco Popolare di Milano ; au Portugal la BCP, en Autriche la Österreichische Volksbanken, en Grèce la Hellenic Bank, en Irlande la TSB.

 

Eh ! Á part quelques cancres soigneusement choisis pour ne pas être dangereux, les banques les plus importantes ont toutes réussi. Parce qu'elles ne peuvent évidemment pas échouer à ces « stress tests » bidon. Eh ! Si on nous dit que la BNP, la Société générale, le Crédit agricole ou même la Banque Postale ont échoué à ces « stress tests », quel va être notre réflexe naturel, très sain d'ailleurs : se précipiter le matin même au guichet de la banque et retirer tous notre pognon ! Et qu'est-ce qu'elles font ces banques marchandes de vents ? Elles plongent dans la journée. C'était la fameuse « menace Cantona » (« retirer votre pognon, tous, le même jour » qui les à tant fait trembler. Panique générale, faillites en chaînes, renflouement par l’État impossible, bref le bordel ! Humm ! Quel rêve gourmand... Dès lors, on comprend que l'examinateur (la BCE) y regarde à deux et même trois fois avant de remballer les élèves « too big to fail ».

 

Allez, on leur fait un peu panpan-cucul aux mauvais élèves, mais on va les aider à réussir. Ben voyons, avec notre fric.

 

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22/10/2014

Le Filoche a dit la vérité. Il doit être exécuté…

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Total, non seulement ne paie pas d’impôts en France mais, avec les systèmes du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et du CIR (crédit d’impôt recherche), cette multinationale va, dans les années à venir, toucher un gros chèque de la part…de Bercy !

 

Cette entreprise – première de France, bénéfice 2013 « en baisse de 20% » se chiffrant tout de même à 8,4 milliards - va donc, tout à fait légalement, sans magouiller, simplement en utilisant les lois en vigueur, toucher un chèque de 80 millions d’euros ! Une pissat de lapin pour l’entreprise et pour ses actionnaires…

 

L’entreprise – dont on déplore ces jours-ci la disparition de son PDG, ça ne vous aura pas échappé – a droit à 19 millions d’euros au titre du CICE et à 60 millions au titre du CIR. Ces créances sur l’Etat étant reportables sur l’impôt sur les sociétés dans les trois exercices suivants. Comme Total s’arrange pour ne pas faire de bénéfices en France, très logiquement, l’État va lui envoyer un beau chèque ! 

 

Pris où ce pognon ? Je n’entends pas. Plus fort ! « Dans nos fouilles ! » Voilà. Y en a qui suivent, comme disait Coluche… 

 

Comment il a appelé ça Filoche ? « Sucer le sang… » Oh ! C’est pas joli ça, qu’ils se sont offusqués, les « responsables » de drôôche ! Il faut l’exclure du PS ! Haro sur le Filochard !

 

Moi, je le trouvais plutôt sympa le citoyen Margerie. Solidarité entre moustachus peut-être ? En tout cas il détonnait – en bien –  au niveau du comportement, de l’allure, de sa « mise en scène », avec ses sinistres collègues du caca-rente. Mais c’est tout. La compagnie qu’il dirigeait contribue à la richesse de la France ? Elle en est le porte-drapeau industriel ? Mouais. Sûrement. Mais elle contribue aussi au saccage de la planète, au réchauffement climatique et ne s’est jamais embarrassée de scrupules pour lourder des travailleurs et faire des affaires avec les pires dictateurs de la planète.

 

Alors, comme l’ami Filoche, lorsque j’aurais quelques larmes de trop, je pleurerai…

 

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21/10/2014

Approchez ! Mesdames et Messieurs ! L’industrie nucléaire vous accueille !

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« Approchez ! Approchez ! Vous n’en reviendrez pas ! » Pim. Pimpim. Pimpimpimpimpimpim ! »

 

Eh oui. Sans vergogne, l’industrie la plus dangereuse qui soit, mais aussi – heureusement – la plus passéiste vient de faire son « cho », le semaine dernière, au Bourget. « Worl Nuclear Exhibition » que ça s’appelait. Eh ouais. Faut parler globish, ça fait moderne… En fait, cette « exhibition » ressemble à un dernier tour de piste avant la fin du spectacle. Car l’industrie nucléaire est une industrie du passé. Sans avenir. Ou plutôt si : elle a un grand avenir mais…dans la gestion très approximative des déchets-merdes qu’elle fabrique et surtout dans le démantèlement des centaines de centrales qui vont fermer dans la décennie à venir.

 

Sa part dans la production mondiale d’électricité est passée de 17,1% en 2001 à 10,9% en 2012 (chiffre provenant de l’Agence internationale de l’énergie atomique et publié dans son dernier rapport [PDF]). Autre signe significatif de ce déclin, l’action d’Areva - numéro Un mondial du secteur – qui planait autrefois autour de 82 euros, se traine autour de 10 euros !

 

Cette industrie crève ? Mettons-lui le pied sur la tête pour l’enfoncer dans sa merde ! Elle est caractérisée par son incompétence, ses mensonges, son irresponsabilité.

 

Incompétence. Sans revenir sur le désastre de Tchernobyl, il y a trois ans maintenant que les réacteurs en fusion de Fukushima crachent leur mort. Car aucune solution efficace n’a pu être mise en œuvre pour sortir du sol et neutraliser ces réacteurs. Les « spécialistes » industriels les plus pointus, venus du Japon, mais aussi de France et des Etats-Unis se montrent absolument incapables de mettre au point des procédures, des machines, des techniques appropriées pour  se saisir des coriums fondus et de les traiter. L’océan sert de poubelle où sont relâchées des quantités phénoménales de radioactivité. Sans qu’aucune solution sérieuse ne soit en vue.

Irresponsabilité. Cette incompétence se combine avec une totale irresponsabilité reconnue par la Convention nucléaire de Paris de 1960 (https://www.oecd-nea.org/law/nlparis_conv-fr.html) qui reconnait que « la production et l’utilisation de l’énergie atomique comportent des risques sans commune mesure avec ceux dont le monde a l’expérience » et énonce explicitement l’irresponsabilité des exploitants. « Aujourd’hui, en France, en cas de catastrophe nucléaire, la responsabilité dommage de l’exploitant est limitée à 91 millions d’euros, celle de l’Etat, tous mécanismes confondus, à 345 millions d’euros. L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a récemment proposé une estimation de 430 milliards d’euros, pour un scénario d’accident nucléaire lui-même très minimisé : fusion d’un tiers d’un réacteur, dans la centrale de Dampierre (Loiret), et relâchement de radioactivité pendant seulement deux heures. Avec ce scénario très optimiste, 25 000 km² deviendraient inhabitables, il faudrait évacuer 2,6 millions de personnes (dont la ville d’Orléans) mais il serait « réaliste » d’en évacuer seulement 26 000 et d’indemniser les autres ; 50 000 cancers. Á Fukushima, ce sont trois réacteurs entiers qui ont fondu et le relâchement massif de radioactivité a duré des mois. » (http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/14/salon-mondial-nucle...)

Mensonge. Le secret et le mensonge sont consubstantiels à cette industrie. Parce qu’elle est entachée des massacres épouvantables de sa composante militaire. Parce qu’elle s’est construite sur un culte du secret, du confidentiel, du mensonge, bref, du bourrage de crâne. Rappelons-nous le « professeur » Pellerin assurant que le nuage radioactif de Tchernobyl s’était arrêté…aux frontières de la France !!!). Cette culture du secret est officialisée par le fait que l’OMS (organisation mondiale de la santé), émanation de l’ONU chargée de résoudre les problèmes de santé publique et d’éclairer l’opinion mondiale, est directement liée à l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) par un accord signé le 28 mai 1959, qui stipule, dans son article 3, qu’il est possible « de prendre certaines mesures restrictives pour sauvegarder le caractère confidentiel de certains documents ». Ben voyons ! Dès lors, pourquoi se gêneraient-ils nos nucléocrates pour nous raconter des bolas ? Avec arrogance, voire mépris, ils nous assènent qu’un accident « est très peu probable chez nous ». Ben voyons… On est d’autant plus enclin à  les croire que les dommages liés à leur industrie ont pour eux un coût quasi nul ! On comprend dès lors les insuffisances de la sécurité et le recours systématique à des sous-traitants mal formées, mal équipés, mal payés et irresponsables. L’irresponsabilité étant un dogme en la matière.

Ainsi, mesdames et messieurs les nucléocrates qui vous êtes pavoisés, qui vous êtes gargarisés du « développement », de « l’avenir » de votre industrie, vos rodomontades ne trompent personne : les contrats nouveaux ne concernent que la gestion et la réparation des 390 réacteurs encore en service sur Terre.

Par contre, vous avez encore un bel avenir, et particulièrement les Français. Votre compétence, votre expertise sont indispensables pour mener à bien le grand chantier nucléaire des décennies à venir : le démantèlement des centrales.

 

Sources :

http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/14/salon-mondial-nucle...

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/wne-le...

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20/10/2014

AUX FOUS ! AUX VOLEURS ! Dernière Macronnerie en route : la privatisation des réseaux de transport d’électricité et de gaz.

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Vous avez aimé la privatisation des autoroutes, vous piaffez de bonheur devant la privatisation des barrages, vous avez une solide érection en pensant à la privatisation en route…des routes. Bien. Alors vous allez éjaculer de bonheur devant les perspectives jouissives ouvertes par le ministre de l’économie : la privatisation des entreprises des réseaux de transport de l’électricité et du gaz.

 

Hum !!! Y a bon les entreprises de réseaux ! Ce sont RTE, filiale d’EDF et GRTgaz, gestionnaire du transport du gaz, détenu par GDF Suez. Pourquoi y a bon ? Parce que ces entreprises perçoivent une rente extraordinaire : les abonnements aux réseaux ! Que vous utilisiez beaucoup ou peu d’électricité ou de gaz,  vous payez des taxes de distribution et d'entretien, vous payez une partie fixe très conséquente : l’a-bon-ne-ment ! Pour aucun produit, uniquement le droit d’utiliser un réseau payé par le consommateur et le contribuable. Laissez un tel fromage au public ? Quelle horreur ! Gattaz en rêve ? Macron ("Sors de ce corps, Rothschild !") va le faire ! Il l’a déclaré devant un parterre d’« investisseurs » qui en bavaient de plaisir : "Nous avons des infrastructures existantes dans le pays dans plusieurs entreprises publiques de réseau. Notre volonté c'est de les ouvrir ».

 

Que sont ces réseaux ? Ce sont les lignes à haute tension, les lignes de distributions locales, les câbles enterrés qui amènent l’électricité partout sur le territoire. Ce sont les réseaux de gaz. Ils ont été construits depuis des décennies, ils tissent un réseau dense assurant l’égalité des territoires, même les plus reculés, par la volonté politique et la puissance publique. Et il faudrait renoncer à ce contrôle ? Á cette égalité territoriale ? Pour mettre cet instrument de la démocratie dans les mains du privé ? Aux fous !!!

 

Regardez l’exemple de l’eau : lorsque sa distribution en est privatisée, les entreprises (Veolia, Saur, etc.) se gavent et…remettent toujours à plus tard la rénovation des réseaux, ne réparant au coup par coup que ce qui est vraiment trop pourri ou gourmand en fuites d’eau… Regardez le réseau téléphonique : combien de villages retirés sont sans couverture, ou si mauvaise depuis que France-Télécoms a été bradé au privé ! Nous aurons pareil avec l’électricité et le gaz. Les villages retirés du fin fond de la Margeride, des Alpes ou des Pyrénées se taperont sur le ventre s’il y a des problèmes. Ou alors ? Ou alors les entreprises privées qui auront volé légalement ces réseaux imposeront, pour leur entretien ou leur extension, cette formidable machine à pomper le fric du public pour le mettre dans la poche du privé, à savoir les PPP (partenariat public privé).

 

AUX FOUS ! Ou plutôt AUX VOLEURS !

 

Sources :

http://www.mediapart.fr/journal/economie/191014/le-gouver...

http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL6N0SC2G62014...

 

Illustration : merci à Ray Clid  

 

17/10/2014

La guerre par le pétrole fait rage !

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Bien sûr, on se s’en rend pas trop compte à la pompe, mais le prix du pétrole baisse ! Olé ! Ben, en voilà une nouvelle qu’elle est bonne. Mouais. P’têt ben qu’oui, P’têt ben qu’non !

 

Qu’est-ce qui fait baisser le prix du pétrole ?

 

Plusieurs causes. D’abord la demande qui fléchit parce que l’économie mondiale mollit. Ensuite parce que l’offre est pléthorique. Pour des raisons multiples. - Les USA achètent de moins en moins sur le marché mondial et exportent même puisque – au prix du saccage de leur pays – ils favorisent l’extraction chez eux du pétrole et du gaz de schiste. – L’Opep (organisation des pays producteurs de pétrole) est désuni. Son membre le plus important, l’Arabie saoudite, est opposé à toute réduction de sa production, compensant la faiblesse des cours par une production multipliée.

 

Ça, ce sont les raisons « techniques » de cette baisse. Mais il y en a d’autres, restant discrètes mais seulement pour ceux qui ne veulent pas voir. Principale raison : le pétrole utilisé comme arme de guerre contre deux pays : la Russie et l’Iran. Á la manœuvre, évidemment les USA avec leur complice l’Arabie saoudite. Ce type de guerre a déjà fait ses preuves : c’est comme ça que l’URSS a été abattue. Rappelez-vous : en septembre 1985, le ministre du pétrole saoudien, le cheikh Yamani, a décrété que son pays allait quadrupler sa production. En est résulté un effondrement durable des cours du pétrole. Résultat : l’URSS – premier producteur mondial de pétrole – a vu ses ressources s’effondrer au même niveau. Elle ne pouvait tout simplement plus survivre…

 

Ce qui a marché une fois, se disent les « stratèges » étazuniens, devrait marcher une autre fois. Quatre des principaux producteurs de pétrole – l’Irak, la Syrie, la Libye, le Nigéria – sont dans le chaos. Un cinquième, l’Iran, est bloqué par les sanctions « internationales ». Cette situation, en d’autres temps, auraient généré une flambée des cours du pétrole. Mais aujourd’hui, du fait des raisons « techniques » vues plus haut, c’est la baisse conséquente des cours. Mêmes causes, mêmes conséquences : la Russie voit sa principale ressource s’effondrer. De là à mettre Poutine à genoux, il y a de l’espace !

 

Parce que c’est un vrai foutoir dans lequel des intérêts contradictoires se confrontent autant qu’ils se confortent. Ainsi les USA et leur complice Saoudien mènent actuellement une guerre contre l’autoproclamé « Etat islamiste ». Or cet « Etat » a été généré par la folie de Bush et la stupidité incommensurable des USA en Irak : ils ont envoyé dans les bras d’une petite secte terroriste tous les cadres de l’armée de Saddam ! Ceci, combiné à la nullité de l’armée régulière irakienne, a transformé cette bande terroriste en une armée redoutable, puissamment armée des chars Abraham, des lance-missiles, des transports blindés pris sans combat à…l’armée du régime fantoche de Bagdad !

 

Cerise sur le gâteau, cet État islamique a longtemps été financé par…l’Arabie saoudite. Et maintenant cette monarchie féodale tremble de se faire bouffer par sa créature. Imaginons l’avenir avec l’État islamique maitre des lieux saints de l’Islam et…ayant fait main basse sur les 300 avions, les milliers de chars et tout l’arsenal que les Occidentaux – et nous en bonne position – ont vendu aux potentats saoudiens. Pour ajouter à ce foutoir du Moyen-Orient, l’État islamique vend sur le marché mondial des milliers de barils du pétrole qu’il possède à présent. Ceci à prix cassé (de 30 à 40%), avec la complicité de…la Turquie et des marchands de pétroles étazuniens !!! Et…pour contenir ce fameux État islamique, les alliés objectifs des USA sont…l’Iran et la Syrie de Bachar el Assad ! Vous parlez d’un foutoir.

 

Á côté de ce merdier, le foutoir ukrainien, c’est de la pisse de lapin. Mais c’est le même schéma qui est mis en œuvre par les Yankees. Détourner la clientèle du pétrole et du gaz russe vers d’autres fournisseurs pour ruiner l’économie russe. Á part que Poutine n’a pas attendu pour trouver d’autres clients à l’Est et…qu’il tient les Européens – et surtout la Teutonne – par les couilles (si l’on peut dire concernant Bismerkel )! Il ne s’est pas gêné, dès ce matin, à Milan, pour calmer les ardeurs  des Européens en maniant l’arme du robinet à gaz, juste avant l’hiver ! De plus, la baisse des cours de l’énergie pèse sur…l’inflation en Europe, menaçant l’UE d’entrer en déflation. On touche là du doigt l’immense konnerie et la fragilité de ce système : la Banque européenne a pour mission principale, à l’instigation des Allemands, de lutter contre l’inflation, mais lorsque cette inflation est nulle, c’est la panique ! Plus bordélique que ce capitalisme financier, tu meurs…

 

Voilà quelques éléments dont les tronche-d’œufs qui prétendent nous gouverner vont avoir à débattre, à partir d’aujourd’hui à Milan. Bon courage les gars ! Nous, on va boire pour oublier…

 

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16/10/2014

BARRAGES PRIVATISES ! Sarko en avait rêvé, Ségo l’a fait…

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Dans la nuit du vendredi 10 octobre au samedi 11 octobre 2014, lors de l’examen du projet de loi pour la Transition Energétique, l’assemblée nationale a voté en première lecture l’article du texte de loi permettant la privatisation du secteur hydroélectrique français. On savait qu’ « ils » étaient capables de toutes les saloperies, mais là, il faut reconnaître qu’ils ont fait fort.

Tout ça pour feller la Commission européenne qui menace de faire panpan-cucul aux têtes-d’œufs qui nous « gouvernent ». L’argument de la pression de la Commission européenne, c’est de la bola : L'Allemagne n'a pas hésité, elle, à prendre des mesures fortes en la matière et à les faire accepter à Bruxelles.

Privatisez ! Privatisez ! Privatisez ! qu’ils braillent les charognards de Bruxelles au service des banksters !

 

Ben, voilà. C’est fait. C’est un gouvernement « de gauche » (puteng ! Ils nous l’ont mis profond, et sans vaseline…) qui vient de signer cette saloperie : mettre les barrages français entre les mains des représentants les plus rapaces du profit à tout crin. Nos zélus zélés livrent ainsi aux marchés et à la dictature du profit à court terme une part essentielle de notre souveraineté énergétique. Ceci en catimini, dans un article voté en loucedé dans une séance de nuit…

Ils vendent les bijoux de famille. Mais ce n’est pas une première : c’est Jospin qui, le premier, avant le bradage final par Villepin, a commencé à privatiser partiellement les autoroutes

L'hydroélectricité, c'est une grande histoire française, celle de la « houille blanche » et de l'industrialisation des vallées de montagne. Des ouvrages pharaoniques qui redonnaient de la fierté et de la confiance en leur pays à tous ces Français qui sortaient de cinq années de malheur, de destruction et de honte. Ceux qui on des cheveux blancs et un peu de bide se souviennent de la fierté nationale des mises en eaux des barrages  de Génissiat, de Donzère, de Serre-Ponçon, de Tignes, de Bort-les-Orgues, plus tard de Naussac, etc. Actuellement, ces ouvrages sont parmi les piliers de la politique énergétique de la France. Les ouvrages hydroélectriques représentent 20 % de la puissance installée du mix électrique, ce qui est considérable. C'est 12 % de l'électricité des Français et 20 % de la production nationale d'énergie renouvelable ! C'est aussi 66 % de la capacité de pointe, c'est-à-dire un moyen de production flexible, disponible presque instantanément pour faire face à l'évolution structurelle de la consommation électrique. Et c’est tout cela que Hollande (« Sors de ce corps, Thatcher ! ») et ses nuisibles veulent brader au privé !

Il y a longtemps que les gros consortiums privés louchent avec gourmandise l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques françaises. Il y a longtemps que leurs lobbies dépensent des montagnes de pognon pour arriver à leurs fins: mettre leurs sales pattes sur ce savoureux gâteau national. Parce qu’elles savent que les barrages - grâce aux investissements accomplis par des générations de bâtisseurs et avec l’argent des contribuables – sont très rentables : l’excédent brut des concessions est de 2,5 milliards par an. Ce qu'on appelle la « rente hydroélectrique » est d'au moins 1,25 milliard d'euros par an. En voilà de la belle et bonne thune à se mettre dans les fouilles !

Et ce n'est pas tout. L'électricité produite par les barrages est de loin la moins chère. De 20 à 30 euros le mégawattheure, soit nettement plus compétitive que le prix de l'électricité nucléaire historique. Cet avantage profite aujourd'hui à tous les consommateurs d'électricité puisqu'il intervient dans le calcul des coûts de production d'EDF. Mais la mise en concurrence des barrages se traduira obligatoirement par une hausse du prix de l’électricité pour nous, les consommateurs finaux ! Oh ! Ci-devant camarade François, tu crois que c’est pour ça qu’on t’a élu ?

Eh ! Les ceusses d’entre nous qui habitent en aval de ces barrages, tenez-vous aux branches, priez si vous êtes croyants ou déménagez ! Parce que vous croyez que les fonds privés veulent produire de l’électricité propre ? Ou faire des flots de thunes avec ces barrages ? Vous faites confiance au privé pour entretenir et investir dans l’équipement des barrages ? Comme d’hab, l’intérêt général est sacrifié pour faire des fellations aux idéologues de l’Europe ultralibérale.

Ce texte scélérat a été voté en première lecture. Il y aura donc une seconde lecture. Faisons savoir aux députés qui nous représentent que nous ne sommes pas, mais alors pas du tout d’accord !

 

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Illustrations X – Droits réservés.

 

Pour trouver votre député : http://mondepute.free.fr/cadre_deputes.htm

Adresse de l’Assemblée nationale :

Assemblée nationale
126, rue de l'Université 
75355 Paris 07 SP

 

15/10/2014

Au bistro de la toile : Ségo prend l’autoroute à l’œil…

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- Eh ! Victor, t’as vu : Ségo veut rendre les autoroutes gratuites pendant les ouiquindes ! C’est alléchant pour le gogo, mais un peu démago tout de même pour une ministre de l’écololo de vouloir mettre une peu plus de bagnoles sur les autoroutes le dimanche, non ?!

 

- C’est non seulement démago, mais infaisable puisque des autoroutes sont  privées, et que l’Etat n’a pas les moyens juridiques d’imposer une telle mesure. D’ailleurs Valls (« Sors de ce corps, Sarko ! ») a, vite fait, recadré la Madone du Poitou, lui qui s’apprête au contraire à prolonger les concessions autoroutières en échange d’une fumeuse promesse de financements d’infrastructure routières…

 

- Ah ! Puteng ! Cette fameuse – et fumeuse – privatisation des autoroutes. Un beau scandale ça.

 

 

- Un des plus ignobles scandales de la Cinquième république qui n’en est pourtant pas avare… C'est l'autre bellâtre à nom de canasson, le Galouzeau de Villepin qui a refilé ce bijou de famille aux amis de mes amis. A prix bradé: moins de 15 milliards alors que Philippe Seguin, à l’époque président de la Cour des comptes, estimait leur valeur à au moins 22 milliards! Depuis, les entreprises qui ont touchés le gros lot se gavent littéralement. Autour de deux milliard d'euros chaque année qui passent dans la poche des actionnaires. Un taux de profit de 20% ! Qui dit mieux ? Du caviar à la louche ! Mais n’oublions pas que la privatisation des autoroutes a commencé, partiellement, avec Jospin !!!

 

- C’est d’autant plus scandaleux qu’elles ont été payées par nous, avec nos impôts. Alors que les promesses gouvernementales de l’époque disaient que les autoroutes deviendraient gratuites à la fin de leur financement !

 

- Tè ! Fumes… En voilà une belle enculade sans vaseline! Ces sociétés se goinfrent sur notre dos, en augmentant le prix des péages, en saucissonnant les parcours afin de faire payer plus cher les tronçons les plus utilisés, en supprimant le personnel des péages, en favorisant le télépéage afin d'augmenter le nombre de clients, en rabiotant sur l'entretien des infrastructures. Et cerise sur le gâteau, c'est l'État qui prend en partie en charge le coût des suppressions d'emplois par des préretraites et autres dispositifs.

 

- De plus, ces sociétés autoroutières sont des pourvoyeuses de chômage : il n’y a plus un seul employé aux péages. Que des robots. Avec les problèmes que cela implique si ta carte ne marche pas, ou si tu n’as pas de carte… Il conviendrait de faire payer à ces putengs de robots les taxes qu’auraient payées les employés : sécu, chômage, retraite, etc.

 

- Très bonne idée. Mais ne compte pas trop sur Valls (« Sors de ce corps, Gattaz ! ») pour cela… Sans compter que ces deux milliard de bénef vont pour l’essentiel dans la poche d’actionnaires étrangers ! Alors que si l'Etat était resté propriétaire, c'est lui qui toucherait ce pognon...

 

- Exactement. On touche là une des causes du déficit abyssal des finances de l'État: les bénefs perdus des entreprises privatisées, les autoroutes, mais aussi France-Télécom, Gaz de France, EDF, etc.

 

- Allez, trinquons tout de même à Ségo. C’est moins pire que Valls (« Sors de ce corps FMI ! »)

 

Illustration : Merci à Chimulus

 

09/10/2014

La 6ème république selon Mélenchon.

 

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J'ai entendu ce matin Jean-Luc Mélenchon débattant avec pugnacité mais calme avec le ci-devant Cohen, l'un des nombreux porte-paroles de l'ultra-libéralisme sévissant sur France-Inter. Cohen a essayé de l’entraîner vers...le Vénézuela mais JLM est toujours revenu sans s'emballer à ce qui faisant l'objet de sa venue à France-Inter : la sixième république qu'il appelle de ses vœux. Comme beaucoup , dont...votre serviteur. Pour savoir quelle est son approche sur cette république nouvelle, voici donc la tribune qu'a publiée à ce sujet Jean-Luc Mélenchon dans le quotidienLe Monde du 19 septembre 2014 :

 

Abstrait le débat sur la 6e République ? Voyons. La France doit se protéger des pouvoirs de la finance. Ils dévorent l'économie réelle, qui ne peut supporter l'exigence de tels niveaux de rendement. Alors, un euro investi pour dix ans ne devrait pas avoir le même pouvoir de vote qu'un euro placé sans engagement de durée. Face à la désindustrialisation, ne serait-il pas opportun d'instituer un droit de préemption pour les salariés qui veulent reprendre leur entreprise quand son propriétaire la vend ou l'abandonne ? Un pays aussi instruit que le nôtre ne devrait-il pas miser d'abord sur l'intelligence collective des salariés d'une entreprise pour en conduire la stratégie et la marche ?

 

Eux, plutôt que le seul PDG et sa suite dorée de cadres financiers obsédés par leurs stock-options. Surtout depuis que ces derniers commandent à la place des ingénieurs de production ! Comment créer un cercle vertueux du partage de la richesse, sinon en instituant un salaire plafond tel que le plus haut ne puisse être plus de vingt fois supérieur au plus bas dans la même entreprise ?

 

Pour tout cela, la définition des droits constitutionnels de la propriété privée du capital devrait changer. D'un droit sacré inaliénable, il doit devenir un simple droit d'usage, encadré par les servitudes de l'intérêt général. Sans cela, comment accroître la rémunération du travail qualifié et réduire le coût du capital dans la production ? La reconnaissance due au travail et à l'imagination créatrice est l'urgence. Ce n'est pas un choix de circonstance ni même idéologique. Car la production et l'échange doivent impérativement changer de méthode. Il faut relever le défi des conséquences du changement climatique, de l'augmentation de la population et de la compétition pour l'accès aux ressources.

 

La France peut montrer l'exemple. Elle peut s'occuper de son domaine maritime, le deuxième du monde, et y ancrer la conversion de son modèle de production en vigueur à terre. Elle ne doit pas l'abandonner aux appétits prédateurs et irresponsables des compagnies privées pour qui la mer est déjà une poubelle. Il y faudra beaucoup de moyens.

 

Or l'arbitrage entre investissement et dividendes s'opère spontanément au profit des seconds. Ils imposent le règne du temps court et de l'intérêt particulier sur les besoins du temps long, celui de l'intérêt général ! Comment protéger les droits du temps long que la planification écologique exige ? Comment mettre au défi tous nos ingénieurs pour qu'ils trouvent le moyen de respecter la « règle verte » qui impose de ne pas prendre à la planète davantage que son pouvoir de récupération ?

 

Encore une fois, c'est l'inscription dans la Constitution qui fixera cet impératif comme une règle commune opposable aux aléas des majorités et des circonstances au nom de l'intérêt général humain. C'est elle qui donnera leur place essentielle aux lanceurs d'alerte et aux délégués environnementaux dont une république moderne a besoin à l'ère de l'anthropocène. Il n'est de domaine où les avancées de la connaissance et les fruits de l'expérience ne commandent d'inscrire de nouvelles dispositions dans les objectifs des institutions politiques. Et cette inscription provoquera une mutation en grappe des normes en vigueur dans toute l'organisation sociale.

 

Par exemple, la France doit interdire la brevetabilité du vivant. Et assurer l'égalité d'accès au Net. Elle devrait garantir l'absolue et définitive souveraineté sur soi en constitutionnalisant le droit à l'avortement et celui d'être aidé pour accomplir sa propre fin quand on en a décidé. La souveraineté qui se noue ainsi au corps est le point de départ de celle qui se cherche dans l'ordre politique. C'est le rôle du peuple. Quel rôle ? Celui qui est au point de départ de toutes les communautés humaines de l'histoire : assurer sa souveraineté sur lui-même et sur l'espace qu'il occupe.

 

Depuis 1789, nous définissons la citoyenneté comme la participation de chacun d'entre nous à l'exercice de cette souveraineté, sous l'empire de la Vertu. C'est-à-dire dans l'objectif de l'intérêt général. A présent tout cela est effacé. L'intérêt particulier de la finance et la main invisible du marché sont réputés produire le bien commun comme le foie sécrète la bile. La règle de la concurrence libre et non faussée est décrétée spontanément bienfaisante.

 

Mise au service du libre-échange, elle serait indépassable. Le peuple est invité à s'en remettre aux experts sur la façon la mieux adaptée de généraliser ces principes. La 5e République est le système qui organise ce détournement du pouvoir. Pour y parvenir, elle a été réformée vingt-quatre fois depuis sa création. Depuis, une construction gothique dilue la souveraineté du peuple dans les sables de la monarchie présidentielle. Le reste est refoulé par l'opaque mécanique des institutions européennes. Lesquelles protègent avec soin le saint des saints, c'est-à-dire le pouvoir financier confié à la Banque centrale européenne. Elle seule est souveraine en dernier ressort.

 

Une nouvelle démocratie est donc nécessaire. Exemple : comment garantir le droit du peuple à exercer sa souveraineté, même entre deux élections ? Le référendum révocatoire en cours de mandat le permet. Si un nombre prédéfini de citoyens le demande, un référendum est organisé pour savoir si un élu peut garder son mandat ou être déchu. Cette procédure s'appliquerait à tous. Donc aussi au président de la République. Si, selon les sondages (IFOP, réalisé du 8 au 9 septembre), 62 % des Français souhaitent qu'il s'en aille plus tôt que prévu, il faut que cela soit possible sans barricades.

 

Sinon ? Du banquier central européen au monarque-président, le système de commandement est d'une implacable rigidité. Il implosera. Non pour des raisons idéologiques. Juste parce qu'il est inapte à régler les problèmes du grand nombre. Inapte du fait de ses principes et du personnel qu'il doit recruter pour les assumer. Avec une assemblée constituante, le peuple écrira une autre histoire : celle de la 6e République.

 

Voilà pourquoi j'appelle à signer pour la 6e République sur www.m6r.fr