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20/03/2014

Au bistro de la toile : « Pit, pit ! Bistro ! » A boire ! Vite !

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- …taing ! Il doit serrer les miches le Poutine ! Les Zoxi-dentaux sortent la grosse artillerie : on va « geler » le pognon de quelques crapules qui se sont gavés sur les ruines de l’URSS et que l’on a rebaptisé « oligarques », ça fait plus présentables. Les banksters de la City de Londres doivent faire la grimace… On va aller plus loin encore – j’en tremble ! – on va peut-être leur refuser des visas. Les ruffians de l’immobilier de la Côte d’azur, les hôteliers de Courchevel et les putes des Champzés doivent faire trois litres d’huiles au noyau à force de serrer les miches !

 

- Les Zoxi-dentaux gesticulent mais c’est tout Loulle. Parce qu’ils savent très bien que la Crimée est russe depuis des siècles. Sa gestion administrative été concédée à l’Ukraine par Kroutchev à une époque où ça n’avait pas plus d’importance qu’un transfert pour facilités administratives d’une petit territoire entre Provence-Alpes-Côte-d’azur et Rhône-Alpes.

 

- Enfin, tout de même Victor, l’ONU s’efforce d’organiser la paix dans le monde sur le principe intangible du respect des frontières. 

- Elle est basée aussi sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Et ces principes sont souvent antagonistes. Le Kosovo en est un exemple flagrant. Ce territoire jouissait d’un statut d’autonomie au sein de la Serbie. Mais sa population, à la suite d’une invasion insidieuse par des Albanais au cours de l’histoire, est devenue majoritairement albanaise. On connait le bordel que ça a suscité, guerre, bombardements de l’Otan, déplacements de population puis…création d’un Etat nouveau sur la base du droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et donc en amputant un pays souverain d’une partie de son territoire, la Serbie, bafouant allègrement d’intangibilité des frontières. Résultat pas brillant, le Kosovo est un pays mafieux s’il en est, trafiquant les armes, les êtres humains et la drogue.  En Crimée, c’est pareil : la population demande son rattachement à la Russie (droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et donc modification des frontières). Les Zoxi-dentaux gesticuleront un peu mais pas trop : l’Allemagne, la Pologne, les pays du nord ont un besoin vital du gaz russe, et la France est trop heureuse de quelques juteux contrats d’armement avec la Russie. Quant à l’Otan, c’est un tigre de papier qui ne fera rien. Il perd toutes les guerres où il met son sale groin : Irak, Afghanistan en sont des illustrations parlantes ! Fort avec les faibles, faibles avec les forts. Les Russes leur ont clairement fait savoir que leur pays était le seul « capable de réduire les Etats-Unis en poussières radioactives ! » Car n’oublions pas que derrière tout ça, et surtout la « révolution » de Maidan, à Kiev, il y a les agissements des Zétazunis qui ont balancés cinq milliards de dollars depuis des années pour susciter des troubles, former des milices armées et soutenir en sous-main des politicards corrompus mais à leur solde, comme Timotchenko, corrompue jusqu’au bout du dernier cheveu de sa perruque de fausse blondasse. Résultat : les groupes neo-nazis tiennent le haut du pavé.

- Ouais mais, si les Ruskoffs envahissent militairement l’est de l’Ukraine…

- Ils ne sont si kons que ça. Il leur suffira de négocier avec les Zoxi-dentaux un partage d’influence par la création d’une fédération de l’Ukraine. N’oublions pas que les Zoxi-dentaux ont largement humiliés les Russes. Ils avaient promis à Gorbatchev de ne pas élargir l’Otan, ce qui a été un mensonge (voir Pologne et anciens pays de l’Europe de l’est). Quant aux Zéro-péens, particulièrement l’Allemagne, la Pologne, la Suède, ils ont fait à l’Ukraine des promesses tout à fait inconséquentes en leur faisant miroiter une adhésion à l’Union Européenne irréaliste. L’ensemble agit comme un chiffon rouge sur Poutine.

- Bon. Buvons un coup. Au fait tu sais que « bistro », ça vient du temps où les Russes occupaient Paris, suite à la branlée prise par ce grand kon de Napo-le-petit en 1870. Les Ruskoffs, solides buveurs s’il en est, réclamaient impérativement à boire et VITE ! Or « vite », en russe, ça se dit « bistro » !

Nonidi 29 ventôse 222 

Merci à Chimulus

18/03/2014

« Profiter de la crise » : nous faire les poches pour engraisser les escrocs

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Les banksters et autres escrocs du « milieu » de la finance n'ont décidément aucune vergogne. A l'occasion du 4ème cycle des négociations TAFTA, qui se sont déroulés dans la plus grande opacité à Bruxelles du 10 au 14 mars lien un article paru dans Corporate Europe Observatory éclaire les prétentions effrayantes des banksters. Le titre du rapport est évocateur : « Profiting from crisis » Profiter de la crise.

 

Je vous livre in extenso le communiqué de presse en question :

 

Amsterdam/Bruxelles, 10 Mars 2014 – Un nouveau rapport publié aujourd'hui par le Transnational Institute (TNI) et le Corporate Europe Observatory (CEO) révèle que des investisseurs spéculatifs réclament plus d'1,7 milliard d'euros de compensations financières à la Grèce, l'Espagne et Chypre devant des tribunaux d'arbitrage privés internationaux pour des mesures prises par ces pays en réponse aux crises économiques.

Le rapport « Profiter de la crise – Comment des entreprises et des avocats s'enrichissent aux dépens des pays européens en crise » décrit la vague croissante de poursuites juridiques lancées par des entreprises contre des économies européennes en difficulté, et comment celles-ci pourraient contraindre les contribuables européens à renflouer de nouveau des spéculateurs à coups de millions d'euros d'argent public. Selon le rapport, ces poursuites constituent une mise en garde salutaire contre les coûts potentiellement élevés de l'accord de commerce proposé entre les USA et l'UE, dont la quatrième session de négociations démarre aujourd'hui à Bruxelles.

Pia Eberhardt, responsable des campagnes 'Commerce' au Corporate Europe Observatory et co-auteure du rapport, explique : « Des investisseurs spéculatifs utilisent déjà les accords d'investissement pour faire main basse sur les trésoreries exsangues des pays européens en crise. Il serait politiquement insensé de donner à des entreprises multinationales les mêmes droits excessifs à travers un accord UE-USA qui se veut encore plus ambitieux ».

« Profiter de la crise » examine un certain nombre de poursuites lancées par des investisseurs contre l'Espagne, la Grèce et Chypre à la suite de la crise économique européenne. Dans la plupart des cas, ces investisseurs n'avaient pas investi à long terme mais avaient au contraire investi après l'irruption de la crise; ils étaient par conséquent parfaitement conscients des risques. Le rapport explique comment ils ont utilisé les accords d'investissement comme portes de sortie légales pour extraire des bénéfices de ces pays en crise lorsque leur pari initial avait échoué.

Par exemple, en Grèce, une banque slovaque (la Poštová Bank) a acheté de la dette grecque après que la valeur de ces titres se soit déjà effondrée, s'est vue ensuite offrir un dispositif de restructuration de dette très généreux mais a cependant cherché à obtenir encore plus en attaquant la Grèce via le traité bilatéral d'investissement liant la Slovaquie à ce pays.

D'après Cecilia Olivet, co-auteure du rapport pour le Transnational Institute, « dans une période où les citoyens ordinaires de toute l'Europe se voient dépouiller de nombreux droits sociaux de base, il est pervers que l'UE soutienne un régime international d'investissement qui octroie une protection VIP à des investisseurs étrangers dont les pratiques sont avant tout spéculatives. Il est temps de rejeter le système judiciaire privatisé qui soutient de tels vautours et sape des réglementations d'intérêt général essentielles. »

« Profiter de la crise » montre également comment ces investisseurs spéculatifs sont soutenus par des cabinets d'avocats internationaux qui encouragent activement les poursuites investisseur-État. Qu'ils attaquent ou défendent les États, ces cabinets perçoivent de très substantiels honoraires lors de telles procédures. La société Herbert Smith Freehills, basée au Royaume-Uni et chargée de représenter l'Espagne dans au moins deux cas, a pu par exemple facturer près de 1,6 millions d'euros pour ces cas.

La controverse grandissante autour des discussions commerciales entre l'UE et les USA a forcé la Commission européenne à temporairement interrompre les négociations du chapitre relatif aux droits des investisseurs dans l'accord proposé, et à annoncer une consultation publique sur le sujet qui doit commencer ce mois-ci. Mais la Commission a déjà indiqué qu'elle ne souhaite pas renoncer à ces droits contestés, plutôt les encadrer.

Pia Eberhardt commente : « Le système d'arbitrage Investisseur-État ne peut être réformé. Les cabinets d'avocats d'affaires concernés et les multinationales qui ont recours à leurs services trouveront toujours une façon d'attaquer des pays pour des actions qui menacent leurs profits – même s'il s'agit d'une législation indispensable pour sortir d'une crise financière. Ces super-droits octroyés aux entreprises doivent être abolis ».

 

 

Voilà des infos que vous ne trouverez pas dans les canards-laquais ! On voit qu'il est indispensable de se mobiliser contre ces accords scélérats. Il faut exiger que nos gouvernements remettent en cause les accords d'investissements existants et que les différents investisseurs-États soient exclus des négociations TAFTA. 75 000 entreprises enregistrées de part et d’autre de l’atlantique, avec des filiales à la fois dans l’Union européenne et aux États-Unis, qui pourraient lancer des poursuites sur la base d’un tel accord transatlantique ! L’exemple des spéculateurs qui tentent de tirer parti de la crise européenne, évoqué dans ce rapport, est un avertissement salutaire : les droits dont bénéficient les investisseurs devraient être revus et passer après les droits des populations.

 

Septidi 27 ventôse 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

12/03/2014

Commission européenne : une konnerie qui grimpe, qui grimpe...

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Putaing, le ramdam ! Depuis ce matin, les auditeurs de Radio-Vaucluse hurlent, trépignent, s'encagnent contre la konnerie de l'Europe qui a chié une « directive », transformée en décret par la France. Ce décret « interdit aux jeunes de moins de 18 ans de travailler en hauteur à plus de 90 cm ». Autrement dit monter sur un petit escabeau est « dangereux » pour nos jeunes, à l'âge où on grimpe aux arbres comme un singe, où on fait du skate, où on roule en mobs sur une roue, où on traverse les ponts sur la rambarde, où on grimpe aux gouttières, etc. J'en sais quelque chose !

 

Donc les jeunes de moins de 18 ans ne pourront plus s'embaucher comme saisonnier, l'été, pour ramasser les pommes, les cerises, les poires pour se payer leur permis de conduire ou leur première mob. Eh ! Mesdames et Messieurs des « commissaires européens », est-ce que les jeunes ont encore le droit de grimper à l'échelle lorsqu'ils ont des lits superposés dans leur chambre ? La konnerie humaine est la seule approche que l'on puisse avoir de l'infini... Et la konnerie de nos « commissaires européens » atteint des dimensions galactiques.

 

Bien sûr, parmi les agriculteurs vauclusiens – et d'ailleurs aussi je suppose – qui s'étranglent de ne plus pouvoir embaucher ces jeunes l'été, il y en a qui trouvaient dans cette main d’œuvre facile, docile, largement sous-payées, une source juteuse de profit. Là, ils seront obligés de payer des hommes au tarif syndical ! Mais, ça, c'est du non-dit.

 

Pendant ce temps, cette même Europe, en loucedé, à la sournoise, négocie – depuis le 10 et jusqu'au 14 de ce mois – le quatrième cycle de négociations dans le cadre du « grand marché transatlantique E.U./U.S.A. ». Comme l'explique ATTAC  il ne s'agit pas d'accords de commerce ordinaires. Il n'est pas seulement question de baisser les barrières douanières qui subsisteraient encore, ni d'harmoniser les normes techniques : il s'agit de mettre un terme qui se veut définitif aux normes internes qui gênent les entreprises transnationales. Moratoire sur les OGM, sur l'exploitation des huiles et gaz de schistes, normes environnementales, services publics accessibles, protections sociales, données informatiques personnelles : voilà ce qui, entre autres, est visé.

 

Ces accords commerciaux internationaux négociés en secret veulent la mise en place de mécanismes qui rendront inopérants tous choix publics qui pourraient, de près ou de loin, aboutir à une réduction des bénéfices escomptés des entreprises. Avec le mécanisme dit « investisseurs-État », une entreprise pourra remettre en cause une réglementation devant un organe d'arbitrage privé et faire condamner les États et les collectivités locales à de lourdes amendes. Avec le mécanisme de « coopération réglementaire », tout gouvernement qui voudra, dans l'avenir, revenir sur une décision antérieure de libéralisation ou prendre une mesure de protection des populations ne pourra pas le faire s'il rentre en contradiction avec l'accord, et donc avec les intérêts d'entreprises privées.

 

Quel mandat la Commission européenne a obtenu pour faire cela ? Quel mandat le gouvernement détient-il pour faire cela ? Les lobbies d'affaires font la loi dans l'Union européenne autant qu'aux Etats-Unis ils décident de l'agenda politique. Et les institutions, européennes ou gouvernementales, s'en font leurs serviteurs zélés voire corrompus.

 

Ce mécanisme, s'il est adopté, remet en cause la souveraineté de l’État qui garantit l'effectivité des lois et l'égalité de tous devant la loi ! Pas moins que ça. Il nie la souveraineté de l’État et privatise la Justice en mettant le Droit sous le pouvoir du saint Pognon. Ainsi, une entreprise multinationale, avec son fric, pourra contraindre un peuple à faire le contraire de ce qu'il veut ! Pourtant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est un des principes essentiels de la Charte universelle des Droits de l'Homme. Et tant les États de l'Europe que les USA ont ratifié cette Charte, que je sache ! Que vaut leur parole ?

 

Les peuples européens comme étazuniens, ainsi floués par leurs gouvernements à travers ces accords scélérats, se laisseront-ils baiser sans rien dire ?

 

On peut le craindre lorsque l'on voit et entend la vie politique française et les canards-laquais se vautrer dans des péripéties graveleuses mais secondaires des sarkonneries redondantes.

 

 

Primidi 21 ventôse 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

10/03/2014

Au bistro de la toile : semaine « cruciale » !

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- Alors Victor, on attaque parait-il une semaine « cruciale ». Pour la sarkozie, véritable perversion de nos institutions, pour la Crimée, haut lieu de la gesticulation internationale, pour les bonnets rouges bretons, caricatures d'une « révolution » de pissotière...

 

- Tu l'as dit Loulle. La sarkozie s'agite comme un bourricot auquel on a mis un piment dans le cul ! Espionné par son Raspoutine de consommation courante le phare de la galaxie ! Ecouté légalement par la Justice avec son bavard préféré, alors qu'eux-mêmes communiquent entre eux avec des portables ouverts sous des faux noms, comme font tous les voyous, maquereaux et autres trafiquants. Mouillé jusqu'au cou dans d'innombrables histoires vaseuses de financements de campagne et autres joyeusetés...

 

- Avec les casseroles qu'il se trimbale, leur « duche » devraient pouvoir se recycler en ouvrant une quincaillerie !

 

- Pour la Crimée Loulle, on a affaire a un match entre des joueurs de belote et un joueur d'échec. La Crimée est et restera sous domination russe et c'est normal. Pour des questions historiques et affectives : les Russes ont laissé un million de mort – 1 million, Loulle ! - pour garder Sébastopol lors de la dernière guerre mondiale. Ce n'est pas pour refiler le bébé à l'Ukraine « libérée » par des nostalgiques du nazisme, et sous forte influence allemande. Khrouchtchev avait attribué l'administration de la Crimée à l'Ukraine à une époque où les frontières entre républiques soviétiques n'étaient rien de plus que les limites administratives de nos départements. La population de Crimée est majoritairement russe et le référendum prochain entérinera un état de fait. Pas question pour les Ruskoffs de se voir couper l'accès à la Mer Noire donc à la Méditerranée et aux mers du monde. Encore moins question de voir l'Otan, coalition nuisible au service des seuls Zuessa, mettre leur groin en Crimée.

 

- Ouais mais les Zétazuniens comme les Zéropéens proclament qu'ils ne reconnaîtront pas le résultat de ce référendum.

 

- Bof. Gesticulations, paroles, paroles. Ils ne feront rien. Leurs menaces économiques, Poutine s'en tamponne joyeusement le fignedé : presque la moitié de l'énergie (gaz et pétrole) dont a besoin l'Europe vient de Russie ! Alors qui serait le plus puni ? De plus, les Allemands ont trop d'intérêts dans leur commerce avec les Ruskoffs : ils leur vendent leurs grosses bagnoles, leurs machines outils. Quant à nous, on leur fourgue des armes (deux frégates énormes en construction à Saint-Nazaire) et l'essentiel de nos produits de luxe. Alors les velléités guerrières des Ukrainiens, tè ! Fume... Et n'oublions pas que toute cette histoire est pilotée à la sournoise par les officines troubles étazuniennes qui voudraient bien mettre la main sur les gisements de gaz de l'est de l'Ukraine et sur le réseau de distribution mis en place par les Russes.

 

- Mouais... Le joueur d'échec ne lâchera pas sa tour ni ses cavaliers. Heureusement, pour se divertir, on a nos bonnets rouges bretons.

 

- Ceux-là, ils sont lamentables de konnerie. Tu les as vu avec leur drapeau à la kon, étaler leurs revendications : - suppression définitive de l'écotaxe poids lourds, - fin du dumping social (?!), - fin de l'avalanche de normes et de contraintes administratives, - relocalisation des décisions en Bretagne, mais aussi : - une Bretagne à 5 départements avec relocalisation des décisions politiques, - le développement des infrastructures et des modes alternatifs de transport, - le développement des énergies renouvelables, - une relocalisation de la finance, - l'officialisation de la langue et de la culture bretonnes, - le renforcement de l'expérimentation (c'est quoi ça?), le dialogue et la transparence (en cassant tout?), que la Bretagne se dote de ses propres médias audiovisuels et numériques.

 

- Il y a des revendications qui se sont pas idiotes...

 

- Les bonnets rouges – ramassis de râleurs téléguidés par la FNSEA et un aréopage de patrons réacs - devraient compter ce que la Bretagne apporte au reste de la France et ce que la France dépense pour la Bretagne. Le rapport est de 1 à 3. Ils reçoivent 3 fois plus qu'ils n'apportent. S'ils veulent rester entre eux, qu'ils se gardent leurs plages pourries par les algues et qu'ils bouffent leurs poulets et leurs cochons immangeables...

 

- Qu'est-ce qu'on leur dit alors aux bonnets rouges ?

 

Aux bonnets rouge : Merde ! Aux Bretons : Kenavo ! Trinquons ensemble et à la nôtre !

 

 

Nonidi 19 ventôse 222

Merci à Chimulus

 

 

03/03/2014

Au bistro de la toile : alors, c'est la Troisième ? La « Big three » ?

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- Alors, cette fois, ça sent le roussi grave Victor ! Le Poutine il a éteint les lampions des jiho, il a fini l'échauffement, quitté le survêtement et il sort les muscles ! Des muscles genre chars russes et palanquée de troufions... Alors, c'est la Troisième ?

 

- Ah ! Mais on a de quoi le faire reculer le Cosaque ! On a l'arme totale, dévastatrice, apocalyptique.

 

- Eh ! Oh ! Tu crois qu'on en est là ? Qu'on va envoyer la Bombe ?

 

- Pire Loulle. Pire. On risque, s'il continue ses gesticulations, de lui envoyer BHL ! Et si ça ne suffit pas, Sarko !

 

- Oh putaing ! Je comprends qu'il tremble le Ruskoff... Non, sérieusement comment ça va tourner cette konnerie ?

 

- Qui lo sa ? Mais il faut se mettre dans la tronche que Poutine ne laissera pas les « révolutionnaires » téléguidés par les Zétazuniens prendre le contrôle total de l'Ukraine. Ce serait pour lui une défaite grave, la fin de son rêve de refonder un empire russe et le ferment d'embrouilles intérieures. Mais il vient de montrer qu'il n'était pas question pour lui de baisser le calbar.

 

- Le calbar, c'est d'ailleurs les Yankees et nous, les Zéropéens, qui sommes en train de le baisser. On « menace » Poutine de ne pas aller au G8 ! Putaing ! Il doit en trembler Poupou... Qu'on se montre prudent me gêne d'autant moins qu'on n'a rien à cirer de ces histoires. On a assez de problèmes à résoudre en Europe et en Afrique sans se mêler des conséquences de ce coup d’État en Ukraine.

 

- Coup d’État : tu as dit le mot, Loulle. Ianoukovitch, le président lourdé, est une sinistre crapule, comme le sont tous les politicards qui razzient le pays depuis son indépendance, et en particulier la cagole Timotchenko, cette fausse blonde mais vraie prédatrice, véreuse jusqu'au bout des griffes. Mais Ianoukovitch a été démocratiquement élu – on n'a que les dirigeants que l'on mérite (nous avons bien élu Sarko, puis Normalou !) - et a été mis à la porte par l'action violente d'une faction agissante de la population qui s'est approprié le pouvoir. Ça s'appelle un coup d'Etat. Point-barre. Et il fallait être aussi naïf ou aussi stupide que nos canards laquais et nos dirigeants pour s'imaginer que ce coup d’État fomenté en sous-main par les Zétazuniens avec la complicité des Zéropéens (en particulier les Polonais et les Allemands) allait passer comme une lettre à la poste.

 

- Quel est l'intérêt supérieur qui sous-tend cette embrouille ?

 

- Les Zétazuniens à travers l'Otan, comme avant eux les Britichs, ont une constante : encercler la Russie, la couper des mers chaudes, la contenir dans ses arpents de neige. Réussir à enfumer l'Ukraine en l'arrimant à l'U.E. et donc à terme à l'Otan serait une formidable victoire pour ces va-t-en-guerre. D'autant plus que l'Ukraine regorge de richesses et a les terres les plus riches du monde. D'ailleurs les fonds prédateurs yankees, allemands, anglais et même français investissent à tour de bras, achetant des milliers d'hectares mais pas seulement. Ces dernières années des dizaines d'ONG, de fondations, d'instituts de recherche européens, américains et canadiens, ont envahi la vie politique ukrainienne, la vie culturelle et les médias. National Democratic Instituts, International Foundation for Electoral Systems, International Reserched Exchanges Board et toutes sortes d'organisations plus ou moins bidons qui sont autant de portes d'entrée pour les affairistes rapaces et les fauteurs de troubles de la CIA. Tout ce beau monde a acheté les principales chaînes de télévision et de radio du pays, tandis qu'une partie du pognon a servi aussi à financer les groupes paramilitaires que nous avons vu à l'action place Maïdan. Parce qu'à côté des révoltés sincères il y avait surtout d'authentiques fachos qui arborent sans complexe leur nostalgie nazie. C'est le parti Svoboda. Ils représentent près du tiers des manifestants de Maidan, ils sont les plus organisés, les plus violents. Actuellement ces néo-nazis sont en train de s'intégrer dans les structures de la sécurité de l'Etat comme à la police, et le fascisme devient une opinion politique légitime. Les membres de la milice nazie patrouillent maintenant dans les rues de l'Ukraine conjointement avec les unités de police.

 

- Mouais... On est loin de la vision manichéenne que nous infligent la presse purée... La victoire de la Démocratie, la Liberté et patin couffin... Bel enfumage. D'ailleurs, nos médias ne nous ont jamais montré ce qui se passait dans la partie Est russophone de l'Ukraine. Comme si plus du tiers de la population du pays n'avait pas un mot à dire, acceptait le fait accompli, bref n'existait pas.

 

- Exact. Et on semble s'étonner que Poutine, une fois dégagé des konneries de Sotchi, réagisse ! La parenté entre la Russie et l'Ukraine est une évidence historique. Depuis la chute de l'URSS, les Zoccidentaux n'ont pas cesser d'humilier les Russes. Ils les encerclent, les isolent, les menacent par l'Otan. Les Russes ont un projet pour faire contrepoids à l'Union européenne. C'est ce qu'ils appellent « l'Union eurasienne » avec la Bielorussie, le Kazakstan et donc l'Ukraine. Sans l'Ukraine, ce projet est mort-né. Ce qui donne un nouvel éclairage au soutien de l'Europe et des Zétazunis à la révolte des Ukrainiens de l'ouest. L'intérêt des Zoccidentaux est évidemment de bloquer ce projet russe de façon à étendre son marché, avoir accès aux ressources et aux matières premières ukrainiennes, puis à terme – poussé en cela par les USA, l'intégration du pays dans la grosse larve Europe-marché et enfin dans l'Otan, machine de guerre des multinationales yankees.

 

- Et ça, le Cosaque ne le laissera jamais faire.

 

- T'as tout compris Loulle. Et comme ici personne n'a envie de « mourir pour Sébastopol », on va lever le pied. La Crimée est et restera dans le giron russe. L'Ukraine évoluera peut-être vers une fédération entre Ukraine de l'ouest, associée à l'Europe, et l'Ukraine de l'est, associée à la Russie. Les Allemands vendront leurs usines à l'est, les travailleurs ukrainiens viendront remplacer les « plombiers polonais », les « tatiana » feront les belles nuits des coureurs de putes, et les Russes vendront leur gaz et leur pétrole. Quant aux Yankees, ils essaieront de foutre leur merde ailleurs. Ils ont déjà commencé au Vénézuela...

 

- Espérons que ça s'arrange comme ça Victor.

 

- Allez, à la nôtre et n'oublions pas que l'ours encerclé par une meute de chiens hurlants devient très dangereux ! « Nasdrovié tovarich !Tovarich ou gaspodin »

 

 

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Duodi 12 ventôse 222

 

Illustration : http://konigsberg.eklablog.com/

 

26/02/2014

Économie : la théorie des morpions.

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Si Mosco en avait, il ferait un gros bras d’honneur à cette commission européenne aussi nocive qu’ultralibérale qui nous gonfle les aliboffis avec ses leçons à la kon. Seulement pour grimper au mât, il vaut mieux avoir le cul propre ! Mosco pourrait, devrait renvoyer dans les cordes tous ces parasites élus par personne, plus soucieux d’uniformiser la taille des lunettes de chiottes eu Europe que la fiscalité et les lois sociales des états membres. La « Commission » (la grosse commission même) nous pousse au cul pour « faire des économies », novlangue ultralibérale qui veut dire « saccager les services publics » et pour pomper encore plus de pognon par l’impôt.

 

Impôts ! Taxes ! On n’entend plus que ça…pour se récriminer bien sûr. En oubliant que les impôts sont la condition sine qua non de la démocratie. Ces récriminations sont tout de même légitimes lorsqu’on connait l’ampleur de la fraude fiscale des multinationales et des plus riches qui s’exonèrent légalement de toute contribution à la bonne marche de la nation tout en en utilisant les infrastructures et les services. Cette fraude est estimée entre 80 et 120 milliards d’euros, soit bien plus que le déficit de l’Etat et de la Sécu. Le pognon, c’est là qu’il est. Le pognon, c’est là qu’il faut le prendre. Hélas, ce n’est pas ce que fait Mosco…

 

Puisque ce gouvernement de gôôôche se refuse à aller serrer le kiki des voyous (il est vrai que pendant un an, le ministre chargé de faire ce travail était lui-même…un tricheur fiscal !), il va aller chercher le pognon ailleurs, c'est-à-dire dans notre poche.

 

La doxa ultralibérale proclame que taxer les banques, taxer les grosses entreprises, taxer les pleins de thunes pénalise l’économie. Mais si on taxe à outrance les citoyens, les salariés, les petits commerçants et artisans, les petites entreprises, cela ne pénalise pas l’économie ?

 

Qui produit les richesses ? Les banquiers par la spéculation ou les petites et moyennes entreprises à travers le dynamisme de leurs dirigeants et le travail de leurs salariés ?

 

Qui paie la TVA, source principale des recettes publiques, les quelques centaines de milliers de riches ou les dizaines de millions de salariés, petites patrons, artisans, commerçants, retraités ?

 

Par contre qui est protégé par les niches fiscales, l’évasion fiscale, « l’optimisation » fiscale, les paradis fiscaux ? La réponse est dans la question : ce ne sont pas les salariés et patrons de PME mais les requins de la finance, les mafieux des multinationales et les kleptocrates qui « s’évadent » vers la Belgique, la Suisse et la City londonienne.

 

Si un organisme est infecté par des morpions qui pompent son sang plus qu’il n’en peut produire, il mourra et…les morpions aussi ! Sauf à reprendre aux morpions le sang qu’ils ont volé et le réinjecter dans l’organisme pour lui redonner la santé.

 

Mosco, va chercher le pognon ou il est et tu pourras dire merde à Barosso la tête haute.

 

Octidi 8 ventôse 222

 

Illustration X - Droits réservés

 

25/02/2014

Vous avez aimé le Kosovo, vous adorerez la Crimée !

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Crimée. Voilà un nom qui a quelques résonances dans l’inconscient des Français. Parce qu’une, maintenant lointaine guerre contre…la Russie, en alliance étrange avec les Ottomans et les Britanniques, a coûté 90.000 morts à la France ! Malakoff, Sébastopol ne sont pas que des stations de métro parisien…

 

Eh bien c’est là-bas, sur « la colline », cette péninsule qui s’avance dans la Mer Noire, que risque de dégénérer la crise ukrainienne. On nous enfume avec la possible scission de l’ouest et de l’est de l’Ukraine, l’ouest rêvant de notre Union Européenne, l’est restant foncièrement attachée à la Russie. Mais on occulte le problème particulièrement épineux de la Crimée.

 

Peuplée de moins de 2 millions d’habitants, elle bénéficie d’un statut de république autonome au sein de l’Ukraine et fait l’objet d’accords particuliers entre Moscou et Kiev. C’est une côte d’azur près du Caucase, un pays de cocagne, avec ses plages, ses lieux de vacances, le célébrissime Yalta, ses vignobles et…son port militaire concédé à la Russie jusqu’en 2017, et plus si affinités !

 

La perte de leur base navale de Sébastopol n’évincerait pas la Russie de la Mer Noire puisqu’elle y possède une vaste façade, du nord du Caucase à Rostov, mais ce serait pour eux une humiliation qui tangenterait dangereusement le casus belli. L’accès aux mers chaudes et le contrôle de la Mer Noire est une constante de toutes politiques étrangères russes, des tsars à Poutine, en passant par l’URSS. Bien téméraires seraient ceux qui oublieraient ça ! Les Russes ne cèderont jamais Sébastopol, point de force d’où ils surveillent et peuvent éventuellement contrôler la Bulgarie, la Roumanie et jusqu’à la Turquie, pays inféodés à la bête noire de la Russie : l’Otan.

 

Actuellement, les habitants de Crimée sont plus qu’inquiets. Leur passé, leur présent et leur avenir sont étroitement liés à la Russie. Ils s’inscrivent en masse dans des milices de protection opposées aux pro-européens de Kiev. Les ferments nationalistes sont à l’œuvre, préparant par le bourrage des crânes, comme toujours, des veillées d’armes pouvant conduire à des désastres comme on en a connu récemment dans les Balkans. En cas de troubles, les Russes n’hésiteraient probablement pas à intervenir militairement. Qu’on se le dise…

 

Septidi 7 ventôse 222

 

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19/02/2014

Faut pas crâner avec l'Ukraine, ça fait mal au crâne.

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Ça devait arriver : on est au bord de la guerre civile au cœur de l'Europe, en Ukraine. On pourrait trouver ça comique puisque même BHL s'en mêle, mais c'est dramatiquement tragique.

 

Comment en est-on arrivé là et pourquoi ? Depuis que l'Europe a fait miroiter à l'Ukraine un partenariat rapproché, sas temporaire vers une adhésion. On peut d'ailleurs légitimement se demander - lorsque l'on voit l'état de l'Union européenne, du moins la perception négative que nous en avons de l'intérieur - comment une population peut se soulever, et même se faire tuer pour espérer adhérer à un ensemble que nous percevons comme bancal et près d'éclater... Où bien ils sont aveugles (où aveuglés !), ou bien c'est nous qui sommes des enfants gâtés.

 

L'économie de l'Ukraine est tout sauf brillante. Pour la mettre aux normes européennes et donc envisager un partenariat mutuellement positif avec l'U.E., il faudrait 150 milliards d'euros ! Or cette même U.E. a d'autres chats à fouetter et ne propose que moins d'un milliard. On est loin du compte. Dès lors, il est évident que le gouvernement en place a préféré l'offre de la Russie : 15 milliards de dollars pour financer en partie sa dette et 10 milliards de dollars de rabais sur les fournitures de gaz, indispensable à la survie économique de l'Ukraine. Mais avec aussi un engagement de coopération militaro-industrielle et un accès à la mer noire pour la flotte russe. Proposition assorti de menaces économiques lourdement incittives, comme la coupure de la fourniture de gaz.

 

Géographiquement, l'Ukraine est située entre la Russie et une ligne frontière formée par la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie. Autrement dit, entre la Russie et l'Union européenne, entre Moscou et Bruxelles. Cette dichotomie se retrouve au niveau de la population comme de l’économie. La moitié ouest de ce grand pays de près de 50 millions d'habitants est très proche de l'Europe et est peuplée de gens qui parlent la langue ukrainienne. Mais la moitié est et la Crimée sont proches de Moscou et sont peuplés d'une majorité de russophones. Le président actuel – élu (presque !) démocratiquement ne l'oublions pas – appartient à cette population de l'est.

 

Économiquement, l'ouest est agricole, mais c'est à l'est que se trouvent toutes les grandes entreprises, en particulier la sidérurgie et les métallurgies lourdes, ayant besoin de se moderniser (donc de l'Europe) mais largement tributaires de la Russie en tant que marché. Par ailleurs, les Ukrainiens ont sous les yeux l'exemple de la Pologne, pays voisin équivalent : à la sortie du communisme, disons l'année 1990, le PIB par tête de l'Ukraine (exprimé en euros courants) représentait 92 % de celui de la Pologne. Vingt ans plus tard, il équivalait à moins d'un quart. Entre les deux ? Réformes politiques et économiques d'un côté, glaciation et corruption de l'autre. Mais surtout Europe d'un côté, isolation de l'autre... Enfin, l'économie de l'Ukraine est largement tributaire du gaz russe...dont les robinets sont à Moscou ! Poutine les tient par là.

 

Il serait bon aussi de jeter un œil ouvert et critique sur certaines composantes de cette opposition qui se radicalise de plus en plus. L'extrême-droite et les néo-nazis y sont de plus en plus visibles. On y trouve encore la patte crochue de la CIA à travers des « ONG » et fondations étazuniennes très proches du gouvernement des USA. Les liens des ONG américaines avec les étudiants sont connus depuis longtemps. En 2005, le journal Libération publiait un article révélant l’appui de certaines ONG et autres fondations très proches du gouvernement américain comme Freedom House (financé par Georges Soros) ou OTPOR. Intérêts multiples pour les Zétazuniens : - affaiblir le concurrent russe ; - diluer un peu plus encore l'Europe pour l'éloigner de toute idée de puissance politique en accentuant son caractère de simple gros marché économique pour les multinationales yankees.

 

Seulement ce rapprochement avec l'U.E. - souhaité, poussé par les USA forçant la main à une Europe réticente mais si inexistante politiquement (voir les inénarables Van Rompuy et Ashton!) qu'elle s'avère incapable de résister aux pressions « amicales » de Washington – impliquerait à terme une intégration de l'Ukraine à l'Otan. Et ça, pour les Russes, c'est un casus belli. La présence d'une alliance militaire sous la coupe des USA à leur frontière : les Russes ne l'accepteront jamais.

 

Sûr que le lourd bortch russo-ukrainien va rester sur l'estomac des membres du conseil des ministres mixte franco-allemand de ce jour !

 

 

Décadi 30 pluviôse 222

 

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12/02/2014

OGM : L'Europe-foutoir a encore frappé !

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Et allez, un de plus ! Un quoi ? Un OGM, le maïs TC1507, produit par la multinationale étazunienne Pionneer. La Commission européenne a dû relancer ce dossier sensible en novembre dernier, après avoir été condamnée par la Cour de Justice de l'UE pour les retards pris dans la procédure d'autorisation, lancée en 2001 et bloquée depuis 2009 par les dissensions entre États. À l'époque, six pays avaient voté pour l'autorisation (Royaume-Uni, Espagne, Finlande, Suède, Roumanie et Estonie), douze contre, dont la France, et neuf, dont l'Allemagne, s'étaient abstenus.

 

Les ministres de l'Union européenne chargés des Affaires européennes devaient se prononcer sur la mise en culture de cet OGM lors d'une réunion à Bruxelles hier mardi 11 février. Le gouvernement de l'Allemagne n'ayant plus de position précise à ce sujet, a laissé tomber la France en s'abstenant. Suite à ce lâchage, aucune majorité n'ayant pu être réunie contre la demande d'autorisation de mise sur le marché de ce maïs TC1507, elle a été autorisée. Ceci malgré le fait que le Parlement européen ait en son temps, lui aussi appelé au rejet de cette demande d'autorisation, par 385 voix contre 201 et 35 abstentions. Un beau foutoir quoi...

 

Rappelons que quatre OGM ont obtenu une autorisation de culture dans l'UE, mais un seul est encore cultivé dans quelques états : le maïs MON810 du groupe prédateur étazunien Monsanto, qui a demandé et obtenu le renouvellement de cette autorisation. Les autres - deux maïs (BT176 et T25) et la pomme de terre Amflora - ont été abandonnés.

 

J'ai cru entendre que le gouvernement français était décidé à ne pas se plier à l'oukase bruxélien téléguidé par les lobbies des semenciers. On verra...

 

Mais n'oublions pas que nous avons encore le choix de ce que nous achètons avec notre pognon. Encore faut-il avoir l’information sur ce que nous mettons dans notre assiette, et laisser de côté tout ce qui est trop dégueulasse. Lorsque les marchands de merde verront baisser leurs ventes, ils changeront leur façon de faire. Le consommateur n’utilise pas assez sa puissance : c’est lui qui sort son portefeuille !

 

Voici donc un guide fort pratique qui nous ouvre les yeux. http://guide-ogm.greenpeace.fr/guide

 

 

 Source Lien 

 

 

Quartidi 24 pluviôse 222

 

Illustration: merci à Faujour

 

 

28/01/2014

Au bistro de la toile : l'Ukraine pour les nuls !

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- Ah ! Victor, v'la le Poutine qui rencontre aujourd'hui nos redoutables « patrons » de l'Europe: Barroso et Van Rompuy, épaulés par la sulfureuse Ashton ! P'teng, il doit être impressionné le tsar !

 

- A peu près autant qu'un renard dans un lapinier... Sujet obligatoire : l'Ukraine.

 

- J'y comprends rien à ces histoires d'Ukraine, Victor. Pourtant, «ça m'interpelle » comme on doit dire en nov'langue. Disons que ça me fait réfléchir : ces gens manifestent depuis des semaines, dans un froid de canards sauvages, face à des légions de bourres particulièrement brutaux. Et ceci pour qui, pourquoi ? Pour se rapprocher de...l'Europe !

 

- J'ai les mêmes interrogations que toi Loulle. Nous, à longueur de palabres, à longueur de colonnes, nous crachons sur cette Union Européenne que nous rendons responsables de tous nos maux. Et pendant ce temps, à trois heures d'avion de chez nous, des gens rêvent de l'intégrer et certains se font tuer pour la rejoindre. Je t'avoue que cela me met un coup sur la cafetière. Bouffis dans notre confort, nous avons oubliés que c'est grâce à l'Europe – même mal foutue, même exécrable sous certains aspects – que nous sommes en paix, en PAIX depuis soixante ans. Et nous ne voulons pas voir que si l'Europe disparaît en tant qu'institution, il ne faudra pas vingt ans pour que la France et l'Allemagne deviennent de nouveau ennemis ! Je dis bien ennemis Loulle. Avec tous les germes de catastrophe que cela implique...

 

- J'ai fait le même raisonnement que toi Victor. Mais l'Ukraine ? Qu'est-ce qu'on en fait de ces gens qui rêvent de nous rejoindre ? On leur dit merde ? On les laisse sous la coupe des Ruskofs ?

 

- C'est pas facile Loulle. Géographiquement, l'Ukraine est située entre la Russie et une ligne frontière formée par la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie. Autrement dit, entre la Russie et l'Union européenne, entre Moscou et Bruxelles. Cette dichotomie se retrouve au niveau de la population comme de l’économie. La moitié ouest de ce grand pays de près de 50 millions d'habitants est très proche de l'Europe et est peuplée de gens qui parlent la langue ukrainienne. Mais la moitié est et la Crimée sont proches de Moscou et sont peuplés d'une majorité de russophones. Le président actuel – élu (presque !) démocratiquement ne l'oublions pas – appartient à cette population de l'est.

Économiquement, l'ouest est agricole, mais c'est à l'est que se trouventtoutes les grandes entreprises, en particulier la sidérurgie et les métallurgies lourdes, ayant besoin de se moderniser (donc de l'Europe) mais largement tributaires de la Russie en tant que marché. Par ailleurs, les Ukrainiens ont sous les yeux l'exemple de la Pologne, pays voisin équivalent : à la sortie du communisme, disons l'année 1990, le PIB par tête de l'Ukraine (exprimé en euros courants) représentait 92 % de celui de la Pologne. Vingt ans plus tard, il équivalait à moins d'un quart. Entre les deux ? Réformes politiques et économiques d'un côté, glaciation et corruption de l'autre. Mais surtout Europe d'un côté, isolation de l'autre... Enfin, l'économie de l'Ukraine est largement tributaire du gaz russe...dont les robinets sont à Moscou ! Poutine les tient par là.

 

- Alors, on les laisse tomber ?

 

- Sûrement pas, mais il serait dangereux et d'une hypocrisie sordide de leur faire miroiter une adhésion que Moscou n'acceptera jamais.

 

- Pourquoi ?

 

- Pour des raisons qui ne sont pas économiques. La Russie aurait elle-même tout intérêt à intégrer une vaste zone de libre-échange européenne « de l'Atlantique à l'Oural » comme disait De Gaulle, et même de Lisbonne à Vladivostok. Mais le « niet » est à un autre niveau.

 

- Explique.

 

- Eh bien l'adhésion de l'Ukraine à l'Europe s'accompagnerait logiquement d'une adhésion à l'Otan ! Et ça – la présence d'une alliance militaire sous la coupe des USA à leur frontière - les Russes ne l'accepteront jamais.

 

- Autrement dit, derrière ce pataquès, on trouve encore les griffes des yankees... Bon. A la nôtre tout de même !

 

 

Nonidi 9 pluviôse 222

 

Merci à Chimulus

 

17/01/2014

Accords transatlantiques et économie de marché ? Tè ! Fume…

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Quelle est la différence entre les dirigeants étazuniens et les curés ? Il n’y en a pas : tous prônent : « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ! » On ne s’en étonnera pas, vue le « culbénitisme » des fistons de l’oncle Sam.

 

Ainsi, en matière économique, les Zétazuniens proclament haut et fort leur attachement sans faille aux vertus de la  déréglementation totale, du non interventionnisme de l’état, de la privatisation à tout crin, de la libre concurrence, de l’autorégulation des « marchés », etc., etc., bref, toutes les antiennes de l’idéologie néo libérale.

 

Et c’est sur ce modèle que les « élites » européennes bâtissent l’Europe, à mille lieux de ce que pensent et veulent les peuples qui s’efforcent de la composer. La constitution – rejetée, rappelons-le par les Français et les Hollandais - prétendait graver dans le marbre ces principes là. Hélas les sarkonuisibles, en trahissant le peuple, l’ont faite revenir par la fenêtre… Nous en subissons les conséquences et ce sera bien pire si on laisse passer les accords transatlantiques scélérats que nous concoctent en se planquant les eurocrates sous la pression des lobbies yankees.

 

Des Yankees qui – eux - utilisent à leur profit, avec un cynisme désarmant, les recettes mêmes qu’ils interdisent aux autres !

 

    Ainsi, leur banque centrale, à l’opposé de celle de l’Union Européenne dirigée…par un « Goldman-Sachs boy » a des statuts qui lui donnent pour mission de mener une politique monétaire qui assure le plein emploi, sous le contrôle du Congrès. Elle n’a donc cesse de réguler les taux d’intérêt de sorte d’éviter toute récession durable.

    Ils utilisent des déficits massifs et durables pour contrer les effets négatifs des crises.

    Ils subventionnent grassement leurs industries de pointe afin de devenir ou de rester lideurs dans les secteurs clés (informatique, communication, aéronautique, etc.) et assurent la prospérité des branches concernées par des commandes publiques.

    Ils autorisent sans états d’âme la création de champions nationaux par des fusions d’entreprises qui seraient illégales en Europe.

    Ils réservent une part importante des commandes publiques à leurs PME, leur assurant ainsi des avantages conséquents pour affronter la concurrence mondiale.

    Ils s’arrogent le droit d’interdire une OPA étrangère sur une entreprise stratégique américaine.

    Ils recourent unilatéralement aux barrières douanières dès lors qu’une industrie nationale est menacée.

    Etc., etc.

     

Et nous, comme des kons, on s’applique des règles qu’eux édictent et imposent au reste du monde sauf…à eux !

 

Dans la guerre économique que nous ont imposé les « neo libéraux », les Ricains se permettent l’emploi des fusils et ne nous autorisent que les lance-pierres ! Ma foi, tant qu’on est assez stupides pour accepter…

 

Octidi 28 frimaire 222

 

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14/01/2014

La pluie et le beau temps

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Coup de vent, coup de lune

 

 

 

Vous avez dû remarquer depuis quelques jours sur les écrans de France2, un changement, non pas dans le temps qu’il fait, mais dans les cartes et infographies, oui, ces machins avec des nuages qui bougent, des traits de pluie, des flocons de neige qui volettent ça et là sur les silhouettes de l’hexagone. Et pour cause : depuis le 1er janvier, France2 est « passé à l’ennemi ». La station télé publique a abandonné les services de Météo France au profit d’une entreprise anglaise, MeteoGroup, qui vient d’être racheté par le géant américain General Atlantic.

 

Bravo à la direction de la chaine publique, payés par nos impôts, par notre redevance. Oui mais, cette décision résulte de l’application de la sacro-sainte règle européenne de la « concurrence libre et non faussée » disant entre autres qu’un membre de l’Union n’a pas le droit de réserver un marché à une entreprise nationale. Et donc, France Télévision a lancé un appel d’offre et, après étude des dossiers, a choisi MeteoGroup qui, dit-elle, « apporte un meilleur service éditorial, notamment en matière d’infographie », et ceci a un coût inférieur de 30%. Imparable. Et Météo France l’a profond dans l’oigne.

 

Mais dans cette histoire, on privilégie la forme au fond. Car l’essentiel n’est pas les petits nuages qui bougent sur la carte, mais bien le contenu et la qualité des prévisions, me semble-t-il ! Et en l’occurrence, le savoir-faire de Météo France est reconnu dans le monde entier.

 

Par ailleurs Météo France, établissement public à caractère administratif, n’est pas un simple fournisseur de cartes plus ou moins attrayantes, plus ou moins vendeuses pour la pub. Elle a pour mission première d’assurer la sécurité météorologique des personnes et des biens. Elle a la responsabilité de déterminer le niveau des risques encourus et d’en avertir les autorités concernées. Et bien, cette mission de sécurité nationale vient d’être en partie confiée à un service étranger…

 

Quintidi 25 frimaire 222

 

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20/12/2013

Edouard Martin, un ouvrier en politique ? C'est un peu comme s'il avait pété dans la sacristie...

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Qu'est-ce qui fait bandouiller les vieilles pies jacassantes des canards laquais, de la presse purée, des lucarnes à décerveler, des boites à bruits et des blogosphères cacochymes ? Le fiasco de la défense européenne ? Les problèmes africains ? La politique fiscale ? Non. C'est la prostate de Normalou et...la « trahison » d'Edouard Martin ! « Important ça Kiki. Tu me fais un balcon de Une. Et n'hésite pas à taper sur la trahison de cet ouvrier qui va à la gamelle ! C'est vendeur ça Kiki. C'est vendeur ! »

Non mais, il y a de quoi méditer sur cette espèce de mammifère omnivore dont la konnerie est vraiment la seule approche que l'on puisse avoir de l'infini, comme disait Einstein...

 

Edouard Martin. Si. Rappelez-vous. C'est cette gueule fantastique, criant sa vérité et le désarroi de ses camarades de combat face aux caméras goulues des lucarnes à décerveler, lors des combats de Florange.

 

Et bien vous savez quoi ? Ce type a trahi ! Oui, vous avez bien lu. Ce type est un traître !

 

Il a trahi quoi ? Il a trahi qui ? Il a trahi comment ?

 

Il a trahi sa cause ? Le maintien de l'activité des haut-fourneaux de Florange n'était-il pas une cause perdue d'avance puisque la sidérurgie est maintenant tributaire de l'importation de minerai, donc ne peut se maintenir que sur un port maritime.

 

Il a trahi ses amis ? Rares sont pourtant ceux qui lui reproche son nouvel engagement.

 

Il a trahi sa classe ? Ben voyons ! Un ouvrier ! Et qui prétend s'inviter à la table des grands ! Saura-t-il tenir une flûte de champagne avec ses mains de rustres ? Vous ni pensez pas mon cher...

 

Il a trahi comment ? En acceptant d'être tête de liste du Parti Socialiste aux prochaines élections européennes.

 

Comme toujours, ce fier représentant de ceux qui triment tombe sous les critiques de bobos et de pseudos révolutionnaires qui se complaisent dans le confort d’une opposition systématique en rêvant d’un grand soir fantasmé. Que n'a-t-on pas bavassé, en d'autres temps sur José Bové...

 

Bravo à ce type qui les a bien pendues. Bravo à son engagement auprès du PS. Car en France, il faut être réaliste : on ne peut faire avancer les choses que si l’on est dans une grosse écurie. C’est comme ça. Et il n’y en a que deux : le PS ou l’UMP. Aurait-il fallu que, pour faire enfin entendre la voix de la « France-d’en-bas » comme disait l’autre, il s’engage à l’UMP ? Ça aurait certainement conforté bobos et pseudos révolutionnaires dans leur mépris pour ceux qui ont les mains calleuses et ne sont pas du sérail. Aurait-il dû solliciter le Front de gauche ? Mélenchon, combien de divisions ?

 

Il aurait fallu saccager une si belle chance ? Car un type pareil, avec son charisme, sa clarté, ses convictions (Oui ! Ses convictions, n'en déplaise aux vieilles pies fielleuses.) et sa gueule (important à l'heure de l'image triomphante) est une CHANCE pour la démocratie, pour la France et pour l'Europe. Il y en a un autre qui devrait s'engager en politique. C'est Xavier Matthieu, un autre syndicaliste, un autre combattant, une autre gueule.

 

Mais ça ne plaît pas à « l'élite » des professionnels de la politique un ouvrier qui s'invite dans les cercles de pouvoir. C'est comme s'il avait pété dans la sacristie...

 

D’où sortait Lech Walesda ? D’ou sortait Lula ? De l’ENA ? Des cercles germanopratins ?

 

Décadi 30 frimaire 222

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19/12/2013

Lampédusa : ces pelés, ces galeux d’où viendrait tout le mal !

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Ecoutez-lez geindre et tempêter les « belles âmes » ! Regardez-les se draper dans leur dignité offusquée !

 

- « Non mais vous vous rendez compte, ma bonne M’ame Sçauss-Hisson, ils traitent ces pauvres émigrants ayant risqué leur vie pour arriver en Europe, à Lampedusa, comme des chiens. Des chiens galeux en plus ! Quel scandale !

 

- Comme je vous comprends M’ame Kann-Asson. Ces Italiens sont des sauvages, la civilisation ne les a pas encore atteints. Ce n’est pas chez nous qu’on verrait ça… »

 

Ben voyons. Ils sont pas beaux les Suédois, les Autrichiens, les Allemands et autres Européens « du nord » ! Ils ont beau jeu, du haut de leur morgue de nantis bien à l’abri des vagues d’immigrants clandestins qui déferlent sur l’Europe du sud, de cracher sur les Italiens qui, eux, sont au contact. On fait dire ce que l’on veut aux images. Le crime de ces « salauds d’Italiens » : une vidéo dans laquelle on voit des réfugiés se mettre à nu dans un espace qui semble en plein air, avant d’être soumis devant les autres à des jets d’un traitement contre la gale. Et alors ? Comment faut-il faire ? Laisser les maladies se propager ?

 

Conditionnée par les images, la vox populi, partout en Europe, fait pression sur les dirigeants pour accueillir la flotte hétéroclite des damnés de l’espoir. Mais l’altruisme trouve ses limites au niveau des États lorsqu’il s’agit de mettre à exécution ces belles idées. Quels pays se proposent pour organiser cet accueil ? Où ? Avec quels moyens ? Avec quel espoir raisonnable de réussite ? Non. On laisse les Italiens se démerder. Alors ils font ce qu’ils peuvent, les Italiens. Avec beaucoup de courage et de compassion.

 

Dans cette Europe sans idée, sans courage, sans frontière, sans armée ; dans cette Europe dévolue au culte du dieu Pognon et de ses grand prêtres, les banquiers, il y a des gens qui, au fond des boyaux les plus salasses de leur tête, en ont une de solution pour résoudre le problème des migrants clandestins : couler toutes les barcasses emplies jusqu’à ras-bord de ces damnés de la mer.

 

"Les images du centre de Lampedusa sont épouvantables et inacceptables" qu’elle a dit M’ame Cecilia Malmström, commissaire européenne aux Affaires intérieures, Suédoise d’origine. Eh, M’ame la commissaire, peut-être que vous pourriez envoyer la flotte suédoise faire la basse besogne en coulant toutes ces barcasses ! Je suis sûr que les Italiens vous ouvriraient leurs ports. Seulement il est plus facile de s’offusquer et de critiquer lorsqu’on est loin que lorsqu’on a les mains dans la merde, comme nos frères italiens !

Encore que… Dans vos froids et opulents pays du nord, vous trouveriez bien quelques nostalgiques de temps pas très lointains pour perpétrer le massacre des innocents…


Nonidi 29 frimaire 222

 

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12/12/2013

Mobilisons-nous pour rejeter le sordide Accord de Partenariat Transatlantique !

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Il y a quelques mois, une entreprise étazunienne a tenté de demander des dédommagements faramineux à la France. Raison : le gouvernement, suite à une loi votée par les députés et les sénateurs (soit les représentants légitimes du peuple français) a interdit toute recherche sur le territoire français des gaz de schistes par les procédés de fracturation. Cette loi s'applique a tout le monde, donc également à cette multinationale. Qui a dû rabattre son caquet.

 

On touche là l'exemple de la catastrophe qui guette non seulement la France mais aussi toute l'Europe avec ce qui se prépare dans l'opacité habituelle de ce genre « d'accord » : le traité de libre-échange Union-Européenne – Etats-Unis, encore dénommé Accord de Partenariat Transatlantique (APT).

 

On se souvient du très mal nommé AMI (accord multilatéral sur l'investissement), repoussé par les peuples européens malgré la duplicité complice des instances européennes. Cet accord scélérat revenait à aliéner les droits des États aux intérêts des multinationales en matière de droit du travail, de protection de l'environnement, etc. Eh bien ces clauses extravagantes reviennent en force avec le sus dénommé APT. L'objet central de ce traité APT est de considérer superflu tout ce qui ralentit la circulation des marchandises ; ainsi la régulation de la finance, la lutte contre le réchauffement climatique, les codes du travail ou le simple exercice de la démocratie est censé de ne pas s'appliquer au monde prédateur des multinationales. C'est ce qui se passera si cet accord scélérat est signé. Cette volonté de passer par-dessus l'intérêt des peuples démontre l'absence totale de prise en compte de l'intérêt commun de la part du monde des affaires et de la finance.

 

Les négociations ont commencé en juillet de cette année, l'Europe, béate de konnerie, faisant fi de l'espionnage de ses populations, de ses entreprises et même de ses dirigeants au plus haut niveau par les grandes oreilles des Yankees. Sans qu'il y ait de débat au parlement français, pour une raison bien simple : dans les traités qui régissent l'Europe, la Commission européenne a une compétence exclusive sur les accords commerciaux. Barroso uber alles ! Pas de débat ! Circulez, y a rien à voir !

 

Sept cents lobbyistes étazuniens, plus des dizaines de négociateurs officiels US sont au travail à Bruxelles. On peut s'attendre à ce que les désidératas étazuniens s'imposent sur les réticences européennes, d'autant plus aisément que la marionnette Barroso, soucieux d'une future carrière juteuse à Washington, n'a rien à refuser à ses maîtres...

 

Un véritable marché de dupes entre une puissance toujours dominatrice – les USA – et une grosse larve molle, sans projet, sans frontières, sans représentation réellement démocratique – L’Union Européenne. Ce qui reviendra à accepter les conditions et les normes étaziniennes. Aux U.S, les normes environnementales sont moins élaborées qu'en Europe, il faudra donc encore s'aligner sur le moins-disant : bœuf aux hormones, volailles lavées au chlore, forage pour les gaz de schiste, intrants chimiques, etc... Comme toujours, la logique néolibérale reviendra à la baisse sur ces normes sacrifiées sur l'autel de la libre concurrence. Les droits de douane étant globalement moins élevées pour les importations U.S qu’elles ne le sont aux Etats-Unis pour nos produits, cet accord se fera unilatéralement en leur faveur. Sinon, eh ! tè, fume ! les Zétazuniens sont pragmatiques, ils ne le feraient pas... En fait, l'enjeu stratégique est pour les Zétazuniens de prendre de vitesse le déclin de leur influence dans le monde, en s'aliénant économiquement l'Europe contre le bloc des pays émergents et en particulier la Chine.

 

Pour qu’il y ait accord, les Européens devront renoncer à un grand nombre de leurs normes (juridiques, environnementales, sanitaires, culturelles…). Ce sont tous les pans des sociétés européennes qui sont visés : cadres juridiques, sanitaires, environnementaux, jusqu’au droit du travail. Bonjour les dégâts ! Avec…le retour de l’A.M.I. puisque dans le mandat de négociation de la Commission, il y a une réelle menace d’autoriser un règlement des différends entre Etats et multinationales – c’est-à-dire le droit pour les multinationales et les investisseurs de porter plainte contre les Etats pour exiger des dommages et intérêts, quand une politique publique ne leur plaira pas… Le mandat de négociation pour ce traité révèle la volonté de la Commission européenne de renforcer le pouvoir des entreprises transnationales et leur accordant le pouvoir de contester les réglementations nationales et internationales si elles affectent leurs profits. Ainsi, les États membres de l’UE pourraient voir leurs lois nationales, qui visent à protéger l’intérêt général, contestées dans des tribunaux ad hoc, secrets, dans lesquels les lois nationales n’auront aucun poids et les élus politiques aucun pouvoir d’intervention. C'est ce qui se passe déjà en Amérique du Nord avec les accords du même acabit signés par les USA avec ses voisins canadiens, mexicains et autres.

 

L’Europe politique, l’Europe puissance a toujours été la hantise des Etazuniens. Cet accord, ficelant les économies européennes aux USA, la diluera dans une vaste zone de libre-échange, aux plus grands profits des multinationales U.S. Ceci complétera la mise sous tutelle politique résultant du principe inscrit noir sur blanc dans le Traité de Lisbonne disant que la défense de l’Union européenne se fait dans le cadre de l’OTAN, cette alliance créée en d’autres temps, à présent révolus (guerre froide avec l’URSS), donc sans objet actuellement sinon d’imposer la tutelle étazunienne sur les armées européennes. Et Sarko, puis Hollande ont réintégré, la queue entre les jambes, ce machin aussi agressif qu’inefficace (voir en Afghanistan).

 

Alors mobilisons-nous ! Repoussons cette saloperie ! Les élections européennes, c’est pour bientôt…

 

Duodi 22 frimaire 222

 

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10/12/2013

Travailleurs détachés : « ils » les ont bien pendues, mais elles manquent un peu de vigueur…

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Bon, ben on doit admettre « qu’ils » les ont eu bien pendues puisqu’un accord reprenant les deux revendications essentielles réclamées par la France - mais aussi l’Italie, la Belgique et même l’Allemagne de l’ultra libérale Merkel poussée au cul par ses partenaires sociaux-démocrates – a été acté à Bruxelles, par une majorité qualifiée obtenue grâce au ralliement de la Pologne. Ces deux pierres d’achoppement : - liberté pour chaque pays de déterminer lui-même les contrôles qu’il estime nécessaires sur la situation des « travailleurs détachés » sur son territoire ; - responsabilisation de l’entreprise donneuse d’ordre solidairement avec ses sous-traitants.

 

C’est bien. Malgré les exhortations du nuisible Barroso, c’est une première victoire contre les ultras libéraux manipulés par les Britanniques. Mais ce n’est qu’un coup de nettoyage sur une directive obsolète, datant de 1996, et plus du tout adaptée à la nouvelle Europe à 28. Cette directive doit être entièrement revue.

 

Mais pour la première fois, il semble que les grosses têtes d’œuf de Bruxelles aient parlé des  travailleurs, de leurs conditions de travail, du dumping social, et autres.

 

Pour la première fois encore, la Pologne a pris ses responsabilités de grand pays européen au lieu de rester le caniche des Anglais et le fournisseur d’esclaves de l’Allemagne. Ce revirement ouvre des perspectives européennes nouvelles.

 

Mais qu’en sera-t-il sur le terrain ? D’abord, l’article concernant la responsabilité solidaire des donneurs d’ordre est limité au seul secteur du bâtiment ! C’est donc très restrictif et ne gênera en rien les entrepreneurs-forbans allemands du secteur de l’agro-alimentaire.

 

Ensuite, cet accord conserve la possibilité de concurrence déloyale avec la prime au moins disant social, puisqu’il ne remet pas en cause le principe du paiement des cotisations sociales dans le pays exportateur de main d’œuvre, principale cause de concurrence déloyales entre pays de l’U.E.

 

Enfin, la France n’a pas les moyens d’effectuer les contrôles nécessaires pour faire respecter les salaires, les conditions de travail, la vérification du paiement des cotisations sociales, etc. Pour une raison bien  simple : depuis les ravages des sarko-trafiquants, l’administration ne compte plus que 535 inspecteurs du travail et 1.171 contrôleurs pour suivre 1,6 million d'entreprises ! Soit un inspecteur ou contrôleur pour mille entreprises. Les fraudeurs aux « travailleurs détachés » ont encore de beaux jours devant eux. N’est-ce pas Bouygues, Eiffage et autres kadors du BTP…

 

Décadi 20 frimaire 222

 

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09/12/2013

Travailleurs « détachés » : on saura ce soir si nos négociateurs ont les aliboffis bien pendus !

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« Eh ! M'sieur Medef, j'ai de la bonne viande polonaise, de la roumaine aussi, même de la portugaise si tu préfères. C'est de la viande sur pied docile, travailleuse, pas difficile à nourrir et loger. Ça te dit ? T'y gagnes 30% minimum et plus si tu sais te démerder. Tiens, voilà quelques bonnes adresses de marchands d'esclaves (on dit aussi « entreprises d'intérim »).

 

En chargeant à peine le trait, on pourrait dire que la légalisation de l'esclavage « moderne », c'est aujourd'hui que ça se joue, à Bruxelles. On ne dit pas esclavage, bien sûr, entre gens polis, bien propres sur eux, mais puant du cerveau plus que des pieds. On dit « travailleurs détachés ». Ce sont ces manards que l'on voit sur tous les grands chantiers français et européens, sur l'EPR de Flamanville, sur le chantier Iter de Cadarache, sur tous les chantiers régit par le système voyou des PPP (partenariats public privé). Ils sont taillables et corvéables à merci, sont logés au mieux dans des algécos, sont nourris loin de la gastronomie françouaise, font des heures supplémentaires non payés, ne sont souvent pas déclarés, voient une partie conséquente (jusqu'à 50%) de leur smic français retenue par leurs « employeurs » pour « frais de nourriture et de logement », et autres gracieusetés.

 

Les entrepreneurs français en raffolent ! Ces esclaves leur permettent des économies fort juteuses. Mais ils se font parfois baiser sur leur propre terrain par des entreprises étrangères leur soufflant des marchés publics en accentuant encore plus qu'eux le système. Le principe est celui-ci : dans le cadre de la libre circulation des travailleurs sur le territoire de l'U.E., une entreprise d'un pays peut « détacher » dans un autre ses propres travailleurs. Ceux-ci seront payés au tarif du pays d'accueil et seront assujettis aux conditions légales de travail du pays d'accueil, mais les charges sociales des entreprises resteront celles du pays « exportateurs » de ces travailleurs. Et une cascade de sous-traitance noie les responsabilités, le donneur d'ordre premier se libérant ainsi de ses responsabilités.

 

Pourtant ça commence à gueuler au charron un peu partout contre les effets délétères de cette directive européenne obsolète (datant de 1996!), qui n'est rien d'autres que le moyen de délocaliser sur place ce qui ne peut l'être à l'extérieur, selon la logique ultralibérale du nivellement par le bas qui sévit dans l'Union européenne. Il faut voir les magouilles, les sociétés écrans au Luxembourg ou à Chypre qui échappent aux cotisations sociales, les entreprises “boîtes aux lettres” dans les pays de l'Est sans y avoir d'activité réelle, spécialement créées pour détacher de la main-d'œuvre à bas prix, qui paient la plupart du temps au taux horaire du pays d'origine.

 

C'est donc aujourd'hui que la refonte de cette directive scélérate doit être discutée à Bruxelles. Deux articles sont au cœur des discussions. Le 9 concernant les mesures de contrôle : les Français, mais aussi les Allemands, les Belges et quelques autres proposent de laisser à chaque état la liberté de durcir les contrôles s'il l'estime nécessaire. Un consensus pourrait exister en la matière. Le 12 pose plus problème. Il s'agit d'instaurer une responsabilité conjointe et solidaire de tous les sous-traitants afin que les donneurs d'ordres premiers ne soient plus exemptés de leurs responsabilités. C'est là que le bât blesse. La France voudrait que cette responsabilité soit « obligatoire » tandis que d'autres membres de l'U.E. préfèreraient qu'elle soit « optionnelle » (c'est à dire nulle!). Au côté de la France donc, la Belgique et l'Allemagne, mais contre, évidemment la Grande-Bretagne, éternel parasite de l'Union, l'Irlande, pays forban de l'Union et la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Lettonie, l'Estonie, principaux pays « exportateurs » d'esclaves modernes.

 

Voilà où on en est. On saura ce soir si nos négociateurs ont les aliboffis bien pendus...

 

Nonidi 19 frimaire 222

 

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02/12/2013

« François, t’es foutu, les bourrins sont dans la rue ! »

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Il y a les bourrins crottins et les bourrins vapeur. Puis il y a aussi les bourrins bonnetés de rouge et les bourrins mélenchoniens. Tout ça fait beaucoup de monde, beaucoup de bruits.

 

Les plus nombreux, bretonnaient gaiement à Carhaix, en Bretagne. Une manif qui regroupait sous le même bonnet rouge des paysans de la FNSEA, des artisans, des commerçants, des transporteurs, des marins pêcheurs, des chanteurs bretonnants, des indépendantistes et…les patrons des entreprises qui se gavent de subventions européennes et s’en foutent plein les fouilles. Une manif qui regroupe la droite, l’extrême-droite, les patrons exploiteurs et les ouvriers exploités, ça pue. Les ouvriers qui défilent aux côtés de leurs patrons sont atteints du syndrome de la « servitude volontaire ». Quant à leurs patrons, ils doivent jubiler et se taper sur les cuisses entre eux en se gobergeant de les voir caresser la main qui les étrangle. Parce qu’ils ont eu sept ans les patrons de l’agroalimentaire bretons pour transformer leur production industrielle de très bas de gamme, invendable en France et en Europe et viable seulement grâce aux « restitutions » européennes permettant l’exportation vers des pays du Moyen-orient et d’Afrique ou, soit dit en passant, ces poulets surgelés imbouffables nourris au OGM et bourrés d’antibiotiques ruinent toute la petite paysannerie locale, nourrissant par là-même cette immigration illégale qui pose problème. Sept ans durant lesquels ils auraient pu évoluer vers une production haut de gamme, profitant de l’image d’excellence de la France en la matière. Mais ils ont préféré se goinfrer sur le dos des contribuables européens et donc français (France, deuxième contributeur au budget européen) et enfermer leurs entreprises dans cette impasse dont ils se sortiront, eux, avec le pognon placé sous des soleils hospitaliers tandis que leurs ouvriers qui défilent servilement à leurs côté iront pointer au chomdu… Lamentable.

 

Et puis les transporteurs routiers. Ceux-là ont une doctrine simple : « J’emmerde, donc je suis ! » Comme il plus facile de bloquer le pays avec quelques milliers de camions qu’avec des blouses blanches, leurs revendication corporatistes sont toujours plus efficaces que celles des infirmières ! Ils sont vent de bout contre l’écotaxe…qu’ils répercuteront finalement sur le consommateur. Ils oublient de dire qu’ils bénéficient déjà d’un tas d’avantages comme la détaxation partielle du carburant, sans oublier qu’un camion détériore 1000 fois plus une route qu’une voiture. Le vrai combat qu’ils ont à mener, c’est contre la concurrence déloyale des grosses boites qui tournent à prix cassés grâce à l’embauche systématique de salariés « détachés » venus de Roumanie, Bulgarie, Pologne, voire Turquie, payés une poignée de figues, avec des charges sociales quasi nulle sinon inexistante pour non-déclaration, et des salaires jusqu’à 13 fois inférieurs à ceux des chauffeurs français ! Merci l’Europe et sa « concurrence libre et non faussée » qui permet ce dumping social qui ruine des pans entiers de notre économie, avec la complicité active de patrons-voyous.

 

Ah ! Il y a les bourrins-crottins aussi. Bon. Quant on aura le temps, on les plaindra. On va pleurer sur le sort de quelques bourges qui devront payer quelques euros de plus par an pour se taper le cul sur un canasson entre « gens de chevaux » du même monde. De plus, la hausse de TVA contestée résulte d’une directive européenne dont le non respect coûte d’ores et déjà des centaines de millions à l’Etat, donc à nous, contribuables français.

 

Puis il y avait Mélenchon. Combien sur le pavé parisien ? 7.000 ? 100.000 ? Qui lo sa… Enfin, il y devait y avoir 30.000 militants et sympathisants. Ce n’est pas négligeable, surtout en ces temps où la rue est abandonnée aux hordes droitisantes. Le combat revendiqué : la « révolution fiscale ». Bien, mais laquelle ? La lutte contre les ajustements de TVA (de 7 à 10 % pour le taux intermédiaire, de 19,6 à 20%  pour le taux principal) est perdue d’avance. Mais cette manifestation a permis de ressouder quelque peu des partis de gauche aux vues fort divergentes, notamment entre le pragmatisme des communistes (soucieux de ménager leur implantation locale par des accords électoraux avec les socialistes) et le jusqu’au-boutisme du P.G. et de son lideur Mélenchon ulcéré par ce qu’il considère comme une trahison. Elle peut servir de base pour aiguillonner de l’extérieur Ayrault et sa « remise à plat » de la fiscalité.

 

Allez, on va faire les truffes au chocolat de Noël. Ça au moins, c’est du tangible !


Duodi 12 frimaire 222


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27/11/2013

Les sénateurs lèchent l’oignon des semenciers…

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Il y a quelques années, je fus invité en tant que rédacteur en chef d’un magazine économique, à un raout d’esbrouffe à Beaumanière, cet établissement chicos des Baux-de-Provence (qui, soit dit en passant veut dire « grotte à puces ! ! »). Ceci pour le lancement d’une tomate industrielle appelée « rougeline » ou quelque chose comme ça. Des nanas habillées à raz la touffe ondulaient entre les tables pour nous vanter les mérites de leurs tomates bien rondes et bien rouges (alors que les journaleux émoustillés par le champ’ qui coulait à flot mataient plutôt les jolis melons de ces demoiselles).  Après dégustation (des tomates, pas des demoiselles hélas…) il nous fut demandé de donner notre avis sur le produit. Ma réponse fut rapide et précise : imbouffable.

 

Tout est là. L’industrie agroalimentaire, avec l’aide d’organismes tels que l’Inra, crée des variétés de fruits et légumes beaux, sains (mouais…), résistant au pourrissement et au transport mais rigoureusement insipide. « Le goût n’est pas notre priorité » me fut-il répondu… Tout est dit.

 

Bon. Ceci pour donner une idée de l’industrialisation forcenée de ce qui est le patrimoine ancestral, de tous : les fruits, les légumes et toute la technique millénaire mise au point par des centaines de générations de paysans et de jardiniers. Ainsi, je plante des tomates, je garde les graines des meilleurs fruits, et l’an prochain, j’aurais des fruits de meilleure qualité. Toutes ces recherches empiriques, fruits du savoir-faire, de l’imagination de tous les gens de la terre, sont actuellement volés par des firmes agro-alimentaires prédatrices qui brevètent sans vergogne le vivant, avec la complicité des autorités, qu’elles soient européennes ou nationales.

 

La semence, essence même de la vie, est aujourd’hui menacée. 12 000 ans de construction collective patiente et réfléchie ont abouti à la création d’un patrimoine végétal, technique et culturel inestimable, commun à toute l’humanité. Cet héritage court aujourd’hui le risque d’être confisqué par une infime minorité. L’aliénation de la semence par l’agro-industrie, constitue un danger sans précédent pour l’avenir : l’indépendance alimentaire et la santé des peuples.

 

Les vendeurs de pesticides bricolent dans leurs laboratoires des chimères génétiquement modifiées, qu’ils osent appeler semences, générant des plantes dépendantes entraînant une régression technique pour les paysans, les jardiniers et les amateurs.


Les lobbys, aidés par l’État, pour obtenir le monopole de ce qui appartient à tous, veulent supprimer le droit inaliénable de chacun de ressemer sa récolte. Les sélections de terroir garantissent des plantes saines et savoureuses. La semence industrielle est malade, elle ne peut vivre sans pesticides, engrais chimiques ou manipulations génétiques. Polluante pour l’environnement, elle est le point de départ de la mal-bouffe.

 

Et pourtant les maraîchers qui produisent et commercialisent des légumes ont obligation de ne produire que des légumes issus du catalogue officiel. Or plus de 90% des variétés inscrites à ce catalogue officiel sont des variétés hybrides, inventées par les semenciers, qui reproduisent des graines dégénératives donc inutilisables pour reproduire la plante. Autrement dit, le maraîcher, pour produire d'une année sur l'autre la même variété de tomate doit acheter à nouveau sa semence au semencier.


Les semenciers ont donc fait une OPA sur le catalogue officiel et s'ingénient à en évincer les variétés dites anciennes, car ces dernières reproduisent de graines parfaitement fiables pour reproduire la plante mère. Le hic, c'est que ces variétés qu'on peut ressemer ne rapportent donc plus d'argent au semenciers, qui ont donc intérêt à les faire disparaître au profit de leurs hybrides. CQFD.

 

Les paysans qui ressèment leur récolte seront-ils considérés comme des trafiquants ? Oui, ont répondu les sénateurs en adoptant le 20 novembre un projet de loi élargissant aux plantes le délit de contrefaçon. Les sénateurs ont voté à l’unanimité – y compris les écologistes – une proposition de loi destinée à renforcer « la lutte contre la contrefaçon ». S’émanciper des droits de propriété détenus par les grandes firmes semencières sera désormais un délit. La loi prévoit aussi de nouveaux moyens de répression contre paysans et jardiniers clandestins. Pour les promoteurs de la loi, il s’agit simplement de « protéger les entreprises ». Ainsi, le jardinier sera désormais considéré comme un dangereux délinquant, au même titre que celui qui imprime de la fausse monnaie, qui fabrique des faux médicaments, de faux parfums, de fausses Rolex, de fausses Nike et de fausses chemise Lacoste. Bientôt, la police des jardins!


Merci,  mesdames et messieurs du Sénat ! Votre duplicité (ils paient bien les lobbys ?) n’a d’égale que votre incommensurable konnerie. Ne sommes-nous pas légitimement en droit de nous demander à quoi vous servez ?


 

Septidi 7 frimaire 222

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26/11/2013

Au bistro de la toile : l’Europe qui protège contre celle qui saccage.

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- Oh ! Victor, ça y est, je l’ai vu le plombier polonais ! La semaine dernière. C’est un fumiste. Son patron – une petite entreprise de chauffage, fumisterie, entretien de chaudière et autres – l’a amené le matin à 8 heures et l’a repris le soir à 6 heures et demi. Il s’est arrêté une petite demi-heure à midi pour bouffer sa biasse. Il ne parle pas français, mais il travaille bien. Et sans regarder ses heures…

 

- Ton Polonais, Loulle, il travaille en France probablement dans le cadre de la directive sur les « travailleurs détachés ». Le travail détaché repose sur une directive européenne de 1996, qui visait à garantir le respect de normes sociales minimales pour tous les salariés européens exerçant dans un autre pays de l’UE. Dans le cadre du détachement, le salarié est temporairement affecté à une tâche dans un autre pays de l’Union européenne. Il reste couvert par la sécurité sociale de son pays d’origine mais a le droit au salaire minimum local.

Le principe du détachement en lui-même n’est pas mauvais, mais la législation a vieilli et est dépassée ( La directive 96/71 du parlement européen "concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d'une prestation de services" ). De nombreux employeurs peu scrupuleux la tourne pour s’engraisser sur le dos de ces travailleurs étrangers. D’autres, sans vergogne, ne déclarent pas les détachements, mettant les pauvres mecs dans l’illégalité et la précarité. Taillables et corvéables à la discrétion de ces gougnafiers. Sur le terrain, il est en effet extrêmement difficile pour les Inspecteurs du Travail de contrôler la régularité du détachement, par exemple, s’assurer que le salarié est bien couvert par la Sécurité sociale de son pays d’origine. Ainsi, le Ministère du Travail estime les travailleurs détachés à 145 000 en France, auxquels il faut rajouter 300 000 détachements non déclarés  !

 

- Tu veux dire que mon brave Polak, il n’était peut-être pas déclaré ?

 

- Pas de procès d’intention, mais c’est possible, et courant… Ces pratiques ont une conséquence évidente : ceux qui les utilisent font une concurrence déloyale aux employeurs qui sont clairs et utilisent de la main-d’œuvre française. Même déclaré et à salaire égal, la différence, importante, se fait sur les charges sociales. Ceci pose le problème récurrent de l’harmonisation fiscale et sociale de l’Europe. Les différences entre les salaires minimum, lorsqu’ils existent, sont effarantes. La Belgique paie au moins 1501,82 euros par mois, la France 1430,22, les Pays-Bas 1477,80. C’est dans les mêmes eaux. Mais la Pologne paie 368,87 , la Slovaquie 337,70, la Roumanie 179,36. Quant à l’Allemagne, dont on nous rebat de longue les oreilles avec son fameux « modèle », elle n’a même pas de Smic. Merkel va peut-être devoir en instaurer un si elle veut sa « grande coalition » avec des sociaux démocrates de son pays ! Voilà pourquoi les entreprises germaniques concurrencent de façon déloyale celles du reste de l’Europe : en utilisant des quasi-esclaves payés une poignée de figues (de 2 à 5 euros l’heure) avec des charges dérisoires. Voilà pourquoi l’Allemagne pousse les employeurs français entre autres soit à mettre la clé sous la porte et des milliers de travailleurs au chomdu, soit à tricher avec, notamment, ces « travailleurs détachés ». Voilà comment l’Allemagne est devenu l’ennemi économique de l’Europe…

 

- Tant qu’il n’y aura pas d’harmonisation européenne sur le salaire minimal, sur les temps de travail, sur le niveau des charges sociales, les salariés continueront à être mis en concurrence sur la base non pas des compétences, mais du moins disant au niveau des droits sociaux et des conditions de travail.

 

- Exactement Loulle. Mais ce combat contre le dumping social n’est pas un combat entre ton fumiste polonais et un fumiste français, mais entre ceux qui veulent une Europe sociale (France, Espagne, Italie, quelques voix en Allemagne) et ceux qui veulent la concurrence à outrance et le tout marché (Grande-Bretagne et ex-pays de l’est). C’est le combat entre l’Europe qui protège celle qui saccage.

 

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Sextidi 6 frimaire 222

 

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Merci à Chimulus