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10/06/2015

Bilderberg : Mafiosi internationaux en congrès en Autriche.

bilderberg brute à la hache.jpg

 

Le rendez-vous annuel du gratin des mafiosi ultralibéraux du monde occidental se tient, du 10 au 14 juin à Telfs Buchen, à l’hôtel Interalpen, au milieu de la forêt dans les Alpes tyroliennes près d'Innsbruck. Il s’agit du maintenant fameux « Groupe de Bilderberg.  Ce groupe discret, presque secret, a été fondé en 1954  à l'Hôtel Bilderberg à Osterbeek à l'invitation du Prince Bernhard des Pays-Bas, ancien nazi, co-fondateur du Groupe avec David Rockefeller.

 

Ce « club » est sans doute le plus puissant des réseaux d'influence. Il rassemble des personnalités de tous les pays du monde occidental, leaders de la politique, de l'économie, de la finance, des médias, des responsables de l'armée ou des services secrets, ainsi que quelques scientifiques et universitaires. Il prétend être un véritable « gouvernement mondial » occulte...mais sans les BRICS, ce qui relativise les prétentions de ses membres ! Son potentiel de nuisance reste néanmoins important. Ses orientations stratégiques sont avant tout la mondialisation ultralibérale au profit des multinationales et des puissances financières. Ses actions occultes peuvent concerner l’initiation d’une crise économique ou d’une phase de croissance, les fluctuations monétaires et boursières, les alternances politiques, le choix des dirigeants et ministres (l'an dernier Macron était invité, cette année il y aura...Juppé, signe d'un bel avenir ?!), les politiques sociales, la gestion démographique du globe et même le déclenchement d’une guerre.

 

Très structuré, le Groupe de Bilderberg est organisé en trois cercles successifs. Le « Cercle extérieur » est assez large et comprend 80 % des participants aux réunions. Les membres de ce cercle ne connaissent qu'une partie des finalités et des stratégies du Club. Le deuxième cercle, le « Steering Committee », est un conseil de direction restreint, fort de trente-cinq membres, où se discutent et se préparent les orientations principales. Au-dessus, il y a le premier cercle, le « Bilderberg Advisory Committee » (Comité consultatif) qui comprend une dizaine de « parrains », les seuls à connaître intégralement les stratégies et les buts réels de l'organisation.

 

L’opacité est de règle pour ce gang. La presse n’est évidemment pas invitée et rien ne filtre. L’omerta. Que se trame-t-il derrière les paravents blancs qui cachent les lieux et les participants ? Quelles magouilles sordides prennent-elles naissance entre ces dangereux mafiosi ? Qui lo sa ?

 

Sachez que le capo de tuti i capi actuel est Henri de Castries, premier Français à présider le Bilderberg. Patron du groupe d'assurances Axa, c'est un pote à Sarko mais aussi de Hollande, à travers la célèbre promotion de l'ENA Voltaire...

 

Parmi les invités français, on trouve - outre Alain Juppé, (choisi par les Bilderberg comme prochain président de la république ?) - Nicolas Baverez, un habitué celui-là, un bavard qui prêche l'ultralibéralisme sur tous les plateau télé, membre du comité directeur de l’Institut Montaigne (un think tank ultralibéral), Laurent Bigorgne, directeur du même Institut Montaigne, Laurence Boone, conseillère économique de François Hollande, Patrick Calvar, directeur de la DGSI, les espions français, Gilles Kepel, professeur à Sciences-Po, spécialiste du monde arabe, Catherine Pégard, ex-journaliste politique au Point, ancienne conseillère de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, désormais présidente du château de Versailles, et Jean-Dominique Sénard, PDG de Michelin, une des plus puissantes entreprise française.

 

Voici la liste officielle des participants à Bilderberg 2015. Fouillez un peu dedans :

FRA Castries, Henri de président du Groupe de Bilderberg et PDG du groupe AXA.
DEU Achleitner, Paul M. Président du Bureau de Supervision de la Deutsche Bank
GBR Agius, Marcus ex PDG de la banque Barclays
DNK Ahrenkiel, Thomas Directeur des services de renseignements danois (DDIS)
USA Allen, John R. Envoyé spécial du Global Coalition to Counter ISIL, Département d’État US
USA Altman, Roger C. Président de la banque d’investissement Evercore Partners
POL Applebaum, Anne Éditorialiste et membre de la rédaction du Washington Post
FIN Apunen, Matti Directeur du Forum de politique et d’affaires finlandaises EVA
USA Baird, Zoë PDG et président de Markle Foundation
GBR Balls, Edward M. Ancien Chancelier de l’Échiquier du cabinet fantôme
PRT Balsemão, Francisco Pinto PDG de Impresa SGPS
PRT Barroso, José Manuel Durão Ancien président de la Commission européenne
FRA Baverez, Nicolas Membre du comité directeur de l’Institut Montaigne (think tank libéral)
AUT Benko, René Fondateur de SIGNA Holding GmbH
ITA Bernabè, Franco président du directoire et Chief Executive Officer de Telecom Italia. FB Group SRL. Banquier et chef d’entreprise Italien
NLD Beurden, Ben van PDG de Royal Dutch Shell
FRA Bigorgne, Laurent Directeur de l’Institut Montaigne
FRA Boone, Laurence Conseillère économique de François Hollande
ESP Botín, Ana P. Directrice de Santander, la première banque espagnole
NOR Brandtzæg, Svein Richard PDG de Norsk Hydro1
AUT Bronner, Oscar fondateur des magazines d’information autrichiens Trend et Profil, éditeur du quotidien Der Standard
USA Burns, William Président de Carnegie Endowment for International Peace (think tank américain)
FRA Calvar, Patrick Directeur général de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité intérieure)
ESP Cebrián, Juan Luis Président du journal espagnol El País et du groupe de presse PRISA
CAN Clark, W. Edmund Président et Chief Executive Officer du TD Bank Financial Group (Banque Toronto-Dominion)
INT Coeuré, Benoît Économiste français, administrateur de l’INSEE, membre du directoire de la BCE (Banque Centrale Européenne)
CAN Coyne, Andrew Éditorialiste et Chroniqueur au National Post
SWE Damberg, Mikael L. Membre du parti des Sociaux-Démocrates. Ministre des Entreprises et de l’Innovation
BEL De Gucht, Karel ancien ministre belge des Affaires étrangères, Commissaire européen au Commerce, ancien président des Vlaamse Liberalen en Democraten (VLD)
NLD Dijsselbloem, Jeroen Ministre des Finances des Pays-Bas
USA Donilon, Thomas E. Ex conseiller à la sécurité nationale des États-Unis dans l'administration Obama
DEU Döpfner, Mathias PDG du groupe médiatique Axel Springer
GBR Dowling, Ann Présidente de la Royal Academy of Engineering
USA Dugan, Regina Vice Présidente des Avancées Technologiques, de l’Ingénierie et des Projets de Google. Ex directrice de la DARPA (Agence US pour les projets de recherche avancée de défense)
NOR Eilertsen, Trine Éditrice en Chef d’Aftenposten
DNK Eldrup, Merete Directrice de TV2 (télévision danoise)
ITA Elkann, John président de Fiat Chrysler Automobiles et PDG d’Exor
DEU Enders, Thomas PDG d'Airbus
USA Erdoes, Mary PDG de la banque d'afaires JP Morgan Asset Management
GBR Fairhead, Rona Présidente de la BBC Trust
DNK Federspiel, Ulrik Vice Président de Haldor Topsøe A/S
USA Feldstein, Martin S. Président émérite du National Bureau of Economic Research (NBER), professeur d'économie à l’Université Harvard
USA Ferguson, Niall Professeur d’Histoire à l’Université Harvard. chercheur associé au Jesus College d’Oxford
AUT Fischer, Heinz Président de la République fédérale d’Autriche depuis 2004
GBR Flint, Douglas J. Homme d’affaires britannique, président exécutif de la banque HSBC
CHE Franz, Christoph Directeur des laboratoires Hoffmann-La Roche
NLD Fresco, Louise O. Présidente et Directrice du Centre de Recherche de l’Université Wageningen
USA Griffin, Kenneth Fondateur et PDG de Citadel Investment Group
ITA Gruber, Lilli Journaliste et femme politique italienne
RUS Guriev SergeiProfesseur d’Economie à Sciences Po
TUR Gürkaynak, Gönenç Partenaire de gestion de la firme légale ELIG
AUT Gusenbauer, Alfred Président du Parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ), ex chancelier
NLD Halberstadt, Victor Professeur d’Economie à l’Université Leiden
AUT Hampel, Erich Président de UniCredit Bank Austria AG
GBR Hassabis, Demis Vice président de Google DeepMind
AUT Hesoun, Wolfgang PDG de Siemens Autriche
CHE Hildebrand, Philipp Vice président de BlackRock Inc
USA Hoffman, Reid Co-fondateur et PDG de LinkedIn
INT Ischinger, Wolfgang Président de la Conférence de Sécurité à Munich
USA Jacobs, Kenneth M. PDG de la banque Lazard
DEU Jäkel, Julia PDG de Gruner + Jahr
USA Johnson, James A., Président de Johnson Capital Partners
FRA Juppé, Alain Maire de Bordeaux, Ancien Premier Ministre
DEU Kaeser, Joe PDG de Siemens AG
USA Karp, Alex PDG de Palantir Technologies
FRA Kepel, Gilles professeur à Sciences Po
GBR Kerr, John Vice-président de Scottish Power Gas & Electricity
TUR Kesici, Ilhan Membre du Parlement Turc
USA Kissinger, Henry A. Président de Kissinger Associates, Inc
USA Kleinfeld, Klaus Directeur et PDG de Alcoa
NLD Knot, Klaas H.W. Directeur de la Banque des Pays-Bas
TUR Koç, Mustafa Vice-président de Koç Holding A.S.
AUT Kogler, Konrad Directeur Général de la Sécurité Publique
USA Kravis, Henry R. Co-Président de Kohlberg Kravis Roberts & Co.
USA Kravis, Marie-Josée Membre senior et Vice Présidente du Hudson Institute (think tank US)
CHE Kudelski, André Directeur et PDG de Kudelski Group
DEU Lauk, Kurt Président de Globe Capital Partners
SWE Lemne, Carola PDG de La Confédération des Entreprises Suédoise
USA Levey, Stuart Chief Legal Officer de HSBC Holdings
DEU Leyen, Ursula von der Ministre de la défense de l'Allemagne
BEL Leysen, Thomas Président du groupe financier KBC
GBR Maher, Shiraz Chercheur senior pour le ICSR, King’s College London
DNK Markus Lassen, Christina Chef du département du ministère des affaires étrangères, de la sécurité politique et de la stabilisation
USA Mathews, Jessica T. Présidente du Carnegie Endowment for International Peace (think tank US)
USA Mattis, James Membre distingué du Hoover Institution, Université Stanford
CHE Maudet, Pierre Membre du parti libéral-radical genevois, conseiller d’état du canton de Genève
CAN McKay, David I. Président de la Banque royale du Canada
TUR Mert, Nuray Chroniqueuse et professeur de sciences politiques à l’Université d’Istanbul
USA Messina, Jim PDG de Messina Group
BEL Michel, Charles Premier Ministre
USA Micklethwait, John Éditeur en Chef de Bloomberg
GBR Minton Beddoes, Zanny Rédactrice en chef de The Economist
ITA Monti, Mario Economiste, ex premier ministre italien, membre de la Commission Trilatérale, ex Commissaire européen
FIN Mörttinen, Leena Directrice de The Finnish Family Firms Association
USA Mundie, Craig J. Responsable de la recherche et de la stratégie chez Microsoft
CAN Munroe-Blum, Heather Directrice du Canada Pension Plan Investment Board
NLD Beatrix (reine des Pays-Bas)
IRL O’Leary, Michael PDG de Ryanair
GBR Osborne, George Député du Parti conservateur, ex chancelier de l’Échiquier (ministre des finances) de David Cameron
TUR Özel, Soli Chroniqueur au journal Haberturk, Maître de conférences, Université Kadir Has
GRC Papalexopoulos, Dimitri PDG de Titan Cement Co
FRA Pégard, Catherine ex journaliste politique du magazine Le Point, présidente du château de Versailles
USA Perle, Richard N. Membre de l’American Enterprise Institute (think tank libéral US)
USA Petraeus, David H. Ancien général de l’armée américaine, commandant de la Force internationale en Afghanistan (2010-2011), ex directeur de la CIA. Président de KKR Global Institute
GRC Pikrammenos, Panagiotis Président honoraire du Conseil d’Etat
CAN Reisman, Heather M. Femme d’affaires canadienne. Reisman est la créatrice et président de la chaîne de librairie Indigo Books
ITA Rocca, Gianfelice Président de Techint Group
AUT Roiss, Gerhard PDG de OMV Autriche
USA Rubin, Robert E. Vice Président du Council on Foreign Relations (CFR), ex secrétaire au Trésor des États-Unis dans l’administration Clinton
NLD Rutte, Mark Premier Ministre des Pays-Bas
USA Sadjadpour, Karim Associé senior du Carnegie Endowment for International Peace
ESP Sánchez Pérez-Castejón, Pedro Secrétaire général du Parti socialiste espagnol
GBR Sawers, John Politicien britannique, ex directeur du Secret Intelligence Service (MI6)
TUR Sayek Böke, Selin, Vice Présidente du Parti républicain du peuple
USA Schmidt, Eric E. PDG de Google
AUT Scholten, Rudolf Membre du comité des directeurs exécutifs de Oesterreichische Kontrollbank AG
FRA Senard, Jean-Dominique Président du groupe Michelin depuis 2011
AUT Sevelda, Karl PDG de la Raiffeisen International Bank Holding
INT Stoltenberg, Jens Secrétaire général de l’OTAN
FIN Stubb, Alexander Premier Ministre
DEU Suder, Katrin Secrétaire d'état à la Défense
IRL Sutherland, Peter D. Président de l’European Policy Centre, de Goldman Sachs International, ex PDG de BP (British Petroleum) (1997-2009), ex président de la section Europe de la Commission Trilatérale, directeur non exécutif de la Royal Bank of Scotland
SWE Svanberg, Carl-Henric Président de BP, Président de Volvo
NOR Svarva, Olaug PDG de la Caisse des Retraites de la Norvège
USA Thiel, Peter A. Président de Thiel Capital
GRC Tsoukalis, Loukas Président de la Hellenic Foundation for European and Foreign Policy
INT Üzümcü, Ahmet Directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques
PRT Vitorino, António M. membre du Parti socialiste portugais, ex commissaire européen, ex ministre de la Défense du Portugal
SWE Wallenberg, Jacob PDG d'Investor AB
USA Weber, Vin Partenaire, Mercury LLC
GBR Wolf, Martin H. Journaliste économique au Financial Times, chroniqueur au journal Le Monde
USA Wolfensohn, James D. ex président de la Banque Mondiale, PDG de Wolfensohn and Company
USA Zoellick, Robert B. ex président de la Banque Mondiale, président du Conseil des Conseillers Internationaux de Goldman Sachs Group

 

Illustration X - Droits réservés

 

09/06/2015

Une directive européenne veut organiser le secret autour de toutes les magouilles d'entreprises !

traités européens dessin de Titom.png

 

 

 

« Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publié : tout le reste n’est que relations publiques. » Orwell.

 

« ...d'autres », c'est-à-dire les lobbys représentants les grandes entreprises et les multinationales font des pieds et des mains pour que les journalistes, ces affreux fouille-merde, se contentent de copier-coller les communiqués de presse, les belles brochures en couleurs données au cours de généreux repas d'information voire de coûteux voyage de presse au soleil !

 

Mais ça ne suffit pas puisqu'il y a parfois quelques « fouille-merde » qui ne se contentent pas de la bouillie pré-mâchée des « services communication » des entreprises. Et ces malotrus ont ainsi révélé au grand public des « broutilles » comme les affaires du Médiator, de l'amiante, du Crédit Lyonnais, des défauts de l'EPR, des magouilles des multinationales au Luxembourg, etc. Pas bon pour les affaires ça, Coco!Pas bon pour les affaires...

 

Alors les dirigeants de ces grands groupes tirent les ficelles de leurs marionnettes politiques pour mettre en place des lois interdisant ou dissuadant les journalistes et les lanceurs d'alerte de dévoiler des pratiques scandaleuses ou des produits dangereux. Tout ceci sous un faux-nez, bien sûr, celui de « protéger le secret des affaires des entreprises ». Ben voyons...

 

En France, une disposition vicelarde de la Loi Macron voulait « protéger le secret des affaires », c'est-à-dire réduire au silence les « fouille-merde ». Une forte mobilisation des journalistes et des syndicats a forcé le gouvernement à retirer cette disposition. Mais la voilà qui revient avec une proposition de directive européenne qui, si elle passe, sera automatiquement retranscrite dans le droit français. Lancée en novembre 2013 par la Commission européenne, cette proposition de directive définit le secret des affaires comme des techniques (procédés de fabrication, recettes, composés chimiques, etc.) ou des informations commerciales (listes de clients, résultats d’études de marketing, etc.) ayant une valeur économique pour l’entreprise. Les dispositions de cette loi destinées, en principe, à contrecarrer les pratiques d'une concurrence sans scrupules ni éthique pourraient en effet être détournées pour empêcher la publication juste et légitime d'informations qui pourraient être dérangeantes...

 

Ce qui veut dire que toute entreprise pourra, selon ses propres critères, décider si une information la concernant a « une valeur économique » et donc pourra ou non être divulguée. Avec pour conséquence de mettre sous le coup de la loi tout journaliste qui pourrait les révéler, avec des dommages et intérêts plus que dissuasifs. Et pour corollaire qu'aucun rédacteur en chef n'osera se mettre dans une situation délictueuse et que les journalistes eux-mêmes pratiqueront à grande échelle l'auto-censure...

 

C'est une loi scélérate car des considérations économiques prévalent ainsi sur l'exigence démocratique de garantir la liberté d'expression et le droit à l'information concernant les pratiques douteuses de certains groupes, entreprises et acteurs économiques ou financiers.

 

Le Parlement européen s’apprête à adopter cette directive scélérate le 16 juin prochain.

 

Mais elle provoque une levée de boucliers. Elle mobilise contre elle une coalition d'ONG dont la Quadrature du Net ou le mouvement Public Citizen, l'ensemble des syndicats français ainsi que la journaliste de France 2 Elise Lucet, pugnace enquêtrice de l'émission « Cash Investigation »

 

Des pétitions tournent contre cette directive.

 



 

http://corporateeurope.org/sites/default/files/attachments/statement_-_eu_trade_secrets_directive_needs_amendments.pdf

https://www.change.org/p/ne-laissons-pas-les-entreprises-dicter-l-info-stop-directive-secret-des-affaires-tradesecrets

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-loi-macron-cimetiere-des-162893

 

 

Illustration: merci à Titom

05/06/2015

TAFTA gueule à la récré !

 

TAFTA stop.jpg

 

Ils sont sept réunis en Allemagne et prétendent décider pour cinq cents millions de citoyens européens des termes léonins d'un accord de vassalisation de l'Union Européenne aux États-Unis d'Amérique. Ou plus précisément aux banksters et aux multinationales étazuniennes. Ce traité s'appelle TAFTA ou encore TTIP. Il comprend, entre autres projets d'accord toujours en défaveur de l'Europe, une clause « d'arbitrage d'investissement », l'ISDS (« Investor State Dispute Settlement »), l'acronyme anglais du mécanisme de règlement des différends. Si cette clause passe, ce sera un véritable déni de démocratie tant l'ensemble des peuples européens y sont opposés. Il suffit de regarder les ravages induits par les dérives de ce type d'arbitrage privé dans les pays de l'Alena et en Australie où il sévit déjà, imposé par les États-Unis.

 

Le contribuable serait, ainsi, condamné à payer pour des choix qu'il a validés en tant que citoyen. Certaines entreprises contestent, sous couvert « d'expropriation indirecte », le droit des États à décider des normes environnementales, sanitaires ou sociales. Interdiction de la fracturation hydraulique, retrait du nucléaire ou mesures antitabac : ces décisions du Canada, de l'Allemagne ou de l'Australie conduisent des entreprises étrangères à leur réclamer, devant un panel d'arbitres privés, des indemnités souvent faramineuses en réparation du manque à gagner ! Voilà ce que TAFTA veut nous imposer.

 

Notre gouvernement, dont la fauxculterie tient lieu de ligne d'action, s'était montré « ferme », déclarant même : « Groupe socialiste au Sénat, Parti socialiste et gouvernement s’opposent donc à la mise en place de tribunaux arbitraux privés pour régler les litiges États/investisseurs ». Ben voyons... Et voilà que le Secrétaire d’État au commerce extérieur M. Fekl affichait l’ambition d’inventer « quelque chose de totalement neuf, qui n’ait plus rien à voir avec le mécanisme d’arbitrage d’aujourd’hui ». Le gouvernement liste donc sur dix-sept pages les points de réforme et d’amélioration nécessaires pour rendre l’arbitrage d’investissement « acceptable ». Donc exit les belles paroles ci dessus... Exit la substance déséquilibrée en faveur des investisseurs, la partialité de ses acteurs, les risques d’utilisations abusives... On va trouver des accommodements « acceptables ». Menteurs et faux-culs à la manœuvre.

 

Si le texte n'est pas profondément amendé, il devra être totalement rejeté. Les problèmes posés par la version actuelle de la résolution Lange sont nombreux, mais trois d'entre eux sont indépassables :

1. La résolution doit appeler à un rejet inconditionnel de l'arbitrage d'investissement (ISDS), sous toutes ses formes. Aucun autre mécanisme ne doit être introduit s’il donne des droits privilégiés et l’accès à une justice dérogatoire aux investisseurs étrangers. La loi et l’accès à la justice doivent rester les mêmes pour tous. Les propositions de réforme de l'ISDS de Mme C. Malmström sur lesquelles s'appuie le texte actuel ne remettent pas en cause ce système inutile et dangereux, et ne sont donc pas une "alternative" acceptable. (Points 1.d.xiii jusqu'à 1.d.xvi du texte actuel)

2. Pas d’organe transatlantique de coopération réglementaire. Tous les processus de réglementation doivent s’opérer dans le cadre d’instances et de méthodes transparentes et démocratiques. (Point 1.c du texte actuel).

3. L’impératif climatique doit être pris en compte. Les traités de libre-échange ne peuvent pas primer sur la lutte contre les dérèglements climatiques et les émissions de gaz à effet de serre. Dans la perspective de la COP21, les aspects les plus dangereux pour le climat – accroissement des échanges transatlantiques d’énergies fossiles, ISDS et coopération réglementaire - n’ont pas leur place dans la politique de l’UE. L’impact de l’augmentation des flux commerciaux transatlantiques sur les émissions de gaz à effet de serre mondiales doit être calculé et mentionné (Point 1.d.vii et viii du texte actuel). En outre la suppression des barrières tarifaires concernant les productions agricoles accélérera la course à l'industrialisation de l'élevage en Europe, et aggravera encore sa contribution au dérèglement climatique.

 

Ces trois points doivent figurer dans le texte final voté par le Parlement européen le 10 juin. S'ils ne s'y trouvent pas, il convient de rejeter l'ensemble du texte. Une résolution exempte de lignes rouges claires et précises reviendra à soutenir la DG Commerce et donner à ses négociateurs un chèque en blanc pour la suite du processus de négociation.

 

Sinon, Tafta gueule à la récré !

 

Liens : https://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-tra...

 

http://www.stoptafta14.org/tag/allemagne/

 

 

Illustration X - Droits réservés

 

03/06/2015

« Podemos » en Espagne, « Syriza » en Grèce. Et en France, QUOI ?

syriza podemos venceremos.jpg

 

Qui ne se souvient avec nostalgie mais aussi et surtout rage de cette grande fête républicaine, le 29 mai 2005 – dix ans déjà - marquant l'écrasante victoire (55 %) du NON à la constitution ultralibérale de l'Europe ! Mélenchon, Buffet, Besancenot, Autain, Bové et d'autres bras-dessus, bras-dessous. Nous - simples électeurs de gauche - jubilions aussi, voyant là les grands débuts d'un mouvement de toutes les forces de gauche. L'espoir emplissait nos cœurs. Les victoires nous tendaient les bras. Tè ! Fume...

 

Malgré cette victoire du NON, c'est la politique du OUI qui est resté au pouvoir... Pouvait-il en être autrement ? Cette victoire a été bâtie sur une situation paradoxale : l'alliance contre nature des gens de gauche opposés à l'ultralibéralisme avec les souverainistes identitaires refusant toute forme d'Union de l'Europe. Résultat : les dirigeants de l'Europe ont fait comme si cette victoire du NON en France, mais pas seulement, n'avait pas existée : l'ultralibéralisme sans frein - rejeté par les électeurs du pays fondateur de cette idée même de l'Europe unie – s'est déchaîné. Sarko, avec le cynisme insultant qui le caractérise, a fait passé le texte rejeté par les électeurs par des députés godillots. Et l’Europe a continué sa route au seul profit des banques, des multinationales, en laissant les peuples dans le fossé...

 

Cette Europe, malade de son déni de démocratie, continue sans les peuples, et même contre les peuples, mettant ainsi en grave danger ce projet historique européen qui nous a tant fait rêver mais qui est devenu un repoussoir. Comment cette belle idée pourrait-elle reconquérir le cœur des populations qui la composent ? En infléchissant radicalement son action vers une Europe plus sociale et plus protectrice. Tout le contraire de ce que nous prépare, que nous inflige les technocrates atlantistes qui tiennent le haut du pavé et s'apprêtent à tuer l'idée même d'Europe puissance, d'Europe fière, d'Europe indépendante avec Tafta, le traité scélérat d'allégeance aux États-Unis d'Amérique...

 

Les peuples d'Europe, déboussolés, se cherchent de nouveaux représentants en lesquels ils pourraient placer leur confiance. Cette recherche prend deux directions radicalement différentes. 

 

La tentation de la droite extrême, nationaliste, fermée, rejetant l'autre. Cette tentation devient réalité dans l'Europe du Nord, relativement nantie, en prenant appui sur le problème de l'immigration invasive, occulté par lâcheté et simple bêtise par les dirigeants de ces pays.

 

Dans les pays du Sud - parmi les « pigs », comme les « nordistes » nomment avec élégance le Portugal, l'Italie, la Grèce, l'Espagne – la Grèce et l'Espagne ont choisi d'expérimenter des voies de gauche nouvelles, altruistes, clairement orientées vers le peuple. C'est Syriza, démocratiquement élu, et bien élu, en Grèce – que l'Europe « du Nord » veut à toute force détruire. C'est Podemos en Espagne qui vient de s'installer victorieusement à la tête des plus grandes villes espagnoles, Madrid, Barcelone, Saragosse, etc.

 

Ces mouvements s'appuient sur le peuple, redonnent de l'espoir à toutes les victimes de l'ultralibéralisme. C'est pourquoi les tenants de cette idéologie mortifère veulent les abattre.

 

Et en France ? Deux ans après le référendum, on aurait pu penser que cette dynamique de victoire allait déboucher sur une candidature commune de gauche. Mouais... C'était compter sans la lutte des égos, l’enfermement stérile dans des chapelles étroites, l'acceptation de tout perdre pourvu que « l'autre », malgré des idées si proches, ne gagne pas. Résultat : on a eu Sarkozy. Un désastre... Rebelote en 2012 ou la gauche se retrouve – cocu et contente – pour fêter la victoire de Hollande. Un autre désastre.

 

Actuellement, les choses ne s'arrangent pas. Mélenchon veut sortir des alliances d'appareils genre « rassemblement de la gauche » et comptent sur des « appels citoyens » pour créer des « assemblées représentatives », tout comme Podemos en Espagne. Face à quoi les communistes freinent des quatre fers, s'appuyant sur leur longue histoire. Nostalgie, quand tu nous tiens...

 

On est donc reparti vers des questions de stratégies ne différant que par l'épaisseur du trait, et les blocages que l'on devine...

 

Pendant ce temps, les usurpateurs fachos voleurs d'idées du F.Haine progressent, captant en ricanant les voix des électeurs de gauche déboussolés...

 

 Photo X - Droits réservés

 

28/05/2015

Que dire à Cameron ? Casse-toi !

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Il commence sa tournée des popotes, Cameron. Pour chercher quoi ? Que les autres Européens baissent le calbar, comme ils l'ont fait devant la Thatcher ? Est-il en mesure d'imposer quoi que ce soit ? Il s'est piégé tout seul avec sa promesse de référendum. S'il fait cette tournée des popotes, c'est sur injonction des banksters de la City qui tremblent de perdre de leur capacité de nuisance si le Royaume-Unie sort de l'Union Européenne. Mais pour l'U.E., ce serait une bénédiction ! Un soulagement ! Les Anglais vont-ils libérer une nouvelle fois l'Europe ? On en rêve...

 

Faisons un petit retour en arrière. Á l'époque de la création du Marché Commun, la Grande-Bretagne a tout fait pour le contrer, notamment en créant parallèlement une « zone de libre- échange » avec quelques pays de l'Europe du Nord. Mais les milieux d'affaires britanniques, assistant impuissant au rapide développement économique du Marché Commun sans en profiter ont poussé les politiques à demander leur adhésion.

 

De Gaulle – qui les connaissait bien - s'est en son temps farouchement opposé à leur entrée, en 1963 puis en 1967. Pour des raisons stratégiques : il avait compris que la Grande-Bretagne serait le cheval de Troie des États-Unis. Ce en quoi, là encore, sa vision était pertinente. Mais Rothschild-Pompidou, à la solde la City de Londres, leur ouvrit les portes et, après deux ans de négociations, la Grande-Bretagne adhéra à l'Europe en 1972, amenant dans ses bagages l'Irlande et le Danemark.

 

La Grande-Bretagne s'est tout de suite opposé à la seule réalisation européenne tangible, la politique agricole commune. Et le bordel européen a commencé... Souvenons-nous de la Thatcher réclamant, telle une virago : « I want my money back ! » Et obtenant un chèque annuel de restitution de tout ce que la Grande-Bretagne verse au budget de l'Europe. Et ça dure toujours !!! De même, Thatcher s'opposa aux tentatives de Jacques Delors d'avancer vers une certaine fédéralisation, vers une Europe intégrée d’États-Nations.

 

De tous temps, lorsqu'elle met le pied dans une organisation, la Grande-Bretagne n'a qu'une chose en tête : la dominer et la façonner selon ses seuls intérêts ou sinon la faire capoter. Le premier terme de l'alternative n'étant pas réalisable, il fallait donc couler l'Europe, la faire échouer en tant que puissance politique, diplomatique, militaire. Ceci évidemment en étroite concertation avec les États-Unis.

 

Comment ?

 

D'abord en poussant à un élargissement sans frein, et le plus rapidement possible. Et ça a été l'intégration catastrophique de tous les pays de l'Est... 28 États dans une organisation où les décisions se prennent à l'unanimité ! Un « machin » rigoureusement ingouvernable, donc paralysé. C'est ce qui se passe actuellement.

 

Ensuite freiner, par tous les moyens, toute avancée vers une plus grande intégration fédéraliste.

 

Puis influer pour ouvrir cette Europe passoire à tous les vents d'une « mondialisation » façonnée par et pour les États-Unis (et leur cheval de Troie britannique).

 

Puis vint Maastricht et la création de l'Euro. Ce sont les Britanniques qui ont lutté farouchement, et avec succès, pour que la fiscalité et le social soient exclus des lois communes européennes. C'est donc à eux que l'on doit la concurrence sauvage entre pays vers le moins-disant fiscal et social. C'est à cause d'eux que des pays sans scrupules comme le Luxembourg et les Pays-Bas ont mis au point des mécanismes exploitant cette faille et livrent l'Europe aux appétits sans frein des multinationales. C'est à cause d'eux que celles-ci ne paient pas d'impôts.

 

Quant à l'euro, non seulement ils n'y sont pas entré, mais ils en profitent outrageusement grâce à la puissance financière de leurs nid de banksters qu'est la City...

 

Alors si nos « amis » britanniques veulent sortir de l'Europe, disons leur « Cassez-vous » ! Mais ne rêvons pas. Hélas... Ils savent très bien que sans l'Europe, ils ne sont plus grande chose. Et que leur partenariat privilégié avec les États-Unis bas singulièrement de l'aile, ceux-ci se tournant vers le gros gâteau asiatique, tout en faisant en sorte, sournoisement, de créer la zizanie entre l'Europe Unie et la Russie...

 

Des « amis » pareils, on s'en passe.

 

Illustration X - Droits réservés

18/05/2015

Avis de gros temps : Mistrals en Rafales...

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Notre marchand de bouts de fer qui tuent se gargarise des ventes de Rafales, de frégates, de missiles à ces belles et saines démocraties que sont le Qatar, l'Arabie Saoudite, l’Égypte. On n'est pas le pays des droits de l'homme (des Personnes humaines, pardon) pour rien : la France ne vend des engins de guerre (défensifs, ben voyons!) qu'à des clients présentables, étiquetés « démocratie » (enfin, disons plutôt inféodés aux États-Unis...).

 

Ce qui n'est pas le cas de ces salauds de Russes. Ah mais ! Des gens qui ont répondu favorablement à la volonté des gens de Crimée, des gens qui osent avoir quelque sympathie pour ces salauds d'indépendantistes de l'Est de l'Ukraine qui ont l'impudence de refuser les diktats des nazis mis au pouvoir à Kiev par la Cia...

 

Donc, not'bon président Hollande (Ouille!), drapé dans son droit-de-l'hommisme offusqué, refuse de livrer aux Russes des bateaux conçus conjointement, fabriqués chez nous et payés par les Russes. Il aurait été capable de prendre une décision notre pistachié en chef ? Allons, allons. Toutou docile, il obéit surtout aux injonctions d'Obama, le black-bush qui sévit aux États-Unis, celui-là même qui a semé la zizanie en Ukraine, celui-là même qui installe les forces belliqueuses de l'Otan en encerclement de la Russie. Eh ! Les États-Unis, - premier marchand d'armes du monde - voient d'un mauvais œil d'une part un concurrent s'émanciper, de l'autre une puissance qui les ont faits trembler au temps de l'URSS relever la tête et montrer ses muscles.

 

Ça va nous coûter un bras cette konnerie. Rappelons les faits. En juin 2011, la DNCS/STX, constructeur naval français, signe un contrat de 1,2 milliard d'euros avec la Russie pour la construction de deux BPC (bâtiments de projection et de commandement), navires polyvalents modernes de la classe Mistral. Le premier navire, le Vladivostok, est terminé, il a été homologué à la mer, des équipages russes sont venus pendant plusieurs mois le découvrir et s'y former à Brest. Il devait être livré en novembre 2014. Mais patatras ! Obama fait les gros yeux à François Hollande (Ouille!) et celui-ci, de tergiversation en reculades, se retrouve dans une impasse aussi humiliante que ruineuse : un fournisseur refuse de décider de livrer ou non à son client des marchandises que celui-ci a déjà payées ! Bonjour la fiabilité commerciale. Après ça, va-t'en chercher de nouveaux clients !

 

L'annulation de la vente des BPC Mistral à la Russie coûterait entre 2 et 5 milliards d'euros à la France au titre du contrat non rempli, soit quatre fois le montant du contrat ! Car au prix direct des navires, il convient d'ajouter les frais de formation engagés par les Russes, la construction d'infrastructures à Vladivostok, où devait être basé le premier Mistral, et la fabrication de quatre hélicoptères de combat Ka-52. De plus, ces bâtiments ont été construits en fonction de contraintes spécifiques à la flotte russe. Les vendre à un pays tiers serait donc livrer à ce tiers bien des secrets concernant l’infrastructure navale militaire russe. Ce que Moscou ne veut évidemment pas. La France ne peut donc pas vendre ces bateaux à d'autres qu'aux Russes. Les garder pour nous ? Notre attitude inamicale, voire belliqueuse vis-à-vis des Russes n'incite pas ces derniers à l'accepter. Et puis, en a-t-on besoin ? Non. On a déjà les nôtres. Alors que faire ? Les démanteler ? Les couler ? Bonjours la gabegie, bonjour le grotesque...

 

Cet épisode ridicule interpelle sur les « amitiés » de la France et de l'Europe. Les intérêts bien compris de l'Europe sont-ils à l'Ouest, vers ces États-Unis impérialistes et belliqueux mais séparés par un océan, ou à l'Est, vers cette Russie si proche de nous au niveau ethnique, culturel et surtout géographique ? L'Union Européenne, avec la Russie, quintuplerait sa superficie, aurait une population dépassant les 700 millions d'habitants, soit le double des États-Unis, le Pib des deux attendrait près de 40 % du Pib mondial, en faisant la première puissance industrielle et commerciale du monde. Cette entité serait largement autosuffisance en matières premières comme en hydrocarbures. Sans parler d'une puissance militaire dissuasive pour quiconque aurait la folie de s'y frotter... Elle n'aurait besoin de personne.

 

Au lieu de ça, « on » se laisse enfumer par les mensonges, les menaces, les coups fourrés yankees, jetant ainsi la Russie dans les bras de la Chine qui n'en demandait pas tant !

 

Bon. Alors François, tu les livres ou merde ces Mistrals !

 

Illustration: merci à Miss Lilou

 

 

12/05/2015

Faire casquer les Grecs !

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« Nous sommes sur la bonne voie ! » Ah ! Ah ! On se tape dans le dos avec des clins d’œil de connivence bien appuyés, on ricane chez les eurocrates et autres banksters qui veulent remettre cet impudent de Tsipras au pas : les Teutons Merkel et Schauble, l'eurogroupie Dijsselbloem, le comique troupier Moscovici, la Efémienne en cheffe Lagarde et tous les banksters qui veulent à tout prix étouffer dans l’œuf l'émancipation grecque, casser cette « menace » venue du Sud contre l'écrasement des peuples au profit d'une oligarchie financière. Écraser ainsi tout risque de « contagion » à des peuples qui prétendraient secouer le joug ultralibéral, Espagne, Portugal, Italie, et même France...

 

On se tape dans le dos parce que le Grec a casqué ! L’agence de la dette grecque a annoncé avoir donné l’ordre de paiement pour rembourser l’échéance de 750 millions d’euros au FMI du mardi 12 mai. Pour ce faire, le gouvernement grec a dû racler les fonds de tiroir en réquisitionnant les réserves des collectivités locales et des entreprises publiques. Ce qui n'est pas très bon pour la popularité du gouvernement, mais qui réjouit d'autant les étrangleurs de Bruxelles et Washington ! Le prochain remboursement important de la Grèce interviendra le 5 juin, avec un dû de 302,5 millions d’euros au FMI. Ces remboursements ne sont que le paiement d'intérêts, et aucunement d'une partie du principal. C'est-à-dire du pognon pompé dans la poche des Grecs par un « machin » sous domination étazunienne, le FMI (fonds monétaire international) dont la finalité est de contraindre les États, sous couvert « d'aides financières », à accepter privatisations à outrance, saccage de tout système social, abandon au privé de toutes les infrastructures publiques, etc.

 

Pour engraisser les banksters, Tsipras a déjà dû mettre pas mal d'eau dans son « krassi » ou sa « retszina » : reconnaissance de la dette, poursuite des privatisations mais à l'initiative de la Grèce, abrogation des taux réduits de TVA, ouverture à la concurrence du marché de l'énergie. Mais il n'a pas cédé sur tout et notamment sur le régime des retraites et le salaire minimum. Il faudra pourtant revoir le système de retraite peu en adéquation avec les difficultés du pays (retraite abaissée à 60 ans, préretraites entre 50 et 55 ans, treizième mois de pension, etc.). Quant au marché du travail, si Lagarde et le FMI estiment que le gouvernement grec doit assouplir les conditions de licenciement, il semble que la Commission européenne ne soit pas sur la même longueur d'onde, le pays comptant 25 % de chômeurs... Ce qui fait tousser les Allemands et le FMI. La zizanie chez les banksters, c'est toujours bon.

 

Reste le problème majeur de l'allègement de la dette. Les « zétrangleurs » restent arc-boutés sur le paiement intégral du nominal, soit 320 milliards d'euros. Mais ils semblent aller vers un allongement du « remboursement », de 30 à 50 ans. Ben voyons, sachant bien que le nominal ne sera jamais remboursé, mieux vaut se gaver cinquante ans que trente de bels et bons intérêts pris sur la sueur de deux générations de Grecs !

 

Quant au maintien ou non dans la zone euro, Tsipras – qui est allé voir Russes et Chinois – n'est pas défavorable à la tenue d'un référendum sur ce sujet. Il n'a pas grand-chose a y perdre. Soit le peuple grec vote pour le maintien dans l'euro, et alors il lui sera malvenu de gueuler contre une baisse éventuelle des salaires et une refonte du régime des retraites ; soit il vote la sortie de l'Euro, et Tsipras se tournera vers les Russes et les Chinois, faisant ainsi un superbe doigt d'honneur aux « zétrangleurs » de l'U.E. Et du FMI en refusant, cerise sur le gâteau, le remboursement de toute la « dette » du pays !

 

Il n'a pas de si mauvaises cartes dans son jeu, le roué Tsipras !

 

Photo X - Droits réservés

08/05/2015

8 mai, la Victoire. Sous un soleil menteur...

 

 Le passe-droit de la HONTE

 

On commémore la Victoire de 1945. Tout cela semble lointain, suranné, dépassé… Et pourtant, « il est encore fécond le ventre de la Bête ». Tiens, je vais vous raconter une histoire. Une histoire authentique que je tiens de la bouche même de celui qui en fut le seul « héros » survivant.

Laurent Pascal était dans sa vingtaine année à la Libération. Cet homme a eu de la chance. Beaucoup de chance: il fut le seul rescapé, l'unique survivant d'un massacre au cours duquel trente-cinq de ses camarades du maquis Ventoux ont été assassinés par les Nazis et leurs sordides complices français de la milice. Cela s'est passé à Izon-la-Bruisse, petit village des contreforts drômois du massif du Ventoux, près de Sèderon. Leur section a été vendue par des miliciens. Prisonniers, ils vont être massacrés. Écoutons son récit :

 

« Il est environ 13 heures. Un beau soleil d'hiver fait scintiller la neige autour de nous.

 

Un soleil menteur...

 

- Vous quatre là. Avancez. Allez! Plus vite que ça!

 

Ce sont ceux qui se trouvent du côté d'Eygalayes. Je me trouve moi-même à l'autre extrémité de la colonne. Ils partent derrière le bâtiment. Nous ne voyons pas ce qui se passe mais nous entendons une première, puis une seconde rafale de mitraillette: les quatre premiers fusillés d'Izon viennent d'être abattus...

 

Le premier tueur, un milicien, un Français comme nous, sa sale besogne terminée, revient. Un autre "prend livraison" des quatre victimes suivantes, toujours à partir de l'autre bout de la colonne. Il les conduit derrière la ferme en passant par l'angle Ouest alors que les premiers étaient passés par l'angle Est.

 

Rafales...

 

Mes camarades, pétrifiés mais courageux, attendent la mort...

 

Les bourreaux, se remplaçant, alterneront ainsi côté Est et côté Ouest jusqu'au quatre derniers: le Toubib, un jeune homme de Saint-Auban, un autre jeune et moi.

 

C'est notre tour...

 

Nous savons parfaitement ce qui nous attend. Les rafales de mitraillettes et les plaintes de nos camarades ne nous laissent aucun doute sur ce qui se passe derrière la ferme.

 

Je suis pourtant étonnamment lucide. Crever pour crever, je ne vais pas me laisser tuer comme un mouton. Je suis décidé à tenter ma chance.

 

Le milicien dont c'est le tour de nous conduire au massacre, un homme d'une quarantaine d'années, nous fait passer devant lui. Je l'observe en marchant. Il n'est pas très à l'aise me semble-t-il. Arrivé au coin de la ferme, j'aperçois les cadavres ensanglantés de mes camarades étendus dans la neige. Le Toubib, qui est derrière moi, a compris que je veux tenter quelque chose.

 

Je regarde une dernière fois le tueur, puis mes camarades morts. Le Toubib se rapproche de moi et me souffle:

 

- "C'est le moment. Vas-y!"

 

Je me rue en avant. J'ai le temps d'entendre mon copain Blanchet, abattu mais pas encore mort me crier: "Merde! Rolland." C'était son vœu de bonne chance. Un cri qui me va droit au cœur et me donne des ailes. Je cours de toutes mes forces. C'est un pré nu et plat, sans le moindre obstacle. Il y a bien une rangée de pommiers en contrebas, mais je préfère foncer droit devant moi.

Le Toubib me suis. Mais il n'a pas ma jeunesse. Il sera mon bouclier. Volontairement? Je le crois...

 

Les souliers de Toto - que j'ai maudits ce matin - me serrent et tiennent bien à mes pieds malgré l'absence de lacets. Une chance. J’entends le bruit sec des mitraillettes et des fusils. Les balles sifflent autour de moi, ricochent en miaulant sur des rochers...J'ai environ 400 mètres à parcourir, à découvert, dans la neige.

 

Les premiers instants de surprise passés, tous les boches  et les miliciens, qui attendaient, décontractés, que le massacre fut terminé, réagissent et me tirent comme un lapin. J'entends des éclats de voix, des ordres aboyés en allemand. Je perçois des éclatements de grenades autour de moi...

 

Je ne pense à rien. Je fonce, je fonce...

 

Cette course éperdue dure environ une minute. Il me semble que je n'arriverai jamais au bout du champ. Mon cœur bat la chamade, mais j'ai conscience que j'ai la joie de le sentir battre!

 

J'arrive au bout du champ. Je saute un petit mur qui me met provisoirement à l'abri des tirs de mes poursuivants. J'ai la présence d'esprit de ruser pour les égarer: je fonce ostensiblement en direction du village, puis, en me baissant, je remonte dans mes traces et fonce vers la montagne, en direction opposée.

 

La ruse a pris: les Boches se ruent vers la route. Ils me chercheront tout d'abord en direction de Séderon, me laissant quelques précieuses minutes de répit. Maintenant à couvert, je grimpe à toutes jambes les premiers escarpements au-dessus d'Eygalayes. Je passe devant une ferme. Le paysan, qui a assisté impuissant à la fusillade de la fenêtre de sa chambre, craint que je ne m'arrête chez lui. Je n'en ai pas la moindre intention et je le lui dis.

 

Á ce moment-là je me considère comme presque sauvé. J'ai en tout cas gagné la première manche. Je connais parfaitement la montagne, je suis jeune, fort et entrainé. Et puis j'ai ma peau à sauver… »

 

Alors souvenons-nous, et méditons sur les redoutables tensions que des égoïsmes nationaux irresponsables font ressurgir. 

 

Illustration X – Droits réservés

 

04/05/2015

L’Allemagne, 52ème état des Etats-Unis ? Europe vassalisée avec TAFTA ?

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 Même si ça ne la fait pas rire, elle écoute pour les USA, Angela

 

Les services secrets de la République Fédérale d'Allemagne espionnent depuis des années l’Élysée, les principaux dirigeants français, sans oublier nos grandes entreprises. Accessoirement aussi la Commission européenne. Ceci non pas pour le compte la RFA de Mme Merkel mais pour les États-Unis. Oh ! Chaud-king ! Ben quoi ? On semble découvrir l'eau chaude ! Mais l'Allemagne ne fait que ce que lui ordonne son maître : les États-Unis ! Parce que l'état le plus puissant d'Europe, et qui dicte la loi de son maître à l'Union Européenne est - de facto sinon de jure – le 52ème état des États-Unis, le 51ème étant la Grande-Bretagne.

 

Techniquement, cet espionnage de la discorde serait réalisé par les grandes oreilles du centre d'écoute de Bad Aibling, en Bavière. Il est donc ridicule de vouloir faire croire que les dirigeants allemands ne seraient pas au courant. Y compris Angela Merkel qui s'offusquait d'avoir été elle-même « écouté » par la NSA (une magouille grossière pour donner le change et la disculper ?) et disait à qui voulait l'entendre qu' « espionner les amis, ça ne se fait vraiment pas ». Plus faux-cul que moi, tu meurs...

 

Il faut donc admettre que l’Allemagne se comporte comme une puissance hostile envers la France, mais – chut – on n'en parle pas trop, ni au niveau gouvernemental, ni dans les merdias. Quand on se fait enfiler sans vaseline, on ne s'en vante pas trop...

 

Ce faisant, l'Allemagne fait un sacré bras d'honneur au fameux Traité d'amitié franco-allemand, dit « Traité de l'Élysée » signé en grande pompe le 23 janvier 1963 par le général De Gaulle et le chancelier Adenauer. Ce traité avait pour but de sceller la paix et l'amitié entre ces deux « ennemis héréditaires », en mettant l'accent sur une meilleure connaissance réciproque, l'apprentissage de la langue de l'autre (!!??), le rapprochement des peuples. Ce traité, dans l'esprit de De Gaulle, devait créer l'amorce dynamique d'une Europe unie, responsable de sa propre sécurité, et donc indépendante des États-Unis. Sauf que...

 

Sauf que, à cette époque sévissait la « guerre froide » contre l'URSS. Excellent prétexte pour les États-Unis, champion du « monde libre », pour établir leur main-mise sur l'Europe, militaire à travers son occupation par l'Otan, économique à travers le plan Marshall. Oui mais c'était « pour nous défendre » contre les méchants communistes, et pour « relever nos économies » (et accessoirement imposer les entreprises, la culture et le mode de vie étazuniens).

 

Sauf que, l'encre à peine sèche de ce beau et généreux « Traité de l’Élysée », Adenauer était convoqué à Washington où il s'est fait remettre les pendules à l'heure. Résultat : un « Préambule interprétatif » à ce traité fut introduit subrepticement, sans en avertir ni la France ni De Gaulle, et voté par le Bundestag allemand le 15 juin 1963 à l'occasion de la ratification. Il se trouve que ce « préambule interprétatif » réintroduit les éléments que De Gaulle avait précisément exclus du traité afin de libérer la future Europe de l'hégémonie étazunienne : - subordination de l'Europe en devenir à l'intégration de ses membres à l'alliance atlantique Otan, tuant ainsi dans l’œuf toute velléité d'armée européenne indépendante, - coopération obligatoire de cette Europe en construction avec les États-Unis, - faire entrer la Grande-Bretagne dans cette Europe. Dans l'oigne, De Gaulle...

 

Ce préambule, le voici :

PRÉAMBULE À LA LOI PORTANT RATIFICATION DU TRAITÉ FRANCO-ALLEMAND VOTÉ PAR LE BUNDESTAG (Bonn, 15 juin 1963)
Convaincu que le traité du 22 janvier 1963 entre la République fédérale d’Allemagne et la République française renforcera et rendra effective la réconciliation et l’amitié entre le peuple allemand et le peuple français,
Constatant que les droits et les obligations découlant pour la République fédérale des traités multilatéraux auxquels elle est partie ne seront pas modifiés par ce traité,
Manifestant la volonté de diriger l’application de ce traité vers les principaux buts que la République fédérale d’Allemagne poursuit depuis des années en union avec ses autres alliés et qui déterminent sa politique, à savoir :
- le maintien et le renforcement de l’Alliance des peuples libres et, en particulier, une étroite association entre l’Europe et les États-Unis d’Amérique,
- l’obtention du droit d’autodétermination pour le peuple allemand et le rétablissement de l’unité allemande,
- la défense commune dans  le cadre de l’Alliance de l’Atlantique nord et l’intégration des forces  armées des États membres du pacte,
- l’unification de l’Europe selon la voie tracée par la création des Communautés européennes, en y admettant la Grande-Bretagne et les autres États désirant s’y joindre et le renforcement des Communautés existantes,
- l’abaissement des barrières douanières par des négociations entre la Communauté économique européenne, la Grande-Bretagne et les États-Unis d’Amérique, ainsi que d’autres États, dans le cadre du GATT.
Conscient qu’une coopération franco-allemande conduite selon ces butssera  bénéfique pour tous les peuples, servira au maintien de la paix dans le  monde et contribuera par là simultanément au bien des peuples français  et allemand,
Le Bundestag ratifie la loi suivante. (suit le texte du traité de l’Élysée  )

 

Mais ce n'est pas tout. Le 27 février 2004, bis repetita : le chancelier allemand Gerhard Schröder répond à la convocation de Georges « Dobelillou » Bush pour signer un autre document du même acabit, appelé « Alliance germano-américaine pour le XXIème siècle - Das deutsch-amerikanische Bündnis ». Il s'agit d'un accord bilatéral fait pour renouveler et accentuer encore le fameux « préambule interprétatif », autrement dit le traité de vassalisation de l'Allemagne à son suzerain, les États-Unis. Et un sacré doigt d'honneur à la France comme aux autres partenaires européens. Il reprend les termes du « préambule » de juin 1963. Par exemple : - « Nous renforçons notre attachement à l'égard de l'OTAN comme point d'ancrage de notre défense commune et comme forum incontournable des consultations transatlantiques ». (L'Otan uber alles !); - « il est important que l’Europe et l’Amérique travaillent ensemble comme partenaires au sein d’une communauté de valeurs. » (Pas question d'avoir une politique étrangère autre que celle de Washington.) ; - Nous saluons l’élargissement historique aussi bien de l’OTAN que de l’Union européenne ». (L'Union européenne n'avancera qu'en tant que sous-produit de l'Otan, donc des USA). lien

 

Mais ce n'est pas tout. Angela Merkel, dès sa première investiture, s'est empressée d'aller faire acte d'allégeance à Washington pour assurer ses maîtres que Schroeder ou Merkel, c'était pareil au niveau de la subordination de son pays. Et en janvier de cette année, n'est-elle pas allé voir Obama, en pleine crise ukrainienne ? Il faut dire que les Yankees ont de sacré moyens de pression en Allemagne où sévissent toujours 27 bases militaires américaines : Ansbach, Bad Aibling, Bad Kreuznach, Bamberg, Baumholder, Darmstadt, Friedberg, Garmisch, Geilenkirchen (Geilenkirchen Air Base), Giebelstadt, Grafenwöhr, Hanau, Heidelberg, Hohenfels, Illesheim, Kaiserslautern, Kitzingen, Mannheim, Ramstein Air Base, Rhein-Main Air Base (fermé le 30 décembre 2005), Schweinfurt, Spangdahlem Air Base, Stuttgart, Vilseck, Wiesbaden/Mayence, Wurtzbourg. Ceci alors que la guerre froide est une affaire lointaine, que le pacte de Varsovie est mort et enterré, cette présence US sur le sol allemand ressemble à ce qu'elle fut au départ, une occupation.

 

Dès lors que le pays économiquement le plus puissant d'Europe – l'Allemagne - reconnaît la prééminence des volontés étazuniennes sur le devenir de l'Europe. Dès lors que le pays le plus puissant militairement et le plus influent diplomatiquement – la France – se couche lâchement devant la Teutonne, donc devant les USA, toute évolution de l'Europe dans le sens de plus de justice sociale, de plus de solidarité, de plus d'indépendance, de plus de puissance, de plus d'influence est impossible.

 

TAFTA, ce traité scélérat, s'il est signé, marquera dans le marbre la vassalisation de l'Europe aux États-Unis.

 

On en tire la conclusion que l'on veut...

 

 

Sources :

 

http://forget.e-monsite.com/pages/actualites/l-allemagne-espionne-la-france-ou-quand-les-francais-decouvrent-l-eau-chaude.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_bases_militaires_des_%C3%89tats-Unis_dans_le_monde#.C2.A0Allemagne
http://www.diploweb.com/forum/hillard3.htm ]
https://www.upr.fr/actualite/france-europe/couple-franco-allemand-alliance-germano-americaine-1-ans-le-27-fevrier-2014
http://blogs.mediapart.fr/edition/eurojournaliste/article/300415/l-allemagne-contre-la-france-et-l-ue
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_l%27%C3%89lys%C3%A9e

 

 

Photo X - Droits réservés

21/04/2015

La MORT au bout de l'ESPOIR.

migrants

 

Exploités, floués, ruinés par les voleurs de terre, ils migrent vers le miroir aux alouettes de l'eldorado européen... Avec souvent la mort au bout de l'espoir.

 

Au-delà de la dégoulinante de bon sentiments voire de culpabilisation suivant les tragédies récurrentes des naufrages de migrants en Méditerranée, il serait peut-être utile de s'interroger sur ce qui pousse les populations subsahariennes à risquer leurs vies à travers la fournaise du Sahara d'abord, les flots meurtriers de la Méditerranée ensuite.

 

Certains fuient les innombrables guerres intestines qui, du Nigeria au Kenya en passant par le Mali, la Centrafrique, le Soudan, le Congo, la corne de l'Afrique, etc., etc., sèment le désordre, la peur et la mort.

 

Mais il n'y a pas que ça. Le principal moteur de cet exode est économique. Ces populations, gonflées par une démographie galopante, ne trouvent plus, sur leur sol, de quoi vivre dignement, de quoi manger, de quoi vivre. Pourquoi ? Parce que les cultures vivrières de ces pays ont été remplacées, par des gouvernements naïfs voire cupides, par des productions d'exportation : arachides, coton, cacao, café, etc.

 

Tous les accords de partenariats économiques entre l'Union Européenne et l'Afrique de l'Ouest sont des accords de libéralisation du commerce. Ils prévoient notamment la levée pendant vingt ans des barrières commerciales (taxes, quotas, licences, subventions) pour 75 % des produits, importés par les pays de la région, en provenance de l'Union européenne. Pour accompagner cette mesure, qui va entraîner une perte de recettes fiscales pour les États, l'Union européenne envisage une aide au développement compensatoire de 6,5 milliards d'euros sur la même période. Une poignée de figues.

Ces APE (Accords de Libéralisation du Commerce) mettent en péril la capacité de développement des États concernés, non seulement par la perte de recettes fiscales, mais surtout en fragilisant les marchés locaux et en nuisant à des projets de développement « endogène ». Ainsi les poulets dégueulasses surgelés européens qui inondent à bas prix les marchés africains tuent les élevages locaux. Ainsi le lait concentré de Nestlé tue l'élevage local, etc.

L'ouverture des marchés de ces pays à un commerce international dérégulé est un risque majeur. Les APE conduisent à une plus grande dépendance vis-à-vis des cours des marchés mondiaux, à une économie de plus en plus tournée vers l'exportation, à une concurrence inégale entre des entreprises locales et des entreprises internationales… Ils empêchent ces pays de relever les vrais défis qu'ils rencontrent, renforcent leur vulnérabilité et leur dépendance, au détriment de la construction d'une économie locale durable, répondant, d'abord, aux besoins locaux, et beaucoup plus riche en emplois. Et que font les laissés-pour-compte de ce « développement » imbécile, voire criminel, à fort relent néo-colonialiste ? Ils migrent...vers le miroir aux alouettes de l'eldorado européen.

 

Mais ce n'est pas tout. Il y a 3 ans, pour lutter contre la pauvreté et la faim en Afrique, le G8 a décidé de dérouler le tapis rouge... aux multinationales comme Monsanto, Syngenta, Cargill, etc... La Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition, NASAN pour les intimes, est une initiative qui, sous couvert d’aider 50 millions de personnes en Afrique subsaharienne à sortir de la pauvreté d’ici à 2022, va en fait faciliter les profits de grands groupes privés.

 

Plutôt que respecter les engagements qu’ils ont pris à de nombreuses reprises, les pays du G8 ont décidé de confier au secteur privé la lutte contre l’insécurité alimentaire en Afrique sub-saharienne. Un choix d’autant plus dangereux que le secteur privé en question est composé de multinationales plus connues pour leurs attaques du droit à l’alimentation que pour leurs actions en faveur de la sécurité alimentaire mondiale. Aucun investissement privé ne pourra faire le travail d’une véritable politique agricole, encore moins quand derrière le terme d’investissement agricole se cache des processus de prédation et de destruction des agricultures paysannes du Sud, comme souvent dans le cas des accaparements de terres.

 

La NASAN inquiète d’autant plus qu’elle est totalement opaque et n’inclut pas du tout les populations, pourtant premières concernées.De nombreux pays africains parmi les plus gravement affectés par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle sont laissés en dehors de cette initiative. Ce sont plutôt les pays qui offrent le plus de perspectives de croissances et de profits pour les multinationales et les gros investisseurs qui ont été ciblés en priorité. Lien

Mais ce n'est pas tout ! En Afrique sévissent les « fondations humanitaires ». La plus connue est celle de
Bill Gates. Ah ! Au fait, ce grand « philanthrope » - a acheté 500.000 actions de Monsanto, un autre grand bienfaiteur de l'humanité, qui lui-même, est actionnaire de « Academi », ex-Blackwater, armée privée célèbre pour ses exactions. La Fondation Bill Gates, avec la complicité donc de Monsanto, est actuellement engagée dans une entreprise de démolition de l'agriculture rurale vivrière dans le monde, et particulièrement en Afrique avec « l'Alliance pour une révolution verte en Afrique » (AGRA). Le but : remplacer les semences traditionnelles des agriculteurs pauvres d'Afrique par des semences « plus productives » fournies (contre pognon bien sûr) par la Fondation, pour ensuite les remplacer par...des semences OGM Monsanto !

 

Autre « action humanitaire » de la Fondation du brave Billy : le pillage de la pharmacopée traditionnelle en Afrique (entre autres) pour en tirer de juteux brevets, puis vendre à ces populations pauvres des médicaments sophistiqués produits par la nébuleuse de la Fondation. Sans oublier les vaccins testés sur ces populations... Et qu'est-ce qu'elles font ces populations flouées ? Elles migrent...vers le miroir aux alouettes de l'eldorado européens.

 

Mais ce n'est pas tout ! La dernière saloperie de la spéculation mondiale c'est l’accaparement des terres agricoles des pays du sud. Celle-ci est le fait à la fois de pays (Chine, Corée du Sud, Arabie saoudite, Libye, Qatar, etc.) et d’investisseurs privés (fonds de pensions, banques, etc.). Ces prédateurs achètent des millions d’hectares de terres arables dans les pays pauvres du sud, avec la complicité de la Banque mondiale et même d’agences spécialisées de l’ONU, mais aussi des gouvernements locaux dont les responsables corrompus par des flots de pognon bradent souvent pour l’euro symbolique (mais de grasses « commissions » pour eux !) des pans entiers de leurs pays.

 

Il s’agit ni plus ni moins de banditisme d’état, de colonialisme même pas déguisé derrière un apport de « civilisation ». Les acquisitions de terre à grande échelle sont conçues pour ouvrir de nouveaux espaces à une agriculture de plantation, une agriculture industrielle, destinée à l’exportation. Les bulldozers arrivent, dégagent tout, détruisent les villages et chassent les paysans locaux avec l’aide des flics, accaparent la terre mais aussi l’eau et plantent, qui du faux riz Basmati, qui des palmiers à huile, qui du soja OGM, qui des millions de roses et d’orchidées sous serre… Ceci avec force pesticides, engrais chimiques et autres poisons qui salopent la terre et les cours d’eau.

 

L’accaparement des terres prive les paysans, les populations autochtones, les pêcheurs et les nomades de vastes étendues de terres, et leur en interdit l’usage, aujourd’hui et demain, mettant sérieusement en péril leurs droits à l’alimentation et la sécurité de leurs moyens de subsistance. L’accaparement des terres capte aussi toutes les ressources en eau existant sur les terres, en amont et aux alentours, résultant de fait en une forme de privatisation de l’eau. L’accaparement des terres est intrinsèquement lié à la violation de la législation internationale sur les droits humains : évictions forcées, réduction des critiques au silence (ou pire), introduction de modèles fonciers et agricoles non durables qui détruisent les environnements naturels et épuisent les ressources naturelles, flagrant déni d’information, et empêchement des personnes de participer aux décisions politiques qui affectent leur vie. Lien

 

Et qu'est-ce qu'elles font ces populations jetées dehors par les voleurs de terres ? Elles migrent...vers le miroir aux alouettes de l'eldorado européen.

 

Mais ce n'est pas tout. Ces foules de migrants tombent alors aux mains de sinistres mafias islamistes qui les attirent, les parquent, les dépouillent puis les entassent dans des barcasses pourries avec souvent, au bout de l'espoir saccagé, la mort sous le soleil menteur de la Méditerranée.

 

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20/04/2015

L’immigration clandestine : un acte de guerre de basse intensité.

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Je viens d'entendre Guetta parler dans le poste. La longue grève a dû lui faire du bien : je l'ai trouvé pour une fois réaliste concernant le drame des migrants noyés au large de la Libye. Il a posé notamment une question évidente qui - dit-il à raison - explique la relative passivité des gouvernements européens : quels sont les pays qui sont prêts à accepter chez eux ces vagues ininterrompues de migrants ? La réponse, dit-il, est dans la question : personne n'en veut...

 

Egoïsme ? Cynisme ? Non. Peur légitime d'être submergés par cette invasion rampante. Le pays réel, le populo, se préoccupe avant tout de son emploi s'il a la chance d'en avoir un, de ses finances indigentes, du prix de son logement, de l'avenir de ses enfants, et si possible de ses vacances et de ses loisirs… Quant aux « sans dents », ils voient d'un très mauvais œil cette « concurrence »... Les problèmes des autres passent légitimement derrière la résolution de ses problèmes à lui. En parlant cru, il s'en fout. Point/barre !

 

Et puis quel pays connaissant un taux de chômage dépassant les 10% peut absorber une telle masse d’individus, jeunes, sans formation, sans compétences et avides de consommer et de se reproduire ? A qui fera-t-on croire que l’accueil des damnés du tiers-monde est une « chance » ? Chance pour qui ? Pour quelques patrons voyous qui y voient un réservoir inépuisable de main-d’œuvre quasi-gratuite, taillable et corvéable à merci. On est en train de réinventer l'esclavage (esclavage qui, soit- dit en passant, n'a jamais cessé en terres d'islam). Des rabatteurs appâtent et regroupent les candidats à l'émigration. Des trafiquants les rackettent (10.000 euros le « passage vers l'Europe») puis les entassent dans des barcasses pourries prêtent à couler en leur disant, pour les rassurer, que les bateaux européens les recueilleront s'ils ont des problèmes de navigation. Et les bœufs se laissent mener à l'abattoir, mues par l'espoir illusoire d'une vie meilleure dans cette Europe qu'on leur fait miroiter comme le paradis...

 

Ces pauvres gens sont instrumentalisés et expédiés par Daech et Al Qaeda qui leur soutirent leur fric et glissent dans ce flot ininterrompu des milliers de terroristes fanatisés prêt à foutre la merde. Ce sont les Islamistes qui ont la haute main sur ce trafic d'êtres humains. Avec la complicité sournoise de la Turquie de l'islamiste Erdogan. Ils les parquent en Libye et les envoient à travers la Méditerranée selon leur stratégie et...la météo. Merci Sarko, merci Cameron, merci Obama d'avoir transformé la Libye en bateau ivre.

 

Les trafiquants en sont à récupérer pour les réutiliser les vieux bateaux à la dérive, abandonnés par les migrants sauvés par les marines italiennes, maltaises et grecques... Pire encore : on apprend que les mafias qui contrôlent le trafic offrent aux clandestins qui ne peuvent payer leur passage un épouvantable marché : le choix, à l’arrivée, entre « être utilisés comme main-d’œuvre ou donneurs d’organes ». L'Homme comme marchandise ! C'est le triomphe de l'idéologie ultralibérale...

 

Alors que faire ? Trois choses : - à court terme détruire sur place, en Libye, les nids de vipères de ces marchands d'esclaves ; - arrêter de piller l'Afrique et au contraire aider les gouvernements en place à développer leurs économies ; - imposer à l'ONU de chercher des solutions aux guerres internes qui jettent les peuples victimes à travers les déserts puis la Méditerranée.

 

Facile à dire, moins à faire...

 

On en est à regretter Kadhafi, le pittoresque campeur des Champs-Elysées, « l'ami » de Sarko, que celui-ci a fait « éliminer » pour des raisons plus ou moins obscures... Kadhafi avait passé des accords plus ou moins occultes avec les pays européens riverains de la Méditerranée : vous me foutez la paix sur la manière dont je mène les affaires de mon pays, vous me vendez les installations et les technologies dont j'ai besoin pour développer et vendre mon pétrole, et en échange j'empêche toute émigration depuis mon territoire. Et ça marchait... Le verrou de la Jamahiriya libyenne empêchait le départ vers les côtes italiennes,maltaises, grecques de tous les laissés pour compte des politiques d’ingérence occidentale : Irak, Syrie, Somalie, Yémen, Soudan.

 

Les chiffres sont impitoyables : autour d'un million de migrants vont pénétrer clandestinement en Europe chaque année. Et parmi eux, combien de terroristes islamiste infiltrées ? L’immigration clandestine est une forme d’invasion. Un acte de guerre de basse intensité.

 

Ne faudrait-il pas envoyer devant le Tribunal international de La Haye les ci-devant Sarkozy, Cameron et Obama, responsables du chaos effroyable qui secoue la Libye et de son cortège de malheur ?

 

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15/04/2015

Au bistro de la toile : migrants...

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- T'as vu ça,Victor. 400 migrants se sont noyés en Méditerranée et la marine italienne a recueilli 7.000 clandestins dans 42 bateaux en deux jours. Je viens d'entendre ça dans le poste Victor. Et encore : « Entre 500.000 et 1 million de migrants vont venir clandestinement en Europe cette année ». C'est la folie ce truc ! Mais qu'est-ce qu'ils viennent foutre ici ces gens ? Qu'est-ce qu'ils espèrent ? Qui les pousse ? Peut-on objectivement les accueillir ? N'est-ce pas faire le jeu des tarés de Daech ou Al Qaeda qui nous ont promis, il y a quelques jours « 500.000 migrants » ? Devons-nous accepter, la larme à l 'œil, ce qui ressemble – et oui ! - a une invasion ? L'Europe peut-elle rester la même dès lors que sa population se modifie ? L'introduction massive de l'islam sur le Vieux Continent est-elle sans conséquence ?

 

- Ça en fait des questions tout ça, Loulle. Des questions pertinentes que la bien-pensance régnante refuse d'aborder... Le domaine des tabous et du non-dit.

Qu'est-ce qu'ils viennent foutre ici ? J'entends en Europe, pas seulement en France. Vivre, tout simplement. Parce qu'ils viennent, pour l'essentiel, de pays ravagés par des guerres.

Qu'est-ce qu'ils espèrent ? Encore une fois, vivre. Et si possible s'établir chez nous en y transposant leur civilisation et donc leur religion.

Qui les pousse ? La misère, la peur, mais pas que... Ils sont instrumentalisés et expédiés par Daech et Al Qaeda qui leur soutirent leur fric et glissent dans ce flot ininterrompu des milliers de terroristes fanatisés prêt à foutre la merde. Ce sont les Islamistes qui ont la haute main sur ce trafic d'êtres humains. Avec la complicité sournoise de la Turquie de l'islamiste Erdogan. Ils les parquent en Libye et les envoient à travers la Méditerranée selon leur stratégie et...la météo. Merci Sarko, merci Cameron, merci Obama d'avoir transformé la Libye en bateau ivre.

Peut-on les accueillir ? Un million par an sur une population totale de plus de 450 millions, ça devrait pouvoir se faire. Mais est-ce réaliste ? Est-ce souhaitable ? Non ! Mille fois NON !

En 1960, seulement 600.000 musulmans vivaient en Europe, en 2010, ils étaient 30 millions et aujourd'hui 44.138.000 lien.  Le seuil, de tolérance est atteint et explique les dangereuses dérives vers l'extrême-droite qui se font jour partout en Europe. Voilà où mène la politique de l'autruche menée par nos dirigeants européens...

L'introduction massive de l'islam sur le Vieux Continent est-elle sans conséquence ? Il ne va pas de soi que les religions puissent coexister. Donc cette question de la croyance religieuse est une vraie question en Europe, car l'islam est une culture religieuse qui veut structurer la société. Est-ce compatible avec la tradition européenne ?

 

- ...teng ! Ça remet les pendules à l'heure ces chiffres froids mais imparables... Enfin, ces gens fuient la guerre. Mais qu'aurait-on pensé, durant la dernière guerre mondiale, si des milliers de Français, de Belges, de Polonais, de Hollandais avaient pris des centaines de bateaux pour se rendre en masse en Angleterre, non pas pour aider ce dernier rempart contre la barbarie nazi, mais pour s'installer, en laissant les Anglais se battre pour eux ? Ces gens qui fuient en payant une dizaine de millier d'euros par personne, ils ne sont manifestement pas à la rue. Ils sont parait-il éduqués, ils sont parait-il toubibs, ingénieurs, techniciens. Et bien je vais te dire Victor. Si c'est vrai, ces gens qui fuient le combat et abandonnent le pays qui les a nourris, éduqués, protégés et qui aurait bien besoin d'eux, ces gens sont des lâches ! Tout simplement. Et qui ne méritent pas tous notre compassion aussi bêlante qu'aveugle.

 

- C'est comme ça, Loulle. Boumedienne avait déclaré en 1974 devant l'assemblée de l'ONU : « Un jour, des millions d'hommes quitteront l'hémisphère sud pour faire irruption dans l'hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils, c'est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire. »

Un autre grand défenseur des droits de l’homme, le Turc Erdogan qui se rêve en nouveau calife ottoman n'a-t-il pas proclamé : « Les coupoles de nos mosquées sont nos boucliers et les minarets sont nos glaives ».

 

- Au moins c'est clair à défaut d'être rassurant.

 

- Mais c'est grave Loulle. On ne lutte pas à armes égales. Une culture religieuse forte et rigide comme l'est l'Islam – culture majoritaire des migrants - et un système contractuel basé sur la tolérance comme sont nos pays européens, sont difficiles à concilier parce que, dans une telle rencontre, c'est toujours le côté qui ne veut pas négocier qui a l'avantage. Une religion qui ne doute pas d'elle-même et qui prétend structurer toute l'organisation sociale, comme l'islam, n'est pas prête à transiger. Quand une culture peu sûre d'elle, malléable et relativiste, rencontre une culture ancrée, confiante et renforcée par des doctrines communes, c'est généralement la première qui change pour s'adapter à la seconde. Houellebeque serait-il prophète en son pays ?

 

- Tè ! Tout ça me file le tracsir... Buvons un coup de rouge, tant que ce n'est pas interdit...

 

- Á la nôtre !

 

Illustration: merci à Chimulus

 

09/04/2015

Tsipras, Poutine et l' Europe : une partie d'échec d'enfer !

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Quand deux joueurs d'échec comme Tsipras et Poutine se rencontrent, cela donne des boutons aux joueurs de monopoly de l'Union européenne. Les coups sont précis, efficaces, à long terme. Le premier ministre grec a rencontré mercredi son puissant homologue russe. Cela ressemble à la mise en place d'un Plan B pour la Grèce sur l'échiquier russo-européen. Les caciques des institutions germano-européennes s'en étranglent de rage, voyant dans la Grèce de Tsipras le cheval de Troie de la Russie en Europe ! Un vrai bonheur.

 

Le président russe a insisté sur la reprise des relations économiques entre les deux pays, dont les échanges ont diminué quasiment de moitié en 2014, expliquant : « Nous devons analyser ce que nous pourrions faire ensemble pour rétablir ces échanges ». Et un cavalier prêt à bouffer des pions européens !

 

Alors que des points de blocage subsistent entre la Grèce et ses créanciers (Union européenne et Fonds monétaire international) en vue du déblocage d'une tranche vitale d'aide financière, cette visite suscite l'inquiétude de ses partenaires européens. Bien qu'aucune demande officielle pour un prêt de la Russie à la Grèce n'est été faite, cela reste une possibilité ouverte. Par contre, le ministre russe de l’Économie, Alexeï Oulioukaïev, a évoqué la possibilité d'assouplir pour la Grèce l'embargo alimentaire décidé l'été dernier contre l'Union européenne en raison de la crise ukrainienne ! Un sacré débouché pour l'agroalimentaire grec. Voilà qui fait gonfler les aliboffis des technocrates de l'U.E. qui s'égosillent à rappeler « que les questions commerciales relèvent de la compétence exclusive de la Commission ». Tè, fumes ! qu'il leur répond Tsipras.

 

Pourquoi quand la Grèce s'occupe de ses propres intérêts c'est une violation de la solidarité européenne ? Pourtant la Grèce n'a jamais caché qu'elle était opposée aux sanctions économiques contre la Russie. Elle est donc cohérente avec elle-même. Et d'autres pays européens pourraient lui emboîter le pas. Les producteurs agroalimentaires français en seraient les premiers bénéficiaires. Et un fou qui menace la tour européenne.

 

On peut raisonnablement penser que Tsipras et Poutine ont dû aborder la possibilité de prolonger jusqu'à la Grèce le projet de gazoduc « Turkish stream » entre la Russie et la Turquie, ou encore la possibilité d'ouvrir la recherche pétrolière sous-marine prometteuse dans les eaux grecques aux compagnies russes. Et un fou qui prend position.

 

La Grèce de Tsipras n'a pas que l'allié russe (orthodoxe comme elle) dans son jeu. Il a donné aussi quelques gages de bonne volonté aux Chinois en acceptant la poursuite de la privatisation du port du Pirée. Ceux-ci sauront s'en souvenir en espèces sonnantes et trébuchantes au cas où l'U.E. serait assez stupide pour pousser la Grèce hors de la zone euro... Et une avancée de pion efficace.

 

Et ce n'est pas tout. Alors que M.Tsipras faisait ses bagages pour aller à Moscou, son sémillant ministre des finances, M.Varoufakis était...aux Etats-Unis. Rappelons que dans le programme de Syriza, il y avait une sortie immédiate de la Grèce de l'Otan et la remise en cause des droits accordés à l'alliance qui font de la Crète une de ses principales bases navales en Méditerranée. Alexandre Tsipras a mis en attente ces exigences, juste avant les élections. Voilà qui pourrait expliquer la position d'Obama trouvant inopportune « l'austérité » imposée à la Grèce par l'U.E. ! Encore quelques pions judicieusement placés.

 

Et puis, Poutine a dû être sensible aux positions de la Grèce non seulement contre les sanctions de l'U.E. à l'encontre de la Russie, mais encore contre le gouvernement ukrainien, contre l'austérité, contre les diktats de l'Allemagne, contre la politique d'isolement de la Russie. Le président russe a dû aussi être sensible aux remerciements de son homologue grec « pour s'être porté au secours de nos frères orthodoxes en Crimée » !

 

Les têtes d’œufs de l'Union européenne doivent attraper une sacré migraine. Cruel dilemme pour ces apprentis sorciers pleins de morgue et de mépris pour cette Grèce, le pire des « pigs » comme ils disent avec l'élégance qui caractérise les germano-européens du Nord. Tenir la ligne dure, et c'est à court terme l'éclatement de la construction européenne. Céder à presque tout ce que demande Tsipras, c'est-à-dire abandonner les politiques d'austérité imposées par l'Allemagne et c'est voir l'Espagne, le Portugal, l'Italie voire la France se ranger du côté des thèses grecques. Avec comme conséquence le renvoi aux calendes...grecques de la politique d'austérité établie et imposée par l'Allemagne à son seul profit, libérant ainsi l'Europe de ce nouveau joug allemand. Là, c'est la reine Merkel qui est directement sous la menace de la tour grecque 

 

On pourrait continuer comme ça cette belle partie d'échec. Tsipras avance ses pièces sur tout l'échiquier : avec la Russie évidemment, avec la Chine, avec les autres pays des BRICS. Mais aussi avec les États-Unis qui tremblent de se voir virer de leurs positions navales en Crête. Là, c'est carrément le roi qui est sous la menace...

 

Passionnante la partie. Non ?

 

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31/03/2015

Entrons en RÉSISTANCE contre le « globish », vecteur de la colonisation étazunienne.

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France Inter étant en grève, et voulant à tout prix éviter les facilitateurs du transit intestinal que sont RMC, Europe 1 ou RTL, je me réfugie sur Radio Classique. Et qu'est-ce que j'entends ? Des mots comme « streaming », comme « buzz » et autres estrons vocaux. Alors je reviens sur la radio locale et j'ai les portugaises agressées par des sous-merdes sonores appelées « musiques » et qui ne sont que des dégueulis bruyants : à savoir les horreurs de « musiques » anglo-saxonnes que nous déversent à plein tombereaux les programmateurs «musicaux » de ces stations de radios dites généralistes. Même les chanteurs français beuglent maintenant en "globish" et…sont récompensés par des « victoires de la musique ». Et encore j'évite comme la vérole les stations genre NRJ ou Skyrock !

 

Bref, pour dire que cette colonisation linguistique et « culturelle » me gonfle les aliboffis à les faire éclater ! Mais dans quel pays vivons-nous ? La loi Toubon impose encore 40 % de musiques francophones sur les ondes. C'est bien le moins, non ? Mais la sinistre de la culture (Fleur Pellerin, celle qui ne lit jamais de livre) n'y voit qu'une « loi controversée » et le CSA (chargé pourtant, entre autres missions, de réprimer l'anglicisation des médias) « réfléchit » à un assouplissement des quotas de chansons françaises. Mais si encore les machines à bruits nous faisaient entendre ce qui se chante en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Hongrie, en Pologne, en Lituanie, en Russie ? Mais non, on nous abreuve jusqu'à plus soif de ces merdes anglo-étazuniennes... Probablement parce que c'est la même chose dans ces pays... Désespérant. Ce qui se passe au niveau des musiques, c'est une substitution galopante de l'anglais au français, et ce mouvement se retrouve dans la pub, le cinéma, les enseignes commerciales (Carrefour « market », « Simply », etc.). Il y a plus de mots anglais dans nos rues que de mots allemands pendant l'occupation !

 

Mais ça, ce n'est que la façade. Derrière, c'est bien plus grave. Nos gouvernants, actuels comme passés, s’acharnent sur la « langue de la République » (art. II de la Constitution). La loi Fioraso a récemment institué l’anglais langue de l’enseignement universitaire, dans le sillage de la LRU de Valérie Pécresse, qui aligne nos universités sur le « modèle » néolibéral anglo-saxon. Et que dire de l’Europe qui, sournoisement, impose l’anglais dans ses communications et même ses directives ?

 

Faut-il le craindre cette officialisation d’un fait déjà accompli ? Sur le plan pratique, pas trop, et même non. Mais sur le plan humaniste oui, car cela marque un véritable abandon de pans importants, voire essentiels de ce qui fait notre civilisation, notre manière de vivre ensemble, et jusqu’à notre mode de penser. Car on ne pense pas pareil dans toutes les langues.

 

La langue, instrument de communication, véhicule aussi une culture, un mode de vie, un système économique et politique, et force est de reconnaître qu’aujourd’hui l’anglais est devenu la langue de la financiarisation du monde. Quand on parle économie ou finances, c’est soit en anglais, soit en utilisant une multitude de termes anglo-étazuniens souvent incompréhensibles pour la plupart d’entre nous. Le langage des milieux financiers est, si l’on peut dire, un véritable charabia.

 

Car la langue que l’on prétend nous imposer « pour notre bien » évidemment, n’a pas grand-chose à voir avec celle de Shakespeare ; il s’agit du « globish », un sabir appauvri d’un millier de mots environ. Sabir capable, c’est vrai, de faciliter la communication de base (celle des aéroports, des hôtels, des offices de tourisme, des banques). Mais peut-il véhiculer un véritable savoir ? Surtout dans les matières scientifiques, ou de droit ? Peut-être, mais en mettant le plancher très bas. Quels sont les étudiants francophones aptes à intégrer toutes les finesses d’une langue étrangère ? Peu, très peu, voire aucun. Donc le langage de ces cours est obligatoirement pauvre, sans la richesse des nuances que permettent les synonymes, les tournures de phrases dans leur langue maternelle. Or l’université ne doit pas dispenser un  savoir au rabais, ce qui sera fatalement le cas ; laissons cela aux « écoles de commerce », pétouillets de margoulins. Les Anglais lettrés sont d’ailleurs bien conscients de l’appauvrissement dramatique de leur langue, salopée par les Zétazuniens.

 

Mais le processus s’accompagne d’une volonté de conquête, à la fois économique, politique et culturelle. D’où le terme d’impérialisme justifié notamment par les propos de divers responsables politiques anglo-saxons. On pense évidemment à Margaret Thatcher, qui déclarait en 2000, lors d’une conférence donnée aux États-Unis, que « le pouvoir dominant est l’Amérique, le langage dominant est l’anglais, le modèle économique dominant est le capitalisme anglo-saxon » lien.On connaît moins les propos tout aussi brutaux mais plus détaillés de David Rothkopf, un ancien responsable de l’administration Clinton, qui valent pourtant leur pesant de cacahuètes : « Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais ; que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualités, ces normes soient américaines ; que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent… Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir » lien. Tafta est là pour accélère les choses.

 

On assiste là à une offensive impérialiste étazunienne. Le but est, en fait, d'éliminer tout statut officiel des langues autres que l'anglais dans les secteurs où une concurrence menacerait les intérêts commerciaux des pays anglophones, seule et unique motivation de ces derniers. La réalisation de ce programme est déjà fortement avancée dans les sciences, où les nomenclatures (y compris celles de la botanique, jusqu'ici latines) deviennent anglaises, accroissant la suprématie des chercheurs anglophones aux dépens de tous les autres. Le protocole de Londres entérine définitivement la mort de la diversité culturelle et linguistique qui a fait (et qui fait encore, mais pour combien de temps ?) la richesse de l'Europe.

 

La sous ministre Fioraso – qui a maintenant libéré le territoire politique - arguait du fait que cette « ouverture » attirerait en France des étudiants indiens ou chinois. Belle connerie ! Les étudiants anglophones préféreront toujours l’original à la copie. Par contre les enseignants francophones seront éliminés au profit de mercenaires de la doxa ultra libérale anglo-saxonne, comme les étudiants francophones seront défavorisés par un enseignement dans une langue qu’ils ne maîtriseront jamais comme les natifs.

 

Certaines écoles privées, en France, donnent maintenant leurs cours uniquement en anglais. Est-il tolérable, du point de vue de l’intérêt national comme du point de vue de l’accès de tous au savoir, que des colloques universitaires à la Sorbonne soient convoqués en anglais et se déroulent exclusivement dans cette langue ? Est-il sain pour l’avenir de la démocratie que les élites soient formées exclusivement, non dans la langue du peuple, mais en anglo-américain ? Nous sommes en présence d’un projet de domination sans partage et de discrimination sans précédent. La logique d’oppression qui prédomine conduit à l’aliénation, à la substitution d’une langue à l’autre par le gavage linguistique.

 

On assiste à la volonté de mise à mort non seulement du français mais de la plupart des langues du monde. Responsable : l’impérialisme étazunien qui sévit à tous les niveaux : industriel, commercial, militaire mais aussi et surtout culturel. On nous abreuve jusqu’à l’écœurement de ces sous-merdes des séries télévisées étazuniennes, qui – largement amorties au USA - arrivent par pleins cargos à prix cassés, ruinant ainsi la création française qui n’existerait plus sans les subventions gouvernementales. On nous emmerde jusqu’à en dégueuler de ces collections de bruits abrutissantes que les programmateurs – véritables collabos - déversent à pleins seaux dans nos pauvres oreilles et qu’ils ont le culot d’appeler « musique ».

 

Nos députés sont-ils seulement conscients de cette situation ? Accepteront-ils la colonisation de la France ? (Pays qui, par ailleurs, a fait subir à bien des langues africaines et régionales le même sort !) Les déferlantes d’américonneries qui encombrent les programmes des lucarnes à décerveler et des boites à bruits laissent supposer qu’ils s’en branlent comme de leur première magouille…

 

Eh! Citoyen président François, lorsque tu vas faire acte de soumission devant les charlots de la Commission européenne, tu t’exprimes en français ou en anglais ?

 

Entrons en RÉSISTANCE. Disons NON au Tout anglais et MERDE au "globish !"

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

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19/03/2015

Au bistro de la toile : Tunis, Francfort...

 

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- Pas marrantes aujourd'hui les nouvelles, Victor...

 

- Comme tu dis... Aujourd'hui, nous sommes tous Tunisiens. Ce pays ami, presque frère par la culture, la langue et même une histoire commune agitée a mené une révolution exemplaire, a su répondre avec beaucoup de maturité aux provocations des extrémistes musulmans pour enfin établir une vraie démocratie. C'est cette réussite exemplaire que les nazislamistes de tous bords lui reprochent. Le massacre du Bardo est une illustration dramatique de la guerre des lâches que ces tarés mènent contre tout ce qui réfléchit, contre tout ce qui est beau, contre toute liberté, contre toute culture. Tout ça au nom d'une névrose collective de mort qu'ils prétendent imposer partout où ils peuvent sévir...

 

- Ah ! Il y a plus réjouissant tout de même : les manifs qui ont foutu une sacrée zone à Francfort, pour l'inauguration du nouveau siège de la Banque centrale européenne !

 

- Ouais ! Ça, c'est bandant ! Ils étaient venus pour faire leur teuf de goinfres les oligarques européens : chefs d’États, grands patrons, banquiers, patrons de multinationales et autres manges-pauvres. Cette fête huppée pour inaugurer le nouveau siège de la BCE : une tour de 185 mètres de haut, faite pour montrer la puissance de l'institution, pour écraser la populace de sa morgue germanique. N'oublions pas que nous sommes à Francfort... Un ouvrage démesuré qui a coûté 1,3 milliards d'euros (deux fois le prix de départ...), il y avait là tout de la provocation alors que la BCE et ses complices de la troïka, par leur politique d'austérité, saignent les peuples de l'Union au seul profit des banques en imposant aux États des politiques de blocage et même de réduction des salaires, de démantèlement des services publics, de saccage des dispositifs de protection sociale, de privatisation à outrance.

 

- Mais la teuf des parasites a pris une toute autre tournure !

 

- T'as raison ! Plus de 20.000 manifestants anti-austérité venus de toute l'Europe sont venu troubler la fête ! 10.000 flics teutons ont dû faire face aux manifestants dont certains n'étaient pas venus pour bouffer des saucisses ! Les bourres ont dégusté une sacrée infusion de caillasses, de pavés, de canettes de bières bien sûr. Quelques bagnoles de flics, quelques abribus brûlées, le classique quoi. Puis les anti-austérité ont défilé en centre-ville, ont tenu un grand rassemblement avec discours et ambiance festive. Un communiqué a été diffusé qui dit en substance : "Nous voyons le projet européen en danger de mort. Au lieu de l'austérité et des coupes sociales, nous voulons plus de démocratie et un meilleur équilibre des pouvoirs en Europe ainsi qu'au sein de la BCE et de l'Eurosystème". Á noter que le syndicat Ipso, qui représente 40% des salariés de la BCE a co-signé cette déclaration !

 

- Allez ! Buvons à la santé de ces manifestants, et à la destruction des nazislamistes.

 


Illustration:merci à Chimulus

 

03/03/2015

Le gouvernement français et les accords TAFTA : « Plus faux-cul que moi, tu meurs ! »

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Pendant qu'on nous enfume avec les saloperies de Daech, la guerre d'Ukraine et les errements du Quinze de France, les négociations TAFTA entre l'Union européenne et les États-Unis se poursuivent dans la plus grande opacité.

 

On se souvient que dans ces négociations, il est question de donner la primauté juridique à des tribunaux d'arbitrages privés concernant les conflits entre multinationales et États. Ceci en passant par-dessus l’institution judiciaire de chaque pays concerné. Autrement dit, à titre d'exemple, l'industrie tabagique étazunienne pourrait attaquer un pays qui restreindrait par une loi la consommation de tabac sur son sol, au prétexte que la dite loi porterait préjudice aux intérêts de la multinationale en question ! L'Australie – qui a signé des accords de même type que TAFTA avec les USA – est actuellement attaqué par l'industrie tabagique US ! Qui lui réclame des fortunes ! C'est de cela dont il s'agit.

 

Alors que l'Initiative Citoyenne Européenne contre cette disposition, lancée à l'automne dernier vient de dépasser les 1.500.000 signatures, lors d'une réunion au sommet à Madrid fin février, les sociaux-démocrates européens se sont accordés pour sanctuariser le système de règlement des différends investisseur-État (ISDS) - en clair : pas de rejet du système d'arbitrage privé mais de simples réformes mineures. Pour parfaire la blague, le gouvernement français a salué cette nouvelle reculade comme une grande victoire de la diplomatie française. Un communiqué de la majorité, au titre mensonger [2], illustre ce double discours : critiques de façade du mécanisme face au rejet largement exprimé dans l'opinion publique [3] mais travail en souterrain pour s'assurer de son maintien dans les négociations. La note communiquée récemment aux eurodéputés français confirme ces manœuvres : alors que la résolution étudiée par le Parlement Européen penche en faveur d'un rejet du mécanisme, les autorités françaises conseillent aux parlementaires d'"adopter une approche plus prudente sur ce sujet délicat". En d'autres termes, le gouvernement demande aux parlementaires d'affaiblir la position, déjà bien timide, du rapporteur social démocrate allemand Bernd Langue. A travers le langage abscons de ces technocrates, on devine une réalité bien planquée derrière des paroles lénifiantes :

 

« S’agissant de la protection de l’investissement, au point (d) (xiv) [page 11], même si la France estime que l’inclusion d’un mécanisme d’arbitrage investisseur-Etat (RDIE/ISDS) n’est pas nécessaire avec les Etats-Unis, le projet de résolution tranche de manière un peu trop catégorique cette question. Une approche plus prudente sur ce sujet délicat pourrait être préférable en raison des risques de précédent, avec des États dont les standards juridictionnels ne correspondent pas à ceux qui prévalent aux États-Unis. Un temps de réflexion, consécutif aux résultats de la consultation publique, doit être mis à profit, comme cela est d’ailleurs souligné dans le considérant I de la résolution (“whereas now that the results of the public consultation on investment protection and ISDS in the TTIP are available, a reflection process – taking account of critical and constructive contributions – is needed within and between the three European institutions on the best way to achieve investment protection and equal treatment of investors”). De surcroît, d’un point de vue technique, un mécanisme de règlement des différends par l’arbitrage peut difficilement être dissocié du reste du chapitre sur la protection de l’investissement. La solution d’une réforme en profondeur du mécanisme d’arbitrage pour le rendre légitime et plus protecteur du droit à réguler des États, comme préconisé dans certaines contributions répondant à la consultation publique, mériterait d’être poursuivie dans le cadre de ces négociations ».

 

Cette note qui a fuitée livre des informations inédites sur la position particulièrement faux-cul du gouvernement, qui recommande en particulier de ne pas suivre la position de rejet de l’ISDS du rapporteur socialiste Bernd Langue...

 

Mais ce n'est pas tout. Les services financiers devaient être exclus de la négociation. Tè ! Fumes... Ils reviennent en toutes lettres :

 

« …/... dans le même ordre d’idées, les secteurs qui font actuellement l’objet des négociations de convergence réglementaire devraient être cités, et le secteur des services financiers, dans lequel l’Union a des intérêts offensifs, également mentionné …/... ».

 

TAFTA, c'est la vassalité totale des pays de l'U.E., donc de la France par rapport aux Etats-Unis.

 

Bougeons-nous, écrivons à nos députés nationaux comme européens pour leur faire part de notre vigilance et de notre rabia !

 

Sources :

https://france.attac.org/IMG/pdf/150224_sgae_note_de_commission_inta_ttip.pdf

https://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/article/le-gouvernement-francais-defend-l

https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/comite-consultatif-tafta-la

 

 

 Illustration X - Droits réservés

 

25/02/2015

Au bistro de la toile: rugby, Grèce, Ukraine

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- ...teng ! Ils se font allumer les rugbymen ! Elles en prennent un sacré coup les valeurs du rugby : solidarité, esprit de sacrifice, humilité, respect de l'adversaire et de l'arbitre, etc. Paraît que nos puissants héros ne seraient que des « cyclistes d'avant Festina » comme les autres.

 

- Ouais, mais c'était dans les années 70-80 si l'on en croit ceux qui secouent le cocotier : le journaliste Pierre Ballester ces jours-ci et avant lui Laurent Bénézech, ancien talonneur international, en avril 2013. Selon eux, la culture du dopage s'est depuis longtemps répandu dans ce sport. Les amphétamines étaient souvent au menu ! C'était dans tous les sports à cette époque. Mais on ne cherchait que dans le cyclisme...

 

- Et tu crois que ça a changé ?

 

- Probablement. Disons que c'est moins voyant. Et puis les amphés ont laissé la place à d'autres saloperies. « Entre une surveillance et des contrôles qui débouchent au mieux sur des soupçons, entre des molécules connues mais indétectables, d'autres, inconnues, qui arrivent sur le marché, le juteux business qui en découle, des pays qui n'ont pas de réglementation ou si peu, la lutte antidopage se casse les dents sur un mur », écrit le journaliste Pierre Ballester qui sort un livre sur ce sujet sulfureux.

 

- Et le professionnalisme n'arrange pas les choses.

 

- Bien au contraire. Elle met des moyens conséquents au service des tricheurs. Et ne soyons pas dupes : toutes les équipes professionnelles sont dans le même sac. Et tous les sports professionnels, pas seulement le vélo ou le rugby, mais le foot, le tennis, etc. Enfin, Loulle, soyons sérieux : les rugbymen professionnels ne sont pas des surhommes. Il y a trop de rencontres, des entraînements très durs, des obligations de résultats imposés par les « sponsors » maquereaux. Résultats : le quart des joueurs d'une équipe est en arrêt de travail pour blessure. Inacceptable.

 

- Allez, changeons de sujet. Alors, nos amis les Grecs, ils ont gagné ou ils se sont couchés devant les euro-crapules ?

 

- Bof. Les deux mon général... Le document qu'ils ont envoyé aux euro-crapules contiennent des réformes structurelles indispensables, comme imposer davantage les plus riches, endiguer la fraude fiscale qui est gigantesque, lutter contre la corruption qui sévit à tous les niveaux, le blanchiment d'argent, le trafic de produits pétroliers, etc. Mais on aimerait que le gouvernement grec s'attaque à la base : instituer enfin un cadastre, faire payer la très riche église orthodoxe, exonérée de tout impôt, taxer les armateurs, eux aussi exonérés de tout impôt.

 

- Concrètement, ils ont obtenu quoi les Grecs ?

 

- Eh bien la Grèce n’est plus obligée d’atteindre un excédent budgétaire primaire de 3% cette année. L’équilibre seul est exigé. Le « contrat » qui court sur 4 mois est explicitement désigné comme une transition vers un nouveau contrat, qui reste à définir. La « Troïka » tant abhorrée n’existe plus en temps qu'institution, même si chacune de ses composantes continue d’exister. C’en est donc fini des équipes d’hommes en noir qui venaient dicter leurs conditions à Athènes. La Grèce écrira désormais l’ordre du jour des réformes, et elle l’écrira seule. Les institutions donneront leur avis, mais ne pourront plus faire d’un point particulier de ces réformes une obligation impérieuse pour Athènes. Puis, un avantage plus discret est que le Gouvernement grec a brisé l’unanimité de façade de l’Eurogroupe et a obligé l’Allemagne à dévoiler ses positions. Mais, la Grèce a accepté de reconnaître – pour l’instant – l’ensemble de ses dettes. Il n’y a eu aucun progrès sur ce point, et aucun signe d’un changement d’attitude de l’Allemagne, toujours arque-boutée sur ses principes ultralibéraux austéritaires. Hier soir, un excellent documentaire diffusé sur Arte a montré et démontré l'horreur imposée non seulement aux Grecs, mais aussi aux Portugais par ce trio de vautours aussi vorace que cupide appelé « troïka ». Pour des dettes plus que douteuses résultant pour l'essentiel de prêts consentis sans restriction par des banques françaises et allemandes pour l'achat d'armes françaises et allemandes ! Ça file la rabia !

 

- Mouais. C'est pas gagné. « Ouate ainsi »... Bon. Et l'Ukraine ?

 

- Le cessez-le feu semble tenir, les armes lourdes se taisent. Des prisonniers ont été échangés. Ça va permettre aux pauvres gens qui crèvent sous les bombes de souffler, de se soigner, de bouffer. Pour combien de temps ? Le cow-boy Kerry est toujours derrière les fantoches de Kiev pour mettre de l'huile sur le feu. L'armée de ces fantoches, formée en majorité des néo-nazis des milices d'extrême-droite, a pris pâtée sur pâtée face à des mineurs et des paysans ! S'ils ont accepté le cessez-le-feu, les rigolos de Kiev, c'était parce que leur « armée » morflait partout. Mais nous sommes dans une partie d'échec. Et à ce jeu, les Russes sont les maîtres. La paix – relative – ne tiendra solidement que lorsque l'Ukraine reconnaîtra aux provinces de l'est-sud-est une très large autonomie dans une structure fédérale et qu'elle abandonnera définitivement toute velléité d'intégrer l'Otan. Parions que d'ici là, les « rebelles » auront pris Mariopoul et ainsi établi une continuité territoriale avec la Crimée... Et les cocus ne seront pas les Russes !

 

- Allez ! Á la nôtre !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

17/02/2015

L'essentiel sur l'essentiel

 

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Grèce. « Γαμήσου ! » Gamí̱sou ! Autrement dit « Va te faire foutre » ! C'est, en substance, ce qu'a répondu le ministre grec Yanis Varoufakis, au président de l'Eurogroupe le ci-devant Dijsselbloem, après que celui-ci aie retiré le texte de compromis proposé par la Commission européenne pour le remplacer par un texte imposant aux Grecs la reconduction pure et simple du « programme d'aide » honni, soit le retour de la Troïka qui contrôlerait de nouveau toutes les décisions du gouvernement, mettrait son veto sur ce qui ne lui plaît pas, imposerait de privatiser à tour de bras et continuerait à humilier tout un peuple. Bref, l'Eurogroupe, sous l'influence de Berlin, demande – sous forme d'ultimatum ! - aux Grecs de balayer tout ce pour quoi ils ont voté en masse pour Tsiripas !

« Παράλογο και απαράδεκτες » « Absurde et inacceptable » leur a répondu, avec raison, Yanis Varoufakis.

S'ils envoient le bouchon trop loin, les boutiquiers de l'U.E. pousseront la Grèce dans les bras de la Russie et de la Chine : - accord financier avec la Chine évacuant la « dette », - sortie de l'Otan, - accord militaire avec la Russie (avec une flotte russe au Pirée!!), - entrée de la Grèce dans les Bricks, etc. Donc – prenons les paris ! - les margoulins de l'Europe avaleront leur chapeau.

 

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danemark fleurs pour tueur.jpgLes Danois découvrent avec stupeur la dure réalité : ils sont directement attaqués, sur leur sol, par les nazislamistes (des « islamofascistes » comme dit Manuel Valls). Au même titre que nous. Á part que nous, on a sur notre sol 5 à 6 millions de musulmans parce que notre histoire, pas toujours glorieuse, et les besoins des patrons nous les ont emmenés. Sans oublier le boulet psychologique d'une culpabilité un peu niaise, les générations actuelles n'étant pas responsables des exactions ni de la colonisation ni de l'esclavagisme. Mais eux, les Danois, ils sont victimes de leur générosité, de leur angélisme qui tangente la konnerie !

Société ouverte et tolérante, ils ont ouvert leur porte à tous les immigrants, à tous les réfugiés (vrais ou faux) fuyant les soubresauts d'un monde musulman où la violence et l'intolérance sont la règle. Ils sont arrivés de Turquie, de Palestine, de Somalie, du Pakistan, d'Irak, du Liban, maintenant de Syrie, de Libye. Ils représentent 5% de la population, restent regroupés en communautés, vivent de l'aide sociale de ce peuple généreux, prétendent imposer leur mode de vie, leurs usages, leurs burquas, leur charia, etc. Et les Danois, éberlués, ont vu ces gens venus d'ailleurs apporter des bouquets pour manifester leur solidarité avec le tueur de Copenhague, puis les provoquer en priant et en braillant - « Allah o akbar ! » - devant la demeure de l'assassin !

 

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macron.jpgChez nous, on en est à la loi Macron. Elle devrait passer aujourd'hui. Du bon et du mauvais, comme toujours. Le très mauvais a été enlevé. Il s'agissait de cet amendement sur la « sécurité du secret des affaires » qui avait pour effet principal de chasser les empêcheurs de magouiller en rond : lanceurs d'alerte, journalistes d'investigations risquaient la prison et d'énormes amendes. Ça a été évacué sous la pression populaire et des médias libres. Pour combien de temps ? Reste le travail du dimanche. Douze dimanche par an, bof, pas de quoi en faire un coffre, surtout si les travailleurs du dimanche sont payés double. Mais le problème c'est que la loi ne prévoit aucun plancher de majoration du salaire... Du bon : les transporteurs étrangers qui font du cabotage en France devront payer leurs employés, sur le territoire français, au Smic français. Mais qui va vérifier ?

 

* * * * * *

Et puis – Cocorico ! - on a enfin vendu des Rafales. Á des Égyptiens. Pas des modèles en matière de droit de l'homme. Mais ils ont l'immense avantage d'être des ennemis jurés de tous les nazislamistes. De plus, c'est le pays le plus puissant du monde musulman et le massacre de 21 de leurs ressortissants en Libye les a mis en rage. En vertu de l'adage « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », on ne va pas faire la fine gueule. Les vrais ennemis, ils sont en Arabie saoudite, au Qatar et autres poussières d 'états pétroliers.

 

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N'oublions pas l'Ukraine. Le cessez-le-feu tiendra-t-il longtemps ? « Ouate ainsi » comme disent les rosbifophones...

 

11/02/2015

Grèce : Tsipras dit « OXI !» - NON ! aux ultimatum germano-européens.

Tsipras Syriza.jpg

 

Tsipras n'a pas été impressionné par la volonté d'étranglement financier de l'Union européenne, sous la pression de la Frau Furher Merkel et avec le concours – la complicité - de la Banque centrale européenne. La BCE a tiré la première – prenant là une position politique qui outrepasse ses attributions – en annonçant couper les vivres aux banques grecques le jour même où se réunissait pour la première fois le Parlement grec fraîchement sorti des urnes !

 

Dans un discours musclé dimanche soir devant le Parlement, le premier ministre grec a martelé vouloir tenir toutes les promesses de son parti et notamment les mesures sociales. Il ne cache pas pour autant que la situation financière de son pays est très tendue puisque les rentrées fiscales ne sont pas encore au rendez-vous et que les riches profiteurs de l'ancien régime accélèrent la fuite des capitaux. Georges Stathakis, le solide ministre de l'économie grec estime que la Grèce a besoin de 4 à 5 milliards d'euros jusqu'en juin, le temps de négocier un nouvel accord avec ses créanciers. Et il n'hésite pas à agiter le spectre de la faillite de son pays « pour 5 milliards ! », à cause de la cuistrerie d'une Europe des banksters qui n'a d'Union que le nom.

 

Malgré les sourires faux-cul des dirigeants européens, Hollande et Renzi en premiers, les dirigeants européens s'alignent sur les diktats de la Teutonne en restant intransigeants, menaçant à mots de moins en moins couverts de jeter la Grèce hors de la zone euro (le « grexit » agité par Merkel). L'ultimatum est là : « Où vous acceptez entièrement le plan d'austérité signé par le gouvernement précédant, ou vous dégagez ».

 

L'Europe donne donc jusqu'au 16 février à la Grèce pour accepter l'extension du « plan de sauvetage » (!!??). Mais accepter ce diktat, c'est revoir la troïka honnie revenir à Athènes, contrôler toutes les décisions du gouvernement, mettre son veto sur ce qui ne lui plaît pas, continuer à humilier un pays qui a démocratiquement dit NON dans les urnes. Hors de question a dit et redit Tsipras, soutenu en cela par la majorité des Grecs, descendus dans la rue pour apporter leur soutien à leur nouveau gouvernement. Tsipras assume : il met un terme à ce « plan de sauvetage » et refuse les crédits qui vont avec. Entre la liberté, la dignité et quelques aumônes, il a choisi. Dans l'honneur.

 

Lors de leur tournée européenne, les responsables grecs ont demandé un crédit-relais ainsi qu'un peu de temps pour construire un véritable État et mettre en place de véritables réformes, notamment en matière d'évasion fiscale. On leur répond avec un ultimatum inacceptable...

 

Et la France, que dit-elle ? Hollande a reçu à bras ouverts le premier ministre grec, laissant penser qu'il se ferait l’intermédiaire, l'avocat de la Grèce auprès de l'Allemagne et des autres pays d'Europe. Mais il a suffi que la Teutonne fronce les sourcils pour qu'il s'aligne servilement...

 

Parlons-en de l'Allemagne... Elle s'assoit avec morgue sur ses Hénaurmes crimes passés. La nouvelle présidente du parlement grec, Zoé Konstantopoulou, a confirmé la réactivation de la structure sur les réparations de guerre dues à la Grèce par l'Allemagne, jamais honorées. Une facture qui s'élèverait à 163 milliards d'euros ! Et il y a d'autres contentieux, pas à l'avantage de l'Allemagne. Les responsables grecs disent vouloir rouvrir aussi des enquêtes sur des pots-de-vin qui auraient été versés par des sociétés allemandes à des fonctionnaires grecs et autres malversations où apparaissent des noms comme Siemens, Mercédès, BMW... Accusations de corruption balayés d'un revers de main méprisant par Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des finances.

 

L'Union européenne prend donc le risque de sacrifier un des pays emblème de l'Europe pour 5 malheureux milliards.Á comparer avec les milliers de milliards que cette même Europe laisse s'échapper en magouilles fiscales, grâce à la complicité d'un pays confetti voyou, le Luxembourg, dont le metteur en scène de ces magouilles a été placé à la tête de la Commission. Ça donne envie de dégueuler...

 

 

Photo X - Droits réservés

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09/02/2015

Rumeurs de paix en Ukraine ?

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Et pourquoi pas ? Pourquoi les Européens - et Merkel en premier lieu – ne s'affranchiraient-ils pas de la tutelle étazunienne, de plus en plus insupportable ? Pourquoi resterions-nous ces toutous impuissants léchant servilement la main de nos « maitres » yankees alors que la puissance économique de l'Union Européenne est supérieure à celle des Etas-Unis ? Pourquoi nous couperions-nous de ce formidable partenaire qu'est la fédération de Russie, bien plus proche de nous géographiquement et culturellement que ne sont les bouffeurs de hamburgers ?

 

La question ukrainienne est peut-être cette occasion. Tous les merdias français tapent à bras raccourcis sur la Russie, rendant Poutine responsable d'une « agression » contre son voisin ukrainien. Rappelons pourtant que cette crise ukrainienne a été créée, fomentée, organisée par les USA pour tout un faisceau de raisons plus ou moins occultes : - poursuivre et parachever leur œuvre d'encerclement militaire de la Russie par l'Otan ; - mettre la main sur les richesses de l'Ukraine ; - affaiblir la Russie et susciter un renversement de son leader pour le remplacer par un fantoche à leur botte ; - semer le chaos au sein de l'Europe en créant un antagonisme dangereux entre l'Union européenne et la Fédération de Russie, ceci dans le but de maintenir leur souveraineté sur le monde.

 

Seulement, ça ne marche pas. Hollande et Merkel ont enfin compris que les manœuvres yankees les desservaient grandement et faisaient des européens les dindons de la farce.

 

Pour les Ricains, le deal est simple : « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi, ça se discute. » Tu acceptes et on te donnera quelques broutilles ; tu refuses et tu peux t'attendre à des représailles ; tu ne cèdes pas, alors « boum-boum » ! Le fer et le feu sur les récalcitrants puis...les Yankees s'en vont, laissant un effroyable chaos. Comme en Irak, comme en Afghanistan, comme en Syrie, comme aujourd'hui en Ukraine.

 

Pour les Russes, les priorités sont autres. D'abord et avant tout, ils ne veulent en aucune manière d'une menace encore aggravée de l'Otan à leurs frontières. Pour eux, l'Ukraine dans l'Otan et donc des bases US à quelques kilomètres de leur territoire, c'est un casus belli. Ensuite, ils sont très sourcilleux sur les pays de l'ex-URSS peuplés en grande partie de Russes ou de russophones qui – travaillés par la propagande US, les dollars et les coups fourrés de la CIA – voudraient échapper à ce qu'ils considèrent comme leur zone d'influence naturelle et leur glacis de sécurité militaire. Ils n'ont pas oublié la trahison de la parole donnée à Gorbatchev concernant le fait que les ex-républiques de l'Est ne devait pas adhérer à l'Otan. Enfin, les « rebelles » de l'Est de l'Ukraine mettent partout en déroute les troupes ukrainiennes (les premiers luttent pour l'existence même de leur pays, les autres - à part quelques régiments nazis - n'ont pas trop le cœur de tirer sur leurs frères de l'Est). Poutine a donc intérêt à gagner du temps de façon à laisser les « rebelles » agrandir leur territoire jusqu'à réaliser une continuité terrestre entre le territoire russe et la Crimée.

 

Quant aux Européens, surtout la France et l'Allemagne, ils devraient enfin ouvrir les yeux et comprendre que les USA n'agissent que dans leur propre intérêt (en fait celui de leurs multinationales et de leurs banques) et se foutent comme de leur premier génocide des intérêts de leurs vassaux... Qui subit le contrecoup des sanctions contre la Russie ? Pas les USA mais les Européens (Allemagne et Pologne en premier, sous la menace d'une coupure du gaz russe, Allemagne encore pour ses débouchés industriels, France pour ses ventes agroalimentaires, d'armements et de haute technologie). Seulement pour avoir voix au chapitre, encore faut-il avoir quelques muscles à montrer...

 

Les négociations actuelles « de la dernière chance » réussiront s'ils laissent les USA en dehors et aux conditions que nous venons de voir : - pas d'entrée de l'Ukraine dans l'Otan, - abolition des sanctions contre la Russie, - établissement d'une fédération ukrainienne laissant une large autonomie à des provinces de l'Est clairement définis géographiquement et viables économiquement.

 

Après quoi, rien n'empêchera d'établir des relations étroites entre l'UE et la Fédération de Russie, pour établir à long terme la plus formidable puissance qu'il soit, de Brest à Vladivostok.

 

Illustration: merci à Pinel