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27/11/2016

Ouiquinde gastronomique: Les lapins de garenne du grand Gaby.

lapins de champs pour le web.jpg

 

Grand long, dégingandé, sec

Perché sur un long cou d'échassier famélique,

Le Grand Gaby est un Prince de la barrique.

Ce fervent défenseur de l'ardeur vigneronne

Est médaillé d'honneur de la Coste-du-Rhône :

N'a-t-il pas englouti, pour se mouiller la glotte

Six cents hectos de vin, sans un verre de flotte!

Ceci en soixante ans d'une soif flamboyante,

Éteinte verre en bouche, de manière constante.

Tout comme d'autres tirent, Gaby boit des deux mains,

En saluant la foule, tel un tribun romain.

Le Grand Gaby, doté d'un vigoureux sésame

Est, cela va de soi, le chéri de ses dames.

Minettes délurées, bourgeoises en goguette

Attirées par sa réputation d'athlète,

Négligeant les on-dit qui prédisent leur perte,

Viennent à son mazet, ouvertes et offertes.

Elles doivent aimer le suint de sanglier

Car leur amant dégage un fumet de gibier.

Priape, Éros, Bacchus, protecteurs de Gaby,

Bénissent les amours cachés dans son gourbi.

Ses conquêtes, souvent, mangeront du lapin

Lorsque leur étalon part avec ses copains...

Le lapin, il est vrai, est sa spécialité,

Tant dans la casserole que contre ses beautés.

Souvent le Grand Gaby, quand vient le crépuscule,

Part hanter la garrigue où la chouette hulule.

Silencieusement, tous les sens aux aguets,

Il s'en va, dans la nuit, pour tendre ses arqués (1) :

De puissants pièges ronds, tendus par un ressort,

Pour les lapins de champs, synonymes de mort...

Quant l'aube aux doigts de roses éveille la nature

Gaby est déjà là pour prendre ses captures.

Les gardes le connaissent, tous veulent le coincer,

Mais le Grand, plus malin que la maréchaussée,

A toujours évité les rencontres néfastes

Tant, de son territoire, sa connaissance est vaste.

- Oh ! Victor, ton Gaby, c'est un bel oiseau rare !

Mais ses lapins de champs, comment il les prépare ?

- Espuillés (2), étripés, coupés en huit morceaux,

Un lapin de garenne chaque deux commensaux,

Tu frottes du thym sec de la dernière estive,

Tu arroses le tout de bonne huile d'olive,

Sel, poivre du moulin et quelques aromates

Et tu fais reposer cela dans une jatte.

Dans ta sartan (3), fond du petit-salé en dés

Dans un peu de saindoux, quantité limitée.

Quand c'est cuit, mets de l'ail, trois oignons émincés

Trois tomates pelées, soigneusement pressées,

Fais réduire à feu vif sans cesser de tourner,

Rajoutes ton lapin à peine fariné,

Fais prendre la couleur en remuant l'ensemble,

Trois verres de vin blanc ou plus si bon te semble,

Plus un morceau de sucre dans quelques verres d'eau.

Encore que la flotte ne sois pas mon credo. . .

Fais cuire sans couvrir, vivement, demi-heure.

Le Gaby l'accompagne par des pâtes au beurre.

Parmi les invités de ces repas de maître,

Le Grand convie parfois.. .notre garde-champêtre!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 lapins de champs (de garenne), - 2 verres d'huile d'olive la vallée des Baux, - thym sec émietté, - sarriette, - laurier, - sel, - poivre du moulin, ­2 noix de saindoux, - 2 hectos de petit-salé, - 6 gousses d'ail pelées et écrasées, 3 oignons finement émincés, - 3 tomates pelées, mondées, épépi­nées, - 1 cuillerée à soupe de farine, - 3 grands verres de vin blanc, - 1 morceau de sucre, - 3 verres d'eau, - 1 kilo de pâtes.

 

Les vins conseillés: 

Tous les vins rosés bien frais: Côtes-du-Rhône, Tricastin, Ventoux, Lu­beron, Costières de Nîmes, Coteaux du Languedoc, Côtes de Provence, Coteaux varois.

 

Arqués: pièges demi-circulaires à ressort central.

(2) Espuillé : écorché.

(3) Sartan : poêle.

 

 Illustration originale de Vincent Barbantan.

 

 

26/11/2016

Ouiquinde érotique : le panaris et le panard.

moines.jpg


Le mal d'aventure (le panaris)

Alison se mourait d'un mal
Au bout du doigt, mal d'aventure.
- Va trouver le père Pascal,
Lui dit sa sœur, et plus n'endure ;
Il a fait mainte et mainte cure,
Ses remèdes sont excellents.
Il te guérira, je t'assure.
Il en a pour le mal de dents,
Pour l'écorchure et pour l'enflure ;
Il fait l'onguent pour la brûlure.
Va donc sans attendre plus tard ;
Le mal s'accroît, quand on recule.
Et donne lui le bonjour de ma part.
Elle va, frappe à la cellule
Du Révérend frère Frappart,
- Bonjour, mon frère. Dieu vous gard !
Dit-elle, ma sœur vous salue,
Et moi qui suis ici venue,
Lasse à la lin de trop souffrir ;
Mais ma sœur vient de me promettre
Que vous voudrez bien me guérir
De ce doigt qui me fera mourir ;
Non, je ne sais plus où le mettre.
— Mettez, dit Pascal, votre doigt
Les matins en certain endroit
Que vous savez. — Hélas, que sais- je ?
Répond Alix, où le mettrai-je ?
Dites-le moi, frère Pascal,
Tôt, car mon doigt me fait grand mal.
— O ! l'innocente créature !
Avez-vous la tête si dure ?
Certain endroit que connaissez ;
Puisqu'il faut que je vous le dise,
C'est l'endroit par où vous pissez.
Eh bien, m'entendez-vous, Alise ?
— Mon frère, excusez ma bêtise.
Répond Alix, baissant les yeux ;
Suffit, j'y ferai de mon mieux,
Grand merci pour votre recette ;
J'y cours, car le mal est pressé.
— Quand votre mal sera passé,
Venez me voir, Alisonnette,
Dit le frère, et n'y manquez pas.
Soir et matin à la renverse,
Suivant l'ordre du bon Pascal
Elle met remède à son mal.
Enfin l'abcès mûrit et perce ;
Alison saine va soudain
Rendre grâce à son médecin
Et du remède spécifique
Lui vante l'étonnant succès.
Pascal, d'un ton mélancolique,
Lui repart : - Un pareil abcès
Depuis quatre jours me tourmente,
Vous seriez ingrate et méchante
Si vous me refusez le bien
Que vous avez par mon moyen ;
Alix, j'ai besoin de votre aide,
Puisque vous portez le remède
Qui, sans faute, peut me guérir.
Eh quoi ! me verrez-vous mourir
Après avoir avoir bien guérie ?
— Non, dit Alix, sur ma vie,
Je ferais un trop grand péché ;
Tel crime... allons donc, je vous prie,
Guérissez-vous, frère Pascal,
Approchez vite votre mal.
A ces mots, Dom Pascal la jette,
Sans marchander, sur sa couchette,
L'étend bravement sur le dos
Et l'embrasse. - Ô Dieu ! qu'il est gros !
Dit Alix, quel doigt ! Eh ! de grâce,
Arrêtez... Je le sens qui passe.
— Ma chère Alix, attends un peu,
Je me meurs... souffre que j'achève.
— Ah ! reprit Alix tout en feu,
Vous voilà guéri, l'abcès crève.

Jacques Vergier

 

Illustration X - Droits réservés

24/11/2016

Vous n'êtes pas au courant (électrique) ? On va trembler cet hiver et on va casquer !

nucléaire edf tout va bien.jpg

Cet hiver, les ceusses d’entre nous qui se chauffent à l’électricité risquent fort de se geler les aliboffis ! Parce que l’électricité risque fort de manquer, du moins en période de pics de froid. Dans notre beau pays de France, plus de 70 % du courant électrique est d’origine nucléaire. Or à l’heure actuelle, 21 réacteurs sur les 58 sont à l’arrêt, soit plus d’un sur trois. Sur ces 21 réacteurs, 15 sont en maintenance technique « planifiée », donc normale, mais 7 ont dû subir des tests sur leurs générateurs de vapeur, potentiellement défectueux. Suite à la détection d’anomalies sur les générateurs de vapeur, l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) a imposé à EDF des inspections poussées sur 18 réacteurs présentant des risques sur des équipements sous pression (cuves, générateurs de vapeur et tuyauteries du circuit primaire principal) ainsi que sur des emballages de transport de substances radioactives. Sur ces 18 réacteurs, 6 ont été autorisés à redémarrer, 7 sont en cours d’inspection et 5 devront être inspectés dans les semaines et mois qui viennent. Le PDG d’EDF, J-B Levy, reconnaît qu’il est possible que 12 réacteurs soient à l’arrêt cet hiver. Ce qui impliquera l’achat à l’étranger de la production manquante et fait la preuve de la fragilité de l’approvisionnement électrique en France et de la stupidité du choix du « tout nucléaire ». Notons au passage que chaque jour d’arrêt d’un réacteur nucléaire coûte un million d’euros à EDF. Aïe la facture !

On pourra importer de l’électricité polluante allemande produite pour l’essentiel au charbon… À des exorbitants. Mais ce n’est pas tout. Il y a beaucoup plus « savoureux » dans le degré de la konnerie : c’est la loi NOME.

Késaco la loi NOME ? Ça veut dire Nouvelle organisation du marché de l’électricité. Un truc particulièrement tordu. Un modèle d’arnaque à grande échelle. Il se trouve que la France – à travers les centrales EDF, payées et subies dans leur option nucléaire par les Français - produit l’électricité la moins chère d’Europe. Peut-on s’en plaindre ? On se farcit souvent contre notre gré les centrales nucléaires et les terribles dangers qu’elles recèlent, alors autant en tirer quelques bénéfices. Logique non ? Ben non ! Pas pour les tronches d’œufs de la Commissions européenne. Les opérateurs privés qui se sont lancés sur le marché (Poweo, Direct Energie, GDF-Suez) n’arrivent pas à s’aligner sur les tarifs d’EDF, entreprise publique, propriété des Français. Alors qu’est-ce qu’ils font ? Ben, ils en appellent à la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée », parangon de l’Europe ultralibérale que nous devons subir (merci Sarko qui s’est assis sur le « Non » du peuple).


Au nom donc de cette « concurrence libre et non faussée », la Commission européenne – à l’époque présidée par le désormais banksters Goldman-Sachs Barrosso – a fortement « suggéré » à la France de casser le monopole d’EDF. Et la clique des sarkotrafiquants de l’époque, sous la houlette de Premier ministre FILLON, a concocté ce monument de stupidité nommée « Loi NOME ». Cette loi scélérate contraint EDF à vendre le quart de sa production d’électricité d’origine nucléaire à ses concurrents à un tarif assez favorable – 42 euros le mégawattheure - pour qu’ils puissent tailler des croupières à l’entreprise publique ! Incroyable mais vrai !

Au début, les prix de gros de mWh étaient inférieurs à ce prix, donc pas de problèmes, mais ces derniers temps, par suite à la baisse de la production, le prix de l’électricité à sérieusement augmenté, atteignant actuellement autour de 80 euros le mWh, voire 90 euros en période de pointe, soit le double et plus du tarif auquel EDF est obligé de vendre le quart de sa production ! Au fou ! Ainsi, grâce à cette loi innommable, EDF va devoir racheter à 90, 100, 110 euros et plus si affinités de l’électricité qu’elle aura vendu à la concurrence à 42 euros !

Et qui va devoir casquer ce supplément pour engraisser les entreprises privées ? Ben vous, moi, comme toujours le cochon de payant.

Mais pourquoi fallait-il changer un système qui marchait bien – celui d’EDF, entreprise nationale qui NOUS appartient – pour un système bien plus cher et qui ne marche pas ? Ben la concurrence pardi ! La « concurrence libre et non faussée »…

Bon. Moi, ce que j’en dis, eh… Je m’en fous : je chauffe avec un extraordinaire poêle à granulés ! Trois fois moins cher que lorsque je chauffais à l’électricité.

 

Photo X - Droits réservés

22/11/2016

Au bistro de la toile : les langoustes plutôt que les primaires...

chimulus bistro copie.jpg

 

- Alors Victor, t’as été voté ? Pour qui ? Pour le révérend père Rillettes, pour le duc de Bordeaux ? Ou plutôt contre qui ?

- Attends Loulle, j’ai passé le dimanche en tribu chaleureuse, j’avais devant moi les huîtres de Bouzigues accompagnées de blancs Picpoul de Pinet, des langoustes à l’armoricaine avec des blancs de Cassis soyeux, le civet de sanglier de Lozère et la gardianne de taureau de Camargue, accompagnés d’un grand Jéroboam de Haut Médoc cuvée 2005, d’un magnum de Cornas 2009, et de plusieurs flacons de Chateauneuf-du-pape. Alors tu comprends, les primaires de la droite, je m’en suis tamponné le coquillard…

- Évidemment vu sous cet angle, le choix est évident. Cas de force majeure !

- Malgré tout, le soir, avec un Armagnac hors d’âge, j’ai suivi les cagades de la droite, et je dois te dire que ça a agréablement terminé une belle journée épicurienne ! Voir la gueule de Sarko qui voyait venir les oranges de la Santé, celle de Barouin, celle de Juppé qui tombait d’un cinquième, de Fillon qui n’en croyait pas ses oreilles, se croyant habité par la grâce divine, prêt à tomber à genoux, mains jointes, devant Sainte-Rillettes… Jouissif tout ça.

- Enfin tout de même, tout le monde s’est planté. Et surtout les sondeurs et les médias. C’est maintenant une habitude. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

- Ah ! Ah ! Ah ! Ce sont les électeurs de gauche qui sont venus en masse. Les organisateurs de ces primaires attendaient entre deux millions et deux millions et demi d’électeurs. Or, il en est venu quatre millions, soit un million et demi de plus. Dont l’essentiel venait de la gauche. Attends Loulle, les droitards donnent à la gauche la possibilité de peser sur le résultat de leur primaire. Ils en ont profité. Le but avéré était avant tout d’éliminer Sarko dès le premier tour. Juppé caracolait largement en tête selon les sondages, donc inutile de lui filer un coup de main, pour la première place, c’était plié. Il restait donc à dégommer Sarko de la deuxième place. Et comme le plus proche, toujours selon les sondages, étant « le catho pétrit par les prêtres de Sarthe » comme l’appelait Chirac, ils ont voté Fillon ! Voilà comment celui-ci s’est retrouvé largement en tête.

- Donc Fillon a été élu par la gauche ?

- On peut dire ça. Mais attend Loulle, ça ne veut pas dire que dimanche prochain, pour le second tour, le résultat soit le même. Parce que les électeurs de gauche qui se sont déplacés pour faire un raid victorieux contre Sarko n’ont rien à foutre de choisir entre Péju ou Fion. Choix pas très bandant entre un vétuste et un cureton… Je te parie une tournée générale qu’il y aura beaucoup moins d’électeurs dimanche : tous ceux de gauche. Et que les électeurs de droite s’arrangeront entre eux. Et tout risque de changer. Nous, on s’en fout. L’essentiel c’était de dégommer Sarko. C’est fait. Avec – cerise sur le gâteau – la forte probabilité que Hollande, qui rêvait de rejouer le coup contre Sarko, ne se présente pas.

- Il est vrai que, tant l’un que l’autre ont des programmes qui promettent des lendemains joyeux : à la CGT, on doit déjà préparer les banderoles et se faire la voix : "Fillon, tes réformes, tu peux te les foutre dans le fion"! Fillon, plus réac que moi tu meurs… D'ici que le bénédicité soit obligatoire dans les cantines, y a pas loin !

- Ce sont effectivement des programmes à la Thatcher. Mais complètement décalés, à contre-courant du mouvement qui se dessine ailleurs dans le monde, et notamment aux États-Unis avec Trump et même en Allemagne : un retour vers une certaine régulation, le renouveau de grands travaux sous la baguette de l’État, un protectionnisme sélectif.

- Bref, Juppé comme Fillon sont en retard d’une guerre… Ça peut faire du grain à moudre pour qui ça ? Le candidat de gauche ? Le FN ? Mélenchon ? Ou bien Macron ?

- Tout reste ouvert. Le candidat de gauche, ce sera qui ? Valls ? Il risque le même rejet que son patron. Montebourg si c’est lui ? Peut-être, mais il se trimballe tout de même une part des trahisons de François. Le FN ? Bien qu’ils s’en cachent, ils sont sur la même ligne ultralibérale que Fillon, à l’encontre des espérances de leurs électeurs de « la France d’en bas ». Mais ils n’en sont pas à un mensonge près. Mélenchon ? Il ne faut que raisonnablement s’illusionner sur ses chances d’arriver au second tour de la présidentielle. Encore que… S’il arrive à récupérer un max de voix d’ouvriers, d’employés, de petits fonctionnaires trompés par la fausse propagande « populaire » du FN, ceci conjugué au rejet des "élites", c’est possible. En tout cas, il peut et doit devenir le premier parti de gauche, une vraie alternative au PS déconsidéré pour les scrutins à venir, et notamment les législatives. Macron ? Il pourrait être le singe qui tire les marrons du feu, étant le seul homme de droite nouveau, pouvant aussi attirer pas mal de voix de la gauche.

- Bon. Eh bien c’est plus clair. Tè ! Je vais faire péter une quille de Côtes-du-Rhône Primeur. On le mérite.

- À la nôtre !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

 

 

 

 

 

 

 

21/11/2016

La retraite de Sarkozy.

france forte barreaux.jpg

 

Il pleuvait.

Les sarkotrafiquants tremblaient dans leur liquette.

Pour la première fois Sarko baissait la tête.

Sombre jour ! Le nabo reculait brusquement

Laissant derrière lui un Barouin écumant.

Il pleuvait. Les coups durs tombaient en avalanches.

Après un coup de manche un autre coup de manche.

On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.

Hier Les Ripoublicains, et maintenant troupeau.

On ne distinguait plus les ailes ni le centre.

Il pleuvait. Les féaux se déchiraient le ventre,

Certains osant penser autrement que le chef

S’exposaient aux tourments des chevaux qu’on achève.

On attendait Juppé et c’est Fillon qui vînt

Repoussant Sarkozy sur les bords du ravin

Où, dans sa dure chute il allait disparaître.

Le « collaborateur » humiliait le « maître ».

Bravant la pluie, le vent qui secouait la France

Les électeurs de gauche firent la différence.

Saisissant l’occasion, en prenant leur panard,

Ils s’invitèrent en masse au banquet des droitards.

Leur but était très clair : éliminer le nain

Dès ce premier scrutin.

Péju, c’était écrit, devait tourner en tête,

Donc la seconde place cèlerait la compete.

Pour ce faire, il fallait pousser, la main au fion,

Le tristounet Fillon.

Et donc ainsi fut fait. Au fil de la soirée

Les résultats tombaient, les choses empiraient…

Non seulement Sarko n’était plus que troisième

Mais le fringant pépé n’était, lui, que deuxième !

Fillon, catho pétrit par les prêtres de Sarthe,

Caracolait devant. Athènes battait Sparte…

Et les bouchons sautaient chez tous les goguenards :

Quelques milliers de voix fusillaient le renard

Mais aussi, par le jeu d’un billard à trois bandes,

Éliminaient Hollande.

Ganelon risquait fort, s’il se représentait

Aux primaires de gauche, une déculottée

Au moins équivalente à celle du quincaillier !

Faute de match retour, pour eux deux, les vacances

Rendront pour quelques jours le sourire à la France !

Sourire qui sera un franc éclat de rire

Lorsque les méchants juges, avec juste raison,

Convoqueront Sarko pour bientôt le conduire

Vers la zonzon…

 

VictorAyoli

 

Illustration X - Droits réservés

 

18/11/2016

Au bistro de la Toile : Où est l'espoir ? Qui pour nous faire rêver ?

chimulus bistro copie.jpg

 

- Alors Victor, t’as regardé le débat des primaires hier soir ?

- Non. Sans intérêt.

- Eh ! Tout de même. Celui ou celle qui sortira de cette primaire sera quasiment assuré de gagner la présidentielle du printemps 2017 !

- Tu as dit « quasiment ». Ce qui veut dire que ce n’est pas sûr à 100 %. Regardons quelles seront les forces en présence. À droite, on aura donc Juppé ou Fillon, plus Macron. À l’extrême droite Le Pen.

- Ça c’est clair, mais à gauche, qui ? Et Macron, tu le mets à droite ?

- Ben, où veux-tu le mettre ? À gauche ? Lui-même refuse cette qualification. Son financement ne provient pas des cotisations des « travailleurs » que je sache… N’est-il pas allé, il y a quelques mois, voir les banquiers de la City, à Londres ? N’a-t-il pas l’oreille du Medef ? Mais il a l’avantage d’être « neuf », de ne pas être de la génération des responsables de l’état actuel de désarroi moral et de délabrement économique du pays. Donc ça fait pas mal de monde pour se partager les voix de la droite et de l’extrême droite…

- …qui représentent tout de même près de 60 % des intentions de vote…

- Exact Loulle. Et là, les responsables politiques de la gauche sont coupables de cette situation. Ils sont coupables de cette chose terrible : ils ont poussé les « masses laborieuses » comme disait Georges Marchais, les « travailleuses, travailleurs » comme disait Arlette Laguiller, dans les griffes du F.N.

Les deux gouvernements de François y sont pour beaucoup, tournant le dos aux valeurs de gauche, fliquant la population, incapables de juguler le chômage, imposant par ordonnance une loi du travail directement sorti du Medef, s’aplatissant devant l’Allemagne de Merkel, léchant les bottes de l’Otan des USA comme un gentil toutou docile, faisant le jeu des banksters, incapables d’imposer quelque vue que ce soit à l’Europe, etc. On est habitué aux faux-culteries des socialistes pour lesquels c’est presque une tradition que de trahir ses promesses.

Mais ils ne sont pas les seuls. Que dire de cette « intelligentzia » autoproclamée de la gôôôche lèche-babouches ? Tous ces bobos collabos crachant sur la « populace » qui reste insensible « à la beauté du combat djihadiste » ? Que dire des partis - maintenant simples groupuscules – de l’extrême gauche, le NPA se fusillant il y a quelques années en présentant une candidate voilée, au nom d’un combat bidon assimilant les délires religieux des tarés d’allah à la lutte des classes ? Que dire du parti communiste – jadis premier parti de France – qui est devenu une machine poussive recroquevillée sur un petit pré-carré de notables locaux ? Que dire des écolos dont les palinodies perpétuelles ont déçu et poussé à fuir les plus purs ?

- Ben dis donc, Victor, tu leur as taillé un sacré costard ! Alors qu’est-ce qui reste ? Faut-il se résigner à subir Juppé, Fillon ou Le Pen ? De quoi cauchemarder grave… Où est la part du rêve ? Où est la lueur d’espoir.

- À gauche, François n’aura pas, je pense, l’impudence de se représenter. La primaire à gauche se fera donc entre Valls et Montebourg. Les deux sont comptables de la faillite du quinquennat de Hollande, le premier en portant une responsabilité essentielle. Chercher le rêve chez Valls, faut aimer… Montebourg a plus d’atouts, mais s’il est le représentant élu, donc porteur du bilan des socialistes, ce qui est la règle du jeu de la primaire, il a peu de chance d’arriver dans les deux premiers à la présidentielle.

- Reste qui alors ? Mélenchon ?

- Il peut être ce porteur d’espoir. Il est le seul a pouvoir ramener au bercail les millions de voix des ouvriers, des employés, des fonctionnaires de base qui, se sentant trahis, se sont réfugiés dans les bras du F.N.. Sa campagne, plus mesurée, loin des vociférations d’antan, porte ses fruits. Il lui reste à clarifier sa position face à quatre questions essentielles : - la place de la France dans l’Europe, - les rapports avec l’islam, - les migrants, - la France et l’Otan.

Concernant l’Europe, il semble ne pas commettre la stupide erreur de vouloir en sortir à la manière du Brexit, mais de taper sur la table et faire clairement savoir à nos partenaires que la France est LA FRANCE, qu’elle demeure la deuxième économie de l’Europe derrière l’Allemagne, mais que l’économie n’est pas tout, qu’elle est la première – voire la seule – puissance militaire de l’Union européenne, qu’elle fait partie de club, heureusement restreint, des puissances atomiques, qu’elle est, de loin, la nation européenne la plus influente au niveau diplomatique dans le monde, enfin quelle est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce qui la positionne largement à la tête de toutes les nations de l'U.E. Pour un dirigeant digne de ce nom, il y a là de quoi se faire respecter, non ?

Concernant l’islam, il s’est - si je me souviens bien - plusieurs fois prononcé contre le voile, pour la laïcité sans « arrangements raisonnables », pour la plus grande fermeté contre les islamistes, qu’ils soient Français ou étrangers. C’est là que l’attend le peuple de gauche qui s’est tourné vers le FN, par la konnerie des colabobos lèche-babouches qui sévissent sur les plateaux télé et dans les médias et qui ont remplacé l’œil de Moscou par l’œil de Mossoul !

Concernant les migrants, on attend sa position…

Quant à l’Otan, s’il annonce clairement qu’il compte, sinon en sortir complètement, du moins revenir à la situation de l’époque de De Gaulle - allié, certes, mais pas vassal - il marquera de sérieux points dans l’opinion.

- Bon. Ben, y a du boulot…

- C’est vrai, mais il y a la place. La clé étant la capacité de Mélenchon à récupérer les voix de gauche fourvoyées chez Le Pen.

- À la nôtre ! Et Banzaï !


Illustration: merci au regretté Chimulus

16/11/2016

Fortes menaces de hold-up sur le Livret A.

cochon tire lire.jpg

Pendant les enfumages trumpiens, les « primaires » de la droite et autres macronneries, le ministère des finances a engagé des magouilles sournoises avec la Banque de France pour faire les poches des laborieux : ceci en changeant pour la énième fois le taux de rémunération du Livret A, l’épargne des modestes, des laborieux, la bouée de sauvetage des sans-dents.

Les réformes concernant le placement préféré des Français sont aussi nombreuses que les gouvernements qui se sont succédé, de gauche comme de droite. Mais avec une constante : rogner toujours plus les maigres avantages qu’il propose aux épargnants les plus modestes. Il n’y a pas de règles claires, fixes, connues, simples établissant le taux de rémunération. Il a été modifié en 2003, en 2004, en 2005, en 2008, en 2009, en 2011. Et rebelote cette année !

Le mode de calcul est des plus touffus mais il comporte (jusqu’à maintenant), un cliquet de protection : le taux de rémunération doit être au minimum égal à l’inflation augmentée d’un quart de point.

Comment ? Laisser 0,25 % d’intérêts annuel à ces salauds de pauvres ? Voilà qui donne des boutons à ce grand républicain qu’est François Villeroy de Galhau, ci-devant gouverneur de la Banque de France. Et c’est ce maigre avantage qu’il veut faire sauter le particulé. Eh ! Les sans-culottes, vous n’avez pas bien fait le boulot, et c’est maintenant les sans-dents qui morflent…

Si la « réforme » passe, elle ne prendra pas effet immédiatement, pour cause d’élections présidentielles. Donc pas de changement à craindre au prochain rendez-vous prévu légalement, soit celui du 1er février 2017. Mais au suivant, soit au 1er août 2017 (en pleines vacances d’été !), les petits épargnants ont de fortes chances de se faire arracher quelques plumes de plus…

Ce que ces crapules vont nous voler, ce n’est pas rien ! Le Livret A et le livret qui lui est adossé, le Livret de développement durable (LDD), totalisent environ 270 milliards d’euros de dépôts, auxquels il faut ajouter les quelque 50 milliards d’euros du Livret d’épargne populaire (LEP), soit 320 milliards au total, un point de variation du taux de rémunération équivaut à 3,2 milliards d’euros sur un an, soit 800 millions d’euros par trimestre. Soit, pour un demi-point 400 millions d’euros !

Ces magouilles révèlent une constante du fonctionnement de notre république en la matière : quelle que soit l’alternance en 2017, Bercy et la Banque de France ont pris par avance les dispositions pour que rien ne change. À sa manière, le Livret A confirme que le système oligarchique français se fout royalement des alternances démocratiques et poursuit ses manigances secrètes, ses arnaques sournoises, dans le plus souverain mépris de ce que les citoyens peuvent espérer ou décider…

Notons que le ci-devant Villeroy de Galhau François, patron de la Banque de France, a fait toute sa carrière de banquier à BNP Paribas. Notons encore que la Direction du Trésor, à Bercy, est depuis toujours une sorte d’annexe de la Fédération bancaire française… Les « inspecteurs des finances » se font un carnet d'adresses à Bercy puis vont pantoufler grassement dans les banques privées. Et, en sens inverse, les banquiers viennent « conseiller » les hauts fonctionnaires. Ben voyons. Entre gens du même monde, on s’entend toujours. Sur le dos des manants…

Le livret A est une épargne solidaire. Le pécule des épargnants est faiblement rémunéré mais cet argent est ensuite prêté aux organismes HLM pour la construction de logements sociaux à des taux d’intérêt très faibles et sur le temps long. Ce système, qui fonctionne depuis des dizaines d’années, a fait des jaloux : les banques. Elles ont fait des pieds et des mains pour récupérer une part de ce gros gâteau. Et elles ont réussi leur hold-up sous Sarkozy qui a permis aux banques privées de récupérer une partie de l’épargne « Livret A » jusqu’alors gérés exclusivement par les Caisses d’épargne et La Poste. Alors qu’auparavant, 100 % de la collecte du livret A était centralisée par la Cour des comptes et était uniquement destinée au financement de la construction de logements sociaux, ça n’a été rapidement plus été que 70 à 60 %. Le détournement des 30 à 40 % restants a été justifié par la nécessité de financer les PME ; si une partie de ces dizaines de milliards d’euros s’est bien concrétisée par quelques prêts parcimonieux vers les entreprises, pas mal de bons milliards de fric de pauvres sont cependant allés dans les poches des banques qui ont utilisé le magot pour se recapitaliser : ces nouvelles liquidités leur permettant de se refaire une santé après avoir perdu beaucoup d’argent dans les emprunts toxiques. Mais ce n’est pas tout : pendant l’été 2013, alors que la collecte du livret A atteignait les sommets, plus de 260 milliards d’euros, c’est un gouvernement de gauche cette fois qui a fait le choix d’offrir à nouveau un cadeau aux banques. Celles-ci ont récupéré la gestion de 15 nouveaux milliards d’euros supplémentaires tirés du livret A.

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira… Parfois, on en vient à regretter la Veuve…

 

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15/11/2016

Ayant observé le clair de lune, décrivez le clair de l'autre.

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Hier c'était lundi, le jour (di) de la lune. Elle était froide comme le mistral hier soir. Mais belle, féconde de tous nos rêves, pleine de tous nos désirs. Pour les Grecs Séléné, fille d'Hypérion et de Théia. Pour les Hindous Chandra, déesse de la fertilité. La reine des nuits est la muse de tous les poètes.


Ecoutons le grand Charles (Baudelaire) dans Tristesse de la lune :


Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse;

Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,

Qui d'une main distraite et légère caresse

Avant de s'endormir le contour de ses seins,


Sur le dos satiné des molles avalanches,

Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,

Et promène ses yeux sur les visions blanches

Qui montent dans l'azur comme des floraisons.


Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,

Elle laisse filer une larme furtive,

Un poète pieux, ennemi du sommeil,


Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,

Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,

Et la met dans son cœur loin des yeux du soleil.


...et puis Paul Verlaine dans Clair de lune :


Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

 

Tout en chantant sur le mode mineur

L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

 

Au calme clair de lune triste et beau,

Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.


...et enfin, bien sûr : Au clair de la lune

Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume,
Pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte,
Je n'ai plus de feu;
Ouvre-moi ta porte
Pour l'amour de Dieu !

Au clair de la lune,
Pierrot répondit :
Je n'ai pas de plume,
Je suis dans mon lit.
Va chez la voisine,
Je crois qu'elle y est;
Car dans sa cuisine,
On bat le briquet.

 

Au clair de la lune,
L'aimable Arlequin
Frappa chez la Brune,
Qui répond soudain :

Qui frapp' de la sorte ?
Il dit à son tour :
Ouvrez votre porte,
Pour le dieu d'amour.

 

Au clair de la lune,
On n'y voit que peu;
On chercha la plume,
On chercha le feu.
Cherchant de la sorte
Ne sais c'qu'on trouva;
Mais je sais qu'la porte
Sur eux se ferma.

 

...et oui, la lune, complice de tous les Amours !

 

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07/11/2016

Au bistro de la toile : Trump ? Clinton ? Bonnet blanc et blanc bonnet ? Pas sûr.

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- ...teng, Victor, ils nous les gonflent sérieux les aliboffis avec leur konnerie d'élection étasunienne. On a assez à réfléchir avec la nôtre d'élection !

- C'est vrai Loulle. C'est une manifestation du léchage de bottes des peuples soumis envers leur suzerain… Pourtant, tout ce qui touche à l'orientation politique, économique, financière des Etats-Unis nous importe, même – et c'est le cas tant pour toi que pour moi – si on se fout comme de notre première cuite de ce pays de voleurs de terre, de voleurs de nom. Ceci à travers les multinationales, le dollar, l'Otan, le divers traités commerciaux imposés, le FMI, l'OMC et toutes ces instances soi-disant internationales mais qui ne sont en fait que des instruments de domination des Etats-Unis.

- Vu sous cet angle… Mais dis-moi, voleur de terre, je comprends : ils se sont construits sur le génocide de 30 millions d'Amérindiens et l'esclavagisme de 30 millions de Noirs. Mais voleurs de nom ?

- Oui. Voleurs de nom : ils se proclament comme étant « les Américains ». Comme si les Canadiens, les Brésiliens, les Argentins, tous les états d'Amérique du sud - et même nous, Français de Guyane, de Martinique, de Guadeloupe, de Saint-Pierre-et-Miquelon – n'étaient pas Américains au même titre qu'eux !

- C'est vrai ça . Donc si je te suis, le résultat des élections être Trump et Clinton nous importe ?

- Ben ouais… Qu'on le veuille ou non, c'est comme ça. Mais ne nous y trompons pas, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Le système étasunien du bipartisme donne tous les quatre ans aux électeurs l'illusion de la démocratie. Au banquet des élections, ils ont à choisir entre immangeable et dégueulasse. Ça les amuse – comme nous d'ailleurs. C'est une sorte de match et les gens choisissent leur équipe. Ils ont alors le rôle de « supporter » d'un camp ou de l'autre. Avec toute la finesse que l'on connaît aux « supporters » sportifs ! Mais le lendemain, quand les lampions sont éteints, les banksters, les maquereaux des multinationales, les escrocs des fonds de pensions, le complexe militaro-industriel, bref, tous les ploutocrates du « 1 % » sablent le Champagne : ils ont réussi une fois encore à manipuler les « 99 % » de façon a ce qu'un fantoche, une marionnette soutenue par eux, s'imposent à la tête du système. Ils lui demanderont alors des comptes, de renvoyer l'ascenseur. C'est le « - Qui t'a fait Duc ? - Qui t-a fait Roi ? » à la sauce électorale.

- Tout de même, Victor. Comment une vieille démocratie comme les Etats-Unis peut-elle donner à choisir entre Trump et Clinton ? Entre le prototype du gros kon inculte tendance facho et la fin de série d'une dynastie de politicards véreux jusqu'au trognon.

- Et nous ? On aura peut-être le choix entre une facho qui se cherche une respectabilité, un ancien président « quincaillier » tellement il se trimbale de casseroles au cul, et un pseudo socialiste nullissime. Et les Italiens, ils ont bien élu et réélu plusieurs fois Berlusconi ? Ces élus ne sont que les marionnettes des oligarques de l'ultra libéralisme. Au plus ils sont nuls et souples de l'échine, au plus ils seront « aidés » par les puissances économiques, et donc au mieux ils obéiront et feront le lit des puissants qui les ont mis en place en achetant leur docilité avec leur pognon.

- Ça fait mal au cul, mais c'est vrai… Mais enfin, Trump, il parle comme un charretier, il raconte des konneries énormes : construire un mur de la honte sur des milliers de kilomètres contre les Mexicains, il veut interdire l'entrée aux États-Unis aux musulmans…

- Mais Loulle, il dit ce que pense la moitié des Étasuniens ! Seulement il le dit sans langue de bois. Brut de décoffrage, comme le promoteur immobilier qu'il est ! Et c'est ce mépris pour les formes, ce rejet du langage politiquement correct qui fait son succès. Les électeurs se reconnaissent en lui. Ça les change de tous les sénateurs pompeux qui parlent « correctement » mais se remplissent les poches du pognon des lobbyistes… Le Donald Trump, Loulle, il se proclame social-libéral, ce qui, aux États-Unis, est presque « de gauche » ! Et puis il veut faire payer les riches. Oui. Il veut faire raquer plus d'impôts aux 1 % qui maquerautent le pays.

- Tu parles...Il fera comme les autres puisque tu nous as dit que tous sont redevables de leur élection aux grandes entreprises qui donnent des montagnes de thunes pour leurs campagnes...

- Eh bien, justement non. Parce que le Trump, il paie sa campagne avec son propre fric ! Il serait donc idéalement placé pour faire rendre gorge aux banksters qui tiennent le pays puisqu'il ne leur devra rien  ! Mieux que la petite madame Clinton, qui fait de la présidence du pays une affaire de famille comme le clan Bush, et se vautre dans le fric généreusement donné par les cadors de Wall Street.

- Attend Victor, ce type veut supprimer le peu de social qu'Obama a réussi à imposer, comme leur embryon de sécurité sociale, il est raciste tant contre les Noirs que contre les Latinos, il veut construire un mur sur des milliers de kilomètres à la frontière du Mexique, il veut interdire l'entrée du territoire aux musulmans, etc. etc. En plus, tous les médias , en France et en Europe, le roulent dans la merde et font tous allégeance à Clintonette…

- Raison de plus pour y regarder de plus près. Il sera probablement une calamité pour ses concitoyens. Mais ça, on s'en fout Loulle, qu'ils se démerdent entre eux chez eux. Ce qui importe pour nous, c'est sa politique étrangère. Les plumitifs le qualifient tous d'ignare en la matière. Et pourtant le Trump, il pense que la guerre en Irak a été une énorme konnerie ; il pense que l'Otan ne sert à rien et coûte trop de pognon aux Etasuniens ; il est contre les traités commerciaux genre Tafta, Ceta, Alena et autres ; il est pour un rapprochement pragmatique avec la Russie ; il n'a rien à foutre des embrouilles du Moyen-Orient, etc. Et ça, c'est très bon pour nous, Loulle !

- Mouais, si tu le dis… Mais Tout aco, i ma mère m'a fa ! comme on dit chez nous.

- Allez, à la nôtre !

 

Illustration, merci au regretté Chimulus

06/11/2016

Ouiquinde gastronomique gargantuesque

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Théry

 

 

Longue, fine, éthérée, de grands yeux clairs intenses

Théry est arrivée comme une providence

Lorsque trahi, banni, méprisé, délabré,

J’étais au bord du gouffre et prêt à y sombrer.

 

Avec son cœur, son corps, sa tendresse de femme

Elle a pansé les plaies que des houris infâmes

Avaient creusées à vif de leurs griffes de hyènes

Pour assouvir sur moi leurs appétits de chiennes.

 

Théry m’a ramassé, souriante et jolie

Puis m’a ouvert ses bras, et son cœur, et son lit.

Elle fût à la fois amie, maîtresse et mère,

 

Goûtant sans calculer un bonheur éphémère.

Dans les recoins secrets du jardin de mon cœur,

Théry aura toujours une place d’honneur.

 

Pour honorer, Victor, ta Théry Providence,

Il te faut préparer une grasse bombance,

Qui réchauffe le cœur et remplit bien le corps,

Fait pour une princesse, pas pour une pécore.

Je te propose un plat bien fait pour les amants,

Bien qu’un rien onéreux : c’est le rôti gourmand.

Prend une olive noire aux câpres et aux anchois,

Mets-là dans un becfigue, c’est un oiseau surchoix,

Mets-le, sans tête et pattes, dedans un ortolan

Bien gras et que tu bardes avec du bon lard blanc,

Mets celui-ci dedans le corps d’une alouette

Que tu as amputé des pattes et de la tête,

Introduis celle-ci dans le corps d’une grive

Que tu auras trempé dans de l’huile d’olive,

Mets-là dans une caille de vigne bien dodue,

Introduis celle-ci dans un vanneau ventru,

Puis glisse celui-ci dans le corps d’un perdreau,

A chaque oiseau tu poivres et sales mais pas trop,

Mets dans une bécasse assez mortifiée

Que tu introduiras, pour la glorifier

Dedans un pintadeau bien bardé de ventrêche

Que tu mets dans le corps d’une poularde fraîche,

Introduis ta poularde dans un canard mulard,

Bride bien celui-ci par des bardes de lard

Avant de le glisser dans une oie de Guinée,

Qu’il te faut introduire, doucement, in fine

Dans une grosse dinde. Pour la remplir à ras,

Tu bourres avec des truffes  ainsi que du foie gras.

Lorsque tous tes oiseaux sont ainsi disposés,

Dans un grand pot de terre tu vas les déposer,

Accompagnés d’oignons, carottes, céleri,

Petits dés de jambons, lard et bouquet garni,

Poivre, sel, coriandre, persil, thym et sarriette,

Quatre ou cinq gousses d’ail et piment d’Espelette,

Quelques grains de genièvre et un peu de cumin,

Mouilles avec du vin blanc, mais des Quatre-Chemins.

Tu dois fermer ton pot bien hermétiquement,

La mie de pain mouillée va admirablement.

Met le pot dans un four à chaleur modérée

La cuisson doit se faire toute dans la durée,

Vingt-quatre heures au moins, une journée entière

Afin que la coction soit lente et régulière.

Ce repas précieux apprécié des cours

Au palmarès des goûts est placé hors-concours.

L’intimité des sucs de tant de volatiles

Révèle des saveurs somptueuses, subtiles,

Quintessence des bois, des marais et des plaines

Qui comblent de bonheur les gourmets et les reines.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 olive noire farcie de 2 câpres et d'1 anchois au sel, ­- 1 becfigue, - 1 ortolan, - 1 alouette, - 1 grive (chacha de préférence), - 1 caille, - 1 vanneau, - 1 perdreau, - 1 bécasse, - 1 pintadeau, - 1 poularde, - 1 canard mulard, - 1 oie de Guinée, - 1 dinde, - 3 truffes de grosseur raisonnable, - 1 livre de foie gras d'oie, - 12 bardes de lard et autant de ventrêche, - sel, - poivre, - huile d'olive, - 1 kilo d'oignons, - 1 kilo de carottes, - 1 botte de céleri trié, - 5 gousses d'ail, - 1 cuillerée à soupe de coriandre en grains, - 12 grains de ge­nièvre, - 1 cuillerée à café de cumin en poudre, - 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - 3 cuillerées à soupe de sel, - 1 cuillerée à café de poivre noir, - 1 gros bouquet garni (laurier, thym, sarriette, persil plat), - 3 bouteilles de vin blanc des Quatre-Chemins à Laudun.

 

Les vins conseillés:

Cette préparation gargantuesque exige les plus grands vins rouges. Évidemment des vins rouges des Côtes-du-Rhône septentrionales:

Condrieu, Hermitage, Crozes-Hermitage, Côte-Rôtie, Saint­-Joseph, Cornas.

Mais aussi Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Vacqueyras, Cai­ranne, Lirac.

 

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05/11/2016

Ouiquinde érotique avec Aristide Bruant

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Aristide Bruant (1851-1925)

 

À Grenelle


Quand j'vois des fill's de dix-sept ans,
Ça m'fait penser qu'y a ben longtemps,
Moi aussi j'l'ai été pucelle,
A Grenelle.

Mais c'est un quartier plein d'soldats,
On en renconte à tous les pas,
Jour et nuit i's'font sentinelle,
A Grenelle.

J'en ai t'i' connu des lanciers,
Des dragons et des cuirassiers,
I's m'montraient à m'tenir en selle,
A Grenelle.

Fantassins, officiers, colons
Montaient à l'aussaut d'mes mam'lons,
I' m'prenaient pour eun' citadelle,
A Grenelle.

Moi j'les prenais tous pour amants,
J'commandais tous les régiments,
On m'app'lait mam' la colonelle,
A Grenelle.

Mais ça m'rapportait que d'l'honneur,
Car si l'amour ça fait l'bonheur,
On fait pas fortune avec elle,
A Grenelle.

Bientôt j'm'aperçus qu'mes beaux yeux
Sonnaient l'extinction des feux,
On s'mirait pus dans ma prunelle
A Grenelle.

Mes bras, mes jambes, mes appas,
Tout ça foutait l'camp, à grands pas.
J'osais pus fair' la p'tit' chapelle,
A Grenelle.

Aujord'hui qu'j'ai pus d'position,
Les régiments m'font eun'pension :
On m'laiss' manger à la gamelle,
A Grenelle.

Ça prouv' que quand on est putain,
Faut s'établir Chaussé'-d'Antin,
Au lieu d'se faire eun'clientèle,
A Grenelle.

 

Ils ne pensent qu'à çà !

https://media.giphy.com/media/l3vRdAqB3XdmS1Kc8/giphy.gif


A écouter ICI

 

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04/11/2016

AVEC "TES": TOUS FLIQUÉS

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Décidément, ils sont madrés et roublards, comme tous les politicards « professionnels ». « Ils », c sont les membres de ce gouvernement dit « de gôôche » qui a profité du fait que les citoyens jouaient les pontonniers pendant le long pont de Toussaint, Halloween, Jour des Morts pour porter une atteinte grave, très grave à nos libertés individuelles. Ceci sournoisement, en court-circuitant les voies parlementaires, par simple décret administratif. Le nom de ce déni de démocratie : le fichier des « Titres électroniques sécurisés (TES).

Késaco ? Il s'agit d'un énorme fichier électronique qui va fliquer l'ensemble des possesseurs d'une carte d'identité nationale ou d'un passeport. Autrement dit TOUS les Français. Vont être ainsi mis dans ce fichier tout ce qui à trait à notre identité, voire à notre personnalité.

Voici les termes exacts du décret :

Art. 2

Les données à caractère personnel et informations enregistrées dans le traitement mentionné à l’article 1er sont :

1 Les données relatives au demandeur ou au titulaire du titre :

a) Le nom de famille, le nom d’usage, les prénoms;

b) La date et le lieu de naissance;

c) Le sexe; d) La couleur des yeux;

e) La taille;

f) Le domicile ou la résidence ou, le cas échéant, la commune de rattachement de l’intéressé ou l’adresse de l’organisme d’accueil auprès duquel la personne est domiciliée;

g) Les données relatives à sa filiation: les noms, prénoms, dates et lieux de naissance de ses parents, leur nationalité;

h) Le cas échéant, le document attestant de la qualité du représentant légal lorsque le titulaire du titre est un mineur ou un majeur placé sous tutelle;

i) L’image numérisée du visage et celle des empreintes digitales qui peuvent être légalement recueillies;

j) L’image numérisée de la signature du demandeur de la carte nationale d’identité;

k) L’adresse de messagerie électronique et les coordonnées téléphoniques du demandeur, lorsque

celui-ci a choisi d’effectuer une pré-demande de titre en ligne ou a demandé à bénéficier de l’envoi postal sécurisé, ou sur déclaration de l’usager lorsqu’il souhaite être informé par ce moyen

de la disponibilité de son titre ;

l) Le cas échéant, le code de connexion délivré par l’administration au demandeur pour lui permettre de déclarer a réception de son passeport lorsque ce titre lui a été adressé par courrier sécurisé.

 

Mais ce n'est pas tout. Le procédé inquisitoire se corse lorsque l'on connaît le vaste éventail des personnes habilitées à utiliser ce fichier.

Reprenons là encore les termes exacts du décret :

Art. 3 – Peuvent accéder, à raison de leurs attributions et dans la limite du besoin d’en connaître, à tout ou partie des données enregistrées dans le traitement mentionné à l’article 1er et dans le composant électronique prévu à l’article 2 du décret du 30 décembre 2005 susvisé:

1 - Les agents des services centraux du ministère de l’intérieur et du ministère des affaires étrangères chargés de l’application de la réglementation relative au passeport et à la carte nationale d’identité, individuellement désignés et dûment habilités par le ministre de l’intérieur ou le ministre des affaires étrangères;

2 - Les agents des préfectures et des sous-préfectures chargés de la délivrance des passeports et des cartes nationales d’identité, individuellement désignés et dûment habilités par le préfet;

3 - Les agents diplomatiques et consulaires chargés de la délivrance des passeports et des cartes nationales d’identité, individuellement désignés et dûment habilités par l’ambassadeur ou le consul;

4 - Les agents chargés de la délivrance des passeports de service au ministère de l’intérieur, individuellement désignés et dûment habilités par le ministre de l’intérieur.

II. – Peuvent accéder aux données enregistrées dans le composant électronique prévu à l’article 2 du décret du 30 décembre 2005 susvisé dans le cadre de leur mission de recueil de la demande et de remise des titres:

1 - Les agents des communes individuellement désignés et dûment habilités par le maire;

2 - Pour les seuls passeports de mission, les agents des formations administratives du ministère de la défense, individuellement désignés et dûment habilités par le ministre de la défense.

Le ministre de la défense peut, par arrêté, déléguer ses pouvoirs dans ce domaine aux commandants des formations administratives.

Art. 4 – Pour les besoins exclusifs de leurs missions, peuvent accéder aux données enregistrées dans le traitement prévu à l’article 1er, à l’exclusion de l’image numérisée des empreintes digitales, dans les conditions fixées par l’article L. 222-1 du code de la sécurité intérieure:

1 - Les agents des services de la police nationale et les militaires des unités de la gendarmerie nationale chargés des missions de prévention et de répression des atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation et des actes de terrorisme, individuellement désignés et dûment habilités par le directeur dont ils relèvent;

2 - Les agents des services spécialisés du renseignement mentionnés à l’article R. 222-1 du code de la sécurité intérieure, individuellement désignés et dûment habilités par le directeur dont ils relèvent, pour les seuls besoins de la prévention des atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation et des actes de terrorisme.

/…

Ça fait beaucoup de monde. Évidemment disent les auteurs de ce décret, ce fichier ne servira qu'à simplifier et accélérer les procédures d'obtention d'une carte d'identité ou d'un passeports, il servira aussi à lutter contre les faux papiers et les usurpations d'identité, il ne pourra être utiliser que pour authentifier une pièce, pas pour identifié un individu, il contribuera enfin à la lutte contre le terrorisme. Souhaits pieux bien louables mais qui puent l'hypocrisie : où est la différence entre l'authentification et l'identification puisque ce fichier sera ouvert à toutes les forces policières du pays, y compris les services de renseignements, et même dans certains cas ouverts à Interpol et à des services étrangers.

Bon, vous me direz, les « braves gens » n'en ont rien à cirer puisqu'ils n'ont rien à cacher. Ben voyons, aujourd'hui peut-être mais qu'en sera-t-il demain, avec les dérives vers le tout sécuritaire qui envahissent l'espace politique ? Vous croyez que Microlax 1er s'il revient au pouvoir ou la fille du borgne feront le distingo subtil entre « l'authentification » et « l'identification » ?

Ce fichier, combiné avec un logiciel de reconnaissance faciale permettra de reconnaître n'importe qui dans des photos de foule, au cours de manifs par exemple. Vous n'y croyez pas ? Tenez, faites l'expérience avec cette photo qui regroupe des milliers de personnes à la cérémonie d'intronisation d'Obama

http://gigapan.org/viewGigapanFullscreen.php?auth=033ef14483ee899496648c2b4b06233c

En zoomant, vous pouvez reconnaître avec une grande précision les visages même lointains. La reconnaissance faciale fera le reste. Et les divers services de flicages complèteront (clandestinement ?) votre fiche et connaîtront ainsi vos orientations sexuelles si vous allez à la gay-pride, syndicales si vous allez à la manif, politique si vous allez à tel ou tel meeting, etc. C'est bluffant, eh ?

Et s'il n'y avait que les représentants de l'ordre habilités, mais un tel fichier sera une formidable source de profit pour les hackers de tout acabit.

Cette horreur sécuritaire est déjà venu menacer nos libertés. C'était en 2011, sous Sarkozy. Un dispositif similaire mais de moins grande ampleur avait déjà été voté. C'était « le fichier des honnêtes gens ». Le Conseil Constitutionnel y avait mis un terme en 2012. Jean-Jacques Urvoas (actuel garde des Sceaux), avait vigoureusement dénoncé à l'époque le super fichier voulu par la majorité d'alors. Dans son blog, le député PS finistérien s'élevait contre le « fichier des gens honnêtes ». « Nous allons voter contre. Ce texte contient la création d'un fichier à la puissance jamais atteinte dans notre pays puisqu'il va concerner la totalité de la population ! Aucune autre démocratie n'a osé franchir ce pas », écrivait-il en mars 2012. « Nous considérons donc que l'existence de ce fichier sera une atteinte excessive au droit au respect de la vie privée », ajoutait Jean-Jacques Urvoas. Quatre ans plus tard, c'est le même Urvoas, garde des sceaux, qui, sournoisement, ressuscite le même fichier en pire, et pour éviter de se faire retoquer par le Conseil constitutionnel, passe par un simple décret.

Voilà comment ce gouvernement de Ganelon se planque derrière les arches du grand pont de la Toussaint pour faire ses saletés d'une manière qu'il espérait discrète.

Va fan culo.

 

 Texte complet du décret:

https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000033318345&oldAction=rechExpTexteJorf

Illustration X - Droits réservés

01/11/2016

Au bistro de la toile : Vive la MORT pour que triomphe la VIE !

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Balzac : « Le comptoir d'un bistro est le parlement du peuple ».

 

- Dis Victor, c'est "Toussaint", ou le « Jour des Morts », je sais plus... Mais pourquoi il n'y a pas le Jour des Vivants ?

- Bonne question Loulle. Mais on devrait plutôt dire le Jour des Nés. Parce que la mort n'est pas le contraire de la vie, mais l'opposé de la naissance. La mort et la naissance sont les deux faces, absolument indissociables et totalement complémentaires, de la vie. Mais il y a un tabou sur la mort, qui est pourtant l'une des deux choses les plus importantes de l'existence, avec la naissance.

On confond la mort avec l'image évidemment peu ragoutante du mort, du « corps » comme disent les professionnels pour ne pas dire cadavre. Ça fait peur, c'est laid, ça pue. On l'occulte la mort, on voudrait la zapper, on en fait un concept abstrait. Les vieux, avant, ils « passaient » chez eux, comme dans la chanson d'Aznavour. Moi je me souviens de ma grand-mère. Toute la tribu était là. Et nous, les gosses, aussi. L'oncle Gus disait :  « Ah ! Elle « ramasse » (pour dire que les mains de l'aïeule s'efforçaient maladroitement de remonter les draps). C'est le froid de la mort qui la prend...». Le angoisses ultimes doivent être plus douces entourées de de gens qui vous aiment… Maintenant, on crève seul à l'hôpital…

Le problème, c'est qu'on a fait de la mort la représentation du mal, de la cruauté, de la barbarie… Et que les religions en ont fait leur fond de commerce pour terroriser puis manipuler les pauvres crétins qui « ont la foi ».

- C'est vrai ça. Tè, c'est à vous dégoutter de mourir…

- Qu'est-ce que la mort ? D'abord, c'est un phénomène inéluctable : il n'est rien qui ne naisse et qui ne meure pas un jour. C'est déjà suffisant pour en faire un événement parfaitement naturel, voire banal, absolument intégré dans le cours des choses. Écoutons ce qu'en disait Épicure, ce philosophe Grec de la joie de vivre : « Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d’horreur, la mort, n’est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n’est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n’existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu’elle n’a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus. »

- C'est pas kon comme raisonnement. Mais enfin, on a le temps…

- Le temps. Voilà le bon terme, Loulle : le temps. Naître, c’est entrer dans le temps ; mourir, c’est sortir du temps.

- Finalement, la vie n’est autre que le temps qu’on met à mourir !

mort,vie- T'es un sage Loulle ! Tè, mets ma tournée. La mort est absolument indispensable à la vie. Notre corps, notre viande est faite de milliards de cellules qui meurent « de notre vivant » pour être remplacées par des cellules neuves ! Elle abrite et cohabite avec des milliards de bactéries indispensables à sa bonne marche, qui naissent, vivent et meurent. Notre barbaque pensante est donc « morte » plusieurs fois dans une vie.

Et puis Loulle, l'antidote au cercueil, c'est le berceau ! Thanatos et Eros. Tout ce qui vit ne pense qu'à une chose : niquer, baiser, forniquer frénétiquement pour créer la vie ! Le plaisir, la jouissance est la récompense et surtout l'aiguillon qui fait que les sexes opposés se cherchent, se choisissent et s'éclatent dans la jouissance. Jouir, Loulle. La vie est faites pour jouir car c'est la survie de toutes les espèces qui en dépend. Après avoir copulé, le mâle peut crever : il a fait son œuvre. Quant à la femelle, la vraie porteuse de vie, elle devrait être vénérée, mise sur un piédestal.

- D'accord pour le piédestal Victor, mais alors assez haut pour qu'elle ne puissent pas en descendre trop facilement pour nous les briser. Donc, c'est un bonne chose qu'on ne soit pas « immourable » comme disait Bert.

- Bien sûr. Non mais t'imagine le foutoir s'il l'on ne mourrait plus ? Si toutes les créatures ne mourraient plus...tout en se reproduisant ? Les humains mais aussi les animaux, la végétation ? Sans la mort, c'est la planète qui serait condamnée à mort !

L'écrivain de Nyons Barjavel a écrit un roman formidable, « Le grand secret »: un savant indien a mis au point le JL3, un sérum d’immortalité stoppant le vieillissement et supprimant la vulnérabilité aux maladies chez tout être vivant. Le JL3 se montre par ailleurs contagieux et pouvant se transmettre par voie respiratoire. Il en résulte une menace terrible sur l'humanité tout entière.

- ...teng ! L'immortalité contagieuse. Fallait y penser.

- Sans la mort pas d'évolution possible : tout ce qui vit serait figé dans une forme fixe et rigide. Sans la mort pas de créativité, pas de découverte, pas d'émerveillement et pas de spontanéité. Et puis Loulle, t'imagine d'être condamné à l'immortalité ? Obligé de vivre éternellement ? Qu'est-ce que tu foutrais ? Tu ne te lèverais pas le matin pour ouvrir ton rade : pas besoin de marner, tu serais « immourable ». Tu procrastinerais de longue ! Tu renverrais tout ce qui te coûterait quelque effort aux calendes grecques. Apprendre, se cultiver ? On verra dans deux siècles. Tu deviendrait rapidement inculte, imbécile, taré, bon à rien. Et tu t'emmerderais comme...un rat mort. Pour l'éternité !

- C'est vrai que l'éternité, c'est long…

- Surtout les derniers temps, comme dit Woody Allen ! Tè, on en a fait une chanson, à l'Académie des Amoureux de l'Aïoli :

« Quand on est mort, faut s'donner du bon temps.

L'éternité c'est long, surtout les derniers temps

Quand ils font la Fête, la-haut, au paradis :

Jésus avec sa croix, leur monte l'Aïoli ! »

- Ah ! Elle est bonne Victor. T'as encore un bel organe ! Tè, je mets la tournée du patron. Mais dis-moi, les cagoulards, quand ils nous parlent de « la résurrection des morts », il ne se foutraient pas un peu de notre gueule, non ?

mort,vie- Complètement. Non mais t'imagines, tu ressuscites et tu retrouves ta belle-mère qui t'a toujours gonflé les aliboffis ; tu retrouves le mec que t'avais baisé sa femme, même que c'est pour ça que t'es mort, qu'il t'a foutu un coup de fusil ? Et ils vont habiter où ces milliards de types et de typesses, de tous les âges. Des études disent que le nombre total d'humains ayant vécu sur Terre dans tous les âges serait de 108 milliards. Alors tous ensemble sur cette Terre, t'imagines...

- Ils mangeront peut-être, mais ils devront manger debout ! Ils n'auront même pas la place pour s'assoir !

- Et ils vont se tirer une bourre pas possible. Tiens, les politicards par exemple : Napo se chicornerait avec Jules César tandis qu'Alexandre-le-grand remettrait le couvert avec Darius ou Gengis Khan. Oh ! le bordel !

- Fatche ! T'as raison. Donc, Vive la mort ! Mais enfin Victor, tout de même, on a le temps.

- On a encore le temps de sécher quelques barriques j'espère. Et puis fais gaffe Loulle : si tu meurs, je te tue !

Merci au regretté Chimulus et photos X - Droits réservés

 

31/10/2016

Tousseins: Trinquons avec la Camarde !

 

Buveurs pour net.jpg

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 Menez ma viande sur le plateau de Sault

 Dans la lavande faites tremper mes os

 Macérez bien ma queue et mes neurones

 Dans un bon vin de la Côte du Rhône.

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

Vous tirerez un demi-muy de gnole

 Du jus de vie, d'humour, de gaudriole

 Puis faites-y macérez mes couillons

 Ça donn' un goût qui plait aux vignerons.

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

Vous me ferez reposer à la cave

 Entre un Bonneau et un blanc de chez Chave

 Comme voisin mettez-moi du Lirac

 Du Châteauneuf ou même un bon Paulhac

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 Vous me boirez, ça ne fait aucun doute

 Et m'aimerez jusqu’à l'ultime goutte

 Quand vous trouss'rez les bell's de votre temps

 C'est un peu moi qui prendrais du bon temps !

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

Illustration originale Moi

 

 Et puis écoutez donc Tonton Georges !

 

30/10/2016

Ouiquinde gastronomique: Le civet de sanglier de Sébastien.

Le civet de sanglier.jpg

 

Mon ami Sébastien, redoutable tueur,

Utilise son temps, son flair et sa sueur

À courir les forêts, les bois et les broutières,

À sauter les ruisseaux des terres de Lozère

Pour traquer, débusquer, viser et fusiller

Son gibier préféré: le cochon sanglier.

Dès que pointe le jour vrombissent les quat'quatres

Où piaffent les chasseurs équipés pour combattre,

Montent les hurlements des meutes carnassières

Serrées dans des remorques, dans des malles arrières.

La battue se déploie par chemins et sentiers,

S'efforçant de boucler le massif forestier

Où laies et marcassins, cochons et sangliers

Commencent à gratter le sol d'un pied inquiet.

La journée sera rude pour la bête à poil dur

Quand, poussées par les chiens hors des fourrés obscurs,

Pour tenter d'échapper à la meute hurlante,

Ses courses, à découvert dans les clairs et les pentes,

L'amènent à croiser les chemins et les sentes

Qui sont autant d'affûts où les fusils l'attendent.

Les coups de feu éclatent à travers la nature.

Si la bête s'échappe, on reprend les voitures ­

Pour lui couper la fuite au bord d'une autre route.

Parfois le sanglier met la meute en déroute,

Quand, acculé, blessé, forcé hors de son antre

Il se rue sur les chiens qu'il piétine et éventre.

Très souvent Sébastien, heureux bien que fourbu,

S'en retourne bredouille, au soir de la battue.

Mais lorsqu'un animal est tombé sous les balles,

Il faut voir son sourire, son allure martiale

Lorsqu'il brandit sa part de viande dépecée

Qu'il - fier comme Artaban - offre à sa fiancée.

Alors, tranquillement, avec ses doigts d'artistes

Dégoulinant de sang, Anita entre en piste.

Pour faire un bon civet, l'épaule ou le cuissot

Sont des pièces de choix. Coupez-les en morceaux

De taille conséquente. Récupérez le sang

Qui, pour lier la sauce, est bien intéressant.

Gardez-le au frigo pour qu'il ne se dégrade.

Préparez ce qu'il faut pour votre marinade.

Celle de Anita est un poème en soi:

Quatre, cinq oignons moyens, cévenols ou niçois;

Cinq ou six gousses d'ail et autant de carottes;

Un bouquet de persil; céleri, feuilles, côtes;

Du thym et du laurier; un peu de noix muscade;

Une écorce d'orange et quelques grains de cade;

Du poivre du moulin; du gros sel de Camargue.

Deux litres de Côtes-du-Rhône d'Estézargues,

Un verre d'huile d'olive et deux de bon vinaigre.

Vous cuisez demi-heure à feu vif et allègre.

Rangez le sanglier au fond d'un pot en grès,

Un grand verre de marc pour rendre du degré

À votre marinade versée, chaude, dessus.

Le pot, au frais trois jours, recouvert d'un tissu

Est alors le théâtre d'une superbe idylle

Entre les ingrédients. Une alchimie subtile

Va attendrir la viande, sublimer les parfums

Et les goûts de gibier du sanglier défunt.

Quand, le jour du repas, l'aurore aux doigts de roses

Du sommeil des Buveurs dissipe les hypnoses,

Vous sortez et séchez à l'aide d'un torchon ­

Les morceaux marinés de viande de cochon.

Séparez au chinois légumes et liquide.

Petit, sers-moi un verre, j'ai le clapoir acide!

Dans de l'huile d'olive, au fond d'une toupine

Votre petit-salé embaume les narines.

Rajoutez en tournant les légumes essorés,

Puis intégrez la viande que vous faites dorer.

Mouillez alors avec le jus de marinade,

Et cuisez à feu doux, cinq heures, à l'estouffade.

Il faut voir le sourire heureux de Sébastien

Lorsque Anita apporte, de son pas aérien

Son plat qu'elle découvre, très fière, sur la table

Exhalant en volutes des parfums admirables.

Ce chef-d'œuvre requiert, pour de grandes agapes,

Rien moins que le meilleur des Chateauneuf-du-Pape.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour deux fois six personnes:

Pour la marinade: - 4 oignons moyens coupés en quarts et piqués de clous de girofle, - 6 gousses d'ail écrasées, - 6 à 8 carottes en tronçons, ­l bouquet de persil grossièrement coupé, - 1 pied de céleri côtes et feuilles, grossièrement coupées, - 1 gros bouquet de thym, - 6 feuilles de laurier, - l douzaine de grains de genièvre, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - 1 cuillerée à soupe de poivre noir du moulin, - noix de muscade, - 1 écorce d'orange séchée, - l verre d'huile d'olive, - 2 verres de bon vinaigre, - 2 litres de bon vin rouge. N'oubliez pas de cuire cette marinade et de la verser chaude sur les morceaux de sanglier avant de laisser reposer trois jours.

Pour le plat: - 1 cuissot ou l épaule de sanglier, - le sang récupéré ou 1 verre de sang (à demander à votre boucher), - 1 verre d'huile d'olive, - 250 grammes de petit-salé coupé en dés, - les légumes essorés de la marinade cuite, - le jus de la marinade.

Les vins conseillés:

Le civet de sanglier préparé de cette manière est un plat somptueux, à la fois puissant et très parfumé. Il faut donc des vins à la hauteur.

En vallée du Rhône: Chateauneuf-du-Pape, Gigondas, Lirac, Vacqueyras, Cornas, Hermitage, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph, Côte-Rôtie.

On peut également l'accorder avec bonheur à de vieilles bouteilles de Cairanne, Visan, Séguret, Valréas, Gallician.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure, Maury.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Pierrefeu, Puyloubier, Cabasse, La Cadière-d'azur, vins de Bellet.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

29/10/2016

Ouiquinde érotique sanantoniesque et pipal

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L’irremplacé Frédéric Dard a laissé une œuvre foisonnante, boulimique, formidablement créatrice. Tenez, je vais vous faire profiter de ces extraordinaires considérations sur ce qu’on appelle maintenant « l’inflation de Dati » proférées par Madame de Mouillechaglate dans l’opus « Tire m’en deux, c’est pour offrir » publié en 1979. Savourez, c’est servi chaud !

- Si je connaissais Clotaire! Cette question! Je lui faisais une pipe toutes les semaines en forêt! Il n'aimait plus que cela, à son âge. Et moi, je raffolais de cette odeur de cuir et de cheval qui se dégageait de son pantalon. Une odeur guerrière, comprenez-vous? De nos jours, les vraies odeurs se perdent. Nous ne sommes plus définis que par les déodorants chimiques. Pouâh!

Si je vous disais: l'agrément de la pipe disparaît dans les flots de l'hygiène corporelle. Vous sucez un ouvrier portugais, espérant qu'il pue le bouc, que nenni: il sent la savonnette ! Les Arabes? Pareil! Propres! Ah, ce vilain mot! Une conséquence de la civilisation! Qu'on les vaccine, je veux bien, mais qu'on leur apprenne à se laver, c’est la fin d'un folklore.

L'anonymat du paf est une calamité dont l'humanité n'a pas encore pris conscience. Et qui est en train de détruire un certain aspect passionnel de l'amour. Que deviendra-t-il l'amour, avec une fellation standardisée? Il était indispensable que l'homme sentît l'homme et non le Cadum. Je suis une femme sensuelle, moi, monsieur le commissaire. Je n'ai pas honte de mes instincts. J'appelle un chat un chat et une pipe une pipe. La liberté, c'est avant tout cela. Bon, je passe. Ne suis pas M.LF. pour autant.

La liberté ne peut s'accomplir que dans l'individualisme. Se grouper pour être libre est déjà un début de cessation de liberté, je me fais comprendre? Parfait. Donc, étant d'une grande sensualité, j'adore la fellation. Mais qui voulez-vous que je pompe? Lécher une eau de toilette? Merci bien! Je vous prends un exemple: vous. Ne sursautez pas. Vous êtes beau garçon, mon cher. Si, si. Et je gage que vous devez vous montrer bon partenaire au lit. Mais pensez-vous un instant que j'aie la moindre envie de vous faire une pipe? Pas question! Vous sortez de votre bain moussant, commissaire. Vous traînez des relents d'O.B.A.O, ou de je ne sais quoi parfumé au pin des Landes ou au citron vert. Bref, votre bite, commissaire, a ainsi perdu sa qualité première qui est de dégager des effluves animales, ou plutôt animaux, effluve étant masculin. C'est devenu de la bite aseptisée, pardonnez-moi de vous le dire. De la bite sous cellophane. Je préfèrerais sucer mon aimable cousin ici présent, dont il est clair qu'il ne surmène pas sa salle de bains. En y réfléchissant, ma dernière pipe délectable remonte au mois dernier, vous vous rendez compte? Le bénéficiaire en a été un chauffeur de taxi italien.

Quand j'ai pris place dans son G 7, j'ai été immédiatement alerté: ça sentait la ménagerie. Aussitôt je lui ai proposé cet instant de félicité. J'ai eu toutes les peines du monde à le lui faire accepter: un Italien du sud, vous pensez ! Quatre gosses plus un en route! Ils sont vertueux, ces gens. Il y a plein d'images religieuses avec leur carte du parti. J'ai dû l'inviter à laisser tourner le compteur pendant l'opération. C'était la première fois! Sa première pipe, commissaire. Il ignorait que cela existait, le chéri.

 

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Photos X - Droits réservés

 

25/10/2016

Au bistro de la toile : « Où wallons-nous ? »

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- Alors Victor, où wallons-nous ? Où wallons-nous ?

- On ne sait pas où on va Loulle, mais on y va ! Mais est-ce que nous valons les Wallons ? Certainement pas. A écouter les machines à bruits et les lucarnes à décerveler, ces moins de quatre millions de Gaulois arriérés bloquent la marche vers le bonheur ultra libéral de cinq-cents millions d'Européens ! Mais au contraire, ces Wallons sont l'honneur de l'Europe. Ils montrent la voie. Ils prouvent que l'on peut encore s'opposer aux diktats de la finance et des conglomérats mafieux multinationaux. Et leur ministre-président est le seul, je dis bien le seul qui a les aliboffis bien pendus parmi la foultitude de politicards soucieux avant tout de leurs propres intérêts en se foutant comme de leur première magouille de l'intérêt général des peuples qui les ont élus. En disant NON à ce traité félon, négocié sournoisement sur le dos des populations par des technocrates irresponsables élus par personne, ils redonnent de l'ESPOIR à ces peuples régulièrement manipulés, méprisés, trompés. Comme le peuple français qui a voté NON à la « constitution européenne » et a été baisé jusqu'au trognon par Sarko et ses sbires, sur injonction des euronuisibles de Bruxelles. Comme les Irlandais, sommés de revoter jusqu'à ce qu'ils « votent bien ». Comme les Grecs, écrasés par la morgue de l'Europe teutonne.

- Alors, il faut frexité ? Foutre le camp de l'U.E. ? Comme les Britiches avec leur Brexit ?

- Certainement pas. L'Europe est la plus belle utopie réalisée. Mais elle a été dévoyée par une dérive fatale vers l'ultralibéralisme, vers cette « concurrence libre et non faussée » qui met surtout en concurrence les laborieux des pays entre eux. Entre le salaire minimum d'un Bulgare (160 euros) et celui d'un Luxembourgeois (1900 euros), il y a un sacré fossé. Les pays membres de l'U.E. n'ont d'ailleurs pas tous de Smic. Trois groupes se distinguent : - Les salaires inférieurs à 500 euros (Bulgarie, Roumanie, Lituanie, Lettonie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Slovaquie, Pologne, Croatie) ; - Les salaires minimums entre 513 et 790 euros (Portugal, Grèce, Malte, Espagne, Slovénie) ; - Les plus hauts salaires, entre 1343 et 1923 euros (Royaume-Uni, France, Irlande, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Allemagne). Les six autres Etats membres (Autriche, Chypre, Danemark, Finlande, Italie, Suède) ont fixé un salaire minimum par branches ou prévoient que les salaires minimums soient déterminés par négociation entre les partenaires sociaux. Longtemps intransigeante sur la question, l'Allemagne a mis en place un salaire minimum de 8,50 euros de l’heure le 1er janvier 2015. Dès lors les rapaces de la finance qui ont pris le pouvoir et qui régissent l'Europe ont tout loisir de faire se concurrencer entre eux les sans-dents qui n'ont que leur sueur à vendre. Avec les « travailleurs détachés », autre appellation de la répugnante directive « Bolskesteim », l'esclavage revient à la vitesse Grand V.

Donc, pas question de quitter l'Europe, mais il faut la refonder. A quelques pays seulement, autour des membres fondateurs historiques. La sortie de la Grande-Bretagne montre la faillite de l'Europe actuelle. Il faut en profiter pour renverser la table et tout remettre à plat. En refondant les institutions européennes sur des bases réellement démocratiques, où la Commission serait responsable devant les citoyens européens et non un machin hors-sol à la solde de tous les lobbies, dirigé par des voyous comme Barrosso et Junker. Et c'est faisable : la petite mais héroïque Wallonie le prouve ! Par la volonté d'un élu courageux elle met à la poubelle cette horreur économique qu'est le Ceta.

- Espérons que, finalement, les Wallons ne se déwalloneront pas… Bon. Mais explique-moi simplement en quoi ce traité commercial est nuisible ?

- Il y a dans ce traité – 1598 pages, uniquement en Anglais !!! - des choses probablement positives, en tout cas facilitant les échanges commerciaux entre les 30 millions de Canadiens et les 435 millions d’Européens (plus 500 millions puisque les Rosbifs ont brexités!). Mais le hic, c'est que ce traité se veut global et pas seulement commercial. La France a réussi à en faire sortir la culture, mais pour combien de temps ? Donc, dans ce Ceta, il y a beaucoup de sauce pour cacher deux choses essentielles qui sont rédhibitoires.

La première, c'est l'institution de tribunaux privés devant lesquels les multinationales pourront trainer les États dès lors que ceux-ci voteraient des lois susceptibles de nuire à leurs intérêts. Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des États qu’ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l’U.E.

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d’avocats d’affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales pourraient attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner. Ou contre l'interdiction de la fracturation pour l'extraction des gaz de schistes. Juridictions sans appel possible. Dès lors, avec une telle épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête, aucun gouvernement n'osera voter des lois allant à l'encontre des intérêts des multinationales. C'est la mort de la démocratie et l'avènement des ploutocraties.

- Plouto quoi ? C'est quoi ce truc ?

- C'est du Grec, comme bien des mots français. De « ploutos », richesse, fric et « kratos », pouvoir. C'est le gouvernement des riches au profit des seuls riches. C'est exactement ce qui caractérise le fonctionnement de l'U.E. actuelle, dans laquelle les « lobbies », les groupes de pression des multinationales influent sur la Commission qui propose les « directives » que les États de l'Union sont ensuite contraints d'intégrer dans leurs législations nationales. Nous pouvons dire un énorme MERCI aux Wallons qui, seuls, font face à ces horreurs.

- Et la deuxième choses rédhibitoire ?

- Çà concerne la libéralisation des services. C'est très vaste, ce ne sont pas seulement les banques ou les assurances mais tous les nouveaux secteurs de l'économie, de la santé à l'éducation, en passant par l'énergie et la culture, malgré les réticences de la France. D'ordinaire, dans les accords de pays à pays, les partenaires établissent une liste des secteurs qu'ils incluent dans les accords. C'est ce qu'on appelle « liste positive ». Mais le traité Ceta, comme Tafta et Tisa (une autre belle saloperie) veut inverser cette logique en instituant des « listes négatives ». C'est-à-dire que les États devront établir la liste des secteurs d'activité qu'ils veulent explicitement exclurent du domaine de juridiction des accords. Tout le reste étant dès lors libéralisable ! Ce qui ouvrira la possibilité de libéraliser par défaut. Les États seront donc menacés de poursuites s'ils maintiennent des monopoles publics ou favorisent leurs entreprises locales pour relancer leur économie par exemple, à moins d'avoir auparavant négocié des exemptions dans certains secteurs.

- Ah ouais. C'est dingue ce truc. C'est mettre nos systèmes politiques à la merci des seuls marchands de soupe, des multinationales qui deviennent ainsi supérieures aux États. C'est effectivement la fin de la démocratie. Mais attend Victor, comment nos gouvernants, nos soi-disant élites ont-ils pu accepter ça ? Et pourquoi les médias nous enfument ? Ils sont incompétents ou complices ?

- Ils sont plus complices qu'incompétents. Alors qu'est-ce qu'on dit aux Wallons ?

- Merci, mille merci ! Et, tè, Victor, en leur honneur, on va trinquer à la bière ! J'ai à la cave quelques boutanches de « Trappistes » sérieuses.

- A la nôtre et aux Wallons !

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Illustrations: merci à Chimulus et à X - Droits réservés

17/10/2016

Au bistro de la Toile : Championnats du monde de la flemme !

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- Oh ! Victor, t'es là ? Je croyais que t'étais allé aux Championnats.

- Quels championnats ? Ceux de cyclisme ? Chez les chieurs de pétrole ? Puis quoi encore…

- Mais non, bougre de nifle. Je te parle d'un championnat à ta portée : le Championnat du monde de la flemme ! Il a eu lieu de ouiquinde au Monténégro. Une seule épreuve : s'allonger sur un matelas et...ne rien faire du tout ! Le recordman a ainsi glandé avec pugnacité pendant 37 heures !

- Pas mal. Ca demande de l'entrainement : des séances de canapé journalière, du hamac l'été, de la chaise longue. Moi, je fais de l'entrainement fractionné : ce qu'on appelle chez nous, dans cette Provence prodigue en champions de la flemme, le pénéqué. Ce sont des mini sieste de 15 à 20 minutes. Rien que le mot, en étirant la bouche sur une voyelle modulée, appelle le bâillement jouissif. Pas le vulgaire bâillement de fatigue, mais l’opulente ouverture de bouche travaillée qui gonfle la gorge et baigne délicatement les yeux de petites larmes de bonheur.

Regardez-le, l’athlète du hamac, le champion du carré d’herbe sous le ciel bleu, le gymnaste du fauteuil, bref, l’adepte du Pénéqué ! Après un dernier ballon de rouge ou de rosé bien frais venant parfaire la volupté gastronomique d’un grand aïoli ou autre repas fortement aillé, son abdominal tressaute délicatement tandis qu’il s’étire voluptueusement puis que ses muscles se relâchent comme ceux des félins. Il émet, avec une discrétion de bon aloi, un dégazage buccal qui le fait baigner dans une aura odorante assurant sa tranquillité en éloignant les mouches et les fâcheux. Sa nuque s’alourdit et bascule vers l’arrière. Sa mâchoire pointe vers le bas, arrondissant sa bouche en cul de poule. Ses paupières s’alourdissent et se ferment, ses moustaches tressaillent et ses narines palpent l’air par petits coups savants. Comme l’avare touche son portefeuille dans sa veste pour se rassurer, sa main palpe précautionneusement, à l’entresol, ce qu’il a de plus précieux. Dès lors, apaisé, il est sur la rampe de lancement, prêt pour le grand départ vers le Pénéqué !

Le signal de l’embarquement pour Cythère est donné par quelques petits grognements de plaisir, préludes à un ronflement soyeux, raffiné comme les basses à l’orgue d’une fugue de Bach. Ça y est, l’esprit du bienheureux a pris son essor. Il est seul même au milieu d’une foule, même au milieu du bruit et de l’agitation. Il vole. Non, pas comme un banquier, comme un oiseau ! Il fend l’azur de son corps gracieux, taquine la mouette mutine, rivalise de prouesses avec l’hirondelle, règne comme l’aigle sur le pauvre monde des rampants.

Heu-reux ! Il est heu-reux !

- Fatche ! On sent l'entrainement là, Victor. Mais enfin, les fainéants sont méprisés par la société. Ne dit-on pas que « l'oisiveté est mère de tous les vices » ?

- Il est temps de se débarrasser de cette culture influencée par le religieux et le politique, cette horreur imposée par les parasites des clergés et des puissants : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » et Microlax 1er qui proclamait « travailler plus pour gagner plus ». L’importance du travail est défendue par les politiques de tous bords et rassemble sous la même bannière la CGT, le Medef, l’Eglise catholique.

La paresse est pourtant le véritable but de l’humanité. Le fric n’est rien d’autre qu’un petit morceau de paresse. Plus on en a, plus on peut goûter en abondance aux délices de la paresse. Le capitalisme organise le travail de telle sorte que l’accès à la paresse n’est pas le même pour tous. Seul peut y goûter celui qui détient du capital. Ainsi, la classe des capitalistes s’est-elle libérée de ce travail dont toute l’humanité doit maintenant se libérer !

- Merde, c'est vrai ça. T'as du fric, tu glandes à ta guise. T'en as pas, tu trimes...

- D'ou la nécessité d'un revenu universel de glandage. Paul Lafargue et son Droit à la paresse réclamait déjà une sorte de revenu universel sous forme de temps libre : « Si, déracinant de son cœur le vice qui la domine et avilit sa nature, la classe ouvrière se levait dans sa force terrible pour forger une loi d’airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la Terre, la vieille Terre, frémissant d’allégresse, sentirait bondir en elle un nouvel univers… ».

Même Aristote était un fier adepte de la sainte et saine fainéantise. Il y a 2300 ans il proclamait: « Si chaque outil pouvait exécuter de lui-même sa fonction propre, si par exemple les navettes des tisserands tissaient d’elles-mêmes, le chef d’atelier n’aurait plus besoin d’aides, ni le maître d’esclaves. » Aujourd’hui, avec les robots, le rêve s’est réalisé, mais en cauchemar pour tous, parce que les relations sociales n’ont pas évolué aussi vite que la technique. Et ce processus est irréversible : jamais plus des travailleurs ne viendront remplacer les robots et automates. De plus, là où du travail « humain » est encore indispensable, on le délocalise vers les pays aux bas salaires, ou on importe des immigrés sous-payés pour le faire, dans une spirale descendante que seul le rétablissement de l’esclavage pourrait arrêter.

- C'est vrai que les emplois deviennent une denrée rare. Et que la concurrence de clandestins et de « travaileurs détachés » payés à coups de lance-pierres nous rapprochent de l'esclavage.

- Le plus intelligent des esclavagiste, c'est celui qui a commencé à payer – peu – les esclaves… C'est le modèle des Rosbifs avec leurs contrats de travail « à la journée », des Allemands avec leurs emplois à 2 euros de l'heure. Chez nous, on n'en est pas encore là mais c'est dans le programme de tous les prétendants de droite à la « magistrature suprême » comme ils disent, de Juppé à Lemaire, en passant par Sarko, Hollande ou Macron.

Tout le monde sait cela, mais personne ne peut le dire. Officiellement, c’est toujours « la lutte contre le chômage », en fait contre les chômeurs. On trafique les statistiques, on « occupe » les chômeurs au sens militaire du mot, on multiplie les contrôles tracassiers. Et comme malgré tout, de telles mesures ne peuvent suffire, on rajoute une louche de morale, en affirmant que les chômeurs seraient responsables de leur sort, en exigeant des preuves de « recherche active d’un emploi ». Le tout pour forcer la réalité à rentrer dans le moule de la propagande.

- Bon. Faut méditer tout ça Victor. Je vais installer des chaises longues dans le bistro, avec un slogan : « Chez Loulle: au rendez-vous des fainéants » !

- En attendant, mets ma tournée !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

16/10/2016

Gastronomie dominicale chaude et piquante

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Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’as eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi-poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salée dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

VictorAyoli

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Gaspacho: - 4 tomates, - 2 oignons blancs, - 2 gousses d'ail, - 1 demi poivron rouge, - 1 poignée de basilic, - 1 poignée de persil plat, - 1 côte de céleri, - 2 cuillerées à café de sel, - 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - poivre du moulin, - 8 glaçons en cubes.

Poulet au curry: - 1 poulet coupé en six (les quatre quartiers, le blanc, l'arrière de la carcasse correctement parée), - 2 yaourts nature, - 3 cuillerées de poudre de curry ou 3 cuillerées de curry "Vinday" en pâte, - 3 cuillerées d'huile d'olive ou 3 cuillerées de graisse d'oie ou de canard, - 1 cuillerée de sel marin, - 1 cuillerée à café de sel de céleri, - poivre du moulin, - 4 oignons blancs, - 4 gousses d'ail, - 2 cuillerées de copeaux de noix de coco, - 4 pommes de terre, - eau.

 

Les vins conseillés:

La chaleur des mets commande un choix de vins propres à atténuer le feu relatif du curry.

Des vins doux naturels servis très frais feront parfaitement l' af­faire: - Beaumes-de-Venise, - Rasteau, - Frontignan, - Lunel, - Maury, - Rivesaltes.

 

Photo X - Droits réservés

 

15/10/2016

Ouiquinde érotique bien en jambes

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Le croisement des jambes

 

Ah ! dans mes jambes… ah ! dans mes jambes qui bandent
Comme l’étau d’un double phallus sous mon ventre
Dans mes jambes ta cuisse, ta cuisse en rut, entre
Mes jambes, entre mes jambes qui se bandent.
 
Ta cuisse a chaud… Tu me brûles. Ta cuisse tremble
Et jouit, je sens qu’elle jouit, ta… ta cuisse,
Qu’elle bande, je voudrais que, qu’elle jouisse
Et les miennes, et qu’elles déchargent ensemble.
 
Mes mains, sous ton genou par-derrière… oh ! serrantes
En levier ta cuisse dans mes fesses errantes
Comme des lèvres qui baisent, et qui masturbent
 
Ta rotule, et qui masturbent toute ta jambe
Et s’affolent, et se désespèrent de stupre
Sans pouvoir téter du sperme hors de ta jambe.

 

Pierre Louÿs

 

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