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10/07/2016

Ouiquinde gastronomique au Bosphore

 

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Katy

 

J’ai rencontré Katy sur un paquebot turc

Qui reliait Marseille au pays d’Atatürk

Longue, fine, élancée, androgyne et très blonde,

En voyage de noce elle courait le monde.

 

Un regard prometteur longuement échangé,

Deux verres de raki, près du bar, partagés,

Et nous nous retrouvons, sans parole inutile,

Sur le pont, envoûtés, commençant une idylle.

 

Je cueille sur ses lèvres un baiser épicé,

Je roule entre mes doigts ses petits seins dressés

Elle m’offre, cambré, le bas de son échine

 

Et nous faisons l’amour, au rythme des machines

Nous grimpons, enlacés, vers le septième ciel

Croquant à belles dents dans sa lune de miel !

 

 

Les “ Dolma yalanci ” – Les feuilles de vignes farçies

 

Le mari de Katy, un pasteur anglican

Pratiquait avec flegme une juste devise :

“ Mieux vaut une participation sur un volcan

Que l’exclusivité d’une froide banquise ! ”

Nous nous sommes aimés de fougue et d’abondance

De Marseille à Capri, du Pirée à Byzance,

Au hasard des recoins du bateau haletant

Toujours sur le qui-vive et pressés par le temps,

Sur des bâches pliées, sur des tas de cordages,

Mais surtout dans les chaloupes de sauvetage.

Grand, solide et rougeaud, le regard ironique,

Le pasteur buvait sec du rhum de Martinique

Il connaissait les hommes, les femmes et le péché

Et savait que Katy, sa belle amourachée

Lui reviendrait bientôt, et sans perdre la boule,

Sitôt que le bateau atteindrait Istamboul…

Le pasteur généreux, grand seigneur, m’invita

Dans un resto flottant, sous le pont Galata,

Il reprit possession, avec verve et humour

De sa volage épouse, de sa poupée d’amour,

Et la gorge serrée, je dus rendre les armes

Quand Katy me quitta, sans verser une larme…

- Eh ! Victor, ici bas, chacun porte sa croix,

Et souvent, le cocu n’est pas celui qu’on croit !

Il t’a bien fait marron, le serviteur de dieu !

Mais qu’avez-vous mangé comme repas d’adieu ?

- Un plat oriental, les “ Dolma yalanci ”,

On connaît : ce sont les feuilles de vignes farcies.

Tu fais blanchir trente secondes,

Dans de l’eau bouillante et salée,

Des feuilles de vignes que tu émondes

Des nervures et parties talées.

Tu les sèches sur du sopalin

Et tu te bois un coup de vin.

Tu colores un oignon et de l’agneau haché

Dans de l’huile d’olive sans laisser attacher,

Un verre de riz sec, laisse prendre du goût,

Puis recouvre d’un doigt d’eau, citronnée surtout.

Laisse cuire dix minutes, rajoute des raisins

Secs trempés, égouttés, cannelle, pignons de pin,

Sale, poivre, cuis à absorber le liquide,

Vide ton verre plein et plains ton verre vide.

Dispose cette farce sur tes portions de feuilles

Roule-les en cylindres, c’est fait en un clin d’œil,

Et pour ne pas qu’ils s’ouvrent, avec un cure-dent

Tu rapproches les bords et tu piques dedans.

Dans le fond d’une poêle, met ces petits rouleaux,

Un peu d’huile d’olives, un demi verre d’eau,

Et fais cuire à feu doux, vingt minutes à couvert.

C’est un plat délicieux, qui rend les hommes verts !

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

JVJ

 

 

Photo X - Droits réservés

 


 

08/07/2016

OTAN : les Charlots en manœuvre !

Blog exempt de fièvre fouteuse !

 

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Après les exercices BALTOPS 16 et Saber Strike 16 qui se sont déroulés du 3 au 19 juin, et impliquaient plus de 6 000 militaires de 15 pays membres de l’Otan, ainsi que des soldats suédois et finlandais ; après les exercices Saber Strike, qui ont réuni 13 Etats, et ont eu lieu en Lettonie, en Lituanie et en Estonie du 27 mai jusqu’au 22 juin, les États-Unis, à travers leur machine de guerre Otan, continuent leurs provocs aux frontières de la Russie. En Géorgie cette fois. Bof. Pas de quoi intimider l’ours russe !

 

Ce vendredi se retrouvent à Varsovie tous les pontes de cette alliance belliqueuse. La présence d’un prix Nobel de la paix, Barrack « Blackbush » Obama, donne à cette réunion des plus grands fauteurs de guerre du monde un côté cocasse ! A note que John Kerry, secrétaire d’état étasunien, rejoint cet aréopage après sa tournée en Georgie et en Ukraine où ils est allé porter la bonne parole « otanienne », laissant entendre notamment à la Géorgie la possibilité une prochaine intégration à l’Otan et… à l’Union Européenne. Non mais de quoi je me mêle ? Ce qui donne une surprenante idée de l’indépendance de l’U.E. par rapport aux États-Unis…

 

L’Otan est une machine de guerre n’ayant plus d’autre utilité – puisque le Pacte de Varsovie a été dissous – que de servir exclusivement les intérêts de la finance et des multinationales yankees dans leur volonté d’hégémonie mondiale et de pillage de la planète. L’Otan, bras armé d’un système de domination économique et financière étasunien en pleine déconfiture, conduit le monde à la guerre en soutenant les rodomontades des ex-pays de l’Est, Pologne, pays baltes, Ukraine, et maintenant Géorgie.

 

La France, sous De Gaulle, avait pris avec panache ses distances par rapport à l’Otan. Le Grand Charles ne transigeait pas lorsqu’il s’agissait de l’indépendance de la France. Depuis Sarkozy, suivi par Hollande, la France a réintégré, tel un toutou docile, la niche de l’Otan. Les conséquences négatives de cet alignement l’emportent largement sur les bénéfices escomptés en matière d’influence.

 

Notre retour dans le giron étasunien compromet gravement toute idée de défense européenne. Parce qu’il ne faut pas se leurrer : payant la moitié des dépenses et fournissant les trois-quarts des moyens militaires, les États-Unis imposent leur direction et le service avant tout de leurs intérêts, déterminant par cela la politique extérieure de leurs « alliés », de leurs vassaux plutôt. L’U.E. abdique par là même toute aspiration à jouer pleinement un rôle politique international, se contentant d’être une grosse larve promise à tous les pillages, ouverte à toutes les invasions.

 

Quant à nous, notre présence dans l’Otan présente des risques conséquents. Nous risquons d’être entraînés dans un conflit dont ne voulons pas, et sans que nos intérêts primordiaux ne soient menacés. Nous risquons de cautionner des décisions otaniennes, c’est-à-dire étasuniennes pouvant être considérés comme des provocations contre la Russie. C’est déjà le cas avec les déploiements de forces de l’Otan à proximité immédiate de la Russie, comme c’est le cas dans les Pays Baltes. C’est aussi le cas avec le déploiement de systèmes balistiques antimissiles en Pologne et en Roumanie… Et que dire de l’image de la France, ont l’influence planétaire était basée sur son indépendance ? Elle en a déjà pris un sacré coup.

 

Un gouvernement français digne de ce nom devrait commencer par s’opposer à tout élargissement de l’Otan, notamment à la Géorgie, l’Ukraine, voire bientôt le Monténégro et le Kosovo. Ceci afin de ne pas exacerber les tensions avec la Russie qui, il faut le rappeler, ne menace en aucune manière nos intérêts vitaux. Le fait d’avoir réintégré pleinement l’Otan donne à la France un droit de veto et donc la possibilité d’empêcher ces nouvelles entrées.

 

Mais pour cela, encore faudrait-il en avoir la volonté politique.

 

Enfin, les rodomontades étasuniennes doivent doucement faire rire Poutine, tant les forces en présence sont disproportionnées. En faveur des Russes.

Forces russes : voir http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/manoeuvres-b....

 

Photo X - Droits réservés

 

 

05/07/2016

Au bistro de la Toile : Bravo l'Islande !

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- Bravo l'Islande ! Olé pour les Islandais !

 

- Oh ! Victor, t'est devenu fouteux maintenant ?

 

- Je pourrais le devenir en voyant perdre avec panache ces coiffeurs, ces ouvriers, ces pêcheurs et autres dentistes islandais ne baissant jamais les bras devant les machines fouteuses bourrées de thunes des autres équipes de cet Euro de football. Mais si je suis un « fan » des Islandais, c'est pour autre chose Loulle, bien plus importante, pourtant illustrée à la marge par le comportement exemplaire tant des joueurs que des « supporters » de ce petit pays : le courage, l'imagination, la ténacité, la solidarité.

 

- Accouche.

 

- Eh bien, ce cailloux boréal juché sur des volcans, peuplé des descendants vikings d'Eric le Rouge, est un pays qui a su dire un retentissant MERDE aux banksters, MERDE au FMI, MERDE aux injonctions de la finance internationale.

Lors de la « crise » commencée en 2008, dans cette Islande laminée elle aussi par les banksters internationaux, le peuple a fait démissionner un gouvernement au grand complet. Les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé, à l’issue de deux référendums, de ne pas payer la dette qu’elles avaient contractée auprès de banques en Grande Bretagne et en Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière. Et, cerise sur le gâteau, elle a mis en taule ces banquiers gangsters ainsi que quelques politicards complices !

Résultat, ce pays a renoué avec la croissance et les investisseurs se pressent à ses portes. De plus elle a proclamé une nouvelle constitution basée sur la démocratie la plus directe possible. Elle a été concoctée et rédigée par une Assemblée constituante de 25 citoyens élus au suffrage universel parmi 522 candidats ; elle se compose de 9 chapitres et de 114 articles ; elle a été adoptée en 2011. Cette Constitution prévoit un droit à l’information, avec un accès public pour les documents officiels (Article 15), la création d’un Comité de contrôle de la responsabilité du gouvernement (Article 63), un droit à la consultation directe (Article 65), un droit de veto sur les lois puisque 10 % des électeurs peuvent demander un référendum sur des lois votées par le Parlement, un droit d'initiative populaire puisque 2 % des électeurs peuvent soumettre une question au Parlement, etc. Cette constitution est véritablement révolutionnaire. Mais on n'en parle pas dans les me(r)dias. Trop dangereux, trop mauvais exemple. Vaut mieux exalter les fouteux !

 

- Continue, Victor, tu m'intéresses.

 

- Lorsqu’a éclatée la crise concoctée par les banksters étsuniens, en 2008, et contrairement aux autres nations européennes à plat ventre devant le FMI exigeant une austérité criminelle comme en Grèce, en Irlande, en Espagne, en Italie, l'Islande a choisi une autre voie. Les trois principales banques du pays, Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing se sont effondrées, mais l’État islandais a refusé d’y injecter des fonds publics, comme dans le reste de l’Europe, et comme Sarko chez nous qui nous a fait les poches pour renflouer les banksters. Chez eux, au contraire l’État a nationalisé ces banques coupables.

Ce n'est pas tout. Par deux fois, en 2010 et 2011, un référendum est organisé pour demander au peuple s'il faut ou non payer la dette illégitime imposée au pays par les banquiers irresponsables. La réponse est évidement par deux fois NON. Et les responsables, banquiers et dirigeants marrons ont été mis en taule !

 

- Ouarf ! C'est des bons, de sacrés couillus ces Islandais !

 

- Tu l'as dit Loulle. Et ces remèdes de cheval ont porté leurs fruits : le pays est en pleine croissance, les investisseurs s'y pressent, le chômage est au plus bas et… ils dament le pion, balle au pied, aux plus grandes nations d'Europe.

 

- T'as raison Victor : vive les Islandais. Et pas seulement parce qu'ils jouent bien au foot

 

- Allez, Sköll ! A leur santé, et à la nôtre aussi.

 

Illustration : merci à Chimulus

 

02/07/2016

Ouiquinde érotique. Enfin c’est l’été. Au poil !

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Et voici revenu le temps des plages, le temps des belles alanguies sur le sable, dévoilant leur troublante quasi nudité. Et que remarque-t-on ? Le retour de la fourrure naturelle de nos compagnes, cette « touffe de noir Jésus » : le poil ! Enfin ! Des vedettes mondiales s’élèvent contre la dictature de la chatte rasée : Julia Roberts, Britney Spears, Drew Barrymore, Laetitia Casta, Kate Winslet reviennent, paraît-il, à la Nature ! Olé ! La victoire est en marche.

Foin de cette mode aux relents pédophiles qui transforment les femmes en petites filles aux allures d’actrices de films pornos, foin de ce diktat marketing de l’épilation à tous crins pour faire des jeunes des consommateurs moutonniers, foin de ces pseudos arguments d’hygiène imposant une aseptisation contre nature, le poil étant au contraire un rempart contre les invasions extérieures, un régulateur de la sudation, un terrain de sport pour les délicats morpions, un support pour les phéromones et les fragrances les plus intimes !

S’arracher des poils est bel et bien une mutilation, peu importe le prétexte : beauté (??), santé, soi-disant hygiène. S’arracher des poils ce n’est pas naturel, ça fait atrocement mal…

A quoi rime cette torture volontairement infligée ? La norme de beauté actuelle est d’être glabre. On est même en train d’essayer de ressembler à des œufs. Exit poils aux jambes, pubis, aisselles, visage, bras, tétons, ventre… Le poil n’est pas (plus) reconnu comme sexy... Or une femme belle et sexy est une femme qui n’a aucun complexe avec son propre corps. Elle dégage une violente attraction de par le bien-être qui émane d’elle. Alors « être femme » n’est-ce pas accepter le corps de la femme… Tout le corps ?

Refusons ce projet de société aseptisée, asexuée, faisant l’apologie des corps glabres, imberbes, lisses et profondément ennuyeux.

Refusons d’être pris pour des kons – le poil ça gratte, c’est sale, ça pue – les femmes n’ayant jamais eu de problèmes de cet ordre pendant des millénaires.

Vive le poil, le Poil, le POIL

 

Courbet lorigine du monde.jpg

 

Femme à poils

 

Rien n’est plus émouvant,

Rien n’est plus excitant

Rien n’est plus envoûtant

Qu’une bell' femme à poil

 

Sachez mesdemoiselles

Que pour le sensuel

Que pour le sexuel

Il faut avoir du poil !

 

Touffe noire

Ciboire

Touffe blonde

Profonde

Touffe rousse

Qui mousse

 

Écrin doux et soyeux

Du temple du désir

Toboggan broussailleux

Vers la grotte à plaisir

Le poil, le poil, le poil, le poiiiil

 

 

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26/06/2016

Gastronomie dominicale : le Brexit Pudding

cuisine,pudding,brexit

 

Pas moyen d’y couper, tous les médias s’excitent

Autour de ce bonheur issu de leur « Brexit »

Moi, j’aime le Rosbif bien rouge et bien saignant !

J’ai connu Margaret, dont le corps enseignant

M’a donné quelques cours d’amour et de…cuisine !

Voici une recette venue de ma copine :

 

— Nous avons, nous aussi, dans la vieille Angleterre

Quelques spécialités, au plan alimentaire.

Celle que nous aimons, celle qui nous rend dingue

Même avec le « Brexit »: c’est Le Royal pouddingue !

Un gâteau bien épais, bien lourd, poisseux et gras,

Qui envahit la bouche et cale l’estomac !

Je vais vous révéler, peuplades autochtones

Le secret de ce savoureux joyau de la Couronne.

Allons. Listen to me ! Et prenez tous des notes

Pour goûter aux plaisirs de mes compatriotes.

Demander au boucher deux gros rognons de bœuf…

— Eh ! Oh ! Arrêtez-là ! Allez chercher les « keufs » !

Rien que d’entendre ça, j’ai la cervelle molle !

Margareth, ton pudding, c’est de la vache folle ?

— …Vous en ôtez la graisse et vous la moulinez

Avec du vieux pain sec de Guinness imbibé.

Hachez grossièrement des raisins de Corinthe,

Des écorces confites d’orange et coloquinte.

Dans une grande jatte, ajoutez la farine,

Des fruits confis hachés, un peu de gélatine,

Amandes effilées, sucre roux et mélasse…

— Arrête Margareth ! C’est trop, c’est dégueulasse…

— …Muscade râpée fin, gingembre, et cannelle

Vous mouillez à la bière, cognac, un peu de sel.

Travaillez à la main cette pâte onctueuse…

— Margot ! Ça ira mieux avec la bétonneuse !

— …Vous couvrez votre jatte et laissez reposer,

Huit à dix jours au moins. Chaque jour, malaxez !

— Margareth, maintenant, il te faut nous instruire :

Ce plat, tu nous le fais pour manger…ou construire ?

— …Au bout de tout ce temps, mettez des œufs battus…

— C’est pour améliorer ton tas de détritus ?

— …Beurrez soigneusement une grande terrine

Saupoudrez-là ensuite avec de la farine,

Vous y versez la pâte et vous la tassez bien…

— C’est du béton vibré, ou je n’y connais rien !

— …Enveloppez le tout avec un grand torchon

Dont vous nouerez les coins tout comme un baluchon

Plongez alors le tout dans un pot d’eau bouillante

Laissez cuire cinq heures dans cette eau frémissante.

— Tu rajoutes une pierre de margelle du puits,

Quand le caillou est tendre, Eh ! Le pudding est cuit !

— Retirez le pudding et laissez-le tiédir

Puis vous le retournez sur un plat à servir,

Nappez de sucre roux et flambez au Cognac

Au rhum brun de Cuba  ou au vieil Armagnac,

Et alors, n’en déplaise à ce vieillard maniaque

Vous aimerez, je crois, les goûts de l’Union Jack !

 

VictorAyoli

 

Photo X – Droits réservés

 

21/06/2016

Euro 2016 : gazon maudit pour nos très chers stades !

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Bien sûr ça fait rigoler cette pelouse peinte pour qu’elle soit plus « télé visuelle ». Ce qui s’est passé à Lille, ville devenue célèbre ces jours derniers pour les artistiques gamelles des fouteux, n’est pourtant pas très rigolo ni pour les joueurs, ni pour l’image de la ville à travers son stade Pierre Maurois. C’est l’UEFA qui a exigé le changement de la pelouse de ce stade – qui pourtant donnait satisfaction – pour la remplacer, fin mai, par une pelouse « UEFA » fournie par l’entreprise autrichienne Richter Rasen. Quelles magouilles se cachent derrière cette coûteuse opération, au frais du gestionnaire. Notons qu’une même opération de changement de pelouse a été imposée par l’UEFA aux stades de Marseille et Nice… L’herbe rapporte plus aux pelouseurs « agréés UEFA » qu’aux paysans de Lozère ou d’Ariège…

 

Cette péripétie qui serait cocasse si elle n’était si coûteuse, donne l’occasion d’aller voir d’un peu plus près ce qu’il y a derrière la construction de ces stades pharaoniques. Combien ça coûte, qui paie et pour quoi ?

 

Ainsi ce fameux stade de Lille, baptisé du nom de l’ancien maire de Lille Pierre Maurois, compte 50 000 places, il est doté d’un toit ouvrant et d’une pelouse rétractable (?!). Il coûte 324 millions auxquels s’ajoutent 161 millions d’aménagements autour du stade (parking, voies d’accès, etc.). Il appartient à la Métropole européenne de Lille (MEL) et est géré par la société Eiffage. Enfin, il appartiendra à la MEL à l’issue du remboursement des loyers, pendant trente ans, à Eiffage dans le cadre du Partenariat Public Privé (PPP).

 

Il y a déjà plusieurs embrouilles en cours. La société Eiffage réclame en justice 167 millions supplémentaires pour des travaux non prévus, genre normes parasismiques et autres couleurs de moquette des loges privés ! Ce n’est pas tout. Un juge d’instruction (le juge Gentil) enquête sur l’attribution à Eiffage alors que l’offre de Bouygues était plus compétitive (10,7 millions de loyer annuel pour l’un, 14,2 pour l’autre. Et c’est le plus cher qui a été choisi… Bizarre, bizarre. La différence, sur 30 ans que durera le contrat, est de 108 millions qui sortira des poches des assimilés Lillois de la MEL. De plus, si le club hôte – le LOSC – descend en ligue 2, le loyer annuel qu’il paie tombera de 4,7 millions à un seul petit million… La ville a intérêt à ce qu’ils soient bon, les fouteux du LOSC !

 

A Marseille, le Stade vélodrome – qui n’avait plus de piste cycliste depuis bien longtemps – a été agrandi, rénové et en partie couvert, pour un coût prévu oscillant entre 120 et 160 millions d’euros. Les estimations de coût étant comme les quenelles qui gonflent, qui gonflent, ce sera finalement 268 millions dont 43,5 millions pour la ville de Marseille et 90 millions pour l’État et les autres collectivités locales. Le reste est financé là encore par un PPP juteux pour Arema, filiale de Bouygues : la mairie va lui signer chaque année un chèque de 12 millions, pendant 35 ans. Montant que la Chambre régionale des Comptes estime à plutôt 14,6 millions… Ce PPP a été voté par la municipalité phocéenne sur la promesse que l’OM paie un loyer annuel de 7 à 8 millions. Or le club a tapé sur la table et a fait ramener le loyer à 3 millions pour 2015, et 4 millions les deux années suivantes. Après, on verra… Que penser de l’énormité dans la konnerie d’un conseil municipal qui signe un PPP énorme sur la simple promesse verbale du montant du loyer du club résident ? C’est vrai qu’il y a aussi une part de 20 % des recettes de la billetterie. Donc, là encore, ils ont intérêt à être bons les fouteux marseillais (ce qui n’est pas le cas) parce que lorsqu’ils perdent, il y a moins de monde et c’est le contribuable qui paie…

 

Ailleurs (Nice, Saint-Etienne, Bordeaux, etc.), cherchez vous-même.

 

Ouais, mais les stades sont les cathédrales modernes. Est-ce qu’on se soucie du coût de la cathédrale de Chartres ou de Notre-Dame de Paris ?

Sans compter que, à défaut d’élever l’âme, ces « cathédrales » modernes vibrent aussi de leurs cantiques « Oh Hisse ! Enculé… »

 

Et puis, les stades peuvent être facilement recyclés. Comme au Vel’d’Hiv ?

 

Photo X - Droits réservés

sources: http://www.bastamag.net/Euro-2016-de-nouveaux-stades-trop...

19/06/2016

Gastronomie bien française: on fait l'andouille !

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L'andouille au Côte-du-Rhône

 

Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le met bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

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Photos X - Droits réservés 

 

17/06/2016

Au bistro de la toile : Martinez chez El Khomry

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- Alors ! Victor, tu crois qu'ils vont se rouler une pelle ?

 

- Qui ça ?

 

- Ben, M'ame El Komry et le camarade Martinez, ci-devant moustachu de la CGT.

 

- C'est vrai qu'ils se rencontrent ce matin. Si leurs négociations durent jusqu'à demain , ce qui voudrait dire que ça avance positivement, et qu'ils se se fassent une salade de museau pour fêter ça, on pourra dire que c'est « la pelle du 18 juin » !

 

- Il doit y avoir tarpé parce que les kroumirs vindicatifs du Sénat sont en train de lui filer de sacrés suppositoires au cul à cette Loi El Komry pour la bouster ! Sous sa version actuelle, elle leur semble trop « gauchiste ». Ils ont même voté l'abandon des 35 heures.

 

- Le Sénat, après un bref passage à gôôôche, a retrouvé sa vocation : être la grosse caisse de tout ce que la droite la plus bornée peut proposer. Ainsi, le fameux article 2, celui qui préconise l'inversion des normes leur semble encore trop favorable aux manards…

 

- Et qu'est-ce qu'il dit cet article ? C'est quoi « inverser les normes » ?

 

- En matière de négociations entre syndicats et patronat la règle est que ces négociations se passent au niveau des « branches ». Les branches, ce sont les organisations professionnelles qui regroupent les entreprises œuvrant dans un même secteur. La branche textile regroupe ainsi toutes les boites qui marnent dans le tissu, la branche métallurgie regroupent toutes celles qui sont dans la ferraille, etc. Ce système donne un certain poids à ces « branches », poids que n'auraient évidemment pas les entreprises prises séparément. Ce sont les « accords de branche » d'où découlent les « conventions collectives » qui régissent les rapports entre patrons et salariés.

La Loi El Komry, sur diktat du patronat, veut donc casser ce rapport de force. « Inverser les normes » consiste à donner priorité aux accords directs entre salariés et patrons au sein des entreprises, sans passer par les « branches », bien trop puissantes pour les patrons. Note que cette inversion des normes comme ils disent dans leur jargon est dictée par la Commission Européenne qui l'a déjà exigée de la Belgique, l'Espagne, l'Italie, pays qui avaient des accords équivalents aux nôtres.

 

- Et ça va changer quoi ?

 

- Ben, si cette loi passe, une entreprise pourra désormais négocier avec ses salariés des conditions moins favorables que la convention collective de branche, ce qui ouvre la porte au dumping social. Les salariés, seuls, avec l'épée de Damoclès du chomdu sur leur tête, seront des proies plus faciles à plumer par les patrons. Voilà ce que Martinez refuse.

 

- Oui mais la CFDT est pourtant d'accord pour signer ces accords ? Pour eux les négociations ont été positives...

 

- Bof. Comme disent les slogans des manifs, « Si le Medef voulaient instaurer l'esclavage, la CFDT négocierait le poids des chaines »…

 

- Bon. En attendant le résultats des négociations, levons nos verres !

 

- A la nôtre !

 

Illustration: merci à Chimulus

16/06/2016

Réduire la démocratie à un murmure…

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Je vous fais profiter d'un texte de mon ami Jean Casanova qui traite, avec son talent, son érudition et sa saine vacharderie, des péripéties sécuritaires actuelles :

 

Football / Flashball.

(Ministère de l'Intérieur – Hôtel de Beauvau - Place Beauvau - Paris 8° 14 Juin 2016)

 

Nous sommes aujourd'hui Hôtel de Beauvau, place du même nom, siège depuis 1861 du Ministère de l'Intérieur, à quelques pas du Palais de l'Élysée. Suspecte et inquiétante proximité. Le couple sécurité / insécurité pourrait-il être instrumentalisé ? N’allons pas si vite.

Reçus et introduits dans le bureau de M. Javert, Directeur au Ministère, du Service de la Sécurité Publique. Javert !

Ce nom ne vous est probablement pas inconnu.

Victor Hugo, dans sa grande fresque romanesque Les Misérables, dressait ainsi le portrait de l'Inspecteur Javert, le trisaïeul de notre interlocuteur d'aujourd'hui, l'homme qui, sa vie durant, n’eut de cesse de poursuivre Jean Valjean : « Les paysans des Asturies sont convaincus que dans toute portée de louve, il y a un chien, lequel est tué par sa mère, sans quoi, en grandissant, il viendrait à dévorer le reste de la portée. Donnez une face humaine à un chien fils d'une louve, ce sera Javert ».

L'Inspecteur Javert ne vivait que pour respecter les lois. À ces deux maximes, il n'admettait aucune exception : « Le policier ne peut se tromper » et « Un criminel est irrémédiablement perdu. Rien de bon ne peut en sortir ».

Nous pensons vous en avoir assez dit et, sur cette flatteuse présentation de l'homme de 1840, venons-en à l'entretien avec notre M. Javert d'aujourd'hui. Quel poste plus mérité que celui de Directeur de la Sécurité Publique lorsque l'on porte un tel nom et que l'on descend en ligne directe d'un ancêtre aussi prestigieux ?

Surtout dans le contexte d'aujourd'hui : un pays en état d'urgence depuis maintenant plus de six mois, des crues et des inondations cataclysmiques qui ne cessent pas, des fractions entières du monde du travail en révolte, fanatisées et dressant des barrages aux quatre coins du pays, une jeunesse refusant de se coucher le soir, jusqu'aux habituellement si sympathiques supporters et hooligans transformant les abords des stades en lieu de batailles rangées. Dernières venues et plus inquiétantes, des menées terroristes et des assassinats de policiers.

C'est avec la plus grande inquiétude, celle de savoir si « tout était sous contrôle », comme vient de l'assurer notre Premier Ministre, que nous venons prendre le pouls de la situation auprès de l'homme le plus qualifié pour y répondre, le Directeur de la Sécurité Publique au Ministère de l'Intérieur.

M. Javert, permettez-nous en premier lieu de vous dire toute notre sincère admiration pour l'efficacité déployée par vos services depuis maintenant plusieurs semaines : déblocages de raffineries et de dépôts de carburant occupés ; encadrement musclé de manifestations monstres maintenant pratiquement hebdomadaires ; évacuation nocturne, tambour battant, des places de nos villes où certains de nos jeunes gens s'entêtent à noctambuler ; et maintenant, service d'ordre manu militari aux alentours des stades...

Nous ne voulons pas allonger la liste des innombrables tâches auxquelles sont confrontés

vos services, ni ignorer l'état d'épuisement et de stress plus que probable de tous vos effectifs. Fatigue et stress auxquels s'ajoute maintenant l'omniprésent danger de menaces terroristes. Mais enfin, la Sécurité est assurée.

Cette prudente et respectueuse entrée en matière énoncée, arrivons-en maintenant à ce si bienvenu Euro 2016, dont tout le monde espère, après ces si à propos inondations du mois précédent, qu'il permettra de poursuivre l'occultation des graves préoccupations sociales du moment. On ne peut en permanence, dans ce domaine, recourir à l'événement terroriste. Il est malheureusement difficilement programmable en terme de calendrier. Permettez-nous M. Javert de vous dire notre étonnement, peut-être notre désapprobation quant au message signé République Française et diffusé par placards électroniques géants à l'entrée des stades. Avec ces formules impératives : Éviter les attroupements ; Ne pas tenir de propos politiques et idéologiques...

Évitez les attroupements, est-ce réaliste ? Y pensez-vous sérieusement ? Surtout avec la Loi- Travail. Hier encore, plus d'un million de manifestants à Paris. Ne pas tenir de propos

politiques ou idéologiques... M. Javert, nous tenons à vous le rappeler, tenir des propos politiques est une manière de penser tout haut. Nous nous excusons de vous poser la question en ces termes, elle commence par pensez-vous. Pensez-vous utile, arrivés où nous en sommes, en ces temps de libéralisme sécuritaire, de recommander l'abstention de penser ?

Resté jusqu'à maintenant attentif mais soucieux, recevoir des journalistes, à quoi cela peut-il mener, M. Javert se détendit, rassuré peut-être par le conciliant et le déférent de nos questions, plus probablement par le sentiment de son bon droit.

Chers amis, un principe ! Toujours tenir à l'écart politique et idéologie. Toujours !

Nos efforts en matière de lavage de cerveau et de crétinisation des masses n'ont jamais faibli, et ce concours footballistique en était l'occasion rêvée. Merci aux précieux concours de nos mass media en la matière. Mais attention, tout outil d'aliénation peut brutalement devenir levier d'affranchissement.

Car, qui dit attroupement, dit assemblement ; qui dit assemblement peut à tout moment dire ameutement. Et le sympathique crétin supporter doit toujours être vu comme un potentiel émeutier. Il faut veiller, sur ces barils de poudre que sont devenus les amassements du peuple, à ce qu'aucune mèche ne soit allumée.

La consigne de nos autorités gouvernementales est claire : éviter un « championnat révolutionnaire », un réveil séditieux du peuple, déclenché par un je-ne-sais-quoi : une erreur d'arbitrage, un penalty refusé, un quelque chose, nous n'osons pas dire quoi ou comment, un quelque chose qui éveillerait un sentiment d'injustice. Ce sentiment est dangereux. Sentiment d'injustice, attention ! Révolte toujours possible. Et de la révolte à la prise de conscience, il n'y a qu'un pas ; l'une et l'autre pouvant toujours s'alimenter.

George Orwell disait dans son magnifique récit d'anticipation 1984 : « Ils se révolteront quand ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu'après s'être révoltés ».

Et de conclure, nous étonnant par son érudition, nous montrant qu'il était bien le digne héritier du fin limier du Roi Charles X, celui du temps des Misérables -cetempsest-ilterminé–conclure par la célèbre citation de l'historien Jules Michelet : « Par devant l'Europe et le monde, la France, sachez-le, n'aura jamais qu'un seul nom, inexpiable, son nom éternel : Révolution ».

Oui, Messieurs, il faut réduire la démocratie à un murmure.

TINA (There is not alternative) ; il n'y a pas d'autre politique possible.

Grévistes, footeux, étudiants, manifestants, noctambules, enragés de tout acabit ! Tenez-vous à carreau. Foi de Javert, au nom de l'ordre libéral, je ne veux voir qu'une seule tête. Rompez !

 

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13/06/2016

PAS D'IMPÔTS pour cette grande cause nationale : l'Euro 2016 de foutebol...

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Qui dit qu'on paie trop d'impôts en France ? Qui sont ces pisse-froid qui ne comprennent pas la beauté de l'acte de payer son écot pour le bien public en fonction de ses moyens ? Vous ? Moi? Mais alors c'est que vous, et moi, n'avons pas la chance de faire partie de cette « élite » qui, grâce au dieu foutebol, ne sortira pas un seul fifrelin en impôts – si ce n'est la TVA – au cours du grand raout foutebalistique – l'EURO 2016 - qui sévit dans notre beau pays depuis quelques jours.

Oui, vous avez bien lu : aucune taxe, aucun impôts sur les sociétés, aucune autre fiscalité française pour les entreprises partenaires de l'UEFA. C'était la condition sine qua non, en 2010, pour obtenir cette organisation... Qui sont ces heureux partenaires qui vont pouvoir se gaver sans reverser la moindre thune ? Il y a les « sponsors » officiels qui sont : La Française des Jeux (On les connaît ceux-là, ce sont les racketteurs officiels ; c'est une entreprise publique française datant de 1976, détenue à 72 % par l'État français qui lui a confié le monopole des jeux de loterie et de paris sportifs sur tout son territoire), McDonald's (L'empereur mondial de la malbouffe, grand pourvoyeur d'obèses), Coca-cola (Ceux-là aussi on les connait, c'est pour eux que TF1 « prépare le cerveau de ses téléspectateurs »), Carlsberg (entreprise danoise, troisième ou quatrième fabriquant de bière mondial), Continental (oui, ce fabriquant de pneus allemand qui a laissé des milliers d'ouvriers sur le carreau), Hyunday-Kia (conglomérat coréen : automobile, construction navale, militaire, électronique, écrans plats notamment), SOCAR (ceux-la, c'est la State Oil Company of Azerbaijan Republic, c'est-à-dire la compagnie nationale pétrolière et gazière d'Azerbaïdjan.), Hisense, fabricant chinois de téléviseurs, électroménager, smartphones. S'ajoute à ces veinards le groupe suisse Kuoni, spécialisé dans l'organisation de voyages, responsable de l'hébergement pour les équipes participantes, les officiels de match, les partenaires commerciaux et de diffusion, les journalistes, les fournisseurs et équipes responsables de l'organisation de la phase finale. L'UEFA va passer encore quelques partenariats encore inconnus.

Nouveau venu parmi ces veinards, le traiteur Hédiard, - la célèbre maison d’épicerie fine de la place de la Madeleine à Paris – qui, associé au chef Robuchon, a été retenue pour assurer les services d’« hospitalité ». C'est donc lui qui assurera les prestations organisées autour des matchs – en particulier la restauration – et qui sont vendues aux entreprises. « Deux niveaux de prestations : « Platinium » (sacré Platini, va !) pour les loges privatives; « Gold » pour les places de catégorie affaires, les « business seats » dans le jargon professionnel. Le prix moyen pour cette seconde catégorie est de l'ordre de 1.700 à 2.200 euros par place. Pour les loges, la note varie selon les stades et les matchs, le maximum étant atteint par la finale avec un montant de la prestation à l'unité de 4.270 euros. « Nous sommes dans les prix de marché », assure Jacques Lambert, le président d'Euro 2016 SAS, la structure juridique ad hoc, détenue à 95 % par l'UEFA, la Fédération française de football en possédant 5 %. » (Les Echos.)

A côté » de ces cadors, il y a de solides second couteaux : Adidas, Crédir Agricole, Proman, SNCF, Orange, Turkish Airlines, La Poste.

Le principal bénéficiaire de cette opération, c'est cet organisme à structure mafieuse nommé UEFA qui, lui, se gave. Le gouvernement va en effet exonérer de tout impôt les différentes entités chargées d'organiser l'Euro 2016 de football. En dehors de la TVA, qui est pilotée par des règles européennes, aucune taxe, aucun impôt sur les sociétés, aucune autre fiscalité française ne sera prélevée sur l'UEFA et ses filiales françaises. Pour l'événement, une structure juridique ad hoc a été créée, baptisée « Euro 2016 SAS », et détenue à 95 % par l'UEFA et à 5 % par la Fédération française de football. Elle gère toute l'organisation de la compétition, à l'exception de la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. »

Voilà à qui nous allons refiler ce manque-à-gagner de l’État. Eh ! Il ne faut pas être égoïstes, il faut aider les malheureux du monde...

Comme vous pouvez voir, juste quelques entreprises françaises parmi ces heureux « exemptés d'impôts ». Par contre l'organisation laisse à l’État et aux collectivités françaises la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. Selon une étude commandée par l'UEFA, l'Euro 2016 coûtera au total 1,650 milliard d’euros (investissement pour la construction ou la rénovation des stades, sans compter 400 millions pour améliorer l'accès et les transports) pour des retombées évaluées à 1,134 milliard d’euros pour l’activité en France.

Ben voyons ! Et kikiva payer pour ces beaux stades construits selon la juteuse procédure du Partenariat Public Privé (le public casque, le privé encaisse le fric) ? Et kukiva casquer pour les flics qui garderont ces stades des débordements de ces hordes de « supporters » bourrés de Carlsberg (interdite aux abords des stades la kro ou les bières locales ! ) Les tarés qui ont tout cassé sur le Vieux-Port se sont bourrés à la danoise, uniquement.

Ainsi, alors qu'il n'y a pas un kopeck pour les collectivités locales, le gouvernement a prévu 2 milliards d'euros dont 1,6 euros pour les stades et 400 millions pour les accès net les transports. Et la sécurité, vous croyez que c'est gratos ? Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a détaillé les dispositifs de sécurité qui seront déployés lors du championnat. Au total, 77.000 personnels du ministère de l'Intérieur sont mobilisés: 42.000 policiers (dont 2.000 de la sécurité publique, 5.000 de la police aux frontières, 2.000 membres des Compagnies républicaines de sécurité (CRS), 10.000 de la préfecture de police de Paris), 30.000 gendarmes (dont des membres du GIGN) et 5.200 personnels de la sécurité civile (dont 2.500 sapeurs-pompiers et 300 démineurs). Dans les infrastructures de transport, une partie des militaires de l'opération Sentinelle sera mobilisée. De plus, 13.000 agents de sécurité privée et 1.000 bénévoles des associations de secourisme seront présents. Enfin, le GIGN, le RAID et la BRI seront prêts à intervenir. Le secrétaire d'état aux sports, Thierry Braillard a annoncé quelques jours avant le début de la compétition que la diffusion des matchs à la terrasse des cafés et restaurants serait interdite pour des raisons de sécurité.

Ouais mais le prestige ! L'image de la France ! Les « retombées » touristiques ! Mouais… Avec les poubelles partout, les grèves qui n'ont – à juste raison – rien à foutre du raout foutebalistique, les bagarres de « supporters » mononeuronés, elle n'est pas très reluisante l'image.

Ouais, mais les retombées économiques... Parlez-en aux Brésiliens !!!

 

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11/06/2016

Ouiquinde érotique calipyge

 

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Sonnet sur le cul d'une demoiselle 


Beau cul de marbre vif, dont l'amour fait sa gloire,
Cul dont les doux regards sont d'attraits embellis,
Cul qui par sur tout autre oblige mes écrits,
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire;

Cul qui sur tous les culs remporte la victoire,
Cul qui passe en blancheur et la Rose et les Lis,
Cul de qui le mérite oblige mes écrits
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire,

Beau cul, bien que tant de bonheur se marque assez en vous,
Ce n'est pas le sujet qui fait qu'aux yeux de tous,
J'étale en ces écrits vos beautés que j'admire,

Mais surtout, je vous aime ô beau cul tout divin
Pour être le plus proche et l'unique voisin
De ce doux Paradis où l'Amour se retire!

Robert Angot de l'Eperonnière 

 

 

 

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Et puis, le grand TONTON GEORGES !

 

 

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Écoute ! Écoute !

 

 

Deux clitoris se rencontrent... l'un dit à l'autre :
- Il paraît que tu es frigide?
L'autre répond : 
- Ce sont les mauvaises langues qui disent ça.

 

 

 

09/06/2016

Pourquoi France Inter sort-il Madelin de la naphtaline ?

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Je viens d'entendre, à défaut d'écouter, l’ineffable Madelin. On croyait qu’il était retourné à sa place celui-là, dans les poubelles dorées, mais le revoilou qui vient nous rabâcher son grand air du bonheur ultra libéral ! Mais qu'est-ce qu'il leur arrive à France Inter pour nous ressortir de la naphtaline l'ancien nervi facho d’Occident reconverti dans les « fonds d’investissement » ?

Tiens, je lui ai écrit une petite bluette qui se chante évidemment sur l'air célèbre de « La Madelon » :

 

« Quand Madelin vient nous servir sa soupe

On a envie d’y casser le menton

Ce pourri mérite qu’on lui coupe

Ce qui lui sert de roustons !

 

Quand Madelin vient nous gonfler les glandes

On a envie de lui bourrer l’oignon.

Il faudra bien qu’un jour on le pende

Madelin, Madelin, Madelin…

 

Quand ce salaud vient nous baver dans le poste

Son grand air du bonheur ultra-libéral

C’est le moment d’organiser la riposte.

Tous dans la rue, soulèvement général !

 

Nous les clodos crevant la dalle

Qui n’avons mêm’ pas le chomdu

Nous les champions de la fringale

Nous prendrons ce qui nous est dû

 

Tremblez ! vous les patrons

Tremblez ! vous les poltrons

Les princes du pavé vont vous botter le cul ! 

 

Quand Madelin vient nous gonfler les glandes

On a envie de lui bourrer l’oignon.

Il faudra bien qu’un jour on le pende

Madelin, Madelin, Madelin…»

 

 

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04/06/2016

Ouiquinde érotique avec...Beaumarchais !

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L'épouse à la mode

La jeune Elvire, à quatorze ans, 
Livrée à des goûts innocents,
Voit, sans en deviner l'usage,
Éclore ses appas naissants ;
Mais l'amour, effleurant ses sens,
Lui dérobe un premier hommage :
Un soupir
Vient d'ouvrir
Au plaisir
Le passage ;
Un songe a percé le nuage.

Lindor, épris de sa beauté,
Se déclare ; il est écouté :
D'un songe, d'une vaine image,
Lindor est la réalité ;
Le sein d'Elvire est agité,
Le trouble a couvert son visage.
Quel moment
Si l'amant,
Plus ardent
Ou moins sage
Pouvait hasarder davantage !

Mais quel transport vient la saisir ! 
Cet objet d'un premier désir,
Qu'avec rougeur elle envisage,
Est l'époux qu'on doit lui choisir ; 
On les unit :
Dieux ! Quel plaisir ! 
Elvire en fournit plus d'un gage.
Les ardeurs,
Les langueurs,
Les fureurs,
Tout présage
Qu'on veut un époux sans partage.

Dans le monde, un essaim flatteur 
Vivement agite son cœur ;
Lindor est devenu volage,
Lindor méconnaît son bonheur.
Elvire a fait choix d'un vengeur ;
Il la prévient, il l'encourage : 
Vengez-vous ;
Il est doux,
Quand l'époux
Se dégage,
Qu'un amant répare l'outrage.

Voilà l'outrage réparé ;
Son cœur n'est que plus altéré
Des plaisirs le fréquent usage
Rend son désir immodéré ;
Son regard fixe et déclaré
A tout amant tient ce langage
Dès ce soir,
Si l'espoir
De m'avoir
Vous engage,
Venez, je reçois votre hommage.

Elle épuise tous les excès ;
Mais, au milieu de ses succès,
L'époux meurt, et, pour héritage, 
Laisse des dettes, des procès.
Un vieux traitant demande accès :
L'or accompagne son message...
Ce coup d'œil
Est l'écueil
Ou l'orgueil
Fait naufrage :
Un écrin consomme l'ouvrage.

Dans ce fatal abus du temps
Elle a consumé son printemps ;
La coquette d'un certain âge
N'a plus d'amis, n'a plus d'amants : 
En vain, de quelques jeunes gens
Elle ébauche l'apprentissage ;
Tout est dit,
L'amour fuit,
On en rit :
Quel dommage !...
Elvire, il fallait être sage.

Beaumarchais

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02/06/2016

Canto, Benzema… Des « génies » qui pensent avec leurs pieds !

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Et zou maï ! Comme on dit chez nous. Et ça recommence. Qu'est-ce qui recommence ? Les jérémiades victimaires au sujet des maghrébins. Cette fois, la charge pleurnicharde vient de ces enfants gâtés que sont les « génies » qui frappent dans un ballon un peu plus adroitement que d'autres. C'est d'abord Cantona, pour qui on pouvait avoir beaucoup de sympathie, non pas seulement pour ses coups de tatanes lorsqu'il était foutebaleur, mais aussi pour ses qualités d'acteur sans oublier son flamboyant coup de gueule contre les banques lorsque, il y a quelques années, il avait fait trembler les banskters en mettant le doigt sur cette arme terrible contre ces derniers : si le même jour tous les clients d'une banque viennent retirer leur argent en dépôt, la banque plonge !

Là c'était du bon Canto ! Mais remuer la merde et prétendre que Deschamps serait raciste sous prétexte que son nom sonne bien « souchien », c'est une belle ânerie en plus d'une insupportable calomnie. Il n'est que de voir la composition de l'équipe qu'il a concoctée. Canto, t'as marqué contre ton camp.

Et voilà l'autre enfant gâté, Bensema, qui en rajoute une couche. Et allez ! Faites tourner le moulin à jérémiades : les maghrébins sont des victimes, les musulmans sont sans cesse ostracisés. Et voilà que les pseudo intello islamo-gauchistes de service entonnent leur grand air, des sanglots dans la voix : ils pleurnichent encore, eux aussi, sur la pauvre condition des malheureux musulmans en France, et gnan gnan gnan comme dirait Finkel. Il se vautrent dans l’autoflagellation, la haine de soi et du pays, pour eux le Français étant forcément un gros beauf raciste, colonialiste, chauvin et kon. Ils considèrent comme systématiquement victimes celui qui vient d’Afrique, et encore plus du Maghreb. Konnerie...

Les musulmans ? Connait pas. Je connais des citoyens français, c'est tout. Si certains veulent aliéner leur existence à quelque névroses collectives appelées « religions », libre à eux. Qu'ils fassent leurs simagrées chez eux. Dans leur espace privé. La laïcité leur en donne toute latitude. Mais qu'ils ne prétendent pas que leurs « croyances » puissent influer sur la marche de la république, ni surtout que leurs « lois » prétendument « divines » priment sur celles de l'Etat.Tous ceux qui viennent d'ailleurs bénéficient des bienfaits de notre république qui met à leur disposition, imparfaitement bien sûr, mais égalitairement les moyens d'être logés, nourris, soignés, sinon éduqués du moins instruits. A eux de se démerder pour évoluer. Des générations d'Italiens, d'Espagnols, de Polonais, d'Arméniens l'ont fait. Des générations de Vietnamiens, Cambodgiens, Laotiens, Chinois, Indiens le font. Sans faire d'histoire, sans rien vouloir imposer, en s'intégrant harmonieusement dans le pays qui leur ouvre les bras. Et parce qu'ils sont musulmans, certains – je dis bien certains – n'en seraient pas capables ?

Abdelwahab Meddeb, philosophe récemment disparu, considéré comme le Voltaire arabe, déclarait: « Ce n’est pas à l’Europe de s’adapter à l’islam, c’est à l’islam de s’adapter à l’Europe, à l’islam d’apprendre à subir la critique même la plus offensante sans en venir au crime de sang pour se défendre ». On peut hélas douter que les œuvres de ce penseur soit sur la table de chevet de M.Bensema…

Un autre grand penseur de l'islam, Abdenour Bidar, se désole avec lucidité de ce grand corps malade qu'est devenu l'islam : « ...un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté ; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion ; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses. »

Les déluges de massacres, égorgements, assassinats, tortures perpétrés chaque jour au nom de l'islam donne de cette idéologie une image effroyable, bien loin de la doctrine admirable des soufis par exemple. Nous sommes tous concernés par ces exactions puisqu'elles arrivent sur nos terres, même si les musulmans en sont les premières et les plus nombreuses victimes. Chaque jour, à Bagdad, à Karachi, à Kaboul, à Alep, à Homs, à Kobané, à Tripoli, à Beyrouth, en Afrique de l'Ouest, en Somalie des hommes et des femmes meurent dans l’indifférence, assassinés par des terroristes financés par les fortunes du Golfe qui restent pourtant les meilleurs alliés de l’Occident.

Quand nos responsables politiques auront-ils le courage de laisser leur culte du fric de côté pour regarder les choses en face : comment considérer l'Arabie saoudite et le Qatar comme des pays amis alors qu'ils financent et exportent partout dans le monde des « prêcheurs » qui vident l'islam de sa spiritualité pour en faire une machine de mort ?

Prêcheurs du jihad que l'on retrouve dans les mosquées de nos banlieues et qui polluent l'esprit de cette jeunesse pleine de possibilités que la rancœur voire la haine de ces tarés empêchent de s'épanouir bien plus que le prétendu ostracisme de « certaines parties de la France » comme disent ces têtes sinon pensantes du moins frappantes dans une baballe que sont Benzema ou Canto.

 

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01/06/2016

Au bistro de la toile : python et voyous fiscaux voraces

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- Ah ! Ah ! Ah ! Oh fatche ! Ecoute ça Victor : « Un incident qui fait froid dans le dos est arrivé à un Thaïlandais, rapportent les médias locaux. Un homme âgé de 38 ans était assis sur la cuvette des toilettes d’un restaurant lorsqu’un visiteur indésirable a émergé d’une canalisation…

Le trentenaire a soudain ressenti une grande douleur au pénis, et pour cause : un python long de trois mètres venait de mordre ses parties génitales ! Le malheureux a tenté de desserrer les mâchoires du reptile pendant près d’une demi-heure avant de parvenir à se libérer. Emmené aux urgences par sa femme, il a dû se faire poser des points de suture. Les pompiers sont ensuite intervenus pour libérer le python coincé dans les toilettes et l’ont relâché dans la nature, loin des habitations. »

- Puteng, le python ! Oh ! Loulle, quand je vais aller dans tes cagoinces pour téléphoner à Sarko ou à Hollande, je mettrais une capote en zinc… Je tiens à ramener Monsieur le Maire et ses deux adjoints à Madame !

- Tu sais, ici, les pythons servent surtout à accrocher des tableaux aux murs…

- Ah ! Tu sais, on n'est jamais assez prudent avec ces énormes bestiaux venus d'ailleurs. Tiens par exemple les buffles. Ma voisine a un énorme 4x4. Indispensable pour se garer sur le trottoir en emmenant les chiards à l'école. Et bien cette jolie petite mêdême, la calandre déjà agressive de son engin est ornée d'un redoutable pare-buffles en ferraille épaisse, carrée, affutée comme l'honnêteté d'un Macron .

- Elle est prudente ta voisine Victor. On a tendance, en France, à sous-estimer le danger que représentent les buffles dans les rues des villes françaises…

- Tiens, en parlant de Macron, il doit être surmené le pauvre Rothchild-boy. Ministre de l'économie, il devrait savoir compter. Mais visiblement pas lorsqu'il s'agit de son pognon puisqu'il a « dissimulé » une bonne partie de son patrimoine au fisc…

- Peuchère ! Tè, tu vois Victor, c'est un Français comme les autres : essayer d'emplâtrer le fisc, c'est un sport national.

- C'est la grande évasion en quelque sorte… Mais en l'occurrence, la grande évasion, c’est celle du pognon que les pleins de thunes et les entreprises volent à l’Etat, donc à nous, pour le planquer sous des cieux cléments. Et pas besoin d’aller loin : Suisse, Luxembourg, Royaume Uni, Monaco, etc… Parait que ça tourne entre 60 et 80 milliards par an ! L’équivalent de ce déficit budgétaire qui nous fout en bas…

- T’as tout compris. Les problèmes financiers de la France proviennent essentiellement du hold-up des tricheurs qui « évadent » les capitaux. L’évasion fiscale est peut-êre un sport national mai c'est surtout une félonie, une trahison, un attentat contre le vivre ensemble.

- Mais comment peut-on laisser faire ça ? Que font ceux qui sont chargés de lutter contre ce hold-up ?

- Ceux qui sont chargés de lutter contre cette évasion fiscale, ce sont les haut-fonctionnaires de Bercy (du ministère des finances), les employés de Macron quoi. La France ne s’est doté ni des moyens, ni de la volonté politique de lutter contre cette évasion. Elle est totalement impuissante. Sais-tu que les procureurs de la République ne peuvent pas ouvrir d’enquêtes pour fraude fiscale ? Sais-tu que seul le ministre du Budget peut le faire ? Et lorsque l'on se souvient que le ministre du Budget a été, il y a quelques années, un certain ci-devant Cahuzac, lui-même gros fraudeur, et qu'actuellement le ministre de l'économie se fait épingler lui aussi...

- Ouais… C’est comme si tu mettais Depardieu ministre chargé de la lutte contre l’alcoolisme !

- En quelque sorte. Mais un ministre ripou ne pourrait pas magouiller s’il n’avait pas derrière lui une administration fiscale inféodée à l’idéologie ultra libérale. Des inspecteurs des finances au mieux laxistes, au pire complices. Complicité passive ou active des magouilles des fraudeurs, essentiellement des grosses entreprises multinationales, avec lesquelles ils font preuve d’une grande mansuétude, en pensant…à un pantouflage futur fort juteux ! Ceux-là, c’est cœur de pierre avec les petits, coeurs d’artichauts avec les riches…Toute lutte contre la fraude doit commencer par une karchérisation sans pitié de Bercy : virer les première, deuxième, troisième, voire quatrième rangs hiérarchiques de ces directions du ministère des finances et envoyer ces brillants « inspecteurs des finances » inspecter les finances à Plougastel, Hazebrouck, Saint-Flour, Carpentras ou Cahors…

- Enfin, ces paradis fiscaux, il me semble que Sarko avait dit que c’était fini !

- Ben voyons ! Il n’était pas à une sarkonnerie près celui-là. Les paradis fiscaux, pour qu’ils sortent de la liste noire, il fallait qu’ils passent un certain nombre d’accord d’échange d’informations avec d’autres pays. Et qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ben, bien sûr, ils ont passé ce genre d’accords entre eux ! La liste des paradis fiscaux s’est ainsi vidée à la faveur de la conclusion essentiellement formelle de conventions bilatérales par les pays concernés. Et je t’embrouille… Les « Panama weaks » sont l'éclatante illustration de ce foutage de gueule.

- Et l’Europe elle fait quoi la dedans ?

- Sinon rien du moins pas grand-chose puisque certains pays membres sont eux-mêmes des paradis fiscaux ou des parasites fiscaux. Paradis fiscaux par leur système bancaire le Luxembourg, Chypre, Malte, la City de Londres, les îles anglo-normandes ; parasites fiscaux par leur taux de fiscalité des entreprises l’Irlande, les Pays-Bas, etc. Et cerise sur le gâteau: c'est le ci-devant Junker, premier ministre du Luxembourg, état-confetti-voyou qui préside maintenant aux destinées de l'Europe...

- Alors on fait quoi ?

- Si je le savais… Tè ! Sers-nous une tournée de rouge avant que j'aille voir dans tes gogues s'il n'y a pas un python.

- T'y trouveras peut-être une ou deux gramuses qui grimpent sur le mur, mais avant qu'elles te bouffent les aliboffis…

- À la nôtre ! 

 

Illustration: merci à Chimulus

 

 

 

29/05/2016

Gastronomie: en ces périodes de pénurie, faites le plein des sens

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La soupe au pistou

Comment peut-on servir, les soirs de canicule
Une soupe brûlante sans être ridicule?
Et pourtant, en Provence, terre où l'on ose tout,
Il en existe une: c'est la soupe au pistou.
Nous l'avons héritée de nos amis niçois,
Eux-mêmes la tenant de nos cousins génois.
C'est vrai que de chez nous, l'Italie est bien proche,
Le cœur, les chants, le goût, presque tout nous rapproche.
"Pistar", c'est "écraser" en langue provençale.
Et le fameux "pistou" dont chacun se régale
C'est l'ail, le basilic, le fromage mêlés
Dans le mortier de marbre, et simplement pilés.
Le basilic, chez nous, ce n'est pas le "pistou"
Mais c'est" lou balicot ". Voilà. Un point, c'est tout!
- Oh ! Doucement, Victor! Tu as les arcanettes ? (1)
Respire, bois un coup et dis-moi ta recette!
- Tu as raison, petit, fais péter le bouchon!
Pour une bonne soupe, il te faut du cochon.
Une couenne, un pied, un petit jambonneau
Que tu vas nettoyer et que tu mets en eau
Froide dans un faitout, puis que tu fais bouillir.
Tu laisses demi-heure et souvent tu écumes.
Pendant que ça cuira, épluches tes légumes:
Des haricots blancs, verts, rouges. Et sans mollir.
Quatre grosses courgettes, quatre belles tomates
Mondées, épépinées, et cinq ou six patates.
Dans ta viande qui bout, met tes légumes entiers,
Sale et fais cuire une heure. Prépare ton mortier.
Du sel, dix gousses d'ail, deux pieds de basilic,
Qu' avecque ton pilon, cet emblème phallique,
Tu écrases en pommade. En tournant vivement
Verse l'huile d'olive, et ne soit pas feignant.
Rajoute trois tomates pelées, mondées, hachées,
Enfin du parmesan ou de l'edam rapé.
Vérifie si la viande est correctement cuite,
Et rectifie le goût. Écoute bien la suite:
Avec une écumoire, sort patates, courgettes
Que tu vas écraser avec une fourchette.
Elle te serviront de liant pour ta soupe.
Enfin tu mets les pâtes. Pour pas que tu les loupes
Tu les tastes souvent et tu les cuis" al dente".
Quand c'est prêt, hors du feu, dans l' oulo qui chuinte,
Introduit ton pistou en mélange homogène
Directement à table, comme l'on fait à Gênes.
Respire ce parfum d'ail et de balicot,
Qui transcende cochon, tomates, haricots!
Cette soupe est un plat complet à elle seule,
Qui ravit les gourmets et les plus fines gueules.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la soupe: - 1 couenne, - 1 pied, - 1 jambonneau de cochon, - 150 g de haricots blancs secs, - 100 g de haricots rouge (ces haricots seront mis à tremper une nuit), - 500 g de haricots verts frais, - 4 ou 5 belles courget-tes non pelées, - 4 ou 5 tomates (saint-pierre si vous en trouvez), - 5 ou 6 pommes de terre, - 500 g de pâtes genre petits macaronis, - 3 litres d'eau, - 2 cuillerées de gros sel de Camargue.
Pour le "pistou" : - 2 pieds de basilic à grandes feuilles, - 10 gousses d'ail, - 1 cuillère à café de sel fin, - 200 g de parmesan ou d'edam rapé (évitez le gruyère qui fait trop de fils), - 2 décilitres d'huile d'olive.

Les vins conseillés:

La soupe au pistou est un plat très parfumé qui se sert très chaud, en période estivale! Il faut donc l'accompagner d'un vin frais, léger, gou-leyant et, lui aussi, parfumé. Les vins rosés sont parfaits.
En Côtes-du-Rhône: rosés de Tavel, de Chusclan, de Travaillan, de Camaret, de Suze-la-Rousse, du Ventoux, du Luberon, des Costières-de-Nîmes, de Saint-Désirat, de Bouchet, de Nyons, de Bollène, de Roaix, de Saint--Pantaléon-les-Vignes.
En Coteaux du Languedoc: rosés de Cabrières, de Faugères, des Corbières.
En vins de Provence: les rosés de Pierrefeu, Brignoles, La Selle, Ollières, Saint-Zacharie, Tourves, Tavernes.

(1) Avoir les arcanettes .. faire preuve d'une certaine irritation.

 

 

Illustration originale Vincent Barbentan

28/05/2016

Les belles bacchantes de tonton Georges

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Les Bacchantes 

 

La mauvaise rencontre 
Faite par le curé,
 
Les moines la racontent
 
Dans tous les prieurés.
 
Elles étaient cinquante,
 
Elles pressaient le pas.
 
Elles étaient bacchantes,
 
Elles allaient en sabbat.

 

Un brave pêcheur d’âmes 
Qui les a vues passer
 
Se dit : « Les pauvres dames
 
Faut les exorciser !

De leurs âmes fragiles 
Faut déloger Satan ! »
 
Avec ses Evangiles
 
Il partit à l’instant.

 

Dès qu’elles aperçurent 
L’envoyé de Jésus
 
Hurlantes de luxure
 
Elles ont sauté dessus.

Avecque leurs dentelles 
Les mains, elles lui nouent
 
Devant chacune d’elles
 
Il fut mis à genoux.

 

Mon Dieu ! Qu’un ange passe… 
Il servit à l’envi
 
La messe la plus basse
 
De sa très sainte vie.

- D’où reviens-tu, mon frère 
En ce piteux état ?
 
- Je reviens du calvaire;
 
D’en haut du Golgotha!

 

Frère ne soit pas triste! 
Ton calvaire après tout,
 
Près de celui du Christ
 
Nous paraît assez doux.

Prête-moi ta soutane, 
Que sans perdre de temps,
 
Je coure vers ces dames,
 
Qu’elles m’en fassent autant.

 

On dit que les bacchantes 
Allaient en escadron,
 
Qu’elles étaient cinquante :
 
Ça fait un compte rond.
 
Elles étaient bacchantes
 
Allaient en escadron.

 

Georges Brassens

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 Photo X - Droits réservés

 

 

 

25/05/2016

Au bistro de la Toile : Trinquons avec Etienne de la Boétie !

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- Alors Victor, ça y est ? C'est le foutoir général ? Le « ça va péter ! » qui fait rêver certain et trembler d'autres ?

 

- Bof. Qui lo sa ? On verra bien. Mais ça sent bon ou mauvais, selon le bord dans lequel on se trouve. En tout cas, il y a déjà un résultat que, personnellement, je trouve rafraîchissant : les ouvriers sont de retour ! Oubliés, humiliés, moqués, exploités, menacés quotidiennement du couperet du chomdu, ils baissaient la tête et se réfugiaient derrière les rodomontades mensongères du Front National. Et là, miracle, il existent de nouveau ! Le gouvernement, les patrons, les « zélites » auto-proclamées découvrent de nouveau la force des ouvriers, des manards, de ceux qui n'ont à vendre que leurs bras ou leurs boyaux de la tête. Les esclaves se rebiffe !

 

- « Debouuuuut les damnés de la teeeeeere ! »

 

- Ne rigole pas Loulle. C'est rafraîchissant cette renaissance. Tiens, écoute ce qu'écrivait un minot de 19 vendanges, Etienne de La Boétie. Je te lis, c'est dans « Discours de la servitude volontaire »: « Je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante - et pourtant si commune qu’il faut plutôt en gémir que s’en ébahir, de voir un million d’hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu’ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient pas redouter - puisqu’il est seul - ni aimer - puisqu’il est envers eux tous inhumain et cruel. Telle est pourtant la faiblesse des hommes : contraints à l’obéissance, obligés de temporiser, ils ne peuvent pas être toujours les plus forts. »

 

- Fatche, c'est vrai qu'il envoie le caganis ! Continue.

 

- « Quel est ce vice, ce vice horrible, de voir un nombre infini d’hommes, non seulement obéir, mais servir, non pas être gouvernés, mais être tyrannisés, n’ayant ni biens, ni parents, ni enfants, ni leur vie même qui soient à eux ? De les voir souffrir les rapines, les paillardises, les cruautés, non d’une armée, non d’un camp barbare contre lesquels chacun devrait défendre son sang et sa vie, mais d’un seul ! Non d’un Hercule ou d’un Samson, mais d’un homme et souvent le plus lâche, le plus efféminé de la nation, qui n’a jamais flairé la poudre des batailles ni guère foulé le sable des tournois, qui n’est pas seulement inapte à commander aux hommes, mais encore à satisfaire la moindre femmelette ! Nommerons-nous cela lâcheté ?

Appellerons-nous vils et couards ces hommes soumis ? Si deux, si trois, si quatre cèdent à un seul, c’est étrange, mais toutefois possible ; on pourrait peut-être dire avec raison : c’est faute de cœur. Mais si cent, si mille souffrent l’oppression d’un seul, dira-t-on encore qu’ils n’osent pas s’en prendre à lui, ou qu’ils ne le veulent pas, et que ce n’est pas couardise, mais plutôt mépris ou dédain ? C’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d’être soumis ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche… Plus les tyrans pillent, plus ils exigent ; plus ils ruinent et détruisent, plus on leur fournit, plus on les sert. Ils se fortifient d’autant, deviennent de plus en plus frais et dispos pour tout anéantir et tout détruire. »

 

- ...teng ! Ca réveille. Un sacré coup de pied au cul !

 

- Et ce n'est pas fini. Ecoute cette phrase. Elle explique les grèves actuelles : « Mais si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien, de même que la branche, n’ayant plus de suc ni d’aliment à sa racine, devient sèche et morte. »

 

- Trop bon Victor ton mec !

 

- Et ça date de près de 500 ans. A une époque où on te coupait les claouis et le citron pour pas grand-chose. Mais c'était un rude, un mangeur de magret l'Etienne ! Un minot de Sarlat, macarelle ! Je te refilerais son bouquin. Tè, écoute encore un peu :

« Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir. »

Le maître actuel, Loulle, c'est la finance, les banksters, les multinationales voyoux. Et puis écoute ça :

« Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. »

 

- Olé ! Trop bon ton jeunot Victor ! Trop bon. Tè ! Tournée générale !

 

- A la nôtre et à la mémoire de notre pote Etienne. Etienne de La Boétie !

 

Illustration, merci à Chimulus

 

16/05/2016

Au bistro de la toile : La vie est une maladie mortelle !

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- Salut à toi, maître empoisonneur ! Loulle, je viens d'en entendre un qui parlait dans le poste et qui se lamentait sur le sort des bestiaux. Il a raison le mec lorsqu'il s'encagne contre la manière actuelle d'élever les vaches. Il citait même Louise Michel qui disait qu'il n'y avait que les forts et les faibles, et que les forts brimaient et exploitaient les faibles, qu'ils soient des hommes ou des animaux. Ce sont de belles paroles. Mais faut-il pour autant ne manger que de l'herbe ?

 

- J'ai eu un ami berger qui un jour m'a dit : « Si tu veux manger de la viande, il faut que tu sois capable de tuer l'animal que tu veux bouffer ». Pas pour chaque côtelette, bien sûr : il y a des bouchers pour ça. Mais philosophiquement. J'ai donc essayé. Et ce n'est pas facile de tuer, même une poule, le bestiau le plus kon que tu puisses trouver.

 

- Je suis passé moi aussi par ces mêmes interrogations. Mais il y a un monde entre les usines à tuer actuelles et le cochon que l'on tuait selon un rituel païen se terminant par une grande bringue après une journée de joyeux et efficace travail en commun. Tout petit, je tenais la queue du cochon, après la patte arrière. Et ça regimbe un porc qui sent le couteau ! Parce que, que les vaches soient élevées dans ces usines à lait et à barbaque que sont les « fermes à mille vaches » où en « stabulation libre » comme il disent en cambrousse, leur fin est la même : l'abattoir, le couteau. Et maintenant de moins en moins en ayant été « étourdies » au merlin électrique, pour ne pas perdre les marchés des viandes hallal ou casher. Et parce que ça coûte moins cher !

 

- La peur de voir la réalité. Maintenant, la viande est découpée, mise sous plastique. Parfois même pas transparent. Faut qu'on ne reconnaisse pas trop le bestiau. Ça risque de choquer la sensibilité de ces braves clients.

 

- Bof. C'est l'époque qui veut ça. Tout doit être aseptisé, homogénéisé, désinfecté, normalisé. « On » nous protège de tout. Normalement, avec les critères sociologiques et les normes actuels , toi et moi Loulle, on devrait ÊTRE MORT depuis longtemps. On fait donc du rab Loulle. Tout comme toi, je suis un de ces salauds qui bouffent le pognon de la Sécu. Et oui Loulle. Et tu es complice, toi qui me conforte, voire me pousse à lever le coude pour emplir la caisse de ton merveilleux rade de perdition ! Tu te rends compte, maître empoisonneur, de ce que tu fais ! J’ai entendu un autre « professeur » émérite asséner des vérités terribles comme, par exemple, que l’on risque le cancer dès le premier verre de vin !

 

- …taing !  T'as tenu jusque là, c'est donc que tu peux encore tenir quelque temps, mais, couillon, ne bois pas le verre de vin qui donne le cancer, bois les autres !

 

- Voilà un bon conseil, Loulle. Tè. Mets ma tournée. Eh ! Maintenant, l’essentiel c’est le propre, l’inodore, le sans saveur, le « zéro risque ». Le principe de précaution institué au niveau de la Constitution !

 

- Économise-toi Victor. On a encore besoin de toi !

 

- Quand j’étais miston Loulle, il y avait des peintures au plomb partout et les tuyaux d’adduction d’eau étaient aussi en plomb. Ça faisait de jolies hernies quand il gelait, alors on appelait…le plombier !

Les prises électriques étaient évidemment sans protection, les fils de la lampe pendaient, les isolants étaient en bois et, bien sûr, il n’y avait pas de prises de terre.

On se chauffait au charbon dans une seule pièce et il n’y avait pas d’aération, sauf par les portes et fenêtres bancales.

On mettait l’eau de Javel, le permanganate et le crésyl (produits indispensables et courants à l’époque) dans des bouteilles de pinard vidées généreusement.

Quant aux quelques médicaments (vermifuge Lune, Alunosal, Elixir parégorique, cachets d’aspirine « Usine du Rhône », etc.) ils étaient sur l’étagère de la cuisine, à côté de la boite à sel et de la bouteille d’huile.

On buvait l’eau au robinet ou à la pompe dans la rue, et non des bouteilles cachetées.

On bouffait du pain, du beurre quand il y en avait, des gâteaux bien sucrés et on n’était pas obèses pour autant parce qu’on se bougeait le cul au lieu de rester derrière une console de jeu !

On jouait, quand il n’y avait pas école, toujours dans la rue, dans les terrains vagues, au bord du Rhône.

On fabriquait des traîneaux à roulements avec des planches et des roulements à billes qu’on allait chercher chez Bébert, le garagiste, et on descendait à fond la caisse. Les gamelles étaient nombreuses et ça nous apprenait à vivre.

 

- Putaing, les genoux et les coudes écorchés soignés à l’eau oxygénée, à l'eau d'alibour et au mercurochrome rouge !

 

- On grimpait aux arbres, aux poteaux de la ville et on se cassait parfois un bras ou quelques ratiches sans faire d’histoires ni porter plainte contre le maire.

On allait faucher les cerises chez les paysans ce qui nous valait parfois une volée de gros sel dans le cul.

Il nous arrivait, pour des questions de « t’es pas chiche ! » de bouffer des hannetons ou des vers de terre. Sans dommage.

On avait plein de potes partout : il suffisait de sortir dans la rue, tous les gosses étaient là, c’était notre terrain de jeux. Et si on allait chez un pote, on entrait nature, sans invitation, et sa mère nous faisait goûter sans histoires.

On rentrait chez nous à la nuit sans que nos parents ne se tracassent la tête et ne déclenche l"Alerte Enlèvement".

 

- Ouais Victor, mais pense donc, on n’avait pas de portables ! Et même pas de nintendo, de play station, d’ordinateurs, de baladeurs, de télé 80 chaînes, etc. Quelle triste vie !

 

- On a pourtant survécu Loulle ! Á l’école, dans nos classes à quarante élèves, quand un mec ne suivait pas bien, on l’aidait et s’il était trop branque, il redoublait. Sans que les « parents d’élèves » ne s’offusquent. Et si on était trop chiants et que le « maître » nous traitait par la podoculothérapie (l’art de soigner par le coup de pied au cul), les parents non seulement ne le faisaient pas mettre en taule, mais ils redoublaient la sanction podoculesque !

 

- J’ai connu ça moi aussi Victor. Pareil pour les gardes champêtres et les flics qui nous coursaient quand on faisait des konneries et nous secouaient le matricule sans qu’on soit pour autant des « victimes de la société ». On faisait les kons ? On assumait les conséquences. On roulait partout avec nos vieilles cranques de vélo, sans casque évidemment. Et pour le lundi de Pentecote, on allait à vélo se baigner au Gardon. 50 bornes aller-retour. Et les bagnoles, plus tard, nos vieilles Deuches ou 4L n’avaient ni ceintures ni air bag, quant aux freins ils étaient plus que douteux.

 

- Et je te dis pas le nombre très conséquent de verres de vin que j'ai bu tout au long de mes décennies d'existence ! Tellement au-delà du "premier verre qui donne le cancer" que je devrais fumer les pissenlits par la racine depuis... Pfff ! Et c’est pourtant notre génération qui a fait exploser les inventions qui font la réalité d’aujourd’hui !

 

- On avait la liberté, on assumait les risques, on acceptait les échecs, on jouissait des succès, on était RESPONSABLES ! Je me rends compte que normalement, avec une vie aussi « risquée », un environnement aussi « hostile », des façons de vivre aussi « aberrantes », je devrais être mort depuis bien longtemps ! Seulement ma femme m'a menacé: "Si tu meurs, je te tue!" Alors je me tiens à carreau…

 

- Eh ! La vie est une maladie mortelle…

 

- Et vous nous dîtes ?

 

- Je continue !

 

- A la nôtre !

 

 

 

15/05/2016

Ouiquinde gastronomique épicé et parfumé

 

cuisine

 

Dans l’été parfumé, un peu avant minuit

Antoine va rejoindre Sabine dans la nuit.

Sous un bouquet de pins perché sur la falaise

Ils se creusent un lit d’amour et de liesse,

 

Puis, gonflés de désir, leurs deux corps dénudés,

Se jettent l’un dans l’autre avec voracité.

Emportés par l’élan de leurs folles étreintes

Ils goûtent sans compter un plaisir sans contrainte.

 

Enfin le corps repu ils s’étendent sans voiles

Pour écouter la nuit et parler aux étoiles.

Ils appellent Deneb, Véga et Altaïr,

 

Complices de leurs jeux, témoins de leur plaisir.

Plus tard lorsque la vie les aura séparés

Ils se retrouveront en voyant Cassiopée.

 

 

- L’on ne vit pas toujours que d’amour et d’eau fraîche

Et lorsque Cupidon a remballé ses flèches,

Quand le corps est comblé, il faut bien le remplir

Pour lui donner les forces d’où monte le désir.

Manger sous les étoiles est un plaisir subtil

Qui joint élégamment l’agréable à l’utile.

Je te propose donc, pour Antoine et Sabine

Un plat oriental : de l’agneau en tajine.

Les tajines se font toujours à l’étouffée

Et sont encor meilleurs lorsqu’ils sont réchauffés.

Tu désosses au couteau une épaule d’agneau

Que tu vas découper en assez gros morceaux.

Avec huile et oignon, tu les fais rissoler,

Qu’ils soient juste dorés et l’oignon pas brûlé.

Tout en surveillant bien, met dans une coupelle

Du gingembre râpé, ail, poudre de cannelle,

Un zeste de citron, un peu de persil plat

Puis tu verses l’ensemble, en tournant, dans ton plat.

Ajoute poivre et sel et mouille à ras d’eau chaude,

Monte à ébullition et couvre avec méthode.

Tu laisses cuire une heure, en couvrant ta cocotte

Puis tu vas rajouter un kilo de carottes,

Une botte de feuilles de coriandre hachées,

Tu trouves cette plante chez les bons maraîchers,

Et enfin n’oublie pas, pour couronner tout ça

Une grosse cuillère à café d’harissa,

Mélange emblématique dans le nord de l’Afrique

Qui redonne du nerf aux plus neurasthéniques !

Tu trouves ça en tube ou en boite, tout prêt

Mais tu peux aisément, aussi, le préparer.

Tu piles deux ou trois gousses d’ail au mortier,

Du coriandre frais, des piments antillais,

Algériens, tunisiens, ou encor marocains,

Une cuillère d’eau, du sel et du cumin.

Puis tu fais revenir dans de l’huile, à feu doux.

Ton harissa est prêt et, “ Ah, dis donc, Doudou ! ”

Il y a là de quoi relever les ardeurs

Amoureuses de trois régiments d’artilleurs !

Pour demi-heure encore tu laisses mijoter,

Puis tu mets des olives noires dénoyautées.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Aux portes du paradis, un nouvel arrivant commence son récit: 
- Cela faisait un certain temps que je soupçonnais ma femme d’avoir une relation extra conjugale. Je suis donc rentre chez moi à l’improviste et évidemment, je l'ai trouvé complètement nue sur le lit. J’ai immédiatement fouillé l'appartement pour trouver le coupable. En vain. Et puis, je me suis souvenu qu'habitant le 15ème étage d'une tour, nous disposions d'un petit balcon. J'ai donc ouvert la porte-fenêtre et c'est la que j'ai vu cet homme suspendu dans le vide et s'agrippant à la rambarde du balcon. Je lui ai piétiné les mains pour qu'il tombe, mais il tenait bon. Alors je suis parti chercher un marteau. A grands coups sur chaque main, il a fini par lâcher prise. Mais un arbre a amorti sa chute. Voyant qu'il bougeait encore, j'ai attrapé le réfrigérateur de la cuisine et je l'ai fait basculer sur cet individu. L'effort a été si violent que j'ai succombé à une crise cardiaque. Et donc me voilà. 

- Ah bon ! Répond St Pierre passionné. C'est bon vous êtes admis au paradis.

 

Un second homme se présente peu après et commence à raconter l'histoire de sa mort a St Pierre: 
- Voyez-vous, débute-t-il, j'étais en train de repeindre mon balcon au 17ème étage d'une tour. Mon tabouret a vacillé et j'ai basculé dans le vide. Mais j'ai eu la possibilité de me rattraper à un balcon, deux étages plus bas. Je pensais être sauvé quand le propriétaire de ce balcon a commencé à me piétiner les mains puis à me casser les doigts à coups de marteau. Il était fou furieux que je m’accroche à son balcon. Et pire, lorsque j'ai lâché prise, comme je ne suis pas mort tout de suite, il m'a balancé son frigo sur la tête pour m’achever.

 

St Pierre : 
- Oui, j'ai entendu parler de cette histoire, vous pouvez entrer au paradis.

 

Un troisième homme arrive et entame, lui aussi, son récit à St Pierre: 
- Franchement, je ne sais pas comment c'est arrivé ! J’étais caché à poil dans un frigo et me voilà !!!