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28/09/2014

Ouiquinde gastronomique redoutable: les anguilles d'Alexis.

catigot d'anguille pour blog.jpg

 

Le métier d'Alexis: facteur, mais en Camargue.

La passion d'Alexis: les taureaux que l'on nargue

En courant la cocarde, le dimanche aux arènes

Pour les yeux de velours d'une belle Arlésienne.

En ces temps difficiles de guerre et de malheur,

Alexis, à vélo, pratiquait son labeur.

Pour livrer dans les mas les colis et les lettres,

Il roulait, chaque jour plus de cent kilomètres.

Il n'hésitait donc pas, pour prendre un raccourci,

À traverser les champs où paissaient les taureaux,

Son vélo à la main, sans beaucoup de soucis,

Car il "sentait" les bioù tout comme un torero.

Or donc voilà qu'un jour, sautant la barricade,

Notre Alexis marchait à travers la manade.

Il venait de quitter les animaux grégaires

Lorsque, venant de loin, un taureau solitaire,

Étalon portugais ombrageux et sournois, ­

Chargea notre facteur, son vélo et ses lettres !

Alexis, razeteur, par un écart adroit,

Évite les poignards meurtriers de la bête.

Le vélo vole en l'air ainsi que la sacoche.

Le taureau la reprend et sa corne l'embroche.

Alors notre Alexis fait son plus beau combat.

Il cite le taureau par le haut, par le bas,

Il virevolte autour des cornes de la bête,

Puis, en un geste sûr, enfin sa main crochète

La musette de cuir de l'Administration.

Le fauve, dépité, a baissé pavillon

Pour se fondre à nouveau parmi ses congénères

Et se faire moquer parmi la gent vachère...

C'est à pieds, son vélo démoli sur l'épaule

Qu'Alexis a fini sa tournée un peu folle...

Il ramenait toujours des fermes et des mas

Quelques lapins de champs, des anguilles bien grasses

Que dans tous les canaux on attrape à gogo.

Le plat qu'il préférait: "l'anguille en catigot".

- Dis donc, ton Alexis, c'était un homme fort!

Mais comment on les fait ces anguilles Victor?

- Tu prends deux, trois anguilles, pas trop grosses, vivantes,

Que tu vas estourbir de manière décente.

N'enlève pas la peau, mais au papier journal

Enlève le mucus du gluant animal.

Les anguilles trop grosses, pèle, ça va de soi.

Vide-les, coupe-les en bouts de quatre doigts

Que tu farineras et mettras à raidir

Dix petites minutes dans un large faitout.

Puis tu sors les morceaux, sales et poivres le tout

Et tu mets de côté sans laisser refroidir.

Dans de l'huile d'olive tu mets à colorer

Deux oignons émincés et deux blancs de poireaux,

Ne laisse pas roussir, tu fais juste dorer.

Mouille d'une bouteille de rouge de Pujaut,

Incorpore girofles, céleri, thym, laurier,

Gousses d'ail écrasées, tomates concassées,

Sel, poivre du moulin, une écorce d'orange

Sommités de fenouil. Et tu cuis ton mélange

Demi-heure à feu doux. Dans une autre sauteuse,

Avec un peu de beurre, dore des champignons

De couches émincés et des petits oignons.

Tu arrêtes, et réserves quand l'odeur est flatteuse.

Quand ta sauce est bien cuite, tu vas éliminer

Thym, écorce d'orange, le fenouil, le laurier,

Puis au moulin légumes il te faut la passer,

Avec la grille fine, qu'elle soit bien lissée.

Range dans le faitout poisson, légume et sauce,

Tu mijotes un quart d'heure pour que les goûts s'exhaussent,

Puis tu sers, décoré de persil vert et gai,

Avec du riz pilaf, mais du riz Camarguais.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce divin nectar de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 anguilles de taille moyenne, - 1 verre d'huile d'olive, - 2 cuille­rées à café de sel fin de Camargue, - poivre du moulin, - 2 oignons, - 2 blancs de poireau, - 1 bouteille de vin rouge, - 1 branche de céleri épluchée et hachée, côte et vert, - 4 gousses d'ail, - 4 tomates concas­sées, - sommités de trois branches de fenouil, - thym- laurier, - écorce d'orange séchée, - 1 noix de beurre, - 3 hectos de champignons de cou­che, - 1 demi kilo de petits oignons, - 1 branche de persil, - 1 demi kilo de riz long de Camargue.

 

Les vins conseillés:

Ce plat typique des mas de Camargue s'accorde tout naturellement avec des vins rouges frais tels, en vallée du Rhône: Costières-de-Nîmes, Domazan, Comps, Estézargues, Fournès, Montfrin, Remoulins, Saze, Saint- Hilaire-d' Ozilhan.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Cabrières, Cazevieille, Saint­Gély-du-Fesc, Valflaunès.

En vins de Provence: Coteaux des Baux, Coteaux d'Aix, Coteaux varois de Saint-Zacharie, Saint-Maximin, Barjols, Sainte-Anastasie.

 

 

Sextidi 6 vendémiaire 223

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

 

26/09/2014

Casting au Sénat: dimanche seront sélectionnées les danseuses de la République !

sénateurs caricatures.jpg

Dimanche vont être élues pour partie les pittoresques et coûteuses danseuses de la république, j'ai nommé : les sénateurs. Eh ! Ce n'est probablement pas vous, en tout cas pas moi, qui allons élire ces messieurs-dames (beaucoup plus messieurs que dames d'ailleurs), ce sont les « grands électeurs ». Quoi ? Vous mesurez 1m85 ? Ça ne suffit pas. « Grand électeur » ça veut dire quelqu'un du sérail, de déjà élu : députés, sénateurs (ben voyons, tant qu'à faire !), conseillers régionaux, conseillers généraux, délégués des conseils municipaux. Autrement dit, on s'arrange entre soi... C'est le clientélisme dans toute son acception. « Eh ! Je t'ai fait avoir quelques subventions, pense donc à moi. Tu sais que je te revaudrai ça... ».

 

Comment un élu peut-il apporter encore quelque chose à ses concitoyens lorsqu’il est englué dans la routine et, surtout, le clientélisme !

 

Le sénateur est généralement un fervent défenseur du cumul des mandats. Le sénat a d'ailleurs voté contre la réduction de ce cumul. Normal. T’as déjà vu un cochon qui décide de refuser son auge ? La gamelle est trop bonne au Sénat : 13.340 euros brut plus les indemnités diverses, avantages et autres privilèges (voir : http://www.journaldunet.com/economie/magazine/le-salaire-...)

 

La question, c’est la légitimité de cette assemblée de notables et donc son existence même. Á quoi servent réellement ces stakhanovistes de la razzia des prébendes et des banquets républicains puisque de toute façon le dernier mot reviendra toujours aux députés ? Ils ne servent donc à rien, sinon à freiner les décisions des députés, toujours dans le sens conservateur pour ne pas dire réac, même quand le Sénat est majoritairement à gauche comme actuellement ! C'est donc une assemblée viscéralement de droite.

 

Une deuxième chambre est concevable dans des pays de constitution fédérale, comme l'Allemagne par exemple, de façon à ce que les régions soient représentées. Mais à quoi sert-elle dans un pays centralisé comme la France ? Á servir de somptueuse maison de retraite dorée pour politicards planqués...

 

La démocratie représentative correspond-elle encore au monde d’aujourd’hui où les technologies de communication moderne permettent l’existence d’une agora mondiale ? Peut-on continuer à donner à des professionnels carriéristes de la politique des pouvoirs aussi exorbitants, sans contre-pouvoirs réels, les médias étant à la solde des marchands d’armes, de béton et de soupe ?

 

Le Sénat ne sert à rien sinon de fournir des sinécures grassement payées à des planqués de la République.

 

Eh ! François, en voilà des économies à faire !

 

Mouais... Même De Gaulle s'y est cassé le râtelier !

 

 

Quintidi 5 vendémiaire de l'an 223

 

Illustrations X – Droits réservés.

 

25/09/2014

Des forages au gaz de schiste bientôt sur le Ventoux et le Luberon ?

gaz de schiste par Acturatons.jpg

 

 

Levée de bouclier en Vaucluse contre la signature imminente d'un arrété accordant dans le Luberon et jusqu'au Ventoux un « permis de recherche de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux ». Bénéficiaire de ce possible permis : une société suédoise : Tethys Oil AB. Cet arrêté est près à être soumis à la signature de Ségolène Royal, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie ainsi qu'à celle d'Emmanuel Macron, ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique.

 

Autrement dit on s'apprête à remettre sur le tapis le gaz de schiste ! C'est une « veille citoyenne » qui a permis de débusquer sur le site internet du Ministère de l'écologie ce nouveau projet d'exploration du sous-sol du Luberon, passé soigneusement sous silence. Ni les maires, ni les autres élus locaux n'ont été prévenus. Or ce permis concerne un territoire de 870 km2 sur le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône, de Lagarde-d'Apt (Vse) à Sénas (BdR) et de l'Isle-sur-la-Sorgue à Ansouis. Il prévoit des forages de 2000 mètres, avec des derricks de 50 mètres de haut, une circulation conséquente de poids-lourds, l'utilisation de quantités faramineuses d'eau sur des territoires de sécheresse... Bref : l'horreur.

 

On croyait que la loi de juillet 2011 interdisait toute recherche et exploitation du gaz de schiste ! Tè, fume... Cette loi interdit « l'éclatement de la roche pour l'extraction des hydrocarbures ». Nuance. La loi interdit l'extraction par fracturation, mais elle n'interdit nullement de déposer des permis de recherche et d'expérimentation ! Or la fracturation est la seule méthode existant à ce jour.

 

Ségolène Royal, en 2011, lors du débat sur cette loi, se disait « favorable à l'interdiction » de l'extraction du gaz de schiste tant que « la maîtrise de cette exploitation n'est pas garantie ». Elle jugeait « nécessaire de poursuivre la recherche sur les procédés d'extraction propres à long terme ». Une ambiguïté qui ne peut que conforter les inquiétudes...

 

Chacun sait que si ces grands altruistes que sont les compagnies pétrolières forent pour « explorer » et qu’ils trouvent ce qu’ils cherchent, ils sauront faire en sorte que les permis d’explorer se transforment en permis d’exploiter. « Avec des méthodes propres » clament les politiques tous favorables sans le dire ! Ben voyons ! Les compagnies européennes – dont évidemment la suédoise Tethys Oil AB - se sont toutes acoquinées avec des compagnies américaines, seules détentrices de la méthode d’extraction de ces gaz délétères. Or le seul procédé existant est celui de la ravageuse fracturation qui fait tant de dégâts aux États-Unis.

 

cul au ventoux.jpg

 

 

Verrons-nous bientôt des derricks dans les terrains de jeu des bobos du Luberon ? Des torchères sur les pentes du Ventoux ?

 

Qui lo sa ? Ouate-Inde-scie...

 

 

Quartidi 4 vendémiaire 223

Photos X – Droits réservés

 

24/09/2014

Grève Air France : la révolte des nantis ? Pas si sûr...

pilotes grève par Deligne.jpg

Illustration: merci à Deligne

 

La rabia ! Les aliboffis qui gonflent ! C'était, hier le premier réflexe en voyant ces nantis de pilotes d'Air France (17.000 euros par mois) parader dans leur ridicule uniforme d'opérette devant l'Assemblée nationale pour influencer les députés. Et ils semblent avoir gagnés... Gueulez, vous serez entendus. Bloquez les transports aériens, vous serez écoutés. Enfin, pas sûr. On est en plein couac entre le ministre et la direction d'Air France.

 

Ça, c'est la première attitude d'irritation. Basée, comme d'habitude plus sur l'émotionnel entretenu par la dictature de l'image que sur le rationnel. Mais il faut prendre un peu de recul. La cause du conflit : la mise en place par Air France d'une structure de transport aérien parallèle basée sur la logique économique ultralibérale du « low cost ». Avec comme modèle Ryanair ou Easy-Jet. C'est ça ou crever ! Comme la Panam, comme TWA, comme Swiss-Air... Cruel dilemme...

 

La logique des compagnies classiques et des compagnies bas-coût sont tout à fait différentes. Les premières (les « classiques ») vendent un service - le transport - à des passagers. Les secondes (les « low-cost » ou « bas-coût » ) vendent un produit - une quantité de voyageurs, exprimée en « unités » - aux gestionnaires d’aéroport, en général, des collectivités locales, en échange d’avantages financiers de diverses natures. Voilà toute la différence.

 

A la limite, Ryanair, tout comme Easy-jet et les autres compagnies bas-coût, ne seraient pas gênés de proposer leurs voyages gratuitement et même, pourquoi pas, en payant quelques euros aux touristes pour qu'ils voyagent sur leurs lignes ! Ça leur ferait une sacrée pub ! En effet, dans le budget de ces entreprises, le prix des billets ne représente qu’un revenu marginal.

 

Comment ça marche ? Comme disait l'autre. Eh bien voilà. Pour faire venir ces compagnies sur leurs aéroports, les collectivités locales paient, et paient cher. Ces villes et régions ont déroulé le tapis rouge à ces soldeurs aériens dans l’espoir de doper leur développement économique et ont largement ouvert les cordons de la bourse...de leurs administrés. Les montants perçus par EasyJet et Ryanair pour desservir quelques-uns des aéroports français « décentralisés » sont balaises : 2,1 millions d’euros d’aides diverses en trois ans obtenus de la chambre de commerce de Tours ; 4 millions d’« aide marketing » à Carcassonne, rehaussés d’une participation au budget de l’aéroport de 3 millions d’euros. Á Nîmes, ce sont 4 millions d’euros qui ont été versés à la compagnie irlandaise ; à Beauvais-Tillé, on cite le chiffre de 7,4 millions...

 

Mais ce n’est là qu’une partie de la manne publique qui alimente les réservoirs du low cost. Pour accueillir Ryanair, l’aéroport doit aussi subventionner chaque ouverture de ligne (entre 200.000 et 500.000 euros par an, dégressifs sur une durée maximale de trois ans) et réviser radicalement à la baisse ses sources de revenus : taxes d’atterrissage et d’embarquement, services au sol, bagages, personnel d’accueil, etc. Autre combine juteuse, le versement de ce que ces compagnies pirates appellent des « aides marketing ». Un terme mystérieux qui désigne les publicités que les exploitants des aéroports qui reçoivent les avions de ces compagnies bas-coût ont obligation de prendre sur le site internet de ces compagnies ! Et à des tarifs plus qu'exorbitants. C’est du racket. Additionnées, les sommes expliquent l’insolente santé de ce type de compagnies — et la débâcle financière des aéroports.

 

Mais ces collectivités locales commencent à l'avoir en travers car la plupart des investissements réalisés ne sont pas rentables, voire largement déficitaires. Pis : les contrats qui lient les gestionnaires d’aéroport à ces compagnies aériennes sont léonins, voire illégaux. Ils laissent notamment au transporteur la liberté de fermer les lignes selon son bon vouloir, sans avoir à rembourser les aides perçues pour les ouvrir — alors que les gestionnaires, eux, s’engagent pour cinq, dix, voire quinze ans... Naïveté ou magouilles de la part de ces décideurs locaux ?

 

Ainsi, lorsque un mien ami – bobo nanti bien sympathique qui a les moyens de payer son billet au prix normal – se paie du bon temps au soleil en payant quelques dizaines d'euros pour aller se la faire belle au Maroc, c'est vous, c'est moi, ce sont des gens qui ne prennent jamais l'avion qui paient son voyage !

 

La lutte des pilotes d'Air France peut dès lors être regardée différemment.

 

Tridi 3 vendémiaire 223

 

21/09/2014

Ouiquinde gastronomique de fin d'été: la morue.

truffade de morue pour internet.jpg

La truffade de morue

Avoir du poisson frais, aujourd'hui est banal
Même si l'on habite loin du littoral.
Cependant bien souvent, dans les grandes surfaces,
Le frais est remplacé par le froid de la glace,
Si bien que pour le nez, l'étal du poissonnier
Fait penser que le "pei" (1) a dû venir à pieds!
Avant l'avènement du sous-vide attrayant,
Du surgelé vainqueur, du frigo triomphant,
Le seul poisson des provençaux de l'intérieur
N'était pas le plus cher, n'était pas le meilleur,
C'était la "merlusso" (2), c'était la morue sèche
Que les rudes bretons faisant la Grande Pêche
Venaient, par tombereaux, troquer contre le sel
À Salin-de-Giraud, Aigues-Mortes ou Lunel.
Ah ! il fallait les voir tous ces rugueux rouliers
Descendant en convois par chemins et halliers,
Poussant à coups de gueule, coups de fouets, coups de pieds,
Leurs grands chevaux fumants tractant leurs lourds fardiers.
Quand les jours étaient longs et qu'ils étaient pressés,
Ils dormaient à la dure, dehors, dans les fossés,
Et lorsqu'ils emplissaient les auberges routières
Pour boire et pour bâfrer, pour rire sans manière,
Ces hommes au sang chaud et à la poigne leste
Jouaient du poing, du fouet pour la moindre conteste.
Les convois descendant amenaient la morue
Fournie par la Bretagne et ses marins bourrus.
Les convois remontant en un grand carrousel
Vers les ports océans étaient chargés de sel.
De ce commerce ancien sont nées des accointances
Entre gens de Bretagne et gens de la Provence.
C'est ainsi que naquit la morue en truffade
La "merlusso'n raïto » " (3) ainsi que la brandade.

Fais dessaler, petit, une morue épaisse
Vingt-quatre heures au moins en changeant l'eau trois fois,
Ôte peau, cartilage avec délicatesse,
Puis tu coupes, en portions, mais en faisant bon poids.
Dans de l'huile d'olive tu feras revenir
Deux oignons émincés sans les faire roussir,
Ajoute trois tomates pelées, mondées, hachées
Trois belles gousses d'ail, du thym et du laurier
Du poivre du moulin, safran, zeste d'orange,
Mais surtout pas de sel. Tourne bien ce mélange
Qu'après tu vas mouiller avec deux litres d'eau.
Ajoute douze "truffo" (4) coupées grosso-modo.
Les "truffo" par chez nous sont les pommes-de-terre,
Les véritables truffes, elles, sont les "rabasso" (5),
Joie des meilleurs gourmets ainsi que des pourceaux,
Et des chiens "rabassié" (6) qui les sentent sous terre.
Tu fais cuire à feu vif, surveille la cuisson
De tes pommes-de-terre. Goûte. Lorsqu'elles sont
Cuites à mi-parcours, avec une écumoire
Tu déposes dessus tes morceaux de morue.
Complète la cuisson à feu vif maintenu
Tu rectifies en goût, un canon tu vas boire.
Tu sers dans chaque assiette la morue, les patates,
Tu purges le bouillon de tous ses aromates
Et tu le sers à part, en soupière fumante.
Enjolive ton plat de façon élégante
En piquant ça et là quelques brins de persil.
Qui l'agrémenteront de leur parfum subtil.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

VictorAyoli



(1) Pei".. poisson. (2) Merlusso .. morue. (3) Merlusso'n raito" .. morue aux pommes-de-terre. (4) Truffo.. pommes-de-terre (on dit aussi "tartifles "). (5) Rabasso .. truffes véritables (melanosporum).
(6) Chiens rabassié .. chiens truffiers.



Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 1 morue sèche de 600 g environ, - 3 cuillerées d'huile d'olive, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 3 ou 4 gousses d'ail triées, - thym, - laurier, - safran, - poivre, - zeste d'orange, - 12 pommes de terres, - 3 branches de persil plat.

Les vins conseillés:
Tous les vins rosés. En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquières-St-Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St-Victor-la-Coste, Remoulins.
En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint-Christol
En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux varois.

 

Dernier jour complémentaire ("sans-culotide") dit "jour des récompenses" de l'an 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

20/09/2014

FEMMES! Je vous aime TOUTES.

 

lamazou femmes.jpg

 

Femme maîtresse

Ouverte, offerte sous les caresses

Femme mère

Créatrice de la vie sur terre

Femme putain

Désir de soie et de satin

Femme dirigeante

Intuitive et compétente

Femme politique

Courageuse et démocratique

Femme enfant

Que l’on protège et l’on défend

Femme salope

Qui fait jouir et rend myope

Femme avide

Calculatrice, sans cœur, cupide

Femme sorcière

Envoûtante, sournoise, incendiaire

Femme lesbienne

Délicate et altière clitoridienne

Femmes battues

Femmes vendues

Victime des stupides couillus

Femmes voilées

Femmes enfermées

Femmes niées

Femmes lapidées

Femmes brûlées

Femmes massacrées

Au nom d’un obscurantisme borné

Femme, femmes FEMMES !

Vous êtes des Humains pour le meilleur et pour le pire

Je vous respecte, je vous adore et je vous aime !

 

VictorAyoli

 

 

Mais…n’oublions pas :

 

Miss Maggie, du Renaud de sa grande époque…

 

Femme du monde ou bien putain
Qui bien souvent êtes les mêmes
Femme normale, star ou boudin,
Femelles en tout genre je vous aime
Même à la dernière des connes,
Je veux dédier ces quelques vers
Issus de mon dégoût des hommes
Et de leur morale guerrière
Car aucune femme sur la planète
N’ s’ra jamais plus con que son frère
Ni plus fière, ni plus malhonnête
Á part peut-être Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Lorsque le sport devient la guerre
Y a pas de gonzesse ou si peu
Dans les hordes de supporters
Ces fanatiques, fous-furieux
Abreuvés de haines et de bières
Déifiant les crétins en bleu,
Insultant les salauds en vert
Y a pas de gonzesse hooligan,
Imbécile et meurtrière
Y’en a pas même en Grande Bretagne
Á part bien sûr Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Une bagnole entre les pognes
Tu n’ deviens pas aussi con que
Ces pauvres tarés qui se cognent
Pour un phare un peu amoché
Ou pour un doigt tendu bien haut
Y’en a qui vont jusqu’à flinguer
Pour sauver leur autoradio
Le bras d’honneur de ces cons-là
Aucune femme n’est assez vulgaire
Pour l’employer à tour de bras
Á part peut être Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Tu vas pas mourir à la guerre
Parc’ que la vue d’une arme à feu
Fait pas frissonner tes ovaires
Parc’ que dans les rangs des chasseurs
Qui dégomment la tourterelle
Et occasionnellement les Beurs,
J’ai jamais vu une femelle
Pas une femme n’est assez minable
Pour astiquer un revolver
Et se sentir invulnérable
A part bien sûr Madame Thatcher

C’est pas d’un cerveau féminin
Qu’est sortie la bombe atomique
Et pas une femme n’a sur les mains
Le sang des indiens d’Amérique
Palestiniens et arméniens
Témoignent du fond de leurs tombeaux
Qu’un génocide c’est masculin
Comme un SS, un torero
Dans cette putain d’humanité
Les assassins sont tous des frères
Pas une femme pour rivaliser
Á part peut être Madame Thatcher

Femme je t’aime surtout enfin
Pour ta faiblesse et pour tes yeux
Quand la force de l’homme ne tient
Que dans son flingue ou dans sa queue
Et quand viendra l’heure dernière,
L’enfer s’ra peuplé de crétins
Jouant au foot ou à la guerre,
Á celui qui pisse le plus loin
Moi je me changerai en chien

Si je peux rester sur la Terre
Et comme réverbère quotidien
Je m’offrirai Madame Thatcher

 

 

 

 Illustration: Merci à Titouan Lamazou

 

4ème jour complémentaire dit "de l'opinion" de l'an 222

 

 

19/09/2014

Irak : François s'en va-t-en guerre...ou en démonstration commerciale ? Les deux mon général.

avioncochon copie.jpg

 

Il l'a dit François : « la France va procéder à des frappes aériennes imminentes contre Daech ». Bien. Il a raison de vouloir participer à la destruction de cet anti-Etat dont la finalité ouvertement proclamée est le remplacement des États de droits par la mise en place d'une loi soi-disant « divine », mais surtout barbare, sanguinaire, obscurantiste et d'une violence sans limites.

 

Eh ! C'est bien ça François, toi, président du pays qui a jeté à bas bien des monarchies et donné au monde les Droits des Humains. Mais est-ce vraiment à nous de faire ce ménage dans des pays lointains où l'arrivée du « blanc », ancien colonisateur, ne tarde jamais à agglomérer contre lui des forces qui se réconcilient sur son dos ? Ne serait-ce pas plutôt à l'Arabie saoudite de se charger d'écraser le serpent nommé Daech ? Elle en a les moyens militaires mais en a-t-elle le courage et surtout la volonté politique ? C'est toute l'ambiguïté.

 

Depuis cinquante ans au moins, nos « amis » Saoudiens sont les incubateurs et surtout les sponsors de tous les groupes salafistes qui sévissent dans le monde entier. Al-Shabab dans la corne de l'Afrique, Boko-Haram en Afrique de l'Ouest, Al-Qaïda un peu partout, et maintenant ce sinistre « Etat islamiste », encore appelé Daech ou EEIL, sont des créations de l'Arabie saoudite. Et maintenant, le créateur fou est non seulement dépassé par sa créature, mais directement menacé par le monstre qu'il a créé ! Alors qu'est-ce qu'il fait ce créateur fou ? Il appelle au secours ces pays d'Occident qu'il voue ouvertement aux flammes de l'enfer musulman... Plus faux-cul tu meurs !

 

Avoir chaud au cul, ça leur fait travailler les boyaux de la tête aux fils d'Allah! Même le grand mufti d'Arabie saoudite, Abdel Aziz Al-Cheikh, la paille au cul, vraisemblablement sur ordre de la famille royale, balance méchant contre son turbulent fiston Daech: "Les idées extrémistes, militantes et terroristes qui répandent la ruine sur la terre, détruisant la civilisation humaine, ne font en aucune façon partie de l'islam mais sont son premier ennemi et les musulmans en sont ses premières victimes".

 

Parce que les nazislamistes de Daech ne sont qu'à quelques dizaines de kilomètres de la frontière de l'Arabie saoudite ! Et s'ils déferlent sur le pays et s'emparent des lieux « sacrés » de La Mecque et de Médine, ils mettront leur joug obscurantiste et sanguinaire sur tout le monde arabo-musulman ! On n'en est pas encore là, l'Arabie saoudite ayant mis en place, sur 900 km de frontière, une sorte de « ligne Maginot » up-to-date : radars, tours de surveillance, caméras infrarouges, matériels ultra-sophistiqués de détection de toute incursion. C'est la « Saudi border guard development program » (SBGDP) où travaillent...de nombreux expatriés français de Cassidian, une filiale d'Airbus...

 

Fatche ! Elle a plus d'avions que la France, l'Arabie saoudite ! Mais a-t-elle des pilotes ? Moins sûr... Et puis, si l'on regarde bien, elle n'a pas d'avions français !!! Ben merde alors... Voilà (peut-être !) une bonne raison (cachée !) d'envoyer nos Rafales faire sur place quelques démonstrations de leur excellence et de leur efficacité !

 

Sacré François, va ! Défenseur des « valeurs », de la veuve et de l'orphelin mais aussi...de Dassault !

 

Troisième jour complémentaire dit "du travail"

Photo X - Droits réservés

 

18/09/2014

M’ame Michu et M’ame Chazotte et le « cadeau » de Valls aux retraités.

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- Ben alors, M’ame Michu, qu’est-ce qu’vous allez en faire de tout ce pognon que Valls va vous refiler ? Ah ! dis-donc… Ils en ont de la veine ces nantis de retraités. Y en a que pour eux…

 

- Ben, j’m’interroge, M’ame Chazotte. J’hésite entre une croisière aux bas-à-masse et…chez pas si j’ose vous le dire M’ame Chazotte…, me payer un chip-en-dèle.

 

- Mouais… Avec quarante euros pour l’année, ce sera plus facilement un plat de pâtes ou un stripe-tise avec déambulateur ! Ce type d’annonce, ma bonne M’ame Michu, c’est encore de l’enfumage. Comme « l’augmentation » de 8 euros par mois. Ça vous permettra d’acheter une boite de patapon de plus par semaine. Pour vous, bien sûr, pas pour votre chat…

 

- Parait que notre « pouvoir d’achat » aurait augmenté M’ame Chazotte. Je dois mal compter parce que j’ai plutôt vu le contraire…

 

- Mais c’est parce que vous n’êtes pas « la ménagère de moins de cinquante ans » ma brave M’ame Michu ! Ce que vous achetez vous, c’est pour bouffer alors que « la ménagère de moins de cinquante ans », avec son bobo de mari, ses ados débiles, achète – elle – des écrans plats, des ordinateurs portables, change le quatre-quatre pour mener à l’école ses chiards-roi en montant sur le trottoir. Et toutes ces belles choses, M’ame Michu, elles ont baissé ! Donc le « pouvoir d’achat » moyen a augmenté !

 

- Ben j’ai pas vu… Pour moi la réalité est celle-ci, ce qui augmente régulièrement : l’électricité, le loyer, les billets SNCF, l’essence, le gazole, le gaz, mais aussi et surtout pour moi la farine, le pain, les pâtes, le café, le beurre, l’huile, le chocolat, le camembert, les biscuits, les légumes, les fruits, la viande, le lait… Oh ! Pas de beaucoup chaque fois, mais ça va jamais à la baisse…

 

- Eh ! M’ame Michu, le pouvoir d’achat des bobos augmente statistiquement parce que le vôtre baisse !

 

- Ben ça alors,  M’ame Chazotte ! Vous v’là experte en économie politique !

 

 

2ème  jour complémentaire dit « du génie » de l’an 222

 

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16/09/2014

M’ame Michu et M’ame Chazotte : histoires de poulets.

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- Alors M’ame Michu. C’est quoi que je vois dans votre cabas ?

 

- C’est un poulet fumé. C’est bien emballé, presque appétissant, et c’est pratique quand on doit manger à plusieurs dans les bois, à la recherche d’hypothétiques champignons.

 

- Eh ben ! V’z’êtes pas dégoûtés vous. Ne m’amenez pas aux champignons !

 

- Bè ! je viens de recevoir une info – vrai ou faux, j’en sais rien - montrant des chinoiseries pas très ragoutantes.

 

- Ah ? Et c’est quoi ?

 

- Ben ! Votre beau poulet fumé, il vient peut-être de Chine. Et il a – peut-être encore – une origine plus que douteuse…

 

- Ah bon ! Racontez-moi ?

 

- J’ai eu connaissance d’un truc pas très ragoutant concernant ces poulets fumés : parait qu’en Chine, dans les cambrousses, chaque matin, des équipes de mecs à motos font le tour des fermes et des élevages où ils récupèrent tous les poulets morts. Y en a des paquets… Ils les centralisent dans une cour ou sous un hangar, les foutent dans de l’eau bouillante pour les plumer, puis les trempent dans une solution de produits chimiques – chlore et autres saloperies – de façon à les décontaminer, puis ils les foutent dans un bain coloré pour leur donner meilleure mine. Les cadavres passent ensuite au fumoir puis sont très joliment emballés et hop ! En voiture Simone : ça fera un conteneur réfrigéré pour ces cons d’Européens ! Le prix du poulet passe, après conditionnement, de 1 à 10 ! Avant la marge du super marché !

 

- Ben ça alors ! Mais comment savoir si ça viens de Chine ou pas ? C’est pas marqué sur l’emballage.

 

- Si, c’est marqué, mais de telle sorte que le con-sot-mateur ne puisse pas le déchiffrer. Le gouvernement et les services  associés ne tiennent pas à renseigner les consommateurs  sur ce sujet.

 

- Ah ? Et comment savoir si ça viens de France, de Chine, des Etats-Unis, de Thaïlande ou de Tataouine ?

 

- Laissez-moi vous dire comment faire... C’est indiqué sur le code barre. Les 3 premiers chiffres du code-barres d'un produit indiquent en fait le code du pays où le produit a été fait. Tous les codes qui commencent par : par exemple 690, 691, 692 jusqu'à 695 indiquent des produits venant de la Chine.

 

- V’z’en savez des choses vous, M’ame Chazotte !

 

- Mouais… Enfin, je me renseigne. Tè, je vais vous donner un tuyau qui vous évitera d’acheter idiot.

 

Voici les principaux codes-barres utilisés :   


00  à  13   : Etats-Unis et Canada  
30  à  37   : France 
40  à  44   : Allemagne 
49             : Japon
50             : Grande-Bretagne
57             : Danemark 
64             : Finlande 
76             : Suisse et Liechtenstein 
628           : Arabie Saoudite 
629           : Émirats Arabes Unis

690 à 695 : Chine 

729        : Israël
740 à 745 : Amérique Centrale 
480 à 489 : Philippines

etc. 

 

15/09/2014

Impôts : la « phobie administrative » enfin prise en compte.

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Merci à Chimulus

 

 

Les feuilles commencent à tomber... Comme sont déjà tombées les feuilles d'impôts. Il est de bon ton de râler, de rouspéter, de rouméguer contre ces impôts que l'on ne perçoit pas comme une participation de tous selon ses moyens à la bonne marche de l’État, autrement dit mettre un peu de son pognon au service de tous, les autres mettant aussi, évidemment, un peu de leur pognon pour les autres. C'est la solidarité, et n'oublions pas que les impôts sont une des conquêtes majeures de la Révolution ( les « quatre vieilles » remplaçant un système de privilèges pour les curés et les nobles et de racket de la plèbe).

 

Mouais, Victor, on te voit venir. Tu vas nous dire qu'il est normal, qu'il est civique de payer ses impôts sans trop faire la gueule. Que la moitié des citoyens ne paient pas d'impôts sur le revenu mais qu'ils casquent largement avec la TVA. Que l'impôt sur le revenu n'est pas assez progressif. Tu vas nous rappeler qu'il existait, sous des gouvernements de droite (De Gaulle, Pompidou, Giscard) des tranches supérieures qui dépassaient les 60% contre 45% aujourd'hui. On le sait tout ça Victor. Mais il y a une dimension que tu oublies : c'est la dimension pa-tho-lo-gi-que des impôts !

 

Eh oui, Victor ! Il y a là un élément qu'il ne faut pas prendre à la légère. On a actuellement sous les yeux l'exemple frappant des ravages qui peuvent découler de cette dimension pathologique : c'est ce qu'endure un pauvre diable, Monsieur Thomas Thévenoud. Ce monsieur - distingué, propre sur lui, énarque de surcroît, dont les qualités d'intégrité, de civisme, d'altruisme ont été reconnues puisqu'il a été élu député, puis choisi pour occuper un poste de ministre – est victime d'une redoutable pathologie : il souffre de « phobie administrative ».

 

Cette terrible phobie le rend incapable de payer ce qu'il doit : ses impôts justement, mais son loyer aussi. Évidemment, en tant que député, il est habitué à ne pas payer ses voyages, ni ses costards, ni ses cravates, ni ses tournées au bistro, ce qui le met heureusement à l'abri, pour ces opérations de la vie courante, des méfaits de sa redoutable « phobie administrative ».

 

Mais il n'est pas le seul à souffrir de cette pathologie. Aussi l'Administration, dans sa grande mansuétude, a-t-elle décidé de prendre en compte ces difficultés. Nous invitons tous ceux qui souffrent, comme M.Thévenoux, d'une « phobie administrative », à remplir le formulaire ci-dessous et de le faire parvenir à leur percepteur qui, soyons-en sûr, appréciera.

 

 

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06:00 Publié dans Actualités, humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : impôts, phobie

14/09/2014

Ouiquinde gastronomique corse

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Regina

 

C’est à Porto Polo, près de Pila Canale

Que vivait Regina sur sa Corse natale.

Les pouristes n’avaient pas encore envahis

Les criques parfumées de ce si beau pays.

 

Je plongeais au corail et chassais la girelle

Dans la mer cristalline ou bien sous les tonnelles

De la guinguette bleue où, aux parfums du soir,

La jeunesse dansait quand chantaient les guitares.

 

Moi j’avais dix-huit ans, elle tout juste seize,

Je sentais contre moi frémir son corps de braise

Elle m’a serré fort quand je l’ai caressée,

 

J’ai plongé dans ses yeux et je l’ai embrassée.

Le lendemain matin, c’était une autre affaire 

Quand ses frères m’ont dit : « Qu’est-ce que tu comptes faire ? ! »

 

 

Les rougets à la cendre

 

— Bon. Et alors, Victor ! Franchement, qu’as-tu fait ?

— Ils n’étaient pas méchants, ils voulaient m’esbrouffer,

Ça m’a coûté plusieurs tournées de Casanis

Si bien qu’en rien de temps, nous étions des amis.

Je suis allé chez eux et nous avons mangé

Ce que j’avais pêché : de superbes rougets.

Le père était pêcheur et s’appelait Toussaint,

Il a fait les rougets à la crème d’oursins.

Tu comptes deux poissons moyens par invité,

Alors, par les ouïes, il te faut les vider,

C’est assez délicat mais c’est indispensable,

Avec un peu de soin, tu en seras capable.

Tu vas les écailler, les rincer, les sécher,

Dans un plat les saler, poivrer et asperger

D’huile d’olive corse et puis les oublier

Pendant trente minutes, au frais, dans le cellier.

Pendant ce temps, petit, tu prépares ta farce

Tout en buvant un coup avec quelques comparses.

Un peu de mie de pain humectée dans du lait,

Des feuilles de myrte fraîches finement ciselées,

Sel, poivre, jaune d’œuf, du beurre ramolli,

Gousses d’ail écrasées comme pour l’aïoli,

Tu pistes bien le tout dans le creux d’un mortier,

Mets de l’huile d’olive et tournes pour lier.

Avec cet appareil, tu farcis tes poissons,

Toujours par les ouïes, c’est la seule façon.

Place chaque rouget sur un papier d’alu,

Saupoudre avec du sel et du poivre moulu.

Ferme tes papillotes, glisse-les sous la cendre

Chaude mais pas brûlante. Dessus tu vas épandre

Des braises rougeoyantes avec la pince en fer.

Laisse-les comme ça, un quart d’heure, sans t’en faire.

Pendant ce temps, occupe-toi de tes oursins.

Tu les ouvres au ciseau, pas comme un assassin,

Bien délicatement tu en sors le corail,

Tu récupères l’eau ainsi que la mouscaille

Qu’il te faudra filtrer finement au chinois,

Un peu d’huile d’olive et du beurre, une noix,

Tu mélanges le tout et fouettes vivement

Afin d’émulsionner ces quatre ingrédients.

Tu sers tes papillotes ouvertes sur l’assiette,

Et nappes avec ta crème d’oursins à peine tiède.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

VictorAyoli

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour les poissons et leur farce:

- 12 rougets de roche vidés par les ouies, - 2 douzaines de feuilles de myrtes fraîche (à défaut prenez du basilic), - 3 jau­nes d'œuf, - gros comme un œuf de beurre ramolli (sorti du frigo une heure avant), - de la mie de pain humectée de lait (la valeur d'un bol), - 3 gousses d'ail, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - sel, - poivre.

Pour la sauce:

- 3 douzaines d'oursins, - 1 cuillerée à soupe d'huile d'olive, - 1 noix de beurre ramolli.

 

Les vins conseillés:

Les vins corses sont évidemment idéaux pour cette recette insulaire. Rosés Patrimonio, rosés de la côte orientale. Mais les Côtes-du-Rhône blancs et rosés accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-les-Vi­gnes, Villedieu, Visan, Beaumes-de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Saint-Hilaire-d'Ozilhan.

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux-d'Aix-en-Provence, Bellet.

 

 

Octidi 28 fructidor 222

 

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13/09/2014

Eros, de Villon à Queneau: les ravages du temps...

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Quand me regarde toute nue,

Et je me vois si très changée,

Pauvre, sèche, maigre, menue,

Je suis presque toute enragée.

 

Qu'est devenu ce front poli,

Cheveux blonds, ces sourcils voûtils,

Grand entrœil, ce regard joli,

Dont prenaye les plus subtils;

Ce beau nez droit grand ni petit,

Ces petites jointes oreilles,

Menton fourchu, clair vis traictis,

Et ces belles lèvres vermeilles?

 

Ces gentes épaules menues,

Ces bras longs et ces mains traictisses,

 Petits tétins, hanches charnues,

Elevées, propres, faictisses

A tenir amoureuses lisses;

Ces larges reins, ce sadinet

Assis sur grosses fermes cuisses,

Dedans son petit jardinet ?..

 

Mamelles quoi? toutes retraites.

Telles les hanches que les têtes.

Du sadiner, fi ! Quant des cuisses,

Cuisses ne sont plus, mais des cuissètes

 

Grivelées comme saucisses...

 

François Villon

 

 

*****************

 

Si tu t'imagines



Si tu t'imagines 
Si tu t'imagines 
Fillette fillette 
Si tu t'imagines 
Xa va xa va xa 
Va durer toujours 
La saison des za 
La saison des za
Saison des amours 
Ce que tu te goures 
Fillette fillette 
Ce que tu te goures

Si tu crois petite 
Si tu crois ah ah 
Que ton teint de rose 
Ta taille de guêpe 
Tes mignons biceps 
Tes ongles d'émail 
Ta cuisse de nymphe
Et ton pied léger 
Si tu crois petite 
Xa va xa va xa 
Va durer toujours 
Ce que tu te goures 
Fillette fillette 
Ce que tu te goures

Les beaux jours s'en vont 
Les beaux jours de fête
Soleils et planètes 
Tournent tous en rond
Mais toi ma petite 
Tu marches tout droit 
Vers s’que tu vois pas 
Très sournois s'approchent 
La ride véloce 
La pesante graisse 
Le menton triplé 
Le muscle avachi 
Allons cueille cueille 
Les roses les roses
Roses de la vie 
Et que leurs pétales 
Soient la mer étale 
De tous les bonheurs 
Allons cueille cueille 
Si tu le fais pas 
Ce que tu te goures 
Fillette fillette 
Ce que tu te goures

Raymond Queneau

 

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Septidi 27 fructidor 222

 

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10/09/2014

Au bistro de la Toile : « machinutiles » et « détecteurs de kons »

chimulus bistro copie.jpg

 

- Oh! Victor, fais voir ta montre... Ah ! T'es décidément pas dans le coup, mon pauvre. T'as une vieille tocante de goulamas. Ça ressemble à rien. Maintenant, faut avoir une montre « branchée », qui te permet de savoir le temps qu'il fait, de connaître les boutiques qui peuvent te vendre des produits dont tu n'as pas besoin, d'envoyer des essémèsses à des amis auxquels tu ne dis même pas bonjour quand tu les croises dans la rue, etc., etc.

 

- Ouais, je te vois venir Loulle. Tu veux parler de ce raout médiatique auquel succombe avec une bonne dose de masochisme la presse-purée concernant le lancement d'une nouvelle « machinutile ». Masochisme parce que les marchands de soupe qui convoquent les plumitifs à ce genre de raout se paient ainsi gratos des pages et du temps de pub. Sans dépenser un rond ! « Plus kon que moi tu meurs », qu'ils peuvent dire les rédac'chefs de ces médiarrhées !

 

- Bien vu Victor !

 

- En fait, la nouvelle machinutile mise sur le marché a un nom et une fonction finalement assez saine si l'on prend un peu de recul. Le nom c'est : « D.D.K. » pour « détecteur de kons ». La fonction : signaler, dans la rue, le degré de haute konnerie de nos concitoyens. On a déjà subi la konnerie de ces demi-conversations bruyamment infligées, dans les trains, dans les bistros, par des goujats débiles ; on subit à présent les étranges gratouillis de ces personnes qui semblent vouloir soulager le prurit impératif d'une petite machine rectangulaire ; bientôt, on va donc se régaler de voir des débiles « branchés » se foutre la gueule dans une pancarte, dans un agent de police, dans un platane, trop occupés qu'ils seront à gratouiller la montre « branchée » de leur poignet !

 

- Pas mal, pas mal. Effectivement cet ustensile qui arrive sera bien un D.D.K. un Détecteur de Kons !

 

- D'autant plus kons que cette machinutile est aussi et surtout un implacable espion de la vie personnelle de son utilisateur. Le GPS qui y est intégré permet à Google et autres rufians « branchés » de vous suivre à la trace, et les programmes planqués dans la bête permettent de savoir qui vous appelez, de traquer vos goûts, vos affinités, de connaître vos amis, vos ennemis, vos opinions politiques et religieuses, vos inclinations sentimentales et sexuelles, etc. C'est tout simplement « little Big Brother » à son poignet !

 

- Et le pire, Victor, c'est que les kons paient, et cher, pour cette servitude volontaire !

 

-Eh oui, Loulle. La konnerie humaine est vraiment la seule approche que l'on puisse avoir de l'infini ! Allez ! Á la nôtre !

 

Quartidi 24 fructidor 222

 

Illustration : merci à Chimulus

 

09/09/2014

La BCE instaure des « Intérêts négatifs ». Quésaco ? Un formidable espoir.

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Quel est le principal poste de dépenses budgétaire de la France ? L'intérêt de la dette.

 

A qui demande-t-on de se serrer la ceinture pour réduire le déficit budgétaire et donc de freiner la progression de cette dette ? Aux contribuables et surtout à « la France d'en-bas » y compris les « sans-dents ».

 

A qui profite cette dette depuis la catastrophique loi Pompidou-Rotschild de 1973 ? Aux banques.

 

De Gaulle disait : « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». Mouais... Depuis cette loi, c'est pourtant le cas, l’État ayant abandonné l'un de ses pouvoirs régaliens – sa monnaie – à des banquiers privés.

 

« Mon ennemi, c'est la finance » proclamait Ganelon. « La finance », c'est quoi au fait ? C'est toutes les institutions qui s'engraissent par la seule rentabilité du capital. Lorsqu'une monnaie rapporte des thunes grace à des taux d'intérêts confortables, les détenteurs de capitaux les gardent pour gagner ainsi de l'argent sans travail et sans risques. Mais si ces capitaux, cette monnaie ne rapporte plus rien à cause de taux d'intérêts faibles, ses possesseurs n'ont plus intérêt à la garder, elle circule donc et retrouve sa fonction première de moyen d'échange. Thésauriser de l'argent devient une aberration contre-productive. Les excès de monnaie sont donc naturellement réinvestis dans l'économie réelle, dans l'industrie, dans la production de biens et de services.

 

Ces principes de base étant établis, que se passe-t-il actuellement ? Pendant qu'on nous enfume avec les « révélations » trierweliennes et autres konneries insignifiantes, il s'est passé quelque chose de primordial : la Banque Centrale Européenne (BCE) a baissé le principal taux directeur à 0,05 %, et le taux de facilité des dépôts de -0,10 % à -0,20 % (lemonde.fr, 04-09-2014). La BCE prête donc aux banques privées tout l'argent qu'elles veulent à taux zéro (0,05!), ces mêmes banques devant à, contrario payer (taux négatifs) pour confier de l'argent à la BCE !

 

Dès lors, il semblerait logique que la BCE autorise les prêts directs aux États, sans passer par le racket des banques privées ! En effet, avec le système Pompidou-Rotschild repris par les traités européens de Maestricht et de Lisbonne, quand un État émet des obligations, dont la vente sera assortie d’intérêts financiers, celui qui achète ces obligations (les institutions financières, banques, fonds spéculatifs, bref, « le marché ») s’enrichit sans justification : il obtient de l’argent à taux négatif et le prête à l’État à des taux positifs, spoliant ainsi de façon inique la population de cet État, qui aura à en payer le prix !

 

C'est le fameux budget de « l'intérêt de la dette ». C'est la pression pour faire des « économies », c'est le saccage des services publics, des conditions de travail, la pression sur les salaires grâce au chômage hypocritement entretenu, la privatisation des secteurs étatiques les plus juteux (autoroutes, télécoms, etc.), c'est l'augmentation des impôts, c'est tout ce qu'on met dans « l'austérité ». Bref, c'est l'horreur ultralibérale.

 

Or, le prêt direct d'argent de la BCE aux États, permettrait à ces derniers, grâce aux taux négatifs, de résorber la dette, baissant ainsi le poste « intérêts » et permettant de réaliser des économies budgétaires très importantes, repoussant ainsi les affres de l'austérité. Mais pour cela, il faudrait que la puissance publique soit de nouveau autorisée à « battre monnaie », donc que ce pouvoir régalien soit rendu au peuple pour que le politique reprenne le pouvoir sur le financier, au lieu d'être inféodé à une caste d'intérêts privés dévolue aux actionnaires et se foutant comme d'une guigne de l'intérêt général.

 

Ci-devant président Hollande François, tu as là un chantier à imposer à l'Europe. Et si tu le réussis, TOUT te sera pardonné !

 

Tridi 23 fructidor 222

 

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08/09/2014

Les Rosbifs sont-ils en meilleure posture que les Grenouilles ?

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Pas sûr… Ils risquent, dans quelques jours, de perdre 8% de leur population, un tiers de leur territoire, la manne du pétrole de la mer du Nord et…le whiskey. Tout ça d’un coup ? Oui, mais – et c’est tout en leur honneur – sans effusion de sang, sans révolution, par la seule puissance d’un bulletin de vote.

 

Un premier réflexe est de ricaner devant cette situation qui risque de rabattre sérieusement le caquet de nos « amis » Anglais. « Ça leur fera les pieds à ces valets des Ricains… ». Ça, c’est le réflexe du cerveau reptilien, mais à y regarder de plus près, c’est loin d’être si réjouissant que ça. Parce que ça annonce la mise en action d’une vieille volonté soigneusement cachée des dirigeants sous influence US de l’UE : casser l’Europe des nations au profit d’une Europe des régions, beaucoup plus faciles à dominer pour le plus grand profit des lobbies de la finance et des multinationales. Plus facile de faire entendre « raison » (ultralibérale) à l’Écosse indépendante qu’au Royaume Uni, à la Catalogne qu’à l’Espagne et…aux possibles futures entités Alsace-Bade-Wurtenberg, Roussillon-Catalogne, Bretagne-Irlande, Savoie-Piemont, etc. qu’à la France !

 

La mondialisation à la sauce Étasunienne imposée à coups de pieds au cul aux populations de la vieille Europe a pour effet de balancier de resserrer les populations autour de leurs racines. Á cette tendance populaire, les « élites » régionales, petits satrapes locaux en mal de puissance, ajoutent l’égoïsme des nantis ne voulant pas partager le gâteau. Ce sont les régions riches qui veulent leur indépendance. C’est ainsi l’Écosse qui veut utiliser pour elle seule les thunes du pétrole. C’est la Catalogne qui ne veut plus partager ses revenus industriels avec la Mancha ou l’Extremadura, l’Italie du Nord qui ne veut pas casquer pour ces « fainéants » du Mezzogiorno, c’est les fourmis de la Flandre belge qui ne veulent pas payer les retraites des cigales wallonnes, etc, etc. C’est le retour aux fiefs féodaux, avec leurs alliances fluctuantes, leurs conflits, leurs taxes et impôts locaux, pourquoi pas la réouverture des « octrois », et toutes joyeusetés…pour le plus grand profit de « l’Empire » !

 

L’Europe des nations fières, aux personnalités marquées, façonnées par des siècles d’histoire (hélas souvent sanglante) risque ainsi de disparaître au profit d’un assemblage d’égoïsmes régionaux, beaucoup plus facile à dominer pour les Eurocrates. On commence par diviser (pour mieux régner) les plus faciles (Ecosse, Catalogne, Belgique) avant de s’attaquer aux plus rugueux (France, Italie, Allemagne). Ce morcellement de l’Europe se traduira par des pays amputés devenant de simples régions européennes, des gouvernements sans pouvoirs, ceux-ci étant entièrement captés par une Commission européenne non élu.

 

Pour le profit de qui ? Ben, des multinationales bien sûr, qui pourront plus facilement manœuvrer des entités régionales que des États-nations puissants. Qui veut ça ? Qui organise ça ? Cette Europe qui a trahit ses fondateurs. Cette Europe de technocrates élus par personne. Cette Europe dirigées par des « commissaires » dont la majorité a fait ses études…aux USA ! Cette Europe qui a renié ses buts premiers - paix et solidarité – pour les remplacer par la mise en concurrence « libre et non faussée » de tous contre tous. Cette Europe, grosse larve sans colonne vertébrale, sans dessein autre que de devenir le larbin des USA à travers les accords de libre échange qui s’annoncent. Cette Europe inféodée par la félonie de ses « dirigeants » aux seuls intérêts anglo-saxons…

 

Voilà quelques raisons de ne pas trop se réjouir des problèmes de nos frères-ennemis anglais.

 

 

Duodi 22 fructidor 222

 

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05/09/2014

L'armée russe à 300 km de Paris ! Que va faire le capitaine de pédalo ?

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Á plat ventre devant Barrack Blackbush, à plat ventre devant Bismarkel, notre président risque d'avoir à se redresser pour endosser son uniforme de chef de guerre... Contre l'armée russe ! Excusez du peu...

 

En effet, il y a en France 400 soldats de l'armée russe : ce sont les 400 marins qui, depuis plusieurs semaines, prennent possession, s’entraînent, apprennent à faire fonctionner et à maîtriser le navire Vladivostock. Ces militaires sont nos hôtes mais peut-on oublier qu'ils sont directement aux ordres du Kremlin ?

 

Poutine est un redoutable joueur d'échec qui sait qu'il a un cavalier bien planqué, à un coup de mettre échec et mat le roi adverse, plutôt adepte du jeu de dames !

 

Imaginons donc que Poutine donne l'ordre à ses marins d'appareiller avec ce navire qu'ils ont payé, qui est donc le leur et dont ils peuvent user et abuser comme bon leur semble. Imaginons que pour donner tout le poids nécessaire à cet ordre d'appareiller, on voit émerger, dans la baie de Saint-Nazaire, un, deux, voire trois sous-marins nucléaires russes. Que fera notre redoutable chef de guerre ? Á la tête du pédalo-amiral de la flotte des pédalos de la base de Brest, il viendra s'opposer aux Russes ? Eh ! Oh ! Ça va pas la tête ? Autrement dit il fera ce qu'il sait le mieux faire : se mettre à plat ventre et accepter, traînant la France dans la boue de son incompétence et de sa veulerie... Une humiliation dont il ne se relèvera jamais, et le pays avec lui.

 

Tout ça pour n'avoir pas le cran de se désolidariser des manœuvres belliqueuses des USA et de leur caniche britannique à travers l'Otan, machine de guerre n'ayant plus d'autre utilité – puisque le Pacte de Varsovie a été dissous – que de servir exclusivement les intérêts de la finance et des multinationales yankees dans leur volonté d'hégémonie mondiale et de pillage de la planète.

 

En fait, il n’existe aucune menace pour l’Europe de la part de la Russie. La Russie n'est pas notre ennemi ! Or, la politique poursuivie par les États-Unis et leurs alliés-vassaux vise à créer l’impression d’une telle menace. L’aménagement de bases de l’OTAN, l’accroissement de son infrastructure a pour but de renforcer l’influence de l’Alliance atlantique en Europe, de contraindre les pays membres à consentir des dépenses supplémentaires pour entretenir les troupes et semer l’inquiétude parmi les alliés. Il serait peut-être temps de prendre conscience de ces réalités et de les regarder en face.

 

Les Français et les Allemands vont-ils enfin comprendre que les Etazuniens les mènent au chaos ? Si un pays sortait de l'Otan, la coalition se lézarderait sérieusement, personne en Europe n'ayant intérêt à un conflit armé avec la Russie. Ce pays ne peut-être que la France. De Gaulle l'avait bien compris, mais le déplorable Sarko s'est allègrement torché l'oigne avec l'héritage gaulliste et la France se trouve embringuée derrière toutes les folies étazuniennes, pays devenu fou par le pouvoir absolu qu'il prétend s’arroger sur la planète.

 

L'intérêt de la France, jeté hors des centres décisionnels de l'Europe par une Allemagne redevenue aussi arrogante qu'hégémonique, n'est-il pas de sortir de cette alliance nuisible et de se rapprocher sérieusement de la Russie ? L’Allemagne, coincée entre la France et la Russie, puissances économiques conséquentes, puissances militaires nucléaires, membres du Conseil de sécurité de l'Onu, comprendrait vite où est son intérêt. Et se constituerait un axe France, Allemagne, Russie capable de faire revenir à la raison les fous de Washington et leurs vassaux de Londres.

 

Ouais mais c'est pas politiquement correct ça, coco !

 

Nonidi 19 fructidor 222

Illustration: merci à Chaunu

 

04/09/2014

Ganelon m'a chié dans les bottes.

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Que vois-tu, Ganelon, passant devant ta glace ?

Peux-tu, sans sourciller, te regarder en face ?

L'image que t'envoie le terrible miroir

Est celle d'un menteur, d'un fossoyeur d'espoir.

Trahir ! Trahir ! Trahir !

Dissimuler, mentir.

 

N'as-tu pas proclamé, pour conquérir la France

« Mon ennemi, à moi, eh bien c'est la finance ! »

Alors, pour mépriser le populo inquiet

Tu places, à Bercy, un « Rothschild », un banquier...

Trahir ! Trahir ! Trahir !

Dissimuler, mentir.

 

« Nous allons inverser la courbe du chômage

Dès la fin de l'année », disais-tu, sans ambages.

Et que fait ton ministre, ton larbin sans honneur ?

Il déclare la guerre et la traque aux chômeurs...

Trahir ! Trahir ! Trahir !

Dissimuler, mentir.

 

De Gaulle, Mitterrand, grands serviteurs de France

Veillaient jalousement sur notre indépendance.

Toi tu lèches le cul des Yankees, de l'Otan

Larbin sans dignité, pantin inconsistant

Trahir ! Trahir ! Trahir !

Dissimuler, mentir.

 

Que dire de l'affront que tu fais à Poutine...

Tu lui dois deux bateaux, et pas quelques sardines !

Tu perds un bon client, qui de plus paie comptant,

Saccageant le crédit du pays pour longtemps.

Trahir ! Trahir ! Trahir !

Dissimuler, mentir.

 

Tu as même trahi, humilié ta femme,

Te montrant sans honneur, un vil goujat infâme.

Et tu m'as trahi MOI, ton fidèle électeur !

Un parmi des millions, qui feront ton malheur.

Tu peux bien nous trahir,

Pas nous anéantir !

 

Octidi 18 fructidor 222

 

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03/09/2014

Vignerons français, serrez les miches ! Bientôt les vins belges, anglais et suédois ?

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« Á boire, à boire, à boiiiire

 Á boire Tavernier! »

 

- Oh ! Victor, t'as un bel organe ! C'est le temps des vendanges qui te met de bonne humeur je suppose !

 

- Eh! Loule, y a de ça. Il est bon ton rouge. Après t'avoir caressé le clapoir, il te glisse délicieusement vers le cimetière à andouillettes en te réchauffant les tuyaux que c'en est un bonheur.

 

- Côtes-du-Rhône Victor! Côtes-du-Rhône!

 

- Seulement, en sortant de ton merveilleux antre de perdition après deux canons, je risque – si je conduis et me fais contrôler par les lollis – d'y laisser le permis...

 

- Tu risques pas grand chose: tout ce que tu conduis, c'est tes panards qui marchent en canard! Tè! A la tienne!

 

- Ce que je reproche à mes potes vignerons, c'est de faire des vins trop forts en alcool. Le moindre Côtes-du-Rhône titre 14°. Trop lourd.

 

- Moi, je préfèrerais proposer des vins à 11 ou 12°. Mais ça se trouve de moins en moins, et jamais en A.O.C. Il y a vingt ans, seuls les Châteauneuf-du-pape et les Gigondas titraient 14°. Maintenant, c'est la majorité des vins. Je vends ce que j'ai...

 

- Bientôt, Loule, tu pourras vendre des vins scandinaves, belges ou anglais!

 

- Dieu – enfin, Bacchus! - me garde, Victor ! Ne profère pas des insanités pareilles!

 

- Pas du tout Loule. Des gens de l'Inra se sont penchés sur le problème et ils estiment que la précocité des vendanges - et la teneur à l'alcool qui en résulte - sont liées au réchauffement climatique, un phénomène susceptible de bouleverser la viticulture traditionnelle qui pourrait aller jusqu'au « grand chambardement ».

 

- Què chambardement?

 

- La date des vendanges est liée aux températures d'avril à septembre. Les études agronomiques mais également historiques le confirment : l'avancée actuelle est liée en quasi-totalité au réchauffement climatique. Dans le temps, lors des années froides, c'était la catastrophe, il fallait mettre du sucre dans le vin qui n'était pas suffisamment alcoolisé ; c’était la « chaptalisation ». Mais depuis dix ans, on constate une augmentation du degré alcoolique des vins, c'est très net, partout. Ce qui était du 11 degrés avant, c'est du 13 degrés maintenant. Et chez nous, c'est même du 14 et 15°. Ça pose problèmes...

 

- Eh! Même les gens qui ont le gosier en pente, comme toi, lèvent moins facilement le coude à l'heure de l'apérobic. Pauvre de moi...

 

- Les professionnels du vin sont inquiets. Dans un premier temps, un léger réchauffement climatique c'est plutôt positif pour le vin. Jusqu'à 1 ou 2 degrés Celsius de plus, on peut penser qu'en modifiant les conditions de conduite de la vigne, on pourrait garder les productions traditionnelles et leur valeur de terroir. Mais au-delà c'est le grand chambardement. Pour les politiques, l'objectif est de limiter le réchauffement à deux degrés, seuil à partir duquel les impacts commenceraient à devenir dangereux pour les activités humaines. Pour la vigne, deux degrés, c'est le moment où cela commencerait à basculer. Si le réchauffement atteignait 5 ou 6 degrés en moyenne mondiale - ce qui se produira si les tendances actuelles se poursuivent - on pourrait trouver de la vigne dans le sud de la Suède, comme les vignobles qu'on commence à avoir en Angleterre, en Belgique, aux Pays-bas. Et ici, on plantera des palmiers à huile…

 

- Tè! Victor, l'année prochaine, je te servirai du véritable Knock-le-Zout-Village, du Manchester Grand Cru classé ou des Premières Côtes de Stockholm !

 

 

Septidi 17 fructidor 222

 

Illustration X – Droits réservés

02/09/2014

Allez ! Pour changer de Gaza, de l'Ukraine, de la Syrie, on va dire un peu de mal du nucléaire !

areva mines niger.JPG

 

 

Vous croyez qu'il la fermera la centrale pourrie de Fessenheim Toto ? Il a une telle conception du respect de ses promesses qu'on peut en douter... Mais ces belles centrales nucléaires, qui nous fournissent cette bonne électricité que l'on peut gaspiller allègrement, elles ne fonctionnent pas avec des peaux de saucissons ! Il leur faut de l'uranium. Et de l'uranium, on en a eu un peu chez nous, on l'a donc utilisé puis on s'est arrêté de l'exploiter parce que c'est dangereux. Mouais... C'est dangereux chez nous, peut-être, mais ailleurs, au Niger par exemple, on s'en fout !

 

Le Niger est l'un des principaux fournisseurs de minerai d'uranium du monde. Il est aussi l'un des pays les plus pauvres du monde ! Y a un schmilblik là, non ? Ben, non... Depuis quarante ans Areva pille sans vergogne l'uranium de ce pays, en lui ristournant une poignée de figues, dont une bonne partie va d'ailleurs dans les poches de son président, le dénommé Mahamadou Issoufou, ancien cadre d'Aréva !

 

Dernièrement, au mois de mai, de nouveaux accords ont été signés entre Areva et les dirigeants du Niger qui, tout en faisant mine de défendre les intérêts du pays, ont à nouveau offert à la France des tarifs dérisoires pour l'enlèvement de l'uranium du Niger. Un peu plus qu'avant, mais toujours du domaine de la poignée de figues. Voilà ce qu'en dit Areva :

« Ce 26 Mai 2014, à Niamey, MM. Omar Hamidou Tchiana, Ministre d’Etat, Ministre des Mines et du Développement industriel du Niger, Gilles Baillet, Ministre des Finances du Niger, et Luc Oursel, Président du Directoire d’AREVA, ont signé un accord renouvelant le partenariat stratégique entre l’Etat du Niger et le groupe AREVA.

L’accord inscrit le renouvellement des conventions minières des sociétés SOMAÏR et COMINAK dans le cadre de la loi minière nigérienne de 2006. Les deux parties prendront les mesures nécessaires pour assurer la rentabilité économique et financière de ces entreprises et privilégier le maintien de l'emploi.

L’Etat du Niger et AREVA ont convenu de la nigérisation des postes de Directeurs Généraux de SOMAÏR et COMINAK respectivement en 2014 et 2016, ce qui représente pour le Niger un pas très important dans sa participation à la gouvernance des sociétés.

Les prix actuels de l'uranium ne permettant pas la rentabilité de l'exploitation du gisement d’Imouraren, l’Etat du Niger et AREVA mettront en place un comité stratégique paritaire qui décidera du calendrier de sa mise en production en fonction de l'évolution du marché.

AREVA va apporter son soutien financier à des projets d'infrastructures et de développement local :

 

  • le financement de la route Tahoua-Arlit à hauteur de 90 millions d’euros (environ 60 milliards FCFA);

  • la construction d'un immeuble d'une valeur de 10 millions d'euros (6,5 millards CFA) pour abriter les sociétés minières et dont le Niger sera propriétaire;

  • l'accélération de la mise en valeur de la vallée de l’Irhazer pour 17 millions d’euros (11 milliards FCFA). »

 

François « Toto » Hollande est allé, au mois de juillet, se gargariser de ces accords. Une visite bien tranquille : en effet, la plupart des animateurs de la société civile nigérienne, et en particulier ceux qui critiquent le business de l'uranium par lequel la France nucléaire pille littéralement le Niger, ont été arrêtés dans le cadre d'une véritable rafle ! Lien

 

Arlit, ça ne vous dit rien ? Mais si voyons. Une prise d'otage au cours de laquelle des expatriés français ont été enlevés dans cette ville minière d'Areva. Ils ont été libérés après paiement d'une rançon estimée à 20 millions d'euros ! Sortis des poches d'Areva, donc de nos poches, puisque l’État français est actionnaire à 80%. Eh bien à Arlit, la population locale a hérité de 50 millions de tonnes de résidus radioactifs stockés et Areva continue de pomper gratuitement 20 millions de mètres cubes d'eau par an pendant que la population meurent de soif ! Les rues, les habitations de la ville sont construits à l'aide de résidus radioactifs, la nappe phréatique est archi-contaminée et s'assèche suite aux pompages d'Areva. Qui, évidemment, la main sur le cœur, nie tout cela. Est-ce qu'on lui a raconté ces petits détails cocasses à Toto ?

 

Mais patatras, suite à des manifs rugueuses, ce beau schéma d'exploitation est remis en cause ! Lien  « Décidément, ils ne sont pas reconnaissants ces noirs, mon bon monsieur... »

 

Derrière les troubles dans lesquels l'armée française est engagée au Sahel, n'y aurait-il pas, entre autres, l'exploitation néo-coloniale des ressources du Niger ?

 

Sextidi 16 fructidor 222

 

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30/08/2014

Ouiquinde érotique avec de foutus beaux oiseaux !

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Mysticis umbraculis

 

Elle dormait: son doigt tremblait, sans améthyste

Et nu, sous sa chemise, après un soupir triste

Il s'arrêta, levant au nombril la batiste.

 

Et son ventre sembla de la neige où serait,

Cependant qu'un rayon redore la forêt,

Tombé le nid moussu d'un gai chardonneret.

 

Stéphane Mallarmé

 

* * * * * * *

Sonnet pour une jeune dame


Le Pigeon fout la Colombelle,

Le coq fout la poule souvent,

Et le moyneau, moins continent,

Fout et refout la passerelle.

 

Ceste mignarde Tourterelle

Á foutre a du contentement,

Le cheval saute la Jument,

Le taureau la Génisse appelle.

 

Il n'est animal montagnard,

Tygre, Grifon, ny Leopard,

Lyon, ne Dragon, qui ne foute.

 

Pourquoy avons nous des Couillons,

Sinon pour foutre, compagnons,

Suyvans de nos Pères la route ?

 

Pierre Motin

 

* * * * *

 

Du pucelage

 

Philis, me voyant désolé,

M'avoit promis son pucelage,

Mais l'oiseau s'était envolé,

Je n'ai plus trouvé que la cage.

 

Sans mentir, aimable Isabeau,

Il faut que vostre pucelage,

Soit un fier et farouche oiseau;

L'on n'ose approcher de sa cage.

 

C'est-à-dire, en autre langage,

Aimable et charmante Nanon,

Que si vous n'estiez pas si sage

On pouroit vous prendre le con.

 

Gardez-le bien, ce pucelage,

Puisque c'est un si bel oiseau,

Mais pour le moins, jeune Isabeau,

Laissez-moi toucher à sa cage.

 

Le cas me paraît impossible,

Sans choquer la droite raison,

Ton con sent, belle Louison,

Et pourtant il est insensible.

 

Levons ta jupe, Louison,

- Arestez-vous, estes-vous sage?

Monsieur vous perdez la raison...

- Et roi tu perds ton pucelage.

 

- Á quel jeu, belle Janeton,

As-tu perdu ton pucelage?

- Au doux jeu du vit et du con.

- Mon Dieu! Le plaisant assemblage!

 

 

François de Maucroix

 

 

Tridi 13 fructidor 222

 

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