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17/05/2014

Ouiquinde érotique déhescannien avec Gabriel Seinac De Meilhan

Rapaces-amour_1024.jpg

 

La Foutro-manie (extraits)

 

(...)

 J'aime en amour le train de la canaille
Et point les tons des gens de qualité.
Lorsque je fous, il faut qu'un Con travaille,
Qu'il me féconde, et avec volupté,
Pompant les sucs de ma couille fertile,
Dans son allure, il fait leste et facile.
Car de passer ses jarrets et ses reins
Á dérouiller le Con d'une Robine,
Qui ne demande à Dieu tous les matins,
Que le bonheur de presser des engins,
Et cependant contrefait l'enfantine,
Quand on la fout à triple carillon,
C'est se plonger dans l'abîme d'un Con.
Vous la verriez défendre son téton,
Comme à quinze ans une jeune Pucelle,
Vous rebuter pour une bagatelle,
Pour un baiser, pour un mot polisson,
En minaudant, trancher de la cruelle.
Mais offrez-lui quelque gros saucisson,
Un Vit de bronze, elle aime ce lardon;
Elle vous va livrer sa citadelle.
Les deux battants pour vous seront ouverts,
Et vous pourrez sur la froide Aridelle,
Faire expirer vos caprices divers:
Á vrai dire, vous aurez à combattre
Tous les valets, qui la foutent par quatre,
Et qui depuis environ dix-neuf ans,
Tous les neuf mois lui flanquent des enfants.
(...)

 

Octidi 28 floréal 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

13/05/2014

Au bistro de la toile : blanchiment d’argent.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Oh Loulle, sers-moi un rouge. Dis-moi, tu connais Tharshema Brice ?

 

- ???!!! Kissa ?

 

- Tharshema Brice. C’est une coiffeuse étazunienne, mère de six enfants, qui a défrayé la chronique chez les yankees.

 

- Et qu’est-ce qu’elle a fait d’extraordinaire cette champouineuse ?

 

- Justement, elle a utilisé ses talents de champouineuse pour blanchir, littéralement, des dollars et en multiplier la valeur !

 

- Bof. Certain barbu célèbre, en d’autres temps, a bien multiplié les pains et les poissons… Et comme elle faisait la coiffeuse ?

 

- Ben voilà. Elle dégraissait d’abord soigneusement des billets verts de cinq dollars avec un puissant détergent. Puis, avec une brosse à dents, elle effaçait soigneusement les traces d’encre qui restaient. Après séchage et repassage, elle avait donc des billets vierges, mais faits avec ce papier très spécial et les filigranes qui caractérisent les billets de banque. Il ne lui restait plus qu’à réimprimer ces papiers avec une imprimante couleur pour les transformer en coupures de cinquante et cent dollars ! Pas compliqué : il suffit de scanner des billets de ces montants et de les imprimer.

 

- Pas kon la maman ! Mais enfin, ça ne pouvait tromper que des commerçants pas très regardants. Encore que… Il y avait le craquement caractéristique du papier dollar, le filigrane. Et comment elle s’est fait gauler ?

 

- Eh bien parce qu’un caissier un peu plus rigoureux s’est aperçu qu’il avait en filigrane le président Lincoln (monsieur 5 dollars) alors qu’il aurait dû avoir les présidents Ulysse Grant (monsieur 50 dollars) ou Benjamin Franklin (monsieur 100 dollars).

- Et elle en tiré beaucoup de ces faux fafs ?

 

- Pour 20.000 dollars. Et figure-toi qu’au tribunal, on a cité son complice !

 

- Qui c’était ? Son Jules ? Son banquier ?

 

- Monsieur Hewlet-Packars, fabricant des imprimantes qui ont permis cette pittoresque embrouille !

 

- C’est beau l’artisanat tout de même…

 

- Mais ce n’est rien à côté des vrais blanchisseurs de pognon.

 

- Les banquiers avant tout…

 

- Evidemment. Mais aussi l’immobilier (tu achètes 2 millions une villa mais tu déclares un seul million, tu donnes le reste en liquide puis, quelques mois après, tu revends le bien…à son vrai prix de 2 millions, et tu as « blanchi » un million d’argent de la drogue, de la prostitution, du trafic d’organe, du trafic d’armes, de l’extorsion de fonds, de la fraude fiscale). Tu peux aussi te mettre en cheville, au besoin avec une persuasion « musclée », avec des buralistes marchands de billets de ces konneries de jeux (tu rachètes en liquide au gagnant le billet en lui donnant même un peu plus que son gain, puis tu touches légalement la somme qui est ainsi blanchie). Ou encore tu achètes des commerces qui génèrent beaucoup de recettes brutes par des ventes au comptant (restaurants, bars, boîtes de nuit, hôtels, laveries automatiques, bureaux de change et compagnies de distributeurs automatiques). Puis tu doubles les recettes honnêtes avec de l’argent sale et le tour est joué. Tu peux encore aller dans un casino où tu achètes des jetons en échange d’argent comptant pour ensuite encaisser leurs jetons sous forme de chèque.

 

- A ouais… Notre champouineuse, c’est vraiment de l’artisanat je vois.

 

- Oh ! Il y a bien plus sophistiqué et sur des sommes colossales. Mais là ça demande la complicité des banques, de sociétés de transferts de fonds, de bureaux de change, de cabinets d’avocats d’affaires marrons, etc. On change de catégorie. On « cahuzaquise », on « amazonise », on « googlise », on « pinaulise »…

 

- Bon. Compris… Tè ! C’est ma tournée. Et régulièrement déclarée !

 

Quartidi 24 floréal 222

 

Merci à Chimulus

 

09/05/2014

Au bistro de la toile : le triomphe sournois des EMPOISONNEURS.

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- Oputinkon, Loulle ! Moi qui croyais me faire la vie belle en honorant la Lionne puis en faisant des rêves pantagruéliques dans les bras de Morphée, voilà que j'apprends que pendant ce temps, je me goinfre de gentilles molécules du genre trioxyde d’antimoine, diisocyanate de toluène, aminobiphényl-4, trans-pentyl-cyclohexyl-4, tétrachloréthanes, acétone, résine d’acrylique, polymère fluoré d’amiante, azotyle de benzène, nitrile benzoïque, béryllium et composants, tétrachlorure de carbone, chlorofluorocarbones, chloroforme, chrome et composants, cobalt et composants, essence de cône, cyanite, acétamide de méthyle, formamide de méthyle, épichlorohydrine, éthers de glycol, benzène d’halogène, naphtalènes d’halogène, halons, paradichlorobenzène, composés de chlorure d’ammonium liés, hexachlorobutadiène, indium, carbone de plomb, hydrocarboné de plomb, sulfate de plomb, méthylbenzène (toluène), molybdène, composés organostanniques, rhénium, rubidium, samarium, strontium, tellérium, thallium et composants, acétate de vinyle, etc.

 

- ...taing, Victor, t'a un drôle d'appétit toi. Comment tu bouffes toutes ces merdes ?

 

- Dans mon pieu, Loulle. Dans mon pajot, dans mon plumard, dans le champ de tir du bonheur et le dernier taxi pour le néant ! Ce tas de merde, c'est ce que contient mon beau matelas, sur mon sommier modulable, qui monte les pieds ou la tête si je veux. Le nec plus ultra de l'industrie plumardière ! Et ça coûte un bras tout ça ! Ces douceurs, on me les vend sans me le dire, bien sûr, et pour mon « bien » évidemment. Ces substances que contient mon plumard sont censées lutter contre les acariens, les odeurs, l'usure, les taches, les risques d'incendie et même les puces, les punaises et les fourmis !

 

- Ouarf ! Ils s'occupent bien de ta santé les marchands de puciers...

 

- Tu rigoles Loulle. Je viens d'apprendre que je dépense mon pognon pour respirer, inhaler et faire pénétrer dans toutes les cellules de ma viande ces saloperies. Ces petites bêtes sournoises passent dans mon raisiné pendant que je dors. Elles remuent leurs petites pattes velues et vont se fixer partout dans mes organes, bousculant au passage mes bonnes vieilles cellules, leur filant une telle rogne que certaines partent en couilles et déclenchent quelques beaux petits cancers qui vont se développer à la sournoise. Pire Loulle, ces sales petits bestiaux chimiques se faufilent dans les boyaux de ma tête, s'accrochent comme des morpions sur mes neurones et leur font perdre petit à petit les caractéristiques qui font de moi un être presque censé, imaginatif, qui s'efforce d'avoir du bon sens et de partager tout ça avec ses congénères. Il paraît qu'il ne faut pas chercher plus loin l'augmentation effrayante des cas d'Altzeimer, que l'on rencontre chez des êtres de plus en plus jeunes. Même chez des jeunes ados... Et je sais de quoi je parles.

 

- ...taing Victor, tu me files le tracsir.

 

- Et il n'y en a pas que dans les matelas de ces saloperies. Elles sont partout. Dans les vêtements, dans les fauteuils, dans les rideaux, dans les moquettes, dans les meubles en panneaux compressés, dans les chaussures, dans les bagnoles, dans les produits de ménage, etc. Partout ! Des perturbateurs endocriniens genre bisphénol, des hormones dans ce qu'on bouffe, des toxiques genre mercure, aluminium, formaldhéhydes dans les vaccins qu'on nous impose, des phtalates dans les jouets de nos lardons. Pas étonnant que depuis moins de trente ans, le nombre de spermatos que fabriques nos aliboffis aient été divisé par deux ! Tu brosses Bobonne, mais t'as les œufs clairs...

 

- Fatche ! L'avenir, ce sera un monde de peine-à-jouir gâteux avant l'âge alors ?

 

- Ma foi, ça résoudra les problèmes de surpopulation... Et ceux « d'en bas » qui resteront seront bien dociles, bien disposés à obéir et « consommer » toutes les merdes que leur imposeront « ceux d'en haut » qui, eux, ont les moyens et surtout l'information pour ne pas s'intoxiquer avec ces merdes.

 

- Comment en est-on arrivé là Victor ? Qui nous fabriqué ce monde merdique ?

 

- Ce monde n’est pas le nôtre, Loulle, mais celui que des groupes d’influence ont composé à notre insu, dans ses moindres détails, pour satisfaire leur avidité et leur cupidité. La France compte aujourd’hui 7.429 agences de lobbying, soit environ 30.000 lobbyistes. À Bruxelles, on en dénombre près de 20.000. Un marché qui connaît une expansion considérable depuis les années 1990. De tels chiffres donnent une idée de la fourmilière de professionnels de l’influence qui entourent les élus, les ministères français aussi bien que le Parlement européen et les commissions qui élaborent les directives européennes.

 

- Ça sent fortement la compromission Victor.

 

- Ça pue la compromission Loulle, mais aussi l'intimidation, la corruption, la séduction éhontée par le mensonge publicitaire. Les lobbies ont des moyens financiers énormes qui leur permettent de faire passer avant l'intérêt général des intérêts économiques particuliers. Par exemple le maintien sur le marché d'un produit reconnu toxique jusqu'à épuisement des stocks existants. Les cibles sont évidemment les politiques et les hauts fonctionnaires, mais aussi les milieux de la recherche, de la santé et même les consommateurs, à travers des campagnes de propagandes biaisés aptes à influencer les législateurs, les gouvernements, les institutions concernant traités et directives.

Un lobby défend donc avant tout des intérêts économiques particuliers. Son objectif peut être de maintenir ou de développer un marché, par exemple celui de produits mis en cause pour leur toxicité, ou tout simplement de renforcer une position face à des concurrents.

 

- Si je comprends bien Victor, les scandales alimentaires et sanitaires qui se succèdent – vache folle, cheval-bœuf, mais aussi amiante et sang contaminé – ne sont pas le fruit hasard mis d'une volonté délibérée de faire passer des calculs de rentabilité sordides avant la santé publique.

 

- Ben voilà. T'as tout compris Loulle.

 

- Et où t'as appris tout ça Victor.

 

- Oh ! Pas sur TF1, TF2 ou dans les canards-laquais, bien sûr. Mais en lisant ça :

 

Roger Lenglet,
24 heures sous influences. Comment on nous tue jour après jour
© François Bourin Éditeur, avril 2013
270 pages, 20 Euros
Isbn : 978-2-84941-377-7. Code sodis : 752 501.8 

 

ou là : http://www.alterinfo.net/search/24+heures+sous+influence/

 

Décadi 20 floréal 222

 

Illustration : merci à Chimulus

 

04/05/2014

Gauloiseries gastronomiques

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Quand le froid et le vent des saints seins de glace nous confinent en bonne compagnie. Mangeons, buvons, chantons et racontons fariboles et gauloiseries.
Voici quelques perles dues à Jean de Milan (fin XI° - début XII°) de L'École de Salerne - traduction en vers français par Charles Meaux-Saint-Marc.


Le meilleur vin

Le vin dans les humeurs verse son influence :
Est-il noir? Dans le sang il répand l'indolence.
J'estime un vin mûri dont la chaude liqueur
Fait sauter le bouchon et ravit le buveur;
Quand sa vertu dénote une illustre vieillesse,
De ses dons généreux usons avec sagesse.
Je cherche dans un vin le brillant, la couleur,
J'y cherche plus encor le bouquet, la chaleur ;
Je veux qu'il ait du corps, une teinte écarlate,
Que pétillant, mousseux, en écume il éclate.
À l'écume le vin se jugera d'abord:
Bon, elle reste au centre, et, mauvais, court au bord.


Effets du bon vin.

Le bon vin au vieillard rend vigueur de jeunesse;
Au jeune homme un vin plat prête un air de vieillesse.
Le vin pur réjouit le cerveau contristé,
Et verse à l'estomac un ferment de gaieté.
Il chasse les vapeurs et les met en déroute,
Des viscères trop pleins il dégage la route,
De l'oreille plus fine aiguise les ressorts,
Donne à l'œil plus d'éclat, plus d'embonpoint au corps,
De l'homme plus robuste allonge l'existence,
Et de l'esprit dormant réveille la puissance.
De ta table aie bien soin d'exclure
Le pain encore chaud et le pain qui moisit,
Le dur biscuit, les pâtes en friture.
Que ton pain soit d'un bon grain, bien cuit,
Plein d’yeux et peu salé, ce pain fait un bon chyle.


Bière

La bière qui me plaît n'a point un goût acide;
Sa liqueur offre à l'œil une clarté limpide.
Faite de grains bien mûrs, meilleure en vieillissant,
Elle ne charge point l'estomac faiblissant.
Elle épaissit l'humeur, dans les veines serpente
En longs ruisseaux de sang, nourrit la chair, augmente
La force et l'embonpoint; l'urine accroît son cours;
Et du ventre amolli se gonflent les contours.


L'eau comme boisson

L'eau, fatale boisson, nuisible en un repas,
Refroidit l'estomac qui ne digère pas:
Bois-en, soit, mais très peu, si la soif te talonne;
Assez, pas trop: ainsi la sagesse l'ordonne.
D'une eau trop abondante en l'estomac noyé,
Ne va pas submerger l'aliment délayé.
Pour éteindre le feu de ta soif dévorante,
Ne bois pas à longs traits une eau froide et courante,
D'un peu d'eau fraîche humecte un gosier irrité.
Au tempérament buveur, inspirant la gaieté,
Dissolvant et cuisant tous mets, l'eau pluviale
Propice à la santé, ne craint pas la rivale.
La source, à l'est coulant, se boit avec plaisir;
Descend-elle du midi? réprime ton désir.


Des excréments, des vents et de l’urine.

Pissez six fois par jour, et dans le même temps
Rendez deux ou trois fois les plus gros excréments.
De péter en pissant ne faites pas mystère,
C'est un ancien usage, aux reins fort salutaire ;
Pratiquez-le sans honte, ou bien dans l'intestin,
Reste un gaz malfaisant rapporté du festin.
En grande pompe un roi traverse-t-il la ville?
Occupé de pisser, demeurez immobile.
Ta main, pressant ton ventre empêchera souvent
Qu'il ne s'y loge à l'aise et n'y séjourne un vent;
Aux replis d'intestin sa nuisible présence
D'un mal long et secret peut hâter la naissance.


Contre l'excès de boisson

Si pour avoir trop bu la nuit,
Vers le matin il t'en cuit,
Dès le matin, reprends la bouteille:
Le remède fera merveille.

 

Quintidi 15 Floréal 222.

Illustration: Poussin

03/05/2014

Ouiquinde érotique avec un fier jouisseur : Raoul Ponchon

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À Philis


Ah ! ton corps est un jardin impérial.
Toutes les fleurs s'y donnent rendez-vous,
Les roses qu'on rêve et les œillets fous,
C'est Floréal, Germinal, Prairial.


Dans ce jardin d'amour tout embaumé
Et plein du gai tumulte du Printemps
Il est des nids perdus et palpitants
Pour les baisers ces beaux oiseaux de Mai.


Sur tes seins blancs voici les lys éclore,
J'entends tinter des muguets dans ta bouche
Et dans tes yeux où le faste se couche
S'épanouit une lointaine flore.


Et de tes pieds aux doigts de sucre rose
A tes cheveux qui passent l'hyperbole
Se mariant à mainte fleur mi-close
L'on voit grimper la grâce, vigne folle.

 

 

*********

 

Emilienne

Toi qui me montres tes deux cuisses,
Souffre que je te montre aussi les miennes
C'est le moins que faire je puisse
Car j'en ai trois,
Vu qu'il m'en pousse une troisième
Sitôt que je te vois,
Beauté que j'aime.

 

Raoul Ponchon

 

 

Quartidi 14 floréal 222

Illustration : Ce sacré Raoul en bonne compagnie

par Adolphe Léon Willette

 

 

 

02/05/2014

Fable ou histoire ?

creatures chimères.jpg

 

 

Un jour, maigre et sentant un royal appétit,

Un singe d'une peau de tigre se vêtit.

Le tigre avait été méchant, lui, fut atroce.

Il avait endossé le droit d'être féroce.

Il se mit à grincer des dents, criant : « Je suis

Le vainqueur des halliers, le roi sombre des nuits ! »

Il s'embusqua, brigand des bois, dans les épines ;

Il entassa l'horreur, le meurtre, les rapines,

Egorgea les passants, dévasta la forêt,

Fit tout ce qu'avait fait la peau qui le couvrait.

Il vivait dans un antre, entouré de carnage.

Chacun, voyant la peau, croyait au personnage.

Il s'écriait, poussant d'affreux rugissements :

Regardez, ma caverne est pleine d'ossements ;

Devant moi tout recule et frémit, tout émigre,

Tout tremble ; admirez-moi, voyez, je suis un tigre !

Les bêtes l'admiraient, et fuyaient à grands pas.

Un belluaire vint, le saisit dans ses bras,

Déchira cette peau comme on déchire un linge,

Mit à nu ce vainqueur, et dit : « Tu n'es qu'un singe ! »

 

Victor Hugo

 

Tridi 13 floréal 222

 

Photo X – Droits réservés

 

01/05/2014

Hourra ! Nous sommes les rois des ponts !

hamac.jpg

 

Nous sommes incontestablement les rois des ponts ! Le mois de mai reste le domaine de prédilections des pontonniers hexagonaux. La fête des travailleurs du 1er, la victoire du 8, puis les fêtes des curés : Ascension puis Pentecôtes. A ces jours fériés s’ajoutent les fameux ponts.

 

Un pont, en France, ce n’est pas – d’abord – un ouvrage d’art destiné à franchir un obstacle naturel, fleuve ou talweg, c’est surtout une manière astucieuse de sauter d’un jour de congé habituel (samedi et dimanche) à un jour de congé aléatoire. Le « pont » consiste donc à s’octroyer un, voire deux jours de congés supplémentaires pour passer d’un de ces jours de congés classiques à un des jours de congés aléatoires.

 

Du point de vue des salariés, c’est une bonne chose que ces ponts. Une manière de récupérer un peu, de casser les cadences infernales, de se retrouver en famille, d’avoir une vie autre que celle de son emploi.

 

Du point de vue des entreprises, c’est une autre histoire. Production amputée, commercialisation freinée, trésorerie mise à mal. Ayant été des deux côtés de la barrière, j’apprécie le bonheur offert de quelques jours supplémentaires de glandage épicurien ; mais je me souviens de l’angoisse qui était la mienne lorsqu’arrivait ce joli mois de mai… Personne pour faire le boulot, des clients qui renvoient la signature de contrats au mois suivant ou…après les vacances d’été. Bonjour la trésorerie !

 

Allez, ça fait tout de même les choux gras du secteur du tourisme. Pour ceux qui ont un boulot et donc un peu de thunes superflues à dépenser…

 

Les marchands de vacances peuvent alors chanter :

 

« Vive les pontonniers madame,

Vive les pontonniers

Sans eux on s’rait dans la panade

Vive les pontonniers ! »

 

 

viaduc de millau.jpg

 

Duodi 12 Florial 222

 

 

Illustrations X – Droits réservés

 

 

Et puis tè! Cadeau:

 

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&am...

 

 

30/04/2014

Au bistro de la toile : la cuisine à molécule, comment veux-tu, comment veux-tu que je…

chimulus bistro copie.jpg

 

- Putain, on a eu chaud Loulle ! Le coup est passé près cette fois…

- Le coup de quoi Victor. Tiens prend plutôt ce coup de rouge.

- Merci. Tè ! Ça remonte. Et au moins ça ne donne pas la chiasse ! Pas comme les jus de pipeline que servent à leurs clients aussi snobinards que friqués les restos « primés » par un obscur magazine de la « gastronomie anglaise ».

- Ouarf, Victor, « gastronomie anglaise », t’as pas peur des mots toi ! Voilà un superbe oxymore !

- C’est vrai. Pourtant c’est ce drôle de canard boiteux, né au pays du gigot bouilli à la sauce menthe et du pudding élaboré à la bétonnière, qui organise chaque année un « concours du meilleur restaurant du monde ». Ceci avec la complicité et le pognon de son « sponsor » : la multinationale de la mal-bouffe Nestlé ! Et les bons kons snobinards de la presse-purée française de colporter sans recul ce « palmarès » où le premier établissement français ne pointe qu’à la…onzième place ! Voilà pourquoi je dis que le coup est passé près ! L’honneur est sauf Loulle : aucun restaurant digne de ce nom ayant pignon sur rue en France ne figure dans le « top ten » comme ils disent. Le premier qui apparait est une gargote de Menton, donc limite frontière, et tenue par un chef argentin…

- Ce palmarès est en quelque sorte le Rantanplan de la gastronomie : il désigne les établissements où un gastronome ne mettra JAMAIS les pieds !

- Exactement Loulle. Il ne faut pas y mettre les pieds non seulement pour ne pas se gâcher les papilles mais simplement pour éviter d’aller direct de la table aux urgences de l’hosto !

- Oh ! A ce point ?

- Tiens, le Noma – c’est le nom d’une maintenant célèbre gargote danoise remportant ce terrible prix de la malbouffe pour la deuxième fois consécutive – a envoyé, en février 2013, 63 de ses clients à l’hosto avec une chiasse carabinée ! Son « chef », un dénommé Redzepi mérite bien son surnom de Microlax de la cuisine : petit, blanc et qui fait chier tout le monde ! Note que donner la chiasse à ses clients est un critère indispensable pour remporter ce grand prix des mange-merde. D’autres promus, comme le chef catalan du restaurant El Bulli, Ferran Adria, et l’anglais Heston Bluementhal, chef du Fat Duck à Bray-on-Thames, près de Londres, offrirent eux aussi à leur clients-cobayes les joies de l’intoxication alimentaire. Installé à Rosas, au nord de Barcelone, le premier vit souvent sa clientèle se plaindre de maux de ventre et de dégueulis nocturnes avant d’être hospitalisés. A l’hosto où ils étaient traités, il y avait même le « secteur El Bulli » !  Ferran Adria a fermé ses portes en 2011 pour une « période de réflexion ». Bien pire fut le cas de l’anglais Heston Bluementhal, contraint de fermer ses portes en 2009 suite à l’hospitalisation de…527 clients !

- …taing ! Victor. Quand tu sors de là, si t’as envie de pisser, meffi de pas faire des trous dans tes godasses !

- L’essentiel du palmarès de ce « concours » récompense des gargotes qui se font les champions et les chantres de la cuisine dite « moléculaire », c’est-à-dire chimique. Ces gens-là pratiquent avec une grande maestria la promotion du dégueuli moléculaire. Ils ne travaillent pas du bar de ligne, de l’entrecôte de l’Aubrac, du foie gras des Landes, des aubergines de Provence, de l’agneau de prés salés. Non ! Ils donnent le meilleur de leur art en assemblant avec subtilité des  alginates, des carraghénanes, du nitrite de potassium, de l’acide hydrochlorique, du propio­nate de calcium, de l’acide cyclamique, du ferro­-cyanure de sodium, du méthylcellulose, etc.

- On touche là le nec plus ultra de la malbouffe triomphante Victor : cette mode pour bobos fort thunés de la « cuisine moléculaire ». Celle que portent en triomphe ces « guides » prétentieux et corrompus à travers les étoiles attribuées à ces chimistes. La cuisine moléculaire, c’est 12 grammes de poisson, 400 grammes de gélifiants industriels genre E 322, E 331, E 400, E 406, E 407, E 415, E 418, E 461 et les autres "E" en "kit dégustation" aux particuliers. Quel progrès! Quels artistes! Le juste prix pour ces merdes ne devrait pas dépasser celui du sac poubelle qui a vocation à être leur dernier costume. Fort heureusement la France reste à l’abri de ces horreurs. Mais pour combien de temps…

- En fait, les konnards qui vont bouffer ces estrons et les « critiques » qui les encensent servent à légitimer une vaste offensive des industriels de la malbouffe à travers un programme appelé « Inicon », financé par l’Union européenne. Ce programme a vu le jour à Bremerhaven, dans les éprouvettes du chimiste TTZ – Technologie-Transfer-Zentrum. Son but : comment remplacer les produits agricoles par des produits de synthèse élaborés en usine, de sorte que les industriels récupèrent les fantastiques profits du fabuleux marché de la bouffe. Ce genre de « concours » est là pour habituer la clientèle à ingurgiter de la merde en l’entourant du papier doré du snobisme. Mais si les amateurs de ses expériences ne s'en rendent pas compte, il faut qu'ils sachent que cette manière de cuisiner aura pour conséquence de faire disparaitre les légumes rares, les élevages de race peu courant (l'utilité du cochon noir des Landes dans une salaison moléculaire ?), bref, prépare la cuisine de demain : mondialisée, sans attache, sans rapport avec une culture, un terroir, des savoir faire... Bref c’est du Mac-Do de « luxe », de la bouffe Monsanto…

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Primidi 11 floréal 222

Merci à Chimulus

28/04/2014

Au bistro de la toile : « Et deux saints pour le prix d'un ! On solde au Vatican ! »

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Oh ! Victor, alors, je te sers un canon, comme d'hab ?

 

- Pas un, Loulle, deux ! En ce moment on canonise par deux.

 

- C'est vrai Victor. Les saints, c'est comme les seins, les couillons et les gendarmes, ça marche par deux ! ...taing ! C'est une affaire qui tourne la « Vatican Company Illumited ». 800.000 pèlerins qui sont venus à Rome où ils ont laissé quelques thunes, bénies bien sûr, dans les fouilles des banquiers de la « Vatican Holy Washing Machine », la machine à laver les thunes des mafias mondiales...

 

- On touche là du doigt la puissance de manipulation de ces sectes, car qu'est-ce qu'une religion sinon une secte qui a réussi. Pour une bonne manip des foules, il faut leur donner du rêve, de la promesse bien sûr intenable, de la pompe, des ors, du clinquant mais aussi de la crainte. Non mais tu les as vu les drag-queens du Vatican, avec leur robes froufroutantes et leur galurins en forme de cercueil vertical sur la tronche ? Rien de meilleur que les époques troublées pour faire son gras sur la crédulité des foules. La « foi », c'est-à-dire le contraire de la raison, s'engraisse sur le désarroi comme la mouche à merde sur un estron. Ces névroses collectives que sont les religions sont passées championnes en la matière. Les « croyants » bêlants de la place Saint-Pierre sont le pendant des « croyants » bêlant de La Mecque. Le besoin de croire, c’est-à-dire de ne pas penser, est tellement impérieux qu’on est prêt à croire n’importe quoi, pourvu qu’on croie. Ne pas penser, surtout ne pas penser ! De la pensée naît l’inquiétude, et l’inquiétude n’est pas confortable. Qu'ils croient en leurs histoires infantiles, pourquoi pas si ça les rassure devant le destin incontournable de tout vivant : la mort. Je les respecte. Mais ce que je ne supporte pas Loulle, c'est qu'ils veuillent me « sauver » malgré moi !

 

- Tout de même Victor, le cahier des charges de la canonisation implique pour l'impétrant la réussite d'au moins deux miracles reconnus !

 

- Rien que des miracles petit bras, Loulle, des petits miraclets d'entrée de gamme, c'est pas de l'AOC grand cru comme miracle la « guérison » d'une bonne sœur. Ça fait un peu magouille : elle est de la maison. Non Loulle. Moi, je crois que je réviserais mes opinions sur la « foi » si je voyais, à l'heure de grande écoute, avec de bon gros plans bien explicites, en direct au JT du soir par exemple, repousser le moignon de la jambe arrachée d'un motard salement accidenté, avec les viandes qui se reforment en boursouflant, la peau que se referme et se tend, bien neuve, bien lisse comme le cul d'une jeune fille, le type qui regarde incrédule une nouvelle jambe toute neuve repousser à côté de l'autre, broyée, sanguinolente, déjà attaquée par les mouches. Ça, ça aurait de la gueule Loulle ! De quoi faire réfléchir même un vieux mécréant comme moi Loulle. Mais ce n'est pas le cas, et ça ne le sera jamais...

 

- Ouais Victor, mais il y a l'abbé Pierre, mère Thérésa. C'est des bons ceux-là...

 

- Bien sûr Loulle. Mais ce sont de superbes alibis. Ces gens qui vouent leur vie à soulager les maux de leurs concitoyens, ou conciterriens plutôt, sont admirables sans réserve et je suis le premier à leur tirer mon chapeau. Mais je trouve inutile d'assortir ce dévouement à des dogmes infantiles. J’ai en horreur les fables, les censures, les mensonges, les fabrications de faux, les lavages de cerveaux, les inquisitions et les excommunications. Et je n’ai rien à foutre d’un dieu qui nous menace des feux de l’enfer tout en disant nous aimer !

 

- Bien dit Victor. Allez canonisons-nous. Au Châteauneuf...du pape, bien sûr !

 

Nonidi 9 floréal 222

 

Illustration : merci à Chimulus

 

27/04/2014

Gastronomie érotique ecclésiastique

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Lucie

 

Je retrouvais Lucie avec grande émotion

Lorsqu’elle s’échappait de sa triste pension

Nous prenions rendez-vous, souvent, dans une église

Communiant corps et âme dans son ombre propice

 

Nous nous sommes aimés serrés sur un prie-dieu

Et, comblé de bonheur, j’ai cru entendre Dieu

Disant à Lucifer : “ Laisse-moi ces deux-là.

Un amour aussi beau, c’est un apostolat ”

 

Depuis ce jour l’encens envoûtant des chapelles

A pour moi la saveur troublante des dentelles.

Dois-je, pour ces pensées, faire mea-culpa ?

 

Quand vers l’un de ces temples se dirigent mes pas

Je pénètre en ces lieux dévolus au Messie,

Mais, pour l’amour de Dieu ou celui de Lucie ?

 

Pour Lucie : Les pieds de cochon comme chez Lucifer

 

- Ben mon cochon, Victor ! Ça alors, faut le faire !

Mais c’est bien innocent pour te valoir l’enfer.

Ces lieux sont dévolus parait-il à l’Amour,

Des dieux ou du prochain, c’est de l’amour toujours.

- D’autant plus que l’enfer, c’est dans le cœur des Hommes

Qu’il se loge et non pas dans les élans de mômes

Qui découvrent la vie et se sucent la poire,

Fusse dans les lieux saints qui cachent le ciboire.

- Tu parles d’or, Victor ! Vive la vie, bon sang,

Et trinquons sans tarder à ces jeux innocents,

Puis je vais te donner une étrange recette

Qui correspond, je crois, à ta belle amourette.

Bon marché, délicieux, très faciles à faire,

C’est les pieds de cochons « comme chez Lucifer ».

Tu prends chez ton boucher quatre pieds de pourceaux

Ou plus selon le nombre de tes commensaux,

Tu vas les faire cuire dans un bon court-bouillon

Parfumé au safran, ail, sel, poivre et oignon.

Cuis à tout petit feu pour deux tours de tocante

Afin de parfumer et d’attendrir la viande.

Pendant ce temps tu ne va pas rester inerte :

Il te faut préparer ta bonne sauce verte.

Tu piles au mortier persil, thym, vert de blette,

Oseille, basilic, estragon et sarriette,

Ail, poivre vert, cannelle et gingembre râpé,

Mouille au vinaigre fort mais garde assez épais.

Réserve et fais confire quelques oignons hachés

Dans de l’huile d’olive, sans laisser attacher,

Mets un peu de moutarde et le jus d’un citron,

Puis pense un peu à toi et débouche un litron.

Bois un canon ou deux et quand tu es à l’aise,

Au barbecue ou l’âtre, prépare de la braise.

Sors les pieds du bouillon, sèche-les, coupe-les

Puis sur ton gril ardent, il te faut les hâler,

Les faire bien dorer sans pourtant qu’ils ne grillent,

Leur odeur va déjà t’exciter les papilles !

Dans un plat de service, mets tes oignons en lit

Dispose par dessus tes pieds fort embellis,

Entoure l’appareil avec ta sauce verte.

Au moment de servir, d’un coup de pince experte

Tu places sur les pieds quelques charbons ardents,

Le gras des pieds grésille et fûmèle en fondant.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour les pieds: - 6 pieds de cochons flambés et lavés, - safran, - sel, - poivre, - 2 oignons piqués de 2 clous de girofle, - eau.

Pour la sauce verte: - 1 bouquet de persil plat, - le vert de 6 feuilles de blette (sans les côtes), - 2 cuillerées à soupe de thym, - 6 feuilles d'oseille (ou plus si les feuilles sont petites), - 3 branches de sarriette (supprimer les parties ligneuses), - 1 bouquet de basilic frais, - 1 bouquet d'estragon frais, - 6 gousses d'ail, - 1 cuillerée à soupe de grains de poivre vert, - 1 cuillerée à soupe bombée de gingembre frais râpé, - cannelle, - 1 verre de bon vinaigre, - huile d'olive, - moutarde, - 2 citrons, - sel, - poivre du moulin.

 

Les vins conseillés:

Les pieds de cochon acceptent des vins éclectiques. Essayez donc de les déguster avec des blancs, avec des Viognier par exemple: Condrieu, Saint-Gervais, Uchaux, en vallée du Rhône.

La Clape, Clairette de Ceyras, Adissan, Saint-André-de-San­gonis en Languedoc. Cassis, Palette, Bellet en Provence.

Appréciez-les avec des vins primeurs ou très jeunes, des vins de soif: Tulette, Travaillan, Chusclan, Roquemaure en vallée du Rhône. Saint Guiraud, Arboras, Castelnau-le-Lez en vins du Languedoc. Barjols, Nans-les-Pins, Carcès, Le Castellet, La Croix-Valmer en vins de Provence.

 

Octidi 8 floréal 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

21/04/2014

Pâques ? Dieu ? Mangeons plutôt le gigot et trinquons à la vie ! Hic et nun…

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C’est le grand raout pascal. Si ça apporte quelques réconforts, quelques espoirs à certains, pourquoi pas. Respectons. Mais pour moi, et pour beaucoup, beaucoup de monde, les religions, toutes les religions ne sont que des névroses collectives pourvoyeuses de carnages. Névroses qui, au lieu de « relier », excluent l’autre, celui qui n’a pas la « foi » en une divinité inventée au gré des cultures et souvent imposée sous les bottes des soudards missionnaires.

 

Camus, dans « L’homme révolté », dit que la liberté implique d’abord de « tuer dieu ». Au fait, c’est quoi, c’est qui dieu ?

 

L’idée d’un dieu personnifié, « à l’image de l’homme » - puisque créé par lui pour faire face à l’angoisse de sa finitude qu’implique la conscience chez ce singe sans poils qu’est l’homme – est naïve, puérile. Et toutes les histoires racontées par les religions, qu’elles soient « du livre » ou autres ne sont que des récits mythiques, du niveau des histoires à faire peur que l’on raconte aux enfants.

 

Parce qu’il s’agit d’un concept anthropomorphiste inventé par l’humain pour tenter d’influencer son destin et lui offrir une consolation dans les moments difficiles de son existence, et particulièrement face à la conscience qu’a pris ce singe de sa mort inéluctable. Comme nous ne pouvons influer sur la nature, nous avons inventé cette idée qu’elle était organisée, gérée par un dieu « bienveillant » ou terrible, qui nous écoute, entend nos « prières », nous guide puis nous juge et éventuellement nous condamne et nous damne.

 

C’est réconfortant d’avoir ainsi un « livre » - thora, bible, coran, upanishad, etc. – qui donne la réponse, la manière de se comporter face à tous les aléas de l’existence. Le mode d’emploi. Mais ce n’est que de la paresse intellectuelle.

 

Nous créons cette illusion puérile que si nous le prions beaucoup, ce superman influera sur la nature et satisfera nos désirs.

Infantilisme.

 

Et si malgré nos prières ça ne le fait pas, comme nous ne comprenons pas qu’un dieu si bienveillant ait pu permettre des saloperies innommables, comme la Shoa par exemple, nous nous mentons encore en disant que cela doit obéir à quelques desseins mystérieux, nous courbons la tête et nous acceptons.

Lâcheté.

 

Comment peut-on penser que « dieu » ( ??!!) s’intéresse à nous ? Nous ne sommes que l’une des millions d’espèces qui occupent l’une des planètes d’une étoile secondaire d’une galaxie moyenne qui n’est elle-même qu’une des millions de milliards de galaxies qui existent dans le cosmos ! Comment peut-on avoir l’orgueil stupide de croire qu’un dieu se donnerait la peine, dans cette immensité inimaginable, de s’intéresser à chacun de nous ? Et s’il est à la fois bon et omnipotent comme le prétendent les textes dit « sacrés », comment peut-il permettre le mal ?

 

Ces deux concepts – bon et omnipotent – sont contradictoires : si « dieu » est bon, il ne peut pas être tout puissant puisqu’il n’arrive pas à éliminer le mal ; et s’il est tout puissant il ne peut être bon puisqu’il permet au mal d’exister. Chaque concept exclut l’autre.

 

Les textes du « livre » donnent l’image d’un dieu m’as-tu-vu, jaloux, vindicatif, qui inspire la crainte, qui exige une fidélité aveugle, qui exige qu’on l’adore ! Un dieu qui punit, torture, tue et se moque de sa pauvre créature.

 

Non mais qu’es-ce qu’un dieu capable de demander à Abraham de mentir, de tromper puis de tuer son propre fils, la chair de sa chair juste pour avoir la preuve que le vieux lui sera fidèle ? « Eh ! Abraham, déconne pas, c’était pour rigoler ! Ah !L’autre, il y a cru. T’es kon ou quoi ? Tiens, égorge plutôt ce mouton et allez faire un gueuleton ». Méchanceté intrinsèque, monumentale cruauté mentale. Et c’est là-dessus que sont fondées les trois religions « du livre », les pires des pires qui soient !!!

 

Preuve s’il en était besoin de la puérilité de ces religions. Car s’il est omniscient, le « dieu » en question sait parfaitement qu’Abraham lui sera fidèle. Alors pourquoi, s’il est « bon », ce test cruel ?

 

Donc ce dieu n’est pas bon. Est-il pour autant tout-puissant ? Pourquoi punit-il ses créatures pour des choses dont il est, en fin de compte, l’unique responsable ? Pour jouir de les torturer ? Qu’est-ce que ce dieu odieux ?

 

Il n’existe pas de dieu « tout puissant ». Einstein lui-même formulait par une parabole ce paradoxe : «  Si dieu est tout-puissant, il peut créer une pierre qui soit si lourde que lui-même ne peut la soulever. Mais alors s’il ne peut soulever cette pierre, il n’est pas tout-puissant ! Et s’il réussit à la soulever, il n’est pas non plus tout-puissant…puisqu’il n’a pas pu créer une pierre qu’il ne réussisse pas à soulever ! »

 

Tout est dit. Dieu est une invention de l’homme en quête de réconfort et une tentative d’explication pour ce qu’il ne comprend pas.

 

Il est impossible de prouver l’existence de dieu…comme il est impossible de prouver sa non existence. Match nul. 1 à 1, la balle au centre !

 

Le reste est du domaine non de l’intelligence et de la raison mais de la foi. Ecoutons à ce sujet le grand François Cavanna : « On a la religion ramassée au hasard de sa naissance. Pis : on a la religion imprimée par la botte à clou du soudard. Le besoin de croire, c’est-à-dire de ne pas penser, est tellement impérieux qu’on est prêt à croire n’importe quoi, pourvu qu’on croie. Ne pas penser, surtout ne pas penser ! De la pensée naît l’inquiétude, et l’inquiétude n’est pas confortable. »

 

Il dit encore : « La crédulité s'engraisse sur le désarroi comme la mouche verte sur la charogne »

 

Bien d’accord avec toi François ! Allez, trinquons à la vie ! Hic et nunc…

 

Zou ! Je vais préparer le gigot à l’ail !

 

VictorAyoli - Mécréant hédoniste

 

Duodi 2 floréal 222

 

 

19/04/2014

Ouiquinde érotique avec Beaudelaire et Verlaine

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Baudelaire - La Mort des amants...


Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et plus tard un Ange, entrouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

 

 

 

...et son pastiche par Verlaine - La mort des cochons

Nous reniflerons dans les pissotières,
Nous gougnotterons loin des lavabos,
Et nous lécherons les eaux ménagères
Au risque d’avoir des procès-verbaux.

Foulant à l’envi les pudeurs dernières,
Nous pomperons les vieillards les moins beaux,
Et fourrant nos nez au sein des derrières,
Nous humerons la candeur des bobos.

Un soir plein de foutre et de cosmétique,
Nous irons dans un lupanar antique
Tirer quelques coups longs et soucieux.

Et la maquerelle entrouvrant les portes
Viendra balayer - ange chassieux -
Les spermes éteints et les règles mortes.

 

 

 

verlaine tableau.jpg

 

Nonidi 29 germinal 222

 

Illustrations X – Droits réservés

 

18/04/2014

L’eau de Valls ne vous plait pas ? Vous préféreriez la purge Copé peut-être…

copé lacombe.jpg

 

 

Non mais écoutez-les s’étrangler les dépités de gauche. Ils fulminent, menacent, font semblant de s’étrangler de rage. Non mais vous vous rendez compte, qu’ils disent, Valls nous trahit. Il fait une politique de droite. Pourquoi, parce qu’ils se prétendent de gauche les dépités socialistes ? Eh ! Oh ! Faut pas pousser… Pourquoi, ils n’étaient pas au courant de l’état du pays ? Ils sont ignares, bons à rien ou faux-cul ? Ils attendaient quoi ?

Bon, alors qu’est-ce qu’ils vont faire, les pourfendeurs à la rose ? Ben, rien, bien sûr. RIEN ! Ils vont tapoter le clou qui les blesse dans leur godillot et ils vont voter comme un seul homme (femme) pour ce que propose Hollande (et donc Valls). Parce que la gamelle est trop bonne, et qu’ils savent très bien que s’ils ne votent pas, la solution c’est la dissolution, avec à la sortie plus de deux cents dépités lourdés. Et pour la France une calamité bien pire que Valls : l’arrivée de Copé à Matignon. Bonjour la perspective. 

Bon. On commence à savoir à quelle sauce on va se faire bouffer. Il va falloir encore sortir des thunes. Mais peut-il en être autrement sauf à avoir Mélenchon à Matignon et Tsipras à la Commission européenne ?

Moi aussi, j’ai parfois les aliboffis qui gonflent. Mais il faut tout de même ne pas perdre la mémoire et se souvenir encore et encore d’où nous venons, ce que nous ont laissé Sarko et sa clique. Et ce qui reviendra en pire avec Copé.

Pour se rafraîchir les idées, voici le remarquable travail d’un blogueur.

 

Allez-y, vous n’en reviendrez pas !

 

http://www.perdre-la-raison.com/2012/09/lheritage-le-vrai...

 

Nonidi 29 germinal 222

 

Illustration: merci à Lacombe

 

17/04/2014

Au bistro de la toile : l'apocalypse nucléaire pour l'Ukraine ?

chimulus bistro copie.jpg

 

 

 

- Oh ! Victor, je sais pas si tu touches la retraite, mais si c'est le cas, Valls va te raboter les miches !

 

- Bof. Demander un petit effort à tous les citoyens, est-ce grave docteur ? « De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins » disait l'Autre, le célèbre barbu. Qui-a-t-il d'anormal à demander une solidarité de tous les citoyens ? La justice passe aussi par là. Et s'il me faut ne pas toucher quelques euros de plus par an, ça ne me trouera pas le cul. Alors je casquerai ma part, comme tout le monde. Évidemment, ce qu'il faudrait faire, c'est renverser la table européenne, remettre la Bismarkel à sa place, imposer à la banque européenne de s'intéresser AUSSI et SURTOUT au développement des pays européens, ne PAS PAYER la dette, éventuellement sortir de l'Euro ou, mieux, conseiller fermement à l'Allemagne de sortir, elle, de l'euro, etc. Mais ça, il n'y a qu'un gouvernement de gauche très couillu qui pourrait le faire. Ce qui n'est pas le cas puisque c'est la droite avec un masque de gôche qui nous gouverne...

 

- Mouais... On n'y est pas encore. Après tout, nos problèmes sont de la pisse de chat par rapport à ce qui nous guette avec les bruits de bottes à nos portes, en Ukraine.

 

- Exactement Loulle. Les gesticulations tant des Russes que des fantoches de Kiev manipulés par la CIA avec la complicité de la Pologne, de la Suède et de l'Allemagne, prennent un tour de plus en plus dangereux.

 

- Pourquoi manipulés, Victor ? Les Ukrainiens en avaient ras les aliboffis de se faire exploiter par les « zoligarkes » et ils ont cassé la baraque.

 

- Exact, maisl'Ukraine regorge de richesses et a les terres les plus riches du monde. D'ailleurs les fonds prédateurs yankees, allemands, anglais et même français investissent à tour de bras, achetant des milliers d'hectares mais pas seulement. Ces dernières années des dizaines d'ONG, de fondations, d'instituts de recherche européens, américains et canadiens, ont envahi la vie politique ukrainienne, la vie culturelle et les médias. Toutes sortes d'organisations plus ou moins bidons qui sont autant de portes d'entrée pour les affairistes rapaces et les fauteurs de troubles de la CIA, qui a investi 5 milliards en dix ans pour armer, entraîner, exciter idéologiquement les nazillards locaux. Tout ce beau monde a acheté les principales chaînes de télévision et de radio du pays, tandis qu'une partie du pognon a servi aussi à financer les groupes paramilitaires que nous avons vu à l'action place Maïdan. Parce qu'à côté des révoltés sincères il y avait aussi d'authentiques fachos qui arborent sans complexe leur nostalgie nazie et qui, maintenant, forment la structure du « gouvernement » de Kiev.

 

- Liberté, liberté chérie-e, mon cul, quoi !

 

- Bien sûr. Enfumage que tout ça. Depuis la chute de l'URSS, les Zoccidentaux n'ont pas cessé d'humilier les Russes. Ils les encerclent, les isolent, les menacent par l'Otan. Les Russes ont un projet pour faire contrepoids à l'Union européenne. C'est ce qu'ils appellent « l'Union eurasienne » avec la Bielorussie, le Kazakstan et donc l'Ukraine. Sans l'Ukraine, ce projet est mort-né. Ce qui donne un nouvel éclairage au soutien de l'Europe et des Zétazunis à la révolte des Ukrainiens de l'ouest. L'intérêt des Zoccidentaux est évidemment de bloquer ce projet russe de façon à étendre son marché, avoir accès aux ressources et aux matières premières ukrainiennes, puis à terme – poussé en cela par les USA, l'intégration du pays dans la grosse larve Europe-marché et enfin dans l'Otan, machine de guerre des multinationales yankees.

 

- Et c'est pour ça que les crapules qui nous gouvernent risquent une confrontation avec l'ours russe ?

 

- Ben oui... En oubliant que Poutine a un côté mégalo barjo et qu'il n'hésitera pas à utiliser toutes ses armes s'il se sent sérieusement menacé, par des provocations de l'Otan par exemple. La menace de l'Otan, pour lui, à présent, est à 500 km de Moscou ! L'ours acculé est très, très dangereux.

 

- TOUTES ses armes... Putaing, ça file le tracsir Victor.

 

- Eh ouais. On omet de parler d'une évidence lorsqu'il s'agit de la situation en Ukraine : c'est que la Russie est la deuxième puissance nucléaire mondiale. Elle possède 5200 têtes nucléaires, les USA en ont 5400, la France 300, Israël 200, le Royaume-Uni 160, la Chine 130, l'Inde et le Pakistan 50 à 60 chacun, sans oublier la Corée du nord avec de 6 à 12 têtes. Lien Il y a là de quoi éradiquer la vie sur la terre entière. La puissance de destruction de plus d'un million d'Hiroshima. Si ça pétait Loulle, dans les premières minutes, on compterait 1,5 milliard – ouais, milliard – de morts sous l'effet des explosions, du souffle, de la chaleur, de la radioactivité, des tsunamis. Ceux-là seraient vernis d'être pulvérisés en un dixième de seconde. Les 6 milliards d'autres regretteraient de respirer encore. Irradiés, brûlés, choqués, malades, ils erreraient sur une terre que le soleil ne toucherait plus, atmosphère pourri étant saturé de poussières radioactives, de fumés des incendies, des milliards de tonnes de terre soulevés. Une chape de nuit. La température qui chute à moins 10, moins 15 degrés, les rivières, les fleuves, les lacs, et même la mer gèlent. Pas de lumière, pas de photosynthèse, donc plus de plantes. Les derniers animaux crèveraient et seraient bouffés, comme les hordes humaines poussées à l’entre-tuer pour les quelques boites de conserves des hypermarchés éventrés. Avant de l’entre-dévorer...

 

- ...taing ! T'es pas gai aujourd'hui Victor.

 

- Réaliste Loulle. Réaliste seulement. Au bout de quelques mois, d'un an peut-être, la poussière retomberait sur une monde d'apocalypse. Alors, la couche d'ozone ayant été détruite, les ultra-violets achèveraient les derniers animaux, et surtout ces animaux à deux pattes, pelés, prétentiards et capables de toutes les prouesses pour s'autodétruire. Resteraient tout de même quelques millions de cafards, de scorpions, d'araignées, de cloportes, de crabes poilus, de ginko, d'algues, de moisissures, etc. Après quelques millions d'années, peut-être qu'une chaine évoluerait vers la vie consciente. Avec, je l'espère, au sommet, quelque chose de moins kon que l'Homme...

 

- ...taing ! Allez, buvons un coup Victor. C'est peut-être le dernier...

 

- A la nôtre Loulle ! La konnerie humaine est vraiment la seule approche que l'on puisse avoir de l'infini...

 

 

Octidi 28 germinal 222

 

Illustration: merci à Chimulus

 

13/04/2014

Gastronomie dominicale : la bouillabaisse !

bouillabaisse web.jpg

 

 

 « Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains…

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

À l’époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galégeaient, sentaient l'ail.

Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

 

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes!

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j’ai mes petites !

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiala, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

Quelques grosses pincées de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum !

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ),1 saint-pierre (5 à 700 g), - 1 queue de baudroie (800 g), - 1 kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d’huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

(1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue e tfond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martégua!e : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l’italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais enforme de boudin à hase de farine de pois-chiche cl l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu’on suspend au dessus de la cheminée ou que l’on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

Quartidi 24 germinal 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

12/04/2014

Ouiquinde érotique autocoïtal

bitenpierre.jpg

 

Le Godemiché

 

Un libertin de qualité, 
Ministre à Versailles, cité 
Pour sa passion protectrice 
Des talents et de la beauté, 
Protégeait une jeune actrice
Chez elle, du matin au soir
(La nuit n'était pas son office),
Il avait pu surprendre et voir
Les mille secrets, l'artifice
De la toilette et du boudoir,
Du théâtre et de la coulisse :
Faux cheveux, faux teint, faux joyaux,
Beaux masques pour tous les défauts,
Postiches de tout nature,
De cet arsenal si complet,
Il avait fait, dans maint couplet,
La piquante nomenclature,
Quand il s'aperçut, à la fin,
Qu'il y manquait certain engin
Dont le solitaire exercice
Peut soulager mainte novice.
Donc il s'en vient un beau matin
Présenter à sa demoiselle
Un parapilla grand modèle,
Par Vaucanson même inventé
En lui disant : - Ma toute belle,
A l'image de la beauté
J'offre, pour orner sa chapelle,
L'image de la volupté.
Il croyait, par cet épigramme,
Interloquer la jeune femme,
Qui le prenant au sérieux,
Sur le charmant joujou s'élance,
En fait l'essai délicieux,
S'agite et se pâme à ses yeux...
Puis, enfin, rompant le silence,
S'écrie avec naïveté :
- Je rends grâce à votre Excellence ;
En effet, cette ressemblance
Vaut mieux que la réalité.
Qui fut penaud ? Mon gentilhomme.
S'en facha-t-il ? Oh ! que non pas.
Au contraire, et c'était le cas,
Il mit l'histoire en couplets, comme
Sait les faire Maurepas.

 

 

Barthélémy Imbert

 

Tridi 23 germinal 222

 

Photo X - Droits réservés

 

03/04/2014

Au bistro de la toile : Sapin, ça pue

chimulus bistro copie.jpg

 

- Alors Victor, c’est la « drimtim » au gouvernement ?

- Bof. On prend les mêmes et on continue la même politique de léchage de cul de l’ultralibéralisme.  Tiens, j’écoutais Sapin ce matin : il refuse un référendum sur les négociations transatlantique, méprisant ainsi le peuple, comme d’autres l’ont méprisé lors du référendum sur la constitution européenne. On lui parle de la dette et qu’est-ce qu’il répond ? « On doit redonner confiance aux « marchés » sinon ils ne nous prêteront plus d’argent. » Mais ce bougre d’âne ne répond pas à l’essentiel : ne plus avoir à emprunter sur les « marchés », c’est-à-dire auprès des fonds de pensions étazuniens. 

- Ouais, et comment ne pas emprunter auprès de ces maquereaux lorsqu’on dépense plus que ce qu’on gagne ?

- Le Sapin n’a jamais remis en cause la DETTE, cette grosse merde chiée par tous les gouvernements depuis que Pompidou, banquier employé de Rothchild, a imposé, en 1973 cette loi scélérate : l’Etat ne peut plus emprunter directement à la Banque de France, mais doit passer par l’intermédiaire des banques privées, qui elles se finançaient à par exemple 1% auprès de cette institution nationale puis refourguaient le pognon à l’Etat à 2, 3, 4% et plus si affinité. C’est cette loi pourrie qui a été reprise par l’Europe dans le traité de Maastricht, puis par le traité de Lisbonne, imposé par Sarko CONTRE la volonté affirmée des Français lors du référendum sur l’Europe. Sapin, Sarko, Merkel, Thatcher et les banksters, même combat ! Notre dette abyssale vient de là.

- Ben ouais, mais moi on m’a toujours dit qu’il faut bien le rembourser le pognon que l’on doit ?

 

- Encore faudrait-il savoir ce que représente cette dette. Ce qu’elle a de légitime et ce qu’elle recouvre de magouilles frauduleuses. Est illégitime et peut – et même doit - ne pas être remboursée la dette contracté par l’Etat parce qu’il a baissé les impôts des plus riches, leur permettant de s’engraisser  puis…de prêter à l’Etat le pognon dont il s’est lui-même privé. Il est de l’intérêt de ceux qui ont beaucoup de thunes d’avoir un Etat emprunteur. Ça leur permet de placer en toute sécurité le pognon qu’ils ont thésaurisé par le vol, l’exploitation, l’usure, car on ne devient jamais très riche en travaillant. Il ne lui vient pas à l’idée, à Sapin, de faire racheter les 60% de la dette française par les Français qui ont le bas de laine bien rempli, ce qui laisserait les 50 milliards d’intérêts payés chaque année dans l’économie nationale. Mais Sapin, comme Hollande, comme tous les gouvernants, de droite comme de gôôôche, sont des ultralibéraux soumis à la prédation des banksters. Ils tremblent devant les « agences de notation » au lieu de se mettre en situation de les envoyer chier. La soumission à Standard & Poor's et Moody's est une soumission à l'oligarchie américaine. Quant à l'oligarchie allemande, nouvelle venue dans le système de domination, elle s'habitue ces jours-ci à traiter les Français comme de simples vassaux, pour ne pas dire comme des merdes. Et ce n’est pas cette tronche d’œuf de Sapin qui va changer les choses. Les riches peuvent continuer à se gaver sur la soumission des Etats et peuples. Voilà ce que cache le discours alarmiste et moralisateur sur l'endettement abyssal, la faillite du pays et la nécessité de sauver le « triple A ». Derrière l'apparente logique libérale du système, l'État devient une machine à rançonner les populations au bénéfice des plus riches.

- Alors on ne rembourse plus ?

- Mais la France ne remboursera JAMAIS la dette de 1800 milliards - dont un tiers revient au seul Sarkozy - qu’on prétend lui imputer ! On ne remboursera jamais ce montant, mais les banksters s’en foutent, ce qui les intéressent, c’est le cas de la dire, ce sont les intérêts !

Et si le ci-devant président Hollande en avait qui servent à autres choses qu’à des galipettes à scooter, il ferait sienne cette évidence, en tirerait les conclusions et agirait en conséquence : suspension unilatérale immédiate du remboursement de la dette !

- Ce serait un véritable coup de tonnerre dans le landerneau des voyous de la finance ! Cris d’orfraie, menaces, dégradation de la « note ».

- Rien à foutre ! Et que crois-tu qu’il se passerait ? Les détenteurs des titres de cette dette sont à 60% des fonds de pension étazuniens ou britiches, des fonds spéculateurs planqués dans les paradis fiscaux et recyclant le fric dégueulasse des trafics d’armes, de drogues, d’êtres humains, d’organes, etc., des banques d’affaires véreuses, des fonds souverains rapaces du Golfe et de Chine. Que feraient donc ces « marchés » ? Ben, ils braderaient ces dettes - qui sont titrisées - jusqu’à 20% de leur valeur (nominal et intérêts compris). Et alors là, il suffirait de prendre ces « marchés » à leur propre jeu : le gouvernement français, par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts et des Caisses d’épargne, rachèterait ces titres de dettes à bas prix, réduisant des deux tiers cette dette. Un emprunt obligatoire à intérêt inflation + 0,5% auprès des 2,6 millions de millionnaires français jusqu’à apurement total de la dette remettrait le pays à flot. Les dizaines de milliards d’euros ainsi soustraient au service de la dette seraient utilisés à investir dans de grands travaux d’énergies nouvelles, de conquête de «nouvelles frontières » (la mer, le développement durable), d’augmentation raisonnée mais conséquente des salaires, de réindustrialisation du pays, etc.

- Montebourg aurait peut-être les aliboffis pour faire ça, mais François ou Sapin, aucune chance…

- Raison de plus pour recréer enfin un gauche efficace et unie avec un programme crédible capable de renverser la table et de redonner espoir et envie de se battre aux Français et, par contagion, aux Européens.

- On peut toujours rêver. Tè ! A la nôtre !

 

Quartidi 14 germinal 222

Merci à Chimulus

 

01/04/2014

Les Gougnafiers de la thune – Chanson subversive

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(se chante sur l'air des Chevaliers de la lune)

 

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Pour les prolos sans fortune

Un peu plus de désespoir

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Ça va pleurer sous la lune

Sortez les mouchoirs

 

Valls sera-t-il le Schröder de la France

C'est pour ça que le Président l'a mis

Bien que cassant et bouffi d'arrogance

C'était çuilà ou bien Pascal Lamy

Si au moins il nous sort de la panade

En relançant au mieux l'économie

Mais s'il se bâche et fait une cagade

Ça va barder pour lui

 

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Pour les prolos sans fortune

Un peu plus de désespoir

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Ça va pleurer sous la lune

Sortez les mouchoirs

 

Pour les patrons ce type est un bonheur

Pour les prolos c'est plus un cauchemar

N'a-t-il pas dit « merde » aux trente-cinq heures

Pas de repos pour les pauvres manards

Il va rouvrir le dossier gaz de schiste

Ça va forer et bonjour les dégâts

Mêmes espoirs pour tous les atomistes

Contre eux : Debout les gars !

 

 

 

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Pour les prolos sans fortune

Un peu plus de désespoir

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Ça va pleurer sous la lune

Sortez les mouchoirs

 

 

Victorayoli

 

Duodi 12 germinal 222

 

Illustration : merci à Glez

 

30/03/2014

Barbecue d'élections

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C’est à la campagne, avant d'aller voter un mec et sa meuf ramassent les haricots verts dans leur jardin. La dame est penchée en avant pour cueillir ces délicieuses légumineuses. Son mari, en arrière, ramassant la raie d’à coté, a une vue imprenable sur les appâts callipyges de l’élue de son cœur.

Emoustillé, il s’écrit :

- « Ouarf ! t’as le tafanari aussi large que le barbecue ! »

 

Pas tellement flattée par cette remarque qui se voulait pourtant élogieuse, les hommes aimant les formes opulentes, la femme ne dit pourtant rien.

 

La nuit venue, le couple se met au lit et l’homme, se rappelant ses fantasmes du matin, commence à se coller contre le dos de sa femme. Celle-ci le repousse gentiment mais fermement et lui dit :

 

- « Si tu crois que je vais faire chauffer le barbecue pour une si petite saucisse, tu te trompes !!! »

 

Décadi 10 germinal 222

 

Illustration X - Droits réservés

 

Zou, allons voter. Sans être dupes, mais c'est le seul jour où on peut - un peu - donner notre avis, pour six ans... Bien sûr que c'est aberrant. On en reparlera.

 

29/03/2014

Ouiquinde érotique parfumé àl'aïl

carmen de Pichard.jpg

 

Une fois par semaine, au pays du mistral

On mange l’aïoli, ce repas magistral.

Dans ma prime jeunesse, branloteur émérite,

J’ai vécu, envoûté, un bonheur insolite.

Carmencita Sanchez était la fille aînée

D’une famille ayant franchi les Pyrénées

Pour fuir les catastrophes d’une guerre civile.

Tous travaillaient aux champs du mas de la famille.

Carmencita, ce jour, préparait l’aïoli

Un « foudaoù » sur le ventre, un caraco joli

Laissant à nu sa gorge, ses bras et ses épaules.

Je m’étais proposé, moi, jeune branquignole

Pour l’aider à peler patates et carottes

En matant, de la belle, les chairs blanches et rondes.

Je sors pour emporter les épluches aux cochons

En rêvant à ses yeux, ses fesses et ses nichons.

Je reviens, tête en feu et la gaule en folie

Derrière la Carmen qui monte l’aïoli.

Assise, le mortier coincé entre ses cuisses,

Elle tourne l’aïoli d’un geste ample et lisse.

J’arrive doucement, par derrière la belle

Et glisse prestement mon dard sous son aisselle,

La chair tiède en sueur, les poils, le mouvement

Rythmé, les parfums d’ail font un coquetel dément,

Carmen crie en français, m’insulte en espagnol

Voudrait bien me pousser, me donner des torgnioles

Mais l’aïoli est sacré, s’arrêter, c’est tabou

Car sinon elle cague, le déshonneur au bout !

Ses cris deviennent rauques, feulement de féline

Son bras se fait complice, sa tête dodeline,

Je voudrais tant l’avoir, toute nue, dans un lit !

Puis mon plaisir jaillit, parfumant…l’aïoli !

 

VictorAyoli

 

Nonidi 9 germinal 222

 

Illustration: merci au grand Pichard