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24/11/2012

De l’Amour et du Vin

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Ovaires dose

 

Ça y est c'est le temps des vins nouveaux ! Période bénis des seuls dieux que je révère: Dionysos-Bacchus et Aphrodite-Vénus.

C'est le temps de gloire du Vigneron, ce paysan sacré dont la sueur féconde les entrailles de la terre, ce magicien qui, d'arides cailloux, tire le sang de dieu.


Que fit dieu pour guérir nos maux

Le vieux vin et les jeunes femmes!

 

Il créa pour notre bonheur

Le sexe et le jus de la treille

 

Aussi je veux en son honneur

Chanter le con et la bouteille

 

Dans l'Olympe séjour des dieux

On boit, on patine les fesses

 

Et le nectar délicieux

N'est que le foutre des déesses!

 

Si j'y vais jamais Apollon

Ne charmera plus mon oreille

 

De Vénus je saisis le con

De Bacchus arrach'la bouteille!

 

Dans les bassinets féminins

Quand on a brûlé des amorces

 

Quelques bouteilles de vieux vin

Au vit rendent toute sa force

 

Amis, plus on boit plus on jouit

Un buveur décharge à merveille,

 

Aussi le vin pour dire tout

C'est du foutre mis en bouteille

 

On ne peut pas toujours bander

Du vit le temps borne l'usage

 

On se fatigue à décharger

Mes amis on boit à tout âge!

 

Quant au vieillard aux froids couillons

Qu'ils utilisent mieux leurs vieilles!

 

Quand on n'peut plus boucher de cons

On débouche au moins des bouteilles!

 

Mais hélas depuis longtemps

Pour punir nos fautes maudites

 

Le Bon Dieu fit les cons trop grands

Et les bouteilles trop petites!

 

Grand Dieu fais, nous t'en supplions

Par quelque nouvelle merveille

 

Toujours trouver le fond du con

Jamais celui de la bouteille!

 

Ecrit par le grand poète  catalan Alonzo Bobinar

 

Quartidi 4 Frimaire 221

 

Photo X - Droits réservés 

 

22/11/2012

La droite la plus con du monde !

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On est les champions ! On est les champions !

Au nez ! Au nez ! On est les champions !

Ils le proclament à la ronde :

" Nous sommes la droite la plus con du monde ! 

Nous sommes tellement couillons

Que nous perdons toutes les élections

Les municipales,

Puis les régionales,

La présidentielle, mère des élections

Puis les législatives pour finir la ration

Voilà de belles preuves de notre connerie !

« De droite », c’est être con ! Eh ! Toi, pourquoi tu ris ?

Ah ! C’est vrai j’oubliais :

Le foutoir intégral de Fillon et Copé.

C’est vrai, là on fait fort

Plus cons que des butors.

On en arrive à perdre, en nous couvrant de boue

Une élection que l’on fait…entre nous !

On est les champions ! On est les champions !

Au nez ! Au nez ! On est les champions !

Nous, on peut tout promettre sans jamais rien tenir

Nous, on sait magouiller sans peur de se salir

Nous, on peut s’engraisser sur le dos des manards

Nous, devant les puissants, on baisse le bénard

Devant eux, s’il le faut, on sait se montrer veule

Leur rendre des services et fermer notre gueule

Nous, on peut trafiquer en restant populaire

Pressurer l’ouvrier plutôt que l’actionnaire

Nous, on peut sans vergogne renier nos paroles

Trimbaler à nos culs des tas de casseroles

Nous on peut sans déchoir, sans peur de s’avilir

Et la main sur le cœur dénoncer et trahir,

Enfiler nos semblables par tous les orifices

Pourvu que l’on y trouve de juteux bénéfices.

Champions du monde !

On est la droite la plus con du monde !

On est les champions ! On est les champions !

Au nez ! Au nez ! On est les champions ! "

 

VictorAyoli

 

 Duodi 2 Frimaire 221


Merci à Chimulus

 

09/11/2012

Au bistro de la toile : vous avez dit TVA ?

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- Oh ! Victor, qu’est-ce que je te sers ?

 

- Comme d’hab Loulle. Un côtes-du-rhône ballon.

 

- Profite il passe à travers la taxe, pas comme le demi de bière.

 

- Bof. Quand je boirais un demi, je penserai que je contribue à la meilleure marche des finances de la France !

 

- En voilà une démarche citoyenne qui t’honore Victor !

 

- Eh ! Il faut bien que nous aussi, Français « d’en bas » comme disait l’ineffable Raffarin on participe à « l’effort national ». D’autant plus aisément qu’en fait, pour nous, « Français d’en bas », les chambardements de la TVA vont correspondre à…une baisse !

 

- Eh ! Oh ! Qu’est-ce t’as fumé Victor ???

 

- Ben oui. Dans tous les canards laquais, toutes les machines à bruits, toutes les lucarnes à décerveler, les « zéconomistes distingués » s’étranglent sur la trahison de François, sur l’augmentation de la TVA et tutti quanti. Regardons de plus près : la TVA plein pot va augmenter de…0,4% ! Bof. Ce n’est pas tous les jours qu’on s’achète un nouveau costard, une nouvelle bagnole, etc. Par contre la TVA va BAISSER pour ce qu’on achète tous les jours : les fruits et légumes, le pain, la viande, les abonnements EDF ou GDF, bref, tout ce qui nous fait ouvrir le portefeuille chaque jour. Et la baisse sur ces produits, de -0,5%, est supérieure à la hausse du tarif « normal ». Donc on y gagne.

 

- Sauf pour le bâtiment et la restauration.

 

- Pour le bâtiment, je suis d’accord, il aurait fallu le baisser au taux de 5%. Mais pour la restauration, le taux passe à 10%, ce qui est stupide : il aurait fallu le repasser au taux normal, à 20%. Mais ne désespérons pas : «Ce qui est dans le pacte de compétitivité est décorrélé (c’est bien du jargon de technocrate !) de la concertation qui se poursuit et qui peut, dans l’absolu, aboutir à une remontée à taux plein», dit-on du côté des services de la ministre Sylvia Pinel, en charge du dossier. Autrement dit, la TVA dans la restauration pourrait très bien remonter au taux normal, à hauteur de 20% ! Ce que je souhaite mais j’aimerais une exception : passer à 5% pour les restaurateurs faisant de la vraie cuisine avec des produits locaux et saisonniers.

 

- De toute façon, les taux ne changeront qu’en 2014.

 

- N’oublions pas que Sarko, lui, avait fait voter une augmentation de 1,6% qui aurait pris effet maintenant s’il avait été réélu. Alors merci François de nous en avoir débarrassé !

 

- A la nôtre !


Septidi 17 Brumaire 221


Merci à Chimulus

06/11/2012

Blog vierge d'élections étazuniennes.

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Eh ! On attend les décisions de "Tranquilou" Eyrault sur les propositions de Gallois. Un patron de "gôôôche" il parait. Un patron " de gauche", c'est comme un banquier honnête ou un sarkozyste intelligent: un oxymore.


Quant aux remous autour du mariage gay, il y a une solution bien simple: supprimer le mariage !


Quintidi 15 Brumaire 221


Merci à Chimulus

05/11/2012

Au bistro de la toile : François au Laos !

Chiloum sépia.jpg

 

 

- Oh ! Victor, ici on ne parle pas des élections chez les Zétazuniens ! Nous sommes une exception culturelle en quelque sorte. Parlons plutôt de François qui voyage.

 

- Puteng ! Les mecs. François, il est au Laos ! Quel pied le Laos.

 

- Tu connais ?

 

- Un peu ouais ! C’était un haut lieu du Voyage à l’époque des grandes migrations hippies… Quand je suis arrivé avec mon baluchon à Vientiane, capitale du Laos, j’ai cherché un dénommé Max. On m'avait tellement parlé de lui et de sa piaule que j'ai trouvée sans chercher longtemps.

 

« Salut ! C’est toi Max ? que je fais au mec que je trouve dans la piaule en arrivant !

—  Non qu'y me répond, ch’uis le P’tit Marcel. Max, y l’est au marché...

Il est arrivé après le temps d'un joint, le pape des hippies d’Indo !

—  Je viens de la part d’Agnès, que je lui fais.

—  Bon. Tu sais où dormir ?

— Non, que j'y dis. Juste j’arrive.

— Alors tu peux t’installer là derrière. Y a un lit de camp, de l’eau, fait comme chez toi...

J'étais parti la veille au soir de Bangkok. Toute la nuit en stop avec ces gros camions Izuzu. Passage du Mékong le lendemain matin. C’est deux vieux coloniaux français qui m'ont indiqué le quartier à Max.

 

Difficile de pas repérer l'endroit faut dire !  Comme auvent à la porte d'entrée, la moitié arrière d'une vieille bagnole ricaine... Sur le côté, en façade, une autre moitié de bagnole, mais coupée dans le sens de la longueur. Le tout peint psychédélique, bien sûr. Au milieu de Dong Palane, ça faisait sérieux !  Parce que Dong Palane, ça avait beau être le Pigalle et le St Germain des Prés de Vientiane, c’était quand même de la terre battue, des piaules en planches et les poules et les cochons noirs qui traînent devant les boites et les bordels !

 

La porte à Max, elle était ouverte à tout le monde. Mais nom de Dieu faut connaître ! Plein de pièges... D'abord pour passer sous le pare-chocs de la bagnole, tu te baisses. Tu regardes en l'air quand tu pousses le rideau... et tu vois pas la marche !  Une vraie fosse aux cons !  Une coudée de profondeur... Tu es déséquilibré, tu baisses les yeux... et tu t’emplafonnes une poutre placée à hauteur de front !  Après quoi tu te casses la gueule en avant, tu ouvres avec ton nez une porte genre saloon et tu t’affales les bras en avant, dans une attitude très humble de prosternation, aux pieds du « Maître » qui te reçoit avec un grand sourire...

- Welcome in my house!, qu'il te fait si t’as l'air Engliche. You want a joint ? Tout ça avec un putain d'accent de Belleville...

 

Le dedans de la piaule, ça valait le dehors ! Une pièce assez grande, aux parois de bois recouvertes de tentures, de cotonnades multicolores, avec surtout du jaune et du rouge. Au fond, un plateau de bois circulaire. En fait, c’est une table ronde que Max y a coupé les pieds... Derrière, y a « le Maître », accroupi en tailleur, comme Bouddha... Il est généralement torse nu, la taille prise par un sarong ou un pantalon vietnamien en soie.

 

Visage osseux de méditerranéen avec un coup d'Asie. Chevelure noire. Frisée. Mi-longue et rejetée sur le côté. Avec du flou dans les vagues. Des yeux noirs, ironiques. Sarcastiques même. Une voix chaude, prenante. Agrémentée d'un accent parisien carabiné !

 

À la gauche de Max, un énorme lustre suspendu bas depuis le plafond. Fait lui aussi de pièces de voitures. La généralmotor revue et corrigée par Max... Turbine de refroidissement, filtre à air, ventilateur, soupapes, engrenages de tous les calibres. Le tout recouvert des cascades figées des bougies brûlant toute la nuit.

 

Devant Max, une petite planchette, un hachoir, des brassées de gandga, des paquets de cigarettes Sam Dao, les moins chères au Laos...

 

Max, c'était le portier de l’illusion. Il gagnait sa croûte en faisant des joints ! Il allait le matin au marché acheter sa gandga. C’est un bon client... Avec sa planchette et son hachoir, il prépare la gandga fine et sans graines, puis remplit les cigarettes filtre que le petit Marcel lui a vidées. Le P’tit-Marcel, c’est son disciple !

 

Mais ce ne sont pas des commerçants. Plutôt des bienfaiteurs...  Le Max, il vend ses cigarettes vingt kips pièce. Autrement dit vingt centimes français, disons trois centimes d’euro... Pas de quoi s’en priver. Et du pur. Sans mélange... Aussi, fallait voir la consommation qui se faisait chez Max !

 

Le soir, quand le « Troisième Œil » fermait, tous les défonceurs se rappliquaient chez le Max. Le dernier salon où l'on cause ! Mais on ne faisait pas qu'y causer ! Deux ou trois pipes cambodgiennes qui tournaient en permanence, sans compter les joints que Max fournissait à tout son monde. Sa cour il faudrait plutôt dire. Ça jactait français, ça jactait anglais, mais ça fumait Max !

 

Des fois, il y avait un voyageur qui arrivait du Népal ou d'Inde et qui avait un bout de noir. Il était pour Max, bien sûr ! Une offrande. La coutume du pays. Comme aux bonzes qui vont mendier leur croûte le matin. Mais le Max, il fumait pas en radin.  Il sortait le chiloum et le préparait sous les regards goulus de l'assistance.

 

Tous les soirs, il y avait vingt, trente, jusqu'à cinquante types et nanas affalés sur les nattes de chez Max. Discussions de dingues jusqu'au matin. Pas rare que la moitié des mecs dorment sur place. C’était évidemment « le Maître » qui donnait le ton des conversations, entre deux crises de rire collectif. Il débloquait ses théories métaphisico-cuisino-cosmiques à la lumière de ses expériences personnelles, de ses voyages !

 

Faut dire que Max, il était mort !  En tout cas, c’est lui qui le disait. Il racontait qu’une fois, il était allé dans la pièce d'à côté, attiré par une force cosmique, et qu'il avait vu un cadavre sur un catafalque, entre deux cierges... Il a regardé, c’était lui !

— C'est depuis que je sais que je suis mort ! qu'il assurait. Et que le Max que vous voyez n'est qu’une réincarnation de moi-même !

Ben voyons…

 

Une fois, le Max  était en grande conversation avec un professeur qui venait passer des heures avec lui. Il prenait son pied le mec. Une grosse tête, mais bon mec quand même. Et alors il lui dit :

— Tu sais Max, tes théories se rapprochent beaucoup de celles d’Adlous Huxley.

— Max, il hoche la tête, il se gratte pour activer la réflexion, il tire une goulée sur sa cambodgienne et il répond :

— Ouais. On m’a déjà parlé de lui. Parait qu'il est pas mal cet Aldo Sexuel...

 

- Ouarf ! Le personnage ! Allez, ici, pas de chiloum mais du bon côtes-du-Rhône ! A la nôtre.

 

 

Quartidi 14 Brumaire 221

 

04/11/2012

Ouiquinde gastronomique : un plat qui a de l’accent et tient au ventre !

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Le Baeckeofe d’Alsace et de Lorraine.

 

Il me souvient de grandes fêtes vigneronnes

Entre les vins d’Alsace et les Côtes-du-Rhône

Où, avec ma chorale de vigoureux soiffards,

Nos pifs enluminés jouaient les gyrophares.

Nous avons ripaillé, chanté, mangé, et bu

Avant que de sombrer, fin remplis et fourbus

Dans les bras de Morphée, de Sophie ou Gisèle

Vaincus par la bamboche plus que les demoiselles…

- Tu le sais bien Victor que le vin, s’il enflamme,

En amour est meilleur s’il est bu par les femmes !

Au cours de ces agapes, qu’avez-vous donc mangé ?

- Dans ces contrées de froid si loin de ma Provence

Nous avons dégusté, au cours de ces bombances,

Le célèbre Baeckeofe, la potée alsacienne

Un plat qui tient au ventre, platée rabelaisienne.

Les femmes le préparaient, enfin, c’est ce qu’on dit,

Le dimanche matin pour le cuire lundi.

 

Tu tailles en gros morceaux de la viande sans os

Ton boucher, s’il est bon, te le fait rapidos,

Une livre de bœuf, gite ou paleron,

Une livre de porc et autant de mouton.

Tu fais tremper tout ça dans une marinade :

Oignons, poireau, carotte, ail, girofle, muscade,

Bouquet garni, sel, poivre et bien sûr vin d’Alsace,

Riesling ou Sylvaner sont les plus efficaces.

Tu laisses mariner, au frais, vingt-quatre heures.

Emince cinq oignons, deux kilos de patates

Comme pour préparer la truffade auvergnate.

Le « Baeckeofe » est aussi le nom du plat en terre

Large, ovale et profond, solide, utilitaire.

Etale tes patates en couches sur le fond,

Sale, poivre et dispose au dessus les oignons,

Sel, poivre de nouveau puis dispose les viandes

Egouttées, séparées d’avec leur marinade,

Mouille avec celle-ci jusqu’à demi terrine

Complète avec du vin…et remplit ma chopine !

Pour donner du moelleux, met un pied de cochon

Ou bien un pied de veau…et verse ton cruchon !

Ajoute par-dessus ce qui a mariné

Sel, poivre du moulin et…remet ta tournée !

Ferme alors ton couvercle très hermétiquement

Avec farine et eau maniées fermement,

Ça s’appelle « luter » : fermer avec la pâte.

C’est fini, il faut cuire longuement et sans hâte,

Dans un four préchauffé, cent-quatre-vingt degrés,

Quatre heures minimum et plus si ça t’agrée.

Ce plat pourrait sauver bien des anorexiques,

Régale les gourmets, stoppe les boulimiques.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

D’un Gewurztraminer à la saveur friponne

Et  laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients pour six personnes :

½ kilo de gîte, poitrine ou paleron de bœuf sans os – ½ kilo d’épaule ou d’échine de porc sans os – ½ kilo d’épaule de mouton ou d’agneau sans os – 1 queue, 1 pied de porc ou de veau (facultatif) – 1/2 d’oignons – 1 grosse carotte - 2 gousses d’ail – 2 kg de pommes de terre – 2 blancs de poireau – 1 bouteille de Riesling ou de Sylvaner – 1 bouquet garni – girofle – sel et poivre – farine.

 

Vins conseillés :

En rouges, des Alsaces Pinot noir ; en blancs Alsace Pinot gris (Tokay), Riesling, Sylvaner ; en vins d’Allemagne Riesling, Rheingau.

 

Tridi 13 Brumaire 221

 

Illustration X - Droits réservés

01/11/2012

Au bistro de la toile : Catariiiii, Quatariiii….

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- « Catariiii, Quatariiii, l’OM hier soir l’arbitre te la mis… »

 

- …teng Loulle ! Tu chantes bien ! On dirait le Pavarotti de l’Estaque !

 

- C’est pour dire que hier soir, l’O.M. s’est fait sodomiser sans vaseline. Un pénalty absolument inexistant. Volé comme dans un bois !

 

- Eh ! C’est ça « la glorieuse incertitude du sport » Loulle. Je ne regarde pas le foute, mais hier soir, pendant une interruption de pube sur le programme que je survolais, j’ai zappé sur LE match, juste au moment de cette action. Effectivement, le Marseillais a attaqué régulièrement le Quatarien en dehors de la « surface de réparation » comme ils disent, et l’autre – formé selon la plus pure tradition italienne – s’est jeté par terre en hurlant d’une douleur tout aussi imaginaire que la faute. Et voilà l’arbitre qui fait ni une ni deux : péno et carton rouge ! Le soir, en rentrant à son hôtel (Quatari ?), peut-être qu’une pulpeuse Natalia l’attendait, ainsi qu'une jolie enveloppe sous son oreiller… Enfin, je n’y étais pas !

 

- Le fric Victor. Le fric… Il fallait que le PSG gagne, chez lui. Le fric a de bonnes jambes…

 

- Le sport – donné comme porteur de valeurs altruistes, collectives, de dépassement de soi – n’est qu’une affaire de fric. Les Quatariens en déversent des tombereaux, donc, ils gagnent. Le sport – cette aberration inventée par les Anglais - est pourri. Les valeurs qu’il véhicule sont plutôt la tricherie, le mépris voire la haine de l’autre, et même un penchant suicidaire avec le dopage. Armstrong dans le vélo n’est que l’arbre qui cache l’immense forêt des camés de la gonflette. Le cyclisme est montré du doigt, mais c’est pareil pour les foutebaleurs, les tennismènes, les coureurs à pieds, etc. T’as regardé de près les gueules ravagées de tic des sprinters au départ d'un cent mètres olympique ? Dopage et tricherie. Par un heureux hasard, les athlètes Rosbifs ont trusté les médailles aux derniers J.O. Il FALLAIT qu’ils gagnent ! Donc, pression sur les arbitres (scandaleusement en boxe), magouilles et compagnie. C’est la loi devenue normale du sport.

 

- Un Anglais célèbre, le plus respectable de tous, le dénomme Churchill disait, concernant le secret de sa prodigieuse santé : « No sport ! ». Quant à Georges Orwell, il avait tout compris, qui disait : « Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins. »

 

- Bien dit. Il y en un qui mène un sacré match contre l’adversaire ultime, c’est l’ami Siné qui, avec sa verve caustique et son courage à toute épreuve, fait un doigt d’honneur à la Camarde qui relève sans vergogne son suaire pour le séduire ! Un pied dans la tombe, il garde l’autre pour le foutre au cul de tous les emmerdeurs, la mort comprise ! Allez vite voir son site  et courrez au kiosque le plus proche pour acheter le dernier numéro de Siné Mensuel !

 

- A Siné et à la nôtre !


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Décadi 10 brumaire 221


Merci à Chimulus et à Siné

29/10/2012

Au bistro de la toile : Boucherie Chevaline.

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- Oh ! Victor, sur le journal, je vois réapparaitre cette histoire dite de « la tuerie de Chevaline ». Dans Le Monde, puis les autres médias, la voilà qui reparait cette nébuleuse affaire. Rappelons les faits : le 5 septembre dernier, à Chevaline, près d’Annecy (Haute-Savoie), l’ingénieur britannique d’origine irakienne Saad al-Hilli, 50 ans, sa femme Iqbal, 47 ans, et sa belle-mère Suhaila al-Allaf, 74 ans, de nationalité suédoise, ont été tués par balles, de même qu’un cycliste français. Les deux fillettes du couple ont été retrouvées sauves, l’une d’elles grièvement blessée. Les quatre morts ont reçus deux balles dans la tête. Une vraie boucherie. Deux balles dans la tête : signature d'un professionnel ; mais un vrai professionnel aurait-il eu besoin de tirer autant de fois ?

  

- Bien résumé Loulle. Les enquêteurs, tant français qu’anglais, semblent pédaler dans le pudding. Trois directions ont d’abord été privilégiées par ces enquêteurs : un problème de succession entre Saad et son frère (un peu capilotracté), le métier du père, qui a travaillé pour une société leader mondial des microsatellites, enfin son pays d'origine, l'Irak. Bon. La dispute de famille… Faut vraiment qu’il y ait beaucoup de thunes en jeu… Quoique ! Dans Quelques canards, on évoque des liens entre Saad al-Hilli et…la fortune planquée de…Saddam Hussein ! Tiens, tiens. La première et la troisième piste se rejoignent. Venons-en au boulot du mec. Ce n’est pas n’importe qui Saad. Le mec, c’est un chef d'entreprise, ingénieur-consultant qui bosse dans les satellites. Son dernier client était l'entreprise SSTL, Surrey Satellite Technology Ltd, entreprise travaillant pour l'agence spatiale britannique et faisant partie du groupe EADS, complexe militaro-industriel européen ! C’est pas un simple employé du gaz le « campeur ». D’ailleurs, on se demande pourquoi un mec qui a manifestement les moyens préfère camper que de se la faire belle dans un des nombreux hôtels d’Annecy. Au fait, pourquoi partir « camper » avec toute sa famille et plus, en France, début septembre, en pleine rentrée des classes et reprise des affaires ?

 

- Bon. On peut penser qu’il a vu le film Camping et que ça lui a plu…

 

- Mouais… Le type, il a émigré en Angleterre juste avant la guerre contre l’Irak. Avait-il eu le nez creux ? Bon. Revenons aux faits. Toute la famille arrive à Annecy le lundi. Le mercredi il amène tout le monde, y compris mamy qui a un passeport suédois, avec tous les bagages dans le coffre, faire une ballade en montagne. Pas de problème.

 

- Pour l’instant, mais ça ne durera pas…

 

- Exact. Il arrive sur le fameux parking dans la forêt. Il a même pas le temps d’arrêter le moteur le mec et…pan ! pan ! pan ! Ça défouraille sec ! Pas de cadeau. Voilà même un pauvre mec, un cycliste français qui - par hasard ! – passe juste par là ! Pan ! pan ! Il déguste une infusion de plomb l’Armstrong des montagnes !

 

- C’est vraiment pas de pot…

 

- Peut-être. Apparemment une « victime collatérale » qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment.  Au fait, ce malheureux monsieur était employé de la firme Cezus, une filiale du groupe Areva travaillant sur le combustible nucléaire. Pas un employé du gaz non plus…

 

- Curieux tout ça effectivement…

 

- Et voilà que déboule, sur son vélo tout terrain, un mec qui avait été doublé quelques minutes plus tôt et plus haut par le cycliste français qui a ensuite dérouillé. C’est le premier témoin de la tuerie. Celui qui avertira les secours. Comme pas hasard, ce monsieur, lui aussi, est Anglais…

 

- Ça fait beaucoup de Rosbifs au mètre carré autour de cette boucherie. Il est vrai qu’on est à Chevaline.

 

- …et que ce cycliste, c’est un ancien de la Royal Air Force britannique. Pas un employé du gaz non plus ! Puis les secours arrivent et…on découvre plusieurs heures après la présence d’une petite fille vivante sous les jupes des deux femmes tuées à l’arrière de la bagnole…

 

- Bon. N’allons pas plus loin Victor. La première des choses qu’on peut déduire de cette histoire, c’est qu’on nous prend pour des cons !

 

- Je ne te le fais pas dire. A la nôtre !



Octidi 8 Brumaire 221


Merci à Chimulus

 

 

 

 

27/10/2012

Ouiquinde érotique: big bang

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Le coït des atomes

 

Rien n'était. Le Néant s'étalait dans la nuit.
Nul frisson n'annonçait un monde qui commence.
Sans forme, sans couleur, sans mouvement, sans bruit,
Les germes confondus flottaient dans l'ombre immense.

(...)

Soudain, sous l'œil de Dieu qui regardait, sans but,
Frémit une lueur vague de crépuscule.
L'atome vit l'atome : il bougeât. L'amour fut ;
Et du premier Coït naquit la molécule.


Or l'Esprit, stupéfait de ces accouplements
Qui grouillaient dans l'abîme insondé du désordre,
Vit, dans la profondeur des nouveaux firmaments,
D'infimes embryons se chercher et se tordre.


Pleins de lenteur pénible et d'efforts caressants,
Les corps erraient, tournaient et s'accrochaient, sans nombre ;
L'amour inespéré subtilisait leurs sens ;
La lumière naissait des frottements de l'ombre.


Et les astres germaient. O splendeur ! O matins !
Chaudes affinités des êtres et des formes !
Les soleils s'envolaient sur les orbes lointains,
Entraînant par troupeaux les planètes énormes.


Des feux tourbillonnants fendaient l'immensité,
Et les sphères en rut roulaient leurs masses rondes ;
Leurs flancs brûlés d'amour et de fécondité
Crachaient à pleins volcans le sperme ardant des mondes.


Puis les éléments lourds s'ordonnaient, divisés :
Les terres s'habillaient de roches et de plantes ;
L'air tiède enveloppait les globes de baisers,
Et les mers aux flots bleus chantaient leurs hymnes lentes.

 


C'est alors, qu'au milieu du monde épais et brut,
Debout, fier, et criant l'éternelle victoire,
Chef-d’œuvre de l'amour, l'Être Vivant parut !
- Et Dieu sentit l'horreur d'être seul dans sa gloire.

 

Edmond Haraucourt

 

 

Sextidi 6 Brumaire 221

 

Merci à Poésie érotique  

 

Illustration X – Droits réservés
 

24/10/2012

Les miracles prennent l'eau

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Eh! Qu'est-ce qu'il foutait le Patron? Il était en grève ou scotché devant sa télé?

 

Merci à Chimulus


Tridi 3 Brumaire 221

19/10/2012

Ach so ! Mon Vranzois, che d’aime… Moi non plus.

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- Tu as enfin técité te serrer le Kiki de tes Vonctionnaires, de taxer zérieusement tes Zalariés feignant qui zont touchours en kongé, de lacher la grappe de tes Patrons en baissant leurs charges. Bref, tu commence à te germaniser ! On s’est bien disputer zette nuit au zommet européen. Mais à la fin, c’est encore moi qui ai gagné ! Comme d’habitude. Tu voulais mettre en place un mécanisme de supervision des banques, de toutes les banques, même des miennes ! Ach so ! Comparer nos bonnes banques « Kalité allemande » avec vos officines douteuses, quel culot ! C’est repoussé à la fin 2013, après les élections que che compte bien remporter encore une fois ! Ah ! Ah ! Ah !  Un à zéro mon Vranzois ! Che t’aime…

 

- Moi non plus. Mais, chère Angéla BisMerkel, tu voulais glisser sous le tapis les magouilles de tes banques locales et régionales. Eh bien la supervision concernera toutes les banques de l’Union, y compris les tiennes ! Un à un Angela. La balle au centre. Si tu es réélu, on s’arrangera bien. Mais je n’oublie pas que tu as refusé de me recevoir lorsque j’étais en campagne. Et que tu as bruyamment soutenu mon adversaire qui, il est vrai, était ton teckel dévoué !

 

- Ach so, Vranzois, c’est comme ça. Che d’aime…

 

- Moi non plus. Et si on parlait de la dette réelle de ton pays, Angéla ! Toi qui donne des leçons de rigueur à tout le monde, dans un dossier intitulé « La vérité », le très sérieux quotidien économique de ton pays Handelsblatt en a filé un sacré coup dans ton modèle de « vertu germanique » en recensant les magouilles que les gouvernements allemands successifs, et surtout le tien, chère Angéla, ont utilisé et utilisent pour fourrer le cadavre dans le placard, c'est-à-dire cacher la dette abyssale de ton pays !

 

- Ach so ! Grrr !!!! Vranzois, che grois que tu va m’énerver…

 

- Officiellement, la dette allemande en 2011 est de 2 000 milliards d’euros. Pour l'expert financier Jens Boysen-Hogrefe, un de chez toi chère, très chère, trop chère Angéla : "Il est difficile de faire des reproches aux autres pays lorsque l'on décide de contracter de nouvelles dettes au lieu de profiter d'une situation propice aux économies". On est pourtant encore loin de la réalité, puisque la majeure partie des dépenses prévues, ne sont pas inclues dans ce chiffre. La vrai dette en chiffre, je vais te la dire, très, trop chère Angéla : Il comprend les retraites, la sécurité sociale, l’évolution démographique défavorable de ton pays, les malades ou encore les personnes dépendantes. D'après de nouveaux calculs, l’addition est autrement plus salée : un mensonge de 5 000 milliards d’euros supplémentaires ! Soit un total de  7 000 milliards d’euros de dette publique ! L'Allemagne serait donc endettée à hauteur de 270 % de son produit intérieur brut et non pas 83 % comme officiellement annoncé. Par comparaison, la dette grecque devrait être de 186% du PIB en 2012. Et c’est toi qui prétends nous donner des leçons de rigueur Angéla ? Ah ! Ah ! Ah ! C’est l’Hôpital qui le moque de la Charité, ou le sida qui se moque du cancer…

- Ach so ! Vranzois. Che t’aime de moins en moins. Tu me fais regretter Sarko…

- Et si tu me disais, chère, très chère, trop chère Angéla dans quel pays d’Europe 20% des salariés gagnent moins de 10,36 euros brut de l’heure ? Le pays où ces salaires concernent 3 employés sur 4 dans les salons de coiffures, le nettoyage, les restos, les chauffeurs de taxis, etc. et encore, en CDD ? Le pays où 10% des travailleurs doit avoir un second boulot pour survivre ? Le pays où seulement un jeune sur cinq décroche un diplôme supérieur à celui de ses parents ? Tu peux me dire quel est le pays dont 10% des citoyens possèdent 53% des richesses tandis que la moitié des salariés s’en partagent seulement 1% ? Tu peux me le dire Angéla ?

- Ach so ! Grrr…

Eh bien je vais te le dire moi : c’est l’Allemagne ! Alors si c’est ça le modèle que tu veux imposer à l’Europe, va fan culo ! comme dirait Berlusconi !

 

Sources : Arte journal 

Le Canard enchainé du 17/10/2012

 

Octidi 28 Vendémiaire 221

 

Illustration X – Droits réservés

14/10/2012

Ouiquinde antigastronomique : bouffez du patron !

cuisine

Pas seulement à Noel: le patron peut se bouffer toute l'année

 

 

Prenez un patron bien gras et dodu. La meilleure race, c’est la Cacarente. Le nec plus ultra, le Bresse de ces volailles restant tout de même le Patrondebanque, à égalité avec l’Exiléfiscal, surtout celui du genre Pigeonvautour-déserteur-fiscal. Evitez les patrons Depéhèmeux, ils sont trop petits, ils triment souvent autant que vous et sont trop durs à cuire.


Plumez-le autant qu’il vous a plumé. A vif autant que possible : ça crée une production d’endorphine qui donnera à la viande un fumet particulier qui vous rappellera le jour où il vous a convoqué pour vous lourder.

Flambez-le, si possible sur les ruines fumantes de son bureau ou de son usine. Puis égorgez-le en gardant le sang, il est fait de celui qu’il vous a fait suer. Coupez lui immédiatement les génitoires s’il en a : les laisser donne mauvais goût à la viande.

Videz-le de ses tripes qu’il a toute sa vie copieusement tapissées de sauces chaudes et onctueuses avec le pognon qu’il vous a volé. Jetez-les, de toute façon un patron de Cacarente n’a rien dans les tripes, et beaucoup de merde dans la tête.

Coupez-le en morceaux, au hachoir ou à la tronçonneuse selon affinités. Faites macérer ces morceaux dans une marinade faites de moitié bile, aussi amère que celle qu’il vous a faite faire, moitié merde diarrhéique, c’est ce qui convient le mieux.

Après deux jours de marinade, faites revenir les morceaux dans de l’huile de vidange. Puis mettre à cuire à l’étouffé avec la marinade passée au chinois, comme ceux chez qui il a délocalisé votre usine.

Enfin, comme c’est immangeable, foutez le tout au chiotte, c’est la place de ce genre de patrons !


Tridi 23 Vendémiaire 221


Illustrations: merci à Siné


 

cuisine

et  X - Droits réservés

13/10/2012

Ouiquinde érotique avec un sacré Julot

 

 

 Jules Verne par Nadar.jpg

 Jules Verne, explorateur de fantasme

 

Lamentation d'un poil de cul de femme

Il est dur lorsque sur la terre
Dans le bonheur on a vécu
De mourir triste et solitaire
Sur les ruines d’un vieux cul.
Jadis dans un forêt vierge,
Je fus planté, sur le versant
Qu’un pur filet d’urine asperge,
Et parfois un filet de sang.

Alors dans ce taillis sauvage,
Les poils poussaient par mes sillons,
Et sous leur virginal ombrage,
Paissaient de jolis morpions.
Destin fatal un doigt nubile
Un soir par là vint s’égarer,
Et de sa phalange mobile
Frotter, racler et labourer.

Bientôt au doigt le vit succède,
Et, dans ses appétits ardents,
Appelant la langue à son aide ;
Il nous déchire à belle dents.
J’ai vu s’en aller nos dépouilles
Sur le fleuve des passions,
Qui prend sa source - dans les couilles,
Et va se perdre dans les cons.

Hélas ! l’épine est sous la rose,
Et la pine sous le plaisir
Bientôt au bord des exostoses,
Des chancres vinrent à fleurir.
Les coqs de leur crête inhumaine
Se parent dans tous les chemins :
Dans le département de l’Aine
Gambadent les jeunes poulains.

Mais, quand le passé fut propice,
Pourquoi songer à l’avenir ?
Et qu’importe la chaudepisse
Quand il reste le souvenir ?
N’ai-je pas vu tous les prépuces,
Avoir chez nous un libre accès,
Alors même qu’ils étaient russes,
Surtout quand ils étaient français.


J’ai couvert de mon ombre amie
La grenette de l’écolier,
Le membre de l’Académie,
Et le vit du carabinier.
J’ai vu le vieillard phosphorique,
Dans un effort trop passager,
Charger avec son dard étique,
Sans parvenir à décharger.

J’ai vu – mais la motte déserte
N’a plus de flux ni de reflux,
Et la matrice trop ouverte,
Attend vainement le phallus.
J’ai perdu, depuis une année,
Mes compagnons déjà trop vieux,
Et mes beaux poils du périnée
Sont engloutis dans divers lieux.

Aux lèvres des jeunes pucelles,
Croissez en paix, poils ingénus.
Adieu, mes cousins des aisselles,
Adieu, mes frères de l’anus !
J’espérais à l’heure dernière,
Me noyer dans l’eau des bidets,
Mais j’habite sur un derrière
Qu’hélas on ne lave jamais.

- Il eut parlé longtemps encore,
Lorsqu’un vent vif précipité,
Broyant, mais non pas inodore,
Le lança dans l’éternité.
Ainsi tout retourne dans la tombe,
Tout ce qui vit, tout ce qui fut,
Ainsi tout changent ainsi tout tombe,
Illusions…et poils de cul.

JULES VERNE (1855)

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Duodi 22 Vendémiaire 221


Photos X - Droits réservés

 

07/10/2012

Ouiquinde érotico-gastronomique au curry

hindou visage main.jpg

 

Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’as eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi-poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salée dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

VictorAyoli


Sextidi 16 Vendémiaire 221


Photo X - Droits réservés

 

06/10/2012

Eh ! Mosco, les « pigeons », on les étouffe, on les rôtit et on les déguste !

pigeons rôtis.jpg

Les deux Pigeons


Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre. 
L'un d'eux s'ennuyant au logis 
Fut assez fou pour entreprendre 
Un voyage en lointain pays. 
L'autre lui dit : Qu'allez-vous faire ? 
Voulez-vous quitter votre frère ? 
L'absence est le plus grand des maux : 
Non pas pour vous, cruel. Au moins, que les travaux, 
Les dangers, les soins du voyage, 
Changent un peu votre courage. 
Encor si la saison s'avançait davantage ! 
Attendez les zéphyrs. Qui vous presse ? Un corbeau 
Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau. 
Je ne songerai plus que rencontre funeste, 
Que Faucons, que réseaux. Hélas, dirai-je, il pleut : 
Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut, 
Bon soupé, bon gîte, et le reste ? 
Ce discours ébranla le cœur 
De notre imprudent voyageur ; 
Mais le désir de voir et l'humeur inquiète 
L'emportèrent enfin. Il dit : Ne pleurez point : 
Trois jours au plus rendront mon âme satisfaite ; 
Je reviendrai dans peu conter de point en point 
Mes aventures à mon frère. 
Je le désennuierai : quiconque ne voit guère 
N'a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint 
Vous sera d'un plaisir extrême. 
Je dirai : J'étais là ; telle chose m'advint ; 
Vous y croirez être vous-même. 
À ces mots en pleurant ils se dirent adieu. 
Le voyageur s'éloigne ; et voilà qu'un nuage 
L'oblige de chercher retraite en quelque lieu. 
Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage 
Maltraita le Pigeon en dépit du feuillage. 
L'air devenu serein, il part tout morfondu, 
Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie, 
Dans un champ à l'écart voit du blé répandu, 
Voit un pigeon auprès ; cela lui donne envie : 
Il y vole, il est pris : ce blé couvrait d'un las, 
Les menteurs et traîtres appas. 
Le las était usé ! si bien que de son aile, 
De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin. 
Quelque plume y périt ; et le pis du destin 
Fut qu'un certain Vautour à la serre cruelle 
Vit notre malheureux, qui, traînant la ficelle 
Et les morceaux du las qui l'avait attrapé, 
Semblait un forçat échappé. 
Le vautour s'en allait le lier, quand des nues 
Fond à son tour un Aigle aux ailes étendues. 
Le Pigeon profita du conflit des voleurs, 
S'envola, s'abattit auprès d'une masure, 
Crut, pour ce coup, que ses malheurs 
Finiraient par cette aventure ; 
Mais un fripon d'enfant, cet âge est sans pitié, 
Prit sa fronde et, du coup, tua plus d'à moitié 
La volatile malheureuse, 
Qui, maudissant sa curiosité, 
Traînant l'aile et tirant le pié, 
Demi-morte et demi-boiteuse, 
Droit au logis s'en retourna. 
Que bien, que mal, elle arriva 
Sans autre aventure fâcheuse. 
Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger 
De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines. 
Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ? 
Que ce soit aux rives prochaines ; 
Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau, 
Toujours divers, toujours nouveau ; 
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ; 
J'ai quelquefois aimé ! je n'aurais pas alors 
Contre le Louvre et ses trésors, 
Contre le firmament et sa voûte céleste, 
Changé les bois, changé les lieux 
Honorés par les pas, éclairés par les yeux 
De l'aimable et jeune Bergère 
Pour qui, sous le fils de Cythère, 
Je servis, engagé par mes premiers serments. 
Hélas ! quand reviendront de semblables moments ? 
Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants 
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ? 
Ah ! si mon cœur osait encor se renflammer ! 
Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ? 
Ai-je passé le temps d'aimer ? 

   La Fontaine


Quand aux "pigeons-patrons", si vous voulez savoir

pourquoi et comment ils nous pigeonnent, appuyer

ICI

 

Quintidi 15 Vendémiaire 221

 

Illustration X – Droits réservés

05/10/2012

Pantaïe…

rêve chut.jpg

 

 

 

Aïe avé drim

C'est de pendre tous les banquiers,

Par les couilles ou par les pieds

Ou encor' de les fusiller

Mais, avant, de leur faire raquer

Tout le pognon qu'ils ont piqué,

Aux pauvres cons qu'ils ont niqués.

 

Aïe avé drim

C'est d'exploser les politiques

Sans vergogne et sans éthique,

Ces vieux cumulards prostatiques,

Résidus de fosses septiques

Dont la seule et unique tactique

Est: parasiter la République.

 

Aïe avé drim

C'est d'empaler tous les bigots

Ces insupportables cagots

Curés, rabbins, imams dingos

Qui se dressent sur leurs ergots

Pour abrutir tous les gogos

Et leur emplâtrer le magot.

 

Aïe avé drim

C'est d'arracher les deux roustons

Puis de couler dans le béton

Les marchands de merde en veston

Qui nous vendent leurs rogatons,

Viandes pourris et faux frometons

Dans leurs grandes surfaces de con.

 

Aïe avé drim:

La revanche de ceux qui triment...

 

 

 Quartidi 14 Vendémiaire 221


Illustration X - Droits réservés

 

 

02/10/2012

La liberté d'expression est menacée, raison de plus pour soutenir URTIKAN.NET !

Vous aimez pouvoir dire ce que vous voulez, vous aimez pouvoir rire de tout, vous voulez pouvoir vous moquez de tout? Très bien, vous exprimez par là votre soif de LIBERTE. Cette liberté est largement menacée par les intégristes de tous bords.


Alors soutenons ceux qui se battent pour défendre cette liberté d'expression, fanion de toutes les autres libertés !

 

 

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Primidi 11 Vendémiaire 221

01/10/2012

Gandrange, Florange in memoriam…

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Mittal, prototype du "tueur" ultra libéral sans états d'âme... 

 

L’humour étant la politesse du désespoir, essayons de sourire pas trop jaune à ce pastiche caustique du groupe « Chanson-plus-bi-fluoré » sur l'air des célèbres "Trois cloches":

 

 

 

Chômage au fond de la vallée
C'est là la vraie fatalité
Voici qu'en la nuit étoilée
Un sans emploi nous est donné
Séraphin Deudroit il se nomme
Il était cadre et respecté
Aujourd'hui pôvre petit homme
Voilà que tu es licencié
Quand la cloche sonne sonne
C'est à l'Armée du Salut
Que se rassemblent les hommes
Les hommes qu'ont tout perdu
Armée froide qui résonne
En haillons et peu vêtus
Plus de trois millions entonnent
Le chant triste et monotone
C'est la chanson du chôm'du

Chômage au fond de la vallée
Peu de familles sont épargnées
Voilà qu'après dix-neuf années
Le Séraphin est remercié
Qu'arrive-t-il ? Ah quel marasme !
Sa femme geint près de l'évier
Ses deux fillettes font de l'asthme
Son vieux chien est paralysé
Quand la cloche sonne sonne
C'est la douleur des vaincus
Qui au fond des cœurs résonne
Comme un cri d'amour perdu
Et l'assistante sociale
Ne pourra rien y changer
Séraphin est au plus mal
Part à la banque locale
Avec un grand pistolet

Chômage au fond de la vallée
Un drame horrible est arrivé
Hier un homme a pris en otage
Le patron du Crédit (censuré)
Séraphin Deudroit il se nomme
Il était cadre et respecté
Aujourd'hui pôvre petit homme
Les policiers l'ont arrêté
Quand la cloche sonne sonne
C'est chaque jour à midi
Que se rassemblent les hommes
Pour un repas entre amis
Séraphin est tout sourire
Plus besoin de RMI
A l'atelier on l'admire
On assure son avenir
A la prison de Fleury

A la prison de Fleury……

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=PIW8boarcVE

 

Décadi 10 Vendémiaire 221

 

Illustration: merci à Nalair 

27/09/2012

Au bistro de la toile : François s’en va-t-en guerre…

chimulus bistro copie.jpg

 

 

« Quand Normalou, hou, hou, s’la joue martia-a-le

Mali, marlou, hou, hou, j’entrave que da-a-lle.. »

 

- Oh ! Putaing, Loulle ! Quelle voix ! On dirait Roberto Alagna dans le grand air de la Cafétéria !

 

- Pour dire, Victor, que j’ai du mal à comprendre la cohérence des têtes d’œufs qui nous gouvernent. François, avec force coups de menton à l’ONU a proclamé que la France était disposée à « apporter son soutien » à une action armée pour débarrasser le nord du Mali de la peste islamique qui y sévit. C’est bien, c’est noble, c’est sain. Mais par ailleurs, il a dit qu’il fallait aussi aider les rebelles syriens à se débarrasser du tyran Bachar el-Assad. C’est bien, c’est noble, c’est sain mais il ne faut pas se raconter de conneries : ce sont les islamistes qui le remplaceront… Où est la cohérence ?

 

- Effectivement, on nage en pleine incohérence Loulle. Les islamistes, les salafistes (qui en sont l’émanation la plus violente) sont nos ennemis. Qui finance et arme ces types ? Le Qatar et l’Arabie saoudite. Or ces deux féodalités pétrolières sont…nos « amis » et alliés !

 

- Alors ? On fait quoi ? On laisse ces abrutis sanguinaires d’Aqmi et autres islamistes saccager le Mali, un pays ami, un vrai celui-là ? On laisse agir des gens qui coupent des mains, des pieds, qui lapident, qui saccagent tout au nom d’une idéologie archaïque ? Au risque un jour d’avoir à les affronter chez nous ? Ils sont bourrés de pognon par nos « amis » qataris, armés comme un porte-avions par le pillage des arsenaux de feu Kadhafi…

 

- C’est bien là où est le problème. La force interafricaine prévue pour débarrasser le nord Mali de ces crapules est de 3000 hommes. Ridiculement faible et en plus on ne sait pas où les trouver, les voisins – pays pauvres ou eux-mêmes en proie à des troubles intérieurs – ne se bousculant pas au portillon. Il y aurait pourtant une solution, qui serait rapidement efficace.

 

- Ah ! Et laquelle Victor ?

 

- Que participent directement à cette force interafricaine, avec tout le poids militaire nécessaire l’armée française ET l’armée algérienne ! Le problème serait vite réglé et cette action militaire commune entre Français et Algériens marquerait enfin une réconciliation véritable. N’oublions pas que « l’ennemi héréditaire » anglais est devenu un pays ami et allié lorsqu’on a lutté ensemble contre l’impérialisme allemand de l’époque…

 

- Bonne idée Victor. Mais les Algériens y sont-ils prêts ? Allez, à la nôtre !

 

 

Sextidi 6 Vendémiaire 221

 

Merci à Chimulus

23/09/2012

Ouiquinde de chasse !

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Le civet de sanglier de Sébastien et Anita

 

Mon ami Sébastien, redoutable tueur,

Utilise son temps, son flair et sa sueur

À courir les forêts, les bois et les broutières,

À sauter les ruisseaux des terres de Lozère

Pour traquer, débusquer, viser et fusiller

Son gibier préféré: le cochon sanglier.

Dès que pointe le jour vrombissent les quat'quatres

Où piaffent les chasseurs équipés pour combattre,

Montent les hurlements des meutes carnassières

Serrées dans des remorques, dans des malles arrières.

La battue se déploie par chemins et sentiers,

S'efforçant de boucler le massif forestier

Où laies et marcassins, cochons et sangliers

Commencent à gratter le sol d'un pied inquiet.

Le journée sera rude pour la bête à poil dur

Quand, poussées par les chiens hors des fourrés obscurs,

Pour tenter d'échapper à la meute hurlante,

Ses courses, à découvert dans les clairs et les pentes,

L'amènent à croiser les chemins et les sentes

Qui sont autant d'affûts où les fusils l'attendent.

Les coups de feu éclatent à travers la nature.

Si la bête s'échappe, on reprend les voitures ­

Pour lui couper la fuite au bord d'une autre route.

Parfois le sanglier met la meute en déroute,

Quand, acculé, blessé, forcé hors de son antre

Il se rue sur les chiens qu'il piétine et éventre.

Très souvent Sébastien, heureux bien que fourbu,

S'en retourne bredouille, au soir de la battue.

Mais lorsqu'un animal est tombé sous les balles,

Il faut voir son sourire, son allure martiale

Lorsqu'il brandit sa part de viande dépecée

Qu'il — fier comme Artaban — offre à sa fiancée.

Alors, tranquillement, avec ses doigts d'artistes

Dégoulinant de sang, Anita entre en piste.

Pour faire un bon civet, l'épaule ou le cuissot

Sont des pièces de choix. Coupez-les en morceaux

De taille conséquente. Récupérez le sang

Qui, pour lier la sauce, est bien intéressant.

Gardez-le au frigo pour qu'il ne se dégrade.

Préparez ce qu'il faut pour votre marinade.

Celle de Anita est un poème en soi:

Quatre, cinq oignons moyens, cévenols ou niçois;

Cinq ou six gousses d'ail et autant de carottes;

Un bouquet de persil; céleri, feuilles, côtes;

Du thym et du laurier; un peu de noix muscade;

Une écorce d'orange et quelques grains de cade;

Du poivre du moulin; du gros sel de Camargue.

Deux litres de Côtes-du-Rhône d'Estézargues,

Un verre d'huile d'olive et deux de bon vinaigre.

Vous cuisez demi-heure à feu vif et allègre.

Rangez le sanglier au fond d'un pot en grès,

Un grand verre de marc pour rendre du degré

À votre marinade versée, chaude, dessus.

Le pot, au frais trois jours, recouvert d'un tissu

Est alors le théâtre d'une superbe idylle

Entre les ingrédients. Une alchimie subtile

Va attendrir la viande, sublimer les parfums

Et les goûts de gibier du sanglier défunt.

Quand, le jour du repas, l'aurore aux doigts de roses

Du sommeil des Buveurs dissipe les hypnoses,

Vous sortez et séchez à l'aide d'un torchon ­

Les morceaux marinés de viande de cochon.

Séparez au chinois légumes et liquide.

Petit, sers-moi un verre, j'ai le clapoir acide!

Dans de l'huile d'olive, au fond d'une toupine

Votre petit-salé embaume les narines.

Rajoutez en tournant les légumes essorés,

Puis intégrez la viande que vous faites dorer.

Mouillez alors avec le jus de marinade,

Et cuisez à feu doux, cinq heures, à l'estouffade.

Il faut voir le sourire heureux de Sébastien

Quand Anita apporte, de son pas aérien

Son plat qu'elle découvre, très fière, sur la table

Exhalant en volutes des parfums admirables.

Ce chef-d'œuvre requiert, pour de grandes agapes,

Rien moins que le meilleur des Châteauneuf-du-Pape.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

Pour la marinade: - 4 oignons moyens coupés en quarts et piqués de clous de girofle, - 6 gousses d'ail écrasées, - 6 à 8 carottes en tronçons, ­l bouquet de persil grossièrement coupé, - l pied de céleri côtes et feuilles, grossièrement coupées, - l gros bouquet de thym, - 6 feuilles de laurier, - l douzaine de grains de genièvre, - 2 poignées de gros sel de Camargue,

- l cuillerée à soupe de poivre noir du moulin, - noix de muscade, - l écorce d'orange séchée, - l verre d'huile d'olive, - 2 verres de bon vinaigre, - 2 litres de bon vin rouge. N'oubliez pas de cuire cette mari­nade et de la verser chaude sur les morceaux de sanglier avant de laisser reposer trois jours.

Pour le plat: - l cuissot ou l épaule de sanglier, - le sang récupéré ou l verre de sang (à demander à votre boucher), - l verre d'huile d'olive, - 250 grammes de petit-salé coupé en dés, - les légumes essorés de la marinade cuite, - le jus de la marinade.

 

 

 

Les vins conseillés:

Le civet de sanglier préparé de cette manière est un plat somptueux, à la fois puissant et très parfumé. Il faut donc des vins à la hauteur.

En vallée du Rhône: Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Lirac, Vacqueyras, Cornas, Hermitage, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph, Côte-Rôtie.

On peut également l'accorder avec bonheur à de vieilles bouteilles de Cairanne, Visan, Séguret, Valréas, Gallician.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure, Maury.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Pierrefeu, Puyloubier, Cabasse, La Cadière-d'azur, vins de Bellet.

 

 Duodi 2 Vendémiaire de l'an 221


Illustration originale Vincent Barbantan