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07/09/2017

Mais qu'est-ce qu'il veut tonton Kim ?

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Il mange trop, tonton Kim !

On nous gonfle les aliboffis avec le risque de guerre nucléaire résultant des « provocations » de tonton Kim en Corée du Nord. Risque nul en vérité, quoique… avec Trump à la tête de la nation la plus puissante, la plus armée (le budget militaire des USA est équivalent à la somme de tous les autres budgets défense du reste du monde !), la plus belliqueuse sur terre…

Risque malgré tout très faible par le pouvoir « magique » de la dissuasion : « si tu me crames, tu es sûr que toi aussi tu seras cramé ! ». Peu de risques non plus de guerre conventionnelle : un bombardement US sur la Corée du Nord signifierait immédiatement des millions de morts en Corée du sud, les zones très peuplées près de la capitale de ce pays satellite des États-Unis étant à portée directe de l’artillerie du Nord.

Mais au fait, quel est le « crime » de tonton Kim ? Que réclame-t-il ?

Il faut revenir à la genèse de l’État que sa dynastie gouverne.

L’ensemble de la péninsule coréenne était sous occupation japonaise depuis 2010. Suite à la capitulation du Japon, en 1945, les États-Unis et l’Union-Soviétique occupèrent la Corée, les uns au Sud, les autres au Nord d’une ligne tampon établie au 38e parallèle. S’ensuivit une tentative d’élections libres qui échoua, débouchant sur une partition de fait puis de droit, la partie nord mettant en place un gouvernement communiste et la partie sud un gouvernement pro américain.

Qui provoqua l’autre ? Toujours est-il qu’une guerre ouverte s’établit entre les deux Corée, avec invasion de la partie sud par les armées du nord, bien mieux préparées. L’ONU, sans les Soviétiques, vota une intervention militaire. Plus de 340 000 soldats, essentiellement étasuniens, avec des corps expéditionnaires d’une vingtaine de nations, notamment français, renforcèrent l’armée du sud. Ces forces, sous le commandement de Mac Arthur, repoussèrent les nordistes loin au-delà du 38e parallèle, jusqu’aux abords de la frontière chinoise.

C’en était trop pour la Chine qui entra dans la danse au côté de la Corée du nord avec pas moins de 1,7 million de « volontaires ». Les forces onusiennes furent refoulées, Séoul fut occupé par les nordistes, puis repris par les sudistes. Le front s’établit de nouveau autour du 38e parallèle qui devint une frontière avec une zone tampon démilitarisée suite à la signature d’un armistice et d’un pacte de non-agression entre les deux frères ennemis.

Les deux Corée se développèrent différemment selon le modèle de leurs « protecteurs ». Mais les deux pays restent officiellement en état de guerre puisque aucun traité de paix n’a jamais été signé ! Ceci à cause des États-Unis qui l’on toujours refusé. Cette guerre fut cruelle : près d’un million de morts militaires, deux millions de morts civils, trois millions de réfugiés. Séoul fut détruit aux trois-quarts ainsi que la plupart de villes du nord.

L’essentiel des ressources de la Corée du nord va à l’armée qui est très puissante et bien équipée. Les fusées et les bombes A puis maintenant H montrent à la face du monde un potentiel technologique remarquable et largement sous-estimé. Ces armements garantissent à Kim qu’il ne subira pas, de la part de qui que ce soit, le sort de Saddam Hussain et de Kadhafi. Si la bombe est une assurance vie pour nous, elle l’est aussi pour les Coréens du nord.

De plus la Chine tient à l'existence de ce voisin remuant car elle ne veut en aucune manière avoir une frontière directe avec la Corée du sud et ses troupes « amies » étasuniennes...

Qu’est-ce qu’il demande tonton Kim ? Tout simplement la signature d’un traité de paix et la reconnaissance internationale. Sont-ce vraiment des prétentions exorbitantes ?


Photo X - Droits réservés.



04/09/2017

Migrants : comment et pourquoi « Out of Africa… »

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À l’invitation de la France, le Tchad, le Niger, la Libye (laquelle ? !), l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne ont débattu des questions migratoires, le 28 août dernier. Écoutons le président français, hôte de ce mini-sommet : lien

« Le sujet de la réunion du jour était donc celui des migrations et des flux migratoires illégaux et massifs que nous connaissons depuis plusieurs années et qui affectent chacun de nos pays de façon très différente mais qui nous déstabilisent tous parce que nous ne sommes pas parvenus à les maîtriser et que nous continuons à les subir. Il y a d’abord eu la route de la Méditerranée orientale où les flux se sont aujourd’hui considérablement réduits ; c’est sur les routes de la Méditerranée centrale aujourd’hui que les problèmes se concentrent, même si durant les mois de juillet et août, les flux ont baissé ; et de la Méditerranée occidentale, où les flux augmentent à nouveau, que se portent nos préoccupations. »

/… le fait que certains groupes de trafiquants qui sont les trafiquants d’armes, les trafiquants de vies humaines, de drogue et les groupes liés au terrorisme et qui ont fait du désert en Afrique un cimetière et de la Méditerranée, un cimetière. Ce sont les mêmes qui sont profondément liés au terrorisme. Et donc lorsque nous voulons traiter ces sujets, nous traitons la chaîne continue de ces problèmes.

Les flux ont baissé surtout parce que l’Italie, excédé par l’abandon européen et épuisé de supporter seule des flux migratoires incessants, a négocié avec le gouvernement libyen un arrêt des départs de migrants vers ses côtes contre un soutien aux garde-côtes libyens, des équipements, des bateaux, de l’argent. Les efforts du « gouvernement » libyen ne dureront évidemment que tant que durera l’aide italienne… Les mafias qui se disputent ces juteux trafics d’êtres humains tout le long du littoral, de la frontière tunisienne à Tripoli, et maintenant à l’est de cette ville, veulent toutes « en croquer » !

Donnant, donnant ! Comme au temps de Khadafi qui, jusqu’à ce qu’il soit assassiné par Sarko au nom du peuple français, se servait du robinet à migrants pour obtenir ce qu’il voulait de l’Italie et des autres pays européens. Et puis… le complexe pétrolier de Mellitah, à Zouara, est exploité par la Libye et la compagnie italienne ENI. Il y aurait même paraît-il, un camp d’internement pour migrants dans une raffinerie, duquel les migrants seraient forcés à travailler gratuitement…

Ces flux de migrants ont baissé aussi depuis que l’Italie a mis le holà sur la complicité de ces navires d’ONG pseudo-humanitaires avec les trafiquants de chair humaine ! Depuis la mi juillet, le nombre d’arrivée de migrants en Italie a considérablement chuté, les groupes armés qui régissent le trafic jouant même un rôle actif pour empêcher les départs, en gardant dans des camps de rétention les malheureuses victimes du mirage européen, esclaves aux mains de voyous sans scrupule pour lesquels ils sont une main-d’œuvre et des sources d’organes à trafiquer, comme les armes, l’or ou la drogue. L'important pour eux, c'est le pognon, qu'il vienne de l'exportation de migrants ou de leur utilisation, sur pied ou en pièces détachées sur place. Cynisme mais , hélas, réalité sordide.

Facile de s’en prendre aux Italiens. Ils sont en première ligne depuis des années. Il n’est guère étonnant qu’ils essaient des solutions réalistes même si elles offusquent les fines bouches…

Macron précise :…/… Nous allons avec nos partenaires européens renforcer la coopération avec les pays d’origine et les pays de transit pour démanteler ces réseaux de trafiquants illégaux…/… démanteler ces réseaux et une aide au retour dans les pays d’origine. À cela s’ajoutent les mécanismes de contrôle aux frontières, les actions ciblées mais également le développement économique des communautés locales qui permet à celles et ceux qui sont parfois tombés dans le trafic ou l’économie du trafic de trouver d’autres perspectives locales de développement…/… la possibilité d’organiser un retour vers les pays d’origine qui sera organisée à travers justement notre action directe par des actions de coopération directe, pays par pays, avec les pays d’origine et par une action en matière de développement à cet égard.

Jupiter aborde enfin le fond du problème :

/… nous souhaitons conduire, nous, pays européens, en lien avec l’Union européenne, à savoir une politique de développement puisqu’une grande majorité justement de ces migrants qui prennent ces routes de la nécessité au péril de leur vie, font vivre les trafiquants parce qu’ils n’arrivent pas à avoir une vie normale et un développement normal dans leur pays. Et donc la politique de développement que l’Union européenne conduit et que nous conduisons sur le plan bilatéral, doit évidemment être renforcée et c’est ce que ce texte acte aussi, qui nous permettra d’aller en ce sens et c’est le cadre d’ensemble dans lequel nous inscrivons la démarche d’aujourd’hui. »

L’Afrique est une des clés du maintien ou non de la paix, de la démocratie, de l’existence même de l’Europe confronté à une invasion rampante. Les guerres, l'insécurité sont des causes, mais la cause de fond reste soigneusement occultée, frappée par un tabou pourtant bousculé dernièrement par Macron : il s'agit de la progression géométrique de sa population à comparer avec la progression arithmétique de ses ressources vivrières. Avec pour conséquences évidentes une pression toujours plus grande d’une émigration d’une partie de sa population vers l’Europe. Pression migratoire qui ne pourra se réguler qu’en mettant sur pied un véritable plan de développement de l’Afrique sur place. Encore faudrait-il que ces pays soient en paix… Entre eux et à l’intérieur de chaque pays. Ce qui n’est pas le cas et même l’exception. Et ne nous faisons pas d’illusion : il n’est pas dans le pouvoir de l’Europe de pacifier ces régions. François « Normalou » Hollande en sait quelque chose. Merci à Sarkozy à qui nous devons – entre autres - le foutoir libyen.

Macron, lui, parle d’un plan de développement sur place. Mais un plan de développement efficace doit être débarrassé du racket et de l’exploitation par les multinationales des ressources gigantesques de cet énorme continent. Dehors Areva ! Où paye. Dehors Bolloré ! Ou paye. Dehors Total ! Ou paye. Dehors Nestlé ! Ou paye. Dehors Bill Gates ! Ou paye.

L’Afrique attire les « investisseurs » internationaux. Mais pour quel développement ? Pour un développement prédateur, néocolonialiste. Ces firmes voyous saccagent les forêts, extraient les arbres les plus rentables, puis déboisent et plantent des palmiers à huile. Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe. Le « progrès » des tracteurs a ruiné l’agriculture vivrière en détruisant la mince couche de terre arable patiemment fabriquée par des générations de petits cultivateurs. Oui mais ça engraisse Deutz, McCormick et autres…

Les firmes voyous qui néocolonialisent l’Afrique – françaises, européennes, étasuniennes et maintenant surtout chinoises - extraits les minerais d’uranium, de cuivre, de cobalt, d’or, de diamants et laissent une terre ruinée de latérite stérile et polluée. Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

À côté des firmes voyous, il y a les Etats voyous, Etats voleurs de terre : (Chine, Corée du Sud, Arabie saoudite, Libye, Qatar, etc.) et les investisseurs voyous privés (fonds de pensions, banques, etc.). Ces bandits achètent la terre, le territoire, envoient les bulldozers, saccagent, défrichent, font fuir les paysans avec l’aide musclée des potentats locaux à la patte abondamment graissée, puis plantent des cultures d’exportation (cacao, arachide, café, riz, fleurs). Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

Et que dire de ce pillage des élites africaines ? ! « Il y a plus de médecins béninois en région parisienne que dans tout le Bénin ». Il en est de même pour les ingénieurs et les techniciens pourtant indispensables au développement de ces pays.

Au lieu de cette économie de prédation, ne vaudrait-il pas mieux mettre en place une réforme agraire en expulsant les grands propriétaires terriens pour partager, avec le soutien financier et réglementaire de l’État, les terrains en petites exploitations principalement axées sur les cultures et l’élevage vivriers ? ! Il y aura forcément une faible productivité, mais tant mieux : ça donnera du travail aux populations locales. Mais attention au syndrome « Zimbabwe » ou une réforme agraire de ce type mal menée a ruiné le pays…

Ne vaudrait-il pas mieux mettre en place de petites unités industrielles locales, directement en prise avec les besoins locaux : fabrication d’outils, de vêtements, de biens de consommation, d’habitations préfabriquées, de véhicules bon marché adaptés au pays, etc. ? ! Et même les pousser à exporter mais en assortissant ce développement local d’un indispensable protectionnisme vis-à-vis de la concurrence des grands pays développés qui subventionnent leurs exportations, refilent aux Africains leurs produits de seconde zone et tuent ainsi dans l’œuf toutes les initiatives locales.

Ce modèle de développement, aux antipodes de celui proposé, imposé plutôt par les organisations prédatrices que sont le FMI (Fond Monétaire International), la Banque mondiale, l’OMC (Organisation mondiale du commerce), a réussi il y a quelques décennies en Corée du Sud, en Malaisie, au Vietnam.

Ne serait-il pas plus réaliste, et efficace, de s’inspirer de ce qui a réussi ailleurs plutôt que de laisser la bride sur le cou à toutes ces institutions, multinationales et États nuisibles ? L’acceptation des investissements des états et firmes prédatrices devrait s’assortir d’un accord de ce genre : sur 1 000 que vous investissez, on vous en concède 500 pour vos cultures exportatrices, mais on vous impose d’investir 500 pour le développement de cultures vivrières à travers une aide financière et technique aux petits paysans locaux. Et idem pour les implantations industrielles venant en appui de l’artisanat et à la petite industrie locale. Pour que ça rapporte enfin aux Africains, que ça leur rende la fierté de leurs pays, et que leur enlève de l’esprit ce mirage qui les envoie, à travers déserts et Méditerranée, vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

On nous rétorquera que l’argent de l’aide internationale coule à flots en Afrique… Mais il coule dans quelles poches ? Car peut-on envisager un tel développement positif avec des dirigeants et des administrations corrompus jusqu’à la moelle ? Mais qui dit corrompus dit corrupteurs. Et les corrupteurs, qui sont-ils ? Et où sont-ils ? Devinez… En plus, il faut relativiser cette aide financière. Elle est actuellement inférieure au transfert d’argent provenant de la diaspora africaine en Europe…

Enfin, il est une question taboue qu’il faut pourtant bien aborder : les bienfaits de la médecine moderne ont fait chuter heureusement la mortalité infantile. On s’en réjouit. L’espérance de vie s’en est trouvée allongée. Et donc la démographie a explosé tandis que la production restait au niveau d’une agriculture de subsistance, elle-même ruinée par les exportations subventionnées de produits européens.

Conclusion : une aide massive ne s’évaporant pas dans des poches corrompues doit se conjuguer avec une régulation efficace de la surpopulation. Les Chinois l’on fait, les Indiens tentent de le faire. Mais, au-delà de toute coercition, la manière la plus efficace de limiter les naissances, c’est l’éducation. Mais débarrassée des carcans de l'islam et du christianisme avec leur natalisme forcené.

Faute de résoudre ce double défi : développement économique de l’Afrique et limitation des naissances, l’Europe va se trouver confronter, dans les décennies qui viennent, à une gigantesque question migratoire. Qui ne se résoudra pas avec le sourire…

Ne jamais oublier les paroles de Boumedienne qui déclarait, en 1974 devant l’assemblée de l’ONU : « Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour faire irruption dans l’hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils, c’est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire. »

Allez, pour finir sur une note positive, merci à Borloo de se décarcasser pour donner « la lumière pour tous » les Africains et enfin merci à tous ces talentueux footballeurs africains qui sont la richesse et font la fierté de l'équipe France ! Sauf s'ils tombent sur Joubert...


Photo X - Droits réservés

03/09/2017

Ouiquinde gastronomique braconnier

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Les lapins de champs du Grand Gaby

 

Grand long, dégingandé, sec

Perché sur un long cou d'échassier famélique,

Le Grand Gaby est un Prince de la barrique.

Ce fervent défenseur de l'ardeur vigneronne

Est médaillé d'honneur de la Coste-du-Rhône :

N'a-t-il pas englouti, pour se mouiller la glotte

Six cents hectos de vin, sans un verre de flotte!

Ceci en soixante ans d'une soif flamboyante,

Éteinte verre en bouche, de manière constante.

Tout comme d'autres tirent, Gaby boit des deux mains,

En saluant la foule, tel un tribun romain.

Le Grand Gaby, doté d'un vigoureux sésame

Est, cela va de soi, le chéri de ses dames.

Minettes délurées, bourgeoises en goguette

Attirées par sa réputation d'athlète,

Négligeant les on-dit qui prédisent leur perte,

Viennent à son mazet, ouvertes et offertes.

Elles doivent aimer le suint de sanglier

Car leur amant dégage un fumet de gibier.

Priape, Éros, Bacchus, protecteurs de Gaby,

Bénissent les amours cachés dans son gourbi.

Ses conquêtes, souvent, mangeront du lapin

Lorsque leur étalon part avec ses copains...

Le lapin, il est vrai, est sa spécialité,

Tant dans la casserole que contre ses beautés.

Souvent le Grand Gaby, quand vient le crépuscule,

Part hanter la garrigue où la chouette hulule.

Silencieusement, tous les sens aux aguets,

Il s'en va, dans la nuit, pour tendre ses arqués (1) :

De puissants pièges ronds, tendus par un ressort,

Pour les lapins de champs, synonymes de mort...

Quant l'aube aux doigts de roses éveille la nature

Gaby est déjà là pour prendre ses captures.

Les gardes le connaissent, tous veulent le coincer,

Mais le Grand, plus malin que la maréchaussée,

A toujours évité les rencontres néfastes

Tant, de son territoire, sa connaissance est vaste.

- Oh ! Victor, ton Gaby, c'est un bel oiseau rare !

Mais ses lapins de champs, comment il les prépare ?

- Espuillés (2), étripés, coupés en huit morceaux,

Un lapin de garenne chaque deux commensaux,

Tu frottes du thym sec de la dernière estive,

Tu arroses le tout de bonne huile d'olive,

Sel, poivre du moulin et quelques aromates

Et tu fais reposer cela dans une jatte.

Dans ta sartan (3), fonds du petit-salé en dés

Dans un peu de saindoux, quantité limitée.

Quand c'est cuit, mets de l'ail, trois oignons émincés

Trois tomates pelées, soigneusement pressées,

Fais réduire à feu vif sans cesser de tourner,

Rajoute ton lapin à peine fariné,

Fais prendre la couleur en remuant l'ensemble,

Trois verres de vin blanc ou plus si bon te semble,

Plus un morceau de sucre dans quelques verres d'eau.

Encore que la flotte ne soit pas mon credo. . .

Fais cuire sans couvrir, vivement, demi-heure.

Le Gaby l'accompagne par des pâtes au beurre.

Parmi les invités de ces repas de maître,

Le Grand convie parfois...notre garde-champêtre!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- 3 lapins de champs (de garenne), - 2 verres d'huile d'olive la vallée des Baux, - thym sec émietté, - sarriette, - laurier, - sel, - poivre du moulin, ­2 noix de saindoux, - 2 hectos de petit-salé, - 6 gousses d'ail pelé et écrasé, 3 oignons finement émincés, - 3 tomates pelées, mondées, épépinées, - 1 cuillerée à soupe de farine, - 3 grands verres de vin blanc, - 1 morceau de sucre, - 3 verres d'eau, - 1 kilo de pâtes.

 

Les vins conseillés:

 Tous les vins rosés bien frais: Côtes-du-Rhône, Tricastin, Ventoux, Lu­beron, Costières de Nîmes, Coteaux du Languedoc, Côtes de Provence, Coteaux varois.

 

(1) arqués: pièges demi-circulaires à ressort central.

(2) espuillé : écorché.

(3) sartan : poêle.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

02/09/2017

Ouiquinde érotique rimbaldien

serveuse cul nul.jpg

 

La serveuse

Verger de la Christine aux relents de cloaque, 
Buisson mouillé portant quelques morpions pour baies, 
Une motte à feux roux comme la haie 
En août d'une femme sans époques. 

Mais quelles fesses, voyez-vous ! 
Fesses magistrales, comtales, princières, 
Bonnes à condamner à la dossière 
La verge ponceau des récureurs d’égouts. 

Mais la langue vive et la bouche 
Baveuse et buveuse d'orgeats ! 
Langue fourrée, langue pineuse d'entrechats 
Ou d'entre-fesses ! Et les chibres qu'elle débouche ! 

Goulot d'amour, sa poitrine fleurie, ô ses seins ! 
Mammes roussottes ! Son anus rond : mon ergastule. 
- Gare, Christine ! si jamais je pars et te décule 
Et te brise les colonnades du bassin. 

 

Arthur Rimbaud

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

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Pour lire sur le sable :

Savourez un sulfureux Voyage

livre,chiloum

Livre classique ICI !

ou e-book  LA !

Mieux encore:

Feuilletez-le gratos ICI !

 

31/08/2017

Pollution : je vais chez Loulle boire l’apéro, mais j’y vais à pied !

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Photo X - Droits réservés

 

Quand j’aurai le temps, j’aurai honte… Honte de mon comportement citoyen déplorable qui porte atteinte à l’existence même de la planète et met en danger la vie de milliers d’innocents ; en effet, je suis redescendu de mes quartiers d’été sur les Hautes Terres du Gévaudan pour rejoindre mes pénates provençales. La honte, c’est que j’ai fait ce voyage dans ma petite bagnole, et que cette caisse marche au diesel ! Oui, vous avez bien lu, au diesel !

La honte donc. Enfin, celle qu' « on » voudrait nous insuffler, à nous, les ignobles salauds qui roulons en petite bagnole diesel ! Et pour nous remettre dans le droit chemin, on va nous taxer un peu plus. Bof, on a l’habitude et en fait on s’en fout. Mais l’embrouille c’est de vouloir nous culpabiliser pour camoufler l’arnaque : le passage de millions d’automobilistes du diesel vers l’essence, compte tenu de la plus grande dépense de carburant des voitures à essence, rapportera des millions voire des milliards de plus en taxes à l’État !

Bon. Voilà. J’ai fait mon caca nerveux. Maintenant on va parler plus sérieusement de la pollution, de ses dangers, de ses véritables responsables. Et de la mondialisation qui nous amène, depuis le bout du monde, l’essentiel des produits que nous consommons. Autant que les faibles coûts de main-d'œuvre, ce sont les coûts dérisoires du transport maritime qui saccagent nos industries et jettent au chômage des millions de pauvres types… Parce que 95 % ces produits arrivent dans les soutes d’énormes cargos et sur les ponts de gigantesques porte-conteneurs.

Les données confidentielles fournies par les initiés de l’industrie maritime en fonction de la taille du moteur et de la qualité du carburant généralement utilisé par les navires et les voitures montrent que seulement 15 des plus grands navires du monde peuvent émettre autant de pollution que toutes les 760 millions de voitures du monde. Le carburant de soute de navire de faible teneur (ou le mazout) a jusqu’à 2 000 fois la teneur en soufre du carburant diesel utilisé dans les automobiles européennes, asiatiques et américaines. La pollution des 90 000 navires de charge mondiaux entraîne 60 000 décès par an et coûte jusqu’à 330 milliards de dollars par année dans les coûts de santé liés aux maladies pulmonaires et cardiaques ! Voilà qui relativise les dangers générés par ma petite Sandero diesel…

La pollution par les navires reste l’une des parties les moins réglementées de notre système mondial de transport. Aujourd’hui, les entreprises maritimes ne réalisent pas moins de 450 milliards de dollars de bénéfices. Entre les mains d’une poignée de personnes, ces entreprises contrôlent notre système de consommation. De plus, chaque année, on comptabilise 122 naufrages, soit un naufrage tous les trois jours pour des navires de plus de 300 conteneurs. Tous les ans, 1,8 million de tonnes de produits toxiques contaminent nos mers, soit 5 000 tonnes par jour. C’est ce qu’on appelle les « marées blanches ». Bonjour les dégâts !

Une seule organisation a les moyens de prendre des mesures restrictives pour faire cesser ce scandale et cette tragédie, c’est l’OMI (Organisation Maritime Internationale) qui siège au sein même de l’ONU. En revanche, celle-ci est dirigée par les pays possédant les plus grandes flottes de cargos. Et qui sont-elles ? Le Panama, le Liberia et les Îles Marshall… Des pays qui permettent à ces navires de complaisances de passer inaperçus dans les hautes mers. L’OMI est donc aux mains des pays qui vendent leur nationalité aux armateurs les moins consciencieux. Ils ont donc tout pouvoir, ils ont le droit de vie et de mort… Mais c’est motus et bouche cousue.

Le transport maritime est responsable de 18 à 30 % de la pollution mondiale des oxydes d’azote (NOx) et de 9 % de la pollution mondiale par oxyde de soufre (SOx). Un grand navire peut générer environ 5 000 tonnes d’oxyde de soufre (SOx) en un an.

La Chine est devenue l’atelier de fabrication de l’essentiel des produits consommés dans le monde. Ces produits, il faut bien les transporter. Ça se fait donc par mer. Une nouvelle génération d’énormes conteneurs intercontinentaux, longs comme quatre terrains de football, a été développée : ils sont extrêmement rentables. Cependant, il utilise des moteurs diesel aussi puissants que les centrales électriques terrestres mais avec un carburant de qualité très inférieure puisqu’il s’agit des déchets du raffinage.

On pourrait élargir le débat aux avions, autres énormes pollueurs qui échappent largement à la réglementation, ou encore à l’agriculture et à ses tracteurs monstrueux. Sans oublier les poids lourds et les autobus, qui s’arrangent toujours pour échapper aux taxes qui retombent sur les malheureux automobilistes.

Bon, je vais chez Loulle boire l’apéro. Et j’y vais à pied !


Source:

https://www.france.tv/documentaires/animaux-nature/15747-le-monde-en-face-cargos-la-face-cachee-du-fret.html

https://www.theguardian.com/environment/2009/apr/09/shipp...

https://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/...


 

26/08/2017

Ouiquinde érotique avec Pierre Motin

bouche-chatte.jpg

 

 

Stances

 

Ces petits Cons, dont l'on fait fête,
Où le Vit ne met que la tête,
N'assouvissent point mon désir ;
J'aime les Cons de belles marges,
Les grands Cons qui sont gros et larges,
Où je m'enfonce à mon plaisir.

Les Cons si étroits de clôture
Et le laissent sans mouvement ;
J'aimerais mieux branler la pique
Que de foutre en paralytique :
Le plaisir gît au remuement.

Dans le grand Con de ma Maîtresse,
Mon Vit peut montrer son adresse,
Aller le trot, aller le pas,
Chercher partout son avantage,
Et monter d'étage en étage,
Maintenant haut, maintenant bas.

Comme le Monarque des Perses,
Jadis, par les saisons diverses,
Avait de diverses maisons,
D'un vit la majesté suprême
Dans un grand Con peut, tout de même,
Se loger en toutes saisons.

Foutre du Con de ces pucelles,
Serrez comme des escarcelles,
Où le Vit n'est en liberté !
J'ai, dans le Con de ma voisine,
Ma chambre, antichambre et cuisine,
Logis d'hiver, logis d'été.

Pierre Motin - 1618

 

 

Photo X – Droits réservés

 

16/08/2017

Au bistro de la toile : des œufs au fipro quoi ? Fipronil...

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- Allo. Salut Victor. Toujours dans tes Hautes Terres je vois. Quoi de neuf ?

- Hier j’ai mangé l’omelette aux girolles, puis les tripoux avec l’aligot. Le matin il fait entre 6 et 10° et on dort bien.

- Une omelette ? Avec des œufs ? T’as pas peur du Fipronil ?

- Ici, les œufs, c’est la voisine, Marguerite, qui me les apporte, direct du cul de ses poules. Des gallines qui cavalent partout, taquinent le ver de terre, coursent la sauterelle et se gavent de salade des champs. Le Fipronil, rien à foutre ! Mais ce truc à la kon montre les ravages de l’industrialisation de l’agriculture, poussant dehors les paysans pour les remplacer par des « exploitants agricoles » formés par les écoles d’agriculture, conditionnés par les chambres d’agricultures et dont la FNSEA bourre le crâne du grand credo ultralibéral de l’agriculture productiviste. Produire toujours plus, mais surtout au prix le plus bas. Tout cela pour satisfaire non pas le client, le consommateur, mais pour conforter les dividendes de la grande distribution, dictatoriale en la matière.

- Ouais mais ici, comment tu fais pour acheter des œufs disons « fiables ». Comment tu fais ici ? En ville, on n’a pas le cul des poules de Marguerite sous la main…

- Les œufs, je les achète au marché, à « Madame Teuf » comme je l’appelle. Une adorable fermière qui nous apporte chaque semaine la production de ses poules, pondue de la veille. Pour te dire que si on veut, on trouve.

- Ouais mais si on n’a pas le temps, on va au supermarché, et on prend ce qu’on trouve. Et puis, Victor, faut donner aux choses l’importance qu’elles ont : il faudrait manger 10 œufs par jour pour être intoxiqué par ce pesticide à la kon. On en est loin.

- Peut-être pas si loin que ça Loulle. Les œufs sont partout dans la bouffe actuelle. Dans les pâtes, dans la pâtisserie, dans les glaces, etc. Fait le compte, t’arriveras vite à tes dix œufs trafiqués. Et puis il y a autre chose. La prétendue faible toxicité pour l’homme de ce pesticide, c’est prôné par qui ? Par les « zautorités » compétentes, c’est-à-dire notre ministre de l’agriculture calquant son attitude sur celle de la Commission de Bruxelles. À noter que, dans un premier temps, les médias « mène strime » montraient des cartes avec la France épargnée ! « Pellerin, sort de ce corps ! » Comme au temps de Tchernobyl, le Fiponil s’était arrêté aux frontières ! Mais ça n’a pas duré. Faut savoir aussi que l’un des premiers « spécialiste autorisé » à avoir largement minimisé les effets néfastes de cette merde, c’est un très éminent toxicologue anglais, le Pr Bobbis clamant que ces doses étaient totalement inoffensives. Il faut savoir que ce type est vice-président du conseil d’administration de ILSI Europe, un puissant lobby étasunien dédié à la « sécurité alimentaire », mais qui est financé par Monsanto, Cargill, Danone, Coca Cola, Procter and Gamble, Syngenta, Nestlé et autres. Et ce puissant lobby noyaute à outrance l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA)… À savoir encore que ce type a aussi efficacement défendu les perturbateurs endocriniens, dont le glyphosate de Monsanto. Voilà le genre de pèlerin auquel on se fie…

- Mouais… Ça va foutre en bas encore quelques entreprises agricoles…

- Si ce sont des marchands de merde, tant mieux si elles disparaissent. Le populo semble enfin prendre conscience de sa puissance : c’est lui qui sort ses sous ! Donc il doit pouvoir choisir. D’où le développement du bio (encore que… depuis que c’est un créneau juteux et que la grande distribution s’en mêle, faut être dubitatif). Le (pas si) con-sommateur cherche de plus en plus les produits locaux, privilégie les circuits courts et se méfie du bourrage de crâne.

- Ouais. Ça, c’est pour ceux qui ont le temps et quelques moyens, les autres, ceux qui triment pour une poignée de figues quand ils ont un boulot ou survivent avec les minima sociaux, ceux-là, ils vont dans les grandes surfaces et achètent toujours le moins cher, donc toujours de la merde…

- Et ouais Loulle. Allez, je te laisse. Paie une tournée sur mon compte.

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

13/08/2017

Ouiquinde gastronomique corse

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Regina


C'est à Porto Poli, près de Pila Canale

Que vivait Regina sur sa Corse natale

Les pouristes n’avaient pas encore envahis

Les criques parfumées de ce si beau pays

 

Je plongeais au corail et chassais la girelle

Dans la mer cristalline ou bien sous les tonnelles

De la guinguette bleue où, aux parfums du soir,

La jeunesse dansait quand chantaient les guitares.

 

Moi j’avais dix-huit ans, elle tout juste seize

Je sentais contre moi frémir son corps de braise

Elle m’a serré fort quand je l’ai caressée,

 

J’ai plongé dans ses yeux et je l’ai embrassé.

Le lendemain matin, c’était une autre affaire 

Quand ses frères m’ont dit : “ Qu’est-ce que tu comptes faire ? ! ”

 

 

- Bon. Et alors, Victor ! Franchement, qu’as-tu fait ?

- Ils n’étaient pas méchants, ils voulaient m’esbrouffer,

Ça m’a coûté plusieurs tournées de Casanis

Si bien qu’en rien de temps, nous étions des amis.

Je suis allé chez eux et nous avons mangé

Ce que j’avais pêché : de superbes rougets.

Le père était pêcheur et s’appelait Toussaint,

Il a fait les rougets à la crème d’oursins.

Tu comptes deux poissons moyens par invité,

Alors, par les ouïes, il te faut les vider,

C’est assez délicat mais c’est indispensable,

Avec un peu de soin, tu en seras capable.

Tu vas les écailler, les rincer, les sécher,

Dans un plat les saler, poivrer et asperger

D’huile d’olive corse et puis les oublier

Pendant trente minutes, au frais, dans le cellier.

Pendant ce temps, petit, tu prépares ta farce

Tout en buvant un coup avec quelques comparses.

Un peu de mie de pain humectée dans du lait,

Des feuilles de myrte fraîches finement ciselées,

Sel, poivre, jaune d’œuf, du beurre ramolli,

Gousses d’ail écrasées comme pour l’aïoli,

Tu pistes bien le tout dans le creux d’un mortier

Met de l’huile d’olive et tourne pour lier.

Avec cet appareil, tu farcis tes poissons,

Toujours par les ouïes, c’est la seule façon.

Place chaque rouget sur un papier d’alu,

Saupoudre avec du sel et du poivre moulu,

Ferme tes papillotes, glisses-les sous la cendre

Chaude mais pas brûlante. Dessus tu vas répandre

Des braises rougeoyantes avec la pince en fer.

Laisse-les comme ça, un quart d’heure, sans t’en faire.

Pendant ce temps, occupe-toi de tes oursins.

Tu les ouvres au ciseau, pas comme un assassin,

Bien délicatement tu en sors le corail,

Tu récupères l’eau ainsi que la mouscaille

Qu’il te faudra filtrer finement au chinois,

Un peu d’huile d’olive et du beurre une noix,

Tu mélanges le tout et fouettes vivement

Afin d’émulsionner ces quatre ingrédients.

Tu sers tes papillotes ouvertes sur l’assiette,

Et nappes avec ta crème d’oursins à peine tiède.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :


Pour les poissons et leur farce:

- 12 rougets de roche vidés par les ouïes, - 2 douzaines de feuilles de myrtes fraîche (à défaut prenez du basilic), - 3 jaunes d'œuf, - gros comme un œuf de beurre ramolli (sorti du frigo une heure avant), - de la mie de pain humectée de lait (la valeur d'un bol), - 3 gousses d'ail, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - sel, - poivre.

Pour la sauce:

- 3 douzaines d'oursins, - 1 cuillerée à soupe d'huile d'olive, - 1 noix de beurre ramolli.

 

Les vins conseillés:

Les vins corses sont évidemment idéaux pour cette recette insulaire. Rosés Patrimonio, de Figari, d’Ajaccio, rosés de la côte orientale. Mais les Côtes-du-Rhône blancs et rosés accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-les-Vi­gnes, Villedieu, Visan, Beaumes-de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Saint-Hilaire-d'Ozilhan.

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux-d'Aix-en-Provence, Bellet.

 

 

Photo X – Droits réservés

07/08/2017

Au bistro de la toile : j'en ai marre du lavage de cerveau !

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- Oh ! Loulle. Quoi de neuf dans tes canards laquais ?

- Némar, Némar, Némar. A t'en donner le racabomi, le dégueuli de ce fouteux acheté comme de la barbaque par les esclavagistes qataris. Et puis le kon de bestiau chinois qui a accouché. Et puis un peu Hussain Bolt.

- En voilà des choses importantes Loulle ! Il faut « divertir » le populo Loulle. Du pain et des jeux. C'est vieux comme le monde. Ça consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. On nous met sous le nez Némar pour nous cacher la Loi Travail et autres joyeusetés macroniennes.

- Et pourquoi c'est comme ça Victor ?

- Parce que, bafouant les lois sortis de la Résistance, les banquiers, les marchands d’armes, les marchands de béton et autres industriels ont mis leurs griffes sur la presse. Parce que les plumitifs sont payés – mal pour la plupart - pour dire ce que veulent les patrons des organes de presse. Ils sont les outils obéissants des puissants et des riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Leurs talents, leurs facultés et leurs vies appartiennent à ceux qui les paient. Ils sont comme les prostiputes : elles vendent leur cul, ils vendent leurs cerveaux…

Et là, on est loin du programme du Conseil national de la Résistance sur la presse ! Ce que veulent ceux qui tiennent les me(r)dias, c'est imposer aux gens une société qui les prive de leurs libertés tout en les empêchant de s’en rendre compte, par exemple en détournant leur attention sur des sujets futiles ou en leur faisant croire que ce sont des mesures nécessaires pour les protéger, tout en causant sournoisement ce qui nécessite ces mesures de protection.

Quant aux médias qui ne sont pas « dans la ligne », il faut les foutre en bas. Ainsi le Monde Diplomatique exclut des aides à la presse. Ainsi, il y a deux ou trois ans, l'offensive fiscale contre Médiapart, média encore libre qui dérange et auquel les vautours de Bercy réclament plus de 4 millions. En espérant ainsi le fusiller...

- C'est de la manipulation, tu veux dire...

- Exactement. Et ceux qui nous manipulent sont des pros en la matière. Tiens, par exemple ce que ces voyous cyniques nomment « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine ou des attentats sanglants afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics. On est en plein dedans avec Macron.

- Mais comment se fait-il que nous soyons si kons ?

- Parce qu'on nous rend kons. Pour cela il y des méthodes éprouvés. En premier lieu faire appel à l'émotionnel pour court-circuiter le rationnel et donc le sens critique. Tiens par exemple, ton bestiau chinois qui a chié un lardon. L'émotionnel, c'est cette bouboule de poil qui donne naissance à des jumeaux, et, cerise sur le gâteau émotionnel, voilà qu'une de ces mignonnes petites bébêtes crève. C'est bon ça Coco, ça fait pleurer dans les chaumières. Le rationnel, on le cache soigneusement : c'est que ce couple de bestiaux ridicules coûte à la France, donc à nous, un million par an de location aux Chinetoques ! Si ça c'est pas nous prendre pour des kons, je n'y comprend plus rien.

L’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements… Ainsi la vision ad nauseam des corps de pauvres Africains noyés et au contraire les images réconfortantes de « sauveteurs » altruistes montés sur les navires des ONG permet de faire accepter l'invasion des migrants, conséquence du pillage des richesses de l'Afrique, pour le plus grand profit des patronats avides de main d’œuvre quasi-esclave et de clientèle pour des produits inutiles. .

Pour nous rendre kons, la publicité est aussi une arme redoutable. La publicité s'adresse au public comme à des enfants en bas-âge. La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisant, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant.

Ce public, il faut le maintenir dans l'ignorance et la bêtise. Les séries télés et les jeux débilitants sont là pour ça. Les séries matraquent à longueur d'antennes le « mode de vie » de l'Empire étazunien. Les radios déculturent les auditeurs en imposant des sous-merde « musicales » dans la langue du « maître ». Et l'éducation n'arrange pas les choses. Sous la pression de « l'éduquer utile » prôné par les patrons, les programmes de l'école doivent faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. Ainsi de l'implantation de puces RFID a des fins « récréatives » ou de facilité. Ça arrive à grands pas. Il est bon aussi d'encourager le public à se complaire dans la médiocrité, à trouver « cool » le fait d'être stupide, vulgaire et inculte. D'où le succès d'Hanouna, enfant chéri de Bolloré.

- Merde, c'est vrai ce que tu dis Victor. Et on ne s'en rend pas compte. On culpabilise même de ne pas « réussir »...

- Eh oui Loulle. Le fin du fin c'est de remplacer, dans les boyaux de la tête de la « populace », la révolte par la culpabilité. Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !

- Mais enfin Victor, comment « ils » - ceux qui nous manipulent et nous gouvernent – arrivent à nous prendre ainsi pour des kons ?

- Parce qu'ils nous connaissent par cœur. Depuis quelques décennies les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système - tenu par les Google, Amazon et autres multinationales s'imposant hors des lois - détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes. De plus, l'individu lamba se complaît à se livrer pieds et poings liés à ceux qui le manipulent. A travers les instruments vicelards que sont les réseaux sociaux, genre facebook ou les gens se livrent entièrement, avec une naïveté confondante, à la cupidité marchande mais aussi aux pouvoirs occultes qui régissent les politiques !

- Ben dis donc ! On n'est pas sorti de l'auberge...

- Allez, sers ma tournée ! C'est toujours ça « qu'ils » n'auront pas. Et ouvre un peu la porte, il fait trop chaud !

 

 

Illustrations: merci à Chimulus et X - droits réservés

06/08/2017

Hommage au grand, au monumental, à l'Universel RABELAIS !

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Il est des petits plaisirs qui, pour être humbles et quotidiens, n'en sont pas moins très jouissifs. Ainsi, chaque matin, lorsque je vais « téléphoner au Medef » selon mon expression, ces quelques minutes de transfert libèrent tant les boyaux de la tête que ceux du ventre ! Des idées agréables s'enchainent, des images lumineuses se bousculent tandis que la nature reprend ses dons dans le chuintement d'une douce musicalité.

Puis vient le moment de se torcher le cul... La fonctionnalité de notre monde actuel a dévolu au papier le soin de s'acquitter de cette tâche. D'autres préfèrent les pierres, les feuilles, voire tout simplement le doigt qui libère ensuite sa créativité en virgules et autres arabesques et portraits selon l'abondance.

Bien. Mais nous avons-nous-même, depuis bien des longtemps, creusé cette question essentielle. La plus belle illustration de ces recherches hédonistes nous vient de notre grand Rabelais. Je vous la délivre avec délectation :

« Les cents et une manières de se torcher le cul.

J'ay (respondit Gargantua) par longue et curieuse experience inventé un moyen de me torcher le cul, le plus seigneurial, le plus expedient que jamais feut veu.
- Quel ? dict Grandgousier.
- Comme vous le raconteray (dist Gargantua) presentement.
« Je me torchay une foys d'un cachelet de velours de une damoiselle, et le trouvay bon, car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande;
« une aultre foys d'un chapron d'ycelles, et feut de mesmes;
« une aultre foys d'un cache coul;
« une aultre foys des aureillettes de satin cramoysi, mais la dorure d'un tas de spheres de merde qui y estoient m'escorcherent tout le derrière; que le feu sainct Antoine arde le boyau cullier de l'orfebvre qui les feist et de la damoiselle qui les portoit!
« Ce mal passa me torchant d'un bonnet de paige, bien emplumé à la Souice.
« Puis, fiantant derrière un buisson, trouvay un chat de Mars; d'icelluy me torchay, mais ses gryphes me exulcererent tout le perinée.
« De ce me gueryz au lendemain, me torchant des guands de ma mere, bien parfumez de maujoin.
« Puis me torchay de saulge, de fenoil, de l'aneth, de marjolaine, de roses, de fueilles de courles, de choulx, de bettes, de pampre, de guymaulves, de verbasce (qui est escarlatte de cul), de lactues et de fueilles de espinards, - le tout me feist grand bien à ma jambe, - de mercuriale, de persiguire, de orties, de consolde; mais j'en eu la cacquesangue de Lombard, dont feu gary me torchant de ma braguette.
« Puis me torchay aux linceux, à la couverture, aux rideaulx, d'un coissin, d'un tapiz, d'un verd, d'une mappe, d'une serviette, d'un mouschenez, d'un peignouoir. En tout je trouvay de plaisir plus que ne ont les roigneux quand on les estrille.
- Voyre, mais (dist Grandgousier) lequel torchecul trouvas tu meilleur ?
- Je y estois (dist Gargantua), et bien toust en sçaurez le tu autem. Je me torchay de foin, de paille, de bauduffe, de bourre, de laine, de papier. Mais
Tousjours laisse aux couillons esmorche
Qui son hord cul de papier torche.
- Quoy! (dist Grandgousier) mon petit couillon, as tu prins au pot, veu que tu rimes desjà ?
- Ouy dea (respondit Gargantua), mon roy, je rime tant et plus, et en rimant souvent m'enrime. Escoutez que dict nostre retraict aux fianteurs :
Chiart,
Foirart,
Petart,
Brenous,
Ton lard
Chappart
S'espart
Sur nous.
Hordous,
Merdous,
Esgous,
Le feu de sainct Antoine te ard!
Sy tous
Tes trous
Esclous
Tu ne torche avant ton depart !
« En voulez vous dadventaige ?
- Ouy dea, respondit Grandgousier.
- Adoncq dist Gargantua :


RONDEAU
En chiant l'aultre hyer senty
La guabelle que à mon cul doibs;
L'odeur feut aultre que cuydois :
J'en feuz du tout empuanty.
O ! si quelc'un eust consenty
M'amener une que attendoys
En chiant !
Car je luy eusse assimenty
Son trou d'urine à mon lourdoys;
Cependant eust avec ses doigtz
Mon trou de merde guarenty
En chiant.


« Or dictes maintenant que je n'y sçay rien! Par la mer Dé, je ne les ay faict mie, mais les oyant reciter à dame grand que voyez cy, les ay retenu en la gibbessiere de ma memoire.
- Retournons (dist Grandgousier) à nostre propos.
- Quel ? (dist Gargantua) chier ?
- Non (dist Grandgousier), mais torcher le cul.
- Mais (dist Gargantua) voulez vous payer un bussart de vin Breton si je vous foys quinault en ce propos ?
- Ouy vrayement, dist Grandgousier.
- Il n'est (dist Gargantua) poinct besoing torcher cul, sinon qu'il y ayt ordure; ordure n' y peut estre si on n'a chié; chier doncques nous fault davant que le cul torcher.
- O (dist Grangousier) que tu as bon sens, petit guarsonnet! Ces premiers jours je te feray passer docteur en gaie science, par Dieu! car tu as de raison plus que d'aage. Or poursuiz ce propos torcheculatif, je t'en prie. Et, par ma barbe! pour un bussart tu auras soixante pippes, j'entends de ce bon vin Breton, lequel poinct ne croist en Bretaigne, mais en ce bon pays de Verron.
- Je me torchay après (dist Gargantua) d'un couvre chief, d'un aureiller, d'ugne pantophle, d'ugne gibbessiere, d'un panier, - mais ô le mal plaisant torchecul! - puis d'un chappeau. Et notez que les chappeaulx, les uns sont ras, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres taffetasser, les aultres satinizez. Le meilleur de tous est celluy de poil, car il faict très bonne abstersion de la matiere fecale.
« Puis me torchay d'une poulle, d'un coq, d'un poulet, de la peau d'un veau, d'un lievre, d'un pigeon, d'un cormoran, d'un sac d'advocat, d'une barbute, d'une coyphe, d'un leurre.
« Mais, concluent, je dys et mantiens qu'il n'y a tel torchecul que d'un oyzon bien dumeté, pourveu qu'on luy tienne la teste entre les jambes. Et m'en croyez sus mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté mirificque, tant par la doulceur d'icelluy dumet que par la chaleur temperée de l'oizon, laquelle facilement est communicquée au boyau culier et aultres intestines, jusques à venir à la region du cuers et du cerveau. Et ne pensez que la beatitude des heroes et semi dieux, qui sont par les Champs Elysiens, soit en leur asphodele, ou ambrosie, ou nectar, comme disent ces vieilles ycy. Elle est (scelon mon opinion) en ce qu'ilz se torchent le cul d'un oyzon, et telle est l'opinion de Maistre Jehan d'Escosse. »

 

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« Mondial Rabelais » : Concours international des meilleurs saucissons.

 

Lorsque Gargantua sorti de Gargamelle

Avant de se jeter sur les grasses mamelles,

Claquant sa langue dans son immense clapoir,

Il a crié : « A BOIRE ! »

On lui servit un seau à vendange de vin

Puis lorsqu'il eu torché le breuvage divin

Pour réclamer du rab, remettre les consos

De son énorme zob il frappa sur le seau

Par six fois, assoiffé, réclamant sa boisson

Et il sortit du SEAU SIX SONS !

Ainsi fut prononcée, pour la première fois,

Rabelais s'en souvient, il est digne de foi,

Ce vocable sublime, le mot de SAUCISSON

Qui rime avec cochon tout comme avec boisson.

 

Présenté officiellement le 28 Juillet dernier, le premier concours international des meilleurs saucissons « Médaille Rabelais » a déclenché un sympathique raz de marée médiatique et les quelques bénévoles de l’Académie Ardéchoise des Amateurs de Saucisson peinent à répondre aux demandes de renseignements et, déjà, aux inscriptions.

Comme il fallait s’y attendre, les meilleurs charcutiers de France, petits et grands, connus et inconnus, se préparent à présenter des échantillons et, avec eux, des Italiens, des Espagnols, mais aussi des Portugais, des Polonais et, même, des Suisses.

Le record de distance avec l’Ardèche revient toutefois à la charcuterie Amar, située…en Australie et qui a confirmé sa candidature samedi 5 août.

Le premier « Mondial Rabelais » devrait se dérouler, comme prévu, au printemps 2018 en Ardèche, dans le charmant village de caractère Vanosc, non loin d’Annonay. avec le soutien du Département, de la Région, de l’association AIRE-N7 Territoire de terroirs, la bienveillance du ministère de l’Agriculture, d’une très large part de la profession et l’intérêt de plusieurs associations de consommateurs.

Le concours de dégustation proprement dit, anonyme et contrôlé par huissier, ne sera pas ouvert au public. Seuls opéreront les jurés (non professionnels de la charcuterie), formés par le Laboratoire d’analyse sensorielle LACO, de Suze-la-Rousse et managés par un coach spécial, dont les décisions seront souveraines. Le public sera admis à la proclamation des résultats et au buffet final…avec dégustation.

Les plus grands experts mondiaux en matière de salaisons sont aujourd’hui membres du Comité Scientifique de l’Académie, avec quelques sommités de l’alimentation, du goût et de la gastronomie, comme Jacques Puisais, fondateur de l’Université du Goût, ou encore Régis Marcon, président du Bocuse d’Or.

Pour la présentation officielle de l’événement, le recteur René-Louis Thomas avait à ses côtés Bernard Delaye, président du Grand Concours des Vins de France , ainsi qu’ Andrée Jovine, directrice du Laboratoire d’analyse sensorielle LACO, de Suze-la-Rousse.

Le prochain concours doit beaucoup à la « civilisation du vin », symbolisée par la mise en avant des « vins qui vont avec » les meilleurs saucissons et que représenteront quatre vignerons mousquetaires. Les deux premiers étaient présents fin juillet : pour la Nord, Patrick Meyet, de Chiroubles, pour le sud, Frédéric Penne, de Sainte-Cécile-les-vignes.

Le concours international des meilleurs saucissons « Médaille Rabelais » n’a pas vocation à sacrer le meilleur saucisson du monde, qui n’existe pas, mais à distinguer et mettre en avant les producteurs de qualité, gros, moyens, petits ou très petits, entreprises ou artisans, qui honorent leur profession et respectent les consommateurs.

L’Académie s’appuie sur les recherches des meilleurs experts mondiaux en matière de salaisons, engagés dans la réduction des taux de sel et de salpêtre, la recherche du goût juste, la qualité organoleptique, la santé et le plaisir des consommateurs. Elle défend la notion française d’appellation d’origine et la promotion des IGP.

Pour toutes infos : htttp://www.mondialdusaucisson.com

 

Photos X - Droits réservés

 

 

05/08/2017

Ouiquinde érotique avec "Bébert" Glatigny.

 

Je veux vous adorer ainsi qu'une déesse,
Et, quand le ciel mettra son manteau brun du soir,
J'élèverai vers vous, Ô blonde enchanteresse !

Ma pine, comme un encensoir !


Et je ferai sortir en blanchissante écume,
Le foutre parfumé de ce rude flacon,
Et je transvaserai cette liqueur qui fume,

Dans le vase de votre con !


Votre con, si barbu qu'un sapeur de la Garde,
En voyant sa toison, est devenu jaloux,
Ô madame ! j'en veux faire le corps de garde

Où campe mon vit en courroux !


J'y veux fourrer mon nez, j'y veux plonger ma langue,
Et noyé dans cette ombre, alors, j'irai cherchant
Tous les mots inconnus de la molle harangue

Que l'on fait en gamahuchant !

 

Albert Glatigny (1839-1873) Poète satirique et comédien fut l'un des principaux animateurs du Théâtre érotique de la rue de la Santé. On lui doit entre autres œuvres le fameux recueil érotique « Joyeusetés galantes et autres du vidame Bonaventure de la Braguette. »

 

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03/08/2017

Au bistro de la toile : allo, à l’eau !

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- Allo Loulle ?

- Lui-même. Oh ! C’est toi Victor. Je reconnais ta grande gueule, même au bigophone. Alors, quel temps fait-il sur les Hautes terres ?

- Ce matin, 12°. On dort avec une petite couvrante. Et dans la journée, ça monte tout de même à 30°.

-… teng ! T’es vernis. Ici, ça tangente les 40°. Même les cigales en ont la flemme. Les clients ont la langue qui pègue et ne parlent même plus. Le pastaga s’évapore dans les verres… Et l’eau va devenir hors de prix.

- Explique. C’est pas que j’en boive beaucoup, et pour ma toilette, je pratique le nettoyage à sec : je me gratte !

- Eh bien voilà. La communauté du Grand Avignon a eu à débattre du problème de l’eau sur le territoire de la communauté. Beaucoup, dont Cécile Helle maire d’Avignon, la maire de la principale ville de la communauté, voulaient revenir à une gestion publique de l’eau, à travers une régie communautaire, loin des multinationales, de leur opacité, de leur appât du gain. Bien des villes et des communautés ont fait ce choix en France et les usagers s’y retrouvent tant au niveau du tarif que des services. Mais voilà, le président de la communauté du Grand Avignon, le citoyen Roubaux Jean-Marc, par ailleurs maire de Villeneuve, la cité jumelle d’Avignon, formé à la grande tradition magouillarde de l’UMP, l’a renvoyé sur les roses : « Je ne joue pas aux dés. Nous sommes gestionnaires de l’argent public, notre ligne directrice, c’est l’intérêt général, 365 jours par an, ce que sont capables de faire les grands groupes dont c’est la spécialité, pas nous au Grand Avignon ». Ben voyons.

Au terme du vote - où les conseillers FN ont démonté le système de régie municipale et accordé leur voix au président - la gestion de l’eau de la ville d’Avignon sera de nouveau confiée à un prestataire privé, qui sera choisi au cours de l’été 2018 pour être opérationnel à partir du 1er janvier 2019 et cela pour une durée de 10 ans.

- Puisque c’est comme ça, Loulle, j’en boirais plus d’eau. Où du moins, peu et seulement désinfectée par le pastis ! Finalement, Helle est cocue dans cette histoire. Eh ! Ici aussi, il s’en passe de belles.

- Raconte.

- Ben voilà. Fin juillet une jeune fille envoie un SMS angoissant à son copain, lui expliquant qu’elle avait été enlevée, mise dans le coffre d’une voiture, enfermée dans un lieu inconnu, pour finalement être relâchée par ses ravisseurs.

Le jeune, affolé, prévient les gendarmes qui mettent en place tout un dispositif. Pour la retrouver, une cinquantaine de bourres étaient partis sur sa piste, aidés d’un hélicoptère, qui avait survolé le nord Lozère jusqu’au Puy-en-Velay pendant deux heures et demie ! La fille a été retrouvée le dimanche 23 juillet, vers 18 heures, à Saint-Chély-d’Apcher.

- Ouf. Tout est bien qui finit bien.

- Ouais, Loulle, seulement voilà. Les pandores ont un peu cuisiné la belle et… elle a avoué – la gourgandine - avoir tout inventé pour s’organiser un week-end coquin avec un homme au Puy-en-Velay ! Selon les enquêteurs, il s’agirait d’un homme politique… Mais chut, faut pas que ça s’ébruite.

- Ah ! Ah ! Ah ! Eh bien, le jeune homme vient d’entrer dans la grande famille des cornus ! Au pays des vaches Aubrac, il ne détonnera pas !

- Loulle, on peut être cocu et philosophe : ne vaut-il pas mieux avoir une participation sur un volcan (d’Auvergne !) que l’exclusivité d’une banquise ? Allez, à la nôtre, je lève mon verre Loulle. À bientôt.

- À la nôtre Victor. Et ten té galhard !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

30/07/2017

Gastronomie dominicale de bord de rivière.

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La soupe d’ablettes du Père Bijoudi

 

Sous son passe-montagne enroulé en bonnet,

Deux yeux d'un gris normand et un nez basané

Surmontaient une barbe hirsute et flamboyante

Chapeautée par le tourbillon de deux bacchantes.

Emergeait de sa bouche aux dents de carnassiers

Une longue bouffarde à tête de bélier.

Vêtu de hardes vertes et botté de cuissardes

Le Père Bijoudi, aux origines sardes,

Surnommé par ici « le pirate du Rhône »,

Menait sa barque plate parmi ilots et lônes.

Le fleuve dangereux, ami et adversaire,

N'avait pas de secret pour ce grand solitaire.

Il connaissait par cœur les remous, les courants,

Les vasières, les trous, les nids de cormorans,

Les gouffres à anguilles, les passages d'aloses,

Les grands cadavres d'arbres que chaque crue dépose,

Agachon des brochets, perchoirs pour les butors,

Cauchemar des pêcheurs, refuge des castors.

Quand le jour s'estompait, calé dans sa barcasse,

II ramait pour poser ses filets et ses nasses

Qu'il irait relever à l’aurore suivante

Sans jamais déroger, qu'il pleuve, neige ou vente.

Personnage secret, taciturne à l’envi

Le Père Bijoudi a sauvé bien des vies

Lorsque le Fleuve-dieu, en ses grandes colères

Happait les imprudents dans ses eaux meurtrières.

Les jours de grandes crues, devant la ville inquiète,

Il préparait sa barque pour pêcher les ablettes:

Un grand filet carré ouvert par deux arceaux,

Pendu à un levier en tête de vaisseau.

A chaque relevée, le piège, en émergeant

Prélevait dans les eaux quelques éclairs d'argent.

Le Père Bijoudi les vendait aux badauds

Qui surveillaient la crue, au sec, sur les bord' eaux.

Lui, ce qu'il préférait, c'est la soupe d'ablettes...

- Ça c'est original Victor! Zou ! La recette !

- Prépare et fais sauter tomates et oignons

Dans de l'huile d'olive. Thym, laurier et sarriette.

Quand c'est bien coloré, rajoute tes ablettes.

Puis tu mouilles au vin blanc, cabernet-sauvignon,

Des vins de la Vallée, pas des vins bourguignons,

Ugni blanc ou clairette, coupé d'eau par moitié.

Bois un coup toi aussi et sales volontiers.

Attention! Tes poissons ne sont jamais vidés

C'est par là que ta soupe prend son parfum iodé.

Fais bouillir à feu vif dix à douze broquilles,

Le temps de fusiller, entre amis, une quille.

Au moulin à légumes tu vas alors passer

Les ablettes et leur jus. Après, tu vas presser

L'ensemble dans un linge. Serre sans te brûler,

Exprime tous les sucs et laisse bien couler.

Tu remets sur le feu, ajoutes du safran,

Attention, du pistil et pas du colorant,

Le safran est très cher, mais ne soit pas grigou:

Ton assaisonnement doit être de haut goût,

Coupées en minces tranches, quelques pommes-de-terre

Donneront à ta soupe du corps, du caractère.

Sers avec du râpé, gruyère ou parmesan,

Ce plat original, parfumé et puissant.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

Qui naissent au soleil en terres de Provence.

 

 Illustration originale Vincent Barbantan

29/07/2017

Ouiquinde érotique : marions-nous !

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La marche nuptiale

 

Mariage d'amour, mariage d'argent
J'ai vu se marier toutes sortes de gens
Des gens de basse source et des grands de la terre
Des prétendus coiffeurs, des soi-disant notaires

Quand même je vivrai jusqu'à la fin des temps
Je garderais toujours le souvenir content
Du jour de pauvre noce où mon père et ma mère
S'allèrent épouser devant Monsieur le Maire

C'est dans un char à bœufs, s'il faut parler bien franc
Tiré par les amis, poussé par les parents
Que les vieux amoureux firent leurs épousailles
Après long temps d'amour, long temps de fiançailles

Cortège nuptial hors de l'ordre courant
La foule nous couvait d'un œil protubérant
Nous étions contemplés par le monde futile
Qui n'avait jamais vu de noces de ce style

Voici le vent qui souffle emportant, crève-cœur
Le chapeau de mon père et les enfants de chœur
Voilà la pluie qui tombe en pesant bien ses gouttes
Comme pour empêcher la noç', coûte que coûte

Je n'oublierai jamais la mariée en pleurs
Berçant comme un' poupée son gros bouquet de fleurs
Moi, pour la consoler, moi, de toute ma morgue
Sur mon harmonica jouant les grandes orgues

Tous les garçons d'honneur, montrant le poing aux nues
Criaient: " Par Jupiter, la noce continue ! "
Par les homm's décriée, par les dieux contrariée
La noce continue et Viv' la mariée !

 

Georges Brassens

 

https://www.youtube.com/watch?v=yF9VP_un3XA

 

Photo X - Droits réservés

 

**************************************

 

Écoute ! Écoute !

 

C'est un mec qui, après cinq ans de vie avec sa copine, décide de se marier. Et à l'église en plus... Mais il ne connaît pas trop les coutumes à propos de l'offrande au prêtre, alors à la fin du mariage, il en parle à celui-ci qui lui dit :
- En fait plus la mariée et jolie plus c'est cher !
Alors, le jeune homme regarde sa copine, met la main dans sa poche, sort une pièce de 1 euro et la donne au prêtre qui dit alors :
- Attendez ! Je vous rends la monnaie.

 

23/07/2017

Ouiquinde érotico-gastronomique d'été.

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 Charlotte

 

Lorsque l’air surchauffé tremble au soleil lion

Qui calcine la plaine au feu de ses rayons,

En émergeant de l’ombre, Charlotte vient au puits

Et plonge son amphore dans l’eau fraîche qui luit.

 

Cambrée, les bras au ciel, elle ôte sa chemise

D’un geste coutumier mais d’une grâce exquise.

Voluptueusement elle fait couler l’eau

Qui caresse ses seins, et ses reins, et son dos.

 

Pâmée, les yeux mi-clos, secouant sa crinière

Elle crée une aura de perles de lumière.

Arquée comme une harpe, elle s’offre à Phébus.

 

Tapi dans un fourré, mon cœur, mes sens s’enflamment,

Fascinés de désir pour la fleur de lotus

Qui orne la vallée qui fait d’elle une femme.

 

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La lotte au safran

 

- Au lieu de te planquer pour mater la Charlotte

Pourquoi pas l’inviter, Victor ? C’était plus franc !

Ce qu’il te fallait faire, c’est une queue de lotte

Que tu lui cuisinais à l’ail et au safran.

Pour séduire Charlotte en un repas intime

Il faut, évidemment, lui faire un peu de frime.

Sur le bord de son puits, pose un bouquet de fleurs !

Chante-lui une aubade ! Montre-toi enjôleur !

Mets-toi à ses genoux ! Mieux encor, fais-la rire,

C’est souvent le moyen le plus sûr pour séduire.

- Oh ! Lâche-moi la grappe, car pour le baratin

J’en remontrerais même à un Napolitain !

Dis-moi plutôt comment je fais cette baudroie,

C’est le nom de la lotte, ici, dans nos endroits.

- Prends une queue de lotte d’une livre et demi

Faut être généreux, fais pas d’économies.

Demande au poissonnier d’enlever l’os central,

Il n’y a pas d’arêtes dans ce drôle d’animal.

Au mortier tu écrases un ail et du persil

Quelques grains de cumin, du safran en pistils

Allonge l’appareil d’un peu d’huile d’olive

C’est la plus parfumée et la plus digestive.

Tu en mets à chauffer aussi dans ta cocotte.

Sur ton plan de travail, étends tes demi-lottes,

Tu garnis l’intérieur de ta préparation,

Sales légèrement, reformes le poisson

Enfin, avec du fil, tu le brides serré

Tu le mets en cocotte et tu le fais dorer.

Puis tu baisses le feu et fais cuire à feu doux,

Tu le tournes et surveilles, vingt-cinq minutes en tout.

Puis tu réserves au chaud sur le plat de service.

Déglace ta cocotte au Beaumes-de-Venise

Rajoute du safran en pistils ou en poudre

Puis un jet de Cognac, mais pas un dé à coudre,

Un peu de crème fraîche pour donner du liant

Tu nappes ton poisson et sers ce plat friand.

Tu verras pétiller dans les yeux de ta belle

Des promesses de joie, d’amour et de dentelles.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 queues de lotte d'une livre et demi chacune, - 3 gousses d'ail, - 1 bouquet de persil plat, - 1 cuillerée à café de cumin en poudre, - 12 pistils de safran, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 3 cuillerées à dessert de fleur de sel de Camargue, - 1 petit pot de crème fraîche, - 1 verre de Beaumes-de-Venise, - 1 verre de Cognac.

 

Les vins conseillés:

Ce plat de poisson à la saveur puissante s'accommode parfai­tement de vins blancs ayant du caractère: Côtes-du-Rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Châteauneuf-­du-Pape.

Coteaux-du-Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette-de-Bellegarde.

Côtes-de-Provence de Palette, Coteaux-varois de Salernes, Saint-Maximin, Bellet.

Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du ­Rhône d'Estézargues, Côteaux-d'Avignon, Chusclan, Roche­gude, Saint-Maurice-sur-Aygues, Sablet. Costières-de-Nîmes. Coteaux-du-Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Coteaux-varois de Tour­ves, Barjols, Nans-les-Pins.

 

Photos X - Droits réservés

20/07/2017

La gamelle dans tous ses états (généraux).

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Les producteurs de melons, comme ceux d'abricots, jettent leur production. Un scandale et une honte. Mais aussi une réalité qui décourage, pousse à la ruine et souvent au suicide bien des agriculteurs. Concurrence « libre » mais faussée des produits équivalents espagnols se plaignent les exploitants français. C'est vrai et cela ne changera pas tant qu'une harmonisation sociale, fiscale et normative au niveau de l'Europe ne corrigera pas cette concurrence faussée. Ca, c'est un problème conjoncturel concernant un secteur précis de l'activité agricole. Mais il est un parmi une foultitude de problèmes constituant ce qu'il est convenu d'appeler « la crise de la filière agricole ».

Les producteurs de lait ne sont pas mieux lotis. Le prix du lait est le même que celui qu'on leur payait en...1991 ! A cette époque, une vache rapportait autant qu'un hectare de blé. Aujourd'hui, il faut 7 à 8 vaches pour égaler le produit d'un hectare de blé…

Et que dire des filières porcines, volaillères, ovines, bovines. Partout la crise qui peut se résumer en une phrase : le prix offert par les metteurs en marché est souvent inférieur au prix de revient des producteurs. En 2016, un agriculteur sur deux a « gagné » moins de 350 euros par mois ! Résultats : la crise, la ruine des exploitations à taille humaine, les suicides et le glissement inéluctable vers une agriculture industrielle dont l'exemple étasunien donne un exemple effrayant : usines à viande auprès desquelles notre « ferme à mille vaches » est un doux havre écolo, fruits et légumes OGM bourrés de pesticides, etc. C'est le triomphe de la « malbouffe ».

Face à cet état de fait, pour concrétiser une promesse électorale de Macron, s'ouvre ce jeudi à Bercy « les Etats généraux de l'alimentation ».  « Je veux redonner un pouvoir de négociation aux producteurs face aux industriels », martelait le maintenant Président lors de sa campagne présidentielle. C'est bien de le dire, ce serait mieux de le faire. Face à eux qui se présentent en ordre dispersés, les producteurs ont la grande distribution mais aussi les transformateurs industriels. Et ils ne font pas le poids. Leur principal syndicat a longtemps été présidée par feu un ponte de cette industrie agro-alimentaire…

Ce pouvoir de négociation, les agriculteurs - désespérés par la mauvaise volonté quand ce n'est la mauvaise foi tant des industriels transformateurs que de l grande distribution – tentent de l'obtenir par des actions de « desesperados » en déversant leurs melons, abricots, pèches devant les hypers ou encore fumier et déchets devant les préfectures. C'est contre ces extrémités que ces « Etats généraux » doivent trouver des solutions.

Mais le public, l'acheteur final, le consommateur qui ne veut plus être un con-sommateur sont aussi appelés à donner leur avis. Non, pas à la table des négociation, faut pas rêver, mais par une consultation publique sur une plate-forme participative (egalimentation.gouv.fr) où chaque citoyen est invité à s'exprimer, avec des questions renouvelées au fil des semaines pour nourrir le débat en cours. Mais le fait que cette consultation du public soit prévue en plein été et à la rentrée plutôt qu'en amont des États généraux va rendre la participation pour le moins « difficile ». Et puis qui tient compte de l'avis du cochon de payant ?

Un premier bilan sera tiré fin septembre dans l'espoir d'avoir trouvé des solutions concrètes pour pacifier les relations entre producteurs et distributeurs. Juste à temps pour espérer peser sur le round annuel de négociations tarifaires entre industriels et distributeurs, qui s'ouvre tous les ans en octobre.

Bon courage…

 

Photo X - Droits réservés

13/07/2017

C'est les vacances: un peu de poilade sur les banquiers!

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Ecoute ! Ecoute !

 

Un homme entre dans une banque et dit à la guichetière :
- "Je voudrais ouvrir un putain de compte dans ta banque de merde !"
- "Pardon ?" dit la dame choquée...
- "T’es bouchée ou quoi ! J’voudrais ouvrir un putain de compte dans cette banque de merde !!"
- "Mais enfin monsieur, restez correct !..."
- "Kess ta, tu veux mon poing sur ta gueule ou quoi ?"
- "Écoutez monsieur, je vais appeler le directeur..."
- "C’est ça pouffiasse, appelle ton connard de directeur..."

Le directeur arrive :
- "Monsieur, il y a un problème ?"
- "J’en sais rien, j’veux ouvrir un putain de compte dans cette banque de merde parce que j’ai gagné 100 millions au loto..."

Et le directeur répond :
-"Et cette grosse connasse vous fait chier ?" 

 

Photo X - Droits réservés

 

12/07/2017

Question cruciale : L’enfer est-il exothermique ou endothermique ?

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En ces temps de canicule, c’est aussi l’époque des résultats d’examen. Examens censés mesurer le savoir des examinés (non, pas ceux mis en examen par la justice). On y trouve des perles dans ces copies d’examen. En voici une pêchée dans l’excellent site « Maisdisons-hebdo ». L'auteur, J.V.Leon, démontre, avec un humour aussi savoureux que décapant l’infinie konnerie de ces névroses collectives appelées « religions » et leur principe fondateur : l’enfer.

Savourez donc :

 

Voici la version d’une question « bonus » de chimie posée à l’université de Nanterre.
La réponse d’un étudiant a été si loufoque que le professeur l’a partagée avec ses
collègues, via Internet, et c’est pourquoi vous avez le plaisir de la lire….

Question Bonus : « l’enfer est-il exothermique [1] ou endothermique [2] »
(1 : évacue la chaleur, 2 : absorbe la chaleur)
La plupart des étudiants ont exprimé leur croyance en utilisant la loi de Boyle-Mariotte (si un gaz
se dilate il se refroidit et inversement) ou ses variantes.

Cependant, un étudiant eut la réponse suivante :

Premièrement, nous avons besoin de connaître comment varie la masse de l’enfer avec le temps. Nous avons besoin de connaître à quel taux les âmes entrent et sortent de l’enfer.
Je pense que nous pouvons assumer sans risque qu’une fois entrées en enfer, les âmes n’en ressortiront plus. Du coup aucune âme ne sort.
De même pour le calcul du nombre d’entrées des âmes en enfer, nous devons regarder le fonctionnement des différentes religions qui existent de par le monde aujourd’hui.
La plupart de ces religions affirment que si vous n’êtes pas membre de leur religion, vous irez en enfer. Comme il existe plus d’une religion exprimant cette règle, et comme les gens n’appartiennent pas à plus d’une religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont en enfer…
Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l’enfer parce que la Loi de Boyle spécifie que « pour que la pression et la température restent identiques en enfer, le volume de l’enfer doit se dilater proportionnellement à l’entrée des âmes ». Par conséquent cela donne deux possibilités :
1) si l’enfer se dilate à une moindre vitesse que l’entrée des âmes en enfer, alors la
température et la pression en enfer augmenteront indéfiniment jusqu’à ce que l’enfer éclate.
2) si l’enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d’entrée des âmes en enfer, alors la température diminuera jusqu’à ce que l’enfer gèle.
Laquelle choisir ?
Si nous acceptons le postulat de ma camarade de classe Jessica m’ayant affirmé durant ma première année d’étudiant « Il fera froid en enfer avant que je couche avec toi », et en tenant compte du fait que j’ai couché avec elle la nuit dernière, alors l’hypothèse doit être vraie. Ainsi, je suis sûr que l’enfer est exothermique et a déjà gelé… Le corollaire de cette théorie c’est que comme l’enfer a déjà gelé, il s’ensuit qu’il n’accepte plus aucune âme et du coup qu’il n’existe plus… Laissant ainsi seul le Paradis, et prouvant l’existence d’un Etre divin ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Jessica n’arrêtait pas de crier « Oh…. mon Dieu !…. »

(Cet étudiant est le seul ayant reçu la note 20/20)

Illustration: L'enfer de Giotto

11/07/2017

Au bistro de la Toile : un Avignonnais loin du Festival.

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- Oh Victor, je te vois plus. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- Eh ! Tu sais bien que l'été, quand le soleil-lion écrase la ville de sa chape de plomb, je fous le camp vers les Hautes Terres, bien au frais dans les terres de la Bête du Gévaudan ! Ce qui ne m'empêche pas de te bigophonner pour connaître un peu les nouvelles du pays.

- Ici, Victor, c'est l'effervescence annuelle du Festival. Les cigales doivent avoir soif à force de déclamer leur staccato d'amour dans les toisons vertes des grands platanes.Enfin, de ceux qui restent parce que la plupart tombe sous les tronçonneuses. Parait qu'ils ont le chancre.

- Et sais-tu que ce chancre, on le doit aux Yankees ? Il est venu avec les caisses en bois de platanes des caisses de munitions venant des États-Unis… D'un côté ils nous ont aider à se libérer des Casques à boulon, de l'autre, ils nous ont emboucané nos arbres…

- Il faudra dire à Macron d'écraser un peu plus la pogne de Trump pour lui faire payer les dégâts…Parle-moi plutôt de la ville.

- Ah ! Victor, Avignon, l'été, c'est une somptueuse salope, alanguie au bord du Rhône et cambrée sous les caresses du mistral, qui s'ouvre et qui s'offre pour son grand rut de l'été. C'est comme chaque année, à l'intérieur du collier de pierres blondes des remparts une foule cosmopolite et bigarrée d'artistes et de touristes, d'intellos et de clodos, de saltimbanques et de rêveurs, de poètes et de voleurs, tous attirés comme les éphémères par la flamme vers cette scène planétaire de l'illusion théâtrale, ce grand marché du rêve.

Près de note rade, Victor, Place de l'Horloge, c'est un tourbillon de couleurs et de bruits, un forum grec où la cité festivalière joue, chante, danse, boit à longs gorgeons des nectars odorants et capiteux sous l'ombre bruissante des platanes aux larges poitrails.

- Fatche, Loulle, tu me donnes la nostalgie. Ici, c'est plutôt les vaches qu'on croise, et le soir, on allume de chauffage… Raconte-moi encore.

- Ici, les monuments, les livrées et les tours semblent fumer sous la tremblante réverbération des murs gorgés de lumière. Et puis il y a surtout le Palais des Papes, et sa Cour d'honneur, centre de gravité de la bourrasque festivalière. C'est en ce lieu fermé par les falaises minérales abruptes de la forteresse papale que tremblent et jouissent auteurs, metteurs en scène et acteurs. Là que se font et se défont les réputations. Là que l'aile de la grâce transforme de simples acteurs en monstres sacrés. Là que flotte la présence palpable des glorieux fantômes de Jean Vilar, de Gérard Philippe, de Daniel Sorano. Cette année, Victor, ça joue et sa jacte en Japonais dans la Cour d'honneur ! Mais avec le « Off » le spectacle est partout dans la ville et même aux alentours, comme à Villeneuve-sur-Avignon. On doit le « Off » à notre regretté pote Dédé Benedetto. Depuis qu'il a osé imposer sa troupe, d'autres lui ont emboité le pas et maintenant il y a cent lieux scéniques et plus, mille spectacles et plus. Des acteurs connus, d'illustres inconnus, tous emportés par cette folie démonstratrice, cette cataracte de l'illusion, cet infini du rêve qu'est le Festival. Des milliers d'affiches multicolores accrochées partout, des parades cocasses ou dérangeantes, mais qui font tout pour accrocher ton attention, des musiques partout, tout le temps. Et puis cette foule qu'on dirait la sortie du Stade Vélodrome… Mais enfin, tout ça tu connais Victor.

- Ouais. Évidemment que je connais. Les Avignonnais ont une approche contradictoire de leur festival. Lorsqu'ils sont à l'extérieur de leur ville, ils ne tarissent pas d'éloge sur lui. Et à les entendre pérorer, tous ont bu le pastis avec Vilar, joué aux boules avec Philippe (Gérard, pas Édouard !) où mangé l'aïoli avec Darras. Ils sont fiers de ce monument virtuel même si beaucoup n'y mettent jamais les pieds. Mais pourtant, lorsque juillet annonce le grand chambardement, les avignonnais, en masse, fuient leur ville chérie, l'abandonnant pour une lune entière aux hordes lutéciennes et franchimanes, outre-quiévrines et bataves, albioniennes et tudesques, helvètes et transalpines, ibères et lusitaniennes, africaines et orientales, américaines et nipponnes. Ils retrouveront plus tard leur ville, cette somptueuse salope comblée, apaisée et fécondée par les semences mêlées de ses milliers d'amoureux de l'été.

- Allez, je te laisse Victor, j'ai une équipe de gosiers en pente qui m'appelle. A bientôt.

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

 

02/07/2017

Gastronomie estivale: les sardines.

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Les sardines à la "Brulo dé" du Pégot

 

Éclairs d’acier bleuté bondissant hors de l’onde

Pour tenter d’échapper à la dent furibonde

De quelque carnassier montant des eaux profondes

Pour croquer tout de go ces poissons qui abondent…

C’est la reine des mers ! Succulente et divine,

Pas la langouste, non. Simplement la sardine !

Sa réelle fonction, sa vie, son aventure

Généreuse et bornée : c’est d’être nourriture !

Les poissons s’en délectent, l’homme la met en boîte,

Lui fait boucher le port si la passe est étroite…

Chez nous, dans le Midi, on l’aime tellement

Que chaque Provençal est un peu son amant.

Mon ami le Pégot, marin-pêcheur de Sète,

Les faits à "Brulo dé". En voici la recette.

Prenez-les sur le quai, juste au cul de la barque,

Chez votre poissonnier, la fraîcheur se remarque

Par la roideur arquée du petit corps luisant.

Un bon kilo pour deux, ce sera suffisant.

Devant le cabanon, à l’ombre de la treille,

Tandis que sa moitié débouche les bouteilles,

Le Pégot fait brûler un fagot de "gabel"

C’est les sarments de vignes du côté de Lunel.

Un bon coup de muscat met les convives à l’aise

Juste le temps qu’il faut pour apaiser la braise.

Sur un bout de grillage il range les sardines,

Ni lavées, ni vidées. Nature les ondines.

Les poissons sur la grille sont posés sur le feu

Puis retournés après une minute ou deux.

Sur un grand plateau rond, au milieu de la table

Calée par des galets pour qu’elle reste stable,

Le Pégot sert en vrac sa première tournée

Puis remet sur le feu la prochaine fournée.

Un jet d’huile d’olive dans le creux de l’assiette,

On mange avec les mains, nul besoin de fourchette.

D’une pression du doigt on enlève la peau

Libérant les filets odorants et bien chauds,

La tête entre deux doigts, dans deux autres la queue,

La sardine grésille. Quel bonheur, maugrebeleu !

On se "rabine" un peu, d’où le nom : "brulo dé"

Mais c’est tellement bon ! Vous n’avez pas idée.

Avec les dents du haut, on bloque la sardine,

La mâchoire du bas, retroussant les babines

Fort délicatement détache le filet

Qu’un" ggluuff" aspirera jusqu’au fond du palais.

Sous le pin parasol où s’aiment les cigales

Montent les petits bruits des gens qui se régalent.

Ca fait des : "Ah !", des "Hum !" des "Fatche que c’est bon !"

C’est toute la marée, plus un goût de charbon.

Toutes les deux sardines on boit un coup de blanc,

De Cassis ou de Saint-Hilaire-d’Ozilhan,

On parle avec les mains, on sort la galéjade

Et la journée se passe en franche rigolade.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Rien de plus simple : des sardines, encore des sardines, seulement des sardines (comptez 1 demi-kilo par personne, soit 3 kg). Mais fraîches, pas trop grosses et de Méditerranée évidemment. Plus un peu de fleur de sel de Camargue et de l’huile d’olive dans chaque assiette.

 

Les vins conseillés :

La sardine est bonne fille et s’accompagne sans problème de vins blancs secs, de rosés, voire de rouges jeunes et frais.

En vallée du Rhône, blancs de Roaix, Saint-Hilaire-d’Ozilhan, Laudun, Villedieu ; rosés de Tavel, Rochefort, Chusclan, Ventoux, Luberon, Cos­tières de Nîmes ; rouges légers de Sainte-Cécile-Ies- Vignes.

En vins du Languedoc blancs Picpoul de Pinet, blancs de la Clape ; rosés de Saint Saturnin, vins des sables d’Aigues-Mortes.

En vins de Provence, les blancs de Cassis, tous les rosés des Côtes-de-Provence et des Coteaux varois.

 

Illustration originale Vincent Barbantan