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29/03/2010

Le fascisme rampant, c’est quoi ?

 

Des petits coups de canifs dans les Libertés; des décrets, des lois passant inaperçus allant toujours dans le sens d’une restriction des Libertés ; un fichage insidieux de plus en plus généralisé ; des informations formatés dans le sens du « politiquement correct » par des médias de plus intégrés dans de grands groupes financiers et de marchands d’armes ; des cerveaux rendus « disponibles » par des télés abrutissant les gens par le sport, les jeux débiles et les débats magouillés ; une population démobilisée rejetant massivement un personnel politique décrédibilisé, laissant la porte ouverte aux dérives autoritaires des oligarchies financières, multinationales, religieuses, voire mafieuses ; la concentration, par petits pas, de tous les pouvoirs dans les mains d’un seul, lui-même marionnette manipulée par les forces de l’argent et de l’obscurantisme religieux…

 

Alors on ne va plus voter. Alors on oublie toute solidarité pour se complaire dans un individualisme obséquieux envers le pouvoir. Alors on accepte tout et n'importe quoi pour "ne pas avoir d'emmerdes". Alors on ne RÉSISTE plus. Alors on est sur une terrible pente

 

Ça ne vous rappelle rien ?

 

Voici le superbe texte (libre de droits) de Franck Pavloff qui, en 2002, lorsque Le Pen est arrivé aux portes du pouvoir, a eu un immense succès. Une piqure de rappel ne peut pas faire de mal…

 

 

MATIN BRUN

 

Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son côté. Des moments agréables où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu’il m’a dit qu’il avait dû faire piquer son chien, ça m’a surpris, mais sans plus. C’est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l’idée qu’un jour ou l’autre il va mourir.

 

- Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.

- Ben, un labrador, c’est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?

- C’est pas la question, c’était pas un chien brun, c’est tout.

- Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?

- Oui, pareil.

 

Pour les chats, j’étais au courant. Le mois dernier, j’avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir.

C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’État national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’étaient pas bruns.

 

Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d’arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux.

 

Mon cœur s’était serré, puis on oublie vite. Les chiens, ça m’avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c’est plus gros, ou que c’est le compagnon de l’homme comme on dit. En tout cas Charlie venait d’en parler aussi naturellement que je l’avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c’est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.

 

On n’avait plus grand-chose à se dire, on s’était quittés mais avec une drôle d’impression. Comme si on ne s’était pas tout dit. Pas trop à l’aise.

Quelque temps après, c’est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus.

Il en était resté sur le cul : le journal qu’il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !

- Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?

- Non, non, c’est à la suite de l’affaire des chiens.

- Des bruns ?

- Oui, toujours. Pas un jour sans s’attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu’à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu’il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !

- À trop jouer avec le feu...

- Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.

- Mince alors, et pour le tiercé ?

- Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes, il n’y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route.

 

Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu’il reste un canard dans la ville, on ne pouvait pas se passer d’informations tout de même.

J’avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j’avais sûrement tort de m’inquiéter.

 

Après ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore.

Les maisons d’édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville, étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques.

Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d’édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.

- Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n’a rien à y gagner à accepter qu’on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation.

Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots.

Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles.

 

On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ça nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations.

Un jour, avec Charlie, je m’en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu’il débarque avec un nouveau chien ! Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marron.

 

- Tu vois, finalement il est plus affectueux que l’autre, et il m’obéit au doigt et à l’œil. Fallait pas que j’en fasse un drame du labrador noir.

A peine il avait dit cette phrase, que son chien s’était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue.

Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n’obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris.

- Non, toi aussi ?

- Ben oui, tu vas voir.

Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l’armoire. Un matou au regard et aux poils bruns.

 

Qu’est ce qu’on avait ri. Tu parles d’une coïncidence !

- Tu comprends, je lui avais dit, j’ai toujours eu des chats, alors... Il est pas beau, celui-ci ?

- Magnifique, il m’avait répondu.

Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l’œil.

 

Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu’on avait passé un sacré bon moment, et qu’on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité, nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr je pensais au petit garçon que j’avais croisé sur le trottoir d’en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s’il écoutait bien ce qu’on lui disait, les chiens n’étaient pas interdits, il n’avait qu’à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait

en règle et oublierait vite l’ancien.

 

Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j’ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m’ont pas reconnu, parce qu’ils sont nouveaux dans le quartier et qu’ils ne connaissent pas encore tout le monde.

J’allais chez Charlie. Le dimanche, c’est chez Charlie qu’on joue à la belote. J’avais un pack de bières à la main, c’était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J’ai fait semblant d’aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l’ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.

 

- Pourtant son chien était un vrai brun, on l’a bien vu, nous !

- Oui, mais à ce qu’ils disent, c’est que avant, il en avait un noir, pas un brun.

Un noir.

- Avant ?

- Oui, avant. Le délit maintenant, c’est aussi d’en avoir eu un qui n’aurait pas été brun. Et ça, c’est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin.

 

J’ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j’étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu’avant j’avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n’y aurais jamais pensé !

 

Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n’est pas parce qu’on aurait acheté récemment un animal brun qu’on aurait changé de mentalité, ils ont dit.

« Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. » Le speaker a même ajouté « Injure à l’État national. »

Et j’ai bien noté la suite. Même si on n’a pas eu personnellement un chien ou un

chat non conforme, mais que quelqu’un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait ce qu’une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.

 

Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C’est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun.

Bien sûr, s’ils cherchent avant, ils n’ont pas fini d’en arrêter des proprios de chats et de chiens.

Je n’ai pas dormi de la nuit. J’aurais dû me méfier des bruns dès qu’ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non?

 

On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun au dehors.

 

Mais, arrêtez de taper si fort, j’arrive.

 

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matin brun.jpg

PAVLOFF, Franck, Matin Brun. Le Chambon-sur-Lignon [43400] : Cheyne éditeur, 2000. 12 p. : 19 x 11 cm. ISBN : 978-2-84116-029-7. Prix 1 €.

 

http://eppee.ouvaton.org/IMG/pdf/MATIN_BRUN.pdf...

 

 

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27/03/2010

Ouiquinde érotique: Amours de femmes. Et n'oubliez pas, c'est le JOUR SANS SARKO !

 

Femmes lesbiennes - bronze.jpg


Amours de femme


Oui, ce sont des regards de femme
Que cherche son regard brûlant,
Elle a soif de l'ardeur infâme
Qu'une autre sait mettre en son flanc.

Les yeux hagards, le trouble à l'âme,
La langue aux lèvres se collant,
Chacune tour à tour se pâme,
Se tord et retombe en râlant.

Bientôt leur tendresse lascive,
Comme une chaîne qui les rive,
Dresse dans l'ombre leurs tombeaux ;

Et sur la pierre, quand arrive
Le soir à la marche craintive,
Pleurent les filles de Lesbos.


(1884)

Albert Sémiane

 

lesbiennes 2.gif

 


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ET, N'OUBLIEZ PAS

C'EST AUJOURD'HUI LE

JOUR SANS SARKO

NO SARKO DAY

 

no-sarkozy-day-sticker-violet.gif

 

 

L’usurpateur

 

Sombre pourceau stupide, ô cupide menteur

Retourne dans ta bauge, gluant usurpateur

Qui prétend, du Grand Charles, détenir l’héritage

Lorsque tu n’as ni foi, ni honneur, ni courage.

Toi qui ose parler au nom de ce Géant

Alors que tu n’est qu’un triste nain du néant,

Regagne donc ta place, celle de la vermine

Qui sur un membre mort, comme toi s’agglutine.

Charles le Grand connut la fureur des batailles,

La terreur et la mort, et les chairs que l’on taille.

Sa valeur était d’or, son glaive était d’airain,

Sa gouvernance était celle d’un souverain.

Ses généraux étaient des Chaban, des Malraux,

Toi, tu choisis les tiens parmi les maquereaux.

Ses victoires sont Sécurité Sociale,

Vote aux femmes, indépendance nationale,

Réconciliation avec les Allemands

Paix avec l’Algérie et développement.

Les tiennes sont régression jusques à l’esclavage,

Faim et précarité, répression et chômage.

Toi, tu remplis les poches de tes amis patrons

Par la France d’en bas pressée comme un citron.

Part donc, triste bouffon à la grasse bedaine,

Part donc avant que ne se transforme en haine,

La puissante colère qui dans le peuple monte,

Part donc quand il est temps car la révolte gronde.

 

 

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26/03/2010

Salon du Livre. Quel intérêt ?

 

Depuis trois ans, je ne monte plus au Salon du Livre de Paris... Tant pis pour moi. Ouais... Mais ce salon ne présente plus, pour moi, qu'un intérêt relatif.

L'écrit demeure le véhicule indispensable de toute culture, de toute communication. Derrière chaque roman, essai, poésie, récit, biographie, pièce de théâtre, etc. il y a une ou un auteur. L'écrivain - l'écriveur, l'écriveron - est un créateur solitaire, un artiste-artisan qui accouche toujours dans la douleur d'une œuvre où il met le meilleur de lui-même. Son plus grand souhait est que cette œuvre rencontre son public.

Le circuit classique auteur-éditeur-diffuseur-libraire-lecteur est loin d'être satisfaisant. Dominé par les forces de l'argent, il considère le livre comme un produit qui doit être rentable. Les éditeurs classiques privilégient donc ce qui peut être facilement médiatisé. Les rayons littérature des grandes surfaces sont ainsi encombrés de pseudo-livres écrits par des "nègres" et signés par des noms connus du chauve-bise, de la politique, du sport, etc. La régression des librairies indépendantes au profit des grandes surfaces de la « culture » accentue cette course au profit financier au détriment de l'originalité, de la diversité, de la qualité.

C'est la macdonalisation de l'Ecrit.

Dans ce circuit « classique », l'auteur touche (au mieux !) 10% du prix de vente HT, plus souvent entre 5 et 8% ; l'éditeur et l'imprimeur se partagent 35% ; le distributeur (celui qui met les livres chez les libraires et en gère les invendus, les réassortiments, etc.) prend autour de 20% ; le libraire prend 35%. Autrement dit, tout le monde se sucre sur le dos du seul qui crée quelque chose : l'auteur. De plus, les contrats d'édition sont faits pour le rouler dans la farine.

Avec ce système fermé, articulé autour d'une coterie de grosses machines, en France, une dizaine d'auteurs vivent grassement, une cinquantaine d'autres vivent de leur plume, les autres...ont la « gloire » de voir leur nom sur la couverture d'un livre éphémère, la vie d'un livre se comptant en semaines, au mieux en deux ou trois mois. Ceci parce que les éditeurs et les distributeurs se font leur trésorerie sur le dos des libraires : les livres envoyés d'office sont facturés aux libraires, puis les invendus remboursés lorsqu'ils sont renvoyés. Les libraires n'ont donc pas intérêt à garder des bouquins à diffusion tranquille !

Cette situation est-elle irréversible? Pas du tout.

Les moyens modernes et en particulier l'Internet permettent désormais à l'auteur, maillon le plus important de la chaîne éditoriale de rencontrer directement son Lecteur. Par ce biais, chaque livre vendu rapporte à son auteur entre cinq et sept fois plus que dans l'édition classique !

C'est ce que, personnellement, j'ai compris avec mon site ayoli.fr

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14/03/2010

Eh ! Jean, t’aurais pu te retenir… Il va manquer une voix à la gauche. Et quelle voix !

 

 

 

Ferrat.jpg

 

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirais pas d'écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

 

Paroles et musique : Jean Ferrat 1969

 

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25/02/2010

Mettons les points sur les « i » sans marcher sur des « e ».

 

 

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Hier, au journal de la mi-journée si je ne m’abuse, une i-cone des e-tranges lucarnes parlait de « e-commerce » et de « e-confiance » en prononçant « icommerce » et « iconfiance ». Je veux bien qu’en matière de ces nouvelles technologies de l’information dominés par les anglo-saxons, les terminologies s’adaptent, mais est-on obligé d’accepter, sur une chaine publique censée défendre notre langue, ces « rosbifismes » - allons-y donc pour les néologismes ! – qui nous e-corchent les e-sgourdes ? Faut-il laisser e-thanasier la langue de Molière et rester e-phoriques ? Est-ce i-déaliste, est-ce i-diot que de penser que notre i-diome en vaut bien d’autres ? Doit-on  i-gnorer que ces pratiques d’ i-gnares sont i-llégales ? Notre langue n’est-elle pas assez i-magée, ou e-magée  pour parler comme e-ux ?

 

Mettons donc les points sur les « i » sans marcher sur des « e ».


En français - langue qui n’est pas seulement celle de la France – le « e » se prononce « eu » comme dans « heureux » et non pas « i » comme dans « ignorant ».

 


 

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31/01/2010

Ouiquinde gastronomique: Le bœuf à l'Hermitage des mariniers de Condrieu




boeuf hermitage pour le web.jpg



 

Au sortir de Lyon, le fleuve - lourd des masses

De séracs écroulés, et des torrents de glace,

Et des prairies de neige, et des mers domestiques

Qu'a enfanté pour lui la vigueur helvétique ­

Se joint à l'opulence des grandes eaux de Saône

Pour mériter enfin son nom de Dieu: le Rhône.

Il plonge vers le Sud voluptueusement

Pour créer sa vallée de soleil et de vent.

Il féconde en roulant, et la terre, et la pierre

Pour engendrer la Vigne et ses grains de lumière.

Dans le Septentrion, les vignes du vertige,

Sur les coteaux du Sud, celles du Félibrige.

Vignerons sur les roches, mariniers sur les eaux,

Qui avec ses tonneaux, qui avec ses bateaux,

Les hommes du grand fleuve étaient tous des gagneurs

Car à fleuve divin, il sied d'être un seigneur.

En ces temps là, petit, le Rhône était un dieu

Et sa Jérusalem était à Condrieu.

Ce bourg de pierres blondes, entre l'eau et les vignes,

Engendra les meilleurs, les plus forts, les plus dignes

De ces seigneurs du fleuve. Ah ! il fallait les voir

Les longs trains de bateaux, lorsque tombait le soir

S'arrimer à la rive. Vingt-cinq hommes par rigue

Et autant de chevaux débarquaient dans le bourg

Pour boire, manger, chanter et chasser la fatigue,

Pour se battre parfois, et pour faire l'amour.

Partout dans les auberges, les troquets, les bord' eaux

On débitait friture, vin fort et fricandeaux,

Mais ce que préféraient, avant l'appareillage

Les mariniers, c'était le bœuf à l'Hermitage.

Ce petit port du Rhône, en face de Tournon,

Escarpe sa syrah aux flancs d'un mamelon

Et produit l'un des meilleurs vins rouges qui soit,

Puissant comme un volcan, souple comme la soie.

C'est dans sa robe pourpre que les bons cuisiniers

Mettent à mariner le bœuf des mariniers.

Deux kilos et demi de paleron d'Aubrac

Coupés en gros morceaux et disposés en vrac

Dans un profond faitout avec thym et laurier,

Sel, poivre du moulin et un bel ail entier,

Un verre d'huile d'olive, du marc de Condrieu

Ainsi qu'une bouteille d'Hermitage un peu vieux.

Le lendemain matin, tu fais la retirade

Du bœuf bien imprégné avec ta marinade.

Dispose les morceaux dans un poêlon onché,

Avec plusieurs oignons grossièrement hachés.

Alterne bien les strates de viande et de légumes,

Pour finir, une couche d'oignons de beau volume.

Verse sur l'appareil ton jus de marinade,

Fait cuire à feu très doux, couvert, à l'estouffade.

Un quart d'heure plus tard, du vinaigre, un bon verre,

Ainsi que de gros sel une bonne cuillère.

Tu laisses encore un heure mijoter au frisson.

Pendant ce temps, prépare donc la liaison.

Tu haches finement deux anchois dessalés

Avec deux gousses d'ail, du persil ciselé,

Deux cornichons hachés, saupoudre de farine,

Mouille avec la bonne huile d'olive comtadine.

Puis verse doucement ce bol de liaison

Pour bien l'incorporer à la préparation.

Tu laisses mijoter encore cinq minutes

C'est prêt, tu sers très chaud, et la fête débute.

En accompagnement, quelques pommes vapeur,

Ou bien des pâtes fraîches, et vive le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 2,5 kilos de paleron de bœuf d'Aubrac (si possible), - 2 verres d'huile d'olive de la vallée des Baux, - 1 verre de marc, - 1 bouteille d'Hermi­tage, - 1 verre de vinaigre, - 4 gros oignons, - 2 gousses d'ail, - 2 anchois en filets, - 2 cornichons, - sel, poivre, thym, laurier, farine, - 2 kilos de pommes de terre vapeur ou 1 kilo de pâtes fraîches.

 

Les vins conseillés:

Essentiellement des vins rouges des Côtes-du-Rhône septentrionales: - Condrieu, - Hermitage, - Crozes-Hermitage, - Côte-Rôtie, - Saint-Jo­seph, - Cornas.

 

In : Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s – Jean-Victor Joubert

 

 

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23/01/2010

Ouiquinde paillard !


 

ivrogne.jpg

 

Narguons les pédants, les dévots,
Qui veulent effrayer nos âmes;
Aimons en dépit des cagots
Les vins vieux et les jeunes femmes. 
Dieu créa pour notre bonheur
La beauté, le jus de la treille.

Je veux ce soir en son honneur
Chanter le con et la bouteille.

 

AphroditePan.jpg

 

 

On ne peut pas toujours bander
Au vit le temps borne l’usage.
Il n’est qu’un temps pour bien baiser;
Pour bien pinter, il n’est point d’âge.
Vieillards, avec vos froids couillons,
Sachez mieux employer vos veilles :

Quand on ne bouche plus de cons,
Il faut déboucher des bouteilles.

 

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Dans les bassinets féminins,
Quand on a brûlé trop d’amorces, 
Quelques bouteilles de vieux vins
Au vit rendent toutes ses forces.
Amis, plus on boit, plus on fout:
Un buveur décharge à merveille...

Enfin, le vin, pour dire tout,
C'est du foutre mis en bouteille.

 

bollywood2.jpg

 

Par malheur, depuis quelque temps,
Pour punir nos fautes maudites,
Le ciel a fait les cons trop grands
Et les bouteilles trop petites!
Grands dieux, accordez-moi le don
De pouvoir, par une merveille,

Trouver toujours le fond d’un con,
Jamais celui d`une bouteille.

 

cul béni.JPG

 

 

Dans l’Olympe, séjour des dieux,
On boit, on patine des fesses,
Et ce nectar si précieux
N’est que le foutre des déesses.
Si j’y vais un jour, Apollon
Ne choquera plus mes oreilles:

A Vénus je saisis le con,
A Bacchus je prends sa bouteille.

 

 

filles de zeus.jpg

 

 

06/01/2010

« Ne pas nommer les choses correctement ajoute au malheur du monde. » Albert Camus.

 cimetiere-des-mots.jpg

Je suis tombé, au hasard d’une ballade sur la Toile, sur un forum de Libé que j’ai trouvé aussi pertinent que divertissant ; il est consacré aux « Mots que vous ne voudriez plus entendre en 2010".

 Pour moi, le mot « branché » le plus stupide, celui qui étale le plus la connerie triomphale de ceux qui l’emploient, c’est « au jour d’aujourd’hui ».    C'est un double pléonasme, aujourd’hui étant déjà un pléonasme, « hui » signifiant jour en latin ! Alors « au jour d’aujourd’hui », c’est comme si on disait – au hasard – un uhèmepet véreux sarkozien !

Il y a d’autres mots que je n’aimerais plus entendre : Sarkozy, Lefèvre, Besson, Hortefeux, Tapie, mais aussi chômage, agression, armes, crime, mais encore terroriste, islamiste, etc.

Les mots que ne voudrait plus entendre M.Jeanbête sont :

* Gouvernance: mais bonne gestion.

* Ethique: mais respect.

* Réforme: mais contre réforme.

* Stress: mais «pression de la direction au service des actionnaires».

* Création de valeur: mais destruction des salariés.

* Néolibéralisme: mais néoréactionnaire.

* Libre échange: mais «commerce au service des hommes et non de la création de valeur».

* Le marché du travail: mais «le travail dans le respect de l’être humain».

* Moraliser le capitalisme: mais «se moquer du monde, prendre les gens pour des imbéciles».

* L’argent sale: mais «le vol de l’Etat, de la république».

* Europe sociale: mais «liberté de circulation des capitaux et droit d’exploiter en toute bonne conscience au nom la concurrence libre et non faussée».

* Concurrence libre et non faussée: mais «croire au père Noël».

* Politique européenne: mais «traduction dans les langues européennes des directives des marché financiers».

* Dialogue social: mais «prendre les salariés pour des idiots, monologue patronal».

* La crise est derrière nous : mais «le refus de la réalité».

* Les sacrifices nécessaires: mais «faire payer la classe moyenne et le salariés pauvres pour éviter d’augmenter les impôts des millionnaires».

* Prélèvements obligatoires: mais «cotisation de solidarité sociale».

* Dépenses publiques: mais «investissement pour vivre dans un environnement agréable pour tous».

* Insécurité: mais insécurité sociale

* Identité nationale: mais «la carte d’identité n’est pas un choix mais une obligation, la nation rassemble tous les habitants qui sont sur son territoire et les unit».

* Sarkozysme: mais l’arrogance tranquille.

* Liberté d’expression: mais liberté de critiquer et d’être entendu.

M.Ralesbofs, lui, nous gratifie d’un savoureux sabir tout droit sorti des écoles de commerce :

« Cela devrait nous permettre d’être en capacité de pouvoir nous positionner sur une logique gagnant-gagnant, afin de répondre présent. Car pour ma part, personnellement, je pense que nous avons la connaissance de savoir, la volonté de vouloir nous réserver en propre notre part sur ce créneau... Mais il faudra faire des actions au jour d'aujourd'hui, bien sûr et si l'on ne nous tacle pas sur une autre problématique et au nom de l'esthétisme nous pourrons impacter sérieusement... »

Xavier Bertrand, Benoit Hamon, Martine Aubry, parfois, les journalistes, les experts de tout bord, les hommes d'actions (pompiers, sportifs) utilisent ce sabir qui vient du marketing et qui est une inflation de pléonasmes, de formes ampoulées, lourdes, indigestes pour le cerveau et finalement : vides de sens... Et de grâce, épargnez- nous « la prise en charge psychologique »
En revanche comme l'humoriste François Morel l'a inventé, faites entrer dans le dictionnaire le verbe: ericbessonner. Libre à chacun d'en trouver la définition.

 

M.Interupteur ajoute : Arrêtez de dire « notre Johnny national » alors que certains ne peuvent pas le piffrer et qu'il planque son fric en Suisse; de dire « pris en otage » quand il s'agit de grève; de dire « coach » ça fait vraiment beauf.

M.Luchagocean écrit pour sa part : Juste un petit mot qui ne manque pas d’ « r » ! Un anglicisme inutile (parce qu'ils ne sont pas tous mauvais) que vous avez sans doute tous constaté : l'abréviation de Monsieur en Mr.
Normalement, on doit l'abréger en M.
Mr. est l'abréviation anglaise de Mister.

Ce n'est pas grand-chose, mais c'est énervant... et pour une fois le français est plus simple.

C’est frappé au sceau du bon sensM.Luchagocean !

Ce forum (http://www.liberation.fr/vous/0101611935-ces-mots-que-vous-avez-bannis-de-2010) est jubilatoire.

Et vous, quels sont les mots que vous n’aimeriez plus entendre cette année ?

  

23/12/2009

"L'identité française" ne commence-t-elle pas par la langue?

L'anglais, langue unique ?

« Il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands sous l’Occupation » a dit Michel Serres : contre un anglais, langue unique, des associations s’insurgent et lancent un appel.

"Conscientes de la grave menace qui pèse sur l’avenir de la langue française, non seulement dans tous les pays francophones et partout où elle était traditionnellement enseignée et pratiquée, mais aussi et avant tout en France même, plusieurs associations de défense et de promotion de la langue française (liste ci-dessous) lancent cet appel au sursaut et à la lutte commune contre un déclin évitable.

Issus de toutes les courants politiques démocratiques, nous faisons tous ce constat : langue de la République (art. 2 de la Constitution) et de la population, support de notre culture et base évidente de notre « vivre ensemble », premier socle de notre « identité nationale » pour 80 % des personnes récemment sondées, le français est méthodiquement évincé au profit de cet anglais simplifié que promeut avec zèle l’oligarchie internationale des affaires.

Le fait ne doit rien à l’air du temps, ni ne procède d’on ne sait quel darwinisme linguistique comme d’aucuns voudraient le faire accroire pour occulter sa vraie cause dont la nature est politique. Politique, comme en témoigne, par exemple, la récente ratification du protocole de Londres qui donne valeur juridique en France aux brevets rédigés en anglais, ou l’abandon de nos prérogatives linguistiques dans les organismes européens et internationaux. Conçue en premier lieu par de puissants groupes internationaux, cette politique est complaisamment relayée par des élus hexagonaux, plus sensibles aux aspirations des financiers qu’à celles de notre société.

Voici longtemps, en effet, qu’est dépassé le stade de l’emprunt naturel d’une langue à une autre. Au-delà de la liste interminable des « coach », « manager », « discount », « trekking , « yes ! » et autres anglicismes … qui hachent notre vocabulaire quotidien, chacun peut aussi constater l’acharnement de maintes grandes entreprises à nous angliciser de manière insidieuse ou brutale. Empruntant d’abord quelques mots « techniques » à l’anglais, elles basculent désormais leurs produits et leurs enseignes commerciales du français au tout-anglais (« Carrefour Market », « Simply Market », « TGV Family » …) ; puis, en phrases entières, celles de leurs slogans publicitaires, de leurs serveurs téléphoniques, de leurs devises managériales qui rythment ironiquement la souffrance de leurs salariés (France Telecom, dorénavant sans accent, n’a-t-il pas inventé le « time to move ! » au risque de susciter la « mood » des suicides ?), suivant en cela le MEDEF qui donne le ton par sa devise « Ready for the future ! » ; celles aussi des conseils d’administration et des réunions de travail, y compris dans certains ministères de la République « française » ; et, finalement, celles de l’annonce de leur licenciement aux ouvriers de Continental-Clairoix, auxquels on a quand même concédé un traducteur : quel privilège !

Ce n’est pas tout : nos chercheurs, après avoir été à l’origine de tant d’avancées majeures et bien que prenant toute leur part aux avancées de la technologie actuelle, sont systématiquement sommés de publier en anglais. L’actuel gouvernement projette de faire enseigner certaines matières en anglais aux lycées et à l’université. Histoire sans doute de se rapprocher du peuple qu’elles sont censées représenter, nos élites politiques se forment désormais en anglais, voire en « tout-anglais » à Sciences-Po (notamment dans la nouvelle antenne rémoise de l’École) ; quant à Mme Pecresse, est-il exact qu’elle souhaite exempter l’Université des très humbles exigences de la loi Toubon ?

Pis : le refus de tout débat public accompagne cette politique linguistique inavouée portée par une élite dé-territorialisée qui, à droite comme à « gauche », méprise ouvertement ses origines et rêve d’un monde uniformisé dans lequel elle pourra enfin ressembler parfaitement à ses maîtres.

La première victime de ce rêve indécent sera la « France d’en bas », celle qui ne fera pas ses classes à Oxford ni ne passera ses vacances à Los Angeles, et qui devra éternellement s’adapter, dans sa vie privée et professionnelle, aux exigences d’une autre langue. Ont également tout à perdre à ce basculement linguistique les Francophones d’Afrique et d’ailleurs, que l’on discrimine honteusement pour tenter d’assimiler la défense du français à un purisme aux relents d’exclusion ; sans oublier le cadre moyen, dont les efforts prenants pour changer de langue et de mode de pensée ne feront jamais le poids face aux « English mother tongue » d’ores et déjà recrutés, de manière discriminatoire, pour certains postes clés.

Le débat citoyen que nous exigeons sur la place de la langue dans notre société est d’autant plus pressant que la construction européenne bruxelloise, au mépris de ses textes officiels, impose un libéralisme linguistique agressif : pour accompagner l’ultra-libéralisme économique, pour détruire ce bien commun par excellence et ce service public gratuit que constituent les langues nationales, les protections juridiques nationales faisant obstacle aux campagnes d’anglophonisation unilatérales qui sévissent partout en Europe, sont froidement démantelées.

Ce déracinement linguistique ne doit plus pouvoir s’accomplir dans l’ombre et le silence : le peuple doit prendre conscience de l’ampleur de l’agression dont il est l’objet, et faire entendre sa voix encore souveraine.

Cet appel s’adresse donc à tout citoyen soucieux de défendre sa culture et, à travers elle, toutes les cultures du monde dont la diversité est indispensable à un véritable internationalisme et au respect mutuel et multilatéral des cultures, à l’opposé d’un nivellement mondialiste insidieusement pré-totalitaire.

Cet appel dénonce aussi la glose « identitaire » de gouvernants qui accompagnent la destruction de notre langue commune ; il revient aux citoyens d’exiger une politique claire en faveur de notre langue maternelle et nationale, et plus généralement en faveur du multilinguisme : au collège et au lycée, renforcer l’enseignement du français, apprendre les bases communes des langues européennes, puis apprendre deux langues étrangères, dont la première serait autre que l’anglais ; défendre l’usage de la langue française dans les institutions internationales et européennes, réaffirmer clairement le français comme langue de l’enseignement et de la Recherche, mettre fin à l’invasion des enseignes et des publicités en anglais.

Cet appel s’adresse aux espérantistes ; aux défenseurs des langues régionales – car lorsque le français n’aura plus qu’un statut domestique (à tous les sens de ce terme !), de quelle place pourront-ils se prévaloir ? – , aux citoyens des DOM, aux travailleurs immigrés qui pensent que l’on peut vivre sereinement en français sans renier ses origines.

Il s’adresse aussi aux amoureux de l’anglais, qui ne doit pas se laisser réduire à cette « langue des affaires et de l’entreprise » dont E.-A. Seillères, alors président du syndicat patronal européen, entendait promouvoir l’usage quasi-exclusif.

Il s’adresse enfin aux chercheurs, aux écrivains, aux poètes, philosophes, enseignants, traducteurs, à tous ceux, ici et ailleurs, dont le français est la langue de création et de réflexion, l’outil de formalisation ou d’expression d’une sensibilité. Tous ceux qui savent ce que l’Histoire, ou leur histoire personnelle, doit à la langue française, à tous ceux qui sentent qu’une langue est plus qu’un simple code de communication parce qu’elle porte des valeurs et une vision du monde autant que des données et des informations.

À tous ceux qui ont compris qu’une langue unique c’est une pensée unique, et que si l’on soumet les hommes d’abord par le verbe et par la pensée, c’est aussi par eux, que les hommes résistent et se relèvent.

* Alliance Champlain – Association francophonie et avenir (AFRAV)

Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (ASSELAF)

Avenir de la langue française (ALF)

Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC)

CO.U.R.R.I.E.L. (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguisitique)

– Défense de la langue française - Paris-Île-de-France (DLF Paris-IdF) – www.langue-francaise.org

Forum francophone international – France (F.F.I.-France)

Le Droit de comprendre (DDC)

Se portent garants de la signature de leur association :

Pour l’Alliance Champlain, Daniel Miroux Pour l’AFRAV, M. Régis Ravat Pour l’ASSELAF, MM. Philippe de Saint Robert et Philippe Loubière Pour A.L.F. et F.F.I.-France, M. Albert Salon Pour le C.L.E.C., M. Raymond Besson Pour le COURRIEL, M. Georges Gastaud Pour D.L.F.-Paris-Î.d.F., M. Marc Favre d’Échallens Pour D.D.C., M. Thierry Priestley

 

Sources: L'Humanité

 

Les Québécois aussi doivent lutter contre cette invasion linguistique:

www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montrea...

http://www.youtube.com/user/montrealenfrancais


 

 

13/10/2009

Hommage déférent à l’un de mes maitres : San-Antonio

AVIS A LA POPULATION

Il est possible que si vous ouvrez Les aliboffis ou L'anti fadas avec Internet Explorer vous ayez une page tronquée, sans photos voire illisible. Passez sur Mozilla Firefox qui lui - gratuit! - est bien plus efficace


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Je viens de déguster cette explication de texte: un grand moment de pédagogie que je me dois absolument de partager avec vous!


La p’tite Amélie

M’avait bien promis

Trois poils de son cul pour ern faire un tapis

Les poils sont tombés, le tapis est foutu.

La p’tite Amélie n’a plus de poils au cul !


- Je n'aime pas cette chanson, déclare-t-il doctement.

- Vous la trouvez trop salée ou trop dessalée? Rigole la môme.

- Il ne s'agit pas de cela, mais de son aspect négatif, déclare Félix, lequel, après de savantes reptations, est parvenu à se dégager de sa gangue de graisse.

- Qu'entendez-vous par négatif ? fait le Vieux, réveillé par ce bavardage matinal.

- Il y a rupture de ton abusive, explique le pédagogue. Cette chanson-histoire débute d'une façon poétique. Cette petite Amélie, on la devine juvénile, malgré son système pileux précoce, fraîche comme le printemps, et d'une gentillesse infinie. Consentir à l'ablation de trois de ses poils, alors qu'étant donné son jeune âge elle ne doit pas en posséder beaucoup, dénote chez cette adolescente un cœur d'or.

« Petit « b », continue Félix, sur la poésie se greffe un côté féerique. Il est bien certain que pour un esprit cartésien il est hors de question de confectionner un tapis, fût-il de dimensions modestes, avec seulement trois poils. Néanmoins une grande naïveté d'expression nous fait admettre ce postulat. En trois vers nous sommes donc conditionnés pour entendre une ravissante et délicate aventure. Or, soudainement que se produit-il? La plus sombre, la plus désinvolte des ellipses. Sans même se donner la peine de nous en préciser la cause, on nous annonce que la petite Amélie est devenue glabre.

« Petit « c » ! clame notre ami.

- C'est le cas de le dire, pouffe miss Tresses.

- Me copierez dix fois la leçon, grommelle le distrait Nimbus. Petit « c », dis-je, tout en versant dans le réalisme le plus sordide, on fait bon marché de la logique, car enfin, si tous les poils ont chu du cul de cette jeune Amélie, la réalisation du fameux tapis devient plus aisé puisqu’on dispose dès lors d’un excédent de matière première. Eh bien non, il nous est affirmé tout net que le tapis est foutu. Il y a là un pessimisme délibéré qui est exprimé vigoureusement dans la dernière strophe : la p’tite Amélie n’a plus de poil au cul ! On sent une philosophie du désespoir sous-jacente. On devine cette malheureuse Amélie désenchantée au sommet de son pubis, comme une âme égarée sur la lande désertique, et n’ayant même pas la consolation d’avoir permis l’exécution de la plus humble des carpettes. Bref, Amélie a été dépoildecultée gratuitement ! Messieurs, convenons-en, cette chanson est sartrienne !

San-Antonio - Frédéric Dard : « Les vacances de Bérurier »