Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

25/10/2006

Les leçons de Boby Lapointe

Troisième Leçon: L'a peu prés.

La dictée du dernier exercice se termine par ces mots: «comme il était venu», que Toto écrit: «comme il était velu». On appelle cela: «lape-pré»... «Lape» indiquant que c'est par le truchement de la langue que l'on obtient des images telle que: «velu », «air bu », « poêle occulte» qui évoquent la fertilité des «prés». D'ou l'expression «Lape pré».
Remarque : ce n'est pas parce que «velu» et «poids lu», sont des «lape-pré» qu'il faut généraliser à tout ce qui concerne le système pileux.
Exemple : un coiffeur vous coupe les cheveux, vous lui dites «laissez-m'en». Ce n'est pas un «lape-pré», c'est une boutade. (Comment avez-vous pu la faire? nous n'en sommes pas encore là.) Le coiffeur vous répond Six cheveux!». Là c'est nettement un «lape-prés» qui fait rire. Mais s'il ne vous répond pas, non seulement ce n'est pas un «lape-pré», mais ce n'est certainement pas un coiffeur. Car un coiffeur doit parler; sinon , «il ne serait pas coiffair d'autres ». Ca aussi c'est un lape-pré (tiré par les cheveux). Nous avons donc dit que les lape-pré ne concernaient pas tous le système pileux. Par exemple, une comtesse délaissée par son mari, peut dire à son amant qui la console: «Je suis une léchée pour compte», ce sera un lape-pre, même si elle est chauve et lisse. Si elle hésite un moment avant d'ajouter « Na », c'est un « Na » peu prêt. Si son amant est un richissime petit vieux bien propre, c'est un «nabah propret»... Je pense que vous avez compris. Comme moi non plus, pour cette fois il n'y aura pas d'exercice.

Quatrième Leçon: Le Calembour.

«Le calembour est la fiente de l'esprit qui vole» à dit Victor Hugo (et il s'y connaissait, le bougre). N'allez donc pas croire que, connaissant les trois premières leçons vous allez pouvoir faire des calembours comme Kiss à muses ou même comme Kissa m'use.
1. Il vous faut un esprit. Si vous n’en avez pas, procurez-vous en un.
2. Apprenez-lui à fienter, soit en lui donnant des laxatifs, soit en choisissant un programme télé qui fasse fienter.
3. Apprenez-lui à voler, en le faisant fienter jusqu'à ce qu'il vole.
4. Apprenez lui a fienter en volant en le faisant voler jusqu'a ce qu'il fiente.
5. Apprenez lui a suivre le vol de ce bestiau, avec un récipient et à recueillir la fiente au vol.
6. Etalez le dit calembour sur un papier que vous envoyez à l'almanach Vermot.
S'ils avaient déjà publié celui ci :
c'est que : c'est un calembour qui a fait rire;
S'ils le republient:
c'est que: c'est un calembour qui fera toujours rire;
Sinon, c'est un bon calembour, or, ce qui fait rire ce sont les mauvais calembours.
Exercice: Lire attentivement l'exemple de calembour de votre dictionnaire quelque soit l'édition, ce doit être: «Des valeurs à lots - Des valeurs à l'eau». Essayez-le sur vos amis.
Est-ce un bon calembour?... Résumez vos impressions en un mot.
Boby Lapointe

Boby Lapointe: leçon n°2

Deuxième Leçon: La faute d'orthographe consciente.
La faute d'orthographe involontaire ne peut faire rire que les titulaires du brevet Élémentaire, et à la rigueur l'élite intellectuelle qui sait rire au second degré. Ce ne sont là que deux faibles portions des humains francophones et dézireuderires.
Mais ici quelques remarques s'imposent.
Le rire est un sujet très vaste et l'objet de cet ouvrage n'est pas d'en étudier tous les facteurs.
Les gags visuels n'entrent pas non plus dans le cadre du langage. Ni même aucun bruitage humoristique, du pet grave d'un archevêque à la plainte aiguë de la viole qu'on mouche, sans oublier celle de la mouche qu'on viole, de la mioche qui vole, de la vache qui miaule, de la moule qui pioche et du glas double du chef.
Pour en revenir à la faute d'orthographe involontaire, nous disions qu'elle avait un pouvoir hilarant très limité. Ne nous désolons pas pour si peu, mais ne nous arrêtons pas pour si peu à ce stade, ma colombe. Apprenons maintenant, la faute consciente.
Celui qui a triché dans l'exercice de la première leçon la connait déjà, et mérite un bon poing.
Le raffinement consiste à remplacer le mot que l'on va écrire par un homme au faune, tel que cet exemple typique:
Charles Quint,qui est né à Gand, y habitait encore (chez M. et Mme Quint, ses parents) quand il reçut une missive qui se terminait ainsi: «transmettez mes hommages à votre maire, sans oublier votre père de Gand.» Et notre petit quin-quint s'en gaudit fort. «Ah! s'écria-t-il en vers (car c'était l'été, et il prenait ses bains à Anvers et contre tous) la plaisante chose que d'omettre un accent grave sur le a, tout juste après un mot aussi cérémonieux que «Hommages ».
En résumé le raffinement, dans la faute d'orthographe consciente, consiste à écrire sans faute des «homme au faux nids».
Exercice: Voici quelques passages d'une dictée, suivis de la copie du malicieux élève toto. Complétez cette dictée en remplissant les espaces laissés en blanc, de façon la plus convenable.

Texte de la dictée:
La mansarde sous les toits est à Sir John qui l'habitait, comme il sied, dans ce confort douillet. Quelle qu'eut été sa vie... Et Danley partit comme il était venu.

Copie de l'élève Toto:
L'amant, Sarde saoulait toi et ta soeur jaune qu'il a bitté. Comme il sciait! dans ce con fort douillet! Quel cul tétait sa vis!
...Et dans les parties, comme il était velu!

24/10/2006

Instruisez-vous avec Bobby Lapointe

Première leçon: La faute d'orthographe

L'alphabet contient en tout deux douzaines de lettres, si l'on compte comme les écaillers dans leurs bons jours. Avec ces mots, on peut faire un nombre impressionnant de syllabes. Avec ces syllabes, un nombre impressionnant de mots et avec ces mots un nombre impressionnant de fautes d'orthographe.
Au stade actuel de notre civilisation, rares sont les gens qui ne savent pas faire de fautes d'orthographe. Ce sera tout de même le sujet de notre première leçon. Il me paraîtrait ridicule de commencer à un niveau plus bas : je croirais faire injure au lecteur, si je n'admettais pas qu'il sache, déjà, que l'on émet des sons avec la bouche, pour parler.
Donc, comme je viens de vous l'apprendre: pour parler, nous faisons des bruits avec la bouche... Pour écrire, on aurait pu faire correspondre une consonne à chaque son «consonne», et une voyelle à chaque son voyelle! Mais là... ça aurait vraiment manqué de fantaisie.
Si mes souvenirs sont exacts nos ancêtres en étaient à ce stade primitif de l'écriture, quand un conte allemand, qui était venu en France, chercher une occupation quelconque, décida de changer tout ca.
Il s'appelait Orto Graf, et il était très vexé parce qu'à cette époque, en France, ce qui s'écrivait «f » se prononçait «S». On l'appelait donc Orto Gras, ce qu'il prenait pour une allusion à sa rondeur... d'autant plus qu'il y avait un notable du coin qui s'appelait Ortomègre, et qui était justement d'un type filiforme. C'est pourquoi Orto Graf pondit le fameux décret qui décidait que les «p» suivis de «h» font «feu», et qu'à par ça toutes les autres consonnes pouvaient être suivies d"un «h», sans que cela leur porte préjudice, et que de plus on pouvait se mettre des «e» où on voulait, même à la fin d'un mot, et qu'il y avait d'autant moins d'inconvénient à cela que tous les paresseux de la région qu'il occupait (Le nord de la Loire) ne se donnerait jamais la peine de prononcer ses «e» dits muets.
En foi de quoi, il signa:
Orthographe
Nom dont la prononciation n'évoquait plus sa rondeur, et qui de plus comportait plus de lettres que celui du notable Ortomègre... ce qui rehaussa son prestige. Ortomègre était très vexé, mais il sut se rattraper le jour où Orthographe dut retourner chez lui: il décida que son nom s'écrirait Eaurthaumaigre.
C'était vraiment n'importe quoi! et on dut nommer des spécialistes pour fabriquer des lois légitimant ce genre de choses, c'étaient quarante braves grands-pères qui décidèrent servilement que «O» pourrait, selon les circonstances, s'écrire: au, hau, eau, ho, oh et même «o». C'est alors que l'un d'eux, plus poivré que les autres essaya d'expliquer: « la recette des œufs à la coque» en bafouillant, «Si je mets mon petit «neu» dans l'eau, ça me fait un neu... » «Et mon œil» interrompit un autre. Le secrétaire notant tout ça, interprétait à sa façon, et c'est de là que naquit la la mode des «e» dans I'«o» pour: œufs, œil, nœud, etc, etc.
Une autre fois l'un d'eux dit comme ça: «Les poules couvent dans le couvent en écoutant mon chant dans mon champ» et demanda comment cela devait s'écrire. Après de mûres discussions, ils décidèrent que du moment que «couvent» (les poules) et «couvent » (les moines) se prononçaient différemment il serait amusant de les écrire exactement pareil, et que par contre «chant» et «champ» ayant la même prononciation devaient s'écrire différemment à cause des mouches. Ensuite ils jouèrent à «l'exception confirme la règle». Et tout ça finit par faire beaucoup d'écriture. Ils en firent un «recueil» (sans «e» dans I'«o» pour des raisons d'économies, un «o» en moins avec un «eil», près du «cu», pour faire le tour de la question).Ils l'appelèrent «Grammaire» en hommage à la femme du plus âgé des 40, qui leur apportait un petit goûter tous les jours, à leur récréation de 4 heures. Celle-ci leur fit savoir que s'étant refusée à un Anglais qui lui proposait trois livres (de beurre) et six pinces à sucre, s'il suffisait maintenant d'un seul livre pour la personnifier, elle en était «déchue», «déçue», et n'hésita pas à enlever la cédille pour leur dire ce qu'elle pensait d'eux. Pour la consoler ils lui donnèrent la haute main sur les affaires de son village et lui permirent de s'appeler comme elle voudrait. Elle se fit graver des cartes de visite au nom de «Grand' Maire». Quand aux quarante, vu leur grand âge, ils décidèrent de s'appeler «Les Zigs Mortels». Imperturbablement, le secrétaire transcrivait comme il voulait l'entendre. Mais la gomme étant leur friandise préférée, ils n'allaient pas en gaspiller pour si peu, et ils consentirent à s'appeler:
«Les Immortels»
D'ailleurs le peuple leur avait déjà trouvé un nom plus académique. Voici comment: à cette époque-là, les hommes mettaient leurs bijoux de famille dans un petit sac accroché à leur ceinture. Voulant se distinguer du commun des mortels, les «immortels» arboraient des sacs mi-partie, sacs dont les deux parties différaient d'autant plus que l'une d'elles n'existait pas. Le peuple appela ces parures des «sacs à demi» et ceux qui les portaient des «Sacs à demiciens ».
Les quarantes avaient toujours le même secrétaire quand ils admirent ce vocable. Ils étaient d'ailleurs très contents de lui qui, empilant les mots comme un «silo» travaillait comme un «nègre». Ils l'appelèrent donc le Silo-Nègre, et décidèrent de confectionner un nouveau livre qui, en hommage, porterait le nom du dit silo-nègre.
Toujours imperturbable celui-ci titra: «Dictionnaire». Toutes ces fantaisies contribuèrent à la prospérité de leur petite affaire qui existe encore de nos jours. Mais l'esprit d'initiative s'avère très nuancé: le gros de leur travail consistant à faire de nouvelles éditions du dictionnaire en reprenant mot à mot les définitions de leurs ancêtres sur lesquelles ils ergotent jusqu'à saturation, et qu'ils finissent par recopier scrupuleusement. (1).
En résumé de cette première leçon :
Si la plupart des gens font des fautes d'orthographe, ce n'est pas parce que leur grammaire n'a pas ses règles, mais parce qu'ils en font fi (2) ainsi que du dictionnaire.
(1) Note de l'éditrice ('): Pourquoi L'auteur s'est-il-départi de toute rigidité didactique, et pourquoi cet érudit menteur noie-t-il son cours pratique dans l'étalage de connaissances historiques ?, pourrait se demander le lecteur avisé. J'ai moi-même donc posé la question à l'auteur qui m'a répondu: «Parce que »... Mais j'ai l'intime conviction qu'il ne m'a pas dit là tout le fond de sa pensée, et qu'il existe en réalité une raison plus troublante, qui est la suivante : C'est inopiné.
(') Note de l'E.D.F.: la note de l'éditrice était, avec la note du gaz pour faire le total de la somme portée sur la chemise avec cravate à poids nets.
(2) C'est cela même dont Napoléon, écrivant à Joséphine fit fi... (illustre exemple)
Puisqu'il suffit d'ignorer le dictionnaire et les fantaisies de la grammaire pour faire de telles fautes d'orthographe, la confection de ces dernières ne mérite pas plus d'explication. Et ce ne sont que des...
... Fautes d'orthographe involontaires.
Exercisse : Ecrivez dix mots difficiles.
Corrigé : Prenez un dictionnaire. Cherchez-y chaque mot tel que vous l'avez orthographié.
Si vous l'y trouvez: raté: 0.
S'il n'y est pas: gagné: 1 point.
Si vous n'atteignez pas 8/10 au deuxième essai, n'insistez pas. Vous faites une hypertrophie du scrupule qui vous rend allergique à l'humour.

06/07/2006

Coucou, me revoilou! Je glande...

Je glande... Quelque part dans la Margeride, près de Chateauneuf-de-Randon, un village extrêmement dangereux: c'est là qu'est mort le redoutable Bertrand du Guesclin, oui, celui du livre d'histoire, avec son dessin habillé chez Arcelor, et boutant l'Anglois hors de France. Eh bien ce type rugueux entre tous est mort vous savez comment? En buvant de l'EAU! Comme je tiens à ma couenne, cela me conforte dans ma résolution de ne jamais boire d'eau sinon désinfectée au pastis!
J'ai trouvé un bistrot sympa qui met gracieusement un ordi portable relié adsl à disposition de ses clients! Alors j'en profite.
Bref. Pour glander, il faut d'abord un don (ne rien faire est une occupation à temps complet) et s'entrainer sérieusement. Voici donc une petite leçon donné par mon pote Roger-Pol Droit:

Enlever sa montre

Durée: indéterminable
Matériel: une montre
Effet: égarant


Mesurez d'abord votre degré d'intoxication. Regar-dez-vous votre montre trois fois par jour? Quatre fois par heure? Beaucoup plus souvent? Il Y a des chances pour que vous n'en sachiez rien, que vos estimations soient erronées. Commencez par des mesures objectives. Si vous regardez l'heure au moins tous les quarts d'heure, en moyenne, cette expérience vous est destinée.
Elle consiste à vivre, « normalement» si possible, après avoir ôté votre montre. Commencez par un moment relativement bref, et où vous n'avez pas besoin d'être minuté. Par exemple, un après-midi chez vous, un jour de repos. Continuez ensuite, petit à petit, par des tentatives plus audacieuses, comme une sortie, ou un rendez-vous de travail. Vous n'avez droit, en prin-cipe, à aucun relais du type réveil de voyage, pendule de cuisine, horloge publique, parcmètre ou affichage de l'heure sur votre téléphone portable ou votre ordinateur. Vous devez au contraire vous installer dans le flottement déconcertant de cette absence d'indication Vous allez éprouver la curieuse nudité de votre poi-gnet et le discret vertige de ne plus savoir où vous en êtes de... quoi au juste? La sécurité des repères chronomé-trés ? Les alibis de l'exactitude? Vous ressentez, plus ou moins intensément, plus ou moins durablement, une impression de malaise. Le monde n'est pas normal. Il est mal cadré, flottant, désajusté.
Si vous persistez, si vous vous exercez et vous accou-tumez, vous devriez découvrir une autre forme de percep-tion du temps. Interne et vivante, détendue, exacte sans être crispée. Vous parviendrez à connaître les moments exacts de l'intérieur, sans même avoir besoin d'y réfléchir. Vous pourrez alors méditer sur la forme - toute relative - de violence et de contrainte qu'exercent les cadrans, les aiguilles et les horaires.

Allez, tchaoù, je retourne glander. A bientôt.

13/06/2006

Les petites expériences de l'été: boire en pissant

Boire en pissant

Durée.. 1 ou 2 minutes
Matériel.. toilettes et verre d'eau Effet.. ouvrant

Depuis des centaines de milliers d'années, l'immense majorité des humains vit et meurt sans avoir connu l'expé-rience qui va suivre. Elle est pourtant extrêmement facile, et particulièrement intéressante.
Comme tout le monde, vous pissez. Et vous buvez à d'autres moments. Vous ignorez ce qu'on peut éprouver quand on fait les deux en même temps. Cette expérience va vous permettre de le découvrir.
Vous aurez donc, tout bêtement, préparé un grand verre d'eau. Quand vous commencez à uriner, commencez à boire. Vous devez, autant que possible, boire de façon continue, d'un trait, sans temps d'arrêt. Des sensations tout à fait insolites vous habitent aussitôt. L'eau qui sort par votre sexe entre presque aussitôt en continuité avec celle qui entre par votre bouche. Vous allez donc soudainement
imaginer, et surtout éprouver, une organisation de votre corps que vous n'aviez jusqu'alors pas même soupçonnée possible. L'eau que vous buvez vous paraît sortir directe-ment de votre vessie. Vous découvrez en quelques secondes un circuit direct, gorge-urètre, un parcours instantané esto-mac-vessie, une physiologie impossible que cependant vous éprouvez de manière directe et indiscutable.
Vous vous inventez en quelques secondes un corps délirant, simplissime, et que pourtant vous éprouvez, de manière manifeste, indubitable. Plus d'intestin, de reins, de temps d'attente, de filtrage, de dialyse. L'eau circule en vous à la verticale, vous êtes traversé par le liquide frais, lavé du dedans, nettoyé d'une manière singulière et palpa-ble. Votre organisme paraît ouvert du dedans, l'eau circu-lant souplement entre intérieur et extérieur, comme, au choix, un flux cosmique ou un lavage automatique.
Cette expérience, renouvelable indéfiniment, d'un coût nul, toujours susceptible de réserver de nouvelles décou-vertes ou de curieuses surprises, n'est pas considérée comme une cure thermale.
L'expérience est encore plus étonnante avec du vin blanc!

12/06/2006

J'ai baisé Fanny !

medium_fanny.jpeg

Ce ouiquinde, j'ai baisé Fanny... Eh oui, ça arrive. Mais vous savez d'où vient cette expression et ce qu'elle contient?
Cette tradition serait originaire... de Savoie ! La Fanny originelle aurait été serveuse au café de Grand-Lemps, juste avant la Première Guerre Mondiale. La légende dit que, par gentillesse, elle se laissait embrasser par les clients qui venaient de perdre aux boules sans marquer le moindre petit point. La bise se faisait alors sur la joue.
Jusqu'au jour où, toujours selon la légende, le maire du village perdit à son tour et vint quémander sa " récompense ". Fanny avait-elle un grief contre lui et voulut-elle l'humilier en public? Nul ne le sait. Ce qui est sûr, c'est qu'elle grimpa sur une chaise, releva ses jupes et lui tendit... ses fesses! Le maire ne se démonta pas. Moins d'une seconde plus tard, deux baisers retentissants résonnaient dans le café. C'était le début d'une longue tradition...
Le problème, c'est que les joueurs n'ont pas toujours une Fanny sous la main. Ou plus exactement une Fanny qui accepte de dévoiler ses fesses en public. C'est pourquoi, dans tous les lieux où l'on joue aux boules, une place d'honneur est réservée à une Fanny postiche. Les malheureux perdants sont alors obligés de venir embrasser en public les fesses toujours rebondies d'une Fanny représentées sous forme de tableau, de poterie ou de sculpture. Ainsi, la récompense est devenue l'humiliation suprême pour tout joueur de boules. Mais quel bonheur!

27/05/2006

Je viens de la plage

medium_bains.jpg

"Si tu me fais voir ta grande motte, je te montrerais mon gros duroi!"

19/05/2006

Premières chaleurs

medium_mexicain.jpg

Le soleil, ça ne donne pas toujours la flemme. Il avait dû regarder:

medium_publicite-024.jpg

06/05/2006

Parlons un peu des femmes

Fanny

La Fanny est serveuse au café des Platanes
Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent
Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir
Tant elles sont promesses de joies et de plaisir.

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,
Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,
Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,
Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent
Tous restent bouche bée et en perdent la boule
Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne
On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne
Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny !

17:30 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : poésie

19/04/2006

Le Pénéqué

Une variante provençale de la sieste : le Pénéqué.

Pénéqué…
Rien que le mot, en étirant la bouche sur une voyelle modulée, appelle le bâillement jouissif. Pas le vulgaire bâillement de fatigue, mais l’opulente ouverture de bouche travaillée qui gonfle la gorge et baigne délicatement les yeux de petites larmes de bonheur.
Regardez-le, l’athlète du hamac, le champion du carré d’herbe sous le ciel bleu, le gymnaste du fauteuil, bref, l’adepte du Pénéqué ! Après un dernier ballon de rouge ou de rosé bien frais venant parfaire la volupté gastronomique d’un grand aïoli ou autre repas fortement aillé, son abdominal tressaute délicatement tandis qu’il s’étire voluptueusement puis que ses muscles se relâchent comme ceux des félins. Il émet, avec une discrétion de bon aloi, un dégazage buccal qui le fait baigner dans une aura odorante assurant sa tranquillité en éloignant les mouches et les fâcheux. Sa nuque s’alourdit et bascule vers l’arrière. Sa mâchoire pointe vers le bas, arrondissant sa bouche en cul de poule. Ses paupières s’alourdissent et se ferment, ses moustaches tressaillent et ses narines palpent l’air par petits coups savants. Comme l’avare touche son portefeuille dans sa veste pour se rassurer, sa main palpe précautionneusement, à l’entresol, ce qu’il a de plus précieux. Dès lors, apaisé, il est sur la rampe de lancement, prêt pour le grand départ vers le Pénéqué !
Le signal de l’embarquement pour Cythère est donné par quelques petits grognements de plaisir, préludes à un ronflement soyeux, raffiné comme les basses à l’orgue d’une fugue de Bach. Ca y est, l’esprit du bienheureux a pris son essor. Il est seul même au milieu d’une foule, même au milieu du bruit et de l’agitation. Il vole. Non. Pas comme un banquier, comme un oiseau ! Il fend l’azur de son corps gracieux, taquine la mouette mutine, rivalise de prouesses avec l’hirondelle, règne comme l’aigle sur le pauvre monde des rampants.
Heu-reux ! Il est heu-reux !
Puis son esprit atteint les rivages de Cythère et il sacrifie avec volupté au culte de la belle Aphrodite. Les expressions changeantes de son visage, aux tons rehaussés de la pourpre cardinalice, reflètent parfaitement l’état de béatitude de son esprit. Il entame alors les rêves roses les plus fous, les plus somptueux. Il partage avec les dieux un repas d’amour. Ceux-ci sont évidemment des dieux aimables, et surtout les déesses plantureuses, souriantes, accueillantes, largement dénudées, fleurant bon l’huile d’olive et le patchouli du panthéon grec. Et notre adepte du Pénéqué passe des bras voluptueux d’Aphrodite à ceux Junon, de Déméter à Koré, d’Athéna à Circé, de Diane à Pénélope et même, pourquoi pas, d’Adonis à Apollon.
Puis, observez-le, il se réveille doucement avec un long grognement de jouissance. Il s’étire, vérifie les proportions avantageuses de son antenne à bonheur, se lève et… va boire le café !
Dix minutes de Pénéqué : une éternité de bonheur renouvelé.

Jean-Victor Joubert

05/03/2006

Le combat des Voraces et des Coriaces

Le combat des Voraces et des Coriaces.

Or donc en ce temps-là le vieux roi cacochyme
Entendait bien gagner en ce combat ultime
Qu’il menait durement contre son chef des flics
Un nain plein d’ambition : Sarconar-le-lombric.

Les chroniques du temps traitent ces avatars
Sous le nom générique de « Guerre des nullards ».
Le nabot la voulait la place du Chichi
Et cela enrageait le vieux roi défraîchi.

Pour contrer Sarconar, il lui mit dans les pattes
En temps que Grand Vizir un fougueux diplomate,
Un bellâtre doublé d’un fringant aristo
Au nom turfiste : Galopin de Ville-aux-Eaux.

Le premier faisait preuve d’un appétit vorace,
Le second se montrait charmeur mais coriace.
L’un jouait du quart-cher, fustigeant la racaille ?
L’autre dynamitait le Code du Travail !

Sarco mettait ses pas dans les pas du Médef ?
L’autre avec ses grands pieds désespérait l’Unef !
Le nabot, irrité, envoyait ses condés
Quand la France-d’en-bas commençait à gronder…

Cessons pour aujourd’hui ce conte atrabilaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhosne
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne !

(à suivre)

28/01/2006

L'aïoli !

L'Aïoli des Académiciens

'Aïoli! Mot sonnant comme un salut gaillard!
D'Avignon à Marseille il est un étendard.
Emblème culinaire en terres de Provence
Il engendre gaieté, amour et pétulance.
Pour unir ceux qui l'aiment, il est avantageux
Tant son parfum puissant éloigne les fâcheux.
L'aïoli est en soi un éloquent symbole
Des valeurs des pays où court la Farandole:
L'or de l'œuf est fortune, rondeur, fécondité,
L'ail est puissance mâle, santé, virilité
Quand à l'huile d'olive, impériale maîtresse
C'est elle l'unité, 1 'harmonie, la richesse.
L'aïoli est parfait quand fou trissoun ten dré,
Quand le pilon de bois, dans la sauce dorée,
Tient droit tel Priape redoutable et vainqueur
Dans l'onctueux parfum qui chavire les cœurs.
L'Académie des Amoureux de l'Aïoli,
Chaque année, réunie en un conclave, élit
Parmi les cuisiniers du pays des cigales
Celui dont la recette lui paraît idéale.
Voici celle que fait, lors de grandes agapes,
Henry Estévenin, de Châteauneuf-du-Pape.
Truculent moustachu, buveur et quintalien
Il est le "Grand Aillé" des Académiciens.
Pour que ton aïoli soit de bonne facture
Tout doit bien être à la même température :
L'huile, l'ail et les œufs, le mortier, le pilon
Sont préparés la veille ou le matin selon
Que tes invités viennent dîner ou souper:
Car voilà un travers qu'il convient de stopper,
On n'est pas dans le nord, c'est à midi qu'on dîne
Et le soir que l'on soupe en terres comtadines!
Pour six convives il te faut douze gousses d'ail
Dont tu ôtes les germes pour faire un bon travail.
Quatre beaux jaunes d'œuf, du sel, du poivre blanc,
Beaucoup de jus de coude et un pichet de blanc.
Le vin, dans l'aïoli, ce n'est pas pour la sauce
Mais pour le cuisinier dont la soif est très grosse!
À l'aide du pilon, dans un mortier de marbre,
Tu écrases en pommade ail et sel, sans palabre.
Tu mets tes jaunes d'œufs et tu tournes, tu tournes,
Qu'aucune distraction, jamais, ne te détourne,
Pendant deux, trois minutes pour tout bien mélanger.
Puis laisse reposer dans un coin ombragé,
Juste le temps de boire deux ou trois bons canons
Avec tes acolytes, devant le cabanon.
Reprend ton appareil et coince le mortier
Entre tes deux genoux, et serre volontiers.
Eloignes les badauds et concentre-toi bien,
C'est là que ça se passe: ou c'est tout, ou c'est rien!
Tu commences à verser ton huile goutte à goutte
En tournant de bon cœur, d'un seul sens, tu t'en doutes.
Si tu suis la recette très rigoureusement,
L'émulsion doit se faire assez rapidement.
Quand l'aïoli a pris, verse en un fin filet
Ta bonne huile d'olive. Mais pas sur ton gilet!
Maintiens ton mouvement régulier jusqu'au bout
Ne mollit pas surtout. S'arrêter, c'est tabou.
Si elle est réussie, elle doit être épaisse,
Onctueuse, dorée, mais pleine de finesse.
Le pilon, en son sein, tient droit sans se vautrer.
Présentant ton chef d' œuvre, dit: "Lou trissoun ten dré" !
Traditionnellement, l'aïoli accompagne
La morue dessalée, seul poisson des campagnes.
Fait-là tremper deux jours dans de l'eau fraîche et claire
Que tu changes souvent sans souci des horaires.
En de belles portions il te la faut trancher,
Juste avant de servir tu la feras pocher.
Fais bouillir à l'avance œufs durs et escargots,
Du chou-fleur, des carottes et de verts haricots,
Des patates, bien sûr, une pleine fourchée
Que, pas plus que les œufs, il ne faut éplucher.
Sers ces aliments chauds dans des plats séparés
Et, trônant au milieu, l'aïoli vénéré.
Que boire avec ce plat? La question reste ouverte.
Sur ce point important, l'Académie concerte.
Du rouge, du blanc sec, ou même du rosé
Si c'est servi bien frais, on peut tout écluser.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la sauce: - six gousses d'aï!, blanc de préférence, desquelles vous enlever les germes, - deux cuillerées à café de sel fin, - quelques tours de poivre blanc du moulin, - deux jaunes d'œuf, - trois-quarts de litre d'huile d'olive vierge extra A.O.C.. Vallée des Baux.
Attention: faites en sorte que tous ces ingrédients soient à la même température. C'est primordial pour prévenir tout ratage (on dit alors, si ce malheur arrive, que l'aïoli a "cagué").
Pour le plat: - un kilo de morue sèche que vous ferez dessaler, - un kilo de carottes, - un kilo de haricots verts, éventuellement quelques betteraves rouges, - douze œufs durs, - trois douzaines d'escargots de mer (les "bioù", escargots dont la coquille présente des cornes), - trois douzaines d'escargots des garrigues provençales, - 3 kilos de pommes-de-terre cuites à la vapeur.


Les vins conseillés

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli, autorité incontestée en la matière, a longuement travaillé - verre en main - sur le délicat problème des vins les plus aptes à accompagner l'aïoli.
Le poisson qui en constitue une partie essentielle incite a pencher pour des vins blancs secs. Les légumes cuits à la vapeur appellent des vins rosés. La délicatesse des fragrances de l'huile d'olive s’accommode fort bien de vins rouges charpentés. Mais la puissance de la sauce dominée par l'ail ne s’accommode que... d'eau prétendent certains Académiciens. On ne peut tout de même pas aller jusqu'à de telles extrémités.
Essayez donc des blancs de Cassis, Châteauneuf-du-Pape, Cairanne, Rochegude, Picpoul de Pinet ; des rosés Tavel, Chusclan, Valréas, Vaisonle-Romaine, Côtes-de-Provence; des rouges de Vacqueyras, de Lirac, de Sablet, de Rasteau, de Violès, des Costières de Nîmes.



Si ça te plait, tu en trouveras d'autres de recettes comme ça sur www.ayoli.info