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27/05/2006

Je viens de la plage

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"Si tu me fais voir ta grande motte, je te montrerais mon gros duroi!"

19/05/2006

Premières chaleurs

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Le soleil, ça ne donne pas toujours la flemme. Il avait dû regarder:

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06/05/2006

Parlons un peu des femmes

Fanny

La Fanny est serveuse au café des Platanes
Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent
Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir
Tant elles sont promesses de joies et de plaisir.

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,
Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,
Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,
Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent
Tous restent bouche bée et en perdent la boule
Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne
On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne
Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny !

17:30 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : poésie

19/04/2006

Le Pénéqué

Une variante provençale de la sieste : le Pénéqué.

Pénéqué…
Rien que le mot, en étirant la bouche sur une voyelle modulée, appelle le bâillement jouissif. Pas le vulgaire bâillement de fatigue, mais l’opulente ouverture de bouche travaillée qui gonfle la gorge et baigne délicatement les yeux de petites larmes de bonheur.
Regardez-le, l’athlète du hamac, le champion du carré d’herbe sous le ciel bleu, le gymnaste du fauteuil, bref, l’adepte du Pénéqué ! Après un dernier ballon de rouge ou de rosé bien frais venant parfaire la volupté gastronomique d’un grand aïoli ou autre repas fortement aillé, son abdominal tressaute délicatement tandis qu’il s’étire voluptueusement puis que ses muscles se relâchent comme ceux des félins. Il émet, avec une discrétion de bon aloi, un dégazage buccal qui le fait baigner dans une aura odorante assurant sa tranquillité en éloignant les mouches et les fâcheux. Sa nuque s’alourdit et bascule vers l’arrière. Sa mâchoire pointe vers le bas, arrondissant sa bouche en cul de poule. Ses paupières s’alourdissent et se ferment, ses moustaches tressaillent et ses narines palpent l’air par petits coups savants. Comme l’avare touche son portefeuille dans sa veste pour se rassurer, sa main palpe précautionneusement, à l’entresol, ce qu’il a de plus précieux. Dès lors, apaisé, il est sur la rampe de lancement, prêt pour le grand départ vers le Pénéqué !
Le signal de l’embarquement pour Cythère est donné par quelques petits grognements de plaisir, préludes à un ronflement soyeux, raffiné comme les basses à l’orgue d’une fugue de Bach. Ca y est, l’esprit du bienheureux a pris son essor. Il est seul même au milieu d’une foule, même au milieu du bruit et de l’agitation. Il vole. Non. Pas comme un banquier, comme un oiseau ! Il fend l’azur de son corps gracieux, taquine la mouette mutine, rivalise de prouesses avec l’hirondelle, règne comme l’aigle sur le pauvre monde des rampants.
Heu-reux ! Il est heu-reux !
Puis son esprit atteint les rivages de Cythère et il sacrifie avec volupté au culte de la belle Aphrodite. Les expressions changeantes de son visage, aux tons rehaussés de la pourpre cardinalice, reflètent parfaitement l’état de béatitude de son esprit. Il entame alors les rêves roses les plus fous, les plus somptueux. Il partage avec les dieux un repas d’amour. Ceux-ci sont évidemment des dieux aimables, et surtout les déesses plantureuses, souriantes, accueillantes, largement dénudées, fleurant bon l’huile d’olive et le patchouli du panthéon grec. Et notre adepte du Pénéqué passe des bras voluptueux d’Aphrodite à ceux Junon, de Déméter à Koré, d’Athéna à Circé, de Diane à Pénélope et même, pourquoi pas, d’Adonis à Apollon.
Puis, observez-le, il se réveille doucement avec un long grognement de jouissance. Il s’étire, vérifie les proportions avantageuses de son antenne à bonheur, se lève et… va boire le café !
Dix minutes de Pénéqué : une éternité de bonheur renouvelé.

Jean-Victor Joubert

05/03/2006

Le combat des Voraces et des Coriaces

Le combat des Voraces et des Coriaces.

Or donc en ce temps-là le vieux roi cacochyme
Entendait bien gagner en ce combat ultime
Qu’il menait durement contre son chef des flics
Un nain plein d’ambition : Sarconar-le-lombric.

Les chroniques du temps traitent ces avatars
Sous le nom générique de « Guerre des nullards ».
Le nabot la voulait la place du Chichi
Et cela enrageait le vieux roi défraîchi.

Pour contrer Sarconar, il lui mit dans les pattes
En temps que Grand Vizir un fougueux diplomate,
Un bellâtre doublé d’un fringant aristo
Au nom turfiste : Galopin de Ville-aux-Eaux.

Le premier faisait preuve d’un appétit vorace,
Le second se montrait charmeur mais coriace.
L’un jouait du quart-cher, fustigeant la racaille ?
L’autre dynamitait le Code du Travail !

Sarco mettait ses pas dans les pas du Médef ?
L’autre avec ses grands pieds désespérait l’Unef !
Le nabot, irrité, envoyait ses condés
Quand la France-d’en-bas commençait à gronder…

Cessons pour aujourd’hui ce conte atrabilaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhosne
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne !

(à suivre)

28/01/2006

L'aïoli !

L'Aïoli des Académiciens

'Aïoli! Mot sonnant comme un salut gaillard!
D'Avignon à Marseille il est un étendard.
Emblème culinaire en terres de Provence
Il engendre gaieté, amour et pétulance.
Pour unir ceux qui l'aiment, il est avantageux
Tant son parfum puissant éloigne les fâcheux.
L'aïoli est en soi un éloquent symbole
Des valeurs des pays où court la Farandole:
L'or de l'œuf est fortune, rondeur, fécondité,
L'ail est puissance mâle, santé, virilité
Quand à l'huile d'olive, impériale maîtresse
C'est elle l'unité, 1 'harmonie, la richesse.
L'aïoli est parfait quand fou trissoun ten dré,
Quand le pilon de bois, dans la sauce dorée,
Tient droit tel Priape redoutable et vainqueur
Dans l'onctueux parfum qui chavire les cœurs.
L'Académie des Amoureux de l'Aïoli,
Chaque année, réunie en un conclave, élit
Parmi les cuisiniers du pays des cigales
Celui dont la recette lui paraît idéale.
Voici celle que fait, lors de grandes agapes,
Henry Estévenin, de Châteauneuf-du-Pape.
Truculent moustachu, buveur et quintalien
Il est le "Grand Aillé" des Académiciens.
Pour que ton aïoli soit de bonne facture
Tout doit bien être à la même température :
L'huile, l'ail et les œufs, le mortier, le pilon
Sont préparés la veille ou le matin selon
Que tes invités viennent dîner ou souper:
Car voilà un travers qu'il convient de stopper,
On n'est pas dans le nord, c'est à midi qu'on dîne
Et le soir que l'on soupe en terres comtadines!
Pour six convives il te faut douze gousses d'ail
Dont tu ôtes les germes pour faire un bon travail.
Quatre beaux jaunes d'œuf, du sel, du poivre blanc,
Beaucoup de jus de coude et un pichet de blanc.
Le vin, dans l'aïoli, ce n'est pas pour la sauce
Mais pour le cuisinier dont la soif est très grosse!
À l'aide du pilon, dans un mortier de marbre,
Tu écrases en pommade ail et sel, sans palabre.
Tu mets tes jaunes d'œufs et tu tournes, tu tournes,
Qu'aucune distraction, jamais, ne te détourne,
Pendant deux, trois minutes pour tout bien mélanger.
Puis laisse reposer dans un coin ombragé,
Juste le temps de boire deux ou trois bons canons
Avec tes acolytes, devant le cabanon.
Reprend ton appareil et coince le mortier
Entre tes deux genoux, et serre volontiers.
Eloignes les badauds et concentre-toi bien,
C'est là que ça se passe: ou c'est tout, ou c'est rien!
Tu commences à verser ton huile goutte à goutte
En tournant de bon cœur, d'un seul sens, tu t'en doutes.
Si tu suis la recette très rigoureusement,
L'émulsion doit se faire assez rapidement.
Quand l'aïoli a pris, verse en un fin filet
Ta bonne huile d'olive. Mais pas sur ton gilet!
Maintiens ton mouvement régulier jusqu'au bout
Ne mollit pas surtout. S'arrêter, c'est tabou.
Si elle est réussie, elle doit être épaisse,
Onctueuse, dorée, mais pleine de finesse.
Le pilon, en son sein, tient droit sans se vautrer.
Présentant ton chef d' œuvre, dit: "Lou trissoun ten dré" !
Traditionnellement, l'aïoli accompagne
La morue dessalée, seul poisson des campagnes.
Fait-là tremper deux jours dans de l'eau fraîche et claire
Que tu changes souvent sans souci des horaires.
En de belles portions il te la faut trancher,
Juste avant de servir tu la feras pocher.
Fais bouillir à l'avance œufs durs et escargots,
Du chou-fleur, des carottes et de verts haricots,
Des patates, bien sûr, une pleine fourchée
Que, pas plus que les œufs, il ne faut éplucher.
Sers ces aliments chauds dans des plats séparés
Et, trônant au milieu, l'aïoli vénéré.
Que boire avec ce plat? La question reste ouverte.
Sur ce point important, l'Académie concerte.
Du rouge, du blanc sec, ou même du rosé
Si c'est servi bien frais, on peut tout écluser.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la sauce: - six gousses d'aï!, blanc de préférence, desquelles vous enlever les germes, - deux cuillerées à café de sel fin, - quelques tours de poivre blanc du moulin, - deux jaunes d'œuf, - trois-quarts de litre d'huile d'olive vierge extra A.O.C.. Vallée des Baux.
Attention: faites en sorte que tous ces ingrédients soient à la même température. C'est primordial pour prévenir tout ratage (on dit alors, si ce malheur arrive, que l'aïoli a "cagué").
Pour le plat: - un kilo de morue sèche que vous ferez dessaler, - un kilo de carottes, - un kilo de haricots verts, éventuellement quelques betteraves rouges, - douze œufs durs, - trois douzaines d'escargots de mer (les "bioù", escargots dont la coquille présente des cornes), - trois douzaines d'escargots des garrigues provençales, - 3 kilos de pommes-de-terre cuites à la vapeur.


Les vins conseillés

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli, autorité incontestée en la matière, a longuement travaillé - verre en main - sur le délicat problème des vins les plus aptes à accompagner l'aïoli.
Le poisson qui en constitue une partie essentielle incite a pencher pour des vins blancs secs. Les légumes cuits à la vapeur appellent des vins rosés. La délicatesse des fragrances de l'huile d'olive s’accommode fort bien de vins rouges charpentés. Mais la puissance de la sauce dominée par l'ail ne s’accommode que... d'eau prétendent certains Académiciens. On ne peut tout de même pas aller jusqu'à de telles extrémités.
Essayez donc des blancs de Cassis, Châteauneuf-du-Pape, Cairanne, Rochegude, Picpoul de Pinet ; des rosés Tavel, Chusclan, Valréas, Vaisonle-Romaine, Côtes-de-Provence; des rouges de Vacqueyras, de Lirac, de Sablet, de Rasteau, de Violès, des Costières de Nîmes.



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