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21/05/2013

Stoppons-les ! Manif mondiale contre Monsanto ce samedi 25.

monsanto manif 25 mai 2013.jpg

 

 

Monsanto, vous connaissez… C’est les  Semences OGM, Round-up, hormone de croissance bovine, PCB, aspartame, agent orange et bien d’autres saloperies. C’est aussi une firme dans foi ni loi qui s’assoie sur la démocratie. Ainsi lors de son passage devant la Chambre des Représentants (députés) des Etats-Unis, il a été adjoint à la loi (H.R. 933) qui définit les lignes budgétaires pour les ministères et agences aux États-Unis, la section 735 qui stipule que « dans le cas où une décision [d’autorisation d’une culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l’Agriculture doit, nonobstant toute autre disposition de droit, sur simple demande d’un agriculteur, d’un exploitant agricole, ou d’un producteur, immédiatement accorder une autorisation temporaire ».

Autrement dit, si la Justice, comme ce fut le cas avec la luzerne GM, suspend l’autorisation accordée par le ministère de l’Agriculture, celui-ci pourra, si un agriculteur lui demande, contourner cette décision de Justice et accorder une autorisation temporaire de mise en culture de la luzerne GM. Le Sénat a voté la loi HR933 sans remettre en cause cet ajout. La loi, appelée par ses détracteurs « Monsanto Protection Act », est donc adoptée par le Congrès. La seule solution pour éviter ce véritable déni de démocratie résidait dans un véto présidentiel. Le démocrate Obama allait évidemment refuser cette saloperie. Tè ! Fume… Il a signé ! Il ne pouvait, parait-il, pas faire autrement sauf à bloquer le budget de l’agriculture de son pays…

Mais dans cette loi, a été introduite, de façon insidieuse, la « section 735 » qui permet au ministère de l’Agriculture de ne pas prendre en considération des décisions de justice. De façon insidieuse, car de nombreux congressistes n’avaient pas remarqué ce cheval de Troie de l’industrie biotechnologique. Et pernicieuse, car il était en effet difficile pour Obama de ne pas signer cette loi dont l’objectif était de ne pas bloquer le fonctionnement du gouvernement. Imposer son veto aurait relancé certains débats et blocages sur des questions plus générales. La stratégie des entreprises de biotech était donc très efficace. Introduire cinq lignes problématiques dans un ensemble cohérent, qui a demandé des mois de débat pour arriver finalement à un consensus, a payé. Résultat immédiat : par ce « Monsanto Protection Act  » : la justice américaine ne pourra plus s’opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si leur homologation est contestée devant un tribunal. 

A titre indicatif, Monsanto, au cours de la dernière élection, a financé 55 députés et 24 sénateurs (principalement républicains, mais pas uniquement), pour un montant total de 316 000 US$.

Mais les citoyens qui, dans le monde entier, refusent le « monde selon Monsanto » s’élèvent contre ce déni de démocratie. A l’initiative du mouvement « Occupy » étazunien, dans une démarche citoyenne autonome, le mot d’ordre a été lancé à travers les réseaux sociaux d’organiser la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto. Plusieurs dizaines de manifestations sont organisée aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Inde. C’est cxe samedi 25 mai.

La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement  le samedi 25 mai à partir de 14h. Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance due droit à un environnement sain pour tous !

Pour plus d’informations sur l’événement voir ici :

 http://www.generations-futures.fr/2011generations/wp-content/uploads/2013/01/COM_PRESSE_LIENS.pdf ethttps://www.facebook.com/events/160596650769757/

 

Duodi 2 Prairial 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Quand je vous dis que les OGM vont régler le problème de la faim dans le monde.

 
Il y a bien plus à manger sur ces rats !

 

 

rats cancéreux monsanto.jpg

 

 

18/05/2013

Ouiquinde érotique avec Sanguin et Machaud

 

arbres qui baisent.jpg

 

 

Enigme

Je vis un jour dans l'île fortunée
Un petit mont qu'on ne peut trop chérir ;
II a des fleurs tous les mois de l'année,
Et quelquefois est neuf mois sans fleurir :
Vers le penchant un sentier le partage,
Tout rebordé de roses à l'entour ;
Là, dans un temple, au milieu d'un bocage
On va traiter les mystères d'amour.

Le pèlerin peu de temps y demeure,
Pour la santé c'est un lieu dangereux ;
Si par hasard il advient qu'il y meure,
II ressuscite, et refait d'autres vœux.
De ce coteau découle une fontaine ;
On le cultive, il est ensemencé :
En y montant souvent on perd haleine,
On en descend toujours fort harassé.

 

Denis Sanguin de Saint-Pavin

 

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champignons sexy.jpg

Sonnet


Un beau jour Dom Bernard, ce disciple d'Antoine,
Qui depuis si longtemps ne connait plus l'honneur,
Qui sans bien et sans nom, sans aucun patrimoine,
Passe des Antonins pour le plus grand fouteur,

Dans un beau désespoir, fut trouver au bordel
Mimi, qui des putains n'est que la plus infâme ;
Et là, sans balancer, en sortant de l'autel
Le foutu calotin lui débita sa flamme.

De l'argent ! dit Mimi, ou sans quoi, vieux paillard,
Décampe du bousin, ou bien, lâche couillard,
Tu sauras si Mimi se regarde en novice.

Dom Bernard étonné, paya sans murmurer.
Enfin, ce qu'il obtint peut bien se figurer.
Il foutît ; mais, hélas ! gagna la chaude-pisse.

Louis-Charles Machault

 

 

Nonidi 29 Floréal 221

 

Illustrations X – Droits réservés

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

 

C'est une fille qui dit à sa mère : 
- Maman, je suis enceinte 
- Mais ma fille, où avais-tu la tête ?
- Dans le pare brise !

 

 

 

 

30/04/2013

Commission européenne : La belle abeille a bu...

abeille massacre.jpg

 

La Commission européenne a enfin décidé de suspendre, pendant deux ans à compter du 1er décembre, l'utilisation de trois insecticides impliqués dans le déclin accéléré des abeilles domestiques : l'imidaclopride, la clothianidine et le thiaméthoxame sur quatre grandes cultures (maïs, colza, tournesol, coton). Il était temps.

 

Pourtant les commissaires européens en charge du dossier onr fait l’objet d’intense lobbying mené à Bruxelles par les deux groupes qui commercialisent les fameux « néonicotinoïdes »: Bayer, géant allemand de la chimie et de la pharmacie, et Syngenta, poids lourd suisse dans le secteur de la chimie et de l'agroalimentaire.  

Ceux-ci, avec des moyens considérables, utilisent leur stratégie habituelle : distiller de l’incertitude. Ils manipulent le chantage : « cette mesure va coûter des milliers d’emplois, un demi point de PIB, elle va freiner l’innovation, etc. »

 

Et ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère les empoisonneurs d’abeilles.  En novembre, par une des nombreuses lettres envoyées à la commission, Syngenta met en garde contre rien de moins qu'un risque de délocalisation de la production de maïs hors d'Europe. Ailleurs, le chimiste estime que l'affaire coûtera jusqu'à « 17 milliards d'euros de pertes sur cinq ans » pour les agriculteurs européens… Sans l’ombre d’une preuve quant à ce chiffre évidemment. Ils ont même menacés d’attaquer en justice l’EFSA (agence européenne de sécurité des aliments).

 

Bon. Laz commission a décidé la suspension de ces poisons pour 2 ans. Mais deux ans seulement, laissant aux industriels le temps de peaufiner leur contre-offensive lobbyiste. Et cette suspension ne prendra effet...qu’au mois de décembre prochain, laissant ainsi aux industriels le temps de vendre à tout va leurs saloperies (que des agriculteurs stockeront probablement...)

 

 

 

Allez, rigolons-en un peu avec Bourvil http://www.youtube.com/watch?v=TNLfGS88GqQ

 

Primidi 11 Floréal 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

22/04/2013

On a volé le Pont-du-Gard !

pont du gard.jpg

 

 

On ne le voit plus ! A-t-il disparu ? Quelque voleur de terres serait-il parti en l’emportant sous le bras ?

 

Il a marqué la jeunesse de tous les Gardois. Nous, qui vivions aux bords du Rhône, nous faisions, dès le 1er mai, 45 km aller-retour à bicyclette ou avec la Mob bleue, plus tard avec la Deuche, pour y prendre les premiers bains de l’année. Les courageux – j’en étais – le traversaient au plus haut, en marchant sur les larges dalles de pierres qui recouvraient plus ou moins le couloir de l’aqueduc resserré par les impressionnantes couches de calcaires déposées au cours des siècles de fonction de ce formidable ouvrage. Un ouvrage que nous considérions comme nôtre. N’avait-il pas été construit au prix de leur sueur et souvent de leur vie par nos ancêtres les Gaulois, nos ancêtres les Ibères, nos ancêtres les Ligures selon les plans et sous les coups de triques de nos ancêtres les Romains ? Cette majestueuse falaise de dentelles minérale a abrité les premiers amours, les premiers émois de bien des jeunes ! On s’y baignait, on s’y aimait, on s’y noyait hélas aussi parfois, les plus téméraires plongeaient du premier étage…

 

C’est fini tout ça. Le Pont-du-Gard est toujours là, évidemment. Mais on l’a volé au peuple ! On l’a volé puisque nul ne peut plus le voir sans mettre la main au portefeuille. « Laisser un tel chef-d’œuvre à la populace ? Qu’elle aberration ! Vous n’y pensez pas ma chère ! » Alors, après bien des péripéties plus ou moins privées, plus ou moins douteuses, le célèbre monument, classé par l’Unesco au patrimoine mondial, a été confisqué à la vue. Ce fut d’abord un énorme parking obligatoire, cher. Agrémenté d’un musée, de salles de réception souvent vides, de marchands du temple agréés. Bon. Pourquoi pas. Ceci mettait un terme à l’anarchie des bagnoles garées partout. D’autant plus que des conditions avantageuses – discriminatoires d’ailleurs et probablement illégales - étaient concédées aux gens du coin. Mais on pouvait toujours accéder au monument à pied, à cheval, à bicyclette. Gratos bien sûr. Terminé !

 

Terminé depuis que le ci-devant Dumas William, président de l’Etablissement Public de Coopération Culturelle qui a mis la patte sur le fameux pont, a décidé de faire les poches de ceux qui prétendaient voir le Pont-du-Gard sans lâcher de thunes : dorénavant, piétons comme cyclistes doivent payer 10 euros ( !!!) pour avoir le droit d’approcher ce monument qui appartient à tous ! Le ci-devant Dumas William, ancien employé de banque, est ce qu’on appelle un « professionnel de la politique ». C’est de père en fils dans la famille. Son père était conseiller général, lui a pris sa suite puis a fait prospérer une belle carrière de cumulard en étant élu député, vice président du conseil général du Gard, maire de son village. Sans oublier, évidemment la présidence de l’EPCC du Pont-du-Gard. La porte ouverte à bien des cahuzaqueries…

 

Eh ! Monsieur le cumulard, est-ce ringard de vouloir jeter un regard peinard sur le Pont-du-Gard ? On s’égare, mais gare à la bagarre…

 

 

Tridi 3 Floréal 221

 

Photo X – Droits réservés

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

- Qu’est-ce qui est aussi grand que le Pont-du-Gard et qui ne pèse rien ?

- Son ombre !

14/04/2013

Ouiquinde sur la grande bleue : Les sardines à la "Brulo dé" du Pégot

sardines web.jpg

 

 

Éclairs d'acier bleuté bondissant hors de l'onde

Pour tenter d'échapper à la dent furibonde

De quelque carnassier montant des eaux profondes

Pour croquer tout de go ces poissons qui abondent...

C'est la reine des mers! Succulente et divine,

Pas la langouste, non. Simplement la sardine!

Sa réelle fonction, sa vie, son aventure

Généreuse et bornée: c'est d'être nourriture!

Les poissons s'en délectent, l'homme la met en boite,

Lui fait boucher le port si la passe est étroite...

Chez nous, dans le Midi, on l'aime tellement

Que chaque Provençal est un peu son amant.

Mon ami le Pégot, marin-pêcheur de Sète,

Les fait à "Brulo dé". En voici la recette.

Prenez-les sur le quai, juste au cul de la barque,

Chez votre poissonnier, la fraîcheur se remarque

Par la roideur arquée du petit corps luisant.

Un bon kilo pour deux, ce sera suffisant.

Devant le cabanon, à l'ombre de la treille,

Tandis que sa moitié débouche les bouteilles,

Le Pégot fait brûler un fagot de "gabel"

C'est les sarments de vignes du côté de Lunel.

Un bon coup de muscat met les convives à l'aise

Juste le temps qu'il faut pour apaiser la braise.

Sur un bout de grillage il range les sardines,

Ni lavées, ni vidées. Nature les ondines.

Les poissons sur la grille sont posés sur le feu

Puis retournés après une minute ou deux.

Sur un grand plateau rond, au milieu de la table

Calée par des galets pour qu'elle reste stable,

Le Pégot sert en vrac sa première tournée

Puis remet sur le feu la prochaine fournée.

Un jet d'huile d'olive dans le creux de l'assiette,

On mange avec les mains, nul besoin de fourchette.

D'une pression du doigt on enlève la peau

Libérant les filets odorants et bien chauds,

La tête entre deux doigts, dans deux autres la queue,

La sardine grésille. Quel bonheur, maugrebleu !

On se "rabine" un peu, d'où le nom: "brulo dé"

Mais c'est tellement bon! Vous n'avez pas idée.

Avec les dents du haut, on bloque la sardine,

La mâchoire du bas, retroussant les babines

Fort délicatement détache le filet

Qu'un" ggluuff" aspirera jusqu'au fond du palais.

Sous le pin parasol où s'aiment les cigales

Montent les petits bruits des gens qui se régalent.

Ça fait des: "Ah !", des "Hum !" des "Fatche que c'est bon !"

C'est toute la marée, plus un goût de charbon.

Toutes les deux sardines on boit un coup de blanc,

De Cassis ou de Saint-Hilaire-d'Ozilhan,

On parle avec les mains, on sort la galéjade

Et la journée se passe en franche rigolade.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Rien de plus simple: des sardines, encore des sardines, seulement des sardines (comptez 1 demi kilo par personne, soit 3 kilos). Mais fraîches, pas trop grosses et de Méditerranée évidemment. Plus un peu de fleur de sel de Camargue et de l'huile d'olive dans chaque assiette. Prévoir aussi des peilles ou des essuie-tout pour les mains !

 

Les vins conseillés:

La sardine est bonne fille et s'accompagne sans problème de vins blancs secs, de rosés, voire de rouges jeunes et frais.

En vallée du Rhône, blancs de Roaix, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Laudun, Villedieu ; rosés de Tavel, Rochefort, Chusc1an, Ventoux, Luberon, Cos­tières de Nîmes; rouges légers de Sainte-Cécile-Ies- Vignes.

En vins du Languedoc blancs Picpoul-de-Pinet, blancs de la Clape ; rosés de Saint-Saturnin, vins des sables d' Aigues-mortes.

En vins de Provence, les blancs de Cassis, tous les rosés des Côtes-de­-Provence et des Coteaux varois.

 

In « Le bonheur grâce à la cuisine de l’amour »

 

 

Quintidi 25 Germinal 221

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

 

29/03/2013

Accidents en série à Tricastin. Pour quand Fukushima-sur-Rhône ?

tricastin morts.jpg

 

 

Je ne vais pas vous parler des Françoiseries, quelles soient de Rome ou de Paris, d’autres le font jusqu’à plus soif. Mais je vais vous parler d’une grande inquiétude qui commence à s’installer dans la vallée du Rhône, chez moi. Une inquiétude liée à des menaces nucléaires qui touchent directement 400.000 personnes et indirectement toute la partie rhodanienne de la Provence, la région marseillaise comprise, soit plusieurs millions de personnes.

 

L’objet de cette menace ? La centrale nucléaire du Tricastin qui donne des signes inquiétants et récurrents d’obsolescence pouvant aller jusqu’à l’accident majeur, type Fukushima. Le vendredi 22 mars 2013 au matin, du Vaucluse, de l’Ardèche, de la Drôme, du Gard, dans un périmètre de 15 km, les lève-tôt ont entendu une explosion et vu un énorme arc électrique qui a illuminé le site nucléaire du Tricastin pendant dix longues minutes ! Inquiétant... Paniquant... Il s’agissait d’une rupture de ligne, d’un court-circuit sur la ligne haute tension de 225.000 volts en sortie du réacteur nucléaire n°3 de la centrale du Tricastin. Le mois dernier c’était le réacteur n°1 de EDF qui subissait lui aussi une rupture de ligne avec explosion et menaçait la région. Depuis que les 4 réacteurs du Tricastin ont été recouplés au réseau électrique après avoir tournés des années durant et quasiment exclusivement pour l'usine d'enrichissement de l'uranium Eurodif c'est le deuxième accident en l'espace d'un mois. Ce n’est pas tout. En juillet 2011, c’était déjà le transformateur de l’unité du réacteur n°1 qui prenait feu. A chaque fois pour EDF ou Areva : « Aucune conséquence radiologique sur l'environnement et la population». Ben voyons ! Jusqu’à ce que…

 

Fuites, fissures dans l’enceinte de béton, vannes et systèmes défaillants, maîtrise aléatoire du pilotage des réacteurs sont à présent le lot quotidien de cette centrale nucléaire intégrée au plus grand complexe nucléaro-chimique du pays et qui menace toute la vallée du Rhône.


Avec 33 années de fonctionnement pour le réacteur n°1 et 32 années pour les trois autres réacteurs, la centrale de Tricastin fait partie des plus vieilles de France et a dépassé les 30 années de fonctionnement initialement envisagées pour les réacteurs nucléaires. Elle utilise du combustible Mox, dangereux assemblage d’oxyde de plutonium et d’uranium appauvri. Ce combustible aggrave les conséquences potentielles d’un accident majeur par la présence accrue de plutonium, plus radiotoxique que les autres matières rejetées en cas d’accident.

 

Inondations. Qu’est-ce qui a causé la catastrophe de Fukushima ? Non pas le tremblement de terre mais l’inondation des installations. Or les risques d’inondations sont très réels à Tricastin car la plateforme de la centrale se situe à un niveau inférieur à celui de sa source froide ! Comme à Bugey et à Fessenheim d’ailleurs… Bonjour la compétence des concepteurs… La centrale est implantée en contrebas de la digue rive droite du canal de Donzère-Mondragon. Elle est donc vulnérable au risque d’inondation en cas d’une défaillance des digues pouvant être provoquée par un séisme ou une crue exceptionnelle du Rhône.

 

Mais ce n’est pas tout. La centrale est aussi exposée à une inondation par remontée de la nappe phréatique. Des pompes fonctionnent en continu pour maintenir le niveau de la nappe en dessous de celui de la plateforme. Enfin, à l’inverse, la centrale de Tricastin est soumise à un risque de perte de sa source froide en cas :

• de rupture de la digue gauche du canal qui pourrait faire baisser le niveau de l’eau en dessous du niveau des pompes de la centrale;

• de rupture du barrage hydraulique de Bollène situé quelques centaines de mètres en aval sur le canal de Donzère-Mondragon. Avec une chute de 23 mètres entre l’amont et l’aval, c’est l’écluse la plus haute d’Europe. En cas de rupture du barrage ou des portes de l’écluse, le niveau d’eau dans le canal s’abaisserait brutalement, faisant perdre à la centrale de Tricastin sa capacité à refroidir ses réacteurs. Rappelons qu’en 1998, une des deux portes de l’écluse a cédé.

 

Risques sismiques. Le séisme de référence utilisé pour le dimensionnement de la centrale de Tricastin est celui de Châteauneuf-du-Rhone de 1873 qui était de magnitude 4,7 sur l’échelle de Richter. La centrale a été conçue pour résister à un séisme de 5,2 avec une marge de 0,5 par rapport au séisme de référence, ce qui est largement sous-estimé. La centrale a été construite avec les technologies disponibles à l’époque de sa construction, qui n’étaient pas anti sismiques.

 

Risques industriels. La centrale nucléaire de Tricastin présente une sensibilité particulière du fait de son implantation au sein d’un complexe nucléaire et chimique plus important. Ainsi, dans un rayon de 10 km autour du site, on retrouve quatre installations classée Seveso seuil haut dont une installation chimique liée au nucléaire (Cogema, Comurhex, Soderec et Butagaz) et 2 Seveso seuil bas (Eurodif et Sogif). Les usines AREVA de transformation, de conversion et d’enrichissement de l’uranium sont toutes situées à moins d’1 km de la centrale. Les deux sources majeures de risque sur la plateforme sont la présence de quantités importantes d’hexafluorure d’uranium pouvant conduire à la formation d’un nuage toxique au dessus du site, et la présence de fluorure d’hydrogène et d’acide fluorhydrique. Le danger potentiel est important puisque plusieurs installations sur le site manipulent ces produits.

 

Risques liés à la chute d’avion. Le site de Tricastin se situe à proximité de quatre aéroports transportant au total plus de 7,5millions de passagers par an et 53.000tonnes de marchandises : Marseille-Marignane, Avignon, Nîmes, Valence. Sans oublier la base militaire aéronautique d’Orange. Les enceintes de confinement des réacteurs sont-ils à l’épreuve de la chute –accidentelle ou volontaire – d’un avion de ligne ou d’un chasseur ? Certainement pas. En tout cas les piscines de la centrale sont très vulnérables en cas d’agression aérienne volontaire du fait de leur positionnement en hauteur, de la configuration des lieux et de l’absence de confinement.

 

Imaginons un accident majeur à Tricastin, un jour de mistral (soit 200 jours par an). Le nuage radioactif saccage toute la vallée du Rhône, jusqu’à Marseille et la Camargue. Qu’est-ce qu’on fait ? On évacue Avignon, Salon, Marseille ? On laisse les habitants crever, comme au Japon ? Et que devient l’économie du pays basée sur le vignoble et le tourisme ? Je vois d’ici les affiches publicitaires :

 

« Visitez la Provence, ses ruines nucléaires, ses eaux radioactives, ses cancers foudroyants, ses enfants mutants à deux têtes, six bras, ses fraiches jeunes filles aux quatre nichons.

Allez-y ! Vous n’en reviendrez pas ! »



Sources : lien 

 

 

 Nonidi 9 Germinal 221

 

Photo X – Droits réservés

 

 

 

 

24/03/2013

Gastronomie dominicale en Camargue

Eh ! Vous n'en avez pas marre de toujours bouffer, pour les bringues des Rameaux et de Pâques, le sempiternel gigot d'agneau ou de chevreau?

Faîtes plutôt un plat rugueux, solide mais succulent, un plat qui te donne des cojones.


Ce plat, c'est :

 

Gardiane copie.jpg



La gardiane camarguaise

Tout Provençal se doit, au moins une fois l'an, 
D'aller se ressourcer, reprendre son élan,
De mettre le vaisseau de sa vie au grand largue 
Dans l'eau, le sel, le vent, le soleil de Camargue. 
Terres demi noyées, secouées de mistral
- Jumeau du fleuve-dieu, fleuve d'air magistral - -
Pétries et façonnées par le Rhône et la mer,
Puis soudain ravagées par le fleuve en colère. 
Terres où le soleil fait naître des mirages,
Terre où le sol et l'onde hésitent leur partage, 
Terres de solitude, rivages de naufrage,
Qui mesurent les hommes à l'aune du courage.
Digues, lônes, marais, étangs, sables mouvants, 
Boue sèche et craquelée, cristaux étincelants
Du sel sur la sansouire, faisceaux arachnéens
Des tamaris en fleurs d'où s'envolent soudain
Des millions d'oiseaux venus d'ailleurs lointains, 
Royaume incontesté des flamands africains.
Terre des chevaux blancs et des taureaux sauvages, 
Où Mitrhra règne en dieu depuis le fond des âges. 
Il faut voir la Camargue lorsque 1 'hiver l'étreint 
Lorsque le ven terraù sauvage court sans frein, 
Lorsque les Camarguais déplacent la manade:
Des milliers taureaux menés en cavalcade.
Conduits par cent gardians, par cent puissants centaures 
Défile l'infernal troupeau de minotaures,
Taureaux noirs, chevaux blancs, aux narines fumantes 
Remplissent la contrée d'une clameur géante. 
Taureaux dont les meilleurs combattront dans l'arène 
Face aux hommes, mains nus, que leur fierté entraîne 
Entre les noirs poignards. Pour la rouge cocarde
Et les yeux d'une belle, ils défient la Camarde! 
Certains de ces taureaux, à l'ardeur légendaire, 
Adulées tels des dieux par la gent populaire,
Sont enterrés debout et ont leur mausolée,
Comme le grand Goya (1), l'immense Sanglier (2). 
Ceux qui n'ont pas le sang pour les j eux et la gloire 
Termineront leur vie dans une rôtissoire,
Car en mangeant Mytrhra, les Provençaux dévorent, 
Avec sa chair, sa force. Et, ce faisant, l’honorent.
Cette hostie des gardians s'appelle "La gardiane".
— Oh ! Victor. Et alors, on les coupe ces couennes? 
— Bien sûr, petit, mais je voulais que tu comprennes 
Que c'est un plat sacré, et qu'il en vaut la peine.
Fais mariner trois tranches de taureau bien épaisses 
Dans le l'huile d'olive. Rajoute avec largesse
Poivre et clous de girofle, ail, oignon, thym, laurier. 
Laisse toute la nuit, comme pour du gibier.
Au fond de ta marmite, en fonte uniquement,
Dispose quelques couennes, de porc évidemment,
Sur lesquelles tu places une première tranche.
Couvre avec de l'oignon et de l'ail effilés,
Carottes en rondelles et du persil en branche,
Sel, poivre du moulin, un anchois en filets.
Tu fais ainsi trois couches. Enfin, pour terminer, 
Zeste d'orange séché, girofle, laurier, thym,
Puis tu mouilles avec six grands verres de bon vin, 
Du Costières de Nîmes, rouge carabiné.
Met ta marmite au four, fermée soigneusement,
Et fais cuire cinq heures, doucement, lentement.
Ce taureau parfumé, tendre, confis, moelleux, 
Découvre-le sur table, et accompagne-le
D'une jatte fumante de long riz camarguais.
Dans les verres tu sers un Gallician bien gai.
Mais attention, petit, le riz est un plat riche,
N'en fais pas - c'est courant - de la colle d'affiche. 
Pour qu'il ne colle pas, tu dois bien le laver,
C'est donc tout l'amidon qu'il te faut enlever.
Dans une jatte creuse ou un plat similaire,
Tu frottes entre tes mains le riz dans de l'eau claire, 
Tu changes et recommences dès que ton eau blanchit, 
Après quoi tu égouttes, tu bois et réfléchis:
Il y a plusieurs façons de cuire le riz blanc,
Comme les Espagnols, comme les Catalans, 
Comme les Vietnamiens ou comme les Créoles, 
Surtout pas comme les Français de métropole!
À Saïgon ou Vientiane, à Pnom Pen ou... Paris 
C'est deux mesures d'eau par mesure de riz,
Tu couvres quand ça bout et tu réduis la flamme,
Si ça attache au fond, tu n'en fais pas un drame,
Tu ne sales pas l'eau, tu ne remues jamais,
Et tu laisses gonfler en tenant bien fermé.
Mais comme à Fort-de-France ou bien à Pointe-à-Pitre, 
Tu fais bouillir ton riz dans de l'eau, plusieurs litres, 
Légèrement salée. Quand c'est cuit tu égouttes,
Puis tu réserves au chaud, du beurre tu ajoutes. 
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre 
D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc
Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

Jean-Victor Joubert 
in: Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s - Le Grand Bramaïre

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Trois tranches épaisses de taureau à braiser, environ un kilo, - 4 ou cinq couennes de porc, - 1 kilo d'oignons paille émincés, - 2 têtes d'ail éplu-chées et également émincées, - 1 kilo de carottes découpées en rondel-les, - 4 ou 5 branches de persil non frisé, - 3 anchois en filets, - 3 verres d'huile d'olive, - 3 cuillerées à soupe de sel de Camargue, - poivre noir du moulin à la demande, - 6 clous de girofle, - 4 feuilles de laurier, - 3 cuillerées à soupe de sommités sèches de thym ou 3 ou 4 belles bran-ches de thym frais, - 1 zeste d'écorce d'orange séché, - 1 bouteille de bon vin rouge, - 500 grammes de riz long de Camargue.

Les vins conseillés:

La gardianne est un plat de haut goût qui demande des vins rouges puissants, épicés, tanniques. De grands Costières de Nîmes, comme
les Gallician font parfaitement l'affaire. Mais on l'accompagnera éga-lement avec bonheur d'un Côtes-du-Rhône de Saint-Joseph, d'un Croze-Hermitage, d'un Vacqueyras, d'un Gigondas, d'un Lirac ou d'un des nombreux crus "Villages" des Côtes-du-Rhône.
En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Mi-nervois, Fitou, Collioure.
En vins de Provence: Bandol, Bellet, Palette, Pierrefeu, Gonfaron.

(1) (2) "Goya ", "Sanglier": noms de taureaux cocardiers célèbres. "Goya" a une statue à Beaucaire, "Sanglier" un mausolée à l'entrée de Le Cailar, en Camargue.

 

Quartidi 4 Germinal 221

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Trois moines et un mécréant sont réunis dans une pièce; la théologie va de bon train.
Soudain, panne d'électricité...
Le Franciscain s'agenouille et demande "la Lumière" au Seigneur.
Le Bénédictin récite son bréviaire qu'il connaît par cœur, persuadé que le Seigneur lui fera grâce.
Le Dominicain se lance sur une rhétorique de la Lumière et de l'obscurité de ce monde.
La lumière revient… mais où est le mécréant ? Lui aussi revient… Il était allé changer les plombs…

23/03/2013

Ouiquinde érotique rimbaldien

amour champêtre Le Titien.jpg

 

 

Elle était fort déshabillée

 

 

Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malignement, tout près, tout près.

Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d’aise
Ses petits pieds si fins, si fins.

Je regardai, couleur de cire
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, – mouche ou rosier.

Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s’égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal.

Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : “Veux-tu en finir !”
La première audace permise,
Le rire feignait de punir !

Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : “Oh ! c’est encor mieux !

Monsieur, j’ai deux mots à te dire…”
Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D’un bon rire qui voulait bien…

Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malignement, tout près, tout près. »

 

 

Arthur Rimbaud

 

 

Tridi 3 Germinal 221

 

 

Illustration Le Titien 

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Un petit garçon de 6 ans dit à sa sœur de 10 ans : 
- Tu sais comment on fait les enfants toi ? 
- Bien sûr, c'est fastoche ! 
- Alors vas-y, dis moi. 
- Eh bien c'est simple, le papa il met la graine dans le ventre de la maman ... 
- Et après ? 
- Et après il la pousse bien au fond avec sa bite.

 

13/03/2013

Au bistro de la toile : steak à la merde ou au pétrole ?

chimulus bistro copie.jpg

 

 

 

 

- Eh ! T’as vu Victor : au Japon, un savant, le ci-devant Mitsuyuki IKEDA, a réussi à synthétiser une viande artificielle un peu particulière à base d’excréments…

 

- Comme dirait Coffe « C’est d’la merde » !

 

- Exactement. « La "viande" ainsi obtenue est réalisée à base des matières prélevées dans les stations d’épuration. La préparation est ensuite mélangée à de la sauce de soja et de la sauce-steak pour le goût ainsi que du colorant rouge pour lui donner l’apparence de vraie viande. Cette viande qui aurait le goût du bœuf serait très nourrissante (63 % de protéines) et serait pauvre en graisses (3% de lipides). De plus en recyclant les rejets organiques on économise de l’énergie et on réduit la production des gaz à effet de serre. A ce stade, la viande à la merde coûterait encore trop cher à produire (environ 10 à 20 fois le prix de la viande normale), mais les scientifiques pensent pouvoir en réduire le coût, rendant ainsi ce produit abordable pour tous. »

 

- Ben en voilà une idée qu’elle est bonne ! Je vais en parler à mon boucher : « Oh ! Maurice, je voudrais un romestèque de merde. Mais un peu ferme. La dernière fois, c’était un peu trop diarrhée… ». On rigole Loulle, mais c’est une voie qu’il serait ridicule de rejeter. A partir du moment où on accepte sans rien faire la surpopulation, cette façon de nourrir le monde vaut largement l’élevage animal à l’américaine, avec des milliers de vaches serrées les une contre les autres, bouffant du soja OGM, bourrées d’antibiotiques et d’hormones. Ce que le « grand marché transatlantique » nous promet… Je crois que je préfèrerais encore le steak à la merde du Japonais. Mais ce n’est pas la première fois que les scientifiques veulent nous faire bouffer de la bidoche artificielle.

 

- Ah bon !

 

- Ouais. Il y a 50 ans, près de chez nous, à Martigues, une découverte du professeur Jacques Sènes, du C.N.R.S. de Marseille allait être à la base d’un étonnant développement : des levures, proches de celles utilisées en boulangerie et en brasserie, étaient selon lui capables de se développer sur des paraffines. Alfred Champagnat, de la Société Française des pétroles BP (S.F.B.P.), eut alors l'idée d'utiliser cette découverte pour déparaffiner le gazole et en extraire ensuite les levures riches en protéines, pour servir d'aliment au bétail d'abord… puis à l'homme ! C’est ainsi qu’au 1er Janvier 1963, Claude Gudin, le premier biologiste recruté par la S.F.B.P. sur les conseils de Jacques Sènes, démarra le laboratoire de recherches à Martigues. Un brevet fut déposé et en 1972, la première usine au monde, à Cap Lavéra, réalisa 10.000 tonnes par an de "POUP" (Protéines Unicellulaires d'Origine Pétrolière) sous le nom de Toprina. Deux usines de production d'une capacité chacune de 100.000 tonnes par an furent alors construites, l'une en Sardaigne, l'autre en Sicile par "Italprotein", société groupant la BP et l'Anic italienne.

 

- Merde. C’était pas de la rigolade. Qu’est-ce que c’est devenu ?

 

- Ces protéines alimentaires, dûment et scientifiquement expérimentées sur des animaux par les organismes officiels, avaient été reconnues d'excellente qualité, au point d'être intégrables dans des biscuits et consommables par l'homme. Le choc pétrolier et l’augmentation drastique du pétrole ne fut pas un obstacle insurmontable puisque le procédé s’applique au déparaffinage de produits pétroliers de toute façon existant. Tous les grands spécialistes du Tiers-monde encourageaient à l'époque les protéines de pétrole de Martigues : Josué de Castro, René Dumont, Suret-Canale, mais également, des savants comme Jacob, Monod, Lwolf (Prix Nobel) et des nutritionnistes comme Trémollières, Adrian, qui s'associèrent à cet hommage. L'UNESCO décerna son prix scientifique à Alfred Champagnat, l’auteur de l'idée. Oui mais…

 

- Oui mais quoi ?

 

- Le Cartel du soja – tenu par les multinationales étazunienes - s'était rendu compte du danger. Dans un premier temps, une campagne de désinformation a été lancée, des "pseudo experts" et des journalistes véreux accusant, contre toute évidence, les protéines du pétrole, les POUP, d'être cancérigènes. Les services secrets américains qui manipulaient les autorités italiennes à travers la fameuse "loge P2" réussirent à faire voter une loi interdisant les "protéines du pétrole" en Italie. Les centaines de milliards de lires investies dans les deux usines du Midi ont été passées en pertes et profits sans que personne ne proteste, grâce à l'intervention de la mafia.

 

Mais la British Petroleum, qui avait investi des milliards dans cette recherche réussie, n'était évidemment pas prête à en abandonner le résultat sans des "compensations équitables". L'énumération des compensations qu'elle a effectivement obtenues suffit à démontrer l'intérêt et le sérieux de ce procédé.

 

Le Groupe BP avait, d'une part, demandé une concession en ALASKA, et parallèlement, l'autorisation d'acheter une société américaine de distribution pétrolière. Les deux requêtes furent bloquées ! Contre l'engagement d'abandonner le secteur de protéines unicellulaires, le Groupe BP obtint non seulement le déblocage de ses deux requêtes mais, en outre, il reçut du Cartel, pour une de ses filiales, un tiers du marché européen des tourteaux de soja !

 

En 1976, le procédé fut définitivement abandonné, et l'usine du Cap Lavéra rasée en 1978. Tous les documents, films, livres et publicité sur le procédé disparurent comme par enchantement.

 

- Ben dis donc ! Elle est édifiante ton histoire Victor.

 

- Et je crains qu’il en soit de même avec la découverte de ton Japonais et de sa viande « à la merde ».

 

- Allez. A la nôtre !

 

 

 

Sources :

lien1

lien2 


 

Duodi 22 Ventôse 221

 

Merci à Chimulus

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

C’est une merguez et une chipolata qui se font un barbecue. Soudain la merguez est prise d’une irrépressible envie de chier. Elle s’nstalle donc dans un coin du barbecue pour faire son affaire.

L’autre, effarée, s’exclame alors : « Chie pô la, twa » !

 

 

10/03/2013

Ouiquinde gastronomique : coq au vin

Coq au vin.jpg

 

 

Un coq égale un trèfle. Ben, faut s’en contenter : ça porte bonheur ! Nos coqs, s’ils n’ont pas  chanter très fort, se sortent du bourbier irlandais avec les honneurs. Et une seconde mi-temps rassurante. Et il n’eut pas été injuste qu'ils gagnassent ! Puisqu’ils n’ont pas été cuisinés à la Guinness, fêtons-les donc dignement avec :

 

 

Le coq au vin de Ginette et Nicole

 

« Allez, Zou ! Viens mon beau. On va tuer le coq! »

C'est ainsi que Ginette, femme du Pays d'Oc

Fit de moi son complice pour saigner "Pyjama"

Et en faire une fête pour tous nos estomacs.

« Il honore mes poules, mais il me les esquinte.

C'est "viol avec violence", si elles portent plainte! »

Je tiens solidement Pyjama par les pattes

Et lui bloque les ailes pour qu'il ne se débatte,

Elle lui tend le cou sur une casserole

Et plante franchement l'Opinel à virole.

Le sang de Pyjama s'écoule volontiers,

Un grand frémissement et il meurt sans crier...

Telle est la dure et saine loi de la nature :

Tout être est prédateur mais aussi nourriture !

En quatre mouvements, Pyjama est plumé,

Vidé et nettoyé, puis flambé et coupé

En solides portions et mis à mariner

Dans un Cairanne rouge où l'on a ajouté

Oignons piqués de clous de girofle et carottes,

Quelques baies de genièvres, sel, poivre et pas de flotte.

On laisse reposer au frais, toute une nuit.

Au matin on sort les morceaux que l'on essuie.

Au fond d'une sauteuse ou mieux d'une... cocotte,

Faites mousser du beurre dans de l'huile bien chaude,

Et faites-y dorer vos morceaux de volaille

Avec un peu d'oignon et quelques gousses d'ail.

Saupoudrez sur la fin avec de la farine

Toujours en remuant. Faut pas que ça calcine.

Flambez alors le tout avec un Armagnac,

Un marc de Châteauneuf ou bien un bon Cognac.

Puis vous passez dessus le jus de marinade,

Poivre, bouquet garni, sel (pas comme un malade).

Montez alors jusqu'à petite ébullition

Et cuisez doucement. La durée est fonction

De ce qu'est le bestiau. Pour Pyjama trois heures

Mais pour un coq d'hyper entre une et deux heures.

Préparez quelques cèpes, frais ou secs mais trempés,

Vous les sautez dans l'huile, les poivrez, les salez,

Puis vous les rajoutez à la préparation

Demi-heure avant la fin de votre cuisson.

À votre liaison il faut alors penser:

Sortez un verre de sauce, laissez-là reposer,

Puis battez-la avec jaune d'œuf et vinaigre,

De la farine en pluie. Fouettez d'un ton allègre!

Si vous l'avez gardé, vous rajoutez le sang.

Incorporez le tout dans le jus frémissant.

C'est prêt. Sans plus tarder arrêter le réchaud.

Vous buvez un canon et vous servez très chaud.

Avec des tagliatelles ou des pommes vapeur,

Et un bon Châteauneuf, on atteint le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes

 

Le coq au vin est un plat qui doit mijoter. Il s'accommode donc parfaite­ment d'une volaille ayant de l'âge. Il faut une viande qui tienne aux os, et des os solides. Il vous faut donc:

Pour la marinade: - l coq ancien de deux kilos, - 2 bouteilles de bon vin rouge A.a.C., - 2 oignons pour la marinade, - 1 demi kilo de carottes coupées en rondelles, - 4 clous de girofle, - l dizaine de baies de genièvre, - 2 cuillerées de gros sel, - poivre du moulin.

Pour le plat: - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - gros comme un œuf de beurre, - l oignon émincé, - 3 gousses d'ail, - un peu de farine, - l verre d'Armagnac, Cognac ou Marc de Provence, - l bouquet garni, - l cuillerée à soupe de sel fin.

Pour la sauce: - 1 jaune d' œuf, - l demi-verre de vinaigre de vin, - 2 cuillerées à soupe de farine, - le sang du coq si vous l'avez gardé, - 1 sachet de cèpes secs mis à tremper.

 

Les vins conseillés:

 

Pas de demi-mesure pour le coq au vin: les meilleurs rouges de la vallée du Rhône: Côtes-Rôties, Hermitage, Croze-Hermitage, Saint-Joseph, Châteauneuf-du-Pape, Lirac, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Saint­Gervais, Séguret, Vinsobres, Visan, Sainte-Cécile-Ies- Vignes, Cornillon. En Coteaux du Languedoc, les vins chaleureux de Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Corbières, Fitou.

Les Côtes du Roussillon "Villages" de Belesta, Estagel, Maury, les Col­lioure.

Les vins de Provence Coteaux des Baux, Palette, Bandol évidemment, Les Arcs, les grands rouges de Bellet.

 

VictorAyoli 


Illustration originale Vincent Barbantan


Nonidi 19 Ventôse 221


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Ecoute ! Ecoute !


Un bon gros paysan a acheté un tout nouveau coq, trouvant le sien trop vieux pour "satisfaire" toutes ses poules. Alors quand le jeune coq arrive dans la basse-cour, le vieux coq vient le trouver et lui dit : 
- Salut jeunot, voilà tu sais que j'approche de la fin, alors si tu veux, tu pourrais me laisser quelques poules... 
Le jeune coq stupéfié, lui répond : 
- Ah non ! Tu as fait ton temps pépé, maintenant c'est mon tour, je prends toutes les poules. 
Mais le vieux coq, malin, lui demande : 
- Alors je te propose une course : le premier arrivé à la clôture, là-bas aura toutes les poules mais tu me laisses quand même 1 mètre d'avance, d’accord ? 
Le jeune coq, costaud, en pleine forme, comparé au vieux coq, qui a du mal à se tenir sur ses pattes, répond : 
- OK, papy, pas de problème, eh ! eh ! eh ! Le jeune coq est persuadé de ne faire qu'une bouchée du vieux ! 
La course commence. Le paysan voit son jeune coq courir après le vieux coq, s'empresse de saisir son fusil, et mitraille le jeune coq en gueulant : « Putain, ça fait le cinquième coq que j'achète, c'est le cinquième coq pédé ! »

 

25/02/2013

Après les poisson-chat, les pois(s)on-cochon, les pois(s)on-poulet, les pois(s)ons vache ! Bon appétit.

poisson cochon.jpg

 

Moi j’aime bien le saumon. Avec la peau. Je le mets sur une vieille poêle dont je tapisse le fond de gros sel. Je fais chauffer très fort jusqu’à ce que le sel pète. Je pose alors mon pavé de saumon, côté peau sur le sel. Et je surveille la progression de la cuisson. La viande rosé devient plus claire au fur et à mesure qu’elle cuit. Lorsque cette coloration plus claire a atteint les deux-tiers, je couvre la poêle avec une autre retournée afin de former un four. J’arrête alors le feu et je laisse la cuisson se finir pendant cinq minutes. Avec un filet d’huile d’olive, c’est le pied ! 

 

Mais je crois que je ne vais plus bouffer de saumon. Celui d’élevage est devenu de la vraie merde. Antibiotiques, pesticides sont mélangés généreusement à la nourriture de ces bestiaux qui vivent les uns sur les autres dans leur merde. Et ce n’est pas tout : les saumons OGM sont en route…

 

Mais ce n’est pas tout : comble de la stupidité, les nuisibles de la Commission européenne, sous la pression des lobbies, comme d’hab, viennent d’autoriser, à partir du 1er juin, la nourriture des poissons d’élevage avec les farines animales. Oui. Celle-là même qui ont planté une merde noire il y a quinze ans (cadeau de nos « amis » anglais). Des centaines de morts humaines, près de 200.000 vaches atteintes de l'encéphalite spongieuse bovine (ESB), des milliers de troupeaux massacrés, des milliers d'éleveurs traumatisés, etc., etc.



L'interdiction de l'utilisation de ces « minerais » animaux pour la nourriture des bovins a été effective dès 1997. Il en a été de même pour les poissons en 2001. Mais, en loucedé, les « experts » des Etats membres ont approuvé en juillet 2012 une mesure autorisant le recours aux farines de porc et de volailles pour l’élevage des poissons. Trois Etats, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, s’y étaient opposés. La commission du sinistre Barosso est passé outre: la décision a été prise il y a quelques jours et publié au J.O. de l'Union européenne.



Vu que ces tonnes et ces tonnes de farines animales stockées à grands frais ne coûtent rien, on peut s'attendre à ce que les éleveurs de poissons se ruent sur cette source de profits juteux. Donc, tous les poissons d'élevage (d'ores et déjà la majorité) que nous trouveront sur nos étals dès cet été seront des poissons-vache, des poissons-porc, des poissons-poulet... Putaing, Loulle! Ta daurade elle sent la rillette !



Bon. A la limite, cela permettra d'éviter de saccager les poissons sauvages qui sont transformés actuellement en farines pour nourrir les poissons d'élevage. Mais cette autorisation pour les poissons n'est qu'un premier pas. Après les poissons, la Commission européenne prévoit de proposer en 2014 de réintroduire l’utilisation des farines animales pour les volailles et les porcs. Pour éviter le « cannibalisme », les volailles seraient nourries avec de la farine de porc, et inversement. Mais qui ira vérifier? Les magouilles de substitution de viandes de vaches et de canassons sont là pour illustrer les dérives potentielles que ce laxisme de la Commission européenne autorisent. Dès lors, on peut s'attendre à plus ou moins court terme à un retour, sous une autre forme, d'une crise équivalente à celle de la vache folle. On peut faire confiance à l'avidité des industriels de l'agro-alimentaire pour ça, et à la cupidité des fonctionnaires européens...



Bon appétit !



Septidi 7 ventôse 221



Photo X – Droits réservés



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Ecoute ! Ecoute !



Nourrir les poissons.

 

Au cours d'une croisière, une tempête fait rage. Sur le pont du bateau un marin s'approche d'une dame et dit :
- Vous ne devriez pas rester là, madame, une vague pourrait vous emporter...
Un homme qui se trouve à coté se retourne et dit au marin :
- Dites donc, occupez-vous de vos affaires, c'est ma belle-mère pas la vôtre!  



20/02/2013

…et l’Homme devînt CON !

fin du monde dieu.jpg

 

 

Marrant tous ces cris d’orfraie (au fait vous avez souvent entendu crier une orfraie, sorte de balbuzard ? Moi non plus…) autour des bidoches pourries que le bizenesse agroalimentaire nous enfourne dans le clapoir ! Tout aussi cyniquement marrant  la « découverte » que les ouvriers, les voisins de parcelles agricoles et viticoles bourrées de pesticides chopent toutes les saloperies possibles, du cancer du foie, du pancréas à la parkinson ! Désopilant la fonte des glaciers, le saccage des forêts, la mise à mort de la biodiversité, les maladies environnementales et génétiques, la perte de fécondité (tant mieux !), les palanquées de maladies nouvelles et concoctées de toutes pièces, les cent mille molécules chimiques lâchées dans les sols, les eaux et les airs, les pesticides et biocides dans la rosée matinale et dans nos urines, les milliards de terriens souffrant chaque année les méfaits de la pollution, le recul des terres fertiles, les catastrophes « naturelles » de plus en plus nombreuses et meurtrières, et bientôt les hordes de réfugiés de l’environnement...

 

Et alors ? On découvre quoi ? Que ce poulet pelé qui se nomme – prétentiard et m’as-tu-vu – « homme sage sage » (homo sapiens sapiens) est LA calamité de la planète Terre. Il est gonflé le poulet pelé ! Ses « performances » sont particulièrement brillantes : hécatombes, holocaustes, exterminations, pogroms, génocides, guerres, invasions conquêtes à travers les siècles, puis déforestation, productivisme agricole, agro terrorisme, mort biologique des sols, désertification, sixième crise d'extinction massive d’espèces pour causes anthropiques, pollutions, réchauffement du climat, fonte des glaces, montée des océans, tarissement accéléré de toutes les ressources non-renouvelables, une planète bleue désormais en déliquescence... Cet incommensurable cortège de « réussites » est à porter à notre crédit. Et on en est fier en plus !

 

Exterminateur et invasif, Homo sapiens est la seule espèce de grande taille à avoir investi selon une croissance infernale la quasi-totalité des niches écologiques des autres espèces comme dit l’essayiste décapant Michel Tarrier  . Nous sommes ainsi les auteurs du plus effroyable laminoir de biodiversité que l’on pouvait imaginer. Nous souffrons d’une incurable cécité écologique doublée d’un besoin maniaco-dépressif d’asservir, de dominer, régner, contrôler, ordonner, gérer, intervenir, décider, nous ne sommes bons qu’à saccager, détruire, modifier, altérer, uniformiser, aligner, nettoyer, vider, couper, tailler, tondre, scalper, raser, décapiter, brûler. Bref FAIRE CHIER ! Le plus souvent sans comprendre, sans donner, sans admirer et même sans regretter. Guerres et discriminations envers et contre tout, contre soi, contre l’homme, surtout contre « l’autre » et « le différent », contre les espèces non rentables, en un mot... contre la Nature. Sexisme contre l’autre sexe, racisme contre les autres races, spécisme contre les autres espèces, pillage du vivant réduit à la notion étroitement utilitaire de ressources, saccage des paysages défigurés en autant de formes géométriques écostériles. Avec un dépassement de 30% de la biocapacité planétaire, notre humanité s’est octroyé un crédit écologique qui est une fatale fuite en avant. Où est la sagesse ? Notre politique est bien celle de la terre brûlée. Ne rien laisser derrière soi qui puisse profiter à l’ennemi est une stratégie de guerre…totale. Mais quel est donc cet ennemi si exécré, sinon nous ?!!

 

Homo sapiens doit donc sa longue et envahissante existence à sa domination, jusqu'à extinction finale, sur son frère néandertalien. Oui, tonton Neandertal, celui que l’on présente comme une sombre brute, et qui a été littéralement bouffé par son cousin Cro-Magnon parce qu’il était gentil, altruiste, pacifique ! Depuis, sapiens demens, espèce mégalomane, a construit toute sa prééminence sur l'éviction ou la maîtrise des autres espèces. Pas étonnant que le monothéisme ait été plus tard son choix spirituel : « Tu seras la terreur du Vivant » ! Il le fut, il l'est, mais plus pour très longtemps. Car ce qui est pris n'est plus à prendre.

 

Comme dit l’ami Yves Paccalet, « L’espèce humaine disparaîtra ? Bon débarras… » Mais en attendant, elle lapinise l’espèce humaine ! Responsable des maux actuels infligés à la Terre, cette espèce-là pullule. Mais pour combien de temps ? Neuf milliards en 2050. Et après ? Ils mangeront peut-être, mais ils devront manger debout !

 

 

 

Duodi 2 ventose 221

 

 

Photo X – Droits réservés

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

La pipe du pépé

Un petit garçon est venu passé la journée chez son grand-père. Après déjeuner, celui-ci s'installe dans son fauteuil et allume sa pipe. Alors le gosse s'approche et lui demande :
- Papy ! Prête-moi ta pipe.
- Non, ce n’est pas pour les enfants.
- Papy, s’il te plaît, prête moi ta pipe !
- Non, les enfants ne fument pas.
- Mais je ne fumerai pas, je te le jure. C’est juste pour la tenir.
- Tu me promets ? Bon, alors la voilà, fais-y bien attention !

Le petit garçon prend la pipe, la jette par terre, et l’écrase à coups de talon. Stupéfait le grand-père crie :
- Mais qu’est-ce qui te prend ? Pourquoi as-tu fait ça, petit galopin ?

Et le gosse répond :
- Parce que papa dit toujours : « Quand le pépé cassera sa pipe, je t'offrirai un ordinateur et on s'achètera une belle voiture ! ».

Faites donc des gosses !

 

 

11/02/2013

Au bistro de la toile : « Mangez de la merde, cochons de payants ! »

chimulus bistro copie.jpg 

 

- Oh ! Loulle, tu pètes le feu ce matin ! T’as mangé du cheval ou quoi ?

 

- Ben, ce doit être mes lasagnes du petit déjeuner. Parce que je mange moi, môsieur le matin. Et pas du café au lait ! Œufs au plat, jambon cru, ventrêche, fromage qui pue et un bon canon !

 

- Et tu as bien raison. Moi, c’est soupe chinoise que je fais avec les restes de la veille. Avec force carry, ail, coriandre, tomates, piment, nuoc mam. Et, avec des baguettes !

 

- Tout de même, faire manger du canasson aux Rosbifs ! Ah ! Ah ! Ah ! Ça m’estrasse les zygomatiques !

 

- Ah ! Ah ! Ah ! C’est une belle blague, c’est vrai. Les sujets de leur majesté pas très gracieuse considèrent comme un crime de lèse rosbifs le fait de seulement penser à bouffer du canasson ! Et ils gueulent au charron les mecs ! Eux qui nous ont fait bouffer de la vache folle… Ils sont gonflés.

 

- La mauvaise foi et une des qualités première de ce peuple de boutiquiers.

 

- Revenons à l’affaire : dans des « plats cuisinés » (lasagnes, cannelloni, ravioli, moussaka, parmentiers et autres), des gougnafiers ont remplacé la viande de bœuf par de la viande de cheval. Au demeurant, c’est une bonne chose puisque la viande de canasson est meilleure et plus saine que celle du bœuf. En fait c’est de la viande de vache, les bœufs – taureau castrés et élevés pour la traction animale et la viande de grande qualité - n’existant plus. Quoi de meilleur qu’un tournedos de cheval ! Le problème n’est donc pas de l’ordre de la santé, mais de l’ordre de la tromperie. Car il y a tromperie manifeste lorsqu’on affiche sur l’emballage d’un plat cuisiné un produit (le bœuf) alors qu’en fait on en met un autre (le cheval). Cette tromperie et évidemment organisée par un modèle agroalimentaire pourri jusqu’à la moelle, toujours plus avide, toujours plus opaque où seul le profit compte. Ce n’est pas propre à l’agroalimentaire d’ailleurs, avec la financiarisation et l’organisation ultra libérale, ce sont toutes les activités qui sont englouties dans la cupidité. L’ultra libéralisme, c’est les mafias aux pouvoir ! Regarde-les les Findus, Spanghero, Comigel, abattoirs et même responsables politiques roumains drapés dans leur dignité blessée, se renvoyant la patate chaude ! « C’est pas moi, c’est l’autre » ! Ils sont tous au courant ou alors ils ne font pas leur boulot ! Les instances européennes, sous la pression des industriels, ont confiés à « la profession » le contrôle de la filière ! Autrement dit, on demande à l’ivrogne de se faire souffler lui-même dans le ballon ET de se mettre une amende !

 

- Tè ! Fume… qu’ils disent les industriels !

 

- Exactement. En fait, le cours de la viande de cheval a chuté de moitié parce qu’en Roumanie, pays où ce bestiau est encore très utilisé en agriculture, une loi récente interdit la circulation des véhicules hippomobiles sur les routes ! Donc les paysans vendent leurs canassons pour acheter des tracteurs, avec le pognon des aides européennes. Cette viande, excellente, inonde donc les « marchés ». Les industriels de l’agroalimentaire achètent du cheval qu’ils substituent sans états d’âme au bœuf dans les préparations douteuses à base de viande impossible à déterminer. Profit oblige ! Et là où c’est franchement cocasse, c’est que ce soit les Rosbifs qui soient les premières « victimes » de ces magouilles : ce sont eux qui ont exigé – et obtenu provisoirement – que l’Europe rabote son budget. Donc, pas de sous, pas de contrôles indépendants. Donc on « fait confiance » à la profession pour « s’autoréguler ! » Tu parles…

 

- Il y a une solution Victor ! C’est de ne JAMAIS acheter ces saloperies de « plats cuisinés » fait avec tous les rebus, toutes les raclures des carcasses, qu’elles soient de bœuf, de cheval, de porc, de volaille. On broie tout ça, on ajoute éventuellement un arôme différent, on façonne en gros pains, on congèle et on vend ça aux industriels. Mangez de la merde, cochons de payants ! Mangez de la merde ! Ça nous engraisse, nous qui mangeons du caviar !

 

- Allez ! A la nôtre !

 

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

CHEVAL : S'il connaissait sa force, ne se laisserait pas conduire.

Viande de cheval : beau sujet de brochure pour un homme qui désire se poser en personnage sérieux.

Cheval de course : le mépriser. À quoi sert-il ?

 

Gustave Flaubert in "Dictionnaire des idées reçues"

 

Tridi 23 Pluviose 221

 

Merci à Chimulus

08/02/2013

Massacre à la tronçonneuse d’un gêneur…

tronçonneuse.jpg

 


"Nous au village aussi l'on a

De beaux assassinats"

Il était là. Si fier sur cette place. Arborant sa large poitrine face aux masses minérales de l’église collégiale de Villeneuve-lès-Avignon, la cité cardinalice jumelle d’Avignon, bien connue de tous les festivaliers de l'été. Ses bras jamais taillés dressaient jusque dans les hauteurs du ciel des toisons miraculeuses d’ombres vertes qui sentaient l’anis, bruissantes de la symphonie lancinante des cigales et cigalons.

 

Quel âge avait-il ? Deux, trois, quatre siècles peut-être. Avait-il vu la révolution ? Peut-être. Il renouait avec la symbolique du sacré des arbres. Il a connu  les poètes Pierre Seghers, Louis Aragon,  Elsa Triolet ; les peintres Jean-Baptiste Corot, André Derain, Pierre Grivolas, Luis Alvarez, Roger Lorance et tant d’autres ; les acteurs Jean Vilar, Gérard Philippe et tous les monstres sacrés du festival d’Avignon ; et tous les grands de ce monde passant sous son ombre pour aller à la prestigieuse hostellerie du Prieuré voisine. Il a été un terrain de jeux pour des générations d’espiègles chenapans grimpant sans peur ni vergogne sur ses bras puissants. Il était le complice discret des amoureux greffant leurs cœurs d’amour sur son tronc.

 

Il était…, il était…

 

Il n’est plus.

 

Tombé un matin blême sous les tronçonneuses assassines envoyées par un maire – le ci-devant Jean-Marc Roubaud, UMP ça va sans dire – reniant ses engagements, s’asseyant sur la démocratie, traitant par le mépris ses concitoyens qui demandaient la grâce du grand témoin de l’histoire.

 

Tu es mort, grand arbre, mon ami. Non pas parce que la maladie te rongeait : des spécialistes de l’INRA t’avait déclaré « vigoureux et sain ». Mais par la nuisible volonté du « prince »…

 

Il fallait que tu trépasses pour laisser place au béton.

 

Il fallait que tu trépasses pour laisser les bus desservant les hôtelleries de luxe passer plus aisément.

 

Il fallait que tu trépasses pour que ce quartier, voué par la vision élitiste du maire à de futures résidences privilégiées, puisse accueillir sans gêne les limousines.

 

Il fallait que tu trépasses, que tu libères l’espace, que la masse de tes branches vivaces s’écrase dans la bouillasse sans espérer de grâce, pour que quelques pouffiasses apportent leurs liasses salaces à quelques gougnafiers voraces.

 

C’est dégueulasse…

 

 

Nonidi 19 pluviose 221


Illustration X - Droits réservés


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Ecoute ! Ecoute !

 

C'est une dame qui demande à son pharmacien : 

« Avez-vous une petite compresse ? »

 

Et le pharmacien de lui répondre : « Non, mais j'en ai une grosse qu'on suce ! »

 

 

03/02/2013

Ouiquinde gastronomique sous le mistral: La gardiane camarguaise

Gardiane.jpg

 

 

Tout Provençal se doit, au moins une fois l'an,

D'aller se ressourcer, reprendre son élan,

De mettre le vaisseau de sa vie au grand largue

Dans l'eau, le sel, le vent, le soleil de Camargue.

Terres demi-noyées, secouées de mistral

- Jumeau du fleuve-dieu, fleuve d'air magistral - ­

Pétries et façonnées par le Rhône et la mer,

Puis soudain ravagées par le fleuve en colère.

Terres où le soleil fait naître des mirages,

Terre où le sol et l'onde hésitent leur partage,

Terres de solitude, rivages de naufrage,

Qui mesurent les hommes à l'aune du courage.

 Digues, lônes, marais, étangs, sables mouvants,

Boue sèche et craquelée, cristaux étincelants

Du sel sur la sansouire, faisceaux arachnéens

Des tamaris en fleurs d'où s'envolent soudain

Des millions d'oiseaux venus d'ailleurs lointains,

Royaume incontesté des flamands africains.

Terre des chevaux blancs et des taureaux sauvages,

Où Mithra règne en dieu depuis le fond des âges.

Il faut voir la Camargue lorsque 1 'hiver l'étreint

Lorsque le ven terraù sauvage court sans frein,

Lorsque les Camarguais déplacent la manade:

Des milliers taureaux menés en cavalcade.

Conduits par cent gardians, par cent puissants centaures

Défile l'infernal troupeau de minotaures,

Taureaux noirs, chevaux blancs, aux narines fumantes

Remplissent la contrée d'une clameur géante.

Taureaux dont les meilleurs combattront dans l'arène

Face aux hommes, mains nus, que leur fierté entraîne

Entre les noirs poignards. Pour la rouge cocarde

Et les yeux d'une belle, ils défient la Camarde!

Certains de ces taureaux, à l'ardeur légendaire,

Adulées tels des dieux par la gent populaire,

Sont enterrés debout et ont leur mausolée,

Comme le grand Goya (1), l'immense Sanglier (2).

Ceux qui n'ont pas le sang pour les j eux et la gloire

Termineront leur vie dans une rôtissoire,

Car en mangeant Mithra, les Provençaux dévorent,

Avec sa chair, sa force. Et, ce faisant, l’honorent.

Cette hostie des gardians s'appelle "La gardiane".

— Oh ! Victor. Et alors, on les coupe ces couennes?

   Bien sûr, petit, mais je voulais que tu comprennes

Que c'est un plat sacré, et qu'il en vaut la peine.

Fais mariner trois tranches de taureau bien épaisses

Dans le l'huile d'olive. Rajoute avec largesse

Poivre et clous de girofle, ail, oignon, thym, laurier.

Laisse toute la nuit, comme pour du gibier.

Au fond de ta marmite, en fonte uniquement,

Dispose quelques couennes, de porc évidemment,

Sur lesquelles tu places une première tranche.

Couvre avec de l'oignon et de l'ail effilés,

Carottes en rondelles et du persil en branche,

Sel, poivre du moulin, un anchois en filets.

Tu fais ainsi trois couches. Enfin, pour terminer,

Zeste d'orange séché, girofle, laurier, thym,

Puis tu mouilles avec six grands verres de bon vin,

Du Costières de Nîmes, rouge carabiné.

Met ta marmite au four, fermée soigneusement,

Et fais cuire cinq heures, doucement, lentement.

Ce taureau parfumé, tendre, confis, moelleux,

Découvre-le sur table, et accompagne-le

D'une jatte fumante de long riz camarguais.

Dans les verres tu sers un Gallician bien gai.

Mais attention, petit, le riz est un plat riche,

N'en fais pas - c'est courant - de la colle d'affiche.

Pour qu'il ne colle pas, tu dois bien le laver,

C'est donc tout l'amidon qu'il te faut enlever.

Dans une jatte creuse ou un plat similaire,

Tu frottes entre tes mains le riz dans de l'eau claire,

Tu changes et recommences dès que ton eau blanchit,

Après quoi tu égouttes, tu bois et réfléchis:

Il y a plusieurs façons de cuire le riz blanc,

Comme les Espagnols, comme les Catalans,

Comme les Vietnamiens ou comme les Créoles,

Surtout pas comme les Français de métropole!

À Saigon ou Vientiane, à Phnom Pen ou... Paris

C'est deux mesures d'eau par mesure de riz,

Tu couvres quand ça bout et tu réduis la flamme,

Si ça attache au fond, tu n'en fais pas un drame,

Tu ne sales pas l'eau, tu ne remues jamais,

Et tu laisses gonfler en tenant bien fermé.

Mais comme à Fort-de-France ou bien à Pointe-à-Pitre,

Tu fais bouillir ton riz dans de l'eau, plusieurs litres,

Légèrement salée. Quand c'est cuit tu égouttes,

Puis tu réserves au chaud, du beurre tu ajoutes.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- Trois tranches épaisses de taureau à braiser, environ un kilo, - 4 ou cinq couennes de porc, - 1 kilo d'oignons paille émincés, - 2 têtes d'ail éplu­chées et également émincées, - 1 kilo de carottes découpées en rondel­les, - 4 ou 5 branches de persil non frisé, - 3 anchois en filets, - 3 verres d'huile d'olive, - 3 cuillerées à soupe de sel de Camargue, - poivre noir du moulin à la demande, - 6 clous de girofle, - 4 feuilles de laurier, - 3 cuillerées à soupe de sommités sèches de thym ou 3 ou 4 belles bran­ches de thym frais, - 1 zeste d'écorce d'orange séché, - 1 bouteille de bon vin rouge, - 500 grammes de riz long de Camargue.

 

Les vins conseillés:

 

La gardianne est un plat de haut goût qui demande des vins rouges puissants, épicés, tanniques. De grands Costières de Nîmes, comme

les Gallician font parfaitement l'affaire. Mais on l'accompagnera éga­lement avec bonheur d'un Côtes-du-Rhône de Saint-Joseph, d'un Croze­Hermitage, d'un Vacqueyras, d'un Gigondas, d'un Lirac ou d'un des nombreux crus "Villages" des Côtes-du-Rhône.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Mi­nervois, Fitou, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Bellet, Palette, Pierrefeu, Gonfaron.

 

(1)   (2) "Goya ", "Sanglier": noms de taureaux cocardiers célèbres. "Goya" a une statue à Beaucaire, "Sanglier" un mausolée à l'entrée de Le Cailar, en Camargue.

 

In « Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s »

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

C'est un gars un peu con qui veut faire une petite blague à sa femme.Alors qu'elle est en train de prendre sa douche, il arrive sans bruit derrière elle et lui attrape les seins en disant: 
- « Si ils étaient un peu plus fermes, tu n'aurais pas besoin d'acheter de soutien-gorge. » 

Le lendemain, une fois de plus il lui fait une blague en arrivant derrière elle et en lui mettant les deux mains sur les fesses en disant: 
- « Si elles étaient un peu plus fermes, tu n'aurais pas besoin de mettre une gaine. » 

La femme ne dit rien mais pense alors à sa revanche... 

Le lendemain, comme le mari sort de la douche, sa femme lui attrape la bite et lui dit: 
- « Si elle était un peu plus ferme, je n'aurais pas besoin de coucher avec ton frère ! »

 

 

Quintidi 15 pluviose 221

 

Illustration originale Vincent Barbantan

23/01/2013

VICTOIRE ! Les OGM du sinistre Barosso « gelés ».

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En voilà une nouvelle qu’elle est bonne ! Et un coup de pied au cul à Barosso ! Un ! En effet, la Commission européenne - cet organisme de technocrates élus par personne, à la solde des lobbies les plus offrants – vient de « jeter l’éponge » concernant l’autorisation de culture des OGM en Europe.

C’est le dénommé Frédéric Vincent, employé du dénommé Tonio Borg, commissaire européen à la santé qui l’a assuré : « La Commission, si elle le veut, peut lancer le processus pour autoriser la culture d’un soja et de six maïs OGM, dont le MON810 (déjà autorisé dans l’UE mais qui doit obtenir le renouvellement de cette autorisation), mais elle ne le fera pas. (…) Les autorisations de culture sont gelées ».

Comme quoi l’opiniâtreté peut payer. La Commission a baissé pavillon, après avoir tenté, des années durant, d’imposer ces saloperies d’OGM. Elle a cédé parce que les actions des populations auprès de leurs gouvernements respectifs ont pourri le dossier. En effet, chaque état membre peut interdire la culture des OGM sur son sol, à condition de mettre en avant des éléments représentant un danger manifeste du produit en question pour la santé et l’environnement. Neuf pays européens sur 27, dont la France, sous couvert de clauses de sauvegarde, ont ainsi interdit la culture des OGM sur leur sol.

Il serait imprudent de croire la victoire définitive. La Commission va tenter de tourner la difficulté en proposant de nouvelles procédures d’évaluation. Les procédures actuelles se basent sur les études faires…par les firmes productrices ! Bonjour l’objectivité. On garde en mémoire le barouf soulevé par les études du professeur Séralini montrant à la face du monde les résultats effrayants des OGM sur des souris déformés par des cancers géants. Les lobbies semenciers ont tout fait pour décrédibiliser cette étude. Ma       is cette polémique a mis en pleine lumière la « faiblesse » (pour ne pas dire la complicité) des organismes de contrôle européens qui se contentent de copier…les études forcément positives des firmes !

A suivre de près…

 Quartidi 4 Pluviose 221


Illustration X - Droits réservés


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Ecoute ! Ecoute !


Qui vole un bœuf est vachement musclé.

 

30/12/2012

Ouiquinde érotico-gastronomique à la neige.

skieuse nue debout.jpg

 

Odile

 

Sur une piste noire, par un écart vexant

J’ai eu avec Odile un contact renversant.

Skis et corps emmêlés dans la neige profonde

J’ai goûté dans le froid sa chaude peau de blonde,

 

Et ses seins écrasés contre mes pectoraux

Ont fait monter en moi une ardeur de taureau.

Percevant mon émoi elle ondule et s’étire

Et - heureuse jeunesse ! - nous éclatons de rire.

 

La serrant plus encor je lui vole un baiser,

Je savoure ses lèvres et sa langue épicée.

J’ai retrouvé Odile le soir à la station

 

Où nous avons vécu une ardente passion.

Depuis ce jour heureux et ces moments exquis

J’espère en Cupidon lorsque je fais du ski…

 

 

La tartiflette.

 

- Drôles d’exploits alpestres

Pour une Saint-Sylvestre !

Raconte-moi, Victor, Odile, ta victime

N’a pas dû t’accorder tous ses trésors intimes

Par dévotion pour tes talents contondants,

Ta façon de lui faire du rentre-dedans !

Tu as dû tout de même lui faire un peu de gringue,

L’emmener au ciné, lui acheter des fringues…

- Bien sûr allons, petit ! Faut être gentleman

Si l’on veut que ces dames nous prennent pour amant !

Je l’ai menée manger un bon menu de fête

Chez mon ami Roger, roi de la Tartiflette.

- Ques aco ?

- C’est un plat que l’on mange en Savoie

Qui te remplit la panse et qui te met en joie.

Le mot vient de « tartifle » ce qui, en provençal

Comme en latin d’ailleurs aussi bien qu’en rital

Signifie pomme-de-terre ou encore patate

Qu’elles soient fontenoy, noirmoutier ou bien rates.

La Tartiflette est donc un délicieux mélange

De patates, d’oignons, de lard et de fromage.

Tu cuis à la vapeur tes patates épluchées,

Les coupes en rondelles, puis tu vas les coucher

Dans une poêle chaude où tu vas les saisir

À l’huile et les brunir sans les faire roussir.

Coupe en dés tes lardons, émince ail et oignons,

Vivement, à la poêle, travaille leur union.

Puis dans un large plat pouvant aller au four

Mets tes deux appareils en couches, tour à tour.

Les patates d’abord, lard, oignon, ail ensuite

Sel, poivre du moulin, en nappes, ainsi de suite.

Coupe tes Reblochons en deux dans l’épaisseur

Pose-les croûte en haut comme frères et sœurs.

Voilà. C’est presque prêt. Sors le tire-bouchon

Et dépucelle vite un flacon d’Apremont.

Tu vas mouiller ton plat avec un ou deux verres,

Et finir la bouteille avec quelques compères.

Tu fais dorer ton plat au four à deux cents vingt

Le temps qu’il te faudra pour achever le vin.

Le fromage, en fondant, va pénétrer le reste,

L’Apremont va le rendre moelleux et digeste,

Lorsque le Reblochon commence à gratiner,

Tu dois servir bien chaud : il est temps de dîner.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 kilo et demi de pommes de terre (plus si les convives sont de gros mangeurs), - 1 demi kilo de lard blanc ou de petit salé (selon le goût des convives), - 6 oignons, - 6 gousses d'ail, - 1 bouteille d'Apremont, - 3 Reblochons coupés en deux, - sel, - poivre.

 

Les vins conseillés:

La tartiflette est un plat de grande faim et donc de large soif. Accordez-le avec des vins rouges à base de syrah, qui donnent des parfums de sous-bois, d'animal: Saint-Joseph, Cornas,

Crozes-Hermitage, Saint-Désirat, Saint-Pierre-de-Bœuf, Mau­ves, certains Lirac.

En Languedoc: Saint-Chinian, Fitou.

En Provence, Bandol, Coteaux-des-Baux.

 Sans oublier, bien sûr, l'irremplaçable Apremont, vin fanion des Savoies. 

 


Décadi 10 Nivose 221

 

 

Illustration X – Droits réservés

21/12/2012

M’ame Michu et M’ame Chazotte : la P.M.A.

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- Ben alors M’ame Michu, v’z’êtes pas parti au Bugarach ? Pour la fin du monde ?

 

- Oh ! Moi, la fin du monde, c’est P.M.A…

 

- P.M.A. ? S’que vous voulez dire par ça ?

 

- Ben, PMA, c’est un mot qu’on entend tout le temps en ce moment. Je suppose que ça veut dire « Plus de Mon Age » !

 

- Ah ! Ben ça, effectivement, c’est plus de votre âge. Il y a longtemps que vous avez les œufs clairs. Ça se voit à votre moustache… Mais non M’ame Michu, PMA, ça veut dire « Procréation Médicalement Assistée ». C’est pour les bonnes femmes qui veulent faire des marmots sans hommes…

 

- Ben ça alors ! Sans homme ? C’est comment qu’elles font alors ?

 

- Ben, au lieu d’écarter les cuisses sous un homme, elles les écartent devant un toubib qui leur enfonce une seringue dans le…, dans la…, enfin, dans la chatte quoi. Et avec cette seringue, il leur met au fond du…, de la…, bref, au fond, du sperme congelé.

 

- Congelé ? Ben, ça alors… Il le passe au micro-onde j’espère. Ça me fait penser à mon cousin Elie, qui fait la vache à lait en Ariège. Les intellos de la chambre d’agriculture lui ont dit que pour être moderne, faut faire l’insémination artificielle…

 

- Eh ben ! C’est ça la PMA M’ame Michu. Mais au lieu d’être fait sur des vaches, c’est sur des femmes !

 

- Ben ça alors ! Je me rappelle ces pauvres vaches. Elles avaient l’air bien triste quand le type de la camionnette verte arrivait, avec sa blouse. Il leur soulevait la queue puis enfonçait une sorte de seringue dans le…, dans la…

 

- Ouais, compris. Là, c’est pas une chatte, c’est le tunnel sous la manche (la manche de l’inséminateur bien sûr !)

 

- Et des fois, M’ame Chazotte, la vache, elle lui chiait sur la manche à l’inséminateur ! Et ça lui coûtait cher à Elie. Et ça ne marchait pas à tous les coups, et les vaches n’étaient pas heureuses… Alors Elie, il a acheté Topino à la foire aux bestiaux de Pamiers.

 

- Topino ? Qu’es aco ?

 

- Topino, c’est un superbe taureau ! Et je peux vous dire que les vaches à Elie, elles ont repris goût à la vie ! Un sacré gaillard le Topino…

 

- Finalement, ces bonnes femmes qui veulent faire un bébé toute seule, elles feraient bien de revenir à une méthode qui a fait ses preuves. A l’ancienne. Ce ne sont pas les Topino hommes qui manquent pour un coup vite fait bien fait, sans engagement et, pourquoi pas, rémunéré ! Si ça les dégoutent vraiment plus qu’un toubib qui leur file une seringue dans le…, dans la…, elles n’ont qu’à boire quelques canons et fermer les yeux ! Finalement entre elles et les vaches du cousin Elie, les plus bêtes ne sont pas celles auxquelles on pense…

 

 

Primidi 1er Nivose 221

 

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21/11/2012

Nucléaire : Fukushima sur France

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De rares médias restent encore attentifs à la situation, pourtant tragique, qui se joue en ce moment au Japon, mais en France, nous sommes loin d’être à l’abri d'une catastrophe s’il faut en croire la multiplicité des « incidents » qui s’y sont déroulés ces derniers jours.

Pas rassurant.

Je vous propose donc ce texte in extenso. Victor

(Sources : http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/fukushima-sur-france-126164)

 

Le 30 octobre 2012 l’ASN (autorité de sureté nucléaire), a signé, sous la plume de Marie-Pierre Comets, Jean-Jacques Dumont, et Philippe Jamet, une série d’articles enjoignant fermement la FBFC (société franco-belge de Romans-sur-Isère de fabrication de combustibles nucléaires) de fournir avant le 30 novembre toutes les garanties afin que les « incidents » des 18, 26, et 27 septembre 2012 ne se reproduisent pas.

Incidents dont la presse ne s’est pas fait un large écho, le moins qu’on puisse dire.

Le rapport déclare pourtant : « considérant que les évènements significatifs déclarés et leurs conséquences potentielles représentent une menace grave pour les intérêts mentionnés à l’article L 593-1 du code de l’environnement… ».

Cet incident classé d’abord 1 sur l’échelle INES a finalement était reclassé au niveau 2 par l’ASN laquelle a considéré que vu le nombre de « bouteillons » concernés par l’évènement, il y avait un risque de criticité (Le risque de criticité est défini comme le risque de démarrage d’une réaction nucléaire en chaîne lorsqu’une masse de matière fissile trop importante est rassemblée au même endroit. Le risque de criticité augmente en présence d’eau.)  .lien

Ces bouteillons permettent de transférer les matières fissiles d’un atelier à un autre et celles-ci peuvent se présenter sous forme sèches ou humides, et il semble qu’il y ait eu des «  disfonctionnements  »…

 

Quelques jours avant, dans la centrale nucléaire du Tricastin, une vanne d’isolement de l’enceinte du réacteur n°1, essentielle pour éviter la dissémination de la contamination radioactive, s’était mal fermée .lien

 

Quittons le Sud pour Flamanville  EDF à signalé le 24 octobre 2012 à 23h00 un « incident » : un organe de contrôle de type indicateur visuel de circulation du fluide se rompt, entrainant une fuite, obligeant l’exploitant à procéder à « l’arrêt à froid du réacteur afin de permettre une baisse en pression et température de l’eau du circuit primaire ».

La fuite n’a été arrêtée que le lendemain à 5 heures du matin. lien (nous l’avions signalé NDLR)

 

5 jours après, c’est la centrale nucléaire de Cruas Meysse qui a connu quelques problèmes suite à « une gestion inappropriée de 2 vannes permettant le refroidissement du réacteur N°2 ». lien

Cet « incident  » faisait suite à une série de « 7 évènements significatifs  » qui se sont produits au mois de mai et juin 2012.

 

Le 6 novembre 2012, cette centrale connaissait un nouvel « incident ».

En effet, ce jour là, à 8h10, un dégagement impromptu de vapeur potentiellement radioactive, a provoqué l’évacuation de toute urgence de 27 personnes travaillant sur le site, et si la direction assure qu’il n’y a pas eu « de blessés ou de rejets dans l’environnement », il vaut mieux attendre l’expertise prévue pour déterminer la cause de ce nouvel incident et ses conséquences éventuelles. lien

 

Rendons nous maintenant à La Hague où, outre les 230 millions de litres d’effluents radioactifs (entre autres du tritium) rejetés annuellement dans la Manche, (lien) des centaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs sont entreposés en attente d’hypothétiques solutions. lien

 

Le 11 octobre 2012, 2 vannes ne s’étant pas complètement fermées ont provoqué un rejet en mer d’effluents radioactifs illégal et encadré juridiquement par l’article n°23.

 

Le 19 octobre 2012, allons dans l’Ain, à la centrale nucléaire de Bugey, où le système de ventilation a connu quelques problèmes. Un système de filtration permet de limiter les rejets radioactifs dans l’environnement, or le 17 octobre, le transformateur du réacteur n°5 est tombé en panne, provocant l’arrêt des ventilateurs, un dépassement des rejets dans l’environnement, lesquels devaient respecter les 180.000 m3/h, et ce n’est qu’au bout de près de 2 heures que la situation a pu être enfin normalisée, alors que le délai légal ne doit pas dépasser les 60 minutes. lien

 

10 jours auparavant, la même centrale avait connu un problème de baisse de température sur le circuit primaire du réacteur n°4, incident classé 1 sur l’échelle INES.

 

Tout près de là, dans la centrale de St Alban, la salle de commande du réacteur N°2 a connu aussi, le 7 octobre 2012, un souci de ventilation. Un graissage excessif a rendu inopérants le système de ventilation et de filtration d’iode qui permet de protéger le personnel du bâtiment en cas d’accident, mais ce n’est qu’au bout de 7 jours que l’exploitant a découvert la panne. lien

 

Restons dans cette centrale où le 10 octobre, l’exploitant a signalé à l’ASN une panne concernant le système destiné à mesurer d’éventuelles fuites entre la partie primaire et secondaire des générateurs de vapeur. Entre le 22 et le 26 septembre 2012, plusieurs alarmes signalant des fuites se sont déclenchées, et ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que l’exploitant a réalisé qu’il s’agissait en fait de panne des appareils de détection, mais qu’il n’y avait pas de fuite. lien

 

Voila qui nous rappelle de bien mauvais souvenirs, à Malville, le mal nommé « Superphénix », puisque c’est exactement le contraire qui s’était passé : pendant 1 mois, ne croyant pas à la réalité d’une fuite de sodium pourtant signalée par les appareils de détection, les techniciens ont cherché en vain une explication ailleurs, croyant à une défaillance du système électrique pour réaliser enfin, au bout de 30 jours que 500 litres de sodium liquide fuyaient chaque jour dans l’espace intercuve.

Lorsque l’on sait que ce sodium liquide s’enflamme spontanément au contact de l’air, explose au contact de l’eau, et que l’on ne sait quasi pas éteindre un feu de plus d’une tonne de sodium, (lien) il y avait de quoi rétrospectivement s’inquiéter….d’autant qu’il y avait dans les circuits de refroidissement de Superphénix près de 5500 tonnes de sodium liquide.

L’addition fut lourde : 10 milliards d’euros. lien

 

Mais revenons à nos « incidents » qui comme chacun le sait, n’ont pas eu de « conséquences sur le personnel des centrales mentionnées, ou sur l’environnement  » aux dires de l’ASN, pour nous rendre de nouveau à Bugey.

On vient d’y faire une découverte étrange.

La nappe phréatique analysée révèle des taux de tritium 25 fois plus élevée que la norme.

Habituellement, le taux de tritium analysé dans l’un des puits situé entre les réacteurs N°2 et N°3 et le Rhône avoisine 8 Bq au litre et les prélèvements faits dans le courant du mois d’octobre ont révélé un taux atteignant 200 Bq/l. Logiquement, au-delà de 100 Bq/litre, l’exploitant doit rechercher s’il n’y a pas d’autres radionucléides, mais pour l’instant on est sans nouvelles d’éventuelles investigations supplémentaires.

Le communiqué officiel émanant « d’énergie.edf.com » a naturellement publié l’habituel commentaire : « cette présence de tritium (…) ne présente pas d’impact significatif pour l’environnement  ».

L’ASN a demandé à l’exploitant de « déterminer l’origine de ce niveau de tritium et de prendre les mesures nécessaires ». lien

Mais que sont ces « mesures nécessaires  » ?

L’exploitant va-t-il tenter la mission impossible de vider la nappe phréatique, afin de filtrer la radioactivité avec les techniques qui ont montré « leur efficacité » à Fukushima….avant de remettre l’eau « nettoyée » dans la nappe ?

On se souvient en effet que l’installation qu’Areva avait proposée à Tepco a été largement défaillante, et on sait maintenant que toute cette eau polluée est stockée dans des milliers de containers en attente de solution, quand elle ne part pas directement dans l’Océan. lien

 

En France, le débat sur l’énergie semble avoir du plomb dans l’aile, puisque Greenpeace, par la voix de Jean-François Julliard, ne souhaite pas y participer expliquant : « nous n’avons plus confiance dans ce débat et dans la réelle volonté du gouvernement de réussir la transition énergétique ». lien

Il vient d’être suivi par « les amis de la terre » (lien) lesquels n’apprécie que modérément que dans les 5 membres du comité de pilotage, figurent 2 des principaux promoteurs du nucléaire en France et dans le Monde dont Anne Lauvergeon, ex patronne d’Areva, qui vient de se voir attribué le prix Pinocchio. lien Pascal Colombani, ancien administrateur du CEA (commissariat à l’énergie atomique) fait aussi parti de ce comité.

Du coup, le gouvernement envisage de revoir sa copie. lien

 

Et puis, après la déclaration fracassante de Montebourg sur « l’avenir nucléaire  », on ne sent plus une réelle volonté de sortie du nucléaire en France, et François Hollande lors de sa conférence de presse tenue par le 13 novembre 2012 n’a pas marqué de changement notable sur la question comme l’a remarqué Martine Billard, la coprésidente du Parti de Gauche. lien

 

Personne ne semble avoir encore retenu les leçons de Tchernobyl ou de Fukushima

En tout cas, du coté de Bugey, des militants occupent régulièrement depuis des mois des rond points à Ambérieu en Bugey puisqu’avec le nucléaire on tourne en rond : pour se joindre à l’action, il suffit d’aller sur ce lien 

 Comme dit souvent mon vieil ami africain : « quant la tête est là, le genou ne porte pas le chapeau ».

 

Olivier Cabanel

 

nucléaire

 

 

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02/11/2012

Morts pour des champignons…

boletus edulis 1.jpg

 

Dans le triangle des Bermudes de Lozère – Villefort, Florac, Saint-Chély-d’apcher – il y a eu au cours de la courte saison des champignons 4 morts et une disparue. Les gendarmes ont été appelés des centaines de fois par des champignonneurs perdus dans les forêts des Cévennes et de Margeride. Forêts attirantes comme les cèpes qu’elles recèlent, mais pouvant s’avérer dangereuses, voire mortelles.

 

Pourtant c’est le pied de traquer le boletus edulis (cèpes), le boletus pinicola (cèpe de pins), le lactarius sanguifluus (lactaire sanguin), l’inégalable cantharellus cibarius (girolle) ou sa modeste cousine cantharellus lutescens (petite chanterelle). Eh ! Ne faites pas gaffe, j’apprends le latin avec « Le latin pour les nuls » !

 

Tè ! Hier matin, il faisait 2°C quand je suis parti avec la motocyclette. Sous les bois, l’eau condensée la nuit par les aiguilles de pins te coule dans le cou, te mouille les brailles, te trempe les grolles. C’est pas grave. Tu regardes bien entre les massifs de myrtilles et de bruyère à la recherche des précieux cryptogames (c’est savant ça, non ?). Les toiles d’araignées ornées de rosée difractent délicatement le soleil levant. Entre les branches, un geai se faufile en ricanant. Et toi tu marches, tranquille, le regard aiguisé.

 

Puis, voilà la première coulemelle. On ne peut pas la manquer celle-là : une large ombrelle blanche saupoudrée de brun. S’il y en a une, il y en a d’autres. Et c’est bon les coulemelles ! Faut les peler, les poêler à l’huile d’olive, les saler, les poivrer et les déguster…

 

Puis voilà le premier sanguin (lactarius delicious). Tu le coupes délicatement avec ton couteau spécial à lame recourbée, et tu en cherches d’autres. Il y en a toujours d’autres.

 

Puis voilà le premier cèpe. Superbe, joufflu, solide sur son pied trapu, se dégageant fièrement de sa gangue de feuilles mortes…

 

Eh oui ! Quand tu rentres dans le bois, tu te repères au soleil s’il fait clair. Mais s’il n’y en a pas ? Et si pendant ta cueillette le brouillard se lève ? Et si, absorbé par ta recherche, tu te laisses saisir par la nuit ? Alors tu commences à t’inquiéter. Tu cherches à te repérer, à te rappeler tes trajectoires. Impossible : après une heure dans les bois, tu ne sais plus ou tu es. Alors tu accélères ta marches, tu gravis des talus, tu franchis des ruisseaux que tu avais – te semble-t’il – repéré. Mais en fait tu tournes en rond. Et la panique commence à te chatouiller les boyaux de la tête. Tu prends ton téléphone portable et tu veux appeler. Mais…pas de signal dans ces forêts éloignées des relais… Alors c’est le stress, le cœur qui s’emballe, la panique. L’homo modernus n’est plus capable de se démerder seul en situation un peu délicate. Pourtant, on ne meurt pas en s’organisant pour dormir dans le bois. Pourtant on ne se perd pas si l’on prend quelques précautions élémentaires.

 

Moi, quand je vais en forêt, j’ai toujours la boussole, et je ne me suis jamais pommé. De plus – faut être moderne – avec mon voisin Michel qui est un vrai sanglier pour débusquer les champignons, on a fait chacun l’acquisition d’une boussole électronique, un « Track-back ». Avec ce petit truc extraordinaire, basé sur la technologie GPS, lorsque tu arrives au bois, tu enregistres (avec deux appuis du doigt !) la position de ta bagnole ou de ta moto, tu t’éloignes de 20 mètres et tu appuies comme indiqué sur le mode d’emploi pour vérifier si la position a été correctement enregistrée. Alors tu peux éteindre et fouiller les forêts sans aucun souci de te perdre: lorsque tu voudras retourner, tu allumes ton truc, qui te donnes le cap à suivre et t’indique au mètre près la distance qui te sépares de ton véhicule.

 

boussole & track back 001.jpg

Ça coûte moins cher que de déplacer des centaines de flics, avec hélicoptères, chiens et tout le bastringue pour tenter de retrouver un con incapable de se démerder dans les bois…

 

Il y a une femme qui, depuis dix jours, a disparu quelque part dans le triangle des Bermudes lozérien. On la trouvera peut-être au printemps, ou à l’ouverture de la chasse ou…à la prochaine saison des cèpes. Comme l’étudiant chinois retrouvé bouffé par les renards, les corbeaux et les grands vautours de la Jonte…

 

Eh ! C’est pas gai tout ça Victor ! Normal, c’est le jour des morts, non ?

 

 Primidi 11 Brumaire 221


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