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30/01/2014

Cavanna: "Peu importe"

cavanna ciel.jpg

 

Peu importe

 

Peu importe que la vie soit un accident, une chimie de hasard,

 

Peu importe que ce qui n'était même pas un point ait soudain explosé, que l'espace et le temps aient alors commencé, que champs et particules déchaînés aient poussé devant eux cet espace-temps au fur et à mesure qu'ils le créaient en se créant eux-mêmes,

 

Peu importe que se soient condensés galaxies et soleils, planètes et satellites,

 

Peu importe que quelques molécules se soient accolées en une première gelée vivante,

 

Peu importe que la vie ait empli les océans, et puis en soit sortie, et puis soit devenue crapaud, lézard, singe et enfin homme,

 

Peu importe.

 

Tu es là.

 

Au bout de tout cela, Tu es là.

 

Tout cela s'est fait pour toi.

Ces milliards d'années, ces univers, ces hécatombes,

Tout cela pour aboutir à toi.

Et voilà: tu es là.

 

Tu n'es pas un « maillon de la chaîne ».

Tu es toi.

Toi tout seul.

 

Tu es un point infime de l'espace, un instant fugitif du temps,

Mais tu es toi.

Toi tout seul.

 

Tu n'es pas la continuation de ton père, ni du père de ton père, ni des pères des pères de tes pères.

Tu n'as pas demandé à être là,

Mais tu y es.

Tu es là,

Tu es toi,

Toi tout seul.

 

Tu ne dois rien à personne ni à rien.

Tu ne peux savoir pourquoi tu es là, ni si quelqu'un t’y a mis, pas même s'il y a un « pourquoi» ni s'il y a « quelqu'un »,

Et qu'importe?

Tu es là.

 

N'écoute pas les menteurs.

N'écoute pas les peureux.

N'écoute pas la peur au fond de toi,

 

N'écoute pas la tentation de la peur au fond de toi,

N'écoute pas les profiteurs de la peur.

 

Surtout,

Surtout,

Ne crois pas.

Ne crois en rien, jamais,

Ni par peur,

Ni par amour,

Ni par pitié,

Ni par faiblesse,

Ni par convenance.

Ne crois pas!

 

François Cavanna

 

 

Illustration X - Droits réservés

 

29/01/2014

Lu dans Bakchich : 1984-2014, Orwell s’est juste trompé de 30 ans…

arme-redoutable.jpg

 

 

Il n’y a pas que de la presse purée et des canards laquais. Seulement il faut les chercher les bons vecteurs d’information. Ils ne pullulent pas. Bakchich est un de ceux-là. On peut y trouver une lettre de George Orwell du 18 mai 1944, où le génial visionnaire explique où il est allé puiser la source de son inspiration pour « 1984 ». Je ne résiste pas au devoir de vous la faire connaitre et, je pense, apprécier :

La collection « George Orwell ; a life in letters » constituée par Peter Davison et éditée chez Liveright, contient un document considéré comme le point de départ de la démarche qui mènera le journaliste-chroniqueur-romancier british à son œuvre magistrale, le roman « d’anticipation » 1984 qui paraîtra le 8 juin 1949.

Il s’agit d’une réponse de Eric Arthur Blair – son vrai nom – à une lettre de l’un de ses admirateurs, un certain Noel Willmett qui l’interroge sur l’évolution politique du monde, l’issue de la guerre étant encore très indécise au moment de cet échange épistolaire.

 

« Cher Monsieur Willmett,

Grand merci pour votre lettre. Vous me demandez si le totalitarisme, le culte du héros providentiel etc. sont réellement en progression en soulignant que cela ne semble pas être le cas dans ce pays et aux USA.
Je m’autorise à répondre que je crois, ou que je crains que d’un point de vue global, ces choses gagnent du terrain. Certes, il ne fait pas de doute qu’Hitler disparaîtra bientôt. Mais seulement au prix d’un renforcement (a) de Staline, (b) des millionnaires anglo-américains et (c) de toutes sortes de petits chefs du genre de Gaulle. Partout les mouvements nationalistes, y compris ceux nés dans la résistance à la domination allemande, semblent adopter des formes non-démocratiques pour s’unifier autour d’un super-leader (Hitler, Staline, Salazar, Franco, Gandhi, de Valera en constituent de parfaits exemples) et de faire leur, la théorie selon laquelle la fin justifie les moyens. 

Partout, le mouvement mondial semble aller dans le sens d’économies centralisées qui peuvent ‘fonctionner’ de la sorte dans un sens purement économique, mais qui ne sont pas organisées démocratiquement et qui tentent d’instaurer un système de castes. S’y ajoutent les horreurs d’un nationalisme émotionnel et la propension à méconnaitre l’existence d’une réalité objective dès lors que tous les faits doivent se fondre dans les paroles et les prophéties d’un leader infaillible.

 En un sens, l’histoire a déjà cessé d’exister. i.e. rien ne ressemble plus à une histoire contemporaine qui puisse être universellement admise et les sciences exactes sont menacées au fur et à mesure que la nécessité militaire réduit les possibilités d’information. Hitler pourrait parfaitement affirmer que les juifs ont commencé la guerre, ce qui deviendra sans doute l’histoire officielle s’il survit. Il ne peut toutefois pas affirmer que 2 et 2 font 5. Ne serait-ce que, pour des raisons balistiques, 2 et 2 doivent continuer à faire 4. Mais si l’environnement mondial devient ce que je crains, un monde de deux ou trois super-états incapables de se conquérir les uns les autres, 2 et 2 pourrait bien faire 5 si le führer l’exige. Ceci, pour autant que je sois en mesure de comprendre, est la direction dans laquelle nous nous dirigeons actuellement, bien que le processus soit évidemment réversible.

Quant à l’immunité de l’Angleterre et des USA, quoi que puissent affirmer les pacifistes de tous crins, nous ne sommes pas encore totalitaires et c’est heureux. Je crois très profondément comme je l’ai expliqué dans mon livre Le Lion et la Licorne *, dans les vertus du peuple anglais et sa capacité à centraliser son économie sans pour autant détruire la liberté. 

Mais il faut tout de même se souvenir que l’Angleterre et les USA n’ont pas été véritablement mis à l’épreuve. Ils n’ont pas réellement connu la défaite ou de grandes souffrances, et il y a de mauvais signes à mettre dans la balance avec les bons. 

 

Les intellectuels paraissent plus perméables au totalitarisme

que le reste du peuple

 

A commencer par l’indifférence générale envers le déclin de la démocratie. Vous rendez-vous compte par exemple que les personnes âgées de moins de 26 ans ne votent pas en Angleterre, et que, pour autant qu’on puisse s’en rendre compte, la plus grande partie de cette classe d’âge, n’en a strictement rien à faire. 

Deuxièmement il y a le fait que les intellectuels paraissent plus perméables au totalitarisme que le reste du peuple. Globalement, l’intelligentsia britannique s’est opposée à Hitler mais au prix d’un Staline en échange. La plupart de ses membres sont réceptifs à des méthodes dictatoriales, à la police secrète et la falsification de l’histoire etc…aussi longtemps qu’ils penseront que c’est pour « notre » bien. 

Bien sûr, l’affirmation selon laquelle nous n’avons pas de mouvement fasciste en Angleterre, signifie dans une large mesure qu’ils cherchent leur Fuhrer ailleurs. Personne n’est certain que ça demeurera ainsi, ni que d’ici dix ans, le peuple ne pensera pas comme les intellectuels d’aujourd’hui. Je pense que non ; j’ai même confiance dans sa capacité à dire non mais si c’est le cas, ça ne se fera pas sans combat. Si quelqu’un se borne à proclamer que tout va pour le mieux et ne met pas le doigt sur les aspects sinistres, il contribue simplement à en rendre l’issue plus probable.

Vous me demandez également, pourquoi je soutien la guerre si je pense que le monde va vers le fascisme. C’est le choix entre deux maux et je suppose que c’est le cas de toute guerre. J’en connais assez sur l’impérialisme britannique pour le détester. Mais je le soutiendrai contre le nazisme ou l’impérialisme japonais comme un moindre mal. De la même façon que je soutiendrai l’URSS contre l’Allemagne car je pense que l’URSS ne peut pas échapper à son passé et conserve assez d’idées de la révolution pour en faire un phénomène plus prometteur que l’Allemagne Nazie. Je pense et je n’ai jamais cessé de penser depuis le début de la guerre, en 1936 puis plus tard, que notre cause est la plus juste, ce que nous devons nous employer à démontrer, ce qui implique une remise en cause constante.

Sincèrement vôtre

Geo. Orwell   » 

 

• Ecrit en 1941 ; extrait : Au moment où j’écris, des hommes civilisés volent au-dessus de moi, tentant de me tuer. Ils ne ressentent aucune animosité contre moi en tant qu’individu, ni moi contre eux. ‘Ils font simplement leur devoir’ comme l’on dit. Je suis certain que la plupart d’entre eux ont bon cœur et respectent la loi et n’envisageraient jamais de commettre un assassinat dans leur vie privée. D’un autre côté, si l’un d’eux parvient à me mettre en pièces grâce à une bombe bien placée, ça ne l’empêchera pas de dormir. Il sert son pays qui a le pouvoir de l’absoudre….

 

Lire: Vents stellaire, tempête sur la vie privée et Patriot act, merci Edward Snowden

 

Décadi 10 pluviôse 222

 

Illustration : merci à Pakman

15/01/2014

Les fables de La Bedaine : Le trou du cul devenu roi !

le roi malgré lui.png

 

 

Or donc en ce temps là, hasard ou jeu divin

Le corps humain advint.

Il fallut décider qui, de tous les organes,

Serait le chef idoine.

Ainsi dit le cerveau, je contrôle les nerfs,

C’est donc moi qui dois être le chef décisionnaire.

Ainsi dirent les yeux, c’est nous qui apportons

L’essentiel des informations,

Nous devons être chefs car c’est par nous qu’on voit.

Ainsi leur dit la bouche, tout est nourri par moi,

Il est donc naturel que j’ai le gouvernail.

Eh ! Oh ! dirent les mains, qui donc fait le travail

Pour être votre chef, n’ai-je pas le prestige ?

Car qui nourrit dirige.

Oui mais, dirent les pieds, qui donc vous tiens debout ?

Sans nous que seriez-vous sinon un tas de mou ?

Nous devons être chefs, telle est notre démarche

Car si nous nous bougeons, c’est bien grâce à la marche.

Enfin le trou du cul fit entendre sa voix

Réclamant lui aussi le pouvoir d’être roi.

Et tous de se gausser, de ricaner, de rire,

Que le cul les dirige ? Qui aurait-il de pire ?

Le trou du cul, vexé, alors se referma.

Aussitôt tout le corps glissa vers le coma.

Le cerveau fut fiévreux

Les yeux furent vitreux,

Les mains pendaient sans force

Les pieds devinrent torses

Les poumons et le cœur perdaient le goût de vivre

Le corps humain souffrait et luttait pour survivre.

Tous demandèrent alors au cerveau de céder

Et laissèrent au cul le droit de décider.

Celui-ci, en s’ouvrant, remis le corps en marche,

C’est donc lui qui devint le chef, le patriarche,

Le corps fonctionnait bien, sans à coups, simplement

Car il gérait fort bien tous les emmerdements.

 

Moralité :

 

L’on peut être, sans en être vaincu,

Dirigé par un trou du cul !


VictorAyoli


Sextidi 26 frimaire 222


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04/01/2014

Ouiquinde d'après agapes de Fêtes avec le grand Rabelais

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Il est des petits plaisirs qui, pour être humbles et quotidiens, n'en sont pas moins très jouissifs. Ainsi, chaque matin, lorsque je vais « téléphoner au Medef » selon mon expression, ces quelques minutes de transfert libèrent tant les boyaux de la tête que ceux du ventre ! Des idées agréables s'enchainent, des images lumineuses se bousculent tandis la nature reprend ses dons dans le chuintement d'une douce musicalité. Puis vient le moment de se torcher le cul... La fonctionnalité de notre monde actuel a dévolu au papier le soin de s'acquitter de cette tâche. D'autres préfèrent les pierres, les feuilles, voire tout simplement le doigt qui libère ensuite sa créativité en virgules et autres arabesques et portraits selon l'abondance.

Bien. Mais nous avons-nous-même, depuis bien des longtemps, creusé cette question essentielle. La plus belle illustration de ces recherches hédonistes nous vient de notre grand Rabelais. Je vous la délivre avec délectation :

« Les cents et une manières de se torcher le cul.

J'ay (respondit Gargantua) par longue et curieuse experience inventé un moyen de me torcher le cul, le plus seigneurial, le plus expedient que jamais feut veu.
- Quel ? dict Grandgousier.
- Comme vous le raconteray (dist Gargantua) presentement.
« Je me torchay une foys d'un cachelet de velours de une damoiselle, et le trouvay bon, car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande;
« une aultre foys d'un chapron d'ycelles, et feut de mesmes;
« une aultre foys d'un cache coul;
« une aultre foys des aureillettes de satin cramoysi, mais la dorure d'un tas de spheres de merde qui y estoient m'escorcherent tout le derrière; que le feu sainct Antoine arde le boyau cullier de l'orfebvre qui les feist et de la damoiselle qui les portoit!
« Ce mal passa me torchant d'un bonnet de paige, bien emplumé à la Souice.
« Puis, fiantant derrière un buisson, trouvay un chat de Mars; d'icelluy me torchay, mais ses gryphes me exulcererent tout le perinée.
« De ce me gueryz au lendemain, me torchant des guands de ma mere, bien parfumez de maujoin.
« Puis me torchay de saulge, de fenoil, de l'aneth, de marjolaine, de roses, de fueilles de courles, de choulx, de bettes, de pampre, de guymaulves, de verbasce (qui est escarlatte de cul), de lactues et de fueilles de espinards, - le tout me feist grand bien à ma jambe, - de mercuriale, de persiguire, de orties, de consolde; mais j'en eu la cacquesangue de Lombard, dont feu gary me torchant de ma braguette.
« Puis me torchay aux linceux, à la couverture, aux rideaulx, d'un coissin, d'un tapiz, d'un verd, d'une mappe, d'une serviette, d'un mouschenez, d'un peignouoir. En tout je trouvay de plaisir plus que ne ont les roigneux quand on les estrille.
- Voyre, mais (dist Grandgousier) lequel torchecul trouvas tu meilleur ?
- Je y estois (dist Gargantua), et bien toust en sçaurez le tu autem. Je me torchay de foin, de paille, de bauduffe, de bourre, de laine, de papier. Mais
Tousjours laisse aux couillons esmorche
Qui son hord cul de papier torche.
- Quoy! (dist Grandgousier) mon petit couillon, as tu prins au pot, veu que tu rimes desjà ?
- Ouy dea (respondit Gargantua), mon roy, je rime tant et plus, et en rimant souvent m'enrime. Escoutez que dict nostre retraict aux fianteurs :
Chiart,
Foirart,
Petart,
Brenous,
Ton lard
Chappart
S'espart
Sur nous.
Hordous,
Merdous,
Esgous,
Le feu de sainct Antoine te ard!
Sy tous
Tes trous
Esclous
Tu ne torche avant ton depart !
« En voulez vous dadventaige ?
- Ouy dea, respondit Grandgousier.
- Adoncq dist Gargantua :


RONDEAU
En chiant l'aultre hyer senty
La guabelle que à mon cul doibs;
L'odeur feut aultre que cuydois :
J'en feuz du tout empuanty.
O ! si quelc'un eust consenty
M'amener une que attendoys
En chiant !
Car je luy eusse assimenty
Son trou d'urine à mon lourdoys;
Cependant eust avec ses doigtz
Mon trou de merde guarenty
En chiant.


« Or dictes maintenant que je n'y sçay rien! Par la mer Dé, je ne les ay faict mie, mais les oyant reciter à dame grand que voyez cy, les ay retenu en la gibbessiere de ma memoire.
- Retournons (dist Grandgousier) à nostre propos.
- Quel ? (dist Gargantua) chier ?
- Non (dist Grandgousier), mais torcher le cul.
- Mais (dist Gargantua) voulez vous payer un bussart de vin Breton si je vous foys quinault en ce propos ?
- Ouy vrayement, dist Grandgousier.
- Il n'est (dist Gargantua) poinct besoing torcher cul, sinon qu'il y ayt ordure; ordure n' y peut estre si on n'a chié; chier doncques nous fault davant que le cul torcher.
- O (dist Grangousier) que tu as bon sens, petit guarsonnet! Ces premiers jours je te feray passer docteur en gaie science, par Dieu! car tu as de raison plus que d'aage. Or poursuiz ce propos torcheculatif, je t'en prie. Et, par ma barbe! pour un bussart tu auras soixante pippes, j'entends de ce bon vin Breton, lequel poinct ne croist en Bretaigne, mais en ce bon pays de Verron.
- Je me torchay après (dist Gargantua) d'un couvre chief, d'un aureiller, d'ugne pantophle, d'ugne gibbessiere, d'un panier, - mais ô le mal plaisant torchecul! - puis d'un chappeau. Et notez que les chappeaulx, les uns sont ras, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres taffetasser, les aultres satinizez. Le meilleur de tous est celluy de poil, car il faict très bonne abstersion de la matiere fecale.
« Puis me torchay d'une poulle, d'un coq, d'un poulet, de la peau d'un veau, d'un lievre, d'un pigeon, d'un cormoran, d'un sac d'advocat, d'une barbute, d'une coyphe, d'un leurre.
« Mais, concluent, je dys et mantiens qu'il n'y a tel torchecul que d'un oyzon bien dumeté, pourveu qu'on luy tienne la teste entre les jambes. Et m'en croyez sus mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté mirificque, tant par la doulceur d'icelluy dumet que par la chaleur temperée de l'oizon, laquelle facilement est communicquée au boyau culier et aultres intestines, jusques à venir à la region du cuers et du cerveau. Et ne pensez que la beatitude des heroes et semi dieux, qui sont par les Champs Elysiens, soit en leur asphodele, ou ambrosie, ou nectar, comme disent ces vieilles ycy. Elle est (scelon mon opinion) en ce qu'ilz se torchent le cul d'un oyzon, et telle est l'opinion de Maistre Jehan d'Escosse. »

 

 Quintidi 15 frimaire 222


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01/01/2014

Je vous souhaite une année !

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Que vous souhaiter ?

Que nous souhaiter ?

Quoi donc ambitionner ?

Simplement UNE ANNÉE !

Sera-t-elle bonne, sera-t-elle dure ?

Sera-t-elle belle, sera-t-elle sure ?

Modestement qu’elle soit

C’est bien le principal en soi.

Une année c’est bien court

Lorsqu’on est bien en cour.

Une année c’est bien long

Ça vous prend le melon

Lorsque l’on est taulard, lorsque l’on est otage

Lorsque chaque minute vous fait pleurer de rage.

Une année devant soi lorsqu’on est en sursis,

Malade ou condamné, mais c’est un grand Merci !

Une année, c’est le temps que met dans le cosmos

Notre Terre aguicheuse autour du bel Hélios.

On sait qu’après l’hiver reviendra le printemps,

Le temps ne passe pas, nous passons dans le temps.

Nous passons comme passe une étoile filante

Éclair de conscience dans la rumeur géante

D’un cosmos infini.

Mais nous avons LA VIE !

Mais nous avons l’HUMOUR !

Mais nous avons l’AMOUR !

 

 

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Duodi 12 nivôse 222

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30/12/2013

DESASTRE : La Police de la Pensée et de la Vertu arrive !

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Valls, Poutine, même combat ? On s’offusque, à juste titre, contre les pratiques totalitaires de Poutine à l’égard des Poussy Riot, mais on laisserait Manuel Valls, ci-devant ministre de l’intérieur devenir le chef, le guide d’une police de la Pensée et de la Vertu ? Mais dans quel pays vit-on ? Valls, ministre d’un gouvernement de gauche ? Je croyais – naïvement ? – que la gauche était LE défenseur naturel, des libertés. Je croyais que la gauche devait toujours et partout s’élever contre toute atteinte à ces Libertés pour lesquelles nos glorieux anciens ont donné leur vie. Dois-je déchanter ?

 

Tout ça à partir de simagrées ridicules de quelque « amuseur » public auquel on fait une bien trop belle publicité. Non mais qu’est-ce que c’est que ce pays où l’on interdit les spectacles ? Qu’est-ce que c’est que ce ministre qui détermine qui est humoriste ou non ? Qu’est-ce que ce procès d’intention qui voudrait interdire des réunions publiques en présupposant qu’il pourrait s’y produire des délits et que leur tenue pourrait troubler l’ordre public ?

 

Mais c’est la liberté d’expression que l’on veut assassiner ! Quelles que soient les konneries qu’éructe le citoyen Dieudonné Mbala Mbala, vouloir interdire l’expression, même dévoyée de ce type, est dévastateur contre les valeurs essentielles de la République. Ceci est d’autant plus inacceptable que la Justice a les moyens de lutter contre ce personnage. Il suffit que des magistrats assistent à ses « spectacles »-meeting et relèvent tout ce qui tombe sous le coup de la loi.

 

Cet enfumage a lieu au moment où les nuisibles de Bercy mettent en place une machine de guerre pour ASSASSINER fiscalement MEDIAPART, le journal en ligne qui est devenu en quelques années le journal de référence. Comment ? Eh bien, la haute administration de Bercy vient de décider d’appliquer à Mediapart un taux de TVA exorbitant, aussi arbitraire que discriminatoire : 19,6 % soit neuf fois celui de 2,1 % appliqué à la presse... Mais qu’est-ce donc que Mediapart sinon de la presse ? Elle y ajoute, en guise de coup de grâce, des pénalités de 40 %, sans compter des intérêts de 4,8 % par an. Un calcul simple montre que Mediapart ne résistera pas à ce bombardement fiscal. Lien http://blogs.mediapart.fr/blog/edwy-plenel/271213/qui-veut-tuer-mediapart

 

Qui veut la peau de Médiapart ?

 

Ce journal en ligne – le seul qui soit viable et indépendant grâce à la participation de ses abonnés-partenaires, dont je suis fier d'être depuis les premières heures – a révélé toutes les grosses affaires de ces dernières années. L’affaire Bettencourt- Sarkozy, l’affaire Woerth-Compiègne, l’affaire Karachi, l’affaire Tapie, l’affaire Cahuzac. Ça fait déjà beaucoup d’ennemis…

 

Et puis n’oublions pas les patrons du presse-purée, tenue par les marchands d’armes et de béton. Contrairement aux lois sortis de la Résistance, les banquiers, les marchands d’armes, les marchands de béton et autres industriels ont mis leurs griffes sur la presse. Libération, journal des bobos de gôôche (on est loin du Libé des débuts !) convaincu des « bienfaits » de l’ultra libéralisme, a été renfloué par Rothschild et appartient à Bergé. Le Nouvel’Obs et son groupe ( Le Nouvel Observateur, Sciences et Avenir, Challenges, Rue89)  appartient au fabriquant de baignoires, de spas, de sanibroyeurs Claude Perdriel. Le Point appartient à François Pinault, industriel sulfureux engraissé sur les dépouilles d’entreprises en difficulté avec la complicité des plus hautes instances politiques. Le Monde, qui fut LE journal de référence est devenu un torchon ultralibéral depuis qu’il est la propriété des hommes d’affaires Pierre Bergé (confection de luxe, haute couture), Mathieu Pigasse (Banque Lazard) et Xavier Niel (Free, après avoir fait fortune avec le minitel rose, les peep-show et les sex-shop). L’Express appartient au plus important groupe de presse-purée belge (Roularta Media Group) qui l’a racheté à Dassault. Le même Dassault (fabriquant d’avions de combat – Rafale, Mirage, etc. – d’avions civils – Falcon – et de systèmes électroniques) est propriétaire du Figaro. Il est question qu’il rachète Le Parisien. Et n’oublions pas Bouygues chez TF1… Etc. Etc.

 

Médiapart, lui, est libre de toute tutelle financière écrasante. Il est donc dangereux pour toute cette oligarchie affairiste qui considère la presse comme un moyen de tromper le peuple, de le détourner des véritables problèmes, voire de « préparer les cerveaux pour cocacola ».

 

Voilà pourquoi il faut sauver le soldat Médiapart !

 

 

 

Une pétition circule,


Signons-là


Décadi 10 frimaire 222



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25/12/2013

Premier cadeau de Mère Noël !

 

 

Mère Noël sexy.jpg

 

 

Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Pas mal la tante ! Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.

 

Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huitres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Emilion et Chateauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…

 

Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !

 

Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme, devant la glace, se fait éclater deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.

 

Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…

 

Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».

 

Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se débarrasser. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se libère d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure sombre, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.

 

Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs.

 

 Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël.  Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons tous ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.

 

N'en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d'anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous bois, de truffes et de violettes.

 

Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure  de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête!

La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.

Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparait comme elle est venue.

 

Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêve de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bain.

 

Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille…à tante Jennifer !

 

 

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Quintidi 5 Nivose 222

 

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24/12/2013

Noël mécréant.

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Noël nous gonfle un peu (beaucoup !) les aliboffis, avec son cortège de contes religieux à prendre avec beaucoup de recul (et pour moi de cynisme) et surtout de pressions commerciales ahurissantes.



Mais ne nous laissons pas abuser par les curés et leur « petit Jésus » ni par les marchands avec leurs gros débile en rouge, symbole de cacacola chez les Zétazuniens.



Beaucoup ignorent que le mot "Noël" est un terme païen bien antérieur au christianisme. L'origine la plus vraisemblable du mot Noël ne serait pas le latin "natalis dies" (jour de naissance) mais le gaulois "noio hel" signifiant «nouveau soleil».


L'interprétation latine traditionnelle de l'origine du mot Noël viserait à occulter les origines pré chrétiennes de la fête qui trouve sa source dans le culte de Mithra (dieu du «soleil invaincu») chez les Romains et dans les autres fêtes de solstice des pays nordiques.


Avant la réforme du calendrier par Jules César, le solstice d'hiver correspondait au 25 décembre du calendrier romain et les festivités ont continué de se tenir à cette date même après que le solstice eut correspondu au 21 décembre du calendrier julien.


Étymologiquement parlant, les laïques, les libres penseurs et les athées ont donc toutes les raisons du monde de se souhaiter Joyeux Noël, et ce faisant ils n'empruntent rien à la religion chrétienne !



Me voilà rassuré !


Bon, j'ai tout de même préparé le foie gras hier !


Quartidi 4 nivose 222


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18/12/2013

Au bistro de la toile : Kali-yuga

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- Oh ! Victor. On dirait le ravi de la crèche ! A quoi tu penses ?



- Je pense que cette fois on y est.

 

- Où ? Dans la merde ? Ça on le sait Victor.



- La merde, comme tu dis, les Hindous appellent ça le Kali yuga.

 

- Késako ?

 

- Une fois, reprend Victor après un long moment de silence, il y avait Vishnou qui se tapait une petite sieste quelque part, tranquille, dans un infini bleu, rose, parfumé. De son nombril est sorti une fleur de lotus. Et ce curieux de Brahma, en regardant dans le col évasé de ce lotus, a vu la création du monde et toutes les successions des âges de ce monde... Ça s’appelle le kalpa et ça dure quatre millions trois cent vingt mille ans. C’est pas beaucoup si tu compares au quinze milliards d’années qu’aurait l’univers. Mais les hindous sont un peu radins.. Ce kalpa est divisé en quatre yugas : le krita-yuga (ça vient du chiffre 4) qui dure un million sept cents vingt-huit mille années, le tetra-yuga qui vient du chiffre 3 et dure un million deux cent quatre-vingt-seize mille années, le dvapara-yuga, du chiffre 2, qui dure huit cents soixante-quatre mille années et enfin le kali-yuga, du chiffre 1, le plus mauvais, et qui dure quatre cent trente-deux mille années.

 

La première époque, le krita-yuga, c’est parfait, c’est le pied partout, le paradis terrestre. Tolérance, concorde universelle, connaissance se transmettant oralement, de maître à disciple. Une connaissance de toutes les lois de la nature, de l’homme. Le bonheur à tous les étages... Des pouvoirs sur la matière, sur l’homme, insoupçonnables actuellement et dont les lamas tibétains garderaient, parait-il, les dernières bribes... Tous les besoins satisfaits sans efforts..

 

La deuxième, le tetra-yuga, c’est encore le panard, mais apparaissent quelques éléments merdiques. Mais c’est encore le paradis. Puis y en a un qui a commencé à faire quelque chose de ses doigts. Le début de la technique. Il y avait ceux qui avaient cette technique et ceux qui ne l’avaient pas. Déjà une séparation. D’où conflits... Mais quand il y avait des guerres, les deux armées se retrouvaient sur le terrain et, en fait de bataille, c’était de grandes joutes oratoires, philosophiques. Et ceux qui avaient les meilleurs arguments gagnaient. Les autres se soumettaient de plein gré à leur nouveau suzerain.

 

La troisième époque, le dvapara-yuga voit un équilibre équitable entre les principes d’ordre et de désordre. En faisant abstraction des durées de ces périodes déterminées par les hindous, on peut considérer que ce Troisième Age est marqué par le début de l’écriture. Le début de la dégénérescence : les hommes avaient besoin d’un support extérieur, technique, pour transmettre leurs connaissances. La technique a pris de plus en plus d’importance. Le clivage entre ceux qui la possédaient et les autres s’est fait plus marqué. Création de clans, de castes, de races, de nations et autres conneries. Surtout, aliénation des humains par les religions et leurs entreprises de décervelage universel. Les guerres sont devenues sanglantes. On tuait pour parvenir à ses fins. Mais suivant des règles bien définies. Ceux qui tuaient ne s’attaquaient qu’à leurs égaux de l’autre camp. Jamais un guerrier, un “ Kchatria ” n’aurait fait de mal à un être plus faible que lui.

 

- C’était un peu la Chevalerie chez nous...

 

- On peut dire ça. Enfin, la dernière époque, le kali-yuga, voit le triomphe du principe de désordre qui va en augmentant jusqu’à la disparition de l’univers par le feu. La technique s’est imposée comme maîtresse du monde. Deux classes bien distinctes selon le degré de richesse, de possession personnelle. Des conflits tournant à l’extermination, sans soucis de justice. On tue n’importe qui, n’importe quand, n’importe comment et surtout les faibles c’est-à-dire les civils. La technique est toute puissante et la machine tend à remplacer l’homme. C'est le règne des marchands, c'est le règne des Marchés tout puissants !

 

Nous y sommes en plein dedans. C’est le quatrième et dernier âge, celui qui a commencé avec les connards qui ont inventé l’agriculture, l’élevage, la propriété, les flics, la guerre. Quand l’Homme est devenu kon. Quand Cro-Magnon est parti en couille. Puis c’est les grandes invasions, Gengis Khan, Napoléon, Hitler, les Ricains, Ben Laden, les nazislamistes, etc.

 

C’est le “Kali yuga” ! L’âge de Kali... Kali la noire... Kali la destructrice... Kali avec son collier de têtes de morts... L’émanation purificatrice et destructrice de Shiva.

 

Le monde va crever de lui-même. Peut-être pas par la guerre atomique mais par un dépérissement général de la planète, par un saccage des forces de vie, par une impossibilité pour l’homme de se reproduire. Par une extinction du genre humain. Par un biocide universel...

 

La vie, les quatre âges de la vie, ça représente un jour de la vie de Brahma. Puis il y a une période de nuit égale à celle de jour. Et nous sommes au crépuscule. La vie va s’éteindre sur la Terre pour quatre millions trois cent vingt mille ans, ravagée par l’homme lui-même. Puis un nouveau cycle recommencera, lorsque la boule sera épurée. Ce sera le réveil de Brahma. Et ainsi de suite pendant cent ans de la vie de Brahma...

 

- On retrouve là Victor, de manière poétique et imagée, la théorie de l’expansion-contraction de l’univers !

 

- Exact. C’est peut-être vrai après tout. De toute façon, on ne sera pas là pour vérifier. Mais tout de même, c’est l’homme qui sera le fossoyeur du monde. Ça a commencé lentement, tranquille, à la petite semaine. Gengis Khan, c’était encore du bricolage. Napo, de l’artisanat. Maintenant, c’est du sérieux. Quand on se tue c’est par millions... Et on est capable de faire beaucoup mieux ! Hiroshima, c’était un pétard du I4 juillet par rapport à ce que ces kons qui gouvernent ont dans leurs frigos de l’épouvante.

 

Mais c’est pas le tout. Y a eu deux énormes guerres de l’homme contre l’homme. On s’est trituré la viande, on s’est fait cuire au napalm, on s’est un tout petit peu atomisé, on s’est foutu du gaz plein les éponges. Du bon gaz fétide qui te fait tomber le mou en quenouille... De la bonne bidoche partout, saignante à souhait. Avec des bras arrachés, des jambes arrachées, des tronches fendues avec une belle cervelle bien lisse et palpitante qui sort par les trous du nez. Manque plus que la branche de persil... De belles tripes bien ondulées, chatoyantes, irisées sous le soleil des bombes. On a pataugé, on patauge dans le bon sang chaud et âcre. Jusqu’aux genoux. Jusqu’au cou. Noyés dans le bon raisiné du prolo... On glisse sur les yeux arrachés et qui te font encore un clin d’œil étonné. Pas compris... Et je te file une indigestion de plomb dans le buffet. Et tu me coupes les couilles. Et je te fais griller tes gosses dans du bon napalm made in Houston. Et tu me passes mes femmes au court-bouillon. Ça sent bon la barbaque. Ça grille. La peau craquèle. Et les bons cris d’horreur. De souffrance. De terreur de pauvres kons qui comprennent pas pourquoi on les trucide. Et ça fait tourner mes usines. Et j’en essaye des bons produits insecticides, pesticides, hommicides, nyakouéicides, bougnoulicides, proloicides...

 

Et je t’endoctrine, et je te baratine, et je te démocratise, et je te démagogise, et je te missionnairise, et je te sectarise, et tu me votes, et tu me choisis, et tu bénis le fouet qui te torture, le bras qui te saigne, le garrot qui t’étrangle, la muselière qui te bâillonne, la télé qui t’abrutit. Une chaîne, deux chaînes... Des chaînes. Toujours des chaînes, des chaînes...

 

- Oh ! Bois un coup, Victor, tu t'encagnes et tu deviens rouge comme un gratte-cul !

 

- Merci. Ah ! Ça fait du bien. La troisième de guerre, c’est plus contre l’homme qu’elle est déclarée. Ou plutôt pas directement. C’est contre la nature. C’est contre la planète. C’est contre la vie.

 

Ces kons d’hommes, dits évolués, ont plus fait de mal à la planète en 50 ans que le reste de l’humanité depuis qu’elle existe !

 

C’est la terre qui a le cancer. Et ce cancer, c’est l’homme ! L’homme blanc ou occidentalisé étant la pire métastase. On bouffe du dichlorurophényl-trichloro-éthanuromerdique, et va z’y que j’te pousse, du chloruane, de l’heptachlore, de l’époxyde, des naphtalènes chlorurés, de la diodrine manches courtes, de l’aidrine angora et plein d’autres saloperies qui regorgent d’atomes crochus de carbone qui lâchent un H pour récupérer d’autres C et d’autres H. Que des H, mais c’est pas du hasch, c’est les haches du bourreau. Qui nous tuent par-dedans ! Un bon foie à la dioxine... Bien bouffi, avec de belles scrofules purulentes. Des couilles, un foutre plein de DDT. Tu baises une femme : tu lui soignes ses morbacs ! Ça tue les moustiques, ça tue les puces et les punaises, ça va bien réussir à nettoyer cette larve qui s’appelle Homme. Et on n’en parlera plus. Bhrama pourra passer une nuit tranquille.

 

Et si ça suffit pas, on va te radioactiver ! De bons gros neutrons dans les gencives. Et ça t’en fait de belles leucémies, ça ! Très poétique... On crève de langueur... Mon cul ! Et je te file des centrales nucléaires partout. Je te fissionne, je te fusionne l’uranium, le plutonium, le plutôt nie homme, le plus tôt gnome ! Et je te l’enrichis cet uranium. Pour pas t’enrichir toi surtout... Et je te balance de bonnes giclées de rontgens bien cancérigènes, leucémirigènes, crétinigènes et ça te fait de beaux fadas, de beaux anormaux. Avec six pattes et pas de tronche. Un toutes les vingt minutes rien qu’en France...

 

- C'est comme ça Victor... C'est peut-être le kali...comme tu racontes si bien. Le plus intelligent des esclavagistes c’est celui qui a eu l’idée de donner quatre sous à ses esclaves. Comme ça ils se tiennent tranquilles... La pointeuse remplace le garde chiourme et les quatre ronds, remplacent le fouet... Cocus, battus et contents... Ça fait les prolos. Allez ! C'est ma tournée Victor. C'est toujours ça que Kali comme tu dis n'aura pas !

 

 

Octidi 28 frimaire 222

 

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17/12/2013

Euthanasie : meurtre avec préméditation = ASSASSINAT !

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Nicolas-Kevin tourne et retourne dans la main le lettre qu’il vient de recevoir. L’en-tête officiel l’angoisse. Il faut dire que depuis les lois sur l’Optimisation de la vie, votées par le premier gouvernement Marine Le Pen du deuxième quinquennat de Sarkozy, les vieux ne sont pas à la fête…

 

Il y a d’abord eu sous Sarko 1, les lois sur les retraites poussant les anciens à la misère, au travail dégradant, à fouiller dans les poubelles, à subir l’ostracisme et les moqueries des « djeuns ». Puis il y a eu le grand fichier dit « des gens honnêtes » dans lequel tout citoyen est répertorié de la naissance à la mort, avec toutes ses maladies, tares, opérations, traitements. Et, en parallèle, un puissant logiciel permettant de connaitre à l’instant T combien coûte à la collectivité la prise en charge de tel ou tel citoyen ! Il y a eu encore la loi permettant l’internement forcé en milieu psychiatrique de « patients » déviants, sur demande des autorités ou de la famille.

 

Puis il y a eu, sous le premier gouvernement Sarko 2 – Le Pen, la loi sur l’euthanasie. Finis les atermoiements hypocrites de la parenthèse Hollande… Sous la pression de très nombreux imbéciles heureux, le gouvernement a autorisé la mise à mort des vieux « pour abréger leurs souffrances ». A la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu ! Pourtant, le meurtre par empoisonnement d’une personne, ça a un nom précis : ASSASSINAT ! Mais c’est pas joli…

 

Enfin a été voté le grand œuvre du gouvernement Le Pen – Sarko 2 : les « lois d’Optimisation de la vie ». Des lois permettant enfin la remise à flot de la Sécu, des économies conséquentes sur les retraites, l’élimination de gens qui ne sont plus « productifs ». Les « marchés » ont, à l’époque du vote de ces lois « modernes », salué comme il se doit cette décision en rendant à la France son « triple A » !

 

Ces lois mêlent avec beaucoup d’opportunité des textes précédents : fichiers déterminant le « coût » de chaque individu, possibilité d’internement d’office pour les récalcitrants – comme au plus beau temps du goulag -, pour s’appuyer ensuite sur les statistiques. Celles-ci déterminent chaque année la durée de vie moyenne des citoyens : cette année-là 78 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes. Ainsi, à la date anniversaire des citoyennes et citoyens atteignant ces limites statistiques, ceux-ci reçoivent de l’administration une lettre officielle leur signifiant qu’à dater de ce jour, leurs dépenses de santé ne seront plus prises en compte par la société. Dès lors, s’ils sont à l’hôpital, le service comptable de l’établissement demandera à la famille de payer entièrement les frais et, en cas de refus, de manque de « persuation » auprès de l’impétrant - « Allez Mémé, il est onze heures, bois ton bouillon, c’est le docteur qui l’a préparé ! » - ou de non solvabilité, donnent aux médecins l’ordre d’euthanasier le « patient ».

 

Pour ceux qui sont en relative bonne santé, comme notre ami Kevin-Nicolas, existe la possibilité de « racheter » une année supplémentaire, à condition de déposer auprès de la Caisse des dépôts et consignation un montant très conséquent déterminé par la loi, sous forme de numéraire ou d’hypothèque sur des biens. A défaut, si le vieux entre à l’hôpital pour quelque affection, son sort sera rapidement scellé. Mais, dans sa grande mansuétude, la société ultralibérale lui offre la possibilité de « choisir » lui-même « d’optimiser  sa vie » en libérant le territoire, gracieusement, dans « de très agréables conditions » comme dit la lettre que tient Kevin-Nicolas…

 

Mondo cane…


Septidi 27 frimaire 222


Merci à Chimulus

 

 

 

16/12/2013

Rendez-nous les Hussards de la République.

nouveaux hussards republique.jpg

 

 

La semaine s'est terminée avec un sacré ramdam, suite à la publication d'un Nième rapport sur « l'intégration » des immigrés et enfants d'immigrés. On a ça et là dégainé chacun, qui son voile, qui sa laïcité. Il serait vain de nier ces problèmes, mais il faut donner aux choses l'importance qu'elles ont. L'obscurantisme et le communautarisme ne reculeront que par l'éducation.

 

Tous les enfants de France ont le droit et le devoir de s'éduquer. Gratuitement en plus ! Avec des enseignants compétents et consciencieux. Alors il y a ceux qui considèrent cela comme une formidable chance à saisir, d'autres qui méprisent des savoirs qu'ils contestent au prétexte de cultures ou de religions différentes et ne font pas grand-chose pour tirer le meilleur parti de cette formidable opportunité qui leur est offerte.

 

Il est des enfants d'immigrés qui ne posent pas de problèmes. Parce que leurs parents, venus du Vietnam, du Cambodge, du Laos, de Chine, pour la plupart ne parlant pas à leur arrivée sur notre sol le moindre mot de français, leur ont inculqué cette évidence : leur avenir passe par de bons résultats scolaires voire universitaires. D'autres rêvent d'être Zidane ou La Fouine...

 

Il est facile de faire retomber sur les enseignants les carences de leurs élèves. Les profs ne font pas les programmes d’enseignement, pas plus qu’ils ne choisissent ni déterminent les méthodes pédagogiques. Si c'était le cas, les résultats seraient peut-être différents. Ils ne sont pas non plus exempts de responsabilités, tant il est difficile de faire « bouger le mammouth » !

 

Force est de constater que le taux d'illettrisme (à ne pas confondre avec l'analphabétisme) atteint des niveaux effarants, jusqu'à 20% dans les LEP. Nier ces évidences et ne pas reconnaître l'échec du système éducatif à mettre à niveau les enfants issus de l'immigration, tant ceux-ci ont des carences flagrantes sur les fondamentaux (lire, écrire, compter, comprendre un texte, s'exprimer oralement) procèdent d'une solide hypocrisie.

 

Le développement de l'esprit passe par la maîtrise du langage. En effet, on ne peut développer une pensée structurée et précise si l'on ne possède pas le vocabulaire indispensable et la rigueur grammaticale pour l'exprimer. « Ce qui se conçoit bien s'exprime clairement/Et les mots pour le dire arrivent aisément... ». D'où l'importance de l'écrit, technique préalable à la réflexion, à la pensée et à son expression orale.

 

En d'autres temps, les Hussards de la République ont formidablement réussi à intégrer des populations aussi différentes que les Bretons et les Provençaux, les Vendéens et les Alsaciens, les Parisiens et...le reste des Français. Non sans quelques excès d'ailleurs (« il est interdit de cracher par terre et de parler patois... »). Et on ne pourrait faire pareil avec quelques centaines de milliers d'enfants dont les parents sont venus d'ailleurs ?

 

Ne soyons pas si pessimistes !

 

Sextidi 26 frimaire 222

 

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29/11/2013

Slam aux slameurs autodafeurs

haine regard.jpg

A lire évidemment au second degré.

 

«Je réclame un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo».

Slameurs, rappeurs, frimeurs, nous sommes desperado 

Nous les feront cramer ces bâtards d’intellos

Nous allons leur filer une fatwa sur le dos

Nous couperons les couilles à tous ces rigolos

Et troncheront à sec ces sales travelos

 

Yalla ! Baisons la France

Cette fosse d’aisance

Qui nous remplit la panse

Et permet que l’on pense !

 

Il y a quarante ans, pour la marche des beurs

Nos chibanis voulaient juste un peu de bonheur

Une reconnaissance et ne plus avoir peur

S’intégrer au pays, enfin être des leurs

Ne plus être casseurs, ne plus être chômeurs,

Beaucoup ont réussi dans l’effort, le labeur,

D’autres ce sont plantés, ont raté l’ascenseur,

Ils nous ont engendrés, nous les rappeurs crâneurs.

 

Yalla ! Baisons la France

Cette fosse d’aisance

Qui nous remplit la panse

Et permet que l’on pense !

 

Nos maîtres maintenant, ce sont les islamistes,

Nos héros : c’est Merha et tous les terroristes !

Lapider jusqu’à mort une femme adultère

Jouir de sa douleur en lui jetant la pierre

Ne nous offense pas.

Décapiter un homme, lui sortir la cervelle

Sous prétexte que c’est un homosexuel

Ne nous offense pas.

Exciser des fillettes, couper leur clitoris

Ô, pour leur éviter de succomber au vice

Ne nous offense pas.

Considérer la Femme émanation du Mal

Et la traiter souvent moins bien qu’un animal

Ne nous offense pas.

 

Yalla ! Baisons la France

Cette fosse d’aisance

Qui nous remplit la panse

Et permet que l’on pense !

 

Nous n’acceptons ni l’humour ni le blasphème

Nous voulons faire peur par nos mots, nos dégaines

Nous conchions toutes vos valeurs païennes,

Vos droits de l’homme et toutes vos rengaines

Nous voulons vous pourrir, bouffer votre oxygène

Notre démarche à nous, c’est l’insulte, la haine

La haine

La haine

La HAINE

 

Yalla ! Baisons la France

Cette fosse d’aisance

Qui nous remplit la panse

Et permet que l’on pense !

 

 

Nonidi 9 frimaire 222

 

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28/11/2013

« Le monde est dangereux non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » Albert Einstein

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La cour d'appel de Paris n'a pas eu peur de contredire la Cour de Cassation, plus haute juridiction française en confirmant le licenciement de l'employée prétendant éduquer les enfants en faisant du prosélytisme religieux. Ce faisant, les juges ont fait preuve de courage, de lucidité et de civisme en remettant enfin un des piliers de la République – la LAÏCITÉ – au centre du débat.

Du courage, il en a fallu à cette cour d'appel, mais il en faut aussi à ceux qui, dans ce quartier, subissent les provocations et les menaces des fanatiques qui instrumentalisent l'affaire de la crêche Baby-Loup depuis le départ. Insultes, provocations, graffitis anti-laïcité, voitures rayés, menaces, etc. Malgré le jugement la crèche va déménager, laissant dans le désarroi une centaine de familles et les provocateurs nazislamistes auront gagné.

Tout ce gâchis parce qu’il y a des gens qui veulent emmerder le monde par provocation, des gens qui veulent allumer une guerre religieuse, des gens qui testent les capacités de résistance, les limites du système. Et à côté, des gens qui se taisent, regardent ailleurs et laissent faire. Ce sont ceux-là dont parlait Einstein. Que dire de l'inconséquence de cette majorité musulmane pacifique bien trop silencieuse ? Et que dire des idiots utiles qui soutiennent les extrémistes ?

On nous dit et répète que l'islam est une religion pacifique et que la majorité des musulmans veulent seulement vivre en paix. Pourtant ceux qui prônent cette image de leur religion – cette névrose collective - se taisent. On ne les voit pas. On ne les entend pas. Avez-vous déjà vu une manifestation musulmane s'élevant contre les exactions des fanatiques qui saccagent l'image de leur religion ? Jamais. Ce silence est-il le fait de menaces ou d'un consentement tacite ?

Qui donne actuellement l'image de l'islam ? Ceux qui y tiennent le discours le plus extrémiste, ceux qui perpétuent les actions les plus brutales, les plus injustes, les plus sauvages. Le fait est que les fanatiques gouvernent l'Islam, actuellement. Ce sont les fanatiques qui paradent. Ce sont les fanatiques qui financent chacun des conflits armés religieux de par le monde. Ce sont des fanatiques qui assassinent systématiquement les chrétiens ou des groupes tribaux à travers toute l'Afrique et mettent peu à peu la main sur le continent entier, à tel point que les populations africaines terrorisées en sont à appeler l'action militaire de l'ancienne puissance coloniale, comme au Mali et maintenant en République Centrafricaine ! Ce sont les fanatiques qui posent des bombes, décapitent, massacrent ou commettent des crimes dits « d'honneur ». Ce sont les fanatiques qui prennent le contrôle des mosquées, l'une après l'autre. Ce sont les fanatiques qui prêchent avec zèle la lapidation et la pendaison des  homosexuels. Ceci avec l'assentiment et l'aide de ces grands « amis » de la France que sont le Qatar (soutien des islamistes) et l'Arabie séoudite (soutien des salafistes). La réalité, brutale et quantifiable, est que la «majorité pacifique », la « majorité silencieuse » est étrangère à ces exactions mais se tait et se terre. Je lui conseille, à cette majorité silencieuse de méditer sur « Matin brun ».

En d'autres temps, le laisser-faire de cette majorité silencieuse a amené le nazisme et son cortège d'horreurs indicibles en Allemagne, puis un cataclysme mondial avec 80 millions de morts.

La Russie communiste était composée de russes qui voulaient tout simplement vivre en paix, bien que les communistes russes aient été responsables du meurtre d'environ vingt millions de personnes. La majorité pacifique n'était pas concernée.

L'immense population chinoise était, elle aussi, pacifique, mais les communistes chinois réussirent à tuer le nombre stupéfiant de soixante-dix millions de personnes.

Le japonais moyen, avant la deuxième guerre mondiale, n'était pas un belliciste sadique. Le Japon, cependant, jalonna sa route, à travers l'Asie du sud-est, de meurtres et de carnages dans une orgie de tueries incluant l'abattage systématique de douze millions de civils chinois, tués, pour la plupart, à coups d'épée, de pelle ou de baïonnette.

Les musulmans pacifiques, s'ils ne réagissent pas, seront les premières victimes de ce fascisme vert qui s'avance de moins en moins masqué. La balle est dans leur camp car s'ils ne réagissent pas, ils ouvriront la porte, dans toute l'Europe, au sinistre fascisme brun.

 

Octidi 8 frimaire 222

 

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22/11/2013

Et une piqûre de rappel. Une ! MATIN BRUN

les trois singes.jpeg

 

Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son côté. Des moments agréables où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu’il m’a dit qu’il avait dû faire piquer son chien, ça m’a surpris, mais sans plus.

C’est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l’idée qu’un jour ou l’autre il va mourir.

- Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.

- Ben, un labrador, c’est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?

- C’est pas la question, c’était pas un chien brun, c’est tout.

- Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?

- Oui, pareil.

 

Pour les chats, j’étais au courant. Le mois dernier, j’avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir. C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’État national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns.

Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’étaient pas bruns.

Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d’arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux. Mon cœur s’était serré, puis on oublie vite. Les chiens, ça m’avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c’est plus gros, ou que c’est le compagnon de l’homme comme on dit. En tout cas Charlie venait d’en parler aussi naturellement que je l’avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c’est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.

On n’avait plus grand-chose à se dire, on s’était quittés mais avec une drôle d’impression. Comme si on ne s’était pas tout dit. Pas trop à l’aise. Quelque temps après, c’est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus. Il en était resté sur le cul : le journal qu’il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !

- Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?

- Non, non, c’est à la suite de l’affaire des chiens.

- Des bruns ?

- Oui, toujours. Pas un jour sans s’attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu’à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu’il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !

- À trop jouer avec le feu...

- Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.

- Mince alors, et pour le tiercé ?

- Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes, il n’y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route. Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu’il reste un canard dans la ville, on ne pouvait pas se passer d’informations tout de même.

J’avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j’avais sûrement tort de m’inquiéter. Après ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore. Les maisons d’édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville, étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques. Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d’édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.

- Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n’a rien à y gagner à accepter qu’on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation.

Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles.

On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ça nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations. Un jour, avec Charlie, je m’en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu’il débarque avec un nouveau chien ! Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marron.

- Tu vois, finalement il est plus affectueux que l’autre, et il m’obéit au doigt et à l’œil. Fallait pas que j’en fasse un drame du labrador noir.

A peine il avait dit cette phrase, que son chien s’était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n’obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris.

- Non, toi aussi ?

- Ben oui, tu vas voir.

Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l’armoire. Un matou au regard et aux poils bruns.

Qu’est ce qu’on avait ri. Tu parles d’une coïncidence !

- Tu comprends, je lui avais dit, j’ai toujours eu des cha ts, alors... Il est pas beau, celui-ci ?

- Magnifique, il m’avait répondu.

Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l’œil.

Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu’on avait passé un sacré bon moment, et qu’on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité, nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr je pensais au petit garçon que j’avais croisé sur le trottoir d’en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s’il écoutait bien ce qu’on lui disait, les chiens n’étaient pas interdits, il n’avait qu’à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l’ancien.

Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j’ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m’ont pas reconnu, parce qu’ils sont nouveaux dans le quartier et qu’ils ne connaissent pas encore tout le monde.

J’allais chez Charlie. Le dimanche, c’est chez Charlie qu’on joue à la belote. J’avais un pack de bières à la main, c’était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J’ai fait semblant d’aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l’ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.

- Pourtant son chien était un vrai brun, on l’a bien vu, nous !

- Oui, mais à ce qu’ils disent, c’est que avant, il en avait un noir, pas un brun. Un noir.

- Avant ?

- Oui, avant. Le délit maintenant, c’est aussi d’en avoir eu un qui n’aurait pas été brun. Et ça, c’est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin.

J’ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j’étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu’avant j’avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n’y aurais jamais pensé !

Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n’est pas parce qu’on aurait acheté récemment un animal brun qu’on aurait changé de mentalité, ils ont dit.

« Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. » Le speaker a même ajouté « Injure à l’État national. »

Et j’ai bien noté la suite. Même si on n’a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu’un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait ce qu’une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.

Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C’est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun.

Bien sûr, s’ils cherchent avant, ils n’ont pas fini d’en arrêter des proprios de chats et de chiens.

Je n’ai pas dormi de la nuit. J’aurais dû me méfier des bruns dès qu’ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non?

On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun au dehors.

Mais, arrêtez de taper si fort, j’arrive.

 

Franck Pavloff


Duodi 2 frimaire 222


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20/11/2013

Plus de 7 milliards ! Nous sommes plus de 7 milliards ! Et un, et deux, et trois, et quatre, et cinq, et six, et sept, et huit, et neuf zéro ! Olé !

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- On compte environ 232 000 habitants de plus chaque jour sur la planète

- Nous assistons à environ 400 000 naissances par jour dans le monde

- Il y a environ 170 000 décès chaque jour sur Terre

- 28% de la population mondiale est âgée de moins de 15 ans et 8% ont 65 ans et plus

- 65 ans est l'espérance de vie moyenne actuelle dans le monde

 

Au moment où j’élucubre ce matin, nous sommes 7.218.716.236 mammifères omnivores bipèdes de l’espèce homo sapiens sapiens sur la Terre.

 

Démographie démente, cause de tous les maux. Savez-vous que pour chaque battement de notre palpitant, trois bébés naissent quelque part dans le monde ! Essayez d’imaginer ce fleuve, cette marée de nouveaux venus braillards sur cette pauvre boule de plus en plus puante qu’on appelle Terre !

 

Ouais, me direz-vous. Mais pendant ce temps, il y en a un paquet qui passent l’arme à gauche et vont servir de patapon aux asticots. Allez les vers ! C’est vrai. Mais il n’en meurt qu’un lorsqu’il en naît trois ! On est loin du compte… Plus de 4 marmots par seconde qui réclament tout de suite à bouffer. Soit plus de 250 par minute, 15 à 17.000 par heure, 400.000 par jour, 140 millions par an, autant que la France, l’Italie et le Bénélux réunis ! Et comme il ne meurt « que » 58 millions d’homo sapiens (homme sage ! ! ? ?) par an, ça nous laisse un confortable « bénef » d’environ 73 millions supplémentaires chaque année — l’équivalent de l’Allemagne, pays le plus peuplé d’Europe ! — de bouches supplémentaires à nourrir… Comme ces bouches viennent principalement dans des pays où on crève déjà de faim, vous voyez le tableau. Et en 2050, le nombre sera de 9 milliards, cette augmentation de 2 milliards se faisant essentiellement de l’Afrique sub-saharienne jusqu’au Pakistan.

 

Lorsque ces pays sortent de la misère, comme la Chine actuellement et l’Inde, ils veulent accéder au « progrès » que représente la manière de vivre occidentale. Ça va en faire des bagnoles qui cracheront leurs gaz pourris, des forêts qu’il faudra couper pour leur fournir des salons de jardin en teck et des tonnes de pubs débiles, des poissons qu’il faudra pêcher pour leur procurer du patapon pour leurs chien-chiens… Vive la croissance ! « Croissez et multipliez-vous » qu’il a dit l’autre. Ouais… Jusque dans le mur ! Et le mur, ce sera un coquetèle agréable de guerres pour l’eau, de catastrophes naturelles, de bonnes et belles épidémies… Tout ça orchestré par de gras et gros dictateurs qui pueront autant du cerveau que des pieds ! Les imbéciles heureux disent : « Allons ! Avec les OGM, on pourra nourrir tout ce monde… » Mouais… Ils mangeront peut-être, mais ils seront obligés de manger debout !


Eh ! Il est temps de conseiller à nous-mêmes et à nos congénères — ces mammifères omnivores qui ne se différencient des autres animaux que par leur faculté de boire sans soif et d’être en chaleur tout au long de l’année — cette évidence :  capotons-nous le créateur ou pratiquons l’autocoïtpalmaire !

 

Cette surpopulation combiné aux changements climatiques amène fatalement des mouvements migratoires qui ne peuvent aller qu’en s’amplifiant. Lampédusa ? Pipi d'oiseau à côté de ce qui nous attend...

 

Ouais mais on s’en fout :  "on a gagné, on a gagné, on a gagné ! Et un, et deux, et trois, et quatre, et cinq, et six, et sept, et huit, et neuf zéro ! Olé ! " 

 

 Tè! Regardez ça:

http://fr.ria.ru/infographie/20111004/191348776.html

Et çà:

http://www.gamaniak.com/image-9660-villes-plus-peuplees-monde.html


Décadi 30 brumaire 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

11/11/2013

11 novembre… La mort industrialisée et la konnerie triomphantes

 

 

 

 

guerre,mort,connerie


 La guerre, c'est l'ombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

La guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

La guerre, c'est le bruit des explosions, le cliquetis rageur des tirs, le sifflement menaçant des balles qui ricochent autour de vous.

La guerre, l'embuscade, c'est le corps qui s'efforce de se rétrécir au delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans la boue de la tranchée, la caillasse du djebel ou la vase de la rizière.

La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver. C'est la haine de l'autre, de celui qui veut votre peau. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots, les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

La guerre, c'est le désespoir du camarade touché et qui attend des secours qui ne peuvent venir.

La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une roquette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche: « ouf, c'est lui, c'est pas moi! »

La guerre, c'est de la merde.

 

Pendant la grande boucherie 14-18, les profiteurs et fauteurs de guerre se le faisaient belle. Les grands boulevards de Paris affichaient une vie trépidante ; les théâtres, les brasseries, les cafés concerts, les boites de nuits étaient pleins de fêtards…

 

Pendant que les Français Schneider, De Wendel et autres faisaient discrètement la bringue avec leurs homologues, rivaux et…amis allemands Krupp, Thyssen et autres fabricants de choses en aciers bien pointues, bien aiguisés, qui entrent dans les viandes, qui labourent les chairs, qui brisent les os, qui éclatent les cranes, qui arrachent les yeux, qui explosent en beaux feux d’artifices de mort, la France d’en-bas s’étripait avec l’Allemagne d’en-bas. Pour le plus grand profit des précédents.

 

La droite la plus bornée, la plus avide, la plus lâche se lâchait, se goinfrait, s’engraissait, se tapissait la tripe de sauces chaudes et onctueuses pendant que les « pauv’cons » se faisaient trouer la viande. C’est cette même droite que l’on retrouvera parmi les vichystes, les patrons et les collabos en 40 pendant que les cocos, au coude à coude avec la droite républicaine gaulliste, se battaient. C’est cette même droite sans vergogne, cupide, inculte, avide, pleine de morgue, qui envisage sans vergogne de s’allier aux collabos du F.Haine

 

 La guerre est « l’art » de faire s’entretuer des gens pauvres, qui ne se connaissent pas, au profit de gens riches qui, eux, se connaissent… Cette maxime à la véracité sans cesse renouvelée à travers les époques a été superbement illustrée par cette chanson qui marque le désespoir, la résignation mais aussi la révolte de ceux qu’on envoyait à l’abattoir pour rien, sinon transcender la connerie humaine, seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

 


VictorAyoli

 

poilus 14 18.jpg


 

 

La chanson de Craône

 

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé

On va reprendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

 

- Refrain :

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés

 

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve

Soudain dans la nuit et le silence

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseurs à pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

 

- Refrain -

 

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués

Feraient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien

Nous autres les pauv' purotins

Tous les camarades sont enterrés là

Pour défendr' les biens de ces messieurs là

 

- Refrain :

Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros

De monter sur l'plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau

 

http://www.youtube.com/watch?v=5_Oxk83vDfg



Primidi 21 brumaire 222

 

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08/11/2013

Dédié aux ouvriers « bonnets rouges » qui se battent pour leurs patrons : Discours de la servitude volontaire (Etienne de la Boétie)

la boétie.jpg

 

 

 

« Pour être esclave,

il faut que quelqu'un désire dominer et…

qu'un autre accepte de servir. »


(…) Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante - et pourtant si commune qu’il faut plutôt en gémir que s’en ébahir, de voir un million d’hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu’ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient pas redouter - puisqu’il est seul - ni aimer - puisqu’il est envers eux tous inhumain et cruel. Telle est pourtant la faiblesse des hommes : contraints à l’obéissance, obligés de temporiser, ils ne peuvent pas être toujours les plus forts.

 

(…) Quel est ce vice, ce vice horrible, de voir un nombre infini d’hommes, non seulement obéir, mais servir, non pas être gouvernés, mais être tyrannisés, n’ayant ni biens, ni parents, ni enfants, ni leur vie même qui soient à eux ? De les voir souffrir les rapines, les paillardises, les cruautés, non d’une armée, non d’un camp barbare contre lesquels chacun devrait défendre son sang et sa vie, mais d’un seul ! Non d’un Hercule ou d’un Samson, mais d’un homme et souvent le plus lâche, le plus efféminé de la nation, qui n’a jamais flairé la poudre des batailles ni guère foulé le sable des tournois, qui n’est pas seulement inapte à commander aux hommes, mais encore à satisfaire la moindre femmelette ! Nommerons-nous cela lâcheté ?

Appellerons-nous vils et couards ces hommes soumis ? Si deux, si trois, si quatre cèdent à un seul, c’est étrange, mais toutefois possible ; on pourrait peut-être dire avec raison : c’est faute de cœur. Mais si cent, si mille souffrent l’oppression d’un seul, dira-t-on encore qu’ils n’osent pas s’en prendre à lui, ou qu’ils ne le veulent pas, et que ce n’est pas couardise, mais plutôt mépris ou dédain ?

 

(…) C’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d’être soumis ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche...

 

(…)Certes, comme le feu d’une petite étincelle grandit et se renforce toujours, et plus il trouve de bois à brûler, plus il en dévore, mais se consume et finit par s’éteindre de lui-même quand on cesse de l’alimenter, de même, plus les tyrans pillent, plus ils exigent ; plus ils ruinent et détruisent, plus on leur fournit, plus on les sert. Ils se fortifient d’autant, deviennent de plus en plus frais et dispos pour tout anéantir et tout détruire. Mais si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien, de même que la branche, n’ayant plus de suc ni d’aliment à sa racine, devient sèche et morte.

 

(…)Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies.

Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. (…)

 

 

Lisez ce formidable texte, écrit à l’âge de 19 ans, en 1549, par Etienne de la Boétie, flamboyant Gascon de Sarlat.

 



Octidi 18 brumaire 222

 

Le 18 brumaire de l’an 8, le ci-devant soudard Buonaparte Napoleone assassinait la Révolution

 

Illustration X – Droits réservés

 

02/11/2013

Si je meurs, je veux qu'on me distille !

Buveurs copie.jpg

 

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

 Menez ma viande sur le plateau de Sault

 Dans la lavande faites tremper mes os

 Macérez bien ma queue et mes neurones

 Dans un bon vin de la Côte du Rhône.

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

Vous tirerez un demi-muy de gnole

 Du jus de vie, d'humour, de gaudriole

 Puis faites-y macérez mes couillons

 Ça donn' un goût qui plait aux vignerons.

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

Vous me ferez reposer à la cave

 Entre un Bonneau et un blanc de chez Chave

 Comme voisin mettez-moi du Lirac

 Du Châteauneuf ou même un bon Paulhac

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

 Vous me boirez, ça ne fait aucun doute

 Et m'aimerez jusqu’à l'ultime goutte

 Quand vous trouss'rez les bell's de votre temps

 C'est un peu moi qui prendrais du bon temps !

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !



Duodi 12 brumaire 222


Illustration originale

 

 Et puis écoutez donc Tonton Georges !


22/10/2013

Au bistro de la toile : gai, gai, espionnons-nous !

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Taing ! T’as vu Victor, ces kons de Ricains nous espionnent sans vergogne. Tu te rends compte. Sont gonflés les kons. Nous sommes pourtant leur plus anciens et plus fidèles amis, non ?

 

- Bof. On dirait que les médias découvrent la roue. Tout le monde espionne tout le monde entre états. Nous sommes aussi espionnés par nos services. Avec moins de moyens que les Zétazuniens, c’est tout. En politique, il n’y a pas d’amis Loulle, au mieux des alliés provisoires, mais toujours des rapports de force.

 

- M’enfin, qu’ils écoutent mes conversations téléphoniques, les SMS de ma fille, ça me gonfle.

 

- Peut-être qu’ils veulent savoir comment tu dose la tomate, le perroquet ou la mauresque dans ton rade Loulle ! Laisse faire, ça ne pourra que les éduquer ces abrutis ! François prend sa tête de douairière offusquée, mais ça ne trompe personne. Non, Loulle, si Big Brother il y a, il est ailleurs.

 

- Ah bon ! Précise.

 

- Le congrès des États-Unis d’Amérique aurait adopté il y a déjà quelques temps une loi (HR 3200) qui permet de pucer l'être humain. Sous prétexte d'un accès au remboursement des soins de santé, par une identification des patients et des informations relatives à la santé, obligera l'américain moyen à se faire implanter un transpondeur à radiofréquences (qui réagira donc aux ondes radios) sous cutané capable de durer l'équivalent d'une vie.

Ce marquage, qui coûtera entre 150 et 200 dollars, touchera tout d'abord les classes moyennes et modestes puisqu'il sera a priori imposé aux personnes dépendantes du système de remboursement de la sécurité sociale américaine. Il concernera aussi les personnes âgées du programme Medicare, les anciens combattants, les malades d'Alzheimer mais aussi les blessés inconscients qui seront admis aux urgences... Si vous ne vous faites pas pucer, vous n'aurez donc pas droit aux remboursements en vigueur chez l'Oncle Sam. Vrai ? Faux ? Réalité ? Propagande ? Je n’en sais rien Loulle. Mais il faut savoir que c’est techniquement possible, et donc que ce sera fait…

 

- Putaing ! Comme les vaches. Si j’ai le choix, je préfèrerais encore l’étiquette à l’oreille. C’est plus franc du collier.

 

- Ce « pucage » est déjà en place expérimentalement Loulle. Hypocritement, par la manière ludique : il est des discothèques où on te propose de t’injecter une puce RFID de ce genre : elle te donne accès sans contrainte à la boite, comptabilise tes boissons, etc. Et les jeunes – qui ne sont jamais que des vieux kons en devenir ! – trouvent ça « branché ». Puis, ils vont nous vendre cette merde en jouant sur la sécurité : pour ne pas perdre ses enfants ou les personnes atteintes d’Alzheimer, puis ce sera l’équivalent de la carte vitale pour la santé, puis ils nous vendront ça comme une carte bancaire « intégrée » (intégrée dans ta viande !), involable, infalsifiable. Le progrès quoi. Et les bons kons marcheront. Ce n’est pas loin Loulle. Il suffira de créer – à travers des campagnes bien orchestrées par les médias à la solde des industriels et des marchands d’armes -  un bon climat de peur pour « vendre » le puçage généralisé comme LA solution sécuritaire. Exemple : les quartiers et lotissements sécurisés par des barrières, des grilles et détectant l’intrusion de toute personne non pucée !

 

- Fatche… Tu me fais gratter Victor. On a mis des années à se débarrasser des morpions, voilà qu’on voit arriver les puces…

 

- Et ce n’est pas tout Loulle. On nous vantera l’infaillibilité de ces puces mais, comme tout produit électronique, ces puces ne seront pas à l’abri de logiciels malveillants. Les données inscrites pourront être modifiés à distance. On peut imaginer là un moyen efficace de réguler les populations, de résoudre les problèmes de Sécu ou de retraite : on peut imposer à un groupe de personnes, les plus de 70 ans par exemple, un traitement pour leur santé, genre vaccin. Un traitement qui vous enverra ad patres en quelques mois…

 

- Eh ! Oh ! Tu pousses pas un peu Victor ?

 

- Je voudrais bien, mais imagine un tel instrument aux mains d’un pouvoir totalitaire – ce vers quoi on glisse si on ne se ressaisit pas - en Europe, aux USA comme partout dans ce monde fada… Les crimes contre l’humanité vont prendre des formes « branchés » Loulle… Et nous serons du bétail humain, le rêve de tout mafieu de la finance…

 

- …taing ! Tè ! Buvons un coup pour oublier Victor !

 

 

Primidi 1er brumaire 221

 

Merci à Chimulus

 

 

16/10/2013

Au bistro de la toile : Gagner sa vie en travaillant ? Une idée dépassée…

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- …taing ! Victor, je crois que je vais bazarder mon rade et émigrer en Suisse !

 

- Comme Johnny, comme Aznavour, comme la plupart des tennissistes et autres parasites qui ne veulent pas payer leur quote-part d’impôts dans le pays qui les a élevés, qui leur fait gagner leur flouze, qui les soigne le cas échéant… T’as beaucoup de pognon à planquer Loulle ?

 

- T’as rien compris Victor. Si je veux aller en Suisse, ce n’est pas pour une question d’impôts, c’est pour vivre enfin sans travailler !

 

- Avec tes rentes ?

 

- Non, mais avec le pognon – 2500 francs suisse, soit 2000 euros – que le gouvernement de ce pays un peu moins kon que les autres versera peut-être, dans deux ans, à tous les résidents en Suisse, y compris les immigrés, et sans condition ni contrepartie. Une pétition militant en faveur du RBI (revenu de base inconditionnel) a obtenu les 100.000 signatures nécessaires à l’organisation d’un référendum. Donc cette votation viendra devant les citoyens dans un délai de deux ans ! C’est pas chouette ça Victor !

 

- C’est plus que chouette Loulle, c’est une simple question de bon sens. Inspiré des utopies fouriéristes, voire plus anciennes, le revenu de base inconditionnel (aussi appelé allocation universelle) veut remplacer le « filet social » actuel et sa bureaucratie par un droit inscrit dans la Constitution, permettant à chacun de « mener une existence modeste mais digne »,

 

- Quand même Victor. Qui aura envie de marner dans ces conditions ? C’est une prime à la fainéantise, non ?

 

- Pas du tout, c’est enfin être réaliste. Le travail salarié est une manière de répartir au plus grand nombre des moyens, plus ou moins généreux, de partager le gâteau national afin que la machine économique – production – consommation – puisse tourner. Mais il faut se rendre à l’évidence : il n’y a pas– et il n’y aura plus - de travail pour tous. On aura beau faire ce qu’on voudra, relocaliser, fermer les frontières, revenir au franc ( ?!), imposer des boulots de merde payés 1 euros de l’heure comme en Allemagne, rien n’y fera : il n’y aura jamais plus de boulot pour tous. Il faut donc mettre au point un système qui permette de donner à tous un revenu de base permettant de vivre petit bras peut-être, mais de vivre à tous. Et donc de faire tourner la machine consommation-production.

 

- Mais qui fera tourner la machine s’il n’y a plus personne pour marner ?

 

- Et que font les retraités ? Ils ont des activités choisies, souvent altruistes (resto du cœur, banque alimentaire, aide aux devoirs des gosses, etc.), qui s’avèrent indispensables à la bonne marche de la société. On peut parier qu’un individu préférera toujours cumuler ce revenu de base à un autre salaire, surtout quand ce salaire correspondra à un travail qu’il aura plus librement choisi. Le besoin de s’occuper et d’être utile demeure, les gens continueront de travailler pour compléter leur revenu de base, mais différemment d’aujourd’hui. Ils auront plus de temps pour des activités nécessaires au bon fonctionnement de la société qui s’en trouvera mieux.

 

- Et d’où sortira le pognon Victor ?

 

- Les Suisses parlent de 2000 euros ce qui correspond – compte tenu du différentiel de coût de la vie – à 1000 euros chez nous. Des « zéconomistes distingués » ont creusé la question. Ce revenu de base coûterait autour de 200 milliards par an. Ce qui n’est pas insurmontable. Les pistes ne manquent pas : fusion de l’aide sociale, du système de chômage et du système de retraite ; redistribution de la rente pétrolière ; un impôt sur le patrimoine, etc. mais avant tout récupération de la fraude fiscale (80 milliards par an) ; ajoutons les près de 20 milliards de la fraude à la TVA, les 15 milliards de la fraude sociale, les 8 milliards du RSA, les 1,5 milliards du Pôle emploi devenu inutile, etc. Les moyens de financement ne manquent pas.

 

- Merde, mais ce n’est pas si utopique que ça ce truc Victor !

 

- Et il faut regarder les conséquences positives d’une telle mesure : elle amènerait logiquement la disparition du chômage ainsi qu’une forte relance de la consommation, permettant aux entreprises d’embaucher éventuellement. Dans ce cas-là, les patrons qui voudraient garder ou embaucher de bons collaborateurs seraient plus attentifs aux besoins des salariés, favorisant aussi une hausse des salaires et une amélioration des conditions de travail.

 

- Ouais mais, Victor, il y a des activités qui ne sont pas très bandantes et qu’il faut pourtant faire : ramasser les poubelles, laver le cul des vieux, etc. Qui les fera ?

 

- N’oublie pas que ce système va complètement changer les rapports de force entre patronat et salariat. Actuellement, ces boulots peu valorisants sont, en plus, mal payés, mais les volontaires, dans ce système, seraient rares, donc recherchés, donc bien payés !

 

- Wouarf ! Je rêve Victor. Le glandage enfin reconnu, apprécié et rémunéré ! Lafargue, l’apologue de la Paresse, doit se pisser dessus de bonheur dans sa tombe

 

- C’est une mentalité complète à changer Loulle. Nous sommes influencés par cette culture où le religieux  ( "Tu te nourriras à la sueur de ton front !") se mêle à l’économique (travailler plus pour gagner plus) et condamne l’oisif à travailler. Sauf s’il est rentier… Après des siècles de christianisme et avec l’esprit du capitalisme, on n’imagine pas passer sa vie dans l’inactivité ou l’activité choisie et gratuite, à moins de passer pour un marginal ou un illuminé. Et malheur à vous si vous avez la malchance d’être au chômage ou si vous avez choisi de faire passer votre vie personnelle avant le travail. On aura vite fait de vous soupçonner de paresse, fainéantise ou de manque d’ambition. Et vous perdrez votre vie à la gagner.

 

- A la nôtre Victor. Et vive les Suisses !

 

Sources : lien 

 

Quintidi 25 vendémiaire 222

 

Merci à Chimulus