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12/11/2014

Ubu-Sarko et Ubu-Françoa. Mais kikinouzami des guignols pareils ?

Ubu-Roi photo personnages.jpg

 

 

Mais kikakassé le mur de Berlin ?

C’est Ubu-Sarko !

Mais kikamarché sur la Lune ?

C’est Ubu-Françoa !

Mais kikadécouvert la Relativité ?

C’est Ubu-Sarko !

Mais kika-inventé le cassoulet ?

C’est Ubu-Françoa !

Mais kika-inventé l’imprimerie ?

C’est Ubu-Sarko !

Mais kikakassé le vase de Soisson ?

C’est Ubu-Françoa !

Mais kika-écrit La princesse de Clèves ?

C’est Ubu-Sarko !

Mais kika inventé la boussole ?

C’est Ubu-Françoa !

Mais kike, s’il avait inventé la poudre

Elle ne pèterait pas fort ?

C’est Ubu-Sarko !

Et kiki tire des plombs sur la comète ?

C’est Ubu-Françoa !

Et kiki transcende la konnerie ?

C’est Ubu-Françoa et Ubu-Sarko !

Mais kika donné les clefs de la baraque

Á ces deux comiques troupiers ?

C’est nous les cocus-électeurs…

Et kiki ricane dans sa barbe ?

C’est la Bête

Que notre stupidité fait renaître…

 

 Illustration X - Droits réservés

 

30/08/2014

Ouiquinde érotique avec de foutus beaux oiseaux !

chatte tatouée.jpg

 

 

Mysticis umbraculis

 

Elle dormait: son doigt tremblait, sans améthyste

Et nu, sous sa chemise, après un soupir triste

Il s'arrêta, levant au nombril la batiste.

 

Et son ventre sembla de la neige où serait,

Cependant qu'un rayon redore la forêt,

Tombé le nid moussu d'un gai chardonneret.

 

Stéphane Mallarmé

 

* * * * * * *

Sonnet pour une jeune dame


Le Pigeon fout la Colombelle,

Le coq fout la poule souvent,

Et le moyneau, moins continent,

Fout et refout la passerelle.

 

Ceste mignarde Tourterelle

Á foutre a du contentement,

Le cheval saute la Jument,

Le taureau la Génisse appelle.

 

Il n'est animal montagnard,

Tygre, Grifon, ny Leopard,

Lyon, ne Dragon, qui ne foute.

 

Pourquoy avons nous des Couillons,

Sinon pour foutre, compagnons,

Suyvans de nos Pères la route ?

 

Pierre Motin

 

* * * * *

 

Du pucelage

 

Philis, me voyant désolé,

M'avoit promis son pucelage,

Mais l'oiseau s'était envolé,

Je n'ai plus trouvé que la cage.

 

Sans mentir, aimable Isabeau,

Il faut que vostre pucelage,

Soit un fier et farouche oiseau;

L'on n'ose approcher de sa cage.

 

C'est-à-dire, en autre langage,

Aimable et charmante Nanon,

Que si vous n'estiez pas si sage

On pouroit vous prendre le con.

 

Gardez-le bien, ce pucelage,

Puisque c'est un si bel oiseau,

Mais pour le moins, jeune Isabeau,

Laissez-moi toucher à sa cage.

 

Le cas me paraît impossible,

Sans choquer la droite raison,

Ton con sent, belle Louison,

Et pourtant il est insensible.

 

Levons ta jupe, Louison,

- Arestez-vous, estes-vous sage?

Monsieur vous perdez la raison...

- Et roi tu perds ton pucelage.

 

- Á quel jeu, belle Janeton,

As-tu perdu ton pucelage?

- Au doux jeu du vit et du con.

- Mon Dieu! Le plaisant assemblage!

 

 

François de Maucroix

 

 

Tridi 13 fructidor 222

 

Photo X – Droits réservés

 

17/08/2014

Gastronomie estivale : La soupe au pistou

soupe pistou pour blogs.jpg

 

Comment peut-on servir, les soirs de canicule

Une soupe brûlante sans être ridicule?

Et pourtant, en Provence, terre où l'on ose tout,

Il en existe une: c'est la soupe au pistou.

Nous l'avons héritée de nos amis niçois,

Eux-mêmes la tenant de nos cousins génois.

C'est vrai que de chez nous, l'Italie est bien proche,

Le cœur, les chants, le goût, presque tout nous rapproche.

« Pistar », c'est « écraser » en langue provençale.

Et le fameux « pistou » dont chacun se régale

C'est l'ail, le basilic, le fromage mêlés

Dans le mortier de marbre, et simplement pilés.

Le basilic, chez nous, ce n'est pas le « pistou »

Mais c'est « lou balicot ». Voilà. Un point, c'est tout !

-        Oh ! Doucement, Victor ! Tu as les arcanettes ? (1)

Respire, bois un coup et dis-moi ta recette !

- Tu as raison, petit, fais péter le bouchon !

Pour une bonne soupe, il te faut du cochon.

Une couenne, un pied, un petit jambonneau

Que tu vas nettoyer et que tu mets en eau

Froide dans un faitout, puis que tu fais bouillir.

Tu laisses demi-heure et souvent tu écumes.

Pendant que ça cuira, épluches tes légumes:

Des haricots blancs, verts, rouges. Et sans mollir.

Quatre grosses courgettes, quatre belles tomates

Mondées, épépinées, et cinq ou six patates.

Dans ta viande qui bout, mets tes légumes entiers,

Sale et fais cuire une heure. Prépare ton mortier.

Du sel, dix gousses d'ail, deux pieds de basilic,

Qu'avecque ton pilon, cet emblème phallique,

Tu écrases en pommade. En tournant vivement

Verse l'huile d'olive, et ne soit pas feignant.

Rajoute trois tomates pelées, mondées, hachées,

Enfin du parmesan ou de l'édam râpé.

Vérifie si la viande est correctement cuite,

Et rectifie le goût. Écoute bien la suite:

Avec une écumoire, sors patates, courgettes

Que tu vas écraser avec une fourchette.

Elles te serviront de liant pour ta soupe.

Enfin tu mets les pâtes. Pour pas que tu les loupes

Tu les tastes souvent et tu les cuis « al dente ».

Quand c'est prêt, hors du feu, dans l'oulo qui chuinte,

Introduis ton pistou en mélange homogène

Directement à table, comme l'on fait à Gênes.

Respire ce parfum d'ail et de balicot,

Qui transcende cochon, tomates, haricots !

Cette soupe est un plat complet à elle seule,

Qui ravit les gourmets et les plus fines gueules.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la soupe: - 1 couenne, - 1 pied, - 1 jambonneau de cochon, - 150 g de haricots blancs secs, - 100 g de haricots rouge (ces haricots seront mis à tremper une nuit), - 500 g de haricots verts frais, - 4 ou 5 belles courgettes non pelées, - 4 ou 5 tomates (saint-pierre si vous en trouvez), - 5 ou 6 pommes de terre, - 500 g de pâtes genre petits macaronis, - 3 litres d'eau, - 2 cuillerées de gros sel de Camargue.

Pour le "pistou" : - 2 pieds de basilic à grandes feuilles, - 10 gousses d'ail, - 1 cuillère à café de sel fin, - 200 g de parmesan ou d'edam râpé (évitez le gruyère qui fait trop de fils), - 2 décilitres d'huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

La soupe au pistou est un plat très parfumé qui se sert très chaud, en période estivale ! Il faut donc l'accompagner d'un vin frais, léger, gouleyant et, lui aussi, parfumé. Les vins rosés sont parfaits.

En Côtes-du-rhône: rosés de Tavel, de Chusclan, de Travaillan, de Camaret, de Suze-la-Rousse, du Ventoux, du Luberon, des Costières-de-Nîmes, de Saint-Désirât, de Bouchet, de Nyons, de Bollène, de Roaix, de Saint­-Pantaléon-les-Vignes.

En Coteaux du Languedoc: rosés de Cabrières, de Faugères, des Corbiè­res.

En vins de Provence: les rosés de Pierrefeu, Brignoles, La Selle, Ollières, Saint-Zacharie, Tourves, Tavernes.

 

(1) Avoir les arcanettes .. faire preuve d'une certaine irritation.

 

Nonidi 29 thermidor 222

Illustration originale Vincent Barbantan

 

05/08/2014

Eh! C'est l'été, faut bien rigoler!

 

 

siné curés.jpg

Une femme d'une quarantaine d'années, bien jolie, bien roulée et nymphomane se retrouve pour son boulot dans un petit village du sud de l'Italie.

La vie sociale y est quasi inexistante, il n'y a que des vieux, et au bout d'un mois, c'est surexcitée qu'elle va voir le jeune curé de la paroisse.

Elle monte sur l'autel, prend des pauses lascives, se caresse et demande au jeune curé de lui faire l'amour.

Le jeune curé tente de la dissuader mais commence à transpirer abondamment, ému qu'il est devant cette belle femme offerte.

Alors il se tourne vers le crucifix et demande à Jésus :

« Seigneur que dois-je faire ? »

Et Jésus de lui répondre :

« Mais décloue-moi bordel ! »

 
 
 
Septidi 17 Thermidor 222
 
Merci à Siné

03/07/2014

« T’en fais pas mon Chouchou. Je t’apporterai des oranges ! »

sarkozy-garde-a-vue-lasserpe.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Merde, qu’est-ce qu’il m’arrive… ? Moi, mis en examen !

Comme un syndicaliste, un voyou, un pékin…

T’entends ça Carlita. Et pourquoi ? Oui, pourquoi ?

Pour trafic d’influence. Est-ce bien adéquat ?

En plus pour corruption. C’est quoi ça Carlita ?

- Le Robert dit des trucs pas jolis mon béta :

« Avilissement, pourriture, putréfaction,

Vice, pots-de-vin, bakchich, prévarication… »

Où ont-ils trouvé ça tous ces juges bâtards 

Qui veulent me coincer, m’envoyer au mitard ?

- Tu sais bien mon chouchou, c’est avec leurs écoutes

- C’est pas moi, c’est Bismuth ! Pfff ! Tiens, ça me dégoute.

Soupçonner ma campagne d’avoir été payée

Par du fric Kadhafi ? Alors ? C’est l’amitié !

Puis, l’ami Mouammar, c’est pas demain qu’il parle !

Je m’en suis occupé, il fera plus le marle !

Et « trafic d’influence », non mais c’est quoi ce truc ?

Eh ! Mon pote Azibert, ce n’est pas un trou duc.

Tu vas voir Carlita, je vais me les farcir

Ces deux juges gaucho, qui font qu’à me noircir.

- Comment Nico ? Farcir ? Tu coucherais avec ?

Attention là, Chouchou, tu touches à mon bifteck !

- Meu non ! Meu non enfin. C’est façon de parler.

Quand je dis « les farcir », ça veut dire « blackbouler ».

Je suis allé chez Bouygues, et puis chez Lagardère.

Gueuler qu’on me salit pour me foutre parterre,

Me poser en victime, parler d’acharnement,

De complot orchestré par l’Autre garnement,

Leur foutre dans la gueule Jérôme Cahuzac,

Ces pleutres, ces gauchos, tous dans le même sac.

- Attention mon Chouchou, ces deux juges pittbull

Vaut mieux pas leur tomber entre les mandibules !

Attends, tous tes amis vont crier au complot

Pour déconsidérer ces juges virago…

- Les amis politiques, Carlita, j’vais te dire,

Quand tu es dans la merde, ce sont ceux-là les pires !

- T’en fais pas mon chouchou, tu auras des oranges

Si tu vas en prison. Et des slips de rechange.

 

 

Quartidi 14 messidor 222

 

Illustration : merci à Lasserpe

 

 

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Où se trouve la plus petite prison de France ?

 

 - Dans la tête de Sarkozy, Il n'y a qu'une seule cellule.

 

24/05/2014

Ouiquinde érotique en bluettes

 

brigitte bardot sexy 1.JPG

 

Sonnet XXXIII

 

Deux belles s'aiment tendrement,
L'une pour l'autre s’intéresse,
Et du même trait qui les blesse
Elles souffrent également.

Sans se plaindre de leur tourment,
Toutes deux soupirent sans cesse,
Tantôt l'amant est la maîtresse,
Tantôt la maîtresse est l'amant ;

Quoi qu'elles fassent pour se plaire,
Leur cœur ne se peut satisfaire,
Elles perdent leurs plus beaux jours ;

Ces innocentes qui s'abusent
Cherchent en vain dans leurs amours
Les plaisirs qu'elles nous refusent.

 

Denis Sanguin de Saint-Pavin

 

************************

 

femme qui pète.jpg

 

Ô doux soupirs qui partez de mes fesses !
Volez, volez au nez de mon mari ;
Exprimez-lui l'excès de mes tendresses,
Et dites-moi ce qu'il aura senti.

 

Louise Françoise de Bourbon

 

********************

 

Pompeya_erótica5 Priape mosaïque.jpg

 

Epigramme

Certain abbé se manuélisait
Tous les matins, pensant à sa voisine.
son confesseur, l’interrogeant, disait :
Vertu de froc ! c’est donc beauté divine ?
Ah ! dit l'abbé, plus gente chérubine
Ne se vit donc ; c'est miracle d'amour ;
Tétons, dieu sait ! et croupe de chanoine !
Toujours j'y pense, et même encore ici
Je fais le cas*. Pardieu, lui dit le moine,
Je le crois bien, car le fais aussi.

 

*se masturber

 

Alexis Piron

 

Quintidi 5 prairial 222

Illustrations X – Droits réservés

 

13/04/2014

Gastronomie dominicale : la bouillabaisse !

bouillabaisse web.jpg

 

 

 « Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains…

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

À l’époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galégeaient, sentaient l'ail.

Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

 

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes!

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j’ai mes petites !

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiala, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

Quelques grosses pincées de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum !

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ),1 saint-pierre (5 à 700 g), - 1 queue de baudroie (800 g), - 1 kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d’huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

(1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue e tfond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martégua!e : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l’italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais enforme de boudin à hase de farine de pois-chiche cl l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu’on suspend au dessus de la cheminée ou que l’on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

Quartidi 24 germinal 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

29/03/2014

Ouiquinde érotique parfumé àl'aïl

carmen de Pichard.jpg

 

Une fois par semaine, au pays du mistral

On mange l’aïoli, ce repas magistral.

Dans ma prime jeunesse, branloteur émérite,

J’ai vécu, envoûté, un bonheur insolite.

Carmencita Sanchez était la fille aînée

D’une famille ayant franchi les Pyrénées

Pour fuir les catastrophes d’une guerre civile.

Tous travaillaient aux champs du mas de la famille.

Carmencita, ce jour, préparait l’aïoli

Un « foudaoù » sur le ventre, un caraco joli

Laissant à nu sa gorge, ses bras et ses épaules.

Je m’étais proposé, moi, jeune branquignole

Pour l’aider à peler patates et carottes

En matant, de la belle, les chairs blanches et rondes.

Je sors pour emporter les épluches aux cochons

En rêvant à ses yeux, ses fesses et ses nichons.

Je reviens, tête en feu et la gaule en folie

Derrière la Carmen qui monte l’aïoli.

Assise, le mortier coincé entre ses cuisses,

Elle tourne l’aïoli d’un geste ample et lisse.

J’arrive doucement, par derrière la belle

Et glisse prestement mon dard sous son aisselle,

La chair tiède en sueur, les poils, le mouvement

Rythmé, les parfums d’ail font un coquetel dément,

Carmen crie en français, m’insulte en espagnol

Voudrait bien me pousser, me donner des torgnioles

Mais l’aïoli est sacré, s’arrêter, c’est tabou

Car sinon elle cague, le déshonneur au bout !

Ses cris deviennent rauques, feulement de féline

Son bras se fait complice, sa tête dodeline,

Je voudrais tant l’avoir, toute nue, dans un lit !

Puis mon plaisir jaillit, parfumant…l’aïoli !

 

VictorAyoli

 

Nonidi 9 germinal 222

 

Illustration: merci au grand Pichard

 

 
 

22/03/2014

Au cul la vieille ! C’est le printemps !

reiser soleil.jpg

 

Enfin ce coquin de printemps

Nous a ramené le beau temps

L’soleil réchauff’ les libidos

Tout l’monde fait la bête à deux dos

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Au bord du Rhône et dans les zup

Le mistral soulève les jupes

Tous les mecs à l’œil égrillard

Tapent des jetons, ces vieux paillards !

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Dans son bureau j’ai vu le maire

Qui embourbait sa secrétaire

Derrière une pile de dossiers

Il lui travaillait le fessier

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Mêm’ les flics entrent dans la danse

Ils en oublient les contredanses

Et préfèrent se l’astiquer

Devant les belles à croquer

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

A la première communion

Le curé sort son goupillon

Qu’il met dans la main de ma sœur

Pour bénir les enfants de chœur

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Cré nom de dioù, j’laisse ma plume

Mon frère d’en bas prend du volume

Je vais sauter sur ma Lionne

Car pour le cul c’est la championne

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

 

Duodi 2 germinal 222

 

 

Merci au grand Reiser

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

 

Quelle est la différence entre un train électrique et des seins ? 
- Y'en a pas, ils sont tous les deux faits pour les enfants et c'est papa qui joue avec. 

08/03/2014

C’est la journée des femmes, Femmes, FEMMES

portraits81femmes_m.jpg

 

Femme maîtresse

Ouverte, offerte sous les caresses

Femme mère

Créatrice de la vie sur terre

Femme putain

Désir de soie et de satin

Femme dirigeante

Intuitive et compétente

Femme politique

Courageuse et démocratique

Femme enfant

Que l’on protège et l’on défend

Femme salope

Qui fait jouir et rend myope

Femme avide

Calculatrice, sans cœur, cupide

Femme sorcière

Envoûtante, sournoise, incendiaire

Femme lesbienne

Délicate et altière clitoridienne

Femmes battues

Femmes vendues

Victime des stupides couillus

Femmes voilées

Femmes enfermées

Femmes niées

Femmes lapidées

Femmes brûlées

Femmes massacrées

Au nom d’un obscurantisme borné

Femme, femmes FEMMES !

Vous êtes des Humains pour le meilleur et pour le pire

Je vous respecte, je vous adore et je vous aime !

 

VictorAyoli

 

Mais…n’oublions pas :

 

Miss Maggie, du Renaud de sa grande époque…

 

Femme du monde ou bien putain
Qui bien souvent êtes les mêmes
Femme normale, star ou boudin,
Femelles en tout genre je vous aime
Même à la dernière des connes,
Je veux dédier ces quelques vers
Issus de mon dégoût des hommes
Et de leur morale guerrière
Car aucune femme sur la planète
N’ s’ra jamais plus con que son frère
Ni plus fière, ni plus malhonnête
A part peut-être Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Lorsque le sport devient la guerre
Y a pas de gonzesse ou si peu
Dans les hordes de supporters
Ces fanatiques, fous-furieux
Abreuvés de haines et de bières
Déifiant les crétins en bleu,
Insultant les salauds en vert
Y a pas de gonzesse hooligan,
Imbécile et meurtrière
Y’en a pas même en grande Bretagne
A part bien sûr Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Une bagnole entre les pognes
Tu n’ deviens pas aussi con que
Ces pauvres tarés qui se cognent
Pour un phare un peu amoché
Ou pour un doigt tendu bien haut
Y’en a qui vont jusqu’à flinguer
Pour sauver leur autoradio
Le bras d’honneur de ces cons-là
Aucune femme n’est assez vulgaire
Pour l’employer à tour de bras
A part peut être Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Tu vas pas mourir à la guerre
Parc’ que la vue d’une arme à feu
Fait pas frissonner tes ovaires
Parc’ que dans les rangs des chasseurs
Qui dégomment la tourterelle
Et occasionnellement les Beurs,
J’ai jamais vu une femelle
Pas une femme n’est assez minable
Pour astiquer un revolver
Et se sentir invulnérable
A part bien sûr Madame Thatcher

C’est pas d’un cerveau féminin
Qu’est sortie la bombe atomique
Et pas une femme n’a sur les mains
Le sang des indiens d’Amérique
Palestiniens et arméniens
Témoignent du fond de leurs tombeaux
Qu’un génocide c’est masculin
Comme un SS, un torero
Dans cette putain d’humanité
Les assassins sont tous des frères
Pas une femme pour rivaliser
A part peut être Madame Thatcher

Femme je t’aime surtout enfin
Pour ta faiblesse et pour tes yeux
Quand la force de l’homme ne tient
Que dans son flingue ou dans sa queue
Et quand viendra l’heure dernière,
L’enfer s’ra peuplé de crétins
Jouant au foot ou à la guerre,
A celui qui pisse le plus loin
Moi je me changerai en chien

Si je peux rester sur la Terre
Et comme réverbère quotidien
Je m’offrirai Madame Thatcher

 

 

…ni, bien sûr la ci-devant LE PEN Marine

 

Septidi 17 ventôse 222

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

02/03/2014

Ouiquinde gastronomique : Le coq au vin

Coq au vin.jpg

 

« Allez, Zou ! Viens mon beau. On va tuer le coq ! »

C'est ainsi que Ginette, femme du Pays d'Oc

Fit de moi son complice pour saigner "Pyjama"

Et en faire une fête pour tous nos estomacs.

« Il honore mes poules, mais il me les esquinte.

C'est "viol avec violence", si elles portent plainte! »

Je tiens solidement Pyjama par les pattes

Et lui bloque les ailes pour qu'il ne se débatte,

Elle lui tend le cou sur une casserole

Et plante franchement l'Opinel à virole.

Le sang de Pyjama s'écoule volontiers,

Un grand frémissement et il meurt sans crier...

Telle est la dure et saine loi de la nature :

Tout être est prédateur mais aussi nourriture !

En quatre mouvements, Pyjama est plumé,

Vidé et nettoyé, puis flambé et coupé

En solides portions et mis à mariner

Dans un Cairanne rouge où l'on a ajouté

Oignons piqués de clous de girofle et carottes,

Quelques baies de genièvres, sel, poivre et pas de flotte.

On laisse reposer au frais, toute une nuit.

Au matin, on sort les morceaux que l'on essuie.

Au fond d'une sauteuse ou mieux d'une... cocotte,

Faites mousser du beurre dans de l'huile bien chaude,

Et faites-y dorer vos morceaux de volaille

Avec un peu d'oignon et quelques gousses d'ail.

Saupoudrez sur la fin avec de la farine

Toujours en remuant. Faut pas que ça calcine.

Flambez alors le tout avec un Armagnac,

Un marc de Châteauneuf ou bien un bon Cognac.

Puis vous passez dessus le jus de marinade,

Poivre, bouquet garni, sel (pas comme un malade).

Montez alors jusqu'à petite ébullition

Et cuisez doucement. La durée est fonction

De ce qu'est le bestiau. Pour Pyjama trois heures

Mais pour un coq d'hyper entre une et deux heures.

Préparez quelques cèpes, frais ou secs mais trempés,

Vous les sautez dans l'huile, les poivrez, les salez,

Puis vous les rajoutez à la préparation

Demi-heure avant la fin de votre cuisson.

À votre liaison il faut alors penser:

Sortez un verre de sauce, laissez-là reposer,

Puis battez-la avec jaune d'œuf et vinaigre,

De la farine en pluie. Fouettez d'un ton allègre!

Si vous l'avez gardé, vous rajoutez le sang.

Incorporez le tout dans le jus frémissant.

C'est prêt. Sans plus tarder arrêtez le réchaud.

Vous buvez un canon et vous servez très chaud.

Avec des tagliatelles ou des pommes vapeur,

Et un bon Châteauneuf, on atteint le bonheur !

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes

 

Le coq au vin est un plat qui doit mijoter. Il s'accommode donc parfaitement d'une volaille ayant de l'âge. Il faut une viande qui tienne aux os, et des os solides. Il vous faut donc:

Pour la marinade: - 1 coq ancien de deux kilos, - 2 bouteilles de bon vin rouge A.O.C., - 2 oignons pour la marinade, - 1 demi kilo de carottes coupées en rondelles, - 4 clous de girofle, - 1 dizaine de baies de genièvre, - 2 cuillerées de gros sel, - poivre du moulin.

Pour le plat: - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - gros comme un œuf de beurre, - 1 oignon émincé, - 3 gousses d'ail, - un peu de farine, - 1 verre d'Armagnac, Cognac ou Marc de Provence, - 1 bouquet garni, - 1 cuillerée à soupe de sel fin.

Pour la sauce: - 1 jaune d'œuf, - 1 demi-verre de vinaigre de vin, - 2 cuillerées à soupe de farine, - le sang du coq si vous l'avez gardé, - 1 sachet de cèpes secs mis à tremper.

 

Les vins conseillés:

 

Pas de demi-mesure pour le coq au vin: les meilleurs rouges de la vallée du Rhône: Côtes-Rôties, Hermitage, Croze-Hermitage, Saint-Joseph, Châteauneuf-du-Pape, Lirac, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Saint­-Gervais, Séguret, Vinsobres, Visan, Sainte-Cécile-les- Vignes, Cornillon. En Coteaux du Languedoc, les vins chaleureux de Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Corbières, Fitou.

Les Côtes du Roussillon "Villages" de Belesta, Estagel, Maury, les Col­lioure.

Les vins de Provence Coteaux des Baux, Palette, Bandol évidemment, Les Arcs, les grands rouges de Bellet.

 

 

Duodi 12 ventôse 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

01/03/2014

Ouiquinde érotique amoureusement callypige

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Sonnet sur le cul d'une demoiselle.

Beau cul de marbre vif, dont l'amour fait sa gloire,
Cul dont les doux regards sont d'attraits embellis,
Cul qui par sur tout autre oblige mes écrits,
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire;

Cul qui sur tous les culs remportes la victoire,
Cul qui passes en blancheur et la Rose et les Lis,
Cul de qui le mérite obliges mes écrits
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire,

Beau cul, bien que tant de bonheur se marque assez en vous,
Ce n'est pas le sujet qui fait qu'aux yeux de tous,
J'étale en ces écrits vos beautés que j'admire,

Mais surtout, je vous aime ô beau cul tout divin
Pour être le plus proche et l'unique voisin
De ce doux Paradis où l'Amour se retire!

Robert Angot de l'Éperonnière (1640)

 

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***********************

 

Et puis, le grand TONTON GEORGES !

 

 

Primidi 11 ventôse 222

 

Photos X - Droits réservés

 

 

23/02/2014

Ouiquinde gastronomique bouscatier

 
 
couchée dans l'herbe.jpg
 

Zelli

 

Prosper coupe du bois dans les forêts d’Ariège           

Où la jolie Zelli cherche des champignons.

Brusquement le brouillard l’attrape dans son piège

Et la belle apeurée perd le Septentrion.

 

Elle tourne, affolée et quitte le sentier

Elle se heurte aux arbres, s’accroche dans les ronces,

S’étale lourdement, en oublie son panier,

Ses appels au secours demeurent sans réponse.

 

Soudain elle se sent accroché par le bras,

Paralysée d’effroi, bien près de défaillir,

Elle voit, tout contre elle, Prosper, l’homme des bois.

 

Éclatant en sanglot elle va se blottir

Sur le poitrail velu de son rude sauveur

Puis, très reconnaissante, lui offre ses faveurs…

 

 
 
 
 

- Pour ton coupeur de bois embaumant la résine

Zelli eût plus d’attraits que la fée Mélusine !

Pour le remercier de sa protection

Elle lui a donné bien des satisfactions !

Mais pour Zelli aussi, perdue et paniquée

La force rassurante d’un homme baraqué

Était un beau cadeau, un don de la nature

Au parfum de sous bois et au goût d’aventure.

La belle a découvert au fond de la forêt

Que le brouillard sournois a parfois des attraits.

- Plus tard, dans la cabane de rondins équarris

Prosper et sa Zelli se sont aimés, ont ri,

Puis ils ont eu besoin de quelques nourritures,

Alors le bûcheron prépara la Garbure.

Ce plat emblématique des rudes Pyrénées,

Des rochers ariégeois aux terroirs béarnais,

Fabrique des géants, bouscatiers, rugbymans,

Joyeux et forts en gueules, tous solides amants.

Pour faire la garbure, petit, d’abord tu dois

Avoir du vrai confit de canard ou bien d’oie.

Retires-en la graisse ou tu feras blondir

Deux oignons émincés sans les faire roussir.

Au fond d’une cassole met confit et oignons,

Puis deux litres d’eau froide, monte à ébulition,

Quand ça bout tu rajoutes un choux coupé en quatre

Dont tu retires les feuilles dures, jaunâtres.

Tu couvres et fais cuire pour une heure et demi.

Pendant ce temps tu coupes du pain complet rassis,

Tu râpes deux hectos de tome de Bethmale,

Sec, ancien, parfumé, aux saveurs animales.

Dans un tian à hauts bords, tu disposes le pain,

Puis les feuilles de choux hachées pas trop rupin,

Le confit désossé coupé en filets minces,

Le fromage râpé de nos belles provinces,

Et puis tu recommences jusques à demi pot,

Et enfin tu arroses avec le bouillon chaud,

Tu saupoudres au dessus le reste du fromage

Et tu fais gratiner, à four chaud, sans brûlage.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

VictorAyoli


Quintidi 5 ventôse 222

 

 Illustrations X - Droits réservés

 

 

 

16/02/2014

Ouiquinde érotico-gastronomique hellénique

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Perrine

Perrine dansait nue sur la grève luisante,
Pieds légers, ondulante, bras tendus vers Phébus,
Dans les fraîches senteurs de l’aurore naissante,
Elle sacrifiait au culte de Vénus.

Sa taille se ployait jusqu’à frôler l’arène
Puis elle s’élançait pour caresser les cieux,
Ventre offert, seins dressés, plus fière qu’une reine.
Perrine avait vingt ans et tutoyait les dieux.

Un grand faune barbu, velu et chevelu
A la flûte de Pan rythmait la sarabande.
Il dévorait des yeux le corps de son élue

Et savait que bientôt il aurait sa prébende.
Il sauta sur la nymphe, l’entraîna dans la mer
Où il la posséda d’une étreinte primaire.


La salade crétoise

— En ce temps là, petit, la Grèce était à terre,
Écrasée sous le joug de troufions sanguinaires :
Des colonels bornés alliés à des popes
Martyrisaient sans fin le berceau de l’Europe.
Pourtant à Matala, au fin fond de la Crête
Existait une baie retirée et discrète
Où quelques chevelus à la barbe fleurie
Vivaient en troglodytes dans de curieux abris,
Grottes aménagées dans le roc des falaises
Qui regardent la mer jusqu’au Dodécanèse.
Ils vivaient là heureux, simplement différents,
Tolérés des Crétois, oubliés des tyrans.
Sur la plage, la nuit, au son des bouzoukis
Ils dansaient jusqu’aux transes d’aériens sirtakis
Buvant force hanaps de vin à la résine
Tout en mangeant tomates, oignons et aubergines.
— Alors dis-moi, Victor, ce régime crétois
Dont on nous parle tant. Qu’est-ce que c’est d’après toi ?
— Avant tout des légumes de façon exhaustive,
Du poisson, du fromage et de l’huile d’olive.
Le plat de tous les jours : la salade crétoise
Qui rappelle parfois la salade niçoise.
Tu coupes des tomates assez mures en tranches,
Des morceaux de fêta, fromage à pâte blanche,
Tu épluches un concombre et le coupes en rondelles,
Un poivron vert coupé, sans pépins ni carpelles,
Tu éminces un oignon, cisèle des pourpiers
Et tu ranges le tout dans un grand saladier.
Ajoute une poignée de belles olives noires,
Ça apporte du goût et en plus, ça fait boire.
Tu assaisonnes avec beaucoup d’huile d’olive,
Poivre, jus de citron, fleur de sel, quelques cives.
C’est un plat délicieux, remontant, simple à faire
Et qui — c’est reconnu — fait de verts centenaires !
Voilà ce que mangeait le faune de Perrine
Avant de l’entraîner dans des amours marines.
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !



botticelli venus.jpg

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :
- 12 tomates, - 3 concombres, - 3 poivrons verts, - 3 oignons doux, - la valeur de 3 bols de pourpiers (c'est une plante très commune, avec de petites feuilles épaisses et arrondies, presque grasses, sur des tiges un peu rosées. Les jardiniers les arrachent comme des mauvaises herbes et c'est pourtant l'une des bases du fameux régime crétois! Ne garder que les feuilles, pas les tiges.) - quelques cives si vous en avez, - 3 hectos de feta coupée en petits dés, - 3 poignées d'olives noires dénoyautées, - 1 quart de litre d'huile d'olive, - sel, - poivre, - le jus de deux citrons.

Les vins conseillés:
Les crétois boivent beaucoup de vin blanc à la résine, mais à défaut, essayez avec des vins blancs secs des Côtes-du-Rhône, Coteaux-du-Tricastin, Coteaux-du-Diois, Coteaux-du-Luberon, Côtes-du-Ventoux, Costières-de-Nîmes.
En vins du Languedoc: Picpoul-de-Pinet, blancs de La Clape.
En vins de Provence: Cassis, Palette, Coteaux-d'Aix.

 

Septidi 27 pluviôse 222

 

Illustrations X - Droits réservés

 

16/01/2014

Ah ! Une journée qui commence au poil !

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Courbet - La création du monde - Musée d'Orsay

 

 

Ce matin, j’ai entendu une nouvelle qui m’a fait frémir les moustaches de bonheur : le retour du poil ! Enfin ! Des vedettes mondiales s’élèvent contre la dictature de la chatte rasée: Julia Roberts, Britney Spears, Drew Barrymore, Laetitia Casta, Kate Winslet reviennent, parait-il, à la Nature ! Olé ! La victoire est en marche.

 

 

Foin de cette mode aux relents pédophiles qui transforment les femmes en petites filles aux allures d’actrices de films porno, foin de  ce diktat marketing de l’épilation à tous crins pour faire des jeunes des consommateurs moutonniers, foin de ces pseudos arguments d’hygiène imposant une aseptisation contre nature, le poil étant au contraire un rempart contre les invasions extérieures, un régulateur de la sudation, un terrain de sport pour les délicats morpions, un support pour les phéromones et les fragrances les plus intimes !

 

Refusons ce projet de société aseptisée, asexuée, faisant l’apologie des corps glabres, imberbes, lisses et profondément ennuyeux.

 

Refusons d’être pris pour des kons – le poil ça gratte, c’est sale, ça pue – les femmes n’ayant jamais eu de problèmes de cet ordre pendant des millénaires.

 

 

Vive le poil, le Poil, le POIL !  

 

 

 

Femme à poil

 

 

 

Rien n’est plus émouvant,

Rien n’est plus excitant

Rien n’est plus envoûtant

Qu’une bell’ femme à poil

 

 

Sachez mesdemoiselles

Que pour le sensuel

Que pour le sexuel

Il faut avoir du poil !

 

 

Touffe noire

Ciboire

Touffe blonde

Profonde

Touffe rousse

Qui mousse

 

 

Ecrin doux et soyeux

Du temple du désir

Toboggan broussailleux

Vers la grotte à plaisir

Le poil, le poil, le poil, le poiiiil

 

 

 

Septidi 27 frimaire 222

 

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

07/01/2014

EUREKA !

dessin 2014 astérix et Cie.png

 

 

2014… Deux mille quatorze. Puteng, c’est pas un cadeau cette année. Allez faire rimer « quatorze » ! Où alors il faut tricher et on trouve cirrhose, arthrose, fez-noz, morose, sinistrose, bref pas grand-chose. Et pas digne d’un rimailleur qui se respecte. Quatorze est une rime orpheline.

 

Alors comme on fait Victor ?

 

Attends. En verlan on dit comment ? « Torzeuka » ! En voilà un mot qu’il est beau. Et une rime qu’elle ouvre des perspectives !

 

En la prenant à l’envers cette année, c’est la baraka !

Tiens voilà Dieunédo qui devient délicat.

Tandis que la Neutimar s’empale sur un svastika

Le ministre Yonpé a eu son certificat.

Merkel se gave de moussaka

Notre François à grands fracas

Découvre la pérestroïka

En poussant son yaka

Devant les syndicats,

Tandis que l’autre poursuit son pontificat

En préparant son canonicat.

En torzeuka,

Pour oublier nos tracas,

Au son de l’harmonica

Et de la darbouka

On va danser la polka

Ou la mazurka

En picolant de la vodka

(Jamais du coca !)

Vétu d’une parka

Et coiffé d’une chapka.

Moi je préfère le muscat

Relevé de paprika

Et d’un reliquat

De moka

Et d’arabica.

Alors, en torzeuka

Sortira-t-on du caca ?

 

 

Octidi 18 frimaire 222

 

Merci à Uderzo et Goscini

07/12/2013

Ouiquinde érotique avec Alphonse Allais

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Complainte amoureuse


Oui, dès l'instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l'amour qu'en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
En vain je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que j'y mis.
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Qu'avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu'en vain je m'opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez !

 

Alphonse Allais

 

Septidi 17 frimaire 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

03/11/2013

Ouiquinde gastronomique: La truffade de morue

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Avoir du poisson frais, aujourd'hui est banal

Même si l'on habite loin du littoral.

Cependant bien souvent, dans les grandes surfaces,

Le frais est remplacé par le froid de la glace,

Si bien que pour le nez, l'étal du poissonnier

Fait penser que le "pei" (1) a dû venir à pieds!

Avant l'avènement du sous-vide attrayant,

Du surgelé vainqueur, du frigo triomphant,

Le seul poisson des provençaux de l'intérieur

N'était pas le plus cher, n'était pas le meilleur,

C'était la "merlusso" (2), c'était la morue sèche

Que les rudes bretons faisant la Grande Pêche

Venaient, par tombereaux, troquer contre le sel

À Salin-de-Giraud, Aigues-Mortes ou Lunel.

Ah ! il fallait les voir tous ces rugueux rouliers

Descendant en convois par chemins et halliers,

Poussant à coups de gueule, coups de fouets, coups de pieds,

Leurs grands chevaux fumants tractant leurs lourds fardiers.

Quand les jours étaient longs et qu'ils étaient pressés,

Ils dormaient à la dure, dehors, dans les fossés,

Et lorsqu'ils emplissaient les auberges routières

Pour boire et pour bâfrer, pour rire sans manière,

Ces hommes au sang chaud et à la poigne leste

Jouaient du poing, du fouet pour la moindre conteste.

Les convois descendant amenaient la morue

Fournie par la Bretagne et ses marins bourrus.

Les convois remontant en un grand carrousel

Vers les ports océans étaient chargés de sel.

De ce commerce ancien sont nées des accointances

Entre gens de Bretagne et gens de la Provence.

C'est ainsi que naquit la morue en truffade

La "merlusso'n raïto » " (3) ainsi que la brandade.

 

Fais dessaler, petit, une morue épaisse

Vingt-quatre heures au moins en changeant l'eau trois fois,

Ôte peau, cartilage avec délicatesse,

Puis tu coupes, en portions, mais en faisant bon poids.

Dans de l'huile d'olive tu feras revenir

Deux oignons émincés sans les faire roussir,

Ajoute trois tomates pelées, mondées, hachées

Trois belles gousses d'ail, du thym et du laurier

Du poivre du moulin, safran, zeste d'orange,

Mais surtout pas de sel. Tourne bien ce mélange

Qu'après tu vas mouiller avec deux litres d'eau.

Ajoute douze "truffo" (4) coupées grosso-modo.

Les "truffo" par chez nous sont les pommes-de-terre,

Les véritables truffes, elles, sont les "rabasso" (5),

Joie des meilleurs gourmets ainsi que des pourceaux,

Et des chiens "rabassié" (6) qui les sentent sous terre.

Tu fais cuire à feu vif, surveille la cuisson

De tes pommes-de-terre. Goûte. Lorsqu'elles sont

Cuites à mi-parcours, avec une écumoire

Tu déposes dessus tes morceaux de morue.

Complète la cuisson à feu vif maintenu

Tu rectifies en goût, un canon tu vas boire.

Tu sers dans chaque assiette la morue, les patates,

Tu purges le bouillon de tous ses aromates

Et tu le sers à part, en soupière fumante.

Enjolive ton plat de façon élégante

En piquant ça et là quelques brins de persil.

Qui l'agrémenteront de leur parfum subtil.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

(1) Pei".. poisson. (2) Merlusso .. morue. (3) Merlusso'n raito" .. morue aux pommes-de-terre. (4) Truffo.. pommes-de-terre (on dit aussi "tartifles "). (5) Rabasso .. truffes véritables (melanosporum).

(6) Chiens rabassié .. chiens truffiers.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 1 morue sèche de 600 g environ, - 3 cuillerées d'huile d'olive, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 3 ou 4 gousses d'ail triées, - thym, - laurier, ­safran, - poivre, - zeste d'orange, - 12 pommes de terres, - 3 branches de persil plat.

 

Les vins conseillés:

Tous les vins rosés. En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquières-St­Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St- Victor-Ia-Coste, Remoulins.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint-ChristoL

En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux varois.

 


Tridi 13 brumaire 222


Illustration originale Vincent Barbantan

 

02/11/2013

Si je meurs, je veux qu'on me distille !

Buveurs copie.jpg

 

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

 Menez ma viande sur le plateau de Sault

 Dans la lavande faites tremper mes os

 Macérez bien ma queue et mes neurones

 Dans un bon vin de la Côte du Rhône.

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

Vous tirerez un demi-muy de gnole

 Du jus de vie, d'humour, de gaudriole

 Puis faites-y macérez mes couillons

 Ça donn' un goût qui plait aux vignerons.

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

Vous me ferez reposer à la cave

 Entre un Bonneau et un blanc de chez Chave

 Comme voisin mettez-moi du Lirac

 Du Châteauneuf ou même un bon Paulhac

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

 Vous me boirez, ça ne fait aucun doute

 Et m'aimerez jusqu’à l'ultime goutte

 Quand vous trouss'rez les bell's de votre temps

 C'est un peu moi qui prendrais du bon temps !

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !



Duodi 12 brumaire 222


Illustration originale

 

 Et puis écoutez donc Tonton Georges !


13/10/2013

Ouiquinde érotico-gastronomique bicolore

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Elle venait de Caen, moi j’arrivais de Cannes,

Ses yeux étaient d’azur, son nom était Josiane.

Au prétexte d’un cours qu’elle avait dû manquer

Je suis monté chez elle, près du quai Malaquais.

 

Pour gravir sept étages, aux pieds j’avais des ailes,

Josiane m’attendait, une Noire avec elle.

J’ai saisi dans quel piège je m’étais fourvoyé

Quand les deux nymphomanes se sont déshabillées.

 

Prestement, goulûment, ces houris me dénudent

Elles m’offrent leur bouche en guise de prélude,

Une Noire, une Blanche sur mon corps excité,

 

Jouent une toccata d’amour et de gaieté.

Caressé, embrassé et violé sans ambages,

J’ai subi, sous leur joug, le plus doux des outrages !

 

 

siesteuse sexy.jpg

 


 La langue d'agneau aux figues

 

- Ben mon cochon, Victor, faut avoir la santé

Pour un combat d’amour avec ces excitées !

Violé par deux souris… Tu réalises en somme

Le fantasme érotique que préfèrent les hommes !

Tous rêvent de subir les assauts sensuels,

Tous rêvent d’être un jour simple objet sexuel,

Pour deux filles en feu s’accordant sur leur corps,

De mourir de plaisir et de crier “ Encor ! ”

Une Noire, une Blanche jouant de ton archet,

Ta substance d’amour dût vite s’assécher…

Avaient-elles prévu, tes charmantes compagnes

Un repas remontant ou au moins du champagne ?

- Tout juste ! Elles avaient, pour vaincre la fatigue

Mitonné de la langue d’agneau avec des figues.

C’est un plat délicat, venu du Sénégal

Et qui fait de tout homme un amant sans égal.

Tu prends deux langues par convive,

Tu les laves bien à l’eau vive,

Tu les mets dans de l’eau salée,

Avec poivre en grains et laurier,

Clous de girofle et céleri,

Une cuillerée de curry.

Pendant que ça mijote, une heure,

Tu fais revenir dans du beurre

Quelques figues bien mures coupées

Avec du gingembre râpé.

Cinq, six minutes, c’est assez,

Après quoi, tu vas déglacer

Au lait de coco : un verre

Plus le jus de deux citrons verts,

Deux cuillers du jus de cuisson

Des langues auquel, sans façon

Tu rajoutes un verre de rhum

Qui va sublimer les arômes.

Tu sors tes langues et tu les pèles,

Tu les tranches en fines lamelles

Oblongues comme des pétales.

Dans ta sauce tu les étales,

Tu couvres et fait cuire à feu doux

Car ton appareil doit réduire

Sans que ça attache surtout,

Quinze minutes vont suffire.

Rectifie le goût avec soin,

Rajoute du sel au besoin.

Dresse sur ton plat de service

En alternant figues et langue.

Ajoute quelques grains d’anis

Et de fines tranches de mangue.

Range le tout comme une fleur :

Pétales autour et sauce au cœur.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 6 langues d'agneau, - 3 douzaines de figues, - 1 rhizome de gingembre frais, - 1 mangue, - 1 côte de céleri, - 3 cuillerées à soupe de carry, - lait de coco, - 6 citrons (verts si pos­sible), - 1 verre de rhum agricole, - sel, - poivre en grains, - laurier, - graines d'anis.

 

Les vins conseillés:

Le choix en symbiose privilégie des vins rouges très aromatiques, avec des notes épicées et du corps, ce qui est le cas de la plupart des Côtes-du-rhône Villages: Saint-Gervais, Laudun, Rousset-les-Vignes, Vinsobres, Beaumes-de-Venise, Roaix, Séguret.

En vins du Languedoc, les Saint-Chinian, Fitou, Faugères, Corbières.

En vins de Provence, les Bandol, Cogolin, Puyloubier, Pierrefeu.

Le choix en opposition vous dirige vers des rosés ronds et chauds: Tavel, Lirac, Saint-Maurice, Saint-Pantaléon, Caromb ou Bédoin dans les Ventoux.

En Languedoc, Saint-Saturnin, Costières-de-Nîmes.

En vins de Provence, les Coteaux-va­rois.

 

 

VictorAyoli ©

 

Duodi 22 vendémiaire 222

 

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