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10/03/2013

Ouiquinde gastronomique : coq au vin

Coq au vin.jpg

 

 

Un coq égale un trèfle. Ben, faut s’en contenter : ça porte bonheur ! Nos coqs, s’ils n’ont pas  chanter très fort, se sortent du bourbier irlandais avec les honneurs. Et une seconde mi-temps rassurante. Et il n’eut pas été injuste qu'ils gagnassent ! Puisqu’ils n’ont pas été cuisinés à la Guinness, fêtons-les donc dignement avec :

 

 

Le coq au vin de Ginette et Nicole

 

« Allez, Zou ! Viens mon beau. On va tuer le coq! »

C'est ainsi que Ginette, femme du Pays d'Oc

Fit de moi son complice pour saigner "Pyjama"

Et en faire une fête pour tous nos estomacs.

« Il honore mes poules, mais il me les esquinte.

C'est "viol avec violence", si elles portent plainte! »

Je tiens solidement Pyjama par les pattes

Et lui bloque les ailes pour qu'il ne se débatte,

Elle lui tend le cou sur une casserole

Et plante franchement l'Opinel à virole.

Le sang de Pyjama s'écoule volontiers,

Un grand frémissement et il meurt sans crier...

Telle est la dure et saine loi de la nature :

Tout être est prédateur mais aussi nourriture !

En quatre mouvements, Pyjama est plumé,

Vidé et nettoyé, puis flambé et coupé

En solides portions et mis à mariner

Dans un Cairanne rouge où l'on a ajouté

Oignons piqués de clous de girofle et carottes,

Quelques baies de genièvres, sel, poivre et pas de flotte.

On laisse reposer au frais, toute une nuit.

Au matin on sort les morceaux que l'on essuie.

Au fond d'une sauteuse ou mieux d'une... cocotte,

Faites mousser du beurre dans de l'huile bien chaude,

Et faites-y dorer vos morceaux de volaille

Avec un peu d'oignon et quelques gousses d'ail.

Saupoudrez sur la fin avec de la farine

Toujours en remuant. Faut pas que ça calcine.

Flambez alors le tout avec un Armagnac,

Un marc de Châteauneuf ou bien un bon Cognac.

Puis vous passez dessus le jus de marinade,

Poivre, bouquet garni, sel (pas comme un malade).

Montez alors jusqu'à petite ébullition

Et cuisez doucement. La durée est fonction

De ce qu'est le bestiau. Pour Pyjama trois heures

Mais pour un coq d'hyper entre une et deux heures.

Préparez quelques cèpes, frais ou secs mais trempés,

Vous les sautez dans l'huile, les poivrez, les salez,

Puis vous les rajoutez à la préparation

Demi-heure avant la fin de votre cuisson.

À votre liaison il faut alors penser:

Sortez un verre de sauce, laissez-là reposer,

Puis battez-la avec jaune d'œuf et vinaigre,

De la farine en pluie. Fouettez d'un ton allègre!

Si vous l'avez gardé, vous rajoutez le sang.

Incorporez le tout dans le jus frémissant.

C'est prêt. Sans plus tarder arrêter le réchaud.

Vous buvez un canon et vous servez très chaud.

Avec des tagliatelles ou des pommes vapeur,

Et un bon Châteauneuf, on atteint le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes

 

Le coq au vin est un plat qui doit mijoter. Il s'accommode donc parfaite­ment d'une volaille ayant de l'âge. Il faut une viande qui tienne aux os, et des os solides. Il vous faut donc:

Pour la marinade: - l coq ancien de deux kilos, - 2 bouteilles de bon vin rouge A.a.C., - 2 oignons pour la marinade, - 1 demi kilo de carottes coupées en rondelles, - 4 clous de girofle, - l dizaine de baies de genièvre, - 2 cuillerées de gros sel, - poivre du moulin.

Pour le plat: - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - gros comme un œuf de beurre, - l oignon émincé, - 3 gousses d'ail, - un peu de farine, - l verre d'Armagnac, Cognac ou Marc de Provence, - l bouquet garni, - l cuillerée à soupe de sel fin.

Pour la sauce: - 1 jaune d' œuf, - l demi-verre de vinaigre de vin, - 2 cuillerées à soupe de farine, - le sang du coq si vous l'avez gardé, - 1 sachet de cèpes secs mis à tremper.

 

Les vins conseillés:

 

Pas de demi-mesure pour le coq au vin: les meilleurs rouges de la vallée du Rhône: Côtes-Rôties, Hermitage, Croze-Hermitage, Saint-Joseph, Châteauneuf-du-Pape, Lirac, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Saint­Gervais, Séguret, Vinsobres, Visan, Sainte-Cécile-Ies- Vignes, Cornillon. En Coteaux du Languedoc, les vins chaleureux de Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Corbières, Fitou.

Les Côtes du Roussillon "Villages" de Belesta, Estagel, Maury, les Col­lioure.

Les vins de Provence Coteaux des Baux, Palette, Bandol évidemment, Les Arcs, les grands rouges de Bellet.

 

VictorAyoli 


Illustration originale Vincent Barbantan


Nonidi 19 Ventôse 221


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Ecoute ! Ecoute !


Un bon gros paysan a acheté un tout nouveau coq, trouvant le sien trop vieux pour "satisfaire" toutes ses poules. Alors quand le jeune coq arrive dans la basse-cour, le vieux coq vient le trouver et lui dit : 
- Salut jeunot, voilà tu sais que j'approche de la fin, alors si tu veux, tu pourrais me laisser quelques poules... 
Le jeune coq stupéfié, lui répond : 
- Ah non ! Tu as fait ton temps pépé, maintenant c'est mon tour, je prends toutes les poules. 
Mais le vieux coq, malin, lui demande : 
- Alors je te propose une course : le premier arrivé à la clôture, là-bas aura toutes les poules mais tu me laisses quand même 1 mètre d'avance, d’accord ? 
Le jeune coq, costaud, en pleine forme, comparé au vieux coq, qui a du mal à se tenir sur ses pattes, répond : 
- OK, papy, pas de problème, eh ! eh ! eh ! Le jeune coq est persuadé de ne faire qu'une bouchée du vieux ! 
La course commence. Le paysan voit son jeune coq courir après le vieux coq, s'empresse de saisir son fusil, et mitraille le jeune coq en gueulant : « Putain, ça fait le cinquième coq que j'achète, c'est le cinquième coq pédé ! »

 

07/03/2013

L'homme du recours de Colombin-les-deux-latrines

sarko caillera.jpg

 

 

Non mais écoutez-les, les Buisson, les Dassier

Machiavels de latrines du comique troupier

Qui, pendant cinq années, a saccagé la France !

Écoutez-les baver dans leur fosse d'aisance,

Sombres pourceau stupides, ô cupides menteurs

Prétendant transformer le bourreau en sauveur.

Ils vaudraient présenter comme recours ultime

Ce charlot qui a fait, hélas, tant de victimes

Dans la France d'en bas, au profit des voleurs.

Retourne dans ta bauge, gluant usurpateur

Qui prétend, du Grand Charles, détenir l’héritage

Lorsque tu n’as ni foi, ni honneur, ni courage.

Oser se comparer à Charles, ce Géant

Alors que tu n’es qu’un triste nain du néant,

Regagne donc ta place, celle de la vermine

Qui sur un membre mort, comme toi s’agglutine.

Charles le Grand connut la fureur des batailles,

La terreur et la mort, et les chairs que l’on taille.

Sa valeur était d’or, son glaive était d’airain,

Sa gouvernance était celle d’un souverain.

Ses généraux étaient des Chaban, des Malraux,

Toi, tu choisis les tiens parmi les maquereaux.

Ses victoires sont Sécurité Sociale,

Vote aux femmes, indépendance nationale,

Réconciliation avec les Allemands

Paix avec l’Algérie et développement.

Les tiennes ? Régression jusques à l’esclavage,

Faim et précarité, répression et chômage.

Tu as rempli les poches de tes amis patrons

Par la France d’en bas pressée comme un citron.

Reste dans ton terrier et fait tes conférences

Pour ramasser des thunes, MAIS LACHE DONC LA FRANCE.

 

 

sarko

 

Merci à Chimulus


Septidi 17 Ventôse 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

En vu d’un éventuel retour de Sarko, l’Uhèmepets va, parait-il, prendre comme emblème le préservatif. En effet, la capote tolère l’inflation, vide les bourses, ralentit la production, détruit la prochaine génération et protège les glands. Enfin, il donne un sentiment de sécurité alors que vous vous faites baiser !

 

03/03/2013

Gastronomie dominicale cochonne

tian de haricot web.jpg

 

Le tian de haricots au cochon

 

En Provence, petit, ce qu'on appelle un "tian"

C'est un grand plat en terre, vernissé et brillant,

Ovale très souvent, ou tout simplement rond,

De largeur variable, mais jamais très profond.

Les potiers de village, au temps de nos grand-mères

Fabriquaient et cuisaient ces grands plats à tout faire.

Car on y faisait tout, dans ces récipients

Rustiques, allant au feu, solides, pas fainéants:

La barbe, la vaisselle, la toilette des gosses,

Les légumes à tremper, les fayots qu'on écosse.

Après quoi, bien rincés, sans prévention mesquine,

On s'en servait surtout pour faire la cuisine!

Ce grand plat à gratin, simple et astucieux

Est aussi synonyme de repas copieux,

De nourriture simple en grande quantité,

Qu'en bonne compagnie on aime ingurgiter.

Notre tian de cochon et de haricots frais

Est bien dans la lignée des nourritures vraies.

C'est un plat que l'on fait lorsqu'on a récolté

Les tarbais, les pamiers ou les cavaillonnais,

Ces haricots fameux, moelleux, souples en bouche,

Aux accents musicaux, rocailleux et farouches.

A défaut prenez donc des cocos de Paimpol.

Par chaque commensal, écossez-en un bol.

Inutile, bien sûr, de les faire tremper,

Lavez-les à grande eau et puis égouttez-les,

Cuisez-les à moitié, demi-heure environ

Dans beaucoup d'eau salée chantant à gros bouillons.

Tout ça m'a donné soif, petit, remplis mon verre

D'un bon blanc de Laudun, un vin vif et sincère,

Un vin qui donne soif, le vin que je préfère

Pour préparer au mieux la cuisine porchère.

Ton boucher t'a coupé une large rouelle

De jambon de cochon. Elle est épaisse et belle.

Tu vas la piquer d'ail et la frotter de sauge

Puis la mettre à four chaud un demi-tour d'horloge

Dans ton tian frotté d'ail et graissé au saindoux.

Quand ta viande est dorée, sale et poivre le tout,

Rajoute deux oignons émincés, trois tomates

Pelées, épépinées, thym, laurier, aromates.

Laisse fondre un moment puis déglace au vin blanc.

Égoutte maintenant tes haricots brûlants

Et mets-les dans le tian, au-dessus de ta viande

Vérifie les saveurs et poivre à la demande.

Tu mouilles, à niveau, par ton eau de cuisson

Et tu remets au four, chaud mais sans déraison,

Une heure ou même plus. Il faut que tes fayots

Gonflent sans éclater, en buvant toute l'eau.

Lorsque ton plat est cuit, juste avant de servir

Passe-le sous le grill afin de l'enrichir

D'une croûte dorée, odorante et aimable.

Parsème de persil et sers le tian sur table.

Accompagne ce plat d'un blanc vif, effronté,

Ou bien d'un vin primeur gouleyant et fruité.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

1 kilo de haricots frais (pamiers, tarbais, cavaillonnais, cocos de Paim­pol), - 1 kilo de rouelle de cochon, - 1 tête d'ail, - 1 hecto de saindoux, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 10 feuilles de sauge, - thym, laurier, sel, - 2 verres de vin blanc, - 3 litres d'eau (pour la première cuisson des haricots).

Les vins conseillés:

Profitez de ce plat paysan pour apprécier les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Peray, vins tranquilles du Diois, Saint-­Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur­-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ardèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon. En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul de Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons, ­Source-d'Argens, Bruc-Auriac, Châteauvert.

Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins pri­meurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les- Vignes, Sabran, Codolet, Roche­fort, Lirac, Laudun.

 


Tridi 13 Ventôse 221


Illustration originale Vincent Barbantan


 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Ça se passe dans la Jungle. 
Une petite souris tombe dans un trou, elle a beau se débattre dans tous les sens, elle n'arrive pas a sortir du trou. Elle se met à crier du plus fort qu'elle peut... 
Un lion qui passait par là l’entend crier, s'approche, et lui propose de lui venir en aide. Il lui dit : 

"Je vais mettre ma queue dans le trou, tu t'accroches à ma queue, et je vais te tirer". 

Sitôt dit, sitôt fait, la petite souris sort du trou sans problème. Elle remercie le lion, et ils partent chacun de leur coté. Un peu plus tard, le lion tombe dans un trou (plus gros évidemment). Lui aussi ne peut sortir du trou. Il se met à crier, et la petite souris qui passait par là l'entend. Elle lui dit : 

"Je vais faire comme toi, je vais mettre ma queue dans le trou, tu t'accroches, et je vais te tirer". 

Sitôt dit, sitôt fait, mais évidemment, ça ne marche pas. La petite souris dit alors : 

"Pas de problème, je vais prendre mon téléphone portable, je passe un coup de fil à mon copain l’éléphant, et il va te sortir de là". 

Un peu plus tard l’éléphant se pointe, met sa trompe dans le trou, et sort le lion du trou. 

Moralité :

Quand on a une petite queue, il vaut mieux avoir un téléphone portable !


 

28/02/2013

Au revoir et respect, citoyen Stéphane Hessel

hessel.jpg

 

 

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre ! 
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons ! 
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre, 
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte ! 
Nous voulons, tant ce feu qui nous brûle le cerveau, 
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? 
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !



Charles Baudelaire


Les Fleurs du mal 


Décadi 10 ventôse 221


Photo X - Droits réservés





 

 





 

24/02/2013

Gastronomie dominicale : La daube du tueur.

daube tueur pour web.jpg

 

 

J'ai un ami tueur, c'est vrai, je le confesse ...

Un homme plein d’humour, de rugueuse tendresse,

Apte à faire passer de la vie au trépas,

Qui n'officie jamais aux heures des repas.

Honnête travailleur, fier de son savoir-faire,

Il tue au quotidien. Tuer, c'est son affaire.

C'est au couteau qu'il tue les jours de la semaine.

Le dimanche, au fusil, mais sans aucune haine.

Mon ami Angelo, tueur aux abattoirs,

Fin chasseur, est aussi un cuistot de devoir.

Pourvoyeur naturel de produits de mangeaille,

Sa cour est composée de docteurs es-ripaille.

Son cabanon, perché au bord d'une falaise

Domine, au levant, la terre avignonnaise.

De doctes assemblées de gens de haulte graisse

En ont fait un haut-lieu consacré à l'ivresse,

Au pantagruélisme, au culte des bougresses,

Aux goinfreries sacrées, aux ventrées d'allégresse,

Aux gaillardes chansons, aux grands éclats de rire,

Aux joutes oratoires, aux poètes, au bien-dire.

Il faut voir Angelo haranguant ses ouailles.

La panse rebondie, la moustache en bataille,

Etranglant un goulot, le touille-sauce en main.

Annonçant le menu, tel un tribun romain

Gras double, pieds-paquets, civet de marcassin,

Grives, tourdres, bécasses ont hanté ce lieu saint.

Mais la spécialité d'Angelo le tueur

Parangon de parfums, chef d'œuvre de saveurs,

Ce plat de paysans, velours de l'estomac,

Les experts sont d'accord: c'est sa daube au Lirac.

- Qu'a-t-elle donc, Victor, la daube d'Angelo

Pour que tu en parles avec des trémolos !

- Classique si ce n'est la qualité du vin,

Peut-être bien, aussi, un certain tour de main.

Choisis bien tes morceaux: paleron, plat de côtes,

Gallinette, jarret et un bout de culotte.

Coupés grossièrement en tronçons bien épais,

Dans un profond faitout tu les mets à tremper

Au moins toute une nuit dans du vin de Lirac,

Avec sel, poivre, thym, oignons jetés en vrac,

Mets aussi un dégou de cette huile d'olive

Qui sublime les goûts, parfume et enjolive.

Sors et sèche ta viande le lendemain matin,

Passe ta marinade et jette oignons et thym.

Dans du lard de cochon fondu fais revenir

Deux cèbes du Vigan, mais ne fais pas roussir.

Tu rajoutes ta viande et tu la fais suer

Doucement, à feu doux, sans trop la remuer.

Mets un bouquet garni, sarriette et romarin,

Sale légèrement, poivre avec ton moulin,

Pendant ce temps tu chauffes ta marinade à part.

Attention ! Du Lirac, pas du mauvais pinard !

Là, petit, il te faut être un peu dégourdi :

Rajoute louche à louche ton liquide tiédi

Puis fais cuire à feu doux deux heures pour le moins.

Sors du feu et réserve jusques au lendemain.

En se refroidissant, ton bœuf va se confire,

Et pour le réchauffer, deux heures vont suffire,

Mais sur un feu très doux, sous la chaude caresse

De cendres sous lesquelles couve l'ardente braise.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe ct la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

Pour la marinade: - 2 kilos de bœuf (culotte, jarret, gallinette, paleron), - 3 oignons coupés grossièrement, - 1 grosse touffe de thym, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance. – 1 verre d'huile d’olive, - 2 bouteilles de Lirac rouge.

Pour le plat: - 1 hecto de lard de cochon. – 2 cèbcs du Vigan (à défaut de Lézignan ou d'ailleurs, mais douces), - bouquet garni riche (thym, laurier, sarriette, romarin, persil plat), - sel, - poivre, - marinade purgée de ses légumes et tiédie.

 

Les vins conseillés:

Rien en dessous de 14° ! Mais le choix reste large. En vallée du Rhône: Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Châteauneuf-de-Gadagne, Saint-Gervais, Vinsobres, Saint-Maurice-sur-­Aigues, Visan, Rochegude.

En vins du Languedoc et du Roussillon : Saint-Chinian, Fitou, Collioure.

En vins de Provence : Bandol. Pierrefeu, Tourves, Brignolles, Saint-­Zacharie, Les Arcs. Et, bien sûr, tous les bons vins d’ailleurs !

 

Sextidi 6 ventôse 221

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Après 20 années, trois copains se retrouvent.

Le premier dit : 
- Ma femme a une taille de guêpe et tous les soirs, je la pique, je la pique... 
Le deuxième : 
- Moi, ma femme a une taille de sauterelle, et tous les soirs, je la saute, je la saute... 
Le troisième : 
- Moi, ma femme a une taille d'éléphant, et tous les soirs, je la trompe, je la trompe...

 

 

21/02/2013

Que le tron de dieu me cure : j’ai raté l’aïoli !

aioli.jpg

 

 

Humilié, honteux, rongé par la vergogne

J’en ai le rouge au front et l’horreur dans la pogne

Je voudrais disparaitre, me cacher dans la boue

Et même me passer, morbleu, la corde au cou

Putaing ! Hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Pourtant l’œuf, le mortier, comme l’huile d’olive

Ont été sortis tôt, pas de façon hâtive

Mes ingrédients avaient même température

J’étais frais et dispos, même pas de biture,

Pourtant hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Le lourd mortier de marbre avec ses quatre oreilles

Le beau trisson en buis, et même la bouteille,

Les quatre gousses d’ail, la pincée de gros sel,

Mon bras était fringant, du poignet à l’aisselle…

Pourtant hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Les aulx bien écrasés en pommade odorante

J’ai voulu casser l’œuf. Ce souvenir me hante…

Maladresse fatale, le blanc m’a échappé

Au dessus du mortier ! Dès lors c’était râpé…

Putaing ! Hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

J’ai eu beau brandouiller, bourouler l’appareil

Même avec le batteur – horreur ! – c’était pareil.

J’ai vidé le mortier dans un bol, à côté

Un jaune d’œuf, de l’huile, et j’ai recommencé.

Pourrais-je, ô folie

Remonter l’aïoli ?

 

Victoire ! Ça repart, je la remonte à l’huile

Elle à la consistance, elle est ferme et ductile

Et quand j’ai rajouté mon appareil raté

Catastrophe, défaite, l’aïoli a chié…

Putaing ! Quelle chienlit

J’ai raté l’aïoli !

 

 

Tridi 3 ventose 221

 Photo X - Droits réservés

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

C'est un caquou de l’Estaque, balaise comme un mangeur d’aïoli, qui a émigré au Québec. Il frappe à la porte du chef du personnel d'une entreprise de bûcherons, car il cherche du travail
- Vous avez l'air costaud. Vous avez des références ?
- Ouais ! J'ai travaillé au Sahara !
- Vous vous foutez de ma gueule ? Y'a pas d'arbres au Sahara !
- Y'a PLUS d'arbres ! 

16/02/2013

Ouiquinde érotique avec Léo Ferré

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Géométriquement tien

Ton corps est comme un vase clos
J'y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mon squale qui viendra te voir
Du fond de moi si tu l'en pries

Un herbe douce comme un lit
Un lit de taffetas de carne
Une source dans le midi
Quand l'ombre glisse et me décharne
Un sentiment de rémission
Devant ta violette de Parme
Me voilà soumis comme un pion
Sur l'échiquier que ta main charme

Mon organe qui fait ta voix
Mon pardessus sur ta bronchite
Mon alphabet pour que tu croies
Que je suis là quand je te quitte
Ma symphonie dans ton jardin
La mer dans ta rivière close
L'aigre parfum de mon destin
Sur le delta d'où fuit ta rose

L'odeur canaille de ta peau
Tendue comme un arc vers sa cible
Quand pointe de mes oripeaux
Le point de mire inaccessible
Du feu pour le bel incendie
Que j'allumerai à ta forge
Cette nuit puisque tu me dis
Que ça te remonte à la gorge

Et moi qui ne suis pas régent
De tes propriétés câlines
J'irai comme l'apôtre Jean
Dormir un peu sur ta poitrine
J'y verrai des oiseaux de nuit
Et leurs géométriques ailes
Ne pourront dessiner l'ennui
Dont se meurent les parallèles

 

Léo Ferré

 

 

Septidi 27 pluviose 221

 

 

Photo X – Droits réservés

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Un mari dit a sa femme pendant qu’ils sont en train de faire l’amour : 

- « Dis-moi chérie, tu pourrais me le dire quand tu auras un orgasme ? » 
- « Mais chéri, tu ne veux quand même pas que je t’appelle à ton travail ! »

10/02/2013

Ouiquinde gastronomique: L’andouille au Côtes-du-rhône

andouille haricots 2.jpg

 

 

Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le met bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Duodi 22 Pluviose 221

 

Photo X – Droits réservés

 

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Dans ce restaurant quatre étoiles, un client pour le moins furieux appelle le serveur et se met à tempêter:


- « Dégueulasse, votre bœuf bourguignon ! Vous pourrez dire au chef qu'il se le foute au cul ! »


- « Ah ! Monsieur, répond le garçon, très stylé, je crois que ce n'est pas possible pour le moment. À l'endroit que vous dites, il a déjà un coq au vin, une truite aux amandes et une quiche lorraine... »

09/02/2013

Ouiquinde érotique. Tant pis! J'ose Boris Vian.

boris vian 2.jpg

 

 

L’actualité est glauque. François baisse son calbar devant le Rosbif et la Teutonne pour sauvegarder les torrents de subvention dont se gavent les céréaliers français…

Alors changeons-nous les idées. J'ose donc vous proposer une "bluette" du grand Boris ! Et, il écrivait ça il y a plus de cinquante ans, dans une société de culs serrés ! Chapeau l'artiste !


AMIS je veux éjaculer
Tout le vieux foutre accumulé
Dans la boutique de mes couilles
Je sens se roidir mon andouille
Il n'est plus temps de reculer
Mâle, femelle, âne ou citrouille
Ce soir je vais tout enculer

C'EST à l’église que je veux
Sodomiser tous ces morveux
Enfilons nos noires soutanes
Pareils aux boules des platanes
Nos roustons noirs font les nerveux
Nous sommes nus sous nos roupanes
Passe une belle aux longs cheveux

DEGAINONS la trique violette
Qui hennit et rompt sa gourmette
Echappant à nos couturiers
Je lève mon noir tablier
La belle lèche ma quéquette
Attisant le feu meurtrier
D'une langue rose et proprette


VOICI que le corbeau croasse
Voici que mon engin bavasse
Et que déjà brament les chantres
Tantôt je sors et tantôt j'entre
Et je répands l'âcre lavasse
Issue du doigt que j'ai au ventre
Au bénitier de sa conasse

MON sperme a craché sur sa tombe
Et là mon braquemart retombe
Mais la belle sait mille tours
Et me tend son cul de velours
Cul de houri cul de colombe
Qui s'offre rose et sans détours
Et je m'y rue comme une bombe

COMME une flèche dans la cible
Comme un protestant dans la bible
Ma queue palpite de bonheur
Et la belle rit de douleur
Cul d'une courbure indicible
Plus ferme qu'un cul de facteur
De foutre il faut que je te crible

SE dégageant d'un coup de hanches
Elle se retourne et se penche
Sur le bâtonnet rabougri
Et dégoûtée de mistigri
Elle a de grands yeux de pervenche
Et me suçote mon grigri
MIRACLE ! AMIS, C'ETAIT DENTS BLANCHES !

L'APOTHEOSE alors éclate
Un beau cardinal écarlate
Encule les enfants de chœur
Qui chantent faux de tout leur cœur
Se branlant dans une tomate
Le curé décharge - vainqueur...

Un spectacle offert par COLGATE !


Boris Vian – « La messe en Jean Mineur »


 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

 

C'est un mec qui veut faire l'amour avec sa femme, mais 
malheureusement celle-ci a ses règles. Elle lui propose alors un petit 69. 
En pleine occupation érotique, voilà qu’un de ses potes sonne à la porte.... 
Il arrête d'un coup et par en courant lui ouvrir: 
Le pote: - « putain qu'est ce qu’il t'arrive. Tu as la figure en sang ! » 
- « Ouais. En venant t'ouvrir je me suis pris une porte dans la gueule… 
- « Eh ! Ça devais être la porte des chiottes, car t'as de la MERDE sur le NEZ... »

 

Primidi 21 pluviose 221

 

Photo X – Droits réservés

03/02/2013

Ouiquinde gastronomique sous le mistral: La gardiane camarguaise

Gardiane.jpg

 

 

Tout Provençal se doit, au moins une fois l'an,

D'aller se ressourcer, reprendre son élan,

De mettre le vaisseau de sa vie au grand largue

Dans l'eau, le sel, le vent, le soleil de Camargue.

Terres demi-noyées, secouées de mistral

- Jumeau du fleuve-dieu, fleuve d'air magistral - ­

Pétries et façonnées par le Rhône et la mer,

Puis soudain ravagées par le fleuve en colère.

Terres où le soleil fait naître des mirages,

Terre où le sol et l'onde hésitent leur partage,

Terres de solitude, rivages de naufrage,

Qui mesurent les hommes à l'aune du courage.

 Digues, lônes, marais, étangs, sables mouvants,

Boue sèche et craquelée, cristaux étincelants

Du sel sur la sansouire, faisceaux arachnéens

Des tamaris en fleurs d'où s'envolent soudain

Des millions d'oiseaux venus d'ailleurs lointains,

Royaume incontesté des flamands africains.

Terre des chevaux blancs et des taureaux sauvages,

Où Mithra règne en dieu depuis le fond des âges.

Il faut voir la Camargue lorsque 1 'hiver l'étreint

Lorsque le ven terraù sauvage court sans frein,

Lorsque les Camarguais déplacent la manade:

Des milliers taureaux menés en cavalcade.

Conduits par cent gardians, par cent puissants centaures

Défile l'infernal troupeau de minotaures,

Taureaux noirs, chevaux blancs, aux narines fumantes

Remplissent la contrée d'une clameur géante.

Taureaux dont les meilleurs combattront dans l'arène

Face aux hommes, mains nus, que leur fierté entraîne

Entre les noirs poignards. Pour la rouge cocarde

Et les yeux d'une belle, ils défient la Camarde!

Certains de ces taureaux, à l'ardeur légendaire,

Adulées tels des dieux par la gent populaire,

Sont enterrés debout et ont leur mausolée,

Comme le grand Goya (1), l'immense Sanglier (2).

Ceux qui n'ont pas le sang pour les j eux et la gloire

Termineront leur vie dans une rôtissoire,

Car en mangeant Mithra, les Provençaux dévorent,

Avec sa chair, sa force. Et, ce faisant, l’honorent.

Cette hostie des gardians s'appelle "La gardiane".

— Oh ! Victor. Et alors, on les coupe ces couennes?

   Bien sûr, petit, mais je voulais que tu comprennes

Que c'est un plat sacré, et qu'il en vaut la peine.

Fais mariner trois tranches de taureau bien épaisses

Dans le l'huile d'olive. Rajoute avec largesse

Poivre et clous de girofle, ail, oignon, thym, laurier.

Laisse toute la nuit, comme pour du gibier.

Au fond de ta marmite, en fonte uniquement,

Dispose quelques couennes, de porc évidemment,

Sur lesquelles tu places une première tranche.

Couvre avec de l'oignon et de l'ail effilés,

Carottes en rondelles et du persil en branche,

Sel, poivre du moulin, un anchois en filets.

Tu fais ainsi trois couches. Enfin, pour terminer,

Zeste d'orange séché, girofle, laurier, thym,

Puis tu mouilles avec six grands verres de bon vin,

Du Costières de Nîmes, rouge carabiné.

Met ta marmite au four, fermée soigneusement,

Et fais cuire cinq heures, doucement, lentement.

Ce taureau parfumé, tendre, confis, moelleux,

Découvre-le sur table, et accompagne-le

D'une jatte fumante de long riz camarguais.

Dans les verres tu sers un Gallician bien gai.

Mais attention, petit, le riz est un plat riche,

N'en fais pas - c'est courant - de la colle d'affiche.

Pour qu'il ne colle pas, tu dois bien le laver,

C'est donc tout l'amidon qu'il te faut enlever.

Dans une jatte creuse ou un plat similaire,

Tu frottes entre tes mains le riz dans de l'eau claire,

Tu changes et recommences dès que ton eau blanchit,

Après quoi tu égouttes, tu bois et réfléchis:

Il y a plusieurs façons de cuire le riz blanc,

Comme les Espagnols, comme les Catalans,

Comme les Vietnamiens ou comme les Créoles,

Surtout pas comme les Français de métropole!

À Saigon ou Vientiane, à Phnom Pen ou... Paris

C'est deux mesures d'eau par mesure de riz,

Tu couvres quand ça bout et tu réduis la flamme,

Si ça attache au fond, tu n'en fais pas un drame,

Tu ne sales pas l'eau, tu ne remues jamais,

Et tu laisses gonfler en tenant bien fermé.

Mais comme à Fort-de-France ou bien à Pointe-à-Pitre,

Tu fais bouillir ton riz dans de l'eau, plusieurs litres,

Légèrement salée. Quand c'est cuit tu égouttes,

Puis tu réserves au chaud, du beurre tu ajoutes.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- Trois tranches épaisses de taureau à braiser, environ un kilo, - 4 ou cinq couennes de porc, - 1 kilo d'oignons paille émincés, - 2 têtes d'ail éplu­chées et également émincées, - 1 kilo de carottes découpées en rondel­les, - 4 ou 5 branches de persil non frisé, - 3 anchois en filets, - 3 verres d'huile d'olive, - 3 cuillerées à soupe de sel de Camargue, - poivre noir du moulin à la demande, - 6 clous de girofle, - 4 feuilles de laurier, - 3 cuillerées à soupe de sommités sèches de thym ou 3 ou 4 belles bran­ches de thym frais, - 1 zeste d'écorce d'orange séché, - 1 bouteille de bon vin rouge, - 500 grammes de riz long de Camargue.

 

Les vins conseillés:

 

La gardianne est un plat de haut goût qui demande des vins rouges puissants, épicés, tanniques. De grands Costières de Nîmes, comme

les Gallician font parfaitement l'affaire. Mais on l'accompagnera éga­lement avec bonheur d'un Côtes-du-Rhône de Saint-Joseph, d'un Croze­Hermitage, d'un Vacqueyras, d'un Gigondas, d'un Lirac ou d'un des nombreux crus "Villages" des Côtes-du-Rhône.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Mi­nervois, Fitou, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Bellet, Palette, Pierrefeu, Gonfaron.

 

(1)   (2) "Goya ", "Sanglier": noms de taureaux cocardiers célèbres. "Goya" a une statue à Beaucaire, "Sanglier" un mausolée à l'entrée de Le Cailar, en Camargue.

 

In « Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s »

 

****************************

 

Ecoute ! Ecoute !

 

C'est un gars un peu con qui veut faire une petite blague à sa femme.Alors qu'elle est en train de prendre sa douche, il arrive sans bruit derrière elle et lui attrape les seins en disant: 
- « Si ils étaient un peu plus fermes, tu n'aurais pas besoin d'acheter de soutien-gorge. » 

Le lendemain, une fois de plus il lui fait une blague en arrivant derrière elle et en lui mettant les deux mains sur les fesses en disant: 
- « Si elles étaient un peu plus fermes, tu n'aurais pas besoin de mettre une gaine. » 

La femme ne dit rien mais pense alors à sa revanche... 

Le lendemain, comme le mari sort de la douche, sa femme lui attrape la bite et lui dit: 
- « Si elle était un peu plus ferme, je n'aurais pas besoin de coucher avec ton frère ! »

 

 

Quintidi 15 pluviose 221

 

Illustration originale Vincent Barbantan

02/02/2013

Ouiquinde érotique avec Etienne Pasquier et Jean de La Fontaine

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Madrigal

 

Le téton de Babet est plus blanc que l’albâtre ;

Pour être ferme et rond il n’a point de pareil ;

On ne peut sans amour voir son bouton vermeil,

Faut-il donc s’étonner si j’en suis idolâtre !

Quand j’y porte la main de son consentement,

Je suis ravi d’avoir ce charmant privilège,

Mais quand elle s’oppose à mon ardent dessein,

Ô Babet ! Ô friponne, aussitôt, m’écriais-je,

Vous faites bien la fière avec votre beau sein.

Ah ! Vraiment votre sein est un beau sein de neige.

 

Etienne Pasquier


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Sœur Jeanne


Sœur Jeanne ayant fait un poupon

Jeûnait, vivait en sainte fille ;

Etait toujours en oraison ;

Et toujours, ses sœurs à la grille

Un jour donc l’abbesse leur dit :

« Vivez comme sœur Jeanne vit,

Fuyez le monde et sa séquelle. »

Toutes reprirent à l’instant :

« Nous serons aussi sages qu’elle

Quand nous en aurons fait autant. »


La Fontaine

 

In Contes et nouvelles en vers

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

 

Un mari dit à sa femme : « Chérie j'aimerais mettre ma bite dans ton oreille. »

 

Sa femme: « OK mais fait attention que je ne devienne pas sourde. »

 

Le mari lui répond : « Ça fait 40 ans que je te la mets dans la bouche, t'as jamais fermé ta gueule ! Et j’ai beau te la mettre dans le cul, tu fais chier quand même ! »

 

 Quartidi 14 Pluviose 221


Photos X - Droits réservés

27/01/2013

Ouiquinde gastronomique en Alsace-Lorraine

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Le Baeckeoffe d’Alsace et de Lorraine.

 

Il me souvient de grandes fêtes vigneronnes

Entre les vins d’Alsace et les Côtes-du-Rhône

Où, avec ma chorale de vigoureux soiffards,

Nos pifs enluminés jouaient les gyrophares.

Nous avons ripaillé, chanté, mangé, et bu

Avant que de sombrer, fin remplis et fourbus

Dans les bras de Morphée, de Sophie ou Gisèle

Vaincus par la bamboche plus que les demoiselles…

- Tu le sais bien Victor que le vin, s’il enflamme,

En amour est meilleur s’il est bu par les femmes !

Au cours de ces agapes, qu’avez-vous donc mangé ?

- Dans ces contrées de froid si loin de ma Provence

Nous avons dégusté, au cours de ces bombances,

Le célèbre Baeckeoffe, la potée alsacienne

Un plat qui tient au ventre, platée rabelaisienne.

Les femmes le préparaient, enfin, c’est ce qu’on dit,

Le dimanche matin pour le cuire lundi.

 

Tu tailles en gros morceaux de la viande sans os

Ton boucher, s’il est bon, te le fait rapidos,

Une livre de bœuf, gite ou paleron,

Une livre de porc et autant de mouton.

Tu fais tremper tout ça dans une marinade :

Oignons, poireau, carotte, ail, girofle, muscade,

Bouquet garni, sel, poivre et bien sûr vin d’Alsace,

Riesling ou Sylvaner sont les plus efficaces.

Tu laisses mariner, au frais, vingt-quatre heures.

Emince cinq oignons, deux kilos de patates

Comme pour préparer la truffade auvergnate.

Le « Baeckeoffe » est aussi le nom du plat en terre

Large, ovale et profond, solide, utilitaire.

Etale tes patates en couches sur le fond,

Sale, poivre et dispose au dessus les oignons,

Sel, poivre de nouveau puis dispose les viandes

Egouttées, séparées d’avec leur marinade,

Mouille avec celle-ci jusqu’à demi terrine

Complète avec du vin…et remplit ma chopine !

Pour donner du moelleux, met un pied de cochon

Ou bien un pied de veau…et verse ton cruchon !

Ajoute par-dessus ce qui a mariné

Sel, poivre du moulin et…remet ta tournée !

Ferme alors ton couvercle très hermétiquement

Avec farine et eau maniées fermement,

Ça s’appelle « luter » : fermer avec la pâte.

C’est fini, il faut cuire longuement et sans hâte,

Dans un four préchauffé, cent-quatre-vingt degrés,

Quatre heures minimum et plus si ça t’agrée.

Ce plat pourrait sauver bien des anorexiques,

Régale les gourmets, stoppe les boulimiques.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

D’un Gewurztraminer à la saveur friponne

Et  laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients pour six personnes :

½ kilo de gîte, poitrine ou paleron de bœuf sans os – ½ kilo d’épaule ou d’échine de porc sans os – ½ kilo d’épaule de mouton ou d’agneau sans os – 1 queue, 1 pied de porc ou de veau (facultatif) – 1/2 d’oignons – 1 grosse carotte - 2 gousses d’ail – 2 kg de pommes de terre – 2 blancs de poireau – 1 bouteille de Riesling ou de Sylvaner – 1 bouquet garni – girofle – sel et poivre – farine.

 

Vins conseillés :

En rouges, des Alsaces Pinot noir ; en blancs Alsace Pinot gris (Tokay), Riesling, Sylvaner ; en vins d’Allemagne Riesling, Rheingau.


Octidi 8 Pluviose 221

 Illustration X - Droits réservés

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

 

Dans un village de campagne, deux minotss espiègles sont en train de peindre la bited'un âne en blanc. 


Arrive le fermier qui leur dit: «Non mais ça va pas non ! Petits merdeux ! »

 

Les enfantss'enfuient et le fermier se met à frotter la bite pour la nettoyer.

 
Au bout d'un moment l'âne est évidemment excité et développe un instrument avantageux !

Le fermier s'écrie: «Oh 
les cons ils ont peint aussi à l'intérieur. »

 

 

26/01/2013

Ouiquinde érotique avec Frédillo

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Les deux paradis

 

J’aime ce qui, semblable à quelques fleurs mystiques,

S’épanouit ainsi qu’in lotus rose et noir,

Près du val de ton sexe, Ô femme ! Et chaque soir

Je veux en effeuiller un pli problématique.

 

Avec sa porte à deux battants, son promenoir,

J’aime ton con, plus vaste et plus énigmatique,

Calice humide où pleut l’averse spermatique

Et qui sert à mon nœud de cuve et d’entonnoir.

 

Evoluant de l’un à l’autre en mes caresses,

Du dôme de ton ventre aux rondeurs de tes fesses,

J’explore le versant, le gouffre et le sommet

 

Et je crois, énervé de volupté subtile,

Entrevoir dans ton cul le ciel de Mahomet

Et dans ton con le paradis des Evangiles.

 

Frédillo

 

In: Feuilles à l’envers recueillies par un Bourguignon

http://www.erotomane.org/erotomane/title/7667.asp

 

 

Septidi 7 Pluviose 221

 

Photo X – Droits réservés

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Un petit gamin se lève pendant la nuit pour aller aux toilettes. 
En passant devant la chambre de sa grande sœur, il entend du bruit. Il colle son oreille à la porte et entend sa sœur qui dit : 
- Oh ! C'est bon ! C'est Bon...! 

Le lendemain matin, pendant le petit déjeuner avec toute la famille, il demande au copain de sa sœur : 

- Dis Pierre, c'est quoi que tu donnais à manger à Laetitia pendant la nuit, elle disait que c'était bon ? 
- C'était du chocolat 
- Menteur va ! Ce n'est pas vrai, c'était du saucisson ! J'ai retrouvé la peau sous le lit...

 

 

 

19/01/2013

Ouiquinde érotique avec Théophile Gautier

 

 

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Le signe de la croix

 

Adorez la croix de l'amour

Qui se forme de quatre roses,

Deux en bouton, et deux écloses,

Trois fleurs de nuit, une de jour.

 

Voici pour ce Dieu que j'honore

Le symbole qui dit: Je crois!

Quatre baisers donnés en croix

Sur les quatre fleurs qu'il colore :

 

Sur les lèvres, dont le carmin

Fait honte aux roses purpurines,

Où deux beaux rangs de perles fines

Brillent, comme dans un écrin;

 

Puis, en descendant de la bouche

A gauche, à droite tour à tour,

Sur deux seins dont le pur contour

Frémit du baiser qui les touche;

 

Et plus bas, sur celle des fleurs

Qui ne reçoit, tendre et craintive,

L'ardent baiser d'une foi vive

Qu'en y répondant par des pleurs.

 

De ce culte tel est l'emblème,

Quand finit, quand renaît le jour,

Signez-vous de la croix d'amour

Devant la beauté qui vous aime.

 

Théophile Gautier

 

 

Décadi 30 Nivose 221

 

Photo X – Droits réservés

 


Ecoute ! Ecoute ! 

Pourquoi Jésus ne peut pas mettre de suppositoire ? 
Parce que les voies du Seigneur sont impénétrables !

13/01/2013

Gastronomie de la Capitale européenne de la Culture : La bouillabaisse de Juvénal.

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 « Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains…

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

A l’époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galégeaient, sentaient l'ail.

 Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

 

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes!

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j’ai mes petites !

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiela, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

Quelques grosses pincées de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum !

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 VictorAyoli

 in "Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s"

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ),

saint-pierre (5 à 700 g), - l queue de baudroie (800 g), - l kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d’huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

 

(1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue e tfond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martégua!e : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l’italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais enforme de boudin à hase de farine de pois-chiche cl l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu’on suspend au dessus de la cheminée ou que l’on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

 Quartidi 24 Nivose 221


Illustration originale Vincent Barbantan

12/01/2013

Ouiquinde érotique avec Jean Benech De Cantenac

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L'occasion perdue recouverte 


(...)
Par une secrette avenue,
Il fut dans son appartement,
Et la trouva nonchalamment
Dormant sur son lit étendue :
Mais, dieux ! que devint-il alors ?
En approchant de ce beau corps,
Il eut de mouvements étranges,
Lorsqu'une cuisse à découvert
Lui fit voir le bonheur des Anges
Et le ciel de l'Amour ouvert.

Dans cette agréable surprise
Où Cloris n'avait pas songé,
Elle avait assez mal rangé
Et ses jupes et sa chemise ;
Lisandre aussi, trop curieux,
Vit lors les délices des dieux,
La peine et le plaisir des hommes,
Nôtre tombe et nôtre berceau,
Ce qui nous fait ce que nous sommes
Et ce qui nous brûle dans l'eau.

Aimant de la Nature humaine,
Bijou chatouilleux et cuisant,
Précipice affreux et plaisant,
Cruel repos, aimable peine,
Remède et poison de l'amour,
Bûcher ardent, humide four
Où les hommes se doivent cuire,
Jardin d'épines et de fleurs,
Sombre fanal qui fait reluire
Nos fortunes et nos malheurs ;

Nid branlant qui nous sert de mue,
Asile où l'on est en danger,
Raccourci qui fait allonger
La chose la moins étendue,
Fort qui se donne et qui se prend,
Œil couvert qui rit en pleurant,
Bel or, beau corail, belle ivoire,
Doux canal de vie et de mort
Où, pour acquérir de la gloire,
L'on fait naufrage dans le port.

Petit trésor de la Nature, 
Etroite et charmante prison, 
Doux tyran de nôtre raison, 
Vivifiante sépulture, 
Autel que l'on sert à genoux, 
Dont l'offrande est le sang de tous, 
Sangsue avide et libérale, 
Roi de la honte et de l'honneur, 
Permettez que ma plume étale 
Ce que Lisandre eut de bonheur. 

Beau composé, belle partie,
Je sais bien que, lorsqu'il vous vit,
II n'observa dessus ce lit
Ni l'honneur ni la modestie ;
Mu d'amour et de charité
Il couvrit votre nudité,
Pour faire évaporer sa flamme,
Et savoura tous les plaisirs
Que le corps fait sentir à l'âme
Dans le transport de nos désirs

Ce beau dédale qu'il contemple
Avec des yeux étincelants
Fait naître et couler dans ses sens
Une ardeur qui n'a point d'exemple.
Ce feu qui consume son cœur
Porte partout sa vive ardeur,
Eclate enfin sur son visage.
Et ce lâche de l'autre jour (1),
Se raidissant d'un fier courage,
Ecume le feu de l'amour.

Plein d'ardeur, d'audace et de joie 
De remporter un si beau prix, 
Le galant sauta sur Cloris, 
Comme un faucon dessus sa proie, 
Quand cette belle, ouvrant les yeux, 
Vit Lisandre, victorieux, 
Forçant ses défences secrètes, 
Et, la tenant par les deux bras, 
Entrer, tout fier de ses conquêtes. 
En un lieu qu'on ne nomme pas. 
(...)

 

Jean Benech De Cantenac (1630-1714) 

 

In Poésies nouvelles et autres œuvres galantes (1662) ce poème d’amour fut attribué un temps, par erreur, à Corneille. On ne prête qu’aux riches

 

(1) dans une précédente tentative, Lisandre…resta piteusement en panne !

 

 

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Tridi 23 Nivose 221

04/01/2013

Un petit cadeau pour la nouvelle année : « Ceux qui ne pensent pas comme nous… »

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Quand on est pas d'accord avec le fort en thème

Qui, chez les sorbonnards, fit ses humanités,

On murmure in petto: «C'est un vrai Nicodème,

Un balourd, un bélître, un bel âne bâté. »

Moi qui pris mes leçons chez l'engeance argotique,

Je dis en l'occurrence - excusez le jargon,

Si sa forme a changé le fond reste identique:

« Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

 

Refrain

 

Entre nous soit dit, bonnes gens,

Pour reconnaître

Que l'on n'est pas intelligent,

Il faudrait l'être. (bis)

 

 

Jouant les ingénus, le père de Candide,

Le génial Voltaire, en substance écrivit

Qu'il souffrait volontiers - complaisance splendide

­Que l'on ne se conformât point à son avis:

"Vous proférez, Monsieur, des sottises énormes,

Mais jusques à la mort, je me battrais pour qu'on

Vous les laissât tenir. Attendez-moi sous l'orme!"

« Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

 

Refrain

 

Entre nous soit dit, bonnes gens,

Pour reconnaître

Que l'on n'est pas intelligent,

Il faudrait l'être. (bis)

 

 

Si ça n'entraîne pas une guerre civile

Quand un fâcheux me contrarie, c'est - soyons francs-

Un peu par sympathie, par courtoisie servile,

Un peu par vanité d'avoir l'air tolérant,

Un peu par crainte aussi que cette grosse bête

Prise à rebrousse-poil ne sorte de ses gonds

Pour mettre à coups de poing son credo dans ma tête.

« Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

 

Refrain

 

Entre nous soit dit, bonnes gens,

Pour reconnaître

Que l'on n'est pas intelligent,

Il faudrait l'être. (bis)

 

 

La morale de ma petite ritournelle,

Il me semble superflu de vous l'expliciter.

Elle coule de source, elle est incluse en elle,

Faut choisir entre deux éventualités.

En fait d'alternative, on fait pas plus facile.

Ceux qui l'aiment, parbleu, sont des esprits féconds,

Ceux qui ne l'aiment pas, de pauvres imbéciles.

« Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

 

Refrain

 

Entre nous soit dit, bonnes gens,

Pour reconnaître

Que l'on n'est pas intelligent,

Il faudrait l'être. (bis)

 

 

Georges Brassens


Ecoutez-là

ICI

 

 Quintidi 15 Nivose 221

 

Photo X - Droits réservés


 

 

01/01/2013

Je VŒUX 2013

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Je nous souhaite non pas une bonne année, c’est trop restrictif, mais de BONNES ANNEES !

 

Je nous souhaite que notre viande – pas celle qui nous nourrit, celle qui nous constitue - soit saine. Enfin, la plus saine possible.

 

Je nous souhaite que nos cervelles fument bien.

 

Je nous souhaite que la bouffe soit bonne, abondante et variée.

 

Je nous souhaite que notre très large soif  puisse toujours s’étancher avec les meilleurs de nos vins.

 

Je nous souhaite que l’amitié, la générosité, la tolérance nous réchauffent.

 

Je nous souhaite que l’amour nous fasse chanter la viande dans une lumière bleue où crépitent des étincelles d’or.

 

Je nous souhaite à tous, nous les Humains, poussières d’étoiles ou fiente du cosmos, des palanquées de bonheurs.

 

Le bonheur, toujours furtif, dont on s’aperçoit – comme disait Prévert - qu’il existe au bruit qu’il fait lorsqu’il s’en va.

 

Bonnes années et longo maï.

A l’an qué vèn

E qué si sian pas maï, o men siguèn pas mens !


Duodi 12 Nivose 221


Illustration: merci à Geluck

23/12/2012

Gastronomie calendale: les cardons à l'anchois

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Les cardons à l'anchois

 

On les voit à l'étal des marchands de légumes,

Ils y sont tout l'hiver. On les prend, on les hume,

Puis, généralement, on les remet en place,

Car de les préparer, peu de gens ont l'audace.. .

Parce qu'on ne sait pas bien comment les apprêter,

Les cardes et cardons sont souvent contestés.

Et pourtant, en Provence, ils sont indispensables

Quand vient le "Gros souper" des tables calendales.

Le cardon à l'anchois est un plat rituel

Du grand repas festif de la nuit de Noël,

Autant que la morue, l'àpi (1), les escargots,

Le muge (2) et les desserts à tire l'arigo.

On appelle cardon la cote de la carde,

Espèce d’artichaut qui, 1'hiver, s'acagnarde

À l'abri des cébisses (3) et des haies de cyprès.

Les meilleures sont celles qui sont serrées très près

Du sol pour qu'elles restent bien tendres et blanches

Et non fibreuses, raides comme de vieilles branches.

Compte deux bons kilos pour quatre ou cinq personnes:

Il y a du déchet plus qu'on ne le soupçonne.

Jette toutes les feuilles et les côtes squameuses,

Ôte soigneusement les parties filandreuses,

Puis coupe tes cardons en tronçons de trois doigts,

Dans de l'eau vinaigrée plonge-les tout de suite,

Par cette précaution le cuisinier évite

Que les cardons brunissent sans qu'on sache pourquoi.

Puis, en eau abondante, salée et citronnée,

Tu les fais cuire une heure. Lorsque c'est terminé,

Tu va les égoutter et réserver au frais

Jusques au lendemain. C'est là l'un des secrets

Pour réussir ce plat, parce que, je le prétends

La carde est un légume qui se cuit en deux temps.

Attaquons maintenant notre phase finale,

Mais sers-moi un canon: il faut mouiller la dalle!

Dans de l'huile d'olive chaude au fond d'un faitout

Tu fais suer tes cardes doucement, à feu doux.

Pendant ce temps tu prends dix beaux anchois salés,

Sous l'eau du robinet, sépare les filets.

Fait une Béchamel avec un quart de lait,

Ajoute les anchois et, en tournant, fond-les

Dans la préparation avec une cuiller.

Dans le premier faitout, tu verses alors ceci,

Tu mélanges aux cardons en ayant le souci

De ne point écraser tes tronçons légumiers.

Un quart de lait de plus, de noix muscade un peu,

Sel, poivre du moulin, puis retire du feu.

Tu incorpores, alors, du râpé de gruyère,

Enfin verse le tout dans un plat à gratin

Saupoudre de fromage de façon régulière,

Puis tu mets à four chaud sans plus de baratin.

Lorsque c'est gratiné, tu sers chaud et fumant.

Ce plat est idéal en accompagnement

D'une côte de bœuf ou d'un poisson au four.

C'est un plat du terroir, simple comme bonjour,

Mais un plat succulent et, de plus, diététique

Que l'on mange en Provence depuis les temps antiques.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- Trois kilos de cardes, - 1 verre de vinaigre, - 1 jus de citron, - 1 poignée de gros sel, - 3 cuillerées d'huile d'olive de la Vallée des Baux, - 10 anchois salés, - 1 demi-litre de lait, - muscade, - poivre du moulin, - 3 hectos de gruyères râpé.

 

Les vins conseillés:

 

Les cardons étant surtout un plat d'accompagnement, le choix du vin dépend du plat principal. Avec une côte de bœuf, des vins rouges jeunes ou même primeurs. En Côtes-du-Rhône: Sainte-Cécile-Ies-Vignes, Rochegude, Tulette, Saze, Domazan, Gallician. En vins du Languedoc: Aspiran, Berlou, Cournonterral, Poujols. En vins de Provence: Allauch, Châteauneuf-Ie-Rouge, Cuers, Flassans-sur-Issole.

Avec un poisson au four, des blancs capiteux. En Côtes-du-Rhône: Laudun, Uchaux, Châteauneuf-de-Gadagne, Codolet. En Languedoc: Argeliers, Bize-Minervois, Puichéric, Roubia. En Provence: Camps-la-­Soure, Rocbaron, Meyreuil, Le Tholonet.

 

 

(1) L'api : le céleri.

(2) Muge: encore appelé mulet - c'est un poisson de mer qui monte frayer dans fleuves et rivières et particulièrement dans le Rhône.

(3) Cébisses : haies coupe-vent faites en cannes de Provence.

 

 

Tridi 3 Nivose 221

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

22/12/2012

Ouiquinde érotique à…Bugarach !

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Ils étaient partout les flics, les pompiers, les tracassés des neurones aussi. Et ils empêchaient les « findumondistes » de s’approcher du mont. Moi, dans une autre vie, j’y ai coupé et aussi planté des centaines d’arbres sur les pentes menant aux cathédrales de pierre du Bugarach. Et j’ai donc pu, sans problèmes autres que la difficulté de la marche et de l’escalade, grimper  jusqu’au sommet du mont devenu l’un des plus célèbres du monde. J’ai attendu la nuit. Et alors, Elle est arrivée.

 

La soucoupe volante. Elle s’est tenue, sans bruit, au-dessus de la plateforme rocheuse où je dégustais un vieux vin des Corbières. Pas métallique la soucoupe. Diaphane plutôt. Des formes vibrantes. Et, sans savoir comment, je me suis retrouvé  chez Eux. Parmi Eux. Ils ressemblaient à des scarabées brillants. Ils étaient quatre. Ils parlaient comme des tuyaux bouchés, mais je les comprenais parfaitement. Ils m’ont invité à bord de leur soucoupe. C’était plein de lumières étranges, rougeâtres, vertes, jaunes. Pas de cadrans, mais des signes incompréhensibles pour moi qui se formaient et se succédaient sur les parois de la soucoupe. Les scarabées m’ont fait asseoir sur rien. Et je tenais. Il y avait là-dedans une odeur délicate, légèrement musquée. Lorsqu’ils se parlaient, les odeurs changeaient et des couleurs différentes allaient de l’un à l’autre à partir de leurs antennes. Ils m’ont mis sur la tête un casque comme une tête de hanneton. Avec des antennes. Et je comprenais leur langage. C’étaient des idées qui passaient de l’un à l’autre. Des idées globales, non formulées par un langage, mais directement attachées à un concept.

 

Puis on est parti. Il n’y avait pas de hublot comme dans nos avions. Mais je voyais tout très distinctement à travers les parois qui semblaient des rideaux diaphanes de lumière translucide. J’ai vu tout le Bugarach comme en plein jour. Et pourtant c’était nuit. Puis j’ai vu toute l’Aude, jusqu’à la mer. Avec le Canigou et les Pyrénées immaculés. Puis la France, l’Espagne, toute la Méditerranée. Puis j’ai vu la Terre toute bleue, toute belle, séduisante comme les yeux de velours de ma Lionne. Les hannetons me souriaient avec leurs sourires de hannetons. On a fait un petit tour de Terre, un petit tour de Lune, on s’est approché du Soleil.

 

C’est alors que je L’ai vue. Elle me regardait en tournant vers moi ses quatre visages. Oui. Quatre visages, comme les gigantesques statues du Taprohm, à Angkor, au Cambodge. Elle avait sur ces quatre faces tous les attributs des femmes de chez nous. Du moins c’est ainsi que je La percevais. Et donc huit seins, huit bras, huit jambes, quatre sexes. Elle ressemblait à…une sorte de poulpe merveilleuse. Follement attirante. Sa chair translucide laissait apparaître des impulsions électriques de couleurs merveilleuses. Bleue, rouge, verte, jaune. Dans toutes les nuances. Un peu comme ces étranges créatures des grands fonds marins. Elle m’a pris dans ses…, comment dire. Bras ? Jambes ? Non plutôt tentacules. Et ces contacts sur la peau, loin d’être répugnants, étaient d’un érotisme torride. Mélange de chatouilles délicieusement insupportables et de frissons. Puis elle a empalé l’un de ses sexes sur mon engin tendu comme un obélisque. Ses mouvements délicieux m’élevaient vers des sommets de plaisirs inconnus et insoupçonnés. A chaque va et vient, elle changeait de sexe, m’offrant à chaque fois des sensations autres. Ses pensées pénétraient ma tête éblouie comme autant de caresses musicales, entre la Petite musique de nuit de Mozart et le Boléro de Ravel. Alors, j’ai laissé éclater en elle mon énorme plaisir en un feu d’artifice de bonheur. J’ai alors sombré dans les bras de ma Polyaphrodita céleste.

 

Je l’ai rêvée si fort…que mes draps s’en souviennent.

 

VictorAyoli

 

Duodi 2 Nivose 221


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