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25/05/2009

Ouiquinde érotique...avec Verlaine


dentelles 2.gif

Verlaine

Tu n'es pas la plus amoureuse
De celles qui m'ont pris ma chair;
Tu n'es pas la plus savoureuse
De mes femmes de l'autre hiver.

Mais je t'adore tout de même !
D'ailleurs ton corps doux et bénin
A tout, dans son calme suprême,
De si grassement féminin,

De si voluptueux sans phrase,
Depuis les pieds longtemps baisés
Jusqu'à ces yeux clairs purs d'extase,
Mais que bien et mieux apaisés!

Depuis les jambes et les cuisses
Jeunettes sous la jeune peau,
A travers ton odeur d'éclisses
Et d'écrevisses fraîches, beau,

Mignon, discret, doux, petit Chose
A peine ombré d'un or fluet,
T'ouvrant en une apothéose
A mon désir rauque et muet,

Jusqu'aux jolis tétins d'infante,
De miss à peine en puberté,
Jusqu'à ta gorge triomphante
Dans sa gracile vénusté,

Jusqu'à ces épaules luisantes,
Jusqu'à la bouche, jusqu'au front
Naïfs aux mines innocentes
Qu'au fond les faits démentiront,

Jusqu'aux cheveux courts bouclés comme
Les cheveux d'un joli garçon,
Mais dont le flot nous charme, en somme,
Parmi leur apprêt sans façon.

En passant par la lente échine
Dodue à plaisir, jusques au
Cul somptueux, blancheur divine,
Rondeurs dignes de ton ciseau,

Mol Canova! jusqu'aux cuisses
Qu'il sied de saluer encor,
Jusqu’aux mollets, fermes délices,
Jusqu aux talons de rose et d'or!

Nos nœuds furent incoercibles?
Non, mais eurent leur attrait leur.
Nos feux se trouvèrent terribles?
Non, mais donnèrent leur chaleur.

Quant au Point, Froide? Non pas, Fraîche.
Je dis que notre « sérieux »
Fut surtout, et]e m'en pourlèche,
Une masturbation mieux,

Bien qu'aussi bien les prévenances
Sussent te préparer sans plus,
Comme l'on dit, d'inconvenances,
Pensionnaire qui me plus.

Et je te garde entre mes femmes
Du regret non sans quelque espoir
De quand peut-être nous aimâmes
Et de sans doute nous ravoir.

VERLAINE ( Femmes)

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NOUVEAU!


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"Cure us!" - Quand explosera la PANDEMIE

de Jean-Victor Joubert (C'est moi!)


Ouvrage disponible sur Ayoli.fr

21/05/2009

Les charognards de l’esprit

 



Faut-il avoir vraiment un Q.I. de mérou
Pour croire en vous, curés, imâms, rabbins, gourous
Qui vous précipitez sur la misère humaine
Comme mouches à merde sur des fruits de bedaine.
Vous confisquez la Vie, vous promettez le Ciel
Votre esprit est tordu, votre voix est de fiel,
Partout où vous passez agonise l’espoir,
Vous mettez la Raison, toujours, sous l’éteignoir.
Votre fond de commerce, votre sale bizness,
N’est que l’exploitation de l’insigne faiblesse
Et la crédulité de gens déboussolés
Prêt à tout abdiquer pour être consolés.
Pour vos sombres desseins, toute détresse est belle,
Vous êtes des machines à laver les cervelles
Des crédules victimes qui tombent dans vos rets
Et qui seront broyés, ruinés puis essorés
Pour vous servir d’esclaves, de chiens, de trous à bites,
De zombies asservis, de main d’œuvre gratuite.
Ô toi, Humain mon frère, que l’existence angoisse
Fuit comme le sida leurs sinistres paroisses
N’écoutes pas la peur et fuit tous ces menteurs
N’écoutes pas tous les profiteurs de la peur
Surtout ne crois en rien, rejette toute foi
Que le doute, toujours, soit ton ultime Loi
Puisque tu n’y peux rien, attends sans peur la mort
Goûte plutôt la Vie sans pleurer sur ton sort.

 

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NOUVEAU!



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"Cure us!" - Quand explosera la PANDEMIE

de Jean-Victor Joubert (C'est moi!)


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17/05/2009

Les lapins de champs du Grand Gaby

lapins de champs pour le web.jpg


Grand long, déguingandé, sec
Perché sur un long cou d'échassier famélique,
Le Grand Gaby est un Prince de la barrique.
Ce fervent défenseur de l'ardeur vigneronne
Est médaillé d'honneur de la Coste-du-Rhône :
N'a-t-il pas englouti, pour se mouiller la glotte
Six cents hectos de vin, sans un verre de flotte!
Ceci en soixante ans d'une soif flamboyante,
Éteinte verre en bouche, de manière constante.
Tout comme d'autres tirent, Gaby boit des deux mains,
En saluant la foule, tel un tribun romain.
Le Grand Gaby, doté d'un vigoureux sésame
Est, cela va de soi, le chéri de ces dames.
Minettes délurées, bourgeoises en goguette
Attirées par sa réputation d'athlète,
Négligeant les on-dit qui prédisent leur perte,
Viennent à son mazet, ouvertes et offertes.
Elles doivent aimer le suint de sanglier
Car leur amant dégage un fumet de gibier.
Priape, Éros, Bacchus, protecteurs de Gaby,
Bénissent les amours cachés dans son gourbi.
Ses conquêtes, souvent, mangeront du lapin
Lorsque leur étalon part avec ses copains...
Le lapin, il est vrai, est sa spécialité,
Tant dans la casserole que contre ses beautés.
Souvent le Grand Gaby, quand vient le crépuscule,
Part hanter la garrigue où la chouette hulule.
Silencieusement, tous les sens aux aguets,
Il s'en va, dans la nuit, pour tendre ses arqués (1) :
De puissants pièges ronds, tendus par un ressort,
Pour les lapins de champs, synonymes de mort...
Quant l'aube aux doigts de roses éveille la nature
Gaby est déjà là pour prendre ses captures.
Les gardes le connaissent, tous veulent le coincer,
Mais le Grand, plus malin que la maréchaussée,
A toujours évité les rencontres néfastes
Tant, de son territoire, sa connaissance est vaste.
- Oh ! Victor, ton Gaby, c'est un bel oiseau rare !
Mais ses lapins de champs, comment il les prépare ?
- Espuillés (2), étripés, coupés en huit morceaux,
Un lapin de garenne chaque deux commensaux,
Tu frottes du thym sec de la dernière estive,
Tu arroses le tout de bonne huile d'olive,
Sel, poivre du moulin et quelques aromates
Et tu fais reposer cela dans une jatte.
Dans ta sartan (3), fond du petit-salé en dés
Dans un peu de saindoux, quantité limitée.
Quand c'est cuit, mets de l'ail, trois oignons émincés
Trois tomates pelées, soigneusement pressées,
Fais réduire à feu vif sans cesser de tourner,
Rajoutes ton lapin à peine fariné,
Fais prendre la couleur en remuant l'ensemble,
Trois verres de vin blanc ou plus si bon te semble,
Plus un morceau de sucre dans quelques verres d'eau.
Encore que la flotte ne sois pas mon credo. . .
Fais cuire sans couvrir, vivement, demi-heure.
Le Gaby l'accompagne par des pâtes au beurre.
Parmi les invités de ces repas de maître,
Le Grand convie parfois... notre garde-champêtre!
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

(1) Arqués: pièges demi-circulaires à ressort central.
(2) (2) Espuillé : écorché.
(3) Sartan : poêle.


Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 lapins de champs (de garenne), - 2 verres d'huile d'olive la vallée des Baux, - thym sec émietté, - sarriette, - laurier, - sel, - poivre du moulin, -2 noix de saindoux, - 2 hectos de petit-salé, - 6 gousses d'ail pelé et écrasé, 3 oignons finement émincés, - 3 tomates pelées, mondées, épépi-nées, - 1 cuillerée à soupe de farine, - 3 grands verres de vin blanc, - 1 morceau de sucre, - 3 verres d'eau, - 1 kilo de pâtes.

Les vins conseillés:
Tous les vins rosés bien frais: Côtes-du-Rhône, Tricastin, Ventoux, Luberon, Costières de Nîmes, Coteaux du Languedoc, Côtes de Provence, Coteaux varois.

Et tous les vins de France que vous aimez! Ils sont tous bons!

Une Bonheur assiette.jpg

in:

"Le bonheur est dans l'assiette et dans les verres"

de Jean-Victor Joubert.

Ouvrage disponible sur Ayoli.fr

 


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D'une actualité explosive, viens de sortir:

"Cure us!" - Quand explosera la PANDEMIE

de Jean-Victor Joubert

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10/05/2009

La cuisine de l'amour: Katy et les « Dolma yalanci »

bateau istamboul.jpg

Katy

J’ai rencontré Katy sur un paquebot turc
Qui reliait Marseille au pays d’Atatürk
Longue, fine, élancée, androgyne et très blonde,
En voyage de noce elle courait le monde.

Un regard prometteur longuement échangé,
Deux verres de raki, près du bar, partagés,
Et nous nous retrouvons, sans parole inutile,
Sur le pont, envoûtés, commençant une idylle.

Je cueille sur ses lèvres un baiser épicé,
Je roule entre mes doigts ses petits seins dressés
Elle m’offre, cambré, le bas de son échine

Et nous faisons l’amour, au rythme des machines
Nous grimpons, enlacés, vers le septième ciel
Croquant à belles dents dans sa lune de miel !

femme au vent.jpg


Les feuilles de vignes farcies

— Le mari de Katy, un pasteur anglican
Pratiquait avec flegme une juste devise :
« Mieux vaut une participation sur un volcan
Que l’exclusivité d’une froide banquise ! »
Nous nous sommes aimés de fougue et d’abondance
De Marseille à Capri, du Pirée à Byzance,
Au hasard des recoins du bateau haletant,
Toujours sur le qui-vive et pressés par le temps,
Sur des bâches pliées, sur des tas de cordages,
Mais surtout dans les chaloupes de sauvetage.
Grand, solide et rougeaud, le regard ironique,
Le pasteur buvait sec du rhum de Martinique.
Il connaissait les hommes, les femmes et le péché
Et savait que Katy, sa belle amourachée
Lui reviendrait bientôt, et sans perdre la boule,
Sitôt que le bateau atteindrait Istamboul…
Le pasteur généreux, grand seigneur, m’invita
Dans un resto flottant, sous le pont Galata,
Il reprit possession, avec verve et humour
De sa volage épouse, de sa poupée d’amour,
Et la gorge serrée, je dus rendre les armes
Quand Katy me quitta, sans verser une larme…
— Eh ! Victor, ici bas, chacun porte sa croix,
Et souvent, le cocu n’est pas celui qu’on croit !
Il t’a bien fait marron, le serviteur de dieu !
Mais qu’avez-vous mangé comme repas d’adieu ?
— Un plat oriental, les « Dolma yalanci »,
On connaît : ce sont les feuilles de vignes farcies.
Tu fais blanchir trente secondes,
Dans de l’eau bouillante et salée,
Des feuilles de vignes que tu émondes
Des nervures et parties talées.
Tu les sèches sur du sopalin
Et tu te bois un coup de vin.
Tu colores un oignon et de l’agneau haché
Dans de l’huile d’olive sans laisser attacher,
Un verre de riz sec, laisse prendre du goût,
Puis recouvre d’un doigt d’eau, citronnée surtout.
Laisse cuire dix minutes, rajoute des raisins
Secs trempés, égouttés, cannelle, pignons de pin,
Sale, poivre, cuis à absorber le liquide,
Vide ton verre plein et plaints ton verre vide.
Dispose cette farce sur tes portions de feuilles
Roule-les en cylindres, c’est fait en un clin d’œil,
Et pour ne pas qu’ils s’ouvrent, avec un cure-dent
Tu rapproches les bords et tu piques dedans.
Dans le fond d’une poêle, mets ces petits rouleaux,
Un peu d’huile d’olives, un demi verre d’eau,
Et fais cuire à feu doux, vingt minutes à couvert.
C’est un plat délicieux, qui rend les hommes verts !
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 36 feuilles de vignes (on en trouve toutes prêtes chez les épiciers orientaux), - 3 gros oignons, - 6 hectos de viande d'épaule d'agneau hachée, - 3 verres de riz, - 3 hectos de raisins secs, - 2 hectos de pignons de pin, - sel, - poivre, - cannelle, - huile d'olive, - cure-dents.

Les vins conseillés:
Ce plat aux goûts très délicats demande des vins rouges sub-tils.
En vins de la vallée du Rhône: Côte-Rôtie, Hermitage, Cro-zes-Hermitage, Séguret, Visan, Puyméras, Faucon, Piégon, Richerenches, Tulette, Sainte-Cécile-les-Vignes, Valréas, Bourg-Saint-Andéol, Orsan, Saint-Gervais, Ruoms.
En vins du Languedoc: Minervois de Ginestas, Limouzis, Sallèles, Cabrespine ; Saint-Chinian de Ferrières-Pousarou, Murviel-les-Béziers, Vieusan.
En vins de Provence: Bandol évidemment, Côtes-de-Provence de Bouc-bel-Air, Le Beausset, Cabasse; Coteaux-varois de Pontévès, Rocbaron, Sainte-Anastasie.

Ouiquinde érotique: "Ouvre..."

femme modigliani.jpg




Ouvre

Ouvre les yeux, réveille-toi ;
Ouvre l'oreille, ouvre ta porte :
C'est l'amour qui sonne et c'est moi
Qui te l'apporte.

Ouvre la fenêtre à tes seins ;
Ouvre ton corsage de soie ;
Ouvre ta robe sur tes reins ;
Ouvre qu'on voie !

Ouvre à mon cœur ton cœur trop plein :
J'irai le boire sur ta bouche !
Ouvre ta chemise de lin :
Ouvre qu'on touche !

Ouvre les plis de tes rideaux :
Ouvre ton lit que je t'y traîne :
Il va s'échauffer sous ton dos.
Ouvre l'arène.

Ouvre tes bras pour m'enlacer ;
Ouvre tes seins que je m'y pose ;
Ouvre aux fureurs de mon baiser
Ta lèvre rose !

Ouvre tes jambes, prends mes flancs
Dans ces rondeurs blanches et lisses ;
Ouvre tes genoux tremblants...
Ouvre tes cuisses !

Ouvre tout ce qu'on peut ouvrir :
Dans les chauds trésors de ton ventre
J'inonderai sans me tarir
L'abîme où j'entre.

Edmond Haraucourt
qui signe
Sire de Chambley.
1902

Tableau de Modigliani

08/05/2009

Le marché aux esclaves

marché aux esclave Gérome Jean Léon.jpg

 


— Holà ! Sieur Paul Hamploit, as-tu donc de la viande ?
— Si fait ! Dame Maidef ! De la jeune et vaillante !
Tâtez donc ! C’est du bon ! Et je fais des promos !
J’ai du jeune apprenti pour gratis pro deo,
Et puis du tout-venant, sans beaucoup de diplômes,
A des prix attractifs, autant femmes que hommes
J’ai du black, du bronzé, sans papiers, mais pas tous,
Pour pouvoir, sans faiblir, faire suer le burnous !
Profitez des prix foire et des primes d’accueil :
Trente euros au kilo ! Dans votre portefeuille !
Et en plus si la viande à moins de vingt-six ans
Quinze euros de bonus !
— C’est très intéressant !
— Je dis bien au kilo ! En euros, pas en roubles !
Pour l’animal sans bac, alors la prime double !
Et si vous proposez, en plus, un CDI,
Trois mille euros de plus, en forfait !
—Tout compris ?
— Bien sûr. Pour vous l’Etat sait être généreux.
Pour les patrons j’entends, pas pour les gens de peu.
Si vous calculez bien, chaque unité de viande
Docile, bien formée, et très obéissante
Ne vous revient à rien ! Tout gratos ! Tout Bénef !
Qu’est-ce qu’on dit à Sarko ? Chère Dame Maidef ?
Sans compter qu’avec ça, profitant de la crise
Jetez donc à la rue toutes vos tempes grises !
Les anciens travailleurs, ça pue, ça coûte cher,
Remplacez-les par de la jeune et tendre chair !
Qu’importe si l’Etat s’écroule sous la dette
Vous pouvez, au Fouquet’s, continuer la fête !
Qu’est-ce qu’on dit à Sarko ? Chère Dame Maidef ?
— Un grand merci bien sûr ! J’achète derechef !

Victor

07/05/2009

Printemps coquin !

femme de sable.jpg


Myriam

C’était au temps de la parenthèse enchantée
Du Voyage au long cours, des chants de Liberté
Ni tabou, ni sida, tous les garçons osaient
Les filles étaient belles, et s’ouvraient, et s’offraient…

C’était près de Collias, où des gorges sauvages
Creusées par le Gardon depuis le fond des âges
Accueillaient les ébats, les amours, les désirs
D’une jeunesse nue, avide de plaisir.

Elle jaillit, vêtue de gouttes de lumière
Et s’ébroua, cambrée, secouant sa crinière
En éblouissement de perles de soleil
Dans la beauté lustrale du plus simple appareil.

Je la mangeais des yeux d’un appétit vorace
J’aimais son cœur, son corps, son sourire et sa grâce.
S’allongeant à plat ventre sur les dalles brûlantes
Elle anima ses reins d’une ondulation lente,

Mettant le feu en moi et gonflant mes ardeurs.
Ses beaux yeux de friponne m’invitaient au bonheur.
En un bond de félin je fus bientôt sur elle,
Ma peau contre sa peau fleurant musc et cannelle

Myriam s’ouvrit, s’offrit puis elle m’accueillit
Sous les feux de Phœbus, à l’abri d’un taillis
Et, mourant de plaisir, je fus en elle un homme
Par les voies de Sodome…

Victor

02/05/2009

Foin de la grippe porcine, VIVE LES POEMES COCHONS !

DENTELLE

Dentelle.jpg



Cette dentelle, affirmation de ta féminité,
Quand le jean unisexe et râpeux
Traîne au sol en bouchon,
Si fine et qui accroche si fort mes doigts à toi
Trempée du sexe qui coule de désir.

Cette dentelle, blanc sur blanc
En bas de ton ventre,
Où mes lèvres s’attachent,
Sous laquelle je sens ton désir s‘arrondir
Quand je le gonfle sous ma langue.

Cette dentelle qui s’envole dans la chambre
Pleine de ton odeur, de ton odeur d’envie
De mes mains, de mes lèvres, de mon sexe,
De ta faim, de ta soif de plaisir,
Si fragile et si pleine de toi.

Cette dentelle si remplie de moi
A en craquer et que j’écarte un peu
Pour venir en toi sans en perdre le contact,
Quand ce n’est pas toi,
Dans ton impatience de moi,

Qui l’ouvre avant de me prendre
A pleine main pour me glisser en toi.
Cette dentelle qui alors se tache
De ta jouissance et de la mienne,
Qui te fait comme un souvenir le jour durant.

Cette dentelle, c’est là sa seule utilité,
De retenir les coulures chaudes
De la réminiscence d’un orgasme
Joyeusement partagé,
Que tu gardes en haut de tes cuisses.

François d'Alayrac

dentelles 2.gif

 

20/04/2009

Les princes des égouts


L’Histoire a pour égout des temps comme les nôtres
Où la vermine grouille et où les rats se vautrent.
Souvent ils se retrouvent, entre soi, au Fouquet’s
Pour bâfrer, picoler, roter et ricaner
Sur le dos dégoûtant des viles populasses
Abruties de soucis, hâves, sales et lasses.
Banquiers et financiers, traideurs, patrons voyous,
Ecrivaillons vulgaires et joueurs de biniou :
« Profitons, disent-ils, car l’époque est propice,
Mentons, trichons, volons ! Au diable l’avarice !
Nous qui savons comment manier l’opinion,
Pour nous vins et caviars, et pour eux les quignons. »
Et pour faire accepter toutes leurs roublardises,
Ces pillards ont trouvé leur sésame : « la crise ».
Elle a bon dos « la crise » pour nous faire avaler
Tous ces « plans sociaux » qui vont faire chialer
Les milliers de familles que dans la rue on jette
En leur lançant un os à ronger, comme aux bêtes.
Elle a bon dos la crise pour nous faire accepter
Des lois liberticides que l’on fait adopter
En douce, à la sournoise, par les sombres fayots
D’un Parlement croupion peuplé de godillots.
Elle a bon dos la crise pour mettre en surveillance
Sous le regard des flics tout ce qui vit en France,
Big Brother est partout et MAM est sa prêtresse,
Nous aurons tous, bientôt, des caméras aux fesses.
Elle a bon dos la crise pour brader aux boutiques
Des complices d’Ubu les services publics.
L’eau, l’électricité, le gaz, les autoroutes
Sont partis prospérer dans les poches filoutes
Des Bouygues, Boloré, Lagardère, Dassault
Et d’autres moins connus mais avides pourceaux
Qui se pressent en cour pour flatter le satrape
Infligeant au pays ses manières de gouapes.
Halte-là ! Trop c’est trop ! voyous sans foi ni lois !
Trop c’est trop pour le Peuple qui étête ses rois !


Amis blogueurs, vous pouvez, évidemment, reprendre mes textes, poésies, coups de gueule et autres élucubrations, mais merci d’avoir le « fair play » de citer la source et de mettre un lien : http://lantifadas.midiblogs.com
Merci

13/04/2009

Cavanna: L'Autre

cavanna.jpgFrançois Cavanna : L'Autre

Il y en a,
Tu as beau leur dire:
Dieu est bon!
Dieu t'aime!
Dieu veut ton bonheur!
Dieu a tout prévu pour ton bonheur
Futur.

Il y en a,
Tu as beau, tu as beau
Leur dire
Ça,
Ils regardent alentour,
Et partout ils voient
Le malheur,
L'horreur,
Le méchant triomphant,
L'innocent condamné,
L'enfant qui naît sans pieds
Ou sans mains,
Les vies saccagées,
Et la mort,
La Mort.

Alors ils se disent, ceux-là,
Ils se disent:
Ce n'est pas possible.
Un Dieu bon ne peut pas avoir voulu cela.
Une mère ne pourrait pas torturer son enfant
Pour lui faire mériter son lait.
Un Dieu bon ne pourrait pas
Faire de la vie de sa créature
Bien-aimée
Une course d'obstacles et de souffrances
pour lui faire mériter le Ciel.

Et alors ils se disent, ceux-là:
De deux choses l'une,
Ou Dieu n'est pas bon,
Ou Dieu n'est pas tout-puissant.

Alors ceux qui savent les choses
Leur répondent, à ceux--là:
Dieu est bon.
Dieu t'aime.
Mais il y a le Diable. Hélas!
Le Diable est mauvais.
Le Diable est le Mal.
Le Diable est la Haine.
Le Diable te hait.
Hélas! Hélas! Hélas!


Alors ils disent, ceux-là:
De deux choses l'une,
Si le table existe,
C'est que Dieu l'a permis,
Et donc Dieu n' est pas bon.

Si Dieu ne l'a pas permis,
Alors le Diable
Est aussi puissant
Que Dieu.
Dans ce cas le Diable est un Dieu,
Lui aussi.

Ils disent encore, ceux-là:
Puisque partout triomphe le Mal,
Alors non seulement le Diable est un Dieu,
Mais il est un Dieu
Plus fort que Dieu.
Peut-être même,
Peut-être même
Est-il le seul Dieu.
Pourquoi pas?

Ils s'exclament alors, ceux-là:
Celui qu'il faut prier,
Celui qu'il faut adorer,
C'est le Dieu le plus fort!
C'est le Dieu méchant!
Prions, prions, mes frères,
Prions le grand Satan,
Dieu fort par-dessus Dieu,
Et peut-être seul Dieu,
Pourquoi pas?

Sacrifions-lui des victimes,
Offrons-lui des horreurs!
Faisons, faisons le Mal!
Baisons ses pieds fourchus!
Léchons son cul merdeux!
Conchions la croix,
Compissons la Vierge,
Egorgeons l'agneau!
Crachons sur nos pères,
Profanons nos mères,
Défonçons nos sœurs!
Forniquons des fornications immondes,
Car Il aime ce qui pue,
Car Il aime ce qui souille.
Il est le Maître de l'infâme et de l'ignoble.

Or il y en a,
De ceux-là,
Plus qu'on ne croit.
Il y en a
Qui croient adorer l'Autre,
Et se vouent à Celui-là.

Or qui sont les plus fous?
Ceux qui croient au Dieu bon?
Ceux qui croient au Malin?

Aux uns comme aux autres,
Grand bien leur fasse !
Amen.

In Lettre ouverte aux culs bénis – Collection lettre ouverte – Albin Michel 1994

La démonstration du Maître est éclatante.

12/04/2009

Blaise Cendrars: Pâques à New-York

Cendrars.jpgLes Pâques à New Yor
Je descends à grands pas vers le bas de la ville,
Le dos voûté, le coeur ridé, l’esprit fébrile.
Votre flanc grand ouvert est comme un grand soleil
Et vos mains tout autour palpitent d’étincelles.
... C’est à cette heure-ci, c’est vers la neuvième heure,
Que votre Tête, Seigneur, tomba sur votre coeur.
Je suis assis au bord de l’océan
Et je me remémore un cantique allemand,
Où il dit, avec des mots très doux, très simples, très purs
La beauté de votre Face dans la torture.
... Peut-être que la foi me manque, Seigneur, et ta bonté
Pour voir ce rayonnement de votre Beauté.
Pourtant, Seigneur, j’ai fait un périlleux voyage
Pour contempler dans un béryl l’intaille de votre image.
Faites, Seigneur, que mon visage appuyé dans mes mains
Y laisse tomber le masque d’angoisse qui m’étreint;
Faites, Seigneur, que mes deux mains appuyées sur ma bouche
N’y laissent pas l’écume d’un désespoir farouche.
Je suis triste et malade,
Peut-être à cause de Vous
Peut-être à cause d’un autre,
Peut-être à cause de Vous.
Seigneur, la foule des pauvres pour qui Vous fîtes le Sacrifice
Est ici tassée, parquée, comme du bétail, dans les hospices.
D’immenses bateaux noirs viennent des horizons
Et les débarquent pêle-mêle sur les pontons.
Il y a des Italiens, des Grecs, des Espagnols,
Des Russes, des Bulgares, des Persans, des Mongols.
Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens
On leur jette un morceau de viande comme à des chiens.
C’est leur bonheur à eux que cette sale pitance.
Seigneur, ayez pitié des peuples en souffrance.


Blaise CENDRARS.

(Fragments - Extrait de Poésies, Denoël.)


L'envers du décor de Paques...

...LEO FERRE: THANK YOU SATAN

LEO-FERRE dessin.jpg


Pour la flamme que tu allumes
Au creux d'un lit pauvre ou rupin
Pour le plaisir qui s'y consume
Dans la toile ou dans le satin
Pour les enfants que tu ranimes
Au fond des dortoirs chérubins
Pour leurs pétales anonymes
Comme la rose du matin

Thank you Satan

Pour le voleur que tu recouvres
De ton chandail tendre et rouquin
Pour les portes que tu lui ouvres
Sur la tanière des rupins
Pour le condamné que tu veilles
A l'Abbaye du monte en l'air
Pour le rhum que tu lui conseilles
Et le mégot que tu lui sers

Thank you Satan

Pour les étoiles que tu sèmes
Dans le remords des assassins
Et pour ce cœur qui bat quand même
Dans la poitrine des putains
Pour les idées que tu maquilles
Dans la tête des citoyens
Pour la prise de la Bastille
Même si ça ne sert à rien

Thank you Satan

Pour le prêtre qui s'exaspère
A retrouver le doux agneau
Pour le pinard élémentaire
Qu'il prend pour du Château Margaux
Pour l'anarchiste à qui tu donnes
Les deux couleurs de ton pays
Le rouge pour naître à Barcelone
Le noir pour mourir à Paris

Thank you Satan

Pour la sépulture anonyme
Que tu fis à Monsieur Mozart
Sans croix ni rien sauf pour la frime
Un chien, croque-mort du hasard
Pour les poètes que tu glisses
Au chevet des adolescents
Quand poussent dans l'ombre complice
Des fleurs du mal de dix-sept ans

Thank you Satan

Pour le péché que tu fais naître
Au sein des plus raides vertus
Et pour l'ennui qui va paraître
Au coin des lits où tu n'es plus
Pour les ballots que tu fais paître
Dans le pré comme des moutons
Pour ton honneur à ne paraître
Jamais à la télévision

Thank you Satan

Pour tout cela et plus encor
Pour la solitude des rois
Le rire des têtes de morts
Le moyen de tourner la loi
Et qu'on ne me fasse point taire
Et que je chante pour ton bien
Dans ce monde où les muselières
Ne sont plus faites pour les chiens...

Thank you Satan !

11/04/2009

Pour un jour de Paques beau, ami Glandeur, mon frère !

Michel Simon.jpg
Ah ! Cette bluette chantée par Michel Simon, sur des paroles de Serge Gainsbourg ! Quel bonheur !


D'avoir vécu le cul
Dans l'herbe tendre
Et d'avoir su m'étendre
Quand j'étais amoureux

J'aurais vécu obscur
Et sans esclandre
En gardant le cœur tendre
Le long des jours heureux

Pour faire des vieux os
Faut y aller mollo
Pas abuser de rien pour aller loin

serge-gainsbourg.jpgPas se casser le cul
Savoir se fendre
De quelques baisers tendres
Sous un coin de ciel bleu

Pas se casser le cul
Savoir se fendre
De quelques baisers tendres
Sous un coin de ciel bleu.


Semaine d'abstinence oblige: poésie anti érotique

P05 vieille.jpg


In anum libidinosam

Rogare longo putidam te saeculo
Viris quid eneruet meas,
Cum sit tibi dens ater et rugis uetus
Frontem senectus exaret,
Hietque turpis inter aridas natis
Podex uelut crudae bouis ?
Sed incitat me pectus et mammae putres,
Equina quales ubera,
Venterque mollis et femur tumentibus
Exile suris additum.
Esto beata, funus atque imagines
Ducant triumphales tuum,
Nec sit marita, quae rotundioribus
Onusta bacis ambulet.
Quid, quod libelli Stoici inter sericos
Iacere puluillos amant ?
Illiterati num minus nerui rigent,
Minusue languet fascinum ?
Quod ut superbo prouoces ab inguine,
Ore allaborandum est tibi.

Horace, Épodes, VIII

À une vieillarde lubrique

Me demander, toi qu'un long siècle a fait flétrir
Pourquoi s'épuise ma vigueur,
Quand ton âge avancé a fait noircir tes dents
Et couvert de rides ton front,
Quand ton sexe hideux baille en tes fesses sèches
Tel le cul d'une vache en rut ?
Tu as pour m'exciter tes seins, tes mammes molles
– De vraies mamelles de jument,
Ton ventre flatulent et tes jambes bouffies
Que surmontent tes cuisses maigres
Va en paix ! Qu'un grand faste et les honneurs funèbres
T'accompagnent à tes obsèques !
Que nulle épouse n'aille, avec autour du cou
Des perles plus rondes, plus lourdes...
Que dire quand on voit sur la soie des coussins
Traîner des livres stoïciens ?
Mes nerfs sont-ils moins durs pour n'avoir pas de lettres
Et mon sexe en est-il moins raide ?
Que si tu le veux voir se dresser sur mon ventre,
Ta bouche aura bien du travail !

(Traduction de Henri Tournier)

10/04/2009

Une bluette printanière: CASS’TOI PAUV’CON !

LEO-FERRE dessin.jpg(Ça peut se chanter sur l’air du grand Léo Ferré « Thank you Satan »)
















Pour les familles qui s’angoissent
Pour la bouffe du lendemain
Pour tous les chômeurs dans la poisse
Qui ragent en serrant les poings
Pour les petits vieux qui clabotent
Abandonnés à leur destin
Dans des mouroirs de camelote
Où personn’ ne leur tient la main.

Cass’toi pauv’con

Pour tes flicards qui embastillent
Comm’ s’ils étaient des assassins
Les sans papiers et leurs familles
Qui ont le tort d’être Africains,
Pour ton Besson dont les yeux brillent
En envoyant ses argousins
Foutre dehors pour des broutilles
Des pauvres qui crèvent de faim.

Cass’toi pauv’con

Pour Big Brother que tu installes
Pour espionner les citoyens,
Pour la télé microcéphale
Que tu réduis à moins que rien,
Pour la Sécu que tu massacres
En la privant de ses moyens
Pour engraisser sur son cadavre
Ta clique d’assureurs vauriens.

Cass’toi pauv’con

Pour la Franc’ que tu déshonores
Par toutes tes vulgarités
Pour tes manièr’ de matamore
De m’as-tu-vu et d’agité
Pour tous les gens que tu insultes
A l’abri des férocités
Des grosses brutes qui t’entourent
Au nom de ta sécurité.

Cass’toi pauv’con

Pour libérer le territoire
De ta stupide fatuité
Pour renvoyer dans leur placard
Ta maffia d’empapahoutés
Pour rejeter les égoïsmes
Au nom de la fraternité,
Pour qu’enfin le pays retrouve
Le chemin de la liberté.

Cass’toi pauv’con
Cass’toi pauv’con
CASS’TOI PAUV’CON !


sarko-cassable.jpg
Merci à Photos en délire

09/04/2009

La peur change de camp quand la révolte gronde !

Revolution-Delacroix.gif


Halte là ! Basta ya ! Assez ! La coupe est pleine !
Votre mépris fielleux attise notre haine !
Patrons voyous, banquiers, politiciens véreux
Parasites cupides, financiers mafieux
Qui vous gavez la panse sans aucune vergogne…
Il approche le temps où vous serez charogne !

Êtes-vous à ce point autistes, aveugles, sourds,
Pour ne point percevoir la révolte qui court ?
N’entendez-vous donc point, partout de par le monde
La misère qui crie, la colère qui gronde ?
Est-il sage celui qui pousse au désarroi
Ce Peuple redoutable qui coupe en deux ses rois ?

Vous fermez nos usines, vous volez notre épargne,
Vos huissiers et vos flics, pleins de morgue et de hargne
Jettent sur le trottoir chômeurs et sans-papiers
Qui n’ont plus un kopeck pour payer un loyer.
Vous ne connaissez pas le mot miséricorde ?
Alors craignez le feu, et le fer, et la corde !

Tremblez tristes pantins dans vos ghettos de riches !
Tremblez vils margoulins qui vous croyez fortiches !
Tremblez politicards léche-cul des puissants,
Votre avenir est sombre, effrayant, angoissant.
Tremblez et regagnez vos bauges nauséabondes,
La peur change de camp quand la révolte gronde !


Amis blogueurs, vous pouvez, évidemment, reprendre mes textes, poésies, coups de gueule et autres élucubrations, mais merci d’avoir le « fair play » de citer la source et de mettre un lien : http://lantifadas.midiblogs.com
Aïoli!

05/04/2009

Ô sole mio! J'ai invité du beau monde au cabanon pour déguster...

...les sardines à la "Brulo dé" du Pégot

Éclairs d'acier bleuté bondissant hors de l'onde
Pour tenter d'échapper à la dent furibonde
De quelque carnassier montant des eaux profondes
Pour croquer tout de go ces poissons qui abondent...
C'est la reine des mers! Succulente et divine,
Pas la langouste, non. Simplement la sardine!
Sa réelle fonction, sa vie, son aventure
Généreuse et bornée: c'est d'être nourriture!
Les poissons s'en délectent, l'homme la met en boite,
Lui fait boucher le port si la passe est étroite...
Chez nous, dans le Midi, on l'aime tellement
Que chaque Provençal est un peu son amant.
Mon ami le Pégot, marin-pêcheur de Sète,
Les fait à "Brulo dé". En voici la recette.
sego-NUE--jardin.jpgPrenez-les sur le quai, juste au cul de la barque,
Chez votre poissonnier, la fraîcheur se remarque
Par la roideur arquée du petit corps luisant.
Un bon kilo pour deux, ce sera suffisant.
Devant le cabanon, à l'ombre de la treille,
Tandis que sa moitié débouche les bouteilles,
Le Pégot fait brûler un fagot de "gabel"
C'est les sarments de vignes du côté de Lunel.
Un bon coup de muscat met les convives à l'aIse
Juste le temps qu'il faut pour apaiser la braise.
Sur un bout de grillage il range les sardines,
Ni lavées, ni vidées. Nature les ondines.
Les poissons sur la grille sont posés sur le feu
Puis retournés après une minute ou deux.
Sur un grand plateau rond, au milieu de la table
Calée par des galets pour qu'elle reste stable,
Le Pégot sert en vrac sa première tournée
Puis remet sur le feu la prochaine fournée.
Un jet d'huile d'olive dans le creux de l'assiette,
On mange avec les mains, nul besoin de fourchette.
D'une pression du doigt on enlève la peau
Libérant les filets odorants et bien chauds,
La tête entre deux doigts, dans deux autres la queue,
La sardine grésille. Quel bonheur, maugrebeleu !
On se "rabine" un peu, d'où le nom: "brulo dé"
Mais c'est tellement bon! vous n'avez pas idée.
Avec les dents du haut, on bloque la sardine,
La mâchoire du bas, retroussant les babines
Fort délicatement détache le filet
Qu'un" ggluuff" aspirera jusqu'au fond du palais.
Sous le pin parasol où s'aiment les cigales
Montent les petits bruits des gens qui se régalent.
Ca fait des: "Ah !", des "Hum !" des "Fatche que c'est bon !"
C'est toute la marée, plus un goût de charbon.
Toute les deux sardines on boit un coup de blanc,
De Cassis ou de Saint-Hilaire-d'Ozilhan,
On parle avec les mains, on sort la galéjade
Et la journée se passe en franche rigolade.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

aubry_sexy_maillot_lobo_lobofakes.jpg
Ingrédients et proportions pour six personnes:

Rien de plus simple: des sardines, encore des sardines, seulement des sardines (comptez 1 demi kilo par personne, soit 3 kilos). Mais fraîches, pas trop grosses et de Méditerranée évidemment. Plus un peu de fleur de sel de Camargue et de l'huile d'olive dans chaque assiette.

Les vins conseillés:

P08 sarko.jpgLa sardine est bonne fille et s'accompagne sans problème de vins blancs secs, de rosés, voire de rouges jeunes et frais.
En vallée du Rhône, blancs de Roaix, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Laudun, Villedieu ; rosés de Tavel, Rochefort, Chusc1an, Ventoux, Luberon, Cos-tières de Nîmes; rouges légers de Sainte-Cécile-Ies- Vignes.
En vins du Languedoc blancs Picpoul de Pinet, blancs de la Clape ; rosés de Saint-Saturnin, vins des sables d' Aigues-mortes.
En vins de Provence, les blancs de Cassis, tous les rosés des Côtes-de--Provence et des Coteaux varois.





22/03/2009

Une partie de pétanque, ça fait plaisir...

Fanny4.jpg

Fanny

La Fanny est serveuse au café des Platanes
Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent
Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir
Tant elles sont promesses de joies et de plaisirs.

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,
Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,
Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,
Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent
Tous restent bouche bée et en perdent la boule
Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne
On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne
Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny !


Fanny2.jpg


La brandade de Serge et Wladimir

— Victor ! Tes pétanqueurs qui rêvent d’embrassades
En matant les rondeurs de la belle Fanny,
Ils devraient s’entraîner à faire la brandade,
Ça calmerait un peu leur érotomanie !
Voici comment la font, pour leur table éponyme
Serge et Wladimir, restaurateurs à Nîmes.
Pour réussir ton plat, éloigne les intrus,
Une nuit, à l’eau fraîche, dessale ta morue,
En six coups de hachoir frappés sur une planche,
Sans enlever la peau, en portions tu la tranches.
Tu la mets, à l’eau froide, dans un large faitout
Que tu lèves du feu quand le liquide bout,
Et tu laisses tremper dix minutes environ,
Le temps de te verser quelques petits canons.
Puis égoutte, essore, et lève les arêtes,
Dans une casserole, mets ta morue défaite,
Dès lors, tu vas chauffer l’ensemble au bain-marie.
A la cuillère en bois, à tour de bras, manie,
Ecrase la morue d’une main combative
En ajoutant du lait et de l’huile d’olive,
L’un et l’autre, tiédis, de façon mesurée
Pour obtenir enfin une lisse purée.
Cette crème doit être onctueuse et épaisse
Pour cela, il te faut branler fort, sans faiblesse.
Lorsque tu en es là, prends le temps de souffler,
Décontracte ton bras, laisse-le dégonfler,
Verse-toi volontiers un vin blanc des Costières
Et va faire un câlin avec la cuisinière.
Reprends ton appareil, oublie la rigolade
Si tu veux, comme un chef, réussir ta brandade.
Il faut la parfumer, la monter en saveur.
Elle doit embaumer pour chavirer les cœurs.
Ecrase, au mortier, une gousse d’ail blanc,
Râpe un peu de muscade — excellent stimulant ! —
Un zeste de citron que finement tu haches,
Un peu de poivre blanc, un soupçon de pistache,
Du sel si nécessaire, mais reste circonspect,
Enfin, lorsque tu sers, une truffe râpée.
Ce plat emblématique de Nîmes-la-Romaine
Incitera Fanny, à la dernière mène,
À laisser les vainqueurs autant que les vaincus,
Selon la tradition, lui embrasser le cul !
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Fanny3.gifIngrédients et proportions pour six personnes:
- 1 grosse morue sèche, - 1 demi litre de lait tiède, - 1 demi litre d'huile d'olive tiède, - 3 gousses d'ail de belle taille, - 1 zeste de citron, - 1 cuillerée à dessert de poivre blanc, - 1 peu de muscade râpée, - 2 graines de pistache, - 1 truffe (accessoire), - beaucoup de vigueur dans le bras (indispensable !)


culs tournés.jpgLes vins conseillés:
Profitez de ce plat gardois pour apprécier les vins rouges des Costières-de-Nîmes mais aussi les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Péray, vins tranquilles du Diois, Saint-Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ar-dèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon.
En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul-de-Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons-source-d'Argens, Brue-Auriac, Châteauvert.
Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins primeurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les-Vignes, Sabran, Codolet, Rochefort, Lirac, Laudun.
















19/03/2009

Dix neuf mai 2009: Le Grand Jour !

Revolution-Delacroix.gif



Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs à la Lanterne
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs on les pendra.


En prélude à la Méga Manifestation
Sarko joue le mépris et la provocation
« J’ai pas été élu pour augmenter les impôts,
Clame-t-il à tout propos,
Pas question de toucher au bouclier fiscal
Et merde au mouvement syndical. »
Droit sur ses talonnettes
Pinocchio-la-gonflette
Proclame à qui veut l’entendre
Qu’il n’est pas question d’être tendre
Avec cette maudite sous France
France d’en-bas, France de souffrance.

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs à la Lanterne
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs on les pendra.


Mais malgré ses rodomontades
Il sait qu’il est dans la panade
Quelques lucides de sa clique
Sentent déjà le vent de panique,
Ses provocs ne sont que du bluff :
Il craint un « Mai 2009 » !
La droite bornée, c’est notoire,
Ne comprends que les coups de barre
Derrière ses coups fourrés cradoques
Elle chie déjà dans son froc.

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs à la Lanterne
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs on les pendra.



Par milliers, par millions, en ville, en campagne,
Avec nos retraités, nos enfants, nos compagnes,
Montrons-leur aujourd’hui nos muscles et nos forces,
Qu’il puisse mesurer l’étendue du divorce
Entre les profiteurs parasites « d’en haut »
Et le peuple « d’en bas », debout, le verbe haut !
Il est temps aujourd’hui qu’il sente la menace
D’un Peuple exaspéré. Il est temps que l’angoisse
Déserte enfin de camp de la France qui souffre
Pour serrer à la gorge et jeter dans le gouffre
Ces vermines qui grouillent autour du Père Ubu.
Tremblez, sales pourceaux ! Ce soir le roi est nu.

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs à la Lanterne
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs on les pendra.



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Merci

15/03/2009

Gastronomie printanière: L'alose d'Avignon comme ma mère

alose pour web.jpg
- Regarde bien, petit, cette superbe alose
Les anciens l'appelaient «la princesso dou Rose»
Éclair de vif argent, longue, fine et puissante
Bien que lourde des flancs, elle reste élégante.
Sais-tu que c'est l'amour dont elle est satisfaite
Qui va te l'amener, demain, dans ton assiette?
Respecte-la, petit, et débouche le vin
Car manger de l'amour est un plaisir divin.
C'est un poisson magique, délicieux à manger
En bonne compagnie. Et subtil à pêcher!
Lorsque le Rhône était le Fleuve-Dieu sauvage,
Point encore castré par digues et barrages,
Indomptable et fougueux quand le mistral le fouette,
Crainte des riverains et bonheur des poètes,
Braconniers et pêcheurs, au mois des primes roses
Armaient les vire-vire pour pêcher les aloses.
C'étaient des bateaux larges aux ailes de moulin
Arrimés à la rive par quatre gros filins.
Deux paniers grillagés, avec le courant, tournent.
Lorsque l'un est en haut, son opposé s'enfourne
Dans l'onde trouble et vive où peinent les aloses
Cherchant un abri sûr pour que leurs œufs éclosent.
Beaucoup n'arriveront jamais à leur frayère,
Cueillies par les paniers montant vers la lumière.
Enlevée dans les airs, l'alose se tortille
Dans une pluie dorée de gouttes qui scintillent.
Elle tombe, ahurie, dans le fond de la barque
Où le fil de sa vie est coupé par les Parques.
Le pêcheur, averti, en interrompt sa sieste,
Achève le poisson d'un coup de barre preste,
Bois un coup de rosé si sa gorge s'assèche,
Puis se rendort, heureux: pour lui le Rhône pêche!
Cette façon subtile, je crois unique en France
N'a pu être inventée que chez nous, en Provence!
Il paraît que certains, les nuits de pleine lune,
Jouant flûte et violon au bord de la lagune
Ont eu, comme Aristote, la fantastique chance
De voir, debout sur l'eau, les aloses qui dansent...
Les belles ménagères avaient leur opinion:
"Les meilleures sont les aloses d'Avignon."
En dessous d'Aramon, elles sentaient la vase,
Et après Caderousse, ce n'était que carcasses,
Mais dans le Rhône vif courant sur les galets
Roulés de Villeneuve, ou au pied du Palais
Des Papes d'Avignon, elles étaient à point:
Dévasées, mais encor avec de l'embonpoint.
- Et comment tu la cuis, ton alose, Victor?
- Oh ! Vaï t'en plan, pitchoun, y a pas lou fio a bord!
Sers-moi d'abord un coup de rosé du Ventoux
Ou de Côtes-du-Rhône, et je te dirais tout.
L'alose, tu la laves, tu l'écailles, la vides.
Tu réserves les œufs dans un torchon humide,
Prends-en un soin jaloux, c'est les meilleurs morceaux.
Pour les gourmets, c'est le caviar des Provençaux.
Puis tu tranches la tête et la fends en longueur,
Coupe l'alose en darnes de deux doigts d'épaisseur.
Tu auras pris chez un compère jardinier
Une brassée d'oseille, des épinards triés.
Tu vas hacher ces herbes assez grossièrement:
Elles vont te servir en accompagnement.
Tu prends une cocotte, mais une vrai, en fonte!
Des cocottes-minute n'accepte pas la honte.
Tu graisses bien le fond, mais à l'huile d'olive
C'est le nec plus ultra, faut pas que tu t'en prives.
Au tonneau de vin blanc, tu remplis un cruchon,
Puis tu places la tête, ouverte, sur le fond.
Tu recouvres d'un lit d'oseille et d'épinards
Sel, poivre noir, muscade, va-z-y, sois pas flemmard.
Tu dois y mettre aussi des oignons émincés,
Certains cuistots rajoutent... oui, du petit-salé.
De ton huile d'olive, une bonne giclée
Car pour ta réussite c'est là l'une des clés.
Mets tes darnes à plat, sur l'herbe, bien serrées,
Qu'elles ne bougent pas quand ça va macérer.
Un autre lit d'oseille, encore un de poisson
Chaque fois sel et poivre et de l'huile, un soupçon.
Lorsque tout est placé, bien délicatement,
Tu poses sur le tout les œufs avec leur poche.
N'aie pas peur de forcer sur l'assaisonnement
Car ce n'est qu'un poisson, et pas de la bidoche.
On atteint maintenant un moment crucial,
Pour réussir ton plat, voilà le principal:
Tu arroses le tout de trois verres de gnole.
Des verres de soiffards, pas des verres symboles.
Enfin tu mouilles avec du blanc sec de Laudun,
Mais pas trop tout de même: ce qui est opportun.
Tu fermes ta cocotte bien hermétiquement
Avec la mie de pain mouillée légèrement.
Arrive maintenant le temps de la cuisson,
Sa longueur fondra les arêtes du poisson.
C'est sous la cendre chaude, dans un cantoun de l'âtre
Que doit cuire l'alose, dans les braises rougeâtres.
Cuit-la huit heures au moins d'une chaleur tranquille
Le tout sera confit. Une alchimie subtile
Des herbes et de l'alcool dissoudra les arêtes.
Petit, sers-moi à boire, ou sinon je m'arrête!
C'est un plat rituel pour tous les gens du Rhône.
Enfin, écoute-moi: l'alose est très friponne,
Après tout le plaisir qu'elle te donne à table
Elle fera de toi un gaillard redoutable!
Tu seras comme un cerf quand résonne son brame:
Ce plat est souverain... pour le bonheur des dames.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Deux belles aloses d'un kilo et demi chacune, - un kilo d'oseille, - un kilo d'épinards en branches ou - mieux - de vert de blettes, à défaut, de la laitue, - trois oignons émincés, - 2 hectos de petit-salé haché, - deux verres d'huile d'olive, - trois cuillerées à soupe de sel fin, -poivre noir du moulin, - muscade (à votre appréciation, mais généreusement), - une bouteille et demi de vin blanc sec, - trois verres d' "aigarden" (eau-de-vie).

Les vins conseillés:

Ce plat de poisson à la saveur puissante, animale, s'accommode parfai-tement de vins blancs ayant du caractère:
Côtes-du-Rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Châteauneuf-du-Pape.
Coteaux du Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette de Bellegarde.
Côtes de Provence de Palette, Coteaux varois de Salernes, Saint-Maxi-min, Bellet.
Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du-Rhône d'Estézargues, Coteaux-d'Avignon, Chusc1an, Roche-gude, Saint-Mau-rice-sur-Aygues, Sablet. Costières de Nîmes. Coteaux du Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Coteaux varois de Tourves, Barjols, Nans-Ies-Pins.