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14/03/2009

V'là le printemps! Ah, la bonne heure!


culheure.jpg

Charles Cros : Sonnet du trou du cul

Obscur et froncé comme un œillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d'amour, qui suit la fuite douce
Des fesses blanches jusqu'au cœur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
A travers de petits caillots de marne rousse,
Pour s'aller perdre où la pente les appelait.

Mon rêve s'aboucha souvent à sa ventouse;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C’est l'olive pâmée et la flûte câline,
C'est le tube où descend la céleste praline,
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos!


1871- in Album Zutique

09/03/2009

Femme, femmes FEMMES !

lamazou femmes.jpg



Femme maîtresse
Ouverte, offerte sous les caresses
Femme mère
Créatrice de la vie sur terre
Femme putain
Désir de soie et de satin
belle noire.jpg


Femme dirigeante
Intuitive et compétente
Femme politique
Courageuse et démocratique
Femme enfant
Que l’on protège et l’on défend
Femme salope
Qui fait jouir et rend myope
Femme avide
Calculatrice, sans cœur et cupide
Femme sorcière
Envoûtante, sournoise, incendiaire
belle diablesse blingee copie.jpg

Femme lesbienne
Délicate et altière clitoridienne
Femmes battues
Femmes vendues
Victime des stupides couillus
Femmes voilées
Femmes enfermées
Femmes niées
Femmes lapidées
Femmes brûlées
Femmes massacrées
Au nom d’un obscurantisme borné
trique moslim.jpg

Femme, femmes FEMMES !
Vous êtes des Humains pour le meilleur et pour le pire
Je vous respecte, je vous adore et je vous aime !


01/03/2009

A s'en faire pêter l'embouligue!

Coq au vin copie.jpg
Le coq au vin de Ginette et Nicole

- « Allez, Zou ! Viens mon beau. On va tuer le coq! »
C'est ainsi que Ginette, femme du Pays d'Oc
Fit de moi son complice pour saigner "Pyjama"
Et en faire une fête pour tous nos estomacs.
- « Il honore mes poules, mais il me les esquinte.
C'est "viol avec violence", si elles portent plainte! »
Je tiens solidement Pyjama par les pattes
Et lui bloque les ailes pour qu'il ne se débatte,
Elle lui tend le cou sur une casserole
Et plante franchement l'Opinel à virole.
Le sang de Pyjama s'écoule volontiers,
Un grand frémissement et il meurt sans crier...
Telle est la dure et saine loi de la nature :
Tout être est prédateur mais aussi nourriture !
En quatre mouvements, Pyjama est plumé,
Vidé et nettoyé, puis flambé et coupé
En solides portions et mis à mariner
Dans un Cairanne rouge où l'on a ajouté
Oignons piqués de clous de girofle et carottes,
Quelques baies de genièvres, sel, poivre et pas de flotte.
On laisse reposer au frais, toute une nuit.
Au matin on sort les morceaux que l'on essuie.
Au fond d'une sauteuse ou mieux d'une... cocotte,
Faites mousser du beurre dans de l'huile bien chaude,
Et faites-y dorer vos morceaux de volaille
Avec un peu d'oignon et quelques gousses d'ail.
Saupoudrez sur la fin avec de la farine
Toujours en remuant. Faut pas que ça calcine.
Flambez alors le tout avec un Armagnac,
Un marc de Châteauneuf ou bien un bon Cognac.
Puis vous passez dessus le jus de marinade,
Poivre, bouquet garni, sel (pas comme un malade).
Montez alors jusqu'à petite ébullition
Et cuisez doucement. La durée est fonction
De ce qu'est le bestiau. Pour Pyjama trois heures
Mais pour un coq d'hyper entre une et deux heures.
Préparez quelques cèpes, frais ou secs mais trempés,
Vous les sautez dans l'huile, les poivrez, les salez,
Puis vous les rajoutez à la préparation
Demi-heure avant la fin de votre cuisson.
À votre liaison il faut alors penser:
Sortez un verre de sauce, laissez-là reposer,
Puis battez-la avec jaune d'œuf et vinaigre,
De la farine en pluie. Fouettez d'un ton allègre!
Si vous l'avez gardé, vous rajoutez le sang.
Incorporez le tout dans le jus frémissant.
C'est prêt. Sans plus tarder arrêter le réchaud.
Vous buvez un canon et vous servez très chaud.
Avec des tagliatelles ou des pommes vapeur,
Et un bon Châteauneuf, on atteint le bonheur!
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.


Ingrédients et proportions pour six personnes

Le coq au vin est un plat qui doit mijoter. Il s'accommode donc parfaite-ment d'une volaille ayant de l'âge. Il faut une viande qui tienne aux os, et des os solides. Il vous faut donc:
Pour la marinade: - l coq ancien de deux kilos, - 2 bouteilles de bon vin rouge A.a.C., - 2 oignons pour la marinade, - 1 demi kilo de carottes coupées en rondelles, - 4 clous de girofle, - l dizaine de baies de geniè-vre, - 2 cuillerées de gros sel, - poivre du moulin.
Pour le plat: - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - gros comme un œuf de beurre, - l oignon émincé, - 3 gousses d'ail, - un peu de farine, - l verre d'Armagnac, Cognac ou Marc de Provence, - l bouquet garni, - l cuillerée à soupe de sel fin.
Pour la sauce: - 1 jaune d' œuf, - l demi-verre de vinaigre de vin, - 2 cuillerées à soupe de farine, - le sang du coq si vous l'avez gardé, - 1 sachet de cèpes secs mis à tremper.

Les vins conseillés:

Pas de demi-mesure pour le coq au vin: les meilleurs rouges de la vallée du Rhône: Côtes-Rôties, Hermitage, Croze-Hermitage, Saint-Joseph, Châteauneuf-du-Pape, Lirac, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Saint-Gervais, Séguret, Vinsobres, Visan, Sainte-Cécile-Ies- Vignes, Cornillon. En Coteaux du Languedoc, les vins chaleureux de Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Corbières, Fitou.
Les Côtes du Roussillon "Villages" de Belesta, Estagel, Maury, les Col-lioure.
Les vins de Provence Coteaux des Baux, Palette, Bandol évidemment, Les Arcs, les grands rouges de Bellet.


28/02/2009

Ouiquinde sous le signe de CUPIDON ! Apolinnaire

beaucul.jpg


Boulangère jadis qui respiriez l’amour
Peloteuse de couilles
Vous souvient-il des années et des jours
Remplis par ma gidouille

Mon jeune braquemart allait aux galions
Que recelaient vos fesses
C’était mon vit mortaise et votre cul tenon
Jointés avec adresses

Le foutre ruisselait par la boulangerie
Où vous étiez captive
Et j’eusse en vain cherché dans la rue des Martyrs
Fesses plus bandatives

Guillaume Apollinaire (1880-1918)

22/02/2009

Ouiquinde sous le signe de CUPIDON et DIONYSOS !

la lionne feeblinger.gif



Nicole

Dans la chambre au fenêtres closes
La vue de sa peau dénudée
Plus enivrante que la rose,
Plus somptueuse que l’orchidée,

Met mon cœur et mon corps en transes
Depuis ce si beau jour d’été
Où le ciel m’a donné la chance
D’avoir l’honneur de la goûter.

Nicole est une fleur sauvage
Que j’eus le bonheur de cueillir
Dans les dunes, près des rivages

Où Phébus la faisait fleurir.
Depuis ce jour je suis ravi :
C’est elle l’amour de ma vie.


La bourride de La Lionne

— Compagne de ma vie en restant ma maîtresse
Elle mêle à souhait la fougue et la tendresse.
Sa peau de soie moirée, ses yeux de velours vert
Sa grâce de félin sensuel et pervers,
Le dangereux désir qui effraie et passionne
Font que je la surnomme, fièrement, La Lionne.
— Oh ! Victor ! Cette fois t’es mordu ! Qui l’eût cru ?
T’as pas peur, quand tu dors, qu’elle te bouffe cru ?
Il faut se méfier des mantes religieuses :
Elles croquent leurs mâles lorsqu’elles sont heureuses !
— Vivre heureux même si c’est dangereusement
Tel a toujours été le credo des amants.
Et puis, si ses étreintes sont longues et torrides,
Pour manger, elle préfère encore la bourride !
— A queste co, Victor ! Voilà qui est rassurant
Car il faut savoir fuir un amour dévorant.
Maintenant sa bourride, qu’elle en est la recette ?
— C’est, en un peu plus riche, la bourride de Sète.
Première opération, prépare un court bouillon :
Deux carottes, un poireau, du fenouil, deux oignons,
Plus un zeste d’orange, du laurier et du thym,
Fleur de sel de Camargue et poivre du moulin.
Un litre et demi d’eau, demi litre de blanc
De Laudun ou Pujaut, quelques brins de safran.
Mets la tête d’un congre, deux poignées de favouilles,
Fais cuire vingt minutes, à feu vif, que ça bouille.
Passe au presse légumes, puis exprime au torchon.
Pendant que ça tiédit, fais péter un bouchon.
Dans ce jus, mets ta lotte dix minutes en cuisson.
Tes loups et ton colin débités en tronçons
Tu les rajoutes alors, mais pas comme une brute,
Et les cuis en faisant frissonner dix minutes.
Retire les poissons que tu réserves au chaud,
Tu reprends ton bouillon et le passes à nouveau.
Pendant que ça cuisait tu as fait l’aïoli,
Soit généreux car en manquer est impoli,
Pour la changer en rouille, une fois qu’elle est faite,
Tu vas incorporer du piment d’Espelette,
Ça va te la muscler et te la colorer.
En deux portions égales tu vas la séparer :
La moitié dans un bol, pour manger le poisson,
L’autre te servira à lisser le bouillon.
Dans une casserole, pour cela incorpore
Deux ou trois jaunes d’œuf. Tu dois tourner encore
En versant doucement le bouillon toujours chaud.
Tu remets à feu doux sur le bord du réchaud
Et tu tournes comme pour une crème anglaise.
Quand la cuillère nappe, ton bouillon est à l’aise.
Tu mets dans les assiettes quelques croûtons dorés,
Frottés d’ail et couverts avec la rouille ambrée,
Que chacun mouillera comme il veut de bouillon
Et tu sers à côté le plat de tes poissons.
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

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Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour le bouillon: - 6 carottes, - 3 poireaux, - 3 oignons piqués de clous de gi-rofles, - 3 branches de fenouil, - 1 gros bouquet garni, - l zeste d'orange, - 3 cuillerées à soupe rase de sel de Ca-margue, - safran, - 2 têtes de congre, - 1 kilo de petits crabes (appelés favouilles en Provence), - 1 litre de vin blanc sec.
Pour les poissons: - 3 queues de baudroie (appelées aussi lotte) coupées en tron-çons épais, - 3 loups (appelés encore bars) coupés en darnes, - 6 darnes de colin.
Pour la rouille: - 1 demi litre d’huile d'olive, - 6 gousses d'ail, - 1 jaune d' œuf.
- 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - sel.
Pour la liaison: - 6 jaunes d'œuf.
Pour le service: - croûtons de pain séchés au four et frottés d'ail.

sexy en voiture.jpgLes vins conseillés:

La bourride fait bon ménage avec tous les vins blancs secs de la vallée du Rhône: Côtes-du-Rhône, Coteaux-du-Tricastin, Coteaux-du-Diois, Coteaux-du-Luberon, Côtes-du-Ventoux, Costières-de-Nîmes.
En vins du Languedoc: Picpoul-de-Pinet, blancs de La Clape.
En vins de Provence: Cassis, Palette, Coteaux-d'Aix.



15/02/2009

Laissons exulter les corps! Après le coeur et le cul, le VENTRE!

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La gardiane camarguaise

Tout Provençal se doit, au moins une fois l'an,
D'aller se ressourcer, reprendre son élan,
De mettre le vaisseau de sa vie au grand largue
Dans l'eau, le sel, le vent, le soleil de Camargue.
Terres demi noyées, secouées de mistral
- Jumeau du fleuve-dieu, fleuve d'air magistral - -
Pétries et façonnées par le Rhône et la mer,
Puis soudain ravagées par le fleuve en colère.
Terres où le soleil fait naître des mirages,
Terre où le sol et l'onde hésitent leur partage,
Terres de solitude, rivages de naufrage,
Qui mesurent les hommes à l'aune du courage.
Digues, lônes, marais, étangs, sables mouvants,
Boue sèche et craquelée, cristaux étincelants
Du sel sur la sansouire, faisceaux arachnéens
Des tamaris en fleurs d'où s'envolent soudain
Des millions d'oiseaux venus d'ailleurs lointains,
Royaume incontesté des flamands africains.
Terre des chevaux blancs et des taureaux sauvages,
Où Mitrhra règne en dieu depuis le fond des âges.
Il faut voir la Camargue lorsque 1 'hiver l'étreint
Lorsque le ven terraù sauvage court sans frein,
Lorsque les Camarguais déplacent la manade:
Des milliers taureaux menés en cavalcade.
Conduits par cent gardians, par cent puissants centaures
Défile l'infernal troupeau de minotaures,
Taureaux noirs, chevaux blancs, aux narines fumantes
Remplissent la contrée d'une clameur géante.
Taureaux dont les meilleurs combattront dans l'arène
Face aux hommes, mains nus, que leur fierté entraîne
Entre les noirs poignards. Pour la rouge cocarde
Et les yeux d'une belle, ils défient la Camarde!
Certains de ces taureaux, à l'ardeur légendaire,
Adulées tels des dieux par la gent populaire,
Sont enterrés debout et ont leur mausolée,
Comme le grand Goya (1), l'immense Sanglier (2).
Ceux qui n'ont pas le sang pour les j eux et la gloire
Termineront leur vie dans une rôtissoire,
Car en mangeant Mytrhra, les Provençaux dévorent,
Avec sa chair, sa force. Et, ce faisant, l’honorent.
Cette hostie des gardians s'appelle "La gardiane".
— Oh ! Victor. Et alors, on les coupe ces couennes?
— Bien sûr, petit, mais je voulais que tu comprennes
Que c'est un plat sacré, et qu'il en vaut la peine.
Fais mariner trois tranches de taureau bien épaisses
Dans le l'huile d'olive. Rajoute avec largesse
Poivre et clous de girofle, ail, oignon, thym, laurier.
Laisse toute la nuit, comme pour du gibier.
Au fond de ta marmite, en fonte uniquement,
Dispose quelques couennes, de porc évidemment,
Sur lesquelles tu places une première tranche.
Couvre avec de l'oignon et de l'ail effilés,
Carottes en rondelles et du persil en branche,
Sel, poivre du moulin, un anchois en filets.
Tu fais ainsi trois couches. Enfin, pour terminer,
Zeste d'orange séché, girofle, laurier, thym,
Puis tu mouilles avec six grands verres de bon vin,
Du Costières de Nîmes, rouge carabiné.
Met ta marmite au four, fermée soigneusement,
Et fais cuire cinq heures, doucement, lentement.
Ce taureau parfumé, tendre, confis, moelleux,
Découvre-le sur table, et accompagne-le
D'une jatte fumante de long riz camarguais.
Dans les verres tu sers un Gallician bien gai.
Mais attention, petit, le riz est un plat riche,
N'en fais pas - c'est courant - de la colle d'affiche.
Pour qu'il ne colle pas, tu dois bien le laver,
C'est donc tout l'amidon qu'il te faut enlever.
Dans une jatte creuse ou un plat similaire,
Tu frottes entre tes mains le riz dans de l'eau claire,
Tu changes et recommences dès que ton eau blanchit,
Après quoi tu égouttes, tu bois et réfléchis:
Il y a plusieurs façons de cuire le riz blanc,
Comme les Espagnols, comme les Catalans,
Comme les Vietnamiens ou comme les Créoles,
Surtout pas comme les Français de métropole!
À Saïgon ou Vientiane, à Pnom Pen ou... Paris
C'est deux mesures d'eau par mesure de riz,
Tu couvres quand ça bout et tu réduis la flamme,
Si ça attache au fond, tu n'en fais pas un drame,
Tu ne sales pas l'eau, tu ne remues jamais,
Et tu laisses gonfler en tenant bien fermé.
Mais comme à Fort-de-France ou bien à Pointe-à-Pitre,
Tu fais bouillir ton riz dans de l'eau, plusieurs litres,
Légèrement salée. Quand c'est cuit tu égouttes,
Puis tu réserves au chaud, du beurre tu ajoutes.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc
Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.


Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Trois tranches épaisses de taureau à braiser, environ un kilo, - 4 ou cinq couennes de porc, - 1 kilo d'oignons paille émincés, - 2 têtes d'ail éplu-chées et également émincées, - 1 kilo de carottes découpées en rondel-les, - 4 ou 5 branches de persil non frisé, - 3 anchois en filets, - 3 verres d'huile d'olive, - 3 cuillerées à soupe de sel de Camargue, - poivre noir du moulin à la demande, - 6 clous de girofle, - 4 feuilles de laurier, - 3 cuillerées à soupe de sommités sèches de thym ou 3 ou 4 belles bran-ches de thym frais, - 1 zeste d'écorce d'orange séché, - 1 bouteille de bon vin rouge, - 500 grammes de riz long de Camargue.

Les vins conseillés:


La gardianne est un plat de haut goût qui demande des vins rouges puissants, épicés, tanniques. De grands Costières de Nîmes, comme
les Gallician font parfaitement l'affaire. Mais on l'accompagnera éga-lement avec bonheur d'un Côtes-du-Rhône de Saint-Joseph, d'un Croze-Hermitage, d'un Vacqueyras, d'un Gigondas, d'un Lirac ou d'un des nombreux crus "Villages" des Côtes-du-Rhône.
En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Mi-nervois, Fitou, Collioure.
En vins de Provence: Bandol, Bellet, Palette, Pierrefeu, Gonfaron.

(1) (2) "Goya ", "Sanglier": noms de taureaux cocardiers célèbres. "Goya" a une statue à Beaucaire, "Sanglier" un mausolée à l'entrée de Le Cailar, en Camargue.


26/12/2008

Pour se purger les boyaux de la tête!

George Sand.jpgAprès s'être tapissé copieusement les tripes de sauces chaudes et onctueuses, après s'être joyeusement fait plaisir à la viande, nettoyons nous les boyaux de la tête avec ces perles de l'esprit!





LETTRE COQUINE DE SAND À MUSSET

Cher ami,
Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon ou je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourrez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.
Votre poupée...


Alfred-de-Musset.jpgLettre à laquelle Musset répondit ainsi:

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

Musset



23/11/2008

Pour oublier les cuisines électorales, du solide: le canard à l'orange!

Canard orange pour web.jpg


Le canard à l'orange de Daniel Goloubinsky

Un souvenir marquant de ma plus tendre enfance,
Sur les rives du Rhône, au cœur de la Provence,
Me revient en mangeant ce morceau de canard.
Il est vrai que mouflet, petit, j'étais veinard,
Un père pâtissier, des oncles paysans:
Des volailles, des fruits, du pain et des croissants.
En cette période les tickets et rations,
Étaient le lot commun de ma génération,
Et manger à sa faim était un grand bonheur,
Surtout lorsque c'était proprement, dans l 'honneur.
Pour faire les vendanges, les foins ou les moissons,
Toute notre tribu œuvrait à l'unisson.
Pour clore les travaux, ces as de la fourchette
Partageaient à la ferme un grand repas de fête.
Des temps durs à passer pour les canards muets,
Vedettes des agapes, entourés de navets!
En soufflant autant qu'eux, l'oncle Gus les coursait,
Et hurlait de victoire lorsqu' il les saisissait.
Il sortait de sa poche deux morceaux de ficelle
L'un pour bloquer les pattes et l'autre pour les ailes.
Puis Mamé arrivait et tenait le bestiau
Serré entre ses jambes. Le cou sur le billot
Ondulait, se tordait comme font les couleuvres.
L'oncle, tel un exécuteur des hautes œuvres,
Brandissait sa cognée au-dessus de sa tête
Pour l'abattre en sifflant sur le cou de la bête.
Tandis qu'un flot de sang jaillissait par la plaie,
Le canard, libéré, sautait, courait, volait.
Alors, poules et coqs, en se crêpant la crête,
Tout autour de la cour, se disputaient la tête.
Nous, nous applaudissions et trouvions pittoresque
Ce spectacle banal, bien que grand-guignolesque!
Et voilà donc, petit, les souvenirs étranges
Sortant de ce morceau de canard à l'orange.
Daniel Goloubinsky, plumitif humaniste,
Est allé ad patres, pourtant ce n'est pas triste:
Au paradis il est copain avec Bacchus
Et apprend la cuisine auprès de Lucullus!
Il paraît qu'il prépare aux dieux, aux saints, aux anges
Son morceau de bravoure: le canard à l'orange.
— Bon, allez, Zou !, Victor, ce canard, on le fait ?
— Dès que j'aurais goûté ce beau Tavel bien frais,
La menteuse arrosée, la recette va suivre !

Prenez un canard jeune de trois ou quatre livres,
Vous salez et poivrez normalement la bête
(Vous savez comment faire depuis belle lurette),
Cuisez-le à la broche, récupérez le jus
Car sans cet ingrédient, la recette est fichue.
La cuisson ne doit pas être par trop poussée
Car cuisses et filets doivent rester rosés.
Vous dégraissez le jus, l'allongez de bouillon,
En tournant vous portez à l'ébullition,
Vous liez avec un peu de maïzena.
Maintenant écoutez, les mecs et les nanas:
Le secret de Daniel réside dans le zeste,
C'est lui qui donnera les fragrances célestes
Parfumant le canard d'un goût de poésie.
Par lui le plat sera raté ou réussi.
Prélevez tout le zeste d'une jolie orange,
Pas le blanc spongieux, seule la croûte orange!
Coupez soigneusement en bâtonnets très fins
Que vous faîtes blanchir une minute afin
De les bien attendrir. Jetez-les dans la sauce
Avec le jus pressé d'une orange assez grosse.
Découpez le canard fumant et croustillant,
Servez à part le jus brûlant dans sa saucière.
De mon ami Daniel, telle était la manière
De préparer ce plat succulent et brillant.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Une beau canard de 2 kilos paré de bardes de lard et ficelé, salé et poivré, - 2 tasses de bouillon de volaille, - le zest d'une orange entière, - le jus de cette orange (si vous trouvez des oranges bigarades, c'est encore mieux), - l cuillerée à soupe de maïzena.

Les vins conseillés:
Ce plat aux goûts très délicats demande des vins rouges subtils.
En vins de la vallée du Rhône: Côte-Rôtie, Hermitage, Crozes-Hermi-tage, Séguret, Visan, Puyméras, Faucon, Piégon, Richerenches, Tulette, Sainte-Cécile-Ies-Vignes, Valréas, Bourg-Saint-Andéol, Orsan, Saint-Gervais, Ruoms.
En vins du Languedoc: Minervois de Ginestas, Limouzis, Sallèles, Cabrespine ; Saint-Chinian de Ferrières-Pousarou, Murviel-Ies-Béziers, Vieusan.
En vins de Provence: Bandol évidemment, Côtes-de-Provence de Bouc--Bel-Air, Le Beausset, Cabasse ; Coteaux varois de Pontévès, Rocbaron, Sainte-Anastasie.


16/11/2008

C'est dimanche, un plat impérial: farcissez la vulve!

Bérénice

cléopatre.jpg


Titus désirait tant la belle Bérénice
Que, des Romains, il la rêvait impératrice.
L’empereur, pour ses yeux de geai, se consumait,
Elle était étrangère et pourtant il l’aimait.

La rondeur de ses seins, la courbe de ses hanches
Sa crinière d’ébène, sa carnation si blanche
Enflammaient, du monarque, et les jours et les nuits.
Cette princesse juive, il la voulait à lui.

Mais c’était faire fi du racisme borné
Qui se dressa dans Rome contre cette hyménée.
Elle fut rejetée par le peuple et la cour,

Et Titus dût choisir : son trône ou son amour.
Tout empereur qu’il fut, il dût rendre les armes,
Noyant sa vie gâchée dans un torrent de larmes.


Les vulves de truies farcies

— Tout empereur qu’il fût, ton Titus est un âne !
Lui sait comment séduire une aguichante ânesse,
Comment en obtenir les plus tendres caresses
En l’emmenant brouter les meilleures avoines !
— Tu as raison, petit ! Pour avoir Bérénice,
Pour avoir le bonheur de goûter sa peau lisse,
Pour entrer dans son lit et croquer ses appâts
Il eût dû mitonner, pour elle, un bon repas !
Sur un grand triclinia mollement allongés
L’empereur et sa belle auraient alors mangé
Pour se faire la bouche un grand plateau d’oursins,
Des huîtres de Lucrin et de légers gressins.
Grillées dans l’ail pillé, des darnes de murènes,
Les meilleures étant nourries de chair humaine.
Puis un mulet farci de prunes, d’abricots,
Poché dans du garum et du lait de coco.
Pour réchauffer les sens et délier les langues.
Viendrait un foie gras d’oie à la crème de mangue,
Des foies de rossignols, des cervelles de paon,
Des escargots au lait. Des trompes d’éléphants
Que l’on servait braisées dans un bouquet de menthe
Dont chacun reconnaît les vertus excitantes.
Puis on aurait servi des talons de chameaux
Que l’on confit longtemps dans un jus de pruneaux.
Des becfigues farcis d’une rabasse noire
Sur des fonds d’artichauts venus des bords de Loire.
Tout ceci n’est qu’hors-d’œuvre, simplement des gustus
Accompagnés de vins au miel et au lotus.
Titus aurait troublé l’esprit de sa convive
En commandant un corps de danseuses lascives,
Des gladiateurs nus luttant avec ardeur
Dont les muscles huilés dégageant une odeur
De mâles étalons à têtes d’Adonis
Auraient fort excité la belle Bérénice.
Serait alors venu le temps de la cena
Qui est chez les Romains le temps fort du repas.
Mais parmi tous les mets que les Romains révèrent
C’est la vulve de truie farcie que tous préfèrent.
— Eh ! Oh ! Dis donc, Victor, il sont fous tes Romains !
Car pour cuisiner ça, faut en avoir un grain !
— Ne croit pas ça petit, ce plat était célèbre
Dans cet immense empire, du Tigre jusqu’à l’Ebre.
— Pour te farcir ces vulves, Victor, comment tu fais ?
— Sers-moi d’abord à boire, je suis trop assoiffé.
Tu haches, de la truie, un morceau de ventrèche
Ou bien d’échine grasse, mais pas de viande sèche,
Deux têtes de poireaux épluchées jusqu’au blanc,
Tu piles au mortier cumin et poivre blanc
Ajoute du garum et des feuilles de rue
Mais attention le nez car l’un et l’autre puent !
Tu mélanges le tout pour en faire une farce
Qui te sers à garnir la vulve de la garce
Tout en y ajoutant du poivre noir en grains,
Un soupçon de cumin et des pignons de pin.
Par du fil à brider, tu couds les orifices.
Pendant tout ce travail, tu prépares à l’office
Un court bouillon léger parfumé au garum,
Ce nuoc-mam des Romains au si puissant arôme,
Un peu d’huile d’olive et un bouquet garni,
Quelques graines d’aneth et de l’oignon bruni.
Tu y poches tes vulves vingt à trente minutes.
C’est le plat préféré des patriciens en rut !
A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 2 vulves de truie d'ampleur convenable, - 9 hectos d'échine grasse de cochon, - 6 têtes de poireau, - 3 oignons, - 3 cuille-rées à dessert rase de cumin, - autant de poivre blanc, - autant de graines d'aneth, - 3 cuillerées à dessert bombées de poivre noir en grains, - 3 poignées de pignons de pin, - 12 feuilles de rue (on trouve facilement cette plante dans nos garrigues, on la reconnaît à son odeur forte plutôt fétide), - 6 cuillers à soupe de nuoc mam, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, sarriette, persil plat), - 3 cuillers à soupe d'huile d'olive, - sel, - eau, - fil à brider.

Les vins conseillés:
Tous les vins rosés. En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquiè-res-St-Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St-Victor-la-Coste, Remoulins.
En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint--Christol.
En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux-varois.



02/11/2008

Tonton Georges et la mort

tonton Brassens et son chat.jpg


Georges Brassens
LE FOSSOYEUR


Dieu sait que je n'ai pas le fond méchant,
Je ne souhaite jamais la mort des gens;
Mais si l'on ne mourait plus.
Je crèverais de faim sur mon talus...
Je suis un pauvre fossoyeur.

Les vivants croient que je n'ai pas de remords
A gagner mon pain sur le dos des morts;
Mais ça me tracasse et d'ailleurs.
Je les enterre à contrecœur...
Je suis un pauvre fossoyeur.

Et plus je lâchera bride à mon émoi.
Et plus les copains s'amusent de moi;
Y me disent: "Mon vieux par moments.
T'as une figure d'enterrement..."
Je suis un pauvre fossoyeur.

J'ai beau me dire que rien n'est éternel,
Je peux pas trouver ça tout naturel;
Et jamais je ne parviens
A prendre la mort comme elle vient...
Je suis un pauvre fossoyeur.

Ni vu ni connu, brave morte adieu!
Si du fond de la terre on voit le Bon Dieu.
Dis-lui le mal que m'a coûté
La dernière pelleté...
Je suis un pauvre fossoyeur.

08:47 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brassens, mort, poésie

01/11/2008

Testament

Buveurs.JPG


de Jean-Victor Joubert de Mairdre
Grand Bramaïre de l'Académie des Amoureux de l’Aïoli


Si je meurs, je veux qu'on me distille
Ma liqueur embaumera la ville
Chaque année mes ptits’enfants ébahis
Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !


Menez ma viande sur le plateau de Sault
Dans la lavande faites tremper mes os
Macérez bien ma queue et mes neurones
Dans un bon vin de la Côte du Rhône.

Si je meurs, je veux qu'on me distille
Ma liqueur embaumera la ville
Chaque année mes ptits’enfants ébahis
Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !


Vous tirerez un demi muy de gnole
Du jus de vie, d'humour, de gaudriole
Puis faites-y macérez mes couillons
Ça donn' un goût qui plait aux vignerons.

Si je meurs, je veux qu'on me distille
Ma liqueur embaumera la ville
Chaque année mes ptits’enfants ébahis
Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !


Vous me ferez reposer à la cave
Entre un Bonneau et un blanc de chez Chave
Comme voisin mettez-moi du Lirac
Du Châteauneuf ou même un bon Paulhac

Si je meurs, je veux qu'on me distille
Ma liqueur embaumera la ville
Chaque année mes ptits’enfants ébahis
Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !


Vous me boirez, ça ne fait aucun doûte
Et m'aimerez juqu'à l'ultime goutte
Quand vous trouss'rez les bell's de votre temps
C'est un peu moi qui prendrais du bon temps !

Si je meurs, je veux qu'on me distille
Ma liqueur embaumera la ville
Chaque année mes ptits’enfants ébahis
Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !

31/10/2008

A mon pote Henri, Grand Trisson de l'Académie des Amoureux de l'Aïoli, ad patres...

Aïoli pour web.jpg


L'Aïoli des Académiciens

Aïoli! Mot sonnant comme un salut gaillard!
D'Avignon à Marseille il est un étendard.
Emblème culinaire en terres de Provence
Il engendre gaieté, amour et pétulance.
Pour unir ceux qui l'aiment, il est avantageux
Tant son parfum puissant éloigne les fâcheux.
L'aïoli est en soi un éloquent symbole
Des valeurs des pays où court la Farandole:
L'or de l'œuf est fortune, rondeur, fécondité,
L'ail est puissance mâle, santé, virilité
Quand à l'huile d'olive, impériale maîtresse
C'est elle l'unité, l'harmonie, la richesse.
L'aïoli est parfait quand fou trissoun ten dré (l),
Quand le pilon de bois, dans la sauce dorée,
Tient droit tel Priape redoutable et vainqueur
Dans l'onctueux parfum qui chavire les cœurs.
L'Académie des Amoureux de l'Aïoli,
Chaque année, réunie en un conclave, élit
Parmi les cuisiniers du pays des cigales
Celui dont la recette lui paraît idéale.
Voici celle que fait, lors de grandes agapes,
Henry Estévenin, de Châteauneuf-du-Pape.
Truculent moustachu, buveur et quintalien (l)
Il est le "Grand Aillé" (2) des Académiciens.
Pour que ton aïoli soit de bonne facture
Tout doit bien être à la même température :
L'huile, l'ail et les œufs, le mortier, le pilon
Sont préparés la veille ou le matin selon
Que tes invités viennent dîner ou souper:
Car voilà un travers qu'il convient de stopper,
On n'est pas dans le nord, c'est à midi qu'on dîne
Et le soir que l'on soupe en terres comtadines!
Pour six convives il te faut douze gousses d'ail
Dont tu ôtes les germes pour faire un bon travail.
Quatre beaux jaunes d'œuf, du sel, du poivre blanc,
Beaucoup de jus de coude et un pichet de blanc.
Le vin, dans l'aïoli, ce n'est pas pour la sauce
Mais pour le cuisinier dont la soif est très grosse!
À l'aide du pilon, dans un mortier de marbre,
Tu écrases en pommade ail et sel, sans palabre.
Tu mets tes jaunes d'œufs et tu tournes, tu tournes,
Qu'aucune distraction, jamais, ne te détourne,
Pendant deux, trois minutes pour tout bien mélanger.
Puis laisse reposer dans un coin ombragé,
Juste le temps de boire deux ou trois bons canons
Avec tes acolytes, devant le cabanon.
Reprend ton appareil et coince le mortier
Entre tes deux genoux, et serre volontiers.
Éloigne les badauds et concentre-toi bien,
C'est là que ça se passe: ou c'est tout, ou c'est rien!
Tu commences à verser ton huile goutte à goutte
En tournant de bon cœur, d'un seul sens, tu t'en doutes.
Si tu suis la recette très rigoureusement,
L'émulsion doit se faire assez rapidement.
Quand l'aïoli a pris, verse en un fin filet
Ta bonne huile d'olive. Mais pas sur ton gilet!
Maintiens ton mouvement régulier jusqu'au bout
Ne mollit pas surtout. S'arrêter, c'est tabou.
Si elle est réussie, elle doit être épaisse,
Onctueuse, dorée, mais pleine de finesse.
Le pilon, en son sein, tient droit sans se vautrer.
Présentant ton chef d' œuvre, dit: "Lou trissoun ten dré" !
Traditionnellement, l'aïoli accompagne
La morue dessalée, seul poisson des campagnes.
Fait-là tremper deux jours dans de l'eau fraîche et claire
Que tu changes souvent sans souci des horaires.
En de belles portions il te la faut trancher,
Juste avant de servir tu la feras pocher.
Fais bouillir à l'avance œufs durs et escargots,
Du chou-fleur, des carottes et de verts haricots,
Des patates, bien sûr, une pleine fourchée
Que, pas plus que les œufs, il ne faut éplucher.
Sers ces aliments chauds dans des plats séparés
Et, trônant au milieu, l'aïoli vénéré.
Que boire avec ce plat? La question reste ouverte.
Sur ce point important, l'Académie concerte.
Du rouge, du blanc sec, ou même du rosé
Si c'est servi bien frais, on peut tout écluser.
Cessons pour aujourd 'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la sauce: - six gousses d'aï!, blanc de préférence, desquelles vous enlever les germes, - deux cuillerées à café de sel fin, - quelques tours de poivre blans du moulin, - deux jaunes d'œuf, - trois-quarts de litre d'huile d'olive vierge extra AO.C. Vallée des Baux.
Attention: faites en sorte que tous ces ingrédients soient à la même tem-pérature. C'est primordial pour prévenir tout ratage (on dit alors, si ce malheur arrive, que l'aïoli a "cagué").
Pour le plat: - un kilo de morue sèche que vous ferez dessaler, - un kilo de carottes, - un kilo de haricots verts, éventuellement quelques bettera-ves rouges, - douze œufs durs, - trois douzaines d'escargots de mer (les "bioù", escargots dont la coquille présente des cornes), - trois douzaines d'escargots des garrigues provençales, - 3 kilos de pommes de terre cui-tes à la vapeur.

Les vins conseillés

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli, autorité incontestée en la matière, a longuement travaillé - verre en main - sur le délicat problème des vins les plus aptes à accompagner l'aïoli.
Le poisson qui en constitue une partie essentielle incite a pencher pour des vins blancs secs. Les légumes cuits à la vapeur appellent des vins rosés. La délicatesse des fragrances de l'huile d'olive s'accomode fort bien de vins rouges charpentés. Mais la puissance de la sauce dominée par l'ail ne s'accomode que... d'eau prétendent certains Académiciens. On ne peut tout de même pas aller jusqu'à de telles extrémités.
Essayez donc des blancs de Cassis, Châteauneuf-du-Pape, Cairanne, Rochegude, Picpoul de Pinet ; des rosés Tavel, Chusclan, Valréas, Vaison-le-Romaine, Côtes-de-Provence; des rouges de Vacqueyras, de Lirac, de Sablet, de Rasteau, de Violès, des Costières de Nîmes.

(1) "Lou trissoun ", c'est le "pilon", la pièce de bois qui sert à piler les ingré-dients dans le mortier et à "monter" l'aïoli. Lorsque la sauce est réussie, "lou trissoun ten dré" - le pilon tient debout dans la sauce ferme et onctueuse.
(2) Quintalien .. personnage de poids, ayant tourné le quintal.
(3) "Grand Aillé" .. grade suprême dans la hiérarchie de l'Académie des Amoureux de l'Aïoli.


29/10/2008

Putain de Camarde...

Putain d'existence... Je viens de revoir un courriel... Un de mes meilleurs potes vient de passer l'arme à gauche...

Je largue momentanément mes arpents de neige pour descendre à Châteauneuf du Pape.

Je lui ai fait un petit acrostiche:

Henri fut un seigneur de la gaieté de vivre
Elégant troubadour, maître du savoir-vivre
Ne refusant jamais une fête, un machon,
Racontant des histoires avec verve et passion
Inlassable organisateur de nos fêtes…
Emule de Bacchus, infatigable athlète,
Sa taille de Silène, sa face rubiconde
Toujours en mouvement, sa verve, sa faconde
Et sa voix de stentor, de chanteur d’opéra
Vainqueur et flamboyant, attirant les hourra…
Et puis surtout l’ami, serviable et sincère
Naturellement bon, solide comme un frère…
Imbécile Camarde qui t’enlève à tes proches
Nous ne t’oublierons pas, Henri, sacrée caboche…




A bientôt.

21:43 Publié dans actualités, poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : mort

26/10/2008

Le civet de sanglier de Sébastien et Magali

civet sanglier.jpg


Il y a trois jours, mon voisin m'a apporté une superbe rouelle de sanglier, sanguinolente à souhait. Alors, aujourd'hui, on va se faire un machon solide, accompagné de cèpes, de charbonniers et de sanguins!


Mon ami Sébastien, redoutable tueur,
Utilise son temps, son flair et sa sueur
À courir les forêts, les bois et les broutières,
À sauter les ruisseaux des terres de Lozère
Pour traquer, débusquer, viser et fusiller
Son gibier préféré: le cochon sanglier.
Dès que pointe le jour vrombissent les quat'quatres
Où piaffent les chasseurs équipés pour combattre,
Montent les hurlements des meutes carnassières
Serrées dans des remorques, dans des malles arrières.
La battue se déploie par chemins et sentiers,
S'efforçant de boucler le massif forestier
Où laies et marcassins, cochons et sangliers
Commencent à gratter le sol d'un pied inquiet.
Le journée sera rude pour la bête à poil dur
Quand, poussées par les chiens hors des fourrés obscurs,
Pour tenter d'échapper à la meute hurlante,
Ses courses, à découvert dans les clairs et les pentes,
L'amènent à croiser les chemins et les sentes
Qui sont autant d'affûts où les fusils l'attendent.
Les coups de feu éclatent à travers la nature.
Si la bête s'échappe, on reprend les voitures -
Pour lui couper la fuite au bord d'une autre route.
Parfois le sanglier met la meute en déroute,
Quand, acculé, blessé, forcé hors de son antre
Il se rue sur les chiens qu'il piétine et éventre.
Très souvent Sébastien, heureux bien que fourbu,
S'en retourne bredouille, au soir de la battue.
Mais lorsqu'un animal est tombé sous les balles,
Il faut voir son sourire, son allure martiale
Lorsqu'il brandit sa part de viande dépecée
Qu'il — fier comme Artaban — offre à sa fiancée.
Alors, tranquillement, avec ses doigts d'artistes
Dégoulinant de sang, Magali entre en piste.
Pour faire un bon civet, l'épaule ou le cuissot
Sont des pièces de choix. Coupez-les en morceaux
De taille conséquente. Récupérez le sang
Qui, pour lier la sauce, est bien intéressant.
Gardez-le au frigo pour qu'il ne se dégrade.
Préparez ce qu'il faut pour votre marinade.
Celle de Magali est un poème en soi:
Quatre, cinq oignons moyens, cévenols ou niçois;
Cinq ou six gousses d'ail et autant de carottes;
Un bouquet de persil; céleri, feuilles, côtes;
Du thym et du laurier; un peu de noix muscade;
Une écorce d'orange et quelques grains de cade;
Du poivre du moulin; du gros sel de Camargue.
Deux litres de Côtes-du-Rhône d'Estézargues,
Un verre d'huile d'olive et deux de bon vinaigre.
Vous cuisez demi-heure à feu vif et allègre.
Rangez le sanglier au fond d'un pot en grès,
Un grand verre de marc pour rendre du degré
À votre marinade versée, chaude, dessus.
Le pot, au frais trois jours, recouvert d'un tissu
Est alors le théâtre d'une superbe idylle
Entre les ingrédients. Une alchimie subtile
Va attendrir la viande, sublimer les parfums
Et les goûts de gibier du sanglier défunt.
Quand, le jour du repas, l'aurore aux doigts de roses
Du sommeil des Buveurs dissipe les hypnoses,
Vous sortez et séchez à l'aide d'un torchon -
Les morceaux marinés de viande de cochon.
Séparez au chinois légumes et liquide.
Petit, sers-moi un verre, j'ai le clapoir acide!
Dans de l'huile d'olive, au fond d'une toupine
Votre petit-salé embaume les narines.
Rajoutez en tournant les légumes essorés,
Puis intégrez la viande que vous faites dorer.
Mouillez alors avec le jus de marinade,
Et cuisez à feu doux, cinq heures, à l'estouffade.
Il faut voir le sourire heureux de Sébastien
Quand Magali apporte, de son pas aérien
Son plat qu'elle découvre, très fière, sur la table
Exhalant en volutes des parfums admirables.
Ce chef-d'œuvre requiert, pour de grande agapes,
Rien moins que le meilleur des Châteauneuf-du-Pape.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la marinade: - 4 oignons moyens coupés en quarts et piqués de clous de girofle, - 6 gousses d'ail écrasées, - 6 à 8 carottes en tronçons, -l bouquet de persil grossièrement coupé, - l pied de céleri côtes et feuilles, grossièrement coupées, - l gros bouquet de thym, - 6 feuilles de laurier, - l douzaine de grains de genièvre, - 2 poignées de gros sel de Camargue,
- l cuillerée à soupe de poivre noir du moulin, - noix de muscade, - l écorce d'orange séchée, - l verre d'huile d'olive, - 2 verres de bon vinaigre, - 2 litres de bon vin rouge. N'oubliez pas de cuire cette mari-nade et de la verser chaude sur les morceaux de sanglier avant de laisser reposer trois jours.
Pour le plat: - l cuissot ou l épaule de sanglier, - le sang récupéré ou l verre de sang (à demander à votre boucher), - l verre d'huile d'olive, - 250 grammes de petit-salé coupé en dés, - les légumes essorés de la marinade cuite, - le jus de la marinade.

Les vins conseillés:

Le civet de sanglier préparé de cette manière est un plat somptueux, à la fois puissant et très parfumé. Il faut donc des vins à la hauteur.
En vallée du Rhône: Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Lirac, Vacqueyras, Cornas, Hermitage, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph, Côte-Rôtie.
On peut également l'accorder avec bonheur à de vieilles bouteilles de Cairanne, Visan, Séguret, Valréas, Gallician.
En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure, Maury.
En vins de Provence: Bandol, Palette, Pierrefeu, Puyloubier, Cabasse, La Cadière-d'azur, vins de Bellet.





18/10/2008

Les cèpes farcis de La Lionne

cèpes farcis copie.jpg



Quand août éteint ses feux vient le temps des vendanges
De Cornas à Ampuis, de Tavel à Orange
Les garçons et les filles, en colles qui trépignent
Cueillent avec ardeur les raisins dans les vignes.
Ils coupent en riant les grappes de soleil
Et les foulent en jus d'opale ou de vermeil
Que tous les vignerons, dans l'ombre des caveaux
Transmuteront en vins gouleyants et nouveaux.
Et c'est aussi le temps où sur les hautes terres
Du Ventoux, de Provence, d'Ardèche ou de Lozère
Dans les sombres forêts que cerfs et daims recèpent
Surgit, mystérieux, Sa Majesté le Cèpe.
Mais pour le découvrir, sous sapins et fougères
Il faut expérience, œil vif et main légère.
Tôt levé le matin, dans la sylve mouillée
Le bâton d'une main, dans l'autre le panier,
Il faut marcher, ramper, jouer au sanglier,
Pour atteindre ce lieu secret et singulier:
Sa "bouletière" cachée même à ses familiers!
Le cèpe, s'il est là, tu le sais par le nez,
Son parfum délicat te le fait deviner.
Avance à quatre pattes dans les épais fourrés
Respire à petits coups, tout comme un chien d'arrêt,
Cherche sous les plus basses branches des sapins
Et si tu trouves un cèpe, cherche aussi ses copains:
Il est rarement seul le Prince des forêts.
Il te faut le couper et non le déterrer,
En respectant ainsi le cèpe et son domaine
Tu t'y retrouveras à la saison prochaine.
Range bien sur des feuilles, dans un large panier,
Ce dont tu as besoin, pour ne pas gaspiller.
Boletus Eludis procure trois plaisirs:
Le plus primordial, c'est bien de le cueillir,
Puis le plus cérébral, c'est de le cuisiner,
Enfin le plus charnel, c'est de le déguster.
Je vais te raconter comment fait La Lionne
(C'est l'élue de mon cœur, grande, fière et mignonne)
Pour préparer, farcis, les cèpes les plus gros,
Superbes dômes bruns dépassant le kilo.
Elle nettoie le cèpe sans pourtant le laver,
À la brosse, au couteau, sans jamais s'énerver.
Elle enlève la queue qu'elle hache menu,
Deux aulx, deux échalotes, du persil, revenus,
Elle poêle cent grammes de chair à saucisse,
Incorpore échalotes puis queues de cèpes; épice
Avec du sel, du poivre noir, un peu de thym,
En tournant elle y introduit la mie de pain.
Hors du feu elle lie par un œuf et du beurre.
Sa farce est terminée. Tu sens ce qu'elle fleure !
C'est alors qu'elle fait rissoler le chapeau
Environ cinq minutes de chaque côté
Un peu plus côté mousse qu'elle n'a pas ôtée,
Le fait de le saler lui fait rendre son eau.
Elle beurre le fond d'un plat à gratin rond
D'un diamètre à peine égal au champignon.
Elle garnit le fond de pâte feuilletée
Et y pose dessus son cèpe renversé
Elle étale sa farce harmonieusement
Façonnant de la sorte un dôme culminant.
Le tout est recouvert de pâte feuilletée,
Au sommet elle ménage une cheminée.
Léger nappage à l' œuf pour fournir le brillant
Qui donnera au plat un côté attrayant.
Cuisson à four moyen pendant une bonne heure.
On sert le plat sur table! C'est alors le bonheur!
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc
Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.


05/10/2008

Bonne bouffe dominicale, pour nous changer de la pâtée pour chien de l'actualité, l'Aïoli.

Aïoli pour web.jpg


Aujourd'hui, c'est dimanche, je vais faire l'Aïoli, avec les patates du jardin, les carottes du jardin, la merlusse (c'est la morue)...non, pas du jardin celle-là, et l'oli (l'huile d'olive: en Provence le mot "oli", en français huile, signifie obligatoirement huile d'olive! On ne connait rien d'autres... C'est comme ça.)

L'Aïoli des Académiciens

'Aïoli! Mot sonnant comme un salut gaillard!
D'Avignon à Marseille il est un étendard.
Emblème culinaire en terres de Provence
Il engendre gaieté, amour et pétulance.
Pour unir ceux qui l'aiment, il est avantageux
Tant son parfum puissant éloigne les fâcheux.
L'aïoli est en soi un éloquent symbole
Des valeurs des pays où court la Farandole:
L'or de l'œuf est fortune, rondeur, fécondité,
L'ail est puissance mâle, santé, virilité
Quand à l'huile d'olive, impériale maîtresse
C'est elle l'unité, 1 'harmonie, la richesse.
L'aïoli est parfait quand fou trissoun ten dré
Quand le pilon de bois, dans la sauce dorée,
Tient droit tel Priape redoutable et vainqueur
Dans l'onctueux parfum qui chavire les cœurs.
L'Académie des Amoureux de l'Aïoli,
Chaque année, réunie en un conclave, élit
Parmi les cuisiniers du pays des cigales
Celui dont la recette lui paraît idéale.
Voici celle que fait, lors de grandes agapes,
Henry Estévenin, de Châteauneuf-du-Pape.
Truculent moustachu, buveur et quintalien
Il est le "Grand Aillé" des Académiciens.
Pour que ton aïoli soit de bonne facture
Tout doit bien être à la même température :
L'huile, l'ail et les œufs, le mortier, le pilon
Sont préparés la veille ou le matin selon
Que tes invités viennent dîner ou souper:
Car voilà un travers qu'il convient de stopper,
On n'est pas dans le nord, c'est à midi qu'on dîne
Et le soir que l'on soupe en terres comtadines!
Pour six convives il te faut douze gousses d'ail
Dont tu ôtes les germes pour faire un bon travail.
Quatre beaux jaunes d'œuf, du sel, du poivre blanc,
Beaucoup de jus de coude et un pichet de blanc.
Le vin, dans l'aïoli, ce n'est pas pour la sauce
Mais pour le cuisinier dont la soif est très grosse!
À l'aide du pilon, dans un mortier de marbre,
Tu écrases en pommade ail et sel, sans palabre.
Tu mets tes jaunes d'œufs et tu tournes, tu tournes,
Qu'aucune distraction, jamais, ne te détourne,
Pendant deux, trois minutes pour tout bien mélanger.
Puis laisse reposer dans un coin ombragé,
Juste le temps de boire deux ou trois bons canons
Avec tes acolytes, devant le cabanon.
Reprend ton appareil et coince le mortier
Entre tes deux genoux, et serre volontiers.
Eloignes les badauds et concentre-toi bien,
C'est là que ça se passe: ou c'est tout, ou c'est rien!
Tu commences à verser ton huile goutte à goutte
En tournant de bon cœur, d'un seul sens, tu t'en doutes.
Si tu suis la recette très rigoureusement,
L'émulsion doit se faire assez rapidement.
Quand l'aïoli a pris, verse en un fin filet
Ta bonne huile d'olive. Mais pas sur ton gilet!
Maintiens ton mouvement régulier jusqu'au bout
Ne mollit pas surtout. S'arrêter, c'est tabou.
Si elle est réussie, elle doit être épaisse,
Onctueuse, dorée, mais pleine de finesse.
Le pilon, en son sein, tient droit sans se vautrer.
Présentant ton chef d' œuvre, dit: "Lou trissoun ten dré" !
Traditionnellement, l'aïoli accompagne
La morue dessalée, seul poisson des campagnes.
Fait-là tremper deux jours dans de l'eau fraîche et claire
Que tu changes souvent sans souci des horaires.
En de belles portions il te la faut trancher,
Juste avant de servir tu la feras pocher.
Fais bouillir à l'avance œufs durs et escargots,
Du chou-fleur, des carottes et de verts haricots,
Des patates, bien sûr, une pleine fourchée
Que, pas plus que les œufs, il ne faut éplucher.
Sers ces aliments chauds dans des plats séparés
Et, trônant au milieu, l'aïoli vénéré.
Que boire avec ce plat? La question reste ouverte.
Sur ce point important, l'Académie concerte.
Du rouge, du blanc sec, ou même du rosé
Si c'est servi bien frais, on peut tout écluser.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la sauce: - six gousses d'aï!, blanc de préférence, desquelles vous enlever les germes, - deux cuillerées à café de sel fin, - quelques tours de poivre blanc du moulin, - deux jaunes d'œuf, - trois-quarts de litre d'huile d'olive vierge extra A.O.C.. Vallée des Baux.
Attention: faites en sorte que tous ces ingrédients soient à la même tem-pérature. C'est primordial pour prévenir tout ratage (on dit alors, si ce malheur arrive, que l'aïoli a "cagué").
Pour le plat: - un kilo de morue sèche que vous ferez dessaler, - un kilo de carottes, - un kilo de haricots verts, éventuellement quelques bettera-ves rouges, - douze œufs durs, - trois douzaines d'escargots de mer (les "bioù", escargots dont la coquille présente des cornes), - trois douzaines d'escargots des garrigues provençales, - 3 kilos de pommes-de-terre cui-tes à la vapeur.


Les vins conseillés

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli, autorité incontestée en la matière, a longuement travaillé - verre en main - sur le délicat problème des vins les plus aptes à accompagner l'aïoli.
Le poisson qui en constitue une partie essentielle incite a pencher pour des vins blancs secs. Les légumes cuits à la vapeur appellent des vins rosés. La délicatesse des fragrances de l'huile d'olive s’accommode fort bien de vins rouges charpentés. Mais la puissance de la sauce dominée par l'ail ne s’accommode que... d'eau prétendent certains Académiciens. On ne peut tout de même pas aller jusqu'à de telles extrémités.
Essayez donc des blancs de Cassis, Châteauneuf-du-Pape, Cairanne, Rochegude, Picpoul de Pinet ; des rosés Tavel, Chusc1an, Valréas, Vaison-le-Romaine, Côtes-de-Provence; des rouges de Vacqueyras, de Lirac, de Sablet, de Rasteau, de Violès, des Costières de Nîmes.



21/09/2008

Journée du Patrimoine - un monument: le Cassoulet!

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Dessin original de Vincent Barbantan

Le Cassoulet de Paulette

En ce temps là, petit, les terres occitanes
Subissaient les horreurs des foudres vaticanes.
La conjonction rapace de talibans papistes
Et de seigneurs brumeux aux vues colonialistes
Jetait en pays d'Oc des hordes franchimandes.
Ils tuaient, ils violaient, ces barbares en bandes,
Saccageant les campagnes, pillant villes et bourgs,
Exterminant le peuple, brûlant les troubadours.
Sous les exhortations de l'affreux Dominique
Ils cramaient les parfaits, sous le nom d'hérétiques.
Ces bœufs au front obtus, à l'ombre de leur croix
Menaient honteusement, pour leur pape et leur roi
La razzia des voleurs: la guerre de conquête.
Finies les Cours d'Amour, place au bal des squelettes.
- Ces temps étaient bien durs, ces gens étaient bien laids
- Mais, Victor, on devait parler du cassoulet!
- Exactement, petit. Ouvre ce Saint-Nabor
Et buvons à la Dame Jéhanne de Lavaur,
Car c'est elle qui, en ces périodes troublées,
Au front de l'ennemi, créa le Cassoulet!
Ah ! Il fallait la voir notre Dame Jéhanne,
Indomptable, farouche et belle comme Diane,
Culbutant les marauds, écrasant les soudards,
Taillant et estoquant Franchimands et Picards,
Plus de six pieds de haut et lourde d'un quintal,
Sa crinière de geai et ses yeux de cristal,
Galvanisaient le peuple assiégé de la ville
Et glaçaient de terreur les assaillants débiles.
Tous abordaient l'hiver de l'an mille cent onze.
Les rives de l'Agout changeaient leurs ors en bronze,
Les assiégeants, menés par Simon de Montfort
S'efforçaient d'affamer le peuple de Lavaur,
Place fortifiée entre Albi et Toulouse,
Capitale du Sud, de son honneur jalouse.
L'Occitanie d'alors était démocratique,
On discutait de tout sur la place publique,
On s’aimait, s'entraidait, partageait l'assiettée,
Les maîtres mots étaient Amour et Liberté.
Dans Lavaur étranglée, la position est grave.
Jéhanne alors regroupe et harangue ses braves:
- « Monfort veut notre peau, il devra payer cher,
Ne nous nourrissons pas d' avés et de paters !
Amenez tous céans ce qui se peut manger,
Tout ce que vous avez, nous l'allons partager. »
Et chacun apporta, de caves et greniers,
Qui des tours de saucisses, qui des cochons entiers,
Qui des canards confits, qui de la graisse d'oie,
Qui des sacs de Pamiers, qui des fèves de Foix.
Dans de vastes chaudrons on fit cuire le tout.
C'est ainsi que naquit le célèbre ragoût,
L'un des plats les meilleurs qui se puisse avaler,
Puissant, tonitruant, fondant: le Cassoulet!
De Castelnaudary à Toulouse et Lavaur
De Castelsarrasin à Pamiers et Cahors,
Des berges de l'Ariège aux rives de Garonne,
Du château de Phoebus aux tours de Carcassonne,
Le cassoulet est roi, le cassoulet est maître,
Il donne à ses sujets plénitude et bien-être,
De tout le Sud-Ouest il est le plat fanion
Symbole de l'union et de la rébellion.
Voici comment le fait Paula de la Verrière,
Jéhanne d'aujourd'hui, grande, forte et altière.
Les premiers ingrédients, ce sont les haricots,
Il te faut des Pamiers, ou sinon des Cocos.
S'ils sont secs, trempe-les avant de mettre à cuire,
S'ils sont frais, dans de l'eau, tu les mets à blanchir
Demi-heure environ, toujours à gros bouillons,
Du sel évidemment et des petits oignons.
Lorsque les haricots sont souples sous le doigt
Tu égouttes et réserves, au chaud comme il se doit.
Range de belles couennes au fond de la marmite,
Place tes haricots par dessus tout de suite,
Un carré de cochon frotté d'ail et de sauge,
Quelques tours de saucisse, de Foix, Toulouse ou Auch,
(À Toulouse on y met un morceau de mouton,
À Castelnaudary, seulement du cochon),
Trois tomates en quartiers, mondées, épépinées,
Un saucisson de couennes et du petit-salé,
Quelques clous de girofles, poivre, bouquet garni.
Tu mouilles avec le jus où les fayots ont cuit,
Tu couvres et tu mets pour trois heures à feu doux.
Va-t'en boire un canon, et oublies ton faitout.
Deux heures après tu ouvres et vérifies le plat,
Si besoin est, rajoute du bouillon, juste un doigt,
Tu poses sur le tout - avec quelle allégresse! -
Des cuisses de canard confit, avec leur graisse.
Tu fermes de nouveau et remets sur le feu,
Ou plutôt dans le four, une bonne heure ou deux.
Pour l'onctuosité - c'est un secret, écoute! -
Sept fois, à la cuiller, tu casseras la croûte
Qui se forme au-dessus de ton plat qui mijote,
Fait délicatement, avec tact et jugeote.
Ton cassoulet est prêt, met l' oulo sur la table
Et sert à tes convives des portions équitables.
Accompagne ce plat d'un vin rouge puissant,
Cairanne, Châteauneuf, Gigondas ou Visan.
Dégustant ce fleuron des cuisines de France,
Tu manges, avec Jéhanne, un plat... de Résistance!
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc
Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 2 kg de haricots frais, des pamiers, des cavaillonnais, des cocos de Paimpol, à la rigueur des soissons (avec des haricots secs, divisez cette quantité par deux et faites tremper une nuit avec un peu de bicarbonate), - 3 couennes de cochon, - 1 carré d'un demi kilo de cochon (rouelle ou filet), - 1 kilo de saucisse de Toulouse, - 1 saucisson de couenne, - éven-tuellement 1 demi kilo de mouton (morceaux pour ragoût), - 2 hectos de petit-salé en dés, - 6 cuisses de canard confit, - 6 gousses d'ail, - 6 feuilles de sauge (fraîche ou sèche), - 1 oignon piqué de six clous de girofle, - 3 tomates coupées en quartiers, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil), - 2 cuillerées à café de poivre noir, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - de l'eau à la demande (pour cuire les haricots).

Les vins conseillés:
A plat puissant, vins généreux. Pour le cassoulet, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du-Comtat, Beaumes-de- Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.
En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou...Corbières, Collioure.
En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.
Sans oublier, bien sûr, les Gaillac, les Madiran, les Cahors et les Pécharmant.


In: "Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s"

19/09/2008

Chin Toc Slam

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Tchin, Chine
C'est pas d'la bibine,
Ça vient de la race bovine
De Chine
Qui assassine
Sa fleur enfantine
Avec du lait à la mélanine
Pour la rapine
Chafouine
Des maffias mandarines.

Le péril jaune
C'est toutes ces conneries en « one »
Comme magnétophone,
Dictaphone, radio téléphone
Et autres machines très connes
Fabriquées par des esclaves jaunes
Et qui arrivent à la tonne
Dans les ports de l'hexagone
Quand ferment les usines bretonnes
Provençales ou bourguignonnes.

Pour ne pas être des michetons
Boycotons
Tous les produits bidons
Qui nous cassent les roustons
Qui empoisonnent nos mistons
Au risque d'en faire des avortons
Pour engraisser les macs de Canton
Qui se vautrent dans leurs biftons
En s'empiffrant de gueuletons
Dans leur hautes tours de béton.

Oh! Victor, toi qui frappe de taille et d'estoc
Sur les Ricains, sur les Chinetoques
Tes fringues ne sont-elles pas chinetoques?
L'ordi où tu tapes n'est-il pas chinetoques?
Alors arrête tes rimes en toc
Et ouvre plutôt une bouteille de Haut Médoc.
Et toc!









13/09/2008

L'ODEUR ET LE SON



clochard.jpgUn clodo de belle facture
Sale, con, pauvre et barbu
Privilégié de la rupture
De not’bon roi Sarko-Ubu
N’avait pour se calmer la faim
Qu’un seul et sec quignon de pain.
Il passa devant la boutique
D’un rôtisseur peu sympathique
Gros, gras, suiffeux, puant le pet
Comme sont les Zuhèmepets,
Notre SDF eût l’idée
De s’arrêter juste à côté
Afin, en croquant son quignon,
De humer les fumets de viandes et d’oignons
Des mets en train de cuire.
- Qui te rend si hardi de voler mes odeurs
Dit le margoulin en fureur.
Le marchand voulait l’éconduire
Et lui faire payer l’odeur de ses rôtis.
Le clochard refusa, disant au mercanti
Que de toute manière
Les odeurs, les fumets partaient dans l’atmosphère
Etant ainsi perdus pour tous.
Le rôtisseur tempête et tousse,
Menace d’en venir aux mains.
Voyant ça un gamin
Court à toute vitesse
Quérir au Tribunal un juge plein de sagesse.
Ayant pris connaissance de la contestation,
Le sage demanda alors au vagabond :
- As-tu de l’argent ?
Le miséreux, plongeant
Une main sous ses hardes
En sort une bourse poissarde
Dont il tire - pas un douro -
Mais une pièce d’un euro.
Le juge prend la modeste pièce
La jette en l’air avec adresse,
Et la fait sonner sur le pas de la porte
De la boutique du cloporte.
Puis rendant la piécette à son propriétaire
Il dit au rôtisseur, d’un air autoritaire :
- « Il a assaisonné son pain du parfum de tes rôts,
Toi, tu es donc payé du son de son euro ! »

Jean-Victor Joubert

06:30 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : clochard, radin

07/09/2008

Ouiquinde stud yeux: l'ortographe selon Bobby Lapointe: leçons 2, 3 et 4

Deuxième Leçon: La faute d'orthographe consciente.

54d60cda8886af171219dbb376b21cce.jpgLa faute d'orthographe involontaire ne peut faire rire que les titulaires du brevet Élémentaire, et à la rigueur l'élite intellectuelle qui sait rire au second degré. Ce ne sont là que deux faibles portions des humains francophones et dézireuderires.

Mais ici quelques remarques s'imposent.

Le rire est un sujet très vaste et l'objet de cet ouvrage n'est pas d'en étudier tous les facteurs.
Les gags visuels n'entrent pas non plus dans le cadre du langage. Ni même aucun bruitage humoristique, du pet grave d'un archevêque à la plainte aiguë de la viole qu'on mouche, sans oublier celle de la mouche qu'on viole, de la mioche qui vole, de la vache qui miaule, de la moule qui pioche et du glas double du chef.
Pour en revenir à la faute d'orthographe involontaire, nous disions qu'elle avait un pouvoir hilarant très limité. Ne nous désolons pas pour si peu, mais ne nous arrêtons pas pour si peu à ce stade, ma colombe. Apprenons maintenant, la faute consciente.

Celui qui a triché dans l'exercice de la première leçon la connaît déjà, et mérite un bon poing.
Le raffinement consiste à remplacer le mot que l'on va écrire par un homme au faune, tel que cet exemple typique:
Charles Quint, qui est né à Gand, y habitait encore (chez M. et Mme Quint, ses parents) quand il reçut une missive qui se terminait ainsi: “transmettez mes hommages à votre maire, sans oublier votre père de Gand.” Et notre petit quin-quint s'en gaudit fort. “Ah! s'écria-t-il en vers (car c'était l'été, et il prenait ses bains à Anvers et contre tous) la plaisante chose que d'omettre un accent grave sur le a, tout juste après un mot aussi cérémonieux que “Hommages ”.
En résumé le raffinement, dans la faute d'orthographe consciente, consiste à écrire sans faute des “homme au faux nids”.
Exercice: Voici quelques passages d'une dictée, suivis de la copie du malicieux élève Toto. Complétez cette dictée en remplissant les espaces laissés en blanc, de façon la plus convenable.

Texte de la dictée Copie de l'élève Toto :

La mansarde sous les toits est à Sir John qui l'habitait, comme il sied, dans ce confort douillet. Quelle qu'eut été sa vie... Et Danley partit comme il était venu.

L'amant.Sarde saoulait toi et ta sœur jaune qu'il a bitté. Comme il sciait! dans ce con fort douillet! Quel cul tétait sa vis! Et dans les parties, comme il était velu!

Troisième Leçon: L'a peu prés.
La dictée du dernier exercice se termine par ces mots: “comme il était venu”, que Toto écrit: “comme il était velu”. On appelle cela: “lape-pré”... “Lape” indiquant que c'est par le truchement de la langue que l'on obtient des images telle que: “velu ”, “air bu ”, “ poêle occulte” qui évoquent la fertilité des “prés”. D'ou l'expression “Lape pré”.
Remarque : ce n'est pas parce que “velu” et “poids lu”, sont des “lape-pré” qu'il faut généraliser à tout ce qui concerne le système pileux.
Exemple : un coiffeur vous coupe les cheveux, vous lui dites “laissez-m'en”. Ce n'est pas un “lape-pré”, c'est une boutade. (Comment avez-vous pu la faire? nous n'en sommes pas encore là.) Le coiffeur vous répond Six cheveux!”. Là c'est nettement un “lape-prés” qui fait rire. Mais s'il ne vous répond pas, non seulement ce n'est pas un “lape-pré”, mais ce n'est certainement pas un coiffeur. Car un coiffeur doit parler; sinon , “il ne serait pas coiffair d'autres ”. Ça aussi c'est un lape-pré (tiré par les cheveux). Nous avons donc dit que les lape-pré ne concernaient pas tous le système pileux. Par exemple, une comtesse délaissée par son mari, peut dire à son amant qui la console: “Je suis une léchée pour compte”, ce sera un lape-pre, même si elle est chauve et lisse. Si elle hésite un moment avant d'ajouter “ Na ”, c'est un “ Na ” peu prêt. Si son amant est un richissime petit vieux bien propre, c'est un “nabah propret”... Je pense que vous avez compris. Comme moi non plus, pour cette fois il n'y aura pas d'exercice.

Quatrième Leçon: Le Calembour.
“Le calembour est la fiente de l'esprit qui vole” à dit Victor Hugo (et il s'y connaissait, le bougre). N'allez donc pas croire que, connaissant les trois premières leçons vous allez pouvoir faire des calembours comme Kiss à muses ou même comme Kissa m'use.


1. Il vous faut un esprit. Si vous n’en avez pas, procurez-vous en un.
2. Apprenez-lui à fienter, soit en lui donnant des laxatifs, soit en choisissant un programme télé qui fasse fienter.
3. Apprenez-lui à voler, en le faisant fienter jusqu'à ce qu'il vole.
4. Apprenez lui a fienter en volant en le faisant voler jusqu'a ce qu'il fiente.
5. Apprenez lui a suivre le vol de ce bestiau, avec un récipient et à recueillir la fiente au vol.
6. Etalez le dit calembour sur un papier que vous envoyez à l'almanach Vermot.
S'ils avaient déjà publié celui ci :
c'est que : c'est un calembour qui a fait rire;
S'ils le republient:
c'est que: c'est un calembour qui fera toujours rire;
Sinon, c'est un bon calembour, or, ce qui fait rire ce sont les mauvais calembours.
Exercice: Lire attentivement l'exemple de calembour de votre dictionnaire quelle que soit l'édition, ce doit être: “Des valeurs à lots - Des valeurs à l'eau”. Essayez-le sur vos amis.
Est-ce un bon calembour?... Résumez vos impressions en un mot.

Boby Lapointe