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20/04/2009

Les princes des égouts


L’Histoire a pour égout des temps comme les nôtres
Où la vermine grouille et où les rats se vautrent.
Souvent ils se retrouvent, entre soi, au Fouquet’s
Pour bâfrer, picoler, roter et ricaner
Sur le dos dégoûtant des viles populasses
Abruties de soucis, hâves, sales et lasses.
Banquiers et financiers, traideurs, patrons voyous,
Ecrivaillons vulgaires et joueurs de biniou :
« Profitons, disent-ils, car l’époque est propice,
Mentons, trichons, volons ! Au diable l’avarice !
Nous qui savons comment manier l’opinion,
Pour nous vins et caviars, et pour eux les quignons. »
Et pour faire accepter toutes leurs roublardises,
Ces pillards ont trouvé leur sésame : « la crise ».
Elle a bon dos « la crise » pour nous faire avaler
Tous ces « plans sociaux » qui vont faire chialer
Les milliers de familles que dans la rue on jette
En leur lançant un os à ronger, comme aux bêtes.
Elle a bon dos la crise pour nous faire accepter
Des lois liberticides que l’on fait adopter
En douce, à la sournoise, par les sombres fayots
D’un Parlement croupion peuplé de godillots.
Elle a bon dos la crise pour mettre en surveillance
Sous le regard des flics tout ce qui vit en France,
Big Brother est partout et MAM est sa prêtresse,
Nous aurons tous, bientôt, des caméras aux fesses.
Elle a bon dos la crise pour brader aux boutiques
Des complices d’Ubu les services publics.
L’eau, l’électricité, le gaz, les autoroutes
Sont partis prospérer dans les poches filoutes
Des Bouygues, Boloré, Lagardère, Dassault
Et d’autres moins connus mais avides pourceaux
Qui se pressent en cour pour flatter le satrape
Infligeant au pays ses manières de gouapes.
Halte-là ! Trop c’est trop ! voyous sans foi ni lois !
Trop c’est trop pour le Peuple qui étête ses rois !


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Merci

13/04/2009

Cavanna: L'Autre

cavanna.jpgFrançois Cavanna : L'Autre

Il y en a,
Tu as beau leur dire:
Dieu est bon!
Dieu t'aime!
Dieu veut ton bonheur!
Dieu a tout prévu pour ton bonheur
Futur.

Il y en a,
Tu as beau, tu as beau
Leur dire
Ça,
Ils regardent alentour,
Et partout ils voient
Le malheur,
L'horreur,
Le méchant triomphant,
L'innocent condamné,
L'enfant qui naît sans pieds
Ou sans mains,
Les vies saccagées,
Et la mort,
La Mort.

Alors ils se disent, ceux-là,
Ils se disent:
Ce n'est pas possible.
Un Dieu bon ne peut pas avoir voulu cela.
Une mère ne pourrait pas torturer son enfant
Pour lui faire mériter son lait.
Un Dieu bon ne pourrait pas
Faire de la vie de sa créature
Bien-aimée
Une course d'obstacles et de souffrances
pour lui faire mériter le Ciel.

Et alors ils se disent, ceux-là:
De deux choses l'une,
Ou Dieu n'est pas bon,
Ou Dieu n'est pas tout-puissant.

Alors ceux qui savent les choses
Leur répondent, à ceux--là:
Dieu est bon.
Dieu t'aime.
Mais il y a le Diable. Hélas!
Le Diable est mauvais.
Le Diable est le Mal.
Le Diable est la Haine.
Le Diable te hait.
Hélas! Hélas! Hélas!


Alors ils disent, ceux-là:
De deux choses l'une,
Si le table existe,
C'est que Dieu l'a permis,
Et donc Dieu n' est pas bon.

Si Dieu ne l'a pas permis,
Alors le Diable
Est aussi puissant
Que Dieu.
Dans ce cas le Diable est un Dieu,
Lui aussi.

Ils disent encore, ceux-là:
Puisque partout triomphe le Mal,
Alors non seulement le Diable est un Dieu,
Mais il est un Dieu
Plus fort que Dieu.
Peut-être même,
Peut-être même
Est-il le seul Dieu.
Pourquoi pas?

Ils s'exclament alors, ceux-là:
Celui qu'il faut prier,
Celui qu'il faut adorer,
C'est le Dieu le plus fort!
C'est le Dieu méchant!
Prions, prions, mes frères,
Prions le grand Satan,
Dieu fort par-dessus Dieu,
Et peut-être seul Dieu,
Pourquoi pas?

Sacrifions-lui des victimes,
Offrons-lui des horreurs!
Faisons, faisons le Mal!
Baisons ses pieds fourchus!
Léchons son cul merdeux!
Conchions la croix,
Compissons la Vierge,
Egorgeons l'agneau!
Crachons sur nos pères,
Profanons nos mères,
Défonçons nos sœurs!
Forniquons des fornications immondes,
Car Il aime ce qui pue,
Car Il aime ce qui souille.
Il est le Maître de l'infâme et de l'ignoble.

Or il y en a,
De ceux-là,
Plus qu'on ne croit.
Il y en a
Qui croient adorer l'Autre,
Et se vouent à Celui-là.

Or qui sont les plus fous?
Ceux qui croient au Dieu bon?
Ceux qui croient au Malin?

Aux uns comme aux autres,
Grand bien leur fasse !
Amen.

In Lettre ouverte aux culs bénis – Collection lettre ouverte – Albin Michel 1994

La démonstration du Maître est éclatante.

12/04/2009

Blaise Cendrars: Pâques à New-York

Cendrars.jpgLes Pâques à New Yor
Je descends à grands pas vers le bas de la ville,
Le dos voûté, le coeur ridé, l’esprit fébrile.
Votre flanc grand ouvert est comme un grand soleil
Et vos mains tout autour palpitent d’étincelles.
... C’est à cette heure-ci, c’est vers la neuvième heure,
Que votre Tête, Seigneur, tomba sur votre coeur.
Je suis assis au bord de l’océan
Et je me remémore un cantique allemand,
Où il dit, avec des mots très doux, très simples, très purs
La beauté de votre Face dans la torture.
... Peut-être que la foi me manque, Seigneur, et ta bonté
Pour voir ce rayonnement de votre Beauté.
Pourtant, Seigneur, j’ai fait un périlleux voyage
Pour contempler dans un béryl l’intaille de votre image.
Faites, Seigneur, que mon visage appuyé dans mes mains
Y laisse tomber le masque d’angoisse qui m’étreint;
Faites, Seigneur, que mes deux mains appuyées sur ma bouche
N’y laissent pas l’écume d’un désespoir farouche.
Je suis triste et malade,
Peut-être à cause de Vous
Peut-être à cause d’un autre,
Peut-être à cause de Vous.
Seigneur, la foule des pauvres pour qui Vous fîtes le Sacrifice
Est ici tassée, parquée, comme du bétail, dans les hospices.
D’immenses bateaux noirs viennent des horizons
Et les débarquent pêle-mêle sur les pontons.
Il y a des Italiens, des Grecs, des Espagnols,
Des Russes, des Bulgares, des Persans, des Mongols.
Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens
On leur jette un morceau de viande comme à des chiens.
C’est leur bonheur à eux que cette sale pitance.
Seigneur, ayez pitié des peuples en souffrance.


Blaise CENDRARS.

(Fragments - Extrait de Poésies, Denoël.)


L'envers du décor de Paques...

...LEO FERRE: THANK YOU SATAN

LEO-FERRE dessin.jpg


Pour la flamme que tu allumes
Au creux d'un lit pauvre ou rupin
Pour le plaisir qui s'y consume
Dans la toile ou dans le satin
Pour les enfants que tu ranimes
Au fond des dortoirs chérubins
Pour leurs pétales anonymes
Comme la rose du matin

Thank you Satan

Pour le voleur que tu recouvres
De ton chandail tendre et rouquin
Pour les portes que tu lui ouvres
Sur la tanière des rupins
Pour le condamné que tu veilles
A l'Abbaye du monte en l'air
Pour le rhum que tu lui conseilles
Et le mégot que tu lui sers

Thank you Satan

Pour les étoiles que tu sèmes
Dans le remords des assassins
Et pour ce cœur qui bat quand même
Dans la poitrine des putains
Pour les idées que tu maquilles
Dans la tête des citoyens
Pour la prise de la Bastille
Même si ça ne sert à rien

Thank you Satan

Pour le prêtre qui s'exaspère
A retrouver le doux agneau
Pour le pinard élémentaire
Qu'il prend pour du Château Margaux
Pour l'anarchiste à qui tu donnes
Les deux couleurs de ton pays
Le rouge pour naître à Barcelone
Le noir pour mourir à Paris

Thank you Satan

Pour la sépulture anonyme
Que tu fis à Monsieur Mozart
Sans croix ni rien sauf pour la frime
Un chien, croque-mort du hasard
Pour les poètes que tu glisses
Au chevet des adolescents
Quand poussent dans l'ombre complice
Des fleurs du mal de dix-sept ans

Thank you Satan

Pour le péché que tu fais naître
Au sein des plus raides vertus
Et pour l'ennui qui va paraître
Au coin des lits où tu n'es plus
Pour les ballots que tu fais paître
Dans le pré comme des moutons
Pour ton honneur à ne paraître
Jamais à la télévision

Thank you Satan

Pour tout cela et plus encor
Pour la solitude des rois
Le rire des têtes de morts
Le moyen de tourner la loi
Et qu'on ne me fasse point taire
Et que je chante pour ton bien
Dans ce monde où les muselières
Ne sont plus faites pour les chiens...

Thank you Satan !

11/04/2009

Pour un jour de Paques beau, ami Glandeur, mon frère !

Michel Simon.jpg
Ah ! Cette bluette chantée par Michel Simon, sur des paroles de Serge Gainsbourg ! Quel bonheur !


D'avoir vécu le cul
Dans l'herbe tendre
Et d'avoir su m'étendre
Quand j'étais amoureux

J'aurais vécu obscur
Et sans esclandre
En gardant le cœur tendre
Le long des jours heureux

Pour faire des vieux os
Faut y aller mollo
Pas abuser de rien pour aller loin

serge-gainsbourg.jpgPas se casser le cul
Savoir se fendre
De quelques baisers tendres
Sous un coin de ciel bleu

Pas se casser le cul
Savoir se fendre
De quelques baisers tendres
Sous un coin de ciel bleu.


Semaine d'abstinence oblige: poésie anti érotique

P05 vieille.jpg


In anum libidinosam

Rogare longo putidam te saeculo
Viris quid eneruet meas,
Cum sit tibi dens ater et rugis uetus
Frontem senectus exaret,
Hietque turpis inter aridas natis
Podex uelut crudae bouis ?
Sed incitat me pectus et mammae putres,
Equina quales ubera,
Venterque mollis et femur tumentibus
Exile suris additum.
Esto beata, funus atque imagines
Ducant triumphales tuum,
Nec sit marita, quae rotundioribus
Onusta bacis ambulet.
Quid, quod libelli Stoici inter sericos
Iacere puluillos amant ?
Illiterati num minus nerui rigent,
Minusue languet fascinum ?
Quod ut superbo prouoces ab inguine,
Ore allaborandum est tibi.

Horace, Épodes, VIII

À une vieillarde lubrique

Me demander, toi qu'un long siècle a fait flétrir
Pourquoi s'épuise ma vigueur,
Quand ton âge avancé a fait noircir tes dents
Et couvert de rides ton front,
Quand ton sexe hideux baille en tes fesses sèches
Tel le cul d'une vache en rut ?
Tu as pour m'exciter tes seins, tes mammes molles
– De vraies mamelles de jument,
Ton ventre flatulent et tes jambes bouffies
Que surmontent tes cuisses maigres
Va en paix ! Qu'un grand faste et les honneurs funèbres
T'accompagnent à tes obsèques !
Que nulle épouse n'aille, avec autour du cou
Des perles plus rondes, plus lourdes...
Que dire quand on voit sur la soie des coussins
Traîner des livres stoïciens ?
Mes nerfs sont-ils moins durs pour n'avoir pas de lettres
Et mon sexe en est-il moins raide ?
Que si tu le veux voir se dresser sur mon ventre,
Ta bouche aura bien du travail !

(Traduction de Henri Tournier)

10/04/2009

Une bluette printanière: CASS’TOI PAUV’CON !

LEO-FERRE dessin.jpg(Ça peut se chanter sur l’air du grand Léo Ferré « Thank you Satan »)
















Pour les familles qui s’angoissent
Pour la bouffe du lendemain
Pour tous les chômeurs dans la poisse
Qui ragent en serrant les poings
Pour les petits vieux qui clabotent
Abandonnés à leur destin
Dans des mouroirs de camelote
Où personn’ ne leur tient la main.

Cass’toi pauv’con

Pour tes flicards qui embastillent
Comm’ s’ils étaient des assassins
Les sans papiers et leurs familles
Qui ont le tort d’être Africains,
Pour ton Besson dont les yeux brillent
En envoyant ses argousins
Foutre dehors pour des broutilles
Des pauvres qui crèvent de faim.

Cass’toi pauv’con

Pour Big Brother que tu installes
Pour espionner les citoyens,
Pour la télé microcéphale
Que tu réduis à moins que rien,
Pour la Sécu que tu massacres
En la privant de ses moyens
Pour engraisser sur son cadavre
Ta clique d’assureurs vauriens.

Cass’toi pauv’con

Pour la Franc’ que tu déshonores
Par toutes tes vulgarités
Pour tes manièr’ de matamore
De m’as-tu-vu et d’agité
Pour tous les gens que tu insultes
A l’abri des férocités
Des grosses brutes qui t’entourent
Au nom de ta sécurité.

Cass’toi pauv’con

Pour libérer le territoire
De ta stupide fatuité
Pour renvoyer dans leur placard
Ta maffia d’empapahoutés
Pour rejeter les égoïsmes
Au nom de la fraternité,
Pour qu’enfin le pays retrouve
Le chemin de la liberté.

Cass’toi pauv’con
Cass’toi pauv’con
CASS’TOI PAUV’CON !


sarko-cassable.jpg
Merci à Photos en délire

09/04/2009

La peur change de camp quand la révolte gronde !

Revolution-Delacroix.gif


Halte là ! Basta ya ! Assez ! La coupe est pleine !
Votre mépris fielleux attise notre haine !
Patrons voyous, banquiers, politiciens véreux
Parasites cupides, financiers mafieux
Qui vous gavez la panse sans aucune vergogne…
Il approche le temps où vous serez charogne !

Êtes-vous à ce point autistes, aveugles, sourds,
Pour ne point percevoir la révolte qui court ?
N’entendez-vous donc point, partout de par le monde
La misère qui crie, la colère qui gronde ?
Est-il sage celui qui pousse au désarroi
Ce Peuple redoutable qui coupe en deux ses rois ?

Vous fermez nos usines, vous volez notre épargne,
Vos huissiers et vos flics, pleins de morgue et de hargne
Jettent sur le trottoir chômeurs et sans-papiers
Qui n’ont plus un kopeck pour payer un loyer.
Vous ne connaissez pas le mot miséricorde ?
Alors craignez le feu, et le fer, et la corde !

Tremblez tristes pantins dans vos ghettos de riches !
Tremblez vils margoulins qui vous croyez fortiches !
Tremblez politicards léche-cul des puissants,
Votre avenir est sombre, effrayant, angoissant.
Tremblez et regagnez vos bauges nauséabondes,
La peur change de camp quand la révolte gronde !


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Aïoli!

05/04/2009

Ô sole mio! J'ai invité du beau monde au cabanon pour déguster...

...les sardines à la "Brulo dé" du Pégot

Éclairs d'acier bleuté bondissant hors de l'onde
Pour tenter d'échapper à la dent furibonde
De quelque carnassier montant des eaux profondes
Pour croquer tout de go ces poissons qui abondent...
C'est la reine des mers! Succulente et divine,
Pas la langouste, non. Simplement la sardine!
Sa réelle fonction, sa vie, son aventure
Généreuse et bornée: c'est d'être nourriture!
Les poissons s'en délectent, l'homme la met en boite,
Lui fait boucher le port si la passe est étroite...
Chez nous, dans le Midi, on l'aime tellement
Que chaque Provençal est un peu son amant.
Mon ami le Pégot, marin-pêcheur de Sète,
Les fait à "Brulo dé". En voici la recette.
sego-NUE--jardin.jpgPrenez-les sur le quai, juste au cul de la barque,
Chez votre poissonnier, la fraîcheur se remarque
Par la roideur arquée du petit corps luisant.
Un bon kilo pour deux, ce sera suffisant.
Devant le cabanon, à l'ombre de la treille,
Tandis que sa moitié débouche les bouteilles,
Le Pégot fait brûler un fagot de "gabel"
C'est les sarments de vignes du côté de Lunel.
Un bon coup de muscat met les convives à l'aIse
Juste le temps qu'il faut pour apaiser la braise.
Sur un bout de grillage il range les sardines,
Ni lavées, ni vidées. Nature les ondines.
Les poissons sur la grille sont posés sur le feu
Puis retournés après une minute ou deux.
Sur un grand plateau rond, au milieu de la table
Calée par des galets pour qu'elle reste stable,
Le Pégot sert en vrac sa première tournée
Puis remet sur le feu la prochaine fournée.
Un jet d'huile d'olive dans le creux de l'assiette,
On mange avec les mains, nul besoin de fourchette.
D'une pression du doigt on enlève la peau
Libérant les filets odorants et bien chauds,
La tête entre deux doigts, dans deux autres la queue,
La sardine grésille. Quel bonheur, maugrebeleu !
On se "rabine" un peu, d'où le nom: "brulo dé"
Mais c'est tellement bon! vous n'avez pas idée.
Avec les dents du haut, on bloque la sardine,
La mâchoire du bas, retroussant les babines
Fort délicatement détache le filet
Qu'un" ggluuff" aspirera jusqu'au fond du palais.
Sous le pin parasol où s'aiment les cigales
Montent les petits bruits des gens qui se régalent.
Ca fait des: "Ah !", des "Hum !" des "Fatche que c'est bon !"
C'est toute la marée, plus un goût de charbon.
Toute les deux sardines on boit un coup de blanc,
De Cassis ou de Saint-Hilaire-d'Ozilhan,
On parle avec les mains, on sort la galéjade
Et la journée se passe en franche rigolade.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

aubry_sexy_maillot_lobo_lobofakes.jpg
Ingrédients et proportions pour six personnes:

Rien de plus simple: des sardines, encore des sardines, seulement des sardines (comptez 1 demi kilo par personne, soit 3 kilos). Mais fraîches, pas trop grosses et de Méditerranée évidemment. Plus un peu de fleur de sel de Camargue et de l'huile d'olive dans chaque assiette.

Les vins conseillés:

P08 sarko.jpgLa sardine est bonne fille et s'accompagne sans problème de vins blancs secs, de rosés, voire de rouges jeunes et frais.
En vallée du Rhône, blancs de Roaix, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Laudun, Villedieu ; rosés de Tavel, Rochefort, Chusc1an, Ventoux, Luberon, Cos-tières de Nîmes; rouges légers de Sainte-Cécile-Ies- Vignes.
En vins du Languedoc blancs Picpoul de Pinet, blancs de la Clape ; rosés de Saint-Saturnin, vins des sables d' Aigues-mortes.
En vins de Provence, les blancs de Cassis, tous les rosés des Côtes-de--Provence et des Coteaux varois.





22/03/2009

Une partie de pétanque, ça fait plaisir...

Fanny4.jpg

Fanny

La Fanny est serveuse au café des Platanes
Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent
Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir
Tant elles sont promesses de joies et de plaisirs.

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,
Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,
Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,
Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent
Tous restent bouche bée et en perdent la boule
Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne
On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne
Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny !


Fanny2.jpg


La brandade de Serge et Wladimir

— Victor ! Tes pétanqueurs qui rêvent d’embrassades
En matant les rondeurs de la belle Fanny,
Ils devraient s’entraîner à faire la brandade,
Ça calmerait un peu leur érotomanie !
Voici comment la font, pour leur table éponyme
Serge et Wladimir, restaurateurs à Nîmes.
Pour réussir ton plat, éloigne les intrus,
Une nuit, à l’eau fraîche, dessale ta morue,
En six coups de hachoir frappés sur une planche,
Sans enlever la peau, en portions tu la tranches.
Tu la mets, à l’eau froide, dans un large faitout
Que tu lèves du feu quand le liquide bout,
Et tu laisses tremper dix minutes environ,
Le temps de te verser quelques petits canons.
Puis égoutte, essore, et lève les arêtes,
Dans une casserole, mets ta morue défaite,
Dès lors, tu vas chauffer l’ensemble au bain-marie.
A la cuillère en bois, à tour de bras, manie,
Ecrase la morue d’une main combative
En ajoutant du lait et de l’huile d’olive,
L’un et l’autre, tiédis, de façon mesurée
Pour obtenir enfin une lisse purée.
Cette crème doit être onctueuse et épaisse
Pour cela, il te faut branler fort, sans faiblesse.
Lorsque tu en es là, prends le temps de souffler,
Décontracte ton bras, laisse-le dégonfler,
Verse-toi volontiers un vin blanc des Costières
Et va faire un câlin avec la cuisinière.
Reprends ton appareil, oublie la rigolade
Si tu veux, comme un chef, réussir ta brandade.
Il faut la parfumer, la monter en saveur.
Elle doit embaumer pour chavirer les cœurs.
Ecrase, au mortier, une gousse d’ail blanc,
Râpe un peu de muscade — excellent stimulant ! —
Un zeste de citron que finement tu haches,
Un peu de poivre blanc, un soupçon de pistache,
Du sel si nécessaire, mais reste circonspect,
Enfin, lorsque tu sers, une truffe râpée.
Ce plat emblématique de Nîmes-la-Romaine
Incitera Fanny, à la dernière mène,
À laisser les vainqueurs autant que les vaincus,
Selon la tradition, lui embrasser le cul !
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Fanny3.gifIngrédients et proportions pour six personnes:
- 1 grosse morue sèche, - 1 demi litre de lait tiède, - 1 demi litre d'huile d'olive tiède, - 3 gousses d'ail de belle taille, - 1 zeste de citron, - 1 cuillerée à dessert de poivre blanc, - 1 peu de muscade râpée, - 2 graines de pistache, - 1 truffe (accessoire), - beaucoup de vigueur dans le bras (indispensable !)


culs tournés.jpgLes vins conseillés:
Profitez de ce plat gardois pour apprécier les vins rouges des Costières-de-Nîmes mais aussi les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Péray, vins tranquilles du Diois, Saint-Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ar-dèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon.
En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul-de-Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons-source-d'Argens, Brue-Auriac, Châteauvert.
Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins primeurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les-Vignes, Sabran, Codolet, Rochefort, Lirac, Laudun.
















19/03/2009

Dix neuf mai 2009: Le Grand Jour !

Revolution-Delacroix.gif



Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs à la Lanterne
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs on les pendra.


En prélude à la Méga Manifestation
Sarko joue le mépris et la provocation
« J’ai pas été élu pour augmenter les impôts,
Clame-t-il à tout propos,
Pas question de toucher au bouclier fiscal
Et merde au mouvement syndical. »
Droit sur ses talonnettes
Pinocchio-la-gonflette
Proclame à qui veut l’entendre
Qu’il n’est pas question d’être tendre
Avec cette maudite sous France
France d’en-bas, France de souffrance.

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs à la Lanterne
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs on les pendra.


Mais malgré ses rodomontades
Il sait qu’il est dans la panade
Quelques lucides de sa clique
Sentent déjà le vent de panique,
Ses provocs ne sont que du bluff :
Il craint un « Mai 2009 » !
La droite bornée, c’est notoire,
Ne comprends que les coups de barre
Derrière ses coups fourrés cradoques
Elle chie déjà dans son froc.

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs à la Lanterne
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs on les pendra.



Par milliers, par millions, en ville, en campagne,
Avec nos retraités, nos enfants, nos compagnes,
Montrons-leur aujourd’hui nos muscles et nos forces,
Qu’il puisse mesurer l’étendue du divorce
Entre les profiteurs parasites « d’en haut »
Et le peuple « d’en bas », debout, le verbe haut !
Il est temps aujourd’hui qu’il sente la menace
D’un Peuple exaspéré. Il est temps que l’angoisse
Déserte enfin de camp de la France qui souffre
Pour serrer à la gorge et jeter dans le gouffre
Ces vermines qui grouillent autour du Père Ubu.
Tremblez, sales pourceaux ! Ce soir le roi est nu.

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs à la Lanterne
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Tous les profiteurs on les pendra.



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15/03/2009

Gastronomie printanière: L'alose d'Avignon comme ma mère

alose pour web.jpg
- Regarde bien, petit, cette superbe alose
Les anciens l'appelaient «la princesso dou Rose»
Éclair de vif argent, longue, fine et puissante
Bien que lourde des flancs, elle reste élégante.
Sais-tu que c'est l'amour dont elle est satisfaite
Qui va te l'amener, demain, dans ton assiette?
Respecte-la, petit, et débouche le vin
Car manger de l'amour est un plaisir divin.
C'est un poisson magique, délicieux à manger
En bonne compagnie. Et subtil à pêcher!
Lorsque le Rhône était le Fleuve-Dieu sauvage,
Point encore castré par digues et barrages,
Indomptable et fougueux quand le mistral le fouette,
Crainte des riverains et bonheur des poètes,
Braconniers et pêcheurs, au mois des primes roses
Armaient les vire-vire pour pêcher les aloses.
C'étaient des bateaux larges aux ailes de moulin
Arrimés à la rive par quatre gros filins.
Deux paniers grillagés, avec le courant, tournent.
Lorsque l'un est en haut, son opposé s'enfourne
Dans l'onde trouble et vive où peinent les aloses
Cherchant un abri sûr pour que leurs œufs éclosent.
Beaucoup n'arriveront jamais à leur frayère,
Cueillies par les paniers montant vers la lumière.
Enlevée dans les airs, l'alose se tortille
Dans une pluie dorée de gouttes qui scintillent.
Elle tombe, ahurie, dans le fond de la barque
Où le fil de sa vie est coupé par les Parques.
Le pêcheur, averti, en interrompt sa sieste,
Achève le poisson d'un coup de barre preste,
Bois un coup de rosé si sa gorge s'assèche,
Puis se rendort, heureux: pour lui le Rhône pêche!
Cette façon subtile, je crois unique en France
N'a pu être inventée que chez nous, en Provence!
Il paraît que certains, les nuits de pleine lune,
Jouant flûte et violon au bord de la lagune
Ont eu, comme Aristote, la fantastique chance
De voir, debout sur l'eau, les aloses qui dansent...
Les belles ménagères avaient leur opinion:
"Les meilleures sont les aloses d'Avignon."
En dessous d'Aramon, elles sentaient la vase,
Et après Caderousse, ce n'était que carcasses,
Mais dans le Rhône vif courant sur les galets
Roulés de Villeneuve, ou au pied du Palais
Des Papes d'Avignon, elles étaient à point:
Dévasées, mais encor avec de l'embonpoint.
- Et comment tu la cuis, ton alose, Victor?
- Oh ! Vaï t'en plan, pitchoun, y a pas lou fio a bord!
Sers-moi d'abord un coup de rosé du Ventoux
Ou de Côtes-du-Rhône, et je te dirais tout.
L'alose, tu la laves, tu l'écailles, la vides.
Tu réserves les œufs dans un torchon humide,
Prends-en un soin jaloux, c'est les meilleurs morceaux.
Pour les gourmets, c'est le caviar des Provençaux.
Puis tu tranches la tête et la fends en longueur,
Coupe l'alose en darnes de deux doigts d'épaisseur.
Tu auras pris chez un compère jardinier
Une brassée d'oseille, des épinards triés.
Tu vas hacher ces herbes assez grossièrement:
Elles vont te servir en accompagnement.
Tu prends une cocotte, mais une vrai, en fonte!
Des cocottes-minute n'accepte pas la honte.
Tu graisses bien le fond, mais à l'huile d'olive
C'est le nec plus ultra, faut pas que tu t'en prives.
Au tonneau de vin blanc, tu remplis un cruchon,
Puis tu places la tête, ouverte, sur le fond.
Tu recouvres d'un lit d'oseille et d'épinards
Sel, poivre noir, muscade, va-z-y, sois pas flemmard.
Tu dois y mettre aussi des oignons émincés,
Certains cuistots rajoutent... oui, du petit-salé.
De ton huile d'olive, une bonne giclée
Car pour ta réussite c'est là l'une des clés.
Mets tes darnes à plat, sur l'herbe, bien serrées,
Qu'elles ne bougent pas quand ça va macérer.
Un autre lit d'oseille, encore un de poisson
Chaque fois sel et poivre et de l'huile, un soupçon.
Lorsque tout est placé, bien délicatement,
Tu poses sur le tout les œufs avec leur poche.
N'aie pas peur de forcer sur l'assaisonnement
Car ce n'est qu'un poisson, et pas de la bidoche.
On atteint maintenant un moment crucial,
Pour réussir ton plat, voilà le principal:
Tu arroses le tout de trois verres de gnole.
Des verres de soiffards, pas des verres symboles.
Enfin tu mouilles avec du blanc sec de Laudun,
Mais pas trop tout de même: ce qui est opportun.
Tu fermes ta cocotte bien hermétiquement
Avec la mie de pain mouillée légèrement.
Arrive maintenant le temps de la cuisson,
Sa longueur fondra les arêtes du poisson.
C'est sous la cendre chaude, dans un cantoun de l'âtre
Que doit cuire l'alose, dans les braises rougeâtres.
Cuit-la huit heures au moins d'une chaleur tranquille
Le tout sera confit. Une alchimie subtile
Des herbes et de l'alcool dissoudra les arêtes.
Petit, sers-moi à boire, ou sinon je m'arrête!
C'est un plat rituel pour tous les gens du Rhône.
Enfin, écoute-moi: l'alose est très friponne,
Après tout le plaisir qu'elle te donne à table
Elle fera de toi un gaillard redoutable!
Tu seras comme un cerf quand résonne son brame:
Ce plat est souverain... pour le bonheur des dames.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Deux belles aloses d'un kilo et demi chacune, - un kilo d'oseille, - un kilo d'épinards en branches ou - mieux - de vert de blettes, à défaut, de la laitue, - trois oignons émincés, - 2 hectos de petit-salé haché, - deux verres d'huile d'olive, - trois cuillerées à soupe de sel fin, -poivre noir du moulin, - muscade (à votre appréciation, mais généreusement), - une bouteille et demi de vin blanc sec, - trois verres d' "aigarden" (eau-de-vie).

Les vins conseillés:

Ce plat de poisson à la saveur puissante, animale, s'accommode parfai-tement de vins blancs ayant du caractère:
Côtes-du-Rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Châteauneuf-du-Pape.
Coteaux du Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette de Bellegarde.
Côtes de Provence de Palette, Coteaux varois de Salernes, Saint-Maxi-min, Bellet.
Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du-Rhône d'Estézargues, Coteaux-d'Avignon, Chusc1an, Roche-gude, Saint-Mau-rice-sur-Aygues, Sablet. Costières de Nîmes. Coteaux du Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Coteaux varois de Tourves, Barjols, Nans-Ies-Pins.

V'là le printemps! Sacré Pierrot!

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Ronsard.jpgPierre de Ronsard, malgré sa gueule d'employé de banque,était un sacré luron!

La rose qu'il allait voir avec ses mignonnes était plus souvent celle qui fleurit délicieusement dans l'intimité de nos compagnes que celle des roseraies..

Allez Pierrot, chauffe! Et bon appétit!




Je te salue, Ô merveillette fente,
Qui vivement entre ces flancs reluis ;
Je te salue, Ô bienheureux pertuis,
Qui rend ma vie heureusement contente !


C'est toi qui fais que plus ne me tourmente
L'archer volant qui causait mes ennuis ;
T'ayant tenu seulement quatre nuits
Je sens sa force en moi déjà plus lente.


Ô petit trou, trou mignard, trou velu,
D'un poil folet mollement crespelu,
Qui à ton gré domptes les plus rebelles :


Tous vers galants devraient, pour t'honorer,
A beaux genoux te venir adorer,
Tenant au poing leurs flambantes chandelles !

14/03/2009

V'là le printemps! Ah, la bonne heure!


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Charles Cros : Sonnet du trou du cul

Obscur et froncé comme un œillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d'amour, qui suit la fuite douce
Des fesses blanches jusqu'au cœur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
A travers de petits caillots de marne rousse,
Pour s'aller perdre où la pente les appelait.

Mon rêve s'aboucha souvent à sa ventouse;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C’est l'olive pâmée et la flûte câline,
C'est le tube où descend la céleste praline,
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos!


1871- in Album Zutique

09/03/2009

Femme, femmes FEMMES !

lamazou femmes.jpg



Femme maîtresse
Ouverte, offerte sous les caresses
Femme mère
Créatrice de la vie sur terre
Femme putain
Désir de soie et de satin
belle noire.jpg


Femme dirigeante
Intuitive et compétente
Femme politique
Courageuse et démocratique
Femme enfant
Que l’on protège et l’on défend
Femme salope
Qui fait jouir et rend myope
Femme avide
Calculatrice, sans cœur et cupide
Femme sorcière
Envoûtante, sournoise, incendiaire
belle diablesse blingee copie.jpg

Femme lesbienne
Délicate et altière clitoridienne
Femmes battues
Femmes vendues
Victime des stupides couillus
Femmes voilées
Femmes enfermées
Femmes niées
Femmes lapidées
Femmes brûlées
Femmes massacrées
Au nom d’un obscurantisme borné
trique moslim.jpg

Femme, femmes FEMMES !
Vous êtes des Humains pour le meilleur et pour le pire
Je vous respecte, je vous adore et je vous aime !


01/03/2009

A s'en faire pêter l'embouligue!

Coq au vin copie.jpg
Le coq au vin de Ginette et Nicole

- « Allez, Zou ! Viens mon beau. On va tuer le coq! »
C'est ainsi que Ginette, femme du Pays d'Oc
Fit de moi son complice pour saigner "Pyjama"
Et en faire une fête pour tous nos estomacs.
- « Il honore mes poules, mais il me les esquinte.
C'est "viol avec violence", si elles portent plainte! »
Je tiens solidement Pyjama par les pattes
Et lui bloque les ailes pour qu'il ne se débatte,
Elle lui tend le cou sur une casserole
Et plante franchement l'Opinel à virole.
Le sang de Pyjama s'écoule volontiers,
Un grand frémissement et il meurt sans crier...
Telle est la dure et saine loi de la nature :
Tout être est prédateur mais aussi nourriture !
En quatre mouvements, Pyjama est plumé,
Vidé et nettoyé, puis flambé et coupé
En solides portions et mis à mariner
Dans un Cairanne rouge où l'on a ajouté
Oignons piqués de clous de girofle et carottes,
Quelques baies de genièvres, sel, poivre et pas de flotte.
On laisse reposer au frais, toute une nuit.
Au matin on sort les morceaux que l'on essuie.
Au fond d'une sauteuse ou mieux d'une... cocotte,
Faites mousser du beurre dans de l'huile bien chaude,
Et faites-y dorer vos morceaux de volaille
Avec un peu d'oignon et quelques gousses d'ail.
Saupoudrez sur la fin avec de la farine
Toujours en remuant. Faut pas que ça calcine.
Flambez alors le tout avec un Armagnac,
Un marc de Châteauneuf ou bien un bon Cognac.
Puis vous passez dessus le jus de marinade,
Poivre, bouquet garni, sel (pas comme un malade).
Montez alors jusqu'à petite ébullition
Et cuisez doucement. La durée est fonction
De ce qu'est le bestiau. Pour Pyjama trois heures
Mais pour un coq d'hyper entre une et deux heures.
Préparez quelques cèpes, frais ou secs mais trempés,
Vous les sautez dans l'huile, les poivrez, les salez,
Puis vous les rajoutez à la préparation
Demi-heure avant la fin de votre cuisson.
À votre liaison il faut alors penser:
Sortez un verre de sauce, laissez-là reposer,
Puis battez-la avec jaune d'œuf et vinaigre,
De la farine en pluie. Fouettez d'un ton allègre!
Si vous l'avez gardé, vous rajoutez le sang.
Incorporez le tout dans le jus frémissant.
C'est prêt. Sans plus tarder arrêter le réchaud.
Vous buvez un canon et vous servez très chaud.
Avec des tagliatelles ou des pommes vapeur,
Et un bon Châteauneuf, on atteint le bonheur!
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.


Ingrédients et proportions pour six personnes

Le coq au vin est un plat qui doit mijoter. Il s'accommode donc parfaite-ment d'une volaille ayant de l'âge. Il faut une viande qui tienne aux os, et des os solides. Il vous faut donc:
Pour la marinade: - l coq ancien de deux kilos, - 2 bouteilles de bon vin rouge A.a.C., - 2 oignons pour la marinade, - 1 demi kilo de carottes coupées en rondelles, - 4 clous de girofle, - l dizaine de baies de geniè-vre, - 2 cuillerées de gros sel, - poivre du moulin.
Pour le plat: - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - gros comme un œuf de beurre, - l oignon émincé, - 3 gousses d'ail, - un peu de farine, - l verre d'Armagnac, Cognac ou Marc de Provence, - l bouquet garni, - l cuillerée à soupe de sel fin.
Pour la sauce: - 1 jaune d' œuf, - l demi-verre de vinaigre de vin, - 2 cuillerées à soupe de farine, - le sang du coq si vous l'avez gardé, - 1 sachet de cèpes secs mis à tremper.

Les vins conseillés:

Pas de demi-mesure pour le coq au vin: les meilleurs rouges de la vallée du Rhône: Côtes-Rôties, Hermitage, Croze-Hermitage, Saint-Joseph, Châteauneuf-du-Pape, Lirac, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Saint-Gervais, Séguret, Vinsobres, Visan, Sainte-Cécile-Ies- Vignes, Cornillon. En Coteaux du Languedoc, les vins chaleureux de Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Corbières, Fitou.
Les Côtes du Roussillon "Villages" de Belesta, Estagel, Maury, les Col-lioure.
Les vins de Provence Coteaux des Baux, Palette, Bandol évidemment, Les Arcs, les grands rouges de Bellet.


28/02/2009

Ouiquinde sous le signe de CUPIDON ! Apolinnaire

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Boulangère jadis qui respiriez l’amour
Peloteuse de couilles
Vous souvient-il des années et des jours
Remplis par ma gidouille

Mon jeune braquemart allait aux galions
Que recelaient vos fesses
C’était mon vit mortaise et votre cul tenon
Jointés avec adresses

Le foutre ruisselait par la boulangerie
Où vous étiez captive
Et j’eusse en vain cherché dans la rue des Martyrs
Fesses plus bandatives

Guillaume Apollinaire (1880-1918)

22/02/2009

Ouiquinde sous le signe de CUPIDON et DIONYSOS !

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Nicole

Dans la chambre au fenêtres closes
La vue de sa peau dénudée
Plus enivrante que la rose,
Plus somptueuse que l’orchidée,

Met mon cœur et mon corps en transes
Depuis ce si beau jour d’été
Où le ciel m’a donné la chance
D’avoir l’honneur de la goûter.

Nicole est une fleur sauvage
Que j’eus le bonheur de cueillir
Dans les dunes, près des rivages

Où Phébus la faisait fleurir.
Depuis ce jour je suis ravi :
C’est elle l’amour de ma vie.


La bourride de La Lionne

— Compagne de ma vie en restant ma maîtresse
Elle mêle à souhait la fougue et la tendresse.
Sa peau de soie moirée, ses yeux de velours vert
Sa grâce de félin sensuel et pervers,
Le dangereux désir qui effraie et passionne
Font que je la surnomme, fièrement, La Lionne.
— Oh ! Victor ! Cette fois t’es mordu ! Qui l’eût cru ?
T’as pas peur, quand tu dors, qu’elle te bouffe cru ?
Il faut se méfier des mantes religieuses :
Elles croquent leurs mâles lorsqu’elles sont heureuses !
— Vivre heureux même si c’est dangereusement
Tel a toujours été le credo des amants.
Et puis, si ses étreintes sont longues et torrides,
Pour manger, elle préfère encore la bourride !
— A queste co, Victor ! Voilà qui est rassurant
Car il faut savoir fuir un amour dévorant.
Maintenant sa bourride, qu’elle en est la recette ?
— C’est, en un peu plus riche, la bourride de Sète.
Première opération, prépare un court bouillon :
Deux carottes, un poireau, du fenouil, deux oignons,
Plus un zeste d’orange, du laurier et du thym,
Fleur de sel de Camargue et poivre du moulin.
Un litre et demi d’eau, demi litre de blanc
De Laudun ou Pujaut, quelques brins de safran.
Mets la tête d’un congre, deux poignées de favouilles,
Fais cuire vingt minutes, à feu vif, que ça bouille.
Passe au presse légumes, puis exprime au torchon.
Pendant que ça tiédit, fais péter un bouchon.
Dans ce jus, mets ta lotte dix minutes en cuisson.
Tes loups et ton colin débités en tronçons
Tu les rajoutes alors, mais pas comme une brute,
Et les cuis en faisant frissonner dix minutes.
Retire les poissons que tu réserves au chaud,
Tu reprends ton bouillon et le passes à nouveau.
Pendant que ça cuisait tu as fait l’aïoli,
Soit généreux car en manquer est impoli,
Pour la changer en rouille, une fois qu’elle est faite,
Tu vas incorporer du piment d’Espelette,
Ça va te la muscler et te la colorer.
En deux portions égales tu vas la séparer :
La moitié dans un bol, pour manger le poisson,
L’autre te servira à lisser le bouillon.
Dans une casserole, pour cela incorpore
Deux ou trois jaunes d’œuf. Tu dois tourner encore
En versant doucement le bouillon toujours chaud.
Tu remets à feu doux sur le bord du réchaud
Et tu tournes comme pour une crème anglaise.
Quand la cuillère nappe, ton bouillon est à l’aise.
Tu mets dans les assiettes quelques croûtons dorés,
Frottés d’ail et couverts avec la rouille ambrée,
Que chacun mouillera comme il veut de bouillon
Et tu sers à côté le plat de tes poissons.
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

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Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour le bouillon: - 6 carottes, - 3 poireaux, - 3 oignons piqués de clous de gi-rofles, - 3 branches de fenouil, - 1 gros bouquet garni, - l zeste d'orange, - 3 cuillerées à soupe rase de sel de Ca-margue, - safran, - 2 têtes de congre, - 1 kilo de petits crabes (appelés favouilles en Provence), - 1 litre de vin blanc sec.
Pour les poissons: - 3 queues de baudroie (appelées aussi lotte) coupées en tron-çons épais, - 3 loups (appelés encore bars) coupés en darnes, - 6 darnes de colin.
Pour la rouille: - 1 demi litre d’huile d'olive, - 6 gousses d'ail, - 1 jaune d' œuf.
- 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - sel.
Pour la liaison: - 6 jaunes d'œuf.
Pour le service: - croûtons de pain séchés au four et frottés d'ail.

sexy en voiture.jpgLes vins conseillés:

La bourride fait bon ménage avec tous les vins blancs secs de la vallée du Rhône: Côtes-du-Rhône, Coteaux-du-Tricastin, Coteaux-du-Diois, Coteaux-du-Luberon, Côtes-du-Ventoux, Costières-de-Nîmes.
En vins du Languedoc: Picpoul-de-Pinet, blancs de La Clape.
En vins de Provence: Cassis, Palette, Coteaux-d'Aix.



15/02/2009

Laissons exulter les corps! Après le coeur et le cul, le VENTRE!

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La gardiane camarguaise

Tout Provençal se doit, au moins une fois l'an,
D'aller se ressourcer, reprendre son élan,
De mettre le vaisseau de sa vie au grand largue
Dans l'eau, le sel, le vent, le soleil de Camargue.
Terres demi noyées, secouées de mistral
- Jumeau du fleuve-dieu, fleuve d'air magistral - -
Pétries et façonnées par le Rhône et la mer,
Puis soudain ravagées par le fleuve en colère.
Terres où le soleil fait naître des mirages,
Terre où le sol et l'onde hésitent leur partage,
Terres de solitude, rivages de naufrage,
Qui mesurent les hommes à l'aune du courage.
Digues, lônes, marais, étangs, sables mouvants,
Boue sèche et craquelée, cristaux étincelants
Du sel sur la sansouire, faisceaux arachnéens
Des tamaris en fleurs d'où s'envolent soudain
Des millions d'oiseaux venus d'ailleurs lointains,
Royaume incontesté des flamands africains.
Terre des chevaux blancs et des taureaux sauvages,
Où Mitrhra règne en dieu depuis le fond des âges.
Il faut voir la Camargue lorsque 1 'hiver l'étreint
Lorsque le ven terraù sauvage court sans frein,
Lorsque les Camarguais déplacent la manade:
Des milliers taureaux menés en cavalcade.
Conduits par cent gardians, par cent puissants centaures
Défile l'infernal troupeau de minotaures,
Taureaux noirs, chevaux blancs, aux narines fumantes
Remplissent la contrée d'une clameur géante.
Taureaux dont les meilleurs combattront dans l'arène
Face aux hommes, mains nus, que leur fierté entraîne
Entre les noirs poignards. Pour la rouge cocarde
Et les yeux d'une belle, ils défient la Camarde!
Certains de ces taureaux, à l'ardeur légendaire,
Adulées tels des dieux par la gent populaire,
Sont enterrés debout et ont leur mausolée,
Comme le grand Goya (1), l'immense Sanglier (2).
Ceux qui n'ont pas le sang pour les j eux et la gloire
Termineront leur vie dans une rôtissoire,
Car en mangeant Mytrhra, les Provençaux dévorent,
Avec sa chair, sa force. Et, ce faisant, l’honorent.
Cette hostie des gardians s'appelle "La gardiane".
— Oh ! Victor. Et alors, on les coupe ces couennes?
— Bien sûr, petit, mais je voulais que tu comprennes
Que c'est un plat sacré, et qu'il en vaut la peine.
Fais mariner trois tranches de taureau bien épaisses
Dans le l'huile d'olive. Rajoute avec largesse
Poivre et clous de girofle, ail, oignon, thym, laurier.
Laisse toute la nuit, comme pour du gibier.
Au fond de ta marmite, en fonte uniquement,
Dispose quelques couennes, de porc évidemment,
Sur lesquelles tu places une première tranche.
Couvre avec de l'oignon et de l'ail effilés,
Carottes en rondelles et du persil en branche,
Sel, poivre du moulin, un anchois en filets.
Tu fais ainsi trois couches. Enfin, pour terminer,
Zeste d'orange séché, girofle, laurier, thym,
Puis tu mouilles avec six grands verres de bon vin,
Du Costières de Nîmes, rouge carabiné.
Met ta marmite au four, fermée soigneusement,
Et fais cuire cinq heures, doucement, lentement.
Ce taureau parfumé, tendre, confis, moelleux,
Découvre-le sur table, et accompagne-le
D'une jatte fumante de long riz camarguais.
Dans les verres tu sers un Gallician bien gai.
Mais attention, petit, le riz est un plat riche,
N'en fais pas - c'est courant - de la colle d'affiche.
Pour qu'il ne colle pas, tu dois bien le laver,
C'est donc tout l'amidon qu'il te faut enlever.
Dans une jatte creuse ou un plat similaire,
Tu frottes entre tes mains le riz dans de l'eau claire,
Tu changes et recommences dès que ton eau blanchit,
Après quoi tu égouttes, tu bois et réfléchis:
Il y a plusieurs façons de cuire le riz blanc,
Comme les Espagnols, comme les Catalans,
Comme les Vietnamiens ou comme les Créoles,
Surtout pas comme les Français de métropole!
À Saïgon ou Vientiane, à Pnom Pen ou... Paris
C'est deux mesures d'eau par mesure de riz,
Tu couvres quand ça bout et tu réduis la flamme,
Si ça attache au fond, tu n'en fais pas un drame,
Tu ne sales pas l'eau, tu ne remues jamais,
Et tu laisses gonfler en tenant bien fermé.
Mais comme à Fort-de-France ou bien à Pointe-à-Pitre,
Tu fais bouillir ton riz dans de l'eau, plusieurs litres,
Légèrement salée. Quand c'est cuit tu égouttes,
Puis tu réserves au chaud, du beurre tu ajoutes.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc
Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.


Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Trois tranches épaisses de taureau à braiser, environ un kilo, - 4 ou cinq couennes de porc, - 1 kilo d'oignons paille émincés, - 2 têtes d'ail éplu-chées et également émincées, - 1 kilo de carottes découpées en rondel-les, - 4 ou 5 branches de persil non frisé, - 3 anchois en filets, - 3 verres d'huile d'olive, - 3 cuillerées à soupe de sel de Camargue, - poivre noir du moulin à la demande, - 6 clous de girofle, - 4 feuilles de laurier, - 3 cuillerées à soupe de sommités sèches de thym ou 3 ou 4 belles bran-ches de thym frais, - 1 zeste d'écorce d'orange séché, - 1 bouteille de bon vin rouge, - 500 grammes de riz long de Camargue.

Les vins conseillés:


La gardianne est un plat de haut goût qui demande des vins rouges puissants, épicés, tanniques. De grands Costières de Nîmes, comme
les Gallician font parfaitement l'affaire. Mais on l'accompagnera éga-lement avec bonheur d'un Côtes-du-Rhône de Saint-Joseph, d'un Croze-Hermitage, d'un Vacqueyras, d'un Gigondas, d'un Lirac ou d'un des nombreux crus "Villages" des Côtes-du-Rhône.
En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Mi-nervois, Fitou, Collioure.
En vins de Provence: Bandol, Bellet, Palette, Pierrefeu, Gonfaron.

(1) (2) "Goya ", "Sanglier": noms de taureaux cocardiers célèbres. "Goya" a une statue à Beaucaire, "Sanglier" un mausolée à l'entrée de Le Cailar, en Camargue.


26/12/2008

Pour se purger les boyaux de la tête!

George Sand.jpgAprès s'être tapissé copieusement les tripes de sauces chaudes et onctueuses, après s'être joyeusement fait plaisir à la viande, nettoyons nous les boyaux de la tête avec ces perles de l'esprit!





LETTRE COQUINE DE SAND À MUSSET

Cher ami,
Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon ou je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourrez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.
Votre poupée...


Alfred-de-Musset.jpgLettre à laquelle Musset répondit ainsi:

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

Musset