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08/03/2015

Ouiquinde gourmand : récoltez votre viande !

saucissons forêt de.jpg

Forêt de saucissons !

 

Savourez le charme délicieusement décalé de ces esprits pétillants d'une autre époque, celle des chansonniers qui brocardaient avec talent et esprit les "grands" de l'époque, emplissaient le Théâtre des Deux-ânes et assemblaient devant le poste de TSF la famille qui dégustait comme de succulentes bouchées, à l'heure du repas du soir, les saillies, les vers de Robert Rocca, de Jacques Grello ou de Pierre-Jean Vaillard :

 

La viande se récolte.

 

Au cours d'une session du Conseil Général,

Un conseiller frappa de son poing sur la table,

Et, cherchant dans sa tête un effet théâtral,

Il prononça des mots, pour le moins, mémorables,

Abordant un sujet peu fait pour égayer

Le prix de ce bifteck qui fait notre amertume,

Et comparant alors le bétail aux légumes,

« La viande se récolte », a dit un conseiller.

 

 

« La viande se récolte »... Oh ! phrase de poète !

S'il faisait beau, ma mie, nous irions tout de go

Cueillir des entrecôtes et glaner des gigots ;

Nous irions dans les bois chercher des côtelettes ;

Mais octobre et sa pluie mes jardins ont mouillés.

Dans le verger frileux, les faux-filets se penchent

Et les rognons de veau frémissent dans les branches...

« La viande se récolte », a dit un conseiller.

 

 

Quand reviendra le temps où fleurit l'andouillette,

Quand nous écraserons des jambons sous nos pieds,

Quand il nous tombera des biftecks sur la tête,

Lorsque nous secouerons le tronc du bifteckier,

Je cueillerai pour toi, pour mettre à ton corsage,

Un saucisson des champs, puis au creux du sentier,

Nous ferons des bouquets d'escalopes sauvages,

« La viande se récolte », a dit un conseiller.

 

 

Le soir, dans mon verger, où pousseront, superbes,

Des émincés de veau taillés comme des ifs,

Je chargerai tes bras de saucisses en gerbes,

Et nous ferons l'amour à l'ombre des rosbifs.

Enfin, nous reviendrons parmi les côtelettes,

Cueillant négligemment des grappes de gésiers ;

 Nous aurons le parfum des pieds panés en tête ;

« La viande se récolte », a dit un conseiller.

 

« La viande se récolte ». Oh ! prends ton luth, poète,

Imagine un instant ce bouleversement.

S'il arrivait un jour de semblables cueillettes,

Que se passerait-il alors, inversement ?

Peut-être verrions-nous des troupeaux de courgettes,

Aller vers l'abattoir et, le long des sentiers,

Des troupeaux de patates agitant leurs clochettes ;

« La viande se récolte » a dit un conseiller.

 

 

Femmes, ne stockez plus, ne faites plus de chaînes ;

Messieurs les conseillers ne sont point des feignants ;

Prenez donc vos paniers et partez dans nos plaines :

Vous reviendrez, ployant sous les biftecks saignants.

Pendant ce temps, faisant des repas de misère,

Les « Messieurs compétents », d'un geste familier,

S'en iront peloter leurs tendres secrétaires...

« La viande se récolte », a dit un conseiller.

 

 

Pierre-Jean Vaillard

 

* * * * * * *

Et n'oublions pas: c’est la journée des

femmes, Femmes, FEMMES

 

Femme maîtresse

Ouverte, offerte sous les caresses

Femme mère

Créatrice de la vie sur terre

Femme putain

Désir de soie et de satin

Femme dirigeante

Intuitive et compétente

Femme politique

Courageuse et démocratique

Femme enfant

Que l’on protège et l’on défend

Femme salope

Qui fait jouir et rend myope

Femme avide

Calculatrice, sans cœur, cupide

Femme sorcière

Envoûtante, sournoise, incendiaire

Femme lesbienne

Délicate et altière clitoridienne

Femmes battues

Femmes vendues

Victime des stupides couillus

Femmes voilées

Femmes enfermées

Femmes niées

Femmes lapidées

Femmes brûlées

Femmes massacrées

Au nom d’un obscurantisme borné

Femme, femmes FEMMES !

Vous êtes des Humains pour le meilleur et pour le pire

Je vous respecte, je vous adore et je vous aime !

 

VictorAyoli

 

chansonniers,humour,poésie

 

 Photos X - Droits réservés

28/02/2015

Ouiquinde érotique avec Gabriel Seinac de Meilhan

arbres qui baisent.jpg

Même les arbres ne sont pas de bois !

 

La Foutromanie

 

(…/...)

 J'aime en amour le train de la canaille
Et point les tons des gens de qualité.
Lorsque je fous, il faut qu'un Con travaille,
Qu'il me féconde, et avec volupté,
Pompant les sucs de ma couille fertile,
Dans son allure : il fait leste et facile.
Car de passer ses jarrets et ses reins
Á dérouiller le Con d'une Robine*,
Qui ne demande à Dieu tous les matins,
Que le bonheur de presser des engins,
Et cependant contrefait l'enfantine,
Quand on la fout à triple carillon,
C'est se plonger dans l'abîme d'un Con.
Vous la verriez défendre son téton,
Comme à quinze ans une jeune Pucelle,
Vous rebuter pour une bagatelle,
Pour un baiser, pour un mot polisson,
En minaudant, trancher de la cruelle.
Mais offrez-lui quelque gros saucisson,
Un Vit de bronze, elle aime ce lardon ;
Elle vous va livrer sa citadelle.
Les deux battants pour vous seront ouverts,
Et vous pourrez sur la froide Aridelle,
Faire expirer vos caprices divers :
Á vrai dire, vous aurez à combattre
Tous les valets, qui la foutent par quatre,
Et qui depuis environ dix-neuf ans,
Tous les neuf mois lui flanquent des enfants.

 (…/...)

 

 Gabriel Seinac de Meilhan

 

Photo X - Droits réservés

 

22/02/2015

La Bombine ardéchoise de Mamé Zizou.

Bombine pour web.jpg

 

 

Les temps de pénurie ne sont guère de mise

Et chacun, plus ou moins, peut manger à sa guise

Bien sûr, ce sont souvent des bouffes dégueulasses :

Sous vide, surgelés ou conserves fadasses.

Le pire étant bien sûr ces affreux "hambourgeois"

Dont les Zétazuniens, puritains rabat-joie,

Punissent tristement tout le reste du monde

En voulant le gaver de leur pâtée immonde :

Un peu de vache folle en tranche agglomérée

Prise entre deux éponges assaisonnées diarrhée

Pourtant, il y a peu – trois, quatre décennies –

Faire bouillir la marmite donnait des insomnies

À bien des ménagères. Mais avec presque rien,

Des patates, des restes, et du goût, ô combien!

Elles vous mitonnaient de solides gamelles

Qui régalaient le ventre mieux que des regardelles.

René-Louis Thomas, mon ami ardéchois,

Grand amateur de vins et de repas de choix

M'a préparé un jour - j'en lèche mes babines –

De sa Mamé Zizou la fameuse Bombine.

- Je t écoute Victor : comment ça se prépare,

Avec quels ingrédients, cette recette rare ?

Ce n'est pas compliqué comme tu vas le voir,

Pourtant c'est un bouquet de saveurs du terroir.

Hache fin deux ou trois cèbes de Lézignan

Que tu feras blondir dans l'huile lentement.

Quand je dis dans de l'huile, c'est d'olive bien sûr

Et non les jus douteux de quelques grains obscurs.

Ajoute des lardons, si possible un peu rances,

Ça apporte un parfum, mais évite l'outrance.

Il est temps maintenant de remplir ta toupine

De ce qui constitue le corps de la bombine :

Des rattes de l'année, entières, avec leur peau,

Mêlées de rattes vieilles, pelées et en morceaux.

Couvre juste à niveau d'eau chaude assez salée,

Met une gousse d'ail, du laurier et du thym

N'oublie pas d'ajouter un verre de bon vin,

Ferme et met en cuisson deux heures d'affilée,

À petit feu bien sûr, il faut que ça mijote.

Ce plat de fin de mois des montagnes gavottes

Te remplit le palais de fragrances rugueuses.

Il cala l'estomac des gavots et des gueuses

L'arrosant de clinton, ce cépage ardéchois

Qui te chauffe la tête et maltraite le foie.

Mais, comme dit Ferrat, il fait des centenaires

Qui ne vont pas souvent chez les apothicaires.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire.

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.



 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 cèbes de Lézignan (ou autres oignons doux si vous n'en trouvez pas), - 2 hectos de lards (si possible un peu rance), - 1 kilo de pommes de terre rattes nouvelles, - 1 kilo de rattes vieilles, - 1 cuillerée à soupe de gros sel, - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 2 litres d'eau améliorée d’un verre de vin blanc.

 

Les vins conseillés:

Vous ne trouverez plus de clinton, ce cépage qui poussait sur les arides restanques ardéchoises, car, dangereux, il est interdit et c'est une bonne chose. Mais essayez un de ces rouges étonnants de fraîcheur et de parfum des Coteaux ardéchois : Saint-Désirat, Saint-Joseph, Tournon, La Roche-de-Glun ; des rouges des Corbières ; des rouges des Coteaux varois.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

21/02/2015

Ouiquinde érotique avec Marie Krysinska

Bacchanalia.jpg

 

 

Bacchanale


Sous les lampadaires verts des chênes,
La farouche et rythmique extase se déchaîne.

Les torses, aussi beaux que des ciels d'été,
Souplement ondoient. Et les seins lactés -
Ainsi que d'ivres nébuleuses -
Voguent au gué des danses amoureuses.

Et le flot du vin odorant se mêle
Aux flots des chevelures qui follement ruissellent.

Sous les lampadaires verts des chênes,
La farouche et rythmique extase se déchaîne.

Les susurrants tambourins échappent aux mains lassées.
Et de plus âpres étreintes font les formes enlacées.

Ainsi que des lianes caressantes
De frêles bras s'éprennent des épaules puissantes ;
Et le saont Délire, en tournoyantes rondes,
Constelle l'horizon rose de chairs blondes.

Le rire divin sonne de somptueux tocsins,
Les lèvres rient, aussi les yeux, aussi les seins...
Et, tandis que la fin du jour déploie ses pompes,
Les Satyres, enflant leurs joues, soufflent dans les trompes.

Marie Krysinska

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

18/02/2015

En France, en Europe, dans le monde, on est dans quoi ? DANS LA MERDE ! chante Guy Béart...

estrons gateaux.jpg

 


Vous, les grands philosophes
Qui savez tout sur tout
Assez de catastrophes
Ce soir, écoutez-nous
La vie est toujours fête
Pourquoi pleurer sans fin ?
Vous cassez pas la tête
Nous allons vous mettre au parfum
(Nous allons vous mettre au parfum !)

{Refrain:}
Où étions-nous ? (Dans la merde)
Où sommes-nous ? (Dans la merde)
Où allons-nous ? (Vers la merde)
Pourquoi y aller ?
(Pour changer de merde)
(Et puis merde, merde, merde !)

Dans la guerre affolante
(Dans la guerre affolante)
On se bat, on se marre
(On se bat, on se marre)
Le coq français ne chante
Que les pieds dans la mare !
Pour sortir des salades
(Pour sortir des salades)
Seul le rire est vainqueur
(Seul le rire est vainqueur)
Marchons dans la panade
C'est ça qui nous porte bonheur !
(C'est ça qui nous porte bonheur !)

{au Refrain}

Célibataire (C'est la merde)
Marié (C'est la merde)
À la rue (C'est la merde)
Les familles (C'est la merde)
Le boulot (C'est la merde)
Le chômage (C'est la merde)
Dans les villes (C'est la merde)
À la ferme (C'est la merde)
Pourquoi y aller ?
(Pour changer de merde)
(Et puis merde, merde, merde)

Depuis qu' le monde est monde
(Depuis qu' le monde est monde)
C'est la même chanson
(C'est la même chanson)
Des mélasses profondes
Toujours nous sortirons
Dans la crise mondiale
(Dans la crise mondiale)
Vous parlez de mourir
(Vous parlez de mourir)
Et nous, c'est un scandale
On meurt d'amour, on meurt de rire !
(On meurt d'amour, on meurt de rire !)

Ha ha ha ha
(C'est la merde !)

 

Guy Béart

 

 

vin de merde.jpg

 

 

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15/02/2015

Ouiquinde gastronomique turc

 

femme au vent.jpg

Katy

 

J’ai rencontré Katy sur un paquebot turc

Qui reliait Marseille au pays d'Atatürk

Longue, fine, élancée, androgyne et très blonde,

En voyage de noce elle courait le monde.

 

Un regard prometteur longuement échangé,

Deux verres de raki, près du bar, partagés,

Et nous nous retrouvons, sans parole inutile,

Sur le pont, envoûtés, commençant une idylle.

 

Je cueille sur ses lèvres un baiser épicé,

Je roule entre mes doigts ses petits seins dressés

Elle m’offre, cambré, le bas de son échine

 

Et nous faisons l’amour, au rythme des machines

Nous grimpons, enlacés, vers le septième ciel

Croquant à belles dents dans sa lune de miel !

 

 

Les “ Dolma yalanci ” – Les feuilles de vignes farçies

 

Le mari de Katy, un pasteur anglican

Pratiquait avec flegme une juste devise :

“ Mieux vaut une participation sur un volcan

Que l’exclusivité d’une froide banquise ! ”

Nous nous sommes aimés de fougue et d’abondance

De Marseille à Capri, du Pirée à Byzance,

Au hasard des recoins du bateau haletant

Toujours sur le qui-vive et pressés par le temps,

Sur des bâches pliées, sur des tas de cordages,

Mais surtout dans les chaloupes de sauvetage.

Grand, solide et rougeaud, le regard ironique,

Le pasteur buvait sec du rhum de Martinique

Il connaissait les hommes, les femmes et le péché

Et savait que Katy, sa belle amourachée

Lui reviendrait bientôt, et sans perdre la boule,

Sitôt que le bateau atteindrait Istamboul…

Le pasteur généreux, grand seigneur, m’invita

Dans un resto flottant, sous le pont Galata,

Il reprit possession, avec verve et humour

De sa volage épouse, de sa poupée d’amour,

Et la gorge serrée, je dus rendre les armes

Quand Katy me quitta, sans verser une larme…

- Eh ! Victor, ici bas, chacun porte sa croix,

Et souvent, le cocu n’est pas celui qu’on croit !

Il t’a bien fait marron, le serviteur de dieu !

Mais qu’avez-vous mangé comme repas d’adieu ?

- Un plat oriental, les “ Dolma yalanci ”,

On connaît : ce sont les feuilles de vignes farcies.

Tu fais blanchir trente secondes,

Dans de l’eau bouillante et salée,

Des feuilles de vignes que tu émondes

Des nervures et parties talées.

Tu les sèches sur du sopalin

Et tu te bois un coup de vin.

Tu colores un oignon et de l’agneau haché

Dans de l’huile d’olive sans laisser attacher,

Un verre de riz sec, laisse prendre du goût,

Puis recouvre d’un doigt d’eau, citronnée surtout.

Laisse cuire dix minutes, rajoute des raisins

Secs trempés, égouttés, cannelle, pignons de pin,

Sale, poivre, cuis à absorber le liquide,

Vide ton verre plein et plains ton verre vide.

Dispose cette farce sur tes portions de feuilles

Roule-les en cylindres, c’est fait en un clin d’œil,

Et pour ne pas qu’ils s’ouvrent, avec un cure-dent

Tu rapproches les bords et tu piques dedans.

Dans le fond d’une poêle, met ces petits rouleaux,

Un peu d’huile d’olive, un demi verre d’eau,

Et fais cuire à feu doux, vingt minutes à couvert.

C’est un plat délicieux, qui rend les hommes verts !

Á nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

JVJ

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

14/02/2015

Á tire d'Elle

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Le temps marche sur moi, quant à toi, il t'effleure

Ma taille s'épaissit, mes cheveux ? Je les pleure...

Le temps est un voyou, un voleur de jeunesse,

Mais il transmute aussi la passion en tendresse.

 

Si le torrent fougueux de notre amour total

S’est calmé dans le lac du bonheur conjugal

Après plus de trente ans, il n’a pas une ride,

Et s’il est moins ardent, il n’est que plus solide.

 

Pour mon cœur, pour mon corps, tu restes la plus belle,

Ta mémoire s’estompe, ma Lionne d’amour

Et si tes souvenirs s’enfuient à tire-d’aile,

 

Pour tes yeux de velours je me fais troubadour

Et, pour Saint-Valentin, te dédie ce poème

Je t’aime.

 

 

Merci à l’irremplacé Peynet

 

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12/02/2015

Pour oublier la « morosité ambiante », quelques savoureuses « Desproges-rit » !

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L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne !

 

Je ne bois jamais à outrance, je ne sais même pas où c'est.

 

 

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Je n'ai jamais abusé de l'alcool, il a toujours été consentant. 

 

Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant... S'il vous répond, vous êtes schizophrène.

 

 

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5 fruits et légumes par jour, ils me font marrer... Moi , à la troisième pastèque, je cale.

 

L'alcool tue mais combien sont nés grâce à lui ?

 

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Un jour j'irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien.

 

La médecine du travail est la preuve que le travail est bien une maladie !

 

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Dieu a donné un cerveau et un sexe à l'homme mais pas assez de sang pour irriguer les deux à la fois.

 

La lampe torche. Le PQ aussi.

 

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07/02/2015

Ouiquinde érotique avec Louis-Charles Machault

cul béni.JPG

 

 

Sophie Langelot au curé de Saint-Paul

Quoi ! lâche suppôt de l'autel !
Tu fis de l'église un bordel ;
Ainsi donc métamorphosée,
Tu vainquis mon âme abusée :
Changeant les ordres du destin,
De moi, tu fis une putain.

Te souviens-tu, monstre infernal,
De ce moment triste et fatal,
Où, succombant à tes caresses,
Je me laissai prendre les fesses,
Et que cédant trop à ta loi,
Mon con tout neuf s'ouvrit pour toi ?

Hélas ! pour prix de tant d'amour,
Ah ! quel affreux triste séjour !
Ainsi donc tu payes l'hommage
Que je te fis d'un pucelage !
Moi, de l'art de foutre entichée,
Je n'ai plus qu'un godemiché !

Ton vit cruel, affreux, ingrat,
A-t-il oublié ce combat ?
Quoi ! moi, d'une religieuse,
Je vais être la manieuse ?
Quels affreux supplices divers !
Ah ! c'est le tourment des enfers.

Mais je vais renaître au bonheur ;
J'ai le vit de mon directeur.
C'est un brave fouteur de nonne,
Qui n'a jamais raté personne :
Me branlant, je dis à part moi,
Maudit soit tout curé et toi.

 

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31/01/2015

Ouiquinde érotique avec ce grand pistachier de Victor Hugo !

 

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Le sonnet d'Arvers... à revers


Son con est sans secret, sa vulve est sans mystère,
Mais j'ai pris cette nuit, en un moment son cul.
Elle était endormie, aussi j'ai dû me taire,
Celle à qui je l'ai fait n'en a jamais rien su.

Hélas ! j'aurai piné près d'elle inaperçu,
Sans me l'asticoter et pourtant solitaire ;
J'aurais planté mon bout dans cette jeune terre,
Et sans rien demander elle aura tout reçu.

En elle, à qui Dieu fit la fesse douce et tendre,
Je suivrai mon chemin, me distrayant d'entendre
Ce bruit que dans la glaise on fait à chaque pas.

Au postère de voir ma semence fidèle
Elle dira, vidant son cul tout rempli d'elle :
"Quel est donc ce blanc d’œuf ?" et ne comprendra pas...

Victor Hugo - Pastiche du:


Sonnet d’Arvers

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère :
Un amour éternel en un moment conçu.
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas ! j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire,
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas ;

À l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
« Quelle est donc cette femme ? » et ne comprendra pas.

Félix Arvers

 

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18/01/2015

Mortifié, humilié, couvert de honte: j'ai raté l'aïoli...

aioli.jpg

 

 

Humilié, honteux, rongé par la vergogne

J’en ai le rouge au front et l’horreur dans la pogne

Je voudrais disparaitre, me cacher dans la boue

Et même me passer, morbleu, la corde au cou

Putaing ! Hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Pourtant l’œuf, le mortier, comme l’huile d’olive

Ont été sortis tôt, pas de façon hâtive

Mes ingrédients avaient même température

J’étais frais et dispos, même pas de biture,

Pourtant hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Le lourd mortier de marbre avec ses quatre oreilles

Le beau trisson en buis, et même la bouteille,

Les quatre gousses d’ail, la pincée de gros sel,

Mon bras était fringant, du poignet à l’aisselle…

Pourtant hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Les aulx bien écrasés en pommade odorante

J’ai voulu casser l’œuf. Ce souvenir me hante…

Maladresse fatale, le blanc m’a échappé

Au dessus du mortier ! Dès lors c’était râpé…

Putaing ! Hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

J’ai eu beau brandouiller, bourouler l’appareil

Même avec le batteur – horreur ! – c’était pareil.

J’ai vidé le mortier dans un bol, à côté.

Un jaune d’œuf, de l’huile, et j’ai recommencé.

Pourrais-je, ô folie

Remonter l’aïoli ?

 

Victoire ! Ça repart, je la remonte à l’huile

Elle à la consistance, elle est ferme et ductile

Et quand j’ai rajouté mon appareil raté

Catastrophe, défaite, l’aïoli a chié…

Putaing ! Quelle chienlit

J’ai raté l’aïoli !

 

Comment puis-je, dès lors donner une recette

Moi qui viens d'essuyer cette dure défaite...

Pas de cuisine donc, ce serait indécent,

Et surtout, oui, surtout...pas de canard au sang !

 

 Photo Moi

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

C'est un caquou de l’Estaque, balaise comme un mangeur d’aïoli, qui a émigré au Québec. Il frappe à la porte du chef du personnel d'une entreprise de bûcherons, car il cherche du travail
- Vous avez l'air costaud. Vous avez des références ?
- Ouais ! J'ai travaillé au Sahara !
- Vous vous foutez de ma gueule ? Y'a pas d'arbres au Sahara !
- Y'a PLUS d'arbres !

 

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17/01/2015

Ouiquinde gaillard avec notre grand Rabelais.

torchecul.jpg

 

 

Revenons aux fondamentaux, retrouvons notre grand Rabelais, immense philosophe, chercheur en hédonisme. Changeons-nous les idées et délectons-nous avec ses expériences torcheculières :

 

 

« Les cents et une manières de se torcher le cul.

 

J'ay (respondit Gargantua) par longue et curieuse experience inventé un moyen de me torcher le cul, le plus seigneurial, le plus expedient que jamais feut veu.


- Quel ? dict Grandgousier.


- Comme vous le raconteray (dist Gargantua) presentement.
« Je me torchay une foys d'un cachelet de velours de une damoiselle, et le trouvay bon, car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande;
« une aultre foys d'un chapron d'ycelles, et feut de mesmes;
« une aultre foys d'un cache coul;
« une aultre foys des aureillettes de satin cramoysi, mais la dorure d'un tas de spheres de merde qui y estoient m'escorcherent tout le derrière; que le feu sainct Antoine arde le boyau cullier de l'orfebvre qui les feist et de la damoiselle qui les portoit!
« Ce mal passa me torchant d'un bonnet de paige, bien emplumé à la Souice.
« Puis, fiantant derrière un buisson, trouvay un chat de Mars; d'icelluy me torchay, mais ses gryphes me exulcererent tout le perinée.
« De ce me gueryz au lendemain, me torchant des guands de ma mere, bien parfumez de maujoin.
« Puis me torchay de saulge, de fenoil, de l'aneth, de marjolaine, de roses, de fueilles de courles, de choulx, de bettes, de pampre, de guymaulves, de verbasce (qui est escarlatte de cul), de lactues et de fueilles de espinards, - le tout me feist grand bien à ma jambe, - de mercuriale, de persiguire, de orties, de consolde; mais j'en eu la cacquesangue de Lombard, dont feu gary me torchant de ma braguette.
« Puis me torchay aux linceux, à la couverture, aux rideaulx, d'un coissin, d'un tapiz, d'un verd, d'une mappe, d'une serviette, d'un mouschenez, d'un peignouoir. En tout je trouvay de plaisir plus que ne ont les roigneux quand on les estrille.

 
- Voyre, mais (dist Grandgousier) lequel torchecul trouvas tu meilleur ?

 
- Je y estois (dist Gargantua), et bien toust en sçaurez le tu autem. Je me torchay de foin, de paille, de bauduffe, de bourre, de laine, de papier. Mais
Tousjours laisse aux couillons esmorche
Qui son hord cul de papier torche.


- Quoy ! (dist Grandgousier) mon petit couillon, as tu prins au pot, veu que tu rimes desjà ?


- Ouy dea (respondit Gargantua), mon roy, je rime tant et plus, et en rimant souvent m'enrime. Escoutez que dict nostre retraict aux fianteurs :
Chiart,
Foirart,
Petart,
Brenous,
Ton lard
Chappart
S'espart
Sur nous.
Hordous,
Merdous,
Esgous,
Le feu de sainct Antoine te ard!
Sy tous
Tes trous
Esclous
Tu ne torche avant ton depart !
« En voulez vous dadventaige ?


- Ouy dea, respondit Grandgousier.


- Adoncq dist Gargantua :

 


RONDEAU
En chiant l'aultre hyer senty
La guabelle que à mon cul doibs;
L'odeur feut aultre que cuydois :
J'en feuz du tout empuanty.
O ! si quelc'un eust consenty
M'amener une que attendoys
En chiant !
Car je luy eusse assimenty
Son trou d'urine à mon lourdoys;
Cependant eust avec ses doigtz
Mon trou de merde guarenty
En chiant.

 
- « Or dictes maintenant que je n'y sçay rien! Par la mer Dé, je ne les ay faict mie, mais les oyant reciter à dame grand que voyez cy, les ay retenu en la gibbessiere de ma memoire.

 

- Retournons (dist Grandgousier) à nostre propos.


- Quel ? (dist Gargantua) chier ?

 

- Non (dist Grandgousier), mais torcher le cul.

 

- Mais (dist Gargantua) voulez vous payer un bussart de vin Breton si je vous foys quinault en ce propos ?


- Ouy vrayement, dist Grandgousier.


- Il n'est (dist Gargantua) poinct besoing torcher cul, sinon qu'il y ayt ordure; ordure n' y peut estre si on n'a chié; chier doncques nous fault davant que le cul torcher.


- O (dist Grangousier) que tu as bon sens, petit guarsonnet! Ces premiers jours je te feray passer docteur en gaie science, par Dieu! car tu as de raison plus que d'aage. Or poursuiz ce propos torcheculatif, je t'en prie. Et, par ma barbe! pour un bussart tu auras soixante pippes, j'entends de ce bon vin Breton, lequel poinct ne croist en Bretaigne, mais en ce bon pays de Verron.


- Je me torchay après (dist Gargantua) d'un couvre chief, d'un aureiller, d'ugne pantophle, d'ugne gibbessiere, d'un panier, - mais ô le mal plaisant torchecul! - puis d'un chappeau. Et notez que les chappeaulx, les uns sont ras, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres taffetasser, les aultres satinizez. Le meilleur de tous est celluy de poil, car il faict très bonne abstersion de la matiere fecale.
« Puis me torchay d'une poulle, d'un coq, d'un poulet, de la peau d'un veau, d'un lievre, d'un pigeon, d'un cormoran, d'un sac d'advocat, d'une barbute, d'une coyphe, d'un leurre.
« Mais, concluent, je dys et mantiens qu'il n'y a tel torchecul que d'un oyzon bien dumeté, pourveu qu'on luy tienne la teste entre les jambes. Et m'en croyez sus mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté mirificque, tant par la doulceur d'icelluy dumet que par la chaleur temperée de l'oizon, laquelle facilement est communicquée au boyau culier et aultres intestines, jusques à venir à la region du cuers et du cerveau. Et ne pensez que la beatitude des heroes et semi dieux, qui sont par les Champs Elysiens, soit en leur asphodele, ou ambrosie, ou nectar, comme disent ces vieilles ycy. Elle est (scelon mon opinion) en ce qu'ilz se torchent le cul d'un oyzon, et telle est l'opinion de Maistre Jehan d'Escosse. »

 

Illustration X - Droits réservés

 

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11/01/2015

Ouiquinde gastronomique : Nourrissons-nous l'esprit avec Omar Kháyyám et François Cavanna.

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Si assuré et ferme que tu sois, ne cause de peine à personne ; 
Que personne n’ait à subir le poids de ta colère.
Si le désir est en toi de la paix éternelle,
Souffre seul, sans que l’on puisse, ô victime, te traiter de bourreau. 

 

 

Combien de temps jetterai-je des pierres dans la mer !
Je suis écœuré des idolâtres de la pagode :
Kháyyám ! Qui peut assurer qu’il habitera l’Enfer ?
Qui donc jamais visita l’Enfer ? Qui, jamais, revint du Ciel ?

Omar Kayyam

 

 

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Peu importe

 

Peu importe que la vie soit un accident, une chimie de hasard,

Peu importe que se soient condensées galaxies et soleil, planètes et satelittes,

Peu importe que quelques molécules se soient accolées en uhe première gelée vivante,

Peu importe que la vie ai emplie les océans, et puis en soit sortie, et puis soit devenue crapeau, lézard, singe et enfin homme,

Peu importe,

Tu es là.

Au bout de tout cela,

Tu es là.

Tout cela s'est fait pour toi.

Ces milliards d'années, ces univers, ces hécatombes,

Tout cela pour aboutir à toi.

Et voilà : tu es là.

Toi tout seul.

Tu es un point infime de l'espace, un instant fugitif du temps,

Mais tu es toi,

Toi tout seul.

Tu n'es pas la continuation de ton père, ni du père de ton père, ni des pères des pères de tes pères.

Tu n'as pas demandé à être là,

Mais tu y es,

Tu es là,

Tu es toi,

Toi tout seul.

Tu ne dois rien à personne ni à rien.

Tu ne peux savoir pourquoi tu es là, ni si quelqu'un t'y a mis, pas même s'il y a un « pourquoi » ni s'il y a un « quelqu'un »,

Et qu'importe ?

Tu es là.

N'écoute pas les menteurs.

N'écoute pas les peureux.

N'écoute pas la peur au fond de toi,

N'écoute pas la tentation de la peur au fond de toi,

N'écoute pas les profiteurs de la peur.

Surtout,

Surtout,

Ne crois pas.

Ne crois en rien, jamais,

Ni par peur,

Ni par amour,

Ni par pitié,

Ni par faiblesse,

Ni par convenance.

 

Ne crois pas !

 

François Cavanna

 



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Tu n’as pas aujourd’hui de pouvoir sur demain ;
L’anxiété du lendemain est inutile.
Si ton cœur n’est pas insensé, ne te soucies même pas du présent ;
Sais-tu ce que vaudront les jours qu’il te reste à vivre ? 

 

Sache ceci : que de ton âme tu seras séparé,
Tu passeras derrière le rideau des secrets de Dieu.
Sois heureux…tu ne sais pas d’où tu es venu;
Bois du vin…tu ne sais où tu iras.

 



cavanna et choron.jpg

Œcuménisme

 

Qu'ont en commun les inquisiteurs, les brûleurs de sorcières, les masacreurs de populations au nom de la foi (soixante mille égorgés lors de la prise de Jérusalem pendant la première Croisade), les bénisseurs d'armées, les pendeurs d'hérétiques, les incitateurs à l'assassinat pieu, les lapideurs de femmes adultères, les qui-vont-à-la-messe, bouffent du foie gras et laisse un abbé Pierre leur astiquer la bonne conscience en se faisant le bouc émissaire de la charité ?

 

Ils ont en commun le mot clé de tous les culs-bénits :

 

AMOUR

 

 

 Illustrations X - Droits réservés

10/01/2015

Ouiquinde (tout de même) érotique avec Charlie Baudelaire et Charlie Paul Verlaine

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La Mort des amants

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et plus tard un Ange, entrouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

 

Charlie Baudelaire

 

...et son pastiche par Charlie Paul Verlaine

 

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La mort des cochons

 

Nous reniflerons dans les pissotières,
Nous gougnotterons loin des lavabos,
Et nous lècherons les eaux ménagères
Au risque d’avoir des procès-verbaux.

Foulant à l’envi les pudeurs dernières,
Nous pomperons les vieillards les moins beaux,
Et fourrant nos nez au sein des derrières,
Nous humerons la candeur des bobos.

Un soir plein de foutre et de cosmétique,
Nous irons dans un lupanar antique
Tirer quelques coups longs et soucieux.

Et la maquerelle entrouvrant les portes
Viendra balayer - ange chassieux -
Les spermes éteints et les règles mortes.

 

Charlie Paul Verlaine

 

Illustrations X - Droits réservés

 

09/01/2015

Dieu aussi est-il Charlie ?

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Si j’étais Dieu,

Nom de Moi,

Je ferais cuire tous ces cagots

Ces insupportables bigots,

Ces punaises de sacristie,

Tous ces culs bénis abrutis,

Ces flagorneurs et ces badernes,

Ces lèche culs qui se prosternent

Genoux ployés ou culs levés,

Pour Jésus, Allah ou Yahvé.

Ils proclament que je suis Tout,

Que je suis le Grand Manitou

Omniscient, plein de sagesse,

Généreux devant leurs faiblesses,

Et voyez, nom de Moi !,

Comment agissent-ils avec moi !

Ils me traitent comme un vieux kon,

Ridicule vieillard abscons,

Fort avide de privations,

Jouissant des propitiations,

Des louanges bêlantes, des sanglants sacrifices,

Capable d’imposer de m’immoler son fils

Á celui que j’aurais choisi comme prophète,

Et bavant de plaisir en cette immonde fête.

Si j’étais ce pervers, ce névrosé sadique,

Ce parano borné, ce tyran narcissique.

 

Si j’étais Dieu,

 Nom de Moi,

Et si j’étais salaud tout autant qu’ils  le sont,

Pour les gratifier d’une bonne leçon

Je leur infligerais cette terrible peine

Qu’ils ont imaginé, par bêtise et par haine,

Que j’eus pu concevoir, que je puisse appliquer :

C’est eux ! ces tristes kons, eux ! que je damnerais !

En enfer les croyants ! Satan, met du charbon !

Mais bouche-toi le nez : ils sont nauséabonds.

Leurs curés, leurs imams, leurs rabbins rabat-joie,

Infligent à tous de Moi une image d’effroi,

D’une espèce de flic, d’adjudant implacable,

Les menacent en mon nom de tourments redoutables.

Ils prétendent m’aimer avec leurs simagrées,

Leurs prières débiles, leurs rituels tarés,

Leurs cérémonials qu’ils veulent grandioses

Mais qui ne sont que le reflet de leurs névroses.

Comme si je pouvais — Moi, Dieu, Être parfait,

Suprême intelligence — être par ça bluffé ! ! !

 

Si j'étais Allah,

Oh ! La la...

Je punirais ces assassins

Qui tuent pour quelques dessins

Qui massacrent en mon nom

Au fusil, au couteau, au canon

Qui prétendent, ces allumés

Venger Mahomet !

Comme s'il ne pouvait le faire lui-même.

Ces sinistres gangsters

Ont tué les fils de Voltaire.

Et ces salauds prétendent qu'ils m'aiment ?

Pour baiser soixante-et-dix vierges ?

Ils ne sont pas sortis de l'auberge.

En récompense, ces sinistres rats

Seront sodomisés par des verrats.

Mon langage serait-il abscons ?

C'est dur d'être aimé par des kons...

 

Si j’étais Dieu,

Nom de Moi,

Les athées, les sans-dieu, les non-croyants,

Ceux-qui-se-posent-des-questions, les mécréants,

Ceux qui refusent d’ingurgiter

Les réponses prêt-à-porter,

Qu’un soi-disant Élu, prétentieux allumé,

Aurait reçu de Moi ! Pauvre illuminé,

En haut d’une montagne, en quelque lieu secret

Et qu’il aurait transcris dans un livre sacré.

Ceux-là, tous ceux qui doutent, les hommes de Raison,

Ceux qui n’acceptent pas, de la foi, le poison,

Et qui ne vivent pas pour autant en bandits,

Pour ceux-là j’ouvrirais, tout grand, mon paradis.

 

Si je suis Dieu,

Nom de Moi,

Si je suis cet être infiniment bon,

Comment peut-on penser que je suis assez kon

Pour vouloir tourmenter

Toute une éternité

Ce pauvre humain mortel qui dans son désarroi

Ne croit pas en moi !

Si je suis cette suprême intelligence

Comment peut-on penser, et par quelle aberrance,

Que j’ai créé les Hommes pour en être adoré,

Et que je prends en compte toutes leurs logorrhées !

 

Si je suis Dieu,

Nom de Moi,

Si j’ai donné à l’Homme la Raison,

Cet outil merveilleux pour poser des questions,

La faculté de pouvoir discerner

Si un événement est vrai,

Possible ou invraisemblable,

Il faut vraiment être minable

Pour penser que je vais punir

Tous ceux qui osent s’en servir !

 

 

Par chance, je ne suis pas Dieu,

Nom de Dieu…

Á la santé de ceux qui refusent de croire,

 

Satan, verse-moi à boire !

 

 

Illustration X - Droits réservés

 

04/01/2015

Gastronomie dominicale: le renard

 

 

civet renard.jpg


Le civet de renard de l'Oncle Pinet

J'ai déjà vu, petit, Maître Renard en chasse.
Il marche à pas feutrés, nez au vent, la queue basse.
Soudain Goupil se fige, tous les sens en alerte,
Laissant venir la poule, caquetant, vers sa perte.
Panache déployé, il bondit gueule ouverte,
Saisissant par le cou la belle proie offerte.
Pas de bruit, seulement une gerbe de plumes
Laissera, de la poule, une trace posthume.
Respectons le renard, c'est une noble bête
Et que l'on peut aimer. " jusque dans son assiette!
Bien sûr Renard n'est pas un gibier très courant
Mais ce rusé gourmet régale les gourmands!
C'est mon oncle Pinet, je dois m'en réjouir,
Qui, voilà des années, me l'a fait découvrir.
L'oncle Pin et était un gaillard remarquable,
Un savant, un chercheur des choses de la table.
Casquetté, clope au bec, l'oncle avait belle allure.
Cet humoriste heureux détestait la torture,
Or, "travail" provenant du latin "trepaliare",
Supplice du tri pal, soit dit pour les ignares,
Il avait décidé de n'y jamais toucher.
Je l'ai vu plus souvent bambocher que piocher!
Nous partagions, joyeux, des bouteilles multiples,
Et il a fait de moi, en ce sens, son disciple.
Dédaignant les lazzis des idiots qui ricanent,
Il a fait préparer à la tante Suzanne
Corneilles et corbeaux, écureuils, hérissons,
Pies, geais, blaireaux, mouettes, cigalons, limaçons.
Et la tante mettait son imagination
Culinaire au service de ces préparations.
Chasseurs et gardes-chasse, paysans, braconniers
Venaient vider chez lui leur rebut de carnier,
Et beaucoup, toujours prêts si l'on rit, boit et mange,
Acceptaient de goûter ses cuisines étranges.
À l'ombre de la treille, devant le cabanon,
On mangeait, on chantait, en buvant des canons.
- Il est des personnages avec qui l'on se marre,
- Mais ce renard, Victor, comment tu le prépares?
- L'oncle, sans se salir, dirigeait les travaux.
Ses amis s'escrimaient à enlever la peau
En se faisant larder par les milliers de puces,
De joyeux animaux qui sautent, piquent, sucent.
Puis, les mains dans le sang, ils libéraient les tripes
Chaudes et irisées qui salissaient leurs nippes.
On pendait le renard, écorché, nettoyé,
Dans un lieu frais et sec pour le mortifier
Pendant quatre ou cinq jours en fonction des saisons.
On fait toujours ainsi avec la venaison.
On le coupe en morceaux, on le fait mariner
Trois jours dans du vin rouge puissant, carabiné,
Avec sel, poivre noir, genièvre, oignon et thym.
Alors tante Suzanne prenait les choses en mains!
Égouttés, essuyés, les morceaux de renard
Sont flambés au vieux marc puis, sans aucun retard,
Fait sautés à feu vif dans du saindoux fondu,
On remue et on tourne souvent, bien entendu
Pour bien dorer la viande sur toutes ses faces,
On déglace la poêle au Noilly, une tasse,
Puis on laisse réduire sans attacher au fond.
On blondit des oignons dans un faitout profond
Puis on jette dessus les morceaux de renard,
On flambe à l'eau-de-vie, un verre de soiffard,
Sel, poivre de haut goût, bouquet garni, genièvre,
Enfin, tout ce qu'on met pour faire cuire un lièvre.
On mouille abondamment, pas dans la marinade,
Dans un rouge corsé mis en larges rasades.
On fait cuire quatre heures, à feu doux ou moyen,
Tout dépend si Goupil est jeunôt ou ancien!
Ainsi accommodé, c'est un plat délicieux,
Ceux qui le goûteront feront des envieux.
Une bonne polenta en accompagnement,
Et du vin généreux, beaucoup, évidemment.
Avec des commensaux triés sur le volet,
De solides mangeurs, jamais des gringalets,
L'Oncle Pinet régnait avec cette recette
Sur un aréopage d'amoureux de la Fête.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 


Ingrédients et proportions pour six à huit personnes (ayant bon appétit)

Il va de soi que l'Oncle Pinet ne faisait pas le bec fin sur la taille du renard que lui apportaient ses rabatteurs. Faites comme lui!
Il faut donc:
- Pour la marinade: - un renard mis à mortifier si possible en chambre froide quatre ou cinq jours puis coupé en morceaux, - 5 litres de vin rouge 13 ou 14°, - 5 poignées de gros sel, - 2 cuillerées à soupe de poivre noir concassé, - 20 baies de genièvre, - 5 oignons en quartiers piqués de clous de girofle, - 2 belles touffes de thym.
- Pour le civet: 2 verres d'eau-de-vie pour flamber, - 250 g de sain-doux, - 1 verre de Noilly-Prat, - 5 autres oignons émincés, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance, - 1 gros bouquet garni, - 20 nouvelles baies de genièvre, - 3 bouteilles de bon vin rouge AO.C. 14,5°C, - 2 verres d'huile d'olive, - 2 kilos de farine de polenta pour l'accompagnement.

Les vins conseillés:

Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fragrances ani-males et en goûts musqués. Il y a donc deux écoles pour le choix des vins: - soit on reste dans la tonalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques. En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villages" ; en vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure; en vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols; - soit on joue l'opposition et l'on prend des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire". En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-les-Vi-gnes, Côtes du Ventoux, Coteaux du Luberon, Coteaux du Tricastin, Costières-de-Nîmes ; en vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-saint-Loup, Saint-Christol, Saint-Drézery ; en vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

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02/01/2015

Ouiquinde érotique avec Aristide Bruant

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À Grenelle


Quand j'vois des fill's de dix-sept ans,
Ça m'fait penser qu'y a ben longtemps,
Moi aussi j'l'ai été pucelle,
À Grenelle.

Mais c'est un quartier plein d'soldats,
On en renconte à tous les pas,
Jour et nuit i's'font sentinelle,
À Grenelle.

J'en ai t'i' connu des lanciers,
Des dragons et des cuirassiers,
I's m'montraient à m'tenir en selle,
À Grenelle.

Fantassins, officiers, colons
Montaient à l'aussaut d'mes mam'lons,
I' m'prenaient pour eun' citadelle,
À Grenelle.

Moi j'les prenais tous pour amants,
J'commandais tous les régiments,
On m'app'lait mam' la colonelle,
À Grenelle.

Mais ça m'rapportait que d'l'honneur,
Car si l'amour ça fait l'bonheur,
On fait pas fortune avec elle,
À Grenelle.

Bientôt j'm'aperçus qu'mes beaux yeux
Sonnaient l'extinction des feux,
On s'mirait pus dans ma prunelle
À Grenelle.

Mes bras, mes jambes, mes appas,
Tout ça foutait l'camp, à grands pas.
J'osais pus fair' la p'tit' chapelle,
À Grenelle.

Aujord'hui qu'j'ai pus d'position,
Les régiments m'font eun'pension :
On m'laiss' manger à la gamelle,
À Grenelle.

Ça prouv' que quand on est putain,
Faut s'établir Chaussé'-d'Antin,
Au lieu d'se faire eun'clientèle,
À Grenelle.

 

 

 

Aristide Bruant

 

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28/12/2014

Gastronomie de régime: Le catigot d’anguilles d’Alexis

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 Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

Le métier d'Alexis: facteur, mais en Camargue.

La passion d'Alexis: les taureaux que l'on nargue

En courant la cocarde, le dimanche aux arènes

Pour les yeux de velours d'une belle Arlésienne.

En ces temps difficiles de guerre et de malheur,

Alexis, à vélo, pratiquait son labeur.

Pour livrer dans les mas les colis et les lettres,

Il roulait, chaque jour plus de cent kilomètres.

Il n'hésitait donc pas, pour prendre un raccourci,

À traverser les champs où paissaient les taureaux,

Son vélo à la main, sans beaucoup de soucis,

Car il "sentait" les bioù tout comme un torero.

Or donc voilà qu'un jour, sautant la barricade,

Notre Alexis marchait à travers la manade.

Il venait de quitter les animaux grégaires

Lorsque, venant de loin, un taureau solitaire,

Étalon portugais ombrageux et sournois, ­

Chargea notre facteur, son vélo et ses lettres!

Alexis, razeteur, par un écart adroit,

Évite les poignards meurtriers de la bête.

Le vélo vole en l'air ainsi que la sacoche.

Le taureau la reprend et sa corne l'embroche.

Alors notre Alexis fait son plus beau combat.

Il cite le taureau par le haut, par le bas,

Il virevolte autour des cornes de la bête,

Puis, en un geste sûr, enfin sa main crochète

La musette de cuir de l'Administration.

Le fauve, dépité, a baissé pavillon

Pour se fondre à nouveau parmi ses congénères

Et se faire moquer parmi la gent vachère...

C'est à pieds, son vélo démoli sur l'épaule

Qu'Alexis a fini sa tournée un peu folle...

Il ramenait toujours des fermes et des mas

Quelques lapins de champs, des anguilles bien grasses

Que dans tous les canaux on attrape à gogo.

Le plat qu'il préférait: l'anguille en catigot.

- Dis donc, ton Alexis, c'était un homme fort!

Mais comment on les fait ces anguilles Victor?

- Tu prends deux, trois anguilles, pas trop grosses, vivantes,

Que tu vas estourbir de manière décente.

N'enlève pas la peau, mais au papier journal

Enlève le mucus du gluant animal.

Les anguilles trop grosses, pèle, ça va de soi.

Vide-les, coupe-les en bouts de quatre doigts

Que tu farineras et mettras à raidir

Dix petites minutes dans un large faitout.

Puis tu sors les morceaux, sales et poivres le tout

Et tu mets de côté sans laisser refroidir.

Dans de l'huile d'olive tu mets à colorer

Deux oignons émincés et deux blancs de poireaux,

Ne laisse pas roussir, tu fais juste dorer.

Mouille d'une bouteille de rouge de Pujaut,

Incorpore girofles, céleri, thym, laurier,

Gousses d'ail écrasées, tomates concassées,

Sel, poivre du moulin, une écorce d'orange

Sommités de fenouil. Et tu cuis ton mélange

Demi-heure à feu doux. Dans une autre sauteuse,

Avec un peu de beurre, dore des champignons

De couches émincés et des petits oignons.

Tu arrêtes, et réserves quand l'odeur est flatteuse.

Quand ta sauce est bien cuite, tu vas éliminer

Thym, écorce d'orange, le fenouil, le laurier,

Puis au moulin légumes il te faut la passer,

Avec la grille fine, qu'elle soit bien lissée.

Range dans le faitout poisson, légume et sauce,

Tu mijotes un quart d'heure pour que les goûts s'exhaussent,

Puis tu sers, décoré de persil vert et gai,

Avec du riz pilaf, mais du riz Camarguais.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce divin nectar de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 anguilles de taille moyenne, - 1 verre d'huile d'olive, - 2 cuille­rées à café de sel fin de Camargue, - poivre du moulin, - 2 oignons, - 2 blancs de poireau, - 1 bouteille de vin rouge, - 1 branche de céleri épluchée et hachée, côte et vert, - 4 gousses d'ail, - 4 tomates concas­sées, - sommités de trois branches de fenouil, - thym- laurier, - écorce d'orange séchée, - 1 noix de beurre, - 3 hectos de champignons de cou­che, - 1 demi kilo de petits oignons, - 1 branche de persil, - 1 demi kilo de riz long de Camargue.

 

Les vins conseillés:

Ce plat typique des mas de Camargue s'accorde tout naturellement avec des vins rouges frais tels, en vallée du Rhône: Costières-de-Nîmes, Domazan, Comps, Estézargues, Fournès, Montfrin, Remoulins, Saze, Saint- Hilaire-d' Ozilhan.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Cabrières, Cazevieille, Saint­Gély-du-Fesc, Valflaunès.

En vins de Provence: Coteaux des Baux, Coteaux d'Aix, Coteaux varois de Saint-Zacharie, Saint-Maximin, Barjols, Sainte-Anastasie.

 

 


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24/12/2014

Conte de Noël chez Poutine !

 

 

babouchka.jpg

Illustration X - Droits réservés

 

 

 

La Fée Babouchka

 

(conte de Noël russe)

 

 

 

Nous sommes en Russie, au pays de Poutine. Un pays immense. Il fait froid. Très froid. Dans une datcha, une petite fille, Tatiana, et un petit garçon,Wladimir, sont assis sur des poufs, au pied d’une vieille dame, devant un gros poêle qui ronfle. Elle leur chante une comptine. C’est la veille de Noël et les gosses n’ont pas très envie d’aller se coucher. La vieille Natalia, leur passant la main dans les cheveux leur dit :

 

Allons, allons, mes enfants chéris, il est tard, il faut monter se coucher maintenant. Vous savez que la fée Babouchka aime les enfants sages, les enfants obéissants. Si vous ne m’écoutez pas, la bonne fée Babouchka vous oubliera dans sa tournée de cadeaux et il n’y aura rien dans vos chaussons, demain matin !

 

Les enfants, se lèvent et couvrent la vieille Natalia de caresses et de baisers :

 

Oui, oui, Natalia, nous te promettons que nous allons monter au lit. Mais avant, raconte nous l’histoire de la bonne fée Babouchka.

 

Natalia leur dit :

 

D’accord, mais c’est la dernière !

 

Les enfants battent des mains en allant se rasseoir :

 

Oui ! Oui ! Natalia

 

La vieille Natalia commence :

 

Il était une fois, il y a bien longtemps, dans la taïga, entre l’Oural et le lac Baïkal. La fée Babouchka était en train de filer tranquillement sa laine, bien au chaud dans son isba de bouleau. La neige, brassée par le grand vent de Russie, tourbillonnait et s’amoncelait en hautes congères sur les vastes étendues de forêts gelées. Il faisait un temps à ne pas mettre un loup dehors…

 

Les enfants se serrèrent l’un contre l’autre :

 

Brrr, Brrr, Brrr

 

La vieille Natalia continua :

 

Soudain, la fée Babouchka entendit du bruit dehors. Quelqu’un frappa au carreau où la dentelle des fleurs de givre et les reflets des branches verglacées brodaient leurs entrelacs.

 

Babouchka ouvrit le sas de son isba. Entrèrent alors trois étrangers, couronnés et vêtus d’habits chamarrés de couleurs vives et brodés d’or. L’un d’eux avait le visage noir comme la nuit sibérienne. Mais tous trois étaient…bleus de froid !

 

Les enfants :

 

Brrrr, Brrr, Brrrr.

 

Dehors, c’est la tourmente de neige, impitoyable, terrible. Voilà qu’apparaissent au seuil de la maison les trois rois mages, avec leurs habits chamarrés couverts de neige. Le premier prend la parole et dit à la fée Babouchka :

 

Hosanna ! Hosanna ! L’enfant divin est né. Nous suivions l’étoile qui nous conduisait à lui, mais la bise l’a soufflée et nous voilà perdue. Auriez-vous la bonté, petite mère, de nous guider à travers la forêt sauvage afin que nous puissions offrir à l’enfant divin ces présents : la myrrhe et l’encens…

 

Babouchka, serrant ses vêtements pour montrer qu’elle a froid, désigna un point vers le fond de la salle :

 

Le Sud est là. C’est tout droit…

 

Natalia continua son histoire :

 

Dehors, il faisait si froid que la fée Babouchka refusa de faire un pas dans cette neige qui lui glaçait le corps et le cœur. Elle laissa partir les étranges visiteurs seuls, dans la tourmente, dans une direction incertaine sans les accompagner, sans même les laisser entrer pour se réconforter en buvant une tasse de thé à la chaleur du grand samovar.

 

Les enfants, déçus :

 

Ohhhh !

 

Natalia :

 

Or, une fois la porte refermée, malgré le joyeux ronflement du poêle, rien ne put la réchauffer. Le remord était comme un morceau de glace qui gagnait tout son corps.

 

Certes, elle était cassée et aussi vieille que le plus ancien des arbres de la vieille forêt, mais une bonne fée se doit d’être une bonne fée avant toute chose ! Son rôle, depuis la nuit des temps, n’avait-il pas toujours été de porter un peu de lumière, de chaleur et de bonheur au berceau de chaque nouveau-né ? Elle se sentit si honteuse d’avoir failli à son devoir, qu’à la hâte, elle remplit une hotte de jouets, enfila bottes et capuchon et, cahin-caha, se mit à trottiner en direction du Sud. Hélas, les rafales du grand vent d’hiver avaient effacé les traces et jamais la pauvre Babouchka ne parvint à rattraper la noble caravane.

 

C’est pour cette raison que, depuis son refus de mener les Rois Mages jusqu’à l’Enfant élu, la fée Babouchka, chaque nuit de Noël, malgré le froid, et le vent, et la neige, se rend de maison en maison, d’isba en isba, distribuer des cadeaux pour se faire pardonner.

 

Et hop ! les enfants, maintenant on va se coucher !

 

Les enfants, tout souriant, embrassèrent Natalia, placèrent soigneusement leurs chaussons devant le poêle, mirent une botte de carottes et un verre de gnôle à côté et dirent :

 

La vodka, c’est pour réchauffer Babouchka. Les carottes, c’est pour son âne. Bonne nuit Natalia, bonne nuit tout le monde, bonne nuit de Noël…

 

Et ils s’enfuient en courant vers…leur chambre.

 

            Ainsi est née la légende de la fée Babouchka au pays de Poutine.

 

 

 

 

 

 

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21/12/2014

Le pudding de Noël et les treize desserts

Allez ! Cadeau.

J'ai fait jouer cette piécette plusieurs fois, c'est le succès assuré. Á vous de jouer.

chrismas-pudding.jpg

Le Christmas pudding anglais

 

 

La cuisinière anglaise :

Nous avons, nous aussi, dans la vieille Angleterre

Quelques spécialités, au plan alimentaire.

Celle que nous aimons, celle qui nous rend dingue

Lorsqu’arrive Noël : c’est « Le Chrismas pouddingue » !

Un gâteau bien épais, bien lourd, poisseux et gras,

Qui envahit la bouche et cale l’estomac !

Je vais vous révéler, peuplades autochtones

Le secret de ce savoureux joyau de la Couronne.

Allons. Listen to me ! Et prenez tous des notes

Pour goûter aux plaisirs de mes compatriotes.

Demander au boucher deux gros rognons de bœuf…

 

 

Quelqu’un l’interpelle depuis la salle :

Eh ! Oh ! Arrêtez-là ! Allez chercher les « keufs » !

Rien que d’entendre ça, j’ai la cervelle molle !

Margareth, ton pudding, c’est de la vache folle ?

 

 

La cuisinière anglaise (elle le foudroie du regard, par dessus ses lunettes, et continue sans se départir de son flegme britannique) :

— …Vous en ôtez la graisse et vous la moulinez

Avec du vieux pain sec de Guinness imbibé.

Hachez grossièrement des raisins de Corinthe,

Des écorces confites d’orange et coloquinte.

Dans une grande jatte, ajoutez la farine,

Des fruits confis hachés, un peu de gélatine,

Amandes effilées, sucre roux et mélasse…

 

 

L’interjecteur de la salle :

Arrête Margareth ! C’est trop, c’est dégueulasse…

 

 

La cuisinière anglaise (elle le foudroie de nouveau du regard) :

— …Muscade râpée fin, gingembre, et cannelle

Vous mouillez à la bière, cognac, un peu de sel.

Travaillez à la main cette pâte onctueuse…

 

 

L’interjecteur de la salle :

Margot ! Ça ira mieux avec la bétonneuse !

 

 

La cuisinière anglaise (elle le foudroie de nouveau du regard) :

— …Vous couvrez votre jatte et laissez reposer,

Huit à dix jours au moins. Chaque jour, malaxez !

 

 

L’interjecteur de la salle :

Margareth, maintenant, il te faut nous instruire :

Ce plat, tu nous le fais pour manger…ou construire ?

 

 

La cuisinière anglaise :

— …Au bout de tout ce temps, mettez des œufs battus…

 

 

L’interjecteur de la salle :

C’est pour améliorer ton tas de détritus ?

 

 

La cuisinière anglaise :

— …Beurrez soigneusement une grande terrine

Saupoudrez-là ensuite avec de la farine,

Vous y versez la pâte et vous la tassez bien…

 

 

L’interjecteur de la salle :

C’est du béton vibré, ou je n’y connais rien !

 

 

La cuisinière anglaise :

— …Enveloppez le tout avec un grand torchon

Dont vous nouerez les coins tout comme un baluchon

Plongez alors le tout dans un pot d’eau bouillante

Laissez cuire cinq heures dans cette eau frémissante.

 

 

L’interjecteur de la salle :

Tu rajoutes une pierre de margelle du puits,

Quand le caillou est tendre, Eh ! le pudding est cuit !

 

 

La cuisinière anglaise :

Retirez le pudding et laissez-le tiédir

Puis vous le retournez sur un plat à servir,

Nappez de sucre roux et flambez au Cognac

Au rhum brun de Cuba  ou au vieil Armagnac,

Et alors, n’en déplaise à ce vieillard maniaque (en désignant d’un terrible doigt accusateur son interjecteur de la salle)

Vous aimerez, je crois, les goûts de l’Union Jack !

 

 

L’interpellateur de la cuisinière anglaise vient alors sur scène

Si je vous ai « chambrée », chère amie britannique

Mon intention était simplement ironique,

Car dès lors qu’il s’agit des plaisirs de la table,

Les traditions de gueule sont toutes respectables !

Á mon tour de vous dire comment l’on fait bombance

Pour la nuit de Noël, en terres de Provence.

Les femmes ont disposé, sur les trois nappes blanches,

Les services de fêtes, les verres du dimanche,

Dans l’âtre qui flamboie, l’aïeul, le « caganis »

Chez nous, on nomme ainsi le plus jeune des fils —

Apportent une bûche d’arbre fruitier bien sec.

D’un verre de vin cuit versé avec respect

L’aïeul bénit la bûche puis, d’un ton solennel

Prononce à belle voix ces propos rituels :

« Alègre ! Alègre !

Mi bèus enfant, Dièu nous alègre !

Emé Calèndo tout bèn vèn…

Dièu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,

E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens ! »

La famille élargie s’installe alors à table 

Réservant une place, pas très loin de la porte

Pour le pauvre transi que le malheur accable.

Cette nuit, il aura l’amour qui réconforte.

Et les femmes, dès lors, servent le Gros Souper :

Les petits escargots en sauce relevée,

Les cardons à l’anchois aux vertus curatives,

La raïto de morue et le muge aux olives,

Sorti brûlant du four, le gratin de brandade,

Et, pour faire passer, l'àpi à la pebrado.

On arrose ces mets aux grands vins de Cassis,

Car ce nectar béni est le sang du Messie.

Enfin voici venu le moment où l’on sert

Avec cérémonie tous les Treize desserts :

Voici d’abord venir les noix et les noisettes,

Voici les figues sèches, les amandes défaites,

Voici qu’arrivent dattes, mandarines, oranges,

Les pommes et les poires, les raisins sur leur branche,

Voici le nougat blanc, voici le nougat noir,

Enfin la pompe à l’huile, symbole de l’espoir !

On mange, on boit, on chante, on est plein d’allégresse,

Et lorsque minuit sonne, on va tous à la messe…

 

 

VictorAyoli

 

 

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Les treize desserts provençaux

 

 

Photos X - Droits réservés

 

 

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