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08/03/2007

Femmes, on vous aime: Z comme Zelli

Zelli

Prosper coupe du bois dans les forêts d’Ariège
Où la jolie Zelli cherche des champignons.
Brusquement le brouillard l’attrape dans son piège
Et la belle apeurée perd le Septentrion.

Elle tourne, affolée et quitte le sentier
Elle se heurte aux arbres, s’accroche dans les ronces,
S’étale lourdement, en oublie son panier,
Ses appels au secours demeurent sans réponse.

Soudain elle se sent accroché par le bras,
Paralysée d’effroi, bien près de défaillir,
Elle voit, tout contre elle, Prosper, l’homme des bois.

Eclatant en sanglot elle va se blottir
Sur le poitrail velu de son rude sauveur
Puis, très reconnaissante, lui offre ses faveurs…

Femmes, on vous aime: Y comme Yolande

Yolande

Yolande scintillait, là-haut, près des étoiles
Perchée sur les agrès d’un chapiteau sans toile.
Son corps de caoutchouc volait de mains en mains
Porté par un courage et un cran surhumains.

Elle virevoltait, la jolie Bohémienne
Dans un rai de lumière, presque nue, aérienne,
Elle fendait les airs de son corps gracieux
Ignorait les humains et s’approchait des dieux.

Moi, perdu tout en bas parmi les spectateurs,
Ignoré de la belle, je souffrais mille peur.
Je découvrais l’Amour, ses affres hédonistes,

Sous l’aspect flamboyant de cette trapéziste.
Mon tout premier amour, Yolande, avait sept ans,
Moi, si je me souviens, j’en avais presque autant…

Femmes, on vous aime: X comme X.

X.

Précipite tes vagues, Boléro de Ravel,
Tes rythmes envoûtants, obsédants, sensuels
Entraînent les amants dans une chevauchée
Qui marie le désir au plaisir du péché.

X avait sur la peau la marque des sorcières,
Et prenait dans les rets de son charme incendiaire
Les hommes kimboisés qu’elle broyait d’amour
Puis qu’elle rejetait au temps du désamour.

X était avant tout une femme de proie
Jouissant de croquer ses victimes avec joie.
J’ai pris bien du plaisir en tenant dans mes bras

Cette fleur dangereuse au venin de cobra.
Napoléon disait, et là on peut le croire :
La fuite est très souvent une grande victoire !

Femmes, on vous aime: W comme Wanda

Wanda

A Bauduc, en Camargue, sur le sable doré
Wanda sculptait les bois déposés par le Rhône
Et vivait libre et nue comme une sauvageonne
Dans une simple hutte à l’orée des marais.

Sur une planche à voile, je chevauchais les flots,
Wanda voulut monter sur mon engin rétif
Mais ne pouvant lever la voile de l’esquif
Elle lâcha la corde et chuta dans les eaux.

Pour l’aider à monter je la soulève au fesses
Mais, troublé, ma poussée devient vite caresse,
Ma peau frôle sa peau et nos jambes s’emmêlent,

En un baiser salé, nos deux langues se mêlent,
Puis, au gré de la vague se redresse le mat,
Et c’est dans l’eau complice que la belle m’aimât.

Femmes, on vous aime: V comme Vanessa

Vanessa

La brune Vanessa chemine sur l’Aubrac.
Pressée par la nature, elle pose son sac
Et, discrète, s’épanche derrière une murette.
Soudain elle bondit en hurlant, la pauvrette…

Une vipère avait planté ses crocs pointus
Dans la partie charnue de son individu !
Foin de toute pudeur ! La malheureuse appelle,
Et je me précipite au secours de la belle.

Agenouillé près de ses trésors féminins,
Je mord, suce, aspire et crache le venin.
Pour sauver Vanessa, sans ménager ma peine,

Je presse à pleines mains la jolie lune pleine.
Pour me remercier de ce vaillant combat,
La belle offre à ma bouche son sourire d’en bas…

Femme, on vous aime: U comme Ursula

Ursula

Ursula la Germaine avait grand appétit
De mâles vigoureux, qu’ils soient grands ou petits.
Jeannot, Bruno, Gaby goûtèrent à ses charmes
Et, tout gaillards qu’ils fussent, durent rendre les armes.

Aux fêtes de la bière, à Munich, en automne,
Les mœurs sont débridés et les femmes teutonnes
Epinglent les amants qui goûtent leurs peaux lisses
Dans une orgie de bruits, de bière et de saucisses.

Ursula convoqua deux autres walkyries
Et nos Pieds Nickelés, défendant la patrie,
Montèrent hardiment les fougueuses cavales,

Dépensant sans compter leur vaillance de mâles.
Au matin, portant haut leur vanité de coq
Ils rentrèrent en France… avec des gonocoques !

Femmes, on vous aime: T comme Théry

Théry

Longue, fine, éthérée, de grands yeux clairs intenses
Théry est arrivée comme une providence
Lorsque trahi, banni, méprisé, délabré,
J’étais au bord du gouffre et prêt à y sombrer.

Avec son cœur, son corps, sa tendresse de femme
Elle a pansé les plaies que des houris infâmes
Avaient creusées à vif de leurs griffes de hyènes
Pour assouvir sur moi leurs appétits de chienne.

Théry m’a ramassé, souriante et jolie
Puis m’a ouvert ses bras, et son cœur, et son lit.
Elle fût à la fois amie, maîtresse et mère,

Goûtant sans calculer un bonheur éphémère.
Dans les recoins secrets du jardin de mon cœur,
Théry aura toujours une place d’honneur.

Femmes, on vous aime: S comme Sabine

Sabine

Dans l’été parfumé, un peu avant minuit
Antoine va rejoindre Sabine dans la nuit.
Sous un bouquet de pins perché sur la falaise
Ils se creusent un lit d’amour et de liesse,

Puis, gonflés de désir, leurs deux corps dénudés,
Se jettent l’un sur l’autre avec voracité.
Emportés par l’élan de leurs folles étreintes
Ils goûtent sans compter un plaisir sans contrainte.

Enfin le corps repu ils s’étendent sans voiles
Pour écouter la nuit et parler aux étoiles.
Ils appellent Deneb, Véga et Altaïr,

Complices de leurs jeux, témoins de leur plaisir.
Plus tard lorsque la vie les aura séparés
Ils se retrouveront en voyant Cassiopée.

Femmes, on vous aime: R comme Regina

Regina

C’est à Porto Polo, près de Pila Canale
Que vivait Regina sur sa Corse natale
Les pouristes n’avaient pas encore envahis
Les criques parfumées de ce si beau pays

Je plongeais au corail et chassais la girelle
Dans la mer cristalline ou bien sous les tonnelles
De la guinguette bleue où, aux parfums du soir,
La jeunesse dansait quand chantaient les guitares.

Moi j’avais dix-huit ans, elle tout juste seize
Je sentais contre moi frémir son corps de braise
Elle m’a serré fort quand je l’ai caressée,

J’ai plongé dans ses yeux et je l’ai embrassé.
Le lendemain matin, c’était une autre affaire
Quand ses frères m’ont dit : “ Qu’est-ce que tu comptes faire ? ! ”

Femmes, on vous aime: P comme Perrine

Perrine

Perrine dansait nue sur la grève luisante
Pieds légers, ondulante, bras tendus vers Phébus,
Dans les fraîches senteurs de l’aurore naissante,
Elle sacrifiait au culte de Vénus.

Sa taille se ployait jusqu’à frôler l’arène
Puis elle s’élançait pour caresser les cieux
Ventre offert, seins dressés, plus fière qu’une reine
Perrine avait vingt ans et tutoyait les dieux.

Un grand faune barbu, velu et chevelu
A la flûte de Pan rythmait la sarabande
Il dévorait des yeux le corps de son élue

Et savait que bientôt il aurait sa prébende.
Il sauta sur la nymphe, l’entraîna dans la mer
Où il la posséda d’une étreinte primaire.

Femmes, on vous aime: N comme Nicole

Nicole

Dans la chambre au fenêtres closes
La vue de sa peau dénudée
Plus enivrante que la rose
Plus somptueuse que l’orchidée

Met mon cœur et mon corps en transes
Depuis ce si beau jour d’été
Où le ciel m’a donné la chance
D’avoir l’honneur de la goûter.

Nicole est une fleur sauvage
Que j’eus le bonheur de cueillir
Dans les dunes, près des rivages

Où Phébus la faisait fleurir.
Depuis ce jour je suis ravi :
C’est elle l’amour de ma vie.

Femmes, on vous aime: M comme Margot

Margot

Margot roulait à bicyclette
Par des chemins de fruits dorés.
Dans le vent volait sa jupette
Sur de longues cuisses dorées.

Comme un champion du Tour de France
Moi, derrière, je salivais,
Fasciné par les abondances
Que par éclair je découvrais.

Percés au cœur par Cupidon
Devant son lascif abandon,
Gonflé d’amour j’ai eu l’honneur

De butiner cette orchidée.
Elle m’a donné du bonheur
Pour plus de mille éternités.

Femmes, on vous aime: K comme Katy

Katy

J’ai rencontré Katy sur un paquebot turc
Qui reliait Marseille au pays d’Atatürk
Longue, fine, élancée, androgyne et très blonde,
En voyage de noce elle courait le monde.

Un regard prometteur longuement échangé,
Deux verres de raki, près du bar, partagés,
Et nous nous retrouvons, sans parole inutile,
Sur le pont, envoûtés, commençant une idylle.

Je cueille sur ses lèvres un baiser épicé,
Je roule entre mes doigts ses petits seins dressés
Elle m’offre, cambré, le bas de son échine

Et nous faisons l’amour, au rythme des machines
Nous grimpons, enlacés, vers le septième ciel
Croquant à belles dents dans sa lune de miel !

Femmes, on vous aime: J comme Josianne

Josiane

Elle venait de Caen, moi j’arrivais de Cannes,
Ses yeux étaient d’azur, son nom était Josiane.
Au prétexte d’un cours qu’elle avait dû manquer
Je suis monté chez elle, près du quai Malaquais.

Pour gravir sept étages, aux pieds j’avais des ailes,
Josiane m’attendait, une Noire avec elle.
J’ai saisi dans quel piège je m’étais fourvoyé
Quand les deux nymphomanes se sont déshabillées.

Prestement, goulûment, ces houris me dénudent
Elles m’offrent leur bouche en guise de prélude,
Une Noire, une Blanche sur mon corps excité,

Jouent une toccata d’amour et de gaieté.
Caressé, embrassé et violé sans ambages,
J’ai subi, sous leur joug, le plus doux des outrages !

Femmes, on vous aime: I comme Ita

Ita

Ita vivait heureuse près du Krakatoa
Jacques le Tourangeau venait de Bien-Hôa
Il avait le crin gris, elle avait la peau tendre,
Il voulait sa jeunesse, elle eût un goût de cendre…

Un soir Jacques, allongé sous un frangipanier
Sentit une main douce, sur son cœur, appuyer.
Une vieille chamane venait de lui transmettre
Un filtre indonésien fait pour unir les êtres.

Jacques l’aventurier épousa sa conquête,
Il connut le plaisir, il connut la défaite.
Ita, déracinée sous des cieux sans chaleur

Lui fit payer fort cher ses instants de bonheur.
Elle le bafoua, le trompa sans remord,
Et l’envoûté d’amour, une nuit, en est mort…

Femmes, on vous aime: H comme Hélène

Hélène

Lorsque la belle Hélène, femme de Ménélas,
Fut ravie par Pâris, elle goûta l’extase.
Ravie d’être ravie, la pétulante Hélène
Suivant le beau Pâris, courut à perdre haleine.

Son cocu magnifique, vert de rage et jaloux
Envoya son armée châtier le filou.
Les deux amants s’aimaient, le barbon n’aimait guère…
Pour venger son honneur, il déclencha la guerre.

Des grecs contre des grecs, en une lutte à mort
Vont, neuf années durant, s’étriper sans remords.
Pour les seins blancs d’Hélène, ses étreintes brûlantes,

Pour sa peau de satin et sa fougue d’amante,
Des guerriers, des héros, des princes et des rois
Pour la gloire et l’Amour périront devant Troie.

Femmes, on vous aime: G comme Gunilla

Gunilla

Ma jolie suédoise s’appelait Gunilla
Ses cheveux étaient d’or et ses grands yeux lilas
Nous vivions en sauvages sur une plage indienne
J’étais son Robinson, elle, ma Bohémienne

Sa bouche était de miel, sa peau était dorée
Elle croquait la vie et moi je l’adorais.
Elle est allé nager, nue, dans les déferlantes,
Jeune, belle à croquer, forte et appétissante.

Elle s’est éloignée d’un crawl souple et puissant
Dans les reflets d’argent de l’astre éblouissant.
Un trait noir fendant l’eau s’en arrive du large.

Gunilla ne voit pas le monstre qui la charge.
Un cri dans une gerbe d’écume et de rubis…
Les requins sont cruels dans la mer d’Arabie.

Femmes, on vous aime: F comme Fanny

Fanny

La Fanny est serveuse au café des Platanes
Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent
Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir
Tant elles sont promesses de joies et de plaisir.

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,
Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,
Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,
Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent
Tous restent bouche bée et en perdent la boule
Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne
On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne
Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny !

Femmes, on vous aime: E comme Elise

Elise

On disait pis que pendre de la hautaine Elise
On la disait frigide, froide comme banquise.
Sa longue silhouette drapée de voiles noirs
Paralysait les hommes, leur ôtant tout espoir.

Des males dépités la présumaient lesbienne.
Tout cela m’excitait et je la voulais mienne !
J’imaginais son corps sans sa robe de geai,
Ses longues cuisses blanches et ses seins érigés,

L’arc tendu de sa croupe, le soleil de son ventre…
Je voulais, pour l’aimer, l’amener dans mon antre.
Par nuit de pleine lune, je l’ai suivi de loin

Jusques au cimetière. Tapi dans un recoin
Je l’ai vu dénudée auprès d’un vieux grimoire :
Elle servait d’autel pour une messe noire…

Femmes, on vous aime: D comme Danielle

Danielle

J’ai rencontré Danielle à vingt-cinq mille pieds
Dans le ventre inquiétant d’un Boeing long-courrier.
Sous l’uniforme chic des hôtesses d’Air France
Ses hanches balancées mettaient mon cœur en transes.

Elle se penche vers moi pour me servir du vin,
Exposant à ma vue quelques appâts divins,
Quand un brusque trou d’air fait tanguer la cabine
La plaquant contre moi, mon nez sur sa poitrine.

Tant que l’avion plonge, elle se colle à moi
Durcissant ma nature d’un délicieux émoi.
Hélas, trois fois hélas, les turbulences cessent

Arrachant à mes bras la ravissante hôtesse.
Elle vrille mes yeux d’une flèche azurée…
Serait-ce, pour ce soir, le bonheur espéré ?