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27/07/2008

FEMME A POIL !

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Rien n’est plus émouvant,
Rien n’est plus excitant
Rien n’est plus envoûtant
Qu’une bell’ femme à poil

Sachez mesdemoiselles
Que pour le sensuel
Que pour le sexuel
Il faut avoir du poil !

Touffe noire
Ciboire
Touffe blonde
Profonde
Touffe rousse
Qui mousse

Ecrin doux et soyeux
Du temple du désir
Toboggan broussailleux
Vers la grotte à plaisir
Le poil, le poil, le poil, le poiiiil

Plaisirs et fantasmes d'été

Charlotte

Lorsque l’air surchauffé tremble au soleil lion
Qui calcine la plaine au feu de ses rayons,
En émergeant de l’ombre, Charlotte vient au puits
Et plonge son amphore dans l’eau fraîche qui luit.

Cambrée, les bras au ciel, elle ôte sa chemise
D’un geste coutumier mais d’une grâce exquise.
Voluptueusement elle fait couler l’eau
Qui caresse ses seins, et ses reins, et son dos.

Pâmée, les yeux mi-clos, secouant sa crinière
Elle crée une aura de perles de lumière.
Arquée comme une harpe, elle s’offre à Phoebus.

Tapi dans un fourré, mon cœur, mes sens s’enflamment,
Fascinés de désir pour la fleur de lotus
Qui orne la vallée qui fait d’elle une femme.


La lotte au safran

— Au lieu de te planquer pour mater la Charlotte
Pourquoi pas l’inviter, Victor ? C’était plus franc !
Ce qu’il te fallait faire, c’est une queue de lotte
Que tu lui cuisinais à l’ail et au safran.
Pour séduire Charlotte en un repas intime
Il faut, évidemment, lui faire un peu de frime.
Sur le bord de son puits, pose un bouquet de fleurs !
Chante-lui une aubade ! Montre-toi enjôleur !
Mets-toi à ses genoux ! Mieux encor, fais-la rire,
C’est souvent le moyen le plus sûr pour séduire.
— Oh ! Lâche-moi la grappe, car pour le baratin
J’en remontrerais même à un Napolitain !
Dis-moi plutôt comment je fais cette baudroie,
C’est le nom de la lotte, ici, dans nos endroits.
— Prends une queue de lotte d’une livre et demi
Faut être généreux, fais pas d’économies.
Demande au poissonnier d’enlever l’os central,
Il n’y a pas d’arêtes dans ce drôle d’animal.
Au mortier tu écrases un ail et du persil
Quelques grains de cumin, du safran en pistils
Allonge l’appareil d’un peu d’huile d’olive
C’est la plus parfumée et la plus digestive.
Tu en mets à chauffer aussi dans ta cocotte.
Sur ton plan de travail, étends tes demi lottes,
Tu garnis l’intérieur de ta préparation,
Sales légèrement, reformes le poisson
Enfin, avec du fil, tu le brides serré
Tu le mets en cocotte et tu le fais dorer.
Puis tu baisses le feu et fais cuire à feu doux,
Tu le tournes et surveilles, vingt-cinq minutes en tout.
Puis tu réserves au chaud sur le plat de service.
Déglace ta cocotte au Beaumes-de-Venise
Rajoute du safran en pistils ou en poudre
Puis un jet de Cognac, mais pas un dé à coudre,
Un peu de crème fraîche pour donner du liant
Tu nappes ton poisson et sers ce plat friand.
Tu verras pétiller dans les yeux de ta belle
Des promesses de joie, d’amour et de dentelles.
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 3 queues de lotte d'une livre et demi chacune, - 3 gousses d'ail, - 1 bouquet de persil plat, - 1 cuillerée à café de cumin en poudre, - 12 pistils de safran, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 3 cuillerées à dessert de fleur de sel de Camargue, - 1 petit pot de crème fraîche, - 1 verre de Beaumes-de-Venise, - 1 verre de Cognac.

Les vins conseillés:
Ce plat de poisson à la saveur puissante s'accommode parfai-tement de vins blancs ayant du caractère: Côtes-du-Rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Châteauneuf--du-Pape.
Coteaux-du-Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette-de-Bellegarde.
Côtes-de-Provence de Palette, Coteaux-varois de Salernes, Saint-Maximin, Bellet.
Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du -Rhône d'Estézargues, Côteaux-d'Avignon, Chusclan, Roche-gude, Saint-Maurice-sur-Aygues, Sablet. Costières-de-Nîmes. Coteaux-du-Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Coteaux-varois de Tour-ves, Barjols, Nans-les-Pins.



20/07/2008

Farniente, ma lo fare bene!

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Regina

C’est à Porto Polo, près de Pila Canale
Que vivait Regina sur sa Corse natale.
Les pouristes n’avaient pas encore envahis
Les criques parfumées de ce si beau pays.

Je plongeais au corail et chassais la girelle
Dans la mer cristalline ou bien sous les tonnelles
De la guinguette bleue où, aux parfums du soir,
La jeunesse dansait quand chantaient les guitares.

Moi j’avais dix-huit ans, elle tout juste seize,
Je sentais contre moi frémir son corps de braise
Elle m’a serré fort quand je l’ai caressée,

J’ai plongé dans ses yeux et je l’ai embrassée.
Le lendemain matin, c’était une autre affaire
Quand ses frères m’ont dit : « Qu’est-ce que tu comptes faire ? ! »




Les rougets à la cendre


— Bon. Et alors, Victor ! Franchement, qu’as-tu fait ?
— Ils n’étaient pas méchants, ils voulaient m’esbrouffer,
Ça m’a coûté plusieurs tournées de Casanis
Si bien qu’en rien de temps, nous étions des amis.
Je suis allé chez eux et nous avons mangé
Ce que j’avais pêché : de superbes rougets.
Le père était pêcheur et s’appelait Toussaint,
Il a fait les rougets à la crème d’oursins.
Tu comptes deux poissons moyens par invité,
Alors, par les ouïes, il te faut les vider,
C’est assez délicat mais c’est indispensable,
Avec un peu de soin, tu en seras capable.
Tu vas les écailler, les rincer, les sécher,
Dans un plat les saler, poivrer et asperger
D’huile d’olive corse et puis les oublier
Pendant trente minutes, au frais, dans le cellier.
Pendant ce temps, petit, tu prépares ta farce
Tout en buvant un coup avec quelques comparses.
Un peu de mie de pain humectée dans du lait,
Des feuilles de myrte fraîche finement ciselées,
Sel, poivre, jaune d’œuf, du beurre ramolli,
Gousses d’ail écrasées comme pour l’aïoli,
Tu pistes bien le tout dans le creux d’un mortier,
Mets de l’huile d’olive et tournes pour lier.
Avec cet appareil, tu farcis tes poissons,
Toujours par les ouïes, c’est la seule façon.
Place chaque rouget sur un papier d’alu,
Saupoudre avec du sel et du poivre moulu.
Ferme tes papillotes, glisse-les sous la cendre
Chaude mais pas brûlante. Dessus tu vas épandre
Des braises rougeoyantes avec la pince en fer.
Laisse-les comme ça, un quart d’heure, sans t’en faire.
Pendant ce temps, occupe-toi de tes oursins.
Tu les ouvres au ciseau, pas comme un assassin,
Bien délicatement tu en sors le corail,
Tu récupères l’eau ainsi que la mouscaille
Qu’il te faudra filtrer finement au chinois,
Un peu d’huile d’olive et du beurre, une noix,
Tu mélanges le tout et fouettes vivement
Afin d’émulsionner ces quatre ingrédients.
Tu sers tes papillotes ouvertes sur l’assiette,
Et nappes avec ta crème d’oursins à peine tiède.
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Ingrédients et proportions pour six personnes :
Pour les poissons et leur farce:
- 12 rougets de roche vidés par les ouies, - 2 douzaines de feuilles de myrtes fraîche (à défaut prenez du basilic), - 3 jau-nes d'œuf, - gros comme un œuf de beurre ramolli (sorti du frigo une heure avant), - de la mie de pain humectée de lait (la valeur d'un bol), - 3 gousses d'ail, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - sel, - poivre.
Pour la sauce:
- 3 douzaines d'oursins, - 1 cuillerée à soupe d'huile d'olive, - 1 noix de beurre ramolli.

Les vins conseillés:
Les vins corses sont évidemment idéaux pour cette recette insulaire. Rosés Patrimonio, rosés de la côte orientale. Mais les Côtes-du-Rhône blancs et rosés accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-les-Vi-gnes, Villedieu, Visan, Beaumes-de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Saint-Hilaire-d'Ozilhan.
En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.
En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux-d'Aix-en-Provence, Bellet.



29/06/2008

Ô culs, objets de tous nos rêves!

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A Louise Callipyge

Ce n'est point votre soueur, marquises et comtesses,
Celle qui dans mes sens fait couler le désir ;
Le robuste idéal de mon charnel loisir,
C'est une grosse fille avec de grosses fesses.

Elle a le corps poilu comme aux rudes faunesses
Et des yeux grands ouverts distillant le plaisir.
Mais dans sa belle chair, le meilleur à saisir
C'est son cul souple et dur, si frais sous les caresses ;

Plus frais qu'en juin la source et qu'aux prés le matin,
Quand il vient en levrette avec un jeu mutin
Au ventre s'adapter d'harmonieuse manière ;

Et rien alors n'est plus gai pour le chevaucher
Que de voir, dans un cadre ondoyant de blancheur,
Le joyeux va-et-vient de l'énorme derrière...

Albert Glatiny

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28/06/2008

Un peu de poésie dans ce monde de brutes.

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Fanny

La Fanny est serveuse au café des Platanes
Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent
Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir
Tant elles sont promesses de joies et de plaisirs.

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,
Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,
Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,
Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent
Tous restent bouche bée et en perdent la boule
Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne
On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne
Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny !

20/04/2008

C'est dimanche, il pleut: on bouffe ou on baise? Les deux morbleu!

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Le canard à l'orange

Un souvenir marquant de ma plus tendre enfance,
Sur les rives du Rhône, au cœur de la Provence,
Me revient en mangeant ce morceau de canard.
Il est vrai que mouflet, petit, j'étais veinard,
Un père pâtissier, des oncles paysans:
Des volailles, des fruits, du pain et des croissants.
En cette période les tickets et rations,
Étaient le lot commun de ma génération,
Et manger à sa faim était un grand bonheur,
Surtout lorsque c'était proprement, dans l 'honneur.
Pour faire les vendanges, les foins ou les moissons,
Toute notre tribu œuvrait à l'unisson.
Pour clore les travaux, ces as de la fourchette
Partageaient à la ferme un grand repas de fête.
Des temps durs à passer pour les canards muets,
Vedettes des agapes, entourés de navets!
En soufflant autant qu'eux, l'oncle Gus les coursait,
Et hurlait de victoire lorsqu' il les saisissait.
Il sortait de sa poche deux morceaux de ficelle
L'un pour bloquer les pattes et l'autre pour les ailes.
Puis Mamé arrivait et tenait le bestiau
Serré entre ses jambes. Le cou sur le billot
Ondulait, se tordait comme font les couleuvres.
L'oncle, tel un exécuteur des hautes œuvres,
Brandissait sa cognée au-dessus de sa tête
Pour l'abattre en sifflant sur le cou de la bête.
Tandis qu'un flot de sang jaillissait par la plaie,
Le canard, libéré, sautait, courait, volait.
Alors, poules et coqs, en se crêpant la crête,
Tout autour de la cour, se disputaient la tête.
Nous, nous applaudissions et trouvions pittoresque
Ce spectacle banal, bien que grand-guignolesque!
Et voilà donc, petit, les souvenirs étranges
Sortant de ce morceau de canard à l'orange.
Daniel Goloubinsky, plumitif humaniste,
Est allé ad patres, pourtant ce n'est pas triste:
Au paradis il est copain avec Bacchus
Et apprend la cuisine auprès de Lucullus!
Il paraît qu'il prépare aux dieux, aux saints, aux anges
Son morceau de bravoure: le canard à l'orange.
— Bon, allez, Zou !, Victor, ce canard, on le fait ?
— Dès que j'aurais goûté ce beau Tavel bien frais,
La menteuse arrosée, la recette va suivre !

Prenez un canard jeune de trois ou quatre livres,
Vous salez et poivrez normalement la bête
(Vous savez comment faire depuis belle lurette),
Cuisez-le à la broche, récupérez le jus
Car sans cet ingrédient, la recette est fichue.
La cuisson ne doit pas être par trop poussée
Car cuisses et filets doivent rester rosés.
Vous dégraissez le jus, l'allongez de bouillon,
En tournant vous portez à l'ébullition,
Vous liez avec un peu de maïzena.
Maintenant écoutez, les mecs et les nanas:
Le secret de Daniel réside dans le zeste,
C'est lui qui donnera les fragrances célestes
Parfumant le canard d'un goût de poésie.
Par lui le plat sera raté ou réussi.
Prélevez tout le zeste d'une jolie orange,
Pas le blanc spongieux, seule la croûte orange!
Coupez soigneusement en bâtonnets très fins
Que vous faîtes blanchir une minute afin
De les bien attendrir. Jetez-les dans la sauce
Avec le jus pressé d'une orange assez grosse.
Découpez le canard fumant et croustillant,
Servez à part le jus brûlant dans sa saucière.
De mon ami Daniel, telle était la manière
De préparer ce plat succulent et brillant.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:
Une beau canard de 2 kilos paré de bardes de lard et ficelé, salé et poivré, - 2 tasses de bouillon de volaille, - le zest d'une orange entière, - le jus de cette orange (si vous trouvez des oranges bigarades, c'est encore mieux), - l cuillerée à soupe de maïzena.

Les vins conseillés:
Ce plat aux goûts très délicats demande des vins rouges subtils.
En vins de la vallée du Rhône: Côte-Rôtie, Hermitage, Crozes-Hermi-tage, Séguret, Visan, Puyméras, Faucon, Piégon, Richerenches, Tulette, Sainte-Cécile-Ies-Vignes, Valréas, Bourg-Saint-Andéol, Orsan, Saint-Gervais, Ruoms.
En vins du Languedoc: Minervois de Ginestas, Limouzis, Sallèles, Cabrespine ; Saint-Chinian de Ferrières-Pousarou, Murviel-Ies-Béziers, Vieusan.
En vins de Provence: Bandol évidemment, Côtes-de-Provence de Bouc--Bel-Air, Le Beausset, Cabasse ; Coteaux varois de Pontévès, Rocbaron, Sainte-Anastasie.

...et après qu'est-ce qu'on fait?
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Doigts de conduite

Tes doigts cherchent leur voie dans ta broussaille d’ombre
L’un de mes doigts à moi voudrait être du nombre !
Ils ouvrent doucement ton écrin de corail…
Cré nom de dieu, je bande ! Faut que je me débraille !

Ils roulent savamment ton bouton de désir,
Apprécient la chaleur de ta grotte à plaisir,
Tu ondules des reins, tu entrouvres les cuisses…
Un moment, je finis mon verre de Chablis !

13/04/2008

Coquin de printemps! Quelle fine gachette ce Maupassant!

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Je ne l'entendais pas, tant je la regardais.
Par sa robe entr’ouverte, au loin je me perdais,
Devinant les dessous et brûlé d'ardeurs folles;
Elle se débattait, mais je trouvai ses lèvres!
Ce fut un baiser long comme une éternité
Qui tendit nos deux corps dans l'immobilité.
Elle se renversa, râlant sous ma caresse;
Sa poitrine oppressée et dure de tendresse
Haletait fortement avec de longs sanglots.
Sa joue était brûlante et ses yeux demi-clos;
Et nos bouches, et nos sens, nos soupirs se mêlèrent
Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,
Un cri d'amour monta, si terrible et si fort
Que des oiseaux dans l'ombre effarés s'envolèrent.
Ainsi que deux forçats rivés aux mêmes fers
Un lien nous tenait, l'affinité des chairs.

Guy de Maupassant

18/03/2008

C'est mon anniversaire!

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C'est notre anniversaire, à Benoit d'Avignon et à mézigue, comme d'ailleurs à Arlette Laguiller et à Luc Besson entre autres fadas nés au mois où les chats courent sur les toit à la recherche forcené du bonheur charnel.

Alors, je vous ai concocté quelques petits souvenirs de mes premières expériences mystico-amoureuses! Et je lève mon verre!

Madona.

— Mon dieu, qu'il est devenu brave votre petit, Madame Chouli. Vé ! on le reconnaît plus. Lui qui d'habitude est un droulas, un vrai chiapacan, un desmontecristian! A la messe de neuf heures, le jeudi matin, il se met au deuxième ou au troisième rang, juste en face de la statue de la vierge. Et il est sage! Il fixe la Madone avec un regard extatique, des yeux qui brillent. Il est en adoration! Vous savez, Madame Chouli, je fonde de grands espoirs sur lui: peut-être qu'il a été touché par la foi et que c'est une jeune vocation qui s'éveille !

C'est ainsi que, vers ma quarantième saison, j'étonnais le brave curé Tressy, capelan de notre village. Faut dire qu'à l'époque, les radis noirs tenaient encore le dessus du plat et que, chaque jeudi, il fallait se farcir la messe et le catéchisme...
Quarante saisons, dix ans, c'est l'âge où, dans nos culottes courtes, le goupillon commençait à s'exprimer par un état de roideur quasi permanente. Des plus grands nous avaient expliqués que ça ne servait pas qu'à pisser et nous avaient initiés à l'autocoït-palmaire.

Si nous étions si extatiques, mon pote Davide et moi, devant la vierge de la chapelle, c'est parce que nous l'aimions. D'un amour physique, charnel en quelque sorte. Nous trompions Saint Joseph avec sa bourgeoise, la belle Marie, rejoignant en cela le Saint Esprit qui devenait ainsi en quelque sorte notre beau-frère.

La chapelle en question était occupée pour moitié par le tombeau de ce brave Innocent 5 ou 6 - j'ai retenu la marque mais pas le millésime - qui, en son temps, fut pape à Avignon. C'était un monument de pierres et de stuc, haut, avec un ciel de lit ajouré par des dentelles de pierres et, allongée, mains jointes sur la poitrine, la représentation du client qui était à l'intérieur du tombeau. Il avait une bonne gueule, avec sa tiare comme un saint-honoré à la crème posée sur la tronche et qui lui donnait un petit air mystérieux devenant franchement égrillard selon la lumière. Nous lui mettions parfois une fleur à la bouche, ce qui égaillait sa posture éternelle. Allongé comme il était, Innocent semblait mater sous les jupes de Marie.

Une vierge superbe, polychrome, dégageant délicatement un téton pour donner la gamelle à son minot. Le mouvement qu'elle faisait pour assurer le repas au fils putatif de Joseph l'obligeait à un déhanchement bien suggéré par les plis du drapé de son long voile. Merde, on la trouvait bandante la Marie!

Davide et moi, nous nous mettions contre le tombeau d'Innocent, planqué ainsi des regards directs du curé Tressy, au boulot devant l'autel. Et nous imaginions ce qu'il y avait sous la longue robe bleue. Les nichons, le cul, le ventre, les poils, la myntch (c’est comme ça qu’on nommait la chatte) de la Marie... Autant d'images sacrilèges qui hantaient nos esprits enfiévrés. Et lorsque Brespin, l'enfant de cœur de service, secouait son machin à encens, l'odeur envoûtante nous en suggérait une autre que nous supposions bien plus capiteuse: celle qui devait régner sous les voiles de la Marie!

Immanquablement, nos habitudes reprenaient le dessus : par les poches trouées de nos pantalons courts, nous nous astiquions l'asperge en tendant nos narines frémissantes vers la belle jeune mère de famille que nous couvions de regards enamourées.

C'est là, planqué par un vieux pape complice que nous a été donné la révélation - non pas de l'existence de dieu, on s'en foutait complètement, Davide et moi - mais du plaisir, en retirant, après un spasme délicieux, libérateur et tellement nouveau, une main poisseuse de nos premiers jus d'hommes!

La pratique religieuse a parfois du bon a qui a l'esprit libre!

Tu as su, ô Marie, toi si belle, si femme,
Illuminer mon cœur, et mon corps, et mon âme.
Ta sensualité a enflammé mon sang,
Je t'ai aimé d'amour, à l'ombre d'Innocent.

La douceur de ton sein, la courbe de tes hanches
L'éclat malicieux de tes grands yeux pervenche
Le parfum de ta chair, ta douce carnation
Ont allumés en moi le feu de la passion.

Oui, j'ai joui de toi, de tes parfums intimes
Et quand viendrons pour moi les angoisses ultimes
Un sourire de toi calmera mes tourments,

Moi qui t'aimais d'amour, moi qui fus ton amant.
Une telle passion vaut quelques privilèges,
Car quand le cœur est pur, où est le sacrilège?


Jean-Victor Joubert de Mairdre


08/03/2008

A MA Femme

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Lorsque tout près de moi, douce, tendre, chaude et lisse
Ma main trouve à coup sûr l’aimant de ton pubis,
Lorsque mes doigts explorent le soyeux de tes cuisses,
Et les douces rondeurs qui gonflent ta chemise,

Lorsque ton ventre offert vibre sous ma caresse
Je sens toujours en moi vivre de chaudes braises.
Tu es toujours pour moi ma lionne d’amour,
Mon océan de rêve, la rosée de mes jours,

Pour l’éclat lumineux de tes yeux de cristal,
Pour ton sourire pur qui pour moi fut fatal,
Pour vivre auprès de toi je me fais troubadour,

Ecuyer, maître-queu ou chanteur de faubourg
Et, pour fêter la Femme, te dédie ce poème,
Je t’aime !

18:30 Publié dans poésie érotique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : amour, femme

Aragon et Jean Ferrat chantent la Femme

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Portraits de Titouan Lamazou

La femme est l'avenir de l'homme

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Entre l'ancien et le nouveau
Votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois
Si les uns chantent par ma voix
D'autres décrètent par la bible

Le poète a toujours raison
Qui détruit l'ancienne oraison
L'image d'Eve et de la pomme
Face aux vieilles malédictions
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du moyen âge
Vos siècles d'infini servage
Pèsent encor lourd sur la terre

Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D'autres amours en son royaume
Remet à l'endroit la chanson
Et déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Il faudra réapprendre à vivre
Ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée
Tout dans le couple va changer
D'une manière irréversible

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Femmes, femmes, femmes...

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Contacts

Ton visage blotti au creux de mon épaule,
J'aime sentir ton corps qui sur mon corps se colle,
Souple et dur à la fois. Ondoyante liane
Qui épouse le tronc de l'arbre qu'elle gagne.

Tu presses en ondulant ton ventre sur la bosse
Qui gonfle à ce contact comme l'épée d'Athos.
Ma main serrant ton dos, amorce une caresse
Qui la conduit bientôt vers tes aimables fesses

A travers le tissu, mes doigts suivent la raie
Douce et mystérieuse qui conduit à l'entrée
Brûlante du bonheur blottie entre tes cuisses.

Ta bouche prend la mienne, délicieuses prémices,
Mélange de saveurs, délicate morsure,
Merveilleuse promesse pour d'autres ouvertures.

25/02/2008

Coquin d'Alfred !

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

Musset


C'est la réponse que ce grand pendard d'Alfred faisait à la lettre de George Sand que vous trouverez à:

http://lantifadas.midiblogs.com/archive/2008/02/19/un-peu...

C'est joli? Bon. Maintenant, faites ce que ce chaud lapin d'Alfred suggère à sa belle dans l'avant dernier vers!

23/02/2008

HELENE DE TROIE

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Lorsque la belle Hélène, femme de Ménélas,
Fut ravie par Pâris, elle goûta l’extase.
Ravie d’être ravie, la pétulante Hélène
Suivant le beau Pâris, courut à perdre haleine.

Son cocu magnifique, vert de rage et jaloux
Envoya son armée châtier le filou.
Les deux amants s’aimaient, le barbon n’aimait guère…
Pour venger son honneur, il déclencha la guerre.

Des Grecs contre des Grecs, en une lutte à mort
Vont, neuf années durant, s’étriper sans remords.
Pour les seins blancs d’Hélène, ses étreintes brûlantes,

Pour sa peau de satin et sa fougue d’amante,
Des guerriers, des héros, des princes et des rois
Pour la gloire et l’Amour périront devant Troie.

Jean-Victor Joubert

19/02/2008

Un peu de poésie dans ce monde de boeufs

LETTRE COQUINE DE SAND À MUSSET

Cher ami,
Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon ou je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourrez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.
Votre poupée...




C'est jolie, n'est-ce-pas. C'est délicat.
Et bien maintenant relisez ce texte...en sautant chaque fois une ligne!

13/02/2008

Tè! Ca commence à me travailler...

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Doigts de conduite

Tes doigts cherchent leur voie dans ta broussaille d’ombre
L’un de mes doigts à moi voudrait être du nombre !
Ils ouvrent doucement ton écrin de corail…
Cré nom de dieu, je bande ! Faut que je me débraille !

Ils roulent savamment ton bouton de désir,
Apprécient la chaleur de ta grotte à plaisir,
Tu ondules des reins, tu entrouvres les cuisses…
Un moment, je finis mon verre de Chablis !

28/01/2008

Poésie coquine pour bien commencer la semaine

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A Louise Callipyge

Ce n'est point votre soueur, marquises et comtesses,
Celle qui dans mes sens fait couler le désir ;
Le robuste idéal de mon charnel loisir,
C'est une grosse fille avec de grosses fesses.

Elle a le corps poilu comme aux rudes faunesses
Et des yeux grands ouverts distillant le plaisir.
Mais dans sa belle chair, le meilleur à saisir
C'est son cul souple et dur, si frais sous les caresses ;

Plus frais qu'en juin la source et qu'aux prés le matin,
Quand il vient en levrette avec un jeu mutin
Au ventre s'adapter d'harmonieuse manière ;

Et rien alors n'est plus gai pour le chevaucher
Que de voir, dans un cadre ondoyant de blancheur,
Le joyeux va-et-vient de l'énorme derrière...

Albert Glatiny

23/03/2007

Femme à poil

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Rien n’est plus émouvant,
Rien n’est plus excitant
Rien n’est plus envoûtant
Qu’une bell’ femme à poil

Sachez mesdemoiselles
Que pour le sensuel
Que pour le sexuel
Il faut avoir du poil !

Touffe noire
Ciboire
Touffe blonde
Profonde
Touffe rousse
Qui mousse

Ecrin doux et soyeux
Du temple du désir
Toboggan broussailleux
Vers la grotte à plaisir
Le poil, le poil, le poil, le poiiiil

08/03/2007

Femmes, on vous aime: Z comme Zelli

Zelli

Prosper coupe du bois dans les forêts d’Ariège
Où la jolie Zelli cherche des champignons.
Brusquement le brouillard l’attrape dans son piège
Et la belle apeurée perd le Septentrion.

Elle tourne, affolée et quitte le sentier
Elle se heurte aux arbres, s’accroche dans les ronces,
S’étale lourdement, en oublie son panier,
Ses appels au secours demeurent sans réponse.

Soudain elle se sent accroché par le bras,
Paralysée d’effroi, bien près de défaillir,
Elle voit, tout contre elle, Prosper, l’homme des bois.

Eclatant en sanglot elle va se blottir
Sur le poitrail velu de son rude sauveur
Puis, très reconnaissante, lui offre ses faveurs…

Femmes, on vous aime: Y comme Yolande

Yolande

Yolande scintillait, là-haut, près des étoiles
Perchée sur les agrès d’un chapiteau sans toile.
Son corps de caoutchouc volait de mains en mains
Porté par un courage et un cran surhumains.

Elle virevoltait, la jolie Bohémienne
Dans un rai de lumière, presque nue, aérienne,
Elle fendait les airs de son corps gracieux
Ignorait les humains et s’approchait des dieux.

Moi, perdu tout en bas parmi les spectateurs,
Ignoré de la belle, je souffrais mille peur.
Je découvrais l’Amour, ses affres hédonistes,

Sous l’aspect flamboyant de cette trapéziste.
Mon tout premier amour, Yolande, avait sept ans,
Moi, si je me souviens, j’en avais presque autant…

Femmes, on vous aime: X comme X.

X.

Précipite tes vagues, Boléro de Ravel,
Tes rythmes envoûtants, obsédants, sensuels
Entraînent les amants dans une chevauchée
Qui marie le désir au plaisir du péché.

X avait sur la peau la marque des sorcières,
Et prenait dans les rets de son charme incendiaire
Les hommes kimboisés qu’elle broyait d’amour
Puis qu’elle rejetait au temps du désamour.

X était avant tout une femme de proie
Jouissant de croquer ses victimes avec joie.
J’ai pris bien du plaisir en tenant dans mes bras

Cette fleur dangereuse au venin de cobra.
Napoléon disait, et là on peut le croire :
La fuite est très souvent une grande victoire !