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12/08/2015

Au bistro de la toile : TAFTA, Wikileaks, cochons.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Oh ! Victor, tu veux gagner 100.000 euros ?

 

- T'as un tuyau en béton pour les courses de canassons ou tu fais dans le trafic de pastaga ?

 

- Non. Mais c'est dans le canard : « Wikileaks offre 100.000 euros à celui qui donnera le texte de TAFTA »...

 

- Putaing, Loulle... TAFTA, ce traité de vassalisation de l'Europe au profit des USA. Une honte. Un scandale. Ce « traité » qui n'est qu'une somme de magouilles est un véritable déni de démocratie. Il est mené de manière sournoise, dans la plus grande opacité par des fonctionnaires européens « mandatés ». Il ne s'agit pas d'accords commerciaux classiques, Loulle. Il ne s'agit pas seulement d'abaisser des barrières douanières ou d'harmoniser quelques normes techniques, il s'agit surtout et avant tout de supprimer toutes les normes – environnementales, sociales, etc. - qui gênent encore les entreprises multinationales. En jeu : l'autorisation des OGM et de l'exploitation des gaz et huiles de schiste, le rabotage voire la suppression des normes environnementales, la mise à bas des protections sociales, la mise en place de mécanismes qui interdiront toute politique publique (en matières sociales, environnementales) qui « risqueraient » de réduire les bénefs, même pas réels, mais simplement attendus, escomptés, des entreprises ! Avec le mécanisme dit « investisseurs-État », une entreprise pourra remettre en cause une réglementation devant un organe d'arbitrage privé et faire condamner les États et les collectivités locales à de lourdes amendes. Et avec le mécanisme de « coopération réglementaire », tout gouvernement qui voudra, dans l'avenir, revenir sur une décision antérieure de libéralisation ou prendre une mesure de protection des populations ne pourra pas le faire s'il rentre en contradiction avec l'accord. Et tout cela au nom de la croissance nous serinent, la main sur le cœur le gouvernement et la Commission européenne.

Et le pire, Loulle, c'est que toutes ces magouilles qui vont engager la vie de tous les jours de 500 millions d'Européens (et accessoirement de 350 millions d'Etazuniens) se traitent dans la plus grande opacité, sans aucun débat parlementaire, sans aucune information fiable. Comment se fait-il qu'il faille qu'une organisation exemplaire de lanceurs d'alertes comme Wikileaks propose la somme – dérisoire au vu des enjeux – de 100.000 euros pour qu'un fonctionnaire européen courageux, ou un élu dans la confidence lâche le morceau !

 

- Ouais. T'as raison, Victor, on nous prend réellement pour des kons... Bon. Et ces éleveurs de cochons qui se font rouler dans le purin par les industriels de la charcutaille, qu'est-ce qu'il faut en penser ?

 

- Ils sont le cul entre deux chaises. Trop petits pour lutter contre les usines à barbaques de bas de gamme allemandes et espagnoles (500 truies en moyenne en Bretagne contre 1000 en Allemagne et 2000 en Espagne) et pas assez haut de gamme pour lutter sur le plan de la qualité. De plus, ils doivent faire face à des concurrents qui ont des prix de revient bien plus bas du fait qu'en Allemagne les abatteurs utilisent sans vergogne des travailleurs détachés venant des ex-pays de l'Est qui sont payés à 4 euros de l'heure pour des journées de travail sans fin. Quant aux Espagnols, saignés autant que leurs porcs par la crise, ils sont bien contents de trouver un boulot, à n'importe quel prix...

Et puis, n'oublions pas l'incommensurable konnerie de notre amiral de pédalo qui s'est associé avec autant de veulerie que de lâcheté aux « sanctions » contre la Russie, provoquant en retour la perte d'énormes marchés tant pour nos éleveurs que pour nos producteurs de fruits et légumes et autres acteurs de la filière agroalimentaire.

Quant aux fameux Mistrals, ils nous resteront sur le cul et nous coûteront un bras en demi, bien plus que les 1,2 milliards annoncés...

 

- Allez. Á la nôtre quand même Victor !

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

 

10/08/2015

Décoloniser Gibraltar mais aussi Ceùta et Mejilla.

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Décidément, ils se croient revenus à l'époque coloniale les Rosfifs ! Non seulement, ils ont enfilé profond grugé Chirac et Sarko avec l'incroyable Traité du Touquet...qui revient à leur donner une forme de souveraineté sur Calais puisqu'ils ont repoussé leur frontière jusqu'à cette ville, avec l'accord béat de ces deux niais, mais ils cherchent des crosses aux Espagnols dont les navires auraient « pénétrés dans les eaux territoriales britanniques » en poursuivant des trafiquants.

 

Gibraltar est ainsi la dernière colonie en Europe. Ce dossier est d'ailleurs débattu à l'ONU par un comité chargé de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples colonisés.

 

Les autorités d'occupation de Gibraltar ont revendiqué le droit des Gibraltariens à l'autodétermination. Ces scrutins ont donné des résultats disant que les habitants du rocher, à leur grande majorité, voulaient demeurer britanniques. Et pour cause : ils bénéficient de tellement d'avantages ! Cette population est formée de descendants de Maures, de Maltais, de Britanniques, d'Indiens, de Pakistanais et, bien sûr, d'Espagnols. Le Rocher a toujours été un paradis pour tous les trafics, qu'ils soient de capitaux, d'armes, d'êtres humains, de drogues. Il demeure un nid d'espions et de trafiquants. Selon Madrid, Gibraltar devrait être décolonisé en respectant "le principe d'intégrité territoriale" et non pas celui de l'autodétermination.

 

Pourquoi cette terre espagnole d'évidence est-elle sous le joug des Britanniques ? Ça remonte loin : au Traité d'Utrecht. L'article X de ce traité stipule que l'Espagne cède à la Grande-Bretagne « para siempre - pour toujours », la propriété de Gibraltar mais « sans aucune juridiction territoriale ». Ce qui fonde la revendication espagnole sur le rocher.

 

Le traité dit ceci :

« El Rey Católico, por sí y por sus herederos y sucesores, cede por este Tratado a la Corona de la Gran Bretaña la plena y entera propiedad de la ciudad y castillos de Gibraltar, juntamente con su puerto, defensas y fortalezas que le pertenecen, dando la dicha propiedad absolutamente para que la tenga y goce con entero derecho y para siempre, sin excepción ni impedimento alguno. Pero, para evitar cualquiera abusos y fraudes en la introducción de las mercaderías, quiere el Rey Católico, y supone que así se ha de entender, que la dicha propiedad se ceda a la Gran Bretaña sin jurisdicción alguna territorial y sin comunicación alguna abierta con el país circunvecino por parte de tierra. Y como la comunicación por mar con la costa de España no puede estar abierta y segura en todos los tiempos, y de aquí puede resultar que los soldados de la guarnición de Gibraltar y los vecinos de aquella ciudad se ven reducidos a grandes angustias, siendo la mente del Rey Católico sólo impedir, como queda dicho más arriba, la introducción fraudulenta de mercaderías por la vía de tierra, se ha acordado que en estos casos se pueda comprar a dinero de contado en tierra de España circunvencina la provisión y demás cosas necesarias para el uso de las tropas del presidio, de los vecinos u de las naves surtas en el puerto. 

Pero si se aprehendieran algunas mercaderías introducidas por Gibraltar, ya para permuta de víveres o ya para otro fin, se adjudicarán al fisco y presentada queja de esta contravención del presente Tratado serán castigados severamente los culpados. 
Y su Majestad Británica, a instancia del Rey Católico consiente y conviene en que no se permita por motivo alguno que judíos ni moros habiten ni tengan domicilio en la dicha ciudad de Gibraltar, ni se dé entrada ni acogida a las naves de guerra moras en el puerto de aquella Ciudad, con lo que se puede cortar la comunicación de España a Ceuta, o ser infestadas las costas españolas por el corso de los moros. Y como hay tratados de amistad, libertad y frecuencia de comercio entre los ingleses y algunas regiones de la costa de Africa, ha de entederse siempre que no se puede negar la entrada en el puerto de Gibraltar a los moros y sus naves que sólo vienen a comerciar.

Promete también Su Majestad la Reina de Gran Bretaña que a los habitadores de la dicha Ciudad de Gibraltar se les concederá el uso libre de la Religión Católica Romana. Si en algún tiempo a la Corona de la Gran Bretaña le pareciere conveniente dar, vender, enajenar de cualquier modo la propiedad de la dicha Ciudad de Gibraltar, se ha convenido y concordado por este Tratado que se dará a la Corona de España la primera acción antes que a otros para redimirla. »

Allez, faites un petit effort. L'Espagnol est une langue très proche du Français.

 

Doit-on, au XXIème siècle, se référer à un traité vieux de plus de trois siècles ? Est-il normal qu'un pays européen, membre (encore!) de l'Union Européenne, colonise une partie du territoire d'un autre pays de l'Union Européenne ?

 

Et puis, ne serait-il pas temps pour les Espagnols – qui revendiquent à juste titre leur souveraineté sur Gibraltar – de faire de même avec leurs « possessions », leurs colonies en territoire marocain ? Et de restituer au Maroc les enclaves de Ceùta et de Merilla, points de passages d'une immigration massive puisque Ceùta et Merilla sont en Espagne, donc en Europe !

 

Et n'oublions pas non plus que l'une des plus actives portes d'entrée des migrants africains en Europe est...l'île de Mayotte, département français.

 


Photo X - Droits réservés

 

06/08/2015

Hiroshima… « Apocalypse now », comme si vous y étiez !

hiroshima

 

Il faisait un grand soleil ce matin-là sur Hiroshima. Yoko venait juste de prendre son service à l’hôpital Shima, en plein centre ville. Ouvrant en grand les fenêtres du dortoir des contagieux, elle laissa aller un regard sur la ville puis, entendant un bruit d’avions, elle leva les yeux vers le gouffre  du ciel. Un dernier regard… Alors, de la voûte azurée des cieux fondirent, en une explosion de mille soleils,  les chevaux de l’apocalypse…

 

Dans le ciel radieux de ce 6 août 1945 autour de huit heures du matin, trois bombardiers américains B-29 Superfortress arrivaient sur la ville. « Enola Gay », « The great Artist » et « Necessary Evil ». Ils étaient partis vers 2 h 45 de l’île Tinian, occupée par les forces américaines, dans le Pacifique. Aux commandes du premier appareil, un solide gars de l’Illinois, Paul Tibbets, 40 ans. C’est lui qui avait baptisé son bombardier du nom de sa mère. Ça porte bonheur disait-il… Ça dépend pour qui. Dans sa soute : « Little Boy »… Un « petit garçon » ventru que le capitaine William Parsons arma précautionneusement dans l’heure suivant le décollage…

 

A 8 h 15, les trois appareils arrivèrent à la verticale de l’hôpital Shima, à un peu moins de 10.000 mètres d’altitude. Les équipages avaient chaussé des lunettes de précaution spéciales. Pour un dernier regard…

 

A 8 heures 16 minutes et 2 secondes, « Little Boy » était largué. Le « petit garçon » brillant fonça vers le sol. 43 secondes de chute puis des capteurs d’altitude et d’autres dispositifs automatiques déclenchèrent la mise à feu, à 580 mètres d’altitude.

 

Dans les premières microsecondes, l’énergie libérée par la réaction nucléaire se fit essentiellement sous forme de rayons γ et de neutrons. Ces rayonnements étant absorbés par l'air en quelques mètres, un dégagement de chaleur eut lieu, la température dépassant localement le million de degrés Celsius. Cet air surchauffé forma alors une "boule de feu" (masse sphérique de gaz incandescents) de quelques dizaines de mètres. Se comportant comme un corps noir, elle émit un rayonnement thermique intense, d’abord sous forme de rayons X. L’atmosphère étant peu transparente à ces derniers, ils furent réabsorbés en quelques mètres. Dans les millisecondes qui suivirent la boule de feu se dilata et se refroidit. Son rayonnement thermique « glissa » vers l’ultraviolet, la lumière visible et l’infrarouge. L'air étant transparent à ces longueurs d'onde, le rayonnement thermique pût alors se propager à plusieurs dizaines de kilomètres. En quelques secondes, la boule de feu qui continuait de se refroidir atteignit son diamètre maximal — autour de 2.2 km en 10 s pour 1 Mt. Cette dilatation ayant lieu initialement à vitesse supersonique, elle généra une onde de choc suivie d'un effet de souffle. Par convection, la boule de feu s'éleva rapidement du fait de sa chaleur. En se refroidissant, elle cessa d'émettre de la lumière visible et donc cessa d'être incandescente. L’explosion généra d’énormes quantités de vapeur d'eau, de poussières et de débris qui se condensèrent,  formant le sommet du sinistre champignon atomique. Il atteignit la stratosphère, à environ 20 km d'altitude et s'écrasa horizontalement sur quelque 35 Km de diamètre…

 

Au sol, là où était quelques secondes plus tôt la ville de 350.000 habitants, de dessous une lourde dalle, un gros scorpion sortit, queue recourbée et dard tendu. Il avait résisté sans encombre à la Bombe, lui…

 

Ouais, dit la propagande des vainqueurs, mais le feu atomique a permis de terminer très vite la guerre avec les Japonais, évitant ainsi des milliers de vies (sous-entendu « de soldats étazuniens »). Sauf que c'est loin d'être vrai.

 

Il est exact que le projet Manhattan lancé par Roosevelt dès 1942 pour mettre au poinr l’arme nucléaire était le pendant des travaux des nazis, eux aussi lancés dans une opération similaire. La capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945 a eu lieu alors que les derniers travaux et essais de « Manhattan » avaient lieu à Palo Alto. Le projet n’a pas été stoppé pour autant.

 

A Yalta, Staline et Roosevelt avaient convenu en secret que l’Armée Rouge se retournerait contre le Japon 3 mois après la capitulation allemande. Ce qui fut fait le 2 aout 1945.

Dès lors, était-il nécessaire de larguer non pas une mais deux bombes atomiques sur le Japon pour le forcer à capituler ? Ces carnages ont probablement hâtés la capitulation, mais de quelques jours ou semaines seulement. En effet, Hiro Hito, l’empereur du Japon, hanté par la menace de l’arrivée des troupes soviétiques qui signifiait la fin de sa dynastie, préférait capituler devant les États-Unis, qui lui aurait laissé entendre qu’ils ne toucheraient pas à la dynastie impériale, par crainte de la menace communiste.

 

Le président étazunien Truman, en pleine conférence réunissant les alliés (États-Unis, Grande-Bretagne, URSS) à Postdam, dans l’Allemagne vaincue, donna secdrètement l’ordre de larguer la bombe « Little Boy » sur Hiroshima. Raison réelle mais non avouée : démontrer au camarade allié Staline la suprématie militaire des États-Unis ! Une démonstration – Hiroshima et Nagasaki – a 250.000 morts…

 

Massacrer des centaines de milliers de civils, pour rien d’autre que montrer sa force, ça s’appelle un crime de guerre.

 

Mais le vainqueur n’est jamais jugé pour crime de guerre…

 

hiroshima

 

Photos X - Droits réservés

 

 

04/08/2015

Nuit du 4 août: abolition des privilèges ? A refaire…

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On fête le 14 Juillet, la Prise de la Bastille, mais en fait, la vraie Révolution c'est l'Abolition des Privilèges, c'est la nuit du 4 août 1789.

 

"Dans Paris, on est agité, on parle. On parle beaucoup de cette fameuse nuit du 4 au 5 août à l'Assemblée Constituante.

Un noble, le Vicomte de Noailles, est monté à la tribune. Devant un auditoire subjugué, il a proposé de « proclamer l'égalité de tous devant l'impôt, de supprimer purement et simplement les corvées, mainmortes et autres servitudes personnelles, et de déclarer rachetables les autres droits ». Un immense enthousiasme s'est emparé de l'assistance. Les orateurs se sont alors succédés, avançant pêle-mêle de nouvelles propositions : abolition du droit de chasse, de l'esclavage, libération des Noirs, accès de tous aux fonctions publiques... Quelques membres du clergé ont même demandé la suppression de la dîme. Les députés se sont congratulés en pleurant...."

 

Eh ! Il ne faudrait pas avoir la naïveté de croire que c’est par bonté d’âmes que les privilégiés ont acceptés d’abandonner leurs privilèges. C’est parce qu’ils avaient la paille au cul  et le trouillomètre à zéro ! Une tête - même noble - sur une pique sourie rarement…

 

En vérité, la nuit du 4 août a été une nuit de dupes : les Nobles momentanément alliés au Tiers-Etat, ont généreusement, abolis les privilèges… du Clergé, qui en représailles, a soutenu le Tiers-Etat pour abolir ceux de la Noblesse. La séance a duré jusqu'à 3 heures du matin.

 

L'Histoire a retenu de cette fameuse nuit, cette volonté commune de mettre en pratique les idées généreuses d’Égalité et de Fraternité qu'avaient auparavant développées quelques philosophes.

Le décret du 11 août a mis fin au régime féodal. C'est fait.

 

Dans la foulée, le 26 août 1789, l'Assemblée proclamait la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen.

"Les Hommes naissent libres et égaux en Droits" mais pas en fait, et les femmes attendront 1945 pour pouvoir voter.

 

Plus jamais en France il n'y aura de privilèges, donc de privilégiés ?

 

C'était beau, hein ? Grand, Généreux !

 

Qu’en est-il aujourd’hui ?  Une clique oligarchique issue du même moule – ENA, grandes écoles, monde de la finance, héritage – a rétabli à son profit des avantages, des privilèges aussi aberrants que révoltants. Les inégalités n’ont jamais été aussi flagrantes depuis l’Ancien régime.

 

Mouais… Tout est à refaire !

 

Vous êtiez membre du « premier cercle » sous Sarko ? Vous êtes ancien de la promotion Voltaire de l’ENA sous Hollande ? Vous rencontrez discrètement un ministre bien en place et voilà que disparaissent vos problèmes fiscaux… Ou alors il faut vraiment pousser le bouchon trop loin comme Cahuzac.

 

Vous êtes député ou sénateur ? Vous bénéficiez d’avantages, d’émoluments, de retraites à faire baver le prolo.

 

Vous êtes patron-voyou du Caca-rente ? Vous pouvez vous gratifier d’un salaire dépassant de 500 fois le smic et de retraites à hurler…

 

On baigne, on grenouille, on se vautre dans une manière révoltante de faire de la politique : celle des réseaux d’influence, des amitiés bien placées, des magouilles public-privé, des grosses fortunes qui font joujou avec les responsabilités électorales. Sans oublier…les « nobles » qui pérorent en haut du Caca-rente. Il faut croire que la partie-cul(e) est plus importante que la partie-tête…

 

Alfonse Allais disaient : « Il est toujours avantageux de porter un titre nobiliaire. Être « de quelque chose », ça pose un homme, comme être « de garenne », ça pose un lapin » !

 

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira…

 

Qu’est-ce qu’on attend ??? La Marseillaise ne dit-elle pas « Aux armes, citoyens » ?

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

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03/08/2015

Migrants : ils veulent aller en Angleterre ? Aidons-les !

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Ils veulent aller en Angleterre. Qui ? Les migrants, pas les touristes. L'attrait de l'eldorado british. Pourquoi ?

 

Parce que beaucoup viennent de pays qui ont subi le knout colonial britannique mais qui, en revanche, se sont appropriés la langue du colonisateur. Il en est de même pour les pays ayant subi la trique française.

 

Parce qu'en Angleterre, il n'y a pas de carte d'identité et donc que le migrant, une fois arrivé, se fond dans la masse.

 

Parce que cette masse est organisée en communautés ethniques et/ou religieuses dans lesquelles le migrant peut espérer de l'aide.

 

Enfin et surtout parce que l'économie britannique est une expression caricaturale de l'ultralibéralisme et donc que les patrons britanniques se frottent les mains de pouvoir embaucher cette main d’œuvre docile travaillant dans des conditions peu enviables pour des salaires de misère.

 

Voilà pourquoi la Grande-Bretagne agit comme une véritable pompe à migrants.

 

Seulement voilà : la Grande-Bretagne est une île. Et pour l'atteindre il faut passer...par la France.

 

Vous me direz : mais enfin, laissons-les passer ces migrants. Ils veulent y aller en Angleterre ? Qu'ils y aillent. On peut même leur faciliter en loucedé le passage...

 

Ben non. On ne peut pas. Pourquoi ? Parce que la frontière de Grande-Bretagne n'est pas au passage des côtes anglaises mais...en France ! Qu'est-ce que c'est que cette konnerie ? Ben, un exploit (un de plus) de Sarkozy avec les accords du Touquet mettant les frontières britanniques en France ! Ça paraît incroyable ? On revient au temps des bourgeois de Calais ? Ben, c'est comme ça. Les Rosbifs, comme souvent, nous ont roulé dans la farine. Résultat : c'est nous qui devons contrôler, à Calais comme à Eurostar ou ailleurs, non pas seulement les sorties du territoire français mais les entrées en territoire britannique ! Á nos frais ! Nos douaniers, nos flics doivent courser les migrants qui veulent entrer en Angleterre chez nous. Alors que ce devrait être aux douaniers et aux flics britanniques de les contrôler voire de les courser chez eux, à Douvres, et pas à Calais !

 

L'objectif général de l'accord du Touquet est de « faciliter l'exercice des contrôles frontaliers dans les ports maritimes de la Manche et de la mer du nord situés sur le territoire de l'autre partie ». Quelle est la brillante tête d’œuf qui a pondu ça ?

« Le texte autorise la mise en place de bureaux à contrôles nationaux juxtaposés dans l'ensemble des ports de la Manche et de la mer du nord mais seuls les ports de Douvres et Calais, premiers ports d'Europe pour le trafic voyageurs devraient être concernés dans un premier temps.

 

Les agents sont autorisés à agir conformément aux pouvoirs qu'ils détiennent en matière de contrôles frontaliers dans le périmètre d'une zone dite « de contrôle » délimité sur le territoire de l`Etat de départ. Au sein de cette zone, la réglementation de l'Etat d'arrivée est donc applicable de la même façon que sur son propre territoire et avec les mêmes conséquences en cas d'infractions. Le texte est très peu précis s'agissant de l'étendue des pouvoirs des agents de chacun des états, se bornant à renvoyer aux législations nationales et à préciser les questions d'arrestation et de rétention. Il ne s'agit donc pas d'appliquer des règles communes mais de constituer, sur le territoire de chacun des états une forme « d'enclave » où s'applique la législation de l'autre. » (://www.senat.fr/rap/l03-008/l03-0080.html)

 

Il serait peut-être temps de dénoncer ces incroyables accords du Touquet. Dès lors, ce serait aux Britanniques de courser les migrants planqués dans les camions, pas à nous. Ils en coinceraient quelques-uns, mais beaucoup d'autres passeraient, saturant le marché des quasi-esclaves et ainsi obligeant le gouvernement britannique à prendre des mesures propres à casser le mirage de « l'eldorado anglais ». Ceux qu'ils attraperaient, bien sûr ils nous les renverraient. Mais à leurs frais. Et nous, on ne ferait pas d'efforts démesurés pour les empêcher de repartir outre-Manche...

 

Seulement pour ça, il faudrait avoir un gouvernement « qui en a »...

 

Photo X - Droits réservés

 

31/07/2015

Faut-il enterrer l'Europe ?

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Oui. Faut-il porter le deuil de l’Europe ? De cette Europe obèse résultant d’une boulimie mortelle, gangrenée par les Anglais jusqu’à en faire une entité sans frontières, veule vassale des USA, sans vision d’avenir, uniquement assujettie au dieu pognon, une Europe où la comptabilité prime sur la solidarité ? Pire, une Europe allemande aux manières dictatoriales comme le montre le traitement infligé à l'un de ses membres, la Grèce.

 

Cette Europe-là, assurément oui.

 

Obèse, elle estime ne pas encore l’être suffisamment : sa goinfrerie la pousse à envisager d’intégrer toujours plus… La Turquie, la Bosnie, la Serbie… Pourquoi pas le Maroc, l’Algérie, la Tunisie… Pourquoi pas l’Ukraine, l’Azerbaïdjan, la Géorgie…Pourquoi pas le monde entier. Ah ! Mais ça existe déjà, ça s'appelle l'ONU... Une Europe fourre-tout, uniquement articulée autour de « l’économie de marché » «  et « la concurrence libre et non faussée » telle que la dessine ce traité de Lisbonne, repoussé par les Français, mais à eux imposée par les duplicités de Sarko. Que cette Europe-là crève sous son propre poids, comme autrefois les dinosaures, ne fera couler de larmes qu’aux banquiers, magouilleurs fiscaux et autres spéculateurs.

 

La lâcheté des gouvernements vis-à-vis de la Grèce a sonné comme un glas. Ces gouvernements de pleutres ont baissé casaques, ont abandonnés la lutte en rase campagne, sans combattre devant les insupportables diktats des « marchés ». Mais merde, c’est quoi, c’est qui les « marchés » ? Une poignée de grosses banques, de fonds spéculatifs, de traders. Une centaine de parasites tout au plus ! Et ces gens-là se permettent – avec l’argent que les états, donc les citoyens leur ont donné – de foutre en bas des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ? Et ça se passerait comme ça ? Sans problèmes ? Eh ! Oh ! Ça va pas non ? Les manifestations des Grecs ne sont que les prémisses de mouvements, d’affrontements sociaux de grande ampleur qui risquent d’être sanglants et de s’étendre à toute l’Europe. Pour le malheur des peuples.

 

L’euro, qui nous a été vendu comme un pas décisif vers une véritable intégration européenne, vient de démontrer son caractère artificiel. Une monnaie commune implique des politiques économiques sinon communes du moins très convergentes dans les domaines de la fiscalité et des lois sociales. Comme ce n’est pas le cas et que les convergences sont battues en brèche par une concurrence débridée là où il faudrait de la solidarité, l’euro se casse la gueule…

 

L’Europe ne repartira qu’en se resserrant. L’Europe est la plus belle idée du siècle passé. Elle a bercé nos rêves, suscité beaucoup d’espoirs. Elle est aussi – hélas – une grande déception car cette belle idée a été dévoyée. Au lieu de bâtir une Europe des solidarités, les technocrates — non élus et mis en place par les lobbies financiers multinationaux — ont établi une Europe de la concurrence sauvage non seulement entre les nations mais surtout entre les peuples qui la constituent.

 

Il n’est pas inutile de revenir à ce qui a été la véritable volonté des Pères Fondateurs : la paix et la réconciliation entre l’Allemagne et la France. Ce but — ô combien difficile à seulement envisager à cette époque — est atteint au-delà de toute espérance. Pour que l’Europe retrouve l’amour de ses peuples, il faut qu’elle reparte de zéro. Á partir évidemment du noyau historique France-Allemagne-Bénélux-Italie. D’autres, en nombre restreint, s’y raccrocheront après. Mais en écoutant les peuples et en bannissant les « élites » élues par personne, responsables devant personne représentée par l’insupportable Commission européenne et son exécrable président Junker, expert es-magouilles. Et avec une vision claire, clé de la puissance politique.

 

Sacré chantier...

 

Illustration : merci à Cambon

 

 

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24/07/2015

Grandes voix. Victor Hugo et le travail des enfants

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Où vont tous ces enfants...

 

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu: - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

 


Victor Hugo

 

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22/07/2015

Au bistro de la Toile : le lait et la viande de la colère.

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- Oh ! Loulle, t’aurais pas du lait des fois à nous faire boire. C’est pas qu’on aime ça, mais c’est pour soutenir les producteurs…

 

- Du lait dans mon rade…N’importe quoi Victor… Qu’est-ce qu’il leur arrive encore aux agricolos ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? Des sous je suppose ?

 

- Ben, comme tout le monde. Ils voudraient bien pouvoir vivre de leur travail. Sur les hautes terres où j’évite les grosses chaleurs de l’été, j’avais un pote, Denis. Il avait une trentaine de  montbéliardes, il se lèvait à six heures du mat et à neuf heures du soir, il lèvait encore la merde de ses vaches. Et ça sept jours sur sept, 365 jours par an ! Et tu sais ce qu’il gagnait ? Il me l’avait avoué, avec un peu de honte : « Je touche 1500 euros par mois de la vente de mon lait. Là-dessus, je dois rembourser 1000 euros pour l’engrais. Il me reste 500 euros pour faire vivre ma famille. » Et encore Denis travaillait sur une propriété familiale, donc sans foncier à rembourser, seul avec sa femme. Les vacances ? Jamais… Les sorties ? Jamais… Le restau ? Jamais… Les fringues ? Une salopette et des bottes, plus un costume du dimanche – celui de son mariage sûrement ! – qu’il met pour les enterrements ou pour aller « au docteur ». Celui qu’on lui a mis pour son enterrement. Parce qu’il est mort mon pote Denis. Usé jusqu’à la corde, physiquement et moralement. A 61 ans…

 

- Ouais... Effectivement, c’est pas le pied. Mais enfin, tu viens de me dire qu’il devait rembourser 1000 euros par mois d’engrais ! Mais c’est un truc de fou ! Les agricolos, poussés par leurs organismes professionnels – chambres d’agricultures, FNSEA, Crédit agricole – ont perdu leur âme. Ils ont saccagé leurs champs avec le cercle vicelard engrais-pesticide. Ils ont fragilisé leurs bêtes avec le cercle vicelard insémination, vaccins, antibio et autres saloperies. Tout le pognon qu’ils gagnent – plus celui qu’ils touchent en subventions multiples ! – va dans la poche des multinationales agrochimiques et des labos. Après, ils pleurent…

 

- Ils sont aussi victimes de réalités qui les dépassent. Au niveau mondial, c’est l’interdiction stupide de vendre à la Russie, tant le lait que certainement parties de la viande que les Français ne mangent pas mais dont les Russes raffolent. C’est aussi la baisse des importations chinoises. Au niveau européen aussi, ce sont les traités – en particulier les articles 38 et 39 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) – qui impose à nos paysans, enfin, disons plutôt agriculteurs – une concurrence déloyale avec des agriculteurs travaillant dans des Etats européens dont les normes salariales, sociales et fiscales sont très inférieures à celles de chez nous. Ainsi en Allemagne où il n’existe pas de Smic pour les agriculteurs, qui emploient des travailleurs « détachés » venant de Roumanie, de Bulgarie, de Pologne, payés à coups de lance-pierre. Et où le modèle d’exploitation est industriels avec des exploitations de 1500 à 3000 animaux,  où les vaches ne voient jamais le soleil, ne mangent jamais un brin d’herbe.

 

- Évidemment, on est loin du petit troupeau de ton pote Denis…

 

- L’Europe et son modèle ultralibéral ne sont pas compatibles avec le modèle agricole français, basé sur la notion de terroir, sur des exploitations familiales et axé vers une production de qualité. L’Europe pousse les exploitations à grandir sans cesse en fixant des objectifs de rentabilité et de profits maxis, sans se soucier de l’environnement et de la qualité de vie. Les bureaucrates grassement payés de Bruxelles travaillent au service exclusif des grands groupes de l’agroalimentaire et de la grande distribution. Faut du pognon pour les actionnaires, Loulle ! Alors on autorise sournoisement les OGM et les farines animales dans les saloperies que l’on fait bouffer aux bêtes. Tout ça avec la complicité du principal syndicat agricole, la FNSEA, qui utilise la piétaille des petits paysans pour le plus grand profit des gros céréaliers et betteraviers.

 

- Pas étonnant que les fermes…ferment !

 

- Eh oui Loulle. A mon village des Hautes Terres, il y avait cinq éleveurs de vaches. Il n’y en a plus que deux. Ils s’encroument pour construire de grands bâtiments, pour acheter de très gros tracteurs… Et se mettre dans les griffes du Crédit agricole… Il y avait 3 millions d’exploitations agricoles en 1960, il n’y en a plus que 450.000 aujourd’hui. C’est la fin programmée de l’agriculture française.

 

- C’est dégueulasse. On est tous des paysans. Il suffit de remonter deux générations.

 

- C’est vrai. Et puis Loulle, les produits des agriculteurs n’ont de valeur que s’ils sont transformés et proposés à la vente. Par les abattoirs et les metteurs en marché. Et ceux-là, les problèmes des agriculteurs, ils s’en foutent ! Ils peuvent s’approvisionner ailleurs en Europe, en Allemagne, Hollande ou Danemark où sévissent les usines à lait et à barbaque. Quant aux grandes surfaces, les produits laitiers et même la viande ne sont pas grand-chose dans leur chiffre d’affaire.

 

- Alors quoi faire ?

 

- Pour s’en sortir, il faudrait que les agriculteurs organisent eux-mêmes leur filière. Qu’ils mettent en place leurs propres centrales de vente de lait, de conditionnement de viande, leurs propres unités de transformation au lieu de laisser ça aux industriels qui les plument sans vergogne. Pour cela, il faudrait d’abord qu’ils foutent en l’air, ou qu’ils transforment radicalement de l’intérieur leur syndicat majoritaire, cette FNSEA qui a toujours  été à la solde de l’industrie agroalimentaire et qui défend avant tout les gros céréaliers et betteraviers.

 

- …et en plus qui les poussent à voter pour la droite la plus archaïque, la plus cupide, la plus avide.

 

- Allez Loulle ! Sert-nous une tournée. Mais du rouge ! Pas du lait.

 

Illustration: merci à Chimulus

 

20/07/2015

Réflexion depuis mon hamac : la machine à laver les boyaux de la tête !

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Depuis le printemps, les médias nous ont gonflés avec Roland-Garros, les machins d’Europe de basket et en ce moment le Tour de France, sans oublier le raout pour essayer encore une fois de se coltiner dans quelques années les jeux olympiques. Voilà une illustration parfaite de cet élément primordial du contrôle social : la stratégie de la diversion. Elle consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes.

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l'économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

Garder l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux !

 

Et la censure ? Elle revient sous une forme directe contre ces extraordinaires espaces de liberté que sont (qu’étaient ?) les blogs. Ceci à travers des officines douteuses utilisant des logiciels robots. Elle prend la forme d’autocensure chez les professionnels de l’information…qui ménagent leurs employeurs et donc les consortiums financiers, marchands d’armes ou de béton qui les contrôlent.

Toute la subtilité de la censure moderne réside dans l'absence de censeurs. Ceux-ci ont été efficacement remplacés par la « loi du marché » et la « loi de l'audience ». Par le simple jeu de conditions économiques habilement créées, les chaînes de télévision – puisque la télé demeure le plus puissant, le plus influent des média - n'ont plus les moyens de financer le travail d'enquête du vrai journalisme, alors que dans le même temps, le reality-show et les micro-trottoir font plus d'audience avec un coût de production réduit.

 

Même les évènements importants sont traités sous un angle « magazine », par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, un sommet international donnera lieu à une interview du chef cuistot chargé du repas, à des images de limousines officielles et de salutations devant un bâtiment, mais aucune information ni analyse à propos des sujets débattus par les chefs d'états. De même, un attentat sera traité par des micros-trottoirs sur les lieux du drame, avec les impressions et témoignages des passants, ou une interview d'un secouriste ou d'un policier.

 

A ces insignifiances s'ajouteront le sport, les faits-divers, les reportages pittoresques sur les villages de la France profonde, sans oublier les pubs déguisées pour les produits culturels faisant l'objet d'une campagne de promotion (spectacles, films, livres, disques...).

 

            Information déstructurée pour mémorisation minimale. Tous les psychologues et spécialistes des neurosciences savent que la mémorisation des informations par le cerveau se fait d'autant mieux que ces informations sont présentées de façon structurée et hiérarchisée. La structuration et la hiérarchisation de l'information sont aussi des principes de base enseignés à tous les étudiants en journalisme.

 

Or depuis 20 ans, les journaux télévisés font exactement le contraire, en enchaînant dans le désordre des sujets hétéroclites et d'importance inégale (un fait divers, un peu de politique, du sport, un sujet social, un autre fait divers, puis à nouveau de la politique, etc.), comme si le but recherché était d'obtenir la plus mauvaise mémorisation possible des informations par le public. Une population amnésique est en effet beaucoup plus facile à manipuler...

 

C’est bon ça Coco ! C’est bon pour fournir du temps de cerveau disponible à caca-cola !

 

Bon, je retourne vers mon hamac.

 

Photo X - Droits réservés

 

17/07/2015

Au bistro de la toile : Froome, tour des filles, attaques terroristes...

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- Alors Loulle, quoi de neuf ?

 

- Je viens de lire dans je ne sais plus quel canard que le coureur Christopher Froome développe une puissance de plus de 1000 watts... Putaing ! Le mec je pourrais l'embaucher pour faire tourner la machine à café !

 

- J'ai entendu l'info aussi. Parait que ça suffirait pour faire marcher 86 vibromasseurs ! Tu te rends compte Loulle ! Ce mec, en quelques coups de pédale, peut procurer du plaisir à bien du monde ! Tu le mets en double avec Armstrong, ils te remplacent une centrale nucléaire ! La voilà la solution pour la transition énergétique. Et pour ça, ils ne mangent que des pâtes, parait-il...

 

- Des pâtes, des pâtes, oui mais des Pantani !

 

- Puisqu'on parle de vélo Loulle, tu sais que des femmes font le Tour de France, un jour avant les mâles ?

 

- Ben non... Personne n'en parle.

 

- C'est vrai. Mais c'est une démonstration, pas encore une course. C'est organisé par un des premiers clubs de vélo féminin de France, le Club de Courcouronne. Ça s'appelle « Donnons des Elle au Tour ». Les filles font 21 étapes, un jour avant les professionnels mâles. Ce sont 3.344 km de route de plaines et de cols. Elles font le job les filles !

 

- C'est sympa ça. Moi j'adore le sport des filles. Ça me fait rêver... Et puis ça nous change de ces étranges attaques contre des sites militaires ou Sévéso...

 

- C'est vrai que ça laisse perplexe... Á Miramas, des mecs entrent comme ils veulent dans l'enceinte d'un énorme dépôt militaire de munitions. Avec une simple cisaille à grillage et un pied de biche. Ils piquent une palanquée de pains de plastic, de détonateurs et de grenades offensives et défensives. Tu sais ce que c'est Loulle les grenades défensives ? C'est ces boules quadrillées qui, lorsqu'elles pètent, balancent plein de bouts de fer dans la viande des gens qui sont autour. Tu imagines deux ou trois de ces engins jetés à la Fête du 14 juillet, devant la tour Eiffel ? Où encore balancées dans la Cour d'honneur du Palais des papes à Avignon ? Ou encore piégées dans un des virages bourrées de monde du Tour de France ?

 

- T'as raison, Victor... Effroyable. Et les explosifs et les détonateurs ont peut-être déjà été utilisés puisque ce sont trois cuves énormes, de plus de 22.000 mètres cubes, qui ont été attaquées, à une vingtaine de km de Miramas...

 

- Exactement. Là encore, la protection du site est dérisoire : un mauvais grillage plein de trous et un portail rouillé que tu escalades comme une échelle ! Deux de ces dispositifs ont foutu le feu simultanément à deux cuves. Le troisième a foiré. Et, les « zautorités » parlent pudiquement « d'actes de malveillance » alors qu'il s'agit de véritables et graves attaques terroristes, sur notre sol !

 

- Ce sont des pudeurs pour ne pas trop effrayer les gogos en vacances...

 

- Par contre, François et Cazeneuve font un grand raout autour de l'arrestation de trois terroristes potentiels, projetant de faire perdre la tête à un troufion gradé sur un sémaphore militaire, près de Perpignan. Si c'est vrai, bravo aux flics et aux services de renseignements. Mais les mauvais esprits pourront penser perfidement que ça tombe à point au moment du vote sur la Loi Renseignement, fort décriée car fort dangereuse pour les libertés... Mais ça, Loulle, ce sont les « mauvais esprits » qui osent le penser...

 

- Heureusement que bientôt, on pourra aller passer ses vacances sur Pluton....

 

- D'autant plus qu'on ne craint pas la canicule sur cette planète : il y fait moins 240 degrés !

 

- ...teng ! Pas besoin de glaçon dans le pastaga !

 

- Á la nôtre.

 

Illustration: merci à Chimulus

 

14/07/2015

14 juillet. Les bastilles à abattre, elles sont au niveau de l'Europe.

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Les bastilles à abattre, aujourd'hui, elles sont au niveau de l'Europe.

La bastille de la Commission européenne, modèle d'anti-démocratie.

Le bastille du parlement européen, siège de l'incompétence et de l’inefficacité.

La bastille du Conseil européen, lieu de toutes les injustices où règne sans partage la loi du plus fort.

Les bastilles, surtout, de la finance et de l'ultralibéralisme sauvage, où le culte du fric balaie toutes valeurs d'humanisme, de solidarité, de justice.

 

Écoutons plutôt Victor Hugo:

 

Célébration du 14 juillet dans la forêt.

Qu'il est joyeux aujourd'hui
Le chêne aux rameaux sans nombre,
Mystérieux point d'appui
De toute la forêt sombre !

Comme quand nous triomphons,
Il frémit, l'arbre civique ;
Il répand à plis profonds
Sa grande ombre magnifique.

D'où lui vient cette gaieté ?
D'où vient qu'il vibre et se dresse,
Et semble faire à l'été
Une plus fière caresse ?

C'est le quatorze juillet.
À pareil jour, sur la terre
La liberté s'éveillait
Et riait dans le tonnerre.

Peuple, à pareil jour râlait
Le passé, ce noir pirate ;
Paris prenait au collet
La Bastille scélérate.

À pareil jour, un décret
Chassait la nuit de la France,
Et l'infini s'éclairait
Du côté de l'espérance.

Tous les ans, à pareil jour,
Le chêne au Dieu qui nous crée
Envoie un frisson d'amour,
Et rit à l'aube sacrée.

Il se souvient, tout joyeux,
Comme on lui prenait ses branches !
L'âme humaine dans les cieux,
Fière, ouvrait ses ailes blanches.

Car le vieux chêne est gaulois :
Il hait la nuit et le cloître ;
Il ne sait pas d'autres lois
Que d'être grand et de croître.

Il est grec, il est romain ;
Sa cime monte, âpre et noire,
Au-dessus du genre humain
Dans une lueur de gloire.

Sa feuille, chère aux soldats,
Va, sans peur et sans reproche,
Du front d'Epaminondas
À l'uniforme de Hoche.

Il est le vieillard des bois ;
Il a, richesse de l'âge,
Dans sa racine Autrefois,
Et Demain dans son feuillage.

Les rayons, les vents, les eaux,
Tremblent dans toutes ses fibres ;
Comme il a besoin d'oiseaux,
Il aime les peuples libres.

C'est son jour. Il est content.
C'est l'immense anniversaire.
Paris était haletant.
La lumière était sincère.

Au loin roulait le tambour...?
Jour béni ! jour populaire,
Où l'on vit un chant d'amour
Sortir d'un cri de colère !

Il tressaille, aux vents bercé,
Colosse où dans l'ombre austère
L'avenir et le passé
Mêlent leur double mystère.

Les éclipses, s'il en est,
Ce vieux naïf les ignore.
Il sait que tout ce qui naît,
L'oeuf muet, le vent sonore,

Le nid rempli de bonheur,
La fleur sortant des décombres,
Est la parole d'honneur
Que Dieu donne aux vivants sombres.

Il sait, calme et souriant,
Sérénité formidable !
Qu'un peuple est un orient,
Et que l'astre est imperdable.

Il me salue en passant,
L'arbre auguste et centenaire ;
Et dans le bois innocent
Qui chante et que je vénère,

Étalant mille couleurs,
Autour du chêne superbe
Toutes les petites fleurs
Font leur toilette dans l'herbe.

L'aurore aux pavots dormants
Verse sa coupe enchantée ;
Le lys met ses diamants ;
La rose est décolletée.

Aux chenilles de velours
Le jasmin tend ses aiguières ;
L'arum conte ses amours,
Et la garance ses guerres.

Le moineau-franc, gai, taquin,
Dans le houx qui se pavoise,
D'un refrain républicain
Orne sa chanson grivoise.

L'ajonc rit près du chemin ;
Tous les buissons des ravines
Ont leur bouquet à la main ;
L'air est plein de voix divines.

Et ce doux monde charmant,
Heureux sous le ciel prospère,
Épanoui, dit gaiement :
C'est la fête du grand-père.


Victor Hugo

13/07/2015

"Deutschland über Alles" ! BASTA

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BASTA du terrorisme que le nouveau Reich allemand fait subir au reste de l'Europe, avec la complicité des boutiquiers de la Hollande et l'aide de supplétifs comme la Finlande, la Slovaquie, les pays baltes et autres passagers clandestins de l'Europe imposées par Tonton Sammy et son caniche Rosbif suite à l'implosion de l'URSS.

 

Les Grecs de Tsipras peuvent faire tout ce qu'ils peuvent, accepter toutes les concessions qu'ils veulent pour complaire à l'Eurogroupe au garde-à-vous devant Bismarkel et l'avorteuton Chat-au-bleu, rien n'y fera. Ce que veulent les Germains (de moins en moins cousins) qui mènent la danse au bal des Eurocrates, c'est SE DEBARRASSER DU GOUVERNEMENT TSIPRAS pour prouver qu'il n'y a pas la place pour un gouvernement authentiquement de gauche en Europe. Ils veulent faire un exemple pour remettre au pas l'Espagne, le Portugal. Et surtout faire planer une menace sur la France, seul pays capable de faire face aux prétentions exorbitantes des Teutons.

 

L'histoire, hélas, se répète. C'est la troisième fois que l'Allemagne met toute sa puissance, son organisation, sa population au service d'un même dessein : dominer l'Europe...en la transformant en champs de ruines ! Ce qu'elle n'a pas réussi, au prix de millions de morts, par les armes, elle est en passe de le réussir par l'économie. Et, le pire, en toute bonne foi... Ce que redoutait, avec lucidité et dépit leur ancien ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer qui expliquait en 2012 qu’« il serait à la fois tragique et ironique que l’Allemagne réunifiée provoque pour la troisième fois, par des moyens pacifiques cette fois et avec les meilleures intentions du monde, la ruine de l’ordre européen ».

 

Varoufakis, le charismatique autant que très compétent ex ministre de l'économie grecque, ne s'y trompe pas : « Ma conviction, écrit-il dans une chronique parue dans le Gardian britannique, est que le ministre des Finances allemand veut que la Grèce soit poussée hors de la monnaie unique pour insuffler la crainte de Dieu chez les Français et leur faire accepter son modèle d'Eurozone disciplinaire. »

 

Et qu'est-ce-qu'ils disent les Français ? Rien ou pas grand-chose. Hollande et Sapin veulent donner le change en proclamant du bout des lèvres « qu'il faut tout faire pour maintenir la Grèce dans l'Euro. » Mais, Nom de Zeus, qu'attendent-ils pour ouvrir enfin leur gueule ? Et dire leur fait à nos « amis allemands ».

 

Le blocage paranoïaque autour de la crise grecque, les braillements qui l'accompagnent assortis de nauséeux relents nationalistes sont en train de mettre en pièce soixante ans d'efforts consentis par toute l'Europe, et en premier chef l'Allemagne elle-même, pour remettre ce pays dans le concert européen et lui accorder la confiance qu'elle mérite. La germanophobie monte dans toute l'Europe. Et – pour de stupides questions de boutiquiers – voilà que, dans l'esprit des peuples d'Europe, le Bôche renaît tandis que l'Allemand s'efface.

 

L’arrogance des députés, des fonctionnaires et des ministres d'outre-Rhin qui font passer les Grecs pour des imbéciles, des corrompus et des fainéants, dépasse l’insolence. La stratégie de la chancelière, qui ne fait qu’inciter les spéculateurs à faire grimper les taux d’intérêts vis-à-vis de la Grèce jusqu’à ce que sa faillite devienne inévitable, relève de l’irresponsabilité la plus totale face à ses partenaires européens.

 

Et si ceux-ci exigeaient non pas le « Grexit » mais la sortie de l'Allemagne de la zone euro ? Parce que les problèmes de la monnaie européenne viennent moins de la Grèce que du soi-disant bon élève allemand. L'euro a été créé par les Allemands, pour les Allemands. C'est en fait le mark qui a changé de nom. D'ailleurs, c'est le mark qui a servi d'étalon (1 euro = 2 marks) et c'est en Allemagne que se trouve la banque européenne. Conçu pour l'économie allemande, basée sur l'exportation de machines-outils et de grosses voitures, produits toujours demandés par les pays se développant et donc s'industrialisant. Et pas pour les pays du sud comme la Grèce, sans industrie et important presque tout. Cette monnaie forte a, en quelques années, ruinée les pays du sud, avec la complicité des banques (allemandes et françaises pour le cas de la Grèce) poussant ces pays et leurs populations à vivre à crédit quasiment sans compter. On sait ce qu'il est advenu : endettements insupportables des particuliers, des entreprises, des états. Crise et hold up faramineux : les banques privées, mises à mal par leur gestion irresponsable (prêts inconsidérés) ont refilé leurs dettes au public. Les pays les plus faibles, ou les plus réceptifs aux sirènes des banquiers-banksters, se retrouvent endettés jusqu'au cou, donc à la merci de leurs créanciers. Et ceux-ci leur imposent des plans d'austérités aberrants, le saccage des services publics, la privatisation-braderie des meilleurs fleurons industriels et économiques, la baisse des salaires, la misère pour les populations pauvres et le pillages des richesses par les riches locaux ou étrangers, avec évasion des capitaux, etc. Voilà le résultat du système ultralibéral triomphant.

 

Pour en sortir, pourquoi ne pas « conseiller » fermement à l'Allemagne, seule bénéficiaire de l'euro, de reprendre son cher mark ? On les voit d'ici, nos « cousins germains », avec leur sentiment de supériorité, mépriser ceux à qui ils auront laissé un euro qui perdra immédiatement de sa valeur. Mais l'euphorie ne durerait pas longtemps... Car qu'est-ce qui arriverait alors ? Le mark serait immédiatement réévalué de 30% au moins. Quel bonheur et quelle chance pour le reste de l'Europe ! Car ceci donnerait un énorme avantage concurrentiel à l'Italie, à la France et à tous les autres pays de l'euro, générant un véritable boum des exportations, en particulier...vers l'Allemagne ! Et qu'est-ce qu'ils feront les Allemands avec leur beau mark puissant ? Le fameux « made in Germany » deviendra trop cher et les exportations allemandes s'effondreront. Ce que la France, l'Italie, l'Espagne et autres vendront en plus, c'est autant que les entreprises allemandes ne vendront plus ! Le chômage augmentera, de même que la dette publique, creusée par l’accroissement des allocations à verser. La croissance allemande, qui repose exclusivement sur les exportations, s’essoufflera. Le coût de la main-d’œuvre augmentant, le gel des salaires deviendra inévitable. Puis, au bout de quelques années, viendra le temps des privations. Sans oublier les pertes des banques et assurances allemandes par une diminution automatique de leurs avoirs européens (600 milliards d'euros). Pertes qui se monteraient à 200 milliards.

 

C'est ça qu'ils veulent nos « amis allemands » ? C'est ça la saine gestion de ces gens qui prétendent donner des leçons à tout le monde ? Parce que le « grexit », s'il a lieu, marquera le point de départ de la désintégration de l'euro. L'Espagne sortira, le Portugal aussi, pourquoi pas l'Italie et la France ? Ce qui reviendra au même que la sortie de l'Allemagne !

 

Les conditions qui se dessinent à Bruxelles sont monstrueuses. Humiliation d'un pays que l'on prétend mettre sous tutelle. Vol des meilleurs actifs grecs qui seraient mis virtuellement à l'abri chez le receleur luxembourgeois. Colonisation politique de la Grèce avec une supervision en amont de toutes les décisions de ce pays. Etc.

 

Et puis, il faut sortir de cette mentalité de boutiquiers qui ne voient pas plus loin que le bout de leur carte de crédit. La Grèce peut trouver auprès de la Russie les quelques sous qu'on lui refuse.

 

La flotte russe au Pirée, c'est ça la vision géopolitique de Frau Merkel ?

 

Les flots de réfugiés auxquels la Grèce donnera généreusement un visa pour traverser son territoire pour aller en Allemagne, en Suède, en France, c'est ça qu'il veut le ridicule Chat-au-bleu ?

 

Le « couple franco-allemand » n'est plus qu'une illusion. Alors, François, tu as les cartes en mains. Et tes cartes sont meilleures que celles de Frau Merkel. Tu peux (enfin, la France) sauver l'Europe, lui redonner une colonne vertébrale, un sens et un avenir autre que celui d'une grosse larve économique, voire une dictature molle.

 

La Teutonne n'est qu'une boutiquière égoïste, dogmatique, arrogante et brutale. Son action imbécile est en train de détruire l'Europe une nouvelle fois. Montre-toi à la hauteur. Fais-nous voir que tu en as !

 

Sinon, cette construction européenne qui se fait contre les peuples devient nuisible et n'a plus de raison d'être. C'est devenu une dictature froide, il faut la laisser crever.

 

Et repartir sur de nouvelles bases, avec un nouveau traité, et des partenaires restreints.

 


Photo X - Droits réservés

 

08/07/2015

Au bistro de la toile : munitions qui s’évadent, Grèce, EPR…

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- Oh ! Victor, qu’est-ce qu’il y a dans ton sac ? Tu ne serais pas allé à Miramas faire ton marché, non ?

 

- Tu sais Loulle, je ne me nourris pas de munitions, fussent-elles mûries au soleil de la Crau, les seules grenades que j’aime sont bien juteuses et viennent du jardin de mon voisin, quant aux armes que je préfère, ce sont les canons que tu me sers ! Mais on touche là un point tout ce qu’il y a d’inquiétant : n’importe qui, avec une pince coupante achetée 16 euros chez Weldom ou M.Bricolage, puis un pied de biche (22 euros chez les mêmes fournisseurs) peut entrer dans les centres de stockage de l’armée françouaise et en ressortir sans problème avec des explosifs, des détonateurs, des grenades en veux-tu-en-voilà. Des tonnes et des tonnes de munitions très dangereuses stockées en un lieu mal protégé, voire pas protégé du tout. Un simple grillage surmonté d’un tour de barbelés. Soi-disant des patrouilles, des chiens… Les patrouilles, elles devaient être au bistro du coin, et les chiens devaient être enrhumés… Ça veut dire aux truands et aux terroristes : servez-vous ! En plus c’est gratos. C’est l’armée qui régale ! Et…elles vont péter où ces grenades, ils vont détruire quoi ces explosifs ? On ne devrait pas tarder à le savoir. Avec de la viande innocente meurtrie, des membres arrachés, des vies volées…

 

- Mouais ! Pas rassurant tout ça… Changeons de sujet. Alors, la Grèce ? Il fait fort ce Tsipras. Et il s’étonne que les contribuables allemands ou slovaques ne veuillent plus payer pour les fonctionnaires grecs !

 

- Oh ! Loulle, tu prends tes nouvelles où ? Sur TF1 ? Dans Le Figaro ? Dans Le Monde où autres canards laquais à la solde des marchands d’armes ou de soupe ? Où t’as vu que les contribuables paient pour les fonctionnaires grecs ? S’ils paient, ils le doivent à l’impéritie des gouvernements qui ont laissés les divers gouvernants grecs - tous de droite même si, comme le PASOK, ils se camouflaient derrière un vernis « socialiste », comme le PS français – tricher sans vergogne, tromper des « responsables » européens particulièrement irresponsables et complices. Ils ont d’abord payé pour renflouer les banques privées, complices et gestionnaires de fait de la gabegie grecque, dont les dettes ont été épongées par les pouvoirs publics. C’est classique : les bénefs au privé, les pertes au public ! Et maintenant, le pognon que les nuls de l’E.U., les maquereaux du FMI et les Picsous de la banque européenne refilent à la Grèce, les Grecs n’en voient pas la couleur : c’est un mouvement circulaire. Les « créanciers » prêtent, moyennant juteux intérêts, du fric au gouvernement grec pour que celui-ci rembourse…les mêmes créanciers ! C’est un mouvement perpétuel, mais avec à chaque tour d’énormes intérêts à casquer et une dette qui enfle et se boursoufle. Les Grecs n’en voient pas la couleur de ce pognon. Sache que sur les 320 milliards de la soi-disant dette grecque, 270 milliards sont retournés…aux prêteurs !

Si les contribuables européens veulent qu’on leur fasse justice, qu’ils s’en prennent d’abord à leurs divers gouvernants qui, « en leur nom » bien sûr, ont pris la « sage » décision de sauver les banques. Pour la France, Sarko a transformé 700 milliards de dettes privées des banques en dette publique de la France ! Ça mérite la corde, ça…

 

- …teng ! Quel monde de merde. Et cette nouvelle histoire de l’EPR, d’Areva, de Bouygues. En voilà encore du pognon jeté en l’air !

 

- Tu l’as dit ! Areva est non seulement nul en temps que gestionnaire (5 milliards de perte, faut le faire !) mais il se révèle être un dangereux menteur : il a caché pendant deux ans le fait que l’acier des cuves de l’EPR n’avait pas la qualité requise et donc que le réacteur présentait un énorme risque, puisque cette cuve n’est plus réparable une fois la machine en fonction ! La fatuité et l’irresponsabilité de ces nucléocrates sont insupportables. Quant à Bouygues, qui a fait travaillé des milliers de travailleurs polonais et roumains (à travers des officines douteuses chargées de faire barrage à ses responsabilités), il a été condamné à 25.000 euros d’amende ! Pour un préjudice en charges sociales détournées de 25 millions ! Un rapport bénéficiaire de 1 pour 1.000 ! Qui dit mieux ?

 

- Mondo cane, Victor. Monde de chien… Tè, buvons un coup, ça nous rafraichira les idées.

 

Illustration : merci à Chimulus

07/07/2015

MILLIARDS à l'encan !

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Ils nous donnent le tournis avec les milliards, les milliards qu'il faut trouver pour boucler les budgets, les milliards que « doit » la Grèce, etc. « Ils » (les zélites) nous parlent de milliards d'euros ou de dollars comme un chien parle de ses puces... Mais où les prendre ces fameux milliards ?

 

Ben tiens, dans la poche des habituels cochons de payants ! En loucedé, en augmentant à dose homéopathique la CSG, à la sournoise en jouant à la marge sur la TVA ou en créant des taxes invisibles. La main sur le cœur, nos « zélites » au pouvoir nous jurent que ce n'est pas à l'ordre du jour ! Sinon, où va-t-on les prendre ces milliards ?

 

Pensons d’abord aux gros cadeaux que la Sarkozie a largement distribués à ses amis :

 

- la « niche Copé » : on exonère d'impôts les plus-values tirées de la cession de filiales possédées depuis au moins deux ans. Coût de ce cadeau aux grands patrons : de 8 à 10 milliards par an !

 

- la TVA réduite pour les restaurateurs, un cadeau formidable pour une profession qui vote comme un seul gargotier à droite quand ce n’est à l’extrême-droite : 3 milliards par an ! Et aucun (ou si peu) emploi de créé en échange.

 

Bon, on en est déjà entre 11 et 13 milliards. Ce n'est pas rien. Et après ? Eh bien, à cette somme, un gouvernement - soucieux non seulement d’assainir les finances de l’État mais aussi de mettre en œuvre la fameuse « transition écologique » - devrait ajouter le gouffre des subventions aux pollueurs.

 

Aujourd'hui en France, on subventionne trois fois plus le problème climatique que sa solution. Les secteurs polluants sont soutenus pour se développer et continuent à polluer ! Il est bon de rappeler au gouvernement que le montant total des niches fiscales « grises » s'élève chaque année à 20 milliards d'euros !

 

Pour les seules subventions à la consommation d'énergies fossiles, 6 milliards d'euros sont dépensés chaque année, principalement dans le secteur des transports ! Ces aides publiques (exonérations de taxe, TVA réduite, etc.) augmentent les émissions de gaz à effet de serre, la pollution de l'eau et de l'air, la consommation de ressources naturelles et nuisent à la biodiversité.

 

Les exemples sont nombreux :
- exonération de taxe intérieure sur l'énergie pour l'aviation (3,5 milliards d'euros dont 1,3 pour les vols intérieurs) ;
- taux réduit pour le fioul utilisé comme carburant (1 milliard d'euros) ;
- remboursement partiel de la taxe intérieure sur l'énergie aux transporteurs routiers (300 millions d'euros) ;
- défiscalisation partielle des agro-carburants (200 millions d'euros) ;
- TVA à taux réduit sur les engrais, avantages fiscaux au profit des usages fortement consommateurs de terres.

 

Voilà beaucoup de milliards à récupérer sans faire les poches des « Français d’en-bas », non ?

 

Mais il est plus facile de faire la leçon à la Grèce de ces « malotrus de gauchistes » que de balayer devant sa porte.

 

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03/07/2015

Référendum en Grèce : le rire des hyènes...

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Écoutez le sale rire inquiet des hyènes qui souhaitent la mort de la Grèce à travers la mort de Syriza ! Tous les politicards ultralibéraux, qu'ils soient nationaux ou européens, font pression sur le malheureux peuple grec pour qu'il « vote comme il faut » ! Ils sont soutenus dans leur tâche de fossoyeurs de la liberté par les merdias aux ordres, les canards laquais où sévissent une cohorte de « journalistes » formatés par et pour la doxa ultralibérale. L'ennemi à abattre : Syriza qui ose défier le monstre.

 

Car l'objet, pour les institutions européennes et leurs séides, n'est pas de sauver ou non la Grèce, mais d'écraser, par tous les moyens, le gouvernement Syriza, ces « malotrus », ces gueux, ces gens du « peuple » qui osent s'élever contre leurs maîtres ! Il faut non seulement écraser Tsipras et son gouvernement, mais il faut leur infliger un châtiment exemplaire, une punition suffisamment dure pour qu'elle serve d'exemple à toutes les autres nations qui auraient l'idée de ne pas se plier aux diktats des « institutions », mot plus neutre que la troïka honnie. Ces institutions, ce sont la banque centrale européenne (institution en dehors de tout contrôle démocratique), le Fond monétaire international (bras séculier de l'ultralibéralisme sous direction réelle étazunienne, en dehors de tout contrôle démocratique), la Commission européenne (où sévissent des technocrates élus par personne, agissant en dehors de tout contrôle démocratique). Leur vraie mission est de protéger, conforter, promouvoir un système bancaire prédateur vicié et pourri jusqu'à la moelle. Syriza, pour ces gens, c'est la bête à abattre car elle représente la première alternance politique en Europe depuis sa création.

 

Cette Europe des marchés, celle des Delors, Barroso, Junker (spécialiste reconnue de toutes les magouilles liées à l'évasion fiscale et aux multinationales), est moribonde. Elle remue encore, mais par l'action des vers qui grouillent dans sa carcasse. Mais ses relents empestent pourtant toujours. L'Europe des fondateurs, celle de la paix et de la solidarité entre les nations, est bien morte, remplacée par cette grosse larve invertébrée, sans structure ni projet autre que d'enfler inconsidérément et d'instaurer une concurrence « libre et non faussée » entre les peuples qui la composent et maintenant la subissent. Une Europe qui méprise les peuples. Et refuse de les entendre. Il n'est que de voir comment a été traité la volonté du peuple français lors du référendum de mai 2005... « Circulez! Vous êtes trop kons pour comprendre des enjeux qui vous dépassent ». Toute velléité de protestation est traitée de « populiste ». Il est vrai que dans populiste, il y a peuple. Pouah ! Quelle horreur ! Comment avons-nous pu nous laisser abuser par des traités (de Maastricht et de Lisbonne) qui puent le mépris du peuple ? Qui sont uniquement dévolus au profit de la finance et du mercantiliste des multinationales ? Qui persécutent et pillent les peuples au profit des puissants, des voyous, des nantis, des salauds ? Et la bête à abattre, aujourd'hui, c'est Syriza, considéré dès son avènement démocratique non pas comme un partenaire mais comme un ennemi à terrasser.

 

Pour les « institutions », il faut détruire l'espoir soulevé par Syriza. Par tous les moyens. Sait-on pour quel genre de chose Tsipras à renversé la table ? Parce qu'au-delà d'un cadrage général de son économie, totalement délirant, la troïka prétend s'immiscer dans tous les compartiments de la vie de la Grèce et des Grecs. Par exemple, elle a refusé une augmentation du taux de l’impôt sur les sociétés que Syriza proposait de passer de 26 à 29 % ; elle a refusé une taxe exceptionnelle de 12 % sur les profits supérieurs à 500.000 euros ; elle a refusé la taxation des jeux en ligne  ; elle a refusé la taxation des armateurs (Protection des riches). Par contre cette troïka a refusé le maintient d'une petite allocation supplémentaire de solidarité pour les retraites les plus pauvres ; elle a refusé le subventionnement du diesel pour les petits paysans. Elle n'a que faire des conditions de vie de la population grecque poussée par une austérité aberrante au suicide, à l'abaissement de l'espérance de vie, à la ruine de la qualité des soins médicaux et hospitaliers.

 

Les Grecs vont voter dimanche. Mais le contrôle des capitaux institué dès le lundi 29 juin, les restrictions pour les déposants d'avoir accès à leur argent, les campagnes de presse prédisant l'apocalypse, les menaces en tous genres, tout est mis en œuvre pour aiguiller les Grecs à « bien voter », donc à dire Oui à la continuation de l'austérité, Oui au dépouillement du pays, Oui à toutes les privatisation et donc au pillage de ses ressources (il y a du pétrole au sud de la Crête ! Beaucoup de pétrole !!!).

 

Les « men in black » de Bruxelles, avec leurs complices de Berlin et de Paris, espèrent écraser l'espoir venu de Grèce. Ceci pour montrer aux Espagnols et aux Portugais, qui vont bientôt voter, l'exemple du « désastre grec » et les inciter à « bien voter » et ne pas contester l'ordre germanique qui prévaut actuellement au sommet de l'Union Européenne.

 

Et nous dans cette histoire, qu'est-ce qu'on fait. François, comme d'hab, se met à plat ventre devant la Teutonne...

 

Quand aurons-nous le courage des Grecs de nous débarrasser de cette « classe » politique menteuse, inefficace et arc-boutée sur ses privilèges ?

 

A quand une 6ème République ?

 

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01/07/2015

Au bistro de la Toile : il paraît qu'il fait chaud !

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- Il fait chaud ! Il fait chaud ! Eh ! C'est l'été non ? Qu'est-ce qu'il y a d'anormal ? Et puis, c’est tout bon pour les mastroquets ça : si les gens ont trop chaud, ils auront soif, et alors ils viendront au bistro !

 

- T’entends Bert. Ce puteng de Loulle, finalement c’est un grand optimiste : il voit le bon côté des choses… Surtout pour son portefeuille.

 

- Attend, Victor, ils nous gonflent les aliboffis avec des conneries qu’on n’y comprend rien. On parle de la montée du niveau de la mer en 2100, du risque d'avoir une concentration de CO2 de 850 ppm dans l'atmosphère en 2050... Moi, pour tout te dire, j’y comprends nibe et je m’en fous complètement de se qui se passera en 2100. Y a longtemps que je fumerais les pissenlits par la racine !

 

- C’est vrai que toutes ces abstractions ne mobilisent pas trop. Tout le monde s’en fout. Seulement le bordel qui va résulter du changement climatique, ce sera du concret : une affaire de territoire, de nourriture, d’air, de terres. Le changement climatique n'a d'intérêt que pour les sociétés et les cultures. La terre s'en fout, elle, du changement climatique ! Elle en a vu d’autres. Et si l’humanité disparaît, elle n’en crèvera pas pour autant, la Terre !

Nos économies occidentales sont les véritables responsables de cette merde climatique. Á partir du moment où, en un siècle environ, on renvoie dans l’atmosphère des gaz que la nature a mis des millions d’années à transformer en pétrole et en charbon, faut pas s’étonner si le climat tend à redevenir ce qu’il était à l’époque du carbonifère : une étuve.

 

- Bon. On aura un peu plus chaud ? On mettra la clim. Les palmiers remplaceront les vignes ? On boira du vin de palme. Le pétrole manquera ? On roulera dans des bagnoles électriques…

 

- Voilà. Le changement climatique est là, dans la tête des gens. Mais beaucoup, comme toi Loulle, semblent croire qu'ils pourront continuer à vivre comme ils le font aujourd'hui, s'ils consentent à quelques ajustements techniques. Ta bagnole électrique, c’est bien, mais d’où elle viendra ton électricité ? Il serait peut-être plus malin de réfléchir à l’utilité des déplacements ! De l’utilité de faire venir sur nos tables des aulx de Chine ou des raisins du Chili. De l’utilité de prendre sa bagnole pour aller se goinfrer de conneries dans ces temples de la consommation que sont les hypermarchés et les zones commerciales. De la pertinence d’avoir son lieu de vie à des dizaines de kilomètres de son lieu de travail. Tout est à repenser. Mais il est plus facile de se laisser bercer par les propos rassurants de nos gouvernants car ce que nous disent les verts et autres écolos est trop énorme. Il s'agit de conclusions révolutionnaires pour nos sociétés et les conséquences sont trop désagréables pour être abordées de front.

 

- Bof… Et alors, qu’est-ce qui va se passer ?

 

- Nous appartenons aux pays les plus riches du monde. Mais le nombre de ces « happy few » va décliner dans les années qui viennent, avec la poussée démographique mondiale. Les habitants des pays industrialisés représentent aujourd'hui environ 20% de la population mondiale, mais 95% de la richesse mondiale ! Dans 10 ans, ils ne seront plus que 15 %. Qui veut abandonner ça ? Nous en profitons. C'est très confortable d'être là où nous sommes. Seulement les 80 % que nous pigeonnons, ben, ils veulent tout simplement faire comme nous, vivre comme nous, et si nécessaire prendre notre place. Par la force. Les problèmes des migrants ne font que commencer. Les réfugiés climatiques qui vont arriver, vous croyez qu’ils seront tout doux et tout gentils ? Et vous pensez que nos sociétés vieillissantes, repues, bouffies et lâches seront en mesure de les arrêter ? La lâcheté devant les faibles est une des formes les plus actives, les plus subtiles et les plus mortelles de la lâcheté ! L’avenir, il risque d’avoir un goût de sang. Mais le danger ne viendra pas seulement de l’extérieur.

Tous les problèmes que nous connaissons vont s'accentuer : la pénurie de nourriture et d'eau, les inégalités... Le climat sera à l'origine des guerres du XXIe siècle. Au sein de nos sociétés, les inégalités générationnelles vont devenir conflictuelles. Parce que c'est la première fois de l'histoire moderne que nous exploitons à ce point les ressources des générations à venir. Nous vivons à crédit. En bouffant le pain de nos enfants ! Et ils nous le feront payer cher. Enfin, il y a un autre problème, plus important que tous les autres car il les sou-tend…

 

- Ah ! Encore ? C’est quoi ?

 

- C’est le lapinisme Loulle. C’est le lapinisme. Sais-tu, Loulle, et toi aussi Bert, que pour chaque battement de ton palpitant, trois bébés naissent quelque part dans le monde ! Essaye d’imaginer ce fleuve, cette marée de nouveaux venus braillards sur cette pauvre boule puante qu’on appelle Terre ! Ouais, me direz-vous. Mais pendant ce temps, il y en a un paquet qui passent l’arme à gauche et vont servir de patapon aux asticots. Allez les vers ! C’est vrai. Mais il n’en meurt qu’un lorsqu’il en naît trois ! On est loin du compte… Trois marmots par seconde qui réclament tout de suite à bouffer. Soit 180 par minute, 260.000 par jour, 95 millions par an, autant que la France et l’Espagne réunies. Et comme il ne meurt « que » 35 millions d’homo sapiens sapiens (homme sage sage ! ! ? ?) par an, ça nous laisse un confortable « bénef » d’environ 60 millions supplémentaires chaque année — l’équivalent d’une France ! — de bouches à nourrir… Comme ces bouches viennent principalement dans des pays où on crève déjà de faim, vous voyez le tableau. Et comme ces pays, qui sortent de la misère, comme la Chine actuellement et l’Inde, veulent accéder au « progrès » que représente la manière de vivre occidentale, ça en fait des bagnoles qui crachent leurs gaz pourris, des forêts qu’il faut couper pour leur fournir des salons de jardin en teck et des tonnes de pubs débiles, des poissons qu’il faut pêcher pour leur procurer du patapon pour leurs chien-chiens… Vive la croissance ! « Croissez et multipliez-vous » qu’il a dit l’autre. Ouais. Jusque dans le mur. Et le mur, ce sera un coquetèle agréable de guerres pour l’eau, de catastrophes naturelles, de bonnes et belles épidémies… Tout ça orchestré par de gras et gros dictateurs qui pueront autant du cerveau que des pieds !

 

- Puteng, Victor. Tu nous la fais raide là. Tè ! Buvons un coup pour oublier…

 

- Profitons : dans 20 ans, nos successeurs dans ce rade - s'il existe toujours ! - ne boiront plus du côtes-du-rhône mais des côtes-de-stockholm ou du vin d’Écosse grand cru...

 

- Á la nôtre !

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

25/06/2015

Grèce : Le bal des faux-cul fait recette à Bruxelles !

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La Grèce restera dans l'euro et sa dette sera, pour le moins, effacée de moitié. Tout le reste n'est que gesticulation de créanciers largement responsables de la crise grecque et qui ne veulent pas perdre la face et reconnaître leurs konneries : prêter sans compter, sur la base de chiffres truquées par des banksters étazuniens, à des gouvernements grecs pourris jusqu'à la moelle, les Karamanlis et les Papandreou.

 

Les bourrés de thunes grecs ont pu faire la bringue dès l'entrée dans la zone euro, en 2001 ! Ainsi entre 2004 et 2008 la Grèce a réduit les droits de succession, diminué par deux fois les taux d’imposition sur le revenu et décrété trois lois d’amnistie fiscale pour les fraudeurs ! Ce n'est pas Tsipras ni Varoufakis qui ont mis la Grèce dans cette situation.

 

Qui sont les véritables créanciers de la dette grecque et qui décide de son utilisation ? Pour une dette totale de 320 Mds €, les créanciers sont : le Fonds européen de stabilité financière (FESF, maintenant remplacé par le MES, 150 Mds) , les autres États européens (53 Mds), le FMI (23 Mds), le secteur privé (39 Mds), la BCE (27 Mds) et d’autres créanciers privés (31 Mds). Mais il faut savoir que sur ces 320 Mds d'euros, 270 milliards ont été donnés aux banques sous forme de règlement ,d'intérêts exorbitants ! 40 milliards seulement ont servi directement à la Grèce ! C'est un formidable hold-up. Oh ! Ce n'est pas le terme employé : on parle de « plan de sauvetage » de la Grèce. Mais en fait c'est une razzia sur tout un peuple, c'est le transfert de toutes les dettes du secteur bancaire privé vers l'Etat grec et le secteur public,puis vers les États européens. Tout le monde est perdant sauf...les banques (en particuliers allemandes et françaises) qui ont réussi à refiler le mistigri aux Etats...

 

Cette « dette » ne sera jamais remboursée, et toutes les têtes d’œuf de Bruxelles, Paris ou Berlin le savent mais ne peuvent l'admettre sous risque de foutre en l'air tout le système prédateur ultralibéral. Paradoxalement, la situation financière grecque est excellente, bien meuileure que celle de la France par exemple. Eh oui : puisque la Grèce est actuellement en « excédent primaire ». Késako ? Ça veut dire que - hors remboursement de la dette – l'Etat grec rentre quotidiennement un peu plus de recettes qu'il n'a de dépense. C'est un excédent budgétaire. Il n'a donc pas besoin d'emprunter ! Sauf évidemment... pour rembourser et payer les intérêts de cette dette pour sa majeure partie illégitime !

 

A partir de ces réalité, Tsipras et Varouflakis – qu'il est de bon ton parmi les eurocrates de prendre pour des kons – ont toutes les raisons de tenir le coup face à la meute hurlante des ultralibéraux de l'U.E. En effet, si la Grèce décide de ne plus payer cette dette qui l'étrangle, ce n'est plus elle qui a des problèmes mais...ses créanciers ! Entre autres nous, Français, qui devons tant à Sarkozy qu'à Hollande le fait que Bercy a racheté à nos banquiers incapables leurs créances grecques pourries...

Tsipras est un joueur d'échec. Il a les nerfs solides. Il n'est que de le voir tenir tête, seul, à la meute d'  « Européens » attachés à sa perte. Parce qu'il a la force des « desesperados ». Parce qu'il n'a plus rien à perdre. Parce que ces mêmes « eurocrates » ont ruiné son peuple, l'on affamé, parce que la troïka l'a humilié. A partir de là, des solutions qui paraissaient impossibles deviennent crédible. Par exemple demander de l'aide à la Russie et à la Chine.

Les Chinois ont déjà les pieds au port du Pirée. Quant à la Russie, Tsipras a été reçu en grande pompe à Moscou la semaine dernière et en est revenu avec...un accord - moyennant finance évidemment - pour l'arrivée en Grèce d'un gazoduc destiné à approvisionner l'Europe ! Ce qui file une diarrhée noire aux Etazuniens ! Un qui se marre c'est Poutine, qui réussit ainsi à planter une saine zizanie dans le clan des va-t'en-guerre atlantistes.

Chapeau à Tsipras et Varoufakis qui ont réussi a transformé un problème strictement économique en un problème politique...en laissant planer la possible venue des flottes russes, voire chinoise au Pirée !

 

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24/06/2015

Au bistro de la toile : du mouton fluo aux Yankees espions.

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- Oh ! Victor. C'est quoi ce tarin qui brille ? C'est le Tavel ou ce serait-ti pas que t'as bouffé de l'agneau OGM croisé avec une méduse lumineuse ?

- Prenons l'option Tavel. Mais tu as mis le doigt sur un truc plus que suspect. L'INRA (institut national de recherche agronomique) a-t-il dans ses attributions de bidouiller dans les modifications génétiques ? Paie-t-on, avec nos impôts, des fonctionnaires ou assimilés pour ces magouilles. N'oublions pas que les OGM sont massivement rejetés par la population française. Et pourtant l'Europe – donc la France puisque notre souveraineté se résume à une peau de zob – pousse à la roue pour faire accepter ces saloperies OGM. Elle en a autorisé une palanquée il y a quelques mois. Le problème, pour les technocrates européens larbins des multinationales yankees, et en particulier de Monsanto, c'est de faire accepter par le con-sommateur de bouffer des produits OGM.

- Ouais mais c'est un mec de l'INRA qui, par vengeance, a mis le mouton lumineux dans le circuit de la bouffe.

- Ça Loulle, c'est la version officielle. Mais pour un fouille-merde comme moi, il faut toujours chercher ce qu'il y a dessous. Et dessous il y a, comme je viens de te dire, la volonté de banaliser la consommation de produits OGM. Qu'est-ce que tu as vu et entendu, dans les étranges lucarnes, a la suite de cette information ? Les « spécialistes » maison, genre docteur Flaisaquier sur TF2, nous assurer, la main sur le cœur, qu'il n'y avait aucun risque à consommer cette viande. Ce qui est peut-être vrai mais pas sûr ! De même sur TF3, on a entendu un autre « spécialiste » maison affirmer, avec un sourire condescendant, presque méprisant, que les OGM sont consommés depuis des années aux États-Unis et que les Etazuniens ne s'en portent pas plus mal...

- Mouais... Je vois un peu plus clair, presque fluo. L'INRA serait donc complice d'une magouille ej vue de nous faire bouffer leurs merdes OGM.

- Et ça arrive en pleines négociations TAFTA, cette horreur qui risque de mettre l'Europe – donc la France – en état de vassalisation totale par rapport aux multinationales étazuniennes. Or la commercialisation en Europe des OGM est une des exigences yankees.

- Des yankees qui se comportent comme de beaux chiapacans puisqu'ils espionnent même les communications de l'Elysée...

- On s'est foutu de la gueule de la mère Merkel, dont le portable était directement branché sur la NSA étazunienne, mais chez nous c'est pareil et probablement bien pire. Ces gens sans vergogne n'ont pas d'amis, pas d'alliés, seulement des vassaux et des clients. Et on semble découvrir l'eau tiède ! Ainsi, lorsque les USA participent à une quelconque négociation, ils ont plusieurs coups d'avance puisqu'ils connaissent déjà les positions de leurs « partenaires » ! En d'autres temps, De Gaulle ou Mitterrand les auraient foutus dehors avec perte et fracas. Mais on est au temps des bisounours aux couilles molles...

- Attend Victor. Nos fins limiers du contre-espionnage n'ont rien vu ?

- Et qui sait si certains ne sont pas complices ? Il y a fatalement quelques taupes fort bien placées dans tous les rouages de l’État...

- Alors on fait quoi ? On s'écrase, comme d'hab ? Ou on rue dans les brancards ?

- Un gouvernement digne de ce nom commencerait par abandonner les négociations TAFTA. Puis il accorderait le droit d'asile à ces héros que sont Snowden et Julien Assange. Enfin il ferait sortir la France de l'Otan donc de la sujétion aux Etats-Unis. Mais pour ça il faudrait un gouvernement couillu.

- Mouais... C'est pas le cas. Allez, buvons un canon. C'est toujours ça que les Yankees n'auront pas !

 

Illustration : merci à Chimulus.

 

23/06/2015

Serrons les miches : les Jeux Olympiques menacent la France !

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Aïe ! Aïe ! Aïe ! C’est aujourd’hui que les Parigots doivent décider (pour toute la France !) de poser la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de je ne sais quand. 2024 je crois. Espérons que cette fois encore on évitera d’être « choisis » par le Comité olympique. On est passé près trois fois, on a de l’entrainement. De ce côté, ça va.

 

La plus grande escroquerie mentale, c’est de faire croire que les « J.O. » sont une fête de la jeunesse, un instant de paix mondiale.

 

Mon cul ! comme dirait Siné…

 

Les J.O., sont nés dans la cervelle d’un baron aux idées plus que douteuses et ont été portés pendant des années par Samaranche, fruit délicat du franquisme. Il représentent l’embrigadement, le nationalisme le plus chauvin, une compétition sordide sous-tendue par les drogues fournies par les grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux et grassement commissionnés (notez, j’ai pas dit sponsorisés !) par les marchands de merde mondiaux. Les « villages olympiques » sont autant de ghettos où les robots programmés ne se rencontrent jamais, ne se côtoient pas, ne se parlent pas. Surveillés qu’ils sont par des « entraineurs  kapos ».

 

Tè ! parlons-en des « Jeux Olympiques » ! Le sport vu par le père Coubertin, c’est pas mal : plus haut, plus vite, plus fort. Les J.O. sont de droite, et même d’extrême droite.

 

Au fait le Coubertin (Baron Pierre de…), il était pas mal dans le genre facho, raciste et machiste. Il se proclamait lui-même comme un « colonialiste fanatique ». Il prônait la pratique sportive et physique comme un moyen de redressement de l’esprit. Allez, court coco, et ne réfléchit surtout pas !

 

Les idées du baron sont pour le moins « pittoresques » :

 

« La théorie de l'égalité des droits pour toutes les races humaines conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial. Sans naturellement s'abaisser à l'esclavage ou même à une forme adoucie du servage, la race supérieure a parfaitement raison de refuser à la race inférieure certains privilèges de la vie civilisée. » (The Review of the Reviews, avril 1901).

 

« La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion. En ciselant son corps par l’exercice comme le fait un sculpteur d’une statue, l’athlète antique honorait les dieux. En faisant de même, l’athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau. » (Pierre de Coubertin, Les Assises philosophiques de l’Olympisme moderne).

 

« Une olympiade femelle serait impratique(sic), inintéressante, inesthétique et incorrecte. Le véritable héros olympique est à mes yeux, l'adulte mâle individuel. Les J.O. doivent être réservés aux hommes, le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs. » Il a dit ça lors des Jeux Olympiques de 1912 à Stockholm.

 

Il considérait que les Jeux Olympiques de Berlin de 1936 ont été les mieux organisés depuis l'origine. Il était un grand admirateur d’Hitler qui le lui rendait bien : le sinistre führer a appuyé une demande de prix Nobel pour Coubertin (qui lui aurait été refusé à cause de cet appui). Hitler (à la recherche de crédibilité pacifiste) a également proposé de subvenir aux besoins de Coubertin via une rente (refusée par ce dernier tout de même).

 

Le C.I.O., multinationale au moins aussi douteuse que la Fifa pour le foutebal, bourrée de thunes, domicilié évidemment en Suisse, a été dirigé par un autre grand démocrate : Juan Antonio Samaranch Torello, marquis de Samaranch, né le 17 juillet 1920 à Barcelone, président du comité international olympique (CIO) de 1980 à 2001. Né dans une riche famille, il a été chef de mission pour l'équipe espagnole à de nombreux événements olympiques avant d'être nommé au gouvernement espagnol secrétaire des sports par Franco en 1967. Il devint aussi à cette époque président du comité national olympique et un membre du CIO. Il a été vice-président du CIO de 1974 à 1978, et il a été nommé ambassadeur d'Espagne en Union soviétique et en Mongolie de 1977 à 1980.

 

Après les jeux d'été de 1980, le président Lord Killanin démissionna et Samaranch fut élu comme successeur. Durant son mandat, Samaranch a réussi à améliorer la santé financière du mouvement olympique grâce aux droits télévisuels et aux partenariats. C’est à lui qu’on doit la forme moderne, c’est-à-dire totalement dévolu au fric roi, des J.O. Le roi d'Espagne lui a conféré le titre de Marquis de Samaranch en 1982.

 

Comme quoi les Jeux Olympiques sont une organisation d’extrême droite, destinée à faire du fric et à aveugler les pauvres cons. « Donnez au peuple du pain et des jeux » ! Il a avait tout compris le César.

 

En plus, ça coûte un bras et demi cette konnerie de quinze jours. Tiens, rien que le dossier pour présenter la candidature de Paris coûte déjà 60 millions ! On parle en tout d’un budget de « seulement » 6 milliards. Ben voyons. Une paille.

 

Et les sportifs là-dedans ? Parce qu’il y en a qui y croient, qui se décarcassent pour le rêve d’une médaille… Et bien on les prend pour des kons. On les traite comme des sous merdes. Dictateurs et « sponsors » les élèvent, les entraînent à des rythmes de fous, les engraissent aux hormones de croissance et autres saloperies bien connues des « sportifs », les fanatisent pour qu’ils se surpassent et écrasent leurs adversaires. Ce sont des champions élevés en batterie, c’est pas du nourri sous la mère ! Tu les fais pisser par terre, ça fait un trou ! Et puis tout de même… Un peu de décence : le formidable Teddy Riner…proche de Balkany ! Et les frères Karabacik, en correctionnelle pour tricherie ! Bonjours les exemples…

 

Mais rassurons-nous, on sera sûrement éliminés. Trop indisciplinés ces Français, trop rouspéteurs, trop bordéliques.

 

Peut-être mais surtout trop lucides !

 

Illustration X - Droits réservés

 

19/06/2015

"MATIN BRUN". Et une piqûre de rappel. Une !

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Loi liberticide sur le renseignement permettant le flicage total, loi européenne éliminant toute enquête journalistique sur les malversations d'entreprises, métpris du parlement par l'utilisation de cette disposition dictatoriale appelée « 49.3 », le TAFTA qui se profile et mettra les états à la merci des multinationales... Le totalitarisme rampant s'implante sournoisement. Et c'est mal barré...

 

Tenez : une petite piqûre de rappel avec « Matin brun ».

 

Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son côté. Des moments agréables où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu’il m’a dit qu’il avait dû faire piquer son chien, ça m’a surpris, mais sans plus.

 

C’est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l’idée qu’un jour ou l’autre il va mourir.

- Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.

- Ben, un labrador, c’est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?

- C’est pas la question, c’était pas un chien brun, c’est tout.

- Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?

- Oui, pareil.

Pour les chats, j’étais au courant. Le mois dernier, j’avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir.

C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’État national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns.

Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’étaient pas bruns.

Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d’arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux. Mon cœur s’était serré, puis on oublie vite. Les chiens, ça m’avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c’est plus gros, ou que c’est le compagnon de l’homme comme on dit. En tout cas Charlie venait d’en parler aussi naturellement que je l’avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c’est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.

On n’avait plus grand-chose à se dire, on s’était quittés mais avec une drôle d’impression. Comme si on ne s’était pas tout dit. Pas trop à l’aise. Quelque temps après, c’est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus. Il en était resté sur le cul : le journal qu’il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !

- Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?

- Non, non, c’est à la suite de l’affaire des chiens.

- Des bruns ?

- Oui, toujours. Pas un jour sans s’attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu’à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu’il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !

- À trop jouer avec le feu...

- Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.

- Mince alors, et pour le tiercé ?

- Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes, il n’y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route. Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu’il reste un canard dans la ville, on ne pouvait pas se passer d’informations tout de même.

J’avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j’avais sûrement tort de m’inquiéter. Après ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore. Les maisons d’édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville, étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques. Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d’édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.

- Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n’a rien à y gagner à accepter qu’on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation.

Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles.

On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ça nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations. Un jour, avec Charlie, je m’en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu’il débarque avec un nouveau chien ! Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marron.

- Tu vois, finalement il est plus affectueux que l’autre, et il m’obéit au doigt et à l’œil. Fallait pas que j’en fasse un drame du labrador noir.

A peine il avait dit cette phrase, que son chien s’était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n’obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris.

- Non, toi aussi ?

- Ben oui, tu vas voir.

Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l’armoire. Un matou au regard et aux poils bruns.

Qu’est ce qu’on avait ri. Tu parles d’une coïncidence !

- Tu comprends, je lui avais dit, j’ai toujours eu des chats, alors... Il est pas beau, celui-ci ?

- Magnifique, il m’avait répondu.

Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l’œil.

Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu’on avait passé un sacré bon moment, et qu’on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité, nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr je pensais au petit garçon que j’avais croisé sur le trottoir d’en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s’il écoutait bien ce qu’on lui disait, les chiens n’étaient pas interdits, il n’avait qu’à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l’ancien.

Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j’ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m’ont pas reconnu, parce qu’ils sont nouveaux dans le quartier et qu’ils ne connaissent pas encore tout le monde.

J’allais chez Charlie. Le dimanche, c’est chez Charlie qu’on joue à la belote. J’avais un pack de bières à la main, c’était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J’ai fait semblant d’aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l’ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.

- Pourtant son chien était un vrai brun, on l’a bien vu, nous !

- Oui, mais à ce qu’ils disent, c’est que avant, il en avait un noir, pas un brun. Un noir.

- Avant ?

- Oui, avant. Le délit maintenant, c’est aussi d’en avoir eu un qui n’aurait pas été brun. Et ça, c’est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin.

J’ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j’étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu’avant j’avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n’y aurais jamais pensé !

Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n’est pas parce qu’on aurait acheté récemment un animal brun qu’on aurait changé de mentalité, ils ont dit.

« Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. » Le speaker a même ajouté « Injure à l’État national. »

Et j’ai bien noté la suite. Même si on n’a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu’un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait ce qu’une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.

Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C’est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun.

Bien sûr, s’ils cherchent avant, ils n’ont pas fini d’en arrêter des proprios de chats et de chiens.

Je n’ai pas dormi de la nuit. J’aurais dû me méfier des bruns dès qu’ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour êtreun peu tranquilles, non?

On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun au dehors.

- Mais, arrêtez de taper si fort, j’arrive.

 

Franck Pavloff

 

 

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