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24/09/2015

Voler les banques, c’est voler des voleurs ! N’est-ce pas de la récupération ?

banksters par kudelka.png

 

La Grèce vendue à l’encan, les Grecs jetés à la rue, le pays qui a inventé la démocratie et l’a donnée au monde humilié, déconsidéré, moqué. Tout ça a cause de quoi ? De saccages menés systématiquement par des gouvernements de droite au service d’organisations nuisibles : organismes financiers, banques et leur bras séculier, les « fameuses » agences de notation.

Agences de notation? Kézaco au juste ?

Une agence de notation est une personne morale (entreprise ou institution) privée dont la mission est de noter la solvabilité d'un émetteur de titres de dette. On entend par titre de la dette le contrat par lequel un "débiteur" s'engage à rembourser sa dette selon les taux d'intérêt imposés par son créancier.

Les titres de la dette des Etats membres de l'UE sont rachetés par des banques privées et pas par la BCE qui offre des prêts à 1% aux banques. C'est le Traité de Lisbonne qui lui interdit de prêter aux Etats. Les banques appliquent leurs taux d'intérêts en fonction de la prise de risque réelle ou supposée que constitue le prêt. C'est cette prise de risque que les agences de notation notent. Plus la notation de la solvabilité de l'Etat est basse, plus les banques élèvent leurs taux d'intérêts.

En plus d'appliquer des taux d'intérêts parfois faramineux, les banques achètent une protection sur les titres de la dette. C'est ce qu'on appelle les CDS (Credit Default Swaps). Ces contrats de protection financière ont la particularité de ne pas obliger le "vendeur de protection" à disposer des fonds pour garantir la protection réelle de la banque en cas de défaut de paiement. Par contre le vendeur de protection reçoit des primes périodiques de la banque en question. Et plus les dettes sont jugées risquées (note basse), plus les primes de CDS sont élevées et donc plus le "vendeur de protection" augmente ses avoirs sans besoin d'investir quelque capital que ce soit.

Les vendeurs de protections (souvent des hedges funds) ont donc intérêt à ce que le risque soit considéré élevé et la note de l'émetteur abaissée.


Les banques, qui possèdent les titres de dettes des Etats, ont elles aussi intérêt à ce que les émetteurs de dette ne puissent pas rembourser les taux d'intérêt. Cela leur permet soit augmenter les taux d'intérêt sur les titres de dette, soit toucher l'assurance pour laquelle elles versent une prime tous les mois.


Quant aux agences de notation, elles vivent des commandes de notations qui leur sont passées. Elles ont donc tout intérêt à noter la solvabilité des Etas en fonction des intérêts des banques et des vendeurs de CDS. Trois agences de notations, Moody's, Standard & Poor's et Fitch, se partagent 80 % du marché.

 

D’où l’organisation systématique de la ruine d’un pays, dont le sang est pompé par ces morpions nuisibles. La solution ? Il faut aller la chercher chez les Islandais. Dans une situation pire que celle de la Grèce, les Islandais ont dit MERDE par référendum au remboursement des dettes des banques. Et que croyez-vous qu’il se passât ? L’Islande sort très bien son épingle du jeu et…emprunte à des taux normaux ! Faisant ainsi la preuve que ces mafias financières ne sont que des tigres de papiers et qu’il ne faut pas avoir peur de les envoyer chier !

 

 Illustration: merci à Kudelka

23/09/2015

Les DROITS DE L’HOMME aux mains des BARBARES !

onu colombe en cage.gif

 

J’ai cru que c’était un « hoax », une plaisanterie cynique : « L’ambassadeur de l’Arabie saoudite à Genève Faisal Trad a été choisi pour présider le panel du Conseil des droits de l’Homme à partir de sa 30ème session qui ouvrira lundi 21 septembre. Selon les rumeurs, le choix avait déjà été décidé en juin dernier mais avait été tenu secret jusqu’au présent pour des raisons inconnues. » Eh bien non, cette extravagante horreur est avérée !

 

« Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme. Etc.etc. » lit-on dans le préambule de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

 

Ainsi, depuis le 21 septembre 2015, la défense des droits élémentaires des Humains est confié ( !!??) au pays de 57.000 esclaves, au pays qui a décapité cette année déjà plus de 200 malheureux, au pays où la femme est reléguée à un tas de merde caché sous une prison de toile. L’Arabie saoudite est le pays le plus barbare, qui décapite parce qu'on ne croit pas en dieu (enfin, en son dieu), un pays où on lapide une femme qui s'est faite violer, un pays ou on pend des gays, un pays ou on coupe les mains des voleurs, un pays qui alimente le terrorisme international etc. L’Arabie saoudite c’est un pays qui justifie la peine de mort pour : adultère, apostasie, blasphème, cambriolage, fornication, trafic de drogue, sodomie, idolâtrie, rébellion, conduite sexuelle immorale, sorcellerie, vol, trahison, conduite irréligieuse. Cette interprétation très rigoriste de la Charia laisse l’État saoudien libre d’envoyer à l’échafaud qui bon lui semble, dans un simulacre de justice. Ce pays repoussoir est pourtant promu à la direction des Droits de l'Homme... Grotesque.

 

 

décapitation arabie saoudite.jpg

 

Mais ce n’est pas tout. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) est une des agences spécialisées de l'ONU qui a pour but de promouvoir, de contrôler et de renseigner sur le respect du droit international des droits de l'homme et du droit international humanitaire dans le monde, selon l'adoption de la Déclaration et programme d'action de Vienne. Depuis le 1er septembre 2014 cette haute fonction est occupée par le prince jordanien Zeid Ra'ad Zeid Al-Hussein. Encore un personnage des plus « intéressants ». C'est un prince milliardaire arabo-musulman de Jordanie, très fidèle à sa religion, ancien Haut Commissaire aux réfugiés. C’est lui qui orchestre la diaspora islamique à travers le monde maintenant et qui accélère la force jihadiste dans tous les pays occidentaux. Ami intime de tous les dirigeants arabo-musulmans de ce monde, il force les médias à instaurer une omerta envers l'islam et ses adeptes. Il fait aussi d'énormes pressions sur nos gouvernements pour qu'ils légifèrent envers "l'islamophobie" et l’interdiction du « blasphème » et le discours dit « haineux » envers ceux qui pratiquent cette névrose collective appelé religion, sous-espèce « islam ». Rappelez-vous ce nom : Zeid Ra'ad Zeid Al-Hussein. lien   .

 

Si certains se demandent où les djihadistes de l’État Islamique, d'Al Qaïda ou d'Al Nostra ont appris leurs méthodes barbares, dont la décapitation est une des faces, c’est vers l’Arabie saoudite qu’il faut se tourner. Et c'est dans ce pays que l'O.N.U. va chercher les défenseurs des Droits de l'Homme !

 

Comment dès lors avoir quelque confiance que ce soit en ce « machin » - comme disait De Gaulle – appelé O.N.U…

 

Mondo cane.

 

Photos X - Droits réservés

 

21/09/2015

Syrie. Et Bachar el Assad, il en pense quoi, lui ?

bachar el assad.jpg

 

Et si on s'intéressait à ce que pense celui qu'on accuse en Occident de tous les maux ? À celui qui a valu à des parlementaires français de se faire traiter plus bas que terre pour l'avoir rencontré ? À celui que Fabius voudrait tuer ? À celui que Poutine va remettre dans le jeu dans quelques jours. Et que penser de l'indigence de la diplomatie française qui se crispe sur le rejet de Bachar el Assad et se ment et nous ment avec le mythe de « forces démocratiques syriennes » inexistantes ?

Voici quelques extraits d'un entretien très complet que le « monstre de Damas » a accordé à des journalistes. À vous de juger.

 

Sur les réfugiés fuyant la Syrie :

(…/...) Chaque personne qui quitte la Syrie représente certainement une perte pour la Syrie, quelles que soient ses opinions ou ses capacités. Cela ne concerne pas, bien sûr, les terroristes. Ainsi cette émigration est pour nous une grande perte. Vous m’avez posé une question sur les élections. Les élections présidentielles ont eu lieu l’année dernière, alors qu’il y avait déjà de nombreux réfugiés dans différents pays, surtout au Liban. D’après la propagande occidentale, tous ces réfugiés ont fui le gouvernement syrien qui les aurait chassés et tués et ils ont été considérés comme des opposants. Quelle n’a pas été la surprise des occidentaux quand la majorité de ces réfugiés se sont rendus dans les bureaux de vote pour donner leur voix au président, celui qui soi-disant les tuerait. Ce fut un coup dur pour les instigateurs de cette propagande. Nous avions mis en place une organisation spéciale pour ce vote. Il devait y avoir des bureaux de vote dans chacune de nos ambassades et le gouvernement syrien contrôlait ce processus. Mais cela dépend des relations entre les États. Plusieurs pays ont rompu les relations diplomatiques avec la Syrie et fermé les ambassades syriennes. Par conséquent, les citoyens syriens n’ont pas pu voter dans ces pays. Ainsi, ils ont dû aller là où des bureaux de vote avaient été installés. C’est ce qui s’est passé l’année dernière.

Quant à l’Europe, il est sûr qu’elle est responsable. Aujourd’hui elle essaye de présenter la situation comme si sa faute se limitait au fait à qu’elle n’a pas donné assez d’argent ou su organiser l’immigration légale en Europe, à cause de quoi, plusieurs réfugiés venus via la mer Méditerranée ont péri noyés lors de leur voyage. Nous déplorons chaque victime innocente. Mais est-ce que la vie d’un réfugié noyé en mer est plus précieuse que celle d’une personne décédée en Syrie ? Pourquoi aurait-elle plus de valeur que celle d’un innocent décapité par les terroristes ? Comment peut-on s’affliger de la mort d’un enfant en mer et ignorer les milliers d’enfants, de vieillards, de femmes et d’hommes qui sont devenus les victimes des terroristes ? Ce principe européen du «deux poids, deux mesures» n’est plus acceptable. Cela ne fait aucun sens. Comment peut-on peut être attristé par la mort de certains et être indifférent au sort d’autres victimes ?

Ainsi, l’Europe a sa part de responsabilité pour avoir soutenu le terrorisme, sa meilleure couverture, ce qu’elle continue de faire. Elle qualifie les terroristes de «modérés» et les divise en groupes alors qu’ils sont tous des extrémistes.

À propos de la crise des réfugiés, je voudrais dire quelques mots concernant les accusations de la propagande occidentale, qui essaye de montrer que ces réfugiés échappent au gouvernement syrien que les occidentaux traitent de «régime» bien évidemment. Dans les faits, l’Occident pleure d’un œil sur le sort de ces réfugiés et les vise avec une mitrailleuse d’un autre œil, car ces gens ont quitté la Syrie à cause du terrorisme, surtout à cause des terroristes et des meurtres, mais aussi à cause des conséquences du terrorisme.

Quand vous faites face au terrorisme, vous voyez vos infrastructures être détruites, et vous ne parvenez plus à subvenir à vos besoins. Du coup beaucoup de gens partent, à cause du terrorisme, et parce qu’ils veulent gagner leur vie quelque part dans ce monde. Alors, l’Occident s’apitoie sur eux, ce même Occident qui soutient les terroristes depuis le début de la crise, quand il a dit que c’était un soulèvement pacifique, quand il a dit après que c’était une opposition modérée.

Le souci n’est donc pas dans le fait que l’Europe ne les a pas acceptés ou gardés, le souci c’est qu’elle ne veut pas s’occuper des causes du problème.

Si on demande aujourd’hui à n’importe quel syrien ce qu’il souhaite le plus au monde, la première chose qu’il évoquera sera la sécurité pour lui et sa famille. Si leur destin vous préoccupe, arrêtez de soutenir les terroristes.

 

Sur l'Iran :

(…/...) Les rapports entre la Syrie et l’Iran sont anciens. Ils ont plus de 35 ans. Il s’agit d’une alliance basée sur un haut degré de confiance. C’ est pourquoi nous croyons que le rôle de l’Iran est important. L’Iran supporte la Syrie et le peuple syrien. Il est solidaire sur le plan politique, économique et militaire avec l’Etat syrien. Quand nous disons militaire, cela ne signifie pas, comme certains le prétendent dans les médias occidentaux, que l’Iran a envoyé une armée ou des forces armées en Syrie. Ce n’est pas vrai. Il nous envoient de l’équipement militaire, et bien sûr, il y a des échanges entre les experts militaires de Syrie et d’Iran. Cela a toujours été le cas, et c’est normal que cette coopération entre deux pays en situation de guerre se renforce. Oui, le soutien constant de l’Iran était essentiel dans cette guerre difficile et féroce.

 

Sur l'Egypte :

(…/...) Le terrorisme s’est propagé en Libye, en Égypte, au Yémen, en Syrie et en Irak, ainsi que dans d’autres pays arabes et dans certains pays musulmans aussi, tels que l’Afghanistan, le Pakistan, etc.

C’est pourquoi je peux dire que nous partageons une vision commune avec les Égyptiens, mais nos relations n’existent à présent qu’au niveau de la sécurité. Il n’y a par exemple aucun contact entre le ministère des Affaires étrangères égyptien et syrien pour le moment. Le partenariat existe uniquement au niveau des services de sécurité.

 

Sur al nostra, « carte » des occidentaux :

(…/...) En ce qui concerne la coopération occidentale avec le Front al-Nosra, cette réalité existe, nous savons que la Turquie supporte al-Nosra et Daesh en leur fournissant des armes, de l’argent et des volontaires. Et nous savons tous que la Turquie entretient des relations étroites avec l’Occident. Erdogan et Davutoglu ne peuvent pas faire un pas sans en référer en premier avec les États-Unis et d’autres pays occidentaux. Al-Nosra et Daesh opèrent avec une telle force dans la région, sous la couverture de l’Occident, parce que les pays occidentaux ont toujours considéré le terrorisme comme une carte, qu’on peut mettre dans sa poche et utiliser de temps en temps. Actuellement, ils veulent utiliser al-Nosra contre Daesh, peut-être parce que, d’une façon ou d’une autre, Daesh a échappé à tout contrôle. Mais cela ne signifie pas qu’ils veulent éliminer Daesh. Si vraiment ils voulaient le faire, ils en auraient été capables. Pour nous, Daesh, al-Norsa et toutes ces organisations de même nature, qui portent des armes et tuent des civils, sont des organisations extrémistes.

 

Sur des alliés potentiels :

(…/...) (Nous pouvons collaborer) certainement avec des pays amis, en particulier avec la Russie et l’Iran. Nous collaborons aussi avec l’Irak du fait qu’il affronte le même type de terrorisme. Quant aux autres pays, nous ne nous opposons à aucun d’entre eux, à condition qu’ils montrent la volonté de lutter contre le terrorisme, et non pas ce qu’ils font dans ce qu’on appelle « la coalition internationale » dirigé par les États-Unis. En fait, depuis que cette coalition a commencé à fonctionner, Daesh est en pleine expansion. En d’autres termes, la coalition a échoué et elle n’a pas de véritable impact sur le terrain. En même temps, des pays comme la Turquie, le Qatar, l’Arabie Saoudite, et les pays occidentaux, comme la France, les États-Unis, et d’autres, qui couvrent le terrorisme, ne peuvent pas y résister. On ne peut pas être pour, et en même temps contre le terrorisme. Mais si ces pays décident de modifier leurs politiques et réalisent que le terrorisme est comme le scorpion, qui vous pique si vous le mettez dans la poche. Si cela arrive, nous n’objectons pas de collaborer avec tous ces pays, à condition que ce soit un engagement franc, et pas une farce de coalition contre le terrorisme.

 

Sur l'armée gouvernementale :

(…/...) La guerre permet de développer l’expertise de n’importe quelle force armée, du point de vue pratique et militaire. Ainsi, il y a toujours des aspects positifs et négatifs. On ne peut pas juger si l’armée devient plus faible ou plus forte. Mais, en retour, la société la soutient en lui fournissant des volontaires. Donc, la réponse à votre question : «Y a-t-il des renforts ?» Oui, certainement, puisque sans ces renforts, l’armée ne serait pas capable de tenir pendant quatre ans et demi d’une guerre si dure, surtout sachant que l’ennemi que nous combattons aujourd’hui jouit d’un approvisionnement illimité en matière de ressources humaines. Nous voyons aujourd’hui des combattants terroristes venant de 80, 90 pays.

 

Sur l’État Islamique :

(…/...) Évidemment, les groupes terroristes de Daesh s’efforcent de ressembler le plus possible à un État afin d’attirer, comme vous l’avez dit, plus de volontaires qui vivent avec ce rêve d’autrefois – le rêve d’un État islamique qui agit au nom de la religion. Cet idéal n’est pas réel. C’est trompeur. Aucun État ne peut soudainement modifier une société donnée. Cet État doit être le produit de cette société. Il doit être l’évolution naturelle de cette société, l’exprimer. Au final, un État doit être la projection de sa société. Il est impossible d’adapter une société à un modèle étatique qui lui est étranger. C’est là que la question surgit : Daesh, ou l’État Islamique comme ils le nomment, ressemble-t-il à la société syrienne ? Certainement pas. Mais si nous voulons aborder la question de leur identité, parlons-en honnêtement. Ils représentent la troisième étape de la politique occidentale du mal, qui vise à remplir des objectifs politiques. La première étape a été la création des Frères Musulmans au début du siècle précédent. La deuxième étape a été Al-Qaïda en Afghanistan, dont le rôle était de combattre l’Union soviétique. Et la troisième étape est Daesh, al-Nosra et tous ces groupes. Daesh, c’est qui ? Et ces groupes ? Ils ne sont que des produits extrémistes de l’Occident.

 

Sur les Kurdes :

(…/...) L’Etat ne peut pas faire de discrimination parmi sa population, autrement, cela crée des divisions dans le pays. Si nous avions mené une politique discriminatoire dans les différentes composantes de la société, une majorité d’entre elles ne soutiendrait pas l’État aujourd’hui, et le pays se serait désagrégé depuis longtemps. Pour nous, les Kurdes font partie du peuple syrien, ils ne sont pas étrangers, ils habitent dans cette région de même que les Arabes, les Circassiens, les Arméniens et plusieurs autres groupes ethniques et religieux existant en Syrie depuis des siècles. On ne sait toujours pas quand exactement certaines de ces nations sont apparues dans la région. Sans ces composantes, l’existence d’une société homogène en Syrie ne serait pas possible. Alors, est-ce que les Kurdes sont nos alliés ? Non, c’est un peuple patriote. Mais d’un autre côté, on ne peut pas mettre tous les Kurdes dans la même catégorie. Mais, s’il y a des groupes en Syrie qui ont des demandes particulières, ces demandes doivent être faites dans le cadre national et par le dialogue avec les forces politiques syriennes. Lorsque les citoyens syriens seront d’accord pour prendre des mesures dans cette direction, qui traiteront du fédéralisme, de l’autonomie, de la décentralisation ou même au changement du système politique tout entier, on aura besoin de consulter le peuple Syrien, ce qui pourra résulter en un amendement de la constitution. C’est pourquoi, ces groupes ont besoin de convaincre le peuple syrien de leurs propositions. Et dans ce cas, ils ne dialogueront plus avec l’Etat, mais avec le peuple. Lorsque le peuple syrien décidera d’emprunter une certaine direction, et d’approuver certaines démarches, nous l’approuverons tout naturellement.

 

Sur les rapports avec les occidentaux :

(…/...) La mission principale de chaque homme politique, de chaque gouvernement, de chaque Président ou Premier ministre – peu importe le nom – est de servir son pays. Que ça me plaise ou non, je vais devoir faire toutes ces rencontres et serrer les mains de peu importe qui, tant que cela peut être utile au peuple syrien. Il ne s’agit donc pas de mon attitude personnelle, mais de la valeur ajoutée de telles entreprises. Et donc oui, nous sommes prêts à le faire si les intérêts des Syriens sont en jeu. Quoi qu’il en soit, je le ferai.

 

Sur une large alliance contre l'état islamiste :

(…/...) On vit actuellement dans une période de combat contre le terrorisme, nous ne sommes pas confronté à des groupes terroristes, nous sommes confronté à des armées terroristes équipées avec des armes lourdes, moyennes et légères. Ils disposent de milliards de dollars pour recruter des nouveaux volontaires. Les aspects militaires et sécuritaires doivent devenir prioritaires à ce stade. Donc, on estime que cette alliance doit agir à différents niveaux, mais elle doit tout d’abord combattre sur le terrain. L’Arabie Saoudite, la Turquie et la Jordanie qui prétendent faire partie de la coalition contre le terrorisme dans le Nord de la Syrie, soutiennent en réalité le terrorisme dans le Sud, dans le Nord et dans le Nord-Est, presque dans les mêmes régions où ils sont supposés le combattre. un allié peut devenir un adversaire, et inversement, un adversaire peut devenir un allié. C’est normal. Lorsqu’ils combattront contre le terrorisme, nous coopérerons avec eux.

 

Sur son éventuel départ :

(…/...) La propagande occidentale s’est fondée dès le départ sur l’idée que la cause du problème était le président. Pourquoi ? Parce qu’ils veulent faire croire que le problème de la Syrie réside dans un seul individu. Et par conséquent, la réaction naturelle de beaucoup de personnes est de dire : « Puisque le problème réside dans un seul individu, cet individu ne doit pas être plus important que la patrie tout entière. Donc, laissons partir cet individu et les choses vont s’améliorer ». C’est ainsi que l’on simplifie les choses à l’extrême en Occident. Ce qui se passe en Syrie, à cet égard, est semblable à ce qui s’est passé dans le cas de la Russie. Notez ce qui a été dit par les médias occidentaux depuis le coup d’État en Ukraine. Que s’est-il passé ? Le président Poutine est passé du statut d’ami de l’Occident à celui d’ennemi et une fois encore on l’a dépeint comme un tsar. Il a été décrit comme un dictateur réprimant l’opposition en Russie et comme quelqu’un qui a obtenu le pouvoir par des moyens antidémocratiques, malgré le fait qu’il a été porté au pouvoir par une élection démocratique, ce que l’Occident a reconnu.

À présent, ils disent que ce n’est plus démocratique. C’est de la propagande occidentale. Ils disent que si le président part, les choses s’amélioreront. Qu’est-ce que cela veut dire en particulier ? Pour l’Occident, cela veut dire : « Tant que tu es là, nous allons continuer à soutenir le terrorisme », parce que l’objectif que poursuit actuellement l’Occident en Syrie, en Russie et dans d’autres pays, c’est le changement des présidents, le renversement des gouvernements ou, peu importe comment ils l’appellent, les changements de régimes. Pourquoi ? Parce qu’ils n’acceptent pas de partenaires et d’États indépendants. Quel est leur problème avec la Russie ? Quel est leur problème avec la Syrie ? Quel est leur problème avec l’Iran ? Ces pays sont tous des pays indépendants. Ils veulent qu’un certain individu parte et soit remplacé par quelqu’un qui agisse dans leurs intérêts et non dans l’intérêt de son pays. Pour nous, le président est choisi par le peuple et arrive au pouvoir au moyen d’une élection. Et s’il part, c’est sur une décision du peuple. Son départ ne doit pas être le résultat d’une décision américaine, d’une décision du Conseil de sécurité, d’une conférence de Genève ou d’un communiqué de Genève. Si le peuple veut qu’il reste, il doit rester et si le peuple le rejette, il doit partir immédiatement. Tel est le principe que j’observe lorsque j’appréhende cette question.

 

Qu'est-ce qui a déclenché la guerre en Syrie :

(…/...) Le moment clé pour les événements en Syrie est, à la surprise de nombreuses personnes, la guerre en Irak de 2003. C’est quand les États-Unis ont envahi l’Irak. Nous étions fortement opposés à cette invasion, car nous savions que tout ça allait aboutir à la division des sociétés et à l’apparition de troubles. Or, nous sommes voisins de l’Irak.

À cette époque on comprenait que la guerre allait faire de l’Irak un foyer de conflits sectaires. À l’ouest de la Syrie, il y a un autre pays dans cette situation : le Liban. Et nous, nous sommes au milieu. Nous savions très bien que nous allions en subir les conséquences. C’est pourquoi le début de la crise syrienne et tout ce qui s’est passé alors est le résultat naturel de la guerre et du conflit confessionnel en Irak, parce qu’une partie du conflit s’est déplacée en Syrie. En conséquence il était facile d’influencer certains groupes syriens.

Le deuxième point – qui est peut-être moins critique – est le laisser-faire américain vis-à-vis des terroristes afghans dans les années 1980, qu’ils appelaient alors « combattants de la liberté », puis enfin, la création de Daesh en 2006 à l’aide de financements américains et sans aucune opposition de leur part.

Tous ces éléments rassemblés ont créé les conditions d’un soulèvement avec le soutien occidental et l’argent des pays du Golfe, en particulier du Qatar et de l’Arabie Saoudite, ainsi qu’avec l’aide logistique de la Turquie. En effet, Erdogan appartient, de par sa façon de penser, aux Frères Musulmans. Par conséquent, il croit qu’un changement de la situation en Syrie, en Égypte et en Irak, donnera naissance à un nouveau sultanat – pas le sultanat ottoman cette fois, mais celui des Frères Musulmans – qui couvrirait des territoires allant de l’océan Atlantique jusqu’à la Méditerranée et qui serait dirigé par Erdogan.

 

Source et Interview complet ici


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18/09/2015

DÉMOCRATIE ! Késako ?

démocratie dessin de pickel.jpg

 

On en a tous plein la bouche de ce beau mot : DEMOCRATIE. « Le pire système de gouvernement à l'exception de tous les autres » disait Churchill.

 

Relisons ce qu'en disait Aristote, dans cette Grèce qui a inventé le concept : « Le principe de base de la constitution démocratique c’est la liberté (c’est, en effet, ce qu’on a coutume de dire parce que c’est seulement dans une telle constitution que les citoyens ont la liberté en partage ; c’est à cela, en effet, que tend, dit-on, toute démocratie). Et l’une des formes de la liberté, c’est d’être tour à tour gouverné et gouvernant. En effet, le juste selon la conception démocratique, c’est que chacun ait une part égale numériquement et non selon son mérite, et avec une telle conception du juste il est nécessaire que la masse soit souveraine, et ce qui semble bon à la majorité sera quelque chose d’indépassable [...] De sorte que dans les démocraties, il se trouve que les gens modestes ont la souveraineté sur les gens aisés ; ils sont en effet plus nombreux, et c’est l’opinion de la majorité qui est souveraine. [...] » On est loin de là...

 

La Révolution française en a fait la démocratie participative, où l'élection au suffrage universel est l'instrument suprême d'application de ce concept. Une femme ou un homme = une voix. Une démocratie n'a droit à cette prestigieuse appellation que si elle respecte rigoureusement ce principe fondateur. Deux conditions indissociables assurent la réalité de la démocratie : - la liberté d'exprimer et de propager toutes les opinions, quelles qu'elles soient ; - toute décision politique doit être conforme aux desiderata des citoyens. Hors de là, pas de démocratie.

 

Or que constate-t-on ? Que ce principe est bafoué, foulé aux pieds, roulé dans la boue par ceux-là même qui en sont les gardiens : les politiques. De quelques bords qu'ils soient d'ailleurs. La fraude en matière de suffrage semble être la règle voire la culture de ceux qui se prétendent les représentants des citoyens qui les ont élus et vis-à-vis desquels ils n'ont aucun droit, seulement des devoirs. Le non-respect du vote est devenu la règle, et pas seulement dans des pays exotiques mais aussi, et surtout dans les démocraties pures et dures, élevées sous la mère. Les exemples sont légions : le sinistre Bush élu la première fois, après des semaines de sombres tripatouillages, avec moins de voix que sont concurrent. Le résultat du vote sur la constitution européenne en France où la volonté populaire du « non » fut foulée aux pieds par le nouveau président sitôt élu.

 

Les citoyens ont-ils vraiment la possibilité de contrôler les décisions dont l’application les concerne directement ? Pour que la souveraineté populaire soit effective, dans un régime représentatif pris en otage par une caste de politiciens professionnels et de communicants, il faudrait que les élus représentent réellement les citoyens. Or, un certain nombre de conditions et de pratiques font qu’une telle représentation se trouve très souvent faussée. Un élu, une fois au pouvoir, n'a qu'un principe pour régir son action : être réélu ! Il peut dès lors, pour se maintenir au pouvoir, renier les engagements qui lui ont valu son élection. C’est le problème des « promesses électorales ». Les trahisons récurrentes des promesses du candidat Hollande par le président Hollande, comme celles de Tsipras en Grèce en sont des illustrations, hélas, lumineuses. Dans quelle mesure l'élu qui trahi représente-t-il alors les électeurs ?

 

La « Démocratie » telle qu'elle a dérivé n'est qu'un une illusion démocratique. Elle est en fait le faux-nez, le masque rassurant derrière lequel se dissimulent des lieux ambigus de détention du pouvoir. Ces différentes sphères sont, en grande partie, inconnues des citoyens, qui ne les contrôlent pas. Les institutions européennes - qui agissent comme un cartel au service non des citoyens mais des groupes de pression économiques (finance, multinationales, sociétés occultes genre Trilatérale, Bilderberg, Davos) – en sont la déplorable illustration. Une minorité d’initiés serait ainsi souveraine, pendant que la majorité des citoyens n’aurait accès qu’à ce qu’on voudrait bien lui montrer.

 

C'est dramatique car au vu de ces réalités, c'est l'image de LA DEMOCRATIE qui est salie, et par conséquent toutes les valeurs qu'elle représente qui sont dépréciées, voire rejetées par les peuples opprimés auxquels on voudrait l'imposer. L’image de LA DEMOCRATIE que nos pays pollués par l'ultralibéralisme capitaliste donne est celle de bombes, de pillage économique, de protection de satrapes locaux, de saccage de la planète.

 

Mondo cane...

 

Illustration: merci à Pickel

 

16/09/2015

Faire échec aux entreprises belliqueuses du complexe militaro-industriel étasunien.

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L'installation en Ukraine de la 173ème brigade aéroportée de l’US Army (1600 parachutistes) – soi-disant pour former les militaires ukrainiens - signifie que les USA sont désormais militairement engagés dans la guerre qu’ils ont fomentée en Europe avec le coup d’État de Maïdan, en février 2014. À Washington, l’envoi d’armes au gouvernement de Kiev est réclamé aujourd’hui à cor et à cri par les va-t'en-guerre du Pentagone et du complexe militaro-industriel yankee. Business avant tout. Il s’agit pour les marchands d'armes et leurs relais politiques de refaire le coup de l’Irak ou de la Libye (avec les résultats brillants que l'on sait), mais ici les enjeux ne sont plus les mêmes : les irresponsables qui poussent en ce sens oublient-ils que la Russie a quelques milliers de têtes nucléaires ?

 

Depuis 4 ans maintenant, toute la presse ultralibérale – en grande partie possédée et donc au service du complexe militaro-industriel atlantique - travaille à nourrir la haine de la Russie et à préparer les esprits à l’inéluctabilité de l’affrontement contre le méchant Poutine. Cette presse fustige en toute bonne conscience l’épouvantable «Russie de Vladimir Poutine» sans comprendre que, ce faisant, les journalistes contribuent à préparer l’opinion au grand carnage voulu par les États-Unis – mais pas chez eux - pour sauver son système, les banksters de Wall Street, la planche à dollars, l’OTAN... La France et l'Allemagne traînent bien un peu les pieds mais c'est sans importance car dans les plans US, l’Europe n’a pas voix au chapitre puisqu’elle n’aura à jouer qu’un rôle assez passif : celui de champ de bataille, puis de champ de ruines ! Eh... Ce sont les dommages collatéraux.

 

Face au déploiement US, la Russie a prévenu qu’elle était dès lors contrainte d’envisager «toutes les mesures nécessaires, y compris technico-militaires». Ces mesures devraient d’ailleurs comprendre un renforcement massif des forces navales russes cette année (50 nouveaux navires de guerre, dont un porte-avions et deux sous-marins à propulsion nucléaire) (http://etfdailynews.com/2015/03/06/russia-warns-nato-any-...).

 

Mais – fort heureusement - les menées belliqueuses yankees ne marchent pas sur des roulettes.Une autre nouvelle, passée totalement inaperçue, vient assombrir les vues géopolitiques atlantistes soutenues par Bruxelles sur le devenir du Bassin Méditerranéen. En effet , le 5 Mars dernier Chypre s'est allié avec la Russie ! Au cours des entretiens tenus lors d'un récent voyage à Moscou, le président chypriote Nikos Anastasiades a examiné la possibilité d’accueillir dans le port de Limassol les vaisseaux de la Marine Militaire de la République Fédérale de Russie. Cela provoqua une réponse sous forme de violentes pressions sans précédent de la part de États-Unis sur les autorités cypriotes. Mais Nicosie n’a pas flanché. Les vaisseaux de la Marine militaire de la Fédération de Russie reçoivent la possibilité d’utiliser les ports et d’y entreposer le matériel nécessaire à leur réparation et à leur entretien, ce qui reviendra beaucoup moins cher que d’entretenir là-bas une base militaire complète, à la manière britannique, avec garnison et fils barbelés.

 

L’accord avec Chypre garantit la présence tactique de la flotte russe sur différents théâtres d’opérations potentiellement dangereux.

 

La position de Nicosie a suscité des critiques extrêmement vives de la part des Anglo-saxons. En visite à Washington dès après la visite à Moscou, le Ministre des Affaires étrangères de Chypre, Monsieur Kassoulides a non seulement résisté aux coups «sur le terrain de l’adversaire», mais est parti en contre-attaque. Il a accusé les États-Unis et la Grande-Bretagne d’ «ignorer les intérêts de Chypre», soulignant que la république « a ses propres problèmes » et « ses exigences » vis-à-vis de l’Europe et des États-Unis. Par exemple, Nicosie « a trouvé plus de compréhension » de la part de la Russie, de la France et de la Chine que des États-Unis et de l’Union européenne dans sa confrontation sans fin avec la Turquie.

 

La Grèce aussi s'émancipe du carcan atlantique. Elle n'a jamais caché qu'elle était opposé aux sanctions économiques contre la Russie. Le ministre russe de l’Économie, Alexeï Oulioukaïev, a évoqué la possibilité d'assouplir pour la Grèce l'embargo alimentaire décidé contre l'Union européenne en raison de la crise ukrainienne ! Un sacré débouché pour l'agroalimentaire grec. On peut raisonnablement penser que Tsipras et Poutine, lors de leur rencontre de l'été, ont dû aborder la possibilité de prolonger jusqu'à la Grèce le projet de gazoduc « Turkish stream » entre la Russie et la Turquie, ou encore la possibilité d'ouvrir la recherche pétrolière sous-marine prometteuse dans les eaux grecques aux compagnies russes.

 

De plus – sacré caillou dans les godillots militaires étazuniens – dans le programme de Syriza, il y avait une sortie de la Grèce de l'Otan et la remise en cause des droits accordés à l'alliance qui font de la Crète une de ses principales bases navales en Méditerranée. On comprend dès lors que la clique atlantique aie tout fait pour écraser l'impertinent ! Mais la partie n'est pas finie... Et puis, Poutine a dû être sensible aux positions de la Grèce non seulement contre les sanctions de l'U.E. à l'encontre de la Russie, mais encore contre le gouvernement ukrainien, contre l'austérité, contre les diktats de l'Allemagne, contre la politique d'isolement de la Russie. Le président russe a dû aussi être sensible aux remerciements de son homologue grec « pour s'être porté au secours de nos frères orthodoxes en Crimée » !

 

On comprend dès lors la position d'Obama trouvant inopportune « l'austérité » imposée à la Grèce par l'U.E. ! Il a surtout peur de se faire virer de sa base navale en Crête et de voir sa flotte remplacée...par des navires russes !

 

 

Liens :

 

http://reseauinternational.net/alors-prets-a-la-guerre-pour-sauver-le-systeme-us/

http://reseauinternational.net/chypre-saffirme-allie-de-la-russie/

http://etfdailynews.com/2015/03/06/russia-warns-nato-any-threat-in-ukraine-will-see-military-response/

 

Illustration X - Droits réservés

 



 

15/09/2015

Pour un plan B en Europe

Paru sur le blog de Jean-Luc Mélanchon:

 

Le 13 juillet, le gouvernement grec démocratiquement élu d’Alexis Tsipras a été mis à genoux par l’Union européenne. « L’accord » du 13 juillet est en réalité un coup d’État. Il a été obtenu par la fermeture des banques grecques par la Banque centrale européenne (BCE) et la menace de ne pas les autoriser à rouvrir tant que le gouvernement grec n’accepterait pas une nouvelle version d’un programme qui a échoué. Pourquoi ? Parce que l'Europe officielle ne pouvait pas supporter l'idée qu’un peuple souffrant de son programme d'austérité autodestructrice ait osé élire un gouvernement déterminé à dire «  Non !  ». 

 

Désormais, avec davantage d’austérité, davantage de privatisations au rabais d’actifs publics, une politique économique plus irrationnelle que jamais, et la misanthropie en guise de politique sociale, le nouveau mémorandum ne sert qu'à aggraver la Grande Dépression grecque et le pillage de la Grèce par des intérêts particuliers, grecs ou non.

 

Tirons les leçons de ce coup d’État financier. Cet euro est devenu l’instrument de la domination économique et politique de l’oligarchie européenne, cachée derrière le gouvernement allemand et qui se réjouit de voir Mme Merkel faire tout le « sale boulot » que les autres gouvernements sont incapables de faire. Cette Europe ne produit que des violences dans les nations et entre elles : chômage de masse, dumping social féroce, insultes attribuées aux dirigeants allemands contre l’Europe du Sud et répétées par toutes les « élites » y compris celles de ces pays. L’Union européenne alimente la montée de l’extrême-droite et est devenue un moyen d’annuler le contrôle démocratique sur la production et la distribution des richesses dans toute l'Europe.

 

Affirmer que l’euro et l’Union européenne servent les Européens et les protègent contre la crise est un mensonge dangereux. C’est une illusion de croire que les intérêts de l’Europe peuvent être protégés dans le cadre de la prison des règles de la zone euro et des traités actuels. La méthode Hollande-Renzi du « bon élève », en réalité du prisonnier modèle, est une forme de capitulation qui n’obtiendra même pas la clémence. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker l’a dit clairement : « il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens ». C’est l’adaptation néolibérale de la « souveraineté limitée » inventé par le dirigeant soviétique Brejnev en 1968. À l’époque, les Soviétiques écrasaient le Printemps de Prague par les tanks. Cet été, l’Union européenne a écrasé le Printemps d’Athènes par les banques.

 

Nous sommes déterminés à rompre avec cette Europe. C’est la condition pour reconstruire des coopérations entre nos peuples et nos pays sur une base nouvelle. Comment mener une politique de partage des richesses et de création d’emplois notamment pour les jeunes, de transition écologique et de refondation démocratique face à cette Union européenne ? Nous devons échapper à l’inanité et l’inhumanité des traités européens et les refonder afin d’enlever la camisole de force du néolibéralisme, abroger le traité budgétaire, refuser le traité de libre-échange avec les États-Unis (TTIP - TAFTA).

 

La période est extraordinaire. Nous faisons face à une urgence. Les États-membres doivent avoir l'espace politique qui permet à leurs démocraties de respirer et d’instaurer des politiques adaptées au niveau national, sans craindre d’être empêchés par un Eurogroupe autoritaire dominé par les intérêts du plus fort des États-membres et du monde des affaires, ni par une BCE utilisée comme un rouleau compresseur menaçant d’écraser tout « pays non coopératif » comme ce fut le cas avec Chypre ou la Grèce.

 

C’est notre plan A : travailler dans chacun de nos pays, et ensemble à travers l’Europe, à une renégociation complète des traités européens. Nous nous engageons à collaborer avec la lutte des Européens partout, dans une campagne de désobéissance aux pratiques européennes arbitraires et aux règles irrationnelles jusqu'à ce que la renégociation aboutisse.

 

Notre première tâche est de mettre fin à l’irresponsabilité de l’Eurogroupe. La seconde tâche est d’en finir avec le caractère prétendument « indépendant » et « apolitique » de la Banque centrale alors qu’elle est hautement politisée (de la façon la plus toxique), totalement dépendante de banquiers en faillite et de leurs agents politiques, et prête à mettre fin à la démocratie sur une simple pression de bouton.

 

La majorité des gouvernements représentant l’oligarchie européenne et se cachant derrière Berlin et Francfort, ont aussi un plan A : ne pas céder à la demande de démocratie des citoyens européens et utiliser la brutalité pour mettre fin à leur résistance. Nous l’avons vu en Grèce en juillet. Pourquoi ont-ils réussi à étrangler le gouvernement démocratiquement élu de la Grèce ? Parce qu'ils avaient aussi un plan B : éjecter la Grèce de la zone euro dans les pires conditions possibles en détruisant son système bancaire et en achevant son économie.

 

Face à ce chantage, nous avons besoin de notre propre plan B pour dissuader le plan B des forces les plus réactionnaires et anti-démocratiques de l’Europe. Pour renforcer notre position face à leur engagement brutal pour des politiques qui sacrifient la majorité au profit des intérêts d'une infime minorité. Mais aussi pour réaffirmer le principe simple que l'Europe n’est rien d’autre que les Européens et que les monnaies sont des outils pour soutenir une prospérité partagée, et non des instruments de torture ou des armes pour assassiner la démocratie. Si l'euro ne peut pas être démocratisé, s’ils persistent à l’utiliser pour étrangler les peuples, nous nous lèverons, nous les regarderons dans les yeux et nous leur dirons : « Essayez un peu, pour voir ! Vos menaces ne nous effraient pas. Nous trouverons un moyen d'assurer aux Européens un système monétaire qui fonctionne avec eux, et non à leurs dépens ».

 

Notre plan A pour une Europe démocratique, soutenu par un plan B qui montre que les pouvoirs en place ne peuvent pas nous terroriser dans la soumission, vise à faire appel à la majorité des Européens. Cela exige un haut niveau de préparation. Les éléments techniques seront enrichis par le débat. Beaucoup d'idées sont déjà sur la table : l'introduction de systèmes parallèles de paiement, les monnaies parallèles, la numérisation des transactions en euros pour contourner le manque de liquidités, les systèmes d'échange complémentaires autour d’une communauté, la sortie de l'euro et la transformation de l'euro en monnaie commune.

 

Aucune nation européenne ne peut avancer vers sa libération dans l'isolement. Notre vision est internationaliste. En prévision de ce qui peut se passer en Espagne, en Irlande, pourquoi pas de nouveau en Grèce selon l’évolution de la situation politique, et en France en 2017, il faut travailler concrètement ensemble à un plan B tenant compte des caractéristiques de chaque pays.

 

Nous proposons donc la tenue d'un sommet international pour un plan B en Europe, ouvert aux citoyens volontaires, organisations et intellectuels. Cette conférence pourrait avoir lieu dès Novembre 2015. Nous lancerons ce processus samedi 12 Septembre lors de la Fête de l'Humanité. Rejoignez-nous !

 

 

Signataires :
mélanchon sourire.jpgJean-Luc Mélenchon
, député européen, co-fondateur du Parti de Gauche (France)

 

 

 

 

Stefano Fassina.jpgStefano Fassina, député, ancien vice-ministre de l’Economie et des Finances (Italie)
Zoe Konstantopoulou, présidente du Parlement hellénique (Grèce)


Oskar Lafontaine.jpgOskar Lafontaine, ancien ministre des Finances, co-fondateur de Die Linke (Allemagne)

 

 

 

varouflakis.jpgYanis Varoufakis, député, ancien ministre des Finances (Grèce)

 



 

Source : http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/09/11/pour-un-plan-...

 

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14/09/2015

Bruits de bottes : Russes et Etazuniens montrent leurs muscles !

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Les élans compassionnels suscités ad vomitum par les merdias aux ordres cachent opportunément les bruits de bottes qui résonnent tant au Moyen-Orient qu'en Europe. Á la manœuvre – et en manœuvres – les éternels duettistes : la Russie d'un côté, les États-Unis de l'autre.

 

Les services US laissent entendre que, ces derniers jours, la Syrie aurait vu arriver dans ses ports deux navires de guerre amphibies russes chargés de char, d'avions ainsi que d'une petite unité de fusiliers marins. La coopération militaire et technique de la Russie avec la Syrie est une évidence connue. Les Russes ont déjà une base, avec de nombreux marins, dans le port de Tartous. Et ce depuis 1971. Les USA laissent entendre que la Russie voudrait installer une base aérienne en Syrie. Réalité ? Bourrage de crâne ? La Russie n'a jamais caché sa coopération avec le régime de Bachar El Assad. Mais de là à ce que les Russes s'engagent militairement, surtout au sol, on ne dépasse pas là le stade des rumeurs ! Et si c'était vrai, les gouvernements européens devraient apprécier qu'un pays ait les couilles de faire ce qu'ils n'osent pas faire ! Par contre, le gouvernement russe ne cache pas que des avions russes participent aux bombardements de certaines positions de l’État Islamique. Comme beaucoup dans ce foutoir moyen-oriental ! Fabius, notre pittoresque sinistre des affaires étranges – qui n'est pas à une konnerie près – a déclaré que les informations sur l’envoi de nouvelles troupes russes en Syrie risquaient de compliquer la recherche d’une solution à la crise dans ce pays. Sa solution à lui, comme celle de son patron à la solde d'Obama, est avant tout de se débarrasser, non pas des tueurs de l’État Islamique mais...de Bachar el Assad (président pas blanc-rose mais tout de même régulièrement élu, ne l'oublions pas).

 

Les États-Unis paraissent surtout inquiets de voir que la Russie pourrait, seule, éliminer l’État Islamique ! Ce qui filerait un sacré coup de moins bien au prestige de l'Oncle Sam ! Et n'arrangerait pas ses affaires tant les États-Unis ont besoin des Russes comme cela s'est avéré lors des négociations avec l'Iran sur la question nucléaire. Mais ils voudraient que la Russie se cantonne à un rôle secondaire, de supplétif du gouvernement yankee ! Allez faire avaler ça à Poutine ! Ce ne sont pas les Russes qui ont allumé tous ces feux au Moyen-Orient que je sache ! Par contre les États-Unis ont depuis longtemps une politique qui consiste à attiser les tensions et susciter la violence dans tous les pays qui se trouvent au pourtour de la Russie.

 

Cette stratégie étazunienne de la tension, de la provocation vis-à-vis de la Russie prend une toute autre dimension avec les différents déploiements de forces étazuniennes et otaniennes (pléonasme?!) à l'est de l'Europe. Silence radio total dans les merdias sur ces manœuvres nommée « Swift Response » (Réponse Rapide) qui se sont déroulées du 17 août au 13 septembre – le plus grand exercice de l'Otan de forces aéroportées (environ 5.000 parachutistes sur pied de guerre) depuis lafin de la guerre froide) – en Allemagne, en Italie, en Bulgarie, en Roumanie, avec des troupes étasuniennes, britanniques, françaises, grecques, hollandaises, polonaises, espagnoles et portugaises. Naturellement, confirme un communiqué officiel, « sous la direction de la U.S. Army ».

 

Le « Swift Response » a été précédé en août de l’exercice bilatéral USA/Lituanie  « Uhlan Fury », accompagné par un analogue en Pologne, et par le « Allied Spirit » qui s’est déroulé en Allemagne, toujours sous commandement des USA, avec la participation de troupes italiennes, géorgiennes et même serbes. Et, peu après le « Swift Response », se déroulera du 3 octobre au 6 novembre un des plus grands exercices Otan, le « Trident Juncture 2015 », qui verra engagées surtout en Italie, Espagne et Portugal des forces armées de plus de 30 pays alliés et partenaires, avec 36.000 hommes, plus de 60 navires et 140 avions !

 

Fait emblématique : à la « Trident Juncture 2015 » participe (dans le silence politique général) l’Union européenne en tant que telle. Il n’y a pas à s’en étonner, étant donné que 22 des 28 pays de l’U.E. sont membres de l’Otan et que l’art. 42 du Traité sur l’Union européenne reconnaît leur droit à réaliser « la défense commune par l’intermédiaire de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord », qui (souligne le protocole n° 10) « reste le fondement de la défense collective de l’Ue ». L’Otan – dont le Commandant suprême allié en Europe est toujours nommé par le président des États-Unis et dont les autres commandements clé sont aux mains des USA - sert à maintenir l’U.E. dans la sphère d’influence étasunienne. En tirent avantage les oligarchies européennes, qui en échange de la « fidélité atlantique » de leurs pays participent à la grande partition de profits et zones d’influence avec celles des États-Unis. Pendant que les peuples européens sont traînés dans une dangereuse et coûteuse guerre froide contre la Russie et dans des situations critiques, comme celle du dramatique exode de réfugiés provoqué par les guerres USA/Otan en Libye et Syrie.

 

Liens: http://www.mondialisation.ca/swift-response-de-lotan-nuees-de-parachutistes-sur-le-pied-de-guerre-en-europe/5471635

http://fr.sputniknews.com/international/20150909/1018079211.html#ixzz3lJYevluI

 

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02/09/2015

Migranvahisseurs : le suicide de l'Europe.

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« Sauver l'honneur de l'Europe » ! Non mais il délire tonton Guetta ce matin sur France Inter ! Il nous parle de charité, fait de ces migranvahisseurs musulmans « nos alliés ». Il bave d'allégeance devant la « grandeur » de l'Allemagne et de sa Fraufurher Merkel qui « donne l'exemple » en ouvrant ses frontières « consensuellement » (mouais, on en reparlera...) à tous ces « malheureux » fuyant la guerre ou la misère dans leurs pays. Des malheureux qui ont tout de même entre 6.000 et 10.000 euros par personne à dépenser auprès des agences de voyages mafieuses qui les cornaquent.

 

Non mais vous les avez vu ces files interminables de gens jeunes, surtout des hommes, gaillards, bien nourris, franchissant allègrement les dérisoires barrages de barbelés aux frontières de la Hongrie ? Vous les avez vues ces foules vindicatives et revendicatives, débordant les flics hongrois et prenant d'assaut les trains pour envahir nos « grasses contrées » ? Vous les entendez tous ces crétins utiles ouvrant grand leur cœur et nos portes à ces voraces coriaces venus d'ailleurs ? Vous l'avez entendu Fabius pourrissant la Hongrie qui met en place un dérisoire barrage contre l'invasion de son pays, oubliant que ses véritables patrons à lui, les voleurs de terre d'Israël, érigent des murs de la honte bien plus haut et bien plus puissants !

 

On assiste en se fouettant la couenne de culpabilité dégoulinante à un véritable suicide collectif de l'Europe. Les ventres stériles de nos femmes, les couilles molles de nos hommes incitent nos « zélites dirigeantes » rien moins qu'à envisager, voire à organiser le remplacement des populations autochtones d'Europe par des peuplades venues d'autres continents, difficiles sinon impossibles à assimiler, étrangers à notre manière de vivre, de penser, de vivre ensemble. Des « zélites » qui refusent de voir que cette immigration massive change fondamentalement les valeurs traditionnelles dominantes en Europe, et que d’autre part à terme cette immigration extra-européenne contribue sinon à l’extinction des Européens autochtones du moins au remplacement de leurs cultures, de leur civilisation.

 

La civilisation est l’ensemble des phénomènes sociaux, intellectuels, artistiques, religieux, scientifiques et techniques d’une société. Une population est porteuse d’une civilisation qui est le résultat de son histoire. Lorsque sur un territoire une population est remplacée par une autre population aux références culturelles ou morales différentes, la continuité de l’évolution de la civilisation présente sur ce territoire est interrompue : sur ce territoire une civilisation est morte et est remplacée par une autre civilisation. « Les civilisations meurent par suicide, non par meurtre » disait l'historien britannique Arnold Joseph Toynbee et c’est ce qui est en cours en Europe en ce moment. Le mondialisme et ses collaborateurs ultralibéraux à la solde des multinationales cherchent à y parvenir - leurs appels à l’ouverture de l’Europe et au mélange généralisé sont des incitations au suicide.

 

Cette situation ne se fera pas sans soubresauts sanglants. Mais ça, nos « zélites » s'en foutent. Ce qui les intéresse, c'est que l'économie tourne, que la sacro sainte « croissance » continue de façon à ce que les quelques milliers de parasites qui pressurent le monde s'engraissent encore plus. Et des populations immigrées peu éduquées, en situation de faiblesse et abruties par des idéologies obscurantistes sont toujours plus dociles que des autochtones lucides et récalcitrants !

 

Oui mais ces « malheureux » fuient des zones de guerre. Eh ! Oh ! Ces conflits armés, ce sont nos maquereaux – nos « zélites » qui se gargarisent de tolérance, de droit-de-l'homme, de « grand métissage universel » - qui les ont déclenchés et qui les perpétuent en provoquant des massacres à grande échelle.

 

Que certains de ces clandestins, de ces migranvahisseurs méritent de l'aide, pourquoi pas. La première aide serait de ne pas détruire leur pays (Merci Sarko, Cameron, Obama et le bouffon BHL pour la Libye). La deuxième serait de lutter réellement contre cette peste qu'est l'état islamiste, en s'alliant avec les seuls qui ont les moyens de le battre sur le terrain : l'armée de Bachar el Assad d'une part, les forces iraniennes d'autre part. En s'appuyant au niveau international sur le pays ayant encore de l'influence dans ces régions voisines de leur immense territoire, la Russie. Mais ça, ça ne plaît pas à l'Oncle Sam (ni à Israël... ). La troisième serait de financer en partie les camps de réfugiés en Jordanie, au Liban, en Turquie, c'est-à-dire au plus près des frontières de leurs territoires afin qu'ils puissent retourner chez eux une fois la guerre terminée plutôt que de leur laisser miroiter le « paradis européen ». La quatrième, d'empêcher radicalement les bateaux des passeurs de sortir des eaux libyennes. La cinquième d'arrêter de piller l'Afrique. La sixième de faire des efforts massifs pour éduquer ces populations en déshérence. La septième... à vous de chercher un peu.

 

Enfin, partant du principe que « qui sème sa merde ramasse ses estrons », on pourrait mettre tous ces migrants dans des bateaux et les envoyer par flottes entières vers les côtes des États-Unis, responsables du foutoir actuel au Moyen-Orient !

 

 

migrants,envahisseurs

 

 

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31/08/2015

Des Machines et des Hommes. Les hommes sont devenus superflus. Pire, ils encombrent...

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Les Machines seraient-elles devenues les ennemis des Hommes ? Elles envahissent notre espace vital, se rendent indispensables. Et surtout rejettent l'Homme...

 

Au début, les machines ont envahi les campagnes et les paysans sont devenus ouvriers. Aujourd’hui, les machines chassent les hommes de l'industrie. Même les pays à bas salaires où les entrepreneurs délocalisent leurs industries connaîtront le même sort car les machines sont toujours plus puissantes, plus rapides, plus nombreuses et moins chères. De plus elles ne font jamais grève, ne paient aucune charge sociale et sont « licenciables » sans indemnités ! Même dans les services, les machines remplacent de plus en plus l'humain également (DAB, distributeurs de billets SNCF ou avion, autoroute, etc.) rejetant au chômage de très nombreux employés.

 

Aujourd'hui, l'alpha et l'oméga des « économistes distingués » - la très vénérée croissance économique - n'est plus synonyme de création d'emplois. Elle n'a plus besoin d'hommes supplémentaires puisque les gains de productivité obtenus par les machines et les ordinateurs suffisent.

 

Et pourtant... Depuis toujours, les hommes étaient une richesse : on faisait des guerres, des razzias pour s'emparer des hommes, les réduire en esclavage pour exploiter leur force de travail. De même l'immigration combinée à l'esclavage a créé et fait la richesse des États-Unis. Mais tout s'est inversé. Le fric et l'énergie dépensés pour acquérir des hommes servent maintenant à les repousser... Les seuls immigrés que l'on admet sont ceux qui acceptent un salaire inférieur au coût d'une machine ou ceux suffisamment qualifiés pour qu'une machine ne puisse pas encore les remplacer. Ce dernier critère est valable aussi, bien entendu, pour les autochtones. Et même ce dernier territoire se réduit comme peau de chagrin. Chaque matin, en arrivant au boulot, un technicien haut de gamme se demande si un robot, une machine, un logiciel plus performant que lui n'aura pas pris sa place...

 

Les politiques connaissent ces évidences, mais ils les taisent, se gargarisant des emplois créés dans quelques secteurs encore à l'abri de la machine pour mieux dissimuler tous ceux qui disparaissent. Puis on arrange les statistiques, on alloue quelques poignées de figues aux plus démunis de façon à préserver la paix sociale. On organise des formations qui apportent aux « superflus » des compétences déjà dépassées sitôt acquises par l'évolution des machines. Mensonges et fausses promesses s'efforcent de camoufler leur impuissance pour ne pas désespérer le peuple. Un peuple assisté est un peuple docile...

 

Et les humains reculent toujours plus devant l'inexorable montée des machines intelligentes, des robots, des logiciels. Pour garder leurs revenus, ils s'évertuent à « travailler plus pour gagner plus », mais pour garder leur emploi, ils acceptent de gagner moins...

 

Pourtant, pendant longtemps, les progrès du machiniste entraînaient la suppression des tâches pénibles, la diminution du temps de travail, un enrichissement de tous, tant du patron que des ouvriers, une amélioration continue des conditions de travail et du confort de vie. C'était un modèle vertueux. Qui a disparu... A présent, les machines poussent toujours plus les hommes dehors et laissent les autres, ceux qui ont la « chance » d'avoir encore un job, travailler comme avant. Et certains politiques – Macron par exemple – ont l'impudence de faire encore l'apologie du « travailler plus » ! Il reste du travail, mais plus assez pour tous si on ne le partage pas car on est loin d'en créer autant qu'il n'en disparaît. La redistribution des richesses à travers le salaire est dépassée.

 

A qui profite ce surplus de productivité fourni par les machines, les robots, les logiciels intelligents ? Uniquement aux propriétaires des machines. Les « patrons » version économie financiarisée ont abandonné toute pudeur : le PDG d'Alcatel-Lucent ne part-il pas à la retraite avec 14 millions d'euros en récompense de son principal fait d'armes : avoir lourdé des milliers de salariés ! Mais le capitalisme, dans sa bêtise congénitale, coupe la branche sur laquelle il se vautre : au lieu de distribuer plus de salaires pour donner du pouvoir d'achat aux consommateurs, il utilise toutes les ficelles, toutes les magouilles (travailleurs détachés, délocalisation, etc.) pour payer moins. Avec ce résultat : plus les machines sont nombreuses et efficaces, moins il y a d'hommes susceptibles d'acheter leurs produits ! C'est du Ford à « K Pî près » comme disent les matheux, à l'envers.

 

Et le capitalisme est tellement stupide que le chef d'entreprise qui serait conscient de ce paradoxe et voudrait en conséquence augmenter les salaires de ses collaborateurs serait rapidement sorti du circuit par la sacro sainte « concurrence libre et non faussée ». Ses clients iraient acheter ailleurs les produits moins chers. Et même ses salariés achèteraient les produits meilleur marché de la concurrence ! C'est un cercle vicieux.

 

Chaque pays fait ce qu'il peut pour contenir son chômage, et les entreprises sont contraintes soit de licencier, soit de produire plus. Mais comme les nationaux n'ont plus assez de fric pour acheter ces produits, l'entreprise est contrainte d'exporter. Exporter ! Le mot magique. Mais à l'échelle de la planète, il n'y a pas d'exportation. Les Martiens ne sont pas encore des clients solvables... L'appareil productif capitaliste pousse toujours plus la production, mais parallèlement il appauvrit voire laisse dans le dénuement les clients potentiels de ses produits, réduisant d'autant ses débouchés ! Toujours cette vision à court terme de la mondialisation financière. Ainsi de plus de plus de richesses profitent à toujours moins de personnes. Creusant ainsi le fossé des inégalités avec les risques de troubles sociaux qui en découleront fatalement...

 

Si les gains de productivité réalisés grâce aux machines, aux robots, aux logiciels servaient à tous plutôt qu'à enrichir toujours plus quelques-uns, la surproduction cesserait, la société s'apaiserait et le saccage de la planète ralentirait.

 

Comment récupérer le bénéfice de ces gains de productivité ? La réponse est pourtant simple : taxer les machines au niveau de ce qu'auraient coûté les charges sociales des salariés qu'elles remplacent. Et redistribuer cet argent aux salariés, aux retraités, à toute la population en fonction de critères de moyens et de besoins à définir.

 

Ça a un nom ça : c'est le revenu universel !

 

 

Lecture utile sur ce sujet: "Proteus" de Louis Raffin

 

 

 

 

 

 

27/08/2015

Migrants ou envahisseurs ?

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Invasion - Pénétration belliqueuse et massive des forces armées d'un État sur le territoire d'un autre État - Migration accompagnée de violences, de dévastations - Action d'envahir, de se répandre dangereusement - Entrée soudaine et massive. (Le Robert).

 

Non, ce n'est pas une «  Pénétration belliqueuse et massive des forces armées d'un État sur le territoire d'un autre État ». Non, ce n'est (pas encore) une «  Migration accompagnée de violences, de dévastations », bien que des violences se multiplient aux zones de contact. Mais oui, c'est une « Action d'envahir, de se répandre dangereusement – C'est une « Entrée soudaine et massive. »

 

Si ce n'est pas une invasion, ça y ressemble... C'est un flot ininterrompu de gens forçant l'entrée dans des pays qui ne les ont pas invités. Au rythme démentiel de plusieurs milliers par jour. C'est une invasion rampante tant par terre que par mer. Oui mais ces gens sont faibles, sont pauvres, sont menacés de mort dans leurs pays en proie à la guerre ou sous le joug de dictatures sans pitié. Oui mais l'Europe est grande, elle a des valeurs humanistes, elle a inventé les Droits de l'Homme. Elle peut donc ouvrir son cœur et ses frontières et accueillir à ces pauvres malheureux.

 

Discours de bisounours illuminés, larmes de tartuffes, bêlements d'imbéciles heureux se vautrant dans des transes repentantes, mea culpa dégoulinants de remords ataviques... Surtout lâcheté devant la vérité que l'on ne veut pas regarder en face. Parce que la vérité fait peur : peut-on inviter à notre table tous ces pauvres migrants si émouvants ? La réponse, trouvez-là vous-même : en France, 5 millions de chômeurs, 10 millions de personnes touchées par la crise du logement, 3,5 millions pas ou mal logés, 700.000 dont le seul domicile est la rue où ils survivent, souffrent l'humiliation et meurent dans l'indifférence générale. Et il faudrait ouvrir les portes toutes grandes pour accueillir toute la misère du monde ?

 

A côté des Droits de l'Homme, il y a les Devoirs de l'homme. Et le premier devoir d'un citoyen, c'est de défendre sa terre, son pays contre toute invasion qui risque de changer radicalement sa manière de vivre ensemble, sa res publica. Parce que l'arrivée annuelle de plusieurs millions de gens venus d'ailleurs, apportant avec eux leurs coutumes si différentes des nôtres et – pire que tout – leur religion, essentiellement musulmane, donc difficilement compatible avec les valeurs de l'Europe, va se faire sans profonds bouleversements ? Est-il inconvenant de se demander comment des cultures différentes pourront à terme coexister sans communautarisme, qui consiste à séparer la société en groupes concurrents voire antagonistes ?

 

Accueillir tous ces migrants ? Impensable sauf à accepter des troubles qui déboucheront sur des guerres civiles en Europe et l'arrivée au pouvoir des partis de l'extrême-droite fascisante. Une folie irresponsable. Un suicide civilisationnel. Car ces millions de « migrants », d'envahisseurs dont le taux de fécondité est une arme (« Un jour, des millions d'hommes quitteront l'hémisphère sud pour faire irruption dans l'hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils, c'est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire. » Boumédienne devant l'ONU en 1974), ces « migrants » donc n'auront aucune peine, en quelques décennies, à s'imposer puis à remplacer les populations autochtones avachies derrières leurs i-phones, leurs bagnoles et leur foot, engoncés dans leur mauvaise graisse et leur malbouffe, incapables de se défendre.

 

Est-ce irrémédiable ? Espérons que non. Et quitte à passer pour un affreux, applaudissons les Hongrois qui mettent un barrage à ces hordes de « malheureux » (capables tout de même de payer des milliers d'euros pour parvenir en « terre promise européenne »). Pourquoi ne vont-ils pas vers ces pays ultra-riches, ayant les mêmes convictions religieuses qu'eux que sont les douces monarchies pétrolières ?

 

Pour tarir cette invasion rampante, ne faudrait-il pas dissuader ces foules au départ ? En les aidant réellement à lutter contre les conditions qui les font fuir ? En arrêtant de piller l'Afrique ? En détruisant militairement les nids de trafiquants ? En les aidant à ouvrir des écoles autres que ces sinistres madrassas, pivot de l'obscurantisme ? En cessant ces agressions militaires - spécialités des USA et de ses caniches - consistant, sous le faux-nez du "Droit-de-l'hommisme" mais en réalité pour s'emparer des richesses, à saccager un existant certes pas idéal (Saddam, Kadhafi) mais moins pire que l'effroyable chaos lui ayant succédé.

 

Ne pas tout faire pour arrêter cette invasion rampante, c'est ouvrir la porte à des mouvements violents au sein même de l'Europe (ça commence en Allemagne), c'est créer les conditions d'une venue au pouvoir de partis d'extrême-droite violents, c'est prendre le risque de guerres civiles en Europe, c'est la fin de la belle idée européenne.

 

La lâcheté devant les faibles est une des formes les plus actives, les plus subtiles et les plus mortelles de la lâcheté !

 

Photo X - Droits réservés

 

24/08/2015

Au Bistro de la Toile : arnaques estivales, Thalis.

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- Oh ! Loulle, t'es un mastroquet étonnant, atypique : t'es souriant, tu ne parles pas que de foot et en plus tu ne voles même pas tes clients...

 

- Ben, quoi. Je fais mon boulot normalement, non ?

 

- Non. Si je te compare, par exemple, à ces machines à arnaques que sont les terrasses des stations de bord de mer. Á Bandol, j'ai payé 10 euros 70 pour un quart Vichy avec deux verres et un vulgaire thé-tampax. Servis sans même un coup de torchon sur le guéridon et avec l'amabilité d'une contractuelle hépatique ! J'ai tout de même pu apprécier le ballet matinal de livreurs qui, à pleins diables, transportaient depuis un camion frigorifique et jusqu'aux nombreuses gargotes de la rue parallèle au boulevard de front de mer les tonnes de malbouffe surgelée qui y seraient ingurgités dans la journée...

 

- Aussi, qu'est-ce que tu vas faire dans ces pays de fadas Victor ?

 

- Voir ma fille et sa famille quelques jours. Bon. Alors Loulle les nouvelles ? Je ne suis plus dans le coup...

 

- Eh bien, je te résume : on se tire dessus dans le train, les migrants envahissent la Macédoine, Montebourg tente de prendre la roue de Varouflakis et le Quinze de France a battu les Rosbifs.

 

- Ben voilà. J'en sais assez. Le fait est que les trains sont le maillon faible des transports. Trop de monde, trop de gares pour mettre en place des systèmes de contrôle efficaces. Plus de contrôle humains à l'entrée depuis des années. Avec un ticket validé par un robot, on pénètre sur les voies et dans le train, avec n'importe quoi dans ses bagages. Déposer un sac ou une valise piégée et ressortir ne pose aucun problème. Pas de soucis non plus pour se trimballer un arsenal, le rendre opérationnel dans les chiottes et faire un carnage. Dès lors, l'étonnant c'est qu'il n'y ait pas encore eu des massacres. Dans le Thalis, il a été évité parce qu'un mec a entendu le claquement significatif d'un flingue qu'on arme et a ceinturé le type dès sa sortie des gogues. C'est un formidable hasard. Et aussi parce que des voyageurs, plutôt que de se laisser flinguer comme des lapins, ont eu le courage de ceinturer, de désarmer et de neutraliser le tueur d'allah de service. Ce ne sera pas toujours fête, hélas...

Il faudra bien un jour revoir ces accords de Schengen qui font qu'on entre et sort sans aucun contrôle de France et des autres pays de l'Europe ayant signé ces accords d'un autre temps, plus du tout adaptés aux menaces terroristes « low cost » que nous subissons. On est au temps des EURL-terroristes. Le terroriste, maintenant, ce peut être n'importe quel taré se laissant bourrer le crâne par quelque imam salafiste payé par nos « amis » du Qatar ou d'Arabie saoudite et par les sites internet islamistes qui pullulent. Après éventuellement un entraînement au maniement des armes en Syrie.

 

- On ne peut tout de même pas soupçonner tout type un peu trop bronzé tout de même !

 

- Même pas puisque de nombreux « djihadistes » coupeurs de tête sont des « fromages-blancs », des « sous-chiens » convertis... Faut quand même pas en faire une parano. Mais il ne serait pas inutile de revoir nos « amitiés » avec le Qatar et l'Arabie saoudite...

 

- Tout de même Victor. De si bons clients ! Qui nous achètent plein de belles machines à tuer ! Tu n'y penses pas ?

 

- Il y a quelques leçons à tirer de cette histoire. D'abord une leçon humaine : le courage paie, les cinq types qui ont su faire face au tueur d'allah l'ont prouvé. Ensuite les accords de Schengen doivent être chamboulés et les contrôles aux frontières de nouveaux envisagés, hélas. Enfin, tous les tueurs sous statut d'EURL-terroriste étaient fichés « S ». Les Mérah, Coulibaly et tutti quanti étaient connus pour leurs convictions islamistes mais sans aucune surveillance ! On a vu le résultat. Faut-il attendre qu'ils tuent avant de les neutraliser ?

 

- Mouais... Pas simple tout ça. Allez ! Á la nôtre !

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

17/08/2015

Au bistro de la toile : Prolétaires de tous les pays, reposez-vous !

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- Oh ! Victor, l'autre matin, j'ai entendu dans le poste une femme du gouvernement – fort intéressante, c'est tellement rare – disant que les 25 milliards (je crois) donnés chaque année aux patrons pour les aider à embaucher n'avaient créés que 100.000 emplois. Ce qui nous met le coût de l'emploi, pour le budget de l’État, donc nos sous à nous, à 250.000 euros l'emploi ! Non mais, c'est un truc de ouf ça, jeter ainsi le pognon par les fenêtres ! Faire de tels cadeaux, pour que les patrons se gavent sans embaucher !

 

- T'as raison Loulle. Le coût tout compris d'un bas salaire revient autour de 25.000 euros par an. Donc avec ces 25 milliards donnés aux patrons, on pourrait donner aux chômeurs, sans contrepartie de travail, l'équivalent d'un SMIC à non pas 100.000 mais 10 fois plus : 1 million de personnes par an !

 

- Sans rien faire ?

 

- Sans rien faire Loulle. Il faut se faire à cette idée : le travail comme moyen de répartition des ressources du pays, c’est mort, c’est fini. Où alors il faut tendre vers la remise en service de l’esclavagisme comme chez les Anglais (avec les « contrats » à l’heure) et chez les Allemands avec le travail forcé à 1 euro de l’heure pour les chômeurs. Le plein emploi qui permet à celui qui n’a que sa force de travail pour vivre, c’est mort et enterré. Il n’y a qu’à voir le fossé de plus en plus abyssal entre ceux qui possèdent un patrimoine et ceux qui n’ont que leurs bras. Les premiers s’enrichissent à flot continu, les seconds ont pour perspective devant eux le chomdu et la rue…

 

- Alors on fait quoi ?

 

- On change le logiciel en instituant un revenu de base universel. L’État paie des impôts négatifs. Revient au petit calcul qu'on vient de faire.

 

- Attends c’est quoi ça. Les impôts, je sais ce que c’est : je donne à l’État pour les services publics une partie de ce que je gagne par mon travail, par mon épargne, par éventuellement des actions, par mon patrimoine. Mais les impôts négatifs c’est quoi ?

 

- C’est l’État qui verse à chaque citoyen un revenu inconditionnel afin de lui permettre d’assurer sa subsistance, tout en lui laissant le choix d’occuper ou non, en plus, un emploi rémunéré.

 

- Tu rigoles ou quoi ? Ce serait trop chouette ça !

 

- C’est plus que chouette Loulle, c’est une simple question de bon sens. Inspiré des utopies fouriéristes, voire plus anciennes, le revenu de base inconditionnel (aussi appelé allocation universelle) «Un revenu minimum suffisant, versé à tous, de la naissance à la mort, sans aucune condition ni contrepartie», qui remplacerait tous les « filets sociaux » actuels et leur bureaucratie par un droit inscrit dans la Constitution, permettant à chacun de mener une existence modeste mais digne.

 

- Quand même Victor. Qui aura envie de marner dans ces conditions ? C’est une prime à la fainéantise, non ?

 

- Pas du tout, c’est, enfin, être réaliste. Le travail salarié est une manière de répartir au plus grand nombre des moyens plus ou moins généreux de partager le gâteau national afin que la machine économique – production, consommation – puisse tourner.

 

- Mais qui la fera tourner la machine s’il n’y a plus personne pour marner ?

 

- Mais il y en aura du monde pour marner ! Et que font les retraités ? Ils ont un revenu qui leur permet de vivre plus ou moins bien et la plupart a des activités choisies, souvent altruistes (resto du cœur, banque alimentaire, aide aux devoirs des gosses, etc.), qui s’avèrent indispensables à la bonne marche de la société.

On peut parier qu’un individu préférera toujours cumuler ce revenu de base à un autre salaire, surtout quand ce salaire correspondra à un travail qu’il aura plus librement choisi. Le besoin de s’occuper et d’être utile demeure, les gens continueront de travailler pour compléter leur revenu de base, mais différemment d’aujourd’hui. Ils auront plus de temps pour des activités nécessaires au bon fonctionnement de la société qui s’en trouvera mieux.

 

- Et d’où sortira le pognon Victor ?

 

- Des « zéconomistes distingués » ont creusé la question. Ce revenu de base coûterait autour de 200 milliards par an. Ce qui n’est pas insurmontable. Les pistes ne manquent pas : fusion de l’aide sociale, du système de chômage et du système de retraite ; redistribution de la rente pétrolière ; un impôt sur le patrimoine, etc. mais avant tout récupération de la fraude fiscale (80 milliards par an) ; ajoutons les près de 20 milliards de la fraude à la TVA, les 15 milliards de la fraude sociale, les 8 milliards du RSA, les 1,5 milliard du Pôle emploi devenu inutile, etc. Les moyens de financement ne manquent pas.

 

- Merde, mais ce n’est pas si utopique que ça ce truc Victor !

 

- Et il faut regarder les conséquences positives d’une telle mesure : elle amènerait logiquement la disparition du chômage ainsi qu’une forte relance de la consommation, permettant aux entreprises d’embaucher éventuellement. Dans ce cas-là, les patrons qui voudraient garder ou embaucher de bons collaborateurs seraient plus attentifs aux besoins des salariés, favorisant aussi une hausse des salaires et une amélioration des conditions de travail.

 

- Ouais mais, Victor, il y a des activités qui ne sont pas très bandantes et qu’il faut pourtant faire : ramasser les poubelles, laver le cul des vieux, etc. Qui les fera ?

 

- N’oublie pas que ce système va complètement changer les rapports de force entre patronat et salariat. Actuellement, ces boulots peu valorisants sont, en plus, mal payés, mais les volontaires, dans ce système, seraient rares, donc recherchés, donc bien payés !

 

- Wouarf ! Je rêve Victor. Le glandage enfin reconnu, apprécié et rémunéré ! Lafargue, l’apologue de la Paresse, doit se pisser dessus de bonheur dans sa tombe !

 

- C’est une mentalité complète à changer Loulle. Nous sommes influencés par cette culture où le religieux  ( "Tu te nourriras à la sueur de ton front !") se mêle à l’économique (travailler plus pour gagner plus) et condamne l’oisif à travailler. Sauf s’il est rentier… Après des siècles de christianisme et avec l’esprit du capitalisme, on n’imagine pas passer sa vie dans l’inactivité ou l’activité choisie et gratuite, à moins de passer pour un marginal ou un illuminé. Et malheur à vous si vous avez la malchance d’être au chômage ou si vous avez choisi de faire passer votre vie personnelle avant le travail. On aura vite fait de vous soupçonner de paresse, fainéantise ou de manque d’ambition. Et vous perdrez votre vie à la gagner.

 

- Y a qu’un fainéant pour inventer des trucs aussi géniaux Victor.

 

- Parce que le fainéant à l’esprit libre Loulle. Les fainéants sont une élite ! Et même s’il doit travailler, le fainéant est plus efficace : il travaille vite pour avoir plus vite fini, et bien pour ne pas avoir à y revenir !

 

- A la nôtre Victor. Et vive les Fainéants !

 

Merci à Chimulus

 

12/08/2015

Au bistro de la toile : TAFTA, Wikileaks, cochons.

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- Oh ! Victor, tu veux gagner 100.000 euros ?

 

- T'as un tuyau en béton pour les courses de canassons ou tu fais dans le trafic de pastaga ?

 

- Non. Mais c'est dans le canard : « Wikileaks offre 100.000 euros à celui qui donnera le texte de TAFTA »...

 

- Putaing, Loulle... TAFTA, ce traité de vassalisation de l'Europe au profit des USA. Une honte. Un scandale. Ce « traité » qui n'est qu'une somme de magouilles est un véritable déni de démocratie. Il est mené de manière sournoise, dans la plus grande opacité par des fonctionnaires européens « mandatés ». Il ne s'agit pas d'accords commerciaux classiques, Loulle. Il ne s'agit pas seulement d'abaisser des barrières douanières ou d'harmoniser quelques normes techniques, il s'agit surtout et avant tout de supprimer toutes les normes – environnementales, sociales, etc. - qui gênent encore les entreprises multinationales. En jeu : l'autorisation des OGM et de l'exploitation des gaz et huiles de schiste, le rabotage voire la suppression des normes environnementales, la mise à bas des protections sociales, la mise en place de mécanismes qui interdiront toute politique publique (en matières sociales, environnementales) qui « risqueraient » de réduire les bénefs, même pas réels, mais simplement attendus, escomptés, des entreprises ! Avec le mécanisme dit « investisseurs-État », une entreprise pourra remettre en cause une réglementation devant un organe d'arbitrage privé et faire condamner les États et les collectivités locales à de lourdes amendes. Et avec le mécanisme de « coopération réglementaire », tout gouvernement qui voudra, dans l'avenir, revenir sur une décision antérieure de libéralisation ou prendre une mesure de protection des populations ne pourra pas le faire s'il rentre en contradiction avec l'accord. Et tout cela au nom de la croissance nous serinent, la main sur le cœur le gouvernement et la Commission européenne.

Et le pire, Loulle, c'est que toutes ces magouilles qui vont engager la vie de tous les jours de 500 millions d'Européens (et accessoirement de 350 millions d'Etazuniens) se traitent dans la plus grande opacité, sans aucun débat parlementaire, sans aucune information fiable. Comment se fait-il qu'il faille qu'une organisation exemplaire de lanceurs d'alertes comme Wikileaks propose la somme – dérisoire au vu des enjeux – de 100.000 euros pour qu'un fonctionnaire européen courageux, ou un élu dans la confidence lâche le morceau !

 

- Ouais. T'as raison, Victor, on nous prend réellement pour des kons... Bon. Et ces éleveurs de cochons qui se font rouler dans le purin par les industriels de la charcutaille, qu'est-ce qu'il faut en penser ?

 

- Ils sont le cul entre deux chaises. Trop petits pour lutter contre les usines à barbaques de bas de gamme allemandes et espagnoles (500 truies en moyenne en Bretagne contre 1000 en Allemagne et 2000 en Espagne) et pas assez haut de gamme pour lutter sur le plan de la qualité. De plus, ils doivent faire face à des concurrents qui ont des prix de revient bien plus bas du fait qu'en Allemagne les abatteurs utilisent sans vergogne des travailleurs détachés venant des ex-pays de l'Est qui sont payés à 4 euros de l'heure pour des journées de travail sans fin. Quant aux Espagnols, saignés autant que leurs porcs par la crise, ils sont bien contents de trouver un boulot, à n'importe quel prix...

Et puis, n'oublions pas l'incommensurable konnerie de notre amiral de pédalo qui s'est associé avec autant de veulerie que de lâcheté aux « sanctions » contre la Russie, provoquant en retour la perte d'énormes marchés tant pour nos éleveurs que pour nos producteurs de fruits et légumes et autres acteurs de la filière agroalimentaire.

Quant aux fameux Mistrals, ils nous resteront sur le cul et nous coûteront un bras en demi, bien plus que les 1,2 milliards annoncés...

 

- Allez. Á la nôtre quand même Victor !

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

 

10/08/2015

Décoloniser Gibraltar mais aussi Ceùta et Mejilla.

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Décidément, ils se croient revenus à l'époque coloniale les Rosfifs ! Non seulement, ils ont enfilé profond grugé Chirac et Sarko avec l'incroyable Traité du Touquet...qui revient à leur donner une forme de souveraineté sur Calais puisqu'ils ont repoussé leur frontière jusqu'à cette ville, avec l'accord béat de ces deux niais, mais ils cherchent des crosses aux Espagnols dont les navires auraient « pénétrés dans les eaux territoriales britanniques » en poursuivant des trafiquants.

 

Gibraltar est ainsi la dernière colonie en Europe. Ce dossier est d'ailleurs débattu à l'ONU par un comité chargé de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples colonisés.

 

Les autorités d'occupation de Gibraltar ont revendiqué le droit des Gibraltariens à l'autodétermination. Ces scrutins ont donné des résultats disant que les habitants du rocher, à leur grande majorité, voulaient demeurer britanniques. Et pour cause : ils bénéficient de tellement d'avantages ! Cette population est formée de descendants de Maures, de Maltais, de Britanniques, d'Indiens, de Pakistanais et, bien sûr, d'Espagnols. Le Rocher a toujours été un paradis pour tous les trafics, qu'ils soient de capitaux, d'armes, d'êtres humains, de drogues. Il demeure un nid d'espions et de trafiquants. Selon Madrid, Gibraltar devrait être décolonisé en respectant "le principe d'intégrité territoriale" et non pas celui de l'autodétermination.

 

Pourquoi cette terre espagnole d'évidence est-elle sous le joug des Britanniques ? Ça remonte loin : au Traité d'Utrecht. L'article X de ce traité stipule que l'Espagne cède à la Grande-Bretagne « para siempre - pour toujours », la propriété de Gibraltar mais « sans aucune juridiction territoriale ». Ce qui fonde la revendication espagnole sur le rocher.

 

Le traité dit ceci :

« El Rey Católico, por sí y por sus herederos y sucesores, cede por este Tratado a la Corona de la Gran Bretaña la plena y entera propiedad de la ciudad y castillos de Gibraltar, juntamente con su puerto, defensas y fortalezas que le pertenecen, dando la dicha propiedad absolutamente para que la tenga y goce con entero derecho y para siempre, sin excepción ni impedimento alguno. Pero, para evitar cualquiera abusos y fraudes en la introducción de las mercaderías, quiere el Rey Católico, y supone que así se ha de entender, que la dicha propiedad se ceda a la Gran Bretaña sin jurisdicción alguna territorial y sin comunicación alguna abierta con el país circunvecino por parte de tierra. Y como la comunicación por mar con la costa de España no puede estar abierta y segura en todos los tiempos, y de aquí puede resultar que los soldados de la guarnición de Gibraltar y los vecinos de aquella ciudad se ven reducidos a grandes angustias, siendo la mente del Rey Católico sólo impedir, como queda dicho más arriba, la introducción fraudulenta de mercaderías por la vía de tierra, se ha acordado que en estos casos se pueda comprar a dinero de contado en tierra de España circunvencina la provisión y demás cosas necesarias para el uso de las tropas del presidio, de los vecinos u de las naves surtas en el puerto. 

Pero si se aprehendieran algunas mercaderías introducidas por Gibraltar, ya para permuta de víveres o ya para otro fin, se adjudicarán al fisco y presentada queja de esta contravención del presente Tratado serán castigados severamente los culpados. 
Y su Majestad Británica, a instancia del Rey Católico consiente y conviene en que no se permita por motivo alguno que judíos ni moros habiten ni tengan domicilio en la dicha ciudad de Gibraltar, ni se dé entrada ni acogida a las naves de guerra moras en el puerto de aquella Ciudad, con lo que se puede cortar la comunicación de España a Ceuta, o ser infestadas las costas españolas por el corso de los moros. Y como hay tratados de amistad, libertad y frecuencia de comercio entre los ingleses y algunas regiones de la costa de Africa, ha de entederse siempre que no se puede negar la entrada en el puerto de Gibraltar a los moros y sus naves que sólo vienen a comerciar.

Promete también Su Majestad la Reina de Gran Bretaña que a los habitadores de la dicha Ciudad de Gibraltar se les concederá el uso libre de la Religión Católica Romana. Si en algún tiempo a la Corona de la Gran Bretaña le pareciere conveniente dar, vender, enajenar de cualquier modo la propiedad de la dicha Ciudad de Gibraltar, se ha convenido y concordado por este Tratado que se dará a la Corona de España la primera acción antes que a otros para redimirla. »

Allez, faites un petit effort. L'Espagnol est une langue très proche du Français.

 

Doit-on, au XXIème siècle, se référer à un traité vieux de plus de trois siècles ? Est-il normal qu'un pays européen, membre (encore!) de l'Union Européenne, colonise une partie du territoire d'un autre pays de l'Union Européenne ?

 

Et puis, ne serait-il pas temps pour les Espagnols – qui revendiquent à juste titre leur souveraineté sur Gibraltar – de faire de même avec leurs « possessions », leurs colonies en territoire marocain ? Et de restituer au Maroc les enclaves de Ceùta et de Merilla, points de passages d'une immigration massive puisque Ceùta et Merilla sont en Espagne, donc en Europe !

 

Et n'oublions pas non plus que l'une des plus actives portes d'entrée des migrants africains en Europe est...l'île de Mayotte, département français.

 


Photo X - Droits réservés

 

06/08/2015

Hiroshima… « Apocalypse now », comme si vous y étiez !

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Il faisait un grand soleil ce matin-là sur Hiroshima. Yoko venait juste de prendre son service à l’hôpital Shima, en plein centre ville. Ouvrant en grand les fenêtres du dortoir des contagieux, elle laissa aller un regard sur la ville puis, entendant un bruit d’avions, elle leva les yeux vers le gouffre  du ciel. Un dernier regard… Alors, de la voûte azurée des cieux fondirent, en une explosion de mille soleils,  les chevaux de l’apocalypse…

 

Dans le ciel radieux de ce 6 août 1945 autour de huit heures du matin, trois bombardiers américains B-29 Superfortress arrivaient sur la ville. « Enola Gay », « The great Artist » et « Necessary Evil ». Ils étaient partis vers 2 h 45 de l’île Tinian, occupée par les forces américaines, dans le Pacifique. Aux commandes du premier appareil, un solide gars de l’Illinois, Paul Tibbets, 40 ans. C’est lui qui avait baptisé son bombardier du nom de sa mère. Ça porte bonheur disait-il… Ça dépend pour qui. Dans sa soute : « Little Boy »… Un « petit garçon » ventru que le capitaine William Parsons arma précautionneusement dans l’heure suivant le décollage…

 

A 8 h 15, les trois appareils arrivèrent à la verticale de l’hôpital Shima, à un peu moins de 10.000 mètres d’altitude. Les équipages avaient chaussé des lunettes de précaution spéciales. Pour un dernier regard…

 

A 8 heures 16 minutes et 2 secondes, « Little Boy » était largué. Le « petit garçon » brillant fonça vers le sol. 43 secondes de chute puis des capteurs d’altitude et d’autres dispositifs automatiques déclenchèrent la mise à feu, à 580 mètres d’altitude.

 

Dans les premières microsecondes, l’énergie libérée par la réaction nucléaire se fit essentiellement sous forme de rayons γ et de neutrons. Ces rayonnements étant absorbés par l'air en quelques mètres, un dégagement de chaleur eut lieu, la température dépassant localement le million de degrés Celsius. Cet air surchauffé forma alors une "boule de feu" (masse sphérique de gaz incandescents) de quelques dizaines de mètres. Se comportant comme un corps noir, elle émit un rayonnement thermique intense, d’abord sous forme de rayons X. L’atmosphère étant peu transparente à ces derniers, ils furent réabsorbés en quelques mètres. Dans les millisecondes qui suivirent la boule de feu se dilata et se refroidit. Son rayonnement thermique « glissa » vers l’ultraviolet, la lumière visible et l’infrarouge. L'air étant transparent à ces longueurs d'onde, le rayonnement thermique pût alors se propager à plusieurs dizaines de kilomètres. En quelques secondes, la boule de feu qui continuait de se refroidir atteignit son diamètre maximal — autour de 2.2 km en 10 s pour 1 Mt. Cette dilatation ayant lieu initialement à vitesse supersonique, elle généra une onde de choc suivie d'un effet de souffle. Par convection, la boule de feu s'éleva rapidement du fait de sa chaleur. En se refroidissant, elle cessa d'émettre de la lumière visible et donc cessa d'être incandescente. L’explosion généra d’énormes quantités de vapeur d'eau, de poussières et de débris qui se condensèrent,  formant le sommet du sinistre champignon atomique. Il atteignit la stratosphère, à environ 20 km d'altitude et s'écrasa horizontalement sur quelque 35 Km de diamètre…

 

Au sol, là où était quelques secondes plus tôt la ville de 350.000 habitants, de dessous une lourde dalle, un gros scorpion sortit, queue recourbée et dard tendu. Il avait résisté sans encombre à la Bombe, lui…

 

Ouais, dit la propagande des vainqueurs, mais le feu atomique a permis de terminer très vite la guerre avec les Japonais, évitant ainsi des milliers de vies (sous-entendu « de soldats étazuniens »). Sauf que c'est loin d'être vrai.

 

Il est exact que le projet Manhattan lancé par Roosevelt dès 1942 pour mettre au poinr l’arme nucléaire était le pendant des travaux des nazis, eux aussi lancés dans une opération similaire. La capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945 a eu lieu alors que les derniers travaux et essais de « Manhattan » avaient lieu à Palo Alto. Le projet n’a pas été stoppé pour autant.

 

A Yalta, Staline et Roosevelt avaient convenu en secret que l’Armée Rouge se retournerait contre le Japon 3 mois après la capitulation allemande. Ce qui fut fait le 2 aout 1945.

Dès lors, était-il nécessaire de larguer non pas une mais deux bombes atomiques sur le Japon pour le forcer à capituler ? Ces carnages ont probablement hâtés la capitulation, mais de quelques jours ou semaines seulement. En effet, Hiro Hito, l’empereur du Japon, hanté par la menace de l’arrivée des troupes soviétiques qui signifiait la fin de sa dynastie, préférait capituler devant les États-Unis, qui lui aurait laissé entendre qu’ils ne toucheraient pas à la dynastie impériale, par crainte de la menace communiste.

 

Le président étazunien Truman, en pleine conférence réunissant les alliés (États-Unis, Grande-Bretagne, URSS) à Postdam, dans l’Allemagne vaincue, donna secdrètement l’ordre de larguer la bombe « Little Boy » sur Hiroshima. Raison réelle mais non avouée : démontrer au camarade allié Staline la suprématie militaire des États-Unis ! Une démonstration – Hiroshima et Nagasaki – a 250.000 morts…

 

Massacrer des centaines de milliers de civils, pour rien d’autre que montrer sa force, ça s’appelle un crime de guerre.

 

Mais le vainqueur n’est jamais jugé pour crime de guerre…

 

hiroshima

 

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04/08/2015

Nuit du 4 août: abolition des privilèges ? A refaire…

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On fête le 14 Juillet, la Prise de la Bastille, mais en fait, la vraie Révolution c'est l'Abolition des Privilèges, c'est la nuit du 4 août 1789.

 

"Dans Paris, on est agité, on parle. On parle beaucoup de cette fameuse nuit du 4 au 5 août à l'Assemblée Constituante.

Un noble, le Vicomte de Noailles, est monté à la tribune. Devant un auditoire subjugué, il a proposé de « proclamer l'égalité de tous devant l'impôt, de supprimer purement et simplement les corvées, mainmortes et autres servitudes personnelles, et de déclarer rachetables les autres droits ». Un immense enthousiasme s'est emparé de l'assistance. Les orateurs se sont alors succédés, avançant pêle-mêle de nouvelles propositions : abolition du droit de chasse, de l'esclavage, libération des Noirs, accès de tous aux fonctions publiques... Quelques membres du clergé ont même demandé la suppression de la dîme. Les députés se sont congratulés en pleurant...."

 

Eh ! Il ne faudrait pas avoir la naïveté de croire que c’est par bonté d’âmes que les privilégiés ont acceptés d’abandonner leurs privilèges. C’est parce qu’ils avaient la paille au cul  et le trouillomètre à zéro ! Une tête - même noble - sur une pique sourie rarement…

 

En vérité, la nuit du 4 août a été une nuit de dupes : les Nobles momentanément alliés au Tiers-Etat, ont généreusement, abolis les privilèges… du Clergé, qui en représailles, a soutenu le Tiers-Etat pour abolir ceux de la Noblesse. La séance a duré jusqu'à 3 heures du matin.

 

L'Histoire a retenu de cette fameuse nuit, cette volonté commune de mettre en pratique les idées généreuses d’Égalité et de Fraternité qu'avaient auparavant développées quelques philosophes.

Le décret du 11 août a mis fin au régime féodal. C'est fait.

 

Dans la foulée, le 26 août 1789, l'Assemblée proclamait la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen.

"Les Hommes naissent libres et égaux en Droits" mais pas en fait, et les femmes attendront 1945 pour pouvoir voter.

 

Plus jamais en France il n'y aura de privilèges, donc de privilégiés ?

 

C'était beau, hein ? Grand, Généreux !

 

Qu’en est-il aujourd’hui ?  Une clique oligarchique issue du même moule – ENA, grandes écoles, monde de la finance, héritage – a rétabli à son profit des avantages, des privilèges aussi aberrants que révoltants. Les inégalités n’ont jamais été aussi flagrantes depuis l’Ancien régime.

 

Mouais… Tout est à refaire !

 

Vous êtiez membre du « premier cercle » sous Sarko ? Vous êtes ancien de la promotion Voltaire de l’ENA sous Hollande ? Vous rencontrez discrètement un ministre bien en place et voilà que disparaissent vos problèmes fiscaux… Ou alors il faut vraiment pousser le bouchon trop loin comme Cahuzac.

 

Vous êtes député ou sénateur ? Vous bénéficiez d’avantages, d’émoluments, de retraites à faire baver le prolo.

 

Vous êtes patron-voyou du Caca-rente ? Vous pouvez vous gratifier d’un salaire dépassant de 500 fois le smic et de retraites à hurler…

 

On baigne, on grenouille, on se vautre dans une manière révoltante de faire de la politique : celle des réseaux d’influence, des amitiés bien placées, des magouilles public-privé, des grosses fortunes qui font joujou avec les responsabilités électorales. Sans oublier…les « nobles » qui pérorent en haut du Caca-rente. Il faut croire que la partie-cul(e) est plus importante que la partie-tête…

 

Alfonse Allais disaient : « Il est toujours avantageux de porter un titre nobiliaire. Être « de quelque chose », ça pose un homme, comme être « de garenne », ça pose un lapin » !

 

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira…

 

Qu’est-ce qu’on attend ??? La Marseillaise ne dit-elle pas « Aux armes, citoyens » ?

 

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03/08/2015

Migrants : ils veulent aller en Angleterre ? Aidons-les !

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Ils veulent aller en Angleterre. Qui ? Les migrants, pas les touristes. L'attrait de l'eldorado british. Pourquoi ?

 

Parce que beaucoup viennent de pays qui ont subi le knout colonial britannique mais qui, en revanche, se sont appropriés la langue du colonisateur. Il en est de même pour les pays ayant subi la trique française.

 

Parce qu'en Angleterre, il n'y a pas de carte d'identité et donc que le migrant, une fois arrivé, se fond dans la masse.

 

Parce que cette masse est organisée en communautés ethniques et/ou religieuses dans lesquelles le migrant peut espérer de l'aide.

 

Enfin et surtout parce que l'économie britannique est une expression caricaturale de l'ultralibéralisme et donc que les patrons britanniques se frottent les mains de pouvoir embaucher cette main d’œuvre docile travaillant dans des conditions peu enviables pour des salaires de misère.

 

Voilà pourquoi la Grande-Bretagne agit comme une véritable pompe à migrants.

 

Seulement voilà : la Grande-Bretagne est une île. Et pour l'atteindre il faut passer...par la France.

 

Vous me direz : mais enfin, laissons-les passer ces migrants. Ils veulent y aller en Angleterre ? Qu'ils y aillent. On peut même leur faciliter en loucedé le passage...

 

Ben non. On ne peut pas. Pourquoi ? Parce que la frontière de Grande-Bretagne n'est pas au passage des côtes anglaises mais...en France ! Qu'est-ce que c'est que cette konnerie ? Ben, un exploit (un de plus) de Sarkozy avec les accords du Touquet mettant les frontières britanniques en France ! Ça paraît incroyable ? On revient au temps des bourgeois de Calais ? Ben, c'est comme ça. Les Rosbifs, comme souvent, nous ont roulé dans la farine. Résultat : c'est nous qui devons contrôler, à Calais comme à Eurostar ou ailleurs, non pas seulement les sorties du territoire français mais les entrées en territoire britannique ! Á nos frais ! Nos douaniers, nos flics doivent courser les migrants qui veulent entrer en Angleterre chez nous. Alors que ce devrait être aux douaniers et aux flics britanniques de les contrôler voire de les courser chez eux, à Douvres, et pas à Calais !

 

L'objectif général de l'accord du Touquet est de « faciliter l'exercice des contrôles frontaliers dans les ports maritimes de la Manche et de la mer du nord situés sur le territoire de l'autre partie ». Quelle est la brillante tête d’œuf qui a pondu ça ?

« Le texte autorise la mise en place de bureaux à contrôles nationaux juxtaposés dans l'ensemble des ports de la Manche et de la mer du nord mais seuls les ports de Douvres et Calais, premiers ports d'Europe pour le trafic voyageurs devraient être concernés dans un premier temps.

 

Les agents sont autorisés à agir conformément aux pouvoirs qu'ils détiennent en matière de contrôles frontaliers dans le périmètre d'une zone dite « de contrôle » délimité sur le territoire de l`Etat de départ. Au sein de cette zone, la réglementation de l'Etat d'arrivée est donc applicable de la même façon que sur son propre territoire et avec les mêmes conséquences en cas d'infractions. Le texte est très peu précis s'agissant de l'étendue des pouvoirs des agents de chacun des états, se bornant à renvoyer aux législations nationales et à préciser les questions d'arrestation et de rétention. Il ne s'agit donc pas d'appliquer des règles communes mais de constituer, sur le territoire de chacun des états une forme « d'enclave » où s'applique la législation de l'autre. » (://www.senat.fr/rap/l03-008/l03-0080.html)

 

Il serait peut-être temps de dénoncer ces incroyables accords du Touquet. Dès lors, ce serait aux Britanniques de courser les migrants planqués dans les camions, pas à nous. Ils en coinceraient quelques-uns, mais beaucoup d'autres passeraient, saturant le marché des quasi-esclaves et ainsi obligeant le gouvernement britannique à prendre des mesures propres à casser le mirage de « l'eldorado anglais ». Ceux qu'ils attraperaient, bien sûr ils nous les renverraient. Mais à leurs frais. Et nous, on ne ferait pas d'efforts démesurés pour les empêcher de repartir outre-Manche...

 

Seulement pour ça, il faudrait avoir un gouvernement « qui en a »...

 

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31/07/2015

Faut-il enterrer l'Europe ?

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Oui. Faut-il porter le deuil de l’Europe ? De cette Europe obèse résultant d’une boulimie mortelle, gangrenée par les Anglais jusqu’à en faire une entité sans frontières, veule vassale des USA, sans vision d’avenir, uniquement assujettie au dieu pognon, une Europe où la comptabilité prime sur la solidarité ? Pire, une Europe allemande aux manières dictatoriales comme le montre le traitement infligé à l'un de ses membres, la Grèce.

 

Cette Europe-là, assurément oui.

 

Obèse, elle estime ne pas encore l’être suffisamment : sa goinfrerie la pousse à envisager d’intégrer toujours plus… La Turquie, la Bosnie, la Serbie… Pourquoi pas le Maroc, l’Algérie, la Tunisie… Pourquoi pas l’Ukraine, l’Azerbaïdjan, la Géorgie…Pourquoi pas le monde entier. Ah ! Mais ça existe déjà, ça s'appelle l'ONU... Une Europe fourre-tout, uniquement articulée autour de « l’économie de marché » «  et « la concurrence libre et non faussée » telle que la dessine ce traité de Lisbonne, repoussé par les Français, mais à eux imposée par les duplicités de Sarko. Que cette Europe-là crève sous son propre poids, comme autrefois les dinosaures, ne fera couler de larmes qu’aux banquiers, magouilleurs fiscaux et autres spéculateurs.

 

La lâcheté des gouvernements vis-à-vis de la Grèce a sonné comme un glas. Ces gouvernements de pleutres ont baissé casaques, ont abandonnés la lutte en rase campagne, sans combattre devant les insupportables diktats des « marchés ». Mais merde, c’est quoi, c’est qui les « marchés » ? Une poignée de grosses banques, de fonds spéculatifs, de traders. Une centaine de parasites tout au plus ! Et ces gens-là se permettent – avec l’argent que les états, donc les citoyens leur ont donné – de foutre en bas des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ? Et ça se passerait comme ça ? Sans problèmes ? Eh ! Oh ! Ça va pas non ? Les manifestations des Grecs ne sont que les prémisses de mouvements, d’affrontements sociaux de grande ampleur qui risquent d’être sanglants et de s’étendre à toute l’Europe. Pour le malheur des peuples.

 

L’euro, qui nous a été vendu comme un pas décisif vers une véritable intégration européenne, vient de démontrer son caractère artificiel. Une monnaie commune implique des politiques économiques sinon communes du moins très convergentes dans les domaines de la fiscalité et des lois sociales. Comme ce n’est pas le cas et que les convergences sont battues en brèche par une concurrence débridée là où il faudrait de la solidarité, l’euro se casse la gueule…

 

L’Europe ne repartira qu’en se resserrant. L’Europe est la plus belle idée du siècle passé. Elle a bercé nos rêves, suscité beaucoup d’espoirs. Elle est aussi – hélas – une grande déception car cette belle idée a été dévoyée. Au lieu de bâtir une Europe des solidarités, les technocrates — non élus et mis en place par les lobbies financiers multinationaux — ont établi une Europe de la concurrence sauvage non seulement entre les nations mais surtout entre les peuples qui la constituent.

 

Il n’est pas inutile de revenir à ce qui a été la véritable volonté des Pères Fondateurs : la paix et la réconciliation entre l’Allemagne et la France. Ce but — ô combien difficile à seulement envisager à cette époque — est atteint au-delà de toute espérance. Pour que l’Europe retrouve l’amour de ses peuples, il faut qu’elle reparte de zéro. Á partir évidemment du noyau historique France-Allemagne-Bénélux-Italie. D’autres, en nombre restreint, s’y raccrocheront après. Mais en écoutant les peuples et en bannissant les « élites » élues par personne, responsables devant personne représentée par l’insupportable Commission européenne et son exécrable président Junker, expert es-magouilles. Et avec une vision claire, clé de la puissance politique.

 

Sacré chantier...

 

Illustration : merci à Cambon

 

 

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24/07/2015

Grandes voix. Victor Hugo et le travail des enfants

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Où vont tous ces enfants...

 

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu: - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

 


Victor Hugo

 

Photo X - Droits réservés

 

 

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22/07/2015

Au bistro de la Toile : le lait et la viande de la colère.

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- Oh ! Loulle, t’aurais pas du lait des fois à nous faire boire. C’est pas qu’on aime ça, mais c’est pour soutenir les producteurs…

 

- Du lait dans mon rade…N’importe quoi Victor… Qu’est-ce qu’il leur arrive encore aux agricolos ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? Des sous je suppose ?

 

- Ben, comme tout le monde. Ils voudraient bien pouvoir vivre de leur travail. Sur les hautes terres où j’évite les grosses chaleurs de l’été, j’avais un pote, Denis. Il avait une trentaine de  montbéliardes, il se lèvait à six heures du mat et à neuf heures du soir, il lèvait encore la merde de ses vaches. Et ça sept jours sur sept, 365 jours par an ! Et tu sais ce qu’il gagnait ? Il me l’avait avoué, avec un peu de honte : « Je touche 1500 euros par mois de la vente de mon lait. Là-dessus, je dois rembourser 1000 euros pour l’engrais. Il me reste 500 euros pour faire vivre ma famille. » Et encore Denis travaillait sur une propriété familiale, donc sans foncier à rembourser, seul avec sa femme. Les vacances ? Jamais… Les sorties ? Jamais… Le restau ? Jamais… Les fringues ? Une salopette et des bottes, plus un costume du dimanche – celui de son mariage sûrement ! – qu’il met pour les enterrements ou pour aller « au docteur ». Celui qu’on lui a mis pour son enterrement. Parce qu’il est mort mon pote Denis. Usé jusqu’à la corde, physiquement et moralement. A 61 ans…

 

- Ouais... Effectivement, c’est pas le pied. Mais enfin, tu viens de me dire qu’il devait rembourser 1000 euros par mois d’engrais ! Mais c’est un truc de fou ! Les agricolos, poussés par leurs organismes professionnels – chambres d’agricultures, FNSEA, Crédit agricole – ont perdu leur âme. Ils ont saccagé leurs champs avec le cercle vicelard engrais-pesticide. Ils ont fragilisé leurs bêtes avec le cercle vicelard insémination, vaccins, antibio et autres saloperies. Tout le pognon qu’ils gagnent – plus celui qu’ils touchent en subventions multiples ! – va dans la poche des multinationales agrochimiques et des labos. Après, ils pleurent…

 

- Ils sont aussi victimes de réalités qui les dépassent. Au niveau mondial, c’est l’interdiction stupide de vendre à la Russie, tant le lait que certainement parties de la viande que les Français ne mangent pas mais dont les Russes raffolent. C’est aussi la baisse des importations chinoises. Au niveau européen aussi, ce sont les traités – en particulier les articles 38 et 39 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) – qui impose à nos paysans, enfin, disons plutôt agriculteurs – une concurrence déloyale avec des agriculteurs travaillant dans des Etats européens dont les normes salariales, sociales et fiscales sont très inférieures à celles de chez nous. Ainsi en Allemagne où il n’existe pas de Smic pour les agriculteurs, qui emploient des travailleurs « détachés » venant de Roumanie, de Bulgarie, de Pologne, payés à coups de lance-pierre. Et où le modèle d’exploitation est industriels avec des exploitations de 1500 à 3000 animaux,  où les vaches ne voient jamais le soleil, ne mangent jamais un brin d’herbe.

 

- Évidemment, on est loin du petit troupeau de ton pote Denis…

 

- L’Europe et son modèle ultralibéral ne sont pas compatibles avec le modèle agricole français, basé sur la notion de terroir, sur des exploitations familiales et axé vers une production de qualité. L’Europe pousse les exploitations à grandir sans cesse en fixant des objectifs de rentabilité et de profits maxis, sans se soucier de l’environnement et de la qualité de vie. Les bureaucrates grassement payés de Bruxelles travaillent au service exclusif des grands groupes de l’agroalimentaire et de la grande distribution. Faut du pognon pour les actionnaires, Loulle ! Alors on autorise sournoisement les OGM et les farines animales dans les saloperies que l’on fait bouffer aux bêtes. Tout ça avec la complicité du principal syndicat agricole, la FNSEA, qui utilise la piétaille des petits paysans pour le plus grand profit des gros céréaliers et betteraviers.

 

- Pas étonnant que les fermes…ferment !

 

- Eh oui Loulle. A mon village des Hautes Terres, il y avait cinq éleveurs de vaches. Il n’y en a plus que deux. Ils s’encroument pour construire de grands bâtiments, pour acheter de très gros tracteurs… Et se mettre dans les griffes du Crédit agricole… Il y avait 3 millions d’exploitations agricoles en 1960, il n’y en a plus que 450.000 aujourd’hui. C’est la fin programmée de l’agriculture française.

 

- C’est dégueulasse. On est tous des paysans. Il suffit de remonter deux générations.

 

- C’est vrai. Et puis Loulle, les produits des agriculteurs n’ont de valeur que s’ils sont transformés et proposés à la vente. Par les abattoirs et les metteurs en marché. Et ceux-là, les problèmes des agriculteurs, ils s’en foutent ! Ils peuvent s’approvisionner ailleurs en Europe, en Allemagne, Hollande ou Danemark où sévissent les usines à lait et à barbaque. Quant aux grandes surfaces, les produits laitiers et même la viande ne sont pas grand-chose dans leur chiffre d’affaire.

 

- Alors quoi faire ?

 

- Pour s’en sortir, il faudrait que les agriculteurs organisent eux-mêmes leur filière. Qu’ils mettent en place leurs propres centrales de vente de lait, de conditionnement de viande, leurs propres unités de transformation au lieu de laisser ça aux industriels qui les plument sans vergogne. Pour cela, il faudrait d’abord qu’ils foutent en l’air, ou qu’ils transforment radicalement de l’intérieur leur syndicat majoritaire, cette FNSEA qui a toujours  été à la solde de l’industrie agroalimentaire et qui défend avant tout les gros céréaliers et betteraviers.

 

- …et en plus qui les poussent à voter pour la droite la plus archaïque, la plus cupide, la plus avide.

 

- Allez Loulle ! Sert-nous une tournée. Mais du rouge ! Pas du lait.

 

Illustration: merci à Chimulus