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24/02/2015

GRANDES VOIX : Elizabeth Badinter sur la laïcité.

Elisabeth Badinter.jpg


Eric Conan : En 1989, lors de la première affaire médiatisée de voile à l’école, à Creil, vous avez, avec quelques autres, lancé dans le Nouvel Observateur un appel à défendre la laïcité. Où en sommes-nous un quart de siècle plus tard ?

 
Élisabeth Badinter : Il s’est produit un renversement à gauche sur la laïcité, produit d’une gêne considérable face à la montée de l’islamisme. Tétanisée à l’idée d’être taxée de stigmatisation d’une population d’origine immigrée, la gauche s’est empêchée de traiter cette situation nouvelle, mais pas si différente de l’affrontement avec l’Église un siècle plus tôt. C’est la phrase stupéfiante de Lionel Jospin à l’Assemblée : « Nous essaierons de les convaincre d’ôter ce signe religieux, mais, si elles ne veulent pas, nous les accepterons. » La gauche, à rebours de sa longue tradition, admettait que la religion entre à l’école publique, et son Premier ministre se défaussait sur l’avis du Conseil d’état qui l’organisa.

 


E.C. : Était-ce un oubli du sens de la laïcité ou une décision d’y mettre un terme ?

 
E.B. : Je ne crois pas à l’oubli. Si cela avait été une provocation de catholiques intégristes avec de grosses croix, cela ne se serait pas passé ainsi. Le complexe de culpabilité face à des populations symbolisant les anciens colonisés a été le plus fort dans cette génération de socialistes qui ont ainsi favorisé, dans leurs propres rangs, la montée du communautarisme, cette idée que tous les rituels culturels ou religieux, y compris les plus intégristes, sont respectables et doivent être respectés.  A cette époque, je me suis sévèrement fait taper sur les doigts pour délit d’« ethnocentrisme » par Mme Mitterrand et Jack Lang parce que je combattais l’acceptation de la polygamie et de l’excision ! Nous n’en sommes heureusement plus là, mais il me semble aussi désolant que la gauche accorde un tel pouvoir aux curés, aux imams et aux rabbins : c’est religieux, c’est sacré ! Ce fut un choc, à l’époque, de se découvrir soudain minoritaire à gauche.

 


E.C. : Pourquoi cette minorité, dont vous faisiez partie à gauche, est-elle restée fidèle à sa tradition laïque ?

 
E.B. : Il y a plusieurs raisons en ce qui me concerne. Je suis d’abord, philosophiquement, universaliste. Je crois aux bienfaits des valeurs universelles : on a toujours intérêt à mettre en avant nos ressemblances plutôt que nos différences. Je ne crois pas à la différence heureuse.
Ensuite, je suis juive : l’histoire familiale m’a appris que l’on avait tout intérêt à ne former qu’une seule humanité. Je regrette d’ailleurs que, en réaction à l’abdication de la laïcité face à l’intégrisme musulman, la partie communautariste des juifs se soit renforcée, développant le port de la kippa en public, et que certains catholiques réagissent de même, comme on vient de le voir à propos des crèches dans les mairies. Enfin, je suis féministe et je me méfie extraordinairement du pouvoir des religieux et de leur vision de la femme. Que l’on impose aux femmes de cacher leurs cheveux parce que des hommes les tiennent responsables d’un désir sexuel qu’ils ne savent pas maîtriser me fait bondir. Il m’est insupportable que la gauche l’accepte, notamment au sein de l’école publique, censée avoir pour objectif de développer la raison et de lutter contre les préjugés !  On est passé du
cogito ergo sum – « Je pense donc je suis » - au credo – « Je crois, donc j’existe »… C’est une trahison bouleversante pour ma génération, qui avait une autre conception de l’école comme outil d’émancipation, en particulier des filles.

Le pire de cette gauche communautariste est d’avoir accepté le concept d’« islamophobie » – qui a foutu en l’air le principe de laïcité, car s’élever contre des signes religieux devenait un crime – et l’invention de ce terme au sens propre insensé de « racisme anti-musulman ». D’où l’intimidation, qui a fonctionné sur de plus en plus de gens à gauche, se taisant par peur d’être dénoncés parce que la laïcité, devenue synonyme d’islamophobie, a été abandonnée à Marine Le Pen. Cela, je ne le pardonne pas à la gauche.

 


E.C. : Ce revirement, empreint de gêne et de malaise, n’est pas franchement revendiqué : durant ces vingt-cinq années, la plupart des élus de gauche ont voté ou ne se sont pas opposés – se réfugiant dans l’abstention – aux lois de laïcité proposées par la droite…

 
E.B. : Parce que, globalement, la gauche n’est pas au clair, qu’il n’y a plus de position majoritaire en son sein sur le sujet et qu’elle fait tout pour ne pas en débattre franchement. D’abord par manque de courage. Sur l’interdiction de la burqa, par exemple, il y avait à l’Assemblé nationale des pour et des contre qui ne s’assumaient pas : c’est pour cela qu’à sept exceptions près, ils se sont tous abstenus… Ce manque de courage prend de plus en plus la forme du déni : pour avoir la paix, on pense qu’il suffit de nier les problèmes. Comme la position comique du nouvel Observatoire de la laïcité, cet édredon qui a remplacé le Haut Conseil à l’intégration : il n’y a pas de problèmes, c’est vous qui les inventez, c’est pas si grave…
Mais il ne faut pas sous-estimer dans cette hésitation le rôle du calcul politique, électoral : le Parti socialiste a quand même gagné les élections avec les voix des musulmans des banlieues, donc, après les effets de la théorie du genre, ce n’est pas le moment de se les mettre à dos ! C’est pourquoi on laisse la laïcité, déjà bien attaquée par Sarkozy, se vider de son contenu originel : « laïcité ouverte », « laïcité positive » : la laïcité aujourd’hui, c’est « chacun fait ce qu’il veut » et, au nom de la religion, « on a tous les droits ». Le comble est de voir des défenseurs de la laïcité plaidant pour que les religions soient plus discrètes se faire traiter d’« ayatollahs de la laïcité » ou de « laïcards », le terme de Maurras… Voilà pourquoi, pour les mères voilées en sortie scolaire, on recommence comme en 1989 : la gêne, la confusion et la défausse sur les juges au nom du « cas par cas » !

 

 

E.C. : Vous n’êtes guère optimiste sur l’avenir…

 
E.B. : Je suis moins optimiste à court terme qu’à moyen terme. Je pense que l’on va redécouvrir que l’on ne peut pas se passer du concept de laïcité, nécessité absolue pour la paix sociale entre personnes d’origines différentes.
Les religions peuvent devenir des facteurs de guerre épouvantables, on en a d’ailleurs la preuve tous les jours dans le monde. Et il y a une telle exaspération qui monte à l’égard des exigences des uns et des autres, de la constitution de séparatismes culturels revendiqués – par exemple pour éviter de côtoyer « l’impureté » – que l’observation rigoureuse des règles laïques va redevenir un impératif pour le bien commun, pour vivre en paix les uns avec les autres

 

 

Propos recueillis par Eric Conan

 

Publié dans '' Marianne '' le mardi 03 Février 2015

Source de l'article :
http://www.marianne.net/elisabeth-badinter-je-ne-pardonne...

 

Photo X - Droits réservés

 

19/02/2015

Au bistro de la toile : 49,3 et proportionnelle.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Oh Victor, qu'est-ce que je te sers ? Du 12,5, un 45, un 51 ou un 49,3 ?

 

- Commençons par un café. 49,3... C'est une disposition de la constitution qui permet de faire passer une décision de l'exécutif sans que les députés n'aient un mot à dire. Autrement dit une arme redoutable, voulue par De Gaulle en une époque troublée, mais destinée à sortir rapidement d'une situation dangereuse. N'oublions pas que la constitution de la 5ème a été écrite en pleine guerre d'Algérie, avec les exactions de l'OAS, et sur fond de guerre froide. Cet article n'est pas fait pour faire passer une quelconque loi qui « n'est pas la loi du siècle » comme dit François.

 

- Alors pourquoi Valls nous la ressert ?

 

- Pour soutenir son ministre de droite qui a concocté une loi de droite et que la droite elle-même ne veut pas voter alors qu'elle est foncièrement de droite ! Il s'étonne dès lors que quelques-uns des députés de gauche décident de voter contre celle loi de droite !

 

- Un vrai foutoir. Droite, gauche, c'est le bordel. Et c'est la fille du borgne qui engrange...

 

- On touche du doigt l'anachronisme de cette cinquième république, rappelons-le faite pour un géant et qui se meurt au milieu des magouilles de chacals...

 

- Alors que faire ?

 

- Changer de république, créer une constituante aux membres choisis par tirage au sort, puis revenir aux élections mais à la proportionnelle intégrale, avec une interdiction stricte de tout cumul de mandats et de mandatures.

 

- La proportionnelle, c'est l'arrivée en masse du Front national...

 

- Est-ce que la politique de l'autruche est meilleure ? Ceux qui votent pour le F.haine montent de plus en plus lors des élections qui se suivent. Les laisser en dehors de la représentation nationale est non seulement une injustice, mais surtout une konnerie. En effet, il est facile de gueuler en ne risquant pas de se salir les pognes à l'épreuve du pouvoir... C'est valable pour le F.haine comme pour le Front de gauche d'ailleurs. Est-il normal que des proportions de plus en plus importantes de couches de la population soient totalement en dehors des sphères décisionnelles ? C'est valable, répétons-le, pour le F.haine mais aussi pour la gauche vraie !

 

- La gauche vraie, comme tu dis, où est-elle ? Où est le Syriza français ? Où sont les Podemos français ? Ils se bouffent le nez entre chapelles concurrentes. Où est le Tsipras français ? Mélenchon ? Il a soulevé d'immenses espoirs par son charisme, ses qualités de tribun et son programme lors de la dernière campagne présidentielle. Puis il s'est gaspillé à Hénin je sais plus quoi... Besancenot ? Il n'existe plus, pas plus que son parti, réduit à un vague groupuscule depuis qu'il a voulu présenter une candidate islamiste aux élections ! Les Verts ? Ils ont fait illusion tant que Cohn-Bendit les tirait vers le haut. Alors on attend... On cherche, on espère notre Tsipras...

 

- En attendant, à la nôtre !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

17/02/2015

L'essentiel sur l'essentiel

 

varouflakis.jpg

Grèce. « Γαμήσου ! » Gamí̱sou ! Autrement dit « Va te faire foutre » ! C'est, en substance, ce qu'a répondu le ministre grec Yanis Varoufakis, au président de l'Eurogroupe le ci-devant Dijsselbloem, après que celui-ci aie retiré le texte de compromis proposé par la Commission européenne pour le remplacer par un texte imposant aux Grecs la reconduction pure et simple du « programme d'aide » honni, soit le retour de la Troïka qui contrôlerait de nouveau toutes les décisions du gouvernement, mettrait son veto sur ce qui ne lui plaît pas, imposerait de privatiser à tour de bras et continuerait à humilier tout un peuple. Bref, l'Eurogroupe, sous l'influence de Berlin, demande – sous forme d'ultimatum ! - aux Grecs de balayer tout ce pour quoi ils ont voté en masse pour Tsiripas !

« Παράλογο και απαράδεκτες » « Absurde et inacceptable » leur a répondu, avec raison, Yanis Varoufakis.

S'ils envoient le bouchon trop loin, les boutiquiers de l'U.E. pousseront la Grèce dans les bras de la Russie et de la Chine : - accord financier avec la Chine évacuant la « dette », - sortie de l'Otan, - accord militaire avec la Russie (avec une flotte russe au Pirée!!), - entrée de la Grèce dans les Bricks, etc. Donc – prenons les paris ! - les margoulins de l'Europe avaleront leur chapeau.

 

* * * * * * *

 

danemark fleurs pour tueur.jpgLes Danois découvrent avec stupeur la dure réalité : ils sont directement attaqués, sur leur sol, par les nazislamistes (des « islamofascistes » comme dit Manuel Valls). Au même titre que nous. Á part que nous, on a sur notre sol 5 à 6 millions de musulmans parce que notre histoire, pas toujours glorieuse, et les besoins des patrons nous les ont emmenés. Sans oublier le boulet psychologique d'une culpabilité un peu niaise, les générations actuelles n'étant pas responsables des exactions ni de la colonisation ni de l'esclavagisme. Mais eux, les Danois, ils sont victimes de leur générosité, de leur angélisme qui tangente la konnerie !

Société ouverte et tolérante, ils ont ouvert leur porte à tous les immigrants, à tous les réfugiés (vrais ou faux) fuyant les soubresauts d'un monde musulman où la violence et l'intolérance sont la règle. Ils sont arrivés de Turquie, de Palestine, de Somalie, du Pakistan, d'Irak, du Liban, maintenant de Syrie, de Libye. Ils représentent 5% de la population, restent regroupés en communautés, vivent de l'aide sociale de ce peuple généreux, prétendent imposer leur mode de vie, leurs usages, leurs burquas, leur charia, etc. Et les Danois, éberlués, ont vu ces gens venus d'ailleurs apporter des bouquets pour manifester leur solidarité avec le tueur de Copenhague, puis les provoquer en priant et en braillant - « Allah o akbar ! » - devant la demeure de l'assassin !

 

* * * * * * * *

 

macron.jpgChez nous, on en est à la loi Macron. Elle devrait passer aujourd'hui. Du bon et du mauvais, comme toujours. Le très mauvais a été enlevé. Il s'agissait de cet amendement sur la « sécurité du secret des affaires » qui avait pour effet principal de chasser les empêcheurs de magouiller en rond : lanceurs d'alerte, journalistes d'investigations risquaient la prison et d'énormes amendes. Ça a été évacué sous la pression populaire et des médias libres. Pour combien de temps ? Reste le travail du dimanche. Douze dimanche par an, bof, pas de quoi en faire un coffre, surtout si les travailleurs du dimanche sont payés double. Mais le problème c'est que la loi ne prévoit aucun plancher de majoration du salaire... Du bon : les transporteurs étrangers qui font du cabotage en France devront payer leurs employés, sur le territoire français, au Smic français. Mais qui va vérifier ?

 

* * * * * *

Et puis – Cocorico ! - on a enfin vendu des Rafales. Á des Égyptiens. Pas des modèles en matière de droit de l'homme. Mais ils ont l'immense avantage d'être des ennemis jurés de tous les nazislamistes. De plus, c'est le pays le plus puissant du monde musulman et le massacre de 21 de leurs ressortissants en Libye les a mis en rage. En vertu de l'adage « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », on ne va pas faire la fine gueule. Les vrais ennemis, ils sont en Arabie saoudite, au Qatar et autres poussières d 'états pétroliers.

 

* * * * * *

N'oublions pas l'Ukraine. Le cessez-le-feu tiendra-t-il longtemps ? « Ouate ainsi » comme disent les rosbifophones...

 

13/02/2015

Au bistro de la toile : lueurs de paix en Ukraine.

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- Oh ! Victor, t'as le pif ! Il y a quelques jours, tu nous parlais de « rumeurs de paix en Ukraine ». Ben, ça semble être fait. Chapeau. Tè ! Je mets ma tournée. C'est pas tous les jours qu'on peut lever son verre à la paix...

 

- Á la nôtre. Ces rumeurs de paix se sont transformées en lueurs de paix. Et c'est formidable en ces temps tout ce qu'il y a de perturbés... Ces accords sont ce qu'ils sont, c'est-à-dire fragiles, mais s'ils sauvent quelques vies, c'est déjà un beau résultat.

 

- Poutine a gagné, quoi, soyons réalistes.

 

- Poutine a gagné, et c'est très bien comme ça. Mais les indépendantistes de l'Est n'ont pas été officiellement partie prenante dans ces négociations. Se considéreront-ils liés entièrement à ces accords ? On verra. Et puis regardons les choses en face. Si les Ukrainiens de l'Est et leur gouvernement fantoche ont accepté toutes les concessions imposées par Poutine, c'est parce que leurs troupes régulières comme leurs milices nazies ont pris branlées sur branlées face à des « rebelles » qui se battaient pour l'existence même de leur territoire. Quant aux Atlantistes, qui, parmi eux a envie de se cogner militairement avec l'armée russe ?

 

- C'est quoi l'armée russe actuellement ?

 

- Énorme ! Les Forces armées de la Fédération de Russie comptent environ 1.150.000 soldats. Cependant, le président Poutine souhaite augmenter les effectifs de 500.000 soldats professionnels ce qui amènera son armée à environ 1.350.000 soldats professionnels d'ici 2017. Les Forces terrestres : environ 400.000 soldats, 9.000 chars (3.000 de dernière génération), 300 véhicules de soutien de chars (exclusifs à la Russie, surnommés les Russians terminators, 30.000 véhicules de transport, 500 véhicules de transports de blindés endommagés, 15.000 lance-roquettes multiples, 8.000 blindés anti-aériens (1.500 de dernière génération), 4 500 blindés tout-terrain. L'Armée de l'air : environ 180.000 soldats, 7.000 avions de combat (3.000 de dernière génération), 500 bombardiers stratégiques, 2.500 bombardiers lourds, 3.000 hélicoptères de combat (2.000 de dernière génération), 5.000 hélicoptères de transport, 2.000 avions de transport, 500 avions furtifs/d'espionnage, et environ 300 avions-radars à très longue portée. La Marine : environ 160.000 soldats, 50 destroyers, 7 porte-avions (1 en service), 200 sous-marins d'attaque (150 en service), 8.000 bâtiments de guerre, 26 porte-hélicoptères (28 en comptant les Mistral Français), 500 mouilleurs de mines, 5.000 bateaux d'intervention rapide et 5.000 bateaux de transport. Sans oublier une dizaine de milliers de missiles nucléaires à longue et moyenne portée... Qui a envie de s'attaquer à ça ???

 

- Les Ricains...

 

- C'est là le vrai danger. Ils sont tellement belliqueux, sûr de leur « bon droit », c'est-à-dire le « droit » qu'ils s'arrogent de dominer et piller le reste du monde, qu'ils sont capables de toutes les konneries. N'oublions pas qu'un autre Bush se profile à l'horizon des élections étazuniennes. En Ukraine ces dernières années, ils ont semés la merde. Mais s'ils ont été court-circuités dans ces négociations, ils l'ont en travers et vont chatouiller l'ours russe ailleurs. Ainsi l'Otan – bras armée des multinationales et de la finance yankee – envisage d'ouvrir, dans les six mois qui suivent, un centre de formation et d’entraînement en Géorgie ! Ce centre s'installera à Vaziani, à 25 km de Tbilissi, capitale de la Géorgie. Il s'y fera des exercices réguliers avec l'armée géorgienne et d'autres membres et partenaires de l'Otan. Cette présence permanente de l'Otan au flan de la Russie est une provocation de plus...

 

- Mouais... Cette fois, ce sera loin de chez nous... Allez, à la nôtre !

 

- Il y a une autre chose très positive dans ces accords: c'est qu'ils ont été menés sans les USA. Par les deux poids-lourds de l'Union européenne. Et ça c'est le signe d'une émancipation de l'UE par rapport aux USA. Reste encore à refuser le traité de vassalité Tafta. Mais c'est une autre histoire...

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

11/02/2015

Grèce : Tsipras dit « OXI !» - NON ! aux ultimatum germano-européens.

Tsipras Syriza.jpg

 

Tsipras n'a pas été impressionné par la volonté d'étranglement financier de l'Union européenne, sous la pression de la Frau Furher Merkel et avec le concours – la complicité - de la Banque centrale européenne. La BCE a tiré la première – prenant là une position politique qui outrepasse ses attributions – en annonçant couper les vivres aux banques grecques le jour même où se réunissait pour la première fois le Parlement grec fraîchement sorti des urnes !

 

Dans un discours musclé dimanche soir devant le Parlement, le premier ministre grec a martelé vouloir tenir toutes les promesses de son parti et notamment les mesures sociales. Il ne cache pas pour autant que la situation financière de son pays est très tendue puisque les rentrées fiscales ne sont pas encore au rendez-vous et que les riches profiteurs de l'ancien régime accélèrent la fuite des capitaux. Georges Stathakis, le solide ministre de l'économie grec estime que la Grèce a besoin de 4 à 5 milliards d'euros jusqu'en juin, le temps de négocier un nouvel accord avec ses créanciers. Et il n'hésite pas à agiter le spectre de la faillite de son pays « pour 5 milliards ! », à cause de la cuistrerie d'une Europe des banksters qui n'a d'Union que le nom.

 

Malgré les sourires faux-cul des dirigeants européens, Hollande et Renzi en premiers, les dirigeants européens s'alignent sur les diktats de la Teutonne en restant intransigeants, menaçant à mots de moins en moins couverts de jeter la Grèce hors de la zone euro (le « grexit » agité par Merkel). L'ultimatum est là : « Où vous acceptez entièrement le plan d'austérité signé par le gouvernement précédant, ou vous dégagez ».

 

L'Europe donne donc jusqu'au 16 février à la Grèce pour accepter l'extension du « plan de sauvetage » (!!??). Mais accepter ce diktat, c'est revoir la troïka honnie revenir à Athènes, contrôler toutes les décisions du gouvernement, mettre son veto sur ce qui ne lui plaît pas, continuer à humilier un pays qui a démocratiquement dit NON dans les urnes. Hors de question a dit et redit Tsipras, soutenu en cela par la majorité des Grecs, descendus dans la rue pour apporter leur soutien à leur nouveau gouvernement. Tsipras assume : il met un terme à ce « plan de sauvetage » et refuse les crédits qui vont avec. Entre la liberté, la dignité et quelques aumônes, il a choisi. Dans l'honneur.

 

Lors de leur tournée européenne, les responsables grecs ont demandé un crédit-relais ainsi qu'un peu de temps pour construire un véritable État et mettre en place de véritables réformes, notamment en matière d'évasion fiscale. On leur répond avec un ultimatum inacceptable...

 

Et la France, que dit-elle ? Hollande a reçu à bras ouverts le premier ministre grec, laissant penser qu'il se ferait l’intermédiaire, l'avocat de la Grèce auprès de l'Allemagne et des autres pays d'Europe. Mais il a suffi que la Teutonne fronce les sourcils pour qu'il s'aligne servilement...

 

Parlons-en de l'Allemagne... Elle s'assoit avec morgue sur ses Hénaurmes crimes passés. La nouvelle présidente du parlement grec, Zoé Konstantopoulou, a confirmé la réactivation de la structure sur les réparations de guerre dues à la Grèce par l'Allemagne, jamais honorées. Une facture qui s'élèverait à 163 milliards d'euros ! Et il y a d'autres contentieux, pas à l'avantage de l'Allemagne. Les responsables grecs disent vouloir rouvrir aussi des enquêtes sur des pots-de-vin qui auraient été versés par des sociétés allemandes à des fonctionnaires grecs et autres malversations où apparaissent des noms comme Siemens, Mercédès, BMW... Accusations de corruption balayés d'un revers de main méprisant par Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des finances.

 

L'Union européenne prend donc le risque de sacrifier un des pays emblème de l'Europe pour 5 malheureux milliards.Á comparer avec les milliers de milliards que cette même Europe laisse s'échapper en magouilles fiscales, grâce à la complicité d'un pays confetti voyou, le Luxembourg, dont le metteur en scène de ces magouilles a été placé à la tête de la Commission. Ça donne envie de dégueuler...

 

 

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10/02/2015

Grandes voix. Victor Hugo « discours sur la misère» à l’Assemblée Nationale le 9 juillet 1849

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« Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli.

 

La misère, Messieurs, j’aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?

 

Mon Dieu, je n’hésite pas à les citer, ces faits. Ils sont tristes, mais nécessaires à révéler ; et tenez, s’il faut dire toute ma pensée, je voudrais qu’il sortît de cette assemblée, et au besoin j’en ferai la proposition formelle, une grande et solennelle enquête sur la situation vraie des classes laborieuses et souffrantes en France. Je voudrais que tous les faits éclatassent au grand jour. Comment veut-on guérir le mal si l’on ne sonde pas les plaies ?

 

Voici donc ces faits :

 

Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l’émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n’ayant pour lits, n’ayant pour couvertures, j’ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures humaines s’enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l’hiver. Voilà un fait. En voici d’autres : Ces jours derniers, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n’épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l’on a constaté après sa mort qu’il n’avait pas mangé depuis six jours. Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !

 

Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société toute entière ; que je m’en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l’homme, que ce sont des crimes envers Dieu !

 

Voilà pourquoi je suis pénétré, voilà pourquoi je voudrais pénétrer tous ceux qui m’écoutent de la haute importance de la proposition qui vous est soumise. Ce n’est qu’un premier pas, mais il est décisif. Je voudrais que cette assemblée, majorité et minorité, n’importe, je ne connais pas, moi de majorité et de minorité en de telles questions ; je voudrais que cette assemblée n’eût qu’une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l’abolition de la misère !

 

Et, messieurs, je ne m’adresse pas seulement à votre générosité, je m’adresse à ce qu’il y a de plus sérieux dans le sentiment politique d’une assemblée de législateurs ! Et à ce sujet, un dernier mot : je terminerai là.

 

Messieurs, comme je vous le disais tout à l’heure, vous venez avec le concours de la garde nationale, de l’armée et de toutes les forces vives du pays, vous venez de raffermir l’État ébranlé encore une fois. Vous n’avez reculé devant aucun péril, vous n’avez hésité devant aucun devoir. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, les institutions, la paix publique, la civilisation même. Vous avez fait une chose considérable… Eh bien ! Vous n’avez rien fait !

 

Vous n’avez rien fait, j’insiste sur ce point, tant que l’ordre matériel raffermi n’a point pour base l’ordre moral consolidé ! Vous n’avez rien fait tant que le peuple souffre ! Vous n’avez rien fait tant qu’il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n’avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l’âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! Tant que ceux qui sont vieux et ont travaillé peuvent être sans asile ! Tant que l’usure dévore nos campagnes, tant qu’on meurt de faim dans nos villes tant qu’il n’y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! Vous n’avez rien fait, tant que l’esprit de révolution a pour auxiliaire la souffrance publique ! Vous n’avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l’homme méchant a pour collaborateur fatal l’homme malheureux ! »

 

Victor Hugo

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

09/02/2015

Rumeurs de paix en Ukraine ?

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Et pourquoi pas ? Pourquoi les Européens - et Merkel en premier lieu – ne s'affranchiraient-ils pas de la tutelle étazunienne, de plus en plus insupportable ? Pourquoi resterions-nous ces toutous impuissants léchant servilement la main de nos « maitres » yankees alors que la puissance économique de l'Union Européenne est supérieure à celle des Etas-Unis ? Pourquoi nous couperions-nous de ce formidable partenaire qu'est la fédération de Russie, bien plus proche de nous géographiquement et culturellement que ne sont les bouffeurs de hamburgers ?

 

La question ukrainienne est peut-être cette occasion. Tous les merdias français tapent à bras raccourcis sur la Russie, rendant Poutine responsable d'une « agression » contre son voisin ukrainien. Rappelons pourtant que cette crise ukrainienne a été créée, fomentée, organisée par les USA pour tout un faisceau de raisons plus ou moins occultes : - poursuivre et parachever leur œuvre d'encerclement militaire de la Russie par l'Otan ; - mettre la main sur les richesses de l'Ukraine ; - affaiblir la Russie et susciter un renversement de son leader pour le remplacer par un fantoche à leur botte ; - semer le chaos au sein de l'Europe en créant un antagonisme dangereux entre l'Union européenne et la Fédération de Russie, ceci dans le but de maintenir leur souveraineté sur le monde.

 

Seulement, ça ne marche pas. Hollande et Merkel ont enfin compris que les manœuvres yankees les desservaient grandement et faisaient des européens les dindons de la farce.

 

Pour les Ricains, le deal est simple : « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi, ça se discute. » Tu acceptes et on te donnera quelques broutilles ; tu refuses et tu peux t'attendre à des représailles ; tu ne cèdes pas, alors « boum-boum » ! Le fer et le feu sur les récalcitrants puis...les Yankees s'en vont, laissant un effroyable chaos. Comme en Irak, comme en Afghanistan, comme en Syrie, comme aujourd'hui en Ukraine.

 

Pour les Russes, les priorités sont autres. D'abord et avant tout, ils ne veulent en aucune manière d'une menace encore aggravée de l'Otan à leurs frontières. Pour eux, l'Ukraine dans l'Otan et donc des bases US à quelques kilomètres de leur territoire, c'est un casus belli. Ensuite, ils sont très sourcilleux sur les pays de l'ex-URSS peuplés en grande partie de Russes ou de russophones qui – travaillés par la propagande US, les dollars et les coups fourrés de la CIA – voudraient échapper à ce qu'ils considèrent comme leur zone d'influence naturelle et leur glacis de sécurité militaire. Ils n'ont pas oublié la trahison de la parole donnée à Gorbatchev concernant le fait que les ex-républiques de l'Est ne devait pas adhérer à l'Otan. Enfin, les « rebelles » de l'Est de l'Ukraine mettent partout en déroute les troupes ukrainiennes (les premiers luttent pour l'existence même de leur pays, les autres - à part quelques régiments nazis - n'ont pas trop le cœur de tirer sur leurs frères de l'Est). Poutine a donc intérêt à gagner du temps de façon à laisser les « rebelles » agrandir leur territoire jusqu'à réaliser une continuité terrestre entre le territoire russe et la Crimée.

 

Quant aux Européens, surtout la France et l'Allemagne, ils devraient enfin ouvrir les yeux et comprendre que les USA n'agissent que dans leur propre intérêt (en fait celui de leurs multinationales et de leurs banques) et se foutent comme de leur premier génocide des intérêts de leurs vassaux... Qui subit le contrecoup des sanctions contre la Russie ? Pas les USA mais les Européens (Allemagne et Pologne en premier, sous la menace d'une coupure du gaz russe, Allemagne encore pour ses débouchés industriels, France pour ses ventes agroalimentaires, d'armements et de haute technologie). Seulement pour avoir voix au chapitre, encore faut-il avoir quelques muscles à montrer...

 

Les négociations actuelles « de la dernière chance » réussiront s'ils laissent les USA en dehors et aux conditions que nous venons de voir : - pas d'entrée de l'Ukraine dans l'Otan, - abolition des sanctions contre la Russie, - établissement d'une fédération ukrainienne laissant une large autonomie à des provinces de l'Est clairement définis géographiquement et viables économiquement.

 

Après quoi, rien n'empêchera d'établir des relations étroites entre l'UE et la Fédération de Russie, pour établir à long terme la plus formidable puissance qu'il soit, de Brest à Vladivostok.

 

Illustration: merci à Pinel

 

08/02/2015

Gastronomie dominicale à la cuisine Jonathan SWIFT

 

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L’écrivain Jonathan Swift, pour protester contre l’effroyable misère qui sévissait alors en Irlande sous domination anglaise, a écrit en 1729 un pamphlet aussi féroce que désespéré. L’Europe et la mondialisation ultra libérale donnent une nouvelle jeunesse à ce texte. En temps de crise, à lire et à méditer ce petit chef-d’œuvre de second degré et d’ironie sarcastique:

 

(…) Un Américain très avisé que j’ai connu à Londres m’a assuré qu’un jeune enfant en bonne santé et bien nourri constitue à l’âge d’un an un mets délicieux, nutritif et sain, qu’il soit cuit en daube, au pot, rôti à la broche ou au four, et j’ai tout lieu de croire qu’il s’accommode aussi bien en fricassée ou en ragoût.

 

(…) Je porte donc humblement à l’attention du public cette proposition : sur ce chiffre estimé de cent vingt mille enfants, on en garderait vingt mille pour la reproduction, dont un quart seulement de mâles - ce qui est plus que nous n’en accordons aux moutons, aux bovins et aux porcs -, la raison en étant que ces enfants sont rarement les fruits du mariage, formalité peu prisée de nos sauvages, et qu’en conséquence un seul mâle suffira à servir quatre femelles.

 

On mettrait en vente les cent mille autres à l’âge d’un an, pour les proposer aux personnes de bien et de qualité à travers le royaume, non sans recommander à la mère de les laisser téter à satiété pendant le dernier mois, de manière à les rendre dodus et gras à souhait pour une bonne table. Si l’on reçoit, on pourra faire deux plats d’un enfant, et si l’on dîne en famille, on pourra se contenter d’un quartier, épaule ou gigot, qui, assaisonné d’un peu de sel et de poivre, sera excellent cuit au pot le quatrième jour, particulièrement en hiver.

 

J’ai calculé qu’un nouveau-né pèse en moyenne douze livres et qu’il peut, en une année solaire, s’il est convenablement nourri, atteindre vingt-huit livres.

Je reconnais que ce comestible se révélera quelque peu onéreux, en quoi il conviendra parfaitement aux propriétaires terriens qui, ayant déjà sucé la moelle des pères, semblent les mieux qualifiés pour manger la chair des enfants.

 

(…) Ainsi que je l’ai précisé plus haut, subvenir aux besoins d’un enfant de mendiant (catégorie dans laquelle j’inclus les métayers, les journaliers et les quatre cinquièmes des fermiers) revient à deux shillings par an, haillons inclus, et je crois que pas un gentleman ne rechignera à débourser dix shillings pour un nourrisson de boucherie engraissé à point, qui, je le répète, fournira quatre plats d’une viande excellente et nourrissante, que l’on traite un ami ou que l’on dîne en famille. Ainsi, les hobereaux apprendront à être de bons propriétaires et verront leur popularité croître parmi leurs métayers, les mères feront un bénéfice net de huit shillings et seront aptes au travail jusqu’à ce qu’elles produisent un autre enfant.

 

Ceux qui sont économes (ce que réclame, je dois bien l’avouer, notre époque) pourront écorcher la pièce avant de la dépecer ; la peau, traitée comme il convient, fera d’admirables gants pour dames et des bottes d’été pour messieurs raffinés.

 

Quant à notre ville de Dublin, on pourrait y aménager des abattoirs, dans les quartiers les plus appropriés, et qu’on en soit assuré, les bouchers ne manqueront pas, bien que je recommande d’acheter plutôt les nourrissons vivants et de les préparer « au sang » comme les cochons à rôtir. (...)

 

(…) Nul doute que cet aliment attirerait de nombreux clients dans les auberges dont les patrons ne manqueraient pas de mettre au point les meilleures recettes pour le préparer à la perfection, et leurs établissements seraient ainsi fréquentés par les gentilshommes les plus distingués qui s’enorgueillissent à juste titre de leur science gastronomique ; un cuisinier habile, sachant obliger ses hôtes, trouvera la façon de l’accommoder en plats aussi fastueux qu’ils les affectionnent. (…)

 

(…)Nous devrions voir naître une saine émulation chez les femmes mariées - à celle qui apportera au marché le bébé le plus gras -, les hommes deviendraient aussi attentionnés envers leurs épouses, durant le temps de leur grossesse, qu’ils le sont aujourd’hui envers leurs juments ou leurs vaches pleines, envers leur truie prête à mettre bas, et la crainte d’une fausse couche les empêcherait de distribuer (ainsi qu’ils le font trop fréquemment) coups de poing ou de pied. (…)

 

(…)Je conjure les hommes d’État qui sont opposés à ma proposition, et assez hardis peut-être pour tenter d’apporter une autre réponse, d’aller auparavant demander aux parents de ces mortels s’ils ne regarderaient pas aujourd’hui comme un grand bonheur d’avoir été vendus comme viande de boucherie à l’âge d’un an, de la manière que je prescris, et d’avoir évité ainsi toute la série d’infortunes par lesquelles ils ont passé jusqu’ici, l’oppression des propriétaires, l’impossibilité de régler leurs termes sans argent ni travail, les privations de toutes sortes, sans toit ni vêtement pour les protéger des rigueurs de l’hiver, et la perspective inévitable de léguer pareille misère, ou pis encore, à leur progéniture, génération après génération. (…)

 

 

Jonathan SWIFT - 1729

 

 

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 Photo X - Droits réservés

 

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06/02/2015

Au bistro de la toile : François chez Wladimir

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- Alors Victor, il semble qu'il prend du poids notre François !

 

- Dans tous les sens du terme, oui. Il serait temps, après deux ans et demi... Á part que sa principale mission - vaincre le chômage – reste un sévère fiasco. Il se démerde mieux en politique étrangère. Il est aujourd'hui en Russie avec tata Merkel pour tenter une fois de plus d'arranger le coup avec Poutine sur ce bâton merdeux qu'est l'Ukraine.Depuis qu'ils se rencontrent, qu'ils signent tous des « cessez-le-feu », la guerre continue. Une vrai guerre. Á deux heures d'avion de chez nous...

 

- Et qui peut dégénérer en conflit international dans lequel nous serions obligatoirement engagé...

 

 

- Pour commencer, il conviendrait de balayer quelques fables. L’Ukraine, contrairement à ce que veut faire croire la propagande atlantiste, n’est pas un vieux pays, n’est pas un peuple uni, une nation soudée. C’est un pays qui a longtemps été divisé aux niveaux ethnique, linguistique, religieux, culturel, économique et évidemment politique. Le territoire a longtemps été l’objet de sanglantes rivalités entre Russes, Polonais, Allemands. Donc la lutte héroïque du « Peuple ukrainien » pour se libérer du joug de son grand voisin russe, tient plus du mythe que de la réalité.

 

Les Européens se sont fait manipuler par les Etazuniens, jouant contre leurs véritables intérêts qui sont étroitement liés aux Russes. Lorsqu’en novembre 2013, L’Union Européenne, poussée par les Étazuniens, a proposé au président élu de l’Ukraine Viktor Ianoukovitch, une forme d’association avec l’UE, ce n’était pas sans arrière-pensées.

 

En échange d’un peu de pognon, l’UE – sous la pression des Etazuniens ! – prétendaient imposer des mesures dans le droit fil de l’ultralibéralisme ravageur : mesures d’austérités drastiques, restriction des relations économiques avec la Russie mais aussi – plus grave, et c'est là la seule volonté des USA – incitation insistante d’adhésion aux politiques atlantiques militaire et de sécurité, autrement dit « Faut choisir : on vous file du pognon, mais vous coupez les ponts avec les Ruskofs et vous adhérez, à terme, à l’Otan. » Comme on peut le voir, ce n’est pas Poutine l’agresseur, mais, d’une manière « soft » et hypocrite, les atlantistes… Les manifestations de Maidan, noyautées par les néo-nazis travaillés depuis des années par la CIA et le fric de « fondations » étazuniennes, n’ont été que de la poudre aux yeux.

 

- Ces mouvements ont débouché sur un véritable coup d’État.

 

- Washington et Bruxelles ont approuvé ce coup d’État ce qui fut une grave erreur. Dès lors, Poutine – pour lequel l’arrivée de l’Otan en Ukraine est un casus belli – se devait de réagir. Ce fut l’annexion de la Crimée et le soutien à la rébellion des villes et territoires russophones de l’Est de l’Ukraine. Avec en stratégie à moyen terme une continuité territoriale entre la Russie et la Crimée. Ce qui passe par un contrôle de Mariopol... Et, en opposition, le massacre des populations de l’Est par les milices fascistes de Kiev, le bombardement des civils par l’armée. Bref, l’escalade, la guerre civile.

 Il ne faut pas oublier que, à la suite de la chute de l’URSS, les Etazuniens ont constamment et lourdement humiliés la Russie, traitées comme une nation vaincue. Colonisation économique à l’intérieur par des multinationales voraces, rejet « out of the map » dans toutes négociations internationales, expansion de l’Otan jusque dans les zones de sécurités traditionnelles de la Russie, avec notamment le « deal » incroyablement agressif avec les ex pays de l’Est : « si vous voulez entrer dans l’Union européenne, il vous faut aussi adhérer à l’Otan. » Ceci en s’asseyant sur les promesses formelles faites à Gorbatchev… L’arrimage de l’Ukraine à l’Ouest et à l’Otan étant dès lors le « chef d’œuvre » de cette politique d’encerclement de la Russie.

Ce qui a marché avec l’ivrogne Eltsine ne marche plus avec Poutine. Il serait prudent que l’U.E. cesse d’agir comme le supplétif des USA. Et de prendre enfin en compte la réalité russe. Il semble que ça commence puisque François a déclaré sans ambiguïté lors de sa conférence de presse que la France était résolument contre l'entrée de l'Ukraine dans l'Otan. D’autant plus que la Russie est indispensable pour résoudre d’autres problèmes, plus cruciaux, notamment face à la menace islamiste… Parce que le véritable danger, c'est là qu'il est, pas en Russie.

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

04/02/2015

En Europe, l'espoir a un nom : Syriza. Il a un visage : Tsipras.

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Hier soir mardi, la chaîne Arte a proposé une remarquable enquête concernant la situation économique actuelle de l'Europe en montrant la genèse de la dette et son poids absolument anormal dans la vie des États et donc des gens.

 

« Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation,et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois. » disait, avec cynisme le ci-devant Mayer Amshel Rothschild (1743-1812).

 

Ce cynisme est illustré jusqu'à la caricature par la main-mise des « marchés financiers » sur la politiques des États, particulièrement en Europe. Qui crée la monnaie ? La BCE ? Mouais... C'est avant tout et surtout les banques qui créent ex nihilo de l'argent-dette.

 

Ainsi vous allez voir votre banquier pour obtenir de Sa Suffisance un prêt de quelques milliers d'euros pour acheter par exemple votre appartement. S'il vous l'accorde, il fabrique à partir de rien les quelques milliers d'euros qu'il vous prête. Pour lui, c'est une simple ligne d'écriture, gagée de toute façon sur le bien acheté par vous. Vous, vous allez trimer toute votre vie pour « honorer » votre dette. Elle – la banque – vous a prêté de l'argent qu'elle n'a pas (puisqu'elle peut légalement prêter 9 si elle a 1 en caisse !). Notez que vous remboursez d'abord et avant tout les intérêts que la banque s'arroge ! C'est une gigantesque escroquerie basée sur le système pyramidal à la Ponzi, comme l'a expliqué hier soir le regretté Oncle Bernard Maris... Les banques créent de la monnaie de singe avec laquelle elles escroquent ceux qui n'ont que leur force de travail, et s'approprient la seule vraie valeur : le fruit du travail des humains.

 

Les États n'ont plus la main sur cet outil essentiel de leur souveraineté qu'est la création et la gestion de sa monnaie. Ceci depuis que le banquier de Rothchild Pompidou et son complice Giscard d'Estaing ont imposé à la France, avec la loi de 1973, de passer par l'intermédiaire des banques privées pour emprunter auprès de la Banque centrale nationale. Et on a mis ce système d'escroquerie caractérisé dans les traités qui fondent l'Europe puisqu'il a été repris in extenso par le traité de Maastricht ! Dès lors le surendettement des États était évident. Il est la conséquence d'un système bancaire inepte. Et les banksters ont le cynisme de prétendre que ce sont les États qui sont responsables... Et de dire qu'il faut que ces États réduisent leurs dépenses, privatisent les meilleurs fleurons de leurs économies, détruisent leurs services publics et pressurent d'impôts les classes les plus précaires. Si les États européens n'avaient pas racheté les dettes des banques privées – dettes provenant de l'économie de casino des banquiers – ils ne seraient pas devant un endettement gigantesque qui, de toute façon, ne sera jamais remboursé mais qui engraisse jusqu'à la goinfrerie ces banksters.

 

Selon les critères des banksters (appelés dans la novlangue « les marchés »), le meilleur élève, celui qui rafle tous les « prix » est l'Allemagne. Budget à l'équilibre, fort excédent commercial, paix sociale, etc. Ben voyons ! La bonne santé économique de ce pays est la conséquence de l'effacement total de la gigantesque dette allemande consécutive aux désastres, aux ruines, aux massacres de la guerre monstrueuse menée par les dirigeants fous que les citoyens allemands s'étaient librement choisis. Il ne faut pas qu'ils l'oublient, et il ne faut surtout pas éviter de le leur rappeler. Chez ce « meilleur élève », le pouvoir politique se plie aux desideratum des grands groupes industriels champions de l'exportation. Réduction des impôts des plus riches, réduction des charges des entreprises, pression sur les salariés pour qu'ils acceptent un gel et même une baisse de leurs salaires, travail forcé pour les chômeurs. Á cela s'ajoute une exploitation éhontée de ses voisins, de ses traditionnelles « marches de l'est ». Les machines outils, les grosses bagnoles « allemandes » sont fabriquées, par pièces ou segments séparés, en Hongrie, Slovénie, Tchéquie, Pologne, Roumanie, par des ouvriers payés au lance-pierre, puis seulement assemblées en Allemagne pour bénéficier du prestigieux label « Made in Germany ». Sans oublier l'exploitation jusqu'à la limite de l'esclavagisme de la force de travail d'ouvriers et d'employés étrangers au titre de « personnels détachés », avec les abus que l'on connaît en matière de salaires, de charges, de conditions de travail. C'est cette politique économique allemande qui est responsable de la situation dramatique de nombreux pays de l'Union européenne. Mais ceci va se retourner contre elle. En effet, 60 % des exportations allemande se font dans les autres pays européens. Donc si ses principaux débouchés se contractent à cause des politiques d'austérité imposées par ses diktats arrogants, elle va en subir gravement les conséquences.

 

Que faire ? Bernard Maris préconisait de revenir au traité de Maastricht : 60 % maximum d'endettement. La manière ? Que tout l'endettement de chaque pays au-dessus de ce seuil soit « gelé », voire supprimé ou avalé par le BCE. En n'hésitant pas à faire comme les Etazuniens : faire tourner la planche à billet pour maintenir une inflation raisonnable autour de 2 %. Ce qui stimulerait les économies des autres pays de la zone euros. Sans cela, la monnaie unique n'y survivra pas.

 

Nous sommes dans un cercle vicieux : les salaires sont bas parce qu'il y a trop de chômage, et le chômage ne baisse pas parce que la demande - et donc la croissance - sont atones. Ce n'est pas l'Allemagne qui nous sortira de ce piège. Mais l'espoir vient du sud et plus particulièrement de Grèce. Il a un nom : Syriza. Il a un visage : Tsipras.

 

Aujourd'hui, le dirigeant de l'Espoir rencontre notre François, mais aussi le président de la Commission européenne et le premier ministre italien Renzi. Puisse-t-il être suffisamment convainquant – ou effrayant selon l'optique que l'on adopte – pour que les dirigeants les plus puissants d'Europe écoutent enfin le sourd grondement de la révolte qui monte. Conseil amical : que ceux qui se font des couilles en or y pensent...

 

Illustration: merci à Na

 

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30/01/2015

Attention ! Une macronnerie peut en cacher une autre !

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Sa Suffisance Emmanuel Macron

 

On s'est largement étendu sur l'amendement scélérat de la loi Macron concernant la chasse aux donneurs d'alerte et aux journalistes d'investigations. Il a pour finalité cachée, sous prétexte de défense légitime des secrets de fabrication ou de mise en marché des entreprises, d'empêcher la diffusion auprès du public de possibles malversations ou dérives de la part des entreprises. La dénonciation de scandales tels ceux du Médiator ou de l'amiante seront-ils encore possible si cet amendement est voté ? Sûrement pas. Mais le fait d'avoir dévoilé cet article bien planqué et la levée de boucliers qui s'en est suivi donne bon espoir de faire reculer ce gouvernement de cette droite sournoise.

 

Mais ce n'est pas tout. Une macronnerie peut en cacher une autre ! Et cette autre saloperie qui est dans les tuyaux, c'est le récent rejet, par la Commission des lois de l'Assemblée nationale d'une proposition de loi sur le «devoir de vigilance » des multinationales. Il s'agissait de corriger un vide juridique en impliquant la responsabilité des entreprises donneuses d'ordre vis-à-vis de leurs sous-traitants concernant les atteintes aux droits humains occasionnés par leurs activités dans d'autres pays. Exemple : les entreprises françaises qui faisaient travailler des semi-esclaves au Bangladesh, dont plusieurs centaines ont été tués dans l'effondrement de leur immeuble.

 

Le Medef comme l'AFEP (association françaises des entreprises privées), ont toujours été vent debout contre ce « devoir de vigilance ». Ben voyons... Leurs lobbies ont fait le forcing et, lors du passage en commission, les députés socialistes, ainsi qu'évidemment les UMP, se sont unis sans vergogne pour faire capoter cette disposition altruiste frappée au sceau de la justice... Prétexte : ne pas nuire à la compétitivité internationale des entreprises françaises. Ceci en s'asseyant sur les souhaits de l'opinion publique, largement favorable à une meilleure régulation des multinationales.

 

Pas de soucis de « devoir de vigilance » donc pour les grandes entreprises « françouaises » . De même, dans la loi Macron première mouture, une disposition obligeait les entreprises à gérer leurs activités « dans le respect de l'intérêt général économique, social et environnemental ». Tè ! Fumes... Supprimé cette saine disposition.

 

Le gouvernement a donc choisi de se plier aux volontés des multinationales françaises qui ne risqueront donc plus grand chose. Avec cette loi, Total n'aurait pas été emmerdé pour les dégâts causés par l'Erika...

 

C'est beau d'avoir un gouvernement socialiste...

 

Ça file surtout les boules, surtout lorsqu'on a voté pour eux...

 

Photo x – Droits réservés

Sources :http://www.bastamag.net/Le-pouvoir-exorbitant-des

 

 

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29/01/2015

GRANDES VOIX. Abdennour Bidar : « Lettre ouverte au monde musulman »

Abdennour Bidar.JPGCher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin - de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd'hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident

Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres, sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois, toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d'enfanter un monstre qui prétend se nommer Etat islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : Daesh. Mais le pire est que je te vois te perdre - perdre ton temps et ton honneur - dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Tu cries : « Ce n'est pas moi ! », « Ce n'est pas l'islam ! » Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (#NotInMyName). Tu t'insurges que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu'à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l'islam dénonce la barbarie. Mais c'est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l'autodéfense sans assumer aussi et surtout la responsabilité de l'autocritique. Tu te contentes de t'indigner alors que ce moment aurait été une occasion historique de te remettre en question ! Et tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous, les Occidentaux, et vous, tous les ennemis de l'islam, de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n'est pas l'islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre mais la paix ! »

J'entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui, tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde, l'islam a créé tout au long de son histoire de la beauté, de la justice, du sens, du bien, et il a puissamment éclairé l'être humain sur le chemin du mystère de l'existence... Je me bats ici, en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l'islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine je vois aussi autre chose que tu ne sais pas voir... Et cela m'inspire une question - « la » grande question : pourquoi ce monstre t'a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? C'est qu'en réalité derrière ce monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il faudra bien pourtant que tu finisses par en avoir le courage.

Ce problème est celui des racines du mal. D'où viennent les crimes de ce soi-disant « Etat islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c'est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd'hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre - et il en surgira autant d'autres monstres pires encore que celui-ci que tu tarderas à admettre ta maladie, pour attaquer enfin cette racine du mal !

Même les intellectuels occidentaux ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu'est la puissance de la religion - en bien et en mal, sur la vie et sur la mort - qu'ils me disent : « Non, le problème du monde musulman n'est pas l'islam, pas la religion, mais la politique, l'histoire, l'économie, etc. » Ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur de réacteur d'une civilisation humaine ! Et que l'avenir de l'humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité tout entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l'échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l'homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent - et qui comme l'islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Malgré la gravité de ta maladie, il y a en toi une multitude extraordinaire de femmes et d'hommes qui sont prêts à réformer l'islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l'humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C'est à tous ceux-là, musulmans et non-musulmans, qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes ouvrages ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu'entrevoit leur espérance !

Mais ces musulmanes et ces musulmans qui regardent vers l'avenir ne sont pas encore assez nombreux, ni leur parole, assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c'est l'état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d'Al-Qaïda, Jabhat Al-Nosra, Aqmi ou « Etat islamique ». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté ; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion ; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

Tout cela serait-il donc la faute de l'Occident ? Combien de temps précieux vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ?

Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l'avouer, tu as été incapable de répondre au défi de l'Occident. Soit tu t'es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l'intérieur de tes frontières - un wahhabisme que tu répands à partir de tes Lieux saints de l'Arabie saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité - je veux parler notamment de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie mondiale qu'est le culte du dieu Argent.

Qu'as-tu d'admirable aujourd'hui, mon ami ? Qu'est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes ? Qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l'Inde à l'Espagne ? En réalité, tu es devenu si faible derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même... Tu ne sais plus du tout qui tu es, ni où tu veux aller, et cela te rend aussi malheureux qu'agressif... Tu t'obstines à ne pas écouter ceux qui t'appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie tout entière.

Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l'islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l'Etat que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu'à l'intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d'imposer que l'islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu'« il n'y a pas de contrainte en religion » (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son appel à la liberté l'empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ? Je dis qu'il est l'heure, dans la civilisation de l'islam, d'instituer cette liberté spirituelle - la plus sublime et difficile de toutes - à la place de toutes les lois inventées par des générations de théologiens !

De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s'élèvent aujourd'hui dans la Oumma pour dénoncer ce tabou d'une religion autoritaire et indiscutable... Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, chouyoukhs, etc.) qu'ils ne comprennent même pas qu'on leur parle de liberté spirituelle, ni qu'on leur parle de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l'islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge » si sacrée qu'ils n'osent pas donner à leur propre conscience le droit de la remettre en question ! Et il y a tant de familles où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès le plus jeune âge et où l'éducation spirituelle est d'une telle pauvreté que tout ce qui concerne la religion reste quelque chose qui ne se discute pas !

Or, cela, de toute évidence, n'est pas imposé par le terrorisme de quelques troupes de fous fanatiques embarqués par l'« Etat islamique ». Non, ce problème-là est infiniment plus profond ! Mais qui veut l'entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n'écoute plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t'illusionnes, ô mon ami, en faisant croire que, quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste, l'islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d'évoquer - une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive - est trop souvent l'islam ordinaire, l'islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l'islam du passé dépassé, l'islam déformé par tous ceux qui l'instrumentalisent politiquement, l'islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement spiritualité et liberté ?

Bien sûr, dans ton immense territoire il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d'approfondissement spirituel ; des lieux où l'islam donne encore le meilleur de lui-même, une culture du partage, de l'honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l'être humain et la réalité ultime qu'on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en terre d'Islam, et partout dans les communautés musulmanes du monde, des consciences fortes et libres. Mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans reconnaissance d'un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l'instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J'ai mon propre rapport à l'islam » n'a été reconnu par l'« islam officiel » des dignitaires. Ceux-là, au contraire, s'acharnent à imposer que « la doctrine de l'islam est unique » et que « l'obéissance aux piliers de l'islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l'une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l'un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d'un bien et d'un mal, d'un licite (halâl) et d'un illicite (harâm) que personne ne choisit mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées, tu associes encore la religion et la violence - contre les femmes, les « mauvais croyants », les minorités chrétiennes ou autres, les penseurs et les esprits libres, les rebelles - de sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du djihad !

Alors ne fais plus semblant de t'étonner, je t'en prie, que des démons tels que le soi-disant Etat islamique t'aient pris ton visage ! Les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C'est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l'éducation que tu donnes à tes enfants, dans chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n'es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! C'est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas, tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction.

Cher monde musulman... Je ne suis qu'un philosophe, et comme d'habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu'à faire resplendir à nouveau la lumière - c'est le nom que tu m'as donné qui me le commande, Abdennour, « Serviteur de la Lumière ». Je n'aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français, « qui aime bien châtie bien ». Et, au contraire, tous ceux qui aujourd'hui ne sont pas assez sévères avec toi - qui veulent faire de toi une victime -, tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.

 

Abdennour Bidar

Photo X - Droits réservés

 

 

Texte publié en octobre 2014 dans sur le site de Marianne – Les passages surlignés l'ont été à mon initiative.

 

 

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28/01/2015

La loi Macron, cimetière des « lanceurs d'alerte » et porte ouverte aux magouilles d'entreprises sous prétexte du « secret des affaires » ?

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En ce moment, les députés examinent les divers articles de la loi de toilettage économique dite « loi Macron ». Soyons réalistes : il n'y a pas d'inconvénients rédhibitoires à ce qu'on secoue un peu le juteux cocotier des notaires, des huissiers, à ce que certains commerces ouvrent le dimanche dans la mesure où les salariés y trouvent correctement leur compte, sans pour autant en faire la norme. Cette loi n'a rien de révolutionnaire, « ce n'est pas la loi du siècle » a même dit notre François national. Pourtant elle recèle, planquée dans un amendement vicelard, un danger réel pour le droit à l'information. C'est l'article relatif à la protection du secret des affaires.

 

Cet article pose le principe de l'interdiction de violer le secret des affaires et prévoit des peines très lourdes – de 3 jusqu'à 7 ans d'emprisonnement et de 375.000 à 750.000 euros d'amende – pour toute personne qui « prend connaissance, révèle sans autorisation ou détourne toute information protégée au titre du secret des affaires ». Personne ne peut nier l'impératif, pour les entreprises de protéger leurs secrets de fabrication, leur stratégie marketing, leurs négociations commerciales. L'espionnage industriel est une réalité dont de nombreuses entreprises françaises ont fait les frais. Le monde des affaires n'est pas celui des bisounours comme on dit maintenant.

 

Une clarification des règles en la matière est donc bienvenue, d'autant plus que le droit communautaire va bientôt l'imposer (proposition de directive du 28 novembre 2013). Pour autant, les considérations économiques ne doivent pas prendre l'ascendant sur l'exigence démocratique qui impose de garantir la liberté d'expression et le droit à l'information concernant certaines pratiques douteuses de certaines entreprises ou acteurs économiques. Voir les affaires du Médiator, de l'amiante, du Crédit Lyonnais, des magouilles des multinationales au Luxembourg, etc. Or c'est ce qui risque d'arriver.

 

Les dispositions de cette loi destinées à contrecarrer les pratiques d'une concurrence sans scrupules ni éthique pourraient en effet être détournées pour empêcher la publication juste et légitime d'informations qui pourraient être dérangeantes... D'autant plus que c'est la valeur économique de l'information qui entre en ligne de compte plus que sa nature même, ce qui autorise les entreprises à étendre à leur guise le champ de la confidentialité d'une information, du « secret des affaires ». Dès lors la porte est ouverte à l'utilisation abusive de ces interdictions, procédures, sanctions, ceci au détriment de l'information légitime non seulement des journalistes, mais aussi des syndicalistes et des lanceurs d'alerte. Et la lourdeur des sanctions incitera évidemment ces chercheurs de vérité à...l'autocensure. « Ferme ta gueule ou je t'envoie en taule ! » Un boulevard pour toutes les magouilles. De plus, le texte de loi prévoit la saisie ou le séquestre des exemplaires d'un journal dont un article divulguerait des informations entrant dans le cadre de ce « secret des affaires ». Le champ d'application est si large et si flou que bien des articles peuvent donner lieu à une telle mesure, commercialement catastrophique pour un journal. D'où l'autocensure qui deviendra la règle. Idem pour les journaux en ligne voire les blogs.

 

Et puis, cerise sur le gâteau, il sera possible pour une entreprise d'exiger le huis clos pour les éventuelles audiences concernant les litiges impliquant le « secret des affaires ». Écartant ainsi les journalistes et les privant du droit légitime de rapporter le contenu de ces audiences.

 

« Je veux dissiper votre interrogation concernant les amendements sur le secret des affaires. Il s'agit seulement de mieux protéger nos entreprises en protégeant leur capital stratégique et en luttant contre l'espionnage industriel » a déclaré Manuel Valls lors de ses voeux à la presse.

 

Ben voyons ! Pouvons-nous, devons-nous lui faire confiance à ce sujet ? Pas évident.

 

Sources : Challenges

 

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

 

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27/01/2015

Au bistro de la toile : Grèce, Allemagne, qui doit du pognon à l'autre ?

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- Salut Loulle. T'as vu ça hier ? On les a tous entendu pousser les cris d'une pucelle à qui un lascar met la main au panier ! Le représentant de Banque européenne, les charlots de la Commission européenne genre Mosco et Junker, et puis, cerise sur le gâteau, ceux qui devraient le plus fermer leur grande gueule : les Allemands. Ceux-là, à la télé, on aurait dit le politburo, tous raides comme s'ils avaient un casque à pointe dans le cul, clamer d'une seule voix qu'il n'était pas question d'effacer le moindre centime de la dette grecque. Ah mais ! On a sa fierté outre-Rhin ! Ce qu'ils oublient, c'est qu'eux-mêmes doivent leur richesse actuelle (richesse d'une petite partie de la population seulement), au fait que leurs propres dettes, énormes, ont été effacées par les alliés vainqueurs parce qu'ils y voyaient un intérêt stratégique face à l'empire soviétique. Ce qu'ils oublient, c'est qu'eux-même doivent beaucoup de thunes aux pays européens saccagés et ruinés par la folie nazie, donc par leur folie. Le pognon, le travail, les richesses pompés de force dans les pays occupés tout comme les frais liés à l'occupation n'ont jamais été remboursés. Concernant spécifiquement les Grecs, les Allemands ont pris toutes les réserves d'or de la banque de Grèce et ne l'ont jamais rendu. Ils ont imposé à la Grèce un « prêt » pour « participation à l'effort de guerre » dont le montant, actualisé avec un intérêt normal de 3%, correspond actuellement à plus de 160 milliards !

 

- Soit la moitié de la dette actuelle qui est de 320 milliards...

 

- Exactement. De plus, cette dette n'était que de 120 milliards il y a quatre ans, au début de la « crise » grecque. Or qui gouverne la Grèce depuis, à travers les gouvernements fantoches mis en place par l'Union européenne ? C'est la fameuse et honnie « troïka » : un représentant du FMI (organisme de pillage mondial des banksters étazuniens), un représentant de la banque centrale européenne (présidé par un ex de Goldman-Sachs, LA multinationale des banksters étazuniens), enfin un représentant de l'Union européenne (dominée par les Allemands). Autrement dit ces « zexperts » sont responsables d'un accroissement de 200 milliards de cette dette ! En quatre ans ! Faut le faire... Parce que le torrent pognon « prêté » à la Grèce ne sert pas à remonter le pays, à réformer ses institutions, à invertir dans des infrastructures, à dynamiser son économie. Non. Il sert à rembourser les banques – essentiellement allemandes et françaises – moyennant des intérêts véritablement usuraires, approchant parfois les 20 % ! C'est un pillage organisé. Avec pour résultat une baisse de 25 % du PIB du pays, une baisse des salaires de 30 %, des pensions de 50 %, une ruine des services publics et particulièrement de santé de telle sorte que la mortalité infantile à augmenté de 43 % ! C'est ça la solidarité européenne à la mode ultralibérale ? Enfin, la dette initiale de 120 milliards correspondait pour beaucoup à des achats d'armes auprès de l'Allemagne, de la France, des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Les Allemands leur ont même refilé des sous-marins qui ne marchent pas mais qui sont pittoresques : comme le Pitalugue de Monsieur Brun, c'est le sous-marin qui a tendance à tourner autour de son hélice ! Ach so ! Kalité industrielle allemande !

 

- La qualité industrielle allemande, on la fête aujourd'hui, avec les manifestations autour du camp d'extermination d'Auschwitz. Cette kalité allemande, ils l'ont mise au service de l'industrie de l'extermination de plus d'un million de juifs, de tziganes, de résistants, d'homosexuels dans ce seul camp. Organisation allemande, efficacité allemande. Et responsabilité allemande aussi, non ?

 

- Il serait temps de le leur rappeler, en appuyant où ça fait mal.

 

- En plus, à ces manifestations du souvenir, ils ont « oubliés », les « vainqueurs », d'inviter les libérateurs de ce camp de la mort, ils ont « oubliés » d'inviter Poutine ou Medvedev alors que ce sont les Russes qui ont battu les hordes d'Hitler, ce sont les Russes qui ont payé le plus lourd tribu - 30 de millions de mort - pour notre liberté. Pour un soldat américain mort en 39-45, il y a eu 30 soldats russes tués. Et on leur dit qu'ils sont mort pour rien. J'ai honte. Ils n'oublieront pas cet insupportable affront les Russes. Par contre, les « vainqueurs » de 45, plus les vaincus allemands, s'accordent pour soutenir les néo-nazis ukrainiens.

 

- Allez. Á la nôtre. Buvons pour oublier. « Para kalo, Loulle kraci kokino » ! S'il-te-plait, Loulle, du vin rouge !

 

Illustration: merci à Chimulus

 

 

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26/01/2015

L'espoir soulève l'Europe. Merci la Grèce !

 

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Ils ont voté les Grecs : Espoir et Dignité.

Ils ont voté les Grecs : Fierté et Liberté.

Ils ont voté les Grecs pour se débarrasser

De tous les corrompus qui ont dégueulassé

Le pays qui a inventé la République.

Ils ont botté le cul de cette clique

De collabos au service de la Troïka

Qui désespère Plaka.

Ces docteurs Diafoirus du tout austéritaire

Saignant à blanc la Grèce, lui donnant moult clystères

Pour mener à la mort leur malade « guéri ».

Ont-ils quelque culture, ces margoulins pourris ?

Et savent-ils au moins qu'Europe (Εὐρώπη ) est fille grecque ?

Qu'au pays d’Épicure, eux n'étaient que métèques ?

Savent-ils seulement que la démocratie (δημοκρατία )

N'est pas née à Berlin, ni à Londres ou ici

Mais sur les agoras de Patras ou d'Athènes

Par les voix de Socrate, Platon ou Démosthène.

Pousser au désespoir un peuple à l'agonie

Est toujours dangereux pour le bourreau honni.

Les ultralibéraux les ont mis dans la merde,

Les Grecs sont dans la rue, ils n'ont plus rien à perdre.

Et que dit l'Italie, fille aînée des Hellènes ?

Et la France oubliant ses sources phocéennes ?

Sinon rien pas grand-chose, des paroles, des mots

Bien faibles pour sauver la Grèce de ses maux.

Ces maux ? Les armateurs, banquiers et proprios,

Les popes gras et gros qui s'exemptent d’impôts,

Tous les Papandréou, tous les Caramanlis

Politicards véreux, venant de père en fils,

Saccager sans vergogne le pays de Platon.

Mais ils paieront un jour, ces sinistres gloutons...

Puis viennent les vautours au hideux cou pelé,

Fouailler les tripes chaudes du lion affalé :

Marchands d'armes, banquiers de l'Europe du nord,

Ils déchirent la Grèce avec leur groin de porc.

C'est la sainte curée, le bal des branquignoles,

Les Chinois au Pirée, les Boches à l'Acropole...

Et nous on a laissé faire tous ces sagouins

Sans que François, tape du poing !

Mais le lion blessé s'est enfin relevé

Par le vote il libère ses membres entravés.

Savourons les grimaces de dépit de Merkel

Et celles de Junker, son dévoué teckel !

Merci, merci les Grecs ! Et suivons votre exemple

Qu'en Espagne, au printemps, la victoire soit ample,

Et puis que l'Italie, et surtout que la France

Sachent ouvrir les yeux, saisir enfin la chance

De retrouver enfin leurs racines de gauche

Et d'oser dire « MERDE » aux diktats de la Bôche.

 

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

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23/01/2015

Au bistro de la toile : Arabie, école de la république, Grèce, nichons.

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- Alors, Loulle, quoi de neuf aujourd'hui dans les canards, laquais ou non ?

 

- Tiens, le roi est mort... Le ci-devant roi d'Arabie saoudite a passé l'arme à gauche.

 

- Il a libéré le territoire. C'est méritoire de sa part, mais il n'y a pas grand-chose qui va changer dans ce royaume médiéval, source de toutes les dérives doctrinales qui ensanglantent le monde. Ce pays est mis en coupe réglée par une famille, un clan qui pompe à son seul profit toutes les richesses de cette fiente de la terre qu'est le pétrole. Il appuie sa main-mise sur le monde arabe en se comportant comme le PDG des lieux saints musulmans d'où – tout en bouffant sans vergogne les éconocroques des pèlerins musulmans du monde entier – il exporte non seulement son pétrole mais aussi le wahhabisme, cette doctrine rétrograde, sanguinaire, référence de tous les salafistes, de tous les terroristes islamistes. C'est de ce trou du cul du monde que viennent toutes ces idées noires mortifères, l'irrespect des libertés au nom d'une croyance obligatoire sans critique possible, mais aussi les flots de pognons qui arment les djihadistes, les imams salafistes qui pourrissent nos jeunes, les fatwas aussi stupides que haineuses qui imposent à chaque croyant de se faire bourreau. Ce pays restera dirigé par quelques cheikhs pervers venant se vautrer dans le stupre, l'alcool et la fornication dans les palaces de cet Occident qu'ils honnissent... Tant qu'il n'y aura pas de révolution populaire dans ce pays, tant qu'il restera plongé dans un moyen-âge barbare, le monde arabo-musulman ne pourra pas évoluer. L'échec des « printemps arabes » - à l'exception à confirmer de la Tunisie – en est une illustration dramatique.Ben voilà ! C'est dit, Victor. Voilà une belle oraison funèbre !

 

- Autre chose, t'as vu hier soir l'émission-débat « des paroles et des actes » ?

 

- Pas tout, mais j'ai vu la partie avec les profs et Finkelkrot. L'aura des profs ne sort pas grandie de ces débats... Entre les imprécations d'une houri « sociologue » et celles d'une cagole s'égosillant pour tenter de culpabiliser non pas les quelques konnards qui pourrissent les écoles des banlieues, mais la société qui les « ostracisent », Finkelkrot a réussi tout de même à faire entendre une réalité : la seule arme pour lutter efficacement contre les idées perverses des salafistes, c'est l'éducation laïque, mais comment faire avec des jeunes dont le vocabulaire oscille entre deux et cinq cents mots ? Il en est sorti une évidence : apprendre aux élèves la langue de leur pays. Non pas seulement à ânonner quelques rimes de rap, mais à lire, parler, écrire et surtout comprendre notre belle langue. Ce qui leur permettait de réfléchir par eux-mêmes plutôt que d'avaler les idées prêt-à-porter de tous les beaux parleurs extrémistes.

 

- Mouais... Y a du boulot Victor. Enfin, fait faire avec. On parle aussi de la Grèce dans les canards...

 

- Là, il y a un immense espoir pour l'Europe. Si, malgré tous les coups bas, le parti de la gauche vraie Syriza emporte les élections législatives dimanche, les choses changeront non seulement en Grèce, mais dans toute l'Europe. Parce que la dictature ultralibérale sous la férule de Merkel et du FMI en prendra un coup dans l'aile. D'autant plus que la Banque centrale européenne change son fusil d'épaule. Y a du bon que se profile à l'horizon Loulle !

 

- Voilà donc une bonne nouvelle. Tiens, j'en vois une autre de nouvelle réjouissante dans les canards : le retour des nichons ! Oui, le retour des nichons en page trois d'un canard rosbif qui, chaque jour, publie la photo d'une superbe nana armée de son sourire et de ses deux obus ! Figure-toi que des ligues de défense de je ne sais quelles vertus avaient réussi à faire interdire ces somptueux nichons ! Eh bien le courage des dirigeants de ce journal rejoint en quelque sorte celui des Charlie : ils ne sont pas laissés impressionner par les milices de la vertu et de la pensée et ont remis en page l'habituelle playmate et ses nichons de rêve !

 

- Vive les gros nichons Loulle ! Et sers ma tournée !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

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22/01/2015

Davos : Les riches Charlots font du ski !

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"Complex pile", un énorme estron du Californien Paul McCarthy

 

Ah ! Ils ont bonne mine les « maîtres du monde » qui, chaque année à Davos, viennent baver leurs fiel ! 3.500 flics pour les protéger, une barrière de 18 km ! Et des mètres de neige… Enfermons-les ! Mettons-les au congélateur ! Parait que cette année c’est calme. Les flics se contentent de faire le pied de grue en se gelant les couilles et de relever les identités des marque-mal.

 

Parait qu’ils ont découvert quelque chose cette année les « maîtres du monde ». Ils ont tous lu Piketty et aurait donc appris que le monde est inégalitaire ! Quelle découverte ! Quelle perspicacité ! Dans son livre, l'économiste français Thomas Piketty démontre que la croissance ne s'accompagne pas spontanément d'une meilleure répartition des richesses, et prône un impôt mondial sur la fortune pour corriger les inégalités. ). Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépassera en 2016 celui des 99% restants, c'est-à-dire que 70 millions de personnes – ça fait tout de même beaucoup de monde – possèdent autant que les 7 milliards d’autres – ce qui fait encore beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de monde !

 

Alors ils vont discuter de ça les riches Charlots de Davos. Pour réduire cet écart ? Ou pour combiner comment leur en prendre un peu plus de thunes, à ces malotrus… Le thème, cette année, c’est « thenewglobalcontext », ce qui veut dire « le nouvel environnement mondial » en nov’langue davosienne. Autrement dit, ils ont les flubes les « maitres du monde », marionnettes des multinationales. Leurs agissements belliqueux, leur avidité, leur cupidité ont créé un monde instable, avec des guéguerres partout, une insécurité partout, une montée des idéologies fascisantes : neo nazi en Ukraine, nazislamiste dans le monde arabo-musulman. Alors ils ne sont pas tranquilles, mais rassurez-vous, ils vont gamberger comment en tirer profit : on va y parler de cybersécurité (c’est le nom politiquement correct pour parler de l’espionnage généralisé), et aussi, en douce, d’armées privées (les Etazuniens sont en pointe pour ça avec CACI  les tortionnaires d’Abou ,Grahib en Irak,  Blackwater qui a changé son nom pour Academy et forme, épaule, arme les milices neo nazis de Kiev, et.).

 

Klaus Schwab, le fondateur de ces rencontres de Davos, bêle que « le capitalisme a perdu ses repères » et souhaite regagner la confiance de l’opinion publique. Ben voyons, Kiki, on va te croire. Voilà-t-il pas qu’ils fientent dans leurs calbars parce qu’ils sentent et redoutent la rugosité du chanvre de la corde, les « maitres du monde » !

 

Ils sont là-haut quelques 2500. Ils sont entièrement responsables de la merde économique dans laquelle le monde entier se débat. Ils prétendent pourtant continuer à régir l’existence de 7 milliards d’individus. Qui sont-ils pour prétendre à cet extraordinaire pouvoir ? Qui les a élus ? Qui représentent-ils ? Devant qui sont-ils responsables ?

 

Les réponses sont simples.

 

Ils sont les représentants de quelques dizaines de mafias financières, de quelques centaines de compagnies multinationales qui mettent la terre en coupe réglée, qui réduisent en quasi esclavage l’essentiel de l’humanité, au profit de quelques milliers, allez, soyons large, quelques dizaines de milliers de parasites. Elus par personne évidemment si ce n’est par ces cercles mafieux qui se camouflent sous le nom de « conseils d’administrations ».

 

Ils sont les « apôtres » de la mondialisation, de la croissance à tout crin. Résultat de l’action de ces nuisibles : la planète dévastée, le climat déréglé, la clochardisation généralisée des populations laborieuses, l’accaparement des richesses mondiales au profit d’une poignée d’escrocs cupides et veules.

 

Ah ! Au fait, François – le nôtre, le « populaire », pas le drag queen boxeur de Rome – y va demain. Qu’est-ce qu’il va y faire ? Ah oui. Peut-être vendre des abonnements pour Charlie-hebdo.

 

Et s’il y avait une énorme avalanche sur Davos ? On peut toujours rêver.

 

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20/01/2015

Manifs antifrançaises au Niger. Contre les dessins de Charlie ou contre le pillage du pays par Areva ?

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« Le monde musulman contre la France » qu’on entend et qu’on lit dans la presse. Mouais… Faut voir qui, et combien, et comment. Qui ? Tous des pays pour lesquels le mot « démocratie » est une insulte : ça va du Soudan au Pakistan, en passant par l’Iran, l’Afghanistan, le Niger et la Tchétchénie… Combien ? Quelques milliers manipulés à coups de triques par les dictateurs au pouvoir et surtout leurs nazislamistes religieux saisissant toute occasion pour se mettre en valeur. Á mettre à part la Tchétchénie et le Niger.

La Tchétchénie est gouvernée à coups de triques par un homme de main de Poutine. Cette manif – originale par son ampleur et sa spontanéité ! – ressemble à un coup de pied au cul de Wladimir à François, pour cause de Mistral en rade !

Le Niger, c’est autre chose et c’est plus grave. Ce pays est l’un des plus pauvres du monde alors qu’il regorge de ressources minières, en particulier l’uranium exploité par Areva, société à participation majoritaire de l’Etat français.

Au Niger, il y a beaucoup de richesses mais…pas beaucoup pour les Nigériens !  Là, des intérêts français prépondérants. Alors qu’en France une ampoule sur trois est éclairée grâce à l’uranium nigérien, 90% des Nigériens n’ont pas l’électricité ! Le Niger est l’un des Etats les plus pauvres du monde. Plus de 60% de sa population vit avec moins de 1euro par jour.


Pourtant, le Niger est aussi le 4ème producteur mondial d’uranium, le 2ème fournisseur d’AREVA (juste après le Kazakhstan), et un partenaire stratégique de la France, à qui il fournit plus de 30% de l’approvisionnement de ses centrales nucléaires. Paradoxe aberrant et significatif de la mise à sac de l’Afrique par les multinationales, actuellement, alors qu’il est le principal produit d’exportation du pays, l’uranium ne contribue qu’à hauteur de 5% du budget de l’Etat du Niger !

Depuis plus de 40 ans, Areva exploite l'uranium du Niger. Premier employeur privé et plus gros exportateur du Niger, Areva a un chiffre d'affaires total de près du double du PIB du Niger ! Depuis plus de 40 ans le géant mondial du nucléaire bénéficie d’avantages fiscaux exorbitants et est loin de payer tous les impôts qu’il doit au Niger. Areva est une entreprise privée mais dont le capital est, rappelons-le, détenu à 87 %par l’Etat français.

Les contrats liant cette entreprise à l’Etat nigérien sont toujours très inégaux. Ils lient le Niger pour de nombreuses années. Et ils continuent de priver le Niger de revenus essentiels dont sa population a cruellement besoin. Lutte contre la pauvreté, réponse aux crises alimentaires, éducation, accès aux soins, développement du réseau routier, tout le développement de ce pays dépend de la teneur de ce contrat. Si la France veut éviter le prix du sang en Afrique, l’Etat français doit imposer à Areva un contrat équilibré.

Les manifestations antifrançaises, au Niger, ont donc aussi et surtout une connotation économique. Et le mécontentement des populations est en train d’être récupéré par…les mouvements islamistes ! Là, il y a danger.

Comme quoi, derrière quelques dessins, il y a le merdier africain, avec… de gros intérêts ! Faut le dire ça François !

 

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19/01/2015

Mais d’où nous viennent les islamistes ?

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Kamel Daoud, vous connaissez : c'est ce prestigieux écrivain algérien, qui a manqué d'une seule voix le prix Goncourt de littérature cet automne pour son roman Meursault, contre-enquête (Actes Sud). Cet homme de savoir, d'ouverture, de grand talent vit actuellement sous la menace d'une « fatwa », c'est-à-dire d'un appel à l'assassinat, comme pour Charlie. L’écrivain estime que « ceux qui défendent l’islam comme pensée unique le font souvent avec haine et violence. Ceux qui se sentent et se proclament Arabes de souche ont cette tendance à en faire un fanatisme plutôt qu’une identité heureuse ou un choix de racine capable de récoltes. Ceux qui vous parlent de constantes nationales, de nationalisme et de religion sont souvent agressifs, violents, haineux, ternes, infréquentables et myopes : ils ne voient le monde que comme attaques, complots, manipulations et ruses de l’Occident. Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. »

 

Nous avons tous un grand intérêt à écouter, à lire ce que pensent, disent et écrivent ces élites musulmanes. Voici un texte publié en 2012 par Kamel Daoud :

« La religion, c’est comme un appel en absence d’un numéro masqué : vous savez qu’on vous a appelé, mais vous ne savez pas qui. Alors, vous dites que c’est Allah, Dieu, Jéhovah, Bouddha ou le Râ. La révélation, c’est comme un SMS : cela doit vous dire tout, mais en trois lignes et 150 caractères. A vous d’interpréter. La foi est une ligne d’abonné. La croyance se recharge comme des unités. Trêve d’humour. Le sujet du jour est une question : pourquoi les islamistes sont des islamistes qui veulent imposer la chariâ partout ? Ils sont comme nous, vivent et respirent et vont aux toilettes. Pourquoi à un moment, ils se prennent pour les guichetiers du ciel et les émissaires de Dieu ? Pourquoi ils n’aiment pas la nudité, la femme, la liberté, le choix, l’homme, l’urne et le choix du choix ? Pourquoi ils sont comme ça : violents, laids, souffreteux et impénétrables aux nuances de l’humanité ? A quel moment un être humain devient un être islamiste ? Faute d’amour ? De bons livres ? D’accès à canal + ? D’attente déçue ? D’emploi ou de sens ? D’où viennent les Djihadistes justement ? Qui les enfantent ? D’où vient l’islamisme ?

 

Réponse : de l’école. Ensuite, plus profond, des livres qui sont en circulation, puis des chaînes satellitaires religieuses, de la question palestinienne et des échecs sensuels et amoureux et de salaires et de voyages ratés. Ensuite ? Là, il faut le dire comme l’a dit un collègue : de l’Arabie Saoudite. Ce pays qui mange l’argent des pèlerins crédules et vit d’être le PDG des Lieux Saints, qui exporte le pétrole vers l’Occident et le wahhabisme vers le monde « arabe ». C’est de là que viennent ces idées qui empêchent les femmes de prendre le volant des voitures et les « arabes » de prendre le volant du monde. C’est de là que vient l’argent des élections, des maquis, des Djihadistes. Et ce n’est pas de la propagande bas de gamme pro-occidentale mais la réalité : ce pays exporte la mort et forme nos malades tueurs de lueurs et de levers de soleil. La source du Mal est là : dans ce pays qui lutte contre le terrorisme chez lui mais l’encourage ailleurs comme un désert qui avance. Les islamistes sont les petits pupilles de cette nation familiale : ils y tètent les idées noires et l’irrespect des libertés au nom d’une obligation de croyance. C’est dans ce pays, et son sosie l’Iran, que naissent ces fatwas qui nous ridiculisent et ces Cheikhs pervers chevillés à la libido par la tête, la haine.

 

Car il faut se poser la question sur les « islamistes » et leur origine idéologique. Le rêve d’AQMI, c’est le remake pauvre de ce Royaume. La question a longtemps préoccupée le chroniqueur : d’où viennent les islamistes qui naissent comme nous avant de se transformer contre nous ? Qui a fait que des enfants se transforment en hideux guerriers d’AQMI et d’ailleurs ? Des idées. Des idées surtout qui viennent de ce pays de sable et de mort où un peuple entier est condamné à être serviteur des faux serviteurs de ces Lieux. Du coup, une conclusion : le vrai printemps arabe commencera le jour où ce foyer sombre sera éclairé par la révolte et le sursaut de son peuple qui tourne en rond autour d’une famille. C’est de là que nous viennent ces méchants tristes qui veulent emprisonner nos femmes, voler nos arbres, nous imposer les ablutions après les éternuements et nous faire croire que l’on peut marcher vers la lune, le front en semelle de leurs croyances. C’est le jour où l’on cassera le tabou derrière lequel se cache les Al Saoud pour se proclamer garants de nos croyances et gardiens des espaces sacrés, que nous entameront la marche du monde. AQMI et les autres ? Se ne sont que les enfants perdus de la monstrueuse paternité de ce Royaume. Il ne sert à rien de lutter contre le terrorisme sans s’avouer qu’il a une origine et des Pères fondateurs. »

 

 

jamel debbouze.jpgEcoutons aussi ce que dit (TF1 dimanche « 7 à 8 » – Le Parisien  )l'un des acteurs du chobise parmi les plus aimés de France, Jamel Debbouze :

«J'ai passé mon temps à ne pas dire que j'étais musulman. Pas parce que je n'étais pas fier, loin de là. Mais parce que je considérais que ce n'était pas un sujet, qu'on n'avait pas besoin d'affirmer son identité ou sa différence » Aujourd'hui, j'ai presque besoin de le revendiquer comme pour dire : ne vous inquiétez pas, on est pareil, malgré nos différences. Je suis Français, musulman, artiste, je suis né à Barbès, j'ai grandi à Trappes, je suis père de deux enfants, marié à une chrétienne journaliste très, très belle (ndlr : Mélissa Theuriau). Et ça, pour moi, c'est la France. La France, c'est ma mère, on ne touche pas à ma mère ! »

Questionné sur les élèves n'ayant pas voulu respecter la minute de silence en hommage aux victimes de Charlie Hebdo, Jamel Debbouze a poussé un cri de colère. 
« C'est complètement débile, c'est irrespectueux. Ça ne se fait pas de ne pas respecter les morts. On ne se comporte pas comme ça. C'est sans précédent ce qui est arrivé, c'est arrivé au cœur de la capitale et ça concerne tout le monde ! (...) Ces gamins-là ils ne sont pas éduqués, ne sont pas encadrés ou ne sont tout simplement pas aimés. »

 

Tenez: voilà un lien fort éclairant...sur "Inspire", le magazine pratique des jihadistes

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16/01/2015

Tremblez, braves gens ! Les menaces islamistes intérieures sont bien réelles...

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On semble s'étonner et découvrir avec inquiétude, voire effroi la réalité des attentats aveugles qui menacent nos sociétés occidentales. Massacres à Paris, attentats déjoués de justesse en Belgique, etc. Des idiots utiles gaucho-islamistes sévissent tant dans la presse que dans les blogosphères. Toujours prompts à dénoncer comme « islamophobes » ceux qui osent ouvrir les yeux.

 

Pourtant la connaissance de ces menaces est accessible à qui se donne la peine de chercher un peu. Il existe un magazine en langue anglaise qui se veut la voix quasi officielle d'Al Quaïda : « Inspire » 

 

Tenez, voilà ce qu'on y trouve. Tremblez, braves gens. Ou réagissez !

 

« …/...

Le gouvernement américain a été incapable de protéger ses citoyens de bombes cocottes-minute transportées dans des sacs à dos [au Marathon de Boston de 2013] ; je me demande s´ils seront capables de déjouer des voitures piégées ! Par conséquent, au nom de notre responsabilité envers la oumma musulmane en général et envers les musulmans résidant en Amérique en particulier, le magazine Inspire vous présente humblement une recette-maison simple et improvisée pour fabriquer la voiture piégée de Shahzad.

 

Et, bonne nouvelle, vous pouvez aussi la confectionner dans la cuisine de maman [référence au célèbre ‘Fabriquez une bombe dans la cuisine de maman’, article paru dans le numéro d´été 2010 d’Inspire].

 

Dans sa rubrique "Open Source Jihad, Inspire propose un manuel de fabrication de voitures piégées aux États-Unis et une liste de cibles potentielles aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France.

 

"Ce type de voiture piégée est conçu pour tuer des personneset non pour détruire des bâtiments ; par conséquent, cherchez une foule dense. Faites preuve de créativité dans votre djihad, et  apprenez à avoir l’esprit large" recommande Inspire.

 

Surprenez l´ennemi, ne suivez pas de protocole particulier. Croyez-moi, il n´existe pas de permis pour le type de voiture que vous conduisez.

 

Déguisez-vous pour l'opération, paraissez gros (ajoutez des couches de vêtements), changez de teint, soyez un clone, utilisez n’importe quel masque (croyez-moi, la peur du ridicule sera la dernière chose de vos considérations), portez un masque adapté aux fêtes, une barbe blanche le 25 décembre. Dans l'ensemble, soyez créatifs, Frères ! La partie la plus importante à cacher, c’est les yeux et leur contour.

 

Choisir le bon endroit et le bon moment est un facteur crucial de réussite de toute opération. Choisissez des cibles dans votre propre pays. Vous connaissez mieux l'ennemi, vous agissez de l’intérieur. Nous vous suggérons quelques cibles générales et spécifiques à titre d´exemple

 

Des lieux et restaurants [fréquentés par] des personnalités de haut rang. Habituellement, ces personnes se rendent au restaurant pendant le week-end: Arlington, Alexandrie, restaurants et bars de la rue M à Washington [DC]. 

 

Les stades de tennis : ils sont fréquentés par des milliers de personnes, et des personnalités de haut rang, notamment pour l'US Open... 

 

 [Perpétrer ces attentats est recommandé pendant] la saison des élections, tant présidentielles que du Congrès. Pendant Noël et la Saint-Sylvestre, les 25 et 31 décembre. "

 

Inspire dresse une liste de cibles à Washington DC, New York, Chicago, Los Angeles

 

"L'Amérique est notre première cible, suivie par le Royaume-Uni, la Franceet les autres pays de croisés. Quant au champ d’action pour une voiture piégée, il y a des endroits inondés de gens, par exemple les événements sportifs auxquels des dizaines de milliers de personnes participent, les campagnes électorales, les festivals et autres rassemblements. L'important est que vous cibliez des gens et non des bâtiments.

 

Washington est la capitale, et New York est l´ancienne capitale. Toutes deux revêtent une importance symbolique pour le peuple et le gouvernement américain. Par ailleurs, la Maison Blanche se trouve à Washington, qui abrite environ 347 000 employés du gouvernement fédéral, et de nombreuses personnalités importantes du gouvernement y vivent. Quant à New York, elle est connue pour son statut de centre financier, culturel, ses transports et ses usines ; c’est le centre de la Banque, des finances et de la communication des États-Unis.

 

La Virginie du Nord : Elle jouit d’une grande présence militaire ; presque toutes les bases militaires sont situées dans cet Etat, à l´exception de l´Armée de l´Air, qui se trouve à Chicago. Il y a des organismes fédéraux en Virginie du Nord, dont le siège du ministère de la Défense et de la CIA, et des installations militaires à Hampton Roads, site du principal port de la région. La Virginie attire généralement les touristes.

 

- Chicago : Elle est au centre des États-Unis, c’est une plaque tournante des transports. Elle joue un rôle important dans la distribution mondiale, est le troisième plus grand port intermodal du monde. C’est également un important centre commercial mondial. La ville abrite le deuxième plus grand centre financier américain. Parmi ses structures financières les plus importantes : Sears Tower, un gratte-ciel de 108 étages, qui a détenu le titre du plus haut bâtiment du monde pendant environ 25 ans. [Et] le Chicago Board du Trade Building.

 

- Los Angeles : La ville la plus peuplée de l´État de Californie, et la deuxième plus peuplée des Etats-Unis. C’est également le plus grand centre de production de l´ouest américain. C’est aussi le foyer d’Hollywood ».

 

- Au Royaume-Uni : Plusieurs moments et lieux sont propices à un attentat. Vous avez les stades de football, en particulier pendant les matchs de la Première Ligue et de la coupe de la FA. Ils bénéficient d’une couverture médiatique internationale. Le meilleur moment, c’est après le coup de sifflet final, quand les foules quittent le stade et font la fête autour des entrées.

 

Au début de l'été, nous avons Cheltenham, et à la fin de l'été, nous avons Epsom, où les courses de chevaux sont suivies par des milliers de gens à travers le royaume, y compris par la reine. Il y a aussi les tournois de tennis.

 

Mentionnons une cible plus spécifique, l´hôtel Savoy, situé sur The Strand, au centre de Londres. Vers 22 heures GMT, des hommes d´affaires et des cibles de premier plan quittent l´hôtel. C´est le lieu et le moment idéal pour faire exploser votre voiture piégée... »

 

Avec plus de 82 millions de touristes étrangers par an, la France est classée première destination touristique du monde : plages et cités balnéaires, stations de ski et zones rurales que beaucoup apprécient pour leur beauté et leur tranquillité (tourisme vert).

 

Les stations du Transport express régional (TER). Les heures de pointe feront toujours l’affaire. La vallée de la Dordogne, pendant les étés. Faire d’une pierre deux coups ; [frapper] les Anglais et les Français.

 

La Coupe de la Ligue ; ouvert uniquement aux clubs professionnels. Attendre des foules immenses de supporters devant des entrées.

 

La parade militaire du Jour de la Bastille : le matin du 14 juillet chaque année à Paris. »

 

Pendant l´exposition spéciale au musée du Louvre : le musée d’art le plus visité au monde et un monument historique. 

 

 [Et] la Côte d´Azur

 

Inspire fournit un manuel détaillé de fabrication de voitures piégées : "C’est tout à fait simple - et nous le simplifions encore pour vous..."

 

L'objectif du magazine Inspire est de donner aux jeunes musulmans les moyens d’agir. Or comment peut-on agir sans force, puissance et intelligence ?

 

Dans cette rubrique, nous vous vous donnons force, puissance et intelligence. Croyez-moi, le recours aux voitures piégées vous apporte tout cela. 

 

C’est tout à fait simple. Et nous simplifions encore les choses pour vous... afin que chaque musulman qui aime Allah et Son messager, et qui veut précipiter la victoire de l'Islam, se prépare à [en] fabriquer, même si c´est la première fois qu’il a affaire à une arme.

 

Cette recette vous donne la possibilité de fabriquer une voiture piégée, même dans des pays sous haute sécurité et surveillance. La raison : des matières premières très accessibles et qui n’éveillent pas les soupçons. Ce ne sont pas des explosifs à l’origine. Mais après les avoir assemblés et préparés, ils deviennent une bombe prête à détruire... 

 

Le mérite de cette méthode est que vous pouvez préparer une voiture piégée en quelques heures, dès que les matières premières se trouvent à votre disposition. Donc, vous avez moins de soucis à vous faire pour votre sécurité personnelle. 

 

Mon frère musulman, avant de commencer à lire ces instructions, n´oublie pas que dans ce type d´opération, si elle bien préparée et que la cible est bien choisie, Allah te promet le succès. L´histoire ne l´oubliera jamais. On s’en souviendra comme d’une cuisante défaite imposée aux ennemis de l´Islam. »

 

Sources :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Inspire_%28magazine%29

http://www.slate.fr/story/70479/inspire-al-qaida.

http://www.nuitdorient.com/dernart20.htm