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22/04/2014

Pour ne pas avoir la mémoire qui flanche : les 60 engagements du candidat François Hollande.

60 mesures chimulus.jpg

 

Après deux ans aux manettes, il n’est pas inutile de comparer la réalité avec les 60 engagements qui font que la majorité des Français a choisi le candidat et surtout le programme de François Hollande.

Voici une première tranche de 15 engagements. A chacun de juger.

 

1 - Je créerai une Banque publique d’investissement. À travers ses fonds régionaux, je favoriserai le développement des PME, le soutien aux filières d’avenir et la conversion écologique et énergétique de l’industrie. Je permettrai aux régions, pivots de l’animation économique, de prendre des participations dans les entreprises stratégiques pour le développement local et la compétitivité de la France. Une partie des financements sera orientée vers l’économie sociale et solidaire.

2 - Je ferai des PME une priorité. Je mobiliserai l’épargne des Français, en créant un livret d’épargne industrie dont le produit sera entièrement dédié au financement des PME et des entreprises innovantes. Pour cela, je doublerai le plafond du livret développement durable, en le portant de 6.000 à 12.000 euros. Les PME, les TPE, les artisans et les commerçants auront, dans chaque région, un interlocuteur unique. Le crédit d’impôt recherche leur sera rendu plus simple et plus accessible. Je veillerai à ce que la commande publique leur soit bien ouverte, en toute indépendance et transparence.

3 - Je favoriserai la production et l’emploi en France en orientant les financements, les aides publiques et les allégements fiscaux vers les entreprises qui investiront sur notre territoire, qui y localiseront leurs activités et qui seront offensives à l’exportation. À cet effet, je modulerai la fiscalité locale des entreprises en fonction des investissements réalisés. En parallèle, j’engagerai avec les grandes entreprises françaises un mouvement de relocalisation de leurs usines dans le cadre d’un contrat spécifique. J’instaurerai, pour les entreprises qui se délocalisent, un remboursement des aides publiques reçues. Une distinction sera faite entre les bénéfices réinvestis et ceux distribués aux actionnaires. Je mettrai en place trois taux d’imposition différents sur les sociétés : 35% pour les grandes, 30% pour les petites et moyennes, 15% pour les très petites.

4 - Je soutiendrai le développement des nouvelles technologies et de l’économie numérique, levier essentiel d’une nouvelle croissance, et j’organiserai avec les collectivités locales et l’industrie la couverture intégrale de la France en très haut débit d’ici à dix ans.

5 - Je préserverai le statut public des entreprises détenues majoritairement par l’État (EDF, SNCF, La Poste...). Je demanderai à ce que soit adoptée, au sein de l’Union européenne, une directive sur la protection des services publics. Je protègerai les consommateurs pour rétablir la confiance des Français dans l’économie.

6 - Je défendrai un budget européen ambitieux pour l’avenir de l’agriculture dans sa diversité, en particulier l’élevage, dans le cadre de la révision de la politique agricole commune. J’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique. Je donnerai aux producteurs les moyens de s’organiser pour rééquilibrer les rapports de force au sein des filières face à la grande distribution. Je garantirai la présence des services publics locaux dans le monde rural. J’assurerai la protection de notre économie maritime et redonnerai à la pêche les moyens de sa modernisation. Je ferai de notre pays le leader européen des énergies marines renouvelables.

7 - Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives. J’interdirai aux banques françaises d’exercer dans les paradis fiscaux. Il sera mis fin aux produits financiers toxiques qui enrichissent les spéculateurs et menacent l’économie. Je supprimerai les stock-options, sauf pour les entreprises naissantes, et j’encadrerai les bonus. Je taxerai les bénéfices des banques en augmentant leur imposition de 15 %. Je proposerai la création d’une taxe sur toutes les transactions financières ainsi que d’une agence publique européenne de notation.

8 - Je garantirai l’épargne populaire par une rémunération du livret A supérieure à l’inflation et tenant compte de l’évolution de la croissance. Pour baisser les frais bancaires, une loi plafonnera le coût des services facturés par les banques. Pour lutter contre le surendettement, le crédit à la consommation sera encadré.

9 - Le déficit public sera réduit à 3% du produit intérieur brut en 2013. Je rétablirai l’équilibre budgétaire en fin de mandat. Pour atteindre cet objectif, je reviendrai sur les cadeaux fiscaux et les multiples « niches fiscales » accordés depuis dix ans aux ménages les plus aisés et aux plus grosses entreprises. Cette réforme de justice permettra de dégager 29 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

10 - Un coup d’arrêt sera porté à la procédure de révision générale des politiques publiques et à l’application mécanique du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Dès 2012, j’ouvrirai un cycle de concertation avec les organisations syndicales de la fonction publique sur tous les sujets : perspectives salariales ; lutte contre la précarité ; modes de nominations des emplois supérieurs de la fonction publique ; déroulement des carrières.

11 - Je proposerai à nos partenaires un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance pour sortir de la crise et de la spirale d’austérité qui l’aggrave. Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi, et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction. Je proposerai de créer des euro-obligations. Je défendrai une association pleine et entière des parlements nationaux et européen à ces décisions. Cinquante ans après le traité de l’Élysée, je proposerai à notre partenaire l’élaboration d’un nouveau traité franco-allemand.

12 - Je défendrai un budget européen (2014-2020) au service des grands projets d’avenir. Je soutiendrai la création de nouveaux outils financiers pour lancer des programmes industriels innovants, notamment dans les domaines des technologies vertes et des transports de marchandise ferroviaires. Et je militerai auprès de nos partenaires pour une Europe de l’énergie.

13 - Je proposerai également une nouvelle politique commerciale pour faire obstacle à toute forme de concurrence déloyale et pour fixer des règles strictes de réciprocité en matière sociale et environnementale. Une contribution climat- énergie aux frontières de l’Europe viendra compléter cette stratégie. J’agirai, dans le cadre du G20, pour une parité plus équilibrée de l’euro vis-à-vis du dollar américain et du yuan chinois en proposant un nouvel ordre monétaire international.

14 - La contribution de chacun sera rendue plus équitable par une grande réforme permettant la fusion à terme de l’impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d’un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR). Une part de cet impôt sera affectée aux organismes de sécurité sociale. Les revenus du capital seront imposés comme ceux du travail.

15 - Je ferai contribuer les plus fortunés des Français à l’effort national en créant une tranche supplémentaire de 45% pour les revenus supérieurs à 150.000 euros par part. En outre, nul ne pourra plus tirer avantage des « niches fiscales » au-delà d’une somme de 10.000 euros de diminution d’impôt par an.

 

Quinze autres engagements demain…

 

Tridi 3 floréal 222

 

Illustration : merci à Chimulus

20/04/2014

Cendrars - Pâques à New-York

Cendrars.jpg

 

Pâques à New-York.

 

Seigneur, c’est aujourd’hui le jour de votre Nom,
J’ai lu dans un vieux livre la geste de votre Passion,

Et votre angoisse et vos efforts et vos bonnes paroles
Qui pleurent dans le livre, doucement monotones.

Un moine d’un vieux temps me parle de votre mort.
Il traçait votre histoire avec des lettres d’or

Dans un missel, posé sur ses genoux.
Il travaillait pieusement en s’inspirant de Vous.

À l’abri de l’autel, assis dans sa robe blanche,
il travaillait lentement du lundi au dimanche.

Les heures s’arrêtaient au seuil de son retrait.
Lui, s’oubliait, penché sur votre portrait.

À vêpres, quand les cloches psalmodiaient dans la tour,
Le bon frère ne savait si c’était son amour

Ou si c’était le Vôtre, Seigneur, ou votre Père
Qui battait à grands coups les portes du monastère.

Je suis comme ce bon moine, ce soir, je suis inquiet.
Dans la chambre à côté, un être triste et muet

Attend derrière la porte, attend que je l’appelle!
C’est Vous, c’est Dieu, c’est moi, — c’est l’Éternel.

Je ne Vous ai pas connu alors, — ni maintenant.
Je n’ai jamais prié quand j’étais un petit enfant.

Ce soir pourtant je pense à Vous avec effroi.
Mon âme est une veuve en deuil au pied de votre Croix;

Mon âme est une veuve en noir, — c’est votre Mère
Sans larme et sans espoir, comme l’a peinte Carrière.

Je connais tous les Christs qui pendent dans les musées;
Mais Vous marchez, Seigneur, ce soir à mes côtés.

Je descends à grands pas vers le bas de la ville,
Le dos voûté, le cœur ridé, l’esprit fébrile.

Votre flanc grand-ouvert est comme un grand soleil
Et vos mains tout autour palpitent d’étincelles.

Les vitres des maisons sont toutes pleines de sang
Et les femmes, derrière, sont comme des fleurs de sang,

D’étranges mauvaises fleurs flétries, des orchidées,
Calices renversés ouverts sous vos trois plaies.

Votre sang recueilli, elles ne l’ont jamais bu.
Elles ont du rouge aux lèvres et des dentelles au cul.

Les fleurs de la Passion sont blanches, comme des cierges,
Ce sont les plus douces fleurs au Jardin de la Bonne Vierge.

C’est à cette heure-ci, c’est vers la neuvième heure,
Que votre Tête, Seigneur, tomba sur votre Cœur.

Je suis assis au bord de l’océan
Et je me remémore un cantique allemand,

Où il est dit, avec des mots très doux, très simples, très purs,
La beauté de votre Face dans la torture.

Dans une église, à Sienne, dans un caveau,
J’ai vu la même Face, au mur, sous un rideau.

Et dans un ermitage, à Bourrié-Wladislasz,
Elle est bossuée d’or dans une châsse.

De troubles cabochons sont à la place des yeux
Et des paysans baisent à genoux Vos yeux.

Sur le mouchoir de Véronique Elle est empreinte
Et c’est pourquoi Sainte Véronique est Votre sainte.

C’est la meilleure relique promenée par les champs,
Elle guérit tous les malades, tous les méchants.

Elle fait encore mille et mille autres miracles,
Mais je n’ai jamais assisté à ce spectacle.

Peut-être que la foi me manque, Seigneur, et la bonté
Pour voir ce rayonnement de votre Beauté.

Pourtant, Seigneur, j’ai fait un périlleux voyage
Pour contempler dans un béryl l’intaille de votre image.

Faites, Seigneur, que mon visage appuyé dans les mains
Y laisse tomber le masque d’angoisse qui m’étreint.

Faites, Seigneur, que mes deux mains appuyées sur ma bouche
N’y lèchent pas l’écume d’un désespoir farouche.

Je suis triste et malade. Peut-être à cause de Vous,
Peut-être à cause d’un autre. Peut-être à cause de Vous.

Seigneur, la foule des pauvres pour qui vous fîtes le Sacrifice
Est ici, parquée, tassée, comme du bétail, dans les hospices.

D’immenses bateaux noirs viennent des horizons
Et les débarquent, pêle-mêle, sur les pontons.

Il y a des Italiens, des Grecs, des Espagnols,
Des Russes, des Bulgares, des Persans, des Mongols.

Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens.
On leur jette un morceau de viande noire, comme à des chiens.

C’est leur bonheur à eux que cette sale pitance.
Seigneur, ayez pitié des peuples en souffrance.

Seigneur dans les ghettos grouille la tourbe des Juifs
Ils viennent de Pologne et sont tous fugitifs.

Je le sais bien, ils t’ont fait ton Procès;
Mais je t’assure, ils ne sont pas tout à fait mauvais.

Ils sont dans des boutiques sous des lampes de cuivre,
Vendent des vieux habits, des armes et des livres.

Rembrandt aimait beaucoup les peindre dans leurs défroques.
Moi, j’ai, ce soir, marchandé un microscope.

Hélas! Seigneur, Vous ne serez plus là, après Pâques!
Seigneur, ayez pitié des Juifs dans les baraques.

Seigneur, les humbles femmes qui vous accompagnèrent à Golgotha,
Se cachent. Au fond des bouges, sur d’immondes sofas,

Elles sont polluées par la misère des hommes.
Des chiens leur ont rongé les os, et dans le rhum

Elles cachent leur vice endurci qui s’écaille.
Seigneur, quand une de ces femmes me parle, je défaille.

Je voudrais être Vous pour aimer les prostituées.
Seigneur, ayez pitié des prostituées.

Seigneur, je suis dans le quartier des bons voleurs,
Des vagabonds, des va-nu-pieds, des recéleurs.

Je pense aux deux larrons qui étaient avec vous à la Potence,
Je sais que vous daignez sourire à leur malchance.

Seigneur, l’un voudrait une corde avec un nœud au bout,
Mais ça n’est pas gratis, la corde, ça coûte vingt sous.

Il raisonnait comme un philosophe, ce vieux bandit.
Je lui ai donné de l’opium pour qu’il aille plus vite en paradis.

Je pense aussi aux musiciens des rues,
Au violoniste aveugle, au manchot qui tourne l’orgue de Barbarie,

À la chanteuse au chapeau de paille avec des roses de papier;
Je sais que ce sont eux qui chantent durant l’éternité.

Seigneur, faites-leur l’aumône, autre que de la lueur des becs de gaz,
Seigneur, faites-leur l’aumône de gros sous ici-bas.

Seigneur, quand vous mourûtes, le rideau se fendit,
Ce que l’on vit derrière, personne ne l’a dit.

La rue est dans la nuit comme une déchirure,
Pleine d’or et de sang, de feu et d’épluchures.

Ceux que vous aviez chassés du temple avec votre fouet,
Flagellent les passants d’une poignée de méfaits.

L’Étoile qui disparut alors du tabernacle,
Brûle sur les murs dans la lumière crue des spectacles.

Seigneur, la Banque illuminée est comme un coffre-fort,
Où s’est coagulé le Sang de votre mort.

Les rues se font désertes et deviennent plus noires.
Je chancelle comme un homme ivre sur les trottoirs.

J’ai peur des grands pans d’ombre que les maisons projettent.
J’ai peur. Quelqu’un me suit. Je n’ose tourner la tête.

Un pas clopin-clopant saute de plus en plus près.
J’ai peur. J’ai le vertige. Et je m’arrête exprès.

Un effroyable drôle m’a jeté un regard
Aigu, puis a passé, mauvais, comme un poignard.

Seigneur, rien n’a changé depuis que vous n’êtes plus Roi.
Le Mal s’est fait une béquille de votre Croix.

Je descends les mauvaises marches d’un café
Et me voici, assis, devant un verre de thé.

Je suis chez des Chinois, qui comme avec le dos
Sourient, se penchent et sont polis comme des magots.

La boutique est petite, badigeonnée de rouge
Et de curieux chromos sont encadrés dans du bambou.

Ho-Kousaï a peint les cent aspects d’une montagne.
Que serait votre Face peinte par un Chinois ?

Cette dernière idée, Seigneur, m’a d’abord fait sourire.
Je vous voyais en raccourci dans votre martyre.

Mais le peintre, pourtant, aurait peint votre tourment
Avec plus de cruauté que nos peintres d’Occident.

Des lames contournées auraient scié vos chairs,
Des pinces et des peignes auraient strié vos nerfs,

On vous aurait passé le col dans un carcan,
On vous aurait arraché les ongles et les dents,

D’immenses dragons noirs se seraient jetés sur Vous,
Et vous auraient soufflé des flammes dans le cou,

On vous aurait arraché la langue et les yeux,
On vous aurait empalé sur un pieu.

Ainsi, Seigneur, vous auriez souffert toute l’infamie,
Car il n’y a pas de plus cruelle posture.

Ensuite, on vous aurait forjeté aux pourceaux
Qui vous auraient rongé le ventre et les boyaux.

Je suis seul à présent, les autres sont sortis,
Je me suis étendu sur un banc contre le mur.

J’aurais voulu entrer, Seigneur, dans une église;
Mais il n’y a pas de cloches, Seigneur, dans cette ville.

Je pense aux cloches tues: — où sont les cloches anciennes?
Où sont les litanies et les douces antiennes?

Où sont les longs offices et où les beaux cantiques?
Où sont les liturgies et les musiques?

Où sont tes fiers prélats, Seigneur, où tes nonnains?
Où l’aube blanche, l’amict des Saintes et des Saints?

La joie du Paradis se noie dans la poussière,
Les feux mystiques ne rutilent plus dans les verrières.

L’aube tarde à venir, et dans le bouge étroit
Des ombres crucifiées agonisent aux parois.

C’est comme un Golgotha de nuit dans un miroir
Que l’on voit trembloter en rouge sur du noir.

La fumée, sous la lampe, est comme un linge déteint
Qui tourne, entortillé, tout autour de vos reins.

Par au-dessus, la lampe pâle est suspendue,
Comme votre Tête, triste et morte et exsangue.

Des reflets insolites palpitent sur les vitres…
J’ai peur, — et je suis triste, Seigneur, d’être si triste.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– La lumière frissonner, humble dans le matin.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– Des blancheurs éperdues palpiter comme des mains.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– L’augure du printemps tressaillir dans mon sein.

Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.

Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauques comme des huées.

Une foule enfiévrée par les sueurs de l’or
Se bouscule et s’engouffre dans de longs corridors.

Trouble, dans le fouillis empanaché des toits,
Le soleil, c’est votre Face souillée par les crachats.

Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne…
Ma chambre est nue comme un tombeau…

Seigneur, je suis tout seul et j’ai la fièvre…
Mon lit est froid comme un cercueil…

Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents…
Je suis trop seul. J’ai froid. Je vous appelle…

Cent mille toupies tournoient devant mes yeux…
Non, cent mille femmes… Non, cent mille violoncelles…

Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses…
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées…

Je ne pense plus à vous. Je ne pense plus à vous.

 

Blaise Cendrars

New York, avril 1912

 

Décadi 30 germinal 222

 

Photo X - Droits réservés

 

 

18/04/2014

L’eau de Valls ne vous plait pas ? Vous préféreriez la purge Copé peut-être…

copé lacombe.jpg

 

 

Non mais écoutez-les s’étrangler les dépités de gauche. Ils fulminent, menacent, font semblant de s’étrangler de rage. Non mais vous vous rendez compte, qu’ils disent, Valls nous trahit. Il fait une politique de droite. Pourquoi, parce qu’ils se prétendent de gauche les dépités socialistes ? Eh ! Oh ! Faut pas pousser… Pourquoi, ils n’étaient pas au courant de l’état du pays ? Ils sont ignares, bons à rien ou faux-cul ? Ils attendaient quoi ?

Bon, alors qu’est-ce qu’ils vont faire, les pourfendeurs à la rose ? Ben, rien, bien sûr. RIEN ! Ils vont tapoter le clou qui les blesse dans leur godillot et ils vont voter comme un seul homme (femme) pour ce que propose Hollande (et donc Valls). Parce que la gamelle est trop bonne, et qu’ils savent très bien que s’ils ne votent pas, la solution c’est la dissolution, avec à la sortie plus de deux cents dépités lourdés. Et pour la France une calamité bien pire que Valls : l’arrivée de Copé à Matignon. Bonjour la perspective. 

Bon. On commence à savoir à quelle sauce on va se faire bouffer. Il va falloir encore sortir des thunes. Mais peut-il en être autrement sauf à avoir Mélenchon à Matignon et Tsipras à la Commission européenne ?

Moi aussi, j’ai parfois les aliboffis qui gonflent. Mais il faut tout de même ne pas perdre la mémoire et se souvenir encore et encore d’où nous venons, ce que nous ont laissé Sarko et sa clique. Et ce qui reviendra en pire avec Copé.

Pour se rafraîchir les idées, voici le remarquable travail d’un blogueur.

 

Allez-y, vous n’en reviendrez pas !

 

http://www.perdre-la-raison.com/2012/09/lheritage-le-vrai...

 

Nonidi 29 germinal 222

 

Illustration: merci à Lacombe

 

17/04/2014

Au bistro de la toile : l'apocalypse nucléaire pour l'Ukraine ?

chimulus bistro copie.jpg

 

 

 

- Oh ! Victor, je sais pas si tu touches la retraite, mais si c'est le cas, Valls va te raboter les miches !

 

- Bof. Demander un petit effort à tous les citoyens, est-ce grave docteur ? « De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins » disait l'Autre, le célèbre barbu. Qui-a-t-il d'anormal à demander une solidarité de tous les citoyens ? La justice passe aussi par là. Et s'il me faut ne pas toucher quelques euros de plus par an, ça ne me trouera pas le cul. Alors je casquerai ma part, comme tout le monde. Évidemment, ce qu'il faudrait faire, c'est renverser la table européenne, remettre la Bismarkel à sa place, imposer à la banque européenne de s'intéresser AUSSI et SURTOUT au développement des pays européens, ne PAS PAYER la dette, éventuellement sortir de l'Euro ou, mieux, conseiller fermement à l'Allemagne de sortir, elle, de l'euro, etc. Mais ça, il n'y a qu'un gouvernement de gauche très couillu qui pourrait le faire. Ce qui n'est pas le cas puisque c'est la droite avec un masque de gôche qui nous gouverne...

 

- Mouais... On n'y est pas encore. Après tout, nos problèmes sont de la pisse de chat par rapport à ce qui nous guette avec les bruits de bottes à nos portes, en Ukraine.

 

- Exactement Loulle. Les gesticulations tant des Russes que des fantoches de Kiev manipulés par la CIA avec la complicité de la Pologne, de la Suède et de l'Allemagne, prennent un tour de plus en plus dangereux.

 

- Pourquoi manipulés, Victor ? Les Ukrainiens en avaient ras les aliboffis de se faire exploiter par les « zoligarkes » et ils ont cassé la baraque.

 

- Exact, maisl'Ukraine regorge de richesses et a les terres les plus riches du monde. D'ailleurs les fonds prédateurs yankees, allemands, anglais et même français investissent à tour de bras, achetant des milliers d'hectares mais pas seulement. Ces dernières années des dizaines d'ONG, de fondations, d'instituts de recherche européens, américains et canadiens, ont envahi la vie politique ukrainienne, la vie culturelle et les médias. Toutes sortes d'organisations plus ou moins bidons qui sont autant de portes d'entrée pour les affairistes rapaces et les fauteurs de troubles de la CIA, qui a investi 5 milliards en dix ans pour armer, entraîner, exciter idéologiquement les nazillards locaux. Tout ce beau monde a acheté les principales chaînes de télévision et de radio du pays, tandis qu'une partie du pognon a servi aussi à financer les groupes paramilitaires que nous avons vu à l'action place Maïdan. Parce qu'à côté des révoltés sincères il y avait aussi d'authentiques fachos qui arborent sans complexe leur nostalgie nazie et qui, maintenant, forment la structure du « gouvernement » de Kiev.

 

- Liberté, liberté chérie-e, mon cul, quoi !

 

- Bien sûr. Enfumage que tout ça. Depuis la chute de l'URSS, les Zoccidentaux n'ont pas cessé d'humilier les Russes. Ils les encerclent, les isolent, les menacent par l'Otan. Les Russes ont un projet pour faire contrepoids à l'Union européenne. C'est ce qu'ils appellent « l'Union eurasienne » avec la Bielorussie, le Kazakstan et donc l'Ukraine. Sans l'Ukraine, ce projet est mort-né. Ce qui donne un nouvel éclairage au soutien de l'Europe et des Zétazunis à la révolte des Ukrainiens de l'ouest. L'intérêt des Zoccidentaux est évidemment de bloquer ce projet russe de façon à étendre son marché, avoir accès aux ressources et aux matières premières ukrainiennes, puis à terme – poussé en cela par les USA, l'intégration du pays dans la grosse larve Europe-marché et enfin dans l'Otan, machine de guerre des multinationales yankees.

 

- Et c'est pour ça que les crapules qui nous gouvernent risquent une confrontation avec l'ours russe ?

 

- Ben oui... En oubliant que Poutine a un côté mégalo barjo et qu'il n'hésitera pas à utiliser toutes ses armes s'il se sent sérieusement menacé, par des provocations de l'Otan par exemple. La menace de l'Otan, pour lui, à présent, est à 500 km de Moscou ! L'ours acculé est très, très dangereux.

 

- TOUTES ses armes... Putaing, ça file le tracsir Victor.

 

- Eh ouais. On omet de parler d'une évidence lorsqu'il s'agit de la situation en Ukraine : c'est que la Russie est la deuxième puissance nucléaire mondiale. Elle possède 5200 têtes nucléaires, les USA en ont 5400, la France 300, Israël 200, le Royaume-Uni 160, la Chine 130, l'Inde et le Pakistan 50 à 60 chacun, sans oublier la Corée du nord avec de 6 à 12 têtes. Lien Il y a là de quoi éradiquer la vie sur la terre entière. La puissance de destruction de plus d'un million d'Hiroshima. Si ça pétait Loulle, dans les premières minutes, on compterait 1,5 milliard – ouais, milliard – de morts sous l'effet des explosions, du souffle, de la chaleur, de la radioactivité, des tsunamis. Ceux-là seraient vernis d'être pulvérisés en un dixième de seconde. Les 6 milliards d'autres regretteraient de respirer encore. Irradiés, brûlés, choqués, malades, ils erreraient sur une terre que le soleil ne toucherait plus, atmosphère pourri étant saturé de poussières radioactives, de fumés des incendies, des milliards de tonnes de terre soulevés. Une chape de nuit. La température qui chute à moins 10, moins 15 degrés, les rivières, les fleuves, les lacs, et même la mer gèlent. Pas de lumière, pas de photosynthèse, donc plus de plantes. Les derniers animaux crèveraient et seraient bouffés, comme les hordes humaines poussées à l’entre-tuer pour les quelques boites de conserves des hypermarchés éventrés. Avant de l’entre-dévorer...

 

- ...taing ! T'es pas gai aujourd'hui Victor.

 

- Réaliste Loulle. Réaliste seulement. Au bout de quelques mois, d'un an peut-être, la poussière retomberait sur une monde d'apocalypse. Alors, la couche d'ozone ayant été détruite, les ultra-violets achèveraient les derniers animaux, et surtout ces animaux à deux pattes, pelés, prétentiards et capables de toutes les prouesses pour s'autodétruire. Resteraient tout de même quelques millions de cafards, de scorpions, d'araignées, de cloportes, de crabes poilus, de ginko, d'algues, de moisissures, etc. Après quelques millions d'années, peut-être qu'une chaine évoluerait vers la vie consciente. Avec, je l'espère, au sommet, quelque chose de moins kon que l'Homme...

 

- ...taing ! Allez, buvons un coup Victor. C'est peut-être le dernier...

 

- A la nôtre Loulle ! La konnerie humaine est vraiment la seule approche que l'on puisse avoir de l'infini...

 

 

Octidi 28 germinal 222

 

Illustration: merci à Chimulus

 

15/04/2014

Élections européennes : et si on reparlait des « travailleurs détachés »

travailleurs détachés par Aurel.jpg

 

 

Bientôt les élections européennes… Mouais. Ça me fait penser à la fameuse directive sur les « travailleurs détachés » qui fout une zone pas possible en autorisant toutes les magouilles possibles en matière de travailleurs « bas coût ».

 

Mise en œuvre en 1996 pour répondre au défi posé par l'intégration de trois pays où le coût du travail était peu élevé, l'Espagne, la Grèce et le Portugal, la directive 96/71 concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d'une prestation de services a fait émerger le principe d'application du droit du pays d'accueil. Aux termes de ce principe, les entreprises prestataires de service doivent rémunérer les salariés qu'elles détachent aux conditions du pays dans lequel se déroule le contrat, sauf à ce que le droit du pays d'envoi soit plus favorable. Mais l'absence de dispositions concrètes en matière de contrôle au sein de la directive de 1996, avec l'arrivée des pays de l'ex Europe de l'Est ,a donné lieu à une véritable explosion de la fraude au détachement. Tous les chantiers d'importance en France, comme dans les autres membres « riches » de lU.E., sont gangrenés par les bataillons de travailleurs « bas coût » en provenance de Hongrie, de Roumanie, de Pologne, de Tchéquie, de Slovaquie, des anciens pays baltes. Avec pour conséquence immédiate une explosion concomitante du nombre des chômeurs français sur les secteurs concernés ?

 

Une première « victoire » auprès du Parlement européen a eu lieu au mois de décembre dernier : - liberté pour chaque pays de déterminer lui-même les contrôles qu’il estime nécessaires sur la situation des « travailleurs détachés » sur son territoire ; - responsabilisation de l’entreprise donneuse d’ordre solidairement avec ses sous-traitants. Mais c'est une victoire à minima, puisque ne s'appliquant qu'au secteur ,du bâtiment. Et cette décision n'est nullement définitive tant la création d'une directive européenne est complexe, mettant en action la Commission, qui propose la directive, le Parlement, qui la vote ou non, le Conseil de l’Union européenne, qui rassemble les ministres des États membres. Si aucun accord n’est trouvé après deux lectures, débute une phase de conciliation. Autrement dit de magouilles. Les débats en séance plénière sont totalement inefficaces : comment mettre d'accord 751 députés et animer un débat en 28 langues ? D'autant plus que les lobbys interviennent à tout bout de champ, sous prétexte d'apporter leur « expertise », auprès des commissaires, des députés, des ministres, bref de tout ce qui a une responsabilité donc un pouvoir à se mettre dans la poche, au besoin en l'achetant !

 

C'est là qu'intervient une phase occulte : les « trilogues » qui sont des réunions informelles regroupant discrètement de petites équipes de négociateurs représentant chaque institution (commission, parlement et conseil de l'union). Ces gens se rencontrent dans des lieux discrets, voire des salles réservés de quelques bons restaurants ! Le caviar, le tournedos Rossini et le Bourgogne aident fortement à concilier les points de vue... Voilà comment se joue le devenir de millions de travailleurs de l'Europe Unie !

 

Les plus puissants lobbyistes profitent de ces réunions pour avancer leurs pions. Résonnent alors discrètement mais avec insistance les coups de fil des Chambres de commerces européennes, d'Apple, de Microsoft, d'Amazon et autres poids lourds pour lesquels les « détachements » de travailleurs sont fort juteux. Ils sont d'autant mieux écoutés et entendu que le commissaire en charge de l'emploi, le Hongrois Lazlo Andor ne cache même pas ses préférences : « Mais cette directive est justement faite pour proposer des travailleurs bon marché ! Vous n’allez tout de même pas tuer le bébé » Puis lorsque tout ce beau monde s'est mis d’accord dans la plus grande opacité, le texte est proposé en séance plénière et, évidemment, adopté.

 

Après quoi dans cette Europe dévoyée par l'ultralibéralisme, les entreprises sont libres de jouer sans vergogne la concurrence entre les peuples. Et ceux-ci n'ont plus qu'à en baver.

 

Voilà entre autre pourquoi il faudra aller voter aux élections européennes. Pour mettre en place un maximum de députés de partis aptes à faire bouger le cocotier européen. En d'autres termes, il faut faire en sorte que la droite européenne soit battue. On peut toujours rêver...

 

 

Sources : http://www.monde-diplomatique.fr/2014/04/A/50341

 

Sextidi 26 germinal 222

 

Illustration: merci à Aurel

 

 

14/04/2014

Laisserons-nous « Valsser » la Sécu ?

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François lui en a donné l’ordre, Valls va le réaliser : faire d’énormes cadeaux aux entreprises avec du pognon pris dans la poche des ménages. Avec en corollaire un danger mortel pour l’une des principales conquêtes de la Libération : tuer la Sécu. Depuis des décennies le patronat en rêve, Valls – sur instruction de Hollande - va-t-il le faire ? Ce rêve cauchemardesque, c’est donner de plus en plus de part de l’énorme gâteau de la protection sociale aux assurances privés. Hollande, Valls, Sarko, Gattaz, Bébéar, même combat…

 

Les mesures massives d’allègement de cotisations sociales seront payées par qui ? Soit on laisse le bébé à la Sécu, augmentant d’autant son déficit ; soit l’Etat compense au sou près les cotisations qui ne seront plus payés par les entreprises, transférant ainsi à l’impôt c’est-à-dire à tous, ce qui est logiquement dû par les entreprises, ce salaire différé que l’on salit en l’appelant « charges ». On délégitime ainsi les prélèvements sociaux qui finance la Sécu, préparant par la même la privatisation dont rêve le Medef.

 

Par ailleurs, cette disposition va avoir une conséquente désastreuse sur les salaires. Mettez-vous à la place des patrons : il faudrait être plus kon que la moyenne pour embaucher quelqu’un au-dessus du Smic, ce qui revient à payer des cotisations alors qu’au Smic et légèrement au-dessus, il ne paiera rien ! Résultat, les salaires vont tous être réajustés au niveau du Smic ! La paupérisation à l’anglaise ou à l’allemande va proliférer. Et en avant vers l’esclavage ! Quant à la Sécu, privée de ses ressources, elle va se déglinguer, retournant l’opinion contre elle, puis elle tombera en ruine, sous les vivats des requins de l’assurance privée. La « social démocratie » vu par Hollande et Valls est elle différente de l’ultralibéralisme  à la Sarko, Merkel et Cameron ?

 

Ainsi 10 milliards « d’économies » seront prélevés sur la Sécu, plus 11 autres milliards sur « notre système de prestation », formule vaseuse pour dire encore une fois sur la Sécu. Ce qui se traduit ainsi : la Sécu financera les deux tiers des 30 milliards refilés aux entreprises. Qui en fera les frais ? Les assurés sociaux qui verront progresser le discret « reste à charge », c’est-à-dire ce qui n’est payé ni par la Sécu ni, par les mutuelles mais par le cochon de payant… L’ogre de la privatisation de la Sécu aiguise ses crocs…

 

D’ailleurs la nouvelle législation européenne sur les marchés publics conforte cette dérive vers la privatisation. En effet pour le Parlement européen, il convient « d’encourager une concurrence équitable et de permettre un meilleur rapport qualité-prix » en ouvrant au maximum les marchés publics au secteur public, y compris l’ouverture à la concurrence des services de sécurité sociale obligatoire ».

 

La directive sur la passation des marchés publics ne fait pas mystère des intentions d’ouvrir à la concurrence les services de sécurité sociale obligatoire dans son article 74 (Attribution de marchés pour des services sociaux et d’autres services spécifiques) et son annexe XVI.

 

La directive permet à un « Etat de l’Union européenne [qui le] souhaiterait – dans le cadre de son autonomie en la matière – [d’] organiser certains services de sécurité sociale à travers un contractant.. »

 

Ainsi un Etat membre pourra construire son marché des services de sécurité sociale en respectant les règles de la concurrence libre et non faussée en matière de services de sécurité sociale obligatoire. C’est la privatisation de la Sécu.

 

On est loin de «l'esprit de Philadelphie».A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les vainqueurs ont dessiné des règles financières et monétaires, pour assurer la stabilité du monde et le développement économique, notamment au travers des accords de Bretton Woods, et une déclaration adoptée par l'Organisation internationale du travail et connue sous le nom de Déclaration de Philadelphie. Elle est, en quelque sorte, le pendant social des accords financiers de Bretton Woods.

 

Texte fondateur, cette Déclaration de Philadelphie affirme que «le but central de toute politique nationale et internationale» doit être la justice sociale. Défendant le principe que «le travail n'est pas une marchandise» et que «la pauvreté, où qu'elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous», cette déclaration ajoute: «Tous les êtres humains, quels que soient leur race, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique et avec des chances égales; la réalisation des conditions permettant d'aboutir à ce résultat doit constituer le but central de toute politique nationale et internationale.» lien 

 

Quintidi 25 germinal 222

Photo X – Droits réservés

07/04/2014

Au bistro de la toile : la Vallse-bachïngue.

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- Ah ! Victor. Je pense à la volatilité des sujets dont nous abreuve la presse-purée. Exit la Syrie, il ne doit plus y avoir de massacres puisqu'on n'en parle plus dans les lucarnes à décerveler. Exit la Crimée et l'Ukraine. Exit le foutoir mis en Syrie par le « guerrier-sauveur » Sarko et son bouffon BHL. Exit le Mali, exit la Centre-Afrique où nos troufions risquent leur peau pour, plus tard, probablement se faire pourrir comme ceux qui ont eu le tort de foutre leur nez dans la boucherie tribale rwandaise. On n'en parle plus, donc ça n'existe plus !

 

 

- C'est le règne de l'immédiateté Loulle. Actuellement, nos brillants chroniqueurs ne s’intéressent qu'à une chose : la Valls-bachïngue. Ce type n'a encore rien fait en tant que premier ministre. Mais il est déjà pourri jusqu'à la moëlle par les « zé-kon-hommistes » distingués qui squattent les plateaux télé ou des radios : les Abbot et Costello du dézinguage bobo, Joffrin-Barbier ; le club régécolor des teint-teint et les cagoles de services qui sévissent chez Calvi, puis au Grand journal, les chroniqueurs ultralibéraux des radios matinales...

 

 

- Eh ! Victor, faut bien remplir les vides des colonnes et les blancs des machines à bruit. Tu oublies la tempête dans un verre de pastis des Verts et des députés socialistes réticents.

 

 

- Ah ! Ben, les Verts, ils sont égaux à eux-mêmes : toujours prêts à casser à tapant des pieds le jouet qu'on leur donne pour qu'ils ferment leur gueule. Quant aux députés socialistes « réticents » comme tu dis, c'est de la tchatche et seulement de la tchatche : ils voteront comme de bons toutous la confiance à Valls. Eh ! Ils tiennent à leur gamelle. Imagine qu'ils ne votent pas cette confiance à Valls. Que devrait faire le pôvre François ? Dissoudre l'assemblée ! Avec pour résultat que sur les 275 députés socialistes et assimilés actuels, une cinquantaine seulement survivrait et qu'on aurait le pittoresque Copé à Matignon. Eh ! Tu crois qu'ils sont prêts à renverser leur juteuse gamelle, les députés « réticents » ?

 

 

- Donc ça va passer.

 

 

- Évidemment. Mais le Catalan aura le descabello pointé sur sa nuque ! Un seul objectif : estoquer le chômage. C'est là tout ce qu'on demande depuis l'arrivée des socialistes au pouvoir. Au lieu de ça, ils nous ont foutu une zone pas possible dans le pays avec des lois sur le mariage pour tous qui n'intéressent que quelques milliers de bobos et bobotes. Qu'il se démerde comme il voudra le Valls, mais qu'il jugule le chomdu, et alors l'avenir lui sera ouvert.

 

 

- En attendant Victor, marchons au son du canon. Mais du canon de rouge !

 

 

- A la nôtre.

 

 

 

Octidi 18 germinal 222

 

Illustration : merci à Chimulus

 

04/04/2014

Alors Manu, on le bouffe ce mille-feuille administratif ?

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Bon. Alors Manu, puisqu'il faut faire de sérieuses éconocroques, on commence par quoi ? Je te propose de faire une cure sérieuse d'amincissement au mille-feuille administratif. On a le plus de communes de toute l'Europe : 36.681 dont 31.500 ont moins de 2000 habitants et 41 seulement dépassent 100.000 habitants. Cerise sur le gâteau : 6 communes françaises n'ont aucun habitant !

 

A titre de comparaison, l'Allemagne en a 12196 (81,5 millions d’habitants), l'Italie 8101 (61 millions d’habitants) et l’Espagne 8111 (47,3 millions d’habitants).

 

Ces communes sont rattachées à 4055 cantons, 101 départements, qui eux-mêmes sont regroupés dans 26 régions.

 

Le jacobinisme chers aux Français a créé au fil des années un mille-feuille administratif pour le moins pittoresque : en 1890, création des premiers SIVU (Syndicat Intercommunal à Vocation Unique), en 1950 les Districts Urbains, en 1959 les SIVOM (Syndicat Intercommunal à vocation multiple), en 1966 les CU (15 Communautés Urbaines), en 1983 les SAN (4 Syndicats d’Agglomération Nouvelle), en 1992 les CC (1903 Communautés de Communes), en 1999 les CA (222 Communautés d’Agglomérations), en 2010 les Métropoles. Il faut rajouter les 2145 EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunales) à fiscalité propre qui supervisent 99,8 % des communes. On peut encore ajouter les arrondissements des grandes villes.

 

A chaque niveau son administration, donc ses fonctionnaires, donc ses dépenses. A titre de comparaison, dans les 12 principaux pays d’Europe, 8 fonctionnent à deux niveaux, 4 ont une organisation à 3 niveaux.

 

Manu, il y a là un « gisement » d'économie conséquent comme disent les « zékonomistes distinqués ». De plus, la simplification drastique de ce foutoir faciliterait grandement la vie des Français et des entreprises. C'est bien ce qu'on veut, non ?

 

Alors va-z'y Manu. Tranche allègrement dans les tranches du mille-feuille. Bien sûr, ça va foutre la zone dans le landernau des petits satrapes locaux qui trouvent que ce mille-feuille est un gâteau savoureux, leur assurant des prébendes, des situations juteuses, des honneurs. Mais tu t'en fous Manu, au contraire tape fort : les communes sont passées à droite ! Tu n'as donc plus de gants à prendre avec les petits roitelets de gôôche qui pouvaient te mettre des bâtons dans les roues !

 

Allez, faut pas trop brusquer les habitudes : pour commencer, tu divises au moins par deux le nombre de communes, tu supprimes les départements (ils vont passer à droite aux prochaines cantonales...) et tu réduis le nombre de régions. Tiens, par exemple chez moi, ne serait-il pas judicieux de faire une grande région Méditerranée en regroupant Provence-Côte-d'azur et Languedoc-Roussillon, tout en laissant les Alpes à Rhône-Alpes ?

 

Les grandes réformes structurelles, c'est le moment de les faire ! Évidemment, ça ne fera pas remonter la côte popu dans les sondages, mais ça ferait un sacré grand bien au pays.

 

C'est bien pour ça qu'on vous a élus, non ?

 

 

 

Sources : http://www.economiematin.fr/

 

 

 

Quintidi 15 germinal 222

 

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

 

 

 

 

 

 



 

03/04/2014

Au bistro de la toile : Sapin, ça pue

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- Alors Victor, c’est la « drimtim » au gouvernement ?

- Bof. On prend les mêmes et on continue la même politique de léchage de cul de l’ultralibéralisme.  Tiens, j’écoutais Sapin ce matin : il refuse un référendum sur les négociations transatlantique, méprisant ainsi le peuple, comme d’autres l’ont méprisé lors du référendum sur la constitution européenne. On lui parle de la dette et qu’est-ce qu’il répond ? « On doit redonner confiance aux « marchés » sinon ils ne nous prêteront plus d’argent. » Mais ce bougre d’âne ne répond pas à l’essentiel : ne plus avoir à emprunter sur les « marchés », c’est-à-dire auprès des fonds de pensions étazuniens. 

- Ouais, et comment ne pas emprunter auprès de ces maquereaux lorsqu’on dépense plus que ce qu’on gagne ?

- Le Sapin n’a jamais remis en cause la DETTE, cette grosse merde chiée par tous les gouvernements depuis que Pompidou, banquier employé de Rothchild, a imposé, en 1973 cette loi scélérate : l’Etat ne peut plus emprunter directement à la Banque de France, mais doit passer par l’intermédiaire des banques privées, qui elles se finançaient à par exemple 1% auprès de cette institution nationale puis refourguaient le pognon à l’Etat à 2, 3, 4% et plus si affinité. C’est cette loi pourrie qui a été reprise par l’Europe dans le traité de Maastricht, puis par le traité de Lisbonne, imposé par Sarko CONTRE la volonté affirmée des Français lors du référendum sur l’Europe. Sapin, Sarko, Merkel, Thatcher et les banksters, même combat ! Notre dette abyssale vient de là.

- Ben ouais, mais moi on m’a toujours dit qu’il faut bien le rembourser le pognon que l’on doit ?

 

- Encore faudrait-il savoir ce que représente cette dette. Ce qu’elle a de légitime et ce qu’elle recouvre de magouilles frauduleuses. Est illégitime et peut – et même doit - ne pas être remboursée la dette contracté par l’Etat parce qu’il a baissé les impôts des plus riches, leur permettant de s’engraisser  puis…de prêter à l’Etat le pognon dont il s’est lui-même privé. Il est de l’intérêt de ceux qui ont beaucoup de thunes d’avoir un Etat emprunteur. Ça leur permet de placer en toute sécurité le pognon qu’ils ont thésaurisé par le vol, l’exploitation, l’usure, car on ne devient jamais très riche en travaillant. Il ne lui vient pas à l’idée, à Sapin, de faire racheter les 60% de la dette française par les Français qui ont le bas de laine bien rempli, ce qui laisserait les 50 milliards d’intérêts payés chaque année dans l’économie nationale. Mais Sapin, comme Hollande, comme tous les gouvernants, de droite comme de gôôôche, sont des ultralibéraux soumis à la prédation des banksters. Ils tremblent devant les « agences de notation » au lieu de se mettre en situation de les envoyer chier. La soumission à Standard & Poor's et Moody's est une soumission à l'oligarchie américaine. Quant à l'oligarchie allemande, nouvelle venue dans le système de domination, elle s'habitue ces jours-ci à traiter les Français comme de simples vassaux, pour ne pas dire comme des merdes. Et ce n’est pas cette tronche d’œuf de Sapin qui va changer les choses. Les riches peuvent continuer à se gaver sur la soumission des Etats et peuples. Voilà ce que cache le discours alarmiste et moralisateur sur l'endettement abyssal, la faillite du pays et la nécessité de sauver le « triple A ». Derrière l'apparente logique libérale du système, l'État devient une machine à rançonner les populations au bénéfice des plus riches.

- Alors on ne rembourse plus ?

- Mais la France ne remboursera JAMAIS la dette de 1800 milliards - dont un tiers revient au seul Sarkozy - qu’on prétend lui imputer ! On ne remboursera jamais ce montant, mais les banksters s’en foutent, ce qui les intéressent, c’est le cas de la dire, ce sont les intérêts !

Et si le ci-devant président Hollande en avait qui servent à autres choses qu’à des galipettes à scooter, il ferait sienne cette évidence, en tirerait les conclusions et agirait en conséquence : suspension unilatérale immédiate du remboursement de la dette !

- Ce serait un véritable coup de tonnerre dans le landerneau des voyous de la finance ! Cris d’orfraie, menaces, dégradation de la « note ».

- Rien à foutre ! Et que crois-tu qu’il se passerait ? Les détenteurs des titres de cette dette sont à 60% des fonds de pension étazuniens ou britiches, des fonds spéculateurs planqués dans les paradis fiscaux et recyclant le fric dégueulasse des trafics d’armes, de drogues, d’êtres humains, d’organes, etc., des banques d’affaires véreuses, des fonds souverains rapaces du Golfe et de Chine. Que feraient donc ces « marchés » ? Ben, ils braderaient ces dettes - qui sont titrisées - jusqu’à 20% de leur valeur (nominal et intérêts compris). Et alors là, il suffirait de prendre ces « marchés » à leur propre jeu : le gouvernement français, par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts et des Caisses d’épargne, rachèterait ces titres de dettes à bas prix, réduisant des deux tiers cette dette. Un emprunt obligatoire à intérêt inflation + 0,5% auprès des 2,6 millions de millionnaires français jusqu’à apurement total de la dette remettrait le pays à flot. Les dizaines de milliards d’euros ainsi soustraient au service de la dette seraient utilisés à investir dans de grands travaux d’énergies nouvelles, de conquête de «nouvelles frontières » (la mer, le développement durable), d’augmentation raisonnée mais conséquente des salaires, de réindustrialisation du pays, etc.

- Montebourg aurait peut-être les aliboffis pour faire ça, mais François ou Sapin, aucune chance…

- Raison de plus pour recréer enfin un gauche efficace et unie avec un programme crédible capable de renverser la table et de redonner espoir et envie de se battre aux Français et, par contagion, aux Européens.

- On peut toujours rêver. Tè ! A la nôtre !

 

Quartidi 14 germinal 222

Merci à Chimulus

 

02/04/2014

Quelques raisons de la montée du F.haine

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Hier, la présidente de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), Mme Christine Lazerges, a remis au tout nouveau premier ministre le rapport annuel de cette organisation chargée de « prendre la température » si l'on peut dire des problèmes d'intégration des étrangers immigrés, voire de tirer la sonnette d'alarme du racisme le cas échéant. Ce rapport dresse un tableau inquiétant de la façon dont les Français perçoivent les immigrés ainsi que les Français d'origine étrangère. Ce rapport prend une importance évidente au lendemain d'un scrutin qui a vu la montée préoccupante du Front national et de ses idées xénophobes.

 

L’immigration – bien que participant de la croissance et apportant sa pierre à l'édification de la nation - est de plus en plus perçue comme un danger. Ce sont les populations arabo-musulmanes qui suscitent le plus de crispations. On leur attribue, à tort ou à raison, la volonté avant tout de profiter des prestations sociales françaises tout en se repliant sur leur culture d'origine, ainsi que l'attitude provocatrice de certains membres extrémistes voulant imposer leur mode de vie (voile, burka, djellabas, barbes, prières de rue, etc.). Ils ne sont qu'une minorité, mais c'est elle qu'on voie et qui donne le ton.

 

Ce qui nous ramène aux succès électoraux de l'extrême droite xénophobe grâce...aux voix de la classe ouvrière, qui a déserté les rangs de la gauche. Une gauche qui a sinon rejetée ces populations laborieuses, cette « France d'en bas », mais qui l'a du moins ignorée et ainsi jetée dans les bras des Lepénistes. Ne feignons pas d'en être surpris. Ça vient de loin. Mitterrand a tout fait pour détruire le parti communiste. Il y a réussi, hélas. Mais le parti socialiste est largement responsable, n'ayant pas su capter les militants comme les gros bataillons de d'électeurs communistes. Cette classe ouvrière, naguère corps de bataille électorale de la gauche, est passée en masse, avec armes et bagages dans les rangs de l'extrême-droite.

 

Notre société est de plus en plus inégalitaire. De plus en plus de millionnaires, de plus en plus de misérables. Responsable parmi d'autres : le patronat qui pratique sans vergogne le dumping salarial en embauchant dans ses entreprises des « détachés » de l'U.E., des immigrés voire des clandestins taillables et corvéables à souhait. Tous moins exigeants que les nationaux en matière de salaire comme de conditions de travail. Cet afflux d'étrangers fait pression sur le nombre et la qualité des logements sociaux, sur le prix des loyers et sur la qualité des service sociaux, souvent dépassés. Peut-on dès lors s'étonner que l'immigration soit perçue comme une menace ?

 

Pourtant, l'immigration est positive à long terme : démographie, financement des retraites, enrichissement culturel, ouverture au monde. Mais qui profite vraiment aujourd'hui de cette immigration ? Les riches, les nantis qui profitent de cette main d’œuvre bon marché et docile pour s'engraisser encore plus tandis que les pauvres, les laborieux, les défavorisés en subissent de plein fouet la concurrence et les conséquences.

 

Il ne faut pas chercher ailleurs le climat de défiance, de xénophobie voire de racisme assumé d'une population ravagée par les inégalités issue de l'ultra libéralisme. Parce que cet ultra libéralisme et ses corollaires - financiarisation de la société et dérégulation sauvage - signifient systématiquement pertes de droits sociaux, coupes salariales, précarité. Avec pour résultat la montée en puissance des intolérances, des communautarismes, des haines.

 

Eh ! Manu, si tu veux ramener la sérénité dans notre belle France, tu sais ce qu'il te reste à faire : imposer une redistribution plus JUSTE des ressources.

 

 

Arriba, Hombre !

 

 

Tridi 13 germinal 222

 

 

Illustration: merci à Babouse

 

 

01/04/2014

Les Gougnafiers de la thune – Chanson subversive

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(se chante sur l'air des Chevaliers de la lune)

 

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Pour les prolos sans fortune

Un peu plus de désespoir

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Ça va pleurer sous la lune

Sortez les mouchoirs

 

Valls sera-t-il le Schröder de la France

C'est pour ça que le Président l'a mis

Bien que cassant et bouffi d'arrogance

C'était çuilà ou bien Pascal Lamy

Si au moins il nous sort de la panade

En relançant au mieux l'économie

Mais s'il se bâche et fait une cagade

Ça va barder pour lui

 

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Pour les prolos sans fortune

Un peu plus de désespoir

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Ça va pleurer sous la lune

Sortez les mouchoirs

 

Pour les patrons ce type est un bonheur

Pour les prolos c'est plus un cauchemar

N'a-t-il pas dit « merde » aux trente-cinq heures

Pas de repos pour les pauvres manards

Il va rouvrir le dossier gaz de schiste

Ça va forer et bonjour les dégâts

Mêmes espoirs pour tous les atomistes

Contre eux : Debout les gars !

 

 

 

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Pour les prolos sans fortune

Un peu plus de désespoir

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Ça va pleurer sous la lune

Sortez les mouchoirs

 

 

Victorayoli

 

Duodi 12 germinal 222

 

Illustration : merci à Glez

 

31/03/2014

La France d’en haut : des couilles en or. La France d’en bas : des nouilles encore.

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Morpion

 

Le sort en est jeté. Nous, citoyens, avons signé un chèque en blanc à des gens qui feront ce qu'ils voudront pendant six ans dans nos communes. Sans avoir aucun compte à rendre, sans être obligés de tenir leurs promesses électorales. On comprend dès lors quelle est la logique qui fait que les citoyens refusent de se servir de la seule arme qui leur est octroyée une fois de temps en temps, arme gagnée de haute lutte, au péril de leur vie, par nos ancêtres : le bulletin de vote. C'est le fossé abyssal qui existe entre le peuple et ses représentants. Ceux-ci, une fois au pouvoir, oublient qui les a élu et donc qui ils sont censés représenter.

 

Pourquoi ?

 

Un. Parce que les « personnels » politiques considèrent le mandat électif qu'ils ont conquis non pas comme une responsabilité, un honneur, une mission provisoire mais comme une profession. Dès lors une fois élus, ils n'ont qu'un but, bien au-delà du bien public, c'est d'être réélus. L'électeur est devenu un client, un marché à conquérir puis à rentabiliser.

 

Deux. Parce que nos « représentants du peuple » ne sont pas issus de l'ensemble de la population mais essentiellement des catégories socioprofessionnelles « supérieures », c'est-à-dire aisées : hauts fonctionnaires, professions libérales, médecins, journalistes, cadres et retraités de grandes entreprises. Où sont les employés, les ouvriers, les artisans, les commerçants, les auto-entrepreneurs, les petits chefs d'entreprises, les petits retraités, les chômeurs ? Lorsque, par hasard l'un de ceux-ci accède aux responsabilités, il lui faut beaucoup d'abnégation pour ne pas se laisser glisser dans le moule...

 

La soupe est bonne : « l'élu(e) » sait qu'il aura un bon salaire, qu'il ne risque ni le chomdu ni la précarité, que la pauvreté n'est plus une crainte, que son existence matérielle est assurée ainsi que celle des siens. A condition d'être réélu ! Que ce soit dans un poste (maire) ou un autre (conseiller général, régional, député, sénateur). Il fait désormais partie de cette catégorie privilégiée : la « classe politique ». Dès lors il lui suffit de débiter des discours préfabriqués par des « nègres », à laisser la gestion au personnel fonctionnaire (le secrétaire général de mairie est très souvent le vrai patron, inamovible lui, d'une municipalité). Bref, à jouer un rôle et à veiller à ce que la corruption à laquelle il est fatalement confrontée ne soit pas trop visible... Dès lors, il entre de plain pied dans le petit monde des « apparatchiks » de son parti, ce qui lui assure son avenir. Comme il n'y a pas de limitation de mandatures et peu de limitations de mandats ou fonctions, à lui la bonne soupe ! Ce système est pourri à la base, c'est lui qui empêche toute véritable politique. On se retrouve avec des dynasties d'élus de père en fils ou en fille, des petits satrapes locaux inamovibles infligeant à leurs concitoyens des 3, 4 voire cinq mandatures, des repris de justices élus ou réélus... Ce système est pourri à la base, c'est lui qui empêche toute véritable politique.

 

Les « élus » sont fatalement les représentants des plus riches puisque ce sont ceux-ci qui paient leurs campagnes électorales. Selon l'adage « Qui t'a fait duc ? Qui t'a fait roi », une fois en place, ils facilitent fatalement ceux qui les ont aidé dans leur "conquête du pouvoir". C'est le classique renvoie d'ascenseur, rouage essentiel de la corruption ordinaire.

 

Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Dans la démocratie d'Athènes au siècle de Périclès, ce n'étaient pas des professionnels qui faisaient la politique mais des amateurs : ils étaient tirés au sort, devaient être volontaires et avoir plus de trente ans. Ils étaient choisis au hasard pour un an seulement ; on les appelait les « bouleutes » et l'on ne pouvait être « bouleute » que deux fois en tout et pour tout dans sa vie.

 

Ce système ne favorisant aucune catégorie de citoyens, c'est l'ensemble de la population qui est représentée. Des pointures comme Aristote, Périclès, Platon et plus tard Montaigne, Montesquieu, Rousseau en étaient partisans. Écoutons Montaigne : « Lorsque dans la république le peuple en corps a la souveraine puissance c’est une démocratie ; lorsque la souveraine puissance est entre les mains d’une partie du peuple, cela s’appelle une aristocratie. » Ce géant proposait pour mettre en place par exemple une Constituante…le tirage au sort ! « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie, le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne, il laisse a chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. » Et il estimait que les lois devaient être mises à l’essai : « La constitution de Rome et d’Athènes à cet égard étoit tres sage, les arrêtsdu senat avoient force de loi pendant un an ils ne devenoient perpetuels, que par la volonté du peuple. »

 

Il est temps de préparer une sixième république dont la Constituante serait formée de représentants tirés au sort, par régions. On peut ensuite mixer les deux représentations : tirage au sort et élection. Des associations, groupements de citoyens, voire partis politiques proposeraient des programmes, détaillés et chiffrés ainsi qu'une liste supérieure à 1000 de personnes volontaires et compétentes pour mettre ces programmes en action. Dès lors l'électeur voterait pour un PROGRAMME et non plus pour un INDIVIDU. Une fois le programme choisi par cette élection, ceux qui seront chargés de l'appliquer seront tirés au sort parmi les 1000 volontaires du programme choisi. Les tirés au sort devraient tout de même être soumis à, un examen minimal d'aptitude, ils seront surveillés tout au long de leur mandat et révocables à tout moment, puis évalués en fin de mandat.

 

Plus de mandarinat, plus de risques de corruption, plus de confiscation du pouvoir par une caste.

 

Utopique ? Les Islandais ont procédé ainsi pour mettre en place une Constituante suite au krack financier où les avaient entrainé les banksters. Et leur pays est sorti de la crise.

 

Il est temps de se prendre en mains, de constituer des groupes de réflexion sur ce thème, d'élaborer des cahiers de doléances puis d'imposer le changement, le vrai. Par la rue s'il le faut parce que les privilégiés ne lâcheront pas le gâteau comme ça.

 

Primidi 11 germinal 222

Illustration X – Droits réservés

 

28/03/2014

Au bistro de la toile : du pognon ! Du pognon ! En avoir ou pas...

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Et y va où ? Et y va où ? Et y va où le Normalou.

Lalalalala la la.

Lalalalala la la.

 

- A gauche ? A droite ? S'il le savait, ça nous éclairerait un peu. N'oublions pas, Loulle, qu'on n'a pas majoritairement voté POUR Hollande, mais bien CONTRE Sarko. Résultat : alors qu'on attendait un Mendès-France, on a eu un clone du petit père Queuille... Un Corrézien encore, célèbre pour sa tiédeur et son indécision.

 

- Ouais Victor, mais qu'est-ce qu'il peut faire ? Un : il n'y a pas de pognon ; deux : nos gouvernants, quels qu'ils soient, sont ficelés par cette Europe ultralibérale.

 

- C'est pourquoi il faut renverser la table en Europe et se faire entendre et respecter. Bien des pays qui en ont plus que marre des diktats de Bismerkel et de la BCE nous emboîteraient le pas.

Du pognon ? Il y en a à foison. D'abord l'intérêt de la dette : 45 milliards par an. Dette, rappelons-le, augmentée de 650 milliards par le seul quinquennat de Sarko. Ensuite l'évasion fiscale : au moins 80 milliards par an.

La dette : ce qu'il aurait dû faire François, sitôt au pouvoir, c'est ordonner un audit de cette dette (savoir à qui elle appartient et ce qu'elle recouvre) puis imposer un moratoire : on ne paie plus – temporairement ou définitivement - cette dette. On récupère ainsi 45 milliards par an. Énorme. Deux méthodes ensuite pour sortir du moratoire.

Méthode douce : un emprunt obligatoire, comme en temps de guerre, pour que les Français rachètent les 60% de cette dette détenue par les étrangers. On rétribue cet emprunt citoyen au taux du livret A. Sur mille milliards, à la louche, ça ferait 12,5 milliards d'intérêt. Mais du pognon qui resterait dans le pays et qui, donc, alimenterait une reprise de la consommation au lieu d'engraisser les retraités du Texas et du Wisconsin.

Méthode dure : on ne paie pas et on le fait savoir. Résultat, un tollé général de toute la mafia financière mondiale qui se débarrasserait à prix bradés de ses titres français...que l'on rachèterait en douce, se libérant ainsi - en baisant le « marché » avec ses propres lois - de ce boulet de la dette (mise en place, ne l'oublions pas, par un employé de Rothchild, Pompidou et son sbire Giscard,au profit des seules banques).

 

- ...taing ! Les portes de Bercy te sont ouvertes, Victor !

 

- Ne dis pas de konnerie Loulle, c'est du simple bon sens, et sers-nous un canon. Tu récupères ainsi, au bas mot, 30 milliards de bel et bon pognon.

 

- Et t'en fais quoi ?

 
 

- Tu renforces la compétitivité des entreprises, tu rends la France hyper attractive pour les capitaux étrangers ET tu relances la consommation.

 

- Tout ça ? Comme ça ? En claquant des doigts.

 

- Presque Loulle. L'impôt des bénéfices sur les sociétés, en France, est de 33%. Il rapporte, grosso modo, 40 milliards. Tu le ramènes à 17%, ce qui te coûte 20 milliards. Beaucoup moins, note, que les 30 milliards donnés sans contreparties aux patrons avec le fumeux « pacte de responsabilités ». Mais, mieux que ça : tu le ramènes à 5% sur la partie des bénéfices qui est réinvestie dans l'entreprise, et tu le montes à 20% sur la partie distribuée en dividendes. Relance de l'investissement, meilleure compétitivité de nos entreprises qui vendent à l'étranger et peuvent embaucher, attractions d'entreprises étrangères attirées comme les mouches par la merde quand il y a à bouffer. L'exemple de l'Irlande en est la preuve.

Il te reste encore 10 à 12 milliards que tu consacres à augmenter  les salaires et baisser les impôts des plus défavorisés, relançant d'autant la consommation.

Et il y a encore les dizaines de milliards à récupérer sur les tricheurs de l'évasion fiscale. Ils ont les listes détaillées de ces voyous. Il ne reste plus qu'à les traquer sans pitié, jusque dans les chiottes du Luxembourg, de la City de Londres, de Belgique, de Suisse, du Vatican et des diverses îles dorées.

 

- Et tu crois que François va faire un truc comme ça ?

 

- Non. Il faudrait pour ça qu'il soit authentiquement de gauche et qu'il ait les aliboffis bien pendus, ce qui n'est pas le cas. Alors, le quinquennat étant foutu pour la gauche, qu'il assume jusqu'au bout et sans vergogne sa logique social-démocrate maintenant revendiquée : mettre DSK à Bercy et Pascal Lamy au commerce extérieur. Pourris pour pourris, ils connaissent au moins les rouages de l'ultralibéralisme...

Quant à la gauche, la vraie, il serait temps qu'elle cesse de sodomiser les diptères, qu'elle s'unisse et élabore un programme ambitieux pour proposer une alternative à laquelle on puisse croire.

 

- A la nôtre !

 

Octidi 8 germinal 222

Merci à Chimulus

 

26/03/2014

Ennuis de Chine...

Made in China caricature.jpg

 

Même si les municipales

Nous laissent particulièrement pales

Mieux vaut rigoler même si on râle

Pour ne pas se tirer une balle.

Alors montrons-nous amical

Avec ce pays colossal

Dont le président fait escale

A Lyon, ville fluviale

Internationale

 

 

Tchin, Chine

Mais faut pas parler de la Chine

Qui assassine

Sa fleur enfantine

Avec du lait à la mélanine

Pour la rapine

Chafouine

Des mafias mandarines.

 

 

Faut pas parler du péril jaune,

De toutes ces conneries en « one »

Comme magnétophone,

Dictaphone, radio téléphone

Et autres machines très connes

Fabriquées par des esclaves jaunes

Et qui arrivent à la tonne

Dans les ports de l'hexagone

Quand ferment les usines bretonnes

Provençales ou bourguignonnes.

 

 

Pour ne pas être des michetons

Faut-il que nous boycottions

Tous les produits bidons

Qui nous cassent les roustons

Qui empoisonnent nos mistons

Au risque d'en faire des avortons

Pour engraisser les macs de Canton

Qui se vautrent dans leurs biftons

En s'empiffrant de gueuletons

Dans leur hautes tours de béton.

 

 

Oh! Victor, toi qui frappes de taille et d'estoc

Sur les Ricains, sur les Chinetoques

Tes fringues ne sont-elles pas chinetoques?

L'ordi où tu tapes n'est-il pas chinetoque?

Alors arrête de nous balancer ton stock

De rimes en toc

Et ouvre plutôt une bouteille de Haut Médoc.

Et toc!

 

 

 

Sextidi 6 germinal 222

 

Illustration X – Droits réservés

25/03/2014

Quand la « communauté internationale » agite ses petits bras.

Menaces contre la Russie par Paresh.jpg

 

Ah ! Ça va barder. Non mais… Ce matin, je viens d’entendre sur France inter  l’ambassadeur du Rosbifland serrer ses petits poings et menacer la Russie qui « annexe par la force un territoire, chose qui ne s’était plus vu depuis soixante ans ». Ben voyons. Et le Kosovo, terre serbe arrachée à la Serbie part les bombardements de l’Otan, c’est quoi ? D’ailleurs il en tremble de Cosaque. Pareil pour François qui veut envoyer quatre avions dans les Pays baltes ? Ah mais ! Il fait dans son froc le tsarovitch.

Eh ! Oh ! la « Communauté internationale » ne va pas baisser les bras devant l’insupportable « invasion » de la Crimée par les armées russes. Ben voyons. C’est qui au fait la « Communauté internationale » dont on nous rebat les oreilles ? Sur les 7 milliards et demi de terriens il y a : les Zéropéens et leurs maitres les Zétazuniens, plus les satellites anglo-saxons genre Australie, Canada, plus peut-être le Japon. Allez, à la louche, ça fait autour d’un petit milliard de pèlerins. C’est pas lerche même si ça compte.

Mais quid des 1,5 milliards de Chinois ? Leur gouvernement s’est abstenu de condamner la Russie. Tu parles Charles : ils ont en vu la récupération de Formose/Taïwan…

Quid de l’Inde et de ses 1,3 milliards d’habitants ? Ils sont, depuis toujours, des alliés précieux des Russes.

Quid des états de l’Amérique du sud ? Ils rigolent de voir patauger les USA et l’UE dans la gadoue de leur hypocrisie ET de leur impuissance.

Quid de l’Indonésie et de ses presque 300 millions d’habitants ? Elle marque beaucoup de retenue, ce qui, en terme diplomatique veut dire qu’elle s’en fout complètement.

Quid encore de l’Iran, de l’Afrique du sud, des pays asiatiques, des pays arabo-musulmans ? Eux aussi s’en foutent complètement quand ils ne sont pas franchement du côté des Russes.

Alors les gesticulations de la « Communauté internationale » qui défend le « droit international » version yankee, c’est complètement bidon. La Russie est dans son droit en récupérant un territoire qui est sien. Point-barre. Et les rodomontades qui ressemblent à des pleurnicheries ne font qu’illustrer l’impuissance de nations qui ont mis le dieu fric bien au-dessus de leur honneur. Eh ! Oh ! Les boutiques de luxe de la place Vendôme ou des Champzés, comme les stations de ski les plus chicos des Alpes ou les marchands de béton bling-bling de la Côte d’azur auraient beaucoup à perdre en se privant de la clientèle très dépensière des bourrés de thunes russes ! Pire encore, sous la pression des Zétazuniens, devrions-nous jeter au chômage des milliers d’ouvriers spécialistes construisant les superbes frégates militaires en construction aux chantiers de l’atlantique à Saint-Nazaire ?

Seulement voilà, Sarko nous a remis sous la coupe de l’Otan, cette machine de guerre au service des seuls intérêts étazuniens, et François n’a pas eu le cran de nous en sortir…

 

Quintidi 5 germinal 222

 

Illustration : merci à Paresh

 

24/03/2014

Au bistro de la toile : abstention, piège à kons.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- ...taing ! Victor, pour une estrigoussée, c'est une estrigoussée !

 

- Ouais ! C'est une dérouillée monumentale pour ce qu'il faut bien appeler la droite républicaine et une victoire lourde de dangers pour les droites extrêmes...

 

- Eh ! Oh ! Victor, t'as attaqué au Tavel de bon matin ou quoi ? La dérouillée, c'est le parti socialiste qui se la prend, non !

 

- C'est bien ce que je dis, mastroquet de mon cœur. Parce le parti socialiste, qui n'a plus de socialiste que le nom, représente un parti social-démocrate de centre droit. L'UMP rejoint le FN dans les marécages fétides des droites extrêmes. Quant à la gauche, il ne lui reste plus que la nostalgie. Les électeurs qui ont cru à l'enthousiasmant discours du Bourget de François sont cocus et ne se sont pas déplacés. Ce en quoi, malgré leurs désillusions – je sais de quoi je parle – ils se sont comportés comme des enfants gâtés irresponsables qui boudent.

 

- Bref, comme des kons.

 

- Exactement. Le plus désolant c'est que ce sont les jeunes qui s'abstiennent, laissant ainsi aux vieux les décisions qui les engageront eux, les jeunes. Ce premier tour débouche sur un redoutable constat : la démocratie telle qu’on la vit ne fait plus recette. Le triomphe que j'espère temporaire du F.haine ouvre la porte à toutes les dérives autoritaires.

 Pourquoi ? Parce que LES politiques qui représentent LA politique ne répondent plus à l’attente de la population qui les perçoit comme une coterie plus parasitaire qu’efficace, plus magouilleuse qu’honnête, plus inféodée aux puissances économiques que soucieuse du bien-être du peuple. Ceci se traduit par le « Tous pareils, tous pourris » et le « je ne vais pas voter pour ces kons ».

Seulement voilà : en refusant de mettre les pognes dans le cambouis, en se retirant dans une abstention méprisante, les jeunes se tirent une balle dans le pied.

 

- Pourquoi ?

 

- Parce qu’en ne participant pas à la vie démocratique de la nation, ils laissent les décisions qui vont régir LEUR vie future aux mains de gens qui, eux, ont déjà leur vie derrière eux ! En d’autres termes, en ne votant pas, les jeunes laissent les vieux dessiner leur cadre de vie. Ils laissent décider ce que sera leur vie future par des gens qui…seront morts lorsque leurs décisions prendront effet !

Changer cette approche implique de changer les femmes et les hommes qui font, qui sont la politique actuelle qui ne satisfait plus personne.

Une seule manière pour renouveler ces gens et donc ce qu’ils font : éradiquer le mandarinat, éliminer les politiciens « professionnels » en imposant le principe du « Un mandat, Une mandature ». Allez, allons s'il le faut à deux mandatures, mais pas plus. La démocratie est malade, presque en phase terminale. Quand on voit que des gens véreux comme Balkany, Copé sont réélus depuis des décennies, c'est à désespérer de cette démocratie usée, pourrie, corrompue. Résultat : le « tous pourri » amène le vote F.haine

Comme évidemment les gens en place, quel que soit leur bord, freinent des quatre fers contre la seule VRAI réforme qui s’impose, ce n’est que l’arrivée massive de jeunes sur l’échiquier politique qui peut imposer cette renaissance de la démocratie. Les Italiens, eux, ont mis au pouvoir un premier ministre de 39 ans.

Il faut se bouger le cul, il faut aller voter dimanche prochain. Abstention : piège à cons !

 

Quartidi 4 germinal 222

Merci à Chimulus

 

23/03/2014

Gastronomie de printemps : l'alose d'Avignon comme ma mère.

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- Regarde bien, petit, cette superbe alose

Les anciens l'appelaient “la princesso dou Rose”

Éclair de vif argent, longue, fine et puissante

Bien que lourde des flancs, elle reste élégante.

Sais-tu que c'est l'amour dont elle est satisfaite

Qui va te l'amener, demain, dans ton assiette ?

Respecte-la, petit, et débouche le vin

Car manger de l'amour est un plaisir divin.

C'est un poisson magique, délicieux à manger

En bonne compagnie. Et subtil à pêcher !

Lorsque le Rhône était le Fleuve-Dieu sauvage,

Point encore castré par digues et barrages,

Indomptable et fougueux quand le mistral le fouette,

Crainte des riverains et bonheur des poètes,

Braconniers et pêcheurs, au mois des primes roses

Armaient les vire-vire pour pêcher les aloses.

C'étaient des bateaux larges aux ailes de moulin

Arrimés à la rive par quatre gros filins.

Deux paniers grillagés, avec le courant, tournent.

Lorsque l'un est en haut, son opposé s'enfourne

Dans l'onde trouble et vive où peinent les aloses

Cherchant un abri sûr pour que leurs œufs éclosent.

Beaucoup n'arriveront jamais à leur frayère,

Cueillies par les paniers montant vers la lumière.

Enlevée dans les airs, l'alose se tortille

Dans une pluie dorée de gouttes qui scintillent.

Elle tombe, ahurie, dans le fond de la barque

Où le fil de sa vie est coupé par les Parques.

Le pêcheur, averti, en interrompt sa sieste,

Achève le poisson d'un coup de barre preste,

Bois un coup de rosé si sa gorge s'assèche,

Puis se rendort, heureux: pour lui le Rhône pêche !

Cette façon subtile, je crois unique en France

N'a pu être inventée que chez nous, en Provence !

Il paraît que certains, les nuits de pleine lune,

Jouant flûte et violon au bord de la lagune

Ont eu, comme Aristote, la fantastique chance

De voir, debout sur l'eau, les aloses qui dansent...

Les belles ménagères avaient leur opinion:

"Les meilleures sont les aloses d'Avignon."

En dessous d'Aramon, elles sentaient la vase,

Et après Caderousse, ce n'était que carcasses,

Mais dans le Rhône vif courant sur les galets

Roulés de Villeneuve, ou au pied du Palais

Des Papes d'Avignon, elles étaient à point:

Dévasées, mais encor avec de l'embonpoint.

    Et comment tu la cuis, ton alose, Victor ?

    Oh ! Vaï t'en plan, pitchoun, y a pas lou fio a bord !

Sers-moi d'abord un coup de rosé du Ventoux

Ou de Côtes-du-rhône, et je te dirais tout.

L'alose, tu la laves, tu l'écailles, la vides.

Tu réserves les œufs dans un torchon humide,

Prends-en un soin jaloux, c'est les meilleurs morceaux

Pour les gourmets, c'est le caviar des Provençaux.

Puis tu tranches la tête et la fends en longueur,

Coupe l'alose en darnes de deux doigts d'épaisseur.

Tu auras pris chez un compère jardinier

Une brassée d'oseille, des épinards triés.

Tu vas hacher ces herbes assez grossièrement:

Elles vont te servir en accompagnement.

Tu prends une cocotte, mais une vraie, en fonte!

Des cocotte-minute n'accepte pas la honte.

Tu graisses bien le fond, mais à l'huile d'olive

C’est le nec plus ultra, faut pas que tu t'en prives.

Au tonneau de vin blanc, tu remplis un cruchon,

Puis tu places la tête, ouverte, sur le fond.

Tu recouvres d'un lit d'oseille et d'épinards

Sel, poivre noir, muscade, va-z-y, sois pas flemmard.

Tu dois y mettre aussi des oignons émincés,

Certains cuistots rajoutent... oui, du petit-salé.

De ton huile d'olive, une bonne giclée

Car pour ta réussite c'est là l'une des clés.

Mets tes darnes à plat, sur l'herbe, bien serrées,

Qu'elles ne bougent pas quand ça va macérer.

Un autre lit d'oseille, encore un de poisson

Chaque fois sel et poivre et de l’huile, un soupçon.

Lorsque tout est placé, bien délicatement,

Tu poses sur le tout les œufs avec leur poche.

N'aie pas peur de forcer sur l'assaisonnement

Car ce n'est qu'un poisson, et pas de la bidoche.

On atteint maintenant un moment crucial,

Pour réussir ton plat, voilà le principal:

Tu arroses le tout de trois verres de gnole.

Des verres de soiffards, pas des verres symboles.

Enfin tu mouilles avec du blanc sec de Laudun,

Mais pas trop tout de même: ce qui est opportun.

Tu fermes ta cocotte bien hermétiquement

Avec la mie de pain mouillée légèrement.

Arrive maintenant le temps de la cuisson,

Sa longueur fondra les arêtes du poisson.

C'est sous la cendre chaude, dans un cantoun de l'âtre

Que doit cuire l'alose, dans les braises rougeâtres.

Cuis-la huit heures au moins d'une chaleur tranquille.

Le tout sera confit. Une alchimie subtile

Des herbes et de l'alcool dissoudra les arêtes.

Petit, sers-moi à boire, ou sinon je m'arrête !

C'est un plat rituel pour tous les gens du Rhône.

Enfin, écoute-moi: l'alose est très friponne,

Après tout le plaisir qu'elle te donne à table

Elle fera de toi un gaillard redoutable !

Tu seras comme un cerf quand résonne son brame:

Ce plat est souverain... pour le bonheur des dames.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Deux belles aloses d'un kilo et demi chacune, - un kilo d'oseille, - un kilo d'épinards en branches ou - mieux - de vert de blettes, à défaut, de la laitue, - trois oignons émincés, - 2 hectos de petit-salé haché, - deux verres d'huile d'olive, - trois cuillerées à soupe de sel fin, - poivre noir du moulin, - muscade (à votre appréciation, mais généreusement), - une bouteille et demi de vin blanc sec, - trois verres d’"aigarden" (eau-de-vie).

 

Les vins conseillés: 

Ce plat de poisson à la saveur puissante, animale, s'accommode parfaitement de vins blancs ayant du caractère: Côtes-du-rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Chateauneuf-du-Pape.

Coteaux du Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette de Bellegarde.

Côtes de Provence de Palette, Coteaux varois de Salernes, Saint-Maximin, Bellet.

Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du-rhône d'Estézargues, Côteaux-d'Avignon, Chusclan, Rochegude, Saint-Mau­rice-sur-Aygues, Sablet. Costières de Nîmes. Côteaux du Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Côteaux varois de Tourves, Barjols, Nans-les-Pins.

 

Tridi 3 germinal 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

****************

Avant ou après le gueuleton dominical

ALLEZ VOTER !

 

21/03/2014

Notre bulletin, c’est notre arme. VOTONS !

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"Les français sont des veaux qui croient aux étiquettes dont les hypocrites et les fourbes se servent pour maquiller leurs programmes toxiques et frelatés : ils ne jugent pas les idées, les contenus, le fond, mais leur mise en scène, la forme et son spectacle". De Gaulle

 

Pour être « de droite » radicalement, il suffit de se laisser aller. C'est une pente. C’est la facilité. Les idées de droite sont dans la satisfaction immédiate. C'est oui ou non. C'est les immigrés dehors, tout de suite, et non aux impôts, tout de suite, etc.

 

Être « de gauche » et démocrate, au contraire, demande un effort. C'est une construction intellectuelle, ça n'est pas instinctif. Ça demande de penser son propre désir et de le conduire à trouver les conditions les plus harmonieuses et les plus durables à son accomplissement. C’est un effort de tous les jours.

 

Être de gauche, ou d'une droite antifasciste et respectueuse des droits, ce n'est pas forcément être meilleur, plus gentil, plus humain. C’est surtout être moins kon. C’est penser les phénomènes dans leur histoire et n’approuver que les décisions politiques qui, à terme, ne rendent impossibles ni le progrès des libertés ni l’amélioration du « vivre ensemble ». Tout le contraire du lepénisme, du sarkozisme et de ses avatars…

 

Les Français on la mémoire courte dit-on, mais ils de devraient pas oublier quel est le camp qui a augmenté en cinq ans la dette de 600 milliards, qui leur a fait perdre leurs emplois en facilitant les délocalisations, qui a tout fait pendant cinq ans pour détruire leur système de protection sociale, démolir leur système de retraite, diminuer les impôts des plus riches et augmenter ceux des plus pauvres, redistribuer leur argent (celui de l’Etat) aux entreprises qui, elles-mêmes, le redistribuent à leurs actionnaires, démanteler les services publics pour attribuer leurs fonctions à des sociétés privées qui s’empressent d’augmenter les prix de tous les services, etc.

 

Ceux qui sont actuellement en charge du pays, malgré leurs défauts, leurs hésitations, voire parfois leur trahison ont la tache énorme de relever le champ de ruine de la France de Sarko. C’est celle des égoïstes, repliés sur leur petit confort pour ne pas voir crever de faim les SDF du coin de la rue, ceux qui ont choisi l’égoïsme au lieu de la solidarité, la France de ceux qui préfèrent assurer leur vacances au ski en faisant des heures supplémentaires plutôt que de donner du travail aux autres, celle de ceux qui ferment les yeux sur les licenciements tant que leur emploi n'est pas menacé, qui refusent de se syndiquer par peur de compromettre leur carrière, celle des fayots qui n'hésiteront pas à prendre la place de leur collègue plutôt que de perdre la leur, celle des abrutis qui admirent des demeurés qui gagnent des milliards en tapant dans un ballon ou en se trémoussant sur un plateau de télévision avant de planquer leur fric en Suisse, celle de ceux qui s’extasient devant des comédiens qui leur font croire à une réalité virtuelle à l’eau de rose dans des feuilletons stupides.

 

Bref, c’est la France franchouillarde des médiocres, basse et moutonnière, qui n’a même plus le courage de relever la tête devant l’affront que lui font ceux qui, sous couvert de construction européenne ou de mondialisation, lui tondent la laine sur le dos.

 

On peut penser que c’est ainsi que les grands peuples deviennent des peuples avilis et que des civilisations finissent par se perdre dans les marécages de l’Histoire…

 

La tentation de l’abstention est grande, mais c’est un piège à kons : chaque bulletin manquant profite à ceux qui se seront déplacés. Et ça risque d’être les fachos au front de bœuf de la Marine.

 

Le bulletin de vote est notre seule arme. Mais elle est PUISSANTE. Utilisons-le.

 

 Décadi 30 ventôse 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

20/03/2014

Au bistro de la toile : « Pit, pit ! Bistro ! » A boire ! Vite !

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- …taing ! Il doit serrer les miches le Poutine ! Les Zoxi-dentaux sortent la grosse artillerie : on va « geler » le pognon de quelques crapules qui se sont gavés sur les ruines de l’URSS et que l’on a rebaptisé « oligarques », ça fait plus présentables. Les banksters de la City de Londres doivent faire la grimace… On va aller plus loin encore – j’en tremble ! – on va peut-être leur refuser des visas. Les ruffians de l’immobilier de la Côte d’azur, les hôteliers de Courchevel et les putes des Champzés doivent faire trois litres d’huiles au noyau à force de serrer les miches !

 

- Les Zoxi-dentaux gesticulent mais c’est tout Loulle. Parce qu’ils savent très bien que la Crimée est russe depuis des siècles. Sa gestion administrative été concédée à l’Ukraine par Kroutchev à une époque où ça n’avait pas plus d’importance qu’un transfert pour facilités administratives d’une petit territoire entre Provence-Alpes-Côte-d’azur et Rhône-Alpes.

 

- Enfin, tout de même Victor, l’ONU s’efforce d’organiser la paix dans le monde sur le principe intangible du respect des frontières. 

- Elle est basée aussi sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Et ces principes sont souvent antagonistes. Le Kosovo en est un exemple flagrant. Ce territoire jouissait d’un statut d’autonomie au sein de la Serbie. Mais sa population, à la suite d’une invasion insidieuse par des Albanais au cours de l’histoire, est devenue majoritairement albanaise. On connait le bordel que ça a suscité, guerre, bombardements de l’Otan, déplacements de population puis…création d’un Etat nouveau sur la base du droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et donc en amputant un pays souverain d’une partie de son territoire, la Serbie, bafouant allègrement d’intangibilité des frontières. Résultat pas brillant, le Kosovo est un pays mafieux s’il en est, trafiquant les armes, les êtres humains et la drogue.  En Crimée, c’est pareil : la population demande son rattachement à la Russie (droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et donc modification des frontières). Les Zoxi-dentaux gesticuleront un peu mais pas trop : l’Allemagne, la Pologne, les pays du nord ont un besoin vital du gaz russe, et la France est trop heureuse de quelques juteux contrats d’armement avec la Russie. Quant à l’Otan, c’est un tigre de papier qui ne fera rien. Il perd toutes les guerres où il met son sale groin : Irak, Afghanistan en sont des illustrations parlantes ! Fort avec les faibles, faibles avec les forts. Les Russes leur ont clairement fait savoir que leur pays était le seul « capable de réduire les Etats-Unis en poussières radioactives ! » Car n’oublions pas que derrière tout ça, et surtout la « révolution » de Maidan, à Kiev, il y a les agissements des Zétazunis qui ont balancés cinq milliards de dollars depuis des années pour susciter des troubles, former des milices armées et soutenir en sous-main des politicards corrompus mais à leur solde, comme Timotchenko, corrompue jusqu’au bout du dernier cheveu de sa perruque de fausse blondasse. Résultat : les groupes neo-nazis tiennent le haut du pavé.

- Ouais mais, si les Ruskoffs envahissent militairement l’est de l’Ukraine…

- Ils ne sont si kons que ça. Il leur suffira de négocier avec les Zoxi-dentaux un partage d’influence par la création d’une fédération de l’Ukraine. N’oublions pas que les Zoxi-dentaux ont largement humiliés les Russes. Ils avaient promis à Gorbatchev de ne pas élargir l’Otan, ce qui a été un mensonge (voir Pologne et anciens pays de l’Europe de l’est). Quant aux Zéro-péens, particulièrement l’Allemagne, la Pologne, la Suède, ils ont fait à l’Ukraine des promesses tout à fait inconséquentes en leur faisant miroiter une adhésion à l’Union Européenne irréaliste. L’ensemble agit comme un chiffon rouge sur Poutine.

- Bon. Buvons un coup. Au fait tu sais que « bistro », ça vient du temps où les Russes occupaient Paris, suite à la branlée prise par ce grand kon de Napo-le-petit en 1870. Les Ruskoffs, solides buveurs s’il en est, réclamaient impérativement à boire et VITE ! Or « vite », en russe, ça se dit « bistro » !

Nonidi 29 ventôse 222 

Merci à Chimulus

18/03/2014

« Profiter de la crise » : nous faire les poches pour engraisser les escrocs

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Les banksters et autres escrocs du « milieu » de la finance n'ont décidément aucune vergogne. A l'occasion du 4ème cycle des négociations TAFTA, qui se sont déroulés dans la plus grande opacité à Bruxelles du 10 au 14 mars lien un article paru dans Corporate Europe Observatory éclaire les prétentions effrayantes des banksters. Le titre du rapport est évocateur : « Profiting from crisis » Profiter de la crise.

 

Je vous livre in extenso le communiqué de presse en question :

 

Amsterdam/Bruxelles, 10 Mars 2014 – Un nouveau rapport publié aujourd'hui par le Transnational Institute (TNI) et le Corporate Europe Observatory (CEO) révèle que des investisseurs spéculatifs réclament plus d'1,7 milliard d'euros de compensations financières à la Grèce, l'Espagne et Chypre devant des tribunaux d'arbitrage privés internationaux pour des mesures prises par ces pays en réponse aux crises économiques.

Le rapport « Profiter de la crise – Comment des entreprises et des avocats s'enrichissent aux dépens des pays européens en crise » décrit la vague croissante de poursuites juridiques lancées par des entreprises contre des économies européennes en difficulté, et comment celles-ci pourraient contraindre les contribuables européens à renflouer de nouveau des spéculateurs à coups de millions d'euros d'argent public. Selon le rapport, ces poursuites constituent une mise en garde salutaire contre les coûts potentiellement élevés de l'accord de commerce proposé entre les USA et l'UE, dont la quatrième session de négociations démarre aujourd'hui à Bruxelles.

Pia Eberhardt, responsable des campagnes 'Commerce' au Corporate Europe Observatory et co-auteure du rapport, explique : « Des investisseurs spéculatifs utilisent déjà les accords d'investissement pour faire main basse sur les trésoreries exsangues des pays européens en crise. Il serait politiquement insensé de donner à des entreprises multinationales les mêmes droits excessifs à travers un accord UE-USA qui se veut encore plus ambitieux ».

« Profiter de la crise » examine un certain nombre de poursuites lancées par des investisseurs contre l'Espagne, la Grèce et Chypre à la suite de la crise économique européenne. Dans la plupart des cas, ces investisseurs n'avaient pas investi à long terme mais avaient au contraire investi après l'irruption de la crise; ils étaient par conséquent parfaitement conscients des risques. Le rapport explique comment ils ont utilisé les accords d'investissement comme portes de sortie légales pour extraire des bénéfices de ces pays en crise lorsque leur pari initial avait échoué.

Par exemple, en Grèce, une banque slovaque (la Poštová Bank) a acheté de la dette grecque après que la valeur de ces titres se soit déjà effondrée, s'est vue ensuite offrir un dispositif de restructuration de dette très généreux mais a cependant cherché à obtenir encore plus en attaquant la Grèce via le traité bilatéral d'investissement liant la Slovaquie à ce pays.

D'après Cecilia Olivet, co-auteure du rapport pour le Transnational Institute, « dans une période où les citoyens ordinaires de toute l'Europe se voient dépouiller de nombreux droits sociaux de base, il est pervers que l'UE soutienne un régime international d'investissement qui octroie une protection VIP à des investisseurs étrangers dont les pratiques sont avant tout spéculatives. Il est temps de rejeter le système judiciaire privatisé qui soutient de tels vautours et sape des réglementations d'intérêt général essentielles. »

« Profiter de la crise » montre également comment ces investisseurs spéculatifs sont soutenus par des cabinets d'avocats internationaux qui encouragent activement les poursuites investisseur-État. Qu'ils attaquent ou défendent les États, ces cabinets perçoivent de très substantiels honoraires lors de telles procédures. La société Herbert Smith Freehills, basée au Royaume-Uni et chargée de représenter l'Espagne dans au moins deux cas, a pu par exemple facturer près de 1,6 millions d'euros pour ces cas.

La controverse grandissante autour des discussions commerciales entre l'UE et les USA a forcé la Commission européenne à temporairement interrompre les négociations du chapitre relatif aux droits des investisseurs dans l'accord proposé, et à annoncer une consultation publique sur le sujet qui doit commencer ce mois-ci. Mais la Commission a déjà indiqué qu'elle ne souhaite pas renoncer à ces droits contestés, plutôt les encadrer.

Pia Eberhardt commente : « Le système d'arbitrage Investisseur-État ne peut être réformé. Les cabinets d'avocats d'affaires concernés et les multinationales qui ont recours à leurs services trouveront toujours une façon d'attaquer des pays pour des actions qui menacent leurs profits – même s'il s'agit d'une législation indispensable pour sortir d'une crise financière. Ces super-droits octroyés aux entreprises doivent être abolis ».

 

 

Voilà des infos que vous ne trouverez pas dans les canards-laquais ! On voit qu'il est indispensable de se mobiliser contre ces accords scélérats. Il faut exiger que nos gouvernements remettent en cause les accords d'investissements existants et que les différents investisseurs-États soient exclus des négociations TAFTA. 75 000 entreprises enregistrées de part et d’autre de l’atlantique, avec des filiales à la fois dans l’Union européenne et aux États-Unis, qui pourraient lancer des poursuites sur la base d’un tel accord transatlantique ! L’exemple des spéculateurs qui tentent de tirer parti de la crise européenne, évoqué dans ce rapport, est un avertissement salutaire : les droits dont bénéficient les investisseurs devraient être revus et passer après les droits des populations.

 

Septidi 27 ventôse 222

 

Illustration X – Droits réservés