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17/12/2013

Euthanasie : meurtre avec préméditation = ASSASSINAT !

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Nicolas-Kevin tourne et retourne dans la main le lettre qu’il vient de recevoir. L’en-tête officiel l’angoisse. Il faut dire que depuis les lois sur l’Optimisation de la vie, votées par le premier gouvernement Marine Le Pen du deuxième quinquennat de Sarkozy, les vieux ne sont pas à la fête…

 

Il y a d’abord eu sous Sarko 1, les lois sur les retraites poussant les anciens à la misère, au travail dégradant, à fouiller dans les poubelles, à subir l’ostracisme et les moqueries des « djeuns ». Puis il y a eu le grand fichier dit « des gens honnêtes » dans lequel tout citoyen est répertorié de la naissance à la mort, avec toutes ses maladies, tares, opérations, traitements. Et, en parallèle, un puissant logiciel permettant de connaitre à l’instant T combien coûte à la collectivité la prise en charge de tel ou tel citoyen ! Il y a eu encore la loi permettant l’internement forcé en milieu psychiatrique de « patients » déviants, sur demande des autorités ou de la famille.

 

Puis il y a eu, sous le premier gouvernement Sarko 2 – Le Pen, la loi sur l’euthanasie. Finis les atermoiements hypocrites de la parenthèse Hollande… Sous la pression de très nombreux imbéciles heureux, le gouvernement a autorisé la mise à mort des vieux « pour abréger leurs souffrances ». A la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu ! Pourtant, le meurtre par empoisonnement d’une personne, ça a un nom précis : ASSASSINAT ! Mais c’est pas joli…

 

Enfin a été voté le grand œuvre du gouvernement Le Pen – Sarko 2 : les « lois d’Optimisation de la vie ». Des lois permettant enfin la remise à flot de la Sécu, des économies conséquentes sur les retraites, l’élimination de gens qui ne sont plus « productifs ». Les « marchés » ont, à l’époque du vote de ces lois « modernes », salué comme il se doit cette décision en rendant à la France son « triple A » !

 

Ces lois mêlent avec beaucoup d’opportunité des textes précédents : fichiers déterminant le « coût » de chaque individu, possibilité d’internement d’office pour les récalcitrants – comme au plus beau temps du goulag -, pour s’appuyer ensuite sur les statistiques. Celles-ci déterminent chaque année la durée de vie moyenne des citoyens : cette année-là 78 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes. Ainsi, à la date anniversaire des citoyennes et citoyens atteignant ces limites statistiques, ceux-ci reçoivent de l’administration une lettre officielle leur signifiant qu’à dater de ce jour, leurs dépenses de santé ne seront plus prises en compte par la société. Dès lors, s’ils sont à l’hôpital, le service comptable de l’établissement demandera à la famille de payer entièrement les frais et, en cas de refus, de manque de « persuation » auprès de l’impétrant - « Allez Mémé, il est onze heures, bois ton bouillon, c’est le docteur qui l’a préparé ! » - ou de non solvabilité, donnent aux médecins l’ordre d’euthanasier le « patient ».

 

Pour ceux qui sont en relative bonne santé, comme notre ami Kevin-Nicolas, existe la possibilité de « racheter » une année supplémentaire, à condition de déposer auprès de la Caisse des dépôts et consignation un montant très conséquent déterminé par la loi, sous forme de numéraire ou d’hypothèque sur des biens. A défaut, si le vieux entre à l’hôpital pour quelque affection, son sort sera rapidement scellé. Mais, dans sa grande mansuétude, la société ultralibérale lui offre la possibilité de « choisir » lui-même « d’optimiser  sa vie » en libérant le territoire, gracieusement, dans « de très agréables conditions » comme dit la lettre que tient Kevin-Nicolas…

 

Mondo cane…


Septidi 27 frimaire 222


Merci à Chimulus

 

 

 

13/12/2013

Au bistro de la toile : portiques écotaxe.

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- Oh ! Loulle, il n’y a pas de portique à l’entrée de ton rade, non ?

 

- Keskidi lui ? Oh ! Victor, t’as fumé la moquette avant de venir t’engorgeonner chez moi ? Du porc il y en a mais dans les rillettes et le sauciflard, des tiques, peut-être sur mon chien Marcel sous le comptoir, mais des portiques ? Vasisdas ? Késaco ?

 

- Allez, sers ma tournée, mastroquet de mon cœur. Je voulais te parler de ces fameux portiques de l’écotaxe qui ont tant foutu les Bretons en rogne. Tu sais à quoi ils servent ces fameux portiques de la discorde ?

 

- Ben, à reconnaitre les camions et à leur faire payer la taxe, non ?

 

- Eh bé non, justement ! C’est le Canard enchainé qui a levé le lièvre, ou le caneton. D’après le fameux palmipède, toujours bien informé, ces fameux portiques sont « inutiles, ruineux et dangereux pour les libertés publiques » ! C’est la CNIL (commission nationale informatique et liberté), dont l’avis a été sollicité sur les fichiers informatiques forcément générés par ces portiques, qui s’est étonné. Ces portiques ne servent aucunement à calculer la taxe véhicule par véhicule et a en assurer le paiement, mais uniquement  à repérer les éventuels fraudeurs ! Ces machins coûtent entre 600.000 et 1 million d’euros pièce ! Il doit y en avoir 273 en tout et 200 sont déjà installées…

 

- …dont quelques unes passées au barbecue par les Bretons !

 

- …ou réduite à l’état de ferraille. Mais c’est toi et moi qui payons, Loulle, ne l’oublie pas.

 

- Mais alors comment les taxes sont calculées et facturées aux camionneurs ?

 

- Directement par le boitier informatique sophistiqué obligatoire pour les véhicules assujettis à cette taxe. Ce système, qui combine GPS et émetteur radio, est le seul équipement nécessaire pour percevoir la taxe.

 

- Autrement dit on aurait pu se passer de ces portiques honnis, véritables chiffons rouges cristallisant toutes les rancœurs et coûtant un bras ! Mais alors, ça doit bien rapporter quelque chose à quelqu’un ou quelques uns ces machins ?

 

- Il n’est pas interdit de le penser… D’autant plus que l’équipement informatique des camions est bien visible et qu’il y a suffisamment de flics, motards ou automobilistes sur les routes pour épingler les éventuels fraudeurs… Mais la CNIL a levé un autre lièvre. Et qui nous concerne tous celui-là.

 

- Oh ! C’est des bons chasseurs cette CNIL ! Raconte.

 

- Eh bien pour que ça marche, ces portiques filment tout ce qui passe. Camions, voitures, vélos, piétons et tout ce qui bouge. C’est Big Brother. Ils filment tout, stockent les images plus de temps qu’il n’est nécessaire et permettent ainsi de fliquer les déplacements de millions d’usagers de la route.

 

- Est-ce qu’on ne toucherait pas là la véritable fonction de ces portiques à la kon ? Puteng, moi qui gueulais contre les Bretons, je crois que vais les applaudir chaque fois qu’ils foutront en bas un de ces portiques espions !

 

- A la nôtre !

 

Tridi 23 frimaire 222

 

Merci à Chimulus

12/12/2013

Mobilisons-nous pour rejeter le sordide Accord de Partenariat Transatlantique !

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Il y a quelques mois, une entreprise étazunienne a tenté de demander des dédommagements faramineux à la France. Raison : le gouvernement, suite à une loi votée par les députés et les sénateurs (soit les représentants légitimes du peuple français) a interdit toute recherche sur le territoire français des gaz de schistes par les procédés de fracturation. Cette loi s'applique a tout le monde, donc également à cette multinationale. Qui a dû rabattre son caquet.

 

On touche là l'exemple de la catastrophe qui guette non seulement la France mais aussi toute l'Europe avec ce qui se prépare dans l'opacité habituelle de ce genre « d'accord » : le traité de libre-échange Union-Européenne – Etats-Unis, encore dénommé Accord de Partenariat Transatlantique (APT).

 

On se souvient du très mal nommé AMI (accord multilatéral sur l'investissement), repoussé par les peuples européens malgré la duplicité complice des instances européennes. Cet accord scélérat revenait à aliéner les droits des États aux intérêts des multinationales en matière de droit du travail, de protection de l'environnement, etc. Eh bien ces clauses extravagantes reviennent en force avec le sus dénommé APT. L'objet central de ce traité APT est de considérer superflu tout ce qui ralentit la circulation des marchandises ; ainsi la régulation de la finance, la lutte contre le réchauffement climatique, les codes du travail ou le simple exercice de la démocratie est censé de ne pas s'appliquer au monde prédateur des multinationales. C'est ce qui se passera si cet accord scélérat est signé. Cette volonté de passer par-dessus l'intérêt des peuples démontre l'absence totale de prise en compte de l'intérêt commun de la part du monde des affaires et de la finance.

 

Les négociations ont commencé en juillet de cette année, l'Europe, béate de konnerie, faisant fi de l'espionnage de ses populations, de ses entreprises et même de ses dirigeants au plus haut niveau par les grandes oreilles des Yankees. Sans qu'il y ait de débat au parlement français, pour une raison bien simple : dans les traités qui régissent l'Europe, la Commission européenne a une compétence exclusive sur les accords commerciaux. Barroso uber alles ! Pas de débat ! Circulez, y a rien à voir !

 

Sept cents lobbyistes étazuniens, plus des dizaines de négociateurs officiels US sont au travail à Bruxelles. On peut s'attendre à ce que les désidératas étazuniens s'imposent sur les réticences européennes, d'autant plus aisément que la marionnette Barroso, soucieux d'une future carrière juteuse à Washington, n'a rien à refuser à ses maîtres...

 

Un véritable marché de dupes entre une puissance toujours dominatrice – les USA – et une grosse larve molle, sans projet, sans frontières, sans représentation réellement démocratique – L’Union Européenne. Ce qui reviendra à accepter les conditions et les normes étaziniennes. Aux U.S, les normes environnementales sont moins élaborées qu'en Europe, il faudra donc encore s'aligner sur le moins-disant : bœuf aux hormones, volailles lavées au chlore, forage pour les gaz de schiste, intrants chimiques, etc... Comme toujours, la logique néolibérale reviendra à la baisse sur ces normes sacrifiées sur l'autel de la libre concurrence. Les droits de douane étant globalement moins élevées pour les importations U.S qu’elles ne le sont aux Etats-Unis pour nos produits, cet accord se fera unilatéralement en leur faveur. Sinon, eh ! tè, fume ! les Zétazuniens sont pragmatiques, ils ne le feraient pas... En fait, l'enjeu stratégique est pour les Zétazuniens de prendre de vitesse le déclin de leur influence dans le monde, en s'aliénant économiquement l'Europe contre le bloc des pays émergents et en particulier la Chine.

 

Pour qu’il y ait accord, les Européens devront renoncer à un grand nombre de leurs normes (juridiques, environnementales, sanitaires, culturelles…). Ce sont tous les pans des sociétés européennes qui sont visés : cadres juridiques, sanitaires, environnementaux, jusqu’au droit du travail. Bonjour les dégâts ! Avec…le retour de l’A.M.I. puisque dans le mandat de négociation de la Commission, il y a une réelle menace d’autoriser un règlement des différends entre Etats et multinationales – c’est-à-dire le droit pour les multinationales et les investisseurs de porter plainte contre les Etats pour exiger des dommages et intérêts, quand une politique publique ne leur plaira pas… Le mandat de négociation pour ce traité révèle la volonté de la Commission européenne de renforcer le pouvoir des entreprises transnationales et leur accordant le pouvoir de contester les réglementations nationales et internationales si elles affectent leurs profits. Ainsi, les États membres de l’UE pourraient voir leurs lois nationales, qui visent à protéger l’intérêt général, contestées dans des tribunaux ad hoc, secrets, dans lesquels les lois nationales n’auront aucun poids et les élus politiques aucun pouvoir d’intervention. C'est ce qui se passe déjà en Amérique du Nord avec les accords du même acabit signés par les USA avec ses voisins canadiens, mexicains et autres.

 

L’Europe politique, l’Europe puissance a toujours été la hantise des Etazuniens. Cet accord, ficelant les économies européennes aux USA, la diluera dans une vaste zone de libre-échange, aux plus grands profits des multinationales U.S. Ceci complétera la mise sous tutelle politique résultant du principe inscrit noir sur blanc dans le Traité de Lisbonne disant que la défense de l’Union européenne se fait dans le cadre de l’OTAN, cette alliance créée en d’autres temps, à présent révolus (guerre froide avec l’URSS), donc sans objet actuellement sinon d’imposer la tutelle étazunienne sur les armées européennes. Et Sarko, puis Hollande ont réintégré, la queue entre les jambes, ce machin aussi agressif qu’inefficace (voir en Afghanistan).

 

Alors mobilisons-nous ! Repoussons cette saloperie ! Les élections européennes, c’est pour bientôt…

 

Duodi 22 frimaire 222

 

Photo X – Droits réservés.

 

10/12/2013

Travailleurs détachés : « ils » les ont bien pendues, mais elles manquent un peu de vigueur…

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Bon, ben on doit admettre « qu’ils » les ont eu bien pendues puisqu’un accord reprenant les deux revendications essentielles réclamées par la France - mais aussi l’Italie, la Belgique et même l’Allemagne de l’ultra libérale Merkel poussée au cul par ses partenaires sociaux-démocrates – a été acté à Bruxelles, par une majorité qualifiée obtenue grâce au ralliement de la Pologne. Ces deux pierres d’achoppement : - liberté pour chaque pays de déterminer lui-même les contrôles qu’il estime nécessaires sur la situation des « travailleurs détachés » sur son territoire ; - responsabilisation de l’entreprise donneuse d’ordre solidairement avec ses sous-traitants.

 

C’est bien. Malgré les exhortations du nuisible Barroso, c’est une première victoire contre les ultras libéraux manipulés par les Britanniques. Mais ce n’est qu’un coup de nettoyage sur une directive obsolète, datant de 1996, et plus du tout adaptée à la nouvelle Europe à 28. Cette directive doit être entièrement revue.

 

Mais pour la première fois, il semble que les grosses têtes d’œuf de Bruxelles aient parlé des  travailleurs, de leurs conditions de travail, du dumping social, et autres.

 

Pour la première fois encore, la Pologne a pris ses responsabilités de grand pays européen au lieu de rester le caniche des Anglais et le fournisseur d’esclaves de l’Allemagne. Ce revirement ouvre des perspectives européennes nouvelles.

 

Mais qu’en sera-t-il sur le terrain ? D’abord, l’article concernant la responsabilité solidaire des donneurs d’ordre est limité au seul secteur du bâtiment ! C’est donc très restrictif et ne gênera en rien les entrepreneurs-forbans allemands du secteur de l’agro-alimentaire.

 

Ensuite, cet accord conserve la possibilité de concurrence déloyale avec la prime au moins disant social, puisqu’il ne remet pas en cause le principe du paiement des cotisations sociales dans le pays exportateur de main d’œuvre, principale cause de concurrence déloyales entre pays de l’U.E.

 

Enfin, la France n’a pas les moyens d’effectuer les contrôles nécessaires pour faire respecter les salaires, les conditions de travail, la vérification du paiement des cotisations sociales, etc. Pour une raison bien  simple : depuis les ravages des sarko-trafiquants, l’administration ne compte plus que 535 inspecteurs du travail et 1.171 contrôleurs pour suivre 1,6 million d'entreprises ! Soit un inspecteur ou contrôleur pour mille entreprises. Les fraudeurs aux « travailleurs détachés » ont encore de beaux jours devant eux. N’est-ce pas Bouygues, Eiffage et autres kadors du BTP…

 

Décadi 20 frimaire 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

09/12/2013

Travailleurs « détachés » : on saura ce soir si nos négociateurs ont les aliboffis bien pendus !

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« Eh ! M'sieur Medef, j'ai de la bonne viande polonaise, de la roumaine aussi, même de la portugaise si tu préfères. C'est de la viande sur pied docile, travailleuse, pas difficile à nourrir et loger. Ça te dit ? T'y gagnes 30% minimum et plus si tu sais te démerder. Tiens, voilà quelques bonnes adresses de marchands d'esclaves (on dit aussi « entreprises d'intérim »).

 

En chargeant à peine le trait, on pourrait dire que la légalisation de l'esclavage « moderne », c'est aujourd'hui que ça se joue, à Bruxelles. On ne dit pas esclavage, bien sûr, entre gens polis, bien propres sur eux, mais puant du cerveau plus que des pieds. On dit « travailleurs détachés ». Ce sont ces manards que l'on voit sur tous les grands chantiers français et européens, sur l'EPR de Flamanville, sur le chantier Iter de Cadarache, sur tous les chantiers régit par le système voyou des PPP (partenariats public privé). Ils sont taillables et corvéables à merci, sont logés au mieux dans des algécos, sont nourris loin de la gastronomie françouaise, font des heures supplémentaires non payés, ne sont souvent pas déclarés, voient une partie conséquente (jusqu'à 50%) de leur smic français retenue par leurs « employeurs » pour « frais de nourriture et de logement », et autres gracieusetés.

 

Les entrepreneurs français en raffolent ! Ces esclaves leur permettent des économies fort juteuses. Mais ils se font parfois baiser sur leur propre terrain par des entreprises étrangères leur soufflant des marchés publics en accentuant encore plus qu'eux le système. Le principe est celui-ci : dans le cadre de la libre circulation des travailleurs sur le territoire de l'U.E., une entreprise d'un pays peut « détacher » dans un autre ses propres travailleurs. Ceux-ci seront payés au tarif du pays d'accueil et seront assujettis aux conditions légales de travail du pays d'accueil, mais les charges sociales des entreprises resteront celles du pays « exportateurs » de ces travailleurs. Et une cascade de sous-traitance noie les responsabilités, le donneur d'ordre premier se libérant ainsi de ses responsabilités.

 

Pourtant ça commence à gueuler au charron un peu partout contre les effets délétères de cette directive européenne obsolète (datant de 1996!), qui n'est rien d'autres que le moyen de délocaliser sur place ce qui ne peut l'être à l'extérieur, selon la logique ultralibérale du nivellement par le bas qui sévit dans l'Union européenne. Il faut voir les magouilles, les sociétés écrans au Luxembourg ou à Chypre qui échappent aux cotisations sociales, les entreprises “boîtes aux lettres” dans les pays de l'Est sans y avoir d'activité réelle, spécialement créées pour détacher de la main-d'œuvre à bas prix, qui paient la plupart du temps au taux horaire du pays d'origine.

 

C'est donc aujourd'hui que la refonte de cette directive scélérate doit être discutée à Bruxelles. Deux articles sont au cœur des discussions. Le 9 concernant les mesures de contrôle : les Français, mais aussi les Allemands, les Belges et quelques autres proposent de laisser à chaque état la liberté de durcir les contrôles s'il l'estime nécessaire. Un consensus pourrait exister en la matière. Le 12 pose plus problème. Il s'agit d'instaurer une responsabilité conjointe et solidaire de tous les sous-traitants afin que les donneurs d'ordres premiers ne soient plus exemptés de leurs responsabilités. C'est là que le bât blesse. La France voudrait que cette responsabilité soit « obligatoire » tandis que d'autres membres de l'U.E. préfèreraient qu'elle soit « optionnelle » (c'est à dire nulle!). Au côté de la France donc, la Belgique et l'Allemagne, mais contre, évidemment la Grande-Bretagne, éternel parasite de l'Union, l'Irlande, pays forban de l'Union et la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Lettonie, l'Estonie, principaux pays « exportateurs » d'esclaves modernes.

 

Voilà où on en est. On saura ce soir si nos négociateurs ont les aliboffis bien pendus...

 

Nonidi 19 frimaire 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

06/12/2013

Madiba. Justice, courage, générosité...

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Dieu sait qu´je n´ai pas le fond méchant
Je ne souhait´ jamais la mort des gens
Mais si l´on ne mourait plus
J´crèv´rais de faim sur mon talus

J´suis un pauvre fossoyeur

Les vivants croient qu´je n´ai pas d´remords
A gagner mon pain sur l´dos des morts
Mais ça m´tracasse et d´ailleurs
J´les enterre à contrecœur

J´suis un pauvre fossoyeur

Et plus j´lâch´ la bride à mon émoi
Et plus les copains s´amus´nt de moi
Y m´dis´nt: " Mon vieux, par moments
T´as un´ figur´ d´enterr´ment"

J´suis un pauvre fossoyeur

J´ai beau m´dir´ que rien n´est éternel
J´peux pas trouver ça tout naturel
Et jamais je ne parviens
A prendr´ la mort comme ell´ vient

J´suis un pauvre fossoyeur

Ni vu ni connu, brav´ mort adieu!
Si du fond d´la terre on voit l´Bon Dieu
Dis-lui l´mal que m´a coûté
La dernière pelletée

J´suis un pauvre fossoyeur

 

 

 

Georges Brassens

 

 

 

 

 

Sextidi 16 frimaire 222

 

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

05/12/2013

La charia en Libye. On dit merci qui ?

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En Libye, il y a des petits Sarkozy qui ont deux ans et demi. Eh ! Souvenez-vous : notre « lumière de l’univers », notre "axe de la galaxy" a été fêté comme un libérateur, que dis-je, comme un dieu lorsqu’il a envoyé nos Mirages et Rafales bombarder, puis « libérer » la Libye. Des Libyens ont appelés leurs nouveaux nés Sarkozy !

 

Sous la pression de cet Hémingway d’entrée de gamme qu’est B.H.L., Sarko a fait tomber les foudres du ciel sur son ex grand ami, le célèbre campeur des Champs-Elysées. Depuis, Sarko a été renvoyé à ses chères conférences, son  « ami » Kadhafi a été massacré dans des conditions fort douteuses, et la Libye est en morceaux. Peinard le Nicolas : plus de Kadhafi, plus de pouvoir Libyen digne de ce nom, donc plus de preuve de l’implication financière de Kadhafi dans la campagne de Sarko en 2007.

 

Les Libyens peuvent dire merci à la France pour une intervention qui s’est soldé par l’assassinat d’un chef d’Etat et la désintégration d’une nation. Avec – cerise sur le loukoum – l’établissement officiel de la Charia ! La vie des Libyens va désormais être régulée par la loi islamique. Le Congrès général national s’est en effet prononcé en faveur de l’application de la charia en tant que document juridique de base pour les établissements d’État. Oui, la charia, c'est-à-dire la négation de la femme, les lapidations, les mains coupées, les excisions, la mise à mort des homosexuels et autres joyeusetés.

 

Ce pays est agité depuis l’intervention occidentale par des forces séparatistes : tous contre Tripoli, tous contre un pouvoir central dépassé. La « transition » libyenne est menacée tant par la montée de tous ces séparatismes que par l’activisme des islamistes. Des postes frontières s’établissent dans tout le pays. Des libyens à la gâchette rapide contrôlent les papiers d’autres Libyens armés. Hier unis contre Kadhafi, les ex rebelles se combattent férocement. Berbères de Zouara contre Arabes de Al-Jamil, Cyrénaïque, Misrata, Bengazi, Touaregs du sud, tous contre le pouvoir central impuissant de Tripoli. Avec un enjeu évident : les rivalités régionales visent le pétrole dont la production chute drastiquement, mettant les finances du pays au plus bas, accentuant d’autant l’impuissance du pouvoir central.

 

Ce pays est en voie de « somalisation », c'est-à-dire qu’il court le risque d’être livrée à des bandes armées pirates rivales, pillant et massacrant des populations terrorisées. Un pays en passe de devenir la base de tous les mouvements terroristes qui sévissent non seulement en Afrique, mais bientôt aussi en Europe. Et nous, on envoie nos soldats lutter contre ces tarés de dieu au Mali, et maintenant en Centrafrique…

 

On dit merci qui ? Merci Sarko.




Quintidi 15 frimaire 222.


Illustration: Merci à Chapatte

02/12/2013

« François, t’es foutu, les bourrins sont dans la rue ! »

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Il y a les bourrins crottins et les bourrins vapeur. Puis il y a aussi les bourrins bonnetés de rouge et les bourrins mélenchoniens. Tout ça fait beaucoup de monde, beaucoup de bruits.

 

Les plus nombreux, bretonnaient gaiement à Carhaix, en Bretagne. Une manif qui regroupait sous le même bonnet rouge des paysans de la FNSEA, des artisans, des commerçants, des transporteurs, des marins pêcheurs, des chanteurs bretonnants, des indépendantistes et…les patrons des entreprises qui se gavent de subventions européennes et s’en foutent plein les fouilles. Une manif qui regroupe la droite, l’extrême-droite, les patrons exploiteurs et les ouvriers exploités, ça pue. Les ouvriers qui défilent aux côtés de leurs patrons sont atteints du syndrome de la « servitude volontaire ». Quant à leurs patrons, ils doivent jubiler et se taper sur les cuisses entre eux en se gobergeant de les voir caresser la main qui les étrangle. Parce qu’ils ont eu sept ans les patrons de l’agroalimentaire bretons pour transformer leur production industrielle de très bas de gamme, invendable en France et en Europe et viable seulement grâce aux « restitutions » européennes permettant l’exportation vers des pays du Moyen-orient et d’Afrique ou, soit dit en passant, ces poulets surgelés imbouffables nourris au OGM et bourrés d’antibiotiques ruinent toute la petite paysannerie locale, nourrissant par là-même cette immigration illégale qui pose problème. Sept ans durant lesquels ils auraient pu évoluer vers une production haut de gamme, profitant de l’image d’excellence de la France en la matière. Mais ils ont préféré se goinfrer sur le dos des contribuables européens et donc français (France, deuxième contributeur au budget européen) et enfermer leurs entreprises dans cette impasse dont ils se sortiront, eux, avec le pognon placé sous des soleils hospitaliers tandis que leurs ouvriers qui défilent servilement à leurs côté iront pointer au chomdu… Lamentable.

 

Et puis les transporteurs routiers. Ceux-là ont une doctrine simple : « J’emmerde, donc je suis ! » Comme il plus facile de bloquer le pays avec quelques milliers de camions qu’avec des blouses blanches, leurs revendication corporatistes sont toujours plus efficaces que celles des infirmières ! Ils sont vent de bout contre l’écotaxe…qu’ils répercuteront finalement sur le consommateur. Ils oublient de dire qu’ils bénéficient déjà d’un tas d’avantages comme la détaxation partielle du carburant, sans oublier qu’un camion détériore 1000 fois plus une route qu’une voiture. Le vrai combat qu’ils ont à mener, c’est contre la concurrence déloyale des grosses boites qui tournent à prix cassés grâce à l’embauche systématique de salariés « détachés » venus de Roumanie, Bulgarie, Pologne, voire Turquie, payés une poignée de figues, avec des charges sociales quasi nulle sinon inexistante pour non-déclaration, et des salaires jusqu’à 13 fois inférieurs à ceux des chauffeurs français ! Merci l’Europe et sa « concurrence libre et non faussée » qui permet ce dumping social qui ruine des pans entiers de notre économie, avec la complicité active de patrons-voyous.

 

Ah ! Il y a les bourrins-crottins aussi. Bon. Quant on aura le temps, on les plaindra. On va pleurer sur le sort de quelques bourges qui devront payer quelques euros de plus par an pour se taper le cul sur un canasson entre « gens de chevaux » du même monde. De plus, la hausse de TVA contestée résulte d’une directive européenne dont le non respect coûte d’ores et déjà des centaines de millions à l’Etat, donc à nous, contribuables français.

 

Puis il y avait Mélenchon. Combien sur le pavé parisien ? 7.000 ? 100.000 ? Qui lo sa… Enfin, il y devait y avoir 30.000 militants et sympathisants. Ce n’est pas négligeable, surtout en ces temps où la rue est abandonnée aux hordes droitisantes. Le combat revendiqué : la « révolution fiscale ». Bien, mais laquelle ? La lutte contre les ajustements de TVA (de 7 à 10 % pour le taux intermédiaire, de 19,6 à 20%  pour le taux principal) est perdue d’avance. Mais cette manifestation a permis de ressouder quelque peu des partis de gauche aux vues fort divergentes, notamment entre le pragmatisme des communistes (soucieux de ménager leur implantation locale par des accords électoraux avec les socialistes) et le jusqu’au-boutisme du P.G. et de son lideur Mélenchon ulcéré par ce qu’il considère comme une trahison. Elle peut servir de base pour aiguillonner de l’extérieur Ayrault et sa « remise à plat » de la fiscalité.

 

Allez, on va faire les truffes au chocolat de Noël. Ça au moins, c’est du tangible !


Duodi 12 frimaire 222


Photo X - Droits réservés

 

29/11/2013

Slam aux slameurs autodafeurs

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A lire évidemment au second degré.

 

«Je réclame un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo».

Slameurs, rappeurs, frimeurs, nous sommes desperado 

Nous les feront cramer ces bâtards d’intellos

Nous allons leur filer une fatwa sur le dos

Nous couperons les couilles à tous ces rigolos

Et troncheront à sec ces sales travelos

 

Yalla ! Baisons la France

Cette fosse d’aisance

Qui nous remplit la panse

Et permet que l’on pense !

 

Il y a quarante ans, pour la marche des beurs

Nos chibanis voulaient juste un peu de bonheur

Une reconnaissance et ne plus avoir peur

S’intégrer au pays, enfin être des leurs

Ne plus être casseurs, ne plus être chômeurs,

Beaucoup ont réussi dans l’effort, le labeur,

D’autres ce sont plantés, ont raté l’ascenseur,

Ils nous ont engendrés, nous les rappeurs crâneurs.

 

Yalla ! Baisons la France

Cette fosse d’aisance

Qui nous remplit la panse

Et permet que l’on pense !

 

Nos maîtres maintenant, ce sont les islamistes,

Nos héros : c’est Merha et tous les terroristes !

Lapider jusqu’à mort une femme adultère

Jouir de sa douleur en lui jetant la pierre

Ne nous offense pas.

Décapiter un homme, lui sortir la cervelle

Sous prétexte que c’est un homosexuel

Ne nous offense pas.

Exciser des fillettes, couper leur clitoris

Ô, pour leur éviter de succomber au vice

Ne nous offense pas.

Considérer la Femme émanation du Mal

Et la traiter souvent moins bien qu’un animal

Ne nous offense pas.

 

Yalla ! Baisons la France

Cette fosse d’aisance

Qui nous remplit la panse

Et permet que l’on pense !

 

Nous n’acceptons ni l’humour ni le blasphème

Nous voulons faire peur par nos mots, nos dégaines

Nous conchions toutes vos valeurs païennes,

Vos droits de l’homme et toutes vos rengaines

Nous voulons vous pourrir, bouffer votre oxygène

Notre démarche à nous, c’est l’insulte, la haine

La haine

La haine

La HAINE

 

Yalla ! Baisons la France

Cette fosse d’aisance

Qui nous remplit la panse

Et permet que l’on pense !

 

 

Nonidi 9 frimaire 222

 

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28/11/2013

« Le monde est dangereux non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » Albert Einstein

islam,baby-loup,fascisme

 

 

La cour d'appel de Paris n'a pas eu peur de contredire la Cour de Cassation, plus haute juridiction française en confirmant le licenciement de l'employée prétendant éduquer les enfants en faisant du prosélytisme religieux. Ce faisant, les juges ont fait preuve de courage, de lucidité et de civisme en remettant enfin un des piliers de la République – la LAÏCITÉ – au centre du débat.

Du courage, il en a fallu à cette cour d'appel, mais il en faut aussi à ceux qui, dans ce quartier, subissent les provocations et les menaces des fanatiques qui instrumentalisent l'affaire de la crêche Baby-Loup depuis le départ. Insultes, provocations, graffitis anti-laïcité, voitures rayés, menaces, etc. Malgré le jugement la crèche va déménager, laissant dans le désarroi une centaine de familles et les provocateurs nazislamistes auront gagné.

Tout ce gâchis parce qu’il y a des gens qui veulent emmerder le monde par provocation, des gens qui veulent allumer une guerre religieuse, des gens qui testent les capacités de résistance, les limites du système. Et à côté, des gens qui se taisent, regardent ailleurs et laissent faire. Ce sont ceux-là dont parlait Einstein. Que dire de l'inconséquence de cette majorité musulmane pacifique bien trop silencieuse ? Et que dire des idiots utiles qui soutiennent les extrémistes ?

On nous dit et répète que l'islam est une religion pacifique et que la majorité des musulmans veulent seulement vivre en paix. Pourtant ceux qui prônent cette image de leur religion – cette névrose collective - se taisent. On ne les voit pas. On ne les entend pas. Avez-vous déjà vu une manifestation musulmane s'élevant contre les exactions des fanatiques qui saccagent l'image de leur religion ? Jamais. Ce silence est-il le fait de menaces ou d'un consentement tacite ?

Qui donne actuellement l'image de l'islam ? Ceux qui y tiennent le discours le plus extrémiste, ceux qui perpétuent les actions les plus brutales, les plus injustes, les plus sauvages. Le fait est que les fanatiques gouvernent l'Islam, actuellement. Ce sont les fanatiques qui paradent. Ce sont les fanatiques qui financent chacun des conflits armés religieux de par le monde. Ce sont des fanatiques qui assassinent systématiquement les chrétiens ou des groupes tribaux à travers toute l'Afrique et mettent peu à peu la main sur le continent entier, à tel point que les populations africaines terrorisées en sont à appeler l'action militaire de l'ancienne puissance coloniale, comme au Mali et maintenant en République Centrafricaine ! Ce sont les fanatiques qui posent des bombes, décapitent, massacrent ou commettent des crimes dits « d'honneur ». Ce sont les fanatiques qui prennent le contrôle des mosquées, l'une après l'autre. Ce sont les fanatiques qui prêchent avec zèle la lapidation et la pendaison des  homosexuels. Ceci avec l'assentiment et l'aide de ces grands « amis » de la France que sont le Qatar (soutien des islamistes) et l'Arabie séoudite (soutien des salafistes). La réalité, brutale et quantifiable, est que la «majorité pacifique », la « majorité silencieuse » est étrangère à ces exactions mais se tait et se terre. Je lui conseille, à cette majorité silencieuse de méditer sur « Matin brun ».

En d'autres temps, le laisser-faire de cette majorité silencieuse a amené le nazisme et son cortège d'horreurs indicibles en Allemagne, puis un cataclysme mondial avec 80 millions de morts.

La Russie communiste était composée de russes qui voulaient tout simplement vivre en paix, bien que les communistes russes aient été responsables du meurtre d'environ vingt millions de personnes. La majorité pacifique n'était pas concernée.

L'immense population chinoise était, elle aussi, pacifique, mais les communistes chinois réussirent à tuer le nombre stupéfiant de soixante-dix millions de personnes.

Le japonais moyen, avant la deuxième guerre mondiale, n'était pas un belliciste sadique. Le Japon, cependant, jalonna sa route, à travers l'Asie du sud-est, de meurtres et de carnages dans une orgie de tueries incluant l'abattage systématique de douze millions de civils chinois, tués, pour la plupart, à coups d'épée, de pelle ou de baïonnette.

Les musulmans pacifiques, s'ils ne réagissent pas, seront les premières victimes de ce fascisme vert qui s'avance de moins en moins masqué. La balle est dans leur camp car s'ils ne réagissent pas, ils ouvriront la porte, dans toute l'Europe, au sinistre fascisme brun.

 

Octidi 8 frimaire 222

 

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27/11/2013

Les sénateurs lèchent l’oignon des semenciers…

légumes et fruits érotiques.jpg

 

 

Il y a quelques années, je fus invité en tant que rédacteur en chef d’un magazine économique, à un raout d’esbrouffe à Beaumanière, cet établissement chicos des Baux-de-Provence (qui, soit dit en passant veut dire « grotte à puces ! ! »). Ceci pour le lancement d’une tomate industrielle appelée « rougeline » ou quelque chose comme ça. Des nanas habillées à raz la touffe ondulaient entre les tables pour nous vanter les mérites de leurs tomates bien rondes et bien rouges (alors que les journaleux émoustillés par le champ’ qui coulait à flot mataient plutôt les jolis melons de ces demoiselles).  Après dégustation (des tomates, pas des demoiselles hélas…) il nous fut demandé de donner notre avis sur le produit. Ma réponse fut rapide et précise : imbouffable.

 

Tout est là. L’industrie agroalimentaire, avec l’aide d’organismes tels que l’Inra, crée des variétés de fruits et légumes beaux, sains (mouais…), résistant au pourrissement et au transport mais rigoureusement insipide. « Le goût n’est pas notre priorité » me fut-il répondu… Tout est dit.

 

Bon. Ceci pour donner une idée de l’industrialisation forcenée de ce qui est le patrimoine ancestral, de tous : les fruits, les légumes et toute la technique millénaire mise au point par des centaines de générations de paysans et de jardiniers. Ainsi, je plante des tomates, je garde les graines des meilleurs fruits, et l’an prochain, j’aurais des fruits de meilleure qualité. Toutes ces recherches empiriques, fruits du savoir-faire, de l’imagination de tous les gens de la terre, sont actuellement volés par des firmes agro-alimentaires prédatrices qui brevètent sans vergogne le vivant, avec la complicité des autorités, qu’elles soient européennes ou nationales.

 

La semence, essence même de la vie, est aujourd’hui menacée. 12 000 ans de construction collective patiente et réfléchie ont abouti à la création d’un patrimoine végétal, technique et culturel inestimable, commun à toute l’humanité. Cet héritage court aujourd’hui le risque d’être confisqué par une infime minorité. L’aliénation de la semence par l’agro-industrie, constitue un danger sans précédent pour l’avenir : l’indépendance alimentaire et la santé des peuples.

 

Les vendeurs de pesticides bricolent dans leurs laboratoires des chimères génétiquement modifiées, qu’ils osent appeler semences, générant des plantes dépendantes entraînant une régression technique pour les paysans, les jardiniers et les amateurs.


Les lobbys, aidés par l’État, pour obtenir le monopole de ce qui appartient à tous, veulent supprimer le droit inaliénable de chacun de ressemer sa récolte. Les sélections de terroir garantissent des plantes saines et savoureuses. La semence industrielle est malade, elle ne peut vivre sans pesticides, engrais chimiques ou manipulations génétiques. Polluante pour l’environnement, elle est le point de départ de la mal-bouffe.

 

Et pourtant les maraîchers qui produisent et commercialisent des légumes ont obligation de ne produire que des légumes issus du catalogue officiel. Or plus de 90% des variétés inscrites à ce catalogue officiel sont des variétés hybrides, inventées par les semenciers, qui reproduisent des graines dégénératives donc inutilisables pour reproduire la plante. Autrement dit, le maraîcher, pour produire d'une année sur l'autre la même variété de tomate doit acheter à nouveau sa semence au semencier.


Les semenciers ont donc fait une OPA sur le catalogue officiel et s'ingénient à en évincer les variétés dites anciennes, car ces dernières reproduisent de graines parfaitement fiables pour reproduire la plante mère. Le hic, c'est que ces variétés qu'on peut ressemer ne rapportent donc plus d'argent au semenciers, qui ont donc intérêt à les faire disparaître au profit de leurs hybrides. CQFD.

 

Les paysans qui ressèment leur récolte seront-ils considérés comme des trafiquants ? Oui, ont répondu les sénateurs en adoptant le 20 novembre un projet de loi élargissant aux plantes le délit de contrefaçon. Les sénateurs ont voté à l’unanimité – y compris les écologistes – une proposition de loi destinée à renforcer « la lutte contre la contrefaçon ». S’émanciper des droits de propriété détenus par les grandes firmes semencières sera désormais un délit. La loi prévoit aussi de nouveaux moyens de répression contre paysans et jardiniers clandestins. Pour les promoteurs de la loi, il s’agit simplement de « protéger les entreprises ». Ainsi, le jardinier sera désormais considéré comme un dangereux délinquant, au même titre que celui qui imprime de la fausse monnaie, qui fabrique des faux médicaments, de faux parfums, de fausses Rolex, de fausses Nike et de fausses chemise Lacoste. Bientôt, la police des jardins!


Merci,  mesdames et messieurs du Sénat ! Votre duplicité (ils paient bien les lobbys ?) n’a d’égale que votre incommensurable konnerie. Ne sommes-nous pas légitimement en droit de nous demander à quoi vous servez ?


 

Septidi 7 frimaire 222

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26/11/2013

Au bistro de la toile : l’Europe qui protège contre celle qui saccage.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Oh ! Victor, ça y est, je l’ai vu le plombier polonais ! La semaine dernière. C’est un fumiste. Son patron – une petite entreprise de chauffage, fumisterie, entretien de chaudière et autres – l’a amené le matin à 8 heures et l’a repris le soir à 6 heures et demi. Il s’est arrêté une petite demi-heure à midi pour bouffer sa biasse. Il ne parle pas français, mais il travaille bien. Et sans regarder ses heures…

 

- Ton Polonais, Loulle, il travaille en France probablement dans le cadre de la directive sur les « travailleurs détachés ». Le travail détaché repose sur une directive européenne de 1996, qui visait à garantir le respect de normes sociales minimales pour tous les salariés européens exerçant dans un autre pays de l’UE. Dans le cadre du détachement, le salarié est temporairement affecté à une tâche dans un autre pays de l’Union européenne. Il reste couvert par la sécurité sociale de son pays d’origine mais a le droit au salaire minimum local.

Le principe du détachement en lui-même n’est pas mauvais, mais la législation a vieilli et est dépassée ( La directive 96/71 du parlement européen "concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d'une prestation de services" ). De nombreux employeurs peu scrupuleux la tourne pour s’engraisser sur le dos de ces travailleurs étrangers. D’autres, sans vergogne, ne déclarent pas les détachements, mettant les pauvres mecs dans l’illégalité et la précarité. Taillables et corvéables à la discrétion de ces gougnafiers. Sur le terrain, il est en effet extrêmement difficile pour les Inspecteurs du Travail de contrôler la régularité du détachement, par exemple, s’assurer que le salarié est bien couvert par la Sécurité sociale de son pays d’origine. Ainsi, le Ministère du Travail estime les travailleurs détachés à 145 000 en France, auxquels il faut rajouter 300 000 détachements non déclarés  !

 

- Tu veux dire que mon brave Polak, il n’était peut-être pas déclaré ?

 

- Pas de procès d’intention, mais c’est possible, et courant… Ces pratiques ont une conséquence évidente : ceux qui les utilisent font une concurrence déloyale aux employeurs qui sont clairs et utilisent de la main-d’œuvre française. Même déclaré et à salaire égal, la différence, importante, se fait sur les charges sociales. Ceci pose le problème récurrent de l’harmonisation fiscale et sociale de l’Europe. Les différences entre les salaires minimum, lorsqu’ils existent, sont effarantes. La Belgique paie au moins 1501,82 euros par mois, la France 1430,22, les Pays-Bas 1477,80. C’est dans les mêmes eaux. Mais la Pologne paie 368,87 , la Slovaquie 337,70, la Roumanie 179,36. Quant à l’Allemagne, dont on nous rebat de longue les oreilles avec son fameux « modèle », elle n’a même pas de Smic. Merkel va peut-être devoir en instaurer un si elle veut sa « grande coalition » avec des sociaux démocrates de son pays ! Voilà pourquoi les entreprises germaniques concurrencent de façon déloyale celles du reste de l’Europe : en utilisant des quasi-esclaves payés une poignée de figues (de 2 à 5 euros l’heure) avec des charges dérisoires. Voilà pourquoi l’Allemagne pousse les employeurs français entre autres soit à mettre la clé sous la porte et des milliers de travailleurs au chomdu, soit à tricher avec, notamment, ces « travailleurs détachés ». Voilà comment l’Allemagne est devenu l’ennemi économique de l’Europe…

 

- Tant qu’il n’y aura pas d’harmonisation européenne sur le salaire minimal, sur les temps de travail, sur le niveau des charges sociales, les salariés continueront à être mis en concurrence sur la base non pas des compétences, mais du moins disant au niveau des droits sociaux et des conditions de travail.

 

- Exactement Loulle. Mais ce combat contre le dumping social n’est pas un combat entre ton fumiste polonais et un fumiste français, mais entre ceux qui veulent une Europe sociale (France, Espagne, Italie, quelques voix en Allemagne) et ceux qui veulent la concurrence à outrance et le tout marché (Grande-Bretagne et ex-pays de l’est). C’est le combat entre l’Europe qui protège celle qui saccage.

 

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Sextidi 6 frimaire 222

 

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Merci à Chimulus

 

 

 

 

 

25/11/2013

Haro sur Bercy ! Chauffe Ayrault !

assemblée nationale.jpg

 

Il y a quelques jours j’ai publié un billet concernant un amendement susceptible de permettre de lutter de façon enfin efficace contre ce vol organisé appelé « optimisation fiscale » lien . Une pétition était assortie à ce billet. Et bien sachez que celle-ci a recueilli plus de 100.000 signatures et que l’amendement n°530 présenté par le député socialiste du Rhône Pierre-Alain Muet a été adopté ! Cet amendement a pour effet de donner à l’administration fiscale des moyens efficaces pour contrecarrer l’évasion-optimisation fiscale. Les textes législatifs actuels ne permettent à l’administration de mettre en cause ces manœuvres que si « l’optimisation » a UNIQUEMENT pour but de soustraire l’entreprise à ses obligations fiscales. Le député Pierre-Alain Muet propose de remplacer le mot UNIQUEMENT par le mot PRINCIPALEMENT, ce qui change tout…et fait bouillir de rage tous les patrons-voyous adeptes des paradis fiscaux !

 

C’est une belle victoire des citoyens sur la toute puissance ultralibérale usurpée par les hauts fonctionnaires de Bercy. Cette victoire a été conquise de haute lutte au cours d’un débat animé lien contre le ministre du budget, Bernard Cazeneuve. L’argument principal de celui-ci : « Avec la réforme proposée, on passera d'une question de droit précise – le but fiscal est-il ou non exclusif ? – à une question de fait – le but fiscal est-il ou non principal ? L'appréciation deviendra pure appréciation de fait, donc discutable. » Une argumentation qui procède surtout de la volonté de sodomiser les diptères (enculer les mouches) pour tenter de faire obstacle à un amendement de bon sens mais qui hérisse au plus haut point les gros patrons du Caca-rente, gros « optimiseurs fiscaux » puisque la plupart des multinationales de ce caca-rente ne paie pas ou peu l’impôt, contrairement aux PME qui, elles, paient plein pot. Cazeneuve, son patron Moscovici et les satrapes élus par personnes de Bercy en ont des boutons, mais cet amendement a été adopté…avec deux ans pour le mettre en œuvre tout de même ! Faut pas trop brusquer messieurs les tricheurs

 

Espérons que l’offensive de Jean-Marc Ayrault contre la forteresse de Bercy ne fera pas long feu. Celui-ci veut – enfin ! – donner un coup de pied dans ce panier à crabes où les ultralibéraux mis en place par Sarko font la pluie et le beau temps. Les ministres passent, mais les patrons de Bercy restent… Le ci-devant Ramon Fernandez, directeur du Trésor depuis 2009, devrait être démis de ses fonctions pour être remplacé par François Villeroy de Galhau, ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn lorsqu’il était aux finances. Eh, ne nous faisons pas trop d’illusions : l’impétrant est…un banquier : il est actuellement directeur de Cetelem, la filiale de crédit à la consommation de BNP Paribas.  Quant au directeur du budget, le ci-devant Julien Dubertret, il serait quant à lui remplacé par Denis Morin, directeur de cabinet de la ministre des affaires sociales, Marisol Touraine. lien

 

Les directions du trésor et du Budget s’entourent de « banques conseil » qui profitent de leur position pour inspirer des réformes ou décisions favorables au monde de la finance ou au contraire pour étouffer dans l’œuf des réformes ou décisions contraires aux intérêts de ce même monde de la finance (voir la calamiteuse réforme bancaire à minima, ainsi que la création d’une entité bidon, la BPI, inexistante sauf pour les dépenses somptuaires de son siège !). Etre agréée « banque conseil », c’est une sinécure ! Les places sont chères et font l’objet d’une débauche de concurrence feutrée entre établissements : avoir l’oreille du « Trésor », c’est avoir la main sur les manettes de l’Etat. Ces « banques conseils » sont écoutées par les haut fonctionnaires de Bercy avec d’autant plus d’intérêt que – outre leur identité de vue ultralibérale – ceux-ci espèrent bien en retour de celles-là de confortables situations de pantouflage à leur sortie de Bercy ! Ben voyons, ça vaut des millions leur influence dans les rouages de l’Etat et leur carnet d’adresse !

 

Chauffe Ayrault ! Si tu arrives à foutre en bas ce panier à crabes de Bercy, il te sera beaucoup pardonné !

 

Quintidi 5 frimaire 222

 

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22/11/2013

Et une piqûre de rappel. Une ! MATIN BRUN

les trois singes.jpeg

 

Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son côté. Des moments agréables où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu’il m’a dit qu’il avait dû faire piquer son chien, ça m’a surpris, mais sans plus.

C’est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l’idée qu’un jour ou l’autre il va mourir.

- Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.

- Ben, un labrador, c’est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?

- C’est pas la question, c’était pas un chien brun, c’est tout.

- Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?

- Oui, pareil.

 

Pour les chats, j’étais au courant. Le mois dernier, j’avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir. C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’État national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns.

Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’étaient pas bruns.

Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d’arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux. Mon cœur s’était serré, puis on oublie vite. Les chiens, ça m’avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c’est plus gros, ou que c’est le compagnon de l’homme comme on dit. En tout cas Charlie venait d’en parler aussi naturellement que je l’avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c’est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.

On n’avait plus grand-chose à se dire, on s’était quittés mais avec une drôle d’impression. Comme si on ne s’était pas tout dit. Pas trop à l’aise. Quelque temps après, c’est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus. Il en était resté sur le cul : le journal qu’il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !

- Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?

- Non, non, c’est à la suite de l’affaire des chiens.

- Des bruns ?

- Oui, toujours. Pas un jour sans s’attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu’à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu’il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !

- À trop jouer avec le feu...

- Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.

- Mince alors, et pour le tiercé ?

- Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes, il n’y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route. Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu’il reste un canard dans la ville, on ne pouvait pas se passer d’informations tout de même.

J’avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j’avais sûrement tort de m’inquiéter. Après ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore. Les maisons d’édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville, étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques. Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d’édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.

- Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n’a rien à y gagner à accepter qu’on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation.

Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles.

On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ça nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations. Un jour, avec Charlie, je m’en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu’il débarque avec un nouveau chien ! Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marron.

- Tu vois, finalement il est plus affectueux que l’autre, et il m’obéit au doigt et à l’œil. Fallait pas que j’en fasse un drame du labrador noir.

A peine il avait dit cette phrase, que son chien s’était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n’obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris.

- Non, toi aussi ?

- Ben oui, tu vas voir.

Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l’armoire. Un matou au regard et aux poils bruns.

Qu’est ce qu’on avait ri. Tu parles d’une coïncidence !

- Tu comprends, je lui avais dit, j’ai toujours eu des cha ts, alors... Il est pas beau, celui-ci ?

- Magnifique, il m’avait répondu.

Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l’œil.

Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu’on avait passé un sacré bon moment, et qu’on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité, nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr je pensais au petit garçon que j’avais croisé sur le trottoir d’en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s’il écoutait bien ce qu’on lui disait, les chiens n’étaient pas interdits, il n’avait qu’à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l’ancien.

Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j’ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m’ont pas reconnu, parce qu’ils sont nouveaux dans le quartier et qu’ils ne connaissent pas encore tout le monde.

J’allais chez Charlie. Le dimanche, c’est chez Charlie qu’on joue à la belote. J’avais un pack de bières à la main, c’était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J’ai fait semblant d’aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l’ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.

- Pourtant son chien était un vrai brun, on l’a bien vu, nous !

- Oui, mais à ce qu’ils disent, c’est que avant, il en avait un noir, pas un brun. Un noir.

- Avant ?

- Oui, avant. Le délit maintenant, c’est aussi d’en avoir eu un qui n’aurait pas été brun. Et ça, c’est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin.

J’ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j’étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu’avant j’avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n’y aurais jamais pensé !

Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n’est pas parce qu’on aurait acheté récemment un animal brun qu’on aurait changé de mentalité, ils ont dit.

« Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. » Le speaker a même ajouté « Injure à l’État national. »

Et j’ai bien noté la suite. Même si on n’a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu’un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait ce qu’une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.

Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C’est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun.

Bien sûr, s’ils cherchent avant, ils n’ont pas fini d’en arrêter des proprios de chats et de chiens.

Je n’ai pas dormi de la nuit. J’aurais dû me méfier des bruns dès qu’ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non?

On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun au dehors.

Mais, arrêtez de taper si fort, j’arrive.

 

Franck Pavloff


Duodi 2 frimaire 222


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21/11/2013

Les opulents céréaliers bloquent Paris : la manif sans vergogne des gavés de subventions.

tracteurs céréaliers manif.jpg

 

 

« Allez, Jénifer, prend-moi un costard et des chaussures. Tu prends le cat’quatre Porsche Cayenne et on se retrouve là où tu sais. Après la manif, je me change et on se fait une belle java à Paris. »

 

Il est vrai que Kevin, céréalier de la Beauce, n’est pas des plus rupins. D’autres auraient pu aller à la manif en hélico. Kevin se contente du plus gros tracteur que l’on trouve sur le marché. Pourtant Kevin, à l’appel de son groupement professionnel, filiale de la FNSEA, va manifester. Avec ses « pauvres » collègues, ils vont bloquer toutes les entrées de Paris, distribuer des tracs aux automobilistes pour les amadouer, faire, comme ils disent, « entendre leur voix ». Manifestation pacifique bien sûr. Un mort à la clé ce matin, un pompier… Six blessés ailleurs…

 

Eh ! Il faut les comprendre ces braves gens. C’est dur le travail de la terre… En 2012, le revenu des exploitations de grandes cultures – céréaliers, betteraviers, protéagineux - atteint 76 500 euros par salarié avant impôt. Dans certaines régions comme en Ile-de-France, en Haute Normandie et dans le Centre, le revenu moyen a même progressé de plus de 50% !  Á titre de comparaison, pour les producteurs de viande, le niveau de revenu est tout juste stable ou en baisse et structurellement faible autour de 17 100 euros par éleveur ; dans la viticulture, les disparités sont marquées selon les régions: le revenu atteint 67 100 en Champagne à 19 300 euros en Languedoc-Roussillon. 

 

Les éleveurs appellent les céréaliers les « 3 M : Mer, Montagne, Moissons ». Céréalier, c’est une vraie rente de situation, avec une charge de travail très faible et très peu d’emplois. Leur chantage au chômage est bidon. De plus ces agro-industriels consomment un tiers de l'eau consommée en France pour l'arrosage de leurs cultures, et balancent des pesticides sur leur champs pour améliorer la production, donc forcément polluent l'environnement, ils reçoivent des subventions de la communauté européennes et ils ne sont pas content. Ils spéculent en stockant leurs céréales pour faire grimper les prix quand il y a pénurie et vendre plus cher quelques jours plus tard.

 

Ils représentent 20% de la population agricole et récupèrent 80% des subventions de la PAC. Il est vrai que la répartition de cette manne européenne était jusqu’à présent dévolue aux représentations professionnelles. Or le principal syndicat agricole, la FNSEA, est depuis longtemps tenu par…les céréaliers ! Cela devrait changer si l’on en croit Le Foll, avec une répartition plus équitable de ces subventions (traduisons : argent coulant dans votre poche sans rien faire, seulement parce que vous êtes bien placé sous le robinet !) au profit des éleveurs. 

 

Ah ! Cette manif des céréaliers bien repus… On a sous les yeux toute la misère du monde !

 

Eh ! François, prépare-toi : on attend la manif des banquiers…

 

 

Primidi 1er frimaire 222

 

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19/11/2013

Au bistro de la toile : y croire ou pas ?

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- Oh ! Victor, tu y crois toi ?

 

- Á quoi ? Au père Noël ?

 

- Non. A la qualification des bleus pour le Brésil.

 

- Si tu pouvais savoir ce que je m’en fous, Loulle ! Le sort de quelques mercenaires prétentieux, n’ayant jamais prouvé leur compétence et gavés de thunes, m’importe peu. Quant à la France éternelle, si son sort dépend de quelques coups de pieds dans un ballon, on est tombé dans un abysse de konnerie…

 

- Bon. T’y crois pas… Changeons de sujet. Tiens, y a un truc rafraîchissant tout de même, c’est ce type, otage depuis presque un an chez des terroristes particulièrement sanguinaires et qui parvient à s’évader. Seul ! En courant ! Chapeau, non ?

 

- Chapeau, oui. Chapeau pour ce qui sent encore une fois l’enfumage. Tiens, c’est lui qui devrait être sur le terrain ce soir face aux Ukrainiens ! Il court, il a du souffle et il a une sacrée détermination !

 

- Tu tournes tout en dérision Victor… Où tu vois l’enfumage ?

 

- Attends Loulle. Ce monsieur, que je respecte, est malade : il a la magnéto qui a des ratés. Pour courir pendant 5 km, c’est pas l’idéal. Ce n’est pas un perdreau de l’année : il a 63 balais. Et puis il a réussi à ouvrir, de l’intérieur parait-il, la pièce où il était enfermé. Patrick Sébastien devrait l’embaucher dans ses émissions de prestidigitateurs. En plus, toujours si l’on en croit les versions aussi floues que multiples, il enferme ses geôliers dans sa taule ! Balèze le mec ! Ses geôliers, ils n’ont pas dû mettre beaucoup de zèle pour le rattraper…

 

- Tu veux dire qu’ils l’ont laissé partir ?

 

- Il n’est pas interdit d’y penser. Et donc de supputer que, là encore, « on » a du cracher au bassinet ! Le cours de l’otage français sur pied monte, Loulle. Il était autour de 6 millions d’euros pour les quatre d’Aréva (le prix de 200 emplois au Smic pendant un an). Ce monsieur travaillait pour le groupe Vergnet, spécialisé dans les énergies renouvelables. Ce groupe a-t-il casqué, ce qui serait normal ? Qui lo sa… Enfin, tout de même Loulle, trinquons à sa libération.

 

- En parlant de libération, t’as vu ce mec qui défouraille dans le hall du journal du même nom ! Le monde devient calu, Victor…

 

- Calu, fada, abruti, c’est le mot. C’est la mondialisation de la Konnerie. Un « progrès » qui nous vient des Zuhessa, comme d’habitude, où défourailler sur tout ce qui bouge est un sport national.

 

- Et pendant ce temps, François fait le charmant au Moyen-Orient…

 

- …où il ne se démerde pas trop mal.

 

- Tu crois que ça freinera le « Hollande bachingue » comme disent les canards laquais ?

 

- Ce dénigrement systématique commence à me gonfler Loulle. Ce type a été élu président démocratiquement, pas par des sondages, et pour cinq ans. Je ne suis que rarement tendre avec lui mais là, ça me gonfle les aliboffis. Faut pas oublier qu’il a réussi une chose essentielle : il nous a débarrassés de Sarko et de sa clique ! Puis il a réduit les déficits, il a réussi la concertation entre patrons et salariés, il a réussi, envers et contre tous les réacs, le mariage pour tous, il a radicalement freiné l’expansion des islamistes au Mali, il a tenu tête aux Zétazuniens sur l’Iran. Tout n’est pas à jeter, non ? Et puis, ce jour, Ayrault parle de réaliser ce que l’on attendait d’eux et qui était une des promesses essentielles du candidat Hollande : il veut – enfin - remettre la fiscalité à plat et faire – enfin ! – cette grande réforme fiscale indispensable. S’il réussit ça, on pourra lui tirer notre chapeau.

 

-         Á la nôtre Victor !

 

Nonidi 29 brumaire 222

 

Merci à Chimulus

18/11/2013

Un amendement pour FAIRE PAYER LES TRICHEURS DE L'IMPÔT

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 Allez, on doit se farcir les dépenses obligés de ces sinistres fêtes commerciales dites « de Noël ». Ce qui nous fait un peu oublier les rafales d’impôts que l’on doit payer, ce qui est très normal, même si ça fait un peu tousser.

 

Ça fait d’autant plus tousser que l’on sait que les riches (les gros riches, pas les classes moyennes) et les entreprises (les grosses entreprises, pas les PME) ont les moyens de se payer les services d’officines pointues en matière d’évasion fiscale, et donc échappent à la plus grande partie de l’impôt qu’ils devraient payer.

 

Les multinationales échappent à l’impôt en particulier parce que l'administration n'a le droit d'enquêter sur leurs montages fiscaux que si le montage a uniquement pour but d'éviter l'impôt... Les multinationales trouvent toujours d'autres raisons (compétitivité, restructuration de l’outil de travail et patin coufin) pour justifier ces montages Et c’est suffisant pour écarter l’abus de droit. Google, Amazon et Apple paient ainsi 22 fois moins d'impôts qu'ils ne devraient et Total n'a pas versé un centime malgré 10 milliards de bénéfices! Ces magouilles représentent des dizaines de milliards d'euros chaque année! Autant que notre déficit! Et on ne ferait rien?

Et pourtant…

…et pourtant, un député a trouvé depuis longtemps le moyen de battre en brèche ces insupportables abus. Ce député socialiste expert de la lutte anti évasion fiscale, Pierre-Alain Muet, a trouvé une solution de bon sens: remplacer "uniquement" par "principalement". Ce changement d’un seul mot pourrait rapporter des milliards, mais le gouvernement fait l'objet d'immenses pressions pour s'y opposer et serait sur le point de refuser cet amendement qui pourrait rapporter des milliards dans la lutte contre l'évasion fiscale…. et réduire nos impôts ! Eh ! Oh ! Ayrault, pose un peu les valises et ne te laisse pas enfumer comme Moscovici par les patrons-voyous et les banksters !

 

Ce gouvernement a prouvé qu’il ne comprend que le rapport de force. Il recule devant toutes les pressions corporatistes droitières. La démocratie directe existe à partir de l’internet. Servons-nous de cet outil et forçons-le nous aussi, simples contribuables, a accepter cet amendement lors de la prochaine discussion de la loi de finance.

 

Une pétition circule dans ce but, signons-là et faisons pression auprès de notre député.

 

POUR SIGNER LA PETITION 

 

 

POUR FAIRE PRESSION SUR VOTRE DEPUTE

 

 

 

Octidi 28 brumaire b222

 

 

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15/11/2013

La Commission européenne nous veut du bien : 10 nouveaux OGM autorisés…

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Qui a dit qu’elle ne travaillait pas la Commission européenne de Barroso ? Allons, allons, ça dépend pour qui. Demandez aux fabricants d’OGM s’ils ont à se plaindre des travaux méritoires (pour eux) de cette officine de technocrates (élus par personne) sensibles à toutes les influences, surtout si elles sont sonnantes et trébuchantes !

 

De même, qui peut mettre en doute la pugnacité des membres de l’EFSA (l’agence sanitaire européenne) à satisfaire les désidératas de ceux qui les paient grassement (en loucedé bien sûr) comme l’a montré la mise en lumière des conflits d’intérêts de ces gens, à tel niveau que sa présidente a été contrainte de démissionner ? lien 

 

La preuve de cette boulimie de travail : le mercredi 6 novembre, la Commission européenne a autorisé, pour l’alimentation animale et/ou humaine, dix plantes génétiquement modifiées (PGM), dites « empilées », ainsi que le pollen issu de maïs MON810. Les PGM empilées contiennent plusieurs événements de transformation. La plus emblématique est le maïs SmartStax, avec huit transgènes.


La décision d’autoriser d’un coup dix PGM et le calendrier de vote inhabituellement serré (moins de six mois) que la Commission européenne a suivi, confirment que la dynamique d’autorisations d’OGM en masse pour l’alimentation humaine et animale est relancée. Cette reprise des autorisations a été déclenchée par l’adoption, en juin 2013, du nouveau règlement sur l’évaluation des risques sanitaires liés aux OGM. Selon Inf’OGM, l’adoption de ce règlement permettait en effet à la Commission européenne de se sentir les mains libres pour relancer les procédures d’autorisations de la cinquantaine de PGM en attente. Parmi les dossiers, une trentaine concerne des demandes pour l’importation et la transformation qui pourrait aboutir rapidement.


Puteng ! Bientôt, pourvu que ces délicates plantes croissent et se multiplient aux alentours des centrales nucléaires, on aura la chance de voir naître des lardons avec quatre mains, deux tronches, prélude a des femmes à six nichons et des mecs à double bite ! Le pied quoi ! Merci Barroso. Merci les commissaires européens corrompus.

 

Sources : http://www.infogm.org/spip.php?article5563

 

Quintidi 25 brumaire 222

 

 

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14/11/2013

Au bistro de la toile : « Ça va péter… »

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- Ça va péter ! Victor. Ça va péter. La grogne est généralisée. Á tort ou à raison, mais c’est comme ça. Ça a commencé avec les Bretons, puis les minots des lycées, les artisans et commerçants, les parents d’élèves, les profs et instits, les flics et même les clubs de canassons !

 

- Possible Loulle. Possible. Mais si ça pète, ce ne sera pas dans le bon sens, ce ne sera pas pour le bien du peuple, ce ne sera ni pour la liberté, ni pour l’égalité, ni pour la fraternité, encore moins pour la justice. Toutes ces révoltes dont tu parles, ce sont les révoltes de toutes les droites. Révoltes corporatistes (éleveurs, paysans, transporteurs de Bretagne), révoltes obscurantistes (les anti mariage pour tous), révoltes fascistes (identitaires, groupuscules fascisant), révolte de la konnerie (ceux qui brûle les radars et les portiques écotaxes). Ce sont les révoltes d’une France réactionnaire, d’une France recroquevillée, d’une France de la peur. Peur de l’avenir qui lui fait redouter la mondialisation dans ce qu’elle a de positif, peur de l’Autre, qu’il soit différent : l’étranger, l’immigré, le gay, le rom, l’arabe, le noir, ou qu’il soit très proche : le jeune, le voisin bruyant, le pauvre (pour les uns), le riche (pour les autres). Avec pour conséquence le corporatisme, l’égoïsme, le racisme, l’anti parlementarisme..

 

- Putaing, mais pourquoi cette peur Victor ?

 

- Va-t-en savoir… Une population vieillissante peut-être, dont plus conservatrice. Un niveau de vie qui se dégrade, encore que… lorsqu’on compare notre situation à celle des Espagnols, des Grecs et même des Allemands où les riches pérorent du haut de leur morgue mais où les pauvres crèvent de faim, où les chômeurs sont poussés à accepter le travail forcé, où les travailleurs étrangers sont plus des esclaves que des ouvriers. Mais il y a autre chose Loulle, c’est la rupture entre le peuple et ses élites. Les « affaires » (Cahuzac, Bettencourt, Sarkozy, Woerth, Balkany, etc.) ont profondément irrité, foncièrement scandalisé la « France d’en-bas » comme disait l’autre. Le Français « d’en-bas » (l’électeur !) rejettent majoritairement le personnel politique dont il a le sentiment souvent justifié qu’il le trompe et s’engraisse sur son dos. Le salarié rejette le patron dont il a la preuve qu’il le considère non plus comme un partenaire mais comme une variable d’ajustement. Le plus inquiétant Loulle, c’est le rejet de l’impôt.

 

- Eh ! Quand je reçois la douloureuse, je fais comme tout le monde, j’ai la rabia…

 

- Le peuple a oublié que l’impôt est la base de la démocratie, la condition du développement harmonieux, le ciment de la cohésion sociale, le garant de l’indépendance nationale. Il rejette l’impôt parce qu’il voit qu’il est foncièrement injuste. Le pauvre kon paie tous les jours, cher, en achetant sa pitance et il voit le riche kon (Depardieu, Arnault, Aznavour, Johnny, etc.) fuir son devoir national. Il rejette l’impôt parce qu’il sait que les grandes entreprises qui les lourdent sans états d’âmes ne paient pas l’impôt grâce à leur fameuse « optimisation fiscale » tout en se gavant d’aides publiques prises…sur les impôts des cochons de payants.

 

- Oh ! François, on a voté pour toi pour que ça, change ! Où est-il le changement ?

 

- Exactement Loulle. Ce rejet du monde politique tient aussi, et beaucoup, à la désillusion ravageuse du « peuple de gauche ». On lui a promis – on nous a promis – une reforme bancaire. Résultat : que dalle ! On nous a promis la transparence et le non cumul des mandats. Que dalle ! On nous a promis une grande réforme fiscale. Que dalle ! Voilà pourquoi le « peuple de gauche » est déboussolé, abasourdi, écœuré, prêts à se laisser entraîner dans des dérives lepénistes effarantes d’horreur. Voilà pourquoi la rue a été désertée par le peuple de gauche et est devenue le domaine des nervis, des obscurantistes, des fachos, bref, de tous ceux qui, en d’autres circonstances, formèrent la phalange honteuse des collabos, de la milice, des profiteurs du marché noir. Ce n’est pas celle-là la Révolution que l’on attendait Loulle…

 

- Mondo cane… Tè ! Buvons un coup Victor. Du rouge, mais pas de celui des bonnets de la honte.

 

Quartidi 24 brumaire 222

 

 

Merci à Chimulus

13/11/2013

« C’est d’la merde polyphosphatée » ce jambon !

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 Cette fois, c’est décidé : je n’achèterai plus jamais de jambon cuit tranché et mis sous emballage bien coloré, avec plein de belles phrases comme « jambon supérieur », « cuit au torchon » et autre menteries publicitaires. Parce que hier soir, sur la chaine 2, j’ai suivi l’excellente enquête de « l’emmerdeuse » (une journaliste aussi tenace et teigneuse que jolie) concernant le trajet du cochon, de l’élevage jusqu’à notre assiette dans les gigantesques usines de mort du cochon matière première vivante. Comme dirait Coffe : « C’est d’la merde polyphosphatée ». Et même pire que ça. Après ce reportage, on a de quoi regarder d’un autre œil – un œil incitant fortement au boycott – les « pauvres » producteurs bretons et leur douteux bonnet rouge. Les cochons élevés dans ces usines de mort sont des hybrides, des races que l'on mélange pour obtenir des bêtes qui engraisseront le plus rapidement possible. On abat les porcs à 6 mois. Dans des bonnes conditions d'élevage, il faut entre dix et seize mois pour « faire » un cochon du même poids. C'est du simple au double. Ce sont des cochons qui arrivent à grossir très vite parce que leur chair retient l'eau. Ils sont nourris avec du soja OGM. Et je ne vous parle pas des conditions de vie de ces pauvres bestiaux, élevés les uns sur les autres sur leur propre merde, auxquels on lime les dents, on coupe la queue et autres joyeusetés (Eh ! Les casse-burnes anti-corridas, si vous alliez voir un peu de ce côté ?)

 

Savez-vous que les très franchouillardes marques Aoste, Calixte, Cochonou, Justin Bridou, Jean Caby (exSociété Bretonne de Salaisons, S.B.S.), Jean d'Erguet et Imperator font parti du groupe étazunien  Smithfield France, lui-même racheté depuis peu par le chinois Shuanghui. Une opération à plus de 7 milliards de dollars ! Alors la défense du beau pays breton, Tè ! Fume…

Smithfield est une énorme multinationale du cochon, qui a exporté ses usines de mort dans le monde entier suite à l’interdiction de ses méthodes aux USA. Á titre informatif, c’est d’une de ses usines au Mexique que serait partie la fameuse pandémie H5N1 il y a quelques années. L'apparition d'épidémies humaines résulte pratiquement toujours du passage d'un virus à travers la barrière inter espèces. Or la barrière entre le porc et l'homme est ténue, de même que celle qui sépare les volailles des porcs. C'est ainsi que les épidémiologistes redoutent depuis longtemps le mécanisme selon lequel un virus aviaire se transmet aux porcs, puis acquiert chez ces derniers la capacité de se transmettre du porc à l'homme. C'est la raison pour laquelle l'Union européenne a édicté des règles interdisant une trop grande proximité entre un élevage hors sol de volailles et un élevage hors sol de porcs. Notons que la Bretagne regorge d’élevages des uns comme des autres. Les élevages industriels concentrationnaires de porcs et de volailles sont de véritables bombes sanitaires à retardement. En effet, animaux et humains ne peuvent survivre dans ces conditions qu'en recourant à une panoplie pharmaceutique considérable : tout éleveur industriel de volailles ou de porcs doit soumettre ses animaux à des traitements antibiotiques pratiquement continus, d'autant plus forts que la concentration et le stress des animaux sont importants.

 

En Bretagne, jusqu’à présent, les usines à cochons doivent se conformer à des règles de dimensions. Le droit européen (directive 2010/75) soumet à une procédure d’autorisation et d’encadrement technique renforcés, dite "IED", les projets d’élevages de plus de 2000 emplacements de porcs charcutiers ou de plus de 750 emplacements de truies. Le droit français, jusqu’à ce jour, soumettait à autorisation les élevages porcins de plus de 450 « animaux-équivalents » (soit 450 porcs charcutiers ou 150 truies). Le gouvernement a décidé de mettre en place au sein de la rubrique 2102 de la nomenclature un régime d’enregistrement pour les projets compris entre 450 « animaux-équivalents » et le seuil européen précité (2000 porcs charcutiers ou 750 truies), le régime de l’autorisation restant applicable au-delà de ce seuil européen.  Or, un député breton, le ci-devant Le Fur dit « le député du cochon » est à la manœuvre depuis des années pour faire tomber cette limite. (Les projets de textes qui seront soumis au conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT) du 19 novembre 2013 sont disponibles. Vous pouvez consulter ces projets de textes et faire part de vos observations, via les questionnaires dédiés de l’onglet "participez", du 25 octobre 2013 jusqu’au 15 novembre 2013 inclus. http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/csprt-du-19-novembre-2013-a167.html)

 

Voilà pourquoi, pour mon jambon cuit, j’oublierai complètement d’acheter ces merdes de supermarché, quitte à faire un détour, à m’emmerder à me garer, pour me procurer, même plus cher, du jambon tranché devant moi par un véritable artisan boucher-charcutier. Enfin, ce que je vous en dit… Vous faites comme vous voulez !



Tridi 23 brumaire 222


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