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27/04/2017

L’Arabie, c’est où, dites ? C’est là, mec !

décapitation arabie saoudite.jpg

 

Pendant qu’on sodomise les diptères avec nos élections, il se passe, fort heureusement, des choses réconfortantes dans le vaste monde. Ainsi la Commission des droits des femmes de l’ONU - organe chargé de "la promotion de l’égalité hommes femmes et l’autonomisation des femmes" - vient de recevoir le renfort d’un des pays champions de la cause des femmes : j’ai nommé l’Arabie saoudite ! Non, ce n’est pas un « hoax ». Le nid de vipère des salafistes a été admis par vote secret de 47 des 54 membres du Conseil économique et social des Nations unies.

Ainsi, à partir de 2018 et jusqu’en 2022 - grâce aux votes de ces pays (quid de la France ? De la Belgique ? Des autres pays européens ? Au moins cinq ont votés pour…) - les barbus avec un torchon sur la tête veilleront à promouvoir les droits des femmes et l’égalité entre les sexes. C’est-y pas beau ça ?

Dans ce beau pays, les femmes sont réellement bien protégées. Ainsi, en ces lieux où règne la charia, elles doivent « bénéficier » de la présence d’un tuteur couillu (père, frère, mari) dans tous les actes de la vie, pour voyager, pour travailler, peut-être même pour aller pisser. Et ceci de la naissance à la mort. Les chiens ont plus de droits en France que les femmes en Arabie saoudite !

Ce n’est pas la première décision « pittoresque » de l’ONU en la matière. Ainsi, en septembre 2015, malgré les centaines d’exécutions - par décapitation entre autres - prononcées chaque année dans le royaume, le pays avait déjà été nommé à la tête de l’une des commissions consultatives de l’ONU sur les droits de l’Homme. C’est l’ambassadeur de ce pays à Genève, Faisal Trad, qui a été choisi pour présider le panel du Conseil des droits de l’Homme !

Voilà donc pour défendre les droits des femmes, et des hommes, le pays le plus barbare, le plus arriéré, le plus fanatique du monde, le pays qui pratique encore l’esclavage, qui coupe le cigare à qui ne croit en « dieu » ou « blasphème » le nom d’un prétendu prophète, qui lapide à mort une femme qui s’est fait violer, qui pend ou précipite d’en haut d’un immeuble les homosexuels, qui coupe une main, puis l’autre, éventuellement le pied à un voleur, un pays qui répand de par le monde la pire des névroses collectives, le salafisme, qui alimente, finance, arme les terroristes partout dans le monde. Un pays qui achète les plus beaux fleurons de notre pays avec la complicité de politicards véreux jusqu’à la moelle.

Oui mais il achète aussi les Mirages de Dassault et plein de belles machines rutilantes, en acier bien trempé, conçues pour faire plein de trous dans la viande, pour brûler la couenne, pour hacher les os, pour générer plein de larmes, de deuils et de malheur !

Eh ! Oh ! C’est du commerce ça. Faut pas y toucher… Et puis, les femmes de ces braves gens, lorsqu’elles viennent en France, ont toutes libertés de trimbaler leur linceul grillagé dans les boutiques de luxe de Paris ou de la Côte d’azur.

Les pétrodollars permettent de tout acheter. Même l’honneur ?

 

 

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25/04/2017

Eh ! Ci-devant Mélenchon, qu’est-ce que c’est que ces « pudeurs de gazelle »

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Oui. À quoi tu joues, camarade Mélenchon ? Ce sont nous, les Insoumis, qui t’avons amené à tangenter les sommets. Ce qui nous donne quelques droits voire quelques exigences. Et la première de ces exigences, c’est de sortir de cette ambiguïté, de laisser tomber ces « pudeurs de gazelle » et d’appeler un chat un chat et Marine Le Pen une dangereuse fasciste alors que Macron n’est qu’un avatar de plus de la gouvernance ultralibérale. Entre le Sida et la Chaude-pisse, le choix est vite fait, camarade Mélenchon. Alors dis-le franchement, dis-le vite : « Pour éliminer Le Pen, votez Macron ». Si ça t'arrache la gorge, fais-le dire à ton hologramme !

Les jeunes qui t’ont donné leur voix avec générosité ne risquent-ils pas de se laisser abuser par les sirènes de la patronne du F.Haine, elle qui t’a piqué ton programme social pour ne surtout pas l’appliquer ? Quand on est jeune, on est entier, on est sans concession, et c’est très bien comme ça. Mais on agit aussi par impulsion. Ce qui risque d’en jeter un certain nombre dans les bras de l’ennemi si tu campes dans tes pudeurs de gazelle !

Dis leur aussi ce qui se passera si la fasciste Le Pen bat l’ultralibéral Macron.

Dès sa prise de pouvoir, les emmerdes vont commencer. Les législatives vont avoir lieu avec le système actuel (majoritaire à deux tours). Elle ne pourra pas les gagner. Qu’à cela ne tienne : elle va avoir recours à l’article 11 de la Constitution, qui l’autorise, sur proposition du gouvernement, pendant la durée des sessions, à soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics. Et faire ainsi adopter par référendum le passage à la proportionnelle intégrale. Suite de quoi elle dissoudra l’assemblée récemment élue et refera des législatives qui lui donneront tous pouvoirs.

Cet article 11 pourra encore être mis à contribution, dès le premier mois, par exemple pour rétablir la peine de mort, supprimer le droit du sol, imposer la préférence nationale, le flicage de masse, la sortie de l’Euro et autres joyeusetés. Certaines lois déjà en place vont lui faciliter la tâche, comme cette loi d’avril 2015 votée dans le cadre de la prévention contre le terrorisme qui élargit les motifs de surveillance pour des raisons moins précises que la seule lutte contre le terrorisme. L’auteur de ce blog et bien d'autres, par exemple, pourrait (pourrait déjà), être rapidement identifié et poursuivi pour « trouble à l’ordre public » ou « atteinte aux intérêts de la Nation ». L’accord d’un juge n’est plus nécessaire, celui du Premier ministre suffit. Eh oui ! C’est ça qui nous pend au nez si, par un réflexe de colère (bien mauvaise conseillère), on se laisse aller à voter Le Pen.

Oui mais le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État seront autant de contre-pouvoirs. De même les structures administratives en place pourront freiner les décisions. Les collectivités territoriales, la police, etc. C’est bien optimiste tout ça. L’exemple des mairies conquises par le F.N. montre un suivisme mou. Des structures d’entrisme existent déjà, comme le Collectif Racine (dans l’Éducation nationale) et France Police (au ministère de l’Intérieur) qui se présentent comme des patriotes engagés dans la défense des services publics et des Français. Ben voyons…

Et que dire de la catastrophe économique, très rapide, qui nous tombera dessus !

Alors, ci-devant camarade Mélenchon, nous t’avons fait confiance, nous sommes le ferment d’un renouveau de la gauche. Nous sommes l’espoir de la France. Alors cesse tes « pudeurs de gazelle » et prend vite tes responsabilités afin d’éviter la catastrophe F.Haine.

Salutations révolutionnaires !

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Article_11_de_la_Constitution_de_la_Cinqui%C3%A8me_R%C3%A9publique_fran%C3%A7aise

http://bibliothequefahrenheit.blogspot.fr/2016/04/la-presidente-vous-ne-pourrez-pas-dire.html#more

http://bibliothequefahrenheit.blogspot.fr/2016/11/la-presidente-tome-2-totalitaire.html

 

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24/04/2017

La messe (républicaine) est dite.

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Ite, missa est ! Où même Ouest puisque c’est l’ouest qui a mis Macron largement en tête en en position de plier le match.

Derrière, la représentante de la PME Le Pen fait le plein. Elle n’ira pas plus haut. N’importe qui la battrait au second tour.

Fillon arrive tout de même à attirer sur son nom près de 20 % des électeurs. Il est vrai qu’à 'UMP, même rebaptisé « L.R. », avoir des démêlés avec la justice est en quelque sorte un rite de passage, et être condamné un brevet de fiabilité !

Mélenchon est amer. Grâce à une campagne du feu de dieu (non, pas dieu), il redonne de sacrés couleurs à la gauche vraie ! Il est amer parce qu’il est passé proche de la qualif. « A une marche du podium ». Mais la présidentielle est sans pitié : il n’y a pas de podium, pas de place d’honneur. Il faut être dans les deux premiers au match aller pour espérer gagner au match retour. Point/barre. Mélenchon, pour gagner au second tour, devait être opposé à Le Pen. Il lui fallait donc éliminer Macron. Pas facile. Bien sûr si Hamon s’était désisté entend-on… Mais le candidat du PS ne pouvait pas se désister, ne serait-ce que pour de basses questions d’intendance : s’il se désistait le P.S. ne touchait pas les 8 millions de l’État pour ses frais de campagne. De même en restant en lice : il s’en est même fallu de peu puisqu’en dessous de 5 %, c’est oualou pour le flouz…

Eh ! Camarade Mélenchon. À défaut de ta présence au match retour, il y a la belle : les élections législatives ! C’est là qu’il faut transformer l’essai. T’es premier à Marseille ! Premier à Montpellier ! Premier à Grenoble ! Premier dans les départements d’outre-mer et dans bien d’autres lieux. Plus de 7 millions de voix ! Et surtout des jeunes. Pas de quoi être amer, non ? Ton combat, il faut le continuer là. Etre député toi-même. Faire une autre campagne triomphante pour imposer des députés de la gauche vraie. Et avoir ainsi une opposition qui aura de la gueule.

Le plus enthousiasmant de cette élection, ce n’est pas l’arrivée d’un OPNI (objet politique non identifié), mais c’est le rejet sans appel des deux partis de politiciens professionnels qui confisquent et se partagent le pouvoir politique depuis longtemps. Le P.S. et les L.R. tombent dans les poubelles de l’histoire. Bon débarras ! On les a assez vus, on les a assez subis, ils nous ont assez menti. Dégagez ! Le peuple de gauche se partagera entre « la France Insoumise », les « En Marche » et un PS refondé probablement autour d’un Montebourg sortant indemne du tsunami.

Bon. Alors ce sera Macron ?

Ce sera Macron. Il est considéré comme le fils putatif de Hollande ? Bof… Il traîne son boulet d’ancien banquier ? Bof… Il est adoubé par Frau Merkel ? Bof… Il est le chouchou des médias tenus pas des milliardaires ? Bof… Alors pourquoi caracole-t-il en tête ? Peut-être parce qu’il est jeune. Peut-être parce qu’il n’est pas (encore) compromis par le pouvoir. Peut-être parce qu’il ne rejette pas l’Europe mais veut, au contraire, peser de tout le poids de la France (deuxième économie mais première puissance de l’Union !) pour la faire évoluer.

Alors, sans être dupe de ses orientations ouvertement libérales ne lui faisons pas de procès d’intention. Ce sera tout de même mieux que Fillon.


 

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23/04/2017

C'est aujourd'hui qu'on gouverne la France ! VOTONS !

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Votez Mariçois Fillopen !

 

Approchez ! Approchez ! Barjottes, barjots.

Vous aimez les promesses ?

Oui !

Vous aimez les mensonges ?

Oui ! Euh ! Pas trop…

Vous voulez du pouvoir d’achat ?

Oui !

Moi non. Moi non plus.

Vous aimez le chômage ?

Oui… ? NON !

Moi oui. Pas tant que moi : ça fait baisser les salaires.

Vous aimez le flicage généralisé ?

Oui… ? Euh ! NON !

Vous aimez les banksters qui vous font les poches ?

Oui… ? Euh ! NON !

Vous exécrez la Liberté, l’Égalité, la Fraternité ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous souhaitez foutre en l'air ce qui reste des services publics ?

Vous souhaitez partir à la retraite à 75 ans ?

Vous souhaitez payer plus chers vos médicaments ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous détestez la Sécurité Sociale et vous préférez le tout sécuritaire ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous êtes pour des interventions militaires diverses et variées (Syrie, Iran après Afghanistan et Libye) ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous pensez que la laïcité telle qu'elle existe actuellement ne fonctionne pas ?

Vous êtes pour plus de place des conceptions religieuses dans la vie politique ?

Vous acceptez de vous mettre à plat ventre devant les fonds de pensions et les banques ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous aimez les vautours du MEDEF ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous voulez des flics partout et de la justice nulle part ?

Vous voulez vous faire endoffer pendant cinq ans ?

Oui… ? Euh ! Non, pas trop…

Alors VOTEZ pour moi ! Non pour moi !

On vous fournira la vaseline !

 

Sinon, méditez ce texte de la Commune :

 

 

CITOYENS , CITOYENNES

 

« Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux.

Méfiez vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent par se considérer comme indispensables.

Méfiez vous également des parleurs incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un discours, à un effet oratoire, à un mot spirituel.

Enfin, cherchez des hommes, des femmes aux convictions sincères, des hommes, des femmes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et honnêteté reconnue.

Nous sommes convaincus que, si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire »


Texte de la commune de Paris du 26 mars 1871

 

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22/04/2017

Au bistro de la toile : donner aux choses l’importance qu’elles ont.

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- …teng ! T’as vu ce bordel Victor : des flics se font flinguer en pleins Champs-Élysées, à 9 heures du soir, pendant le dernier raout des candidats. C’est dingue non ?

- Je vais te dire un truc qui va peut-être te faire monter en rabia Loulle. Ce truc des Champzés, c’est surtout effarant et désolant. Effarant de konnerie et désolant de contre-productivité. Les tarés de l’état islamique doivent sabler le Perrier (« le champagne des eaux de table ») en se tapant sur le ventre ! Sans aucune dépense, ni humaine, ni financière, ils bénéficient d’une victoire médiatique extraordinaire ! Pendant des heures, des jours, les médias du monde entier montrent en boucle des images de gens en panique courants sur les Champs-Élysées, des centaines de flics en armes, des camions de pompiers, des voitures de police, phares bleus tournant, avertisseurs deux tons à fond. Comme si la France était sous attaque, comme si Paris était investi par des hordes de sauvages ennemis venant jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. Bonjour la réclame !

- Tout de même Victor, une voiture de police a été mitraillée, des centaines de passants et de touristes ont été menacés.

- Allons, allons Loulle, ça c’est ce que disent et montrent ces miroirs déformant que sont les chaînes de TV d’informations en continu. Regardons froidement les faits : il y a eu un homicide sur la voie publique. L’auteur : non pas un commando kamikaze mais un abruti faisant une fixation morbide : tuer du flic. Un type seul puisqu’il arrive en bagnole, stoppe sa caisse à proximité des flics, sort sa kalach, défouraille puis s’enfuit pour regagner sa tire pour se barrer. Les flics attaqués ont régi efficacement et abattu le forcené. Il était forcément seul, puisque la bagnole est restée sur place. S’il avait eu un ou des complices, ils auraient tiré eux aussi ou se seraient barrés. Point barre. Les flics attaqués ont évidemment communiqué en donnant un rapport circonstancié à leur hiérarchie. Et c’est là que le bordel a commencé. En quelques minutes, des dizaines de voitures de flics et de pompiers déboulent, phares tournoyant et sirènes hurlantes. Et c’est ça qui a déclenché la panique.

- Mais enfin Victor, des coups de flingue à tout-va. Ça s’entend, ça se voit ! Et les gens qui en sont témoins se barrent en courant. C’est humain non ?

- Bien sûr. Mais quand tu tires debout avec n’importe quelle arme automatique, Kalash ou autre, tu es obligé de tirer par très courtes rafales, de trois balles, parce que le canon monte et tu tires en l’air. Donc le tueur de flic a dû tirer deux, trois rafales. Et les flics, en retour, guère plus. Ceci en quelques secondes. Dans le bruit de la circulation des Champs-Élysées… Seuls les passants qui étaient à proximité immédiate ont dû baliser et décaniller. C’est la sur action des forces de l’ordre qui a donné le signal de la panique : des gens qui renversent les terrasses en courant dans tous les sens, qui se réfugient en gueulant dans les boutiques, des familles séparées et qui paniquent. Et pour accélérer le bordel, les télés qui filment ces gens affolés, ces images qui passent sur les réseaux, ceux qui sont sur les Champs, même loin du lieu des faits, qui voient ça sur leurs machines à laver le cerveau portative et qui paniquent eux aussi. Et pour couronner le tout, les annonces sépulcrales de Pujadas aux candidats… Lamentable Loulle.

- Mouais. Vu comme ça, c’est vrai ce que tu dis Victor… Mais qui pouvait savoir que ce n’était que le coup de folie d’un abruti solitaire ? Et si ça avait été une attaque concertée, coordonnée, comme au Bataclan ?

- Il faut donner aux choses l’importance qu’elles ont. Les flics qui ont subi l’attaque sont des gens responsables, aguerris, pas des amateurs. Le récit qu’ils ont dû faire devait laisser entendre que le type était seul, et qu’il a été abattu. Et puis ce type - le ci-devant Karim, tueur de flic reconnu, celui qui a tué le ci-devant Xavier, bénéficiant lui du beau nom de Gardien de la Paix – qu’est-ce qu’il foutait là ? Il avait été condamné en 2005 par les Assises à 15 ans de taule. Il aurait dû sortir en 2 020. Si un J.A.P. (qui doit voir aujourd’hui j’espère des insomnies) ne l’avait pas libéré avant la fin de sa peine, Xavier serait toujours vivant.

- C’est vrai. Et c’est d’autant plus révoltant que ce fumier a été présenté à un autre J.A.P. (juge d’application des peines) le 14 avril, pour ne pas respecter ses obligations judiciaires, et laissé libre…

- Et a qui va profiter cette konnerie taille XXL ? Non pas à ceux des candidats qui prônent la paix mais à ceux – Le Pen et Fillon – dont le fonds de commerce est la peur des gens. Et les vrais vainqueurs, si un de ces deux gagne, ce sera les abrutis de Daech dont le but est de déclencher une guerre civile chez nous et ailleurs en Europe.

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

18/04/2017

Avenir lourd de menaces dans la Turquie d’Erdogan…

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Sortons un peu de notre nombrilisme électoral. En attendant les nôtres d’élections, il y a eu le référendum-plébiscite chez les Turcs. Le sultan local a gagné. Avec des méthodes staliniennes et des bourrages d’urnes bien sûr, mais il a gagné. Pourtant c’est ric-rac : les opposants aux pleins pouvoirs donnés à Erdogan sont sensiblement aussi nombreux que ses partisans. Ce qui risque – soyons optimistes – de compliquer un peu ses ambitions dictatoriales.

Il y a peu encore, Erdogan était encensé par nos « penseurs » qui voyaient en lui le promoteur d’une « démocratie musulmane » sur le mode de nos « démocraties chrétiennes ». Erdogan prouvait, par son efficacité économique et sa rigueur, que l’islamisme était « compatible avec la démocratie ». Sauf que ces naïfs (ou ces imbéciles heureux) oubliaient que si dans nos contrées la séparation entre la politique et la religion était un fait établi et accepté depuis longtemps, il n’en est pas de même chez les mahométans où religion et politique sont une seule et même chose.

Pour Erdogan, la démocratie est un moyen et non une fin. Ce mégalo se voit comme un nouveau sultan et se sent investi d’une double mission  : redonner à l’islam toute sa place en Turquie et redonner à la Turquie, héritière de l’Empire ottoman, son rang dans le monde. Ce qu’il faut avoir présent à l’esprit, c’est que Erdogan hait Mustapha Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne, celui qui a instauré la démocratie, imposé la laïcité, donné le droit de vote aux femmes bien avant la France, celui qui n’hésitait pas à proclamer : « L’islam est un chien puant dont il faut débarrasser la Turquie. » Erdogan, lui, veut que la Turquie redevienne le phare de l’islam : « Nous voulons forger une jeunesse religieuse et moderne […], une jeunesse qui revendique sa religion, son langage, sa sagesse, sa chasteté et ses rancunes ». Et il revendique et fait siennes les paroles ultra-belliqueuses du père du nationalisme turc, Ziya Gökalp : « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les mosquées nos casernes. »

Ce référendum est le point d’orgue de cet étrange « coup d’État » complètement foiré. En matière de coups d’État, l’armée turque a pourtant un indéniable « savoir-faire » ! Si bien que si l’on n’est pas trop naïf, on peut légitimement penser que ce putsch d’amateurs a été téléguidé par le pouvoir, organisé par quelques officiers manipulés à leur insu par Erdogan et réalisé par quelques milliers de troufions pas très motivés. À la suite de quoi, Erdogan en a réalisé un vrai, lui, de coup d’État, en épurant (selon ses vues à lui) l’armée, l’administration, l’éducation, la magistrature, la justice et tous les corps constitués. Il a réduit au silence tous les médias d’opposition, faisant de la Turquie la plus grande prison de journalistes du monde. Et il a embastillé tous ses opposants. Plus de 40 000 citoyens turcs arrêtés, battus, souvent torturés. Près de cent mille agents de l’État ont été limogés. Parmi eux, au moins treize mille policiers et gendarmes, quatre mille militaires, et presque autant de membres du système judiciaire mais surtout bon nombre d’universitaires, enseignants et intellectuels divers. Et comme les prisons sont pleines, le nazislamiste d’Anatolie veut, dans la foulée de sa « victoire », faire un nouveau référendum pour rétablir la peine de mort.

Et c’est avec ce personnage que l’Europe, dans sa grande faiblesse, doit composer puisqu’elle en a fait le « régulateur » de la venue ou non des trois millions de réfugiés syriens qui survivent en Turquie. On peut penser pourtant que la Turquie est bien plus généreuse que l’Europe en la matière. Frau Merkel, sans consulter ses partenaires européens, est allé se prosterner devant le Sultan, lui promettant – sans aucun mandat pour cela – six milliards d'euros pour qu'il garde les réfugiés chez lui. Et l'autre fait un chantage permanent avec cette arme des « réfugiés ». Mais le dictateur d’Ankara a aussi derrière la tête un objectif sournois et pas très avouable : l’accueil de trois millions de réfugiés syriens, par l’implantation de cette population arabe, peut constituer une population de peuplement des zones frontalières turques à moitié kurde.

Espérons que les évènements actuels vont définitivement stopper cette ineptie monstrueuse que serait l’entrée de la Turquie – et de ses 80 millions de musulmans – dans l’Union Européenne. Mais là, Erdogan va nous donner un coup de main : dans la foulée de sa victoire, il veut organiser un référendum sur l’entrée de la Turquie en Europe. Et là, souhaitons que les Turcs disent « Hayir », « Non ».

 

Illustration: merci à Goutal

 

12/04/2017

Au bistro de la Toile : « On peut ga-gner ! On va ga-gner ! »

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- Bon, Victor. Il va bien falloir s’en choisir un de guignol pour les cinq prochaines années. Pas facile…

- Pour bien choisir, Loulle, on met tous les éléments sur la table. Puis on détermine ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas. Ça, c’est le côté « raison ». Mais il y a aussi le côté passion, impulsif.

- Moi, je ne sais pas encore ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux pas.

- C’est déjà ça. Donc tu élimines. Si tu as une culture nationaliste, autoritaire, tendance facho, tu vas éliminer d’autorité Mélenchon, Hamon, Poutou, Arthaud, Lassalle. Si tu as la fibre justice, égalité, ouverture, tu vas éliminer Le Pen, Fillon, Dupont-Aignan, Asselineau, Cheminade, Macron.

- Bon, on retrouve donc le clivage droite-gauche. Rien de nouveau…

- Si, il y a du nouveau. Les sondages – qui valent ce qu’ils valent mais qui donnent tout de même de grandes indications – montrent un rejet de ceux qui représentent les partis en place, soit Fillon pour LR et Hamon pour le PS. À partir de là, pour bien choisir, il faut revenir à la règle du jeu de cette élection. La Présidentielle est impitoyable. On n’est pas aux Jeux Olympique où il suffit de participer. Il n’y a pas de podium, pas de places d’honneur. Il n’y a que deux sélectionnés au premier tour, et un seul vainqueur au second. Donc ton choix doit être efficace, sinon il ne servira à rien. L’éventail se referme dès lors considérablement. Par ordre alphabétique : Fillpn, Le Pen, Macron, Mélenchon. Tous les autres ne peuvent que neutraliser ton bulletin. Sauf à seulement vouloir faire un vote de témoignage. Après, à toi de voir selon tes affinités.

- Selon ta théorie du rejet des partis « de gouvernement », on peut encore éliminer Fillon, ancien Premier ministre et Macron, ancien ministre. Resterait donc en finale Mélenchon et Le Pen ?

- C’est une hypothèse qui n’est plus à prendre à la rigolade.

- Il y a aussi un truc qui me gonfle les aliboffis, c’est cette acceptation fataliste du fait Le Pen. Les médias comme les candidats semblent avoir accepté l’inéluctable victoire de Le Pen au soir du premier tour ! Ils poulidorisent tous. C’est incroyable comme attitude, non ?

- Je suis bien d’accord avec toi, Loulle. Ils semblent tellement sûrs que Le Pen ne franchira jamais le « plafond de verre » des 50 % au second tour, qu’ils se foutent comme de leur première magouille du fait qu’elle puisse virer en tête, ce qui donne pourtant un avantage psychologique évident. Personne, ou pas grand monde, ne souligne les magouilles de cette PME familiale qui prospère sur les embrouilles. Personne ne met en avant son lourd héritage collabo. Personne ne met en évidence que c’est chez les quelques élus de ce parti que l’on trouve le plus de « mis en examen ». Personne ne parle de son programme bâti sur des mensonges : le programme social volé à Mélenchon et qui ne sera évidemment jamais mis en oeuvre, une sortie de l’Europe qui renverrait la France au niveau du Montenegro. Personne ne met en garde contre le bouton nucléaire mis dans les mains de la Führere.

- Alors, le vote « efficace », c’est quoi ?

- Si tu es tendance facho, c’est Le Pen. Si tu es tendance ultralibérale, c’est Macron. Si tu es de gauche, c’est Mélenchon.

- Tu crois qu’il pourrait arriver en finale ?

- Oui. Sans être d’un optimisme béat, c’est fort plausible. À une condition : que les électeurs fassent par leur bulletin ce que les candidats Hamon et Mélenchon n’ont pas fait : l’unité. C’est-à-dire que tous ceux qui voulaient voter pour Hamon – dont le programme était novateur mais qui a été saboté par son propre parti, comme Ségolène jadis – changent leur bulletin pour celui qui sera le seul représentant de la gauche capable de disputer une des deux places en finale aux trois représentants de la droite. C’est d’autant plus jouable, et gagnable que, justement, en face, ils sont trois à se partager les suffrages des électeurs de droite. Une telle conjonction des planètes ne se reproduira pas de sitôt.

- Eh bien, je crois qu’on a bien éclairci les choses, Victor. L’avenir n’est pas si sombre que ça. À la nôtre, je mets ma tournée !

- À la nôtre. Et Banzaï !

 

 

Illustration : merci au regretté Chimulus

 

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Avec ce coquin de printemps

dégustez

élections

 

 

 

 

10/04/2017

Coût de l’attaque Trump en Syrie : 33 millions de repas au Restos du cœur.

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10 morts suite à la destruction, par 59 missiles étasuniens Tomahawks, de la base aérienne syrienne de Shayrat. À noter que pas un avion n’a été touché : ils avaient été évacués avant !

Bravo ! S’exclame la « communauté internationale » (en fait les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France, maintenant lèche-bottes docile des Yankees.)

Prix catalogue d’un missile Tomahawks : 575 000 $. Le prix de revient de ces dix morts est donc de 33 925 000 $ soit au cours du jour 31 889 500 € soit 3 188 950 € pièce. Ce n’est tout de même pas donné l’occis « Trump made », même pour des soldats syriens. Mais l’Oncle Sam est généreux… Cette petite démonstration de force de Trump représente 21 547 mois ou 1 795 années de SMIC français. Ou encore 33 millions de repas au Restos du cœur.

130 morts civils quelques jours avant dans les bombardements de la partie ouest de la ville de Mossoul. Là, ça passe dans la colonne pertes collatérales. Peu d’émotions dans les médias. C’est en Irak, donc les morts, même par centaine, c’est la routine. « Pas vendeur ça, Coco. Tu m’en fais une brève »

40 ou 50 morts dans des églises en Egypte. « Discret Coco, discret, faut pas irriter les patrons du PSG ».

58 morts dans le bombardement de Khan Cheikhoun, petite ville syrienne tenue par les islamistes. Les morts seraient victimes d’une intoxication foudroyante aux gaz.

« Oui, Coco ! C’est bon ça ! Gazés. T’entend Coco ? Gazés. Ça c’est vendeur ! Tu m’en fais la Une. Avec une photo de gosses morts, étendus, presque nus si possible. Fais-moi au Photoshop un montage qui tire les larmes. C’est le buzz assuré. Comme pour le petit Aylan sur une plage turque. Les ventes vont monter, et nos patrons milliardaires seront contents ! »

Haro sur Assad, ce boucher qui massacre son propre peuple. Et qui le gaze en plus !

Pendant que j’écris, j’entends, plus que je n’écoute, ce falot de Ayrault, ministre des affaires étrangères, asséner les vérités de ses maîtres otaniens : aucun doute possible : c’est le régime de Bachar el Assad qui est responsable du massacre chimique de Khan Cheikhoun. Aucune preuve solide mais tous les médias agitent la grosse caisse à manipuler. Ceci avant même qu’une enquête n’ait été diligentée et établisse soit qu’il s’agissait de bombes chargées de gaz toxiques (thèse des Étasuniens et de leurs lèche-bottes), soit de bombes ayant touché un atelier de production de gaz toxiques (thèse des Russes). Aucun journaliste sur place, aucune ONG digne de foi. Des images qui ne prouvent rien.

Les infos viennent de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), une source particulièrement fiable puisque représentée en tout et pour tout par une seule personne courageusement planquée en Angleterre, et qui répercute aux médias de la « communauté internationale » les « fakes » de ses amis égorgeurs islamistes. Derrière l’OSDH, un seul homme : Rami Abdel Rahman, de son vrai nom Ossoma Suleiman, sunnite laïc, membre de l’opposition, qui vit à Coventry en Grande-Bretagne. Il n’a pas mis les pieds en Syrie depuis 2000, date à laquelle il a quitté le pays pour des raisons politiques. Oui mais il y a aussi des autopsies. Sauf qu’elles sont faites par les Turcs de ce grand démocrate d’Erdogan, autre source particulièrement fiable !

Que Assad soit le responsable de ce gazage, c’est possible mais pas prouvé. Le fiston à Hafez est une sombre crapule fort capable du fait. Mais l’action impulsive de Trump - après la comédie de son ambassadrice à l’ONU montrant, des trémolos dans la voix, des photos de gosses gazés – met le monde au bord du gouffre. On se souvient des « preuves » de la possession d’armes « de destructions massives par Saddam Hussein » brandies par les responsables étasuniens à cette même ONU. Mensonges, manipulations soutendus par la volonté de main mise sur les richesses pétrolières de l’Irak.

Ça sent le gaz ! Oui, ça sent le gaz ! Oui mais pas seulement celui des bombes utilisées contre les populations civiles par Assad ou/et par l’État Islamique à Khan Cheikhoun.

La guerre de Syrie est une guerre du gaz. Assad refuse depuis des années le passage d’un gazoduc qatari sur son territoire. Ce gazoduc est destiné à faire concurrence au gaz russe qui alimente largement l’Europe.

Le gaz sera la principale source d’énergie fossile de ce siècle, plus que le pétrole. Or il a été découvert, à partir de 2009, dans la partie Est de la Méditerranée, d’énormes ressources de gaz mais aussi de pétrole de très bonne qualité. Les estimations actuelles font état de 9 700 milliards de m3 de gaz et de 3,4 milliards de barils de pétrole. Planqué sous la mer et sous la terre. Principaux bénéficiaires potentiels : Israël et la Syrie. L’exploitation n’a pas commencé.

Mais ce n’est pas tout. Du gaz et du pétrole, il y en a des millions de barils et de m³ en Russie, en Iran et dans les pays du Golfe. Ce gaz, il faut l’acheminer vers les clients les plus gourmands : les pays européens. La manière la plus rentable, c’est le tuyau, le gazoduc. Mais on ne peut pas faire passer les tuyaux n’importe où. Il faut qu’il traverse des pays « amis ». Or il y a une féroce rivalité entre la Russie et les pays du Golfe (Qatar, Arabie, etc.) sous influence étasunienne pour le passage de ces oléoducs. Les Russes avancent leurs projets Nord Stream, à travers la Baltique et South Stream, à travers la Mer Noire.

Ces projets concurrencent le projet « occidental » Nabucco qui devrait traverser la Syrie et la Turquie. Aucun des projets ne peut être mené à bien dans la situation chaotique du Moyen-Orient. C’est beaucoup de pognon de perdu pour les rapaces pétroliers et gaziers étasuniens, européens et russes. Mais aussi turcs qui voudraient bien prélever leur commission sur le stockage et le passage de tout m³ de gaz qui traverserait son territoire ! Seulement il y a un hic : Bachar el Assad ne veut rien savoir ! Il faut donc détruire ce mauvais coucheur, quitte à détruire son pays. Mais il y a un deuxième hic qui reste en travers de la gorge des oligarques gaziers occidentaux : les Russes. Ceux-ci sont en concurrence directe avec les monarchies du Golfe pour vendre leur pétrole et gaz ainsi que ceux venant d’Azerbaïdjan et d’Iran. Et donc se positionnent en protecteur de Bachar el Assad.

Se greffe sur ces rivalités économiques une composante religieuse, secondaire mais bien réelle. Les pétromonarchies sunnites du Golfe ont une haine viscérale des chiites. D’où leur volonté de détruire la Syrie de Bachar qui est Alaouite (une branche du chiisme).

Le massacre chimique de Khan Cheikhoun fournit à Trump un prétexte inespéré qui lui permet de reprendre pied dans un conflit où son pays n’a pris que des bouffes depuis des mois. Il n’est qu’une excuse pour une intervention militaire. Les actions unilatérales sont des actions impérialistes, et les Etats-Unis se moquent bien du droit international. Ils l’ignorent lorsque cela les arrange. Et puis il faut fournie du travail au complexe militaro-industriel qui fait la pluie et le beau temps dans ce pays qui a besoin de guerres. Les problèmes internationaux entre Etats doivent être résolus par le dialogue et non par les bombardements.

Et nous qu’est-ce qu’on fait dans cette galère ? On joue les supplétifs des Étasuniens. En espérant bénéficier d’avantages tarifaires sur le gaz du Golfe et de contrats d’armes juteux avec les tyrans de ces pays féodaux. Les belles paroles sur les droits-de-l’homme n’ont pas grand-chose à voir avec les affaires… Et Ayrault continue à dégoiser ses konneries. Comment peut-on avoir confié la diplomatie française à se sous-nul ?

Mais alors, Daech ? L’État islamique ? Ils sont gênants mais sont un bon prétexte pour intervenir dans ces régions. Et puis, il faut faire la part du feu : quelques attentats sont bien utiles pour mettre en place un État « musclé » à travers l’état d’urgence…

Mondo cane…

 

Sources :

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2013/08/30/syrie-ca-sent-le-gaz-246283.html

http://www.tdg.ch/monde/poutine-denonce-agression-syrie/story/13567172

http://www.voltairenet.org/article174022.html


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06/04/2017

Les multinationales à l’assaut des États

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Pendant les péripéties électorales, les affaires continuent. Non, il ne s’agit pas des « affaires » glauques de M.Fillon ou de Mme Le Pen mais des Affaires, les vraies, celles de ceux qui tirent les ficelles de ces marionnettes. Et ces affaires-là sentent surtout le pétrole.

Les firmes multinationales ont-elles encore un quelconque intérêt à ménager les États ? De moins en moins avec la primauté politique actuelle des gouvernements ultralibéraux qui sévissent de par le monde dit démocratique. Ces pays sont gérés – et non plus gouvernés – par les politiciens véreux dont les banksters et les multinationales agitent les ficelles. Ces derniers n’hésitent pas à ruiner des pays, à saccager la planète voire à déclencher des guerres afin de satisfaire leur avidité de profit à court terme.

Quelques exemples ? La guerre de Syrie, sous le faux nez d’un conflit religieux, est sous-tendue par le passage ou non de gazoducs et d’oléoducs. Le gaz est devenu, plus encore que le pétrole, la principale source d’énergie en ce XXIe siècle, que ce soit comme solution de rechange au pétrole en raison de la diminution des réserves, ou comme source d’énergie propre. Par conséquent, le contrôle des zones gazières du monde par les différentes puissances anciennes ou émergentes est à la base d’un conflit international dont la manifestation est régionale. Actuellement le potentiel du pouvoir ne réside plus dans l’arsenal militaire nucléaire, mais plutôt là où se trouvent les ports d’exportation de l’énergie. Et, c’est ce qui explique le mieux la rivalité russo-américaine au Moyen-Orient. Projet de création des ouvrages de transport de produits pétroliers et gaziers North Stream et South Stream pour les Russes, projet concurrent Nabucco pour les Étasuniens.

Autres exemples ? La mise sous tutelle des États à travers les mécanismes de résolution des litiges État investisseurs, ou ISDS (pour Investor-State Dispute Settlement, en anglais). L’arbitrage signifie que deux entreprises, en désaccord sur un sujet, soumettent leur litige à un jury commercial, qu’elles désignent elles-mêmes, pour juger laquelle des deux a raison selon les termes du contrat qui les lie. Mais par le même mécanisme les investisseurs peuvent poursuivre un État s’ils estiment avoir été traités de manière inéquitable. Les multinationales se voient ainsi donner le pouvoir sans précédent d’échapper aux lois, à travers une sorte de système de justice privatisée contre lequel aucun appel n’est possible.

Ainsi, l’Italie est poursuivie devant un tribunal d’arbitrage international par Rockhopper Exploration, une compagnie britannique pétrolière et gazière qui lui réclame des dommages et intérêts. En cause : l’interdiction votée par le Parlement italien en janvier 2016 de toute nouvelle activité d’exploration et de production à moins de 12 mille marins de la côte, soit une vingtaine de kilomètres. Mais attention, la multinationale ne poursuit pas l’État italien devant un tribunal d’arbitrage international pour des dommages concernant des investissements déjà effectués mais pour « des dommages financiers très importants » sur la base de ses potentiels futurs profits et non des investissements passés !

Ce type de demandes de compensation de la part de multinationales se multiplie, en particulier sur le pétrole, le gaz ou l’exploitation minière, des secteurs que tentent d’encadrer les législations environnementales et de protection des travailleurs. En Europe, le géant suédois de l’énergie Vattenfall réclame plus de 3,7 milliards d’euros à l’Allemagne en compensation de sa décision de sortir du nucléaire.

Ces situations ubuesques sont de puissants leviers pour intimider un État qui menacerait les intérêts des tentaculaires compagnies multinationales et leurs complices financiers. Elles s’appuient sur un discret mécanisme mis en place pour régler les litiges entre États et investisseurs : l’« ISDS », pour Investor-State Dispute Settlement, intégré dans tous les traités commerciaux, dont celui en négociation entre l’Europe et les États-Unis (Tafta) et celui signé avec le Canada, le Ceta. Les multinationales bénéficient ainsi, à travers ce mécanisme, d’un pouvoir sans précédent pour échapper aux lois.

Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des États qu’ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l’U.E.

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d’avocats d’affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales peuvent attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner.

En creusant la question, on découvre qu’un pays européen est devenu la plaque tournante de très nombreuses procédures des multinationales contre les États. Ce pays, c’est les Pays-Bas. Celui-ci abrite un maximum de sièges sociaux fictifs ou non et de filiales sans activités réelles d’entreprises transnationales. Ces firmes signent discrètement un traité d’investissement avec les Pays-Bas qui prévoit la possibilité, pour tous les investisseurs néerlandais qui auraient l’impression de ne pas avoir été traités de manière équitable par leur pays hôte, de le convoquer devant un jury d’arbitrage. Une procédure qui s’inscrit dans le cadre de la Banque mondiale.

Les Pays-Bas sont ainsi devenus le pays d’origine du plus grand nombre de procédures ISDS. Pas moins de 16 % des cas soumis au cours de l’année 2014 l’ont été par des firmes néerlandaises. « Néerlandais » est toutefois un terme relatif dans ce contexte. L’analyse détaillée de ces investisseurs montre que plus des deux tiers sont des filiales fantômes, n’existant que sous la forme de boîtes à lettres. Seulement une sur six est véritablement néerlandaise.

N’y a-t-il pas là des questions impératives à résoudre afin que l’Europe cesse d’être un machin détesté par les populations pour redevenir un formidable espoir ?

Entendez-vous, dans les carcagnages entre candidats, ce genre de questions être débattues ?

Non. Jamais. L’important, c’est que Poutou n’ait pas de cravate…

 

Sources:

http://www.bastamag.net/Une-multinationale-petroliere-pou...

http://www.bastamag.net/1-5-Quand-des-multinationales-s-a...

http://www.bastamag.net/Ce-petit-milieu-d-avocats-d-affai...

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

03/04/2017

La (molle) chasse aux évadés fiscaux.

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On estime les diverses fraudes fiscales entre 80 et 100 milliards d'euros par an. Largement plus que le déficit du pays ! Plus que le budget de l'éducation et de la défense réunis !

Il y a bien sûr les transactions payés en liquide. Faciles et efficaces pour squizer la TVA.

Il y a le bon vieux système éprouvé des fausses factures : on gonfle les frais déductibles afin de réduire le revenu imposable.

Plus sophistiquée, il y a la fraude basée sur la double comptabilité : une caisse officielle, avec factures à l’appui, et une caisse noire, pour les transactions « effacées ». Ils sont désormais aidés par des logiciels, phantomwares ou zappers, installés dans les caisses enregistreuses (des pharmaciens se sont fait épinglés récemment pour cette juteuse innovation) mais aussi dans les systèmes de gestion ; ces logiciels rufians « allègent » automatiquement la comptabilité officielle.

Nouvelle venue au monde de l'évasion, l’économie dite collaborative, genre les transactions à travers des sites comme Le Bon Coin, Ebay, Amazon, Airbnb, Blablacar, etc. Comment établirl a réalité d’une activité économique ? À quel moment un vendeur occasionnel sur ces sites devient-il un professionnel du commerce en ligne ?

Mais tout ça, c'est de l'entrée de gamme. Il y a mieux, parce que jouant sur d'autres montants, ce sont les magouilles des multinationales. Une des combines de ces compagnies mondialisées s'appuie sur les « prix de transferts ». Il s'agit de transferts de pognon entre filiales d'une même multinationale installée dans le monde entier. Cette pratique implique une sur-tarification délibérée des importations ou une sous-tarification des exportations des biens et des services entre les filiales. Ainsi, en affectant des tarifs « pittoresques » à divers services et produits échangées entre ces filiales, les multinationales s'arrangent pour être déficitaires ou très peu bénéficiaires dans les pays à fort taux d'imposition, et ainsi faire passer l'essentiel de leurs bénéfices dans des pays « accueillants » en matière fiscale. Ainsi, Apple, Google, Dell, IBM, Starbucks, MacDo, mais aussi Ikea, Zara, Vodafone et autres multinationales reversent la quasi-totalité de leurs bénéfices effectués en France, en Allemagne, en Italie et dans toute l'U.E., sous forme de « royalties », à leur filiale Irlandaise dans laquelle elles concentrent la propriété des brevets et donc de tous les droits d'utilisation. Et voilà comment je t'embrouille !

Mais il n'y a pas que l'Irlande comme état-pirate en Europe, les Pays-Bas et surtout le Luxembourg – pays de Junker – en sont d'autres, et pas des moindres. Le Luxembourg concentre les sièges ou les filiales financières de beaucoup d'entreprises multinationales, et par des accords secrets entre l’État luxembourgeois (mais aussi hollandais, belge, britannique) et ces multinationales (les « tax ruling »), se montre très accommodant sur les taxations...

Bon. Et nos candidats à la présidence, qu'est-ce qu'ils en pensent de tout ça ?

Le plus rugueux est, évidemment, Mélenchon. Il veut obliger les entreprises à déclarer leurs résultats pays par pays et taxer les bénéfices des entreprises là où ils sont réalisés, organiser le blocus des paradis fiscaux et faire sauter le fameux « verrou de Bercy ?

Hamon, lui,veut renforcer les moyens du Parquet national financier (PNF) ainsi que ceux des services fiscaux. Il veut aussi établir une liste "crédible" des paradis fiscaux, et instaurer une taxe sur les bénéfices détournés par les multinationales.

Le Pen veut priver d’accès aux marchés publics les multinationales qui pratiquent "l’évitement fiscal" ; et surtout, elle souhaite dénoncer les conventions fiscales avec les pays du Golfe qui facilitent selon elle le contrôle de l’économie française.

Cheminade veut supprimer le « verrou de Bercy » (cette aberration qui fait qu'un procureur ne peut pas attaquer une entreprise pour fraude sans passer par le feu vert – on le barrage – du ministre de l'économie), renforcer les moyens du Parquet national financier et réintégrer la fraude fiscale dans le droit commun pénal.

Ce n'est bien sûr ni chez Fillon, ni chez Macron, les marionnettes du Medef, qu'il fut chercher des solutions à l'évasion fiscale.

Par ailleurs, le Brexit fait aussi planer le déclenchement d'une guerre à la baisse de l'impôt sur les sociétés au sein de l'union Européenne. Avec pour corolaire obligatoire une plus grande pression fiscale sur...les citoyens, bien sûr.

Ainsi avec notre petit bulletin, dans quelques semaines, nous pourrons choisir celui qui luttera le mieux contre ce vol organisé qu'est l'évasion fiscale


Illustration: merci à Charb, assassiné pour sa passion de la vérité

31/03/2017

Nucléaire : et un fiasco de plus pour l’EPR !

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Cette fois, c’est France Info – média national BCBG – qui allume la mèche : EDF comme AREVA sont passés outre aux avertissements et aux demandes d’explication de l’ASN concernant la qualité d’une pièce essentielle du réacteur de l’EPR de Flamanville, la cuve. Avec ce qui ressemble à un superbe bras d’honneur, les deux industriels ont installé la cuve dans le bâtiment réacteur en 2014, en dépit de ces mises en garde réitérées depuis 2004. Problème : cet élément clé de d’installation – c’est ce qui retient et confine les éléments actifs et radioactifs du réacteur – n’a toujours pas été validé par l’ASN.

La concentration de carbone dans l’acier de la cuve serait de 0,3 % alors qu’il devrait être de 0,2 %. Bof pourrait-on dire. On ne va pas en faire des caisses pour une si petite différence. Pour les profanes que nous sommes, c’est vrai sauf que, si l’on en croit les « experts », ça suffit pour modifier les propriétés mécaniques de l’acier et, en particulier, pour influencer la température à laquelle il devient moins souple et plus cassant. Une rupture de la cuve, c’est quelque chose qu’on ne peut même pas imaginer dans le nucléaire. Ce serait la catastrophe pire que Fukushima, Tchernobyl et Three Mile Island réunis…

L’EPR de Flamanville ! European Pressurized Reactor, puis Evolutionary Power Reactor, mais on pourrait plutôt dire Euh ! Pour Rire. Cette aberration - un réacteur d’une technique ancienne, dépassée mais gigantesque (1 650 mégawatts), sacrifiant du fait de ce gigantisme la sûreté à la productivité – devait coûter 3 milliards d’euros, il devrait (??!!) finalement coûter 10,5 milliards, et plus si affinité !En plus, cette dangereuse merde, qui devait démarrer en 2012 sera (??!!) finalement mise en service en 2018. Ce qui est tout à fait utopique puisque la cuve n’est pas validée.

Ce chantier a multiplié les retards, les malfaçons, les pannes, les organes déficients. Béton plein de trous par manque de ciment, cuve pas assez résistante, etc., etc.. Ceci en partie à cause d’une cascade de sous-traitance qui fait que la compétence des acteurs réels du chantier n’est pas assurée. En 2011 déjà, l’ASN avait dénoncé « un manque de compétences, de formation à la culture de sûreté des intervenants » et des « lacunes d’EDF dans la surveillance des sous-traitants ».

Il serait peut-être temps, pour la nouvelle administration qui va sortir des urnes, de prendre enfin la décision qui s’impose : abandonner purement et simplement ce foutoir imposé par le redoutable autant qu’irresponsable lobby des nucléocrates. L’EPR est merdique. Sa construction foire aussi bien en Finlande qu’à Flamanville. Où qu’on le construise, l’EPR sera dangereux. Il produit des déchets nucléaires qu’il faudra stocker durant des millions d’années. Pour chaque mégawatt d’électricité produite en un an, chaque centrale produit la radioactivité à vie courte et à vie longue d’une bombe de Hiroshima. Deux EPR à 1600 MWe chacun produiront la radioactivité de 3 200 bombes de Hiroshima ! On privilégie le gigantisme au détriment de la sécurité.

Les systèmes de sécurité passifs de l’EPR ne sont pas suffisants, armatures et pompes sont toujours entraînées par des moteurs qui peuvent s’arrêter à la moindre panne de courant. La seule innovation de l’EPR est le réservoir destiné, en cas d’accident majeur, à recevoir et refroidir le cœur en fusion. Pour ce faire, il faudrait d’une part que le bassin soit absolument sec, sans quoi les risques d’explosion de vapeur sont très élevés, et d’autre part, il faudrait recouvrir d’eau le cœur en fusion, ce qui provoquerait justement ces explosions de vapeur à éviter… De plus, à l’heure actuelle, aucun alliage – et surtout pas l’acier avarié des forges du Creusot - ne résiste à un cœur en fusion. Cela n’existe pas !

Et pour l’EPR, des gens mourront dans les mines d’extraction, par les radiations proches des centrales, dans les usines de plutonium (dites de retraitement) et d’enrichissement d’uranium. Comme toute autre centrale nucléaire conventionnelle, l’EPR produira des rejets radioactifs lors de son fonctionnement dit « normal ». Destiné à l’exportation, l’EPR aggrave donc le risque que de nouveaux pays entrent en possession de la bombe atomique.

Le projet EPR a commencé bien avant les événements du 11 septembre 2001. L’EPR n’est pas prévu pour faire face à une éventuelle attaque terroriste. Une attaque terroriste ou un accident nucléaire majeur rendraient une grande partie de l’Europe inhabitable pour toujours. Un pays possédant des centrales nucléaires est à la merci de tous les chantages.

De plus, l’uranium provient de l’étranger et sa pénurie se précise, avec l’envolée de son prix. Alors, si les réacteurs doivent être arrêtés par manque de combustible, pourquoi en construire de nouveaux ?

Ne serait-il pas plus raisonnable, au vu de ce fiasco, de remettre au pas le trop puissant lobby des nucléocrates et d’arrêter les frais en ayant le courage d’abandonner le chantier EPR pour mettre enfin le pognon et les compétences nécessaires dans la tant espérée arlésienne qu’est la « transition énergétique » ?

 

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Excitez votre curiosité :

 

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...et construisit l'EPR !

29/03/2017

C’est aujourd’hui que la Grande-Bretagne va commencer à « libérer l’Europe ». Ouf !

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Peut-on jeter la pierre aux Anglais de vouloir sortir de cette Europe de la déception ? Ils ont au moins le courage de poser la question à leur peuple et son gouvernement, en actionnant aujourd’hui le « chapitre 50 » respecte le verdict des urnes, contrairement à nous, qui avons laissé un président tricheur se torcher sans vergogne avec la victoire du « Non » à la constitution européenne.

Cette Europe est exécrable. C’est vrai. Parce qu’elle « oblige » à vivre ensemble des peuples qui avaient la « désagréable » habitude de s’entre-massacrer tous les quarts de siècle ? Quel fanatique du « frexit » pourrait dire ça ? Parce que sans l’Europe, aussi imparfaite soit-elle, la désintégration de la Yougoslavie il y a quelques années aurait dégénéré en un nouveau carnage entre France et Allemagne. La paix, la PAIX entre ces deux frères ennemis vaut tous les désagréments.

L’Europe est, pour cela, trop précieuse pour qu’on la rejette. Et le « brexit » est une chance formidable : débarrassée du boulet britannique, l’Europe – actuellement massivement rejetée par les peuples qui la composent – peut entamer sa refondation autour d’u noyau restreint : les fondateurs plus les nations ibériques.

Ne rêvons pas, ce n’est pas demain que l’on aura une armée commune ce qui impliquerait de donner le bouton de notre force nucléaire à un Espagnol, un Italien, un Belge, un Allemand… Mais on peut avoir, rapidement, une diplomatie sinon unique du moins largement concertée. Et si on veut vraiment la relancer, on doit avoir rapidement une organisation sociale, des règles fiscales compatibles sinon communes. Parce que c’est de là que vient le rejet de l’Europe. Cette clause qui exclut le social et la fiscalité des règles communes a été imposée par les Anglais. C’est d’elle que découle les pratiques de rufians du Luxembourg, de l’Irlande, des Pays-Bas.

Refonder l’Europe c’est avant tout abroger cette clause scélérate, ainsi que le système des travailleurs détachés tout en laissant s’épanouir séparément la culture, le mode de vie, la langue évidemment, l’éducation. Ceci impliquant une prise de distance avec les « amis » et « alliés » étasuniens.

Faisons un petit retour en arrière. À l’époque de la création du Marché Commun, la Grande-Bretagne a tout fait pour le contrer, notamment en créant parallèlement une « zone de libre-échange » avec quelques pays de l’Europe du Nord. Mais les milieux d’affaires britanniques, assistant impuissant au rapide développement économique du Marché Commun sans en profiter ont poussé les politiques à demander leur adhésion.

De Gaulle – qui les connaissait bien - s’est en son temps farouchement opposé à leur entrée, en 1963 puis en 1967. Pour des raisons stratégiques : il avait compris que la Grande-Bretagne serait le cheval de Troie des États-Unis. Ce en quoi, là encore, sa vision était pertinente. Mais Rothschild-Pompidou, à la solde la City de Londres, leur ouvrit les portes et, après deux ans de négociations, la Grande-Bretagne adhéra à l’Europe en 1972, amenant dans ses bagages l’Irlande et le Danemark.

La Grande-Bretagne s’est tout de suite opposée à la seule réalisation européenne tangible, la politique agricole commune. Et le bordel européen a commencé…

Souvenons-nous, en 1979, de Margaret Thatcher réclamant, telle une virago : « I want my money back ! » Et obtenant un chèque annuel de restitution de tout ce que la Grande-Bretagne verse au budget de l’Europe. Et ça dure toujours !!! De même, Thatcher s’opposa aux tentatives de Jacques Delors d’avancer vers une certaine fédéralisation, vers une Europe intégrée d’États-Nations.

Souvenons-nous de Leon Brittan, nommé en 1989 commissaire européen à la très sainte « Concurrence ». Ultralibéral assumé, cette brute a tout fait pour donner le pouvoir aux multinationales étasuniennes et européennes. Il est à la source d’un lobby international regroupant les multinationales, le TABD (dialogue économique transatlantique), l’ancêtre de TAFTA.

Souvenons-nous de John Major qui, en 1990, proclamait que « le succès économique de la Grande-Bretagne dépend de ses coûts sociaux bas, pas de chapitre social et pas de salaire minimum ». Refusant l’application d’une des rares directives sociales de la Commission européenne, concernant une limitation du temps de travail à 48 heures et 3 semaines de congés payés, il fusilla toute tentative d’Europe sociale.

Souvenons-nous aussi de Tony Blair, le caniche de Washington, fidèle soutien de Bush dans son invasion de l’Irak et donc, à ce titre, coresponsable du foutoir actuel au Moyen-Orient. Il aurait sa place comme accusé devant le tribunal de La Haye, tout comme Sarkozy, Obama et évidemment tous les Bush…

C’est une constante de la politique extérieure britannique, lorsqu’elle met le pied dans une organisation, la Grande-Bretagne n’a qu’une chose en tête : la dominer et la façonner selon ses seuls intérêts ou sinon la faire capoter. Le premier terme de l’alternative n’étant pas réalisable, il fallait donc couler l’Europe, la faire échouer en tant que puissance politique, diplomatique, militaire. Ceci évidemment en étroite concertation avec les États-Unis.

Comment ?

D’abord en poussant à un élargissement sans frein, et le plus rapidement possible. Et ça a été l’intégration catastrophique de tous les pays de l’Est… 28 États dans une organisation où les décisions se prennent à l’unanimité ! Un « machin » rigoureusement ingouvernable, donc paralysé. C’est ce qui se passe actuellement. Et que serait-ce si on intégrait la Turquie ! Aux fous !

Ensuite freiner, par tous les moyens, toute avancée vers une plus grande intégration fédéraliste. Puis influer pour ouvrir cette Europe passoire à tous les vents d’une « mondialisation » façonnée par et pour les États-Unis (et leur cheval de Troie britannique).

Puis vint Maastricht et la création de l’Euro. Ce sont les Britanniques qui ont lutté farouchement, et avec succès, pour que la fiscalité et le social soient exclus des lois communes européennes. C’est donc à eux que l’on doit la concurrence sauvage entre pays vers le moins-disant fiscal et social. C’est à cause d’eux que des pays sans scrupule comme le Luxembourg, l’Irlande et les Pays-Bas ont mis au point des mécanismes exploitant cette faille et livrent l’Europe aux appétits sans frein des multinationales. C’est à cause d’eux que celles-ci ne paient pas d’impôts.

Quant à l’euro, non seulement ils n’y sont pas entrés, mais ils en profitent outrageusement grâce à la puissance financière de leur nid de banksters qu’est la City…

Ce ramdam autour de la sortie de la Grande-Bretagne cache le véritable problème de l’Europe devenue une colonie allemande. Ceci ne l’oublions pas, à cause de la faiblesse et du renoncement politique de la France. Frau Merkel à la baguette mène l’orchestre et la danse européenne, mais avec une musique exclusivement allemande. Avec des effets désastreux pour les nations de l’U.E. sauf… pour l’Allemagne.

Son économie est prospère ? Oui mais elle est basée sur l’exploitation éhontée de la main-d’œuvre des ex-pays de l’Est, sous payée, supportant des conditions de travail « à la chinoise ».

Elle exporte ainsi ses produits industriels avec le label « made in Germany » alors qu’ils sont souvent faits ailleurs, Tchéquie, Hongrie, Roumanie, etc. et seulement assemblés voire juste étiquetés en Allemagne.

Elle fout en l’air l’industrie laitière et l’élevage des autres pays européens, en industrialisant l’agriculture, exploitant là encore la main-d’œuvre détachée de ses marches de l’Est.

Ses décisions en matière de politique internationale sont catastrophiques, comme toujours lorsqu’elle se laisse griser par sa puissance économique.

Ainsi elle a étranglé et humilié la Grèce avec une brutalité et une morgue qu’on croyait rangées aux poubelles de l’Histoire.

Ainsi elle a ouvert toutes grandes, avec une effarante stupidité, les portes de l’Europe à une immigration sans limite… pour ensuite faire marche arrière.

Elle est allée (Frau Merkel) négocier la gestion des immigrés du Moyen-Orient - de sa propre initiative sans mandat ni même concertation de ses partenaires européens - avec le dictateur Turc Erdogan qui s’est fait une joie de lui imposer ses diktats.

Elle négocie avec la Chine ses seuls intérêts, s’implique en Ukraine comme un toutou docile des Yankees, donnant toutes facilités à l’Otan pour provoquer le voisin Russe, elle pousse à la roue pour signer au plus vite l’horreur économique qu’est le traité Tafta.

Mais elle se garde bien de s’impliquer dans les problèmes du Moyen-Orient et de l’Afrique, laissant la France s’épuiser par son effort militaire bien solitaire au profit pourtant de toute l’Europe.

Qui peut faire face à cette Allemagne à volonté hégémonique ? Comme le montre l’Histoire, seule la France est en mesure de le faire. Dès lors, l’avenir de l’Europe dépend en grande part de nous. Encore faut-il que nous le voulions et donc que nous nous débarrassions de cette caste politique ayant amplement prouvé son incompétence, sa lâcheté, sa cupidité. Dans quelques semaines nous aurons cette possibilité. Il s’agit de ne pas la laisser passer en se réfugiant derrière un « votutile » imbécile.

La victoire du « Brexit » peut être ce coup de pied dans la fourmilière qui permettra de rebattre les cartes.

 

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27/03/2017

L'Europe ? On ne la quitte pas, on la force à changer.

 

 

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On vient de fêter le soixantième anniversaire du Traité de Rome, point de départ de cette fantastique aventure qu’a été l’Europe avant d’être dévoyée.

Pas de grandes manifestations festives populaires pour l’occasion. Pour la tragique raison que les peuples de cette Union Européenne en sont arrivés à la détester. Pourquoi ce rejet ? Parce que les institutions de celle-ci ont été phagocytées par les officines financières ultralibérales. Parce que l’Europe des solidarités a cédé le pas à l’Europe de la mise en concurrence des travailleurs. Parce que l’Euro, constitué par et pour les Allemands a poussé à la faillite tous les États du Sud, insultés ces jours derniers de façon répugnante par le président de l’Euro groupe.

Dès lors, faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? Autrement dit quitter l’Europe ? La réponse à cette question devrait gouverner le choix des électeurs à la présidentielle.

Trois choix :

- quitter l’Europe, c’est ce que préconisent les « stratèges » du F.Haine et d’autres groupuscules folkloriques ;

- continuer comme avant, au service de la finance et des multinationales, c’est la ligne de Fillon et, dans une moindre mesure, de Macron et de Hamon ;

- sauver le meilleur de la construction européenne en en abolissant le pire, « à savoir la guerre économique par le dumping fiscal et social et l’obsession imbécile de l’équilibre budgétaire qui interdit des politiques économiques efficaces. » comme dit Jacques Généreux.

L’Union Européenne n’a plus d’union que le nom. Elle est d’ores et déjà en voie de déconstruction comme le prouve de Brexit. La question n’est donc pas de savoir s’il faut en sortir ou non mais plutôt de savoir comment faire renaître cette formidable espérance, comment lui donner un nouveau souffle basé sur la coopération et non plus sur la seule « concurrence libre et non faussée », clé de voûte de l’U.E. actuelle. Vaste chantier disent les pessimistes, tremblant devant les diktats des dirigeants ultralibéraux de l’Allemagne actuelle.

Il ne s’agit pas de tout casser, il n’est pas question de lancer un ultimatum arrogant à nos partenaires, mais de créer un rapport de force entre les tenants de l’Europe des marchands de soupe actuelle, celle de la régression sociale et de la rivalité des nations et les pays qui veulent reprendre le chemin difficile mais exaltant d’une véritable union des peuples. Débarrassée du boulet britannique, la refondation de l'Europe, à un nombre restreints de membres dans un premier temps, est possible.

Mouais… Vœux pieux, belles paroles, espoirs utopiques diront les cyniques. On a vu comment les élans du Grec Tsipras se sont écrasés sur la muraille de la « troïka » déléguée par la finance…

À part que la France n’est pas la Grèce. La première puissance européenne n’est pas l’Allemagne mais la France. Par le dynamisme de sa démographie, par sa puissance militaire et nucléaire, par la présence mondiale de sa diplomatie, par son siège au conseil de sécurité de l'ONU, par son universalité puisqu’elle est physiquement présente sur quatre des cinq continents, par sa culture, par sa langue. Par son économie certes plus faible que celle de son voisin et partenaire d’outre-Rhin mais tout de même largement à la deuxième place européenne. Dès lors, si la France dit qu’il faut faire bouger l’Europe, elle bougera ! N’en déplaise à Frau Merkel qui fait ce qu'elle veut par l'effacement, la veulerie, la faiblesse de dirigeants brillant depuis deux quinquennats surtout par leur nullité…

Et que faut-il lui dire à l’Europe ? Déjà quelques mesures évidentes :

- Engager l’harmonisation fiscale et sociale pour jeter bas la pratique du dumping fiscal et social qui détruit l’Europe. Avec pour corollaire la mise au pas ce ces pays rufians que sont le Luxembourg, l'Irlande, les Pays-Bas.

- Supprimer la directive des travailleurs détachés.

- Stopper la libéralisation des services publics.

- Refuser les accords Tafta et Ceta.

Et si nos partenaires refusent, on fait quoi ?

On passe outre, autrement dit on désobéit à quelques directives des traités européens.

Et alors ! Comme dit l’autre… On risque quoi ? D’être expulsés de l’Union ? Hors de question. En effet un Etat peut demander à sortir de l’Union, mais personne ne peut exclure un pays, ni de l’UE ni de la zone euro. Et personne n’aura l’imprudente impudence de vouloir pousser la France vers la sortie, car ce serait alors la fin de l’euro et la fin de l’UE.

On ne risque donc rien ! Sinon quelques grimaces et peut-être quelques amendes qu’on a les moyens d’éviter ou même de payer. Et c’est tout.

Mais pour ça, encore faut-il élire à la tête de la France quelqu’un qui les a bien pendues…

 

Illustration: merci à Titom


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Excitez votre curiosité :

 

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22/03/2017

Au bistro de la toile : le cumul des mandales !

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- …teng ! T’as vu ça Victor, ça dégage grave : il est dans la chicorée, Leroux ! Non mais t’imagine, les bourres, à la demande du parquet financier, convoquant leur patron pour le cuisiner sur des magouilles !

- Après Le Pen, après Fillon, voilà donc le ministre de l’intérieur lui-même dans les cagades. Comme si c’était dans l’ordre de choses. Comme si c’était normal en quelque sorte. « Détournement de fonds publics » pour Leroux, bof, normal. « Escroquerie aggravée et faux » pour Fillon, bof, la routine. Des tombereaux de soupçons concernant le F.Haine et Marine Le Pen. bof, des broutilles. Et même l’inexistant Moscovici qui fillonise en se faisant offrir lui aussi des costards venant du même tailleur que le Broussailleux-à-la-triste-figure !

- Après ça qui s’étonnera de l’épidémie de « dégagisme » qui sévit aux cris de « Tous pourris »… Ce qui n’est pas vrai pour bien des élus de petites villes qui se décarcassent et prennent plus de coups que de prébendes. Mais l’image donnée par quelques-uns - qui trempent trop leurs pattes avides dans la confiture - salope celle de tous les autres.

- Eh ! C’est tellement tentant, tellement facile de se gaver lorsqu’on n’a pas trop de scrupules. Ils voient à leur portée des monceaux de pognon, alors parfois leur regard ne voit ps leur patte qui se sert.

- Le pire c’est le « Et alors ? » de Fillon. Il nous fait un doigt, sans vaseline. Ni vergogne ni dignité.

- Cette culture de la magouille et de l’impunité vient du fait que les « pourris » sont tous des professionnels de la politique. Ils ont oublié que l’engagement politique doit être un engagement au service de l’intérêt général et en aucune manière un métier. On voit les mêmes têtes depuis des décennies. L’ordre des choses installe une forme de glaciation qui empêche le renouvellement des idées, l’audace et la prise de risque. Il faut être candidat à tout, partout et tout le temps pour exister. C’est cela le moteur de la défiance et du rejet.

- Ça devrait changer avec la loi contre le cumul des mandats…

- Mouais… Tu y crois toi ? Cette loi prendra effet en juin, c’est-à-dire après les élections présidentielles et législatives. Ce qu’une majorité à fait une autre peut le défaire. On peut compter sur la droite, si elle revient – hélas – au pouvoir, pour abroger cette loi, qui plaît tant aux Français et que rejettent avec tant de vigueur les « Zélus ». D’un bord comme de l’autre, c’est l’entente cordiale. À défaut de lutte des classes, c’est la lutte des places ! Le Parti Socialiste, comme son frère ennemi Les Républicains, ce sont deux tiers de membres déjà élus et qui veulent être réélus, et un tiers qui aspire à l’être ! Hors de ces deux grosses machines, point de salut pour qui veut faire de la politique un métier, alors que c’est une mission, quasiment un sacerdoce. On comprend dès lors les coups de frein violents et récurrents des caciques de ces partis qui ne veulent en aucune manière lâcher le fromage dont ils se gavent.

- Note que lorsqu’ils se font prendre la main dans le pot de confiture, ils s’offusquent de la célérité et de la sévérité de l’appareil judiciaire à leur encontre. Ils évoquent, la main sur le cœur (ou plutôt le portefeuille) la sacro-sainte « séparation des pouvoirs ». En gros ni la justice, ni les citoyens et le gouvernement qui les financent n’ont à mettre le nez dans leurs petites affaires.

- Oui mais tant que les citoyens votent pour ces pourris et laissent faire, ils sont complices de ces abus.

- Alors on fait quoi ?

- On renvoie dans leur bauge tous ces profiteurs, c’est-à-dire qu’on fout en bas cette république faite pour un géant et salopé par des gnomes. Puis on rebâtit sur du neuf, avec une constituante en partie tirée au sort qui établira des règles du jeu rendant le pouvoir au peuple, non pas en pointillé (tous les cinq ans) mais à tout moment, avec un droit de révocation des représentants et de révision des lois émanant de ce peuple.

- L'espoir fait vivre... Bon. À la nôtre ! Et vive le cumul non pas des mandats, mais des mandales !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

20/03/2017

Choisir entre vote utile ou votes inutiles…

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Ce soir ils vont tous faire la roue pour tenter de nous séduire. Pourtant, sans s’illusionner de trop, ce petit bulletin de vote est une arme. C’est même notre seule arme. Et elle peut être efficace. Voyons les forces en présence, en faisant abstraction des candidatures dites « de témoignage ».

Le crincrin sondagier nous serine depuis des mois que la ci-devant Le Pen serait qualifiée d’office. C’est quasiment un dogme. Bof. Elle plafonne autour de 25 % dans les sondages. C’est son score aux dernières élections européennes. Mais avec une abstention de 56 % ! Donc son score réel est du quart des 44 % des votants, soit autour de 11 %. C’est la jauge historique de l’extrême droite en France. On reste loin des 50 % plus une voix nécessaire pour être présidente. Le risque qu’elle soit élue au premier tour est donc nul. Et au second tour, elle sera toujours battue. Donc vote non seulement inutile mais nuisible.

Fillon, même pas la peine d’en parler, il est cuit. Son avenir est tout tracé : ouvrir une quincaillerie en association avec son « collaborateur » Sarko, où ils pourront vendre leurs casseroles. Les voix qu’il récupérera sont des voix inutiles. Si, utile quelque part puisque c’est autant qui n’iront pas sur la ci-devant Le Pen.

Hamon, son programme séduisant du départ subit le rabotage « pragmatique » imposé par son parti. Parce qu’il doit bien passer par là. Son grand raout d’hier est à la fois encourageant et rageant car il montre qu’il y a encore un peuple de gauche. Mais il n’a aucune chance d’être au qualifié pour la finale. Donc vote inutile.

Macron est le plan B du patronat, le candidat des banques, des assurances, de l’Europe ultralibérale. Il cherche son électorat tant à droiche qu’à gaute. C’est le vote utile si l’on veut que rien ne change sinon quelques têtes.

Mélenchon est donc le seul qui porte un espoir réel. Mais voter pour lui est là encore un vote inutile car il ne sera jamais qualifié pour le tour décisif.

Tout électeur de sensibilité de gauche ne peut qu’avoir les boules parce notre camp va rater une occasion historique de donner enfin à la Gauche vraie l’occasion de conquérir le pouvoir et de faire ses preuves.

Mélenchamon comme Hamolanchon – bref la gauche unie - c’est la seconde place quasiment assurée au premier tour. Pourtant pas obligatoirement la victoire au second. Un tel alignement des planètes ne se présentera pas de sitôt : un FN fort mais loin d’être triomphant, avec un programme catastrophique, une droite désarçonnée par les affaires d’un candidat déprécié et un centre qui pompe les voix de droite. Pour gagner, il faut être autour de 25 %, comme Macron-Beyrou, comme Le Pen. Ce qui est le cas en unissant les efforts des deux candidats de gauche. Tout le reste n’est que baratin inutile.

Malgré leurs discours enflammés, malgré les déplacements de foule, désunis Hamon comme Mélenchon vont patauger autour de 12 à 13 % chacun. Sans aucune chance d’être au second tour, entraînant ainsi la France de gauche, qui existe encore, dans la désespérance de longues années sous la gouvernante de la droite la plus bornée, voire sous le joug du parti fasciste.

On sera à la Pen ou on mangera de la Macronade…

Fort indigeste tout ça.


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15/03/2017

Au bistro de la Toile : « Eh alors ? ! »

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- Loulle. Faut que je te parle.

- Je te suis tout ouïe, mon beau. C’est quoi ces airs de conspirateur ?

- Ben voilà, je préfère que ça reste discret entre nous.

- Victor ! Tu me prends pour qui ? Ça ne sortira pas du département et des départements limitrophes ! Alors accouche.

- Voilà. Je me présente à la présidence de « Buveurs sans frontières ». Alors j’ai une campagne à faire. Ça fait des frais tout ça. Il faut en payer des tournées. Et puis, il faut marquer bien…

- C’est vrai que tu ressembles plus à un chiapacan qu’à un candidat à une quelconque élection. Tiens, je vais faire un effort pour toi. Je t’ouvre une ligne de crédit de 45 euros chez Kiabi !

- Merci Loulle. Je reconnais bien là ton altruisme honnêtement combiné à ton sens des affaires. Mais je saurais te renvoyer l’ascenseur. Discrètement bien sûr. Si je deviens président de « Buveurs sans frontières », le lieu de réunion sera chez toi, dans ton rade ! Et des Buveurs sans frontières, ça lève bien le coude. C’est la fortune assurée pour toi, Loulle.

- Voilà une honnête transaction Victor. Tope là ! Et si quelqu’un trouve à redire, je lui répondrai, avec un doigt d’honneur : « Eh alors ? »

- On rigole Loulle, mais c’est comme ça que fait François « Filou » Fillon… Dis, tu as souvent offert des costards à des amis toi ? Moi, jamais, et je n’en ai jamais reçu.

- En plus, ce type exploite ses enfants d’une manière éhontée : il paraît qu’il récupérait 70 % des salaires que ces pauvres jeunes recevaient pour leurs compétences…

- Si c’est pas malheureux tout de même…

- Remarque, pour Filou Fillon, être mis en examen, c’est un bâton de maréchal. À l’Uhèmepet, c’est un signe de reconnaissance. Chichi, Juppé, Sarko, sans oublier les seconds couteaux parmi lesquels Balkany brille presque autant que feue Pasqua!

- L’avantage, c’est que s’ils ne sont pas élus, ils peuvent toujours ouvrir une quincaillerie avec toutes les casseroles qu’ils ont au cul ! Tout ça résulte de cette dérive de la république que sont les professionnels de la politique. La plupart des « zélus » sont entièrement coupés de la vie ordinaire. Ils grenouillent depuis leurs débuts dans la caste politique. Ils ne savent rien faire d’autre et donc s’accrochent à leur place comme les morbacks sur les aliboffis d’un moine. L’essentiel de leur action est de se faire réélire. Voilà pourquoi ils sont presque tous vent debout contre la loi sur le non-cumul des mandats. Une loi à mettre au crédit de François Normalou Hollande pour une fois. Le Parti Socialiste, comme son frère ennemi (encore que ? !) Les Républicains, c’est deux tiers de membres déjà élus et un tiers qui aspire à l’être ! Hors de ces deux grosses machines, point de salut pour qui veut faire de la politique un métier, alors que c’est une mission, quasiment un sacerdoce. On comprend dès lors les coups de frein violents et récurrents des caciques du parti qui ne veulent en aucune manière lâcher le fromage dont ils se gavent. Le PS, comme le PC regorgent de ces « notables », caciques locaux voire satrapes qui se croient élus de droit divin. Et ils ne veulent pas le lâcher le morceau ! La droite, protectrice de toutes les magouilles, est évidemment sur la même ligne.

- Voilà qui explique en partie le rejet de tous ces politiciens professionnels. Aux prochaines élections, les deux partis hégémoniques dont tu viens de parler ne seront vraisemblablement pas au second tour ! Dégagez ! On vous a assez vus…

- Mouais… Les autres valent-ils mieux ? L'un est un parti facho, l'autre le choix des banksters...

- Bon. Pour ce dont tu m’as causé, Victor. C’est d’accord. Je te paierais même une paire d’espadrilles de grande marque, made in Pays basque ! À la nôtre.

- Au fait, Loulle, il vient de sortir le dernier livre sorti des boyaux enfiévrés de ma tête. Clique sur l’image en-dessous et tu en sauras plus. À la nôtre !

 

 

07/03/2017

Fillon, BASTA ! Parlons plutôt des évadés (fiscaux).

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Ah ils rigolent bien, tous ces people qui s’enrichissent en France et qui ne veulent surtout pas participer à l’effort national ! Pas si kon de payer leurs impôts dans le pays qui les engraissent, ils « s’évadent fiscalement », qui vers la Suisse, qui vers la Belgique, qui plus loin encore. Mais tous reviennent se faire soigner en France s’ils ont un pet de travers…

Tiens, un site « people » en a listé une trentaine. Intéressant palmarès :

José Garcia, en Belgique ; Florent Pagny, oui, celui qui chante sa « liberté de pensée », en Patagonie ; Jean Alesi qui a une superbe propriété, vide, à un km de chez moi, en Suisse ; Charles Aznavour, le papy donneur de leçon, en Suisse ; Bernard Darty, le marchand de plein de choses dont de superbes casseroles, en Belgique ; Jo-Wilfried Tsonga, le roitelet de la petite baballe jaune, en Suisse ; Johnny Hallyday, l’archive chantante, en Suisse ; Yannick Noah, ex « personnalité préférée des Français », aux États-Unis (New-York) ; Marc Levy, un des écriveurs qui vendent le plus en France, au Royaume-Uni ; Amélie Mauresmo, qui « coatche » l’équipe de France de tennis, en Suisse ; Alain Delon, chef-d’œuvre en péril, en Suisse ; Daniel Auteuil, pas si kon qu’Ugolin, en Belgique ; Marion Bartoli, encore une tapeuse dans la petite balle jaune, en Suisse ; Lætitia Casta a laissé la Corse pour le pays des bourreaux de Napo, le Royaume-Uni ; Michel Polnareff, est revenu traîner ses fesses vieillies en France pour prendre du fric, avant de retourner aux États-Unis ; Sébastien Loeb, useur de voitures françaises, en Suisse ; Richard Gasquet, encore un tapeur de balle jaune, membre de l’équipe de France, en Suisse ; David Hallyday, c’est de famille, en Suisse, comme papounet ; Gaël Monfils, membre lui aussi de l’équipe de France de tapeur de balles jaunes, en Suisse ; Patricia Kaas, en Suisse elle aussi…

N’en jetez plus.

Mais ça, c’est le menu fretin, les gros fraudeurs, on peut les trouver là : http://300plusriches.bilan.ch/index.html

et là : http://danactu-resistance.over-blog.com/search/liste%20de...

C’est la grande évasion en quelque sorte… Mais en l’occurrence, la grande évasion, c’est celle du pognon que les pleins de thunes et les entreprises volent à l’État, donc à nous, pour le planquer sous des cieux cléments. Et pas besoin d’aller loin : Suisse, Luxembourg, Royaume Uni, Monaco, etc. Parait que ça tourne entre 60 et 80 milliards par an ! L’équivalent de ce déficit budgétaire qui nous fout en bas…

Les problèmes financiers de la France proviennent essentiellement du hold-up des tricheurs qui « évadent » les capitaux. L’évasion fiscale est peut-être un sport national mai c’est surtout une félonie, une trahison, un attentat contre le vivre ensemble.

La France ne s’est dotée ni des moyens, ni de la volonté politique de lutter contre cette évasion. Elle est totalement impuissante. Savez-vous que les procureurs de la République ne peuvent pas ouvrir d’enquêtes pour fraude fiscale ? Savez-vous que seul le ministre du Budget peut le faire ? Et lorsque l’on se souvient que le ministre du Budget a été, il y a quelques années, un certain ci-devant Cahuzac, lui-même gros fraudeur…

Un ministre ripou ne pourrait pas magouiller s’il n’avait pas derrière lui une administration fiscale inféodée à l’idéologie ultralibérale. Ceux qui sont chargés de lutter contre cette évasion fiscale, ce sont les hauts fonctionnaires de Bercy (du ministère des finances, ceux qui ont été les employés de Macron). Des inspecteurs des finances au mieux laxistes, au pire complices. Complicité passive ou active des magouilles des fraudeurs, essentiellement des grosses entreprises multinationales, avec lesquelles ils font preuve d’une grande mansuétude, en pensant… à un pantouflage futur fort juteux ! Ceux-là, c’est cœur de pierre avec les petits, cœurs d’artichauts avec les riches…

Toute lutte contre la fraude doit commencer par une karchérisation sans pitié de Bercy : virer les premièr, deuxième, troisième, voire quatrième rangs hiérarchiques de ces directions du ministère des finances et envoyer ces brillants « inspecteurs des finances » inspecter les finances à Plougastel, Hazebrouck, Saint-Flour, Carpentras ou Cahors…

Et l’Europe elle fait quoi la dedans ? Sinon rien du moins pas grand-chose puisque certains pays membres sont eux-mêmes des paradis fiscaux ou des parasites fiscaux.

Paradis fiscaux par leur système bancaire le Luxembourg, Chypre, Malte, et surtout malgré le Brexit la City de Londres et les îles anglo-normandes.

Parasites fiscaux par leur taux de fiscalité des entreprises l’Irlande, les Pays-Bas, etc. Et cerise sur le gâteau : c’est le ci-devant Junker, premier ministre du Luxembourg, état-confetti-voyou qui préside maintenant aux destinées de l’Europe. Pardon, j’oubliais qu’il a dit qu’il allait faire de cette évasion fiscale une de ces priorités…

Qui a-t-il sur ce problème essentiel dans les programmes des candidats ? On n’en sait rien : les me (r) dias aux ordres des milliardaires préfèrent nous gonfler les aliboffis avec les fillonneries quotidiennes.

Basta avec ces enfumages perpétuels.

 

Illustration: merci à l'irremplacé Charb, assassiné pour avoir défendu notre liberté

02/03/2017

Au Bistrot de la Toile : « La France qu’on assassine » !

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- «… c’est la Fraance kon assassiiine,

La Rapiiiine. »

- Fatche, Loulle, t’as un bel organe !

- Ouais, je sais, ta femme me l’a déjà dit.

- Je parle de ton organe vocal, bougre de nifle. Pour le reste, elle n’a pas besoin d’ersatz.

- Eh ouais. Je chante comme braille sur toutes les ondes le forcené de la Sarthe, l’assassiné qui gueule encore. Il devait bien abandonner la course à l’échalote présidentielle s’il était bien mis en examen, non ?

- Eh, Loulle, en matière politicarde, la parole n’est jamais définitivement donnée, seulement prêtée. Mais il n’empêche que l’attitude outrancière, lamentable de ce deuxième série B est une honte pour le pays. Si tentative d’assassinat il y a, c’est celle de la Justice par deux candidats à la plus haute fonction. Fillon et sa complice Le Pen voudraient bien que la Justice soit à leur botte. C’est la marque de tous les fascismes. Et ce faisant, Fillon se met au même niveau que la patronne du F.Haine. Le Grand, dont il ose évoquer les mânes « Imagine-t-on De Gaulle mis en examen… » doit faire le ventilateur dans sa maison de campagne six pieds sous terre !

Il est sans vergogne ce type, et sans fierté. Il est en train de foutre en bas son mouvement politique, qui n’a jamais été mon ballon de rouge, mais qui a sa place dans une démocratie. D’ailleurs, les passagers du Titanic ripoublicain cherchent des chaloupes et bientôt les rats vont quitter le navire. Beau résultat pour le « collaborateur » de Sarko. La collusion d’intérêt entre Fillon et Le Pen donne à ce terme de « collaborateur » une drôle de connotation en l’occurrence…

- Bof. Laissons-les dans leur bauge. Et puis, c’est une tradition dans ce parti. Si t’es pas mis en examen, t’as aucune chance. C’est en quelque sorte un rituel de passage ! Moi, Victor, y a un truc que je ne comprends pas, c’est cette attitude poulidorienne des candidats à cette présidentielle décidément pittoresque. Ils n’aspirent pas à la première place, mais à la seconde seulement ! Comme s’ils avaient admis, intégré, accepté l’inéluctable victoire de Le Pen au soir du premier tour ! C’est incroyable comme attitude, non ?

- T’as raison Loulle. Personne n’attaque le F.Haine avec la vigueur qui serait nécessaire. Personne ne parle de son programme bâti sur des mensonges : le programme social volé à Mélenchon et qui ne sera évidemment jamais mis en oeuvre, une sortie de l’Europe qui renverrait la France au niveau du Montenegro. Personne, ou pas grand monde, ne souligne les magouilles de cette PME familiale qui prospère sur les embrouilles. Personne ne met en évidence que c’est chez les quelques élus de ce parti que l’on trouve le plus de « mis en examen ». Personne ne met en garde contre le bouton nucléaire mis dans les mains de la fureure. Comme si c’était une fatalité, une sorte de « punition » envoyée par les foudres divines. C’est dingue.

- Ce serait à la gauche de batailler sur ces thèmes, ce serait à la gauche de disputer la première place, en profitant du fait que la droite se vautre dans la merde et se ridiculise. Mais la gauche se carcagne dans des bagarres de cour d’école…

- …alors qu’elle a effectivement une chance unique d’accéder au pouvoir. Et qui ne se représentera pas de demain. Mais tant Hamon que Mélenchon n’ont pas cette volonté, cette ambition. Ils se contentent de vouloir être les petits caïds de leur quartier. C’est lamentable Loulle. Unis, ils font gagner la gauche, la vraie. Séparés, ils détruisent tout cet espoir du peuple de gauche.

- Et ils laissent la main à qui ? Au représentant des banques.

- Eh ouais… Les banksters, comme les Bilderberg d’ailleurs, avaient choisi Fillon, mais en plan B, ils propulsent Macron.

- Celui-là, il fait même sa pube sur les maillots des rugbymen écossais ! Allez, à la nôtre !

 

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Illustrations: Chimulus et photo X - Droits réservés

28/02/2017

Les salauds vont en enfer...

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Lorsque la maison brûle comme disait Chichi, comment appelle-t-on des pompiers qui refusent d’unir leurs efforts parce que l’un a les cuves pleines d’eau douce et l’autre d’eau salée ? Des KONS ! De sinistres kons et en plus de fieffés salauds.

La maison qui brûle, c’est la France qui risque, au pire de tomber dans l’escarcelle nauséabonde de la fille du borgne ou, au un peu moins pire, sous la chape de plomb de l’ultralibéralisme ravageur.

Et les deux salauds, ce sont Mélenchon et Hamon qui refusent, pour des questions d’ego de cour de récré et de chipotages programmatiques secondaires, une occasion historique de donner enfin à la Gauche vraie l’occasion de conquérir le pouvoir et de faire ses preuves.

Désunis, c’est laisser aux électeurs le choix entre Le Pen-Fillon ou Le Pen-Macron.

Unis, c’est la seconde place quasiment assurée au premier tour et raisonnablement la victoire au second. Une occasion qui ne se représentera plus. Un tel alignement des planètes ne se présentera pas de sitôt : un FN fort mais loin d'être triomphant, avec un programme catastrophique que personne n'attaque, une droite désarçonnée par les affaires d'un candidat nul et menteur, un centre qui pompe les voix de droite. Pour gagner, il faut être autour de 25 %, comme Macron-Beyrou, comme Le Pen. Ce qui est le cas en unissant les efforts des deux candidats de gauche. Tout le reste n'est que pisse de chat.

Lorsqu’on entame un combat, camarades, c’est pour le gagner, pas pour figurer. 15 % ? Çà ne sert à rien. La Présidentielle est impitoyable. Il n’y a pas de podium, pas de places d’honneur. Il n’y a que deux sélectionnés au premier tour, et un seul vainqueur au second. Vous n’avez pas compris ça ? Qu’est-ce que vous avez dans la tête ?

Vos responsabilités sont considérables, ci-devant candidats. Laisser passer une telle occasion est non seulement stupide, mais c’est aussi une faute grave, un comportement criminel qui, en d’autres temps révolutionnaires vous vaudrait de contempler le Peuple la tête au bout d’une pique !

Mais, hélas, la konnerie humaine étant la seule approche qu’on puisse avoir de l’infini, aucun des deux ne se désistera pour l’autre.

Hamon, il a la dégaine d’un surveillant général de sous-préfecture et le charisme d’un croûton de pain rassis. Fort de sa légitimité d’entrée de gamme sortie d’une primaire rachitique, il se pense le plus à même de représenter la gauche. Pour la faire gagner ? Non. Son ambition, c’est d’être le secrétaire général d’un PS Titanic dont les rats vont vite aller à la gamelle chez Macron.

Mélenchon, dont les chevilles enflent plus que son holo, il ne se désistera jamais pour le représentant d’un parti dont il veut avant tout la mort.

Et les deux finiront troisième et quatrième. Ils pourront alors se pavaner comme des coqs, les pieds dans la merde sur les décombres d’une gauche au tapis pour longtemps.

On est donc bloqué. Les deux vont patauger autour de 12 à 13 % chacun. Sans aucune chance d’être au second tour, entraînant ainsi la France de gauche, qui existe encore, dans la désespérance de longues années sous la gouvernante de la droite la plus bornée, voire sous le joug du parti fasciste.

Dès lors, voter pour l’un ou pour l’autre ne sert strictement à rien puisque aucun des deux n’a la moindre chance d’arriver en finale.

Après la défaite, chacun – fort d’avoir défendu sa virginité doctrinale - rentrera dans son gourbi, rejetant la responsabilité de l’échec sur l’autre, en pleurant pour la galerie des larmes de crocodiles sur les malheurs de la France « qui n’aura pas su les mériter ».

Beau résultat messieurs. Et vous oserez encore vous regarder dans une glace ?

S’ils avaient un peu de sens de l’État, aucun ne voulant baisser casaque, ils devraient se désister – très vite car dans quelques jours il sera trop tard – pour une personnalité extérieure, humaniste, pouvant sinon faire rêver, du moins porter avec panache le drapeau de la gauche.

Seulement il n’y a pas foule. Pas facile de trouver quelqu’une ou quelqu’un ayant les fesses propres pour grimper au mat… C’est un vide effrayant.

Taubira ? Possible, ça aurait de la gueule, dans tous les sens du terme.

Mais au point où on en est, pourquoi pas, après tout, ce sympathique Alexandre Jardin, sorti de la société civile ?

Non ? Ça ne vous branche pas ? Si vous trouvez mieux, faites-le vite savoir !

Sinon, on devra voter pour Macron… Et on le fera « por que no pasan ! ». La honte.

Les salauds iront en enfer, si bien pavé de bonnes intentions.

Bon. J’ai les aliboffis qui gonflent trop. Je vais marcher sous la pluie, ça me calmera la rabia…



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27/02/2017

La « dernière séance » des députés au secours des voyous en col blanc ! Infâme.

 

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Lors d’une de leurs dernières séances, les députés ont voté une loi scélérate destinée à protéger les voyous en col blanc ! Il s’agit de la réforme du délai de prescription en matière pénale.

Il y a une bonne dizaine d’années qu’il était dans les tuyaux ce texte d’infamie dont la finalité est de permettre aux délinquants en col blanc d’échapper à la justice. Sans surprise, ce sont les sénateurs qui l’avaient introduit, mais ce sont les députés qui l’ont fait passer, subrepticement, bien planqué dans une loi plus générale portant réforme de la prescription en matière pénale.

Depuis 1935, la Cour de cassation avait décidé de faire démarrer ce délai de prescription non pas à la date de l’infraction, mais à la date de la découverte des faits par la justice. Ceci parce que les délits en question – magouilles fiscales, fausses facturations, emplois fictifs, etc. - sont forcément dissimulés, difficiles à découvrir et s'étalent dans le temps.

Eva Joly qui a été magistrate chargée de plusieurs dossiers politico-financiers (affaire Elf, affaire Tapie) estime que « Beaucoup d’abus de biens sociaux dans les mairies ou les grandes entreprises ne sont généralement découverts qu’en cas d’alternance politique ou de changement d’actionnaire – ce qui n’intervient pas tous les quatre matins. » De même précise-t-elle « Certains abus de faiblesse sur des personnes âgées ne sont découverts par les héritiers que longtemps après les faits. » Enfin « Et si on découvrait aujourd’hui d’énormes malversations sur des rétrocommissions en marge d’un contrat de vente d’armes en 2004, ou des flux libyens, pourquoi se priverait-on de les poursuivre ? » lien

La prescription fixe un délai au-delà duquel les infractions sont considérées comme trop anciennes pour pouvoir être poursuivies par la justice. La date butoir introduite par le Sénat et voté par l’Assemblée nationale raccourcit le délai maximal à douze ans « après les faits ». Autrement dit en 2017, sont considérés comme prescrits les délits antérieurs à 2005. Ainsi, avec ce texte, l’affaire des frégates de Taïwan (500 000 millions de pots-de-vin dont une partie est revenue dans les poches de politicards véreux sous forme de rétrocommissions), l’affaire de Karachi (rétrocommissions sur des contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite dans les années 1990, soupçonnées d’avoir alimenté la campagne de Baladur et ayant occasionné un attentat ayant fait quinze morts, dont onze ouvriers français), l’affaire de la banque UBS (plus de 12 milliards d’euros d’avoirs qui ont échappé au fisc français) ne pourraient pas être poursuivis.

On voit dès lors à qui profitera cette loi scélérate à l’avenir…

Un qui voyait arriver cette loi sans déplaisir, c’est le ci-devant Fillon François puisqu’une partie des faits litigieux concernant sa femme sont antérieurs à 2005. Avec cette loi, ces faits étaient prescrits!

L’article 4 de la loi prévoit que la réforme ne pourra pas s’appliquer rétroactivement à des affaires qui ont déjà donné lieu à « la mise en mouvement ou l’exercice de l’action publique » au moment de son entrée en vigueur. Le Parquet financier ne s’est pas fait avoir et a « mis en mouvement l’action publique » en confiant l’affaire à trois juges d’instruction empêchant ainsi que les faits antérieurs à 2005 ne passent à l’as.

Et c’est sous une législature de gauche, en fin de mandature, qu’une telle loi a été votée. On s’étonnera ensuite du rejet maintenant viscéral de tout le personnel politique, les bons payant pour les mauvais. Quant à Marine, elle doit tangenter l’orgasme.

Lamentable.

 

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