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07/09/2012

Au bistrot de la Toile : profit, profit jusqu’à l’anéantissement !

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- Tè ! Je vais un peu vous gâcher l’apéro…  « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait le Grand Rabelais. Merde ! Il a fallu des milliards d'années pour en arriver là où nous en sommes, à ce degré d'évolution qui a permis l'apparition de la conscience humaine; et nous, en quelques décennies de « civilisation », on fout tout par terre avec des technologies à la con irrespectueuse non seulement de l'environnement mais de la vie même. Sommes-nous cons à ce point ? Sommes-nous suicidaires? Le confort moderne nous a-t-il anesthésié les boyaux de la tête ?

 

- Oh ! Victor, bois un peu de tisane de Sainte-Marthe : le « flaille » contient de la badiane, c’est très bon pour les boyaux de la tête. Ça te soignera le tracsir !


- Merci Loulle. Quand même, il faut regarder les choses en face : la vie est en danger de mort. Jamais dans toute l'histoire de la planète on a vu, en si peu de temps, une telle hécatombe parmi les espèces animales et végétales. La biodiversité, toute la richesse de cette planète, en prend un sacré coup! Et les choses ne vont pas aller en s'arrangeant. Tout ce que nous connaissons va s'appauvrir, se rétrécir. Le monde va devenir petit. Les forêts primaires vont disparaître à jamais. En 2030, il n'en restera que de rares vestiges. Des communautés humaines ancestrales sont fauchées, victimes de la déforestation, et dans leur sillage leur connaissance directe du vivant libre. Comment vivrons-nous en 2030 ? Comme dans le fameux film « Soleil vert » ?


- Eh ! Oh ! Victor, on te voit venir, tu vas nous gonfler avec le « réchauffement climatique » alors qu’on va bientôt se geler les aliboffis… Alors lâche-nous les « moon-boots » avec ça !


- Chante coco ! Chante ! Ça ne durera pas. Quand on se gèle les couilles, quand on sbit des cyclones ou des pluies catastrophiques, quand on crève de chaleur et de sécheresse, c’est AUSSI une conséquence du réchauffement. Si le Gulf-stream se met à faire la sieste, on aura le climat du Canada, vu que Paris est à peu près à la latitude de Montréal ! La pollution de l'atmosphère est telle que la végétation et les océans ne sont plus capables aujourd'hui d'absorber l'excédent de gaz carbonique et autres gaz à effet de serre. Résultat : le réchauffement climatique bouleverse le fragile équilibre, les cyclones dévastateurs se multiplient, la désertification augmente, le climat se dérègle à la vitesse grand V... Et ça va encore aller plus vite puisque les Chinois, les Indiens ou les Brésiliens sont aussi cons que nous et veulent rouler en voiture particulière, rejetant dans l'atmosphère ce qui reste de pétrole ! Bref on ne sait pas jusqu'à quel point la température va monter. La banquise du pole nord atteint cette année la taille d’un string ! Ce qu'on sait, c'est qu'il y a 250 millions d'années, 8 degrés seulement ont suffit pour anéantir 95% de la vie terrestre. Comme dit l’ami Paccalet, « L’espèce humaine disparaîtra ? Bon débarras… » Mais en attendant, elle lapinise l’espèce humaine ! Responsable des maux actuels infligés à la Terre, cette espèce-là pullule. Mais pour combien de temps ? Sept milliards depuis l’an dernier, neuf milliards en 2050. Et après ? Ils mangeront peut-être, mais ils devront manger debout !


- Est-il encore temps ? Avons-nous encore la possibilité de choisir quel monde nous voulons pour nos enfants et les enfants de nos enfants ?


- C'est tout vu : nous voulons de l'herbe, des arbres, des fleurs, du vin, des bécasses à rôtir, des dorades, du miel, des canards gras. Nous voulons des sourires d’enfants, des belles femmes pulpeuses, des oiseaux et toutes sortes d'animaux insolites ou familiers. Nous voulons un air pur pour voir le ciel avec ses étoiles qui nous murmurent que la vie existe forcement ailleurs. Nous voulons que la magie du vivant opère grâce au respect des lois de la nature. Nous ne voulons pas qu'elle soit définitivement détrônée par un monstre absurde nommé profit à tout prix.


- Il nous reste combien de temps au juste ? Parait que fin du monde, c'est pour la fin de l'année !


- Au moins le temps de remettre ma tournée. Amen (…moi à boire, ça m’a donné soif !). On attendra la fin du monde dansune vigne !

 

 Duodi 22 Fructidor 220


Merci à Chimulus

06/09/2012

Fessenheim : la poubelle fume…

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Cher président Normalou. Si je n’ai pas les portugaises trop ensablées ni les boyaux de la tête trop tartrés, je vous ai entendu proclamer, lors de votre campagne électorale que « la centrale nucléaire de Fessenheim serait fermée au cours du quinquennat ».

 

Bien. Ce devrait être à la fin de ce quinquennat, donc en 2017. Ou plus tôt. Bien plus tôt ! Le plus tôt sera d’ailleurs le mieux cher président Normalou.

 

Ayant voté pour vous je me permets de vous conseiller de regarder de plus près cette centrale aussi fringante qu’un centenaire poussant son déambulateur… Un « accident du travail » comme dit votre ministre Batho vient de ramener sous les projecteurs ce dinosaure technologique. Un simple dégagement de vapeur, qui a tout de même brûlé (légèrement) deux ouvriers. Incident pour lequel le gouvernement comme EDF ont tout fait pour minimiser la portée.

 

Passons. Il n’en demeure pas moins, monsieur mon président Normalou, que cette centrale risque d’être fermée bien avant 2017 mais dès l’an prochain, non pas par une décision politique, mais par une injonction de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), organisme ayant autorité et pouvoir de décision en matière nucléaire. Pourquoi ? Parce que cette centrale – la plus ancienne de France – est obsolète et ne répond plus aux critères de sécurité découlant de l’après Fukushima.

 

D’abord, cette centrale n’a pas de tour de refroidissement mais un échangeur de chaleur plongeant directement dans les eaux du grand canal d’Alsace !

 

Ensuite le « radier » - c’est ainsi qu’on nomme dans le jargon du métier le socle de béton qui supporte le réacteur et qui est supposé retenir le magma en fusion de combustible nucléaire et d’éléments de structure nommé « corium » en cas de fusion du réacteur – le radier donc de Fessenheim est 4 fois moins épais que celui de la centrale du Fujushima ! Lequel a été transpercé rappelons-le en 24 heures !

 

Si ce radier est percé, le corium et tous les matériaux hautement radioactifs se répandraient alors…dans le grand canal d’Alsace et ensuite dans les eaux du Rhin. Bonjour les dégâts ! Un désastre non seulement en Alsace mais au niveau d’une grande partie de l’Europe du nord ! Parlez-en aux Allemands, aux Hollandais, aux Belges…


L’A.S.N. a donc, devant ce risque, ordonné à EDF de renforcer le radier en question. Mais renforcer un radier existant, avec un réacteur en service juste au dessus, ce n’est pas de la tarte monsieur mon président…Et ça coûte beaucoup de sous : autour de 15 millions d’euros. La durée de tels travaux est donc susceptible d’être importante, et c’est ce point précis qui risque de provoquer une fermeture prématurée de Fessenheim. En effet, l’ASN a menacé Fessenheim de fermeture si les travaux de renforcement ne sont pas achevés d’ici à juillet 2013.


Alors voilà, monsieur mon président Normalou. Ne serait-il pas prudent, et politiquement intelligent, de profiter de cet incident mineur pour fermer cette dangereuse antiquité tout de suite, avant que l’A.S.N. ne vous humilie en l’imposant ?


Ah ! Et puis, s’il-vous-plait monsieur mon président, dites à votre « redresseur » Montebourg que la filière nucléaire a un grand avenir, mais dans la déconstruction de ces centrales, vestiges dangereux d’une industrie du passé.


Primidi 21 Fructidor 220

 

Photo X – Droits réservés

 

05/09/2012

Au bistro de la toile : comment flinguer un peu plus la Sécu.

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- Oh ! Victor, qu’est-ce que tu fais ? Tu fermes un œil en regardant le montant de la porte, puis tu changes d’œil… Tu t’es rincé l’œil au rosé de Tavel ce matin ou quoi ?

 

- Non Loulle. Je fais le test dont ils nous rebattent les oreilles à la télé et à la radio pour savoir si je vois les fameuses lignes droites brisées, signe d’une sale maladie, la DMLA, une saloperie qui te rend aveugle…

 

- Et alors ?

 

- Ben non. Je vois encore d’aplomb…Tu sais qui paie les millions de cette campagne de pub ? Novartis à travers la Société Française d’Ophtalmologie, société « savante » dont plusieurs membres éminents travaillent…pour le laboratoire pharmaceutique multinational Novartis.

 

- Ben, c’est pas mal de dépister cette maladie non ?

 

- Bien sûr. Mais il se cache là-dessous une gigantesque embrouille qui va pomper chaque année 800 millions d’euros des caisses de la Sécu – donc de nos poches – pour les mettre dans les poches de Novartis. Ceci avec l’assentiment, pour ne pas dire la complicité, d’organismes publics sensés régir la santé publique, la DGS (direction générale de la santé), l’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament) et autres officines qui délivrent les AMM (autorisation de mise sur le marché) des médicaments.

 

- Ouf ! Bois un coup Victor. C’est bien compliqué tout ça.

 

- C’est compliqué à souhait pour enfumer le cochon de payant. Il faut savoir qu’il n’existe pas de traitement pour guérir cette DMLA mais par contre deux médicaments peuvent efficacement en ralentir le développement par injection. L’un s’appelle l’Avastin produit par le laboratoire Roche, l’autre le Lucentis produit par Novartis. Or, l’injection de l’Avastin revient à 25 euros et l’injection du Lucentis coûte…1000 euros ! 40 fois plus ! Remboursés à 100% par la Sécu.

 

- Eh ! Les toubibs, les hostos ne sont pas cons au point de choisir le plus cher ?

 

- Pourtant depuis peu on les y en oblige ! En juillet, la Direction générale de la santé (DGS) a interdit l’utilisation de l’Avastin (le moins cher) au profit du Lucentis (40 fois plus cher !). Or des études ont démontré que les deux médicaments avaient la même efficacité…

 

- Y a comme qui dirait un os…

 

- La position de la DGS s’appuie sur un argument réglementaire : l’Avastin – médicament au départ anticancéreux - n’a pas d’AMM pour le traitement de la DMLA. Mais en pratique, les deux molécules ont les mêmes effets, et il suffit de reconditionner l’Avastin pour pouvoir l’utiliser en ophtalmologie... Les ophtalmologistes ont les boules et beaucoup se demandent ce qui a motivé cette décision incompréhensible de la DGS dont le seul effet sera de creuser un peu plus le fameux trou de la Sécu.

 

- Un organisme gouvernemental qui fusille volontairement la Sécu ! Et sous la gauche en plus...

 

- Et ce n’est pas tout. La firme Roche, qui fabrique l’Avastin aurait tout intérêt à déposer une demande d’AMM (autorisation de mise en marché) de son médicament pour la DMLA mais elle s’y refuse...

 

- ???!!! Pourquoi ?

 

- Parce que ces deux labos, Roche et Novartis, sont liés au niveau du pognon. Et l’un ne va pas concurrencer l’autre puisqu’il s’agit de s’engraisser sur le dos de la Sécu !

 

- …taing ! Oh ! François, plutôt que de nous enfumer avec le mariage des bourgs, tu ferais mieux de balayer ce panier à crabes qui flingue la Sécu !

 

- Les gouvernements changent, mais les capitalistes voyous et leurs complices banksters demeurent. Et une des constantes de cette mafia est de récupérer l’énorme gâteau de la Santé pour le refiler aux assurances privées. Pour cela il faut creuser le trou de la Sécu. Un trou bien artificiel…

 

- Tè ! Buvons un canon, ça vaut tous les médicaments.

 

 Sources: lien


Décadi 20 Fructidor 220

 

Merci à Chimulus

04/09/2012

La Tunisie vers pire que Ben Ali : une dictature théocratique ?

Ben Achour Tunisie.jpg

 

C’est ce que craint le professeur Yadh Ben Achour, ex-président de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution (Hiror), l’un des architectes de la première phase transitoire et des élections du 23 octobre 2011. Dans une interview au quotidien La Presse de Tunisie il dénonce : « la religion a investi massivement le champ du débat social et politique» et craint qu'avec l'avènement du parti islamiste Ennahdha, les Tunisiens risquent de faire face à « une dictature pire que celle de Ben Ali ».

Voici cet entretien in-extenso :

Le 23 octobre constitue-t-il une date butoir ? Question qui fait débat et divise les politiques et l’opinion. Le Pr Ben Achour y répond sans équivoque, en expliquant que le débat est à situer « hors du terrain juridique»,  pour ajouter que néanmoins, «à cette date, l’Assemblée nationale constituante perdra en grande partie sa crédibilité et sa légitimité morale et politique ».

 
Depuis qu’il a présidé la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, le Pr Ben Achour est resté très impliqué sur la scène politico-médiatique. Consulté en haut lieu, très écouté, il ne se passe pas un jour sans que l’on demande à  Si Yadh, opposant de longue date à Ben Ali, juriste renommé et reconnu, spécialiste en droit administratif, son avis sur telle ou telle question.


Pour l’heure, la Tunisie passe par une période transitoire décisive, au cours de laquelle la Constitution de la deuxième République est en cours d’élaboration. Rien de moins ! Les experts peuvent y apporter une précieuse plus-value. Or il a été décidé de le remercier, encore une fois, et de se passer des services du comité des experts au sein duquel il siégeait. Un comité qui se proposait bénévolement d’apporter une expertise pointue aux travaux de la Constituante, laquelle, comme on l’a vu, s’emmêle parfois les pinceaux. Curieusement, la proposition a été rejetée.


Au cours de cet entretien, La Presse pose les questions qui relèvent de l’actualité du pays et qui taraudent une bonne partie de la population. Les réponses sans langue de bois de «Monsieur le Doyen» vont susciter débat et émoi.



Vous avez attiré l’attention sur certains passages de l’avant-projet de la Constitution qui ouvriraient  la voie à une dictature théocratique...


 Depuis les premières réunions de l’Assemblée constituante, il ne se passe  plus un seul jour sans que l’on soit assailli par les évènements ou les thématiques religieuses. Un jour ce sont les propos de certains constituants revendiquant l’application des peines coraniques, comme l’amputation ou la crucifixion, un autre jour ce sont les munaqibat qui investissent La Manouba, un autre jour encore les agressions terroristes indûment appelées «salafistes » contre les artistes, les intellectuels,  dont l’affaire de la Abdelliya représente le point culminant, puis des disputes parfois violentes au sein des mosquées, le lendemain des proclamations fracassantes et des appels au meurtre de la part d’un certain nombre d’imams-voyous, le surlendemain des violences à l’égard d’un groupe chiite, la veille, un procès inique contre de jeunes caricaturistes, l’avant-veille, un procès moyenâgeux contre la diffusion de Persepolis ,  sans compter les débats incessants autour de la charia, de l’adoption, du Code du statut personnel, de la polygamie, du niqab,  et des muqaddassat.

La religion a investi massivement le champ du débat social et politique, à tel point qu’on commence à en avoir une sorte d’indigestion. Il n’y a plus que cela, et les véritables problèmes du pays sont laissés de côté ou remis aux calendes grecques. Et, contrairement à ce que l’on dit, la religion n’est pas en train de gagner des adeptes, au contraire, elle est en train d’en perdre. Un certain nombre de croyants qui allaient pacifiquement faire leurs prières à la mosquée n’y vont plus, tellement ce lieu est devenu, non pas comme il devrait l’être, à savoir le symbole de la douceur, de la sérénité et de la contemplation, mais l’expression du militantisme politique le plus virulent, de la violence, de la haine, et de la laideur. Tout ce que le parti au pouvoir a réussi à faire, c’est de transformer notre religion en une véritable maladie sociale. Les Tunisiens ont vécu la religion comme un élément de libération, de cohésion sociale, de spiritualité. Ils la vivent aujourd’hui comme un cancer qui dévore le corps social tout entier et qui risque de le jeter dans le sous-développement et la régression généralisée. Si cela continue, la Tunisie ne sera pas simplement déclassée par les agences de notation, le bon Dieu lui-même n’en voudra plus.


C’est dans ce contexte que, à propos des débats sur le projet de Constitution organisés par l’Association tunisienne de droit constitutionnel,  j’ai effectivement affirmé que ce projet nous préparait une dictature théocratique et qu’il allait sanctionner la mort de la liberté d’expression que nous avons acquise grâce à la révolution.  Les commissions constitutionnelles qui travaillent malheureusement sans aucune méthode, sans aucune véritable expertise, dans la dispersion, ont produit un projet qui est bien plus qu’un brouillon. Ils ne se sont pas contentés de la référence aux «nobles valeurs de l’Islam
» dans le préambule, ni de l’article premier de la Constitution sur lequel tout le monde est pratiquement d’accord. Ils se sont permis à deux reprises, dans deux articles différents de leur brouillon, d’insister lourdement pour rappeler que l’État est le protecteur de la religion et en particulier des «valeurs sacrées », ce qui ouvre la voie à tous les risques possibles, en ajoutant, dans un autre article inclus dans le chapitre sur les droits et libertés fondamentaux, que l’État garantit la liberté de croyance et d’exercice des cultes et « criminalise toute atteinte aux valeurs sacrées ».
Bien entendu, certains commentateurs ont tenté de minimiser la portée de ces articles. Mais je peux vous dire que dans le contexte qui est le nôtre et avec les menaces qui pèsent aujourd’hui constamment et quotidiennement sur les libertés, nous ouvrons la voie à toutes les dérives possibles et imaginables. Oui, nous risquons dans peu de temps de nous retrouver dans une dictature pire que celle de Ben Ali, une dictature théocratique. Oui, nous risquons de perdre l’un des acquis les plus chers de la révolution : la liberté d’expression. Oui, de telles idées constituent bel et bien des idées antirévolutionnaires. Mais ne vous inquiétez pas. En fin de compte, le message de la révolution sera toujours là pour rappeler à ceux qui l’oublient qu’ils ont des engagements vis-à-vis de ce peuple et que ces engagements ne consistent pas à leur offrir des nattes de prière pour résoudre leurs problèmes.

 

Pensez-vous que la table ronde qui a été organisée et vos diverses interventions publiques sur ce sujet peuvent contribuer à l’amélioration des textes ?


Je ne sais pas si la table ronde et les critiques que nous avons présentées auront un effet. En l’état actuel des choses, et d’après ce que tout le monde observe, je me méfie des députés à  l’Assemblée nationale constituante. Certains d’entre eux, heureusement pas tous, n’ont aucun niveau de culture, aucun sens du droit, aucun sens de l’État, et cela ne les excuse pas de dire qu’ils sont les représentants du peuple, au contraire. Ils sont bien conscients de cet état de fait. Mais, vous savez qu’en psychologie ce phénomène est fort connu. Au lieu de conduire à la modestie, à la juste confiance en soi, à l’écoute de l’autre, à l’ouverture, au contraire, il conduit à l’enfermement, à l’illusion, au fantasme, et à un orgueil démesuré et mal placé. C’est ce qu’on appelle communément « le complexe d’infériorité ».



Juridiquement parlant,  la date du 23 octobre est-elle réellement une date butoir
? Et politiquement, qu’en est-il?


J’ai déjà répondu à cette question à plusieurs reprises. Le 23 octobre constitue bien une date butoir. Mais nous ne sommes pas d’accord sur les conséquences qu’on peut en tirer. Personnellement, je pense qu’au-delà de cette date, l’Assemblée nationale constituante perdra en grande partie sa crédibilité et sa légitimité morale et politique. Je ne crois pas réellement qu’on puisse situer le débat sur le terrain juridique, pour en tirer des conséquences concrètes sur ce plan et conclure à une sorte d’invalidité juridique de la Constituante au-delà du 23 octobre.


Quels sont les scénarios envisageables au-delà de cette date, pour dépasser l’hypothétique vide juridique et politique que de plus en plus d’observateurs évoquent ?


On ne peut pas répondre à ce genre de questions, sauf à dire cela. Le peuple éprouve aujourd’hui une lassitude immense tout d’abord devant la longévité de cette période transitoire qui risque malheureusement encore de s’allonger. La même lassitude est due aux fautes énormes, inacceptables de gestion de l’Etat et à la mauvaise qualité de certains députés à l’Assemblée constituante et  des personnes si antipathiques qui entourent le gouvernement, en particulier le chef du gouvernement.



Est-il vrai que vous avez évoqué, lors de la table ronde du 23 août à l’Africa, un quelconque rôle de salut à l’Armée nationale ?

J’ai évoqué cette question à propos du recours au référendum, dans le cas où ne serait pas atteinte la majorité des deux tiers pour l’adoption de la Constitution au sein même de l’Assemblée nationale constituante. Cette idée de référendum contre laquelle j’ai averti dès le mois de décembre les plus hautes autorités de l’État constitue une course à l’aventure. En effet, que se passerait-il si jamais le référendum nous donne une réponse négative. Nous serons exactement dans la situation que nous avons voulu éviter depuis le début de la révolution en janvier 2011,  c’est-à-dire le vide au niveau de l’Etat. Or, c’est précisément dans ce piège que sont tombés  les «experts» si avertis au sein de l’ANC, les «Fatahel» du droit d’après l’expression que j’ai entendue d’un député de la Nahdha, au moment où ils ont rédigé la « petite Constitution». Quand cette question est venue en discussion au sein de notre propre comité d’experts, celui qui a travaillé avec la Haute instance de la révolution, cette idée de recours au référendum a été discutée. Mais nous l’avons immédiatement écartée à cause de ce risque. Je me rappelle avoir dit à mes collègues : «Nous ferons pour les constituants comme pour le pape.  Nous les enfermerons au palais du Bardo, jusqu’à ce qu’ils se mettent d’accord sur un projet avec la majorité des deux tiers. À ce moment-là, ils nous enverront la fumée blanche ». Ils n’ont qu’à se débrouiller pour atteindre ce consensus autour des deux tiers. Cette condition est d’ailleurs une garantie pour obtenir le consensus. Et nous avons supprimé de notre projet de constitution provisoire le recours au référendum.
A défaut de cela, nous courons le risque du vide total au niveau des institutions de l’État. Ni l’Assemblée nationale constituante, ni le gouvernement ni le président de la République n’auront plus de légitimité, cette fois-ci, ni juridique ni politique. Ce vide peut être fatal. Il peut conduire au développement de l’anarchie. Et devant le vide et l’anarchie, aucune force armée légale ne peut rester indifférente. Je le dis franchement : non seulement elle peut intervenir, mais dans cette hypothèse de catastrophe nationale, elle est obligée, par devoir envers l’ensemble de la patrie, d’intervenir pour mettre fin au chaos.
 

Est-ce que vous envisagez de quitter un jour votre statut d’expert et académicien pour vous engager dans l’arène politique ?


Je ne renoncerai jamais à mon statut, disons le mot, d’intellectuel.  M’engager dans l’arène politique directement, peut-être pas. Être présent dans le débat politique national, certainement. Mais je peux vous dire avec certitude ce qui suit : quoi qu’il en soit, je ferais certainement mieux que les responsables actuels.


Votre mot de la fin ?

Un conseil : il faut nous aider les uns les autres. Les partis au pouvoir, pardon je veux dire le parti, doit définitivement cesser son harcèlement à l’égard de la société. C’est lui qui provoque le contre-harcèlement d’une partie de la presse et des médias et des forces politiques de l’opposition. Il doit mener une politique plus prudente, plus objective, beaucoup plus ouverte, y compris à l’égard de ses ennemis, moins axée sur les intérêts partisans et les perspectives électorales. Sa responsabilité, en tant que parti de gouvernement, est bien plus lourde que celle des forces de l’opposition. Les erreurs venant de sa part sont plus graves. Parmi les erreurs qu’il faut éviter, cette imbrication organique entre le parti et l’État, sinon, comme l’a rappelé le président de la République, nous revenons aux pratiques du RCD. Le gouvernement, l’administration, les services de sécurité, la fonction publique, d’une manière générale les services de l’État, doivent bénéficier d’une autonomie réelle par rapport non pas simplement au parti au pouvoir, mais à l’ensemble des partis politiques. Autrement dit, le chef du gouvernement et les ministres en tant que chefs de l’administration centrale, responsables des services publics, de la fonction publique, de l’administration régionale, doivent oublier leur condition d’hommes de parti. Je sais que cet exercice est extrêmement difficile pour les personnes qui n’ont jamais exercé le pouvoir dans le cadre de la tradition du droit public et de l’administration tunisiens et qui, par ailleurs, n’ont pour la plupart aucune formation juridique, n’ont jamais fréquenté l’École nationale d’administration. La désignation d’un ministre ou d’un gouverneur ou d’un délégué ou d’un ambassadeur, même si elle est laissée à la discrétion du gouvernement, ne peut se faire à la courte paille. De telles fonctions nécessitent une certaine formation, une certaine culture du droit public tunisien. Que le pouvoir travaille en ce sens, nous travaillerons avec lui, dans le même sens.


Propos recueillis par Hella Habib


Sources: La Presse de Tunisie

 

Nonidi 19 Fructidor 220

 

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03/09/2012

Adresse virile au Président « Normalou » !

hollande ayrault couchés.jpg

 

 

Eh là ! Oh ! Où va-t-on président « Normalou » ?

Même question pour toi, prem’ministre « Tranquillou » ?

Pour dégager Sarko, nous vous avons élus,

C’est fait, il est parti le triste hurluberlu.

Maintenant allez-y ! Faut retrousser les manches,

Faut définir un cap, et tenir bon le manche !

« Normalou », on n’a pas oublié tes promesses,

Faudra-t-il te les rappeler avec rudesse ?

Tes ministres, éhontés, font la danse du ventre

Devant le patronat esbaudi, dans son antre !

Ne nous as-tu pas dit, avec mâle assurance

Que tes vrais ennemis sont les gens de finance ?

Alors, face aux banquiers, pourquoi te couches-tu 

Et sur le Livret A en as-tu rabattu ?

Quand vas-tu attaquer ta réforme fiscale ?

Mais une vraie réforme et pas un truc bancal,

Une qui fait payer, enfin, les pleins de thunes,

Qui multiple par dix l’impôt sur la fortune,

Qui équilibrera capital et salaires,

Reprendra le pognon pompé par l’actionnaire,

Pour le rendre aux manards blanchis sous le harnois,

Mais des vrais picaillons, pas juste quelques noix !

Tu devais fusionner l’impôt sur le revenu

Et la CSG. Or, on n’en parle plus !

Ne nous aurais-tu pas pris un peu pour des billes

En « revalorisant » le Smic de trois lentilles ?

« Oui mais Bruxelles là, oui mais l’Europe ci… »

Bouscule, s’il le faut, cette Europe moisie !

Recadre la Merkel, rabat son arrogance

C’est ce que tous les peuples attendent de la France.

Monsieur le président, ci-devant Normalou,

Mais qui donc proclamait : « Si c’est flou, y a un loup » ?

Alors sors de ce flou, mets tes gens au turbin,

Mais un turbin de gauche, pas un truc de larbins !

Bouffe les financiers à la sauce gribiche

Et dis à « Tranquillou » de se bouger les miches !


VictorAyoli


Octidi 18 Fructidor 220


Illustration X - Droits réservés

 

 

 

 

 

 

 

 

31/08/2012

Allez zou ! A la machine à laver, les cerveaux !

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Depuis le printemps, les médias nous ont gonflés avec Roland-Garros, les fouteux de leur coupe d’Europe, le tour de France, puis les jeux zolympiques. Voilà une illustration parfaite de cet élément primordial du contrôle social : la stratégie de la diversion. Elle consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes.

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l'économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

Garder l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux !

 

Et la censure ? Elle revient sous une forme directe contre ces extraordinaires espaces de liberté que sont (qu’étaient ?) les blogs. Ceci à travers des officines douteuses utilisant des logiciels robots. Elle prend la forme d’autocensure chez les professionnels de l’information…qui ménagent leurs employeurs et donc les consortiums financiers, marchands d’armes ou de béton qui les contrôlent.

Toute la subtilité de la censure moderne réside dans l'absence de censeurs. Ceux-ci ont été efficacement remplacés par la « loi du marché » et la « loi de l'audience ». Par le simple jeu de conditions économiques habilement créées, les chaînes de télévision – puisque la télé demeure le plus puissant, le plus influent des média - n'ont plus les moyens de financer le travail d'enquête du vrai journalisme, alors que dans le même temps, le reality-show et les micro-trottoir font plus d'audience avec un coût de production réduit.

 

Même les évènements importants sont traités sous un angle « magazine », par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, un sommet international donnera lieu à une interview du chef cuistot chargé du repas, à des images de limousines officielles et de salutations devant un bâtiment, mais aucune information ni analyse à propos des sujets débattus par les chefs d'états. De même, un attentat sera traité par des micros-trottoirs sur les lieux du drame, avec les impressions et témoignages des passants, ou une interview d'un secouriste ou d'un policier.

 

A ces insignifiances s'ajouteront, outre le sport, les faits-divers, les reportages pittoresques sur les villages de la France profonde, sans oublier les pubs déguisées pour les produits culturels faisant l'objet d'une campagne de promotion (spectacles, films, livres, disques...).

 

            Information déstructurée pour mémorisation minimale. Tous les psychologues et spécialistes des neurosciences savent que la mémorisation des informations par le cerveau se fait d'autant mieux que ces informations sont présentées de façon structurée et hiérarchisée. La structuration et la hiérarchisation de l'information sont aussi des principes de base enseignés à tous les étudiants en journalisme.

 

Or depuis 15 ans, les journaux télévisés font exactement le contraire, en enchaînant dans le désordre des sujets hétéroclites et d'importance inégale (un fait divers, un peu de politique, du sport, un sujet social, un autre fait divers, puis à nouveau de la politique, etc.), comme si le but recherché était d'obtenir la plus mauvaise mémorisation possible des informations par le public. Une population amnésique est en effet beaucoup plus facile à manipuler...

 

C’est bon ça Coco ! C’est bon pour fournir du temps de cerveau disponible à caca-cola !


Quartidi 14 Fructidor 220


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30/08/2012

Le « redresseur » et le nucléaire.

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Il devait avoir mis des lunettes en peau de saucisson le « redresseur » Montebourg lorsqu’il nous a sorti sa diatribe sur « le nucléaire, filière d’avenir ». Avenir de quoi ? Surtout des déchets qui ont un avenir de centaines de milliers d’années. Beau cadeau de ce poulet sans poil appelé « humain » aux espèces (probablement des poulpes) qui tiendront le haut du pavé dans quelques centaines de milliers d’années !

 

Pourtant, le lobby nucléaire met le paquet pour faire croire à cette ineptie. Eh ! Quand Areva et EDF inondent les magazines, les ondes et les écrans de pubs sur les avantages du nucléaire, qu’est-ce qu’elles espèrent ? Qu’on va acheter une centrale ? Ben voyons. Vous m’en mettrez une douzaine… Non, cela fait parti du bourrage de crâne pour enfumer les populos et leur faire croire que la filière nucléaire est indispensable, moderne, pleine d’avenir !

 

Pourtant l’Europe se débarrasse de plus en plus de cette dangereuse industrie du passé : Du Portugal, à l’Irlande, en passant par l’Italie, la Grèce, l’Autriche, la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, Chypre et le Danemark, ce sont déjà147 millions d’Européens qui ont tourné définitivement la page du nucléaire.

Viennent ensuite les pays qui ont prévu d’en sortir rapidement : l’Espagne, la Belgique, l’Allemagne, la Suède sont du nombre, ce qui représente 142 millions d’habitants.

Il ne reste donc que 204 millions d’européens à avoir encore recours à cette énergie dangereuse : la Grande Bretagne, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, la France, la Slovaquie, la Tchéquie, les Pays Bas, la Slovénie, et la Finlande, sauf que dans la majorité de ces états, les populations y sont majoritairement hostiles. lien 

 

Donc, sur les 27 pays qui composent l’Union Européenne, 10 seulement s’entêtent à imposer l’industrie nucléaire à leurs populations qui n’en veulent pas. Et ils oublient soigneusement de dire que cette industrie n’est pas rentable sans subventions étatiques fort généreuses, au détriment du développement des industries plus modernes.

 

Alors on nous parle de cette merveille des merveilles, le nec plus ultra sorti des têtes d’œufs du lobby nucléaire, j’ai nommé l’EPR ! Tu parles d’un modernisme ! La même chose en pire ! Et un gouffre financier insupportable en période de vaches maigres. Celui en construction à Flamanville, comme celui en construction en Finlande, connaissent des déboires en cascades, des retards incalculables et leur coût, initialement donné pour 3 milliards d’euros, dépassent d’ores et déjà largement les 7 milliards sans que l’on sache quand ils seront opérationnels ! Au passage, sachez que le supplément de 4 milliards (et plus si affinité !) du prix de l’EPR finlandais est supporté…par le constructeur français donc en dernière limite par nous et nos impôts… Bonjour la gabegie !

 

Le « redresseur » a pourtant raison lorsqu’il énonce que « la filière nucléaire a un avenir ». Elle a un avenir parce qu’elle a des structures puissantes et un savoir-faire indéniable. Mais cet avenir il n’est pas dans la construction de nouvelles centrales dont personne ne veut mais bien dans la DECONSTRUCTION, dans le démantèlement de toutes ces centrales qui font planer un danger mortel sur notre pauvre planète. Mais là n’est pas le sens des paroles du « redresseur »…

 

Tridi 13 Fructidor 220


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29/08/2012

A nos chers disparus

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Duodi 12 Fructidor 220

 

Merci à Chimulus

28/08/2012

Au bistro de la toile : robots…

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- L’autre jour, Loulle, j’ai foutu la zone à un péage d’autoroute. Je ne prends jamais ces trucs mais cette fois j’étais obligé. Donc j’arrive aux postes de paiement et là…que des robots, pas un pèlerin visible. Paiement par carte bleue obligatoire. Et si t’as pas de carte bleue, comment tu fais ? Bon. J’en avais une. Je la glisse dans la fente…

 

- … Hummm ! Quelle belle image Victor !

 

- Ouais… Donc je mets ma carte dans le truc et…que dalle ! Le truc me ressort la carte. Je recommence et…rebelote. Derrière moi, les gros culs commençaient à grogner du moteur, à hurler du klaxon, à menacer du plein phare. En désespoir de cause, je trouve un bouton « appel » et j’appuie. Une voie de bonne femme me demande mon numéro de carte, j’obtempère puis un type avec le gilet jaune fluo se pointe enfin, prend ma carte, entre dans la guérite et me délivre de ce piège.

 

- Faut être moderne mon beau ! Faut être moderne!

 

- S'il y avait une personne physique aux postes de paiement, comme c'était le cas avant la privatisation, il n'y aurait pas ces problèmes. Seulement un robot de paiement doit coûter dans les 10.000 euros par an, il travaille 24 heures sur 24, n’est jamais malade, ne fait jamais grève et n’est pas syndiqué. Tandis qu’un seul agent humain coûte 30.000 euros par an et qu’il en faut au moins trois pour faire le travail d’un seul robot. Les patrons n’étant ni masochistes ni philanthrope, il n’y a pas photo.

 

- Donc, sans ces robots, il y aurait moins de grasses pépites pour les actionnaires des sociétés concessionnaires! En voilà un beau scandale, la privatisation des autoroutes. C'est l'autre bellâtre à nom de canasson, le Galouzeau de Villepin qui a refilé ce bijou de famille aux amis de mes amis. A prix bradé: moins de 15 milliards alors que Philippe Seguin, alors président de la Cour des comptes estimait leur valeur à au moins 22 milliards! Depuis, les entreprises qui ont touchés le gros lot se gavent littéralement. Des milliards de bénef a se partager entre les actionnaires… Avec des équipements réalisés et payés, ne l’oublions pas, avec nos impôts…

 

 

 

- Pour en revenir aux robots, le même processus est en route dans les grandes surfaces. Dans un de ces temples de la consommation, il y a quelques jours, n’ayant que quelques produits, je n’avais pas envie de faire la queue à une caisse. Je suis donc allé vers une de ces caisses automatiques. Je n’ai rien compris au fonctionnement bien sûr et une hôtesse, excédée par ces clients ignares, imperméables au « progrès », m’a initié à la manœuvre. Je l’ai remerciée et lui ai fait remarquer qu’elle aidait les clients à utiliser des machines…qui allaient la mettre au chômage. Elle a haussé les épaules et est partie, fière et pimpante sur ses talons !

 

- Ma foi, c’est son problème…

 

 

- C’est aussi et surtout un problème gouvernemental : les déficits – qu’ils soient de la sécu ou du budget - seraient singulièrement réduits si l’on taxait ces robots à un tarif proche de ce qu’auraient payé une entreprise si elle utilisait les humains que les robots ont mis au chômdu…

 

 

- Pas con. Allez, à la nôtre. Et c’est pas un robot qui te sert !

 

 

Primidi 11 Fructidor 220


 Merci à Chimulus

 

23/08/2012

Le pétrole a encore augmenté ? Et alors !

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Je viens de passer à la pompe, et j’ai de moins en moins de « 95-E10 » pour les quelques euros que je consacre à ce liquide nauséabond. Quelle chance ! Ouais, je vous vois venir. Vous allez dire « Ça y est, Victor, il est constipé des boyaux de la tête… » !

 

Pas du tout !

 

Chaque matin, lorsque le bavard de service de France Inter ou d’Europe 1 prend son ton le plus consterné pour nous annoncer le hausse du « baril » de pétrole (159 litres), ça me réjouit ! Et oui, je suis comme ça. Ce n’est pas que j’aime les coups de pieds au cul, bien au contraire : cette hausse du pétrole impliquera forcément, et j’espère le plus tôt possible, une remise en cause de ce qui fait le fondement de l’économie ultra-libérale « globalisée », c’est à dire les transports à bas prix,  responsables des principales pollutions à gaz à effet de serre, outils de la déforestation, outils de l’invasion des produits à vil prix fabriqués par des esclaves chinois, marées noires, etc.

 

Et il y a de l’espoir : le merdier syrien et l’insécurité des approvisionnements de la région du golfe pèsent de plus en plus sur le prix du brut. « Normalou » a beau nous enfumer avec une baisse d’un centime des taxes, l’essence chère, c’est maintenant ! Et c’est tant mieux.

 

Savez-vous que 75% des transports par poids lourds qui encombrent routes et autoroutes ne servent strictement à rien ? Exemple : des patates cultivées dans le Limbourg belge sont expédiés au Maroc pour êtres pelées et coupées. Elles repartent en Italie pour être congelées. Puis en Hongrie pour être conditionnées. Enfin elles retournent en Belgique pour être bouffées, Un’ fois ! Environ 6000 km pour rien !

 

Pareil pour la plupart des produits courant. J’ai lu quelque part qu’un bloudjine « voyage » environ 45.000 km…

 

Donc, pétrole cher = suppression de ces aberrations.

 

Pétrole cher = voyages en avion chers, donc moins de touristes-pouristes.

 

Pétrole cher = retour des ceintures vertes vivrières autour des villes (plutôt que de bouffer à Avignon ou Montpellier d’insipides aubergines ou tomates hollandaises ou des fraises andalouses bourrées de saloperies….)

 

Je vous laisse trouver vous-même quelques autres – nombreuses – conséquences réjouissantes de cette hausse du pétrole.

 

Et en plus, ça oblige les fabricants de bagnoles a imaginer du moins gourmand et du moins polluant ! !

 

Allez, il fait beau : je sors mon vélo !

 

 Sextidi 6 Fructidor 220


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22/08/2012

Pour ne pas se faire caniculer idiot : comment on se fait prendre pour des gnous

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L’excellent site syti.net - qui donne des boutons à bien des gens en place et ne reculant devant rien pour y rester - a publié il y a déjà quelques années, sous la plume de Sylvain Timsit une analyse particulièrement pointue et caustique des stratégies de manipulation que nous subissons, souvent sans nous en douter. Allez, un peu de réflexion sur la plage, ça ne fait jamais de mal. Surtout avant la rentrée.

 

1- La stratégie de la diversion.
Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes.

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l'économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

Garder l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. 


2 - Créer des problèmes, puis offrir des solutions.
Cette méthode est aussi appelée "problème-réaction-solution". On crée d'abord un problème, une "situation" prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu'on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore: créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.



 

3 - La stratégie du dégradé.
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l'appliquer progressivement, en "dégradé", sur une durée de 10 ans. C'est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n'assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution si ils avaient été appliqués brutalement.



4 - La stratégie du différé.
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme "douloureuse mais nécessaire", en obtenant l'accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d'accepter un sacrifice futur qu'un sacrifice immédiat. D'abord parce que l'effort n'est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que "tout ira mieux demain" et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s'habituer à l'idée du changement et l'accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
Exemple récent: le passage à l'Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple: les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.



5 - S'adresser au public comme à des enfants en bas-âge.
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique: la campagne TV française pour le passage à l'Euro ("les jours euro"). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi?
"Si on s'adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d'une personne de 12 ans.



6 - Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion.
Faire appel à l'émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l'analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d'ouvrir la porte d'accès à l'inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...



7 - Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise.
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.

"La qualité de l'éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l'ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures."



8 - Encourager le public à se complaire dans la médiocrité.
Encourager le public à trouver "cool" le fait d'être bête, vulgaire, et inculte...



9 - Remplacer la révolte par la culpabilité.
Faire croire à l'individu qu'il est seul responsable de son malheur, à cause de l'insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l'individu s'auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l'un des effets est l'inhibition de l'action. Et sans action, pas de révolution!...



10 - Connaître les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes.
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le "système" est parvenu à une connaissance avancée de l'être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l'individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.


Quintidi 5 Fructidor 220


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Sources :  http://www.syti.net/Manipulations.html

 

 

20/08/2012

Au bistro de la toile : chaud devant, chaud !

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- Oh ! Victor, il parait qu’il fait chaud !

 

- Ah bon ! Et c’est pas normal ? On est au mois d’août non ? Heureusement qu’il fait chaud, sinon comment vivrait mon mastroquet préféré ? Et puis, parler de la canicule – temps de chien – ça évite de regarder le merdier qui se met en place inéluctablement au Moyen-Orient.

 

- Ah ! C’est vrai que là-bas c’est plus que chaud, ça brûle et ça explose… Mais c’est loin et finalement, on s’en fout un peu…

 

- A part que nous avons – merci Sarko ! – une base militaire à Abou Dhabi, dans les Emirats Arabes Unis, juste en face de l’Iran et à quelques centaines de kilomètres seulement. Autrement dit, si le merdier syrien débouche sur une internationalisation de ce conflit aussi religieux (chiite contre sunnite) que géopolitique (main mise sur le pétrole) ; si pour arranger les choses les faucons israéliens bombardent les installations nucléaires iraniennes, ça pètera méchant ! La base française sera une cible toute trouvée pour l’Iran. Et nous serons en première ligne…

 

- Ah ! V’là autre chose… Mais qu’est-ce qu’on est allé foutre là-bas ?

 

- Ben, d’abord – merci Sarko - montrer nos beaux avions, nos beaux bateaux de guerre pour espérer en fourguer quelques uns à toutes ces belles « démocraties » sanguinaires qui se partagent le pétrole, puis montrer aux Ricains qu’on existe, enfin gonfler nos petits muscles dans ce golfe où transitent l’essentiel du pétrole mondial.

 

- Mouais… Il y a beaucoup de gesticulation je vois. Mais qu’est-ce qui pourrait faire que la guerre civile et religieuse en Syrie allume le pétard ?

 

- Le boucher de Damas – celui qui assistât il y a peu de temps au défilé du 14 juillet aux côté de Sarko – fait tout pour internationaliser le conflit : un avion turc abattu, des escarmouches et des tirs avec la Jordanie, pareil au nord Liban. Il pense que pour sauver son pouvoir, il doit impliquer ses grands protecteurs : Iran, Russie, Chine. Et donc provoquer les Occidentaux. Comme nous sommes de nouveau – merci Sarko – en plein dans l’Otan, t’as qu’à voir ce qui nous guette.

 

- Des coups sur la gueule quoi… Tè, en attendant, luttons contre la canicule : je t’offre un rosé limé !


Quartidi 4 Fructidor 220


Merci à Chimulus

14/08/2012

Le vrai visage de « l’islamisme modéré » se dévoile en Tunisie.

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Hier, lundi soir, quelques milliers de femmes tunisiennes ont bravé les foudres du parti islamiste au pouvoir qui, avec ses alliés salafistes, a confisqué la révolution du printemps arabe. Objet de leur manifestation, un article que le parti En-Nahda veut inscrire dans la constitution tunisienne. Cet article dit ceci : «L’État assure la protection des droits de la femme, de ses acquis, sous le principe de complémentarité avec l’homme au sein de la famille et en tant qu’associée de l’homme dans le développement de la patrie».


Cet article consacre l’inégalité entre les sexes, au profit bien entendu des couillus. Il remet en cause le code du statut personnel (CSP) adopté en 1956. Un texte progressiste, inédit dans le monde arabe, qui révolutionne les relations familiales. Certes, l’époux reste celui qui se doit de subvenir aux besoins de la famille et, conformément aux principes de la charia, le fils hérite deux fois plus que la fille. Mais le CSP interdit aussi la polygamie, la répudiation et fixe un âge plancher pour le mariage.


La révolution, la marche vers la démocratie, en pays musulmans, ne triomphera – si elle triomphe un jour – que par les Femmes !


Un commentaire d’un lecteur de Libération, qui signe zohrarose, donne une vision que j’approuve des deux mains de ce pouvoir islamiste qui se dit « modéré » pour mieux enfumer les opinions occidentales.

 

« On commence à découvrir le vrai visage de l’ « Islamisme modéré » et de la « Sharia light »

Le gouvernement d’En-Nahda et ses amis salafistes, se définit lui-même comme islamiste. Mais pour le politiquement correct en Occident, il précise qu’il est islamiste « modéré ».

 
Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’en tant que musulman, quel que soit la tendance dont on se réclame, il n’y a qu’un seul Coran. Et ce Coran est la référence absolue en tant qu’Attribut divin d’Allah. Cette Parole, incréée, éternelle et inaltérable, a été révélée à Mahomet, avec les lois divines qu’aucune loi humaine ne peut remplacer. 


Dans cette logique implacable, le gouvernement d’En-Nahda, élu par une majorité de Tunisiens, qui reçoivent l’enseignement islamique depuis l’école enfantine jusqu’à l’université, se trouve aujourd’hui en face de son propre double langage. En quoi l’Islam « modéré » qu’il préconise a-t-il le pouvoir de modifier ou d’abroger les préceptes d’Allah. 

Et concernant la femme, ces préceptes divins d’Allah, sont très clairs : 

1. L’inégalité homme-femme est inscrite dans la création : (Sourate 4, Verset 34) : « LES HOMMES ONT AUTORITÉ SUR LES FEMMES, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. LES FEMMES VERTUEUSES SONT OBÉISSANTES (À LEURS MARIS), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et QUANT À CELLES DONT VOUS CRAIGNEZ LA DÉSOBÉISSANCE, EXHORTEZ-LES, ÉLOIGNEZ-VOUS D'ELLES DANS LEURS LITS ET FRAPPEZ-LES » 

2. L’inégalité dans la polygamie : (Sourate 4, Verset 3) : « IL EST PERMIS D'ÉPOUSER DEUX, TROIS OU QUATRE, PARMI LES FEMMES QUI VOUS PLAISENT, mais, si vous craignez de n'être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou DES ESCLAVES QUE VOUS POSSÉDEZ. » 

3. Inégalité dans l’héritage : (Sourate 4, Verset 11) : « Voici ce qu'Allah vous enjoint au sujet de vos enfants : au fils, une part équivalente à celle de deux filles. S'il n'y a que des filles, même plus de deux, à elles alors deux tiers de ce que le défunt laisse. Et s'il n'y en a qu'une, à elle alors la moitié…. » 
Avec d’autres discriminations (témoignage, voile) les préceptes divins d’Allah instaurent un véritable apartheid basé sur le sexe. 

Alors pour En-Nahda et son gouvernement, le dilemme est terrible : comment respecter ses promesses sur l’égalité homme-femme, sans renier Allah et Mahomet ? 

Pour ceux qui ont rivalisé d’aveuglement, En-Nahda commence à montrer son vrai visage et en même temps, dévoiler pour les idiots utiles de l’islamisme, qu’il n’existe ni Islam modéré, ni Sharia Light, mais un seul Islam, conforme au Coran et à la vie de Mahomet, ce « Modèle parfait que tout musulman doit prendre pour exemple ». 

 

Voilà. Tout est dit. Et laissons hurler les idiots utiles…



Nonidi 29 Thermidor 220


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13/08/2012

Mettre son nez dans le merdier syrien ? Ça va pas, non !

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Ah ! Ça les travaillait les comiques troupiers de la bellicitude, les Abbot et Costello de la couennerie va-t-en-guerre, j’ai nommé le retraité du cap-Nèg…(pardon, Homme-de-couleurs) et son comparse filousophe à la chemise blanche. Voilà-t-y pas qu’ils enjoignent François de mettre son treillis camouflé et ses rangers de chefs des armées pour aller « libérer » la Syrie de son bourreau. Ben, voyons, ya-ka ! Bourreau dont Sarko oublie que c’est lui qui a tout fait pour le ramener dans le concert international, l’invitant même au 14 juillet.

 

Il agite ses petits bras et met en parallèle son action à lui contre Kadhafi (encore un de ses bons amis !) pour « libérer » la Syrie…et la livrer aux islamistes tout en fournissant un arsenal formidable à tous les barbus fanatiques qui, armés comme un porte-avions, sèment la zone au Mali et bientôt dans toute l’Afrique de l’Ouest. Beau résultat.

 

La Syrie n’est pas la Lybie. Le massacreur de peuple a des protecteurs qui, à défaut d’être des modèles de démocratie, donnent à réfléchir à qui se sent des humeurs belliqueuses : Iran, Russie et Chine. Alors qu’est-ce qu’ils veulent les va-t-en-guerre de la droite ? Qu’on envahisse la Russie, la Chine et l’Iran avec les quelques guerriers que l’on ramène d’Afghanistan ? Attitude qui serait comique si elle n’était aussi désolante qu’irresponsable…

 

Alors qu’est-ce qu’il faut faire ?

 

Demander, puisque nous présidons le Conseil de sécurité de l’Onu, une intervention sous son égide ? Eh ! Oh ! Les Russes et les Chinois estiment à juste titre s’être fait avoir quant à l’intervention libyenne. Donc pas question.

 

S’assoir sur l’Onu et intervenir sans son aval ? Seuls ? On est sûr d’un affrontement avec la Russie de Poutine et d’une humiliation comme à Suez en 1956. Donc pas question.

 

On envoie des armes sophistiquées aux rebelles ? Oui mais auxquels tant il y a de factions souvent antagonistes ? Cela risque de revenir à livrer ces armes à Al Qaida et autres islamistes… Donc pas question.

 

Alors, on ne fait rien ? On ne peut affectivement pas faire grand-chose sinon de l’humanitaire et de la pression diplomatique. Le Moyen-Orient est un merdier dont il faut rester le plus loin possible. Les soubresauts qui l’agitent mêlent les luttes pour le pouvoir, pour le pétrole et les haines religieuses. Sunnites contre Chiites, Alaouites et autres sectes toujours prêtes à s’entr’égorger. Mais tous ces gens sont toujours disposés à se réconcilier…sur le dos du roumi si celui-ci met ses gros panards chez eux !

 

Sans oublier qu’Israël serait en première ligne et que les faucons au pouvoir saisiraient à coup sûr l’occasion pour bombarder les installations nucléaires iraniennes.

 

Avec risque très sérieux pour ne pas dire inéluctable vers une troisième guerre mondiale…

 

Septidi 27 Thermidor 220


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03/08/2012

Bronzez ! Bronzez, mais évitez d’être malades.

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Pendant la sacro sainte période du bronze-cul national, d’importantes négociations commencent de l’issue desquelles ne dépendra rien moins que notre santé. Il s’agit de mettre enfin de l’ordre dans le monde opaque de la médecine et surtout des tarifs de certains actes, des honoraires des praticiens du secteur 2 (secteur où les dépassements d’honoraires sont autorisés « avec tact et mesure ». Mouais… tact et mesure, mon cul ! Allez chez un ophtalmo et vous comprendrez…

 

Frédéric Van Roekeghem, le directeur de l'assurance maladie met les pendules à l’heure : «La priorité aujourd'hui est d'abord d'améliorer la situation des assurés et non d'améliorer le revenu des médecins. En ces temps de difficultés financières, nous allons demander un effort aux médecins du secteur 2 ». Ceux qui facturent à leurs patients des honoraires bien supérieurs au tarif remboursé par la Sécurité sociale.

 

Les dépassements d’honoraires se multiplient sans aucun tact vis-à-vis de malades désemparés ni mesure lorsque les tarifs de la sécu sont triplés, voire décuplés et plus si affinités. Faut bien changer le Porsche Cayenne chaque année, merde !

 

Il faut pourtant modérer l’ire que l’on sent monter parmi les cochons de payants. Plus de 90% des médecins généralistes sont en secteur 1 (sans dépassement par rapport au tarif de la Sécurité sociale) et près de 60% des médecins spécialistes. Mon toubib me prend moins que le plombier ou le réparateur de bagnole…

 

On nage en plein paradoxe, avec une pratique « libérale » de la médecine et un financement socialisé ! Car les professionnels de santé, qu’ils l’acceptent ou pas, sont des quasi-fonctionnaires, puisque leur rémunération de base - la seule qui soit légitime - est payée par des prélèvements obligatoires qui ne sont rien d’autre que des impôts. Sans oublier que leurs études, leurs très chères études ont été payées par la société, donc par nous, par nos impôts. Ce qui rend ces médecins quelque peu redevables de leur situation à la collectivité, non? Pour en sortir, pourquoi ne pas envisager le paiement au forfait-patient en remplacement du paiement à l’acte ? Et imposer un certain nombre d’années de pratique dans les « déserts médicaux » ? Dans ma cambrousse estivale, le seul (excellent !) toubib à 25 km à la ronde est…Espagnol !

 

Au fait, pour les riches, créons un secteur entièrement libre, mais plus du tout remboursé par l’Assurance maladie et les mutuelles. Ces bourrés de thunes pourront se faire soigner par les toubibs qui s’y risqueront sans plus avoir aucun filet pour garder leur clientèle !  Chiche !

 

 

Septidi 17 Thermidor 220

 

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01/08/2012

Au bistro de la Toile : le PSG et les lapidés du Mali.

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- …taing ! Victor, t’as vu dans le canard : il fait pas bon se payer du bon temps si t’es pas marié au Mali ! Les barbus qui ont fait main basse sur le nord du pays ont commencé par filer des coups de triques aux pauvres mecs qui boivent une mousse mais maintenant ils font plus fort : ils sont allés chercher un couple qui vivait dans la brousse. Couple bien normal, avec deux enfants dont un bébé de six mois. Les barbus sont allés les chercher chez eux, les ont ramenés en ville, les ont enterrés jusqu’à la taille chacun dans un trou et...les ont lapidés à mort devant les élus du pays. Pour faire un exemple. Le crime de ce couple : ils n’étaient pas mariés ! Si on faisait ça chez nous, il n’y aurait jamais assez de caillasses dans toutes les carrières de France ! Putaing, mais qu’est-ce que c’est que ces coutumes de merde ?

 

- Eh alors ? Les islamistes, les barbus comme tu dis appliquent leur religion. Un point, c’est tout. On fait semblant de découvrir ? Mais ils appliquent la charia. Leur loi religieuse. Celle qui fait couper les mains aux chapardeurs en Arabie saoudite et même maintenant en Tunisie. Ah ! On ne sait pas ? On ignore ? On s’offusque ? Mais c’est ça la charia ! C’est ça que les frères musulmans et les salafistes qui dominent les régimes sortis des « révolutions » arabes veulent imposer à leurs peuples. Voilà un bel exemple d’obscurantisme religieux. Voilà ce qui nous guette si nous baissons les bras sur le strict respect de la laïcité. Cessons l’hypocrisie.

 

- Mais enfin, ces révolutions ont foutu en bas d’infâmes dictatures.

 

- Et c’est très bien. Mais ces « révolutions » n’ont pas compris le message de la mère de toutes les Révolutions, la française.  Sous l’ancien régime, l’ordre de la hiérarchie était Dieu, puis le Roi, enfin le peuple. La révolution française a inversé ça : sous la république issue de la révolution, l’ordre hiérarchique est devenu le Peuple, la Nation. Plus de place pour le roi. Dieu garde une place pour ceux qu’il intéresse encore mais uniquement dans la sphère privée. Les « révolutions » arabes ne réussiront que lorsqu’elles auront compris ça. Et l’humanité ne progressera que lorsqu’elle se sera libérée du carcan de toutes les mythologies religieuses.

 

- Tout de même, le Mali ne nous avait pas habitués à ça. Des Maliens – ces grands et beaux mecs noirs et ces superbes gazelles d’ébènes – on en connait tous. Ils ne méritent pas ça. Qu’est-ce que ça cache ?

 

- Le sous-sol du nord Mali recèlerait des trésors (Minerais ? Pétrole ? Gaz ?), ce qui suscitent évidemment bien des convoitises. Derrière les mouvements islamistes qui ravagent ces territoires, il y aurait un grand « ami » de la France, le Qatar. Sur la base d’informations de la Direction du renseignement militaire français, Le Canard Enchaîné affirmait il y a quelques semaines que l’émir du Qatar avait livré une aide financière aux mouvements armés qui ont pris le contrôle du nord du Mali. Parmi ces groupes qui ont reçu les dollars qataris figurent le Mujao qui retient en otage sept diplomates algériens depuis le 5 avril dernier. L’Emirat bien connu pour ses fonds d’investissements qui lui donnent une façade pour le moins inoffensive sinon alléchante aurait surtout des visées sur les richesses des sous-sols du Sahel. D’où la nécessité de « subventionner » – si ce n’est armer directement- les mouvements djihadistes. Des pratiques parfaitement connues du Ministère de la Défense.(lien

 

- Autrement dit, en allant voir jouer le PSG, on est un peu complice des salopards qui lapident les malheureux au Mali.

 

- Ben voilà ! T’as tout compris Loulle. Tu touches du doigt l’immense hypocrisie de la politique occidentale : on prône la défense des droits de l’homme partout dans le monde – et c’est tout à notre honneur – et on caresse dans le sens du poil en les armant, en les enrichissant outrancièrement ces féodalités pétrolières du Golfe qui sont des insultes à la démocratie et les véritables nids de vipères du jihadisme…

 

- Tè ! A la nôtre !

 

- A la nôtre ! Tant que la charia ne nous l’interdit pas…

 

 

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Quintidi 15 Thermidor 220

 

 

Illustration Chimulus et X – Droits réservés

 

31/07/2012

Europe. Et si les Anglais filaient « à l’anglaise » !

 

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François, goguenard, a renvoyé la balle à Cameron en le remerciant d’avoir déroulé le tapis rouge aux athlètes français qui ramassent quelques breloques alors que les sujets de sa « gracieuse majesté » font encore ceinture ! Une bonne partie des dits « sujets » en ont d’ailleurs ras les aliboffis de ces « Jeux » qui, à côté du fait qu’ils sont un gouffre financier, leur compliquent la vie et les énervent par les contraintes et passe-droits : installation de missiles sur leurs toits, surveillance policière massive, couloirs de circulation réservés aux « vip » dans les rues de leur capitale, main mise des margoulins des marques commerciales qui « sponsorisent » l’évènement, milliards jetés par les fenêtres (30 millions pour la seule cérémonie d’ouverture dégoulinant de nationalisme) pour des installations sportives éphémères, etc.

 

Cameron, représentant des ruffians de la « city » comme avant lui Blair et Thatcher, nous donne pourtant quelques solides espoirs en voulant organiser outre-manche un référendum sur la possible sortie du Royaume Uni de l’Union européenne. L’opinion publique britannique étant majoritairement hostile à l’Europe, voilà une perspective qui serait fort réjouissante. Encore que… Le résultat d’un référendum, on sait ce qu’en a fait Sarko en France !

 

La construction européenne, les Anglais n’y ont jamais adhéré. Ce peuple de boutiquier égoïste et vindicatif, lorsqu’il s’introduit dans une institution, c’est soit pour la dominer, soit pour la casser. Ne pouvant évidemment pas dominer la construction européenne, ils ont tout fait pour la casser. Et on peut dire qu’ils ont réussi. Ce qui les intéresse c'est uniquement ce qui peut leur profiter. Pour ce faire, le Royaume-Uni a misé sur la finance, ses banques, la spéculation, la City avec la « révolution » ultralibérale thatchérienne et les pressions pour l’ouverture tous azimuts de l’Union qui en a fait une énorme méduse informe, sans squelette, bouffie et impuissante, simple zone de libre-échange sous les oukases d’une Commission quasi totalitaire. Une Europe – hélas ! - qu’exècrent les Européens…

 

La « perfide Albion » est la première coupable de cette l’Europe des marchands, sans règles sociales, dérégulée à outrance afin de favoriser la spéculation incontrôlable où excellent les requins de la « city », favorisant la concurrence entre états sur la base du moins disant social là où il faudrait de la solidarité.

 

Maintenant qu’il n’y a plus grand-chose à grappiller du côté de l’Europe, il serait logique que les britanniques – dont les divers gouvernements sont, répétons-le, totalement inféodés aux ruffians de la finance  et cinquième colonne des Etats-Unis en Europe – dégagent de cette Europe exsangue en partie par leur faute.

 

On les verrait filer « à l’anglaise » avec plaisir et soulagement !



Quartidi 14 Thermidor 220


Illustration - Merci à Goutal

 

27/07/2012

Au bistro de la toile : merde aux J.O. !

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- Oh ! Victor, je te croyais à London pour les jeux olympiques !

 

- A London ? Allons donc. Putaing, ils me gonflent les médias avec leurs conneries de jeux olympiques. On n’entend que ça. Bourrage de crânes à outrance. Abrutissement des foules.

La plus grande escroquerie mentale, c’est de faire croire que les « J.O. » sont une fête de la jeunesse, un instant de paix mondiale.

Les J.O., sont nés dans la cervelle d’un baron aux idées plus que douteuses, admirateur d’Hitler, méprisant au plus haut point les femmes. Le C.I.O., multinationale bourrée de thunes, domicilié évidemment en Suisse, ne payant pas d’impôts, a été dirigé pendant des années par Samaranch, fruit délicat du franquisme à qui l’on doit la forme moderne, c’est-à-dire totalement dévolu au fric roi, des J.O., avec les droits télé et les partenariats.

Les J.O. représentent l’embrigadement, le nationalisme le plus chauvin, une compétition sous-tendue par les drogues fournies par les grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux et grassement commissionnés (notez, j’ai pas dit sponsorisés !) par les marchands de merde mondiaux. Les villages olympiques sont des ghettos où des robots humains programmés ne se rencontrent jamais, ne se côtoient pas, ne se parlent pas. Surveillés qu’ils sont par des « entraineurs  kapos ».

 

- Et les sportifs là-dedans ? Parce qu’il y en a qui y croient, qui se décarcassent pour le rêve d’une médaille…

 

- Ils sont des marionnettes. On les prend pour des cons. On les traite comme des sous merdes. Dictateurs et « sponsors » les élèvent, les entraînent à des rythmes de fous, les engraissent aux hormones de croissance et autres saloperies bien connues des « sportifs », les fanatisent pour qu’ils se surpassent et écrasent leurs adversaires. Ce sont des champions élevés en batterie, c’est pas du nourri sous la mère ! Tu les fais pisser par terre, ça fait un trou ! Et cerise sur le gâteau, cette année, on va avoir des « sportives islamiques » revêtues…de la burqa de compétition. A hurler de connerie.

 Les J.O. sont de droite, et même d’extrême droite. Le ci-devant Coubertin (Baron Pierre de…), il était pas mal dans le genre facho, raciste et machiste. Il se proclamait lui-même comme un « colonialiste fanatique ». Il prônait la pratique sportive et physique comme un moyen de redressement de l’esprit. Allez, court coco, et ne réfléchit surtout pas ! Les Jeux Olympiques sont une organisation d’extrême droite, destinée à faire du fric et à aveugler les pauvres cons. « Donnez au peuple du pain et des jeux » ! Il a avait tout compris le César. 30.000 flics et troufions, des batteries de missiles sur les toits, un flicage outrancier et…inefficace comme vient de la démontrer un merdeux flamboyant de 11 ans qui a traversé en sifflotant tous les contrôles aériens !

 

- Ça changera un peu les idées, ça fera un peu oublier le chômage, la crise qui s’éternise, les guerres qui nous cernent…

 

- C’est fait pour ça : mettre des œillères au bon peuple… Tu sais combien ces jeux à la con vont coûter à l’Angleterre, pays en récession ? 30 milliards d’euros (officiellement 13 alors que c'étair 5 au départ mais en passant partout on arrive à 30). Pour 16 jours !!! La Grèce, en son temps, a gaspillé 13 milliards et ne s’en est pas relevée. Il parait qu'Albertville, en Savoie, continue de payer pour des jeux d’hiver. Et il ne faut surtout pas croire que les « Jeux » profitent à la ville, à la région, au pays qui les organisent. Pour ceux-ci - c’est-à-dire pour le cochon de payant final, le contribuable – ce sont des emprunts à rembourser pour un demi-siècle. Ceux qui s’engraissent, ce sont les marques qui ont la haute main sur ce cirque.

 

- Allez, Victor, si on créait une nouvelle discipline olympique ? L’apérobic !

 

- Bonne idée. A la nôtre !

 

 

 Décadi 20 Thermidor 220


Illustration. Merci à Chimulus

 

20/07/2012

Salut à toi, ami Fainéant, mon frère !

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Salut à toi, ami estivalier qui, le temps de quelques semaines, va t’initier à ce subtil bonheur : glander ! Marcher avec le temps au lieu de te laisser dévorer par lui. Ecouter ta vie. En ex-Indochine, un proverbe dit : « Les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser, les Laotiens l’écoutent pousser ». Toute une philosophie de vie qui désacralise le « travail ». « Travail » (du latin tripalium, instrument de torture). Ils sont bien plus valorisant les termes « labeurer » ou « labourer » plus spécifique et « œuvrer », accomplir une œuvre.

 

Le travail implique contrainte, souffrance, malédiction divine. Le sinistre M. Thiers, dans le sein de la Commission sur l'instruction primaire de 1849, disait: «Je veux rendre toute-puissante l'influence du clergé, parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l'homme qu'il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l'homme: "Jouis".» Thiers formulait la morale de la classe bourgeoise dont il incarna l'égoïsme féroce et l'intelligence étroite. Il a eu cinq longues et sombres années durant un digne successeur en la personne de Sarkozy et de son « travailler plus pour… ».

 

La paresse, la fainéantise, le glandage sont l’apanage d’une sorte d’élite. On naît fainéant. C’est une chance immense et une injustice pour les autres. L’art de ne rien faire est difficile et ne semble pas donné à tout le monde. Même les loisirs en prennent un coup : le temps libre est de plus en plus confisqué par la télévision et les industriels des loisirs. Nombreux sont ceux qui redoutent l’inaction et réclament un ordre du jour même pendant leurs vacances. Comme s’ils craignaient de se laisser aller, de se laisser guider par la fantaisie. Peut-être par peur de se retrouver seuls avec eux-mêmes ?

 

Nous sommes influencés par cette culture où le religieux  ( "Tu te nourriras à la sueur de ton front !") se mêle à l’économique (travailler plus pour gagner plus) et condamne l’oisif à travailler. Sauf s’il est rentier ou/et actionnaire ! Dans ce cas, c’est son capital qui travaille pour lui, c’est-à-dire vous, moi, les cochons de payants de la France d’en-bas.

 

Après des siècles de christianisme et avec l’esprit du capitalisme, on n’imagine pas passer sa vie dans l’inactivité, à moins de passer pour un marginal ou un illuminé. Et malheur à vous si vous avez la malchance d’être au chômage ou si vous avez choisi de faire passer votre vie personnelle avant le travail. On aura vite fait de vous soupçonner de paresse, fainéantise ou de manque d’ambition. Et vous perdrez votre vie à la gagner. Et pourtant ! Dans une autre vie, j’ai même été « chef d’entreprise ». Et je n’embauchais que des fainéants avoués. Ils sont les plus fiables, les plus efficaces des collaborateurs : un fainéant œuvre vite pour avoir plus vite fini et bien pour ne pas avoir à y revenir !

 

Il y a dans l’art de ne rien faire le signe d’une conscience vraiment affranchie des multiples contraintes qui, de la naissance à la mort, font de la vie une frénétique production de néant. Niquer ces contraintes est une libération.

 

Dans le système capitaliste d’exploitation de l’humain, il y a de la malice, assurément, à en faire le moins possible pour un patron, à s’arrêter dès qu’il a le dos tourné, à saboter les cadences et les machines, à pratiquer l’art de l’absence justifiée. La paresse ici sauvegarde la santé et prête à la subversion un caractère plaisamment roboratif. Elle rompt l’ennui de la servitude, elle brise le mot d’ordre, elle rend la monnaie de sa pièce à ce temps qui vous ôte huit heures de vie et qu’aucun salaire ne vous laissera récupérer. Elle double avec un sauvage acharnement les minutes volées à l’horloge pointeuse, où le décompte de la journée accroît le profit patronal. Voler ainsi un patron, ce n’est que de la récupération !

 

Pourtant, il plane sur la paresse une telle culpabilité que peu osent la revendiquer comme un temps d’arrêt salutaire, qui permet de se ressaisir et de ne pas aller plus avant dans l’ornière où le vieux monde s’enlise. Encore que ! Certains entreprise découvrent les bienfaits de la sieste !

 

Qui, des allocataires sociaux, proclamera qu’il découvre dans l’existence des richesses que la plupart cherchent où elles ne sont pas ? Ils n’ont nul plaisir à ne rien faire, ils ne songent pas à inventer, à créer, à rêver, à imaginer. Ils ont honte le plus souvent d’être privés d’un abrutissement salarié, qui les privait d’une paix dont ils disposent maintenant sans oser s’y installer. La culpabilité dégrade et pervertit la paresse, elle en interdit l’état de grâce, elle la dépouille de son intelligence. Pourtant ils feraient dans la fainéantise d’étonnantes découvertes : un coucher de soleil, le scintillement de la lumière dans les sous-bois, l’odeur des champignons, le goût du pain qu’il a pétri et cuit, le chant des cigales, la conformation troublante de l’orchidée, les rêveries de la terre à l’heure de la rosée, sans oublier les formidables rêves érotiques !

 

- Oh ! Victor ! Bois un coup, ça te passera !

 

- Merci !

 

Nous aurons bien mérité la retraite, soupirent les travailleurs. Ce qui se mérite, dans la logique de la rentabilité, a déjà été payé dix fois plutôt qu’une !

 

Si la paresse s’accommodait de la veulerie, de la servitude, de l’obscurantisme, elle ne tarderait pas à entrer dans les programmes d’État qui, prévoyant la liquidation des droits sociaux, mettent en place des organismes caritatifs privés qui y suppléeront : un système de mendicité où s’effaceront les revendications qui, il est vrai, en prennent docilement le chemin si l’on en juge par les dernières supplications publiques sur le leitmotiv « donnez-nous de l’argent ! ». L’affairisme de type mafieux en quoi se reconvertit l’économie en déclin ne saurait coexister qu’avec une oisiveté vidée de toute signification humaine.

 

La paresse est jouissance de soi ou elle n’est pas. N’espérez pas qu’elle vous soit accordée par vos maîtres ou par leurs dieux. On y vient comme l’enfant par une naturelle inclination à chercher le plaisir et à tourner ce qui le contrarie. C’est une simplicité que l’âge adulte excelle à compliquer.

 

Que l’on en finisse donc avec la confusion qui allie à la paresse du corps le ramollissement mental appelé paresse de l’esprit - comme si l’esprit n’était pas la forme aliénée de la conscience du corps.

 

L’intelligence de soi qu’exige la paresse n’est autre que l’intelligence des désirs dont le microcosme corporel a besoin pour s’affranchir du travail qui l’entrave depuis des siècles.

 

La paresse est un moment de la jouissance de soi, une création, en somme ! Le fainéant est un créateur naturel. Un créateur de bonheur !

 

 

Victor Mammifère omnivore ampélophile - Maître siestologue – Vice-président du Club des Fainéants de Villeneuve – Fondateur de l’Académie des Amoureux de l’Aïoli – Fondateur des Bistrots du Cœur – Fondateur de Buveurs sans Frontières – Fondateur de la Chorale des Bois-sans-soif.

 

 

Tridi 3 Thermidor

 

Illustration : merci à Franquin


P.S.: Ce soir, sur France Inter, à partir de 20 heures, on pourra écouter: "Eloge de la paresse", de Lafargue, gendre de...Karl Marx !

 

 

19/07/2012

Pour se laver les boyaux de la tête : salade de mots d’été.

 

 

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Sur le collier du chien que tu laisses au mois d'août

Sur la vulgarité de tes concours de pets

Sur l'étendard nazi et sur le drapeau rouge

Sur la rosette au coin du vieillard officiel

Sur les blousons kaki, sur les képis dorés

Sur le cul blanc des féministes

Sur le mandrin des misogynes

Sur le béret obtus des chauvins aveuglés

Sur la croix des cathos, le croâ des athées

Sur tous les bulletins et sur toutes les urnes

Où les crétins votants vont se faire entuber

Sur l'espoir en la gauche

Sur la gourmette en or de mon coiffeur de droite

Sur la couenne des connes aplaties sur les plages

Sur l'asphalte encombré de cercueils à roulettes

Sur les flancs blancs d'acier des bombes à neutron

Que tu t'offres à prix d'or sur tes impôts forcés

Sur la sébile humiliante et dérisoire

Qu'il faut tendre pourtant à tous les carrefours

Pour aider à freiner l'ardeur des métastases

Sur le mur de la honte et sur les barbelés

Sur les fronts dégarnis des commémorateurs

Pleurant au cimetière qu'ils ont eux-mêmes empli

Sur le petit écran qui bave encore plus blanc

Sur l'encéphalogramme éternellement plat

Des musclés, des Miss France et des publicitaires

Sur l'étendard vainqueur de la médiocrité

Qui flotte sur les ondes hélas abandonnées

Aux moins méritants des handicapés mentaux

Sur la Bible et sur Mein Kampf

Sur le Coran frénétique

Sur le missel des marxistes

Sur les choux-fleurs en trop balancés aux ordures

Quand les enfants d'Afrique écartelés de faim

Savent que tu t'empiffres à mourir éclaté

Sur le nuage

Sur la lune

Sur le soleil atomique

Sur le cahier d'écolier de mes enfants irradiés

J'écris ton nom

HOMME.

 

Victor Chabert

remarquable pastiche de la poésie "Liberté" de Paul Éluard, 1942


Duodi 2 Thermidor 220


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