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10/05/2016

USA : fomenter un « golpe » institutionnel au Brésil pour tenter de casser les Brics

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Le foutoir continue et s'amplifie même, au Brésil, où la présidente élue, Dilma Rousseff est sous le coup d'une destitution pour un motif mineur : débits budgétaires reportés d'une année sur l'autre, pour pouvoir annoncer un déficit inférieur. Un processus utilisé régulièrement par tous les partis au pouvoir. Les députés ont voté à une large majorité la demande de destitution. Ces parlementaires « golpistes » qui se sont prononcés pour la destitution sont aussi clairs qu'un élu des Haut-de-Seine ! Beaucoup ont gamellé auprès de Petrobras, machine à sous généreuse, d'autres sont poursuivis pour crimes et corruption…Au total, 60 % des 594 membres du Congrès du Brésil font face à des accusations graves comme corruption, fraude électorale, déforestation illégale, enlèvements et homicides. Quant à leur chef de file, le président de la chambre des députés Eduardo Cunha, il est lui-même mis en accusation par le Tribunal Suprême. Cette même Cour l'a écarté de ses fonctions pour avoir tenté d’entraver l’enquête sur les faits de corruption dont il est accusé ! C'est l'arroseur arrosé. Adversaire de Dilma Rousseff, il est l’homme qui avait déclenché « l'impeachment », en acceptant, en décembre, une demande de destitution de la présidente, une prérogative du chef du perchoir. Il a été remplacé par son vice-président Waldir Maranhao. Celui-ci a provoqué un retentissant coup de théâtre en annulant le vote de l'assemblée plénière des députés qui avaient approuvé le 17 avril la procédure de destitution de Dilma Rousseff.

 

Mais, nouveau coup de théatre, quelques heures plus tard, le président du Sénat Renan Calheiros a ordonné dans l'après-midi la poursuite de la procédure, ignorant la décision "intempestive" de suspension prise quelques heures plus tôt par le président par intérim du Congrès des députés ! Quant on parle de foutoir, c'est un terme encore bien faible…

 

Le coup d'état « non violent » a donc repris pour destituer une présidente démocratiquement élu, et installer un des politiciens les plus corrompus – qui, d’une façon qui ne doit rien au hasard – se trouvent être préférés par l'establishment politique américain, bafouant ainsi la démocrati et les 54 millions de personnes qui ont réélu la première femme présidente du Brésil, il y a seulement 18 mois. La personne que les oligarques brésiliens et leurs organes de presse tentent d'installer en tant que président : le vice-président Michael Temer est l’incarnation de la contamination par la corruption au service des oligarques. Il est profondément impopulaire. 

 

Deux faces d’un même pays s’affrontent par partis interposés, le Brésil des riches et celui des pauvres. Il s'agit bien de manœuvres de renversement illégal d'un pouvoir élu démocratiquement. Il est mené par l'opposition de droite : la droite politique qui veut échapper aux condamnations judiciaires et revenir aux affaires ; et la droite judiciaire qui utilise les enquêtes et leur médiatisation de façon partisane et en violant au passage les libertés publiques. Que des millions de personnes appuient ce coup d'État dans la rue n'y change rien. D'autres l'avaient fait avant eux il y a 50 ans, lorsqu'un coup d'Etat militaire avait été acclamé par des millions de Brésiliens, la presse, et la majorité de la classe politique. La dictature a duré 21 ans.

 

La bourgeoisie brésilienne ne se satisfait pas de sa condition de classe dominante. Elle exige des conditions qui lui permettent d'exploiter sans entrave la force de travail dont elle dispose : les plus pauvres, les sans-terres. Et les classes moyennes sont exaspérées non pas parce que leur niveau de vie se dégrade mais parce qu'elles voient les plus démunis gagner un peu plus de droits ! Cette pseudo élite ne reconnaît le principe de majorité que lorsqu’il répond à ses intérêts…

 

Voilà la clique qui veut foutre en l'air Dilma Rousseff. Certes le Parti des Travailleur a trahi sa promesse d'être un parti "propre", "éthique". Il s'est fondu dans le système, en partie pour mener des politiques d'inclusion que rejetait l'écrasante majorité de la classe politique (qu'il lui a fallu acheter), en partie parce que des politiciens du PT ont profité de l'exercice du pouvoir pour s'enrichir personnellement. Certes Dilma gouverne peu et mal. Sous la pression de la crise économique résultant de la chute des prix des matières premières dont le Brésil est un grand pourvoyeur mondial, elle a renoncé à mener des politiques sociales et de croissance. Mais ce ne sont pas des raisons valides pour faire démettre une présidente élue démocratiquement.

 

L'objectif des « golpistes » est de s'attaquer à la souveraineté populaire, exprimée par le vote et de la mettre sous la tutelle de la magistrature dont les membres, non élus et protégés de tout contrôle social, sont engagés dans un programme de changements rétrogrades qui ne sont pas exprimés. Contre la gauche – qu'ils vomissent – tout leur est bon, y compris un putsch militaire.

 

Mais derrière ces basses manœuvres, on devine les sales pattes des officines secrètes – CIA entre autres - qui magouillent sournoisement pour imposer la politique de Washington. A travers le Brésil, ce qui est visé, c'est l'alliance économique des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Car quelle meilleure façon de contrecarrer les actions réussies de cette alliance qui ose se dresser face à « l'Empire » que de placer au Brésil un gouvernant oligarchique à la botte des intérêts étasuniens ?

 

Bonne ambiance pour les J.O. !

 

Illustration X - Droits réserrvés

09/05/2016

C'est la Journée de l'Europe…

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Peut-on, doit-on encore y croire à cette Europe ? Fait-elle encore rêver ? Elle fait rêver ceux qui veulent venir s'y installer (un peu trop souvent sans y être invités), mais elle prend de plus en plus figure de repoussoir pour ceux qui y vivent. Et cette constatation est consternante, déprimante. Parce qu'elle est belle l'idée de l'EUROPE ! Et elle est indispensable en ces temps difficiles. Rappelons brièvement sa genèse.

 

Le 9 mai 1950, il y a donc 66 ans Robert Schumann, alors ministre français des Affaires étrangères français, faisait dans les salons de l'Horloge du Quai d'Orsay, à Paris, la déclaration qui marquait le premier acte de la construction européenne. Il proposait aux pays qui s'étaient entre-déchirés en 14-18 puis 39-45 de gérer en commun leurs ressources en charbon et acier. C'était la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA). « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait »…/...« la mise en commun des productions de charbon et d’acier changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes. »

 

Six pays ont répondu à cet appel et ont créé, par le traité de Paris du 18 avril 1951, la Communauté économique du charbon et de l’acier (CECA) : l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.

 

Un grand espoir était né. L'Europe s'est construite non sans mal, non sans soubresauts. Cette belle idée était acceptée, plébiscitée par les peuples européens. Mais, héla, elle se construisait selon les plans des Etats-Unis qui voulaient en faire un énorme marché pour leurs productions et, en lui imposant l'Otan, un glacis militaire face à l'URSS. L'Europe grandissait, s'émancipait, innovait. Allait-elle tailler des croupières à son maître d'Outre-Atlantique ? Les Etats-Unis lui imposèrent donc d'intégrer la Grande-Bretagne, son cheval de Troie. Et ce fut le début de la fin…

 

Sous la pression de la Grande-Bretagne, pitbull de l'Oncle Sam, qu'est devenue l'Europe ? Un énorme marché ouvert à tous les vents. Une construction pléthorique ayant intégré trop vite trop de nations trop différentes. Elle s'est laissée phagocyter par les seules forces économiques ultra libérales. Elle est devenu le terrain où sévissent sans contraintes tous les banksters du monde, où se gavent toutes les multinationales. Et cela au détriment des peuples européens en instituant leur concurrence sauvage à la place de la solidarité. Concurrence fiscale, alignement sur le moins-disant social, démantèlement et privatisation de tous les systèmes de protection, travailleurs détachés, etc. Il n'est pas inutile, à ce sujet, de rappeler ce que disait Jean Jaurès il y a bien longtemps mais qui est de plus en plus actuel :« Ce que nous ne voulons pas, c’est que le capital international aille chercher la main-d’œuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont le plus bas. C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que nous voulons protéger la main-d’œuvre française contre la main-d’œuvre étrangère, non pas je le répète, par un exclusivisme chauvin, mais pour substituer l’internationale du bien-être à l’internationale de la misère . » Jean-Jaurès « discours pour un socialisme douanier » 17 février 1894.

 

L'Europe, pour revivre, devrait méditer aussi ces propos de De Gaulle en 1962 : «  L’Europe occidentale est devenue sans même s’en apercevoir, un protectorat des Américains. Il s’agit maintenant de nous débarrasser de leur domination. Mais la difficulté dans ce cas, c’est que les colonisés ne cherchent pas vraiment à s’émanciper. Les vues du Pentagone sur la stratégie planétaire, les vues du business sur l’économie mondiale nous sont imposées. Bien des Européens y sont favorables. » Obama n'est-il pas, il y a quelques jours venu faire sa tournée des popotes en Europe, indiquant aux Britanniques comment voter, donnant ses directives et sa feuille de route à son autre pittbull, Frau Merkel ?

 

Ce protectorat imposé coupe l'Europe de son partenaire naturel : la Russie. Les USA ne veulent surtout pas d'une Europe et d'une Russie prospères et amies car cela constituerait une puissance économique et militaire qui serait la première au monde, bien dvant les USA et la Chine. Ce que les yankees ne veulent surtout pas.

 

Ce qui est insupportable, ce sont les diktats étasuniens imposant aux entreprises européennes de se plier aux droit étasunien et ainsi d'être directement tributaire de la politique étrangère de ce pays étranger bien qu'  « allié ». En acceptant ça, l'UE accepte sans bouger son allégeance aux USA.

 

Ce qui est insupportable, c’est le « choix » de « l'ennemi », en l'occurrence la Russie par les mêmes USA.

 

Ce qui est insupportable, c'est la délimitation des frontières de l'Europe qui doivent correspondre aux frontières de l'Otan

 

Fait nous de nouveau rêver, Europe ! Émancipe-toi, refonde-toi autour des membres premiers. Les autres viendront ensuite, mais pas à n'importe quelles conditions.

 

L'horizon pourrait s'éclaircir au mois de juin, si les Anglais « libèrent l'Europe ». Par le « Brexit » !

 

 Illustration X - Droits réservés

04/05/2016

Dans l'ombre du désastreux TAFTA (avec les Etats-Unis) , le tout aussi nuisible CETA (avec le Canada).

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Merci aux Belges Wallons ! Ils vont nous sauver du petit frère planqué de l'exécrable Tafta. Parce que - bien camouflé dans l'ombre du tonitruant TAFTA (le traité de vasslisation de l'Europe par les Etats-Unis) – sévit le CETA pour Comprehensive Economic and Trade Agreement. Négocié entre l'Union Européenne et le Canada comme toujours dans la plus grande opacité en 2009 et signé très discrètement en 2014, ce traité est aussi nuisible que le tant détesté TAFTA. Signé, mais pas ratifié ! Or, tout comme le TAFTA, le CETA est un accord qui nécessite l'adoption du texte par le Conseil européen ET les Etats membres de l'Union. Tous les Etats membres. Le refus des Wallons entraine automatiquement le refus de la Belgique, qui rejoint ainsi la Bulgarie et la Roumanie dans le front du refus de la vassalisation. Et la France ? Toujours à la traine ?

 

Bien qu'il soit censé ne concerner que les échanges commerciaux entre l'U.E. et le Canada, le CETA est en fait le cheval de Troie des Etats-Unis puisque 81 % des entreprises étasuniennes présentes en Europe ont aussi une filiale au Canada. Par ce biais, les multinationales yankees pourront utiliser ce traité pour attaquer, via leur filiale canadienne, les Etats européens qui adopteraient des lois pouvant porter préjudice aux intérêts réels ou supposés de ces multinationales ! De plus, tout comme TISA ( http://www.agoravox.fr/auteur/victor-71026 ) ce traité - contrairement à l'OMC (organisation mondiale du commerce), qui utilise des « listes positives » dans lesquelles les Etats énumèrent clairement les services publics qu'ils souhaitent inclure dans l'accord à l'exclusion de tous les autres – CETA propose la libéralisation de tous les services sauf ceux mentionnés dans des « listes négatives ». Ce qui change tout et entérine les désidératas des multinationales avides de bouffer tous les services publics, y compris la santé, l'éducation, l'environnement, le droit au travail et, pourquoi pas, la police et l'armée.

 

Le texte prévoit aussi une convergence des normes entre le Canada et l’UE, alors qu’il n’existe pas de règles communes au sein même de l’Europe. Ce qui reviendrait à s'aligner sur les normes les plus basses donc à balayer les normes européennes, ce qui enfoncerait encore un peu plus la difficile construction européenne.

 

José Bové tire la sonnette d'alarme ( https://blogs.mediapart.fr/jose-bove/blog/020516/accord-d... ). Le député européen considère que « l’agriculture sert de monnaie d’échange. Une fois de plus, l’Union Européenne abandonne ses paysans pour obtenir d’hypothétiques avantages pour ses multinationales des services. Un marché de 50.000 tonnes de viande bovine et 75.000 tonnes de viande porcine s’ouvre en Europe pour l’agro-business canadien. Ces importations massives ont de quoi mettre définitivement à terre des dizaines de milliers de paysans européens, alors que ces productions sont déjà en crise. » …/… L’Accord va bien plus loin : L’Union européenne va lui sacrifier les 90 % de ses Appellations d’Origine Protégée. Aujourd’hui, la labellisation AOP est la garantie  pour un producteur que son savoir-faire et le terroir qu’il fait vivre sont uniques et ne seront pas plagiés. C’est un parcours du combattant. Lorsque la reconnaissance officielle arrive enfin, elle fait la fierté des paysans qui se considèrent, à juste titre comme les passeurs d’une tradition. Pour les consommateurs, c’est la garantie d’avoir un met de qualité, produit selon un cahier des charges exigeant. La France compte 45 AOP de fromage, dont le Roquefort, première AOP de l’histoire, obtenue en 1925, 3 de beurre et 2 de crème. Dans cette liste se trouve des noms qui nous sont familiers comme le Comté, le Rocamadour, le Laguiole, l’Ossau Iraty, le Broccio, le Salers, le Bleu de Gex, le Pélardon… Les Appellations d’Origine Protégée sont loin d’être une spécificité hexagonale. L’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Allemagne, le Royaume-Uni ont fait reconnaitre bières, fromages, salaisons, huiles d’Olives. Au total près de 1400 produits qui font le bonheur des gastronomes ont obtenu cette reconnaissance de l’Union européenne. De nombreux autres, en particulier dans les pays de l’est de l’Europe, sont dans l’attente de décrocher l’étiquette rouge et jaune.  Mais revenons à l’accord qui nous préoccupe. Il faut aller dans les détails du CETA pour se rendre compte de l’étendu des dégâts. Sur les 1400 AOP européennes, seules 174 ont eu la chance d’être nommées dans l’Annexe 20-A qui se trouve à la page 516 de ce document roboratif. » 

 

Pour la France 50 AOP laitières seulement sont prises en compte… On risque donc d'avoir dans nos "BigDistrib" de l'Osso Irati, du Pélardon, du Banon, de l'Epoisse, du Munster, de la Brucchio et autres dénominations usurpées « made in Canada ». Des notoriétés, des appellations volées en toute légalité...

 

Un débat sur le CETA est prévu le 13 mai prochain au Parlement européen. Il faut se mobiliser avant et se manifester auprès de nos députés européens.

 

Stopper le TAFTA et ratifier le CETA serait une énorme konnerie.

 

Illustration X - Droits réservés

02/05/2016

ATTENTION ! Un TAFTA (moribond) peut en cacher un autre, le TISA.

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Il semble mal barré le TAFTA. Greenpeace dévoile ce jour une partie de son contenu, soigneusement caché par les parties complices en négociation aux principaux intéressés, les populations européennes et étasuniennes. Il en ressort que ces négociations bloquent, que les peuples étasuniens ne sont pas plus chauds que les peuples européens pour ce machin uniquement pensé et conçu par et pour les multinationales et les banksters. L'expérience de l'ALENA, qui s'est traduit par une vague de délocalisations d'entreprises étasuniennes au Mexique, un chute des salaires et des milliers de chômeurs est passée par là.

 

Les « zélites » étasuniennes - fidèles à leur principe qui dit « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi, ça se discute » - refusent toute réglementation sur les services financiers comme ils refusent l'ouverture de leurs marchés publics. Sur le reste, et notamment les questions de normes environnementales, fiscales, sociales qui sont très divergentes, aucun accord ne semblant possible, les deux parties s'achemineraient, à défaut d'harmonisation, vers une reconnaissance mutuelle des règlementations de l'autre partie, avec inversion de la charge de la preuve en matière de dangerosité d'un produit. Cette reconnaissance mutuelle des standards ouvre la porte à une course au moins disant en matière d'environnement et de santé. Bonjour ou plutôt adieu le « principe de précaution » !

 

Derrière TAFTA, une autre horreur se trame, se construit dans une opacité encore plus grande, il s'agit de TISA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français. Comme pour le Tafta, les négociations ont été lancées dans une opacité totale, en Suisse en mars 2010. Il sagit d'un nouveau projet de traité commercial international («Trade In Services Agreement») qui concerne 50 pays, dont les 28 de l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Australie, le Japon, etc… Le but de cet accord est de libéraliser l’ensemble des services pour cadrer avec le contexte actuel de la révolution numérique. Tous les services seraient libéralisés, y compris les services publics – transports, hôpitaux, écoles… Tout notre quotidien est concerné : utilisation de nos téléphones, de nos cartes de crédit, du e-commerce, des réseaux sociaux, des moyens de transport, etc. L’objectif est d' «ouvrir les économies nationales à plus d’investissements étrangers, notamment dans le système bancaire et financier, sans limite de volume et du nombre d’investisseurs, avec un minimum de régulations
nationales ».

 

Vous avez aimé la directive Bolkestein, vous adorerez TISA !

 

Actuellement, un pays membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) n'est tenu de libéraliser que les secteurs sur lesquels il a explicitement donné son accord, en les inscrivant sur une « liste positive ». TiSA prévoit d'inverser cette logique en introduisant des listes négatives : seuls les secteurs cités explicitement dans les accords ne seront pas libéralisables.

Ce qui ouvrira la possibilité de libéraliser par défaut tous les nouveaux secteurs de l'économie, de la santé à l'éducation, en passant par l'énergie. Les États seront donc menacés de poursuites s'ils maintiennent des monopoles publics ou favorisent leurs entreprises locales pour relancer leur économie par exemple, à moins d'avoir auparavant négocié des exemptions dans certains secteurs.

Et l'accord prévoit un effet cliquet qui rend toute décision irréversible. Ainsi un nouveau gouvernement ne pourrait pas revenir sur une décision prise par le gouvernement précédent. Bonjour le progrès !

 

Ce traité, imposé comme d'hab par les Étasuniens, a une autre visée, géopolitique celle-là : il s'agit d'isoler les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) soigneusement écartés de ces négociations. La tactique : battre en brèche la montée en puissance des BRICS en fixant des standards mondiaux favorables aux multinationales étasuniennes et affidés, sans les consulter, puis les leur imposer. Il s'agit aussi de saboter l'accord concurrent baptisé RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership, accord économique régional complet) négocié actuellement par la Chine avec l'Asie (hors Japon, Taïwan, Corée du sud, Hong Kong, l'Inde, l'Océanie, partenaires dans TISA).

 

Et nos députés européens, qui ont voté les doigts dans le nez l'ouverture de ces négociations, ils servent à quoi ? Ils ont des lunettes en peau de saucisson pour ne pas voir l'arnaque ? Ou bien sont-ils complices ?

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

01/05/2016

Ne nous laissons pas plumer ! Gastronomie ouvrière du 1er Mai : Le coq au vin !

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L’ultralibéralisme salope tout ce qu’il touche… Son crédo, sa stratégie c’est « séparer pour mieux régner ». Les jeunes contre les vieux, les actifs contre les chômeurs, le public contre le privé, les étrangers contre les Français de souche. Cette idéologie porte en elle des ferments de guerre civile.

Le 1er mai, il convient de rappeler à Gattaz, Vals et Macron (François n’existe plus) ce que c’est à ces ignares.

 

États-Unis, années 1880, la colère gronde dans un monde ouvrier soumis à des cadences de travail harassantes, 12h, parfois 14h par jour. Le 1er mai 1886, début de l'année comptable des entreprises, une grande manifestation est organisée par les syndicats de Chicago. La grève s'étend bientôt au pays tout entier et la mobilisation est telle que le mouvement obtient satisfaction : la journée de travail est réduite à 8h, mais non sans perte. Plusieurs ouvriers de la fabrique McCormick à Chicago trouvent la mort dans des affrontements avec les forces de l'ordre. Sur l'une des tombes sont gravés ces quelques mots : "Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui".

 

De ce côté de l'Atlantique, la II ème Internationale socialiste se réunit à Paris, en 1889 pour le centenaire de la Révolution française et décide d'organiser tous les ans, dans tous les pays et à date fixe, une grande manifestation ouvrière. Ici aussi, la journée de 8h (mais toujours 5 jours par semaine) est la principale revendication. Et c'est la date du 1er mai qui est retenue, en souvenir des manifestations de Chicago. Dans les années qui suivent, le 1er mai s'impose peu à peu comme un rendez-vous et un jour de grèves ouvrier, mais c'est en 1936 qu'ont lieu les plus grandes manifestations.

 

Ces manifestations du 1er mai 1936 marquent durablement l'imaginaire français. Elles contribuent en effet à l'élection de la première coalition républicaine de centre gauche, deux jours plus tard : le Front populaire. Présidée par le socialiste Léon Blum, ce gouvernement ne tarde pas à adopter des mesures historiques pour les travailleurs, la semaine de 40h, les deux premières semaines de congés payés ou la reconnaissance du droit syndical.

 

En 1941, le régime de Vichy salope cette journée émancipatrice et transforme ce rendez-vous ouvrier en jour férié, « fête du Travail et de la Concorde sociale »..

 

Le 29 avril 1947, les autorités issues de la Libération reprennent la mesure. Le 1er mai est officiellement déclaré jour chômé-payé dans toutes les entreprises françaises, et le restera.

 

Le sinistre borgne a tenté de récupérer ce beau jour de fraternité avec sa fête folklorique de Jeanne d’arc.

 

Attention donc à ne pas laisser ce jour symbole des luttes ouvrières à la caste familiale Le Pen et sa fête de la Pucelle !

 

Ce qui ne doit pas nous couper l'appétit !

 

Je vous propose donc de déguster deux des emblèmes de notre pays : le coq et le vin !

 

 

Le coq au vin de Ginette et Nicole

 

« Allez, Zou ! Viens mon beau. On va tuer le coq! »

C'est ainsi que Ginette, femme du Pays d'Oc

Fit de moi son complice pour saigner "Pyjama"

Et en faire une fête pour tous nos estomacs.

« Il honore mes poules, mais il me les esquinte.

C'est "viol avec violence", si elles portent plainte! »

Je tiens solidement Pyjama par les pattes

Et lui bloque les ailes pour qu'il ne se débatte,

Elle lui tend le cou sur une casserole

Et plante franchement l'Opinel à virole.

Le sang de Pyjama s'écoule volontiers,

Un grand frémissement et il meurt sans crier...

Telle est la dure et saine loi de la nature :

Tout être est prédateur mais aussi nourriture !

En quatre mouvements, Pyjama est plumé,

Vidé et nettoyé, puis flambé et coupé

En solides portions et mis à mariner

Dans un Cairanne rouge où l'on a ajouté

Oignons piqués de clous de girofle et carottes,

Quelques baies de genièvres, sel, poivre et pas de flotte.

On laisse reposer au frais, toute une nuit.

Au matin on sort les morceaux que l'on essuie.

Au fond d'une sauteuse ou mieux d'une... cocotte,

Faites mousser du beurre dans de l'huile bien chaude,

Et faites-y dorer vos morceaux de volaille

Avec un peu d'oignon et quelques gousses d'ail.

Saupoudrez sur la fin avec de la farine

Toujours en remuant. Faut pas que ça calcine.

Flambez alors le tout avec un Armagnac,

Un marc de Châteauneuf ou bien un bon Cognac.

Puis vous passez dessus le jus de marinade,

Poivre, bouquet garni, sel (pas comme un malade).

Montez alors jusqu'à petite ébullition

Et cuisez doucement. La durée est fonction

De ce qu'est le bestiau. Pour Pyjama trois heures

Mais pour un coq d'hyper entre une et deux heures.

Préparez quelques cèpes, frais ou secs mais trempés,

Vous les sautez dans l'huile, les poivrez, les salez,

Puis vous les rajoutez à la préparation

Demi-heure avant la fin de votre cuisson.

À votre liaison il faut alors penser:

Sortez un verre de sauce, laissez-là reposer,

Puis battez-la avec jaune d'œuf et vinaigre,

De la farine en pluie. Fouettez d'un ton allègre!

Si vous l'avez gardé, vous rajoutez le sang.

Incorporez le tout dans le jus frémissant.

C'est prêt. Sans plus tarder arrêter le réchaud.

Vous buvez un canon et vous servez très chaud.

Avec des tagliatelles ou des pommes vapeur,

Et un bon Châteauneuf, on atteint le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes

 

Le coq au vin est un plat qui doit mijoter. Il s'accommode donc parfaite­ment d'une volaille ayant de l'âge. Il faut une viande qui tienne aux os, et des os solides. Il vous faut donc:

Pour la marinade: - l coq ancien de deux kilos, - 2 bouteilles de bon vin rouge A.a.C., - 2 oignons pour la marinade, - 1 demi kilo de carottes coupées en rondelles, - 4 clous de girofle, - l dizaine de baies de geniè­vre, - 2 cuillerées de gros sel, - poivre du moulin.

Pour le plat: - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - gros comme un œuf de beurre, - l oignon émincé, - 3 gousses d'ail, - un peu de farine, - l verre d'Armagnac, Cognac ou Marc de Provence, - l bouquet garni, - l cuillerée à soupe de sel fin.

Pour la sauce: - 1 jaune d' œuf, - l demi-verre de vinaigre de vin, - 2 cuillerées à soupe de farine, - le sang du coq si vous l'avez gardé, - 1 sachet de cèpes secs mis à tremper.

 

Les vins conseillés:

 

Pas de demi-mesure pour le coq au vin: les meilleurs rouges de la vallée du Rhône: Côtes-Rôties, Hermitage, Croze-Hermitage, Saint-Joseph, Chateauneuf-du-Pape, Lirac, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Saint­Gervais, Séguret, Vinsobres, Visan, Sainte-Cécile-Ies- Vignes, Cornillon. En Coteaux du Languedoc, les vins chaleureux de Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Corbières, Fitou.

Les Côtes du Roussillon "Villages" de Belesta, Estagel, Maury, les Collioure.

Les vins de Provence Coteaux des Baux, Palette, Bandol évidemment, Les Arcs, les grands rouges de Bellet.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

28/04/2016

Au bistro de la toile. Qui, pour nous conduire vers la sixième république ?

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- Hé ! Oh ! La tronche ! Non mais tu les as vus Loulle, tous les apparatchiks se poussant pour être sur la photo ! « A la reconquête de la gauche » qu'ils proclament. Enfin pas tous. Manquaient Macron et Ségolène…

 

- Eh ! C'est comme ça à l'approche de chaque scrutin. Les « zélus » zélés se souviennent de ceux qui les ont faits rois, ou petits satrapes locaux, mais provisoires Victor. Provisoires ! Le temps de partir à la reconquête...de ce qui constitue leur fond de commerce, leur gamelle quoi. Ils pensent qu'on a oublié les promesses avec lesquelles ils se sont torchés l'oigne. Les « mon ennemi c'est la finance », les « je vais imposer une révision des traités européens », les « je vais inverser la courbe du chômage dès fin 2013 ». Tè ! Fumes… Les promesses n'engagent que ceux qui les croient, comme disait Pasqua !

 

- Pourtant le chômage baisse, pourtant les ventes à l'export s'envolent. Il ne faut tout de même pas trop jouer les grincheux. On sait bien que la confrontation avec le pouvoir, les mains dans le cambouis imposent bien des compromis.

 

- C'est vrai. Ne crachons pas dans la soupe. Mais enfin, les promesses phares comme la mise à plat du maquis touffu de la fiscalité n'a même pas été ébauché. Le combat contre la finance s'est traduit par une capitulation en rase campagne. La remise en chantier des traités de l'Europe, c'est un président à plat ventre devant Merkel et toutou d'Obama.

 

- Et là, il y a eu effectivement tromperie sur la marchandise Loulle. On nous a vendu une politique « de gauche » et on nous a servi une tambouille de droite. Mais, nous, les électeurs, avons été naïfs. Nous nous sommes montés le bourrichon tout seuls. Parce qu'en fait, beaucoup d'électeurs n'ont pas voté POUR Hollande mais CONTRE Sarkozy ! Le programme de Hollande, qui l'a lu ? On a vaguement écouté ses promesses, mais le bulletin était en fait non pas un bulletin d'adhésion à Hollande, son programme, son entourage, mais un bulletin scalpel, pour débarrasser la France de Sarko et de sa clique. On touche là du doigt les faiblesses du système électoral de cette cinquième République, taillée sur meure pour un géant, de Gaulle, et salopée par des nains, genre Sarko et Hollande. Deux quinquennats pour des nuls. Et on se foutaient gentiment de la gueule des Italiens qui ont voté et revoté pour Berlusconi. On est au moins aussi kons qu'eux …

 

- Et le pire, c'est que ces deux comiques troupiers n'on rien compris au film. Il veulent nous rejouer le coup, sans vergogne. Sarko et Hollande sont les personnels politiques les plus déconsidérés de France. Il se vautrent aussi bien l'un que l'autre dans les profondeurs des sondages. Et ils veulent revenir nous faire chier cinq années de plus ! Mais ils sont sourds et aveugles ou quoi ? Il est impératif de changer les règles du jeu, Victor. Et pour ça, changer les prétendants perpétuels au pouvoir.

 

- Bien sûr Loulle. Une sixième république. Avec une constituante tirée au sort et travaillant une année entière sur les propositions remontant de la base, de toutes les régions. Comme pendant la Révolution. Mais faut-il passer par une révolution pour cela ? Il ne faut pas oublier que 1789 a fini par Napoléon, que la révolution russe à fini par Staline, que, récemment, les révolutions arabes, les « printemps » ont fini par des dictatures islamistes ou militaires.

 

- Alors, la révolution par les urnes ?

 

- C'est le moindre mal Loulle. Et puis je vais te dire quelque chose qui risque de te faire sauter en l'air. On peut rêver, on peut espérer un résultat électoral « à l'autrichienne ».

 

- C'est quoi ça ?

 

- Eh bien en Autriche, dimanche dernier, les électeurs viennent de jeter à la poubelle les partis classiques, dits « de gouvernements » qui, de coalitions douteuses en magouilles, gouvernaient ce pays depuis la fin de la dernière guerre. Restent face à face un candidat d'extrême droite et un candidat écolo.

 

- Et ce serait une solution pour la France ? Face à Marine Le Pen tu verrais qui ? Le Maire ? Macron ?

 

- Non. Les deux, s'ils ont l'avantage d'être jeunes, sont de purs produits de « l'establishment ». Et en plus de droite, aliénés aux États-Unis, chantres l'un comme l'autre de l'ultra libéralisme.

 

- Alors qui ?

 

- Le rejet des partis classique est tel qu'un type neuf, pas mouillé dans les magouilles électorales de la « classe politique », encore un peu utopiste, croyant en la planète, pourrait se retrouver au second tour face à la fille du Borgne. Et il gagnerait. Ce type, c'est Nicolas Hulot.

 

Hulot ? Hou là ! Pas idiot ton raisonnement Victor. Allez, à la nôtre !

 

Illustration: Merci à Chimulus

 

27/04/2016

LUXLEAKS. L'honnête homme a dit la vérité Il doit être exécuté !

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C'est ce qui se passe en ce moment devant un tribunal de la honte au service des basses œuvres d'un pays confetti particulièrement nuisible, le Luxembourg. Ce pays pirate l'Union européenne, tout comme l'Irlande et les Pays-bas. Le piratage se fait au détriment de tous les autres pays de l'Union par le biais de la pompe à phynance que constitue pour les dirigeants de ces pays la disparité des régimes fiscaux. Ils ont fait de la triche fiscale leur fond de commerce le plus juteux en mettant en place des dispositifs fiscaux fort avantageux pour les multinationales. Dispositifs nocifs mais...légaux en l'état des traités imposés aux populations européennes.

 

Accusés : les citoyens français Antoine Deltour et Edouard Perrin. L'un, employé dans une entreprise internationale, le cabinet PriceWaterhouseCooper (PWC), l'un des quatre plus puissants cabinets internationaux de magouilles « légales », fiscales et autres. L'autre est journaliste, notamment à Cash Investigation, l'excellent magazine télévisé d'Elise Lucet. Les deux ont fait acte de courage et de civisme en dévoilant les pratiques qui permettent aux plus riches firmes internationales de ne pas payer d'impôts (ou si peu) dans les pays où ils exercent leurs activités. Il s'agit en fait d'une « évasion fiscale en bande organisée » comme criaient sous les fenêtres du tribunal les manifestants venus soutenir les lanceurs d'alerte.

 

Le plaignant est le cabinet PriceWaterhouseCooper (PWC) http://www.pwc.fr/ . Antoine Deltour, employé de cette firme, avait démissionné en 2010, écoeuré par les pratiques luxembourgeoises qu'organisait son entreprise. Il avait copié sur le serveur informatique de celle-ci toute une liste d'accords fiscaux confidentiels (appelés dans le jargon abscons en usage dans ces milieux tax ruling) entre des centaines d'entreprises et l'administration fiscale luxembourgeoise. Il s'agit d'accords particuliers permettant à ces firmes de ne payer que quelques broutilles au fisc luxembourgeois tout en ne payant rien ou presque dans les pays voisins (France, Allemagne, Italie, etc.) où ils exercent. Le Luxembourg, à cette époque très récente, était dirigé par le ci-devant Juncker qui a été élu depuis...président de la Commission européenne. Celle-là même qui prétend lutter contre l'évasion fiscale. C'est comme si on demandait à un ivrogne de réprimer l'ivresse publique…

 

Ces accords révèlent comment les géants de la finance, de l'internet, des télécoms, de la grande distribution s'appuient sur les règles fiscales « compréhensives » du Luxembourg, mais aussi sur les failles de la réglementation internationale pour transférer dans ce pays leurs profits afin qu'ils ne soient pas taxés. Ils réalisent ainsi des milliards d'euros d'économie en créant une holding, une filiale, en installant un siège fictif au Luxembourg. Ceci avec peu ou pas d'activité dans ce pays, lésant ainsi les Etats où ces bénéfices sont réalisés. Ces pratiques coûtent 1.000 milliards d'euros aux Etats européens, dont 80 milliards pour la France.

 

Peut-on crier haro sur le baudet luxembourgeois, ou irlandais, ou néerlandais ? Au niveau éthique, oui, évidemment. Ces pays ne jouent pas le jeu de la solidarité. Ils sont comme des passagers clandestins sur le bateau « Union Européenne ». Mais en fait, ils ne font qu'utiliser cyniquement et sans états d'âme à leur profit les traités signés par les Etats de l'UE. Parce que ces traités, de Maastricht puis de Lisbonne (bonjour l'enfilage sans vaseline des électeurs français!), traitent de tout sauf de l'essentiel : l'harmonisation fiscale et l'harmonisation sociale. Ceci sous la pression rugueuse des Britanniques – autres passagers clandestins de l'UE – eux-mêmes relayant les désidératas étasuniens.

 

Alors si Junker veut se racheter une conduite, c'est le moment : en mettant sur la table une révision des traités incluant ces indispensables harmonisations fiscales et sociales.

 

Et qu'est-ce qu'il dit tonton Junker ? Tè ! Fumes. C'est du Luxembourgeois !

 

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25/04/2016

Obama. La morgue du suzerain venant tancer ses vassaux.

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Il est en tournée d'inspection, le BlackBush de Washington. Il est d'abord allé donner ses ordres aux Britichs : « No Brexit » où alors panpan culcul ! Puis il est allé rappeler à Fraù Merkel les accords secrets qui lie son pays aux USA. On ne le sait pas ça mais à peine sèche l'encre de ce beau et généreux « Traité de l'Elysée » signé par De Gaulle et Adenauer et consacrant l'amitié de ces deux frères ennemis qu'étaient la France et l'Allemagne, Adenauer était convoqué à Washington où il s'est fait remettre les pendules à l'heure. Résultat : un « Préambule interprétatif » à ce traité fut introduit subrepticement, sans en avertir ni la France ni De Gaulle, et voté par le Bundestag allemand le 15 juin 1963 à l'occasion de la ratification. Il se trouve que ce « préambule interprétatif » réintroduit les éléments que De Gaulle avait précisément exclus du traité afin de libérer la future Europe de l'hégémonie étasunienne : - subordination de l'Europe en devenir à l'intégration de ses membres à l'alliance atlantique( Otan), tuant ainsi dans l’œuf toute velléité d'armée européenne indépendante, - coopération obligatoire de cette Europe en construction avec les États-Unis, - faire entrer la Grande-Bretagne dans cette Europe. Dans l'oigne, De Gaulle… On comprend dès lors la docilité de Merkel envers les injonctions de Washington.

 

Fort du soutien de Merkel, Obama convoque dans sa province teutonne ses plus grands vassaux – le Français Hollande, l'Italien Renzi, l'Anglais Cameron – à rejoindre Merkel pour recevoir ses ordres. Ses ordres, elles se résument à deux mots : « Buy american ! » Un ordre qui s'adresse aux Européens, mais aussi aux Étasuniens, incités et même obligés pour les marchés publics, de privilégier les entreprises étasuniennes. En ce sens, Obama est parfaitement dans son rôle de président des États-Unis : il défend son industrie, ses PME, ses agriculteurs.

 

Parce que TAFTA, c'est ça et uniquement ça : ouvrir tous les secteurs économiques européens aux produits, services, finances étasuniennes. Avec évidemment le moins de contreparties possibles pour les Européens aux États-Unis. « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est toi, ça se négocie. »

 

C'est qu'il ne s'agit pas d'accords de commerce ordinaires. Il n'est pas seulement question de baisser les barrières douanières qui subsisteraient encore, ni d'harmoniser les normes techniques : il s'agit de mettre un terme qui se veut définitif aux normes internes qui gênent les entreprises transnationales. Moratoire sur les OGM, sur l'exploitation des huiles et gaz de schistes, normes environnementales, services publics accessibles, protections sociales : voilà ce qui, entre autres, est visé. Ces accords commerciaux internationaux négociés dans la plus totale opacité veulent la mise en place de mécanismes qui rendront inopérants tout choix publics qui pourraient, de près ou de loin, aboutir à une réduction des bénéfices escomptés des entreprises. Avec le mécanisme dit « investisseurs-État », une entreprise pourra remettre en cause une réglementation devant un organe d'arbitrage privé et faire condamner les États et les collectivités locales à de lourdes amendes. Avec le mécanisme de « coopération réglementaire », tout gouvernement qui voudra, dans l'avenir, revenir sur une décision antérieure de libéralisation ou prendre une mesure de protection des populations ne pourra pas le faire s'il rentre en contradiction avec l'accord.

 

Obama n'est que le commis voyageur des multinationales Étasuniennes qui ont financé ses campagnes électorales. Les lobbies d'affaires – les corrupteurs - font la loi, dans l'Union européenne autant qu'aux États-Unis où ils décident de l'agenda politique. Et les institutions, européennes ou gouvernementales, s'en font leurs serviteurs zélés.

 

Mais si les dirigeants sont couchés, les peuples se sont réveillés. Une manifestation impressionnante s'est déroulé samedi 23 à Hanovre, là où Obama vient donner ses ordres. 90.000 personnes ont battu le pavé et crié leur hostilité à ces « accords » calamiteux dans une nouvelle tranche de « négociations » débute ce jour à New-York, sur les terres du suzerain… En octobre 2015 déjà, une manifestation anti-Tafta encore plus impressionnante s’était déroulée à Berlin. Les Allemands sont en pointe dans ce combat, pourtant Merkel reste sourde et veut conclure au plus vite. Quant aux Français, plus timidement que les Allemands, ils manifestent eux aussi leur méfiance envers ce traité. Et même François Hollande qui – conviction profonde ou coup médiatique pour se concilier sa gauche ? - passe à l'offensive, déclarant que « la France pouvait dire non » si les conditions qu'elle a posé n ont pas respectées. «La France a fixé ses conditions. S'il n'y a pas de réciprocité, s'il n'y a pas de transparence, si pour les agriculteurs il y a un danger, si on n'a pas accès aux marchés publics et si, en revanche, les États-Unis peuvent avoir accès à tout ce que l'on fait ici, je ne l'accepterai pas"», a claironné le président.Beaucoup de "si"...

 

Brassage de vent ou volonté de – enfin – retrouver l'indépendance de la France qui, de De Gaulle à Mitterrand et Chirac, à toujours su garder ses distances avec notre grand « ami » d'outre-Atlantique ?

 

Et puis, à côté de Tafta il y a l'équivalent déjà signé avec le Canada (CECA). Et si Tafta est rejeté, rien n’empêchera les entreprises étasuniennes, à travers leurs innombrables filiales au Canada, d'attaquer l'Europe en matière de droit des investisseurs. Ce qui veut dire que si l'on ratifie le traité canadien, ça revient à signer pour toute l'Amérique du Nord…

 

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21/04/2016

Au bistro de la Toile. Dérouillons les zygomatiques.

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- Oh ! Loulle, je vois que tu te dérouilles les zygomatiques en lisant ton canard. Fais-nous profiter !

 

- Attends, écoute celle-là. C'est en Californie. Un type se prend pour le père Noël et descend par la cheminée d'une maison. Le mec, qui bouffait probablement trop de hamburgers et devait se trimballer une certaine « surcharge pondérale » comme disent les gens qui savent pour parler du gras du bide, le mec donc il reste coincé dans le conduit ! Le propio arrive dans l'après-midi, allume la cheminée et vaque à ses occupations. ! Le « père Noël » se fait cramer les miches et gueule comme un cochon. Mais avant que le proprio s'en rende compte, le monte-en-l'air continue de jouer au méchoui. Lorsque les pompiers arrivent, trop tard. Le « père Noël » a joué les Jeanne d'Arc…

 

- Pleurons sur les risques du dur métier de cambrioleur…

 

- Tè ! J'en ai une autre qui est pas mal. C'est au Brésil. Le dimanche soir, lors du grand raout de destitution de la présidente Dilma Roussel, soi-disant corrompue, une femme députée vociférait et votait pour la destitution de la présidente de gauche. Elle donnait en exemple la gestion de son propre mari, maire de sa ville, ceci devant 500 députés et des millions de téléspectateurs. Manque de pot, le lendemain, le flics venaient arrêter le « maire exemplaire », de droite évidemment. Le mec, le dénommé Ruy Muniz, maire de Montes Claros dans l'Etat du Minas Gerais (sud-est), est soupçonné de « chercher à rendre impraticable le fonctionnement des hôpitaux publics » afin de « favoriser une clinique privée » qui lui appartiendrait et serait gérée par certains de ses proches et associés », a expliqué la Police fédérale brésilienne dans un communiqué en annonçant son interpellation.

 

- Et ce sont ces gens-là qui, par un coup d'état constitutionnel, veulent mettre dehors les dirigeants démocratiquement élus. Parce que ceux-ci ont l'impudence de défendre les plus défavorisés. Salauds de pauvres !

 

- Tiens. Il n'y a pas qu'au Brésil que fleurit le belle et bonne triche. Chez nous aussi. Un cadre supérieur chargé de traquer les escrocs de l'assurance-chômage en était lui-même un : il se mettait indûment dans les fouilles 5000 fifrelins par mois ! Faut dire qu'il savait comment faire Pierre Lachaise : il était inscrit comme demandeur d'emploi alors qu'il était directeur informatique d'une équipe chargée de débusquer...les fraudeurs de l'Unedic ! Il aurait ainsi pendant environ un an perçu des indemnités chômage, alors qu'il recevait bien un salaire pour le travail de cadre supérieur qu'il occupait depuis septembre 2012. C'est un salarié de l'Unedic qui s'est rendu compte de l'escroquerie en découvrant le nom de son supérieur dans une liste de chômeurs indemnisés.

 

- Pas très futé tout de même. Il comptait enterrer l'affaire le père Lachaize ?

 

- Oh ! Oh ! Oh ! Il est marrant le canard aujourd'hui. Ecoute ça : le président bolivien, Evo Morales, en visite au Vatican, a offert au pape trois livres sur les bienfaits des feuilles de coca. Faut dire que le président Amérindien de la Bolivie est en délicatesse avec les sbires du pape chez lui : l'épiscopat bolivien, à la solde de l'opposition de droite, comme toujours, aurait accusé le gouvernement de trafic de drogue.… Puteng ! Ca va fumer dans les encensoirs au Vatican !

 

- Le feuille de coca est la principale composante de la cocaïne, mais elle est aussi utilisé comme plante médicinale depuis toujours par les populations indigènes. Et Evo Morales défend la dépénalisation internationale de la consommation de la feuille de coca, pas de la cocaïne… D'ailleurs, le pape avait pu en goûter en infusion afin de prévenir le mal d'altitude, dans l'avion qui le conduisait à La Paz l'an dernier. Sacré François !

 

- Tè ! Une petite dernière Victor. En Allemagne, il existe plusieurs hôtels qui interdisent les enfants de moins de seize ans. C'est vrai que des minots qui gueulent, qui courent partout, qui jouent au ballon, qui chouignent, qui font des caprices sous les regards béats de parents niais d'admiration devant leurs enfants-tyrans, ça gonflent parfois sérieusement et ça peut te gâcher un ouiquinde…

 

- Il est vrai, Loulle, que les enfants c'est comme les pets : il n'y a que les siens que l'on supporte !

 

Illustration: merci à Chimulus

19/04/2016

Syrie, migrants, et si on cessait l'hypocrisie ?

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« Le Vatican, combien de divisions ? » questionnait Staline. Les divisions, chez le Francesco de Rome, elle sont au sein (Oh ! Pardon) de sa curie, mais s'il n'a pas beaucoup de divisions au sens militaire du mot, il est un as de la com ! En embarquant dans son avion trois familles tirées au sort mais – le hasard serait-il guidé par la main de dieu ? - trois familles musulmanes, alors qu'il y a parmi les réfugiés des chrétiens d'Orient, des athées. Arrière-pensée diraient les « mauvais esprits » : François ne veut pas passer pour le chef des « croisés ». En attendant, il soigne sa com. Les mé(r)dias du monde entier, y compris Al Djesirah, s'étalent en images et salades de mots dégoulinants de bien-pensance destinés à faire honte à nous, salauds d'Européens, qui refusons d'ouvrir nos coeurs, nos portes et nos portefeuilles pour ces millions de malheureux qui fuient les guerres qui saccagent leurs pays. Ils sont multiples ces pays : la Syrie, mais aussi l'Irak, l'Afghanistan. Et l'Afrique avec l'Erythrée jusqu'au Mali. Mais encore le Maghreb, de l’Égypte au Maroc. Tout un arc allant du Pakistan à la Mauritanie, en passant par le Mali et la Centrafrique. Beaucoup de monde…

 

Et où veulent-ils aller tous ces migrants ? En Arabie saoudite ? Au Qatar ? Aux Emirats arabes unis ? Au Koweit ? Dans ces terres où l'islam est le fondement de l'état et la loi. Non. Ils préfèrent risquer leur peau pour venir « vider les poubelles à Paris » comme disait l'ami Pierrot, ou marner comme esclaves en Allemagne, attirés par les bras ouverts de Frau Merkel poussée au cul par son patronat… Ils préfèrent risquer leur paradis d'allah dans ces pays de perdition, de mécréants, ou les femmes prétendent être les égales des hommes ! Ils préfèrent où « on » les envoie ? Cette migrinvasion est-elle vraiment seulement le résultat du foutoir qui règne dans leurs pays respectifs ? Où est-ce un mouvement organisé, destiné à prendre par l'intérieur cette bonne grosse larve grasse, sans caractère et désarmée qu'est l'Europe ?

 

Organisé par qui ? Par quelques états du Moyen-Orient parmi lesquels cette exécrable Arabie saoudite, ces royaumes croupions genre Qatar, Émirats arabes unis tant adorés par nos « zélites » abreuvés par leur sale pognon. Et surtout la Turquie d'Erdogan, ce mégalo dérangé du plafond qui rêve de ressusciter l'empire Ottoman. Cette géopolitique a pour but la conquête de cette proie juteuse qu'est l'Europe. Ce que les Ottomans n'ont jamais réussi, le mythomane d'Ankara voudrait bien y parvenir. En forçant la porte de l'union européenne par le chantage aux migrants. « Nos minarets sont nos glaives et les coupoles de nos mosquées sont nos boucliers » pérore-t-il. Et nous, crétins bêlants, idiots au « grand coeur », nous croyons obligés d'accueillir cette invasion, de se pousser pour leur faire de la place. On ne peut évidemment pas couler les barques où ils s'entassent pour atteindre les terres promises de leur rêve européen. Alors, avec beaucoup de mauvaise conscience, on les laisse s'entasser derrière des barbelés en Grèce – qui n'a déjà pas besoin de ça. Les beaux esprits nous serinent à longueur de plateaux télé que un million de migrants par an pour cinq cents millions d'européen, ce n'est rien. Mais ils oublient que ces migrants veulent aller où sont déjà leurs frères en allah : dans quelques pays, et quelques régions et quartiers où ils créent des ghettos communautaires, ferments de tous les terrorismes, et – pire – point d'appui pour la renaissance de La Bête, cette extrême droite qui pointe dangereusement son nez partout en Europe en réaction au laxisme des dirigeants.

 

Oui mais alors que faire ? Arrêter cette lâcheté qui nous paralyse et faire preuve de pragmatisme. Les « réfugiés » fuient un pays en guerre. Les Français, les Belges l'on fait lors de la dernière grande boucherie européenne. C'est normal. Mais la vocation d'un réfugié n'est pas de s'installer dans le pays qui l'accueille, mais d'y attendre des temps plus propices pour regagner son pays. Pour les plus motivés, les plus courageux, organiser la résistance depuis les pays d'accueil. Ce que faisaient les Français, les Belges, les Polonais réfugiés en Angleterre. Tous ces hommes jeunes – ils représentent 70 % des migrants – qu'attendent-ils pour demander aux autorités des pays d'accueil de les entrainer et de les envoyer, en bataillons équipés et armés, à la reconquête de leur pays ? Ils attendent qu'on y envoie nos trouions s'y faire trouer la paillasse pour eux ?

 

La majorité des réfugiés sont aux Liban, en Jordanie, en Turquie. Normal, ce sont les voisins immédiats. Mais croyez-vous que le Liban soit partant pour « accueillir » l'équivalent du quart de sa population débarquant de force ? Ils subissent comme ils ont subi l'arrivée des Palestiniens. Idem pour la Jordanie, incapable de s'opposer à l'arrivée des Syriens, ces voisins trop envahissant. Quant à la Turquie, elle est partie prenante au premier chef dans le foutoir syrien. Son double jeu avec l’État Islamique lui retombe dessus. Et les migrants sont à la fois pour eux une main d'oeuvre taillable et corvéable à merci sur place, et une arme sournoise de chantage à l'invasion vis-à-vis de l'Europe.

 

Quant à nous, il serait peut-être temps de cesser l'hypocrisie et de regarder les choses en face. D'abord face au migrants dont les peuples d'Europe ne veulent pas. Ensuite en faisant en sorte que les réfugiés syriens puissent retourner chez eux. Comment ? En détruisant le véritable ennemi, à savoir l’État Islamique. Et pour cela arrêter de se mentir avec la fiction des « forces démocratiques syriennes » et traiter avec les seules forces capables de vaincre l'E.I. : le régime de Bachar el Assad, les Kurdes et bien entendu les Russes. Tout le reste est du pipeau.

 

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13/04/2016

Brésil. Le « golpe » (coup d’État) s'avance de moins en moins masqué.

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Le président de la commission parlementaire spéciale recommande la destitution de la présidente Dilma Rousseff. 38 députés pour, 27 contre. Celle-ci est accusée par l’opposition de maquillage des comptes publics en 2014, année de sa réélection, et en 2015, pour minimiser l’ampleur des déficits publics de son pays en pleine récession. Dilma Rousseff se défend pour sa part d’avoir commis un « crime de responsabilité » (késako?) justifiant sa destitution. Les charges retenues, aussi bien que les arguments des factions de l'opposition amplement relayés par les médias relèvent de la manipulation.

 

Une majorité de deux tiers des députés, soit 342 sur les 513, sera requise pour que la procédure se poursuive faute de quoi elle sera enterrée. Selon un décompte effectué chaque jour par le quotidien Estado de Sao Paulo, 290 députés étaient favorables dimanche à la destitution et 115 étaient contre. Restaient 61 indécis et 47 autres refusant de se prononcer, objets de toutes les attentions.

 

Si l’opposition réussissait à réunir 342 votes (deux tiers des 513 députés) en faveur de l’impeachment, ce serait alors au Sénat de former une commission pour analyser la demande, un processus qui devrait s’achever d’ici le 2 mai 2016. La présidente « déchue » serait alors remplacée par son vice-président Michel Temer, qui l'a laisé tombée et a ouvertement basculé dans l’opposition. Il est l'un des deus ex machina de ce « golpe », de ce coup d'état feutré mais bien réel. Si la destitution est dûment prévue par la constitution, l’histoire qui s’emballe au Brésil releve de la manipulation, voire de la farce. Il faut rappeler que, contrairement à ce que beaucoup de Brésiliens sont poussés à penser, Dilma Rousseff ne fait l’objet d’aucune accusation de corruption. On reproche à la chef d’État d’avoir retardé les transferts du Trésor national aux entreprises publiques chargées de financer notamment les programmes sociaux. La pratique est banale. Et pas seulement au Brésil. Magouille, oui. Mais où est le « crime » ?

 

Quant aux parlementaires « golpistes » qui se sont prononcés pour la destitution, ils sont aussi clairs qu'un balkani… Beaucoup ont gamellés auprès de Petrobras, machine à sous généreuse, d'autres sont poursuivis pour crimes et corruption…

 

Deux faces d’un même pays s’affrontent par partis interposés, le Brésil des riches et celui des pauvres. « Je n’aurais jamais imaginé que ma génération verrait des putschistes en train d’essayer de renverser une présidente démocratiquement élue », s'enrage l’ancien président Lula, « mentor » de Dilma Rousseff, et qui reste l'homme politique le plus populaire du pays.

 

La droite « est sortie du placard » et occupe la rue en s'appuyant sur les réseaux sociaux. Ses officines organisent le bombardement des pages Facebook et des boîtes emails des députés osant se dire contre la destitution de la présidente ou hésitant encore à prendre position. La bourgeoisie brésilienne ne se satisfait pas de sa condition de classe dominante. Elle exige des conditions qui lui permettent d'exploiter sans entrave la force de travail dont elle dispose : les plus pauvres, les sans-terres. Et les classes moyennes sont exaspérées non pas parce que leur niveau de vie se dégrade mais parce qu'elles voient les plus démunis gagner un peu plus de droits ! Cette pseudo élite ne reconnaît le principe de majorité que lorsqu’il répond à ses intérêts…

 

La droite arbore sans complexe des idées carrément fachos : le retour à des valeurs autoritaires, le droit au port d’armes pour tous, l’abaissement de la majorité pénale, le refus de politiques d’« assistance » (allocations familiales, quotas de discrimination positive dans les universités) à destination des plus pauvres, des plus déshérités comme les noirs, les indiens, les haïtiens immigrés, mais encore les homosexuels. Il s'est ainsi constitué un front de conspirateurs qui réunit des juges, des procureurs, des agents de la police, des associations du patronat, des partis politiques, des think tanks conservateurs, tous appuyés par une grande presse oligarchique. Ces « golpistes » sont abreuvés de fric par le patronat et sont soutenus par quelques juges plus que douteux, par l'ensemble de la presse brésilienne et bénéficie de la « compréhension » de la presse internationale aux ordres des multinationales et des marchands d'armes. Avec, n'en doutons pas, quelques coups tordus de la CIA.

 

Voilà la clique qui veut foutre en l'air Dilma Roussel. Son objectif est de s'attaquer à la souveraineté populaire, exprimée par le vote et de la mettre sous la tutelle de la magistrature dont les membres, non élus et protégés de tout contrôle social, sont engagés dans un programme de changements rétrogrades qui ne sont pas exprimés. Contre la gauche – qu'ils vomissent – tout leur est bon, y compris un putsch militaire.

 

Le pantin prévu pour donner un coup de peinture « propre » au coup d'état est le vice-président actuel Michel Temer, un jeune homme de 75 ans. Sa rupture avec Roussel et son activisme pour que la destitution aille vite est plus que douteuse. Il est en effet lui aussi cité dans le scandale ces détournements de fonds au profit de la coalition au pouvoir, dont son parti était une pièce essentielle ! Il devrait savoir, pépé Temer, que quand on veut grimper au mat, il vaut mieux avoir les fesses propres...

 

Mais il n'est probablement qu'une marionnette. Les véritables organisateur du putsch se dévoileront plus tard. S'ils réussissent leur mauvais coup. Ce qui n'est pas encore sûr, les « pauvres » n'ayant pas dit leur dernier mot. Au moins soixante organisations de gauche, y compris syndicats et mouvements populaires, ont participé récemment à des rassemblements de défense du gouvernement, dans une quinzaine des plus importantes villes de ce pays gigantesque, notamment à Brasilia, Rio de Janeiro, Sao Paulo, etc.

 

Les « sans-dents » brésiliens ont défié les manifestants d’extrême-droite et les nantis en criant : « No ver ter golpe ! ». « Il n’y aura pas de coup d’état ».

 

Mais en France, les me(r)dias « main stream » ne voient que les golpistes en Prada… Il est vrai que que peut-on attendre d'autre d'une presse aux mains des multinationales, des banksters et des marchands de canons...

 

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06/04/2016

François Hollande : OTAN pour moi !

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C'est passé presque inaperçu. Pourtant un projet de loi présenté au conseil des ministres du 4 janvier 2016 risque de permettre le retour sur le sol français des forces étrangères de l'OTAN, celles-là mêmes que de Gaulle avait jeté dehors en mars 1966.

 

Ce projet de loi dit ceci :

 

« ACCESSION DE LA FRANCE AU PROTOCOLE SUR LE STATUT DES QUARTIERS GÉNÉRAUX MILITAIRES INTERNATIONAUX CRÉÉS EN VERTU DU TRAITE DE L’ATLANTIQUE NORD

Le ministre des affaires étrangères et du développement international a présenté un projet de loi autorisant l’accession de la France au protocole sur le statut des quartiers généraux militaires internationaux créés en vertu du Traité de l’Atlantique Nord.

Le Protocole sur le statut des quartiers généraux militaires internationaux créé en vertu du Traité de l’Atlantique Nord, signé à Paris le 28 août 1952 (ci-après « Protocole de Paris »), définit le cadre juridique du stationnement des quartiers généraux de l’OTAN et de leurs personnels au sein des pays de l’Alliance.

Suite logique de son retour dans la structure de commandement intégrée de l’OTAN, l’accession de la France à ce Protocole entraînera une simplification et une harmonisation des règles et procédures administratives liées à l’accueil de personnel de l’OTAN.

Cette accession permettra de mettre en valeur l’excellence des structures militaires nationales, d’augmenter l’attractivité du territoire et, conformément aux conclusions du « rapport Védrine » de 2012, de renforcer l’influence de la France au sein de l’OTAN. »

 

De Gaulle doit faire le ventilateur dans sa tombe !

 

Le « Protocole de Paris » de 1952 c'était jusqu'à 28.000 troufions étazuniens paradant comme en terre conquise tant sur les bases aériennes que terrestres et navales. Sous couvert de l'  « Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et avec le prétexte de la « défense du monde libre », les Yankees imposaient leurs forces militaires, prêtes si besoin était à remettre dans le « droit chemin » ces Français dont beaucoup avaient des « idées subversives »…

 

De Gaulle a imposé à nos « alliés » le respect de la souveraineté et de l'indépendance de la France, en priant fermement les forces étasuniennes camouflées sous le faux-nez de l'Otan d'aller sévir ailleurs.

 

Organisation politique et militaire créée à la sortir de la guerre 39-45 pour faire front à la « menace » soviétique, l'Otan n'aurait pas dû survivre à la dissolution du pacte de Varsovie. Cette organisation est tout à la fois l’instrument diplomatique et le bras armé qu’utilisent les États-Unis avec la complicité des États vassaux au premier rang desquels se trouvent la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne pour imposer au monde « l'ordre » des banksters de Wall Street et des multinationales étasuniennes. Le gouvernement américain, fort d’une doctrine militaire incluant la guerre préventive et l’usage d’armement nucléaire en premier, doté de plus de 700 bases militaires réparties sur tout le globe, et décidé à combattre la menace terroriste sans la volonté d’en rechercher les causes, conduit l’OTAN et donc la France à participer, dans un chaos organisé, à une guerre permanente au mépris de nos intérêts et de notre propre sécurité. De la Yougoslavie à l’Irak, de la Syrie à la Libye, la France use son potentiel militaire et son crédit diplomatique et oublie les  valeurs de son peuple, au profit d’une politique définie à Washington.

La réintégration en décembre 1995 de la France au comité militaire et au conseil des ministres de l’OTAN fut qualifiée par l’historien Paul-Marie de la Gorce de « retour honteux de la France dans l’OTAN ». La réintégration fut complétée en 2009 sous la présidence de Sarkozy, ramenant la France à la situation antérieure à 1966.

En acceptant, si le projet de loi cité plus haut est voté, la présence sans condition des forces de l'Otan, la France se placerait au niveau de supplétif militaire autant que de caniche politique des États-Unis.

Beau résultat.

 

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05/04/2016

ALERTE ! Une directive européenne pour protéger les magouilles des entreprises arrive.

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Dans quelques jours, le 13 avril, une première séance aura lieu au Parlement européen pour « débattre », c'est-à-dire adopter une directive totalement scélérate concernant le « secret des affaires » et qu' « ils » ont prévu d'adopter le 16 juin. Lancée en novembre 2013 par la Commission européenne, cette proposition définit le secret des affaires comme des techniques (procédés de fabrication, recettes, composés chimiques, etc.) ou des informations commerciales (listes de clients, résultats d’études de marketing, etc.) ayant une valeur économique pour l’entreprise. Les dispositions de cette loi destinées, en principe, à contrecarrer les pratiques d'une concurrence sans scrupules ni éthique pourraient en effet être détournées pour empêcher la publication juste et légitime d'informations qui pourraient être dérangeantes...

Ce qui veut dire que toute entreprise pourra, selon ses propres critères, décider si une information la concernant a « une valeur économique » et donc pourra ou non être divulguée. Avec pour conséquence de mettre sous le coup de la loi tout journaliste qui pourrait les révéler, avec des dommages et intérêts plus que dissuasifs. Et pour corollaire qu'aucun rédacteur en chef n'osera se mettre dans une situation délictueuse et que les journalistes eux-mêmes pratiqueront à grande échelle l'auto-censure...

C'est une loi scélérate car des considérations économiques prévalent ainsi sur l'exigence démocratique de garantir la liberté d'expression et le droit à l'information concernant les pratiques douteuses de certains groupes, entreprises et acteurs économiques ou financiers.

« Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publié  : tout le reste n’est que relations publiques.  » Orwell.

« ...d'autres », c'est-à-dire les lobbys représentants les grandes entreprises et les multinationales qui font des pieds et des mains pour que les journalistes, ces affreux fouille-merde, se contentent de copier-coller les communiqués de presse, les belles brochures en couleurs données au cours de généreux repas d'information voire de coûteux voyage de presse au soleil !

Mais ça ne suffit pas puisqu'il y a parfois quelques lanceurs d'alerte, traités de « fouille-merde », qui ne se contentent pas de la bouillie pré-mâchée des « services communication » des entreprises. Ces malotrus ont ainsi révélé au grand public des « broutilles » comme les affaires du Médiator, de l'amiante, du Crédit Lyonnais, des défauts de l'EPR, des magouilles des multinationales au Luxembourg, etc. Pas bon pour les affaires ça, Coco ! Pas bon pour les affaires...

Alors les dirigeants de ces grands groupes tirent les ficelles de leurs marionnettes politiques pour mettre en place des lois interdisant ou dissuadant les journalistes et les lanceurs d'alerte de dévoiler des pratiques scandaleuses ou des produits dangereux. Tout ceci sous un faux-nez, bien sûr, celui de « protéger le secret des affaires des entreprises ». Ben voyons...

En France, une disposition vicelarde de la Loi Macron voulait « protéger le secret des affaires », c'est-à-dire réduire au silence les « fouille-merde ». Une forte mobilisation des journalistes et des syndicats a forcé le gouvernement à retirer cette disposition. Mais la voilà qui revient avec cette proposition de directive européenne qui, si elle passe, sera automatiquement retranscrite dans le droit français.

Mais rien n'est gagné pour les « étouffeurs », comme le montre ces jours-ci la mise au grand jour du scandale « Panama ». Une coalition européenne d’organisations de la société civile, de travailleurs et de journalistes demande aux membres du Parlement européen de rejeter la directive sur les secrets d’affaires

Le projet de directive européenne sur la « protection du secret des affaires » créerait un droit au secret pour les entreprises qui est excessif : il menace directement le travail des journalistes et de leurs sources, les lanceurs d’alerte, les syndicalistes, la liberté d’expression des salariés et nos droits d’accéder à des informations d’intérêt public (par exemple sur les médicaments, les pesticides, les émissions des véhicules, etc.).

Une coalition européenne d’associations, de syndicats, de journalistes, de lanceurs d’alerte et de scientifiques a envoyé aujourd’hui aux membres du Parlement Européen une analyse critique du projet de directive (voir-ci-joint), leur demandant de la rejeter (un premier débat en séance plénière est prévu le 13 avril). Une pétition européenne a également été lancée.

Cette directive est officiellement appelée « Directive sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués (secrets d’affaires) contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites ». Mais la définition du secret des affaires prévue est tellement large que presque toutes les informations internes d’une société peuvent y correspondre. Cela mettra en danger toute personne qui révèle ces informations sans le consentement de l’entreprise.

Informer n’est pas un délit et les syndicats de journalistes, les citoyens, les journalistes ou encore les scientifiques ont parfois besoin d’avoir accès à ces informations et de les publier dans l’intérêt général.

Si la directive est approuvée au niveau européen, les États membres pourront encore aller plus loin quand ils l’adapteront à leurs droits nationaux, et on peut compter sur les multinationales pour les pousser en ce sens !

Une pétition européenne contre cette horreur peut-être signée là :

https://act.wemove.eu/campaigns/les-lanceurs-d-alerte-en-...

N'oublions jamais que « Les tyrans ne sont grands que si nous sommes à genoux ».

BANZAÏE !


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01/04/2016

François Hollande : « Pour moi ce TTIP est tout sauf top »

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Tiens. Il comprendrait enfin quelque chose ou c'est un poisson d'avril ? Parait que c'est ce qu'il aurait dit en aparté au cours du ramdam actuel à Washington sur la sureté nucléaire. Il serait temps que le fier « pourfendeur de la finance » s'intéresse plus aux besoins des cinq cent millions de citoyens européens qu'aux bénéfices des banksters et des des multinationales yankees puisque ce TTIP, ou TAFTA, c'est-à-dire le si décrié Traité Transatlantique, a pour finalité d'imposer aux Européens un statut de vassalisation de l'Europe aux Etats-Unis.

 

Puisqu'il ouvre les yeux notre phénix scootériste, il pourrait en profiter pour dire son fait à Obama concernant ce « traité ».

 

Il pourrait lui dire que l'Europe rejette l'arbitrage d'investissement (ISDS), sous toutes ses formes. Qu'aucun autre mécanisme ne doit être introduit s’il donne des droits privilégiés et l’accès à une justice dérogatoire aux investisseurs étrangers. La loi et l’accès à la justice doivent rester les mêmes pour tous.

 

Il devrait lui dire qu'il ne veut pas d’organe transatlantique de coopération réglementaire. Tous les processus de réglementation doivent s’opérer dans le cadre d’instances et de méthodes transparentes et démocratiques.

 

Il devrait lui faire savoir que l’impératif climatique doit être pris en compte. Les traités de libre-échange ne peuvent pas primer sur la lutte contre les dérèglements climatiques et les émissions de gaz à effet de serre. Dans le cadre de la COP21, les aspects les plus dangereux pour le climat - accroissement des échanges transatlantiques d’énergies fossiles, ISDS et coopération réglementaire - n’ont pas leur place dans la politique de l’UE. L’impact de l’augmentation des flux commerciaux transatlantiques sur les émissions de gaz à effet de serre mondiales doit être calculé et mentionné.

 

Il devrait lui dire que nos agriculteurs valent bien les siens. Et qu'il n'accepte pas que la suppression des barrières tarifaires concernant les productions agricoles accélère la course à l'industrialisation de l'élevage en Europe, fusille notre mode de production et nos paysans et aggrave encore la contribution de l'agriculture au dérèglement climatique.

 

Mais pour cela, il faudrait encore « qu'il en ait » !

 

Mais ça, ça semble vraiment un poisson d'avril...

 

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31/03/2016

Terrorisme. Le spectre glaçant de la « bombe sale ».

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« Bombe sale ». Comme s'il pouvait y avoir des bombes propres… Une bombe, c'est une machine à tuer, à déchiqueter des chairs, à bruler de la viande humaine, à semer la mort et la terreur. Lorsque cette bombe est « atomique », c'est l'apocalypse. Demandez aux survivants Hiroshima et de Nagasaki. Mais une « bombe sale », c'est quoi ?

La « bombe sale « (également appelée bombe radiologique) est une bombe conventionnelle, entourée de matériaux radioactifs destinés à être répandus en poussière lors de l'explosion. Cette explosion a donc l'intensité thermique et mécanique d'une bombe conventionnelle, mais dissémine autour d'elle des éléments radioactifs qui auront des effets à long terme. Le but principal n'est donc pas de détruire, mais de contaminer une zone géographique et les personnes présentes sur cette zone par des radiations directes (premier effet) et l'ingestion et l'inhalation de matériaux radioactifs. Bombe sale désigne principalement la bombe radiologique, mais elle désigne également tout engin détonant disséminant un ou plusieurs produits chimiquement ou biologiquement toxiques (NRBC pour nucléaire, radiologique, biologique ou chimique). Ces diverses armes, réalisables sans une importante infrastructure industrielle, sont génériquement dénommées Engin explosif improvisé (EEI).

Voilà, on y voit plus clair, si l'on peut dire. Eh bien cette « bombe sale » est au centre des préoccupations de la cinquantaine de chefs d’États réunis à Washington à l'invitation de M.Obama pour discuter de la sûreté nucléaire. Le président Obama accueille donc une cinquantaine de dignitaires étrangers, parmi lesquels ses homologues français, François Hollande, chinois, Xi Jinping, sud-coréenne, Park Geun-Hye, turc, Recep Tayyip Erdogan, ukrainien, Petro Porochenko, ainsi que les premiers ministres japonais, Shinzo Abe, et indien, Narendra Modi. E n revanche, le président russe, Vladimir Poutine, à la tête d’une puissance militaire nucléaire majeure, et les dirigeants d’Iran et de Corée du Nord, aux programmes nucléaires controversés, seront absents.

Au centre des préoccupations, la possible fabrication par l’État Islamiste ou Al Qaeda d'engins de cette sorte suite aux informations qui ont filtrées après les attentats de Bruxelles étayées par la découverte de la surveillance video d'un expert nucléaire belge par deux kamikazes, les frères Bakraoui.

La possibilité que des matériaux nucléaires soient employés par des organisations terroristes n'est pas irréaliste.

Si très peu d’experts pensent que le groupe terroriste E.I. puisse un jour se doter d’une vraie bombe atomique, beaucoup craignent qu’il ne s’empare d’uranium ou de plutonium pour tenter d’assembler une bombe sale. Un tel engin ne provoquerait pas d’explosion nucléaire, mais la diffusion de radioactivité aurait de terribles conséquences sanitaires, psychologiques et économiques.

D’après des données de l’AIEA, quelque 2800 incidents relatifs à des trafics, possessions illégales ou pertes de matériaux nucléaires ont été répertoriés dans le monde ces 20 dernières années. Et selon des experts américains en non-prolifération, le stock mondial d’uranium hautement enrichi s’élevait à la fin de 2014 à 1370 tonnes ! Ainsi chez nous, à Cadarache, 39 kilos de plutonium ont été « oubliés »...

Faisons un peu de fiction. Effervescence à la préfecture de police de Paris : un courriel signé de l’État Islamiste vient d'arriver prévenant que plusieurs « bombes sales » étaient placées quelques parts dans Paris. Pour donner plus de poids à leur menace, les terroristes donnent les coordonnées GPS d'une localisation en pleine campagne où une de ces bombes va exploser trois minutes après réception du courriel... Les terroristes donnent 24 heures au gouvernement pour obéir à leurs exigences exorbitantes : libération de tous les « prisonniers politiques musulmans », arrêt des frappes aériennes en Syrie, évacuation des forces françaises des théâtres d'opération d'Afrique, paiement d'un « dédommagement » de plusieurs milliards d'euros, etc. Faute de quoi ces bombes exploseraient, répandant leur miasmes radioactifs et rendant les lieux atteints inhabitables pour des années voire des décennies. Imaginez le cauchemar résultant de ce chantage à la « bombe sale »…

Puisqu'ils sont réunis entre eux, les grosses têtes du monde devraient en profiter pour mettre au ban des nations non seulement ces « bombes sales », mais également ces autres saloperies que sont les munitions à uranium appauvri, largement utilisées par les armées des Etats-Unis lors de la première guerre du Golfe, la guerre d'Afghanistan, la guerre du Kosovo ainsi que lors des premières phases de la guerre d'Irak. Il s'agit essentiellement d'obus antichars. La densité très élevé de l'uranium donne à ces obus-flèches une force de pénétration permettant de transpercer les blindages ou les bunkers les plus épais. Avec pour effet secondaire de volatiliser et donc de répandre dans l'atmosphère autour de l'impact des quantité de particules radioactives empoisonnées. Dans les zones les plus touchées, il a été constaté une hausse spectaculaire des malformations ainsi que des cancers.

La saloperie en matière d'engins de mort est sans limite et est présente des deux côtés… Ce qui conforte l'adage d'Einstein : « Il y a deux approches possibles de l'infini : la bêtise humaine et l'expansion de l'univers. Encore que pour l'univers, je ne sois pas sûr... »



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29/03/2016

Quand les impôts des Français financent ...une armée étrangère !

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Ah ! L'altruisme. En voilà une belle valeur ! C'est donner à autrui un peu de soi. Il est une manifestation de la bonté humaine, une force de bienveillance. On en a bien besoin en ces périodes de cynisme, d'égoïsme, de repli sur soi, d'indifférence.

Les Français sont altruistes. Regardez le nombre de personnes qui s'impliquent dans des associations comme les restos du cœur, le secours populaire, le secours catholique, etc.

Regardez combien ils sont généreux lorsqu'apparaissent devant les supermarchés les caddies de la banque alimentaire, de la Croix Rouge ou autres associations caritatives. Ils donnent leur temps lorsqu'ils sont retraités, oisifs chômeurs. Ils donnent aussi leur argent. Le succès sans cesse renouvelé du Téléton en est une illustration exemplaire. Les particuliers donnent selon leurs moyens, et c'est souvent ceux qui en ont le moins qui, proportionnellement, donnent le plus. Les entreprises – enfin, certaines – sont plus généreuses. Mais ne soyons pas dupes, sans mettre en doute leur altruisme, elles voient dans cette générosité fort médiatisée une manière de redorer leur image. Et à moindre frais ! Parce qu'en fait, ça leur coûte une poignée de figues aux riches donateurs !

Parce que – et c'est là que le bât blesse – la générosité en argent coûte deux fois plus à l’État, donc à nous, qu'au « généreux » donateur. Parce que dans notre pays, la loi autorise le donateur à déduire de son impôt sur le revenu la plus grosse partie du don (entre 66 et 75 %  https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F426 ) qu'il accorde à « certains organismes ayant un caractère d'intérêt général ». Ainsi un « don » de 150 euros coûte au donateur 50 euros au plus et 37,5 euros au moins. Pour affiner :

- don à une œuvre d'intérêt général ou d'utilité publique, la part de l’État est de 66 % des sommes versées jusqu'à 20 % du revenu imposable.

- don à un organisme d'aide aux personnes en difficultés, le part de l'État est de 75 % des sommes versées jusqu'à 529 euros puis de 66 % de la partie des dons supérieur à 529 euros jusqu'à 20 % du revenu imposable.

Cette loi est évidemment utile et procède d'une certaine justice puisqu'elle permet à beaucoup d'associations, partis politiques, fondations de vivre et d'agir sur le terrain. Elle dynamise la société civile et ne peut pas être remise en cause dans son principe. Encore que…

Encore que, hormis le fait que certaines entreprises polluantes ou foulant allègrement aux pieds l'éthique se repeignent en vert ou se refont une réputation « propre » en parrainant certaines manifestations altruistes…avec nos impôts, il y a des utilisations aberrantes voire franchement scandaleuses de cette disposition.

Ainsi des micro partis que la plupart des personnels politiques en vue créentæ dans le seul but de récupérer beaucoup de fric par le biais de ces « dons ». Pour payer leurs campagnes électorales. C'est de bonne guerre mais il y a bien pire.

Ainsi, un scandale se fait jour : des dons effectuées en France selon ce principe bénéficient à des associations...de colons israéliens et donc indirectement à la répression par l'armée israélienne – Tsahal – en territoires occupés ! Donc, du pognon de NOS impôts servent une bien étrange cause.

La sénatrice de l’Orne, Nathalie Goulet, vice-présidente de la commission de la Défense, avait posé le 10 mars une question écrite au secrétaire d’ État chargé du budget, Christian Eckert, pour attirer son attention sur le sujet. Souhaitant «avoir l’explication de cette disposition exorbitante du droit commun», elle avait souligné qu’il s’agissait là «d’une niche fiscale payée par le contribuable français au profit d’une armée étrangère».

Depuis, elle n’a pas eu de réponse du ministre, mais a reçu des menaces de mort anonymes sur les réseaux sociaux.

Bonjour « l'altruisme » !


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24/03/2016

Conseils à ceux qui vont devoir choisir à la primaire de la droite.

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Vous souhaitez travaillez plus pour gagner moins ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous souhaitez foutre en l'air ce qui reste des services publics ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous souhaitez partir à la retraite à 75 ans ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous souhaitez payer plus chers vos médicaments ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous souhaitez que les diktats de Merkel soient parole

d'évangile pardon, de coran ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous détestez la Sécurité Sociale et vous préférez

les assurances privées ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous rêvez d'une société « à la Grecque » façon

Thatcher-Merkel ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous êtes pour des interventions militaires diverses et variées  ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous pensez que la laïcité telle actuelle ne fonctionne pas ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous êtes pour plus de place des conceptions

re ligieuses dans la viepolitique ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous acceptez de vous mettre à plat ventre

devant les banksters ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous aimez Gattaz et les vautours du MEDEF ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous aimeriez voir un type qui a trahi tout le monde

revenir au pouvoir ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous croyez que ses mea culpa et ses postures «populaires»

sont sincères ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous souhaitez que l'on vous refasse le coup de

la fracture sociale ?

Vous choisirez Sarkozy..

Vous croyez en l'eugénisme et en la prédisposition ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous rêver d'élections où les votes se feraient sur des

machines et où ledépouillement serait incontrôlable ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous pensez que l'écologie « ça commence à bien faire » ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous voulez des flics partout et de la justice nulle part ?

Vous choisirez Sarkozy...

Vous voulez vous faire avoir profondément et sans vaseline ?

Vous choisirez Sarkozy…

S'IL N'EST PAS EN TAULE !

 

 

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23/03/2016

Le deuil et la rage.

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Le deuil en solidarité avec nos frères belges à leur tour touchés par la barbarie aveugle des fous d'allah. La rage devant l'aveuglement de cette Europe réduite à l'impuissance, ventre mou opulent, proie juteuse et désarmée.

 

Rage contre nos gouvernants et ceux de l'Europe qui, par électoralisme, ont laissé s'installer le communautarisme et – pire - ont pactisé avec le diable, en l’occurrence le salafisme, le wahhabisme et autres sectes fanatiques moyenâgeuses maniant leur coran saignant comme la kalachnikov et le couteau à découper les têtes. Tout cela pour quelques contrats de fourniture pétrolières et de vente de machines à tuer.

 

Rage devant la naïveté imbécile, voire l'énorme konnerie d'avoir laissé les portes grandes ouvertes à tous les rapaces du monde. Et avant tout aux musulmans qui voient dans nos grasses contrées sans défense, peuplés de couilles-molles, des terres de mission pour leurs sectes mortifères et de rapine tant pour les crève-la-faim fuyant leurs terres d'islam où leurs sectes s’entre-dévorent que pour les sordides féodalités pétrolières qui achètent non seulement nos plus beaux fleurons mais aussi nos âmes, comme l'illustre à en dégueuler la Légion d'honneur attribué à un « prince » coupeurs de tête.

 

Sur un autre plan, rage devant cette oligarchie européenne et ses relais nationaux qui sacrifient avec cynisme les peuples de l'Union au bénéfice du seul PROFIT de banksters et de multinationales. Les travailleurs détachés en sont l'illustration tout comme l'attitude invraisemblable des instances européennes qui, par copinage ou corruption, repoussent encore une fois la décision d'interdire le dangereux glyphosate, produit phare de Monsanto avec sa marque RounUp. Depuis sept ans, les « Zeuropéens » autorisent la diffusion et l'utilisation du RounUp malgré les innombrables mises en garde. N'ayant pas obtenu de majorité pour prolonger de 15 ans l'autorisation de mise en marché de ce poison, elle repousse sa décision aux calendes grecques. Mais en laissant le produit en vente, évidemment ! Il est vrai qu'en face de la Commission européenne, il y a un immeuble qui abrite le nid de cafards de tous les lobbyistes du monde et leurs meutes de juristes. Le fric coule à flot. Dans les poches de qui ?

 

Cette Europe de boutiquiers se suicide. Et les attentats qui se multiplient en sont les premiers soubresauts sanglants. Mais ça, nos « zélites » s'en foutent. Ce qui les intéresse, c'est que l'économie tourne, que la sacro sainte « croissance » continue de façon à ce que les quelques milliers de parasites qui pressurent le monde s'engraissent encore plus. Et des populations immigrées peu éduquées, en situation de faiblesse et abruties par des idéologies obscurantistes sont toujours plus dociles que des autochtones lucides et récalcitrants ! Elles se regroupent en ghettos communautaires où les tueurs d'allah évoluent comme le poisson dans l'eau. Comme le montre les planques et les filières complices dont y bénéficient tous les assassins qui sèment la mort aveugle tant à Bruxelles qu'à Paris, Madrid, Londres et bientôt ailleurs.

 

Combien de « Molenbeckistan » en France, en Belgique, en Allemagne ? « On est en guerre » proclame une fois encore notre fier torero Valls. En guerre contre qui ? Contre les terroristes islamistes. Donc contre Daech et Al Qaïda. Mais qui finance, forme au meurtre, éduque à la haine ces sinistres crétins ? L'Arabie saoudite, le Qatar et autres féodalités pétrolières du golfe arabo-persique...que nous armons. Où est la cohérence ?

 

Ceux que notre président couve du regard de Chimène. Et parmi les pires, celui qu'il vient de gratifier de la plus haute distinction de la république : la Légion d'Honneur, pardon, la Légion d'HORREUR.

 

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21/03/2016

Au bistro de la Toile : roundup en Europe et risque de coup d’état au Brésil.

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- Oh ! Victor. T’as des couleurs ce matin. T’as mis du Tavel dans ton café ? T’as fait du vélo ? T’as fait le jardin ?

 

- Un peu de tout ça. Mais pour ce qui est du jardin, c’est un jour décisif : la Commission européenne, après avoir repoussé, le 8 mars, sa décision de renouveler ou non l’autorisation de mise en marché du poison chimique glyphosate, doit se décider aujourd’hui. Les commissaires européens avaient reculé devant la mobilisation populaire, mais est-ce pour mieux sauter aujourd’hui ?

 

- C’est quoi ce truc, ce glypho chez pas quoi comme tu dis ?

 

- C’est un pesticide plus connu par les  « exploitants agricoles » (note que je ne dis plus « paysan ») et par les jardiniers du dimanche sous le nom commercial de RoundUp. C’est radical : où le roundup passe, plus aucune herbe de repousse ! C’est l’Attila du chiendent ! Le Ben Laden du liseron !

 

- Mouais… Vaut mieux pas en mettre dans son café, quoi.

 

- Et pourtant, malgré les belles promesses de Ségolène, on en trouve dans toutes les jardineries… Et si les « Zeuropéens » cèdent aux pressions de Monsanto, on en aura encore pour 15 ans. Faut bien fournir en cancers l’industrie pharmaceutique, sœur jumelle de l’industrie des pesticides ! Le glyphosate, la molécule efficace du RoundUp, est classée « cancérogène probable » - délicate pudeur ! – par l’OMS (organisation mondiale de la santé) en 2015. Mais l’autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA) qui fait, hélas, autorité en Europe, dit le contraire, d’où la volonté des instances européennes de ré-autoriser pour 15 ans ce poison. Il faut savoir que l’AESA se base, pour ses recommandations à la Commission européenne sur des évaluations fournies par le Glyphosate Task Force (GTF, groupe de travail sur le glyphosate). Ce GTF est un consortium d’entreprises agrochimiques auquel participe très activement…Monsanto, le fabricant du RoundUp, avec d’autres maitres empoisonneurs de l’agrochimie.

 

- Bon. On verra dans la journée jusqu’où va la complicité coupable des « Zeuropéens » avec le lobby des empoisonneurs… Tè. Changeons de sujet. T’as vu, les filles qui jouent au ballon à la main ont gagné leur billet pour Rio. Elles iront aux J.O. au Brésil ! Cocorico les filles !

 

- Mouais. Parlons-en du Brésil. Une campagne gigantesque de manipulation et de désinformation déferle sur ce valeureux pays. Les mé(r)dias aux ordres nous bourrent le mou avec les manifestations « géantes » des nantis demandant la destitution de la président Dilma Roussel et du héros du pays, Lula, qui a sorti le pays des griffes des multinationales étasuniennes et de leurs relais locaux, la classe aisée et les propriétaires terriens qui n’ont pas digérés de devoir cracher un peu au bassinet. Ils ont donc monté une histoire secondaire de corruption (sport national la-bas encore plus qu’ici) pour se débarrasser du gouvernement régulièrement élu. Mais ces médias évitent soigneusement de parler des manifestations en défense du gouvernement de gauche, encore plus importantes. Plus d’un million de personnes ont envahis les rues des grandes villes à travers tout le pays pour défendre la démocratie et soutenir le gouvernement en dénonçant la façon dont l’extrême-droite et les milieux d’affaire, cornaquée par les Etats-Unis et soutenue par la presse mondiale, mène une campagne de diffamation en vue de se débarrasser du gouvernement de gauche. La Fédération des Industries de Sao Paulo (FIESP, qui regroupe plus de 130.000 entreprises) annonce d’ailleurs la couleur : « Destitution, maintenant » proclame-t-elle sur une gigantesque pancarte apposée sur la façade de son siège, prenant publiquement position en faveur de la destitution de la présidente régulièrement et démocratiquement élue.

Mais au moins soixante organisations de gauche, y compris syndicats et mouvements populaires, ont participé à des rassemblements de défense du gouvernement, dans une quinzaine des plus importantes villes de ce pays gigantesque, notamment à Brasilia, Rio de Janeiro, Sao Paulo, etc. Les « sans-dents » ont défié les manifestants d’extrême-droite et les nantis en criant : « No ver ter golpe ! ». « Il n’y aura pas de coup d’état ». Parce que c’est ça qui est en route : un coup d’état « soft ». La date serait même prévue pour  début mai et le futur « président temporaire » choisi : le vice-président actuel Michel Temer, chef du parti centriste PMDB, marionnette qui assumerait le pouvoir jusqu’aux élections générales de 2018.

 

- Ben dis donc. Elles feraient mieux de rester ici nos jolies handballeuses… Allez ! Á la nôtre !

 

 Illustration: merci à Chimulus

18/03/2016

Au bistro de la Toile : et si on se trompait sur Trump ?

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- Oh ! Victor, si t'étais Etasunien, pour qui tu voterais ? Trump ou Clinton ?



- Bof. Comme disait avec sa langue rrrocailleuse l'ami Jacques Duclos, « c'est bonnet blans et blanc bonnet ». Le système étazunien du bipartisme donne tous les quatre ans aux électeurs l'illusion de la démocratie. Au banquet des élections, ils ont à choisir entre immangeable et dégueulasse. Ça les amuse – comme nous d'ailleurs. C'est une sorte de match et les gens choisissent leur équipe. Ils ont alors le rôle de « supporter » d'un camp ou de l'autre. Avec toute la finesse que l'on connaît aux « supporters » sportifs ! Mais le lendemain, quand les lampions sont éteints, les banksters, les maquereaux des multinationales, les escrocs des fonds de pensions, le complexe militaro-industriel, bref, tous les ploutocrates du « 1 % » sablent le Champagne : ils ont réussi une fois encore à manipuler les «99 % » de façon a ce qu'un fantoche, une marionnette soutenue par eux, s'imposent à la tête du système. Ils lui demanderont alors des comptes, de renvoyer l'ascenseur. C'est le « - Qui t'a fait Duc ? - Qui t-a fait Roi ?» à la sauce électorale.



- Tout de même, cette année, ils sont particulièrement gâtés avec ce Donald Trump à nom de canard...



- Eh ! T'as vu ce qu'il se trimbale le Parti Républicain à côté du canard ? Une brelle brochette de charlots, d'incompétents, de cul-bénis, de politicards tocards.

Tè ! Jeb Bush, le frère de qui vous savez et le fiston de qui vous savez. Il a dépensé 45 millions de dollars pour faire campagne dans le seul état du New Hampshire et il a fini...quatrième ! Celui-là, s'il y avait des Jeux Olympiques de la konnerie, il est tellement kon, qu'il finirait second !

Il y avait aussi Carla Fiorina. Une sacrée cador en affaire : elle a été la patronne de Hewlett-Packard, les fabricants d'ordinateurs. Eh bien sous sa direction, l'action de sa boite a perdu la moitié de sa valeur, pourtant elle avait lourdé 30.000 employés ! Bonjour l'efficacité.

Et puis Ted Cruz, un fada d'extrême droite, hyper cul-béni.

Et encore Marco Rubio, le « latinos » de service. Un bellâtre tellement débile que pour lacer ses chaussures, il met un pied sur une chaise puis se baisse pour lacer l'autre pied.

Ah ! N'oublions pas Ben Carson, un neurochirurgien à la retraite. Celui-là, il est persuadé que les pyramides d’Égypte étaient des silos à grains.

Voilà les parfaits fumistes que présentait le Parti Républicain.



- C'est vrai que ce n'est guère mieux que le Donald ! Mais enfin, comment une démocratie comme les États-Unis peut-elle présenter des caricatures pareilles ?



- Et nous ? On aura peut-être le choix entre une facho qui se cherche une respectabilité, un ancien président « quincaillier » tellement il se trimbale de casseroles au cul, et un pseudo socialiste nullissime. Et les Italiens, ils ont bien élu et réélu plusieurs fois Berlusconi ? Ces élus ne sont que les marionnettes des oligarques de l'ultra libéralisme. Au plus ils sont nuls et souples de l'échine, au plus ils seront « aidés » par les puissances économiques, et donc au mieux ils obéiront et feront le lit des puissants qui les ont mis en place en achetant leur docilité avec leur pognon.



- Mais enfin, Trump, il parle comme un charretier, il raconte des konneries énormes : construire un mur de la honte sur des milliers de kilomètres contre les Mexicains, il veut interdire l'entrée aux États-Unis aux musulmans...



- Mais Loulle, il dit ce que pense la moitié des Étasuniens ! Seulement il le dit sans langue de bois. Brut de décoffrage, comme le promoteur immobilier qu'il est ! Et c'est ce mépris pour les formes, ce rejet du langage politiquement correct qui fait son succès. Les électeurs se reconnaissent en lui. Il parle comme un client un peu empégué d'un café « Chez Loulle » étasunien – si de tels lieux de rêve existent chez eux, ce qui m'étonnerait ! Ça les change de tous les sénateurs pompeux qui parlent « correctement » mais se remplissent les poches du pognon des lobbyistes...

Le Donald Trump, Loulle, il pense que la guerre en Irak a été une énorme konnerie. Il se proclame social-libéral, ce qui, aux États-Unis, est presque « de gauche » ! Et puis il veut faire payer les riches. Oui. Il veut faire raquer plus d'impôts aux 1 % qui maquerautent le pays.



- Tu parles...Il fera comme les autres puisque tu nous as dit que tous sont redevables de leur élection aux grandes entreprises qui donnent des montagnes de thunes pour leurs campagnes...



- Eh bien, justement non. Parce que le Trump, il paie sa campagne avec son propre fric ! Il serait donc idéalement placé pour faire rendre gorge aux banksters qui tiennent le pays puisqu'il ne leur devra rien ! Mieux que la petite madame Clinton, qui fait de la présidence du pays une affaire de famille comme le clan Bush, et se vautre dans le fric généreusement donné par les cadors de Wall Street.

Et puis, Loulle,la vrai question est celle-ci : pourrait-il être pire que George « Dobeuliou » Bush ?



- Difficile, c'est vrai qu'il a mis la barre haute celui-là. Allez, à la nôtre !